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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 23:00

14 MAI

 

I.

S Matthias (cf. Ac 15-26), apôtre mort à Jérusalem (ou en Éthiopie ?), dont les reliques seraient à Trêves, représenté avec hallebarde ou épée, et parfois même transpercé par celles-ci par allusion à son martyre.

II.

Stes Iusta, Iustina et Heredinavierges martyres en Sardaigne.

S Victor et ste Corona, lui, militaire, elle, jeune femme de seize ans et déjà mariée, martyrs en Egypte ; Victor eut les doigt brisés, fut jeté dans une fournaise ardente puis décapité ; Couronne fut écartelée après avoir été liée entre deux arbres qu’on avait inclinés, puis relâchés.

III.

S Maximos, martyr lapidé en Asie, peut-être à Ephèse.

S Isidoros, martyr à Chio ; il fut jeté dans un puits dont l’eau guérit les malades.

S Pontius, de famille sénatoriale romaine, martyr à Cimiez.

IV.

Ss Felix et Fortunatus, martyrs à Aquileia.

S Boniface, intendant débauché d’une riche romaine, venu à Tarse où, converti, il subit le martyre.

V.

S Aprunculus, évêque chassé de Langres et élu à Clermont, déjà mentionné le 4 janvier.

S Ampelius, forgeron égyptien, venu mourir près de Gênes, patron des forgerons. 

VI.

S Gallus, moine auvergnat, évêque à Clermont, oncle et maître de s. Grégoire de Tours. 

S Bévignat, ermite près de Pérouse.

S Boniface, évêque à Ferento.

VII.

S Gildéric (Joudry), écossais, ermite près de Exmes ; on l’invoque contre la fièvre.

S Carthage le Jeune (Mochuda), évêque à Lismore après avoir guidé plus de huit cents moines à Rathin.

S Erembert, évêque à Toulouse, qui finit sa vie à l’abbaye Saint-Wandrille.

X.

B Tuton, évêque à Ratisbonne, aveugle à la fin de ses jours.

XI.

S Halward (Harward), martyrisé en Norvège en protégeant une femme injustement accusée.

XIII.

B Gil de Vaozela, portugais, d’abord égaré dans la magie noire et la nécromancie, puis dominicain, provincial d’Espagne, retiré à Santarém au Portugal, mystique.

XIV.

Bse Julian de Norwich, mystique anglaise, recluse dès l’âge de treize ans.

XIX.

Bx Jeong Cheol-sang Carolus, Jeong In-Hyeok Thaddeus, Jeong Bok-hye Candida, Yun Un-hye Lucia, Choe Pil-je Petrus, laïcs coréens martyrs, décapités, béatifiés en 2014.

Ste Anne Thérèse Guérin (Théodore), française, fondatrice aux Etats-Unis de la Congrégation des Sœurs de la Providence, béatifiée en 1998, canonisée en 2006.

S Mixel Garikoitz, basque, fondateur des prêtres du Sacré-Cœur de Bétharram.

Bse Maria Domenica Mazzarello, fondatrice piémontaise de l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice, œuvre très liée à celle de s. Giovanni Bosco.

Matthias, apôtre

Ier siècle

 

Saint Matthias est cet apôtre qui fut appelé à occuper, parmi les apôtres, la place laissée libre par la trahison de Judas.

Au lendemain de l’Ascension du Seigneur, ainsi que le narre saint Luc dans le livre des Actes des Apôtres (Ac 1:13-26), ces derniers étaient assemblés à Jérusalem, priant et attendant la venue de l’Esprit Saint. 

C’est alors que Pierre, usant de l’autorité que lui avait conférée le Christ, prononça son premier discours comme Chef des apôtres, et visiblement inspiré, citant les psaumes 69 et 109, annonce qu’il faut procéder à l’élection d’un douxième apôtre. Humblement, Pierre ne nomme pas d’emblée celui qu’il pense être l’élu, mais il demande à l’assemblée des cent-vingt frères de présenter des candidats, répondant aux deux critères suivants : ils doivent avoir accompagné les apôtres depuis le baptême de Jésus par Jean-Baptiste - c’est-à-dire depuis le début de la vie publique de Jésus, et avoir été témoins de Sa résurrection.

Cela prouve que, outre les apôtres qu’avait choisis Jésus, d’autres aussi accompagnaient au moins fréquemment le groupe apostolique, en tout cas étaient en contact assidu avec eux, connaissaient leur vie et l’enseignement de Jésus, vivant dans une réelle intimité avec eux, même s’ils n’en avaient pas, ou pas encore, la dignité reçue par l’appel du Christ. C’est d’ailleurs également dans leurs rangs que Jésus avait choisi les soixante-douze autres disciples, qu’il avait ensuite envoyés deux à deux en mission, et c’est le même saint Luc qui le rapporte dans son évangile (Lc 10).

On peut légitimement présumer que les deux candidats présentés par l’assemblée ce jour-là, faisaient partie de ces soixante-douze disciples.

Là encore, les frères réunis n’osent pas choisir eux-mêmes, mais ils prient ; ils demandent à Dieu de montrer celui qu’Il a choisi et tirent au sort pour connaître la volonté divine. Ainsi est choisi Matthias.

Saint Jean Chrysostome a loué l’humble douceur avec laquelle l’autre candidat, Joseph Bar Sabbas accepta ce choix. Dans l’Écriture, il disparaît totalement. Un témoignage de Papias, recueilli par l’historien Eusèbe, affirme qu’il aurait appartenu aux soixante-douze disciples, et que plus tard, il aurait bu un poison mortel mais qu’il n’en éprouva aucun mal. Ajoutons qu’au IXe siècle, s.Joseph Bar Sabbas fut introduit dans le Martyrologe au 20 juillet, mais n’a pas été retenu dans la dernière édition du Martyrologe Romain, faute d’indices historiques certains.

Quant à Matthias, il fut donc mis au nombre des douze apôtres, dit saint Luc (ibid, 1:26).

On ne connaît rien de sûr sur Matthias. Le nom lui-même signifie “Donné”. Des Actes apocryphes affirment qu’il aurait été originaire de Bethléem, de la tribu de Juda et d’une naissance illustre, ce qui n’est pas invraisemblable, mais reste incontrôlable.

La Tradition n’est pas plus éloquente sur l’apostolat de Matthias. Il aurait évangélisé en Palestine même, ou en Éthiopie, aurait été martyrisé.

Ce qu’on dit de ses reliques peut aussi être reçu avec quelque doute. Le corps transféré par sainte Hélène au IVe siècle, était-il celui de l’apôtre, ou de l’évêque Matthias de Jérusalem mort au IIe siècle ? Est-ce bien le corps et le chef de l’apôtre Matthias que l’on conserve sous l’autel de Sainte-Marie-Majeure à Rome ? Comment se fait-il donc que le corps de l’apôtre se trouve également à Trèves et à Padoue ? Comme cela arrive très souvent, on possède sans doute quelques fragments du corps de l’apôtre, que l’on introduit dans une châsse de cire représentant le corps entier. Il serait fort utile, de nos jours, de procéder à une analyse minutieuse de ces diverses reliques, avec les moyens que la Providence nous permet d’utiliser.

Une autre incertitude a plané sur le dies natalis de saint Matthias. La Tradition est silencieuse aussi à ce sujet. Les martyrologes anciens ne le mentionnent jamais jusqu’au VIIIe siècle ! Ce n’est qu’à partir du IXe siècle que chaque apôtre a sa fête propre, et encore les Grecs ne le mentionnent pas, eux d’habitude si fidèles aux traditions, que l’Église a reprises dans l’élaboration du nouveau Martyrologe.

A partir du XVIe siècle, on finit par fêter le douxième Apôtre au 24 février ; enfin, lors de la dernière réforme du calendrier, il a été fort justement décidé qu’on le fêterait en mai, à un jour correspondant grosso modo à l’anniversaire de son élection au collège apostolique, proche de la fête de l’Ascension et avant la Pentecôte, et cette fête a été établie au 14 mai.

Toutes ces vissicitudes ne doivent pas nous induire à penser que “peut-être” saint Matthias n’aurait pas existé, ni même qu’il n’aurait eu qu’un rôle mineur au sein du collège apostolique. L’Écriture est formelle : son élection est tout-à-fait historique, et c’est le plus important.

Certainement, Matthias aura été très discret, très effacé, conscient de son indignité devant un tel choix divin. Mais il sera non moins certain qu’il aura été fidèle jusqu’au bout, fidèle au Christ, fidèle à l’Église et à saint Pierre.

 

Note. La bienheureuse Anna Katherina Emmerick dit que les deux candidats, Matthias et Joseph Bar Sabbas, n’avaient pas même pensé à être choisis, tandis que d’autres parmi les frères avaient bien ambitionné dans leur cœur cette “promotion”. Elle explique qu’à la dernière Cène, Jésus imposa les mains à quelques-uns des apôtres, et qu’au jour de la Pentecôte, Pierre imposa les mains aux autres, et ici particulièrement à Matthias. Ce dernier devait être un de ceux qui auraient accompagné Pierre à la piscine de Béthesda pour administrer le baptême. C’est là que Pierre prononça le discours de Ac 22:14-40, après lequel furent baptisées trois mille personnes. Plus tard, elle croit voir notre apôtre aux côtés de Pierre à Antioche. Elle les revoit tous autour de Marie au moment de son trépas : André et Matthias en préparent le sépulcre et vont l’ensevelir avec les autres apôtres. Bien sûr, ceci n’est pas vérité d’Evangile, mais ne semble pas non plus contredire l’Ecriture. 

 

 

Iusta et Heredina en Sardaigne

2e siècle

 

Il s’agit ici de deux vierges sardes, qui furent mises à mort pour la Foi, sous Hadrien.

Autrefois, on leur adjoignait Iustina.

Ce n’est que sous Constantin, deux siècles plus tard, que la liberté de culte devait être assurée.

Il ressort de certains livres anciens que Iusta, fille de Cleodonia, aurait subi le martyre avec ses deux servantes, Iustina et Henedina (sic).

Deux localités se disputent le lieu de leur martyre : Sassari, Cagliari. Les Vierges auraient été originaires de Cagliari, et martyrisées à Sassari.

Ce martyre a dû avoir lieu vers 120-135.

Saintes Iusta et Heredina sont commémorées le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor et Corona en Egypte

2e siècle

 

Victor, originaire de Syrie, était un soldat sous Antonin le Pieux et se trouvait en Egypte (le Martyrologe dit en Syrie, par erreur).

Le juge l’ayant invité à abjurer le Christ et à offrir de l’encens aux dieux, Victor s’y refusa. 

Il eut les doigts brisés, on le jeta dans une fournaise dont il sorti indemne au bout de trois jours, et fut décapité.

Corona, une jeune femme de seize ans déjà mariée à un soldat, manifesta de la sympathie pour le courageux Martyr et fut immédiatement arrêtée. On ne sait si elle était baptisée, mais elle déclara ouvertement qu’elle était chrétienne et prête à mourir pour le Christ.

On l’attacha à deux arbres dont on inclina les branches avec des cordes, puis on relâcha brusquement les cordes, provoquant la dislocation complète de ce jeune corps. Si Corona n’avait pas encore reçu le baptême par l’eau, elle le reçut par le sang.

Ce pouvait être vers 140-160, durant le règne de l’empereur Antonin.

Saints Victor et Corona sont commémorés le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximos d’Ephèse

† 250

 

Maximos était né à Ephèse, ou y vivait de son petit négoce. On le savait chrétien.

Quand parut l’édit impérial obligeant les Chrétiens à renoncer au Christ et à adorer les idoles, Maximos fut arrêté.

Les questions et réponses de ce «procès» nous sont parvenus dans leur forme originale du greffe. Voici quelques réparties de Maximos : 

Je ne sacrifie qu’au seul Dieu à qui je me félicite d’avoir toujours sacrifié depuis mon enfance.

Ces coups dont je suis frappé pour le nom de Jésus-Christ ne sont point des tourments, mais plutôt une onction.

Les coups en question étaient la torture du bâton qu’avait ordonnée le proconsul. Puis il fit étendre Maximos sur le chevalet pour y être déchiré par les ongles de fer ; on y alluma aussi un feu qui brûlait les chairs de Maxime, en même temps que la fumée l’étouffait. De guerre lasse, le proconsul le fit lapider en-dehors de la ville. Le texte parle d’une grêle de pierres.

On n’est pas sûr de la ville où eut lieu ce martyre ; certains parlaient d’Ephèse, mais le texte original mentionne seulement en Asie.

Saint Maximos d’Ephèse est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isidoros de Chio

† 251

 

Isidoros fut, dit-on, jeté dans un puits, à cause de sa foi en Jésus-Christ, en 251.

L’eau de ce puits fut miraculeuse.

Saint Isidoros de Chio est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pontius de Cimiez

† 258

 

Pontius était un Romain, de parents païens et de famille sénatoriale.

Il fit de bonnes études dans les lettres et la philosophie.

Il eut le bonheur d’entendre une psalmodie de l’office divin, qui le poussa à demander le baptême. C’est le pape Pontianus qui lui conféra ce sacrement.

Le néophyte convainquit bientôt son père et toute la maisonnée de recevoir à leur tour le baptême.

A la mort du sénateur, Pontius vendit tout son héritage pour se donner à la prédication. Il vint à Cimiez (proche de l’actuelle Nice). 

Pontius fut arrêté pour sa foi et sommé de sacrifier aux dieux, ce qu’il refusa catégoriquement. Il subit diverses tortures, suspendu à un chevalet et déchiré par les fouets, exposé aux bêtes - qui ne le touchèrent pas -, jeté sur un bûcher - qui s’éteignit -, enfin décapité.

Ce devait être en 258.

La ville de Cimiez fut rasée par les Lombards. Il existe dans l’Hérault une localité Saint-Pons-de-Thomières, dont le monastère abrita les reliques du Martyr.

Saint Pontius de Cimiez est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Felix et Fortunatus d’Aquileia

† 305

 

Il s’agirait ici de deux frères, martyrisés à Aquileia (Frioul, Italie NE), du temps de la persécution de Dioclétien.

D’après la tradition, ils furent successivement écartelés sur le chevalet et brûlés par des torches ardentes, qui s’éteignirent aussitôt. Puis ils eurent le ventre brûlé avec de l’huile bouillante, et furent enfin enfin décapités.

Saints Felix et Fortunatus sont commémorés le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

Nota. Au 23 avril étaient mentionnés trois Martyrs, Felix, Fortunatus et Achilleus, dont les Actes ont semblé fort suspects aux historiens. N’aurait-on pas fabriqué des Martyrs pour l’église de Valence ? Les saints Felix et Fortunatus d’Aquileia seraient devenus Felix, Fortunatus et Achilleus, passant de l’Italie à la proche Valence… On sait que les Martyrs d’Aquileia étaient très connus en Gaule, puisque Venance Fortunat y fait allusion. Ce n’est qu’une hypothèse gratuite.

 

 

Aprunculus de Langres-Clermont

† 491

 

Aprunculus (Abrunculus, Aproncule) était le fils d’un Bourguignon et d’une Auvergnate. Son nom semble signifier petit sanglier.

En 456, il devint le onzième évêque de Langres.

En 484, on ne sait exactement dans quelles circonstances, Aprunculus fut suspecté d’infidélité envers le roi burgonde, Gondebaud, qui l’expulsa, ou le menaça de mort. 

L’infortuné alla se réfugier à Clermont, auprès de l’évêque Sidoine Apollinaire (v. 21 août) ; ce dernier prophétisa que son successeur serait Aprunculus, ce qui arriva en effet, en 489. Aprunculus devenait maintenant le douzième évêque de Clermont.

Entre Langres et Clermont, Aprunculus eut un épiscopat de trente-cinq ans.

Il mourut en 491, ou le 4 janvier ou le 14 mai : le Martyrologe présente en effet cette anomalie, qu’il mentionne le même Aprunculus à ces deux dates et dans des termes à peu près similaires.

Par respect pour le livre du Martyrologe, on a aussi gardé ici les deux dates.

Saint Aprunculus de Clermont est donc commémoré le 4 janvier et le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gallus de Clermont

486-551

 

Gallus naquit vers 486 à Clermont, fils du sénateur Georgius et de Leocadia, une descendante d’un Martyr, Vetius Apagathus (v. Martyrs de Lyon en 177, 2 juin). C’était donc une famille bien en vue, et chrétienne depuis longtemps.

Dans sa jeunesse, il fit plusieurs fois à pied le pèlerinage au sanctuaire de s.Julien de Brioude (v. 28 août) ; un jour qu’une épine lui avait blessé le pied, il en fut guéri, dit-il, grâce à l’intercession du Martyr.

Quand Gallus fut en âge, son père lui prépara un mariage digne de son rang. Gallus, qui ne l’entendait pas de cette oreille, se fit accompagner par un des esclaves de la maison et courut au monastère de Cournon.

L’abbé cependant, prudent, lui fit comprendre qu’il fallait le consentement de son père ; ce dernier répondit de façon très chrétienne : Que la volonté de Dieu se fasse plutôt que la mienne (cf. Lc 22:42).

Gallus avait une fort belle voix, étudiait volontiers, et surtout vivait intensément la vie monastique.

L’évêque de Clermont, Quinctianus, le fit venir à Clermont, en raison de cette belle voix ; puis le roi Thierry 1er se l’attacha : Gallus se retrouva à Cologne.

C’est dans cette ville qu’eut lieu un événement fameux, où Gallus faillit être martyr de son zèle : des païens avaient organisé une orgie dans un temple païen ; Gallus y mit le feu. Les païens cherchèrent à le tuer, mais il se réfugia bien vite dans le palais royal, et le roi calma ses sujets. Plus tard, Gallus se reprocha : Malheur à moi qui ne suis pas resté pour finir ma vie dans cette affaire.

En 525, mourut l’évêque de Cologne, Abrunculus, pour la succession duquel les habitants demandèrent Gallus, mais Thierry 1er refusa. Or Gallus se trouvait alors à Clermont, au moment de la mort de Quinctianus, et c’est lui qui vint en porter l’annonce à Thierry 1er. Gallus, encore diacre, fut alors désigné pour succéder à Quinctianus : il fut ordonné prêtre, puis alla à Clermont où il fut sacré évêque.

Il faut remarquer ici un flottement dans les dates. On lit en effet que Gallus aurait été nommé évêque en 486 ou en 525, un intervalle de quarante années durant lesquelles beaucoup de choses pouvaient se passer. Or on remarque quatre noms d’évêques entre 486 (mort de s.Sidoine Apollinaire) et 525 (mort de s.Quinctianus), qui posent problème aux historiens ; pourtant, des quatre, Aprunculus est connu (v. 4 janvier et 14 mai), Eufrasius est signalé en 515, Apollinaire II seul est inconnu, Quinctianus enfin est bien réel (v. 13 novembre). Il semble que la date de 525-526 soit la meilleure.

Gallus fut donc le seizième, et non le douzième évêque de Clermont.

Le nouvel évêque brilla par sa douceur et son humilité.

Un de ses prêtres s’emporta un jour contre lui. Celui-ci se contenta d’aller prier, l’autre demanda pardon, et Gallus lui annonça qu’il ne serait jamais évêque : en effet, le prêtre fut choisi pour l’évêché du Gévaudan, mais ne fut jamais sacré.

Gallus assista à plusieurs conciles : Clermont (535), Orléans (541 et 549). 

Des miracles furent attestés. Un prêtre malade arriva à se faufiler et à entrer, tout simplement, dans le lit de Gallus, et s’en trouva guéri. Lors d’un grave incendie dans le centre de Clermont, Gallus avança vers le feu avec le livre de l’Evangile, et le feu s’éteignit. Lors d’une grave épidémie de peste qui couvrait toute la région d’Arles, il refit le pèlerinage à Saint-Julien de Brioude, organisa des prières publiques, et le fléau cessa.

Au printemps 551, Gallus tomba malade et perdit tous ses cheveux et sa barbe. Il distribua une dernière fois l’Eucharistie à son peuple, et mourut le dimanche avant l’Ascension, 14 mai 551.

On connaît tous ces détails grâce à s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre), qui fut le neveu de Gallus.

Saint Gallus de Clermont est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Carthage le Jeune

555-637

 

Celui que l’anglais moderne appelle Carthage, s’appelait en irlandais Mo Chutu mac Fínaill, aujourd’hui Mochuda ; il naquit vers 555 dans la région de Munster (Irlande) ; son père s’appelait Fínall Fíngein, sa mère Finmed.

Il fut élevé par Carthage l’Ancien, lui-même disciple de s. Kieran (v. 5 mars).

En 580, il se bâtit une cellule à Kiltallagh en vue d’y mener la vie d’ermite. Il alla passer aussi une année à l’abbaye de Bangor.

Plus tard, sur l’avis de s.Colman (v. 6 juin), il fonda le monastère de Rathin pour lequel il rédigea une Règle, un réel monument de l’écriture en vieil irlandais ; y vécurent plus de huit cents moines. On ne prenait jamais de viande : toute la nourriture consistait dans les fruits de la culture des moines.

Vers 636, Carthage dut quitter ce monastère qu’il avait dirigé pendant quarante ans, parce que le roi l’expulsa, peut-être à cause de cette interminable controverse de la date de Pâques. Carthage alla fonder un autre monastère avec une grande école à un endroit qui s’appelait Magh-Sgiath, l’actuelle Lismore ; la ville qui s’y développa devint le siège du nouvel évêché de Lismore, dont Carthage fut le premier évêque. Il y construisit la cathédrale.

Il venait d’achever cette cathédrale, lorsqu’il mourut, le 14 mai 637 (ou 638).

La réputation de la sainteté et des miracles de Carthage fit de Lismore une ville sainte, à moitié habitée par des moines. Cette ville prit le nom de Lismore Mochuda.

La Règle de Rathin fut un peu mitigée au 11e siècle, et le diocèse de Lismore fut réuni à celui de Waterford au 14e siècle.

Saint Carthage le Jeune est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Erembert de Toulouse

† fin 7e siècle

 

Aucune date n’est certaine dans la vie de ce personnage édifiant.

Erembert naquit à Villiolicourt (Le Pecq, Pincerais, actuelles Yvelines), son frère s’appelant Gamard.

L’année de sa naissance se situe soit sous le règne de Dagobert Ier (629-639), soit sous celui de Clovis II (639-657).

Il entra à l’abbaye de Fontenelle, durant l’abbatiat de s.Wandrille, qui dura de 649 à 668 (v. 22 juillet).

Il fut nommé évêque de Toulouse sous le roi Clotaire III et la reine Bathilde, donc entre 657 (avènement de Clotaire III) et 664 (retrait de Bathilde à l’abbaye de Chelles).

Un des miracles retentissants d’Erembert fut que, lors d’un déplacement chez son frère à Villiolicourt, il arrêta d’un geste un immense incendie.

Peu après, il se retira à l’abbaye de Fontenelle, sous le nouvel abbé, Lambert, qui gouverna cette abbaye entre 666 et 678.

Erembert y mourut saintement.

Son frère Gamard entra à son tour à l’abbaye de Fontenelle, ainsi que ses deux fils, Namnacus et Zachée.

Saint Erembert de Toulouse est commémoré le 14 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gil de Vaozela

1184-1265

 

Gil était le troisième fils de Rui Pais de Valadares, gouverneur de Coimbra sous le règne de Sancho Ier de Portugal. Destiné à l’état ecclésiastique, il étudia à l’université de Coimbra, s’y distingua par ses talents et ses aptitudes précoces pour les sciences. Il fut donc pourvu de gros bénéfices même avant son entrée dans les ordres.

Passionné par les sciences profanes, il négligea le chœur, confia l’abbaye à son prieur et s’en fut étudier à Paris.

En route, il fut accosté par un inconnu qui lui proposa de lui enseigner l’alchimie, science qui lui procurerait tous les plaisirs et tous les honneurs de la terre. L’inconnu était Satan en personne, qui lui fit signer avec son sang une cédule ainsi rédigée : Je renonce au titre d’enfant de Dieu et je me soustrais à ses lois ; je renonce à ma foi et renie les vœux de mon baptême pour devenir l’esclave dévoué de Satan qui en retour me fera avoir les plaisirs et honneurs terrestres.

L’apprentissage de la science diabolique dura sept années, au terme desquelles Gil, parvenu à Paris où il fut encore plus brillant qu’à Coimbra, finit par rentrer en lui-même et désira changer de vie.

Il invoqua la Sainte Vierge ; rentré en Espagne, il rencontra la prieur du nouveau couvent dominicain à Palencia, auquel il se confessa et exprima le désir d’embrasser là la vie religieuse, dans l’obscurité, l’humilité et la pénitence. Pour la vérité historique, il semble qu’il eût déjà fait connaissance de l’ordre dominicain à Paris.

La conversion de Gil fut très sincère. Il s’efforça de surpasser tous les confrères par son ardeur au travail, par une prompte obéissance et un silence rigoureux. Il expia ainsi par une rude pénitence tous les péchés qu’il avait commis.

Il fit profession en 1221, fut provincial d’Espagne de 1234 à 1245, enfin envoyé au couvent de Santarém (alors Scallabis) en Portugal, où il devait finir ses jours.

Ce ne fut pas sans épreuves. Satan le poursuivait, cherchant à le pousser au désespoir en lui rappelant l’horrible donation de son âme faite par écrit. Gil pria Marie : après sept ans d’austères pénitences, il obtint que Marie arrachât à Satan la fameuse cédule. Enfin Gil fut en paix.

Il fut employé avec grand succès au ministère des âmes : il était merveilleusement doué pour toucher les pécheurs endurcis.

Réélu provincial en 1257, il préféra abdiquer en raison de son grand âge et passa ses dernières années à Santarém, favorisé du don des extases et des prophéties.

Gil mourut en la fête de l’Ascension, le 14 mai 1265, jour auquel il est inscrit au Martyrologe Romain.

Il a été béatifié en 1748.

 

 

Julian de Norwich

1342-1416

 

Les dates de Julian, 1342-1416, sont approximatives. 

Toute sa vie se déroula à Norwich (Norfolk, Angleterre).

Recluse dès l’âge de treize ans, elle avait seulement une servante, et laissait entrer quelques visites.

Julian de Norwich est une âme mystique dont on connaît seulement une série de visions qu’elle dicta en 1373.

Elle contempla les souffrances du Christ et la bonté de Dieu : Je vis Notre-Seigneur Jésus languir sur sa Croix pendant longtemps, car sa divinité donna à son humanité la force de souffrir plus que tous les hommes ne le pourraient… Et ce fut pour les péchés de chaque homme qu’il souffrit ; et il vit les douleurs et les chagrins de chacun ; et, par bonté comme par amour, il les partagea.

Prudente, l’Eglise ne s’est pas prononcée sur ces visions, et n’a pas béatifié Julian.

La date elle-même du 14 mai est conjecturale.

Jeong Bok-hye Candida

? -1801

 

Jeong Bok-hye Candida est une laïque coréenne née non loin de Seoul (Corée du Sud).

Elle fut décapitée à Seoul le 14 mai 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Jeong Cheol-sang Carolus

? -1801

 

Jeong Cheol-sang Carolus est un laïc coréen né à Gwangju (Gyeonggi-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Jeong In-Hyeok Thaddeus

? -1801

 

Jeong In-Hyeok Thaddeus est un laïc coréen né à Seoul (Corée du Sud).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Yun Un-hye Lucia

? -1801

 

Yun Un-hye Lucia est une laïque coréenne, mariée, née au Gyeonggi-do (Corée du Sud).

Elle fut décapitée à Seoul le 14 mai 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Choe Pil-je Petrus

1770-1801

 

Choe Pil-je Petrus est un laïc coréen né en 1770 à Seoul (Corée du Sud).

Il fut décapité à Seoul le 14 mai 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Anne-Thérèse Guérin

1798-1856

 

Née le 2 octobre 1798 à Etables-sur-Mer (Côtes-d’Armor), Anne-Thérèse était l’une des quatre enfants de Laurent Guérin et Isabelle Lefèvre. De ces quatre enfants, deux seulement vivront : Anne-Thérèse et Marie-Jeanne ; l’aîné, Jean-Laurent mourut à deux ans et demi, le cadet à quatre ans et demi.

A cette époque, les horreurs de la Révolution n’étaient pas encore éteintes. Les prêtres et les religieux étaient encore poursuivis, les lieux de culte fermés. Un cousin séminariste vint se cacher chez les parents d’Anne-Thérèse : c’est ce cousin qui lui donna de si bons enseignements sur l’Ecriture Sainte et la Théologie.

Monsieur Guérin devint officier de la Marine sous Napoléon Bonaparte. Il était donc souvent absent, laissant toute la maison aux soins de sa fidèle épouse.

Anne-Thérèse reçut la Première Communion à dix ans, et confia à cette occasion au curé son désir d’être religieuse.

A quinze ans, elle fut orpheline de son père, abattu par des brigands près de Toulon, alors qu’il revenait à Etables en permission. La maman en fut très affectée, et c’est Anne-Thérèse qui assuma toutes les tâches domestiques, au point qu’à vingt-cinq ans seulement elle put suivre sa vocation.

En 1823 donc, elle entra chez les Sœurs de la Providence à Ruillé-sur-Loir (Sarthe) et prit à cette occasion le nom de sœur Saint-Théodore. Elle avait connu ces Religieuses lorsque l’une d’elles était venue aider le curé dans son village.

Elle fit la première consécration en 1825, et les vœux perpétuels en 1831. Elle n’était pas obligée d’émettre ces vœux, mais elle demanda à les faire.

Enseignante à Preuilly-sur-Claise (Indre-et-Loire), elle attrapa ce qu’on pense avoir été la variole, et en resta marquée tout le reste de sa vie, devant observer une diète sévère et permanente.

Ensuite elle sera supérieure à Rennes, où elle fit un travail très fructueux dans ce quartier livré à l’ignorance et à la délinquance. Et quand elle reçut l’ordre de quitter Rennes, ce fut la stupéfaction générale. Elle fut nommée alors à Soulaines (Angers), où l’inspection académique lui décernera une médaille pour son enseignement. Elle y prit également des leçons auprès d’un pharmacien et d’un médecin, pour être encore plus efficace auprès des malades qu’elle visitait.

En 1840, confiante au vœu d’obéissance plus qu’en ses propres forces, elle accepta de partir en mission aux Etats-Unis avec cinq Consœurs : elle sera fondatrice et supérieure de la communauté à Saint-Mary-of-the-Woods (Indiana) où elle ouvrira la première école catholique de filles du diocèse, prenant décidément le contre-pied du courant anti-catholique du temps.  

Devant le succès de ce travail, la jalousie grandit. L’école fut même incendiée. 

Même l’évêque, qui l’avait reçue, ne l’aida pas très efficacement : le «local» qu’elle trouva pour s’installer consistait en une pièce et un grenier de fermier, en pleine forêt. Et il fallait apprendre l’anglais ! 

La persévérance de Mère Théodore porta beaucoup de fruits. D’autres maisons suivront. 

Autre épreuve : l’évêque voulait être le supérieur de toute ces maisons. Même, il crut bon, pendant un temps, de l’excommunier, parce qu’elle n’acceptait pas les changements de la règle qu’il lui proposait. Ce n’est que l’évêque suivant qui leva cette excommunication.

En même temps, elle fut nommée supérieure générale des Sœurs de la Providence en Amérique.

En toutes ses charges, Mère Saint-Théodore se montra exemplaire dans son enseignement, ses dons divers, son aptitude à organiser, à affronter les difficultés les plus variées avec foi et espérance. En plus, elle développa de réelles dispositions pour la médecine et la théologie.

C’est aux Etats-Unis qu’elle mourra, le 14 mai 1856. A cette date, il y avait déjà quinze maisons, avec quatre-vingts sœurs, douze novices et vingt postulantes.

Elle a été béatifiée en 1998, et canonisée en 2006.

 

 

Mixel Garikoitz

1797-1863

 

Faisons une petite incursion dans le vrai Pays Basque, là où les fidèles habitants conservèrent jalousement leur foi chrétienne et pacifique.

Dans l’été 1796, se marièrent Eñaut Garikoitz et Gaxina Etcheberry : leur premier enfant naquit le 15 avril 1797, à Ibarre (Iholdy, Bayonne, Pyrénées-Atlantiques), et reçut au baptême le prénom de Michel, Mixel en basque.

On n’a pas retrouvé trace de ce baptême dans le registre paroissial : un oubli certainement dû à la difficulté des temps révolutionnaires. Il n’y avait pas même de curé dans la paroisse à ce moment-là.

Cinq enfants suivirent Mixel : Joanes, Manex, Paulo, et les deux jumeaux Bernat et Maria ; Bernat ne vécut que quatre mois.

Enãut et Gaxina étaient de très modestes paysans. Dès qu’il fut en âge, Mixel garda les brebis. A la maison, il «célébrait» sur un coin de la table de cuisine, avec deux bouts de chandelles comme bougies et un tesson de pot cassé en guise d’encensoir.

A dix ans, il fut placé pour deux années comme domestique dans une maison. Sans grande instruction que les bons enseignements de sa maman et de sa grand-mère, il dut attendre quatorze ans pour recevoir la Première communion. Dès lors, il n’eut qu’un grand désir : devenir prêtre.

Pour payer ses études, les parents ne négligèrent rien, mais Mixel y mit du sien aussi par son ardeur à l’étude : il fut élève à Saint-Palais, puis à Bayonne, à Aire-sur-Adour et Larressore.

A Bayonne,  Mixel rendait service au secrétaire de l’évêque en promenant son petit chien ; c’était sa seule sortie dehors, mais il avait toujours un livre à la main pour ne perdre aucun instant.

Au petit séminaire d’Aire-sur-Adour, il fut condisciple d’Edouard Cestac (voir au 27 mars). D’eux un autre confrère disait plus tard : Dieu m’avait donné un grand bonheur : à ma droite, j’avais saint Garikoitz, à ma gauche  saint Cestac. 

Mixel reçut les Ordres mineurs et majeurs entre juin 1822 et décembre 1823.

Il fut d’abord vicaire à Cambo (qu’on écrit Kanbo en basque) pendant deux ans, puis directeur du séminaire de Bétharram à partir de 1825. Cette maison qui était dans un état cruel d’abandon spirituel, redevint une maison sainte grâce à la douceur persévérante de Mixel. 

En même temps, Mixel fut trente ans l’aumônier des Filles de la Croix, qui étaient plus de mille. Cette congrégation avait été fondée par sainte Jeanne-Elisabeth Bichier des Ages (voir au 26 août), envers laquelle Mixel conserva toujours une humble et profonde reconnaissance pour les salutaires conseils qu’elle lui prodigua.

C’est à Bétharram qu’en 1841 il fonda la congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur, dont les établissements scolaires se multiplièrent sur place et jusqu’en Amérique du Sud, auprès des Basques émigrés.

Le père Mixel Garikoitz mourut, chargé de bonnes œuvres, le 14 mai 1863, au soir de l’Ascension.

Il fut proclamé bienheureux en 1923 et canonisé en 1947.

 

 

Maria Domenica Mazzarello

1837-1881

 

Née le 9 mai 1837 à Mornese (Alessandria, Piémont, Italie nord-ouest), Maria Domenica était l’aînée des  sept enfants de Giuseppe et Maddalena Calcagno, d’humbles métayers.

En 1860, lors d’une épidémie, elle fut frappée par une grave tuberculose après avoir assisté des malades. Elle fut malade du 15 août au 7 octobre, mais en conserva des séquelles dans son physique et ne put retourner aux travaux des champs ; à cette période remonte une vision qu’elle eut, où elle se voyait entourée de nombreuses petites filles, et entendait une voix qui lui disait : Je te les confie. 

Elle apprit le métier de couturière et ouvrit avec une amie un atelier pour y former les jeunes filles, matériellement et spirituellement.

Ce fut le début d’une réelle petite communauté, appuyée par le bon curé du pays, qui en fit une Association des Filles de Marie Immaculée.

En 1864, saint Giovanni Bosco la rencontra et, en 1872, lui proposa son projet des Filles de Marie Auxiliatrice, la branche féminine de la congrégation salésienne. C’est ainsi que Maria Domenica et ses compagnes furent les premières Auxiliatrices de don Bosco.

Nommée supérieure, Maria Domenica se fit appeler Vicaire, car  la Supérieure, c’est Marie.

La maison-mère s’établit à Nizza Monferrato et c’est là que Maria Domenica y mourut, le 14 mai 1881, tout juste âgée de quarante-quatre ans.

Dans l’espace de ces dix années, l’institut féminin comptait déjà une trentaine de maisons - dont six en Amérique - et presque deux-cents Religieuses. 

La Fondatrice fut béatifiée en 1938. Le miracle, retenu pour cette proclamation, fut la guérison totale et durable, en 1916, d’une petite fille de quatre ans affectée de poliomyélite.

Maria Domenica Mazzarello fut ensuite canonisée en 1951.

Sa fête est au 14 mai.

 

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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 23:00

31 MAI

 

I.

La Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth (Lc 1:39-56).

Ste Petronilla, romaine patricienne, fille spirituelle de s. Pierre.

III.

S Hermias, soldat martyr à Comana.

Ss Cantius, Cantianus, Cantianilla et leur précepteur Protus, martyrs à Aquilée.

? S Crescentien, martyr à Porto Torres.

IV.

S Silvius, évêque à Toulouse.

VI.

S Paschase, diacre à Rome ; il eut l’erreur d’appuyer l’antipape, donc d’être schismatique, mais de bonne foi, de sorte qu’il sortit du Purgatoire sur les prières de s. Germain de Capoue.

X.

Ste Helmetrude, recluse à Iburg (XI.?).

XIV.

B Giacomo Salomoni, dominicain à Livorno.

XVI.

Ste Camilla (Battista) da Varano, abbesse clarisse à Camerino, mystique ; elle soutint la famille naissante des capucins ; canonisée en 2010.

Bx Robert Thorpe, prêtre, et Thomas Watkinson, laïc âgé, martyrs à York.

XVII.

B Nicolas Barré, prêtre à Paris, propagateur zélé d’écoles chrétiennes et fondateur des Sœurs Maîtresses de l’Enfant Jésus ; béatifié en 1999.

XVIII.

S Giacomo (Felice) Amoroso de Nicosie, capucin en Sicile après avoir été éconduit pendant dix ans ; modèle d’obéissance, il ne faisait rien sans permission, et demanda de mourir le 31 mai 1787, ce qui lui fut accordé ; canonisé en 2005.

XIX.

B Zhou Wenmo Iacobus, prêtre chinois, martyrisé en Corée, béatifié en 2014.

B Domenico Di Nicolantonio (Mariano de Roccacasale), franciscain italien, béatifié en 1999.

S Nowa Mawaggali, serviteur du roi ougandais, martyr, fêté le 3 juin.

 

Petronilla de Rome

† 90

 

Aurelia Petronilla, une Romaine de noble famille, descendait de Titus Flavius Petronius et était parente de la famille impériale des Flaviens. Elle aurait été sœur de lait de Felicula.

Elle était chrétienne. On la dit fille spirituelle de s.Pierre, qui l’aurait baptisée.

Petronilla rendait tous les services possible à s.Pierre, mais fut un jour prise de paralysie. On demanda à Pierre pourquoi il ne la guérissait pas : s.Pierre répondit que Petronilla était éprouvée dans sa santé pour le bien de l’Eglise, mais il la guérit pour montrer la puissance de Dieu ; Pierre lui aurait dit de «reprendre sa maladie», mais elle resta en bonne santé.

Par la suite, elle aurait été courtisée par le comte Flaccus, mais elle pria et jeûna avec sa sœur Felicula et mourut trois jours après, vers 90-96.

D’autres considérations - dont se fait écho le Martyrologe - voudraient faire de Petronilla une martyre, dans des circonstances que nous ignorons.

Il est sans doute erroné de rapprocher le nom de Petronilla de celui de Petrus, faisant de cette pieuse vierge la propre fille de Pierre, née de son mariage avant d’avoir été appelé par le Christ.

C’est aussi à cause de cette méprise, qu’on a rapproché Petronilla, fille de s.Pierre, de la France, fille aînée de l’Eglise, d’où la chapelle dédiée à sainte Pétronille non loin de la chaire de s.Pierre : on y invoque sainte Petronille comme patronne spéciale de la France. La lampe qui brûle dans cette chapelle, est entretenue aux frais de la France.

Sainte Petronilla de Rome est commémorée le 31 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hermias de Comana

† 3e siècle

 

D’après des Actes jugés suspects par les spécialistes, Hermias fut un soldat.

Chrétien, il refusa toute solde au moment de quitter l’armée, craignant que cet argent vînt de quelque rapine. On le somma de sacrifier aux divinités païennes, ce qu’il refusa également. 

Après de multiples tortures, il fut égorgé à Comana (Pont) ; c’est dans cette même ville que mourrait s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre).

Avant d’être exécuté, Hermias aurait aussi converti son bourreau, lui aussi martyrisé après Hermias.

Saint Hermias est commémoré le 31 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Silvius de Toulouse

† 400

 

Silvius devint vers 360 le quatrième évêque de Toulouse.

On le connaît surtout pour avoir voulu construire une belle basilique où il aurait déposé le corps du Fondateur du diocèse, s.Saturnin (v. 29 novembre).

Mais il n’eut pas le temps de la voir achevée et mourut vers 400, après une quarantaine d’années d’épiscopat.

Saint Silvius (ou Selve) de Toulouse est commémoré le 31 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Giacomo Salomoni

1231-1314

 

Giacomo Salomoni naquit à Venise (Italie NE) en 1231, de famille noble.

Il fut orphelin de père encore jeune et, tandis que sa mère entrait au monastère des Cisterciennes, fut élevé par sa grand-mère ; adolescent, il distribua tout son héritage aux pauvres et fut admis à dix-sept ans chez les Dominicains.

Giacomo fut prieur en divers couvents dominicains : Forlí, Faenza, San Severino et Ravenne, mais c’est à Forlí qu’il vécut surtout, sur sa demande explicite pour rester éloigné de sa patrie et, pendant quarante-cinq ans, fut favorisé d’extases et du don de prophétie.

Confesseur assidu, il lisait dans les cœurs ; on vit souvent une mystérieuse colombe voltiger au-dessus de lui ou se poser sur son épaule. Sa prière obtenait des guérisons, des miracles de tous genres. Il guérit plusieurs paralytiques ; sa charité lui mérita le surnom de père des pauvres.

Il est très connu pour avoir reçu en 1252 un certain Carino Pietro da Balsamo, qui venait d’avoir assassiné saint Pietro de Vérone, un autre dominicain, nommé inquisiteur par le pape pour la Lombardie (v. 6 avril). Convaincu du sincère repentir de Carino Pietro, Giacomo lui donna l’absolution et le reçut dans son monastère, où il mourut plus tard en odeur de sainteté (1293) et fut béatifié en 1822.

En 1282, eut lieu à Forlí une horrible bataille, où périrent beaucoup de soldats, surtout français. Giacomo se signala par son zèle pour aller leur donner une digne sépulture.

Lui-même souffrit de cancer les quatre dernières années de sa vie, et c’est la raison pour laquelle il est invoqué pour les cancéreux et contre les tumeurs.

Giacomo Salomoni mourut le 31 mai 1314 à Forlí ; son culte fut approuvé pour Forlí en 1526, pour Venise en 1617.

 

 

Camilla da Varano

1458-1524

 

Camilla naquit le 9 avril 1458 à Camerino (Macerata, Italie) de Giulio Cesare da Varano, seigneur de la ville.

Seules, les habitudes de l’époque permettent de comprendre la situation familiale de Camilla. Son père eut trois enfants de son épouse légitime, et au moins six autres (dont Camilla) d’autres unions. Camille était la fille d’une certaine Cecchina di Mastro Giacomo.

Elle fut élevée à la cour de son père, et reçut une éducation poussée : latin, lectures classiques, peinture, hippisme, musique, danse.

Le papa lui destinait évidemment un mariage dans la haute noblesse, mais c’était sans compter avec la prédication des Frères Mineurs, dont Camilla resta affascinée.

Dès l’âge de dix ans, elle apprit d’eux à verser au moins une petite larme chaque vendredi en souvenir de la passion de Notre-Seigneur. Elle persévéra dans cette pieuse habitude, jusqu’à désirer la vie religieuse, qu’elle détestait auparavant.

C’est ainsi qu’à vingt-trois ans, elle entra au monastère des Clarisses d’Urbino, pour y vivre la règle de sainte Claire dans sa plus stricte observance.

Camilla prit alors le nom de Battista.

Le papa, pour retrouver le voisinage de sa chère fille, fit construire un couvent de Clarisses à Camerino, et eut la satisfaction d’y voir arriver Sœur Battista, accompagnée de quelques autres Consœurs, portant sur leurs épaules une grand croix en bois.

Battista fut plusieurs fois élue abbesse.

En 1502, des agitations politiques firent que le père et trois frères de Battista furent assassinés ; son jeune frère n’échappa au massacre qu’en fuyant avec sa mère à Venise. 

Battista elle-même se réfugia un temps à Atri, avant de revenir à Camerino.

En 1505-1507, elle alla fonder un monastère à Fermo ; en 1521-1522, elle fut à San Severino Marche, pour y faire passer les religieuses à la réforme de l’observance.

Camilla-Battista fut favorisée de diverses expériences mystiques, de visions, en particulier du Christ souffrant dans sa passion, qu’elle décrivit dans divers ouvrages : Les douleurs mentales de Jésus, Instructions au disciple, Traité de la pureté du cœur.

Ses écrits influencèrent saint Filippo Neri (voir au 26 mai), la bienheureuse Hélène de Chappotin (voir au 15 novembre), le bienheureux John Henry Newman (voir au 11 août)…

Camilla Battista mourut à Camerino le 31 mai 1524 et fut canonisée en 2010.

 

 

Thomas Watkinson

?-1591

 

Thomas Watkinson naquit dans le Yorkshire (Angleterre).

Ce laïc catholique, avait peut-être reçu les ordres mineurs, mais en 1591, il était marié et même assez âgé. Il habitait Menthorpe et reçut chez lui le prêtre Robert Thorpe. 

Il fut arrêté en même temps qu’on vint arrêter Robert Thorpe au petit matin du dimanche des Rameaux.

Tandis que le prêtre fut hanged, drawn and quartered, Thomas, lui, fut «seulement» hanged, pendu, pour avoir reçu chez lui un prêtre catholique.

Son martyre eut lieu à York le 31 mai 1591 (le 15 mai selon certains) et il fut béatifié en 1987.

 

 

Robert Thorpe

1560-1591

 

Robert Thorpe naquit vers 1560 dans le Yorkshire (Angleterre).

Il gagna le Collège anglais de Reims en 1583, reçut le diaconat et la prêtrise en 1585, et fut immédiatement envoyé en Angleterre.

La veille du dimanche des Rameaux de 1591, il alla ramasser des rameaux verts pour célébrer cette fête. Quelqu’un le vit et le dénonça au juge de l’endroit qui, immédiatement, envoya arrêter Robert ainsi que son hôte, Thomas Watkinson, à Menthorpe.

L’arrestation eut lieu très tôt le matin des Rameaux, Robert était encore au lit.

Tous deux, Robert et Thomas, quoique plutôt timides, affrontèrent la mort avec profond courage. Robert fut condamné comme traître ; il fut hanged, drawn and quartered, selon la formule tristement habituelle.

Ce martyre eut lieu à York le 31 mai 1591 et Robert fut béatifié, avec Thomas, en 1987.

 

 

Nicolas Barré

1621-1686

 

Né le 21 octobre 1621 à Amiens, Nicolas était l'aîné des cinq enfants de sa famille. Les parents tenaient un commerce ; ils firent baptiser leur fils le 17 décembre 1621.

Il étudia chez les Jésuites et entra à dix-neuf ans dans l'Ordre des Minimes. En janvier 1641 il prit l'habit et fut ordonné prêtre en 1645.

Pendant dix ans il fut professeur de théologie et bibliothécaire du couvent sis place des Vosges à Paris (alors Place Royale).

En 1655 il fut nommé sacristain à Amiens, car sa santé faiblissait. 

S'étant refait, il fut envoyé à Rouen. Là, de 1659 à 1675, il fut conseiller spirituel et missionnaire dans les faubourgs. Il s'entoura de quelques personnes jeunes, garçons et filles, pour créer un mouvement d'éducation populaire à l'intention des enfants pauvres.

Le mouvement s'affermit et prit de l'ampleur. Des demandes affluèrent.

En 1662 s'ouvrit une première école à Sotteville-les-Rouen, et le petit groupe des jeunes filles s'organisa en communauté. Ce seront les Maîtresses Charitables du Saint Enfant-Jésus.

En 1675 il revint à Paris, tout en suivant le développement de ces petites écoles populaires.

C'est lui qui conseilla à Jean-Baptiste de la Salle au 7 avril) de “vivre pauvre avec les maîtres d'école”. Il était tellement bon conseiller, qu'on disait couramment Il faut l'amener au P.Barré.

En 1684, une de ses collaboratrices partit à Lisieux pour aider les sœurs Jouen à y ouvrir d'autres écoles.

Le père Nicolas mourut le 31 mai 1686.

Il fut béatifié en 1999.

Actuellement, les Maîtresses Charitables sont devenues deux familles distinctes : les Sœurs de la Providence de Rouen et les Sœurs de l'Enfant-Jésus Nicolas-Barré à Paris.

 

 

Giacomo Amoroso

1715-1787

 

Filippo Giacomo (Philippe Jacques) était né le 5 novembre 1715 à Nicosia (Sicile), dans une famille sicilienne, nombreuse et très pauvre, si pauvre qu’il ne fréquenta pas l’école et resta analphabète.

Le père, Filippo, était cordonnier, et envoya son garçon au meilleur atelier de l’endroit pour bien apprendre le métier. Giacomo y semait un esprit de piété, de dévotion, de respect de Dieu. Quand sonnait l’heure de l’office, il invitait les compagnons à prier le chapelet. 

A dix-huit ans il demanda à être admis comme frère au couvent capucin, mais on ne put le recevoir sous le prétexte qu’il ne savait ni lire ni écrire, mais aussi parce qu’il devait soutenir la famille par son travail. 

Il aurait peut-être pu apprendre au moins les rudiments à l’école des braves moines, qui apparemment avaient d’autres soucis à ce moment-là. Mais Giacomo n’avait qu’une idée en tête : vivre dans le recueillement avec Dieu. Il persévéra dans son idée, et sa persévérance porta des fruits.

Au bout de dix ans, après la mort de ses parents, il put entrer chez les Capucins à Mistretta. Il y prit le nom de Felice (Félix). Après une année de noviciat, il fit la profession religieuse et on l’envoya au couvent de Nicosia (Sicile). Il fut quêteur, chargé de demander l’aumône pour ses Confrères religieux, outre que jardinier, cordonnier, infirmier.

Chaque jour, l’âne du couvent, comme il se définissait lui-même, passait de maison en maison, frappant aux palais des riches, leur demandant de partager leurs richesses avec ceux qui avaient moins ; en même temps, il laissait toujours une parole douce, consolante, réconfortante. Chaque fois, il remerciait par ces mots : Que ce soit pour l’amour de Dieu.

Aux enfants, pour leur rappeler les Vérités importantes, il leur donnait qui une noix et trois noisettes pour illustrer le Dieu Un et Trine ; ou cinq fèves, pour les cinq Plaies de Notre-Seigneur, ou dix pour les Dix Commandements…

Au passage, il s’arrêtait pour donner un coup de main pour porter du bois et autre chose. Le dimanche, il visitait les prisonniers. Les malades, il allait les visiter jour et nuit, si nécessaire.

Mais le frère Felice faisait aussi des miracles : des malades guérissaient par sa prière, du grain avarié redevait sain… En outre, on constata son don de bilocation. Lors d’une épidémie à Cerami (1777), il se dépensa sans compter, et sans être contaminé par le mal.

Son supérieur pensait bien faire de lui imposer aussi de sévères humiliations, pour le faire monter encore plus dans la voie de la sainteté. Il le traitait de fra’ Scuntentu, ou hypocrite, ou de saint de la Mecque, à quoi Felice répondait invariablement Que ce soit pour l’amour de Dieu. Felice, de son côté, ne faisait absolument rien sans en demander la permission.

Ainsi se déroula cette vie toute simple, effacée, dans la pauvreté et la joie d’appartenir à Dieu.

Le 31 mai 1787, s’étant sentit bien mal, Felice demanda encore une permission à son supérieur : celle de mourir ! L’ayant obtenue, il s’éteignit ce jour-là, ayant encore une fois répété son Que ce soit pour l’amour de Dieu.

Dès 1828 commençait le procès de béatification. Giacomo - Frère Felice de Nicosia - fut béatifié en 1888, et canonisé en 2005.

 

 

Zhou Wenmo Iacobus

1752-1801

 

Ce prêtre était né en 1752 à Suzhou (Jiangsu, Chine) et, en Corée, s’appela Chu Mun-Mo

Il fut empalé à Saenamteo (Seoul) le 31 mai 1801, et fut béatifié en 2014.

 

 

Domenico Di Nicolantonio

1778-1866

 

Né à Roccacasale (Abruzzes, Italie centrale), Domenico était le benjamin des six enfants de Gabriele Di Nicolantonio et Santa D'Arcangelo, une famille rurale profondément croyante. Sa date de naissance reste un peu controversée : on trouve le 13 ou le 14 juin (ou janvier) 1778.

Domenico fut chargé de conduire les bêtes du troupeau aux pâturages.

Jeune, il vivait l'esprit franciscain, pratiquant la pauvreté. A vingt-trois ans il entra au couvent des Frères Mineurs d'Arisquia (1802), où il prit le nom de Mariano et restera douze ans, assumant les charges de menuisier (très apprécié), jardinier, cuisinier, portier.

Insatisfait dans ses aspirations, troublé par les agitations politiques qui conduisaient à des suppressions de maisons religieuses, il demanda son transfer à la retraite de Bellegra (Latium, Centre).

C'est là qu'il trouva le joie et la paix. Désormais il restera là pendant quarante ans, portier de son couvent, accueillant les pauvres, les pèlerins, répandant la joie de saint François, réconfortant, priant, traitant chacun comme il l'aurait fait pour Notre-Seigneur Lui-même. Quelque fois, ceux qui frappaient n'avaient pas les meilleures manières et même l'insultaient, mais frère Mariano ne perdait jamais son sourire et sa douceur.

On le trouvait de longues heures en contemplation devant le Saint Sacrement, tellement recueilli et replié sur lui-même qu'on croyait y voir “un tas de chiffons” (l'expression est d'un témoin). C'est d'ailleurs au pied de l'autel qu'on le trouva évanoui au soir du 23 mai 1866.

Il s'endormit dans la Paix du Seigneur le 31 mai 1866.

Dès 1925 on examinait le miracle, avenu en 1918, de la guérison rapide, totale et durable, d'un petit garçon de quinze mois, affecté d'une grave méningite encéphalite aiguë.

Domenico Di Nicolantonio – Mariano de Roccacasale - fut béatifié en 1999, en même temps qu'un de ses disciples et condisciples, Diego Oddi da Vallinfreda (voir au 3 juin).

 

 

Nowa Mawaggali

1851-1886

 

Nowa (Noé), chrétien de trente-cinq ans environ fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 31 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 23:00

30 MAI

 

II.

S Gabin, martyr à Porto Torrès.

IV.

Ss Basilios et Emmelia, parents des ss.Basile le Grand, Grégoire de Nysse, Pierre de Sébaste et Macrine.

S Venance, frère de s. Honorat (fondateur de Lérins) ; il voulait induire son jeune frère à la vie mondaine, et c’est lui qui se convertit.

S Isaac, abbé à Constantinople ; il demanda à l’empereur la réouverture des églises fermées par les ariens ; l’empereur Théodose l’estimait beaucoup.

S Hényque, palatin chrétien, martyr noyé dans l’Oronte à Antioche.

VI.

Ss Caïdoc et Fricor (VII.?), irlandais venus en Picardie, où ils convertirent s. Riquier. 

VII.

S Anastasio, évêque à Pavie, arien revenu à la fois catholique.

S Mauguille, irlandais venu en Picardie, fondateur des monastères de Lagny, Péronne et Montrelet.

S Gerebern, prêtre irlandais qui baptisa et protégea ste Dymphna dans sa fuite (cf. infra) ; martyrisé en même temps qu’elle, il est invoqué contre la goutte et les fièvres.

Ste Dymphna, vierge irlandaise, martyre à Géel où elle s’était réfugiée pour échapper à son père qui voulait l’épouser ; il la retrouva quand-même et la tua ; invoquée contre les affections nerveuses ou mentales. 

VIII.

S Hubert, évêque à Maastricht-Liège ; rendu patron des chasseurs pour les besoins de leur cause : en réalité on l’a invoqué contre la rage, donc pour soigner les chiens, et aider les chasseurs.

XIII.

S Fernando III, roi de Castille et de Léon, neveu de Blanche de Castille par sa mère, libérateur de l’Espagne du joug islamique.

XV.

Ste Jehanne d'Arc, chargée sur une apparition de faire libérer la France ; brûlée vive à Rouen comme hérétique, elle est patronne secondaire de la France.

XVI.

S Juan Diego Cuauhtlatoatzin, le voyant mexicain de l'apparition de Notre-Dame de Guadalupe, béatifié en 1990 et canonisé en 2002 (le 9 décembre au Martyrologe).

S Luke Kirby, prêtre, ainsi que les bx. William Filby, Laurent Johnson et Thomas Cottam, jésuites, martyrs à Londres.

Bx William Scott, bénédictin, et Richard Newport, prêtre, martyrs à Londres.

XIX.

S Matiya Kalemba Mulumba (c’est-à-dire “Fort”) Wante, martyr en Ouganda, fêté le 3 juin.

S Giuseppe Marello, évêque à Asti, fondateur des Oblats de Saint-Joseph, pour assister les évêques, béatifié en 1993, canonisé en 2001.

Bse Jeanne-Germaine Castang (Marie-Céline de la Présentation), clarisse à dix-huit ans et morte peu après à Talence ; on l’appelle la “Sainte aux parfums” ou la “Sainte de Bordeaux” ; béatifiée en 2007.

XX.

B Otto Neururer (1881-1940), prêtre autrichien, douxième enfant de sa famille, adversaire du nazisme, interné à Dachau puis Buchenwald, pendu (par les pieds) pour avoir baptisé un prisonnier, béatifié en 1996.

Gabinus de Porto Torres

† 130

 

Gabin aurait été martyrisé à Porto Torrès (Sardaigne) pour y avoir prêché l’Evangile.

Le culte en est très ancien.

Son corps est à Saint-Pierre de Rome, où il fut transféré par le pape saint Grégoire III au 8e siècle.

Il est honoré le 30 mai, mais le Martyrologe actuel le situe au 4e siècle.

 

 

Basilios et Emmelia (Césarée de Cappadoce)

† 355

 

Basilios était né près de Néocésarée (Pont, auj. Niksar, Turquie N).

Pour fuir la persécution, ses parents, qui virent leurs biens confisqués, s’étaient enfuis dans les forêts du Pont, et le petit Basilios y passa sept années. On connaît le nom de la maman : Macrina.

Basilios suivit la carrière du barreau et vint à Césarée de Cappadoce, où il ouvrit une école d’éloquence.

Il épousa une jeune orpheline, Emmelia, qui admirait les vertus de son fiancé. On la disait fille de martyr et sœur d’évêque.

Le couple répandit d’abondantes aumônes. Ils eurent dix enfants, dont cinq sont restés particulièrement célèbres : Macrine, qui se consacrerait (v. 19 juillet), Basile de Césarée, Grégoire de Nysse et Pierre de Sébaste (v. 1 janvier, 10 janvier, 26 mars). On connaît les noms d’une autre fille, Theosebia, et de deux autres garçons, Nicéphoros et Naucratios.

Basilios mourut vers 355. Emmélie fonda alors avec sa fille Macrine un monastère proche de Néocésarée, où elles vécurent désormais comme sœurs, dans l’unique amour de l’Epoux céleste.

Saints Basilios et Emmelia de Césarée sont commémorés ensemble le 30 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dymphna

7e siècle

 

Dymphna naquit au 7e siècle (ou peut-être au siècle suivant) en Irlande, d’un certain Damon, un prince encore païen, et d’une mère qui mourut quand l’enfant était en bas âge.

Il existe des variantes pour le nom de Dymphna : Dimpna, Damhnait, Damnat.

Les personnes qui s’occupèrent de la petite fille, étaient chrétiennes et purent faire baptiser Dymphna par le prêtre Gerebernus.

L’adolescente était une gracieuse jeune fille, dont les traits rappelaient étonnamment ceux de sa mère. Et comme son père ne trouvait pas de femme assez belle pour se remarier, il s’éprit de sa fille. Pour échapper à cet inceste, elle s’enfuit avec quelques compagnes et le prêtre Gerebernus qui l’aida à s’embarquer.

En Brabant où ils accostèrent, Dymphna et ses compagnes formèrent à Geel une petite communauté.

Mais le père, aveuglé par sa passion, fit entreprendre des recherches et découvrit le lieu de retraite de sa fille, qu’il alla trouver sur place. Dymphna réitérant fermement son refus, son père la décapita de ses propres mains, tandis que ses soldats décapitaient Gerebernus.

Dymphna fut inhumée à Geel et honorée comme vierge et martyre.

Les historiens n’accordent guère de crédit à cette histoire lamentable d’un père qui abat sa fille par passion aveugle : il n’en existe aucun document contemporain, mais seulement une tradition orale tenace.

On invoqua Dymphna pour les malades mentaux. Il y a d’ailleurs à Geel un hôpital psychiâtrique de renom.

Sainte Dymphna est commémorée le 30 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anastasio de Pavie

† 680

 

Anastasio était de famille lombarde, et de confession arienne.

Les tenants de l’hérésie l’avaient nommé évêque de Pavie, peut-être en même temps qu’un évêque non hérétique.

En 668 il reçut la grâce de la conversion, et cet hérétique fut le dix-septième évêque de Pavie.

En 680, il participa au concile romain convoqué par le pape Agathon pour préparer le sixième concile œcuménique, et signa la profession de foi commune.

Il mourut peu après, en 680.

Saint Anastasio de Pavie est commémoré le 30 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hubert de Liège

670-727

 

Hubert (Hugbertus) était peut-être un parent de Plectrude, l’épouse de Pépin II. Par recoupements, on pourrait le faire naître vers 670.

Il se maria, semble-t-il, et vraisemblablement son fils distingué nommé Florbert, était plus qu’un fils spirituel.

En 705, Hubert fut appelé à occuper le siège épiscopal de Tongres-Maastricht, siège qui fut transféré à Liège, peut-être même du vivant de Hubert.

L’action du nouvel évêque fut principalement de lutter contre les restes du paganisme dans la région. Des idoles furent brûlées, tandis que furent construits des sanctuaires en l’honneur des Martyrs.

Jusqu’ici on ne parle pas de chasse. Et l’on n’en parlera pas tout de suite…

Un peut plus d’un an avant sa mort, écrivit son biographe, Hubert se trouvait occupé avec des serviteurs, comme les Apôtres, à pêcher avec sa barque à Nivelle-sur-Meuse. Il advint qu’au moment où il tenait de sa main un piquet à enfoncer, un serviteur par erreur lui assena un bon coup de maillet, qui broya les doigts de l’évêque. Bien sûr, il pardonna le geste malheureux et involontaire, mais la douleur fut très intense.

Le lendemain, les serviteurs étaient de nouveau sur la barque mais, semble-t-il, l’évêque demeurait sur la berge, avec sa main si meurtrie. Le vent fit chavirer la barque et les serviteurs allaient se noyer ; l’un d’eux invoqua la Providence par les mérites d’Hubert et tous furent sauvés.

Hubert souffrit de sa plaie pendant plus d’une année. Il fut divinement averti de sa mort prochaine et s’y prépara dans l’ascèse et les aumônes. On l’appela pour la dédicace d’une église, qu’il alla célébrer ; il prêcha encore, notamment sur la nécessité de se préparer à la mort, qui frappe sans prévenir. Il participa au repas servi à l’occasion, et regagna enfin sa demeure à cheval, malgré la fatigue et la fièvre.

Au matin du 30 mai 727, il avait déjà prié l’Office divin intégralement avant l’aube. Entouré de ses proches (et de son fils Florbert), il dit encore le Credo et le Pater, puis s’endormit dans le Seigneur.

Son successeur fut le même Florbert.

On l’a compris, il ne s’est jamais agi de partie de chasse. Mais les habitants invoquèrent Hubert contre la rage, puis pour protéger les chiens de cette maladie, enfin pour les maîtres de ces bêtes, et donc pour les chasseurs.

La date du 3 novembre, à laquelle eut lieu un transfert des reliques, était fort à propos pour invoquer saint Hubert au moment de la chasse, et ce fut l’occasion de sonner la Messe de Saint Hubert avec les trompes sonores.

Saint Hubert de Liège est toutefois commémoré à son véritable dies natalis, le 30 mai, dans le Martyrologe Romain.

Fernando III

1199-1252

 

Fernando naquit à la fin de 1198 ou au début de 1199, du mariage d’Alphonse IX, roi de Léon, avec Bérengère, fille du roi de Castille. Du côté maternel, il était ainsi neveu de Blanche de Castille, mère du futur roi de France Louis IX, saint Louis.

Le pape Célestin III ayant déclaré nul le mariage d’Alphonse et de Bérengère, les deux époux, peu convaincus de l’empêchement qui s’opposait à leur union, hésitèrent longtemps avant de se séparer. Lorsqu’en 1204 ils s’y furent décidés, Alphonse IX garda près de lui ses quatre enfants, dont l’aîné Fernando devait recevoir, sous l’immédiate influence de son père, une éducation sérieuse et chevaleresque, bien en accord avec la foi chrétienne des princes espagnols.

L’enfant ne fut pas pour autant séparé de sa mère, qui eut une influence providentielle sur lui. A la mort de l’héritier de Castille, Bérengère devait de droit lui succéder, mais celle-ci fit immédiatement transférer la couronne à son fils aîné, en évitant soigneusement que Alphonse IX exerçât la moindre régence. Et c’est ainsi que Fernando fut couronné roi de Castille, à dix-neuf ans, en 1217. Fernando épousa deux ans après Béatrix de Souabe, qui devait lui donner dix enfants.

Fernando s’engagea à lutter contre les hérésies et à faire perdre chaque jour du terrain à l’islamisme qui, depuis plusieurs siècles, avait asservi l’Espagne à la domination.

Si Bérengère fut une excellente conseillère pour Fernando, ce dernier sut se montrer bon fils envers son père Alphonse IX, lequel pourtant ne se gêna pas pour manifester des attitudes hostiles envers son fils, notamment dans son testament, où il dépossédait Fernando de son droit au trône de Léon, au profit de ses deux filles Sancia et Dulcia, nées d’un premier mariage.

Quand Alphonse IX mourut, deux partis se formaient dans le Léon, mais Bérengère sut habilement convaincre les deux “héritières” de renoncer à toute prétention au trône, en faveur de Fernando. Celui-ci prépara ensuite des lois qui consacreraient l’union en un seul royaume des deux provinces de Castille et de Léon.

Fernando III s’adonna alors à la lutte contre l’Islam, par fidélité à la mission reçue de Dieu. En 1233, son armée, pourtant inférieure en nombre, l’emporta à Xérès sur l’immense armée des Maures débarqués d’Afrique. Cette victoire fut toujours regardée comme un effet de l’intervention miraculeuse de saint Jacques, vénéré à Compostelle. 

Peu après mourut Béatrix, sa chère épouse. Pendant trois ans, Fernando observa la chasteté la plus loyale. Mais encore une fois sur le conseil de sa mère, et par défiance pour ses propres forces, il épousa en secondes noces la française Jeanne de Ponthieu, que Blanche de Castille lui avait fait connaître.

Après Xérès, c’est Cordoue en 1236, le royaume de Murcie en 1243, Jaën en 1245, Séville enfin en 1248 après vingt-six mois de siège.

Cordoue était aux mains des Maures depuis plus de cinq siècles. De nombreux chrétiens y subirent le martyre, comme on pourra s’en rendre compte à la lecture du Martyrologe.

On signalera la magnanimité de Fernando lors du siège de Jaën : l’émir, reconnaissant son infériorité, demanda une entrevue avec le roi, et se déclara franchement son vassal. Fernando accepta royalement cette démarche, à laquelle l’émir répondra loyalement en lui envoyant des troupes pour combattre les Maures aux côtés des chrétiens.

La reine mère Bérengère mourut en 1246. Fernando lui-même, après avoir doctement instruit son fils Alphonse de ses devoirs de roi chrétien, mourut le 30 mai 1252, à la force de l’âge, pleinement consolé d’avoir achevé sa mission de reconquête du pays asservi depuis si longtemps aux Maures.

En 1671, le pape Clément XI déclara qu’on pouvait honorer Fernando III comme un saint, ce qui fait qu’il est inscrit au 30 mai dans le Martyrologe.

 

 

Jehanne d’Arc

1412-1431

 

Nul doute que beaucoup connaissent assez bien l’histoire de France pour savoir qui fut Jehanne d’Arc. On ne répétera sans doute pas tout ici, mais on va tâcher de résumer les traits importants décrivant la sainteté de notre héroïne.

Elle naquit vers 1412 en Champagne à Greux-Domremy. Maintenant Domremy est en Lorraine. Jehanne avait trois frères et une sœur. Son père était Jacques d’Arc et sa mère Ysabelle Romée.

Au Bois-Chenu, qu’on aperçoit de Domremy, des prophéties locales, auxquelles Jehanne affirma n’avoir jamais cru, annonçaient qu’une pucelle venant de ce bois ferait des merveilles. Toute jeune, Jehanne était pour le parti armagnac, et dit qu’elle eût voulu qu’on tranchât la tête au seul habitant de Domremy qui fût Bourguignon, si ç’eût été le bon plaisir de Dieu.

A treize ans, elle eut une Voix de Dieu pour l’aider à se gouverner : elle avait jeûné la veille, et voua alors sa virginité tant qu’il plairait à Dieu. Dès lors, la Voix ne cessa pour ainsi dire de la harceler : “Sois bonne enfant et Dieu t’aidera - Va au secours du roi de France - Il te faut aller en France”. Cette voix était accompagnée de la vision de saint Michel, de sainte Catherine et de sainte Marguerite.

Au début, Jehanne ne dit rien à personne. C’est en 1428 que la Voix fut plus pressante : “Va vers Robert de Baudricourt, en la ville de Vaucouleurs, afin qu’il te donne des gens pour t’accompagner.” Premier échec ; début 1429, le curé de Vaucouleurs vient même l’exorciser, à quoi elle proteste : “C’est mal fait à lui, dit-elle, car m’ayant entendue en confession il me pouvait bien connaître.”

Ayant annoncé à Baudricourt la défaite du roi à Harengs, survenue la veille, elle obtint alors son escorte. Quand on lui demande “Quand voulez-vous partir”, elle répond cette phrase qui la dépeint toute : “A cette heure mieux que demain ; demain mieux qu’après.”

Le 23 février 1429, vêtue d’habits masculins, les cheveux coupés en rond à la manière des jeunes garçons, Jehanne part avec Jean de Metz, Bertrand de Poulengy et Jean de Honnecourt. C’est le début  de la longue chevauchée.

Mars 1429 : à Chinon, Jehanne reconnaît le dauphin : “En nom Dieu, gentil prince, c’est vous et non autre.” A Poitiers, où elle est longuement examinée, elle répond avec hardiesse et parfois avec ironie : “En nom Dieu, les gens d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire. - Avez-vous du papier et de l’encre ? Écrivez : Vous, Suffort, Classidas et la Poule, je vous somme de par le roi des Cieux que vous vous en alliez en Angleterre. - Il y a aux livres de Notre-Seigneur plus qu’aux vôtres.”

Blois en avril. A Orléans, les Anglais doivent lever le siège, vaincus par l’entrain de Jehanne qui a bousculé conseils, capitaines et hommes de guerre. Jargeau, Tours, Loches, Beaugency, Patay, Auxerre, Troyes, Châlons, Reims enfin où est sacré le roi, le 17 juillet. Puis Soissons, Château-Thierry, Coulommiers, Crécy-en-Brie, Provins, Saint-Denis le 26 août. Elle est blessée, et le roi ordonne le repli sur la Loire, au grand désespoir de Jehanne que ses Voix ne conseillent plus en faits de guerre.

Le 29 décembre 1429, Jehanne et sa famille sont anoblies par le roi Charles : la famille du Lys ne disparaîtra qu’un siècle plus tard.

 Partie guerroyer à Melun, elle reçoit révélation qu’elle sera faite prisonnière avant la Saint-Jean (24 juin). A Lagny, à sa prière, un enfant reprend vie pour recevoir le baptême. C’est le 23 mai qu’elle est faite prisonnière à Compiègne. Le duc Jean de Luxembourg la visite avec dédain, et lui fait des outrages que le chroniqueur n’ose transcrire. Le calvaire commence. Les Voix l’invitent à “prendre tout en gré, car elle s’en ira en royaume de paradis.” A la centaine d’enfants qui l’entoure à Compiègne, elle dit : “Mes enfants et chers amis, je vous signifie qu’on m’a vendue et trahie ! Et que de bref je serai livrée à mort. Ainsi vous supplie que vous priiez Dieu pour moi, car jamais je n’aurai plus de puissance de faire service au roi ni au royaume de France.”

On sait que Jehanne n’osait se servir de son épée pour tuer, par délicatesse intime, quoiqu’elle entraînât valeureusement ses soldats à la victoire. Mais cette épée, elle la brisa sur le dos d’une prostituée qui était venue narguer les soldats dans le campement.

Jehanne était fervente, toute donnée à ses Voix. Elle restait parfois des heures, des nuits entières dans la prière d’oraison, sans multiplier les formules, mais en contemplant la volonté divine. Elle se confessait tous les deux jours, elle communiait deux fois la semaine. “J’aime mieux mourir que de commettre un péché mortel”.

Jehanne veut que soit accomplie la justice : elle ordonne que soit exécuté l’envoyé des Anglais, quand elle apprend que le sien a été mis à mort par l’ennemi contre toutes les lois de la guerre. Elle sait pardonner : un certain Glasdas l’avait insultée de la dernière façon, elle lui répondit : “Glasdas, Glasdas, rends-ti, rends-ti, au Rèy du Ciel. Tu m’as appelée… vilaine, mais grand pitié j’ai de ton âme et des tiens.” Après la défaite, elle fait rechercher parmi les noyés le corps de Glasdas pour le faire inhumer.

Une fois prisonnière, on la traîne de tous côtés. Jean de Luxembourg la tient trois jours au château de Clairoix, puis on l’emmène à celui de Beaulieu, de là à Beaurevoir. L’évêque de Beauvais la réclame alors, sous caution de dix mille francs-or. Fin septembre, à Arras ; mi-novembre à Rouen par le littoral : Derugy, Crotoy, Saint-Valery-sur-Somme, Eu et Dieppe. Au château de Bouvreuil, elle est liée et entravée dans une cage de fer, puis, après plusieurs semaines, attachée à une poutre par une chaîne, sous la garde de cinq hommes d’armes grossiers. On reprochera à Jehanne de refuser de quitter ses habits d’homme ; elle les quitta un moment, mais les reprit, expliquant à l’évêque qu’étant avec des soldats, il lui vaut mieux être ainsi, d’autant qu’on l’a trompée ne la mettant pas hors des fers, ni ne lui donnant messe ou sacrements : elle est alors accusée comme relapse.

Le procès se déroulera en plusieurs étapes, de janvier à mai, s’achevant après maintes péripéties, par la condamnation à être brûlée vive, comme hérétique et relapse. 

Six fois, dans la fumée, on l’entend crier “Jésus !”. C’était le 30 mai 1431, Jehanne avait dix-neuf ans.

Dans les cendres, on retrouva intacts le cœur et les entrailles, qui furent jetés à la Seine. Au XVIe siècle, il était question de quelques vêtements de Jehanne, qu’on a maintenant perdus. 

En 1454, la mère et les frères de Jehanne réclamèrent la revision du procès, qui fut cassé en 1456. Jehanne est béatifiée en 1909, canonisée en 1920, et inscrite au Martyrologe le 30 mai.

Cinq siècles après la mort de Jehanne d’Arc, Français et Anglais se retrouvèrent côte à côte à Orléans en 1929 lors des célébrations traditionnelles, les évêques anglais étant venus là avec l’ambassadeur d’Angleterre, pour fêter notre Héroïne.

 

 

Juan Diego Cuauhtlatoatzin

1474-1548

 

Juan Diego (Jean Jacques) naquit le 12 juillet 1474 dans la tribu mexicaine des Nahuas.

En réalité, son nom de naissance était Cuauhtlatohuac, qui signifie «aigle parlant», et il était originaire de Cuautitlán, une cité à vingt kilomètres au nord de Tenochtitlan (la future Cità de Mexico).

Cuauhtlatohuac embrassa le catholicisme vers 1525, lors de l’arrivée des missionnaires espagnols débarqués avec les premiers conquistadors. Il reçut le baptême, et le nom de Juan Diego.

Dès lors, il se retira dans une mission catholique, pour servir les pères franciscains à Tolpetlac.

En 1531, le 12 décembre, il se promenait sur une colline de Tepeyac, lorsqu’une belle Dame se manifesta et lui parla dans sa langue native, en nahuati. Elle lui demandait de construire sur cette colline un sanctuaire. Fidèlement, Juan Diego alla en parler à l’évêque qui, évidemment, demanda un signe quelconque pour s’assurer que cette manifestation était authentique.

De retour sur la colline, Juan Diego vit la même Dame, qui l’invita à cueillir des roses (en plein hiver !). Juan Diego en remplit son tablier et retourna voir l’évêque. Or, au moment où il ouvrit son tablier et que les roses tombèrent aux pieds du prélat, Juan Diego ne comprenait pas pourquoi l’évêque et son entourage, au lieu de regarder ces fleurs «miraculeuses», contemplaient comme en extase son petit tablier : c’est qu’ils y virent l’image de la Vierge Marie imprimée, justement celle qu’on vénère encore aujourd’hui dans le sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe.

Le sanctuaire fut construit, et attire des milliers et des milliers de Mexicains chaque année, mais aussi de très nombreux pèlerins étrangers.

Juan Diego resta au service de l’Eglise dans ce sanctuaire, jusqu’à sa mort, qui advint le 30 mai 1548.

Il a été béatifié en 1990 et canonisé en 2002.

Sa fête, inscrite au calendrier universel, a été établie à quelques jours de l’anniversaire de l’apparition, le 9 décembre et le Martyrologe le mentionne à cette date. Il devrait être inscrit au 30 mai.

Des observations et des recherches scientifiques furent effectuées sur l’image miraculeuse. On a remarqué que les couleurs de l’image sont restées comme à la surface du tissu, sans l’imprégner. Le tissu lui-même s’est étonnamment conservé depuis plusieurs siècles alors que, fabriqué avec des fibres naturelles, il aurait dû se décomposer depuis longtemps. On a pu également détecter dans les yeux de l’Image sainte l’attitude de l’évêque et de son entourage en position de vénération, avec une petite différence entre l’œil droit et le gauche, conformément à l’impression naturelle des images sur la rétine humaine, ce qui prouverait que l’Image est une véritable photographie, plus qu’un travail artistique comme le serait une icône, un peu comme le Saint Suaire de Turin.

On ne pourra que recommander la lecture des savantes études qui ont été faites sur cette sainte Image.

Lors des cérémonies, des demandes furent adressées au pape de ne pas procéder à cette canonisation, sous prétexte que l’existence-même de Juan Diego n’était pas suffisamment établie. Si cet homme n’a pas existé, la Vierge Marie a bien dû se manifester à quelqu’un, pour qu’on en conserve aujourd’hui un «signe» aussi étonnant.

On a aussi objecté que Juan Diego n’est pas mentionné pendant plus d’un siècle après la fameuse apparition de 1531, comme si l’humilité et la simplicité du Voyant auraient mieux fait de lui suggérer de signer des attestations officielles, avec tampons et en plusieurs exemplaires. Si l’on a mentionné le nom de Juan Diego vers 1650, c’est que la tradition orale a fidèlement transmis l’héritage de cet événement : un siècle est vite passé !

Luke Kirby

1549-1582

 

Né vers 1549 à Bedale (Yorkshire, Angleterre), il fut probablement diplômé de l’université de Cambridge.

S’étant converti au catholicisme à Louvain, il entra au collège anglais de Douai en 1576 et fut ordonné prêtre à Cambrai en 1577.

Ayant quitté Reims pour l’Angleterre en mai 1578, il retraversa la Manche pour aller à Rome au Collège Anglais (1579). En juin 1580, il débarqua à Douvres, mais fut immédiatement arrêté et conduit à Gatehouse (Westminster), puis à la Tour de Londres le 4 décembre. Là, le 9 décembre, on l’immobilisa pendant plus d’une heure sous les ordures.

Il fut condamné à mort le 17 novembre 1581. A partir du 2 avril jusqu’à sa mort, il fut dans les fers et subit le martyre le 30 mai 1582 à Tyburn (Londres).

Il a été béatifié en 1886, canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Thomas Cottam

1549-1582

 

Thomas naquit en Lancashire (Angleterre), de parents protestants, Laurence Cottam et Anne Brewer, et se forma au Brasenose College (Oxford) entre 1569 et 1572. Il vint à Londres comme instituteur. 

S’étant converti au catholicisme, il vint à Douai et fut ordonné diacre en 1577.

Il désirait beaucoup partir aux missions en Inde et pour cela vint à Rome pour entrer dans la congrégation des Jésuites. Son noviciat commença en 1579.

Cette même année, il tomba assez gravement malade et fut envoyé à Lyon pour être soigné. De là il gagna Reims, se jugeant apte à partir pour l’Inde, si sa santé se remettait après un petit voyage en Angleterre. Il fut ordonné prêtre à Soissons, en 1580.

Envoyé presqu’aussitôt en Angleterre, il fut trahi et immédiatement arrêté à Douvres. Un de ses compagnons de voyage réussit toutefois à tromper la surveillance et Thomas rejoignit Londres. Cependant, sachant son compagnon menacé, il vint se constituer.

On l’enferma d’abord à Marshalsea, où l’on croit qu’il célébra sa première Messe. Après avoir déjà subi quelques tortures, il fut envoyé à la Tour de Londres en décembre 1580, où il fut torturé sur le chevalet, ainsi que par ce qu’on appelait ironiquement la scavenger’s daughter : la victime était maintenue sous les immondices pendant une heure (ou plus).

Il comparut au tribunal le 16 (ou le 17) novembre, en même temps qu’Edmund Campion et quelques autres. Ils furent condamnés à mort, mais pour certains, l’exécution de la sentence fut reportée.

Thomas fut exécuté à Tyburn le même jour que Luke Kirby, William Filby et Laurence Richardson, le 30 mai 1582.

Luke Kirby fut canonisé en 1970 ; Thomas et les deux autres furent béatifiés en 1886, quand fut confirmé le culte qui leur était rendu depuis trois siècles.

 

 

Laurence Johnson (Richardson)

? -1582

 

Laurence (Lawrence) naquit à Great Crosby (Lancashire, Angleterre), de Richard Johnson ; on lui trouve les deux noms de famille Johnson ou Richardson, peut-être un pseudonyme qu’il prit pour ne pas compromettre sa famille. 

Il se forma au Brasenose College (Oxford) entre 1569 et 1572.

L’année suivante, converti, il vint à Douai et fut ordonné prêtre en 1577 à Cateau-Cambresis.

Envoyé la même année en Angleterre, il fut bien vite arrêté à Londres et mis en prison à Newgate, jusqu’à sa mise en accusation, le 16 novembre 1581, quand on l’envoya à la Queen’s Bench Prison. Condamné à mort le 17 novembre, il fut envoyé à la Tour, où il passa les deux premiers mois de cette incarcération sans rien pour s’étendre et dormir un peu.

Il fut exécuté à Tyburn le même jour que Luke Kirby, William Filby et Thomas Cottam, le 30 mai 1582.

Luke Kirby fut canonisé en 1970 ; Laurence et les deux autres furent béatifiés en 1886, quand fut confirmé le culte qui leur était rendu depuis trois siècles.

 

 

William Filby

1557-1582

 

William naquit en Oxfordshire (Angleterre), entre 1557 et 1560, et se forma au Lincoln College (Oxford).

En 1579 il fut admis au collège anglais de Reims et fut ordonné prêtre en 1581.

Envoyé la même année en Angleterre, il fut bien vite arrêté à Londres et mis en prison à la Tour, puis à Marshalsea, et renvoyé à la Tour. 

Condamné à mort le 17 novembre, il passa deux mois sans rien pour s’étendre et dormir un peu, chargé de fers.

Il fut exécuté à Tyburn le même jour que Luke Kirby, Laurence Richardson et Thomas Cottam, le 30 mai 1582.

Luke Kirby fut canonisé en 1970 ; William et les deux autres furent béatifiés en 1886, quand fut confirmé le culte qui leur était rendu depuis trois siècles.

 

 

Richard Newport

?-1612

 

Richard était né à Harringworth (Northamptonshire, Angleterre).

Il est aussi nommé Richard Smith.

Il fit des études à Rome et y fut ordonné prêtre en 1597.

Revenu exercer le saint ministère en Angleterre, il fut à Londres plusieurs années.

Deux fois banni, deux fois il retourna dans le pays clandestinement. Arrêté une troisième fois, il fut condamné à mort, en même temps que William Scott.

Richard Newport mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 30 mai 1612.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

William Scott

1579-1612

 

William était né vers 1579 à Chigwell (Essex, Angleterre).

Il reçut le baptême dans l’Eglise anglicane.

Ses études l’emmenèrent à Londres, à l’université de Cambridge (1593-1594), d’abord au Trinity College pendant un an, puis au Trinity Hall, où il appréciait l’excellent enseignement du Droit civil. Il eut son diplôme en 1600 et s’installa à Londres au Inner Temple comme avocat.

Bien qu’il considérât le Catholicisme comme une erreur, il lut un ouvrage de théologie catholique, dont certains arguments le convainquirent d’étudier la chose à fond : après deux années de réflexion intense, il décida d’intégrer l’Eglise catholique.

Un des artisans de cette conversion était un prieur bénédictin, John Roberts (v. 10 décembre). Ce dernier l’admit comme postulant, mais il fallait trouver un noviciat : William et quelques autres postulants, avec dom Roberts, se préparèrent à gagner Valladolid (Espagne). Mais au moment d’embarquer, ils furent arrêtés comme Catholiques.

Ce ne fut qu’un bref retard : on arriva à Valladolid et, de là, William fut envoyé au noviciat de l’abbaye de San Facundo, à Sahagún.

William prit alors le nom de Maurus, et fut ordonné prêtre en 1610.

Sur sa demande, on l’envoya en mission en Angleterre. Don Maurus s’arrêta au monastère Saint-Grégoire de Douai, pour se préparer à son ministère et arriva dans son pays en décembre 1610.

Ajoutons au passage que ce monastère de Douai a été transféré en Angleterre à Downside Abbey.

A peine arrivé, don Maurus apprit que don Roberts avait été arrêté ; il put le rejoindre le 9 décembre, la veille même de son exécution, à laquelle il assista le lendemain.

Don Maurus voulait récupérer le saint corps du Martyr : celui-ci avait été jeté dans une large fosse, avec seize autres criminels exécutés avec lui. Malgré la difficulté de l’entreprise et le danger qu’il courait, don Maurus réussit, deux jours après, à reprendre les restes de son cher ami, mais des gardiens le virent et le dénoncèrent. Le moine fut arrêté.

Il resta une année en prison, jusqu’à ce que l’ambassadeur de Savoir négocia le relâchement des prêtres catholiques emprisonnés. Don Maurus fut banni et envoyé à Douai.

Ce n’était pas fini : le zèle du moine le poussait à repartir. Il le fit. Mais il fut arrêté lors de la semaine de Pâques 1612, avant même de poser le pied à Londres, alors qu’il naviguait encore sur la Tamise.

A l’interroger fut l’ancien évêque anglican de Londres en 1610, maintenant archevêque de Canterbury, qui lui proposa une formule de serment de fidélité au Roi. Mais le texte était tourné de façon à jeter le discrédit sur le Pape et l’Eglise catholique, de sorte que le moine bénédictin proposa sa formule, où il affirmait toute sa fidélité envers le Roi, sans parler du Pape. Cette formule fut refusée, et il fut placé en isolement.

Son procès eut lieu le 28 mai 1612 à Old Bailey. Don Maurus plaida non coupable, démontrant qu’être prêtre ou pas était l’affaire du persécuteur, et non de la justice. Déclaré coupable, il accueillit à genoux sa condamnation à mort, chantant Deo gratias et affirmant avec joie qu’il était prêtre. Puis il expliqua à l’assistance qu’il n’avait pas admis jusque là son identité sacerdotale, uniquement pour voir si la loi allait être respectée, ou bien si plutôt il allait être condamné sur présomption de faute, sans aucune preuve. On voit combien le prêtre était habile à manipuler les textes du Droit.

Le matin du 30 mai, il apparut avec son habit de bénédictin et se déclara une fois encore fidèle sujet du Roi. On l’attacha à la queue d’un cheval, qui le tira par les rues jusqu’à  Tyburn. Sur place, il fit encore le récit de sa vie, de sa foi et de sa conversion ; il remit au bourreau les quelques pièces qu’il avait encore en lui disant : Tiens, mon ami, pour l’amour de moi. Je te les donne de grand cœur et je suis bien content de te pardonner ma mort.

William (Maurus) Scott mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 30 mai 1612.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

Matiya Kalemba Mulumba Wanté

1836-1886

 

Matiya (Mathias), chrétien de cinquante ans environ fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 30 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Giuseppe Marello

1844-1895

 

Né le 26 décembre 1844 à Turin, Giuseppe était l’un des deux enfants de Vincenzo Marello et Anna Maria Viale. Son frère s’appelait Vittorio.

La maman mourut dès 1847. Le papa déménagea à San Martino Alfieri, où Giuseppe fréquenta l’école primaire.

En 1855, revenant d’un pèlerinage à Savona, Giuseppe confia à son père qu’il voulait devenir prêtre. Il entra au séminaire d’Asti en 1856, qu’il quitta au terme des études secondaires en 1862.

Il gagna Turin, avec son père, pour faire des études technico-commerciales. Mais l’année suivante, il contracta le typhus ; une inspiration (ou une vision) de la Sainte Vierge lui suggéra de retourner au séminaire ; il demanda alors, et obtint, la grâce de la guérison rapide et complète. En février 1864, il réintégrait le séminaire d’Asti.

Il fut ordonné prêtre en 1868, et fut nommé secrétaire de l’évêque, en qualité de quoi il l’accompagna lors du premier Concile du Vatican. Après cette expérience, il fut responsable de la presse, directeur de la Doctrine chrétienne, directeur spirituel au séminaire et des Sœurs Milliavacca, chanoine de la cathédrale en 1881, et chancelier du diocèse.

Une de ses œuvres fondamentales fut la fondation en 1872 de la Compagnie de Saint-Joseph, qui évolua en 1878 en Compagnie de Saint-Joseph et qui eut plusieurs dénominations : congrégation de Saint-Joseph, Oblats de Saint-Joseph, ou encore Giuseppini d’Asti («Petits Joseph d’Asti»). Ces jeunes gens devaient apporter leur concours dans l’orphelinat local, mener une vie commune fraternelle, dans l’imitation de l’humble saint Joseph, à l’école de Jésus-Christ.

A partir de 1882, sur invitation de l’évêque, il assuma l’administration de l’hospice d’Asti ; il y ouvrit un collège.

Ses multiples responsabilités, ses initiatives dans le monde social et caritatif, l’ont fait compter parmi les «Saints sociaux» du 19e siècle piémontais : il connut particulièrement saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier), qui l’inscrivit parmi les coopérateurs salésiens, ainsi que saint Leonardo Murialdo (voir au 30 mars).

En 1889 il fut nommé et consacré évêque d’Acqui. Il visita les cent quarante-trois paroisses de son diocèse durant les six années de son bref épiscopat.

En 1890, le Collège théologique Saint-Thomas de Gênes le nomma docteur honoris causa en théologie.

La fatigue et la maladie abrégèrent cette vie très active. Mgr Marello mourut à Savone le 30 mai 1895, juste après y avoir célébré le 3e centenaire de la mort de saint Filippo Neri (voir au 26 mai).

Il fut béatifié en 1993 et canonisé en 2001.

Le miracle retenu pour cette canonisation fut la guérison subite, complète et durable - outre qu’inexplicable scientifiquement - de deux enfants affectés de broncho-pneumopathie avec fièvre, dyspnée, cyanose et dénutrition chronique.

 

 

Jeanne-Germaine Castang

1878-1897

 

Née le 23 mai 1878 à Nojals-et-Clotte (Bergerac, Dordogne), Jeanne-Germaine était la cinquième des onze enfants de modestes propriétaires terriens.

A quatre ans, une poliomyélite lui laissa la jambe gauche paralysée, probablement après qu’elle ait trempé ses pieds dans l’eau glacée du petit ruisseau proche de l’école. La Petite Maine fit ses études avec ses parents puis chez les Sœurs de Saint-Joseph, où on nota déjà sa grande dévotion à l’Eucharistie.

Le papa fit de mauvaises affaires, il tenta de trouver du travail comme boulanger à Bordeaux ; des onze enfants, trois moururent à Nojals-et-Clotte, deux autres à Bordeaux, des suites de tuberculose et malnutrition. La famille connut véritablement la misère. Jeanne-Germaine était allée mendier d’une ferme à l’autre, malgré la plaie béante et purulente qui affectait sa jambe.

L’aînée, Lucie, fut religieuse chez les Sœurs de Saint-Joseph à Aubenas.

Jeanne-Germaine fut en pension à Bordeaux ; elle fut opérée de son pied ; elle y prépara la Première communion et la Confirmation, puis dut revenir à la maison, après la mort de sa mère en 1892, pour s’occuper de son frère aîné, Louis, (qui allait mourir de tuberculose l’année suivante), tandis que son père trouve une place comme gardien de château à La Réole.

Sentant depuis toute petite l’appel à la vie religieuse, elle tenta de rejoindre sa sœur à Aubenas, mais ne fut pas acceptée en raison de son handicap. Elle se tourna vers la vie contemplative des Clarisses, et fut admise sans difficulté dans la communauté de Talence en 1896, sous le nom de Marie-Céline de la Présentation. Elle avait dix-huit ans.

A son tour, elle fut rongée par une tuberculose osseuse, qu’elle supporta avec patience tout en suivant l’austère règle des moniales.

Elle reçut des grâces extraordinaires, surnaturelles, dont elle s’ouvrit en toute simplicité et discrétion. Beaucoup de sources parlent de ces manifestations, sans jamais dire en quoi elles consistèrent.

C’est le 30 mai 1897 (quelques mois avant sainte Thérèse de Lisieux), que s’acheva cette vie marquée par la maladie et les épreuves. Jeanne-Germaine put prononcer ses vœux perpétuels sur son lit de mort.

Jeanne-Germaine venait d’avoir dix-neuf ans. Le même 30 mai de 1431 mourait aussi à dix-neuf ans une autre Jeanne, Jehanne d’Arc.

Par la suite Jeanne-Germaine se manifesta plusieurs fois par des odeurs très suaves, qui la firent nommer la Sainte aux parfums.

Déclarée vénérable le 22 janvier 1957, Jeanne-Germaine a été béatifiée en 2007.

 

 

Otto Neururer

1882-1940

 

Otto était le douzième fils d’un meunier, Peter Neururer et de son épouse Hildegard, née Streng. Il naquit juste le jour de l’Annonciation, 25 mars 1882, à Piller dans le Tyrol autrichien.

Il ressentit très tôt l’appel au sacerdoce et fréquenta, d’abord, le petit séminaire de Brixen puis le grand séminaire, et fut ordonné prêtre en 1907.

Il fut d’abord professeur de religion à Innsbruck, puis curé à Götzens.

C’est durant cette période qu’il eut l’occasion de s’opposer fermement au mariage d’une jeune femme avec un homme qui, reniant son baptême, adhérait aux rangs national-socialistes. Dénoncé, il fut arrêté par la Gestapo le 15 décembre 1938.

D’abord emprisonné à Innsbruck, il fut envoyé en mars 1939 au camp de Dachau, puis en septembre à celui de Buchenwald, près de Weimar.

Là, le père Otto continuait discrètement son apostolat auprès des camarades. L’un d’eux lui demanda le baptême. Bravant toutes les interdictions officielles, le père Otto, en compagnie d’un confrère, Matthias Spanlang, entreprirent l’enseignement et la préparation de leur catéchumène.

Dès que la chose se sut, on arrêta Otto, qui fut déshabillé et pendu le tête en bas. Il resta dans cette position douloureuse pendant trente-quatre heures, au terme desquelles il expira, le sang ayant envahi son crâne. Les bourreaux avaient en outre pourvu à bien envelopper ses jambes dans des peaux d’agneau, pour éviter de laisser sur les jambes des traces des cordes de la pendaison : on savait que le corps risquait bien d’être un jour ou l’autre remis à la famille ou aux autorités diocésaines, d’autant plus que Otto était la première victime autrichienne du camp de Buchenwald.

Un témoin oculaire, le père Alfred Berchtold (1904-1985), souligna que Otto, aussi longtemps qu’il fut conscient, continuait de prier doucement sans élever la voix. Le père Otto rendit l’âme le 30 mai 1940.

Quatre jours plus tard, on annonça à l’appel du soir que le père Spanlang était mort ; on suppose qu’il subit le même sort qu’Otto.

Ensuite le corps d’Otto fut incinéré et l’urne fut expédiée par la poste de Weimar à Innsbruck. La cérémonie des funérailles fut l’occasion d’une grande manifestation de foi. C’est là que Carl Lampert, le provicaire de l’administrateur apostolique de Innsbruck-Feldkirch, publia une annonce où il était dit “qu’on n’oublierait jamais sa mort”, ce qui lui valut à son tour l’arrestation, l’internement à Dachau et le martyre.

Otto Neururer a été béatifié en 1996, mais pas encore Matthias Spanlang, pour lequel une enquête est encore en cours sur les circonstances exactes de sa soi-disant “mort naturelle”.

Carl Lampert, en revanche, dont l’arrestation est liée au martyre d’Otto, a été à son tour béatifié en 2011 (v. 13 novembre).

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Published by samuelephrem - dans 05-mai
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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 23:00

29 MAI

 

III.

S Conon et son fils de douze ans, martyrs près de Iconium.

IV.

S Hesychius, serviteur du palais impérial à Antioche de Syrie, martyr.

S Maximinus, évêque à Trèves, poitevin d’origine ; il reçut s. Athanase durant son exil.

Ss Sisinnius, diacre, Martyrius, lecteur, et Alexander, portier, martyrs à Trento.

V.

S Exsuperantius, évêque à Ravenne.

S Senator, évêque à Milan. 

VI.

Ste Buriana, recluse irlandaise venue en Cornouailles.

VIII.

Ss Votus et Félix, ermites près de Saragosse, là où Votus retrouva le corps de s. Jean d’Atares.

X.

S Gérard, évêque à Mâcon, fondateur du monastère de Brou.

XIII.

Ste Bona, vierge à Pise, à la vie tout extraordinaire.

Bx Guillaume Arnaud et Bernard de Rochefort (prêtres dominicains), Etienne de Saint-Thierry et Raymond Carbonier (prêtres franciscains), le chanoine Raymond de Cortisan (Escriban), le notaire Pierre d’Arnaud, les clercs Bernard, Fortanier et Aymar, neuf inquisiteurs nommés par Grégoire IX, ainsi que le frère dominicain Garsias d’Aure et le prieur d’Avignonet (de nom inconnu), massacrés par les Albigeois dans le diocèse de Toulouse en 1242.

Bse Gherardesca, tertiaire camaldule à San Savino, où elle envoya aussi son mari. 

XVI.

B Richard Thirkeld, prêtre anglais martyr, pendu à York. 

XIX.    

Bx Gim Dae-gwon Petrus, Yi Il-eon Iob, Sin Tae-bo Petrus, Yi Tae-gwon Petrus, Jeong Tae-bong Paulus, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

XX.

B Joseph Gérard (1831-1914), français, missionaire des oblats de Marie Immaculée au Lesotho, surnommé “père des miracles” (Ramehlolo), béatifié en 1988.

Bse Julia Maria Ledóchowska (Urszula, 1865-1939), ursuline polonaise, sœur de la b. Maria Teresa (cf. 6 juillet), fondatrice des Ursulines du Sacré-Cœur de Jésus agonisant, béatifiée en 1983 et canonisée en 2003.

 

Conon

3e siècle

 

Saint Conon reçut le martyre en compagnie de son petit garçon de douze ans près d'Iconium en Lycaonie, où saint Paul s'était arrêté deux siècles plus tôt.

Ces deux Martyrs auraient été particulièrement torturés, d'abord étendus sur un gril arrosé d'huile au-dessus d'un brasier ardent ; puis on les fit passer par le chevalet et le feu, avant de leur écraser les mains.

L'actuel Martyrologe ne les a pas retenus, sans doute faute de documents historiques fiables. 

Ils étaient autrefois commémorés le 29 mai.

 

 

Hesychius d’Antioche

† 303

 

Hesychius servait au palais impérial d’Antioche de Syrie.

Lorsque l’empereur Dioclétien décréta (302) que ceux qui ne voulaient pas sacrifier aux dieux, seraient expulsés, Hesychius renonça immédiatement à sa place, pourtant si honorable.

Mais le co-empereur Maximien resta fort mécontent d’une telle audace ; il aurait préféré voir Hesychius apostasier. Il tenta de l’intimider par le ridicule, l’obligeant à revêtir une tunique de femme et à filer la laine dans le gynécée, ce qu’Hesychius accepta de faire tout simplement ; le bruit s’en répandit et on vint l’admirer.

Maximien, encore plus mécontent - car c’était lui qui, au fond, était ainsi humilié - se fit amener Hesychius, chercha à le gagner par de fausses promesses et, finalement, lui fit attacher à la main droite une grosse pierre, le fit lier et jeter dans l’Oronte.

Ce devait être en 303.

Saint Hesychius d’Antioche est commémoré le 29 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maximinus de Trèves

† 346

 

Maximinus serait né à Poitiers ou non loin (Mouterre-Silly, Vienne).

On ne sait pas pour quelle raison on le retrouve à Trèves, siège de l’empereur d’Occident. Là, il fut reçu dans le clergé.

En 329, à la mort de l’évêque Agritius, c’est Maximinus qui fut appelé à lui succéder, devenant ainsi le cinquième évêque de ce siège.

L’épiscopat de Maximinus fut marqué par la lutte contre l’arianisme. 

En 336-337, Maximinus accueillit avec respect et bienveillance l’évêque Athanase qu’on avait chassé d’Alexandrie, toujours pour la foi nicéenne opposée à l’arianisme. Athanase en resta profondément reconnaissant et plus tard parla de Maximinus en termes très élogieux, vantant la sûreté de sa doctrine.

Maximinus reçut aussi le patriarche Paul de Constantinople, lui aussi chassé de son siège.

Durant cette période si troublée à cause de l’hérésie et aussi de l’attitude de l’empereur qui voulait imposer sa discipline sans connaître les problèmes théologiques, Maximinus eut un rôle très décisif auprès des empereurs d’Occident, ce qui n’était pas le cas en Orient, où sévissait Constance.

Des formulaires circulaient en tous sens, essayant de formuler ou re-formuler la foi nicéenne en termes parfois approchants, parfois imprécis, parfois douteux. Maximinus en refusa une qu’on lui présenta en 341, sachant que ceux qui la lui présentaient avaient condamné Athanase. Maximinus prépara le concile de Sardique (343), qui fut plus houleux que théologique : des évêques orientaux le quittèrent et se permirent d’excommunier et le Pape, et Maximinus.

A Maximinus est attribué ce miracle que, son cheval ayant été attaqué et dévoré par un ours, l’évêque ordonna à l’ours de remplacer la bête et l’ours obéit.

Mais les ennemis de l’évêque ne se laissèrent pas convaincre par une telle merveille. Ils réussirent à faire expulser Maximinus de son siège. 

Maximinus vint se réfugier dans son Poitou d’origine et mourut vers 346, après dix-sept ans d’épiscopat.

Saint Maximinus de Trèves est commémoré le 29 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sisinnius,  Martyrius et Alexander de Trento

† 397

 

Vers la fin du 4e siècle, l’évêque de Trento (Italie NE) voulut conquérir au Christ des populations de son diocèse encore païennes, dans la région des Alpes Rhétiques.

Il choisit pour cette mission difficile un diacre, Sisinnius, auquel il adjoignit un lecteur, Martyrius, et un portier, Alexander.

Sisinnius au moins venait de Cappadoce (act. Turquie), mais peut-être les autres également. Martyrius était un ancien militaire.

Une petite question surgit ici : comment l’évêque n’envoya-t-il pas en mission au moins un prêtre, qui pût célébrer l’Eucharistie pour les autres non prêtres ? Pensait-il ordonner prêtre Sisinnius ensuite ? Mais en attendant…

Les trois missionnaires s’installèrent dans la région et construisirent une église. Malgré beaucoup de contrariétés, ils purent faire quelques conversions. Mais leur seule présence exaspérait la population, à plus forte raison l’église. 

Lors d’une fête païenne, on voulut obliger un néophyte récemment baptisé, à offrir des victimes aux dieux de pierre ou de bronze. Bien sûr, le néophyte refusa, et les missionnaires prirent sa défense.

Un païen frappa Sisinnius sur la tête avec un instrument de musique qui servait à leur cérémonie, et l’on flagella ses deux Compagnons. Le lendemain, l’église fut pillée et détruite de fond en comble.

Martyrius était en train de panser la tête de Sisinnius : ce dernier fut achevé ; Martyrius s’enfuit, fut promptement rattrappé, lié à un arbre et transpercé de flèches ; on voulut l’amener devant une statue pour l’honorer, mais il mourut en chemin. Quant à Alexander, on l’attacha aux deux premiers cadavres et on le traîna par les rues avec une cloche au cou comme une bête de bétail.

On jeta les deux corps de Sisinnius et de Martyrius sur un bûcher préparé avec les poutres de l’église ; Alexander, à nouveau battu et sommé de sacrifier, refusa encore et fut à son tour jeté sur le bûcher.

Ces atrocités se produisirent le 29 mai 397.

L’empereur voulut poursuivre les coupables et les châtier, mais les Chrétiens implorèrent leur grâce.

Saints Sisinnius,  Martyrius et Alexander sont commémorés le 29 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Senator de Milan

† 475

 

Senator serait né à Settala, aux environs de Milan (Italie N). 

On ne sait pas quelle fut sa formation, mais il fut très jeune admis dans le clergé et accompagna Abuntius de Côme (v. 2 avril) dans ses voyages.

L’une de ces pérégrinations fut, en 450, la misson confiée par le pape Léon 1er (v. 10 novembre) à Abundius et Senator, d’aller trouver le patriarche de Constantinople et lui remettre la condamnation d’Eutychès. Cette démarche préparait le concile de Chalcédoine (451).

Selon la tradition, lors de ce concile, on déposa au pied de la tombe de sainte Euphémie les deux textes, l’un de la doctrine d’Eutychès, l’autre de la doctrine authentique ; le lendemain, en ouvrant la tombe de la Sainte, on retrouva dans sa main gauche - signe de condamnation - le texte d’Eutychès.

Ce serait à la suite de ce miracle, que Senator aurait rapporté à Milan des reliques de sainte Euphémie et qu’il lui aurait dédié la basilique milanaise qui porte son nom.

Au retour de Chalcédoine, Abuntius et Senator eurent une nouvelle mission papale auprès de l’évêque de Milan, Eusebio (v. 8 août).

En 472, Senator fut appelé à monter sur le siège de Milan, dont il devenait le vingt-troisième évêque (d’aucuns disent vingt-et-unième, considérant comme incertains les deux premiers noms de la liste épiscopale).

Senator mourut en 475, après trois années d’épiscopat.

Un autre saint évêque, Ennodius de Pavie (v. 17 juillet), loua plus tard sa grande éloquence et sa sagacité.

Saint Senator de Milan est commémoré le 29 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Exsuperantius de Ravenne

† 477

 

Exsuperantius fut le vingtième évêque de Ravenne, ou plutôt le deuxième, compte tenu du fait que les dix-huit premiers siégèrent à Classe.

Il fut élu vers 468 et gouverna son diocèse pendant dix-neuf ans.

C’est pendant cette période que le roi Odoacre s’empara de l’Italie et de Ravenne.

Il mourut vers 477.

Saint Exsuperantius de Ravenne est commémoré le 29 mai dans le Martyrologe Romain.

Bona de Pise

1156-1207

 

Voici un récit vraiment extra-ordinaire, qu’un esprit trop rationaliste pourrait mettre au rang des histoires merveilleuses incroyables. Mais les documents historiques existent.

La naissance-même de Bona fut annoncée miraculeusement à un prêtre, nommé Giovanni, qui était alors étudiant à Paris : un ange l’avait pressé de retourner à Pise, où il deviendrait chanoine augustin et devrait recevoir une certaine Bona dans son ordre et la consacrer à Dieu.

Bona  vint au monde vers 1156 à Pise (Italie C), de Bernardo et d’une mère corse, Berta.

En 1159, Bernardo partit en voyage et ne revint pas. Epreuve bien dure pour une maman et sa petite fille (un certain Bouddha avait fait la même chose en son temps, abandonnant de nuit son épouse et son petit enfant, sans rien dire à personne, et prétendant ainsi être un «modèle» pour des millions d’hommes…). Ce que ne savait pas la petite Bona, c’est que son père avait eu, d’un premier mariage, trois fils ; elle devait en avoir révélation plus tard.

Courageuses, Bona et Berta continuèrent donc de vivre dans leur chaumière comme deux sœurs, partageant leurs joies et leurs travaux.

Or, elles dormaient dans une même pièce, mais quand Bona eut sept ans, elle fut avertie par le Seigneur d’avoir désormais à rester seule dans sa chambre : elle obéit, mais en supprimant couvertures et matelas, pour s’étendre sur de la paille. Elle se mit à jeûner trois fois par semaine au pain et à l’eau, s’habillant avec une modeste étoffe de poil de chèvre, qui couvrait une ceinture de fer qu’elle porta toute sa vie.

A la même époque, comme elle passait devant l’église du Saint-Sépulcre et qu’elle saluait le Crucifix, celui-ci se pencha vers elle et la bénit. Plus tard, dans cette même église, le Seigneur lui apparut, en compagnie de la Sainte Vierge, des deux autres Marie de l’Evangile (v. 24 avril), et de l’apôtre saint Jacques.

C’est donc vers cette époque que le prêtre Giovanni eut à recevoir Bona dans la vie religieuse. Bona s’installa dans une maison près de l’église. Un jour que Berta était venue voir sa fille, elles eurent une vision du Seigneur et de la Sainte Vierge, similaire à celle qu’avait eue Bona, mais Berta ne connaissait pas tous ces saints Personnages ! Le Seigneur lui parla, lui révéla que son mari Bernardo était vivant et que Bona devait aller le rencontrer, guidée par tous ceux qui étaient là : Berta n’y comprenait pas grand-chose et répondit seulement : Vous paraissez de bons étrangers ; je vous accorde ce que vous demandez, et voilà partie Bona avec sa sainte Compagnie.

Ils se rendirent en Palestine, où se trouvaient Bernardo et ses fils, l’un patriarche de Jérusalem, l’autre maître du Temple, le troisième dans l’Ordre hospitalier ; tous quatre eurent révélation de l’arrivée de Bona, mais ne s’en réjouirent guère, car ils détestaient les Corses ! Bernardo tenta même d’empêcher Bona de descendre du navire. Bona ne chercha pas à s’imposer et alla se réfugier dans la contrée, où elle rencontra un pieux ermite nommé Ubaldo, qui l’accompagna aux Lieux Saints.

Au carême suivant, le Seigneur annonça à Bona qu’elle aurait beaucoup d’enfants spirituels, et qu’elle devrait les aider par sa présence à se convertir, à se sanctifier. Le Seigneur lui remit alors l’anneau des Fiançailles mystiques.

Ubaldo l’informa qu’elle devait regagner Pise : elle partit, en passant par le lieu du Calvaire, où elle fut blessée et capturée par des Musulmans ; des marchands pisans la rachetèrent et la ramenèrent à son pays. Elle se retira dans une vie de recluse, dans la prière et la contemplation, et c’est alors que commença sa mission de mère protectrice. Nous sommes en 1175 : Bona a dix-neuf ans !

Neuf fois, elle fut envoyée sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, assistée de l’apôtre saint Jacques, pour accompagner les pèlerins durant ce long pèlerinage de plusieurs mois, mais elle alla aussi à Rome, à Saint-Michel du Mont Gargan, à Jérusalem. Sa mission maternelle était d’encourager les pèlerins, de les soigner dans leurs maladies, et surtout de les aider à ne pas se contenter de «faire un pèlerinage», mais principalement à prier et à se sanctifier vraiment.

Bona guérit un pèlerin blessé par un brigand (et convertit le brigand) ; elle fit passer les pèlerins sur une rivière dont le pont avait été détruit ; elle aida, avec saint Jacques, une brave personne de Pise à construire une église en l’honneur de saint Jacques, qui s’appela Saint-Jacques-di-Podio…

Elle lisait dans les cœurs, avertissait un confesseur de Pise du vrai état intérieur de ses pénitents, reprochait à un autre d’avoir l’intention de rédiger les miracles qu’elle accomplissait avec saint Jacques.

Deux ans avant sa mort, elle fut invitée par Jésus-Christ à retirer sa ceinture de fer et à la remettre au prêtre Giovanni, qui devait en faire une croix, mais le prêtre n’eut rien à faire : à peine eut-il chauffé le métal, qu’il se transforma en une croix magnifique, tandis que Giovanni était enveloppé d’une lumière éclatante ; de cette lumière se détacha une goutte de sang qui tomba sur la croix. Quel sens attribuer à ce prodige ? Bona fut sans doute la seule à comprendre.

Bona fit encore un dernier pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, dans des circonstances miraculeuses, car son corps était désormais bien affaibli par l’âge et les pénitences. Elle tomba malade peu avant son retour à Pise et les Religieux allèrent la chercher. Elle mourut le 29 mai 1207. 

La tradition a canonisé Bona, sans autre déclaration officielle de l’Eglise. 

Mais l’histoire de n’arrête pas là : au 20e siècle, le pape Jean XXIII (v. 3 juin) proclama sainte Bona patronne des hôtesses de l’air.

 

 

Avignonet (Martyrs d’)

1242

 

Le pape Grégoir IX avait désigné neuf prêtres et clercs pour prêcher la Vérité dans la région de Toulouse, infestée par l’hérésie albigeoise.

On a dit beaucoup de mal de l’Inquisition, à tort ou à raison. Les inquisiteurs n’avaient pas mission de «torturer», encore moins de faire mourir les hérétiques obstinés ; au pire, quand ces derniers refusaient encore d’abandonner leur erreur, même devant l’évidence des preuves apportées, ils étaient abandonnés au bras séculier, qui devait leur infliger une peine de prison, ou d’exil, et non les mettre à mort. Malheureusement l’Eglise s’en remit trop longtemps aux autorités civiles, qui firent trop de victimes (on en a dénombré un millier pendant tout le 13e siècle). Mais des recherches récentes ont constaté que la peine du feu fut moins fréquente qu’on a pu le croire.

Il faut mentionner que ces hérétiques n’en restaient pas aux idées, ils imposaient tout un style de vie à leurs disciples, qui se répercutait sur le quotidien et dégénérait en troubles sociaux.

D’autre part, en face de ces atrocités, il faut aussi rappeler qu’un certain nombre d’inquisiteurs furent sauvagement martyrisés par les hérétiques (voir la notice Pietro de Vérone)

Pour en revenir aux neuf inquisiteurs envoyés par le pape à Toulouse, il s’agissait de : 

  • trois dominicains : les deux prêtres Guillaume Arnaud et Bernard de Roquefort, auxquels s’ajouta un frère, peut-être pèlerin de passage, le frère Garsias d’Aure ;
  • deux Frères mineurs : Etienne de Saint-Thibery et Raymond Carbonier
  • un chanoine de Toulouse : Raymond de Cortisan, surnommé Escriban, chargé de rédiger les actes ;
  • trois autres clercs : Bernard de Toulouse, Fortanier et Aymar ;
  • un notaire : Pierre d’Arnaud ;
  • le prieur-curé d’Avignonet, dont on ignore le nom, moine de Saint-Michel-de-la-Cluse en Piémont, dont l’église dépendait ; étant présent, il fut méchamment inclus dans le massacre des inquisiteurs.

En 1235, la population expulsa Guillaume Arnaud, puis tous les autres Dominicains. Ceux-ci ne se donnèrent pas pour vaincus et revinrent prêcher en 1236, sans obtenir beaucoup de conversions, ni l’appui des autorités, civiles ou religieuses.

En 1241, ils repartirent en mission et s’installèrent au château d’Avignonet, propriété du comte de Toulouse. Mais le sénéchal du comte de Toulouse était complice du complot ourdi contre les inquisiteurs.

La veille de l’Ascension, 29 mai 1242, les inquisiteurs y furent surpris par une quarantaine de sicaires à la solde de Pierre-Roger de Mirepoix, aidés par vingt-cinq hommes armés venant de Gaja, et tombèrent sous les coups d’épée, tandis qu’ils chantaient des versets du Te Deum.

Une chronique contemporaine rapporte plusieurs faits concomitants :

  • la veille de ce massacre, une femme qui assistait à la messe vit le Crucifix s’animer, le bras droit ruisselant de sang, et lui adresser la parole : Va avertir le prieur qu’il place les reliques à cet endroit-là, lui montrant le côté gauche de l’autel.
  • un frère de Bordeaux eut la vision d’un retable de crucifix, au pied duquel étaient peints trois frères tués par des hommes armés (il y a justement trois Dominicains parmi les onze Martyrs).
  • une des victimes, Raymond Carbonier, vit en songe une couronne d’or, ornée de neuf gemmes, descendant du ciel sur la maison où logeaient les inquisiteurs, ce que Guillaume Arnaud interpréta comme l’annonce de leur assassinat prochain : Sachez que bientôt nous serons exterminés pour la foi de Jésus-Christ.

D’autres  signes parurent au même moment, à Toulouse, dans les environs et jusqu’à Barcelone.

Rome condamna évidemment le comte de Toulouse et ses alliés, à l’origine du complot. Montségur, considérée comme le noyau hérétique, fut assiégée en 1243 et la population se rendit en 1244 : deux cents cathares furent brûlés. 

Les nombreux miracles accomplis sur le tombeau des inquisiteurs les firent considérer comme martyrs par les Cardinaux et le pape lui-même dès 1243 et le Martyrologe les mentionne comme Bienheureux au 29 mai.

 

 

Guillaume Arnaud

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Guillaume Arnaud fut un prêtre de l’Ordre dominicain.

Lors du massacre d’Avignonet, il eut le crâne brisé et l’un des assaillants se vantera même de lui avoir arraché la langue.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Bernard de Roquefort

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Bernard de Roquefort fut un prêtre de l’Ordre dominicain.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Etienne de Saint-Thibery

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Etienne de Saint-Thibery ou de Saint-Thierry, fut un prêtre de l’Ordre des Frères Mineurs franciscains.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Raymond Carbonnier

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Raymond Carbonnier ou Carbonier, fut un prêtre de l’Ordre des Frères Mineurs franciscains.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Raymond de Cortisan

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Raymond de Cortisan fut un prêtre du diocèse de Toulouse, chanoine, archidiacre, surnommé Escriban, étant chargé de rédiger les actes des inquisiteurs.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Bernard de Toulouse

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Bernard, clerc du diocèse de Toulouse, était le secrétaire du chanoine Raymond de Cortisan, dit Escriban.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Pierre Arnaud

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Pierre Arnaud était notaire de l’Inquisition ; d’après le Martyrologe il était clerc, sans doute du diocèse de Toulouse.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Fortanier de Toulouse

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Fortanier était clerc, sans doute du diocèse de Toulouse. Il était présent comme appariteur ou huissier, avec Aymar.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Aymar de Toulouse

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Aymar était clerc, sans doute du diocèse de Toulouse. Il était présent comme appariteur ou huissier, avec Fortanier.

Il est commémoré avec ses dix Compagnons le 29 mai.

 

 

Garsias d’Aure

? - 1242

 

Lire la notice Avignonet (Martyrs d’)

 

Garsias d’Aure fut un religieux de l’Ordre dominicain, présent à Avignonet au moment du massacre du 29 mai 1242, mais n’appartenait probablement pas au groupe proprement-dit des inquisiteurs nommés par Grégoire IX.

Il est commémoré avec ses Compagnons le 29 mai.

Gherardesca della Gherardesca

1200-1260

 

Gherardesca était née vers 1200 à Pise (Italie centrale), de Gherardo della Gherardesca (ou, selon certains, d’Uguccionello di Castagneto).

A sept ans, elle quitta la maison de ses parents pour se réfugier dans un monastère et être dans une plus grande intimité avec Dieu.

Cependant sa mère venait l’importuner de ses larmes et la pressait de revenir au foyer familial. Gherardesca céda, ou plutôt voulut faire plaisir à sa mère en acceptant de se marier. Elle épousa «par obéissance» un certain Alfiero di Bandino.

Il se vérifia alors ce que l’apôtre Paul écrivait aux Corinthiens : La femme qui s’est mariée a souci des affaires du monde, des moyens de plaire à son mari (1Co 7:34) ; Gherardesca souffrit beaucoup de se trouver éloignée de son Epoux céleste, mais chercha à s’en rapprocher par beaucoup d’austérités, le jeûne, la prière, les veilles.

Finalement, ne pouvant avoir d’enfants, elle persuada son époux terrestre d’entrer dans le proche monastère camaldule de San Savino ; elle distribua aux pauvres tout son héritage et obtint pour elle une cellule proche du même monastère où, comme tertiaire, elle passa le reste de ses jours dans la prière et la louange continues.

Elle fut favorisée de très jombreuses visions, révélations, ainsi que du don de prophétie. Elle sut que ses prières avaient obtenu la salut de plusieurs âmes.

Gherardesca mourut un 29 mai de 1260 environ (peut-être même 1269). Son culte fut approuvé en 1858 et le Martyrologe la mentionne en ce jour comme Bienheureuse.

 

 

Richard Thirkeld

? - 1583

 

Né à Coniscliffe (Durham, Angleterre), Richard passa du Queen’s Collège d’Oxford au Collège anglais de Reims en 1564 ou 1565.

Ordonné prêtre en 1579, le 18 avril, il partit dès le 23 mai pour l’Angleterre, et travailla à York et dans les environs.

Il eut l’occasion de confesser Margaret Clitheroe (voir au 25 mars).

C’est justement la veille de cette même fête de l’Annonciation qu’il fut arrêté en 1583, tandis qu’il faisait une visite à un Catholique prisonnier à Ousebridge Kidcote (York). Il reconnut immédiatement sa condition de prêtre. Présenté au chef de police, il passa la nuit chez ce dernier.

Passé en jugement dès le lendemain, 25 mars, il s’y présenta avec sa soutane et sa barrette. Il fut accusé d’avoir réconcilié des sujets de Sa Majesté la Reine avec l’Eglise de Rome.

Jugé coupable le 27 mai, et condamné le 28, il passa sa dernière nuit à instruire ses compagnons de cellule et fut exécuté à York, au matin du 29 mai 1583.

Richard fait partie de ces quarante-et un Martyrs anglais, dont le culte fut confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Gim Dae-gwon Petrus

? -1839

 

Gim Dae-gwon Petrus est un laïc coréen né à Cheongyang (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Jeonju (Jeolla-do) le 29 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Yi Il-eon Iob

1767-1839

 

Yi Il-eon Iob est un laïc coréen né en 1767 à Hongju (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Jeonju (Jeolla-do) le 29 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Sin Tae-bo Petrus

1769-1839

 

Sin Tae-bo Petrus est un laïc coréen né vers 1769 en Gyeonggi-do (Corée du Sud).

Il fut décapité à Jeonju (Jeolla-do) le 29 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Yi Tae-gwon Petrus

1782-1839

 

Yi Tae-gwon Petrus est un laïc coréen né en 1782 à Hongju (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Jeonju (Jeolla-do) le 29 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Jeong Tae-bong Paulus

1796-1839

 

Jeong Tae-bong Paulus est un laïc coréen né en 1796 à Deoksan (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Jeonju (Jeolla-do) le 29 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Joseph Gérard

1831-1914

 

Né le 12 mars 1831 à Bouxières-aux-Chênes (Meurthe-et-Moselle), Joseph était le fils de paysans, et reçut ses premières leçons du curé ; ce dernier le fit admettre au séminaire, où les récits concernant les travaux apostoliques des missionnaires lui firent désirer de les rejoindre. Il entra chez les Oblats de Marie Immaculée à vingt ans.

Il n’était pas particulièrement porté pour les études intellectuelles, mais apprenait facilement les langues étrangères. Plus tard, il assimila rapidement les langages zoulou et sesotho, ce qui l’aida beaucoup dans son travail missionnaire.

Ordonné diacre par le fondateur lui-même des OMI, Mgr de Mazenod (voir au 21 mai), il fut envoyé en Sud-Afrique dès 1853 : il ne revint jamais en France.

Ordonné prêtre en 1854 à Pietermaritzburg, il commença un apostolat parmi les Zoulous où, au milieu de grandes difficultés, il n’obtint pas beaucoup de résultats (visibles) ; il rejoignit en 1862 l’évêque de Natal qui lui confia la mission naissante au Lesotho. Plus tard, il put constater que toutefois la semence avait tout de même germé chez les Zoulous.

Il s’y trouvait déjà une mission protestante. Joseph demanda au chef Moshoeshoe I et obtint la permission d’établir une mission à une trentaine de kilomètres de Thaba Bosiu (actuelle Roma, d’après le nom que lui ont donné les Protestants de l’époque), qu’il appela Motse-oa-‘M’a-Jesu (Village de la Mère de Jésus).

Joseph était très respecté du Chef, pour être resté sur place durant la guerre du Basotho contre les Boers et ce serait sur ses conseils que le Chef aurait demandé l’intervention britannique.

Le chef Moshoeshoe Ier ne se convertit jamais, mais plus tard son petit-fils embrassa la foi catholique.

Entre temps, les progrès spirituels avançaient lentement : un catéchumène au bout de deux années d’efforts, quelques centaines de Catholiques en 1879.

En 1875, Joseph fonda la mission Sainte-Monique au nord du Lesotho, ce qui lui permit d’agir chez les Basotho qui vivaient tant au Lesotho que dans les états voisins. 

En 1898, il retourna à sa mission de Roma, et continua de là son travail de missionnaire, malgré son arthrite qui le pliait presque en deux, malgré sa vue quasi éteinte. Il fallait le hisser sur son fidèle cheval, Artaban, sur lequel il se déplaçait encore un mois avant sa mort pour aller aider des gens dans le besoin. Sa vie terrestre s’acheva à quatre-vingt-trois ans, le 29 mai 1914.

Si le Christianisme est actuellement la religion dominante au Lesotho, on le doit au travail patient et humble du père Gérard. Il s’y trouve plusieurs noviciats, une université, de grandes écoles, beaucoup de maisons religieuses, un hôpital - tout cela grâce au premier travail du Père Joseph Gérard.

Il consacra le pays à Marie Immaculée, parcourut d’immenses distances pour visiter la population, pour porter l’Eucharistie. Il était si absorbé par la prière qu’à sa mort quelqu’un dit : Le père Gérard ne mangeait pas de nourriture : il se nourrissait de sa prière. Et si la prière est quelque chose dont on peut nourrir un peuple, il nous a donné à nous, Basotho, de la nourriture pour longtemps.

Joseph Gérard a été béatifié en 1988.

 

 

Julia Maria Ledóchowska

1865-1939

 

Julia naquit le 17 avril 1865 à Loosdorf (Autriche du Sud), une des cinq enfants du Comte Antoni Halka-Ledóchowski. Un frère de son père, l’oncle Mieczyslaw était le cardinal Ledóchowski.

Des revers financiers imposèrent à la famille de s’établir à Saint Poelten (1874), où Julie et sa sœur suivirent les leçons d’une école tenue par la congrégation de Mary Ward.

En 1883 on s’installa dans le domaine des Ledóchowski (Lipnica Murowana, près de Tamow en Pologne). Le comte décéda de la variole en 1885, et c’est le cardinal qui s’occupera des enfants.

En 1886, Julia Maria rejoignit les Ursulines de Cracovie, avec le nom de Ursula Maria.

En 1904 elle était déjà élue à la charge de Mère Supérieure.

Chose très nouvelle pour l’époque, elle ouvrit à Cracovie une université pour étudiantes.

Avec une bénédiction spéciale du pape Pie X, elle se rendit à Saint-Petersbourg et appuya de toutes ses forces le maintien de la maison Sainte-Catherine, qui était une maison pour la jeunesse catholique polonaise. Elle portait des habits civils, parce que les maisons catholiques étaient encore illégales dans l’empire russe. 

Quand la répression anti-catholique du gouvernement tsariste se fit plus intense, elle partit pour la Finlande, où elle traduisit des prières et des chants pour les pêcheurs finlandais, qui étaient en général de religion protestante.

En 1914, on réussit à l’expulser de l’empire tsariste et elle passa à Stockholm, où elle ouvrit une école linguistique et une école d’arts ménagers pour jeunes filles.

Elle s’arrêta aussi au Danemark pour fonder un orphelinat.

En 1920, elle revint en Pologne, accompagnée cette fois-ci de quarante nouvelles religieuses qui l’avaient rejointe durant sa longue mission. Avec la permission de Rome, elle donna naissance dans le monastère de Pniewy à une Congrégation nouvelle, les Ursulines du Cœur Agonisant de Jésus.

Elle fonda une nouvelle maison de religieuses à Rome en 1928.

En 1930, elle envoya en France une trentaine de religieuses pour venir en aide aux immigrés polonais.

L’activité de la Mère Ursula ne s’interrompait jamais. En mai 1939 elle revint encore à Rome, où elle s’éteignit le 29 mai 1939, dans la maison des Ursulines, via del Casalet.

Successivement, son corps fut transporté au couvent de Pniewy en 1989.

Mère Ursula a été béatifiée en 1983 et canonisée en 2003. 

Cette année-là, sa congrégation comptait quelque neuf cents religieuses dans une centaine de communautés réparties en douze pays.

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Published by samuelephrem - dans 05-mai
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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 23:00

28 MAI

 

III.

Ste Héliconis, martyre à Corinthe après de longues tortures répétées.

V.

S Caraunus, diacre romain, parti évangéliser en Gaule, assassiné près de Chartres.

?

Ss Crescent, Dioscoride, Paul et Hellade, martyrs romains.

VI.

S Just, évêque à Urgell, frère de trois autres évêques, auteur d’un Commentaire au Cantique des Cantiques.

S Germain, illustrissime évêque à Paris ; fondateur de l’abbaye qui s’appela ensuite Saint-Germain-des-Prés, ami de s. Fortunat qui en écrivit la vie ; il combattit la luxure, la superstition et l’esclavage.

IX.

S Guillaume, cousin de Charlemagne, duc d'Aquitaine, fondateur d’un monastère à Gellone où il fut moine ; le monastère s'appela Saint-Guilhem-le-Désert.

X.

S Poge, évêque à Florence.

XI.

B Lanfranco, de Pavie, prieur au Bec, fondateur d’abbayes à Caen, archevêque à Canterbury.

XII.

Apparition de Notre-Dame à Arras, lors d’une épidémie du mal des ardents  (1105).

XIII.

Bse Ubaldesca, vierge dédiée aux bonnes œuvres à Pise.

XV.

B Ercolano de Piegaro, prédicateur franciscain italien, dont le thème favori était la Passion ; son corps fut trouvé intact cinq ans après sa mort.

XVI.

Bx Thomas Ford, John Shert, Robert Johnson, prêtres, pendus à Tyburn, martyrs à Londres.

Bse Maria-Bartolomea Bagnesi, tertiaire dominicaine à Florence, mystique.

XIX.

S Phaolô Hạnh, devenu chef de voleurs malgré son baptême, mais ensuite confesseur de la foi, martyr en Cochinchine, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

Bx Antoni Julian Nowowiejski (1858-1941), évêque à Plock, déporté à Dzialdowo où il mourut d’épuisement, et Władysław Demski (1884-1940), prêtre polonais, mort en camp à Sachsenhausen, béatifiés en 1999.

 

Heliconis de Corinthe

3e siècle

 

Heliconis fut arrêtée à Corinthe (Grèce) par ordre du préfet Perennius, qui la fit torturer de mille façons.

Perennius étant mort, son successeur Iustinus reprit les tortures ; Heliconis eut les seins coupés, fut brûlée avec des torches. Des anges vinrent la soulager. Finalement elle fut décapitée.

Sainte Heliconis de Corinthe est commémorée le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Caraunus de Chartres

5e siècle

 

Caraunus (devenu Chéron en français) naquit au 5e siècle à Rome, dans une famille patricienne.

Après de bonnes études, il eut la grâce de connaître la Vérité, se convertit et reçut le baptême.

A la mort de ses parents, il distribua son héritage aux pauvres et entra dans la cléricature. Il vécut en ermite.

Ordonné diacre, il quitta Rome (ou peut-être fut-il envoyé en mission) pour la Gaule ; il s’embarqua, arriva à Marseille, remonta vers Paris, mais fut assassiné à Chartres par des brigands

Cette mort violente a été assimilée à un martyre.

Pour une fois, les reliques de s.Caraunus furent mises en sûreté pendant la Révolution, et conservées.

Saint Caraunus de Chartres est commémoré le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Just d’Urgell

† 547

 

Le catalan Just fut le premier évêque connu d’Urgell.

D’après la Tradition, il avait trois frères, tous trois évêques et Saints : Nebridio d’Egara puis de Barcelone, Elpidio de Huesca et Giustiniano de Valencia (qui ne sont plus inscrits dans l’actuel Martyrologe).

On doit à Just un commentaire du Cantique des Cantiques. On a jugé apocryphe la lettre qu’il aurait envoyée à Serge, pape de 687 à 701, mais le destinataire du Commentaire et de la lettre était en fait l’évêque de Tarragona.

Just écrivit aussi un sermon en l’honneur du martyr s.Vincentius (v. 22 janvier).

Il participa à des conciles : Tolède (527), Lleida (546), Valence (549).

Just mourut à La Seu d’Urgell en 547.

Saint Just d’Urgell est commémoré le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Germain de Paris

496-576

 

Germanus naquit en 496 à Autun, d’Eleutherius et Eusebia, cette dernière ayant tenté vainement d’avorter.

Plus tard, alors qu’il se trouvait chez sa tante durant ses études, cette dernière lui prépara un poison mortel, que son fils consomma par mégarde, et dont il demeura infirme toute sa vie. Nous ne savons pas pourquoi ces deux femmes s’acharnèrent ainsi contre la vie de Germain.

Après ses études, Germain fut pendant une quinzaine d’années chez son parent, Scopillonus, dans une localité qui pourrait être l’actuelle Lucey (en Côte-d’Or). Germain pratiquait déjà diverses mortifications, comme les jeûnes et les veilles. L’évêque d’Autun ayant eu vent des bonnes dispositions de Germain, l’appela et l’ordonna diacre, puis prêtre.

Germain fut chargé de la direction du monastère Saint-Symphorien d’Autun.

En 555, Germain se trouvait à Paris, et fut désigné pour succéder à l’évêque défunt.

Sans rien changer à ses habitudes frugales, Germain eut une grande préoccupation pour les pauvres, en faveur desquels il savait obtenir du roi d’importants subsides.

Le roi Childebert pouvait d’ailleurs lui manifester sa reconnaissance, car il fut guéri par Germain.

Ce fut donc d’un commun accord que le roi Childebert et Germain firent édifier l’abbaye qui sera plus tard Saint-Germain-des-Prés. Pour la peupler, Germain appela des moines de Saint-Symphorien d’Autun. La Règle qui y fut suivie fut celle de s.Basile et de s.Antoine (v. 2 et 17 janvier). La dédicace a pu avoir lieu en 558.

Germain resta en bons termes avec le roi Clotaire et son épouse sainte Radegonde, qui se retira à Poitiers ; c’est là qu’il rencontra s. Venance Fortunat, qui serait plus tard son biographe.

Avec le roi Caribert, les relations furent tendues, car Germain fut bien obligé d’excommunier le roi et sa concubine, qui ne prirent jamais en compte les sages remontrances de Germain.

Il y eut aussi de graves tensions entre la reine Brunehaut, femme de Sigebert, et Frédégonde, femme de Chilpéric ; Germain tenta vainement de les amener à la paix : Frédégonde fit assassiner Sigebert.

Germain fut présent au concile de Tours (567) et convoqua deux conciles à Paris.

Il mourut le 28 mai 576.

La chapelle où Germain fut inhumé, servit de prison en 1792, puis l’église servit d’usine à salpêtre. Le culte y fut repris en 1802, mais les reliques avaient depuis longtemps été protégées à Saint-Germain-le-Vieux.

Saint Germain de Paris est commémoré le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Guillaume de Gellone

750-815

 

Guillaume naquit vers 750-755 dans la France du Nord, de Thierry et Aude.

Il fut cousin de Charlemagne qui, pour le récompenser de ses services, lui confia en 790 le gouvernement de Toulouse et de l’Aquitaine.

Guillaume épousa en premières noces Cunégonde, et plus tard Guibourg. De la première il eut, semble-t-il, sept enfants (Helmburgis, Bernard, Héribert, Guitcaire, Hildehelm, Helimbruc, Gerberge et Cunégonde ; de la seconde, il aurait eu ensuite trois autres enfants (Gaucelme, Thierry, Warner), et peut-être une fille, Rolande. Mais on ne peut garantir avec certitude les généalogies de cette époque.

En 793, il livra bataille contre les Sarrasins ; s’il ne put les vaincre, au moins il les arrêta à Villedaigne. En 803, au terme de nouveaux combats contre les Sarrasins, il entra dans Barcelone.

Or en 804, il renonça au monde, à sa position bien en vue, fonda l’abbaye de Gellone, où il se retira. Il fut le fils spirituel de s.Benoît d’Aniane (v. 12 février).

Moine exemplaire, il utilisa ce qui lui restait de fortune pour enrichir le monastère d’ornements, constituer une grande bibliothèque, planter des vignes et des arbres. Il s’effaçait, participait à la prière de l’Office divin, travaillait au pétrin ou à la cuisine comme tous les moines. Il pratiquait le jeûne, se faisait flageller, passait des nuits entières en veille ; quand les frères étaient aux champs, il leur portait quelque boisson fraîche.

Guillaume mourut saintement le 28 mai 812 ou 815.

L’abbaye qu’il fonda devint Saint-Guilhem-le-Désert. Fortement endommagée au long des siècles, vendue à la Révolution, restaurée, elle est un musée où s’organisent des concerts.

Saint Guillaume de Gellone est commémoré le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

Lanfranco de Canterbury

1005-1089

 

Lanfranco vit le jour vers 1005 (c’est-à-dire entre 1000 et 1010) dans l’italienne Pavie (Italie N), où son père Ambaldo était magistrat ; sa mère s’appelait Rosa.

Pour succéder à son père, mort prématurément, Lanfranco étudia le droit. Déjà vers 1032, il enseigne.

Vers 1035, il vint en France et enseigna les matières fondamentales du trivium à Avranches, mais sans grand succès. Pourquoi Avranches ? Parce qu’il se trouvait ainsi protégé par l’abbaye du Mont-Saint-Michel, alors gouvernée par un autre italien piémontais, Suppone.

Tentant alors de se rendre à Rouen, il fut assailli un soir par des brigands qui le dépouillèrent de tout ce qu’il avait et le laissèrent attaché dans un fourré. Il pria alors et promit à Dieu, s’il s’en sortait, de corriger sa vie pour ne servir que Lui. Au petit matin, des voyageurs le délivrèrent et lui indiquèrent un petit monastère proche. On ne sait pas quel était ce monastère.

Vers 1042, Lanfranco se retira à l’abbaye bénédictine du Bec, qu’il faillit quitter pour chercher un monastère plus rigoureux. Mais l’abbé, craignant de le perdre, le nomma prieur. Il y eut un «incident diplomatique» : le duc de Normandie, Guillaume le Conquérant avait été excommunié à cause de son mariage avec une cousine ; Lanfranco ne pouvait qu’approuver cette mesure, et le duc voulut l’exiler ; Lanfranco se présenta lui-même à Guillaume, lui parla doucement et réussit à se faire accepter comme négociateur de l’affaire entre le duc et le pape.

En 1049, il participa au concile de Reims, qui examina cette question, ainsi que la doctrine de Béranger de Tours sur l’Eucharistie. Concernant ce dernier, Lanfranco présenta son traité sur l’Eucharistie, dans lequel il démontrait la distance entre sa position et celle de Béranger. Concernant Guillaume, dont le concile confirmait la condamnation, Lanfranco obtint du pape une dispense de parenté, à condition que Guillaume fondât deux abbayes : ainsi naquirent à Caen l’abbaye aux Hommes et l’abbaye aux Dames.

Lanfranco participa ensuite aux conciles de Verceil (1050), Tours (1055) et Rome (1059).

Lanfranco devenait alors très illustre. Les vocations affluèrent au Bec et son enseignement allait lui attirer d’illustres élèves parmi lesquels Yves de Chartres (v. 23 décembre), Anselmo d’Aoste (plus tard archevêque de Canterbury, v. 21 avril) et un autre Anselmo, futur pape Alexandre II. Il en vint de toute l’Europe. Au Bec, Anselmo d’Aoste sera son successeur comme professeur.

En 1066, Lanfranco fut nommé abbé de Saint-Etienne de Caen, l’abbaye aux Hommes.

En 1070, Guillaume, devenu roi d’Angleterre après la bataille de Hastings, obtint du pape la nomination de Lanfranco à la tête du diocèse de Canterbury. 

Désormais, Lanfranco travailla à faire valoir l’autorité du siège de Canterbury sur tous les autres (en particulier celui d’York), ce que reconnut le concile de Winchester (1072).

Lanfranco voulut aussi imposer les usages et les décisions romaines, mais avec une certaine prudence : il ne voulait pas déposer purement et simplement les prêtres mariés, se contentant d’exiger des nouveaux candidats au diaconat le vœu de chasteté. Le pape Grégoire VII trouvait cette «clémence» excessive, mais les résultats purent donner raison à Lanfranco.

Dans le même ordre d’idées, Lanfranco remplaça partout où il le put le clergé anglais par des moines de Normandie, fidèles à Rome. Ce ne fut pas toujours sans heurts, et Lanfranco dut y mettre beaucoup de tact.

Il fit aussi agrandir la cathédrale de Canterbury.

Quant à Guillaume, il laissait à Lanfranco le gouvernement du pays durant ses absences. Lanfranco déjoua en 1075 une conspiration ourdie par des comtes contre Guillaume. Ce dernier mourut en 1087. Lanfranco en couronna le deuxième fils, Guillaume le Roux, qui fut loin d’égaler son père. 

Désormais âgé et malade de dysenterie, Lanfranco s’éteignit le 28 mai 1089.

Il ne fut béatifié qu’en Angleterre. Officiellement, aucune proclamation ne se fit à Rome, mais on lui reconnaît le titre de Bienheureux dans le Martyrologe.

Saint Lanfranco de Pavie, ou du Bec, ou de Canterbury - comme on a préféré l’appeler pour le distinguer d’un autre Lanfrando de Pavie, v. 23 juin) - est commémoré le 28 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ubaldesca Taccini de Castello di Calcinaia

1136-1206

 

Ubaldesca vit le jour à Calcinaia (Pisa, Italie C), fille unique de pieux parents, dont elle apprit à prier et à donner aux pauvres.

Un jour de 1151 que ses parents travaillaient aux champs et qu’elle était en train de préparer le pain à la maison, elle eut la vision d’un ange qui l’invita à se rendre chez des moniales de Pise, sans se préoccuper pour sa dot. Ces moniales étaient de l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem (auj. Ordre de Malte).

Laissant là le pain dans le four, elle alla avertir ses bons parents de la «visite», et ceux-ci la conduisirent sans tarder à ce monastère, où l’abbesse avait été avertie par le même Ange de l’arrivée de la jeune fille.

A leur retour chez eux, les deux parents trouvèrent un pain excellent dans le four, bien qu’il y fût resté deux jours entiers ; en action de grâce, ils le portèrent au monastère. C’était le premier miracle de leur fille !

Ubaldesca vécut dans le monastère et dans l’hôpital d’une façon vraiment exemplaire, soumise à toutes, et s’imposant aussi de sévères mortifications, le jeûne, le cilice, les veilles.

Devant un jour passer le long d’un mur, il s’en détacha une pierre qui la blessa à la tête ; elle demanda à Dieu de lui conserver cette blessure toute sa vie.

Un Vendredi Saint, elle puisa de l’eau pour des femmes qui s’en revenaient de l’office liturgique ; celles-ci lui demandèrent de faire un signe de croix sur l’eau, qui alors se transforma en vin ; elles en furent fort soulagées, car le jeûne au pain et à l’eau les avait bien fatiguées. Ubaldesca eut beau leur recommander de n’en rien dire à personne, on le sut tout de même…

A l’aumônier qui recommandait aux Religieuses de l’avertir à temps pour être présent auprès d’Ubalsdesca au moment de sa mort, celle-ci l’avertit qu’il ne pourrait être là ; en effet, elle mourut juste après la visite qu’il lui fit, le 28 mai 1206, dimanche après la Pentecôte. L’abbesse et les Religieuses la virent monter au ciel, accompagnée d’anges qui chantaient Viens, épouse du Christ, reçois la couronne que le Seigneur t’a préparée pour l’éternité.

Une semaine après, l’aumônier la vit entre deux chars de feu, entourée d’anges qui l’introduisaient dans le ciel en chantant.

Le jour des funérailles, furent guéris instantanément vingt-deux malades ; par la suite, des guérisons s’opérèrent par dizaines. Un de ces miracles fut celui-ci : un artisan qui battait monnaie pour la ville de Pise, fit un faux mouvement et une des pièces lui entra dans la main ; les médecins ne pouvaient rien faire pour l’extraire et la gangrène s’y mettait dangereusement ; l’artisan vint prier devant le tombeau d’Ubaldesca : à l’instant la pièce sortit de la main et il se retrouva tout-à-fait guéri. 

Un autre «miracle» se produisit en faveur d’un Religieux de l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, qui était prieur à Pise et qui fut injustement écarté et déposé par le Grand Maître ; pour mettre fin à la situation ambiguë dans laquelle il se trouvait par rapport aux autres Confrères, il pria intensément Ubaldesca de lui faire retrouver sa place. Celle-ci lui apparut et lui promit de lui obtenir cette grâce, si en retour il s’engageait à toujours célébrer avec solennité la fête de la Sainte Trinité. Cette solennité en effet n’existait pas encore au 13e siècle, et ne fut instituée pour l’Eglise universelle qu’au siècle suivant. Le Religieux retrouva effectivement sa place, son honneur, et resta fidèle à sa promesse. Par la suite, la solennité de la Très Sainte Trinité fut effectivement placée au dimanche suivant la Pentecôte.

On ne dit pas quand Ubaldesca fut canonisée, mais le Martyrologe la mentionne comme Sainte au 28 mai.

 

 

Ercolano de Piegaro

? - 1451

 

Ercolano était natif de Piegaro (Perugia, Italie C) et fit partie des Franciscains Observants.

De toute la première partie de sa vie, on sait seulement qu’il était déjà prêtre et prédicateur, très actif et efficace, en 1420. Son thème préféré était la Passion, par lequel il avait accoutumé de faire pleurer son auditoire et, ce qui vaut mieux, de l’amener à une vie foncièrement chrétienne.

En 1430, il était en train de prêcher un carême aux habitants de Lucques, lorsque les Florentins vinrent assiéger la ville. Le peuple, affamé, pensait devoir se rendre, mais Ercolano les invita à résister encore un peu, mais en acceptant un jeûne sévère, que le Christ ressuscité ne tarderait pas à récompenser. Effectivement, les Florentins finirent par se lasser du siège et se retirer. Lui-même prêchait d’exemple : il jeûnait des jours entiers, prenant tout au plus un peu de pain avec des herbes ; il portait le cilice.

Reconnaissants, les habitants donnèrent à Ercolano le couvent de Pozzuolo ; l’année suivante, il prêcha à Pérouse.

En 1434 il obtint la permission papale de fonder deux couvents près de Lucques : Barga et Castelnuovo de Garfagnana. Il commençait de construire une petite maison, quand son Confrère Alberto de Sarteano le pria de l’accompagner en Orient (1435-1437).

Puis, Ercolano fut gardien en divers couvents proches de Lucques.

Au mois de mai 1451, il prêchait à Viterbe et se retrouvait à la fin de ce mois à Castelnuovo.

D’après le Martyrologe, il s’éteignit le 28 mai 1451.

Enterré dans un endroit assez humide, son corps fut cependant retrouvé intact cinq ans plus tard.

Le culte d’Ercolano fut confirmé en 1860.

 

 

Maria Bartolomea Bagnesi

1514-1577

 

Maria Bartolomea naquit le 24 août 1514 à Florence (Italie C), de Carlo di Rinieri e Alessandra Oriandrini,   une famille de noble origine, qui lui firent donner au baptême le nom du Saint du jour, Barthélemy.

La maman mourut précocement, obligeant Maria à s’occuper de la famille.

En 1531, son père lui parla de mariage : elle en fut si surprise et effrayée, qu’elle en subit une sorte d’attaque, dont elle se releva hémiplégique ou même tétraplégique, au point qu’elle dut désormais garder le lit pendant quarante-cinq ans.

Le père cependant continua de s’opposer au désir de Maria Bartolomea de devenir religieuse. Mais elle, à trente-trois ans, prit la décision de demander l’habit du Tiers-Ordre dominicain. Dans cette atmosphère de paix, Maria Bartolomea ressentit un réel soulagement et put même quelques fois sortir de la maison.

Maria Bartolomea méditait surtout la Passion du Christ, et lisait l’Ecriture ; elle recevait ceux et celles qui avaient besoin d’un conseil, d’une parole de consolation. 

Elle fut très proche de sainte Maria Maddalena de’ Pazzi (v. 25 mai). Celle-ci affirma avoir été guérie par elle de sa maladie en 1584, et avoir assisté à certaines de ses visions.

Maria Bartolomea  mourut le 28 mai 1577 et fut béatifiée en 1804. 

On dit qu’en 1741 elle apparut in extremis à un jeune vénitien de passage à Florence, qui de désespoir allait probablement se donner la mort ainsi que son épouse.

Un an après la béatification, la sœur cellérière recueillit quelques gouttes de l’huile de la lampe qui brûlait près du tombeau de Maria Maddalena de’ Pazzi et les versa dans un récipient de sa cantine, qu’elle avait placé devant un portrait de Maria Bartolomea : le récipient fut rempli d’une huile très pure, qui fut dûment observée, analysée, et officiellement déclarée «miraculeuse».

Le Martyrologe mentionne Maria Bartolomea au 28 mai.

Thomas Ford

? -1582

 

Trois prêtres anglais furent martyrisés à Tyburn le 28 mai 1582.

Thomas Ford était né à Devon (Angleterre).

En 1567, il fut au Trinity College d’Oxford, dont il serait devenu le président.

En 1570, il vint au collège anglais de Douai, dont il fut un des trois premiers séminaristes à être ordonnés prêtres, en mars 1573 à Bruxelles.

Il partit pour l’Angleterre en mai 1576 et devint l’aumônier de James Braybrooke à Sutton Courtenay, puis d’Edward Yate et des Brigittines qu’il abritait à Lyford (Berkshire). 

En juillet 1581, il fut arrêté avec Edmund Campion (voir au 1er décembre) et conduit à la Tour de Londres le 22 juillet, où il subit la torture, comme ce fut le cas aussi pour l’autre arrêté, John Shert.

Le 16 novembre 1581, ils furent présentés devant le tribunal de la Reine, et condamnés à mort le 21 novembre pour les absurdes crimes d’avoir comploté contre le royaume, à Rome et à Reims (où ils n’avaient jamais été), et à des dates où ils se trouvaient en Angleterre.

La sentence ne fut exécutée que le 28 mai 1582, à Tyburn, jour où furent martyrisés Robert Johnson, Thomas Ford et John Shert. 

Le culte qui leur était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

John Shert

? -1582

 

Trois prêtres anglais furent martyrisés à Tyburn le 28 mai 1582.

John Shert était né à Shert Hall (Cheshire, Angleterre).

En 1566, il fut bachelier au Brasenose College d’Oxford.

Instituteur à Londres, domestique de Thomas Stapleton à Douai, il entra au Collège anglais de cette ville en 1576 et fut ordonné sous-diacre.

Envoyé au Collège anglais de Rome, il en était alors l’aîné des six séminaristes et fut ordonné prêtre.

Le 27 août 1579, il quitta Reims pour l’Angleterre où, bientôt arrêté, il fut enfermé à la Tour de Londres.

Condamné à mort, il fut exécuté le 28 mai 1582, à Tyburn, jour où furent martyrisés Robert Johnson, Thomas Ford et John Shert. 

Le culte qui leur était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

Robert Johnson

? -1582

 

Trois prêtres anglais furent martyrisés à Tyburn le 28 mai 1582.

Robert Johnson était né à Shropshire (Angleterre).

En 1571, il fut admis au Collège germanique de Rome, soit pour avoir des affinités avec les Allemands, soit pour en apprendre la langue (?). Il passa ensuite au Collège anglais de Douai, et reçujt l’ordination sacerdotale à Bruxelles en 1576.

Il partit tout de suite en Angleterre. En 1579, il fit un pèlerinage à Rome et retourna en Angleterre en 1580.

En juillet de cette année-là, il fut conduit au Poultry Counter, et ensuite à la Tour de Londres, le 5 décembre.

Le 16 décembre, il subit l’horrible torture du chevalet, puis fut jeté au fond d’un cachot souterrain, où il demeura près d’une année.

Le 14 novembre 1581, il fut présenté devant le tribunal de la Reine, et condamné à mort le 20 novembre.

La sentence ne fut exécutée que le 28 mai 1582, à Tyburn, jour où furent martyrisés Robert Johnson, Thomas Ford et John Shert. 

Le culte qui leur était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

Phaolô Hạnh

1826-1859

 

Phaolô (Paul) était né vers 1826 à Chợ Quán (Gia Định, Vietnam), et avait reçu le baptême.

Mais - Dieu le permettant pour sa plus grande gloire - Phaolô oublia le bon chemin et s’enlisa dans la boue de la délinquance, devenant chef d’une bande de voleurs.

La grâce travailla son cœur et il se repentit pour ne plus jamais dévier de sa route.

Arrêté en 1859, il fut interrogé, torturé, accusé d’avoir servi de guide aux Français pour prendre le fort de Cai-Mai ; il nia absolument : Jamais je n’ai servi de guide aux barbares d’Occident, jamais je n’ai eu de relations avec eux !

L’accusation tombait de soi, car il n’y avait aucune preuve. En revanche, le mandarin demanda à Phaolô s’il était chrétien et disposé à apostasier. Il trouva un roc : Phaolô persévéra inébranlable dans sa foi.

Il subit le supplice des verges, puis celui des tenailles froides ; le lendemain, celui des tenailles rougies au feu, et, comme la question n’avait aucun résultat, on fit étendre les jambes du patient sur une enclume et les bourreaux les frappèrent au marteau ; ce qui restait du pauvre Martyr n’avait plus qu’à être décapité.

C’était le 28 mai 1859, à Saigon (qu’on appelle aujourd’hui Ho-Chi-Minh-Ville). 

Phaolô Hạnh fut rangé au nombre des Martyrs vietnamiens, canonisés en 1988 et fêtés ensemble le 24 novembre.

 

 

Antoni Julian Nowowiejski

1858-1941

 

Né le 11 février 1858 (le jour de l’apparition mariale à Lourdes), à Lubienia (Opatów, Pologne), Antoni Julian étudia à Płock et à Saint Petersbourg, avant de recevoir l’ordination sacerdotale en 1881.

Il fut professeur et recteur au séminaire de Płock, chanoine à la cathédrale et vicaire général.

En 1908, il fut nommé et consacré évêque de Płock.

Parmi ses initiatives, fut la création du petit séminaire. Pendant la Première guerre mondiale, il eut l’initiative de mesures charitables diverses.

Deux synodes diocésains (1927 et 1938) et un congrès de l’Action Catholique relancèrent la réforme spirituelle du diocèse.

Des ouvrages historiques (sur l’histoire de Płock) lui valurent le titre de docteur honoris causa de l’université de Varsovie. Un ouvrage sur la liturgie en paroisse fut un texte de base qui eut jusqu’à sept rééditions.

Dès le début de la Deuxième guerre mondiale, l’administration nazie voulait éliminer l’intelligentsia polonaise : Mgr Nowowiejski et Mgr Wetmański furent arrêtés en 1940, et mis en prison à Słuck et Działdowo.

On lui offrit une opportunité de fuir, qu’il refusa, préférant rester dans son pays, près de son troupeau.

Il fut battu impitoyablement et en mourut dans le camp de Działdowo, le 28 mai 1941, à quatre-vingt trois ans.

Mgr Nowowiejski a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais de la répression nazie, en 1999.

 

 

Władysław Demski

1884-1940

 

Né le 5 août 1884 à Straszewo (Prusse orientale, Pologne), il était le fils de Francis et de Rozalia Kamrowska, des agriculteurs. Il avait deux frères, Agaton et Bolesław.

Après ses études il entra au séminaire de Braniewo (1906-1910) et fut ordonné prêtre en 1910.

Ses postes successifs le portèrent à Sząbruku Barczewo, Biskupcu, Powiśle. Il se montra ardent défenseur des traditions et des droits des Polonais.

En 1920 il fut co-fondateur de l’Union des Polonais en Prusse orientale, et vice-président de l’Association de l’Ecole polonaise catholique dans la région de la Vistule.

Nommé aumônier pour l’hôpital militaire de Königsberg, il soutint des associations culturelles «indépendantes», mais les autorités allemandes l’obligèrent à quitter la Vistule en 1922.

Installé à Inowrocław comme préfet de l’Ecole Kasprowicz, il fit des études de philosophie et de philologie à l’université de Poznan : après avoir passé l’examen, il fut admis à enseigner le grec et le latin à temps plein. On le disait sévère, mais très intéressant.

Arrêté par les autorités allemandes le 2 novembre 1939, il fut mis en prison à Inowrocław, puis envoyé au camp de concentration de Stutthof en février 1940, d’où il fut transféré à celui de Sachsenhausen le 10 avril suivant ; il fut au bloc 20 avec le numéro 9103.

Il y reçut de mauvais traitements, on lui versa de l’eau froide, son corps fut tout gonflé et couvert de plaies. 

Lors d’un changement de vêtements, son chapelet tomba à terre. Le surveillant cria au «gros curé» de le piétiner, il refusa. Le surveillant l’envoya dans la boue et ordonna à l’abbé Demski d’aller l’embrasser, avec force insultes et moqueries. L’abbé Demski se pencha pour baiser le chapelet de ses lèvres : à ce moment-là, il reçut une rossée de coups de bâtons sur la tête, le dos et les reins.

S’étant relevé avec peine, l’abbé revint au bloc en s’appuyant au bras d’un camarade, disant simplement : Il faut tout supporter, sans se plaindre.

Malgré ses souffrances et la fièvre, on s’en prit encore à lui le lendemain. A l’appel, il s’appuyait au bras d’un autre prêtre qui, ayant survécu, put témoigner. Mais lui, ne pouvant rester sur ses jambes, s’écroula. Les témoins affirmèrent qu’il était tombé comme un Martyr des premiers siècles.

C’était le 28 mai 1940.

Władisław Demski a été béatifié en 1999, parmi les cent-huit Martyrs polonais de l’époque nazie.

Il a été choisi comme patron de l’école primaire de Straszewie et des écoles catholiques de Inowrocław.

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Published by samuelephrem - dans 05-mai
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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 23:00

27 MAI

 

III.

S Iulius, officier martyr à Dorostore.

? S Ranulphe, martyr à Thélus. 

IV.

S Restitutus, martyr près de Rome. 

V.

S Eutropius, converti d’une vie assez déréglée grâce à son épouse, puis évêque à Orange.

VII.

S Hildevert, évêque à Meaux, invoqué contre l’épilepsie et la démence.

XI.

S Brunon, évêque à Würtzburg, cousin de Conrad II, constructeur d’églises et de la cathédrale, mort sous la maison qui s’écroula sur lui.

S Gausbert, curé en Auvergne, réformateur, fondateur d’un monastère à Montsalvy.

XVI.

Ss Edmond Duke, John Hogg, Richard Hill et Richard Holiday, prêtres martyrs à Durham.

Bse Margaret Pole, mère de famille anglaise, décapitée à Londres (le 28 au Martyrologe).

XVII.    

B Matthias de Kazusagoko, catéchiste japonais, martyr (le 22 mai au Martyrologe).

XIX.

Stes Bareubara Kim, veuve, et Bareubara Yi, adolescente de quuinze ans, martyres en Corée, canonisées en 1984 et fêtées le 20 septembre.

Ss Antanansio Bazzekuketta et Gonzaga Gonza, deux des vingt-et-un martyrs d’Ouganda fêtés le 3 juin.

 

 

Iulius de Dorostore

† 297

 

Les Actes de Iulius ont été retrouvés dans leur intégralité et reconnus comme authentiques.

Iulius, selon ses propres déclarations, servit dans l’armée romaine pendant vingt-six ans et fut un soldat courageux, irréprochable et fidèle. Il participa à sept campagnes et ne fut jamais pris en faute. Mais il était chrétien, et ne s’en cachait pas.

En 297, après sa campagne contre les Perses, l’empereur Galère Maximin voulut purger son armée de ses éléments chrétiens. Mais dans l’exécution de ses ordres, les officiers cherchèrent à contraindre ces soldats chrétiens à sacrifier aux idoles. Ceux qui refusèrent, furent exécutés.

Cela sa passa à Dorostore (Mésie, act. Bulgarie).

Avant Iulius, moururent ainsi décapités Pasicrates, Valentio ; après lui Hesychius, Marcianus et Nicandrus.

Iulius eut droit à un long interrogatoire en face de l’empereur lui-même. Il confirma sa foi de chrétien, sa ferme volonté de n’adorer que le Dieu unique, et montra courageusement combien il préférait la Vie éternelle à cette brève vie humaine :  J’ai choisi de mourir pour un temps afin de vivre éternellement avec les Saints.

Pendant que Iulius était conduit au lieu de l’exécution, un autre soldat nommé Hesychius (v. 15 juin) s’approcha de lui pour l’encourager et lui dire qu’il désirait mourir comme lui, et le priait de saluer les frères Pasicrates et Valentio, qui les avaient déjà précédés.

Iulius se banda les yeux avec un mouchoir et tendit son cou, priant le Christ de recevoir son esprit. Il fut alors décapité.

Saint Iulius de Dorostore est commémoré le 27 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Restitutus de Rome

† 4e siècle

 

Restitutus fut martyrisé sur la Voie Nomentane près de Rome, vers le 4e siècle.

Saint Restitutus de Rome est commémoré le 27 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eutropius d’Orange

† 5e siècle

 

Eutropius naquit à Marseille au début du 5e siècle, de parents riches et distingués.

L’enfance et la jeunesse du garçon ne fut pas exempte de plaisirs et d’écarts.

La femme qu’il prit, cependant, était une bonne chrétienne, qui l’amena à la conversion du cœur.

Quand mourut cette pieuse épouse, l’évêque de Marseille, Eustasius, ordonna diacre Eutropius, malgré les humbles protestations de celui-ci, qui se jugeait indigne d’accéder à une telle dignité.

Mais il sut correspondre à son diaconat par beaucoup de pénitences. Dieu lui fit la grâce de voir en songe des oiseaux noirs qui sortaient de son corps, puis des nuages de mouches noires : c’étaient ses péchés et ses mauvaises pensées qui lui étaient pardonnés.

Peu avant 464, vint à mourir l’évêque d’Orange. On parle de Iustus, mais il s’agit vraisemblablement de Petronius, attesté après Iustus en 458. Désigné pour cette charge importante, mais effrayé devant cette responsabilité, Eutropius alla se cacher, mais un certain Aper, qui était disciple de s.Augustin (v. 28 août), alla le persuader d’accepter cette nomination, pour le bien de l’Eglise. Eutropius s’inclina et devint ainsi le dix-septième évêque d’Orange.

L’épiscopat ne le grisa point. Il se mit à travailler de ses propres mains, poussant la charrue, transportant de grosses pierres ; il allait participer au chant de l’Office dans l’église qui était fort éloignée, et y restait parfois après les autres, oubliant de manger.

Il accomplit des miracles, en particulier des délivrances de possédés. Lors d’un incendie redoutable, il monta sur un toit et pria : l’incendie cessa sur l’heure. Il prédit une grande famine et fit amasser du grain dans les greniers ; quand on allait en manquer, il multiplia le grain restant et remplit à nouveau les greniers.

Quand il n’eut plus de vêtements à distribuer aux indigents, il se mit à en confectionner lui-même.

Il savait convaincre et entraîner le peuple à la prière, au repentir, à la piété. Un témoignage nous en vient de s.Sidoine Apollinaire (v. 21 août).

Au moment de mourir, il combattit encore une fois le diable qui se montrait à lui : Il n’y a rien de commun entre toi et moi, je crois en Dieu avec le secours de qui je t’ai vaincu, et l’esprit mauvais disparut. 

Eutropius mourut le 27 mai, vers 475, après onze ans d’épiscopat.

Saint Eutropius d’Orange est commémoré le 27 mai dans le Martyrologe Romain.

Gausbert de Montsalvy

1020-1085

 

Gausbert naquit vers 1020 non loin de Thiers (Puy-de-Dôme) ou du Puy (Haute-Loire).

Ordonné prêtre, il exerça son ministère dans le diocèse de Clermont, jusqu’au jour où il sentit la nécessité de se retirer dans la solitude. Il devint alors prédicateur itinérant.

Dans les faits qui suivent, se trouveront peut-être des inexactitudes chronologiques, car il est difficile de suivre Gausbert dans ses itinéraires et ses entreprises.

A Beix (auj. Bez-Bédène), puis à Saint-Maurice, il construisit deux églises dédiées à Notre-Dame.

Il chercha à s’intégrer dans les communautés de Figeac, puis de Conques, enfin de Rodez. 

On ne connait pas les réelles motivations de ces nombreux déplacements ; peut-être fut-il appelé en divers lieux pour tenter une réforme. C’est en tout cas ce qui arriva à Rodez : ne réussissant pas à réformer la vie des chanoines, il se retira avec deux de ceux-ci, Pierre et Bertrand.

A Saint-Projet (Cassaniouze, Cantal), ils établissent à la place d’un oratoire en ruine, une petite communauté de Chanoines de Saint-Augustin.

Vers 1061, Gausbert obtint du vicomte Béranger II un terrain dont il peut faire le tour en trois heures après le lever du jour : le terrain, alors couvert de broussailles, était un repaire de bêtes et de brigands : la petite communauté de dix moines établie par Gausbert, y construisit un monastère, une église et un hospice pour accueillir et protéger les voyageurs, les pèlerins et les pauvres. Ces travaux importants firent naître et se développer le bourg de Montsalvy. Le Mons latronum (Montagne des Brigands) devint Mons Salutis ou Montsalvy (Mont du Salut). Cette localité fut une sauveté, c’est-à-dire un endroit doté de l’immunité ecclésiastique : qui s’y réfugiait était protégé.

Gausbert fonda ensuite une église à Laussac, dédiée à Saint-Michel Archange. L’évêque de Rodez l’invita alors à venir restaurer diverses paroisses du Rouergue ; on l’invita aussi à réformer le chapitre Saint-Amans de Rodez, qu’il avait dû quitter autrefois. Malgré des débuts prometteurs, la communauté refusa de se soumettre au Réformateur, qui reçut même des menaces de mort (!). Gausbert se retira, avec Bernard, avec lequel il retourna à Laussac.

Gausbert y mourut onze ans plus tard, le 27 mai 1085.

Bernard lui succéda (v. 9 octobre).

Saint Gausbert de Montsalvy est commémoré le 27 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Margaret Pole

1473-1541

 

Margaret vit le jour le 14 août 1473 au château de Farleigh Hungerford (Somerset), deuxième fille de George Plantagenêt et de Isabel Neville ; elle était héritière de la maison d’York et cousine d’Henry VIII.

Elle avait trois ans lorsque moururent sa mère et son plus jeune frère. On suppose qu’ensuite c’est son père qui empoisonna ses deux domestiques ; il complota contre son frère Edward IV et fut exécuté.

Quand elle eut dix ans, elle fut déclarée illégitime par son oncle, qui prit le pouvoir et la priva de ses biens familiaux et de ses titres.

En 1487 elle épousa Richard Pole, et l’un de leurs cinq enfants, Reginald, eut le bénéfice d’archevêque de Canterbury et cardinal, sans être prêtre. Margaret devint veuve en 1504. 

Lorsqu’Henry VIII épousa Catarina d’Aragon, Margaret fut une des dames de cour de la reine et put reprendre une partie de ses titres et de ses biens, dont l’avait spoliée son oncle vingt-cinq ans plus tôt.

La famille, catholique, s’opposa radicalement au divorce d’Henri VIII, ce qui lui attira les foudres du roi.

Margaret sera imprisonnée dans la Tour de Londres en novembre 1538, dans des conditions très dures, et devait y rester deux années et demie.

En mai 1539, elle fut formellement accusée d’avoir organisé une invasion de l’Angleterre par le sud, et fut dépossédée de tous les biens qu’elle possédait dans cette région. Elle fut condamnée à mort, avec d’autres proches.

Elle fut décapitée le 27 mai 1541. Le bourreau, maladroit, fit tomber sa hache sur l’épaule de sa victime et dut s’y reprendre à plusieurs fois pour achever sa macabre besogne.

Le culte de Margaret Pole a été confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Edmund Duke

1563-1590

 

Edmund naquit vers 1563 dans le Kent (Angleterre).

Il vint au Collège anglais de Reims en 1583, fut envoyé à Rome en 1584 et fut ordonné prêtre en septembre 1589 dans la basilique Saint-Jean-de-Latran.

Le même mois, il repartit pour Reims, où il arriva en octobre.

De là, il partit avec trois autres Compagnons pour son pays natal en mars 1590. Mais ils se firent vite remarquer, car ils restaient toujours ensemble. On les arrêta peu après qu’ils accostèrent à Durham. Or, depuis l’édit de 1585, être prêtre catholique en Angleterre était passible de la fatale condamnation à mort.

Le jugement eut lieu à Durham et la sentence devait être exécutée à Dryburne. Outre les quatre prêtres, on exécuta aussi quatre autres condamnés, qui proclamèrent leur foi catholique.

Il était courant, lorsque le bourreau exposait la tête des condamnés, que la foule criât God save the Queen, mais ce jour-là, seuls les agents et un ou deux ministres protestants prononcèrent la triste acclamation, car l’ensemble de la foule était catholique. En revanche, on dit qu’un couple protestant, Robert et Grace Maire, se convertirent à ce moment-là.

Le martyre de ces prêtres eut lieu à Durham le 27 mai 1590 et ils furent béatifiés en 1987.

 

 

John Hogg

1565-1590

 

John Hogg naquit vers 1565 dans le Yorkshire (Angleterre).

Il vint au Collège anglais de Reims en 1587 ; il reçut le sous-diaconat à Soissons en 1589, le diaconat et la prêtrise à Laon, toujours en 1589.

En mars 1590, il fut un des quatre prêtres envoyés en mission en Angleterre ; ils accostèrent à Durham mais, demeurant toujours les quatre ensemble, ils furent remarqués, et arrêtés.

 Voir ici d’autres détails dans la notice Edmund Duke

Condamnés à mort, les quatre prêtres furent exécutés à Dryburne, le 27 mai 1590.

Ils furent béatifiés en 1987.

 

 

Richard Hill

1565-1590

 

Richard Hill naquit vers 1565 dans le Yorkshire (Angleterre).

Il vint au Collège anglais de Reims en 1587 ; il reçut le sous-diaconat à Soissons en 1589, le diaconat et la prêtrise à Laon, toujours en 1589.

En mars 1590, il fut un des quatre prêtres envoyés en mission en Angleterre ; ils accostèrent à Durham mais, demeurant toujours les quatre ensemble, ils furent remarqués, et arrêtés.

Voir ici d’autres détails dans la notice Edmund Duke

Condamnés à mort, les quatre prêtres furent exécutés à Dryburne, le 27 mai 1590.

Ils furent béatifiés en 1987.

 

 

Richard Holiday

1565-1590

 

Richard Holiday naquit vers 1565 dans le Yorkshire (Angleterre).

Il vint au Collège anglais de Reims en 1584 ; il reçut le sous-diaconat à Soissons en 1589, le diaconat et la prêtrise à Laon, toujours en 1589.

En mars 1590, il fut un des quatre prêtres envoyés en mission en Angleterre ; ils accostèrent à Durham mais, demeurant toujours les quatre ensemble, ils furent remarqués, et arrêtés.

Voir ici d’autres détails dans la notice Edmund Duke

Condamnés à mort, les quatre prêtres furent exécutés à Dryburne, le 27 mai 1590.

Ils furent béatifiés en 1987.

 

 

Matthias de Kazusagoko

1572-1620

 

Ce laïc était né vers 1572 à Kazusagoko (Japon).

Domestique dans la maison du Supérieur jésuite local, il fut catéchiste dans l’archidiocèse de Nagasaki,.

Arrêté et sommé d’indiquer la cachette de son maître, il fut torturé cruellement et longuement, et donna sa vie pour le Christ à Nagasaki, le 27 mai 1620.

C’est bien probablement de lui qu’il est question au 22 mai dans le Martyrologe, qui le donne comme originaire de Arima.

Il a été béatifié parmi un groupe de deux-cent cinq Martyrs majoritairement japonais, en 1867.

 

 

Bareubara Kim

1804-1839

 

Bareubara (Barbara) était servante dans une famille catholique.

Elle voulait conserver sa virginité.

Un jour son père vint la voir et lui dit qu’il fallait se marier. Il disait qu’il lui avait trouvé un bon compagnon, catholique. En réalité, son père la trompait ; il se refusait simplement à voir sa fille rester vierge.

Barbara accepta ce mariage, et découvrit bien vite que son mari était un païen convaincu. Elle essaya de l’amener au Christ, en vain. Elle eut plusieurs d’enfants, dont une seule fille fut croyante.

Après la mort de son mari, Barbara fut baptisée par les missionnaires, qui venaient d’arriver en Corée. A partir de ce moment-là, Barbara fut une fervente catholique.

Arrêtée en mars ou avril 1839, avec toute la famille à laquelle appartenait la maison où elle habitait, elle refusa d’apostasier et de donner des noms d’autres Catholiques.

Elle fut torturée, frappée jusqu’à ce que ses os fussent brisés, mais elle proclama sa foi jusqu’à la fin.

Elle mourut en prison, victime de la typhoïde qui sévissait dans les geôles de la prison, à cause des très mauvaises conditions hygiéniques où se trouvaient les prisonniers.

C’était le 27 mai 1839. Elle n’avait que trente-cinq ans.

Bareubara Kim fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1984.

Les Martyrs coréens sont fêtés ensemble le 20 septembre.

 

 

Bareubara Yi

1824-1839

 

Née à Ch’ŏngp’a (Séoul, Corée), Bareubara (Barbara) perdit encore petite ses parents et vécut chez ses deux tantes, Magdallena Yi Yŏng-hŭi et Bareubara Yi Chŏng-hŭi, elles aussi martyrisées peu après, les 20 juillet et 3 septembre 1839, et canonisées.

On peut dire qu’elle ne vécut sur terre que pour Dieu.

Arrêtée par la police, elle fut durement torturée.

Conduite devant la Haute Cour, elle fut pressée par le juge d’apostasier, et de nouveau torturée. Mais le juge, la trouvant trop jeune, la renvoya à la police.

On la mit en prison, où elle se trouva dans la même cellule que trois autres garçons : tous quatre s’encouragèrent les uns les autres.

Comme l’autre Bareubara (Kim), qui mourut le même jour, Barbara attrapa la fièvre typhoïde, qui sévissait dans ces cellules sans aucune hygiène.

Après une semaine de souffrances, Barbara acheva cette vie terrestre pour rejoindre l’Epoux divin.

C’était le 27 mai 1839. Elle n’avait que quinze ans.

Bareubara Yi fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1984, tout comme Bareubara Kim et ses chères tantes Magdallena et Bareubara Yi.

Les Martyrs coréens sont fêtés tous ensemble le 20 septembre.

Antanansio Bazzekuketta

1866-1886

 

Antanansio (Athanase), ce jeune homme de vingt ans environ fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 27 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Gonzaga Gonza

1862-1886

 

Gonzaga (Gonzague), ce jeune homme de vingt-quatre ans environ fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 27 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

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Published by samuelephrem - dans 05-mai
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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 23:00

26 MAI

 

II.

S Simetrius , prêtre romain.

S Eleutherius, pape (175-189), le premier dont on connaisse les dates avec certitude, et le premier qu’on ait appelé “Père” (dans une lettre de s. Irénée). 

III.

S Zacharie, évêque à Vienne et martyr.

S Prix, officier martyr près de Auxerre, avec beaucoup d’autres soldats chrétiens.

Ste Felicissima, martyre à Todi.

VI.

S Augustin de Cantorbury, moine à Rome, envoyé par s. Grégoire le Grand évangéliser en Angleterre, fêté le 27 mai.

VII.

S Didier, évêque à Vienne, martyrisé sur ordre de la reine Brunehaut.

S Gond (Godon), neveu de s. Wandrille ; il fonda à Oye un monastère qui prit son nom.

XI.

S Bérenger, bénédictin à Saint-Papoul.

XII.

S Lambert, évêque à Vence ; il changea l’eau en vin et guérit des malades, surtout aveugles.

XIV.

B Francesco Patrizi, siennois, des Servites de Marie, artisan de la réconciliation entre guelfes et gibelins.

XV.

B Andrea Franchi, prieur dominicain à Pistoia, Lucques, Orvieto, évêque à Pistoia.

XVI.

S Filippo Neri, prêtre romain, toujours joyeux (“le saltimbanque de Dieu”) et débordant d'imagination, mystique, fondateur de l’Oratoire ; son procès de canonisation débuta deux mois après sa mort.

XVII.

Ste Mariana de Jésus Paredes y Flores, “le lys de Quito”, recluse, première sainte de l’Equateur, où elle a été proclamée héroïne nationale. 

XVIII.

S Pere Sans y Iordà, évêque dominicain catalan, martyr décapité en Chine, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XIX.

B Yi Jae-haeng Andreas, laïc coréen martyr, par décapitation, béatifié en 2014.

S Yosep Chang Sŏng-jib, pharmacien à Séoul, un des cent-trois martyrs coréens canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

Bx Pak Sa-ui Andreas et Gim Sa-geon Andreas, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

Ss Gioan Ɖoàn Trinh Hoan, prêtre, et Matthêô Nguyễn Văn Ɖắc (Phuong), catéchiste, martyrs annamites, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

Ss Anderea Kaggwa, chef des joueurs de tambourin, et Ponsiano Ngondwe, satellite royal, martyrs en Ouganda, fêtés le 3 juin.

XX.    

Bx Mario Vergaro, missionnaire italien (1910-1950) et son catéchiste birman Isidore Ngei Ko Lat (1918-1950), martyrs en Birmanie et béatifiés en 2014.

Simetrius de Rome

† 150

 

Simetrius était un prêtre de Rome.

Il reçut la palme du martyre sous Antonin le Pieux, donc entre 140 et 160.

Saint Simetrius de Rome est commémoré le 26 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eleutherius

174-189

 

Eleutherius serait né à Nicopolis (l’actuelle Nikopol en Bulgarie), d’Abundius. Son prénom, qui signifie “libre” pourrait faire supposer qu’il était un ancien esclave, affranchi. 

Venu à Rome, il fut le diacre du pape saint Anicet, quand sévirent à Rome les erreurs de Marcion et Valentin ; mais on ignore quelle fut l’activité précise d’Eleuthère sous ce pontificat, ni sous le suivant, celui de saint Soter.

Il fut élu en 174 pour être le treizième pape et son pontificat devait durer quinze ans. C’est le premier pape dont on connaisse les dates exactes.

Vers 177, il reçut Irénée de Lyon, qui lui remit une lettre où pour la première fois on rencontre le terme de “Père” attribué au pape.

D’après le Liber Pontificalis, Eleuthère aurait déclaré que les fidèles peuvent user de toute nourriture, et il aurait été sollicité déjà à cette époque d’envoyer des missionnaires en Angleterre.

On ne pense pas qu’il ait subit le martyre. Il mourut à Rome le 24 ou le 26 mai 189, et c’est à cette dernière date qu’il est mentionné dans le Martyrologe.

 

 

Prix d’Auxerre

† 274

 

Priscus, Prix, était apparemment un chef militaire avec des hommes sous ses ordres, dans les environs d’Auxerre (act. Yonne). Il était originaire de Franche-Comté et avait fui la persécution. Mais il fut retrouvé et décapité.

On dit qu’il fut mis à mort pour sa foi, avec un certain nombre de ses soldats.

On suppose qu’il mourut vers 274,  sous l’empereur Aurélien.

Un monastère, édifié au lieu de ce martyre à Saints-en-Puysaie, fut détruit par les Huns. Plus tard, s.Germain d’Auxerre (v. 31 juillet) retrouva le chef de s.Prix et fit construire une église à l’origine de la localité Saint-Brix.

A la sortie de Saints-en-Puysaie se trouve une source qui jaillit, rapporte-t-on, sous le sabot du cheval de Prix, au moment de son martyre.

Saint Prix d’Auxerre est commémoré le 26 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Felicissima de Todi

† 3e -4e siècles

 

Felicissima fut une martyre honorée d’un culte très ancien, dans la Toscane et l’Ombrie (Italie C).

On suppose qu’elle mourut vers le 3e ou le 4e siècle.

Sainte Felicissima de Todi est commémorée le 26 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Augustinus de Canterbury

530-604

 

Le pape Grégoire le Grand (voir au 3 septembre) avait aperçu sur le Forum de jeunes esclaves blonds qui lui semblèrent angéliques ; il apprit qu’ils venaient de Bretagne, l’actuelle Angleterre. L’appellation d’anglais remonterait ainsi à s.Grégoire, qui les trouvait si angéliques.

Quoi qu’il en soit, c’est ce pape qui demanda au prieur du monastère bénédictin de Rome, Augustinus, de prendre avec lui quelques compagnons pour aller re-convertir les habitants de cette île, retombée dans le paganisme après les invasions des Saxons. C’est tout ce qu’on sait d’Augustinus avant sa mission en Bretagne. On présume qu’il aurait pu naître aux alentours de 530.

Ces vaillants moines quittèrent Rome en 596, traversèrent la Gaule et abordèrent à l’île de Thanet, non loin de l’actuelle Ramsgate. Le roi Æthelberht les reçut très poliment et leur permit d’évangéliser. Ce roi était l’époux de Berthe, une catholique, fille du roi de Paris, Charibert Ier.

Ce roi reçut le baptême en 597.

Augustin, suivant les indications de Grégoire Ier, alla recevoir la consécration épiscopale à Arles, dont l’archevêque était le légat papal pour les Gaules. A la Noël de 597, il baptisait déjà quelque dix mille insulaires.

Proche de Canterbury, s’éleva bientôt l’abbaye des Saints-Pierre-et-Paul, qui prendrait plus tard le nom de saint Augustin.

Le pape Grégoire se réjouit beaucoup de ces premiers et rapides résultats, mais avertit en même temps Augustin de rester humble devant les miracles que Dieu lui permettait d’accomplir.

Il y eut des rencontres entre les missionnaires nouvellement arrivés et le vieux clergé réfugié à l’ouest de la Bretagne : ces derniers n’acceptaient pas d’emblée les habitudes romaines, comme la date de Pâques.

Augustin mourut le 26 mai 604 ou 605, ayant rétabli la foi dans la Bretagne.

Sa dépouille, inhumée dans l’église abbatiale de Canterbury, fut gravement attaquée, ainsi que tout l’ensemble abbatial, durant les persécutions du 16e siècle. Au 17e siècle, on n’avait de reliques que le menton du saint évêque, conservé chez les moines cisterciens d’Anvers.

En 1882, la fête de saint Augustin de Canterbury a été inscrite au calendrier universel ; elle est actuellement célébrée au 27 mai.

 

 

Desiderius de Vienne

550-607

 

Desiderius (Désiré, et plus fréquemment Didier), naquit vers le milieu du 6e siècle à Autun (Saône-et-Loire).

Très jeune, il rejoignit en 558 l’évêque de Vienne et, en 570, entra dans le clergé.

En 586, il fut ordonné diacre, et plus tard prêtre.

Vers 596, il fut appelé à succéder à l’évêque défunt. 

Cette même année, le pape lui recommande de recevoir fraternellement Augustinus (v. 26 mai), envoyé en mission en Angleterre. 

Le même pape (s.Grégoire le Grand, v. 12 mars) tint une correspondance soutenue avec Desiderius ; on lit quelque part que le pape reprenait Desiderius, parce que ce dernier enseignait la grammaire et chantait des poètes profanes de la même bouche avec laquelle il chante les louanges du Christ, - tant il est vrai que Nul ne peut servir deux maîtres à la fois (Mt 6,24).

Desiderius savait être franc avec Thierry II et la reine Brunehaut. Une première fois, même un concile tenu à Châlon-sur-Saône appuya une intrigue fomentée par de faux témoins, qui accusèrent Desiderius de fornication. Desiderius fut exilé sur l’île, par ailleurs inconnue, de Livisio. Suite à la mort accidentelle des accusateurs, Desiderius fut rappelé par Thierry et Brunehaut. Mais comme l’évêque leur rappelait le devoir qu’ils avaient de corriger leurs mœurs, la reine fit arrêter Desiderius dans sa cathédrale, puis les soldats le maltraitèrent en cours de route, le lapidèrent et l’achevèrent à coups de bâtons.

Desiderius mourut le 26 mai 607 et fut honoré comme martyr.

Saint Desiderius de Vienne est commémoré le 26 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bede le Vénérable

672-735

 

Le nom de saint Bede devrait se prononcer, en anglais, bi:d, mais les Français, qui ne sont pas toujours des linguistes passionnés, l’ont toujours orthographié et prononcé : Bède. Laissons faire.

Bede, donc, naquit en 672 ou 673, en Northumbrie (Angleterre).

Orphelin à sept ans, il grandit à l’ombre du couvent bénédictin de Wearmouth. Il fut ainsi sous la vigilante responsabilité de saint Benoît Biscop (voir au 12 janvier), puis de saint Ceolfrid à Jarrow (voir au 25 septembre).

Il fut ordonné prêtre en 702.

Fin lettré, Bede écrivit une traduction en grec (inachevée) de l’évangile de saint Jean ; il connaissait tous les auteurs anciens, grecs et surtout latins, sans oublier les Pères de l’Eglise. 

Bede fut l’encyclopédie vivante de la science de son époque, mais il est surtout célèbre pour son travail d’histoire. Son Histoire ecclésiastique du peuple anglais l’ont fait appeler le père de l’histoire anglaise. Son Martyrologe, un ouvrage précieux quant à sa méthode rigoureuse, le montre vraiment soucieux de l’impartialité et de la vérité.

Il écrivit aussi des commentaires sur l’Ecriture, que salua saint Boniface (voir au 5 juin) en nommant son auteur sagassimus investigator.

Il est beau de mentionner ses derniers moments. Le jour de sa mort, il s’occupait encore à corriger des textes. Son disciple, Cuthbert, lui signala qu’il manquait encore un chapitre. Bede lui dit : Prends ta plume et écris aussi vite que possible. A la dernière phrase, il le pressa encore un peu. Quand il eut fini, Bede se prosterna pour chanter Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, et expira.

C’était le 26 mai 735.

Sa dépouille fut placée dans la cathédrale de Durham, et profanée au 16e siècle, lors de la persécution anglicane.

Saint Bede le Vénérable fut proclamé Docteur de l’Eglise en 1899.

Sa fête liturgique est au 25 mai.

Bérenger de Saint-Papoul

† 1093

 

Bérenger fut moine en l’abbaye bénédictine de Saint-Papoul (Aude).

Il eut la charge de maître des novices, de directeur spirituel, et aussi de maître d’œuvre à l’occasion des travaux de l’abbaye.

Des miracles montrèrent combien Dieu agréait ses vertus.

Il mourut, chargé de mérites, le 26 mai 1093.

Saint Bérenger de Saint-Papoul est commémoré le 26 mai dans le Martyrologe Romain. 

L’abbaye devint un évêché au 14e siècle, jusqu’à la Révolution. «Restaurée» depuis le 19e siècle, elle n’est toujours qu’un musée actuellement.

 

 

Lambert de Vence

1084-1154

 

Lambert naquit en 1084 à Bauduen (Var).

Sa mère mourut en accouchant ; son père l’envoya faire des études à Riez, puis le confia aux moines de Lérins.

Sérieux, volontaire, il montra les qualités nécessaires pour devenir évêque de Vence, en 1114.

Il se fit remarquer par l’austérité de sa vie et la douceur de ses relations, traitant ses clercs comme s’il avait été leur égal plutôt que leur supérieur.

Il fit construire la cathédrale de Vence, dédiée à la Nativité de Notre-Dame.

Il fit des miracles, guérit des malades, en particulier des aveugles, et changea trois fois l’eau en vin.

Se préoccupant de la situation sociale des serfs, il préconisa, pour les libérer, l’installation de moulins à eau. Ingénieux, il préconisa pour les chevaux l’usage d’un collier d’épaule au lieu d’un collier de cou.

Durant sa dernière maladie, il entendit du bruit dans la cathédrale ; apprenant qu’on préparait son tombeau, il alla le voir, soutenu par ses familiers, bénit la pierre et revint à son lit où il mourut peu après, le 26 mai 1154.

Son épiscopat avait duré quarante ans.

Saint Lambert de Vence est commémoré le 26 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Francesco Patrizi

1266-1328

 

Il ne s’agit pas ici de l’évêque humaniste de Sienne qui vécut au 15e siècle.

Francesco naquit à Sienne (Italie) en 1266, de Arrighetto et Rainaldesca ; le nom de famille, Patrizi, ne fut en vigueur qu’au 17e siècle.

La prédication d’un Dominicain le poussa vivement à entrer dans les Ordres, mais il dut d’abord s’occuper de sa mère, aveugle.

A la mort de celle-ci (1288), Francesco entra chez les Servites de Marie, poussé par son grand amour pour la Vierge Marie.

En 1291, il fut ordonné prêtre ; excellent prédicateur, il fut conseiller spirituel et confesseur de fidèles de toutes les catégories ; aux plus riches, il savait demander des subsides pour venir en aide aux plus déshérités. En échange il arriva qu’il devint héritier, lui et son couvent, d’une personne défunte, reconnaissante pour sa bonté.

Très marial et très attaché à la sainte vertu de la chasteté, il s’éteignit le 26 mai 1328 à Sienne, où son corps est resté sans corruption.

Son culte a été confirmé en 1743 et son nom a été récemment introduit dans le Martyrologe Romain.

 

 

Andrea Franchi

1335-1401

 

Andrea Franchi vit le jour en 1335 à Pistoia (Toscane, Italie) au sein d’une famille noble.

Adolescent, en 1349, il prit l’habit dominicain à Florence et fut ordonné prêtre en 1357 ou 1358 : il n’avait peut-être pas l’âge canonique, mais il en avait la maturité, par sa fidélité à la sainte règle.

Du couvent de Sienne où il se trouvait en 1360, il fut envoyé à celui de Pistoia et fut chargé de la prédication pendant une dizaine d’années.

Il fut ensuite nommé prieur en plusieurs monastères successifs : Pistoia, Lucques, Orvieto. A Pistoia, il s’occupa activement de l’agrandissement et de l’embellissement de l’église.

En 1382, il fut nommé évêque de Pistoia, charge qu’il exerça sans rien changer à sa vie sobre de Religieux.

Vigilant, attentif à tout et à tous, il s’occupa surtout des pauvres et des malades. Notre Seigneur l’en récompensa en lui apparaissant sous les traits d’un pèlerin.

Il s’interposa pour remettre la paix entre les habitants, toujours enclins à se diviser et à s’affronter en bagarres interminables. 

Il employait tous ses revenus à la restauration des églises, au soulagement des pauvres, des prisonniers et des malades. On dit qu’il eut la grâce d’accomplir des miracles, dont malheureusement on ne dispose pas de récits.

En 1400, le saint évêque démissionna de sa charge, en raison de sa santé, et se retira au couvent de Pistoia. Mais lors de l’épidémie de peste de cette année-là, il alla encore auprès des malades pour les soigner.

Il passa les neuf derniers mois de sa vie cloué au lit et expira le 26 mai 1401.

En 1613, on dut ouvrir le tombeau pour le restaurer, et il s’en dégagea une très agréable odeur.

Le culte d’Andrea Franchi fut confirmé en 1921.

 

Filippo Neri

1515-1595

 

Filippo Neri naquit le 21 juillet 1515, d’un très petit notaire adonné à l’alchimie. Il perdit sa mère de bonne heure et fut surtout élevé par sa belle-mère qui se prit pour lui d’une réelle affection. D’une précoce piété, doublée d’une imagination fertile en inventions burlesques, le «bon Pippo» connut une enfance joyeuse, libre, d’une pureté sans tache. Si l’on ignore tout de ses études, on le verra par contre converser à Rome avec les esprits les plus distingués du temps et orienter vers les travaux de l’esprit ceux de ses disciples qu’il en jugera capables. Adolescent, il goûte la poésie des beaux ciels d’Italie, des courses nocturnes à travers la campagne romaine et aux catacombes, mêlant à ses fantaisies truculentes et joyeuses l’amour passionné de la musique, et à son enthousiasme de la nature le désir d’une vie de renoncement dévouée au salut des âmes et au soulagement des pauvres.

Il fréquente les dominicains à Florence, où le virulent Girolamo (Jérôme) Savonarola avait allumé les esprits et avait été brûlé par l’Inquisition ; il connaît l’abbaye bénédictine du Mont Cassin, où un très vertueux moine lui donne de salutaires conseils. Finalement, Filippo retourne à Rome, déterminé à y mener une vie d’ermite laïque.

A Rome, il renonce à tout son passé et à l’aide de sa famille ; un ami l’héberge pendant quatorze ans, lui confiant en échange la formation de ses deux fils ; Filippo se livre à de longs jeûnes, à la prière, à l’étude de la philosophie et de la théologie. Il est si habile à aborder les problèmes les plus difficiles qu’un de ses professeurs dira de lui  «que sa science égale sa piété».

Préférant l’apostolat auprès des âmes, il se fait prédicateur ambulant ; mais sa méthode est nouvelle : il reste jovial, riant, plaisantant même, pour passer seulement ensuite aux propos plus sérieux. Physionomie essentiellement italienne par la spontanéité, le naturel, la vivacité, le «plus italien de tous les saints» devient vite l’ «Apôtre de Rome» par excellence. Il est tout dévoué aux petits, aux pauvres, aux artisans et boutiquiers, à la jeunesse de la rue dépravée et parfois méchante. 

On connaît peu, au fond, sa vie intérieure, sinon par des manifestations très extraordinaires qu’il n’arrivait pas à maîtriser : visions, extases… On l’entendait crier : «Assez, Seigneur, assez !», ou bien «Retire-toi, Seigneur, retire-toi !» Le tremblement qui accompagnait ses émotions secouait même son entourage. Un jour de Pentecôte, brûlant d’amour, il pensa voir un globe de feu entrer par sa bouche et descendre jusqu’à son cœur ; alors se produisit ce phénomène apparent de son vivant et constaté par les médecins à l’autopsie qui suivit sa mort : deux côtes s’écartèrent en se recourbant comme pour libérer le cœur. Il visitait de nuit les sept basiliques romaines et surtout les catacombes de Saint-Sébastien.

En ce temps-là, l’Eglise était si corrompue, que le pape lui-même disait : «Le mal s’est répandu de la tête aux pieds, du pape aux prélats.» Plus populairement, on disait que pour aller en enfer, il fallait se faire prêtre. Mais Filippo était persuadé que toute institution humaine pouvait être restaurée par la sainteté. Avec d’autres amis, il développe son apostolat romain en s’adressant chaque mois au peuple ; il s’occupe des convalescents, des prisonniers, des étudiants pauvres, des Juifs ; il eut une part importante dans la conversion du roi français Henri IV. Finalement, il sera ordonné prêtre en 1551, sur les conseils instants d’un ami.

Préconisant la célébration quotidienne de la Messe et la communion fréquente des fidèles, il est victime de cabales qui mettent sa patience à l’épreuve ; Jésus lui dit un jour : «Je te donnerai la patience, mais je veux que tu t’appliques à l’acquérir toi-même parmi ces assauts.»

C’est vers 1555 que le groupe de Filippo deviendra autonome et sera à la base de l’Oratorio,  l’Oratoire où Filippo donnera toute la mesure de sa perspicacité et de ses conseils parfois si cocasses. A l’occasion de carnaval, pendant que le peuple et même la cour romaine participaient aux festivités mondaines et licencieuses, il organisait des processions aux sept basiliques, ce qui lui valut d’abord d’être cité au tribunal de l’Inquisition, puis d’être compté au nombre des plus grands amis du pape Paul IV, réputé si sévère. Avec son ami Carlo Borromeo (futur s.Charles Borromée), il fonde des maisons pour filles repenties, pour les sans-logis.

Nommé curé d’une paroisse de Rome, il développe son activité, ses prédications, avec ses amis, et l’Oratoire devient une véritable congrégation. Pie V, très méfiant, le fait surveiller, puis lui accorde toute sa confiance. L’Oratoire est officiellement reconnu en 1575.

Sans cesse plus encouragé par les papes, Filippo refusera toutefois le cardinalat ; épuisé par ses travaux, il dut garder la chambre ; on l’entendit un jour dire : «Toi, Christ, sur la croix, et moi dans un lit, si bien soigné, si bien soulagé, avec tant d’aises.» En 1595, il reçut le viatique, «mon médecin», dit-il, et mourut dans la nuit de la fête du Saint-Sacrement, le 26 mai.

Il fut canonisé en 1622, le même jour que s.Ignace de Loyola, ste Thérèse d’Avila et s.François Xavier.

 

 

Mariana Paredes y Flores

1618-1645

 

Mariana vit le jour le 31 octobre 1618 à Quito (Equateur), benjamine des huit enfants de Jerónimo Flores Zenel de Paredes et de Mariana Granoblés Xaramillo, qui la firent baptiser le 22 novembre suivant, en la fête de sainte Cécile.

Le papa était de Tolède (Espagne), la maman était équatorienne ; tous deux moururent bientôt, laissant Mariana complètement orpheline à six ans. Qui l’hébergea fut sa sœur aînée, Jerónima, dont une des filles, Juana, avait le même âge que sa «tante» Mariana.

Cette sœur aînée eut la surprise de constater combien Mariana se mortifiait, s’imposait la discipline avec des orties, portait un cilice, comme aussi elle organisait des exercices de piété avec ses petites camarades, de sorte qu’elle la présenta à un bon père jésuite qu’elle connaissait.

Mariana put bientôt recevoir l’Eucharistie, en 1625, à un âge exceptionnel pour cette époque ; mais ce qui est encore plus exceptionnel, fut que Mariana fit alors le vœu de chasteté, prenant le nom de Mariana de Jésus, pour bien montrer qu’elle n’appartenait qu’à son Epoux céleste.

C’est cet Epoux qui lui révéla qu’elle ne devait aller ni chez les Dominicaines ni chez les Franciscaines.

Elle obtint de sa sœur un espace strictement personnel dans la maison, qu’elle ferma avec un gros verrou ; comme mobilier : un lit composé de pièces de bois triangulaires, une croix hérissée d’épines, un cercueil à sa taille, un petit autel avec une statue de Jésus enfant et une de la Sainte Vierge, le tout accompagné de cilices et de disciplines. 

Elle se mit un habit noir et ne sortait que pour la messe ou pour assister le Prochain. A la maison, elle servait à table, mais se contentait de pain et d’eau. Les voisins s’étant allarmés de la voir si amaigrie, elle obtint de Dieu de garder une apparence joviale. Sachant jouer de la guitare, elle s’accompagnait en chantant.

Le don des miracles apparut : elle guérit la fille de sa nièce Juana, qui avait eu la tête fracassée par un coup de pied de mule, elle donna à sa sœur la joie de mettre au monde une belle petite fille, alors que tout espoir était perdu, elle réconcilia des ménages indiens ou nègres, elle ranima une pauvre indienne étranglée et abandonnée dans la forêt par son mari. Elle prédit l’avenir, entre autre la date de sa mort, un vendredi 26.

En 1639, elle entra dans le Tiers-Ordre franciscain

Son corps, soumis à un régime si sévère, suscita de réelles préoccupations ; Mariana ne buvait plus ; les médecins pratiquèrent des saignées, qui l’affaiblirent encore plus. Elle subissait aussi des assauts diaboliques. 

En 1645, Mariana s’offrit en victime pour la population de Quito, frappée par des tremblements de terre et une épidémie. Elle s’offrit d’abord à la place du curé, parce qu’elle n’était pas nécessaire. Son offrande se fit le 25 mars, les calamités cessèrent. Mariana tomba gravement malade dès le lendemain, et s’éteignit le 26 mai 1645.

On l’appelait déjà le lys de Quito.

Elle fut béatifiée en 1853 et canonisée en 1950.

Mariana est la première Sainte de l’Equateur, qui la vénère comme son héroïne nationale.

 

 

Pere Sans i Jordá

1680-1747

 

(On trouve aussi Pedro Sanz y Jordá, à l’espagnole).

Né le 3 (ou le 1er ou le 22) septembre 1680 à Ascó (Tortosa, Catalogne, Espagne), Pere (Pierre) était le fils de Andrés Sanz et de Catalina Jordá. Il entra chez les Dominicains de Lérida en 1697, où il fut ordonné prêtre en 1704.

En 1708, il est à Saragosse. En 1712, volontaire pour travailler en pays de missions, il fut envoyé à Manille, où il arriva en 1713 ; il y apprit le chinois, avant de pénétrer dans le Fukien, avec quelques autres Compagnons. 

En 1728, il fut nommé vicaire apostolique et en 1730, évêque coadjuteur.

En 1730, il dut trouver refuge à Canton, où il reçut l’ordination épiscopale. Mais les temps étaient très difficiles. Le nouvel empereur interdit la religion dans ses états. Il fallait se déplacer la nuit. Les missionnaires ne pouvaient célébrer que rarement la Messe. Ils se rencontraient parfois une fois par an…

Exilé à Macao, il dut attendre 1738 pour entrer à nouveau au Fukien et reprendre avec tout son zèle les prédications, le soin pour les pauvres et les malades.

En 1746, un apostat livra des informations et plusieurs missionnaires, dont Mgr Sanz, furent arrêtés à Focheu. Mgr Sanz avait soixante-six ans, il se laissa capturer pour sauver d’autres chrétiens.

Il reçut quatre-vingt-quinze coups d’une courroie en cuir (dont un seul coup peut rendre quelqu’un inconscient, ou lui faire perdre toutes les dents).

Il subit avec les confrères un premier procès, qui finit par une absolution ; mais le vice-roi déposa les juges, nomma un nouveau tribunal, qui cette fois condamna à mort les missionnaires. Ainsi, le vice-roi pourrait être récompensé par la cour impériale. A l’annonce de la sentence, Mgr Sans dit : Du haut du ciel, je serai le protecteur de cet empire.

Au moment du supplice Mgr Sanz adressa au bourreau cette petite phrase : J’aimerais bien t’emmener au Paradis avec moi ; le bourreau lui répliqua : Je désire y aller de tout mon cœur… et le décapita sur le champ.

C’était le 26 mai 1747, à Fuzhou (Fujian). Mgr Pere Sans i Jordá fut béatifié en 1893, et canonisé en 2000.

Son dies natalis est au 26 mai, tandis qu’une fête commune célèbre tous les Martyrs de Chine, le 9 juillet.

 

 

Yi Jae-haeng Andreas

1776-1839

 

Yi Jae-haeng Andreas est un laïc coréen né en 1776 à Hongju (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 26 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Joseph Chang Sŏng-jip

1785-1839

 

Joseph était né dans une famille païenne de Séoul.

Il était pharmacien. 

Il se maria deux fois, mais ses deux épouses moururent rapidement. Vers trente ans, il commença à étudier la foi catholique.

Joseph avait une difficulté pour croire en l’Incarnation du Verbe et en sa naissance virginale : il ne pouvait se résoudre à croire que Dieu s’était humilié au point de devenir un homme comme nous, uniquement par amour pour l’humanité.

Découragé par ce problème, il abandonna l’étude du catéchisme pendant quelque temps et chercha à se faire de l’argent. Mais un de ses amis le persuada de revenir à Dieu et Joseph se repentit de son éloignement.

Il se livra à la prière, à la méditation, à la lecture de l’Ecriture ; il évitait de rencontrer les amis et vivait dans une grande solitude.

Ses amis lui demandaient pourquoi il ne travaillait plus ; il répondait qu’il préférait souffrir la faim et le froid par amour pour Dieu et pour obtenir le bonheur éternel, plutôt que de conserver la santé de cette terre.

Il reçut le baptême et la confirmation le même jour en avril 1838. 

Quand il entendit parler des martyrs, il en fut si ému qu’il voulut se rendre volontairement à la police pour partager leur sort, mais son beau-père l’empêcha.

Il fut tout de même arrêté le 18 mai 1839. Des voisins, des amis et les policiers eux-mêmes le pressaient de renier sa foi. Au contraire, il leur rappela la doctrine catholique, selon laquelle chacun doit aimer Dieu, créateur de toutes choses sur terre, qui recevra au ciel tous les hommes bons, et repoussera en enfer tous les mauvais.

Finalement, le chef de la police l’envoya à la Haute Cour. Comme on ne l’interrogeait pas tout de suite, Joseph demanda pourquoi on le laissait tout seul, sans l’interroger et sans le torturer. On le prit pour un fou et on l’envoya en prison. 

Pressé par le chef de police de renier sa foi, il refusa et fut sévèrement battu : il reçut au moins vingt coups de konjang, ce gourdin en chêne, long 1,5 mètre, large 15 cm, épais 5 cm, avec un long manche. Une dizaine de coups seulement de ce gourdin sur le postérieur du supplicié, couché sur le ventre, fait jaillir le sang et met la chair en lambeaux.

Puis il fut renvoyé en prison à Séoul.

C’est là qu’il mourut quelques jours plus tard, le 26 mai 1839. 

Joseph Chang Sŏng-jip fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

Saint Antonius Kim Sŏng-u (martyrisé le 29 avril 1841 et canonisé avec lui) serait son frère, d’après certains.

 

 

Pak Sa-ui Andreas

1792-1839

 

Pak Sa-ui Andreas est un laïc coréen né en 1792 à Hongju (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 26 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Gim Sa-geon Andreas

1794-1839

 

Gim Sa-geon Andreas est un laïc coréen né en 1794 à Seosan (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 26 mai 1839 et béatifié en 2014.

 

 

Gioan Đoàn Trinh Hoan

1798-1861

 

Gioan (Jean) était né vers 1798 à Kim Long (Thùa Thiên, Vietnam), dans une famille déjà chrétienne, qui comptait plusieurs prêtres et plusieurs martyrs. Le père de Gioan s’appelait Batolomeo. La sœur de Gioan, Elizabeth, était religieuse.

Il entra au séminaire ouvert par les missionnaires des Missions Etrangères de Paris, et fut ordonné prêtre à Saigon en 1836.

Pendant un quart de siècle, le père Gioan fut très actif, inspirant l’enthousiasme tout en restant prudent.

Il devait constamment changer d’habitation et vécut peut-être plus souvent dans sa barque que sur la terre ferme.

Il s’efforçait de former consciencieusement les catéchistes et suscita beaucoup de vocations sacerdotales.

Au début de 1861, il vint à Quảng Bình pour célébrer la fête de l’Epiphanie, après avoir entendu les confessions des fidèles.

Dans la soirée parvinrent des bruits de soldats qui se rapprochaient. Tous se dispersèrent et le père Gioan se cacha derrière un tas de bois ; un soldat l’aperçut.

Devant le tribunal, le père Gioan fut brutalement battu, on lui appliqua un fer rouge sur la cuisse, on voulut le faire piétiner la croix, révéler des noms et apostasier, mais rien n’y fit. Il fut condamné à mort, tandis que les autres Chrétiens étaient condamnés à l’exil.

Pendant les cinq mois de sa captivité, le père Gioan ne cessa d’assister les Chrétiens, confessant, bénissant, encourageant. On put aussi lui porter l’Eucharistie, qu’il reçut en Viatique.

Quand on annonça au père Gioan la date de son martyre, il dit : 

Tout est consommé. Je rends grâces à Dieu de ce qu’il m’a fait connaître l’heure où je verserai mon sang pour sa gloire.

La veille de son martyre, le père Gioan visita encore une fois les prisonniers, leur recommandant de rester fidèles et de prier pour lui.

Le matin, il s’entretint encore tranquillement avec son père, jusqu’au moment où le gardien vint le chercher. Il se leva, portant sa lourde chaîne.

On donna lecture du verdict : le père Hoan était coupable d’être un prêtre catholique, d’avoir séduit les gens, d’avoir violé le droit de l’Etat ; il devait être décapité immédiatement.

Au soldat qui lui enlevait la chemise et voulait aussi lui retirer le scapulaire de la Vierge Marie, il dit : Non, c’est l’image de ma Mère.

On voulut l’attacher à une colonne ; il s’agenouilla de lui-même et assura qu’il ne bougerait pas. Il demanda quelques instants pour prier.

Le soldat dut s’y prendre à trois fois pour le décapiter.

Le martyre eut lieu près de Đồng Hới (Quảng Bình, Vietnam), le 26 mai 1861.

Le père Gioan a été béatifié en 1909, et canonisé en 1988, parmi les cent-dix-sept Martyrs du Vietnam, dont la fête commune est au 24 novembre.

 

 

Matthêô Nguyễn Văn Đắc (Phượng)

1808-1861

 

Matthêô (Matthieu) était né vers 1808 à Kẻ Lái (Quảng Bình, Vietnam).

Il fut orphelin vers douze ans. Marié, il eut huit enfants. 

Il devint catéchiste. Une de ses filles fut religieuse, des Amantes de la Croix.

Ayant hébergé le père Gioan Đoàn Trinh Hoan, il fut brutalement battu. Il reçut d’abord quarante coups de fouet, mais il garda le silence. Interrogé et battu à plusieurs reprises, il supporta ces horribles tortures patiemment. 

Pendant les cinq mois de sa captivité, il donnait souvent ses maigres repas à d’autres prisonniers. Il fut condamné à mort avec le père Gioan, mais étant dans une cellule isolée, jusqu’au dernier moment il ne savait pas quel jour devait avoir lieu son exécution.

Avant de mourir, il recommanda à ses enfants : 

J’accepte volontiers mon sort ; mais vous, aimez-vous les uns les autres ; vivez en bonne intelligence ; aidez-vous spirituellement et matériellement ; et quels que soient les malheurs qui vous accablent, ne vous laissez jamais aller par faiblesse à renier Dieu.

Il fut décapité près de Đồng Hới (Quảng Bình, Vietnam), le 26 mai 1861.

Il a été canonisé en 1988, parmi les cent-dix-sept Martyrs du Vietnam, dont la fête commune est au 24 novembre.

 

 

Ponsiano Ngondwé

1846-1886

 

Ponsiano (Pontien), un Chrétien de quarante ans environ (il naquit vers 1846-1851) fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 26 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Anderea Kaggwa

1856-1886

 

Anderea (André), ce Chrétien d’environ trente ans fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 26 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Mario Vergara

1910-1950

 

Mario naquit le 16 novembre 1910 à Frattamaggiore (Naples, Italie), un des derniers des neuf enfants de Gennaro et Antonietta.

Le papa dirigeait une petite entreprise de filature du chanvre et, durant ses absences (souvent en Allemagne) pour traiter son petit commerce, c’était son épouse qui gérait et la maison et la fabrique.

Après l’école communale, Mario entra en 1921 au Petit séminaire d’Aversa où sa façon d’être un peu particulière le fit qualifier de rebelle, alors que son cœur était profondément empli d’un grand amour de Dieu et d’un grand zèle pour les âmes.

En 1929, il entra à Monza dans l’Institut Pontifical pour les Missions Etrangères (PIME).

Avant la fin de la seconde année du lycée, il dut rentrer dans sa famille à cause d’une crise d’appendicite, qui évolua en péritonite. On le croyait en fin de vie, mais lui se divertissait intérieurement, persuadé qu’il allait guérir parce qu’il devait être un jour missionnaire.

Il guérit en effet et reprit les études chez les Jésuites de Posilippo, avant de regagner le PIME en 1933.

Ayant accompli les études de philosophie et de théologie, il fut ordonné prêtre en 1934 et, un mois plus tard, envoyé en Birmanie.

Il y fut extrêmement actif, d’abord en étudiant jusqu’à trois des langues des tribus locales en quelques mois, mais aussi en se déplaçant en tous sens pour gérer sa «paroisse» de Citaciò, où il se fait tout à tous, médecin, professeur, juge aussi, et bien sûr prêtre.

La guerre mondiale rendit l’Italie et l’Angleterre ennemis, et les missionnaires italiens furent considérés automatiquement comme «fascistes», ennemis des Anglais, et le père Vergaro se retira à Momblo. Quand en 1941 le Japon entra à son tour en guerre et qu’il envahit la Birmanie, les missionnaires furent internés en camp de concentration en Inde, sous surveillance anglaise. 

En 1943, grâce aux efforts du Vatican et de la Croix-Rouge, les conditions d’internement furent améliorées et les missionnaires purent un peu mieux prier, lire, étudier. La santé du père Vergaro fut durement attaquée, et on lui retira un rein.

En 1945, enfin libéré, il se voit confier par l’évêque la mission d’ouvrir un nouveau centre d’apostolat à l’extrémité orientale de la mission de Toungoo : une centaine de villages, dont les habitants parlent encore une autre langue, et où se sont déjà implantés des missionnaires protestants, outre les habituels bouddhistes. Le père Vergaro y arriva en 1946.

Alors qu’il réussissait déjà à prendre contact, à gagner quelques catéchumènes, à soigner et guérir quelques malades, les missionnaires de l’autre religion devinrent jaloux de son influence et le calomnièrent auprès de la population.

En 1948 arriva un autre prêtre italien, le père Galastri, qui s’y connaissait en matière de menuiserie et de maçonnerie ; ainsi naquirent une école, une église, un orphelinat, un dispensaire… grâce auxquels il étendit les formes de son apostolat, luttant inlassablement contre les préjugés traditionnels, les croyances bouddhistes. 

Mais à partir de la proclamation de l’indépendance (1948), se développèrent des foyers de guerre civile, et les catholiques furent grandement dénigrés auprès des nouvelles autorités civiles. Quand les révoltés furent mis en déroute, leur chef devient le grand ennemi des missionnaires. En 1950, la mission est coupée en deux quand la ville de Loikaw est reprise par les troupes gouvernementales d’un côté, tandis que Shadow est aux mains des rebelles. Il fallait sans cesse traverser les lignes de combat.

Fin janvier 1950, les pères Vergaro et Galastri furent perquisitionnés et accusés d’être espions. Arrêtés, ils furent dans l’impossibilité de faire connaître leur situation.

On sut bien plus tard que le 24 mai 1950, les deux pères, avec leur fidèle catéchiste Isidore, furent arrêtés, longuement interrogés, fait marcher le long du fleuve Salween et, au matin du 26 mai 1950, fusillés ; leurs corps furent emballés dans des sacs jetés dans le courant du fleuve.

La première nouvelle de leur assassinat n’apparut à la radio locale que le 31 août suivant.

 

Le père Vergaro et le catéchiste Isidore furent béatifiés en 2014.

 

 

Isidore Ngei Ko Lat

1918-1950

 

Ce laïc naquit en 1918, dans une famille de paysans récemment convertis grâce au père Paolo Manna (v. 15 septembre) à Taw Pon Athet (Birmanie).

A l’adolescence, il perdit ses deux parents et fut recueilli avec son frère chez une tante.

Fidèle à sa foi, il aidait volontiers les missionnaires dans leurs activités, et entra au séminaire. Excellent élève, il apprit à maîtriser parfaitement le latin et l’anglais. Mais sa santé asthmatique l’obligea à revenir chez les siens.

Isidore conserva son idéal sacerdotal ; il fit le vœu de chasteté et ouvrit une école privée à Dorokho, pour enseigner aux enfants le birman et l’anglais, le catéchisme, la musique et le chant.

C’est avec enthousiasme qu’il accepta la proposition que lui fit le père Vergara d’être catéchiste. C’est dans cette optique qu’il accompagna le missionnaire à Shadaw, où il servit aussi d’interprète pour l’autre missionnaire, le père Galastri.

Il était aux côtés du père Vergara lorsque celui-ci tenta, en vain, d’obtenir la libération d’un autre catéchiste. Ils furent fusillés tous les deux à Shadaw en haine de la foi chrétienne, le 26 mai 1950.

Ils ont été béatifiés en 2014.

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Published by samuelephrem - dans 05-mai
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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 23:00

25 MAI

 

III.

S Canio, évêque et martyr à Atella.

S Urbain, évêque romain, qu’on confond avec le pape du même nom (cf.19 mai).

IV.

S Dionysios, évêque à Milan, adversaire et victime des ariens, exilé en Cappadoce.

Ss Mauxe et Vénérand, martyrs décapités près de Acquigny, où on les invoque pour obtenir la pluie.

V.

S Zenobius, évêque à Florence.

VI.

S Lyé, abbé à Mentenay : son prédécesseur avait fondé cette abbaye et succéda à s. Remi à Reims.

VIII.

S Aldhelm, abbé à Malmesbury, premier évêque à Sherborne ; il lisait la Bible en hébreux, parlait grec, écrivait prose et vers en latin.

S Bede le Vénérable, bénédictin clunisien à Jarrow, auteur d'une "Histoire des Anglais", encyclopédie de quarante-cinq volumes qui lui valut le titre de Père de l'histoire anglaise.

X.

S Genadio, évêque à Astorga, où il fonda ou fit revivre quarante-huit monastères.

S Grégoire VII, pape (1073-1085), bénédictin, réformateur de l'Eglise et illustre dans la "querelle des investitures" (cf. l’épisode de Canossa avec l’empereur Henri IV).

XIII.

B Gerardo Mecatti de Villamagna, croisé prisonnier des Turcs ; il fut servant à l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, puis reçut en Italie l’habit du tiers-ordre franciscain.

S Gérard de Lunel, saint homme parti de l’Hérault avec son frère pour la Terre Sainte, mais mort en route, et enterré à Montesanto.

XV.

S Andrea Giacomo-Filippo Bertoni, épileptique dans sa jeunesse, prieur des Servites à Faenza.

XVII.

Ste Catarina (Maria Maddalena) de' Pazzi, carmélite déchaussée à Florence, mystique, qui ne perdit jamais la joie dans ses dures épreuves spirituelles.

XIX.

S Phêrô Ɖoàn Văn Vân, catéchiste vietnamien, martyrisé à presque quatre-vingts ans, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Ste Madeleine-Sophie Barat, fondatrice de l’Institut des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus (une de leurs maisons est à Poitiers, où vécut Sœur Josefa Menéndez).

S Denis Ssebuggwawo Wasswa, seize ans, un des jeunes martyrs de l’Ouganda, fêté le 3 juin.

XX.

Ss Cristóbal Magallanes Jara (*1869) et Agustín Caloca Cortés (*1898), prêtres mexicains martyrs (fusillés en 1927), béatifiés en 1992, canonisés en 2000 et fêtés avec leurs Compagnons le 21 mai.

B Mykola Tsehel’s’kyi (1896-1951), prêtre ukrainien, père de quatre enfants, mort en camp à Javas, martyr béatifié en 2001.

Canio d’Atella

† 292 ou 430

 

Il y a deux sources anciennes concernant Canio. Elles diffèrent en des points de détail, mais concordent sur l’essentiel.

L’essentiel est que Canio était un évêque d’Afrique, arrêté au moment de la persécution, torturé de mille façons puis abandonné sur une barque sans voile qui arriva cependant sur les côtes de Campanie. De là, Canio rejoignit Atella où il prêcha, et où aussi des ennemis le mirent à mort.

Les détails divergents sont les suivants : 

La persécution était celle de Dioclétien (292) ou celle du roi arien Genséric (années 430).

Dans le premier cas, Canio fut flagellé avec des fouets garnis de plombs, brûlé avec des torches enflammées, jeté en prison déjà mourant. Le lendemain, il fut suspendu et encore fouetté jusqu’à perdre tout son sang, mais Canio continuait à proclamer la Foi et à instruire le peuple ; beaucoup de païens se convertirent, et furent immédiatement décapités. Canio fut écartelé sur le chevalet, encore fouetté avec ce raffinement qu’on lui fit couler du plomb fondu sur ses plaies. Il devait être décapité, mais un terrible ouragan se déchaîna, mettant en fuite les bourreaux. C’est alors que le préfet romain fit monter Canio sur un bateau sans rame ni voile, qui cependant accosta rapidement en Campanie.

Dans le deuxième cas, Genséric fait monter douze évêques africains - avec beaucoup d’autres fidèles chrétiens - sur un bateau sans rame ni voile, qui accoste en Campanie, où les douze évêques se séparent et vont évangéliser les populations. Canio se fixe à Atella.

Les deux versions se rejoignent ici, affirmant que les ennemis du Christ voulurent lapider Canio. Le premier texte complète le fait avec ces détails surprenants : poursuivi, Canio se cache sous un buisson que les araignées couvrent immédiatement avec leur toile, et où Canio, exténué, rend son âme à Dieu. Un oiseau veille sur son corps, on voit l’âme de Canio s’envoler vers le ciel ; plus tard une source jaillit du tombeau.

Beaucoup de miracles furent attribués à Canio : un malade victime d’une grave angine, un aveugle, un possédé, furent guéris. 

Atella se trouve en région Basilicate, province de Potenza, Italie S.

Saint Canio d’Atella est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dionysius de Milan

† 361

 

Dionysius fut le onzième évêque de Milan, de 350 à 355.

Durant ces quelques années, il souffrit beaucoup pour la défense de la foi du concile de Nicée (325).

Lors du concile de Milan (355), pensant agir au profit de la paix intérieure de l’Eglise, il eut la faiblesse de signer la condamnation du grand évêque Athanase, soi-disant accusé de crime de lèse-majesté contre l’empereur. Mais il signait à la condition que tous les évêques ariens recevraient la foi de Nicée, ce à quoi tous s’engagèrent. 

Ce n’était qu’une manœuvre. Dionysius comprit trop tard son erreur ; mais comment la réparer ? Eusèbe de Verceil (v. 1er août) vola à son secours. Il fit remarquer qu’il ne pouvait signer après Dionysius, puisque Dionysius était son élève ; les ariens acceptèrent de corriger les tablettes et rayèrent la signature de Dionysius. Mais Eusèbe alors refusa catégoriquement de signer, Dionysios également.

Rien ne fit plus changer d’avis Dionysius.

Les trois évêques Eusèbe de Verceil, Lucifer de Cagliari (v. 20 mai) et Dionysios furent exilés. Dionysios fut envoyé en Cappadoce, surveillé par des évêques ariens. Il était chargé de chaînes, sans cesse déplacé de plus en plus loin, mais toujours salué par les populations ; il reçut même une lettre d’encouragements du pape Libère.

Il fallait un remplaçant à Dionysius : l’empereur y installa un oriental, qui ne comprenait pas le latin…

Dionysius mourut en 361 ; son corps repose aujourd’hui dans la cathédrale de Milan.

Saint Dionysius de Milan est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Zenobius de Florence

† 425

 

Zenobius (devenu Zanobi en italien) était né vers le milieu du 4e siècle à Florence.

Tôt baptisé, il reçut une formation chrétienne et fut vite admis dans le clergé.

En 394, s.Ambroise (v. 7 décembre) s’arrêta à Florence où il remarqua Zenobius et le prit comme compagnon pour aller trouver le pape Damase (v. 11 décembre) à Rome.

C’est ce même pape qui aurait alors ordonné diacre Zenobius et même lui aurait confié une mission à la cour de Constantinople.

De retour à Florence, il fut unanimement préconisé pour devenir le deuxième évêque de la ville (ou le sixième, si l’on considère les quatre premiers évêques «légendaires»).

Vers 405, Zenobius organisa la résistance contre l’Ostrogoth Radagaiso et ses troupes.

Zenobius apparaît comme le véritable organisateur du diocèse de Florence, par la construction d’églises, le développement de l’évangélisation et de la liturgie.

Parmi les nombreux miracles attribués à Zenobius, on parle de la résurrection d’un petit enfant.

Ecrivant vers 422, s.Ambroise parle de Zenobius comme d’un saint homme.

Zenobius mourut donc après cette date, entre 422 et 429.

On dit que lors des funérailles, au passage de son corps, un arbre sec se remit à fleurir.

Saint Zenobius de Florence est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lyé de Mantenay

† 545

 

L’abbaye à Mantenay fut fondée au début du 6e siècle par Romain qui, en 533, fut appelé à succéder à s.Remi (v. 13 janvier) sur le siège de Reims.

C’est alors que son disciple, Lyé (Léo en latin), fut nommé abbé de Mantenay.

Les vertus et les miracles de celui-ci le firent vénérer durant sa vie et après sa mort.

Il mourut vers 545.

Le village prit ensuite son nom. 

L’abbaye fut détruite en 959 par les Saxons, un château-fort y fut construit par les rois, forteresse servant à protéger la ville de Troyes.

Saint Lyé de Mantenay est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Aldhelm de Sherborne

639-709

 

Aldhelm naquit vers 639 en Wessex (Angleterre), parent du roi Ine. Son père serait un certain Kenten, peut-être le roi du Wessex Centwine.

Son premier maître fut l’irlandais Maildubh, puis l’italien Adriano, qui venait d’être envoyé de Rome pour accompagner Théodore, le futur évêque de Canterbury (v. 19 septembre). Fort de cette formation, Aldhelm fut en mesure de lire l’Ecriture dans le texte hébraïque, de parler grec, d’écrire et de versifier en latin, sans oublier ses connaissances dans le droit romain, l’astronomie et l’astrologie.

Il revint vers son premier maître auquel, en 675, il succéda comme abbé du nouveau monastère de Malmesbury. Il le restera trente années et fonda deux autres monastères bénédictins à Frome et Bradford.

Très austère, il était capable de s’immerger dans l’eau glacée pendant la récitation d’un psautier. Mais ce n’était pas un cœur dur ; il composait et chantait des poèmes, qu’on n’a malheureusement pas retrouvés : il les chantait le dimanche sur un pont où passaient les villageois, qui ne fréquentaient guère l’église ; ainsi il les rassemblait et leur adressait quelque bonne exhortation.

Il écrivit plusieurs ouvrages en latin, dont le plus connu est son Eloge de la Virginité, destiné aux moniales de Barking. Sur le même thème, il dédia un long poème à Notre-Dame, maxima abbatissa, la plus grande abbesse. Il semble avoir été le premier Anglo-Saxon à écrire en vers latins, et s.Bede le Vénérable (v. 26 mai) l’eut en grande estime. Sa réputation gagna l’Irlande, la Gaule, l’Italie.

Aldhelm alla trouver le pape à Rome ; il était tout-à-fait acquis aux usages romains, et s’efforça d’y gagner les moines de Cornouaille.

En 705, fut créé le diocèse de Sherborne, dont il devint le premier évêque.

Il mourut le 25 mai 709, après une vie toute sainte, remplie de miracles qui continuèrent après sa mort.

Saint Aldhelm de Sherborne est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Genadio d’Astorga

865-936

 

Genadio (on l’appelle populairement Juanacio) était originaire du Bierzo (Espagne NO), où il était né vers 865. On l’a dit parent d’Ordoño Ier et fils d’Alfonso III et de Jimena des Asturies.

Il devint moine au monastère d’Ayoó de Vidriales puis, vers 892-895, au monastère de San Pedro de Montes, complètement abandonné. Avec douze confrères, il le restaura et, en 896, il en fut nommé abbé.

Ce fut ensuite une succession de restaurations ou de fondations que Genadio entreprit ; il y en eut une quarantaine dans le seul diocèse d’Astorga. On retiendra ici seulement ceux de Santiago de Peñalba*, San Alejandro, Santa Leocadia de Castañeda, San Andres.

En 908, Genadio fut nommé évêque d’Astorga et devint le conseiller préféré des rois Alfonso III, García Ier et Ordoño II.

En 919 cependant, il décida de se démettre pour revenir à la solitude du monastère et se retira à Valle del Silencio.

On lit parfois qu’en 930, à la mort de son successeur Fortis, Genadio administra le diocèse jusqu’à la nomination du nouvel évêque (932), mais cette vacance n’apparaît pas dans la liste officielle des évêques d’Astorga.

L’œuvre de restauration de Genadio contribua beaucoup à repeupler toute la région du Bierzo.

Genadio  mourut à Peñalba de Santiago* en 936, le 24 ou 25 mai.

Saint Genadio d’Astorga est commémoré le 25 mai dans le Martyrologe Romain.

 

* La localité Santiago de Peñalba a pris ensuite l’appellation inversée Peñalba de Santiago.

 

Grégoire VII

1073-1085

 

Ce cent-cinquante-septième pape, qui devait succéder à Alexandre II, était le fils d’un humble charpentier de Toscane. Ildebrando - c’était son prénom de baptême - grandit et étudia à Rome, où il entra dans le clergé.

Ildebrando, devenu abbé de Saint-Paul-hors-les-Murs, réforma ce monastère avec succès, au point que le pape Léon IX l’envoya comme légat pontifical en France pour lutter contre la simonie et le nicolaïsme (la simonie était la pratique d’acheter des charges ecclésiastiques ; le nicolaïsme, celle de certains clercs qui vivaient maritalement). C’est lui aussi qui obtint la rétractation de Bérenger, qui niait la présence réelle dans l’Eucharistie, et le fit réadmettre dans la communion. En outre, il avait procédé à une première révision des lois de l’Eglise, qui devait être reprise ensuite par s.Pietro Damiano pour aboutir à la constitution du droit canonique.

Six papes s’étaient succédé sur le siège de Saint-Pierre durant seulement un quart de siècle. A la mort d’Alexandre II, il fallait quelqu’un qui achevât l’œuvre de ces papes trop éphémères. Ildebrando, qui avait été leur conseiller, fut l’élu ; il n’avait pas soixante ans (cinquante-trois ou cinquante-huit, suivant la datation incertaine de sa naissance).

Grégoire VII eut d’abord deux soucis, mais là il ne put réaliser ses projets : il aurait voulu mettre fin au schisme d’Orient, et reprendre Jérusalem tombée tout récemment aux mains des Turcs.

Le nouveau pape fut plus efficace dans l’œuvre de la réforme intérieure de l’Eglise. Il s’appuya fortement sur ses légats pour s’informer validement des faits en divers pays et pour y prendre en son nom toutes mesures qu’ils auraient jugées nécessaires. Il y eut parmi eux Hugues de Die, Hugues de Cluny.

Contre la simonie, il intervint énergiquement : toute personne ayant obtenu à prix d’argent une quelconque charge, devenait par le fait-même inhabile à la remplir. Sur ce problème se greffa celui de la querelle des Investitures : le nouvau pape réaffirma son autorité pour nommer ou déposer les évêques ; pour créer les évêchés ; pour convoquer un concile et même pour déposer un souverain.

Contre le nicolaïsme, il était interdit aux clercs indisciplinés de célébrer la messe ; interdit aux fidèles d’y assister. Des évêques furent suspendus. Grégoire VII écrivit à l’archevêque de Cologne : “Sans la chasteté, les autres vertus ne valent rien, de même que la chasteté perd son prix si elle n’est accompagnée des autres vertus.”

Le conflit s’exacerba entre le pape et l’empereur germanique. Henri IV se permit de nommer et de faire sacrer son propre partisan comme archevêque à Milan, puis un autre à Fermo, puis à Spolète. Le pape le lui reprocha sévèrement, à quoi l’empereur répondit en réunissant une assemblée à Worms, où vingt-cinq évêques déclarèrent refuser obéissance au pape, et envoyaient au pape une injonction à abdiquer. Le pape ne pouvait accepter et délia les sujets de l’empereur de leur devoir d’obéissance.

La Thuringe se déclara contre l’empereur, qui intervint en exterminant toute la population. A Rome, le préfet Censius, ami de l’empereur, fit arrêter le pape en pleine célébration de la messe de Noël (1075). La foule l’obligea à le libérer. Henri IV écrivit même au pape cette lettre grossière : “Descends, descends, descends ! Tu es maudit pour les siècles des siècles.”

Le prince Rodolphe de Souabe menaça Henri ; celui-ci fit semblant de s’adoucir, et finit par être conduit à Canossa, où se trouvait le pape et à qui il implora son pardon (janvier 1077).

Après s’être “rendu à Canossa”, Henri chercha à reprendre le contrôle de la situation, tandis que le pape regagnait Rome. Là, après quelques années d’incertitude, un concile finit par excommunier l’empereur (1080).  Ce dernier se vengea en faisant élire un antipape, Clément III, mais il fut vaincu en octobre 1080 par les troupes de Rodolphe.

Henri réussit à rentrer dans Rome en 1084, à se faire couronner par son pape Clément III, mais dut quitter la Ville rapidement, menacé par Robert Guiscard, le duc de Pouille et de Calabre, qui arrivait avec ses troupes normandes. Henri remonta en Germanie et put encore imposer son autorité pendant de longues années, jusqu’à ce que ses propres fils l’obligent à abdiquer ; il finit misérablement ses jours à Liège en 1105.

Pendant ce temps, le pauvre Grégoire VII s’était réfugié à Salerne, ne se sentant plus en sécurité à Rome. Fatigué et brisé par tant de luttes, il s’éteignit là le 25 mai 1085, après douze années de pontificat. Il fut canonisé en 1606, et eut pour successeur Victor III.

 

 

Gherardo Mecatti de Villamagna

1174-1243

 

Gherardo naquit, pense-t-on, en 1174 à Villamagna (Florence, Italie), de pieux et pauvres parents, des fermiers qui moururent quand il eut douze ans.

Il fut recueilli par le patron des parents. Celui-ci était chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, et l’emmena en 1195 aux Lieux-Saints quand il partit à la croisade. Là, ils furent faits prisonniers par les Turcs, musulmans ; le chevalier mourut, et Gherardo obtint sa libération après avoir subi toutes sortes de mauvais traitements.

Revenu à Villamagna, Gherardo se retira dans une petite hutte pour y pratiquer les exercices de la pénitence et de la contemplation.

Deux ans plus tard, un autre chevalier parent du premier, l’emmena en Syrie. Ils étaient alors vingt chevaliers, et furent assaillis par une troupe de deux-cents pirates. Moment de panique ; Gherardo leur conseilla vivement d’attaquer, car ils devaient être vainqueurs, ce qui arriva : cinquante pirates furent tués, les autres mis en déroute.

Gherardo alors resta sept années en Palestine, au service des Chevaliers de Saint-Jean, s’occupant des malades et des pèlerins, priant tout le temps qui lui restait. Mais se voyant objet de curiosité et aussi de vénération, il demanda la permission de repartir dans son village.

Ayant rencontré Francesco d’Assise, il demanda l’habit franciscain et retourna à son ermitage, où il vécut le reste de ses jours, dans la plus stricte pauvreté, donnant ce qu’il avait, mendiant pour les autres. En plein hiver, il fit un jour mûrir des cerises sur l’arbre, pour satisfaire aux désirs d’un pauvre.

Gherardo faisait trois «pèlerinages» chaque semaine dans un oratoire assez éloigné : le lundi, il priait pour les âmes du purgatoire, le mercredi pour ses propres péchés, le vendredi pour la conversion des pécheurs et des musulmans. Souvent il se rendait au sommet d’une colline dite de la Rencontre, où il construisit un oratoire dédié à la Sainte Vierge ; il avait demandé pour cela à un paysan de lui prêter une paire de bœufs pour tirer des matériaux : sur le refus du paysan, il appela quatre jeunes veaux , qui vinrent docilement exécuter le travail. Plus tard, saint Leonardo de Porto Maurizio (v. 26 novembre) devait y construire un couvent franciscain.

Certains ont fait mourir Gherardo en 1270, à quatre-vingt-seize ans, d’autres ont retardé la date de sa naissance ; le jour exact (13, 18 ou 25 mai) est aussi controversé. Une date plus probable pourrait être le 25 mai.

A la suite de nombreux miracles, le culte de Gherardo fut ratifié en 1833.

 

 

Gérard de Lunel

1275-1298

 

Gérard était né vers 1275 à Lunel (Hérault). Dès l’âge de cinq ans il appartint au Tiers-Ordre franciscain.

Lui et son frère Effrenaud héritèrent de leur père une importante baronie, mais quand Gérard atteignit la majorité, les deux frères voulurent se retirer dans une vie d’ermites, dans deux grottes non loin du pont du Gard.

L’endroit était dangereux, car les eaux du fleuve pouvaient monter et les noyer. Un jour qu’ils furent encerclés par les eaux, deux serpents vinrent leur apporter du pain, puis ils se rendirent au château voisin pour recevoir le vrai Pain eucharistique. Les gens, qui les avaient crus morts, furent très impressionnés et se mirent à leur rendre visite.

Pour échapper à la célébrité, ils prirent la décision de s’embarquer pour un pèlerinage en Terre Sainte, mais une tempête les contraignit à regagner la côte de Toscane ; ils gagnèrent alors Rome, où ils restèrent environ deux ans à visiter les basiliques et les tombeaux des Apôtres.

Ayant alors entendu parler d’une saint ermite qui vivait près d’Ancône, un certain Liberio, ils voulurent le connaître et se mirent en route. Chemin faisant, Gerard fut pris d’un violent mal de tête. Non loin d’Ancône, à Monte Santo (auj. Potenza Picena), Gérard eut une crise cardiaque et, le temps que son frère allât chercher de l’aide au pays, rendit son âme à Dieu, le 25 mai 1298, à vingt-trois ans.

La population de Monte Santo adopta ce saint homme : elle l’appela Gerio ou Girio, et le «canonisa» sans tarder. On l’invoque contre l’épilepsie et les maux de tête.

Son culte fut reconnu en 1742. Le Martyrologe le mentionne avec son nom italien, latinisé en Gerius.

 

 

Andrea Bertoni

1454-1483

 

Andrea Bertoni naquit en 1454 à Celle di Faenza (Emilie Romagne, Italie NE), de parents pauvres.

Comme il souffrait de crises d’épilepsie, son père promit à Dieu, s’il guérissait, de l’offrir à la vie religieuse. C’est ainsi qu’Andrea entra à neuf ans chez les Servites de Marie, où il prit le nom de Giacomo Filippo.

Il se prépara au sacerdoce dans une intense prière, dans l’approfondissement de l’Ecriture Sainte, et la mortification. Devenu prêtre, il ne pouvait célébrer la Messe sans verser des larmes et trembler de tout son corps, tant il était pénétré de son indignité.

Il fut nommé procureur (ou prieur) du couvent. Serviable, sobre de paroles, doux, effacé, il fut remaqué et aimé par ses Confrères.

Il s’imposa un style de vie très austère, très rigoureux, mangeant une seule fois par jour, au point qu’il n’avait littéralement que la peau et les os.

Divinement averti de sa mort prochaine, il alla trouver tous ses Confrères le 24 mai 1483 pour leur demander pardon un à un. Il s’éteignit à vingt-neuf ans, le 25 mai 1483, le jour de la fête de la Sainte Trinité.

Un des tout premiers miracles avenus peu après sa mort, fit que le miraculé en écrivit sans tarder la première biographie. Les nombreux miracles entretinrent un culte qui fut approuvé en 1761.

Quand l’église des Servites fut bombardée en 1944, le corps du Bienheureux fut transporté dans la cathédrale de Faenza.

 

 

Catarina (Maria Maddalena) de’ Pazzi

1566-1607

 

Sainte Marie-Madeleine de Pazzi, l'une des fleurs les plus suaves qui aient embaumé les jardins du Carmel, naquit le 2 avril 1566 à Florence de l'illustre famille des Pazzi. Son père était Camillo Geri de’ Pazzi et sa mère Marie-Laurence de Bondelmonte. Elle fut nommée Catarina à son baptême en l'honneur de sainte Catherine de Sienne qu'elle eut toujours en grande vénération.

Dès l'âge de sept ans, à l'école du Ciel, elle était formée à l'oraison, et elle paraissait presque un prodige de mortification. Toute une nuit elle porta une couronne d'épines sur sa tête, avec des douleurs inexprimables, pour imiter son Amour crucifié. Chaque fois que sa mère avait communié, l'enfant s'approchait d'elle et ne pouvait plus la quitter, attirée par la douce odeur de Jésus-Christ.

A partir de sa Première Communion, elle fut prête à tous les sacrifices, et c'est dès lors qu'elle fit à Jésus le vœu de n'avoir jamais d'autre époux que Lui. C'est en effet à l'âge de douze ans qu'elle fit le vœu de conserver la virginité. Aussi, quand plus tard, son père voulut la marier, elle s'écria : " Je livrerais plutôt ma tête au bourreau que ma chasteté à un homme."

Son père avait été nommé gouverneur de la ville de Cortone par le grand-duc de Toscane et avait laissé notre sainte en pension chez les religieuses de Saint-Jean à Florence.

A son retour il lui chercha un parti mais sa fille lui représenta son désir d'entrer au Carmel. Elle y entra en habit séculier et quinze jours après en ressortit pour trois mois par obéissance pour son père qui voulait éprouver sa vocation. Enfin, elle fut admise définitivement au Carmel avec la bénédiction affectueuse et chaleureuse de ses parents.

La sainte épouse du Christ entra au Carmel, parce qu'on y communiait presque tous les jours. Dès lors sa vie est un miracle continuel ; elle ne vit que d'extases, de ravissements, de souffrances, d'amour. Pendant cinq années, elle fut assaillie d'affreuses tentations ; son arme était l'oraison, durant laquelle elle s'écriait souvent : " Où êtes-Vous, mon Dieu, où êtes-Vous ?"

Un jour, tentée plus fortement qu'à l'ordinaire, elle se jeta dans un buisson d'épines, d'où elle sortit ensanglantée, mais victorieuse.

Le feu de l'amour divin était si brûlant en elle, que n'en pouvant supporter l'ardeur, elle était obligée pour la tempérer de répandre de l'eau sur sa poitrine. Souvent ravie hors d'elle-même, elle éprouvait de longues et merveilleuses extases, dans lesquelles elle pénétrait les mystères célestes, et recevait de Dieu des faveurs admirables. Fortifiée par ces secours, elle soutint un long combat contre le prince des ténèbres, livrée à la sécheresse et à la désolation, abandonnée de tout le monde, et poursuivie de diverses tentations, par la permission de Dieu, qui voulait en faire le modèle d'une invincible patience et de la plus profonde humilité.

Mais Notre Seigneur ne l'abandonna pas, qui lui prescrivit des règles admirables pour la conduite de sa vie :

1. d'avoir la même pureté dans toutes ses paroles et toutes ses actions, que si elles étaient les dernières heures de sa vie.

2. De ne donner jamais d'avis sans avoir auparavant consulté Jésus-Christ attaché à Sa croix.

3. D'avoir toujours un saint empressement de faire la charité aux autres.

4. De ne faire pas plus de cas de son corps que de la terre qu'on foule aux pieds.

5. de ne refuser jamais à personne ce qu'elle pourrait accorder.

6. d'avoir autant qu'il lui serait possible beaucoup de condescendance pour les autres.

7. de faire autant de cas de ces règles que si Jésus-Christ même les lui avait données.

8. d'offrir souvent, depuis les six heures du soir jusqu'au temps de la communion, la Passion de Jésus-Christ à son Père, et de s'offrir aussi elle-même, et toutes les créatures, en mémoire de ce qu'il fut séparé de sa sainte Mère depuis sa Passion jusqu'à la Résurrection et, enfin, de tâcher de visiter le Très Saint Sacrement le jour et la nuit, jusqu'à trente fois, si la charité ou l'obéissance ne lui en ôtait les moyens.

9. d'être toujours, et en toutes ses actions, transformée en Jésus-Christ, par la résignation à Sa volonté.

Elle avait tant de plaisir à proférer ces mots : La Volonté de Dieu ! qu'elle les répétait continuellement, disant à ses sœurs : Ne sentez-vous pas combien il est doux de nommer la Volonté de Dieu ? Un jour, ravie en extase, elle alla par tout le couvent en criant : Mes sœurs, oh ! que la Volonté de Dieu est aimable !

Il plut à Dieu de la crucifier longtemps par des douleurs indicibles, qui la clouaient sur son lit, dans un état d'immobilité en même temps que de sensibilité extraordinaire. Loin de demander soulagement, elle s'écriait bien souvent : Toujours souffrir et ne jamais mourir !

Son cœur était un brasier ardent consumé par l'amour. Quinze jours avant sa mort, elle dit : Je quitterai le monde sans avoir pu comprendre comment la créature peut se résoudre à commettre un péché contre son Créateur.

Elle répétait souvent : Si je savais qu'en disant une parole à une autre fin que pour l'amour de Dieu, je dusse devenir plus grande qu'un Séraphin, je ne le ferais jamais.

Près de mourir, ses dernières paroles à ses sœurs furent celles-ci : Je vous prie, au nom de Notre-Seigneur, de n'aimer que Lui seul !

Elle rendit son âme le 25 mai 1607, le lendemain de l'Ascension à midi. Son visage devint si beau et si vermeil que personne ne se lassait de le regarder.

Son corps, revêtu d'une tunique, d'un scapulaire et d'un manteau de taffetas blanc, fut inhumé derrière le grand autel, où, deux ans après, il fut trouvé aussi sain et intact que le jour où il y avait été mis ; de plus, son corps exhalait un parfum admirable, quoiqu'il eût été inhumé sans cerceuil et sans avoir été embaumé.

Urbain VIII l'a déclarée bienheureuse en 1626 et Clément X l'a canonisée en 1669. Inscrite au Martyrologe Romain le 25 mai, elle est également au calendrier universel de l’Eglise depuis la réforme de l’après-concile Vatican II.

Une de ses reliques se trouvait encore au début du XXe siècle à l'Hôtel-Dieu d'Abbeville.

 

Prière.

 

" Votre vie ici-bas, Ô Madeleine, a semblé celle d'un ange que la volonté divine eût captivé sous les lois de notre nature inférieure et déchue. Toutes vos aspirations vous entraînaient au delà des conditions de la vie présente, et Jésus se plaisait à irriter en vous cette soif d'amour qui ne pouvait s'apaiser qu'aux sources jaillissantes de la vie éternelle. Une lumière céleste vous révélait les mystères divins, votre cœur ne pouvait contenir les trésors de vérité et d'amour que l'Esprit-Saint y accumulait; et alors votre énergie se réfugiait dans le sacrifice et dans la souffrance, comme si l'anéantissement de vous-même eût pu seul acquitter la dette que vous aviez contractée envers le grand Dieu qui vous comblait de ses faveurs les plus chères.

 

Âme de séraphin, comment vous suivrons-nous ? Qu'est notre amour auprès du vôtre ? Nous pouvons cependant nous attacher de loin à vos traces. L'année liturgique était le centre de votre existence ; chacune de ses saisons mystérieuses agissait sur vous, et vous apportait, avec de nouvelles lumières, de nouvelles ardeurs. L'Enfant divin de Bethlehem, la sanglante Victime de la croix, le glorieux Epoux vainqueur de la mort, l'Esprit rayonnant de sept dons ineffables, vous ravissaient tour à tour ; et votre âme, renouvelée par cette succession de merveilles, se transformait toujours plus en celui qui, pour s'emparer de nos cœurs, a daigné se traduire lui-même dans ces gestes immortels que la sainte Eglise nous fait repasser chaque année avec le secours d'une grâce toujours nouvelle. Vous aimiez ardemment les âmes durant votre vie mortelle, Ô Madeleine ; votre amour s'est accru encore dans la possession du bien suprême ; obtenez-nous la lumière pour voir mieux ce qui ravissait toutes vos puissances, l'ardeur de l'amour pour aimer mieux ce qui passionnait votre cœur."

Phêrô Đoàn Văn Vân

1780-1857

 

Phêrô (Pierre) était né vers 1780 à Kẻ Bói (Hà Nam, Vietnam).

Ce laïc fut professeur et responsable de la gestion des terres. Très consciencieux, il travaillait avec passion.

A vingt-cinq ans, il fut catéchiste.

Phêrô se montra doux avec les doux, proche des pauvres, mais très sévère pour lui-même. Il mangeait peu, et portait un habit très simple. Il se porta au secours des malades, assistait les mourants, s’efforçait d’apaiser les litiges. Dans le diocèse, on disait : Untel est aussi vertueux que Vân.

Dénoncé, arrêté par erreur alors qu’on cherchait un prêtre, il rappela qu’il n’était qu’enseignant, et non prêtre. On lui proposa d’apostasier, ce qu’il refusa nettement.

Il fut torturé sur tout son corps dans la prison de Sơn Tây.

Le 25 mai 1857, ce vieillard de soixante-dix-sept ans fut traîné, chargé de chaînes, une corde au cou. Phêrô se montrait calme, souriant ; arrivé au lieu du supplice, en-dehors de la ville, il demanda un moment pour prier.

Il fut décapité à Sơn Tây (Ha Tay), le 25 mai 1857.

Il a été béatifié en 1909, canonisé en 1988.

La fête commune des Martyrs vietnamiens est fixée au 24 novembre.

 

 

Madeleine-Sophie Barat

1779-1865

 

Un incendie provoqua la naissance prématurée de Madeleine-Sophie, le 13 décembre 1779, troisième enfant de Jacques et Marie-Magdeleine Foufé, après Louis et Marie-Louise.

Le petit poupon était si chétif qu’on le baptisa le matin même. Elle eut pour parrain son frère, plus tard prêtre et son premier directeur spirituel (peut-être plus directeur que spirituel). La délicatesse de cœur de la petite fille apporta bien des consolations à sa mère, qui eut à souffrir de son mari.

Madeleine-Sophie reçut la première Communion à dix ans. Elle fit des études littéraires et scientifiques, se régalant de Virgile et Homère, et les compléta à Paris.

A Paris, l’abbé Louis et sa sœur habitaient dans la rue de Touraine, où le jeune prêtre célébrait clandestinement la Messe, car on était en Révolution.

En 1800, Madeleine-Sophie rencontra l’abbé Varin (voir notice de Julie Billiart, au 8 avril), qui enthousiasma la demoiselle par l’amour du Sacré-Cœur et lui suggéra la fondation de la Société du Sacré-Cœur pour l’éducation des jeunes filles.

Les quatre premières «Mères» se consacrèrent en novembre 1800, convenant de bannir de chez nous ces petitesses de couvent, ces retours d’amour propre ; le Sacré-Cœur de Jésus ne veut que des âmes grandes.

Les fondations s’enchaînèrent sans tarder : Amiens, Grenoble, Poitiers, Niort, Beauvais, Lyon, Bordeaux, Le Mans, Autun, Besançon, Turin, Metz, Lille, Perpignan, Avignon, Rome enfin ; mais aussi à New Orleans (Louisiane), Bruxelles, Marseille, Nantes, Tours, Laval, Montpellier, Nancy ; en Algérie, en Italie, en Angleterre, en Espagne.

Madeleine-Sophie fut élue supérieure en 1802, supérieure générale en 1805. Elle dut voyager beaucoup pour visiter toutes ces maisons.

De passage à Lyon, elle reçut la bénédiction du pape Pie VII qui s’y trouvait, objet des vexations de l’empereur. Le même empereur approuva la Société du Sacré-Cœur en 1807.

L’élaboration des constitutions fut troublée par quelqu’un qui tenta de modifier le texte élaboré par la Fondatrice ; elle ne se rebella pas, répétant seulement : Priez, souffrez, patientez, espérez. En 1815, les vraies constitutions furent produites et adoptées. La Société avait pour fin la glorification du Sacré-Cœur par la sanctification personnelle et le salut du prochain. Aux trois vœux de religion, les institutrices en ajoutent un quatrième, celui de se vouer à l’éducation des jeunes filles. Les constitutions furent approuvées par Rome en 1827.

Excellente pédagogue et toujours Mère, Madeleine-Sophie savait entrer dans le cœur des fillettes pour les amener à l’amour du Christ. Elle les écoutait, les recevait (même parfois en-dehors des horaires…).

Une des grandes «conquêtes» de la Société fut la princesse russe Galitzin, orthodoxe fanatique, qui céda à la grâce et affirmait : Je veux pouvoir dire en arrivant à la porte du ciel : Ouvrez-moi, j’ai obéi.

En 1830, la congrégation dut se disloquer à cause des événements. En 1832, la Fondatrice reçut à Rome la visite du pape Grégoire XVI.

En 1839, la Société comptait déjà plus de quarante maisons, la moitié en France. En 1850, elle en compta soixante-cinq. On tenta une fois de plus d’imposer à Mère Barat une modification des constitutions, dans un esprit ignatien ; elle se soumit humblement, douloureusement, mais le pape lui-même intervint en sa faveur, ainsi que l’archevêque de Paris, Mgr Affre, lui qui autrefois refusait de l’approuver et disait à présent : C’est une sainte.

Durant la révolution de 1848, la Société ne fut pas inquiétée.

Toujours sur la brèche, Mère Madeleine-Sophie Barat finit par succomber. Une congestion cérébrale la frappa en 1865. Privée de la parole, elle expira à Paris en la fête de l’Ascension, à vingt-trois heures, le 25 mai 1865.

En 1893, on retrouva son corps intact. La béatification fut prononcée en 1908, la canonisation en 1925.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison totale et inexplicable d’une fillette de onze ans en Amérique, guérie d’une coxalgie aigüe ; celui pour la canonisation, fut la guérison d’une Religieuse d’une grave déviation de la colonne vertébrale : la Mère Barat lui apparut.

Une autre Religieuse favorisée par des apparitions de Mère Barat, fut Josefa Menéndez, au couvent de Poitiers, qu’on pourra connaître dans l’ouvrage Un Appel à l’Amour.

 

 

Denis Ssebuggwawo Wasswa

1870-1886

 

Ce garçon de seize ans fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 25 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Cristóbal Magallanes Jara

1869-1927

 

Fils de Rafael Magallanes et Clara Jara, Cristóbal naquit le 30 juillet 1869 à Totatiche (Jalisco, Mexique). Les parents étaient d’humbles paysans ; le petit garçon gardait les bêtes et travaillait à la ferme, jusqu’à ses dix-neuf ans ; c’est alors qu’il entra au séminaire de Guadalajara en 1888.

Ordonné prêtre en 1899, il fut aumônier à l’école des arts de Guadalajara, puis curé à Totatiche : là, il collabora à l’établissement d’écoles, d’ateliers de charpenterie et d’autres travaux industriels.

Il s’intéressa personnellement à l’évangélisation du peuple Huichol, par la mission à Azqueltán. Il y fonda un orphelinat, une maison de repos, des centres de catéchèse, des églises, des écoles ; il aida les paysans à améliorer leurs cultures par l’adduction d’eau, la technique de l’irrigation, de nouvelles plantations ; il réussit à faire diviser des terrains pour les attribuer à des familles pauvres.

En 1914, le gouvernement laïc ferma le grand séminaire : immédiatement Cristóbal en ouvrit un l’année suivante dans sa paroisse, qui accueillit tout de suite dix-sept élèves. L’archevêque lui envoya un préfet et deux professeurs. Des plus de cent séminaristes qui se préparèrent là au sacerdoce, il y eut son propre vicaire et compagnon de martyre (Agustín Caloca) ainsi que le futur évêque José Pilar Quezada Valdés.

Malgré sa totale indépendance dans le mouvement armé de rébellion, il fut faussement accusé de pousser les Cristeros à la révolte. Arrêté le 21 mai 1927, pendant qu’il se rendait dans une ferme privée pour y célébrer la Messe, il remit le peu qui lui restait à ses bourreaux, leur donna l’absolution et, sans aucun jugement, fut exécuté quatre jours après à Colotlán (Jalisco), en même temps que Agustín Caloca.

Ses derniers mots furent : Je meurs innocent, et je prie Dieu que mon sang serve à l’unité de mes frères mexicains.

C’était le 25 mai 1927.

Cristóbal fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000. Son dies natalis est au 25 mai, tandis que sa fête liturgique est au 21 mai, où il est fêté avec ses Compagnons Martyrs. 

 

 

Agustín Caloca Cortés

1898-1927

 

Agustín était né le 5 mai 1898 à Teúl de González Ortega (Zacatecas, Mexique), un des dix enfants de J.Edwiges Caloca et María Plutarca Cortés.

A cinq ans, le petit Agustín eut la variole, dont les conséquences firent que ses bras restèrent comme atrophiés, ce qui ne l’empêcha pas de jouer allègrement avec ses camarades.

Il reçut sa première formation du curé du village lequel, voyant des signes de vocation sacerdotale, le dirigea vers le séminaire de Guadalajara (1912).

Après deux années, il fut obligé de revenir chez lui, car le séminaire était menacé par les troupes révolutionnaires. 

Lorsque le curé de Totatiche ouvrit un séminaire dans sa paroisse, Agustín y fut admis pour terminer ses études de latin et de philosophie. Or, le curé était justement Cristóbal Magallanes.

Après les études de théologie, Agustín fut ordonné prêtre en 1923. A la demande du même Cristóbal Magallanes, Agustín fut nommé vicaire de Totatiche et professeur au séminaire : c’est que, durant ses années de préparation, on avait noté ses qualités excellentes d’humilité, d’obéissance, de piété. On jugeait avec raison qu’il pouvait être un excellent modèle pour les jeunes séminaristes.

Au début de 1927, il fut contraint, avec les douze séminaristes, de se réfugier à Cocoazco. En mai, il dut cependant se rendre à Totatiche pour voir où en était la situation des autres séminaristes. Or, le 21 mai vers dix heures du matin, on apprit que des soldats se trouvaient à l’entrée de Totatiche. Le père Agustín conseilla à tout le monde de se disperser rapidement dans les maisons alentour.

Lui et un autre séminariste cherchèrent à mettre en sûreté des livres ; en cours de route, Agustín remarquait l’inquiétude du séminariste et le rassura.

A un certain moment, Agustín conseilla au séminariste de cacher les livres sous une grosse pierre. Pendant qu’il y était, une troupe de soldats passa, bousculant des Cristeros. Le séminariste était derrière un tronc d’arbre ; quand il sortit de sa cachette, le père Agustín avait disparu.

En réalité, la troupe, guidée par le général Goñi, avait enlevé Agustín et l’avait emmené à Totatiche. Le même jour, on arrêta le curé, Cristóbal Magallanes. Tous deux se retrouvèrent en prison, avec quatre Cristeros.

On proposa à Agustín la liberté, en raison de son jeune âge, mais il ne voulut pas se séparer de son curé.

Les habitants supplièrent le général de libérer ces prêtres qui étaient si pacifiques. Le général promit sur l’honneur de les transférer à Mexico, où leur vie ne serait pas en danger. Les faits furent assez différents.

Le 23 au matin, les deux prêtres furent conduits, via Momáx, à Colotlán, où ils arrivèrent le 25 au matin. Un ordre semblait devoir les faire partir pour Mexico : c’était en réalité pour aller les fusiller.

Devant la mort, le père Agustín dit seulement ces mots de saint Paul : 

C’est pour Dieu que nous vivons, c’est pour Lui que nous mourons (cf. Rm 14:8).

Agustín eut un moment de panique, comme pour éviter la décharge en se détournant ; le chef du peloton vint le «remettre en place» à coups de crosse dans le visage. Le père Magallanes le tranquillisa : Calme-toi, Père, Dieu a besoin de martyrs ; juste un instant, et nous serons au Ciel.

Les deux corps furent ensevelis sur place. Lorsqu’on voulut les transférer, en 1933, on s’aperçut que le cœur du père Caloca était incorrompu, parmi les os du Martyr. Une balle était restée incrustée dans ce cœur, preuve du martyre.

Le père Agustín Caloca a été béatifié en 1992 et canonisé en 2000.

 

 

Mykola Tsehel’s’kyi

1896-1951

 

Mykola (Nicolas) naquit le 17 décembre 1896 à Strusiv (Ternopil, Ukraine).

Les prêtres de l’Eglise uniate ont la possibilité d’être mariés, s’ils contractent le mariage avant leur ordination. Prêtre de l’archiéparchie (archidiocèse) de Lviv, Mykola était marié, et avait deux fils et deux filles.

Il fut ordonné en 1925, après avoir obtenu son diplôme de l’université théologique de Lviv.

Les autorités soviétiques tentèrent d’éradiquer l’Eglise catholique, en la rattachant de force à l’Eglise orthodoxe, qui était affiliée au pouvoir. Mais le clergé résista farouchement. Le père Mykola fut intimidé, menacé : son courage ne fut pas ébranlé.

Arrêté pour sa foi en 1946, il reçut une peine de dix années de prison et dix ans de travaux forcés. Il fut enfermé dans le camp de Javas (Mordovia, Russie), où il mourut le 25 mai 1951.

Il fut béatifié en 2001, parmi vingt-cinq Martyrs de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne et de l’Eglise russe catholique.

Il est fort possible que ses enfants vivent encore, et qu’ils pourraient nous donner plus d’informations sur leur père martyr.

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Published by samuelephrem - dans 05-mai
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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 23:00

24 MAI

 

I.

S Manaen, frère de lait de Hérode le Tétrarque, docteur et prophète à Antioche (cf. Ac 13:1).

Ste Jeanne, épouse de Chuza, l’intendant de la maison de Hérode ; l’une des saintes femmes qui apprirent les premières la résurrection du Christ (cf. Lc 8:3 ; 24:10).

II.

S Zoellus, martyr à Lystre.

III.

S Servulus, martyr à Trieste en Istrie.

?

S Mélèce, général, mis à mort avec ses soldats et leurs familles.

S Patricius, abbé ou évêque à Bayeux. 

IV.

Ss Donatianus et Rogatianus, frères, l'un baptisé et l'autre catéchumène, martyrs à Nantes.

V.

S Vincent de Lérins, auteur du fameux Commonitorium, dans lequel il définit la vraie Foi : universalité, antiquité et unanimité des croyances ; son idée de "développement" du dogme fut reprise par le Concile Vatican I.

VI.

S Simeon Stylite le Jeune, thaumaturge ; il monta sur sa première colonne à sept ans et obtint la grâce de vivre sans se nourrir ; sa mère, ste Martha, est au 5 juillet. 

XI.

S Benoît de Capoue, moine bénédictin.

XIII.

B Gérard de Lunel, seigneur, puis ermite avec son frère près du pont du Gard, mort en Italie durant un pèlerinage pour la Terre Sainte.

S Jean de Montfort, de l’ordre des Templiers, vénéré à Nicosie (XIV.?).

XIV.

B Filippo de Plaisance, augustin, qui avait revêtu une tunique de fer.

XVII.

B Juan de Prado, franciscain espagnol, missionnaire au Maroc, où le sultan le condamna au martyre par le feu.

Ss Auguseutino Yi Kwang-hŏn, le catéchiste Damiano Nam Myŏng-hyŏk, Peteuro Kwŏn Tŭg-in ; Agata Kim A-gi, Agata Yi so-sa, Anna Bak A-gi, Bareubara Han A-gi, Luchia Bak Hŭi-sun, Magdallena Kim Ŏb-i, tous laïcs mariés coréens, martyrs canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

XX.

B Louis-Zéphyrin Moreau (1824-1901), évêque à Saint-Hyacinthe au Canada, “évêque du Sacré-Cœur”, fondateur de la première association ouvrière canadienne, l’Union Saint-Joseph, et d’un institut de Sœurs de Saint-Joseph pour l’instruction des enfants, béatifié en 1987.

B Józef Kurzawa (1910-1940), prêtre polonais assassiné par la Gestapo en 1940, béatifié en 1999 (le 23 au Martyrologe).

 

Manaen

1er siècle

 

Saint Luc écrit dans les Actes des Apôtres : 

Il y avait dans l’Eglise d’Antioche des docteurs et des prophètes parmi lesquels étaient Barnabé, Siméon qui est appelé le Noir, Lucius de Cyrène, Manahen qui était frère de lait d’Hérode le Tétrarque, et Saul (Ac 13:1).

L’Ecriture inspirée ne nous informe pas davantage. 

C’est à la cour d’Hérode que Manaen était en contact direct avec Chuza, l’intendant d’Hérode, et mari de cette Jeanne, dont le même saint Luc parle dans son évangile (8:3 et 24:10), et qui est commémorée le même jour que Manaen.

En hébreux, Manaen signifie Consolateur.

Une «sainte âme», dont les révélations célestes qu’elle reçut doivent être prises avec les précautions d’usage, raconte que Manaen fut disciple de Jean-Baptiste, puis de Jésus. Mais il conservait des liens avec la cour d’Hérode et eut quelques difficultés à s’en défaire complètement.

C’est lui qui courra annoncer à Jésus le martyre de Jean-Baptiste.

Le Martyrologe mentionne ce fidèle serviteur au 24 mai.

 

 

Jeanne de Chuza

1er siècle

 

D’après l’évangéliste Luc, Jeanne était l’épouse de Chuza, intendant d’Hérode Antipas (Lc 8:3), ce qui fait supposer à juste titre qu’elle était connue de Manaen, frère de lait d’Hérode, qu’on fête le même jour qu’elle.

Jeanne suivit Jésus, et fut une des saintes femmes qui se rendirent au tombeau pour embaumer le corps de leur divin Maître. 

Témoins de la résurrection du Christ, ayant vu deux hommes aux habits resplendissants, elles coururent annoncer la nouvelle aux apôtres (Lc 24:10).

Jeanne de Chuza est mentionnée au Martyrologe le 24 mai.

 

 

Zoellus de Lystre

2e ou 3e siècles

 

Zoellus fut martyrisé à Lystre (act. Turquie C).

C’est là tout ce qu’on sait de lui, mais c’est le plus important. 

Son martyre se situe vers les 2e ou 3e siècles.

Gloire à lui !

Saint Zoellus de Lystre est commémoré le 24 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Servulus de Tergeste

?

 

Servulus fut un temps associé au martyr Zoellus (ci-dessus).

On l’en a dissocié : il aurait été martyrisé à Tergeste (Istrie, act. Trieste, Italie NE), à une date inconnue.

Saint Servulus de Tergeste est commémoré le 24 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Donatianus et Rogatianus de Nantes

† 304

 

Donatien était un adolescent de naissance illustre, qui reçut le baptême avec une grande ferveur, et montra sa foi avec une ferveur encore plus grande.

Rogatien, son jeune frère, avait appris de lui les éléments de la religion chrétienne. Il désirait beaucoup le baptême, et ce d’autant plus que la persécution était imminente, et il ne voulait pas échapper au martyre que, certainement, son frère aîné allait subir.

Malheureusement, le prêtre qui pouvait le baptiser s’enfuit de la ville. Et juste après arriva à Nantes le légat romain chargé d’exécuter les ordres : qui aurait refusé de sacrifier à Apollon et à Jupiter, serait décapité.

Dès que ce personnage apparut à Nantes, on lui dénonça Donatien et son frère. Donatien fut arrêté le premier : après un premier interrogatoire, il fut mis aux fers dans un cachot.

Vint le tour de Rogatien, qui rejoignit son frère.

Il communiqua à Donatien ses pensées : en l’absence du prêtre, peut-être qu’un baiser de son frère aîné «remplacerait» le baptême ? Donatien invoqua le Seigneur : Que la foi pure de Rogatien lui tienne lieu de baptême ; et si le préfet nous fait mourir demain, que le sang répandu de Rogatien lui soit comme l’onction du chrême.

Après une nuit de veille et de prière, les deux frères furent présentés à nouveau au juge, qui les fit suspendre au chevalet : ils eurent tout le corps déchiré. Après une série de supplices, qu’on peut seulement imaginer parce qu’ils ne sont pas décrits dans le témoignage du témoin, le bourreau eut encore l’idée de percer d’une lance le cou des deux victimes, puis les décapita.

C’était le 24 mai 304.

Pendant longtemps, deux croix marquèrent l’endroit du martyre des deux Enfants nantais. Elles furent brûlées sous la Révolution, rétablies sous Louis XVIII, et remplacées en 1896 par deux croix de granit.

Les reliques des Martyrs, qui se trouvaient à la cathédrale, furent détruites sous la Révolution ; par bonheur, on en avait quelques-unes dans un autre sanctuaire.

Saints Donatianus et Rogatianus sont commémorés le 24 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Vincent de Lérins

† 448

 

Vincent naquit à Toul et eut un frère, Lupus, futur évêque de Troyes (v. 29 juillet).

Après sa première formation, il recouvra des fonctions assez importantes, qu’il appelle lui-même les combats du siècle.

Fuyant ce tourbillon, il vint au monastère de Lérins, qu’avait fondé s.Honorat (v. 16 janvier).

Moine discipliné, il se livra à l’étude assidue de l’Ecriture et des Pères de l’Eglise.

Il fut ordonné prêtre.

C’est peut-être lui le Vincent auquel s.Eucher (v. 20 février) confia l’éducation de son fils.

Vers 434, sentant le poids des années - et quelques défaillances de sa mémoire, il rédigea un texte très fameux, le Commonitorium, dans lequel, avec des références à l’Ecriture et aux Pères, il énonce les principes de la doctrine de l’Eglise.

Selon lui, il faut s’en tenir à ce qui a été cru partout, toujours, par tous. Quant à expliciter le dogme et à faire évoluer l’expression de celui-ci, il faut veiller à ce que ce soit un progrès de la foi, non un changement : dans l’identité d’un même dogme, d’un même sens, d’une même pensée. Cette doctrine si claire fut reprise par le concile de Vatican I.

On a parfois objecté que certaines expressions de Vincent seraient à l’encontre de s.Augustin (v. 29 août) : il n’avait peut-être pas le texte exact de l’évêque d’Hippone.

Vincent mourut certainement avant 450, date de la mort de l’empereur Théodose.

Saint Vincent de Lérins est commémoré le 24 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simeon Stylite le Jeune

520-596

 

Simeon naquit vers 520 à Antioche de Syrie, d’un père originaire d’Edesse nommé Ioannis, et d’une mère qui est commémorée dans le Martyrologe au 5 juillet.

Cette sainte femme, Martha, ne se décida à épouser Ioannis que pour obéir à ses parents. Avant même la naissance de son fils, elle aurait eu révélation de s.Jean-Baptiste (v. 24 juin) du nom à donner à l’enfant.

La naissance de Simeon advint sans les douleurs habituelles et Martha le porta quarante jours après au sanctuaire de s.Jean-Baptiste.

L’enfant fut baptisé à l’âge de deux ans et dès lors sut parler couramment.

En 525, un tremblement de terre détruisit la maison familiale, Ioannis mourut. Martha chercha plusieurs jours son enfant, et ne le retrouva que sur une révélation.

Bientôt après, Simeon se retira dans la montagne et vécut au milieu des bêtes, avant d’être reçu dans un proche monastère.

A sept ans, il décida de s’isoler sur une colonne (en grec styli) : ce jour-là, c’est sa mère qui ouvrait la procession, portant la croix, et montrant à tous sa joie d’avoir un tel fils. Elle mourut peu de temps après et fut enterrée non loin de la colonne de Simeon.

Les démons tentèrent vigoureusement le jeune Simeon, mais il en triompha encore plus vigoureusement. En plus, Dieu lui faisait déjà accomplir des miracles : il délivrait des possédés, guérissait des malades ; d’autres moines venaient le consulter, il leur répondait avec grande sagesse. 

Il voulut se construire une colonne plus haute, pour s’isoler davantage ; auparavant, il fut ordonné diacre ; il demeura sur cette colonne pendant huit années ; il passait la nuit en prières, suspendu par la main gauche et, de la droite, se frappant la poitrine, et resta trente jours sans dormir. Il demanda - obtint- de Dieu la grâce de ne plus manger.

On vint si nombreux l’admirer et lui demander son aide, qu’il se fit «aider» par des disciples qui parlaient et agissaient en son nom.

A vingt ans, il résolut de s’isoler davantage, sur un rocher d’une montagne. Dieu lui fit savoir que cette montagne s’appellerait admirable ; Simeon reçut révélation des maux qui s’abattraient sur cette même région ; il se construisit une colonne encore plus haute, que le Christ vint lui-même bénir.

Simeon s’y rendit, y fut ordonné prêtre, et ne la quitta plus jusqu’à la mort. Les miracles se multiplièrent encore, parfois même à grande distance, par la seule image de Syméon.

Il expira un 24 mai, sans doute en 596, étant resté soixante-huit années sur sa colonne.

Il y a un autre Simeon Stylite, l’Ancien, fêté le 27 juillet, mort en 459.

Saint Simeon Stylite le Jeune est commémoré le 24 mai dans le Martyrologe Romain.

Filippo de Plaisance

? - 1306

 

Filippo faisait partie des Ermites de Saint-Augustin à Plaisance.

Il eut cette mortification particulière qu’il portait sous son habit religieux une tunique métallique. Ce qui pourrait nous apparaître comme un trait original était pour Filippo la sincère expression de son union à la passion du Christ.

Il mourut le 24 mai 1306.

Il a été introduit dans la récente édition du Martyrologe.

 

 

Juan de Prado Díez

1563-1631

 

Né vers 1563 à Morgovejo (León, Espagne), de famille noble, Juan fut orphelin à cinq ans.

Grâce à la charité d’un prêtre, il commença des études à Salamanque puis, en 1584, entra dans l’Ordre franciscain à Rocamador (Badajoz).

Il fit la profession en 1585 et fut ordonné prêtre.

Excellent prédicateur, vraiment soutenu par des grâces particulières, il jeûnait, s’imposait le cilice ; il participa aussi à des discussions où il défendit le dogme de l’Immaculée Conception de Marie.

Successivement, il fut nommé maître des novices, plusieurs fois gardien (supérieur) de différents couvents (Badajoz et Séville), conseiller provincial, et supérieur de la nouvelle Province d’Andalousie (1620-1623).

Une cruelle calomnie pesa un moment contre son innocence virginale, qui fut cependant reconnue, confirmée par une telle austérité de vie.

Après avoir assumé ces responsabilités, il demanda à partir évangéliser en Guadeloupe. Ses démarches n’aboutirent pas, mais on l’envoya au Maroc, où tant de prisonniers chrétiens subissaient les mauvais traitements des Musulmans, et ne disposaient pas d’aumôniers catholiques. Il y alla en 1630 avec la bénédiction du Pape, qui le nommait par la même occasion préfet apostolique pour cette région.

Juan y parvint le 7 décembre, accompagné du prêtre Matías de Saint-François et du Frère Ginés de Ocaña.  L’accueil de la part des chrétiens fut enthousiaste, car ils n’avaient pas vu de prêtres depuis plus de quarante ans. Durant le carême 1631, ils confessèrent beaucoup et réconfortèrent les chrétiens.

Mais voilà que mourut le roi qui avait accordé le sauf-conduit. Qu’allait faire le nouveau roi ? On ne le savait pas, et le gouverneur (portugais) conseilla aux Religieux de rester plus discrets dans leurs activités. Après un certain temps, leur zèle fut plus fort et les poussa à sortir de leur abri. Le gouverneur l’apprit, leur promit de les aider et les fit conduire à Mazagán, de là à Azamor, où se trouvaient beaucoup de Maures. Juan s’y présenta avec un drapeau blanc, en signe de paix.

Le maire commença par bien les recevoir, grâce à leur sauf-conduit. Mais ce sauf-conduit n’était plus valable, et les Religieux étaient alors prisonniers du nouveau roi. On les conduisit à Marrakech, où le roi les fit mettre en prison.

Après quelques jours, le roi les convoqua pour les interroger et demanda à Juan quelle était la loi meilleure, celle de Mahomet ou celle des Chrétiens. Juan n’hésita pas à répondre selon la Vérité. Fâché, le roi les fit fouetter en sa présence, puis jeter dans un cachot étroit, sombre et humide, surveillés par un gardien méchant, et condamnés à moudre le sel.

Le roi convoqua à nouveau Juan, lui posa d’autres questions et le fit encore fouetter cruellement. Quelques jours après, Juan répondit au roi : Tiran, tu veux faire perdre les âmes que Dieu a faites pour Lui ! Furieux, le roi le frappa à la tête avec son sabre, et ses serviteurs le frappèrent sur la bouche, car il continuait de prêcher. Le roi se fit apporter un arc et des flèches, et en tira quatre. Puis il ordonna de le faire brûler vif aux portes de son palais.

Juan ne pouvait plus marcher. On demandait à des prisonniers chrétiens de l’emmener, mais ils hésitaient. Juan les encouragea : Vous n’offensez pas le Bon Dieu ! Emmenez-moi, sinon ils vous feront du mal.

Le roi suivait la scène depuis une fenêtre ; on entassa du bois, on fouetta encore Juan, qui prêchait toujours, et les badauds lui jetèrent des pierres.

Juan fut ainsi torturé et martyrisé le 24 mai 1631.

Les deux autres survécurent miraculeusement aux tortures et purent ensuite rapporter ce dont ils avaient été témoins.

Le roi fut bientôt puni de sa cruauté, assassiné et remplacé par son frère, qui accorda plus de licence aux Religieux pour leur apostolat.

Juan de Prado fut béatifié en 1728.

 

 

Martyrs coréens du 24 mai 1839

 

Les Martyrs sont rangés d’après leur âge, de la plus ancienne au plus jeune.

L’orthographe «officielle» des noms coréens n’a pas été appliquée ici, pour faciliter leur recherche. On a mis le prénom latin en premier, celui que les Martyrs ont reçu au baptême, et on a ajouté entre parenthèses les noms tels qu’ils devraient être orthographiés selon les récentes dispositions.

Ces neuf Martyrs ont été décapités le vendredi 24 mai 1839 à Séoul, devant la Porte Etroite Ouest.

Leur dies natalis est au 24 mai, jour où on les trouve au Martyrologe, sans oublier que la fête commune de tous ces Martyrs est établie au 20 septembre.

Tous ont été béatifiés en 1925 et canonisés en 1968.

 

 

1. Magdalena Kim Ŏb-i

(Gim Eob-i Magdallena)

1774-1839

 

Née en 1774 à Séoul, elle désirait rester vierge, mais fut forcée de se marier par ses parents. Après avoir perdu son mari et ses enfants, elle vécut à Séoul avec sa mère, dont elle supporta avec patience le tempérament difficile.

Après la mort de celle-ci, Magdalena continua d'enseigner le catéchisme aux enfants et à baptiser les enfants païens en danger de mort.

Elle montra un cran remarquable durant les interrogatoires et les tortures : pendant qu'on torturait sa compagne Barbara Han (ci-dessous), elle n'hésitait pas à expliquer au chef de police les points importants de la doctrine chrétienne.

D'après les notes de la police, Magdalena fut condamnée à mort pour trois motifs : elle lisait des livres chrétiens, elle possédait des images saintes, elle croyait en l'hérésie catholique.

Elle avait presque soixante-six ans.

 

 

2. Anna Pak A-gi

(Bak A-gi Anna)

1783-1839

 

Née en 1783 à Kangchon (Gangwon-do, Corée du Sud), Anna était d'une famille catholique qui vivait près de la rivière Han.

Elle avait une toute petite mémoire et n'arrivait qu'à grand-peine à retenir les réponses du catéchisme et les prières. Elle disait souvent : Bien que je ne connaisse pas le Bon Dieu aussi bien que je voudrais, je veux faire tout mon possible pour l'aimer.

Elle épousa un homme catholique, à dix-huit ans, et éleva ses enfants dans la foi.

Elle avait une particulière dévotion pour la passion de Notre Seigneur et méditait les larmes aux yeux sur les cinq Plaies. Quand elle entendit parler de la persécution, ses yeux brillèrent à l'idée de pouvoir devenir une martyre.

Elle fut arrêtée avec son mari et son fils aîné, mais elle seule resta en prison.

Elle fut si brutalement battue que l'on voyait ses os.

Mais sa plus grande difficulté lui vint de son mari et de son fils qui venaient la voir chaque jour, pour lui demander d'apostasier, de revenir à la maison, pour soigner sa mère malade et tenir la maison. Le chef de la police à son tour la pressait de renier sa foi pour accompagner son mari et son fils à la maison.

Elle répétait : Pourquoi risquerais-je ma vie éternelle pour vivre à peine quelques jours de plus ici ? Et au chef de la police : Mon mari et mon fils peuvent suivre leur route. Moi, je suis bien déterminée à suivre ma route et à mourir pour ma foi.

Elle avait presque cinquante-sept ans.

 

 

3. Agatha Yi So-sa

(Yi So-sa Agata)

1784-1839

 

La vie d'Agatha se passa dans une extrême pauvreté et en même temps dans une atmosphère de profonde paix intérieure.

Elle était née en 1784 à Icheon (Gyeonggi-do, Corée du Sud). Après la mort de son père, elle perdit tout ce qu'elle avait et vécut avec sa vieille maman et son jeune frère (Petrus Yi Ho-yŏng, qui fut martyrisé le 25 novembre 1938, et canonisé avec elle).

Un témoin raconta qu'on ne peut décrire toutes les difficultés qu'elle eut à surmonter. Malgré sa pauvreté extrême, elle avait toujours un aspect pacifique et un joyeux sourire. Il est impossible de se rappeler tout ce qu'elle put dire et faire de beau et de bien.

Elle fut battue avec une grande cruauté et ses jambes furent toutes tordues. Et comme elle ne voulait pas renier Dieu et sa foi, on lui enleva son habit et on la suspendit avec les bras liés derrière le dos, pour la battre sur tout le corps avec un bâton d'environ deux mètres cinquante de long, de l'épaisseur d'un bras ; quatre bourreaux se relayaient sans arrêt.  Tout le corps d'Agatha saignait abondamment ; mais son courage demeura ferme.

Elle avait presque cinquante-six ans.

 

 

 

 

4. Agatha Kim A-gi

(Gim A-gi Agata)

1787-1839

 

Née en 1787 à Séoul, Agatha était de famille païenne ; elle épousa un mari qui l'entraîna pendant longtemps dans des pratiques superstitieuses, qu'elle finit par abandonner et brûler grâce aux bons conseils de sa soeur aînée, qui était catholique.

Agatha avait peu de mémoire et ne pouvait retenir les prières du matin et du soir.

Durant l'interrogatoire, elle déclara : Je ne connais rien d'autre que Jésus et Marie. J'aime mieux mourir que renier Jésus et Marie.

Elle fut durement torturée, mais ne céda pas. Une fois en prison, les autres Catholiques la reçurent joyeusement : Bienvenue, Agatha, toi qui ne connais que Jésus et Marie ! Ils lui enseignèrent les principales vérités de la Foi et la baptisèrent.

Elle endura encore d'autres tortures, courageusement et sans plier. Le motif de sa condamnation à mort était, comme pour Magdalena Kim, qu'elle professait l'hérésie catholique, qu'elle lisait des livres chrétiens et qu'elle avait des images pieuses.

Elle avait cinquante-trois ans.

 

 

5. Augustinus Yi Kwang-hŏn

(Yi Gwang-heon Auguseutino)

1787-1839

 

Augustinus était né en 1787 à Kwangju (Gyeonggi-do, Corée du Sud), d'une famille noble. Son jeune frère, Ioannes Baptista Yi Kwang-nyŏl, mourra lui aussi martyr, le 20 juillet de la même année (1838), et sera lui aussi canonisé.

Il épousa Barbara Kwŏn Hŭi, qui mourra martyre à son tour, le 3 septembre 1838, et sera canonisée avec lui.

De ce mariage naîtra une fille, Agatha, elle aussi martyrisée à dix-sept ans le 9 janvier 1840, et canonisée avec ses parents. 

Augustinus avait un excellent caractère, tolérant, plein de talents et de grande intelligence. Jeune, il aimait les plaisirs et la vie aisée. Mais à trente ans tout changea, quand il devint catholique avec son épouse et son jeune frère. Il prit le nom d’Augustinus, en souvenir de la conversion de saint Augustin. Désormais, sa vie fut exemplaire.

Pour échapper aux persécutions, il déménagea plusieurs fois, et perdit finalement tous ses biens. Il embrassa la pauvreté avec la foi d’un vrai Chrétien. Personne ne l’entendit se plaindre.

Ce fut la communauté chrétienne qui se cotisa pour lui acheter une habitation, au-delà de la Porte Etroite Ouest. 

Augustinus devint catéchiste, et sa maison servit de chapelle. Il était toujours prêt à rendre service, à convertir les tièdes, à enseigner aux catéchumènes. Il s’occupait des malades, baptisait les enfants en danger de mort.

Lors de la persécution, toute la famille fut arrêtée, le 7 avril 1839, voici comment : bien que la maison eût l’apparence d’une auberge, on la réquisitionna et on arrêta tous les catholiques qui s’y trouvaient. Parmi ceux-ci se trouvait l’épouse d’un catéchumène, qui en réclama la libération. En échange il donna le nom de cinquante-trois Catholiques qu’il connaissait, dont Augustinus et les siens.

On lui proposa la libération de son épouse et de ses enfants, s’il acceptait juste de dire qu’il n’était pas chrétien. Il répondit : Je ne peux pas renier Dieu parce que j’aime ma femme et mes enfants. Je ne peux pas leur montrer ma faiblesse.

Les policiers le battirent sur les jambes avec un gourdin triangulaire puis reçut le même supplice que saint Protasius le 20 mai précédent. Il saignait abondamment, sa chair était en lambeaux et l’on voyait ses os, brisés par les coups. Ceux qui le voyaient en étaient horrifiés, mais Augustinus ne bronchait pas.

Même le chef de la police se fatigua de le torturer et lui montra de la «sympathie», lui proposant de dire seulement qu’il obéirait au roi. Augustinus en profita pour demander la libération de ses deux enfants, en particulier de sa fille qui se trouvait au milieu des voleurs. Le chef de police lui proposa de les libérer purement et simplement, s’il apostasiait. Augustinus refusa.

Les enfants d’Augustinus et sa vieille maman de quatre-vingt ans demeurèrent volontairement en prison.

Il avait presque cinquante-trois ans.

 

 

6. Barbara Han A-gi

(Han A-gi Bareubara)

1791-1839

 

Née vers 1791 à Kwang-chon (Gangweon-do, Corée du Sud), dans une famille déjà catholique, Barbara vécut longtemps sans prêter attention à la Foi.

Elle épousa un païen.

Un jour, sa mère vint lui rendre visite en compagnie de Magdalena Kim, qui l’aidèrent à voir son erreur ; à partir de ce moment, Barbara vécut en chrétienne exemplaire.

Vers trente ans, son mari et ses enfants moururent. Elle revint chez sa mère.

Elle avait le souci du salut des âmes et enseignait aux catéchumènes. Elle n’épargnait pas sa peine pour aller baptiser les enfants en danger de mort, pour supplier les païens de se convertir ; elle jeûnait et offrait des sacrifices pour obtenir la bénédiction de Dieu sur ses activités.

Barbara fut arrêtée avec Magdalena Kim.

Torturée, elle ne manqua aucune occasion de professer sa foi.

Elle avait quarante-huit ans.

 

 

7. Lucia Pak Hŭi-sun

(Bak Heui-sun Luchia)

1801-1839