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26e dimanche per annum

 

 

Le Chant d’entrée de ce vingt-sixième dimanche “ordinaire” exprime d’emblée le thème des lectures d’aujourd’hui. C’est la prière du jeune Daniel qui adresse à Dieu, en notre nom, une prière pleine de repentance : Nous avons péché, nous n’avons pas écouté tes commandements… Mais traite-nous selon la richesse de ta miséricorde.

 

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Par la bouche du prophète Ezéchiel, Dieu nous rappelle une remarque que beaucoup font parmi nous : La conduite de Dieu est étrange. C’est une réflexion que l’on dit souvent quand il nous arrive une épreuve, une maladie, un échec, un décès… 

Si le juste se détourne de sa justice… Si je me crois juste, comme le pharisien de la parabole (Lc 18:9-14), je dois prouver que toute ma conduite est irréprochable. Je ne dis jamais de mensonge ? Je ne juge jamais mon prochain ? J’observe toujours la vitesse-limite autorisée sur la route ?…Comment puis-je dire que je suis juste ? Et si je mérite quelque reproche, comment puis-je dire que la conduite de Dieu est étrange ?

Si le méchant se détourne de sa méchanceté, il sauvera sa vie. Voici un verset qui nous fait aussi (parfois) grincer des dents, parce que nous n’acceptons pas la conversion de notre ennemi. Nous aimerions le voir puni, avili, humilié, frappé, condamné… comme si le pardon n’existait pas pour lui. Et si Dieu lui pardonne aussi, nous penserons là encore que la conduite de Dieu est étrange. 

Ce que nous lisons donc aujoud’hui dans Ezéchiel est déjà - six siècles avant le Christ - un appel de Dieu, plein d’amour, à la conversion. Qui a donc dit que le Dieu de l’Ancien Testament était un Juge implacable ?

 

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Rappelons-nous fermement que Dieu veut notre bien éternel. Les avertissements présents ne sont que des panneaux indicateurs pour nous orienter.

Ce n’est pas à Dieu de changer de conduite, mais à nous.

Entrons dans notre intimité, scrutons notre conscience, et disons avec humilité ce psaume 24, écrit par David : Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse. 

Quelques versets plus loin, David implore : Pardonne mes torts, car ils sont grands… Efface tous mes égarements.

Il n’y a pas que cette auto-accusation dans ce psaume. Il y a aussi le cri de confiance envers la bonté de Dieu : Mes yeux sont fixés sur le Seigneur - Tourne-toi vers moi, aie pitié de moi - Desserre l’angoisse de mon cœur. 

Et surtout, il y a le rappel de l’amour de Dieu : Tout le jour j’espère à cause de ta bonté, Seigneur - Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours - Les sentiers du Seigneur sont amour et vérité.

Ces versets vont m’aider à comprendre la conduite de Dieu. Devant l’amour immense de Dieu, nous devons chercher sans cesse à nous incliner : c’est l’humilité.

 

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Aux chers Chrétiens de Philippes, saint Paul évoque instamment cette vertu, rappelant l’humilité de Jésus-Christ. Lui, Dieu, mourir sur une croix comme le dernier malfaiteur ou brigand !

Jésus, de façon toute singulière, s’est “vidé” (c’est le mot grec) de sa gloire divine pour endosser notre vile condition, et en obéissant jusqu’à la mort, se faisant le Serviteur de chacun de nous. Peut-être que là aussi la conduite de Dieu est étrange. Mais la mort de Jésus n’était pas une punition : Jésus l’a librement, humblement, acceptée.

Le serviteur humble ne dit jamais : J’ai fait ceci, cela ; il ne se vante jamais de ses bonnes actions. Dans la parabole du Jugement dernier, on entend les Justes demander à Dieu : Mais quand donc T’avons-nous recueilli ? (cf. Mt 25:38). Tout récemment, Jésus nous a rappelé la nécessité de pardonner : celui qui pardonne accepte en quelque sorte de s’abaisser. Mais aussi, l’humble ne se justifie pas : il demande pardon, comme Marie de Magdala, comme le Bon Larron, comme Pierre qui pleure sa trahison. 

Notre roi Louis IX, devenu saint Louis, sous son fameux chêne de Vincennes, s’entendit un jour traiter de tous les noms par une femme qui passait là. L’entourage s’attendait à une réaction du roi ; il n’en fut rien. Le roi attendit patiemment la fin de la tirade et rétorqua tout doucement : Vous avez raison, Madame, je n’ai jamais pensé que je valais plus que ce que vous dites.

 

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Notre vie quotidienne est parsemée d’occasions où nous pouvons beaucoup avancer dans la voie de la sainteté en acceptant d’être plus humbles.

Tu as gagné ton match, battu un record ? Au lieu de t’en vanter, remercie Dieu qui a ainsi combiné les circonstances ; demain, un autre gagnera, ne le méprise pas !

Tu sais que tu as raison, et ton adversaire refuse de te croire ? Tais-toi, et laisse la Vérité entrer peu à peu dans son cœur. Toi aussi, parfois, tu te trompes.

Tu es tenté de désobéir ? Exécute l’ordre, respectueusement, parce que celui qui te le demande, représente le Christ.

La parabole d’aujourd’hui nous montre deux frères aux ordres de leur père : l’un dit non, et se reprend ; l’autre dit oui et ne fait pas. Qui ne s’est jamais trouvé dans l’une et l’autre de ces deux situations ?

Du premier, Jésus dit qu’il se repentit. Autrement dit, il se convertit, il s’humilia pour obéir.

Qui sont ceux qui, après avoir refusé, répondirent oui ? Ce sont les païens qui, rejetant les idoles et les fausses croyance, reçurent le message évangélique, ou aussi les pécheurs, les publicains et les prostituées, dit Jésus, qui vivaient en-dehors de la loi, et qui, rejetant l’erreur, suivirent Jésus de tout leur cœur.

Chaque fois que je me repends et que je demande sincèrement pardon, je suis ce fils qui, après avoir dit non, répond oui et fait la volonté du père. 

Saint Jean Chrysostome ajoute cet autre commentaire : au premier des deux fils ressemblent ces Chrétiens qui, sans y être tenus, s’efforcent de suivre les conseils évangéliques du Christ, dans l’obéissance, la pauvreté et la chasteté ; à l’autre fils ressemblent ceux qui, religieux ou prêtres, font ces vœux, mais ensuite les trahissent de quelque façon.

Selon saint François de Sales, le meilleur acte d’amour est l’union parfaite de la volonté à celle de Dieu, dans l’humilité.

 

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Nous le savons, Dieu donne toujours sa grâce pour nous aider à vaincre l’épreuve (cf. 1Co:10:13). Mais aussi, c’est un Père infiniment patient et miséricordieux. Si Jésus nous a demandé de pardonner soixante-dix-sept fois sept fois (Mt 21:22), à plus forte raison notre Père céleste nous pardonnera nos fautes et accueillera notre conversion.

C’est même là, dit la Prière, toute sa puissance.

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année A

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