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30e dimanche per annum - B

 

Le passage du prophète Jérémie se trouve dans le Livre de la Consolation du même Prophète (30-31). Jérémie a dû le rédiger vers 622 avant Jésus-Christ. Depuis un siècle que des Juifs avaient été déportés à Babylone, on vivait en Israël loin de Dieu, on adorait des dieux païens jusque dans le Temple. Et voilà que sous le roi Josias, on retrouva le texte de la Loi, qu’on avait complètement oublié et égaré. Le roi Josias avait alors provoqué une profonde réforme religieuse. Allait-on voir revenir les exilés ?

Le retour ne sera pas immédiat ; trois autres déportations vont encore frapper les Juifs et le Temple sera détruit (587). Ce ne sera qu’en 538 que Cyrus proclamera la libération des Juifs et leur retour en terre d’Israël : presque deux siècles d’oppression, d’exil, loin de la Terre promise, loin de Jérusalem.

Jérémie, qui avait annoncé cette longue période d’affliction (ch. 29), ajoute maintenant cette consolation : l’épreuve prendra fin, Dieu sauvera son peuple, car Il l’aime encore. Lui-même ramènera les exilés, Juda et Israël seront rassemblés.

On comprend le motif de cette joie exubérante : Poussez des cris de joie !

L’aveugle et le boîteux qui reviennent sont en même temps tous ceux qui, enfin, voient la Lumière et marchent dans le droit chemin. Ce verset peut évoquer la phrase du Christ faisant répondre à Jean-Baptiste : Rapportez à Jean-Baptiste… : les aveugles voient, les boiteux marchent… (Lc 7:22). La femme enceinte et la jeune accouchée font ici allusion à la Vie qui continue malgré toutes les épreuves.

Plutôt que les eaux courantes auxquelles Dieu va conduire cette foule en liesse, il faudrait lire le texte original qui dit : des torrents d’eau, non pas des torrents dangereux et redoutables, mais emplis de cette eau vivifiante qui sera présente sans cesse, abondante, pour le rafraîchissement, pour la purification. Par opposition aux eaux stagnantes qui engendrent la pourriture, l’eau qui coule en abondance évoque le renouvellement. C’est toute une symbolique de Vie qui s’exprime ici.

*       *       *

Le psaume 125, un de ceux que répétaient les Juifs en montant vers le Temple de Jérusalem, évoque ce retour heureux, après la douleur de l'éloignement, après l’épreuve et la punition que le peuple juif s’était attirées par son idolâtrie.

De la même façon que ce peuple se sentait puni par Dieu, de même maintenant il remercie Dieu pour la joie qu’il reçoit. On pourrait rapprocher ce chant d’action de grâce du cantique de Marie qui, dans son Magnificat, remercie Dieu d’avoir jeté les yeux sur son humble servante (Lc 1:48).

Le psalmiste souligne qu’on le répète parmi les nations, car ces événements n’étaient pas inconnus, les bruits circulaient, on connaissait quel était ce peuple choisi par Dieu, libéré de l’Egypte au milieu de grands signes, tantôt puni, tantôt pardonné. Ici encore, on pourrait rapprocher ce verset du cantique de Marie annonçant que désormais toutes les générations (la) diront bienheureuse (Lc 1:48).

On retrouve ici les torrents, qui inondent brusquement le désert du Negeb, presque toujours sec.

Pour le peuple d’Israël, le chant de ce psaume évoqua peu à peu, au-delà du retour historique à Jérusalem,  l’ère messianique, l’avènement du Sauveur, avec Son règne de paix. Jérusalem signifie vision de paix.

 

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L'auteur de l'épître – saint Paul ou un de ses plus fidèles disciples – présente la mission du grand-prêtre, qui est d'offrir des sacrifices pour les péchés, à commencer par ses propres péchés. Le grand-prêtre est le pontife (pontem facere) qui «fait le pont» entre Dieu et les hommes. Mais Jésus n’a pas de péchés à expier, c’est ce qui rend son sacrifice si parfait.

La deuxième antienne de communion nous rappelle que le Christ s'est livré pour nous en offrant à Dieu le seul sacrifice qui soit digne de lui (Eph 5:2). 

Cette mission sacrificielle ne vient que de Dieu. Aaron l'a reçue par une onction spéciale, mais pour un temps seulement, tandis que bien avant lui, Melchisédech l'a reçue par un appel tout spécial de Dieu, et non par quelque héritage humain. La même épître aux Hébreux rappelle que : Melchisédech, qui est sans père, sans mère, sans généalogie, dont les jours n’ont pas de commencement et dont la vie n’a pas de fin, qui est assimilé au Fils de Dieu, ce Melchisédech demeure prêtre pour toujours (He 7:1,3). 

Ce sacerdoce visible était une manifestation du sacerdoce de Jésus-Christ : Jésus est prêtre parce qu'il est d'abord Fils de Dieu, selon une génération divine et éternelle, non humaine. Dieu lui dit en effet - l’épître cite un autre psaume : Tu es mon fils, c’est moi qui, aujourd’hui, t’ai engendré (Ps 2:7). «Aujourd’hui» exprime ici une éternité toujours présente : le Fils est l’éternel Engendré. Cette éternité se retrouve aussi dans le passé de je t’ai engendré ; en grec, cette formule exprime le résultat durable d’une action désormais accomplie une fois pour toutes. La génération éternelle du Fils de Dieu en fait en même temps LE prêtre éternel.

Que de fois lisons-nous ce verset du psaume 109 : Tu es prêtre pour l'éternité, selon l'ordre de Melchisédech. Pour l'éternité ! Tandis qu’Aaron et tous les prêtres d'Israël ont été chargés de cette mission durant et seulement durant leur vie, Jésus demeure prêtre éternellement ; à sa suite, et par le sacrement qu’il a confié à l’Eglise, tous les prêtres de l'Eglise reçoivent l'onction du sacerdoce pour l'éternité.

Quelle grandeur est ainsi liée au sacerdoce ! Même les prêtres, parfois, l’oublient, mais ils ne perdront jamais cette onction sacramentelle qui leur donne comme un nouveau caractère.

 

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Jérémie nous a parlé de l’aveugle. En voici un, sur la route de Jésus.

Plein de foi, il appelle le Prêtre, Jésus ; il l'implore d'avoir pitié de lui. 

On pourrait remarquer deux aspects dans la psychologie de cet aveugle. D'un côté, sa foi réelle, à laquelle Jésus répond par un miracle, car c'est sa foi qui l'a sauvé. D'un autre côté, quelque chose qui, dans son âme, lui faisait sentir le besoin d'une lumière intérieure, pour sortir des ténèbres du monde où il se sentait prisonnier ; n’était-il pas un aveugle fictif, qui feignait la maladie pour toucher le cœur des passants ? 

Le texte dit qu’il bondit et courut vers Jésus, avant même sa guérison ; c’est donc qu'il y voyait suffisamment ! De faux aveugles, il y en a et il y en aura ; mais il en est qui sentent leur maladie intérieure et qui demandent à en être libérés ; pensons et convainquons-nous que nous sommes tous des aveugles.

Jésus nous apporte la lumière. Comme au moment de la création du monde, Dieu dit tout d'abord : Que la lumière soit (Gn 1:3), ensuite viennent les autres éléments de la création - le soleil et la lune seulement au quatrième jour. Cette lumière n’est pas encore la «vraie» lumière ! La vraie lumière est celle dont l'évangéliste Jean parle au début de son évangile : (Jésus) était la vraie lumière, qui illumine tout homme qui vient au monde (Jn 1:9). 

Il ne s’agit plus ici d’une lumière qui nous fait distinguer un objet d’un autre objet. Jésus illumine notre âme par la Vie qu’Il nous donne dans les Sacrements.

Il n’est pas question ici de mettre en doute le miracle de la guérison de cet aveugle. S’il était vraiment aveugle, le Christ lui a rendu la vue ; mais s’il était seulement aveugle dans son âme, ce qui est bien plus grave, Jésus lui a rendu la vue spirituelle, pour contempler la Vérité et la proclamer. Il y a une cécité intérieure qui nous frappe sans cesse, et dont nous devons sentir l’impérieux besoin d’être délivrés par la grâce divine.

A ce monde qui est tout entier plongé dans le mal (1 Jn 5:19), Jésus apporte la Lumière, le Salut. 

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Qu'éclate alors notre action de grâces personnelle, avec l'antienne de communion : Joyeux d'être sauvés, nous acclamons le nom de notre Dieu

Toute personne qui reçoit l’absolution du prêtre, sent en soi cette libération, cette légèreté intérieure qui la réjouit.

A la suite du peuple juif qui se convertit de l’idolâtrie et retourna au seul vrai Dieu, à la suite de l’aveugle qui fut inondé de la vraie Lumière, demandons dans notre cœur la grâce de servir Dieu d’un cœur sans partage.

Demandons à Dieu de susciter beaucoup de vocations sacerdotales, beaucoup de saints prêtres selon l'ordre de Melchisédech.

 

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B

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