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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 23:00

31 MARS

 

II.

Ste Balbina, martyre (tout au moins vierge) romaine, fille du tribun s.Quirinus (cf. 30 avril).

III.

S Acace, évêque à Antioche de Pisidie ; l’empereur connut sa glorieuse confession, l’admira et ne condamna pas l’évêque.

V.

S Benjamin, diacre en Perse, martyr : on lui enfila des bambous sous les ongles, et une broche hérissée de pointes dans le ventre.

?

Ss Théodule, Anèse, Félix, Cornélie, martyrs en Afrique.

VII.

S Rénovat, goth converti (d’où son nom), abbé à Cauliana, évêque à Mérida ; pour guérir un moine de l’ivrognerie, il le fit gronder par des enfants de l’école.

S Mauricile, évêque à Milan.

VIII.

S Agilolf, évêque à Cologne.

XI.

S Guido, d’abord très vaniteux dans son habillement, moine et abbé à Ravenne puis à Pomposa.

XII.

B Guy, breton, fondateur et abbé prémontré à Vicogne.

XV.

Bse Jeanne, recluse à Toulouse, près du couvent des Carmes.

S Daniel, marchand allemand venu à Venise, ami des camaldules, assassiné par des brigands qui le croyaient riche ; son corps ayant été retrouvé sans corruption, on le vénéra comme martyr.

B Bonaventura Tornielli, de l’ordre des Servites de Marie à Rome, prédicateur. 

XVI.

Bse Camilla Pia, clarisse à Carpi.

B Christopher Robinson, prêtre anglais martyr, béatifié en 1987.

XIX.    

B Sin Seok-bok Marcus, laïc coréen martyr, par pendaison, béatifié en 2014.

XX.

Bse Natalia Tulasiewicz (1906-1945), enseignante polonaise, déportée à Ravensbrück, tuée dans les chambres à gaz un Samedi Saint, béatifiée en 1999.

Balbina de Rome

† 120

 

Sous l’empereur Hadrien (117-138) vivait à Rome un tribun, nommé Quirinus (v. 30 avril).

La conversion de Quirinus entraîna celle de sa fille Balbina et de toute sa famille.

Ils furent baptisés par le pape s.Alexandre (108-115 ?) ou plutôt par son successeur immédiat, s.Sixte 1er (115-125). L’incertitude qui a toujours plané sur les dates des premiers papes, peut très facilement expliquer que le narrateur ait confondu les noms des deux papes.

Le comte Aurélien les fit alors tous arrêter et comparaître à son tribunal.

Après diverses tortures pour les faire apostasier, ils furent condamnés à la décapitation, Quirinus le 30 avril, Balbine le 31 mars. 

Ces dates semblent s’exclure. Il se peut que la date retenue au Martyrologe pour Quirinus ait été celle d’une translation tardive de ses reliques. On en reparlera le 30 avril.

Sainte Balbina de Rome est commémorée le 31 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Benjamin, diacre

† 422

 

La Perse était en paix depuis douze ans, pendant le règne d’Isdegerd, fils de Sapor III, lorsque l’évêque Abdas, pris d’un zèle excessif, se permit en 420 de faire incendier le temple du Feu, le grand sanctuaire des Perses. Le roi Isdegerd menaça de détruire toutes les églises chrétiennes, à moins que l’évêque se soit employé à reconstruire le temple détruit.

Comme l’évêque persistait dans son refus, la menace fut portée à exécution : les églises furent rasées, l’évêque lui-même fut mis à mort et une persécution générale commença, qui devait durer quarante ans. Isdegerd mourut en 421, mais son successeur Varanes, poursuivit cette persécution avec toute son énergie. Les chrétiens étaient soumis à de cruelles tortures.

C’est à ce moment que l’on rencontre l’illustre diacre Benjamin, qui fut emprisonné pendant un an pour sa foi. 

Or un ambassadeur de l’empereur de Constantinople obtint pour Benjamin la relaxe, mais le roi perse y mettait comme condition qu’il ne parlât plus de la religion chrétienne aux mages et aux courtisans.

Ce qui semblait une condition facile pour avoir la vie sauve, contrariait cependant le zèle du diacre intrépide : Je ne puis fermer aux hommes les sources de la grâce de mon Dieu. Tant que ce sera en mon pouvoir, j’éclairerai ceux qui sont aveugles en leur montrant la lumière de la vérité ; m’en abstenir serait encourir les châtiments réservés à ceux qui cachent le talent de leur maître. 

Le roi perse jugea cette attitude parjure et fit arrêter Benjamin derechef, lui commandant d’adorer le soleil et le feu. Le diacre répondit : Qu’ils disparaissent de la terre tous ces dieux qui n’ont créé ni les cieux ni la terre. Je ne reconnais point pour dieux des éléments périssables, je ne sacrifierai ni à la cendre ni au feu. Faites de moi ce qu’il vous plaira et agissez sans retard.

Ces propos ne pouvaient qu’exacerber la haine du roi. Il se déchaîna et ordonna de faire enfoncer à Benjamin des pointes de roseaux sous les ongles des pieds et des mains, ainsi que dans toutes les parties sensibles du corps. Le sang coulait de tous côtés, et cette torture fut répétée plusieurs fois. Ensuite on empala le martyr avec un long roseau pointu et noueux, qui lui déchirèrent les boyaux.

Benjamin cependant ne paraissait pas ému de ces atrocités : il louait et remerciait Dieu. A un moment donné, il demanda même aux bourreaux de suspendre leur besogne, mais c’était pour adresser au Seigneur une longue prière et Lui demander de boire jusqu’au fond ce calice du salut.

Le roi lui fit dire encore une fois qu’il aurait la vie sauve s’il consentait à adorer le soleil et le feu. On imagine difficilement que l’homme pût survivre déjà à tant de blessures profondes. Benjamin persévéra dans son refus. Le roi alors ordonna de lui enfoncer dans les entrailles une broche hérissée de pointes.

Ainsi expira glorieusement le courageux soldat de Dieu.

Ce pouvait être en 424, ou peut-être plus tôt en 422, en tout cas un 31 mars, jour où les grecs et les latins l’ont commémoré, et inscrit au Martyrologe.

 

Nota. En français, on a l’adjectif perse pour ce qui concerne la Perse d’avant l’invasion arabe, jusqu’au 7e siècle, persan ensuite.

 

 

Agilolf de Cologne

† 752

 

Agilolf aurait été abbé à Stablo-Malmedy (auj. en Belgique), avant d’être appelé à gouverner le diocèse de Cologne en 745.

Cet épiscopat est peut-être la seule donnée certaine concernant le personnage. En effet, les dates sûres ne concordent pas avec les récits transmis par la tradition. Il est difficile d’attribuer un abbatiat à Agilolf avant 745, puisqu’il «succéda» à Anglin qui était encore abbé en 751.

Durant son épiscopat, Agilolf participa à un synode convoqué par s.Boniface (v. 5 juin) ; il est donc de ces évêques germaniques qui soutinrent l’œuvre apostolique de Boniface.

En revanche, le Martyrologe ne mentionne plus le martyre d’Agilolf en 752, parce qu’on suppose qu’il y eut confusion entre notre évêque et un moine de Stablo-Malmedy, massacré par des brigands une trentaine d’années plus tôt. On ne sait pas non plus, actuellement, de quel Agilolf le corps fut transféré de Stablo-Malmedy à Cologne au 11e siècle par les soins de l’archevêque Anno.

Agilolf est parfois représenté avec un faucon. L’origine de ce détail remonte à un prodige qui se serait vérifié peu après la mort du Prélat. Un noble qui mettait en doute la sainteté de l’Evêque, prétendit qu’il n’était pas plus saint que ne pouvait chanter son faucon : et voilà que le faucon se mit à chanter !

Saint Agilolf, qui est en général fêté le 9 juillet, est commémoré le 31 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Guido de Pomposa

970-1046

 

Guido a pu naître vers 970 à Casamari (Ravenne, Italie CE), de pieux parents.

Durant sa jeunesse, il montra une réelle inclination pour l’étude et de belles vertus, avec toutefois un penchant excessif pour l’élégance extérieure.

Dieu lui donna la grâce de comprendre la vanité de tout cela. Il se rendit à Ravenne en la fête de s.Apollinaire (v. 23 juillet), donna aux pauvres ses habits luxueux et se mit une sorte de sac sale. Puis il alla en pèlerinage à Rome, sans rien dire aux parents ; à Rome, il fut admis dans le clergé et reçut la tonsure.

Guido pensait passer ensuite aux Lieux Saints de Palestine et ne plus reparaître dans son pays - d’aucuns affirment qu’il y alla effectivement -, mais Dieu lui inspira une autre décision : il revint dans la région de Ravenne, et se mit sous la direction d’un ermite nommé Martino, qui vivait sur une petite île au milieu du Pô. Cet ermite dirigeait, en quelque sorte, les moines de l’abbaye de Pomposa, faisant office d’abbé sans pourtant habiter dans l’abbaye.

Après trois années de préparation, Guido fut présenté par Martino à l’abbaye de Pomposa. Guido y prit l’habit et montra de telles vertus, qu’en 1001 on le nomma abbé au monastère Saint-Severo de Classe, toujours près de Ravenne. Mais ce ne fut qu’une étape éphémère.

Vers 1008, Guido fut alors élu abbé à Pomposa : il devait le rester jusqu’à la mort.

La sainteté du nouvel abbé attira beaucoup de vocations, au point qu’on construisit de nouveaux bâtiments.

Ces travaux furent l’occasion de miracles opérés par la prière de Guido. Des ouvriers victimes d’un éboulement, en sortirent indemnes ; un jour qu’il n’y avait plus rien à leur donner, arrivèrent providentiellement deux mystérieux bateaux chargés de grain et de vin.

L’église, rénovée et agrandie, fut consacrée en 1026.

Les travaux achevés, Guido confia à des moines le soin du temporel et se recueillit toujours plus dans la prière et la contemplation, assorties de pénitences austères. Bon père, il était dur pour lui-même et infiniment doux pour les moines.

C’est sous son abbatiat que vécut à Pomposa le moine Guido d’Arezzo, à qui l’on doit l’idée et l’usage des sept noms des notes de la gamme (Ut, Re, Mi, Fa, Sol, La, Si), extraites de l’hymne à s. Jean-Baptiste (v. 24 juin).

Ses derniers jours furent attristés par une sombre calomnie, qui le fit accuser auprès de l’évêque. Ce dernier en était venu à vouloir expulser l’abbé de Pomposa, même par la force. Guido invita tous ses moines à prier intensément en attendant la venue de l’évêque ; quand celui-ci observa l’humilité toute sainte de Guido, il comprit qu’on l’avait trompé et désormais, au contraire, protégea l’abbaye et son Abbé.

Ce saint abbatiat dura presque quarante années. En 1046, l’empereur invita Guido à Piacenza (Plaisance) :  Guido, chargé d’années, ne voulut pas refuser cette invitation et s’y rendait, lorsqu’il fut pris de malaise à Parme ; arrivé péniblement à Borgo San Donnino (auj. Fidenza), il s’y éteignit, le 31 mars 1046.

Un aveugle fut guéri au contact de son corps.

Le même empereur Heinrich III voulut honorer à sa façon la mémoire de l’Abbé défunt, dont il fit transporter le corps à Speyer (Spire, Allemagne SO). Des reliques en furent prélevées, pour consoler les moines italiens, mais bien plus tard au 18e siècle, lorsque désormais l’abbaye de Pomposa s’était transférée à Ferrare. Les édifices actuels sont propriété de l’Etat italien et, depuis 2000, abritent un bras de s.Guido.

Saint Guido est commémoré le 31 mars dans le Martyrologe Romain.

Jeanne de Toulouse

13e ou 15e siècle

 

L’unique certitude qu’on ait sur cette recluse, c’est qu’elle vécut à Toulouse.

Une source «valable» pourrait être l’ouvrage d’un ancien Carme, qui quitta l’Ordre pour devenir évêque anglican en Irlande : selon lui, Jeanne vécut en recluse à Toulouse. Ce personnage ayant vécu au 15e siècle, il pourrait avoir connu Jeanne mais, s’il est sincère, il ne nous en apprend pas beaucoup.

Une autre source carmélitaine, d’un Carme espagnol, parue au 17e siècle, parle de Jeanne comme ayant reçu le scapulaire de Simon Stock lui-même (v. 16 mai), ce qui ferait remonter la vie de Jeanne au 13e siècle ; l’ennui de cette hypothèse est que l’ouvrage en question fut mis à l’Index juste après sa parution, ce qui jette une ombre sur ces informations, mais sans incriminer forcément ce qui concerne Jeanne.

S’il faut croire que Simon Stock est bien passé à Toulouse en 1265, Jeanne aurait adopté cette spiritualité, mais on sait par ailleurs que les monastères de carmélites ou même le Tiers-Ordre carmélitain ne datent que du 15e siècle.

A cela s’ajoute une autre source, qui fait de Jeanne la fille du malheureux Baudoin de Toulouse, assassiné en 1214 par son frère Raymond VI de Toulouse ; elle se serait «cloîtrée» en réparation de ce crime, dans une petite maison près de la cathédrale de Toulouse.

Des miracles révélèrent la sainteté de Jeanne.

On ne peut donc rien tirer de certain de tout cela. 

Comme le réfère le Martyrologe Romain, on place le dies natalis de Jeanne au 31 mars.

Les reliques de Jeanne se trouvaient dans la chapelle du couvent des Carmes de Toulouse, qui fut complètement rasé après la Révolution. Elles furent sauvées et replacées à la cathédrale de Toulouse.

Le culte rendu à la bienheureuse Jeanne fut confirmé en 1895.

 

 

Bonaventura Tornielli

1411-1491

 

Bonaventura naquit en 1411 à Forlì, Emilie Romagne, Italie CE), dans une famille que certains qualifient de «noble».

D’une grande piété pour le culte marial, il entra, vers la trentaine, dans l’Ordre des Servites de Marie.

Pour faire fructifier ses talents, on l’envoya étudier à Venise dès 1448 : six ans plus tard, il était maître en théologie.

Ce Religieux, petit et maigrichon, fut un géant de la parole. Sa prédication le porta devant des auditoires de choix tant à Venise (devant les membres du Conseil d’administration ou Senato), en 1468 et 1482, qu’à Florence, Bologne, Pérouse, Brescia, Bergame et Udine. S’il était austère et, parfois, exigeant, sa parole convainquait, on l’aimait, on lui faisait confiance, on l’écoutait volontiers.

A Florence, c’est le Sénat qui l’invita à parler ; à Pérouse, il prêcha durant une épidémie de peste (1476) ; à Brescia, il fonda la Compagnie de l’Annonciation (1487). 

Sans interrompre cette éloquente et passionnée prédication, il accepta d’être prieur à Rome (1483), provincial de Romagne (1485), avec mission de reporter l’Ordre à sa rigueur initiale, puis vicaire pour tous les couvents de l’Observance (1488). Une de ses préoccupations était de résoudre les «petits problèmes» entre Religieux, qui surgissent toujours même dans les meilleurs couvents, car le diable s’efforce toujours de diviser et de briser les belles amitiés.

Bonaventura mena quelque temps (pendant qu’il était prieur à Rome) un style de vie érémitique, avec quelques compagnons, car il aimait se retirer dans le silence pour prier ; il passa souvent au Monte Senario, où naquit l’Ordre des Servites. Il ne prenait ni viandes ni vin, il marchait pieds-nus par tous les temps. Sa prédication invitait les gens à faire pénitence et à se convertir vraiment du fond du cœur. 

C’est lors de son passage à Udine qu’il eut un malaise. Il mourut le Jeudi saint, 31 mars 1491, à quatre-vingt ans.

Célèbre, il fut rapidement «canonisé» par le peuple ; des miracles confirmèrent le culte qu’on lui rendit, mais on lui fit d’abord un sépulcre «trop grand» par rapport aux normes permises : il fallut en faire un plus «modeste». 

Le culte du bienheureux Bonaventura fut confirmé en 1911 et son nom inséré au 31 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Christopher Robinson

1568-1597

 

On connaît très peu de choses sur la vie proprement dite de ce Bienheureux. Certains détails nous aident à en tirer des données probables, susceptibles de corrections futures.

Christopher naquit à Woodside (Carlisle, Cumberland, Angleterre), entre 1565 et 1570.

En 1590, il fait partie d’un groupe d’étudiants admis au Collège de Douai, où se préparaient les futurs prêtres avant de rejoindre clandestinement l’Angleterre. Ce Collège fut successivement re-fondé à Reims comme Collège Anglais, et c’est là que Christopher reçut sa formation sacerdotale.

Il devait avoir déjà une préparation suffisante, puisqu’il intègre immédiatement le cours de théologie et reçoit les premiers ordres en août 1590. L’urgence d’envoyer des prêtres en Angleterre faisait aussi que les responsables pouvaient abréger la durée de ces études ; c’est ainsi que Christopher fut ordonné sous-diacre et diacre en mars 1591, et prêtre en février 1592.

En septembre, il gagne l’Angleterre, et plus particulièrement le Cumberland. En 1596, on le décrit nommément comme vivant surtout à Woodside près de Carlisle dans le Cumberland. L’unique maison dont on sait avec certitude qu’il y fut reçu, est la propriété Johnby Hall, propriété de la famille Musgrave, à quelques kilomètres de Penrith (Greystoke Castle).

Christopher a certainement pu connaître un autre prêtre, John Boste, le prêtre le plus recherché des régions du nord, et qui fut arrêté en septembre 1593. Sûr qu’on ne le reconnaîtrait pas, il s’aventura vers le lieu du jugement et put écrire un compte-rendu particulièrement détaillé du jugement et de la mort de John Boste. C’est un témoignage de première main, comme on en a rarement trouvé ailleurs.

Son tour arriva : il fut arrêté le 4 mars 1597. De son martyre, qui semble avoir eu lieu le même mois de mars 1597, nous avons un témoignage du père jésuite Henry Garnett : 

La corde se rompit par deux fois. La troisième fois, (Robinson) adressa une réprimande au bourreau pour sa cruauté ; bien qu’il n’eût aucune envie de fuir, disait-il, et qu’il était heureux de son combat (pour le Christ), il n’en demeurait pas moins que la chair et le sang étaient faibles, et que, de conséquence, il montrait vraiment peu d’humanité à torturer un homme si longuement. Et s’ils décidaient de mettre deux cordes, ajouta-t-il, alors il resterait mourant un peu plus longtemps, mais peu importait : il était prêt à tout souffrir.

On n’a pas le texte de la mise en accusation de Christopher, mais il est évident qu’il fut condamné à mort pour son sacerdoce et pour son zèle.

Sa mémoire est très vivante à Carlisle comme Martyr.

Christopher Robinson a été béatifié parmi quatre-vingt cinq Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles, en 1987. Son dies natalis, inconnu, a été fixé au 31 mars dans le Martyrologe.

Nota. On trouve aussi le 19 août 1598 pour son dies natalis. 

 

 

Sin Seok-bok Marcus

1828-1866

 

Sin Seok-bok Marcus est un laïc coréen né en 1828 à Milyang (Gyeongsang-do) (Corée du Sud).

Il fut pendu à Daegu (Gyeongsang-do) le 31 (ou le 18) mars 1866 et béatifié en 2014.

 

 

Natalia Tulasiewicz 

1906-1945

 

Nota. Que le lecteur veuille bien excuser les imprécisions de cette notice, rédigée d’après un logiciel traducteur polonais. Si l’on peut y apporter des corrections, elles seront les bienvenues.

 

Natalia (comme pour Thérèse, il n’y a guère qu’en français, qu’on y a ajouté un h après le t) naquit à Rzeszow (Pologne), de parents catholiques.

A partir de 1913 elle fréquenta l’école primaire à Kety, puis à partir de 1917 l’école privée pour filles à Cracovie. 

En 1921, la famille s’installe à Poznan et Natalia fréquente le gymnase des Ursulines de l’Union Romaine. Elle fréquente ensuite l’Université de Poznan et obtient en 1932 le diplôme de Maîtrise en philologie polonaise, avec son mémoire sur “Shakespeare et la musique”, sous la direction du professeur Romana Pollak. Des extraits en sont publiés dans l’organe du Mouvement Littéraire.

Entre 1931 et 1937, elle enseigne dans l’école privée mixte de Saint-Casimir et chez les Ursulines de l’Union Romaine. Elle fait un voyage en Italie en 1938.

Parallèlement, Natalia prend une part enthousiaste et très active à l’apostolat parmi les laïcs, convaincue que la foi doit alimenter et transcender la vie quotidienne.

En 1939, quand la Pologne est envahie à la fois à l’Est par les Nazis et à l’Ouest par les Soviétiques, sa famille est déportée ; Natalia s’efforce de continuer d’enseigner en secret à Cracovie.

A partir de 1943, elle se trouve à Hanovre comme représentant du gouvernement de Londres ; elle continue son activité d’apôtre laïque dans l’organisation clandestine pastorale “Ouest”.

En 1944, lors de l’arrestation et de la déportation en masse de Polonais, elle parvient à se glisser parmi les femmes déportées à l’usine Günther-Wagner de Hanovre, pour les soutenir et leur apporter du réconfort par sa force d’âme d’apôtre chrétienne. Elle est finalement découverte, emprisonnée à Hanovre puis à Cologne, atrocement torturée et humiliée, puis conduite au camp de concentration de Ravensbrück.

Le Vendredi Saint 30 mars 1945, rassemblant ses dernières forces, elle se hisse sur le toit de la barraque des condamnées et leur tient une ultime causerie sur la passion et la résurrection du Christ. 

Condamnée à mort, elle est exécutée dans la chambre à gaz le 31 mars 1945, veille de Pâques.

Le lendemain, le camp était libéré par les Alliés.

Béatifiée parmi les cent-huit martyrs polonais du nazisme, en 1999, elle est inscrite au Martyrologe au 31 mars, mais fêtée avec tous ses Compagnons en Pologne le 12 juin, veille du jour anniversaire de leur béatification par le bienheureux Pape polonais Jean-Paul II.

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Published by samuelephrem - dans 03-mars
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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 00:00

30 MARS

 

-X.

S Joad, prophète, cf. 1R 13,11-32.

II.

S Secundus, païen touché par les chrétiens persécutés, martyr à Asti, dont il est patron.

III.

S Rieul, évêque à Senlis après Arles ; il fit taire les grenouilles dont le coassement couvrait sa voix lors d’une prédication.

IV.

S Domninus, martyr à Thessalonique ; frappé de verges, il eut les membres brisés et fut laissé sans nourriture pendant sept jours hors de la ville.

S Jean du Puits, ermite à Kibistra, dès l’âge de treize ans.

?

S Victor, martyr.

S Pasteur, évêque à Orléans.

V.

S Mamertin, guéri d’une double infirmité par s. Germain d’Auxerre, moine puis abbé près de là.

VII.

S Jean Climaque, surnommé le Scholastique pour sa science, ou le Sinaïte pour son abbatiat au Sinaï, auteur de L’Echelle  (klimax) du paradis,  d’où son nom.

S Zosimo, abbé puis évêque à Syracuse, mort à quatre-vingt-dix ans, invoqué contre la peste.

VIII.

S Patton, moine écossais, abbé à Amorbach, évêque à Verden.

IX.

S Véron, dont on retrouva le corps à Lambecq-lez-Hal.

XI.

Ste Osburh, première abbesse à Coventry.

S Klinios, grec, moine au Mont-Cassin, abbé près d'Aquino.

XIII.

S Gioacchino da Fiore, d’abord abbé cistercien à Corazzo, fondateur de la congrégation de Fiore, censeur impitoyable du clergé, parfois même à la limite de la rupture, mort à Canale tout-à-fait soumis.

B Dodon, entré chez les prémontrés à Mariagarden ainsi que son épouse et sa mère, puis ermite à Asch, où il pratiqua des austérités effrayantes et mourut écrasé sous un mur de sa cellule.

B Morique, de l’ordre des Crucifères, mort à Orvieto.

XV.

S Pedro Regalati, franciscain à Valladolid à quatorze ans, supérieur à Aguilar, mystique et thaumaturge.

B Amédée IX, duc de Savoie, tout donné aux bonnes œuvres : monastères, hôpitaux, aumônes, et mort à Verceil un lundi de Pâques.

XIX.

Ss Antoine Daveluy, évêque, Pierre Aumaître, Martin Luc Huin, prêtres, Joseph Chang Chu-gi, Luc Hwang Sok-tu, catéchistes, martyrs en Corée, canonisés en 1984, fêtés le 20 septembre.

B Arcangelo Palmentieri (Lodovico de Casoria), franciscain à Naples, fondateur des Congrégations des Frères de la Charité et des Sœurs Franciscaines de Sainte-Elisabeth, béatifié en 1993, canonisé en 2014.

S Leonardo Murialdo (1828-1900), prêtre de Turin, contemporain des ss. Giuseppe Cottolengo, Giuseppe Cafasso et Giovanni Bosco, fondateur de la congrégation de Saint Joseph, puis des Sœurs Murialdines, grand défenseur des intérêts de la condition ouvrière.

XX.

S Julio Álvarez Mendoza (1866-1927), prêtre mexicain martyr ; béatifié en 1992, canonisé en 2000 et fêté le 21 mai.

Bse Helena Kafka (Maria-Restituta, 1894-1943), franciscaine morave ; infirmière, elle laissait accrochés les crucifix dans les chambres des malades, contre l'interdiction des nazis ; morte décapitée, béatifiée en 1998).

 

 

Joad, prophète

10e siècle avant Jésus-Christ

 

Joad n’est à proprement parler qu’un prophète anonyme, car l’Ecriture ne donne pas son nom.

Dans 1R 13:11-32, il est question d’un homme de Dieu, qui vient reprocher à Jéroboam son attitude en Israël.

Jéroboam avait en effet établi un autel «schismatique» à Béthel. Quand l’homme de Dieu vint le lui reprocher, Jéroboam eut la main desséchée. Ayant prié le prophète de le guérir, il fut exaucé et voulut recevoir honorablement ce prophète chez lui.

Cependant l’ordre de Dieu était strict : il devait revenir chez lui par un autre chemin, sans rien manger ni boire en Israël.

Sur le chemin du retour, il fut cependant trompé par un faux prophète, qui l’invita chez lui. Ayant accepté cette invitation, il fut puni par Dieu : il fut tué par un lion.

Comme l’Ecriture, même après la faute du prophète, lui donne encore le titre d’homme de Dieu, saint Augustin et d’autres Pères l’ont considéré comme un saint homme.

Une tradition lui donne le nom de Joad. Les Grecs en font mémoire le 30 mars.

 

 

Secundus d’Asti

† 119

 

De Secundus, voici comment on le présente dans la tradition.

Il appartenait à la noblesse d’Asti (Italie N) ; on parle des Vettii ou des Pallidi.

Encore païen, appartenant à la milice romaine, il lui arrivait de fréquenter les prisons où il rencontrait des chrétiens. Il entendit parler du Christ et fut déjà touché par la grâce.

Un premier geste montra sa détermination : il intervint auprès du préfet Sapritius en faveur de son propre maître, Calocerus, chrétien arrêté.

Un deuxième épisode confirma le revirement de Secundus : accompagnant Sapritius à Tortona pour y arrêter un autre Chrétien nommé Marcianus, il demanda le baptême chrétien.

Durant un de ces déplacements, Secundus franchit le Po à pieds secs.

Dénoncé comme chrétien, accusé, il fut condamné à la torture et à la décapitation.

Son martyre eut lieu le 30 mars 119 à Asti.

Une récente analyse de ses reliques au Carbone 14 a confirmé l’époque du deuxième siècle.

Saint Secundus d’Asti est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rieul de Senlis

1er ou 3e siècle

 

Rieul (Regulus) est l’objet d’une grande discussion entre spécialistes.

Pour les uns, il aurait été d’origine grecque, aurait rencontré l’apôtre s.Jean (v. 27 décembre) et embrassé le christianisme. Envoyé en Gaule, il devint le premier évêque en Arles puis, ayant rejoint Lutèce (Paris), y réconforta les Chrétiens et partit pour Senlis, où ses nombreux miracles amenèrent la conversion de beaucoup de païens.

Pour les autres, Rieul fut le (ou un) successeur de Trophime, le premier évêque d’Arles, mais au 3e siècle ; il accompagna les missionnaires envoyés alors pour évangéliser la Gaule, et devint le premier évêque de Senlis.

Son épiscopat aurait duré trente années.

Dans les deux traditions, on relève cette difficulté : un évêque ne peut quitter son diocèse pour aller en gérer un autre, sauf sur indication expresse de Rome ou d’un concile important. Evêque en Arles, Rieul n’avait pas de raisons suffisantes (sauf une révélation céleste ou un ordre de Rome) pour aller à Senlis.

On pourrait croire qu’il s’agirait donc de deux personnages.

La liste épiscopale d’Arles le nomme avec une certaine caution, comme quatrième successeur de Trophime, au 3e siècle, pendant plusieurs années, avant de devenir évêque de Senlis.

La liste de Senlis le situe plutôt au 4e siècle.

Devant ces diverses affirmations, on ne peut rien déduire de certain. L’unique élément sûr est qu’il fut le premier évêque de Senlis.

Un des miracles attribué à Rieul fut qu’un jour où il s’adressait en plein air à une nombreuse foule, le coassement des grenouilles d’une mare voisine couvrait sa voix ; il leur intima l’ordre de se taire, et reprit tranquillement sa prédication.

Le culte de s.Rieul fut très ancien. Clovis, après son baptême (496 environ), aurait demandé à faire ouvrir la tombe de Rieul pour en extraire une relique (une dent). Un incident fit qu’il la remit en place et, plutôt, s’engagea à faire reconstruire la basilique.

Saint Rieul de Senlis est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Domninus de Thessalonique

† 304

 

De Domninus il est dit qu’il subit le martyre à Thessalonique.

D’abord battu, il eut les bras et les jambes brisés, et fut abandonné sans nourriture hors de la ville, pendant sept jours, au terme desquels il rendit son âme à Dieu.

Il aurait eu des Compagnons de martyre, qui ne sont pas nommés.

Ce pouvait être vers 304.

Saint Domninus de Thessalonique est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jean Climaque

VIIe siècle

 

Jean, que l’on surnomma le Scholastique, à cause de sa science éminente, ou le Sinaïte à cause de son séjour sur le Sinaï, est plus communément connu sous le surnom de Climaque, en raison de son traité qui a pour titre L’échelle du paradis (en grec : klimax, échelle) ou Echelle sainte.

On ignore l’époque et le lieu de sa naissance, tant il est vrai que ces grands Saints, tels de nouveaux Melchisédech, n’appartiennent pas à l’histoire ni à la terre. Ce qu’on sait de lui est dû à un autre moine, Daniel, du monastère de Raïthou, proche de celui où vécut Jean. 

Les quelques écrits de Jean Climaque donnent à penser qu’il reçut une éducation soignée. 

A seize ans, il vint se présenter au monastère Sainte-Catherine sur le Mont Sinaï, ce monastère bâti à l’emplacement très probable du Buisson ardent ; il semble que des moines s’y étaient déjà fixés aux 3e-4e siècles. 

Sous la direction d’un saint vieillard nommé Martyrios, Jean se fit initier à la vie solitaire. Il employa quatre années à s’instruire et à s’éprouver avant de se consacrer à Dieu par la profession monastique. 

Martyrios, satisfait des progrès de son disciple, le présenta un jour au solitaire Anastase, le futur patriarche d’Antioche : celui-ci, comme éclairé d’une lumière prophétique, dit au maître : Qui croirait, Père, que tu eusses consacré à Dieu un futur abbé du Mont-Sinaï ? (voir au 20 avril). 

Pendant dix-neuf ans, Jean s’exerça avec une simplicité admirable dans la pratique fidèle de l’obéissance. A la mort de Martyrios, il se proposa d’embrasser la vie des anachorètes (ermites solitaires ou hésichastes) : il ne voulut pas cependant s’y décider par lui-même et consulta à ce sujet un autre vieillard qui donna son assentiment à ce projet. Jean descendit alors au bas de la montagne du Sinaï, à Tholas, et se retira dans une solitude à quelque distance de l’église où il se rendait les samedis et les dimanches, pour assister à l’office et communier avec les autres solitaires suivant la coutume des moines d’Orient. Il consacrait les autres jours de la semaine successivement à la prière, au travail des mains, à la méditation ; il mangeait peu, se contentant des aliments que sa profession lui consentait. Dieu lui accorda le don d’oraison et celui des larmes. 

Durant les vingt années de cette vie anachorète, Jean ne refusait pas les visites, considérant que c’était Dieu qui les lui envoyait. Mais alors que des envieux calomniaient ses propos, il décida un jour de ne plus parler et resta un an dans le silence.

Bientôt, de disciple, il devint maître en matière d’ascétisme : un solitaire, nommé Moïse, lui fit demander s’il l’accepterait comme disciple. Jean crut devoir accepter ; puis, déjà âgé, il fut sollicité par les moines du monastère Sainte-Catherine pour être leur abbé (higoumène) : là, il dut se faire violence pour céder à leurs désirs et leur apporter ses propres enseignements. C’est alors qu’un autre Jean, abbé de Raïthou, lui demanda de mettre par écrit ce que l’Esprit de Dieu lui suggérerait sur la pratique des vertus. Certains affirment que ce serait le pape Grégoire Ier lui-même qui lui aurait présenté cette requête (voir au 12 mars), ce qui montre par la même occasion quelle renommée était alors celle de Jean. 

Par esprit d’obéissance, pensant devoir accéder à une volonté céleste, Jean répondit avec une profonde humilité : Mauvais disciple d’un excellent peintre, j’ai seulement ébauché et marqué avec du noir les ombres de choses qui sont d’elles-mêmes très vives et très éclatantes ; je t’ai réservé comme au premier maître et au plus éminent parmi les docteurs le soin de mettre la dernière main à cet ouvrage, d’y ajouter des embellissements, d’éclaircir ce qu’il y a d’obscur, de suppléer à tout ce qui manque dans les préceptes de cette loi spirituelle par les lumières que tu as acquises en l’accomplissant si parfaitement. Ce n’est donc pas à toi que j’adrese ce petit ouvrage, mais à ceux que Dieu a appelés à son service.

Comme nous sommes loin des “droits d’auteur” de notre époque contemporaine !

Jean abdiqua l’abbatiat après quelques années : il établit pour le remplacer un certain Georgios, qui avait passé soixante-dix ans dans la solitude de la même montagne, et retourna à sa vie solitaire. 

Parvenu à sa dernière heure, il reçut la visite de Georgios tout en larmes, et le consola : Ne t’afflige pas ! Si j’ai quelque pouvoir auprès de Dieu, il ne se passera pas un an sans que je t’attire auprès de moi ; Georgios mourut en effet dix mois après.

Reprenant la tradition orientale, le Martyrologe Romain commémore Jean Climaque au 30 mars, qui serait le jour anniversaire de sa mort.

 

Saint Jean Climaque est beaucoup plus connu en Orient qu’en Occident. Ses écrits ont été traduits tardivement, pas avant le XVe siècle.

L’écrit le plus important, L’Echelle sainte, longue de trente chapitres (ou « échelons », représentant les trente années de vie cachée de Jésus-Christ), a pour but de résumer l'expérience monastique. Il vise à  faire atteindre aux moines la perfection, en trente degrés :

  • degrés 1–4 :         renoncement au monde et obéissance à un père spirituel ;
  • degrés 5–7 :      pénitence et affliction (penqos/penthos) comme voies de la véritable joie ;
  • degrés 8–17 :     lutte contre les vices et acquisition des vertus ;
  • degrés 18–26 :     fuite des pièges de l'ascèse (paresse, orgueil, pusillanimité) ;
  • degrés 27–29 :     atteinte de l’hésychia (paix de l'âme) et de l’apatheia (impassibilité).
  • degré 30 :         épectase, la tension de l'âme vers Dieu et la perfection.

 

Le texte est rédigé en apophtegmes, en sentences brèves, sans construction apparente, sans lien logique de l’une à l’autre, fruit de la simple expérience personnelle du saint abbé. 

On pourra méditer beaucoup sur ces deux seules phrases reprises au texte : 

Ne cherche pas à beaucoup parler quand tu pries, de peur que ton esprit ne se distraie à chercher les mots.

Hésiter dans ses jugements et demeurer longtemps dans le doute sans aucune certitude est le signe que l’âme n’est pas illuminée et qu’elle aime la gloire.

L’autre ouvrage de Jean Climaque est beaucoup plus bref. C’est un court traité intitulé Lettre au pasteur, à l’intention des maîtres spirituels et des chefs de communauté.

 

 

Zosimo de Syracuse

572-662

 

Zosimo nacquit vers 572 en Sicile, de pieux parents.

Ceux-ci le confièrent à sept ans au monastère de Sainte-Lucie à Syracuse. L’abbé, considérant la gentillesse et la facile soumission du petit garçon, lui confia la garde du tombeau de sainte Lucie (v. 13 décembre).

Quelque temps passa, et le garçon se relâcha de sa première ferveur : sans avertir personne, il partit chez ses parents. Ces derniers, surpris et irrités de le voir arriver chez eux, le reconduisirent sans attendre au monastère.

L’abbé comprit à quelle tentation avait cédé le garçon ; il lui pardonna sur place cette dissipation innocente de l’adolescence et le réadmit.

Quelqu’un d’autre se chargea de gronder Zosimo : sainte Lucie en personne, qui lui apparut en songe, lui reprocha son infidélité et lui inspira une grande crainte. Dès lors, Zosimo montra des sentiments de profonde humilité, de zèle pour sa sanctification et pour donner le bon exemple aux pèlerins. Passèrent ainsi trente années, durant lesquelles Zosimo converti fut in modèle de régularité et d’obéissance.

Quand l’abbé vint à mourir, les moines allèrent comme de coutume se présenter à l’évêque pour qu’il leur choisît un supérieur. Alors se renouvela la situation que nous lisons dans l’Ecriture à propos de l’élection divine de David (1S 16:6-13) : l’évêque, saintement inspiré demanda si tous les moines étaient là présents et les moines lui répondirent que seul était resté à l’abbaye le gardien du tombeau, qui n’était bon à rien. L’évêque envoya chercher Zosimo, lui conféra immédiatement le sacerdoce et le mit à la tête du monastère.

Par sa sagesse et sa modération, le nouvel Abbé se montra à la hauteur de sa charge. Avec une douce sévérité, il gouverna prudemment le monastère, pendant quarante ans.

En 647, à l’âge où les évêques d’aujourd’hui ont contume de remettre leur démission, Zosimo fut appelé à recevoir l’onction épiscopale et à gouverner le diocèse de Syracuse. Quelques membres du clergé auraient préféré un certain Venerio, et l’affaire fut portée devant le pape, lequel désigna Zosimo et le sacra lui-même.

Zosimo fut un pasteur vigilant, actif et zélé, pratiquant la pénitence, la charité envers tous, dans la fidélité à la sainte doctrine.

Il mourut le 30 mars 662, très tôt entouré d’un culte et invoqué particulièrement contre la peste. 

Saint Zosimo est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

Osburh de Coventry

† 1018

 

Osburh (qu’on a occidentalisée en Osburga) passe pour être la première abbesse du monastère de Coventry (Angleterre C).

C’est du moins l’unique information qu’on trouve sur elle.

Ce monastère de Bénédictines, fut construit par le comte Leofric de Mercie et son épouse, Lady Godiva. Près de ce monastère Sainte-Marie fut édifiée la première cathédrale de Coventry, dont la tour de  quatre-vingt-dix mètres est la troisième d’Angleterre pour la hauteur.

Le magnifique monument fut bombardé en 1940 et n’est plus maintenant qu’une ruine, à côté de laquelle fut construite la nouvelle cathédrale de Coventry. Sur le mur qui demeure derrière l’autel de la cathédrale bombardée, on a écrit les paroles du Christ en croix : Père, pardonne (Father, forgive) (Lc 23:34).

Sainte Osburh est commémorée le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Klinios d’Aquino

11e siècle

 

Grec d’origine, Klinios vint au Mont-Cassin pour vivre la Règle bénédictine.

De là, il fut appelé à être abbé du monastère Saint-Pierre-de-la-Forêt dans le diocèse d’Aquino.

Il mourut d’ailleurs peu après, et chargé de mérites, avant 1030.

Saint Klinios est commémoré le 30 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pedro Regalati

1390-1456

 

Pedro était né en 1390 à Valladolid (Espagne) de Pedro et María de Costanilla.

Très tôt orphelin de père, il demanda à sa mère à dix ans de pouvoir entrer chez les Franciscains. Sa mère le fit attendre trois ans, pour mettre à l’épreuve cette jeune vocation.

A treize ans donc, Pedro reçut l’habit chez les Franciscains de Valladolid et prononça les vœux un an après. Il ne faut pas s’étonner de cette précocité : l’Eglise n’avait pas encore statué sur l’âge minimum requis de seize ans pour admettre un candidat à la vie religieuse.

Dans le cas de notre Pedro, les Supérieurs n’eurent qu’à se féliciter de leur jeune Frère.

La maman de Pedro, si heureuse des progrès spirituels de son garçon, venait souvent le voir, au point que Pedro demanda au Ciel d’être nommé ailleurs, pour couper ces liens naturels trop forts. On l’envoya bientôt, effectivement, à Aguilar de Campos, où l’Ordre voulait fonder un nouveau couvent de l’Observance. Pedro y reçut le sacerdoce. 

Rempli de zèle pour la réforme de l’Ordre, il fut bientôt nommé Gardien de ce couvent, et même d’un autre à Tribulos.

Pedro ne s’enfla pas de cette double tâche. Il prêcha d’exemple à tous les Religieux, surtout par son amour de la pauvreté, du jeûne, de la prière.

La prière de Pedro obtint de nombreux miracles, mais surtout on le vit souvent verser des larmes abondantes pendant l’oraison et la célébration de la Messe, ou aussi élevé de terre et immobile pendant des heures, dans un nuage de feu (au point que les habitants des environs crurent à un incendie dans le couvent).

Sur sa prière, un jour d’hiver où la neige avait été abondante, le couvent n’avait plus de pain. Pedro invita les Confrères à venir manger comme d’habitude ; à l’heure du repas, on sonna à la porte : pas de traces de pas, mais une mule chargée de pain attendait là ; le temps de porter le pain au réfectoire, la mule avait aussi disparu, sans laisser de traces dans la neige.

Durant l’office nocturne, il fut un jour transporté miraculeusement de l’église du couvent de Tribulos à celle d’Aguilar, distante d’une vingtaine de kilomètres, suscitant une bien compréhensible surprise parmi les Religieux.

Sachant sa mort approcher, il fit un long voyage pour aller voir un grand ami, à une soixantaine de kilomètres, le père Lopez de Salazar, puis revint à Tribulos et enfin à Aguilar. En mars 1456, il tomba malade. On lui proposa les derniers sacrements, mais il proposa qu’on attendît la venue de l’évêque. Inquiets de devoir attendre «trop longtemps», les Religieux entendirent alors arriver l’évêque, de passage par là. Le pontife donna à Pedro l’Onction des malades et pria alors Pedro de guérir son neveu, qui l’accompagnait, et qui était malformé de naissance. Pedro fit faire au jeune homme une bonne confession, lui fit donner l’Eucharistie, et obéit à l’évêque : il pria pour la guérison du jeune homme, que Dieu accorda sur place.

La vie de Pedro Regalati fut en réalité une suite de miracles. 

Pedro mourut le 30 mars 1456. Il fit encore un miracle peu après sa mort, lorsqu’un pauvre, déçu d’être arrivé trop tard pour recevoir l’aumône habituelle, alla prier sur sa tombe : Pedro apparut vivant, lui remit un pain, et disparut dans la tombe.

D’innombrables miracles advinrent encore. Quand on exhuma son corps en 1782, il n’était pas corrompu.

Pedro fut béatifié en 1684 et canonisé en 1746.

 

 

Amédée IX de Savoie

1435-1472

 

 Fils du duc Louis et d’Anne de Lusignan, Amédée IX fut le troisième duc de Savoie, en même temps que prince de Piémont, comte d’Aoste et de Maurienne. Né à Thonon-les-Bains, il fut dès sa naissance, promis à Yolande, fille de Charles VII roi de France. Il fut élevé dans la piété par sa vertueuse mère et répondit à ses soins : on vit en lui un grand attrait pour les saintes pratiques de la religion. Il était malheureusement épileptique, et laissa volontiers la direction des affaires à son épouse.

A dix-sept ans eut lieu le mariage projeté. Yolande partagea les goûts de son époux pour la vertu, et la cour offrit alors le spectacle le plus édifiant. Cette sainte union donna naissance à dix enfants, dont sept vécurent. A la mort de son père, en 1465, Amédée prit possession du duché, reçut de ses sujets le serment de fidélité, convoqua les États des provinces pour délibérer sur le parti à prendre dans la guerre contre Louis XI. On vit alors se manifester l’influence prépondérante de Yolande, à laquelle Amédée laissa volontiers la gestion des affaires publiques. Attentif avant tout à ce que Dieu fût bien servi, le duc faisait chaque matin sa prière et une pieuse lecture, assistait à la messe avec un tel recueillement qu’il suffisait de le voir pour avoir de la dévotion. Au conseil auquel il assistait, la cause des pauvres, des veuves, des orphelins primait toutes les autres. Sa charité ne connaissait point de bornes ; chaque jour il nourrissait dans son palais un grand nombre d’indigents et les servait de ses propres mains.

Il construisit des monastères et des hôpitaux dont il visitait lui-même les malades. Il fit aussi de riches présents à diverses églises ; dans un pèlerinage au tombeau des Saints-Apôtres, il se montra généreux pour la basilique de Saint-Pierre. Il accomplit plusieurs fois à pied le voyage de Turin à Chambéry pour vénérer la relique du saint Suaire. Après la perte de Constantinople, dans une diète tenue à Mantoue pour délibérer sur la guerre contre les Turcs, il parla avec une grande générosité, se déclara prêt à offrir pour la sainte expédition sa vie, sa puissance, tous ses États : mais la sainte Ligue entre les princes ne put se former.

Cependant la santé du duc se trouva gravement atteinte, et il dut quitter la Savoie pour aller chercher à Verceil un  climat plus doux. En face de la triste mort que faisait présager sa maladie, il se montra vraiment courageux : “Pourquoi, disait-il, nous affliger de ce qui nous humilie, puisque par là nous est ouvert l’étroit passage de l’éternité ?” Sentant approcher sa fin, il appela auprès de lui ses enfants et voulut recevoir les derniers sacrements en leur présence. Et comme ceux qui l’entouraient manifestaient une profonde affliction, il leur dit : “Mes amis, faites bonne justice, aimez les pauvres, protégez les veuves et les orphelins, faites fleurir la religion, Dieu accordera la paix à nos frontières.” A Yolande, il dit : “Je vous laisse ces orphelins.” Il expira le lundi de Pâques, 30 mars 1472.

Deux de ses fils lui succédèrent, Philibert puis Charles.

Suivant son désir, Amédée IX fut inhumé dans l’église de Saint-Eusèbe de Verceil, sur les marches du maître-autel. Des miracles attestèrent sa sainteté, la piété populaire le vénéra. En moins de dix ans, son culte se répandit à Chambéry, à Seyssel, à Annecy. En 1518 l’archevêque de Turin fit exhumer son corps et préparer le procès de canonisation. Ce n’est qu’en 1677 que le pape autorisa le culte du bienheureux Amédée de Savoie. 

Le Martyrologe Romain le commémore au 30 mars.

Yosep Chang Chu-gi

1802-1866

 

Né en 1802 (1803 ?) à Suwŏn dans une riche famille, Yosep apprit la littérature chinoise de sa belle-sœur.

Tombé malade à Hangji à vingt-six ans, il fut baptisé par un prêtre chinois, Pacificus Yu Pang-je, le deuxième prêtre à entrer en Corée. Puis il fit baptiser son épouse et ses enfants.

Le père Pierre Maubant (voir au 21 septembre) remarqua la foi profonde de Yosep et lui confia la mission de la catéchèse, qu’il remplit avec fidélité jusqu’à la mort.

Il vivait à Paeron (Chech’ŏn), où la persécution le laissa tranquille pendant douze ans. Quand on voulut ouvrir à Paeron un Petit séminaire, Yosep proposa avec joie sa propre maison dont il resta le concierge. Il rendit constamment service au séminaire et à la communauté catholique pendant onze ans. Il travaillait beaucoup et ne demandait rien en échange.

A l’irruption de la police le 1er mars 1866, il n’alla pas se cacher. Il fut arrêté avec les missionnaires, qui tentèrent de soudoyer les soldats pour délivrer Yosep, mais lui ne voulait pas se séparer des prêtres.

Quand il fut question de les emmener à Séoul, les prêtres insistèrent pour faire relâcher Yosep, qui dut repartir à Paeron en pleurant.

Mais cinq jours après, tandis qu’il achetait du riz à Norukol, la police l’arrêta et l’envoya au gouverneur de Chech’ŏn, devant lequel Yosep reconnut être le propriétaire du séminaire de Paeron.

Le gouverneur voulait lui épargner la vie et tenta de lui faire renier sa foi, mais Yosep ne céda pas à la tentation. Finalement il fut envoyé à Séoul, où il fut torturé et condamné à mort le 24 mars 1866.

Il fut exécuté en même temps que Mgr Daveluy et les pères Huin et Aumaître, le 30 mars 1866, Vendredi Saint cette année-là.

Le séminaire de Paeron ferma alors, après onze ans d’activités. 

A soixante-quatre ans, Yosep Chang Chu-gi rejoignit la glorieuse troupe des Saints Martyrs de Corée, qui sont fêtés ensemble le 20 septembre, après avoir été béatifiés les uns en 1925, les autres en 1968 (dont Yosep), et tous canonisés en 1984.

 

 

Luka Hwang Sŏk-tu

1811-1866

 

Né en 1811 à Yŏnp’ung (Ch’ungch’ŏng, Corée du Nord), Luka était le fils unique d’une noble famille aisée.

Son père lui fit faire les études officielles en vue du diplôme, pour l’honneur de la famille.

A vingt ans, Luka partit faire son examen à Séoul. En chemin, il rencontra dans une auberge un Catholique qui lui parla de sa merveilleuse religion ; Luka en fut profondément remué et il se procura quelques livres catholiques.

Trois jours après, il s’en retourna chez lui, disant à son père stupéfait qu’il avait déjà passé son examen, entendant par là l’examen du Ciel. Luka fut convenablement rossé par son père, mais il continua d’approfondir sa foi catholique.

Il amena son épouse à la foi. Son père le menaça mort. Pour toute réponse, Luka prétendit être désormais muet, et le resta pendant plus de deux ans. Toute la famille essaya de le faire sortir de son mutisme, rien n’y fit. Non seulement le père et le reste de la famille s’avouèrent vaincus, mais finalement, tous furent persuadés d’étudier le catéchisme et d’embrasser la foi catholique.

Tout le monde admirait la personnalité, la piété et la foi de Luka, même les non-croyants. Quand Mgr Ferréol arriva en Corée, Luka s’offrit pour servir l’Eglise toute sa vie. Il reçut la permission de l’évêque de vivre séparément de son épouse, et l’évêque l’aurait bien préparé à recevoir le sacerdoce, mais le Saint-Siège s’y opposa pour une raison pratique : l’épouse de Luka ne disposait pas de quelque maison religieuse pour être hébergée.

Son père mourut bientôt. Luka fut alors dépossédé de tous ses biens, par ses proches parents. Le père Féron en fit un professeur de littérature chinoise et un catéchiste. Luka remplit de façon admirable sa fonction de catéchiste. Finalement, il devint le secrétaire du Mgr Berneux et de son successeur, Mgr Daveluy. Il écrivit un bon nombre d’ouvrages avec Mgr Berneux (voir au 7 mars).

Au moment de son arrestation, Mgr Daveluy demanda à ses ravisseurs d’épargner Luka, mais ce dernier insista pour ne pas être séparé de son évêque. Ils partirent donc ensemble pour Séoul.

Dans la prison de Séoul, Luka prêcha la religion catholique à ses persécuteurs, qui purent admirer sa science et son éloquence.

Condamné à mort, il fut martyrisé à Kalmaemot, la base navale de le province de Ch’ungch’ŏng, après Mgr Daveluy et les deux autres missionnaires, Luc Huin et Pierre Aumaître.

C’était le 30 mars 1866, leur dies natalis commun.

Martyrisés ensemble, ils furent béatifiés ensemble en 1968, canonisés ensemble en 1984, et ensemble sont fêtés le 20 septembre.

 

 

Marie-Nicolas-Antoine Daveluy

1818-1866

 

La famille Daveluy était bien connue en Amiens ; le père dirigeait une usine ; les parents, Isidore et Thérèse Laroche, très chrétiens, eurent trois prêtres et trois religieuses parmi leurs quatorze enfants.

Antoine naquit le 16 mars 1818. C’est l’aîné des quatorze enfants (sept garçons et sept filles), mais quand il partira pour les Missions, il donnera son droit d’aînesse à son frère Xavier.

Antoine commença l’étude du latin à sept ans et fréquenta dès 1827 l’école des Jésuites, qui dut bientôt fermer par décret royal. Sa vocation germa durant ses études secondaires et il entra au séminaire de Saint-Sulpice en 1834. Malgré sa mauvaise santé, il voulait être prêtre chez les Jésuites.

En 1841, il est ordonné prêtre. On rapporte qu’à la fin de sa première messe, une brave femme, pleine de foi, demanda humblement à pouvoir être la première à demander l’imposition des mains du jeune prêtre, et de lui présenter son enfant de trois ans qui ne marchait pas encore ; l’abbé Daveluy bénit la maman et le petit garçon, qui aussitôt se mit à marcher.

Dès le séminaire, Antoine fut un membre fervent de l’Archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires, et il propagea cette dévotion partout où il passa, à Roye comme en Corée.

Après environ deux années de présence à Roye comme vicaire, Antoine intègre en 1843 la société des Missions Etrangères de Paris.

En 1844 il part pour Macao. Là il rencontre Mgr Ferréol qui cherchait à entrer en Corée et lui proposa de l’accompagner. C’est alors que, de Corée, arriva une barque en bois avec, à son bord, des Coréens qui accompagnaient le diacre Andrea Kim : celui-ci traversait les six-cents kilomètres de la Mer Jaune pour recevoir l’ordination sacerdotale des mains de l’évêque.

L’évêque ordonna prêtre Andrea, et tous reprirent la barque pour entrer clandestinement en Corée.

Le père Daveluy commença à exercer le ministère en coréen en 1846 : en deux mois, il donna les sacrements à plus de sept-cents Catholiques ; dans les deux années qui suivirent, il baptisa quelque mille sept-cents catéchumènes et enfants. 

Le climat ne lui convenait pas beaucoup : il tomba malade. Durant sa maladie, il enseigna le latin aux jeunes séminaristes, il rédigea un dictionnaire coréen-français, qui fut malheureusement perdu lors de la persécution de 1866.

Le successeur de Mgr Ferréol, Mgr Berneux, fut nommer le père Daveluy vicaire apostolique auxiliaire et le consacra évêque dans une maison privée, le 25 mars 1857, jour de l’Annonciation.

Le nouvel évêque se montra disponible pour aller s’occuper des régions les plus éloignées. Il publia aussi des livres catholiques : encore maintenant, la plupart des livres d’histoire catholique disponibles en Corée, sont de lui. 

Mgr Berneux fut arrêté fin février 1866 et martyrisé le 7 mars suivant. Mgr Daveluy lui succéda comme cinquième Vicaire apostolique de Corée : il devait tenir ce poste pour vingt-trois jours seulement.

En effet, il fut arrêté le 11 mars, en même temps que son secrétaire Lucas Hwang Sŏk-tu. Quand la police arriva dans le village, Mgr Daveluy appela lui-même les soldats dans sa maison. Ils l’arrêtèrent, ainsi que le père Aumaître et le père Huin, et les conduisirent à la prison de Seoul.

Ils furent soumis à la torture et aux interrogatoires. Mgr Daveluy, qui parlait coréen correctement, fut maltraité un peu plus durement et parla avec éloquence de la foi catholique.

Mgr Daveluy et les autres furent condamnés à mort. Mais comme le roi allait se marier à Séoul, il ne voulait pas répandre le sang des Martyrs à Séoul, aussi les Prisonniers furent conduits à une centaine de kilomoètres de là, à Kalmaemot, une base navale de la province de Ch’ungch’ŏng.

Mgr Daveluy demanda à être exécuté le 30 mars 1866, jour du Vendredi Saint. Avec lui furent martyrisés les pères Huin et Aumaître, et les laïcs Yosep Chang Chu-gi et Luka Hwang Sŏk-tu (pour chacun desquels on trouvera aussi une petite notice).

La devise de Mgr Daveluy était : Qui a Jésus, a tout.

Mgr Daveluy et ses Compagnons font partie des cent-trois Coréens martyrs, béatifiés en 1968, canonisés en 1984 et fêtés ensemble le 20 septembre.

 

Le père de Mgr Daveluy, un très saint homme, reçut la nouvelle du martyre de son fils avec grande émotion, mais aussi avec grande reconnaissance à Dieu pour cette grâce insigne d’avoir un fils évêque et martyr. Il demanda à Dieu de mourir le même jour que son fils : il s’éteignit en effet le 29 mars 1870, à 20 heures, correspondant à cinq heures du matin du 30 mars en Corée.

 

 

Luc Huin

1836-1866

 

Né le 20 octobre 1836 à Guyonville (Haute-Marne), benjamin de neuf enfants, Luc reçut au baptême les noms de Martin-Luc.

Ses bons parents étaient vignerons. Le père était à juste titre fier de ses ancêtres, qui avaient eu un prêtre à chaque génération.

Le curé du village s’intéressa à la vocation de Luc et entreprit de lui enseigner le latin bien avant son entrée au séminaire.

Les études de Luc furent excellentes, et son comportement très bien noté. Il n’avait qu’un «défaut» : une très grande sensibilité.

Dès qu’il reçut les ordres sacrés, il conçut un vif désir d’être un jour missionnaire ; pendant un temps, toutefois, ce désir retomba lorsque la ferme de ses parents fut détruite par le feu. Mais un mystérieux appel demeurait dans son cœur.

Après son ordination sacerdotale (1861), il fut vicaire de paroisse, et écrivit une lettre à son évêque, lui demandant de pouvoir rejoindre les Missions Etrangères de Paris. L’évêque lui demanda seulement de patienter un peu, le temps qu’un autre prêtre pût le remplacer à la paroisse. 

En 1863, Luc partit pour Paris. Les adieux furent difficiles à la maison, à cause de cette sensibilité qui liait encore Luc aux siens. Sa mère lui demanda sa bénédiction et l’absolution.

En juillet 1864, ils étaient neuf à partir pour la Corée : Luc, avec entre autres les pères Just de Bretenières, Louis Beaulieu, Pierre-Henri Dorie qui, eux, devaient être martyrisés le 7 mars, trois semaines avant Luc (voir leur notice à ce jour, de même pour ceux dont il sera question plus bas).

Luc fut d’abord avec Mgr Daveluy à Naep’o, puis vint à Sekŏri (Haptŏk). Il était prêt à n’importe quel sacrifice pour être pleinement «coréen». Il apprit la langue en un temps record : début 1866, il pouvait enseigner le catéchisme et confesser en coréen. Il entendit près de cinq cents confessions, fit l’Onction des Malades sur quelque vingt personnes et unit en Mariage plusieurs couples.

Le père Luc fut arrêté le 12 mars, et envoyé le 19 à la prison de Séoul avec Mgr Daveluy et le père Aumaître. Là, il fut durement interrogé et torturé. Puis tous trois furent transférés à la base navale de Kalmaemot (Ch’ung-ch’ŏng).

Au moment d’être immolé, père Luc s’exprima ainsi : 

Si je regrette de mourir, ce n’est pas parce que je suis encore jeune, ni parce que je vais mourir si misérablement, mais parce que je meurs sans avoir encore rien fait pour le salut de mon cher peuple coréen.

Avec Mgr Daveluy et le père Aumaître, le père Luc fut décapité le 30 mars 1866. Il avait trente ans.

Tous trois furent béatifiés en 1968, et canonisés parmi les cent-trois Martyrs coréens en 1984, dont la fête commune est le 20 septembre.

A l’annonce du martyre de Luc, sa mère fut remplie de joie et chanta le Te Deum avec toute la famille.

 

 

Pierre Aumaître

1837-1866

 

Né à Aizecq (Charente), le 8 avril 1837, Pierre était l’aîné des cinq enfants d’un humble paysan, cordonnier à ses heures.

Il y a des Saints dont on dit qu’ils étaient très ouverts, très intelligents, dès l’enfance : ce ne fut pas le cas de Pierre, dont la mémoire ne lui rendait vraiment pas de grands services, mais c’était un très gentil garçon.

Il dit à son curé son désir d’être prêtre, mais ce dernier lui répondit qu’il n’y arriverait pas ; le nouveau curé refusa carrément de lui enseigner le latin ; en désespoir de cause, Pierre alla à quatre kilomètres de là, chez un bon laïque, pour prendre des leçons de latin.

Quatre kilomètres chaque matin, quatre le soir pour revenir : cette persévérance, cette ténacité, eurent raison du curé, qui recommanda à son évêque le jeune Pierre, pour l’admettre au Petit séminaire de Richemont (1852). Malgré sa petite mémoire, Pierre s’acharna sur l’étude et devint même un des meilleurs élèves.

Il entra au Grand séminaire d’Angoulême en 1857. Ses supérieurs purent admirer son style de vie : son obéissance était parfaite.

Dès qu’il commença les études de philosophie, il parla à son directeur spirituel de son attrait pour les missions, et gagna le Séminaire des Missions Etrangères de Paris en 1859. 

Ordonné prêtre en 1862 - il a vingt-cinq ans - il est envoyé en Corée un an plus tard.

Pierre fut d’abord à Saemkol (Ch’ŏnkokni) pour apprendre le coréen, puis avec Mgr Daveluy à Naep’o, où tout le monde l’apprécia pour sa bonté et son esprit enfantin. Mgr Daveluy écrivit de lui : Ce petit prêtre est en train d’accomplir de petits miracles ; il enseigne aux gens de façon excellente la dévotion à l’Eucharistie et à Marie.

Quand la persécution éclata, le père Aumaître dit à ses ouailles que c’était le moment de témoigner de leur foi en face des non-croyants. Lui-même alla se constituer à la police.

Avec Mgr Daveluy et le père Huin, le père Aumaître fut envoyé à Hongju, puis à la prison de Séoul, où ils subirent tous trois de pénibles interrogatoires et des tortures.

Pierre Aumaître fut décapité juste après Mgr Daveluy, à Kalmaemot, le 30 mars 1866, quelques jours avant son vingt-neuvième anniversaire.

Juste avant son martyre, il exhortait les autres chrétiens présents à rester fidèles.

On a dit que les corps des trois Martyrs restèrent sans corruption jusqu’au moment de leur enterrement, et que leur visage portait un doux sourire.

Pierre Aumaître fut béatifié en 1968, avec Mgr Daveluy et Luc Huin ; tous trois furent canonisés parmi les cent-trois Martyrs coréens en 1984, et sont fêtés ensemble le 20 septembre.

 

Arcangelo Palmentieri

1814-1885

 

Il naquit le 11 mars 1814 a Casoria (Naples, Italie).

En 1832, il entra chez les Frères Mineurs Alcantarins (les Franciscains qui conservaient la première Règle dans toute sa rigueur), à San Giovanni del Palco (Lauro, Nola).

Arcangelo prit le nom de Lodovico.

Il fut ordonné prêtre en 1837.

En 1847-1848, il eut une formidable intuition de se donner totalement aux plus pauvres et déshérités.

Avec la permission des Supérieurs, il ouvrit d’abord une infirmerie dans un couvent de Naples, pour les Confrères infirmes de la région, avec une pharmacie, et se mit à quémander charbon, médicaments et autres choses pour subvenir aux malades.

Il ouvrit d’autres centres hospitaliers et, pour y travailler, il fonda une nouvelle branche du Tiers-ordre franciscain : les Frères de la Charité, ainsi que les Sœurs Franciscaines de Sainte-Elisabeth, toujours présents dans plusieurs villes d’Italie, aux Etats-Unis, en Inde. Il avait coutume de dire qu’un village sans hôpital est un village mort.

Et encore : Dites à un pauvre malade de se confesser, il ne vous comprend pas ! Lui, il souffre et n’entend rien d’autre. Mais si vous le soulevez de sa paille et l’installez dans un bon lit avec des draps propres, si vous lui changez sa chemise toute souillée, si vous lui donnez un bon potage bien chaud et un morceau de viande, il revient à la vie. Après, vous lui parlez de Dieu, de Jésus-Christ, et vous lui proposez : Tu veux te confesser ? Le voilà qui se met à pleurer, il se confesse, et rend grâce à Dieu.

Le père Lodovico construisit ensuite sur la colline du Scudillo un couvent plus grand, toujours avec une infirmerie pour les frères et les pauvres malades de Naples et des environs. Il eut là sa chambrette, de 1852 à 1870, du moins quand il dormait un peu, car toute la journée passait au service des malades et des pauvres.

En 1854, il accueillit deux jeunes Africains, rachetés sur les marchés. Il convainquit son personnel de bien les accueillir ; il en recueillit ainsi jusqu’à une soixantaine, suscitant même l’intérêt du roi qui envoya le père Lodovico au Moyen-Orient pour aller en racheter d’autres. L’idée du père Lodovico était d’évangéliser ces Noirs, et d’en faire des apôtres de l’Afrique : convertir l’Afrique par les Africains.

A partir de 1862, s’ouvrit à Naples l’œuvre des Accantoncelli (petits abandonnés), qui recueillit un millier de ces enfants laissés à la rue.

Il y eut aussi l’institut pour les sourds-muets, fondé auparavant par don Aiello et repris par le père Lodovico à la mort de ce dernier ; un autre institut aussi pour les aveugles et sourds-muets d’Assise ; un orphelinat à Florence, avec imprimerie et école de musique.

Après les douloureux événements politiques de 1870, quand les maisons religieuses étaient absolument interdites, le père Lodovico réussit à intéresser des familles de la noblesse romaine, qui l’aidèrent à ouvrir une maison sur l’Esquilin : elle continua pendant un siècle.

En 1874, s’ouvrit encore à Posillipo une œuvre pour les pêcheurs âgés et les enfants atteints de scrofule.

Des maisons s’ouvrirent encore, et ailleurs. Même le père Lodovico ne savait pas dire combien il y en avait ; on en a recensé plus de deux-cents.

Arcangelo-Lodovico mourut à Naples le 30 mars 1885 et fut béatifié en 1993.

Un autre miracle fut examiné en 2012, qui ouvrira peut-être la voie à la canonisation.

 

 

Leonardo Murialdo

1828-1900

 

Né le 26 octobre 1828 à Turin (Italie), huitième enfant d’un père agent de change qui mourut en 1833, Leonardo (qu’on surnommait Nadino) grandit au collège des Piaristes de Savona.

D’après son propre testament spirituel, il semble qu’il ait eu une jeunesse un peu troublée, mais il retourna bientôt à Turin où il entreprit des études au séminaire (ainsi qu’au séminaire Saint-Sulpice à Paris) et fut ordonné prêtre an 1851.

Ses premières activités furent les oratorios de jeunes, en collaboration avec saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier), avec lequel il s’occupa des jeunes abandonnés à eux-mêmes dans les faubourgs de Turin, ou même en prison.

Il ouvrit pour eux une maison-famille pour héberger les plus pauvres.

En 1866, il fut nommé recteur du Collège des Jeunes Artisans à Turin, sa principale activité jusqu’à la mort.

Il fonda la Confraternité laïque de Saint-Joseph, qui aurait pour mission de perpétuer cette assistance auprès des jeunes, ainsi que l’Union des Ouvriers Catholiques, l’Association de la Bonne Presse, et promut le journal La Voix de l’Ouvrier. Il voyagea beaucoup en Italie du Sud, en France, en Angleterre, pour s’intéresser à la condition des jeunes ouvriers et à leur assistance.

Leonardo semble n’avoir fait que son devoir, humblement, discrètement, et toute sa sainteté fut dans cette persévérante attention pour les jeunes. 

Frappé de pneumonie, Leonardo Murialdo mourut le 30 mars 1900.

Il fut béatifié en 1963, et canonisé en 1970.

 

 

Julio Álvarez Mendoza

1866-1927

 

Né le 20 décembre 1866 à Guadalajara (Jalisco, Mexique), le fils de Anastasio Álvarez et de Dolores Mendoza fut baptisé le lendemain et reçut le prénom de Julio. 

Il apprit l’art du tailleur. Son sérieux au travail poussa les patrons de ses parents à l’aider à entrer au collège, puis au séminaire de Guadalajara.

Son bon comportement, son application à l’étude, le firent vite accepter dans la Congrégation Mariale du séminaire.

Ordonné diacre en 1890, prêtre seulement en 1894 (peut-être à cause d’une maladie), il fut curé de Mechoacanejo pendant toute sa vie.

Son arrivée dans cette paroisse fut saluée par les Indiens avec des manifestations de joie et des démonstrations de respect, avec des chants, des danses, de la musique.

Ami de tous les enfants et des pauvres, il s’appliqua à éradiquer les mauvaises habitudes et les superstitions ; Il leur enseigna à faire des vêtements, mais en fit aussi lui-même pour aider les plus nécessiteux.

Il avait bien sûr une grande dévotion à Notre-Dame de Guadalupe, comme tous les Mexicains. Il sentait arriver les temps difficiles et faisait prier les fidèles pour demander à Dieu la force nécessaire à supporter les épreuves.

Sa vieille maman vivait près de l’église. A l’approche de la persécution, l’évêque laissa ses prêtres choisir entre se rapprocher de Guadalajara, ou rester parmi leurs fidèles. Julio préféra rester sur place. Il célébra la messe et les sacrements en cachette, dans les maisons de campagne.

Quand la persécution contre l’Eglise se déchaîna, il fut reconnu comme prêtre par l’armée dans un de ses déplacements de pastorale, le 26 mars 1927. Il était accompagné de deux jeunes, Gregorio et Gil. Un des soldats s’approcha du père Julio et lui baisa la main, disant aux autres qu’il était son parrain.

Interrogé sur son état sacerdotal, Julio ne nia pas.

On l’attacha sur une selle de cheval, on l’emmena à Villa Hidalgo, Aguascalientes, León, San Julián, au milieu de mille épreuves, humiliations et tortures, les mains liées, sans lui donner à manger. Il n’avait pas le droit de s’asseoir : il devait ou rester debout ou se mettre à genoux. A la fin, exténué, il ne pouvait même plus ouvrir les yeux. Aucune plainte ne sortait de sa bouche. On le condamna à mort.

Finalement, on le mit sur un tas d’ordures pour être fusillé. Il demanda simplement au capitaine :  Vous allez vraiment me tuer ? - C’est les ordres, répondit l’autre. - Je vais mourir innocent. Je n’ai rien fait de mal. Le délit que j’ai fait, est d’être ministre de Dieu. Je vous pardonne. Je vous demande seulement de ne pas tuer les garçons qui m’accompagnaient, parce qu’ils sont innocents.

Il mit les bras en croix en attendant le coup fatal.

L’abbé Julio Álvarez Mendoza reçut trois balles dans le corps, avant le coup de grâce dans la tête. 

Il avait été curé à Mechoacanejo pendant trente-trois ans.

C’était le 30 mars 1927. A ce moment-là, s’éleva une tempête qui empêcha toute visibilité à Mechoacanejo. Le cadavre du Martyr fut laissé là, dans les ordures, près de l’église, jusqu’à ce que les villageois, ayant appris ce qui s’était passé, vinrent le prendre pour l’ensevelir.

Julio Álvarez Mendoza fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000 parmi vingt-cinq Martyrs mexicains, dont la fête commune est au 21 mai.

Saint Julio Álvarez Mendoza a été proclamé Patron céleste du clergé de son diocèse  (Aguascalientes).

 

 

Helena Kafka

1894-1943

 

Née le 1er mai 1894 à Husovice (Autriche, actuelle Brno en Tchécoslovaquie), Helena était la sixième fille d’un humble cordonnier ; on a pu orthographier son nom Kafka ou Kafková.

En 1896, la famille s’installa à Vienne, se rapprochant d’une minorité tchèque.

Adolescente, Helena travailla comme aide-infirmière à l’hôpital Lainz. A dix-neuf ans, elle entra chez les Sœurs Franciscaines de la Charité Chrétienne ou Sœurs Hartmann, prenant le nom de Maria Restituta, par référence à cette Martyre du 4e siècle (voir au 17 mai).

Après la Première guerre mondiale, elle travailla comme infirmière à l’hôpital Mödling, et même comme première infirmière au bloc opératoire, de 1919 à 1938. C’est dans cet hôpital que son courage va marquer le cours de sa vie.

Après l’Anschluß qui annexait de force l’Autriche à l’Allemagne, la Sœur Restituta refusa énergiquement de supprimer les crucifix des chambres de l’hôpital, qu’elle avait elle-même accrochés dans une nouvelle aile de l’établissement. A ce «grief» s’ajouta celui d’avoir écrit deux lettres où elle critiquait le régime nazi.

Ce fut un docteur de l’hôpital, partisan du nazisme, qui la dénonça. On l’arrêta le jour du Mercredi des Cendres, 18 février 1942, au moment où elle sortait de la salle d’opération.

Le 29 octobre 1942, elle fut condamnée à être guillotinée par une Cour de Justice Populaire, pour entente avec l’ennemi et instigation à haute trahison.

En attendant le jour fatal, elle resta en prison, où elle s’occupa des autres prisonniers, parmi lesquels même les communistes parlèrent d’elle en bien. On lui proposa la liberté, si elle acceptait de quitter sa communauté religieuse, ce qu’elle refusa évidemment.

Une pétition fut présentée à Martin Bohrmann, qui la refusa, pour l’exemple.

Au moment de l’exécution, Maria Restituta demanda au prêtre présent de lui faire sur le front le signe de la croix.

L’exécution eut lieu à Vienne le 30 mars 1943. Sœur Restituta avait quarante-huit ans.

Elle a été béatifiée en 1998.

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 00:00

29 MARS

 

II.

S Eustasius, évêque à Naples.

IV.

Ss Jonas et Barachise, deux frères qui visitaient les chrétiens en prison, horriblement torturés à Hubaham.

S Marcos, évêque à Aréthuse ; un moment arien par faiblesse, il confessa la foi orthodoxe malgré les tourments des ariens.

S Marc, ermite grec en Ethiopie ou en Libye, mort à cent-vingt ans.

?

Ss Pasteur et Victorin, martyrs à Nicomédie.

V.

Ss Armogastus, Archinimus et Saturninus, intendant royal, torturés près de Carthage par les Vandales qui, pour ne pas en faire des martyrs glorieux, ne les firent pas mourir, mais ils furent quand même honorés comme tels.

Ste Gladys (Gwladys), galloise, fille du roi de Brecknock, épouse de s. Gondlée, ci-après. 

S Gondlée (Gundleus, Gwynllyw), gallois, époux de ste Gladys, père de s. Cadoc.

VII.

Ss Firmin, Aule, Eumaque et Longin, quatre évêques à Viviers ; Aule était le fils de Firmin, très cultivé et éloquent.

VIII.

S Juéry, évêque à Sens.

IX.

S Eustathe, évêque à Brousse, exilé à cause de l’iconoclasme.

XI.

B Stephanus X, pape (1057-1058) : ancien moine au Mont Cassin, il combattit l’incontinence des clercs, il substitua le chant romain à l’ambrosien ; il n’est pas sûr qu’il ait été béatifié.

XII.

Ste Diésnode, moniale puis recluse à Wessobrunn.

B Berthold, croisé limousin, moine au Mont-Carmel où son frère, patriarche à Antioche, l’établit prieur.

S Guillaume Tempier, abbé augustin et évêque à Poitiers.

XIII.

S Ludolf, prémontré, évêque à Ratzeburg, honoré comme martyr à cause des mauvais traitements reçus du duc de Saxe.

XVI.

B John Hambley, prêtre anglais martyr près de Salisbury, béatifié en 1987.

Eustasius de Naples

3e siècle

 

Des douze premiers évêques de Naples, tous saints, Eustasius fut le septième.

Le premier titulaire de ce siège ayant vécu au 2e siècle, Eustasius peut assez probablement être situé au 3e siècle.

Le culte qu’on lui témoignait fut confirmé assez récemment, au dix-neuvième siècle.

Saint Eustasius de Naples est commémoré le 29 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcos d’Aréthuse

† 362

 

Sous Constantin (306-337), Marcos fut élevé au siège épiscopal d’Aréthuse (auj. al-Rastan, Homs, Syrie).

Quand les frères de Constantin éliminèrent toute la parenté de celui-ci pour accaparer le pouvoir, Marcos sauva de la mort les deux petits frères, Gallus et Julien, sans se douter que ce dernier allait devenir son propre persécuteur.

Le premier gros problème de Marcos fut doctrinal : par faiblesse plus que par conviction, il se trouva dans les rangs des ariens, sans l’avoir vraiment voulu. Pendant des années il fut considéré comme semi-hérétique. Le fait est que, au concile de Sirmium (359), sa formule théologique ne fut toujours pas acceptée. Mais ensuite, il cessa toute connivence avec les ariens et fut toujours du côté des «orthodoxes».

A partir de 361, sa position devint précaire par l’attitude de l’empereur Julien l’Apostat, qui décida de rétablir le paganisme en combattant violemment le christianisme. Lui qui, lecteur, avait proclamé la Parole de Dieu dans l’Eglise, s’opposa désormais à la Parole de Dieu avec une haine farouche.

Dans Aréthuse, Marcos avait fait abattre un temple païen, mais il dut s’enfuir lorsque parurent les décisions de l’empereur. Cependant, apprenant que son clergé et ses fidèles étaient arrêtés en grand nombre, il revint dans sa ville pour exprimer à son troupeau ses encouragements. Puis il se livra de lui-même aux persécuteurs.

On voulut lui arracher la promesse de faire reconstruire le temple païen ; peine perdue ! On le tortura horriblement : ce furent les bourreaux qui se lassèrent, finissant par admirer la constance du vieillard. Même le préfet s’adressa à Julien : Tu n’as pas honte de voir que nous sommes vaincus par ce vieillard qu’il ne serait vraiment pas glorieux de vaincre ?

Julien laissa faire. Marcos fut relâché. Son exemple et sa parole continuèrent de convertir des païens. Il acheva ses jours dans la paix, en 364.

S.Grégoire de Nazianze (v. 25 janvier) le qualifia d’homme remarquable et très saint vieillard, expression reprise dans le Martyrologe. Certains l’ont, à juste titre, considéré comme martyr.

Saint Marcos d’Aréthuse est commémoré le 29 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Armogastus, Archinimus, Saturninus en Afrique

† 462

 

Quand le roi des Vandales Genséric († 477) repassa d’Espagne en Afrique (429), il se mit à persécuter les Chrétiens avec rage. Lui-même partisan des ariens, il est soutenu sur place par les donatistes qui ne demandent pas mieux de se débarrasser des Chrétiens fidèles à Rome. Les localités où prédomine le catholicisme romain, voient leurs murs abattus ; l’épiscopat catholique est violemment persécuté ; l’Eglise subit des déportations massives, sans parler des horribles tortures.

En 431, Hippone, le siège de s.Augustin (v. 28 août), est prise ; Carthage en 439 ; en 442, Genséric est maître absolu dans toute l’Afrique du Nord, ces régions qui seraient aujourd’hui le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye. En 455, c’est le sac de Rome et l’invasion de la Corse et de la Sardaigne.

Venons-en ici à nos trois martyrs.

  • Armogastus, un comte (certains en ont fait même un évêque) fut la proie des bourreaux. On lui serra les jambes et le front avec des cordes, mais en élevant les yeux pour invoquer la force de Dieu, il desserrait ces cordes, comme si elles n’existaient pas. On suspendit Armogastus par un pied et, impatient, le fils de Genséric ordonna de le décapiter. Mais un prêtre arien qui se trouvait là, voulant empêcher Armogastus de mériter la couronne glorieuse de martyr, suggéra de l’envoyer plutôt aux mines de Byzacène : en réalité, on l’envoya garder les vaches près de Carthage. C’est là qu’il mourut.
  • Archinimus, originaire de Mascula (Numidie, auj. Khenchela, Algérie), fut également insensible aux invitations et aux tortures qu’il subit. Le roi, qui ne voulait pas lui faire l’honneur d’être un glorieux martyr, demanda aux bourreaux d’alléger seulement les tortures, mais les Chrétiens l’honorèrent également comme martyr.
  • Saturninus était l’intendant de la maison d’Hunéric. On sut qu’il combattait l’arianisme avec énergie. On chercha à le faire apostasier par des promesses d’abord, par des menaces ensuite, par les suppliques enfin de son épouse et de ses enfants, rien n’y fit ; on lui retira tous ses biens, on lui fit subir divers supplices et on finit par le chasser, avec ordre de ne pas paraître en public. On ne sait même pas où et quand il mourut, abandonné, pauvre, mais riche de sa fidélité à Dieu.

Les trois Martyrs dont on vient de parler, moururent bien probablement en 462, mais pas le même jour, comme on s’en rend compte. Ayant été associés dans la mort dans des circonstances similaires, ils furent par l’Eglise unis en une même commémoration, et avec le titre de martyrs, que leur fidélité leur avait bien mérité.

Saints Armogastus, Archinimus, Saturninus sont commémorés le 29 mars dans le Martyrologe Romain.

Stephanus X, pape

1057-1058

 

Frédéric de Lorraine était le fils de Gozelon 1er et Junca. Il avait un frère aîné, dont le petit-fils serait Godefroy de Bouillon.

Frédéric fut à l’école Saint-Lambert de Liège, où il devint chanoine puis archidiacre.

De passage, le pape Léon IX (voir au 19 avril) le remarqua, en fit son chancelier à Rome, et l’envoya auprès de Michel Cérulaire à Constantinople, pour traiter de la réunion de l’Eglise grecque à l’Eglise latine. Malheureusement, la mission échoua, et Léon IX était mort au retour de Frédéric (1054).

Ce dernier alla alors frapper au Mont-Cassin, dont il devint abbé (1057). Le nouveau pape, Victor II, heureux de ce choix, compléta l’élection en créant aussi Frédéric cardinal.

En juillet 1057, Frédéric prenait possession de son titre à Rome, lorsqu’on annonça la mort du pape Victor II. On le consulta pour le nouveau pape : il donna cinq noms, mais le clergé se prononça unanimement pour Frédéric lui-même, à qui on imposa le nom de Stephanus, car on fêtait saint Stephanus 1er ce 2 août 1057.

On admet qu’en français, c’est le nom d’ Etienne qui prévaut, mais en Italie, c’est plutôt Stefano. Les papes ne se sont jamais appelés Etienne, ni Stéphane.

Le nouveau pape, donc, s’appelait Stephanus X. 

En réalité : Stephanus «IX ou X». Pourquoi ? c’est que le deuxième pape de ce nom, Stephanus II, mourut trois jours après son élection (752), sans avoir été sacré. Certains le comptent au nombre des papes, d’autres non. La question n’a jamais été tranchée officiellement, quoiqu’il n’y ait fondamentalement aucun problème : le pape est élu dès lors qu’il accepte le choix émis par les cardinaux. Stephanus II était donc pape à tous les effets.

Stephanus, donc, fut sacré le 3 août 1057. Mais il était toujours abbé du Mont-Cassin, où il se rendit de décembre à février. 

Au Mont-Cassin, il s’en prit aux abus de propriété qui s’y étaient introduits depuis quelques temps. Il remplaça le chant ambrosien par le chant romain. Gravement malade, il y fit élire son successeur, le moine Didier.

A Rome, il combattit énergiquement l’incontinence des clercs, et interdit aux fautifs de célébrer la messe. Il créa cardinal Pier Damiani, le menaçant même d’excommunication s’il n’acceptait pas cette dignité (voir au 21 février). 

Il fit une nouvelle tentative de réunification des Eglises grecque et latine, qui n’eut pas le temps d’aboutir, car ce pontificat allait bientôt se terminer.

Stephanus en effet, pressentit sa fin prochaine. Durant un voyage en Toscane, il mourut le 29 mars 1058 à Florence, où il fut enterré.

Près de son lit de mort accourut Hugues, l’abbé de Cluny (voir au 29 avril), qu’il estimait particulièrement.

Son pontificat avait duré neuf mois et vingt-huit jours.

Des miracles avenus sur son tombeau l’ont fait béatifier dans les livres de l’Ordre bénédictin, mais il n’est pas inscrit dans le Martyrologe romain.

Ce fut Nicolas II qui lui succéda.

 

 

Berthold de Solignac

1155-1195

 

D’après la tradition, Berthold naquit vers 1155 à Limoges. Son frère (ou son oncle) s’appelle Aymeric de Malifaye et deviendra patriarche d’Antioche.

Berthold participa à la croisade et fit le vœu d’entrer en religion en cas de victoire sur les Sarrazins. Effectivement, rescapé après une bataille, il fut admis au Mont-Carmel, vers 1155.

En 1170, le patriarche Aymeric visita le monastère en qualité de légat pontifical, et traça aux religieux une nouvelle règle ; Berthold fut nommé prieur à l’unanimité.

C’est lui qui dédia la communauté à Marie, Mère de Dieu, et l’église au prophète s.Elie (v. 20 juillet).

Berthold restera prieur jusqu’à la fin de ses jours. Il mourut saintenant le 29 mars 1195. 

Son culte fut approuvé une première fois en 1564, puis en 1609. Malgré quelques incertitudes dues à d’éventuels homonymes, le Martyrologe retient le bienheureux Berthold au 29 mars.

 

 

Guillaume Tempier

† 1197

 

Guillaume entra jeune encore chez les chanoines réguliers de Saint-Augustin à Poitiers et y fit la profession.

Sa piété le fit élire abbé de la communauté ; puis sa profonde intégrité l’indiqua pour le siège épiscopal de Poitiers en 1184. 

Ferme et zélé, il défendit les droits de son Eglise contre les seigneurs, corrigea les abus et édifia par ses exemples.

Il fut en correspondance avec le pape Lucius III, dont on conserve une copie de la lettre à Guillaume, de 1185, conservée à la bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris. Ce devait être un des derniers actes du pape, qui mourut précisément le 25 novembre 1185

Après sa mort, le 29 mars 1197, Guillaume fut enterré dans l’église de Saint-Cyprien. Des miracles opérés à son tombeau le firent honorer comme un saint. 

Le Martyrologe mentionne effectivement saint Guillaume au 29 mars.

 

 

Ludolf de Ratzeburg

† 1250

 

Ludolf était membre de l’Ordre de Prémontré, chanoine à la cathédrale de Ratzeburg : voilà tout ce qu’on sait du début de sa vie.

En 1236, il fut nommé évêque de Ratzeburg, ce qui peut laisser supposer qu’il naquit, au plus tard, au tout début du 13e siècle, ou plutôt à la fin du précédent.

Avec les confrères de chapitre, il exigea un style de vie très strict, au point qu’on donna à ce chapitre le nom de prison de l’Ordre ! 

En 1237, il procéda à la fondation d’un monastère de Bénédictines à Rehna.

A partir de 1247, et au nom du pape, il dut résister aux prétentions du duc de Saxe, Albrecht, qui en vint même à mettre en prison le prélat. Dans ces conditions, on imaginera les outrages et les mauvais traitements que Ludolf y subit  et ce, pendant trois années. Quand il fut enfin libéré, le comte de Meklenburg lui assura une retraite chez les Franciscains de Wismar, mais Ludolf, trop épuisé, mourut peu après, le 29 mars 1250.

Le Martyrologe mentionne saint Ludolf comme martyr, au 29 mars.

 

 

John Hambley

1560-1587

 

 John Hambley porta aussi le nom de Tregwethan. 

Né à Bodmin (Cornouaille, Angleterre) vers 1560, d’une respectable famille, il fréquenta diverses écoles et étudia le latin.

Il passa au catholicisme en 1582, en lisant des livres du père Robert Persons. Ce dernier (1546-1610) était un prêtre jésuite anglais, très actif en Angleterre, en Espagne, en France et en Italie : il prit plus tard le nom de Parsons.

John, donc, décida à la Noël 1582, de ne plus assister aux offices protestants mais, pour éviter la prison, s’en vint à Londres. Il séjourna à Smithfield, où il rencontra d’autres prêtres. Sa conversion fut totale.

Il résolut de passer au Collège anglais de Reims et quitta l’Angleterre en mai 1583. De Dieppe, il rejoignit Rouen, Paris, et arriva à Reims le 28 mai 1583.

Dès 1584, il reçut les ordres mineurs à Reims, des mains du Cardinal de Guise, fut ordonné prêtre à Laon en septembre et repartit en avril 1585, déguisé en domestique, avec deux autres prêtres, Morris Williams et James Clayton. 

James acosta à Newcastle, Hambley et Morris à une vingtaine de kilomètres de Ipswich, et rejoignirent Londres, où ils logèrent deux semaines à Holborn. Là, ils se séparèrent et John resta à Holborn, pendant un mois, célébrant la Messe dans une petite pièce. Puis il partit pour Beaminster (Dorset).

Après un an, autour de Pâques 1586, il fut capturé sur trahison : il était en train de voyager avec un couple de fiancés, pour aller célébrer leur mariage. Il fut jugé et condamné à mort à Taunton.

Sur le moment, il sauva sa peau en reniant sa foi, et fut seulement confiné ; mais il s’enfuit et vint à Salisbury, reprenant ses activités de prêtre catholique.

En août, l’évêque protestant du lieu, dans sa haine envers l’ancienne religion, se mit à la recherche des maisons de Catholiques. La veille de l’Assomption, on remit la main sur John Hambley.

En bien mauvaise posture, John ressentit une plus grande frayeur encore ; il accepta de se plier au conformisme, et alla jusqu’à donner les noms de nombreux amis Catholiques. On le libéra.

A nouveau jugé à Pâques de l’année suivante, il accepta encore une fois le conformisme. Mais après cette troisième trahison, il se ressaisit.

On ne sait pas comment lui arriva enfin cette grâce de la conversion et de la persévérance finale et on en a beaucoup discuté. Un contemporain, le père Warford, pensait qu’il avait été averti par son ange gardien ; un autre, le père Gerard, parle avec davantage de probabilité de l’influence d’un voisin de prison, Thomas Pilchard, qui fut, lui, martyrisé le 21 mars 1587 (voir à ce jour) ; un autre texte avance qu’au moment de son jugement, étant sur le point de renier à nouveau sa foi, un «étranger» (l’ange gardien ?) lui remit une lettre, dont la lecture le fit pleurer. 

Sur le moment, il refusa de dire à quiconque le motif de ces larmes, mais le lendemain, il affirma clairement devant les juges que désormais les pires tourments ne le feraient plus revenir sur sa foi catholique. Il montra même sa joie d’aller à l’endroit de son exécution., et souffrit le martyre par pendaison près de Salisbury courageusement, et condamnant avec véhémence sa faute passée

On pense que le martyre de John Hambley eut lieu le 29 mars 1587, son dies natalis dans le Martyrologe. 

Il a été béatifié parmi les quatre-vingt-cinq Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles en 1987.

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Published by samuelephrem - dans 03-mars
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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 00:00

28 MARS

 

?

S Castor, martyr à Tarse en Cilicie. 

III.

Ss Priscus, Malchus et Alexandre, martyrs à Césarée de Palestine.

? Ss Rogat et Successe, martyrs en Afrique.

IV.

S Cyrillos, diacre à Héliopolis, martyr : les païens lui arrachèrent le foie pour le dévorer.

V.

S Proterius, évêque en Alexandrie, martyrisé par les partisans de son rival hérétique.

S Hesychius (Isice), moine en Syrie, prêtre à Jérusalem, exégète.

VI.

S Gontran, petit-fils de Clovis, réel protecteur de l’Eglise, homme très généreux et d’une foi sincère ; ses immenses mérites couvrirent ses erreurs de polygamie.

VIII.

Ste Gundelinde, nièce de ste Odile, abbesse à Niedermunster.

S Hilarion, abbé à Pélécète, compté parmi les martyrs de l’iconoclasme.

IX.

B Tutilon, moine à Saint-Gall, artiste : poète, musicien, peintre, sculpteur.

XII.

S Etienne Harding, anglais, moine à Molesme, abbé à Cîteaux dont il fut co-fondateur avec s. Robert et Albéric ; il eut plusieurs apparitions de la Sainte Vierge.

XIII.

S Conone, religieux basilien en Sicile, invoqué contre les maux d’oreilles.

XIV.

B Antonio Patrizi, augustin, supérieur à Montalcino.

B Venturino, dominicain italien, thaumaturge, mort à Smyrne durant la croisade.

XV.

Bse Jeanne-Marie de Maillé, mariée à quinze ans, bientôt veuve puis repoussée de tous, mystique et recluse près des Franciscains à Tours.

XVI.

B Christopher Wharton, prêtre anglais, martyr à York.

XVIII.

Bse Renée Marie Feillatreau, épouse, guillotinée à Angers, béatifiée en 1984.

XX.

S Jozef Sebastian Pelczar (1842-1924), évêque à Przemysl, immensément actif, fondateur de la confrérie de Marie-Immaculée-Reine-de-Pologne et de la congrégation des Servantes du Sacré-Cœur, pour le soulagement de toute détresse en propageant le «règne de l’amour du Sacré-Cœur», béatifié en 1991, canonisé en 2003.

Marcus d’Altino

1er siècle

 

Un «manuscrit ancien» raconte que, converti par saint Pierre, Marcus parcourut diverses régions du Latium, fut arrêté à Altino (Chieti, Italie centrale) et sommé par le préfet d’adorer les dieux païens.

Ayant refusé de trahir sa foi, il fut condamné à mort. On lui enfonça deux grands clous dans la tête. 

Ce pouvait être vers 96, un 28 avril.

Une église fut bientôt construite sur le tombeau du Martyr, qui fut détruite plus tard. Des miracles se produisirent au 11e siècle, permettant de retrouver le corps et le chef de Marcus.

Cependant, le «manuscrit ancien» ayant semblé suspect à la critique scientifique, ce Marcus n’est plus inscrit au Martyrologe.

 

 

Castor de Tarse

?

 

Castor fut un martyr à Tarse en Cilicie (auj. Tarsus en Íçel, Turquie CS).

Certaine lui ont adjoint un mystérieux Dorothée.

Le martyre aurait eu lieu durant une des premières persécutions ; donc au deuxième siècle ?

Si l’on ne sait absolument rien d’autre à son sujet, on rappellera cependant qu’il fut un digne «descendant» de s.Paul, lui aussi originaire de Tarse en Cilicie (cf. Ac 21:39 et 22:3).

Saint Castor de Tarse est commémoré le 28 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Priscus, Malchus et Alexander de Césarée de Palestine

† 260

 

Lors de la persécution de Dèce, à Césarée de Palestine, il y avait trois jeunes gens qui s’entretenaient chez eux des combats glorieux que leurs frères de religion soutenaient pour la foi au Christ. Ces réflexions les exaltaient, mais en même temps ils se reprochaient de rester là, cachés, sans rien faire d’autre qu’attendre.

Aussi, s’animant l’un l’autre, ils décidèrent d’aller sans attendre se présenter au juge, d’abord pour lui reprocher la cruauté de ses condamnations et pour affirmer clairement et fièrement qu’ils étaient chrétiens eux-aussi.

Le juge ne s’embarrassa pas de mots : il les fit livrer aux bêtes féroces.

Encore une fois, nous nous demandons si la décision de ces trois jeunes gens, pour courageuse qu’elle soit, n’était pas un peu présomptueuse, imprudente, téméraire. L’Eglise, qui a d’ordinaire blâmé cette attitude, a cependant considéré que la démarche des trois Martyrs ressemblait plutôt à une inspiration subite du Saint-Esprit.

Ils purent penser que, tôt ou tard, ils seraient eux-mêmes appelés à témoigner de leur foi ; que s’ils continuaient à se dissimuler, ils pourraient être considérés peureux et lâches ; reconnaissons leur détachement du monde, leur courage, leur sincérité ; quelle belle amitié !

Saints Priscus, Malchus et Alexander sont commémorés le 28 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cyrille d’Héliopolis

† 362

 

Cyrille était diacre à Heliopolis (auj. Baalbeck, Liban E).

Dès le règne de Constantin, qui accorda la libre expression du christianisme et la fin du paganisme, Cyrille déploya un zèle particulier pour combattre le culte des idoles.

Quand le vent tourna à l’avènement de Constance, Cyrille continua sur sa lancée courageuse, et à l’avènement de Julien l’Apostat, la mesure fut comble : les païens se déchaînèrent contre les Chrétiens et en particulier contre Cyrille. 

Les atrocités de son martyre ont rarement été égalées. Les païens ouvrirent le ventre du Diacre, en arrachèrent le foie et le mangèrent devant lui, comme l’auraient fait des bêtes de cirque (qui cependant n’adressaient pas d’insultes à leurs victimes).

Il paraît d’ailleurs que la justice divine ne tarda pas à se manifester à l’encontre des sauvages bourreaux.

Saint Cyrille d’Héliopolis est commémoré le 28 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Proterius d’Alexandrie

† 457

 

Proterius vivait en Egypte et fit partie du clergé d’Alexandrie.

En raison de son caractère doux et de toutes ses belles vertus, il reçut le sacerdoce, bien probablement des mains de s.Cyrille (v. 27 juin).

L’inconvénient de la situation fut que l’évêque, Dioscore, se montra double : d’un côté il s’attacha Proterius pour lui confier beaucoup de tâches diocésaines, de l’autre il pencha pour l’hérésie d’Eutychès, que ne partageait absolument pas Proterius.

En 451, au concile de Chalcédoine, Dioscore fut  même condamné pour ses positions, déposé et banni à Gangres (aujourd'hui Çankırı, Turquie CN). 

Pendant ce concile, ce fut Proterius qui fut chargé de diriger le diocèse, de sorte que, pour remplacer Dioscore, le choix se porta tout de suite sur Proterius. L’élection se fit presque sans difficulté, encadrée par le préfet aux ordres de l’empereur Marcien.

La difficulté vint du peuple, poussé par des agitateurs (en particulier des moines !), dont l’argument était qu’on ne pouvait élire un évêque du vivant de son prédécesseur. Ce fut au point que Proterius ne pouvait sortir sans une escorte armée. Pour en finir, le préfet fit couper les vivres à la population, en détournant le blé d’Egypte à Constantinople. L’Evangile fut vainqueur : sur les instances de Proterius lui-même en faveur de son peuple, la mesure fut annulée.

Proterius montra tout son zèle pour maintenir son peuple dans l’orthodoxie, et pour célébrer la Pâque selon la loi de l’Eglise.

L’agitation se poursuivit cependant ; un prêtre nommé Timothée Ælure et un diacre nommé Pierre Monge en furent les artisans acharnés. Ce fut au point que l’empereur dut faire chasser ce Timothée d’Alexandrie.

Mais à la mort de Dioscore, Timothée manœuvra pour se faire élire évêque, et réussit à se trouver deux évêques complaisants pour procéder à la cérémonie. Le gouverneur fit chasser Timothée, mais dut le rappeler pour éviter plus de tapage.

Chaque parti continuait donc de vivre et de célébrer les Saints Mystères, dans une communion qui sentait plutôt la plus totale désunion. Le Jeudi saint, 28 mars 457, pendant la cérémonie solennelle, toute une foule hostile envahit l’église où célébrait Proterius, qui fut massacré, piétiné et profané, puis traîné par les rues, enfin jeté sur un bûcher ; ses cendres furent dispersées au vent.

Timothée s’acharna sur le Martyre : il en raya le nom des diptyques, en brûla le trône, poursuivit toute sa famille.

Même si Proterius doit être considéré comme martyr, il n’est pas présenté comme tel dans le Martyrologe.

Saint Proterius d’Alexandrie est commémoré le 28 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gontran, roi

532-593

 

La Bible nous offre le récit de grands personnages dont la conduite n’a pas toujours été la meilleure. Ce qui est grand en David, ce ne sont pas ses combats, mais l’humilité avec laquelle il reconnut son péché d’adultère. David, Salomon, et bien d’autres après eux, tombèrent dans le péché, mais la miséricorde de Dieu fut encore plus grande : de la lignée de David naquit le Christ notre Sauveur.

Guntramnus, Gontran en français, naquit vers 532, de Clotaire Ier et d’Ingonde, il fut donc le petit-fils de Clovis et de sainte Clotilde (v. 3 juin). Il avait trois frères : Charibert, Sigebert, Chilpéric.

Lors du partage des terres de Clovis en 561, Gontran reçut le royaume d’Orléans avec la Bourgogne, et s’établit à Chalon-sur-Saône.

Sa première épouse, Veneranda, lui donna un fils, Gondebaud, qui mourut jeune et empoisonné ; sa deuxième épouse, Marcatrude, mourut après la mort de son bébé ; enfin Austrechilde lui donna deux garçons qui moururent aussi en bas âge, de la peste. Gontran épousa ensuite d’autres servantes.

En 567, il reçut une part de l’héritage de son frère Charibert, qui venait de mourir ;  en 577, il adopta le fils de Sigebert, Childebert ; on en a le texte : A cause de mes péchés, je suis demeuré sans enfants, je demande donc que ce neveu devienne mon fils.

On voit ici quels sentiments profonds animaient Gontran. Il protégea l’Eglise et garda la pureté de la foi, sans se laisser gagner par l’hérésie arienne. Il s’appuya même sur l’autorité des évêques et des conciles qu’il fit réunir, à Lyon, Chalon-sur-Saône, Mâcon, Valence.

Quand son frère Chilpéric fut assassiné, il répara les violences commises par ce dernier en remettant à l’Eglise des terres, aux pauvres des aumônes.

Si Gontran tomba encore dans le péché vers la fin de sa vie, il faut convenir qu’il y eut en lui une somme de vertus suffisante pour servir de base au culte que l’Eglise lui a rendu : foi vive, grande générosité, déférence à l’égard des évêques - et aussi le don des miracles. Pécheur comme le roi David, il eut la grâce d’effacer ses fautes par ses jeûnes, ses veilles, ses larges aumônes ; la piété fut le principal fondement de sa politique ; il défendit l’Eglise jusqu’au péril de sa vie et fit respecter les canons dans l’élection des évêques.

Lors des fléaux qui s’abattirent en 580 sur ses Etats (tempêtes, incendies, inondations, tramblements de terre, l’épidémie du feu de saint Antoine), Gontran fit apporter toute l’assistance possible aux malades et aux victimes. Il invita la population à jeûner au pain et à l’eau et à se rassembler dans les églises pour implorer la miséricorde divine. Lui-même passait les nuits en prières, jeûnait, s’offrait à la justice de Dieu comme victime pour ses sujets. Sa dévotion s’accrut encore durant les dernières années de sa vie.

Un autre événement montrera encore sa magnanimité, et concernant le droit d’asile, qu’il respecta profondément. Ses généraux furent entièrement battus en 586 par les Visigoths d’Espagne, et se réfugièrent dans la basilique d’Autun. Leurs erreurs de tactique et de commandement leur méritaient des peines graves : Gontran se présenta en personne à eux, les blâma sévèrement et les menaça, mais se contenta d’en destituer quelques-uns et donna à tous la grâce de la vie.

Longue est la liste des monastères qu’il enrichit de domaines ou qu’il fonda, à Autun, Dijon, Chalon, Genève, Mâcon ; c’est lui qui donna à Colomban (v. 23 novembre) les terrains pour la fondation de Luxeuil (585), qui contribua à la création du diosèse de Saint-Jean-de-Maurienne.

Signalons aussi son amour du chant liturgique ; devant des évêques avec lesquels il partageait la table, il invita les diacres présents à chanter un psaume, vers le milieu du repas.

Saint Grégoire de Tours (v. 17 novembre), son contemporain et biographe, affirma avoir été témoin de guérisons miraculeuses opérées par Gontran en faveur de victimes du choléra.

Gontran mourut le 28 mars 592 ou 593.

En raison des douloureux événements familiaux qui marquèrent Gontran et sa parenté, on a été amené à l’invoquer pour les personnes divorcées et pour ramener la paix au milieu des querelles familiales.

De son saint corps qui était conservé à Chalon, on n’a pu sauver de la hargne des Huguenots que le crâne ; un bras, qui se trouvait en la cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne, disparut en 1793.

Saint Gontran est commémoré le 28 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hilarion du Pélécète

† 754

 

Les mots français issus du grec prennent un h pour rappeler qu’en grec le même mot commençait avec un «esprit rude» ou aspiration. Actuellement la lettre h est propre au français, qui d’ailleurs ne la prononce pas. On pourrait écrire aussi bien Ilarion ; les prénoms Thérèse et Nathalie ont reçu un h qui n’a vraiment aucune justification, sinon celle de compliquer notre orthographe.

Hilarion, donc, était grec d’origine. Devenu moine, son caractère enjoué le fit désigner pour être nommé higoumène (supérieur) du monastère du Pélécète au Mont Olympe (Grèce N).

Il fit refleurir autour de lui la vie monastique.

On raconte de lui qu’il n’hésita pas, un jour, à vêtir un pauvre de l’unique habit qu’il portait, poursuivant ensuite sa route jusqu’au monastère. Mais il était tellement humble et simple, qu’il considérait son geste tout naturel.

Un autre moine, Joseph l’Hymnographe (v. 3 avril), le considère comme un martyr de l’iconoclasme, dont il souffrit beaucoup. Mais il ne semble pas qu’il soit mort en martyr.

Il y eut d’autres Hilarion, et celui-ci a été surnommé le Nouveau.

Saint Hilarion de Pélécète est commémoré le 28 mars dans le Martyrologe Romain.

Etienne Harding

1060-1134

 

Le prénom de baptême d’Etienne fut certainement Stephen. Il naquit vers 1060 à Meriot (Dorset, Angleterre).

Très jeune, il fut confié à la voisine abbaye de Sherborne, dont il sortit pour pérégriner en Ecosse, puis à Paris, puis à Milan et Rome. Au retour, vers 1085, il s’arrêta à Molesme (une bonne fois pour toutes, remarquons que cette cité n’a pas d’s à la fin, contrairement à Solesmes, autre centre bénédictin).

On sait qu’à Molesme, la réforme voulue par saint Robert fut difficile (v. 17 avril). Quand ce dernier préféra partir, Albéric (v. 26 janvier) partagea avec Etienne le gouvernement de l’abbaye. Ils partirent eux-aussi, mais les moines les rappelèrent tous les trois - pour un temps seulement. C’est alors qu’eut lieu la fondation de Cîteaux, en 1098.

Dès 1099, Robert dut à nouveau obéir et revenir à Molesme. A Cîteaux, Albéric fut abbé et Etienne prieur. Quand Albéric mourut (1109), Etienne s’éclipsa pour éviter d’être élu abbé, mais unanimement les moines l’élurent comme successeur d’Albéric, donc comme troisième abbé de Cîteaux.

Etienne imposa la pauvreté réelle, excluant l’or et l’argent (sauf peut-être pour les calices et le chalumeau servant à la communion sous les deux Espèces. Il pria le seigneur Eudes de ne point paraître à l’abbaye avec toute sa cour d’élégances - ce que l’intéressé prit très mal, et il retira à l’abbaye ses munificences.

Sans s’inquiéter de cette extrême indigence, Etienne manda un des frères au marché de Vézelay, avec trois pièces de monnaie, tout ce qu’il lui restait. La Providence conduisit justement ce frère auprès d’un mourant de Vézelay, qui lui paya tout le nécessaire pour subvenir aux nécessités de l’abbaye.

Il y eut d’autres difficultés : les monastères alentours critiquèrent l’œuvre d’Etienne, le taxant de novateur et peut-être même de schismatique. Plusieurs frères moururent… Avait-il vu juste ? Dieu permit qu’un des moines défunts lui apparût quelque temps après sa mort ; il le consola et le rassura : il y aurait bientôt une foule de moines autour d’Etienne. Effectivement, c’est en 1112 que vint frapper un certain Bernard avec vingt compagnons, ce Bernard qui, de Clairvaux, allait remplir l’Europe de sa parole douce, théologique et mariale (v. 20 août).

Dès lors, Cîteaux eut d’autres abbayes-filles : La Ferté, Pontigny, Clairvaux, Morimond, qui essaimèrent à leur tour. Du vivant même d’Etienne, il se fonda soixante-dix abbayes cisterciennes.

Etienne organisa un chapitre annuel pour veiller au maintien de la Règle. Il visita tous les monastères. En 1119, le pape approuva les constitutions : la Charte de Charité, qui expose les premières coutumes de l’Ordre, est généralement considérée comme l’œuvre d’Etienne, la règle d’or de Cîteaux.

De ses voyages à Milan et Rome, puis à Metz, Etienne avait rapporté une grande quantité de documents originaux, d’hymnes, d’antiennes, de mélodies. Il écrivit que ce sont ces hymnes ambrosiennes que notre bienheureux père et maître Benoît nous invite à chanter dans sa règle.

Les copistes de Cîteaux transcrivirent, sous la vigilance d’Etienne, la Bible de Cîteaux, qui reprend le texte  biblique latin de saint Jérôme (v. 30 septembre), complété des versions connues de l’hébreu, après consultation de divers rabbins. Ces précieux parchemins, enluminés dans un style tout cistercien, se trouvent à la Bibliothèque de Dijon.

Avec Bernard, Etienne participa au concile de Troyes, où fut reconnu l’Ordre des Templiers (1128) ; en 1132, il rencontra encore le pape en visite en France.

Avant de conclure, signalons qu’Etienne fut favorisé de plusieurs apparitions de la Très Sainte Vierge.

Les  yeux fatigués d’Etienne ne lui permettaient plus de conserver sa place. En 1133, il démissionna et mourut saintement l’année suivante, le 28 mars 1134.

Sa canonisation date de 1623.

 

 

Conone Navacita de Naso

1139-1236

 

On sait qu’il naquit le 3 juin 1139 à Naso (Messina, Sicile), d’Anselmo Navacita et Claudia (ou Apollonia) Santapau, de riches propriétaires. Son nom de baptême fut Conone, mais les habitants l’ont communément appelé Cono.

Il était seul héritier de ses parents, mais à quinze ans, il alla frapper à la porte des Pères basiliens, non loin de Naso.

Après avoir donné toutes les preuves de son attachement à la Règle, à la pratique de toutes les vertus, il fut envoyé à Fragalà, où il connut s. Lorenzo Ravì (v. 30 décembre).

C’est là que les Supérieurs le jugèrent parfaitement digne de recevoir le Sacerdoce et Conone fut ordonné.

Il obtint cependant de pouvoir vivre comme anachorète dans la grotte de Rocca d’Almo : là, il dégustait des herbes sauvages, dormait confortablement sur la terre nue, et priait jour et nuit.

Durant une absence prolongée de l’abbé, il fut appelé à le remplacer puis fut même élu abbé, malgré son jeune âge.

Mais les bons moines n’avaient pas vraiment besoin de lui, tant ils cultivaient tous l’amour de Dieu et de la sainteté. Conone obtint la permission de partir en pèlerinage à Jérusalem.

A son retour, il apprit la mort de ses deux parents. Il vendit alors tout l’héritage qui lui revenait, le donna aux pauvres, passa au monastère et se retira à nouveau dans sa grotte.

Sa retraite fut à nouveau tourmentée par une pénible calomnie lancée contre lui. Une jeune fille du pays en effet, tombée dans le péché, accusa Conone d’être responsable de sa chute. On vint arrêter l’innocent anachorète, on le jugea et on le condamna à être fouetté, nu, sur la place publique. Mais quand on aperçut le corps malingre, couvert de plaies, déchiré par le cilice, on acclama l’innocence de Conone et on le raccompagna à sa grotte, au milieu des cris de joie des habitants.

Conone mourut à quatre-vingt dix-sept ans, toujours à Naso, le Vendredi saint 28 mars 1236 et, malgré ce jour, les cloches se mirent à sonner d’elles-mêmes. Quand les habitants vinrent voir ce qui s’était passé dans cette grotte, ils virent Conone, mort, immobile, dans un état extatique et soulevé de terre.

Saint Conone mit en déroute des Turcs au début du 16e siècle, en apparaissant en face d’eux, portant la Croix et la Bible, les deux Réalités qu’ils refusent ; localement on le fête aussi le 5 mars et le 28 décembre, jours anniversaires de deux tremblements de terre (1823 et 1906).

On invoque saint Conone pour les maux d’oreilles et de nez. La ville de Naso a ajouté dans son blason ces organes, et les habitants ont coutume de répéter : Il faut avoir un bon nez, bien écouter et parler peu».

Le Martyrologe commémore saint Conone, Conus en latin, au 28 mars.

 

 

Antonio Patrizi de Monticiano

1280-1311

 

Antonio naquit le 17 janvier 1280 à Sienne (Toscane, Italie C), de Pietro et Ginevra, de famille noble romaine, qui lui donnèrent au baptême le nom du Saint du jour, Antoine ermite.

Obéissant à ses parents, sensible aux nécessités des pauvres, très dévôt envers la Sainte Vierge, il fut confié à sept ans aux Dominicains.

A douze ans, il se consacra à Dieu et à la Reine des Anges ; il savait déjà à cet âge se priver pour donner  aux pauvres son repas ou son habit. C’étaient parfois papa et maman qui n’étaient pas très satisfaits…

Un 24 décembre, dans l’église où il était en prière, il eut l’inspiration divine de se rendre le lendemain à l’hôpital. Il y rencontra Pietro Piccolomini, qui l’engagea à l’accompagner jusqu’à l’ermitage de Lecceto.

L’histoire ne dit pas comment s’y prit Antonio pour convaincre les parents, mais le fait est que dès le lendemain, 26 décembre, il quittait la maison familiale et rejoignait Lecceto, chez les Ermites de Saint-Augustin, où il commença sans tarder le noviciat.

Au terme du noviciat, Antonio fut envoyé à Monticiano, qui allait être sa ville adoptive. Il y fut aussi nommé prieur.

Dans le monastère, il était assidu aux offices et aux travaux, à l’extérieur, il prêchait, convertissait pécheurs et mécréants, et soulageait les pauvres.

En 1311, il alla trouver un ami, pieux ermite, nommé Pietro de Collegonzi. Au retour, il succomba à la fatigue et à la maladie et mourut vers minuit du 23 avril 1311.

Peu de temps après ses funérailles, on vit des lys blancs fleurir sur sa tombe et l’on trouva son corps incorrompu.

Antonio fut béatifié en 1804.

Malgré la date de sa mort, sa fête se célèbre le 28 mars, son dies natalis au Martyrologe.

 

 

Jeanne-Marie de Maillé

1331-1414

 

Jeanne-Marie naquit au château de La Roche (Tours, Indre-et-Loire), fille d’Hardouin et de Jeanne de Montbazon.

A onze ans, elle eut une apparition de Notre-Dame, qui lui recommanda de méditer souvent sur la Passion du Christ. Elle se donna alors entièrement à Dieu.

La maladie l’attaqua : sa mère fit alors un vœu à saint Jacques (l’apôtre, vénéré à Compostelle) et Jeanne guérit.

Après la mort de son père, elle chercha à imiter Jésus-Christ de plus en plus intensément.

Et voilà qu’on voulut la marier, en 1346, à un certain Robert de Sillé. Jeanne le connaissait depuis l’enfance, car elle lui avait sauvé la vie en le tirant de la noyade par ses prières. Se marier n’était pas du tout conforme au vœu de Jeanne, mais humblement elle se soumit, redoublant de prières. Celles-ci furent suffisamment efficaces pour convaincre Robert de vivre dans la continence totale avec son épouse.

Ce jeune seigneur devait bientôt se signaler lors de la bataille de Poitiers (1356), où une blessure le rendit boîteux plusieurs années ; fait prisonnier par les Anglais ou leurs alliés, il devait payer une énorme rançon et, pour s’en acquitter, vendre toutes ses propriétés ; les deux époux furent ruinés totalement et voués à la misère. Robert mourut peu après sa délivrance en 1362 ou 1363. Cette union avait duré quinze ans.

Les parents de Robert ne tardèrent pas à rendre Jeanne responsable de la perte de leurs biens et l’expulsèrent du château de Silly.

Réduite à mendier, Jeanne se retira dans une chaumière à Tours, non loin de la basilique Saint-Martin. Elle suivait l’office nuit et jour, et occupait son temps aux bonnes œuvres, visitant les malades et les lépreux. L’un de ceux-ci guérit par son intervention.

En même temps, elle s’imposait de fortes pénitences, avec ceintures de fer, cilices, disciplines ; inutile de dire qu’elle mangeait peu, réduite à une telle pauvreté ; en plus de ses mortifications, elle avait encore le «luxe» de dormir sur la dure, à même le sol.

Elle guérit d’une grave maladie et, en reconnaissance, alla trouver l’archevêque de Tours, entre les mains duquel elle fit vœu de chasteté perpétuelle, et alla dans sa propre famille pour remettre à ses proches tout ce qui pouvait lui rester comme possessions.

Les religieuses de l’hôpital la reçurent et lui confièrent le soin de quelques malades (surtout les cas les  plus difficiles), mais des personnes jalouses obligèrent les religieuses à la renvoyer ; ce fut la même chose chez les religieuses de Beaumont. Jeanne trouva un ermitage à Planche les Vaux, où elle resta quelques années, jusqu’en 1386.

La dernière partie de sa vie se passa à Tours, dans un petit réduit adossé au couvent des Cordeliers, comme s’appelaient les Franciscains Observants en France. Si elle put y trouver une relative tranquillité, elle ne diminua pas ses austérités.

Repoussée par ses proches, elle fut en revanche consultée par beaucoup de personnalités, jusqu’à Angers, à Paris et à la cour du roi. Jeanne s’offrit particulièrement aussi pour faire cesser le schisme d’Occident ; elle apprit ainsi par révélation que le schisme cesserait. Ses prières obtinrent de nombreuses conversions.

Elle obtint du roi la libération des prisonniers de Tours et, comme le ministre tardait à obéir aux ordres royaux, elle fit ouvrir les portes de la prison par sa prière. Elle obtint même la non-exécution d’un condamné à mort et sa libération totale.

Elle annonça la venue du roi Charles VI à Tours, et convainquit les belles dames de la cour à renoncer à leurs beaux atours.

En 1412, Jeanne obtint encore une grâce extraordinaire : dans son désir extrême de subir le martyre par amour pour Notre-Seigneur, et méditant dans une église de Châtellerault sur le martyre de saint Etienne (v. 26 décembre), elle obtint de recevoir une grêle de pierres «mystiques», qui ne la blessèrent pas, mais lui causèrent une intense sueur sur tout le corps.

Elle mourut peu après, le 28 mars 1413 : elle avait quatre-vingt deux ans.

L’enquête en vue de sa béatification commença très vite, mais fut retardée par les événements d’Avignon et de Rome ; en 1562, les Huguenots profanèrent la tombe de Jeanne-Marie : il n’en resta que quelques ossements ; en 1791, l’église où ils se trouvaient fut dévastée puis démolie.

Le culte rendu à Jeanne-Marie se perpétua ; il fut reconnu en 1871 et la bienheureuse Jeanne-Marie est commémorée au Martyrologe le 28 mars.

 

 

Christopher Wharton

1545-1600

 

Né avant 1546 à Middleton (Yorkshire), Christopher, jeune frère de Thomas, était le fils d’Henry Wharton et d’Agnes Warcop.

Il étudia au Trinity College d’Oxford, prit ses grades en 1564 et devint Compagnon.

En 1583, on le trouve au Collège anglais de Reims, où il reçoit le sacerdoce en 1584 et où il continue des études jusqu’en 1586.

A cette date, il quitte Reims avec un collègue, Edward Burden (v. au 29 novembre).

On ne connaît pas exactement ses activités une fois revenu en Angleterre, mais le juge de son procès affirma l’avoir rencontré à Oxford après 1596.

Christopher fut arrêté en 1599 chez Madame Eleanor Hunt et tous deux furent enfermés au York Castel, où on leur imposa des sermons de teneur protestante.

Christopher et Eleanor passèrent en jugement début 1600. Le prêtre fut condamné pour haute trahison, sa protectrice (qui mourut en prison), pour crime (de catholicisme). Ils refusèrent la liberté qu’on leur proposait s’ils acceptaient de se conformer (à la religion d’Etat).

Le bienheureux Christopher fut exécuté à York le 27 mars 1600.

Il aurait été béatifié en 1987 et le Martyrologe le mentionne comme Bienheureux. Mais la Catholic Encyclopedia  le réfère seulement comme Vénérable.

 

 

Renée-Marie Feillatreau

1751-1794

 

Renée-Marie était née le 8 février 1751 à Angers (Maine-et-Loire).

Ayant épousé le sieur Dumont, elle avait élevé dix enfants, puis fut veuve.

Admirable chrétienne, elle rendait de grands services à l’Eglise. Son attachement aux pauvres et aux prêtres réfractaires, au nom de la foi chrétienne, ne fait aucun doute.

Le 5 décembre 1793, elle se trouvait dans la maison d’un chanoine de la cathédrale d’Angers, qui avait péri dans les noyades de Nantes.

C’est là qu’elle fut arrêtée et internée au château.

Le 18 mars suivant, elle comparut devant le Comité révolutionnaire, qui s’était installé dans les locaux de l’évêché. Elle déclara alors qu’elle préférait mourir que renoncer à sa religion.

Le 28 mars 1794, elle fut traduite devant la Commission militaire, qui la condamna à mort.

Elle fut guillotinée le jour même.

Renée-Marie fut béatifiée en 1984.

Józef Sebastian Pelczar

1842-1924

 

Józef Sebastian Pelczar naquit le 17 janvier 1842, dans la petite ville de Korczyna (Krosnoa), au pied des Carpates (Pologne). Il y passa son enfance, en grandissant dans l’atmosphère de piété propre à l’ancienne Pologne, entouré de ses parents, Wojciech et Marianna née Miesowicz. 

Il débuta sa scolarité à l’école populaire de Korczyna, et après deux années, remarquant les prédispositions exceptionnelles de l’enfant, ses parents l’envoyèrent à l’école principale de Rzeszow, puis au collège-lycée de cette ville.

Tandis qu’il était encore au collège, Józef Sebastian décida de se consacrer au service de Dieu. Nous pouvons lire dans ses mémoires : Les idéaux terrestres se fanent. Je vois l’idéal de la vie dans le sacrifice, et l’idéal du sacrifice – dans le sacerdoce

Après le collège, il fut admis au Petit séminaire puis, en 1860, commença des études de théologie au Grand séminaire de Przemysl.

Ordonné prêtre en 1864, il travailla pendant un an et demi comme vicaire à Sambor. 

Envoyé à Rome pour continuer ses études (1866-1868), il fréquenta le Collegium Romanum (l’actuelle Université Grégorienne) et l’Institut Saint-Apollinaire (l’actuelle Université du Latran). Il en retira un savoir approfondi et surtout un amour indéfectible pour l’Eglise et son chef visible, le Pape. 

Peu après son retour au pays natal, on lui confia un poste de professeur au Grand séminaire de Przemysl, puis durant vingt-deux ans à l’université Jagellone à Cracovie. En sa qualité de professeur et de doyen de la faculté de théologie, il fut unanimement considéré comme un homme cultivé, un organisateur remarquable, proche de la jeunesse. Pour lui exprimer sa reconnaissance, l’université de Cracovie l’éleva à la dignité de recteur de l’Almæ Matris (1882-1883).

Pour accomplir son idéal de prêtre et de Polonais œuvrant avec piété pour son peuple, l’abbé Pelczar, outre son activité scientifique, se dépensa sans compter en faveur de l’action sociale et caritative. Il fut membre actif de la Société Saint-Vincent de Paul, et président de la Société de l’Instruction Populaire. Durant les seize années où il occupa cette fonction, la Société créa plusieurs centaines de bibliothèques, dispensa des cours gratuits, diffusa dans le peuple plus de cent mille livres et ouvrit une école pour jeunes filles au pair. 

En 1891, l’abbé Pelczar fonda la Confrérie de Marie Immaculée Reine de Pologne. Il lui assigna une double tâche, religieuse, mais aussi sociale : apporter aide et protection aux artisans, aux pauvres, aux orphelins et aux employées de maison (avec une attention spéciale pour les malades et les chômeurs).

Discernant dans les problèmes de son époque des appels de Dieu, et pour y répondre, il fonda en 1894, à Cracovie, la Congrégation des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus pour propager le Royaume de l’Amour du Sacré-Cœur. Il voulait que les Sœurs fussent signe et instrument de cet Amour auprès des jeunes filles, des malades et de toute personne en détresse morale et matérielle.

En 1899, il fut nommé évêque auxiliaire puis, un an plus tard, évêque du diocèse de Przemysl. Il choisit pour devise : Tout pour le Très Saint Cœur de Jésus à travers les mains immaculées de la Très Sainte Vierge Marie. Durant les vingt-cinq années de son épiscopat, il demeura un pasteur ardent, soucieux du bien des âmes qui lui étaient confiées.

Malgré sa santé précaire, Mgr Pelczar se consacra sans relâche à l’activité religieuse et sociale. Pour encourager les fidèles à réveiller en eux-mêmes l’esprit de foi, il visitait souvent les paroisses et veillait particulièrement à élever le niveau moral et intellectuel du clergé. 

Il donnait d’ailleurs lui-même l’exemple d’une profonde piété, qui s’exprimait par sa dévotion personnelle au Sacré-Cœur de Jésus et à la Mère de Dieu. Adorateur fervent du Saint-Sacrement, il encourageait les fidèles à participer à l’adoration eucharistique. Pour faciliter leur participation, il fit ouvrir les églises plus longtemps dans la journée. Grâce à ses efforts, de nouvelles églises et chapelles furent édifiées, d’autres furent restaurées. Malgré un contexte politique défavorable, il réunit trois synodes diocésains, qui donnèrent une assise juridique à ses différentes initiatives, les rendant solides et durables.

Monseigneur Pelczar, sensible aux besoins de ses fidèles, entoura d’une grande sollicitude les personnes les plus démunies de son diocèse. Parmi ses nombreuses initiatives, il faut citer des garderies pour les enfants, des cuisines populaires, des foyers pour les sans-abri, des écoles ménagères pour les jeunes filles, des études gratuites dans les séminaires pour les garçons issus de familles pauvres. Il dénonçait le sort malheureux des ouvriers et se préoccupait des problèmes causés à l’époque par l’émigration et l’alcoolisme. Dans ses lettres pastorales, publications et discours, il préconisait le respect scrupuleux des directives du pape Léon XIII, consignées dans ses encycliques sociales.

Comblé par Dieu de grands talents, il ne les gaspilla pas, mais les multiplia et les fit croître. On retiendra, pour preuve de son inlassable activité, son œuvre imposante d’écrivain, qui comprend des ouvrages théologiques, historiques, des traités de Droit Canon, des manuels et des livres de prières, ainsi que des lettres pastorales, des discours et des homélies.

L’abbé Antoni Bystrzonowski, ancien élève et remplaçant de l’abbé Pelczar comme professeur à la chaire universitaire, le jour de ses obsèques déclara à son sujet :

Le défunt évêque de Przemysl réunissait en sa personne les plus belles qualités et les plus grands talents propres à l’épiscopat. (Il a montré) un zèle pastoral inlassable, un esprit d’initiative énergique dans l’action, la lumière d’une grande science et une sainteté de vie sans doute plus grande encore, mais, par dessus-tout, il demeure l’exemple et le modèle d’un travailleur exceptionnel, accomplissant son labeur avec une ardeur toujours nouvelle

Monseigneur Pelczar mourut dans la nuit du 27 au 28 mars 1924.

 

Les reliques du bienheureux Józef Sebastian reposent dans la cathédrale de Przemysl. A Cracovie, le bienheureux Józef Sebastian est particulièrement vénéré dans l’église des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus, dans une chapelle qui lui est consacrée. 

Józef Sebastian a été béatifié en 1991, puis canonisé en 2003.

Le Martyrologe Romain commémore saint Józef Sebastian au 28 mars. Mais cette date coïncidant toujours avec le temps du Carême et même parfois de la Semaine Sainte, on célèbre en Pologne la fête liturgique au 19 janvier.

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 00:00

27 MARS

 

-IX.

S Ananias (Hanani), prophète qui blâma le roi et fut mis en prison (2Ch 16:7-10).

II.

Ss Philet, Lydie, Macédone, Théoprépide, parents et leurs enfants avec le chef de la milice Amphiloque et le greffier Chronidas, torturés en Illyrie, d’où leur titre de martyrs.

IV.

Ss Zanitas, Lazare, Marotas, Narsès, Elie, Habib, Sembeth, Marès et Sabas, martyrs en Perse.

V.

Ste Augusta de Ceneda, vierge martyre, décapitée sur ordre de son père.

VI.

Ss Dominique et Védulphe, évêques à Arras ; Védulphe transféra le siège à Cambrai.

VIII.

S Rupert, évêque à Worms, fondateur d’une église et d’un monastère qui furent l’origine de Salzburg.

IX.

S Paul, évêque à Corinthe, demeuré attaché à l’Eglise Romaine malgré le schisme.

XI.

S Matthieu, noble soldat croisé, prisonnier des Sarrasins, décapité ; il “rusa” pour être exécuté “le même jour que mon Seigneur Jésus”, dit-il.

XII.

S Gélase, évêque à Armagh.

XIII.

B Pellegrino de Falerone, ami du b. Rizziero, frère lai franciscain ; son corps resta sans corruption longtemps après sa mort, à trente-trois ans ; on l’invoque contre les maux de dents.

XIV.

Bse Panacea, vierge près de Novare, martyrisée à quinze ans par sa marâtre qui lui enfonça des fuseaux dans la tête parce qu’elle priait ; invoquée contre l’épilepsie.  

XIX.

B Jo Yong-sam Petrus, laïc coréen martyr, mort en prison, béatifié en 2014.

B Louis-Edouard Cestac, basque, fondateur des Servantes de Marie, béatifié en 2015.

B Francesco Faà di Bruno, prêtre italien, dédié à la promotion sociale et spirituelle de la femme, organisateur ingénieux et innovateur, béatifié en 1988.

Hanani

9e siècle avant Jésus-Christ

 

Le prophète Hanani (Ananias) intervint auprès d’Asa, roi de Juda (911-870).

Ce dernier avait fait disparaître l’idolâtrie de son royaume et, pour cela, avait reçu la bénédiction de Dieu : Il n’y eut point de guerre jusqu’à la trente-cinquième année du règne d’Asa (2Chr 15:19).

C’est alors que le roi d’Israël, Basha, marcha contre Asa. Ce dernier fit alors alliance avec son voisin de Syrie et ils repoussèrent Basha.

Ce fut l’occasion de l’intervention d’Hanani, qui vint dire au roi Asa : Parce que tu t’es appuyé sur le roi d’Aram et non sur Yahvé ton Dieu, … tu auras désormais la guerre (2Chr 16:7,9).

Cette menace déplut fort au roi, qui fit mettre le prophète aux ceps en prison (2Chr 16:10).

L’Ecriture reste discrète sur la suite des événements : on ne sait pas quelles guerres dut affronter le roi, ni si Hanani fut délivré.

On connaît encore moins les circonstances de sa mort.

Il reste que l’Eglise grecque fait mémoire de ce prophète au 27 mars, tandis qu’il n’est pas mentionné dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rupert de Salzburg

650-718

 

Au latin Rupertus correspondent les variantes Ruprecht, Hrodperht, Hruodpert, Roudbertus, Robert, mais c’est sous la forme Rupert qu’on désigne habituellement le premier évêque de Salzburg, en allemand comme en français.

Il naquit vers 650 peut-être à Worms (Allemagne SO), et peut-être dans la lignée des rois mérovingiens, mais on en a fait aussi un Irlandais d’origine.

Une autre hypothèse mal vérifiée encore, lui donnerait comme frère Trudbert, ermite sur les bords du Rhin, et comme sœur ou nièce Erentrude, abbesse à Nonnberg (v. 30 juin).

Rupert se dévoua au service de Dieu dès sa jeunesse ; il se fit remarquer par sa simplicité, sa douceur, sa docilité d’esprit, sa profonde sagesse, son amour pour la justice ; humble, chaste, abstinent, plein de foi et de piété, charitable, ami de la Vérité…

Après un pèlerinage à Rome, de retour à Worms, il fut choisi comme évêque.

Le duc de Bavière eut alors recours à ses services pour développer la foi dans cette région. Rupert se rendit donc à Regensburg (Ratisbonne) et, de là, gagna par bateau l’ancienne cité de Lauriacum, qui devint Lorch. Plus loin encore, là où s’était élevée la cité de Iuvavum, il édifia un monastère en l’honneur de s.Pierre ainsi qu’une église. C’était là le fondement de Salzburg. Le monastère semble être le plus ancien de toute la Germanie. 

Puis il fonda le monastère de Religieuses à Nonnberg, qui passe aujourd’hui pour le plus ancien cloître féminin de tout l’occident chrétien et qui n’a jamais suspendu ses activités.

On ne compte pas les monastères et les églises que Rupert fonda. Son activité fut véritablement extraordinaire.

En 714, Rupert passa dans sa région d’origine pour appeler à son service quelques moines et quelques Religieuses (parmi lesquelles Erentrud).

Rupert mourut le 27 mars 718, et probablement à Worms et son corps fut enseveli à Salzburg.

Saint Rupert est commémoré le 27 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Matthieu d’Agnetz

11e siècle

 

Ce jeune homme était d’Agnetz (Clermont, Beauvaisis), ami d’enfance de Guibert de Nogent, à qui nous devons ces renseignements.

Une fois chevalier, il resta un militaire pieux et de bonnes mœurs. Il partit en croisade. Voilà au moins un exemple de croisé qui se comporta en vrai chrétien durant sa présence en Orient.

Durant son séjour à Constantinople, Matthieu édifia l’empereur Alexis, par sa vie de prière et d’aumônes.

Matthieu fut fait prisonnier des Sarrasins, qui voulaient l’exécuter s’il ne reniait pas sa foi. Le noble chevalier demanda seulement un délai, qui lui fut accordé.

Or ce délai expirait le jour du Vendredi Saint. Matthieu expliqua alors aux Sarrasins que son intention n’était pas, lâchement, de retarder de quelques jours l’exécution, mais bien plutôt de pouvoir mourir le même jour que le Sauveur. Tuez-moi donc, dit-il, selon votre désir ; pourvu que je donne ma vie à Celui qui donna la sienne pour le salut du genre humain, peu m’importe le reste.

Il tendit alors son cou au bourreau.

Ce Martyr des Musulmans était inscrit dans l’ancien Martyrologe au 27 mars, mais n’a pas été repris dans le nouveau.

 

 

Pellegrino de Falerone

? - 1233

 

Pellegrino, de la noble famille des Paleroni, au diocèse de Fermo (Italie), étudiait la philosophie et le droit canon à l’université de Bologne lorsqu’en 1220, François d’Assise, revenant d’Orient, passa dans cette ville. A la suite des prédications faites par ce saint homme, sur la place publique, Pellegrino avec Rizziero (voir la veille, au 26 mars), vint se présenter pour être admis parmi les pauvres de Jésus-Christ : Pour toi, lui dit François en l’accueillant, tu serviras Dieu dans l’humble condition de frère lai, et tu t’appliqueras surtout à pratiquer l’humilité.

Pellegrino était déjà très avancé dans la connaissance des sciences sacrées et profanes ; mais sur la parole de François, il se voua à la modeste condition qui lui était assignée, assuré d’avance qu’il y trouverait la sanctification de son âme. Il fut bientôt récompensé de sa fidélité par des faveurs spirituelles, oraison sublime, cœur embrasé du divin amour. 

Le désir du martyre lui fit tourner ses regards vers l’Orient : il obtint de faire le pèlerinage de la Terre sainte, visita Jérusalem et la Judée, le livre des Évangiles à la main ; chaque endroit sanctifié par la présence du divin Rédempteur fut arrosé de ses larmes. Les Musulmans eux-mêmes se sentaient émus au spectacle de sa foi vive et de son ardente charité ; au lieu des mauvais traitements et de la mort qu’il était venu chercher, il ne rencontrait que respect et vénération.

Il revint donc en Italie, évita tout rapport avec le monde en demeurant dans les couvents les plus pauvres et les plus retirés. Il était à même de voir souvent ses parents, mais il n’en voulut point profiter : il se contentait de rares visites durant lesquelles il ne parlait aux siens que de Dieu et du salut de leurs âmes. Par cette vie humble et cachée, Pellegrino s’éleva à une très haute perfection. Au témoignage du bienheureux Bernardo de Quintavalle, l’un des plus éminents disciples de François d’Assise, Pellegrino fut un des plus parfaits religieux. Il vivait comme un voyageur et un étranger sur la terre : ses pensées, ses entretiens, ses affections étaient au ciel.

Pendant sa vie, Pellegrino se rendit célèbre par le don des miracles. Après sa mort qui eut lieu au couvent de San Severino (Septempeda) dans les Marches, de nouveaux miracles attirèrent les foules à son tombeau. Longtemps après sa mort, son corps fut retrouvé sans corruption : il fut conservé avec honneur dans l’église des conventuels. A la dernière suppression des ordres religieux, on le transféra dans la chapelle de Notre-Dame-des-Lumières, en la ville de San Severino. 

Pellegrino est principalement invoqué pour guérir les maux de dents.

Son culte fut approuvé en 1821, et le Martyrologe Romain le mentionne au 27 mars.

 

 

Panacea De’ Muzzi

1368-1383

 

Née en 1368 à Quarona (Piémont, Italie) de Lorenzo Muzio et Maria Gambino, Panacea perdit tôt sa mère.

Lorenzo se remaria avec Margherita, une veuve avec une petite fille. L’intention du papa était de ne pas laisser sa fille sans une présence maternelle, mais la belle-mère et sa fille devinrent vite très et trop exigeantes envers Panacea, qui fut bientôt chargée de toutes les corvées, outre qu’elle fut objet de dérision pour sa piété et ses œuvres charitables.

Un soir de printemps de l’année 1383, la jeune Panacea ne revenait pas avec les brebis. Aussitôt sa belle-mère partit à sa rencontre, et la trouva en train de prier près de l’église. Furieuse, elle gronda violemment la jeune fille et la frappa à la tête avec un bâton (ou un fuseau). Panacea s’écroula, morte.

La malheureuse femme, désespérée, se jeta dans un ravin.

Or les cloches du pays se mirent à sonner spontanément. Papa Lorenzo et le curé, avec les habitants, accoururent, mais ne réussirent pas à soulever le corps de la petite jeune fille. 

Appelé, l’évêque vint ordonner au corps de se laisser transporter : on put le soulever, mais les bœufs n’arrivaient pas à tirer le charriot. Deux génisses, en revanche, conduisirent alors, sans guide, le corps de la jeune martyre sur un champ appartenant à la famille ; le propriétaire ayant refusé de recevoir le corps de Panacea, les génisses reprirent leur trajet, toujours suivies par l’évêque, le clergé et la population. On traversa plusieurs localités avant d’arriver à Ghemme, là où était enterrée la maman de Panacea. L’arrivée de Panacea fut à nouveau saluée par le son spontané des cloches.

Le martyre de la jeune Panacea eut lieu, dit-on, le 27 mars, le dies natalis retenu dans le Martyrologe.

Les funérailles ayant eu lieu le 1er mai, la fête locale de la Bienheureuse se célèbre soit au 5 mai, soit au premier vendredi de mai.

Le culte de la bienheureuse Panacea se répandit largement dès le 14e siècle, et fut confirmé par l’Eglise en 1867.

 

 

Jo Yong-sam Petrus

? -1801

 

Jo Yong-sam Petrus est un laïc coréen né à Yanggeon (Gyeonggi-do, Corée du Sud).

Il mourut en prison à Cheongju (Chungcheong-do) le 27 mars 1801 et fut béatifié en 2014.

 

 

Louis-Edouard Cestac

1801-1868

 

Né le jour de l’Epiphanie, 6 janvier 1801, il fut le royal cadeau de Dieu à ses pieux parents, Dominique et Jeanne Amitessarobe. Dominique était chirurgien de la ville et des prisons, Jeanne était d’ascendance basque espagnole.

Louis-Edouard eut deux sœurs, dont le plus jeune, Elise, sera sa collaboratrice.

Après ses études au Petit séminaire d’Aire-sur-Adour, il étudia au Grand séminaire de Saint-Sulpice à Paris. Professeur au Petit séminaire de Larressore, il fut ordonné diacre et prêtre en 1825.

En 1831, il fut nommé vicaire à la cathédrale de Bayonne. C’est alors qu’il prit conscience du problème des jeunes filles abandonnées à la prostitution, dans ces petites ruelles proches du port. Il leur ouvrit un premier foyer d’accueil en 1836, le Grand Paradis, puis achètera en 1838 un grand domaine dans la ville proche d’Anglet, auquel il donnera le nom de Notre-Dame du Refuge. C’est le début de cette œuvre magnifique de récupération des malheureuses jeunes filles.

En 1842, les premières Religieuses firent leurs vœux. Elles avaient pour règle celle que leur avait écrite Louis-Edouard pendant une retraite à la Trappe et chez son cher ami, Mixel Garikoïtz (voir au 14 mai). Ce fut l’embryon des Servantes de Marie. Elise Cestac prendra pour nom de religion sœur Marie-Madeleine.

En 1851, naîtra la branche contemplative des Solitaires de Saint-Bernard, qu’on appelle communément les Bernardines, qui accueillirent certaines des pénitentes désireuses de mener désormais une vie retirée, dans la prière, la contemplation et le travail manuel.

En 1852, la congrégation fut reconnue. Les Religieuses ne firent pas que recevoir des filles tombées ; elles ouvrirent jusqu’à cent-vingt écoles dans le diocèse et les départements voisins. Louis-Edouard mit au point une nouvelle méthode de lecture ; lui-même passionné d’agriculture, il promut des méthodes meilleures pour une production saine et compétitive. L’établissement des Servantes de Marie devint un point de référence pour les autorités : Louis-Edouard fut élu président du comice agricole de Bayonne en 1857, il reçut la Légion d’Honneur en 1865 ; il eut la visite du couple impérial et c’est à la prière de l’Impératrice dans la petite chapelle, que naquit en 1856 le Prince impérial (il devait mourir héroïquement en Afrique du Sud en 1879).

Quant aux Religieuses, elles se répandirent aussi en Espagne, en France, en Amérique latine, en Inde, en Afrique.

Louis-Edouard mourut à Notre-Dame du Refuge le 27 mars 1868. 

Il devait être béatifié en 2015.

 

Le 13 janvier 1864, Louis-Edouard eut la grâce de voir Notre-Dame, qui lui suggéra et lui dicta la prière suivante :

 

Auguste Reine des Cieux, souveraine Maîtresse des Anges, toi qui, dès le commencement, as reçu de Dieu le pouvoir et la mission d’écraser la tête de Satan, nous te le demandons humblement, envoie tes Légions céleste pour que, sous tes ordres, et par ta puissance, elles poursuivent les démons, les combattent partout, répriment leur audace et les refoulent dans l’abîme. Qui est comme Dieu ? O bonne et tendre Mère, tu seras toujours notre amour et notre espérance. O divine Mère, envoie les saints Anges pour me défendre et repousser loin de moi le cruel ennemi. Sains Anges et Archanges, défendez-nous, gardez-nous.

 

 

Francesco Faà di Bruno

1825-1888

 

Francesco Virginio Secondo Maria (tels furent ses prénoms de baptême) était le douzième et dernier fils de Luigi Faà, marquis de Bruno, comte de Carentino, et de Carolina Sappa de’ Milanesi. Des sept filles et cinq garçons de cette belle famille noble, deux seront religieuses et trois prêtres. 

Francesco naquit à Alexandrie le 29 mars 1825. On remarquera qu’il est contemporain de saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier).

La maman mourut en 1834, après avoir soigné chez elle sept ou huit malades, de la famille ou de ses domestiques ; après vingt-six années de vie commune où ils n’eurent “qu’un seul cœur et une seule âme” (cf. Ac 4:32), le papa lui promit de ne pas se remarier. 

Francesco étudie au collège des Pères Somasques, puis est admis à l’Académie Militaire de Turin. En 1846, il est lieutenant et commence une spécialisation en imprimerie ; il étudie les langues étrangères.

Il participe en 1848 à la guerre d'indépendance, comme aide de camp de Vittorio Emanuele. Il dresse une carte exacte des terrains de guerre, alors que les généraux n’en possédaient pas encore ! Grâce à cette carte, les troupes remportèrent les uniques victoires de cette campagne désastreuse. En 1849, il est capitaine d’Etat-major et, blessé à la jambe, reçoit une décoration de guerre.

Le roi Vittorio Emanuele le désire comme précepteur de mathématiques pour ses fils, et l’envoie prendre sa licence de sciences à la Sorbonne de Paris. 

Francesco publiera en particulier en 1855 son résultat le plus célèbre, la “formule de Faà di Bruno”, une formule très complexe, réservée aux spécialistes ; il rencontre Urbain Le Verrier à l’Observatoire National et en 1856, sous l’égide de Augustin Cauchy, sera reçu docteur en mathématique et astronomie. 

Dans la capitale française, il fréquente Frédéric Ozanam (voir au 8 septembre). 

Il est l’ennemi déclaré de la Maçonnerie, qui lui barrera de toutes façons tout accès dans la hiérarchie, tant militaire qu’universitaire.

En 1853 il renonce à la carrière militaire, après avoir refusé une provocation à se battre en duel.

Musicien, excellent pianiste et organiste, il compose des chants qui recevront même les applaudissements de Franz Liszt. 

Il s’intéresse à la promotion sociale et spirituelle de la femme ; c’est d’abord l’Ecole de chant dominicale, où il tient l’orgue tout en dirigeant. 

A partir de 1858, il ouvre à Turin des Fours économiques pour travailleurs, comme il en avait vus à Paris, et fonde en 1859 l’Œuvre de sainte Zita (patronne des domestiques, voir au 27 avril) ; c’est une véritable « ville de la femme », équipée d'écoles, d'ateliers, d'infirmeries et de pensionnats. 

Avec l’aide de saint Giovanni Bosco il fonde l’Œuvre pour la sanctification des fêtes, pour défendre les travailleurs contre le travail du dimanche. 

Puis il fonde une branche interne à l’Œuvre de sainte Zita, la “Classe des Clarines” (par référence à sainte Claire, voir au 11 août), où seront assistées à vie des femmes diminuées physiquement, mais qui travailleront au service de l’Œuvre. Elles assureront entre autres la blanchisserie ultramoderne dont bénéficieront l’Académie Militaire, la Mairie, les Chemins de fer…

C’est ensuite le tour de l’Infirmerie Saint Joseph, pour femmes pauvres malades et convalescentes. En 1862, c’est le Pensionnat-hospice pour femmes âgées et invalides, puis un Pensionnat pour les prêtres âgés et malades. En 1863, il crée une Bibliothèque tournante, pour diffuser de bons livres, y compris en langues étrangères. En 1864, il fonde la Classe des Jeunes Ouvrières, pour la formation des jeunes filles pauvres ; en 1866, celle des “Élèves Maîtresses et Institutrices” pour former des maîtresses d’école primaire. 

En 1868, commence l’édification de l’église “Notre Dame du Suffrage”, pour soutenir son Œuvre et faire prier pour les âmes du purgatoire, trop oubliées. Étonnante construction qui repose sur un socle de cinq mètres seulement, et s’élève à quatre-vingt mètres de hauteur, l’équivalent d’un immeuble de vingt-cinq étages. L’ensemble est surmonté d’une magnifique statue de saint Michel Archange de cinq mètres de haut en bronze. Prouesse technique qui reste encore maintenant en parfait état. Selon Francesco cette église devait donc alimenter la vie spirituelle de toute son œuvre, rappeler à tous l’annonce du jugement final, mais aussi indiquer l’heure à tout le quartier pauvre de l’endroit, outre que montrer la possibilité pour un croyant de se servir du progrès technique à des fins chrétiennes.

Enfin, couronnement de tout ce travail ingénieux, c’est la fondation d’une Congrégation de religieuses qui devront “prier, agir, souffrir”, avec cinq heures de prière quotidienne. La première supérieure en sera Giovanna Gonella, qui travaillera avec lui en parfait unisson, et saura le remplacer efficacement,  particulièrement lorsqu’il devra s’absenter à Rome.

En 1871, on le nomme “professeur titulaire” d’analyse mathématique et de géométrie, mais il ne sera jamais professeur “ordinaire” ; tout juste sera-t-il professeur “extraordinaire” en 1876, avec le salaire le plus bas de l’échelle.

En 1872, il publie un petit Essai sur l’Eucharistie, où il essaie de rendre accessible le Mystère eucharistique à la mentalité rationaliste du temps.

En 1874, il acquiert le périodique “Le Cœur de Marie”, qu’il dirige et pour lequel il rédige des articles religieux. Il ouvre une imprimerie moderne, où ne travaillent que des femmes. Nouveauté “scandaleuse” pour l’époque ! 

C’est en 1875, à cinquante ans, qu’il se décide à embrasser le sacerdoce. Il se forme à Rome, où il est ordonné prêtre. L’église du Suffrage est consacrée le 1er novembre, mais l’abbé Francesco, qui l’a fait construire sur ses propres deniers, n’assiste pas à la cérémonie : c’est qu’un différend est apparu entre lui et l’évêque de Turin, qui ne s’aplanira que quelques mois plus tard. Nouvelle expérience d’humilité, sereinement acceptée par l’intéressé.

L’abbé Francesco n’a pas fini de montrer son zèle apostolique en faveur des femmes : il ouvre une “Maison de Préservation” pour les filles-mères en 1877, acquiert en 1881 un petit château dans une zone parmi les plus pauvres du Piémont, pour y former de futures maîtresses d’école et y ouvrir une école.

Le 27 mars 1888, deux jours avant d’accomplir ses soixante-trois ans, il s’éteint, victime d’une infection intestinale. Il avait prédit que son ministère n’aurait duré “guère plus de dix ans”. Magnanime durant sa vie, il le fut aussi après sa mort, en faisant donation à l’ingrate Université de Turin de sa bibliothèque personnelle, une des plus riches d’Italie.

Francesco Faà di Bruno sera béatifié en 1988, et inscrit au Martyrologe le 27 mars.

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 00:00

26 MARS

 

III.

S Castulus, martyr romain, étouffé sous du sable.

?

Ss Pierre, Marcien, Jovin, Theodosius, Emmanuel, Sabinus, martyrs en Asie Mineure.

IV.

Ss Muntanus et Maxima, époux martyrs, noyés à Sirmium.

S Eutychius, sous-diacre en Alexandrie et martyr.

Ss Bathuse et Wereka, prêtres goths martyrs avec leurs deux fils et leurs deux filles, ainsi que : Arpyla le Solitaire ; les laïques Abippas, Hagias, Ryas, Hegathrax, Hiscoes, Silas, Sigetzas, Suerilas, Guimblas, Therthas, Philgas ; les femmes Anna, Allas, Baride, Manea, Virco, Animaïs. La reine des Goths Gaatha, chrétienne, voulut recueillir ces reliques et fut lapidée avec un laïque, Thyellas, qui l’aidait.

S Félix, évêque à Trèves, d’où il démissionna humblement après douze années.

S Pierre, évêque à Sébaste, dixième enfant des ss. Basile et Emmélie, frère des ss. Basile, Grégoire de Nysse et Macrine.

V.

S Sicaire, évêque à Lyon.

VII.

S Bercaire, moine à Luxeuil, fondateur et abbé à Hautvillers ; à Puellemontier et à Montiers-en-Der, il établit d’anciens esclaves rachetés ; il fut assassiné le Jeudi Saint par un moine qui avait reçu une réprimande, et expira le jour de Pâques.

Ss Baront et Desiderio, à Pistoia ; Baront, berrichon, s’était retiré de la cour avec son fils pour être moine à Lonrey, puis ermite près de Pistoia, où il fut rejoint par Desiderio et d’autres.

S Mochellog, évêque et abbé en Irlande, fondateur de l’église à Killmallog, dont il est patron.

IX.

S Liudger, apôtre en Frise, premier évêque à Münster, constructeur de monastères.

S Etienne, abbé à Triglia, exilé pour le culte des saintes images, thaumaturge.

B Bertilon, abbé à Dijon, massacré par les Normands au pied de l’autel, invoqué contre la fièvre.

X.

Ste Eugénie, vierge martyre à Cordoue.

S Basile le Jeune, solitaire amené de force à Constantinople où il fut torturé ; il avait le don de la prophétie.

XI.

Ste Félicité, vierge à Padoue.

XIII.

B Rizziero, franciscain, un des préférés de s. François.

XIX.    

B Oh Ban-ji Paulus, laïc coréen martyr, par pendaison, béatifié en 2014.

XX.

Bse Maddalena Caterina Morano (1847-1908), italienne, des filles de Marie Auxiliatrice, active en Sicile, béatifiée en 1994.

 

Castulus de Rome

† 286

 

Castulus, d’après la tradition, était le grand chambellan de Dioclétien ; son épouse s’appelait Irene ; ils étaient tous deux chrétiens.

Non seulement leur maison accueillit d’autres Chrétiens, mais encore Castulus n’eut pas peur d’organiser dans le palais même impérial, des offices religieux. Il y reçut les frères Marcus et Marcellinus (v. 18 juin). 

Avec son ami Tiburtius (v. 11 août), il amena au Christ beaucoup d’hommes et de femmes, que le pape Caius (v. 22 avril) baptisa.

Il y eut cependant un judas, qui alla dénoncer toute cette organisation au préfet Fabianus.

Arrêté, Castulus fut torturé, puis jeté encore vivant dans une fosse qu’on recouvrit de sable.

Son épouse s’arrangea pour le sortir de là et lui accorder une sépulture chrétienne. D’après la même tradition, ce serait elle qui aurait maternellement soigné s.Sebastien (v. 20 janvier) après son «premier» martyre ; on la fêtait le 30 mars, mais elle n’est pas dans le Martyrologe.

Saint Castulus de Rome est commémoré le 26 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Codratus, Emmanuel et Theodosius en Asie Mineure

† 300

 

Ces trois Martyrs (auxquels s’en ajouteraient quarante autres) seraient à situer, sans doute, en Asie Mineure et, peut-être, sous Dioclétien.

Voici ce qu’en dit un texte ancien : 

Codratus fut chassé de sa ville épiscopale par les idolâtres de l’endroit, reçut la défense d’enseigner au nom de Jésus-Christ, s’il voulait avoir la vie sauve. Sans tenir compte de cette menace, il continua son ministère, baptisa les catéchumènes, visita les chrétiens détenus dans les prisons, les encouragea à demeurer fermes dans la foi. Les persécuteurs, ayant eu connaissance de ces faits, s’emparèrent de Codratus et le décapitèrent après divers tourments. Emmanuel est aussi appelé Manuel ; on n’a point de détails sur lui, non plus que sur Theodosius.

Comme on le voit, Codratus (Quadratus) était évêque, mais la ville n’en est pas indiquée. Il est aussi clairement indiqué qu’on ne sait rien de ses autres Compagnons, parmi lesquels on nomme parfois un Sabinus.

Saints Codratus, Emmanuel et Theodosius sont commémorés le 26 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Montanus et Maxima de Sirmium

† 304

 

Il s’agirait ici de deux époux. 

Montanus (parfois orthographié Munatus) était prêtre.

Il était en train de gagner Sirmium (Pannonie, act. Sremska Mitrovica, Serbie), lorsque des païens se saisirent de lui et le jetèrent dans le fleuve.

Maxima était-elle avec lui ? il semble que oui.

Un manuscrit ancien ajoute qu’on retrouva leurs corps au neuvième mille.

Ce martyre pourrait avoir eu lieu vers 304.

Saints Montanus et Maxima sont commémorés le 26 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eutychius d’Alexandrie

† 356

 

Au moment du carême de l’année 356, en Alexandrie d’Egypte, l’évêque Athanase (v. 2 mai) venait d’être à nouveau chassé de son siège et exilé ; on lui avait substitué un usurpateur nommé Georgios lequel, au nom de l’empereur Constance, faisait littéralement la chasse aux Chrétiens fidèles à la foi de Nicée ; à l’occasion, il se faisait même aider par une main militaire.

Même les païens frémissaient de la façon dont ces Chrétiens étaient maltraités. Ce fut le cas du sous-diacre Eutychius.

On commença par le frapper à coups de nerfs de bœufs. On le destina aux mines de cuivre de Phæno (Arabie), où le climat était si malsain qu’on n’y pouvait tenir que quelques jours. Au moment où ce funeste cortège se mit en route, des gens de passage sa lamentaient sur le sort de ce pauvre homme : on en arrêta quatre, qui furent flagellés et jetés en prison ; ce n’est que sur les instances de la foule qu’on les libéra, mais les persécuteurs se vengèrent quand même, en supprimant les aumônes dues aux indigents de la ville.

En réalité, Eutychius était déjà tellement affaibli, qu’il mourut en route. Inutile de préciser comment la soldatesque s’acharna sur son corps.

Il est bien regrettable que l’on n’ait pas pu retenir le jour précis de cette mort, précieuse aux yeux de Dieu (cf. Ps 115:6), mais elle eut lieu en 356.

D’autres Compagnons moururent en martyrs dans les mêmes circonstances, dont on ne connaît pas le nombre ni le nom.

Saint Eutychius d’Alexandrie est commémoré le 26 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pierre de Sébaste

349-391

 

L’ancien Martyrologe mentionnait deux Pierre de Sébaste, dont on n’a fait désormais qu’un seul personnage : le frère des ss.Basile le Grand, Grégoire de Nysse et de Macrina (v. 1er et 10 janvier, et 18 juillet).

Leurs parents déjà, Basile et Emmélie, étaient consommés en sainteté (v. 30 mai) : ils durent s’enfuir en exil dans le Pont pour leur foi ; leur grand-mère, Macrine l’Ancienne, connut s.Grégoire le Thaumaturge (v. 17 novembre).

Dixième de la fratrie, Pierre ne connut pas son père, qui mourut bientôt. Aussi fut-il élevé particulièrement par sa sœur aînée, Macrina, qui secondait si bien leur mère.

C’est de cette Macrine que Pierre reçut l’habitude de lire et méditer l’Ecriture, et surtout le désir de grandir dans les vertus.

Si l’on parle moins de Pierre que de ses frères Basile et Grégoire, de grands auteurs contemporains n’hésitèrent pas à mettre au même rang Pierre et Basile dans les œuvres de la foi.

Vint un temps où ne restaient plus à la maison que la maman Emmélie, la sœur aînée Macrina, et Pierre. Ce dernier restait célibataire, et menait une vie tout angélique. On lui confia la responsabilité de deux monastères, l’un où vivait sa sœur, l’autre étant sans doute celui que Basile avait fondé sur les bords de l’Iris. Il s’acquitta de cette mission avec une sainte prudence, réussissant à donner à manger à  de nombreux  pauvres lors d’une période de grande disette.

En 373, il assista sa chère maman dans ses derniers moments ; en 379, sa sœur et son frère Basile.

Il fut alors promu évêque de Sébaste (Arménie), pour succéder à l’évêque hérétique Eustathios, un farouche ennemi de Basile. Le nouvel évêque devait se hâter d’effacer toutes les traces de l’arianisme dans son diocèse, ce qui ne fut pas une tâche facile. D’une lettre qu’il écrivit vers cette époque à son frère Grégoire, on se rend compte que Pierre ne le cédait en rien à l’éloquence de ses frères aînés.

En 381, Pierre fut un des meilleurs intervenants au concile de Constantinople, où fut condamnée la doctrine de Makédonios.

Les auteurs contemporains ont unanimement reconnu et loué le zèle, la sagesse, la prudence, l’extraordinaire sainteté de Pierre.

Lorsque Pierre mourut, vers 391, c’était, paraît-il, un jour de temps fort chaud, donc pas un 9 janvier comme dans l’ancien Martyrologe ; peut-être un 26 mars, si le soleil de printemps plantait déjà fortement ses rayons sur la terre de Sébaste.

Saint Pierre de Sébaste est commémoré le 26 mars dans le Martyrologe Romain.

Bercaire de Hautvillers

625-685

 

Il naquit vers 625, dans une famille de riches propriétaires d’Aquitaine, peut-être à Dissay près de Poitiers, où Bercaire hérita d’une villa.

Son parrain, s.Nivard (v. 1er septembre ?), futur évêque de Reims, s’occupa de sa formation. Il le confia à s. Remacle (v. 3 septembre), puis Bercaire alla demander son admission à Luxeuil. Il y devint cellérier.

Comme comme cellérier qu’il accomplit son premier miracle, fruit de son obéissance. Il était en train de remplir une jarre de cervoise, lorsqu’il fut appelé par son abbé ; obéissant, il courut, sans s’occuper d’arrêter l’écoulement de la boisson ; la cervoise coulait, puis s’éleva comme une colonne au-dessus de la jarre. Les moines vantèrent la sainte vertu de Bercaire qui, dans son humilité, attribua le prodige à l’abbé.

Bercaire eut ensuite la charge d’organiser le nouveau monastère de Hautvillers : on y suivait les deux Règles de s.Benoît et de s.Colomban. C’est à Hautvillers que mourut s.Nivard.

Puis, dans le forêt du Der, il fonda deux abbayes, qu’il peupla avec des esclaves rachetés, les femmes à Manswiller, appelée plus tard Puellemontier ; les hommes près de Puisie, où l’abbaye s’appela Montier-en-Der (673).

Il alla chercher à Rome et à Jérusalem d’importantes reliques pour en doter ces monastères.

Pour le Jeudi saint de 685, il se rendit à Puellemontier, où il laissa pressentir sa mort possible. Or il venait de réprimander un moine, nommé Daguin, qui avait fort mal pris la chose. Quand tout le monde fut endormi le soir, Daguin s’approcha de Bercaire et le poignarda. N’arrivant pas à se débarrasser de so poignard, qui flottait sur l’eau du puits où il l’avait jeté, il fut pris de terreur et alla sonner la cloche ; on se réveille, on se hâte, on entoure le malheureux, qui avoue son geste : on se réunit autour de Bercaire qui, agonisant, a la force de conseiller à son meurtrier d’aller demander au pape une pénitence. Daguin partit - et ne réapparut jamais.

Bercaire s’éteignit le jour de Pâques, 26 mars 685.

L’abbaye de Hautvillers fut détruite et rebâtie après le passage des Normands (882), des Anglais (1449), des Huguenots (1564), et des révolutionnaires (1793). Il n’en reste maintenant que l’église et une partie du cloître.

De celle de Montier-en-Der, on a reconstruit l’église abbatiale.

Saint Bercaire est commémoré le 26 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Baront et Desiderio de Pistoie

† 720

 

Baront était, semble-t-il, originaire du Berry.

Il fut introduit à la cour de Thierry II et vécut dans le mariage. Il eut un fils, Aigload.

Vint un jour où la grâce divine lui inspira de se retirer du monde. Il alla se présenter, avec son fils, à l’abbaye de Lonrey.

Il y montra les signes d’une véritable conversion.

Une nuit, un 25 mars, il fut pris de violentes douleurs et tomba dans une sorte d’extase qui dura toute une journée ; on le croyait à l’agonie et l’on commençait les prières pour les moribonds. Mais le lendemain matin, il se réveilla en répétant par trois fois : Gloire à toi, Seigneur !

Il raconta alors comment il s’était vu pris à la gorge par deux démons qui lui rappelaient ses péchés de jeunesse ; puis l’archange Raphaël était intervenu, avait séparé son âme de son corps et l’avait présentée au Ciel, où s.Pierre proclama : Ces péchés ont été expiés par les aumônes de Baront, par sa confession au prêtre, sa pénitence et sa profession religieuse. Pierre fit voir à Baront les supplices de l’enfer et le ramena à l’abbaye.

On comprend que Baront eut désormais le désir et le souci de monter encore plus vers la perfection. Il demanda à l’abbé la permission de se détacher davantage, et d’aller vivre en solitaire, hors de France.

Avec cette permission - il faut toujours demander la permission -  il fit un pèlerinage à Rome, puis se retira à Pistoie (Toscane, Italie), où il se construisit une cabane, priant et jeûnant.

Cette vie attira un autre solitaire, nommé Desiderio, puis quatre autres jeunes. 

Baront mourut le premier, un 26 mars vers 720, suivi peu après par Desiderio et les autres. Ils furent ensevelis au même endroit, où des miracles se produisirent. 

Vers 1018, on construisit là un monastère.

Les saints Baront et Desiderio sont commémorés le 26 mars dans le Martyrologe Romain, jour où avait déjà eu lieu la fameuse extase. Mais les quatre compagnons ne sont pas mentionnés.

 

 

Liudger de Münster

743-809

 

Liutgerius naquit vers 743 près d’Utrecht (Frise), de Thiadgrim et Liafburg ; son frère s’appelait Hildegrin, une de ses sœurs  s’appelait Gerburge.

Liudger eut une passion précoce pour les livres et l’étude ; ayant vu s.Boniface (v. 5 juin), il en conçut un désir encore accru d’étudier l’Ecriture. Il étudia sous la férule de s.Grégoire d’Utrecht (v. 25 août).

Ayant reçu la tonsure, Liudger fut confié par Grégoire comme compagnon à Aubert, qui allait être sacré évêque à York (767). C’est ainsi qu’à York, Liudger devint le disciple du célèbre Alcuin, avec lequel se tissa une profonde amitié qui dura toute leur vie. C’est aussi à York qu’il fut ordonné diacre.

En 773, Liudger revint à Utrecht, chargé des nombreux livres qu’il avait accumulés à York, un certain nombre desquels il avait lui-même transcrits.

En 775, il fut envoyé restaurer une chapelle à Deventer, puis il enseigna à cette même école cathédrale où il avait fait ses premiers pas.

En 777, le successeur de Grégoire, Albéric, voulut ordonner prêtre Liudger.

Les premières missions du nouveau prêtre furent auprès des Frisons, où il opéra des conversions et fonda des abbayes et des églises.

Quelques factions saxonnes cependant se soulevèrent ; Liudger se retira et alla demander (784) au pape des conseils pour son apostolat. Le pape le reçut très paternellement et l’encouragea. Liudger cependant alla d’abord passer trois années au Mont Cassin, pour y connaître la Règle bénédictine.

C’est alors que Charlemagne lui-même l’appela pour venir évangéliser la Frise orientale. Liudger quitta la paix bénédictine et se hâta ; Dieu bénit son zèle et fit progresser Liudger jusqu’au nord vers le Danemark ; la guérison miraculeuse d’un aveugle - et bien d’autres miracles ensuite - compléta cette heureuse mission.

En 793, Liudger refusa le siège épiscopal de Trèves, que lui proposait Charlemagne, mais accepta d’évangéliser cette fois-ci le nord-ouest de la Saxe ; il y édifia plusieurs monastères (Werden, Helmsstadt, Mimigardeford qui devint Münster, mais sous la Règle de s.Chrodegang (v. 6 mars), car c’était la Règle officielle adoptée dans les territoires de Charlemagne. Il établit aussi sa sœur Gerburge à Nottuln, qui fut l’origine du premier monastère féminin en Westphalie.

En 802, Liudger fut sacré évêque de Münster, en qualité de quoi il se préoccupa de la formation du clergé, donnant lui-même des leçons d’Ecriture Sainte, montrant comment célébrer les rites sacrés. Très effacé de sa personne, il se mortifiait, jeûnait, veillait ; ce n’est qu’après sa mort qu’on sut qu’il portait toujours un cilice. Tous ses revenus passaient chez les pauvres. Sa générosité fut même dénoncée comme du gaspillage auprès de Charlemagne, qui cependant comprit qu’on l’avait mal informé.

Liudger aurait aimé prolonger son action vers la Scandinavie, mais n’en eut pas la possibilité. En revanche, il prophétisa l’invasion des Normands.

Les derniers jours de Liudger furent assombris par les douleurs de la maladie, mais il resta actif jusqu’à la veille de sa mort. Le 25 mars 809, au dimanche de la Passion, il célébra le Saint Sacrifice à Billerbeck, prêcha, et annonça sa mort pour la nuit suivante.

Une reconnaissance des reliques de s.Liudger fut faite récemment. Le Saint pouvait avoir mesuré 1,82 mètre, avoir vécu un peu plus de soixante-cinq ans ; il devait être droitier.

Saint Liudger est commémoré le 26 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Oh Ban-ji Paulus

1813-1866

 

Oh Ban-ji Paulus est un laïc coréen né en 1813 à Incheon (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut pendu à Cheongju (Chungcheong-do) le 26 (27) mars 1866 et béatifié en 2014.

 

 

Maddalena Caterina Morano

1847-1908

 

Maddalena Caterina Morano est née en 1847 dans une famille nombreuse de Chieri, près de Turin. Elle est la sixième des huit enfants ; à 8 ans, elle a déjà perdu ses cinq frères aînés et son père. La même année, elle commence l'apprentissage de couturière. Deux ans après, elle est attirée par l'enseignement, et sera aidée par son oncle prêtre.

Elle vient à  Buttigliera d'Asti et continue d'étudier pour sa propre instruction. Elle reçoit en 1866 son diplôme d'institutrice en école primaire. Elle parfait ses connaissances de la doctrine chrétienne, en même temps que s'intensifie son désir de sanctification. Des difficulté familiales la font remettre son entrée en religion. Elle travaille pendant douze années encore à l'école de Montaldo et enseigne le catéchisme dans la paroisse. inaugurant une école maternelle en collaboration avec le curé du lieu. Sa vocation pour la vie religieuse mûrit.

En 1878, ayant mis de côté assez d'économies pour les besoins futurs de sa mère, et après un échec de vie chez les Filles de la Charité et chez les Dominicaines, elle entre chez les Filles de Marie Auxiliatrice, fondées six ans plus tôt par saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier). 

Elle est une religieuse modèle, et après un bref mais intense noviciat elle prononce ses premiers vœux. Elle demande au Seigneur la grâce “de rester en vie jusqu’à ce qu’elle ait complété la mesure de la sainteté”, et fait sa profession religieuse en 1879. 

Son expérience lui vaut d'être vite chargée de hautes responsabilités. En 1881, avec la bénédiction de Don Bosco, appelée par l'évêque de Catane, elle est envoyée à Trecastagni (diocèse de Catane), en Sicile, chargée d'un établissement pour femmes, auquel elle donne une nouvelle orientation, inspirée par les principes Salésiens. Quatre ans après elle revient à Turin et repartira, définitivement cette fois-ci, pour la Sicile, qui sera sa « patrie de coeur ».

En vingt-six ans, la Mère Morano fondera dix-neuf maisons, douze oratoires, six écoles, cinq écoles maternelles, quatre patronages et trois écoles de religion, sans parler de la formation de nouvelles religieuses. 

Son véritable amour, cependant, sont les cours de catéchisme, depuis qu'elle est convaincue que la formation de la conscience chrétienne est le fondement de la maturité personnelle et de toute amélioration sociale. Elle coordonne l'instruction catéchétique dans dix-huit églises de Catane et forme les catéchistes laïcs et religieux à apporter le message chrétien aux garçons et aux filles indigents.

Nommée provinciale, elle se charge aussi de la formation des nouvelles et nombreuses vocations, attirées par son zèle et par le climat communautaire qui se crée autour d’elle. Son apostolat multiple est apprécié et encouragé par les Évêques. Elle passe ainsi un quart de siècle en Sicile. Mère attentive, elle vit fidèlement le charisme de Mère Maria Mazzarello, co-fondatrice de l’Institut (voir au 14 mai). 

Minée par une tumeur, elle meurt à Catane à l'âge de 61 ans le 26 mars 1908, ayant toujours cherché à ne jamais mettre d’obstacle à l'action de la Grâce en cédant à l'égoïsme personnel.

Elle est béatifiée en 1994, et inscrite au Martyrologe le 26 mars.

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Published by samuelephrem - dans 03-mars
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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 00:00

25 MARS

 

-XX.

S Isaac, le fils de Abraham, figure du Christ qui se laisse immoler.

I.

L’annonciation faite à Marie.

S Dismas, le Bon Larron.

?

Ste Dula, vierge martyre à Nicomédie.

III.

S Quirinus, martyr romain.

IV.

Ste Matrona, servante à Thessalonique, victime de la rudesse de sa maîtresse juive.

S Pélage, choisi comme évêque, à Laodicée, parce qu’il vivait dans la continence parfaite avec son épouse.

S Monas, évêque à Milan.

VII.

S Cammin, fondateur et abbé à Inish-Kealtair.

B Humbert, moine (abbé ?) à Marolles, très uni par la charité et la prière à ste Aldegonde.

VIII.

S Hermeland, moine à Fontenelle, abbé à Indre.

S Cessateur, évêque à Limoges.

X.

S Nicodemo, ermite en Calabre.

? S Eynar

XI.

S Alfwold II, évêque à Sherborne ; il ne vivait que de pain et d’eau.

S Prokop, fondateur d’un monastère bénédictin à Sazava ; patron de la Bohême.

XI.

B Eberhard de Nellenburg, parent de s. Léon IX et de l’empereur Henri II, fondateur à Schaffhausen d’une abbaye bénédictine où il devint moine, d’un commun accord avec son épouse.

XIII.

Bse Ida (Blanche), abbesse cistercienne à Argensolles.

XIV.

B Tomasso, ermite camaldule à Sitria, pendant soixante-cinq ans, thaumaturge.

XVI.

Ste Margaret Clitherow, anglaise convertie au catholicisme, martyrisée à York étouffée par une énorme planche abattue sur elle et recouverte de pierres.

S James Bird, jeune de dix-neuf ans récemment converti, martyr anglais.

XVIII.

Ste Lucia Filippini, co-fondatrice de l’institut des Maestre Pie, pour l’éducation des jeunes filles, à Montefiascone, à Rome et ailleurs.

XX.

Bse Margaretha Flesch (Maria Rosa, 1826-1906), fondatrice à Trèves des Franciscaines Missionnaires de sainte Marie des Anges, béatifiée en 2008.

Bse Soultaneh Mariam (Alphonsine) Danil Ghattas (1843-1927), israélienne fondatrice des Sœurs du Rosaire, béatifiée en 2009, canonisée en 2015.

B Omeljan Kovc (1884-1944), prêtre polonais, martyr en camp de déportation, béatifié en 2001.

B Pawel Januszewski (Hilary, 1909-1945), carme polonais martyr, déporté à Dachau où il mourut du typhus, béatifié en 1999.

Dysmas, le Bon Larron

1er siècle

 

 

Note préliminaire.

Le texte qui suit est entièrement repris des Visions de la Bienheureuse Anna Katharina Emmerick (1774-1924). Nous savons que cette révélation privée n’engage pas la responsabilité de la Sainte Eglise sur la vérité des visions dont la Bienheureuse a parlé à son secrétaire, M. Clemens Brentano.

Voici ce qu’écrivait le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints lors de la béatification d'Anne-Catherine Emmerich en octobre 2004 par le Pape Jean-Paul II. "La bienheureuse Anne-Catherine Emmerick, ne nous a laissé que trois lettres dont l’authenticité soit sûre. Les autres écrits, qui lui sont attribués par erreur, ont des origines diverses: les “visions” de la Passion du Christ ont été annotées, réélaborées très librement et sans contrôle par l’écrivain allemand Clemens Brentano et ont été publiées en 1833 sous le titre ''La douloureuse passion de Notre Seigneur Jésus-Christ''. […] Les œuvres en discussion ne peuvent donc pas être considérées comme des œuvres écrites ou dictées par Anne-Catherine Emmerick ni comme des transcriptions fidèles de ses déclarations et de ses récits, mais comme une œuvre littéraire de Brentano qui a procédé à de telles amplifications et manipulations qu’il est impossible d’établir quel est le véritable noyau attribuable à la bienheureuse"

On sait que le travail de M. Brentano a consisté à assembler entre eux différents textes pour les relier entre eux selon leur thème et au fur et à mesure que la Bienheureuse s’exprimait. Clemens Brentano n’a pas à proprement parler “inventé” de faits. Le texte qui suit présente des traits impressionnants et touchants, qui ne manqueront pas d’animer en l’âme des lecteurs des sentiments de compassion, de miséricorde, et de les unir à ceux qu’a pu ressentir notre Rédempteur Divin dans les derniers moments qu’Il vécut sur la Croix.                                

 

Nous sommes durant la fuite en Egypte de la Sainte Famille

 

Je vis, par une belle nuit, la Sainte Famille traverser un désert sablonneux, couvert de broussailles. Il me semblait marcher avec elle. Le passage était très dangereux, car une foule de serpents, d’abord cachés sous le feuillage, s’approchaient en sifflant, et dressaient la tête contre la Sainte Famille. Mais la lumière dont elle était entourée la préservait du péril. Il se trouvait aussi, dans ce lieu, d’autres animaux malfaisants qui avaient un long corps noirâtre, des pieds très courts et des ailes sans plumes, semblables à de grandes nageoires. Ils rasaient la terre dans leur course rapide, comme s’ils eussent volé : la forme de leur tête tenait du poisson. Je vis la Sainte Famille arriver au bord d’un ravin où il y avait des buissons, sous lesquels ils voulurent se reposer.

J’avais grand-peur pour eux. Joseph et Marie entrèrent ensuite dans un grand désert sauvage où, faute de chemins, ils ne savaient où tourner leurs pas. Après s’être quelque peu avancés, ils virent se dresser devant eux une sombre et effrayante chaîne de montagnes escarpées. Ils étaient très abattus, et se mirent à genoux pour implorer le secours de Dieu. Alors plusieurs animaux se rassemblèrent autour d’eux ; je crus à un grand danger ; cependant ces animaux n’étaient pas méchants. Au contraire, ils les regardèrent avec une sorte de douceur, comme le faisait le vieux chien de mon confesseur quand il venait à moi. Ces animaux étaient envoyés pour leur tracer la route à suivre . Ils regardaient du côté de la montagne, puis revenaient à eux, comme fait un chien qui veut conduire son maître. Je vis enfin la Sainte Famille les suivre, et arriver, à travers les montagnes, dans un pays désolé et sinistre.

Il faisait déjà nuit lorsque, s’avançant le long d’un bois, ils rencontrèrent, à quelque distance du chemin, une cabane de mauvaise apparence. Pour y attirer les voyageurs, des brigands avaient suspendu, tout auprès à un arbre, une lanterne qu’on apercevait de très loin. On y abordait par un mauvais chemin, coupé de plusieurs fossés, et tout le long de ses parties faciles, des fils cachés étaient tendus. Lorsque les voyageurs venaient à les toucher, ils faisaient tinter des sonnettes placées dans la cabane, et appelaient ainsi les brigands qui accouraient les dévaliser. Cette cabane ne restait pas toujours au même lieu ; elle était transportable, et les brigands l’établissaient ça et là, suivant les circonstances.

Dès que la Sainte Famille se fut approchée de la lanterne, elle fut aussitôt entourée par six brigands, y compris leur chef, tous animés d’abord d’intentions mauvaises. Mais à la vue de l’Enfant-Jésus, un rayon de lumière frappa soudain le cœur du chef qui ordonna à ses compagnons de ne faire aucun mal à de telles gens.

La nuit était venue. Cet homme conduisit alors la Sainte Famille dans sa cabane, où se trouvaient ses deux enfants et sa femme ; il leur raconta l’impression extraordinaire qu’il avait éprouvée à la vue de l’Enfant. Sa femme accueillit, avec une bonté mêlée de timidité, les saints voyageurs, qui s’assirent par terre, dans un coin, et se mirent à manger des provisions qu’ils avaient apportées. Leurs hôtes, d’abord timides et honteux, ce qui semblait assez contraire à leurs habitudes, peu à peu se rapprochèrent. Il en vint d’autres qui, pendant ce temps, avaient abrité l’âne de saint Joseph. Ces gens s’enhardirent et, s’étant assis tout autour de la Sainte Famille, ils engagèrent l’entretien. La femme du chef servit à Marie des petits pains, du miel et des fruits, lui donna à boire, sépara pour elle, par des tentures, une partie de la cabane, et lui apporta, sur sa demande, un vase plein d’eau pour baigner l’Enfant-Jésus. Enfin, elle lava les langes et les fit sécher devant le feu.

Pendant que Marie baignait l’enfant sous un linge, le chef des brigands était si ému qu’il dit à sa femme : “Cet enfant juif n’est pas un enfant ordinaire ; c’est un saint enfant. Prie la mère de permettre que nous plongions notre enfant lépreux dans l’eau où elle l’a baigné ; il en sera guéri, peut-être.” La femme s’approcha donc de Marie ; mais avant qu’elle eût parlé, la Sainte Vierge lui dit de laver son enfant lépreux dans cette eau. Alors la femme apporta un petit garçon d’environ trois ans, tout blanc de lèpre. L’eau du bain de Jésus paraissait plus claire qu’auparavant ; la femme y mit son enfant lépreux : à l’instant même les croûtes de la lèpre se détachèrent et tombèrent ; la guérison était complète (…)

La Sainte Famille partit à l’aube du jour, bien pourvue de vivres. Le chef et sa femme les accompagnèrent jusqu’au bon chemin. Ils prirent congé des saints voyageurs avec beaucoup d’émotion, et l’homme dit du fond du cœur : “Souvenez-vous de nous en quelque lieu que vous vous trouviez”. A ces paroles j’eus, tout à coup, une vision du crucifiement, et j’entendis le bon larron dire à Jésus : “Souviens-toi de moi, quand tu seras dans ton royaume.” Je reconnus que c’était l’enfant guéri de la lèpre. La femme du chef des brigands quitta plus tard sa vie coupable.

 

Le Martyrologe Romain mentionne le Bon Larron au 25 mars, probablement une des dates possibles du jour exact de la mort du Christ, suivant les calculs des historiens.

 

 

Quirinus de Rome

† 269

 

Ce qu’on ne pouvait pas encore dire le 19 janvier, concernant s.Maris et sa famille, va maintenant être exposé dans cette petite notice.

Ces pieux chrétiens trouvèrent Quirinus (Cyrinus) presque mourant, victime d’une première et sévère flagellation, qu’il avait endurée pour avoir manifesté courageusement sa foi au Christ.

Maris et Marthe le soulagèrent de leur mieux, conscients d’être en présence d’un authentique Martyr, et le quittèrent en se recommandant à ses prières.

Quand ils revinrent un peu plus tard, Quirinus n’était plus dans sa prison. Un prêtre nommé Pastor, leur révéla que la nuit précédente, on était venu égorger Quirinus et qu’on s’en était débarrassé dans le Tibre. Le courant avait rejeté le corps de Quirinus sur l’isle Saint-Barthélemy.

La petite famille alla le trouver pour l’ensevelir dignement dans le cimetière de Pontien.

Par recoupements, on donne à ce martyre la date du 25 mars 269.

Saint Quirinus de Rome est commémoré le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Matrona de Thessalonique

† 304

 

Matrona était une des servantes de Plautilla, une riche dame de Thessalonique.

Celle-ci, noble Juive très attachée à sa religion, imposait à toute sa maison de pratiquer la religion juive. Matrona accompagnait Plautilla à la synagogue, s’esquivait pour rejoindre l’église chrétienne, et s’arrangeait pour être de retour à la maison quand sa patronne arrivait.

Mais à Pâques, qui tombait en mars cette année-là, la longue cérémonie fit arriver Matrona un peu en retard, et l’on s’empressa de le faire remarquer à la patronne.

Celle-ci entra dans une grande fureur, fit attacher Matrona à un banc et la fit frapper de verges.

Matrona demanda simplement à sa maîtresse en quoi elle avait manqué à son devoir, à quoi Plautilla répondit par une fureur accrue : elle fit enfermer Matrona pendant trois jours, pensant la trouver morte. Mais Matrona lui apparut saine, détachée de ses liens, et chantant les louanges de Dieu.

Plautilla ordonna de reprendre les mêmes tortures, en les renforçant, et par trois fois ; à chaque fois la jeune domestique apparaissait guérie.

Les coups de bâtons répétés et redoublés eurent raison de Matrona ; elle expira, en priant encore : Seigneur Jésus, Sauveur immaculé pour qui j’endure tous ces tourments, je remets mon âme entre tes mains, daigne me recevoir dans la société de tes martyrs.

Sainte Matrona de Thessalonique est commémorée le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dula de Nicomédie

† 308 ?

 

De Dula, on sait ceci : qu’elle mourut le 25 mars à Nicomédie.

Elle aurait été la servante d’un soldat, ce qui fit dire que, voulant conserver sa virginité, elle résista aux avances de l’homme, qui la tua.

On en vint à dire que le soldat avait agi en haine de la foi, faisant ainsi de Dula une martyre. A-t-on pour autant le droit de la situer durant la persécution de Dioclétien ? Les probabilités sont égales d’un côté comme de l’autre.

Sainte Dula de Nicomédie est commémorée le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Monas de Milan

† 312

 

Monas a parfois été rattaché à la noble famille des Borri, qui le revendiquèrent comme un de leurs ancêtres et l’appelaient Simone. Mais le nom lui-même de Monas pourrait faire penser plutôt à un personnage d’origine grecque.

On a dit qu’une lumière céleste l’environna au moment où l’on cherchait qui serait le successeur de s.Calimerus (v. 31 juillet). C’est ainsi que Monas devint le sixième évêque de Milan, si l’on accepte que le premier fut l’apôtre s.Barnabé (v. 11 juin).

Monas aurait subdivisé le territoire de Milan en paroisses ; si ce n’est lui qui le fit pratiquement, il en eut peut-être au moins le projet.

Son successeur ayant été présent aux deux synodes de 313 et 314, on peut en déduire qu’il mourut vers 312.

Une chronologie un peu excentrique a voulu attribuer à Monas (et à ses prédécesseurs) un épiscopat de plus de cent ans. Il semblerait plus raisonnable de supposer qu’on ne connaît plus les noms de certains évêques des premiers siècles, ou qu’il y eut des périodes de vacance, dues par exemple aux persécutions.

Saint Monas de Milan est commémoré le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hermeland d’Indre

640-720

 

Il naquit en 640 à Noyon (auj. dans l’Oise), d’une noble famille.

Son nom subit plusieurs orthographes : Herblain, Erblon…

Ses parents l’envoyèrent à la cour de Clotaire III, où il fut grand échanson.

On se préoccupa aussi de lui trouver une fiancée, mais sa volonté était bien ailleurs : se retirer à l’abbaye de Fontenelle ; il eut bien du mal à persuader le roi de le laisser aller.

Après sa profession, et malgré sa profonde humilité, il fut ordonné prêtre.

Sur ces entrefaites, l’évêque de Nantes fit appel aux moines de Fontenelle pour obtenir quelques-uns d’entre eux dans le but de fonder une abbaye sur l’île d’Antrum (plus tard Indre) : il songeait avec raison que la prière des moines aurait consolidé son action pastorale et obtiendrait beaucoup de grâces pour le diocèse. Douze moines furent ainsi détachés de Fontenelle, avec Hermeland à leur tête.

Sur l’île, entre 670 et 678, fut donc construite cette abbaye, avec deux églises, dédiées aux saints Pierre et Paul. En 680, elle fut rattachée à l’Ordre bénédictin. Cette abbaye fut une des plus florissantes du royaume, en sainteté et en nombre.

Quant à Hermeland, il fit chaque année et jusqu’à une extrême vieillesse une retraite solitaire sur l’île voisine d’Antricium (Aindrette, ou plutôt Indret), pour chercher à se sanctifier davantage.

Hermeland eut le don des miracles et de la prophétie

Il mourut en 720, et les miracles continuèrent.

Saint Hermeland est commémoré le 25 mars dans le Martyrologe Romain, jour de l’Annonciation. 

L’aménagement de l’estuaire de la Loire aux 18 et 19es siècles a considérablement modifié l’environnement des «îles» de Basse-Indre, Haute-Indre et Indret. Quant à l’abbaye, détruite en 843 par les Normands, elle fut remplacée par un simple prieuré.

Nicodemo de Mammola

900-990

 

Il naquit vers 900, dans la région de Crotona (Calabre, Italie S), à Cirò ou Sikron (act. Sicri), selon les interprétations.

Très jeune, il voulut embrasser la vie monacale, mais l’abbé le refusa plusieurs fois, en raison de sa santé apparemment trop faible et inadaptée à la rigueur de ce style de vie. Mais Nicodemo, enfin admis, prouva que la prière et les austérités peuvent dépasser les limites de la santé apparente.

Quand les moines furent chassés à cause des hordes sarrazines, Nicodemo vint s’installer sur le mont Kellerana, près de l’actuelle Mammola. La sainteté de sa vie lui attira des sympathisants, des vocations, et une abbaye fut construite, sous la Règle basilienne.

On raconte quelques prodiges opérés par Nicodemo : anticipant la douce autorité de Francesco d’Assise (v. 4 octobre), il prit la défense d’un loup qu’on voulait tuer, prouvant que la bête était en fait très docile ; il sauva une vipère créée par Dieu pour être sur la terre ; un sanglier devint son fidèle compagnon…

Nicodemo mourut vers 990.

Saint Nicodemo est désormais commémoré le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prokop de Sázava

985-1053

 

Prokop naquit vers 985 à Chotouň (Bohême, auj. Rép. tchèque).

Voyant sa piété et son intelligence, ses parents l’envoyèrent faire ses études à Prague ; c’est peut-être là, au contact d’autres personnalités slaves qu’il connut les liturgies orientales et qu’il apprit le grec.

Les chanoines le remarquèrent et lui offrirent un canonicat. Un biographe précisa : Il ne recherchait pas sa propre commodité comme les autres chanoines, mais il ne s’éloignait de l’église ni de jour ni de nuit.

On le voit : ici il n’y a pas de place pour situer un éventuel mariage et la naissance d’un fils dont, par idéal monastique, il se serait séparé pour suivre sa vocation à l’érémitisme. Le Martyrologe se fait l’écho de cette circonstance, mais les historiens n’en ont pas trouvé de preuves.

Prokop fut ordonné prêtre. Ses Confrères prêtres ne voyaient pas en lui un chanoine, mais un moine, tant il était dépouillé de toute vanité, de tout orgueil.

Ayant connu un moine bénédictin, il en reçut l’habit, séjourna peut-être quelque temps au monastère de Brzewnow et retourna dans sa Bohême natale pour y mener une vie érémitique (1033).

Il s’établit le long de la rivière Sázava ; à son arrivée, dit-on, les mauvais esprits s’enfuirent de cette grotte ; ils revinrent attaquer Prokop, qui eut une telle autorité sur eux, qu’il les obligea à exécuter les corvées, comme de défricher la forêt ou de passer la charrue ; ses vertus, et ses miracles, attirèrent des disciples et un monastère se constitua, sous la règle de saint Benoît (v. 21 mars). Certains moines vivaient en ermites, d’autres en cénobites.

Le duc de Bohême, Ulrich (ou Uldarik) passait un jour par là, poursuivant quelque gibier. Mourant de soif, il s’arrêta auprès de Prokop, qui lui offrit de l’eau fraîche de la source voisine : le duc fut bien heureux de boire alors un excellent vin, en reconnaissance de quoi, il finança la construction des bâtiments.

A la mort d’Ulrich (1034), son fils Bretislav voulut émanciper son pays de l’influence germanique (et latine), en introduisant le rite slave dans le diocèse de Prague ; l’évêque accepta de conférer la dignité abbatiale à Prokop. 

Dès lors, le monastère de Sázava adopta le rite et la langue slaves.

Les vicissitudes politiques imposèrent une alternance de rites slave et latin au monastère. Mais jusqu’à la mort de Prokop, le 25 mars 1053, le rite slave fut maintenu dans le monastère de Sázava.

Prokop fut vénéré comme un Saint national et fut canonisé en 1204.

 

 

Eberhard de Nellenburg

1015-1078

 

Il naquit vers 1015 dans le canton suisse de Schaffhausen, de Eppo et Hedwig, nièce de l’empereur Heinrich II. La famille était également parente avec le pape Léon IX (v. 19 avril). 

Cette famille noble inculqua à l’enfant tout ce qui pouvait s’apprendre dans ce milieu, mais la mère d’Eberhardt ne manqua pas de semer en plus en son âme l’amour du Christ.

C’est ainsi qu’une des plus belles vertus du garçon devint l’obéissance.

Le père était moins doux ; un jour qu’il trouva un livre de prières dans les mains de son fils, il le lui arracha et l’envoya dans l’âtre ; étonné de constater que le livre restait intact, Ebbon eut l’humilité de se calmer et, désormais, de ne plus opposer d’obstacle à la spiritualité de son fils.

Bientôt, Eberhard épousa une princesse de Germanie, nommée Ita, que l’on apparente avec les Comtes de Kirchberg, et avec laquelle il vécut dans le plus bel idéal chrétien, faisant l’aumône et soulageant la misère. Ils eurent six fils et deux filles.

La mère d’Eberhard avait fondé en 1030 un monastère de religieuses près de Mayence (où elle se retira et mourut) ; à son tour, Eberhard en fonda un dans ses terres, dans le canton suisse de Schaffhausen, dont l’église fut dédiée à Tous les Saints, et les moines suivirent la Règle bénédictine.

Il sera bon de préciser ici une erreur souvent reproduite. Schaffhausen, que d’aucuns traduisirent par Probatopolis, ne signifie pas maison des brebis, sorte d’allusion aux moines obéissant à leur abbé, mais bien plutôt maison des bâteliers, originellement Schiffhausen, car à cet endroit, à cause de la chute du Rhin, les bâteliers devaient s’arrêter et transborder le chargement de leurs bateaux.

Eberhard fit deux fois le pèlerinage à Rome. Il y obtint la confirmation papale de son abbaye et, au retour, guérit un aveugle le long du chemin. Il guérit aussi, par ses prières, son propre fils gravement malade. Ils firent aussi le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Vers 1072, Eberhard et Ita convinrent de se consacrer désormais totalement à Dieu, Ita à Sainte-Agnès, Eberhard à Tous-les-Saints.

Après six années d’une vie monacale édifiante, Eberhard s’éteignit vers 1078 ou 1079, un 7 avril ou un 25 mars.

Saint Eberhard est commémoré le 25 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Richard de Pontoise

† 1179

 

Il s’agit ici encore une fois d’un «crime rituel» comme il y en eut beaucoup en divers points de l’Europe, par exemple William à Norwich et Simone à Trento (v. 24 mars), Dominguito à Saragosse (v. 31 août) ou Hugues à Lincoln (v. 27 juillet).

Il semble qu’à chaque fois ces récits aient été le motif d’exactions et expoliations à l’encontre des Juifs et de leur expulsion. C’est en tout cas ce qui arriva en France en 1182, après les «faits» de Pontoise.

L’enfant aurait été cruellement torturé avant d’être crucifié, le 25 mars 1179.

Curieusement, on ne connaît ni le nom de ses parents, ni sa date de naissance, ni les circonstances de cette «immolation», ni le ou les témoins qui les auraient révélées.

Le petit corps martyrisé fut bien transporté à l’église des Saints-Innocents de Paris, et il s’y produisit aussi des miracles.

Tous les noms de ces «martyrs» ont été retiré de la récente édition du Martyrologe.

Ceux qui ont inventé ces fables sont gravement coupables. Si des êtres humains ont vraiment été capables d’exécuter de tels crimes et d’immoler des victimes innocentes, notre rôle est de prier pour eux. Ne jugez pas pour ne pas être jugés (Mt 7:1).

Qu’on nous pardonne ces lignes. Invoquons la miséricorde infinie de Dieu sur tous les pécheurs.

 

 

Tomasso Grasselli de Costacciaro

1262-1337

 

Tomasso (d’habitude, les Italiens disent Tommaso) vit le jour en 1262 à Costa San Savino (Perugia, Ombrie, Italie C).

Ce personnage se consacra tout petit déjà à Dieu et vécut dans l’ambiance des proches Camaldules de Sitria. Il y fut novice dès 1268, particulièrement intéressé par la lecture et l’étude de l’Ecriture et, bien sûr, grimpa ardiment l’échelle de le perfection dans toutes les vertus, au point qu’il n’eut aucune difficulté à obtenir de se retirer dans une cellule isolée pour mener la vie érémitique.

Vers 1272, donc vers sa dixième année, il rejoignit une grotte, un somptueux château qui n’avait guère plus de six mètres carrés de surface, encore visible sur le Monte le Gronde. Là Tomasso s’isola dans la complète contemplation des mystères divins ; il ne s’isolait de son «palais» que pour aller prier au proche oratoire Saint-Jérôme ou pour aller cueillir quelques baies ou couper quelques racines qui lui servaient de «festin».

Jusques là, personne ne connaissait l’ermite, tant il s’effaçait dans l’humilité. On croyait généralement que ce jeune homme était parti. Mais il croisa un jour quelques bergers qui en eurent presque peur, croyant d’abord voir un énergumène ou un fantôme, tant l’ermite Tomasso était amaigri et ses vêtements usés et en mauvais état. Le bruit se répandit, on vint visiter l’ermite, on s’y intéressa, on lui apporta des vêtements et de la nourriture (mais la nourriture passa rapidement dans l’écuelle des pauvres, qui venaient aussi).

Beaucoup de jeunes gens furent attirés par son genre de vie et vinrent s’instruire auprès de lui, formant comme une petite famille, dont il refusait absolument d’être le supérieur, mais un parmi les autres.

Il arriva ce qui devait arriver : on vint lui demander des prières et sa bénédiction, et un simple signe de croix provoquait un miracle, une guérison, une délivrance. Un jour que des prêtres du monastère voulurent célébrer la Messe dans la chapelle Saint-Jérôme et qu’ils n’avaient pas de vin, Tomasso puisa un peu d’eau de sa citerne, la bénit et l’eau se transforma en vin délicieux.

Parvenu à l’âge de soixante-quinze ans, dont soixante-cinq (si les dates sont justes) dans cette âpre et bienheureuse solitude, Tomasso annonça sa mort imminente, qui advint le 25 mars 1337.

Un saint Religieux de Gubbio en eut aussitôt l’information par inspiration divine ; la nouvelle s’en répandit immédiatement et rapidement ; on vint vénérer le corps de l’Ascète, qui resta exposé jusqu’au huit avril sans aucun signe de décomposition.

Les funérailles solennelles se firent à Costacciaro, où eurent lieu de nombreux miracles.

Son culte fut reconnu en 1778, et le Martyrologe mentionne le Bienheureux au 25 mars.

 

 

Margaret Clitherow

1556-1586

 

En anglais, son prénom est Margaret, et son nom de famille peut également s'écrire Clitheroe.

Margaret Middleton naquit à York en 1556 dans une famille protestante de rite anglican. 

Elle épousa en 1571 John Clitherow, boucher à York, dont la famille était catholique. Elle-même se convertit au catholicisme trois ans après son mariage, tandis que son mari, qui cependant la soutint toujours dans sa sainte résistance, assumait la religion officielle anglicane.

Régnait alors Élisabeth Ière, persécutrice des catholiques qui ne pouvaient accepter sa rupture avec Rome. En 1576, Margaret fut jetée en prison pour avoir refusé de remplir ses devoirs envers Dieu et la Reine, en n'assistant pas aux services anglicans.

Elle fut libérée puis de nouveau arrêtée. Elle apprit à lire toute seule en prison, pour pouvoir enseigner le catéchisme à ses enfants. Elle priait chez elle avec ses trois enfants, toujours soutenue par son mari anglican, et abritait souvent des prêtres de passage qui venaient dire la messe en cachette chez elle. Elle organisait aussi des leçons de catéchisme pour ses enfants et ceux de ses voisins.

Le 10 mars 1586 alors que son fils Henry était parti étudier à Douai dans l'intention de devenir prêtre, sa maison fut perquisitionnée sur trahison d’un domestique. On découvrit les ornements liturgiques et les livres d'un prêtre qui venait justement de s'échapper. Elle fut emprisonnée à la forteresse d'York et soumise à un interrogatoire. Elle refusa de plaider sa cause, pour éviter que ses amis, ses domestiques et ses propres enfants ne soient éventuellement contraints à témoigner contre elle. Cela lui valut la condamnation à être écrasée par des poids accumulés sur une planche de bois, jusqu’à ce que mort s’en suive.

Margaret passa la nuit en prière pour la conversion de la reine et pour soutenir dans la foi le clergé catholique persécuté. Alors qu'elle était enceinte de son quatrième enfant, le bourreau ordonna de la dévêtir avant de l’écraser avec cette planche ; la pauvre femme demanda, à genoux, qu’on lui épargnât cette infâmie, pour l’honneur de la féminité, ce qui lui fut refusé ; elle pria les quatre femmes qui devaient la dévêtir, de se détourner la face ; celles-ci lui retirèrent ses habits, l’étendirent à terre et la couvrirent d’un linge de lin. Puis on lui écarta les bras pour les attacher à deux piquets, de même pour les jambes. 

Ce n’était pas encore assez pour ces bourreaux, qui placèrent sous son dos une pierre pointue ; elle fut alors écrasée sous cette grosse porte de chêne, sur laquelle on accumula sept ou huit poids de cinquante kilogrammes, soit trois-cent cinquante à quatre-cents kilogrammes. Les côtes de la Martyre furent broyées, et crevèrent la peau. Margaret mit quinze minutes à mourir. Ensuite son corps fut jeté dans une fosse remplie d’eau.

C’était le 25 mars 1586.

Son mari fut condamné à l’exil ; ses deux jeunes garçons, qui pleuraient près de leur mère, furent interrogés sur ce qu’elle leur avait enseigné, et durement fouettés ; le plus âgé des deux, qui n’avait toujours que douze ans, fut mis en prison.

Le 29 août 2008, une plaque commémorative a été inaugurée à York sur le lieu de son martyre.

Elle a été béatifiée en 1929 par Pie XI et canonisée en 1970 par Paul VI, avec d'autres Martyrs anglais et gallois, formant ainsi un groupe souvent appelé les Quarante Martyrs d'Angleterre et du Pays de Galles. 

Elle est inscrite le 25 mars au Martyrologe Romain.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

James Bird

1574-1593

 

Ce jeune homme martyrisé à dix-neuf ans est aussi connu comme James Byrd ou Beard. Ces homonymies anglaises pouvaient l’aider à passer inaperçu.

Né à Winchester, élevé dans le Protestantisme, James embrassa le Catholicisme à dix-neuf ans.

Il vint au Collège de Douai, puis de Reims, et retourna en Angleterre, où il fut bientôt arrêté sous l'accusation d'avoir rejoint les rangs de l'Eglise Catholique et proclamé que le Pape était le chef de l'Eglise sur terre.

Il fut condamné à mort pour trahison..

Il refusa d'adhérer au Serment de Fidélité. Il pouvait retrouver la liberté et sauver sa vie, s'il acceptait d'aller seulement une fois à un office protestant.

Quand son père l'invita à céder, il répondit avec douceur qu'il lui avait toujours obéi, mais que cette fois-ci il ne pourrait pas lui obéir sans offenser le Bon Dieu.

Après un long emprisonnement, il fut “pendu, éviscéré et écartelé” à Winchester, le 25 mars 1593, jour de la fête de l'Annonciation.

Il accepta ces souffrances avec constance et bonne humeur.

Sa tête fut exposée sur une pique aux portes de la ville. Un jour que son père passait par là, voyant la tête renversée comme pour le saluer, il s'écria : Oh, Jemmy, mon fils, toujours obéissant durant ta vie, même mort tu montres ton respect envers ton père. Comme il était loin de mon coeur de céder à toute trahison ou autre méchanceté !

James fut béatifié en 1929.

Lucia Filippini

1672-1732

 

Née le 13 janvier 1672 à Corneto (Tarquinia, Viterbo, Latium, Italie centre-ouest), Lucia fut orpheline à six ans et confiée par un oncle aux Bénédictines.

Adolescente, elle fut appelée par son curé pour la catéchèse des enfants. De là, l’évêque l’orienta vers les Clarisses de Montefiascone : pas même consacrée, elle fut remarquée pour ses dons de formatrice et on lui confia les novices. Puis l’évêque la mit à la tête des Maîtresses Pies, un institut qu’il avait fondé pour les écoles, avec Rosa Venerini (voir au 7 mai).

Ces excellentes Maîtresses ouvrirent en peu de temps cinquante-deux écoles.

Nommée supérieure générale en 1704, Lucia connut la douloureuse épreuve de la calomnie : on la dénonça au Saint-Office comme appartenant à une secte.

Cette épreuve s’ajoutait à sa maladie de cancer qui la minait. Le 19 mars 1732, elle annonça que l’archange Gabriel allait la chercher le 25 mars suivant, fête de l’Annonciation.

C’est ce qui arriva : Lucia mourut paisiblement le 25 mars 1732 à Montefiascone.

Elle fut béatifiée en 1926 et canonisée en 1930.

 

 

Margaretha Flesch

1826-1906

 

Née le 24 février 1826 à Schönstatt (Vallendar, Allemagne), de Johann Georg Flesch, Margaretha perdit sa maman en 1832 ; elle avait deux petits frère et sœur et aura ensuite trois autres frère et sœurs de leur belle-mère, après le remariage de son père.

Le père avait un moulin à huile au monastère de Schönstatt, puis dut se déplacer à Fockenbach, près de Niederbreitbach (où le moulin s'appela ensuite “Moulin-Flesch”), mais comme il y avait plusieurs meuniers sur place, les Flesch restèrent dans de difficiles conditions de vie et ne purent payer la taxe pour obtenir le droit de cité, mais firent tout leur possible pour envoyer leurs enfants à l’école.

En 1842, à la mort du papa, Margaretha se retrouvait à seize ans dans le devoir de nourrir la grande famille. Elle commença à récolter des herbes dans la nature et à préparer des tisanes qu'elle revendait à la pharmacie locale. Elle avait appris seule l'usage de ces herbes médicinales.

A partir de 1851, elle et sa sœur Maria Anna se retirèrent dans un ermitage entre Waldbreitbach et Hausen, où il faisait particulièrement froid, surtout en hiver. Elles vécurent là de “petits boulots” dans les écoles, vaquant à des travaux de couture et de raccommodage, s'occupant d'orphelins et de malades dans les environs.

On ne sait pas exactement quand Margaretha commença à être liée au curé de l'endroit ou aux Franciscains ; sans être encore du Tiers-Ordre, elle était depuis longtemps proche de l'esprit de saint François d'Assise.

Or, à l'imitation d'un ami d'école, elle voulut fonder une maison pour malades et orphelins, aidée en cela par son frère Ägidius. En 1860 elle quitta son ermitage avec sa sœur malade et s’installa dans cette nouvelle demeure : elle accueillit des malades, quelques compagnes vinrent l’aider.

En 1863, Margaretha prononça des vœux simples, en tant que Tertiaire franciscaine, et adopta le nom de Maria Rosa, en l’honneur de la Vierge Marie et de sainte Rosa de Viterbe.

Margaretha-Maria Rosa sera la supérieure de ce nouvel Institut jusqu’en 1878.

Et tandis que l’institut prospère, et qu’une centaine de Sœurs vivent dans vingt-et-une maisons, des intrigues intérieures menées par le nouvel aumônier écartent la Fondatrice de toute fonction, avec interdiction de parler d’elle, et excluent carrément les Sœurs anciennes. Les jeunes Sœurs ignorent totalement qui est cette Mère âgée qui ne parle pas.

On détruisit aussi de propos délibéré tous les documents écrits de la main de la Fondatrice elle-même, pour effacer toute mémoire de celle-ci.

La Fondatrice priait et s’occupait uniquement à la confection de vêtements liturgiques. 

Sur une photographie de 1905, on la voit humblement assise dans son fauteuil roulant, à côté de la Supérieure générale.

Mère Margaretha-Maria Rosa Flesch meurt à la maison-mère - dans sa maison - le 25 mars 1906.

Le «silence» persista jusqu’en 1915, quand mourut l’aumônier dont il a été question. Peu à peu la lumière se fit, on retrouva des documents, et la Fondatrice sortit de l’oubli pour s’acheminer vers le procès de béatification.

Margaretha-Maria Rosa Flesch a été béatifiée en 2008.

Son Institut, les Franciscaines de la Bienheureuse Vierge Marie des Anges, ou plus simplement les Franciscaines de Waldbreitbach, compte une cinquantaine de maisons en Allemagne, aux Etats-Unis et au Brésil : hôpitaux, maisons de retraite, foyers pour l’enfance, hospices, écoles.

 

 

Soultaneh Mariam Danil Ghattas

1843-1927

 

Mère Marie-Alphonsine Danil Ghattas est née à Jérusalem le 4 octobre 1843 et elle est décédée le 25 mars 1927, en la fête de l'Annonciation, à l'heure qu'elle avait prédite.

Entrée à 14 ans chez les Sœurs de Saint-Joseph de l'Apparition, elle dut à des révélations privées de la Vierge Marie la fondation d'une congrégation palestinienne qui porterait le nom de Sœurs du Rosaire. En 1880, sept jeunes filles, préparées par le P. Joseph Tannous, reçurent l'habit religieux de la nouvelle fondation des mains du patriarche, Mgr Bracco.

Sœur Alphonsine quitta la communauté des Sœurs de Saint-Joseph avec la permission de Rome, et entra dans la nouvelle congrégation.

Elle reçut l'habit des mains de Mgr Pascal Appodia, évêque auxiliaire du patriarche, le jour de la fête de Notre-Dame du Rosaire, le 7 octobre 1883.

En 1885, elle rejoignit la maison de Jaffa de Galilée, près de Nazareth, fonda l'année suivante l'école des filles de Beit Sahour, avant d'être envoyée à Salt, en Transjordanie, avec trois compagnes, puis à Naplouse. Elle dut rentrer à Jérusalem à cause de sa santé. puis, rétablie, partit pour la maison de Zababdeh.

Elle assista, à Nazareth, dans ses derniers instants, le P. Joseph Tannous, qui avait aussi été son directeur spirituel.

Elle revint ensuite à Bethléem ouvrir un atelier de couture, puis à Jérusalem en 1909, et à Ain Karem pour ouvrir un orphelinat.

L’institut des Sœurs du Rosaire est actuellement l’unique congrégation fondée dans le patriarchat latin de Jérusalem. Il est établi dans huit pays du Proche-Orient et compte environ trois-cents religieuses. 

Marie Alphonsine Dani Ghattas a été béatifiée en 2009, en la fête du Christ Roi.

Or, deux jours avant cette béatification, un jeune ouvrier fut électrocuté durant son travail à Nazareth et resta deux jours dans le coma. Il se réveilla le jour-même de la béatification d’une façon tout-à-fait inattendue, au point que la commission est parvenue à la certitude d’un réel miracle. C’est ce miracle qui fut retenu pour la prochaine canonisation de Marie Alphonsine, en 2015.

 

 

Omeljan Kovc

1884-1944

 

Né le 20 août 1884 à Kosmach (Kosiv, Ukraine occidentale), Omeljan était fils d’un prêtre gréco-catholique : dans cette Eglise de rite oriental en effet, les futurs diacres peuvent choisir entre le mariage et le célibat. Omeljan se mariera à son tour et aura six enfants.

Il fit des études de théologie, à Lviv puis à l’Université Urbaniana de Rome, où il résidait au Collège Ukrainien (collège des Saints Serge et Bacchus).

Ordonné prêtre en 1911, il exerça le ministère sacerdotal dans des paroisses de Galicie, puis se porta volontaire pour la Yougoslavie (actuelle Bosnie), auprès des Ukrainiens émigrés.

En 1919, il est aumônier des soldats ukrainiens au cours de la lutte contre les troupes bolcheviques.

En 1922, il est curé à Peremyschlyany (Lviv), une paroisse majoritairement habitée par des Juifs. Omeljan y organisa des congrès eucharistiques, des pèlerinages, des activités avec les jeunes (scouts en particulier), accueillant chez lui les enfants pauvres et les orphelins. Sa maison fut appelée la maison où les anges volent sur le toit.

Arrêté par les communistes en 1941, il fut d’abord libéré par l’armée allemande.

Mais quand les nazis envahirent le pays et commencèrent à persécuter les Juifs, le père Omeljan entreprit, au péril de sa vie, de baptiser beaucoup de Juifs, pour les faire échapper aux rafles.

Il fut arrêté en décembre 1942 et jeté en prison à Lviv. Malgré les efforts du métropolite (évêque), le père Omeljan fut ensuite déporté en août 1943 dans le camp de concentration de Majdanek (Pologne).

Même là, le père Omeljan continua à célébrer et à confesser. Voici un extrait d’une lettre qu’il envoya à ses enfants : 

Le ciel mis à part, c’est ici le seul endroit où je veuille me trouver. Ici, nous sommes tous égaux, Polonais, Juifs, Ukrainiens, Russes, Lettons, Estoniens. J’y suis le seul prêtre. Lorsque je célèbre la Liturgie, ils prient tous. Chacun dans sa langue. Mais est-ce que Dieu ne comprend pas toutes les langues ? Ici, je vois Dieu, ce Dieu qui est le même pour tous, malgré les différences de religions qu’il y a entre nous.

Ayant su qu’on cherchait à obtenir sa libération, il écrivait encore : 

Hier, cinquante prisonniers ont été exécutés. Si je n’étais pas ici, qui les aiderait à passer ce moment-là ? Que pourrais-je demander de plus au Seigneur ? Ne vous inquiétez pas pour moi. Réjouissez-vous ensemble, avec moi.

Rempli de charité sacerdotale, il écrivait encore : 

Priez pour ceux qui ont construit ce camp et ce système. Eux, ils n’ont besoin que de prières… Seigneur, pitié pour eux.

D’après les documents du camp, le père Omeljan mourut gazé dans ce camp, le 25 mars 1944.

Il a été béatifié en 2001, parmi vingt-sept Martyrs Ukrainiens victimes de la persécution nazie et dont la fête locale commune est au 27 juin.

Le bienheureux Omeljan a été désigné comme Juste par le Conseil juif d’Ukraine.

Son dies natalis est au 25 mars.

 

 

Pawel Januszewski

1907-1945

    

Pawel (Paul) Januszewski naquit le 11 juin 1907 à Krajenki en Pologne, de Marian et Marianna. 

Il fut éduqué au collège de Greblin puis à Suchar, puis au lycée Michalitow à Pawlikowicach, enfin à Cracovie. 

Dans une lettre qu'il écrit en 1927, il exprime son irrésistible désir qu'il a depuis l'enfance de devenir prêtre, et sa détermination à se consacrer pour ne vivre que pour Dieu. 

Il entre chez les Carmes à Lwow, et prendra le nom d'Hilary (Hilaire) lorsqu'il fera sa profession en 1928. Il étudie la philosophie à Cracovie, puis au collège international Saint-Albert à Rome. Il est ordonné prêtre le 15 juillet 1934.

Un confrère, qui serait plus tard prieur général de l'Ordre, affirme que Pawel Hilary avait une personnalité tranquille, silencieuse et même solitaire, absorbé dans la méditation. Il était fidèle aux pratiques quotidiennes de piété.

Quand il soutient sa thèse de doctorat, il est compté parmi les meilleurs élèves de l'unversité. De retour en Pologne, il est responsable des séminaristes et professeur de théologie dogmatique et d'histoire de l'Eglise. Puis en 1939 il est nommé prieur de sa communauté à Cracovie, deux mois après l'occupation de son pays par les Allemands (à l'Ouest) et les Soviétiques (à l'Est).

Hilary était pour lui-même très exigeant et très strict, et en même temps d'une extrême patience envers ses disciples. A Cracovie, on le connaissait comme un homme indomptable et d'une constante tranquillité d'esprit. Il était particulièrement attentif aux nécessiteux, aux malades. Voici encore quelques souvenirs écrits par quelqu'un qui l'a bien connu : 

C'était un prêtre plein de bonté qui n'a jamais refusé d'aller prêter ses services dans un orphelinat. Nous étions toujours heureux d'assister à sa messe. Quand il confessait, il y avait une foule d'orphelins qui attendaient leur tour. Je le vois encore quand il vint à Zwierzyniec pour passer des heures avec les plus nécessiteux. Pendant l'occupation, un groupe de déportés arriva de Poznan : il voulut les accueillir en disant « Ne fermez pas la porte à la souffrance humaine ». C'est ainsi qu'il leur fournit un abri, un lieu de culte, un soutien matériel mais surtout un profond réconfort moral et spirituel.

Le 18 septembre 1940 quatre frères du couvent furent déportés par les Allemands (les frères Urbanski, Majcher, Wszelaki, Nowakowski) parce qu'ils avaient prêché en polonais dont l'usage public était interdit. La Gestapo revint le 4 décembre pour en arrêter d'autres. Cette fois-ci il prit la place d'un frère âgé et malade, objectant qu'il en était le père et le responsable. Ainsi commença son calvaire qui allait durer plus de quatre ans. Emprisonné à la prison de Montelupich à Cracovie, il fut déporté à Sachsenhausen, puis en avril 1941 à Dachau, où il portait le numéro 27648.

Il encourageait ses compagnons par la prière, les entourant de gentillesse et de dévouement. Il les soutenait dans l'espérance d'un avenir meilleur. Il conservait envers et contre tout le ferme espoir de retourner dans son couvent de Cracovie. Il rencontra ainsi beaucoup d'autres religieux carmes, y compris étrangers, entre autre Titus Brandsma, hollandais (voir au 26 juillet).  

Le 16 juillet 1942 les prêtres carmes et les autres religieux enfermés dans la même baraque purent célébrer dans cet atroce environnement la fête de Notre Dame du Mont Carmel avant la journée de travail. Pendant l'hiver 1945 la vie au camp devint encore plus insupportable; l'encadrement nazi commençait à montrer des signes de panique alors que la guerre semblait perdue pour eux. Les kapos (prisonniers qui surveillaient les autres déportés) multipliaient les sévices pendant que la région subissait les bombardements alliés.

Dans le baraquement 25 des Russes, le typhus vint à se propager et Hilary demanda à y être admis avec d'autres prêtres pour assister les malades. Il mourait chaque jour environ quarante à soixante-dix détenus, parmi lesquels se trouvait Vincentius Frelichowski (voir au 23 février). L'apostolat du père Hilary allait durer 21 jours... 

Lui et ses collègues prêtres savaient bien d'une part que la libération était proche, mais plus encore ils étaient soucieux d'apporter leur soutien sacerdotal auprès des mourants, malgré le très fort risque de contagion. Ils savaient que les autorités sanitaires s'interdisaient tout rapport avec les malades pour éviter cette contagion mortelle, mais Hilary préféra se donner librement pour ses frères. Lorsque la maladie le gagna, il resta plusieurs jours dans un état comateux avec une fièvre de 40° et s'éteignit le 25 mars 1945, fête de l'Annonciation. 

Un mois plus tard les Américains libéraient le camp, le 29 avril. 

Le corps du père Hilary fut brûlé dans un four crématoire.

Le Père Urbanski, qui survécut, rendit témoignage du sacrifice de son prieur. De nombreux Carmes polonais moururent aussi dans les camps de concentration dont les Pères Kozan, Buszta, Makowski, etc...

Comme un autre Maximilian Kolbe, le père Hilary alla jusqu'au bout dans le don total de sa personne pour ceux qu'il aime (Jn 15:13).

Il fut du nombre des Bienheureux proclamés par Jean-Paul II le 13 juin 1999 à Varsovie, parmi lesquels trois évêques, cinquante-deux prêtres, vingt-six religieux, trois séminaristes, huit religieuses et neuf laïcs.

Inscrit dans le Martyrologe au 25 mars, il est fêté localement avec les autres martyrs du Nazisme le 12 juin.

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Published by samuelephrem - dans 03-mars
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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 00:00

24 MARS

 

I.

S Artémon, établi évêque à Séleucie par s. Paul, cf. Ac 13. 

II.

Ss Marc et Timothée, martyrs à Rome.

S Latin, évêque à Brescia.

IV.

S Epigmène, prêtre romain martyr.

Ss Timolaus, Romulus (sous-diacre), Pausidius, Agapius, deux Dionysius et deux Alexander, jeunes gens martyrs à Césarée de Palestine.

S Pigmène, prêtre romain précipité dans le Tibre.

?

S Agapit, évêque à Synnade.

S Séleuque, en Syrie.

Ss Romulus et Secundulus, deux frères martyrs en Maurétanie.

VI.

S Maccarthen, évêque à Clogher, disciple de s. Patrice.

VIII.

Ste Hildelite, princesse anglaise, abbesse à Barking.

S Severo, évêque à Catane, martyrisé par les Sarrasins.

XI.

B Aldemar, abbé à Capoue, puis Bocchianico.

XII.

B William, enfant de douze ans sacrifié par des Juifs à Norwich.

XIII.

B Giovanni au Bâton, disciple de s. Silvestre, fondateur des Silvestrins.

XIV.

Ste Catherine, fille de ste Brigitte de Suède qu’elle assista partout, supérieure de religieuses à Valdstena.

B Lazare, abbé en Russie.

XV.

S Simone, enfant de deux ans martyrisé par des Juifs à Trente.

XIX.

B José Francisco Lopez-Caamaño (Diego), entré chez les capucins à seize ans, “apôtre de l’Andalousie”.

XX.

Bse Clotilde Micheli (Maria Serafina du Sacré-Cœur, 1849-1911), italienne, fondatrice des Sœurs des Anges, béatifiée en 2011.

Bse Maria Karlowska (1865-1935), polonaise, fondatrice des Sœurs du Bon-Pasteur de la Divine-Providence, pour l’apostolat auprès des prostituées, béatifiée en 1997.

B Óscar Romero y Galdámez (1917-1980), archevêque à San Salvador, martyr, béatifié en 2015.

 

Artémon

1er siècle

 

Ce qui est dit ici d’un saint Artémon, repose sur des données traditionnelles, qui ont la valeur que peuvent avoir des traditions orales tenaces.

Artémon serait né dans une famille noble de Séleucie (Pisidie, actuelle Turquie d’Asie).

Il s'attacha fortement à saint Paul, lors du passage de ce dernier (cf. Act 13,4). Quand Paul s'embarqua pour Chypre, il l'accompagna.

Quand Paul fut mis en prison et enchaîné, Artémon le fut avec lui.

Bientôt Paul le désigna comme évêque pour Séleucie, et Artémon fut un pasteur modèle.

Il avait convaincu ses fidèles que les fêtes elles-mêmes sont sans joie pour ceux qui ne se soucient pas de leur âme, mais pour les amis de la vertu, il est normal que chaque jour devienne une fête et comme un dimanche ininterrompu.

Il est dit qu'Artémon mourut à un âge avancé.

Saint Artémon était au 24 mars dans l’ancien Martyrologe, mais la récente édition ne l’a pas retenu, faute d’attestations plus précises.

Dans l'épître à Tite (3:12), saint Paul mentionne un Artemius, qui n’est pas le nôtre, peut-être évêque à Lystres et vénéré le 30 octobre par certaines Eglises, mais qui ne se trouve pas au Martyrologe.

Un autre Artemius était vénéré aussi le 24 mars, comme évêque de Thessalonique.

Enfin, aucun de ceux-ci n’a affaire avec un autre Artémon, hérétique vivant à Rome au 3e siècle, qui n'adhérait pas au dogme de la Trinité.

 

 

Martyrs de Césarée (Huit)

† 305

 

Tandis qu’un certain Urbanus était gouverneur de Palestine au moment de la persécution de Dioclétien, six jeunes gens préférèrent devancer leur jugement inévitable, plutôt que de l’attendre trop longtemps.

Sur le passage d’Urbain, ils se firent lier les mains et coururent au-devant du gouverneur en criant : Nous sommes Chrétiens ! Certes, ils montraient par là qu’ils étaient conscients de ce qui allait leur arriver, mais aussi, ils manifestaient leur ferme opposition à utiliser ces mains pour offrir de l’encens aux divinités païennes. 

Ils étaient six, dont voici les noms en latin : Timolaus, Dionysius, Romulus, Pausidius, et deux Alexander.

Qui étaient-ils ? Eusèbe de Césarée, de qui nous tenons le récit, ne précise que ce qu’il sait. Timolaus venait du Pont ; Dionysius, de Phénicie ; Romulus était sous-diacre de Diospolis ; Pausidius et Alexander étaient Egyptiens, l’autre Alexander était de Gaza. Supposons par exemple qu’ils étaient catéchumènes et écoutaient les enseignement du sous-diacre ; ou bien s’étaient-ils simplement rencontrés dans cette région, pèlerins de Jérusalem…

Stupeur d’Urbain - qui les fit quand même jeter en prison.

Quelques jours plus tard, deux autres jeunes gens les rejoignirent, un Agapius, qui avait déjà passablement souffert pour sa foi, et un nouveau Dionysius, qui avait eu le courage d’aller soigner les plaies des Chrétiens en prison.

Tous les huit furent décapités le 24 mars 305 à Césarée de Palestine.

Ces huit saints Martyrs de Césarée sont commémorés le 24 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Secundulus de Maurétanie

† ?

 

Secundulus, auquel on associait autrefois son frère Romulus, devait être natif de Maurétanie.

On ne connaît ni l’époque ni le lieu ni les circonstances de son martyre.

Saint Secundulus de Maurétanie est commémoré le 24 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

 

Maccarthen de Clogher

† 505

 

Maccarthen était irlandais ; en gaélique, son nom est Aedh Mac Carthin. On le dit issu de la noble famille des Arad.

Il fut un de tout premiers disciples de s.Patrice (v. 17 mars). Quand ce dernier fut chargé d’années et d’infirmités, Maccarthen le porta sur son dos. Ils portèrent ensemble l’Evangile en Tyrone et Fermanagh. 

Maccarthen est l’un des premiers Saints irlandais dont on ait rapporté qu’il était thaumaturge. Mais on n’a pas de récits de sa vie.

On rapporte cependant qu’il se plaignit un jour de ce que Patrice avait confié une église à trois de ses disciples, mais pas à lui.  On voit par là que les meilleurs peuvent toujours être repris par quelque sentiment de jalousie. Patrice, sans s’arrêter à cette petite misère humaine, répondit à Maccarthen : Je te laisserai dans une église qui ne sera pas très proche, pour n’être pas méprisable, mais elle ne sera pas très loin, pour que nous puissions nous visiter toujours.

De fait, Clogher se trouve à une quarantaine de kilomètres de la ville de s.Patrice, Arnagh. Si le siège de Maccarthen s’était trouvé à proximité de celui de Patrice, la renommée de ce dernier aurait certainement eclipsé celle de Maccarthen.

Il fut donc consacré en 454. A cette occasion, s.Patrice remit à Maccarthen le plus vieil exemplaire qu’on ait du saint Evangile en irlandais, ainsi qu’un reliquaire précieux qu’on appela Domnach-airgidh, parce qu’il lui était parvenu du Ciel, et qui contenait des reliques de la Vraie Croix.

Il faut rappeler ici que Clother tire son nom de Cloch-Oir (ou «pierre en or») : cette pierre sacrée provenait d’un druide qui se convertit après avoir beaucoup éprouvé la patience de Maccarthen. Le fils de ce druide fut ensuite le successeur de Maccarthen.

Maccarthen mourut vers 505.

On a retrouvé un hymne en l’honneur de Maccarthen, composé au 16e siècle, dans lequel il est dit qu’il fut parfaitement chaste, qu’il eut le désir du martyre, qu’il fut digne des Apôtres par sa prédication ; en outre, que personne ne soit reparti sans avoir obtenu la grâce qu’il demandait pour la santé de l’âme et du corps.

Saint Maccarthen est commémoré le 24 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Severo de Catane

† 814

 

Severo fut le dix-neuvième archevêque de Catane et y fut nommé en 802.

L’unique fait important - et combien - qu’on rapporte de lui, est qu’il fut victime des Sarrasins qui le martyrisèrent en 814.

Saint Severo est commémoré le 24 mars dans le Martyrologe Romain.

William de Norwich

1132-1144

 

L’histoire qui suit, qui se réfère à un récit quasi contemporain, semble présenter toutes les garanties de la vérité authentique. Mais son contenu est tellement horrible, qu’il a aussi suscité bien des réserves. Et on les comprend sans difficulté.

Si donc le récit rapporte des faits véridiques, le petit William naquit le 2 février 1132, de Wenstan et Elvina ; on ne donne pas leur nom de famille ni le lieu exact de la naissance ou du baptême de l’enfant. Les parents étaient des fermiers aisés. Ils avaient de la parenté à Norwich.

En 1140, le petit garçon fut apprenti chez un corroyeur de Norwich (Angleterre), logeant chez un parent nommé Ulward. Est-ce possible qu’un enfant de huit ans soit placé comme apprenti loin de ses parents, alors que ceux-ci avaient les moyens de l’envoyer à l’école ? 

Le patron de William était en fréquentes relations avec les Juifs de l’endroit, pour des raisons commerciales ; lui et l’oncle mirent l’enfant en garde contre ceux-ci, et l’enfant les évitait, mais eux le remarquèrent.

Ils soudoyèrent un soi-disant cuisinier de l’archidiacre de Norwich, pour qu’il se proposât d’accompagner William chez sa mère, le Lundi Saint, 20 mars 1244. Le «cuisinier» remit une somme d’argent à la maman et lui extorqua la permission de laisser partir William avec lui et le placer chez l’archidiacre.

De retour à Norwich, l’individu alla chez le parent où habitait William, y trouva sa tante Livina, et lui raconta l’accord passé la veille. Livina, étonnée et soucieuse, les fit suivre de loin par sa fille. Celle-ci les vit entrer chez un Juif ; la porte se referma et l’on ne vit plus William.

Ici, le biographe affirma tenir les détails qu’il racontait, d’une femme chrétienne qui habitait la même maison. 

Il écrivit que, durant la journée du Mardi saint 21 mars, l’enfant fut traité avec gentillesse, mangea et dormit. Le Mercredi saint 22 mars, après leur office, les Juifs s’approchèrent de William, le baillonèrent, lui rasèrent la tête et lui imposèrent une couronne d’épines ; puis ils le condamnèrent à être crucifié : dans un chambre voisine où se trouvaient déjà dressés des poteaux, ils attachèrent la main droite et le pied droit avec une corde, clouèrent la main gauche et le pied gauche, et percèrent le cœur ; la femme fut invitée à chauffer de l’eau, avec laquelle on devait laver les blessures et arrêter le sang : quand elle l’apporta, elle aperçut par la porte entrebâillée la petite victime crucifiée ; le soir elle dut nettoyer la chambre, où elle trouva le couteau et la boîte à aiguilles de l’enfant, attachés à sa ceinture.

Le Jeudi saint 23 mars, les «Juifs» (ou les assassins) délibérèrent sur ce qu’ils feraient du petit corps. Le Vendredi saint 24 mars 1144, ils le mirent dans un sac et voulaient l’abandonner dans le bois proche ; ils y virent un certain Aelward Ded, qui comprit qu’il s’agissait d’un corps humain. Se voyant découverts, les bourreaux soudoyèrent l’homme en achetant son silence et s’enfuirent, abandonnant le sac à une branche.

Mais au soir du même Vendredi, on aperçut une lumière à l’endroit où était accroché le corps de William. Le Samedi saint, on découvrit l’enfant, bâillonné et portant les traces des blessures. Bien sûr, le bruit courut, on reconnut William, qui fut enterré le Lundi de Pâques. Un mois plus tard, quand l’oncle, prévenu, voulut reconnaître le corps, celui-ci était sans corruption, et exhalait une agréable odeur.

Des miracles se produisirent, on canonisa l’enfant martyr. Le Martyrologe le mentionnait autrefois au 24 mars, anniversaire du Vendredi saint de 1144 ; c’était inexact : la mort de l’enfant avait dû déjà se produire le Mercredi saint, 22 mars.

Un des bourreaux confessa tous les détails du meurtre cinq ans plus tard.

Toute cette histoire pourrait très bien être une fable calquée sur la Passion de Notre-Seigneur.

Trois siècles plus tard, à Trento (Italie) aurait été accompli un crime semblable ; on en recensa d’autres encore. Compte tenu des réserves qui s’imposent aujourd’hui, le Martyrologe ne mentionne plus ce récit de «meurtre rituel». Si on l’a maintenu ici, c’est uniquement pour une allusion historique, sans parti pris et sans condamnation de quiconque, juif ou chrétien.

 

 

Giovanni Bottegoni au Bâton

1200-1290

 

Giovanni naquit vers 1200 dans le petit village de Paterno (Fabriano, Marches, Italie CE), bien différent de la ville du même nom en Basilicate.

Les Bottegoni étaient des paysans aisés ; Bonello et Supercla eurent cinq enfants : Giunta, Nicola, Benvenuto, Buonora, et le benjamin, Giovanni.

Ce dernier était né le 24 mars, jour qui devait aussi être son dies natalis, environ quatre-vingt dix ans plus tard.

Dès l’enfance il manifesta un attrait particulier pour les choses du Bon Dieu et pour l’étude, de sorte que les parents eurent l’intelligence de l’envoyer étudier à Bologne.

Un douloureux abcès à une jambe l’empêcha d’achever ces études et le contraignit d’une part à revenir à la maison paternelle et d’autre part à se servir constamment d’une canne. La canne se dit en italien bastone, surnom qui resta à Giovanni toute sa vie ainsi que dans les archives : Giovanni dal Bastone.

Profitant cependant de ce qu’il avait pu apprendre, Giovanni ouvrit à Fabriano une école et acquit ainsi une certaine indépendance financière.

Vers 1230, répondant à l’appel de Dieu, il décida d’embrasser la vie érémitique à la suite de s. Silvestro Gozzolini (v. 26 novembre). Une règle âpre, austère, mais qui attira beaucoup de vocations.

Silvestro présenta Giovanni à l’évêque comme candidat au sacerdoce. Prêtre, Giovanni demeura effacé, dans la prière, la pénitence, tout occupé à monter les degrés des vertus. Quelque soixante années d’une vie toute donnée à Dieu.

Au moment de ses quatre-vingt dix ans, Giovanni fut repris de violentes douleurs à cette jambe déjà bien déformée et, après avoir reçu les sacrements, il s’éteignit, le 24 mars 1290.

Autant il avait vécu dans le plus total retrait du monde, autant les gens affluèrent de toutes parts pour vénérer l’ermite défunt. De nombreux miracles firent envisager une rapide glorification. La voix populaire le canonisa sans tarder, tandis que l’Eglise, plus prudente, le béatifia officiellement en 1772.

Giovanni au Bâton ou à la Canne est commémoré au Martyrologe le 24 mars.

 

 

José Francisco López-Caamaño y García Pérez

1743-1801

 

Pour une fois, l’enfant ne montra pas de signes évidents de piété. Diego José ne désirait pas du tout être religieux, et encore moins capucin, deux réalités qui lui répugnaient, d’après ses propres dires.

Il naquit le 30 mars 1743 à Cadix (Espagne), de nobles parents ; orphelin de mère à neuf ans il fut recueilli par une brave femme plutôt acariâtre. Son père l’envoya étudier à Grazalema, puis chez les Dominicains de Ronda (Málaga).

L’école ne l’emballait pas vraiment et il se contentait tranquillement d’avoir la moyenne, comme on dit.

L’adolescent recevra cependant quelques secousses divines, comme il l’écrivit. Ainsi à treize ans, pour se remettre d’une mauvaise interrogation à l’école, il entra dans l’église des Capucins, qui étaient en train de chanter l’office divin ; impressionné, il demanda à lire quelque chose de bien : on lui donna les vies de saint Fidel de Sigmaringen et de saint Giuseppe de Leonessa (voir aux 24 avril et 4 février).

La grâce de Dieu fit le reste : l’année suivante, il entra au noviciat des pères Capucins à Séville, prit le nom de Diego José et fit la profession en 1759. Ses débuts de vie religieuse cependant ne suscitèrent pas encore en lui un élan plein d’amour pour la théologie ; il préférait la poésie. 

Une nouvelle secousse le réveilla pour de bon et cette fois-ci il fut pris d’un ardent zèle pour la conversion des âmes.

En 1766, il reçut l’ordination sacerdotale à Carmona et devint alors un des fervents apôtres de la dévotion à la Sainte Trinité et à Marie, Divine Bergère (ou Mère du Bon Pasteur).

On l’envoya se préparer à la prédication à Ubrique. Puis il parcourut l’Espagne entière, du sud au nord, de l’est à l’ouest et jusqu’au Portugal et au Maroc. Il n’apprit aucun dialecte, mais on l’écoutait.

Sa célébrité était reconnue ; il fut consulteur et théologien dans plusieurs diocèses, chanoine honoraire de plusieurs cathédrales, membre dans les universités : celle de Grenade lui décerna le diplôme de Maître ès Arts, Docteur en Théologie et Droit (1779).

Il encouragea la croisade contre les révolutionnaires français et publia Le Soldat Catholique en Guerre de Religion. Dans ses prédications enflammées, il réveilla les consciences contre la mauvaise presse, contre les corridas, les bals, les pièces de théâtre licencieuses…

Sa ville natale, Cadix, lui a toujours accordé sa reconnaissance pour sa prédication.

Il ne fut pas toujours bien accueilli : des ministres l’empêchèrent d’approcher la famille royale ; le Conseil de Castille l’envoya de Séville à Casares (Málaga), mais il fut ensuite «absout» ; si une ville le renvoyait, il partait pour une autre destination ; il s’exprima franchement contre certaines positions ecclésiastiques, et soutint le célibat sacerdotal ; on l’enferma quelque temps dans un couvent, il n’en sortit que plus décidé, quoique peu à peu affaibli dans sa santé.

Des miracles se produisirent dès son vivant ; il eut aussi des intuitions étonnantes.

On a conservé de lui quelque trois mille sermons.

Il s’éteignit à Ronda (Málaga) le 24 mars 1801, victime du douloureux vomito negro, et fut béatifié en 1894.

 

 

Clotilde Micheli

1849-1911

 

Née le 11 septembre 1849 à Imer (Trento, Italie de nord) de parents très chrétiens, Clotilde reçut la Confirmation à trois ans et la Première communion à dix ans.

Elle avait une sœur qui reçut la première un avertissement céleste sur la destinée de Clotilde.

Le 2 août 1867, Clotilde eut à son tour une vision de la Sainte Vierge, qui lui proposait de fonder une nouvelle famille religieuse avec vocation d'adorer spécialement la Sainte Trinité, avec une particulière dévotion à Marie Mère de Dieu et aux Anges.

Ce fut le départ d'une longue pérégrination spirituelle et matérielle, car Clotilde hésitait à se lancer dans une telle entreprise.

Elle alla chercher des conseils à Venise, à Padoue, à Castellavazzo (Belluno). Une fois, elle déchira les papiers qu'elle venait d'écrire, convaincue qu'elle n'arriverait jamais au but.

En 1878, elle comprit qu'on lui organisait un mariage derrière son dos, et elle s'enfuit en Allemagne rejoindre ses parents qui s'étaient installés depuis peu à Epfendorf.

Là elle resta sept années comme infirmière, jusqu'à la mort de ses chers parents, puis s'en retourna à Imer. Elle n'avait toujours pas mis en acte l'invitation de la Sainte Vierge ! 

En 1887, elle décide de faire un long pèlerinage à Rome avec des étapes dans des sanctuaires mariaux, pour comprendre mieux la volonté de Dieu, et surtout comment l'exécuter.

A Rome, elle fut reçue chez les Sœurs de la Charité et Filles de l'Immaculée (Immacolatine), dont la fondatrice (Maria Fabiano) la convainquit d'y prendre le voile, quitte à sortir de l'Institut si elle voulait fonder cette nouvelle famille religieuse dont elle lui avait parlé.

Ainsi Clotilde devint pour quatre ans Sœur Annunziata ; elle sera même nommée supérieure de la maison de Sgurgola (Anagni) entre 1889 et 1891.

Cette année-là elle rejoignit Alife (Caserta), où on lui proposa encore une autre fondation ; mais ce n'était pas sa mission. Elle passa alors à Casolla (Caserta), et avec quelques jeunes filles fit enfin le pas décisif : en juin 1891 naissait le nouvel institut sous le nom de Sœurs des Anges, Adoratrices de la Très Sainte Trinité.

La Fondatrice de quarante-deux ans prend alors le nom religieux de Sœur Maria Serafina du Sacré-Cœur.

Un an plus tard, on lui confie déjà un orphelinat à Santa Maria Capua Vetere (Caserta).

Mère Maria Serafina avait peut-être terminé son “périple”, mais elle fut rejointe par la maladie dès 1895, et dut subir une délicate intervention chirurgicale. 

En 1899 s'ouvrit la maison de Faicchio (Benevento), où elle finit par rester immobilisée à cause de ses douleurs croissantes.

Après d'autres épreuves morales et des incompréhensions, et ce, même à l'intérieur de l'Institut, Mère Maria Serafina s'endormit dans le Seigneur, le 24 mars 1911, veille de l'Annonciation, dont elle avait porté le nom lors de sa première consécration.

Mère Maria Serafina fut béatifiée en 2011, un siècle après sa mort.

 

 

Maria Karlowska

1865-1935

 

Née le 4 septembre 1865 à Slupowka (actuelle Karlowo, Pologne), Maria était la onzième enfant d'une famille chrétienne. 

A dix-sept ans elle est orpheline de père et mère, et doit travailler. Elle fait le vœu de chasteté. Elle est d'abord couturière à Berlin, puis auprès de sa sœur à Poznan.

Elle aimait visiter les pauvres malades de sa ville, mais un jour elle fit la rencontre d'une malheureuse prostituée : elle conçut alors ce qui sera sa vraie vocation, celle d'aider ces pauvres filles tombées à se redresser, certaines aussi à guérir de maladies contractées, et à se réinsérer dans la société.

C'est ainsi qu'en 1896 elle donne naissance à une famille religieuse, les sœurs du Divin Pasteur de la Divine Providence. Les religieuses ajouteront aux trois vœux habituels, un quatrième vœu pour se dédier entièrement aux personnes tombées dans l'immoralité. La Congrégation est très présente en Pologne. 

Pour aider ces malheureuses à reprendre un travail honnête, Maria crée une fabrique de biscuits, une ferme modèle, une école d'agriculture. En 1928, le gouvernement de Pologne leur remettra la Croix du Mérite pour les grands services qu'elles auront rendus à la société.

Sa grande dévotion au Sacré-Coeur de Jésus lui faisait dire à ses soeurs : Nous devons rendre le Christ plus visible que nous-mêmes. 

Elle meurt à Pniewita le 24 mars 1935. Inscrite au Martyroge Romain en ce jour, elle est fêtée localement le 6 juin.

Elle est béatifiée en 1997.

 

 

Óscar Romero y Galdámez

1917-1980

 

Óscar Arnulfo naquit en la fête de l’Assomption, le 15 août 1917, à Ciudad Barrios (Salvador), deuxième des sept enfants (cinq garçons et deux filles) de Santos Romero et Guadalupe de Jésus Galdámez. Santos travaillait à la poste. 

L’enfant fut baptisé en 1919.

Le pays de Salvador était alors l’objet de luttes intestines ; 40% du pays était sous le contrôle de treize familles ; l’Eglise était persécutée ; fréquents les assassinats. La vie d’Óscar fut sans cesse marquée par les incidents politiques.

En 1929, Óscar devint apprenti menuisier et, deux plus tard, entra au séminaire des pères Clarétains, contre l’avis de son père. En 1937, il entra au séminaire national de San Salvador, dirigé par les Jésuites, qui l’envoyèrent les achever à l’Université Grégorienne de Rome. Il sera ordonné prêtre en 1942.

Il était en train de préparer le doctorat en théologie lorsqu’en 1943 son évêque le fit quitter l’Italie fasciste pour rentrer au Salvador. Le voyage passait par l’Espagne et par Cuba : à Cuba, il fut arrêté parce que sa provenance d’Italie le rendait suspect. C’est son état de santé qui lui valut la libération, le passage à Mexico et l’arrivée au Salvador.

Pendant vingt années, il fut très actif comme curé à Abamoros, comme aumônier de groupes d’action catholique (entre autres les alcooliques anonymes) ; il diffusera la dévotion à la Vierge de la Paix, participera à la construction de la cathédrale, et finira comme recteur du séminaire de San Salvador.

En 1966, il fut nommé secrétaire de la toute jeune conférence épiscopale salvadorienne et deviendra directeur du journal Orientación, qu’on disait de ligne conservatrice et traditionaliste.

En 1970, il fut nommé évêque auxiliaire de San Salvador, en 1974 évêque de Santiago de María, et en 1977 archevêque de San Salvador.

L’archevêque jouissait d’une réputation de «conservateur», ayant condamné la théologie de la libération et soutenant le fondateur de l’Opus Dei, Josemaría Escrivá de Balaguer (v. 26 juin). Mais en 1977, un escadron de la mort assassina le père jésuite Rutilio Grande, ami de l’archevêque ; celui-ci demanda en vain une enquête officielle et sérieuse, qui n’arriva jamais.

Désormais, il dénonça ouvertement le climat de persécution de son pays, les assassinats et les actes de tortures ; il en avertit le pape, le président des Etats-Unis. Mgr Romero devenait ainsi l’ennemi privilégié du gouvernement révolutionnaire et de l’oligarchie salvadorienne, en même temps qu’il devenait célèbre à l’étranger : il fut nommé docteur honoraire de l’université de Louvain.

Le 23 mars 1980, durant l’homélie dans la cathédrale, il osa proclamer : Un soldat n’est pas obligé d’obéir à un ordre qui va contre la loi de Dieu. Une loi immorale, personne ne doit la respecter… Au nom de Dieu, au nom de ce peuple souffrant… je vous prie, je vous supplie, je vous l’ordonne, au nom de Dieu : Arrêtez la répression !

Le lendemain, pendant qu’il célébrait la messe à l’hôpital, une balle atteignit l’Archevêque, qui mourut quelques instants après, le 24 mars 1980, veille de l’Annonciation.

Lors des funérailles, une bombe éclata, il y eut des coups de feu, provoquant une panique terrible : on releva une soixantaine de morts.

L’enquête officielle n’aboutit jamais, mais le gouvernement salvadorien a reconnu que le meurtre de Mgr Romero avait été planifié avec la protection de personnalités de l’Etat.

L’Eglise anglicane a fait représenter Mgr Romero parmi les Dix Martyrs du 20e siècle à l’abbaye de Westminster (Londres), dont les plus connus sont Maximilien Kolbe (v. 14 août), Elisabeth de Hesse-Darmstadt (Grande Duchesse de Russie), Martin Luther King, Dietrich Bonhœffer.

Mgr Romero a été officiellement reconnu martyr par l’Eglise, et sera béatifié en 2015.

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Published by samuelephrem - dans 03-mars
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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 00:00

23 MARS

 

III.

S Nicon, soldat napolitain, moine et abbé au Mont Ganos, massacré en Sicile.

IV.

Ss Domice, Pélagie, Aquila, Eparque et Théodosie, martyrs à Césarée de Palestine.

S Procule, évêque à Vérone.

V.

Ss Victorien, proconsul à Carthage, et deux Frumence, marchands, tous martyrs.

S Fingar, fils d’un chef irlandais qui le chassa, ermite à Pluvigner, martyr en Cornouaille.

S Libérat, médecin torturé avec son épouse en Afrique et considéré comme martyr.

VI.

S Benoît, ermite en Campanie, sorti indemne d’un four à pain chaud où les barbares l’avaient enfermé.

S Eusèbe, évêque à Saint-Paul-Trois-Châteaux.

S Maidoc (Maedhog, Momhaedhog), abbé à Fiddown.

VII.

S Ethelwold (Aedilwald), moine à Ripon et sur l’île de Farne.

XI.

S Gautier, abbé à Pontoise, qui lutta contre la simonie et ne réussit pas à démissionner.

XII.

S Ottone, chevalier romain, ermite à Ariano, dont il est patron.

XIV.

B Pietro Ghigensi de Gubbio, ermite de Saint-Augustin ; après sa mort, on l'entendit de sa tombe alterner le Te Deum avec les religieux, et on le retrouva à genoux et la bouche ouverte.

XVI.

B Edmund Sykes, prêtre anglais martyr.

XVII.

S Turibio de Mogrovejo, espagnol, président laïc du tribunal de l’Inquisition, évêque à Lima, protecteur des Indiens et organisateur de l’Eglise en Amérique latine.

B Peter Higgins, dominicain irlandais, pendu sans jugement, martyr.

XVIII.

S Josep Oriol, prêtre à Barcelone, mystique et thaumaturge.

XIX.

B Annunziata Cocchetti, fondatrice à Cemmo des Sœurs de Sainte-Dorothée, pour les jeunes filles abandonnées, béatifiée en 1991.

XX.

Ste Butrussiyyah ar-Rayyas (Rafqa-Rebecca, 1832-1914), religieuse libanaise de l’ordre baladite, sanctifiée par la maladie, béatifiée en 1985, canonisée en 2001.

B Dominik (Metodij) Trcka (1886-1959), rédemptoriste morave, fondateur d’une communauté réunissant catholiques de rits latin et oriental, incarcéré dans la prison communiste tchèque de Leopoldov, martyr béatifié en 2001.

B Álvaro del Portillo y Díez (1914-1994), évêque espagnol, premier successeur de s. Josemaría Escrivá de Balaguer, béatifié en 2014.

Fingar de Cornouaille

† 460

 

Fingar serait né en Irlande, où il reçut le baptême des mains de s.Patrice (v. 17 mars). S’il est vrai qu’il était fils de roi (on ne dit pas lequel), ce dernier l’exila en apprenant qu’il était devenu chrétien.

Il passa quelque temps en Bretagne, dans un ermitage qui pourrait être à Pluvigner (Morbihan).

Ensuite, selon les versions, il rejoignit avec des compagnons la Cornouaille, où il aborda à Hayle, ou bien il alla en Cornouaille dans le but de rencontrer de nouvelles recrues pour vivre avec lui, avec lesquels vint aussi sa sœur Phiala.

En Cornouaille, son nom irlandais devint Gwinear.

Là, Fingar reçut le martyre (et peut-être ses compagnons aussi). Le roi Teudar l’aurait fait précipiter dans une fosse de serpents. 

Le souvenir de Fingar se perpétue en Bretagne, où son nom est devenu Eguiner.

Saint Fingar de Cornouaille est commémoré le 23 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gautier de Pontoise

1030-1099

 

Gautier (Gauthier, Gaultier, Gaucher) naquit vers 1030 à Andainville.

Après ses études, il fut professeur de philosophie et de rhétorique, mais il fut agité par un scrupule : son succès n’allait-il pas l’entraîner vers la vanité ? 

Il  se mit à l’épreuve lui-même, porta un cilice, jeûna, puis décida enfin d’entrer chez les Bénédictins à Rebais (Seine-et-Marne). Il fit l’édification des moines par toutes ses vertus.

Une tradition rapporte qu’encore novice (mais que signifie ce terme de novice, quand l’intéressé était déjà professeur ?) - Gautier, donc, fut interpellé en apprenant qu’un paysan expiait ses méfaits dans la prison du monastère. Quelle prison pouvait-il donc y avoir dans la maison de Dieu ? Le fait est que Gautier n’y alla pas de main morte : il aida une nuit le puni à s’enfuir, lui faisant tout de même promettre qu’il ne se vengerait pas ; mais Gautier fut fortement blâmé par l’abbé.

Plus tard, Gautier fut préconisé pour être l’abbé de la nouvelle abbaye de Pontoise. L’humilité de Gautier s’en agitait ; il n’accepta qu’après beaucoup de réflexion et de résistance. Un incident marqua la cérémonie de la bénédiction abbatiale. Après que l’évêque eut béni le nouvel abbé, le roi - protecteur de l’abbaye - remit la crosse à Gautier ; le rite précisait qu’il devait la saisir au-dessous de la main du roi, et Gautier la saisit au-dessus, ajoutant humblement et poliment : Sire, c’est de Dieu et non de votre Majesté que je reçois le gouvernement de l’abbaye. Le roi, Philippe 1er, resta fortement édifié de cette sainte audace.

La nouvelle abbaye reçut la règle bénédictine et fut dédiée à saint Germain (v. 28 mai) ; elle devait plus tard passer sous le vocable de saint Martin (v. 11 novembre). Gautier surtout était la Règle de ses moines, par son exemple de sainteté. Mais il s’en inquiéta et, vers 1072, disparut de l’abbaye, pour se présenter incognito à Cluny. L’abbé, qui était alors saint Hugues (v. 29 avril), reçut bientôt la visite d’un groupe de moines de Pontoise qui, ayant appris la retraite de leur abbé, munis d’une lettre de l’évêque, réclamaient «leur» abbé, qui dut regagner Pontoise.

Gautier allait encore disparaître ! Dans une grotte située non loin des bâtiments, il se fit une cellule où il aimait se retirer, mais on venait toujours le consulter, on vénérait ce saint homme qui était plus angélique qu’humain… Il partit vers Tours, y trouva une petite chapelle dédiée aux saint Cosme et Damien (v. 26 septembre), mais ses vertus attirèrent à nouveau les gens, et un pèlerin de passage reconnut le saint homme qui avait disparu de Pontoise. A nouveau les moines pontoisiens vinrent reprendre l’abbé fugitif.

Peu de temps après, Gautier se rendit à Rome et rencontra le pape Grégoire VII. Les «affaires courantes» ayant été expédiées, l’abbé s’enhardit à supplier le pape de le décharger de l’abbatiat. Peine perdue ! Le pape lui reprocha de ne pas mettre en œuvre ses talents au service de l’Eglise et le renvoya à son troupeau, avec la menace de l’anathème, s’il osait encore s’entêter à vouloir quitter son poste.

Ce fut sa dernière «sortie». Il fut en effet fidèle et obéissant. Désormais, son action se développa pour réprimer des abus, des erreurs. Il adressa au roi ses remontrances contre les investitures simoniaques : En vendant les bénéfices, vous autorisez les autres à en faire un commerce sacrilège et vous vous rendez coupable de toutes les simonies que vos exemples encouragent.

Au concile de Paris (1092), il rappela la sainte décision de Rome d’interdire aux fidèles d’assister à une Messe célébrée par un prêtre concubinaire. Pour cela, les évêques français le firent arrêter et mettre en prison ! Des amis purent toutefois intercéder et obtenir sa délivrance. 

Vers le même date, il eut une apparition de Notre-Dame, qui lui enjoignait de construire un monastère de femmes à Berteaucourt. D’abord, dans son humilité foncière, Gautier pensa avoir eu une illusion, mais Notre-Dame revint à la charge, et cette fois-ci laissa sur la joue de Gautier une marque délicate, mais bien visible, de ses doigts maternels. La construction du monastère commença en 1093, grâce à la générosité de deux nobles dames, nommées Godelinde et Helwige (ou Heleguide, Helchide). 

Durant sa présence à Berteaucourt, Gautier y fit jaillir une source miraculeuse qui guérissait les maladies des yeux. Il s’y dresse maintenant une chapelle.

Le dernier épisode important de la vie de Gautier montre qu’il eut aussi le don de prophétie. En effet, il remarqua dans l’assistance une dame à la tenue inconvenante. Il l’avertit et cette femme, une comtesse, fort vexée, lui répondit que le dimanche suivant, elle arborerait une tenue encore plus excentrique. L’abbé répondit : Vous reviendrez effectivement, mais dans un tout autre appareil. Or cette même semaine, la comtesse fut à la dernière extrémité et l’appela ; mais Gautier était aussi mourant ; il ne put que répondre : Dieu veuille qu’elle me rencontre au ciel, car elle ne me reverra plus sur la terre. Tous deux moururent le même jour, 8 avril 1099.

Cette date n’est pas uniformément rapportée ; une chronique, qui semble plus fiable, parle du 23 mars, date à laquelle le Martyrologe mentionne saint Gautier.

L’abbaye Sainte-Marie de Berteaucourt-les-Dames (Somme), abandonnée au moment de la Révolution française et successivement vendue, présente encore la moitié de l’église abbatiale, et l’hostellerie, récemment restaurée.

 

 

Ottone Frangipane

1040-1127

 

Ottone ou Oddone vit le jour en 1040 à Rome, dans la noble et puissante famille des Frangipane. Le nom de cette famille lui vint de la généreuse activité d’un certain Pietro qui, lors d’une grave inondation due à la crue du Tibre, distribua du pain (frangere panem) aux gens en difficulté.

On dit qu’Ottone fut assez habile pour déterminer l’élection de deux papes au moins (Honorius II et Innocent II).

Cavalier audacieux, il participait à une expédition en défense du pape lorsqu’en 1058, il fut fait prisonnier. Dans sa cellule, il invoqua le «Patron des prisonniers», s. Léonard de Limoges (v. 6 novembre), qui lui apparut une nuit et fit tomber ses chaînes. Libre, Ottone fit pendant une cinquantaine d’années de nombreux pèlerinages, et vint à l’abbaye bénédictine de La Cava, où l’abbé Pietro (v. 4 mars) le reçut paternellement et l’aida à se mêler à la vie monastique.

Il alla ensuite à Montevergine, où il vécut quelque temps sous la direction de s. Guglielmo de Vercelli (v. 25 juin).

Vers 1117, il alla se retirer à Ariano Irpino, un endroit où s’arrêtaient les pèlerins entre Naples et Bari, avant de s’embarquer pour la Terre sainte. Ottone s’établit là pour leur rendre ses services ; il les accueillait et les hébergeait dans l’hospice qu’il créa et qui devint l’hôpital Saint-Jacques.

En 1120, il se retira complètement dans une petite cellule qu’il se construisit près de l’église Saint-Pierre ; là, il priait, il jeûnait. Il s’y creusa aussi un sépulcre, pour avoir continuellement à l’esprit la pensée de sa mort imminente.

L’image de ce reclus se diffusa ; on admirait cette vie toute donnée à Dieu, de la part d’un homme qui avait connu l’agitation du monde. Des prodiges eurent lieu, par la prière d’Ottone.

Il mourut le 23 mars 1127.

Après ses solennelles funérailles, d’autres prodiges se produisirent. Le plus extraordinaire eut lieu en 1180, lorsque la cité d’Ariano fut assaillie par les sarrazins de Lucera : les habitants d’Ariano invoquèrent Ottone et une pluie de galets s’abattit sur les assaillants.

Un autre miracle concerna s. Elzéar de Sabran (v. 27 septembre), nouvellement comte d’Ariano et maintenant co-patron de la ville.

Les habitants prirent l’habitude d’invoquer Ottone pour éloigner les épidémies de peste.

Le Martyrologe mentionne saint Ottone au 23 mars, mais il ne semble pas qu’il y ait eu une canonisation officielle.

 

 

Pietro Ghigensi de Gubbio

1210-1287

 

Pietro vit le jour vers 1210 à Gubbio (Pérouse, Ombrie, Italie C), dans cette noble famille chrétienne des Ghigensi.

Il fit ses études à Pérouse et à Paris, devenant docteur en droit. Puis il se fit l’avocat des causes justes, qu’il défendit avec droiture et honnêteté, surtout en faveur des moins riches.

Vers 1250, il connut les Ermites Augustins qui, de Brettino, venaient s’installer à Gubbio. Cette congrégation d’ermites était née au début du siècle et fut absorbée par les Augustins à cette époque. Leur règle et leur idéal plurent beaucoup à Pietro : il prit l’habit, fut ordonné prêtre et mit désormais son talent au service de Dieu et de l’Eglise.

Il fut nommé vicaire général de l’Ordre pour les couvents de France, qu’il visita assidûment. On en a parfois déduit par erreur qu’il fut provincial pour la France. Il n’a pas non plus été général de l’Ordre. En revanche, il est vrai qu’il se déplaçait toujours pieds-nus. Sa prédication, simple et en langue vulgaire, fut très appréciée.

La fin de sa vie se déroula à Gubbio même, où il mourut le 23 mars 1287.

La tombe commune de ces Religieux se trouvait au centre du chœur de l’église. On raconte ce fait étonnant que, peu après la mort de Pietro, alors que l’on chantait le Te Deum, les Religieux entendirent une voix qui alternait les versets avec eux ! Sitôt après l’office, on procéda à l’ouverture de la tombe, et l’on y vit Pietro à genoux, le regard vers le ciel, les deux mains croisées sur la poitrine, la bouche ouverte. 

Le culte du bienheureux Pietro fut confirmé en 1874 et le Martyrologe le commémore brièvement le 23 mars.

Edmund Sykes

1550-1587

 

Edmund naquit vers 1550 à Leeds (Yorkshire occidental, Angleterre), de parents fort honorables.

Après avoir fréquenté le collège de Douai, il fut ordonné prêtre à Reims en 1581. En juin de la même année, il partait pour l’Angleterre.

Il fut arrêté vers 1585 (ou même peu avant), et banni.

C’était sans compter sur son courage et son zèle : il revint en Angleterre.

De nouveau arrêté, il acquit, dit-on, la vertu de patience et apprit à mourir. Dans sa prison en effet, non seulement il souffrit des interrogatoires et des mauvais traitements, mais ses voisins l’entendirent lutter physiquement contre le Démon, qui venait le tenter de renoncer à sa foi.

Accusé d’être prêtre et d’être rentré dans le pays contrairement à la loi, il reconnut pleinement les faits, mais affirmant qu’il n’y avait là aucune faute de trahison.

Condamné à mort, il subit le martyre à York le 23 mars 1587 et fut béatifié en 1987.

 

 

Turibio de Mogrovejo

1538-1606

 

Turibio naquit le 18 novembre 1538 à Mayorga (León, Espagne), et fut dès l’enfance favorisé de grâces célestes quant à la piété, à l’amour des pauvres, à l’horreur du péché et à la dévotion mariale. 

Jeune étudiant à Valladolid, il donnait une partie de son repas aux pauvres. Il fallut déjà l’inviter à modérer ses mortifications.

Le roi Felipe II le connut et le nomma en 1576 président du tribunal de l’Inquisition à Grenade, alors qu’il n’était que laïc.

Puis, toujours laïc, il fut nommé évêque pour la capitale du Pérou, Lima. Surpris, Turibio chercha par tous les moyens à échapper à cette «catastrophe», mais son humilité conduisit le roi et l’Eglise à confirmer le choix. Il reçut donc les Ordres à cadence rapprochée, le Sacerdoce et fut consacré évêque.

Parvenu en 1581 au Pérou, il constata avec amertume la situation désolante de son «diocèse», une région grande comme la moitié de la France, où les Indios étaient mal traités par les envahisseurs espagnols, et où le clergé se comportait de façon autrement scandaleuse.

Turibio fit trois fois la visite apostolique de son diocèse, à pied ou à cheval, sans compter sa fatigue pour escalader les montagnes, marcher dans la glace, éviter les bêtes féroces, aller trouver sur place les braves Indios, tout en maintenant ses habitudes de prière, de jeûne et de mortifications.

Il tint des synodes diocésains et provinciaux, fonda des séminaires, des églises, des hôpitaux. Il apprit les langues régionales des différentes tribus.

Défenseur très actif de la cause des Indios, si Turibio ne fut pas le fondateur de l’Eglise du Pérou, il en fut le restaurateur.

L’évêque se confessait chaque jour avant de célébrer la Messe.

Il se trouvait à des centaines de kilomètres de Lima, quand il sentit approcher sa dernière heure. Il donna aux domestiques tout ce qui lui restait, se fit porter à l’église pour recevoir le Viatique, et dut regagner son lit pour recevoir l’ultime Sacrement. Il demanda à l’entourage de chanter le psaume Je me suis réjoui quand on m’a dit : Allons à la maison du Seigneur (Ps 121) et mourut en murmurant encore En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit (Ps 30).

C’était le 23 mars 1606.

Turibio de Mogrovejo fut béatifié en 1679 et canonisé en 1726.

De son vivant déjà, il avait ressuscité un mort et guéri des malades.

 

 

Peter Higgins

1601-1642

 

Le nom gaélique de Peter Higgins est Peadar Ó hUiggin

Il naquit vers 1601 à Dublin (Irlande).

En 1622, il entra chez les Dominicains, fut envoyé en Espagne pour ses études et fut ordonné prêtre en 1627. 

Revenu en Irlande en 1630, il fut ensuite nommé prieur du couvent de Naas pour le restaurer.

Lors de l’invasion anglaise de 1641, il se dévoua au secours des sans-abris et protégea beaucoup de gens en danger. Il empêcha les Catholiques d’exécuter un ministre anglican.

En février 1642, il fut arrêté et conduit à Dublin ; on lui proposa la liberté s’il apostasiait. Il demanda qu’on lui présentât par écrit les termes de cette proposition quand il serait aux pieds de la potence. Ayant lu le texte, il répondit :

Voilà bien à quelle condition on me laissera en vie. On veut que je renie ma religion. Mais je repousse leur proposition. Je meurs en catholique et en prêtre dominicain. Je pardonne de tout mon cœur à tous ceux qui ont conspiré pour m’amener à la mort.

Condamné à mort pour avoir refusé de reconnaître la suprématie royale sur l’autorité papale, il fut exécuté à Dublin le 23 mars 1642, sur une place qui s’appelle maintenant St.Stephen’s Green.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Josep Oriol y Bogunyà

1650-1702

 

Josep vit le jour le 23 novembre 1650 dans une petite localité proche de Barcelone (Espagne), de Joan Oriol et Gertrudis Bogunyà.

Il fut orphelin de son père très tôt, et sa mère se remaria avec un saint homme qui, touché par la douceur du petit garçon, le confia aux chapelains de la paroisse.

Josep grandit dans cette belle ambiance, profitant de l’enseignement et des bons exemples des Pères : après l’étude, il restait longtemps à genoux devant le Saint-Sacrement.

Quand mourut son beau-père, les Pères aidèrent à nouveau la pauvre veuve ; Josep trouva à loger chez sa nourrice, Catalina Brughera. Il y avait sa petite cellule dans le grenier. Un jour qu’il se trouvait dans la cuisine avec Catalina, le mari de celle-ci en conçut quelque soupçon : Josep lut dans sa pensée, et mit ses mains au-dessus des charbons du fourneau et n’en reçut aucune brûlure : l’homme comprit et n’admira que plus l’adolescent.

A la suite d’une dislocation de l’os de la cuisse, Josep fut paralysé de la jambe. Refusant de consulter des médecins, il se confia à la Providence et fut guéri instantanément.

Les Chapelains lui offrirent ses études à Barcelone ; il fut Docteur en théologie (1674), étudia la langue hébraïque, puis ordonné prêtre en 1676.

Par sa mère, il connut une famille noble, qui lui confiera l’éducation de leur fils. Il put ainsi aider mieux sa mère, mais Dieu lui demanda d’être plus dépouillé.

Il donna tous ses revenus de prêtre et de l’héritage de sa mère pour les pauvres. Il s’imposa des mortifications rigoureuses pour mater son corps, dormant deux heures sur un banc.

Il reçut la charge de l’Oratoire Saint-Filippo-Neri, et surtout la paroisse Santa María del Pi dès 1686.

Désirant recevoir la grâce du martyre, il partit deux fois pour Rome, dans l’espoir de solliciter son envoi aux missions lointaines : la première fois, deux prêtres le convainqurent de s’en retourner ; la seconde, malgré les larmes des gens, il fit son testament et quitta Barcelone (1696), mais il tomba malade à Marseille et, sur l’ordre précis de la Vierge Marie, retourna à Barcelone, à la grande joie des habitants.

Sa vie changea ; il semblait vivre dans une extase continuelle, insensible à ce qui se passait ou se disait autour de lui, rayonnant quand il portait l’Eucharistie aux malades ; et aussi multipliant les guérisons miraculeuses par le seul signe de la croix ; il lisait dans les âmes et invitait les pécheurs à se convertir.

Le démon se mit de la partie, et l’on voyait quelquefois Josep rentrer les joues en sang, les habits maculés ; il disait naïvement qu’il avait dû lutter longtemps contre le démon.

Josep prédit les circonstances de sa mort. En particulier, il annonça à des couteliers qu’il connaissait de lui préparer un lit pour qu’il pût mourir chez eux ; effectivement, il n’y avait pas de lit chez lui ; le 8 mars 1702, après les vêpres, il se rendit chez ces couteliers et se mit au lit.

Le 20 mars, il reçut le Viatique ; le 22, l’Onction des malades. Il se fit chanter le Stabat Mater, que chantèrent quatre enfants de chœur, accompagnés à la harpe par un parent de Josep.

Josep s’éteignit au matin du 23 mars 1702.

Il y eut une telle foule pour le voir encore une fois, qu’on dut abattre un pan de la maison où il se trouvait. Les miracles se multiplièrent encore, tellement qu’on s’en inquiéta et qu’on retarda l’enquête. Le procès de béatification s’ouvrit en 1759.

Josep Oriol fut béatifié en 1806, canonisé en 1909.

 

 

Annunciata Cocchetti

1800-1882

 

 Annunciata naquit à Rovato (province de Brescia, nord de l’Italie), le 9 mai 1800 ; elle avait une grande sœur, Giuseppina, et un grand frère, Vincenzo. Elle n’a que sept ans quand  meurent ses parents : ce fut sa grand-mère paternelle qui s’en occupa, mais aussi et surtout elle fut guidée spirituellement par les prêtres de la paroisse, en particulier don Luca dei Conti Passi.

A dix-sept ans, elle inaugura dans sa maison une petite école pour les filles pauvres de son village. A vingt-deux ans, elle se diplôma comme maîtresse et fut la première enseignante de l’école de filles de Rovato. Elle rencontra à cette époque Maddalena di Canossa (voir au 10 avril), laquelle s’apprêtait à ouvrir dans la même province de Brescia une maison de sa propre Congrégation, mais Maddalena comprit qu’Annunciata avait un autre idéal et lui prédit qu’elle suivrait un autre chemin que le sien.

En 1824, nouveau deuil : la grand-mère meurt et l’oncle Carlo, homme d’affaires et politicien, qui s’occupait de ses trois autres frères, l’invita à venir à Milan non pas vraiment pour l’aider, mais pensant l’orienter vers un bonne alliance, un heureux mariage et la sortir de ses pieuses orientations. Mais Annunciata, toujours plus convaincue de sa propre vocation, laissa Milan en 1831 pour rejoindre Cemmo in Valcamonica, un petit village perdu où le bon don Luca Passi lui suggérait de se rendre, car là s’était ouverte une école pour petites filles par les soins de la noble Erminia Panzerini : cette école, depuis 1821, fonctionnait grâce à de pieuses femmes, selon l’esprit de l’Œuvre de sainte Dorothée, mais ne rencontrait pas un franc succès.

Annunciata appuya de toutes ses forces le travail de Erminia, mit à profit son diplôme de maîtresse, promut maintes initiatives au niveau de l’enseignement et de l’assistance aux petites filles. Cette collaboration dura dix années pendant lesquelles, malgré leur profonde diversité de caractère et de mentalité, Annunciata sut montrer envers Erminia de véritables sentiments d’amitié, de respect et d’obéissance. Elle se fit toute à toutes et fut réellement une mère et une maîtresse pour toutes les fillettes de la région, qui ne demandaient qu’à être instruites et formées.

A la mort de Erminia, en 1842, Annunciata se sentit libre de suivre l’appel à la vie religieuse et vint à Venise pour y vêtir l’habit des Sœurs de Sainte Dorothée, que don Luca Passi venait de fonder. Après seulement deux mois de noviciat, on la juge mûre et en octobre, elle revient alors à Cemmo avec deux autres religieuses pour y fonder cet Institut, où elles firent leurs vœux en 1843.

Dès lors, Annunciata devint la véritable apôtre de la Valcamonica ; femme de grande spiritualité, à l’esprit pratique et robuste, elle donna l’exemple d’une vie toute centrée sur la prière, la dévotion eucharistique, un zèle ardent pour le salut de la jeunesse. Chaque dimanche, par tous les temps, elle parcourait à pied les paroisses voisines, où l’attendaient les animatrices de l’Œuvre de Sainte-Dorothée pour collaborer ensemble à l’apostolat dans ces paroisses.

Elle même reste très discrète, très effacée. Elle visite les familles pauvres, donne ici et là un bon conseil. Elle demandera à ses Sœurs de toujours laisser sur le mur un pain bien frais, pour le pauvre qui n’osera pas venir demander.

Tout en développant cette Œuvre, elle donna à son Institut une physionomie particulière, en y instituant dès 1853 son propre noviciat où elle forma alle-même de jeunes religieuses qu’elle put ensuite envoyer en mission à l’étranger. Les vocations sont nombreuses et enthousiastes. Elle leur disait : Aimez-vous comme de vraies sœurs gentilles… devenez saintes, faites beaucoup de bien aux jeunes filles qu’on vous a confiées.

Don Luca meurt en 1866. L’évêque confie alors toute la responsabilité de l’Institut à Annunciata, qui accepte humblement par obéissance. Les difficultés ne manqueront pas. Après avoir dû reconstruire la maison dévastée par un incendie, elle doit affronter les lois de suppression des corporations religieuses ; elle résiste, défend la cause de l’Institut, qui est finalement reconnu en 1871.

En 1876 ses yeus fatigués ne voient plus, mais la lumière intérieure se fait plus intense. En mars 1882, un léger malaise, une petite fièvre : elle s’éteint doucement le 23 mars 1882 ; son corps repose dans la maison de Cemmo.

Béatifiée en 1991, elle est inscrite au Martyrologe Romain le 23 mars.

 Butrussiyyah Ar-Rayès

1832-1914

 

Née à Himlaya (Bikfaya, Metn-Nord, Liban) le 29 juin 1832, Butrussiyyah (Pierrette) était la fille de Mourad Saber al-Choboq et de Rafqa Gemayel. Elle reçut le nom de saint Pierre, dont c'est la fête le 29 juin. Elle reçut le baptême le 7 juillet suivant.

Sa mère mourut dès 1839, et le papa connut la misère. Il envoya sa petite fille dans une famille de Damas, comme servante, pendant quatre ans.

Pendant ce temps, il se remaria, ce qui suscitera une grande peine à Butrussiyyah à son retour.

A quatorze ans, quand on désira la marier, elle déclara fermement qu'elle voulait entrer dans la vie religieuse.

Elle rejoignit les Sœurs Mariamettes au couvent de Notre-Dame de la Délivrance. Quand elle s'y présenta, elle entendit en elle une voix qui lui disait : Tu seras religieuse et qui suscita en elle une grande joie. La Supérieure l'admit sans même l'interroger. Elle s'appela alors Anissa.

Son papa chercha à intervenir, avec sa femme, pour ramener sa fille à la maison, mais elle refusa de les rencontrer.

En 1861, elle prit son nouvel habit et fit la première profession en 1862.

On l'envoya alors comme cuisinière au séminaire de Ghazir (où se trouvaient le futur patriarche Elias Houayek et le futur évêque Boutros al-Zoghbi.

Dans ses moments libres, Butrussiyyah approfondit l'arithmétique, la calligraphie et la langue arabe.

En 1860 elle fut transférée à Deir al-Qamar pour être institutrice et catéchiste.

Un soulèvement des Druzes dans les années 1860 provoqua des massacres de Chrétiens et l'éloignement des Jésuites, qui s'occupaient des Sœurs Mariamettes. Lors des événements sanglants, notre Anissa cacha sous sa robe un petit enfant et lui sauva la vie. Elle rejoignit Ghazir.

En 1863, elle vint à Jbeil toujours pour l'enseignement des jeunes filles, puis à Maad en 1864, où elle ouvrit une école.

En 1871, lors d'une crise au sein des Mariamettes, Anissa, prise de doutes, entendit une voix qui lui dit : Tu resteras religieuse, puis elle vit saint Georges, saint Simon le Stylite et saint Antoine le Grand qui lui dirent par deux fois : Entre dans l'Ordre Libanais Maronite. 

Elle entra au monastère de Mar Sémaan (Saint Simon) El Qarn à Aïto et y prit le nom de sa première maman, Rafqa (Rébecca). Elle fera sa profession solennelle en 1872. Elle restera désormais dans ce monastère pendant vingt-six ans.

En 1885, Rafqa offrit à Dieu sa santé pour s'identifier davantage avec le Christ souffrant. Après cette offrande d'amour, elle ressentit une douleur brûlante au visage, et perdit progressivement la vue. Un chirurgien maladroit voulut l'opérer, mais lui arracha accidentellement l'œil droit. Rafqa, sans se plaindre, lui dit : Que Dieu garde tes mains et te donne récompense. Le mal gagna l'autre œil.

En 1897, on voulut fonder un nouveau monastère à Jrabta (Batroun), dédié à saint Joseph al Dahr. Parmi les religieuses se trouvait Rafqa, dont les religieuses espéraient que les prières les soutiendraient. 

A partir de 1899, Rafqa devint complètement aveugle et paralysée. Ses articulations se disloquèrent, son corps devint aride et sec. Elle passa les sept dernières années de sa vie couchée sur le côté droit, toujours souriante. On lui diagnostiqua une tuberculose ostéo-articulaire. Elle souffrait, elle priait, elle offrait.

Elle mourut saintement à Al Dahr (Jrabta) le 23 mars 1914. Une belle lumière éclaira son tombeau pendant deux nuits. Les miracles se multiplièrent.

Béatifiée en 1985, elle a été canonisée en 2001.

 

 

Dominik Metodij Trcka

1886-1959

 

Dominik Trcka est né le 6 juillet 1886 à Frydlant nad Ostravici (dans l’actuelle République Tchèque), dernier des sept enfants de Tomas et de Frantiska, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Il fréquenta l’école primaire de son village, puis le gymnase de Mistek, enfin celui des Pères Rédemptoristes de Cervenka.

Il entre au noviciat de cette Congrégation à Bilsko en 1903 et fait sa première profession en 1904. Durant ses études de philosophie et de théologie à Oboriste, il est saisi par l’idéal des apôtres de son pays, les saints Cyrille et Méthode (voir au 14 février) et désire travailler de tout son cœur à l’unité de l’Eglise.

Il est ordonné prêtre en 1910 et, selon l’habitude de cette Congrégation, effectue le “second noviciat”, pour se préparer à l’apostolat. On note de lui : Le Père Trcka, quand il prépare son sermon, veut être original. Il n’y réussit pas toujours, mais il accepte les observations. Pour ce qui est de proclamer, il le fait avec beaucoup de douceur. Ce qui fait qu’il reste à Prague comme missionnaire.

Il exercera son ministère à Svata Hora, puis Plzen, puis de nouveau à Svata Hora, où on lui confie le soin de Croates réfugiés. Il s’y donne de toute son âme, célébrant pour les Croates, mais aussi pour les Slovènes et les Ruthènes, qu’ils soient fugitifs ou soldats de l’hôpital de Pribram. Il est noté comme confrère aimable, zélé, toujours joyeux, ouvrier infatigable. Puis il est muté à Brno en Galicie (1919) pour s’occuper des gréco-catholiques.

Là se trouvent déjà des Pères rédemptoristes belges, qui sont stupéfaits de voir avec quelle rapidité le père Dominique apprend la langue, le rite et la tradition orientale. C’est là que Dominik prend le nom de Metodij. Puis il fera partie des fondateurs du nouveau couvent de Stanislavov (aujourd’hui Ivanofrankivsk), et sera envoyé enfin à celui de Stopkov, où l’on prévoit de réunir des religieux rédemptoristes des deux rites, latin et gréco-catholique. Il y est économe et vice-recteur, et en 1924 supérieur.

En 1931, est consacré le nouveau couvent à Michalovce, qui sera destiné aux seuls gréco-catholiques. Il était trop fatigué, après les travaux de construction, pour en être supérieur, et resta à Stopkov, où on le connaissait pour sa belle barbe déjà blanche. Il fut ensuite économe à Michalovce, puis nommé visiteur apostolique pour les moniales basiliennes de Presov e Uzhorod, et enfin supérieur à Michalovce en 1936. Son activité ne s’arrêtait pas.

Ces années-là, l’état slovaque ne voyait pas d’un bon œil les activités de Michalovce, suspectant les religieux d’être fanatiques comme les Ruthènes, du fait de leur origine tchèque ; ou bien on les accusait de propagande tchèque. Ce fut au point que le père Metodij fut une fois arrêté en 1941, mais relâché car on ne trouvait rien à lui reprocher. Le père Metodij continua énergiquement à célébrer selon le calendrier julien et à prêcher en ruthène.

A partir de 1942, il fut déchargé de sa place de supérieur et se mit au service des paroisses alentour, ce qui le fatigua beaucoup et l’obligea à garder la chambre, mais il s’y remit dès qu’il put. Il pourvut aussi à aider les juifs.

A la fin de la guerre, il obtint la création d’une vice-province pour les rédemptoristes gréco-catholiques, et en fut évidemment chargé (1946), avec l’assentiment de tous.

Le père Trcka chercha à faire construire d’autres monastères, mais l’arrivée du pouvoir communiste lui rendit très difficile le travail. On le convoquait souvent ; en 1948, la police vint perquisitionner.

La vice-province gréco-catholique fut supprimée, et contrainte à passer sous la vice-province latine ; le père Trcka dut quitter Michalovce pour Sabinov, tout en visitant les autres maisons pour encourager les religieux.

La situation était très tendue, jusqu’au jeudi de Pâques, 13 avril 1950, où la police vint arrêter les religieux en pleine nuit. Père Trcka fut accusé d’avoir voulu usurper une autre identité (en se faisant raser la barbe) pour fuir à l’étranger. On lui fit subir maint transfert et surtout beaucoup de tortures : lumière forte jour et nuit, pieds nus, en simple pantalon et chemise… Père Trcka fut très traumatisé par ces fatigues, mais put se remettre, grâce à son caractère équilibré et sa confiance en Dieu.

Dans la prison de Podolinec, les religieux eurent la possibilité de prier ensemble, de célébrer la liturgie, et ainsi de s’encourager réciproquement. En 1951, après la longue série d’interrogatoires, le père Trcka fut transféré dans la prison de Bratislava, en vue du jugement. Le 21 avril 1952, accusé d’espionnage et de haute trahison, il reçoit une peine de douze ans de prison, avec une forte amende, la confiscation des biens et la perte de ses droits civils pour dix ans. Le calvaire commençait.

Il fut déplacé en diverses prisons. Il réussissait à se procurer du pain et du vin pour célébrer en cachette. Sa santé déjà ébranlée fut encore plus mise à dure épreuve ; l’urémie le fit conduire inconscient à l’hôpital Sainte Anne de Brno, où on désespérait de le guérir. Mais, semble-t-il par l’intercession justement de sainte Anne, il n’eut pas à être opéré et sorti guéri de l’hôpital.

Même si sa famille essayait (en vain, d’ailleurs) de lui obtenir la grâce, il ne s’attendait à aucune amnistie. Pour l’abattre encore plus, on lui fit croire qu’il allait être libéré, ayant purgé déjà la moitié de sa peine, puis on lui refusa la libération à laquelle il croyait tant, ce qui le plongea dans une noire déception.

En 1958, il est transféré à Leopoldov, où il semble qu’il ait un peu récupéré, au point qu’il espère avec l’aide de Dieu, pouvoir bientôt terminer les cinq années qui lui restent à purger. Mais à Noël, surpris en train de chantonner un air de Noël, il est condamné à la cellule de correction, où il couchait sur le ciment. La fièvre monta, on obtint de le mettre en cellule d’isolement, “moins froide”, où il s’éteignit peu à peu, pour mourir le 23 mars 1959. Il fut enterré dans le cimetière de la prison.

Lors de la restauration de l’Eglise gréco-catholique en 1968, les restes du père Trcka furent transférés de la prison de Leopoldov à Michalovce, dans le cimetière des pères rédemptoristes. On l’avait reconnu grâce à sa dent en or, qui brillait chaque fois qu’il souriait. Plus tard, après la chute du régime communiste, il fut réhabilité.

Le père Dominik Metodij Trcka fut béatifié en 2001.

 

 

Álvaro del Portillo y Diez

1914-1994

 

Il fut le troisième des huit enfants de parents profondément chrétiens, l’espagnol Ramón et la mexicaine Clementina Diez de Sollano et naquit le 11 mars 1914 à Madrid (Espagne).

Après ses études au Lycée du Pilar à Madrid, il fit des études pour devenir en 1941 ingénieur civil des Ponts-et-Chaussées. Puis il fut reçu docteur en philosophie, section Histoire (1945).

Durant ses études, en 1935, il entra dans l’Opus Dei, fondée par saint Josemaría Escrivá de Balaguer. 

Ce dernier discerna une belle vocation dans la personne du jeune Álvaro, qui se prépara au sacerdoce. Quand son évêque lui fit remarquer en 1941 qu’il allait renoncer à sa grande réputation d’ingénieur pour devenir un simple prêtre diocésain, il répondit : Oh, Monseigneur, ma réputation, il y a longtemps que je l’ai offerte à Jésus-Christ.

Álvaro fut ordonné prêtre en 1944.

Devenu fidèle inconditionnel du Fondateur, don Álvaro le suivit dans tous ses déplacements. Il s’installa ainsi à Rome, pour y préparer la reconnaissance officielle de l’Œuvre (1946), puis dans toute l’Europe ; on l’appela à collaborer dans plusieurs dicastères de la Curie romaine et pendant tout le Concile de Vatican II.

En 1948, il fut premier recteur de la nouvelle université de la Sainte-Croix, et professeur de théologie morale. Cette même année il fut reçu docteur en droit canonique à l’Angelicum.

Après la mort de Mgr Escrivá, don Álvaro fut élu pour lui succéder en 1975 et nommé évêque en 1991.

C’est grâce à son dynamisme que l’Opus Dei s’étendit largement sur les cinq continents et que la cause de béatification et de canonisation de son Fondateur avança de façon significative (la béatification advint en 1992, la canonisation en 2002, voir au 26 juin).

Mgr Álvaro del Portillo mourut saintement au retour d’un pèlerinage en Terre Sainte, le 23 mars 1994, ayant ainsi célébré la messe pour la dernière fois dans l’église-même du Cénacle à Jérusalem, là où fut instituée l’Eucharistie.

Sa béatification fut annoncée pour 2014.

Le miracle retenu pour cette béatification a été la guérison inexplicable d’un nouveau-né chilien qui souffrait de malformation cardiaque et, durant une tentative d’intervention chirurgicale, avait subi un arrêt cardiaque de plus d’une demi-heure. Le lendemain, le cardiologue demanda au service à quelle heure était mort l’enfant, et il lui fut répondu qu’il vivait.

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Published by samuelephrem - dans 03-mars
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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 00:00

22 MARS

 

I.

S Epaphrodite, disciple de s. Paul, cf. Ph 2.

III.

S Paulus, premier évêque à Narbonne ; on le donne parfois comme disciple de s. Paul (cf. Ac 13).

Ss Callinikos et Basilissi, martyrs en Galatie ; ils visitaient les martyrs en prison.

?

S Saturnin, martyr en Afrique.

IV.

S Basilios, prêtre à Ancyre et martyr, qui fit sortir de l’erreur beaucoup de gens : chaque jour on lui arracha quelques lambeaux de chair.

Ste Léa, veuve romaine, protectrice du cercle des saintes femmes formées par s. Jérôme.

V.

S Octavien, archidiacre à Carthage, martyr avec des milliers d’autres.

VII.

S Failbe I, abbé à Iona, frère de s. Finan. 

VIII.

Stes Herlinde et Relinde, deux sœurs, ensemble abbesses à Maaseyk.

XIII.

S Benvenuto Scotivoli, évêque à Osimo dont il est patron ; il tint à revêtir l’habit franciscain avant sa consécration épiscopale.

XVII.

S Nicholas Owen, auxiliaire jésuite anglais, martyrisé sur le chevalet.

XVIII.

B François Chartier, prêtre martyr à Angers, béatifié en 1984.

XX.

Bx Bronislaw Komorowski (*1889) et Marian Górecki (*1903), prêtres polonais, internés à Stutthof, fusillés le Vendredi saint 1940, béatifiés en 1999.

B Clemens August Graf von Galen (1878-1946), évêque à Münster, cardinal, tenace adversaire du nazisme, béatifié en 2005.

Epaphrodite

1er siècle

 

Le nom de ce saint personnage apparaît dans l’épître de saint Paul aux Philippiens.

Durant sa première captivité à Rome (60), Paul a reçu la visite d’Epaphrodite, délégué par les Chrétiens de Philippes pour assister l’indigence de Paul (Ph 2:25).

Paul les en remercie, il est comblé par ce parfum de bonne odeur (Ph 3:18).

Or, Epaphrodite est tombé gravement malade durant son séjour auprès de Paul, et les Philippiens l’ont appris avec inquiétude (Ph 2:26). Cette maladie l’a conduit bien près de la mort (Ph 2:27).

Paul a été le premier inquiet de cette maladie, car Epaphrodite lui est extrêmement précieux dans l’annonce de l’évangile : c’est un frère, un collaborateur, un compagnon d’armes (Ph 2:25).

Mais Paul ne veut pas garder sa joie pour lui seul ; il va envoyer Timothée auprès des Philippiens (Ph 2:19) pour prendre de leurs nouvelles, mais il va aussi se séparer d’Epaphrodite, lui-même impatient de se remontrer aux siens en bonne santé (Ph 2:26).

En bon père, Paul savoure d’avance la joie des Philippiens à la vue de leur Epaphrodite, auquel il confie la Lettre aux Philippiens. On a supposé qu’Epaphrodite était un diacre de Philippes, du moins un personnage important et de confiance.

Ensuite ? Nous n’avons que des conjectures.

Des sources d’autorité mais non concordantes ont prétendu que, durant son séjour en Italie, Epaphrodite fut consacré évêque par saint Pierre lui-même, pour Terracina. Mais on en a fait aussi un évêque ailleurs : Adria en Syrie, Philippes (Macédoine), à moins qu’on ait confondu plusieurs personnages du même nom. 

Il reste qu’actuellement, le Martyrologe mentionne brièvement saint Epaphrodite le 22 mars, sans autres détails.

 

 

Paulus de Narbonne

† 240

 

Une vieille tradition nous assurait que le premier évêque de Narbonne, Paulus, n’était autre que le Sergius Paulus qui se convertit sur la parole de l’apôtre s.Paul en Chypre (cf. Ac 13:7).

Ensuite, Sergius Paulus aurait accompagné l’Apôtre à Rome (pour sa première captivité, sans toutefois partager celle-ci), puis lors de son voyage vers l’Espagne.

S.Paul l’aurait alors laissé évangéliser Béziers ; Sergius Paulus consacra évêque de Béziers un certain Aphrodisius, puis installa sa demeure à Narbonne, dont il fut ainsi le premier évêque.

Si son apostolat fut fécond, il rencontra aussi des difficultés. Deux diacres se permirent de le calomnier. Paulus eut recours aux évêques de la région, et Dieu permit que ce furent les diacres eux-mêmes qui avouèrent leur crime.

Cette chronologie cependant n’est pas absolument convaincante. 

En effet, si le premier évêque de Narbonne, si bien accueilli, vivait au 1er siècle, on s’étonne qu’il n’eût pas de successeur avant Stephanus, du 3e siècle. Inversement, si Stephanus a bien succédé à Paul, c’est que la tradition ne repose pas sur une certitude historique.

En outre, on peut se demander quels évêques Paulus convoqua pour son «procès», puisque, du vivant de s.Paul (35-63, après la Résurrection du Christ), on ne pouvait pas avoir déjà tant d’évêques en Gaule.

On sait que vers 200 le pape envoya en Gaule sept missionnaires, qui furent alors les premiers évêques de grandes villes : Denys de Paris, Gatien de Tours, Trophime d’Arles, Saturnin de Toulouse, Austremoine de Clermont, Martial de Limoges, et notre Paul à Narbonne.

Le Martyrologe le qualifie d’évêque et martyr, avec cette mystérieuse phrase : à Narbonne, à la frontière de la Gaule, via Domitia hors de la Ville (la majuscule désigne habituellement Rome), déposition de s.Paul.

Que Paulus soit mort le 22 mars, ne pose pas de problème, mais vers 240, semblerait plus raisonnable.

Saint Paul de Narbonne est commémoré le 22 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Callinikos et Basilissa en Galatie

3e siècle

 

Callinikos pouvait être le domestique de Basilisssa ; ils habitaient en Galatie (act. Turquie C).

Ils visitaient les martyrs en prison, et furent à leur tour arrêtés, puis décapités.

Il est difficile d’avancer une date pour ce martyre : sous Trajan au 2e siècle ? sous Dèce vers 250 ? 

Saints Callinikos et Basilissa sont commémorés le 22 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Basilios d’Ancyre

† 362

 

Ce prêtre Basile, qui vivait à Ancyre (act. Ankara, Turquie), était rempli de zèle pour propager la doctrine juste de l’Eglise. Le concile de Nicée (325) s’était achevé sur une condamnation de l’arianisme, et Basilios se donna entièrement à la prédication.

En outre, la sainteté de sa vie ajoutait de la force à sa parole, et nombreux étaient ceux qui se ralliaient ainsi à la Vérité.

C’était un combat de tous les jours ; les opposants de Basilios ne manquaient pas et cherchèrent à le déférer à l’empereur Constance ; or ce dernier, qui n’était pas un théologien, prit parti pour l’arianisme, et ensuite Julien fut l’apostat que l’on sait.

Basilios intensifia son apostolat à Ancyre, où les hérétiques le prirent en profonde aversion et finirent par l’accuser devant le proconsul.

Saturninus le fit étendre sur le chevalet et déchirer avec les ongles de fer. Basilios proclamait toujours sa foi contre les idoles païennes. On le présenta à Julien, qui passait par cette ville.

Basilios saisit l’occasion pour rappeler à Julien le christianisme de sa jeunesse : lecteur, il avait proclamé la Parole de Dieu aux croyants, et maintenant il la combattait. Basilios annonça aussi à Julien qu’il mourrait bientôt, et douloureusement (Julien allait être blessé mortellement lors d’une bataille, trois ans plus tard).

Julien se montra terriblement vexé de cette audace et ordonna que l’on prélevât chaque jour sept aiguillettes de chair du corps de Basilios.

Peu de jours après, Basilios reparut devant Julien et lui lança une de ces aiguillettes, qui pendait encore à son bras. Julien ordonna de faire des incisions encore plus profondes, jusqu’à atteindre les organes internes de sa victime.

Julien une fois parti d’Ancyre, le bourreau se mêla d’intensifier les tourments de Basilios : il le fit percer de pointes de fer brûlantes.

Basilios finit par expirer, le 28 juin 362.

De concert avec les Grecs, les Latins fêtent Basilios au 22 mars, jour d’une probable translation de ses reliques.

Saint Basilios d’Ancyre est commémoré le 22 mars dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lea de Rome

† 384

 

Romaine, Lea était une maîtresse de maison : riche, somptueusement vêtue, elle avait ses nombreux domestiques pour exécuter ses ordres. Mais elle avait la foi.

Elle fut de ces pieuses Dames romaines qui se réunissaient autour de s.Jérôme (v. 30 septembre), pour en écouter les leçons sur l’Ecriture.

A la mort de son mari, elle oublia toute cette pompe et se confia entièrement à Dieu. Sa vie fut alors tous le contraire de ce qu’elle avait été jusque là.

Elle se retira dans un monastère de Rome, où on voulut lui donner la responsabilité de supérieure ; mais elle ne s’imposa que par son exemple silencieux, aidant les unes et les autres dans les occupations les plus basses. Coiffée on ne peut plus simplement, elle portait un habit tout modeste, qui couvrait d’ailleurs un dur cilice ; elle mangeait très simplement ; elle priait et passait des nuits en veille ; elle se choisit une cellule étroite, comme on l’aurait fait pour un prisonnier, elle qui était habituée aux grandes demeures.

Ainsi sanctifiée et pleine de mérites, elle rendit son âme à Dieu vers 384.

Sainte Lea de Rome est commémorée le 22 mars dans le Martyrologe Romain.

Benvenuto Scotivoli

† 1282

 

Benvenuto (Bienvenu) vit le jour à Ancône (Italie CE) quelque part au début du 13e siècle.

Il étudia le droit à Bologne et revint recevoir les Ordres à Ancône.

Ayant reçu la dignité d’aumônier pontifical, il fut en 1262 nommé archidiacre d’Ancône.

A cette époque, le diocèse d’Osimo s’était rallié au parti de l’empereur Friedrich Barbarossa et, pour ce motif, fut rattaché à celui d’Umana par une décision du pape Grégoire IX ; le même pape le mit alors sous l’administration apostolique de Benvenuto.

Ce dernier tenta d’apporter au diocèse un peu de la douceur du Pasteur éternel : il leva beaucoup de sentences d’excommunication, prêcha l’amour fraternel, et ramena le troupeau à l’obéissance au Chef de l’Eglise.

Benvenuto était un homme de paix, doux et humble. Avant d’être consacré évêque, il tint à revêtir l’habit franciscain et à être compté parmi les Frères mineurs. Pour lui, le meilleur moyen d’attirer les bénédictions du Ciel, était de rechercher l’humilité, la pauvreté, l’obéissance, et de prier sans cesse pour tous les péchés.

En 1264, il fut donc évêque effectif d’Ancône et, en 1267, fut chargé par le pape de gouverner aussi toute la région.

C’est à Benvenuto que revint l’heureuse mission d’ordonner prêtre Nicola de Tolentino (v. 10 septembre). Il s’employa à sauvegarder les biens ecclésiastiques, interdisant de les aliéner par plusieurs mesures. En 1274, il procéda à une réforme du Chapitre cathédral.

A l’heure de mourir, il demanda à être déposé à terre, dans la plus complète pauvreté.

Il mourut ainsi le 22 mars 1282. Sur son tombeau se produisirent beaucoup de miracles, suscitant un culte à Osimo dès le début du siècle suivant.

Benvenuto n’a jamais été canonisé «officiellement», mais saint Benvenuto est commémoré au Martyrologe le 22 mars.

 

 

Nicholas Owen

1550-1606

 

Né vers 1550 en Oxfordshire (Angleterre), ce laïc discret et immensément actif ne nous a rien laissé sur sa parenté, sa jeunesse.

Au regard de son activité au service des prêtres persécutés, on peut légitimement supposer qu’il était menuisier ou charpentier de métier.

On ne sait au juste quand, mais ce fut avant 1580, il entra dans la Compagnie de Jésus comme laïc ; on a même affirmé qu’il fut le premier Frère laïc anglais jésuite.

Il fut une première fois mis en prison en 1581, à la mort d’Edmund Campion (voir au 1er décembre), pour avoir ouvertement affirmé l’innocence de ce prêtre.

Libéré, il servit de tout son cœur les pères Garnett et Gerard pendant dix-huit ans. Il fut arrêté avec ce dernier, s’échappa de la Tour et, dit-on, aurait aidé l’autre à s’enfuir aussi. On l’arrêta fiinalement à Hindlip Hall (Worcestershire), alors qu’il se faisait passer pour le père Garnett.

On n’a pas pu compter le nombre de cachettes que Nicholas put arranger avec tant d’adresse pour protéger des prêtres dans toute l’Angleterre. S’il les avait révélées… 

Conduit au Marshalsea, puis de nouveau à la Tour, il fut soumis aux terribles interrogatoires (et tortures) de Topcliffe, suspendu par les bras à des anneaux de fer, puis avec d’énormes poids accrochés aux jambes, sans parler des autres tortures et mauvais traitements.

On raconta qu’il s’était suicidé dans sa prison, mais le père Garnett réfuta la calomnie : il mourut en prison des tortures qu’il y souffrit. Toute la vie de Nicholas fut marquée par une extraordinaire innocence, ainsi qu’une profonde prudence, qui lui permit de sauver la vie de beaucoup de prêtres.

D’après le récit du père Garnett, Nicholas était encore en vie le 3 mars 1606, et certains récits repoussent sa mort jusqu’au 12 novembre 1606.

Le Martyrologe le mentionne au 22 mars.

Il a été béatifié en 1929 et canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

François Chartier

1752-1794

 

François-Louis était né le 6 juin 1752 à Marigné (Maine-et-Loire).

Prêtre du diocèse d’Angers, il fut curé de Soeurdre, proche de Marigné.

Lors de la Révolution, il refusa de prêter le serment de la Constitution civile du clergé.

Une première fois arrêté, il fit appel de cette condamnation et entra dans la clandestinité, célébrant les Saints Mystères et administrant les Sacrements aux fidèles dans la plus grande discrétion, mais aussi en s’exposant à tous les dangers.

Repris en mars 1794, il fut guillotiné à Angers, le 22 mars 1794.

Il a été béatifié en 1984.

 

 

Bronisław Komorowski

1889-1940

 

Né près de Skorcz (près Dantzig en allemand, Gdansk en polonais), Bronisław fut tôt orphelin de père. Sa mère épousa en secondes noces Jan Fankidejski, qui lui enseigna l’histoire de la Pologne.

Le garçon étudia au Collegium Marianum à Pelpin. 

Il fit partie de la société secrète des Philarètes, cercles où l’on étudiait différentes matières avec ce sentiment unanime patriote pour la Pologne. 

Après avoir étudié la physique et les mathématiques, la médecine, les lettres et le droit, il poursuivit sa formation à Chelmno (Culm en allemand), moitié catholique et moitié protestante.

Il ressent alors la vocation au sacerdoce, en réponse au Kulturkampf laïc de la politique prussienne de Bismarck.

Ordonné prêtre en 1914, il est vicaire à Praust (actuelle Pruszcz, faubourg de Dantzig), une agglomération où se développait une intense industrialisation.

Nommé à Saint-Nicolas de Dantzig, rattachée de force à la Prusse mais polonaise, Bronisław enseigne l’histoire de la Pologne.

Au lendemain de la guerre, le traité de Versailles proclame Dantzig ville libre, mais cette ville est encore majoritairement allemande. C’était localement l’expression même du germe de la prochaine guerre.

En 1924, Bronisław change de faubourg et se retrouve à Langfuhr (aujourd’hui Wrzeszcz), où il fait construire une église nouvelle. Il y a là une école technique fréquentée majoritairement par des polonais (qui durent évacuer en 1939).

En 1933-1934, il est élu au parlement de Dantzig. La ville se reprend de l’après-guerre, et les habitants allemands voudraient se réunir à l’Allemagne, tandis que les Polonais s’y attachent où commencent d’émigrer vers le sud, d’autant plus que sévissent des lois anti-catholiques.

L’évêque confie la pastorale des Polonais à l’abbé Bronisław, avant de se retirer à Rome sur la pression nazie. Bronisław réunit les Polonais dans des cercles et des clubs culturels, religieux et sportifs.

Lors de l’invasion nazie le 1er septembre 1939, toute cette élite polonaise fut ratissée, quinze cents personnes arrêtées, et tandis que commençait la Deuxième Guerre mondiale, la ville de Dantzig «votait» son rattachement à l’Allemagne. 

L’abbé Bronisław fut arrêté, mis en prison à la Viktoriaschule, déporté à Stutthof, en même temps que l’abbé Marian Górecki. 

Ils y travaillèrent eux-mêmes, nuit et jour, à l’abattage des arbres, la construction des bâtiments du camp et la pose des vitres. S’ils chantaient en travaillant, ils étaient «punis». 

Le 22 mars 1940, ils furent tous deux fusillés le jour-même du Vendredi Saint, pour avoir célébré la messe la veille, le Jeudi Saint avec d’autres prisonniers. 

Rappelons que la ville de Dantzig fut rasée à 90%, faisant cent-mille morts ; les survivants, allemands, furent à leur tour expulsés par l’Armée rouge, et la ville fut de nouveau polonaise en 1945.

Ces deux prêtres ont été reconnus Martyrs de l’époque nazie, et béatifiés parmi les cent-huit Polonais en 1999.

A un ami qui lui demandait quels étaient ses sentiments dans les moments de grande humiliation (on songe aux mauvais traitements qu’il dut subir entre septembre et mars…), il répondit : Je me sens comme en chaire et je pense à faire une bonne prédication.

 

 

Marian Górecki

1903-1940

 

Né en 1903 à Poznan de Tomasz et de Petronela Szekiełdów, Marian reçut la Confirmation au terme de l’école primaire, et prit à l’occasion le deuxième prénom de Walent (Valentin). 

A dix-sept ans, il termina les études secondaires et partit à l’armée, volontaire dans la guerre entre Pologne et Russie.

Au retour de la guerre, il entra au séminaire archiépiscopal de Poznan. Il y était cérémoniaire.

Ordonné prêtre en 1928, il fut vicaire à Leszno, puis directeur de séminaire à Koźmin et Wolsztyn. Comme aumônier des scouts, l’abbé Marian était tout particulièrement attentif à la formation chrétienne des jeunes.

Il montra le même zèle dans le diocèse de Gdansk, qu’il rejoint en 1933. Il y est directeur de l’école polonaise Alma Mater, recteur de la chapelle Notre-Dame de Częstochowa, et aumônier au dépôt militaire de Westerplatte

Quand l’armée nazie envahit la Pologne le 1er septembre 1939, il fut arrêté dès le premier jour dans le ratissage des Polonais, en même temps d’ailleurs que son confrère, l’abbé Bronisław Komorowski (voir notice ci-dessus). 

Ils furent tous deux conduits à Stutthof, où ils travaillèrent eux-mêmes, nuit et jour, à l’abattage des arbres, la construction des bâtiments du camp et la pose des vitres. S’ils chantaient en travaillant, ils étaient «punis».

Le Jeudi-Saint 21 mars 1940, ils furent surpris à célébrer la Messe avec soixante-six autres prisonniers. On les fusilla le lendemain, Vendredi Saint 22 mars 1940, leur commun dies natalis.

Ils furent tous deux reconnus Martyrs et comme tels béatifiés dans le groupe des cent-huit Polonais martyrs de la période nazie, en 1999.

 

 

Clemens August Graf von Galen

1878-1946

 

Le comte (Graf) Clemens August avait pour père Ferdinand Heribert, député du parti centriste, et pour mère Elisabeth, née von Spree. Il naît au château de Dinklage (Land de Münster) le 16 mars 1878, onzième des treize enfants de ce noble couple.

Il fréquente le lycée des Jésuites à Feldkirch, fait des études de théologie à Innsbruck (1898-1903), revient au séminaire de Münster et devient prêtre en 1904. Il est nommé vicaire à Münster, où réside son oncle, Maximilian Gereon, évêque auxiliaire de Münster.

En 1906, il a charge d’âmes à Berlin. Pendant son séjour dans la capitale, il montre souvent son scepticisme devant l’ordre social moderne ; il critique la démocratie parlementaire de la République de Weimar. Il a une certaine activité politique dans l’aile conservatrice du Centre.

En 1919, Clemens August est nommé curé de Saint-Matthias à Schöneberg (qui est réunit à Berlin à partir de 1920).

En 1929, il assume la paroisse de Saint-Lambert à Münster. 

En 1933 Clemens August Graf von Galen est nommé évêque à Münster. Il a l’occasion de condamner ouvertement la politique antireligieuse du Parti Ouvrier Allemand National-Socialiste (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, NSDAP), et demande à l’épiscopat allemand une ferme prise de position contre le régime national-socialiste.

En 1936, il salue l’entrée des troupes allemandes dans la région du Rhin démilitarisée depuis le traité de Versailles.

Dès 1937 il appuie fermement la diffusion de l’Encyclique Mit Brennender Sorge de Pie XI, qui condamne sans appel le régime national-socialiste et la politique raciale.

En 1941 il tient trois homélies où il dénonce la confiscation des biens de l’Eglise, ainsi que les mesures d’euthanasie que les nazis avaient organisées à l’encontre des personnes handicapées dans le cadre de l’«action T4». Ces homélies sont largement diffusées en Allemagne, puis polycopiées par les Forces Alliées. Son attitude nettement opposée à la politique nazie le fait appeler, en Allemagne comme à l’étranger, le lion de Münster.

Durant la guerre, il critique continuellement la politique raciale et dénonce les efforts du régime nazi pour instaurer des fêtes et des rites païens. Les autorités voulaient l’arrêter et le mettre à mort, mais y renoncèrent pour ne pas porter atteinte à la loyauté des catholiques et des populations de la région de Münster pendant le conflit. A sa place, ils arrêtèrent vingt-quatre membres du clergé et dix-huit religieux, dont dix périrent.

Au lendemain de la guerre, Mgr Graf von Galen en appelle aux puissances victorieuses pour que soient traitées humainement les populations allemandes ainsi que les prisonniers politiques, ce qui lui vaut l’opposition des autorités militaires britanniques.

Clemens August Graf von Galen est élevé au cardinalat par Pie XII en février 1946. De retour de Rome, le 16 mars, il tient son dernier discours, devant les ruines de sa cathédrale. Le lendemain, il tombe malade et meurt à Münster, le 22 mars 1946.

Ce grand prélat sera béatifié en 2005.

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Published by samuelephrem - dans 03-mars
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