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18e dimanche per annum

 

 

Dès la première lecture, nous sommes conviés à boire et à manger de bonnes choses. Mais quelles bonnes choses, puisque le prophète Isaïe nous dit en même temps de ne pas dépenser pour ce qui ne nourrit pas, et même d’acheter sans rien payer ?

Comme ça nous arrangerait bien d’acheter sans payer ! Mais où trouver une telle nourriture, si le prophète ne nous disait pas en même temps Venez à moi ! Ecoutez, et vous vivrez ?

Par la bouche du prophète, c’est Dieu qui nous invite à Sa table. Tout ce passage doit être entendu au sens spirituel : quelle est donc cette Nourriture et cette Boisson, ces Viandes savoureuses, si ce n’est le Corps et le Sang du Christ ?

Ce qu’Isaïe proclame huit siècles avant le Christ, voici que Jésus le dit clairement aux Juifs : 

Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Qui mange ma chair et boit mon sang à la vie éternelle…

Ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson.

Voici le pain descendu du ciel… Qui mangera ce pain vivra à jamais (Jn 6:53-55;58).

 

*       *       *

Le psaume 144 - une partie de celui-ci - évoque à son tour la nourriture que Dieu nous donne en temps voulu. 

Mais David, en l’écrivant, ne pensait pas seulement à notre nourriture. Dans sa prière, il parle de l’attitude continuelle de Dieu envers les hommes : par sa tendresse et sa pitié, il se montre infiniment Père.

Dieu, ajoute David, est lent à la colère : quel père serait Dieu s’il sévissait à chaque seconde sur les erreurs de ses fils ? Mais quelque fois, tout de même, Dieu intervient, non pour «punir», mais pour nous réveiller, pour nous inviter à regarder vers Lui, pour nous rappeler ce que nous sommes sans Lui.

 

*       *       *

Nous traverserons toujours des épreuves dans notre vie, qui ne sont pas des «châtiments» divins ; nous avons besoin de ces épreuves pour ne pas oublier de combattre contre le temporel, le matériel, le passager.

Quelles que soient ces épreuves, dont parle l’apôtre Paul - détresse, angoisse, persécution, faim, dénuement, danger, supplice - nous devons rester convaincus que tout cela passe avec le monde et l’histoire, tandis qu’une chose demeure : l’amour de Dieu, ce Dieu infiniment miséricordieux et plein de pitié. 

Non seulement tout cela passe, mais l’invitation de saint Paul nous presse de repenser toute notre vie dans le plan de Dieu ; de ne pas dépendre «des astres, des cieux, des abîmes».

Combien en effet sont détournés de la Vérité en croyant la trouver dans les cartes, dans les boules de cristal, les pendules ou dans le marc de café, toutes ces choses matérielles où Dieu est absent… Non, rien ne doit nous séparer de l’amour de Dieu

Un exemple de la vie des Saints nous aidera : Bartolo Longo fut un italien aussi athée convaincu qu’adonné au spiritisme ; par la grâce de Dieu il devint plutôt un grand propagateur de la dévotion à Notre-Dame du Rosaire, à Pompei (mort en 1926, béatifié en 1980, il est fêté au 5 octobre).

Le Chrétien convaincu sait qu’ aucune créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu.

Mais, objectera-t-on certainement, comment rester “en Dieu” quand les événements deviennent contraires ? quand on parle de guerres, d’attentats et d’assassinats, de détournements de fonds ou d’avions, de maladies et de famines ? quand nous devons acquérir toujours plus cher ce qui nous est nécessaire ? quand nous devons passer notre temps en démarches longues et pénibles ? 

Saint Paul n’entre pas dans la discussion. Lui qui est passé par mille tribulations, il sait de quoi il parle : chassé, passé à tabac, menacé, exilé, arrêté, il pourrait vraiment se plaindre de ce que sa vie n’était pas de tout repos ; mais il “balaie” d’un geste, - d’un mot, toutes ces “petites choses” : Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu.

L’Apôtre dit plus : avec l’amour de Dieu, c’est nous qui sommes vainqueurs. C’est le langage de la Croix : mort sur la Croix, Jésus est vivant. Vaincu par les hommes, c’est Lui le vainqueur par son humilité et sa douceur.

Au risque de répéter des choses déjà dites, nous ne devrons jamais cesser de chanter la Victoire du Ressuscité sur le mal. Notre quotidien est tellement futile. Ce qu’on lit aujourd’hui “à la une” dans le journal sera effacé demain par autre chose ; une catastrophe d’hier sera vite oubliée au profit d’un soi-disant exploit sportif.

Sains François d’Assise expliquait à son fidèle compagnon, frère Léon, ce qu’il pensait être la joie parfaite. Suppose, lui disait-il, que nous rentrons exténués de notre voyage, tout mouillés et crottés, et que nous arrivions enfin à la porte de notre monastère. Il est tard, le portier somnole déjà et, dans la nuit, ne nous reconnaît pas. Et comme il a le droit d’être un homme et de céder quelque peu à ses petits défauts, le voilà qui s’énerve, nous traite de bandits, nous insulte, commence à nous frapper et nous poursuivre à coups de balais ; dans la nuit, nous nous retrouvons les quatre fers en l’air dans la boue du chemin : voilà, cher Léon, notre joie parfaite !

Qu’on ne dise pas que s.François était un Saint, ignorant des choses du monde ! François d’Assise était un homme bien comme nous, vif, nerveux, et toute sa jeunesse s’était passée avec des compagnons avec lesquels, aujourd’hui, il aurait passé bien des heures en discothèque, à chanter et à gesticuler. Touché par l’appel de Dieu, il avait renoncé à tout cela, à tout le riche héritage de son père, à toute aisance, à toute propriété privée. C’était là toute sa joie, même s’il lui arrivait encore quelque fois de céder à un mouvement d’humeur.

La sainteté n’est pas dans la perfection, mais dans la persévérance à écouter la Parole de Dieu et de chercher à la vivre, chaque jour.

 

*       *       *

Quand Jésus multiplie les pains et les poissons, il montre qu’il est tendresse et pitié, comme le Dieu du psaume, étant Dieu, lui aussi.

Selon certains commentateurs, le passage de Jean, cité plus haut, correspondrait à celui de Matthieu que nous lisons ici.

On imagine que toute cette foule devait avoir l’estomac creux : depuis le matin, ils suivaient Jésus, sans manger, et portant leurs malades.

Jésus fit asseoir les gens pour que tout se fît avec ordre, pour que personne ne fût oublié. Ensuite il prononça la bénédiction, comme nous l’entendons chaque jour à la Consécration du Pain : Jésus rend grâce à Dieu pour le don du pain, pour la bonté infinie de Dieu qui, encore une fois, donne la nourriture en temps voulu.

Le miracle de cette multiplication des pains, du chapitre 14 de Matthieu, illustre bien la parabole du semeur du chapitre précédent que nous lisions il y a deux dimanches : les quelques morceaux «semés» par les apôtres dans cette foule, deviennent assez importants pour nourrir cinq-mille hommes.

On voudra bien voir aussi par là comment ce qu’on donne généreusement est toujours amplement récompensé par Dieu.

Combien de bouches mangèrent ce jour-là, si l’on ne comptait pas les femmes et les enfants ?  Difficile de le dire ; les hommes pouvaient être accompagnés de leur épouse et des enfants, mais ces derniers pouvaient-ils rester une journée sans manger ? Il pouvait bien y avoir des femmes, des adolescents, les plus capables de marcher toute une journée. Cela fait certainement un grand nombre.

Cependant, Jésus ne donne pas à boire à la foule : c’est que l’eau est un élément naturel, qui pouvait se trouver sur place dans quelque puits, tandis que le pain doit être préparé et cuit. 

On notera que Jésus confie aux disciples la charge de distribuer la nourriture. Il y a certainement là une image de la prochaine Eglise naissante, qui bientôt distribuera l’Eucharistie instituée par le Christ.

On a aussi commenté les chiffres de l’évangile : les cinq pains symboliseraient les cinq livres de la Torah juive, la Loi ancienne, et les deux poissons seraient les deux Testaments ; ainsi la présence divine de Jésus multiplie les fruits de l’antique Loi ; quant aux douze paniers pleins restants, ils montreraient qu’après Jésus, ce seraient aux douze Apôtres à transmettre à leur tour la Nourriture céleste. Cette interprétation n’est pas interdite. Elle pourra nous suggérer de prier pour qu’il y ait parmi nous suffisamment de ministres qui distribuent l’Eucharistie.

 

*       *       *

 

Cette petite méditation nous amène à considérer à leur juste valeur les dons de Dieu. Tout vient de Lui, ne l’oublions jamais. A nous, dit la Prière, de faire un bon usage des biens qui passent et nous attacher seulement à ceux qui demeurent : la foi, la confiance en Dieu, l’amour de Dieu et du Prochain, l’obéissance à l’Eglise, à l’image de tous les Saints.

Certains eurent à souffrir les pires vilenies, des Fondateurs et des Fondatrices furent exclus de leurs propres fondations pendant des années, parfois même enfermés, comme en prison, sans jamais cesser d’aimer Dieu et de prier.

Rien ne les a séparés de l’amour de Dieu.

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année A

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