Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 22:47

14 AOUT

 

   

S Démétrius, martyr à Sirmium.

S Félix, évêque, martyr à Gardumo.

IV. 

S Ursicinus (Ursicius), soldat martyr en Illyrie.

S Eusebius, prêtre romain, enfermé pendant des mois dans une chambre basse, à cause de sa foi.

S Marcel, évêque à Apamée et martyr.

VI.    

S Fachanan, évêque et abbé en Irlande.

VIII.    

S Werenfrid, prêtre missionnaire à Westervoort et Elst.

X.    

B Eberhard, premier abbé à Einsiedeln.

XI.    

S Arnoult, chevalier, moine, abbé contre son gré, évêque malgré lui à Soissons.

XIV.    

B Giansante Brancorsini d'Urbino, devenu frère convers franciscain après avoir blessé à mort un adversaire ; il obtint la grâce de souffrir à l'endroit où il avait blessé sa victime, et un ulcère à la cuisse le tourmenta jusqu'à la fin ; miracles nombreux avant (?) et après sa mort ; son corps fut préservé de la corruption.

XV.    

S Antonio Primaldi, martyr avec huit-cents autres habitants de Otranto : n'ayant pas voulu renier leur foi, ils furent tous exécutés par les Turcs et leurs corps, quoique non ensevelis pendant plusieurs mois, restèrent sans corruption ; ils ont été canonisés en 2013.

XVII.    

SS Domingo Ibañez de Erquicia, prêtre espagnol, et Franciscus Shōemon, novice japonais, dominicains, martyrs au Japon, béatifiés en 1981 et canonisés en 1987, fêtés avec s. Laurent Ruiz le 28 septembre.

XIX.    

Bse Elisabetta Renzi, d'abord augustine à Petrarubbia, fondatrice des Sœurs de la Vierge des Douleurs à Rimini, pour l'éducation des jeunes filles des milieux pauvres, béatifiée en 1989.

XX.    

Bx martyrs espagnols de 1936 :

        - béatifiés en 2001 : 

Diocésains : Vicente Rubiols Castelló (*1874) et Félix Yuste Cava (*1887), prêtres, près de Valencia ;

        - béatifiée en 2007 :

Carmélites : Maria de Puiggraciós Badia Flaquer (M. Patrocinio de s.Joseph, *1903), près de Barcelone ;

        - béatifiés en 2013 : 

Diocésains : Jocund Bonet Mercadé (*1875) et Andreu Prats Barrufet (*1886), près de Tarragona ; José García Librán (*1909), près d’Ávila ;

Capucins : Joaquín Frade Eiras (Berardo, *1878), prêtre, près de Lugo ; Segundo Pérez Arias (Ildefonso, 1874), Ángel de la Red Pérez (Arcángel, *1882), prêtres, près de León ; Basilio González Herrero (Alejo, *1874), convers, près de León, et Ezequiél Prieto Otero (Eusebio, *1885), convers, aux Asturies ;    

Carmes de l’Ancienne Observance : Antonio María Martín Povea (*1887) et Pedro Velasco Narbona (*1892), convers, près de Cordoue ;

Vincentiens : Ricardo Atanes Castro (*1875), prêtre, aux Asturies ;

Lasalliens : Patricio Gellida Llorach (Rafaél José, *1871), près de Valencia.

    

S Rajmund Kolbe (Maksymilian, 1894-1941), franciscain polonais, à l'origine de la Milice de l'Immaculée, de la revue Le Chevalier de l'Immaculée (plus d'un million d'exemplaires) et de Niepokalanow (Cité de l'Immaculée), en Pologne et au Japon ; mort à Auschwitz, achevé d'une injection mortelle, après s'être offert à la place d'un co-détenu condamné au bunker de la faim, béatifié en 1971, canonisé en 1982.

Ursicinus d’Illyrie

? 300

 

Ursicinus était fort probablement un soldat, et se trouvait en Illyrie lorsqu’il fut martyrisé.

Son culte, local, passa à Milan et de là à Ravenne.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 14 août.

 

 

Marcel d’Apamée

? 390

 

Marcel  pouvait être originaire de Chypre. 

Il se maria et eut des enfants.

Par la suite, il devint évêque d’Apamée en Syrie (auj. Qal`at al-Madhīq), peut-être le quatrième sur ce siège.

Son souci majeur fut de faire disparaître l’idolâtrie, recourant le cas échéant aux voies de fait, en détruisant ou en faisant détruire les temples païens.

C’est ainsi qu’il se trouva avec sa petite troupe autour d’un temple de Zeus qu’il voulait abattre. Retenu par la maladie de la goutte dont il souffrait, il se tenait un peu à l’écart des opérations. Survinrent quelques païens qui n’appréciaient pas beaucoup la destruction de leur temple : ils se ruèrent sur l’évêque et le jetèrent dans un brasier.

On croit pouvoir situer ce martyre vers 390.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Les enfants de Marcel voulurent poursuivre les assassins. Le clergé leur rappela qu’il ne convenait pas aux descendants d’un Martyr de se venger.

Le Martyrologe Romain mentionne Marcel d’Apamée au 14 août.

 

 

Eusebius de Rome

? 4e siècle

 

L’histoire de ce Personnage reste énigmatique.

Saint homme de son état, il avait fondé vers la fin du 4e siècle une église qui, d’église d’Eusebius devint l’église Saint-Eusebius.

Le brave Eusebius devint finalement un prêtre, fidèle au pape, persécuté par l’empereur arien Constance, enfermé dans une chambre basse pendant plusieurs mois, au terme desquels il rendit son âme à Dieu.

Cette belle histoire ne rencontre pas l’approbation des historiens et nous laisse bien perplexes : Eusebius, prêtre martyr ou pieux donateur ? Ou les deux ?

Le Martyrologe Romain le mentionne au 14 août.

 

 

Fachanan de Ross

† 600

 

Fachanan (ou Fachtna) vécut au sixième siècle, en Irlande.

On sait de lui qu’il fonda un monastère à Ros Ailithir (Cork), et qu’il y fut abbé-évêque.

Il mourut vers 600.

La «cathédrale» de Ross est la plus petite de l’Irlande, elle ressemble à une jolie petite église de campagne. La ville actuelle de Rosscarbery s’appelle en irlandais Ros Ó gCairbre.

Saint Fachanan de Ross est commémoré le 14 août dans le Martyrologe Romain.

 

Arnoult de Soissons

1040-1087

 

Arnoult naquit en 1040 à Audenarde (act. Oudenaarde, Flandre, Belgique) de Fulbert, descendant des seigneurs d’Audenarde, et de Pamela, descendante des seigneurs de Namur.

Arnoult est aussi nommé Arnulf (du latin Arnulphus).

Son parrain, un autre Arnoult, l’empêcha d’étudier pour lui barrer la route ecclésiastique, et le poussa dans la chevalerie. Arnoult s’y distingua assez pour être surnommé le Fort.

Insatisfait de cette vie mondaine et militaire, il feignit de vouloir se rendre à la cour de France, mais se retira au monastère bénédictin Saint-Médard de Soissons. Non content d’avoir quitté le monde, il fut encore plus heureux de «succéder» à un moine qui y vivait en reclus : ce moine, Eremboldus, était un compatriote ; Arnoult s’y attacha et, à sa mort, intégra la «cabane» : il s’y creusa une fosse où il se tenait habituellement, imperturbable sous l’eau qui tombait du toit de l’église. Il y resta trois années et demie sans parler, mais on parla de lui et des novices affluèrent, attirés par sa sainteté, de Flandre mais aussi d’Angleterre.

En 1072, Arnoult fut élu abbé ; malgré le choix de l’ensemble des moines, il chercha à échapper à la charge en s’enfuyant, mais fut contraint de se plier à la volonté divine. Son administration fut aussi active qu’efficace.

Il paraît que c’est lui qui eut l’idée de brasser la bière : en portant l’eau à ébullition, on détruisait les microbes, puis l’alcool et le houblon permettaient une bonne conservation. Mais l’invention pourrait aussi revenir à Arnoul de Metz.

Arnoult avait cependant quelques opposants, dans le monastère ou à l’extérieur. On se moqua de son attachement à la pauvreté monastique. Une machination arriva aux oreilles du roi, qui le convoqua pour l’envoyer à son armée. Arnoult comprit, se démit de sa charge, et rejoignit sa cellule de reclus.

En 1081, il fut à nouveau appelé par Dieu à sortir de sa solitude, car il fut élu évêque pour le siège de Soissons. Mais il eut la «joie» d’avoir un «concurrent» et, dès 1084, il déposa sa charge épiscopale. Un autre version affirme que le roi lui-même, Philippe Ier, l’empêcha d’entrer dans sa ville.

Chargé par le pape d’une mission pacificatrice auprès du comte de Flandre, il sut par sa douceur convaincre totalement le prince et ses sujets. Il fonda alors l’abbaye Saint-Pierre à Oudenburg.

C’est dans cette abbaye qu’il mourut, le 14 août 1087.

La poussière recueillie près de sa tombe servit de remède efficace : les miracles se vérifièrent. En 1121, les reliques de l’Evêque furent, selon la terminologie ecclésiastique, élevées solennellement, ce qui équivalait à une canonisation.

 

 

Giansante Brancorsini d’Urbino

1343-1394

 

Giansante (Jean-Saint) naquit en 1343 à Montefabbri (Urbino, Marches, Italie CE), de Giandomenico Brancorsini et Eleonora Ruggeri.

Après l’école supérieure d’Urbino, il commença la carrière militaire.

En 1362, provoqué en duel par un parent, il se défendit et blessa mortellement l’agresseur à la jambe. 

Décontenancé, il abandonna le monde et se retira comme Convers chez les Frères Mineurs de Scotaneto (Montebaroccio), dans un esprit de réparation, de pénitence, de prière, avec une grande dévotion envers l’Eucharistie et la Vierge Marie.

Il fut maître des novices.

Pour marquer encore davantage sa volonté d’expier sa faute de jeunesse, il demanda à Dieu (et obtint) de souffrir sur son corps à l’endroit même où il avait blessé son adversaire. Il souffrit désormais d’une douloureuse plaie à la cuisse droite, qui ne put jamais guérir.

Des miracles eurent lieu dès son vivant, certains attribués au monde des Fioretti : il obligea un loup, qui avait dévoré son âne, de le remplacer et le loup devint son fidèle serviteur (ceci rappelle l’histoire de saint Hervé, v. 17 juin) ; il servit la soupe pour tout le réfectoire, alors que la soupière venait de tomber à terre, répandant le précieux contenu ; il fit trouver en plein hiver des cerises bien mûres au jardin, car il en avait bien besoin dans sa dernière maladie.

Il mourut à Montebaroccio le 14 août 1394, jour où le mentionne le Martyrologe Romain.

Son culte fut approuvé en 1770.

 

 

Martyrs d’Otranto

† 1480

 

 

1. Situation géographique

 

Otranto est une petite ville à l’extrême pointe du talon de la botte italienne, dans la province des Pouilles, canton de Lecce. L’Albanie se trouve en face du canal d’Otrante, à environ 70 km.

La position d’Otranto en fit un port important entre Orient et Occident, et la ville devint un centre byzantin autant que normand, angevin et aragonais. Témoin de ces dominances est la cathédrale, construite au 11e siècle.

 

2. Situation historique

 

Le 28 juillet 1480, une énorme armée turque, provenant de Valona et conduite par Gedik Ahmed Pacha, se présenta sous les murs d’Otrante. On ne sait pourquoi les Turcs avaient besoin d’assiéger cette ville où ne vivaient que de braves gens.

La ville résista autant qu’elle put, mais le combat était très inégal : les Turcs, avec leur ravitaillement, avaient environ dix-huit mille hommes, tandis qu’Otrante n’en abritait que quelques milliers, assiégés et donc affamés.

Le 29 juillet, sous le bombardement effréné des Turcs, les habitants laissèrent le bourg pour se réfugier dans la citadelle. Les Turcs se ruèrent sur les lieux abandonnés, pillant et volant.

Gedik Ahmed Pacha proposa aux défenseurs de se rendre, mais ils refusèrent. Les bombardements reprirent jusqu’au 11 août, où les Turcs réussirent à s’emparer du château.

Ce fut un massacre organisé. Tous les hommes de plus de quinze ans furent tués ; les femmes et les enfants furent réduits en esclavage.

D’après certains récits, sur les vingt-deux mille habitants, douze mille furent massacrés et cinq mille réduits en esclavage, mais les historiens doutent que la ville pût abriter plus de six mille âmes, ce qui augmente encore plus l’infériorité de ceux-ci en face de l’envahisseur.

Pendant ce massacre, huit cents personnes environ se réfugièrent avec l’évêque, Stefano Agricoli, dans la cathédrale. Gedik Ahmed Pacha ordonna aux chrétiens de renier leur foi et d’adhérer à l’Islam. Sur le refus catégorique des Otrantins, sans aucun respect pour le lieu saint, les Turcs entrèrent dans la cathédrale, firent prisonniers les huit cents chrétiens qui s’y trouvaient, et y installèrent leurs chevaux.

Le vénérable évêque fut décapité et dépecé à coups de cimeterres ; sa tête fut embrochée sur une pique et portée par les rues de la ville dans un simulacre de procession.

Le commandant de la garnison, Francesco Largo, fut scié vivant.

Le tailleur Antonio Pezzulla, dit Primaldi, qui avait convaincu ses compatriotes de ne pas adhérer à l’Islam, fut un des premiers exécutés.

Le 14 août, Gedik Ahmed Pacha fit attacher le reste des survivants et les fit traîner au col de la Minerva, où il en fit décapiter plusieurs centaines, au moins huit cents, sous les yeux de leurs proches.

Il paraîtrait qu’alors un certain Bersabei, de l’armée turque, impressionné par le courage des Otrantins mourant pour leur foi, aurait ouvertement renié l’Islam et, pour ce fait, aurait été empalé par ses compagnons d’armes. 

Non contents d’avoir réduit à rien la forteresse d’Otrante et massacré tant d’innocents, les Turcs complétèrent leur besogne en détruisant un monastère proche, San Nicola di Casole, qui abritait la plus vaste bibliothèque de l’époque en Occident, avec une célèbre école.

Treize mois après, en octobre 1481, les Aragonais, sous la conduite d’Alfonso d’Aragon, reprirent Otranto. Ils retrouvèrent les corps des Martyrs, miraculeusement indemnes bien qu’étant restés sans sépulture aussi longtemps.  

En 1771, les Martyrs d’Otrante furent béatifiés.

En 2013, le pape François procéda à la canonisation d’Antonio Primaldi et de ses huit-cents concitoyens.

Ces Martyrs d’Otranto sont commémorés au Martyrologe le 14 août.

 

 

Antonio Primaldi

† 1480

 

Voir la notice des Martyrs d’Otranto.

 

 

Domingo Ibáñez de Erquicia

1589-1633

 

Né vers 1589 à Régil (San Sebastián, Guipuzcoa, Espagne), Domingo entra chez les dominicains.

En 1605 il fit la profession et fut envoyé en 1600 aux Philippines.

Il travailla avec un grand zèle comme missionnaire dans la province de Panganisan, puis fut nommé professeur de théologie au collège de Saint-Thomas.

En 1623, il fut envoyé au Japon, où la persécution était déjà très violente. Pendant dix années, le père Domingo ne s’épargna pas pour conforter et encourager les Chrétiens persécutés.

Recherché activement par les autorités, trahi par un apostat, finalement capturé en juillet 1633, il fut emprisonné à Nagoya avant d’être transféré à Nagasaki.

Avec lui fut arrêté aussi un laïc, Franciscus Shōemon, qui aidait le père Domingo. Il faisait la catéchèse et traduisait les textes en japonais, car la persécution ne permettait pas au père Domingo de faire l’apprentissage de la langue. Durant le temps de la prison, le père Domingo reçut Franciscus comme Frère coopérateur dans l’Ordre dominicain.

Ayant fermement refusé de renier leur foi, ils furent soumit à la torture appelée ana-tsurushi :  suspendus par les pieds, la tête et le buste dans une fosse remplie d’immondices et fermée par des planches de bois à hauteur de leur ceinture ; les suppliciés étaient ainsi comme asphyxiés d’une part par le sang qui s’accumulait dans leur tête, d’autre part par l’odeur insupportable qui émanait de la fosse.

C’était sur la colline Nishizaka à Nagasaki, le 13 août.

Leur agonie dura ainsi jusqu’au lendemain et ils rendirent leur âme à Dieu le 14 août 1633.

Ils furent béatifiés en 1981 et canonisés en 1987.

Liturgiquement, ils sont fêtés le 28 septembre, avec saint Lorenzo Ruiz.

 

 

Franciscus Shōemon

?-1633

 

Ce saint homme laïc fut un vaillant auxiliaire du père Domingo Ibáñez de Erquicia, qu’il accompagna dans son apostolat, dans sa captivité, et dans son martyre.

On ne sait de lui ni sa date ni son lieu de naissance, mais on sait qu’il fut fidèle.

Il faisait la catéchèse et traduisait les textes en japonais, car la persécution ne permettait pas au père Domingo de faire l’apprentissage de la langue. Durant le temps de la prison, le père Domingo reçut Franciscus comme Frère coopérateur dans l’Ordre dominicain.

Ayant fermement refusé de renier leur foi, ils furent soumis à la torture appelée ana-tsurushi :  suspendus par les pieds, la tête et le buste dans une fosse remplie d’immondices et fermée par des planches de bois à hauteur de leur ceinture ; les suppliciés étaient ainsi comme asphyxiés d’une part par le sang qui s’accumulait dans leur tête, d’autre part par l’odeur insupportable qui émanait de la fosse.

C’était sur la colline Nishizaka à Nagasaki, le 13 août.

Leur agonie dura ainsi jusqu’au lendemain et ils rendirent leur âme à Dieu le 14 août 1633.

Ils furent béatifiés en 1981 et canonisés en 1987.

Liturgiquement, ils sont fêtés le 28 septembre, avec saint Lorenzo Ruiz.

 

 

Maria Elisabetta Renzi

1786-1859

 

Née à Saludecio (Rimini, Italie) le 19 novembre 1786 dans une famille aisée, Maria Elisabetta reçut le prénom de la Sainte du jour, sainte Elisabeth de Hongrie, qu’on fêtait alors le 19 novembre (elle est aujourd’hui fêtée le 17 novembre).

Son père, Giambattista Renzi, était expert ; sa mère était d’une famille noble de Urbino. Maria Elisabetta avait un frère aîné, Giancarlo, et une jeune sœur, Dorotea.

En 1791, la famille s’établit à Mondaino et la petite fille fut confiée aux Clarisses. Elle y recevra la Première Communion.

En grandissant, elle se montrait souvent comme recueillie, silencieuse.

En 1807, elle désira entrer chez les Religieuses agostiniennes de Pietrarubbia, un couvent très isolé dans une région très froide, où la postulante se sentait parfaitement à l’aise et heureuse. Mais le couvent fut supprimé par le décret anticlérical de l’empereur Napoléon en 1810, et Elisabetta fut contrainte de revenir chez ses parents.

Il s’ensuivit une longue période de réflexion et de recherche. 

En 1813, mourut sa sœur Dorotea. En 1821, Elisabetta fit une chute de cheval, qui lui sembla être un signe de Dieu.

Son directeur spirituel la rassura et l’orienta vers Coriano, où se trouvait une école pour les filles pauvres. Elle s’y rendit, et y rencontra Maddalena di Canossa, une autre fondatrice, qui lui suggéra d’assumer la direction de cette école. Sans tarder, l’évêque la nomma supérieure de cette petite communauté.

Devenir supérieur expose toujours à des épreuves inattendues, et Elisabetta eut les siennes, qu’elle supporta avec courage. 

Dès 1828, elle élabora une sorte de règle de vie pour des femmes qui apprendraient à se détacher du monde et à vivre selon l’esprit de la croix.

Elle en vint à fonder, en 1839, la congrégation des Maîtresses Pies de l’Addolorata, toujours à Coriano (Rimini), qui sera canoniquement érigée par l’évêque la même année. Maria Elisabetta s’y consacra avec dix compagnes en août 1839.

Par la suite, d’autres communautés virent le jour à Sogliano al Rubicone, Roncofreddo, Faenza, Cotignola, Savignano sul Rubicone, Mondaino. Les Maîtresses Pies sont aujourd’hui présentes sur tous les continents. En marge de la congrégation, s’est développé le Mouvement Pour l’Alleluia (MPA, qui reproduit les initiales des Maîtresses Pies de l’Addolorata), où des laïcs s’engagent à vivre le même idéal dans leur vie quotidienne.

Elisabetta Renzi mourut le 14 août 1859 et fut béatifiée en 1989.

Dorotea Llamanzarez Fernández

1870-1936

 

Dorotea naquit le 6 février 1870 à Cerezales del Condado (León, Espagne), de Agustín Llamanzarez et Francisca Fernández. Ce jour-là se fête sainte Dorothée, dont elle reçut le nom, trois jours après au Baptême.

Elle entra dans la Congrégation des Sœurs Missionnaires de la Mère du Divin Pasteur en 1896, où elle fit la profession et prit le nom de Gertrudis.

Elle eut la mission d’être portière, c’est-à-dire responsable de l’accueil. Tous ceux qui la connurent en conservèrent une profonde impression pour sa discrétion et sa délicatesse.

Au début de la guerre civile, elle se réfugia avec d’autres Religieuses dans un appartement, dont les voisins se plaignirent d’avoir trop de moniales près d’eux. Aussi changea-t-elle d’endroit, mais des miliciens vinrent l’arrêter avec l’autre Religieuse et le prêtre qui se trouvaient là.

On les fit monter dans un camion qui partit pour une pinède sur la route de la Hortaleza. On les fit alors descendre, on les tortura, et on les attacha au camion, qui continua de rouler jusqu’à Hortaleza. Les trois corps arrivèrent ainsi complètement déchiquetés, ils furent ensuite piétinés et profanés.

On retrouva ces corps le 14 août, laissant supposer que le martyre avait eu lieu la veille, 13 août 1936.

La tête de la Martyre portait une large blessure à la tête, causée - on ne sait - ou par le déplacement sur la route, ou par un coup d’arme à feu.

La Sœur Gertrudis fut béatifiée en 2013.

 

 

Patricio Gellida Llorach

1871-1936

 

Il vit le jour le 16 mars 1871 à Benicarló (Castellón, Espagne) et fut, probablement, baptisé dès le lendemain, fête de saint Patrick, dont il porta le nom.

Il avait déjà vingt-six ans, quand il entra au noviciat lasallien de Bujedo ; il prit l’habit avec le nom de Rafaél José. C’était en 1897.

En 1899 il commença son apostolat à Voltregá, puis Santa Madrona, Colunga, Tortosa, Cambrils.

En 1908, il revint à Voltregá, où il resta quatorze ans, avant de passer à Roquetas et d’être nommé directeur à l’école de Tarragona en 1909, pendant dix ans, puis à l’internat jusqu’en 1933.

Cette année-là, il fut envoyé à Bonanova, mais il fut frappé d’hémiplégie. Il ne s’en remit pas et resta infirme les trois années de vie qui lui restaient. Il se retira à San Feliu de Guixols.

Lors de la révolution de 1936, le maire recommanda aux Frères de partir, car il se voyait impuissant à contenir la fureur des révolutionnaires.

Les Frères rejoignirent la proche communauté de Farnés, mais se virent obligés de partir de là aussi. Rafaél José décida de rejoindre sa famille à Benicarló.

Il n’eut que quelques jours de tranquillité. Le 14 août, trois miliciens vinrent l’arrêter avec son cousin, un bon chrétien, employé chez les Piaristes de Barcelone.

Les deux furent emprisonnés, en même temps que leurs compatriotes, les deux Frères (et frères) Ildefonso et Miguel Flos. Les proches de Rafaél lui firent porter un matelas, qui fut refusé car  il n’en avait pas besoin.

Dès le 14 août au soir, semble-t-il (et non le 18), des miliciens emmenèrent les deux cousins Gellida jusque sur la route de Valencia, où ils les assassinèrent.

Un des bourreaux, qu’on appelait El Gallinero, assura qu’ils moururent en criant : Vive le Christ Roi !

Le Frère Rafaél José fut béatifié en 2013.

 

 

Vicente Rubiols Castelló

1874-1936

 

Vicente Gregorio était né à Gandía le 13 mars 1874.

Ayant fréquenté le séminaire de Valencia, il fut ordonné prêtre en 1894 (? à vingt ans).

Après divers postes de vicaire, il fut curé de La Pobla Llarga en 1898.

Rempli de zèle apostolique, attentif à soigner la sainte liturgie, généreux, il dédia sa vie à sa paroisse, sans prendre jamais un jour de vacances.

En février 1936, quand s’installa le Front Populaire, il fut obligé de quitter sa paroisse, mais y revint en juin, pour la quitter, définitivement, et se réfugier, discrètement et prudemment, à Picanya.

Des miliciens de La Pobla Llarga vinrent l’arrêter le 14 août et l’emmenèrent sur la route de Valencia.

Au lieu-dit Torre de Espioca, près de Picassent, il arrêtèrent la voiture et firent descendre don Vicente. Le prêtre comprit la situation et leur dit : La seule chose qui me fait de la peine, c’est que vous, que j’ai baptisés, c’est vous qui allez commettre ce crime.

En face des armes, il cria encore : Vive Jésus au Saint Sacrement !

Les miliciens le laissèrent là, dans une position honteuse. Un habitant de son pays le reconnut trois jours après et organisa l’enterrement.

C’était le 14 août 1936, veille de la fête de l’Assomption.

Don Vicente Rubiols Castelló a été béatifié en 2001. 

 

 

Segundo Pérez Arias

1874-1936

 

Segundo vit le jour le 2 mai 1874 à Armellada (León, Espagne).

Il fut ordonné prêtre diocésain en 1900.

Après quelques mois comme vicaire de paroisse, il entra chez les Capucins en 1902, avec le nom de Ildefonso, et fit la profession en 1903.

Il fut professeur et prédicateur de missions populaires.

Lors des hostilités de 1936, il fut arrêté avec quatre autres frères dès le 21 juillet et fut enfermé dans l’église des Jésuites.

Il reçut la palme du martyre à Jove (Asturies) le 14 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Basilio González Herrero

1874-1936

 

Basilio vit le jour le 14 juin 1874 à Terradillos (León, Espagne), jour où l’on fêtait alors saint Basile (voir au 2 janvier).

Entré chez les Capucins en 1906, il prit le nom de Alejo et fit la profession en 1907.

Il fut Frère convers.

Lors des hostilités de 1936, il fut arrêté avec quatre autres frères dès le 21 juillet et fut enfermé dans l’église des Jésuites.

Il reçut la palme du martyre à Jove (Asturies) le 14 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Jocund Bonet Mercadé

1875-1936

 

Jocund naquit le 10 mars 1875 à Tarragona (Espagne), de Jocund et Francesca. 

Il fut à Cuba, pendant la guerre hispano-américaine. 

A son retour en 1900, il fut ordonné prêtre. 

Il fut successivement vicaire à la cathédrale, puis curé de paroisse à Reus, où il fera construire la nouvelle église avec toutes ses économies ; l’église sera ensuite consacrée en 1931. Il organisera l’Action Catholique, avec la section de la jeunesse. Plus tard, un de ses assassins lui reprochera d’avoir trop fait d’action catholique.

Le prêtre montra un grand soin et un grand zèle pour tout ce qui touchait le culte et les lieux saints. Il venait en aide aux nécessiteux, avec une grande charité pour le prochain. 

Lors de la révolution de 1936, on lui proposa de quitter Reus pour se mettre en lieu sûr, mais il répondit qu’il ne pouvait pas laisser sa paroisse. Il se réfugia seulement chez des paroissiens, priant, veillant, à genoux, les bras en croix.

Le 14 août à une heure du matin, quatre miliciens se présentèrent à son appartement. Arrêté, il les suivit en silence, comme un agneau innocent. On partit pour la route de Falset ; à un croisement, on le fit descendre.

A genoux, le chapelet dans les mains, les yeux levés au ciel, il dit : Pardonne-leur, Seigneur, car ils ne savent pas ce qu’ils font !

Il mourut alors sous les balles, ce 14 août 1936, veille de l’Assomption de Marie.

Don Jocund a été béatifié en 2013.

 

 

Ricardo Atanes Castro

1875-1936

 

Ricardo vit le jour le 5 août 1875 à Cualedro (Orense, Espagne) et fut baptisé le jour-même.

Ses parents étaient de simples cultivateurs, durs au travail.

Il demanda à entrer chez les pères Vincentiens (de la congrégation de la Mission, fondée par saint Vincent de Paul, voir au 27 septembre) en 1891 et fut jugé digne d’y être admis dès ses quinze ans.

Il professa en 1893, à Madrid. Il avança au milieu de petites «crises» qu’il dépassait dans la piété, dans l’obéissance, dans l’humble exécution des tâches qu’on lui confiait, comme de balayer la maison ou de nettoyer les plates-bandes.

Après ses études de philosophie et théologie, il fut ordonné prêtre en 1899. Ses Confrères notèrent son esprit hautement spirituel et mystique, son recueillement, sa ferveur dans le culte des plus grands Mystères, sa soumission à la Providence…

Une des dévotions préférées de Ricardo fut Notre-Dame de la Rue du Bac, dont l’apparition à sainte Catherine Labouré (1830) fut reconnue par le Vatican ; en outre, le pape encouragea l’Association de la Médaille Miraculeuse en 1909. Plus tard, il répandit autant qu’il le put l’invocation Ô Marie conçue sans péché, prie pour nous qui avons recours à toi.

On l’envoya d’abord… au Mexique, où il se dépensa sans compter, sans ménager sa santé. Il souffrit de fortes fièvres à Mérida, avant de s’habituer au climat.

En 1909, il ne s’occupa plus que de la catéchèse aux Indios ; en 1914, on l’envoya aux Etats-Unis, d’où il écrivit à son frère, Álvaro : Je te confie que je ne suis ici que pour l’obéissance ; pour tout l’or du monde je n’y resterais pas.

Il se retrouva donc à Fort Worth (Texas), au service de la population d’origine mexicaine ou de langue espagnole.

Les Supérieurs le rappelèrent en Espagne en 1924, pour une période de repos. Ricardo pensait devoir repartir à Fort Worth, mais on l’envoya à Orense, où il n’avait jamais pensé aller, car il s’était bien mis en tête de ne jamais revenir en arrière, dans son pays natal ; tout de même il «céda à la tentation» d’aller prier au sanctuaire de Notre-Dame des Miracles. Il fit si bien qu’on le nomma supérieur de Orense (1928).

Il était parvenu à une grande maîtrise de soi-même : un jour qu’un déséquilibré lui envoya une gifle en pleine figure, il ne répondit pas un mot.

En 1935, on l’envoya à Gijón (Asturies). Il confia qu’il eut à ce moment-là un fort pressentiment que quelque chose de grave allait lui arriver. A une nièce il écrivit : Ici, il y a beaucoup d’ouvriers, et presque tous les jours on parle de révolution ; même les enfants, une fois sortis des collèges, nous taquinent, et nous saluent avec le poing avec un «vive le communisme» ; nous avons des tenues de paysans, que nous n’avons pas encore utilisées… Prie beaucoup pour nous, pour que nous puissions parvenir à la couronne que Jésus nous destine.

La nièce lui répondit en l’invitant chez elle ; le 27 mai 1936, il l’en remercia, préférant toutefois rester là où Dieu l’avait envoyé.

Il ne quitta la maison que sous la contrainte des événements, le 19 juillet 1936 (alors fête de saint Vincent de Paul, qu’on célèbre maintenant le 27 septembre). Il sortit en habits civils, la tête couverte et rejoignit une famille amie. Mais l’ambiance de l’endroit lui fit préférer changer d’endroit et il se réfugia chez d’autres amis. Il commit l’imprudence de regarder dans la rue et on le reconnut.

Arrêté, conduit à la tchéka, insulté et frappé, il eut tout le corps marqué de coups de chaîne de fer ; le sang lui sortait par la bouche.

On l’emmena en «prison» (l’église des Jésuites). Le 14 août 1936, veille de l’Assomption de Notre-Dame, il fut conduit avec trois cents autres prêtres et religieux sur une des collines avoisinantes, où ils furent fusillés.

Don Ricardo fut béatifié en 2013.

 

 

Joaquín Frade Eiras

1878-1936

 

Joaquín vit le jour le 5 avril 1878 à Visantoña (Lugo, Espagne).

Entré chez les Capucins en 1900, il prit le nom de Berardo.

Il fit la première profession en 1901, la solennelle en 1904 et fut ordonné prêtre en 1905.

Il compléta sa formation par un doctorat en philosophie et un diplôme en droit canonique. Puis il enseigna.

Il fut provincial entre 1919 et 1922.

A partir de 1930, il se dédia à la confession à Gijón.

Lors des hostilités de 1936, il fut arrêté avec quatre autres frères dès le 21 juillet et fut enfermé dans l’église des Jésuites.

Il reçut la palme du martyre à Jove (Asturies) le 14 août 1936, après avoir donné l’absolution à tous les autres condamnés. 

Quand ils furent abattus dans le cimetière, le père Berardo cria : Vive le Christ Roi !

Il fut béatifié en 2013.

Ángel de la Red Pérez

1882-1936

 

Ángel vit le jour le 26 février 1882 à Valdavida (León, Espagne).

Entré chez les Capucins en 1889, il prit le nom de Arcángel.

Il fit la profession en 1900 et fut ordonné prêtre en 1909.

On l’envoya travailler au Vénézuéla entre 1912 et 1926.

Revenu en Espagne, presque aveugle, il se dédia à la confession à Gijón.

Lors des hostilités de 1936, il fut arrêté avec quatre autres frères dès le 21 juillet et fut enfermé dans l’église des Jésuites.

Il reçut la palme du martyre à Jove (Asturies) le 14 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Ezequiel Prieto Otero

1885-1936

 

Ezequiel vit le jour le 19 février 1885 à Saludes (León, Espagne).

Entré chez les Capucins, il prit le nom de Eusebio, revêtant l’habit en 1907 et faisant profession en 1908 comme Frère convers.

Il fut envoyé à Cuba entre 1919 et 1927, comme menuisier et catéchiste.

Il souffrit d’anémie pendant toute une année.

Lors des hostilités de 1936, il fut arrêté avec quatre autres frères dès le 21 juillet et fut enfermé dans l’église des Jésuites.

Il reçut la palme du martyre à Jove (Asturies) le 14 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Andreu Prats Barrufet

1886-1936

 

Andreu naquit le 7 août 1886 à Selva del Camp (Baix Camp, Catalogne, Espagne), de Marià et Dolors, qui le firent baptiser le 17 suivant.

Il reçut l’ordination sacerdotale en 1912.

En 1915, il fut nommé à la paroisse Saint-Michel-Archange de l’Espluga de Francolí et, en 1921, curé de celle du Saint-Sauveur à Pallaresos.

Ses paroissiens le tenaient en grande estime, et même le considéraient comme un saint. Même ses ennemis lui reconnaissaient de grands mérites, tout en le haïssant parce qu’il était prêtre.

Don Andreu faisait chaque jour l’heure sainte d’adoration devant le Saint-Sacrement, le Chemin de la Croix et encore une petite visite d’un quart d’heure près du Tabernacle de la Présence Réelle. Il vivait pauvrement et donnait ce qu’il avait aux gens dans le besoin.

Son église était très propre, scrupuleusement tenue. Le prêtre soignait toutes ses activités, sermons, catéchisme, confessions, visites aux malades, etc. Il ne décidait rien avant d’avoir longuement prié.

Voyant arriver la persécution, il disait à ses Confrères : Nous devons nous préparer au martyre ; je suis sûr que l’heure de notre sacrifice est proche. 

Lors de la révolution de 1936, il se trouvait donc à Pallaresos. Le 22 juillet, il fut invité à laisser le presbytère avant les quatre heures de l’après-midi. Il alla voir des amis à qui il dit : Je ne fuirai pas, sauf par la force, pour que mes paroissiens ne puissent pas dire que je les ai abandonnés. L’un d’eux cependant lui objecta que c’était peut-être là de la témérité. Aussi, vers quinze heures, il rassembla dans l’église un bon groupe de fidèles, il les bénit avec le Saint-Sacrement et les quitta avec des mots tout paternels.

Il se réfugia chez un ami. Il pleurait amèrement et priait le chapelet, en voyant le soir le ciel tout éclairé par les flammes de l’incendie de l’église. Il resta là, célébrant la Messe chaque jour.

Le 27 juillet, quelqu’un vint menacer la famille : Je ne sais pas où se trouve le curé, mais s’il est ici, ils l’assassineront ici-même. Aussi le prêtre résolut de partir, à travers champs, pour rejoindre son frère à Selva del Camp. Pendant les trois jours suivants, on lui porta à manger à un endroit appelé la Cogullada, où il passait la journée dans la prière. Il disait : Je suis bien disposé à supporter tout ce que Dieu veut ; si ma mort peut contribuer au triomphe de la foi, qu’il m’advienne ce qu’il y a de mieux. Il finit par arriver chez son frère à la Selva del Camp, où il passait son temps à prier, souvent les bras en croix.

Le 13 août, il se présenta au Comité. On fit savoir à sa belle-sœur qu’on serait obligé de la tuer si le prêtre disparaissait de chez elle sans dire où il allait. A dix heures du soir, deux hommes armés vinrent réclamer le prêtre. Il répondit : J’arrive. Il prit son bréviaire et fut conduit au Comité, où on l’insulta et le maltraita. On décida de le conduire à Reus pour être enregistré.

Il prit congé d’un ami, auquel il dit : Soyez gentils, adieu, au Ciel. 

On partit pour Reus. A peine quelques kilomètres plus loin, on lui donna par trois fois l’ordre de crier Vive la République, à quoi il répondit trois fois Vive le Christ Roi !, ajoutant des paroles pour les inviter à la conversion et leur dire qu’il leur pardonnait.

Pour en finir, ils lui tirèrent plusieurs coups, mais de telle façon que le lendemain, le Martyr gémissait encore (c’est pourquoi on trouve la date de son martyre au 13 août, alors qu’il agonisa encore jusqu’au lendemain). On l’avait assassiné pour le seul fait d’être prêtre.

Don Andreu expira le 14 août 1936. Il fut béatifié en 2013.

 

 

Félix Yuste Cava

1887-1936

 

Né à Chulilla (Valencia) le 21 février 1887, de Pascual et Felisa, Félix fréquenta le collège Saint Joseph de Valencia, puis le séminaire.

Très intelligent et pieux, il fut envoyé en 1902 par son archevêque à Rome pour prendre ses grades à l’Université Grégorienne, en philosophie, théologie et droit canonique.

Il reçut le sacerdoce en 1910.

Il eut divers postes de vicaire près de Valencia, à San Miguel de Burjassot, à San Valero de Ruzafa, et de professeur au séminaire.

En 1919 il fut curé de Santa María del Mar.

En 1930, il fut curé de Saint Jean et Saint Vincent, la paroisse la plus importante de Valencia.

Il y développa l’Action Catholique, fonda des écoles paroissiales pour les enfants.

Lors de la révolution de 1936, il dut se cacher chez un de ses frères, avec un autre prêtre. Ils célébraient la Messe ; les miliciens vinrent inspecter plusieurs fois, mais ne trouvèrent pas les Saintes Hosties..

Le 13 août 1936, de nuit, les miliciens vinrent arrêter les prêtres et leur hôte.

Conduits à El Saler, ils furent fusillés tous les trois le lendemain, 14 août, veille de la fête de l’Assomption.

Seul des trois, Don Félix a été béatifié en 2001.

 

 

Antonio María Martín Povea

1887-1936

 

Antonio était né le 27 novembre 1887 à El Saucejo (Séville, Espagne).

Entré chez les Carmes de l’Ancienne Observance, il était au couvent de Hinojosa del Duque (Cordoue), comme frère portier.

C’est là qu’il reçut la palme du martyre, le 14 août 1936.

Il a été béatifié en 2013.

 

Voir aussi la notice Carmes martyrs à Cordoue 1936

 

 

Pedro Velasco Narbona

1892-1936

 

Pedro était né le 12 octobre 1892 à Minas de Río Tinto (Huelva, Espagne).

Entré chez les Carmes de l’Ancienne Observance, il était au couvent de Hinojosa del Duque (Cordoue).

Encore postulant, c’est là qu’il reçut la palme du martyre, le 14 août 1936.

Il a été béatifié en 2013.

 

Voir aussi la notice Carmes martyrs à Cordoue 1936

 

 

María de Puiggraciós Badía Flaquer

1903-1936

 

Elle naquit à Bigas (Barcelone, Catalogne, Espagne) le 28 août 1903, dernière des cinq enfants d’une famille très chrétienne.

Elle connut les Carmélites de l’Ancienne Observance de Vic et voulut y entrer. Mais la famille, si chrétienne, s’y opposa, et fermement.

María patienta un peu, et finalement décida de quitter la famille, un matin très tôt, pour rejoindre le monastère. Elle avait tout de même vingt-six ans (1929), et avait bien laissé mûrir sa vocation. Une fois entrée au monastère, elle écrivit à sa mère et à ses frères pour expliquer et justifier sa démarche : Je devais le faire, écrivit-elle.

Elle commença le noviciat avec le nom de Sœur María de la Protection de Saint-Joseph et fit la profession solennelle en 1934.

Le 18 juillet 1936, les révolutionnaires hurlent aux portes du couvent : il faut quitter la maison.

Le 21, les religieuses sortirent. C’était la terreur partout. Sœur María : Qu’ils me martyrisent ou me tuent, peu importe… ; mais s’ils viennent me toucher, ça, jamais !

Le 25, elles se réfugièrent chez un Chanoine, bien conscientes de leur prochaine immolation.

Le 13 août, perquisition, interrogatoire : Nous y allons. Il faut du courage ; comme Dieu voudra.

Après deux heures d’interrogatoire, le «président» dit à ses sbires : Prenez cette femme et faites-en ce que vous voulez. 

Avec les Carmélites, il y avait un père clarétain et le curé de Artés. A minuit, on les conduisit à la prison, où ils remplacèrent le curé d’Artés par un vieux prêtre de quatre-vingt-neuf ans. Les deux voitures partirent pour la route de Sant Hilari. Au kilomètre quatre, juste devant l’église Sant Martí Riudeperes, les miliciens firent tout un tapage, les deux prêtres furent abattus. Quelques minutes plus tard, une voix féminine criait : Ça, non ! Mille fois mourir plutôt que faire ça !

Les hommes : Mets-toi à courir ! (six ou sept fois, un témoin de l’endroit percevait distinctement tout cela).

Les phares des voitures éclairaient la situation : la pauvre Sœur courait, tandis qu’on lui tirait dessus. Trente mètres plus loin, encore debout, elle cria : Mon Dieu, je suis morte, pardonne-moi !

Elle tomba face contre terre, les mains croisées serrant le crucifix. On lui trouva plus de trente balles dans le ventre.

Un des assassins dira plus tard : Nous avons dépassé les limites avec cette femme. Ah oui, on pourra la proclamer vierge et martyre !

María de la Protection de Saint-Joseph Badía Flaquer reçut la palme du martyre le 14 août 1936 ; elle avait trente-trois ans et fut béatifiée en 2007.

 

 

José García Librán

1909-1936

 

Il vit le jour le 19 août 1909 à Herreruela de Oropesa (Tolède, Espagne), de Florentino et Gregoria, très chrétiens.

Après les Petit et Grand séminaires d’Ávila, il fut ordonné prêtre en 1933.

Il exerça le saint ministère à Magazos, Palacios Rubios et Gavilanes.

Au moment de la guerre civile, l‘église paroissiale de don José fut saccagée et le prêtre rejoignit son frère Serafín, étudiant en médecine à Madrid ; se sachant déjà repérés, ils allèrent se cacher dans une maison de campagne. Mais ils furent vite repérés ; ils cherchèrent à s’enfuir en courant, mais furent rattrappés.

C’était le 14 août 1936 dans l’après-midi ; au lieu-dit La Cuesta de Lancho, les deux frères furent immobilisés ; les miliciens dirent à Serafín qu’ils le laissaient partir, s’il voulait, et don José le supplia de se sauver, mais Serafín ne voulut pas se séparer de son cher frère ; il s’adressa aux bourreaux : Préparez vos fusils, nous mourrons embrassés et don José cria Vive le Christ Roi !

Ils eurent le temps de prier un Notre Père et tombèrent sous les balles. Les bourreaux tirèrent les corps vers une barraque pour les laisser à la merci des bêtes.

Don José García a été béatifié avec d’autres prêtres martyrs, en 2013. Son frère Serafín fait partie d’une autre cause, non encore aboutie.

Rajmund Maksymilian Kolbe

1894-1941

 

Rajmund Kolbe naquit et fut baptisé le 7 (ou le 8 ?) janvier 1894 à Zdunska-Wola près de Lodz en Pologne. Signe providentiel : la titulaire de la paroisse est Marie en son Assomption. Il a un grand frère, Franciszek, et un plus jeune, Józef. Les parents sont Juliusz et Marianna Dabrowska.

La famille se déplace à Lodz, puis Pabianice pour trouver du travail. Là Rajmund fréquente l’école primaire. Ce n’est pas un mauvais garçon, mais il est désordonné, instable, polisson. Sa mère un jour lui lance : Mon pauvre Rajmund, qu’est-ce que je vais faire de toi ?

Déjà frappé en son cœur par cette tristesse maternelle, il a peu après une vision de la Sainte Vierge : celle-ci lui propose de choisir entre deux couronnes : une blanche pour la chasteté et une rouge pour le martyre. Raymund les prit les deux. Mais surtout, son comportement changea complètement, au point que sa mère s’en aperçut et qu’il lui confia son “secret”. 

En 1907, il entre au séminaire des Frères Mineurs Conventuels de Leopoli. D’ailleurs ses deux frères le suivront aussi. Sa vocation sacerdotale mûrit. 

Un moment, il pense quitter cette voie, avec son grand frère, pour s’engager dans une milice de libération de la Pologne. Mais grâce à l’exemple de ses parents qui veulent se donner entièrement au service de Dieu, Raymund comprend son erreur : il avait été tenté. Il se reprend et commence son noviciat chez les mêmes Frères Mineurs en 1910, avec le nom de Maksymilian et émet les premiers vœux en 1911.

Envoyé à Rome au Collège Séraphique pour y parfaire ses études, il fréquente l’Université Pontificale Grégorienne. Il fait la profession solennelle en 1914 sous le nom de Maksymilian Maria, prends les grades de doctorat en philosophie (1915) et en théologie (1919). Il a aussi des intuitions scientifiques : il publie un essaie sur un engin interplanétaire, l’Eteroplan. 

En 1917 on célébrait à Rome deux grand anniversaires : quatre siècles que Luther avait publié sa déclaration, et deux siècles que la Franc-Maçonnerie existait. Un juif devenu Grand Maître de la Maçonnerie, organisa une sorte de procession diabolique où Lucifer piétinait l’Archange saint Michel, tandis qu’on faisait crier à la foule : “Le diable va renverser le Vatican et le Pape sera son esclave”.

Maksymilian voulait réagir. Rempli de zèle pour rénover toute chose dans le Christ par l’Immaculée Vierge Marie, Maksymilian fonda la Milice de l’Immaculée en 1917, invitant ses propres Confrères à s’associer à son effort de diffusion par le don total de soi à l’Immaculée pour devenir un instrument entre ses mains. 

Il reçoit l’ordination sacerdotale en 1918 et célèbre sa première messe en l’église Saint-André-delle-Fratte, à l’autel où peu auparavant le juif Alphonse Ratisbonne avait eu une apparition de la Sainte Vierge et s’était converti.

De retour en Pologne, sa santé l’oblige à passer de longues périodes en sanatorium, mais il se donne tout entier au ministère sacerdotal et, avec l’approbation de l’archevêque de Cracovie, diffuse des formulaires d’inscriptions à la Milice.

En janvier 1922 il publie le journal Le Chevalier de l'Immaculée (Rycerz Niepokalanej), organe de la Milice, qui est approuvée canoniquement à Rome. Les adhésions se multiplient. Dans le couvent de Grodno, il organise tout un centre d’édition pour diffuser son “Chevalier” pour porter l’Immaculée dans les foyers, pour que les âmes, en s’approchant de Marie, reçoivent la grâce de la conversion et de la sainteté.

En août 1927, il fonde Niepokalanow, « la cité de l'Immaculée », près de Varsovie où ils seront jusqu'à près de 800 religieux. Il y met en place une maison d'édition et une station de radio (il était lui même radioamateur sous l'indicatif SP3RN), toutes deux destinées à promouvoir la vénération de la Vierge tout particulièrement dans le mystère de l'Immaculée Conception. C’est toute une petite ville qui grouille là, chacun collaborant à l’activité éditoriale, et suscitant beaucoup de vocations religieuses et sacerdotales.

De 1930 à 1936 il passera quelques années au Japon où il vivra le même apostolat. Encouragé par l’évêque à Nagasaki, il réussit à publier en japonais le Chevalier jusqu’à cinquante-mille exemplaires, touchant ainsi des milliers de Japonais qui, d’abord admiratifs, furent ensuite conquis par l’Immaculée et peu à peu amenés à la foi chrétienne. C’est dans les environs proches de Nagasaki que le père Maksymilian fit construire un nouveau couvent à l’imitation du Niepokalanow de Varsovie : Mugenzai no Sono (Jardin de l’Immaculée), où se multiplièrent conversions, baptêmes, vocations religieuses et sacerdotales. Mugenzai no Sono devint noviciat et séminaire philosophico-théologique. Mystérieusement, le père Maksymilian avait choisi le site pour la construction, choix qui se révéla providentiel au moment de l’explosion de la bombe de Nagasaki, qui épargna le couvent.

En 1936, Maksymilian doit retourner en Pologne. C’est là que l’attend sa vocation de martyr.

Niepokalanow atteint son plus haut niveau dans les années 36-39 : jusqu’à un million d’exemplaires pour le Chevalier ! La Milice se répand dans le monde entier : plus de cent-vingt-mille adhérents. Dans le Niepokalanow vivent treize prêtres, dix-huit séminaristes, cinq-cent vingt-sept frères, quatre-vingt deux aspirants, et cent vingt-deux petits séminaristes. Le plus grand monastère du monde !

En 1939, commence la persécution nazie. La police emmène un premier groupe de Frères Conventuels le 19 septembre, à destination du camp de concentration de Amtlitz en Allemagne, puis de Ostrzeszów. Tous sont libres le 8 décembre suivant, fête de l’Immaculée Conception ; ils reprennent comme ils peuvent les activités à Niepokalanow. On y reçoit jusqu’à trois mille réfugiés polonais, dont deux-mille Juifs. 

Si l’imprimerie cesse, on s’oriente vers d’autres activités : on fabrique des montres, des bicyclettes ; il y a une forge, un atelier de couture, un service sanitaire. Tout cela à l’ombre de l’Eucharistie toujours exposée.

Mais la Gestapo les surveille étroitement.

Le 17 février 1941, Maksymilian est arrêté par la Gestapo, mis en prison à Pawiak, puis transféré en mai dans le camp d'Auschwitz, sous le matricule 16670. Les tortures de toutes sortes n’arrêtent pas le témoignage de Maksymilian : partout il transmet l’amour, la douceur, le pardon ; il prie et fait prier.

En juillet 1941, un homme disparaît dans le bloc 14, où se trouve le père Kolbe. Aussitôt, par représailles, les nazis sélectionnent dix hommes de la même baraque qui seront condamnés à mourir de faim et de soif.

Un des condamnés est père de deux petits enfants, et pleure amèrement. Le père Maksymilian s’offre spontanément pour le remplacer, se disant ouvertement prêtre ; le chef nazi se montre très satisfait de l’envoyer à la mort à la place de l’autre. 

Les dix prisonniers sont enfermés dans un bunker souterrain du camp à peine éclairé par des ouvertures étroites. Bien que la faim et la soif poussent les condamnés à la folie de s'entre-tuer, après quelques jours seulement, le prêtre Maksymilian réussit à faire régner le calme et la piété entre les compagnons de cette tragédie au moyen de la prière. Après deux semaines de famine, seul le père Kolbe qui a soutenu et vu mourir tous ses compagnons, est encore miraculeusement en vie. On l’achève d'une injection de phénol dans le bras, au soir du 14 août 1941. Son corps est brûlé le lendemain, 15 août, fête de l'Assomption de la Vierge Marie. 

Maksymilian Kolbe a été béatifié comme confesseur en 1971, et canonisé comme martyr en 1982. Il avait véritablement hérité des deux couronnes, blanche et rouge. Le Martyrologe le mentionne au 14 août, jour où il est fêté partout dans le monde dans l’Eglise catholique.

Saint Maksymilian Maria Kolbe a en outre été proclamé céleste patron des donneurs de sang bénévoles (1999).

Franciszek Gajowniczek, qui survit à la captivité, était présent à la canonisation de son sauveteur en 1982 et décéda en 1995.

En juillet 1998, l'Église d'Angleterre a inauguré une statue de Maksymilian Maria Kolbe sur la porte occidentale de l'abbaye de Westminster, à Londres, en tant qu'élément d'un monument à la mémoire de dix martyrs du XXe siècle.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 08-août
commenter cet article
30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 23:00

   31 AOUT

 

I.

SS Joseph d'Arimathie et Nicodème, saints hommes qui ont entouré Jésus.

II.

S Aristides, philosophe à Athènes et apologiste. 

III.

S Syrus (Siro), évêque à Padoue.

IV.

S Primianus, martyr à Spolète.

S Paulinus, évêque à Trèves, exilé en Asie Mineure pour son zèle à combattre l'arianisme. 

VI.

S Optat, évêque à Auxerre.

VII.

S Aidan, moine à Iona, évêque à Lindisfarne, il préféra conserver la date de Pâque celte : ce fut la seule "faute" que ses admirateurs unanimes purent lui trouver.

Ste Eanswida, abbesse à Folkestone.

S Ebrégésile, évêque à Meaux.

VIII.

Stes Cuthburge, abbesse à Wimborne, et sa sœur, Queenburge ; Cuthburge était mère de deux enfants et voulut ensuite se consacrer.

XIII.

S Bonaggiunto, un des fondateurs des Servites de Marie (cf. 17 février).

S Ramón Nonat, "non natus" parce que retiré du sein de sa mère déjà morte, ce qui lui vaut d'être le patron des femmes enceintes ; il entra dans l'ordre de Notre-Dame de la Merci pour la Rédemption des Captifs aux mains des Musulmans, et fut cardinal.

B Benedetto Sinigardi, franciscain à Arezzo, actif en Grèce, en Roumanie et jusqu'en Terre Sainte ; c'est à lui que remonte la tradition de l'Angelus.

XIV.

B Andrea Dotti de Borgo San Sepolcro, noble toscan, des Servites de Marie, grand prêcheur.

XX.

Bx Martyrs espagnols  de 1936 :

- béatifiés en 2007 :

Prêtres diocésains : Enrique Vidaurreta Palma (*1896), à Málaga ;

Dominicains : Miguel Menéndez García (*1885), José María Palacio Montes (*1901), Isidro Ordoñez Díez (*1909), prêtres ; Santiago Vega Ponce (Pedro, *1902) et Cristóbal Iturriaga-Echevarría Irazola (*1915), profès, dans les Asturies ; 

Salésiens : Félix Paco Escartín (*1867), prêtre, et Tomás Alonso Sanjuán (*1893), profès, à Málaga ; Germán Martín y Martín (*1899), prêtre, et Dionisio Ullivarri Barajuán (*1880), profès, près de Madrid ;

Dominicaines : Ventureta Sauleda Paulís (Josefina, *1885), à Barcelone ;

- béatifié en 2013 :

Capucins : Bernardo Cembranos Nistal (Eustaquio, *1903), convers, aux Asturies.

B Pere Tarrés Claret (1905-1950), médecin espagnol, qui fit le vœu de chasteté à vingt-deux ans, puis devint prêtre, béatifié en 2004.

Joseph d’Arimathie

Nicodème

1er siècle

 

De ces deux saints personnages, l’Evangile n’est pas prolixe en détails.

 

Joseph était originaire d’Arimathie (Lc 23:51), ville de Judée qu’on a identifiée avec Ramatha, là où naquit le prophète Samuel.

D’après les indications fournies par les deux évangélistes Matthieu et Marc (Mt 27:57 et Mc 15:43), Joseph était un israélite fortuné, vertueux et juste, qui attendait sincèrement le royaume de Dieu. Il était membre du grand conseil, c’est-à-dire du Sanhédrin. 

Matthieu précise qu’il s’était fait disciple de Jésus. Mais il n’osait pas encore se déclarer comme tel. Toutefois, la mort de Jésus et toutes les circonstances douloureuses qui l’entourèrent, l’avaient profondément touché, de sorte que sa foi, son amour de la Vérité, lui inspirèrent l’acte courageux d’aller en personne trouver Pilate et lui demander de pouvoir ensevelir dignement Jésus.

Il s’était fait tailler un sépulcre dans le roc, non loin du Calvaire, mais ce sépulcre n’avait pas encore servi : c’est là que fut enseveli Jésus.

La certitude s’arrête ici. Qu’ensuite Joseph ait subi des vexations multiples de la part de ses coreligionnaires, n’a rien d’étonnant.

Un emprisonnement dans une tour sans fenêtres pour le faire mourir de faim, et dont il est délivré miraculeusement, un embarquement à destination de la Gaule, l’arrivée à Glastonbury en Angleterre, ne font pas partie des faits établis. D’autant plus que, une fois en Angleterre, on le retrouve enseveli à Jérusalem, d’où il est transféré à Moyenmoutier au temps de Charlemagne.

Comme rien n’est impossible à Dieu, on ne va pas se moquer de ces gestes admirables, jusqu’à ce que Dieu nous aide à y voir plus clair.

 

Nicodème, lui, avant de participer avec Joseph d’Arimathie à la sépulture du Seigneur, apparaît au début de la vie publique de Jésus, dans un long entretien qu’il a avec le Christ de nuit, abordant le Christ par une véritable profession de foi : Rabbi, nous le savons, tu es un Maître qui vient de la part de Dieu : personne ne peut accomplir les signes que tu accomplis, si Dieu n’est avec lui (Jn 3:2). 

Cette belle phrase évoque ce que diront plus tard les gardes en réponse aux Pharisiens : Jamais homme n’a parlé comme cet homme (Jn 7:46). C’est précisément après cette altercation que Nicodème objecte à ses confrères : Notre loi condamne-t-elle un homme sans qu’on l’entende et qu’on sache ce qu’il fait ? (ibid. 51).

La première rencontre de Nicodème avec Jésus donne au Sauveur l’occasion de parler de la nouvelle naissance, par l’eau et par l’Esprit (Jn 3:5), avec cette promesse pleine de miséricorde : Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui (ibid. 17).

Pendant que les Apôtres se cachaient, Nicodème se retrouve avec Joseph d’Arimathie au moment de l’ensevelissement de Jésus. Nicodème apporte un mélange de myrrhe et d’aloès, d’environ cent livres, soit une bonne quinzaine de kilogrammes actuels !

Nicodème, à son tour, dut souffrir de la part des Juifs, pour son attachement et son dévouement envers le divin Crucifié.

Le prêtre Lucien, en 415, découvrit ses reliques avec celles de saint Étienne ; relatant les faits, il allègue que Nicodème avait été baptisé par les apôtres Pierre et Jean, puis maltraité et chassé par les Juifs ; qu’il aurait échappé à la mort grâce à Gamaliel, qui était son proche parent et qui le cacha dans son domaine de Caphargamala.

 

Tandis que ni Joseph d’Arimathie ni Nicodème ne font l’objet d’un culte particulier en Orient, ces deux personnages sont maintenant associés dans une même mémoire, au 31 juillet du Martyrologe.

 

 

Aristides d’Athènes
† 150

De la philosophie qu’il professait à Athènes, Aristides passa véritablement à la vraie Sagesse et embrassa le christianisme.
Non content de sa conversion, il rédigea une Apologie en faveur des Chrétiens, qu’il envoya à l’empereur. On hésite à préciser si ce dernier était Hadrien ou Antonin.
On sait qu’Hadrien fut présent en Grèce entre 123 et 127 et qu’à cette occasion se déclencha une persécution locale contre les Chrétiens.
S.Jérôme (v. 30 septembre) parle d’Aristides comme d’un philosophus eloquentissimus ; le texte de ce manuscrit circula beaucoup et fut hautement estimé.
Actuellement, le texte de l’Apologie a été reconstitué à partir de fragments ; une version complète en syriaque en fut retrouvée en 1889 au Mont Sinaï.
L’ouvrage d’Aristides est le plus ancien du genre qu’on connaisse à l’heure actuelle.
Aristides serait mort vers 150.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Aristides d’Athènes au 31 août.


Paulinus de Trèves
300-358

Paulinus était d’origine aquitaine, de noble famille.
Ordonné prêtre par s.Maximin (v. 29 mai), il accompagna celui-ci pour évangéliser la région de Trèves ; à la mort de Maximin (347), Paulinus fut choisi pour être le septième évêque de cette ville.
C’était l’époque de la crise arienne. Paulinus soutenait ardemment s.Athanase (v. 2 mai), déjà exilé à Trèves. Cette même année 347, Paulinus obtint la rétractation de deux évêques ariens, Ursacius et Valens, qu’il adressa à Athanase.
Lors du concile d’Arles (353), les évêques ariens réussirent à faire condamner Athanase ; l’empereur Constance menaça d’exil ceux qui n’auraient pas souscrit, et Paulinus fut pour cela exilé en Phrygie (act. Turquie CW). Cette apparente défaite suscita au contraire l’indignation des évêques, qui ensuite refusèrent les conclusions du concile de Milan (355), également convoqué par Constance.
Sur l’exil de Paulinus, s.Hilaire de Poitiers (v. 13 janvier) écrivit à l’empereur ces mots sévères : Après l’avoir doucement sollicité, tu as exilé ce héros d’une bienheureuse Passion en dépouillant la sainte Eglise de Trèves d’un si grand évêque. Par tes édits tu as terrifié la foi. Lui-même, jusqu’à sa mort, tu n’as pas cessé de le fatiguer en le changeant d’exil ; tu l’as relégué jusqu’au delà du nom chrétien.
D’après ce texte, il semble que Paulinus ait été exilé d’abord en Phrygie, puis beaucoup plus loin, en une région qui n’était pas encore chrétienne.
Cet exil dura, dit-on, cinq années, au terme desquelles Paulinus s’éteignit glorieusement. Sa mort fut considérée comme un martyre.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Paulinus de Trèves au 31 août.

 

Aidan de Lindisfarne

590-651

 

D’origine irlandaise et né vers 590, Aidan (ou Áedán) pourrait avoir été formé sous s.Senan (v. 8 mars), avant de venir au monastère d’Iona.

Quand s.Oswald (v. 5 août) put reprendre le pouvoir en Northumbrie, après son exil - et son baptême -en Irlande, il fit appel aux moines d’Iona pour reprendre l’évangélisation de son pays. 

Cormán d’abord, Aidan ensuite, furent choisis pour cette mission. Aidan fut consacré évêque.

Aidan ne connaissait pas l’anglais, mais Oswald l’accompagnait et traduisait ses prédications.

Notre missionnaire se choisit une petite île sur la mer du Nord, accessible à marée basse, qui portait le nom de Lindisfarne. Bientôt y apparut un monastère-évêché, d’où rayonna pendant une trentaine d’années une très forte et salutaire influence religieuse sur toute l’Angleterre, grâce à l’intense activité d’Aidan et de ses moines.

Aidan fut un père pour les pauvres, exemple de simplicité, de droiture ; austère pour soi-même, doux et patient pour conduire les âmes à Dieu ; il racheta des prisonniers et en conduisit certains jusqu’au sacerdoce ; il enseigna lui-même ses moines et aussi des laïques sur l’Ecriture et le psautier ; rempli d’un zèle qui rappelait celui de s.Augustin (v. 26 mai), il fut parfois considéré comme le vrai apôtre de l’Angleterre. 

On lui attribua de nombreux miracles. Notamment lors de l’attaque de Bamburgh (651), assiégée par une armée païenne : le feu allait gagner la ville, mais Aidan se mit en prière et le feu se retourna contre l’ennemi, qui comprit alors que la ville était défendue par des forces mystérieuses.

Aidan fut respecté et honoré de façon unanime. Mais Dieu permit qu’il y eût une tache - une seule - sur ce portrait de sainteté : fidèle à ses racines, Aidan crut de son devoir de persister à célébrer Pâques selon la coutume celte plutôt que selon la coutume romaine. Son successeur aura la même position. Lors de la conférence de Whitby (664), l’usage romain fut proclamé officiellement pour toute l’Angleterre.

Aidan mourut le 31 août 651, au château royal de Bamburgh.

Saint Aidan de Lindisfarne est commémoré le 31 août dans le Martyrologe Romain.

Ramón Nonato
1204-1240

 

Ramón Nonato (= Raymond non-né) vint au monde à Portell (Catalogne), de sorte qu’on devrait l’appeler, en catalan, Ramon Nonat. 

Au moment de sa naissance, la maman mourut ; le pauvre papa, qui ne voulait pas perdre à la fois son épouse et son enfant, demanda à un membre de la famille d’ouvrir avec son poignard le ventre de la mère défunte pour accueillir le nouveau-né : aussi Ramón fut appelé  “non-né” : il était né par césarienne.

Ce papa si éprouvé mais au caractère bien trempé, était allié aux maisons de Foix et de Cardone.

Ramón reçut l’ordination sacerdotale en 1222, c’est-à-dire à dix-huit ans, ce qui semble très précoce, mais arrivait quelquefois. Aujourd’hui, ce serait impossible.

Bouleversé par la misère dont il entendait parler, en particulier par le sort pénible des captifs aux mains des Musulmans, il entra dans le récent Ordre de la Merci, dit “des Mercédaires”.

Cet ordre, fondé par Pedro Nolasco (v. 6 mai), venait en aide aux Chrétiens prisonniers des Musulmans et réduits à l’esclavage. La règle voulait qu’ils prissent la place des esclaves chrétiens et tinssent lieu d’otages tant que l’argent de la rançon ne pouvait pas être rassemblé.

C’est ainsi que Ramón se livra lui-même à Alger : il donna toute sa fortune pour racheter de nombreux captifs, et quand il n’eut plus rien, il se livra en échange de quelques captifs esclaves. Il fut traité sans ménagements. Malgré tout, il eut quelque possibilité de se déplacer : il en profita pour encourager et évangéliser ses compagnons d’infortune, et même pour catéchiser et baptiser quelques Musulmans, ce qui pour les disciples de Mahomet, constitue un crime. Il méritait l’horrible supplice du pal, mais ceux à qui il servait de caution intervinrent pour lui.

Les geôliers le “punirent” donc d’abord en le fouettant, puis en lui perçant les lèvres avec un fer rouge et en y mettant un cadenas qu’on n’ouvrait que pour lui donner à manger, et dont seul le gouverneur possédait la clé, ce qui semblerait vouloir dire que Ramón ne mangeait pas souvent.

Malgré cette situation pénible, Ramón aurait bien préféré rester sur place avec ses compagnons d’infortune, mais le fondateur de son ordre put réunir la somme exigée pour la libération, et lui demandait de revenir en Espagne : il obéit.

Peu de temps après, le pape Grégoire IX voulait lui faire rencontrer le roi de France, Louis IX, futur saint Louis (v. 25 août) en vue de les associer dans la prochaine croisade. 

Le pape le nomma aussi cardinal, et désirait le faire venir auprès de lui ; pour autant Ramón ne changea rien dans sa façon de vivre et de se vêtir. Mais il mourut près de Barcelone sans avoir pu aller à Rome. 

C’était le 31 août 1240, jour où on le commémore au Martyrologe.

Ramón fut canonisé en 1657.

En souvenir des circonstances de sa naissance, il a été invoqué par les femmes enceintes et par les sages-femmes.

 

 

Dominguito del Val

1243-1250

 

L’horrible histoire qui suit n’a pas été confirmée autrement que par un ouï-dire rapporté au roi de Castille vers 1250.

Ce pieux roi écrivit honnêtement qu’il avait entendu dire qu’un enfant de chœur avait été enlevé et crucifié le Vendredi Saint de 1250.

A Saragosse, une cartomancienne juive aurait affirmé que, si l’on jetait dans la rivière une Hostie consacrée et le cœur d’un enfant, tous les Chrétiens qui boiraient de cette eau périraient. Or Dominguito (Petit Dominique) passe justement chaque matin par le quartier juif pour se rendre à la cathédrale. Des hommes le guettent et quand apparaît l’enfant avec son aube, ils l’immobilisent et l’enlèvent. Un simulacre de «jugement» se déroule ; on demande à Dominguito s’il désire rester chrétien ; comme il répond qu’il préfère mourir que renier la religion de Notre Seigneur, on le condamne à mort. Les hommes le crucifient et lui arrachent le cœur. Ayant déjà réussi à se procurer par trahison une Hostie, ils confient à l’un d’eux l’Hostie et le cœur, pour qu’ils les jette dans la rivière.

Or en chemin, pour donner le change, l’homme entre dans une église pour simuler une prière. Mais quand il ouvre le missel où il a caché l’Hostie, les autres personnes présentes s’étonnent de la lumière qui s’échappe du livre et en avisent les prêtres. Ceux-ci viennent interroger l’homme, ouvrent le missel où ils découvrent l’Hostie. Les autorités viennent fouiller l’homme et trouvent le cœur de la petite victime.

L’homme promet que, si on l’épargne, il dénoncera les auteurs du crime. Les Juifs ainsi désignés sont envoyés au bûcher, sauf ce commissionnaire qui est condamné à la prison à vie.

Dominguito était fils de Sancho et Isabel. On le canonisa et on le fêta le 31 août, date surprenante si les faits se sont déroulés un Vendredi Saint. Mais le Martyrologe ne le mentionne pas.

Il y eut d’autres récits de «crimes rituels» de ce genre. On a parlé d’un petit Richard à Pontoise en 1179, d’un petit Hugues à Lincoln en 1255 (v. 27 juillet), d’un petit Simone à Trento en 1472. Il n’est certainement pas question de relayer ici des contes issus d’un courant antisémite que l’Eglise aujourd’hui rejette. Si ces crimes font frémir, ceux qui les ont inventés et transmis sont encore plus criminels.

Que Dieu, dans son immense miséricorde, pardonne à chacun.

 

 

Giovanni Manetti

1206-1257

 

Ce pieux marchand de Florence fut un des Sept Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie.

Giovanni prit le nom de Bonagiunta.

Il fut favorisé de visions. En outre, comme il était exigeant pour le respect de la loi divine, quelqu’un aurait cherché à l’empoisonner, mais Dieu le protéga miraculeusement.

Il fut supérieur de son Ordre en 1256 et fut le premier à quitter ce monde, le 31 août 1257. 

 

Sur l’ensemble de ces Fondateurs, voir la notice : Servites de Marie (Sept Fondateurs des)

 

 

Benedetto Sinigardi d’Arezzo

1190-1282

 

A Arezzo (Ombrie, Italie C) vivaient deux familles de la noblesse. Les époux Tommaso Sinigardo de’ Sinigardi et Elisabetta Tarlati di Pietramala eurent un fils, Benedetto, qui naquit vers 1190.

Le garçon grandit dans l’aisance, reçut une bonne éducation, mais aussi vivait son christianisme intensément, jeûnant trois fois la semaine.

Il fut profondément pénétré par les paroles de François d’Assise qui vint prêcher à Arezzo en 1211. Benedetto reçut  l’habit du nouvel Ordre de François lui-même.

Les excellentes dispositions de Benedetto le firent nommer Provincial dans les Marches dès 1217.

Mais l’ardeur apostolique était plus forte encore dans le cœur du jeune prêtre : il obtint de partir annoncer l’Evangile au loin, en Grèce, en Roumanie, en Turquie, et finalement en Terre Sainte, où il fut Provincial pendant seize années.

Un de ses explois apostoliques fut de construire à Constantinople le premier monastère franciscain, et de remettre à l’empereur Jean de Brienne l’habit franciscain.

Au terme de cette longue activité, il fut rappelé à Arezzo. C’est lui qui y donna les indications nécesaires au Maître de Saint-François, pour la représentation du Crucifix dit du bienheureux Benedetto, qui se trouve toujours dans la basilique.

A Benedetto, qui était très marial, remonte la tradition de l’Angelus, que l’Eglise récite trois fois par jour.

Il mourut à Arezzo le 31 août 1282, chargé d’années et de mérites, et les miracles ne tardèrent pas à se produire.

Le culte du bienheureux Benedetto d’Arezzo est très localisé ; le Martyrologe ne le mentionne pas actuellement.

 

 

Andrea Dotti

1256-1315

 

Andrea vit le jour vers 1256 à Borgo del Santo Sepolcro (Quartier du Saint Sépulcre, en raison d’une abbaye fondée par des pèlerins de retour des Lieux Saints) ; aujourd’hui la petite ville s’appelle Sansepolcro, en Toscane (Italie C).

La famille Dotti donna plusieurs de ses membres à la magistrature et à l’armée ; le frère d’Andrea, Dotto Dotti, aurait été commandant des archers du roi de France, Philippe le Bel.

Andrea servit quelque temps dans l’armée, et se distingua en 1272 dans la défense de la ville assiégée. Mais il préféra abandonner les armes humaines pour prendre les armes spirituelles et fit partie du Tiers-ordre des Servites de Marie.

Vers 1278, un sermon de Filippo Benizi (v. 22 août) le décida à demander son admission dans l’Ordre. Il fit son noviciat à Florence, où vivait encore un des sept fondateurs de l’Ordre, Alessio Falconieri (v. 17 février) et fut ordonné prêtre en 1280.

En 1285, on l’envoya à Sansepolcro, où le monastère des Servites était dirigé par un autre des fondateurs, Gerardino Sostegni (v. 3 mai).

Actif, Andrea avait aussi un attrait particulier pour la contemplation. Pour cette raison, on lui confia une délicate mission : des ermites de la Vallucola, proche de Sansepolcro, avaient exprimé leur désir d’être affiliés aux Servites. Opération qui peut réserver des surprises. Que fit Andrea ? Il vint simplement s’installer parmi les ermites et partager leur vie ; ses vertus le firent apprécier, et même bientôt élire supérieur ; les ermites montrèrent ainsi leur proximité avec l’idéal des Servites et purent très facilement être aggrégés, en 1294. La même expérience se répéta pour des ermites de Montevecchio, l’année suivante.

On recourut bientôt aux dons de prédicateur d’Andrea et il fut envoyé en beaucoup de villes du centre et du nord de l’Italie, toujours avec succès. On vit ainsi Andrea à Florence, Sienne, Orvieto, Milan, Asti, Alexandrie…

Après la mort d’Alessio Falconieri (1310), Andrea se retira à la Vallucola, où il dut à nouveau accepter la charge de supérieur. Les dernières années de sa vie, il se livra aux pratiques de la mortification et de la contemplation, et mourut à l’heure qu’il avait prédite, le 31 août 1315.

De nombreux miracles illustrèrent son tombeau et son culte fut approuvé en 1806.

Félix Paco Escartín

1867-1936

 

Il était né à Aldehuesa (Huesca, Espagne) le 21 février 1867 et fut baptisé le même jour.

Il entra chez les Salésiens après son service militaire (1893) et fit la profession en 1894, à Barcelone.

En 1895, il passa à Utrera pour étudier la théologie.

L’évêque qui l’ordonna prêtre fut le cardinal Marcelo Spínola (voir au 19 janvier), en 1899.

Ses destinations furent : Écija, Utrera, Ronda, Montilla, Séville, Valencia, Barcelone, Baracaldo, Cadix, Carmona, Alcalá de Giadaíra. A Málaga, il fut préfet en 1907, et confesseur ; il le sera à nouveau en 1935.

Patriote jusqu’à la moelle des os, le père Félix fut un très bon confesseur, très recherché, et le doyen en âge de la communauté de Málaga.

Le 21 juillet 1936, il fallut évacuer la maison et les prêtres furent mis en prison, dans l’ancien couvent des Capucins. Le 22, ils furent conduits au Gouverneur, qui tout en les reconnaissant innocents, les envoya à la prison provinciale, avec la promesse de les libérer. Ils y restèrent jusqu’au 31 août.

En prison, le père avait des mots de consolation et de réconfort pour tous les prisonniers.

Le 22 et le 30 août, l’aviation nationale bombarda Málaga ; les miliciens et la foule envahirent la prison et, pour se venger, envoyèrent au peloton les prisonniers. 

On les appela à trois heures du matin. 

Le père Félix fut fusillé au cimetière San Rafael de Málaga le 31 août 1936 et fut béatifié en 2007.

 

 

Dionisio Ullívari Barajuán

1880-1936

 

Il était né à Vitoria (Álava, Espagne) le 9 octobre 1880.

Très tôt orphelin, il entra chez les Salésiens à Barcelone (1894), où il apprit à faire des cadres. Puis il entra au noviciat et fit la profession en 1901, à Barcelone.

En 1904, il fit la profession solennelle à Sarriá, une maison où il restera jusqu’en 1916, s’occupant principalement de l’administration.

Il participa aussi à l’harmonie, à la troupe de théâtre, à la chorale.

En 1916, il fut envoyé à Cuba, où il ne resta que deux années. 

Rappelé en Espagne, il fut responsable de l’atelier d’encadrements à Atocha, jusqu’en 1933.

Cette année-là, à cause des lois civiles, on eut besoin de lui, comme administrateur «laïc» à la place d’un prêtre à Salamanque.

En juillet 1936, il se trouvait de passage à Madrid.

Après avoir dû évacuer la maison, il fut avec le père Germán dans deux pensions de Madrid, où ils furent arrêtés le dimanche 30 août.

Conduits tous deux à la tchéka de Fomentoils y furent condamnés à mort et immédiatement exécutés, le 31 août 1936 (ou le 30 ?) et furent béatifiés en 2007.

 

 

Miguel Menéndez García

1885-1936

 

Il naquit le 29 juin 1885 à San Julián de Quintana (Belmonte, Asturies), et baptisé le 1er juillet.

Ce futur pasteur commença par garder les troupeaux.

Orphelin de père à deux ans, il fut aidé par un oncle prêtre qui l’inscrivit à quatorze ans, comme externe, à l’école apostolique dominicaine de Corias.

Là, l’adolescent comprit sa vocation et, cette fois-ci contre l’avis de l’oncle en question, entra au noviciat. Il fit la profession en 1902, étudia la philosophie à Padrón (La Coruña) et la théologie à Salamanque, et fut ordonné prêtre en 1909.

Il enseigna à Vergara pendant douze années, y laissant le souvenir d’un excellent professeur.

En 1923, il fut maître des novices à Corias puis à Salamanque ; en 1929, il fut recteur à Vergara jusqu’en 1935, année où il passa à Corias comme professeur.

Lors de la révolution de 1936, le père Miguel fut fait prisonnier dans le couvent même, où il souffrit des tortures indescriptibles, de même qu’à Sama de Langreo, où il fut transféré avec d’autres pères le 19 août.

Il fut martyrisé à El Pinar de Lada (Sama de Langreo) le 31 août 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Buenaventura Sauleda Pauls

1885-1936

 

Née le 30 juillet 1885 à San Pol del Mar, Buenaventura était la dixième d’une famille de Cuba. Les six premiers enfants de Victoriá Saulela i Roura et de Josepa Paulís i Roura naquirent à La  Havane (Cuba), les six autres à San Pol del Mar.

Six jours après sa naissance, Buenaventura fut baptisée avec les noms de Buenaventura Marta Francisca, mais on l’appela familièrement Ventureta.

Elle reçut la Confirmation en 1887 et la Première communion en 1897.

Durant ses études chez les Dominicaines de San Pol, on put apprécier ses dons pour la musique et la peinture.

Ce fut une jeune fille joviale, toujours souriante. Elle sentit l’appel à la consécration religieuse.

Une de ses sœurs aînées, Mercedes, était déjà dominicaine à Barcelone. Ventureta pensa d’abord entrer dans un ordre hospitalier, mais finit par rejoindre sa sœur.

En 1904, elle entra donc au monastère des Dominicaines contemplatives, Notre-Dame du Mont Sion à Barcelone, prenant le nom de Josefina, car elle avait une grande dévotion à saint Joseph (elle faisait toujours une petite inclinaison de la tête quand elle entendait le nom de saint Joseph) ; rappelons-nous aussi que sa maman s’appelait Josepa.

Elle fit la profession solennelle en 1909.

On lui confia successivement les charges de portière, d’infirmière ; elle fut procuratrice (économe), élue prieure en 1929 ; en 1935, sa sœur Mercedes lui succéda, et elle-même devint maîtresse des novices.

Elle avait ses formules : Cor net y cap dret (le cœur pur et la tête droite) ; elle avait l’humilité de se reconnaître pécheresse : Si Adam n’avait pas mangé la pomme, je l’aurais mangée moi ; elle s’offrait chaque jour au Cœur Immamculé de Marie pour sauver l’Espagne.

Quand se déchaînèrent les événements de 1936, la famille lui fit procurer des vêtements civils, prévoyant qu’elle devrait fuir son couvent et se cacher.

Le dimanche 19 juillet, la révolution s’installa à Barcelone. Personne ne vint à la messe quand les portes de l’église furent ouvertes. Le soir, des églises et des couvents étaient déjà en flammes, de sorte que les Religieuses mirent sans tarder leurs vêtements civils, et, à dix heures du soir, passèrent dans la maison contiguë au couvent, par une échelle de fortune, emportant le Saint Sacrement ainsi que la célèbre image de la Vierge de la Victoire, rapportée de Lepanto.

Au matin du 20 juillet, l’aumônier célébra la Messe où elles purent communier encore une fois, et leur ordonna de partir vite.

De leur «cachette», elles pouvaient observer comment les miliciens avaient forcé les portes du monastère, détruisaient tout et mettaient le feu. Ils détruisirent les tombes des deux filles de Jaime II, qui avaient fondé le monastère ; ils déterrèrent les Religieuses et profanèrent leurs restes.

Josefina se réfugia à San Pol, mais changeait sans cesse de maison, pour ne pas compromettre ses hôtes et pour rejoindre ses Compagnes et les encourager. Elle pensait parfois : Il vaudrait mieux qu’ils nous tuent toutes d’un coup, plutôt que de courir dans les rues…

Elle se sentait suivie. Elle demeura seule et laissa les Compagnes. Elle finit par s’écrouler sur un banc de la rue. Au matin du 30 août, elle arriva chez sa sœur Servitge, épuisée.

Au matin du 31 août 1936, très tôt, Josefina sortit pour aller chercher quelques habits là où elle avait été précédemment, mais fut dénoncée.

La milice arriva pour l’interroger, lui demander où étaient l’aumônier et les autres Religieuses. Ils la prenaient pour la Prieure, mais elle se tut pour ne pas compromettre sa sœur Mercedes.

L’interrogatoire se poursuivit jusqu’à huit heures du soir. Josefina implora un peu d’eau, qu’on lui donna, mais seulement pour poursuivre l’interrogatoire. Elle avait un terrible mal de tête, et on lui répondit : On va te la changer. Mais elle ne «parla» pas.

On la fit sortir, et une voiture arriva. Elle cria : Si vous voulez me tuer, faites-le ici-même !

On la força à monter, et on ne sait pas ce qui s’ensuivit. On retrouva son cadavre le lendemain à l’hippodrome de Casa Antúnez, son front traversé par une balle, sa tête toute meurtrie, sa mâchoire supérieure déboîtée, indices qu’elle avait été torturée. Son frère, Antonio, qui dut la «reconnaître», affirma que son visage était défiguré, les traits en étaient complètement défaits, ce n’était qu’un amas de chair. Ce n’était évidemment pas cette unique balle qui avait provoqué toutes ces blessures, mais certainement aussi d’autres instruments avec lesquelles on frappa la Religieuse.

Quelqu’un avait écrit sur un bout de papier : Celle-ci est la prieure des Dominicaines du Mont-Sion, elle s’appelle Sauleda. A l’autopsie pratiquée à l’hôpital, le sacristain du couvent en fit la reconnaissance.

Dans une note faite parvenir au couvent quelques années plus tard, le tortionnaire de la Religieuse déclarait ne pouvoir oublier ses gémissements, quand, sur le point d’expirer, elle priait encore pour l’Espagne et pour ceux qui la martyrisaient.

L’auteur de la note fut à son tour condamné à mort : la veille de son exécution, il demanda à se confesser et laissa une lettre à l’adresse des familles de ses nombreuses victimes, dans laquelle il demandait pardon à Dieu pour ses crimes.

La Sœur Josefa - Buenaventura Saulela Pauls - expira le 31 août 1936, et fut béatifiée en 2007.

 

 

Tomás Alonso Sanjuán

1893-1936

 

Il vit le jour à Vitigudino le 13 mars 1893, dans une famille chrétienne dont le père était commerçant.

En 1906, il entra au collège salésien de Écija et, en 1908, passera à celui de Séville comme aspirant coadjuteur. Il y travaillera trois ans dans l’atelier de l’imprimerie.

En 1911, il commença le noviciat mais, au regard de son caractère encore assez vif, il ne fut pas admis à la profession. Il dut attendre patiemment 1915 (quatre ans !) pour la faire.

Il resta à cet atelier de Séville jusqu’en 1929, et fut envoyé à celui de Málaga. Il travaillait beaucoup, et trouvait le temps d’aider aussi à l’atelier de théâtre et à celui de musique.

Dévot de saint Joseph artisan, il en préparait la fête avec profond enthousiasme et total esprit salésien.

Le 18 juillet 1936 au soir, vinrent le voir deux hommes de la milice, lui demandant d’imprimer sur le champ un manifeste exigé par la Religion et la Patrie ; Tomás refusa d’abord, puis demanda à deux garçons de s’en charger.

Le travail ne put même pas être porté à son terme, parce que l’établissement fut la proie de la milice et de la foule déchaînée. 

Le 21 juillet, Tomás fut arrêté avec les autres Salésiens et conduit au proche couvent des Capucins, transformé en prison ; ce fut une journée passée dans la chaleur, la faim, les moqueries, les menaces, les fouilles.

Le 22 juillet, les Salésiens furent transférés au Gouvernement Civil ; bien convaincu de l’innocence des «accusés», mais pour éviter d’autres manifestations, le Gouverneur les fit encore transférer à la prison provinciale, dans le carré qu’on appela désormais Brigade des curés.

Tomás y resta uune quarantaine de jours, d’abord monotones. Il cherchait à aider les autres, à trouver des lits quand arrivaient d’autres prisonniers.

Le 22 août, l’aviation nationale commença les bombardements, auxquels répondirent les miliciens par des exécutions généralisées. Même scénario la nuit du 30-31 août. Juste après le bombardement, ils réveillèrent tous les prisonniers, qui devaient rester debout les mains en l’air. Le premier «choisi» au hasard, fut Tomás, qui dormait juste derrière la porte de la brigade, pour ne pas déranger les autres par ses ronflements.

On désigna aussi un employé du collège : Tomás intervint pour faire remarquer qu’il n’était ni prêtre ni religieux, obtenant ainsi sa libération vu que la haine pour le Christ ne trouvait pas en lui la motivation suffisante pour le tuer.

Tomás portait le n° 57 de la liste des «choisis». Il fut abattu dans le voisin cimetière San Rafael, le 31 août 1936.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

 

Enrique Vidaurreta Palma

1896-1936

 

Enrique naquit le 10 octobre 1896 à Antequera (Málaga, Espagne), deuxième fils de Enrique et Purificación, qui le firent baptiser le 16 octobre suivant.

Le papa était un officier de la marine, qui mourut durant la bataille de Santiago de Cuba dans la guerre contre les Etats-Unis, en 1898.

Les deux garçons, Santiago et Enrique, étudièrent chez les Jésuites à El Palo (Málaga). Enrique fut le «président» de la Congrégation mariale.

Au terme de leurs études secondaires, les garçons suivirent leur mère à Madrid pour continuer leurs études. Enrique pensait entrer chez les Jésuites, mais resta finalement au séminaire diocésain et fut ordonné prêtre en 1919.

Il avait pris pour devise le verset de l’évangile : Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir (cf. Mt 20:28).

Il fut nommé aumônier à Málaga, où il collabora au Granito de arena (Grain de sable) puis, dès 1920, fut responsable au séminaire : préfet de discipline, sous-directeur, plus tard recteur du nouveau séminaire en 1929, tout en étant professeur de diverses matières. En plus, étant lui-même assez musicien, il enseignait aux séminaristes les éléments de la musique et le chant grégorien.

Le 18 juillet 1936, don Enrique était en train de diriger une retraite au séminaire. Le 21, la maison fut prise d’assaut par des miliciens. Don Enrique se présenta à eux, déclarant que tous ceux qui étaient là, étaient des prêtres. Immédiatement, on les emmena dans la «prison», l’ancien couvent des Capucins, pendant vingt-quatre heures.

Le 22, transfert au commissariat, puis à la prison provinciale, où les prêtres continuèrent leur «retraite», priant le chapelet, échangeant les deux ou trois bréviaires qu’ils avaient pour prier l’office du jour. Certains furent assassinés peu après.

Le 31 août à cinq heures du matin, entrèrent dans la pièce des miliciens qui leur crièrent : Debout, canailles ! Un des appelés était infirme : don Enrique intercéda pour lui. Le milicien bouscula alors don Enrique avec un coup de poing et le mit parmi les appelés. On entendit des coups de feu quelques secondes après.

Le lendemain, les mêmes miliciens vinrent confirmer qu’ils les avaient abattus en allant au cimetière de San Rafael et que toute la route était semée de cadavres.

Don Enrique Vidaurreta Palma fut martyrisé le 31 août 1936.

Lors de l’exhumation en 1940-1941, on reconnut son cadavre par l’abrégé de théologie morale qu’il tenait dans sa poche.

Don Enrique a été béatifié en 2007.

 

 

Germán Martín y Martín

1899-1936

 

Il était né à San Cristóbal de Priero (Asturies, Espagne) le 9 février 1899.

Il fréquenta le collège des Salésiens à Béjar (Salamanque). Puis il entra au noviciat de Carabanchel Alto et fit la profession en 1918.

Il fit ses premières armes à Barcelone et Baracaldo, puis l’équivalent du service militaire dans des pays d’Amérique centrale ou du sud. 

Aprèsavoir été ordonné prêtre, en 1927, il fut envoyé à Carabanchel (1927-1933), puis Madrid (1933-1935), où les jeunes élèves apprécièrent sa bonté toute salésienne et ses méthodes pédagogiques.

En juillet 1936, il fallut évacuer le collège de Madrid, où il se trouvait, avec le père Ullivarri qui y était de passage. Ils trouvèrent à se réfugier dans deux pensions de la capitale, mais on vint les arrêter le 31 août, pour les conduire à la tchéka de Fomento et les condamner à mort immédiatement.

Le père Germán et l’autre père furent fusillés près du cimetière de Aravaca (Madrid) le 31 août 1936 et furent béatifiés en 2007.

 

 

José María Palacio Montes

1901-1936

 

Il naquit le 9 novembre 1901 à Bimenes (Asturies), et fut baptisé le lendemain.

Très jeune orphelin de père, il fut aidé par son grand-père qui l’inscrivit à onze ans à l’école apostolique dominicaine de Corias.

Là, l’adolescent entra au noviciat. Il fit la profession en 1917 et étudia la philosophie avant de passer à Salamanque pour la théologie, et fut ordonné prêtre en 1925.

Il obtint le grade de lector en théologie.

Il enseigna à Las Caldas de Besaya, avant de faire le service militaire à Larache en 1926.

Il fut professeur à Corias puis à Salamanque ; il publia un Enchiridion sur la propriété, et des articles variés dans les revues dominicaines.

On l’envoya se reposer à Corias, où le surprit la révolution.

Lors de la révolution de 1936, le père José fut fait prisonnier dans le couvent même, où il souffrit des tortures indescriptibles, de même qu’à Sama de Langreo, où il fut transféré avec d’autres pères le 19 août.

Il fut martyrisé à El Pinar de Lada (Sama de Langreo) le 31 août 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Pedro (Santiago) Vega Ponce

1902-1936

 

Il naquit le 26 juillet 1902 à Mayorga de Campos (Valladolid), fut baptisé le lendemain et confirmé en 1906.

De famille très pauvre, il dut travailler durement pour survivre, de sorte qu’il n’apprit pas même à lire.

Au contact avec les Dominicaines, il entendit l’appel de Dieu et demanda à être admis comme Frère convers à Corias, où il prit l’habit en 1935.

Au vote pour l’admettre à la profession, il fut admis à l’unanimité, mais la Providence avait préparé autre chose pour le Frère : les événements ne lui laissèrent pas le temps de faire cette profession.

Lors de la révolution de 1936, le frère Pedro fut fait prisonnier dans le couvent même, où il souffrit mille tortures et vexations, de même qu’à Sama de Langreo, où il fut transféré avec d’autres pères le 19 août.

Il fut martyrisé à El Pinar de Lada (Sama de Langreo) le 31 août 1936. 

Lui qui n’avait pas pu étudier comme les autres, fut cependant leur Compagnon de martyre et de gloire dans le Ciel.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Bernardo Cembranos Nistal

1903-1936

 

Bernardo vit le jour le 20 août 1903 à Villaquite (León, Espagne), jour de la fête de saint Bernard.

Entré chez les Capucins, il reçut l’habit en 1920 et prit le nom de Eustaquio.

Il fit la profession en 1921 comme Frère convers.

Lors des hostilités de 1936, il se trouvait dans la communauté de Gijón.

Arrêté dès le 21 juillet, il passa, dit-on, quarante jours à prier.

On le mit d’abord à travailler dans les ruines de la zone bombardée de Simancas.

Au soir du 30 août, on l’emmena pour le fusiller.

Il reçut la palme du martyre à Gijón (Asturies) le 31 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Isidro Ordóñez Díez

1909-1936

 

Il naquit le 15 mai 1909 à Campohermoso (León), fut baptisé le lendemain et confirmé en 1914.

Il entra à l’école apostolique de Corias en 1920, fit la profession en 1926, étudia la philosophie avant de passer à Salamanque pour la théologie, et fut ordonné prêtre en 1932.

La première Messe, il la célébra au sanctuaire de Notre-Dame de Montesclaros (Santander), en la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel (16 juillet).

Il acheva les études à Salamanque et fut nommé maître des novices assistant, et sacristain.

Il fut professeur à Corias, où il enseigna le latin, la rhétorique et l’histoire.

Lors de la révolution de 1936, le père Isidro fut fait prisonnier dans le couvent même, où il souffrit mille tortures et vexations, de même qu’à Sama de Langreo, où il fut transféré avec d’autres pères le 19 août.

Il fut martyrisé à El Pinar de Lada (Sama de Langreo) le 31 août 1936. Son cadavre fut jeté dans un puits de mine.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Cristóbal Iturriaga-Echevarría Irazola

1915-1936

 

Il naquit le 11 juillet 1915 à Abadiano (Biscaye), fut baptisé le jour même et confirmé en 1919.

Durant son enfance, il se distinguait des autres garçons par sa piété. Ayant rencontré des Religieuses dominicaines, il entendit l’appel de Dieu.

Il entra à l’école apostolique de Las Caldas de Besaya (Santander) en 1927, mais n’était pas vraiment fait pour les études ; aussi demanda-t-il à être admis comme Frère convers et fit la profession en 1934, à Salamanque.

Il fut envoyé à Corias, où il s’occupa (entre autres) du four à pain.

Ce fut un Frère exemplaire.

Lors de la révolution de 1936, le frère Cristóbal fut fait prisonnier dans le couvent même, où il souffrit mille tortures et vexations, de même qu’à Sama de Langreo, où il fut transféré avec d’autres pères le 19 août.

Il fut martyrisé à El Pinar de Lada (Sama de Langreo) le 31 août 1936. 

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Pere Tarrés i Claret

1905-1950

 

Pere naquit le 30 mai 1905 à Manresa (Barcelona, Catalogne en Espagne).

Ses parents sont Francesc Tarrés Puigdellívol et Carme Claret Masats, des croyants très pratiquants. Avant Pere, il y a deux filles : Francisca et María.

Pere est baptisé le 4 juin ; il sera confirmé en 1910 et fera sa Première Communion en 1913.

A cause du travail du papa, qui est mécanicien, la famille se déplace plusieurs fois, à Badalona, à Mataró, à Barcelone, de nouveau à Manresa, où Pere fait ses études chez les pères Jésuites.

Pere est un garçon joyeux, ouvert, affectueux chez lui, amant de la nature, mais aussi contemplatif, poète à ses heures.

Il aide souvent la pharmacien Josep Balaguer, qui l’encourage à continuer ses études. Il obtient une bourse pour arriver jusqu’au baccalauréat, au collège Saint-Ignace, puis grâce à quelques médecins qui l’aiment bien, il fréquente la faculté de médecine à Barcelone. 

En 1921, il fréquente l’oratoire de saint Filippo Neri et, de 1922 à 1936, il est fils spirituel du père Jaume Serra. De plus, il est membre de la Fédération Jeunes Chrétiens, montrant un profond zèle apostolique. La Fédération, que nous appelons en France l’Action Catholique, exige de ses membres la prière, l’étude et l’action. Pere reçoit diverses charges dans cette Fédération : pour lui, le secret de la vie spirituelle, c’est la dévotion à la Sainte Eucharistie et l’amour filial envers la Mère de Dieu.

1925 est l’année de la mort de son père ; peu après sa mère reste invalide après un accident.

En 1927, en accord avec son directeur spirituel, il fait à Noël le vœu de chasteté, à Monistrol de Calders.

L’année 1928 est décisive : Pere a terminé le cycle de ses études de Médecine avec “mention extraordinaire”, et s’établit à Barcelone, où il ouvre avec un ami, Gerardo Manresa, un sanatorium sous le patronage de Notre-Dame-de-la-Merci. 

Les deux sœurs de Pere entrent en religion chez les Sœurs Conceptionnistes.

La vie de Pere est empreinte de charité et de piété ; auprès des malades il est attentif, sans jamais perdre sa joie communicative.

En juillet 1936, il est en train de suivre les exercices spirituels à Monserrat, qui sont interrompus à cause du soulèvement national. Pere va courageusement demander aux autorités de protéger le monastère contre les exactions des manifestants.

Réfugié à Barcelone, il réussit à porter la Communion à ceux qui sont persécutés par les miliciens rouges, et échappe à une perquisition à son domicile.

En juin 1938, il doit s’enrôler comme médecin dans l’armée républicaine. Ce sera ses propres soldats qui demanderont de le promouvoir au grade de capitaine, tant il était courageux et dévoué pour eux.

Il prenait sur son temps libre pour étudier le latin et la philosophie, en vue de se préparer au sacerdoce, et ne perdait pas une occasion de manifester sa foi catholique.

En janvier 1939, il reprend ses activités médicales à Barcelone, ainsi que dans l’Action Catholique, et entre au séminaire de Barcelone en septembre.

Sa mère meurt en 1941 : c’est l’année où il reçoit les premières ordinations, à l’époque la tonsure, qui précédait les quatre ordres mineurs (portier, lecteur, exorciste, acolyte), et le sous-diaconat. Il est ordonné diacre, et enfin prêtre en 1942.

Il est vicaire à San Esteban de Sesrovires, puis l’évêque l’envoie faire sa licence de Théologie à l’université pontificale de Salamanque (1944).

Il est ensuite aumônier de l’Action Catholique : vice-directeur diocésain pour les jeunes, puis pour les jeunes filles de la paroisse de Saint Vincent de Sarriá, pour pour les Franciscaines de l’Immaculée Conception.

Ces multiples responsabilités ne lui ménagent pas les difficultés et les souffrances intérieures, qu’il domine par la charité, la prudence, la force intérieure. Comme il l’écrit dans son journal personnel, il est totalement immergé dans l’océan de l’apostolat, il en est profondément heureux.

Durant les vacances, il se rend au sanctuaire de la Vierge de Nuria (Gerona) à 2000 mètres d’altitude, où il reçoit de nombreux groupes de jeunes de l’Action Catholique.

Pere semble infatigable, et irremplaçable. A ses activités s’ajoutent successivement, de 1946 à 1949, l’assistance spirituelle à d’autres groupes : les oblats laïcs bénédictins (Monserrat), anciens chanteurs au monastère ; l’œuvre de la Visitation (pour l’assistance matérielle et spirituelle des malades pauvres) ; école catholique pour la formation sociale, de Barcelone ; confesseur au Séminaire ; délégué diocésain pour la Protection de la Femme ; hôpital des “Magdalenas”, où sont hospitalisées les femmes prostituées en phase terminale ; paroisse Sainte-Anne de Barcelone.

En 1950, on lui diagnostique un lymphosarcome lymphoblastique. Il prend la nouvelle avec total abandon de soi à Dieu, offrant sa vie pour la sanctification des prêtres.

Il meurt dans sa propre clinique, le 31 août 1950.

Il sera béatifié en 2004.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 08-août
commenter cet article
29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 23:00

30 AOUT

 

IV.

S Felix et Adauctus, deux martyrs romains très célèbres et inconnus.

S Philonide, évêque à Kourion : pour échapper à des sodomites, il se jeta d'une hauteur.

SS Boniface et Thècle, époux martyrs à Hadrumète, parents de douze enfants martyrs.

?

Ste Gaudentia, vierge martyre à Rome.

V.

S Pammachius, grand ami et camarade d'études de s. Jérôme, ancien sénateur, veuf, ascète.

S Gaudens, berger de treize ans martyr en Comminges.

VI.

S Rumon, évêque à Tavistock.

S Modan, évêque en Irlande (VII.?).

VII.

S Agilus, probablement franc-comtois, oblat à Luxeuil, abbé à Rebais après avoir refusé l'évêché de Langres.

S Fiacre, moine irlandais, ermite à Breuil, patron des jardiniers et des maraîchers, invoqué contre les hémorroïdes ou "mal de Saint Fiacre" ; à sa prière naquit le futur Louis XIV ; les "fiacres" doivent leur nom à la statue du Saint qui se trouve sur l'hôtel Saint-Fiacre de Paris, d'où partaient les taxis parisiens, les "carrosses à 5 sols de l'heure", institués en 1640.

VIII.

Ste Ameltrude, vierge vénérée à Jumièges.

X.

S Fantino le Jeune, moine calabrais, chassé par les Sarrasins, retiré à Thessalonique.

Bse Ritza, vierge à Coblentz.

XI.

S Bononius, jeune bénédictin bolognais, ermite près du Caire, abbé à Lucedio.

S Pietro, ermite et prédicateur, mort à Trevi.

XVI.

Ste Margaret Ward, laïque anglaise martyre à Tyburn.

Bx Richard Leigh, Edward Shelley, Richard Martin, John Roche et Richard Flower, martyrs à Tyburn ; le premier était prêtre ; John Roche avait échangé ses vêtements avec ceux d'un prêtre que ste Marguerite Ward avait aidé à s'évader ; ils furent béatifiés en 1929, sauf Richard Flower en 1987.

XVII.

B Giovanni Giovenale Ancina, ami de s. François de Sales, médecin à Rome, oratorien, évêque à Saluces, charge qu'il bouda pendant cinq mois ; il sera empoisonné par un religieux dont il avait arrêté les machinations contre une communauté. 

XIX.

Bse María Rafols Bruna, espagnole, fondatrice des Sœurs de la Charité de Sainte-Anne, dévouée aux malades et enfants abandonnés ; elle subira même injustement la prison ; béatifiée en 1994.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1993 :

Evêques : Manuel Medina Olmos (*1869), à Guadix ; Diego Ventaja Milán (*1880), à Almeria, tous deux martyrisés à Almería ;

Lassalliens : Isidoro Primo Rodríguez (Edmigio, *1881), Justo Zariquiegui Mendoza (Amalio, *1886) et Marciano Herrero Martínez (Valerio Bernardo, *1909), près d'Almería.

- béatifiés en 2001 :

Capucins : José Ferrer Adell (Joaquín de Albocácer, *1879), prêtre, près de Castellón ; 

Capucins amigoniens : Vicente Cabanes Badenas (*1908), prêtre, à Bilbao ; 

- béatifiés en 2007 :

Dominicains : Nicasio Romo Rubio (*1891), profès, à Madrid ; 

Augustins : Antonio María Arriaga Anduinza (*1903), clerc, près de Madrid ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : Joan Tomás Gibert (*1902), près de Lleida ;

- béatifié en 2015 :

Capucins : Carles Canyes Santacana (Marçal, *1917), jeune profès, près de Barcelone.

 Yusuf Nehmé (1889-1938), benjamin de sept enfants, moine maronite libanais, béatifié en 2010.

B Humbert (Eustaquio) van Lieshout (1890-1943), huitième de onze enfants, hollandais, des prêtres des Sacrés-Coeurs, actif au Brésil, béatifié en 2006.

B Alfredo Schuster (Ildefonso, 1880-1954), bénédictin, abbé à Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome, évêque à Milan ; il fera cinq fois la visite totale des neuf-cents paroisses ; son successeur sera Giambattista Montini (futur Paul VI) ; béatifié en 1996.

Felix et Adauctus de Rome
† 303

Felix était probablement un prêtre, qui fut condamné à mort pour sa foi, sous Dioclétien.
Après avoir été torturé, il fut conduit là où il devait être décapité, sur la Via Ostiense.
Tandis qu’on l’y conduisait, un autre Chrétien s’approcha en proclamant hautement sa foi : il fut décapité avec Felix.
On ne connaissait pas le nom du «compagnon» de Felix : on lui donna celui de Adauctus, ajouté, ayant été adjoint au martyre de Felix.
On ne connaît rien de plus sur ces deux Martyrs, qui cependant furent très célèbres et très honorés.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Felix et Adauctus au 30 août.


Pammachius de Rome
† 410

Par les nombreuses lettres de s.Jérôme (v. 30 septembre), on sait que Pammachius était son cher ami et ancien camarade d’études à Rome. Jérôme naquit en 347 et Pammachius pouvait avoir sensiblement le même âge.
Pammachius appartenait à l’une des familles les plus en vue dans la capitale romaine, les Furii ; il était parent de sainte Marcella (v. 31 janvier).
Il épousa Paulina, la seconde fille de sainte Paule (v. 26 janvier). Paulina souffrit de plusieurs fausses couches et mourut prématurément, à la fin du 4e siècle.
Avant comme après ce veuvage, Pammachius s’employa généreusement à soutenir la Vérité contre les erreurs qui se répandaient. Tout en correspondant avec s.Jérôme, il combattit un certain Jovinien, moine qui soutenait que le baptême mettait tous les Chrétiens sur le même plan, sans distinction de mérites, et donc excluant l’utilité de toute ascèse pour se sanctifier ; Pammachius en référa au pape Sirice. Dans la querelle sur l’origénisme, Pammachius soutint ardemment les efforts de s.Jérôme pour faire triompher la Vérité. Il s’employa aussi à ramener à l’orthodoxie des donatistes, victoire pour laquelle s.Augustin (v. 28 août) le félicita chaleureusement (fin 401).
Devenu veuf, Pammachius, qui était fort riche, adopta un style de vie très ascétique. Il vêtit une simple bure de couleur foncée et supporta gaiement les railleries qu’elle lui occasionna de la part de ses connaissances. S.Jérôme lui dédia des commentaires sur les Prophètes (Abdias, Osée, Joël, Amos, Daniel).
Pammachius s’associa avec une sainte femme romaine, Fabiola, pour fonder à Ostie un hospice en faveur des pèlerins pauvres et malades. 
De lui, s.Jérôme écrivit : Il ne s’est pas contenté de donner à Dieu son argent ; il s’est donné lui-même.
Pammachius avait sur le mont Celius une grande propriété, qu’il agrandit ; les Chrétiens pouvaient s’y réunir.
Le 24 août 410, les hordes d’Alaric mirent à sac la ville de Rome ; Pammachius mourut quelques jours plus tard.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Pammachius au 30 août.

 

Agilus de Rebais

583-650

 

Agilus - en français courant Ayeul ou Aile ou Y - était d’origine franc-comtoise et naquit vers 583 à Port-sur-Saône, d’Arnoald et de Deutérie. Arnoald était membre de la cour de Childebert II.

Enfant, il eut l’occasion d’être présenté à s.Colomban (v. 23 novembre), qui le bénit.

Vers 594, il entrait à l’abbaye de Luxeuil, comme oblat, c’est-à-dire «offert» à Dieu par ses parents.

On sait qu’il accompagna s.Eustase (v. 2 avril) durant ses missions évangélisatrices dans le Jura, en Bavière, en Brie, en 612. 

Il aurait ensuite refusé l’évêché de Langres (628), mais aurait accepté la charge d’abbé dans le nouveau monastère de Jérusalem, que fondait s.Ouen (v. 24 août), ensuite appelé de Rebais (Meaux).

Formé à Luxeuil, Agilus fit adopter à Rebais la règle un peu mitigée de s.Benoît et de s.Colomban.

On rapporte qu’un jour, miné par la soif, il frappa la terre de son bâton et fit jaillir une source.

Agilus mourut vers 650, et fut très vite honoré comme Saint.

L’abbaye de Rebais fut vendue comme Bien national en 1792. Au siècle suivant, les bâtiments restants furent restaurés au profit d’un orphelinat, actuellement une maison de retraite.

Saint Agilus de Rebais est commémoré le 30 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fiacre ermite

† 670

 

Fefrus (en irlandais Fiachra) était vraisemblablement irlandais, et peut-être même fils de roi.

D’aucuns prétendirent qu’il y avait été évêque et qu’il voulut se retirer dans quelque solitude de Gaule. Il ne semble pas qu’on puisse accepter ce détail.

Il est attesté que Charles le Chauve fit don d’un terrain au lieudit Breuil, à trois milles de Meaux, à un certain Fefrus, qui ne peut être le nôtre, puisque Charles le Chauve vivait au 9e siècle. On trouve dans la vie de s.Faron († 670, v. 28 octobre) que cet évêque fit dont d’un terrain à Fiacre.

L’ermitage de Fiacre se développa en un petit monastère, qui donna naissance à la localité de Saint-Fiacre-en-Brie, mais il ne faudrait pas non plus en déduire que Fiacre fût abbé de ce monastère.

Il aurait été très actif à défricher son petit territoire et pouvait cultiver des fruits et des légumes dont il nourrissait et soignait les pauvres.

On ne connaît pas grand-chose de précis sur Fiacre, mais il fut immensément célèbre en France, en Belgique, jusqu’en Rhénanie. 

On raconta qu’une femme, jalouse de la sainteté et des miracles de Fiacre, tenta de le dénoncer comme sorcier ; on la renvoya simplement à sa quenouille et elle reçut le sobriquet de Becnaude, d’où dériva baguenauder, «dire des niaiseries».

On le prit comme patron des jardiniers, des bonnetiers ; on l’invoqua contre le fic-saint-Fiacre (sorte de tumeur), contre les hémorrhoïdes.

C’est au tombeau de saint Fiacre que recourut la reine Anne d’Autriche pour obtenir la naissance d’un dauphin ; mais rappelons que la même Reine recourut également à sainte Lucie de Verdun (v.19 septembre).

Il y eut à Paris une place devant l’hôtel Saint-Fiacre, où se trouvait une statue du Saint. De là partaient les carrosses à cinq sols, ancêtres des taxis. Telle fut l’origine des fiacres.

Saint Fiacre est commémoré le 30 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fantino le Jeune

10e siècle

 

Il y eut un saint Fantinus (ou Phantinus), moine en Calabre, au 4e siècle et surnommé l’Ancien (v. 24 juillet).

Fantinus le Jeune semble avoir été aussi calabrais et moine basilien ; il devint abbé d’un monastère grec du Mercurion, une zone italienne entre Calabre et Lucanie. 

Il occupait cette charge avec renoncement, sa préférence étant bien plutôt orientée vers la solitude, la méditation, la prière silencieuse. On le connaissait pour son ascèse, ses jeûnes prolongés et fréquents.

Outre sa charge, il dut recevoir une foule de personnes qui recouraient à ses conseils paternels, à son exemple, à sa prière.

Une grande amitié le lia à un autre grand Saint basilien, Nil de Rossano (v. 26 septembre).

Les envahisseurs Sarrasins pillèrent le monastère, et Fantino se retira à Thessalonique, où il s’éteignit vers l’an 1000.

De lui, l’Eglise de Grèce affirme que Fantino fut l’une de ces personnalités qui unirent par leur existence des régions bien distinctes du monde chrétien.

Saint Fantino le Jeune est commémoré le 30 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bononius

951-1026

 

Bononius serait né vers 951 à Bologne, ville italienne dont le nom latin est Bononia. On n’a pas d’autre nom de lui ; il est et demeure «bolonais».

A quinze ans, il entra au monastère Saint-Etienne, qui abritait des Bénédictins, puis obtint en 976 la permission de l’abbé d’aller visiter les Lieux Saints.

Avant de s’embarquer à Venise, il rencontra un vénérable prieur de monastère, nommé Giorgio, qui lui conseilla d’aller trouver saint Romualdo ; Bononius suivi le conseil et fut assez édifié par le saint Fondateur pour lui demander d’être son disciple ; voilà donc notre bénédictin devenu camaldule ; quant au voyage en Terre Sainte, on y pensera plus tard.

Romualdo estima beaucoup son nouveau disciple, au point qu’au bout de vingt-deux ans, en 998, il le nomma abbé du nouveau monastère camaldule de Saint-Michel à Poggibonzi.

Quatre ans après, en 1002, Bononius se décida à effectuer son voyage en Terre Sainte ; sur le chemin du retour, le voyage passa par Alexandrie (Egypte), où il s’arrêta pour visiter des ermites proches du Caire. Il vécut aussi en ermite quelque temps avant de partir proclamer la Bonne Nouvelle dans les rues de la ville. Il réussit même à conquérir la faveur des autorités.

Repassant par Alexandrie, il apaisa par sa prière une violente tempête, ce qui amena à la foi beaucoup d’Infidèles.

Or, un soulèvement de Sarrazins au Caire engendra la destruction de l’église des Chrétiens ; ceux-ci furent vendus comme esclaves sur les marchés musulmans, avec l’évêque Pietro de Verceil qui allait lui aussi aux Lieux Saints. Bononius intervint auprès des autorités et obtint du sultan de faire reconstruire l’église détruite et libérer l’évêque et ses compagnons de captivité.

Le voyage ne fut pas vraiment direct : Bononius les accompagna du Caire à Constantinople, puis regagna la solitude du Mont Sinaï.

Mais en Italie, on ne l’avait pas oublié, ou peut-être l’évêque de Verceil parla de lui en rentrant dans son diocèse. Voilà qu’en 1012 on fit savoir à Bononius qu’on le nommait abbé du monastère de Lucedio (Piémont).

Bononius, obéissant, s’y rendit, tout en regrettant le désert. Mais un événement assez grave (qu’on ne connaît pas mieux) l’obligea de nouveau à se déplacer : il vint fonder un monastère en Toscane.

Successivement, le calme étant revenu, il réintégra en 1015 l’abbaye de Lucedio, et c’est là qu’il mourut, le 30 août 1026.

Son culte fut ratifié un an plus tard, en 1027.

La vie de Bononius fut mouvementée, mais l’homme était profondément religieux et silencieux dans l’âme ; même loin de l’ermitage, il était toujours avec Dieu.

 

 

Pietro de Trevi

† 1052

 

Pietro vit le jour à Rocca di Botte (Abruzzes, Italie C).

Quand, selon la coutume, ses parents lui organisèrent un mariage, Pietro s’enfuit de la maison et alla se mettre à l’école d’un certain Cleto à Tivoli, pendant deux années.

Cleto, l’ayant jugé mûr, le présenta à l’évêque Gregorio, qui le tonsura, lui remit une croix et l’envoya prêcher.

Deux années durant, Pietro circula inlassablement dans les localités voisines, prêchant aux populations en leur montrant le chemin de la conversion.

Il reçut alors une vision de Notre-Seigneur et de Notre-Dame, qui lui demandaient d’aller prêcher un peu plus loin. Il se déplaça à Subiaco, où il resta cinq mois près de l’église Saint-Abonde (l’actuelle co-cathédrale), puis rejoignit Trevi, où il s’établit sous en escalier en pierre : il ne quittait ce «palace» que pour aller prêcher.

Il y mourut un 30 août, probablement en 1052.

En 1215, il fut canonisé.

Saint Pietro de Trevi est commémoré le 30 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

John Roche

?-1588

 

John naquit en Irlande. Il est aussi désigné comme John Neele ou Neale.

Le seul détail important - et quel détail ! - qu’on connaisse de lui est qu’il prit les vêtements d’un prêtre prisonnier pour l’aider à s’échapper de la prison Bridewell. C’est donc lui, John, qui fut arrêté et jugé.

On lui offrit la liberté s’il demandait pardon à la Reine et s’il entendait intégrer l’Eglise protestante.

Sur son refus, John Roche mourut en martyr à Tyburn, le 30 août 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Richard Martin

?-1588

 

Richard était né dans le Shropshire (Angleterre).

Il fréquenta le Broadgates Hall d’Oxford et rentra dans le giron de l’Eglise catholique.

Laïc, il fut arrêté en compagnie d’un prêtre, Robert Morton (v. 28 août). On lui proposa la liberté s’il acceptait de participer aux offices protestants, ce qu’il refusa.

Pour avoir offert une assiette de soupe chaude à Robert Morton, il fut accusé de trahison, ayant reçu et nourri des prêtres.

Richard Martin mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 30 août 1588, avec la célèbre Margaret Ward.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Edward Shelley

1538-1588

 

Edward était né vers 1538 ou même 1528 à Warmingshurst (Sussex, Angleterre).

Son père avait été maître de maison du souverain. Par son épouse, il pourrait être apparenté à Benjamin Norton, un autre prêtre.

Il fut mis en prison une première fois en avril 1584 pour avoir assisté le prêtre William Dean (v. 28 août).

On sait seulement qu’Edward Shelley mourut en martyr à York, le 30 août 1588, avec le prêtre Richard Leigh.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Richard Leigh

1561-1588

 

Né vers 1561 à ou près de Cambridge, Richard fit des études à Reims et Rome et fut ordonné prêtre à Rome en février 1586 ou 1587.

Immédiatement envoyé en mission dans son pays, il fut presque aussitôt arrêté et exilé.

Persévérant, il tenta de rentrer, et fut derechef arrêté et incarcéré à la Tour de Londres en juin 1588.

Condamné à mort pour le délit d’être prêtre, il fut exécuté à Tyburn le 30 août 1588.

Avec lui furent aussi condamnés et exécutés des laïcs : Edward Shelley, East Smithfield, Joan Eden, Richard Martin, Richard Lloyd (ou Flower), John Roche (ou Neele) et Margaret Ward.

Tous n’appartiennent pas à la même cause de béatification ou canonisation : Margaret a été canonisée, les autres béatifiés, mais pas East ni Joan.

Le prêtre Richard Leigh a été béatifié en 1929.

 

 

Richard Lloyd (Flower)

1566-1588

 

Né vers 1566 à Anglesey dans le diocèse de Bangor (Pays de Galles), Richard était le jeune frère d’un prêtre, Owen Lloyd, mais fut plus connu sous le nom de Richard Flower.

Il reçut chez lui un prêtre, William Horner, alias Forrest, et fut pour cela arrêté et condamné à mort.

Il fut exécuté à Tyburn le 30 août 1588, à l’âge de vingt-et-un ans.

Le même jour furent exécutés sainte Margaret Ward, le prêtre Richard Leigh et trois autres laïcs béatifiés en 1929.

Richard Leigh a été béatifié en 1987.

(A moins qu’il y ait deux Martyrs du même nom, on trouve parfois que ce Richard Lloyd fut béatifié en 1929).

 

 

Margaret Ward

?-1588

 

Née dans le Cheshire, Margaret Ward fut une laïque active au moment de la persécution en Angleterre.

Elle fut arrêtée après avoir aidé le prêtre William Watson à s’évader de Bridewell.

Condamnée à mort, elle fut exécutée à Tyburn le 30 août 1588.

Avec elle furent aussi condamnés et exécutés un prêtre (Richard Leigh) et des laïcs : Edward Shelley, East Smithfield, Joan Eden, Richard Martin, Richard Lloyd (ou Flower), John Roche (ou Neele).

Tous n’appartiennent pas à la même cause de béatification ou canonisation : Margaret a été canonisée, les autres béatifiés, mais pas East ni Joan.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Tous ont été béatifiés en 1929 ; Margaret a été canonisée en 1970.

 

 

Giovanni Giovenale Ancina

1545-1604

 

Il vit le jour le 19 octobre 1545 à Fossano (Piémont, Italie nord-ouest), de famille noble.

Très studieux, il approfondit les lettres, la philosophie, la rhétorique, la médecine, la musique, aux universités de Mondovì et Turin, où il enseigna aussi. On lui proposa une excellente et riche jeune fille, qu’il refusa ; on voulut l’orienter vers la «carrière» ecclésiastique, qui l’effraya. 

Il avait vingt-sept ans quand il entendit l’exécution d’un Dies Iræ et décida de s’orienter vers le sacerdoce.

Il vint à Rome en 1574 comme médecin de l’ambassade savoyarde et c’est là qu’il découvrit Filippo Neri (voir au 26 mai) et son Oratoire. Il en fut membre à partir de 1578 et vécut dans leur maison de Naples. C’est autour de ces années qu’il reçut l’ordonation sacerdotale, dont on ne connaît pas la date exacte.

Il recherchait les austérités ; il pensa fonder une nouvelle famille de missionnaires. Mais il se «contenta» de collaborer avec Cesare Baronius à la rédaction des Annales, de prêcher et de s’investir activement dans cet Oratoire. Ses prédications eurent un immense succès.

De ses activités musicales, on a retrouvé un recueil d’œuvres mariales d’autres auteurs, de Lassus à Anerio, auxquelles il en ajouta cinq de sa composition, de trois à douze voix.

Comme auteur littéraire en revanche, il publia un recueil d’adaptations édifiantes des textes de ces maudites chansons profanes, obscènes, lascives et sales, avec lesquelles on envoie des centaines et des milliers d’âmes pécheresses dans le profond abîme de l’enfer.

Il se préoccupa beaucoup du monde aristocratique organisant des rencontres culturelles où il y mettait   sa note évangélique ; il organisa des Pieuses Unions pour les docteurs, pour les étudiants, les marchands, les artisans ; il écrivit lui-même le texte et la musique de représentations théâtrales (qui n’ont pas encore été publiées).

En 1602, il fut nommé évêque à Saluzzo (Saluces, Piémont), ce qu’il appela une sale affaire, tant il lui répugnait de se montrer, d’être honoré, et commença par s’enfuir, jusqu’à Loreto ; cette escapade dura cinq mois ! Quand on put le forcer à revenir à Rome, ce fut la joie générale. Un cardinal déclara : On ne trouve pas d’autres Pères Juvénal qui disent : je me suis enfui pour retrouver mon désert.

A Saluces, il commença par retirer à tous les prêtres le pouvoir de confesser et ne l’accorda qu’à ceux qu’il en voyait dignes ; il organisa un séminaire, la visite pastorale, ramena les Protestants à la foi, dont le propre neveu de Calvin, qui entra au Carmel. Il prêcha beaucoup. On s’étonne encore du nombre d’activités et d’œuvres qu’il développa en guère plus d’une année d’épiscopat, compte tenu de ses nombreuses heures de prière et de méditation.

Il fut grand ami de François de Sales (voir au 28 décembre), son compatriote et évêque de Genève. Lors d’une rencontre, Giovenale fit prêcher François et le remercia à la fin, jouant sur son nom en lui disant : Vere tu es Sal (vraiment, tu es le sel), et François, reprenant le nom de la ville de Saluces, lui répondit : Immo tu es Sal et Lux (mais toi, tu es le sel et la lumière).

Il vécut très pauvrement, son unique «richesse» étant sa bibliothèque de quelque quatre-cents ouvrages de médecine, science naturelle, histoire, littérature.

Il eut à intervenir dans une communauté pour mettre fin aux machinations d’un mauvais Religieux. On croit communément que c’est ce dernier qui l’empoisonna.

Mgr Ancina mourut le 30 août 1604 à Saluces, et fut béatifié en 1888.

 

 

María Ràfols Bruna

1781-1853

 

María naquit le 5 novembre 1781 au moulin d’En Rovira à Vilafranca del Penedès (Girona, Espagne), de Cristòfol et Margarida, qui la firent baptiser deux jours après.

La famille s’installa peu après dans un autre moulin, à Mascaró (Bleda), où mourut le papa, en 1790. 

La maman se remaria avec Josep Marcer et le couple s’installa à Garraf.

Le peu qu’on sait est que María étudia au collège de Barcelone.

En 1804, mourut à son tour la maman.

La jeune fille avait pu avoir l’occasion d’apprendre un peu l’art du soin des malades, car on la trouve infirmière volontaire à l’hôpital de Barcelone, où l’aumônier lui demanda d’être parmi les personnes qu’il engageait pour renforcer le personnel de l’hôpital de Saragosse.

On ne sait pas bien comment les choses se passèrent, mais on constate que María se retrouva ainsi, à vingt-trois ans, à la tête d’une nouvelle congrégation, les Sœurs de la Charité de Sainte-Anne, au service des malades, ce qui était une nouveauté à l’époque : les religieuses étaient traditionnellement cloîtrées, et n’avaient pas à s’occuper d’apostolat.

En arrivant à Saragosse, on alla implorer l’aide de Notre-Dame du Pilar. Puis il fallut organiser l’hôpital qui était une cour des miracles : malades de toutes sortes, déments, orphelins, avec un matériel inadéquat, et en plus le mauvais accueil du personnel présent, jaloux et tout-à-fait indisposé à recevoir des ordres de cette petite demoiselle. Le personnel masculin démissionna.

María s’arma de courage, de patience, de persévérance ; silencieusement surtout, elle travaillait. Les vocations se présentèrent.

Au grand étonnement des examinateurs, elle fit une prestation absolument convaincante dans l’art de la phlébotomie, qu’à l’époque on n’aurait jamais permis à une femme de pratiquer.

En 1808-1809, lors du siège de Saragosse pendant la Guerre d’Indépendance, la mère Ràfols montra tout son à-propos et sa volonté. Quand l’hôpital fut détruit et incendié, elle organisa le transport des malades, et passa dans les rues à demander l’aumône pour son hôpital, où passèrent quelque six mille malades et blessés.

Lors du deuxième assaut, devant cette situation désespérée, María et quelques Sœurs s’armèrent d’un grand drapeau blanc et allèrent directement trouver le général Lannes pour le supplier de les aider. Elles reçurent bien des moqueries de la part des soldats du camp, mais en insistant elles parvinrent jusqu’à l’officier, un homme réputé peu aimable, mais qui fut ce jour-là ému par la supplique des Religieuses.

Non seulement il leur accorda des vivres et des médicaments, mais il leur donna un sauf-conduit pour revenir demander d’autres secours, autant de fois qu’elles le voudraient.

C’est à ce moment-là aussi que María, pour donner à boire aux malades à un moment où l’on manquait d’eau, alla prendre ni plus ni moins l’eau bénite de la chapelle. Elle donna à boire aux malades et, reportant le récipient à la chapelle, s’aperçut que le niveau de l’eau n’avait pas baissé. Elle ne prétendit jamais avoir fait un miracle, mais on l’attribua toujours à ses mérites.

A la fin de la guerre, María alla se reposer deux mois à Vilafranca, mais de 1813 à 1834, elle ne cessa de s’occuper des petits orphelins, enfants abandonnés, illégitimes et malades.

Entre temps, on chercha à imposer à María d’autres constitutions que les siennes, de sorte qu’elle se vit obligée à démissionner, jusqu’à ce qu’en 1824 on reconnût formellement la Congrégation et qu’on la remît à son rang de Supérieure, jusqu’en 1829.

En 1834, elle fut victime involontaire des guerres carlistes : on l’accusa de fabriquer des balles, et donc de comploter contre la Reine. La voilà en prison pour deux mois, au terme desquels, certes, on la reconnut innocente, mais - qui sait pourquoi - on l’exila de la province.

Réfugiée à Huesca, elle se remit au travail à l’hôpital, un établissement délabré et mal organisé. L’exil dura six ans, après quoi, à la suite du changement politique, elle put revenir à Saragosse, et retrouver ses chers orphelins.

Mais sa santé était désormais très altérée. Elle s’éteignit à ce monde le 30 août 1853.

Sa Congrégation fut approuvée peu après (1858) par la reine Isabel II, et s’est étendue aujourd’hui sur les cinq continents.

Le procès de béatification fut un moment bloqué à Rome, à cause d’un faux, prétendant que María avait prophétisé certains événements avenus cinquante ans après sa mort. Ce genre de «faits mystiques» commence toujours par un refus catégorique de la part des autorités vaticanes. Récemment, on apporta la preuve du faux, et le procès put aboutir.

Mère María Ràfols a été béatifiée en 1994.

Manuel Medina Olmos

1869-1936

 

Manuel vit le jour le 9 août 1869 à Lanteira (Grenade, Espagne) dans un foyer pauvre, où la maman mourut très tôt.

A Almería, il passa son baccalauréat avec mention extraordinaire en section littéraire, puis étudia le Droit, la Philosophie et les Lettres à l’université de Grenade, et la Théologie au Grand séminaire de Grenade.

Ordonné prêtre en 1891, il fut curé au sanctuaire de Guadix et chanoine à Grenade ; ayant collaboré aux écoles Ave Maria, il en devint le sous-directeur en 1895.

En 1896, il fut nommé professeur de métaphysique à la faculté civile, en même temps qu’il y passait la licence de Droit, pour y être ensuite recteur en 1901 ; cette même année, il passait la licence de Philosophie et Lettres à Grenade.

En plus de ses études, il se livrait à la composition de pièces de théâtre, à la rédaction d’ouvrages historiques ou juridiques.

En 1925, il fut nommé évêque auxiliaire de Grenade, et fut consacré en 1926 au titre de Bilta ; en 1928, il fut nommé évêque de Guadix et, en plus, en 1934-1935, administrateur apostolique de Almería.

Entre 1929 et 1932, il fit la visite pastorale complète de tout son diocèse.

Quelques jours avant le commencement de la révolution, Mgr Medina avait déclaré dans une homélie à la cathédrale : J’ai offert ma vie à Dieu pour le salut de l’Espagne, et le Seigneur l’a acceptée.

Le 24 juillet, il conseilla à tous ceux qui étaient présents dans le palais épiscopal, de se confesser. On lui proposa de l’accompagner en sûreté à son pays natal, mais il refusa absolument d’abandonner son troupeau.

Le 27 juillet 1936, un groupe de révolutionnaires guidés par le maire de Guadix, vint fouiller le palais épiscopal, se faisant remettre tout ce qui pouvait avoir quelque valeur. L’évêque leur remit son anneau et sa croix pectorale. On l’emmena et on le mit dans un wagon à marchandises pour Almería, où on l’introduisit dans la maison de son vicaire général, l’évêque Diego Ventaja Milán.

Le 5 août, on les fit venir au commissariat au milieu des menaces et des blasphèmes, pour les interroger, puis ils retournèrent à la maison. Ce n’était qu’un début.

Le 12 août, on les conduisit dans une voiture de la police à la prison installée dans le couvent des Adoratrices, expulsées. Sur les murs, on avait écrit ironiquement : Loué soit le Très Saint Sacrement. On obligea les évêques à s’habiller en civil, et à renoncer à tout traitement «d’honneur», ayant été réduits à l’état de simples prisonniers. On les mit alors avec les autres membres du clergé déjà prisonniers, avec lesquels ils prièrent le chapelet. 

Chaque nuit, on faisait l’appel et l’on emmenait des prisonniers pour les fusiller. 

Le 28 août, les évêques et quelques dizaines de prêtres furent transférés au bateau-prison Astoy Mendi. Quelqu’un demanda au responsable où l’on allait les mettre, et la réponse fut : Ils vont laver le pont du Astoy Mendi au nom du Sacré-Cœur, de la Très Sainte Trinité et de tous les Saints. On donna aux évêques un short bleu et une chemise, comme à tout le monde.

Le premier soir, on les envoya décharger le charbon des wagons pour le mettre dans la chaudière du Jaime I, toujours sous les insultes et les moqueries. Certains prêtres furent roués de coups, pour avoir refusé de blasphémer. Un Jésuite mourut asphyxié par la poussière de charbon. Puis on les fit remonter à bord du Astoy Mendi.

Le 29 très tôt, on appela tous les prêtres pour les libérer. Les deux évêques, Medina et Ventaja, furent traités de Medinilla et Ventajilla. A l’heure du repas, on les fit passer sur le Jaime I pour servir la soupe aux marins. 

Le 30 août à l’aube, on appela Mgr Ventaja au cri de Evêque, au boulot !, pour lui faire nettoyer les WC. A un prêtre qui voulait le remplacer, il répondit : Il faut accepter patiemment la persécution, parce que tous, nous devons nous considérer coupables. 

On appela les deux évêques et seize autres prêtres et laïcs, qu’on fit monter en camion,  les mains liées derrière le dos avec du fil de fer, escortés par une troupe de miliciens armés, qui continuèrent à les insulter durant le trajet, pour aller les fusiller au lieu-dit Lo Chisme de Vicar.

Il pouvait être quatre heures du matin. Mgr Medina leur demanda la permission de parler ; il exprima le désir que Dieu leur pardonnât comme lui leur pardonnait, et demanda que son sang fût le dernier à être versé.

Après avoir fusillé les Martyrs, les miliciens demandèrent à un voisin de l’essence pour brûler les cadavres et les rendre méconnaissables. Les cadavres restèrent sans sépulture quelques jours encore, et l’on eut le temps de reconnaître les deux évêques.

Mgr Medina Olmos fut béatifié en 1993, ainsi que l’autre évêque, Mgr Ventaja Milán.

 

 

José Ferrer Adell

1879-1936

 

Il vit le jour le 23 avril 1879 à Albocácer (Castellón), fils unique de José et Antonia, qui le firent baptiser le jour-même.

Entré dans l’Ordre des Capucins à Massamagrell, il prit l’habit en 1896 et professa en 1897, avec le nom de Joaquín de Albocácer.

Après ses études à Totana et Orihuela, il fut ordonné prêtre en 1903.

Il fut missionnaire en Colombie et supérieur à Bogotá.

De retour en Espagne, il fut nommé recteur du séminaire séraphique de Massamagrell (Valencia). Il développa intensément le culte eucharistique et la dévotion des trois Ave Maria.

L’été 1936, avant d’abandonner le couvent de Massamagrell, il se préoccupa d’abord de mettre en sûreté les élèves, puis il se réfugia chez des amis à Rafelbuñol (Valencia).

Les miliciens l’arrêtèrent le 30 août 1936, l’emmenèrent dans son pays sur la route de Tornesa à Villafamés pour le fusiller.

Quelques paroles de lui : 

Si on ne se revoit pas, à-Dieu dans la gloire ! 

Je suis en train de monter les marches du saint autel pour vous {aux bourreaux} offrir de mes propres mains l’adorable sacrifice, dont la victime est si pure et si sainte

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Diego Ventaja Milán

1880-1936

 

Diego vit le jour le 22 juin 1880 à Ohanes (Almería, Espagne), de Juan et Palmira, qui le firent baptiser deux jours après, avec les noms de Diego José Paulino. Le papa, un forgeron, n’était pas riche mais très chrétien, et accompagna le curé au Sacromonte de Grenade, et c’est là que Diego fit toutes ses études.

Après ses brillantes études au Sacromonte de Grenade, il passa le doctorat en Philosophie, en Théologie et en Droit canonique à l’Université Grégorienne de Rome. C’est à Rome qu’il fut ordonné prêtre, en 1902.

De retour en Espagne, il fut aumônier au Sacromonte, professeur et chanoine, pendant douze ans. Il fut vice-recteur des Ecoles Ave Maria.

D’autres prélats lui proposèrent des postes éminents dans leurs diocèses respectifs, mais lui préférait rester là où il avait reçu sa première formation.

Quoique de mauvaise santé à cause d’un poumon très malade, il s’occupa longemps de sa chère maman âgée. Puis il devint doyen du chapitre, professeur de théologie morale, confesseur de plusieurs communautés. En 1935, il fut nommé évêque de Almería, où il fut un pasteur saint pendant la seule année qu’il y vécut.

Le 18 juillet 1936, il se trouvait à Grenade, mais l’évêché ayant été envahi par les révolutionnaires, il dut se réfugier chez son vicaire général.

Du 22 au 29 juillet, les événements furent pénibles : les britanniques proposèrent fermement à l’évêque de laisser Almería, mais lui ne voulait pas abandonner son diocèse.

Il fut très ému d’accueillir Mgr Manuel Medina, qu’on venait d’arrêter et qu’on mit chez lui d’office. A partir de ce moment, ils vécurent ensemble ce dernier mois de leur vie.

Le 5 août, on les fit venir au commissariat au milieu des menaces et des blasphèmes, pour les interroger, puis ils retournèrent à la maison. Ce n’était qu’un début.

Le 12 août, on les conduisit dans une voiture de la police à la prison installée dans le couvent des Adoratrices, expulsées. Sur les murs, on avait écrit ironiquement : Loué soit le Très Saint Sacrement. On obligea les évêques à s’habiller en civil, et à renoncer à tout traitement «d’honneur», ayant été réduits à l’état de simples prisonniers. On les mit alors avec les autres membres du clergé déjà prisonniers, avec lesquels ils prièrent le chapelet. 

Chaque nuit, on faisait l’appel et l’on emmenait des prisonniers pour les fusiller. 

Le 28 août, les évêques et quelques dizaines de prêtres furent transférés au bateau-prison Astoy Mendi. Quelqu’un demanda au responsable où l’on allait les mettre, et la réponse fut : Ils vont laver le pont du Astoy Mendi au nom du Sacré-Cœur, de la Très Sainte Trinité et de tous les Saints. On donna aux évêques un short bleu et une chemise, comme à tout le monde.

Le premier soir, on les envoya décharger le charbon des wagons pour le mettre dans la chaudière du Jaime I, toujours sous les insultes et les moqueries. Certains prêtres furent roués de coups, pour avoir refusé de blasphémer. Un Jésuite mourut asphyxié par la poussière de charbon. Puis on les fit remonter à bord du Astoy Mendi.

Le 29 très tôt, on appela tous les prêtres pour les libérer. Les deux évêques, Medina et Ventaja, furent traités de Medinilla et Ventajilla. A l’heure du repas, on les fit passer sur le Jaime I pour servir la soupe aux marins. 

Le 30 août à l’aube (ou peut-être le 31), on appela les deux évêques et seize autres prêtres et laïcs, qu’on fit monter en camion, les mains liées derrière le dos avec du fil de fer, escortés par une troupe de miliciens armés, qui continuèrent à les insulter durant le trajet, pour aller les fusiller au lieu-dit Lo Chisme de Vicar, sur la route de Almería à Motril.

Il pouvait être quatre heures du matin.

Après avoir fusillé les Martyrs, les miliciens demandèrent à un voisin de l’essence pour brûler les cadavres et les rendre méconnaissables. Les cadavres restèrent sans sépulture quelques jours encore, et l’on eut le temps de reconnaître les deux évêques.

Mgr Ventaja Milán fut béatifié en 1993, ainsi que l’autre évêque, Mgr Medina Olmos.

 

 

Isidoro Primo Rodríguez

1881-1936

 

Tôt orphelin, Isidoro naquit le 4 avril 1881 à Adalia (Valladolid, Espagne).

Il fréquenta l’école La Santa Espina et entra chez les Frères Lasalliens à Bujedo en 1898.

Il prit avec le nom de Edmigio et fit la profession solennelle en 1911.

Les centres de son activité furent Santander, Madrid, Melilla, finalement Almería en 1933.

A Almería, huit Lasalliens furent arrêtés et assassinés vers la fin du mois d’août ou le début de septembre 1936, pour le crime d’avoir annoncé la foi catholique.

Le Frère Edmigio fut martyrisé avec deux autres d’une balle dans la tête aux environs de Tabernas le 30 août 1936, et l’on jeta leurs corps dans le fond d’un puits.

Il fut béatifié en 1993.

 

 

Justo Zariquiegui Mendoza

1886-1936

 

Il vit le jour le 6 août 1886 à Salinas de Oro (Navarre, Espagne), de Ángel et Pía, qui le firent baptiser dès le lendemain. Il fut confirmé en 1888.

Il entra au noviciat mineur de Bujedo en 1901, chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), commença le postulat en 1902 avec le nom de Amalio et fit la profession en 1905.

Ce fut un Frère doux et serviable ; il cherchait à redonner la joie à ceux qui étaient tristes. Très humble, innocent, pieux, il aimait les enfants et savait susciter des vocations : de la congrégation de l’Enfant Jésus dont il s’occupait, il y eut au moins dix futurs prêtres et six futurs Frères.

Il enseigna à Anaz (1905), Los Corrales (1907), Bilbao (1908), Sanlúcar de Barrameda (1910), Cadix (1913), Jerez (1919), Madrid (1927), Almería (1930).

Le 30 août 1936, il fut arrêté avec deux autres Frères. Tous trois furent martyrisés dans la nuit du 30 au 31 août 1936, à puits La Lagarta, près de Tabernas.

Ils furent béatifiés en 1993.

 

 

Nicasio Romo Rubio

1891-1936

 

Nicasio (Nicaise) naquit le 14 décembre 1891 à Castillejo del Romeral (Cuenca, Espagne).

Très tôt orphelin de père, avec ses frères il dut travailler dès son enfance, et ne fit pas d’études. Plus tard, il demanda à être prêtre, mais l’insuffisance de ses notions ne lui permirent pas d’entreprendre les études sacerdotales, de sorte qu’il entra chez les Dominicains en tant que Frère coadjuteur et fit la profession à Ávila, à trente ans, en 1921.

On lui confia les charges de cuisinier, de sacristain, de portier, à Ávila et à Santa María de Nieva.

En dernier lieu, il était à Ocaña, depuis 1932, comme assistant de l’économe mais aussi, car il était très ingénieux, comme mécanicien : il savait confectionner des ustensiles, des machines, et même des postes de radio.

A la mi-juillet 1936, il rendit visite à sa vieille maman, aveugle chez elle à Castillejo del Romeral, où il fêta pour la dernière fois la Saint-Jacques, le 25 juillet. Ce jour-là il communia aussi pour la dernière fois.

Le 25 août, les milices vinrent profaner l’église paroissiale et firent les premières arrestations.

Nicasio ne voulait pas se cacher, répétant que Dieu est partout et on ne peut rien cacher à Dieu. Il resta aux côtés de sa mère. Les miliciens vinrent le chercher chez lui, l’arrêtèrent, le frappèrent et l’emmenèrent, sans lui laisser le temps de prendre congé de sa mère.

Au milieu des coups et des insultes, ils le conduisirent à la «maison du peuple», et puis à Madrid, le 29 août. Ils l’enfermèrent à la gare du Midi, où ils le torturèrent. Lui, tranquillement, se préparait à son martyre.

Dans la nuit du 29 au 30 août 1936, il fut exécuté avec deux prêtres à la Pradera de San Isidro. Ils se tenaient par la main, chantant en l’honneur du Christ, Roi des Martyrs.

Frère Nicasio Romo Rubio fut béatifié en 2007.

Germán Martín Martín

1899-1936

 

Germán naquit le 9 février 1899 à San Cristóbal de Priero (Asturies).

Il reçut sa formation chez les Salésiens, fit la profession en 1918 et reçut l’ordination sacerdotale en 1927.

Capable, généreux, il fut envoyé à Cuba, puis revint à Bilbao et Madrid.

Empêché de continuer son apostolat habituel à cause de la révolution, il s’efforça tout de même d’exercer un apostolat discret et prudent, cherchant à se réfugier chez des particuliers.

Il fut reconnu et arrêté à Madrid le 30 août 1936, et fusillé le jour même, à Aravaca (Madrid), puni de mort pour être prêtre.

Don Germán a été béatifié en 2007.

 

 

Joan Tomas Gibert

1902-1936

 

Joan naquit le 18 novembre 1902 à Valls (Alt Camp, Catalogne, Espagne), de Joan et Lluisa, qui le firent baptiser cinq jours plus tard.

Il fréquenta les séminaires, petit et grand, de Tarragona, et fut ordonné prêtre en 1925.

Il fut nommé aux paroisses de Torroja (Priorat), Vimbodí (Conca de Barberà), Vilosell (Garrigues).

Son champ d’apostolat préféré étaient les enfants et les pauvres. Il célébrait la Messe avec un recueillement tout particulier.

Lors de la révolution de juillet 1936, il se refusa à quitter sa paroisse, d’autant plus qu’il avait à célébrer un baptême. Pendant ce sacrement, les miliciens étaient déjà en train de discuter sur la place sur la façon dont ils allaient s’y prendre pour incendier l’église.

Sitôt le baptême célébré, le prêtre quitta sa paroisse, vêtu de sa soutane. Mais après une certaine distance, il se rendit compte qu’il avait laissé le Saint Sacrement dans l’église, et pensa qu’on allait le profaner. Il décida de revenir sur ses pas, même au prix de sa vie. Après avoir réussi, avec beaucoup d’efforts, à extraire le Saint-Sacrement, il repartit en Le cachant.

Peu après, il fut découvert par des révolutionnaires, qui lui demandèrent seulement de retirer sa soutane. Don Joan se cacha et atteignit Nicasi, deux jours après Llena, de là il rejoignit enfin Riudoms, après avoir couché sous un escalier ou par-terre. De Riudoms, il passa à Reus et à Valls, où il se réfugia chez un de ses frères, du 27 juillet au 19 août.

Dans l’intervalle, les hommes du Comité révolutionnaire firent passer une ordonnance selon laquelle tous les prêtres et religieux cachés devaient venir recevoir des instructions pour pouvoir se mettre en sûreté. Don Joan s’y rendit, avec d’autres prêtres, qu’on rassembla chez les Sœurs des pauvres.

Le 21 août, le Comité, ne pouvant éviter le massacre de tous ces prêtres réunis, leur dit de partir et d’aller se cacher où ils se croyaient en sécurité. Don Joan se dirigea chez des parents et s’informa sur le moyen de rejoindre Barcelone, pensant de là gagner la France. Plusieurs fois il avait déclaré sa ferme intention de ne jamais cacher sa condition de prêtre.

Le 30 août, il fut arrêté pour un contrôle à Salardú (Vall d’Aran) ; on lui demanda s’il était prêtre, et il répondit affirmativement, ajoutant qu’en vertu de son sacerdoce, il voulait faire du bien à l’humanité. On le maintint en détention, dans une auberge où il put manger. Pendant tout ce temps, on se moqua beaucoup de lui. On lui dit qu’il n’en avait plus que pour quelques heures de vie.

Pas un instant il ne se départit de son sourire, malgré un léger tremblement bien visible, dans ces ultimes moments qui le séparaient de la mort.

Il alla se recueillir quelques heures à l’église, d’où on le fit passer au cimetière qui se trouvait à côté. Il marchait tranquillement, sans opposer de résistance. Au moment de descendre l’escalier, on l’abattit par balles.

Don Joan mourut ainsi à Salardú le 30 août 1936. Il fut béatifié en 2013. 

 

 

Antonio María Arriaga Anduiza

1903-1936

 

Antonio María naquit le 15 décembre 1903 à Busturia (Biscaye, Espagne).

Il entra dans l’Ordre augustinien et fit la profession en 1920.

Ses études sacerdotales furent malencontreusement interrompues par une paralysie progressive ; il n’était donc pas ordonné prêtre en 1936.

Le 6 août 1936, il fut de ceux qu’on arrêta à l’Escorial (Madrid) ; on voulait le transporter à l’hôpital, mais il ne voulait pas se séparer de sa communauté.

A Madrid toutefois, il fut victime d’une attaque d’épilepsie. Aussi les miliciens ne tardèrent pas à le sacrifier, avec quelques autres, et le fusillèrent à El Tomelloso (Madrid) le 30 août 1936, tandis qu’il encourageait ses compagnons et acclamait le Christ-Roi.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Vicente Cabanes Badenas

1908-1936

 

Il vit le jour le 25 février 1908 à Torrent (Valencia, Espagne).

Il entra au noviciat des Capucins amigoniens (branche refondée par le père Amigó) à Godella, fit la première profession en 1923 et fut ordonné prêtre en 1932.

On l’envoya compléter ses études à l’université de Valencia dans la faculté de Droit.

Il fut un excellent directeur d’âmes et professeur de jeunes délinquants, à Madrid et Amurrio.

Lors de la Deuxième République, il dut déjà pendant quelque temps se vêtir en civil et raser la barbe ; passée la tourmente, il reprit l’habit.

Le 27 août 1936, des miliciens le tirèrent violemment de chez le prêtre où il s’était réfugié à Amurrio et l’emmenèrent à Orduña où ils tentèrent de le faire apostasier. Peine perdue ; aussi le reconduisirent-ils à Amurrio, le firent descendre de voiture au lieu-dit San Bartolomé de Orduña et le crurent mort après lui avoir envoyé une rafale de balles.

Mais il se traîna jusqu’à la maison d’un prêtre, qui le fit hospitaliser à Orduña, et d’où on le conduisit à l’hôpital de Basurto (Bilbao). Il put être un peu soigné, eut la visite d’un prêtre auquel il se confessa, pardonna à ses assassins, et expira au matin du dimanche 30 août 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Marciano Herrero Martínez

1909-1936

 

Il vit le jour le 11 juillet 1909 à Porquera de los Infantes (Palencia, Espagne), de Juan et Sabina, qui le firent baptiser dès le lendemain. Il fut confirmé en 1921.

Il entra au noviciat mineur de Griñón (Madrid) en 1923, chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), commença le postulat en 1925 avec le nom de Valerio Bernardo et fit la profession en 1934.

Ce fut un Frère doux et obéissant, soucieux d’accomplir son devoir ; il ne montrait jamais le moindre déplaisir envers personne, encore moins envers les supérieurs.

Il enseigna à Sanlúcar de Barrameda (1929), Jerez (1932), Almería (1933).

Le 30 août 1936, il fut arrêté avec deux autres Frères. Tous trois furent martyrisés dans la nuit du 30 au 31 août 1936, à puits La Lagarta, près de Tabernas.

Ils furent béatifiés en 1993.

 

 

Carles Canyes Santacana

1917-1936

 

Carles était né le 16 avril 1917 à Vilafranca del Penedès (Barcelone, Catalogne, Espagne).

Il entra au séminaire séraphique et, dès 1932, à quinze ans, il commença le noviciat à Manresa ; il reçut l’habit et prit le nom de Marçal. 

En 1933, il faisait la première profession.

Quand éclata la révolution de 1936, il venait seulement d’achever la troisième année de philosophie. Il n’avait pas atteint l’âge minimum requis pour la profession solennelle et pour commencer de recevoir les Ordres, mais il était prêt pour le martyre.

Il se réfugia chez ses parents, mais ils durent déménager, car tout le voisinage les connaissait très bien ; de plus, ils étaient quatre frères capucins, dont trois prêtres.

Malgré ces précautions, on découvrit Marçal, en cherchant un autre Religieux. Ils emmenèrent le jeune Marçal ; comme sa mère commençait à sangloter, il lui redonna courage : Maman, sois tranquille pour ce qui peut m’arriver ; ma conscience est en paix avec Dieu.

Parvenus à Pedralbes, les miliciens l’abattirent, au soir du 30 août 1936. Il avait dix-neuf ans.

Il a été béatifié en 2015.

 

Yusuf Nehmé

1889-1938

 

Yusuf naît à Lehfed (Liban) le 8 mars 1889, dernier de sept enfants. Son père est Estephanos Bou Haykal Nehmé, et sa mère Christina Badawi Hanna Khaled. Il est baptisé le 15 mars suivant.

Il fréquente l’école de Notre-Dame de Grâce, dirigée par des moines maronites à Sakii Rishmaya. Ces moines exclusivement libanais constituent une communauté pleinement unie à l’Eglise de Rome.

Un jour qu’il gardait les bêtes de son père dans les champs, il vit un blaireau entrer dans une grotte : remarquant des traces d’eau, il commença à creuser et bientôt surgit une réelle fontaine d’eau fraîche, qu’on appelle aujourd’hui la Fontaine du Blaireau.

Le père de Yusuf meurt en 1903. Deux ans après, l’adolescent de seize ans entre au noviciat des pères Maronites, au monastère des Saints Cyprien et Justine à Kfifan. Il fait ses premiers vœux en 1907, prenant alors le nom religieux de Estefan, ou Estephan, ou Estfan ou Estephanos (Étienne), selon la graphie adoptée pour transcrire ce nom dans l’alphabet latin, le nom que portait son père.

Bien formé chez son père, Yusuf Estefan travailla chez les Maronites aux champs et dans les jardins, accomplissant maints travaux de charpente et de construction.

Il transmettait partout la Bonne Nouvelle, par son intense vie de prière, sa générosité, son jugement empli de prudence, sa compassion devant les difficultés. Il répétait sans cesse : Dieu me voit.

Il souffrit beaucoup lors des événements de la Première Guerre Mondiale. Ce fut en effet dans le cadre de cette guerre que les puissances voulurent isoler la Turquie et l’Egypte et qu’eut lieu l’horrible génocide arménien ; en 1918, le Liban fut définitivement libéré des Turcs, après quatre siècle d’occupation musulmane.

Yussuf Estefan mourut à quarante-neuf ans, le 30 août 1938, des suites d’une probable apoplexie, et fut enterré dans le monastère de Kfifan, où son corps est resté intact.

La guérison d’un ostéosarcome, sur intercession de Yusuf Estefan, ouvrit la voie à la béatification, qui eut lieu en 2010.

 

 

Humbert Van Lieshout

1890-1943

 

Humbert vit le jour le 3 novembre 1890 à Aarle-Rixtel (Pays-Bas), huitième des onze enfants d’une famille bourgeoise et très chrétienne.

La piété de ce foyer consistait par exemple à prier chaque jour l’Angelus et le chapelet, à être fidèle au repos du Dimanche, le Jour du Seigneur, où l’on allait toujours à la Messe. En semaine aussi, il arrivait qu’on allait recevoir l’Eucharistie : c’est tout de même mieux que le cinéma !

Humbert fréquenta l’école tenue par les Frères de la Charité, ainsi que le maître catholique Harmelinck. Le garçon grandit et ressentit l’appel au sacerdoce.

Premiers problèmes : son maître le jugea peu doué pour les études ; et son père voulait le garder pour les travaux des champs… Humbert insista doucement, promettant de donner le meilleur de (soi)-même.

Il entra à l’école secondaire de Gemert.

Deux ans après, conquis par la biographie du père Damian de Veuster (voir au 15 avril), il résolut d’entrer dans la Congrégation des Sacrés-Cœurs.

Il poursuivit donc ses études secondaires dans leur école de Grave (Pays-Bas), où il ne fut peut-être pas «brillant», mais où son acharnement au travail lui valut l’appréciation des professeurs.

En 1913, il commença le noviciat, à Tremeloo (Belgique), où il prit le nom de Eustaquio.

L’invasion du pays l’obligea à rejoindre ses parents quelque temps. Puis il repartit à Grave terminer son noviciat et il fit la première profession en 1915.

De 1916 à 1919 il étudia la théologie à Ginneken, fit la profession solennelle en 1918, et fut ordonné prêtre en 1919, pour la plus grande joie, cette fois-ci, de son père.

Pendant cinq ans, le père Eustaquio fut aux Pays-Bas. Un an à Vierlingsbeek, comme assistant du maître des novices, deux années à Maasluis auprès des ouvriers du verre, de langue française parce qu’ils venaient de la Wallonie. Le bien qu’il y fit fut reconnu par l’état belge, qui le décora. Puis il fut vicaire pendant deux ans à Roelofarendsveen.

En 1924, on l’envoya en Espagne pour apprendre la langue, dans le but de fonder en Uruguay, mais en réalité, c’est au Brésil qu’il partit et dut alors parler portugais : il allait y rester dix-huit ans.

Il fut d’abord à Agua Suja (1925-1935). Ils furent quatre à partir d’Amsterdam en avril 1925 ; arrivés le 12 mai, ils prirent possession de leur paroisse le 15 juillet. Agua Suja (aujourd’hui Romaría) est dans la région qu’on appelle le Triangle Minier, à cause des mines d’or.

Dans cette paroisse se trouve un sanctuaire marial, Notre-Dame de la Abadía. Le père Eustaquio fut chargé de la paroisse voisine de Nova Ponte puis, à partir de 1926 fut le curé de Agua Suja. Il y travailla pour les âmes, bien sûr, mais aussi à l’amélioration humaine des ouvriers. Les résultats furent au rendez-vous : quand il dut quitter la paroisse, les fidèles tentèrent même de l’en empêcher !

La deuxième étape fut la paroisse Notre-Dame de Lourdes à Poá (1935-1941), une paroisse non moins difficile que la première, et en plus sapée par des sectes spiritistes, que le père Eustaquio combattit (avec succès) en obtenant des guérisons par l’intercession de saint Joseph, ce qui provoqua un tel mouvement d’affluence vers Poá (par milliers), que les autorités durent intervenir ; le père Eustaquio dut quitter la paroisse.

La dernière étape se passa dans différentes maisons, et parfois très brièvement à cause des rassemblements de gens qui venaient voir le Père. A Rio de Janeiro, il ne resta que quinze jours ; à Fazenda de Río Claro, il put rester quelques mois, sous le pseudonyme de Père José ; à Patrocinio et Ibiá, il put faire de l’apostolat sans «difficultés» et avec de bons fruits : il ne se passait pas un jour sans une conversion. Enfin, les Supérieurs envoyèrent le Père comme curé à Belo Horizonte, où il sera de 1942 à sa mort.

Dans cette dernière localité, il commença l’édification de l’église en remplacement de la chapelle provisoire ; il confessait une quarantaine de personnes chaque jour : on ne pouvait y accéder que muni d’un billet, accordé par les Supérieurs, pour éviter les rassemblements.

Le Père Eustaquio contracta alors un douloureux typhus exanthématique, incurable à l’époque. Au père Gil qui le veillait, il dit ces derniers mots : Père Gil, Deo Gratias ! Et il expira, le 30 août 1943.

Pendant vingt-quatre heures, de sa mort à ses funérailles, des milliers de Brésiliens défilèrent près de sa dépouille, jour et nuit.

Le père Eustaquio fut béatifié en 2006.

 

 

Alfredo Schuster

1880-1954

 

Il vit le jour le 18 janvier 1880 à Rome (Italie), de Giovanni et Maria Anna Tutzer. Giovanni était tailleur principal pour les zouaves pontificaux. Alfredo fut baptisé le 20 janvier, avec les noms de Alfredo Ludovico.

Après la mort prématurée de son père, Alfredo étudia chez les bénédictins de Saint-Paul-hors-les-murs (l’abbaye située non loin du lieu du martyre de saint Paul).

Les études étant achevées, le jeune Alfredo entra à l’abbaye bénédictine, avec le nom de Ildefonso et professa en 1900.

Il compléta ses études, toujours à Rome, à l’abbaye bénédictine Saint-Anselme et fut ordonné prêtre en 1904.

Ses matières de choix furent la liturgie (il publia dix volumes sur le sujet), l’art sacré, l’archéologie.

Il fut nommé procureur général de la congrégation bénédictine du Mont-Cassin, puis prieur de l’abbaye Saint-Paul-hors-les-murs, et abbé en 1918.

A cette époque, il y eut déjà des tentatives de dialogue avec la communauté juive de Rome, et l’abbé y participa.

En 1928, la congrégation des Rites le chargea d’examiner la suppression de la fameuse expression perfidis Judæis ; finalement, l’idée fut abandonnée (et ne sera reprise que cinquante ans plus tard).

En 1929, il fut nommé archevêque de Milan, et cardinal par voie de conséquence.

Mgr Schuster devait rester un quart de siècle sur ce siège ; pendant ces vingt-cinq années, à l’exemple du saint évêque Carlo Borromeo (voir au 4 novembre) il fit cinq fois la visite pastorale complète du millier de paroisses que comptait alors le diocèse. Il organisa deux congrès eucharistiques, cinq synodes diocésains.

Il fit aussi construire le nouveau séminaire de Venedono Inferiore, et créa une école de musique.

En 1937, l’abbaye bénédictine de Solesmes fêtait son centenaire ; il appréciait énormément cette abbaye, son école de chant grégorien et son interprétation ; il participa activement aux cérémonies de ce centenaire.

S’il condamna énergiquement le racisme au même titre que le bolchevisme, il organisa la reddition de Mussolini par une rencontre dans son propre archevêché de Milan. Il proposa même au Duce de rester sous son toit, mais, comme on sait, ce dernier préféra tenter la fuite…

Le cardinal Schuster, malade et âgé, se retira dans le séminaire de Venegono, où il mourut le 30 août 1954.

Aux séminaristes, il rappela peu avant de mourir : Le diable n’a pas peur de nos terrains de sport et de nos salles de cinéma. Ce qui lui fait peur, c’est notre sainteté.

Son procès de béatification fut ouvert par son successeur, Mgr Montini, futur pape Paul VI. Le cardinal Schuster fut béatifié en 1996.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 08-août
commenter cet article
28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 23:00

29 AOUT

 

I.

Décollation de s. Jean Baptiste (cf. Mc 6:17-29).

III.

Ste Basilla, vierge à Sirmium.

Ste Sabina, une noble dame romaine (martyre ?), à l'origine du titre de Sainte-Sabine à Rome, église avec bâtiments donnés plus tard à s. Dominique.

Ste Sabine, vierge près de Troyes.

Ste Candida, martyre romaine, peut-être la même que le 3 octobre.

IV.

SS Euthyme et son fils Crescent, à Pérouse.

V.

S Adelphus, évêque à Metz.

VII.

S Victor, solitaire à Cambon, invoqué contre la fièvre.

S Sebbe, roi en Essex, plus fait pour l'épiscopat que pour la royauté ; sur son lit de mort il reçut l'habit monastique qu'il désirait depuis longtemps.

S Merry, abbé à Autun ; ses miracles, sa sainteté, le rendaient si célèbre, qu'il s'enfuit pour être ermite : la menace d'excommunication de l'évêque le fit revenir ; mort à Paris, il fut enterré en l'église Saint-Pierre qui s'appela Saint-Merry.

IX.

Ste Vérone, vierge à Berthem.

XI.

S Albéric, ermite près de Camaldoli.

XIII.

Bx Giovanni de Pérouse et Piero de Sassoferrato, franciscains envoyés par s. François en Espagne, martyrs à Valence, qui fut reprise peu après par les Chrétiens.

Bse Bronislawa, chanoinesse de Prémontré près de Cracovie.

XVII.

B Richard Herst (Hurst), riche agriculteur anglais et martyr, dont la veuve était enceinte de son septième enfant.

XVIII.

B Louis-Wulphy Huppy, prêtre du diocèse de Limoges, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

B Edmund Ignatius Rice, veuf irlandais, fondateur des Frères Chrétiens pour l'éducation des enfants pauvres, béatifié en 1996.

Ste Jeanne (Marie de la Croix) Jugan, fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres, obligée d'abdiquer devant certains ecclésiastiques, béatifiée en 1982, canonisée en 2009.

XX.

B Ya'Qūb Melkī (Flavien-Michel, 1858-1915), évêque arménien, battu et décapité, béatifié en 2015.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2001 : 

Dominicains : Constantino Fernández Álvarez (*1907), prêtre, près de Valencia ;

- béatifiés en 2013 :

 

Ouvriers du Sacré-Cœur : Josep María Tarín Curto (*1892), prêtre, près de Tarragona ;

Dominicains : Francisco Monzón Romeo (*1912), prêtre, près de Teruel ;

- béatifié en 2014 :

    Diocésains : Pedro de Asúa Mendía (*1890), à Balmaseda ;

- béatifiées en 2015 :

Sœurs de Saint-Joseph : Josefa Monrabal Montaner (*1901) et María Dolors Oller Angelats (Fidela, *1869), près de Valencia.

B Dominik Jedrzejewski (1886-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

Bse Janina Szymkowiak (María Sancja 1910-1942), polonaise des Filles de la Bse Vierge Marie des Douleurs, béatifiée en 2002.

Bse Rose de Eluvathingal Cherpukaran (Eufrasia du Sacré-Cœur de Jésus, 1877-1952), supérieure indienne de la congrégation de la Mère du Carmel de rite siro-malabar, béatifiée en 2006, canonisée en 2014 ; elle s'était consacrée à neuf ans.

Dominicains : Francisco Monzón Romeo (*1912), prêtre, près de Teruel ;

Basilla de Sirmium
3e-4e siècles

On a parlé d’une sainte Basilla le 28 août, qui fut une martyre romaine (v. 22 septembre).
Celle-ci mourut à Sirmium  (act. Sremska Mitrovica, Serbie).
Tout ce qu’on sait d’elle - son nom et le lieu de sa mort - vient d’être écrit.
Mais il existe un récit qui pourrait compléter nos connaissances si lacunaires.
Basilla serait née au 2e siècle, d’un gouverneur romain en fonction en Lusitanie (Espagne NW ou Portugal). Le gouverneur et son épouse étaient païens. Tandis que le père était en voyage, la mère accoucha de… neuf enfants, dont notre Basilla. Effrayée, cette maman crut bon de faire disparaître toutes ces petites créatures et demanda à sa servante de les noyer, mais la servante, baptisée, les cacha et les sauva. On se rappelle ici l’histoire de Moïse (Ex 2:1-10).
Plus tard, lors d’une persécution, ces neuf filles furent présentées précisément à ce même gouverneur, leur père. Intrigué par leur ressemblance avec son épouse, il appela cette dernière, qui reconnut ses filles. Le papa donna une journée à ses filles pour réfléchir, sinon elles seraient mises à mort. Ayant réussi à s’échapper en neuf directions différentes, elles furent rattrapées et exécutées en divers lieux d’Europe, notre Basilla à Sirmium.
Ce récit présente tout de même des détails assez étranges pour être totalement crédible.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Basilla de Sirmium au 29 août.


Sabina de Rome
?

Ce qui était encore impossible au siècle dernier, semble devenir probable actuellement : les trois Sabina dont il va être question pourraient n’être qu’un seul personnage.
Dans la ville (disparue) de Vindena (Ombrie, Italie C) vivaient Sabina et Serapia. Cette dernière, originaire d’Antioche, fut martyrisée un 29 juillet, Sabina à son tour un 29 août.
Il existe à Rome, sur l’Aventin, une église Sainte-Sabine : on croyait pouvoir dire que ce titre remontait à une sainte femme prénommée Sabina, qu’on aurait postérieurement déclarée martyre ; ce n’est pas prouvé, et l’on s’aventure à affirmer que ce fut le culte de la Sabina précédente qui s’est simplement déplacé à Rome.
Quant à la Sabina de Troyes, qu’on a fait la sœur d’un s.Sabinien martyr (? v. 29 janvier), venue à la recherche du corps de son frère, il s’agirait peut-être simplement d’une translation de reliques de la Romaine, pour laquelle on aurait alors composé une belle histoire.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Sabina de Rome au 29 août.


Adelphus de Metz
5e siècle

Adelphus pourrait être le dixième évêque de Metz.
Il est dit que les premiers évêques de cette ville étaient presque tous d’origine grecque. Cette affirmation pourrait s’accorder avec le nom même d’Adelphus, Adelphos en grec.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Adelphus de Metz au 29 août.

 

Victor de Cambon

560-?

 

D’après d’anciennes traditions, Victor naquit vers 560 dans la paroisse de Cambon, au village de La Croletaie, proche de Nantes.

Il s’en éloigna quelque temps. On a voulu supposer qu’il fut disciple de saint Martin de Vertou (v. 24 octobre).

On n’est pas sûr qu’il ait été prêtre ; il vécut en ermite et fut peut-être à la tête d’un petit monastère à Cambon. 

On dit que son ermitage fut détruit par les Normands en 878.

On invoque s.Victor contre les fièvres.

Si l’on a pu apporter une date de naissance à notre personnage, on n’a pas trouvé celle de sa mort, qui advint, d’après le Martyrologe, au septième siècle.

Saint Victor de Cambon est commémoré le 29 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sebbe d’Essex

† 693

 

Sebbe fut roi en Essex (Angleterre) pendant une trentaine d’années, de 665 environ à sa mort.

Il s’associa son neveu Sighere.

Lors d’une épidémie de peste jaune, ce dernier apostasia, croyant l’épidémie due à la fureur des dieux païens, mais Sebbe resta fidèle. Un pieux évêque de Mercie put ramener à la foi le prince apostat.

Voici en quels termes s.Bède le Vénérable (v. 25 mai) parle du roi Sebbe : 

C’était un homme très dévoué à Dieu. Ses actes étaient inspirés par la religion ; il priait souvent, prévoyait les pieux rendements de ses aumônes ; il préférait une vie privée de caractère monastique à toutes les richesses et tous les honneurs du royaume ; il aurait embrassé celle-ci depuis longtemps et laissé le royaume, si sa femme n’avait refusé la séparation avec ténacité. Beaucoup disaient et répétaient qu’un tel homme était plus fait pour l’épiscopat que pour la royauté.

Ses derniers moments furent marqués par une plus grande ascension spirituelle encore. Sur son lit de mort, il demanda à son épouse si elle acceptait qu’ils se consacrassent tous deux au Seigneur, à quoi elle consentit enfin. Il demanda alors à l’évêque présent de lui remettre l’habit religieux. Tenant à mourir pauvre, il légua une très forte somme d’argent pour les pauvres.

L’agonie étant proche, Sebbe craignit de se mettre à délirer et pria l’évêque de demeurer auprès de lui, avec deux ministres. Il eut alors une vision qui lui annonçait sa prochaine mort, trois jours plus tard. Il trépassa au jour-dit, en grande paix, on ne sait exactement si ce fut en 692, 693 ou 694.

Saint Sebbe d’Essex est commémoré le 29 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Merry

† 700

 

Merry (latin Medericus) naquit au 7e siècle à Autun, de parents nobles.

Il y avait dans cette ville un monastère dédié, croit-on, à s.Martin (v. 11 novembre), où il entra fort jeune. Jeune d’âge, déjà mûr dans sa détermination, il grandit dans les vertus, fut ordonné prêtre et fut choisi pour succéder au défunt abbé.

Comme il arrive dans la vie de beaucoup de Saints, Merry se méfiait de la gloire humaine, des honneurs, et dut se combattre pour accepter la bénédiction abbatiale. Plus tard, quand les miracles commencèrent, malgré lui, à le rendre célèbre, il s’enfuit : seule la menace épiscopale d’excommunication le fit revenir sur ses pas.

C’est que Merry savait mettre en déroute le Démon. Un moine tourmenté par la tentation fut délivré quand Merry lui imposa sa propre tunique ; à un autre, il fit manger du pain bénit !

Devenu vieux, Merry fit valoir son grand âge pour faire accepter sa démission, et se hâta de partir pour Paris avec un disciple nommé Frodulphus (ou Frou, v. 22 avril ?). En route, il s’arrêta à Champeaux (Melun), où il fit tomber les liens de plusieurs prisonniers ; à Bonneuil, il obtint la libération de deux autres prisonniers ; enfin parvenu à Paris, il s’établit près de la chapelle Saint-Pierre-des-Bois, où il acheva sa vie en ermite.

Merry mourut un 29 août, vers 700.

On a pris l’habitude de l’invoquer contre les douleurs d’entrailles.

A partir du 9e siècle, la chapelle Saint-Pierre prit le nom de saint Merry, fut agrandie et devint paroisse. L’actuelle église, qui n’est pas dépourvue de beauté, est malheureusement un peu à l’abandon.

 

Saint Merry est commémoré le 29 août dans le Martyrologe Romain.

Giovanni de Pérouse

Piero de Sassoferrato

† 1231

 

Ces deux Religieux franciscains de la première heure furent envoyés par saint François d’Assise lui-même vers 1220 en Espagne, qui était encore partiellement sous la domination des Musulmans.

Giovanni était prêtre, Piero convers.

Ils s’étaient fixés dans la petite ville de Teruel, où ils prêchaient, mais ils n’avaient pas formé un couvent proprement dit.

La ville de Valencia étant encore au pouvoir des Musulmans, ils résolurent de s’y rendre, principalement pour réconforter les prisonniers chrétiens et, sans doute aussi, avec le secret désir, s’il plaisait à Dieu, d’y recevoir la palme du martyre, au cas où ils seraient pris par les ennemis du Christ.

Après quelque temps, ils entrèrent dans l’église du Saint-Sépulcre ou s’arrêtèrent sur la place devant cette église, et se mirent à prêcher. Aussitôt ils furent arrêtés.

Sommés d’abjurer la foi chrétienne, ils s’y refusèrent et furent condamnés à mort par le roi Ceid Abu Zeyd.

Ils reçurent la grâce du martyre par la décapitation, le 29 août 1231. L’année de ce martyre est contestée, par le fait que Ceid avait été déposé déjà avant 1228 par son adversaire. Auparavant, Ceid se serait converti par l’intercession des deux Martyrs.

Valencia fut reprise par les Chrétiens peu après (1238).

Les corps de Giovanni et de Piero furent ramenés à Teruel et vénérés comme des reliques de martyrs. La population recourt à leur intercession contre l’invasion des sauterelles. Le culte des deux Martyrs fut approuvé en 1705.

 

 

Richard Herst

?-1628

 

Richard était né peut-être à Broughton (Preston, Lancashire, Angleterre).

Son nom pourrait être plus exactement Hurst.

C’était un très honnête petit propriétaire, qui cultivait ses terres près de Preston. 

L’évêque (anglican) de Chester envoya un émissaire avec des hommes pour l’arrêter. Il y eut de la bagarre avec les domestiques et l’un des hommes se cassa une jambe en voulant rattraper un des domestiques dans un champ cultivé. Le fait pouvait être tout-à-fait étranger à la situation de Richard, mais on s’en servit pour l’accuser de meurtre. D’ailleurs, la victime elle-même reconnut, avant de mourir, que ç’avait été un simple accident.

Une pétition fut envoyée au roi, soutenue même par la reine, mais le gouvernement maintint sa position. Herst fut condamné à mort pour meurtre, mais il était clair qu’on voulait par là intimider les Catholiques.

Au lendemain de cette condamnation, on intima à Richard l’ordre d’aller entendre un sermon dans l’église protestante ; sur son refus, on le traîna par les jambes sur la voie qui longeait l’église, mais il se mit les doigts dans les oreilles pour ne rien entendre.

Au moment de l’exécution, on lui proposa encore de le laisser vivre, s’il voulait jurer fidélité au roi, mais comme le texte comportait des expressions contraires à la Foi catholique, il refusa. On l’exécuta immédiatement.

Richard Herst mourut en martyr à Lancaster, le 29 août 1628.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Louis-Wulphy Huppy

1767-1794

 

Ce jeune prêtre avait la jeunesse de l’âge, mais la maturité de l’ancien.

Il était né le 1er avril 1767 à Rue (Somme), dans le diocèse d’Amiens, où l’on vénère particulièrement saint Wulphy (voir au 7 juin).

Incardiné comme prêtre au diocèse de Limoges, l’abbé Huppy fut déporté de la Haute-Vienne.

Il fut un des plus jeunes déportés à bord du Deux-Associés, où il arriva en mars 1794 et où il se distingua autant par sa piété envers Dieu que par sa prévenance envers les Confrères.

Il mourut d’épuisement le 29 août 1794, à vingt-sept ans, et fut béatifié en 1995.

 

 

Edmund Ignatius Rice

1762-1844

 

Né le 1er juin 1762 à la ferme de Westcourt, Callan (Kilkenny, Irlande), Edmund s’appelait en gaélique Eamann Iognáid Ris. Ses parents s’appelaient Robert Rice et Margaret Tierney.

Quatrième de sept enfants, Edmund avait aussi deux demi-sœurs, filles du premier mariage de Margaret.

A cette époque, les catholiques irlandais étaient sous le joug de la loi anglaise anti-catholique,  de sorte que l’’éducation qu’il reçut se fit à la maison, grâce à la présence d’un religieux augustin, le frère Patrick Grace. Puis Edmund fréquenta une école secondaire à Kilkenny.

Ayant travaillé comme apprenti chez son oncle Michael, il en hérita des activités commerciales à sa mort (1785). Le commerce prospéra, et Edmund se maria. Son épouse pourrait être Mary Elliott.

La jeune épouse d’Edmund mourut cependant d’un accident de cheval, après quatre ans de mariage : sur son lit de mort, elle accoucha d’une petite fille, Mary, qui fut légèrement handicapée.

L’épreuve conduisit Edmund à s’orienter vers l’éducation parmi la jeunesse, mais plus particulièrement de la jeunesse pauvre.

Il remit son affaire commerciale à un autre Catholique, certain Mr.Quan, et conçut le projet de préparer des maîtres pour ces jeunes.

En 1802, il réunit des jeunes gens dans sa maison de Mount Sion (Waterford) : ce sera le noyau fondateur des Frères Chrétiens ou Frères de la Présentation. Une maison fut construite pour eux à Waterford, qui fut bénie par l’évêque en 1803.

En 1808, Edmund et quelques collaborateurs émirent les vœux de religion ; c’est là qu’il prit le nom de Ignatius ou Iognáid. C’était le premier cas d’un institut masculin en Irlande, et fondé par un laïc.

Ces laïcs enseignèrent, mais aussi nourrirent et vêtirent les jeunes qu’ils reçurent.

Leur devise était tirée du livre de Job : Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, que le nom du Seigneur soit béni éternellement (Job 1:21).

La fondation eut un très grand succès, et se développa dans toute l’Irlande. Mais une des difficultés était que les Frères dépendaient de l’évêque local, de sorte qu’Edmund chercha à obtenir de Rome l’approbation, pour pouvoir rester indépendant. Cette approbation se fit dans les années 1820 : Edmund fut le premier Supérieur général de l’Œuvre.

On pourrait se demander comment cette œuvre catholique put à ce point se développer, dans le contexte anti-catholique anglais de l’époque. C’est qu’il fut fortement appuyé par un politicien, Daniel O’Connell.

Lors d’un chapitre général, convoqué en 1838, Edmund laissa la direction de l’œuvre à  Michael Paul Riordan.

Il se retira alors dans la maison du Mount Sion, d’où on le voyait sortir chaque jour pour une  petite promenade, mais sa douloureuse arthrite l’obligea finalement à accepter un fauteuil roulant.

A Noël 1841, la santé d’Edmund sembla vraiment compromise, mais ce ne fut pas encore la fin. Il dut vivre de plus en plus retiré dans sa chambre, dans un état proche du semi-coma perpétuel, qui dura jusqu’en août 1844.

A cette date, il y avait déjà onze écoles en Irlande, autant en Angleterre, une en Australie, et on en demandait aux Etats-Unis et au Canada.

Edmund mourut le 29 août 1844. Sa cause de béatification traîna un peu, et fut vivement encouragée par un certain Giovanni Battista Montini (futur pape Paul VI) en 1957.

Le miracle retenu pour cette béatification fut, en 1976, la guérison totale et inexplicable d’un homme qui, selon les médecins, n’avait plus que deux jours de vie, après des complications dues à une gangrène du colon. 

Edmund Rice fut béatifié en 1996.

 

 

Jeanne Jugan

1792-1879

 

Jeanne naquit au hameau des Petites-Croix (Cancale, Ille-et-Vilaine) le 25 octobre 1792, cinquième enfant d’un marin-pêcheur, Joseph Jugan et de Marie Horel.

Elle fut baptisée le jour-même de sa naissance. Pour être née aux Petite-Croix, Jeanne recevra beaucoup de grandes croix.

Elle avait quatre ans lorsque son père mourut en pleine mer, comme cela arrive à beaucoup de pêcheurs.

Elle reçut la Première communion en 1801 (ou 1803), juste après le concordat.

Elle entra ensuite au service de la vicomtesse de la Chouë à Saint-Coulomb, proche de Cancale, comme aide-cuisinière.

En 1810, elle avait dix-huit ans et fut demandée en mariage par un jeune marin, mais demanda le temps de réfléchir. Finalement, six ans plus tard, elle renonça définitivement au mariage, affirmant que Dieu la voulait pour lui, la gardait pour une œuvre qui n’est pas connue, pour une œuvre qui n’est pas encore fondée.

Cette œuvre débutera quelques années plus tard, comme voulue par Dieu.

Jeanne quitta Cancale pour Saint-Servan (Saint-Malo) en 1817 et travailla à la pharmacie de l’hôpital. En 1823, trop fatiguée, elle se mit au service de Mademoiselle Lecoq, avec laquelle elle prie et visite les pauvres de la paroisse. Elle entre au Tiers-Ordre du Sacré-Cœur.

Vers 1838, elle loue un petit appartement avec une autre amie, Françoise Aubert, dite Fanchon. C’est dans cet appartement qu’elle reçut une pauvre femme aveugle et infirme, à qui elle donna son lit : voilà le début de l’œuvre !

Les personnes recueillies se multiplièrent, que Jeanne appelait les membres souffrants de Jésus-Christ, mais aussi les bonnes volontés qui voulaient aider Jeanne Jugan. La communauté se forme.

En 1842, est établi un premier règlement, inspiré de l’Ordre hospitalier des Frères de saint Jean de Dieu, dont Jeanne devient la Supérieurek avec le nom de Marie de la Croix. Ses compagnes prennent le nom de Servantes des Pauvres.

Réélue en 1843, elle est déposée par l’abbé Le Pailleur (qui avait encouragé la fondation), qui sait pourquoi. Jeanne se soumet humblement, mais continue son travail de Fondatrice, ouvrant d’autres maisons. On commence de parler d’elle : l’Académie française lui décerne le prix Montyon, les journalistes écrivent des articles.

En 1844, les Religieuses adoptent le nom de Sœurs des Pauvres, pour prendre en 1849 celui de Petites Sœurs des Pauvres.

En 1847, elle n’est pas même invitée au chapitre général.

En 1852, sur l’autorité du sévère abbé Le Pailleur, Jeanne est définitivement rabaissée au rang de simple sœur, reléguée au noviciat de Saint-Pern, où elle-même dit aux jeunes novices que le «Fondateur» est cet abbé Le Pailleur. Les novices, évidemment, ne comprennent rien à cette situation, mais ont tout de même une grande admiration pour cette vieille Religieuse, si douce, si discrète, si souriante.

Une des réflexions de Jeanne était : Il faut toujours être de bonne humeur, nos vieillards n’aiment pas les figures tristes !

Jeanne s’éteint le 28 août 1879, dans ce noviciat La Tour Saint-Joseph (Saint-Pern), à presque quatre-vingt-sept ans, dont vingt-sept passées dans l’épreuve de l’humiliation.

A cette date, il y avait déjà plus de cent maisons, et pas seulement en Europe. La congrégation se développera mondialement, avec des maisons sur les cinq continents. Les Sœurs sont près de trois mille.

Peu à peu, la vérité éclatera au grand jour ; dès 1902, Jeanne Jugan sera reconnue Fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres. Elle sera béatifiée comme telle en 1982, et canonisée en 2009. Même au Martyrologe, il est précisé qu’elle fut inique eiecta, injustement mise dehors.

Le miracle retenu pour la canonisation fut la guérison totale et inexplicable d’un médecin américain, malade d’un cancer à l’œsophage, après une neuvaine à la bienheureuse Jeanne Jugan.

Jeanne Jugan est commémorée le 29 août au Martyrologe.

 

 

Ya’Qūb Melkī

1858-1915

 

Ya’Qūb vit le jour en 1858 à Kalaat Mara (Mardin, Turquie ottomane), dans une famille orthodoxe syriaque.

En 1868, il entra au monastère de Saffron, où il étudia la théologie, ainsi que les langues syriaque, arabe et turque. Il devait déjà les parler, mais il les approfondit.

En 1878, il fut ordonné diacre et chargé de cours dans l’école du monastère.

Son étude, son amour de la Vérité, le poussèrent à se rapprocher de l’Eglise catholique. Il rejoignit le monastère syro-catholique de Charafe en 1879. En 1883 il fut ordonné prêtre à Alep et fit partie de la communauté Fraternité de Saint-Ephrem. Il prit le nom de Flavien Michel (Flaby’anūs Mykh’ayl).

Pendant une douzaine d’années, il exercera le ministère pastoral dans divers villages de Tur Abdin, mais en 1895, un courant anti-catholique aboutira au saccage et à l’incendie de son église et de son presbytère ; sa mère  fut assassinée ainsi que divers membres de la paroisse.

Courageusement, les années suivantes, il collaborera à la reconstruction de ces villages.

Son activité était appréciée ; en 1897, il fut nommé chorévêque et vicaire épiscopal de Mardin et Gazarta (actuelle Czire).

En 1899 il fut nommé éparque de Gazireh ; en 1913, il fut consacré évêque.

En été de 1915, Mgr Melkī tenta par tous les moyens de protéger les populations menacées de massacre. Il revint d’urgence à Gazarta prévenir les chrétiens de s’enfuir à temps, car beaucoup avaient refusé de partir, malgré les avertissements des dirigeants locaux. Mgr Melkī vendit tout ce qu’il avait de précieux, même des ornements liturgiques, pour aider les plus pauvres.

On lui conseilla de s’enfuir ; il refusa d’abandonner ses brebis en danger.

Le 28 août 1915, il fut arrêté avec l’évêque chaldéen Philippe-Jacques Abraham. Sommés de passer à l’Islam, ils choisirent le martyre. Mgr Abraham fut abattu d’un coup de fusil ; Mgr Melkī fut battu jusqu’à perdre connaissance, puis fut décapité à Czire, le 29 août 1915.

 

Un siècle plus tard, jour pour jour, Mgr Flavien-Michel Melkī fut proclamé bienheureux.

 

María Dolors 0ller Angelats

1869-1936

 

Elle était née le 17 septembre 1869 à Banyolas (Girona, Espagne), aînée des quatre enfants de Lorenzo et Margarita. Son frère Salvador fut Religieux mariste.

Entrée une première fois chez les Sœurs de Saint-Joseph de Girona, elle quitta le noviciat, mais y revint en 1892 et elle prit le nom de Fidela. Elle fit la profession en 1894.

En 1911, elle fut envoyée à la maison de Malgrat de Mar (Barcelone), comme Supérieure de la communauté qui gérait l’hôpital.

En 1918, elle fut Supérieure à Camprodon (Gerona) ; puis elle sera transférée à Palamós (1921), enfin à Gandia (1926) pour y fonder une nouvelle communauté dont elle serait Supérieure.

Le 28 août 1936, on la jeta en prison, puis on la fit monter dans un camion qui partit sur la route de Valencia.

Elle fut martyrisée au lieu-dit Cantera de Xeresa (Valencia), le 29 août 1936.

Son martyre fut reconnu en 2015, année de sa béatification.

 

 

Pedro de Asúa y Mendía

1890-1936

 

Pedro vit le jour le 30 août 1890 à Balmaseda (Bilbao, Pays Basque espagnol), cinquième des six enfants de Isidro et Francisca. Isidro était avocat, et avait combattu dans les rangs carlistes.

L’oncle de Pedro avait fait fortune au Mexique et avait bien aidé la famille, très chrétienne.

Il étudia chez les Filles de la Croix, puis chez les Jésuites à Orduña.

Bachelier, il alla étudier l’architecture à Madrid et fut diplômé en 1915. A Madrid, il connut l’Adoration nocturne.

En 1917, il promut l’Adoration nocturne à Balmaseda avec trente-cinq hommes de cette localité. Il encourageait ses confrères par des exhortations chaleureuses et fraternelles.

Il se décida en 1919 à entrer au séminaire, et fut ordonné prêtre en 1924.

C’est lui qui fut chargé de la construction du nouveau séminaire de Vitoria (Gasteiza) ; durant ce chantier, les ouvriers disaient de lui que c’était un saint. Un ouvrier français qui y travaillait, protestant, reconnut que la religion qui a formé cet homme, est certainement la vraie.

Par la suite, il fut chargé de superviser les édifices diocésains, de les restaurer, d’en construire de nouveaux, ce qui le contraignit à se déplacer souvent, sans pour autant oublier sa première passion : l’adoration, la prière, et la formation des jeunes et l’Action Catholique, l’assistance des pauvres.

La veille de son anniversaire, le 29 août 1936, il fut arrêté par des miliciens révolutionnaires, et l’on ne sut plus rien de lui. On retrouva plus tard son cadavre à Liendo (Cantábria). On retrouva aussi un de ses assassins, qui raconta qu’il mourut en disant : Je vous pardonne.

Ce martyr fut béatifié en 2014.

 

 

Josep Maria Tarín Curto

1892-1936

 

Josep Maria vint au monde le 6 février 1892 à Santa Bárbara (Tarragona, Espagne).

Il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre.

 

Il reçut la palme du martyre à Tortosa (Tarragona) le 29 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Josefa Monrabal Montaner

1901-1936

 

Elle était née le 3 juillet 1901 à Gandía (Valencia, Espagne) et entra chez les Sœurs de Saint-Joseph de Girona, où elle fit la profession en 1931.

Elle fut envoyée soigner les malades à Villareal.

On l’entendit dire clairement qu’elle avait un grand désir d’être martyre, d’offrir sa vie pour la conversion des pécheurs et le salut de l’Espagne.

Elle fut martyrisée à Gandía-Xeresa (Valencia), le 29 août 1936.

Son martyre fut reconnu en 2015, année de sa béatification.

 

 

Constantino Fernández Álvarez

1907-1936

 

Né le 7 novembre 1907 à La Vecilla de Curueño (León, Espagne), Constantino entra à l’école apostolique dominicaine de Solsona (Lérida), sur le conseil et l’exemple de son oncle, le père Ramón Fernández Tascón, et aussi d’un de ses frères, Ramón.

En 1924, il passa au couvent de Valencia, où il montra une grande aptitude à l’étude.

En 1929, il reçut le sacerdoce et fut envoyé à la faculté romaine de l’Angelicum, où il reçut le doctorat en théologie, avant d’y enseigner à son tour.

De retour à Valencia, il y enseigna la théologie morale et écrivit abondamment. Il fut nommé procureur du couvent de Valencia.

Lors de la révolution de 1936, alors qu’il passait quelques jours de vacances dans sa famille, il voulut rejoindre son couvent. Le 19 juillet, il dut quitter le couvent pour se réfugier chez une famille amie. Il fut arrêté au seuil d’une maison où il s’apprêtait à aller célébrer la messe, et incarcéré à la prison Modelo. Il tenta de faire valoir son titre de professeur à Rome pour être libéré ; même l’ambassadeur d’Espagne à Rome reconnut qu’à Valencia, on ne peut rien obtenir. Il tenta cependant d’intervenir, mais ce fut en vain.

Un soir, une étrangère (mais tertiaire dominicaine) vint faire visite aux prisonniers, et leur lut (en latin) cet avis (qui devait passer pour une prière aux yeux des gardiens) : 

Monitum : Si concedetur tibi libertatem tempore nocturno, ne egrediaris continuo ex carcere, sed sub quocumque prætextu exspecta usque ad mane, quia tunc pervenies securius ad domum nec ita facile incurres inimicorum insidias, ce qui signifiait : 

Avis : Si on te met en liberté de nuit, ne sors surtout pas tout de suite, sous aucun prétexte, mais attends le matin, pour rejoindre plus sûrement la maison et éviter de tomber aux mains des persécuteurs.

L’avis fut entendu par les prêtres présents, qui le répétèrent aux autres dès que possible. Mais le père Constantino n’eut pas même le temps d’en tenir compte.

Dans la prison, la bibliothèque était gérée par un prêtre diocésain (qui put échapper à la mort). C’est par lui qu’on apprit qu’il faisait porter au père Constantino des livres de Droit canonique, dans l’un desquels il lui fit passer une Sainte Hostie, au matin du 29 août.

Ce fut son viatique. Le soir même, on l’exécuta, aux environs de Valencia, à Cuart de Poblet ; il n’avait pas même vingt-neuf ans.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Francisco Monzón Romeo

1912-1936

 

Francisco naquit le 29 mars 1912 à Híjar (Teruel, Espagne), dans une famille très chrétienne.

En 1925, il entra à l’école apostolique dominicaine de Calanda, prit l’habit à Valencia en 1928, étudia la théologie à Valencia et Salamanque, où il fut ordonné prêtre le 3 mai 1936.

L’été suivant, il se trouvait pour une brève période de vacances chez les siens, quand éclata la révolution de juillet.

Pour ne pas compromettre la famille, il errait par les champs durant la journée, recevant chaque jour un bol de lait chaud que lui apportait son petit frère Miguel, futur prêtre.

Le 24 août, des miliciens firent irruption dans la maison et, pointant le fusil contre la mère du prêtre, la menacèrent : Vous nous dites où se trouve votre fils, ou je tire. Pour une fois, ils disaient «vous». Mais la maman ne répondit rien.

Quelques heures après, ils revinrent et promirent au papa que, si leur fils se rendait, il ne lui arriverait rien. Le papa tomba dans le piège, les conduisit, et ils arrêtèrent le père Francisco.

Le lendemain 29 août 1936, en fin d’après-midi, ils proposèrent au père Francisco une promenade en voiture ; parvenus au terrain de football, ils le firent descendre.

Ses dernières paroles furent : Mon Dieu ! Jésus-Christ a versé son sang pour moi ; maintenant, je le verserai pour Lui.

On le bouscula violemment et il reçut plusieurs balles dans le dos, qui mirent fin à cette toute jeune vie sacerdotale : le père Francisco avait vingt-quatre ans, et un peu plus de cent jours de sacerdoce.

On retrouva l’endroit du martyre grâce à une forte et mystérieuse lumière, mais la famille ne put obtenir la permission de récupérer le corps, qui fut enterré dans la fosse commune. Plus tard seulement, on put le transférer à Saragosse.

Le père Francisco Monzón a été béatifié en 2013.

Dominik Jędrzejewski

1886-1942

 

Il naquit le 4 août 1886 à Kowal (Pologne), cadet des six enfants d’Andrzeja et Katarzyny Zakrzewski.

A l’époque, on fêtait saint Dominique le 4 août (aujourd’hui le 8 août).

Après ses études secondaires, il entra au séminaire de Włocławu et fut ordonné prêtre en 1911.

Il fut successivement vicaire à Zadzimia (Sieradza), Poczesna (Częstochowa), Kalisz. En 1919-1920, il cumulait l’apostolat à la paroisse de Turku, l’aumônerie à la prison et la direction de l’école. Puis il fut nommé à Gosławice (Konin).

Dès le début des combats de la Deuxième guerre mondialeł, il fut arrêté, le 26 août 1940.

Emmené d’abord au camp de transit de Szczeglinie, il fut transféré au camp de concentration de Sachsenhausen (avec le numéro 29935), puis celui de Dachau, où l’on expédiait tous les prêtres.

Il arriva à Dachau le 14 décembre 1940, où on l’immatricula avec le numéro 22813.

On lui proposa le honteux marchandage de recouvrer la liberté, s’il renonçait à son sacerdoce, ce qu’il refusa évidemment.

Il mourut d’épuisement, conséquence du travail qu’on lui imposait dans le camp. Juste avant de mourir, il confia à un Confrère : Lorsque vous sortirez de ce camp, allez à Gosławice, voir mes paroissiens et dites-leur que j’ai offert ma vie pour eux.

C’était le 29 août 1942, l’abbé Dominik venait d’avoir cinquante-six ans.

Il a été béatifié en 1999. 

 

 

Janina Szymkowiak

1910-1942

 

Janina vit le jour le 10 juillet 1910 à Możdżanów (Ostrów, à la frontière entre la Pologne et la Silésie), petite sœur des quatre garçons déjà nés dans le foyer de Augustyn et Maria, des parents aisés et très croyants.

Les garçons s’appelaient Marian, Eric (futur prêtre), Zbigniew et Mieczyslaw.

Le papa disait que sa fille était le directeur de son âme, car pour toute situation elle pouvait lui trouver un verset approprié de l’Imitation de Jésus-Christ.

La maman fut une femme forte et travailleurse ; elle apprit à lire et écrire à ses enfants dans sa propre langue (polonaise), et leur fit étudier la littérature, l’histoire, les chants patriotiques. 

Lors des tensions polono-allemandes, le père et son aîné n’hésitèrent pas à distribuer des tracts de propagande anti-allemande, ce qui leur valut de la prison et les contraignit ensuite à déménager.

Janina (ou Janka) fréquenta reçut la Première communion en 1922, la Confirmation l’année suivante. 

Elle fréquenta trois ans l’école primaire allemande, puis le lycée. Après le baccalauréat (1928), elle fréquenta l’université de Poznań, à la faculté de Langues et Littérature étrangère.

Ce fut une jeune fille pieuse, fidèle, fervente. Elle fit partie des Enfants de Marie, transmettant discrètement à ses camarades sa joie de vivre. Devenue adulte, elle prit du temps pour aider les faibles, les pauvres, trouvant sa force intérieure dans l’Eucharistie. Douée en musique et en peinture, elle jouait du piano, elle peignait et décorait ; les collègues d’enseignement venaient volontiers lui parler de leurs problèmes, car elle avait un bonne parole et un sourire pour chacun.

Une de ses lectures de choix était l’Histoire d’une Ame, de sainte Thérèse de Lisieux.

Au cours de l’été 1934, elle fit un stage à Montluçon chez les Sœurs Oblates du Sacré-Cœur, pour se perfectionner en français et en profita pour aller à Lourdes : c’est là qu’elle se décida à manifester la vocation religieuse qu’elle sentait en elle depuis déjà longtemps.

Sa famille ne lui facilita pas sa démarche et chercha même à l’en dissuader, dans l’intention de la garder pour tenir la maison ; mais l’intervention de son oncle calma les esprits : il l’orienta en 1936 chez les Filles de Notre-Dame des Douleurs ou Moniales Séraphiques, à Poznań.

C’est là qu’elle prit le nom de María Sancja.

Ce fut une Religieuse très humble, très obéissante, profondément unie à la volonté divine, toujours disponible pour les tâches les plus humbles. Elle fut portière, traductrice, professeur…

Après sa première profession en 1938, elle fut chargée des enfants d’un orphelinat à Poznań. Elle commença aussi un cours de pharmacie, interrompu à cause de la guerre.

Son frère Eric, le prêtre, mourut alors à Varsovie.

Durant l’occupation allemande pendant la Deuxième guerre mondiale, elle refusa de revenir chez les siens, pour demeurer parmi ses Consœurs au couvent.

Les Allemands imposèrent aux Religieuses d’abriter des prisonniers français et anglais. La Sœur Sancja conservait son sourire et transmettait la paix. Elle fut très précieuse comme interprète auprès des prisonniers français et anglais, qui la surnommèrent ange de bonté ou encore tout simplement sainte Sancja. Elle leur passait de la nourriture en cachette, elle procurait aux prêtres le nécessaire pour célébrer la Messe, tout cela à ses risques et périls.

L’excès de travail et les pénibles conditions de vie lui provoquèrent bientôt une pénible forme de tuberculose au larynx, lui causant des douleurs extrêmes qu’elle offrit à Dieu avec grande sérénité.

Avec joie, elle put émettre les vœux perpétuels le 6 juillet 1942, et s’envola vers l’Epoux céleste le 29 août 1942, à seulement trente-deux ans.

Elle fut béatifiée en 2002.

Le miracle examiné pour cette béatification, fut la guérison inexplicable d’un nouveau-né, une petite fille à qui les médecins n’accordaient aucune chance de survie.

 

 

Rose de Eluvathingal Cherpukaran

1877-1952

 

Fille de Antony et Kunjethy de Eluvathingal Cherpukaran, elle naquit le 17 octobre 1877, dans la contrée de Kattoor, actuel diocèse de Irinjalakuda (Inde) et reçut le nom de Rose au baptême, le 25 octobre suivant. Les parents étaient des cultivateurs aisés.

Sa mère, une pieuse femme, lui fit lire la vie de sainte Rose de Lima (voir au 24 août) et la petite Rose fit dès l’âge de neuf ans le vœu de chasteté, après avoir reçu une apparition de la Vierge Marie.

A douze ans, Rosa voulait entrer chez les religieuses, mais son père s’y opposait vigoureusement, préférant la marier dans une famille riche ; mais la mort soudaine de sa petite sœur, ajoutée à toutes les prières et mortifications qu’elle s’imposait, permirent à Rose de faire changer d’avis son père, qui l’accompagna lui-même au couvent des religieuses carmélites en 1888 : elle entra comme pensionnaire chez les religieuses de la congrégation de Notre-Dame du Carmel, à Koonammavu, bientôt transférées à Ambazhakkad (sur cette congrégation, voir la note ci-dessous).

Rose eut de fréquents accès de maladie, au point que les religieuses pensèrent la renvoyer chez elle, mais une nouvelle apparition, de la Sainte-Famille cette fois-ci, lui rendit la santé.

Le 10 mai 1897 Rose entra dans la communauté comme postulante, sous le nom de Euphrasia du Sacré-Cœur de Jésus.

Sœur Euphrasia émit les vœux solennels en 1900, quand s’ouvrit le couvent de Sainte-Marie à Ollur (près de Trichur) : c’est là qu’elle vivra pendant quarante-huit ans.

Maîtresse des novices en 1904, elle fut élue supérieure en 1913 : elle n’accepta la charge qu’après avoir installé au centre du couvent une statue du Sacré-Cœur, à qui elle confia sa charge de Mère Supérieure. Elle priait beaucoup : pour tous, c’était “la mère priante”. 

Elle était en constante union avec le Saint-Sacrement, les religieuses elles-mêmes l’appelaient le “tabernacle ambulant” : comme la sainte Messe n’était pas souvent célébrée dans le couvent, elle passait des heures devant le Tabernacle, pour adorer, aimer et consoler le Christ. C’était la référence de toute son activité spirituelle et pastorale.

L’autre pôle de sa dévotion était le Christ crucifié. Elle embrassait souvent le Crucifix, lui adressant les mots que lui suggérait sa foi profonde. Intérieurement elle souffrait intensément en union avec la passion de Notre-Seigneur. D’après les lettres qu’elle écrivit par obéissance à l’évêque, elle fut favorisée de la grâce du “mariage spirituel” avec Notre-Seigneur, une grâce mystique rare. Elle eut des visions célestes, et aussi des attaques de l’Esprit Malin.

Elle priait le rosaire entier chaque jour, méditant sur la vie de Notre-Seigneur et celle de Marie.

Elle s’imposait une vie de mortification et pendant longtemps eut un régime totalement végétarien, sans viande ni poisson, sans lait ni œufs, et ne prenant qu’un repas quotidien.

Unissant la vie contemplative à l’active, elle était à l’écoute des nécessités de tous ceux et celles qui venaient lui demander de prier, pour un problème de famille, pour un examen, pour une guérison, pour une assistance économique… On a pu remarquer qu’elle n’accusait ni ne critiquait jamais personne.

Tout ce qu’on sait de sa vie intime et mystique provient des lettres qu’elle écrivit à son évêque ; elle lui demandait de les détruire, mais providentiellement, l’évêque considéra de son devoir de conserver précieusement ces documents, grâce auxquels on put bientôt faire connaître mieux cette grande Âme.

Humble et effacée, mère Euphrasia avait offert sa vie comme sacrifice d’amour pour Dieu et mourut le 29 août 1952.

Ayant été béatifiée en 2006, elle n’est pas encore inscrite au Martyrologe de ce jour : une prochaine édition s’en chargera.

La bienheureuse Eufrasia devait être canonisée en 2014.

 

Note. La congrégation de Notre-Dame du Carmel avait été érigée en 1866 par le bienheureux Kuriakose Elias Chavara (voir au 3 janvier) et le père Leopoldo Beccaro, des Carmes Déchaux. C’était le premier institut féminin qui apparaissait dans l’Église de rite syro-malabar ; considéré d’abord comme tiers-ordre du Carmel, l’institut est de droit pontifical depuis 1967.

Le rite syro-malabar remonte aux premières communautés fondées par l’apôtre saint Thomas lui-même, dans l’Inde du sud-ouest (État de Kerala). Rattachée à l’Eglise de Perse, elle en adopta la langue et le rite syriaques. Les Portugais crurent nécessaire de latiniser de force ces chrétientés, allant jusqu’à brûler les livres de l’ancienne Église locale ; beaucoup alors passeront sous la juridiction orthodoxe. Ce n’est qu’au 20e siècle que l’Eglise rétablit une hiérarchie syro-malabare catholique propre.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 08-août
commenter cet article
27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 23:00

28 AOUT

 

-VIII.

S Ezéchias, roi de Juda, successeur de Achaz, soutien du prophète Isaïe (cf. Is 36 sq).

II.

S Hermes, martyr romain très illustre, mais dont on n'a rien retenu de la vie.

III.

S Pelagius, martyr à Constance, dont il est le patron.

S Iulianus, militaire à Vienne, réfugié à Brioude, rejoint par des soldats envoyés à ses trousses, décapité.

?

SS Facondin, évêque à Tadinum, et son archidiacre, Juventin. 

IV.

S Alexandros, évêque à Constantinople ; sommé de réintroduire Arius dans la communion, il se mit en prière : c'est alors qu'Arius mourut subitement. Alexandre changea son titre de Byzance en celui de Constantinople et mourut quasi centenaire.

S Restitutus, évêque et martyr à Carthage ; dans la lutte contre les hérétiques, il se laissa un moment circonvenir, mais se ressaisit.

S Vicinius, premier évêque à Sarsina.

S Musê, brigand glouton qui devint abbé à Scété.

V.

S Vivianus, évêque à Saintes.

S Augustin, évêque à Hippone ; il avait été manichéiste, et avait eu un fils; converti et baptisé à Milan par s. Ambroise, sacré évêque, auteur d'une Règle de vie commune encore en vigueur aujourd'hui, il est un des quatre grands Docteurs de l'Eglise.

VI.

Ste Florentina, religieuse bénédictine espagnole, sœur des ss. Leandro, Fulgencio et isidoro. 

VIII.

S Ermelius, évêque vénéré dans l'actuel Hainaut français.

X.

Bse Adelinde, veuve qui voulut, par sa consécration, expier le péché commis par ses trois fils, morts en essayant d'enlever leur sœur consacrée.

XVI.

Bx William Dean, William Gunter, Robert Morton, Thomas Holford, James Claxton, prêtres anglais, Thomas Felton, religieux minime de vingt ans, et un laïc : Hugh More, martyrs anglais.

B Henry Webley, laïc anglais, martyr, béatifié en 1987.

XVII.

S Edmund (Brian) Arrowsmith, jésuite anglais martyr par pendaison.

XVIII.

B Miguel (Junipero) Serra Ferrer, franciscain espagnol, missionnaire en Amérique centrale, mort en Californie ; béatifié en 1988.

B Charles-Arnould Hanus, curé et doyen du chapitre à Ligny, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

Bse Joaquina de Vedruna, espagnole veuve avec neuf enfants après seize ans de mariage, puis fondatrice des Carmélites de la Charité, morte du choléra.

B Ghébré-Michaël (= “serviteur de Michel”), éthiopien, déçu par la théologie de son Église monophysite, converti à l'Église catholique et prêtre lazariste ; il fut torturé et en mourut ; le Martyrologe l’a inscrit au 14 juillet.

Ste Zélie Martin, mère de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, béatifiée en 2008 et canonisée en 2015 en même temps que son mari.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Capucins : José Ample Alcaide (Aurelio de Vinalesa, *1896), prêtre, près de Valencia ; 

Laïques : Juan Bautista Faubel Cano (*1889), ainsi que Arturo Ros Montalt (*1901) qui avait six enfants, près de Valencia ;

- béatifié en 2007 :

   Diocésains : Mamerto Carchano y Carchano (*1879), près de Albacete ;

- béatifiés en 2013 : 

Diocésains : Jaume Tarragó Iglesias (*1868), Isidre Fábregas Gils (*1878), Eladi Peres Bori (*1883), près de Tarragona ; Francisco López Navarrete (*1892), près de Jaén ; Agustín Bermejo Miranda (*1904), près d’Ávila ; 

Bénédictins : Leandro Cuesta Andrés (Leandro, *1870), Santiago Pardo López (*1881), Antoni Lladós Salud (Raimundo, *1881), Jaume Caballé Bru (Domingo, *1883), Fernando Salinas Romeo (*1883), Julio Fernández Muñiz (Ildefonso, *1897), Antonio Suárez Riu (Honorato, *1902), Mariano Palau Sin (Anselmo, *1902), Abel Ángel Palazuelos Maruri (Mauro, *1903) et Ramón Sanz de Galdeano Mañeru (Ramiro, *1910), prêtres ; Martín Donamaría Valencia (Rosendo, *1909), Leoncio Ibáñez Caballero (Lorenzo, *1911) et Ángel Carmelo Boix Cosials (Aurelio, *1914), clercs ; Lorenzo Sobrevia Cañardo (*1874) et Antonio Fuertes Boira (Ángel, *1889), profès, près de Huesca ;

Hospitaliers : Alejandro Iñiguez de Heredia Alzola (Mauricio, 1877) et Serviliano Solá Jiménez (Luis Beltrán, *1899), à Barcelone ;

Lassalliens : Modest Godo Buscato (Anselm Félix, *1879), Cesáreo España Ortiz (Eladio Vicente, *1886), Josep Camprubí Corrubí (Jacint Jordi, *1888), Nicolás Rueda Barriocanal (Daniel Antonino, *1894), Javier Pradas Vidal (Elías Paulino, *1896) et Modest Pamplona Falguera (Agapit Modest, *1907), à Tarragona.

B Józef Mazurek (Alfons Maria du Saint-Esprit, 1891-1944), prêtre carme polonais martyr, béatifié en 1999.

Bse Teresa Bracco (1924-2944), piémontaise, martyre de sa virginité, béatifiée en 1998 (le 29 au Martyrologe).

 

Ezechias
VIIIe-VIIe siècles avant Jésus-Christ

Ezéchias fut roi à Jérusalem, après son père Achaz, vers l’an 718 avant notre ère.
L’Ecriture relate son règne de vingt-neuf ans en 2R:18-20 et en 2Ch:29-32, repris en Is 36-39.
Achaz n’avait pas montré les meilleurs sentiments envers la culte de l’unique Yahwé : Ezéchias au contraire fut l’ami du grand prophète Isaïe et soutint ses efforts pour consolider la religion yahwiste, imitant tout ce qu’avait fait David son ancêtre (2Ch 29:2).
Il combattit tout ce qui sentait les usages païens.
Il secoua le joug assyrien, soutenu par un miracle divin, qui envoya une invasion de rats et une épidémie dans l’armée ennemie.
Il fortifie Jérusalem, fait creuser un canal souterrain pour amener l’eau dans la cité.
Ezéchias avait bien œuvré pour son peuple, mais en retour le peuple se reposait sur de vaines quiétudes, et à la mort du roi, son fils Manassé retomba dans le péché contre Dieu.
Le saint roi Ezéchias est commémoré en Orient le 28 août, jour où il n’est plus dans notre Martyrologe romain.


Hermes à Rome
2e ou 3e siècle

Etonnemment, on ne connaît rien de bien certain sur ce martyr qui fut extrêmement célèbre.
Il aurait été originaire de Grèce avant de venir à Rome.
Il y aurait subi le martyre sur la Via Salaria et aurait été enterré dans le cimetière de Basilla.
La catacombe de Basilla porte aussi le nom de saint Hermes. La basilique qui y fut construite était de dimensions très vastes.
On croyait pouvoir dater le martyre d’Hermes au début du 2e siècle, mais l’actuel Martyrologe l’a retardé au 3e.
En Picardie, saint Hermes est invoqué contre la folie, contre les maux de tête.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Hermes au 28 août.


Iulianus de Brioude
† 250

Iulianus serait né à Vienne (Isère, France) et serait entré dans l’armée, sous le tribun Ferréol (v. 18 septembre).
Les deux militaires ne cachaient pas leur foi. A la nouvelle de la prochaine persécution, Ferréol suggéra à Iulianus de se retirer en Auvergne. Ce dernier suivit le conseil et fut accueilli charitablement par une brave femme, à Brioude.
Mais des sicaires furent envoyés à ses trousses ; à leur passage, Iulianus se présenta spontanément, présenta son cou et fut décapité.
Deux vieillards, touchés par l’événement, prirent soin d’accorder à Iulianus une sépulture honorable : Dieu les en récompensa en leur rendant leur jeunesse.
Au siècle suivant, une dame espagnole apprit que son mari avait été condamné à mort à Trèves. Elle promit alors, si elle retrouvait son mari vivant, de construire une belle église sur la tombe de Iulianus. Dans l’intervalle, son mari rentra en grâce ; elle accomplit alors son vœu.
Plus tard, s.Germain d’Auxerre (v. 31 juillet) eut révélation que le martyre de Iulianus avait eu lieu le 28 août, bien probablement durant la persécution de Dèce (250).
Proche de Brioude se trouve une fontaine où les bourreaux auraient lavé la tête de Iulianus avant de la rapporter à Vienne. Saint Grégoire de Tours (v. 17 novembre) rapporte que, dans cette fontaine, la force de la fièvre s’y éteint aussi rapidement que le feu d’un bûcher inondé d’eau.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Iulianus de Brioude au 28 août.


Pelagius de Constance
† 283

Pelagius aurait été martyrisé vers 283 dans la région de Carnie (act. Frioul, Italie NE), probablement décapité.
Mais il reste particulièrement honoré à Constance (Konstanz, Allemagne S).
Qui était-il ? Que faisait-il ? Nous ne le savons pas.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Pelagius de Constance au 28 août.

 

Vicinius de Sarsina
† 330

Vicinius aurait été natif de Ligurie (Italie NO) et serait venu dans la région de Sarsina (Italie CNE) pour y mener une vie de solitaire. Il vivait dans la prière et la méditation, sous le seul regard de Dieu.
Quand les prêtres de Sarsina eurent besoin d’avoir un évêque, une grande lumière se manifesta sur la montagne où se trouvait Vicinius, qui fut ainsi appelé à être le premier évêque de Sarsina, juste avant la persécution de Dioclétien, a-t-on écrit (vers 303).
Vicinius fut donc sacré évêque ; mais durant son épiscopat d’une trentaine d’année, il se retira souvent sur sa montagne pour y passer encore de longs moments dans la prière.
Il eut le don des miracles : avec une chaîne qu’il déposait en signe de pénitence sur le cou des malades (particulièrement des possédés), il les guérissait. Cette chaîne a été conservée, et remonterait effectivement à l’époque de Vicinius, d’après les analyses des scientifiques.
Encore aujourd’hui, ces exorcismes se pratiquent dans la basilique Saint-Vicinius, l’ancienne cathédrale.
Vicinius mourut vers 330.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Vicinius de Sarsina au 28 août.


Alexandros de Constantinople
236-336

Alexandros fut évêque de Byzance, vers  313.
C’était l’époque où Arius commençait à répandre ouvertement, en Alexandrie, ses théories erronées sur l’humanité  et la divinité du Christ.
Au concile de Nicée (325), Alexandros fut parmi les plus opposés à ces aberrations.
En 330, lorsque la nouvelle Byzance, reconstruite par Constantin, prit le nom de Constantinople, Alexandros changea aussi son titre épiscopal : non plus évêque de Byzance mais évêque de Constantinople.
En 336 cependant, Arius réussit à gagner la confiance de l’empereur. On demanda à Alexandros de l’admettre dans sa communion. Le prélat était fort embarrassé et partagé entre la doctrine proclamée à Nicée et le respect de l’autorité impériale. Il pria.
Au matin du dimanche suivant, Arius venait de décéder brusquement. Dieu avait manifesté sa volonté.
Alexandros mourut peu après, presque centenaire, dit-on. Son épiscopat avait duré vingt-trois ans.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Alexandros de Constantinople au 28 août.


Restitutus de Carthage
† 360

Restitutus succéda à Gratus sur le siège épiscopal de Carthage.
Il fut présent au concile de Rimini (359), et y fut même à la tête de tous les évêques «orthodoxes», fidèles à la doctrine énoncée au concile de Nicée (325).
Successivement, deux délégations pour chacun des «partis» en présence, furent envoyées à l’empereur Constance ; celle orthodoxe était conduite par Restitutus. Malheureusement, les non-orthodoxes l’emportèrent et Restitutus eut la faiblesse de se laisser faire et de signer un compromis, le 10 octobre 359.
Il dut le regretter amèrement et se ressaisir. A sa mort, en effet, vers 360, on le mentionna au même titre que s.Augustin (v. ce même 28 août). Ce dernier prononça un discours en son honneur.
La situation n’était pas claire en Afrique : les donatistes et autres hérétiques s’acharnaient contre les catholiques, et les évêques avaient fort à faire pour maintenir leurs fidèles dans l’unité.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Restitutus de Carthage au 28 août.


Musê l’Ethiopien
† 400

Comme le Bon Larron Dysmas (v. 25 mars), et pire encore, Musê (Moïse) fut d’abord un brigand, à la peau toute noire d’un authentique Ethiopien, et diablement glouton, au point qu’il pouvait prendre pour repas un mouton entier, bien arrosé de vin. De son épée digne d’un Goliath (cf. 1S 17:7,45,51), il aimait tuer, bêtes ou hommes.
Un jour, qui sait comment, la grâce de Dieu le toucha et il s’en vint directement au désert de Scété, trouver un illustre solitaire nommé Isidore (peut-être celui de Péluse, v. 4 février). Musê chercha à le rassurer : Montre-moi Dieu ! On imagine l’hésitation d’Isidore, qui le conduisit à Macaire (l’Ancien, v. 19 janvier). Ce dernier eut l’heureuse idée de lui enseigner doucement le Credo, puis, devant le désir de ce nouveau disciple, de le baptiser.
Si la conversion de Musê était sincère, profonde, totale, l’Ennemi du Bien ne s’avouait pas vaincu et venait torturer Musê avec des tentations diverses de gloutonnerie, de débauche. Musê, humblement et bien adroitement, s’en ouvrait à Isidore, qui le consolait et l’encourageait.
Musê s’ingéniait à rendre service. Quand les ermites plus âgés sommeillaient, il prenait leurs cruches à eau et allait, malgré l’éloignement du puits, les remplir pour les leur rapporter pleines d’eau fraîche.
Des années passèrent : Musê souffrit beaucoup d’une grave douleur au pied, qui l’obligea à se coucher ; il priait davantage ; sa prière vainquit le Malin et lui obtint même sa guérison.
Une «pétition» présentée par cinq cents moines, demanda au patriarche d’Alexandrie de bien vouloir ordonner prêtre Musê. Le patriarche commença par refuser d’ordonner ce «Noir» ; Musê ne s’en formalisa aucunement, mais le patriarche, touché par son humilité, le rappela et l’ordonna.
Un jour qu’il eut plusieurs visiteurs, Musê était fort embarrassé car il n’avait pas d’eau à leur offrir. Ils le virent sortir plusieurs fois de sa grotte, et enfin tomba une forte pluie. Il s’expliqua : Je disais à Dieu : Si tu ne me donnes pas de l’eau pour tes serviteurs, d’où tirerai-je de l’eau, pour les faire boire ?
Sa dernière heure arriva, lors d’une incursion de barbares. On lui conseillait de fuir, mais il répondit : Qui a tué par le glaive périra par le glaive (cf. Mt 26:52) ; c’est ainsi qu’il périt, avec quelques autres frères, en 395 ou 407.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Musê l’Ethiopien au 28 août.


Augustin d’Hippone
354-430

Aurelius Augustinus, ce géant de la pensée théologique naquit le 13 novembre 354 à Thagaste (auj. Souk Ahras, Algérie), de Patricius et Monica, la sainte Monique dont on va aussi parler.
La plupart des détails qu’on connaît bien sur lui nous viennent de ses Confessions.
Augustinus eut un frère, Navigius, une sœur qui mourut en 424, supérieure d’un monastère à Hippone, et peut-être une autre sœur.
Si Augustinus suivait sa mère à l’église, il n’appréciait pas énormément l’étude. Il finit tout de même par être envoyé à Madaure pour étudier la grammaire, où il se familiarisa avec l’auteur latin Virgile (beaucoup plus qu’avec la langue barbare qu’était pour lui le grec). Puis il fut à Carthage pour la rhétorique : c’est là qu’il connut Alypius, futur évêque de Thagaste. Augustinus s’intéressa à la philosophie et, mais très peu, à la Sainte Ecriture. Il se fit manichéen, une secte philosophique sans grandes exigences pour ses adeptes.
De retour à Thagaste, il fut professeur de grammaire et gagna à ses idées son ami Alype. Puis il alla enseigner la rhétorique à Carthage, y ouvrant une petite école. Il se lia avec une femme qui lui donna un fils, Adeodatus.
En 383, il préféra quitter le sol africain pour Rome, d’où il gagna Milan pour enseigner là encore la rhétorique. Il y rencontra l’évêque Ambroise (v. 7 décembre), qui allait être l’artisan de sa conversion.
Sa mère le rejoignit bientôt. Elle veillait sur son «philosophe» de fils, priant secrètement pour sa conversion. Elle fut déjà bien soulagée d’apprendre qu’Augustin n’était plus manichéen et réussit au moins à lui faire envisager un vrai mariage avec sa concubine, et le baptême de son fils. Mais Augustin se lia quelque temps à une autre femme.
La grâce le poursuivait : il apprit la conversion d’un certain rhéteur Victorinus, le scrupule de sa vie déréglée le travaillait ; il se trouvait chez son ami Alype, quand il se prit à pleurer sincèrement. Il aurait entendu une voix céleste qui lui disait : Tolle, lege, qu’on a interprété de diverses façons : Enlève (le mal), choisis (le bien), ou aussi : Enlève le mal par la Loi, ou encore : Prends (l’Ecriture) et lis. Le fait est qu’il ouvrit l’Ecriture au hasard et tomba sur les mots de saint Paul : Point de ripailles ni d’orgies, pas de luxure ni de débauche (Ro 13:13).
La conversion fut franche, totale, et Augustin persévéra, pour la plus grande joie de sa mère. Huit mois plus tard, le 24 avril 387, il recevait le baptême de la main de saint Ambroise. L’épisode fut longtemps consigné dans le Martyrologe romain à cette date.
Sainte Monique mourut peu après, à Ostie (Rome), durant un voyage qu’elle faisait avec ses deux fils pour regagner l’Afrique.
Augustin regagna donc l’Afrique, avec Alypios et son fils Adeodatus. Il aborda à Carthage, gagna Thagaste. Il vendit son petit patrimoine. Son fils mourut environ trois ans plus tard.
C’est alors que le vieil évêque d’Hippone, qui cherchait un coadjuteur, proposa l’élection d’Augustinus, qui fut acclamé. Le candidat demanda à réfléchir : il n’était pas même prêtre, et devait apprendre tant de choses ! 
En 394, il reçut l’ordination épiscopale. Désormais, il parlerait chaque jour à ses fidèles, parfois deux fois par jour. De là sont venus ses Sermons.
Il parlera, fera le juge, répondra aux questions, combattra les hérésies : on lui écrivait de Rome, d’Italie, de Gaule, d’Espagne, de Bethléem. Sa correspondance avec saint Jérôme est fameuse !
Il réunit son clergé : il en fit une petite communauté, où l’on partageait fraternellement et la pensée et la table. Saint Augustin n’a pas, à proprement parler fondé un Ordre, mais celui des Augustins s’inspire des principes qu’il a énoncés ; et beaucoup de Congrégations s’inspirent de la règle augustine.
Augustin écrivit contre le donatisme et contre le pélagianisme. Il rédigea ses Confessions, sa Cité de Dieu, et principalement son De Trinitate, mais aussi un commentaire sur la Genèse, sur les Psaumes. Ces quelques titres ne sont qu’un mince aperçu de l’œuvre immense d’Augustin.
Agé et fatigué, en 426, il fit acclamer Heraclius pour son successeur. Puis vint l’épreuve de l’invasion des Vandales en Afrique ; ce fut une profonde douleur pour le vieil évêque qui avait tant œuvré depuis quarante ans pour le relèvement de son diocèse.
Dans sa chambre, il recevait encore, guérissant tel possédé, tel malade. Il fit afficher aux murs en grosses lettres des psaumes qu’il répétait.
Saint Augustin mourut le 28 août 430, alors qu’Hippone était assiégée par Genséric et les Vandales.. 
Son corps fut d’abord porté loin des envahisseurs, en Sardaigne, puis à Pavie, où sa tombe est sous la garde des Pères augustins.
La loi de l’Eglise d’alors n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui. Augustin ne fut canonisé et proclamé Docteur de l’Eglise, qu’en 1298. Il est aussi reconnu par l’Eglise orthodoxe.
On l’a pris comme patron des brasseurs, des imprimeurs et des théologiens.
Il est un des quatre grands Docteurs occidentaux de l’Eglise, avec Ambroise, Jérôme et Grégoire 1er (v. 7 décembre, 30 septembre et 3 septembre).


Vivianus de Saintes
† 460

Vivianus aurait été le fils d’un père encore païen et d’une mère chrétienne.
De seize à trente ans, il fut formé par l’évêque Ambroise.
A la mort de ce dernier, c’est sur Vivianus que tomba le choix du clergé et du peuple pour lui succéder. Il devenait ainsi le troisième évêque de Saintes.
On raconte de lui qu’il aurait fait le déplacement à Toulouse (quelque quatre cents kilomètres) pour implorer une baisse des impôts en faveur de ses diocésains. Il en aurait convaincu le roi Théodoric par un miracle éclatant.
Un siècle plus tard, Grégoire de Tours (v. 17 novembre) parle de la masse de ses vertus, précisant qu’il accorde souvent la santé aux malades.
Vivianus mourut vers 460.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Vivianus de Saintes au 28 août.


Florentina de Cartagena
555-612

Troisème des cinq enfants de Severiano et Túrtura, Florentina naquit vers 545-555 (la date reste conjecturale, car on hésite déjà sur la date de naissance de son frère Fulgencio ; 545 pourrait être plus exacte, donc 540 environ pour Fulgencio).
Ses frères aînés furent Leandro et Fulgencio (v. 13 mars et 14 janvier), son petit frère Isidoro (v. 4 avril) et sa jeune sœur Teodosia.
A la mort des parents, Florentina s’occupa de l’éducation d’Isidoro et de Teodosia. D’après la remarque ci-dessus, elle pouvait en effet avoir une quinzaine d’années à ce moment.
Elle embrassa la vie monastique, chez les Bénédictines près d’Écija (Séville). On a trouvé ici ou là qu’elle fut abbesse, mais cet abbatiat ne semble pas confirmé.
Cultivée, décidée, elle fonda néanmoins une quarantaine de monastères, qui suivirent la Règle écrite par son frère aîné, Leandro. 
Ce dernier lui dédia aussi un traité : La Foi Catholique, contre les Juifs.
Elle mourut vers 612.
Sainte Florentina de Cartagena est commémorée le 28 août dans le Martyrologe Romain.

Robert Morton
1548-1588

Robert naquit vers 1548 à Bawtry (Yorkshire, Angleterre).
Il étudia au Collège anglais de Rome, où il fut ordonné diacre, puis à celui de Douai (installé à Reims), où il reçut le sacerdoce et d’où il partit en 1587 pour l’Angleterre.
Très vite arrêté, il fut accusé d’être prêtre et d’exercer son ministère en Angleterre, et condamné à mort le 26 août 1588.
Robert subit le martyre à Lincoln’s Inn Fields (Londres) le 28 août 1588 et fut béatifié en 1929.


Hugh More
? -1588

Hugh naquit à Grantham (Lincolnshire, Angleterre).
Réconcilié dans l’Eglise catholique, il vint à Reims en vue de devenir prêtre.
Mais il retourna en Angleterre avant d’être ordonné ; il fut arrêté et mis en prison. Il fut accusé d’être passé au catholicisme et d’avoir fréquenté un séminaire papiste. Il refusa absolument de se rendre dans une église protestante, car ç’aurait été apprécié comme une expiation de sa soi-disant trahison.
Condamné à mort, Hugh subit le martyre à Lincoln’s Inn Fields (Londres) le 28 août 1588 et fut béatifié en 1929.


William Gunter
? -1588

William naquit à Raglan (Monmouthshire, Pays de Galles).
Il se prépara au sacerdoce à Reims, où il fut ordonné prêtre, et regagna l’Angleterre en 1587.
Très vite arrêté, il fut condamné à mort pour le délit d’être prêtre et d’avoir exercé comme tel dans le royaume.
On le traîna de Newgate au nouveau gibet installé près du théâtre, où il fut pendu, éviscéré et écartelé, un martyre qu’il subit avec joie et courage.
Ce fut à Shoreditch (Londres) le 28 août 1588 et William fut béatifié en 1929.


Thomas Holford
1541-1588

Thomas naquit à Aston (Cheshire, Angleterre). Certains l’ont aussi nommé Thomas Acton.
Il aurait été fils d’un ministre protestant, puis maître d’école à Hereford.
Il étudia au Collège anglais de Reims (1582), reçut le sacerdoce à Laon en 1583 et partit tout de suite pour l’Angleterre.
Une première fois arrêté vers la Toussaint, il s’échappa ; il rejoignit ainsi son pays où il espérait gagner des amis à l’Eglise catholique, mais il fut repris en 1585 et mis en prison au château de West Chester, d’où on l’envoya sous bonne garde à Londres. Mais ses gardiens étant ivres, il trompa leur attention, feignant la folie en se mettant deux bas de couleurs différentes, et réussit encore à sortir et même à trouver quelqu’un dans la rue pour l’aider ; il rejoignit Gray’s Inn Fields par de petits chemins. Il arriva chez des amis, l’estomac dans les talons, les jambes en sang. Une fois restauré et reposé, il reprit ses activités, mais en évitant Londres.
L’année suivante, il fut repris alors qu’il allait chez un tailleur de Londres pour acheter un nouveau costume.
Il fut enfermé à Newgate, accusé d’être prêtre et d’exercer son ministère en Angleterre et condamné à mort le 26 août 1588.
Thomas subit le martyre à Clerkenwell (Londres) le 28 août 1588 et fut béatifié en 1929.


William Dean
1557-1588

William naquit vers 1557 à Linton-in-Craven (Yorkshire, Angleterre), fils de Thomas Dean.
Après avoir été à l’école à Leeds et Clitheroe, il fut inscrit comme boursier au Magdalene College de Cambridge en 1575, puis comme pensionnaire au Caius College, toujours à Cambridge en 1577. 
Il se prépara au sacerdoce à Reims, fut ordonné prêtre à Soissons en décembre 1581, au moment où l’on apprit le martyre d’Edmund Campion (voir au 1er décembre) ; en janvier 1582, il regagna l’Angleterre.
C’était un homme profond et très instruit. 
Il fut arrêté peu avant 1585 et envoyé en exil, menacé de mort s’il osait revenir en Angleterre. Son zèle pour les âmes le fit tout de même rentrer très vite en Angleterre, où il fut de nouveau arrêté en 1588 et condamné à mort pour avoir été ordonné prêtre par l’autorité romaine, et être resté dans le royaume contrairement aux lois.
Tout danger d’une prétendue invasion espagnole s’étant révélé infondé, la persécution reprit de plus belle contre les catholiques et surtout contre les prêtres. Un des agents de la Reine désirait même que chaque rue de Londres fût baignée du sang des papistes. 
Au moment de l’exécution, alors que William était en train de s’adresser à la foule, quelqu’un vint le frapper si violemment à la bouche, que le prêtre faillit bien mourir avant d’être exécuté.
William subit le martyre à Mile End Green (Londres) le 28 août 1588 et fut béatifié en 1929.


Henry Webley
1558-1588

Né à Gloucester (Gloucestershire, Angleterre) vers 1558, ce pieux laïc fut arrêté à Chichester en 1586.
Accusé d’avoir aidé au moins un prêtre (William Dean) à se cacher durant la persécution, il fut condamné à mort pour ce «crime».
Il fut exécuté au lieu-dit Mile End Green (Londres).
D’après le Martyrologe et la majeure partie des sources, ce fut le 28 août 1588 (on trouve parfois le 22).
Henry Webley fut béatifié en 1987.


James Claxton
?-1588

James naquit dans le Yorkshire (Angleterre).
Il grandit dans la foi catholique, passa au Collège anglais de Reims où il fut ordonné prêtre en 1582.
Revenu en Angleterre, il exerça le saint ministère auprès des Catholiques du Yorkshire.
Arrêté au bout de trois ans, il fut d’abord banni d’Angleterre en sa qualité de prêtre. Mais son zèle le poussa à y rentrer clandestinement.
A nouveau arrêté et jugé, il fut condamné à mort pour deux délits : celui d’être prêtre et celui d’avoir contrevenu au bannissement.
James Claxton mourut en martyr, avec Thomas Felton, à Isleworth (Londres), le 28 août 1588.
Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.


Thomas Felton
1567-1588

Thomas naquit vers 1567 à Bermondsey Abbey (Londres, Angleterre).
Dans son enfance, il fut page chez Madame Lovett.
Il fut envoyé au Collège anglais de Reims, où il fut tonsuré en 1583. Il voulut alors entrer dans l’Ordre des Minimes, mais il ne put en supporter les austérités et retourna en Angleterre.
En abordant sur la côte, il fut arrêté et conduit à Londres, au Poultry Compter. Après deux années, un parent obtint sa libération ; tentant de regagner la France, il fut intercepté et conduit à Bridewell ; remis en liberté, il retenta sa chance pour aller à Reims et se préparer au sacerdoce, mais il fut à nouveau arrêté, à nouveau conduit à Bridewell, et particuièrement torturé dans le Little Ease de la prison.
Présenté au tribunal de Newgate, juste après la défaite de l’Armada espagnole, il reconnut que, au cas où l’Armada avait pu accoster, il serait resté fidèle à Dieu, à la Reine et à son pays ; mais quant à reconnaître la suprématie royale sur l’autorité papale en matière de religion, il n’en était pas question.
C’était accepter d’office la condamnation à mort.
Thomas Felton mourut en martyr, avec James Claxton, à Isleworth (entre Brentford et Hounslow), le 28 août 1588.
Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles. 


Edmund Brian Arrowsmith
1585-1628

Originaire de Haydock dans le Lancashire, d’une famille d’agriculteurs aisés qui souffrirent beaucoup pour la foi catholique, il reçut le nom de Brian au baptême, et celui de Edmund à la confirmation. Son père s’appelait Robert, sa mère Margery Gerard.
Un parent de cette dernière, le père John Gerard, écrivit un “Journal d’un prêtre élisabétain” ; un autre fut martyrisé, Miles Gerard.
Un oncle de la famille, lui aussi appelé Edmund Arrowsmith, était professeur au collège de Douai pour les Anglais catholiques “réfugiés”.
Une nuit, le père et la mère d’Edmund furent emmenés par la police, laissant leur quatre petits enfants grelottant en chemise. Le père passa en France, visita le docteur Edmund. Après des années il rentra en Angleterre et mourut.
Sa veuve confia le petit Edmund à un vieux prêtre. Le jeune homme passa à Douai, fin 1605. La maladie l’ayant contraint à retourner en Angleterre de 1605 à 1607, il revint faire ses études au collège anglais, et fut ordonné prêtre en 1612. 
Dès 1613 il fut envoyé dans le Lancashire et travailla dans la "mission anglaise" pendant dix  années. Il obtint un franc succès, malgré son goût pour la controverse, qui aurait pu le faire arrêter.
Un contemporain disait de lui : “A le voir, c’était un être très chétif, mais il était zélé, spirituel, fervent et si porté à disputer avec les hérétiques que je lui souhaitais souvent en badinant d’emporter du sel dans sa poche pour assaisonner ses actions, de peur que trop de zèle sans discrétion ne le mît trop vite en danger, si l’on pense aux violentes et soudaines tempêtes de persécutions qui nous assaillaient souvent.”
Un autre le jugeait “de grande innocence vie, de grande sincérité dans sa nature, de grande douceur dans sa conversation, de grande industrie dans son action. Il montrait toujours un gai visage, signe très probable d’une conscience droite et sans tache.”
Il eut plusieurs fois à exorciser des possédés, et jamais sans résultat.
Vers 1623, il fut examiné par l’évêque anglican de Chester, mais le roi Charles Ier, qui tenait alors à être bien vu de la catholique Espagne, le fit relâcher. L’évêque de Chester, un bon vieillard, avait reçu Edmund pendant qu’il était à table avec des ministres. Le prélat s’excusa, sur son âge et ses infirmités, de manger de la viande un vendredi. “Mais qui donc a dispensé ces vigoureux messieurs ?” demanda notre catholique.
Peu après il se décida à entrer chez les Jésuites. Il fut admis après une retraite de quelques mois en Essex, qui lui tint lieu de noviciat régulier à l’étranger.
Cinq ans après, il fut dénoncé par un jeune homme auquel il reprochait un mariage incestueux, il fut arrêté puis interrogé à Brindle Moss, où curieusement son cheval refusa de sauter un fossé.
Aux assises de Lancaster, en août 1628, il fut accusé d’être prêtre, jésuite, et de faire campagne pour l’Église de Rome.
Condamné à mort, il fut d’abord enchaîné et placé dans un cachot si étroit qu’il ne pouvait s’allonger. Il y resta du mardi après-midi au jeudi midi. On ne sait s’il obtint même quelque nourriture.
Au moment d’aller au lieu du supplice, il reçut l’absolution, devant tout le monde, du bienheureux John Southworth, qui se trouvait à une fenêtre, bénéficiant d’un sursis (voir au 28 juin). 
Jusqu’au dernier moment, on le tentait d’abjurer pour recouvrer la liberté, mais il répondait : “Ne me tentez plus ! Je ne le ferai pas, en aucun cas, à aucune condition !” Ses dernières paroles furent, an latin : “Bone Iesu !”
Il fut ainsi pendu, éviscéré puis écartelé, selon la forme habituelle établie, là même où il avait exercé son apostolat. 
Béatifié en 1929, il fait partie des Quarante Martyrs d'Angleterre et du Pays de Galles qui ont été canonisés en 1970.
Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.
Commémoré le 28 août, Edmund est localement fêté avec d’autres Compagnons martyrs le 25 octobre.
La maison des Arrowsmith se trouve toujours à Hoghton, dans le Lancashire.

Jaume Caballé Bru
1883-1936

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

Jaume était né le 25 mai 1883 à Villalba de los Arcos (Tarragona, Espagne).
Il reçut l’habit bénédictin à Montserrat en 1900, professa en 1901 et fut ordonné prêtre en 1910.
En religion, il prit le nom de Domingo (Dominique).
Après treize années à Montserrat, il fut envoyé treize ans encore à Manille.
Revenu en Espagne, il fut à El Miracle (Solsona) et passa à El Pueyo en 1932, comme professeur d’histoire de l’Eglise et de théologie morale.
On a retenu ce trait personnel qu’il avait besoin de boire beaucoup, et qu’on le voyait souvent remplir sa gourde pour ne pas manquer.
Il écrivit beaucoup d’articles, en espagnol et en catalan. On a gardé de lui un long compte-rendu de son voyage en bateau d’Espagne à Manille, qu’il avait envoyé à son frère.
Quand il fut interrogé sur ses noms, prénoms, âge, etc, il remarqua que l’employé de service était catalan, comme lui. Il lui dit son nom en catalan : Domènec Caballé. Sòc català. Mais l’employé resta indifférent.
Le père Domingo fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et béatifié en 2013.


Fernando Salinas Romeo
1883-1936

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

Fernando était né le 31 mai 1883 à Pozán de Vero (Huesca, Espagne), lendemain de la fête de saint Fernand, dont il porta le prénom.
Le pays de sa famille étant assez proche du monastère bénédictin de El Pueyo, il dut faire ses humanités au monastère.
Il fit ensuite le noviciat à Montserrat : c’est là qu’il professa et fut ordonné prêtre, en 1909.
On signalera ici que son frère aîné, Raimundo, fut bénédictin en Australie, puis aux Philippines comme abbé à Manille. Revenu en Espagne, il se retira à El Pueyo, où il mourut en 1943 après une brève maladie. Une cousine aussi a été abbesse bénédictine à Calatayud et Saragosse.
La «spécialité» du père Fernando fut l’histoire civile et religieuse de l’Aragon. Il fut pour cela aussi chargé de la bibliothèque, qu’il développa beaucoup. On y recensait bien vingt-cinq mille ouvrages. Même les anarchistes la respectèrent. Le père Fernando fut l’auteur de nombreux articles dans les encyclopédies et autres publications.
Pour chercher des sources d’eau, il s’ingénia à étudier la situation géologique du terrain, et même à utiliser les vertus du pendule, avec des résultats très positifs.
En juillet 1936, le père Fernando jugea possible d’aller se réfugier dans sa famille, qui était proche, mais un brave homme qu’il rencontra en chemin l’en dissuada totalement, car toutes les routes étaient très surveillées. Il revint donc sur ses pas et partagea les vicissitudes de sa communauté.
Il fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et fut béatifié en 2013.


Cesáreo España Ortiz
1886-1936

Il vit le jour le 25 février 1886 à Pancorbo (Burgos, Espagne), et fut baptisé dès le lendemain.
Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), au noviciat mineur de Bujedo en 1898, commença le postulat en 1902 avec le nom de Eladio Vicente et fit la profession.
Cesáreo-Eladio fut un Frère très soumis à la Règle, silencieux et travailleur ; ce qu’on lui donnait à faire, il le faisait à la perfection ; il se préoccupait de chacun, sachant se montrer compréhensif et bon. Fragile de santé, il n’en était pas moins énergique et austère pour lui-même. 
Dans les premiers temps, il fut à Teruel où il prépara les enfants à la Première communion.
Il enseigna à Barcelone (où il fut aussi Visiteur) à partir de 1904, à Cambrils (1905), à Bonanova (1906). En 1911, il dut être soigné à Cambrils et passa l’année suivante à Teruel, dont le climat était meilleur pour lui ; puis il fut à Tarragona (1913), directeur à Guixols (1922), directeur du scholasticat de Cambrils (1925), et du noviciat (1927). 
En 1936, il aida un groupe de novices à trouver les moyens de rejoindre leurs familles, à cause de la situation dramatique.
Il fut arrêté à Tarragona et mis dans le bateau-prison Ríu Segre, comme des centaines d’autres prêtres et religieux.
Le 28 août après-midi, des anarchistes de Cambrils vinrent réclamer les prisonniers de cette ville. Il y en avait sept, dont le Frère Eladio, qui se mit à chanter le Magnificat.
On les conduisit au pont de Castellets, route de Cambrils, où ils furent fusillés, le 28 août 1936.
Ils furent béatifiés en 2013.


José Camprubí Corrubí
1888-1936

Il vit le jour le 22 février 1888 à Palmerola (Gerona, Espagne) et fut baptisé le lendemain.
Il commença par travailler comme employé chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), à Manlleu.
Ayant demandé son admission dans la communauté, il dut attendre un peu pour éprouver sa vocation. Il passa au noviciat de Fortianel et prit l’habit en 1923 avec le nom de Jacinto Jorge. Il avait trente-cinq ans au moment de la profession.
José-Jorge était un homme sérieux, tellement qu’on souhaitait parfois le voir un peu plus expansif.
Il fut nommé infirmier auxiliaire, puis responsable de l’infirmerie à Cambrils, jusqu’en 1936. 
En 1936, il fut arrêté et conduit au bateau-prison Ríu Segre, comme des centaines d’autres prêtres et religieux. On l’y voyait prier beaucoup le chapelet.
Le 28 août après-midi, des anarchistes de Cambrils vinrent réclamer les prisonniers de cette ville. Il y en avait sept, dont le Frère Jacinto. En quittant ses compagnons, il leur demanda de prier pour lui, ajoutant : Moi aussi, je prierai pour vous.
On les conduisit au pont de Castellets, route de Cambrils, où ils furent fusillés, le 28 août 1936.
Ils furent béatifiés en 2013.


Juan Bautista Faubel Cano
1889-1936

Juan Bautista naquit le 3 janvier 1889 à Liria (Valencia, Espagne), d’une famille chrétienne.
Il apprit de son père la pyrotechnique et continua des études de façon privée. Dans la région, il avait la réputation du meilleur pyrotechnicien ; il fut même récompensé à Valencia et Saragosse.
De son mariage avec Patrocinio Beatriz, il eut trois enfants : Patrocinio, Josefina et Juan Bautista.
Ce chrétien voulut vivre l’Evangile de façon totale et chercha en tout l’intégrité morale. Il recevait l’Eucharistie chaque jour, méditait, priait le chapelet en famille, et vénérait le Sacré-Cœur.
Il fit partie d’associations chrétiennes dès sa jeunesse : Action Catholique, confraternités diverses, Adoration Nocturne.
Il fut aussi président de la Droite, dont il orienta une section vers le secours des pauvres.
Contre la législation opposée à l’enseignement religieux, il fonda des écoles catholiques.
Tout cela en faisait un ami de l’Eglise, et un ennemi de la milice républicaine.
Lors de la révolution de juillet 1936, l’église partit en flammes et Juan Bautista se précipita pour retirer le Saint-Sacrement et éviter la profanation. Des Religieuses trouvèrent un abri chez Juan Bautista. Un proche lui suggéra de dissimuler le Crucifix ; il refusa, expliquant que c’était le Maître de la maison. D’autres lui conseillaient de se cacher, mais il répondait que si Notre Seigneur avait besoin de (son) sang, il ne devait pas le lui refuser.
Le 6 août 1936, des miliciens armés vinrent de nuit pour l’arrêter. Il prit son crucifix et sortit. Les miliciens l’emmenèrent avec quelques autres à l’endroit appelé Els Olivarets, où ils le torturèrent avec des coups d’aiguille et en tirant pour le terroriser. Puis ils le mirent quelques jours dans la prison de Liria, et ensuite dans celle de San Miguel de los Reyes.
Sa famille put lui rendre visite ; il leur raconta avoir beaucoup souffert la nuit de son arrestation, par exemple on lui piquant le bout des doigts et d’autres parties du corps, sans entrer dans les détails.
La veille de sa mort, il remit un chèque à une personne de confiance, lui demandant de vite retirer tout son argent et de le donner aux siens avant sa mort, qui devait arriver le lendemain.
Le 28 août 1936 à une heure du matin, on l’appela avec d’autres prisonniers, dont deux prêtres et un député de gauche, qui durent monter dans un car escorté par trois voitures de miliciens rouges. Des témoins les entendirent crier Vive le Christ Roi.
Parvenus à la route de Liria à la Cañada, les prisonniers furent alignés et abattus. Juan Bautista tenait toujours son crucifix en main, comme il se l’était toujours promis.
Juan Bautista Faubel Cano fut béatifié en 2001.


Antonio Fuertes Boira
1889-1936

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

Antonio était né le 1er (ou le 2) août 1889 à Saragosse (Espagne).
En 1913, il professa à La Cogullada, un prieuré bénédictin en Aragon, dépendant de Ligugé (Vienne), puis passa à El Pueyo.
En religion, comme Frère convers, il prit le nom de Ángel.
Il fut le cuisinier de sa communauté et, en prison, se chargea également de la distribution des rations.
Il fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et fut béatifié en 2013.


Francisco de Paula López Navarrete
1892-1936

Il naquit le 2 mars 1892 à Villanueva del Arzobispo (Jaén, Espagne), de Andrés et María, qui lui donnèrent au baptême le nom de saint Francesco di Paula (voir au 2 avril : on pourrait vraisemblablement se demander si l’enfant ne serait pas né plutôt le 2 avril à moins que le baptême ait eu lieu le 2 avril, ce qui, pour l’époque, semble bien tardif). 
Le petit Paquito grandit, avec son petit frère Enrique, dans ce foyer chrétien, qui possédait quelques terres et, plus tard, une petite quincaillerie.
Veuf dès 1894, le papa se remaria et eut deux filles.
Francisco s’habitua à s’abandonner à la Mère céleste, en remplacement de la maman de la terre. Il se rendait souvent au sanctuaire marial proche, Notre-Dame de Fuensanta.
A huit ans, il fut envoyé étudier à Úbeda, où vivaient des parents et où il étudia sous la paternelle vigilance d’un bon prêtre.
Bientôt, il voulut aller convertir les hérétiques, et entra au séminaire de Baeza en 1905. Malgré sa bonne corpulence, il tomba malade plusieurs fois, de sorte que ses résultats ne furent pas toujours à la hauteur de ses qualités intellectuelles et spirituelles.
En 1916 il fut ordonné prêtre à Cordoue, car l’évêque de Jaén était souffrant ; il se trouva que dans la même cérémonie furent ordonnés prêtres cinq autres séminaristes qui seraient bientôt martyrisés dans les mêmes circonstances que Francisco.
Sa première nomination fut pour Beas de Segura et Cañada Catena, proches de son pays natal. En 1926, il fut nommé à Villanueva même et, en 1933, à Orcera comme archiprêtre.
Il fonda l’Action Catholique, développa la bonne presse, restaura des sanctuaires abandonnés. Il se choisit les douze personnes les plus pauvres de la paroisse, pour les recevoir personnellement à Noël, à Pâques et aux grandes fêtes.
L’année 1936, fatigué, il vint passer quelques jours dans sa famille le 13 juillet. Les événements des jours suivants firent qu’on l’obligea à rester là. Il célébra encore la Messe chez les Religieuses du Christ-Roi.
Ce fut d’abord son père qui fut arrêté ; le tour du prêtre arriva le 28 août 1936. Il y avait beaucoup de délits à lui reprocher : les nombreux crucifix et saintes images accrochés aux murs de la maison, sa soutane, et surtout le fait qu’il était prêtre. Arrêté à midi, il refusa catégoriquement de profaner ces saintes images et ajouta : Faites de moi ce que vous voulez que je fasse pour les saintes images. 
On l’emmena en camion, tel qu’il était, en pantoufles, sans lui permettre d’enfiler sa soutane, encore moins d’avaler son repas, disant à la famille qu’il allait revenir dans un moment.
Le «petit moment» consista à sortir de Villanueva, prendre la route Cordoue-Valencia vers Beas de Segura et s’arrêter au milieu des oliviers près de la voie ferrée. A l’entrée d’un tunnel, ils fusillèrent le prêtre, l’arrosèrent d’essence et, comme il respirait encore, le mirent quasi en morceaux.
Des témoins affirmèrent plutôt qu’une fois arrivé à l’endroit en question, il se leva et bénit ses bourreaux, puis qu’on commença par l’arroser d’essence pour le brûler vif, mais les bourreaux ne réussirent pas à allumer le feu, de sorte que leur chef les menaça de son arme : Si vous ne me le tuez pas, c’est moi qui le tue. Ils tirèrent, tandis qu’il avait les bras en croix et criait Vive le Christ Roi. Puis ils lui coupèrent les bras, les jambes, et la tête.
Don Francisco de Paula López Navarrete fut béatifié en 2013.

Nicolás Rueda Barriocanal
1894-1936

Il vit le jour le 10 septembre 1894 à Quintanavides (Burgos, Espagne) et fut baptisé le 17.
Il commença le noviciat mineur chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), à Cambrils en 1907.
Il fut choisi pour le noviciat de Lembecq-lez-Hal (Belgique) et prit l’habit en 1910 à Bettange (Luxembourg) avec le nom de Daniel Antonino.
Nicolás-Daniel était un homme doux, patient, généreux.
Sopn activité fut l’apostolat à Bonanova, puis l’enseignement à Santa Madrona et Las Corts ; puis le collège Condal et Guixols.
Une pleurésie poussa ses supérieurs à lui confier une charge moins pesante, et il fut au noviciat de Cambrils, où il eut aussi une activité de catéchiste.
En 1936, il fut arrêté et conduit au bateau-prison Ríu Segre, comme des centaines d’autres prêtres et religieux.
Le 28 août après-midi, des anarchistes de Cambrils vinrent réclamer les prisonniers de cette ville. Il y en avait sept, dont le Frère Daniel. En quittant ses compagnons, il leur demanda de prier pour lui, ajoutant : Moi aussi, je prierai pour vous.
On les conduisit au pont de Castellets, route de Cambrils, où ils furent fusillés, le 28 août 1936.
Ils furent béatifiés en 2013.


José Ample Alcaide
1896-1936

Il vit le jour le 3 février 1896 à Vinalesa (Valencia), troisième des sept enfants de Vicente et Manuela, qui le firent baptiser dès le lendemain. Il fut confirmé en 1899.
Après avoir fréquenté le Séminaire Séraphique de Massamagrell (Valencia), il entra dans l’Ordre des Capucins, reçut l’habit en 1912, professa en 1913, avec le nom de Aurelio de Vilanesa, et fit la profession solennelle en 1917. 
On l’envoya étudier à Rome, où il fut ordonné prêtre en 1921.
Il fut nommé directeur des études philosophico-théologiques à Orihuela (Alicante), professeur au séminaire, directeur du Tiers-Ordre franciscain, confesseur et prêcheur.
Dès le 13 juillet 1936, il dut abandonner son couvent et se réfugier chez ses parents.
Les miliciens le repérèrent et l’arrêtèrent le 28 août 1936. Ils l’emmenèrent au petit matin pour le fusiller au Barranco del Carraixet avec d’autres laïcs auxquels il donna l’absolution : le voyant, un milicien lui donna deux gifles ; un autre milicien dit au premier de cesser de le gifler, que ça n’en valait plus la peine.
En exhortant ses compagnons à mourir en paix, le Père leur dit encore : Criez bien fort : Vive le Christ Roi !
Il fut béatifié en 2001.


Javier Pradas Vidal
1896-1936

Il vit le jour le 20 mars 1896 à Culla (Castellón, Espagne).
Il étudia à Benicarló chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), puis passa au noviciat mineur de Cambrils en 1909, commença en 1911 le postulat avec le nom de Elías Paulino et fit la profession.
Javier-Elías fut un excellent frère et professeur, et plusieurs de ses élèves poursuivirent dans la vie consacrée. 
Il fut dans diverses écoles et, en ultime analyse fut sous-directeur du noviciat. On prévoyait de le nommer directeur, mais les événements renversèrent tous ces projets. 
En 1936, il accompagna des élèves jusqu’à Tarragona, et c’est là qu’il fut arrêté.
Il fut conduit au bateau-prison Ríu Segre, comme des centaines d’autres prêtres et religieux, envers lesquels il montra tout son empressement pour leur venir en aide ou les soulager, autant que faire se pouvait.
Le 28 août après-midi, des anarchistes de Cambrils vinrent réclamer les prisonniers de cette ville. Il y en avait sept, dont le Frère Elías.
On les conduisit au pont de Castellets, route de Cambrils, où ils furent fusillés, le 28 août 1936.
Ils furent béatifiés en 2013.


Julio Fernández Muñiz
1897-1936

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

Julio était né le 24 juin 1897 à Cobos (Muros de Nalón) (Oviedo, Asturies, Espagne).
En religion, il prit le nom de Ildefonso.
Il commença ses études à El Pueyo, fit le noviciat bénédictin à Montserrat, y fit la profession et passa à El Pueyo, où il fut ordonné prêtre.
C’était le professeur de latin des collégiens. Il était si bon qu’il ne savait pas toujours bien maintenir la discipline en classe…
Il était surtout sacristain, et organiste. C’est lui qui se chargea de sauver l’Eucharistie, au moment de quitter le monastère, le 22 juillet 1936.
Dans le camion qui transportait les moines au lieu de l’exécution, le père Ildefonso cria très fort Vive le Christ Roi !, à quoi un milicien répondit en lui assenant un violent coup de crosse qui lui ouvrit le crâne.
Il fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et fut béatifié en 2013.


Serviliano Solá Jiménez
1899-1936

Serviliano vit le jour le 20 avril 1899 à Artariain (Navarre, Espagne), de Florencio et Perpetua, qui le firent baptiser le même jour. Il reçut la confirmation en 1902.
Il entra en 1918 à Ciempozuelos dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et passa à Carabanchel Alto, où il prit le nom de Luis Beltrán.
Il fit la première profession en 1920, la solennelle en 1925.
Il exerça en diverses communautés de Catalogne, faisant la quête au profit des maisons de son Ordre, et s’occupant des malades pendant la nuit, du moins tant que sa santé le lui permit. Il eut ensuite des occupations moins importantes et moins fatiguantes.
Lors de la révolution de 1936, il se trouvait à Manresa, d’où il rejoignit Barcelone avec le Frère Mauricio.
Tous deux furent arrêtés et martyrisés le 28 août 1936 à Barcelone.
Ils furent béatifiés en 2013.


Arturo Ros Montalt
1901-1936

Arturo Ros Montalt naquit le 26 octobre 1901 à Vinalesa (Valencia, Espagne), d’une modeste famille chrétienne dont il était l’aîné.
Il travailla à l’usine de jute.
De son mariage avec María Llopis Sirer en 1927, il eut six enfants : María, Vicenta, Arturo, Amparo, Francisco et Honorato, ce dernier fils posthume et futur prêtre.
Ce chrétien fidèle suivait en tout les conseils de son directeur spirituel, fonda l’Action Catholique dans son pays ainsi qu’un syndicat chrétien, et refusa énergiquement d’appartenir à des formations de gauche. Il fut élu de 1933 à 1935 au Conseil municipal, où même ses «adversaires» reconnaissaient son entière probité.
Quand la Gauche supprima l’enseignement religieux, il fit tout pour fonder dans son pays une école catholique.
Tout cela en faisait un ami de l’Eglise, et un ennemi de la milice républicaine.
Vers la fin du mois d’août 1936, on l’arrêta et on lui infligea toute une série de mauvais traitements.
Le 28 août 1936 au matin, on l’appela avec une dizaine d’autres prisonniers pour monter dans un car ; il dit à ses compagnons : Préparons-nous à recevoir le baptême de sang.
Sur la route de Moncada, on abattit d’abord tous les autres devant Arturo. Lui, on le jeta vivant dans un four à chaux, où son corps disparut entièrement.
Arturo Ros Montalt fut béatifié en 2001.


Antonio Suárez Riu
1902-1936

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

Antonio était né le 5 janvier 1902 à Torres del Obispo (Huesca, Espagne).
Il fit le noviciat chez les Bénédictins de Montserrat, fit la profession en 1919 et fut ordonné prêtre en 1925, comme moine de El Pueyo.
En religion, il prit le nom de Honorato. 
Cultivé et bon conseiller, il était le sous-prieur du monastère, et préfet des jeunes collégiens.
En juillet 1936, il dit à son médecin : Je viens vous dire adieu, car ils vont tuer tous les Religieux. Le médecin lui proposa sa maison, mais il répondit qu’il resterait dans le monastère.
Peu de temps avant l’arrestation de toute la communauté, dom Honorato rencontra sa famille. Au moment où il prenait congé de ses parents, sa mère lui suggéra de partir pour l’étranger. Mais lui, bien conscient que l’heure du martyre était proche, lui répondit : Non, Maman. Ça vous semble peu de chose de mourir pour Dieu et de monter au Ciel ?
Il fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et fut béatifié en 2013.


Mariano Palau Sin
1902-1936

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

Mariano était né le 9 août 1902 à Torres del Obispo (Huesca, Espagne).
Il étudia à El Pueyo, fit le noviciat bénédictin à Montserrat, ainsi que la profession (en 1919) et fut ordonné prêtre en 1925.
En religion, il prit le nom de Anselmo.
Il fut maître de chœur, doué d’une admirable voix de basse.
C’est lui que le père Prieur envoya en reconnaissance, à Barbastro, vêtu en civil, pour avoir des nouvelles de la situation, le 20 juillet 1936 ; le 22, c’est encore lui qui montra aux miliciens la dynamite que les Pères utilisaient pour creuser des puits (et non pour faire la guerre).
Il fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et fut béatifié en 2013.


Abel Ángel Palazuelos Maruri
1903-1936

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

Abel Ángel était né le 26 octobre 1903 à Peñacastillo (Santander, Espagne).
Il entra au monastère bénédictin de Valvanera (La Rioja), d’où il passa à Samos (Lugo) pour le noviciat. Il prit le nom de Mauro.
En 1920, il émit les vœux temporaires, les solennels en 1926, année où il fut ordonné prêtre.
En 1934, il fut nommé prieur du monastère de El Pueyo, et comme tel il conduisit admirablement toute sa communauté au don total, par fidélité à l’Eglise et au Christ.
C’est lui qui reçut la confession de l’évêque de Barbastro, Mgr Asensio.
L’homme qui l’abattit avoua lui-même son crime quelques jours plus tard et raconta l’épisode : 
En chemin vers le lieu de l’exécution, le père Palazuelos Maruri demanda à saluer sa mère, ce qu’on lui accorda, en pensant qu’il allait juste s’arrêter quelques instants à l’hôpital tout proche ; mais ils furent bien surpris de voir le moine se tourner vers Notre-Dame de El Pueyo et entonner le Salve Regina. 
Le jeune anarchiste, ne pouvant supporter la situation, se mit à tirer sur le moine, jusqu’au mur du cimetière. Depuis, travaillé dans sa conscience, il ne pouvait plus sortir la nuit, ne trouvait plus le sommeil, et pensait que son crime ne pouvait être pardonné. On n’en sait pas plus, mais on ne peut douter que le père Mauro lui-même aura intercédé pour son pardon, lui qui avait invité plusieurs fois ses Confrères à pardonner à leurs bourreaux.
Le père Mauro fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et béatifié en 2013.


Agustín Bermejo Miranda
1904-1936

Né le 10 avril 1904 à Puerto Castilla, de Adolfo et Eulogia, Agustín fut baptisé le 13 suivant.
Il entra en 1915 au Petit séminaire d’Ávila, y reçut la confirmation en 1919, passa au Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1926.
Il fut d’abord envoyé à Horcajo de la Ribera, mais pour peu de temps, car il dut partir au service militaire, comme aumônier des troupes espagnoles en Afrique (1927-1929).
Au retour, il fut nommé à El Mirón (1929), San Juan de la Nava (1930), Arévalo, Parrillas, Bohoyo enfin où il restera de 1932 à 1935. Sa dernière paroisse sera Hoyo de Pinares, où il arriva avec sa vieille maman, le 27 avril 1935. 
Parmi ses nombreux soucis, il chercha à rapprocher de l’Eglise ses propres «ennemis» de gauche, qui étaient contaminés par les idées de la proche Madrid.
Le 19 juillet 1936, l’église paroissiale fut occupée et transformée en dépôt de vivres, tandis que le curé et sa maman furent confinés dans le presbytère. Des fidèles proposèrent au prêtre de fuir à Madrid, mais don Agustín, en bon pasteur, ne voulait abandonner ni sa mère ni ses fidèles. Ces derniers leur apportèrent leur soutien, des repas, des nouvelles.
Bien vite, don Agustín apprit avec douleur l’assassinat de deux curés voisins, les 23 et 24 juillet ; pendant un mois, il passera avec sa mère des journées de prière et d’angoisse.
Le 28 août vers sept heures du matin, arrivèrent quatre miliciens armés. La maman leur ouvrit, sachant bien ce qui allait se produire. Le prêtre se présenta tout de suite. Mère et fils s’embrassèrent  longuement, sous l’œil moqueur des miliciens, dont l’un traita même le prêtre de lâche. Don Agustín lui rétorqua doucement : Embrasser sa mère pour la dernière fois n’est pas un acte de lâcheté, mais de bon fils, d’homme fier.
La vieille dame tomba à terre, on ne sait si ce fut à cause d’un coup reçu ou par perte de connaissance. Les miliciens emmenèrent le prêtre dans leur voiture.
On prit la route de Cebreros, jusqu’au lieu-dit El Barraco, après le pont de la Gaznata. Le jeune curé fut abattu vers midi, ce 28 août 1936. 
D’après le propre témoignage de certains miliciens, ils cherchèrent inutilement à fermer le poing du prêtre pour faire le signe communiste ; ils dirent que le prêtre était mort très courageusement. 
Le corps resta d’abord sans sépulture, puis les miliciens voulurent le brûler. Ensuite on enterra ce qui en restait.
Les miliciens choisirent exprès la fête patronale de saint Michel, le 29 septembre, pour profaner l’église. L’église elle-même ne souffrit pas trop ; on profana les ornements sacrés ainsi que les saintes images de saint Roch et saint Sébastien ; quelques objets plus précieux disparurent ; de la chaire, les républicains «prêchèrent» leurs idées marxistes.
Don Agustín Bermejo Miranda fut béatifié en 2013.


Modesto Pamplona Falguera
1907-1936

Il était né le 17 juin 1907 à Berga (Barcelone) et reçut le Baptême trois jours plus tard.
Il étudia au collège des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) sur place, et voulut faire partie de cette communauté.
Il commença le noviciat à Cambrils, l’acheva à Fortianell, où il reçut l’habit, et le nom de Agapito Modesto (1923).
Ses activités d’enseignant furent à San Hipólito de Voltregá et San Feliu de Guixols.
A la proclamation de la République en 1931, des lois obligèrent les Lassalliens à restructurer leurs communautés, et Modesto passa à Barceloneta.
Il dut alors faire son service militaire, à Tarragona, avec cette heureuse possibilité de pouvoir dormir chez les Lassalliens de Tarragona ; au terme de son service, il resta dans cette communauté, jusqu’en 1934, année où il passa à Cambrils.
Ceux qui le connurent firent l’éloge d’un Frère doux et délicat, serviable et très obéissant.
Le 21 juillet 1936, il fallut abandonner la maison de Cambrils : il revint à Tarragona, où il fut arrêté ; on le mit dans le bateau-prison Rio Segre.
A un compagnon de captivité, il dit : Je suis jeune {il avait vingt-neuf ans} et j’aurais bien voulu travailler davantage au sein de mon Institut. Dieu ne le veut pas, aussi j’offre ma vie pour que d’autres puissent faire ce que je n’ai pas pu faire.
Le 28 août, on le fit sortir du bateau. 
A un confrère, il remit ce qui lui restait, son stylo et quelques boutons pour son habit, lui disant joyeusement : Tiens, je n’en aurai plus besoin.
Il semblait si joyeux, que l’autre pensait qu’on l’avait libéré. Et Modesto : Comment ? Dans quelques instants je serai au ciel, peut-être bien dans moins d’une demi-heure. Tu te rends compte ?
Il était avec quelques autres détenus ; on les fusilla près du pont Castellet. C’était le 28 août 1936.
Modesto a été béatifié en 2013.


 

Martín Donamaría Valencia
1909-1936

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

Martín et son frère jumeau étaient nés le 13 novembre 1909 à San Martín de Unx (Navarre, Espagne).
Martín reçut l’habit bénédictin en 1926 à Montserrat, tandis que son frère le reçut à Belloc (Pyrénées Atlantiques) avant de partir pour l’Australie.
En religion, il prit le nom de Rosendo, fit la profession en 1927 et fut ordonné diacre en 1932.
L’année du soulèvement révolutionnaire de 1936, il allait recevoir le sacerdoce.
Il avait une bonne oreille musicale et une belle voix, et fut nommé maître de chant pour les jeunes.
A El Pueyo, il reçut de son père un violon, qu’il jouait suffisamment bien pour égayer ses Confrères le dimanche.
Ce papa aimait beaucoup son fils ; lors de son service militaire à Pamplona, il paya à l’Etat la somme d’argent nécessaire pour abréger l’éloignement de son fils.
Quand Rosendo fut arrêté et détenu à Barbastro avec toute sa communauté, il attendit son heure avec sérénité. Par un des collégiens libérés, il fit dire à son père et à ses frères de ne pas être tristes, car lui était heureux. Le papa, encore une fois, fut fier de son fils : Il savait qu’il allait mourir, et c’est lui qui nous consolait. Quel fils !
Rosendo fut exécuté le 28 août 1936 et béatifié en 2013.


Ramón Sanz de Galdeano Mañeru
1910-1936

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

Ramón était né le 30 août 1910 à Villatuerta (Navarra, Espagne), cinquième des dix enfants d’une famille très chrétienne ; il y eut d’abord quatre filles, puis notre Ramón et son frère Sérafín (qui serait aussi bénédictin, en Australie), et de nouveau quatre filles, dont deux religieuses.
L’accouchement de Ramón se révélait difficile ; le papa pria avec profonde ferveur le Sacré-Cœur, priant pour la vie du garçon et de la maman dont les enfants avaient tant besoin ; Ramón fut un garçon plein de vie, espiègle à l’occasion, toujours reconnaissant pour ce don de la vie. 
Très jeune il exprima son désir d’être religieux et entra à onze ans à El Pueyo. La famille comptait d’ailleurs déjà deux Bénédictins.
En religion, Ramón prit le nom de Ramiro.
Après El Pueyo, il fit le noviciat à Samos, revint à El Pueyo où il fit la profession solennelle en 1932 et reçut l’ordination sacerdotale en 1935.
Déjà avant d’être ordonné, il enseignait la théologie aux plus jeunes.
Dans la «prison» de Barbastro, il réussit à obtenir un peu d’eau pour faire la barbe à ses compagnons ; il alla couper les cheveux aux Clarétains, prisonniers eux aussi, l’étage en-dessous.
On sait qu’entre le 25 et le 30 juillet, Ramón aurait pu être libéré, par l’entremise d’un ami d’enfance, engagé dans l’armée et qui avait une certaine influence ; mais Ramón refusa d’être libéré seul sans sa communauté, et son ami ne pouvait libérer tout le monde ; il raconta ce fait à sa famille, grâce à laquelle on le sut.
La nuit, Ramón se trouvait près d’une fenêtre qui donnait sur la place et se rechangeait avec un autre diacre piariste pour observer quels prisonniers on conduisait au peloton ; c’est ainsi que dans la nuit du 9 août, il aperçut Mgr Asensio, qui fut en effet fusillé ce jour-là.
Ramón fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et béatifié en 2013.


Leoncio Ibánez Caballero
1911-1936

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

Leoncio était né le 11 septembre 1911 à Cubillejo de Lara (Burgos, Espagne).
Il étudia à El Pueyo, fit le noviciat et la première profession à Belloc (Pyrénées Atlantiques).
En religion, il prit le nom de Lorenzo.
C’était un homme aussi humble et pieux que robuste et solide. Il collabora au creusement des puits pour trouver de l’eau, au soin des ruches.
Il fit la profession solennelle en 1932 et dut partir au service militaire, à Melilla. C’est avec les larmes qu’il alla s’agenouiller devant la statue de Notre-Dame avant de quitter son monastère pour trois ans.
Il fut ordonné sous-diacre le 5 juillet 1936, quinze jours avant le soulèvement révolutionnaire.
Le soir du 20 juillet 1936, il partit avec un jeune profès, Rafael Lacambra, vers Peralta de Alcofea, le pays de ce dernier. La démarche avait été décidée dans l’espoir de mettre en sûreté, dans la famille de Rafael, les archives du monastère. 
Pendant quelques jours, on ne sut plus rien des deux Religieux, jusqu’aux premiers jours d’août.
Début août, dom Lorenzo réapparut dans la pièce où se trouvaient ses Confrères de El Pueyo, qui n’en croyaient pas leurs yeux.
On n’aurait peut-être rien su d’autre sur lui, si Rafael n’avait pas survécu, et voici ce qui leur était arrivé : 
Arrivés vers cinq heures du soir à Peralta, ils furent reçus chez une sœur de Rafael, où ils s’empressèrent de dissimuler leurs bréviaires. Deux jeunes vinrent s’informer sur ces deux individus et, ne trouvant pas d’objets religieux, repartirent. La famille tremblait pour les deux jeunes Religieux et leur disait de fuir.
Mais ayant accompli leur mission, ils s’installèrent dans la cave, priant et lisant le bréviaire à la lumière d’une bougie. Rafael ne fut pas plus inquiété ensuite.
Le 21 eurent lieu les premières exécutions à Peralta. On vint chercher Lorenzo pour le faire travailler «utilement» : on le fit creuser des tranchées. Huit jours après, le Comité lui ordonna simplement de partir, car il n’était pas du pays.
Rafael voulait réaccompagner Lorenzo, mais c’était trop risqué. Lorenzo partit seul à trois heures du matin, disant à Rafael : Il va falloir que tu restes tout seul ; tu vas devoir te battre. Résiste jusqu’au bout. Moi, s’ils me tuent, je mourrai comme j’ai vécu. Quand les circonstances te le permettront, tu diras à mon père que son fils est mort comme un soldat courageux et que mon dernier cri avant d’être fusillé fut «Vive le Christ Roi !»
Lorenzo rejoignit la maison de campagne du monastère de El Pueyo, y trouva les gens qui avaient été témoins du départ des moines, et alla se constituer à Barbastro.
C’est ainsi que Lorenzo fut réuni à sa Communauté, en prison.
Avec toute sa communauté, il fut exécuté le 28 août 1936 et béatifié en 2013.


Ángel Carmelo Boix Cosials
1914-1936

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

Ángel Carmelo était né le 2 septembre 1914 à Pueyo de Marguillén (Huesca, Espagne).
Durant ses études, il montra un goût particulier pour la traduction des auteurs latins et grecs, dont il retenait les textes avec une mémoire prodigieuse. 
Il reçut l’habit bénédictin à El Pueyo en 1929 et fit la première profession en 1930 et prit le nom de Aurelio.
Dès le noviciat, il manifesta aussi une tendance ascétique et, disons, mystique.
Il fit la profession solennelle le 11 juillet 1936 (solennité de saint Benoît), en présence de l’évêque, Mgr Asensio, qui allait être lui-même arrêté quelques jours plus tard et serait martyrisé le 9 août suivant.
Ángel (Aurelio) était le benjamin de toute la communauté, un véritable petit ange.
Il fut envoyé à Rome au monastère de Saint-Anselme, pour ses études, mais en était revenu à cause de sa santé. Il avait conservé de cette courte période une maturité impressionnante.
L’année du soulèvement révolutionnaire de 1936, il commençait tout juste son ascension vers le sacerdoce, qui commençait par le rite de la tonsure.
La famille a conservé les dernières lettres qu’il écrivit peu avant sa mort, à ses parents et à son frère Joaquín ; avec profonde affection pour eux, il leur exprima son grand bonheur de pouvoir mourir en martyr du Christ.
Arrêté et détenu à Barbastro avec toute sa communauté, il fut exécuté le 28 août 1936, quelques jours avant son vingt-deuxième anniversaire.
Il fut béatifié en 2013.

Józef Mazurek
1891-1944

Józef Mazurek naquit le 1er mars 1891 près de Baranowka en Pologne orientale qui était alors sous administration autrichienne. 
Il entra chez les Carmes déchaux et fit la connaissance, au séminaire des Carmes de Wadowice, du futur saint Rafael Kalinowski (v. 15 novembre). En 1908, il reçut l'habit religieux et le nom d'Alfons Maria du Saint-Esprit. Il poursuivit ses études de philosophie et de théologie à Wadowice, puis à Vienne. C'est dans la capitale impériale en pleine guerre qu'il fut ordonné prêtre en juillet 1916.
Jusqu'en 1930, dans la nouvelle Pologne indépendante, il fut professeur au petit séminaire de Wadowice, où ses dons d'organisateur et d'éducateur furent remarqués. Il réussit à faire donner au séminaire les mêmes droits qu’aux écoles privées et mêmes statales, avec reconnaissance du baccalauréat. En une décennie, 50 élèves de l'internat entrèrent au noviciat ! Il fut alors élu prieur du couvent de Czerna.
Sa vie était empreinte de foi profonde, et il pensait passer son existence dans ce couvent... Il raviva la flamme spirituelle de sa communauté, prêcha à l'église conventuelle qui se trouvait dans un bois relativement éloigné du village. Il avait une conscience claire de la célébration de l'Eucharistie. Il célébrait la messe avec une profonde dignité et un recueillement intense. Il puisait ses forces dans l'oraison solitaire devant le Saint-Sacrement.
Lorsque la région fut occupée par l'armée allemande, et intégrée au Gouvernement Général, il ne se laissa pas intimider par les vexations des autorités locales allemandes. Il accueillit de jeunes aspirants carmes, donna refuge à des personnes déplacées de Silésie. Il avait toujours dans ces moments une grande dévotion envers le Sacré-Coeur de Jésus.
En août 1944, alors que la situation sur le terrain militaire - notamment en URSS - devenait défavorable aux Allemands, les occupants multiplièrent les faits d'hostilité envers la population civile. Ainsi, lors d'un promenade en communauté, le jeune novice François Powiertowski fut tué d'un coup de fusil par un soldat allemand. Quatre jours après ce meutre, le chef de la Kommandantur ordonna aux religieux de construire des tranchées de défense au village de Rudawa qui se situait à des dizaines de kilomètres du couvent. Mais le Père Alphonse-Marie fut séparé de la communauté et torturé, car on le soupçonnait de détenir des informations sur la résistance. En vérité, il s'agissait d'éliminer un Chrétien au charisme trop important pour la jeunesse locale...
Finalement, dans la panique générale, il fut fusillé à Nawojowa Góra près de Rudawa (Pologne), ce 28 août, veille du martyre de saint Jean-Baptiste auquel il était si dévôt.
On retrouva ces lignes dans ses écrits : Dans l'affliction, les tribulations et les angoisses, ainsi que dans les tentations, je trouverai toujours mon refuge auprès de Marie, ma Mère très aimée. Je lui offre toute ma personne et toute chose. Avec elle je veux rester fidèlement au pied de la Croix de Jésus.
Il fut béatifié par Jean-Paul II le 13 juin 1999 à Varsovie. Le Pape Jean-Paul II, lorsqu'il était jeune homme, avait pu trouver des forces spirituelles auprès du Père Alphonse-Marie qu'il rencontra personnellement. Il déclara à la cérémonie de béatification que c'était une grande grâce pour lui-même et pour l'Eglise de l'ajouter à la liste des bienheureux.


Teresa Bracco
1924-1944

Fille de Giacomo et Angela Pera, Teresa naquit le 24 février 1924 à Santa Giulia (Dego, Savona, Italie), avant-dernière des sept enfants de ce beau foyer de paysans chrétiens.
Chaque jour, la maman ouvrait son livre de prières et les faisait répéter aux enfants ; le dimanche, le papa posait des questions aux plus grands, pour voir s’ils avaient bien suivi l’homélie du curé de la paroisse.
La petite n’avait que trois ans, en 1927, lorsque dans l’espace de trois jours, les parents perdirent leurs deux garçons de quinze et neuf ans, Luigi et Giovanni.
Après l’école primaire, elle s’occupa des besognes domestiques et des bêtes du troupeau. En gardant les bêtes, elle priait toujours son chapelet. Jamais elle ne manqua la Messe le matin, qui se célébrait très tôt à cette époque.
Elle n’avait que neuf ans quand elle vit dans le bulletin des Salésiens l’image de saint Domenico Savio avec sa devise : La mort, mais pas le péché ! Elle s’exclama résolument : Ça, c’est pour moi aussi !
Teresa devint une jeune fille très belle, mais ne fut jamais prise par la vanité ; sérieuse, réservée, elle fit dire à un jeune homme : Une fille comme ça, je n’en ai jamais vu, et je n’en reverrai jamais plus. 
En 1943, c’est la guerre ; en juillet 1944, les Partisans combattirent avec acharnement les Allemands, qui revinrent sur leurs pas le 24 juillet, pillant, brûlant, terrorisant. 
Le 28 août, alors que Teresa travaillait aux champs, les Allemands entrèrent dans le village de Santa Giulia. Teresa, l’apprenant, courut vers la maison, mais ils arrêtèrent sur leur passage toutes les femmes jeunes et s’emparèrent de trois jeunes filles, dont Teresa. C’était le début de son calvaire.
Un soldat l’attira dans le bois voisin ; elle s’échappa ; l’homme la rattrapa et, comme Teresa se débattait et se défendait vaillamment, il l’immobilisa en l’étranglant ; n’arrivant pas à ses fins, il lui tira une balle de révolver dans le cœur et, plein de rage, lui enfonça le crâne d’un coup de botte dans la tempe gauche.
Martyre de sa pureté, Teresa mourut le 28 août 1944 (le Martyrologe la mentionne le 29), et fut béatifiée en 1998.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 08-août
commenter cet article
26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 23:00

27 AOUT

 

I.

Le saint Eunuque de la Reine Candace (cf. Ac 8:17-40), qui aurait évangélisé l'Ethiopie puis serait allé en Arabie et jusqu'à Ceylan, où il aurait reçu le martyre.

III.

SS Marcellinus et Mannea, époux, et leurs enfants Ioannis et Babilas, ainsi que le clerc Serapion et le soldat Petrus, martyrs à Tomes ou Thmouis. 

IV.

S Rufus, martyr à Capoue.

S Narnus, premier évêque à Bergame.

Ste Monique, mère de s. Augustin, morte à Ostie.?

Ste Euthalie, vierge près de Lentini, égorgée par son frère.

Ste Anthuse la Jeune, vierge martyre, cousue dans un sac et précipitée dans un puits.

S Decuman, ermite anglais et martyr.

V.

S Pimin, abbé à Scété.

VI.

S Lizier, espagnol, évêque pendant quarante-quatre ans à Couserans, plus tard Saint-Lizier.

S Césaire d'Arles, évêque à Arles à trente ans, auteur d'une Règle monastique, le premier évêque en Europe à recevoir le "pallium", auteur de nombreux sermons, qu'il a toujours voulus brefs (c'est-à-dire ne devant pas dépasser un quart d'heure).

S Ebbon, moine, évêque à Sens, puis ermite.

IX.

S Giovanni, évêque à Pavie.

X.

S Gebhard, évêque à Constance, fondateur de l'abbaye de Petershausen.

XI.

S Malrubius, ermite à Merns et martyr.

XII.

S Guérin, abbé à Aulps, qu'il affilia à Cîteaux et d'où sortit Hautecombe ; évêque à Sion.

S Amédée, abbé cistercien à Hautecombe, évêque à Lausanne, très marial ; son père s'était retirés dans l'abbaye de Bonnevaux

XIV.

B Angelo Conti, augustin à Foligno.

XVII.

B Roger Cadwallador, prêtre anglais (ordonné en Espagne), martyr, béatifié en 1987. 

S David Lewis, prêtre jésuite gallois, martyr ; il était lié d'amitié avec s.Claude de La Colombière.

XVIII.

Bx Jean-Baptiste Etienne de Souzy, prêtre du diocèse de La Rochelle, et Jean-Baptiste Guillaume (fr. Uldaric), des Ecoles Chrétiennes à Nancy, martyrs aux pontons de Rochefort, béatifiés en 1995.

XIX.

Bx Gim Cheon-ae Andreas et Choe Yeo-Gyeom Matthias, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014. 

B Domenico Barberi (D. de la Mère de Dieu), passioniste de Viterbe, actif en Angleterre où il recevra la profession de foi de John Henry Newman.

XX.

Bx Martyrs espagnols  de 1936 :

- béatifiés en 2001 : 

Prêtres diocésains : Fernando González Añón (*1886) et Ramón Martí Soriano (*1902), près de Valencia ; Fernando avait favorisé la dévotion au Sacré-Cœur, à l'Eucharistie et à Marie ;

- béatifiés en 2007 : 

Dominicains : Pedro Ibáñez Alonso (*1892) et José María López Carrillo (*1892), prêtres, à Madrid ;

- béatifiés en 2013 :

Capucins : Quirino Díez del Blanco (Gregorio, *1889), prêtre, à Madrid ;

Vincentiens : Pelayo José Granado Prieto (*1895), prêtre, aux Asturies ;

Trinitaires : Hermenegildo Iza Aregita (de l’Assomption, *1879), Buenaventura Gabika-Etxebarria Gerrikabeitia (de Sainte-Catherine, *1887), Francisco Euba Gorronõ (de Saint-Laurent, *1889), Plácido Camino Fernández (de Jésus, *1890), Juan Antonio Salutegui Iribarren (de Jésus-Marie, *1902), prêtres, près de Ciudad Real ;

Frères Maristes : Casimiro González García (Crisanto, *1897), près de Lleida ; Pere Valls Piernau (Teogenes, *1885), Mauro Álvarez Renedo (Luciano, *1892), José Félix Serret Anglés (Pedro Jerónimo, *1904), à Málaga ;  Luis Moreno Aliende (Luis Alfonso, *1911), à Madrid.

Bse María Pilar Izquierdo Albero (1906-1945), espagnole, miraculeusement guérie d'une mystérieuse maladie un 8 décembre, fondatrice des Missionnaires de Jésus et Marie pour les malades et les pauvres, béatifiée en 2001.

 

 

Le Saint Eunuque
Ier siècle

Dans les Actes des Apôtres, il est question d’un eunuque éthiopien, haut fonctionnaire de Candace, reine d’Ethiopie, qui retournait dans son pays après un pèlerinage à Jérusalem (Ac 8:26-40).
Tout éthiopien qu’il était, il n’était donc pas païen ; il avait dû recevoir quelque enseignement de la Synagogue, pour entreprendre son pèlerinage à la Ville Sainte. Et son désir d’être un bon pratiquant lui fait même lire l’Écriture.
Qui en fut averti par l’Ange du Seigneur, est un des sept Diacres récemment élus pour servir la communauté naissante (Ac 6:5), Philippe (v. 11 octobre).
Celui-ci rattrape l’eunuque - dont on ignore le nom - et le voit méditer sur un passage d’Isaïe, légèrement édulcoré par rapport au texte reçu, mais suffisamment clair pour que Philippe puisse lui expliquer comment ce passage prophétique s’est réalisé en Jésus-Christ.
Au verset 36, l’eunuque se montre pleinement convaincu de la Vérité et demande le baptême, en voyant à proximité une source d’eau qui arrivait à point nommé.
La réaction de Philippe, au verset 37, n’est pas retenue dans l’édition officielle récente de la Vulgate, mais fait partie de manuscrits très anciens. Philippe répond : 
Si tu crois de tout ton cœur, c’est permis. Celui-ci (l’eunuque) répondit : Je crois que Jésus Christ est le Fils de Dieu.
Le texte sacré ne nous dira rien de plus sur cet homme pieux, avide de Vérité et tout heureux de recevoir la Vie nouvelle annoncée par le Christ.
D’après les Pères, en particulier saint Irénée, Eusèbe, saint Jérôme, le saint Eunuque prêcha l’Evangile aux siens, et les Éthiopiens voient en lui leur premier apôtre, avant même la venue de saint Matthias ou de saint Barthélemy.
Il aurait même été martyrisé à “Taprobane”, l’île de Ceylan (ou Sri Lanka).
Si le Martyrologe mentionne au 11 octobre le diacre Philippe qui baptisa l’Eunuque, l’édition récente n’a cependant pas retenu l’Eunuque lui-même, probablement par manque de documents plus complets. 
Le saint Eunuque de la reine Candace était mentionné le 27 août.

 

 

Marcellinus, Mannea, Ioannis, Serapion et Petrus de Tomes
304

Le martyre de tout ce groupe est attesté historiquement, mais avec quelques variantes.
Marcellinus, tribun, et son épouse Mannea auraient été livrés aux flammes, puis aux bêtes, et enfin décapités, les flammes et les bêtes les ayant laissés indemnes.
Ioannis est présenté comme leur fils, auquel on ajoute parfois Babilas.
Serapion, un clerc, et Petrus, un soldat, moururent aussi avec eux, et sont parfois donnés comme les frères de Ioannis.
Suivant les sources, ils moururent soit à Tomes (Scythie, act. Constanța, Roumanie) soit à Thmuis (Egypte). Le Martyrologe a opté pour Tomes en Scythie.
Il y a aussi divergence sur la date du martyre : 287 ou 304.
Le Martyrologe Romain mentionne tout ce groupe au 27 août.


Rufus de Capoue
1er ou 4e siècle

La liste épiscopale de Capoue (Campanie, Italie CS)) suppose un évêque nommé Rufus dans les années 80. Ce Rufus aurait été baptisé par un certain Apollinaire, lui-même disciple de s.Pierre. Successivement, Rufus serait devenu le troisième évêque de cette ville.
Toutefois, on situe le martyre de Rufus, avec son compagnon Carponius, au début du 4e siècle, sous Dioclétien. Ces deux martyrs ont été extrêmement célèbres et la petite église qui leur est dédiée à Capoue est un joyau d’art roman très visité et très apprécié.
Dans la dernière édition du Martyrologe, Rufus a perdu et son Compagnon et son titre d’évêque. En réalité, on avoue ne rien savoir sur lui.
Le Martyrologe Romain mentionne Rufus de Capoue au 27 août.


Narnus de Bergame
4e siècle

Narnus devrait être né au 3e siècle, à Villa d’Ogna (Bergamo, Italie NC). 
On n’a pas de preuves favorables ou contraires, qu’il reçût le baptême des mains de s.Barnabé (v. 11 juin), lequel lui aurait ensuite conféré le sacerdoce et l’aurait établi premier évêque de Bergame, au 1er siècle.
Une autre tradition, d’ailleurs, situe l’épiscopat de Narnus après la persécution de Dioclétien, donc vers 310.
Successivement, Narnus aurait fait un pèlerinage jusqu’à Compostelle et, à son retour, désormais à bout de forces, aurait confié son diocèse à l’évêque de Brescia, Viator (? 14 décembre). 
Une telle «nomination» passe à nos yeux pour être invraisemblable : quel droit aurait pu avoir Narnus d’appeler Viator à lui succéder ? à moins que ce dernier ait lui-même trouvé un successeur pour Brescia avant de prendre la charge du diocèse de Bergame… Peut-être alors que s.Latinus, qui succéda à Viator, fut un des soixante-quinze évêques ordonnés par le pape Silvestre Ier (v. 31 décembre). On n’a pas de réponses à ces questions.
Narnus mourut, croit-on, vers 345 ; cette date exclurait sans appel l’épiscopat de Narnus au 1er siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne Narnus de Bergame au 27 août.


Monnica, mère d’Augustin
332-387

Monnica (en latin Monica) était d’une famille chrétienne de Numidie et naquit à Thagaste (auj. Souk Ahras, Algérie). Elle avait des frères et sœurs, qu’il ne nous est pas donné de connaître.
Si les parents de Monica étaient de bons chrétiens, c’est surtout leur servante qui s’occupa de l’éducation des enfants, avec une certaine rigueur et beaucoup d’amour.
Fait assez rare pour une jeune fille, Monica fut tentée par le vin ; quand elle allait à la cave en puiser pour la table, elle en goûtait volontiers quelques gouttes, qui remplirent bientôt de petits verres. On a ici l’impression d’anticiper le bon père Gaucher d’Alphonse Daudet dans ses Lettres de mon Moulin. Mais la comparaison s’arrête ici : Dieu se servit d’une autre servante qui, prise de colère, insulta Monica en la traitant de buveuse ; Monica rentra en elle-même et sut se corriger.
Elle épousa un certain Patricius, qui n’était pas commode ; elle supporta longtemps son mauvais caractère et eut la consolation de voir son mari enfin recevoir le baptême en 370 ; il mourut l’année suivante.
De ce mariage naquirent, comme on sait, Augustinus et Navigius, ainsi qu’une fille. Augustinus eut un parcours assez tortueux, avant de céder enfin à la grâce divine et aux larmes silencieuses de Monica (v. 28 août). 
Augustin reçut le baptême en avril 387, des mains de s.Ambroise de Milan (v. 7 décembre). Monica était présente. Elle profita des conseils de s.Ambroise, qui l’estimait beaucoup.
Quelques mois plus tard, Monica, Augustin et Navigius voulurent rentrer en Afrique ; ils firent escale à Ostie, où Monica eut une sorte d’extase, dont parle Augustin dans ses Confessions. Monica lui déclara ensuite : Rien ne m’attache plus à cette vie… La seule raison pour laquelle je désirais voir ma vie se prolonger un peu, c’était pour te voir chrétien catholique… Surabondamment exaucée, je te vois maintenant mépriser les félicités de la terre pour te vouer au service de Dieu. Que fais-je encore ici ?
Monica fut prise de fièvre peu après. Elle décéda le 13 novembre 387, entourée de ses deux fils. Augustin avait alors trente-trois ans.
On a très longtemps fêté sainte Monique le 4 mai, sans qu’on sache vraiment pourquoi ; la réforme du calendrier l’a rapprochée de son fils : on fête Monica le 27 août, et Augustin le 28 août.
Le Martyrologe Romain mentionne Monica, mère d’Augustin, au 27 août.


Pimin de Scété
4e-5e siècles

Pimin (on le transcrit parfois Pimène, ce qui signifie Pasteur), fut un des plus grands abbés anachorètes de l’Egypte chrétienne. 
Ses deux frères le suivirent, mais aussi une quantité d’autres moines qui voulaient profiter de son exemple et de son enseignement.
Ce qu’on sait de lui constitue un ensemble de plusieurs dizaines d’apophtegmes, qui résument ou citent des enseignements reçus du célèbre Abbé. En voici quelques-uns :
Un vieillard habitait au lieu où vint se fixer Pimin. Il y était connu et honoré. Les gens coururent après Pimin et délaissèrent le vieillard. Pimin dit à ses frères : Que pourrions-nous faire pour ce grand vieillard ?… Faites lui des petits plats, prenez du vin de Saïs ; allons le voir pour manger avec lui. L’ancien ouvrit, on mangea et il les congédia en disant : Vous valez cent fois mieux que ce qu’on raconte de vous.
Si un homme se repent de tout son cœur, et s’abstient désormais de son péché, Dieu le reçoit dans les trois jours.
Qu’est-ce que la pénitence du péché ? Ne plus le commettre.
Si on met un serprent et un scorpion dans un vase et qu’on le ferme, ils meurent au bout d’un certain temps. Ainsi les mauvaises pensées naissent grâce au démon, mais crèvent par notre patience.
Qui enseigne sans faire est semblable à une fontaine qui abreuve et lave tout le monde, mais qui ne peut se nettoyer elle-même.
Tel homme semble se taire, et intérieurement il condamne les autres. Tel autre parle du matin au soir, et observe le silence, car il ne dit rien sans nécessité.
Si un moine domine son ventre et sa langue, et vit en pèlerin sur terre, il ne mourra pas.
La foi, c’est vivre dans l’humilité et faire la charité.

Le Martyrologe Romain mentionne Pimin de Scété au 27 août.

 

Césaire d’Arles

470-543

 

Cesarius est le fils de parents gallo-romains chrétiens. Il est né en 470 ou 471 à Chalon-sur-Saône en territoire burgonde.

A dix-huit ans, il partit sans rien dire pour demander son admission dans le clergé à l’évêque de Chalon-sur-Saône, s.Silvestre (v. 20 novembre). Encore insatisfait, il va très loin : sur l’île de Lérins où saint Honorat (v. 16 janvier) avait fondé un monastère déjà célèbre. 

Vite remarqué pour ses qualités, il y est nommé cellérier (ou économe). Son administration sévère ayant, comme dans toutes les maisons religieuses, suscité quelque protestation, il est destitué de sa charge et peut se livrer à ses passions : la lecture, la prière, les veilles, les jeûnes. Il dépasse un peu les normes, il tombe malade et se voit “exilé” dans une pieuse famille d’Arles pour se refaire la santé.

Il y fait des rencontres providentielles : Ennodius de Pavie, Iulianus Pomerius, et Eone d’Arles, l’évêque. Il se trouve que Eone et Césaire sont parents, au point que l’évêque va garder son cousin dans son clergé ; Césaire est ordonné diacre, puis prêtre en 499, et reçoit la charge de diriger un monastère des alentours. C’est à cette époque que remonte la Regula ad monachos.

Appelé au siège épiscopal d’Arles, il en redoute les responsabilités et commence par se cacher ; on le découvre, il est sacré en 503.

Impartial en face du pouvoir civil, il fut accusé par la jalousie ; il dut se présenter aux rois ariens wisigoth et ostrogoth, dont il obtint en fait une pleine et entière confiance. Le wisigoth Alaric II fut convaincu de publier un abrégé du Code théodosien en faveur de tous les catholiques ; l’ostrogoth Théodoric le renverra avec une fabuleuse somme d’or.

En revenant de Ravenne, Césaire ne manqua pas de s’arrêter à Rome et d’y rencontrer le saint pape Symmaque (v. 19 juillet). Ce dernier lui remet le pallium, cet insigne habituellement réservé au pape, et que portent aussi les archevêques en signe d’unité avec le Siège romain. Ainsi, Césaire devenait le vicaire du Saint-Siège pour toutes les Eglises de Gaule et d’Espagne, avec le droit de convoquer des conciles au nom du pape.

Le plus connu de ces conciles fut celui d’Orange, où fut affirmée la doctrine du péché originel et la nécessité de la grâce prévenante et concomitante pour les débuts de l’acte de foi, la prière, le désir de salut et en général tout acte surnaturel. C’était la doctrine de saint Augustin qui était pleinement approuvée.

En même temps, le concile niait la prédestination des hommes au mal, et affirmait que tous les baptisés avaient la possibilité d’accomplir, avec la coopération de Dieu, ce qui était nécessaire au salut de leur âme.

Ce concile historique montrait donc l’importance à la fois de la grâce de Dieu et de la volonté de l’homme dans la marche vers la sainteté. La grâce de Dieu guide toujours les hommes de bonne volonté.

A l’intérieur du diocèse, Césaire se montra exigeant : il voulait un clergé saint, chaste, érudit, connaisseur du chant liturgique et des cérémonies. Il veut que chacun ait lu quatre fois l’Ecriture Sainte, vive dans la continence ; on n’ordonnera pas un diacre avant ses vingt-cinq ans, un prêtre avant ses trente ans.

Une prescription pastorale ne manquera pas de susciter notre approbation : il ne faut pas prêcher plus de quinze minutes ! Et surtout, pas de considérations trop compliquées, trop dogmatiques ; des choses simples, des comparaisons empruntées à la vie des champs, une langue familière. Ne pas sortir de la messe avant la bénédiction du célébrant… Ne pas prolonger sa colère (saint Paul dit, Eph 4:26 : Que le soleil ne se couche pas sur votre colère, mais qui a lu les épîtres de l’Apôtre ? Il faut donc les répéter en d’autres termes). Ne pas s’enivrer ; respecter les lois du mariage. Communier à Noël, à Pâques, à la Pentecôte. 

On connaît de saint Césaire plus de deux-cents homélies, ainsi qu’un ouvrage sur la Sainte Trinité, contre les ariens et les pélagiens.

Sa sainteté et son influence ont poussé les rois francs à étendre ses domaines. Les archevêques d’Arles devinrent ainsi d’importants propriétaires terriens de la région, ce qui leur permettait d’étendre leurs efforts pastoraux auprès d’une vaste population, encore païenne en maints endroits.

Après quarante années d’épiscopat, Césaire s’éteignit dans la joie du Seigneur, le 27 août 542, veille de la fête de saint Augustin, comme il l’avait souhaité, tant il aimait ce Docteur.

.

 

 

Lizier de Couserans

† 548

 

Licerius ou Glycerius, Lizier en français et Licerio en espagnol, naquit en Espagne (et non au Portugal), de famille noble.

Après sa formation littéraire, il vint à Riez se mettre sous la direction de l’évêque Fauste (v. 28 septembre). Ce dernier, connu pour son attachement à la doctrine trinitaire de l’Eglise, fut banni vers 478 par le roi Euric.

Lizier resta fidèle à son saint Maître jusqu’à la mort de celui-ci (après 485), puis se tourna alors vers un autre saint évêque, Quinctianus de Rodez (v. 13 novembre), qui lui conféra les saints ordres.

Vers 504, Lizier fut élu pour occuper le siège épiscopal de Lugdunum Consorannorum en Couserans. Il en était le deuxième titulaire et son épiscopat dura, dit son biographe, quarante-quatre ans.

Durant cette période, la région fut souvent dévastée par des incursions des Wisigoths venus d’Espagne. Par sa prière, Lizier obtint la protection de sa ville, qui fut épargnée.

En 506, Lizier participa à l’important concile d’Agde, qui définissait certaines normes disciplinaires : on ne pouvait ordonner un diacre avant ses vingt-cinq ans, un prêtre ou un évêque avant trente ans ; on devait fustiger les clercs tombés dans l’ivrognerie ; on interdisaitt de jouer ou de consulter les augures ; on rappelait l’obligation de la messe dominicale, de la tonsure pour les clercs.

On attribua à Lizier de nombreux miracles.

Il mourut un 27 août, vers 548.

Il fut en grande vénération dans le diocèse de Lerida (Lleida).

La ville de Lugdunum Consorannorum prit bientôt le nom de Saint-Lizier.

Saint Lizier de Couserans est commémoré le 27 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Giovanni de Pavie

† 9e siècle

 

Des vingt-cinq prédécesseurs de Giovanni sur le siège épiscopal de Pavie, quatorze portent le titre de Saint.

Du personnage qui nous intéresse ici, on ne connaît que le nom, d’après la liste épiscopale de ce diocèse. Les actes en ont été perdus, peut-être dans quelque incendie.

Après Giovanni, six évêques seulement de ce diocèse ont été béatifiés ou canonisés.

Saint Giovanni de Pavie est commémoré le 27 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gebhard de Constance

† 995

 

Gebhard était fils d’Ulrich, comte de Bregenz (act. Autriche).

Il reçut une excellente formation de l’évêque de Constance Conrad I, qui mourut en 975 (v. 26 novembre).

En 979, Gebhard fut nommé trente-deuxième évêque de Constance, siège qu’il occupa pendant près de vingt ans.

Il fonda l’abbaye bénédictine de Petershausen, qui devint un édifice laïc au 19e siècle.

Il y eut plusieurs évêques de ce nom sur le même siège, mais seul le nôtre fut canonisé.

Saint Gebhard de Constance est commémoré le 27 août dans le Martyrologe Romain.

Guérin d’Aulps

1060-1150

 

Né entre 1060 et 1062 à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), Guérin était le fils unique du seigneur de Mousson et de son épouse, des parents extrêmement vertueux qui surent encourager la vocation de Guérin.

Celui-ci entra en 1077 chez les Bénédictins de Molesme.

Vers 1082 (ou 1090), Guérin fut du nombre des élus qui devaient construire une nouvelle fondation en Savoie. Ce fut l’origine du monastère de Notre-Dame-d’Aulps, pour lequel le comte Humbert II accorda volontiers les terrains nécessaires.

Les débuts furent héroïques, comportant des cabanes faites de boue, des branchages pour servir de «lits» et, évidemment, une table très maigre. Ce fut justement cette rigueur qui attira très vite des vocations.

Guérin en fut le prieur. Le monastère devint une abbaye, et dépendit bientôt de Cîteaux.

En 1110, Guérin fut élu abbé. Aulps fonda à son tour Hautecombe et devint totalement indépendante de Molesme.

En 1138, Guérin dut céder aux instances du pape pour accepter l’évêché de Sion, malgré son âge et sa fatigue. 

Les contemporains vantent sa méthode douce, silencieuse, calme, qui désarmait ses éventuels contradicteurs. il visita son diocèse dans les coins les plus reculés. Il introduisit le christianisme dans la vallée isolée d’Anniviers, restée païenne. Il reçut la visite du pape Eugène III, de passage dans la région, qui consacra l’église du monastère d’Agaune.

Guérin voulut revoir Aulps, en 1150. Et c’est au retour d’Aulps qu’il sentit les forces le quitter : vite ramené à l’abbaye, il s’y éteignit le 27 août 1150, jour où le commémore le Martyrologe. Il semble qu’il faille bien préférer cette date à celle du 6 janvier, qu’on trouve parfois mentionnée.

Lors de l’ensevelissement, on remarqua le cilice que portait Guérin. Il était fermé par deux agrafes de fer, que l’on fondit en forme de clé. C’est cette clé que porte Guérin dans certaines représentations artistiques.

L’histoire des reliques de Guérin présentent un certain intérêt. Déjà il fallut construire une hôtellerie spéciale pour abriter les nombreux pèlerins venus les vénérer. Lors de la funeste Révolution française, les moines durent laisser les bâtiments, ainsi que la tombe du Bienheureux. En 1793, les révolutionnaires n’osèrent profaner cette tombe, mais consentirent à un habitant de retirer deux dents de la mâchoire, et à des soldats présents de tailler quelques fragments des vêtements encore visibles : ces soldats furent les seuls rescapés de leur bataillon attaqué cette même année sur le Rhin. Longtemps après ces faits, les conscrits de la localité demandaient toujours une «relique» de Guérin : lors de la guerre de 1870, aucun de ceux-là ne tomba sous les balles. Outre ces reliques, l’ensemble du corps du bienheureux Guérin fut, dès 1793, déposé dans une châsse qui se trouve actuellement à Plan-d’Avau.

L’office du bienheureux Guérin fut approuvé en 1853.

 

 

Amédée de Lausanne

1110-1159

 

Né vers 1110, le 21 janvier, au château de Chaste dans le Dauphiné, Amédée était fils d’Amédée de Clermont, seigneur d’Hauterive, et de Pétronille de Bourgogne.

La date du 21 janvier, qu’on va rencontrer plusieurs fois, est le jour de la fête de sainte Agnès, pour laquelle Amédée eut toujours une grande dévotion.

Amédée eut une sœur, qui fut religieuse.

La formation du petit Amédée n’eut rien de banal ! Amédée, son père, sentit l’appel à se consacrer à Dieu et, accompagné de seize autres chevaliers, demanda son admission à Bonnevaux, où il prit avec lui son petit garçon. L’abbé fut fort content de cette belle assemblée, mais conseilla de laisser le petit Amédée, qui avait neuf ans, auprès de sa mère.

Après quelque temps, voulant procurer à son fils une éducation plus soignée, Amédée père passa avec lui à l’abbaye de Cluny en 1121 ; il finit par revenir à Bonnevaux, mais cette fois-ci sans son fils, préférant l’envoyer auprès de l’empereur Henri V, avec lequel il était parent.

En 1125, Amédée (le Jeune, disons) voulut à son tour entrer à l’abbaye de Clairvaux, sous la direction de saint Bernard (v. 20 août), faisant ainsi de très grands et rapides progrès dans la science et la sainteté. C’est un 21 janvier qu’il fit la profession monastique.

En 1139, Amédée fut préconisé pour être abbé à Hautecombe : il avait vingt-neuf ans !

Neuf ans plus tard, il fut alors appelé au siège épiscopal de Lausanne. Le pape l’obligea à accepter cette charge qu’humblement Amédée n’osait assumer. Il fut sacré évêque le 21 janvier 1145, jour de ses trente-cinq ans.

Dès lors, il visita assidument son diocèse, prêcha, s’occupa de la formation de son clergé. Il écrivit plusieurs homélies en l’honneur de Notre-Dame (dont celle qu’on lit au bréviaire le 22 août).

On lui confia la formation du jeune comte Humbert de Savoie, dont il fut ensuite le conseiller et le protecteur dans la gestion des Etats.

L’évêque reçut la visite du pape Eugène III en 1147, et plaça son diocèse sous la protection de saint Pierre et du pontife de Rome.

Amédée fut aussi victime des ambitions du comte de Genève, qui le contraignit même à quitter sa ville épiscopale, obligeant l’évêque à résider à Moudon, parmi ses ennemis. Ceux-ci furent excommuniés.

Quand sonna la dernière heure, Amédée donna l’absolution à tous ces gens, sauf à Humbert d’Aubonne, qu’il assigna au jugement de Dieu.

Il mourut saintement le 27 août 1159 (on lit parfois le 11 août) et fut enseveli dans sa cathédrale. Pendant très longtemps, on crut (ou l’on fit croire) que sa tombe était à l’abbaye de Hautecombe, mais en 1911 des fouilles archéologiques mirent à jour dans la cathédrale de Lausanne un tombeau contenant le corps, l’ornement, les insignes épiscopaux d’Amédée.

La vénération publique rangea Amédée au nombre des bienheureux bien avant l’Eglise. Son culte a été confirmé en 1903.

 

 

Angelo Conti

1226-1312

 

Angelo fut un autre ange de Foligno (Ombrie, Italie C), où il naquit en 1226, de famille noble.

On aimerait trouver quelques détails supplémentaires, pour notre édification, mais Angelo a dû préférer nous enseigner l’humilité par l’effacement.

On sait qu’il entra dans l’Ordre des Augustins, qu’il se trouvait à Gubbio en 1293 et en 1297, et qu’il fonda des monastères pour son Ordre, dont celui de Foligno.

Quatre mots caractérisent sa vie, d’après la tradition : patience, oraison, mortification, piété.

Angelo mourut à Foligno le 27 août 1312 et son culte fut confirmé en 1881. Le Martyrologe l’a introduit récemment dans ses pages.

 

 

Roger Cadwallador

1568-1610

 

Roger naquit en 1568 à Stretton Sugwas (Hereford, Angleterre).

Passé au Collège anglais de Reims, il y fut ordonné sous-diacre en 1591, diacre en 1592, année où il fut envoyé au Collège anglais de Valladolid (Espagne), où il fut ordonné prêtre.

Il acquit une science assez développée du grec, pour se permettre de traduire le Philotheus de Théodoret, un recueil de Vies des Pères du désert de Syrie, qui cependant ne fut pas publié.

Revenu en Angleterre dès 1594, il exerça le ministère sacerdotal dans le Herefordshire pendant plus de quinze années, particulièrement auprès des pauvres.

On le recherchait dès 1605, ou même avant, mais il put se cacher encore quelques années. Il fut arrêté à Pâques 1610 chez un veuf catholique du nom de Winefride Scroope, des environs de Hereford.

On le présenta à l’évêque protestant, Robert Bennet, qui le fit mettre aux fers jours et nuits dans la prison de Hereford. Une épidémie locale le fit transférer à la prison de Leominster ; il fut contraint d’y aller à pied, portant toujours ses fers. A son arrivée à cette nouvelle prison, il y fut maltraité avec la dernière cruauté.

Un tribunal le condamna à mort pour sa seule qualité de prêtre. Lors de ce procès, l’évêque protestant se prit lui-même au piège de sa doctrine personnelle. En effet, comme il avait déclaré que Jesus Christ est le seul et unique Prêtre du Nouveau Testament, Roger lui rétorqua : Et pourquoi donc me condamnez-vous, puisqu’il n’y a pas de prêtres, selon vous ?

Après plusieurs semaines de prison, l’exécution eut lieu, par pendaison, où la maladresse du bourreau fit durer longtemps le douloureux supplice de Roger : le nœud de la corde se défit sous son menton ; le père Roger invita les Catholiques présents dans la foule à prier le Notre Père, mais discrètement pour ne pas se compromettre. 

Après une brève pendaison, on remit le prêtre sur pied encore conscient et il fut dépecé encore vivant. Son cadavre fut brûlé.

Le père Roger fut martyrisé à Leominster le 27 août 1610, et béatifié en 1987.

 

 

David Lewis

1616-1679

 

Né en 1616 à Abergavenny (Monmouthshire, Pays de Galles), il était le benjamin des neuf enfants d’un père protestant, Morgan Lewis, et d’une mère catholique, Margaret Pritchard.

Lors d’un voyage à Paris en 1632, il se convertit au catholicisme et partit se préparer au sacerdoce à Rome, où il fut ordonné prêtre en 1642. En 1645, il entra dans la Compagnie de Jésus.

Revenu dans son Monmouthshire natal, il fut provincial pour l’Ordre en Pays de Galles.

Sous le pseudonyme prudent de Charles Baker, il exerça son ministère sacerdotal dans les régions de Monmouthshire et Hereford, sans s’occuper du danger qu’il courait, trouvant refuge à l’abbaye de Llantarnam, se déplaçant de nuit, visitant les Catholiques ; on le connaissait, on l’appelait le Père des pauvres.

Lors du fameux soi-disant complot de Titus Oates, les recherches de prêtres catholiques s’intensifièrent particulièrement dans le Pays de Galles. Parmi les «fidèles» du père David, il s’en trouva un qui le trahit : après avoir fait arrêter le père Evans, il s’attaqua au père Lewis, déclarant à la Chambre des Communes, que ce prêtre encourageait le papisme depuis sept ou huit ans.

Ce dernier s’apprêtait à célébrer la Messe, quand six gaillards firent irruption, se saisirent du prêtre et de tout son matériel liturgique. C’était en novembre 1678..

Le père Lewis fut mis en prison à Monmouth, puis à Usk, où il eut le réconfort de retrouver beaucoup de Catholiques qui refusaient de reconnaître la suprématie du roi sur l’Eglise.

Le père David passa au tribunal en mars 1679 ; la séance était présidée par son propre délateur : on l’accusa d’être un prêtre papiste depuis seize ans, d’administrer les Sacrements à des centaines de personnes. Il se trouva aussi d’autres traîtres, qui vinrent témoigner contre le père, après avoir été parmi ses plus fidèles assistants.

En même temps que le père David, furent aussi jugés des malfaiteurs, assassins et voleurs notoires, dont tous les crimes furent prouvés ; seul le prêtre fut condamné à mort. On voulut y ajouter un nouvel interrogatoire au Conseil de Londres, pour établir ses liens avec le complot ; il était clairement étranger à cela, mais on lui fit bien comprendre qu’il ne resterait en vie que s’il apostasiait et déclarait les Jésuites impliqués dans ce complot. David ajouta : Je ne pouvais pas dénoncer de complot, puisque je n’en savais rien ; et je ne pouvais pas accepter la religion officielle, puisque c’était contre ma conscience.

Sur son refus catégorique, il fut renvoyé à Usk pour y être exécuté. Il eut le sort d’être «seulement» pendu et éviscéré, la foule ayant protesté pour qu’il ne fût pas écartelé. Un témoin affirma que ses viscères ne se consummaient pas, de sorte qu’on dut les faire brûler ensuite avec le reste du corps.

Le père Lewis fut martyrisé le 27 août 1679, béatifié en 1929, et canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Jean-Baptiste Etienne de Souzy

1734-1794

 

Jean-Baptiste était né le 24 mars 1732 ou 1734 à La Rochelle (Charente Maritime).

Vicaire à Saint-Barthélemy (La Rochelle), puis curé d’Ardillières en Aunis de 1762 à 1769, il devint chanoine de la cathédrale et bientôt syndic du chapitre.

C’était un prêtre d’une très vaste science et très recherché pour sa direction spirituelle. Excellent prédicateur, malgré peut-être une certaine rigueur, il savait convaincre par la conviction qu’il mettait dans ses sermons et sa parole pénétrante pleine de charité.

Il n’écrivait pas ses sermons en entier, mais seulement un bref canevas, au dos d’une carte à jouer (!). Il prêcha jusqu’à Luçon et Poitiers. 

Désintéressé et charitable, il remit un jour tout le fruit de sa quête à des pauvres.

Ayant refusé de prêter le serment constitutionnel, il fut arrêté et déporté à Rochefort sur le Deux-Associés. 

Il y montra une profonde fermeté d’âme, malgré les conditions inhumaines de cette détention, privée de toutes les règles les plus élémentaires d’hygiène ; il tenta d’organiser cependant une sorte de vie commune de prière et de vie sacramentelle avec ses Confrères prêtres.

Epuisé par les continuelles mortifications et privations, il s’éteignit sur l’Île Madame le 27 août 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Jean-Baptiste Guillaume

1755-1794

 

Jean-Baptiste était né le 1er février 1755 à Fraisans (Jura).

Il entra à Nancy chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (ou Lassalliens) en octobre 1785 sous le nom de Frère Uldaric.

Il est à remarquer ici que les Frères des Ecoles Chrétiennes portèrent le nom d’Ignorantins, parce qu’ils font profession de n’apprendre eux-mêmes que ce qu’il est nécessaire d’enseigner aux enfants des pauvres.

C’est ainsi que notre Ignorantin franc-comtois enseigna pendant huit ans à Nancy, faisant la joie et s’attirant la reconnaissance des familles qui bénéficiaient de son enseignement discret. Au moment de la Révolution, il continua d’exercer ses activités comme instituteur.

Par définition, les Frères de sont pas des prêtres et comme tels, ne devaient pas être persécutés comme le furent les prêtres durant la Révolution. Mais le Frère Uldaric fut repéré pour l’influence chrétienne qu’il exerçait sur les enfants ; arrêté le 13 mai 1793 en tant que religieux et invité à prêter le serment constitutionnel, ce qu’il refusa, il fut condamné à la déportation le 17 janvier 1794. 

Il rejoignit l’ensemble des prêtres «déportés» à Rochefort, qui furent entassés sur le Deux-Associés. Une épidémie de typhus emporta un certain nombre de ces héros, dont le Frère Uldaric qui fut débarqué mourant sur l’île Madame.

Il y mourut le 27 août 1794, le même jour qu’un autre Jean-Baptiste, le chanoine de Souzy, et fut béatifié en 1995.

 

 

Gim Cheon-ae Andreas

1760-1801

 

Gim Cheon-ae Andreas est un laïc coréen né en 1760 en Corée du Sud.

Il fut décapité à Jeonju (Jeolla-do), le 27 (ou le 28) août 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Choe Yeo-Gyeom Matthias

1763-1801

 

Choe Yeo-Gyeom Matthias est un laïc coréen né en 1763 à Mujang (Jeolla-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Mujang le 27 août 1801 et béatifié en 2014.

Domenico Barberi

1792-1849

 

Quand il naît, le 22 juin 1792, Domenico est le onzième (et dernier) enfant de Giuseppe et de Maria Antonia Pacelli. Dans cette belle famille, on est de bons chrétiens : quand la petite Margherita, de dix ans, est sur le point de mourir, en 1797, elle dit à Domenico : Quand je serai morte, tu me mettras un voile tout blanc avec des roses blanches.

Le papa va bientôt mourir à son tour, en 1798 ; la maman aussi, en 1803. Les plus jeunes enfants sont recueillis chez leurs grands frères et sœurs, mais Domenico est hébergé par l’oncle maternel Bartolomeo, paysan, chez lequel il garde les moutons et apprend le métier des champs.

Petit, il avait un peu fréquenté les pères Capucins chez lesquels il avait appris les premiers éléments de l’instruction “avec une grande ardeur pour l’étude”. Mais chez son oncle, il doit laisser les livres. L’adolescent grandit, connaît les difficultés de son âge, les rencontres occasionnelles. Il s’éprend d’une jeune fille. Il fréquente maintenant les Passionistes de Vetralla, qui l’aident dans son instruction et dans sa vie spirituelle.

Quand le bruit court que Napoléon recrute tous les jeunes gens pour son expédition en Russie, Domenico voit en songe sa chère Maman qui l’assure qu’il n’aura pas à partir, et lui recommande de bien prier son chapelet.

Après avoir combattu intérieurement - et victorieusement, il entre à vingt-deux ans chez les Passionistes de Paliano (près de Frosinone) en 1814. Ses études sont trop pauvres pour songer au sacerdoce : il n’y pense même pas et on lui confie la cuisine. Mais pendant qu’il prie devant l’image de la Sainte Vierge, une “voix” lui dit clairement qu’il deviendra prêtre dans six ans, et apôtre dans le nord de l’Europe, et particulièrement en Angleterre.

Effectivement, ses dons particuliers pour l’étude le font remarquer, et de frère religieux il devient candidat au sacerdoce. Il prie avec ferveur pour l’Angleterre : il fait le vœu de renoncer à toute consolation spirituelle et corporelle pour le retour à l’Eglise catholique des frères séparés, qu’il aime d’un amour tout spécial.

En 1815, il fait la profession religieuse ; en 1818 il sera ordonné prêtre, après avoir vécu au Monte Argentario (près de Grosseto) puis à la maison généralice de Rome. 

Le petit paysan qui ne savait pas grand-chose va être maintenant pendant dix ans professeur de philosophie, de théologie, d’éloquence sacrée, à Vetralla, puis à Rome, puis à Ceccano, près de Frosinone. Que de couvents avaient les Passionistes à cette époque ! Domenico enseigne, confesse, conseille, écrit. On lui propose l’épiscopat, qu’il refuse immédiatement.

Il devient supérieur de couvent, conseiller provincial, père provincial. Il est toujours occupé. Il fait imprimer un traité de mariologie en français, un commentaire au Cantique des Cantiques, un traité de philosophie (en six volumes), un autre de théologie, des biographies de confrères, et aussi - par obéissance - sa propre autobiographie.

Un premier “signe” providentiel se manifeste, quand on lui demande d’aider un anglais converti, Sir Henry Trelawney.

Arrive le moment du départ pour le “nord”, selon la mystérieuse voix : en 1840, il se trouve à la tête du premier groupe de religieux en partance pour la Belgique, à Ere près de Tournai, première maison de Passionistes hors d’Italie. Domenico se montrait tellement effacé, que l’évêque cru bon de le soumettre à un examen en règle avant de lui donner les pouvoirs pour confesser. En plus, Domenico ne savait pas grand-chose de français !

La même année, Domenico va prospecter en Angleterre pour une autre fondation : il s’y rend définitivement en septembre 1841. La maison s’ouvre à Aston Hall (Stone). 

Le fondateur de la congrégation, saint Paul de la Croix (voir au 18 octobre), avait eu une vision extatique après laquelle il s’était exclamé : Qu’est-ce que j’ai vu ? Qu’est-ce que j’ai vu ? Mes fils en Angleterre !

Les débuts de la langue anglaise ne sont pas faciles, l’accueil humain est plutôt froid ; mais Domenico est un travailleur acharné. Il est à la fois curé, supérieur, maître des novices, professeur. Il parle, il rencontre, il convainc : les vocations arrivent, on le recherche, catholiques et anglicans. Il prêche à Manchester, à Liverpool, à Birmingham ; il passe aussi en Irlande.

Il y a tant de conversions à Stone, qu’il faut construire une nouvelle église. Le 10 juin 1844 eut lieu la première procession de la Fête-Dieu en Angleterre.

Et il y a tant de vocations, qu’il faut ouvrir un nouveau couvent de Passionistes à Woodchester (Gloucestershire) en 1846, et encore un autre à Londres en 1848.

Parmi les rencontres de Domenico, il faut parler de James Ford, de John Dobree Dalgairns, des professeurs d’Oxford. Il déclenche tout un mouvement de dialogue avec les Anglicans, fraternel, profond, respectueux, fécond. Il fait prier les Anglicans pour les Catholiques. De son côté, il sait reconnaître les faux pas des Catholiques ; il rencontre aussi George Spencer, un anglican qui, converti, entrera sous peu chez les Passionistes sous le nom de Ignazio de Saint-Paul. Une autre “conquête” sera celle d’Elizabeth Prout, qui fondera la Congrégation des Sœurs de la Croix et de la Passion.

Tout ne va pas sans heurts, bien sûr. Un jour, des garnements lui jettent un caillou : Dominique le ramasse, le baise et le garde dans sa poche : ébahis, les garçons se convertiront au catholicisme.

Mais sa plus célèbre “prise” est incontestablement celle de John Henry Newman (voir au 11 août) , qui était un chef de file des anglicans en Angleterre, par sa science et sa position. Or, plus de trois-cents personnalités d’Oxford suivront l’exemple de Newman. Domenico est écouté, on dit que c’est un enfant pour sa simplicité, et un lion pour son intelligence.

Dans les archives d’un couvent de religieuses, on peut lire cette anecdote qui montre bien son humour : les braves religieuses craignaient de devoir parler à des hommes (récemment convertis), car la réserve et la clôture imposaient normalement la distance. Domenico les rassura : Vous êtes trop vieilles et trop laides, n’ayez pas peur !

Infatigable, il sentira brutalement des douleurs à la tête et au cœur durant un voyage en 1849, justement entre les deux maisons de Londres et Woodchester. C’est l’infarctus : on le dépose à la gare de Reading, où il expire le 27 août 1849. Il a cinquante-sept ans.

Il est béatifié en 1963 par Paul VI qui le déclare apôtre de l’unité.

Le martyrologe le mentionne le 27 août ; les Passionistes anticipent cette fête au 26 août, pour célébrer le lendemain celle de sainte Monique.

Trinitaires Martyrs à Alcázar de San Juan

† 1936

 

Le 19 juillet 1936, les Religieux furent déjà l’objet d’insultes dans les rues d’Alcázar, au retour d’un enterrement qu’ils avaient célébré. Le père Plácido chercha à obtenir des informations précises sur la situation réelle, auprès de la Garde Civile.

Le 21 juillet au petit matin, vers six heures, le père Plácido se rendit à l’Hospice pour célébrer la Messe. Apercevant les Franciscains prisonniers dans leur couvent, il entendit quelqu’un dire : Celui-là, il faudra y penser après, mais il continua son chemin sans s’arrêter.

A sept heures, invectivant contre les Religieux, des gens se postèrent dans la cour d’une maison voisine du couvent, pour empêcher éventuellement la fuite des Religieux.

A ce moment, le père Antonio célébrait la messe pour les fidèles dans l’église ; des miliciens entrèrent sans ménagement, lui intimant l’ordre de vite terminer, et faisant sortir les fidèles après les avoir fouillés. Le célébrant consomma rapidement toutes les Hosties consacrées pour éviter la profanation.

A huit heures, se présenta le juge municipal, qui donna un quart d’heures aux Pères pour s’habiller en paysans, ce qu’ils firent, avant de se réunir dans le cloître en attendant la fin de la Messe du père Antonio.

Le père Plácido alors s’en revenait de l’Hospice ; une dame le prévint, mais il répondit : Merci pour l’information, mais le sort de mes Frères sera aussi le mien.

On l’arrêta avant même qu’il entrât au couvent, et il fut emmené avec les cinq autres membres de la communauté, qu’on conduisit à la mairie, au milieu des cris, des moqueries, des hurlements de toute une foule de miliciens. A la mairie, ils retrouvèrent les Franciscains et un Dominicain. Ils furent en tout quatorze.

Tandis que dehors, la foule enragée criait : Faites-les sortir, qu’on les fusille. Mort aux curés !, le maire annonça aux gens qu’il allait se passer ce qu’on leur avait promis.

Le maire, un ancien élève du père Plácido, s’approcha de lui et lui proposa la vie sauve, mais le Père la lui demanda pour tous et pas seulement pour lui.

On arrêta aussi alors les Religieuses Conceptionnistes, qu’on envoya à l’Hospice.

Puis on les fit sortir, attachés deux par deux, pour les faire aller dans une salle proche, où ils restèrent environ un mois, mangeant le peu qu’on pouvait leur faire parvenir. L’endroit était trop petit pour tout ce monde, sans fenêtres, par la chaleur estivale. Les prisonniers prièrent ensemble, mais on le leur interdit. Si quelqu’un leur apportait à manger quelque chose, les miliciens leur disaient : C’est ça, donnez-leur à manger, ils n’en ont plus pour longtemps.

Ils avaient seulement le droit de parler entre eux, ce dont ils profitèrent pour se confesser et se donner l’absolution réciproquement.

Le 26 août au soir, on fit passer les prisonniers civils dans une autre «prison». Les Religieux étaient donc là, bien conscients de la situation. Ce soir-là, personne ne mangea.

Vers minuit, on les fit sortir en deux groupes. Les miliciens annoncèrent qu’on allait les transférer dans une autre prison. Personne ne résista ni ne protesta, ni ne chercha à fuir. A peine était parti le premier groupe, qu’on entendit des coups de feu. Un quart d’heure après, fut le tour du second groupe. Les miliciens dirent au chauffeur du camion de faire attention à ne pas passer sur les corps des premiers. 

Ils furent fusillés entre minuit et une heure du matin, ce 27 juillet 1936. Un seul échappa, le frère franciscain Isidro qui, blessé, profita de l’obscurité pour fuir à travers champs.

L’endroit du martyre de ces Religieux s’appelait Balsa del Andaluz et n’était pas très loin du pays, de sorte que les habitants entendirent bien les coups et aussi les voix des Martyrs qui tombaient en criant Vive le Christ Roi.

Le lendemain matin, on transporta les corps dans des chars à bestiaux. Au cimetière, l’autopsie révéla que les coups avaient été portés à brève distance, à la tête et à la poitrine.

Les six Trinitaires furent béatifiés en 2013. Ce furent, par ordre alphabétique : 

  • Buenaventura Gabika-Etxebarria Gerrikabeitia
  • Esteban Barrenechea Arriaga, qui cependant fut assassiné quelques jours plus tard, le 13 septembre.
  • Francisco Euba Gorroño
  • Hermenegildo Iza y Aregita
  • Juan Antonio Salutregui Iribarren
  • Plácido Camino Fernández

 

 

Hermenegildo Iza y Aregita

1879-1936

 

Hermenegildo vit le jour le 13 avril 1879 à Mendata-Albiz (Biscaye, Espagne), en la fête de saint Herménégilde. Ses parents s’appelaient Joaquín et María Ignacia.

Il entra au noviciat de l’Ordre des Trinitaires à Algorta en 1894, fit la profession simple en 1895 avec le nom de Hermenegildo de l’Assomption et fit la profession solennelle en 1899.

Il fut ordonné prêtre à Séville en 1902 par le (maintenant bienheureux) évêque Marcelo Spinola (voir au 19 janvier).

Il fut d’abord maître des novices, puis supérieur, à Alcázar de San Juan (1903-1907), puis supérieur à Antequera, au sanctuaire marial de la Bien Aparecida, à Rome, à Laredo (Cantabria), Belmonte, et fut de retour à Alcázar en mai 1936, avec cinq autres Religieux.

 

Voir le récit des événements de juillet-août 1936 dans la notice Trinitaires Martyrs à Alcazár de San Juan

 

Le père Hermenegildo fut béatifié avec ses Compagnons en 2013.

 

 

Pere Valls Piernau

1885-1936

 

Pere (Pedro) était né le 22 novembre 1885, à Vilamacolum (Girona, Espagne), de Jaime et Cecilia, qui le firent baptiser le 24 novembre ; il fut confirmé en 1893.

Entré en 1898 au collège des Frères Maristes à San Andrés de Palomar, il fut postulant en 1900 et passa au noviciat ; en 1901 il reçut l’habit et le nom de Teógenes ; un an après il faisait les premiers vœux. La profession solennelle se fit en 1907, à Lleida.

Entre les deux professions, il fut un an à Azille (Aude, France), puis revint à San Andrés de Palomar.

Teógenes fut professeur à Cartagena, Valencia (1917), Burgos (1925), Málaga (1929).

En juillet 1936, il fallut évacuer la maison.

Les Frères Maristes passèrent d’abord la nuit dans les bois ou les montagnes ; le Frère Teógenes trouva à loger dans un appartement avec deux autres Frères, Pedro Jerónimo et Luciano.

Le Frère Teógenes fut arrêté tôt le matin du 27 août par les miliciens, conduit au Comité pour soi-disant y retirer un sauf-conduit : en réalité, on le conduisit non loin du cimetière de Málaga pour l’assassiner, avec ses deux Confrères.

C’était le 27 août 1936.

Frère Teógenes fut béatifié en 2013.

 

 

Fernando González Añón

1886-1936

 

Il vit le jour le 17 février 1886 à Turís (Valencia, Espagne), de Fernando et Isabel, de bons parents chrétiens.

Petit, le garçon «jouait» au prêtre et adressait ses prédications à ses petits camarades.

Séminariste, il fit la joie de ses professeurs et de ses collègues.

Il fut ordonné prêtre en 1913 et nommé à la paroisse de Alcácer ; il passa à Alcira (1915), Macastre, Cortes de Pallás, Anna (1924), San Juan de la Ribera (1925) : partout, il laissait la réputation d’un saint prêtre soucieux du bien des ouvriers.

En 1931, il fut nommé à Turís, son pays natal, où il fonda la dévotion des Quarante Heures et encouragea vivement la nouvelle fête du Christ Roi, instituée en 1925.

La révolution de juillet 1936 engendra l’incendie des églises de Turís ; on détruisit les saintes images, cadres et statues, crucifix, on poursuivit les catholiques.

Le curé fut arrêté dans son propre presbytère, le 27 août 1936.

Le lendemain il fut conduit au peloton d’exécution. Juste avant de mourir il pardonna à ses bourreaux, criant encore une fois Vive le Christ Roi !

L’abbé Fernando González fut béatifié en 2001.

 

 

Buenaventura Gabika-Etxebarria Gerrikabeitia

1887-1936

 

Buenaventura vit le jour le 14 juillet 1887 à Ajánguiz (Biscaye, Espagne), jour où l’on fêtait alors saint Bonaventure (aujourd’hui au 15 juillet), de Gregorio et Cristina.

Il entra dans l’Ordre des Trinitaires à Algorta en 1902 et prit le nom de Buenaventura de Sainte-Catherine.

Après la profession solennelle à La Rambla (1906), il fut ordonné prêtre à Málaga (1909).

A part une année dans le couvent nouvellement érigé à Belmonte (1923), jusqu’en 1936 il se trouva dans la maison de Alcázar de San Juan.

Il aimait beaucoup la musique et, de sa voix sonore de baryton (et de Basque !), enseignait aux enfants à chanter les tables de multiplication, ce qu’ils aimaient beaucoup. 

Il y eut tant d’enfants qui passèrent sur les bancs devant lui que, à l’approche de la révolution, il pensait tout simplement : A nous, il ne pourra rien nous arriver, puisque presque tous les enfants d’Alcázar ont trouvé du travail grâce à nous.

 

Voir le récit des événements de juillet-août 1936 dans la notice Trinitaires Martyrs à Alcázar de San Juan

 

Le père Buenaventura fut béatifié avec ses Compagnons en 2013.

 

 

Quirino Díez del Blanco

1889-1936

 

Quirino vit le jour le 25 mars 1889 à La Mata de Monteagudo (León, Espagne).

Entré chez les Capucins, il prit l’habit en 1904 et le nom de Gregorio.

Après la profession (1905), il fut ordonné prêtre (1914) et nommé professeur à El Pardo (Madrid).

Lors des hostilités de 1936, les Religieux se croyaient suffisamment en sécurité, sur la parole du colonel. Mais le 20 juillet, ils entendirent le canon qui détruisait El Cuartel de la Montaña, puis virent les flammes qui envahissaient Madrid.

Le 21 juillet, des centaines de miliciens attaquèrent le couvent et tirèrent par toutes les fenêtres, au moment du déjeuner ; il y avait jusqu’à deux cents personnes présentes dans le couvent.

Ce fut ensuite un long calvaire pour les Religieux.

Les miliciens voulaient les pendre aux arbres voisins ; ils en furent empêchés. 

Le père Gregorio réussit à s’échapper et à se cacher, mais fut vite repéré et arrêté. En prison, son état de santé le fit libérer. Mais on découvrit sa condition de prêtre Capucin ; on le reprit, on l’emmena à l’Alto del Hipodromo, où on lui tira des balles dans le dos. 

Il reçut la palme du martyre à Madrid le 27 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Francisco Euba Gorroño

1889-1936

 

Francisco vit le jour le 25 août (ou juillet ?) 1889 à Amorebieta (Biscaye, Espagne), de Santiago et Petronila.

Il entra au noviciat de l’Ordre des Trinitaires à Algorta en 1904 et prit le nom de Francisco de Saint-Laurent.

Il fit la première profession en 1905, la solennelle en 1908 et fut ordonné prêtre en 1911.

Toute sa vie religieuse se déroula ensuite dans la maison de Alcázar de San Juan, où il enseigna, et vint en aide à ceux qui étaient dans quelque nécessité, par exemple leur trouvant du travail dans les Chemins de Fer.

C’était, disait-on, un homme solidement bâti, vif, à la joie contagieuse, peut-être même parfois exagérée, car il fut la cible de quelques médisances aux derniers temps de sa vie.

En outre, de même que le père Buonaventura avait une magnifique voix de baryton, le père Francisco avait, lui, un voix de ténor retentissante, au point que certaines personnes allaient à la Messe «pour entendre le père Francisco». Il dirigea une belle chorale avec les élèves du collège, autant pour la liturgie que pour les fêtes populaires.

Le père Francisco dirigea l’Adoration Nocturne, les Filles de Marie, les «Tarsicius» (jeunes garçons de la Première communion) ; il fut aumônier des vieillards de la maison de repos locale et visitait beaucoup les malades.

En bon Basque, il jouait très bien à la pelote.

A l’approche de la révolution de 1936, il disait nonchalamment : Je ne crois pas qu’il nous arrivera quelque chose.

 

Voir le récit des événements de juillet-août 1936 dans la notice Trinitaires Martyrs à Alcázar de San Juan

 

Le père Francisco fut béatifié avec ses Compagnons en 2013.

 

 

Plácido Camino Fernández

1890-1936

 

Plácido vit le jour le 6 mai 1890 à Laguna de Negrillos (León, Espagne), aîné des quatre enfants de Miguel et María.

Il entra au noviciat de l’Ordre des Trinitaires à Alcázar de San Juan et prit le nom de Plácido de Jésus.

Il professa en 1906, solennellement en 1909 à Cordoue, puis fut envoyé passer le doctorat de philosophie à l’Université Grégorienne de Rome. C’est dans la basilique du Latran qu’il fut ordonné prêtre, en 1916.

On a dit qu’il fut le Trinitaire le plus intelligent de son siècle.

Revenu en Espagne en 1917, il enseigna la philosophie au couvent de la Bien Aparecida et à Cordoue, où il enseigna aussi la théologie. De 1925 à 1935, il fut le directeur du collège de Alcázar, de sorte que c’est lui qui connaissait le mieux les élèves du pays, qui le lui rendirent abondamment par leurs témoignages au procès informatif diocésain.

Le père Plácido fut aussi aumônier de l’hospice tenu par les Petites Sœurs des Vieillards Abandonnés.

En mai 1936, eut lieu un chapitre général à Rome, qui le nomma professeur de théologie et philosophie, de sorte qu’il devait aller soit à Cordoue soit à Belmonte. Mais en juillet 1936, il se trouvait encore dans la maison de Alcázar de San Juan, avec cinq autres Religieux.

 

Voir le récit des événements de juillet-août 1936 dans la notice Trinitaires Martyrs à Alcázar de San Juan

 

Le père Plácido fut béatifié avec ses Compagnons en 2013.

 

 

Mauro Álvarez Renedo

1892-1936

 

Mauro était né le 15 janvier 1892, fête de saint Maur, à Albacastro (Burgos, Espagne), de Bonifacio et María, qui le firent baptiser le 17 janvier ; il fut confirmé en 1893 et reçut la Première communion en 1901.

Entré en 1904 au collège des Frères Maristes à Burgos, il fut postulant à San Andrés de Palomar en 1906, puis passa au noviciat ; en 1907 il reçut l’habit et le nom de Luciano ; un an après il faisait les premiers vœux. La profession solennelle se fit en 1913, toujours à Burgos.

Luciano fut professeur à Carrejo (1912), Cabezón de la Sal (1913), Logroño (1915), Arceniega (1917), Girona (1919) ; entre 1920 et 1935 : Pamplona, Cartegena, Madrid, Logroño, Pamplona, Lucena. A Málaga enfin, en 1935.

En juillet 1936, il fallut évacuer la maison.

Les Frères Maristes passèrent d’abord la nuit dans les bois ou les montagnes ; le Frère Luciano trouva à loger dans un appartement avec deux autres Frères, Pedro Jerónimo et Teógenes.

Le Frère Luciano pensait à ses élèves ; il tenta de les retrouver au collège et reprendre les cours. Mais il fut arrêté par les miliciens, conduit au Comité pour soi-disant y retirer un sauf-conduit : en réalité, on le conduisit non loin du cimetière de Málaga pour l’assassiner, avec ses deux Confrères.

C’était le 27 août 1936.

Frère Luciano fut béatifié en 2013.

 

 

José María López Carillo

1892-1936

 

Il était né à Alcalá la Real (Jaén) le 14 février 1892, et fut baptisé le lendemain.

En 1907, il entra à l’école apostolique dominicaine d’Ocaña (Tolède), fit la profession en 1911 à Ávila, où il étudia la philosophie et la théologie. Un de ses professeurs d’alors parlait déjà de son extraordinaire sainteté.

On l’envoya à Rosaryville (Etats-Unis), où il fit la profession solennelle, puis à Manille où il fut ordonné prêtre en 1919.

Son apostolat se déroula ensuite en Chine jusqu’en 1935 : il construisit l’église de Hai-San, et recueillit beaucoup de petites orphelines dans une maison appelée La Sainte Enfance

En 1935, une grave maladie l’obligea à venir en Espagne pour y subir une opération. On le garda ensuite à Ocaña pour sa convalescence.

En juillet 1936, il passait par Madrid, au couvent du Rosaire. Lors de l’assaut de la maison par les révolutionnaires, le père José María trouva à se réfugier avec le père Pedro Ibáñez, mais ils furent tous deux arrêtés et interrogés au Quartier de la Chine, à Madrid. Quand on demanda son identité au père José María, il précisa qu’il était un missionnaire de Chine, à quoi un milicien, croyant qu’il se moquait de lui, lui fit une remontrance très irrespectueuse, avant de l’envoyer au cachot. 

Puis ils exécutèrent les deux prêtres, le 27 août 1936.

Fait remarquable : d’après le témoignage d’un autre missionnaire de Chine, ce même 27 août 1936, en Chine, une catéchiste et une des petites orphelines lui dirent qu’elles avaient vu en rêve le père Carrillo avec son habit dominicain.

Le père José María López Carrillo fut béatifié en 2007.

 

 

Pedro Ibáñez Alonso

1892-1936

 

Il était né à Fuentes de Nava (Palencia) le 27 avril 1892, et fut baptisé le 30.

Entré à l’école apostolique dominicaine d’Ocaña (Tolède), il fit la profession en 1909 ; il étudia la théologie à Ávila, Rosaryville et New Orleans (Etats-Unis).

Il acheva ces études à Manille, où il fut ordonné prêtre en 1917.

Son apostolat se déroula ensuite en Chine jusqu’en 1922 (Hing-Hoa et Kamna), d’où on l’envoya aux Philippines : de 1922 à 1934, il exerça le ministère sacerdotal et enseigna à Manille, puis aux séminaires de San Jacinto et de Tuguegarao.

A partir de 1934, il fut de retour en Espagne, où il enseigna à Ségovie.

Rempli de zèle, il affectionnait d’exercer le saint ministère dans des conditions quasi impossibles. Il restait humble et très recueilli.

En juillet 1936, il se trouva «par hasard» à Madrid, au couvent du Rosaire. Lors de l’assaut de la maison par les révolutionnaires, le père Pedro trouva à se réfugier avec le père José María López Carillo à la pension Totio, du 20 au 22 juillet. Au même endroit se trouvaient aussi d’autres Religieux, augustins et piaristes. Tous furent arrêtés le 26 août.

A l’interrogatoire, le père Pedro déclara qu’il était catholique, apostolique, romain et dominicain jusqu’à la mort.

On l’emmena avec le père Carillo à la tchéka de Fomento. Le lendemain, dans le Quartier de la Chine, à Madrid, on exécuta les deux prêtres. C’était le 27 août 1936.

Le père Pedro Ibáñez Alonso fut béatifié en 2007.

 

 

Pelayo José Granado Prieto

1895-1936

 

Pelayo José vit le jour le 30 juillet 1895 à Santa María de los Llanos (Cuenca, Espagne) et fut baptisé deux jours après.

Son père, Juan Francisco, avait épousé en troisièmes noces, Cipriana ; des quatre enfants qui naquirent de ce ménage, Pelayo fut le troisième. 

Le papa mourut dès 1899 et la maman se transféra dans son pays, Belmonte, avec ses quatre bambins de deux à neuf ans. Elle plaça les deux aînés dans un collège gratuit, et chercha du travail.

En 1903, Pelayo fut conduit par sa mère à Cuenca, où il fut confié aux Filles de la Charité, après sa Première communion chez les pères Trinitaires. 

Obéissant et pieux, Pelayo était content d’aider à la sacristie, de prier le chapelet. Les Religieuses le présentèrent au collège vincentien de Teruel. Il y fut accepté, malgré un certain retard (il avait déjà quinze ans). En quatre ans, par son application et grâce à sa bonne mémoire, il rejoignit le niveau des autres élèves et demanda son admission au noviciat.

Il entra dans la Congrégation en 1914.

Il prit plaisir à approfondir les œuvres de saint Vincent de Paul ; il lisait et apprenait en latin le texte de la Règle, ainsi que les Epîtres de saint Paul.

Il professa en 1916, et fut à Hortaleza (Madrid) pour la philosophie ; on sait qu’il y nota des problèmes, des tensions entre les supérieurs et les étudiants, car les hommes sont des hommes, imparfaits. Puis il fit la théologie à Madrid (1919-1923), au terme de laquelle il fut ordonné prêtre.

On l’envoya à Écija (Séville), où en plus de la prédication, il créa et dirigea l’Association des Filles de Marie ; puis à Grenade (1927). Le curé de Belmonte, où habitait sa mère, entendit parler de lui et l’invita à venir prêcher la neuvaine à Notre-Dame de la Grâce.

En 1929, il fut surpris de se voir envoyé à Pages del Corro (Séville). En 1932, on l’envoya alors à Badajoz d’où, après un fécond apostolat, il fut enfin envoyé à Gijón.

Il savait que, l’année précédente, trois Confrères avaient trouvé la mort dans les tumultes d’Oviedo. Il pressentait que le martyre l’y attendait.

Le 19 août, pour obéir aux supérieurs, il partit pour prêcher à La Corrada, en la fête de Notre-Dame du Carmel. On lui suggérait de ne pas y aller, à cause du grand danger qu’il courait. Il répondit que la meilleure préparation au martyre est l’obéissance.

Au soir de la fête, arrivèrent les miliciens, armés de fusils et de bâtons, proférant mille insultes sacrilèges. Don Pelayo renonça à rejoindre Gijón et chercha à se réfugier ; il trouva une maison abandonnée ; s’il y avait de l’orage, il changeait d’endroit, se dissimulant de jour dans un champ de maïs, de nuit chez le curé ; on l’arrêta bientôt et on l’enferma à Soto del Barco.

Sans crainte, il continua à «célébrer» le sacrement de la Réconciliation autour de lui. Il ne craignait pas le martyre, il craignait de faillir durant les tortures.

Son martyre fut en effet horrible. On s’acharna sur son corps de la façon la plus indescriptible. On l’amputa des parties génitales ; on lui déchira des morceaux de chair, et le recousut avec des aiguilles de matelassier ; on se moquait de lui : Voyez un peu quelle belle peau blanche ! Et lui de répondre seulement : Seigneur, pardonne-leur ! C’est un parent des dirigeants marxistes qui entendit cela et tenta, vainement, d’implorer un peu de clémence pour ce prêtre.

Les trois derniers jours, don Pelayo fut enfermé dans une petite baignoire, sans manger ni boire ; on lui refusa un peu d’eau ; on lui refusa aussi la présence d’un prêtre pour se confesser.

Le 27 août 1936, quand il faisait déjà nuit, on le traîna plus mort que vif près de la rivière Nalón, où on lui ouvrit de nouveau le dos avec un couteau, jusqu’à ce qu’il rendît l’esprit. Puis on le jeta dans l’eau.

Sa bonne maman apprit cette mort deux ans plus tard, peu avant de mourir elle-même.

Don Pelayo José fut béatifié en 2013.

 

 

Casimiro González García

1897-1936

 

Casimiro était né le 4 mars 1897, fête de saint Casimir, à Miralrío (Torrelaguna, Madrid, Espagne), cinquième des six enfants de Dámaso et Martina, qui le firent baptiser le 7 mars.

Il reçut de sa mère l’habitude de prier la Vierge Marie, en l’honneur de laquelle il avait érigé un petit autel à la maison : il s’y agenouillait avec elle, priait le chapelet, chantait l’Ave, Maris Stella.

Entré au collège des Frères Maristes à Torrelaguna, il y reçut la Première communion en 1907.

Après beaucoup de discussions avec son père réticent, Casimiro entra en 1914 au noviciat des Frères Maristes de Las Avellanes ; en 1915 il reçut l’habit et le nom de Crisanto ; un an après il faisait les premiers vœux.

Crisanto fut professeur à La Garriga (1917), Madrid (1918, où il fit la profession en 1921), Murcia (1930), Las Avellanas (1935) comme directeur du collège.

En juillet 1936, il fallut évacuer la maison. Les plus jeunes s’éparpillèrent parmi les familles proches, et les Frères (Crisanto et Moisés Félix) les rejoignaient pour prier, les exhorter. Le Frère Crisanto leur dit un soir : Courage ! je ne vous abandonnerai pas tant qu’il restera un seul de vous, dussé-je y laisser la vie. 

Bientôt, le Comité révolutionnaire donna l’ordre de faire disparaître (de brûler) tous les objets religieux. On cacha se qu’on put.

Les Frères Maristes passaient la nuit dans les bois, ou dans des cabanes isolées.

Le 27 août, on vint appeler le Frère Crisanto ; il devait se présenter au Comité. Des miliciens le firent monter dans une camionnette, accompagnés de quatre membres du Comité. Il leur dit : Ça m’est égal que vous me tuiez, pourvu que vous épargniez mon Confrère et les jeunes.

La vérité est qu’effectivement non seulement les jeunes furent tous sains et saufs, mais que plus tard les miliciens eux-mêmes accompagnèrent l’autre Frère à la frontière !

Quant au Frère Crisanto, on a eu le témoignage du conducteur de la camionnette, chez lequel se trouvait un des jeunes ; en rentrant, il lui annonça : Votre directeur est mort. Il raconta qu’au lieu-dit Mas del Pastor (Fontdepou, Lleida), le véhicule cala au bas d’une petite côte. Tous descendirent, on ordonna au Frère de se mettre au bord du ravin. 

Le Frère supplia : Pour l’amour de Dieu, ne me tuez pas ! Laissez-moi m’occuper de mes enfants. Quand il eut fait quelques pas, ceux du Comité forcèrent les autres à tirer ; ces derniers ne pouvaient s’y résoudre : On ne va pas tuer quelqu’un du pays. Quelqu’un tira et le Frère tomba. 

C’était le 27 août 1936.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Juan Antonio Salutregui Iribarren

1902-1936

 

Juan Antonio vit le jour le 5 février 1902 à Guernika y Luno (Biscaye, Espagne), de Ambrosio et Josefa, qui eurent aussi une fille, Genciana, future clarisse.

Il entra dans l’Ordre des Trinitaires en 1917 et prit le nom de Antonio de Jésus et Marie.

Après la première profession au sanctuaire de la Bien Aparecida (1918), la solennelle en 1923, il fut ordonné prêtre en 1926, par le (futur bienheureux) évêque Manuel Basulto Jiménez (voir au 12 août).

De faible santé, il était la douceur personnifiée, organiste de talent, et quelque peu distrait, au point qu’un jour il ne se rendit pas compte que sa cape lui avait échappé en chemin, et il dut aller la chercher au siège des Républicains, qui l’avaient ramassée !

Sa destinée passa par les couvents de la Bien Aparecida, Laredo, Belmonte et Alcázar.

A Alcázar, il fit avec le père Francisco un duo exceptionnel pour les chants et la chorale. En outre, il composa l’hymne à Jésus de Nazareth.

En 1936, il se trouvait dans la maison de Alcázar de San Juan avec cinq autres Religieux. Peu avant les pénibles événements de juillet, des parents vinrent le chercher pour le ramener chez eux au Pays Basque, mais il choisit de demeurer au milieu de ses Confrères dans le couvent.

 

Voir le récit des événements de juillet-août 1936 dans la notice Trinitaires Martyrs à Alcázar de San Juan

 

Le père Antonio fut béatifié avec ses Compagnons en 2013.

 

 

Ramón Martí Soriano

1902-1936

 

Il vit le jour le 7 octobre 1902 à Burjassot (Valencia, Espagne).

A douze ans, il voulait être prêtre, et on lui conseilla d’entrer au séminaire, comme externe. Il fut le domestique du recteur, puis secrétaire.

Son désir était : devenir prêtre, mais pas gagner d’argent !

Il fut ordonné prêtre en 1926.

Nommé vicaire à Vallada, il s’occupa entre autres du vieux curé, un homme malade et de caractère difficile. Il fonda des ateliers pour faire travailler les ouvriers, ainsi qu’un syndicat pour les ouvrières.

Après les élections de février 1936, dès le Vendredi Saint, il fut expulsé du pays, mais avant de partir il prit le temps d’avertir ses fidèles de rester fidèles au Christ et de se préparer éventuellement au martyre. Il y eut des gens pour dire que ces propos étaient politiques.

L’abbé Martí rejoignit sa famille à Burjassot, d’où il se rendait chez les Sœurs Trinitaires pour célébrer la Messe. Mais ces Religieuses furent elles aussi expulsées de leur couvent au moment de la révolution de juillet. Il demeurait donc chez les siens.

Quatre miliciens se présentèrent le 27 juillet pour arrêter le prêtre, qui les reçut gentiment, leur promettant qu’il ne renierait ni Dieu ni sa religion, et qu’il était prêt à être tué, si sa condition de prêtre était un délit. Il salua tout le monde et fut emmené au Comité.

On lui proposa la liberté s’il reniait Jésus-Christ : refus ; la nuit venue, on lui fit à nouveau la proposition : refus. On l’emmena sur la route de Godella à Bétera pour le fusiller, ce 27 juillet 1936.

Don Raimundo Martí Soriano fut béatifié en 2001.

José Félix Serret Anglés

1904-1936

 

José Félix était né le 20 novembre 1904, à Ráfales (Teruel, Espagne), de Vicente et María, qui eurent sept enfants. José reçut la Première communion en 1912.

Entré en 1919 au collège des Frères Maristes à Vic, il passa au noviciat de Las Avellanas en 1920 ; en 1922 il reçut l’habit et le nom de Pedro Jerónimo ; un an après il faisait les premiers vœux. La profession solennelle se fit en 1927, toujours à Las Avellanas.

Pedro Jerónimo fut professeur à San Antonio (1923), Pamplona (1928), Montserrat (1929), Larache (Maroc, 1930, pour la période du service militaire), Valencia (1931), Grenade (1932), enfin Málaga (1935).

Humble et modeste, le Frère Pedro Jerónimo semblait habituellement très sérieux, mais cachait un fond plein d’humour, et ne manquait pas de l’exprimer dans un joyeux éclat de rire.

Le 18 juillet 1936, il fallut évacuer la maison, qui fut encerclée par les révolutionnaires.

Les Frères Maristes passèrent d’abord la nuit dans les bois ou les montagnes, d’où ils apercevaient l’incendie des églises et des couvents  ; leur propre collège fut complètement saccagé. Le Frère Pedro Jerónimo trouva à loger dans un appartement avec deux autres Frères, Teógenes et Luciano.

Le Frère Pedro Jerónimo fut arrêté tôt le matin du 27 août par les miliciens, conduit au Comité pour soi-disant y retirer un sauf-conduit : en réalité, on le conduisit non loin du cimetière de Málaga pour l’assassiner, avec ses deux Confrères.

C’était le 27 août 1936.

Frère Pedro Jerónimo fut béatifié en 2013.

 

 

Luis Moreno Allende

1911-1936

 

Luis était né le 24 juin 1911 à Quintanilla San García (Burgos, Espagne), de Máximo et Asunción, qui le firent baptiser le lendemain. Des huit enfants de ce couple chrétien, un fut prêtre jésuite (Ismael), tandis que Luis fut Mariste.

Entré en 1922 au collège des Frères Maristes à Arceniega (Álava), il fut postulant à Las Avellanas en 1926, puis passa au noviciat ; en 1927 il reçut l’habit et le nom de Luis Alfonso ; un an après il faisait les premiers vœux.

Luis fut professeur à Las Avellanas, Calatayud (1929), Madrid (1932). Ses supérieurs mettaient beaucoup d’espoir en lui, pour ses grandes qualités de professeur.

En 1936, le danger d’être arrêté grandissait jour après jour. Le Frère Luis, qui ne cachait pas sa crainte d’être arrêté, fréquentait souvent la Bibliothèque Nationale, pour se préparer aux examens, et évitait ainsi d’être arrêté. 

Dans son intérêt, une parente lui trouva une pension où se réfugier : la maîtresse de maison était très accueillante, mais mariée avec un communiste. On expliquait au Frère que les miliciens, a priori, ne fouillaient pas les maisons habitées par des communistes, mais le Frère ne pouvait supporter les propos insultants du communiste contre l’Eglise, et trouva refuge ailleurs.

Dans cette maison se trouvait un autre Frère (ou un prêtre). Au soir du 26 août, se présenta un inconnu qui leur dit : J’ai l’occasion de faire une bonne œuvre : partez, car on va venir vous chercher cette nuit. Ils partirent vite, mais comment passer inaperçus ? Ils furent arrêtés cette nuit-même, et assassinés peu après.

C’était le 27 août 1936.

Frère Luis Alfonso fut béatifié en 2013.

 

 

María Pilar Izquierdo Albero
1906-1945

María Pilar Izquierdo Albero naquit à Saragosse (Espagne) le 27 juillet 1906, troisième des cinq enfants de bons parents chrétiens, pauvres, mais riches de vertus chrétiennes.
Ces dernier la firent baptiser le 5 août suivant. Ils inculquèrent à tous leurs enfants la dévotion à Notre-Dame du Pilar, dont María porta aussi le nom.
María sur profiter des enseignements et des exemples de ses parents ; elle donnait à plus pauvre qu’elle son goûter, ou même ses habits.
Elle ne put fréquenter l’école ; elle apprit tout juste à lire un peu. Mais elle savait ce que signifiait souffrir et aimer, aimer et souffrir.
En 1918, commença pour María une mystérieuse maladie qu’on ne sut diagnostiquer. Pendant quatre années, on tenta de la soigner à Alfamén, près de Saragosse ; à son retour, elle travailla dans une cordonnerie, où sa bonté de cœur conquit tous les employés.
En 1926, elle fit une chute du tramway et se fractura le bassin ; en 1929, de nombreux kystes la rendirent paraplégique et aveugle. Ce furent douze années d’allées-et-venues entre l’hôpital de Saragosse et sa misérable mansarde.
Mais de cette mansarde jaillissait une source de lumière, de paix, de joie même, qui irradiait tous les visiteurs. On venait lui demander de prier en toutes occasions, spécialement durant les cruelles années de la guerre civile (1936-1939).
C’est en 1936 que María commença à parler de son projet : l’Œuvre de Jésus, dans laquelle on chercherait à reproduire la vie du Seigneur sur terre, au moyen des œuvres de miséricorde. L’œuvre reçut une première approbation à Madrid, sous l’appellation de Missionnaires de Jésus et Marie.
Le 8 décembre 1939, fête de l’Immaculée Conception, María guérit : elle pouvait voir, se déplacer. 
Comme cela arrive très souvent dans les fondations, on tenta d’empêcher María d’exercer le moindre apostolat, mais l’évêque de Madrid sut convaincre son entourage et, en 1942, érigea canoniquement l’œuvre en tant que Pieuse Union des Missionnaires de Jésus, Marie et Joseph. María et ses compagnes accomplirent alors un apostolat très fécond auprès des pauvres, des enfants, des malades.
Ce n’était pourtant pas la fin des soucis de la Fondatrice : dès 1944, les douleurs reprirent au ventre avec de vilaines calomnies, des intrigues, des incompréhensions diverses qui jetèrent la division entre les religieuses et contre leur Fondatrice. En novembre 1944, María dut elle-même se retirer de son œuvre, avec neuf de ses filles.
En décembre 1944, tandis qu’elle se dirigeait à San Sebastián par une nuit glaciale et des routes couvertes de neige, un accident de voiture lui causa une fracture de la jambe. Apparut alors aussi une tumeur maligne. Les souffrances ne la quittèrent plus, mais elle resta confiante que son œuvre lui survivrait.
María mourut à San Sebastián le 27 août 1945, assistée par le père Daniel Díez García et offrant sa vie pour celles de ses filles qui l’avaient abandonnée.
Celles qui étaient restées fidèles à leur Fondatrice s’installèrent à Logroño, où l’évêque approuva canoniquement la pieuse union sous le nom de Œuvre Missionnaire de Jésus et Marie. Depuis 1981, l’Œuvre devint de Droit Pontifical. Les Religieuses sont environ deux-cents, réparties en Espagne et Italie, et en plusieurs pays d’Amérique du Sud.
María fut béatifiée en 2001.
Le Martyrologe Romain mentionne María Pilar Izquierdo Albero au 27 août.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 08-août
commenter cet article
25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 23:00

26 AOUT

 

-XX.

S Melchisédech, le grand-prêtre qui offrit le premier du pain et du vin, cf. Gn 14. 

I.

SS Iustus, Orontius et Fortunatus, martyrs à Lecce.

?

S Maximilianus, martyr à Rome.S Martory, patron de Saint-Martory, autrefois Calagurris (Calagorgis).

IV.

SS Secundus, martyr près de Vintimille, et Alexander, martyr à Bergame, dont il est le patron ; tous deux soldats de la légion thébéenne.

S Anastasius, foulon à Salone et martyr.

S Victor, martyr crucifié à Césarée de Maurétanie.

V.

S Tithoès (Titouê, Titouiê), disciple de s. Pacôme.

S Gelasius, évêque à Poitiers.

VI.

Ste Pélagie, mère de s. Yrieix (cf. 25 août), dont la mort a été marquée par des signes surnaturels merveilleux.

S Eleuthère, évêque à Auxerre.

S Eulade, évêque à Nevers.

VII.

S Elie, évêque à Syracuse.

VIII.

S Breogwine, évêque à Cantorbury, d'origine germanique.

XI.

B Herluin, de Brionne, fondateur d'un monastère près d'un ruisseau ("bec") ; dans cette abbaye du Bec (plus tard Bec-Hellouin) viendront s. Anselme et s. Lanfranc. 

XIV.

Bse Margherita de Faenza, abbesse de l'ordre de Vallombreuse à Florence, mystique, morte centenaire.

XV.

B Jean Bassand, augustin à Besançon, puis célestin à Paris, directeur spirituel de ste Colette, mort en Italie.

XVII.

B Ioachim Watanabe Jirozaemon, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

XVIII.

S Timofey Savelyevich Sokolov (Tikhon de Zadonsk), moine russe très cultivé, évêque à Voronéje, très proche de la spiritualité occidentale, mystique.

B Jacques Retouret, carme à Limoges, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

B Han Jeong-heum Stanislaus, laïc coréen martyr, par décapitation, béatifié en 2014.

Ste Jeanne-Elisabeth Bichier des Ages, fondatrice des Filles de la Croix, dont elle savait modérer la dévotion et les mortifications.  

Bse Mariam Bawardy (Marie de Jésus Crucifié), née près de Nazareth, catholique de rite grec, mystique, carmélite à Pau, puis à Bethléem, béatifiée en 1983, canonisée en 2015. 

Ste Teresa de Jésus Jornet Ibars, espagnole, fondatrice des Petites Sœurs des vieillards abandonnés.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2001 :

Capucins : Alejandro Más Ginestar (Pedro de Benisa, *1876), prêtre, près d'Alicante ;

- béatifiée en 2005 : 

Sœurs Zélatrices du Culte Eucharistique : Ángela Ginard Martí (María des Anges, *1894), près de Madrid ;

- béatifiés en 2013 : 

Capucins : Emilio Serrano Lizarralde (Saturnino, *1910), convers, à Madrid ;

Lassalliens : Pere Sisterna Torrent (Elm Miquel, *1868)Francesc Casademunt Ribas (Benild Josep, *1872) et Josep María Tolaguera Oliva (Faust Lluís, 1904), à Tarragona ;

- béatifiée en 2015 :

Sœurs de Saint-Joseph : Caterina Margenat Roura (*1876), à Barcelone.

Bse Leocadie (Lavrentia) Harasymiv (1911-1952), des Sœurs de Saint-Joseph, ukrainienne de rite oriental, déportée en Sibérie, martyre béatifiée en 2001.

Bse Maria Corsini Beltrame Quattrocchi (1884-1965), veuve romaine, béatifiée le même jour que son mari, Luigi, en 2001.

 

Le silence insolite de l’Écriture sur ses ancêtres et ses descendants, suggère que le sacerdoce qu’il représente est éternel. S’il a reçu la dîme d’Abraham, c’est qu’il lui est supérieur, et a fortiori supérieur à ses descendants, les prêtres fils de Lévi.

La dîme payée aux prêtres lévitiques était à la fois le salaire de leur office cultuel et l’hommage rendu à l’éminente dignité de leur sacerdoce. Si donc Lévi lui-même, en Abraham, a payé la dîme à Melkisédek, c’est que Melkisédek figurait un sacerdoce plus élevé.

Toute la tradition juive et beaucoup de Pères ont identifié Salem avec Jérusalem. Son roi-prêtre, Melkisédek adore le Dieu très-haut, El ‘Elyôn, nom composé employé dans la Bible comme un titre divin. Dans le verset 22 du même passage, El ‘Elyôn est identifié au vrai Dieu d’Abraham.

Ce Melkisédek, qui fait dans le récit sacré une brève et mystérieuse apparition, comme roi de Jérusalem où Yahvé choisira d’habiter, comme prêtre du Très Haut dès avant l’institution lévitique, et auquel le Père du peuple élu paie la dîme, est présenté par le Psaume 109 (Ps 109:4) comme une figure du Messie, roi et prêtre :

Le Seigneur l’a juré dans un serment irrévocable : Tu es prêtre à jamais selon l’ordre de Melkisédek.

Certains commentateurs chrétiens insisteront sur le fait qu’il n’est pas circoncis et peut figurer les païens convertis, les chrétiens, Abraham ne représentant que “la Loi”. La branche judaïque la plus spirituelle avait donné à cette mystérieuse figure une valeur messianique : l’application au sacerdoce du Christ est développée en He 7.

La tradition patristique a exploité et enrichi cette exégèse allégorique, voyant dans le pain et le vin apportés à Abraham une figure de l’Eucharistie, et même un véritable sacrifice, figure du sacrifice eucharistique, interprétation reçue dans le Canon de la Messe. Plusieurs Pères avaient même admis qu’en Melkisédek était apparu le Fils de Dieu en personne. 

Dans la Lettre aux Hébreux (He 6:20 ; 7), l’auteur sacré en a relevé ce double détail pour montrer la supériorité de Melkisédek sur Abraham, pour établir que Jésus-Christ, dont Melkisédek est la figure, est pontife éternel, roi de justice et de paix.

L’Église n’a pas assigné de culte particulier à Melkisédek ; comme on l’a dit plus haut, elle a inséré son nom au canon romain de la messe, quand, juste après les paroles de la Consécration, il est fait allusion aux trois sacrifices que Dieu a particulièrement agréés dans l’Ancien Testament : 

…et comme il t’a plu d’accueillir les présents d’Abel, le Juste, le sacrifice de notre père Abraham, et celui que t’offrit Melkisédek, ton grand prêtre, en signe du sacrifice parfait, regarde cette offrande avec amour et, dans ta bienveillance, accepte-la.

Autrefois commémoré au 25 mars, jour de l’Annonciation, Melkisédek est actuellement commémoré au 26 août en ces termes : 

La commémoration de saint Melkisédek, roi de Salem et prêtre du Dieu très-haut ; il donna la bénédiction à Abraham qui revenait de la victoire, il offrit au Seigneur un sacrifice saint et une victime immaculée, et préfigurant le Christ comme roi de paix et de justice, il est prêtre pour l’éternité, sans aucune généalogie humaine.

 

 

Adrien et Natalie

? début du IVe siècle

 

Il sera difficile de se retrouver dans les indications “historiques” fournies par la Passio de ces deux époux.

Une première remarque, d’ordre linguistique, s’impose ici. Natalie est un nom romain, rattaché au terme natalis, qui a donné notre fête de Noël ainsi que le prénom homonyme. C’est une réelle erreur d’orthographier Nathalie, puisque le latin n’utilise la graphie th que dans des termes directement calqués du grec. Quant à Adrien, le nom latin est Hadrianus.

Le martyre d’Adrien et la mort successive d

Melkisédek

Ancien Testament

 

Melkisédek ou Melchisédech est un mystérieux personnage biblique.

D’après le livre de la Genèse (Gn 14:18-20), Melkisédek, roi de Salem, vint à la rencontre d’Abraham qui était chargé des dépouilles de quatre rois : comme prêtre du Très-Haut il lui offrit le pain et le vin avec des paroles de bénédiction ; et Abraham lui donna la dîme de tout le butin. 

Le silence insolite de l’Écriture sur ses ancêtres et ses descendants, suggère que le sacerdoce qu’il représente est éternel. S’il a reçu la dîme d’Abraham, c’est qu’il lui est supérieur, et a fortiori supérieur à ses descendants, les prêtres fils de Lévi.

La dîme payée aux prêtres lévitiques était à la fois le salaire de leur office cultuel et l’hommage rendu à l’éminente dignité de leur sacerdoce. Si donc Lévi lui-même, en Abraham, a payé la dîme à Melkisédek, c’est que Melkisédek figurait un sacerdoce plus élevé.

Toute la tradition juive et beaucoup de Pères ont identifié Salem avec Jérusalem. Son roi-prêtre, Melkisédek adore le Dieu très-haut, El ‘Elyôn, nom composé employé dans la Bible comme un titre divin. Dans le verset 22 du même passage, El ‘Elyôn est identifié au vrai Dieu d’Abraham.

Ce Melkisédek, qui fait dans le récit sacré une brève et mystérieuse apparition, comme roi de Jérusalem où Yahvé choisira d’habiter, comme prêtre du Très Haut dès avant l’institution lévitique, et auquel le Père du peuple élu paie la dîme, est présenté par le Psaume 109 (Ps 109:4) comme une figure du Messie, roi et prêtre :

Le Seigneur l’a juré dans un serment irrévocable : Tu es prêtre à jamais selon l’ordre de Melkisédek.

Certains commentateurs chrétiens insisteront sur le fait qu’il n’est pas circoncis et peut figurer les païens convertis, les chrétiens, Abraham ne représentant que “la Loi”. La branche judaïque la plus spirituelle avait donné à cette mystérieuse figure une valeur messianique : l’application au sacerdoce du Christ est développée en He 7.

La tradition patristique a exploité et enrichi cette exégèse allégorique, voyant dans le pain et le vin apportés à Abraham une figure de l’Eucharistie, et même un véritable sacrifice, figure du sacrifice eucharistique, interprétation reçue dans le Canon de la Messe. Plusieurs Pères avaient même admis qu’en Melkisédek était apparu le Fils de Dieu en personne. 

Dans la Lettre aux Hébreux (He 6:20 ; 7), l’auteur sacré en a relevé ce double détail pour montrer la supériorité de Melkisédek sur Abraham, pour établir que Jésus-Christ, dont Melkisédek est la figure, est pontife éternel, roi de justice et de paix.

L’Église n’a pas assigné de culte particulier à Melkisédek ; comme on l’a dit plus haut, elle a inséré son nom au canon romain de la messe, quand, juste après les paroles de la Consécration, il est fait allusion aux trois sacrifices que Dieu a particulièrement agréés dans l’Ancien Testament : 

…et comme il t’a plu d’accueillir les présents d’Abel, le Juste, le sacrifice de notre père Abraham, et celui que t’offrit Melkisédek, ton grand prêtre, en signe du sacrifice parfait, regarde cette offrande avec amour et, dans ta bienveillance, accepte-la.

Autrefois commémoré au 25 mars, jour de l’Annonciation, Melkisédek est actuellement commémoré au 26 août en ces termes : 

La commémoration de saint Melkisédek, roi de Salem et prêtre du Dieu très-haut ; il donna la bénédiction à Abraham qui revenait de la victoire, il offrit au Seigneur un sacrifice saint et une victime immaculée, et préfigurant le Christ comme roi de paix et de justice, il est prêtre pour l’éternité, sans aucune généalogie humaine.

 

 

Maximilianus de Rome
?

Il ne faut pas confondre ce Martyr avec celui homonyme fêté le 12 mars.
L’ancien Martyrologe ne le mentionnait pas ; l’actuel le mentionne comme martyr à Rome, au cimetière de Basilla sur la Via Salaria Antica.
Aucune autre information n’a pu nous éclairer jusqu’à présent.
Le Martyrologe Romain mentionne Maximilianus de Rome au 26 août.


Adrien et Natalie
? début du 4e siècle

Il sera difficile de se retrouver dans les indications “historiques” fournies par la Passio de ces deux époux.
Une première remarque, d’ordre linguistique, s’impose ici. Natalie est un nom romain, rattaché au terme natalis, qui a donné notre fête de Noël ainsi que le prénom homonyme. C’est une réelle erreur d’orthographier Nathalie, puisque le latin n’utilise la graphie th que dans des termes directement calqués du grec. Quant à Adrien, le nom latin est Hadrianus.
Le martyre d’Adrien et la mort successive de Natalie auraient eu lieu lors d’un deuxième séjour de l’empereur Maximien à Nicomédie. On sait que Maximien, jeune militaire, passa par Nicomédie, mais on ne voit pas bien comment, devenu empereur d’Occident, il pourrait avoir sévi en Asie Mineure, où commandait l’empereur Dioclétien.
Rappelons au passage que Nicomédie était la capitale de la Bithynie, province du nord-ouest de l’Asie Mineure, sur les bords du Pont-Euxin ; c’est l’actuelle Izmit sur la Mer Noire.
D’après la Passio, Adrien, un des chefs de l’armée de Maximien, prend parti pour des chrétiens qui viennent d’insulter l’empereur : Nous nous moquons de ton ordre insensé et de ta folie, et plus encore de Satan, qui agit dans les fils de perdition dont tu es le prince. Jamais des chrétiens ne se permettent de tels propos à l’adresse de leur empereur.
Maximien fait donc enchaîner Adrien. Un serviteur l’annonce à son épouse Natalie, laquelle, chrétienne en secret, vient encourager son époux et ses compagnons de prison. Sachant son heure proche, Adrien achète très cher au gardien sa sortie momentanée de prison, pour rejoindre Natalie, et tous deux reviennent se constituer prisonniers après une semaine. Ici aussi, il est difficile de comprendre d’où Adrien aurait sorti cette énorme somme d’argent, ni comment le geôlier aurait pu se permettre un tel marchandage, ni enfin comment les deux époux auraient pu revenir tranquillement à leur prison au bout d’une semaine, sans que Natalie soit elle-même emprisonnée à son tour.
Devant Maximien, tous ces chrétiens sont interrogés. Adrien reste ferme. On le flagelle, ses entrailles s’échappent de son ventre : on reconduit tout ce monde en prison, où les pieuses femmes - Natalie en tête - viennent soigner leurs plaies. Furieux, Maximien fait interdire l’accès des femmes à la prison, puis fait achever tous ces prisonniers en leur brisant les cuisses avec des barres de fer. Ainsi s’achève le martyre d’Adrien, vaillant soldat, fidèle époux, et courageux témoin du sort des chrétiens.
De pieux chrétiens s’offrent alors pour sauver les dépouilles des martyrs et les transférer à Byzance. Dans l’intervalle, le tribun des soldats exprime son désir d’épouser Natalie ; celle-ci demande un délai, s’embarque pour rejoindre les dépouilles des martyrs débarqués près de Byzance, où elle arrive si épuisée qu’elle expire la nuit suivante.
Le martyre d’Adrien et de ses Compagnons aurait eu lieu le 26 août - date à laquelle on les honorait à Constantinople, la mort de Natalie au 1er décembre, date à laquelle les deux époux furent longtemps commémorés, mais cette dernière date semble tout-à-fait arbitraire. Devant de telles difficultés historiques, l’actuel Martyrologe Romain ne fait plus mention de ces saints époux.
Pour mémoire, on a donc laissé Adrien à cette date du 26 août.
Le pape Adrien 1er (772-795) voulut honorer son saint Patron en élevant au titre de diaconie l’église romaine de Saint-Adrien. Au XIIe siècle, les reliques des deux époux furent apportées au monastère flamand de Gheraerdsberghe, actuel Grammont.
Que les porteurs des noms de Adrien et de Natalie se rassurent, car ils ne manquent pas de saints Patrons au ciel. Il y a d’autres Saints Adrien - dont un, également martyr à Nicomédie à une date inconnue, commémoré le 8 septembre dans le Martyrologe, et une bienheureuse Natalie, martyre polonaise, dont on trouvera des indications dans une autre notice (v. 31 mars).


Alexander de Bergame
† 4e siècle

On suppose qu’Alexander naquit à Rome.
Il devint centurion de la légion Thébaine, que commandait s.Maurice (v. 22 septembre). A cette époque une légion romaine comportait mille hommes.
Cette légion était composée majoritairement de soldats chrétiens ; elle venait de Thébaïde d’Egypte, et marcha jusqu’à Cologne puis Brindes et devait passer en Afrique. En route, l’empereur Maximien donna l’ordre aux soldats de massacrer ceux de leurs compagnons qui étaient chrétiens. Sur leur refus, la légion fut décimée une première fois, puis une deuxième fois, puis fut entièrement massacrée. Cela se passa à Agaune (auj. Martigny, Suisse).
Alexander ne fut pas massacré à cet endroit. Il fut de ceux qui réussirent à quitter les rangs avant le massacre ; il rejoignit Milan (où il fut mis en prison), s’enfuit et gagna Bergame, où il fut de nouveau arrêté et exécuté.
Il y a d’autres soldats supposés appartenir à cette légion, mentionnés dans le Martyrologe. On adjoignait autrefois à Alexander un certain Secundus, qui n’est plus nommé actuellement en ce jour.
Le massacre de la Légion Thébaine a pu avoir lieu vers 286-301, le martyre d’Alexander vers 303.
Le Martyrologe Romain mentionne Alexander de Bergame au 26 août.


Anastasius de Salone
† 304

Anastasius était un foulon.
Pour pouvoir soutenir ce qu’on en a écrit, il faudrait le faire vivre près de Rome, au moment du martyre de s.Agapitus (v. 18 août). La constance et le courage de cet adolescent de quinze ans auraient poussé Anastasius à se convertir au Christ.
Plus tard, Anastasius se serait trouvé en Dalmatie, où il fut condamné pour sa foi.
Il fut mis à mort, peut-être vers 304, à Salone (Dalmatie, auj. Split, Croatie).
Le Martyrologe Romain mentionne Anastasius de Salone au 26 août.


Victor de Césarée de Maurétanie
† 3e ou 4e siècle

Victor vivait à Césarée de Maurétanie (auj. Cherchell, Algérie).
Chrétien, il fut condamné à mort pour sa foi.
Tandis qu’on le conduisait au lieu du supplice, passèrent là deux fonctionnaires, de retour de leur mission. Comme les deux bandits autour du Christ sur le Calvaire, l’un des deux fonctionnaires insulta Victor, mais l’autre en prit la défense.
Victor annonça à ce dernier son avancement, à l’autre une punition. Et d’ajouter : Demandez de ma part au président qu’il me condamne à la croix, il en sera remercié par sa guérison.
Les deux fonctionnaires allèrent rendre compte de leur mission, en rapportant aussi les paroles de Victor. Celui qui avait insulté le Martyr, fut bientôt jeté en prison ; l’autre au contraire fut nommé décurion ; quant au président, qui ne pouvait se déplacer qu’en chaise à porteur, il repartit sur ses deux pieds.
Des Juifs se trouvaient là aussi ; or c’était un jour de sabbat, et ils avaient enfreint la loi du sabbat en sortant de la vi