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20e dimanche per annum - B

 

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Un très beau passage du livre des Proverbes nous fait contempler aujourd’hui l’œuvre de la Sagesse. Très tôt, de nombreux commentaires des Pères de l’Eglise ont appliqué cette péricope au Christ, à l’Eglise, à l’Eucharistie. 

Une interprétation primitive assimilait ces sept colonnes aux sept patriarches d’Adam à Moïse, ouvrant la voie à la Sagesse incarnée (cf. Lettres de Saint Clément) ; puis d’autres (Hippolyte, Cyprien, Origène) ont compris que cette “maison” est le Corps du Christ dans son incarnation, et les sept colonnes seraient les sept sacrements de la Vie chrétienne.

La traduction actuelle (apprêté son vin) ne rend pas bien l’expression du grec : Elle a préparé dans le cratère son vin, ce cratère étant un élément du mobilier de la Tente (cf. Ex 24-25), revêtant donc une claire nuance sacrificielle, relevée par les Pères, et annonçant le sacrifice du Christ. Puis la Sagesse envoie ses serviteurs (traduit ici par servantes), c’est-à-dire les prophètes, ou les apôtres.

L’appel de la Sagesse est pressant : Quittez votre folie, suivez le chemin de l’intelligence, une intelligence à prendre au sens littéral de “intus-legere” : lire à l’intérieur, comprendre en profondeur, saisir au plus profond de l’âme l’invitation pleine d’amour du Seigneur.

 

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Nous lisons aujourd’hui d’autres versets du même psaume 33, qui font suite à ceux que nous avons lus dimanche dernier ; on y lit ce verset étonnant : Venez, je vous enseignerai la crainte du Seigneur

Il ne s’agit pas, pour la Sagesse divine, de nous enseigner à avoir peur. Il s’agit ici d’une “sainte crainte”, d’un sentiment à la fois d’amour profond pour Dieu et de profond respect - qui n’a rien à voir avec la peur .

La Crainte du Seigneur est une réalité positive. C’est l’un des dons du Saint-Esprit (cf. Catéchisme de l’Eglise Catholique, 1831.

 

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Aux Ephésiens, Paul parle de la même sagesse. Son conseil “de ne pas s’enivrer” avec le vin du monde, est bien sûr opportun, mais n’omettons pas la deuxième partie de sa phrase, où il nous conseille de nous laisser remplir par l’Esprit Saint.

C’est un breuvage qui peut très bien s’apparenter ou s’identifier avec le saint Breuvage que Jésus-Christ nous offre dans l’Eucharistie. 

Dans ce même Esprit, Paul nous invite à partager entre nous ; ses mots latins sont : psalmis, hymnis, canticis spiritualibus.

L’expression a donné lieu à diverses interprétations : si les psaumes et les hymnes se retrouvent dans toutes les traductions, on ne peut que sourire devant la variété des interprétations concernant les canticis spiritualibus : cantiques spirituels chez Segond, cantiques inspirés pour la Bible de Jérusalem, libres louanges (?) dans la traduction liturgique française… 

Si l’Esprit de Dieu est présent dans les cantiques “spirituels” ou “inspirés”, on peut craindre en revanche qu’il soit un peu loin des “libres louanges” que nous entendons ici et là…  L’Esprit Saint, par définition, inspire l’harmonie, la douceur, la paix, la cohérence. C’est de cela que nous avons besoin au milieu du bruit et du mouvement.

 

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Rien, dans l’évangile d’aujourd’hui, n’est nouveau après celui de dimanche dernier, sinon que Jésus y affirme encore plus nettement Sa présence réelle dans le Pain qu’(Il) donnera, l’Hostie consacrée à la Messe par le Prêtre.

Ce “miracle eucharistique” de la Transsubstantiation requiert de notre part un acte de Foi : car l’Hostie consacrée ne change ni de couleur, ni de forme, ni de goût, ni de poids. Seules les paroles du Prêtre - Ceci est mon Corps - y font pénétrer la Présence divine du Christ, pour la nourriture de nos âmes.

On mettra en garde, ici, ceux des lecteurs qui auraient sous les yeux une Bible traduite par les Témoins de Jéhovah. Lorsque le texte cite la parole du Christ Ceci est mon Corps, ils traduisent en revanche Ceci représente mon Corps. Autre chose est la Personne vivante, autre chose une photographie ou une image qui la représente.

Dans l’Eucharistie, le Christ ressuscité est présent.

Bien sûr, sans cet acte de Foi, nos esprits rationalistes rejoindront les murmures des Juifs, scandalisés d’entendre Jésus leur demander de manger Sa chair.

Cette croyance en la Présence Réelle n’a pas subi d’altération dans l’Eglise pendant des siècles ; ce n’est qu’au 16e siècle qu’un malheureux esprit de révolte a conduit une grande portion du Troupeau chrétien hors de la Vérité, tandis que dans notre cher pays français de cruelles “guerres de religion” mettaient à feu et à sang la capitale et d’autres villes de province, avec les haines et les déchirures que ces vengeances occasionnaient, plus par motivation politique que religieuse, d’ailleurs.

Ce fut une période de grands désordres, de destructions de sanctuaires, de profanations diverses ; quantité de saints corps et de saintes reliques disparurent dans les flammes ou dans les fleuves. On a peine à imaginer qu’un véritable amour de la Vérité pût conduire à de telles extrémités. Seuls l’aveuglement et l’orgueil de la révolte ont pu engendrer ces excès, que nous payons aujourd’hui encore par de regrettables divisions entre chrétiens, entre frères, entre enfants de Dieu.

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Si nos cantiques sont vraiment inspirés de l’Esprit divin, celui-ci nous aidera à comprendre les biens que Dieu a préparés (Prière du jour), ainsi que l’admirable échange qui s’opère durant le Saint Sacrifice de la Messe (Prière sur les offrandes) ; ayant alors reçu le Corps et le Sang du Christ, nous pourrons davantage lui ressembler dès cette vie sur terre (Prière finale).

 

“Qui cherche le Seigneur, ne manquera d’aucun bien” (Ps 33:11).

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B

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