Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

4e dimanche per annum

 

Les dimanches précédents, nous avons vécu le baptême de Jésus pas Jean-Baptiste et l’appel des premiers apôtres. Jésus va maintenant inaugurer sa prédication.

 

*       *       *

Dans la première lecture, Moïse annonce au peuple d’Israël la venue d’un Prophète. Moïse lui-même a toujours parlé au nom de Dieu ; il y eut après lui les grands prophètes (Isaïe, Jérémie, Ezéchiel,  Daniel), qui vinrent après Samuel et Elie ; Jean-Baptiste fut le dernier prophète, qui fit la charnière entre l’ancien et le nouveau Testaments.

Nul doute que Le prophète annoncé par Moïse est le Verbe de Dieu incarné, Jésus-Christ. Saint Pierre y fait directement allusion dans son discours (Ac 3:22-23), précisant bien que tous ces prophètes avaient annoncé ces jours-ci, ceux du Christ.

En quel prophète, sinon en Jésus, Dieu n’a-t-il mis par excellence ses paroles dans sa bouche ?

On a parfois objecté que Dieu annonçait la prochaine mission de Josué en continuateur de celle de Moïse, car Moïse ne devait pas entrer dans la Terre Promise, mais bien Josué. Toutefois, Josué lui-même (dont le nom n’est qu’une autre forme de Jésus) est une figure prophétique ; le vrai prophète, qui devait venir, c’était Jésus-Christ, comme l’ont écrit plus tard les Pères de l’Eglise (Clément d’Alexandrie, Irénée) .  

C’est pour cela que les Juifs demandèrent à Jean-Baptiste s’il était Le prophète (Jn 1:21), avec l’article défini. C’est donc bien Jésus que nous devons écouter.

Mais n’oublions pas l’avertissement que Dieu nous donne au terme de la même lecture : il s’agit là des faux prophètes, ceux que Dieu n’a pas envoyés, et qui prétendent pourtant être «inspirés». Cet avertissement peut viser beaucoup de chefs de sectes, d’auteurs même célèbres, auxquels on se réfère comme à des phares, mais qui trompent leurs adeptes et ne font que répandre de l’ivraie dans le champ de l’Eglise.

 

*       *       *

Le psaume 94 est le chant par lequel commence chaque jour l’Office divin (qu’on appelle communément le Bréviaire ou Louange des Heures). 

Le point focal de ce psaume est aujourd’hui cette interrogation : Ecouterez-vous sa parole ?, qui nous invite à écouter l’enseignement divin.

Notons le mot Rocher du début du psaume. L’auteur ne nous demande pas d’acclamer un morceau de pierre quelconque et de tomber dans quelque idolâtrie. Le Rocher, c’est d’abord le Rocher d’où jaillit l’eau dans le désert, un roc qui annonçait le Christ donnant l’Eau de la Vie. Dans le Deutéronome, ce Rocher est clairement personnifié : Il a déshonoré le Rocher, son salut… Tu oublies le Rocher qui t’a mis au monde (Dt 32:15, 18).

Le psaume fait directement allusion, ensuite, à la Personne de ce Rocher : s’il ne s’agissait pas du Messie divin annoncé, il ne nous inviterait pas à l’acclamer, à nous incliner, à nous prosterner, à l’adorer.

Prenons à la lettre cette invitation, et n’hésitons pas à nous incliner, nous prosterner, dans le sanctuaire où se trouve la présence du Christ dans l’Eucharistie. Adorons-le !

Quand Jésus donnera ensuite à Simon le nom de Pierre, ce n’est pas pour faire un banal jeu de mots, mais bien pour exprimer que désormais, nous devrons écouter le Roc de l’Eglise, dans la personne de son Chef, Pierre, et de ses successeurs. 

C’est un calcul trop humain de comparer entre eux les papes, pour en préférer un plutôt qu’un autre. Le Pape, c’est le successeur de Pierre : on doit l’écouter, pour être fidèle à l’Eglise voulue par le Christ.

 

*       *       *

Sans lien direct avec ce qui précède, nous continuons de lire des extraits de la première Epitre aux Corinthiens. Après l’enseignement concernant l’adultère et la fornication, l’Apôtre Paul expose aujourd’hui l’excellence de l’état du célibat, dans l’esprit de consécration totale à Dieu. 

Rappelons tout de suite que Paul ne rabaisse pas la vocation du mariage, tant il est vrai que, pour reprendre une idée de saint Augustin d’Hippone, pour engendrer des (futurs) prêtres, il faut bien qu’il y ait au préalable des parents.

Paul veut surtout encourager ceux et celles qui pourraient hésiter dans l’une ou l’autre voie, le mariage ou la consécration. Et il nous dit que dans le mariage, on est forcément moins libre pour la prière et le service des autres. Dans une même ligne de pensée, saint François de Sales fait justement remarquer que l’artisan ne peut être tout le jour à l’église comme le religieux (Introduction à la Vie Dévote).

Pour un Juif, ne pas être marié était une situation rarissime et même exceptionnelle dans l’Ancien Testament, car il fallait absolument perpétuer la race juive des croyants. 

Jésus a réellement innové, en instituant une génération nouvelle, par le Sacerdoce nouveau : il a donné naissance à la nouvelle génération de ceux qui ne sont pas nés du sang ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu (Jn 1,13).

Jésus ne s’est pas marié ; les Apôtres mariés ont vécu dans le célibat après leur appel, et beaucoup de saints évêques après eux ; Paul ne s’est pas marié ; sans cesse l’Eglise a rappelé cette sainte exigence de la consécration totale des diacres et des prêtres, ainsi que des moniales (les “veuves” dont il est sans doute question par exemple dans 1Tim 5).

Le célibat n’est pas une “obligation” imposée, une condition sine qua non, un joug insupportable. C’est un état particulier où Dieu seul appelle, en donnant à Ses candidats une grâce spéciale pour vivre ainsi. Le pape Jean XXIII, maintenant canonisé, fit un jour cette confidence aux séminaristes de Rome : Nous vous dirons comme une confidence que, durant nos années de séminaire à Rome, nous venions souvent dans ce sanctuaire (l’église Saint-Ignace) nous agenouiller devant l’autel de saint Luigi Gonzaga et de saint Jan Berchmans pour obtenir, par leur intercession, toute notre vie la grâce d’une chasteté intacte et resplendissante.

Nos journalistes ne manquent jamais une occasion de parler, à leur façon, de cet argument en présentant certaines demi-vérités qu’ils complètent de faux arguments, maniant à l’envi l’ironie ou le mépris envers tous ceux qui, dans l’Eglise, rappellent cette tradition sacrée du célibat sacerdotal et de la consécration des religieux et des religieuses. On pourrait dire d’eux en vérité qu’ “ils ne savent pas ce qu’ils font” (Lc 23:34). Il faudrait d’abord interroger des prêtres, des religieuses : ils ont été heureux de se consacrer totalement à Dieu dans le célibat. 

Dans les séminaires et les noviciats, on n’entend personne parler de la «difficulté» de vivre dans le célibat ; on s’y prépare en toute connaissance de cause. Celui ou celle qui est appelé(e) par Dieu réellement, ne pense pas au mariage.

Si beaucoup de jeunes n’entendent pas cet appel aujourd’hui, c’est que leurs oreilles bourdonnent des bruits d’un monde athée qui n’aime pas Dieu. Mais quand l’appel se fait un peu plus pressant, un peu plus clair, ils l’entendent très bien et savent y répondre généreusement. Dans une de ses visites en France, Jean-Paul II l’a bien mis en évidence : le problème n’est pas l’appel de Dieu, mais l’écoute de l’appelé, et sa réponse.

Ce n’est pas le célibat qui détourne les jeunes du sacerdoce. Dans les autres religions aussi se fait sentir le problème religieux : les temples protestants, les synagogues israélites, les églises orthodoxes, ne sont pas plus remplies que nos lieux de culte catholiques, et leurs ministres ne sont pas plus nombreux que les nôtres bien qu’ils puissent être mariés. La crise de la foi et des vocations est universelle, liée au matérialisme ambiant, un matérialisme qui, bien sûr, ne conduit pas à Dieu.

 

*       *       *

Jésus commence sa vie publique. Le voici près de Nazareth, à la synagogue de Capharnaüm. Les foules vont commencer à entendre l’annonce du Royaume - ce troisième des cinq Mystères Lumineux de notre Rosaire. 

Ce qui frappe d’abord la foule qui écoute Jésus, c’est sa douceur, sa patience, son humilité, qui contrastent avec les habitudes fières des prêtres et des docteurs de la Loi. C’est autre chose d’agir doucement avec autorité, que de l’imposer avec sévérité.

L’autorité de Jésus, c’est la lutte contre le Mal et contre les Esprits mauvais. Contre le Nom de Jésus, le Démon ne peut rien.

Notons bien ceci : l’Esprit mauvais du pauvre possédé ne dit pas une chose fausse, en reconnaissant que Jésus de Nazareth est le Saint de Dieu. L’Esprit mauvais sait beaucoup de choses, et il en indique certaines aux faux voyants. L’erreur majeure de cet Esprit mauvais est de ne pas adorer le Christ, et d’empêcher l’homme de L’adorer. On se rappelle ici le psaume de tout à l’heure. Cela sera aussi pour nous un signe de discernement entre le bon et le mauvais Esprit : ce dernier ne nous dira jamais : Adore Dieu ! Au contraire, quand il viendra tenter le Christ au désert, il demandera au Christ de l’adorer, lui, le Démon, l’Esprit du mensonge et de l’orgueil.

Autre manifestation de l’Esprit mauvais que nous remarquons en lisant l’évangile : il se mit à crier, et sortit de cet homme en poussant un grand cri. Il ne sait pas faire faire autre chose à sa victime : crier ;  crier peut-être une chose juste (Tu es le Saint de Dieu), mais Jésus ne veut pas de ce genre de tapage médiatique ; ce qu’Il attend, c’est notre conversion, et c’est cela que le troisième Mystère Lumineux veut nous faire méditer : écouter Jésus et nous convertir en vérité. 

Notre conversion ! C’est pour cela que Jésus nous appelle, c’est cela qu’Il désire pour nous, c’est cela l’objet de son amour pour nous. 

Une dernière observation : L’Esprit de Dieu nous invite à L’adorer. Cette adoration, nous la devons à Dieu tous les jours, mais particulièrement le Jour du Seigneur, le dimanche. Jésus a rencontré la foule le jour du sabbat, et à la synagogue, parce que dans l’ancienne Loi, c’était ce jour-là qu’on se reposait (cf. Gn 2:2-3). Depuis la Résurrection du Christ, c’est au huitième jour que nous nous «reposons». La fête de Pâques sera une occasion de revenir sur ces arguments.

 

*       *       *

 

Retenons donc bien la Prière du jour : adorer Dieu sans partage ; et avoir une vraie charité pour tout homme, c’est-à-dire l’aider à se convertir.

Partager cette page

Repost 0
Published by samuelephrem - dans Homélies - année B

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 8000 notices de Bienheureux et Saints. Déjà traités : 1.Personnages bibliques (AT et NT). 2.Papes. 3.Saints du Calendrier Romain. 4. Reconnus aux siècles XII-XXI. 5. Siècles VI-XI. 6 (en cours) : siècles II-V. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens