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16e dimanche per annum - B

 

 

Continuant la mission des prophètes, après Ezékiel et Amos, voici Jérémie, dont l’appel se situe vers la fin du 7e siècle avant Jésus-Christ.

Par la bouche de son prophète, Dieu reproche sévèrement aux prêtres leur manque de zèle. Le pasteur en effet ne peut se contenter de s’asseoir sur une pierre près de son troupeau : il doit regarder où sont les brebis, où elles se déplacent, prévenir les dangers, ramener celles qui s’éloignent. C’est une attention continue qui ne laisse pas de place à l’insouciance ou au farniente.

La prophétie annonce la déclaration de Jésus : C’est moi le pasteur, le bon (Ego sum pastor bonus, Jn 10:11).

Dieu va Lui-même s’occuper de ces brebis, en envoyant Son Fils, ce Germe juste, issu de David, qui naîtra six siècles après Jérémie et qui, autour de la Croix et de l’Eglise, rassemblera tout le troupeau des humains de toutes races, dans l’unité de la Foi, de la Doctrine, dans l’unique Famille de Dieu.

 

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Le psaume 22 du Bon Pasteur évoque évidemment le Pasteur unique et éternel, au nom duquel doivent agir tous les pasteurs de l’Eglise.

Avec ce Berger, on ne manque de rien ! C’est bien le Christ qui s’est défini le Pain vivant (cf. Jn 6:51), la source d’Eau vive (cf. Jn 7:37). Le banquet eucharistique, le psalmiste en parle un peu plus loin : Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis : le Corps et le Sang du Christ sont, comme l’a dit notre Maître, une vraie nourriture et une vraie boisson (cf. Jn 6:55), dont sont évidemment exclus ceux qui refusent d’y croire.

C’est le Christ qui fait revivre ; qui conduit par le juste chemin ; c’est lui qui est avec moi et qui me guide et me rassure avec son bâton. En suivant le Christ, nous savons que nous sommes dans la Vérité, que nous marchons vers la Vérité. Le bâton fait certainement allusion au bâton de Moïse, dont il se servit pour faire sortir de l’eau du rocher (cf. Ex 17:1-7) ; c’est bien sûr le bâton du berger, dont il a besoin pour éloigner les loups et qui, arrondi, lui permet aussi de retenir par la patte une brebis qui s’éloigne trop loin ; ce bâton est à l’origine de la crosse que tiennent les évêques dans leur main gauche, durant les processions.

Le passage à travers les ravins de la mort peut s’entendre comme la nuit de la Pâque en Egypte, quand tous les premiers-nés moururent, alors que le peuple de Dieu restait indemne (Ex 12:29sq) ; ou comme le passage de la Mer Rouge (Ex 14:15sq) ; ou comme la traversée du désert (Ex 15-18) ; mais il peut aussi s’entendre comme la mort du péché : même si ma conscience m’accuse, je sais que le Christ est là pour me consoler et me pardonner.

En suivant un tel Guide, il est certain que nous serons toujours dans la Grâce et le Bonheur, dans la Maison du Seigneur, c’est-à-dire dans l’Eglise, dans la Vie divine.

Le Christ l’a bien dit à saint Thomas : Il est le Chemin, la Vérité et la Vie (cf. Jn 14:6). Et encore : Hors de moi, vous ne pouvez rien faire (Jn 15:5).

 

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Jésus-Christ est le Centre de la Création. Nous le lisons maintenant dans l’épître de Saint Paul aux Ephésiens.

Christ est le centre et l’aboutissement de tout le créé : en Lui nous sommes créés, vers Lui nous marchons. Le Christ est le ciment sacré de l’unité entre tous les  hommes. 

On sera frappé du nombre de fois que Paul utilise le mot paix en parlant du Christ : cinq fois dans ce petit extrait. Oui, Jésus est notre paix ; nous n’aurons de paix qu’en Jésus, et nous n’obtiendrons cette paix qu’en nous mettant en paix avec Jésus. 

Cette paix, Jésus l’a achetée par son sacrifice volontaire, par son sang librement versé. Ce Sacrifice Unique préfiguré par les multiples sacrifices de l’Ancien Testament, les couronnait et en même temps y mettait un terme. Dans le Nouveau Testament, l’unique Sacrifice de Jésus-Christ efface tous les péchés et nous ouvre la Porte du Ciel. Chaque fois qu’un prêtre offre ce Sacrifice à la messe, il ne refait pas le Sacrifice du Christ, qui est mort et ne souffre plus ; à l’autel, le prêtre actue ce Sacrifice sous nos yeux, continuant à appeler sur l’Eglise les grâces divines.

Rappelons-nous ici les propres mots de Jésus sur la paix. C’est après la dernière Cène. Saint Jean ne parle pas de l’Eucharistie, car il sait que les trois autres Evangélistes l’ont fait ; mais il rapporte les dernières paroles de Jésus avant sa passion. Ouvrons le chapitre 14, verset 27. Un seul verset, mais tout un programme socio-politique adressé aux apôtres et à tous les hommes de bonne volonté : Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne.

Faut-il commenter ? Jésus n’est-il pas assez clair ?

Tirons-en simplement une conséquence logique : Toute communauté, petite ou grande, qui ne cherche pas à s’appuyer sur les principes du Christ, est vouée à l’échec. Ce n’est pas un théorème qui a besoin de démonstration ; on pourrait dire que c’est un postulat ; un postulat qui a son corollaire : Toute situation conflictuelle (drame, dispute, divorce, manifestation violente, révolte, attentat, assassinat, guerre (froide ou déclarée), est le résultat de l’exclusion, volontaire ou non, des principes chrétiens.

 

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Et voici qu’un drame s’est déroulé à Jérusalem, tandis que Jésus était dans la région de Nazareth et qu’il avait envoyé les apôtres en mission.

Marc raconte cela au chapitre 6 (mais l’épisode n’est pas lu ce dimanche) : Hérode avait fait arrêter Jean-Baptiste qui lui reprochait son adultère, puis le fit décapiter ; cet épisode dramatique sera lu seulement au jour du Martyre de Jean-Baptiste, le 29 août. Il est peut-être regrettable que ce passage ne soit pas lu le dimanche, car ce serait une bonne illustration de ce qu’on a dit plus haut sur la paix et les conflits.

Pendant cet épisode, donc, nos apôtres reviennent de leur première mission. On les imagine racontant à Jésus ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont dit, ce qu’ils ont fait… Quelle impression profonde ont-ils ressentie en accomplissant ces premiers miracles, sur ordre de Jésus ! Chasser les démons, oindre les malades, les guérir ! Vous, pénitents qui craignez un peu de vous approcher du prêtre pour avouer vos péchés, sachez que non seulement ce prêtre ne saura jamais répéter à qui que ce soit ce qu’il aura entendu, mais surtout : qu’il est profondément heureux de lever la main vers vous et de vous dire calmement : “Vos péchés vous sont remis. Allez en paix”. Ainsi, les Apôtres, heureux d’avoir transmis la paix, au nom de Jésus.

Et Jésus se montre très humain avec eux : Venez vous reposer ! Oui, l’homme a besoin de se reposer, c’est un devoir qu’il se doit. Notre organisme a besoin de cette pause nocturne, pendant que le soleil est absent, pour dormir et se détendre, pour reprendre des forces. Notre société actuelle est ivre de mouvement et de bruit. Certaines maladies cancéreuses sont directement liées à ce rythme très désordonné. Jésus se préoccupe donc aussi de la santé de ses Apôtres, qui n’ont même plus le temps de manger.

Mais Jésus a aussi une grande préoccupation : le Bien de tous ces gens qui viennent le voir, qui semblent être des brebis sans berger. Les prêtres, les lévites, les docteurs, ne manquaient pas, cependant, mais ils ne cherchaient pas à s’occuper des brebis comme doit le faire l’Unique Berger.

Ici, l’évangile fait écho à la première lecture ; Jésus, le vrai Berger, veut que les Apôtres, et à leur suite les prêtres et les évêques, s’occupent vraiment de guider les âmes dans la Vérité, vers la Vérité, vers l’union avec Dieu. Pour un ministre du culte, forte est toujours la tentation de présomption, d’orgueil, de regarder le succès personnel, de considérer le peuple de Dieu un peu comme sa propre “clientèle”. 

Le prêtre français Jean-Marie Vianney (fêté le 4 août), vers qui accouraient des milliers de pèlerins, et qui n’avait pas non plus le temps de manger, ne s’attribuait aucun succès ; son seul souci était le salut des âmes, la conversion des pécheurs. Rien que pour le salut des âmes de sa paroisse, il s’imposa beaucoup de mortifications, et le démon cherchait par tous les moyens à le décourager. La patience persévérante du saint prêtre gagna la partie : les dernières années, même le diable cessa de l’importuner.

 

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Nous devons tout faire pour être en paix avec Jésus : Le suivre comme l’unique Pasteur, L’écouter comme l’unique Vérité, Le remercier comme notre unique Sauveur. 

Le prêtre redit à chaque messe : Seigneur, tu as dit à tes apôtres : Je vous laisse la paix, je vous donne MA paix, ne regarde pas nos péchés, mais la foi de ton  Eglise…

Ai-je cette foi ? Je demande vraiment à Jésus Sa paix ? Suis-je prêt à l’appeler, à lui ouvrir, à l’écouter ?

Je me tiens à la porte et je frappe, dit le Seigneur.

Si quelqu’un entend ma voix, s’il m’ouvre, j’entrerai chez lui… (Ap 3:20, antienne de Communion).

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B

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