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29e dimanche per annum - B

 

 

Récemment (au 24e dimanche), nous avons entendu Jésus annoncer à ses apôtres qu’il devait souffrir, avant de ressusciter, et nous avons entendu Pierre protester, et se faire remettre en place sévèrement par son Maître.

Aujourd’hui, donc, nous lisons dans la première lecture cette prophétie extraite du chapitre 53 d'Isaïe, où le prophète annonce la passion du Sauveur ; c'est le quatrième chant du Serviteur de Yahvé, qui illustre plusieurs siècles à l'avance quelles seront les souffrances du Christ, et aussi sa victoire : A cause de ses souffrances, il verra la Lumière, c’est-à-dire : il ressuscitera.

Pierre ne pouvait l’ignorer, mais il n’avait pas fait le rapprochement entre ce Serviteur et le Messie Jésus, ou bien avait pensé qu’il s’agissait d’une sorte d’histoire pieuse, d’un «genre littéraire». 

L’homme n’aime pas la souffrance. Cette réaction toute spontanée prouve que notre être intime conserve la mémoire de la créature parfaite qui ne devait pas souffrir, tels qu’étaient Adam et Eve avant leur péché.

Mais Dieu avait besoin d’un sacrifice total, parfait, pour «refaire» la création. Cette perfection, seul Dieu pouvait la connaître, et c’est pourquoi en la Personne de Jésus ont été réunies et la divinité et l’humanité. Homme parfait, Jésus offrit à Dieu le Père un sacrifice parfait.

Jésus à vraiment fait de sa vie un sacrifice d’expiation. Vraiment à cause de ses souffrances, il sera comblé. Réellement, parce qu’il a connu la souffrance, le juste justifiera les multitudes, il se chargera de leurs péchés.

Jésus est l’Agneau de Dieu, qui porte (enlève) le péché du monde, avait dit Jean-Baptiste (Jn 1:29). Et parce qu’il enlève nos péchés, il nous donne l’accès à la justification, à la sainteté, à la vie éternelle.

*       *       *

Les trois strophes de psaume que nous avons à méditer sont tirées des neuf strophes du psaume 32, un bel hymne à la Providence, un chant à la Miséricorde et à l’Amour de Dieu.

Quand notre pensée se désespère à l’écoute des nouvelles des guerres, des attentats, des morts, regardons vers Dieu, qui est au-dessus de nous et qui voit tout. Il sait ce que font les hommes, il connaît les épreuves de chacun, il ne prive personne de Sa grâce : la terre est remplie de son amour.

Jésus, Dieu incarné et visible, a connu ces épreuves, il les a assumées comme personne ne pourrait le faire, jusqu’à connaître la mort. Seul un Dieu peut nous délivrer de la mort, comme l’a démontré Jésus par sa Résurrection, de même qu’il avait ressuscité le jeune homme de Naïm (Lc 7:11-17) et Lazare (Jn 11) .

*       *       *

Continuant la Lettre aux Hébreux, que nous poursuivrons jusqu’à la fin de l’année liturgique, nous y relisons comment son auteur rappelle aux Hébreux persécutés combien le Prêtre Jésus est le prêtre parfait, parce qu’il est, comme on l’a dit plus haut, Homme et Dieu.

Parfaitement Homme, Jésus sait partager nos faiblesses (ormis le péché, bien sûr). C’est plus qu’une compassion, si généreuse soit-elle, telle que l’ont démontrée tant de Saints au service des malades. Jésus s’est mis à notre place.

Pour recevoir la grâce de son secours, nous ne devons pas craindre de la demander à Dieu, de la désirer, de l’accueillir vraiment.

Est-ce que nous cherchons à nous imprégner de la Parole de Dieu, dans l’Ecriture ? Est-ce que nous nous efforçons de recevoir le Corps du Christ dignement, et souvent ?

N’avons-nous pas souvent remis : oui, je vais le faire…

*       *       *

On a souvent parlé de l'impétuosité de l'apôtre Pierre, de sa précipitation parfois naïve. Aujourd'hui, un épisode du même chapitre 10 de Marc nous amène à découvrir un autre genre de naïveté : Jésus venait de parler à ses Apôtres de leur «récompense» au ciel après qu'ils auront tout laissé pour Le suivre. 

Voilà donc les deux frères, Jacques et Jean, qui viennent demander une «faveur» pour ce Royaume futur, nous dirions «une promotion»... 

En Matthieu (Mt 20:20) c'est leur maman qui intervient. Le détail pourrait être sans importance, mais on observera qu'à cette occasion au moins, les deux apôtres Jacques et Jean n'ont pas encore vraiment laissé leur mère et leur famille pour suivre Jésus. Ni eux ni leur mère n'ont compris qu'ils devaient abandonner toute ambition terrestre.

Jésus reste patient avec eux et ne leur reproche pas leur erreur. Il les exhorte seulement, par sa question, à désirer plus ardemment partager avec lui la coupe qu'il doit boire

Mais inévitablement, les autres apôtres ne manquent pas, à leur tour, de céder à une réaction bien humaine aussi : ils s'indignent contre les deux «ambitieux». Oh ! Comme il est difficile, même entre amis, d'avoir toujours des sentiments détachés, libres de toute considération humaine, pour ne vivre que dans la charité fraternelle, humble et désintéressée !

Observons comment le Maître de la Vérité profite de l'occasion pour donner à tous, et à nous bien sûr, ne l’oublions pas, un enseignement qui est en même temps une prophétie : pour être le premier, il faut se faire le dernier, l'esclave de tous, comme le fera justement Jésus en acceptant de se livrer aux mains de ses ennemis, pour servir et non pour être servi.

Ne jugeons pas les Apôtres pour leurs petites sautes d'humeur ; pensons aux nôtres ! Et voyons comment chacun d'eux a su petit à petit faire un chemin vers la perfection, jusqu'à l'immolation totale pour la Vérité, pour l'amour de Dieu, en pardonnant totalement à ceux qui les maltraitaient, à l'image du Maître. 

Ainsi Pierre qui, condamné à la croix, demanda d'être immolé la tête en bas, se jugeant indigne de mourir comme son Maître ; ainsi Jacques, qui sera décapité à Jérusalem ; ainsi Jean qui, s'il n'est pas mort martyr, subit beaucoup de souffrances de la part de l'empereur païen qui l'exila à Patmos (la Tradition raconte qu'à Rome Jean aurait été précipité dans un chaudron d'huile bouillante, dont il serait sorti indemne, ce qui lui valut l'exil) ; Barthélemy fut écorché vif, de la tête aux pieds ; André fut crucifié sur la croix en X...

C'est aussi ce qu'on lit à propos des Martyrs des périodes récentes, au Japon, en Angleterre, en Corée, en Chine, au Mexique, en Espagne : torturés, ils priaient pour leurs ennemis, en leur pardonnant. 

Citons ce cas récent, du diacre espagnol Juan Duarte Martín, béatifié en 2007. Il avait déjà subi différentes tortures et fut horriblement mutilé en prison ; amené au lieu de son exécution, on lui ouvrit le thorax à coups de hache, on y  versa de l’essence et on y mit le feu. Dans cet état, le jeune diacre (il avait vingt-quatre ans), eut encore la force de dire : Je vous pardonne, et je demande à Dieu de vous pardonner. Vive le Christ Roi ! (15 novembre 1936).

*       *       *

Ces Martyrs nous ont donné l'exemple de servir Dieu sans partage, pour reprendre l'expression de la Prière du jour. 

Certes, le martyre est une grâce que Dieu ne donne pas à tous, mais nous sommes tous appelés à servir Dieu pleinement, en apprenant à être les serviteurs de nos frères.

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B

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