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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 23:00

 

31 JUILLET

 

II.        

S Calimerus, évêque à Milan et martyr.

III.        

S Firmus, évêque à Thagaste ; son ferme refus de trahir et de mentir lui obtint la grâce de celui qu'il cachait chez lui.

?        

SS Democritus, Secundus et Dionysios, martyrs à Synnade de Phrygie.

S Tertullinus, martyr à Rome.

IV.        

S Fabius, soldat martyr à Césarée de Mauritanie.

S Pierre Chrysologue, évêque à Ravenne, où il combattit les saturnales, et Docteur de l'Eglise ; son surnom lui vient de son éloquence ; il est fêté le 30 juillet.

V.        

S Germain, évêque à Auxerre ; grand ascète, il devint comme le frère de son épouse ; ardent opposant des pélagiens en Angleterre, il mourut à Ravenne.

VI.        

S Pierre II, évêque à Ravenne ; il reçut du roi l'ordre de faire reconstruire les synagogues que ses diocésains indisciplinés avaient incendiées.

S Gonselin (Ansolin), évêque à Metz.

S Hymetiére, moine de Condat et fondateur d'un monastère.

IX.        

S Eudocime, à Constantinople, défenseur des saintes images, mort à trente-trois ans.

S Néot, moine à Glastonbury.

XII.        

Ste Elin, veuve suédoise martyre, c'est-à-dire assassinée, vénérée même après la Réforme, à cause d'une eau miraculeuse. 

XIV.        

B Giovanni Colombini, riche drapier siennois et père de deux enfants, ensuite fondateur des Jésuates, à la vie très dépouillée.

XVI.        

S Iñigo de Oñaz de Loyola, soldat espagnol converti à la suite d'une blessure de guerre et fondateur des Jésuites ; ses premiers compagnons furent Pierre Favre, Lainez, Salmeron, Pantxoa Xabier ; il est patron de tous les excercices spirituels.

B Everard Hanse, prêtre anglais martyr à Tyburn.

XVII.    

B Nicolaus Keian Fukunaga, jésuite japonais martyr, béatifié en 2008.

XVIII.    

B Jean-François Jarrige de la Morelie du Breuil, chanoine en Haute-Vienne, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.        

SS Phêrô Đoàn Công Quý, prêtre, et Emmanuel Lê Van Phung, catéchiste, martyrs en Cochinchine, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

S Giustino De Jacobis, évêque à Nilopolis ; il dut partir et mourut dans le désert, épuisé.

XX.        

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

        - béatifiés en 2001 :

Franciscains Conventuels : Dioniso Vicente Ramos (*1871), prêtre, et Francisco Remón Jatíva (*1890), profès, près de Barcelone ;

Salésiens: Jaume Buch Canals (*1889), profès, près de Valencia ;

        - béatifiés en 2007 :

Carmes Déchaux : Pedro Jiménez Vallejo (Pedro José des Sacrés-Cœurs, *1861), José Grijalvo Medel (Ramón de N.Dame du Carmel, *1896), Nazario Del Valle González (N. du Sacré-Cœur, *1901), prêtres ; Luis Gómez de Pablo (Félix de N.Dame du Carmel, *1912), José Luis Collado Oliver (Plácido de l'Enfant-Jésus, *1912), Melchor Martín Monge (M. de l'Enfant-Jésus, *1914), clercs ; Daniel Mora Nine (D. de la Passion, *1908), profès, près de Tolède ; 

Trinitaires : Prudencio Gueréquiz y Guezuraga (P. de la Croix, *1883) et Segundo García Cabezas (S. de Sainte-Thérèse, *1891), prêtres, près de Jaén ; 

Carmélites Missionnaires : Teresa Subirá Sanjaume (Esperanza de la Croix, *1875), María Roqueta Serra (M. Refuge de Saint-Ange, *1878), Francisca Pons Sardá (Gabriela de Saint-Jean-de-la-Croix, *1880), Vicenta Achurra Gogenola (Daniela de Saint-Barnabé, *1890), près de Barcelone ;

        - béatifiés en 2013 : 

Capucins : Miguel Francisco González-Díez González-Núñez (Andrés, *1883), prêtre, près de Madrid ; 

Rédemptoristes : Ciriaco Olarte Pérez de Mendiguren (1893) et Miguel Goñi Áriz (*1902), prêtres, à Cuenca ;

Lasalliens : Bernabé Núñez Alonso (Alfeo Bernabé, *1902) et Alejandro Arraya Caballero (Alejandro Antonio, *1908), à Tarragona.

 Bx Michał Oziębłowski (1900-1942), prêtre mort héroïquement à Dachau, et Franciszek Stryjas (1882-1944), père de famille, martyrs polonais, béatifiés en 1999.

 Bse Cecília Zdenka Schelingová (1916-1955), dixième de onze enfants, slovaque, des Religieuses de la Sainte-Croix ; infirmière, elle organisa la fuite d'un prêtre hospitalisé à la suite de tortures ; béatifiée en 2003.

XX.

B Marcel Denis (1919-1961), prêtre français des Missions Etrangères de Paris, martyr au Laos, béatifié en 2016.

 

Iñigo de Oñaz de Loyola

1491-1556

 

Ce grand Saint, qu’on nomme habituellement par son nom francisé, Ignace de Loyola, eut une vie vraiment hors du commun. C’est pour en faire ressortir des éléments vraiment peu ordinaires qu’on a résumé ici une Autobiographie, publiée par un de ses plus proches amis à partir des confidences qu’il lui livra.

Loyola est la localité de sa naissance près du château d’Aspeitia, probablement le 23 octobre 1491, dans le pays basque espagnol.

Il était le huitième et dernier enfant d’une famille chrétienne. La jeunesse passa dans une joyeuse légèreté. En 1507, il fut orphelin de père et fut admis comme page à la cour du Contador Mayor Juan Velasquez de Cuellar, trésorier général de la Couronne de Castille, dans la bourgade d'Arevalo.

En 1515, notre jeune chevalier âgé de vingt-quatre ans, connut un petit malheur - un incident, une bêtise…- qui le fit comparaître devant un tribunal, à Pampe

Calimerus de Milan

† 2e ou 3e siècle

 

Calimerus aurait été originaire de Grèce, formé à Rome, converti par les ss.Faustinus et Iovita (v. 15 février). Ou aussi il aurait commencé une carrière militaire avant sa conversion.

S’il est vrai qu’il ait connu la persécution d’Adrien, il aurait vécu au 2e siècle. Mais comme on a proposé qu’il fut évêque vers 270, la conjecture précédente pourrait être discutée.

Calimerus est considéré comme un pourfendeur acharné du paganisme, au point que l’empereur (Adrien ?), irrité des contacts de Calimero jusque dans le palais impérial, le fit assassiner d’un coup de lance dans la tête, puis jeter au fond d’un puits.

Calimerus aurait ainsi été le quatrième évêque de Milan.

Selon la théorie acceptée ou rejetée, Calimerus aurait eu une cinquantaine ou une dizaine d’années d’épiscopat, et serait mort vers 192 ou 280.

Saint Calimerus de Milan est commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Democritus, Secundus et Dionysios de Synnade

† 2e siècle

 

Les trois Martyrs Democritus, Secundus et Dionysios reçurent la palme du martyre au 2e siècle à Synnade (Phrygie, act. Şuhut, Turquie O).

On ne sait rien en dire d’autre.

Saints Democritus, Secundus et Dionysios de Synnade sont commémorés le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tertullinus de Rome

† 255

 

On sait avec certitude que Tertullinus fut un martyr romain.

L’ancien Martyrologe le situait sous l’empereur Valerianus (253-260), l’actuel au quatrième siècle.

Selon l’ancienne version, Tertullinus était l’intendant d’Olympius ; quoique encore non baptisé, il ensevelit pieusement des Martyrs ; le pape Etienne (v. 2 août) l’apprit, l’appela, lui enseigna la Vérité ; à peine baptisé, Tertullinus fut ordonné prêtre. Deux jours après il fut arrêté.

La tradition raconte que Tertullinus fut d’abord meurtri à coups de bâtons, puis eut les flancs brûlés, le visage meurtri, fut étendu sur le chevalet et déchiré à coups de nerfs de bœuf, enfin décapité.

Saint Tertullinus de Rome est commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fabius de Maurétanie

† 303

 

Fabius (Fabio en italien) était originaire de Cartenna (auj. Mostaganem, Algérie).

Il était chrétien, et soldat en garnison à Césarée de Maurétanie (auj. Cherchell, Algérie). Il ne faut pas confondre la Maurétanie, ancienne province romaine à l’extrême nord de l’Afrique, et la Mauritanie, l’actuel pays au sud du Maroc. 

Lors d’une festivité, on lui demanda de participer à un cortège, auquel il se jugea en conscience non autorisé à prendre part, en raison de sa foi chrétienne.

Mis en prison pendant quelques jours, il fut soumis par deux fois à un interrogatoire, durant lequel on l’invitait à apostasier, avec des promesses de promotion ; mais Fabius préférait l’unique promotion chrétienne : rejoindre le Christ en versant son sang pour Lui.

Durement torturé, il fut décapité, le 31 juillet 303 ou 304.

Le gouverneur, pour empêcher les Chrétiens d’ensevelir le Martyr, fit jeter à la mer le corps et le chef de Fabius, mais les flots les ramenèrent sur le rivage. Une version sans doute peu authentique raconte que le corps fut dépecé en petits morceaux, jetés à la mer, et que miraculeusement tous ces morceaux se réunirent pour venir aboutir à Cartenna, la ville d’origine de Fabius.

Saint Fabius de Maurétanie est commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Germanus d’Auxerre

380-448

 

Germanus était de famille distinguée et naquit à Appoigny (Auxerre, Yonne), vers 380. Ses parents s’appelaient Rusticus et Germanilla.

Après ses études en Gaule et à Rome, il fut orateur puis reçut un poste de haut fonctionnaire en Gaule : il était gouverneur à la tête de plusieurs provinces, de l’Aquitaine à la Sénonoise.

Il épousa une certaine Eustachia et s’établit à Auxerre, tout en voyageant beaucoup.

Il est amusant de lire que l’évêque d’Auxerre, s.Amator (v. 1er mai), n’aimait pas beaucoup l’habitude qu’avait Germanus, après ses parties de chasse, d’exhiber les têtes de ses prises en les accrochant à un arbre. L’évêque y voyait une sorte d’idolâtrie, et finit par faire abattre l’arbre en l’absence de Germanus, lequel, à son retour le menaça de mort…

Mais Amator eut une révélation : il revint à Auxerre, rencontra Germanus qu’il amena au Christ et qu’il introduisit dans le clergé. Amator prédit à Germanus qu’il serait son successeur, au grand désarroi de Germanus.

En 418, mourut s.Amator. Un peu comme pour s.Ambroise (v. 7 décembre), on appela unanimement Germanus à succéder à Amator. A contre-cœur, il devint ainsi le sixième évêque d’Auxerre.

Son épouse devint pour lui une sœur. Lui-même vendit tous ses biens et distribua ses richesses aux pauvres ; son ordinaire se constitua désormais d’un pain d’orge qu’il fabriquait lui-même et de quelques légumes sans sel, encore jeûnait-il la moitié du temps ; un peu de vin à Pâques et à Noël. Qu’on juge de la richesse de son vêtement : le simple habit monastique des bénédictins, avec aussi un cilice pour «adoucir» cet habit.

C’est pendant cet épiscopat que séjourna à Auxerre s.Patrice (v. 17 mars).

Du vivant de Germain, des miracles s’accomplirent à sa prière, des guérisons, des délivrances de possédés.

Le zèle et la sainteté de cet évêque-moine le signalèrent opportunément au pape Célestin (v. 27 juillet) et aux évêques de Gaule pour l’envoyer en «Bretagne» (Angleterre), où les évêques locaux avaient besoin d’un «docteur» éloquent pour convaincre d’erreur une foule de partisans du pélagianisme. 

Il parti en 429 avec Lupus de Troyes (v. 29 juillet). A Lutèce, il rencontra une petite fille de dix ans, la future sainte Geneviève (v. 3 janvier). Durant la traversée de la Manche, il calma une tempête déchaînée.

Il n’eut pas de peine à démontrer leur erreur aux pélagianistes, surtout en rendant la vue à une petite fille, que les hérétiques n’avaient pas réussi à guérir. 

Germain ne faisait pas que prêcher : il donna des conseils fort inspirés pour résister à une invasion de Saxons et Pictes, qui s’enfuirent rapidement quand l’armée anglaise se mit à hurler Alleluia !

A son retour, Germain intervint auprès du préfet Auxiliaris, pour obtenir la suppression des impôts exagérés du peuple. Il obtint facilement gain de cause, en guérissant l’épouse du même Auxiliaris.

Vers 445, Germain refit un voyage en Angleterre, cette fois-ci avec s.Severus de Trèves (v. 15 octobre). Il put éliminer les quelques fauteurs d’hérésie qui persévéraient dans l’erreur : ils furent simplement exilés.

Revenu en Gaule, Germain devint diplomate : il intervint en Armorique, où le représentant impérial (Aetius) demandait à un terrible Goar (ou Eocharich) de mâter une rébellion locale. Germain s’approcha de Goar, saisit la bride du cheval, qui s’arrêta net, obligeant Goar à rebrousser chemin.

Germain voulut aller plaider la cause de l’Armorique auprès d’Aetius, qui se trouvait alors à Ravenne. Là, s.Pierre Chrysologue (v. 4 juillet) l’attendait avec tous les honneurs ; Germain y opéra une résurrection.

Il fut cependant averti intérieurement que sa dernière heure arrivait, et mourut le 31 juillet, toujours  à Ravenne.

Son corps fut transporté à Auxerre au milieu de nombreuses manifestations d’honneur, de reconnaissance, de prières et de chants ; des miracles eurent lieu, particulièrement des guérisons de possédés. La procession arriva à Auxerre en octobre.

En 1567, les Huguenots profanèrent les reliques de s.Germain, mais elles furent partiellement retrouvées. 

Plus de cent-vingt localités françaises portent le nom de s.Germain, sans compter les lieux de culte.

Saint Germain d’Auxerre est commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

Elin de Skövde

12e siècle

 

Elin (Hélène) était de la noblesse suédoise, fille de Jarl Guthorm, née vers 1101 à Västergötland.

De son mariage, elle eut beaucoup d’enfants.

Veuve, elle vécut pieusement, aidant l’Eglise de ses dons. Les églises de Våmb et de Skövde (diocèse de Skara) auraient été construites grâce à ses largesses. C’est à Våmb qu’elle avait sa propriété.

 En 1160, Elin fit le pèlerinage à Jérusalem. Pendant son absence, une de ses filles fut victime de violences conjugales, et le gendre d’Elin fut assassiné par la population. Les parents de l’homme accusèrent Elin à son retour et voulurent se venger sur elle. Elin fut assassinée tandis qu’elle se rendait à l’église de Götene , un 31 juillet ou un 1er août.

Une source d’eau aurait jailli sur le lieu du «martyre».

Sur sa tombe, à Skövde, eurent lieu des miracles et Elin fut canonisée dès 1164. Certaines Eglises protestantes la vénèrent traditionnellement, mais aussi l’Eglise orthodoxe, car la canonisation eut lieu avant le Grand Schisme d’Orient. Mais en dehors du Danemark, le culte de cette sainte Hélène ne s’est guère répandu en occident.

L’église de Skövde a, depuis, été dédiée à sainte Elin et s’appelle Sankta Helena Kyrka

Le Martyrologe la mentionne au 31 juillet.

 

 

Giovanni Colombini

1304-1367

 

Giovanni Colombini vit le jour vers 1304 à Sienne (Toscane, Italie C), fils de Piero, un riche et généreux marchand de laine, qui avait fondé un hôpital, et d’Agnolina.

Peu lettré, il aurait recouvré la charge de gonfaloniere. Il hérita du métier de son père et épousa en 1343 Biagia Cerretani ; naquirent deux enfants, Nicolò et Guccia.

Ce bon bourgeois aimait la vie, cherchait à arrondir son bien et n’était pas ce qu’on appellerait un pilier d’église ; sa bonne épouse priait pour sa conversion.

Et voilà qu’un incident banal provoqua en 1355 un retournement total dans la vie de Giovanni. Il rentra chez lui vers midi et demanda à manger immédiatement, pour repartir incontinent. Pour le faire patienter un instant, son épouse lui mit sous les yeux un livre de Vies de Saints que l’homme ouvrit en bougonnant. La Providence le fit tomber sur la vie de sainte Marie l’Egyptienne (v. 1er avril), une pécheresse publique convertie.

Giovanni reçut cette lecture comme une invitation. Totalement envahi par un esprit nouveau, il se mit à distribuer de larges aumônes, à liquider son commerce, à parler de Jésus. Un de ses amis, Francesco Vincenti, partageait ses idées. Biagia, l’épouse de Giovanni, n’en revenait pas et commentait avec un sourire : Je voulais de la pluie, mais pas un déluge !

Giovanni recueillit un lépreux dans le propre lit conjugal. Quand Biagia voulut y aller voir, il n’y avait plus personne, et la chambre embaumait d’un merveilleux parfum ; Giovanni et Francesco le remarquèrent aussi à leur tour.

Il donna un tiers de sa fortune à un couvent de moniales, Santa Bonda, le reste pour deux hôpitaux, avec toutefois une petite réserve pour Biagia.

Son fils Nicolò étant mort vers 1360, Giovanni confia sa fille Guccia à Santa Bonda ; son ami Francesco Vincenti fit de même avec sa fille en 1363. Biagia mourut en 1371.

Les deux amis se retrouvaient libres de tous liens terrestres. Ils se mirent à prêcher, pieds-nus, vêtus de haillons, invitant leurs auditeurs à tout laisser pour Jésus. Ils eurent des disciples ; ils s’appelèrent les Pauvres du Christ, mais leur habitude de se référer toujours à Jésus les fit appeler les Jésuates. Ce n’était pas un Ordre nouveau, car ils voulaient éviter les rites solennels, pompeux, compliqués ; ils voulaient la pauvreté, la simplicité, la honte même.

La «vêture» se faisait simplement sur la place, où le candidat échangeait ses meilleurs habits pour des loques ; puis on gagnait la cathédrale en chantant. Rien à voir avec une vêture conventuelle, où l’on reçoit un habit bien coupé, correct, dans une salle de chapitre grave, après une allocution de bon goût, devant un cénacle choisi et quelques invités bienveillants. Parfois le candidat se hissait même sur un âne à rebours, la tête tournée vers la queue de la bête, tandis que, nu jusqu’à la ceinture, il était fouetté sur le dos, tout cela pour combattre le respect humain.

Si Giovanni faisait des émules, il suscitait aussi des réactions négatives : toujours, on se méfie des «rénovateurs» ou des «innovateurs» qui vont à contre-courant. Le père de Giovanni abrogea l’héritage qu’il réservait à son fils. Giovanni fut traité de personnage dangereux et exilé de la ville de Sienne. Dieu le permettait pour répandre en d’autres régions cet esprit réformateur. Giovanni parla à Arezzo, Città di Castello, Montalcino, Pise, dans le val d’Arno.

Sur sa parole, on se convertissait, on rendait l’argent volé, on se réconciliait. Un couvent de Dominicains fit un sérieux effort pour supprimer le superflu ; des femmes vinrent à constituer à leur tour un groupe du même esprit, parmi lesquelles la nièce de Giovanni, Caterina, qui fut considérée comme Bienheureuse mais ne se trouve pas dans le Martyrologe.

De bons fruits mûrissaient sur ce bel arbre, mais l’arbre vieillissait.

En 1367, Giovanni vint encore rencontrer le pape à Viterbo, avec ses compagnons. Le pape donna son approbation, et remit aux premiers Jésuates un habit blanc, qui en faisait les pauvres du pape.

Giovanni était ému, heureux, mais désormais l’arbre était trop secoué. Les forces déclinèrent vite. Il reprit le chemin de Sienne, passant le 22 juillet à Bolsena, le 23 à Acquapendente ; le 26 il reçut à genoux le saint Viatique, et expira à San Salvatore sull’Amiata, non loin de Sienne, le 31 juillet 1367.

Son ami Francesco mourut quinze jours plus tard.

Giovanni Colombini ne fut pas officiellement béatifié, mais son nom fut inséré dans le Martyrologe au 16e siècle. Il faillit même être canonisé, mais la mort du pape fit reporter le projet, qui attend toujours.

La branche masculine des Jésuates fut supprimée au 17e siècle.

 

 

Iñigo de Oñaz de Loyola

1491-1556

 

Ce grand Saint, qu’on nomme habituellement par son nom francisé, Ignace de Loyola, eut une vie vraiment hors du commun. C’est pour en faire ressortir des éléments vraiment peu ordinaires qu’on a résumé ici une Autobiographie, publiée par un de ses plus proches amis à partir des confidences qu’il lui livra.

Loyola est la localité de sa naissance près du château d’Aspeitia, probablement le 23 octobre 1491, dans le pays basque espagnol.

Il était le huitième et dernier enfant d’une famille chrétienne. La jeunesse passa dans une joyeuse légèreté. En 1507, il fut orphelin de père et fut admis comme page à la cour du Contador Mayor Juan Velasquez de Cuellar, trésorier général de la Couronne de Castille, dans la bourgade d'Arevalo.

En 1515, notre jeune chevalier âgé de vingt-quatre ans, connut un petit malheur - un incident, une bêtise…- qui le fit comparaître devant un tribunal, à Pampelune, et conduire en prison.

Deux ans après, il y eut le siège de Pampelune par les Français et Ignace fut blessé aux jambes. Mal soigné, il fut reconduit chez lui, de nouveau opéré, et son état empira tellement qu’on le croyait aux portes de la mort. A la veille de la fête de saint Pierre, dont il était très dévôt, il pria intensément et commença à reprendre des forces à partir de minuit. Il se remit, mais exigea des médecins une nouvelle intervention, fort douloureuse, pour lui remettre mieux un os mal placé. Iñigo subit ces trois horribles interventions sans broncher, sinon en serrant les poings.

Par la suite, il ne pouvait s’appuyer sur cette pauvre jambe, de sorte qu’il resta longtemps alité. C’est là qu’il eut l’occasion de lire, entre autres, une Vie du Christ et un autre livre sur la vie des Saints. 

Une nuit, il lui sembla voir une réelle image de la Vierge avec l’Enfant-Jésus, qui lui infusa un remords complet et définitif des plaisirs mondains et charnels qu’il avait eus jusqu’alors.

1522. Il voulait partir à Jérusalem et pour cela, se fit faire un vulgaire habit de toile fort rude à Montserrat, fit une confession qui dura trois jours, et laissa là son épée et son poignard. Il se livrait à sept heures d’oraison quotidienne ! Sa dévotion allait particulièrement à la Sainte Trinité, qu’il imagina sous la figure de trois touches d’orgue ; à la divine Eucharistie, dont il perçut des rayons éclatants dans une vision ; à la divine humanité de Jésus-Christ. Déjà il commençait à rédiger ses Exercices, ou expériences spirituelles et mystiques personnelles.

1523. Il s’embarqua à Barcelone, arriva à Gaète, où il délivra une femme et sa fille des mauvaises intentions de soldats, joignit Rome où il obtint la bénédiction du pape, puis Padoue et Venise. Là, il fut hébergé quelques jours par un homme de bien qui le présenta au Doge. C’est ainsi qu’Iñigo eut la permission de voyager pour Chypre avec le bateau des gouververneurs.

Il put arriver à Jérusalem, avec grande joie, mais on l’obligea à abréger son séjour et il dut repartir plus vite qu’il n’avait prévu. La traversée du retour fut difficile, et même un des bateaux de la flotte sombra, mais celui d’Iñigo accosta dans les Pouilles. Iñigo rejoignit Venise en 1524, puis Gênes, où il retrouva un ami d’autrefois qui l’aida à s’embarquer pour Barcelone.

A Barcelone, il résolut de faire quelques études, pendant deux ans, avant d’être envoyé à Alcalà (1526). Là il parla de ses expériences spirituelles, se fit des amis, ce qui provoqua la curiosité des Inquisiteurs de Tolède. On ne lui trouva aucune erreur dans sa spiritualité, et on lui conseilla seulement de faire teindre ses habits en noir, de se chausser, à quoi il obéissait fidèlement.

Il alla trouver l’évêque de Valladolid, qui lui conseilla d’aller à Salamanque. Il y fut reçu par des Dominicains, qui l’interrogèrent et le firent mettre en prison avec un de ses compagnons, liés ensemble par une chaîne. Puis ils comparurent devant des juges ecclésiastiques, qui ne trouvèrent rien à dire dans sa doctrine. Et comme tous les autres prisonniers avaient réussi à s’enfuir et qu’eux deux seuls étaient restés, on leur accorda tout un palais pour vivre. Puis il résolut d’aller étudier à Paris.

 Il y arriva en 1527 ou 1528. Pour pouvoir vivre et se loger, il suivit le conseil d’un religieux, en allant chaque année travailler environ deux mois dans les Flandres ; une fois il alla en Angleterre, d’où il rapporta davantage.

 A Paris, il étudia et se fit des amis. Parmi ceux-ci, il y en avait quelques-uns particulièrement fidèles, dont le futur saint François Xavier (en basque, il faudrait le prononcer : Pantchoa Chabier) ; il y avait aussi le prêtre Pierre Favre, Jacques Laynez, Alphonse Salmeron, Nicolas Bobadilla, et le portugais Simon Rodriguez. Ils firent à Paris les trois vœux de pauvreté, de chasteté, et de pèlerinage à Jérusalem. Tous ces amis voulaient aller à Jérusalem puis, de retour, demander au Pape de les employer à ce qu’il jugerait le plus utile pour la gloire de Dieu et le bien des âmes. 

Toujours à Paris, Iñigo eut l’occasion de faire examiner avec succès sa méthode des Exercices spirituels. Avant de retrouver ses amis à Venise, Iñigo passa en Espagne, prêchant chaque fois qu’il le pouvait, aux enfants de préférence. Mais les grandes personnes aussi venaient l’écouter de loin. Il fit cesser un abus assez fréquent, à savoir que des jeunes filles s’affichaient publiquement comme compagnes de prêtres. Il passa à Pampelune, Almazan, Sigüenza, Tolède, Valencia, s’embarqua pour Gênes et Bologne, puis gagna Venise.

Ces Compagnons restèrent deux mois à Venise, passèrent à Rome (sauf Iñigo) et revinrent à Venise, mais ne purent s’embarquer pour Jérusalem. Ils s’organisèrent donc pour prêcher partout où ils pourraient. Iñigo vint à Vicenza. Il y eut beaucoup de visions et de consolations. Puis il se prépara à recevoir le sacerdoce à Venise (1537). Il attendra Noël 1538 pour célébrer sa première messe, à Rome, à Sainte-Marie Majeure, où l’on conserve des fragments de la Crêche du Sauveur.

Il est étonnant de voir cet homme, apparemment vagabond, sans domicile fixe, mal vêtu, improvisateur perpétuel, réussir à se faire ordonner prêtre là, à Venise, où il n’était pas habituellement domicilié. D’habitude, les candidats au sacerdoce devaient être reconnus, établis, fournis d’une rente ; rien de tout cela pour ce chevalier de Dieu, visiblement poussé et protégé par la Providence divine.

De Venise, les Compagnons partirent tous à Rome.

1537. Les Compagnons, désormais neuf, commencent de se faire appeler Compagnons de Jésus plutôt que Etudiants de Paris. A Rome, on comprit que le pèlerinage à Jérusalem serait impossible, et le pape leur confia l’apostolat en Italie.

1540 est l’année de la constitution officielle de la Compagnie de Jésus. Elle se développa rapidement. François Xavier gagna les Indes, le Japon et la Chine. 

Iñigo restait humblement à Rome, multipliant les activités apostoliques : prêcher, visiter et nourrir les pauvres, fonder une Compagnie des orphelins, un catéchuménat pour Juifs et musulmans convertis, une maison de Sainte-Marthe pour les femmes repenties. Les pauvres, les pécheurs, les plus délaissés, avaient sa préférence : Je les aime tant, que je voudrais savoir le nombre des puces qui les dévorent.

Iñigo affirma lui-même avoir été favorisé de nombreuses visions célestes, de Dieu le Père, de la Sainte Trinité, de la Vierge Marie.

Il mourut à Rome au matin du 31 juillet 1556.

Béatifié en 1609, canonisé en 1623, Iñigo de Loyola a été proclamé patron de tous les exercices spirituels en 1922.

 

 

Everard Hanse

? -1581

 

Il était né dans le Northamptonshire.

Il étudia à Cambridge. Son frère William, prêtre depuis 1579, cherchait vainement à le convertir, jusqu’à ce qu’une grave maladie aida Everard à réfléchir.

Venu éudier la théologie à Reims (1580-1581), il fut ordonné prêtre et repartit immédiatement en Angleterre.

Déguisé, il rendit visite aux prisonniers catholiques de Marshalsea, où le gardien remarqua qu’il portait des chaussures de fabrication étrangère. Fouillé de pied en cap, il fut reconnu comme prêtre. Mais comme la loi contre les prêtres n’avait pas encore été prononcée, on chercha des motifs d’accusation.

Interrogé à Newgate, il affirma que le pape avait la même autorité que cent ans auparavant. Interrogé ensuite sur l’éventuelle erreur du pape en excommuniant Elizabeth Tudor, il répondit : Je ne le souhaite pas. On lui demanda aussi s’il voulait que d’autres crussent comme lui, et il répondit : J’aimerais bien que tous aient la même foi catholique que moi. 

Ainsi accusé de trahison, et de vouloir entraîner les autres dans cette trahison, il fut immédiatement condamné pour persuasion, ce qui signifiait le plus haut degré de trahison.

Il fut exécuté à Tyburn le 31 juillet 1581. Son dernier mot fut : O heureux jour !

Ce jugement fut tellement «expédié» que les Autorités imposèrent un changement de méthode pour émettre des sentences.

Le culte d’Everard et de ses Compagnons a été confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Nicolaus Keian Fukunaga

1569-1633

 

Le frère Nicolaus naquit en 1569 à Nagawara (Azuchi, Japon), de parents samouraïs, et étudia chez les Jésuites à Azuchi.

En 1588 il entra au noviciat des pères jésuites de Amagusa, où il connut Paul Miki (voir au 6 février).

Il fit les premiers vœux en 1590, puis les études de préparation au sacerdoce ; il semblait devoir devenir un excellent apôtre, mais «quelque chose» manquait toujours aux appréciations des Supérieurs, qui le jugeaient «médiocre», «ordinaire».

On l’envoya en 1603 dans la nouvelle maison de Fukuoka, où on lui confia la prédication.

Il fut envoyé comme assistant d’un de ses confrères devenu prêtre en 1608 (Julianus Nakaura), lui aussi béatifié comme Nicolaus (voir au 21 octobre) ; il l’aida beaucoup et cependant ne fut jamais considéré comme «prêt» pour l’ordination sacerdotale.

Suite au décret de 1614 qui poussait à l’exil tous les prêtres, Nicolaus accompagna le groupe qui partait pour Macao, où il fut chargé de la formation des jeunes.

En 1620, il rentra clandestinement au Japon et reprit son activité pastorale à Kyushu, puis en compagnie de Sixtus Iyo (autre Martyr) et Gaspar Sadamatsu à Fukuoka (voir au 20 juin).

Les Supérieurs appréciaient beaucoup les enseignements de Nicolaus, ses homélies émouvantes, mais ne voulurent jamais lui confier de totales responsabilités. Même ses Confrères intervinrent pour qu’il fût ordonné prêtre, mais à ce moment il n’y avait pas d’évêque sur place pour l’ordonner… 

Nicolaus dut finalement attendre d’avoir cinquante ans pour prononcer ses vœux définitis dans la Compagnie de Jésus, où il se trouvait depuis trente-sept ans. Mystère de Dieu…

Les rapports des Supérieurs établissaient qu’il était capable de prêcher, qu’il faisait des sermons pleins de force en japonais, et que son martyre était son meilleur sermon. Les Supérieurs n’étaient certainement pas animés de sentiments anti-japonais, puisqu’ils ordonnèrent prêtres bien d’autres Japonais. Dieu a permis ce mystère pour notre édification, pour admirer l’humilité de Nicolaus.

Au moment suprême de son martyre, on demanda à Nicolaus s’il regrettait quelque chose de sa vie ; il répondit : Oui, je regrette de n’avoir pas pu conduire tous les Japonais au Christ, y compris le shogun.

En juillet 1633, Nicolaus fut conduit à la prison de Nagasaki. Le 28, commença la torture d e la «fosse», consistant à attacher le supplicié par les pieds, la tête au-dessus d’une fosse pleine d’excréments, d’ordures et de cadavres de bêtes ; pour bloquer la circulation du sang, on serrait très fortement le corps avec des cordes ; de temps à autre, on ouvrait les veines pour diminuer la pression du sang et éviter une mort «trop rapide» ; cette horrible torture pouvait durer des jours, si le supplicié refusait d’apostasier. Certains y furent même soumis plusieurs fois.

Agé de soixante-quatre ans, toujours pas ordonné prêtre, Nicolaus mourut ainsi en fidèle témoin du Christ, le 31 juillet 1633, le même jour que le fondateur des Jésuites, saint Ignace.

Il fait partie des cent-quatre vingt Japonais martyrs, béatifiés en 2008.

 

 

 

Jean-François Jarrige de la Morelie de Breuil

1752-1794

 

Il naquit le 11 janvier 1752 à saint-Yrieix (Haute-Vienne).

Il devint prêtre dans le diocèse de Limoges

Arrêté comme prêtre réfractaire, pour son refus de prêter le serment constitutionnel, il fut conduit avec quelques centaines d'autres prêtres et religieux à bord du navire négrier Deux Associés, qui devait partir pour la Guyane, mais qui resta dans le port de la Rochelle, où la plupart des prisonniers moururent d'épuisement, de mauvais traitements, de maladies.

L'abbé Jean-François Jarrige de la Morelie de Breuil mourut le 31 juillet 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Emmanuel Lê Vǎn Phụng

1796-1859

 

Ce père de famille était né à Ðấu Nước dans l'île de Cù Lao Giêng (Vietnam). 

Il avait neuf enfants.

Profondément chrétien, catéchiste rempli de zèle et de courage, il fit construire à Ðấu Nước une église, un couvent pour les Filles de Marie, un presbytère pour les missionnaires, un collège.

Il avait gagné la bienveillance du sous-préfet par sa bonté, et aussi par de bons pourboires, de sorte que toutes les perquisitions finissaient par un non-lieu. Il se risqua à héberger jusqu’à cinq missionnaires chez lui.

Mais deux individus, qui s'étaient vus refuser une aide financière d'Emmanuel, voulurent se venger et le dénoncèrent directement au gouverneur, l'accusant de recevoir un prêtre européen. Trois cents soldats vinrent perquisitionner, sans trouver le prêtre.

En revanche, un prêtre annamite se présenta spontanément, affirmant qu'il était le chef de la mission : c'était courageux de sa part, mais son audace suscita l'arrestation d'Emmanuel, du prêtre annamite et de trente-deux autres Chrétiens, que l'on conduisit à Châu Đốc (An Giang), le 7 janvier 1859.

Dans sa prison, Emmanuel continuait de recevoir ses enfants et ses amis, les encourageant à rester charitables et à pardonner à leurs ennemis.

Les invitations à apostasier, les menaces et les promesses n'ayant pas abouti, Emmanuel fut condamné à mort par la strangulation.

Le supplice eut lieu à Cay-Met où, à genoux, Emmanuel reçut la bénédiction et l'absolution du prêtre annamite, et pria ses enfants d'ensevelir discrètement son corps auprès de celui du missionnaire.

Puis il offrit sou cou à la corde et mourut ainsi, le 31 juillet 1859.

Il a été béatifié en 1909 et canonisé en 1988.

Nota :  Le Martyrologe mentionne ce Martyr au 13 juillet, mais aussi au 31 juillet (avec un nom abrégé : Emmnanuel Phụng. Il s’agit vraisemblablement d’un doublet. Plusieurs sources vietnamiennes ne retiennent que la date du 31 juillet.

 

 

Phêrô Đoàn Công Quý

1826-1859

 

Phêrô naquit en 1826 à Bùng (Gia Dinh) dernier des six enfants d’un couple chrétien, Antôn Đoàn Công Miêng et Anrê Nguyễn Thị Thường, eux-même issus d’immigrés du Vietnam central vers le sud.

Le garçon obtint de ses parents la permission d’étudier le latin avec un prêtre, puis, en 1848, fut admis au séminaire des Missions Etrangères de Paris à Penang (Malaisie), où il étudia la philosophie, la théologie, le latin et le français, et la littérature.

Tandis que la persécution se déchaînait en 1855, Phêrô fut ordonné prêtre en 1859.

Il exerça le saint ministère dans plusieurs paroisses : Lái Thiêu, Gia Định, Kiến Hòa, Cai Lun.

Arrêté le 1er juillet 1859, condamné à mort le 30 juillet, il fut exécuté le 31 juillet 1859 par décapitation, à Châu Đốc. Il avait l’âge du Christ, trente-trois ans.

Phêrô fut béatifié en 1909, canonisé en 1988.

 

 

Giustino De Jacobis

1800-1860

 

Septième de quatorze enfants, Giustino naquit le 9 octobre 1800 à San Fele (Potenza, Italie sud), de Giovanni Battista et de Giuseppina Muccia, des parents très chrétiens.

La maman avait ses façons : pour encourager son fils à l’oraison mentale, elle lui donnait un sou quand il atteignait la demi-heure.

Giustino reçut la Communion à neuf ans. A dix-huit ans, à Naples, il entra dans la Congrégation de la Mission (Lazaristes), fondés par saint Vincent de Paul.

Extrêmement humble et dévoué, Giustino fut ordonné prêtre en 1824.

Un de ses «succès» fut une homélie sur le purgatoire, que personne ne voulait assumer, et qui émut profondément l’assemblée. Il fut en charge de paroisses à Oria et Monopoli.

En 1837, Giustino fut nommé supérieur de la maison de Lecce, puis de Naples, et bientôt choisi pour aller porter la Bonne Nouvelle en Abyssinie (Ethiopie).

L’Islam y progressait, avec ses intolérances et ses excès. Le nouveau Préfet apostolique du Tigré devait faire face à la superstition, à certains groupes chrétiens schismatiques, aux colons mal intentionnés, sans parler du très difficile climat auquel il n’était pas habitué.

Il commença, discrètement. Il fallait célébrer en cachette, car célébrer une messe privée dans une maison semblait un scandale, une grave irrévérence pour l’Eucharistie.

Giustino s’efforça d’apprendre la langue locale, il prit l’habit des indigènes, il mangea ce qu’on mangeait.

On conserve sa toute première «allocution» du 26 janvier 1840, à une dizaine d’Abyssins, dans leur langue, où il leur dit tout son amour, tout son désir d’être avec eux, de les aider, de partager son pain avec eux.

Sa piété et sa douceur firent quelques conquêtes. En particulier le prince lui demanda ni plus ni moins de conduire une délégation au Caire, pour en ramener un nouvel évêque copte monophysite ! De Jacobis réfléchit, accepta, proposant que l’on passerait aussi par Rome et par la Terre Sainte. Le nouvel évêque, Abouna Salâmâ (Père Pacifique) avait reçu sa formation chez des Protestants ; il toléra Giustino, mais le persécuta à l’occasion.

Giustino, surnommé par la population Abouna Yacob (Père Jacques), surprenait par sa simplicité de vie : un homme qui va chercher lui-même son bois, un travail réservé aux femmes ! Il marchait toute une nuit pour aller visiter un malade.

Il y eut des conversions : en 1844, une centaine de fidèles. Des paroisses étaient érigées en diverses localités : Adoua, Massaoua, Gouala où s’ouvrit un collège.

En 1846 arriva le nouveau Vicaire apostolique pour la région plus méridionale, Guglielmo Massaia, qui en 1849 consacra évêque le père Giustino, malgré l’aversion de ce dernier. La cérémonie se fit de nuit, discrètement. Giustino devenait évêque de Nilopolis.

En 1854 cependant, un décret du nouvel «empereur» proclamait que Quiconque ne se convertira pas à la religion de notre Père (Salâmâ), sera raccourci en haut et en bas, de la tête et des pieds : Jésus-Christ par son humanité a même science que le Père et le Saint-Esprit !

On voit par là quels rapports hostiles opposaient encore (depuis le 5e siècle) les catholiques et les orthodoxes de cette époque : bien sûr que Jésus-Christ a même science que le Père et l’Esprit, mais il n’empêche qu’il a bien deux natures, la divine et l’humaine ; Jésus est Dieu, comme le montrent ses miracles, et il est Homme, comme le montrent sa vie, sa parole, ses souffrances et sa mort.

Abouna Yacob fut arrêté, relaxé, emprisonné, exilé. On persécuta ses fidèles. Un de ceux-là, Ghébré-Mikaël, fut horriblement torturé, enfin martyrisé le 27 juillet 1855 ; il a été béatifié.

Après avoir pu jeter les fondements de l’Eglise catholique d’Ethiopie, Mgr De Jacobis dut se réfugier sur la côte ; il mourut, épuisé, dans le désert, le 31 juillet 1860.

Malgré la persécution, il restait encore quatre mille chrétiens romains en 1865 dans l’Abyssinie. Mgr Massaia, devenu cardinal, écrivit que Mgr De Jacobis était le fondateur de la mission d’Abyssinie, l’apôtre infatigable de l’Afrique orientale, le maître des missionnaires, le modèle de ce courage et de cette abnégation qui leur est nécessaire, l’ange de l’Eglise d’Ethiopie.

La tombe de Mgr De Jacobis est visitée autant par les catholiques que par les musulmans.

Giustino De Jacobis a été béatifié en 1939, canonisé en 1975. Il est inscrit au Martyrologe le 31 juillet.

Pedro Jiménez Vallejo

1861-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Dionisio Vicente Ramos

1871-1936

 

Dionisio (Denis) vit le jour à Caudé (Teruel, Espagne) le 9 octobre 1871, jour où l’on fête saint Denis, son saint Patron.

A quinze ans, il voulut entrer chez les Frères Mineurs Conventuels, mais n’en put trouver un couvent qu’en Italie, où il partit avec le père Miguel Salvador.

C’est donc en Italie, à Montalto Marche (Ascoli Piceno), qu’il entra dans l’Ordre franciscain ; il fit le noviciat à San Miniato (Pisa, Toscane), étudia la philosophie à Bagnoregio (le village natal de saint Bonaventure, voir au 15 juillet), puis la théologie au collège Saint-Nicolas-de-Tolentino à Rome, où il obtint le doctorat.

Ordonné prêtre en 1894, il fut professeur au séminaire de Bagnoregio (Viterbo), jusqu’en 1899. Puis il fut vicaire à Civitavecchia et professeur au séminaire. En 1902, il exerça le saint ministère à Anzio, puis fut pénitencier à Notre-Dame de Loreto (Italie) de 1905 à 1912.

Il fut alors nommé à Granollers (Barcelone), où il eut la charge de directeur des postulants, maître des novices, directeur spirituel au séminaire, gardien (supérieur) du couvent, professeur au séminaire et en d’autres maisons.

En 1930-1932, il fut nommé professeur et maître des novices à Brescia (Italie).

Ce fidèle Religieux fut un homme fort, défenseur de la liberté et de la justice, ennemi de l’oisiveté, très cultivé : il traduisit du français et publia un livre en italien et un autre en espagnol, regardant l’histoire et la spiritualité.

Revenu en Espagne, la cataracte limita ses activités : il était confesseur. Quand il avait des moments libres, il reliait des livres, il rapiéçait ou cousait des habits, il confectionnait des chapelets.

Devenu complètement aveugle, âgé, vêtu civilement à cause de la révolution, il se réfugia en 1936 dans l’hôpital local, tenu par des Religieuses Carmélites de la Charité. 

Le 31 juillet, on le fit monter avec le Frère Francisco Remón, dans le camion-fantôme, au milieu des coups et des insultes. Une Religieuse présente fit remarquer aux miliciens que le père Dionisio était âgé, et aveugle ; elle s’entendit répondre : On va lui faire, nous, une opération qui le guérira immédiatement de la cécité.

Ce bon prêtre fut conduit non loin de Granollers et fusillé, avec le Frère Francisco, le 31 juillet 1936 ; tous deux furent béatifiés en 2001.

 

 

Teresa Subirá Sanjaume

1875-1936

 

Teresa vit le jour à Ventolá (Girona, Catalogne, Espagne) le 27 février 1875.

Encore jeune, elle alla servir les malades de l’hôpital de Bagur.

A vingt ans, elle entra au noviciat des Carmélites Missionnaires de Gracia (Barcelone), où elle fit la profession l’année suivante, en 1896, prenant le nom de Esperanza de la Croix.

En 1902, elle fit la profession solennelle.

Elle fut infirmière à Tárrega et Alayor (Minorque), puis enseignante à Barcelone puis Vilarrodona (Tarragona), avec les soucis que provoquèrent les lois des années trente.

Elle était Supérieure à Vilarrodona en 1936.

Voyant la situation, et sachant ce qui pouvait arriver, elle confia aux Sœurs : Je suis prête pour le martyre ; je désire mourir pour Lui.

Le 21 juillet 1936, la communauté assistait aux messes célébrées par le curé, don José María Escolá et son vicaire Ángel Casas (on ne concélébrait pas à cette époque). Les miliciens les surprirent à ce moment-là. Il fallut quitter la maison et se cacher. Le soir elles se réunirent dans la chapelle et la Mère Esperanza leur distribua les Saintes Hosties pour éviter toute profanation. 

Le 23 juillet l’église paroissiale était en flammes, on brûla les statues, les ornements, les croix. 

Le 24, les miliciens donnèrent la chasse aux Religieuses, les rassemblèrent sur la place avec le curé et son vicaire, et partirent pour Villafranca del Panadés, où elles furent remises au Comité. On les enferma dans une pièce de la mairie, puis dans une maison de l’endroit.

Le 26, on assassina le curé et son vicaire, à La Almunia.

Le 31, on les libéra et elles prirent le premier train pour Barcelone. A la gare de Aragón-Paseo de Gracia, elles se séparèrent deux par deux, en se saluant par A Dieu, au Ciel !

La Supérieure Esperanza de la Croix et María du Refuge vinrent frapper chez les sœurs de cette dernière, mais elles étaient déjà parties, fuyant la persécution. Elles ne savaient où aller ; on les reconnut alors à leur allure et on les présenta au Comité. Ces messieurs demandèrent au Comité de Vilarrodona : Que faire avec ces dames ? - Ce que vous voulez.

Elles furent conduites avec d’autres victimes sur la route de La Arrabassada (Barcelone) et assassinées, le 31 juillet 1936.

Elles ont été béatifiées en 2007.

 

 

María Roqueta Serra

1878-1936

 

María vit le jour dans le petit village de Gabarra (Lleida, Catalogne, Espagne) le 20 avril 1878 et fut baptisée le lendemain.

Elle entra au noviciat des Carmélites Missionnaires de Gracia (Barcelone), où elle fit la profession l’année suivante, en 1898, avec le nom de María du Refuge de Saint-Ange. Elle fit la profession solennelle en 1904.

Elle fut envoyée dans la communauté de Barcelone puis de Vilarrodona (Tarragona) en 1936.

Ses consœurs la décrivaient comme pieuse, effacée, effrayée et très impressionnée par le danger du martyre, mais disposée à accepter ce que Dieu demanderait.

Elle fut nommée vicaire de la communauté, ce qui montre la confiance qu’on avait en elle.

Ayant dû quitter la maison avec les Consœurs, elle put se cacher quelques jours. De là où elle était, elle aperçut le 23 juillet l’incendie de l’église paroissiale, avec les statues, les ornements, les croix. 

Le 24, les miliciens donnèrent la chasse aux Religieuses, les rassemblèrent sur la place avec le curé et son vicaire, et partirent pour Villafranca del Panadés, où elles furent remises au Comité. On les enferma dans une pièce de la mairie, puis dans une maison de l’endroit.

Le 26, on assassina le curé et son vicaire, à La Almunia.

Le 31, on les libéra et elles prirent le premier train pour Barcelone. A la gare de Aragón-Paseo de Gracia, elles se séparèrent deux par deux, en se saluant par A Dieu, au Ciel !

María du Refuge et la Supérieure Esperanza de la Croix (Teresa Subirá Sanjaume) vinrent frapper chez les sœurs de María, mais elles étaient déjà parties, fuyant la persécution. Elles ne savaient où aller ; on les reconnut alors à leur allure et on les présenta au Comité. Ces messieurs demandèrent au Comité de Vilarrodona : Que faire avec ces dames ? - Ce que vous voulez.

Elles furent conduites avec d’autres victimes sur la route de La Arrabassada (Barcelone) et assassinées, le 31 juillet 1936.

Elles ont été béatifiées en 2007.

 

 

Francisca Pons Sardá

1880-1936

 

Francisca vit le jour à Espluga de Francoli (Tarragona, Catalogne, Espagne) et fut baptisée le 18 juillet 1880.

Elle entra en 1907 au noviciat des Carmélites Missionnaires de Gracia (Barcelone), où elle fit la profession l’année suivante, le 6 octobre, avec le nom de Gabriela de Saint-Jean-de-la-Croix, et la profession solennelle en 1913.

Elle passa les années difficiles de 1909 à Barcelone et des années trente dans une fidélité à toute épreuve. Sa famille lui demanda de rentrer quelque temps à la maison, pendant les moments de la révolution. Elle répondit : Je suis disposée à donner ma vie et à mourir avec les Sœurs ; si Dieu me destine au martyre, c’est Lui qui m’en donnera la grâce nécessaire.

Elle fut envoyée plusieurs années à Villa Mercedes (Argentine).

En Espagne, elle fut active en diverses communautés : Tárrega, Santa Lucía (Barcelone), Santa Coloma de Queralt, séminaire de Barcelone, Las Corts.

En 1936, elle revint à Barcelone, où elle s’occupait de visiter les malades à domicile, avec la Sœur Daniela.

Le 26 juillet, elle et la Sœur Daniela allèrent, comme chaque jour, assister une malade dans sa famille. Ces gens se virent obligés de fermer leur maison, mais trouvèrent dans le quartier une autre famille, où les Sœurs purent prendre des habits civils et rester cachées quelques jours.

Elles tentèrent de rejoindre la maison d’une cousine, qui travaillait dans une pharmacie. Le pharmacien les reçut avec bonté. En le quittant, elles furent reconnues par un brave conducteur de tramway, qui utilisa le mot de moniales. Des miliciens entendirent et vinrent arrêter les Sœurs. De la maison du pharmacien, on put observer avec horreur comment les Religieuses furent malmenées, insultées, et fourrées dans un camion qui démarra en trombe.

Les deux Religieuses furent conduites au Comité Rouge, puis emmenées sur la route de l’Arrabassada, où elles furent assassinées, le 31 juillet 1936.

Elles furent béatifiées en 2007.

 

 

Prudencio Gueréquiz y Guezuraga

1883-1936

 

Prudencio vit le jour le 28 avril 1883 à Rigoitia (Biscaye, Espagne).

Il fut attiré par l’Ordre des Trinitaires et entra dans la communauté d’Algorta.

Il commença le noviciat en 1898, émit la profession simple en 1899, la solennelle en 1903 à Rambla (Cordoue), avec le nom de Prudencio de la Croix.

On ignore l’origine des fréquentes hémoptysies dont il souffrit depuis la jeunesse et toute sa vie, infirmité qu’il supporta avec grande patience.

En 1905 il fut ordonné prêtre à Cordoue.

Il commença par enseigner aux enfants à La Rambla, puis resta quelque temps à Madrid ; il fut nommé professeur de théologie à Cordoue et fut ensuite envoyé au sanctuaire de la Cabeza.

Il était si profondément attiré par la Présence eucharistique, il y passait tant d’heures en méditation que, si on le cherchait, on savait qu’il était dans le chœur de l’église.

Le 26 juin 1936, la communauté reçut l’ordre d’évacuer le sanctuaire. Le Supérieur fit valoir qu’il fallait faire un inventaire, car le sanctuaire appartenait à l’évêché. La réponse fut : Il n’est pas à l’évêché, il est à nous ; dès à présent, le sanctuaire est fermé et il faut déposer les clefs à la mairie.

L’expulsion se produisit réellement le 28 juin. Trois camions de gens armés arrivèrent, le sanctuaire fut encerclé et le Supérieur appelé. Le chef lui demanda : Si vous vous engagez à partir pour Andújar, nous vous laissons. Si le Supérieur avait discuté, les hommes auraient tiré impitoyablement.

Les Religieux consommèrent les Saintes Espèces, prièrent encore un peu Jésus-Christ et Notre-Dame de la Cabeza, chantèrent le Salve Regina… Même les miliciens prirent part aux chants !

Ils emmenèrent les Religieux à Andújar. Chemin faisant, ils dirent aux Religieux de s’habiller en civil. Le seul qui refusait était le père Prudencio. A la descente du camion, un milicien insista encore ; Prudencio répondit : Peu importe ! si c’est pour ça qu’on nous fusille, nous sommes disposés à mourir comme Religieux.

Il trouva accueil chez un avocat de l’endroit, avec le père Segundo. Il priait continuellement le chapelet et le bréviaire.

Le 31 juillet, des miliciens vinrent les chercher pour aller faire une déclaration au Comité. En route, les miliciens crièrent aux habitants de rentrer chez eux et de fermer portes et fenêtres. Puis ils tirèrent dans le dos des deux Religieux, ainsi qu’à trois autres prisonniers. Ils moururent sur place, et leur sang se répandit longtemps à terre. Après quelques heures, on porta les cadavres à l’hôpital : le père Prudencio avait en mains le chapelet et le bréviaire.

Prudencio de la Croix fut béatifié en 2007.

 

 

Miguel Francisco González-Díez González-Núñez

1883-1936

 

Miguel vit le jour le 8 mai 1883 à Palazuelo de Torío (León, Espagne), le jour où l’on fêtait l’apparition de l’archange saint Michel au Mont Gargano.

Entré chez les Capucins en 1899, il prit le nom de Andrés lors de sa profession en 1900.

Il fut ordonné prêtre en 1908.

Ce fut un professeur de philosophie, un définiteur et archiviste de talent, un écrivain connu.

Il se trouvait au monastère de Jesús Medinaceli (Madrid), lorsque les événements contraignirent tous les Religieux à quitter le 20 juillet 1936 la maison, qui fut effectivement attaquée le 2 juillet.

Les miliciens révolutionnaires avaient reçu l’ordre de ne laisser vivant aucun des Religieux pas même leur chat.

Le père Andrés fut arrêté le 30 juillet. Malmené par les miliciens, il répondait : Seigneur, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 23:34). 

Il reçut la palme du martyre à Pradera San Isidro (Madrid) le 31 juillet 1936 et fut béatifié en 2013.

 

Jaume Buch Canals

1889-1936

 

Jaume (ou Jaime, ou Santiago, Jacques) vit le jour le 9 avril 1889 à Bescanó (Gerona, Catalogne).

A quatorze ans, il fut pensionnaire à la Ferme-école de Sant Isidro à Gerona-Pont Major.

Il entra chez les Salésiens en 1908 à Sarriá.

En 1914, après son noviciat et sa profession, on l’envoya parmi les fondateurs de la nouvelle maison d’Alicante.

Là il s’occupa de la catéchèse et de l’administration.

En 1931, la maison d’Alicante fut détruite par un incendie, et Jaume passa à Valencia.

Arrêté en même temps que tous les Religieux de la maison, il fut remis en liberté le 29 juillet.

Mais il ne trouva pas de famille qui pouvait le recevoir : c’est que tous se savaient menacés. Aussi se réfugia-t-il avec un prêtre… dans la clinique d’un ancien élève : l’un dormit sur la table d’opération, l’autre sur un fauteuil métallique.

Le 30 juillet, il sortit pour aller manger, avec la carte d’identité du prêtre. C’était peut-être une imprudence, mais son intention était, si c’était possible, de faire établir une nouvelle carte d’identité sans mentionner l’état sacerdotal du prêtre. L’opération ne réussit pas : on l’arrêta.

On retrouva son corps au cimetière de Valencia, toujours en possession de cette carte d’identité.

Il fut martyrisé à El Saler (Valencia), le 31 juillet 1936, et béatifié en 2001.

 

 

Vicenta Achurra Gogenola

1890-1936

 

Vicenta vit le jour à Berriatúa (Biscaye, Espagne) le 4 avril 1890, dans une famille chrétienne de ce pays basque.

A vingt ans, elle choisit d’entrer dans la vie religieuse. Elle entra en 1915 au noviciat des Carmélites Missionnaires de Gracia (Barcelone), où elle fit la profession l’année suivante, avec le nom de Daniela de Saint-Barnabé, et fit la profession solennelle en 1921.

On la décrivit comme joyeuse, charitable, grande travailleuse, bonne compagne, pieuse (elle avait deux dévotions préférées : le Sacré-Cœur et Notre-Dame du Carmel).

Elle fut envoyée à Las Corts, puis au service du séminaire de Barcelone, puis à Badalona, et auprès des aveugles à Barcelone.

En 1936, elle se trouvait dans la maison de Gracia (Barcelone), chargée de visiter à domicile les malades de la paroisse de Sarriá.

Dès le 19 juillet, on lui ordonna de porter des vêtements séculiers, ce qu’elle fit. 

Le 31 juillet 1936, elle se trouvait avec la Sœur Gabriela dans le tramway, quand le conducteur la reconnut et la dénonça.

Les deux Religieuses furent arrêtées, conduites au Comité Rouge, puis emmenées sur la route de l’Arrabassada, où elles furent assassinées, le 31 juillet 1936.

Elles furent béatifiées en 2007.

 

 

Francisco Remón Játiva

1890-1936

 

Francisco vit le jour le 22 septembre 1890 à Caudé (Teruel, Espagne) et reçut prophétiquement au baptême le nom de saint François d’Assise, qu’il allait suivre toute sa vie.

En 1906, à seize ans, il entra au nouveau couvent des Franciscains de Granollers, mais accomplit son noviciat à Assise, où il se rendit avec le jeune Alfonso López (voir au 3 août) et où il fit la profession comme Frère convers.

Son séjour à Assise fut interrompu seulement en 1909-1911, quand il fut à Costacciaro.

Il fit la première profession en 1912, la solennelle en 1916.

Il passa presque toute sa vie religieuse (1914-1935) à Assise, comme sacristain de la basilique Saint-François, où il avait un don particulier pour construire la crêche de Noël.

En 1935, il fut envoyé à Granollers (Barcelone), comme sacristain et comme portier, occasionnellement aussi comme quêteur.

Le 19 juillet 1936, il se réfugia chez des amis de Granollers, le lendemain, il passa au couvent où était resté son frère Buenaventura ; ce dernier lui conseilla d’aller dans une autre famille, non loin de la gare de Granollers : il y passa une journée dans la prière et le quasi-silence, disant seulement qu’il allait peut-être souffrir el martyre, mais qu’il n’en était pas digne.

Le 20 au soir, il apprit que le couvent était en flammes. 

Quelques jours après, il voulut rejoindre un endroit plus sûr, mais fut arrêté dans la rue.

En prison, il fut sauvagement battu, au point qu’on lui causa une hémorragie interne. Le Comité fut bien contraint de le faire soigner à l’hôpital, pour qu’il fût au moins lucide (!) au moment où on lui aurait fait connaître la sentence.

Dans cet hôpital, il rencontra le bon père Dionisio Vicente Ramos, auquel il se confessa. 

Le 31 juillet, on les fit monter tous les deux dans le camion-fantôme. 

Originaire du même pays, c’est aussi en compagnie de ce père Dionisio que Francisco fut fusillé le 31 juillet 1936 à Granollers, et béatifié en 2001.

Note. On trouve parfois la date du 30 juillet, peut-être parce que ce martyre a pu avoir lieu dans la nuit du 30 au 31, un peu avant ou après minuit. 

 

 

Segundo García Cabezas

1891-1936

 

Segundo vit le jour le 24 mars 1891 à Barrios de Nistoso (León, Espagne).

Il fut attiré par l’Ordre des Trinitaires et entra dans la communauté d’Alcazár de San Juan (Ciudad Real).

Il prit l’habit en 1906, et commença le noviciat ; il émit la profession simple en 1907.

Intelligent, studieux, il fut envoyé à Rome où il fut reçu docteur en philosophie (1910). 

Cette année-là il fit la profession solennelle, avec le nom de Segundo de Sainte-Thérèse. Mais une maladie l’empêcha d’achever le doctorat en théologie et il revint en Espagne.

En 1914 il fut ordonné prêtre à Madrid.

Il fut d’abord envoyé en Argentine comme professeur d’école puis comme directeur à Damacio-Vélez (Córdoba), collaborant aussi à la paroisse locale.

En 1919, il revint en Espagne, comme professeur de théologie à La Rambla, puis comme vicaire à Barcelone, où s’ouvrait un nouveau collège. Il y enseigna.

En 1923, il fut à Algorta ; en 1928, professeur de philosophie à Villanueva del Arzobispo ; en 1931, professeur de philosophie à La Cabeza.

Il collabora à la revue El Santo Trisagio, par des articles qui montrent la grande culture de ce prêtre. En outre, il traduisit de l’italien un manuel de prédication à l’usage des étudiants.

A noter aussi sa sensibilité musicale, grâce à laquelle il put tenir l’orgue au sanctuaire de La Cabeza.

Le 26 juin 1936, la communauté reçut l’ordre d’évacuer le sanctuaire. Le Supérieur fit valoir qu’il fallait faire un inventaire, car le sanctuaire appartenait à l’évêché. La réponse fut : Il n’est pas à l’évêché, il est à nous ; dès à présent, le sanctuaire est fermé et il faut déposer les clefs à la mairie.

Quant au père Segundo, il demanda aux miliciens : Que va devenir cette société, avec un gouvernement qui n’admet pas les religieux ? Vous ne savez pas que les religieux ont été les plus grands bienfaiteurs de l’humanité dans tous ses aspects et les plus grands amis des pauvres et des ouvriers ?

L’expulsion se produisit réellement le 28 juin. Trois camions de gens armés arrivèrent, le sanctuaire fut encerclé et le Supérieur appelé. Le chef lui demanda : Si vous vous engagez à partir pour Andújar, nous vous laissons. Si le Supérieur avait discuté, les hommes auraient tiré impitoyablement.

Les Religieux consommèrent les Saintes Espèces, prièrent encore un peu Jésus-Christ et Notre-Dame de la Cabeza, chantèrent le Salve Regina… Même les miliciens prirent part aux chants !

Ils emmenèrent les Religieux à Andújar. Chemin faisant, ils dirent aux Religieux de s’habiller en civil. Le seul qui refusait était le père Prudencio.

Segundo trouva accueil chez un avocat de l’endroit, avec le père Prudencio. Ils priaient continuellement le chapelet et le bréviaire.

Il remit à un ami son appareil photographique, pour le reporter au couvent, si on le tuait.

Le 31 juillet 1936, des miliciens vinrent les chercher pour aller faire une déclaration au Comité. Le père Segundo, qui était un fumeur invétéré, les accueillit avec gentillesse et leur offrit à chacun un cigarillo. 

En route, les miliciens crièrent aux habitants de rentrer chez eux et de fermer portes et fenêtres. Puis ils tirèrent dans le dos des deux Religieux, ainsi qu’à trois autres prisonniers. Ils moururent sur place, et leur sang se répandit longtemps à terre. Après quelques heures, on porta les cadavres à l’hôpital : dans ses poches, le père Segundo avait deux paquets de tabac avec la blague, et ses lunettes ; il tenait en mains le chapelet et le bréviaire.

Segundo de Sainte-Thérèse fut béatifié en 2007.

Ciriaco Olarte Pérez de Mendiguren

1893-1936

 

Des dix enfants du foyer Olarte Pérez, cinq furent offerts à l’Eglise : trois prêtres et deux religieuses.

Ciriaco naquit le 8 février 1893 à Gomecha (Álava, Espagne), troisième enfant de Saturnino et María, qui le firent baptiser le jour-même. A six ans, il reçut l’Eucharistie et la Confirmation.

Tout petit, il voulut être enfant de chœur, mais il était vraiment petit, et encore faible, et n’arrivait pas à la hauteur du missel (à cette époque, le missel était sur la droite de l’autel, et il fallait le transporter à gauche pour l’évangile ; de plus, le missel était très gros, très pesant). Le Curé lui conseilla alors de bien manger, de se fortifier, pour être en mesure d’y arriver. Le garçon s’entraîna à la maison : tous les soirs, il s’ingéniait à porter plusieurs gros livres, espérant ainsi réussir à porter le gros missel. Un jour, il estima être arrivé au niveau suffisant et s’en alla convaincre le curé de le laisser servir la messe ; comme preuve qu’il pouvait le faire, il alla s’emparer du missel… qui lui retomba sur la tête.

En grandissant, Ciriaco montra souvent la charité dont son cœur était capable ; il cherchait à consoler des enfants tristes, partageait avec eux ce qu’il avait ou les invitait à la maison ; il accompagnait des vieillards qu’il voyait seuls ; et s’il voyait des Religieux passer par le pays, il les accompagnait et s’arrangeait pour les faire achever leur tournée chez ses parents, et les inviter à table.

Son père lui-même, le présentant au Supérieur des pères Rédemptoristes, le définit comme très obéissant, doux, pieux, travailleur. Il le fut vraiment. A ces qualités, s’ajoutèrent les dons naturels de la parole, de la sensibilité musicale, et une grande vivacité, tout ce qu’il fallait pour un bon missionnaire rédemptoriste.

Il entra effectivement au juvénat de cet Ordre en 1904 à El Espino (Burgos), où les études furent tout de même difficiles, car la mémoire n’était pas au rendez-vous. Mais il était doué pour le théâtre et l’art déclamatoire ; la volonté et l’acharnement au travail firent que Ciriaco put accomplir le noviciat et être admis à la profession en 1911. 

Puis il fut à Astorga pour les études théologiques. En 1917 il fut ordonné prêtre.

En 1918, on l’envoya pendant un an à Nava del Rey, où il alterna sa présence à la caserne et au couvent. En 1919, il alla à Cuenca. 

En 1921 il partit au Mexique, où il accomplit un travail épuisant et ce, malgré le climat de persécution. On a pu établir qu’il fut à Oaxaca (1922), Puebla (1924), Monterrey (1926). L’activité sacerdotale étant devenue vraiment impossible, il rejoignit Espagne.

En 1926, il fut à La Coruña, où on lui confia de nouvelles responsabilités ; en 1929 à Madrid,  où il sera aussi bibliothécaire, en plus de ses nombreuses missions à Jaén, Madrid, León, Valladolid ; en 1932 à Grenade, d’où il partit en mission pour Cordoue, Málaga, Grenade et Almería, avec prédications et neuvaines dans des monastères de clôture ; en 1933 de nouveau à Madrid, avec missions à Carabanchel, Terrer et Calatayud (Saragosse), et Plasencia (Cáceres) ; en 1935 il rejoignit Cuenca. Son sentiment devant les événements en ébullition, n’est pas l’inquiétude pour la situation elle-même, mais la tristesse de ne plus pouvoir prêcher.

En juillet 1936, il fallut abandonner le couvent. Ciriaco se cacha d’abord chez un chanoine, puis chez un vicaire de la cathédrale d’Almería ; dans ces circonstances, lui-même écrivit de façon prophétique : La fête de saint Fondateur Alphonse de Liguori, nous la passerons au ciel (saint Alfonso est fêté le 1er août).

En effet, dénoncés (probablement par une domestique), lui et son Confrère Miguel Goñi Áriz furent arrêtés le 31 juillet au matin, emmenés par les rues sous bonne escorte de miliciens déchaînés, jusqu’à l’endroit de la centrale électrique de El Batán. 

Juste avant de recevoir les balles ennemies, les deux prêtres se donnèrent réciproquement l’absolution et ils furent fusillés, vers midi. Ciriaco agonisa longtemps et mourut vers vingt heures, suite à l’hémorragie ; Miguel agonisa deux heures durant, sans assistance à cause de la présence d’un garde qui empêchait toute approche. Le soir tard seulement, on autorisa la sépulture.

A l’autopsie, on remarqua que le père Ciriaco avait reçu des balles à la poitrine et à la nuque, ce 31 juillet 1936.

Les pères Olarte et Goñi furent les premiers Martyrs de Cuenca. Peu après, tombèrent l’évêque et son secrétaire.

Ciriaco Olarte Pérez de Mendiguren fut béatifié en 2013.

 

 

José Grijalvo Medel

1896-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Nazario del Valle González

1901-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Miguel Goñi Áriz

1902-1936

 

Miguel naquit le 27 avril 1902 à Imarcoain (Navarre, Espagne), de Domingo et María, qui le firent baptiser dès le lendemain. Il fut confirmé en 1904 et reçut la Première communion en 1909.

Sa pieuse mère ne lui cachait pas son grand désir de le voir entrer au séminaire ; en attendant, il servait la messe à la paroisse.

La science de Dieu mûrit abondamment dans l’âme du garçon, mais pas la science humaine, car c’est à peine s’il fréquenta l’école. Ses parents pensèrent quand même l’envoyer au collège de Pamplona ; mais il fallut un peu retarder la décision, puis le papa mourut.

Sur ces entrefaîtes, passèrent dans le pays deux pères Rédemptoristes, dont la parole conquit Miguel.

Il entra effectivement au juvénat des Rédemptoristes en 1913 à El Espino (Burgos), puis fut envoyé au nouveau collège du même Ordre à Cuenca, en 1915. Miguel traversa alors une difficile crise spirituelle ; il pria, s’accrocha à la Vierge Marie, triompha.

Il fut postulant en 1919 à Cuanca, et fit le noviciat à Nava del Rey, recevant l’habit de la Congrégation. Il fit la profession en 1920.

Après les études (laborieuses !) de philosophie et de théologie à Astorga, en 1925 il fut ordonné prêtre.

Il s’adonna à la prédication sans réserve. Il fut à Nava del Rey, Grenade (1927).

A Grenade, il assista au couronnement de Notre-Dame du Perpétuel Secours. En 1928, il alla à Barcelone, en 1929 à Santander, en 1932 à Vigo comme bibliothécaire ; il alla aussi prêcher.

A cause d’une vilaine infection pulmonaire, il dut regagner Nava del Rey en 1935, d’où il vint à Cuenca en 1936.

Il raconta lui-même aux siens qu’il faillit déjà perdre la vie en mai, quand les éléments de gauche commençaient déjà à se manifester. Le bruit se répandit que, qui avait tiré, étaient les Religieux déguisés en Gardes Civils. Il y eut dans Cuenca une forte agitation et Miguel eut toutes les peines du monde à sortir indemne de cette journée du 2 mai.

En juillet 1936, il fallut abandonner le couvent. Miguel se cacha d’abord chez un chanoine, avec les pères Olarte, Jorge et Posado. Chaque matin, ils allaient célébrer à la catédrale, mais se rendant compte que les miliciens les avaient repérés, ils se séparèrent. Avec le père Olarte, Miguel se réfugia chez un autre prêtre.

Ils furent arrêtés le 31 juillet au matin, emmenés par les rues sous bonne escorte de miliciens déchaînés, jusqu’à l’endroit de la centrale électrique de El Batán. 

Juste avant de recevoir les balles ennemies, il se rapprocha du père Ciriaco, ils se donnèrent réciproquement l’absolution et ils furent fusillés, vers midi. Ciriaco agonisa longtemps et mourut vers vingt heures, suite à l’hémorragie ; Miguel agonisa deux heures durant, sans assistance à cause de la présence d’un garde qui empêchait toute approche. Le soir tard seulement, on autorisa la sépulture, ce 31 juillet 1936.

A l’autopsie, on remarqua que le père Miguel avait le crâne et la poitrine complètement déchiquetés, une épaule détruite, et qu’il présentait les signes d’une agonie prolongée.

Miguel Goñi Áriz fut béatifié en 2013.

 

 

Bernabé Núñez Alonso

1902-1936

 

Il était né le 11 juin 1902, fête de saint Barnabé (d’où son nom de baptême) à Santa María del Invierno (Burgos, Espagne) et reçut le Baptême quatre jours après.

Il commença le noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) à Cambrils en 1916, l’acheva à Hostalets, où il reçut l’habit, et le nom de Alfeo Bernabé (1924), et fit le scholasticat à Bujedo.

Frère plus pratique qu’intellectuel, il fut envoyé à Cambrils pendant six années, où il collabora à la construction de la maison de formation. Oublieux de lui-même, il était disponible pour n’importe quelle tâche.

Appelé au service militaire, il fut trois ans à Cuba, hôte du collège lasallien de La Habana, où il fit le catéchisme aux plus petits : on lui découvrit alors d’excellentes qualités d’enseignant.

En 1931, il revint en Espagne et fut à Tarragona.

Peu avant la révolution de 1936, il se trouvait momentanément à Madrid avec quatre autres Frères : sur disposition du Frère Visiteur, ils devaient rejoindre leurs pays d’origine pour promouvoir d’éventuelles vocations.

Mais voilà qu’à peine arrivés à Madrid, éclata la guerre civile, et la persécution ouverte. Aucune des maisons lasalliennes ne pouvait les héberger, puisqu’elles avaient été abandonnées (de force). Ils errèrent dans les rues pendant une dizaine de jours. Enfin, ils entendirent que la ligne de chemin de fer était ouverte pour rejoindre Barcelone.

Mais le voyage ne fut pas du tout ce qu’ils espéraient. Plusieurs fois la police les contrôla. Deux des cinq descendirent à Tarragona, tandis que les trois autres poursuivaient jusqu’à Barcelone.

Alfeo était l’un des deux descendus à Tarragona. Les miliciens, à l’affût de prêtres et de religieux, les remarquèrent vite à leur comportement. Au moment où ils traversaient le quartier de la mairie pour rejoindre leur collège, ils durent passer par des ruelles sombres, où on les identifia très vite : on les assassina sur place.

Alfeo tomba en martyr à Tarragona ce 31 juillet 1936 et a été béatifié en 2013.

 

 

Daniel Mora Nine

1908-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Alejandro Arraya Caballero

1908-1936

 

Il était né le 29 mai 1908 à Rodilla (Burgos, Espagne) et reçut le Baptême deux jours après.

Il commença le noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) à Cambrils en 1922, l’acheva à Fortianell, où il reçut l’habit, et le nom de Alejandro Antonio (1924), et fit le scholasticat à Cambrils.

Ses activités le conduisirent à l’internat de Tarragona (1926), puis à Bonanova (1919), Teruel et Manlleu.

Frère zélé et efficace, il succomba à un excès de travail et dut se reposer.

En 1935, il dut effectuer le service militaire à Manresa, sans cacher sa condition de Religieux, au point que les officiers lui confièrent la formation des soldats moins préparés.

Peu avant la révolution de 1936, il se trouvait momentanément à Madrid avec quatre autres Frères : sur disposition du Frère Visiteur, ils devaient rejoindre leurs pays d’origine pour promouvoir d’éventuelles vocations.

Mais voilà qu’à peine arrivés à Madrid, éclata la guerre civile, et la persécution ouverte. Aucune des maisons lasalliennes ne pouvait les héberger, puisqu’elles avaient été abandonnées (de force). Ils errèrent dans les rues pendant une dizaine de jours. Enfin, ils entendirent que la ligne de chemin de fer était ouverte pour rejoindre Barcelone.

Mais le voyage ne fut pas du tout ce qu’ils espéraient. Plusieurs fois la police les contrôla. Deux des cinq descendirent à Tarragona, tandis que les trois autres poursuivaient jusqu’à Barcelone.

Alejandro était l’un des deux descendus à Tarragona. Les miliciens, à l’affût de prêtres et de religieux, les remarquèrent vite à leur comportement. Au moment où ils traversaient le quartier de la mairie pour rejoindre leur collège, ils durent passer par des ruelles sombres, où on les identifia très vite : on les assassina sur place.

Alejandro tomba en martyr à Tarragona ce 31 juillet 1936 et a été béatifié en 2013.

 

 

Luis Gómez de Pablo

1912-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

José Luis Collado Oliver

1912-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Melchor Martín Monge

1914-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

Michał Oziębłowski

1900-1942

 

Michal naquit la veille de la fête de son Saint patron, le 28 septembre 1900, à Izdebno (Mazowieckie, Pologne), dans une famille nombreuse d’ouvriers.

Entré au séminaire à vingt-deux ans, il fut malade de tuberculose, au point qu’il croyait devoir renoncer à sa vocation. Mais il put réintégrer le séminaire en 1934 et être ordonné prêtre en 1938.

Il fut vicaire à Kutno.

Après l’invasion de la Pologne par les troupes nazies, il fut arrêté le 6 octobre 1941 et envoyé au camp de Lad, puis à Dachau, avec le numéro 28201.

Maltraité, souffrant de la faim, devant exécuter des tâches excessives pour ses forces, épuisé,  il succomba le 31 juillet 1942. 

Des compagnons du camp, qui survécurent, purent témoigner auprès de sa famille, de la façon dont il se comporta généreusement dans ce camp pour servir les uns et les autres.

Il a été béatifié en 1999.

 

 

Franciszek Stryjas

1882-1944

 

Il vit le jour le 26 janvier 1882 à Popów (Pologne), de pieux parents cultivateurs, Martin et Antonina, qui le firent baptiser le lendemain.

Ce sont eux aussi qui lui enseignèrent les premiers éléments scolaires.

En 1901, il épousa Jozefa Kobylka, avec laquelle il eut sept enfants. Ils habitaient Kuczowoli. Quand son épouse décéda, il épousa en secondes noces une autre Jozefa, Nosal, et vint habiter à Takomyśli.

Un des rêves de jeunesse de Franciszek était de parler de Dieu aux enfants et de les préparer à la Première communion ; ce rêve se réalisa lorsque les deux prêtres de Godzieszach et Opatówek furent envoyés à Dachau. Avec son épouse, il organisa clandestinement cette catéchèse, prévoyant de faire héberger les enfants chez des habitants, car ces enfants devaient parfois venir de loin.

Le 20 juillet 1944, Franciszek reçut une convocation au bureau de police de Opatówek. On lui déconseillait de s’y rendre, mais il y alla courageusement.

A Opatówek, puis à Kalisz, il fut durement torturé et succomba à ses blessures le 31 juillet 1944.

Le corps, ramené chez lui, portait des traces évidentes de coups et de tortures.

Il a été béatifié en 1999.

 

 

Cecilia Schelingová

1916-1955

 

Cecilia naquit le 25 (ou le 24) décembre 1916 à Krivá (Orava, Slovaquie), dans une famille de dix enfants (certains disent qu’elle était la dixième des onze enfants), dont les parents étaient de simples paysans, mais très croyants et pratiquants. Ils reçurent avec joie ce beau cadeau de Noël !

Pavel et Susana, les parents, firent baptiser leur fille trois jours après.

Cecilia fréquenta l’école primaire de 1922 à 1930, travailleuse, obéissante, serviable et douce. Tous l’aimaient.

Dès 1931, elle demanda à entrer à l’Institut des Sœurs de la Charité de la Sainte-Croix. 

En attendant d’être admise, elle fit ses études d’infirmière et y ajouta une spécialisation en radiologie.

Elle entra au noviciat en 1936, et fit les vœux en 1937 avec le nom de Zdenka (Sidonie).

Elle travailla d’abord à Humenné, puis à partir de 1942, au service de radiologie de Bratislava, où ses qualités, sa compétence, sa disponibilité, lui acquirent l’estime unanime.

Dans ce même hôpital, se trouvaient des prêtres et des séminaristes persécutés par le régime communiste, au pouvoir depuis 1948. Tous étaient promis, dès leur «guérison», aux camps de concentration de Sibérie, d’où ils ne seraient probablement jamais revenus.

Dans la nuit du 19 au 20 février 1952, Zdenka réussit à faire fuir un Religieux ; elle pria ainsi dans la chapelle : Jésus, je t’offre ma vie pour la sienne. Sauve-le !

Une deuxième tentative, malheureusement, échoua. La police vint arrêter la Religieuse dès le 29 février pour la conduire en prison, où elle subit d’indicibles tortures physiques et morales.

Suivit une farce de procès, au terme duquel elle fut condamnée à douze ans de prison pour «haute trahison» et à la perte de ses droits civiques pendant dix ans.

Elle fut transférée à la prison de Rimavská Sobota dès le 26 juin 1952, puis à celle de Pardubice, encore plus dure, à partir du 16 avril 1953, pour n’avoir pas voulu collaborer avec les gardiens.

On la fit passer ainsi de prison en prison, avec de tels mauvais traitements qu’après un an et demi de détention, une tumeur au sein fut diagnostiquée. Malgré les soins et l’opération qu’elle subit, l’état ne s’améliora pas, au contraire la Religieuse contracta la tuberculose.

En 1955, quand il était désormais trop tard, le Président de la République lui concéda l’amnistie le 7 avril : ce n’était pas une amnistie, c’était pour éviter que la Religieuse mourût en prison.

Sortie de prison le 16 avril, Zdenka fut immédiatement hospitalisée à Trnava, où elle agonisa et mourut le 31 juillet 1955.

En 1970, la Cour Suprême de Slovaquie annula totalement l’accusation et la peine de Zdenka.

L’héroïque Religieuse avait trente-huit ans. Elle fut béatifiée en 2003.

 

 

Marcel Denis

1919-1961

 

Marcel Denis naquit le 7 août 1919 à Alençon (Orne), deuxième de trois enfants d’un foyer chrétien où le père est un employé de la SNCF.

Alençon est aussi la ville native de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (v. 1 octobre), envers laquelle Marcel aura une grande dévotion.

Après ses études primaires à Montsort, il entra au petit séminaire de Sées en 1932.

En 1942, il entra aux Missions Etrangères de Paris et, après le service militaire, fut ordonné prêtre (1945).

Sa mission fut le centre du Laos, pour lequel il s’embarqua à Marseille en 1946. Il arriva à destination en juin 1946 et restera à Thakhek pour apprendre la langue laotienne.

Comme on le sait, le Laos fut la proie des Japonais, puis devint l’arrière-base des communistes vietnamiens.

Après une période à Dong Makba, le père Marcel fut envoyé dans la région de Khammouane (1952). Il s’exténua à évangéliser, à baptiser, à construire des écoles, des églises ; à former des catéchistes, à soigner des malades.

La guerre civile commença en 1953. Elle n’avait pas cessé en 1961 : en avril, le père Marcel voulut aller chercher son catéchiste Unla dans le village de Phon Saat et mettre en sûreté la famille de celui-ci. Mais c’est là qu’il fut arrêté. Il aurait pu quitter l’endroit, mais il ne voulait pas compromettre son gardien.

On croit savoir qu’il fut enlevé en juillet, accompagné de soldats dans sa propre jeep. On l’aurait forcé à rejoindre le Vietnam, puis ramené au Laos. Il fut fusillé le 31 juillet 1961 à Kham Hè (Nhommalath, Khammouan, Laos).

Il a été béatifié le 11 décembre 2016, avec seize autres Compagnons.

Son dies natalis sera le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

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Published by samuelephrem - dans 07-juillet
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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 23:00

 

30 JUILLET

 

Anc. Test.

S Abel le Juste, victime de son frère Caïn (cf. Gn 4).

III.

SS Abdon et Sennen, princes persans martyrs à Rome.

IV.

Ste Iulitta, riche veuve, martyre à Césarée de Cappadoce.

Stes Maxima, Donatilla et Secunda, martyres à Thuburbo ; Maxima avait quatorze ans, Secunda douze; exposées aux bêtes qui les respectèrent, elles furent décapitées.

V.

S Expletius, évêque à Metz. 

S Ursus, évêque à Auxerre, dont il avait arrêté l'incendie par sa prière, quand il était ermite.

VI.

S Sylvain, ermite à Saint-Pierre-sur-Erve.

?

S Térence, diacre à Faenza.

VIII.

S Tatwin, évêque à Cantorbury.

XI.

Ste Godelina, malheureuse épouse flamande, assassinée, qui, après sa mort, convertit son mari.

XII.

S Hathebrand, abbé à Feldwirth et près de Groningue.

XIII.

B Manés Guzmán, prêtre, le frère de s. Dominique et son fidèle assistant.

XVI.

Bx Edward Powell, Richard Fetherston, Thomas Abel, prêtres martyrs en Angleterre ; Edward et Thomas avaient écrit sur l'indissolubilité du mariage ; Thomas était chapelain, précepteur de musique et de langue auprès de la reine Catherine, dont le roi Henri VIII voulait se séparer ; tous trois furent exécutés en même temps que trois hérétiques (protestants).

XIX.

S Joseph Yuan Gengyin, martyr chinois, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936-1939 :

- béatifiés en 1992, de l’Ordre des de Saint-Jean-de-Dieu, : 

Hospitaliers : Pablo Corres Díaz de Cerio (Braulio María, *1897), prêtre ; Antoni Forcades Ferraté (Eusebi, *1875), Arsenio Mañoso González (Benito José Labre, *1879), Miguel Carrasquer Ros (Julian, *1881), Vicente de Paúl Canelles Vives (*1894), Sadurní Roca Huguet (Constanci, *1895), Manuel Jiménez Salado (*1907), profès ; Enrique Beltrán Llorca (*1899), Tomás Urdánoz Aldaz (*1903), Rafaél Flamarique Salinas (*1903), Domingo Pitarch Gurrea (*1909), Antonio Sanchiz Silvestre (*1910), Antoni Llauradó Parisi (*1910), Manuel López Orbara (*1913), Ignacio Tejero Molina (*1916), novices, près de Tarragona ;

- béatifiés en 2001 :

Dominicains : José María Muro Sanmiguel (*1905), prêtre ; Joaquín Prats Baltueña (*1915), novice  ; Zosimo Isquierdo Gil (*1895), prêtre diocésain tertiaire dominicain, près de Teruel ;

Salésiens : Sergio Cid Pazo (*1884), à Barcelone ;

- béatifiés en 2007 :

Prêtres diocésains : Ricardo Pla Espí (*1898), à Tolède ;

Carmes Déchaux : José Mata Luis (Constancio de s. Joseph, *1914), clerc, et Vicente Alamano Jiménez (José María de N.Dame des Douleurs, *1901), profès, à Tolède; 

Lassalliens : Ramón Palos Gascón (Cayetano José, *1885) à Barcelone ;

- béatifiés en 2013 :

Lasalliens : Eugenio García Tribaldos (Agustín María, *1877), Juan Sanz Palanca (Crisólogo, *1880), Guillermo Álvarez Quemada (Oseas, *1890), Miguel Solas del Val (Anselmo Pablo, *1890), Alejandro González Blanco (Braulio José, *1890), Pablo Díaz de Zárate y Ortiz de Zárate (Norberto José, *1892), Luis Herrero Arnillas (Esteban Vicente, *1893), à Madrid ;

Vincentiens : le frère Luis Aguirre Bilbao (*1914), près de Teruel ;

Prêtres diocésains : Rafael Martí Figueras (*1878), prêtre, à Tarragona ;

Fils de la Sainte Famille : Jaume Puig Mirosa (*1908), prêtre, près de Barcelone ; 

Laïc : Sebastiá Llorens Telarroja (*1909), près de Girona ;

S Bogdan Mandic (Leopoldo de Castelnuovo, 1866-1942), dalmate né dans une province austro-hongroise qui allait devenir yougoslave, capucin à Padoue où il confessa pendant quarante ans, mystique, canonisé en 1983.

Bse Dorotea Chávez Orozco (María Vicenta de Sainte Dorothée, 1867-1949), mexicaine, guérie d'une grave infirmité à vingt-cinq ans, consacrée aux malades, fondatrice de la congrégation des Servantes de la Sainte Trinité et des Pauvres ; elle quitta humblement sa charge de supérieure sur l'ordre de l'évêque ; béatifiée en 1997. 

Ste María Natividad Venegas de la Torre (M. de Jésus-Sacrement, 1868-1959), mexicaine, fondatrice des Filles du Sacré-Cœur de Jésus, pour le service des malades à l'hôpital de Guadalajara, béatifiée en 1992, canonisée en 2000.

Abel

Ancien Testament

 

L’histoire d’Abel et de Caïn peut se lire au chapitre 4 de la Genèse.

On y lit comment Dieu préfère les sacrifices d’Abel, qui les offre avec un cœur pur, tandis que Caïn n’a pas le cœur droit ; jaloux, il tue son frère.

Abel est le première victime de la violence humaine dans l’histoire, la première victime de l’injustice.

Dans le Canon Romain de la Messe, il est demandé à Dieu d’accepter le Sacrifice qu’on est en train de lui offrir comme il a daigné accepter les sacrifices de son serviteur Abel le Juste. Dans l’évangile de saint Matthieu, le Christ met Abel le Juste au rang des prophètes et des saints (Mt 23:32-35), et les Pères de l’Eglise ont toujours présenté Abel comme une préfiguration du Christ ; avec saint Cyprien de Carthage, on peut dire qu’Abel fut le premier Martyr.

L’actuel Martyrologe n’a pas gardé la commémoration d’Abel au 30 juillet, comme c’était le cas auparavant. 

 

 

Abdon et Sennen de Perse

† 250

 

La «légende» dit qu’Abdon et Sennen étaient deux princes persans. Sennen aurait même connu l’un ou l’autre des Apôtres (v. ss.Simon et Jude, 28 octobre), ce qui ne semble pas possible.

Ils mettaient un point d’honneur à enterrer dignement les martyrs.

Ils furent arrêtés lors de la persécution de Dèce. Mais ces princes devaient être jugés par l’empereur, qui se les fit amener à Rome, enchaînés, et traduits devant le Sénat. On les invita à sacrifier au dieu soleil : ils crachèrent sur la statue ; on les offrit aux bêtes, qui les respectèrent ; on les égorgea.

Les deux Martyrs furent plus tard enterrés dans le cimetière de Pontien.

Des reliques d’Abdon et Sennen furent portées à Arles-sur-Tech (Pyrénées Orientales) et se trouvent dans deux bustes-reliquaires fort beaux ; en outre, on y vénère un sarcophage antique qui contient toujours de l’eau, bien que le couvercle en soit scellé. On l’appelle la Sainte Tombe : cette eau «abonde» (sans jeu de mots) au jour de la fête.

Saints Abdon et Sennen sont commémorés le 30 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iulitta de Césarée de Cappadoce

† 303

 

La ville de Césarée de Cappadoce est aujourd’hui Kayseri (Turquie centrale).

Une riche veuve, Iulitta, cita au tribunal de cette ville un notable malhonnête qui avait détourné une grande partie de sa fortune, mais le notable déclara que la plaignante n’avait pas le droit d’ester en justice, étant chrétienne.

On chercha à faire à Iulitta de belles promesses, la flatter, l’exhorter à offrir ne serait-ce qu’un grain d’encens symbolique, elle répondit crânement : Je suis servante du Christ.

Condamnée elle-même au bûcher, elle s’y dirigea avec la joie radieuse d’aller rejoindre le Christ.

Ce fut le 30 juillet 303.

Une autre Iulitta est commémorée avec le petit Quiricus (Cyr), le 16 juin.

Sainte Iulitta de Césarée de Cappadoce est commémorée le 30 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maxima, Donatilla et Secunda de Thuburbo

† 304

 

Dans la périphérie de Carthage (act. Tunisie N), vivaient les deux adolescentes Maxima et Donatilla, la première de quatorze ans, la deuxième guère plus âgée.

Lors de la persécution de Maximien (304), le proconsul Anullinus voulut appliquer sans délai les décrets impériaux : les Chrétiens devaient livrer tous leurs livres religieux pour les faire brûler. Un certain nombre obtempérèrent, mais non Maxima et Donatilla. Elles furent interrogées et sommées d’offrir de l’encens à une statue de dieu païen.

Sur leur refus constant, elles furent conduites à Thuburbo Maius (auj. proche de Henchir-Kasbat, Tunisie N).

A Thuburbo, on regardait passer ce cortège, et une jeune fille nommé Secunda, voulut se joindre spontanément aux deux autres. Une version prétend qu’elle aurait fait volontairement une chute de son balcon «pour s’associer à ces deux Martyres et rejoindre plus vite le Christ», ce qui n’est pas acceptable dans la loi de l’Eglise.

On condamna les trois adolescentes aux bêtes féroces, mais un ours vint délicatement leur lécher les pieds ; elles furent décapitées.

C’était un 30 juillet, sans doute en 304. 

Saintes Maxima, Donatilla et Secunda de Thuburbo sont commémorées le 30 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ursus d’Auxerre

427-508

 

Ursus était un ermite qui vivait en reclus près de l’église Saint-Amâtre (sur s.Amator, v. 1er mai).

Lors d’un grave incendie qui menaçait toute la ville d’Auxerre, il pria intensément et le feu s’arrêta.

Ses mérites furent évidents pour tout le peuple, et en 502 il fut acclamé dixième évêque d’Auxerre, à la mort de s.Censurius (v. 10 juin). Il devait alors avoir soixante-quinze ans, l’âge auquel on demande aujourd’hui aux évêques de présenter leur démission.

Le pontificat d’Ursus dura six ans environ ; il mourut en 508 (ou 507).

Saint Ursus d’Auxerre est commémoré le 30 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Godelina de Flandre

1049- 1070

 

Godelina (en latin Godeleva, connue aussi sous les variantes : Godeliève, Godeleine, Godelive) était née vers 1049 à Londefort (Wierre-Effroy, Pas de Calais), du seigneur Hemfried.

Elle refusa toutes les propositions de mariage, mais fut contrainte d’accepter celle de Bertolf de Gistel, qui obtint sa main par l’entremise du comte de Boulogne.

Que désirait donc cet homme ? Godelina fut bientôt prise en grippe par sa belle-mère qui, profitant de l’absence de Bertolf, enferma la pauvre jeune femme dans une cellule étroite, lui laissant à peine de quoi manger.

Godelina réussit à s’enfuir et à revenir chez ses parents. On dirait aujourd’hui qu’un mariage célébré sous la contrainte, non consommé, et vécu dans la maltraitance, aurait de fortes chances d’être déclaré nul. 

Mais les braves parents en référèrent à l’évêque, réclamant les droits de leur fille. L’évêque de Tournai convoqua Bertolf et l’obligea à reprendre sa femme.

C’était une tromperie. Bertolf s’éloigna de nouveau ; deux valets étranglèrent la jeune femme, et la lavèrent soigneusement avant de la recoucher dans son lit, pour faire croire à une mort naturelle. 

Cette horreur se produisit le 6 ou le 30 juillet 1070.

D’après les récits, Godelina intervint encore après sa mort. Après que Bertolf se remaria, il eut une fille aveugle : Godelina la guérit, obtenant ainsi la conversion du père. Bertolf alla se faire absoudre à Rome, fit le pèlerinage de Jérusalem, et finit ses jours comme moine à Saint-Winoc de Bergues. Sa fille fonda un monastère de bénédictines à Gistel, sous le patronage de Godelina.

Godelina fut en effet vénérée comme martyre, et des miracles se produisirent sur sa tombe. On l’invoque encore maintenant pour les maux de gorge. Une source jaillit aussi à l’endroit de sa maison natale.

Elle fut «canonisée» en 1084 et le Martyrologe a opté pour le 30 juillet.

 

 

Hathebrand d’Anvers

?-1198

 

Hathebrand était fils unique d’un humble cultivateur des Pays-Bas.

A quinze ans, il se sentit appelé au sacerdoce. Après la mort de ses parents, il entra au monastère bénédictin d’Utrecht.

Par la suite, il construisit sur le domaine paternel quelques cellules pour des moines avec un oratoire : ce serait le plus ancien monastère de Groningue, qu’on appela Oldekloster (ou Vieux Moûtier). Les moines demandèrent à l’évêque de le consacrer Abbé.

Hathebrand fonda d’autres monastères dans la région ouest de la Frise. Il ne manqua pas non plus de faire des miracles.

Mais comme le diable est toujours présent pour diviser (dia-bolos), il y eu des tensions entre l’Abbé et les moines, au point qu’il sentit sa vie en danger ; il s’enfuit à Merehuzum (ou Meerhusen, Aurich).

Dans cette région, il eut l’occasion de guérir une femme paralysée du bras. L’événement provoqua un afflux de malades qui demandèrent à être guéris, mais provoquèrent plutôt l’éloignement de Hathebrand, car le pauvre moine était fait pour le silence et la solitude, plutôt que pour la célébrité.

A partir de ce moment, on ne dit plus grand-chose sur l’abbé d’Oldekloster. 

Il mourut en 1198, probablement le 30 juillet , mais le Martyrologe ne le mentionne pas.

On pourrait presque dire que les reliques de s.Harthebrand eurent une existence plus mouvementée que le Saint lui-même. Elles furent remises à l’abbé d’Anvers, qui les fit reconnaître par l’évêque. En 1796, les Français chassèrent les Bénédictins et détruisirent l’abbaye ; les reliques arrivèrent à l’église Saint-André d’Anvers puis furent remises à l’église Saint-Benoît d’Anvers, où elles ont été solennellement déposées au cimetière qui entoure l’église, dans la tombe des prêtres. Quelques reliques de s.Harthebrand ont été remises aussi en divers endroits de Belgique.

 

 

Manés de Guzmán

1170-1234

 

Saint Domingo (Dominique) de Guzmán avait deux frères aînés : le premier, António, fut chanoine ; le second, Manés, était né à Calaruega (Burgos, Espagne), vers 1170. Leurs pieux parents étaient Félix de Guzmán et Juana de Aza.

Manés étudia auprès de son oncle maternel Gonzalo à Gumiel de Izán et serait même entré un temps dans le monastère cistercien de Calaruega. Il avait l’âme du contemplatif, mais aussi il fut conquis par l’idéal de son frère : prêcher la Vérité, et fut ainsi parmi les premiers disciples de Domingo.

Le saint Fondateur des Frères Prêcheurs (Dominicains) envoya son frère Manés avec quelques autres à Paris, pour y fonder le couvent Saint-Jacques.

A partir de 1219, Manés dut s’occuper des religieuses dominicaines de Madrid.

Quand Domingo fut canonisé (1234), Manés vint à Caleruga pour y faire construire un sanctuaire sur le lieu de naissance de son saint Frère. Ce sanctuaire serait plus tard un monastère de contemplatives.

Manés mourut cette même année, le 30 juillet 1234, dans le monastère Saint-Pierre de Gumiel de Izán.

Son culte fut confirmé six siècles plus tard, en 1834.

 

 

Richard Fetherston

 ? -1540

 

On n’en connaît pas le lieu et la date de la naissance. Son nom se trouve aussi sous les formes Fetherstone, Featherstone.

Dans son De Illustribus Angliæ Scriptoribus, Pits le qualifie de Docteur en Théologie Sacrée.

Aumônier de la reine Catarina d’Aragon, épouse du roi Henry VIII, il fut le précepteur de leur fille, Mary, future reine, et fut un des théologiens nommés pour défendre la Reine dans la procédure du divorce demandé par le Roi. Il aurait écrit un Contra Divortium Henrici et Catharinæ Liber unus, qu’on n’a pas retrouvé.

Il fut un des rares à refuser de signer la déclaration de nullité du mariage d’Henry VIII et de Catarina ; puis, en 1534, il refusa aussi de signer le Serment de Suprémacie, qui mettait l’autorité du roi au-dessus de celle du Pape.

Enfermé dans la Tour de Londres le 13 décembre 1534, il fut apparemment prisonnier jusqu’au jour de son exécution, à Smithfield, le 30 juillet 1540, avec Edward Powell et Thomas Abell, ainsi que trois autres ministres «hérétiques» (protestants), qui professaient les thèses de Zwingli.

Après leur exécution, les morceaux de membres des Martyrs furent exposés aux portes de la ville, leurs têtes sur des piques le long du pont de Londres.

Le culte de Richard et de ses Compagnons a été confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Edward Powell

1478-1540

 

Il était né vers 1478 dans le Pays de Galles.

Cet illustre théologien fut élève de l’université d’Oxford, puis de Oriel College en 1495. Docteur en 1506, avec le titre de perdoctus vir, il fut recteur à Bleadon (Somerset), Lincoln, Cariton-cum-Thuriby (1505), Sutton-in-Marisco (1525), ainsi qu’aux environs de Bristol et Salisbury.

Très considéré par le roi Henri VIII, il écrivit pour lui une Assertio Septem Sacramentorum, en réponse à Luther et qui fut louée par l’université d’Oxford, qualifiant Edward de gloire de l’université. Il fut ensuite un des quatre théologiens choisis pour défendre la légalité du mariage de Catarina d’Aragon, au sujet duquel il écrivit un Tractatus de non dissolvendo Henrici Regis cum Catherina matrimonio.

C’était sa condamnation. Dénoncé à Cromwell, il tomba en discrédit, privé de sa charge à Salisbury (1534), et la même année accusé de haute trahison.

Prisonnier à la Tour de Londres, il attendit l’exécution de la sentence jusqu’au 30 juillet 1540 ; avec lui devaient mourir aussi Thomas Abel et Richard Featherstone, mais aussi trois Protestants, jugés hérétiques. Tandis que ces derniers furent brûlés vifs, les trois prêtres catholiques furent pendus, éviscérés et écartelés.

Le culte d’Edward et de ses Compagnons a été confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Thomas Abell

1497-1540

 

Thomas Abell  (souvent abrégé en Abel, par erreur) naquit vers 1497, mais on n’a pas retrouvé les circonstances familiales de son enfance ni le lieu de sa naissance.

On sait qu’il étudia à Oxford et que, devenu prêtre, il entra avant 1528 au service de la reine Catherine comme aumônier, mais aussi comme professeur de musique et de langues vivantes. 

La reine lui confia une mission auprès du roi d’Espagne et, à son retour, elle l’honora du bénéfice de Bradwell (Essex).

De son côté, Thomas resta un inébranlable soutien de la reine dans son infortune, quand elle fut renvoyée par le roi. Il publia même en 1532 un écrit, Invicta veritas, où il affirmait et démontrait que la loi ne permettait pas au roi de divorcer de son épouse légitime. C’était publié à Anvers, sous un pseudonyme, mais l’auteur fut vite démasqué.

Une première fois arrêté à Beauchamp Tower, libéré pendant un an, de nouveau arrêté en décembre 1533, Thomas fut accusé de répandre les prophéties d’Elizabeth Barton (une voyante de l’époque), de soutenir la reine Catherine.

On le tint enfermé dans la Tour de Londres. Durant cette période, il écrivit un rebus sur le mur, paraphrasant son nom (A bell Thomas), ainsi qu’une pétition à Cromwell le suppliant d’alléger un peu le strict confinement où il se trouvait et de lui permettre de célébrer la Messe.

Thomas fut condamné pour s’être soumis à l’évêque de Rome (le Pape), et pour s’être révélé un ennemi à la fois du roi et du royaume. On énonça la sentence : Vous serez traîné sur une claie jusqu’à l’endroit de l’exécution, vous serez pendu et remis à terre encore vivant, on vous coupera les membres et on les jettera au feu, on vous brûlera les boyaux sous les yeux, on vous coupera la tête, on mettra votre corps en morceaux, selon la volonté du Roi, et que Dieu ait pitié de votre âme.

Ce supplice «raffiné» eut lieu le 30 juillet 1540 à Smithfield (Londres) ; avec Thomas devaient mourir aussi Edward Powell et Richard Featherstone, mais aussi trois Protestants, jugés hérétiques. Tandis que ces derniers furent brûlés vifs, les trois prêtres catholiques furent pendus, éviscérés et écartelés.

Deux jours avant, avait été exécuté un autre Thomas : Cromwell.

Le culte de Thomas Abell et de ses Compagnons a été confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Ruose (Josephus) Yuan Gengyin

1853-1900

 

Ruose (Josephus) Yuan Gengyin, né vers 1853 à Hui (Zaoqiang, Hebei), fut martyrisé à Dayin (Zaoqiang) fin juillet 1900 (mentionné le 30 juillet au Martyrologe).

Il a été béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

 

Antoni Forcades Ferraté

1875-1936

 

Antoni naquit le 28 septembre 1875 à Reus (Tarragona, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il fit la profession comme Frère convers, avec le nom de Eusebi.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Eugenio García Tribaldos

1877-1936

 

Eugenio eut un parcours particulier.

Né le 13 juillet 1877 à Vellisca (Cuenca, Espagne), il reçut en 1893 l’habit des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) et fit la profession en 1895 à Bujedo.

Que se passa-t-il ensuite ? Maladie ? Doute ? Epreuve ? Le Frère quitta la vie religieuse, déposa l’habit et rentra dans le siècle, où il s’adonna, pendant huit années, à l’enseignement du français, mais aussi à de pieuses activités, parmi lesquelles les Conférences Saint-Vincent-de-Paul et l’Adoration nocturne du Saint-Sacrement.

Passé cet intervalle, il sollicita et obtint à nouveau son admission chez les Lasalliens : il reprit l’habit en 1905 et fit la profession une deuxième fois, avec le nom de Agustín María.

Mûri, affermi, le Frère apparut à tous vraiment «bien dans sa peau». Il fit la profession solennelle à Bujedo en 1913.

Il commença son apostolat à Valladolid, puis fut professeur à Bujedo, pendant dix-neuf années.

Il fut un des principaux collaborateurs de la revue lasallienne Eco de Belén, destinée aux élèves, en particulier ceux de l’archiconfrérie de l’Enfant-Jésus, et qui prendrait plus tard le nom de Vie et Lumière. Le Frère Agustín en devint le directeur.

En 1926, il fut directeur de la maison de Bujedo, et les sept dernières années de sa vie, il fut à la Librairie Bruño, la Procure de Madrid.

Cette Procure éditait quantité de livres excellents, qui furent même adoptés dans les écoles statales.

Le 30 juillet 1936, des miliciens s’introduisirent dans la maison, forcèrent les Frères à se rassembler à l’accueil, les soumirent à un pénible interrogatoire, concernant leurs hypothétiques armes (?), l’argent, les activités, les personnes, etc. 

Ensuite, ils les ligotèrent et les firent monter dans un autobus, direction la Casa de Campo, à l’époque en-dehors de Madrid. 

Là, furent fusillés sept Frères Lasalliens, ce 30 juillet 1936.

On n’en sut plus rien, jusqu’au 15 septembre suivant, quand le Frère Visiteur et le Frère Directeur général se rendirent à la Préfecture pour s’enquérir : ils reconnurent six des sept Frères parmi des milliers de photographies ; impossible de reconnaître le septième, dont le corps fut sans doute davantage déformé.

Ces sept Frères, dont Agustín María, furent béatifiés en 2013.

 

 

Rafael Martí i Figueras

1878-1936

 

Il naquit le 4 décembre 1878 à Tarragona, de Rafael et Dolors, qui le firent baptiser le 8, en la fête de l’Immaculée Conception.

Au terme de ses études philosophiques et théologiques, il fut ordonné prêtre en 1902.

Il exerça le saint ministère à Selva del Camp et à Cabra (Alt Camp).

Son église n’était pas vraiment pleine de paroissiens quand il célébrait, mais il mettait toujours dans la célébration liturgique le même enthousiasme et prêchait comme si l’église était pleine. Quand on lui suggérait qu’il pourrait s’épargner tant de peine, il répondait : Je ne fais qu’accomplir mon devoir.

Il faisait en outre chaque soir le Chemin de la Croix, auquel participait quelque brave fidèle.

Il rendait visite aux malades, et y revenait si on le renvoyait la première fois. Il se mortifiait beaucoup. Très modeste de sa personne, on le trouvait parfois même trop effacé. Il passait des heures devant le Saint Sacrement à prier et méditer. Jamais une parole critique contre quiconque. On le considérait comme un saint.

Lors de la visite pastorale de l’archevêque, il y eut un incident. Quelqu’un fit sauter un pétard juste devant la porte du presbytère, pour protester contre la «sévérité» de don Martí : on lui avait suggéré de ne plus aller visiter les écoles ou les malades, et il avait «osé» refuser. Quand les coupables furent identifiés et mis en prison, il intervint lui-même pour leur pardonner et obtenir leur libération.

Quand éclata la révolution de 1936, le Comité se chargea de l’accompagner hors du pays et de lui trouver un logement à Tarragona, se félicitant d’avoir mis leur curé en sécurité.

Il semble qu’un passant l’ait vu monter l’escalier et l’ait dénoncé, car des révolutionnaires vinrent bientôt le trouver pour l’emmener et l’assassiner, probablement le 29 juillet très tard ou le 30 très tôt. L’autopsie pratiquée le 30 juillet révéla plusieurs blessures d’arme à feu. On put identifier le prêtre aux initiales RM de ses vêtements, ainsi qu’au scapulaire et au cordon de Saint-François qu’il portait.

Don Ramon Martí fut béatifié en 2013.

 

 

Arsenio Mañoso González

1879-1936

 

Arsenio naquit le 19 juillet 1879 à Lomoviejo (Valladolid, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il fit la profession comme Frère convers, avec le nom de Benito José Labre.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Juan Sanz y Palanca

1880-1936

 

Né le 11 août 1880 à Pamplona (Espagne), il entra en 1897 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) à Bujedo, passa au noviciat en 1898, reçut l’habit et fit la profession avec le nom de Crisólogo. Il fit la profession perpétuelle en 1910 à Bujedo.

Après beaucoup d’étapes en diverses régions d’Espagne, il fut nommé par deux fois directeur d’une des maisons de Madrid et aussi de celle de Viloria de la Rioja.

Le Frère Crisólogo fut un excellent professeur, dynamique, jeune d’esprit, qui suscita beaucoup de belles vocations.

En 1931, il déposa la charge de directeur et fit la classe à Santa Susana de Madrid.

Le 30 juillet 1936, il était de passage à la Procure (on a dit aussi qu’il s’y était réfugié car il se trouvait en danger à Santa Susana). Des miliciens s’introduisirent dans la maison, forcèrent les sept Frères présents à se rassembler à l’accueil, les soumirent à un pénible interrogatoire, concernant leurs hypothétiques armes (?), l’argent, les activités, les personnes, etc. 

Ensuite, ils les ligotèrent et les firent monter dans un autobus, direction la Casa de Campo, à l’époque en-dehors de Madrid. 

Là, furent fusillés ces sept Frères Lasalliens, ce 30 juillet 1936.

On n’en sut plus rien, jusqu’au 15 septembre suivant, quand le Frère Visiteur et le Frère Directeur général se rendirent à la Préfecture pour s’enquérir : ils reconnurent six des sept Frères parmi des milliers de photographies ; impossible de reconnaître le septième, dont le corps fut sans doute davantage déformé.

Ces sept Frères, dont Crisólogo, furent béatifiés en 2013.

 

 

Miguel Carrasquer Ros

1881-1936

 

Miguel naquit le 11 mai 1881 à Sueca (Valencia, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il fit la profession comme Frère convers, avec le nom de Julian.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Luis Herrero Arnillas

1883-1936

 

Luis, né le 22 août 1883 à La Serna (León, Espagne), entra en 1909 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) au noviciat mineur de Bujedo, passa au noviciat, reçut l’habit en 1912 et fit la profession avec le nom de Esteban Vicente. Il fit la profession perpétuelle en 1918, à Bujedo.

Il voulait travailler, et ses supérieurs lui remarquèrent, outre ses bonnes qualités de religieux, des dons excellents pour les travaux manuels. Il fut d’abord à Bujedo (1918) comme tailleur et cordonnier, puis aussi comme jardinier habile et cuisinier, puis à l’école du Sacré-Cœur (1922), et à celle du Bon Pasteur (1926), puis à Griñón, enfin à Madrid, à la Librairie Bruño (1935) et à l’école Santa Susana.

Malgré ses fortes douleurs de rhumatisme, il ne s’arrêtait et ne se plaignait jamais.

Le 30 juillet 1936, il était de passage à la Librairie Bruño, avec le Frère Braulio, quand les miliciens s’introduisirent dans la maison, forcèrent les sept Frères présents à se rassembler à l’accueil, les soumirent à un pénible interrogatoire, concernant leurs hypothétiques armes (?), l’argent, les activités, les personnes, etc. 

Ensuite, ils les ligotèrent et les firent monter dans un autobus, direction la Casa de Campo, à l’époque en-dehors de Madrid. 

Là, furent fusillés ces sept Frères Lasalliens, ce 30 juillet 1936.

On n’en sut plus rien, jusqu’au 15 septembre suivant, quand le Frère Visiteur et le Frère Directeur général se rendirent à la Préfecture pour s’enquérir : ils reconnurent six des sept Frères parmi des milliers de photographies ; impossible de reconnaître le septième, dont le corps fut sans doute davantage déformé.

Ces sept Frères, dont Esteban Vicente, furent béatifiés en 2013.

 

 

Sergio Cid Pazo

1884-1936

 

Sergio vit le jour le 24 avril 1884 à Allariz (Orense, Espagne).

Dès la petite jeunesse, sa personnalité manifestait des signes évidents de sa vocation sacerdotale.

Entré dans la Société des Salésiens, il fit la profession en 1905 et fut ordonné prêtre en 1912.

Toute son activité se déroula à Sarriá (Bardelone). Il avait conquis la vénération unanime, par sa bonté et son travail infatigable.

Le dimanche 19 juillet 1936, durant sa prédication, il parla avec enthousiasme de la grâce du martyre pour Jésus-Christ.

Le 22 juillet, comme tous les autres Confrères, il fut contraint de quitter la maison. Sans savoir où aller, il monta dans un tramway de Barcelone. 

A partir de là, on trouve deux versions très différentes de son martyre.

Dans l’une, des miliciens l’observèrent attentivement et suspectèrent le prêtre ; s’approchant, ils lui tirèrent la main de sa sacoche : il tenait le chapelet. Les miliciens le jetèrent du tramway en marche. Le prêtre alla s’écraser contre un réverbère.

Dans l’autre version, les miliciens l’emmenèrent dans leur voiture jusqu’à la route de Sarriá, non loin de l’arrêt du funiculaire de Vallvidriera, où ils le fusillèrent.

C’était le 30 juillet 1936.

Don Sergio Cid fut béatifié en 2001.

 

 

Ramón Palos Gascón

1885-1936

 

Ramón (Raymond) était né le 11 août 1885 à Forcall (Tortosa, Espagne) et fut baptisé le jour même.

A dix-sept ans, il rencontra à Benicarló les Frères des Ecoles Chrétiennes, et se sentit appelé : il entra au noviciat de Bujedo en 1908, à vingt-trois ans, prit l’habit et fit la profession avec le nom de Cayetano José.

Il commença son activité à Teruel en 1910.

En 1919, il passa à l’école gratuite de Bonanova, dont il fut économe en 1925.

Il était dans cette charge lorsque, le 10 juillet 1936 déjà (alors que les événements révolutionnaires se déclenchèrent généralement à partir du 19 juillet) - une horde de miliciens armés envahit le collège, mit le feu à la chapelle et détruisirent beaucoup de matériel.

Ils trouvèrent le Frère Cayetano dans son bureau, où ils l’enfermèrent avec quelques employés ; il se trouva que l’un d’eux était justement de la FAI ou Fédération Anarchique Ibérique, et profita de la situation pour faire subir au Frère un véritable calvaire pendant ces quelques jours de «prison» commune.

Le Frère fut ensuite détenu ailleurs, avec un autre Frère, qui put ainsi adoucir les peines de son Compagnon.

Dix jours après, on l’appela pour lui demander des éclaircissements sur les bâtiments du collège, mais c’était de toutes apparences un prétexte. Il le firent sortir pour le fusiller.

L’autopsie révéla qu’il avait reçu des balles dans la tête, dans le cerveau et dans la poitrine, ce 30 juillet 1936.

Frère Cayetano a été béatifié en 2007.

Guillermo Álvarez Quemada

1890-1936

 

Guillermo, né le 10 février 1890 à Santa Cruz de la Salceda (Burgos, Espagne), entra en 1905 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) au noviciat mineur de Bujedo, passa au noviciat, reçut l’habit en 1907 et fit la profession avec le nom de Oseas. Il fit la profession perpétuelle en 1921, toujours à Bujedo.

Ses études se révélèrent pour lui difficiles, mais comme c’était un homme sérieux et pieux, on en fit un travailleur manuel ; il aida le Frère à la cuisine et devint en peu de temps un cuisinier hors pair. Dans une maison religieuse, c’est une acquisition précieuse.

Oseas fut donc cuisinier en titre à Bujedo pendant huit ans, puis deux ans à Iturribide (Bilbao), puis quatre ans à Griñón, puis encore à Jerez, avant de rejoindre Madrid.

En 1934, il fit un bref séjour en Belgique (Lembecq-lez-Hal), où cependant ses faibles connaissances de la langue française motivèrent son rapide retour en Espagne.

Le 30 juillet 1936, il était de passage à la Procure, toujours à la cuisine, car le cuisinier «chef» était à une retraite à Bujedo. 

C’est alors que des miliciens s’introduisirent dans la maison, forcèrent les sept Frères présents à se rassembler à l’accueil, les soumirent à un pénible interrogatoire, concernant leurs hypothétiques armes (?), l’argent, les activités, les personnes, etc. 

Ensuite, ils les ligotèrent et les firent monter dans un autobus, direction la Casa de Campo, à l’époque en-dehors de Madrid. 

Là, furent fusillés ces sept Frères Lasalliens, ce 30 juillet 1936.

On n’en sut plus rien, jusqu’au 15 septembre suivant, quand le Frère Visiteur et le Frère Directeur général se rendirent à la Préfecture pour s’enquérir : ils reconnurent six des sept Frères parmi des milliers de photographies ; impossible de reconnaître le septième, dont le corps fut sans doute davantage déformé.

Ces sept Frères, dont Oseas, furent béatifiés en 2013.

 

 

Miguel Solas del Val

1890-1936

 

Miguel, né le 8 mai 1890 à Briviesca (Burgos, Espagne), reçut au Baptême le nom de l’Archange, dont on fêtait alors en ce jour l’apparition au Mont Gargan.

Il entra en 1903 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) au noviciat mineur de Bujedo, passa au noviciat, reçut l’habit en 1909 et fit la profession avec le nom de Anselmo Pablo. Il fit la profession perpétuelle en 1919, à Valladolid.

Ce fut un excellent pédagogue et professeur ; les élèves qui sortaient de ses cours furent particulièrement bien notés et remarqués aux examens.

En 1934, il fut envoyé à la Procure de Madrid. Il écrivit lui-même divers ouvrages didactiques (dessin, sciences physiques et naturelles) ou collabora à des ouvrages d’arithmétique et de géométrie.

Le 30 juillet 1936, des miliciens s’introduisirent dans la maison, forcèrent les sept Frères présents à se rassembler à l’accueil, les soumirent à un pénible interrogatoire, concernant leurs hypothétiques armes (?), l’argent, les activités, les personnes, etc. 

Ensuite, ils les ligotèrent et les firent monter dans un autobus, direction la Casa de Campo, à l’époque en-dehors de Madrid. 

Là, furent fusillés ces sept Frères Lasalliens, ce 30 juillet 1936.

On n’en sut plus rien, jusqu’au 15 septembre suivant, quand le Frère Visiteur et le Frère Directeur général se rendirent à la Préfecture pour s’enquérir : ils reconnurent six des sept Frères parmi des milliers de photographies ; impossible de reconnaître le septième, dont le corps fut sans doute davantage déformé.

Ces sept Frères, dont Anselmo Pablo, furent béatifiés en 2013.

 

 

Alejandro González Blanco

1890-1936

 

Alejandro naquit le 23 juillet 1890 à Villovicco (Palencia, Espagne).

Il entra en 1905 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) au noviciat mineur de Bujedo, passa au noviciat, reçut l’habit en 1909 et fit la profession avec le nom de Braulio José. Il fit la profession perpétuelle en 1919, à San Fernando (Cadix).

Il eut des débuts difficiles comme professeur, car il se laissait chahuter. Mais il apprit peu à peu à s’imposer dans la douceur ; à Jerez, il fut chargé de la confraternité de l’Enfant-Jésus, qu’il orienta de façon très efficace, suscitant maintes vocations religieuses.

De 1922 à 1932, il fut à Madrid, d’abord au collège Maravillas, puis à la Procure, collaborant à la Librairie Bruño.

Le 30 juillet 1936, des miliciens s’introduisirent dans la maison, forcèrent les sept Frères présents à se rassembler à l’accueil, les soumirent à un pénible interrogatoire, concernant leurs hypothétiques armes (?), l’argent, les activités, les personnes, etc. 

Ensuite, ils les ligotèrent et les firent monter dans un autobus, direction la Casa de Campo, à l’époque en-dehors de Madrid. 

Là, furent fusillés ces sept Frères Lasalliens, ce 30 juillet 1936.

On n’en sut plus rien, jusqu’au 15 septembre suivant, quand le Frère Visiteur et le Frère Directeur général se rendirent à la Préfecture pour s’enquérir : ils reconnurent six des sept Frères parmi des milliers de photographies ; impossible de reconnaître Braulio, dont le visage fut sans doute davantage déformé.

Ces sept Frères, dont Braulio José, furent béatifiés en 2013.

 

 

Pablo Díaz de Zárate y Ortíz de Zárate

1892-1936

 

Pablo, né le 21 janvier 1892 à Murua-Cogoitia (Álava, Espagne), entra en 1905 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) au noviciat mineur de Bujedo, passa au noviciat, reçut l’habit en 1907 et fit la profession avec le nom de Norberto José. Il fit la profession perpétuelle en 1920, à Valladolid.

Il fut envoyé successivement à Puerto Real (1920), Cadix (1924), Séville (1929), Madrid enfin, à la Librairie Bruño (1935).

Quand on lui demandait s’il se souvenait de ses années d’enseignement, il répondait franchement : Oui, je me souviens beaucoup des enfants, et ils me manquent. Mais si Dieu me veut ici, qu’il soit béni… D’ailleurs, quand nous prononçons les vœux, nous disons bien «…en quelque lieu que je sois envoyé…».

Le 30 juillet 1936, les miliciens s’introduisirent dans la maison, forcèrent les sept Frères présents à se rassembler à l’accueil, les soumirent à un pénible interrogatoire, concernant leurs hypothétiques armes (?), l’argent, les activités, les personnes, etc. 

Ensuite, ils les ligotèrent et les firent monter dans un autobus, direction la Casa de Campo, à l’époque en-dehors de Madrid. 

Là, furent fusillés ces sept Frères Lasalliens, ce 30 juillet 1936.

On n’en sut plus rien, jusqu’au 15 septembre suivant, quand le Frère Visiteur et le Frère Directeur général se rendirent à la Préfecture pour s’enquérir : ils reconnurent six des sept Frères parmi des milliers de photographies ; impossible de reconnaître le septième, dont le corps fut sans doute davantage déformé.

Ces sept Frères, dont Norberto José, furent béatifiés en 2013.

 

 

Vicente de Paúl Canelles Vives

1894-1936

 

Vicente de Paúl naquit le 25 juin 1894 à Onda (Castellón, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il fit la profession comme Frère convers.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Sadurní Roca Huguet

1895-1936

 

Sadurní naquit le 12 août 1895 à Sant Sadurní d’Anoia (Barcelona, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il fit la profession comme Frère convers, avec le nom de Constanci.

Son jeune frère, Miquel (Cristino), entra à son tour dans le même Ordre, et fut martyrisé le 1er septembre 1936.

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié, avec son frère, en 1992.

 

 

Zósimo Izquierdo Gil

1895-1936

 

Il vit le jour le 17 décembre 1895 à Villahermosa del Campo (Espagne), fils de Juan Manuel et Rosa, qui le firent baptiser le jour même.

Après ses études classiques au Petit séminaire de Belchite, il étudia la philosophie et la théologie au Grand séminaire de Saragosse.

Ordonné prêtre en 1920, il exerça le saint ministère à Ariño, Corbatón, Alpeñes, Huesa del Común, Castelseras.

Son zèle se manifesta pour la catéchèse des enfants et le développement de l’Action catholique naissante.

Le 28 juillet 1936, les milices révolutionnaires entrèrent dans le pays, semant la terreur avec les arrestations et les saccages. Ils se rendirent au presbytère, où ils trouvèrent don Zósimo, ainsi qu’un jeune Dominicain de Calanda. Cette présence pourrait s’expliquer par le fait que don Zósimo aurait aussi appartenu au Tiers-ordre dominicain.

Don Zósimo leur demanda ce qu’ils voulaient. Ils lui répondirent : Sauver le peuple. Et don Zósimo, gentiment : Et c’est avec des pistolets que vous cherchez à sauver le peuple ? Réponses injurieuses. Zósimo resta pacifique. Un milicien voulut le poignarder ; Zósimo lui ouvrit tout grand son habit et lui présenta la poitrine ; six autres s’emparèrent du milicien, déconcerté et furieux.

Certains voulaient le fusiller sur place, mais leur chef s’interposa, prétendant procéder d’abord à un jugement du Comité. Ils arrêtèrent formellement le prêtre, puis réclamèrent de sa cousine présente une énorme somme d’argent, mirent le feu à tous les livres, les meubles et autres objets personnels.

Le prêtre et le novice dominicain furent mis en prison. Don Zósimo resta très calme et profita de son temps pour confesser d’autres prisonniers. Ils priaient le chapelet. Le bon curé demanda à plusieurs reprises la libération des prisonniers, surtout des pères de famille, qui avaient des enfants à la maison.

Au milieu de la nuit du 30 juillet 1936, on l’emmena avec les deux Dominicains, José María Muro et Joaquín Prats, en dehors du pays près de la rivière Mezquin, où ils furent exécutés dans une barraque près de la route de Alcañiz.

On pourra trouver quelques petites différences entre ce résumé et ceux concernant le père Muro et le frère Prats, lesquels ne semblent pas avoir été en prison avant d’être conduits à l’endroit de leur exécution.

De même, deux récits se rapportent au moment de l’exécution des Martyrs. Dans l’un, les trois s’agenouillèrent pour recommander leur âme à Dieu et demander pardon pour leurs bourreaux, et furent abattus dans cette position. 

Dans l’autre récit, ils reçurent les balles debout, une fois achevée leur prière à genoux. Don Zósimo reçut d’abord des balles dans les jambes et, s’étant retourné pour exprimer son pardon envers les bourreaux, reçut une salve qui lui traversa le crâne.

Son corps fut ensuite particulièrement profané.

Don Zósimo fut, avec les deux Dominicains, béatifié en 2001.

Pablo Corres Díaz de Cerio

1897-1936

 

Pablo vit le jour le 26 juin 1897 à Torralba del Río (Navarre, Espagne).

Il entra à treize ans à l’école des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, à Ciempozuelos, puis y fut novice. Il fit la profession avec le nom de Braulio María, et fut ordonné prêtre en 1922.

Il était conseiller provincial de son Ordre. En outre, il était maître des novices à Calafell (Tarragona) depuis 1931 : cette communauté tenait un sanatorium pour les enfants de familles pauvres. La grande popularité du père Braulio suscitait la générosité de la population, qui lui procurait les dons nécessaires à nourrir jusqu’à deux-cent-cinquante enfants malades.

La communauté comprenait trois prêtres, des Frères convers et les novices.

Lors de la révolution espagnole, il pensa à envoyer tous ses novices à Marseille, mais les événements ne lui en donnèrent pas le temps. 

Au soir du 22 juillet, les enfants demandèrent aux Religieux ce qu’était ce gros nuage de fumée qui se répandait sur Calafell : c’était l’église qui était incendiée. Les Religieux s’efforcèrent de ne pas inquiéter les enfants.

Le père Braulio réunit la communauté et demanda à tous de prier le Sacré-Cœur de Jésus pour le maintien de la foi en Espagne. Beaucoup d’entre eux passèrent la nuit en prière devant le Saint-Sacrement.

Au petit matin, ils retirèrent le Saint-Sacrement et tous les objets sacrés pour les mettre en sécurité dans la petite chapelle du noviciat, tandis que de grandes colonnes de feu continuaient à s’élever, à la suite de l’incendie des églises du pays.

Le 22 juillet en fin d’après-midi, la communauté s’apprêtait à célébrer les Vêpres, lorsque les miliciens en armes envahirent le sanatorium, s’emparèrent des Frères, fouillèrent l’établissement à la recherche des «armes» (qui n’existaient pas) ; le père Braulio eut la bonté de leur servir à manger.

Ils partirent en prévenant qu’ils reviendraient le lendemain avec d’autres effectifs, pour prendre en charge l’établissement, non sans les avertir aussi : Enlevez donc ces habits ; personne ne les porte plus ; nous sommes tous égaux.

Le père Braulio dit aux Religieux : Nous sommes entre les mains de gens qui nous haïssent à cause de notre appartenance au Christ. Heureux sommes-nous si Dieu demande notre vie pour expier les nombreux péchés qui se commettent en Espagne ! 

On ne dormit pas beaucoup cette nuit-là ; tous se confessèrent. Dès quatre heures du matin, les trois prêtres célébrèrent la Messe et distribuèrent la Communion aux enfants plus grands, leur donnant parfois plusieurs Hosties, pour les consommer et ainsi éviter toute profanation de l’Eucharistie.

Puis le père Braulio dit aux autres : Notre devoir est de rester auprès de ces enfants innocents, dont le sort sera le nôtre. Dieu nous donnera la force de mourir martyrs, si telle est sa volonté.

Dans l’après-midi, arrivèrent les miliciens qui exigèrent les clefs, et consentirent seulement aux Frères de rester là en attendant l’arrivée du personnel laïque qui devait prendre en charge les enfants.

Le dimanche 26, il fut impossible de célébrer la Messe. Quand les Religieux voulurent commencer la prière du matin avec les enfants, comme chaque jour, on le leur interdit, en se moquant de la Religion. Les miliciens promirent aux enfants qu’on leur donnerait des jouets, qu’on leur ferait du cinéma dans la chapelle et que désormais, quand on leur dirait Dieu n’existe pas !, ils devraient répondre : Vive le communisme ! Un des Frères survivants racontera qu’à ce moment il fit un acte de réparation au Sacré-Cœur.

Le mardi 28, les miliciens éliminèrent tout signe religieux du sanatorium. Les Religieux firent leur bagage ; on leur promit un sauf-conduit pour rejoindre la France par Barcelone, mais il fallait seulement attendre la relève du personnel laïque. Ainsi passa aussi le mercredi 29.

Le jeudi 30 à six heures du matin, le père Braulio put célébrer la Messe pour la communauté. On consomma les dernières Hosties. Le prieur ajouta : Ce sera peut-être la dernière fois que nous recevrons Jésus Hostie, et nous le reverrons bientôt face à face. Courage, soyons contents de pouvoir verser notre sang pour le Christ.

A neuf heures, arriva le chef des miliciens, qui leur proposa cette alternative : ou ils restaient sur place avec les «civils», ou ils partaient, mais on ne pouvait leur donner ni sauf-conduit ni pièce d’identité, et l’on ne répondait pas de leur vie dès qu’ils quitteraient la maison.

Pour les Religieux, partir était donc un risque ; mais rester dans cette ambiance, comportait aussi un grand risque pour leur âme, car il fallait renoncer à toute expression de foi. Aussi choisirent-ils de partir.

Le chef en fut le premier surpris. Il ordonna à huit Religieux de rester sur place. Les autres partirent en deux groupes : d’un côté, le père Braulio avec six Frères et huit novices, vers la gare de San Vicente, de l’autre le père Maître vers celle de Calafell.

Peu avant d’arriver à la gare de Calafell, le groupe fut arrêté par une patrouille. On demanda le Frère Constanci (Sadurní Roca Huguet), qui reçut une rafale de mitraillette et fut laissé pour mort ; quelques heures après, des enfants du sanatorium qui passaient par là, l’entendirent gémir et appelèrent au secours, mais ceux qui vinrent, l’achevèrent.

Les Religieux qui se dirigeaient vers la gare de San Vicente, furent arrêtés et conduits vers la gare de Calafell. Cette fois, le père Braulio leur dit : Je vous donne l’absolution. Maintenant, ils nous conduisent à la mort ; pardonnez-leur.

On les conduisit vers la place El Vendrell, où une populace en fureur était en train de profaner l’église. Voyant les Religieux, elle voulut s’en emparer, mais les conducteurs ne voulaient pas perdre leurs proies. Ils se firent ouvrir le passage et prirent la route de Barcelone, avec les vingt-deux Religieux.

Ils arrivèrent devant la gare de Calafell et furent arrêtés par une vingtaine d’autres miliciens, qui firent descendre tous les Religieux et les alignèrent. Quatre d’entre eux qui étaient très jeunes, ainsi qu’un Argentin qui avait son passeport, reprirent place sur le camion. On fit avancer tout le reste du groupe un peu plus loin ; alors, du camion, les cinq rescapés entendirent des coups de feu, puis des coups de pistolet.

On entendit sonner les cinq heures de l’après-midi de ce jeudi 30 juillet 1936.

Revenant au camion, les miliciens constatèrent qu’un des cinq avait pris la fuite ; ils le rattrappèrent et l’assassinèrent.

Un des quatre qui restaient demanda à être assassiné le dernier, encourageant les autres avec le crucifix dans une main et le chapelet dans l’autre ; il criait : Vive le Christ Roi !

On n’arrive pas à trouver le nombre exact des Religieux de la communauté de Calafell, ni celui des Martyrs et des survivants. La béatification de 1992 comprend quinze martyrs : le père Braulio, six Frères convers (dont Constanci), huit novices.

Leur dies natalis commun est au 30 juillet.

 

 

Ricardo Plá Espí

1898-1936

 

Ricardo vit le jour le 12 décembre 1898 à Agullent (Valencia, Espagne).

Il entra en 1908 au collège San José de Valencia, puis au Grand séminaire.

Intelligent, doué pour l’étude, il fut envoyé à l’université Grégorienne de Rome, où il fut reçu aux trois doctorats de philosophie, de théologie et de droit canonique.

Il fut ordonné prêtre en 1922, par l’archevêque, Mgr Reig y Casanova, qui le nomma professeur au Grand séminaire.

Quand l’archevêque fut créé cardinal et déplacé à Tolède, il prit le jeune prêtre comme secrétaire : don Ricardo le resta jusqu’à la mort du prélat, en 1927.

Ensuite, il fut nommé professeur et secrétaire des études à la faculté de philosophie de l’unversité de Tolède, chapelain à la cathédrale, et conseiller à l’Association Catholique de Propagande (ACDP). Il dirigea les Jeudis eucharistiques, jours d’adoration du Saint-Sacrement.

Arriva la révolution de 1936.

Le 24 juillet, don Ricardo fut arrêté avec ses parents et sa sœur Consuelo. C’est de cette dernière que nous savons les détails qui suivent.

Au moment où on allait les fusiller tous les quatre, un jeune garçon, habillé en milicien, se mit devant le prêtre et cria à ses compagnons : Qu’est-ce que vous allez faire, barbares ? Ce curé, c’est un saint. Je réponds pour les quatre. Les quatre furent mis en liberté.

Mais quelques jours plus tard, les miliciens revinrent appeler don Ricardo. Dans un premier temps, ils ne lui permirent pas de saluer sa mère, malade. C’est elle qui se leva et vint dire à son fils : Mon fils, il faut beaucoup de courage pour souffrir, et encore beaucoup plus d’amour pour pardonner. 

Sur le seuil de la maison, il s’adressa à sa mère : Maman, vous ne m’avez pas élevé pour aller au Ciel ? Voici l’heure. Je ne méritais pas tant. Dieu me donne une bien grande récompense en m’accordant la palme du martyre. On aura remarqué le voussoiement du prêtre envers sa mère.

Ils l’emmenèrent au-lieu dit du Tránsito, et le fusillèrent. Il tomba en criant Vive le Christ Roi !

C’était le 30 juillet 1936.

Don Ricardo Plá Espí fut béatifié en 2007.

 

 

Enrique Beltrán Llorca

1899-1936

 

Enrique naquit le 14 novembre 1899 à Villareal (Castellón, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice et, probablement se destinait à être Frère convers.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936, et béatifié en 1992.

 

 

Vicente Alamano Jiménez

1901-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Tomás Urdánoz Aldaz

1903-1936

 

Tomás naquit le 7 mars 1903 à Echarri (Navarre, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 (à trente-trois ans) et béatifié en 1992.

 

 

Rafaél Flamarique Salinas

1903-1936

 

Rafaél naquit le 24 octobre 1903 à Mendívil (Navarre, Espagne) et reçut au baptême le nom du Saint du jour à l’époque, saint Raphaël Archange.

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 (à trente-trois ans) et béatifié en 1992.

 

 

José María Muro Sanmiguel

1905-1936

 

Il vit le jour le 26 octobre 1905 à Tarazona (Saragosse, Espagne).

Après ses études classiques au Petit séminaire, il étudia la philosophie et la théologie au Grand séminaire de Tarazona.

Ordonné prêtre en 1928, il exerça le saint ministère à Villalengua, Regente de Purojosa et Novallas.

Il sentit la vocation religieuse et entra dans l’Ordre dominicain, en 1934, à Calanda.

Ce novice était déjà un prêtre mûr et décidé ; être missionnaire et martyr, était son grand désir intérieur, que les événements allaient bien vite combler.

Quand les milices révolutionnaires entrèrent dans Calanda, le père Muro jugea opportun de rejoindre Alacañiz par Torre Mazas. Il se trouva avec un novice, Joaquín Prats Baltueña.

Le 29 juillet, en chemin, à Castelserás, ils s’informèrent de la route et on les trompa en leur indiquant une autre maison, où se trouvaient des membres du Comité.

Ils furent immédiatement arrêtés, soumis à une farce de jugement durant lequel on se moqua d’eux de façon outrageuse. Au milieu de la nuit suivante, 30 juillet 1936, ils furent exécutés, avec le curé de Castelseras, don Zósimo.

José María Muro a été béatifié en 2001.

Manuel Jiménez Salado

1907-1936

 

Manuel naquit le 29 octobre 1907 à Jerez de la Frontera (Cadix, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il fit la profession comme Frère convers.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Jaime Puig Mirosa

1908-1936

 

Jaime (ou Jaume) vit le jour le 3 juin 1908 à Terrassa (Barcelone, Espagne), aîné d’une famille très dévote de la Sainte-Famille. Il allait être aussi la première victime de la congrégation de la Sainte Famille.

Le jour de son baptême, son grand-père eut une «inspiration» étonnante : il offrit une peseta pour le baptême de l’eau, et une autre pour le baptême de sang de son petit-fils.

Jaime fréquenta les Ecoles Pies de Terrassa, puis passa au collège de Blanes, étudia philosophie et théologie à Les Corts, fut un peu à Begues et reçut l’ordination sacerdotale en 1932.

A Blanes, son directeur l’avait en grande estime, trouvant qu’il était quasi partout un modèle d’aspirant à la vie religieuse.

Il fut professeur de théologie à Vilatorta, puis fut envoyé à Blanes, comme professeur et ensuite comme directeur du collège. On apprécia son travail et son exemple. On remarqua son extraordinaire dévotion envers l’Eucharistie et la Sainte Vierge.

Arriva la révolution de 1936.

Avec un ancien élève (Sebastiá Llorens), don Jaime se préoccupa de dissimuler la statue de la Vierge de Vilar, patronne de Blanes. Ils furent tous deux assassinés au soir du 30 juillet 1936. Don Jaime mourut en disant : Mon Dieu ! Mon Dieu !

Il fut béatifié en 2013, parmi vingt membres de la même congrégation.

 

 

Domingo Pitarch Gurrea

1909-1936

 

Domingo naquit le 12 février 1909 à Villareal (Castellón, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936, et béatifié en 1992.

 

 

Sebastiá Llorens Telarroja

1909-1936

 

Sebastiá vit le jour le 2 décembre 1909 à Tordera (Barcelone, Espagne), dans une famille très attachée aux valeurs et aux vertus chrétiennes ; il reçut ce précieux héritage tout particulièrement de sa très pieuse mère.

Il fit ses études à Blanes, avec des professeurs (le père Sagalés et le père Puig) qui seraient à leur tour martyrs.

Travailleur sérieux, intelligent, perspicace, ce fut un élève vraiment exceptionnel. Il avait un penchant naturel pour la mécanique ; il suivit les cours du soir du père Puig pour l’algèbre. En outre, il participa activement à l’Action Catholique.

Très imprégné de sa foi, il fréquentait régulièrement l’Eucharistie, servait la Messe, restait longuement en prière le soir devant le Tabernacle. Il vénérait profondément Notre-Dame du Vilar, la patronne du pays, dont la statue se trouvait dans l’église paroissiale, cherchant à infuser sa dévotion dans le cœur de ses jeunes amis.

Il n’était pas appelé à la vie consacrée et voulait fonder un foyer chrétien, dans lequel il aurait continué à rechercher la sanctification personnelle, tout en demeurant actif dans l’apostolat auprès des jeunes. 

Les événements allaient lui faire connaître un autre type de sainteté, dans l’accomplissement total du témoignage de la foi. En effet, quand les révolutionnaires mirent l’Espagne à feu et à sang, répandant leur haine féroce en face de tout ce qui était du domaine de Dieu et de l’Eglise, Sebastiá recueillit chez lui le cher père Puig, qui était recherché par les miliciens.

Il aida le Père à cacher la statue miraculeuse de la Vierge du Vilar, et l’accompagna au Comité, quand il y fut convoqué, le 30 juillet 1936.

Les hommes du Comité firent semblant de les laisser repartir libres. Tandis qu’ils regagnaient leur maison, les miliciens passèrent dans la rue en ordonnant aux habitants de rentrer chez eux et de bien fermer portes et fenêtres (pour ne pas voir ce qui allait se passer). Un moment après, ils se saisirent du prêtre et du jeune homme, les conduisirent en-dehors de la ville, à un endroit d’où surgirent tout d’un coup d’autres miliciens qui tirèrent sur le père Puig et sur Sebastián.

Le Père s’écroula dans les bras de Sebastián, en disant Mon Dieu ! Mon Dieu !, tandis que Sebastián, déjà grièvement blessé, fut achevé par plusieurs coups de feu à la tête.

Les deux cadavres des Martyrs restèrent là dans la rue, jusqu’à ce qu’on les ramassât pour les enterrer au cimetière local.

Ainsi s’acheva cette triste journée du 30 juillet 1936 à Blanes.

Comme le père Puig, Sebastián Llorens Telarroja fut béatifié en 2013.

 

 

Antoni Llauradó Parisi

1910-1936

 

Antoni naquit le 13 juin 1910 à Reus (Tarragona, Espagne) et reçut au Baptême le nom du Saint du jour, Antoine de Padoue.

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Antonio Sanchiz Silvestre

1910-1936

 

Antonio naquit le 6 décembre 1910 à Villamarchante (Valencia, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936, et béatifié en 1992.

 

 

 

Manuel López Orbara

1913-1936

 

Manuel naquit le 5 février 1913 à Puente de la Reina (Navarre, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié en 1992.

 

 

José Mata Luis

1914-1936

 

Voir la notice : Carmes espanols martyrs

 

 

Luis Aguirre Bilbao

1914-1936

 

Luis, né le 13 septembre 1914 à Murguía (Biscaye, Espagne), entra dans la congrégation de la Mission (vincentiens, de saint Vincent de Paul, voir au 27 septembre). Il fit la profession perpétuelle en 1933, comme Frère coadjuteur.

Il arriva à Alcorisa (Teruel) le 30 juillet 1933, où tous l’estimaient pour sa bonté, sa candeur, tant les Confrères de la maison que les gens du pays.

Pendant trois années, le Frère Luis fut la sainte Marthe au service de tous.

Une de ses «pauses» favorites, au milieu de son travail, était de participer à l’Heure Sainte à la paroisse.

Lors des événements révolutionnaires de 1936, sa foi et sa confiance en Dieu s’élevèrent chaque jour plus. Dans les conversations, à tout moment, il montrait toujours plus son union à Dieu, sa préparation personnelle à la mort en lisant les prières de la Recommandation de l’âme. 

A ce moment-là, ses parents étaient déjà morts. Il écrivait cependant à ses frères et sœurs, à ses oncles et tantes, sa tristesse devant les sacrilèges qui se commettaient dans le pays : 

Je m’adresse à vous tous, plein de tristesse pour la situation de notre chère Espagne… Je ne sais où nous allons… Où irons-nous avec ces églises incendiées, ces couvents rasés et le Saint-Sacrement piétiné, ces statues brûlées ? Priez pour notre Patrie : prières et sacrifices, beaucoup de prières pour notre Patrie. Mettons-nous dans les mains de Dieu notre Seigneur ; que Sa volonté soit faite, préparons-nous à une bonne mort, car il faut mourir pour la foi. Telle fut sa dernière lettre.

Il était arrivé au village un 30 juillet ; c’est encore un 30 juillet qu’il allait entrer dans l’Eternité.

Le 29 juillet, arrivèrent en effet à Alcorisa des miliciens, dont le chef voulait absolument fusiller quelqu’un le soir-même. Il demanda au maire une victime. Et si on ne lui en donnait pas une, il aurait fusillé tous les prisonniers présents dans la prison. Le maire, voulant éparner ses administrés, lui indiqua le couvent.

Ils trouvèrent le Frère Luis, l’interrogèrent en long et en large sur les objets et les armes (?) du couvent ; le Frère déjoua habilement les questions et fut emmené à la mairie, puis reconduit au couvent, à une heure du matin. Fouille du couvent. Puis ils firent agenouiller le Frère sur la place, devant la porte du couvent ; tandis qu’il avait les bras en croix, il dit encore : Je suis innocent et je suis prêt à vous dire ce que je sais. - Tu dois mourir. - Bon, si je dois mourir, je meurs pour Dieu et pour l’Espagne. Alors ils le fusillèrent

Les révolutionnaires entrèrent ensuite dans l’église, détruisant tout sur leur passage, décapitant la statue de la Sainte Vierge, et couvrant la tête de l’Enfant-Jésus avec la casquette rouge d’un milicien. 

Frère Luis fut la première victime à Alcorisa, le 30 juillet 1936. On le retrouva le matin, toujours les bras en croix.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Joaquín Prats Baltueña

1915-1936

 

Il vit le jour le 5 mars 1915 à Saragosse (Espagne).

Ses premières études se firent chez les pères Piaristes, où il étudia le latin et la philosophie.

A l’avènement de la République, il interrompit ces études pour se préparer au baccalauréat universitaire.

Après deux pèlerinages à Lourdes en 1935, il se décida fermement à entrer chez les Dominicains, et fut novice à Calanda.

Quand les milices révolutionnaires entrèrent dans Calanda, un groupe de ces Religieux partit à pied pour Saragosse, mais Joaquín n’avait pas la résistance pour affronter un tel voyage, aussi chercha-t-il à rejoindre son grand-père à Mas de Las Matas (Teruel), à quelques kilomètres seulement de Calanda.

C’était le 29 juillet vers midi.

Il rencontra alors le père José María Muro, qui voulait rejoindre Alacañiz par Torre Mazas. A Castelserás, ils s’informèrent de la route et on les trompa en leur indiquant une autre maison, où se trouvaient des membres du Comité.

Ils furent immédiatement arrêtés, soumis à une farce de jugement durant lequel on se moqua d’eux de façon outrageuse. On demanda à Joaquín de crier Vive le communisme ! et lui de répliquer par trois fois Vive le Christ Roi !

Au milieu de la nuit suivante, 30 juillet 1936, ils furent exécutés, avec le curé de Castelseras, don Zósimo. Joaquín avait vingt-et-un ans.

Joaquín Prats Baltueña a été béatifié en 2001.

 

 

Ignacio Tejero Molina

1916-1936

 

Ignacio naquit le 31 juillet 1916 à Monzalbarba (Zaragoza, Espagne), et reçut au Baptême le nom du Saint du jour, Ignace de Loyola.

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice.

 

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

 

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936, la veille de son vingtième anniversaire, et béatifié en 1992.

Bogdan Mandić

1866-1942

 

Dans la petite localité croate de Castelnuovo di Cattaro (Herceg-Novi, dans l’actuel Montenegro), aux Bouches de Kotor, vivait une belle famille chrétienne où les parents, Petar Mandić et Carlotta Zarević avaient déjà dix enfants. Le onzième et avant-dernier naquit le 12 mai 1866 et reçut au baptême les noms de Bogdan (Dieudonné) et Ivan (certains avancent qu’il était le douzième et dernier enfant).

Le papa dirigeait une petite pêcherie, mais perdit toute sa fortune dans des revers socio-politiques.

L’arrière-grand-père paternel, Nicola Mandić venait de Poljica, dans le diocèse de Split, où étaient arrivés ses ancêtres bosniaques au XVe siècle.

Bogdan n’était pas très favorisé par la nature ; de constitution physique plutôt discrète (il ne mesurait pas même un mètre cinquante), difforme, il souffrait en outre d’un défaut de prononciation. Mais c’était un garçon viril, volontaire, qui montra très tôt une piété remarquable, une grande noblesse d’âme, et une ardeur à l’étude peu commune. Il sentit assez tôt l’appel à la vie religieuse.

Il y avait à Castelnuovo des Capucins, et c’est chez eux que Bogdan voulut entrer. Il passa d’abord par le séminaire de Udine (1882), puis reçut en 1884 l’habit franciscain à Bassano del Grappa (Vicenza), avec le nom de Leopoldo. Il continua ses études de philosophie à Padoue et de théologie à Venise, où il fut ordonné prêtre en 1890.

L’obéissance ne lui permit pas même d’aller célébrer sa première Messe au pays natal : les Supérieurs envoyèrent à la famille une photographie de son ordination.

Son grand désir, depuis quelque temps, était de travailler à la réunion à l’Eglise catholique des chrétiens séparés d’Orient, et c’est pourquoi il étudia avec amour les langues orientales, le grec, le croate, le slovène, le serbe.

Toutefois à cause de son petit handicap d’élocution, on ne lui confia pas d’apostolat de prédication, mais plutôt celui de la réconciliation. C’est par une grâce particulière que Leopoldo put toujours prononcer les paroles de la Consécration et de l’Absolution sans erreur.

C’est ainsi qu’il fut successivement confesseur à Venise puis à Zadar, où il fut supérieur du couvent : là, tout près de sa région natale, il allait au-devant des étrangers qui arrivaient par la mer, et se mettait à leur parler de la foi chrétienne en général, et de la religion catholique en particulier.

Cet apostolat s’arrêtera quand les Supérieurs l’envoyèrent comme confesseur à Bassano del Grappa (1900), supérieur à Capodistria (1905), confesseur à Thiene puis Padoue (1906), de nouveau Thiene en 1908. 

A partir de 1909, il fut à Padoue, où, disait-il, il se sentait comme un oiseau en cage, car il désirait beaucoup aller apostoliser son pays natal. On lui fit même passer une année dans les prisons italiennes (Tora, Nola, Arienzo) durant la guerre mondiale, de 1917 à 1918, parce qu’il ne voulait pas renoncer à la nationalité croate. 

En 1923 il fut transféré à Fiume (actuelle Rijeka, Croatie), mais les fidèles de Padoue le réclamèrent avec tant d’insistance, qu’on l’y renvoya, et qu’il y resta jusqu’à la mort : il passera donc là trente-trois années à accueillir et conseiller patiemment des centaines et des milliers de pénitents qui avaient besoin de trouver la paix, la consolation, un conseil, une orientation. 

Brisé de froid en hiver, accablé de chaleur en été, sans vacances, frappé de multiples malheurs de santé, sans jamais perdre son sourire, Leopoldo souffrit un véritable martyre dans le confessionnal, où il restait jusqu’à quinze heures par jour ; on se souviendra qu’à cette époque les confessionaux n’avaient pas le «confort» qu’on y met aujourd’hui, loin de là. Le saint Curé d’Ars en savait quelque chose, le père Leopoldo aussi…

Un pénitent qui venait de recevoir l’absolution sacramentelle, lui aurait dit un jour : Père, Jésus m’a ordonné de vous dire ceci : Votre Orient, c’est chacune des âmes que vous assistez ici par la confession. Lui-même reconnaissait que, n’ayant pas reçu le don de la parole, il devait se consacrer à ramener les âmes à Dieu par le sacrement de la Réconciliation.

 

Discrètement, Leopoldo devint ainsi un des plus grands précurseurs de l’œcuménisme, vingt-cinq ans avant ce qui fut dit et écrit par les Pères du Concile Vatican II.

Le père Leopoldo était universellement estimé et apprécié. On recourait à sa prière de toutes parts, et il obtint en maintes occasions des faveurs célestes et des miracles.

L’hiver 1941-1942, sa santé se dégrada, le cancer à l’œsophage le minait. Le 30 juillet, entouré des Confrères qui chantaient le Salve Regina, il s’éteignit aux dernière paroles : O Clemens, o Pia, o Dulcis Virgo Maria. 

C’est qu’il aimait particulièrement la Sainte Vierge : chaque jour, il lui renouvelait un petit bouquet de fleurs ; parfois, il prenait congé quelques instants, allait se recueillir devant l’image de la Marie, et en revenait tout renouvelé. Il eut la joie de faire un pèlerinage à Lourdes. Au retour, un inévitable accident allait se produire lorsque, inexplicablement, la voiture passa à côté du tramway, comme si la rue s’était élargie ; le père Leopoldo dit simplement : C’est la Vierge qui nous a sauvés.

Comme il l’avait prédit, les bombes de la guerre détruisirent totalement l’église et le couvent, mais pas sa cellule, témoin de la miséricorde infinie de Dieu.

Le père Leopoldo fut béatifié en 1976, et canonisé en 1983, au moment du Synode des Évêques consacré à la Réconciliation, durant l’Année Sainte extraordinaire de la Rédemption.

Saint Bogdan Leopoldo est inscrit le 30 juillet au Martyrologe, tandis que l’Ordre franciscain le fête au 12 mai.

 

Le père Leopoldo avait dit : Un prêtre doit mourir de ses fatigues apostoliques ; il n’y a pas d’autre mort digne d’un prêtre.

 

 

Dorotea Chávez Orozco

1867-1949

 

Dorotea vit le jour le 6 février 1867 à Cotija (Michoacán, Mexique), benjamine des six enfants des époux Luis et María de Jesús.

Dans son enfance, elle eut à garder le petit troupeau de brebis de ses parents, leur unique patrimoine.

La petite fille aimait se faire de petits autels, où elle exprimait sa dévotion à l’Enfant-Jésus et invitait les camarades à prier avec elle.

L’école, elle la fit à la maison, avec son grand frère Eligio, qui était maître d’école.

Vers 1877, la famille déménagea à Cocula, puis à Guadalajara (Jalisco), dans le quartier Mexicaltzingo, un quartier pauvre.

Il y avait dans la paroisse un modeste hôpital, disons plutôt une petite maison ouverte par le curé pour recueillir quelques malades, tenue par de pieuses dames de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul. Dorotea y fut admise en 1892 pour être soignée d’une pleurésie. Elle avait déjà vingt-cinq ans.

C’est dans ces circonstances que cette pieuse demoiselle sentit un appel à consacrer sa vie au service des pauvres et des malades. Une fois guérie, elle voulut rester dans l’hôpital, mais comme soignante et consacrée.

En 1897, avec deux autres compagnes, elle fit les vœux privés de pauvreté, chasteté et obéissance ; l’année suivante, toutes les infirmières partirent et elle se retrouva seule avec les malades.

Sans se décourager, bien au contraire, elle alla ouvrir d’autres maisons de soins en Jalisco et Guadalajara, ainsi qu’une maison pour vieillards.

Finalement, en 1905, elle fonda officiellement la congrégation des Servantes des Pauvres, qui s’appela ensuite des Servantes de la Très Sainte Trinité et des Pauvres, pour aimer et servir leurs frères les plus nécessiteux, par imitation du Divin Epoux. Elle voulait suivre le Christ en prenant chaque jour Sa croix. Elle dut aussi supporter beaucoup de douleurs, de diffamations, de calomnies.

L’approbation diocésaine eut lieu en 1905, celle de Rome en 1911. Entre ces deux dates, Dorotea prit l’habit de religieuse, devenant maîtresse des novices en 1908, et émettant sa première profession le 15 août de la même année, avec le nom de María Vicenta de Sainte Dorothée. 

En 1910, elle ouvrit l’hôpital de Zapotlán el Grande (actuelle Ciudad Guzmán, Jalisco), dont elle fut supérieure.

Malgré la révolution qui éclatait, elle fit en 1912 la profession solennelle, en 1915 la profession avec les vœux perpétuels. Elle fut saintement guidée et encouragée par un saint prêtre, don Miguel Cano Gutiérrez.

En 1914, les troupes révolutionnaires occupèrent la cathédrale de Guadalajara, capturant les prêtres et les religieux. En 1926, l’hôpital de Zapotlán fut réquisitionné pour abriter la garnison militaire. 

Les Sœurs continuèrent leur travail au service des blessés, sans craindre le danger ; même, une fois, la Mère Vicenta se retrouva seule avec une jeune postulante chez une personne amie, et continua à aller soigner des blessés, malgré les insultes et les menaces de mort qu’elle recevait. Le commandant lui-même reprocha aux soldats leur conduite indigne.

On signale que dans leur grande majorité, les blessés purent recevoir les Sacrements, grâce à l’attention des Religieuses.

La sainteté de la Fondatrice attira dès son vivant beaucoup de vocations ; entre hôpitaux, cliniques et maisons d’accueil, il y eut jusqu’à dix-sept établissements ouverts dans la trentaine d’années du supériorat de Mère Vicenta.

Vers 1942, elle fut affectée d’un mal douloureux aux yeux, qu’elle supporta pacifiquement, toujours souriante.

Le 29 juillet 1949, elle reçut l’Onction des Malades, à l’hôpital de Guadalajara. Le lendemain, le Cardinal de Mexico vint l’assister, entendit sa dernière confession et célébra la Messe auprès de la mourante, qui s’éteignit à cette vie terrestre au moment de l’élévation, le 30 juillet 1949.

Mère María Vicente a été béatifiée en 1997.

Le miracle retenu pour cette cérémonie, fut la guérison totale et durable d’un enfant atteint de gangrène à une jambe, et dont la maman par l’intercession de la Mère María Vicente.

 

 

María Venegas de la Torre

1868-1959

 

María vit le jour le 8 septembre 1868, en la fête de la Nativité de Marie, raison pour laquelle elle reçut au Baptême le nom de María Natividad. Les gens de son pays l’appelèrent et l’appellent toujours María Nati.

C’était une petite famille mexicaine, qui vivait à Zapotlanejo (Jalisco, Mexique). L’enfance de María se passa dans une simplicité tout-à-fait naturelle, avec les occupations et les jeux habituels de tous les enfants. Les parents s’appelaient Doroteo et Nieves.

María reçut la Confirmation en 1872.

Son père avait étudié à l’université de Guadalajara, mais préféra quitter ce monde de libéralisme et de rationalisme, pour travailler à la campagne. Une vie difficile, mais saine, où ces pieux chrétiens prirent l’habitude de soulager les pauvres. Chaque soir, on priait le chapelet les bras en croix. Pour trouver cependant de meilleurs moyens de vivre, ils passèrent à l’état voisin de Nayarit, comme fermiers de riches propriétaires, à Las Varas, Mecatán, San Pedro Lagunillas.

C’est de ce papa que María apprit à prier, à lire, à composer des poésies en vers, à connaître la Bible.

A neuf ans, en 1877, elle reçut la Première communion.

Peu après, mourut la maman. On décida de s’installer à Compostela (Guadalajara). Là mourut brutalement Higino, le frère de María. Puis le papa Doroteo voulut aller travailler à Tepic, confiant ses deux filles, María et Adelaida, à son frère Donaciano, qui habitait à Zapotlanejo. C’était vraiment un A Dieu, car Doroteo allait bientôt mourir, en 1887, sans revoir les siens.

María vécut alors chez son oncle et sa tante, au ranch de Los Zorrillos. Elle connut de près la vie des paysans ; elle donna des leçons aux enfants, car il n’y avait pas d’école, et finalement les reçut dans la maison de son oncle, qui n’appréciait pas toujours ce remue-ménage, mais María restait patiente, pour conserver la confiance de ces enfants.

Puis mourut sa tante, et María alla vivre chez une autre tante, toujours à Zapotlanejo, qui lui acheta une machine à coudre et permit ainsi à María de vivre de travaux de couture. 

María continuait sa vie de piété. Elle se sentait appelée vers la vie religieuse.

Le 8 décembre 1898, fête de l’Immaculée Conception, elle fit partie de l’Association des Filles de Marie. Son directeur spirituel lui prêta L’Imitation de Jésus-Christ, qu’elle lui rendit après l’avoir lue et méditée ; le prêtre lui conseilla d’abord de la lire cinq fois, pour être sûre de bien comprendre l’appel de Dieu pour elle.

En 1905, elle fit partie aussi des Filles du Sacré-Cœur de Jésus, une pieuse union qui s’occupait des malades dans un petit hôpital récemment fondé, dédié aussi au Sacré-Cœur. Sa famille n’apprécia pas vraiment sa décision ; la tante l’accusait de l’abandonner ; Adelaida aussi… Un jeune homme pressenti pour lui être présenté, fut gentiment éconduit. María pensa s’orienter vers les Carmélites, ou les Sœurs salésiennes, ou aussi à la fondation de la bienheureuse María Vicenta de Santa Dorotea (qui mourut aussi un 30 juillet), mais finalement opta pour les Filles du Sacré-Cœur.

Bientôt, mourut aussi la tante, qui laissait un héritage pour les deux nièces : María laissa sa part à sa sœur Adelaida.

La dévotion au Sacré-Cœur imprégna désormais toute sa personne, toute son activité ; elle montra envers ses consœurs, envers les malades et envers tout le monde, une douceur fraternelle communicative qui fut tout son apostolat. Elle s’occupait de chacun, s’intéressait de procurer les Sacrements à tous, aux mourants. Elle apprit l’art de la pharmacie, pour s’occuper des médicaments et les préparer ; puis la comptabilité. En 1912, elle fut élue Vicaire de la Directrice.

Toutes les Sœurs n’étaient pas des anges (du moins pas dès l’abord) ; l’une d’elles un jour, cédant à l’impatience, voulut balancer une bassine d’eau sale sur la Fondatrice elle-même, mais sa maladresse fit que l’eau se déversa sur une autre Sœur présente… 

Une autre Sœur s’était mise en colère ; elle la prit à part, lui fit répéter plusieurs fois Jésus, doux et humble de cœur, rend mon cœur semblable au tien, puis lui demanda : Tu es en colère ? - Plus maintenant, ma Mère, répondit l’autre.

Tout cela et d’autres choses, la Mère les supportait avec une bonté et une patience maternelles et pleines de douceur, qui aidaient les protagonistes à se convertir, Religieuses ou infirmes, médecins et employés. 

Elle eut un zèle particulier envers le clergé, évêques et prêtres, dans lesquels elle voyait la présence du Christ souverain Prêtre. Un jeune prêtre fut hospitalisé ; elle alla lui dire : Vis saintement ton sacerdoce, car on te fera évêque. Le prêtre fut en effet évêque de Ciudad Obregón (Mgr Soledad Torres ; on n’a jamais su par qui ni pourquoi il fut plus tard assassiné).

Dès 1917, on put craindre que les Autorités auraient fait fermer cet hôpital, mais il fut protégé, et même soutenu par le Gouverneur de Jalisco, en reconnaissance de tout ce que faisaient les Religieuses ; ce fut le cas en particulier lors d’un déraillement de train en 1918, où les blessés furent évacués dans cet hôpital.

En 1921, quoique malade, elle fut élue Supérieure. Lors de la persécution de 1926, les Religieuses eurent des moments très difficiles ; l’hôpital fut maintes fois fouillé à la recherche d’armes (?), de prêtres cachés ; on dut cacher le Saint Sacrement pour éviter des profanations. Malgré tout, María arrivait à agrandir l’hôpital, à le moderniser, à le décorer…

Après la persécution, elle dut encore démanteler la chapelle, sinon on lui aurait confisqué l’hôpital. Mais elle alla fonder d’autres communautés : Puerto de Mazatlán, Sinaloa, et jusqu’à seize établissements, seulement de son vivant.

En tant que Supérieure, elle rédigea les constitutions des Filles du Sacré-Cœur, qui seraient approuvées en 1929, date à laquelle elle fit la profession religieuse et s’appela désormais : María de Jésus-Sacrement (de Jesús Sacramentado). Cette famille religieuse fut élevée au niveau de droit diocésain, en 1946.

En 1947, elle eut une vision du Christ en Croix, qui se penchait vers elle ; pour s’unir plus à Lui, la Mère Nati s’imposa le cilice, se privait de bonnes choses qu’elle aimait…

Il y avait une colombe mystérieuse qui la cherchait dans l’hôpital et, quand elle la trouvait, se posait sur son épaule ; quelqu’un trouva la situation déplacée et tua l’animal : la Mère sut cacher la tristesse qu’elle en éprouva.

Très mariale, elle fêtait particulièrement l’Assomption de Marie. Elle avait toujours le chapelet dans les mains ; cette pratique fut contagieuse : d’autres l’imitèrent.

Mère Nati fut réélue Supérieure jusqu’en 1954, année où elle devint simple Sœur, obéissante à la nouvelle Supérieure.

Le 11 février 1956, fête de Notre-Dame de Lourdes, elle eut une embolie cérébrale. Son état nécessita le fauteuil roulant. Elle se remit suffisamment pour pouvoir encore ranger sa chambre et même cuisiner, car elle était excellente cuisinière.

L’une des dernières fois où elle fêta l’Assomption, elle pleura beaucoup, car elle désirait tant être avec le Seigneur. Elle n’avait pas peur de mourir, disant que la mort n’est pas quelque chose qui arrive, c’est quelqu’un qui vient.

Le 26 juillet 1959, fête de sainte Anne, elle descendit assister à la messe de communauté, à la stupéfaction générale. 

Le 28, on la vit sourire voyant tant de petits poussins sans leur mère ; elle prévoyait sa fin. Le 29, elle eut une syncope ; le soir, l’aumônier put lui faire absorber une parcelle d’Hostie. Le 30 juillet 1959 au matin, elle s’éteignait à ce monde                                                                                      

Un miracle se produisit bientôt : lors d’une opération chirurgicale, un malade sombra dans un coma profond dont les médecins ne purent le sortir ; l’arrêt cardiaque dura plus de dix minutes ; pendant cet intervalle, l’épouse du patient et les Religieuses invoquèrent l’intercession de María : les battements du cœur reprirent, l’opération put être reprise et le malade ne subit aucune conséquence de cet arrêt cardiaque prolongé.

María fut béatifiée en 1992, et canonisée en 2000.

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Published by samuelephrem - dans 07-juillet
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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 23:00

29 JUILLET

 

I.

Ste Marthe, une des saintes femmes qui entouraient Jésus-Christ.

S Lazare, l'ami du Seigneur, et frère des stes Marthe et Marie ; persécuté après sa résurrection et celle du Christ, il fut évêque à Chypre ou à Marseille, d'après des traditions mal vérifiées.

?

Ste Sérapie, vierge romaine martyre ; voir ste Sabine au 29 août.

S Kallinikos, martyr à Gangres.

IV.

SS Simplicius, Faustinus, Viatrix, martyrs romains ; les premiers jetés dans le Tibre, l'autre étouffée ; et près d'eux fut aussi enterré s. Rufus.

S Felix, martyr romain ; le pape Felix II qu'on vénérait en ce jour était un antipape, non martyr.

?

S Genevé (Juvenel, Juthmaël), évêque à Dol.

V.

S Loup, évêque à Troyes pendant cinquante-deux ans ; d'accord avec sa femme, ils s'étaient séparés et lui s'était fait moine. 

S Prosper, évêque à Orléans.

VII.

S Constantin, évêque à Constantinople.

XI.

S Olaf, roi de Norvège ; un peu brutal dans son zèle à imposer le christianisme, il fut vaincu et tué par les Danois, mais vénéré comme martyr et patron de la Norvège.

B Urbain II, pape (1088-1099) ; élève de s. Bruno à Reims, moine à Cluny, évêque à Ostie, il appliqua l'esprit grégorien de la réforme de l'Eglise et suscita la première Croisade.

XIII.

S Guillaume Pinchon, évêque à Saint-Brieuc ; jeune, il triompha par sa pureté des assauts d'une femme effrontée.

XVII.

Bx Luis Exarch (Luis Bertrán, espagnol), prêtre, Mancius de la Sainte Croix et Petrus de Sainte-Marie (japonais), dominicains martyrs au Japon.

XVIII.

B Charles-Antoine-Nicolas Ancel, eudiste à Lisieux, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

SS Ruose Zhang Wenlan et Baolu Chen Changpin, séminaristes, leur administrateur Ruohan Luo Tingyin, et la sainte femme Mande Wang Luoshi, martyrs chinois canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

S Louis Martin, père de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, béatifié en 2008 et canonisé en 2015 en même temps que son épouse.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936-1938 :

- béatifié en 1992 :

Hospitaliers : Juan Bautista Egozcuezábal Aldaz (*1882), profès, à Barcelone ;

- béatifiés en 2001 :

Prêtres diocésains : Matías Manuel Albert Ginés (*1867), près de Teruel ; Joaquín Vilanova Camallonga (*1888), près de Alicante ;

Dominicains : Antonio Manuel López Couceiro (*1869), Tirso Manrique Melero (*1877), Lucio Martínez Mancebo (*1902), Felicísimo Díez González (*1907), Saturio Rey Robles (*1907), prêtres ; Gumersindo Soto Barros (*1869), profès, et Lamberto María de Navascués de Juan (*1911), novice, près de Teruel;

Salésiens : José Calasanz Marqués (*1872), prêtre, près de Valencia.

- béatifiés en 2007 :

Prêtres diocésains : Bartolomé Rodríguez Soria (*1894), près de Albacete ;

Carmes de l’Ancienne Observance : Ángel Prat Hostench (Ángel María *1896), Eliseo Maneus Besalduch (Eliseo María, *1896), Pere Dorca Coromina (Anastasi María, *1907), Manuel Serrano Buj (Eduardo Maria, *1912, qui avait un an de sacerdoce), prêtres ; Pere Ferrer Marín (Pere Maria, *1909), Josep Solé Rovira (Andreu Corsini María), Miquel Soler Sala (Miquel María), Joan María Puigmitjá Rubió et Joan Prat Colldecarrera (Pere Tomás María), tous quatre nés en 1919, profès ; Lluis Fontdecava Quiroga (Eliseu Maria, *1891), convers ; Gabriel Escoto Ruiz (José Maria, *1878), Ginés Garre Egea (Elías María, *1910), novices, près de Lleida ;

Lasalliens : Joseph-Louis Marcou Pecalvel (Louis de Jésus, *1881, d'origine française), près de Barcelone ;

- béatifiés en 2013 :

Frères Maristes : Severino Ruiz Báscones (Feliciano, *1884), Fermín Zabaleta Armendáriz (Felipe Neri, *1899), Saturnino Jaunsarás Zabaleta (Herminio Pascual *1912), près de Madrid ;

Clarétains : Jaume Mir Vime (*1889), prêtre, à Tarragona.

Lasalliens : Javier Salla Saltó (Magí Pere, *1918-1938), près de Lleida ;

Laïc : Julián Aguilar Martín (*1912), près de Madrid  ;

Marthe

1er siècle

 

Sainte Marthe est mentionnée trois fois dans l’Evangile.

Il y a l’épisode bien connu de la réception de Notre-Seigneur chez Marthe et Marie (Lc 10:38-42), lorsque Marthe interpelle le Christ pour qu’il lui envoie Marie à la cuisine ; scène pittoresque, qui nous laisse pensifs sur la situation : qui alors devait recevoir le Christ, si les deux femmes passaient à la cuisine ?

Ce fut l’occasion pour le Christ de nous rappeler «l’unique nécessaire».

L’autre épisode important, est la résurrection de Lazare, le frère de Marthe et Marie (Jn 11), qui donne à Marthe l’occasion d’exprimer toute sa foi : Je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui devait venir en ce monde.

Le passage suivant du même évangile nous parle encore de Marthe, qui servait (Jn 12:2).

 

Marthe, la femme dévouée au service de Jésus, a été choisie comme patronne par les hôteliers.

La date de sa fête s’est fixée au 29 juillet, jour octave de la fête de sainte Marie-Madeleine.

 

 

Lazare

1er siècle

 

L’évangéliste Jean raconte au chapitre 11 les circonstances de la mort et de la résurrection de Lazare, un ami de Jésus.

Lazare devenait ainsi une preuve vivante de la divinité de Jésus-Christ, et constituait un reproche direct à l’attitude des Juifs incrédules.

N’allons pas confondre ce Lazare avec celui de la parabole rapportée par saint Luc (Lc 16:19-31).

L’Evangile ne parle pas de la suite des événements concernant Lazare : ce n’en était pas le but. Mais on est en droit de se demander ce que devint cet homme ressuscité, comment il vécut cette deuxième vie, quels rapports il eut éventuellement avec l’Eglise naissante.

Il a été plusieurs fois question, sur ce blog, d’une Bienheureuse, Anna Katharina Emmerick, une stigmatisée allemande sans aucune instruction humaine (voir au 9 février). Ses visions valent ce que valent toutes les visions des Mystiques, que l’Eglise n’interdit pas de lire tout en invitant chacun à la plus grande prudence. C’est dans cet esprit que sont reproduites ci-après quelques lignes tirées de ces visions.

Lazare se tenait le plus souvent caché et ne se montrait que la nuit. Trois au quatre ans après l’Ascension… éclata à Jérusalem une persécution contre Lazare et ses sœurs. Après les avoir accablés de mauvais traitements, les Juifs les firent monter dans une méchante barque faisant eau de toutes parts, et n’ayant ni voiles ni gouvernail. Elle fut ammarrée à un grand vaisseau, qui l’abandonna après l’avoir remorquée en pleine mer.

Lazare et ses sœurs arrivèrent sur les côtes de la Gaule avec une vitesse miraculeuse. Sans le savoir, Anna Katharina confirmait ainsi l’antique «légende» de la présence en Provence de Lazare et ses sœurs. Elle continue : Lazare, en sa qualité d’évêque, continua à prêcher l’Evangile dans cette ville (Massilia, alias Marseille). Que Lazare ait été ordonné évêque par les Apôtres, n’a rien de surprenant.

Comme on n’a pas d’autre documentation scientifique sûre de ces faits, le Martyrologe ne fait pas état de l’épiscopat de saint Lazare à Marseille, mais établit sa commémoraison au 29 juillet, comme sainte Marthe, au jour octave de la fête de sainte Marie-Madeleine (v. 22 juillet).

 

 

Kallinikos de Gangres

† 4e siècle

 

Voici comment les Grecs présentent la vie de Kallinikos.

Sa famille était fort aisée. Lui-même reçut une formation très poussée et devint orateur.

Il reçut la grâce de la conversion, et se mit à prêcher avec ardeur dans la ville de Gangres (Paphlagonie, auj. Çankırı, Turquie CN), puis alentour, enfin à Ancyre (Galatie, act. Ankara, Turquie NW).

C’est là qu’il fut arrêté et soumis à la torture ; mais il n’en trouvait que plus d’ardeur à parler au gouverneur. Ce dernier, jugeant compromettant pour lui de le faire mourir à Ancyre, le fit reconduire à Gangres avec une troupe de soldats. En route, il faisait si chaud que les soldats et leurs chevaux mouraient de soif, tandis que Kallinikos n’en éprouvait rien. Les soldats le supplièrent : Kallinikos pria et fit jaillir une source. Les soldats, convertis, l’accompagnèrent jusqu’à Gangres, mais ne voulaient pas le tuer.

Kallinikos leur imposa d’exécuter l’ordre reçu : aussi bien, il était prêt à quitter cette courte vie pour entrer dans la vie éternelle.

Saint Kallinikos de Gangres est commémoré le 29 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simplicius, Faustinus, Viatrix, et Rufus de Rome

† 304

 

Simplicius, Faustinus et Beatrix étaient trois frères et sœur, chrétiens.

Simplicius et Faustinus, ainsi que d’autres, anonymes, venaient d’être précipités dans le Tibre.

Leur sœur, Viatrix, réussit à récupérer leurs corps un peu plus loin en aval et les fit enterrer dans le cimetière d’une certaine Generosa.

Arrêtée pour ce crime, Viatrix fut étouffée ; on put l’ensevelir auprès de ses frères.

Au même endroit fut aussi enseveli un autre Martyr, nommé Rufus.

On ne connaît pas mieux ces quatre Martyrs, sinon la date de leur mort, 304.

Saints Simplicius, Faustinus et Beatrix, avec Rufus, de Rome, sont commémorés le 29 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lupus de Troyes

383-479

 

Il y a bien des Saints qui portèrent le  nom de Lion, celui-ci s’appela Loup.

Il naquit vers 383 à Toul, de noble famille.

Après ses études de rhétorique, il épousa en 417 Pimeniola, la sœur de s.Hilaire d’Arles (v. 5 mai).

Après six années de saint mariage, ils se séparèrent d’un commun accord, pour se donner davantage à Dieu. Loup se rendit à l’abbaye de Lérins. Un an après, on le retrouve à Mâcon, où il distribue aux pauvres ses biens.

En 426, on l’appela à monter sur le siège de Troyes, dont l’évêque, Ursus (Ours, v. 25 juillet ?) venait de mourir. Lupus en était le huitième titulaire.

Lupus resta moine, par la prière et la pénitence. 

En 429, il accompagna en Angleterre s.Germain d’Auxerre (v. 31 juillet), pour une mission destinée à combattre l’hérésie pélagienne qui s’y développait dangereusement.

Vers 453, Lupus intervint en personne auprès d’Attila, pour épargner la population. Attila ne dévasta pas la ville de Troyes, mais emmena en hôtage l’évêque, qu’il relâcha plus tard en lui demandant de prier pour lui.

Après plus d’un demi-siècle d’épiscopat, Lupus mourut le 29 juillet 478 ou 479.

Saint Lupus de Troyes est commémoré le 29 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Felix de Rome (Felix II)

† 492

 

Le pape qui fut sur le siège de saint Pierre après saint Simplicius, de 483 à 492, a longtemps été mentionné comme “Félix III”, car un pape précédent avait porté le titre de Félix II. 

Mais ce dernier est désormais reconnu comme antipape, imposé par l’empereur, ensuite confondu avec un martyr homonyme. Actuellement le Martyrologe mentionne au 29 juillet seulement le martyr romain Felix, qui n’est pas pape. 

Notre Félix III devrait en réalité être Félix II (ce qui vaudrait aussi pour Félix IV, sans parler de l’antipape Félix V). 

Un doute cependant planait sur la légitimité de Félix II : il fut imposé par l’empereur et donc irrégulièrement élu ; mais le clergé de Rome l’accepta tacitement, ce qui pouvait équivaloir à une élection légitime et à son rang de Félix “deuxième”. Ainsi s’expliquerait que Félix III et Félix IV gardent leur rang de “troisième” et “quatrième” dans l’actuel Martyrologe. 

En réalité, Félix II ne régna guère que par son titre, sans autre fait marquant de son pontificat, si ce n’est qu’il dut finalement abandonner la place et se retirer chez lui, où il mourut sans être martyrisé, peu de temps d’ailleurs avant le pape légitime, Libère, revenu à Rome sur ces entrefaites.

Actuellement «Felix II» a été retiré du Martyrologe. 

Le pape Libère (352-366) n’est pas non plus mentionné au Martyrologe : il eut la faiblesse de signer une déclaration semi-arienne, la reconnut et la désapprouva ensuite.

Quant au martyr Felix - qui a plusieurs homonymes -, on sait seulement qu’il était vénéré sur la Via Portuensi.

Ce Felix martyr est mentionné au 29 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prosper d’Orléans

5e siècle

 

Ce dixième évêque d’Orléans est à peu près inconnu.

Une correspondance avec s.Sidoine Apollinaire (v. 21 août) ou plutôt la réponse de ce dernier à Prosper, nous permet de le situer à peu près dans le temps. Prosper lui parlait de s.Aignan, qui vivait un siècle plus tôt.

Saint Prosper d’Orléans est commémoré le 29 juillet dans le Martyrologe Romain.

Olaf de Norvège

995-1030

 

Olaf naquit vers 995 en Norvège, d’Harald Grenske du Vestfold et d’Åsta Gudbrandsdotter. Son père ayant été assassiné, sa mère épousa Sigurd Syr Halfdansson, roi du Ringerike.

Il fut baptisé, dit-on, en 1014 à Rouen, par Robert le Danois, frère du duc Richard de Normandie.

Olaf se rendit plusieurs fois en Angleterre, où il compléta sa formation chrétienne. Quelques missionnaires occidentaux avaient déjà porté la foi en Scandinavie, en premier s.Oscar (Anscharius, v. 3 février).

Olaf monta sur le trône de Norvège en 1015. Il eut le surnom de Olaf le Gros. 

Son premier geste fut de profiter de l’absence de Knut de Danemark pour proclamer l’indépendance de la Norvège. Il s’établit alors à Nidaros (act. Trondheim) et y fit bâtir une église.

Pendant les quinze années de son règne, on peut dire qu’il persévéra contre vents et tempêtes pour christianiser son pays. Il faut dire que sa méthode n’était pas dans la douceur. Mais au moins on peut admettre que le jeune roi n’avait que de bonnes intentions.

Il voulut imposer le christianisme par la force, en détruisant les édifices païens ; mais il faisait construire des églises, venir des prêtres d’Angleterre, établir une hiérarchie catholique. Ses façons autoritaires cependant lui aliénèrent les seigneurs et le peuple ; il y eut des révoltes, et une répression très forte.

A ce moment-là, le roi danois, s.Knut (v. 10 juillet), tenta de reprendre la couronne à Olaf. Une première bataille les opposa, sans suite (1026). En 1028, il battit Olaf, qui partit en Suède. En 1030, Olaf reprit les armes, mais fut battu et tué à Siklestad. 

Olaf avait, à sa façon, préparé la conversion de la Norvège. Knut, qui était chrétien, la poursuivit.

Le roi norvégien fut proclamé martyr, mais ne l’a pas été - et le Martyrologe se tait là-dessus. Mais Olaf a été reconnu saint pour ses mérites à lutter contre le paganisme.

Saint Olaf de Norvège est commémoré le 29 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Urbain II

1088-1099

 

Odon (ou Eudes) de Lagery était né à Châtillon-sur-Marne vers 1040, d’une famille noble. Il eut à Reims comme professeur un certain Bruno, futur fondateur des moines Chartreux, et devint archidiacre et chanoine du diocèse de Reims en 1064.

Sur l’influence de son cher professeur, il renonce à se charge et prend l’habit cistercien à Cluny. Il devient grand prieur de l’ordre de Cluny.

Il fait partie de la délégation qui entoure le pape à Canossa (1077).

Le pape Grégoire VII ayant demandé à l’abbé de Cluny, saint Hugues, de lui désigner quelques bons sujets à consacrer évêques, Eudes fut de ceux-là et devint cardinal-évêque d’Ostie, où avait été précédemment saint Pietro Damiano.

Après Grégoire VII, fut élu Victor III, qui ne régna qu’un an ; c’est alors que fut élu pape Eudes, qui prit le nom de Urbain II (1088).

Comme Rome était aux mains des partisans de l’empereur Henri IV et de son antipape Clément III, l’élection avait eu lieu à Terracina. Puis Urbain II s’installa d’abord au Mont Cassin avant d’entrer à Rome en 1089. Une nouvelle sédition l’obligeait à se réfugier… à Canossa, chez la comtesse Mathilde de Toscane. Cette dernière, mariée au duc de Bavière, protégeait la papauté, contre l’empereur. Ce dernier fut défait dans le nord de l’Italie, et Urbain II revint à Rome.

Toujours en 1089, le pape tint un concile à Melfi en vue de mettre en œuvre une réforme à l’intérieur de l’Eglise. Mais Urbain II préféra la patience et l’indulgence avant de sévir contre les désobéissants.

Mais en 1095, il tint un concile à Plaisance, durant lequel il improvisa la préface des messes de la Sainte Vierge. Dans ce concile furent promulgués à nouveau des canons condamnant la simonie (péché consistant à acheter une charge ecclésiastique, du nom de Simon le Magicien, cf. Ac:8:9-24) et le nicolaïsme (erreur consistant à contester la continence des clercs).

Au même concile, Urbain II confirma l’excommunication des “conjoints” Philippe 1er de France et Bertrade de Montfort, tous deux déjà mariés, lui avec Berthe de Hollande, elle avec le Comte Foulques d’Anjou.

En novembre 1095, il était à Clermont où il avait convoqué tous les évêques et personnages importants pour leur parler de son projet de croisade. 

Lors de ce concile fut rendue obligatoire la trève de Dieu, pour protéger les faibles.

Puis dès la fin du mois de novembre 1095, le pape sillonnait la France pour galvaniser encore plus les populations : Sauxillanges, Brioude, Saint-Flour, Aurillac, Uzerche, Limoges à Noël, Charroux, Poitiers, Angers le 15 août : là il signa le départ de la grande armée ; puis Chinon, où il fit libérer Geoffroy le Barbu qui était prisonnier de son frère (Foulques d’Anjou, encore lui) depuis vingt ans ; Sablé, Le Mans, Vendôme, Tours. Et le retour se fit par Saintes, Bordeaux, Toulouse (où il consacra la cathédrale), Arles, Avignon ; enfin l’Italie : Pavie, Milan, Lucques, Rome.

Les démêlés avec l’Angleterre furent houleux là-aussi : Guillaume II le Roux voulait reprendre leurs droits aux évêques, se éritant ainsi l’excommunication papale. Mais la mort empêcha Urbain II de le faire.

Bénédictin, Urbain II favorisa et encouragea le monachisme : il approuva l’ordre de Fontevrault fondé par Robert d’Arbrissel (1096) et bénit la fondation de Cîteaux par saint Robert de Molesme (1098).

Après ce pontificat très actif, le saint pape Urbain II se reposa de ses travaux, le 29 juillet 1099, après un pontificat de onze ans. Et son successeur fut Pascal II.

Il fut béatifié en 1881 et se trouve inscrit au 29 juillet dans le Martyrologe.

 

Nota. Pour ce qui est de l’issue de la Croisade prêchée par Urbain II, on sait comment tout ce petit peuple généreux fut balayé par les Turcs sur les premières côtes de l’Asie Mineure ; comment les chefs croisés furent gagnés par l’esprit de conquête plus que par le saint but de l’opération ; comment finalement on arriva à prendre Antioche le 28 juin 1098, et Jérusalem le 15 juillet, quelques jours avant la mort d’Urbain II, qui ne connut pas la “bonne” nouvelle.

 

 

Guillaume Pinchon

1184-1234

 

Guillaume Pinchon (ou Pichon) vit le jour à Fleur d’Aulne, d’Ollivier et Jeanne Fortin.

Garçon au cœur pur, on dit qu’il opposa une ferme fin de non-recevoir à une femme effrontée qui le provoquait.

Elevé à Saint-Brieuc, clerc, il devint le secrétaire de l’évêque, Josselin, qui lui conféra le sacerdoce.

Sous les évêques suivants, il obtint un canonicat à Tours. A la mort de l’évêque Silvestre (1220), il fut appelé à lui succéder sur le siègle de Saint-Brieuc, à trente-six ans.

Un de ses soucis fut l’édification de la cathédrale, déjà commencée, mais qui ne fut achevée qu’après sa mort.

Une grave disette s’abattit sur le diocèse en 1225, et l’évêque vint au-devant des difficultés en donnant à manger aux pauvres. On le vit lui-même faire le feu sous la marmite.

Un long conflit opposa le duc de Bretagne aux évêques bretons, dont il contesta les droits fiscaux perçus par le clergé local, tels le tierçage, les dîmes, le past nuptial. Les évêques en appelèrent à Rome, le pape jeta l’interdit sur la Bretagne (1228), les évêques durent s’exiler. Guillaume rejoignit Poitiers où, pendant deux ans, il aida fraternellement l’évêque local, qui était malade.

En 1230, le duc de Bretagne capitula et les évêques purent reprendre leurs sièges. 

Désormais, l’évêque Guillaume put donner libre cours à sa charité, accueillant chaque jour des pauvres, vidant ses greniers, empruntant et mendiant pour leur donner à manger.

En juillet 1234, il tomba malade et mourut pieusement, entouré de ses chanoines, le 29 juillet 1234.

Il y eut tant de miracles à son tombeau, que les aumônes du peuple reconnaissant suffirent à payer les frais pour achever rapidement la cathédrale. Guillaume avait bien prédit : J’achèverai mon Eglise, vif ou mort.

Le successeur de Guillaume, Philippe, fit tout de suite l’enquête sur les miracles et présenta son rapport au pape, qui se trouvait en déplacement à Lyon, pour le 13e concile œcuménique (1245).

Guillaume Pinchon put donc être canonisé dès 1247.

 

 

Luis Exarch

1596-1627

 

Il naquit à Barcelone (Espagne) en 1596.

Entré chez les Dominicains de Barcelone à l’âge de quatorze ans, il demanda à prendre le nom de son oncle, Luis Bertrán (voir au 9 janvier).

Après sa profession, il fut envoyé à Orihuela. 

Il n’avait pas vingt ans quand il demanda à partir pour les missions d’Extrême-Orient. En 1618, il partit à pied pour rejoindre le port d’embarcation, Séville, arriva à Manille, où il fut vraisemblablement ordonné prêtre après y avoir achevé ses études. Il apprit le dialecte local, mais surtout le chinois. C’était l’époque où la persécution s’était déchaînée au Japon. Luis fut pressenti pour partir sur ce champ d’apostolat. Il y parvint en 1622.

Ayant d’abord étudié la langue, il sillonna pendant trois ans la région de Ōmura, catéchisant, baptisant, confessant, jour et nuit, inlassablement.

Arrêté le 28 juin 1626, il fut jeté en prison, dans une cellule très étroite, où il resta une année. Durant ce temps, il put célébrer la Messe ; il remit aussi à deux jeunes compagnons l’habit religieux.

C’est à Ōmura (Nagasaki) qu’il subit le martyre, le 29 juillet 1627. Ce matin-là, les deux compagnons firent la profession. Ils furent attachés tous les trois à des colonnes et moururent asphyxiés par les flammes qu’on allumait près d’eux, mais pas trop près pour faire durer le supplice.

Luis a été béatifié en 1867, avec ses deux Compagnons.

 

 

Petrus de Sainte-Marie

1610-1627

 

De ce tout jeune Japonais, on sait juste qu’il était né à Ōmura en 1610 et qu’il fut arrêté et mis en prison pour sa foi ; en prison il rencontra le père Luis Exarch.

Ce dernier put lui remettre l’habit de l’Ordre dominicain, et Petrus fit sa profession au matin du 29 juillet 1627.

Ce matin-là, on emmena au lieu de leur supplice le père Luis et ses deux compagnons de cellule, qui étaient désormais aussi ses frères en religion. 

C’est sur une colline proche d’Ōmura (Nagasaki) qu’ils furent attachés tous les trois à des colonnes et moururent asphyxiés par les flammes qu’on allumait près d’eux, mais pas trop près pour faire durer le supplice.

Petrus a été béatifié en 1867, avec le père Luis et son Compagnon, Mancius de la Croix.

 

 

Mancius de la Croix

?-1627

 

De ce jeune Japonais, on sait juste qu’il fut arrêté et mis en prison pour sa foi et qu’en prison il rencontra le père Luis Exarch.

Ce dernier put lui remettre l’habit de l’Ordre dominicain, et Mancius fit sa profession au matin du 29 juillet 1627.

Ce matin-là, on emmena le père Luis et ses deux compagnons de cellule, et désormais aussi ses frères en religion, au lieu de leur supplice. 

C’est sur une colline proche d’Ōmura (Nagasaki) qu’ils furent attachés tous les trois à des colonnes et moururent asphyxiés par les flammes qu’on allumait près d’eux, mais pas trop près pour faire durer le supplice.

Mancius a été béatifié en 1867, avec le père Luis et son Compagnon, Petrus de Sainte-Marie.

 

 

Charles-Antoine-Nicolas Ancel

1763-1794

 

Il naquit le 11 octobre 1763 à Rouen (Seine-Maritime).

Il devint prêtre dans la Congrégation de Jésus et Marie ou Eudistes.

Arrêté comme prêtre réfractaire, pour son refus de prêter le serment constitutionnel, il fut conduit avec quelques centaines d'autres prêtres et religieux à bord du navire négrier Deux Associés, qui devait partir pour la Guyane, mais qui resta dans le port de la Rochelle, où la plupart des prisonniers moururent d'épuisement, de mauvais traitements, de maladies.

Le père Charles-Antoine-Nicolas Ancel mourut le 29 juillet 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Mande Wang Luoshi

1812-1861

 

Née vers 1812, Mande (Martha) était une fidèle catholique, veuve, cuisinière au séminaire.

Elle fut martyrisée à Qingyan (Guishou, Chine) le 29 juillet 1861 et canonisée en 2000.

 

 

Ruohan Luo Tingyin

1825-1861

 

Né vers 1825, Ruohan (Ioannes Baptista) était un fidèle catholique, marié, économe au séminaire.

Il fut martyrisé à Qingyan (Guishou, Chine) le 29 juillet 1861 et fut canonisé en 2000.

 

 

Ruose Zhang Wenlan

1831-1861

 

Né vers 1831, Ruose (Iosephus) était un séminariste.

Il fut martyrisé à Qingyan (Guishou, Chine) le 29 juillet 1861 et canonisé en 2000.

 

 

Baolu Chen Changpin

1838-1861

 

Né vers 1838, Baolu (Paulus) était un séminariste.

Il fut martyrisé à Qingyan (Guishou, Chine) le 29 juillet 1861 et canonisé en 2000.

Louis et Zélie Martin

1823-1894 et 1831-1877

 

On ne peut qu’être heureux de savoir que deux époux sont béatifiés dans l’Eglise : Louis et Zélie Martin ont été proclamés Bienheureux le dimanche 19 octobre 2008, et pourront successivement devenir également Saints. Une remarque trop rapide et superficielle pourrait dire : C’est normal qu’ils soient Saints, puisque leur fille Thérèse est une Sainte. Ce raisonnement serait parfaitement faux. C’est d’ailleurs le contraire qui s’est passé : Louis et Zélie ont cherché la sanctification en Dieu, quotidiennement, et un des fruits de cette élévation à Dieu a été leur fille, Sainte Thérèse.

Qu’ont-ils donc fait ? Qui étaient-ils, ces parents ? A première vue, rien de très extraordinaire. Tout est dans le quotidien, dans la simplicité : et c’est précisément là qu’ils ont rencontré Dieu.

Louis Martin est né à Bordeaux en 1823, ses parents finissent par se fixer à Alençon ; en grandissant, il se sent une vocation religieuse à laquelle il préfère un autre genre de vie. Il ouvre une bijouterie-horlogerie. Il a des loisirs, comme tout bon petit bourgeois de province : la pêche à la ligne, le billard au café du coin avec quelques amis, quelques voyages et même un peu de “boursicotage”, mais surtout il est un chrétien convaincu et actif et, en dehors de ses devoirs religieux proprement dits (il va chaque dimanche à l’église, il reçoit les Sacrements aussi, il prie beaucoup) -  il cherche à rencontrer Jésus dans les pauvres et participe aux Conférences Saint-Vincent-de-Paul, organisées par Frédéric Ozanam (lui aussi Bienheureux) en vue de venir en aide aux nécessiteux. C’est sa mère qui lui fait rencontrer en 1858 - il a trente-cinq ans déjà - cette belle jeune fille qui sera son épouse.

Zélie Guérin est née en 1831 ; elle aussi a renoncé à une vie religieuse, et a ouvert une petite mercerie de dentelles à Alençon. En se rencontrant, Louis et Zélie ont tout d’abord uni leur foi en Dieu et ont cherché à faire Sa volonté avant tout. Zélie se plaisait à dire : Dieu est le Maître ; à quoi Louis ajoutait : Dieu premier servi.

De leur mariage naîtront neuf enfants, dont quatre mourront en bas âge. Tristesse pour des parents, ces deuils affinent leur foi. L’espérance de la vie éternelle les fait vivre plus intensément en union avec Dieu. Zélie écrit : “Nous nous efforçons de remettre toutes choses entre les mains de Dieu et d’attendre les événements dans le calme et l’abandon à sa volonté”. 

Leur vie chrétienne est intense : chaque matin ils vont participer à l’Eucharistie, Louis pratique l’adoration nocturne ; chaque jour ils prient avec leurs enfants en famille ; constamment ils sont remplis d’attention pour les autres, qu’ils soient domestiques, voisins ou connaissances. Les quatre filles de ce ménage grandissent véritablement “dans l’Eglise”. L’une d’elle, Céline, écrit : “Quand Papa avait communié, il restait silencieux sur le chemin du retour, continuant - nous disait-il - à (s’) entretenir avec Dieu”.

Zélie a été très tôt frappée par la maladie. Un cancer au sein se déclare dès 1865 - elle a 34 ans, et elle continuera sa mission de mère pendant douze années encore. Elle mourra à quarante-six ans (1877), jeune encore, pleine de vertus et de mérites, acquis héroïquement dans l’acceptation quotidienne de la volonté de Dieu.

Louis s’installera à Lisieux avec ses cinq filles. C’est une vie chaleureuse, avec ses sorties, ses promenades, les veillées où l’on s’entretient dans une tendre atmosphère devant le feu de cheminée. Quatre de ses filles entreront au Carmel et une autre chez les Visitandines de Caen. Bientôt une pénible artériosclérose le séparera toujours plus des siens, jusqu’à ce qu’il doive être interné définitivement en hôpital psychiâtrique. Il meurt en 1894.

Les époux Martin ont su être la “Lumière du monde” (Mt 5,13-16), ils ont “marché humblement avec Dieu” (Mi 6,8), ils ont cherché l’avis du Seigneur.

Ces nouveaux Bienheureux sont pour nous un don de Dieu : 

- un don pour les époux : ils vécurent l’union indissoluble de leur mariage, pendant dix-neuf années. Zélie écrivait à Louis : “Je ne puis pas vivre sans toi, mon cher Louis”, et il lui répondait : “Je suis ton mari et ami qui t’aime pour la vie”.

- un don pour les parents : ils reçurent de Dieu cette mission de donner la vie, malgré la fatigue, malgré la maladie de Zélie.

- un don pour tous ceux qui ont perdu un conjoint : Louis a accepté son veuvage avec foi et courage, se donnant entièrement au bien de ses enfants.

- un don pour tous les malades : ils ont accepté la maladie et la mort en face, sans rien refuser à Dieu.

Oui, vraiment, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, Docteur de l’Eglise, avait raison de dire : 

“Le Bon Dieu m’a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre”.

Le miracle examiné pour la béatification fut celui de la guérison d’un bébé italien atteint d’une malformation pulmonaire à la naissance, guéri en 2002. 

Louis et Zélie seront très probablement fêtés ensemble dans le diocèse de Lisieux, mais au Martyrologe leur nom sera inscrit aux jours respectifs de leur mort sur terre - leur naissance au ciel : 29 juillet pour Louis, 28 août pour Zélie.

 

Sources :     Homélie du cardinal Martins, lors de la Béatification

        Article du journal La Croix du dimanche 19 octobre

        Hagiography Circle : http://newsaints.faithweb.com/

 

Le miracle qui permit la canonisation des Epoux Louis et Zélie Martin, concerne une petite fille de l’archidiocèse de Valencia (Espagne), née prématurément en octobre 2008 après une grossesse très difficile, et souffrant de multiples pathologies. Une hémorragie cérébrale très grave aurait pu entraîner des dommages irréversibles. La sachant en danger de mort, conseillés par le carmel de Serra, proche de Valence, ses parents commencèrent une neuvaine au bienheureux couple Martin. L'enfant se remit graduellement et la guérison fut reconnue "scientifiquement inexplicable" par les experts. Aujourd'hui, Carmen a six ans et ne garde aucune séquelle.

La canonisation a été annoncée pour le 18 octobre 2015.

Matías Manuel Albert Ginés

1867-1936

 

Matías était né le 3 (ou 4) octobre 1867 à Calanda (Teruel).

Il étudia à Andorre, puis aux séminaires de Belchite et Saragosse.

Ordonné prêtre en 1891 pour le diocèse de Saragosse, il fut chapelain du sanctuaire du Pilar, et était en même temps curé de Calanda, ainsi que membre de la Fraternité sacerdotale dominicaine.

Son presbytère fut pris d’assaut en premier, avant le couvent des Dominicains. Don Matías se montra extrêmement reconnaissant à Dieu pour avoir été choisi comme victime de cette persécution.

Il partagea la gloire du martyre avec les Dominicains, le 29 juillet 1936, et fut avec eux aussi béatifié en 2001.

 

 

Antonio Manuel López Couceiro

1869-1936

 

Antonio fut un des membres de la communauté dominicaine de Calanda, qui n’avaient pu quitter cette maison en raison de leur âge ou de leur infirmité. Ceux qui étaient plus jeunes demandèrent à rester auprès des plus anciens pour les assister.

Il était né le 15 septembre 1869 à El Ferrol (La Coruña, Espagne). Il était prêtre.

Il était connu pour son austérité et ses pénitences, physiques ou morales, parfaitement obéissant ; dur, mais très humble, reconnaissant ses limites, il ne lui manquait qu’une grâce, disait un confrère, celle du martyre, qui eut lieu le 29 juillet 1936.

Les sept pères ou frères furent condamnés à mort dans un simulacre de jugement, conduits en camion à quelques kilomètres de Calanda, au lieu-dit Nueve Masadas.

Antonio voulut aider le plus ancien de la communauté, qui marchait difficilement, et ils restèrent ensemble.

Antonio rappela fraternellement à tous la nécessité de se donner réciproquement l’absolution sacramentelle et de pardonner selon l’esprit de l’Evangile.

En chemin, les Religieux priaient le chapelet à haute voix, tout en répétant qu’ils pardonnaient à leurs bourreaux.

Le 29 juillet vers minuit, ils furent fusillés, tandis qu’ils criaient Vive le Christ Roi. Antonio, lui, avant d’expirer, eut encore la force de dire : Seigneur, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 23:34).

Ils furent béatifiés en 2001.

 

 

Gumersindo Soto Barros

1869-1936

 

Gumersindo Soto Barros fut un des membres de la communauté dominicaine de Calanda, qui n’avaient pu quitter cette maison en raison de leur âge ou de leur infirmité. Ceux qui étaient plus jeunes demandèrent à rester auprès des plus anciens pour les assister.

Il était né le 21 octobre 1869 à San Mamed de Amil (La Coruña, Espagne). 

Il était frère convers, doux et humble, grand travailleur, organisateur, particulièrement doué pour les mathématiques et professeur pour les aspirants de l’Ordre. Il sut obéir jusqu’à la mort, mais surtout en obéissant le mieux possible.

Son infirmité l’empêchait de faire de longs déplacements, mais comme il ne voulait pas compromettre ses hôtes, il finit par s’asseoir sur un banc de la place publique.

On l’arrêta et on le conduisit d’abord à Alcañiz, puis on le ramena à Calanda «pour être jugé».

Les sept pères ou frères furent condamnés à mort dans un simulacre de jugement, conduits en camion à quelques kilomètres de Calanda, au lieu-dit Nueve Masadas.

En chemin, les Religieux priaient le chapelet à haute voix, tout en répétant qu’ils pardonnaient à leurs bourreaux.

Le 29 juillet 1936 peu avant minuit, ils furent fusillés, tandis qu’ils criaient Vive le Christ Roi.

Tous furent béatifiés en 2001.

 

 

José Calasanz Marqués

1872-1936

 

José naquit le 23 novembre 1872 à Azanuy (Huesca, Espagne). La famille était apparentée au fondateur des Ecoles Pies, don José de Calasanz (voir au 25 août).

Notre José entra à douze ans au collège salésien de Sarriá, en 1884. Deux ans plus tard, de passage à Barcelone, saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier) visita le collège : José eut la joie d’assister à la Messe célébrée par Giovanni Bosco, de recevoir de ses mains la Communion et même de poser pour la photographie souvenir, tout près du Fondateur.

Peu après, José entra au noviciat, fit la profession et se prépara au sacerdoce. Il fut ordonné prêtre en 1895.

Son premier poste fut d’être le secrétaire du troisième successeur de saint Giovanni Bosco (le père Filippo Rinaldi, voir au 5 décembre), qui le chargea de fonder et diriger le nouveau collège à Mataró.

Il fut ensuite envoyé à Cuba pour y ouvrir des maisons salésiennes, au Pérou et en Bolivie comme inspecteur de l’œuvre (en d’autres congrégations, on dirait : provincial).

En 1925, il revint à Barcelone, comme inspecteur des provinces de Catalogne et Valencia.

Il se trouvait dans cette dernière ville au moment des émeutes de juillet 1936 : les Exercices spirituels furent interrompus.

Le 21 juillet, les émeutiers en colère prirent d’assaut la maison, les Religieux furent arrêtés et conduits sous bonne escorte à la prison Modelo de Valencia, puis à celle de Mislata.

De cette prison, le père Calasanz écrivit au Supérieur qu’il demandait à Dieu de lui prendre la vie et d’épargner celle des Confrères.

Les Religieux priaient le chapelet durant leur «récréation».

La nuit du 27 juillet, les miliciens tentèrent, en vain, d’assaillir la prison.

Le 28, en pleine nuit, on les laissa repartir, par petits groupes. Le père Calasanz les bénit en leur disant : Nous sommes dans les mains de la Divine Providence. Il n’y a rien à craindre ; s’ils nous tuent, nous nous reverrons au Ciel.

Peu après, don José fut repris avec don Recaredo à la gare de Mislata. On les conduisit au Comité, où ils se retrouvèrent avec deux coadjuteurs salésiens. On fouilla la valise de don José, qui contenait une soutane : C’est des curés, il faut les tuer.

On les fit monter tous les quatre dans un camion de transport, sans sièges. Ils étaient debout, se tenant l’un l’autre comme ils pouvaient. Don José s’agrippait aux épaules de son voisin, toujours tenu en joue par un milicien.

Arrivés au pont à l’entrée de Valencia, un coup partit. Don José sanglota : Aïe ! Mon Dieu ! et tomba mort. Le père Recaredo lui donna l’absolution.

C’était le 29 juillet 1936.

Don José Calasanz fut béatifié en 2001.

 

 

Tirso Manrique Melero

1877-1936

 

Tirso fut un des membres de la communauté dominicaine de Calanda, qui n’avaient pu quitter cette maison en raison de leur âge ou de leur infirmité. Ceux qui étaient plus jeunes demandèrent à rester auprès des plus anciens pour les assister.

Il était né le 26 janvier 1877 à Alfaro (Logroño, La Rioja, Espagne). Il était prêtre.

Bon religieux et prêcheur apostolique, il se montrait parfois abattu devant les sombres perspectives du futur : c’était surtout le sens de sa pauvreté qui lui faisait humblement ressentir son indignité devant les circonstances qui se présentaient.

Mais il affronta ces circonstances avec force. Il dut changer plusieurs fois de maison, car la présence d’un religieux était dangereuse pour les habitants. A la fin, il ne lui restait plus qu’à attendre sur un banc de la place de Calanda. C’est là qu’on le prit pour le réunir aux autres.

 

Les sept pères ou frères furent condamnés à mort dans un simulacre de jugement, conduits en camion à quelques kilomètres de Calanda, au lieu-dit Nueve Masadas.

En chemin, les Religieux priaient le chapelet à haute voix, tout en répétant qu’ils pardonnaient à leurs bourreaux.

Le 29 juillet vers minuit, ils furent fusillés, tandis qu’ils criaient Vive le Christ Roi.

Ils furent béatifiés en 2001.

 

 

Gabriel Escoto Ruiz

1878-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs à Cervera

 

Gabriel vit le jour le 10 août 1878 à Atotonilco el Alto (Jalisco, Mexique).

Il entra chez les Carmes de l’Ancienne Observance, fit la profession avec le nom de José María.

La chronique ne nous dit pas dans quelles circonstances il quitta son pays (la persécution des années 20 ?) pour venir en Espagne, ni s’il y professa comme frère convers ou comme clerc.

L’année de son martyre, en 1936, il était novice, au couvent de Tárrega.

 

 

Joseph-Louis Marcou Pecalvel

1881-1936

 

Joseph-Louis vit le jour à Peyregoux (Tarn) le 19 août 1881 et fut baptisé le lendemain.

En 1895, il entra au collège des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) à Fonserannes et, en 1897, prit l’habit, et le nom de Louis de Jésus, qui deviendra en espagnol Luis de Jesús.

Son premier apostolat fut à Béziers en 1899, d’où il passa à l’internat de l’Immaculée Conception.

En 1907, suite aux lois françaises, il passa en Espagne et fut cinq ans à Granollers et Ripoll.

En 1917, la France a besoin de lui pour la guerre et le rappelle : il reste un an à Montpellier.

En 1918, il repasse en Espagne, à Barcelone, puis il sera directeur à Horta, San Celoni, Granollers.

A partir de 1929, il sera professeur à Figueras, puis en France à Fonserannes et Limoux.

En 1933, il s’offrit pour remplacer un Confrère à Josepets (Barcelone), où il se trouvait au moment de la Révolution espagnole.

Le 19 juillet 1936, la communauté fut contrainte de se disperser. Le Frère Louis se réfugia chez un ami puis, le 20 juillet, revint au collège pour reprendre l’Eucharistie, qu’il confia à un prêtre. Ce dernier célébra dans la plus stricte intimité une dernière Messe, au cours de laquelle on consomma toutes les Hosties consacrées.

Se prévalant de la nationalité française, le Frère Louis fit plusieurs allées-et-venues au collège pour en retirer différentes choses importantes.

Le 29 juillet 1936, il alla toutefois au consulat français pour renouveler son passeport. Mais en chemin il risqua encore une entrée dans le collège, où «quelqu’un» l’attendait. Un peu plus tard, on vit des personnes emporter un corps sur un brancard. Ce devait sûrement être le corps du Frère, qu’on ne revit d’ailleurs jamais plus.

Le Frère Joseph-Louis fut béatifié en 2007.

 

 

Juan Bautista Egozcuezábal Aldaz

1882-1936

 

Né le 13 mars 1882 à Nuin (Navarre, Espagne), Juan Bautista (Jean-Baptiste)

Il entra dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu à vingt-neuf ans, en 1911.

Après divers postes, il fut nommé à l’hôpital de Barcelone.

La guerre civile éclata en 1936, et les Religieux subirent beaucoup de vexations avec des menaces.

Quand Juan Bautista dut quitter le couvent et se rendre à Esplugas de Llobregat, il fut reconnu et arrêté. Sommé de se mettre à genoux et de blasphémer, il se tut, et reçut une décharge.

Il fut assassiné en haine de la foi à Esplugas (Barcelone), le 29 juillet 1936.

Juan Bautista fut béatifié en 1992.

 

 

Severino Ruiz Báscones

1884-1936

 

Severino vit le jour le 2 novembre 1884 à Fuencaliente de Lucio (Burgos), un des cinq enfants de Antonio et Marcela, qui le firent baptiser le jour-même.

De ces cinq enfants, un fut prêtre, l’autre, Severino, frère mariste. Il reçut la confirmation en 1893.

Il entra au séminaire mariste de Burgos en 1898, puis au noviciat de Vic (Barcelone), où il reçut l’habit et le nom de Feliciano. Il fit la première profession en 1901, la solennelle en 1906.

Il fut envoyé à San Andrés de Palomar (Barcelone) pour des études pédagogiques (1901), à Mataró comme cuisinier et à Sangüesa (Navarre) pour enseigner aux enfants (1902), à Burgos (1903), Arceniega (1905), Calatayud (1906), Logroño (1910), Lleida (1912), Madrid (1914), Granada (1927).

Excellent professeur, le Frère Feliciano était entièrement préoccupé de sa mission. Son but avoué était la pleine réussite de ses élèves aux examens officiels. Humble, serviable, il suscita parmi ses proches quatre autres vocations maristes.

Directeur à Palencia (1928) puis Toledo (1931), il fonda l’année suivante un nouveau collège gratuit à Chinchón (Madrid), qui fut le théâtre de son martyre avec tous ses Compagnons.

Le 29 juillet 1936, les quatre membres de cette petite communauté durent quitter leur collège et pensaient rejoindre un des deux autres collèges de Madrid. Ils ne savaient pas qu’ils avaient déjà été pris d’assaut par les révolutionnaires. Ils se réfugièrent chez une de leurs bienfaitrices, où ils furent arrêtés.

Ils furent martyrisés à la Casa de Campo (Madrid) ce même 29 juillet 1936.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

 

Joaquín Vilanova Camallonga

1888-1936

 

Joaquín vit le jour le 6 octobre 1888 à Ontinyent (Catalogne, Espagne).

Il eut une sœur clarisse, abesse à Cocentaina, et aussi un oncle prêtre, archiprêtre à Chelva, Joaquín Anglés. 

Dès l’enfance il montra son attirance pour le sacerdoce. Tôt devenu orphelin, il demanda à entrer chez les Franciscains, qui lui conseillèrent d’attendre un peu, le temps d’aider ses frères.

Grâce à l’aide de quelques prêtres généreux, il fréquenta le séminaire de Valencia et fut ordonné prêtre en 1920.

Il exerça le saint ministère à Quatretondeta puis à Ibi. Les gens aimaient ce prêtre joyeux et charitable.

Les miliciens l’arrêtèrent et l’assassinèrent à Ollería (Valencia) le 29 juillet 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Jaume Mir Vime

1889-1936

 

Jaume (ou Jaime, Jacques) vit le jour le 22 décembre 1889 à Ciutadilla (Urgell, Lleida, Catalogne, Espagne), de Jaime et Filomena, qui eurent deux garçons et quatre filles, la dernière future carmélite.

Le garçon fit deux années au séminaire de Tarragona, mais le quitta à la mort de sa mère.

Il entra ensuite chez les pères Clarétains de Barbastro, fit le noviciat à Cervera en même temps qu’il suivait les cours à l’université.

En 1907, il fit la profession et fut ordonné prêtre en 1915 à Solsona.

Ses grandes aptitudes le firent envoyer aussi aux universités de Fribourg, Paris et Rome.

Ce fut un excellent professeur, de métaphysique et de sciences exactes, dont les élèves conservèrent un souvenir exceptionnel. Son enseignement fit beaucoup monter le niveau scientifique des collèges clarétains et du séminaire de Tarragona, où il enseigna à partir de 1932.

Outre ces occupations «professionnelles», le père Jaume fut un prédicateur, confesseur et conseiller spirituel recherché et apprécié. Il s’occupa de l’Archiconfrérie du Cœur Immaculé de Marie.

En 1936, il se trouvait à Tarragona. En juillet, il devait prêcher une retraite aux Carmélites, où il ne cacha pas l’éventualité du martyre.

Cette retraite fut interrompue le 21 juillet, quand des sentinelles prirent position dans l’entrée de la maison. Après le repas, le père Mir transporta le Saint Sacrement dans une maison voisine, chez l’aumônier. Le 22, les Carmélites durent abandonner leur maison.

Du 21 au 27, le père Mir logea chez l’aumônier, priant et lisant la Vie de Jésus. Ayant appris que le Comité avait concédé un sauf-conduit à d’autres Religieux, il en sollicita un, le 28, pour aller à Tarragona. On le lui donna.

Mais à minuit, on vint le lui retirer, car il n’était valable que pour le jour de l’émission. Il en demanda un autre le 29 : on lui dit d’aller à Montblanc. Il monta dans la voiture du Comité…

Ce même 29 juillet 1936, il fut assassiné à la Oliva de Tarragona. A l’autopsie, on l’identifia par le bréviaire avec son nom, un ordo, une relique du Fondateur Antoni María Claret (voir au 24 octobre), et deux linges à son nom.

Jaume Mir Vime fut béatifié en 2013.

 

 

Lluis Fontdecava Quiroga

1891-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs à Cervera

 

Lluis vit le jour le 12 mai 1891 à Portbou (Girona, Espagne).

Il entra chez les Carmes de l’Ancienne Observance, fit la profession comme frère convers avec le nom de Eliseu María.

 

 

Bartolomé Rodríguez Soria

1894-1936

 

Bartolomé vit le jour le 7 septembre 1894, à Riópar (Albacete, Espagne) de Juan Vicente et Joaquina, qui le firent baptiser deux jours plus tard.

Les «jeux» du petit garçon, très tôt, furent de se construire un petit autel, où il déposait une image de Jésus, du Sacré-Cœur, de Marie, et où il priait beaucoup.

Intelligent et précoce, il apprit vite à lire à l’école communale ; à la paroisse, il était enfant de chœur ; partout, il eut la grâce de ne jamais provoquer le moindre déplaisir à ses parents, à ses professeurs, à ses frères et sœurs.

Un jour qu’il était avec son père chez un voisin, ce dernier laissa partir un blasphème. Le gamin se planta devant l’homme et lui dit franchement : S’il te reste encore de la salive après avoir dit ce que tu viens de dire, crache-la moi dessus au lieu de blasphémer contre Notre-Seigneur. Le monsieur fut surpris et touché de l’intervention courageuse de Bartolomé : il l’embrassa et lui promit de ne jamais plus lâcher de telles paroles.

Vers la fin du collège, son professeur en fit un éloge marqué et ajouta qu’il ne pouvait le garder dans sa classe, parce que Bartolomé en savait plus que lui. Et quand on demanda au garçon ce qu’il voulait faire, il répondit sans hésiter qu’il voulait être prêtre.

Il fit des études remarquables et remarquées au séminaire de Tolède et fut ordonné prêtre en 1918.

Ses postes successifs furent Elche de la Sierra, Balazote y Peñascosa, où il attira particulièrement l’attention des fidèles par ses prédications et ses bons conseils.

Il fut appelé ensuite à être le secrétaire de l’archevêque de Valencia, et surtout de celui de Ciudad Real, Narciso de Estenaga (voir au 22 août).

Mais comme il préférait exercer en paroisse, il se présenta comme candidat et, en 1927, fut envoyé à Munera, dont le curé annonça aux fidèles qu’il leur arrivait un saint Luigi Gonzaga (voir au 21 juin).

Dans cette paroisse, le jeune prêtre fonda un groupe d’Action Catholique, des Filles de Marie. Pour préparer les enfants à la Première communion, il leur offrit lui-même leur catéchisme. Son église se remplit peu à peu de fidèles qui revenaient à la pratique des sacrements. Il organisa jusqu’à des conférences du soir, où l’on s’étonna de son éloquence.

En 1935, parlant d’un Martyr mexicain (Miguel Agustín Pro, voir au 23 novembre), il s’exclama : Qui donc pourrait mourir comme lui !

Arrivèrent les jours malheureux de la révolution. Peu avant d’être arrêté, il se préoccupait d’une chose : Ce qui me fait le plus de peine, est que je ne pourrais plus célébrer l’Eucharistie, et il fondait en larmes. Les fidèles lui disaient d’aller se cacher, mais sa réponse était non moins claire : Le bon pasteur n’abandonne pas ses brebis - Le bon soldat meurt au pied du canon, justement quand les fidèles ont le plus besoin de moi.

Les miliciens entourèrent son presbytère, et l’arrêtèrent pour le fait d’être prêtre et de proclamer sa foi. On le conduisit en «procession» jusqu’à l’église. Sa mère et ses sœurs étaient là ; il ne put leur dire adieu. Il fut enfermé violemment dans la sacristie avec une trentaine de personnes.

Le 28 juillet, commença son martyre. Comme pour Notre-Seigneur, on le dépouilla de ses vêtements ; on le fit tomber plusieurs fois de la chaire par-terre, on le frappa, on sauta sur son corps, on voulut l’obliger à blasphémer ; il résista ; à bout de forces, il demanda un peu à boire, on lui urina dans la bouche.

On l’entendit murmurer : Par ta passion, mon Jésus, par ta passion. Il prit les mains de miliciens qui étaient proches et les baisa, murmurant : Je te pardonne, comme Dieu me pardonne aussi.

Il y avait là des gens de la paroisse, qui purent témoigner de ces moments douloureux. Ils pleuraient, mais aussi quelques miliciens.

Le jeune curé expira dans son église, le 29 juillet 1936.

Suite à son martyre, mais aussi à d’autres grâces obtenues par son intercession à Munera, il fut béatifié en 2007.

 

 

Ángel Prat Hostench

1896-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs à Cervera

 

Ángel vit le jour le 30 avril 1896 à Banyoles (Girona, Catalogne, Espagne).

Il entra très jeune chez les Carmes de l’Ancienne Observance, fit la profession en 1912 avec le nom de Ángel María, et fut ordonné prêtre en 1918.

Après avoir été prieur dans plusieurs communautés, il fut nommé au monastère de Tárrega.

Il avait une particulière dévotion mariale, dont il cherchait à faire passer la «contagion» à ses auditeurs et ses lecteurs.

 

 

Eliseo Maneus Besalduch

1896-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs à Cervera

 

Eliseo vit le jour le 15 décembre 1896 à San Mateo (Castellón, Espagne).

Il entra chez les Carmes de l’Ancienne Observance, fit la profession avec le nom de Eliseo María, et fut ordonné prêtre.

Il fut nommé maître des novices au monastère de Tárrega.

 

 

Fermín Zabaleta Armendáriz

1899-1936

 

Fermín vit le jour le 24 septembre 1899 à Artajona (Navarre, Espagne), aîné des onze enfants de Romualdo et Catalina, qui le firent baptiser le jour-même.

De ces onze enfants, deux furent frères maristes et trois furent religieuses à Saint-Joseph de Cluny. 

Fermín reçut la confirmation en 1901.

Très tôt il entendit l’appel à la vie religieuse. En tant qu’aîné de la famille, il dut beaucoup aider son père aux champs. 

Il fit le service militaire à Melilla : quand il était de garde, s’il tenait son fusil dans une main, il avait le chapelet dans l’autre. Il fut envoyé en Afrique ; de retour, il posa un ex-voto au sanctuaire marial d’Artajona, portant l’inscription : Fermín Zabaleta Armendáriz offre ce souvenir à Notre-Dame de Jérusalem, qui lui a accordé de revenir chez lui sain et sauf de la guerre d’Afrique, durant la campagne de 1921.

Il entra au noviciat mariste de Avellanas (Burgos) en 1923, où se trouvait déjà son frère et où il reçut l’habit en 1924, avec le nom de Felipe Neri. Il fit la première profession en 1925, la solennelle en 1930.

Il fit des études pédagogiques avant d’être envoyé à Burgos (1926), et à Chinchón (Madrid) en 1933.

Dans sa classe, il avait soixante-deux élèves ; en outre, il s’occupait de la chorale paroissiale pour les dimanches et les fêtes. Il pouvait heureusement s’appuyer sur le jeune Julián Aguilar Martín (voir la notice).

Le Frère Felipe Neri priait chaque jour les quinze Mystères du chapelet. Généreux, il recommandait même à ses parents, lors d’une bonne récolte, d’en remercier le Bon Dieu dans la prière, mais aussi de donner quelque bonne aumône aux pauvres.

Sentant arriver les événements douloureux de la révolution, il leur écrivait encore : S’ils nous tuent, tant mieux ; nous serons bien plus heureux au Ciel que sur cette misérable terre. Nous comprendrons un jour que les insultes… sont un don de Dieu.

Le 29 juillet 1936, les quatre membres de cette petite communauté durent quitter leur collège et pensaient rejoindre un des deux autres collèges de Madrid. Ils ne savaient pas qu’ils avaient déjà été pris d’assaut par les révolutionnaires. Ils se réfugièrent chez une de leurs bienfaitrices, où ils furent arrêtés.

Ils furent martyrisés à la Casa de Campo (Madrid) ce même 29 juillet 1936.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Lucio Martínez Mancebo

1902-1936

 

Lucio fut un des membres de la communauté dominicaine de Calanda, qui n’avaient pu quitter cette maison en raison de leur âge ou de leur infirmité. Ceux qui étaient plus jeunes demandèrent à rester auprès des plus anciens pour les assister.

Il était né le 28 juillet 1902 à Vegas del Condado (León, Espagne). 

Entré chez les Dominicains, ses études lui coûtèrent beaucoup, mais il les affronta avec vigueur. Il obtint même le titre de lecteur et fut professeur.

Il était prêtre.

En 1936, il était Maître des novices et sous-prieur à Calanda (Teruel). Eloigné des grandes villes, le couvent semblait davantage exposé en cas de conflit. Aussi le père Lucio se soucia de faire sortir les jeunes pour trouver des maisons d’accueil, éventuellement à Saragosse.

Il les bénit et leur recommanda, s’ils devaient donner leur vie pour la foi, de le faire avec courage.

Les sept pères ou frères qui restaient, furent condamnés à mort dans un simulacre de jugement, conduits en camion à quelques kilomètres de Calanda, au lieu-dit Nueve Masadas.

En chemin, les Religieux priaient le chapelet à haute voix, tout en répétant qu’ils pardonnaient à leurs bourreaux.

Le 29 juillet 1936 peu avant minuit, ils furent fusillés, tandis qu’ils criaient Vive le Christ Roi.

Lucio avait eu trente-quatre ans la veille de son martyre.

Tous furent béatifiés en 2001.

 

 

Felicísimo Díez González

1907-1936

 

Felicísimo Díez González fut un des membres de la communauté dominicaine de Calanda, qui n’avaient pu quitter cette maison en raison de leur âge ou de leur infirmité. Ceux qui étaient plus jeunes demandèrent à rester auprès des plus anciens pour les assister.

Il était né le 26 novembre 1907 à Devesa de Curueño (León, Espagne). 

Il était prêtre.

Il fut jeune professeur à Calanda, très sévère avec tous, mais surtout avec lui-même.

Mais il sut dominer son caractère jusqu’à devenir vraiment jovial et d’abord agréable. Il semble que ce soit lui qui, dans le groupe, considérait la situation sociale avec le plus de clairvoyance. Entre farces et autres choses sérieuses, il se retirait parfois en parlant de l’éternité.

Il fut un des premiers arrêtés, avec d’autres membres de la communauté de Alcañiz. On les aurait déjà exécutés, si le commandant militaire n’avait pas exigé de les transporter à Calanda pour les passer en jugement.

Ils étaient d’abord trois, avant l’arrivée des autres membres.

Les sept pères ou frères furent condamnés à mort dans un simulacre de jugement, conduits en camion à quelques kilomètres de Calanda, au lieu-dit Nueve Masadas.

En chemin, les Religieux priaient le chapelet à haute voix, tout en répétant qu’ils pardonnaient à leurs bourreaux. 

Au moment du martyre, Felicisimo fit cadeau de son stylo à l’un des miliciens.

Le 29 juillet 1936 peu avant minuit, ils furent fusillés, tandis qu’ils criaient Vive le Christ Roi.

Tous furent béatifiés en 2001.

Saturio Rey Robles

1907-1936

 

Saturio Rey Robles fut un des membres de la communauté dominicaine de Calanda, qui n’avaient pu quitter cette maison en raison de leur âge ou de leur infirmité. Ceux qui étaient plus jeunes demandèrent à rester auprès des plus anciens pour les assister.

Il était né le 12 décembre 1907 à Devesa de Curueño (León, Espagne). C’était un grand ami du père Felicisimo, dont il avait le même âge et la même origine.

Il apprit a dominer son tempérament nerveux pour s’adapter à la vie religieuse, et se montra particulièrement serviable envers les malades. Il était prêtre.

La nuit qui précéda son martyre, il eut une crise nerveuse, que les bonnes paroles du père Antonio Couceiro purent calmer.

Les sept pères ou frères furent condamnés à mort dans un simulacre de jugement, conduits en camion à quelques kilomètres de Calanda, au lieu-dit Nueve Masadas.

En chemin, les Religieux priaient le chapelet à haute voix, tout en répétant qu’ils pardonnaient à leurs bourreaux.

Le 29 juillet 1936 peu avant minuit, ils furent fusillés, tandis qu’ils criaient Vive le Christ Roi.

Tous furent béatifiés en 2001.

 

 

Pere Dorca Coromina

1907-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs à Cervera

 

Pere vit le jour le 30 décembre 1907 à Santa Margarida de Bianya (Girona, Espagne).

Il entra chez les Carmes de l’Ancienne Observance, fit la profession avec le nom de Anastasi María, et fut ordonné prêtre.

Il appartenait à la communauté de Olot (Girona), mais se trouvait au monastère de Tárrega pour y prêcher à l’occasion de la fête du Notre-Dame du Mont-Carmel (16 juillet).

 

 

Pere Ferrer Marín

1909-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs à Cervera

 

Pere vit le jour le 1er juin 1909 à Mataró (Barcelone, Espagne).

Il entra chez les Carmes de l’Ancienne Observance, fit la profession avec le nom de Pere María.

C’était un des étudiants en philosophie du monastère.

 

 

Ginés Garre Egea

1910-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs à Cervera

 

Ginés vit le jour le 9 octobre 1910 à Barcelone (Espagne).

Il entra chez les Carmes de l’Ancienne Observance, fit la profession avec le nom de Elias María.

Il était encore novice, au couvent de Tárrega, l’année de son martyre.

 

 

Lamberto María de Navascués de Juan

1911-1936

 

Lamberto María de Navascués de Juan fut un des membres de la communauté dominicaine de Calanda, qui n’avaient pu quitter cette maison en raison de leur âge ou de leur infirmité. Ceux qui étaient plus jeunes demandèrent à rester auprès des plus anciens pour les assister : tel fut le cas de Lamberto.

Il était né le 18 mai 1911 à Saragosse (Espagne). 

Après avoir renoncé à sa carrière d’avocat, à la mort de son père, il demanda à faire partie de la communauté en 1935, à Barcelone.

Lui qu’on appelait auparavant le petit duc, il affirmait qu’après avoir été servi, il voulait désormais servir les autres.

Après avoir été postulant, il fut envoyé en 1936, à Calanda, comme novice. Il n’y était que depuis deux mois.

Les sept pères ou frères furent condamnés à mort dans un simulacre de jugement, conduits en camion à quelques kilomètres de Calanda, au lieu-dit Nueve Masadas.

En chemin, les Religieux priaient le chapelet à haute voix, tout en répétant qu’ils pardonnaient à leurs bourreaux.

Le 29 juillet 1936 peu avant minuit, ils furent fusillés, tandis qu’ils criaient Vive le Christ Roi.

Lamberto avait vingt-cinq ans.

Tous furent béatifiés en 2001.

 

 

Saturnino Jaunsarás Zabaleta

1912-1936

 

Ce futur mariste vit le jour le 11 février 1912 à Irurzun (Navarre, Espagne), en la fête de Notre-Dame de Lourdes, de Pedro et Hilaria, qui le firent baptiser le 15 suivant.

Ces pieux parents eurent dix enfants. Le papa, ébéniste, fut plus tard frappé de surdité totale et pour cela se confessait à la sacristie. Le curé racontait qu’il notait fidèlement par écrit la pénitence qu’il recevait lors du Sacrement. 

Saturnino reçut la confirmation en 1901.

Il entra au noviciat mariste de Villafranca (Navarre) en 1924, puis fut envoyé à celui de Las Avellanas (Lleida) où il reçut l’habit en 1928, avec le nom de Heminio Pascual. Il fit la première profession en 1929.

Il fit encore des études pédagogiques avant d’être envoyé à Calatayud (Saragosse) en 1930 : il y fit l’enseignement à l’école primaire, mais donna aussi des cours du soir aux jeunes ouvriers. Puis il fut envoyé à Barruelo (1933), Burgos (1934), Lucena (1935), Chinchón (1936).

On le changeait d’endroit assez rapidement, pour l’aider à trouver la communauté où il se sentirait vraiment à l’aise, car il éprouvait des difficultés à assumer la vie d’enseignant, jusqu’à douter de sa vocation. A Chinchón, les Frères présents l’accueillirent si bien, qu’il reprit espoir et fut fidèle jusqu’au bout.

Le 29 juillet 1936, les quatre membres de cette petite communauté durent quitter leur collège et pensaient rejoindre un des deux autres collèges de Madrid. Ils ne savaient pas qu’ils avaient déjà été pris d’assaut par les révolutionnaires. Ils se réfugièrent chez une de leurs bienfaitrices, où ils furent arrêtés.

Ils furent martyrisés à la Casa de Campo (Madrid) ce même 29 juillet 1936.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Julián Aguilar Martín

1912-1936

 

Julián vit le jour le 24 novembre 1912 à Berge (Teruel, Espagne), et fut baptisé le 27 suivant, un des cinq enfants de Julián et Antonia.

Ces pieux parents s’efforcèrent de donner à leurs enfants une solide éducation chrétienne, mais aussi à leur faire suivre une solide formation intellectuelle. 

Julián avait un cousin mariste lequel, observant les belles qualités du garçon, l’orienta vers la vie religieuse.

Il entra au séminaire mariste de Vic (Barcelone) en 1928, puis passa au noviciat de Las Avellanas (Lleida). Malheureusement, un vilain accident affecta beaucoup sa vision, au point que les Supérieurs doutèrent de sa possibilité d’étudier, et ne l’admirent pas à la vêture.

On imagine le découragement éprouvé par l’adolescent, qui revint chez lui tout déçu. Il travailla avec les siens aux champs, mais son cœur était resté chez les Maristes. Il demanda à être pris comme employé, et c’est ainsi qu’il fut accueilli comme cuisinier dans la communauté de Chinchón (1933).

Mais il ne faisait pas seulement la cuisine ; il était toujours aux côtés du Frère Felipe Neri pour  l’aider, au point que les parents le considéraient comme un membre à part entière de la communauté.

Le 29 juillet 1936, les quatre membres de cette petite communauté durent quitter leur collège et pensaient rejoindre un des deux autres collèges de Madrid. Ils ne savaient pas qu’ils avaient déjà été pris d’assaut par les révolutionnaires. Ils se réfugièrent chez une de leurs bienfaitrices, où ils furent arrêtés.

Ils furent martyrisés à la Casa de Campo (Madrid) ce même 29 juillet 1936.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Manuel Serrano Buj

1912-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs à Cervera

 

Manuel vit le jour le 21 décembre 1912 à Villarluengo (Teruel, Espagne).

Il entra chez les Carmes de l’Ancienne Observance, fit la profession avec le nom de Eduardo María, et fut ordonné prêtre : en 1936, il avait tout juste une année de sacerdoce.

Jeune encore, il était le professeur des jeunes novices.

 

 

Josep Solé Rovira

1919-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs à Cervera

 

Josep vit le jour le 23 janvier 1919 à Vendrell (Tarragona, Espagne).

Il entra chez les Carmes de l’Ancienne Observance, fit la profession avec le nom de Andreu Corsini María.

C’était un des jeunes étudiants en philosophie du monastère et n’avait que dix-sept ans.

 

 

Miquel Soler Sala

1919-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs à Cervera

 

Miquel vit le jour le 15 mars 1919 à Olot (Girona, Espagne).

Il entra chez les Carmes de l’Ancienne Observance, fit la profession avec le nom de Miquel María.

C’était un des jeunes étudiants en philosophie du monastère et n’avait que dix-sept ans.

 

 

Joan María Puigmitjá Rubió

1919-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs à Cervera

 

Joan María vit le jour le 16 avril 1919 à Olot (Girona, Espagne).

Il entra chez les Carmes de l’Ancienne Observance, fit la profession.

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Published by samuelephrem - dans 07-juillet
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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 23:00

28 JUILLET

 

I.

SS Prochorius, Nicanor, Timon, Parmenas et Nicolaus, des sept premiers diacres ; Prochorius, évêque à Nicomédie, aurait été martyr à Antioche de Syrie, Timon crucifié à Corinthe… 

SS Nazaire et Celse, martyrs milanais.

II.

S Victor Ier, pape (189-199), d'origine africaine ; décidant de fêter Pâques le dimanche suivant la pâque juive, il faillit excommunier les orientaux qui ne voulaient pas fêter Pâques selon le calendrier romain, mais en fut dissuadé par s. Irénée.

?

S Eustathe, martyr à Ancyre.

IV.

S Acace, martyr à Milet, jeté dans une fournaise puis décapité.

VI.

S Camelianus, successeur de s. Loup comme évêque à Troyes ; c'est lui qui accueillit ste Geneviève venue chercher des vivres à Arcis pour sauver les Parisiens affamés.

S Samson, moine gallois, évêque en Bretagne, où son monastère fut à l'origine de Dol.

X.

Ste Irène, abbesse à Constantinople.

S Géran, évêque à Auxerre, avec un particulier talent musical ; il commanda une troupe pour repousser les Normands.

XI.

S Botvid, laïc suédois converti en Angleterre, assassiné par son serviteur à son retour en Suède.

XVII.

B Michaël Kusuriya, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

XIX.

S José Melchór García Sanpedro Suárez, évêque dominicain espagnol martyr au Tonkin, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

S Pedro Poveda Castroverde (1874-1936), prêtre espagnol dédié à la promotion humaine et chrétienne des pauvres avec la fondation de l'Institut Thérésien, martyr à Madrid, béatifié en 1993, canonisé en 2003.

Les autres Bx Martyrs espagnols de 1936-1938 :

- béatifiés en 1995 :

Piaristes : Manuel Segura López (M. de la Vierge du Pilar, *1881), prêtre, et David Carlos Marañon (D. du Saint-Sacrement, *1907), clerc, près de Huesca ;

- béatifié en 2001 :

Salésiens : José Castell Camps (*1902), prêtre, à Barcelone ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : Vicente Toledano Valenciano (*1900), près de Cuenca ; 

Augustins : José Gutiérrez Arranz (*1883) ;  Enrique Serra Chorro (*1899), José Aurelio Calleja de Hierro (*1901) et Antolín Astorga Díez (*1906), prêtres, près de Cuenca ; Lorenzo Arribas Palacio (*1880), Pedro Alonso Fernández (*1888), Primitivo Sandín Miñambres (*1893) et Froilán Lanero Villadangos (*1910), prêtres, près de Madrid ;

Salésiens : Sabino Hernández Laso (*1886), prêtre, à Madrid ; Miguel Molina de la Torre (*1887), Pablo Caballero López (*1904), prêtres ; Honorio Hernández Martín (*1905) et Juan Luis Hernández Medina (*1912), clercs, près de Málaga ;

Marianistes : Miguel Léibar Garay (*1885), prêtre, près de Madrid ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : Narcís Felíu Costa (*1877), prêtre, à Tarragona ; 

Bénédictins : Joan Costa Canal (Odiló María, 1905), prêtre; Pere Vilar Espona (Narcís María, *1916) et Lluis Casanovas Vila (Hildebrand María, *1918), clercs, près de Barcelone ;

Clarétains : Gabriel Barriopedro Tejedor (*1883), Tomás Cordero y Cordero (*1910), Claudio López Martínez (*1910) et son frère Ángel López Martínez (*1912), Primitivo Berrocoso Maillo (*1913), Otilio del Amo Palomino (*1913), Antonio Lasa Vidaureta (*1913), Melecio Pardo Llorente (*1913), Abelardo García Palacios (*1913), Vicente Robles Gómez (*1914), Jesús Aníbal Gómez y Gómez (Colombien, *1914), Ángel Pérez Murillo (*1915), Antonio Orrego Fuentes (*1915), Cándido Catalán Lasala (*1916), tous clercs, près de Ciudad Real ;

Lasalliens : Manoel José Sousa de Sousa (Mario Félix, *1860, portugais), Andrés Merino Báscones (Sixto Andrés, *1874), Joaquim Oliveras Puljarás (Artur, *1875), Germán Arribas y Arribas (Ángel Gregorio, *1895), Antonio Solá Garriga (Orencio Luis, *1898), Celestino Ruiz Alegre (Aquilino Javier, *1902), Graciliano Ortega Narganes (Benjamín León, *1905), Lázaro Ruiz Peral (Crisóstomo Albino, *1909), Evencio Castellanos López (Javier Eliseo, *1912), Teodoro Pérez Gómez (Mariano Pablo, *1914), près de Madrid ;

Frères Maristes : Nemesio Cabria Andrés (Julián José, 1908-1938), près de Cuenca ; 

Laïcs : José Gorastazu Labayen (*1907), près de Madrid ; Ramón Emiliano Hortelano Gómez (1908-1938), marié, près de Cuenca ;

 

- béatifiés en 2015 :

 

Capucins : Joan Bover Teixidor (Modesto, *1876), prêtre ; Pelagi Ayats Vergés (Miguel, *1915), Manuel Collellmir Sentiés (Jorge, *1917), profès ; Ramón Gros Balbé (Cebriá, *1871), Joan Ayats Plantalech (Eloy, *1875), Josep Martí Coll (Ángel, *1905), à Barcelone.

 

    

Ste Anna Muttathupadathu (Alphonsa de l'Immaculée Conception, 1910-1946), du rite siro-catholique de Malabar, clarisse indienne, sanctifiée par ses souffrances, thaumaturge ; hindouistes et musulmans viennent à sa tombe ; béatifiée en 1986, canonisée en 2008.

Nicanor, diacre

1er siècle

 

Voir la notice : Diacres (Premiers)

 

 

Nicolaus, diacre

1er siècle

 

Voir la notice : Diacres (Premiers)

 

 

Parmenas, diacre

1er siècle

 

Parmenas fut un des sept premiers diacres de l’Eglise à Jérusalem.

L’épisode est raconté dans les Actes des Apôtres (Ac 6:1-6). Le nom des sept est donné au verset 5. 

Une tradition assure que Parmenas fut l’apôtre de la Macédoine et qu’il aurait reçu le martyre à Philippes.

Deux des sept diacres, saint Etienne et saint Philippe ont leur jour particulier, respectivement 26 décembre et 11 octobre.

Le 28 juillet étant un des jours où les Grecs honorent saint Parmenas, avec saint Nicanor, le Martyrologe mentionne ensemble ce jour-là les cinq diacres : Prochorius, Nicanor, Timon, Parmenas et Nicolaus.

 

 

Prochorius, diacre

1er siècle

 

Voir la notice : Diacres (Premiers)

 

 

Timon, diacre

1er siècle

 

Voir la notice : Diacres (Premiers)

 

 

Nazarius et Celsus de Milan

† 1er siècle

 

Nazarius, dont le nom peut évoquer une origine orientale, naquit à Rome d’un père juif nommé Africanus et d’une mère très chrétienne nommée Perpetua. Cette dernière avait reçu le baptême des mains de s.Pierre.

A neuf ans, Nazarius remarqua avec grand étonnement la différence des pratiques de ses parents ; finalement il reçut le baptême des mains de s.Lin, qui allait être le successeur de s.Pierre.

Nazarius se mit à parler ouvertement de Jésus-Christ, au point que ses parents le prièrent de sortir de Rome pour échapper à la mort : Nazarius partit avec tout son avoir et monta à Plaisance, puis à Rome ; en chemin, il distribua aux pauvres toutes ses richesses.

A Milan, étant allé visiter en prison les saints Gervais et Protais (v.19 juin), il fut arrêté, battu et chassé de la ville. Il partit pour Gemellus (act. Genève), où il rencontra le tout jeune Celsus : la mère de celui-ci désirait qu’il fût baptisé et qu’il partît avec ce saint homme qu’était Nazarius.

Le préfet les fit arrêter tous les deux pour les torturer, mais comme ils étaient innocents, se contenta de leur demander de quitter la ville. Ils arrivèrent ainsi à Trèves, où Nazarius construisit un petit sanctuaire.

De Rome, l’empereur Néron l’apprit et les fit arrêter. Il réfléchissait à la façon de les torturer, quand un épisode le poussa à agir vite : des bêtes s’étaient introduites dans son jardin et firent plusieurs victimes ; Néron, gravement blessé, interpréta cela comme une vengeance de ses dieux, parce qu’il avait trop tardé à faire mourir ses deux prisonniers.

Il se les fit amener et voulut forcer Nazarius à offrir l’encens aux dieux ; celui-ci se mit en prière et toutes les idoles se brisèrent.

Alors Nazarius et Celsus furent embarqués sur un bateau et l’on devait les précipiter en mer ; mais une tempête agita terriblement le bateau, tandis que les deux «victimes» marchaient calmement sur les eaux. La tempête se calma et l’on accosta à Gênes. De là, les deux Compagnons gagnèrent Milan.

Le préfet de Milan fit partir Nazarius et retint Celsus. Nazarius revint à Rome, où son père avait reçu le baptême depuis peu. Puis on ramena aussi Celsus et tous deux furent décapités, hors de Rome, aux Trois-Murs.

Tous ces épisodes ont quelque chose d’extraordinaire, d’incroyable même selon certains. Laissons les spécialistes faire leur travail.

On sait que Néron régna de 54 à 68 : c’est donc dans cette période que moururent Nazarius et Celsus.

Leurs corps furent rapportés à Milan par s.Ambroise (v. 7 décembre).

Saints Nazaire et Celse de Milan sont commémorés le 28 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor 1er

189-199

 

Les dates des premiers pontificats demeurent dans un certain flou. Celles du pape Victor Ier sont approximatives, et dépendent des papes précédents et successifs. On a retenu en général celles ci-dessus.

Victor Ier était né en “Afrique”, notre Maghreb actuel, et son père s’appelait Félix.

Il succédait à Eleuthère, comme quatorzième pape.

Un des faits importants de ce pontificat fut la réunion d’un concile à Rome pour fixer la fête de Pâques à une date unique. En Orient on conservait l’usage antique (qu’on faisait remonter à l’apôtre Jean) de fêter la Pâque au quatorzième jour après l’équinoxe de printemps, qui n’était pas forcément un dimanche, tandis qu’à Rome on célébrait la Pâque le dimanche suivant, puisque le Christ était bien ressuscité le premier jour de la semaine (Jn 20:1), lendemain du sabbat, et qui devenait ainsi le “Jour du Seigneur”, dies dominica, dimanche.

Le concile appuyait le pape Victor, mais les Eglises d’Asie étaient réticentes. Même l’évêque d’Ephèse, Polycrate, écrivit à Victor : Je ne me laisse pas intimider… Plutôt obéir à Dieu qu’aux hommes. Victor pensait excommunier les chrétiens d’Asie insoumis sur ce point “important”. C’est l’évêque de Lyon, Irénée, qui l’en dissuada : ceci n’était qu’un point d’observance, non un article de foi. Victor suivit le conseil d’Irénée, qui en l’occasion montra qu’il portait bien son nom (ireni = paix).

On sait qu’encore aujourd’hui la date de Pâques n’est pas universelle dans toute la chrétienté. Si elle est fêtée un dimanche, il y a parfois jusqu’à un mois de différence entre l’Eglise romaine et l’Eglise d’Orient, selon des subtilités de calcul extrêmement savantes et fatigantes.

Victor excommunia en revanche un certain Théodote de Byzance, qui errait sur la divinité du Christ, mais il n’eut pas le temps de résoudre la crise montaniste qui se propageait dans Rome, cette doctrine qui fut condamnée par le pape suivant.

D’après saint Jérôme, qui aimait beaucoup le latin, Victor 1er fut le premier des écrivains chrétiens à utiliser cette langue.

Victor 1er régla la hiérarchie des clercs mineurs, décréta que le baptême restait valide quelle que fût l’eau utilisée : de source, d’un fleuve, de la mer.

Il ordonna douze évêques, quatre prêtres et sept diacres.

Victor 1er mourut le 28 juillet (199 ?), après un pontificat de dix ans, deux mois et dix jours, et fut inhumé au Vatican.

Le Liber Pontificalis le dit martyr, mais aucun document n’a été retrouvé pour le confirmer, de sorte que notre Martyrologe nomme Victor 1er sans faire mention du martyre.

Le successeur de Victor 1er fut Zéphyrin.

 

 

Akakios de Milet

† 318

 

La ville de Milet (Miletum) est fameuse pour l’exhortation qu’y fit s.Paul en quittant les Chrétiens de cette ville. Les adieux de Milet sont racontés dans Ac 20:15-38.

Dans cette même ville de Milet (Carie ou Ionie, act. Turquie SW), vivait un certain Akakios, jeune adolescent chrétien (il serait né vers 308), dont le seul nom signifie «sans mal, innocent» (a-kakos).

Sous l’empereur Licinius (311-324),  on le précipita dans une fournaise, dont il sortit indemne ; puis il fut décapité pour sa foi au Christ.

On date ce martyre en 318 ou en 321, donc après la paix constantinienne (313), qui n’était pas observée dans tout l’empire.

Saints Akakios de Milet est commémoré le 28 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Camelianus de Troyes

† 525

 

 En 478, ce neuvième évêque de Troyes succéda à s.Lupus (v. 29 juillet) qui, d’après Sidoine Apollinaire, en avait remarqué la douceur, le sérieux et la prudence, et l’avait désigné comme successeur. 

On attribue à Camelianus une mission diplomatique auprès d’Attila, qui cependant s’acheva par le massacre de toute la délégation, sauf de Camelianus qui put revenir rendre compte des événements.

En 486, il reçut sainte Geneviève (v. 3 janvier) qui venait implorer du grain pour les assiégés de Lutèce.

On a vu comment Camelianus reçut s.Aventin (v. 4 février).

En 493, il alla au devant de Clovis, pour l’amener à Clotilde (v. 3 juin).

En 511, eut lieu le grand concile d’Orléans, où Camelianus fut un des trente-deux évêques signataires.

On place sa mort en 525.

Saint Camelianus de Troyes est commémoré le 28 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Samson de Dol

† 565

 

Samson naquit au 6e siècle au royaume de Dyfed (Pays de Galles S), de Ammon et Anna. Longtemps stérile, Anna exprima à Dieu sa reconnaissance en lui consacrant son fils.

Très tôt l’enfant fut confié au monastère de Llantwit Major, dont l’abbé était le vénérable Iltut (v. 6 novembre) et où Samson s’acquit l’estime quasi unanime. «Quasi», car deux moines jaloux de lui voulurent le faire disparaître et l’un d’eux lui prépara une tisane empoisonnée. Samson, comme s.Benoît (v. 11 juillet), en fut mystérieusement informé et remercia vivement le moine fautif : Puisse Dieu, en retour, te guérir du mal qui te fait souffrir. Touché par tant de délicatesse, le moine demanda pardon.

C’est là aussi que Samson alla reprocher aux oiseaux d’avoir osé piller le blé des moines sans permission : les moineaux auraient compris la leçon et «promis» de ne plus recommencer.

Samson reçut bientôt le diaconat, puis le sacerdoce. Au moment de son ordination, l’évêque aperçut sur son épaule une colombe blanche. Samson brilla par une plus grande austérité.

Il décida de quitter son monastère, peut-être pour échapper à la célébrité locale ; il gagna l’île de Caldey, où il fut économe puis abbé du monastère qui existait déjà et existe encore. Il dut s’en absenter pour aller assister son père malade : il en profita pour convaincre beaucoup de parents d’entrer dans la vie religieuse.

Peu après il suivit des Irlandais dans leur patrie, puis regagna son pays natal ; malgré son désir de solitude, il fut «repéré» et promu à l’épiscopat. Mais on ne nous dit pas son siège. En fait, il reprit son bâton de voyageur et, après avoir pris congé des siens, traversa la Cornouaille et gagna l’Armorique.

C’est là qu’il obtint un terrain où il construisit un monastère, à l’origine de la ville de Dol. De ce monastère allaient rayonner les moines pour évangéliser toute la région ; d’autres monastères furent fondés, tous dépendants de Dol, dont Samson était à la fois l’évêque et l’abbé.

Il fit deux voyages à Paris. Le premier, pour demander au roi son appui pour le roi légitime de Bretagne, Judwal. La deuxième fois pour le deuxième concile de Paris (560).

Il obtint un autre terrain, à l’embouchure de la Seine, pour un nouveau monastère qui, semble-t-il, fut détruit par les Normands en 851. C’est dans ce monastère que Samson imposa une sévère «pénitence» aux oiseaux qui dérangeaient les moines par leurs cris : il les convoqua et les enferma une nuit dans le monastère ; au matin, il les laissa partir, mais après seulement qu’ils eussent «promis», eux aussi, de ne plus recommencer.

Samson mourut peu après le concile de Paris, usé par les années, les fatigues, les voyages, vers 565.

Saint Samson de Dol est commémoré le 28 juillet dans le Martyrologe Romain.​​​​​​​

Botvid

† 1100

 

Botvid était d’origine suédoise. Il avait un frère, Björn.

Parti en Angleterre, Botvid y reçut le baptême.

De retour dans son pays, il annonça la Bonne Nouvelle.

Son serviteur aussi reçut le baptême ; en maître chrétien, Botvid l’affranchit.

Ingrat, peut-être poussé par on ne sait quel sentiment de jalousie, le serviteur assassina son maître sur le littoral ; c’était vers la fin du 11e siècle, peut-être vers 1080. Björn enterra le corps de son frère.

D’après la tradition, Björn construisit en 1129 l’église de Botkyrka, où repose Botvid.

Avec saint Eskil (v. 12 juin), Botvid est l’un des principaux Saints locaux de Suède. Sainte Brigitte (v. 23 juillet) l’avait en grande estime.

Saint Botvid, martyr, est mentionné au Martyrologe le 28 juillet.

 

 

Michaël Kusuriya

?-1633

 

Ce laïc japonais naquit à une date inconnue, à Nagasaki (Japon).

Il reçut la palme du martyre le 28 juillet 1633 à Nishizaka (Nagasaki), et fut béatifié en 2008.

 

 

José Melchór García Sanpedro Suárez

1821-1858

 

José naquit à Cienfugos (Oviedo, Asturies, Espagne) le 26 (ou 29) avril 1821.

Ses parents, de lignée noble, étaient pauvres.

Il étudia à Oviedo, fut un brillant bachelier en théologie et nommé substitut pour l’enseignement de la logique.

En 1845, il entra dans l’Ordre dominicain à Ocaña. Ordonné prêtre, il fut envoyé aux missions en Extrême-Orient. De Manille, il demanda à aller au Tonkin.

Il y fut nommé pro-vicaire, puis vicaire provincial, et fut sacré évêque en 1855.

Nommé titulaire du diocèse (inexistant) de Tricomia (actuelle Ebron en Israël), il eut la charge de Vicaire apostolique du Tonkin central : le vicaire apostolique a la mission et les pouvoirs d’un évêque, pour une région non encore organisée en diocèse.

Arrêté début juillet 1858, emprisonné, condamné à mort sur l’ordre de l’empereur, il fut tiré de sa prison le 28 juillet 1858 et emmené à Nam Định (Tonkin, actuel Vietnam), chargé de lourdes chaînes. 

Jeté à terre, il fut attaché solidement à des pieux, nu et écartelé. Les bourreaux lui coupèrent les mains et les jambes, pendant qu’il invoquait, sans se lasser, le nom de Jésus. Enfin on lui trancha la tête, on lui arracha les entrailles et on jeta dans une fosse ses pauvres débris, qu’on voulut faire piétiner par des éléphants. Mais ces animaux s’y refusèrent obstinément. Ce que voyant, les témoins en avertirent l’empereur, qui ordonna d’abattre les bêtes à coups de canon..

C’était donc le 28 juillet 1858.

Mgr García fut béatifié en 1951, et canonisé en 1988.

Indépendamment du dies natalis, l’Eglise fête ensemble tous les Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

Manoel José de Sousa de Sousa

1860-1936

 

Manoel vit le jour le 27 décembre 1860 à Bouro de Amares (Braga, Portugal).

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) et fit la profession avec le nom de Mario Félix.

Après le noviciat et le scholasticat à Madrid, les lieux de son activité furent : Madrid (1892), Bujedo (1893), Bilbao (1907), Barcelone (1907), Bujedo (1907), finalement Griñon (Madrid, 1920).

Lors de la révolution de juillet 1936, les miliciens armés envahirent la maison, saccagèrent complètement la chapelle et firent l’inspection minutieuse de tous les recoins, à la recherche des armes, c’était leur prétexte habituel.

Puis ils firent se rassembler les Frères devant la chapelle, les mains en l’air, leur commandant : Tournez-vous, vous allez mourir, mais l’un (au moins) des Frères répondit : Nous, nous regardons la mort en face, pas de dos. Vive le Christ Roi ! Ils furent abattus sur place.

C’était le 28 juillet 1936.

Les dix Frères martyrs de Griñon furent béatifiés en 2013.

 

 

Ramón Gros Ballbé

1871-1936

 

Ramón était né le 23 janvier 1871 à Terrassa (Catalogne, Espagne), et reçut au Baptême le nom du Saint du jour, Raymond (qu’on fête aujourd’hui le 7 janvier).

Après ses études, il travailla un peu dans un magasin de Barcelone.

Il entra chez les Capucins et prit l’habit en 1893.

Il fit le noviciat et prit à la profession le nom de Cebrià (Cyprien), comme frère convers.

Il passa au couvent de Pampelune, puis à ceux de Arenys de Mar et d’Igualada ; c’est dans ce dernier qu’il fit la profession solennelle.

On l’envoya aux Philippines, puis en Amérique Centrale.

Revenu au pays, il fut chargé de la quête, de l’accueil, de la sacristie et de la couture.

Jovial, il se montra un modèle de la joie franciscaine, qui cachait (mal) une profonde religiosité doublée d’une grande humilité.

Il se trouvait au couvent de Barcelone, quand il dut le quitter en juillet 1936 et se réfugier avec d’autres dans une maison proche, où cependant on les découvrit. On les arrêta et on leur fit subir de mauvais traitements avant de les conduire au supplice.

Cebrià reçut la palme du martyre avec ses Confrères à  Barcelone, le 28 juillet 1936.

Il a été béatifié en 2015.

 

 

Andrés Merino Báscones

1874-1936

 

Andrés vit le jour le 10 novembre 1874 à Sasamón (Burgos, Espagne).

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) et professa avec le nom de Sixto Andrés.

Sa longue activité le conduisit à Cadix (1892), Jerez de la Frontera (1894), Cadix (1895), Madrid-Bienfaisance (1896), Madrid-Sainte Suzanne (1897), Madrid-Sacré-Cœur (1900), Bujedo (1903), Santander (1904), Castro Urdiales (1904), Bujedo (1905), La Felguera (1905), Avilés (1906), Bujedo (1907), Madrid-San Rafael (1912), Valladolid (1913), Madrid-Santa Suzana (1921), Madrid-Sacré Cœur (1922), Bujedo (1932), et Griñon en 1933.

Quand les révolutionnaires envahirent la maison en juillet 1936, ils saccagèrent complètement la chapelle. Le Frère Sixto Andrés, qui était assez sourd, resta dans la chapelle, à prier, sans entendre ce qui se passait dans la maison, où quelque trois cents miliciens parcouraient les couloirs et les pièces pour découvrir les fameuses armes, qu’ils ne trouvaient jamais bien sûr. 

Puis ils firent se rassembler les Frères devant la chapelle, tirant dehors le pauvre Frère malentendant en se moquant de lui, et leur commandant : Tournez-vous, vous allez mourir, mais l’un (au moins) des Frères répondit : Nous, nous regardons la mort en face, pas de dos. Vive le Christ Roi ! Ils furent abattus sur place. 

C’était le 28 juillet 1936.

Les dix Frères martyrs de Griñon furent béatifiés en 2013.

 

 

Pedro Poveda Castroverde

1874-1936

 

Né le 3 décembre 1874 à Linares (Jaén, Espagne), Pedro entra au séminaire de Jaén, mais ne put continuer, pour des raisons financières.

Ayant été reçu par l’évêque de Grenade, il reçut une bourse et put reprendre ces études.

Ordonné prêtre en 1897 (à vingt-trois ans), il obtint la licence de théologie à Séville en 1900.

Son ministère commença à Guadix. Mais ce n’était pas un ministère «habituel», de prêtre routinier qui remplit ses obligations bien à l’heure et bien régulièrement dans une paroisse endormie : Pedro visite les pauvres, construit une école pour les petits, des ateliers pour les adultes, s’efforce de donner à tous une formation chrétienne.

Cette activité devait étonner, elle sembla excessive : on la lui reprocha et Pedro fut déplacé au sanctuaire de Covadonga (Espagne nord), un sanctuaire marial remontant à une intervention miraculeuse de la Sainte Vierge pour protéger des soldats chrétiens contre les musulmans.

Pedro prie, médite. C’est un homme qui ne peut pas rester endormi dans un coin tandis que la Parole de Dieu n’est pas annoncée à deux pas de lui. Il étudie, il écrit, il participe à des rencontres à l’université d’Oviedo : selon lui, il n’est pas possible de croire et en même temps de se taire.

C’est ainsi qu’en 1911, le prêtre audacieux ouvrit un centre pour étudiants à Oviedo, qu’il mit sous la protection de Sainte Thérèse d’Ávila. Ce sera le point de départ de l’Institut Thérésien, où seront formés des professeurs chrétiens.

Cet Institut aura sa première directrice en la personne de Josefa Segovia, qui la présentera au pape. En 1924 elle sera une première fois approuvée comme Pieuse Union, et se développera ensuite vigoureusement, après la mort du Fondateur. Actuellement, c’est une Association internationale de droit pontifical, comptant plusieurs milliers de membres sur tous les continents. L’œuvre comporte des écoles, une maison d’édition, des résidences universitaires, des centres de formation…

Don Pedro, de son côté, fut ensuite nommé aumônier au palais royal de Madrid, tout en veillant sur le développement de son œuvre.

Survint la persécution de 1936. Don Pedro fut interpellé par des miliciens et répondit tout simplement : Je suis prêtre du Christ.

Arrêté suite à ce «crime», il fut jugé sommairement et fusillé le jour même, le 28 juillet 1936.

Cet humble prêtre, qui avait dû faire face aux contradictions et aux calomnies, parfois même de la part du clergé, reçut bien vite sa récompense auprès de Dieu : martyr, il a été béatifié en 1993 et canonisé en 2003.

 

 

Joaquim Oliveras Puljarás

1875-1936

 

Joaquim vit le jour le 15 février 1875 à San Feliu de Pallarols (Girona, Espagne).

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) et professa avec le nom de Artur.

Il fut successivement à Bujedo (1900), Terán (1916), Madrid-Sacré Cœur (1918), et Griñon (1920).

C’était probablement lui le cuisinier de la maison.

Lors de l’assaut de la maison de Griñon en juillet 1936, les républicains commencèrent par lui demander un bon repas.

Puis, tandis que les révolutionnaires saccageaient complètement la chapelle et abattaient huit des dix Frères de la maison, il se cacha, ainsi que le Supérieur, dans l’espoir de rester auprès des élèves. Mais il fut repéré ; on le tira dans la salle des douches, où il fut égorgé et poignardé ; il agonisa un long moment par terre, puis un milicien, le voyant encore respirer, l’abattit. Quelques jours après, des élèves observèrent des traînées de sang et des lambeaux de chair à cet endroit.

C’était le 28 juillet 1936.

Les dix Frères martyrs de Griñon furent béatifiés en 2013.

 

 

Joan Ayats Plantalech

1875-1936

 

Joan Ayats Plantalech était né le 4 juin 1875 à San Salvador de Bianya (Girona, Catalogne, Espagne).

Avant d’entrer en religion, il fut un maçon très habile.

Il entra chez les Capucins et prit l’habit en 1900.

Il fit le noviciat et prit à la profession le nom de Eloy, comme frère convers.

Il eut plusieurs charges, mais il fut particulièrement remarqué comme le saint portier de Sarrià. Il agissait continuellement «en présence de Dieu», travaillant pour Lui et en Lui. Ainsi, à l’accueil, il accueillait chacun avec toujours la même égalité d’âme. S’il lui venaient des pauvres, il pouvait se priver de repas pour eux, quitte à souffrir la faim ensuite.

Il se trouvait au couvent de Barcelone, quand il dut le quitter le 20 juillet 1936 ; comme portier, il attendit que tous fussent sortis avant de sortir lui-même. Pendant quelques jours il put se réfugier comme les autres dans une maison proche, puis, avec deux autres Frères, tenta de prendre le train à la gare du Nord. On les suspecta : ils n’avaient pas leurs papiers d’identité, et l’un d’eux portait avec lui le bréviaire, des chapelets et quelques livres de piété ; ils reconnurent être des Religieux. 

Aussitôt ligotés et conduits dans un coin de la gare, ils furent longuement interrogés. Eloy fut, comme on dit pudiquement, cruellement torturé ; moins de trois heures après, ils avaient tous été fusillés.

Eloy reçut la palme du martyre avec ses Confrères à Barcelone, le 28 juillet 1936.

Il a été béatifié en 2015.

 

 

Gregorio Chárlez Ribera

1875-1936

 

Gregorio était né le 17 novembre 1875 à Pomar de Cinca (Huesca, Aragón, Espagne).

Il eut déjà quelques problèmes de santé avant de pouvoir entrer en religion.

Il prit en 1905 l’habit des Capucins. Il fit le noviciat et prit à la profession le nom de Prudenci, comme frère convers.

On lui confia plusieurs charges, où il se montrait très adroit : jardinier, quêteur, cordonnier, portier, cuisinier. Il savait réparer n’importe quoi.

Actif, il demeurait un homme à la piété profonde, aimant prier et méditer dans le silence de la contemplation.

Au moment des émeutes révolutionnaires de 1936, il était presque aveugle.

Quand il dut quitter le couvent d’Arenys de Mar en juillet 1936, il se réfugia dans une famille.

Le 28 juillet, il fut arrêté avec deux autres prêtres et tous trois furent conduits à l’endroit de leur supplice. On maltraita particulièrement Prudenci, à coups de pieds répétés.

Il reçut la palme du martyre, criblé de balles, à Arenys de Mar (Barcelone), le 28 juillet 1936.

Il a été béatifié en 2015.

 

 

Joan Bover Teixidor

1876-1936

 

Joan était né le 8 juin 1876 à Mieres (Girona, Catalogne, Espagne).

Il fit ses études secondaires, de philosophie et de théologie au séminaire diocésain de Girona.

Avant d’être ordonné, il prit en 1899 l’habit des Capucins. Il fit le noviciat et prit à la profession le nom de Modesto.

Il fit encore deux années de théologie morale et, en 1902, reçut le sacerdoce.

Sa vie fut dédiée à l’enseignement de la théologie. Il écrivit aussi de nombreux articles.

Il fut définiteur et provincial. C’était un homme à la piété profonde, bon et compréhensif avec les jeunes novices.

Quand il dut quitter le couvent de Sarrià en juillet 1936, il se réfugia avec le frère Ángel (v. Josep Martí) dans une maison proche, où cependant on le découvrit. Interrogé, il reconnut sans hésiter sa condition sacerdotale.

Il reçut la palme du martyre avec son Confrère à Sarrià (Barcelone), le 28 juillet 1936.

Il a été béatifié en 2015.

 

 

Narcís Feliu Costa

1877-1936

 

Il vint au monde la 9 janvier 1877 à Pineda (Maresme, Girona, Espagne), de Pau et María, qui le firent baptiser le 15 suivant.

Jeune, Narcís voulait être pilote de bateau. Dieu l’appela : il répondit Oui.

Après le séminaire, il fut envoyé compléter ses études à Rome, où il fut ordonné prêtre en 1903.

Très vite il sera nommé chanoine de la cathédrale de Tarragona, confesseur des Religieuses et dans les collèges d’enseignement catholiques.

Ce prêtre montra beaucoup de zèle pour les âmes, avec grande charité et réelle prudence. Il venait en aide particulièrement aux personnes dans le besoin. Les élèves comme les Religieuses disaient de lui : Le Chanoine Feliu n’est pas bon, il est très bon. C’est un saint !

Quand commença la révolution de 1936, il vint se réfugier chez un confrère, place de la cathédrale.

Le 22 juillet, ils furent repérés et arrêtés. Le confrère fut mis à l’hôpital, car il était malade, mais le chanoine Feliu fut conduit à la mairie, puis au Comité, qui s’était installé tout simplement dans le collège des Carmélites de la Charité. On lui demanda s’il était prêtre, il répondit qu’il était prêtre catholique et apostolique.

Vers deux heures du matin, on l’emmena en voiture avec des hommes armés, et le laissa libre en pleine avenue.

Six jours après, le 28 juillet 1936, on l’arrêta une seconde fois, pour l’assassiner, simplement parce qu’il était prêtre.

Don Narcís Feliu Costa a été béatifié en 2013.

 

 

 

Lorenzo Arribas Palacio

1880-1936

 

Il vit le jour le 10 août 1880 à Arconada de Bureba (Burgos), en la fête de saint Laurent, dont il reçut le nom au Baptême, deux jours après. Ses parents s’appelaient Salustiano et María.

Il entra chez les Pères augustins et fit la profession en 1896.

Ordonné prêtre en 1903, il fut d’abord envoyé aux Philippines, à Ilo-Ilo, tant que sa santé résista.

De retour en Espagne, il fut à Salamanque, Barcelone et Ceuta, comme professeur, économe, sous-directeur. En 1933 enfin, il fut envoyé à Uclés (Cuenca), comme professeur et économe.

Son attention pour tous était telle que les employés et les jardiniers n’avaient que des mots de reconnaissance pour lui.

Le couvent ayant dû être abandonné le 24 juillet 1936, les Religieux se dispersèrent chez des amis alentour. Le père Lorenzo, avec trois autres, réussit à prendre un train pour Madrid.

C’est dans le train qu’on les arrêta tous les quatre. On les fit descendre et on les conduisit manu militari sur la route Madrid-Valencia.

Au kilomètre 9, ils furent assassinés. C’était le 28 juillet 1936.

Le père Lorenzo et ses amis furent béatifiés en 2007.

 

 

Manuel Segura López

1881-1936

 

Manuel naquit le 22 janvier 1881 à Almonacid de la Sierra, dans une famille chrétienne.

En 1899 il entra dans la congrégation des Ecoles Pies ; après le noviciat, il fit la profession en 1901, prenant le nom de Manuel de la Vierge du Pilar, et émit les vœux solennels en 1906.

En 1907, il fut ordonné prêtre.

Il fut nommé successivement à Barbastro, Tamarite, Pamplona, Tafalla.

Les qualités de cet excellent professeur décidèrent les supérieurs à le nommer maître des novices à Peralta de la Sal (Huesca).

Unanimement estimé, il fut unanimement regretté.

Le 23 juillet 1936, alors que les jeunes étaient en récréation, jouant une vive partie de football, leur maison fut encerclée ; toute la communauté, avec le père Manuel fut arrêtée : le maître des novices dit alors aux jeunes qu’ils allaient passer du sport au martyre. 

Le 28 juillet, on les appela. Manuel eut le temps de demander l’absolution à un autre prêtre présent. On les conduisit à Gabasa, où tous furent fusillés, le 28 juillet 1936.

Le père Manuel fut béatifié en 1995, avec le frère David du Saint-Sacrement.

 

 

Gabriel Barriopedro Tejedor

1883-1936

 

Voir aussi la notice : Clarétains espagnols martyrs à Fernán Caballero

 

Gabriel était né le 18 mars 1883 à Soria (Barahona), où il fut baptisé.

De tout le groupe des «jeunes» clarétains, il était le plus âgé, avec ses cinquante-trois ans. C’était sans doute une vocation tardive.

Il fut ainsi abattu, le 28 juillet 1936.

 

 

José Gutiérrez Arranz

1883-1936

 

Ce futur martyr naquit le 14 avril 1883 à Zuzones (Burgos), de Sergio et Saturnina, qui le firent baptiser dès le lendemain. 

Après trois années au Petit séminaire de Osma, il entra dans l’Ordre augustin et fit la profession en 1903.

Il fut ordonné prêtre en 1911.

Il enseigna à La Vid, Santander, Valencia et Uclés.

En 1933, il fut nommé supérieur de cette dernière maison. C’est donc lui qui dut affronter la situation de 1936, de décider la fermeture du couvent et d’aider les religieux à trouver refuge dans des familles d’amis des environs.

Les Religieux quittèrent leur couvent le 24 juillet 1936.

On sait que quatre d’entre eux, dont le supérieur, le père José Gutiérrez, furent arrêtés avec le curé, don Vicente Toledano, au soir du 27 juillet, et qu’ils furent fusillés au matin du 28 juillet 1936.

Ils furent tous les cinq béatifiés en 2007.

Miguel Léibar Garay

1885–1936

 

Miguel vit le jour le 17 février 1885 à Aozaraza (Sargaray, Arechevaleta, Guipuzkoa, Espagne) et reçut le baptême deux plus tard, la confirmation en 1891.

A treize ans, il fréquenta le collège marianiste de Escoriaza, au terme duquel il entra au noviciat de Vitoria, en 1902.

En 1903, excellent religieux, il fit la profession et continua sa formation à Escoriaza, toujours prêt à partir où ses supérieurs l’enverraient.

Entre 1905 et 1912, il enseigna à Vitoria et Madrid ; en 1909, il obtint à Madrid la licence en philosophie et lettres.

On l’envoya à l’université de Fribourg en Suisse et il fut ordonné prêtre en 1915.

Après avoir été aumônier à Cadix, il fut directeur à Jerez de la Frontera, puis professeur et aumônier, à Madrid en 1922, à Vitoria en 1923. En 1925 il fut directeur à San Sebastian et retrouva ses fonctions à Madrid en 1930. 

En 1936, il s’offrit de rester à Madrid pour aider les autres Frères à se replier en d’autres maisons, tout en restant lui-même dans la maison provinciale.

Au soir du 28 juillet, il fut arrêté ; on profana sous ses yeux les objets sacrés de la maison, on l’emmena au Pont de Vallecas où on le fusilla.

Le père Miguel Léibar a été béatifié en 2007.

 

 

Sabino Hernández Laso

1886-1936

 

Sabino était né le 11 décembre 1886 à Villamor de los Escuderos (Zamora, Espagne).

Orphelin de père à huit ans, il fut pris en charge par le maître d’école puis, à la mort de ce dernier, par le curé du village qui, en quelque sorte, l’adopta.

En 1903, Sabino entra au collège salésien de San Benito (Salamanque), d’où il passa au noviciat de Carabanchel.

En 1908, il fit la profession religieuse.

En 1916, il fut ordonné prêtre à Salamanque, où il enseigna le catéchisme pendant un an. Puis il fut en divers endroits : Talavera de la Reina, Salamanque, Baracaldo, Béjar, Madrid-Atocha, Santander-Don Bosco (où il fut directeur pendant trois ans), Vigo, Estrecho. 

Plutôt réservé, très studieux, Sabino était un prêtre cultivé, exigeant surtout pour lui, bon prédicateur et bon religieux.

Le 19 juillet 1936, le collège de Estrecho fut assailli, et tous les membres de la communauté conduits à la Direction Générale de Sécurité.

Don Sabino y arriva tout en sang. Remis d’abord en liberté, il rejoignit la maison d’une pieuse femme. 

Des miliciens le retrouvèrent, firent irruption dans l’appartement et l’arrêtèrent pour le délit d’être prêtre. Ils l’emmenèrent immédiatement en un lieu inconnu où ils le fusillèrent.

Le jour de ce martyre est le 28 juillet 1936 (plutôt que le 18 juillet).

Don Sabino Hernández Laso a été béatifié en 2007.

 

 

Miguel Molina de la Torre

1887–1936

 

Miguel naquit le 17 mai 1887 à Montilla (Cordoue, Espagne), dans une humble famille d’artisans.

Etant entré en 1899 au collège des Salésiens, qui venait d’ouvrir, il y trouva sa vocation et fut aspirant à Séville puis à Carabanchel Alto en 1904. En 1905 il commença le noviciat toujours à Carabanchel, et fit la profession à Séville en 1906.

A Séville, il fera ses études de philosophie, tout en enseignant, pendant deux ans. Il prit aussi la licence en philosophie et en lettres.

De 1908 à 1917, il sera à Utrera, pour la théologie surtout, et fut ordonné prêtre en 1913 à Jerez de la Frontera.

Ensuite il aura plusieurs missions à Jerez, Cordoue, Ronda, Séville, de nouveau Cordoue et Ronda (Málaga).

Au début il fut conseiller scolaire, à Ronda il fut préfet-administrateur et, à la fin, préfet, de 1933 à 1936.

Don Miguel fut très apprécié de ses supérieurs pour ses qualités pédagogiques et son esprit religieux ; obéissant, éloquent, compétent, bon.

En juillet 1936, par deux fois les miliciens vinrent fouiller le collège en quête des nombreuses armes que possédaient les prêtres salésiens. D’abord le 21, puis surtout le 23, avec une foule de gens exacerbés.

Le père Molina, avec le père Torrero, fut enfermé, ligoté, jusqu’à ce qu’ils révélassent la cachette des armes ; ils mirent le père Miguel face contre le mur, le menaçant plusieurs fois de le tuer (il raconta ensuite qu’il fit autant de fois son acte de contrition). Tout le collège fut fouillé et dévasté, mais les pères restèrent libres ce jour-là.

Les miliciens revinrent le 24. Ils entassèrent les Religieux dans la petite salle de la porterie. Là, ils se confessèrent mutuellement. Vers midi, on leur dit de quitter le collège. Les miliciens les suivaient en leur criant : Maintenant, au lieu des Notre Père, dites : Vive le communisme libérateur.

Don Miguel était très ému en quittant ce cher collège. Les pères se disaient l’un à l’autre : Courage ! Don Bosco {leur Fondateur} nous attend ! Au Ciel !

On les fit rejoindre une pension, tenue par un ancien du collège, resté ami des Pères.

Le 28 juillet au matin, un peloton de miliciens vint chercher don Miguel, en même temps qu’ils emmenaient trois autres Salésiens d’une autre maison, avec leur tristement fameuse voiture, en direction du cimetière.

Don Miguel murmura : Mon Jésus ! Pitié pour moi !

Les quatre victimes furent fusillées ce 28 juillet 1936, et béatifiées en 2007.

 

 

Pedro Alonso Fernández

1888-1936

 

Il vit le jour le 1er août 1888 à Faramontanos (Zamora, Espagne).

Il entra chez les Pères augustins et fit la profession en 1905.

Il fut ordonné prêtre en 1913 et se vit confier la formation des aspirants au noviciat, en dernier lieu à Uclés.

Le couvent ayant dû être abandonné le 24 juillet 1936, les Religieux se dispersèrent chez des amis alentour. Le père Pedro, avec trois autres, réussit à prendre un train pour Madrid.

C’est dans le train qu’on les arrêta tous les quatre. On les fit descendre et on les conduisit manu militari sur la route Madrid-Valencia, non loin de Vallecas.

Au kilomètre 9, ils furent assassinés. C’était le 28 juillet 1936.

Le père Pedro et ses amis furent béatifiés en 2007.

 

 

Primitivo Sandín Miñambres

1893-1936

 

Il vit le jour le 25 janvier 1893 à Santibáñez de Tera (Zamora, Espagne).

Il entra chez les Pères augustins et fit la profession en 1911.

Il fut ordonné prêtre en 1917.

Le couvent d’Uclés, où il se trouvait au moment de la révolution, ayant dû être abandonné le 24 juillet 1936, les Religieux se dispersèrent chez des amis alentour. Le père Primitivo, avec trois autres, réussit à prendre un train pour Madrid.

C’est dans le train qu’on les arrêta tous les quatre. On les fit descendre et on les conduisit manu militari sur la route Madrid-Valencia, non loin de Vallecas.

Au kilomètre 9, ils furent assassinés. C’était le 28 juillet 1936.

Le père Primitivo et ses amis furent béatifiés en 2007.

 

 

Germán Arribas y Arribas

1895-1936

 

Germán vit le jour le 28 mai 1895 à Mazueco de Lara (Burgos, Espagne).

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) avec le nom de Ángel Gregorio.

C’était l’infirmier de la maison. Quand le maire de Griñon suggéra habilement aux Frères de vite partir pour Madrid, lui resta pour soigner les malades. Ceux qui partaient, pensaient aller au-devant du martyre ; et ceux qui restaient pensaient être «protégés» : ce fut tout le contraire.

Le 28 juillet, les révolutionnaires - environ trois cents - envahirent la maison, se firent servir à manger et saccagèrent la chapelle.

Puis ils firent se rassembler les Frères devant la chapelle, les mains en l’air, leur commandant : Tournez-vous, vous allez mourir, mais l’un (au moins) des Frères répondit : Nous, nous regardons la mort en face, pas de dos. Vive le Christ Roi ! Ils furent abattus sur place. 

Un des miliciens mit dans la bouche du Frère Ángel un pétard, qui lui détruisit complètement le visage.

C’était le 28 juillet 1936.

Les dix Frères martyrs de Griñon furent béatifiés en 2013.

 

 

Antonio Solá Garriga

1898-1936

 

Antonio vit le jour le 20 février 1898 à Bilbao (Biscaye, Espagne).

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) et professa avec le nom de Orencio Luis.

Il exerça successivement son activité à Madrid (1917), Santoña (1931), Lembeek-lez-Hal (Belgique, 1931), Chamberí près Madrid (1932).

A partir de 1933, il était le directeur du petit noviciat de Griñon (Madrid).

Au bruit du danger qui se rapprochait, le maire suggéra à la Communauté de rejoindre Madrid. Une cinquantaine partit en effet : ceux qui restaient étaient le directeur, le sous-directeur, l’infirmier et les malades, outre les jeunes élèves.

Quand les révolutionnaires envahirent la maison en juillet 1936, ils se livrèrent à un saccage complet de la chapelle, puis abattirent huit des dix Frères qui se trouvaient là devant la chapelle.

Le Frère Orencio Luis et le Frère Arturo, espérant pouvoir rester auprès des élèves et les protéger, s’étaient cachés ; Orencio Luis s’était réfugié dans la cave à charbon : en entendant les révolutionnaires descendre dans l’escalier, il sortit et se présenta : Vous me cherchez pour me tuer : me voilà ; tirez ! Ils l’abattirent sur place.

Il faut aussi signaler ici qu’un milicien prétendit exterminer aussi les jeunes garçons, pour supprimer aussi la mauvaise graine, mais on ne l’écouta pas. Les élèves purent ensuite constater avec horreur le spectacle qui se présenta à leurs yeux quand ils purent approcher les Martyrs qui gisaient à terre, certains méconnaissables. Les habitants de Griñon, consternés devant ce désastre, recueillirent les élèves pour ne pas les laisser seuls dans cette situation catastrophique. 

C’était le 28 juillet 1936.

Les dix Frères martyrs de Griñon furent béatifiés en 2013.

 

 

Enrique Serra Chorro

1899-1936

 

Ce futur martyr naquit le 8 novembre 1899 à La Barraca (Alcira, Valencia), de parents très simples, qui eurent onze enfants.

Il commença ses études gratuitement chez les pères Augustins, puis fit la philosophie et la théologie à Vid (Burgos), avant d’être ordonné prêtre en 1930.

Ce bon prêtre, petit et mince, était doué pour la musique et la sculpture.

Il fut envoyé à Uclés (Cuenca).

Les Religieux durent quitter leur couvent le 24 juillet 1936.

On sait que quatre d’entre eux, dont le supérieur, le père José Gutiérrez et notre père Enrique, furent arrêtés avec le curé, don Vicente Toledano, au soir du 27 juillet, et qu’ils furent fusillés au matin du 28 juillet 1936.

Ils furent tous les cinq béatifiés en 2007.

Vicente Toledano Valenciano

1900-1936

 

Il naquit le 28 octobre 1900 à Saceda Trasierra (Cuenca), onzième enfant après les cinq fils et cinq filles de cette belle famille.

Après son baccalauréat, il entra au Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1925.

Il exerça son ministère comme vicaire à Peñalén, Reillo et La Cierva ; comme curé à Uclés, toujours près de Cuenca. Dans cette dernière paroisse se trouvait un couvent de Pères Augustins, avec lesquels il entretint une sainte amitié et une excellente collaboration.

Ce jeune prêtre était physiquement mince, petit - et déjà chauve, raison pour laquelle il portait toujours le chapeau.

Quand la révolution éclata en juillet 1936, il fut arrêté dès le 27 juillet par des miliciens fraîchement arrivés de Madrid, qui capturèrent aussi le Supérieur et trois autres Pères du couvent.

Après une courte nuit en prison, ils furent conduits au lieu-dit Las Emes de Belinchón, et fusillés, au matin du 28 juillet 1936.

Ils furent béatifiés en 2007.

 

 

José Castell Camps

1901-1936

 

José était né le 12 octobre 1901 à Ciudadela (Minorque).

Durant ses études chez les Salésiens, il perçut l’appel de Dieu.

En 1918, il entra dans la Société salésienne. A Campello et Carabanchel, il fit le noviciat, la profession en 1918, et toutes les études préparatoires, qui s’achevèrent en 1927, lorsqu’il fut ordonné prêtre.

On l’envoya en 1933 à la maison Tibidabo.

Quand on aperçut de là la fumée des églises et des couvents qui brûlaient, en juillet 1936, les Religieux décidèrent d’envoyer leurs élèves dans leurs familles, et de chercher à se cacher là où c’était possible.

Le 22 juillet, don José trouva refuge dans la Gran Vía de Barcelone, où se trouvait la famille d’un Confrère salésien. Effectivement, ils s’y retrouvèrent à plusieurs, se réconfortant mutuellement.

Sans doute sur dénonciation, à moins qu’on l’ait surpris lors d’une sortie en ville, le père José fut très vite arrêté ; au soir du 28 juillet, on le vit fourré dans une voiture, qui le conduisit chez une autre personne, où était alors un autre prêtre, Pablo Baraut.

On voulait forcer le père José à «reconnaître» don Pablo, pour les compromettre tous les deux. Don José n’en fit rien. Il profita seulement d’une discussion des miliciens entre eux, pour demander à don Pablo une ultime absolution.

Ensuite, don José repartit avec les miliciens et fut fusillé ce soir-là, 28 juillet 1936.

Il a été béatifié en 2001.

 

 

José Aurelio Calleja del Hierro

1901-1936

 

Ce futur martyr naquit le 15 octobre 1901 à Melgar de Fernamental (Burgos).

Il entra chez les Augustins et étudia à Valladolid puis à Vid (Burgos), avant d’être ordonné prêtre en 1927.

Ce prêtre, vif, était très travailleur et particulièrement bon musicien : excellent organiste, ayant reçu sa formation chez les Bénédictins de Silos (Burgos).

Il fut envoyé à Uclés (Cuenca).

Les Religieux durent quitter leur couvent le 24 juillet 1936.

On sait que quatre d’entre eux, dont le supérieur, le père José Gutiérrez et notre père José Aurelio, furent arrêtés avec le curé, don Vicente Toledano, au soir du 27 juillet, et qu’ils furent fusillés au matin du 28 juillet 1936.

Ils furent tous les cinq béatifiés en 2007.

 

 

Celestino Ruiz Alegre

1902-1936

 

Celestino vit le jour le 6 avril 1902 à Manzueco de Lara (Burgos, Espagne).

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) et professa avec le nom de Aquilino Javier.

Il passa par Lorca (1922), Griñon (1924), Almería (1931), de nouveau Griñon (1934), où il était sous-directeur.

Lors de l’assaut de la maison par les milices républicaines, l’un des soldats ordonna au Frère de détruire un crucifix ; sur son refus, il le décrocha lui-même, et le piétina sauvagement.

Puis ils firent se rassembler les Frères devant la chapelle, les mains en l’air, leur commandant : Tournez-vous, vous allez mourir, mais l’un (au moins) des Frères répondit : Nous, nous regardons la mort en face, pas de dos. Vive le Christ Roi ! Ils furent abattus sur place.

Il fut un des dix martyrs de Griñon, le 28 juillet 1936, et béatifié en 2013.

 

 

Pablo Caballero López

1904-1936

 

Pablo naquit le 16 janvier 1904 à Málaga.

A douze ans, il entra chez les Salésiens comme aspirant à Cadix (1916).

En 1921, il fit la profession et, jusqu’à son ordination sacerdotale en 1932, enseigna et étudia à Séville, Utrera et Ronda (1926-1932).

Il enseigna ensuite à Utrera et Ronda.

Il se montra enthousiaste pour sa mission, joyeux, optimiste.

Comme don Miguel Molina, il reçut la palme du martyre à Ronda le 28 juillet 1936 et fut béatifié en 2007.

 

 

Josep Martí Coll

1905-1936

 

Josep était né le 11 février 1905 à Ferreries (Minorque, Baléares, Espagne).

Il entra chez les Capucins et prit l’habit à Manresa en 1923.

Il y fit le noviciat et prit à la profession le nom de Ángel, comme frère convers.

Toujours à Manresa, il fut chargé de la quête et de la sacristie. Il montra aussi des dons particuliers pour la mécanique. Il avait un esprit de profonde piété et de mortification, très édifiant.

Il se trouvait au couvent de Sarrià depuis 1934, quand il dut le quitter en juillet 1936 et se réfugier avec le père Modesto (v. Joan Bover Teixidor), qu’il ne voulait pas laisser seul, dans une maison proche, où cependant on les découvrit.

Ángel reçut la palme du martyre avec son Confrère à Sarrià (Barcelone), le 28 juillet 1936.

Il a été béatifié en 2015.

 

 

Graciliano Ortega Narganes

1905-1936

 

Graciliano vit le jour le 12 août 1905 à Arconada (Palencia, Espagne).

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) et professa avec le nom de Benjamìn León.

Après avoir été à Cadix (1934), il appartenait à la communauté de Cordoue depuis 1935, mais se trouvait momentanément à Madrid pour y être soigné.

Le 28 juillet 1936, les républicains envahirent la maison de Griñon (Madrid), saccagèrent complètement la chapelle et se firent servir un bon repas.

Puis ils firent se rassembler les Frères devant la chapelle, les mains en l’air, leur commandant : Tournez-vous, vous allez mourir, mais l’un (au moins) des Frères répondit : Nous, nous regardons la mort en face, pas de dos. Vive le Christ Roi ! Ils furent abattus sur place. 

C’était le 28 juillet 1936.

Les dix Frères de Griñon furent béatifiés en 2013.

 

 

Joan Costa Canal

1905-1936

 

Joan naquit le 13 décembre 1905 à Vic (Barcelone, Espagne).

Il entra chez les Bénédictins de Montserrat.

Quand éclata la révolution de 1936, la communauté dut se séparer, les uns trouvant refuge dans d’autres monastères, d’autres réussissant à passer la frontière, mais il y eut des martyrs.

Joan fut de ceux-là.

On pourra trouver les détails des événements de juillet 1936 dans la notice de Ángel María Rodamilans Canals.

Lors de sa profession, Joan avait pris le nom de Odiló María et avait été ordonné prêtre.

Il fut assassiné à Montcada (Barcelone) le 28 juillet 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Honorio Hernández Martín

1905-1936

 

Honorio naquit le 18 décembre 1905 à El Manzano (Salamanque, Espagne).

Il commença le noviciat chez les Salésiens en 1926 à San José del Valle.

Après sa formation en philosophie, il fut envoyé en Argentine, où il fit un excellent apostolat à Rosario et Mendoza.

En juin 1936, de retour en Espagne, il reçut le sous-diaconat à Carabanchel Alto (Madrid) et commença les vacances d’été à Rona (Málaga).

La révolution s’étant déchaînée, la communauté fut arrêtée le 25 juillet 1936, mais remise en «liberté», une liberté relative, car les Religieux ne devaient pas rentrer dans leur maison, désormais séquestrée, et durent trouver accueil dans quelque pension locale.

Au matin du 28 juillet 1936, des miliciens se présentèrent à ladite pension, arrêtèrent quatre Salésiens, dont Honorio, qui furent assassinés peu après.

Honorio avait donc trente ans et devait être ordonné prêtre l’année suivante. «Seulement» sous-diacre, il fut martyr, et béatifié en 2007.

 

 

Antolín Astorga Díez

1906-1936

 

Ce futur martyr naquit le 16 février 1906 à Aguilar de Campoo (Palencia, Espagne).

Il entra chez les Augustins et étudia à Valladolid puis à Vid (Burgos), avant d’être ordonné prêtre en 1931.

Ce prêtre avait une petite santé ; il se montrait toujours doux au milieu de ses élèves.

Il fut envoyé à Uclés (Cuenca), Ceuta et Cadix, avant de revenir à Uclés.

Mais déjà à Cadix, il vécut l’assaut du couvent par les révolutionnaires, en mars 1936. Il rejoignit donc le monastère d’Uclés, où d’ailleurs les événements allaient se répéter.

Les Religieux durent quitter leur couvent le 24 juillet 1936.

On sait que quatre d’entre eux, dont le supérieur, le père José Gutiérrez et notre père Antolí