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18e dimanche per annum - B

 

 

A leur sortie d’Egypte, les Hébreux furent guidés de jour par la colonne de nuée et de nuit par la colonne de feu (cf. Ex 13:21) ; une telle présence divine, vraiment extraordinaire, ne suffit pas pour empêcher les enfants d’Israël de murmurer en voyant arriver les Egyptiens ; après le passage de la Mer Rouge, ils chantèrent un solennel hymne d’action de grâce, mais à peine au deuxième mois de la sortie d’Egypte, ils avaient de nouveau le murmure dans le cœur et sur les lèvres. C’est la lecture d’aujourd’hui.

Qu’aucun de nous n’ose reprocher aux Hébreux leur inconstance, leur facilité à se rebeller, à récriminer, comme dit le texte !

Dans leurs propos incendiaires, ils vont jusqu’à regretter de ne pas être morts en Egypte ; le texte grec ne dit pas Il aurait mieux valu mourir de la main du Seigneur, mais Que ne sommes-nous morts frappés par le Seigneur, où le mot frappés reprend le terme par lequel ont été désignés les fléaux qui ont accablé les Egyptiens, comme si, dans leur colère, les Israélites en venaient à désirer le sort des Egyptiens. Justin et Origène ont souligné cette ingratitude.

Philon, pour sa part (philosophe et exégète juif du 1er siècle), observe le caractère vraiment miraculeux de la patiente bonté de Dieu, qui offre à son peuple une nourriture gagnée sans peine et non terrestre, souvenir du Paradis où l’homme n’avait pas à travailler pour se nourrir, et prémices de l’Eucharistie.

L’expression chaque jour est plus complexe dans le texte ; il faudrait presque traduire littéralement ce qui est du jour pour un jour. Le même Philon interprète ainsi cette expression : les nourritures de l’âme, qui sont célestes, sont les paroles de Dieu ; mais l’âme ne peut recevoir en une seule fois la richesse de ces grâces ; aussi Dieu ne dispense-t-il que la nourriture du jour pour le jour. Il interprète aussi que la Lumière (le jour) nous est donnée uniquement «pour le jour», c’est-à-dire pour le Bien.

Le psaume et l’évangile vont tout-à-l’heure compléter cette exégèse.

 

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Le psaume 77, pour qui le lit dans son intégralité, est une longue méditation didactique sur l’histoire d’Israël, les fautes de la nation et leur châtiment. Le psaume met en relief la responsabilité d’Ephraïm, ancêtre des Samaritains, l’élection de Juda et le choix de David.

Au milieu de l’énumération de tant et tant de bienfaits pour lesquels le peuple d’Israël n’a pas su se montrer reconnaissant, est évoquée cette «pluie» céleste des cailles et de la manne. 

La manne est le pain des Forts, c’est-à-dire la nourriture des Anges, dont il sera question dans l’évangile.

Le psaume dit plus bas que les Israélites avaient encore la nourriture dans la bouche, que la colère de Dieu fondit contre eux : aucun n’entra dans la Terre promise, sauf Josué et Caleb, qui ne s’étaient pas révoltés. Ceux qui y entrèrent ne furent pas même leurs fils, mais leurs petits-fils (cf. Nb 14:27sq) ; de ceux-là le psaume dit plus bas que Dieu conduit son peuple et le fait entrer dans son domaine sacré.

 

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Quand nous entendons Paul rappeler aux Ephésiens de ne plus se conduire comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée, on peut très facilement rattacher ce comportement de païens à celui des Israélites ingrats qui péchèrent contre Dieu dans le désert.

Nous avons tous à nous défaire de (notre) conduite d’autrefois, car nous sentons tous qu’il reste encore quelque chose du vieil homme au fond de nous, qui cherche à tout moment à supplanter l’homme nouveau que nous avons reçu en Jésus-Christ.

Notre renouvellement, notre conversion, ne seront jamais acquis ; ce serait comme de croire qu’un champ une fois dépierré et ensemencé restera définitivement apte à produire sans aucun travail. Ce serait le Paradis terrestre ! 

Toute notre vie est un travail champêtre, qu’il faut sans cesse reprendre pour préparer la terre et y faire pousser le bon fruit.

 

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Après le verset de l’Alleluia, qui reprend un verset du même psaume 77, nous commençons la lecture du discours sur le Pain de Vie ; il se prolongera sur quatre dimanches.

L’évangéliste Jean ne parle pas de l’institution de l’Eucharistie ; quand il écrivit son évangile, les trois autres, ainsi que l’épître de Paul aux Corinthiens, étaient largement diffusés parmi les Chrétiens ; aussi Jean a plutôt développé d’autres points connexes de l’amour du Christ pour nous : son Corps eucharistique, le Lavement des pieds lors de la Dernière Cène.

Après avoir multiplié les pains et les poissons, Jésus invite la foule à travailler pour une Autre nourriture que celle de la terre. On parlait plus haut du travail de toute notre vie : Jésus nous invite à ce travail passionnant, consistant à se préparer à recevoir la Nourriture qu’il nous donne.

La foule s’intéresse et questionne Jésus avec avidité : Que faut-il faire ? Cette humble question est celle des cœurs simples, qui s’ouvrent à la parole de Dieu ; elle rappelle celle de Marie à Nazareth : Comment cela se fera-t-il ? (Lc 1:34). Et de même que l’Ange annonce l’Incarnation du Verbe, de même Jésus demande à la foule de croire en Lui, en celui que (Dieu) a envoyé.

Croire vraiment en Jésus, le Verbe divin incarné, c’est croire à toute sa mission et à tout son enseignement, à ses Sacrements, à l’Eucharistie en particulier, et en l’Eglise.

Les interlocuteurs de Jésus découvrent peu à peu la Vérité : ils se souviennent de la Manne, mais que sera cette nouvelle Nourriture dont leur parle Jésus ? 

Jésus leur fait comprendre que la Manne était un Pain venu du Ciel. Mais le vrai Pain sera Celui qui descend du Ciel et donne la Vie au monde : Jésus passe maintenant du Pain-symbole de la Manne, au Pain Eucharistique, qu’il est Lui-même, et enfin dit explicitement : Moi, je suis le pain de la vie.

L’expression latine, comme la grecque, comporte une particularité saisissante : elle commence par le mot Ego, de sorte qu’il faut comprendre : C’est moi (et pas un autre)…

Jésus-Christ s’est exprimé ainsi maintes fois, s’identifiant à la vraie Vigne (Jn 15:1), au vrai Pasteur (Jn 10:11. Mais aussi, pour rassurer ses disciples, il leur dit simplement : C’est moi ! (Jn 6:20). 

Plus encore, en parlant un jour aux Juifs, il leur dit ces mots : Si vous ne croyez pas que Je Suis… (Jn 8:24), reprenant expressément le nom que Dieu se donna en parlant à Moïse : Je suis celui qui est (Ex 3:14), qu’on a parfois traduit : Je suis le «Je suis», l’Etre par essence, l’Etre éternel. Quand Jésus utilise l’expression Je suis, les Juifs comprennent aussitôt que Jésus leur montre sa divinité.

Quand Jésus parle de faim et de soif, il annonce encore plus précisément que l’Eucharistie comportera son Corps et son Sang.

“Ne plus avoir faim” ne veut pas dire qu’il suffira de communier une seule fois au Corps de Jésus, mais qu’il ne faut aller qu’à Lui pour vraiment être rassasié.

Au contraire, Jésus désire que nous Le recevions très souvent dans le Sacrement d’Amour eucharistique. Certes, l’Eglise ne veut pas nous obliger contre notre volonté ; si elle nous demande expressément de recevoir l’Eucharistie une fois l’an, au moment de Pâques, c’est pour que nous ne nous privions pas de l’Eucharistie, et que le plus grand nombre la reçoive au moins quelquefois. 

Mais si nous sommes convaincus de l’importance de cette démarche, si nous voulons vraiment nourrir en nous la vie divine, allons le plus souvent possible recevoir la sainte Hostie - et l’Eglise nous y encourage. 

Beaucoup de fidèles ne savent pas que les prêtres célèbrent chaque jour l’Eucharistie ; nous pouvons chaque jour y participer, selon le temps disponible. La Messe est à chaque fois la Pâque qui se reproduit : Chaque fois que vous mangez ce pain et buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne (1Co 11:26).

On ne peut pas mettre le Christ au centre de notre vie, sans y mettre en même temps l’Eucharistie, le Sacrement de la nouvelle créature en Jésus-Christ.

*       *       *

La Prière du jour nous rappelle la restauration de l’ordre primitif de la Création : Restaure pour eux ta création ; dans la Prière après la Communion nous disons avoir été renouvelés par le Pain du ciel.

Le 4 août, l’Eglise fête saint Jean Marie Vianney, patron des prêtres et des curés. L’ année sacerdotale, que nous fêtions il y a peu à l’occasion du 150e anniversaire de la mort de ce grand Saint, a été l’occasion pour beaucoup d’entre nous de renouveler notre attachement à la Vie divine eucharistique. Soyons-y fidèles !

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B

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