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2e dimanche per annum - B

 

Après que nous avons revécu la naissance et l’enfance du Verbe de Dieu incarné, l’Eglise nous invite à écouter ce Verbe fait chair.

La première lecture nous présente le petit Samuel qui, docilement, selon le conseil du prêtre Eli, répond à Dieu : Parle, ton serviteur écoute. Il se met entièrement à la disposition de Dieu, sans retour en arrière, sans hésitation.

Durant toute sa mission sur terre, le Christ n’a fait que se soumettre à la volonté de Dieu, pour accomplir totalement le sacrifice que Dieu attendait de lui. On pourrait très bien dire que, le premier, le Christ a dit à son Père : Parle, ton serviteur écoute. Rappelons-nous que le verbe «obéir» vient tout droit du latin «obaudíre», écouter. Obéir, c’est écouter pleinement.

Ce qui précède ne veut pas pour autant dire que le Christ n’avait pas de volonté humaine propre. Parfaitement homme, Jésus-Christ avait sa volonté  humaine, qu’en homme parfait il soumit à la volonté divine. L’Eglise a combattu l’erreur du monothélisme lors du troisième concile de Constantinople (681).

 

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Un mot sur le psaume 39 qui relie les deux lectures. David, entrevoyant le Messie, exprime l’offrande de celui-ci, exprimant à Son Père le don total de Sa Personne, Sa confiance tandis qu’Il se voit entouré d’ennemis.

Quand il dit Tu as ouvert mes oreilles, il exprime ce qu’on a dit plus haut : le Verbe incarné est prêt à écouter. Dans son épître aux Hébreux, saint Paul citera ce verset dans sa version grecque (Tu m’as façonné un corps, He 10:5-7).

Le Serviteur ajoute encore : Je ne retiens pas mes lèvres… J’ai dit ta vérité à la grande assemblée : David annonce là la vie publique du Christ et son enseignement.

 

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La deuxième lecture n’a pas de rapport direct avec la première et avec l’évangile. C’est la reprise de la première épître aux Corinthiens, dont on a lu les cinq premiers chapitres l’an dernier à la même époque. 

La péricope d’aujourd’hui fait partie du chapitre 6, où Paul parle de la pénible situation matrimoniale de certains Corinthiens, même chrétiens. Nos traducteurs ont peut-être craint d’offenser certaines consciences et n’ont pas traduit littéralement les mots de Paul. 

Or l’Apôtre ne parle pas d’impureté, un mot ambigu qu’on ne sait pas bien expliquer ; il parle précisément, en revanche, de la fornication, un mot qu’on masque souvent dans nos cours de catéchèse et dans nos familles, dans nos collèges et dans nos lycées. Quelques allusions vagues, parfois ironiques en coin, permettent de supposer “quelque chose”, sans qu’on dise quoi, tandis qu’un discours franc, précis, honnête, aiderait notre jeunesse à savoir se bien comporter. 

Il n’est pas permis par Dieu de vivre une situation matrimoniale sans que le mariage soit d’abord prononcé ; là se trouve le péché de la fornication. A plus forte raison, Dieu ne permet pas une autre liaison matrimoniale en-dehors d’un mariage déjà contracté : c’est l’adultère. 

C’est là une doctrine qui peut sembler difficile à beaucoup de nos contemporains, mais nous avons tous dans le cœur ce sentiment d’une situation stable et fidèle dans le mariage. Ce qui manque à beaucoup, c’est la persévérance, l’humilité et le pardon pour reconnaître et pardonner les erreurs.

Saint Paul nous rappelle une grande vérité : Tout être qui reçoit le baptême du Christ fait désormais partie du Corps du Christ, il est comme ce greffon enté sur un arbre pour en recevoir la vie ; celui qui reçoit la Vie du Christ ne s’appartient plus à lui-même, il est une créature nouvelle. Si un homme veut alors s’unir à une femme dans le lien du mariage, pour accomplir la Loi de Dieu, ils doivent ensemble s’unir dans le Christ et, en Christ, ne plus faire qu’une chair - qui se manifestera dans l’enfant qui en naîtra ; cette doctrine remonte aux premiers versets de la Sainte Ecriture (Gn 2:24). 

Les exemples de saint mariage n’ont pas manqué tout au long des siècles, depuis Adam et Eve, à Abraham et Sara, Joachim et Anne, Joseph et Marie, le saint empereur germanique Henri et sa femme Cunégonde, jusqu’à ce couple romain des bienheureux Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi, béatifiés en 2001, et - encore tout récemment béatifié, le couple des parents de sainte Thérèse de Lisieux, les bienheureux Louis et Zélie Martin.

Ceux qui voudront lire le passage de saint Paul dans le texte, se rendront compte de la force des expressions de l’Apôtre, dont on évite même quelques versets dans la lecture publique. C’est peut-être prudent, mais c’est aussi regrettable de priver nos oreilles d’avertissements aussi solennels, autorisés, et salutaires.

Peut-être pourrions-nous ici répéter les paroles du jeune Samuel : Parle, ton serviteur écoute !

 

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L’évangéliste saint Jean ne fait pas le récit du baptême de Jésus-Christ, déjà raconté par les autres évangélistes : nous avons lu cet épisode en saint Marc dimanche dernier. Aujourd’hui, nous lisons en saint Jean le témoignage de Jean-Baptiste, un témoignage “théologique” et messianique s’il en fut.

Jean-Baptiste voit arriver Jésus. Humainement parlant, il aurait pu recevoir son Cousin avec quelques marques d’affection - car ils ne s’étaient peut-être pas vus depuis leur naissance. Au contraire, Jean est très réservé, effacé ; et il nous livre cette phrase magnifique que, depuis, l’Eglise répète à chaque Messe : Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.

Dans l’Ancien Testament, l’agneau a toujours été pris pour le sacrifice le plus parfait, pour sa douceur même, sa blancheur innocente, son mutisme devant la souffrance, en un mot l’image la plus adéquate du Sacrifice du Messie qui marchera vers la Croix avec douceur, soumission, et en toute innocence, s’offrant pour expier les péchés dont il se charge sans les avoir jamais commis. Au moment de la fête des Expiations, on envoyait dans le désert le “bouc émissaire”, chargé par le grand prêtre des malédictions qu’il voulait ainsi détourner de dessus le peuple. Aujourd’hui, cet Agneau s’actualise de façon vivante en la Personne du Christ.

Le lendemain, dit l’Evangéliste - ces deux mots introduisent le texte d’aujourd’hui - Jean se tenait encore là, et répète les mots qu’il avait dits la veille :  Voici l’Agneau de Dieu. 

Il faut imaginer cette scène vraiment mystérieuse : encore une fois, Jean-Baptiste reste discret, il fixe les yeux sur Jésus qui passait et dit seulement Voici l’Agneau de Dieu. Sa mission est seulement d’annoncer, de précéder, puis de disparaître en présence de Jésus. Il invite la foule a écouter cet Homme, à Le suivre, et Lui seulement.

Les disciples du Baptiste n’hésitent pas ; ils suivent Jésus. André est le premier appelé, celui que nos Frères d’Orient appellent le “Protoclet” ; l’autre n’est pas nommé et ne sera peut-être pas un Apôtre ; mais c’est alors que Simon entre en scène, et que Jésus l’appelle “Képha”, Pierre. Le nom ou le surnom qu’on donne à quelqu’un lui reste toujours comme une marque indissociable de sa personne, expression de sa mission particulière. Au jour du baptême, nous recevons un nom qui ne nous quittera jamais ; parfois aussi c’est à leur confirmation que certains chrétiens prennent ou ajoutent un autre nom, comme s. Jean-Marie Vianney qui ajouta celui du Baptiste.

 

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Pour conclure, relisons pour une fois la Prière sur les Offrandes, où est exprimée la doctrine du Sacrement Eucharistique de la Messe : Chaque fois qu’est célébré ce sacrifice en mémorial,  c’est l’œuvre de notre Rédemption qui s’accomplit.

A chaque Messe, Christ se fait présent, un au milieu de nous, se donnant à nous et nous unissant à Lui-même. Chaque Messe est pour ainsi dire une Naissance du Christ, et une renaissance de notre personne “par Lui, avec Lui et en Lui”.

    

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B

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