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33e dimanche per annum

 

Nous arrivons à la conclusion de l’année liturgique, où les textes nous font méditer sur le retour du Seigneur. 

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L’éloge de la femme vaillante du Livre des Proverbes peut nous poser problème, si nous le rapprochons du Sermon sur la Montagne, dans lequel le Christ nous recommande : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez (Mt 5:25).

S’il est bon de s’abandonner à la Providence comme l’ont fait les ermites et tant de saints moines, la Providence ne nous a pas interdit d’être prudents (c’est-à-dire prévoyants), lorsque nous avons la responsabilité de nourrir une famille, d’entretenir une école ou une cantine.  

Tout l’extrait que nous lisons ici peut très bien se comprendre au sens littéral de l’épouse fidèle et travailleuse, sur laquelle s’appuie son mari qui, lui, travaille à des occupations plus lourdes pour apporter le salaire nécessaire à entretenir toute la famille. On imagine volontiers que ce fut le cas de Joseph et Marie à Nazareth.

Saurons-nous comprendre le verset de la fin : Décevante est la grâce, et vaine la beauté ? N’est-il pas habituel et nécessaire pour une femme de s’arranger avec soin ? Oui, il le faut, tout en pensant toujours que cette beauté humaine finira, tandis que la vraie beauté d’une personne réside dans ses qualités, dans les bonnes intentions qu’elle nourrit dans son cœur.

Mais transposons maintenant cet extrait à un niveau plus mystique. Quelle est cette Epouse merveilleuse, ce Mari qui a totalement confiance en elle ? L’Epouse qui travaille inlassablement au bien de la maisonnée, c’est l’Eglise, l’Epouse mystique du Christ. La mission de l’Eglise est en effet de pourvoir au bien de chaque âme, de lui fournir la nourriture solide de l’Eucharistie, le vêtement chaud des vertus, à l’exemple de tous les Saints qui nous en ont donné l’exemple.

Nous sommes tous appelés à devenir des Saints, chacun à notre mesure, chacun selon la réponse que nous donnons à l’appel de Dieu et à la façon dont nous recevons la grâce divine.

 

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Cet Epoux et cette Epouse se retrouvent aussi dans le psaume 127. Jésus a chanté ce psaume, et Il pensait à l’Eglise qu’Il était en train de fonder, et à Sa Mère aussi, à Marie, notre Mère à tous.

S’il n’est pas déplacé d’imaginer la table familiale, avec les fils autour de la table, il est encore moins déplacé d’imaginer ici la Table Eucharistique.

Ce psaume 127 est l’un des quinze Cantiques des montées, qui étaient la prière des pèlerins en route vers Jérusalem. Le but de leur route était la Maison du Seigneur, où toute la famille des Croyants allait se retrouver réunie.

Depuis Jésus-Christ, le Temple véritable est l’Eglise, qui accueille tous les fils de Dieu, les fils de tes fils, c’est-à-dire toutes les générations. La comparaison de ces fils qui sont comme des plants d’olivier convient aussi à la pérennité de l’Eglise, quand on sait combien les oliviers vivent longtemps.

 

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La nécessité de transposer ces versets à un niveau spirituel, mystique, eschatologique est soulignée aussi par les avertissements de l’apôtre Paul aux Thessaloniciens.

Nous ne devons pas nous fier à nos points de repère terrestres : ils sont fallacieux. Le vrai but de notre vie est de la quitter pour passer à la Vraie Vie, qui ne finira pas. 

Cette catastrophe imminente ne sera pas forcément un cataclysme ravageur ou un déluge de quarante jours : elle pourrait bien n’être que le jour de notre mort, que nous ne pouvons jamais prévoir, et qui nous attend au détour de chaque moment de notre existence : une maladie, un accident… c’est si vite arrivé !

C’est en nous imprégnant profondément de cette certitude, que nous sortirons de nos ténèbres, et que nous ne serons pas surpris, comme les vierges sages dont nous entendions la parabole dimanche dernier.

 

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L’huile des vierges sages, au contraire, ce sont tous les mérites que les fidèles auront su accumuler en prévision de la Vie éternelle.

La parabole des talents nous est assez familière. Cette parabole aussi n’est pas un traité historique et social : il faut essayer de comprendre le symbole des termes utilisés par le Seigneur.

Le Maître, évidemment, est Dieu le Père, notre Créateur, qui confie à chacun de nous certains talents, pas les mêmes et pas en quantité identique pour chacun, de la même façon qu’on ne met pas autant d’eau dans des vases de capacité différente, ni qu’on donne autant d’eau à toutes les plantes ; mais chacun reçoit la quantité d’eau fraîche dont il a besoin. 

Pour certains baptisés, comme une plante sous l’action de l’eau et du soleil, ces talents mûrissent, grandissent, et rapportent, ce sont les Chrétiens qui veulent correspondre à la grâce de Dieu, cherchant volontairement à se sanctifier, sans cesse, par la prière, par les Sacrements, lisant l’Ecriture, les textes importants de l’Eglise, soulageant le Prochain. Ce sont tous les Saints que nous fêtons chaque jour ou ces nombreuses personnes qui agissent dans la discrétion, semant partout bonté et douceur. 

Avant d’être saints, les Saints ont été des pécheurs, des hommes et des femmes faibles, et nous le sommes tous. Mais ils ont combattu ! On remarquera que le Maître ne récompense pas moins que les autres ceux qui n’avaient que deux talents ; cela va dans le même sens que la récompense des ouvriers de la dernière heure dans l’autre parabole (voir 25e dimanche ordinaire) : c’est l’effort que Dieu récompense, et non le résultat.

Avec le serviteur “paresseux”, les choses changent ! Qu’il considère - à tort - le Maître comme un homme dur et qui récolte ce qu’il n’a pas semé, est une grossière erreur humaine : et il est vrai qu’on entend souvent dire que notre Créateur divin est «trop sévère»…  mais ce Maître, sans vraiment lui donner raison, va lui répondre en respectant pleinement son choix : le peu de mérites qu’il pouvait avoir, il n’en sera plus tenu compte, ils seront effacés, et l’individu sera exclu, pour toujours dehors dans les ténèbres. Encore une allusion du Sauveur à l’enfer éternel.

Tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé… alors, il fallait placer mon argent à la banque ! Ici, Jésus taquine un peu le paresseux de sa parabole : si Dieu moissonne ce qu’il n’a pas semé, si l’homme ne croit pas en Dieu, parce qu’il ne le voit pas, qu’il se confie alors à la Banque divine, qu’il peut voir, à  l’Eglise du Christ ! L’Eglise est ce Corps mystique dépositaire du trésor des mérites accumulés par chacun ;  qu’elle offre à Dieu pour en obtenir les “intérêts”, c’est-à-dire des grâces abondantes pour toutes les âmes qui en ont besoin.  

Le Corps Mystique du Christ est tellement Un, qu’aucune des cellules qui le composent n’est indépendante des autres, et que toutes concourent au bien des autres (de même aussi que chaque “erreur” d’une cellule se répercute toujours sur l’équilibre des autres cellules qui, à leur tour, “souffrent” pour cette erreur dont elles ne sont pas responsables).

La parabole de Jésus veut nous donner ici un enseignement très consolateur et très encourageant. Même si notre foi est vacillante, même si, pratiquants, nous nous sentons d’indignes pécheurs, nous concourons quand même au bien de tous, dans la mesure où nous nous efforçons de faire du bien à notre niveau, honnêtement, là où nous le pouvons.  

Notre serviteur “paresseux” ne ressent même pas un peu d’émulation à essayer de ressembler plus aux autres. De toutes façons, il ne s’intéresse pas aux autres. Paresse, égoïsme, indifférence, ces défauts sont de tous les temps, hélas. Ce serviteur a mis “en terre” son talent, c’est-à-dire qu’il ne s’est préoccupé que de la terre, que de choses qui ne peuvent pas faire fructifier les dons célestes. Notre siècle matérialiste est dangereusement préoccupé de la “terre”, et nous en sommes tous un peu victimes un jour ou l’autre.

Ainsi donc l’Eglise est dépositaire, en premier lieu, de tous les mérites du Christ, et puis aussi de toutes les bonnes choses de chacun ; c’est la “richesse” de l’Eglise, dont elle dispose pour aider chacun de nous ; elle s’en sert pour consolider encore plus la Santé de toutes les cellules du Corps Mystique ; ainsi pouvons-nous à chaque instant demander à Dieu des grâces “par les mérites de Jésus-Christ” ou de tel Saint. 

 

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Pourra-t-on encore dire que le Maître moissonne ce qu’il n’a pas semé ? Non, bien sûr, car cette Banque, c’est nous tous, c’est la Famille de Dieu, et la moisson du Maître, c’est nous-mêmes. En rapportant au Maître le fruit de notre travail quotidien, c’est nous-mêmes qui nous enrichissons, parce que nous recevons finalement la vraie joie, le vrai bonheur.

La Prière nous le fait dire : …trouver notre joie dans notre fidélité : car c’est un bonheur durable et profond de servir constamment le Créateur de tout bien.

Voilà le Règne de Dieu dont il sera question dimanche prochain.

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année A

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