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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 23:00

 

30 JUIN

 

III.

S Basilides, soldat martyr en Alexandrie : il accompagnait au martyre la jeune Potamiène (cf. 28 juin), puis fut à son tour décapité.

S Martial, originaire de Palestine, évêque à Limoges, un des sept évangélisateurs envoyés de Rome en Gaule ; ayant fondé les Églises dans tout le sud de la Gaule, il mourut "ne cessant de regretter d'avoir si peu fait".

?

S Ostian, prêtre près de Viviers.

VII.

S Bertichramnus, évêque au Mans ; il développa la viticulture et fonda plusieurs monastères. 

Ste Adile, fondatrice d’un hôpital à Orp-le-Grand.

VIII.

Ste Erentrude, sœur ou nièce de s. Rupert, première abbesse à Nonnberg.

XI.

S Thibaud, des comtes de Champagne, ermite dans une forêt de Luxembourg puis près de Vangadizza ; prêtre camaldule ; patron des charbonniers. 

S László, roi de Hongrie ; il développa le christianisme en Croatie et fonda l'évêché de Zagreb.

XII.

S Otto, évêque à Bamberg, grand évangélisateur de la Poméranie ; il fonda une vingtaine de monastères et sut rester ami et du pape et de l’empereur.

XIII.

S Adolf, comte, cistercien, évêque à Osnabrück.

XVII.

B Philip Powel (Morgan), gallois, bénédictin, martyrisé à Tyburn ; à l’annonce de sa condamnation à mort, il s’écria : Deo gratias !

XVIII.

B Gennaro Maria Sarnelli, rédemptoriste napolitain, dédié au salut des malades et des prostituées, béatifié en 1996.

XIX.

S Vinh Son Ɖỗ Yến, prêtre dominicain au Tonkin, martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Ss Rimen Li Quanzhen et Baiduo Li Quanhui, deux frères chinois, martyrs, canonisés en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

B Zynovii Kovalyk (1903-1941), prêtre ukrainien rédemptoriste, martyr crucifié, béatifié en 2001.

B Vasyl’ Vsevolod Velychkovs’kyi (1903-1973), rédemptoriste, évêque ukrainien martyr : deux fois emprisonné, venu à Rome et mort en exil au Canada, béatifié en 2001.

Protomartyrs de Rome

1er siècle

 

L’histoire romaine nous apprend que Rome fut dévastée par un immense incendie en juillet 64.

Le fait est attesté par Tacite (Annales, 15:38-40). Le feu partit entre le Cirque Maxime et les collines du Palatin et du Cælium. Il détruisit dix des quatorze quartiers de la Ville et dura plusieurs jours. 

On estime à huit cent mille le nombre des habitants de Rome à cette époque, à plusieurs milliers les victimes de l’incendie et quelque deux-cent mille les sans-abris. 

Lors de recherches archéologiques, on a retrouvé des couches de cendre, des objets métalliques tordus et fondus partiellement à cause du feu.

Suétone à son tour parle des mesures prises contre les Chrétiens (De Vita Cæsarum, 38) ; Tacite est plus explicite en affirmant que Néron accusa d’emblée les Chrétiens.

Autre témoin des faits, dut être le pape Clément 1er, puisqu’il fut élu pape une vingtaine d’années plus tard.

Des bruits circulaient, prétendant que les incendiaires étaient des hommes de l’empereur, qui désirait assister à la destruction d’une ville par le feu, comme ce fut le cas de Troie ; en outre, il voulait, paraît-il, construire une ville toute neuve, Neropolis. L’empereur aurait été vu en train de chanter pendant cet incendie, s’accompagnant de sa harpe. Pour faire taire ces bruits, assoiffé de sang, il fit arrêter ceux qu’il jugeait «impies», parce qu’ils n’adoraient pas les dieux romains. 

Certains furent brûlés vifs pour servir de torches dans des banquets du soir ; certains furent crucifiés, d’autres jetés en pâture à des bêtes sauvages, d’autres encore, couverts de peaux de bêtes, furent la proie des chiens.

Ce martyre collectif semble avoir eu lieu peu après celui des apôtres Pierre et Paul, car Clément parle d’abord du martyre de Pierre, puis de celui de Paul, après seulement des Martyrs de Rome, dont Tacite dit qu’ils furent une multitudo ingens (une foule immense). Mais il n’est pas certain qu’il y ait un lien entre la mort de Pierre et Paul, et l’incendie de Rome et ses conséquences.

Les victimes furent exécutées dans le Cirque de Néron, qui se trouvait à l’emplacement actuel de la Basilique Saint-Pierre du Vatican.

La fête de ces nombreux Martyrs a été établie au 30 juin, lendemain de la fête des Apôtres Pierre et Paul.

 

 

Basilides d’Alexandrie

† 202

 

Basilides comptait parmi les disciples d’Origène, en même temps que les huit Martyrs dont il a été question le 28 juin. 

Mais il était aussi soldat, et se trouva être de faction auprès de la jeune vierge Potamiœna, que les autres soldats et la foule accablaient de propos sordides ; Basilides prit la défense de Potamiœna et chercha à écarter les badauds. 

S’approchant de la jeune fille, il l’encouragea, et Potamiœna lui promit qu’elle lui exprimerait bientôt sa reconnaissance. 

Basilides refusa de prêter serment comme militaire et fut mis en prison. Là, il eut une vision : la martyre Potamiœna, toute lumineuse, lui apparut dans la nuit du 29 au 30 juin, lui déposant une couronne sur la tête : c’était là sa reconnaissance.

Le 30 juin 202, Basilides fut décapité, rejoignant glorieusement sa «protégée».

Saint Basilides d’Alexandrie est commémoré le 30 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martial de Limoges

3e siècle

 

On a souvent et longtemps présenté Martial comme un disciple direct des Apôtres, et même comme ce petit enfant que Jésus leur a montré comme exemple d’humilité, successivement envoyé par saint Pierre pour évangéliser la Gaule.

Sur le petit enfant de l’évangile, d’autres traditions existent, entre autres celle qui identifie cet enfant avec le futur Ignace d’Antioche, dont le surnom de Théophore (porté par Dieu) pourrait confirmer cette thèse.

Grégoire de Tours en revanche situe l’arrivée de Martial à Limoges au cours du 3e siècle, en compagnie de deux autres prêtres orientaux.

Quoi qu’il en soit, Martial demeure le premier évêque de Limoges.

Les reliques de saint Martial subirent les vicissitudes de l’Histoire, faillirent disparaître totalement à la Révolution, et furent retrouvées après la tourmente.

L’attachement des Limousins à leur patron se marque par le choix fréquent du prénom de Martial pour les enfants. Mais aussi, tout au long des siècles, le recours à saint Martial en période de péril public, fut fréquent. En 994, cessa ainsi le fléau du “mal des ardents” ; en 1864, un grave incendie qui menaçait Limoges, s’éteignit rapidement.

Saint Martial est commémoré au Martyrologe le 30 juin.

 

 

Bertrand du Mans

540-623

 

Bertrand est le nom habituel qu’on a donné à Bertichramnus (Bertrannus, Berthram).

Bertichramnus naquit vers 540 près de Rouen, où se trouvait une des très nombreuses possessions (on parle de soixante-quinze villæ) de ses riches parents, des gallo-romains apparentés à maints évêques de l’époque.

Bertichramnus fut d’abord reçu à la cour de Clotaire Ier et de son successeur Caribert.

En 567, il entra dans la cléricature à Tours, et reçut l’ordination sacerdotale à Paris des mains de s.Germain (v. 28 mai) ; il fut nommé archidiacre.

En 586, il fut nommé évêque au Mans. Son activité visa surtout à reconstituer le patrimoine de l’Eglise, dilapidé par son prédécesseur.

Vers 588, le roi l’envoya comme ambassadeur auprès des Bretons.

En 590, il participa à une commission chargée de rétablir la paix dans le monastère Sainte-Radegonde de Poitiers.

Par deux fois, cependant, il dut quitter son diocèse à cause des démêlés entre Clotaire et Brunehaut : c’est qu’il entendait rester fidèle au roi ; il fut donc absent une dizaine d’années entre 592 et 605. Clotaire lui manifesta sa reconnaissance par des donations et lui fit remettre le pallium.

En 595, Bertichramnus fonda une abbaye près du Mans, en restaura d’autres. L’église Sainte-Croix du Mans sera aussi son ouvrage.

Connaisseur du monde agricole, il s’appliqua aussi à améliorer la viticulture. Les Français ne savent probablement pas ce qu’ils lui doivent !

En 614, il y eut un important concile à Paris, auquel il participa.

Son testament de 616 est éloquent sur les immenses propriétés qu’il avait reçues en héritage et qu’il léguait à divers diocèses, à diverses familles et à ses proches.

Bertichramnus mourut vers 623, après quelque trente-sept ans d’épiscopat.

Saint Bertichramnus est commémoré le 30 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ermentrude de Nonnberg

660-718

 

Ermentrude (Erentrude) était la nièce ou même la sœur de s.Rupert de Salzburg (v. 27 mars).

Elle aurait commencé sa vie religieuse à Worms, où elle s’occupait des malades et des malheureux et aurait même organisé une première communauté de religieuses. Elle montra aussi des dons particuliers de pédagogie envers les enfants.

Sa «devise» était le verset du psaume : Pour moi, approcher Dieu est mon bien ; j’ai placé dans le Seigneur mon refuge, afin de raconter toutes ses œuvres (Ps 72:28).

Quand fut fondée la nouvelle ville de Salzburg, Erentrude répondit positivement à l’appel de Rupert pour mener la vie religieuse à Nonnberg avec quelques-unes de ses compagnes de Worms : ce fut - et reste une abbaye bénédictine florissante, fondée vers 714, dont la première abbesse fut justement Erentrude.

Peu avant sa mort, Rupert informa Erentrude de leur prochaine séparation. Par sa prière, Erentrude obtint de mourir, sinon avant Rupert, du moins peu après.

Rupert étant mort le 27 mars 718, Erentrude priait pour son âme ; Rupert lui apparut une nuit, l’invitant aux noces éternelles. Quelques jours après, Erentrude tomba malade et alla rejoindre Rupert dans la Lumière éternelle, le 30 juin de la même année. 

Sainte Ermentrude de Nonnberg  est commémorée le 30 juin dans le Martyrologe Romain.

Thibaud

1017-1066

 

Thibaud naquit en 1017 à Provins (Seine-et-Marne), dans la famille, dit-on, des comtes de Brie et de Champagne.

Sa naissance avait été prophétisée par un autre saint Thibaud (v. 21 mai), qui était son arrière-grand-oncle, archevêque à Vienne.

Les parents de Thibaud étaient Arnoul ou Arnulf, et Willa. Son parrain fut Thibaud III de Blois. Thibaud eut un frère, nommé aussi Arnulf.

Le garçon ne s’intéressait pas aux plaisirs ; il fréquentait volontiers un ermite nommé Burchard, qui vivait dans une petite île de la Seine.

Quand il fut en âge, il reçut de son père le commandement d’une troupe pour soutenir la guerre d’Eudes II de Champagne contre l’empereur Conrad le Salique, mais Thibaud déclina cette responsabilité et obtint plutôt la permission de quitter le domaine familial pour se retirer du monde.

Avec un ami, nommé Gaultier (Gauthier, Gautier), il passa à l’abbaye Saint-Remi de Reims, où il se sépara de ses serviteurs, et gagna en habits de simple mendiant la forêt de Pettingen en Germanie. Là, les deux compagnons se mirent au service de la population, maçons ou cultivateurs, ou fabriquaient du charbon de bois pour les forges ; ils gagnaient ainsi quelque argent qui suffisait à leur entretien et à leur nourriture.

Leurs vertus d’humilité et de serviabilité les ayant rendus trop célèbres dans la région, ils partirent, pieds nus, pour Compostelle ; ensuite, ils se rendirent à Rome, où il leur prit l’idée d’aller en Terre Sainte. Cependant, la fatigue les contraignit à se fixer à Salanigo, entre Vicenza et l’abbaye camaldule de Vangadizza (1054).

Ils se construisirent là deux cellules ; après deux années, Gaultier mourut. Thibaud alors redoubla ses austérités, ne mangeant que du pain d’avoine avec des légumes, dormant sur la planche. 

Il fut favorisé d’apparitions d’anges, peut-être aussi d’une célèbre vision de la Sainte Trinité, et du don des miracles, qui le rendirent célèbre.

Ce fut au point que l’évêque, averti, ne tarda pas à l’investir de la dignité sacerdotale. Mais la renommée de Thibaud s’étendit bien plus loin et rejoignit ses propres parents. Ceux-ci vinrent tous deux auprès de leur fils et, le voyant après tant d’années de séparation, ne purent que se prosterner respectueusement, sans mot dire.

Le comte Arnoul fut promptement rappelé d’urgence en France, mais Willa resta près de son fils, pour s’initier à la vie érémitique.

Un an avant de mourir, Thibaud reçut l’habit des Camaldules ; il ne dormait plus qu’assoupi sur un banc. Il fut atteint d’une vilaine maladie qui lui couvrit le corps d’ulcères et souffrit ces désagréments avec une patience admirable ; il mourut le 30 juin 1066, après avoir répété plusieurs fois : Seigneur, pitié pour ton peuple.

Il fut canonisé sept ans après sa mort, en 1073.

Par le frère de Thibaud, Arnoul, qui était devenu abbé à Sainte-Colombe-lez-Sens et à Lagny, d’importantes reliques furent rapportées dans ces abbayes. Un miracle fut à l’origine du prieuré Saint-Thibault-des-Vignes.

Saint Thibaud fut pris comme patron des charbonniers.

Le Martyrologe, qui le mentionne au 30 juin, nomme aussi l’ami Gaultier.

 

 

László de Hongrie

1040-1095

 

László (Ladislas, quelquefois Lancelot) naquit vers 1040 en Pologne, car ses parents, Bela et Richezza,  s’y étaient réfugiés avec leurs trois fils pour échapper à la haine du successeur de s.István (v. 15 août).

Quand ils purent revenir en Hongrie (1048), il y eut bientôt de nouvelles rivalités entre cousins, qui ne firent la paix que par la médiation des évêques (1064). 

C’était une paix fragile : beaucoup de heurts intervinrent pendant encore plus de dix années. 

A cette époque, László aurait épousé sa première femme.

Finalement László accepta de porter la couronne à partir de 1077. On a dit qu’en 1081 on lui imposa une relique de la Sainte Couronne en signe de confirmation de son pouvoir royal.

En 1078, selon certains historiens, il aurait épousé (en secondes noces) Adélaïde de Souabe, dont la fille aînée devint impératrice de Byzance

Il fut remarquable par sa bonté, sa justice, sa charité, se faisant le soutien des orphelins, des malheureux et de tous les affligés. Il prit des mesures sévères contre les auteurs de vols, détournements, blasphèmes : il n’était pas étrange à cette époque d’infliger quelque mutilation, de réduire à l’esclavage, ou même de condamner à mort. Ces mesures contribuèrent à décourager les malfaiteurs et à pacifier la vie sociale. 

Il passait du temps en prière ; il s’imposa des mortifications, comme le jeûne. On l’aurait vu une fois élevé de terre en extase. On lui attribua le miracle d’avoir sauvé son armée de la faim quand les vivres avaient manqué.

Car il prit les armes : il repoussa les Tartares, soumit les Cumans, les Bulgares, les Serbes ; il intervint auprès de sa sœur Hélène, reine de Croatie-Dalmatie, contre les assassins de son mari et, à la mort d’Hélène qui n’avait pas d’enfants, annexa pacifiquement cette région, y soutenant le christianisme et fondant l’évêché de Zagreb.

A la demande des croisés, il prit le commandement de la première croisade, mais il mourut juste avant de partir, à Nitra, dans une expédition contre les Bohêmes révoltés, le 30 juin 1095.

Il fut le roi de Hongrie le plus estimé de son peuple. On l’invoqua bien avant sa canonisation, qui eut lieu en 1192.

Saint László de Hongrie est commémoré le 30 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Otto de Bamberg

1060-1139

 

Otto serait né vers 1060 à Mistelbach (Souabe) selon certains, en Franconie selon d’autres, de souche noble. 

On suppose qu’il reçut sa formation à l’abbaye d’Hirsau ; il fut ordonné prêtre.

En 1080, lors de l’élection de l’antipape Ghiberto de Ravenne, il n’hésita pas à exprimer son franc désaccord, mais ne perdit pas pour autant l’estime des grands.

En 1082, il fut chapelain de Judith, sœur de l’empereur Heinrich IV et épouse du duc de Pologne, Władisław Ier Herman, à la cour duquel il séjourna dix ans.

En 1091, il fut rappelé à la cour d’Heinrich IV comme chancelier. Il dirigea ainsi la construction de la cathédrale de Spire. L’empereur le nomma en 1102 évêque de Bamberg, un immense diocèse. Otto s’employa à faire construire ou consolider et réformer de très nombreux monastères. Il en fonda une vingtaine : non seulement dans son diocèse, mais dans ceux de Würtzburg, Ratisbonne, Passau, Eichstadt et Aquilée, au point qu’on l’appela le Père des moines.

En réalité, il ne fut consacré qu’en 1106, à Anagni, par le pape Pascal II, car il tenait à recevoir son ordination des mains du Pontife.

Otto réussit ainsi le tour de force de rester à la fois uni au pape légitime et attaché à l’empereur, au beau milieu de la fameuse et triste querelle des investitures. Heinrich V, comme son père, lui démontra beaucoup de respect et d’honneur : il l’emmènera à Rome pour y recevoir le pallium du pape en 1111.

En 1109, Otto consacra la cathédrale de Bamberg, entièrement reconstruite après l’incendie de 1081.

Dans un concile à Fritzlar en 1118, il lui fut reproché son attachement à l’empereur et même on prétendit le décharger de sa responsabilité épiscopale, ce qui ne l’empêcha pas de travailler activement à la signature du célèbre concordat de Worms en 1122.

Or, à partir de cette date, Otto allait répondre à l’appel du duc Bolesław de Pologne, qui désirait introduire le christianisme en Poméranie. Ayant pris les dispositions nécessaires pour l’administration de son diocèse, Otto fit deux voyages apostoliques en Poméranie, et évangélisa Pyrzyce, Julin, Kamień, Szczecin, Wolin, Kołobrzeg et Białogard, baptisant quelque vingt mille païens, qui le reçurent avec empressement.

Il réussit à détruire les temples de dieux païens, à abolir la polygamie, le sacrifice des nouveaux-nés, la magie sous toutes ses formes. A Julin seulement, on lui tendit des embûches : il fut traîné dans la boue, frappé, mais échappa à la mort.

Lors de son second voyage, rendu nécessaire par le retour de quelques communautés au paganisme, il confirma les habitants dans leur foi et serait allé encore plus au nord, s’il n’avait craint d’offenser les évêques locaux.

Par ses travaux ce Père des moines mérita aussi d’être appelé l’apôtre de la Poméranie.

Otto de Bamberg s’éteignit à ce monde le 30 juin 1139, et fut canonisé en 1189.

Il existe une formule de prières employée pour la bénédiction du vin qui, par les mérites de saint Otto, obtient la guérison de la fièvre ; une autre formule est usitée contre la morsure des chiens enragés.

 

 

Adolf d’Osnabrück

1185-1224

 

Adolf de Tecklenburg naquit vers 1185 dans le château de cette localité, benjamin des fils du comte Simon de Tecklenburg et d’Oda Berg-Altena.

Chanoine à la cathédrale de Cologne, il entra chez les Cisterciens de Kamp (auj. Kamp-Lintfort).

En 1216, il fut nommé évêque d’Osnabrück, une première fois : cette élection n’ayant pas été reconnue par le pape, on la refit l’année suivante. 

Les chroniques affirment qu’Adolf brilla par l’éclat de ses vertus. Si la formule peut sembler évidente, elle se réfère cependant au souci qu’eut l’évêque de mener à bien la réforme intérieure de son diocèse, de soulager la misère des pauvres et des pestiférés.

Après sa mort, le 30 juin 1224, il fut bientôt vénéré comme un Saint, quoiqu’aucune canonisation officielle ne fût intervenue. Le culte en fut cependant reconnu en 1625.

Le Martyrologe le mentionne à ce jour.

 

 

Philip Powel

1594-1646

 

Ce fils de Roger et Catherine Powel, de bons catholiques, était né le 2 février 1594 à Tralon (Brecknockshire, Pays de Galles). 

Après ses premières études scolaires à Abergavenny, il fut acheminé aux études de droit à Londres par un Bénédictin, Augustine Baker, qui ensuite l’envoya en Belgique (1614), en passant par Douai.

Ce fut à Douai que Philip entra chez les Bénédictins du monastère de Saint-Grégoire (actuellement transféré à Downside Abbey, Bath).

En 1618, Philip reçut le sacerdoce, puis l’habit et, en 1622, fut envoyé en mission dans son pays.

Après une année environ à Londres où il retrouva le père Baker, Philipp se dirigea vers l’Angleterre du sud, dans le Devonshire et le Somersetshire. Puis il fut aumônier des soldats du général Goring en Cornouaille.

Quand cette armée fut dissoute, Philippe voulut passer au Pays de Galles (1646), mais son vaisseau fut arrêté le 22 février par un bateau de la flotte du Parlement, conduit par des protestants. Reconnu comme prêtre, il fut entièrement dépouillé, vêtu de haillons et dûment interrogé par un juge présent à bord.

Les prêtres qui accompagnaient Philipp demandèrent au juge de faire la preuve qu’ils étaient prêtres ; mais Philipp déclara sans détour qu’il était prêtre. C’était le 6 mars 1645.

Envoyé à Londres où il fut interné, Philipp attrapa une pleurésie pour les mauvaises conditions où il se trouvait emprisonné. Il avait une natte pour s’étendre, entouré de cinq co-détenus malades.

Le 29 mai, il fut transféré dans la geôle commune, où l’on se doute que les conditions n’étaient pas meilleures.

Le 9 juin, à Westminter Hall, il comparut en jugement. Le 12, il exposa sa propre plaidoirie en bon juriste qu’il avait appris à être, démontrant d’ailleurs que ceux qui le jugeaient en ce moment étaient eux-mêmes en rébellion contre le roi ; de plus, il n’avait pas été arrêté en Angleterre, mais sur mer.

Condamné à mort, Philip répondit : Deo gratias ! et ajouta : La foule m’empêche de me mettre à genoux pour remercier Dieu, mais je le remercie humblement sur les genoux de mon cœur. Puis il pria à haute voix pour le royaume, pour le roi et la reine, pour le juge et la cour.

On lui proposa de choisir le jour de sa mort, mais invita le juge à bien vouloir choisir lui-même.

Les membres de la cour furent touchés de tant de délicatese et demandèrent au Parlement un délai, qui fut refusé car il fallait pour cela l’entremise d’un ambassadeur d’une autre grande puissance.

Philip ne voulait pas attendre. Il se préparait calmement à son dernier jour. Une de ses attentions était de balayer humblement la pièce de la prison. Il priait, convertissait et confessait. Même les gardiens étaient conquis par sa douceur et le laissaient exercer son apostolat dans la prison.

Au matin du 30 juin, il pria, célébra encore une fois la Messe, et s’étendit joyeusement sur la claie qu’on lui avait préparée, tirée par un cheval. En route pour Tyburn, on lui présenta un verre de vin, qu’il but à la santé de son «cocher» (le charretier).

Plus loin, le cortège obligea un autre attelage à s’arrêter : l’homme qui conduisait, irrité, se fâcha contre le moine condamné, blasphéma contre ce «traître», et fut puni par Dieu par la mort immédiate d’un de ses chevaux.

Arrivé à la potence, Philip pria à genoux, et monta sur la charrette fatale. Il parla encore à la foule. C’était pour lui le plus beau jour de sa vie ; il remercia Dieu d’être prêtre et bénédictin ; il priait pour ses persécuteurs, donna un pourboire au bourreau.

Au moment suprême, le charretier avait disparu, horrifié par la situation de ce saint moine qu’on voulait tuer. Il fallut attendre un bon moment pour lui trouver un remplaçant.

Après son dernier soupir, Philip fut dépouillé de ses vêtements, éventré, dépecé et jeté sur un brasier.

Il avait cinquante-deux ans. C’était le 30 juin 1646. (Une relation date ce martyre au 3 août, mais c’est très probablement une erreur). 

Philip Powel fut béatifié en 1929.

Gennaro Maria Sarnelli

1702-1741

 

Gennaro (Janvier, le prénom est fréquent dans la région de Naples, où mourut le Martyr saint Janvier - Ianuarius, voir au 19 septembre) naquit le 12 septembre 1702 à Naples, quatrième des huit enfants du baron de Ciorani, Angelo Sarnelli et de Caterina Scoppa.

A quatorze ans, il exprima à son père son désir d’entrer chez les Jésuites. Son père le trouvait encore bien jeune pour une telle décision et l’orienta vers les études de Droit. En 1722 il fut reçu docteur en droit civil et en droit canonique, en latin : utriusque iuris.

Tout en exerçant sa profession de juriste, il s’engagea dans les rangs d’une pieuse association, la Congrégation des Chevaliers Professionnels du Droit et de la Médecine, dirigée par les Pieux Ouvriers de saint Nicola de Tolentino, dont le but était d’assister les malades. Ainsi se précisa la réelle vocation de Gennaro. C’est aussi durant ces années qu’il connut saint Alfonso de’ Liguori, qui était alors un avocat de premier ordre (voir au 1er août).

En 1728, il fréquenta le séminaire, tout en résidant au collège de la Sainte-Famille et, en 1729, commença le noviciat dans la Congrégation des Missions Apostoliques, tout en continuant ses visites à l’hôpital, auprès des vieillards, parmi les marins malades, sans oublier ses leçons de catéchisme aux enfants.

En 1732, au terme de ce noviciat, il fut ordonné prêtre.

Avec saint Alfonso de Liguori, ils organisèrent des cours du soir.

L’archevêque lui confia la paroisse des Saints-François-et-Matthieu, un quartier espagnol. Gennaro y trouva une telle corruption parmi les jeunes filles, qu’il décida de mettre tout en œuvre pour combattre la prostitution.

En 1732, il se décide à faire partie de la Congrégation du Rédempteur, fondée par Alfonso de’ Liguori, sans se départir des Missions Apostoliques. Les deux idéaux se rencontraient ; don Gennaro participerait ainsi aux missions en paroisses, organisées par Alfonso de’ Liguori.

Il écrivit une trentaine d’ouvrages, préconisant la sanctification des laics, luttant contre le blasphème, traitant de la pédagogie, de la morale, de la pastorale, des droits de la femme.

Sa santé déclina prématurément et il mourut à Naples le 30 juin 1741.

Gennaro Maria Sarnelli a été béatifié en 1996.

 

 

Vinh Sơn Đỗ Yến

1764-1838

 

Vinh Sơn (Vincent) était né vers 1764 à Trà Lũ (Nam Định (Vietnam).

Ayant très tôt ressenti la vocation, il fit des études au séminaire et fut ordonné prêtre en 1798, par Mgr Delgado, futur martyr lui aussi.

Le père Vinh Sơn fut arrêté une première fois, chargé de la cangue pendant un mois, et racheté par des amis. Même ses ennemis reconnurent que leur prisonnier avait un comportement d’une douceur exceptionnelle.

En 1807, il entra chez les Dominicains et fit profession à Manille, en 1808.

Lors de la persécution, il préféra rester dans sa paroisse, passant d’une maison à l’autre pour se cacher, mais surtout pour encourager les chrétiens à rester fidèles.

Il fut reconnu et arrêté par des païens le 2 juin 1838 et conduit à Sanh-Hải-Ɖương pour y subir des longs interrogatoires.

Comme il avait soixante-treize ans déjà, le mandarin voulait l’épargner et lui suggérait de se faire passer pour un médecin, mais le père Vinh Sơn refusa cette offre : 

Je ne suis pas un médecin ; je suis un prêtre, pour offrir des sacrifices à Dieu et pour prêcher la foi en Jésus-Christ, pour lequel je suis prêt à mourir. Je n’accepte pas la proposition pour le prix d’un mensonge.

 Aussi le juge écrivit-il au roi pour obtenir l’autorisation de renvoyer l’accusé dans la province de sa naissance et de le faire examiner par les autorités dont il relevait ; mais il précisait en même temps que le prêtre ne paraissait pas disposé à renoncer à sa croyance ; aussi la réponse fut-elle aussi rapide que raide : 

Ce maître de la religion de Jésus a suivi et enseigné cette religion fausse et perverse ; il refuse de l’abandonner, c’est évidemment un homme dangereux digne d’encourir notre juste courroux, car il refuse de suivre ce qu’il sait et ce qu’il devrait faire. Qu’il soit décapité.

Cette réponse parvint le 30 juin 1838 : le jour même le père Vinh Sơn devait être décapité. Il s’avança avec joie vers l’endroit de l’exécution.

Il fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988. 

Rappelons que la fête liturgique de tous les Martyrs vietnamiens est au 24 novembre.

Baiduo Li Quanhui

1837-1900 

Rimen Li Quanzhen

1841-1900

 

Ces deux frères chrétiens et mariés étaient nés à Chentuncun (Jiaohe, Hebei, Chine) et y reçurent la palme du martyre, le 30 juin 1900.

Béatifiés en 1955, ils furent canonisés en 2000, et sont fêtés comme tous les Martyrs chinois le 9 juillet.

 

 

Zynovij Kovalyk

1903-1941

 

Zynovij (Zénon) était né le 18 août 1903 à Ivakhiv (Ternopil, Ukraine), dans une famille de rite gréco-catholique.

Il entra chez les Rédemptoristes et émit les vœuxen 1926. 

Il fit ses études de philosophie et de théologie en Belgique.

Ordonné prêtre en 1937, il exerça le saint ministère à Volyn.

Le jour où l’on fête l’Immaculée Conception dans le calendrier gréco-catholique, il était en train de prêcher dans son église, lorsqu’on vint l’arrêter, pour sa foi, le 20 décembre 1940.

Jeté en prison dans le couvent des Brigittines, réquisitionné par l’armée, il y subit les horribles et honteux mauvais traitements que les communistes réservaient aux prêtres, jusqu’à être crucifié contre le mur de la prison, à Bryhidky (Lviv).

Ce martyre eut lieu un certain jour de juin 1941.

Le Martyrologe l’a inscrit au 30 juin, depuis qu’il fut béatifié parmi les Martyrs d’Ukraine en 2001.

 

 

Vasyl’ Vsevolod Velychkovs’kyi

1903-1973

 

Il y a plusieurs graphies possibles pour cet évêque martyr, selon la manière dont on transcrit l’alphabet cyrillique : Vasyl Velyckovskyj ou Basil Velychkovsky.

Né le 1er juin 1903 à Stanislaviv (l’actuelle Ivano-Frankivsk, Ukraine), de Volodymyr Velychkovskyi et Anne Theodorovych, catéchistes, qui avaient dans leurs deux familles une longue tradition de prêtres., Vasyl eut tôt le désir de sauver les âmes et pour cela, de devenir prêtre.

Après le lycée de Horodentsi, avec la fougue patriotique de ses quinze ans, il entra dans l’armée qui se battait pour la liberté de la mère patrie, durant la Première guerre mondiale, puis il entra au séminaire de Lviv en 1920.

Ordonné diacre en 1924, il commença alors son noviciat dans la Congrégation du Très Saint Rédempteur à Holosko près de Lviv, et fit sa première profession en août 1925. Ayant déjà fait ses études sacerdotales au séminaire, il fut ordonné dès la fin du noviciat par l’évêque Joseph Botsian à la prêtrise. 

Ses supérieurs avaient tout de suite remarqué son talent de missionnaire, de sorte que, après deux années d’enseignement au juvénat de Volyn, on l’envoya avec d’autres confrères pour des missions à Stanislaviv. 

En 1928, il arriva au monastère de Kovel et, de là, développa beaucoup de missions en terre de Galicie, cherchant à regagner toutes ces populations qui étaient passées à l’Eglise Orthodoxe Russe.  Il créa maintes églises et chapelles. 

Revenu à Stanislaviv en 1935, il y fut supérieur, tout en continuant son activité missionnaire, même quand le gouvernement commença à persécuter l’Eglise Gréco-Catholique en 1939.

En 1940, par exemple, il organisa une procession à travers les rues de Stanislaviv, où participèrent quelque vingt-mille personnes.

Sans se soucier de la menace de la police soviétique, il se rendit en Ukraine centrale, pour travailler avec les Ukrainiens orthodoxes de Kamianets-Podilskyi : cependant, les allemands récemment arrivés sur place craignirent que l’activité du père Vasyl eût des rapports avec la résistance ukrainienne, et le prièrent de quitter la ville dans les vingt-quatre heures.

Le père Vasyl fut alors nommé prieur du monastère de Ternopil en 1942. 

Les Soviétiques reprirent la Galicie en 1945. Dans la seule nuit du 10 au 11 avril, ils arrêtèrent toute la hiérarchie de l’Eglise Gréco-catholique. 

Arrêté pour propagande anti-soviétique à Ternopil le 26 juillet 1945, le père Vasyl reçut la proposition d’être libéré s’il se rattachait à l’Eglise Orthodoxe russe. Sa réponse fut courte et claire : Jamais !

Envoyé à la prison de Kiev, il y attendit deux années avant d’être condamné à mort, pour avoir en 1939 qualifié l’armée soviétique de horde rouge et de troupe rouge. 

Les mois qui suivirent sa condamnation, le père Vasyl continua son apostolat auprès des prisonniers.

Un beau jour, on lui annonça que sa peine était commuée à 10 ans de travaux forcés. Le père Vasyl passa d’abord deux ans dans la région de Kirovsk, puis fut transféré aux mines de Vorkuta, au-dessus du cercle arctique. Là il s’occupa des autres prisonniers. Ceux-ci s’arrangèrent pour le faire travailler seulement dans l’hôpital, plutôt que dans les mines, de sorte qu’il put célébrer la Messe, même en cachette, presque tous les jours.

En 1955, à la fin de sa peine, il put retourner à Lviv. Il n’y avait plus d’église pour célébrer. Sans se décourager, il se construisit un petit autel dans un appartement, où il recevait des fidèles par petits groupes.

En 1959, il fut nommé évêque de l’Église greco-catholique ukrainienne «clandestine», mais ne put être consacré qu’en 1963, par le Métropolite Slipyj à Moscou. 

Le missionnaire était infatigable et intrépide. Il rédigea un ouvrage sur Notre-Dame du Perpétuel Secours, où il démontrait que les athées ne peuvent pas être de bons citoyens ; en plus, il écoutait Radio Vatican. 

Tous ces graves délits le conduisirent, en 1969, à une nouvelle arrestation, qui dura cette fois-ci trois ans, à Kommunarsk (Donbass), où, entre des séances de tortures, il assista encore d’autres prisonniers. 

Il fut remis en liberté en 1972, lorsque son état de santé déclina. On dit qu’avant de le libérer, on lui injecta une substance inconnue.

Il vint d’abord en Yougoslavie, où il retrouva sa sœur à Zagreb. 

Il se rendit alors à Rome, où il rencontra le patriarche Slipyi et le pape Paul VI, puis à Winnipeg (Canada), où il mourut le 30 juin 1973. 

Vasyl Velyckovskyj a été béatifié le 27 juin 2001.

On donne parfois pour date de sa mort le 30 juillet.

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 12:37

 

29 JUIN

 

I.

Ss Pierre & Paul, apôtres, le premier crucifié la tête en bas, l’autre décapité.

Ste Marie, mère de Jean-Marc (cf. Actes 12:12).

?

Ss Marcel et Anastase, romains martyrs à Argenton. 

III.

Ste Béate, martyre près de Sens, peut-être espagnole.

IV.

S Syrus, évêque à Gênes.

VI.

S Cassius, époux de Fausta avec laquelle il vécut comme un frère, évêque à Narni; il célébrait chaque jour la messe.

IX.

Stes Salomé et Judith, deux anglaises recluses à Ober Altaich.

XI.

Ste Hemma, veuve princière, immensément riche, fondatrice d’une abbaye à Gurk et de nombreuses églises.

XIV.

B Ramon Llull, espagnol qui, de courtisan mondain devint un apôtre du salut des Arabes ; il ne cessa de voyager et d’écrire ; blessé à mort par un jet de pierres, il mourut martyr en vue de sa Majorque natale.

XIX.

Ss Baolu Wu Anju, son fils Ruohan Wu Mantang et son neveu Baolu Wu Wanshu, Mali Du Tianshi et sa fille Delian Du Fengju, martyrs chinois, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet. 

XX.

B Ivan (Yakym) Sen’kiv’skyi (1896-1941), prêtre martyr ukrainien de l’Ordre de Saint-Josaphat, ébouillanté en prison, béatifié en 2001 (le 28 au Martyrologe).

Pierre, apôtre

† 64

 

Saint Pierre est le premier pape de l’Eglise romaine, et un des premiers Apôtres qui aient rencontré Jésus.

D’après les Evangiles, son père est Johannes (Jona), et son frère André. Ils sont pêcheurs. Simon - car tel est son nom - aurait été marié, puisqu’on parle de sa belle-mère malade, guérie par le Christ (Mt 8:14-16). On dit que la sainte Pétronille (“Pierrette”) vénérée à Rome depuis le pape Paul Ier, serait sa fille. 

André le premier rencontre le Christ et Lui amène Simon, auquel Jésus donne le nom de Pierre, car “sur cette Pierre” devait être édifiée l’Eglise (Jn 1:40-52).

Simon-Pierre est témoin de la pêche miraculeuse (Mt 4:18-22), annonce de la future pêche apostolique de son ministère.

Pierre désormais sera aux côtés du Maître aux grands moments : lors de la guérison de la fille de Jaïre, lors de la Transfiguration (Mt 17:1-8), lors de l’Agonie au Jardin des Oliviers (Mt 26:37). C’est lui qui court au Tombeau vide le matin de la Résurrection ; c’est lui qui reçoit le premier le pouvoir de lier et de délier (Mt 16:19).

Pierre est un homme fougueux, enthousiaste, qui connaît les chutes. S’il dégaine son épée au moment de l’arrestation de Jésus à Gethsémani, il s’écarte avec les autres en abandonnant le Maître, il le reniera par trois fois. Mais surtout, on le voit pleurer amèrement sa faiblesse (Mt 26:75).

Jésus le place à la tête des Apôtres. C’est Pierre qui aura l’initiative de la prière dans la première Assemblée, de l’élection de Matthias (Ac 1) pour remplacer Judas. C’est lui qui préside le Concile de Jérusalem (Ac 15).

Pierre ira à Antioche, là où les fidèles reçurent pour la première fois le nom de Chrétiens ; Pierre est considéré comme le premier évêque d’Antioche, puis comme le premier de Rome, où il s’établit successivement. C’est à Rome que son disciple Marc recueillit son enseignement et le mit sous la forme du deuxième Evangile que nous connaissons.

L’Apôtre écrivivit deux Epitres, qui sont au canon du Nouveau Testament.

Pierre sera arrêté et condamné à mort en 64. Il fut crucifié la tête en bas, s’étant - dit-on traditionnellement - senti indigne de mourir de la même façon que son Maître.

Des fouilles archéologiques ont prouvé que les restes qui se trouvent à la basilique Saint-Pierre de Rome sous l’Autel Majeur, sont bien de l’Apôtre.

Suivant les dates plus ou moins établies du commencement et de la fin du pontificat de Pierre, certains disent qu’il aurait été pape pendant trente-trois ans, autant de temps que vécut le Christ sur terre. C’est de toutes façons le plus long pontificat de l’histoire, suivi en cela par celui de Pie IX (trente-et-un ans) et celui de Jean-Paul II (vingt-sept ans).

L’immédiat successeur de Pierre fut saint Lin.

La fête de saint Pierre est au 29 juin, en même temps que celle de saint Paul, l’autre pilier de l’Eglise naissante. C’est souvent en ce jour qu’a lieu l’ordination des prêtres dans les diocèses.

Il y a aussi une autre fête concernant saint Pierre, celle de sa Chaire, c’est-à-dire de son Autorité, qu’on fête le 22 février.

 

 

Paul apôtre

† 67

 

Écrire une fois de plus ce qu’on sait de la vie de saint Paul semblera superflu ici. On trouvera quelques indications scripturaires auxquelles on pourra se référer. En revanche, au moment où le Pape proclame l’Année de la Foi au cinquantième anniversaire du concile de Vatican II, on s’arrêtera davantage sur les voyages apostoliques de l’Apôtre.

Comme il le dit lui-même (Ac 22:3), Saul était juif, né à Tarse en Cilicie (actuelle Turquie), de la tribu de Benjamin. Par son père, il jouissait des droits des citoyens romains.

Il vint à Jérusalem pour recevoir sa formation de Gamaliel. Il était convaincu que Jésus allait renverser le culte israélite et pour cette raison en devint un ennemi acharné.

Dieu ayant voulu utiliser cette énergie pour diffuser la Vérité, l’aida à se convertir sur le chemin de Damas (Ac 9) ; ce devait être en 35. Baptisé, Saul s’appellera désormais Paul. Son zèle le fera mettre au même rang que les Apôtres choisis par le Christ.

Prédicateur infatigable, Paul parcourut tout le Moyen-Orient. Les Actes des Apôtres nous aident à le suivre.

 

Premier voyage : l’Asie Mineure (années 45-49).

Antioche de Syrie - Chypre - Pamphylie - Pisidie (Antioche de Pisidie) - Lycaonie (Iconium, Lystres, Derbé) - Antioche de Syrie.

A part l’actuelle ville turque de Konya, les autres centres (Lystres, Derbé) ont disparu et sont difficiles à localiser précisément actuellement.

 

Deuxième voyage : l’Asie Mineure et la Grèce (années 49-53).

Antioche de Syrie - Lycaonie - Phrygie - (Troas - Samothrace - Neapolis -) Grèce : Philippes - Thessalonique - Bérée - Athènes - Corinthe - Asie Mineure : Ephèse - Césarée - Antioche de Syrie.

 

Troisième voyage : l’Asie Mineure (années 53-58).

Antioche de Syrie - Galatie - Phrygie - Ephèse - Troas - Milet - Cos -  Patara - Tyr de Phénicie - Ptolemaïs - Césarée - Jérusalem.

C’est à Jérusalem que Paul est arrêté, et conduit une première fois, captif, à Rome.

 

Quatrième voyage (?) : Espagne et Asie Mineure (années 63-66).

Cette hypothèse n’est pas confirmée par les Actes des Apôtres, qui s’achèvent sur la captivité à Rome. 

Libération de Paul.

Paul fait allusion à l’Espagne en Ro 15:24,28. Il pense aller à Jérusalem, venir revoir les Romains et se rendre en Espagne. Il passe par l’Asie Mineure (Ephèse, Crète, Macédoine).

 

Le voyage de captivité : de Jérusalem à Rome (66-67).

Jérusalem - Césarée - Myre - Crète - Malte - Rome.

De nouveau arrêté en Asie (fin 66), il est conduit à Rome, condamné à la décapitation.

Le martyre de Paul a dû avoir lieu en 67. L’Apôtre fut décapité hors de Rome, sur la voie d’Ostie, à l’endroit qu’on a depuis appelé les “Trois Fontaines”, car une tradition rapporte que sa tête rebondit trois fois, faisant jaillir trois fontaines.

Actuellement s’élève là la petite abbaye cistercienne de “Saint-Paul-Trois-Fontaines”. 

Non loin de là fut construite la basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs, où se trouve une abbaye bénédictine, et la tombe de saint Paul.

C’est aussi sur le même site qu’ont eu lieu les apparitions de “Notre-Dame de la Révélation” en 1947, reconnues par l’Eglise. Là, un nouveau Paul, Bruno Cornacchiola, athée notoire, se convertit après avoir vu la Sainte Vierge.

Saint Paul est fêté deux fois durant l’année. D’abord le 25 janvier, où l’on commémore sa conversion : c’est à cette date que s’achève la semaine de prière pour l’unité des Chrétiens. Ensuite le 29 juin, où l’Eglise fête simultanément les deux Apôtres Pierre et Paul.

 

 

Marie, mère de Jean-Marc

1er siècle

 

Il est dit dans les Actes des Apôtres (Ac 12:12) que Pierre, une fois délivré de la prison par l’intervention d’un ange, vint frapper à la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc.

C’est l’unique mention que nous ayons de cette sainte femme.

Elle devait donc être suffisamment connue des Apôtres autant pour sa foi que sa générosité, pour que saint Pierre songeât à frapper chez elle en pleine nuit.

On a avancé sans preuves suffisantes qu’elle avait accompagné ou rejoint son fils en Chypre, où elle mourut elle aussi.

Le Martyrologe actuel ne la mentionne pas. Autrefois, elle était mentionnée au 29 juin, jour de la fête de saint Pierre et saint Paul.

 

 

Sirus de Gênes

† 381

 

On ne peut situer précisément la naissance de Sirus (Syrus) : il a pu naître à Struppa (Gênes, Italie NO) vers 310-320, d’Emilianus Dolcinus, dont l’épouse était native de Nervi.

Son éducation fut confiée à l’évêque Felix de Gênes qui, ensuite, l’ordonna diacre et l’envoya à Villa Matutia (act. Sanremo) pour assister le chorévêque Ormisda. Là, Sirus aurait délivré la fille du questeur, qui était possédée.

L’évêque Felix le rappela à Gênes et c’est Sirus qui lui succéda, vers 350, devenant le troisième évêque de cette ville.

On raconte que Sirus délivra la ville d’un énorme basilisc qui infestait un puits. L’évêque lui lança un seau, lui ordonnant de s’y mettre, et le remonta, puis lui ordonna d’aller se jeter dans la mer, à quoi le serpent obéit ponctuellement. D’aucuns interprètent ce «miracle» comme l’expression imagée de la lutte de Sirus contre l’arianisme.

On situe habituellement la mort de Sirus au 29 juin 381, après une trentaine d’années d’épiscopat.

Après des siècles d’oubli, on retrouva son corps en 1098.

Saint Sirus de Gênes est commémoré le 29 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cassius de Narni

† 558

 

Cassius, dont on ignore les date et lieu de naissance, épousa une certaine Fausta ; ils vécurent cependant comme frère et sœur.

En 536 il fut nommé huitième évêque de Narni (Pérouse, Ombrie, Italie C).

Outre les œuvres de charité que développa Cassius, on raconte de lui cette anecdote amusante. Il avait le visage assez rubicond, de sorte que le roi goth Totila le prit pour un ivrogne et se moqua de lui. Mal lui en prit, car un soldat de sa garde fut subitement prit de spasmes violents (peut-être d’origine diabolique) : Cassius le guérit à l’instant, gagnant ainsi l’estime et le respect de Totila.

Cassius célébrait presque tous les jours le Saint Sacrifice de la Messe ; le fait est à signaler, car à cette époque ce n’était pas encore une habitude généralisée pour tous les prêtres. Durant cette célébration, Cassius versait d’abondantes larmes, larmes d’amour et de reconnaissance pour le Sacrifice salutaire du Fils de Dieu.

En 551, Dieu le fit encourager à faire son devoir jusqu’au bout, à accomplir son travail sans crainte : Que ton pied et que ta main ne reculent point ; à la fête des saints Apôtres, tu viendras à moi et je te donnerai ta récompense.

Sept ans plus tard, le 29 juin 558, fête des Apôtres Pierre et Paul, Cassius célébra une dernière fois la Sainte Messe, et rendit son âme à Dieu.

Saint Cassius de Narni est commémoré le 29 juin dans le Martyrologe Romain.

Hemma de Gurk

980-1045

 

Hemma (Emma) naquit à la fin du 10e siècle (on parle de 980, de 995 ou 1000), en Carinthie (Autriche S), peut-être (mais c’est contesté) à Peilenstein, de Engelbert et Tuta, nobles apparentés à l’empereur Heinrich II.

Elle épousa Wilhelm, comte de Friesach et margrave de Sanntal ; les époux formèrent un couple très uni, très assidu à la vie de l’Eglise et aux sacrements. Leur fortune était immense, car leurs possessions territoriales s’étendaient fort loin. Ils eurent un ou deux fils (là aussi demeure l’incertitude), Wilhelm et Hartwig.

Dieu permit que ces deux garçons, une fois grands, furent limogés par des mineurs révoltés, et que Wilhelm père mourût au retour d’un pèlerinage à Rome.

Ce fut vers 1015 ; la malheureuse veuve accepta l’épreuve avec grand courage. Elle qui était, disait-on, une des plus riches femmes de son temps, s’employa à fonder des monastères et une vingtaine d’églises. 

C’est à Hemma qu’on devait les monastères de Ennstal et surtout de Gurk, pour des dames de souche noble, qui n’avaient pas une règle spéciale mais vivaient fraternellement et pratiquaient la laus perennis, c’est-à-dire qu’elles se relayaient par équipes pour ne jamais interrompre le chant à l’église. Leur nombre le permettait : elles étaient déjà environ soixante-dix.

Hemma aurait aussi participé à la construction de la cathédrale de Gurk. C’est durant cette période qu’advint le miracle du juste salaire. Un des ouvriers se plaignant de ne pas être suffisamment bien payé, Hemma lui tendit sa caisse en le priant de prendre ce qu’il estimait juste ; l’homme constata avec surprise qu’il y avait dans la caisse la même somme qu’Hemma lui avait proposée.

L’influence d’Hemma s’exerça aussi sur les conditions économiques de toute la région, qui furent hautement améliorées. Partout on vanta sa Foi et son sens de la Justice.

Hemma s’éteignit à ce monde vers 1045.

En 1174, son corps fut inhumé dans la cathédrale de Gurk ; une reconnaissance des reliques se fit en 1287, ce qui fut considéré comme une béatification ; le procès pour sa canonisation s’enlisa plusieurs fois, mais le culte et la dévotion ne s’interrompirent jamais. En 1938, ce culte fut confirmé.

Sainte Hemma de Gurk  est commémorée le 29 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ramon Llull

1232-1315

 

Ramon Llull (qu’on a francisé en Raymond Lulle, mais que Ramon a lui-même latinisé en Raymundus Lullus), naquit vers 1232 à Palma de Majorque. 

Certains avancent que son nom de famille était en réalité Amat ; son père s’appelait déjà Ramon, et appartenait à la noblesse catalane ; sa mère, Isabel d’Erill, était parente de la famille royale.

Vers 1246, Ramon entra comme page à la cour du roi Jaime Ier d’Aragon puis devint sénéchal de l’infant.

Vers 1257, il épousa Blanca Picany, dont il eut deux enfants, Domènec et Magdalena.

Jusqu’en 1263, Ramon vivait comme les troubadours en vogue, courtisant et chantant les belles dames. On raconte qu’un jour il poursuivit à cheval jusque dans une église une dame dont il était follement épris, mais qu’elle sut l’éloigner en lui montrant son sein rongé par le cancer.

Cette année 1263, Ramon eut par cinq fois la vision du Christ en croix, après quoi il comprit qu’il devait tout laisser pour se consacrer au service de Dieu, à la conversion des Musulmans et à la fondation de séminaires pour  former des missionnaires capables d’expliquer en arabe la Vérité.

Il entra alors dans le Tiers-Ordre franciscain. Nul ne nous dit ce que firent désormais son épouse et ses deux enfants, qui étaient encore bien jeunes ; on sait qu’il renonça à sa vie de cour, vendit tous ses biens et versa l’argent aux siens.

S’il pensa un moment aller étudier à Paris, il se décida plutôt à rester sur place : il acheta un esclave arabe pour étudier cette langue. Pendant neuf années, il apprit à manier parfaitement l’arabe, en même temps qu’il s’immergeait dans l’étude du latin, de la philosophie chrétienne et islamique auprès des moines cisterciens de La Real.

Désormais il allait se consacrer à l’écriture d’ouvrages en catalan, en latin et en arabe ; à voyager par l’Europe pour tenter de trouver des adeptes de ses projets. Ses voyages le portèrent en Allemagne, en France, en Italie, jusqu’en Terre Sainte et en Asie Mineure. Il voulait susciter une croisade apostolique, pour convertir par la prédication les Musulmans et les Juifs. Son enthousiasme cependant ne trouva pas l’écho qu’il espérait, même auprès des papes.

Sans renoncer à son idéal, il paya de sa personne et partit prêcher lui-même, en arabe, par exemple à Tunis, à Chypre, à Bejaïa (Algérie). Seul Jaime II de Majorque, son ancien élève, l’autorisa à prêcher dans les synagogues et dans les mosquées.

Ramon songeait à réunir tous les Ordres militaires dans une seule «armée sainte» pour reconquérir les territoires occupés par l’Islam et convertir tous les Musulmans. Dans ce but, il espérait former des missionnaires dans les langues orientales pour expliquer dans leur langue à tous les habitants la vraie doctrine du Salut. Le roi d’Aragon était favorable, mais pas le roi de France.

On finit par accepter son idée des collèges à vocation missionnaire, mais pas celle de la croisade.

Il est impossible ici d’énumérer les titres et le sujet de ses quelque trois-cents ouvrages. On retiendra ici  l’importance linguistique de ce travail : Ramon s’est exprimé aussi couramment en catalan qu’en arabe et en latin. On l’a considéré comme le fondateur de la littérature catalane, mais il a aussi énormément développé une langue néo-latine pour exprimer des notions et des faits scientifiques. On l’a appelé le Docteur illuminatus, le Docteur inspiratus, et même, à cause de son zèle envers le monde arabe, l’Arabicus christianus.

Une de ses positions fut de soutenir l’idée de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, dont le dogme ne fut proclamé qu’en 1854.

Ramon Llull fit un dernier voyage à Tunis. Les versions ne s’accordent pas tout-à-fait sur les circonstances exactes de sa mort. Pour les uns, Ramon fut lapidé par des Musulmans à Bougie (auj. Bejaïa) ; pour d’autres, il mourut en mer durant le retour de Tunis à Majorque, des suites de ses blessures. Dans les deux cas, Ramon serait mort le 29 juin 1315, à quatre-vingt-trois ans.

Certains ouvrages de Llull furent refusés par l’Eglise au 14e siècle, à la suite d’une falsification de ses propositions de la part d’un rival. 

Mais Ramon fut considéré comme martyr ; son culte fut reconnu en Catalogne ; le Martyrologe le mentionne comme martyr au 29 juin. 

La cause de sa canonisation a été reprise récemment.

Baolu Wu Anju

1838-1900

Ruohan Wu Mantang

1883-1900

Baolu Wu Wanshu

1884-1900

 

Baolu (Paul) était né vers 1838 à Xihetou (Shenzhou, Hebei, Chine).

Chrétien et marié, il avait un fils, Ruohan (Jean-Baptiste), et un neveu, Baolu lui aussi, nés au même endroit, le premier vers 1883, le second vers 1884.

Ils reçurent la palme du martyre dans leur ville, le même jour, en la fête de saint Paul, le 29 juin 1900.

Béatifiés en 1955, ils furent canonisés en 2000 parmi le groupe des Martyrs chinois, fêtés ensemble le 9 juillet.

 

 

Mali Du Tianshi

1858-1900

Delian Du Fengju

1881-1900

 

Mali (Marie) était née vers 1858 à Shenzhou (Hebei, Chine).

Mariée, elle avait une pieuse fille, Delian (Magdeleine), née vers 1881 à Du (Shenzhou, Hebei, Chine).

Elles furent toutes deux martyrisées à Du, le 29 juin 1900.

Béatifiées en 1955, elles furent canonisées en 2000, dans le groupe des Martyrs chinois fêtés le 9 juillet.

 

 

Ivan Sen’kiv’skyi

1896-1941

 

Ivan (Jean) était né le 2 mai 1896 à Haji Velyki (Ternopil, Ukraine), dans une famille de rite gréco-catholique.

Il étudia la théologie au séminaire de Lviv et fut ordonné prêtre en 1921.

Il reçut le doctorat en théologie à l’université d’Innsbruck (Autriche).

En 1923 il entra au monastère de l’ordre de Saint-Josaphat à Krekhiv (et prit le nom de Yakim (Joachim).

Il exerça le ministère à Krasnopushcha et Lavriv, puis eut diverses responsabilités dans le monastère Saint-Onuphre de Lviv, de 1931 à 1938, avant de devenir prieur du monastère de Drohobych en 1939, succédant ainsi au père Severian Baranyk.

Ces deux Religieux furent arrêtés par des agents du NKVD le 26 juin 1941.

Le père Yakim fut martyrisé en prison, ébouillanté, le 29 juin 1941 (mais le Martyrologe le mentionne en même temps que le père Baranyk, au 28 juin).

Il est dit parfois que le père Yakim fut «seulement» retrouvé, tout gonflé et contusionné.

Ils ont tous deux été béatifiés en 2001.

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 23:00

 

28 JUIN

 

II.

S Irenæus, disciple de s.Polycarpe puis évêque à Lyon ; son ouvrage "Contre les Hérésies" combat les erreurs gnostiques ; il est très cité par le Concile Vatican II.

III.

Ss Plutarcus, Serenus, le catéchumène Heraclides, le néophyte Heron, un autre Serenus, la catéchumène Heraides, Potamiæona et sa mère Marcella, membres de l'école d'Origène en Alexandrie.
S Zacharie, évêque à Lyon, successeur de s. Irénée.

IV.

S Papias, martyrisé de façon affreuse (dans une localité non connue).

VI.

Ste Théodechilde, de famille royale (ou même fille de Clovis), fondatrice d’un monastère pour hommes à Sens (Saint-Pierre -le-Vif).

VIII.

S Paul I, pape (757-767) : successeur de son frère Etienne II, il en continua la politique d’amitié avec Pépin le Bref, contre les Lombards et contre Byzance. 

IX.

S Argimiro, martyr à Cordoue.

XI.

S Heimerad, prêtre de Souabe, assez vagabond, très original, “fou de Dieu”.

XVII.

S John Southworth, jésuite anglais, martyrisé à Tyburn.

XVIII.    

Bx Yun Yu-il Paulus, Choe In-gil Matthæus et Ji Hwang Sabas, laïcs coréens martyrs, enterrés vivants, béatifiés en 2014.

XIX.

Ste Mali Du Zhaoshi, chinoise, mère d’un prêtre, martyre, canonisée en 2000 et fêtée le 9 juillet.

Stes Luqi Wang Cheng, Mali Fan Kun, Mali Chi Yu et Mali Zheng Xu, orphelines chinoises de dix-huit à onze ans, qui se tenaient par la main au moment de leur martyre, canonisées en 2000 et fêtées le 9 juillet.

XX.

B Stepan (Severian) Baranyk (1889-1941), prêtre martyr ukrainien de l’Ordre de Saint-Josaphat, mutilé en prison vers la fin de ce mois, béatifié en 2001.

Bse Teresa Maria (Maria Pia) Mastena (1881-1951), italienne, fondatrice des Religieuses de la Sainte-Face, béatifiée en 2005.

Irenæus de Lyon

130-195

 

Irenæus (Irenaios) était né vers 130, peut-être à Smyrne (Asie Mineure, auj. Izmir, Turquie W) ; il y connut le célèbre évêque de Smyrne, Polycarpe (v. 23 février).

C’est peut-être Polycarpe lui-même qui l’envoya dans cette terre de mission qu’était la Gaule.

On a vu comment mourut en 177 le glorieux Pothin, premier évêque de Lyon (v. 2 juin).

Irenæus fut-il ordonné prêtre par Pothin ? Le fait est que c’est lui qui fut chargé, en 177, de porter au pape Eleuthère (v. 26 mai) une lettre contenant le récit du martyre de Pothin et ses Compagnons. A ce moment-là, Irenæus était prêtre.

A son retour, c’est lui qu’on désigna pour succéder à Pothin.

L’œuvre plus important d’Irenæus fut son travail pour contrer la gnose, cette étrange doctrine qui prétendait offrir à une élite des connaissances supérieures sur Dieu et l’univers, recourant à l’occasion à d’étranges théogonies mythologiques. Irenæus écrivit donc La Réfutation de la Fausse Science ou Adversus Hæreses. Il est remarquable de constater qu’Irenæus ne s’en prend pas aux auteurs de cette doctrine, mais à la doctrine elle-même, espérant d’abord ramener à la Vérité ceux qui s’égaraient.    

Irenæus tint aussi à mettre en lumière l’argument de la Tradition, rappelant que la Foi se transmettait fidèlement des Apôtres à leurs successeurs, les évêques. C’est dans ce contexte qu’on lui doit aussi une Démonstration de la prédication apostolique.

Irenæus, dont le nom signifie pacifique, fut un artisan de paix aussi vis-à-vis du pape Victor (v. 28 juillet), qui voulait excommunier les Chrétiens qui ne fêtaient pas Pâques de la façon romaine ; Irenæus supplia le pape de ne pas provoquer ainsi de schisme, car cette différence ne portait pas sur le Dogme, mais n’était, après tout, qu’une question disciplinaire. Victor suivit son conseil.

Il y a une petite incertitude au sujet du martyre d’Irenæus, mais la liturgie actuelle lui donne toujours le titre d’évêque et martyr. Il est mort en 195, après dix-huit ans d’épiscopat.

Saint Irenæus de Lyon est commémoré le 28 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs en Alexandrie

† 202

 

La persécution de Septime Sévère sévissait en Alexandrie, où était évêque Heraclas.

Dans cette grande ville, Origène tenait sa petite école d’exégèse et c’était le lieu où se rencontraient des Chrétiens, néophytes ou catéchumènes.

Voici les noms des huit Martyrs recensés ici :

  1. Plutarcus, le frère de l’évêque Heraclas, un des premiers disciples d’Origène ;
  2. Serenus : il fut brûlé vif ;
  3. Heraclides : c’était un catéchumène ; il fut décapité ;
  4. Heron : il était néophyte ;  il fut aussi décapité ;
  5. Serenus : après diverses tortures, il fut décapité ;
  6. Heraides : une catéchumène, fut brûlée vive ;
  7. Potamiœna : cette vierge était fort belle, et les bourreaux s’acharnèrent contre sa pureté et sa beauté, l’arrosèrent lentement de poix brûlante, des pieds à la tête : elle fut ainsi brûlée vive ; 
  8. Marcella était la mère de Potamiœna et subit le même sort que sa fille.

On verra au 30 juin ce qui arriva au soldat Basilides, qui se trouvait près de Potamiœna.

Ces huit Martyrs sont commémorés le 28 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Paul Ier

757-767

 

Fils du romain Constantin, frère et successeur d’Etienne II, il est le quatre-vingtième pape.

La “politique” du pape était d’affermir les Etats Pontificaux avec l’appui de Pépin le Bref, qu’Etienne II avait nommé “Patrice des Romains”. Il fallait opposer une certaine force contre les prétentions de Byzance qui, toujours opposée au culte des images, se rapprochait des Lombards.

Paul Ier reçut avec joie et honneur le sabanum, linge ayant enveloppé la princesse franque Gisèle après son baptême. Ce précieux linge fut déposé dans la chapelle de sainte Pétronille, cette fille présumée de saint Pierre (Pétronille = Pierrette), dont le corps venait d’être retrouvé dans les catacombes. On sait que la chapelle de Sainte-Pétronille dans la basilique Saint-Pierre du Vatican, est une sorte d’îlot français : on aura fait le lien entre la fille de saint Pierre, et la “fille aînée de l’Eglise”.

D’après le Liber Pontificalis, Paul Ier  ordonna trois évêques, douze prêtres et deux diacres. Il laissait le souvenir d’un pasteur aimant visiter les malades, les prisonniers, les condamnés à mort.

Il mourut en 767 et eut pour successeur Étienne III.  

Au XIVe siècle, ce pape est entré dans le Martyrologe, au 28 juin, et y est resté.

 

 

Argimiro

† 856

 

Tout ce que nous savons des martyrs de Cordoue au IXe siècle, nous vient du précieux témoignage de saint Euloge, qui vivait sur place et avait pu vérifier tout ce qu’il écrivait.

Argimiro était né à Egabro (l’actuelle Cabra) de parents chrétiens.

Depuis deux siècles, la ville de Cordoue était aux mains des Arabes. Il s’y était fondé un émirat indépendant du reste du monde arabe, suite à des querelles internes. Abd-el-Rahman, son émir, dernier rescapé de toute sa famille massacrée à Damas, s’appuya sur une garde formée de Berbères et d’esclaves slavons, organisa un royaume très centralisé, luttant victorieusement contre les opposants arabes, et accordant finalement un statut très tolérant aux chrétiens. Ce régime finit par s’étendre à toute l’Espagne, avec toutefois quelques “incidents de parcours”, révoltes locales, jusqu’à la rupture totale avec Bagdad et l’établissement d’un khalifat indépendant.

Les chrétiens n’étaient donc pas trop inquiétés, sauf en certains cas malheureux de dénonciations ou parfois même de provocations.

Le roi Maure nomma notre Argimiro censeur à Cordoue ; c’était un poste important, auquel on ne plaçait que des personnages de parfaite honnêteté.

Bientôt cependant, Argimiro donna sa démission pour se retirer dans quelque monastère de la ville,  pour servir Dieu et travailler à son salut dans le repos de la prière et de la contemplation. 

A la suite de quelque incident - dont on ignore l’entité - les chrétiens furent recherchés. On dénonça Argimiro. Le juge le somma d’abjurer le Christianisme ; Argimiro refusa net.

Sans pitié pour l’âge du personnage, on l’étendit sur le chevalet, cet horrible instrument de torture où l’on attachait les bras et les jambes du condamné à des poulies qui, en tournant, disloquaient très lentement les membres de la victime. A la fin, au couteau ou à l’épée, on sectionnait les chairs qui étaient encore attachées, et on décapitait ce pauvre corps qui était peut-être déjà mort.

Ce fut le supplice d’Argimiro, dont le cadavre fut suspendu plusieurs jours à un gibet. Puis des chrétiens purent le recueillir et l’ensevelir dans l’église Saint Acisclo.

C’était sous Mohammed I, le 28 juin 856, jour où notre Martyr est commémoré au Martyrologe.

 

 

Heimerad de Souabe

970-1019

 

Heimerad (ou aussi Heimo) naquit vers 970 à Meßkirch (Souabe, Germanie SW) d’humbles parents cultivateurs.

Il fut peut-être ordonné prêtre, mais surtout il vagabonda en quête de Dieu. Il fit des pèlerinages dans toute la Germanie puis, vers 1000, se rendit à Rome et à Jérusalem.

Au retour, il tenta vainement son admission à l’abbaye de Hersfeld, à celle de Paderborn ; on le trouvait (et il était) vraiment trop original.

A Hersfeld, par exemple, en plein chapitre, il prétendit qu’il ne pouvait faire son salut dans l’abbaye et demanda à partir ; l’abbé avait plutôt envie de l’envoyer promener avec mépris, mais Heimerad protesta qu’on ne devait pas congédier ainsi le frère de l’Empereur (il entendait Jésus-Christ) ; l’abbé jugea opportun, avant de le laisser partir, de châtier cette prétention par une bonne flagellation.

Heimerad vint se réfugier chez une brave paysanne du voisinage ; comme elle se mettait à pleurer, il lui dit de pleurer sur ses péchés (cf. Lc 23:28). Il continua ses déplacements vers la centre du pays. De partout on le chassa.

Un prêtre lui abandonna une chapelle plus ou moins délabrée… mais la population se tourna vers Heimerad plutôt que vers le prêtre, qui vivait maritalement ; vexé, ce dernier chassa Heimerad.

L’impératrice Cunégonde, irritée de ce qu’Heimerad se proclamait frère de l’Empereur (voir plus haut), le fit fouetter.

L’évêque Meinwerk de Paderborn (v. 5 juin ?) se le fit amener et demanda à voir son missel : il fit brûler l’espèce de charpie que lui montra Heimerad, et fouetter son possesseur.

Outre toutes ces flagellations répétées, Heimerad accumula aussi les années et les infirmités. Il se fixa sur la montagne de Hasung ; il officia dans une chapelle dédiée à s.Michel et vécut là dans une grande pauvreté et dans la pénitence continuelle. On se moqua de cet original, qui cependant conquit patiemment l’estime de la population, et même eut à donner quelques conseils à des personnalités. Des miracles eurent lieu.

Il s’éteignit finalement, le 28 juin 1019.

Les miracles se produisirent encore après sa mort et un monastère fut édifié près de sa tombe.

Saint Heimerad de Souabe est commémoré le 28 juin dans le Martyrologe Romain.

 

John Southworth

1592-1654

 

Né en 1592 à Samlesbury Hall (Lancashire, Angleterre), il appartenait à une famille catholique qui préféra acheter le Ciel que de renier la Foi.

John étudia au Collège Anglais de Douai, où il reçut l’ordination sacerdotale.

Arrêté une première fois et condamné à mort pour sa foi catholique, il fut ensuite exilé vers la France.

Revenu en Angleterre, il vécut à Clerkenwell (Londres), lors d’une épidémie de peste. Il se dévoua auprès des malades, qu’il amena à la foi catholique, et fut de nouveau arrêté.

Jugé à Old Bailey, il se justifia de son devoir d’exercer son sacerdoce et fut condamné à être pendu, éviscéré et écartelé.

Il fut martyrisé le 28 juin 1654 à Tyburn (Londres).

Sur intervention de l’ambassadeur d’Espagne, son corps fut recomposé, bouilli et ramené à Douai. Lors de la Révolution française, on le plaça «en sûreté» dans une tombe sans nom. On retrouva cette tombe en 1927, d’où l’on préleva les restes du corps pour les reporter en Angleterre, dans la Chapelle des Martyrs de la cathédrale de Westminster.

John Southworth fut béatifié en 1929 et canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

Yun Yu-il Paulus

1760-1795

 

Yun Yu-il Paulus est un laïc coréen né en 1760 à Yeoju (Gyeonggi-do, Corée du Sud).

Il fut enterré vivant à Hanyang (Seoul) le 28 juin 1795 et béatifié en 2014.

 

 

Choe In-gil Matthæus

1765-1795

 

Choe In-gil Matthæus (ou Matthias) est un laïc coréen né en 1765 à Seoul (Corée du Sud).

Il fut enterré vivant à Hanyang (Seoul) le 28 juin 1795 et béatifié en 2014.

 

 

Ji Hwang Sabas

1767-1795

 

Ji Hwang Sabas est un laïc coréen né en 1767 à Séoul (Corée du Sud).

Il fut enterré vivant à Hanyang (Seoul) le 28 juin 1795 et béatifié en 2014.

 

 

Mali Du Zhaoshi

1849-1900

 

Mali (Marie) Du Zhaoshi était née vers 1849 à Qifengzhuang (Shenzhou, Hebei, Chine).

Mariée, elle avait un fils prêtre.

Elle fut martyrisée à Wangjiatian (Hengshui, Hebei) le 28 juin 1900.

Elle fut béatifiée en 1955 et canonisée en 2000.

Les Martyrs chinois sont fêtés ensemble le 9 juillet.

 

 

Luqi Wang Cheng

1882-1900

Mali Fan Kun

1884-1900

Mali Chi Yu

1885-1900

Mali Zheng Xu

1889-1900

 

Emouvante et admirable histoire que ces quatre jeunes orphelines chinoises chrétiennes.

Au moment de leur martyre, elles se tenaient par la main pour s’encourager l’une l’autre.

Luki (Lucie) était née vers 1882 à Laochuntan (Ningjing, Hebei, Chine).

Mali (Marie) Fan Kun et Mali Chi Yu étaient nées toutes deux à Daji (Wuqiao, Hebei, Chine), la première vers 1884, la seconde vers 1885.

La troisième Mali, Zheng Xu, était née vers 1889 à Kou (Dongguang, Hebei).

Toutes quatre avaient donc en commun leur jeunesse, et les persécuteurs n’eurent pas de remords à s’acharner avec leurs épées contre de jeunes fleurs de dix-huit, seize, quinze et onze ans.

Leur martyre eut lieu à Wangla (Dongguang, Hebei), le 28 juin 1900.

Elles furent béatifiées en 1955 et canonisées dans le groupe des Martyrs chinois en 2000. Leur fête liturgique commune est au 9 juillet.

 

 

Stepan Baranyk

1889-1941

 

Stepan était né le 18 juillet 1889 en Galicie, dans l’actuelle Ukraine occidentale (localité non précisée).

En 1904, il entra au monastère basilien à Krekhiv et y fit ses premiers vœux, avec le nomde Severian (Séverin).

En 1910, il fit les vœux perpétuels et fut ordonné prêtre en 1915.

Durant ses activités pastorales, il s’occupa paternellement des jeunes et des orphelins. Il était aussi connu pour ses homélies courageuses.

En 1932, il fut nommé prieur du monastère de Drohobych.

C’est dans cette localité qu’il fut arrêté par les agents du NKVD, le 26 juin 1941, et enfermé dans la prison de Drohobych. Depuis, on ne le revit plus vivant.

Après l’évacuation des soldats soviétiques, on retrouva dans un coin de la prison le corps du père Severian, portant des signes visibles de tortures diverses, avec des entailles au couteau en forme de croix sur toute la poitrine.

Le jour inconnu de son martyre a été arrêté au 28 juin dans le Martyrologe.

Le père Severian fut béatifié dans le groupe des Martyrs Ukrainiens, en 2001.

 

 

Teresa Maria Mastena

1881-1951

 

Elle fut l’aînée des cinq enfants de Giulio Mastena et Maria Antonia Casarotti. Le père était épicier, et la mère maîtresse d’école.

Des cinq enfants, outre Teresa, un frère fut prêtre capucin et missionnaire au Brésil, une sœur fut tertiaire franciscaine ; un autre frère dut renoncer au sacerdoce à cause de sa santé et, comme avocat, se dédia aux causes des pauvres.

Teresa naquit le 7 décembre 1881 à Bovolone (Vérone, Italie du nord) et grandit dans l’ambiance chrétienne de sa famille. 

Lors de sa Première Communion, à neuf ans, elle fit privément le vœu de chasteté et reçut la Confirmation la même année (1891).

A quatorze ans, elle voulait entrer dans la vie religieuse, mais dut attendre quelques années avant d’être admise dans l’Institut des Sœurs de la Miséricorde à Vérone. Le jour de sa profession (1903), elle reçut le nom de Passitea de l’Enfant-Jésus.

Heureuse dans sa voie, elle s’offrit à être une “victime” pour Jésus et chercha la perfection dans chaque situation.

Dès 1907, munie du diplôme, elle commença son activité d’enseignante, qui durera vingt années environ. Son immense activité fut appréciée par le curé de la paroisse, par les autorités locales, par le petit peuple.

En 1908 elle fut chargée d’ouvrir à Miane (Treviso) une nouvelle maison avec école ; elle en fut la supérieure. Durant la guerre, elle s’efforça de soutenir les familles dont les hommes étaient partis au front.

En 1927, avec la permission de l’évêque, elle s’orienta vers une autre spiritualité et entra au monastère des Cisterciennes de Saint-Jacques de Veglia, où elle prit alors le nom de Maria Pia. Elle respecta la règle à la lettre. Elle avait une dévotion marquée pour l’Eucharistie, pour la Passion de Jésus-Christ et en particulier pour la Sainte-Face de notre Sauveur. Mais sentant qu’elle n’était pas faite pour la vie cloîtrée, elle revint à l’école de Miane.

Transférée aux écoles de Carpesica et de San Fior, elle fonda là l’Institut des Sœurs de la Sainte-Face, dont les membres auraient la mission de “propager, réparer et restaurer la douce image de Jésus dans les âmes”.

En très peu de temps, l’Institut fut reconnu : dès 1936, il fut canoniquement érigé comme Congrégation diocésaine, et les dix premières religieuses émirent leurs vœux perpétuels. Mère Maria Pia en fut la Supérieure Générale, et le sera jusqu’à la fin de sa vie.

L’approbation pontificale arriva en 1947. La Congrégation avait pour but un apostolat concentré sur les besoins de la société, en paroisse, à l’école, auprès des malades, en maisons de soins ou à domicile, auprès des futurs prêtres.

Jusqu’à la mort de la Fondatrice, quatorze maisons furent ouvertes en Italie.

Elle était à Rome en 1951 pour y ouvrir une nouvelle maison, lorsqu’une attaque cardiaque la terrassa, le 28 juin 1951.

Elle fut béatifiée en 2005.

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Published by samuelephrem - dans 06-juin
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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 23:00

 

27 JUIN

 

Notre-Dame du Perpétuel Secours. 

I.

S Crescentius, disciple de s. Paul (cf.2Tim 4:10), évêque en Galatie ou en Gaule (Vienne).

III.

Ste Guddenas, martyre à Carthage.

Ste Pome, vierge à Châlons-en-Champagne, sœur de l’évêque s. Memmie.

IV.

S Zoïlus, martyr à Cordoue.

V.

S Cyrille, évêque à Alexandrie, assez énergique contre les novatiens et les Juifs, et plus encore contre l’erreur de Nestorius ; docteur de l’Eglise.

?

S Anecte, martyr à Césarée de Palestine (ou de Cappadoce).

VI.

S Samson, médecin romain, venu à Constantinople où il guérit l'empereur ; il fut surnommé “Samson l’Hospitalier” ou “Samson Xenodokos” (médecin de l’étranger).

S Jean, prêtre breton venu à Chinon.

XI.

S Arialdo, chef de la ligue patare à Milan contre le clergé simoniaque et concubain, martyrs ; il fut horriblement mutilé. 

XIII.

B Benvenuto de Gubbio, militaire devenu franciscain.

XIX.

B Yi Gyeong-eon Paulus, laïc coréen martyr, mort en prison, béatifié en 2014.

S Tôma Toán, catéchiste tonkinois martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Bse Marguerite Bays, couturière, tertiaire franciscaine et mystique près de Fribourg en Suisse, béatifiée en 1995.

Bse Louise-Thérèse de Montaignac de Chauvance, consacrée au Sacré-Cœur, fondatrice des Oblates du Sacré-Cœur, pour le ressourcement des femmes voulant témoigner dans leur vie quotidienne, béatifiée en 1990. 

 

Crescentius

1er siècle

 

Saint Crescentius est nommé par Paul dans la deuxième épître à Timothée, où il dit qu’il est allé en Galatie (2Tm 4:10). C’est tout ce qu’on a reçu d’inspiré et de précis sur Crescentius.

Par ailleurs, on n’est pas sûr que Paul parle de la province asiatique de Galatie (au centre de la Turquie moderne) ou de la Gaule. Certains manuscrits écrivent “Gaule”.

D’après le texte, on pourrait justifier que Crescentius soit allé en Gaule : Paul écrit de Rome, où il est prisonnier. D’après lui, Demas est parti pour Thessalonique, Crescentius pour “la Gaule” et Tite pour la Dalmatie ; en somme, de Rome, il voit ses disciples partir en trois directions différentes, dont Rome serait l’épicentre.

Certains auteurs “sûrs” ont penché pour la Gaule (Eusèbe, Epiphane, Théodoret), tandis que les Constitutions Apostoliques alludent à la Galatie.

Plus tard, au IX. siècle, Crescentius fut présenté comme le premier évêque de Vienne en France, avant d’aller mourir “en Galatie”. 

Pourquoi pas ?

Il ne semble pas qu’il soit particulièrement honoré en Orient, ni même en Occident ; il était mentionné au Martyrologe Romain le 27 juin, avant d’en être retiré récemment.

Il y a d’autres saints Crescentius, dont les notices apparaîtront plus tard.

 

 

Guddenas de Carthage

† 203

 

Guddenas était une vierge de Carthage.

Par quatre fois, elle fut torturée sur le chevalet, puis horriblement lacérée par les ongles de fer, longtemps enfermée dans un cachot infect, et enfin décapitée.

C’était en 203.

Sainte Guddenas de Carthage est commémorée le 27 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Zoilus de Cordoue

† 303

 

Zoilus est un martyr de Cordoue attesté historiquement, mais dont on ne sait rien, sauf la date présumée de son martyre.

On retrouva son corps au 6e siècle.

Certains lui ont adjoint dix-neuf Compagnons qui, cependant, n’ont rien à voir avec lui.

Saint Zoilus de Cordoue est commémoré le 27 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cyrille d'Alexandrie
376-444

 

Neveu et successeur de Théophile d'Alexandrie en 412, il montra un zèle marqué contre les hérétiques : il ferme les églises des Novatiens, chasse les Juifs de la ville, au point que des émeutes éclatent et que meurt la philosophe Hypatie, lynchée : le saint Patriarche fut pointé du doigt dans la responsabilité de ce meurtre qu'il n'avait certainement pas prévu.

Il combat le paganisme dans Alexandrie.

Au moment du concile d'Ephèse (431), il fait condamner le nestorianisme et défend solennellement le titre marial de Theotokos ou Mère de Dieu, contre Nestorius qui voulait attribuer à Marie le seul titre de Christotokos, Mère du Christ. Ce concile fut houleux, Cyrille fut même emprisonné durant trois mois. Mais les évêques récalcitrants finirent par se ranger du côté de la Vérité.

Cyrille reste sur le siège d'Alexandrie pendant trente-deux années et meurt le 27 juin 444.

Père de l'Eglise, il nous a laissé beaucoup d'écrits : contre les Ariens, Manès, Plotin, Apollinaire, l'empereur Julien ; des Dialogues sur la Trinité, deux Dialogues christologiques, des Catéchèses baptismales, des Commentaire sur les Evangiles, sur les Psaumes ; des Homélies.

Vénéré par les Orientaux le 9 juin, il est toutefois inscrit au Martyrologe et au calendrier romains le 27 juin.

Saint Cyrille d'Alexandrie a été proclamé Docteur de l'Eglise en 1882.

Les quelques extraits suivants sont repris des écrits de Cyrille. On y notera la solennité des expressions, la précision recherchée par le Théologien.


Sur la Trinité. - Nous croyons en un seul Dieu Père tout-puissant, créateur de toutes choses visibles et invisibles ; et en un seul Seigneur Jésus-Christ, son Fils, engendré de lui par nature, avant tous les siècles et tous les temps, car il est, comme son Père, sans commencement dans le temps et éternel ; assis sur le même trône et jouissant de la même gloire ; égal à lui en tout, car il est le caractère et le reflet de son hypostase ; nous croyons aussi semblablement au Saint-Esprit, ne le regardant pas lui-même comme étranger à la nature divine, car il procède naturellement du Père, répandu par le Fils sur la créature. Et ainsi nous reconnaissons comme une et substantielle et dans l’identité de gloire, la sainte et adorable Trinité.

Sur l'Incarnation. - Et nous disons que c’est le Logos lui-même, le Fils unique engendré d’une façon ineffable de l’essence de Dieu le Père, l’auteur des siècles, celui par qui et en qui tout existe, la lumière véritable, la nature qui vivifie tout… Qui dans les derniers temps, par la bonne volonté du Père, pour sauver la race humaine tombée dans la malédiction et soumise à cause du péché à la mort et à la corruption, a pris la semence d’Abraham, selon les Ecritures, et a communiqué au sang et à la chair, c’est-à-dire est devenu homme. Ayant pris la chair et l’ayant faite sienne, il a été engendré selon la chair par la sainte et toute pure Marie. Mais bien qu’il fût devenu semblable à nous et qu’il eût économiquement revêtu la forme d’esclave, il demeura dans la divinité et la majesté qu’il avait par nature ; car il n’a pas cessé d’être Dieu en se faisant chair, c’est-à-dire homme semblable à nous. Immuable par nature en tant que Dieu, il est resté ce qu’il a toujours été, ce qu’il est, ce qu’il sera toujours, et en même temps il a été appelé Fils de l’homme.

Sur Marie. - La sainte Vierge est véritablement mère de Dieu, non qu’elle ait donné commencement à la divinité, mais parce qu’elle a engendré le corps auquel le Verbe s’est uni substantiellement. Telle est la doctrine traditionnelle, enseignée par tous les Pères et évêques orthodoxes de l'Orient et de l’Occident. Si le concile de Nicée n’a pas employé cette expression, c’est qu’alors elle n’était pas nécessaire ; dans son symbole, il a proclamé en termes équivalents la maternité divine de Marie. Refuser ce titre de Théotokos à la sainte Vierge, nier sa maternité divine, c’est détruire le mystère de l’incarnation. La Vierge Marie est toute pure et toute sainte ; le Christ est né d’une souche saine. Elle a conçu d’une façon virginale et par miracle sous l’influence du Saint-Esprit ; Joseph ne fut que le père putatif et le gardien de l’Enfant-Dieu. Elle est restée vierge après l’enfantement. Elle n’avait pas besoin de purification ; elle était dispensée de la loi.

 

 

Samson de Constantinople

† 560

 

Samson de Constantinople est un titre inapproprié : Samson était Romain de naissance, issu d’une grande famille. Les Grecs et les Russes transcrivent Sampson.

Il étudia la médecine et soignait les malades sans se faire payer.

A la mort de ses parents, il distribua ses biens aux pauvres, donna leur liberté aux esclaves et se préparait à se retirer au désert.

Inspiré ou guidé par quelque attrait mystérieux, il s’en vint à Constantinople ; il ouvrit sa petite demeure aux pauvres et aux malades ; il y exerça son art et montra tant de charité envers le prochain, que le patriarche le jugea digne du sacerdoce : Samson avait alors un peu plus de trente ans.

L’empereur Justinien, que les médecins avaient été dans l’impossibilité de guérir, appela Samson. Celui-ci, feignant de lui appliquer quelque onguent efficace, le guérit, mais l’empereur comprit que ce pieux médecin l’avait guéri par la puissance du Nom du Christ, et voulut récompenser son bienfaiteur.

Samson accepta de s’occuper des malades d’un hôpital qu’aurait fait construire Justinien. C’est dans cette activité humble et charitable qu’il passa les dernières années de sa vie, avant de s’éteindre vers 530 ou 560.

Des miracles, il y en eut du vivant de Samson, et plus encore après sa mort. Samson fut pour cela surnommé l’Hospitalier ou Xenodokos (soignant les étrangers). L’hôpital fut en service pendant plusieurs siècles.

Bien plus tard, en 1709, le tsar Pierre Ier battit les Suédois à Poltava le 27 juin, en la fête de s.Samson, ce qui motiva la dédicace de la cathédrale de Saint-Petersbourg à saint Samson.

Saint Samson de Constantinople est commémoré le 27 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jean de Chinon

6e siècle

 

Jean venait, dit-on, de Bretagne, même si certains le font venir de Grande-Bretagne. 

Il était prêtre, ce qui pourrait exclure sa nationalité anglaise, puisque c’est seulement sur la fin du 6e siècle que les premiers missionnaires débarquèrent sur l’île.

Venu à Chinon, Jean s’y construisit une cellule près de l’église et, comme tout solitaire pacifique, planta, cultiva ; il jouit bientôt de l’ombrage de magnifiques lauriers.

On dit traditionnellement que Jean reçut là la reine Radegonde, qui se rendait vers Poitiers pour y fonder un monastère.

Après la mort de Jean, qui reste non datée, le sacristain coupa un des lauriers, qui s’était desséché. Avec le bois, il se fit un petit tabouret, dont il usa pendant deux ans puis, pris de remords d’avoir coupé cet arbre planté par Jean, il enterra son tabouret à l’endroit de la plante : au printemps suivant, le tabouret devint un nouveau pied de laurier garni de feuilles.

Le fait est raconté par s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre).

Saint Jean de Chinon est commémoré le 27 juin dans le Martyrologe Romain.

Arialdo Alciati

1010-1066

 

Arialdo naquit vers 1010, près de Côme (Lombardie, Italie N).

Entré dans le clergé, il étudia à Milan, à Laon et Paris. De retour à Milan, il devint diacre décuman, une distinction propre à cette Eglise, où l’on sait qu’est appliqué le rit ambrosien.

Mais le problème de l’époque était que les prêtres, généralement, n’étaient pas fidèles au célibat sacerdotal que l’Eglise conserve depuis les origines. En outre, il se faisait un trafic caché de choses saintes, objets et dignités. La population s’en mêla.

Et comme cela arrive dans chaque manifestation populaire, les choses ont mal évolué. On en vint à la force. Même Arialdo se laissa entraîner dans les violences.

Les tenants de ce mouvement d’indignation furent bientôt appelés par dédain patares, c’est-à-dire «chiffons».

Arialdo prêcha à Varese avec virulence contre le nicolaïsme et la simonie. Un jour, il en vint à intervenir manu militari pendant la célébration d’une Messe, arrachant la chasuble au prêtre indigne qui célébrait et le chassant.

L’archevêque simoniaque de Milan ne pouvait supporter les accusations du diacre Arialdo. Il convoqua un concile près de Novare, où Arialdo refusa de comparaître. Ce fut une erreur : excommunié, il fit appel à Rome, qui suspendit l’excommunication, mais somma l’archevêque de faire pénitence pour sa conduite. Le climat devenait insupportable.

L’archevêque revint à son attitude antérieure, il fut excommunié ; à son tour, il jeta l’interdit sur Milan, tant qu’Arialdo y serait présent. Arialdo s’éloigna, mais on le poursuivit.

Deux clercs le rejoignirent près du lac de Côme. Ces clercs n’eurent pas honte de s’en prendre au diacre de façon indigne : Arialdo fut castré ; on lui creva les yeux, on lui coupa les oreilles, le nez, les lèvres, la main droite et la langue; son corps fut jeté dans le lac.

Arialdo mourut le 27 juin 1066. Son martyre lava ses erreurs.

Un des chefs de l’insurrection patare, Erlembaldo, fut aussi assassiné quelques années plus tard, mais son action ayant dépassé les buts et les limites qu’il aurait dû respecter, il n’est plus considéré comme martyr.

Dix mois plus tard, on retrouva le corps d’Arialdo intact dans le lac. Bien sûr, l’assassinat fut imputé à l’archevêque, qui dut démissionner. Milan brûla. Un nouvel archevêque, soutenu par Rome, fut combattu par l’empereur. Le mouvement patare s’éteignit peu à peu, mais le témoignage de ses chefs fit peu à peu aboutir à une réforme tellement nécessaire.

Le Martyrologe mentionne saint Arialdo le 27 juin, quoiqu’aucune canonisation officielle n’ait eu lieu. C’est la Vox populi qui s’en chargea.

 

 

Benvenuto de Gubbio

1190-1232

 

Benvenuto (Bienvenu) était de Gubbio ; on en situe la date de naissance vers 1190.

Le premier fait important qu’on connaisse de lui, est qu’il se présenta avec sa tenue militaire à saint François lui-même, demandant son admission dans le nouvel Ordre religieux, en 1222.

Benvenuto fut l’exemple vivant de toutes les vertus religieuses. Il n’était satisfait que du vêtement le plus misérable ; il ne mangeait que le strict nécessaire. 

Il fut envoyé par saint François pour soigner des lépreux : jamais on ne vit infirmier plus empressé, plus souriant. Il aimait le silence et la retraite, mais se montrait plein de charité pour tout le monde. 

Il priait longuement la nuit, pour la conversion des pécheurs.

Dans l’Hostie consacrée, il voyait Jésus Enfant.

Il montra une patience infinie durant ses longues et pénibles maladies.

Il s’endormit en paix un 27 juin, à Corneto (Pouilles), mais comme pour sa naissance, on n’est pas sûr de l’année de sa mort, vers 1232.

Ce Religieux effacé fut favorisé de prodiges et de grâces divines si innombrables, que le pape Grégoire IX chargea lui-même trois évêques de faire avancer la cause de canonisation ; mais les papiers se perdirent dans les archives curiales : l’humilité totale de Benvenuto avait besoin de cet oubli humain.

Vers 1268, la ville de Corneto ayant été détruite, les reliques du bienheureux Benvenuto furent transférées à Deliceto (Foggia). Le culte populaire fut approuvé en 1697.

 

 

Yi Gyeong-eon Paulus

1792-1827

 

Yi Gyeong-eon Paulus est un laïc coréen né en 1792 à Seoul (Corée du Sud).

Il mourut en prison à Jeonju (Jeolla-do) le 27 juin 1827 et fut béatifié en 2014. 

 

 

Tôma Toán

1764-1840

 

Tôma était né vers 1764 à Cần Phán (Nam Ɖịnh, Vietnam).

Baptisé, il devint tertiaire dominicain.

Il mourut en prison le 27 juin 1840, après avoir faibli à deux reprises, puis s’être repenti.

Il fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988.

La fête commune des Saints du Vietnam est au 24 novembre.

 

 

Marguerite Bays

1815-1879

 

La Pierraz est un petit hameau de Siviriez près de Fribourg en Suisse. C’est là qu’est née Marguerite Bays le 8 septembre 1815 ; c’était un vendredi, fête de la Nativité de Marie.

Marguerite était la seconde fille d’une famille d’agriculteurs. Humble paysanne, elle a passé son temps à filer le chanvre et à coudre. Elle resta laïque et célibataire, “servant Dieu en premier”, dans une vie tout ordinaire. Personne ne soupçonnait la profonde vie mystique de cette personne si effacée.

Elle fut tertiaire franciscaine, elle fit partie des Enfants de Saint-Paul ; elle était fervente de Marie Immaculée : c’est le 8 décembre 1854 qu’elle guérit d’un cancer des intestins.

Elle reçoit les stigmates de la Passion du Christ dès 1860. Elle est favorisée de visions et de révélations.

Soit dans l’église paroissiale, soit dans le secret de sa chambre, elle adore Jésus Eucharistie ; elle prie pour tous les siens, pour tous les hommes de monde entier. Partout on l’aime et on recourt à elle, car sa présence pacifie, réconforte. On lui confie des soucis, on l’appelle au chevet des malades et des mourants, elle réconforte les pauvres, elle enseigne l’Amour de Dieu aux enfants, à qui elle enseigne l’évangile par la contemplation de la crèche de Noël.

Elle s’éteint aussi humblement qu’elle avait vécu, le 27 juin 1879, un vendredi comme pour sa naissance.

Marguerite Bays a été proclamée Bienheureuse en 1995.

 

 

Louise-Félicité de Montaignac de Chauvance

1820-1885

 

Née au Havre le 14 mai 1820, était d’une vieille famille noble. Son père, Raymond Aimé est un employé des finances ; sa mère, Anne, est de la famille de la Raffinie d’Hauterive. Dès le lendemain la petite fille reçoit au baptême les noms de Louise-Félicité. 

Louise était la cinquième des six enfants de la fratrie. 

En 1827, devant la crêche de Noël, elle fut saisie par le mystère de Dieu Enfant.

On l’envoya étudier à Chateauroux, puis à Paris, puis chez sa propre tante maternelle, dont elle recevra une telle dévotion pour le Sacré-Cœur de Jésus. Elle était douée pour la musique et la peinture.

Elle lut avec enthousiasme sainte Thérèse d’Avila (dont elle prit ensuite le nom). 

En 1833 elle reçut la Première communion, qui la marquera profondément.

En 1837, elle fit le vœur de chasteté.

En 1843, elle fit au Cœur de Jésus l’offrande d’elle-même. Pensant entrer au Carmel, elle écouta le conseil de son confesseur et commença plutôt à réunir des femmes chrétiennes qui, dans leur milieu de vie, seraient des témoins de l’amour de Dieu au cœur du monde.

Après la révolution de février 1848 elle se fixa à Montluçon.

Ainsi naquirent à Montluçon, puis dans le diocèse, en France et à l’étranger, des communautés religieuses d’Oblates du Cœur de Jésus, avec de nombreuses œuvres caritatives et d’orphelinats.

A partir de 1853, Louise-Thérèse souffrit d’une maladie osseuse qui limita progressivement tous ses déplacements, jusqu’à l’immobilité totale.

En 1875, elle fut secrétaire générale de l’Apostolat de la Prière, fondé peu avant par un Jésuite qu’elle rencontra, le père François-Xavier Gautrelet.

En 1878 s’ouvrit à Paray-le-Monial la première Maison proprement-dite des Oblates.

En 1881 est reconnue par Rome la mission particulière de cette famille religieuse.

En 1882 elle fonda la Petite Ecole de l’Enfant Jésus, qui voulait être une sorte de pré-séminaire pour les jeunes séminaristes.

Elle mourut le 27 juin 1885.

Elle a été béatifiée en 1990.

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Published by samuelephrem - dans 06-juin
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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 23:00

 

26 JUIN

 

IV.

Ss Jean et Paul, deux frères martyrs à Rome, nommés au Canon Romain.

V.

S Vigilius, évêque à Trento, dont il est patron, martyrisé lors d’une de ses tournées.

S Adeodatus, évêque à Nole pendant plus de trente ans.

VI.

S Maixent, abbé dans le Poitou ; il arrêta d’un miracle l’avance des Wisigoths ariens; son monastère deviendra Saint-Maixent, et école militaire en 1874.

S David le Dendrite, venu de Mésopotamie, ermite à Thessalonique.

S Désert, prêtre reclus à Châlon-sur-Saône.

?

Ste Pécinne (Persévérande), vierge espagnole, vénérée à Sainte-Pézenne, et aussi à Sainte-Pexine et Sainte-Pazanne.

VII.

S Babolein, premier abbé à Saint-Pierre (auj. Saint-Maur) -des-Fossés.

S Papolen, abbé à Stavelot et Malmédy.

VIII.

Ss Saulve et Supéry, évêque présumé d'Angoulême et son disciple, assassinés près de Valenciennes.

IX.

S Jean, évêque en Gothie, grand défenseur des icônes.

S Vambert, prêtre massacré par les Normands à Saint-Pierre-sur-Dives (X.?).

X.

S Pelayo, adolescent de treize ans martyr à Cordoue par estrapade ; les bourreaux l’achevèrent en le découpant au couteau.

XI.

S Rodolfo, évêque à Gubbio, ennemi déclaré de la simonie et généreux pour les pauvres.

XII.

S Anthelme, prieur de la Grande Chartreuse, premier général de l'Ordre, évêque à Belley.

XVIII.

B Raymond Petiniaud de Jourgnac, vicaire général à Limoges, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

Bses Marie-Madeleine Fontaine, Marie-Françoise Lanel, Thérèse-Madeleine Fantou, Jeanne Gérard, des Filles de la Charité, guillotinées à Cambrai.

XIX.

S Ruose Ma Taishun, médecin chinois martyr, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

S José Mara Robles Hurtado (1888-1927), prêtre mexicain dévôt du Sacré-Cœur, fondateur des Sœurs du Cœur de Jésus-Sacrement pour les malades, martyrisé pendu à un arbre ; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

B Giacinto Longhin (Andrea de Campodarsego, 1863-1936), capucin, évêque à Trévise, très actif pour les réfugiés, les prisonniers et tous les ouvriers, béatifié en 2002.

Bx Andrii Ischak (*1887), Mykola Konrad (*1876), prêtres, et Volodymyr Ivanovych Pryima (*1906), maître de chant, ukrainiens martyrs en 1941, béatifiés en 2001.

B Khalīl al-Haddād (Ya’qūb de Ghazīr, 1875-1954), prêtre libanais franciscain, extrêmement actif et charitable, fondateur des Sœurs Franciscaines de la Croix du Liban, béatifié en 2008.

S Josemaría Escrivá de Balaguer Albás (1902-1975), prêtre espagnol, fondateur de l’Opus Dei, béatifié en 1992, canonisé en 2002.

Ioannes et Paulus

4e siècle

 

D’après une Passio pourtant assez ancienne, mais qui contient des éléments hasardeux, on pourrait situer ces deux Martyrs romains au 4e siècle.

Ils seraient deux eunuques de Constantin, qui ensuite auraient converti leur général Gallicanus. Sommé de sacrifier aux idoles par Julien l’Apostat, Gallicanus se serait enfui en Egypte, où la main du persécuteur l’aurait rejoint et abattu. Convoqués à leur tour par l’empereur, les deux «frères» Joannes et Paulus refusèrent d’obtempérer et furent décapités. Peu après, Julien l’Apostat fut tué dans sa campagne contre les Perses.

Les arguments des spécialistes sont que Julien n’a jamais résidé à Rome ; qu’aucun document d’époque ne fait allusion à ces Martyrs (le pape Damase l’aurait certainement fait) ; et surtout que cette histoire semble reprendre mot pour mot (sauf les noms) une autre Passio, des saints Iuventinus et Maximinus, martyrs à Antioche de Syrie (voir au 29 janvier).

Des éléments précédents, certains ont supposé que les deux Martyrs Ioannes et Paulus moururent au Moyen-Orient et que leurs corps furent rapportés à Rome.

Des recherches archéologiques importantes, exécutées au 19e siècle, mirent à jour à Rome, sous l’actuelle basilique des Saints-Jean-et-Paul, une enfilade de pièces voûtées, des salles de bains luxueuses, des caves ; dans certaines pièces, on retrouva des fresques chrétiennes remontant au 5e siècle, après l’invasion des Vandales.

Ces découvertes confirmaient en partie deux noms cités dans la Passio, ceux de Vizans et Pammachius, le premier étant un riche chrétien qui transforma sa maison en un lieu de réunion pour les Chrétiens, et probable père du second, un sénateur chrétien, chargé par l’empereur Jovien d’élever une basilique sur le tombeau des saints Ioannes et Paulus, qui auraient donc effectivement été ensevelis (martyrisés ?) à cet endroit.

Cette sépulture à l’intérieur des murs de Rome devait rester clandestine, car la loi romaine interdisait toute sépulture intra muros. Une préface ancienne faisait allusion à cette anomalie, remerciant Dieu de permettre qu’on puisse vénérer les Martyrs à cet endroit-là.

Certains allèrent jusqu’à dire que l’on inventa toute la Passio après avoir découvert les corps des deux Martyrs, morts peut-être déjà sous Dioclétien, au siècle précédent.

La basilique eut d’abord le titre de Vizans, puis celui de Pammachius, enfin des saints Ioannes et Paulus.

En conclusion, on peut affirmer qu’on ne sait rien de certain sur eux, sauf qu’ils sont mentionnés dans la prière du Communicantes du Canon Romain de la Messe, et dans le Martyrologe Romain au 26 juin.

 

 

Vigilius de Trento

355-405

 

Vigilius naquit peut-être à Rome vers 355, de parents dont on ne connaît que le nom de la mère, Massentia ; il eut deux frères, Claudianus et Magorianus (v. 6 mars ?).

De Trento où s’établirent ses parents, il partit étudier à Athènes puis à Rome. En Grèce, il se lia d’amitié avec s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre).

De retour dans sa famille, il se fit remarquer par sa science et surtout son humilité : on le nomma évêque vers 385 ; c’était le troisième évêque de Trento. C’est l’évêque d’Aquileia qui le nomma, et l’évêque de Milan, s.Ambroise (v. 7 décembre) confirma ce choix.

L’apostolat de Vigilius devait consister en l’évangélisation de plusieurs zones de son vaste diocèse, encore païennes. Il fit construire beaucoup d’églises. Il fit venir des missionnaires pour amplifier son action, dont trois reçurent la couronne du martyre en 397 : Sisinnius, Martyrius et Alexander (v. 29 mai).

Vigilius lui-même ne craignait pas d’exposer sa vie pour gagner les âmes au Christ. Non loin du Lac de Garde, où coule la Sarca, il s’empara d’une statue de Saturne, la jeta dans la rivière et, se mettant à sa place, se mit à annoncer l’Evangile aux païens. Ceux-ci l’attaquèrent à coups de bâtons et de sabots de bois et l’évêque tomba martyr, après vingt années d’épiscopat, en 405.

S.Vigilius devint le patron céleste du Trentin-Haut-Adige, des mines et des mineurs et du diocèse de Trento.

La liste épiscopale de Trento comprend deux Bienheureux et un seul Saint : s.Vigilius.

Saint Vigilius de Trento est commémoré le 26 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adeodatus de Nole

† 473

 

Adeodatus était archiprêtre de Nole.

Il aurait succédé à s.Paulinus (v. 22 juin), comme dix-septième évêque de Nole, et pendant plus de trente ans.

Selon une étude parue un an après la dernière édition du Martyrologe Romain, on aurait revu la liste épiscopale de Nole et corrigé la lecture de l’épitaphe d’Adeodatus, donné comme indignus archipresbyter (indigne archiprêtre). Le successeur de s.Paulinus aurait été un second Paulinus. Que dire maintenant ?

Saint Adeodatus de Nole reste commémoré le 26 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maixent de Poitiers

448-515

 

Maixent n’était pas son nom. 

Adiutor, de son vrai nom, naquit vers 448 à Agde.

Il reçut sa formation d’un certain Severus, abbé originaire de Syrie. Mais s’étant aperçu qu’on remarquait déjà sa sainteté, il disparut, pendant deux ans.

Sa famille finit par le retrouver et le ramener à Agde, où il fit cesser une affreuse sécheresse : nouvelle disparition pour éviter les acclamations.

Adiutor voulut se rapprocher de l’illustre Hilaire de Poitiers (v. 13 janvier) et vint demander son admission dans une communauté dirigée par un certain Agapitos. C’est alors qu’il prit le nom de Maixent (qu’on prononce localement Messant).

Vers 500, c’est lui qui fut choisi comme abbé. Cette fois-ci, il dut accepter sans chercher à disparaître.

Lors de l’approche des Wisigoths, il s’avança en médiateur entre les troupes ennemies et celles de Clovis ; alors qu’un soldat brandissait sa hache contre Maixent, son bras se paralysa et retomba : Maixent le lui guérit.

Les derniers jours de sa vie, il les passa dans la retraite, et s’endormit le 26 juin vers 515.

On a vu hier comment s.Salomon accueillit les reliques de s.Maixent.

Les bâtiments du monastère de Saint-Maixent sont devenus aujourd’hui l’Ecole Nationale des Sous-Officiers d’Active (ENSOA).

Saint Maixent de Poitiers est commémoré le 26 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

David de Thessalonique

430-540

 

David était né vers 430 en Mésopotamie et avait tout laissé pour venir au monastère des saints Théodore et Mercure, dit des Koukoullates, à Thessalonique.

Lecteur assidu de l’Ecriture et des vies de Saints, il s’était pris d’admiration pour les Saints stylites et, pour les imiter, alla se percher sur un amandier où il vivait jour et nuit, été comme hiver et par tous les temps. Ce nouveau genre de vie ascétique sur un arbre (en grec dendron) lui a valu le surnom de Dendrite.

On venait le voir, lui demander conseil. Des disciples se mirent sous sa conduite, lui demandant de descendre pour vivre avec eux. David répondit qu’il devait attendre trois ans la réponse de Dieu. Au terme de cette attente, un Ange l’invita à redescendre pour recevoir une nouvelle mission.

C’est alors qu’il se fit construire une cellule, c’est-à-dire un minuscule réduit, sous les murs de la ville. Il en prit possession devant l’évêque Dorothée et devant le clergé.

Voici ce qu’un contemporain, nommé Palladios, en écrivit :

Il y avait dans mon pays un reclus né en Mésopotamie et nommé David, très vertueux, misériordieux et ascète. Il vécu dans la réclusion quelque soixante-dix ans. Comme les soldats gardaient les murs de la ville la nuit à cause des barbares, ceux qui gardaient le mur du côté où se trouvait le lieu où le moine était reclus, virent une nuit que du feu sortait des fenêtres de la cellule du reclus. Les soldats crurent donc que les barbares avaient mis le feu à la cellule du moine. Le matin venu, ils sortirent et trouvèrent le moine sain et sauf, la cellule sans dommage et ils furent stupéraits. De nouveau, la nuit suivante, ils virent le même feu dans la cellule du moine. Ayant vu ce prodige non pas une fois ni deux fois, mais souvent, je me dis en moi-même : Si en ce monde Dieu accorde une telle gloire à ses serviteurs, laquelle leur réserve-t-il dans le siècle à venir, quand leurs visages resplendiront comme le soleil ? Telle fut, mes enfants, la cause pour laquelle je suis venu à la vie monastique. Ce Palladios partit alors dans un monastère d’Egypte.

David reçut le pouvoir de chasser les démons, de rendre la vue aux aveugles, de faire des guérisons au nom du Christ, et fut ainsi considéré l’Ange gardien de la ville.

En 535 (ou un peu plus tard), David fut choisi par les autorités civiles pour aller présenter une requête à l’empereur Justinien. Avant de partir, David annonça qu’il mourrait à son retour. A Byzance, il encensa l’empereur pendant un long moment, tenant à pleines mains, sans se brûler, des charbons ardents qu’il recouvrait d’encens abondamment. Justinien, stupéfait, accorda la requête et eut pour David de grandes marques d’honneur.

Un nouveau prodige se manifesta à l’arrivée à Thessalonique. Quand il aperçut le phare du port et son monastère, David donna le baiser de paix à ses disciples et s’endormit dans le Seigneur (540). Le navire, alors, s’arrêta net ; un parfum d’encens se répandit, des voix célestes se firent entendre. Le concert terminé, le navire repartit et David fut enterré dans son monastère.

En supposant que «soixante-dix ans» plus tôt, David pût avoir une vingtaine d’années, on pourrait faire remonter sa naissance à 430 environ.

Deux siècles après la mort de David, son corps fut retrouvé sans corruption. Beaucoup de miracles se produisirent à son tombeau. Les reliques furent enlevées à Pavie lors de l’occupation latine (1222), mais furent restituées à Thessalonique en 1978.

Saint David de Thessalonique est commémoré le 26 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Saulve (et Supéry)

† 798

 

Saulve (en latin Salvius), évêque régionnaire qui se trouvait dans la région d’Angoulême, eut l’inspiration de venir prêcher dans le nord de la Gaule, accompagné d’un disciple, dont on ne connaît pas le nom. 

Il faut ajouter ici que les historiens n’ont pas de certitude sur l’épiscopat de Saulve à Angoulême ; ils affirment aussi qu’on ne connaît pas les évêques d’Angoulême pour le 8e siècle. Saulve aurait pu aussi être un évêque régionnaire, sans siège fixe.

Saulve, donc, et son disciple portaient avec eux les vases sacrés ainsi que les ornemements pour la liturgie, objets richement ornés de pierres précieuses.

Arrivé au village de Bréna, Saulve célébra la messe et reçut l’hospitalité du seigneur local, Génart, prévôt de Valenciennes, en son château de Beuvrages. Cette soirée-là, le fils de Génart, Winegard, saisi par le diable de la convoitise, conçut un plan horrible pour s’emparer des objets sacrés des voyageurs. 

Le lendemain, avec ses hommes, il tendit une embûche à Saulve et à son disciple, les fit prisonniers et les enferma dans les prisons du château de Beuvrages : ils y resteront trois mois. Puis, il en informa son père, qui ne réagit pas ; finalement, Winegard ordonna au geôlier d’exécuter les deux hommes. On les fit disparaître dans un trou profond en-dessous d’une étable.

Dans cette étable se trouvait un taureau de grande taille, qui se mit à veiller jalousement l’endroit fraîchement recouvert. De nuit, on  aperçut une grande lumière.

Vers le même temps, Charlemagne fut à plusieurs reprises invité par un Ange à rechercher les disparus. Ses envoyés arrivèrent enfin à Valenciennes et firent convoquer Génart devant le tribunal. Il avoua les faits. Son fils et le geôlier assassin furent condamnés à perdre la vue (801).

Les deux corps furent retrouvés et exhumés. Saulve fut reconnu et son disciple anonyme, qui se trouvait «au-dessus» de lui, reçut le nom de Superius, Supéry.

On les plaça sur un char à bœufs, laissant les animaux se diriger où Dieu les conduirait. Ils s’arrêtèrent devant l’église de Bréna, où Saulve avait célébré la Messe. Désormais, le village prit le nom de Saint-Saulve.

Un monastère y fut fondé, auquel Génart remit tous ses biens ; Winegard se fit conduire au tombeau pour demander pardon ; Winegaire, le geôlier assassin qui n’avait fait qu’obéir à son patron, y retrouva l’usage d’un de ses yeux.

Saints Saulve et Supéry sont commémorés le 26 juin dans le Martyrologe Romain, qui les qualifie de martyrs.

 

 

Pelayo

† 925

 

Au dixième siècle, Cordoue était aux mains des Musulmans. Le khalife qui y régna de 912 à 961 était Abd-ar-Rahmân III, huitième khalife ommiade d’Espagne et le plus célèbre des khalifes de Cordoue.

Ce prince n’était pas particulièrement déchaîné contre les Chrétiens, mais il pouvait devenir extrêmement violent si l’occasion s’en présentait.

Or, voici qu’au cours d’un combat, un évêque espagnol, Hermigio de Tuy, fut fait prisonnier avec son neveu, le petit Pelayo, qui avait dix ans. On trouvera dans d’autres éditions qu’il s’agissait de l’évêque Dulcedius de Salamanque, sans qu’il soit possible de décider pour l’une ou l’autre version.

L’évêque obtint de pouvoir aller assembler la somme nécessaire à son rachat, en laissant là son neveu Pelayo en otage. La rançon n’arrivait pas, et l’enfant grandissait.

On peut dire qu’il grandissait “en âge et en sagesse”, car il avait atteint sa treizième année, et conservait son innocence, sa piété chrétienne, sa réserve, et brillait par son intelligence. Le khalife le remarqua et en fut séduit, au point de lui faire mille propositions : argent, cheval, honneurs, la liberté… s’il acceptait de devenir un disciple de Mahomet. Ici aussi, certains disent que ces propositions auraient plutôt consisté en avances immorales.

Pelayo, avec sa conviction de jeune adolescent, protesta sincèrement, refusant ces choses périssables de la terre pour rester chrétien et ne jamais renier le Christ.

Le texte du récit espagnol rapporte ainsi la réponse de Pelayo : “Oui, ô roi, je suis chrétien. Je l’ai été et le serai, par la grâce de Dieu. Toutes tes richesses ne valent rien. Ne pense pas que pour des choses si passagères je puisse renier le Christ, qui est mon Seigneur et le tien, bien que tu ne le reconnaisses pas.”

C’est sans doute l’Esprit de Dieu qui anima ainsi le jeune Pelayo à répondre si courageusement devant le roi, comme l’avait promis Jésus : Quand on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire : ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous (Mt 10:19-20).

Humilié, le khalife condamna Pelayo à la mort par estrapade : on allait le soulever et le laisser retomber à terre, jusqu’à la dislocation de ses membres. Une version affirme qu’on arracha les membres du jeune Martyr avec des tenailles de fer, ou aussi qu’on l’acheva au couteau, coupant ce qui n’était pas encore détaché : un bras, puis les jambes, enfin le cou. Ces glorieux morceaux furent jetés au fleuve, mais récupérés par quelques chrétiens.

Ces faits se seraient déroulés le 26 juin 925. Pelayo fut reconnu comme martyr et inscrit au Martyrologe de ce même jour.

L’Eglise le donne comme exemple de la vertu de chasteté juvénile.

Le nom de Pelayo a été déformé localement en Paio ou Payo, tandis qu’on a pu aussi le traduire Pélage en français, Pelagio en italien.

 

 

 

Rodolfo de Gubbio

1034-1064

 

Rodolfo était né en 1034 à Gubbio (Ombrie, Italie), cette ville où s.Francesco d’Assise avait «dompté» le célèbre loup.

Ils étaient trois frères : Pietro, Giovanni et Rodolfo, fils d’une certaine Ratia. 

Vers 1054, tous quatre rendirent leur liberté aux domestiques et vendirent leur château familial de Camporeggio. Pietro et Rodolfo entrèrent au monastère camaldule de Fonte Avellana ; Giovanni et la maman embrassèrent à leur tour la vie religieuse.

Le maître de Pietro et Rodolfo fut l’illustre s.Pier Damiani (v. 22 février), qui laissa un témoignage admiratif de ses deux disciples. Pietro fut autrefois mentionné au Martyrologe avec son frère.

Dans une lettre au pape, Pier Damiani parlera du grand esprit de prière et de pénitence de Rodolfo, ainsi que de sa culture théologique et biblique, au point que lui-même, Pier Damiani, lui avait confié la relecture de ses documents, lui demandant d’en corriger toute expression qui ne serait pas strictement dans la doctrine catholique.

Rodolfo s’imposa un style de vie particulièrement mortifié. Il portait cilice, ne mangeait ni graisse, ni œufs, ni fromage, dormait sur une planche sans couverture, et se soumettait à de longues séances de flagellation.

En 1059, à vingt-cinq ans, il fut élu évêque de Gubbio. Il ne modifia rien à ce régime sévère.

Rodolfo déclara littéralement la guerre à la simonie dans son clergé. En même temps, il retrancha du budget épiscopal tout ce qui concernait sa propre personne pour le distribuer aux pauvres.

On aurait pu espérer beaucoup de Rodolfo, mais il mourut prématurément à trente ans, le 26 juin 1064, sans doute des suites de ses austérités un peu excessives qu’aujourd’hui on lui déconseillerait.

Fort heureusement, ses deux successeurs poursuivirent son œuvre réformatrice.

Rodolfo fut inhumé dans la cathédrale de Gubbio, mais depuis les travaux exécutés au 17e siècle, on ne sait où est passé le corps du saint évêque.

Saint Rodolfo de Gubbio est commémoré le 26 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anthelme de Chignin

1107-1178

 

Anthelme de Chignin naquit, comme son nom l’indique, au château du sieur Hardouin, seigneur de Chignin (Chambéry, Savoie).

Assez tôt, il fut sacristain à la cathédrale de Belley et prévôt de l’Eglise de Genève, c’est-à-dire administrateur du chapitre. L’évêque le prit comme secrétaire et lui conféra le sacerdoce.

Ayant déjà un parent à la chartreuse de Portes-en-Bugey et un frère à la Grande-Chartreuse, il fut bientôt gagné par cet idéal et, en 1137, reçut l’habit à Portes.

En 1138, il fut appelé à la Grande-Chartreuse, où l’on avait besoin d’un homme expérimenté dans l’administration, pour rebâtir le monastère : une avalanche de neige avait presque tout détruit, en 1132. Anthelme fut à la hauteur de la situation : il fit reconstruire les bâtiments ruinés et les entoura d’un mur de clôture ; il aménagea un aqueduc pour l’approvisionnement d’eau ; il fit défricher des terres, développa ferme et bergerie.

En 1139, il fut aussi élu septième prieur de la Grande-Chartreuse. Avec lui, l’observance devint plus fervente : rien ne coûtait aux moines avec ce père qui donnait l’exemple. 

Comme tel, il convoqua le premier chapitre général de l’Ordre, où il fut décidé que toutes les chartreuses dépendraient de la Grande-Chartreuse, et observeraient les statuts du prieur précédent Guigues († 1136). Anthelme devint alors le premier Prieur général des Chartreux.

Comme on l’a vu le 25 juin, c’est encore Anthelme qui chargea le frère Juan d’Espagne de rédiger les statuts pour les moniales qui voulaient suivre la règle cartusienne.

La sainteté d’Anthelme amena son père à venir prendre l’habit, ainsi qu’un de ses frères, au retour de la croisade en Terre Sainte. Le comte de Nevers aussi, Guillaume II, vint prendre l’habit de convers, ainsi qu’un certain Basile, qui succéderait ensuite à Anthelme.

En 1149, il y eut à Portes un incident : un moine fut élu évêque de Grenoble ; quelques Chartreux, animés de jalousie, prétendirent sortir de leur monastère pour manifester leur revendication ; ils furent paternellement rappelés à l’ordre par Anthelme. Ils en appelèrent au pape qui, sans doute mal informé, les réintégra. Anthelme respecta la sentence papale, mais présenta humblement sa démission au chapitre suivant. Les moines, stupéfaits, appelèrent à leur secours saint Bernard de Clairvaux (v. 20 août), qui connaissait bien le pape, et l’amena à donner raison à Anthelme.

Tout de même, il préférait le silence de la retraite, et fit nommer en 1151 son successeur : Basile de Bourgogne.

Mais dès 1152 on avait besoin de lui : le prieur de Portes, âgé, lui demandait de le remplacer et Anthelme fut prieur à Portes jusqu’en 1154. Il s’y distingua par sa générosité durant une période de disette, distribuant les réserves de son monastère, vendant même des objets précieux pour élargir ses aumônes.

De retour à la Grande-Chartreuse, il seconda Basile de ses suggestions.

En 1163, nouvelle épreuve pour le Solitaire : le pape Alexandre III le nomma évêque de Bellay. Cette nomination intervenait après le passage du roi Louis VII, et surtout après qu’Anthelme avait fortement soutenu le pape Alexandre III contre l’antipape Victor III, soutenu par l’empereur Barberousse. Alexandre III tint à consacrer lui-même Anthelme. Le nouvel évêque sut faire remonter le niveau du clergé local, en particulier en rappelant la loi du célibat sacerdotal.

Le pape voulait aussi envoyer Anthelme comme médiateur entre le roi anglais Henri II et Thomas Becket (v. 29 décembre), mais les médiateurs furent deux chartreux de Picardie.

L’empereur Barberousse, ayant appris les grands mérites d’Anthelme, changea d’attitude envers celui-ci ; il le nomma Prince du Saint-Empire Germain Germanique, en 1175. Mais cet apparent rapprochement se retourna contre Anthelme, car sa disctinction impériale avait fortement rendu jaloux le comte de Maurienne ; ce dernier, excommunié pour avoir fait assassiner un prêtre de Bellay, osa se faire absoudre par le pape. Alors Anthelme, encore une fois, se rangea, et repartit à la Grande Chartreuse en simple moine : les fidèles réclamèrent leur pasteur, le pape enjoignit à l’évêque de regagner son siège, et le comte fit amende honorable, au moins pour la forme, et se convertit vraiment quand Anthelme fut à la mort.

Ce Chartreux, plein de mérites et de vertus, s’endormit dans le Seigneur le 26 juin 1178. Il paraîtrait qu’au moment des funérailles, trois lampes brillèrent soudain dans l’église.

Anthelme le Chartreux fut canonisé en 1368.

La ville de Belley, reconnaissante envers son saint évêque, le choisit comme céleste Patron et faillit même prendre le nom de Anthelmopolis. Les reliques furent protégées au moment de la Révolution.

 

 

Madeleine Fontaine

1723-1794

 

Dans le couvent des Filles de la Charité d’Arras, vivaient sept Religieuses, dont quatre allaient subir le martyre.

La Supérieure, Madeleine Fontaine, était née le 22 avril 1723 à Etrépagny (Eure), aînée de quatorze enfants, qui moururent en bas-âge sauf deux. Elle fut baptisée le jour même de sa naissance.

En 1748, elle commença son noviciat à Hébécourt et entra à la maison de Paris en  1748.

Elle fut envoyée à Rebais-en-Brie, pour faire la classe aux petites filles pauvres, sous le nom de sœur Gabrielle, puis fut envoyée à Arras en 1768, comme Supérieure.

Jusqu’en 1793, les révolutionnaires ne molestèrent pas les Religieuses, dont la congrégation était connue dans toute la France pour les services qu’elle rend à l’humanité.

Mais en 1793, on exigea d’elles le serment Liberté-Egalié, qu’elles refusèrent de prêter, suivant en cela l’exemple de l’évêque d’Arras, exilé en Belgique, mais elles acceptèrent de porter un vêtement laïc.

En novembre de la même année, on vint chasser les Sœurs de leur établissement ; la maison de Charité devait désormais s’appeler Maison de l’Humanité. Si l’on y gardait les Sœurs, c’était seulement pour bénéficier de leurs services, en attendant de pouvoir les remplacer.

C’est alors que Sœur Madeleine conseilla aux deux plus jeunes Sœurs de vite partir en Belgique, déguisées en paysannes. Elles revinrent en France en 1801 pour rétablir la maison d’Arras. Une autre repartit dans sa famille.

Le 14 février, les Sœurs furent déférées à l’abbatiale Saint-Vaast, où l’on entassait les suspects, puis le 10 mars à la prison de la Providence, un ancien couvent.

Le 4 avril, premier interrogatoire. Transfert à la prison des Baudets.

Le 25 juin, un ordre très pressé fit conduire les quatre Religieuses à Cambrai. Lors du transfert, la Sœur Madeleine annonça tranquillement à d’autres détenues : Dieu aura pitié de vous, ne vous désolez pas, vous aurez la vie sauve. Nous allons vous précéder au tribunal et nous serons les dernières victimes.

Arrivées au matin du lundi 26 juin 1794, elles furent conduites à la prison de la Force, puis à la prison du Séminaire. 

Sœur Madeleine fut condamnée à mort comme pieuse contre-révolutionnaire, ayant conservé précieusement et même caché sous un tas de paille une foule de brochures et de journaux renfermant le royalisme le plus effréné, ayant refusé le serment, ayant même insulté aux commissaires du district en leur disant que cela n’irait pas, qu’il n’y avait plus de diable en enfer, qu’ils étaient sur la terre.

Les Religieuses ne voulaient pas se départir de leur chapelet. On les leur plaça sur la tête, comme une couronne, pour se moquer d’elles ; ce fut au contraire leur gloire.

En allant au supplice, elles chantaient l’Ave Maris Stella et récitaient le chapelet. Elles s’agenouillèrent devant la guillotine. Madeleine Fontaine fut exécutée la dernière.

Avant sa mort, elle se retourna vers le peuple et cria avec force : Chrétiens, écoutez-moi. Nous sommes les dernières victimes. Demain la persécution aura cessé, l’échafaud sera détruit et les autels de Jésus se relèveront glorieux.

Les corps furent jetés dans la fosse commune du cimetière de la porte Notre-Dame, aujourd’hui cimetière Saint-Géry.

Ce martyre eut donc lieu le 26 juin 1794. Ce fut le dernier à Cambrai ; l’officier révolutionnaire fut arrêté par la Convention, jugé et à son tour guillotiné.

Les quatre Religieuses furent béatifiées en 1920.

 

 

Marie-Françoise Lanel

1745-1794

 

Voir aussi la notice Madeleine Fontaine

 

Marie-Françoise était née le 24 août 1745 à Eu (Seine-Maritime), et fut baptisée le lendemain. C’était la fille aînée d’un pieux couple dont l’épouse mourut en 1754.

Le papa se remaria et s’installa non loin de l’école des Filles de la Charité. Marie-Françoise les fréquenta, et fut admise au noviciat en 1764.

Après quelques remplacements à Senlis et à Paris, elle fut envoyée à Cambrai en 1765, puis à Arras en 1769.

Après la condamnation de leur Supérieure (Madeleine Fontaine), les trois autres Religieuses furent aussi condamnées comme complices de la dite Madeleine Fontaine.

Leur martyre eut donc lieu le 26 juin 1794.

Les quatre Religieuses furent béatifiées en 1920.

 

 

Raymond Petiniaud de Jourgnac

1747-1794

 

Le Chanoine Petiniaud de Jourgnac était né le 3 janvier 1747 à Limoges (Haute-Vienne).

Docteur de la Sorbonne, il avait une immense culture. Prêtre, il était la douceur même, l’aménité, la charité, la piété et le talent personnifiés. On le disait tout semblable au saint évêque de Genève, saint François de Sales (voir au 28 décembre).

Il fut vicaire général et official à Limoges (Haute-Vienne), chanoine et grand-chantre de la cathédrale. Tout le diocèse était éclairé de ses lumières, édifié par ses vertus, sanctifié par son zèle et sa bonté.

Lors de la Révolution, il dut se cacher en divers endroits du département, sachant pertinemment qu’il était menacé : on n’avait pas hésité à monter devant sa porte une potence à laquelle on voulait l’accrocher.

Il avait trouvé refuge à Riom, où il fut repéré et arrêté ; on l’emprisonna d’abord à Clermont, d’où on le reconduisit à Limoges, avec d’autres prêtres de l’Allier. On tenta de le déclarer coupable d’émigration, en raison de sa longue absence, et ainsi de le condamner à mort, mais on l’envoya «seulement» aux pontons de Rochefort.

Là, à bord du navire négrier Les Deux-Associés, il se dépensa de toutes ses forces pour manifester à ses collègues de captivité tout ce qu’il pouvait avoir de ferveur, de zèle, d’activité pour le salut des âmes, au point que même ceux qui n’avaient pas son caractère ou ses principes, l’aimaient et le vénéraient.

Il ramena aux bons principes des prêtres infidèles, avant d’être lui-même gagné par la vermine, couvert de plaies, qu’il supporta avec une patience héroïque. 

Au moment de s’éteindre, il exhortait encore ses voisins, eux aussi mourants, et expira en disant ce verset du psaume 4 : In pace, in idipsum dormiam et requiescam (En paix, je me couche et aussitôt je m’endors ; c’est un des psaumes qu’on chante à l’office des Complies).

C’est donc sur l’île d’Aix qu’il expira, le 26 juin 1794.

Il a été béatifié en 1995.

 

 

Thérèse-Madeleine Fanton

1747-1794

 

Voir aussi la notice Madeleine Fontaine

 

Thérèse-Madeleine était née le 29 juillet 1747 à Miniac-Morvan (Ille-et-Vilaine), benjamine de sa famille. Elle fut baptisée le jour même de sa naissance.

Elles connut les Filles de la Charité à Plouër, où elles s’occupaient de visiter les pauvres, et fit là son postulat.

Admise au séminaire (noviciat) de Paris en 1771, elle fut envoyée à Ham, à Chauny, à Cambrai, enfin à Arras.

Après la condamnation de leur Supérieure (Madeleine Fontaine), les trois autres Religieuses furent aussi condamnées comme complices de la dite Madeleine Fontaine.

Leur martyre eut donc lieu le 26 juin 1794.

Les quatre Religieuses furent béatifiées en 1920.

 

 

Jeanne Gérard

1752-1794

 

Voir aussi la notice Madeleine Fontaine

 

Jeanne Gérard était née le 23 octobre 1752 à Comières (Meuse).

Son père l’emmenait souvent à Verdun, à treize kilomètres de là, où elle connut les Bénédictines et les Filles de la Charité.

Ce fut chez ces dernières qu’elle trouva refuge pour échapper à un mariage qu’on lui proposait avec insistance.

En 1776, elle entra au séminaire de Paris puis, l’année suivante, fut envoyée à Arras, son unique destination.

Après la condamnation de leur Supérieure (Madeleine Fontaine), les trois autres Religieuses furent aussi condamnées comme complices de la dite Madeleine Fontaine.

Leur martyre eut donc lieu le 26 juin 1794.

Les quatre Religieuses furent béatifiées en 1920.

Ruose Ma Taishun

1840-1900

 

Ruose (Joseph) était né vers 1840 à Qianshenzhuang (Dongguang, Hebei, Chine).

Il était médecin et catéchiste ; toute sa famille avait apostasié devant la persécution. 

Resté fidèle, arrêté lors de la révolte des Boxers, il fut massacré à Wangla (Dongguand), le 26 juin 1900.

Il fut l’une des premières victimes de cette révolte de 1900. D’autres suivirent, particulièrement le 9 juillet, jour qui fut choisi pour leur fête commune.

Les Martyrs chinois ont été béatifiés le 24 novembre 1946 et canonisés en 2000. 

 

 

José María Robles Hurtado

1888-1927

 

Né le 3 mai 1888 à Mascota (Jalisco, Mexique) de Antonio Robles et Petronilla Hurtado, José entra à douze ans au petit séminaire de Guadalajara.

Il reçut le sacerdoce en 1913.

Peu après, il fonda les Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus.

Il écrivit beaucoup pour propager la Foi catholique.

Responsable de la paroisse de Tecolotlán, il développa beaucoup la dévotion au Sacré-Cœur par la prédication, mais surtout par son exemple de vie personnelle et sa dévotion à l’Eucharistie. Ce fut à un point qu’on le surnomma le fou du Sacré-Cœur. Il se dépensait sans compter pour visiter les malades de sa paroisse et passait des heures au confessionnal.

Il développa aussi la dévotion à Notre-Dame de Guadalupe et s’inscrivit dans les Chevaliers de Christophe Colomb.

Comme la constitution de 1917 interdisait toute procession publique ou autre dévotion extérieure, le père Robles proposa d’implanter en plein centre de Mexico une croix géante, symbole de la royauté du Christ sur Mexico et organisa une cérémonie publique pour son inauguration - ce qui apparaissait contraire à la loi.

En attendant, on placarda un peu partout dans Mexico des inscriptions proclamant le Christ Roi du Mexique, et la dévotion au Sacré-Cœur dévotion nationale. En 1923, une foule d’environ quarante mille fidèles convergea vers la colline de la statue, qu’on appelle aujourd’hui la colline du Christ Roi.

La réaction du gouvernement ne se fit pas attendre : la persécution s’intensifia et surtout on défendit strictement au père Robles de se lancer dans des projets semblables.

Le père Robles fut invité à quitter le pays ; au contraire, il resta sur place, protégeant sa congrégation, apportant la consolation qu’il pouvait auprès des familles éprouvées par la persécution. Il répandit jusqu’à l’idée de protéger les Catholiques persécutés au moyen de l’armée.

Il fut bientôt convaincu qu’il pourrait lui-même être tué pour son action, et écrivit un poème où il écrivait explicitement : Je veux T’aimer jusqu’au martyre.

Arrêté le 25 juin 1927 pour avoir fait une prière chez la famille Agraz, qui l’hébergeait, il fut jugé coupable et condamné à être pendu à un chêne.

Le lendemain, avant l’aube, on le conduisit vers l’arbre. Dans un suprême geste amical envers ses bourreaux, il leur donna une petite chandelle qu’il avait dans sa poche, pour les aider à éclairer le sentier qui menait à l’arbre où il serait pendu. Arrivé sur place, il leur pardonna pour ce qu’ils allaient faire, saisit le nœud de la corde en disant N’abîme pas tes mains à celui qui la portait, il embrassa la corde et se la passa autour du cou.

C’était le 26 juin 1927.

José María Robles Hurtado fut béatifié avec d’autres Martyrs mexicains en 1992, et canonisé en 2000. Leur fête commune est au 21 mai.

 

 

Andrea Giacinto Longhin

1863-1936

 

Andrea Giacinto Longhin naquit le 23 novembre 1863 à Fiumicello di Campodarsego (Province et Diocèse de Padoue), de Matteo et Giuditta Marin, des paysans pauvres mais fervents pratiquants. Il fut baptisé le jour suivant. Très vite germa en lui la vocation au sacerdoce et à la vie religieuse. 

À seize ans, il entra au noviciat des Capucins sous le nom de fr. Andrea de Campodarsego. À l'issue de ses études philosophiques à Padoue et théologiques à Venise, il fut ordonné prêtre le 19 juin 1886. Il avait alors 23 ans. 

Durant dix-huit années, il assuma la charge de directeur spirituel et professeur des jeunes religieux de sa Province, il s'y révéla guide et maître éclairé. En 1902, il fut élu ministre provincial des Capucins de Venise. C'est à cette époque qu'il fut «découvert» par Mgr Sarto (futur Pie X) qui l'impliqua dans la prédication ainsi que dans de multiples ministères diocésains assez délicats.

Pie X n'était pape que depuis quelques mois quand, le 13 avril 1904, il nomma personnellement fr. Andrea évêque de Trévise et voulut qu'il fût consacré à Rome, quelques jours plus tard, en l'église de la Trinité des Monts par le cardinal Merry del Val. 

Deux lettres pastorales le précédaient et qui indiquaient son programme de réforme. L'année suivante, débuta sa première visite pastorale. Elle dura cinq années : il voulait connaître son Église, l'une des plus vastes et peuplées de la Vénétie ; il voulait établir un contact personnel avec son clergé auquel il consacrera tous ses soins. Il entendait se faire proche d'un laïcat organisé qui, alors, se trouvait en butte à de dures épreuves au sein du mouvement social catholique. Il termina sa visite par un Synode qui entendait, dans le diocèse, mettre en œuvre les réformes prônées par Pie X, faire que l'Église locale devînt «militante», convier tous les gens, prêtres et laïcs, à la sainteté de vie.

Il réforma le Séminaire diocésain, revalorisa les études et la formation spirituelle, encouragea les Exercices Spirituels du clergé, par un programme de formation permanente établi chaque année par lui-même, guidant l'action pastorale de ses prêtres en des buts précis qu'il tint à vérifier lors de ses visites pastorales suivantes.

Quand éclata la première guerre mondiale (1915-1918), Trévise se trouvait sur la ligne de front. Elle subit de ce fait les invasions et les premiers bombardements aériens qui détruisirent la ville et plus de cinquante paroisses. L'évêque Longhin resta à son poste même quand les autorités civiles quittèrent les lieux. Il voulut que ses prêtres fissent de même, à moins de devoir accompagner leurs paroissiens déplacés. Il prit en main la destinée de la cité avec un courage héroïque. Il fut une référence religieuse, morale et civile pour toutes les communautés bouleversées par le conflit. Il assista les soldats, les malades et les pauvres. Réconfortant tout le monde sans distinction, jamais il ne céda à l'esprit partisan ou à la démagogie belliqueuse ; il fut même accusé de défaitisme et quelques-uns de ses prêtres furent poursuivis en justice et condamnés.

Au cours des années laborieuses de la reconstruction, matérielle et spirituelle, il reprit la seconde visite pastorale qu'il avait interrompue. Au milieu des graves tensions sociales qui divisaient les catholiques eux-mêmes, l'évêque fut un guide avisé : avec une force tout évangélique, il affirma que la justice et la paix sociale exigeaient la voie étroite de la non-violence et de l'union des catholiques. Le mouvement fasciste s'affermissait. À Trévise, de violents heurts eurent lieu, notamment envers les organisations catholiques.

De 1926 à 1934 Mgr Longhin accomplit la troisième visite pastorale pour renforcer la foi des communautés paroissiales : selon lui, l'Église militante était une Église appelée à la sainteté et préparée au martyre.

Pie XI le tenait en grande estime. Il lui confia la tâche délicate de visiteur apostolique, d'abord à Padoue, puis à Udine, dans le but de ramener la paix dans ces diocèses en proie aux divisions du clergé avec l'évêque.

Dieu voulut purifier son fidèle serviteur: il lui envoya la maladie qui peu à peu le priva de ses facultés mentales. Il supporta cette épreuve avec une foi extraordinaire et un abandon total à la volonté divine. Il mourut le 26 juin 1936.

Une renommée de sainteté l'avait déjà accompagné au cours de sa vie en raison de son héroïque charité et la sagesse de sa conduite. À sa mort, le recours à son intercession prit de l'ampleur et se répandit rapidement, notamment dans les diocèses de Trévise et de Padoue. Il en fut de même dans l'ordre des Capucins. En 1964, on introduisit la cause de béatification. Au cours de la même année, le jeune Dino Stella fut guéri d'une péritonite aiguë grâce à l'intercession de Mgr Longhin, miracle qui préluda à la béatification, en 2002.

 

Son héritage spirituel

Le lien exceptionnel qui unissait Andrea Giacinto Longhin et le pape S. Pie X a été le fondement spirituel de la sainteté du premier, engendra et créa la sainteté du second, car tous deux ont vécu pour l'Église et avec l'Église. Tous deux concevaient le ministère pastoral comme formation à la sainteté et toute la vie de l'Église comme témoignage à être «sainte et immaculée». Tous deux désiraient être «modèles du troupeau», sur les traces du Christ bon pasteur. Mgr Longhin s'est identifié à son Église au point de se charger de toutes les vicissitudes de son histoire, les assumant et payant pour elles. La spiritualité franciscaine, dans toute sa rigueur capucine l'a toujours guidé non seulement dans son austérité, exigeante et fidèle (prière et pénitence), mais en une attention évangélique sans concessions : l'absolu divin, l'obéissance «religieuse» à l'Église, la pauvreté en tant que liberté vis à vis des choses de ce monde. Son œuvre de réforme lui procura croix et souffrances, soit de la part du clergé non disposé à le suivre sur la voie du ressourcement, soit des laïcs rivés à des intérêts terre à terre ou enferrés en des positions partisanes. Il fut en butte au fascisme qui préféra se venger sur ses prêtres et ses ouailles, causant au pasteur une douleur plus grande que s'il s'était attaqué à sa propre personne. Jusqu'à son dernier souffle, il demeura le guide d'une Église militante insensible aux violences comme aux coups d'encensoir. Dans la charité qu'il exerça avec un dévouement extraordinaire, il ne manifesta aucune faiblesse, convaincu que toujours la vérité devait triompher. En lui, force et humilité étaient admirablement unies. Le fruit de son témoignage de sainteté et de son autorité pastorale courageuse est que l'Église de Trévise, au cours de cette époque, suscita de nombreux saints, parmi les prêtres, les religieux et les laïcs.

 

 

Mykola Konrad

1876-1941

 

Né le 16 mai 1876 à Strusiv (Ternopil, Ukraine), Mykola étudia la philosophie et la théologie à Rome, où il reçut le doctorat en théologie. 

Il appartenait au clergé gréco-catholique. Ordonné prêtre en 1899, il enseigna dans les grandes écoles de Berezhany et Terebovlya, puis, à partir de 1930, à l’académie de théologie de Lviv, sur invitation du métropolite Sheptytsky.

Il fut aussi nommé curé à Stradch (Yavoriv).

Il fut torturé et assassiné, ainsi que Volodymyr Pryjma, dans un bois près de Stradch, au retour d’avoir été confesser une malade.

C’était le 26 juin 1941.

Mykola Konrad fut béatifié en 2001.

 

 

Andrij Išcak

1887-1941

 

Né le 20 septembre 1887 à Mykolayiv (Lviv, Ukraine), Andrij grandit dans le milieu familial gréco-catholique.

Il étudia dans les universités de Lviv et Innsbruck et reçut le doctorat en théologie l’année de son ordination sacerdotale, en 1914.

Prêtre de l’archiéparchie de Lviv, il fut nommé d’abord préfet au séminaire de Lviv, puis professeur de l’académie en 1928, tout en desservant la paroisse de Sykhiv.

En 1930, il fut à l’Institut Pontifical Oriental de Rome.

Il fut martyrisé dans sa paroisse de Sykhiv par des soldats soviétiques, qui fuyaient devant les Allemands, le 26 juin 1941.

Il a été béatifié parmi les Martyrs ukrainiens, en 2001. 

 

 

Volodymyr Pryjma

1906-1941

 

Né le 17 juin (ou juillet) 1906 à Stradch (Yavoriv, Ukraine), Volodymyr Ivanovych (Vladimir, fils de Jean) reçut la formation de chantre, qui dépendait du métropolitain Sheptytsky, et devint chantre et directeur de chœur dans son propre village.

Il se maria avec Maria Stojko et eut deux enfants.

Un jour qu’il avait accompagné le père Mykola Konrad auprès d’une malade, sur le chemin du retour, ils furent tous deux agressés, torturés et fusillés par des soldats soviétiques.

On ne retrouva son corps qu’une semaine après le meurtre. Il avait été poignardé dans la poitrine avec plusieurs coups de baïonette. Volodymyr venait d’avoir ou allait avoir trente-cinq ans.

Ce martyre eut lieu le 26 juin 1941, dans un bois proche du village.

Volodymyr Pryjma fut béatifié en 2001, parmi les Martyrs ukrainiens.

 

 

Khalīl al-Haddād

1875-1954

 

Né le 1er février 1875 à Ghazīr (Liban), Khalīl était le troisième de quatorze enfants. 

A Ghazīr et Beirouth, il étudia l’arabe, le français et le syriaque. 

Durant son séjour à Alexandrie (Egypte), où il enseignait l’arabe au collège des Frères des Ecoles Chrétiennes, il sentit l’appel au sacerdoce et entra au couvent des pères Capucins de Khashbau (1893), prenant alors le nom de Ya’qūb (Jacques) de Ghazīr

Il fut ordonné prêtre à Beyrouth le jour de la Toussaint, 1er novembre 1901.

De 1903 à 1914, il prêcha partout au Liban, ce qui lui valut d’être appelé l’apôtre du Liban ; il prêcha aussi en Syrie, en Palestine, en Irak et en Turquie. Infatigable, il voulait suivre les traces de s.François d’Assise en allant au secours de tous ceux qui étaient dans le besoin.

En 1919, il édifia au nord de Beyrouth une chapelle dédiée à Notre-Dame des Mers, avec une grande croix de trente mètres de haut.

Il développa une grande activité dans les œuvres sociales : foyers pour personnes âgées, pour mendiants, pour orphelins, pour enfants abandonnés, hôpitaux. On a pu le comparer à saint Vincent de Paul, à saint Giovanni Bosco, à saint Giuseppe Cottolengo.

Son activité, son exemple, firent l’admiration unanime, y compris parmi les non-chrétiens, musulmans ou druzes. Le gouvernement confia aux Religieuses des malades de toutes sortes, handicapés, incurables.

L’hôpital de la Croix deviendra l’établissement le plus en pointe de toute la région ; des établissements s’ouvrirent successivement à Deir-el-Kamar, Antélias, Dora, Beyrouth, Tibnine, Kabr-Chemoun, Baabda, Zghorta, Beit Chebab, Bcheele, Jdabra, Chartoun, Broummana, Hrajel., et c’est pour être aidé dans cette mission qu’il fonda en 1920 les Sœurs Franciscaines de la Sainte Croix du Liban.

Cette œuvre, très modeste à ses débuts, attira des foules de personnes. Tous les bisogneux se rendaient “à la Croix”, qui devint en 1950 exclusivement un hôpital psychiâtrique, un des plus modernes du Proche-Orient. 

En 1933, il ouvrit la Maison du Sacré-Cœur à Deir el-Kamar, orphelinat pour petites filles, qui devint plus tard un asile pour les maladies chroniques. En 1948, il ouvrit l’Hôpital de Notre-Dame, pour les personnes âgées, les malades chroniques et paralysés. En 1949, l’Hôpital Saint-Joseph devint l’un des plus importants centres médicaux de la capitale. En 1950, ce fut la Maison Saint-Antoine, à Beyrouth, pour les mendiants et les vagabonds que la police trouvait dans les rues, ainsi que la Maison de la Providence pour les jeunes filles sans toit.

Epuisé par ses veilles et ses voyages, le père Ya’qūb souffrit de nombreuses maladies, devint presque aveugle, et à la fin fut frappé de leucémie, ce qui ne l’empêcha pas de continuer à louer Dieu et à travailler pour Lui. Très lucide sur sa fin proche, il ne cessait de prier, d’invoquer la Croix et la Vierge Marie, et mourut le 26 juin 1954.

C’est à Beyrouth même qu’il fut béatifié le 22 juin 2008.

Depuis sa mort, d’autres hôpitaux ont été ouverts pour assister les victimes de la guerre et pour équiper la région de Kabr-Chemoun, où l’on manquait de services médicaux.

Josemaría Escrivá de Balaguer

1902-1975

 

Né le 9 janvier 1902 à Barbastro (Huesca, Espagne), José María Julián Mariano était le deuxième des six enfants de José Escrivá et de María Dolores Albás Blanc, une franco-espagnole.

Les trois dernières filles de cette fratrie décédèrent en bas âge. Lui-même eut à deux ans une grave maladie, dont il guérit après une promesse que firent les parents d’aller remercier Notre-Dame de Torreciudad. 

En 1915, le père doit fermer son commerce d’étoffes, et la famille s’installe à Logroño.

Josemaría ressentit la vocation sacerdotale vers quinze ans. Il raconta plus tard qu’il avait été impressionné par la trace des pieds nus dans la neige d’un père Carme : cette mortification éveilla en lui le désir d’offrir lui-aussi quelque chose à Dieu.

Il fréquenta le séminaire à Saragosse, où il fut ordonné prêtre en 1925. L’année précédente était mort son père.

Après deux années passées en paroisse près de Saragosse, Josemaría s’installa à Madrid pour préparer le doctorat en droit civil. Il fut aumônier des Dames apostoliques du Sacré-Cœur de Jésus, chez lesquelles il trouvait l’hospitalité. Il y exerça un apostolat très fatiguant auprès des malades et des pauvres, mais aussi riche en grâces.

C’est à ce moment-là qu’il eut l’intuition de ce qu’il pouvait faire pour Dieu : appeler les laïcs, les étudiants, les jeunes, à rechercher la perfection, la sainteté dans les actes les plus ordinaires de la vie quotidienne. Ainsi naquit l’Œuvre de Dieu, Opus Dei, mouvement dont il attribuait toute la paternité à Dieu seul.

Après la chute de la monarchie espagnole (1931), dans ce climat politique très anticlérical, Josemaría ouvrit une Académie d’esprit chrétien, pour dispenser des cours de droit, d’architecture, de formation chrétienne ; c’est l’Académie DYA.

Dès 1934, il publie des notes pour aider les étudiants à prier ; remaniées, ces notes deviendront en 1939 le livre Chemin, édité et traduit à quatre millions d’exemplaires en quarante-deux langues.

Lors de la guerre civile de 1936, Josemaría n’échappa à la mort que par une «erreur» des miliciens, qui pendirent (devant chez lui) un autre homme qui lui ressemblait. En 1937, il passa en France.

En 1939, Josemaría revint à Madrid, en profitant d’un camion de l’armée. Il reprit ses activités et prêcha beaucoup. Peu à peu, il se limitera à l’organisation de l’Opus Dei : une maison pour étudiants s’ouvrira à Madrid, d’autres à Valencia, Valladolid, Barcelone.

Les critiques et les suspicions commencèrent : dans le clergé on se méfiait de tous ces gens «secrètement» religieux, on soupçonna l’Opus Dei d’être une société secrète, on accusa Josemaría… Aussi l’évêque de Madrid donna à l’Opus Dei une première approbation officielle (1941), à laquelle suivra une approbation vaticane en 1943.

En 1943 aussi il fonda la Société sacerdotale de la Sainte Croix, pour ouvrir la branche sacerdotale au sein de l’Opus Dei, en même temps que se développait aussi la branche féminine.

La santé de Josemaría s’affaiblit déjà, avec diabète, fièvres, rhumatismes.

Après la guerre, il s’établit à Rome autant pour donner une dimension internationale à l’Opus Dei, que pour fuir le climat délétère de l’Espagne, où l’on critiquait autant sa personne que son apostolat. Il fut très soutenu par Mgr Montini (futur pape Paul VI), mais aussi il découvrit avec amertume le monde vaticanesque et ses intrigues…

1950 : Approbation de l’Opus Dei par le Saint-Siège. Création du Collège romain de la Sainte-Croix, pour la formation des membres. Josemaría obtint la permission d’admettre aussi des non-catholiques et des non-chrétiens comme coopérateurs.

Josemaría souffrait toujours plus, avec des crises de paralysie faciale, dues au froid de son habitation.

1953 : Création du Collège romain de Sainte-Marie, pour les femmes. Don Josemaría voyagea beaucoup dans toute l’Europe.

Durant le concile Vatican II, Josemaría salua avec joie les thèmes abordés par les pères conciliaires sur la sainteté et l’apostolat des laïcs. Recevant certains évêques français qui estimaient que les laïcs devaient «christianiser les structures de l’ordre temporel du monde», Josemaría interrompit et corrigea : S’ils ont une âme contemplative, sinon ils ne christianiseront rien. Au contraire, c’est eux qui se laisseraient transformer et, au lieu de christianiser le monde, les chrétiens se mondaniseront.

D’ailleurs, à partir de 1963, il s’inquiétera ouvertement de la confusion doctrinale qui se répandait partout «au nom du Concile». En 1970, il alla en pèlerinage au sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe (Mexique), pour prier pour l’Eglise.

Josemaría avait une dévotion spéciale pour certains Saints français : François de Sales, Jean-Marie Vianney, Thérèse de Lisieux. 

Après encore quelques grand voyages, épuisé, presque aveugle à cause de la cataracte, il mourut à Rome le 26 juin 1975. 

A la suite de la guérison miraculeuse d’une religieuse carmélite en 1976, Josemaría fut béatifié en 1992, puis canonisé le 6 octobre 2002.

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 23:00

 

25 JUIN

 

III.

Ste Lucie, romaine, épouse d’un païen, Aucée, qui demanda à être décapité avec elle ; il y eut d’autres compagnons : Antoine, Irénée, Théodore, Denis, Apollonius, Apamius, Pronicus, Coteus, Orion, Papicus, Satyre, Victor.

IV.

S Gallican, illustre romain qui, converti, dut s’exiler à Alexandrie où il fut décapité.

Ste Fébronie, vierge martyre à Sibapolis.

V.

S Maximos, évêque à Turin, dont il est patron mineur, écrivain prolixe.

S Prosper d’Aquitaine, laïc, ferme opposant du pélagianisme et partisan de s. Augustin.

S Prosper, évêque à Reggio Emilia.

VI.

S Gallican, évêque à Embrun.

S Dizant, évêque à Saintes.

S Amand, ermite près de Terrasson, au bord du Coly, où fut plus tard le monastère de Saint-Amand et la localité de Saint-Amand-de-Coly.

Ste Tigre, vierge du diocèse de Maurienne qui aurait obtenu des reliques de s. Jean-Baptiste de façon assez extraordinaire.

S Moluag (Luan), évêque en Ecosse.

VIII.

Ste Eurosia, vierge du pays de Bayonne ou d'origine bohême, martyre des Maures à Jaca.

S Adalbert, un des compagnons anglais de s. Willibrord en Frise.

IX.

S Salomon, roi de Bretagne très brillant ; on pourrait contester sa sainteté : il assassina au pied de l’autel son rival pour lui en prendre la couronne, mais il “expia” en aidant les monastères ; plus tard les Francs le mirent à mort après lui avoir crevé les yeux.

XII.

S Guglielmo, pèlerin de Compostelle à quatorze ans, ermite sur le Monte Vergine et fondateur d’un ordre érémitique affilié à l’ordre bénédictin.

B Juan d’Espagne, espagnol, chartreux, fondateur de la chartreuse du Reposoir.

XIII.

Bse Éléonore, belle-sœur de s. Louis de France, épouse du roi anglais Henri III Plantagenêt, et plus tard bénédictine à Amesbury.

XIV.

B Guy Maramaldi,  dominicain à Naples et inquisiteur.

Bse Dorota de Montau, mère polonaise de neuf enfants ; son mari était aussi pieux que capricieux ; veuve, elle se mortifia encore plus et fut recluse à Marienwerder ; elle avait une réelle soif de l’Eucharistie, qu’on ne lui accordait pas suffisamment.

XVIII.

Bse Marie Lhuillier, des Hospitalières de la Miséricorde, martyre durant la Révolution française.

XIX.

Ss Domingo Henares de Zafra Cubero, dominicain espagnol, évêque coadjuteur au Viêt Nam, et son catéchiste Phanxicô Ɖỗ Văn Chiểu, martyrs au Tonkin, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

Maximos de Turin

† 420

 

Maximos (Massimo en italien) était un Italien du nord.

Selon la tradition, c’est lui qui fonda l’Eglise de Turin et en fut le premier évêque en 390, même s’il y eut déjà précédemment des Martyrs, comme Avventor, Octavius et Solutor (v. 20 novembre).

De Maximos, on a conservé une grande collection de Sermons. Il y fait souvent allusion aux protomartyrs du diocèse, il s’en prend à la simonie et lutte contre le paganisme encore vivant. Mais ses sujets sont très variés et touchent la liturgie, le dogme, les institutions, l’éclipse de lune…

Actuellement, on donne la date approximative de 420 pour l’année de sa mort. Celle de 465 semble être plutôt celle de son successeur, qui s’appelait aussi Maximos.

Saint Maximos de Turin est commémoré le 25 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prosper d’Aquitaine

† 455

 

Originaire d’Aquitaine, justement, Prosper fit des études assez poussées, au point qu’il écrivait facilement en vers ou en prose, et sur des arguments philosophiques et théologiques assez ardus.

Il se maria, et mena une vie conjugale extrêmement sainte et discrète. Il est probable aussi que les époux se séparèrent d’un mutel accord, pour embrasser la vie consacrée ; Prosper fut peut-être au monastère de Marseille.

A partir de 426, se répandit en Provence la doctrine semi-pélagianiste, qui abaissait le rôle de la grâce de Dieu et vantait exagérément la part de la volonté humaine. Prosper prit parti pour la doctrine exposée par s.Augustin (v. 28 août), et ce dernier lui répondit, peu avant de mourir.

Prosper alla trouver le pape Célestin pour lui demander une confirmation de la doctrine juste. De retour en Gaule, Prosper écrivit encore et, dans l’élan de sa fougue, en vint même à critiquer s.Vincent de Lérins (v. 24 mai) !

Après 435, Prosper habita à Rome. Il écrivait encore - un commentaire sur les Psaumes, par exemple - et serait même devenu le secrétaire du pape Léon Ier (440). Il composa encore une Chronique couvrant l’histoire universelle des origines à son époque.

Il serait mort après 455.

Il ne faut pas le confondre avec deux autres Prosper, l’un évêque à Reggio Emilia (v. ce même 25 juin), l’autre peut-être évêque à Riez, vers la même époque.

Saint Prosper d’Aquitaine est commémoré le 25 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prosper de Reggio Emilia

† 466

 

On connaît très peu de choses de la vie de cet évêque, le neuvième sur le siège de Reggio Emilia (Italie E).

D’après la tradition, il y fut évêque pendant vingt-deux années, donc depuis 444.

Il éleva à Reggio l’église de s.André (v. 30 novembre), qui existe encore.

Saint Prosper de Reggio Emilia est commémoré le 25 juin dans le Martyrologe Romain.

​​​​​​​

 

Tigris de Maurienne

6e siècle

 

Il y eut des évêques qui portèrent les noms de Loup, de Ours… il y a une vierge qui porta le nom de Tigre (le mot latin Tigris est féminin).

On n’en connaît pas les dates, mais si les circonstances semblent pouvoir la placer au 6e siècle, beaucoup de détails doivent rester au conditionnel.

Tigre aurait été une sainte femme originaire de Maurienne (Savoie), sans doute vierge, fort dévote, instruite dans les Ecritures saintes ; elle accueillait les pèlerins. 

Elle eut vent que des reliques importantes de s.Jean-Baptiste (v. 24 juin, veille de ce jour), se trouvaient à Alexandrie et voulut à tout prix s’en procurer, ne serait-ce qu’une parcelle. 

Elle se porta auprès de la châsse du Saint et y demeura le temps qu’il fallut pour recevoir cette insigne relique. Cela dura trois années, au terme desquelles descendit miraculeusement sur l’autel un pouce très lumineux, que le Ciel accordait à la patiente demoiselle.

Revenue à Maurienne, Tigris déposa son trésor dans l’église, qui devint la cathédrale du nouveau diocèse.

Signalons ici que des reliques de s.Jean-Baptiste se trouvent également dans la cathédrale de Gênes ; elles furent analysées par des spécialistes non informés de leur origine. Leur verdict fut que ces reliques appartenaient à un homme du premier siècle, fils de parents âgés.

Sainte Tigre est commémorée le 25 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Moluag de Lismore 

510-592

 

Moluag (Malew, Molonachus, en latin Molochus) s’appelait réellement Luan, qu’on trouve aussi sous la forme Lughaidh, Lugdach, Luoc, Lua, en latin Lugidus, Lugadius, Luanus. 

Irlandais, de noble extraction, il naquit entre 500 et 520.

Vers 552, il fut ordonné évêque. C’est lui qui à son tour ordonna diacre et prêtre s.Comgal (v. 10 mai).

On dit qu’il fonda rien moins que cent monastères.

Evêque, il s’entoura de douze compagnons et s’en vint, en 562, fonder une communauté à Argyll, devenue maintenant Lismore (le gaélique Lios mor signifie «Grand monastère»), en territoire picte. S.Columba (v. 9 juin) travailla à la même époque, mais sans doute pas chez les Pictes, dont il ignorait la langue, tandis que Moluag la connaissait bien.

Moluag fonda ensuite des communautés à Rosemarkie et Mortlach. Ces deux centres et celui d’Argyll sont les trois seules fondations qu’on a retenues, sur les «cent» préconisées par la tradition.

Moluag s’éteignit à Rosemarkie le 25 juin 592.

Son culte fut confirmé en 1898.

Saint Moluag de Lismore est commémoré le 25 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eurosia de Jaca

† 714

 

Il n’y a pas de documents écrits authentiques et contemporains qui puissent confirmer ce qu’une tradition orale nous a transmis.

Eurosia aurait pu être une jeune fille de Bayonne, ou d’Aquitaine, ou même une princesse bohême.

S’il faut se référer à la «légende», Eurosia était une petite orpheline bohême qui se nommait Dobroslava. Elle fut adoptée par les princes de Bohême, Boriboy et Ludmilla, qui la firent baptiser avec le nom qu’on lui connaît, Eurosia.

C’est s.Méthode (v. 14 février) qui aurait suggéré au pape de présenter Eurosia, alors âgée de seize ans, au comte espagnol Fortun Jiménez, héritier du trône d’Aragon. Eurosia y vit un signe de la volonté de Dieu, accepta et fut donc accompagnée par une escorte jusqu’en Espagne.

Mais arrivés en vue de la cité de Jaca, ils furent durement attaqués dans les montagnes par une troupe de Sarrasins, qui enlevèrent la jeune fille. Celle-ci réussit à s’enfuir et à se cacher dans une grotte, mais elle fut rejointe ; comme elle refusait énergiquement de renoncer au Christ, on lui coupa les mains et les pieds, puis on la décapita au lieu-dit Yebra de Basa.

Un formidable orage mit en fuite les Sarrasins, tandis que du Ciel se faisait entendre une voix puissante : Qu’elle puisse calmer les tempêtes, où qu’on invoquera son nom !

Les circonstances de cette brève biographie font donner à Eurosia les dates 864-880, assez différentes de celle préconisée par les historiens, 714.

Eurosia est invoquée pour la libération des possédés du démon, contre les tempêtes et la grêle, et pour les récoltes.

Le culte de sainte Eurosia de Jaca fut confirmé en 1902 ; elle est commémorée le 25 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adalbert d’Egmond

665-740

 

Adalbert ou Ædelbert (ce n’est pas Ethelbert, roi est-anglais, v. 24 février) a pu naître vers 665 ; il était originaire de Northumbrie (Angleterre) et, dit-on, de souche royale.

Il entra au monastère de Rathmelgisi et fut ordonné diacre.

En 690, il fut de ceux qui suivirent s.Willibrord (v. 7 juillet) sur le sol européen. On sait que Willibrord évangélisa particulièrement les Pays-Bas, et Adalbert poursuivit son œuvre dans le nord de cette contrée. Adalbert y bâtit une église à Egmond, près de laquelle s’éleva un monastère au 10e siècle.

Deux détails restent incertains : Adalbert aurait succédé à Willibrord à la tête du monastère d’Epternach (qui est dans l’actuel Luxembourg) ; il aurait par ailleurs été archidiacre pour le diocèse d’Utrecht.

Adalbert mourut à Egmond, vers ou après 714, peut-être même vers 740.

L’abbaye d’Egmond fut détruite durant les guerres de religion, et restaurée au 20e siècle.

Saint Adalbert d’Egmond est commémoré le 25 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Salomon de Bretagne

† 874

 

Si ce nouveau Salomon commença son règne dans la violence et le sang, il sut se racheter par beaucoup de bonnes œuvres et surtout par une mort héroïque et douloureuse.

Salomon contestait la couronne à son cousin Erispoé. Ce dernier trouva refuge auprès d’un autel, ce qui aurait dû le sauver, mais Salomon le tua au pied de cet autel, lui arracha la couronne et se l’imposa (857).

Que pouvait-on envisager après une telle situation ? 

Le nouveau roi fut heureux dans ses combats contre Charles le Chauve et contre les Normands. Son palais accueillit les meilleurs artistes de l’époque.

Mais surtout, Salomon s’efforça de faire régner la justice dans son territoire, et de s’acquérir la protection du Ciel. En particulier, pour abriter les reliques de s.Maixent (v. 26 juin), il fit construire un monastère à Plélan-le-Grand, et c’est là qu’il se retira après avoir abdiqué le pouvoir.

Des opposants vinrent l’y retrouver, le poursuivirent, lui crevèrent les yeux et l’assassinèrent près de l’actuelle Landerneau, à un endroit qu’on appelle La Martyre. Cet assassinat fut effectivement considéré par certains comme un martyre, quoique Salomon, à proprement parler, n’ait pas été tué pour la Foi.

Plus tard les «reliques» du roi furent transférées à Pithiviers.

Miséricordieuse comme son divin Fondateur, l’Eglise a inscrit ce roi Salomon au Martyrologe et le vénère le 25 juin.

Guglielmo de Vercelli

1085-1142

 

Guglielmo naquit en 1085 à Vercelli (Piémont, Italie NO), de parents nobles qu’il perdit encore jeune.

A quatorze ans, il partit en pèlerinage pour Compostelle, en ayant soin de se faire barder de sangles de fer qu’il porta sous ses vêtements ; il dut souffrir beaucoup sous le soleil d’Espagne, mais il en rajouta, s’imposant un jeûne total.

En 1106, il se trouvait à Melfi. Illettré, il apprit par-cœur le psaume 109 (Dixit Dominus), puis d’autres passages bibliques et acquit ainsi une merveilleuse intelligence de l’Ecriture sainte.

En 1108-1109, il s’installa sur le mont Solicoli, en compagnie d’un ancien soldat, dans une vie érémitique de pénitence et de prière. Mais comme il eut le «malheur» de guérir un aveugle par sa prière et qu’on parlait trop de lui, il courut se cacher auprès d’un saint homme de la région, Giovanni de Pulsano.

Cédant cependant à un ardent désir d’aller en Terre Sainte, il quitta son compagnon ; mais il fut tellement malmené par des brigands dans le sud de l’Italie, qu’il se ravisa et jugea que Dieu le voulait plutôt en Italie, et il s’arrêta près d’Avellino, au mont Virgiliano, qui allait devenir Monte Vergine (Mont de la Vierge) ou Partenio (du grec parthenos, vierge).

Guglielmo y reprit sa vie érémitique, mais devant l’affluence de vocations qui voulaient le suivre, il construisit avec eux un monastère et une église dédiée à Notre-Dame, consacrée en 1124. La tradition rapporte que la Sainte Vierge lui serait apparue pour lui demander l’érection de ce monastère. De là vint la branche bénédictine de la Congrégation verginiana, qui fut rattachée en 1879 aux Bénédictins de Subiaco.

La règle se voulait austère, mais pas invivable : trois jours par semaine, on «jeûnait» avec verdure et pain. Il y eut des murmures, et Guglielmo s’éloigna, laissant derrière lui la communauté avec un prieur.

En 1128, avec cinq compagnons, il alla s’établir sur une autre colline, Monte Cognato, puis, non loin d’Avellino, il construisit avec eux l’illustre monastère San Salvatore à Goleto, un monastère double, pour hommes et femmes.

Guglielmo dut sortir de sa retraite, quand le roi de Naples l’appela pour écouter ses conseils. Sa franchise à la cour lui valut de tels ennemis qu’on chercha à le corrompre par une courtisane ; quand elle s’approcha de lui, il lui proposa d’aller avec elle s’étendre sur un lit… de charbons rouges, dans la cheminée. Tandis que la belle dame restait figée d’horreur, Guglielmo s’étendit sur les charbons, puis se releva, sans avoir subi la moindre atteinte des braises ; la courtisane se convertit et prit le voile.

Le roi de Naples protégea les fondations de Guglielmo.

Celui-ci s’éteignit au monastère de Goleto le 25 juin 1142. Bientôt considéré comme saint, Guglielmo fut en maints endroits honoré d’un culte que Pie VII étendit à toute l’Eglise en 1785. Il fut déclaré patron céleste de la région Irpinia par le pape Pie XII.

 

 

Juan d’Espagne

1123-1160

 

Juan naquit vers 1123, d’après un document ancien à «Almanceps», qu’on a hypothétiquement traduit par Salamanque (Espagne).

Il vint jeune en France, pour étudier. Un riche bourgeois le prit comme pensionnaire, en Arles, et l’eût fait son héritier si le jeune homme n’était parti pour se faire le disciple d’un ermite.

Après trente mois d’épreuve, il frappa à la porte de la chartreuse de Montrieux, alors au diocèse de Toulon, où il fut six ans sacristain, puis fut élu prieur.

Ce fut un restaurateur et un constructeur, zélé aussi pour la science : il aimait copier de sa main les manuscrits et aussi les corriger, ce qui était une tâche délicate et périlleuse.

Passé à la Grande Chartreuse (fondée par saint Bruno, v. 6 octobre), le prieur Anthelme (v. 26 juin) le prit en haute estime et lui donna à présider la nouvelle fondation près du lac de Genève. Arrivant sur l’endroit, Juan se serait écrié : C’est ici mon reposoir !

Ce Reposoir remontait à 1147, quand Aymon de Faucigny avait donné ce terrain à des moines, mais le projet était resté en suspens. De retour de la Croisade, Aymon signa une donation en bonne et due forme, le 22 janvier 1151, et Juan se mit hardiment au travail. Il avait vingt-huit ans.

Juan fut chargé aussi par Anthelme de rédiger des constitutions pour des Religieuses de la Chartreuse.

Après neuf ans de gouvernement, Juan mourut au Reposoir, le 25 (ou le 11 ?) juin 1160. Le Martyrologe le commémore le 25 juin.

Il fut enterré, sur sa demande, entre deux bergers tués par une avalanche, à qui il avait rendu les honneurs funèbres. 

Juan a été béatifié en 1864.

La Chartreuse du Reposoir, classée monument historique, est maintenant un monastère de Carmélites.

 

 

Marie Lhuillier

1744-1794

 

Cette petite bergère de la Mayenne était née le 18 novembre 1744 à Arquenay, de Guillaume et Marie Sauvage ; elle a deux frères. On peut encore voir La Pommeraie, sa maison natale.

Orpheline dès l’âge de cinq ans, elle est reçue par une parente pour garder les vaches et les moutons, puis par une Demoiselle Dubois comme domestique. Catéchisée, elle ne saura jamais ni lire ni écrire.

Elle entend cependant l’appel de Dieu et entre comme converse chez les Religieuses Augustines de Saint-Julien de Château-Gontier. Elle se donne entièrement au soin des malades.

Elle fait ses vœux définitifs en 1774, et prend le nom de Sœur Sainte-Monique. Elle aime sa vie. Avec une simplicité d’enfant, un cœur simple et ouvert, un caractère à la fois vif, décidé et obéissant, elle répétait : Je veux ce que Dieu veut, ou bien A la mort comme à la vie, Dieu soit béni.

Arrive la Révolution. Les Religieuses refusent de prêter le serment et sont expulsées de l’hôpital. Elles sont emprisonnées avec les Ursulines.

On accuse Marie d’avoir donné des torchons et des tabliers, qui sont désormais “biens d’état”.

Transférée à la prison de Laval, elle est guillotinée avec l’aumônier, le 25 juin 1794.

Marie Lhuillier a été béatifiée parmi les dix-neuf Martyrs de Laval en 1955.

 

 

Domingo Henares de Zafra Cubero

1765-1837

Phanxicô Ðỗ Vǎn Chiểu

1797-1837

 

Domingo (Dominique) naquit à Baena (Cordoue, Espagne) le 19 décembre 1765, dans une famille très humble.

En 1782 il obtint de pouvoir entrer dans le couvent dominicain de Grenade et fit la première profession l'année suivante. 

Il n'était pas encore ordonné prêtre, et n'avait pas encore achevé ses études, qu'il exprima le désir de partir pour les missions, avec d'autres compagnons du même monastère. Il ne devait plus revoir ses chers parents, ayant préféré tout donner à Dieu sans retour.

De Cadix, on partit en 1785 pour Porto Rico, Cuba, Mexique, enfin les Philippines, où l'on arriva le 9 juillet 1786.

A Manille, il fit ses études théologiques, tout en donnant des cours aux plus jeunes.

Il fut ordonné prêtre en 1789 (ou même 1790) et fut tout de suite envoyé au Tonkin, l'actuel nord-Vietnam. Il y arriva avec Clemente Ignacio Delgado, futur évêque et martyr lui aussi, et deux autres pères dominicains.

Il fut d'abord supérieur du séminaire de prêtres indigènes à Tién-Chu, jusqu'en 1798.

Clemente Ignacio Delgado, ayant été nommé vicaire apostolique, le prit comme vicaire général et, très vite après, le fit nommer évêque. Domingo fut consacré le 9 janvier 1803 à Phunhay.

Le père Domingo avait trente-sept ans ; il devait maintenant en vivre quasi autant en qualité d'évêque.

Les indigènes s'étonnèrent de la rapidité avec laquelle les missionnaires apprirent leur langue. Mais surtout, ils furent conquis par la douceur, la bonté qui en émanait, jusqu'aux mandarins qui devaient parfois à contre coeur sévir contre eux.

Quand la persécution reprit, les plus recherchés furent tout d'abord les “autorités”, les évêques. Mgr Henares dut mener une vie vagabonde pour éviter les soldats de-ci de-là, pour échapper aux délateurs. Il avait désormais dépassé les soixante-dix ans et n'avait pas un moment de repos.

Le 9 juin 1838 il chercha à fuir en barque avec son catéchiste Phanxicô (François) Ðỗ Vǎn Chiểu, mais le vent les ramena à terre. Ils se réfugièrent chez un pêcheur chrétien, nommé Nghiém.

De ce catéchiste, pour l'instant, on sait seulement qu'il était né vers 1797 à Trung Lễ (Liên Thùy, Nam Ðịnh). Le Martyrologe le nomme Phanxicô Ɖỗ Minh Chiểu.

On prévint immédiatement le préfet de Bat-Phang, qui donna l'ordre aux mandarins d'arrêter l'évêque avec son catéchiste et le pêcheur qui les avait reçus.

Dès le 11 juin, on les emmena à Nam Ðịnh : l'évêque, sur une civière, car il ne voyait presque plus ; les deux autres à pied, chargés de chaînes.

Immédiatement condamnés à mort, l'évêque et son catéchiste furent décapités le 25 juin 1837. On ne connaît pas le sort du pêcheur.

De Mgr Henares, un autre évêque plus tard martyr (Jerónimo Hermosilla, v. 1er novembre) écrivit : 

Une vie toute limpide, un zèle insatiable pour le salut des âmes, une soif ardente du martyre, d'une pauvreté évangélique pour lui-même et d'une générosité prodigieuse pour les nécessiteux.

Mgr Henares et son catéchiste Phanxicô furent béatifiés en 1900 et canonisés en 1988, parmi cent-dix-sept Martyrs du Vietnam, dont la fête commune est le 24 novembre.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 23:00

 

24 JUIN

 

I.

S Jean Baptiste, précurseur et cousin du Seigneur ; on fête aujourd’hui sa naissance, et son martyre le 29 août.

I/III.

Ss Agoardus et Agilbertus, ainsi qu'une multitude d'autres martyrs à Créteil.

IV.

Ss Joannes, prêtre romain, et son compagnon Festus, martyrs à Rome.

Ss Orence, Héros, Pharnace, Firmin, Firme, Cyriaque, Longin, soldats martyrs à Satala.

S Simplicius, évêque à Autun ; il vécut dans la continence avec son épouse avant et après son épiscopat.

VI.

S Lupicin, ermite et ascète à Lipidiacum.

VII.

S Rombaut, irlandais ou anglais, ermite près de Malines, assassiné ; son monastère prit ensuite son nom.

VIII.

S Théodulphe, abbé-évêque à Lobbes.

IX.

S Gohard, évêque à Nantes, martyrisé lors d'une incursion de Normands, avec une foule de clercs, de moines et de fidèles réfugiés avec lui dans la cathédrale. 

XI.

S Theodgarus, missionnaire au Danemark où il construisit une première église en bois.

XII.

Bse Raingarde, veuve auvergnate, moniale cellérière à Marcigny ; de ses huit enfants, un fut évêque à Lyon, quatre abbés bénédictins (dont Pierre le Vénérable à Cluny) ; et deux petites-filles la rejoignirent à Marcigny.

S Barthélemy, prêtre et ermite pendant quarante-deux années sur l’île de Farne. 

XV.

S Jean, berger à Monchy-le-Preux, invoqué pour les hernies.

XIX.

S Ruose Yuan Zaide, prêtre chinois martyr, canonisé en 2000 et fêté avec tous les Martyrs chinois le 9 juillet.

XX.

B Maksymilian Binkiewicz (1908-1942), prêtre polonais déporté et mort à Dachau, béatifié en 1999.

Ste Anastasia García Zavala (Maria Guadalupe, 1878-1963), vierge mexicaine, active dans la fondation des Servantes de Sainte-Marguerite-Marie et des Pauvres, béatifiée en 2004, canonisée en 2013.

Jean-Baptiste Précurseur

1er siècle

 

Le dernier des Prophètes de l’Ancien Testament, qui eut la joie de rencontrer Celui qu’on attendait depuis des siècles, Jean le Baptiste et Précurseur du Seigneur, nous est connu par quelques indications de l’Evangile, surtout celui de Luc (Lc 1 ; 3), un peu aussi celui de Matthieu (Mt 3), et quelques versets de Marc (Mc 1:1-9) et de Jean (Jn 1:19-28).                                  

Som nom de Baptiste rappelle traditionnellement qu’il baptisait les foules, en leur demandant de faire pénitence pour préparer les voies du Seigneur.

Les Orientaux en revanche lui donnent le titre de Prodromos, “celui qui court en avant”, traduit en latin par Precursor, Précurseur.

Le père de Jean-Baptiste était donc Zacharie, un prêtre de la descendance d’Aaron. Comme il y avait vingt-quatre classes de prêtres, chaque classe ne servait guère plus de deux fois par an (1 Ch 24:19 ; 2Ch 23:8). C’est par le sort que les prêtres se distribuaient entre eux les diverses fonctions du sacerdoce. Une des plus importantes était l’offrande de l’encens deux fois par jour, le matin à la pointe du jour et le soir à trois heures (Ex 30:6-8). Ce jour-là, le sort désigna Zacharie pour brûler l’encens : c’était très probablement la première fois de sa vie que cet honneur lui incombait.

L’ange qui apparaît à Zacharie lui dit que sa prière a été exaucée. Selon saint Augustin, Zacharie priait, bien plus que pour avoir un fils, pour la venue du Messie, le grand désir de toute la nation. Or le venue du Messie, dans le plan de Dieu, devait arriver par la naissance du Précurseur.

Zacharie, par son doute, perdit l’usage de la parole. Peut-être subit-il un choc émotionnel, bien compréhensible, à l’annonce de sa prochaine paternité, mais ce choc devait perdurer jusqu’à la naissance de l’enfant, lui dit l’Ange, parce qu’il n’a pas reçu l’annonce avec toute l’ouverture de son cœur. 

La stérilité était traditionnellement considérée comme un déshonneur, et même comme un châtiment (Gn 30:23 ; 1S 1:5-8 ; 2 S 6:23 ; Os 9:11). En outre Elisabeth était maintenant trop âgée pour avoir un fils. Mais Dieu voulait se servir de tous ces événements comme signes : le mutisme de Zacharie, la vieillesse des conjoints symbolisaient la stérilité du Vieux Testament, de l’Ancienne Alliance. 

Zacharie revint donc chez lui après son service au temple. D’après la tradition, il habitait à quelques kilomètres de Jérusalem, à Aïn Karim. Elisabeth eut donc la joie d’attendre un enfant. Au sixième mois eut lieu l’épisode de l’Annonciation à Marie, à qui l’Ange annonça aussi qu’Elisabeth en était à son sixième mois, car rien n’est impossible à Dieu.

La parenté entre Elisabeth, membre de la tribu de Lévi, et Marie, membre de la tribu de Juda, s’explique facilement par le mariage d’un ancêtre de Marie avec un ascendant d’Elisabeth. On ignore d’ailleurs la nature et le degré de cette parenté, qui fait de Jean un cousin plus ou moins éloigné de Jésus.

Après la naissance merveilleuse de Jean, Luc dit que l’enfant demeurait dans les déserts jusqu’aux jours de sa manifestation à Israël (Lc 1:80). On ne sait pas quel âge avait Jean. Remarquons que, n’ayant que six mois de plus que Jésus, il tombait directement sous la menace d’Hérode qui ferait massacrer tous les enfants de deux ans et en-dessous (cf. Mt 2:16), dans le but d’éliminer son “rival”, Jésus qui vient de naître. On peut donc supposer très logiquement que ses parents le protégèrent du danger en le cachant dans quelque cabane isolée du proche désert. Quant à Jean, qui avait déjà reçu avant sa naissance une réelle maturité intellectuelle (puisqu’il tressaillit en présence de Marie enceinte de Jésus, cf. Lc 1:44), il devait déjà savoir se débrouiller seul dans la solitude, mangeant ce qu’il trouvait, des sauterelles et du miel sauvage, dit Matthieu (Mt 3:4), ce qui n’exclut pas pour autant quelques visites prudentes et furtives des pieux parents à leur petit garçon.

On ne sait rien de plus, “officiellement”, des parents de Jean-Baptiste. Le Précurseur du Seigneur, jeune anachorète, devait bénéficier d’une protection divine certaine. Mystérieusement, sa nourriture et son vêtement sont ceux du prophète Elie (cf. 2R 1:8), dont on attendait le retour en Israël.

Quand Jean commença son ministère, peu avant la vie publique de Jésus, il invitait les populations à la conversion de cœur, à ne rien exiger en plus de ce qui était prescrit, et aux soldats à ne pas dénoncer faussement et de se contenter de leur solde  (!) (cf. Lc 3:10-14).

Surtout Jean montrait une humilité, une discrétion vraiment extraordinaires. Si sa prédication avait un grand succès, il rappelait avec insistance qu’il n’était pas Celui qu’on attendait, qu’il n’était pas même digne de délier la courroie de sa chaussure (cf. Jn 1:19-28). Et même quand il sera en présence du Christ - quelle émotion pouvait susciter cette rencontre physique, plus réelle encore qu’au moment de la Visitation - , c’est lui qui obéira au Christ pour lui verser l’eau du baptême, et qui peu après dira tout simplement à ses disciples : Voici l’Agneau de Dieu (Jn 1:29).

Jean ne pensait pas devoir baptiser le Sauveur ; mais Jésus tenait à en recevoir le baptême pour purifier lui-aussi cette nature humaine qu’il avait prise des hommes.

Le ministère de Jean s’effacera peu à peu, jusqu’à son emprisonnement par Hérode, à qui il reprochait d’avoir épousé sa belle-sœur (Mc 6:17).

De sa prison, Jean fit questionner Jésus et lui fit demander : Es-tu celui qui doit venir ? (Mt 11:3). Avait-il encore un doute ? Non, mais il voulait que ses interlocuteurs entendissent d’eux-mêmes la réponse de Jésus : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangélisés (Mt 11:5), autant de “signes” où il fallait entendre la guérison intérieure des pécheurs, désormais purifiés, pardonnés, ouverts à la Lumière, à la Vérité, à la Vie.

Peu de temps après, Jean devait être martyrisé par la décapitation (cf. Mc 6:21-29). Cet épisode triste et glorieux sera l’occasion d’une autre notice, le 29 août prochain. Jean Baptiste est en effet le seul Saint, après Marie, dont notre calendrier liturgique relate et la naissance et la mort. 

En ce 24 juin, six mois avant la naissance de Jésus, nous fêtons donc la naissance du Précurseur du Seigneur. Cette date est traditionnellement l’occasion des fêtes de la “Saint-Jean d’été”, par opposition à la fête de la “Saint-Jean d’hiver” (27 décembre, saint Jean l’Evangéliste).

La cathédrale du pape à Rome, Saint-Jean-de-Latran, est dédiée à saint Jean-Baptiste depuis le Ve siècle.

Signalons encore ici un texte poétique relatif à la naissance de Jean-Baptiste. Les moines du Moyen-Age eurent coutume d’invoquer le Saint avant d’aller chanter les louanges divines, le priant d’ouvrir leurs lèvres (et leur cœur), comme il avait redonné la parole à son père Zacharie. C’est l’origine de l’hymne Ut queant laxis, qui remonte à Paul Diacre († 799) et dont s’est ensuite inspiré Guido d’Arezzo pour donner aux notes musicales leur nom traditionnel : Ut - Ré - Mi - Fa - Sol - La - Si. Voici le texte de cette première strophe de l’Hymne, qu’on chante toujours aux vêpres de la fête de ce jour :

 

Ut queant laxis Resonare fibris    Pour que (tes) serviteurs puissent exalter à pleine voix

Mira gestorum Famuli tuorum,    les merveilles de tes actes,

Solve polluti Labii reatum,    efface la faute d’une lèvre souillée,

Sancte Ioannes.    ô saint Jean.

 

Le reste de l’Hymne fait allusion au mutisme de Zacharie, à sa guérison, au nom de Jean, à la Visitation de Marie à Elisabeth.

Un autre fait remarquable, d'ordre architectural celui-là, concerne la célèbre basilique de Vézelay. Le jour de la fête de saint Jean-Baptiste, le 24 juin à midi, s'il fait soleil, la lumière projetée par les différents vitraux côté Sud, est parfaitement alignée le long de l'allée centrale de la nef. On en trouvera une photographie dans quelque livre consacré aux sanctuaires de France.

 

 

Agoardus et Agilbertus

et les Martyrs de Créteil

† 1er siècle ?

 

Les deux Martyrs Agoardus et Agilbertus posent plusieurs problèmes.

Les Actes de leur martyre sont considérés par divers auteurs, même anciens, très suspects. En voici un résumé.

Deux «disciples» de l’Apôtre s.Pierre (v. 29 juin), Savinianus et Potentianus, fondèrent l’Eglise de Sens ; ceux-ci envoyèrent à Paris deux convertis, nommés Altinus et Eodaldus, lesquels, mal reçus à Paris, se replièrent à Créteil (Christolium) ; là, ils convertirent une foule de gens, parmi lesquels Agoardus et Agilbertus, et toute leur parenté.

Le temple païen fut détruit par les néophytes, et le bruit en parvint au préfet, Aggrippinus, qui les fit torturer puis décapiter, avec une foule d’autres Chrétiens.

On a depuis longtemps critiqué négativement ces Actes, alléguant que Savinianus et Potentianus étaient du 3e siècle (v. 19 octobre) ; quant à Altinus et Eodaldus, aucune mention de leur prédication n’est faite à Paris ou Créteil. Enfin, on avança qu’on ne connaît aucun préfet Agrippinus en Gaule à cette époque. En conséquence de quoi, on a supposé que Agoardus et Agilbertus furent victimes d’une sédition locale, vers les 5e-6e siècles.

De toutes ces observations, il semblerait ne rien subsister des Martyrs en question, tandis que leurs châsses furent jalousement conservées, préservées de la fureur des Huguenots puis des Révolutionnaires, enfin remises en honneur.

Les saint Agoardus et Agilbertus, avec tous les Martyrs de Créteil, sont commémorés le 24 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannes et Festus de Rome

† 362

 

Ioannes était un prêtre romain. Festus était aussi romain.

Ils furent martyrisés, probablement décapités, sur l’ancienne Via Salaria, et leurs corps ensevelis au lieu-dit Aux Sept Palombes, et non pas en Toscane.

La date très probable de leur martyre devrait être 362, date à laquelle Julien l’Apostat prit des mesures à l’encontre des Chrétiens.

Saints Ioannes et Festus sont commémorés le 24 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simplicius d’Autun

† 389

 

Simplicius était issu d’une famille noble et très riche. Il vivait avec son épouse dans la parfaite chasteté. A la mort de l’évêque Egemonius, il fut choisi pour lui succéder.

Un mystère insoluble entoure la figure de cet évêque, le sixième sur le siège d’Autun.

On trouve mentionné Simplicius à plusieurs conciles entre 346 et 374, et il en est encore question en 418.

Les deux évêques précédents, Cassianus et Egemonius, moururent respectivement en 355 et 374 ; le successeur de Simplicius semble avoir pris ses fonctions en 389.

Plusieurs hypothèses se présentent : 

- il y eut plusieurs personnages portant le même nom, dont certains n’étaient pas évêques, peut-être des représentants de l’évêque d’Autun ;

- Simplicius, s’il a vraiment occupé ce siège d’Autun de 346 à 418, donc pendant plus de soixante-dix ans, après s’être marié, serait mort plus que centenaire, et, pour être secondé dans sa charge, aurait pris des évêques «coadjuteurs» ;

- autre hypothèse impossible : certains des évêques mentionnés auraient été des usurpateurs, mais ils sont reconnus comme saints.

Quoi qu’il en soit, on rapporte sur lui cette anecdote. L’épouse de Simplicius, ayant voulu continuer de vivre auprès de celui-ci, fut calomniée et accusée. Pour se justifier, elle remplit sa robe de charbons ardents pendant une heure, puis les passa à Simplicius : leurs habits restèrent intacts. Le prodige engendra la conversion et le baptême d’un millier de personnes.

Une autre anecdote raconte que le même Simplicius rencontra un jour une procession en l’honneur d’une déesse païenne. Il traça un signe de croix, la statue s’écroula et les bêtes qui la portaient s’immobilisèrent. Les quatre cents hommes présents, ne réussissant pas à faire avancer les animaux, comprirent que leur «déesse» était incapable, et se convertirent.

Saint Simplicius d’Autun est commémoré le 24 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rombaut de Malines

† 775

 

Rombaut (Rumoldus) était d’origine écossaise ou irlandaise, même si certains historiens le présentent comme anglo-saxon.

Après avoir accompli un long pèlerinage à Rome et prié sur le tombeaux des Apôtres, il s’en revint, prêchant l’Evangile le long de son chemin. On trouve aussi qu’il fut ordonné évêque à Rome et qu’il coopéra à l’activité évangélisatrice de s.Willibrord (v. 7 novembre) : s’il est possible qu’il eût été évêque, il serait plus juste de dire qu’il poursuivit cette activité évangélisatrice, car Willibrord mourut en 739. Mais la suite de notre notice ne semble pas permettre d’approuver l’historicité de cet épiscopat.

Parvenu en Gaule Belgique, il s’établit en ermite sur les terres du comte Adon, dont l’épouse était fort affligée de ne pas avoir d’enfants. Rombaut lui en promit un, qu’il baptisa en effet, lui donnant le nom de Libertus. Mais cet enfant, en jouant près de la rivière, se noya : Rombaut le ressuscita.

Le seigneur exprima alors sa reconnaissance en donnant à l’Ermite un terrain pour l’édification d’un monastère, non loin de l’actuelle Malines.

Rombaut continua son discret ministère de prédication. Il eut l’occasion de reprocher à deux malandrins leurs vices : les deux résolurent de le faire disparaître et l’assassinèrent. Le corps de Rombaut, jeté dans la rivière, fut retrouvé et inhumé dans le monastère, qui prit ensuite le nom de Saint-Rombaut.

Saint Rombaut de Malines est commémoré le 24 juin dans le Martyrologe Romain, qui le décrit comme ermite et martyr.

 

 

Théodulphe de Lobbes

† 776

 

Théodulphe (Thiou) fut moine en l’abbaye bénédictine de Lobbes, dont il devint le quatrième abbé vers 758.

En 765 eut lieu un concile à Attigny, où les vingt-sept évêques et dix-sept abbés signèrent un accord spirituel par lequel ils s’engageaient, au décès de l’un d’eux, à prier des psaumes et célébrer des Messes pour le repos de l’âme du Défunt. Théodulphe fut un des signataires.

Sa signature cependant nous éclaire sur un autre détail : il signe en effet Théodulphe, évêque du monastère de Lobbes, ce qui signifie que, tout abbé qu’il était, il avait en outre la qualité d’évêque. On dirait aujourd’hui qu’il était un abbé-mitré.

Il ouvrit une école monastique, modeste, mais qui se développera particulièrement un siècle plus tard ; on y enseigna, outre la théologie, la musique et l’histoire. En outre, la bibliothèque s’enrichit de nombreux volumes, grâce à l’intense activité des copistes et des miniaturistes. Un inventaire du 10e siècle recensera pas moins de trois-cent quarante-sept volumes.

Théodulphe mourut le 24 juin 776, laissant le souvenir d’un saint moine.

Saint Théodulphe de Lobbes est commémoré le 24 juin dans le Martyrologe Romain.

Raingarde de Semur

1075-1134

 

Raingarde de Semur serait née vers 1075 et fut la jeune épouse de Hugues-Maurice III de Montboissier, dont les ruines du château existent encore en Auvergne, au canton de Cunlhat.

Ces époux chrétiens eurent huit enfants : Hugues IV de Montboissier le Décousu, dont les deux filles rejoignirent leur grand-mère au monastère de Marcigny ; Pierre, dit le Vénérable, abbé à Cluny ; Jourdan, abbé à La Chaise-Dieu ; Ponce, abbé à Vézelay ; Armand, abbé à Manglieu ; Eustache 1er, qui perpétua la famille ; Héracle, archevêque de Lyon ; Othon, qui mourut jeune.

Raingarde fut une épouse et maîtresse de maison de toutes vertus ; elle accueillait volontiers les Religieux de passage, comme saint Robert d’Arbrissel (v. 25 février) ; mais elle aspirait surtout à une plus grande union avec Dieu et, à la mort de son cher époux au retour de Terre Sainte, faisant mentir tous les projets de ses proches, elle rejoignit le monastère bénédictin de Marcigny.

Là, elle se fit une joie d’être toute soumise aux révérendes Sœurs, rendant volontiers service à chacune, avec un tel empressement qu’on la nomma cellérière (économe). 

Le monastère alors était très prospère et abritait plusieurs dizaines de moniales. Raingarde sut administrer les nécessités matérielles pour qu’aucune ne manquât du nécessaire ; elle devinait les besoins et les goûts de chacune. Elle qui était habituée à être servie chez elle, apprit la cuisine et prépara d’elle-même ce qu’il fallait ; son fils Pierre écrivit : Elle donnait à l’une du rôti, à l’autre du bouilli, à l’une des choses salées, à l’autre de douces. Bien sûr, sa sollicitude allait joyeusement auprès des malades et, après le monastère, aux pauvres qui frappaient, et tout cela sans jamais perdre la paix intérieure. On dit d’elle qu’elle était à la fois Marthe et Marie.

Elle eut la grande joie de compter parmi les Religieuses du monastère ses deux petites-filles, Poncie et Marguerite.

Austère pour elle-même, empressée pour les autres, elle tomba malade et comprit que Dieu l’appelait.

Raingarde mourut très saintement le 24 juin 1135. Considérée par les Bénédictins comme Bienheureuse, elle ne se trouve cependant pas dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tostig-Bartholomew de Farne

† 1193

 

Tostig naquit à Whitby (Yorkshire, Angleterre N) au début du 12e siècle, de parents scandinaves.

A l’école, ses petits camarades eurent vite fait d’ironiser sur son nom (Tostig évoquant immanquablement le toast anglais), de sorte que le garçon assuma un prénom bien anglais (et plus chrétien) : William.

Il eut bientôt des visions du Christ, de Marie et des Apôtres Pierre, Paul et Jean. Il gagna alors la Norvège, où il fut ordonné diacre et prêtre. Comme certains prêtres vivaient en concubinage, il arriva qu’on lui fit une proposition de mariage : William quitta la Norvège et retourna en Angleterre.

Il fut trois ans curé, puis il demanda à entrer au monastère de Durham, où il prit le nom de Bartholomew.

Une nouvelle vision, de saint Cuthbert cette fois-ci, (v. 20 mars) l’appela à l’île de Farne. Avec la permission de son Supérieur, il s’y installa donc, non loin d’un certain Aelwin, qui ne le supportait guère… et qui partit.

A venir le rejoindre, ce fut le tour du prieur de Durham, Thomas, qui avait dû quitter le monastère à la suite d’un différend avec l’évêque. Là encore, l’entente ne fut pas immédiate, mais la sainteté de Bartholomew l’emporta et les deux ermites vécurent pendant cinq années, dans la louange et l’ascèse quotidiennes.

Bartholomew assista fraternellement Thomas à sa mort. Il continua sa vie solitaire, vivant du lait de sa vache et du blé de son champ. On vint le voir et, tel Jean-Baptiste, il conseillait aux puissants d’adoucir leurs exigences (cf. Lc 3:10-14).

L’ermite demeura, dit-on, plus de quarante ans sur cette île. Devenu très âgé, il fut assisté par les moines proches de Lindisfarne.

Bartholomew mourut le 25 juin 1193 (même si l’on a proposé bien d’autres dates) ; les miracles accomplis sur sa tombe le firent vénérer comme Saint, mais il ne se trouve pas mentionné au Martyrologe.

 

 

Jean, berger à Monchy-le-Preux

14-15e siècles

 

Il y a au sud d’Arras une colline où se sont illustrés de vaillants soldats, déjà au 17e siècle, mais surtout lors de la Première guerre mondiale.  C’est à Monchy-le-Preux (Pas-de-Calais).

Sur les pans de cette colline vécut, d’après une tradition tenace et vivante, un pieux berger nommé Jean, à la fin du 14e et au début du 15e siècles.

Il y aurait multiplié les miracles, guérissant les aveugles, les muets, les victimes de hernie et les malades mentaux (ou, parfois, possédés). Une fontaine donnait une eau bonne pour les yeux.

La Tradition a canonisé ce thaumaturge et un pèlerinage drainait des foules. Longtemps, on a vénéré un reliquaire contenant le crâne de Jean, mais qui fut détruit à la guerre.

Le village, qui disparut sous les bombardements, fut reconstruit et la chapelle rebâtie et restaurée récemment.

Saint Jean, le Berger, ne se trouve pas dans l’actuel Martyrologe, mais il demeure présent dans l’esprit des habitants, qui le vénèrent le 24 juin, comme saint Jean-Baptiste.

 

 

Ruose Yuan Zaide

1766-1817

 

Ruose (Joseph) était né en 1766 à Pe-Choui-Hien (Peng, Sichuan, Chine).

Il fut conquis par la parole de Mgr Dufresse, et surtout par la beauté du message du Christ.

Devenu néophyte, il voulut recevoir le sacerdoce.

Ordonné prêtre, il fut un apôtre très actif, jusqu’à son arrestation en août 1816.

Condamné à mort, il fut étranglé le 24 juin 1817 à Sichuan.

Béatifié en 1900, il est un des Martyrs chinois canonisés en 2000, dont la fête commune est au 9 juillet (et parmi lesquels se trouve aussi Mgr Dufresse).

 

 

Maksymilian Binkiewicz

1908-1942

 

Né le 21 février 1908 à Gmiona Żarnowiec (Olkusz, Pologne), de Roman et Stanislawa Czubasiewicżow, Maksymilian semblait ne pas devoir vivre longtemps à cause de sa mauvaise constitution. 

Sa santé se trouva améliorée à partir de sa Première communion.

Après le baccalauréat (1926), il entra au séminaire du nouveau diocèse de Częstochowa. Il fréquenta aussi des conférences à l’université Jagelloń de Cracovie, et fut ordonné prêtre en 1931.

L’abbé Maksymilian fut nommé préfet au séminaire de Częstochowa, puis préfet à Sosnowiec, puis Wielun, avant d’être recteur à Saint-Joseph. 

En 1933, il fut reçu docteur en théologie morale et remplaça l’abbé Sliwinski dans la paroisse Konopnica.

Le 6 octobre 1941, il fut prit dans la rafle générale des prêtres, fut momentanément interné à Konstantynów, puis à Dachau, à partir du 27 octobre 1941, sous le numéro 28450.

Il supporta avec calme et même avec le sourire les mauvais traitements, s’efforçant d’apporter lui-même du réconfort aux plus malades et aux plus anciens.

Le 23 juin 1942, il reçut une formidable volée de coups de bâtons et devait partir pour un régime de travaux forcés, mais il mourut le lendemain.

Il reçut la palme du martyre le 24 juin 1942 à Dachau ; c’est peut-être par erreur que le Martyrologe le mentionne au 24 août, et d’autres sources au 24 juillet.

Maksymilian Binkiewicz a été béatifié parmi les Martyrs polonais de la période nazie, en 1999.

 

 

Anastasia García Zavala

1878-1963

 

Née le 27 avril 1878 à Zapopan (Jalisco, Mexique) de Fortino García et Refugio Zavala de García, Anastasia conçut rapidement une grande dévotion pour la Sainte Vierge, car son père tenait une boutique de souvenirs juste en face du sanctuaire de Notre-Dame de Zapopan.

Jeune fille, elle pensa un moment épouser un certain Gustavo Arreola, mais elle sentit qu’elle était plutôt appelée à se consacrer à l’assistance des pauvres et des malades.

Avec son directeur spirituel, Cipriano Iñiguez, elle fonda alors en 1901 une nouvelle famille, les Servantes de Sainte-Marguerite-Marie et des Pauvres.

La congrégation se développa rapidement, Anastasia - désormais María Guadalupe - se trouva être la supérieure de nombreuses religieuses, édifiées par son exemple de pauvreté, de joie, de service pour le prochain. Cette mère exemplaire eut même la permission d’aller mendier pour ses malades et pour l’hôpital ; elle ne mendiait que pour avoir le nécessaire, jamais plus.

Les religieuses prêtèrent aussi leur concours pour les prêtres et la catéchèse.

Survint la révolution au Mexique : dès 1911 l’Eglise fut persécutée, les prêtres recherchés, arrêtés, fusillés. Mère María Guadalupe risqua jusqu’à sa vie pour aider les prêtres et l’Archevêque de Guadalajara, qu’elle cacha dans son hôpital. Même les soldats respectèrent cette Mère admirable, en reconnaissance pour la bonté qu’elle leur montra en soignant leurs blessures de combat.

Elle fonda jusqu’à onze maisons au Mexique.

A partir de 1961, Mère María Guadalupe (on l’appelait aussi Lupina, diminutif affectueux de Guadalupe), souffrit beaucoup. Elle mourut à Guadalajara (Jalisco), le 24 juin 1963.

Le premier miracle attesté grâce à son intercession, fut la guérison d’un malade atteint de pancréatite aiguë ; après l’opération, dont on n’espérait pas de résultat positif, le malade sentit un parfum très fort dans sa chambre et se trouva totalement guéri en quelques jours. 

Le second miracle fut la guérison d’une femme de quatre-vingt-deux ans atteinte d’hémorragie cérébrale avec pression artérielle élevée. Brusquement, après que la famille ait imploré Mère Lupina, l’hémorragie cessa et la pression retomba, sans aucune conséquence.

Mère María Guadalupe fut béatifiée en 2004, et canonisée en 2013, lors de la première canonisation présidée par le pape François.

Actuellement, les Servantes de Sainte-Marguerite-Marie et des Pauvres sont présentes aussi au Pérou, en Islande, en Grèce et en Italie.

 

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Published by samuelephrem - dans 06-juin
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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 12:35

 

23 JUIN

 

III.

Ste Agrippine, vierge et martyre romaine.

? S Félix, prêtre martyr à Sutri, frappé violemment au visage avec un caillou.

S Zénon et son esclave Zénas, martyrs à Philadelphie.

VI.

S Domnolet, prince du Limousin.

VII.

Ste Ediltrude, reine anglaise, sœur des trois saintes Sexburge, Ethelburge et Wilburge,  supérieure fondatrice à Ely ; on retrouva son corps intact onze ans après sa mort ; on l’invoque contre les maux de gorge et les maladies du cou, car elle souffrit d’une tumeur au cou.

VIII.

S Hidulphe, comte en Hainaut ; il aida à la fondation du monastère de Lobbes, où il fut moine en accord avec son épouse, ste Aye.

S Jacob, abbé-évêque à Hornbach.

X.

S Bilius, évêque à Vannes ; la tradition le fait mourir lors d’une incursion des Normands.

XI.

S Lietbertus, évêque à Cambrai, successeur de son oncle.

XII.

S Lanfranco de Pavie, évêque pacificateur ; il souffrit beaucoup des autorités civiles.

XIII.

S Walhère, curé à Onhaye, assassiné par un confrère (ou son neveu) à qui il reprochait ses écarts.

Bse Marie, mystique belge ; son mari soignait avec elle les lépreux et lui permit de se retirer à Oignies.

XV.

B Pietro Giacomo de Pesaro, prêtre des ermites augustins en Piceno.

XVII.

S Thomas Garnet, prêtre jésuite anglais martyr à Tyburn.

XIX.

S Giuseppe Cafasso, prêtre à Turin, maître à penser de s. Giovanni Bosco.

XX.

Bse Santina Cimatti (Maria Raffaela, 1881-1945), des Religieuses hospitalières de la Miséricorde, dont le  dévouement pendant la guerre lui a valu le nom d’ ”Ange des malades”, béatifiée en 1996.

Ediltrude d’Ely

636-679

 

Ediltrude (Æthelthryth, Etheldrede, Awdrey, Audrey) était née vers 636 à Exning (Suffolk, Angleterre), fille d’Anna, roi en Est-Anglie, et de Hereswyde ; elle avait quatre sœurs, toutes aussi saintes l’une que l’autre : Ethelburge, Sexburge, Wilburge (7 juillet, 11 octobre, 17 mars ?), Sédride, et un frère, s.Earconwald (v. 30 avril).  

Vers 652, elle épousa Tonbert, chef des Gyrvians du Sud, qui cependant mourut en 655. Leur mariage n’avait pas été consommé.

Elle se retira alors dans l’île d’Ely, mais la raison d’Etat poussa Ediltrude à se remarier en 660, avec Egfrid (Ecgfrith), jeune roi de Northumbrie, auquel cependant elle exprima son ferme désir de demeurer vierge. Egfrid se laissa persuader, d’ailleurs sur le conseil de l’évêque Wilfrid d’York (v. 24 avril). Mais plus tard ce fut là la cause d’une longue diatribe avec l’évêque ; Egfrid tenta de soudoyer Wilfrid, de faire enlever Ediltrude, mais celle-ci reçut «providentiellement» l’aide céleste d’une mystérieuse marée qui empêcha les hommes d’Egfrid de passer sur l’île d’Ely.

Egfrid finira par se remarier, expulsant Wilfrid de son royaume (678).

Quant à Ediltrude, après une année de noviciat à Colud, elle fonda en 673 à Ely un double monastère, dont elle fut la supérieure jusqu’à sa mort.

Elle se mortifiait beaucoup ; elle quitta son bon linge pour ne porter que des effets en laine grossière ; elle ne prenait qu’un repas par jour, sauf peut-être aux grandes fêtes comme Noël et Pâques, ou si quelque langueur l’avait affaiblie. 

Dieu lui fit savoir que son monastère serait frappé d’une épidémie de peste et que certaines des moniales la précéderaient dans la tombe. Ediltrude sentit bientôt une tumeur sur son cou, qui lui causa alors une grande joie, malgré les soins douloureux qu’elle recevait du chirurgien. Elle déclara même que c’était là sa pénitence pour avoir porté dans sa jeunesse, des colliers trop précieux qui faisaient toute sa vanité.

Cette sainte abbesse mourut le 23 juin 679 et sa sœur Sexburge lui succéda.

Seize ans plus tard, alors que le corps avait été enseveli simplement, dans un cercueil de bois et dans une terre fort humide, on retrouva ce précieux corps tout frais, sans trace de corruption, la plaie du cou délicatement refermée. L’évêque Wilfrid fut témoin du prodige.

Le monastère fut cependant détruit lors d’une invasion des Danois en 870.

Sainte Ediltrude est commémorée le 23 juin dans le Martyrologe Romain. On l’invoque pour les douleurs du cou.

 

 

Bilius de Vannes

† 913

 

Il fut évêque de Vannes, peut-être le trente-quatrième, car il est assez difficile de dater la plupart de ses prédécesseurs. Parmi ces derniers, se trouve un premier Bilius.

L’épiscopat de Bilius II dura de 892 à 913.

D’après la tradition, reprise par le Martyrologe, il fut tué lors d’une invasion des Normands.

Saint Bilius de Vannes est commémoré le 23 juin dans le Martyrologe Romain.

Lanfranco de Pavie

1124-1198

 

Ce Lanfranco de Pavie n’est pas celui dont il fut question le 28 mai et qui devint archevêque de Canterbury.

Celui-ci, né à Gropello (Pavie), était de la famille Beccari.

Il fut nommé évêque de sa ville, quarante-septième à occuper ce siège. La date de cette nomination a été corrigée ; on la situait en 1159, mais à cette date se trouvait le prédécesseur, Pietro V (1148-1180), de sorte que Lanfranco ne prit pas possession du siège avant 1180. C’est le pape Alexandre III qui le consacra.

Pacifique de cœur, il dut souvent affronter les prétentions des autorités civiles, soit que l’on cherchât à usurper les biens de l’Eglise, soit que l’on prétendît de l’Eglise des sommes énormes pour renforcer les remparts ; il dut aussi affronter des factions hérétiques.

Venu en 1181 implorer son avis au pape, ce dernier (Alexandre III ou Lucius III) menaça Pavie ; Lanfranco revint dans sa ville. Il fut d’abord bien accueilli, car le maire lui était favorable, mais les conflits reprirent et contraignirent Lanfranco à envisager de se retirer purement et simplement dans une abbaye bénédictine : la mort l’aida à se retirer, le 23 juin 1198, après dix-huit ans d’épiscopat.

Saint Lanfranco de Pavie est commémoré le 23 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marie d’Oignies

1177—1213

 

Marie naquit à Nivelles (Brabant, Belgique) en 1177, de parents riches.

Petite, elle aimait prier beaucoup ; adolescente, elle ne voulait pas de coiffure recherchée ni de riches vêtements ; elle suivait en cela le conseil de saint Pierre : Que votre parure ne soit pas extérieure, faite de cheveux tressés, de cercles d’or et de toilettes bien ajustées, mais à l’intérieur de votre cœur (1P 3:3-4).

Contre sa volonté, elle accepta à quatorze ans le mariage arrangé par ses parents, avec un certain Jean, qu’elle convainquit de vivre comme elle dans la chasteté.

Marie s’adonna alors à toutes sortes d’austérités : discipline, ceinture de corde, jeûnes, nuits entières dans l’église froide. L’ardeur de sa prière la réchauffait. En travaillant le jour, elle gardait sous les yeux un psautier. Elle savait s’abstenir de parler, mortification qui lui valut d’éviter le Purgatoire. Elle eut le don des larmes.

Elle s’était installée avec son époux dans la léproserie de Willambroux, pour servir les lépreux ; certains guérirent, sur la prière de Marie.

Il est évident que les gens ne manquèrent pas de venir «consulter» une sainte personne comme Marie, qui pria alors son mari de la laisser se retirer dans une cellule à Oignies (1207), où se trouvait une petite communauté de béguines. D’après le Martyrologe, c’est elle-même qui fonda cette communauté.

Parmi ceux qui vinrent la visiter fut Jacques de Vitry, théologien très connu, plus tard cardinal, qui renonça alors à sa chaire de théologie à Paris pour rester auprès d’elle, bénéficier de ses conseils, et surtout recueillir ses visions.

Marie était particulièrement sensible à la Passion du Sauveur et pouvait s’évanouir quand on y faisait allusion ; elle affectionnait la Présence Réelle du Tabernacle et demeurait là durant des heures, parfois brièvement interrompues par son ange gardien pour lui donner un peu de repos, avant de lui faire reprendre son adoration.

Elle eut connaissance d’événements lointains : elle décrivit en détails à un nouveau prêtre ses impressions au moment où il recevait l’ordination à Paris ainsi que les détails de la cérémonie.

Marie acheva sa vie dans une longue et pénible maladie qui, selon ses dires, l’associait à la Passion du Christ. Elle mourut à Oignies le 23 juin 1213.

Le Martyrologe de ce jour lui donne le titre de Sainte.

 

 

Walhère d’Onhaye

† 1199

 

Walhère (Walter, en wallon Vohy) vit le jour à Bouvignes et fut très tôt orphelin de sa mère.

Eduqué et instruit par les chanoines de Leffe, il manifesta sa vocation au sacerdoce et s’y prépara à l’abbaye bénédictine de Waulsort.

Ordonné prêtre, il restera dans le clergé diocésain, pour ne pas laisser seul son père.

En 1163, il était vicaire à Onhaye, et succéda au curé. Il eut alors comme vicaire Fauchon, que certains donnent comme son neveu. 

Vers 1190, il fut curé-doyen de Florennes.

Lors d’un de ces fréquents «frottements» entre clergé et moines de l’époque, il se rendit à Hastières pour y calmer les esprits ; parmi les contendants se retrouvait Fauchon, à qui Walhère jugea utile d’adresser quelques bons conseils pour amender sa conduite.

Sa mission accomplie, Walhère repartit à Florennes par barque, sur la Meuse. Il faisait nuit, le conducteur de la barque lui assena alors un violent coup de rame sur la tête, et jeta son corps dans la Meuse. On n’est pas bien sûr que l’assassin fût un prêtre ou le rameur, ou Fauchon lui-même, comme l’affirme le Martyrologe. Peut-être est-ce lui qui, ensuite, reconnut son crime, qu’il était le seul à connaître.

Le saint corps fut retrouvé le lendemain matin, 23 juin 1199.

Lorsqu’on voulut ramener le corps à Waulsort sur un charriot, les chevaux refusèrent d’avancer. On attela alors deux jeunes genisses, qui se dirigèrent d’elles-mêmes à Onhaye.

Walhère est invoqué, bien sûr, pour les maux de tête et aussi pour le bétail.

Malgré l’absence de documentation officielle sur la canonisation, le Martyrologe parle de saint Walhère, au 23 juin.

 

 

Pietro Giacomo de Pesaro

1445-1496

 

Pietro Giacomo naquit vers 1445 à Pesaro dans une famille qui pourrait être les Gaspari.

Très jeune il entra chez les pères Augustins de sa ville.

Après le noviciat et les études nécesaires, il fut ordonné prêtre, puis continua des études et fut chargé d’assister les plus jeunes dans les leurs.

En 1472, il est maître d’études à Pérouse ; en 1473, lecteur à Florence ; en 1482, maître en Théologie à Rimini et directeur des études.

Après ces années d’enseignement, il partit prêcher, obéissant joyeusement aux ordres des Supérieurs.

Il participa à deux chapitres généraux, à Pérouse en 1482, à Sienne en 1486.

Il recouvrit ensuite la charge de Prieur à Pergola et Corinaldo, et de Provincial à Bologne (1492), mais on lit quelquefois que le Pietro Giacomo de Pesaro qui recouvrit ces charges était un homonyme contemporain du nôtre. Cette hypothèse audacieuse ne fait toutefois pas l’unanimité.

Les années suivantes, il renonça à toute responsabilité pour s’immerger plus complètement dans la vie ascétique et contemplative, à l’ermitage de Valmanente, déjà rendu célèbre par la présence de s. Nicola de Tolentino (v. 10 septembre).

Pietro Giacomo mourut à Valmanente le 23 juin 1496 et son culte fut approuvé en 1848.

 

 

Thomas Garnet

1575-1608

 

Né vers 1575 à Southwark (Londres, Angleterre), il était le fils de Richard, qui avait un poste au Collège Balliol (Oxford), au moment où s’intensifia l’opposition envers les Catholiques, à partir de 1569 ; cet homme se signala pour sa constance à toute cette génération d’élèves qui allaient produire les Edmund Campion, Persons et autres «champions» du Catholicisme.

Thomas fréquenta l’école de Horsham, avant d’être domestique chez un des frères de Philipp Howards (voir au 19 octobre), protestant.

Quand le Collège Anglais ouvrit à Saint-Omer (1592), Thomas y fut envoyé ; en 1595, on le jugea mûr pour le séminaire anglais de Valladolid, où il devait étudier la théologie.

Malheureusement, le bateau fut pris dans une violente tempête en Mer Manche, puis pris en chasse par la flotte royale anglaise. Thomas fut immédiatement arrêté, avec ses compagnons, et conduit à Londres. Là, l’archevêque (anglican) de Canterbury, constatant qu’ils s’encourageaient l’un l’autre, les confia chacun à autant d’autres évêques ou prélats protestants. Tous sauf un, persévérèrent dans leur foi et furent renvoyés dans leur collège d’origine outre-mer. Il semble que Thomas, pour sa part, fut confié à un certain Richard Edes, chez lequel il tomba malade. On le renvoya chez lui, avec l’engagement de retourner à une certaine date à la prison d’Oxford.

Ne voyant venir son gardien, il s’enfuit. Mais il s’éloigna en même temps de la maison de son père. Finalement, il arriva à… Saint-Omer, d’où on l’envoya à Valladolid., en 1596 En réalité, c’était la dixième fois qu’il partait pour cette destination !

Ordonné prêtre en 1599, il repartit en Angleterre où, écrivit-il, il se «promena d’un endroit à un autre» pour reconquérir des âmes à la Vérité.

En 1605, il y eut le complot Gunpowder, et Thomas, qui se cachait sous le nom de Thomas Rokewood, fut arrêté. D’abord en prison à Gatehouse puis à la Tour, on lui imposa les mauvais traitements d’usage, dans le but de lui faire «avouer» des accusations contre le père Garnet, son oncle, supérieur des Jésuites en Angleterre et qui l’avait récemment admis dans la Société.

Bien qu’on n’ait trouvé aucune preuve de quelque participation à quelque complot que ce fût, Thomas resta à la tour pendant sept mois, au terme desquels il fut poussé à bord d’un bateau, avec quarante-six autres prêtres, avec un édit royal daté du 10 juillet 1606, qui les enjoignait de partir pour les Flandres sans espoir de retour, sous peine de mort.

Thomas se rendit derechef à Saint-Omer, puis à Bruxelles pour rencontrer le supérieur local, le père Baldwin, avec lequel il se trouvait durant les péripéties de 1595, et qui l’envoya faire son noviciat à Louvain.

En septembre 1607, il fut envoyé à nouveau en Angleterre, mais fut arrêté six semaines après, par un prêtre apostat. On proposa à Thomas la liberté (et la vie) s’il voulait adhérer au serment d’allégeance, ce qu’il refusa opiniâtrement.

Il souffrit le martyre le 23 juin 1608 à Tyburn (Londres), après avoir affirmé qu’il était l’homme le plus heureux en vie ce jour-là.

Ses reliques, conservées à Saint-Omer, disparurent lors de la Révolution française.

Béatifié en 1929, il fut canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Giuseppe Cafasso

1811-1860

 

Giuseppe (Joseph) vit le jour le 15 janvier 1811 à Castelnuovo d’Asti (Piémont, Italie nord-ouest), dans une famille de paysans profondément chrétiens, troisième des quatre enfants de Giovanni et Orsola Beltramo. Sa plus jeune sœur sera la mère du futur saint Giuseppe Allamano (voir au 16 février).

Après l’école publique, il entra au séminaire de Chieri où, malgré des dispositions peu enclines à l’étude, il fut ordonné prêtre en 1833.

Il fit alors partie du Convitto (Association) ecclésiastique de Turin, où les prêtres approfondissaient leur formation intellectuelle. D’élève, Giuseppe devint professeur et directeur spirituel, finalement directeur.

N’ayant pas la voix forte, étant de petite taille, il souffrait d’une déformation de la colonne vertébrale qui le rendait un peu bossu. On pensait qu’il n’arriverait pas à prêcher, mais il se révéla excellent prédicateur.

Il reçut le jeune don Bosco (voir au 31 janvier) et l’encouragea dans la mission d’aider les jeunes de Turin. Il fut aussi le saint conseiller d’une foule d’autres fondateurs, parmi lesquels Francesco Faà di Bruno (voir au 27 mars), Clemente Marchisio (voir au 16 décembre).

En 1848, il fut nommé curé de la paroisse San Francesco, devenant un confesseur recherché, exhortant ses fidèles à la dévotion au Saint-Sacrement.

On lui suggéra même de se présenter aux élections parlementaires et sa réponse fut nette : Au jour du jugement, le Seigneur me demandera si j’ai été un bon prêtre, pas un député, et détermina tout le clergé piémontais à renoncer à briguer quelque place au parlement.

A Turin en effet, il était désormais très connu, tout particulièrement pour sa présence auprès des prisonniers (et de leurs familles), et auprès des condamnés à mort : il tenait à accompagner ceux-ci jusqu’au bout, pour les embrasser et leur montrer que quelqu’un les aimait et leur donner l’absolution. On le surnomma l’aumônier du gibet. Il travailla beaucoup à l’amélioration des conditions carcérales.

Il mourut à Turin le 23 juin 1860.

Pie XI, qui le proclama bienheureux en 1925, le définit la perle du clergé italien ; Pie XII, qui le canonisa en 1947, le présenta comme un modèle de vie sacerdotale ; il a été proclamé patron céleste des prisonniers et des condamnés à mort.

Santina Cimatti

1861-1945

 

Santina Cimatti naît le 6 juin 1861 à Celle di Faenza (Ravenne, Italie), d’un père fermier et d’une mère tisserande. Naîtront ensuite Luigi et Vincenzo (d’autres enfants de vivront pas).

Santina n’a pas beaucoup de temps pour étudier, devant travailler pour aider la famille.

Une fois que ses deux petits frères sont entrés chez les Salésiens, elle assiste sa mère dans ses vieux jours. C’est alors seulement qu’elle peut entrer chez les Sœurs Hospitalières de la Miséricorde, à Rome. La fondatrice de cet institut était Teresa Orsini Doria.

Santina a alors 28 ans. 

En 1890, elle reçoit le nom de Sœur Maria Raffaella et prononce ses vœux de religion auxquels elle ajoute le vœu ‘d’hospitalité’ propre à sa Congrégation. Elle se dévoue au service des pauvres et des malades, à l’hôpital d’Alatri.

En 1921, elle est supérieure à Frosinone et en 1928 à Alatri. Partout elle fait de l’hôpital un lieu où peuvent s’exercer les vertus naturelles et surnaturelles les plus élevées. 

En 1940 elle renonce à sa charge de supérieure tout en restant à Alatri. Elle consacre une grande partie de son temps à la prière et à l’adoration du Saint-Sacrement ; mais quoique octogénaire, elle continue à se dévouer au service des autres avec une telle sollicitude qu’on l’appelle l’ "Ange des malades". 

A partir de 1943, un mal incurable se déclare.

Au moment de l’avancée des forces alliées de libération, elle intervient avec l’évêque auprès du général Kesserling pour qu’au moins Alatri soit épargnée ; elle obtient gain de cause.

Elle meurt le 23 juin 1945, jour où elle est commémorée au Martyrologe. 

Lors de la béatification, qui a eu lieu le 12 mai 1996 à Rome, Jean Paul II relevait que pour notre époque individualiste et trop souvent égoïste, cette humble religieuse constitue un lumineux exemple de féminité pleinement réalisée dans le don de soi .

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 23:00

 

22 JUIN

 

I.

S Flavius Clemens, cousin de l’empereur Domitien, martyr à Rome.

III.

S Alban, laïc, premier martyr en Grande-Bretagne ; il avait pris l’habit d’un missionnaire poursuivi.

Ss  Iulius et Aaron, martyrs en Angleterre. 

IV.

S Eusèbe de Samosate, martyrisé en recevant sur la tête une grosse brique jetée par une femme arienne, à qui il pardonna avant d’expirer. 

Ss Victor et Hesperius, évêques à Metz.

V.

S Niketas, évêque à Rémésiana, peut-être auteur du Te Deum,  ami de s. Paulin de Nole.

S Paulinus de Nole, né à Bordeaux de famille romaine, baptisé à trente-huit ans, évêque à Nole.

VI.

Ste Consorce, vierge à Cluny, fille présumée d’un évêque en Provence.

VII.

S Domitien, abbé fondateur à Crespin.

Ste Prèce, fille de l’évêque s. Guéric, fondatrice d’un monastère là où est Epinal.

IX.

Ste Rotrude, vierge près de Saint-Omer, confondue parfois avec ste Rictrude, fondatrice de Marchiennes (VII.).

S Jean IV, dit le Scribe, évêque à Naples.

XIII.

B Innocent V, pape (1276), dominicain et auparavant évêque à Lyon, d’esprit conciliateur.

XVI.

S John Fisher, évêque à Rochester et chancelier de l'Université de Cambridge où il invita Érasme ; il refusa de se séparer du pape lors du schisme de Henri VIII et fut décapité.

 

Flavius Clemens

50-96

 

Toutes les histoires des persécutions ou des premiers siècles de l’Eglise mentionnent Flavius Clemens. Particulièrement, deux auteurs païens en parlent nommément et sont d’autant plus intéressants qu’ils ne sont pas suspects de connivence.

Selon Dion Cassius (Histoire Romaine, LXVII,4) :

Domitien fit mourir Flavius Clemens, qui était alors consul, bien que ce personnage fût son cousin et qu’il eût pour femme Flavia Domitilla sa parente. L’accusation d’athéisme fut portée contre eux deux. De ce chef, furent condamnés beaucoup d’autres citoyens qui avaient adopté les coutumes juives : les uns furent mis à mort, les autres virent confisquer leurs biens.

Selon Suétone (Domitien, 15) : 

Domitien tua, sur le plus léger des soupçons, son cousin Flavius Clemens, homme dont on méprisait fort l’inertie. Clemens venait à peine de sortir du consulat.

On devine bien à travers ces phrases un peu vagues, que Domitien n’appréciait pas beaucoup que son parent fût «athée», c’est-à-dire qu’il n’adorât pas les dieux romains.

Le christianisme avait, dès avant la fin du 1er siècle, pénétré dans la famille impériale elle-même. Flavius Clemens était cousin de Domitien, tandis que son épouse, Domitilla, en était la nièce (voir au 7 mai). On peut présumer qu’il reçut même le baptême. La tradition juive parle seulement de «conversion au Dieu unique».

C’est pour ce motif que Domitien, qui haïssait les religions orientales, n’épargna pas même son parent, et le fit mettre à mort, probablement en 96, puisque Clemens fut consul en 95.

Il y a quelques difficultés concernant Clemens et Domitilla : d’un côté il est dit qu’ils eurent deux fils (nommés à leur tour Vespasianus et Domitianus), d’un autre on parle de la vierge Domitilla. Y aurait-il vraiment deux Domitilla ? Les spécialistes ne sont pas d’accord.

En 1725, on découvrit dans l’église Saint Clément à Rome une inscription sur marbre sur laquelle on put lire : Flavius Clemens martyr.

Saint Flavius Clemens est mentionné le 22 juin au Martyrologe.

 

 

Alban

† 287 ou 303

 

Alban habitait Verulamium dans l’île de Britannia ; la ville devint, en anglais, Saint Alban.

C’était un brave artisan qui montra une bienveillante hospitalité envers un clerc chrétien.

Par un heureux échange de bons procédés, ce clerc amena Alban à la foi chrétienne.

A ce moment, le gouverneur païen faisait rechercher le missionnaire ; Alban le tint caché et, pour mieux le protéger, en prit l’habit.

Croyant avoir mis la main sur le Chrétien, les envoyés arrêtèrent Alban et le conduisirent au tribunal, où il fut sommé de sacrifier aux idoles. 

Sur son refus, il fut condamné à mort et exécuté, le 22 juin 303 (ou vers 287, d’après d’autres hypothèses) : Alban reçut ainsi le baptême du sang par son martyre.

Au 5e siècle, on fréquentait déjà le tombeau du Martyr. Venantius Fortunatus (v. 14 décembre) le chanta dans un poème.

Un monastère, érigé sur ce tombeau et relevé au 12e siècle, dura jusqu’en 1540.

 

 

Iulius et Aaron en Angleterre

† 287

 

On sait que ces deux Martyrs moururent après s.Alban (v. ce même 22 juin).

La date de leur martyre reste conjecturale : 287 ou 303.

Le lieu correspond à l’actuelle Caerleon, (Pays de Galles, Angleterre E).

Les récits disent qu’il y eut aussi de très nombreux autres Martyrs dans cette même persécution.

Saints Iulius et Aaron sont commémorés le 22 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eusèbe de Samosate

† 379

 

On ne connaît pas les origines et les débuts d’Eusèbe.

Il fut évêque de Samosate, sur l’Euphrate (auj. Samsat, Turquie S)).

Ayant d’abord fait partie d’un groupe qui avait proposé une formule encore inadéquate, il adopta fermement la foi du concile de Nicée (325) et la défendit avec courage.

En 360, il fit élire s.Mélèce (v. 12 février) sur le siège d’Antioche, contre le désir de l’empereur Constance : ce dernier réclama les Actes de cette élection, pour l’annuler, mais Eusèbe s’y opposa ; l’empereur le menaça de lui trancher la main droite mais, Eusèbe lui ayant tendu les deux poings en avant, Constance n’osa insister.

Désormais, il se déguisait en militaire pour visiter son diocèse.

En 370, Eusèbe appuya l’élection de s.Basile pour le siège de Césarée. Il en ressortit une profonde amitié entre les deux évêques.

En 374, Eusèbe fut exilé en Thrace (Grèce N) par le nouvel empereur Valens. De faux bruits arrivèrent à Rome, on le traita même d’arien et s.Basile intervint pour le défendre.

Una anecdote savoureuse se produisit à Samosate, où avait été nommé un évêque arien à la place d’Eusèbe. Cet évêque, Eunomios, pratiquait la natation dans les bains publics. Mais personne d’autre n’y entrait, par respect, pensait-il. Quand il sortit, les gens qui attendaient exigèrent la vidange complète du bassin, pour ne pas s’immerger dans l’eau souillée par un hérétique !

En 378, à la mort de Valens, Eusèbe put reprendre les rênes de son diocèse, le réorganisant, faisant nommer de bons évêques là où il en manquait. Parvenu à la ville de Dolicha, il reçut sur la tête une brique que lui lança une femme arienne. Il en mourut peu après, suppliant ses assistants de pardonner à cette personne.

C’était en 379.

Saint Eusèbe de Samosate est commémoré le 22 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Niketa de Remesiana

† 414

 

Niketa fut évêque de Remesiana (Dacie, auj. Bela Palanka, Serbie SE) dès 366. 

Lors d’un de ses déplacements à Rome, il fut reçu par s.Paulin de Nole (v. ce même 22 juin), grâce auquel on connaît mieux notre personnage.

On apprend par lui en effet que Niketa réussit à conquérir le cœur de ses fidèles qui, d’abord incultes et voleurs, apprirent à chanter le Christ avec un cœur romain. C’était vraiment une victoire (niki en grec) pour Niketa.

Certains opinent à lui attribuer la composition du Te Deum.

Niketa mourut vers 414 après une cinquantaine d’années d’épiscopat.

Saint Niketa de Remesiana est commémoré le 22 juin dans le Martyrologe Romain.

Innocent V

1276

 

Né à Moûtiers en Savoie en 1225, Pierre fut d’abord chanoine de Tarentaise, d’où son nom habituel de Pierre de Tarentaise, plutôt que son vrai nom de Pierre de Champagny.

Dominicain, il reçoit en 1254 la mission de réorganiser une vieille abbaye bénédictine à Saint-Martin d’Ainay.

Il eut pour maître saint Thomas d’Aquin, auquel il succéda à Paris : cette charge lui valut le titre de Doctor Famosissimus.

Il nous reste de lui des Commentaires sur les quatre livres des Sentences.

Deux fois provincial de son ordre, archevêque de Lyon en 1272, cardinal-évêque d’Ostie en 1273, il se distingua au concile de Lyon de 1274 et prononça l’oraison funèbre de saint Bonaventure qui y mourut.

Succédant à Grégoire X en 1276, il fut couronné en février avec le nom d’Innocent V, et devait mourir cinq mois après. Il était le premier dominicain à avoir occupé le siège de Pierre.

Il aura occupé ce court pontificat à rétablir la paix entre Pierre et Jacques d’Aragon, entre Pise et Lucques, et au sein même du clergé de Viterbe. Il supplia Byzance de réaliser l’union décrétée au concile de Lyon peu auparavant.

Son culte ayant été reconnu en 1894, il est considéré comme Bienheureux, et mentionné au 22 juin dans le Martyrologe.

Il était le cent-quatre-vingt-cinquième pape, et eut pour successeur Adrien V.

 

 

John Fisher

1469-1535

 

John vit le jour en 1469 à Beverley (Yorkshire, Angleterre), fils aîné des quatre enfants de Robert, un marchand, et Agnes, qui étaient catholiques.

A la mort de Robert en 1477, Agnes épousa William White, et mit au monde cinq autres enfants.

John fréquenta le collège de Cambridge dès 1483, et fut bachelier (1487), puis maître ès arts (1491).

Cette année-là, il fut ordonné prêtre, avec dispense papale pour son âge. On le nomma Compagnon dans le Collège, et vicaire à Northallerton (Yorkshire).

En 1494, il devint proctor (censeur) de l’université ; en 1501, il fut docteur en théologie, et deviendrait chancelier en 1504, à trente-cinq ans, l’année où il fut nommé évêque.

Depuis 1502, il fut le confesseur de la mère du roi, Margaret Beaufort, sur laquelle il eut une sage influence ; elle fonda à Cambridge le Christ’s Collège. John contribua beaucoup au développement de l’établissement de Cambridge, en enrichissant la bibliothèque et en y développant les études de latin, de grec et d’hébreu. Il invita Erasme pour y enseigner et se mit lui-même à l’étude de l’hébreu en 1517.

D’Erasme on a retenu ce portrait de John Fisher : Il n’y a pas d’homme plus savant, ni de prélat plus saint.

Fisher fonda de son côté le Saint John’s Collège.

Il fit aussi instituer à Cambridge et Oxford une chaire de théologie, et fut chargé de celle de Cambridge.

En 1504 donc, John fut désigné par le roi pour le siège épiscopal de Rochester. Alludant à son nom de famille (Fisher), John prit pour devise épiscopale : Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. John évita sagement les honneurs et lutta contre tous les abus. Il se lança dans l’arène contre les idées du protestantisme envahissant, soutenu dans un premier temps par le roi lui-même, qui se mérita la distinction de Défenseur de la Foi.

Mais quand Henri voulut légitimer son union avec Anne Boleyn, et donc son divorce avec Catarina d’Aragon, John prit ouvertement parti pour la Vérité et, tel un nouveau Jean-Baptiste, condamna l’attitude du roi.

Il tenta de susciter une invasion de l’Angleterre par l’empereur germain, pour renverser le roi impie.

Mgr Fisher fut arrêté une première fois en 1530, pendant quelques mois. En 1532, il résigna sa charge de chancelier. L’année 1533 fut houleuse. En avril 1534, il fut interné dans la Tour de Londres. On saisit ses biens, ses livres ; on força un petit meuble fermé à clef, où l’on trouva un cilice et des disciplines.

En 1535, le pape créa cardinal l’évêque John Fisher. Le roi s’en indigna et ironisa méchamment : Un chapeau ! Il va le porter sur les épaules !

Le cardinal Fisher fut condamné à mort le 17 juin 1535. On avança la date de son exécution avant le 24 juin, qui aurait été la fête de saint Jean-Baptiste (le patron de John Fisher), pour éviter de susciter l’indignation et la révolte de la population.

Au matin du 22, John s’habilla et lut dans l’Evangile : La vie éternelle consiste à te connaître, toi, seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre, ayant accompli l’œuvre que tu m’as donnée à faire (Jn 17:3).

Le saint prélat fut contraint de rejoindre nu l’endroit de l’exécution, où on le laissa attendre jusqu’au soir.

Le prélat apparut tout décharné, émacié, squelettique. Il récita le Te Deum, puis le psaume 70, et fut décapité, le 22 juin 1535.

Sa tête fut empalée sur le pont de la Tamise. Son corps fut jeté sans autre forme dans une fosse quelconque.

Il a été béatifié en 1886, et canonisé en 1935, en même temps que Thomas More qui, pour cela, est fêté aussi le 22 juin.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 23:00

 

21 JUIN

 

I.

S Terentius, évêque à Iconium et martyr ; il serait ce Tertios qui écrivit sous la dictée de s. Paul l’épître aux Romains. 

? S Cyriaque, martyr en Afrique.

S Ursicène, évêque à Pavie.

III.

S Martin, évêque à Tongres, apôtre en Hesbaye.

IV.

Ste Démétrie, romaine, sœur de ste Bibiane, morte de peur devant le juge.

S Alban (Aubain), martyr à Mayence, patron de Namur.

VI.

S Pélade (Palladius), évêque à Embrun.

VII.

S Meven, moine gallois venu en Armorique, fondateur d'une abbaye à Gaël. 

VIII.

S Engelmond, anglo-saxon, compagnon de s. Willibrord en Frise.

S Leufroy, abbé fondateur à La Croix-Saint-Ouen.

IX.

S Raoul, évêque à Bourges, le premier qui eut le titre de patriarche des Aquitaines et des Narbonnaises ; il encouragea la communion quotidienne. 

XII.

S Raymond, chanoine à Toulouse, évêque à Barbastro après la reconquête sur les Arabes. 

XIV.

B Tommaso Cursini de Orvieto, des Servites de Marie, mystique.

XVI.

S Luigi Gonzaga, page de plusieurs cours, jésuite à Rome ;  il contracta la peste après avoir porté un malade trouvé dans la rue et mourut à vingt-trois ans ; patron de la jeunesse chrétienne.

XVII.

S John Rigby, laïc anglais martyr ; en s’entendant condamner à mort, il dit : “Je n’ai pas eu de meilleure nouvelle depuis ma naissance”, et à son bourreau : “Je te pardonne de bon cœur”; pendu, il fut éviscéré encore vivant.

XVIII.

B Jacques Morelle-Dupas, vicaire en Charente, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

S José Isabel Flores Varela (1866-1927), prêtre mexicain martyr, dénoncé par un camarade et égorgé ; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

Terentius (Tertios)

1er siècle

 

Ce personnage pourrait bien être le Tertios qui rédigea la lettre aux Romains de saint Paul : 

Moi, Tertios, qui ai écrit cette lettre, je vous salue dans le Seigneur (Ro 16:22).

Les ménées grecs en font un successeur de saint Sosipater, évêque à Iconium (voir au 28 avril), où il serait mort martyr.

Le nom même, grec, de Tertios serait ensuite devenu Terentius en latin.

Saint Terentius-Tertios était autrefois mentionné le 21 juin au Martyrologe.

 

 

Meven de Gaël

540-617

 

Meven (Mewen, Meen) était natif du Pays de Galles.

Il est difficile d’avoir des informations certaines sur lui.

Il aurait été à l’école de s.Samson (v.28 juillet), que d’aucuns supposaient être l’oncle de Meven ; il lui enseigna la voie de la vie monastique, d’abord en Cornouaille puis en Armorique, à Dol, où il resta après la mort de Samson.

Un riche seigneur nommé Caduon; conquis par sa parole évangélique, lui offrit des terrains pour y construire un monastère. Avec la permission de l’abbé de Dol, Meven partit avec quelques compagnons.

Vers 600, le monastère s’éleva à l’endroit qui serait aujourd’hui Saint-Jean-de-Gaël, car le monastère fut dédié à s.Jean-Baptiste (v. 24 juin et 29 août) ; la sainteté de cette nouvelle communauté fit que l’abbaye fut florissante et devint un village, qui prit plus tard le nom de Saint-Méen.

Meven fit le pèlerinage à Rome et s’arrêta en divers endroits, guérissant par-ci, faisant jaillir une source par-là. 

Il aurait aussi fondé le monastère de Monopalm près d’Angers, résidant alternativement là et à Gaël.

C’est à Gaël qu’il mourut, le 21 juin 617.

Le monastère, plusieurs fois détruit, reconstruit, devint une abbaye bénédictine, plus tard un couvent de lazaristes ; les bâtiments furent évidemment confisqués en 1790 ; au 19e siècle il s’y fonda un petit séminaire et, au 20e, l’église servit d’église paroissiale.

Saint  Meven est commémoré le 21 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Leufroy d’Evreux

650-738

 

Leutfridus, en français Leufroy, né vers 650, était fils d’une famille d’Evreux, où il étudia, ainsi qu’à Chartres.

Rentré chez lui, il enseigna à des jeunes.

Un jour, il offrit un grand repas aux siens et, de nuit, quitta la maison pour se retirer dans une vie de prière et de contemplation.

Après plusieurs haltes, il s’arrêta auprès d’un célèbre solitaire, s.Sidonius (qu’on a traduit s.Saëns, v. 15 novembre), qui lui remit l’habit religieux. 

Leufroy se lia d’amitié avec l’évêque de Rouen, Ansbert (v. 9 février).

Revenu dans sa région, Leufroy s’arrêta au pays de Madrie, où il fonda un monastère, vers 690. Au même endroit, s.Ouen (v. 24 août) avait planté une croix, c’est pourquoi le monastère s’appela Croix-Saint-Ouen, plus tard Croix-Saint-Leufroy.

Leufroy fut abbé de son monastère pendant quarante-huit ans, nous dit la tradition. C’est de cette indication qu’on a déduit, approximativement, la date probable de sa naissance.

Saint Leufroy est commémoré le 21 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Raoul de Bourges

810-866

 

Raoul (en latin Radulphus, d’où aussi Rodolphe) était le fils de Raoul, comte de Cahors, et d’Aiga. Il avait une sœur nommée Immenana. Il naquit vers 810.

Tôt offert par ses parents comme oblat (823), Raoul reçut sa formation d’un certain Bertrand, peut-être l’abbé de Solignac.

Raoul fut, selon certains indices, moine (abbé ?) d’un monastère à Soissons.

En 841, il fut élevé sur le siège épiscopal de Bourges, devenant le quarante-septième évêque de cette ville.

Comme tel, il signa les actes de plusieurs conciles : Meaux (845), Savonnières (859), Tuzey (860), Pîtres (862 et 864).

Il fut le premier évêque de Bourges à être appelé par le pape patriarche des Aquitaines et des Narbonnaises.

Dans une Instruction pastorale qui traite de beaucoup de sujets concernant la pastorale, on y voit son encouragement à la communion quotidienne pour les fidèles.

Il s’occupa intensément de la vie monastique, fondant les abbayes de Dèvres, Beaulieu-sur-Dordogne, Végennes, Sarrazac (où fut abbesse sa sœur Immenana).

Il mourut le 21 juin 866.

L’abbaye fut pillée par les Huguenots, et détruite par les révolutionnaires. L’abbatiale resta église paroissiale.

Saint Raoul de Bourges est commémoré le 21 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Raimundo Guillermo de Barbastro

† 1126

 

On l’a dit originaire de Durban (Gers) ou d’Orban (Tarn), sans parler de sa famille. Faut-il l’appeler Raimundo ? Les Espagnols l’appellent Ramón.

Après avoir goûté au métier des armes, il entra au monastère augustinien Saint-Antoine de Frédoles, puis fut admis au chapitre de Saint-Sernin à Toulouse, dont il devint prieur en 1101.

En 1104, Raimundo fut appelé par le roi d’Aragon Pedro Ier pour le siège épiscopal de Barbastro, une ville du nord de l’Espagne récemment reprise aux Maures. Pour enseigner le peuple, le nouvel évêque s’efforça de réorganiser la vie ecclésiale, de construire des églises et d’en embellir les murs avec des fresques, dont beaucoup subsistent encore, par exemple à Alaón et Tahull.

A Barbastro était unie la ville de Roda avec son évêché. L’évêque portait le double titre de Barbastro et Roda. Or, comme l’évêque voisin d’Urgel ambitionnait d’annexer le diocèse de Roda au sien, Raimundo dut plaider sa cause à Rome, appuyé par l’archevêque de Barcelone, et obtint gain de cause.

Ensuite, après la prise de Lérida sur les Maures, cette ville fut à son tour l’objet de la rivalité entre l’évêque de Huesca et celui de Barbastro-Roda. Cette fois-ci, malgré la sentence de Rome, l’évêque de Huesca prit les armes et expulsa Raimundo de Barbastro, l’obligeant à se rabattre à Roda (1118). Il ne put jamais revenir à son siège principal de Barbastro.

Il continua cependant à administrer celui de Roda, conservant un style de vie austère, portant toujours le cilice. Il eut une attitude pleine de charité envers ses «ennemis», refusant d’utiliser les armes, pardonnant et priant.

Il accompagna le roi d’Aragon, Alfonso Ier dans son expédition contre les Maures à Málaga. De retour, il tomba malade et mourut le 21 juin 1126.

Les miracles qui eurent lieu à son tombeau, aboutirent à sa canonisation dès 1136.

 

 

Tommaso Cursini d’Orvieto

1290-1343

 

Tommaso vit le jour vers 1290 à Orvieto (Ombrie, Italie C), dans la noble famille Cursini. On a récemment corrigé l’orthographe de cette famille, bien connue dans cette ville, alors que les Corsini ne s’y trouvaient pas.

L’éducation que reçut Tommaso dans sa famille était très chrétienne. Parvenu à l’âge adulte, il pensa s’orienter vers la vie religieuse mais, n’en étant pas certain, se tourna intensément vers la Mère de Dieu. Marie lui apparut en songe par trois fois, l’invitant à rejoindre les Servites de Marie, présents à Orvieto.

Sans plus tarder, il se présenta au Prieur, lui demandant d’être simple convers. Le chapitre l’accepta à l’unanimité.

Humblement, Tommaso repoussa toujours les propositions qu’on lui fit d’accéder au sacerdoce. Il fut très heureux d’être chargé de faire la quête, une charge où l’on est toujours exposé aux sourires ou aux moqueries de la rue. Les habitants d’Orvieto et des environs le virent donc pendant très longtemps arpenter les ruelles et demander quelque chose pour les Pauvres du Christ.

Il portait toujours le cilice sous son habit ; quel que fût l’accueil qu’on lui réservait, il restait toujours souriant et patient, trouvant toujours une bonne parole pour consoler une âme triste, pour encourager, pour susciter la conversion.

Revenu au couvent, il passait son temps libre dans la méditation ou aussi dans une petite grotte isolée au fond du jardin, où il passait même parfois toute la nuit en contemplation. La grotte existe toujours.

Le pieux Frère consolateur, si connu des habitants, devint bientôt leur intercesseur dans toutes leurs nécessités ; des miracles, nombreux, se vérifièrent, dûment constatés et scrupuleusement consignés. Un des plus célèbres fut celui des figues fraîches trouvées en plein hiver dans le jardin, et que Tommaso porta à une femme enceinte qui en avait manifesté le fervent désir. Depuis, on l’appela Tommaso du figuier ; l’arbre fut en vie jusques vers 1810, quand les couvents furent supprimés par ordre impérial de Napoléon.

Quand le Frère Tommaso fut vaincu par la fatigue et la faiblesse, il se coucha. Il s’endormit dans le Seigneur le 21 juin 1343 (le onzième jour des calendes de juillet, donc pas le 23 juin comme on le trouve parfois).

Les miracles se multiplièrent aussi après la mort de Tommaso. Un des plus célèbres fut la libération miraculeuse d’un condamné à mort ; libéré une première fois miraculeusement, arrêté et condamné de nouveau, il promit de se convertir vraiment et, de nouveau libéré par une intervention céleste, eut désormais une vie honnête.

Tommaso fut bientôt honoré du titre de Bienheureux. Ce culte populaire fut approuvé en 1768.

Luigi Gonzaga

1568-1591

 

Ferrante Gonzaga et Marta de Tana Santena, issus de très illustres familles et profondément chrétiens eurent deux fils : Luigi et Rodolfo.

Luigi naquit près de Mantoue, au château de Castiglione le 9 mars 1568, et fut d’abord ondoyé - car la naissance avait été difficile - avant son baptême solennel le 20 avril.

De parents si pieux, Luigi reçut très tôt les plus belles qualités, d’abord de la piété, et ensuite de la lutte contre ses mauvais penchants : la colère, l’impatience, le mécontentement intérieur.

Le père le destinait à la carrière militaire, et lui avait fait faire un costume de soldat adapté à ses quatre ans ; Luigi fit un jour partir un coup d’une petite pièce de canon, dont le recul faillit le tuer ; son contact avec les soldats commençait à lui en apprendre aussi les façons et le jargon, mais il s’en repentit bientôt avec une honte extrême.

Envoyé à la cour de Florence, Luigi étudie le latin et le toscan. C’est à cette époque (vers 1578) que Luigi fait le vœu de chasteté perpétuelle : il n’a que dix ans.

De retour à Mantoue, il apprend à connaître la nouvelle Compagnie de Jésus, qu’on appellera les Jésuites. De passage par là, le cardinal Borromeo lui fait faire sa Première communion.

Sa culture lui permet de lire les Latins, surtout Sénèque. Il s’impose de très dures mortifications : chaînes à chien, molettes d’éperon, veilles nocturnes…

En 1581, son père étant grand-chambellan du roi d’Espagne, Luigi se trouve à la cour de Madrid comme page du prince héritier Diego. Il renonce aux leçons d’escrime et de danse que veut lui imposer son père.

Désirant par-dessus tout entrer dans la vie religieuse, il opte pour les Jésuites, surtout parce que dans cet ordre, il ne serait jamais chargé de quelque honneur ecclésiastique. Son père pourtant, mécontent de ce choix, lui fait visiter les cours et rencontrer des évêques pour tenter de le dissuader, mais en vain.

En 1585, il renonce à ses droits en faveur de son jeune frère, et se rend à Rome. Son père meurt alors, très chrétiennement, regrettant d’avoir trop longtemps mis d’opposition à la vocation de son fils.

Il prononce ses premiers vœux religieux en 1587, reçoit les ordres mineurs en 1588.

Durant la peste de 1590-1591 à Rome, il se dévoue dans le soin des malades ; en ayant trouvé un en chemin, il le charge sur ses épaules et contracte la maladie. Une extase lui annonce qu’il mourra au jour octave de la Fête-Dieu, donc le 20 juin.

Ce jour-là, il allait tellement mieux, qu’il ne put qu’avec peine obtenir le viatique. Il meurt vers minuit de ce 20 juin 1591 : il a vingt-trois ans.

La plupart de ses reliques sont dans l’église saint Ignace de Rome.

Luigi Gonzaga fut béatifié en 1605, canonisé en 1726, et plusieurs fois proclamé Patron de la Jeunesse. L’Église le fête le 21 juin, jour où il est mentionné au Martyrologe.

Si le prénom Luigi est devenu Louis en français, son nom Gonzaga a aussi été repris pour le prénom Gonzague.

 

 

John Rigby

1570-1600

 

Laïc né vers 1570 à Harrocks Hall (Lancashire, Angleterre), il était le cinquième ou le sixième fils de Nicholas et Mary Breres de Preston.

S’étant trouvé au service de la fille (malade) de Edmund Huddleston, quand celle-ci fut accusée d’avoir renié la foi protestante, John fut contraint de reconnaître lui-même qu’il était catholique et fut enfermé à Newgate, le 13 février 1599 (ou 1600).

Le jour suivant, il signa une déclaration dans laquelle il reconnaissait avoir retrouvé la foi catholique grâce au Martyr John Jones (voir au 12 juillet), deux ou trois ans plus tôt, mais avait cessé de fréquenter l’église.

Il fut renvoyé à Newgate, jusqu’au 19 février, puis au White Lion. Le mercredi 4 mars suivant, on le traîna au tribunal où il put privément faire une déclaration de «conformité» (c’est-à-dire de reconnaissance de la religion «officielle»), et l’on déclara le lendemain qu’il s’était rendu. Mais on le laissa en prison.

Le 19 juin, de nouveau en face des juges, il nia toute allégeance et fut donc condamné. Sur le chemin vers la potence, un certain Captain Whitlock s’approcha et lui demanda s’il était marié, et il répondit : Je suis célibataire, et en plus, je suis vierge. Le capitaine lui demanda alors de prier pour lui.

Il fut martyrisé le 21 juin 1600 à St. Thomas Waterings (Londres), au même endroit où avait été exécuté s.John Jones deux ans plus tôt..

Ils furent tous deux béatifiés en 1929 et canonisés en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Jacques Morelle-Dupas

1754-1795

 

Une des victimes des pontons de La Rochelle.

L’abbé Morelle-Dupas était né à Ruffec (Charente), le 10 novembre 1754.

Prêtre, il appartenait au diocèse de Poitiers et exerçait justement à Ruffec.

Ayant refusé de prêter le serment à la Constitution civile du Clergé, il fut pris dans la rafle générale des prêtres réfractaires et condamné à l’exil en Guyane.

Les bateaux ne quittèrent cependant pas La Rochelle et les prêtres furent entassés dans des conditions humaines indescriptibles à bord de navires négriers, où même des médecins furent horrifiés par ce qu’ils y virent lors d’une inspection.

L’abbé Morelle-Dupas mourut à bord du Deux Associés, le 21 juin 1794.

Il fait partie des Martyrs de la Révolution, béatifiés en 1995.

 

 

José Isabel Flores Varela

1866-1927

 

José Isabel était né à Santa Maria de la Paz, dans la paroisse de Saint-Jean-Baptiste de El Teúl de González Ortega (près Zacatecas, archidiocèse de Guadalajara, Mexique) le 28 novembre 1866. Ses parents étaient Vidal Flores et Sixta Varela.

Baptisé le lendemain-même, il reçut la Confirmation en 1868.

On sait peu de choses de son enfance. Il entra au séminaire de Guadalajara en 1887, où il fut parmi les meilleurs élèves.

En 1889, il fit partie de la Congrégation de la Très Pure Immaculée Conception et de Saint Luigi Gonzaga.

En 1894 il reçut les ordres mineurs, en 1895 le sous-diaconat, en 1896 le diaconat et la prêtrise. Il célébra sa première Messe le jour de l’Assomption, 15 août 1896.

Prêtre, il fut d’abord nommé à Tonalá, et résidait près la Chapelle du Sacré-Cœur. Dès novembre, il fut nommé chapelain à Matatlán, sur la paroisse de Zapotlanejo. Pendant vingt-six années il se montra pour tous le bon prêtre ouvert à tous, oublieux de soi-même, pauvre, plein de piété et de sagesse.

Le Père José Isabel se donna totalement à l’apostolat : il fonda l’Apostolat de la Prière et une Association des Filles de Marie, organisa la catéchèse pour les enfants et les adultes ; il visitait les malades et donnait les Sacrements. Il dota l’église de cloches, édifia un bel autel et érigea une grande statue du Sacré-Cœur, à qui l’église était dédiée.

Une grave infection à la mâchoire lui défigura la figure, ce qui l’obligea à porter la barbe et lui donna un air très respectable.

Durant la persécution, tandis que certains évêques et certains prêtres se regroupaient dans les villes, il préféra avec d’autres rester au milieu de son troupeau. Il fut dénoncé par un ancien séminariste, un camarade qu’il avait d’ailleurs protégé ; le chef tyrannique de Zapotlanejo, profondément anticlérical, le fit arrêter le 13 juin 1927, au moment où le père José Isabel se rendait vers une ferme pour y célébrer l’Eucharistie.

Fait prisonnier par un détachement de soixante-dix soldats, il fut contraint de descendre de sa monture et de marcher longtemps, sans égards pour ses soixante ans. Enfermé dans un endroit infect, il fut ligoté et maltraité. Le chef se moquait de lui et, en lui faisant entendre de la musique, il ajoutait : “Écoute cette belle musique ; si tu me dis que tu appliqueras les lois, je te mets en liberté.” Très calmement, le père José Isabel lui répondit : “Moi, je vais écouter au ciel une musique bien plus belle.”

Le père José Isabel appliquait le mot qu’il avait maintes fois exprimé : “Plutôt mourir que trahir Dieu.”

Inutilement, les paroissiens tentèrent d’obtenir la libération de leur curé. 

Au petit matin du 21 juin, quatre sous-officiers le conduisirent au cimetière de Zapotlanejo. On passa une corde à une branche d’arbre et autour de son cou, et on commença à le monter et à le redescendre. Pour augmenter la torture, on le suspendait jusqu’à la quasi-asphyxie ; cela recommença trois ou quatre fois, puis ils prirent leurs armes. 

Le bon prêtre leur dit : “Ce n’est pas comme ça que vous allez me tuer, mes enfants. Je vais vous dire comment il faut faire. Mais auparavant, je veux vous dire que, si l’un de vous a reçu de moi un sacrement, il ne doit pas se tacher les mains. Alors un des soldats, reconnaissant le prêtre qui l’avait baptisé, s’écria : “Lui, c’est mon parrain ; c’est lui qui m’a baptisé ; je n’y mets pas les mains”. Furieux, le chef du peloton abattit le soldat. Ensuite, mystérieusement, les soldats ne réussirent pas à faire feu sur le Père José Isabel, de sorte que l’un des assassins sortit un grand couteau et égorgea le courageux martyr. 

C’était au matin du 21 juin 1927.

Les agents fédéraux mirent le feu à toutes les statues, et, avec beaucoup d’efforts, réussirent à renverser la statue du Sacré-Cœur. La population alors se révolta et sombra dans une profonde tristesse.

Le père José Flores est l’un des vingt-cinq Martyrs mexicains béatifiés en 1992 et canonisés en 2000. Ces vingt-cinq Martyrs ont leur fête commune le 21 mai. 

Le bienheureux José Flores est mentionné au 21 juin dans le Martyrologe, le même jour que saint Luigi Gonzaga qu’il vénérait tant.

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Published by samuelephrem - dans 06-juin
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