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Le Sacré-Cœur - B

 

Il a déjà été dit (Année A) que cette solennité du Sacré-Cœur englobait tout le Mystère de la vie et de la mission salvifique de Jésus-Christ, depuis l’Incarnation jusqu’à la Passion et l’Eucharistie. 

De grands hérauts ont proclamé l’amour de Jésus dans et par Son Sacré-Cœur, à travers tous les âges, dès les Prophètes de l’Ancien Testament, jusqu’à notre époque contemporaine.

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Huit siècles avant Jésus-Christ déjà le Prophète Osée proclamait son message en Israël, sous une forme très frappante. 

Le peuple d’Israël s’était détourné de Dieu, comme chacun de nous le fait très souvent.

Pour ramener ce peuple infidèle, Dieu demanda à Osée une chose vraiment difficile : lui, l’homme fidèle, il devrait épouser une femme prostituée ; et il donnerait à ses deux enfants des noms tout-à-fait symboliques :  Mal-aimée et Pas-mon-peuple. La position du Prophète assumerait ainsi une valeur de leçon pour tout le peuple.

Dans son humiliation, Osée préfigure déjà le Christ qui a été fait péché (2Co 5:21).

Mais Dieu ne s’arrête pas au reproche. Il veut la conversion. Il appelle Israël à la conversion car Son amour demeure : J’aimerai la Non-aimée, et à “Pas-mon-Peuple” je dirai “Tu es mon peuple”, et lui, dira “Mon Dieu” (Os 2:25). 

Ainsi continue le message d’Osée, assez bref et facile à lire. Faisons même l’effort de le lire dans son intégralité (il ne comporte qu’une dizaine de pages) et nous parviendrons à cette conclusion pleine d’espérance du Prophète : Je guérirai leur infidélité, je les aimerai de bon cœur ; car ma colère s’est détournée d’eux (Os 13:5).

La lecture d’aujourd’hui est au chapitre 11. Il retrace brièvement la longue histoire du peuple d’Israël depuis l’Egypte, non pas d’un point de vue historique, mais en montrant comment Dieu s’est montré si paternel : en le soutenant dans mes bras… par des liens de tendresse… je le traitais comme un nourrisson : on dirait une  maman !

On relèvera le premier verset de notre lecture qui, dans le texte original dit ceci : Quand Israël était enfant, je l’aimai, et de l’Egypte j’appelai mon fils. C’est le verset cité par Matthieu (Mt 2:15), pour expliquer comment le jeune Israël était alors une figure du Messie : Jésus aussi, exilé pour échapper à la fureur du persécuteur, reviendra d’Egypte. Vrai Messie, Jésus, lui, sera fidèle jusqu’au bout.

La prophétie d’Osée est toute une histoire d’Amour ; et le texte de méditation va nous en donner un autre aperçu.

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Le chant d’Isaïe est une action de grâces ; il nous invite à chanter notre Dieu, à Le remercier pour ses hauts faits ; c’est qu’en effet, Dieu n’est pas éloigné de l’homme : Il est grand au milieu de nous ! 

En réalité, c’est l’homme qui s’éloigne de Dieu, qui L’oublie. 

Mais Dieu est là, l’Emmanuel, le Saint d’Israël qui a fait des prodiges par l’Incarnation et la Rédemption, par tous ses miracles.

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Après les Prophètes, saint Paul montre aux Ephésiens, à son tour, son action de grâce, sa reconnaissance à Dieu : lui, le persécuteur, c’est lui qui a été appelé à proclamer le projet éternel de Dieu : Jésus-Christ, mort et ressuscité. 

La reconnaissance de Paul se manifeste d’abord par son humilité à se dire le dernier de tous les fidèles, car il a le douloureux souvenir d’avoir persécuté l’Eglise du Christ, d’avoir trahi Dieu comme le peuple d’Israël au temps d’Osée ; et il tombe à genoux devant le Père.

L’action de grâce de Paul s’élargit à tout le peuple chrétien : tous, avec Paul, nous devons remercier Dieu, Le chanter pour son Amour. Cet amour est si incommensurable, que l’Apôtre ne termine pas sa phrase : la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… Nous ne finirons jamais de remercier Dieu.

Allons plus loin. Remercier Dieu n’aurait pas de sens si nous ne nous dirigions pas davantage vers une réelle sanctification, si nous ne cherchions pas à raboter cette barrière obscure qui demeure entre ce que nous proclamons et ce que nous sommes au-dedans.

Pour donner vie à l’homme nouveau, il faut faire mourir le vieil homme, ses habitudes, ses attachements au négatif. Ce n’est que par la mort qu’on retrouve la vie ; déjà au baptême, l’immersion dans l’eau symbolise le passage de la mort à la vie ; ensuite, dans la vie quotidienne, nous avons mille occasions possibles de faire mourir le vieil homme, en renonçant autant de fois que cela nous est possible, aux mauvaises habitudes, aux actes imparfaits et aux occasions-mêmes de commettre ces actes. 

Il y faut parfois - c’est vrai - un réel effort, qui sera facilité en recourant à l’Amour de Jésus : plein de miséricorde, Jésus nous enveloppe de force et de persévérance pour correspondre mieux à tout ce qu’Il a fait pour nous dans la Rédemption. Paul nous le dit : Que Dieu vous donne la puissance par son Esprit pour rendre fort l’homme intérieur. Ailleurs, le même Apôtre nous encourage : Avec la tentation (Dieu) vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter (1Co 10:13).

La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus voudrait nous aider à comprendre un peu mieux ce don immense de l’Amour de Dieu en la personne de son Fils, pour nous encourager à entrer dans la Vie nouvelle.

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On peut dire que l’évangéliste Jean fut le premier héraut du Sacré-Cœur, lui qui parle du douloureux coup de lance au côté de Jésus, d’où il sort du sang et de l’eau. Ce sera notre évangile d’aujourd’hui. Cet extrait est connu, nous le lisons le Vendredi Saint. 

Pourquoi briser les jambes des condamnés ? L’habitude de supplicier les criminels conférait aux bourreaux une certaine connaissance du corps humain :  si l’on se contentait de fixer en croix les condamnés, leur supplice serait très rapide, car ils mourraient presque instantanément par asphyxie, le poids du corps les empêchant de respirer. Pour faire durer le supplice, on disposait un tout petit support sous les pieds et/ou sous le périnée, de sorte que les malheureux condamnés pouvaient un peu respirer plus longtemps - et le supplice s’en trouvait prolongé. Quand enfin on voulait en finir, on ne prenait pas le temps de détacher les pieds de la croix : en brisant les jambes, on provoquait un dernier affaissement du corps et l’asphyxie totale, dans un raffinement de cruelle douleur. Les deux larrons du Golgotha eurent ainsi les jambes brisées, et rendirent l’esprit en un instant. 

Mais Jésus était déjà mort. Mystérieusement, le soldat présent eut l’idée de transpercer le côté de Jésus qui avait déjà versé tant de sang. Jean rappelle alors qu’en effet, il est écrit dans la Loi de ne pas briser les os de l’agneau du sacrifice (Ex 12:46) ; maintenant, le vrai Agneau, c’est Jésus. 

De nombreux Pères de l’Eglise ont vu dans l’eau le symbole du baptême, dans le sang celui de l’eucharistie et dans ces deux sacrements le signe de l’Eglise, nouvelle Eve naissant du côté du nouvel Adam. On se rappellera en effet que Dieu (Gn 2:21-23) fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahwé façonna la femme. 

Maintenant, l’Epouse, c’est l’Eglise, qui prend vie du côté de son Epoux, le Christ.

En marge de ces réflexions, rappelons une tradition parallèle à notre texte, c’est-à-dire non officielle mais comportant plus d’un détail historique avéré. Ce soldat - Cassius, appelé ensuite Longin en souvenir de sa lance - était un jeune officier de vingt-cinq ans, dont on se moquait souvent car il louchait. Or, au moment où il ouvrit le côté du Christ, le sang et l’eau inondèrent sa face, guérissant extérieurement son strabisme, et intérieurement son âme. Il se mit à louer Dieu, et ce militaire souvent prétentieux et hautain devint désormais humble et modeste. Ce qui fit aussi se convertir les autres soldats présents. Saint Longin mourur martyr à Césarée de Cappadoce et sa fête est au 16 octobre.

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Pour susciter à ceux qui le voudraient, quelques idées de bonne lecture à propos du Sacré-Cœur, on mentionnera ici en guise de conclusion, quelques autres “Mystiques” de l’histoire de l’Eglise.

Rappelons encore que ces textes ne sont pas inspirés au même titre que l’Ecriture et ne sont pas indispensables à notre connaissance de la Vérité.

En ce qui concerne les Saints, l’Eglise a soigneusement examiné leurs écrits et les a déclarés «non contraires à la Foi» ; parmi ceux cités ci-après, seule Catherine de Sienne a été proclamée Docteur de l’Eglise, ses écrits ayant été jugés par l’Eglise remplis d’une eminens doctrina.

Il y eut, parmi tant d’autres, sainte Gertrude (†1302), sainte Catherine de Sienne (†1380), saint Jean Eudes (†1680), sainte Marguerite-Marie Alacoque (†1690) ; plus près de nous, la sainte Maria Faustyna (†1938), qui fut à l’origine de la fête de la Miséricorde divine (deuxième dimanche de Pâques), la bienheureuse Alexandrina Maria da Costa (†1955), outre d’autres âmes peu connues comme Cecilia Baij en Italie (†1766), l’espagnole Sœur Josefa Menéndez qui vivait à Poitiers (†1923), Madame Royer en France (†1924), et récemment encore Claire Ferchaud (†1972).

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B

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