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5e dimanche per annum

 

Devant les difficultés de toutes sortes qui se dressent contre nous, la tentation peut être forte de se décourager.  

Dans la première lecture, nous entendons le pauvre Job, affligé de toutes parts, qui expose à Dieu sa peine ; il est tenté même de se révolter.

L’histoire de Job est en général connue, mais pas dans ses détails. La lecture intégrale du texte peut aisément faire penser que, si le personnage de Job est historique, le récit biblique présente les faits d’une façon assez symbolique : comment par exemple expliquer qu’à chaque malheur un seul serviteur ait réussi à échapper au massacre pour venir prévenir Job (cf. Jb 1:15,16,17,19) ? Le récit lui-même des épisodes, répétitif, suggère une figure oratoire qui retient l’attention. 

Il reste que dans le personnage de Job chacun de nous peut se reconnaître, avec les épreuves multiples que nous vivons durant notre vie. Qui n’a jamais dit un jour Quelle corvée ! Quelle galère ! Qu’ai-je fait au Bon Dieu… ? Et de la plainte à la révolte, il n’y a qu’un pas.

Job évoque cette corvée, ces cauchemards, le travail qui apparemment ne sert à rien quand tout s’en va en fumée. Au chapitre 23, il parle de sa révolte ; au chapitre 27, il dit que Dieu lui refuse justice ; au chapitre 30, il semble se vanter des jours passés, et accepter à contre-cœur d’être la risée des gens qui sont plus jeunes… Mais à ces moments difficiles font suite des élévations sublimes : au chapitre 25, il qualifie Dieu de souverain redoutable, au chapitre 28, il fait un sublime éloge de la Sagesse de Dieu.

Saint Grégoire le Grand commente : Par le péché, nous sommes en désaccord avec Dieu ; il est donc juste que nous revenions à la paix avec lui par les épreuves… L’âme de celui qui est ainsi corrigé est rétablie par l’humilité dans la paix avec son Créateur. 

Mais la leçon principale que nous devons recevoir de Job, est la réponse qu’il fit à son épouse : Tu parles comme une folle. Si nous accueillons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ! (Jb 2:10). Sa première réaction, à l’annonce de ses malheurs, fut une véritable soumission à la volonté de Dieu : Dieu a donné, Dieu a repris : que le nom de Dieu soit béni (Jb 1:22).

 

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Le psaume 146 fait écho à Job, en évoquant l’action de Dieu qui guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures.

Quelles blessures Dieu soigne-t-il ? Fait-il un miracle chaque fois qu’un homme se casse un bras ou une jambe ? Certainement pas. Mais il y a des blessures intérieures que seul Dieu peut soigner : nos péchés. Seul lui est un juste juge, qui sait pardonner, qui sait punir, qui sait récompenser. C’est pourquoi le psaume continue : Le Seigneur élève les humbles et rabaisse les impies.

Comme Job, il faut recevoir de Dieu les bonnes choses comme les moins bonnes, les premières comme des grâces pour nous encourager, les autres comme d’autres grâces aussi pour nous corriger. Saint Paul le dit en d’autres termes : Dieu est fidèle ; il ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces. Avec la tentation, il vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter (1 Co 10:13).

 

*       *       *

C’est là une parole très réconfortante que nous dit l’Apôtre Paul. Lui qu’on a parfois qualifié de dur, de rigoureux, lui qui vient de reprocher aux Corinthiens leurs divisions et, pour certains, leurs mœurs licencieuses, il sait aussi se montrer extrêmement soucieux d’apporter du réconfort, de la consolation, à la suite du Christ.

Durant sa vie publique, combien de fois Jésus a répété ces phrases consolatrices : N’ayez pas peur ! Va en paix ! Ta foi t’a sauvé(e) ! Je ne te condamne pas ! Pardonnez ! 

Si saint Paul dit qu’il s’est fait tout à tous, qu’il a cherché à gagner le plus grand nombre possible d’âmes, ce n’est pas pour se vanter, c’est pour exprimer ce zèle qui l’anime, à la suite du Christ, pour le salut de chacun de nous.

Durant son voyage à Manille (29 novembre 1970), le pape Paul VI reprit à son compte cette exclamation de l’Apôtre : Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile !

La Nouvelle Evangélisation en cours nous rappelle le devoir que nous avons de porter l’Annonce à nos frères ; non pas un nouvel évangile, mais une annonce efficace de l’Evangile perenne du Christ, en commençant par examiner notre propre cohérence de vie avec l’idéal évangélique.

 

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Que nous dit aujourd’hui Marc dans son Evangile ? 

Jésus guérit la belle-mère de Pierre, ainsi que toutes sortes de malades, chassant beaucoup d’esprit mauvais.

Marc, comme les deux autres Synoptiques, mentionne cet épisode où l’on voit que Pierre était marié, pour mettre encore plus en lumière que le Christ l’a appelé “tel qu’il était” pour le conduire au célibat, dans le don total de sa personne à Dieu. Par ailleurs, il n’est jamais question dans l’Evangile, de l’épouse de Pierre. On sait par des traditions orales persistantes, que les Apôtres ont tous donné le témoignage d’un célibat absolu à partir du moment où ils ont répondu à l’appel du Christ.

    Ensuite, on pourra remarquer l’attitude très humble de cette femme ; contrairement aux démons de dimanche dernier qui parlent à tort et à travers, cette femme à peine guérie s’empresse de rendre ses services à Jésus et aux disciples. Sa joie et sa reconnaissance s’expriment par cette humble disponibilité envers Jésus-Christ.

    Après cette guérison, on lit que Jésus guérit toutes sortes de malades et chassa beaucoup d’esprits mauvais ; pas tous. Certainement Jésus voyait avec quelle dispositions de cœur ces malades s’approchaient de Lui. C’est dans ce même esprit que les malades sont accompagnés, par exemple, dans leur pèlerinage à Lourdes : ce qui est primordial pour chacun est d’abord la guérison spirituelle, la conversion intérieure, à laquelle quelquefois Dieu ajoute la guérison physique, visible extérieurement, pour montrer davantage Sa puissance. Prudentes, l’Eglise et la Science ne se hâtent jamais de proclamer telle ou telle guérison miraculeuse, de la même manière que Jésus évite le “tapage médiatique” et préfère même, comme aujourd’hui, quitter les lieux et se retirer.

Certes, l’Evangéliste dit qu’ Il parcourut toute la Galilée, une région d’environ 60 sur 30 km. Si Jésus fit ce voyage apostolique à pied, s’arrêtant dans chaque ville où il y avait une synagogue, il dut parler et se fatiguer beaucoup, mais là ne fut pas son premier souci ; d’abord, dit l’Evangéliste, bien avant l’aube… il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait. Prier ! Se mettre devant Dieu, parler avec Lui, de Fils à Père, de Père à Fils : combien important est ce moment sacré que nous oublions trop facilement “par manque de temps”.

Trop souvent, nous croyons bien faire de nous donner éperdûment aux actions, aux mouvements, aux réunions, aux coups de téléphone, aux courriers électroniques, et peut-être de regretter qu’il ne reste que la portion congrue de notre temps à prier Dieu, alors que toute notre action n’est absolument rien sans une intense prière, une vie intérieure de méditation soutenue et incessante.

Jésus prie. Ici, ce n’est pas Dieu qui parle avec Lui-même ; c’est la nature humaine que Jésus a prise de nous, qui a besoin de s’élever dans la prière vers son Créateur. Jésus s’est fait l’un de nous, et Il nous a montré ce que chacun de nous doit faire pour Le suivre.

    

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Ces lectures nous invitent à ne mettre qu’en Dieu notre espérance, à n’attendre que de Lui notre force, et ne mettre qu’à Son service toutes nos activités. La Prière du jour nous fait dire que ta grâce est notre unique espoir ; en un mot, pour reprendre la prière finale, cherchons à Vivre tellement unis dans le Christ que nous portions du fruit pour le salut du monde ; le texte latin ajoute le mot gaudentes - en nous réjouissant.

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B

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