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33e dimanche per annum - B

 

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L'avant-dernier dimanche « ordinaire », précédant la belle fête du Christ-Roi, est toujours illustré par des lectures concernant la fin des temps ou la fin du monde.

 

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On date le livre du prophète Daniel du IIe siècle avant Jésus-Christ. 

Il y a trois passages où l’Ecriture mentionne l’archange Michel : outre la lecture d’aujourd’hui, l’épître de Jude (v.9) et l’Apocalypse (12:7).

C’est le Seigneur lui-même qui dit à Daniel que Michel veille sur (son) peuple. Nous avons souvent entendu dire que l’Archange Michel combat contre le Démon et pendant très longtemps les prêtres l’ont invoqué, à la fin de la Messe, contre les embûches du Démon.

Dieu dit aussi au prophète qu’il y aura un temps de détresse, qui semble désigner le grand désarroi des peuples, égarés dans l’erreur, dans l’ignorance de la Vérité ou dans le péché. Mais ce temps sera aussi celui du salut. 

Il ne faudrait donc pas que nous restions dans l’angoisse au sujet de ce temps de détresse, ne sachant ce qui pourrait nous arriver : si notre nom est écrit dans le livre de Dieu, si nous sommes au nombre des sages ou des maîtres de justice, nous avons cette certitude que nous nous éveillerons pour la vie éternelle et que nous brillerons comme les étoiles.

C’est là un texte fondamental de l’Ecriture concernant la résurrection finale. Mais, demanderons-nous, comment prétendre être parmi les sages ou les maîtres du justice ?

Avoir la vraie sagesse, c’est «aimer Dieu de tout notre cœur et le prochain comme nous-mêmes» (cf. Mt 22:37 et 39). Etre juste, c’est pratiquer la quatrième béatitude que nous a enseignée le Christ : Heureux les affamés et assoiffés de justice (Mt 5:6), ceux qui mangent et boivent dignement le Sacrement eucharistique, qui se nourrissent et s’imprègnent de la parole du Christ, et qui en vivent chaque jour.

 

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Le psaume 15 est un chant de confiance du Christ, le Juste, le Saint, qui ne restera pas dans les liens de la mort. 

Les Juifs savaient que ce psaume de David ne concernait pas David lui-même. Saint Pierre y fait allusion dans son premier discours de la Pentecôte : Le patriarche David est mort et a été enseveli, et son tombeau est encore aujourd’hui parmi nous.… Il a vu d’avance et annoncé la résurrection du Christ qui, en effet, n’a pas été abandonné à l’Hadès, et dont la chair n’a pas vu la corruption (Ac 2:29 et 31).

Tous ceux qui vivent de la Vie du Christ connaîtront cette résurrection, éternité de délices.

 

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Nous lisons ensuite un dernier passage de l’épître aux Hébreux, concernant toujours le sacerdoce nouveau.

Le Christ est notre Prêtre, éternel et souverain Sacrificateur. Son Sacrifice unique et parfait a obtenu pour toujours, dit saint Paul, le pardon aux hommes pécheurs. 

Ce qui est un peu difficile à comprendre, comme on l'a dit dimanche dernier, c'est qu'il soit inutile d'offrir d'autres sacrifices après celui du Christ, alors que chaque jour les prêtres offrent fidèlement le Saint Sacrifice, prenant ainsi la relève des prêtres du Temple juif, qui étaient debout dans le Temple pour célébrer une liturgie quotidienne.

La différence fondamentale est que ces prêtres offraient chaque jour de nouvelles victimes, des agneaux, des veaux, des bœufs, des genisses, des colombes, en grande quantité ; le Christ, Homme parfait et sans tache, s'est au contraire offert lui-même ; à sa suite, les prêtres de l'Eglise n'offrent pas un autre Sacrifice que celui du Christ : en vertu de leur sacerdoce, ils actuent l'unique Sacrifice du Christ. En offrant chaque jour le Saint Sacrifice, ils appliquent les mérites divins du Christ à telle intention, à telle âme, vivante ou défunte, et nous permettent de nous associer présentement à ce Sacrifice unique, consommé solennellement il y a plus de deux-mille ans. 

 

 

 

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Le “retour” de Jésus Christ à la fin des temps semble, d'après l'évangile d'aujourd'hui, devoir s'accompagner de signes vraiment catastrophiques. En cette année B, où nous lisons l'évangile de saint Marc, nous ne lisons pas l'entier chapitre 13, qui commence par un long avertissement de Jésus sur la fin de Jérusalem, sur des persécutions à venir, sur les faux christs et les faux prophètes. 

Comment comprendre que le soleil s'obscurcisse, que la lune perde son éclat, que les étoiles tombent du ciel ? Et qui sont ces puissances célestes qui seront ébranlées ?  

Les guerres atroces du siècle précédent et les actuelles pourraient être déjà une image du soleil obscurci par les explosions. Les guerres, les attentats horribles, les accidents d'avion ou des vols spatiaux seraient comme l’image d’une guerre au-dessus de nos têtes... Imaginons que la folie s'empare de certains terroristes et que, non pas deux tours mais dix, mais vingt, mais cent tours soient anéanties et s'effondrent dans un immense nuage de poussière et de cendres : le soleil ne serait-il pas obscurci, et la lune aussi ? On a bien vu un pilote malade faire volontairement crasher son avion avec tous les passagers…

Bien sûr, ces situations font trembler. Mais ces atrocités ne dépassent pas forcément les souffrances de certains malades incurables, ou la détresse de tant et tant de foyers abandonnés dans une misère inhumaine, de tant de réfugiés qu'on a obligés à quitter maison, terre, troupeaux, pays, et qui meurent de faim et de maladies. 

Ce qui est beaucoup plus préoccupant, c'est de penser à notre état d'âme, au moment de rencontrer le Christ. La mort de chaque homme est l'occasion de rencontrer le Christ ressuscité : sommes-nous prêts à cette rencontre ? Quand nous fermerons les yeux à cette vie, nous ne verrons plus l'éclat du soleil ou de la lune. Aurons-nous peur de voir le Fils de Dieu nous tendre les bras et nous accueillir avec douceur dans Son Royaume ? Ou préférerons-nous nous en détourner pour rejoindre les ténèbres ? 

D'autres expressions de l'évangile doivent nous interpeller. Ainsi, pourquoi le Christ parle-t-il du figuier plutôt que des plantes en général, puisque toutes les plantes reprennent vie au printemps et annoncent le prochain été ? 

C'est que le figuier est un arbre “particulier” ; on a déjà lu qu’Adam et Eve se couvrirent de feuilles de figuier (Gn 3:7) : ils se firent là le premier “cilice”, en signe de pénitence, car les feuilles de figuier sont extrêmement rêches sur un côté. Mais le figuier a aussi d'autres particularités : on dit que s'endormir sous un figuier provoque un très violent mal de tête. Curieusement aussi, le figuier ne montre pas de fleur au printemps : on dit que sa “fleur” est interne au fruit, qui d'ailleurs est extrêmement doux, comme chacun sait. Ainsi donc, Jésus fait observer qu'après ces feuilles rèches, arrivera bientôt le fruit qui est si doux. C'est une invitation à rester dans l'espérance, mais aussi dans la pénitence, en acceptant de bon gré les difficultés de la vie.

Et de quelle génération parle le Christ ? Evoque-t-il toujours et seulement la chute de Jérusalem et la fin du royaume d'Israël ? Ou plutôt quelque chose qui nous concerne nous aussi ? Comment comprendre cette génération ? Certainement : si le ciel et la terre passeront, c'est qu'un jour finira la génération humaine. Ce qui ne finira pas, seront les saintes Paroles du Christ, sa promesse de Vie éternelle.

Mais pourquoi le Christ dit-il un “petit mensonge”, affirmant que même le Fils ne connaît pas le jour ni l'heure de ces événements ? Nous savons bien que le Fils de Dieu connaît tout ce que fait son Père, après qu'il ait dit à la dernière Cène : Je suis dans le Père et le Père est en moi. Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi accomplit les oeuvres (Jn 14:10). 

En réalité, bien évidemment le Christ ne nous révèlera jamais le moment précis où ce monde finira, ni même particulièrement l'heure précise de notre mort. S'il le faisait, nous serions trop tentés de remettre à plus tard le moment de nous préparer vraiment à Le rencontrer, alors que le Christ nous conseille instamment de veiller et prier sans cesse, pour être toujours prêts quand Il reviendra (Mt 24:44 ; 25:13).

 

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Que deviendra le Sacerdoce dans la Vie éternelle ? 

Il restera un éternel Sacrifice de louange et d'action de grâces, une prière solennelle à Dieu tout-puissant : la Rédemption sera désormais consommée et achevée : Les sages, dit Daniel, brilleront comme la splendeur du firmament, et les justes resplendiront comme les étoiles.

Quand le prêtre achève l’offrande des Dons aujourd’hui, il nous invite à prier avec lui : Que cette offrande… nous donne l’éternité bienheureuse.

Vivre dans le Christ aujourd’hui, c’est déjà posséder l’Eternité.

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B

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