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25e dimanche per annum

 

Lequel d’entre nous n’a-t-il jamais entendu une de ces réflexions : Le Bon Dieu nous a oubliés - Il s’est trompé d’adresse - Il pourrait un peu se réveiller - Il ne fait pas beaucoup attention à nous… ?

On pourrait dire que ces réflexions, irrespectueuses à l’adresse de notre Père céleste, notre Créateur, la Bonté-même et la Miséricorde par excellence, tiennent du blasphème. Mais il y a (presque) plus grave, lorsque l’homme arrive à douter que Dieu puisse pardonner. 

 

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A qui en aurait encore quelque doute, le prophète Isaïe répond avec profonde conviction : Cherchez le Seigneur - Invoquez-le - Le Seigneur aura pitié (du pécheur) - Dieu est riche en pardon…

Il y a des pécheurs endurcis, qui doutent jusqu’au bout, malheureusement. Il y a aussi les hommes qui refusent le pardon pour les autres. Cette attitude n’est pas chrétienne.

Quand bien-même on aurait quelque «bon» argument pour accuser quelqu’un, Dieu nous rappelle aussi par la bouche d’Isaïe que (ses) pensées ne sont pas nos pensées.

Il n’y a rien à ajouter ici. Que chacun s’examine au plus profond de soi, et expulse toute rancune de son cœur, envers qui que ce soit, pour quelque motif que ce soit.

 

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Le psaume 144 renchérit : Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour.

Ce psaume, l’un des derniers du psautier, est signé de David. C’est un psaume «alphabétique», dont chaque verset commence par une des lettres de l’alphabet hébraïque. C’est donc dommage de n’en proclamer que quelques versets : l’intégralité nous donnerait mieux l’intelligence de la pensée de l’Auteur : chanter Dieu dans toute sa splendeur, Dieu qui est tout Amour, toute Miséricorde, toute Justice, toute Vérité.

Que Dieu soit lent à la colère, ne doit pas être pour nous une insinuation que «parfois» Dieu soit en colère. C’est nous qui nous mettons en colère. Et quand le bras de Dieu laisse faire des catastrophes ou des épreuves, on lui attribue cette qualification tout humaine de «colère».

C’est comme si on accusait de colère un professeur pour la mauvaise note qu’il met à un travail, alors que cette mauvaise note n’exprime strictement que la valeur du travail de l’élève.

Les hommes s’efforcent par tous les moyens de mettre Dieu à la porte : on ne prie pas, on déserte l’église paroissiale et on envahit les stades et les routes, aux grandes fêtes chrétiennes on ne pense qu’à son estomac, la société est gonflée de mille discordes jusqu’à exploser, on ne pardonne pas… et l’on s’étonne que cette Terre soit abandonnée de Dieu.

Heureusement, il y a des âmes qui prient pour les autres, qui pardonnent, qui aiment ; ces âmes font vivre l’Eglise et la société.

 

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Voulons-nous que la société change, que notre pays change, que le monde change ? que cessent les guerres ?

Faisons la paix dans notre cœur, en y invitant le Christ. C’est le cri du cœur de l’apôtre Paul.

Quand il écrit aux Chrétiens récemment convertis à Philippes en Grèce, Paul est prisonnier : à Rome ou en Asie mineure, peu importe, mais il pense à sa mort possible.

Saint Paul ne désire pas pour autant mourir immédiatement, car sa mission n’est pas encore achevée. Comme sainte Thérèse de Lisieux dira en mourant : Je ne meurs pas, j’entre dans la Vie., ainsi la joie de saint Paul, c’est d’être avec le Christ, et que les Chrétiens mènent une vie digne de l’Evangile du Christ.

 

Imaginons que s. Paul et tous les chrétiens à sa suite, se soient immédiatement offerts au glaive des persécuteurs, comment l’Eglise aurait-elle pu s’étendre ? Et si un jeune étudiant, las de ses études fastidieuses, entamait une grève de la faim pour “aller vers le Christ” plus rapidement, on aura de bonnes raisons de penser que son âme n’ira pas tout de suite vers le Christ…! Ses pensées n’auront pas été les pensées de Dieu.

La solution est difficile à trouver à chaque instant : qu’est-ce que Dieu attend de moi en ce moment présent ? Poser cette question loyalement, c’est déjà ouvrir son cœur pour écouter la réponse de Dieu. C’est déjà se rendre disponible à Sa voix. Dieu n’est pas loin de nous, c’est nous qui nous en éloignons. 

 

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On peut supposer facilement que si les ouvriers de la première heure avaient connu d’avance le salaire de ceux de la dernière heure, ils auraient sans doute attendu le soir pour se faire embaucher. Avec un tel raisonnement, toute la société aurait vite fait de sombrer dans le chaos le plus total !

Mais derrière cette parabole apparemment «sociale» se profile un appel beaucoup plus eschatologique : il s’agit de la récompense finale du Royaume, à laquelle tous les hommes sont conviés.

Les ouvriers de la première heure représentent le Peuple élu, les premiers Appelés, les Juifs. Ceux des autres heures sont ceux qui connaîtront la Bonne Nouvelle de Jésus à des périodes plus tardives, jusqu’à aujourd’hui. Personne n’oserait imaginer que les baptisés du 21e siècle auraient moins de bonheur dans le Royaume que les pieux Juifs de l’Ancien Testament.

Cette parabole n’a pas ici une portée sociale et nous ne sommes pas ici dans le contexte d’une lutte syndicale. Dans notre monde, il serait certainement injuste qu’un maître payât autant l’ouvrier d’une heure que celui d’une journée. 

Mais supposons un moment qu’un patron épris de charité profonde, considérant la situation difficile d’un de ses ouvriers (maladie, épreuve familiale, revers…), décide de lui remettre une prime exceptionnelle pour l’aider dans cette mauvaise passe ; qui pourrait l’en empêcher ? Certes, personne, mais le même patron aurait bientôt tous les ouvriers de son usine à sa porte, dénonçant l’un une prétendue maladie, l’autre une situation difficile, etc.

Non, la parabole n’est pas une «doctrine sociale» pour le monde ouvrier. Il s’agit bien, dit Jésus, du Royaume des cieux, donc de l’autre monde, de l’éternité, d’un monde où, comme on l’a entendu précédemment, (les pensées de Dieu) sont au-dessus de (nos) pensées.

La conclusion de la parabole (les derniers et les premiers) reprend le dernier verset du chapitre  19 qui la précède immédiatement. On dirait que Jésus voulait à la fois achever l’enseignement sur  le détachement et annoncer cette nouvelle parabole : ceux qui auront tout laissé pour embrasser la voie du Christ, même s’ils ne sont pas considérés dans le monde, seront dans le Royaume préférés à ceux qui y étaient appelés les premiers, les Juifs.

La vigne, c’est l’Eglise ; la place où attendent les ouvriers, c’est le monde païen. A tous ceux qui sont appelés à la troisième, sixième et neuvième heures, le maître promet ce qui est juste, selon cette justice divine qui, encore une fois ici, est différente de celle des hommes : Dieu récom

pense le mérite de chacun. Et l’on voit aussi que le maître va à chaque fois en quête d’autres ouvriers, comme la sollicitude de Dieu pour le salut de tous les hommes.

 Si les derniers appelés semblent mieux récompensés, c’est que leur mérite est plus grand, ayant vraiment suivi totalement l’appel du Christ, contrairement à ceux qui étaient appelés avant eux et qui n’ont pas correspondu à cette grâce d’élection.

Certains ont cherché à comprendre qui pouvait être cet intendant de la vigne, chargé de payer les ouvriers. Origène pensait qu’il s’agissait de l’Archange saint Michel ; saint Irénée de Lyon, du Saint-Esprit, qui distribue les dons et donc aussi les récompenses.

Concernant alors le Royaume des Cieux, comment imaginera-t-on que les «premiers» soient jaloux et grognons ? C’est que, expliquent certains commentateurs, ceux-là se sont d’eux-mêmes exclus du Royaume. Quand le maître dit : Prends ce qui est à toi et va, cette phrase pourrait nous laisser entendre que l’ouvrier, révolté, ait refusé même son salaire et quitté le Royaume ; d’ailleurs Jésus note qu’il a l’œil méchant, ce qui n’existe pas dans le Royaume des Cieux.

Une interprétation amusante de l’élection des derniers, fut qu’effectivement le Bon Larron entra le premier au Ciel, avant saint Pierre ! Saint Jean Chrysostome note simplement que l’extrême miséricorde (divine) n’observe pas d’ordre (humain). Encore une fois : vos pensées ne sont pas mes pensées.

Le même Chrysostome remarque que cette parabole pourrait aussi s’appliquer aux personnes qui se convertissent au soir de leur vie. Là encore, Dieu récompensera le mérite de leurs décisions et de leurs actions, un mérite qui pourra être supérieur à celui de ceux qui auront eu une vie plus longue, certes, mais moins chrétienne.

 

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La conclusion et le principe de tout cet enseignement, la Prière le rappelle : la Loi consiste à aimer (Dieu), d’abord, et le Prochain en même temps, comme Jésus.

 

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année A

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