Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 23:00

11 AOUT

 

III.

S Alexandros, philosophe, charbonnier par ascèse, puis évêque à Comane et martyr ; patron des charbonniers.

IV.

S Rufinus, premier évêque à Assise et martyr.

Ste Susanna , martyre romaine ; elle refusa d'épouser le fils de Dioclétien.S Cassianus, évêque à Benevento.

S Tiburtius, martyr romain.S Taurinus, premier évêque à Evreux.

Ste Digne, vierge solitaire à Todi.

Ste Attracta, irlandaise qui reçut de s. Patrice le voile des vierges. 

VI.

S Equitius, abbé en Valérie ; il mit en déroute un faux moine qui était sorcier ; son extrême simplicité désarma l'envoyé du pape venu le convoquer à la suite d'une calomnie.

VII.

S Géry, évêque à Cambrai pendant quarante ans ; il avait appris le psautier pour être diacre ; le jour du sacre, il fit tomber les chaînes de douze prisonniers. 

Ste Rusticula (Marcia), abbesse à Arles, de dix-huit à soixante-dix-sept ans.

Ste Agilberte (Gilberte), abbesse à Jouarre. 

XI.

S Gérard, croisé auvergnat, mort à Gallinaro lors de la première croisade ; il apparut à un autre croisé qui fit connaître son tombeau, où eurent lieu des miracles. 

XIII.

Ste Claire, fondatrice à Assise des Pauvres Dames de l'Ordre des Mineurs (Clarisses), canonisée deux ans après sa mort ; Pie XII l'a proclamée patronne de la télévision parce qu'elle “assista” depuis sa cellule à la messe de minuit de Noël.

XV.

B Nicolas Appleine, chanoine à Prémery ; Louis XI recourut à son suffrage.

XVI.

Bx John Sandys, Stephen Rowsham (prêtres) et William Lampley (tailleur), martyrs anglais, béatifiés en 1987.

XVIII.

B Jean-Georges Rehm (Thomas), dominicain à Schlestadt, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

B Luigi Biraghi, prêtre milanais, béatifié en 2006.

S John Henry Newman, cardinal anglais converti de l’anglicanisme, béatifié en 2010, canonisé en 2019.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Laïcs : près de Valencia, Ráfael Alonso Gutiérrez (*1890), père de six enfants, et Carlos Díaz Gandía (*1907), père d'une petite fille de huit mois ;

- béatifiés en 2013 :

Hospitaliers : à Valencia, le prêtre Ramón Rosell Laboria (Leonci, *1897), et le profès Armando Óscar Valdés (Jaime, *1891) ;

Picpus : près de Madrid, le prêtre Benjamín Fernández de Legaria Goñi (Teófilo, *1898) ;

Frères Maristes : près de Huesca, Julián Lisbona Royo (Timoteo José), Francisco Donazar Goñi (Andrés José), Marcos Leyún Goñi (Emiliano José) (*1891, 1893, 1897) ; près de Madrid, Manuel Llop Plana (Adrián) et José Valencia Janices (Benigno José) (*1896, *1906) ;

- béatifiés en 2017 :

Lazaristes : à Madrid, le convers Estanislao Páramo Marcos (*1885) ;

Clarétains : près de Barcelone, le convers Antoni Casany Vilarassa (*1895) ;

- béatifiés en 2020 :

Diocésains : près de Grenade, Juan Bazaga Palacios et Miguel Romero Rojas (*1904, 1911).

B Maurice Tornay (1910-1949), suisse, chanoine du Grand-Saint-Bernard, missionnaire au Tibet et martyr, béatifié en 1993.

John Sandys

1550-1586

 

John était né dans le diocèse de Chester (Lancashire), entre 1550 et 1555.

Il étudia à Oxford et au Collège de Douai.

Arrivé à Reims en 1583, il y fut ordonné prêtre, dans la cathédrale de cette ville.

Envoyé en mission un an après, il put exercer son ministère pendant deux ans.

Arrêté, condamné à mort pour son sacerdoce, il fut exécuté à Gloucester.

Détail de son martyre : pendu, il fut remis sur ses pieds avant son expiration, et, encore vivant et conscient, il fut éviscéré, avec un vieux couteau rouillé et mal aiguisé. Le bourreau «luttait» véritablement, pour venir à bout de sa lugubre besogne ; en plus, il s’était cagoulé, pour ne pas être reconnu.

Les derniers mots de John furent pour prier pour ses persécuteurs.

Son martyre eut lieu le 11 août 1586

John Sandys a été béatifié en 1987.

  

 

Stephen Rowsham

1555-1586

 

Stephen Rowsham (ou Rousham, ou Rouse) était né dans le Oxfordshire, vers 1555.

Il étudia au Collège Oriel d’Oxford et reçut les ordres au sein de l’Eglise d’Angleterre.

Mais bientôt il acquit la conviction que la Vérité était dans l’Eglise catholique : pour cela il vint au Collège de Douai puis à celui de Reims en 1581, où il fut ordonné prêtre.

Envoyé en mission un an après, il fut arrêté presqu’aussitôt arrivé en Angleterre.

Envoyé à la Tour de Londres, le 19 mai 1582, il y resta prisonnier pendant plus de trois ans, dont la moitié enfermé dans le donjon, qu’on appelait ironiquement «Petit Aise».

De là, il fut transféré à Marshalsea, une infecte prison proche de Londres, où l’on enfermait des condamnés à mort pour «crimes contre nature».

Ensuite il fut envoyé en exil. C’était l’automne 1585.

Arrivé à Reims le 8 octobre, sans attendre, il repartit pour l’Angleterre, et travailla sans s’arrêter dans l’ouest du pays.

Il fut arrêté à Gloucester, dans la maison d’une pieuse veuve qui l’hébergeait.

Condamné à mort pour son sacerdoce, il fut exécuté à Gloucester, le 11 août 1586 (ou 1587).

Stephen Rowsham a été béatifié en 1987.

 

  

William Lampley

?-1588

 

William était probablement né à Gloucester, où il travaillait comme gantier.

Il fut arrêté à Gloucester et condamné à mort pour avoir «soutenu les curés».

Il fut exécuté à Gloucester, le 11 août 1588.

William Lampley a été béatifié en 1987.

 

 

Jean-Georges Rehm

1752-1794

 

Jean-Georges Rehm (ou Thomas) était né le 21 avril 1752 à Katzenthal (Haut-Rhin).

On n’arrive pas à savoir si ce nom de Thomas était un nom de religion, ou un pseudonyme utilisé pendant la persécution. 

Prêtre dominicain de la province alsacienne de Strasbourg, il était attaché au couvent de Sélestat.

Déporté de la Meurthe avec tant d’autres prêtres de France, il fut entassé avec eux à bord du Deux-Associés, aux pontons de Rochefort. Le bateau était normalement destiné à la Guyane, mais ne partit jamais et les prêtres vécurent dans les cales du bâtiment, dans des conditions hygiéniques inimaginables.

Le père Jean-Georges ne perdait pas courage ; ses discours enflammés ranimaient la confiance dans les cœurs. Il espérait avec une très forte conviction que la bonté divine n’abandonnerait pas l’Eglise de France et que son «châtiment» toucherait bientôt à sa fin.

Il est vrai qu’il offrait aussi pour cela de ferventes prières.

Ses confrères du département le respectaient comme un saint, ce qui d’ailleurs se voyait à sa dévotion mariale et à son comportement quotidien.

Il mourut sur l’Ile d’Aix (où l’on se débarrassait des moribonds avant de les y enterrer), le 11 août 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Luigi Biraghi

1801-1879

 

Né à Vignate (Milan) le 2 novembre 1801, Luigi était le cinquième des huit enfants d’une famille d’agriculteurs.

En 1804, la famille s’installa à Cernusco sul Naviglio, où le papa devint aussi le maire.

Au collège de Parabiago, sa vocation se fit jour et il entra au Petit séminaire de Castello (Lecco).

En 1815 moururent ses deux frères aînés, tandis que son père était entraîné dans une histoire de fraude dans la mairie.

Puis Luigi fut au Grand séminaire de Monza et ordonné prê

Alexandros de Comane

† 270

 

La ville de Comana était florissante dans l’Antiquité. Elle n’existe plus aujourd’hui : elle se trouvait près de l’actuel Gümenek (Tokat, Turquie CN).

Au 3e siècle, elle n’avait pas encore d’évêque. Il y en avait un dans une ville proche : Grégoire le Thaumaturge (v. 17 novembre), qui fut appelé à Comane pour y organiser la communauté chrétienne.

Dans cette ville, un philosophe extrêmement intelligent, Alexandros, exerçait le métier de charbonnier par pure modestie. Grégoire en entendit parler et le fit venir ; il comprit les grands mérites de ce bonhomme tout noir et le nomma évêque.

Son épiscopat ne dura pas très longtemps. Il fut bientôt appelé à témoigner de sa foi et fut martyrisé par le feu, vers 270.

Alexandros est évidemment invoqué par les charbonniers.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 11 août.

 

 

Rufinus d’Assise

† 238

 

Rufinus aurait été originaire d’Amasya (Pont, auj. Turquie CN), où il devint évêque.

Lors d’une persécution, il aurait été jeté en prison avec son fils, nommé Cesidius. Il amena cependant à la foi chrétienne le proconsul, qui le libéra.

Rufinus vint alors en Italie, toujours avec son fils, qu’il mit à la tête d’une église des Abruzzes, et s’en vint à Assise, où il prêcha la Bonne Nouvelle.

A nouveau arrêté sur ordre du proconsul Aspasius, ce dernier lui fit subir diverses tortures et le condamna à mort. On jeta l’évêque avec une grosse pierre au cou dans les eaux du Chiascio, non loin de la localité Costano.

On situe le martyre de Rufinus vers 238.

Cesidius, de son côté, souffrit le martyre à Trasacco (Abruzzes).

On a le droit ici de se poser quelques questions, qui cependant resteront sans réponses. Comment donc cet évêque d’Orient reçut-il la mission de venir en Italie, sans y être appelé et nommé par le pape (à l’époque s.Fabien, v. 20 janvier) ? Quel droit avait-il de mettre son fils Cesidius à la tête d’une Eglise, encore une fois sans y être mandaté par le pape, ou sans y être invité par les évêques de la région ?

Rufinus est célébré dans toute la région d’Assise ; on a même supposé qu’il y avait plusieurs personnages du même nom.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 11 août.

 

 

Susanna de Rome

† 295

 

Susanna aurait été la fille du prêtre Gabinus (v. 19 février) et nièce du pape Caïus (v. 22 avril).

On l’aurait demandée en mariage pour le fils de Dioclétien. Sur son refus catégorique, elle fut égorgée dans la maison même de son père.

Ce pouvait être vers la fin du 3e siècle.

Le Martyrologe Romain la mentionne au 11 août.

 

 

Tiburtius de Rome

† 302

 

Tiburtius était Romain (et différent de celui commémoré le 14 avril).

On le força à marcher pieds nus sur des charbons ardents, mais il n’en confessa que plus vivement sa foi chrétienne.

Il fut conduit sur la Via Labicana à trois milles de Rome et décapité.

C’était durant la persécution de Dioclétien.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 11 août.

 

 

Cassianus de Benevento

† 340

 

Cassianus serait le cinquième évêque de Benevento (Campanie, Italie), ou le dix-septième, si l’on retient seize noms d’évêques dont on n’a aucun document historique.

Il serait mort vers 340.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 11 août.

 

 

Taurinus d’Evreux

† 411

 

Taurinus aurait été le premier évêque d’Evreux, vers 350.

Un texte du Moyen-Age prétend cependant le faire vivre au temps du pape Clément (v. 23 novembre), au premier siècle, mais avec quelques invraisemblances historiques qui rendent le texte suspect.

Par exemple, Taurinus aurait été le frère de Géry de Cambrai, qui fut évêque au septième siècle (et qui est fêté en ce même 11 août).

D’après le texte en question, Taurinus aurait dû affronter le Diable par trois fois, sous les formes du lion, de l’ours et du buffle.

L’évêque aurait ressuscité plusieurs morts, miracles qui auraient provoqué la conversion de centaines de païens.

Il expulsa d’un temple païen un démon ; une autre fois, d’un signe de croix, il cloua au sol deux ministres d’un culte païen, lesquels, effarés, demandèrent le baptême.

Si la date de 350 est vraiment celle du début de son épiscopat, Taurinus aurait occupé le siège d’Evreux pendant soixante ans et serait mort vers 411.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 11 août.

 

 

Attracta d’Irlande

5e siècle

 

Attracta (ou Araght ou aussi Taraghta) était la fille, d’une noble famille irlandaise.

Elle désirait se consacrer à Dieu, mais rencontrait l’opposition paternelle. Aussi alla-t-elle trouve s.Patrice (v. 17 mars) à Coolavin, dans les mains duquel elle émit les vœux de religion.

Elle fonda un hospice dans le domaine de Lough Gara (Loch Uí Ghadhra), qui prit le nom de Killaraght, et peut-être aussi deux monastères dans la région de Sligo et près de Roscommon (Ros Comáin), là où s.Coman en fondera un autre trois siècles plus tard.

On donne Attracta comme ermite, mais aussi comme abbesse.

Durant son séjour à Drum (Boyle), sa charité envers les pauvres et les voyageurs aurait provoqué des miracles retentissants.

Le Martyrologe Romain la mentionne au 11 août.

 

 

 

Equitius de L’Aquila 

480-570

 

Equitius naquit et vécut en Valérie, une ancienne province de l’Italie centrale, contemporain de s.Benoit de Nursie (v. 11 juillet).

Ardent et confiant sa faiblesse à la Providence, il fut un jour guéri de rudes tentations qu’il éprouvait en sa chair. 

Sa sainteté de vie lui valut de devenir abbé de plusieurs monastères, et directeur spirituel de moniales.

Une très curieuse expérience montre combien il était éclairé divinement. Un certain Basilius lui fut recommandé par l’évêque local. Or Equitius démasqua le sorcier qui se cachait sous les traits d’un humble novice. Peu de temps après, Equitius obligea Basilius à partir : il finit sur un bûcher à Rome, tant il faisait de mal par sa magie diabolique.

Equitius prêchait dans les alentours, avec grande vivacité et force de persuasion. Quelqu’un lui fit un jour cette remarque : Comment oses-tu prêcher ainsi partout, alors que tu n’es pas prêtre ? Equitius lui répondit qu’il s’était lui-même posé cette question, mais qu’un beau jeune homme était venu lui toucher la langue en lui donnant l’ordre de prêcher. Cela rappelle la vocation du prophète Isaïe (cf. Is :).

On alla dénoncer Equitius auprès du pape, qui ordonna une enquête. Quand l’envoyé se présenta, Equitius était en train de faucher ; il commença par offrir un peu de foin pour les chevaux et alla au-devant de l’envoyé, un certain Iulianus - futur évêque. On allait partir ensemble pour aller trouver le pape, mais un autre messager arriva pour annoncer que le pape avait eu une révélation au sujet d’Equitius et que l’enquête s’achevait là.

On n’est pas sûr de l’identité du pape en question ; c’était peut-être Jean III, mais s.Grégoire (v. 12 mars), dans son récit, ne le précise pas. 

Equitius était la pauvreté et l’humilité personnifiées. Il portait l’habit le plus usé possible, prenait le plus mauvais cheval du monastère, qu’il montait sur une simple peau de mouton.

A sa mort, vers 570, il fut enterré à L’Aquila. 

Un paysan irrévérentieux osa poser sur la tombe un coffre à blé, qui fut enlevé immédiatement dans umn tourbillon. Quand les Lombards envahirent la région (vers 572), les moines invoquèrent Equitius, et les envahisseurs s’enfuirent aussitôt.

Saint Equitius de L’Aquila est commémoré le 11 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Géry de Cambrai

550-626

 

Gaugericus, qui est devenu Géry en français (et aussi localement Gorik, Gau, Djèri), naquit vers 550 à Eposium (auj. Carignan, Ardennes) de Gaudentius et Austadiola, des parents de souche gallo-romaine.

Dès sa jeunesse il s’exerça à se lever tôt le matin pour prier et lire l’Ecriture ; il donnait aux pauvres ce qu’il ne mangeait pas aux jours de jeûnes.

Sa grande piété le fit signaler à l’évêque de Trèves, Magnéric, qui le tonsura et lui promit de l’ordonner diacre dès qu’il aurait appris le psautier. Géry fut heureux de cette promesse, et encore plus d’être ordonné au service de Dieu et de l’Eglise.

Il assista le pasteur d’Eposium ; on sait qu’il amena au baptême un lépreux qui, guéri, fut plus tard ordonné prêtre.

Vers 585, Géry fut appelé à monter sur le siège épiscopal de Cambrai, qui fut réuni à celui d’Arras : il en devenait le quatrième évêque, le diocèse ayant été fondé vers 500 et administré par les saints Vaast (v. 6 février), Dominique et Védulphe.

Au jour de sa consécration (par Ægidius de Reims), Géry demanda au comte local la libération de douze prisonniers ; sur le refus du seigneur, Géry fit tomber les chaînes par sa prière. Ce ne fut pas l’unique manifestation de sa miséricorde envers les captifs ou les esclaves, qu’il s’ingéniait à soulager.

Parti en pélerinage à Tours, il guérit un aveugle en voyage.

En 614, il participa au concile de Paris.

L’ascendant de Géry était très grand, et Dieu lui prêta longue vie, en sorte que son épiscopat dura une quarantaine d’années - ce qui exaspérait terriblement le roi Chilpéric, qui en mourait de jalousie.

Géry mourut vers 626.

Saint Géry de Cambrai est commémoré le 11 août dans le Martyrologe Romain.

Rusticula d’Arles

555-632

 

Rusticula s’appelait aussi Marcia et naquit vers 555 à Vaison (Provence), de famille noble ; le jour-même de sa naissance fut marqué par la mort de son papa, bientôt suivi par le frère aîné de la petite fille. Clementia, la maman, bien éprouvée, éleva toute seule sa petite Rusticula.

Quand celle-ci eut cinq ans, un certain Cheraonius n’eut aucun scrupule à l’enlever, espérant l’élever et l’épouser plus tard.

Là-dessus, l’abbesse de Saint-Césaire d’Arles, Liliola, intervint auprès de l’évêque Syagrius d’Autun (v. 2 septembre), qui intercéda directement auprès du roi Gontran : ce dernier obligea Cheraonius à se séparer de Rusticula, qui fut conduite au monastère d’Arles et confiée aux bons soins de Liliola.

Lors de ces déplacements, Rusticula eut l’occasion de nourrir toute l’escorte, par une pêche miraculeuse dans le Rhône.

Tout cela était bien merveilleux, mais que devenait maman Clementia pendant ce temps ? Elle aurait bien voulu revoir sa fille ! Elle supplia l’évêque Sapaudus d’Arles, lequel se trouva au grand regret de ne pouvoir contrarier la vocation de Rusticula : celle-ci était dorénavant dans le monastère Saint-Césaire, elle avait quitté le monde et n’y reviendrait pas.

La Vie de Rusticula comporte peut-être des détails qui sortent de la stricte historicité du personnage : on pourrait en effet se demander quel âge avait Rusticula et si elle avait librement choisi sa «vocation». Mais à partir de ce moment, Clementia disparaît totalement du récit : elle n’avait guère vécu avec sa fille…

Rusticula édifia l’abbessse et les moniales. Elle apprit le psautier et, ajoute-t-on, l’Ecriture entière : sans doute les évangiles et les Actes des Apôtres. 

Quand Liliola mourut, en 574, c’est Rusticula qu’on appela unanimement à lui succéder ; elle n’avait que dix-huit ans, et se voyait à la tête de quelque trois cents moniales !

Elle sut montrer l’exemple et se mortifier durement, prenant par exemple un repas en trois jours.

Son abbatiat n’allait pas être de toute tranquillité. Le pouvoir politique l’accusa de favoriser l’accession au trône d’un prétendant à la place de Clotaire II ; on voulut assassiner Rusticula, qui fut miraculeusement protégée ; on l’enleva, mais le fils du même Clotaire mourut, comme l’en avait menacé l’évêque de Vienne. Les miracles de Rusticula convainquirent Clotaire de la laisser revenir au monastère. 

Rusticula gouverna encore son monastère pendant quatorze ans, et mourut le 11 août 632.

Sainte Rusticula d’Arles est commémorée le 11 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Chiara d’Assise

1193-1253

 

Chiara (Claire) naquit à Assise vers 1193, de Favarone di Offreduccio et de Ortolana, aînée de trois autres sœurs, Penenda, l’unique qui se maria, Agnese, de trois ans sa cadette, et Beatrice.

Elle fut baptisée Caterina.

En 1208, la famille voulait la marier. Mais la même année, le jeune fille avait été déjà conquise par l’idéal de Francesco, le Poverello d’Assise.

En 1211, elle quitta la maison et rejoignit Francesco : il lui tailla les cheveux et elle se consacra par les vœux de virginité et d’obéissance ; c’est là qu’elle prit le nom de Chiara.

Elle alla habiter chez des Bénédictines et fut bientôt rejointe par sa sœur Agnese.

Leur exemple attira l’autre sœur, Beatrice, et leur mère, Ortolana, puis une cinquantaine d’autres femmes. Certains avancent qu’Ortolana fut proclamée Bienheureuse.

Chiara voulait donner naissance à une famille vraiment pauvre, et obtint du pape lui-même le privilegium paupertatis, un état de vie dans la pauvreté totale. 

Après la mort de Francesco, Chiara apparaissait comme la dépositaire de l’esprit franciscain. Même si les Clarisses étaient placées sous la protection des Frères mineurs, c’était Chiara qui était la figure emblématique de l’enseignement de Francesco.

A signaler qu’elle fut en relation épistolaire avec sainte Agnès de Bohême (v. 2 mars).

En 1252, elle dut s’aliter définitivement, visitée deux fois par le pape de passage à Assise.

Un jour qu’elle ne pouvait assister physiquement à la Messe, Dieu lui rendit visible la célébration dans sa propre cellule ; c’est en souvenir de cette scène que Pie XII a proclamé Chiara patronne de la télévision.

 

Chiara ferma ses yeux à ce monde le 11 août 1253 et fut canonisée dès 1255. On la fête liturgiquement le 11 août.

 

 

Nicolas Appleine

1405-1465

 

Nicolas naquit en 1405 à Prémery (Nièvre), dans une magnifique maison qu’on peut encore admirer.

Clerc, il fut chanoine dans la collégiale Saint-Marcel de cette ville.

Il fut le soutien et le consolateur des pauvres et mourut saintement le 11 août 1466.

Confiants dans la protection de celui qui leur avait été si secourable pendant sa vie, les malades se rendaient à son tombeau pour y obtenir la guérison.

Un autre malade, le roi Louis XI, demanda à recevoir la soutane du prêtre ; l’évêque la lui fit porter par la sœur de Nicolas ; en 1482, le roi la fit reporter et, en reconnaissance, envoyait quelques subsides ; mais il y joignait une lettre dans laquelle il refusait une exemption de la taille pendant douze années, que les habitants de Prémery avaient osé demander…

Dans la collégiale, une plaque commémorative évoque Nicolas, modèle des prêtres.

Localement, les évêques de Nevers approuvèrent le culte qu’on rendait à Nicolas, mais le Bienheureux n’est pas mentionné dans le Martyrologe.

 

 

John Sandys

1550-1586

 

John était né dans le diocèse de Chester (Lancashire), entre 1550 et 1555.

Il étudia à Oxford et au Collège de Douai.

Arrivé à Reims en 1583, il y fut ordonné prêtre, dans la cathédrale de cette ville.

Envoyé en mission un an après, il put exercer son ministère pendant deux ans.

Arrêté, condamné à mort pour son sacerdoce, il fut exécuté à Gloucester.

Détail de son martyre : pendu, il fut remis sur ses pieds avant son expiration, et, encore vivant et conscient, il fut éviscéré, avec un vieux couteau rouillé et mal aiguisé. Le bourreau «luttait» véritablement, pour venir à bout de sa lugubre besogne ; en plus, il s’était cagoulé, pour ne pas être reconnu.

Les derniers mots de John furent pour prier pour ses persécuteurs.

Son martyre eut lieu le 11 août 1586

John Sandys a été béatifié en 1987.

  

 

Stephen Rowsham

1555-1587

 

Stephen (Stéphane, on trouve aussi son nom orthographié Sthephen - ou Steven - Rousham) naquit vers 1555 en Oxfordshire (Angleterre).

Après ses études à l’Oriel College d’Oxford, il fut un moment ministre du culte protestant ; il passa à la foi catholique, vint en France et fut ordonné prêtre à Reims. L’année suivante, en 1582, il partait pour l’Angleterre.

Il n’avait pas une bonne santé, mais son âme était robuste.

Arrêté, prisonnier à la Tour de Londres, enfermé au fond de ce donjon infect qu’on appelait Little Ease, le doux plaisir, réservé aux condamnés pour crimes contre nature ; il y resta plus de dix-huit mois.

Dieu lui accorda une consolation : le jour-même du martyre de trois autres prêtres, Stephen aperçut dans sa cellule une lumière très douce et sentit sur sa main droite comme trois coups délicats, pour lui faire connaître le glorieux événement. Une autre fois, il lui fut révélé que le jour de sa mort n’était pas encore arrivé, et qu’il allait encore célébrer beaucoup de Messes. De fait, il fut envoyé en exil, en 1585.

Durant cet exil, il priait et conçut un zèle grandissant pour le salut des âmes dans son pays ; il retourna en Angleterre. 

De nouveau arrêté et mis en prison à Gloucester, on l’accusa d’avoir été ordonné prêtre de l’autre côté de la mer, d’être revenu en Angleterre et d’avoir travaillé à rapprocher du catholicisme les sujets de la Reine. Edmund reconnut les faits, mais démontra qu’il n’y avait pas là de trahison ; il ajouta même que, s’il avait plusieurs vies, il les donnerait volontiers toutes pour une si bonne cause. A l’énoncé de la sentence de mort, il montra une joie toute particulière, que tous purent admirer. 

Il subit le martyre à Gloucester, à une date imprécise ; certains le mettent en mars, d’autres en juillet, le Martyrologe le 11 août, toujours en 1587. Il fut béatifié en 1987.

 

  

William Lampley

?-1588

 

William était probablement né à Gloucester, où il travaillait comme gantier.

Il fut arrêté à Gloucester et condamné à mort pour avoir «soutenu les curés».

Il fut exécuté à Gloucester, le 11 août 1588.

William Lampley a été béatifié en 1987.

 

 

Jean-Georges Rehm

1752-1794

 

Jean-Georges Rehm (ou Thomas) était né le 21 avril 1752 à Katzenthal (Haut-Rhin).

On n’arrive pas à savoir si ce nom de Thomas était un nom de religion, ou un pseudonyme utilisé pendant la persécution. 

Prêtre dominicain de la province alsacienne de Strasbourg, il était attaché au couvent de Sélestat.

Déporté de la Meurthe avec tant d’autres prêtres de France, il fut entassé avec eux à bord du Deux-Associés, aux pontons de Rochefort. Le bateau était normalement destiné à la Guyane, mais ne partit jamais et les prêtres vécurent dans les cales du bâtiment, dans des conditions hygiéniques inimaginables.

Le père Jean-Georges ne perdait pas courage ; ses discours enflammés ranimaient la confiance dans les cœurs. Il espérait avec une très forte conviction que la bonté divine n’abandonnerait pas l’Eglise de France et que son «châtiment» toucherait bientôt à sa fin.

Il est vrai qu’il offrait aussi pour cela de ferventes prières.

Ses confrères du département le respectaient comme un saint, ce qui d’ailleurs se voyait à sa dévotion mariale et à son comportement quotidien.

Il mourut sur l’Ile d’Aix (où l’on se débarrassait des moribonds avant de les y enterrer), le 11 août 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Luigi Biraghi

1801-1879

 

Né à Vignate (Milan) le 2 novembre 1801, Luigi était le cinquième des huit enfants d’une famille d’agriculteurs.

En 1804, la famille s’installa à Cernusco sul Naviglio, où le papa devint aussi le maire.

Au collège de Parabiago, sa vocation se fit jour et il entra au Petit séminaire de Castello (Lecco).

En 1815 moururent ses deux frères aînés, tandis que son père était entraîné dans une histoire de fraude dans la mairie.

Puis Luigi fut au Grand séminaire de Monza et ordonné prêtre en 1825.

Il fut tout de suite nommé professeur de grec aux séminaires de Castello, Seveso et Monza (où il fut aussi vice-recteur).

En 1833, il fut directeur spirituel au séminaire de Milan, pendant dix ans. Les archevêques de Milan recouraient aussi à ses conseils.

En 1838, sur une indication de la Mère de Dieu, il fonda à Cernusco sul Naviglio la congrégation des Sœurs de Sainte Marcelline, pour l’éducation des filles dans les écoles. Sainte Marcelline avait été la sœur de l’évêque milanais saint Ambroise, et son éducatrice. L’institut devait recevoir les filles de familles aisées, mais aussi, et gratuitement, celles des familles pauvres. Il y eut bientôt des maisons à Milan, Gênes, Chambéry.

Il s’intéressa beaucoup à l’histoire ecclésiastique, à l’archéologie chrétienne et à la théologie. C’est grâce à ses recherches qu’on découvrit l’urne funéraire de saint Ambroise. Il fonda la revue L’Ami catholique.

Ce fut un ange de paix au moment où la Lombardie passait de l’empire d’Autriche au royaume d’Italie. Sur mission du pape, il intervint auprès de certains membres du clergé qui préconisaient le retour aux domaines pontificaux. Le climat était difficile, on en était à séparer les séminaristes autrichiens des italiens dans le séminaire de Milan. On l’accusa même d’avoir participé à l’insurrection de Milan et subit un procès à Vienne en 1853.

Il pensait devoir renoncer à ses diverses occupations, à cause de sa santé, mais l’Archevêque le maintint encore à sa place. 

Chanoine honoraire de Milan, il fut nommé vice-préfet de la bibliothèque Ambrosienne de Milan en 1864.

Nommé prélat de Sa Sainteté en 1873, il s’éteignit à Milan le 11 août 1879 et fut béatifié en 2006.

Les Religieuses de Sainte-Marcelline travaillent toujours en Italie, en France, en Suisse, en Albanie, en Angleterre, au Canada, au Mexique et au Brésil.

John Henry Newman

1801-1890

 

Ce grand prélat naquit le 21 février 1801 à Londres, de John et Jemima Fourdrinier, qui eurent six enfants.

La famille était anglicane, le père banquier.

John Henry étudia dans une école privée à Ealing (1808-1816), où il se montra très studieux, un peu éloigné de ses camarades et de leurs jeux, lecteur avide de la Bible et des Anciens : Homère et Hérodote, Ovide et Virgile.

En 1816, la banque de son père fit faillite, suite aux guerres napoléoniennes ; cet été-là, John Henry adhéra aux idées d’un protestant évangélique, Walter Mayers et la lecture de Thomas Scott l’influença profondément ; il se «convertit» au protestantisme évangélique ; il approfondit les Pères de l’Eglise et considéra que sa vocation impliquait le célibat.

Admis à l’université d’Oxford, il poursuivit ses études avec ardeur, évitant toujours les fêtes bruyantes de ses camarades. Il obtint une bourse pour remplacer la banque paternelle en faillite.

En 1819, il fut admis aux cours de Droit. Il étudiera avec acharnement pour obtenir son diplôme avec mention, mais son anxiété le fit échouer et il n’obtiendra son diplôme qu’en 1821 (sans mention). Après ces études à Oxford, il annonça à son père son désir d’entrer dans le ministère au sein de l’Eglise anglicane.

C’est en 1824 qu’il fut ordonné diacre, mais il n’exerça que trois ans des activités pastorales.

Toujours à Oxford, il fit partie de l’Oriel Collège, au sein duquel il affina sa pensée. En 1826, grâce à son amitié avec Richard Hurrell Froude, il commença à regarder l’Eglise romaine avec plus d’admiration, à s’écarter même du protestantisme ; il fut gagné par la dévotion à la Vierge Marie et fut même amené à croire en la Présence réelle eucharistique.

En 1827, il tomba malade à la suite d’un excès de travail ; le décès de sa sœur le bouleversa et il se mit à écrire des poésies. Durant sa convalescence, il continua la lecture des Pères de l’Eglise et, peu à peu, se détacha de l’Eglise anglicane ; en 1832, il quitta l’Oriel Collège.

Un long voyage en Méditerranée l’amena alors, avec son ami Froude, à Rome où, peu à peu, son âme commença timidement à s’ouvrir à l’Eglise catholique. C’est au retour qu’il écrivit le célèbre poème Lead, kindly Light.

En 1833 sa démarche donnera vie au Mouvement d’Oxford, qui exercera une si forte influence sur les intellectuels. Il découvrit enfin que l’Eglise catholique est fidèle au Concile de Chalcédoine et parvint à la conclusion que les articles fondateurs de l’Eglise anglicane ne s’opposent pas à la doctrine de l’Eglise catholique. Il en arriva à démissionner de son poste dans l’Eglise anglicane, qu’il considérait désormais comme schismatique ; après deux années de réflexion et de prière, et grâce au contact avec le père Domenico Barberi (voir au 27 août), il fut officiellement reçu dans l’Eglise catholique, le 9 octobre 1845, entraînant à sa suite d’autres membres du Mouvement d’Oxford.

En 1846 il vint à Rome pour préparer son ordination sacerdotale. Avec l’appui du pape, il entra dans la Congrégation de l’Oratoire (voir l’article Filippo Neri au 26 mai) et fut ordonné prêtre le 30 mai 1847 (fête de sainte Jeanne d’Arc !).

De retour dans son pays, il y fonda le premier Oratoire, à Birmingham et s’installa à Londres.

Il reçut le titre de doctor honoris causa en théologie.

Il fonda alors à la demande des évêques irlandais l’université catholique de Dublin, mais démissionna en 1857, en raison de divergences de vue entre ces mêmes évêques et lui. De même, il rencontrera une assez forte opposition de la part de ses ex-coreligionnaires. Il dut affronter (et perdre) un long procès que lui intenta un prêtre défroqué. Face à des calomnies, il répondit par son Apologia Pro Vita Sua, qui ramena un peu la paix autour de lui. 

Ses ennemis réussirent à susciter la méfiance envers lui de la part du Vatican et du Pape ; il y eut des hauts et des bas, difficiles à résumer et trop longs à énumérer.

En 1878, Newman fut nommé Membre honoraire de l’université d’Oxford et, l’année suivante, créé cardinal par le nouveau pape Léon XIII ; pour cette occasion, il fit le voyage à Rome, où il tomba malade et, de retour en Angleterre, il mourut à Edgbaston (Birmingham) le 11 août 1890.

Il a été béatifié en 2010.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison inexpliquée, en 2005, d’un patient atteint d’une maladie à la moelle épinière.

John Henry Newman sera canonisé en 2019.

 

 

Estanislao Páramo Marcos

1885-1936

 

Né le 7 mai 1885 à Pedrosa del Rio Urbel (Burgos), Estanislao était le fils d’Isidoro et Lucía, qui le firent baptiser le jour-même.

Entré dans la Congrégation des Pères Lazaristes (Vincentiens) en 1911, il eut pour maître des novices le p. Agapito Alcalde Garrido, futur martyr de la même persécution ; il y fit la profession comme Frère convers en 1914.

Les localités de sa mission furent Villafranca del Bierzo (1915), Limpias (1921),  Murguía (1930), Alcorisa (1933), finalement Madrid, dans la maison de García de Paredes. Sa bonté était légendaire, et communicative.

Le 23 juillet au soir, les miliciens attaquèrent au plein sens du mot la maison des Religieux, qui se réfugièrent dans la chapelle. Le 24 au soir, les miliciens pénétrèrent par les trois entrées simultanément. Ils tirèrent les Religieux de leurs chambres et les soumirent à interrogatoires et menaces. Le 25 au matin, les Religieux tentèrent la dispersion : le frère Estanislao et deux autres trouvèrent à se réfugier chez un cousin, d’où les miliciens les firent sortir le 7 août suivant ; ils les assassinèrent près de l’abattoir de Madrid, le 11 août 1936 (cette date semble plus exacte que celle du 28 juillet).

Béatifié en 2017, le bienheureux Estanislao Páramo Marcos sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 11 août.

 

 

Ráfael Alonso Gutiérrez

1890-1936

 

Ráfael naquit le 14 juin 1890 à Onteniente (Valencia, Espagne).

En 1916, le 24 septembre, jour de la fête de Notre-Dame de la Merci, il épousa Adelaida Ruiz Cañada, avec laquelle ils eurent six enfants.

Profondément chrétien, il participa aux activités de sa paroisse et, comme administrateur de presse, facilita la diffusion de la presse catholique.

Ses engagements furent multiples : Confraternité du Sacré-Cœur, Tiers-Ordre franciscain, membre des Adorateurs nocturnes, secrétaire de la Légion Catholique, président de l’Action Catholique masculine, catéchiste. 

Homme de culture, il participa en outre à différents cercles d’études, donnant des conférences, diffusant les bonnes lectures chrétiennes, et subissant à l’occasion des accusations calomnieuses et des dénonciations.

Lors de la révolution espagnole en juillet 1936, il savait pertinemment ce qui pouvait lui arriver ; il resta très calme et souriant devant le danger. Au soir du 24 juillet, durant l’adoration nocturne, avec son ami Carlos Díaz Gandía, il offrit sa vie pour l’Espagne.

Il fut arrêté et assassiné le 11 août 1936, et béatifié en 2001.

 

 

Armando Óscar Valdés

1891-1936

 

Armando vit le jour le 15 janvier 1891 à La Havane (Cuba).

Il entra en 1913 dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu à Ciempozuelos et prit le nom de Jaime.

Il exerça dans les deux communautés de Ciempozuelos et San Rafael (Madrid). En 1920, il fut envoyé en Colombie, où il fut supérieur à Bogotá (1928-1931).

Revenu en Espagne, il fut sous-directeur à Barcelone (1931) et passa à Valencia, pour s’occuper de la pharmacie et de la lingerie.

Après la fouille du 7 août 1936, il fut réveillé en pleine nuit ainsi que le Supérieur, par les anarchistes, et tous deux furent fusillés non loin de l’hôpital, le 11 août 1936.

Frère Jaime fut béatifié en 2013.

Julián Lisbona Royo

1891-1936

 

Julián vit le jour le 23 octobre 1891 à Torre de las Arcas (Teruel, Espagne), Andrés et Manuela, d’humbles parents qui vivaient d’un petit commerce ambulant de safran. Ils firent baptiser leur fils le 1er novembre 1891.

Le petit garçon accompagna son père dans ses déplacements et, à la mort de celui-ci (1917), continua l’activité pour lui-même, ce qui lui acquérir une personnalité forte et décidée.

Après son service militaire, il vécut quelque temps chez une pieuse dame qui vivait seule ; cette dame lui proposera plus tard d’être son héritier, mais il considéra que tout cela était bien peu de chose en échange de sa vocation.

Il entra en 1917 chez les Frères Maristes à Las Avellanas, où il dut s’adapter à un genre de vie inconnu de lui, en communauté ; les études n’étaient pas faciles non plus pour ce jeune homme de vingt ans. Il persévéra, suivit les bons conseils de ses maîtres, approfondit avec passion la sainte règle du Fondateur (Marcellin Champagnat, voir au 6 juin). Ce fut même un Frère exemplaire.

Il professa avec le nom de Timoteo José (1919) et fit la profession solennelle en 1924.

Il était et resta dans la maison de Las Avellanas, chargé du jardin et de la ferme. Humble et généreux, il se proposait le premier pour rendre service, mais attendait toujours pour se servir en dernier.

Le 26 juillet 1936, la maison dut être évacuée et abandonnée. Le Frère Timoteo José se réfugia chez des familles de l’endroit et travailla aux champs. 

Le 9 août, il tenta de rejoindre la zone nationale libre, avec deux autres Frères. Trompés et trahis, arrêtés, les trois Compagnons furent assassinés à Saganta (Huesca)) le 11 août 1936.

Ils ont été béatifiés en 2013.

 

 

Francisco Donazar Goñi

1893-1936

 

Francisco vit le jour le 10 octobre 1893 à Iroz (Navarra, Espagne), un des nombreux enfants de Gregorio et Modesta qui le firent baptiser le jour-même ; confirmé en 1895, il fit une première confession en 1901 et recevra la Première communion en 1903.

Son père mourut pendant qu’il était au service militaire, de sorte qu’à son retour, il resta auprès de sa mère pour l’aider par son travail, édifiant tout le pays par sa vie toute chrétienne.

On raconte qu’un vendredi - où l’abstinence était de règle - on lui fit porter aux champs son casse-croûte, avec un savoureux morceau de viande, qu’il laissa malgré la faim, sans craindre les petits sourires de ses compagnons.

Il entra chez les Frères Maristes à Las Avellanas en 1921, professa avec le nom de Andrés José (1922) et fit la profession solennelle en 1927.

L’humilité du Frère Andrés José se manifesta constamment sans faille dans cette seule et unique maison de Las Avellanas, où il resta jusqu’à la fin de sa vie.

Toujours prêt à intervenir pour aider, pour réparer, il travailla ainsi au service des quelque deux-cents personnes qui résidaient dans cette maison, Frères et élèves. Il répétait volontiers : Tout fait plaisir à Dieu, quand on le fait par amour pour Lui. 

Il commençait toujours son travail par le signe de la croix.

Au début de 1936, on projetait des travaux pour améliorer les conditions de vie dans Las Avellanas, et le Frère Andrés José mettait tout son cœur à prévoir le nécessaire : Dieu fit que tout ce travail devait servir à d’autres.

Le 26 juillet 1936, la maison dut être évacuée et abandonnée. Le Frère Andrés José se réfugia chez des familles de l’endroit. 

Le 9 août, il tenta de rejoindre la zone nationale libre, avec deux autres Frères. 

Arrêtés, le Frère Andrés José et ses compagnons furent assassinés à Saganta (Huesca) le 11 août 1936.

Ils ont été béatifiés en 2013.

 

 

Antoni Casany Vilarassa

1895-1936

 

Né le 4 décembre 1895 à Riudeperas (Barcelone) et baptisé le lendemain, Antoni était le quatrième des sept enfants de Juan et Antonia, de simples ouvriers.

En 1918, il entra chez les Clarétains de Cervera comme frère convers. Au terme du noviciat il fit la profession en 1920.

Il fut chargé de tous les humbles travaux de la communauté, et l’on apprécia beaucoup son esprit serviable et sa bonté : on le surnomma même gentiment Frère Giunipero (Fray Junípero), du nom de ce saint frère de la première communauté franciscaine, tant estimé de s.François d’Assise.

Dès le début de la révolutiion espagnole de juillet 1936, la communauté de Cervera se dispersa, d’abord à Solsona, puis Antoni fut à San Ramón, et à Mas Claret, le 24 juillet. Le 26 il passa à Mas Rosich, conduisant avec lui deux vaches. Tout en travaillant, il maintenait son rythme de prière, disant le chapelet avec la famille. On lui déconseillait de sortir, de repartir à Mas Claret, de faire son signe de croix avant chaque travail, mais il répondait : Si on ne peut même pas faire ça, c’est mieux qu’ils nous tuent !

Le 10 août, il y eut une perquisition à Mas Rosich ; le père de famille tenta d’emmener Antoni en voiture à Cervera. Les miliciens partirent avec eux, mais après avoir bu une bonne dose de vin. A un passage à niveau, le train accrocha leur voiture et les tira sur trois cents mètres, mais il n’y eut aucun blessé. Ils montèrent dans le train et arrivèrent ainsi à Cervera.

Avec deux voitures, les miliciens revinrent à Mas Rosich avec Antoni et un autre prêtre. De nouveau ils burent une grande quantité de vin et forcèrent le fils de la maison à les accompagner, à neuf heures du soir. Durant le déplacement, ils ne firent qu’insulter et frapper leurs prisonniers. Arrivés à une carrière, ils dévêtirent leurs victimes et voulurent leur faire chanter des immoralités.

Arrivés au Mas de l’Alán à San Pedro des Arquels (Lleida), ils firent descendre tout le monde, renvoyèrent le garçon de Mas Rosich. Antoni s’agenouilla aux pieds du prêtre, lui demandant son absolution. On ne le leur en laissa pas le temps : on leur tira dessus, puis on fit brûler leurs cadavres.

Martyrisé le 11 août 1936 et béatifié en 2017, Antoni Casany Vilarassa sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 11 août.

 

 

Manuel Llop Plana

1896-1936

 

Manuel vit le jour le 1er janvier 1896 à La Mata de Morella (Castellón, Espagne), benjamin des quatre enfants de Gabriel et Joaquina.

Il entra chez les Frères Maristes à Vic en 1908, passa à Las Avellanas, où il professa avec le nom de Adrián (1912)Il fit la profession solennelle à Burgos en 1917.

Il passa par diverses maisons : Alcoy (1912), Alicante (1915), Tolède (1917), Barcelone (1918), Sabadell (1920), Las Avellanas (1922), Girona (1923), Torelló (1923), Manzanares (1924).

La «spécialité» du Frère Adrián fut les enfants, qu’il savait tenir éveillés tandis qu’il leur parlait, tant ses paroles étaient captivantes. Humblement, il se considérait le dernier de la communauté et trouvait tout naturel de courir pour rendre service aux autres.

On ignore ce qu’il fit à partir de 1924 ; à une date que nous ignorons, il dut aller à Madrid, où l’attendait le martyre. Arrêté, il fut assassiné à Paracuellos de Jarama (Madrid) le 11 août 1936.

Il a été béatifié en 2013.

 

 

Marcos Leyún Goñi

1897-1936

 

Marcos vit le jour le 7 octobre 1897 à Sansoáin (Navarre, Espagne), troisième des six enfants de Juan et Petra ; il fut confirmé en 1904.

La maman était particulièrement pieuse, communiait chaque jour et savait par cœur les prières qui se disaient lorsque le prêtre administrait le Sacrement des Malades ou le Viatique. Chaque jour, on priait le chapelet en famille.

Quand elle fut veuve, elle conduisit elle-même son Marcos chez les Frères Maristes à Arceniega, en 1912.

Jusque là, Marcos s’était montré particulièrement serviable : il le resta toute sa vie. C’était un électricien et un tailleur très habile. On le verra installer l’électricité dans la maison de Villafranca.

En 1913, il passa à Las Avellanas, où il professa avec le nom de Emiliano José (1914) ; il fit la profession solennelle dans cette même maison, en 1919.

Il passa par divers centres : Mataró (1916), Igualada (1926), Barcelone (1927), Mataró (1930), Girona (1934), Sabadell (1935), Las Avellanas (1936).

Le 26 juillet 1936, la maison dut être évacuée et abandonnée, et il se réfugia chez des familles de Vilanova.

Le 9 août, il se mit en marche avec deux confrères pour Huesca, en zone nationale, et, le 10 août, se présenta au Comité de Tamarite de Litera. Trompés et trahis, arrêtés, les trois Compagnons furent assassinés à Saganta (Huesca)) le 11 août 1936.

Ils ont été béatifiés en 2013.

 

 

Ramón Rosell Laboria

1897-1936

 

Ramón vit le jour le 13 décembre 1897 à Barcelone (Espagne).

A quinze ans il entra dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu à Carabanchel et fit la profession en 1917 avec le nom de Leonci.

Il fut ordonné prêtre et exerça en diverses communautés : Santa Águeda, Ciempozuelos, Madrid, Sant Boi, et Barcelone comme sous-prieur.

Comme supérieur, il fut à Malvarrosa et Valencia.

Dans cette dernière maison, envahie par les communistes dès le 23 juillet 1936, se trouvait encore un Frère qui s’occupait de la cuisine et, pour ce motif, on savait qu’on y mangeait mieux qu’ailleurs. Les communistes qui s’y trouvaient protégeaient donc les Religieux, jusqu’au moment où les miliciens firent pression sur les communistes pour assassiner le Supérieur et un autre Frère.

La maison subit une première fouille le 7 août 1936 et les miliciens repartirent avec de fermes menaces. 

Dans la nuit du 10 au 11 août 1936, le père Leonci fut sorti de sa chambre et fusillé près de l’hôpital.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Benjamín Fernández de Legaria Goñi

1898-1936

 

Il vit le jour le 5 juin 1898 à Torralba del Río (Estella, Navarre, Espagne), unique garçon de Tomás et Fermina, de bons chrétiens qui eurent aussi quatre fille.

On demanda au petit garçon de cinq ans combien il y avait de dieux ; la réponse : Un seul ; s’il y en avait plus, ils se battraient entre eux.

Benjamín se montra effectivement extrêmement intelligent ; quand il eut dix ans, le curé suggérait de l’envoyer au Petit séminaire, mais les parents l’envoyèrent là se trouvait déjà un cousin, chez les Religieux des Sacrés-Cœurs (pères de Picpus), à Miranda de Ebro.

Elève très brillant, Benjamín passa son baccalauréat à seize ans, puis entra au noviciat à San Miguel del Monte et fit la philosophie à Miranda, toujours avec des notes «exceptionnelles».

Après sa profession (1916), il porta le nom de Teófilo.

Fatigué (!), il dut passer une année à Santurce, à s’occuper des petits enfants, mais en profita pour passer le diplôme national d’instituteur à Vitoria.

Il fut ensuite à San Miguel del Monte et Torrelavega pour la théologie.

Ordonné prêtre en 1923, il fut envoyé à Rome où il fut reçu docteur en théologie à l’Université Grégorienne. 

Puis il dut faire le service militaire comme aumônier à Tetuán, puis Madrid.

En 1927, il fut nommé prieur puis directeur du collège de Martín de los Heros (Madrid), occupant ses moments «libres» à préparer (et réussir) la licence de philosophie et lettres à Salamanque.

Lors de la Révolte des Asturies (1931), le collège d’Argüelles fut aussi mis à sac et incendié : le père Teófilo réussit à éteindre le feu avec un confrère, tandis qu’un ancien élève fut assassiné non loin du collège.

Il fonda ensuite la Fraternité de Saint-Isidore-de-Séville, regroupant des titulaires de doctorats et licences, pour enseigner librement hors des établissements d’Etat, où sévissait le sectarisme révolutionnaire. Il en fut nommé aumônier.

En 1933, il fut nommé supérieur de Martín de los Heros, en même temps qu’il le fut pour le séminaire de l’Escorial. Dès lors, il demandait à Dieu la grâce de mourir martyr.

En 1936, il offrit spontanément à la mairie son séminaire pour le transformer en hôpital ; il en fut nommé directeur. Les Religieux laissèrent leur bel habit blanc pour mettre des blouses d’infirmiers.

Comme les Religieuses du Sacré-Cœur se trouvaient confinées dans leur couvent de l’Escorial, le père Teófilo réussit à les faire évacuer sur Madrid.

Le 8 août arriva l’ordre d’évacuer le séminaire et de rejoindre Madrid ; tous les élèves et les prêtres partirent, sauf le père Teófilo et quelques frères laïcs âgés ; il avait le clair pressentiment qu’il allait mourir en martyr, et s’en réjouissait.

Le 10 août après-midi arriva encore une ambulance remplie de blessés ; il n’y avait plus de place et on appela le Directeur ; le conducteur reconnut le père Teófilo : c’était un gendre du portier du couvent Martín de los Heros et avait reçu de l’aide quand la famille s’était trouvée en difficulté. Il dénonça le père.

Six heures plus tard, pendant qu’il dînait, le père Teófilo fut arrêté par d’anciens élèves, envoyés par le conducteur de l’ambulance.

Le père leur demanda trois «grâces» : lui laisser le temps de prier un peu, écrire à sa mère, et être enterré dans le cimetière. La lettre disparut, mais les témoins affirmèrent qu’il y avait écrit : Adieu. Ne soyez pas tristes. Je meurs pour Dieu et la paix de ma Patrie. Adieu.

Le père Teófilo fut assassiné à trois kilomètres de l’Escorial, au lieu-dit Piedra del Mochuelo, vers minuit.

Son dies natalis a été fixé au 11 août. Il fut béatifié en 2013.

 

 

Juan Bazaga Palacios

1904-1936

 

Juan Bazaga Palacios naquit à Villa de Benamargosa (Grenade, Espagne) le 8 décembre 1904, en la fête de l’Immaculée Conception.

Il fut aux séminaires de Saint-Sébastien puis de Málaga, et reçut l’ordination sacerdotale en 1929.

On l’envoya exercer son ministère à Capileira et Herradura.

Arrêté, il fut fusillé le 11 août 1936, pas très loin de son pays natal, au lieu-dit Rosal de la Fuente Santa.

Juan Bazaga Palacios devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 11 août.

 

 

José Valencia Janices

1906-1936

 

José vit le jour le 16 novembre 1906 à Artajona (Navarre, Espagne), un des huit enfants de Aurelio et Vidala, qui le firent baptiser dès le lendemain ; il fut confirmé en 1908.

Bon élève, c’était un garçon à la fois nerveux et joyeux.

Il entra chez les Frères Maristes à Vic en 1918, passa à Las Avellanas, où il professa avec le nom de Benigno José (1923).

Il passa par diverses maisons : Burgos (1924), Barruelo de Santullán (1926), Málaga (1928, où il fit la profession solennelle), Madrid (1931), Larache (1932, où il fit son service militaire), Lucena (1933), Madrid de nouveau (1934).

Le Frère Benigno José étudia beaucoup et obtint les qualifications nécessaires à l’enseignement. Comme professeur, il sut transmettre à ses élèves sa joie, son entrain. Il cherchait à les faire travailler sérieusement, mais dans une ambiance détendue.

Au moment du soulèvement de l’été 1936, il fallut évacuer la maison de Madrid. Avec son tempérament optimiste et audacieux, sans faire attention aux miliciens qui le guettaient, il alla rendre visite au Frère Bruno José, qui avait déjà été arrêté. Quelques jours plus tard, il se risqua à aller manger à la maison, avec le Frère Adrián : ils furent arrêtés, conduits à Paracuellos de Jarama (Madrid) et assassinés le 11 août 1936.

Il a été béatifié en 2013.

 

 

Carlos Díaz Gandía

1907-1936

 

Carlos naquit le 25 décembre 1907 à Onteniente (Valencia, Espagne).

Très jeune, il entra dans les rangs de l’Action Catholique et contribua à la création de divers centres de catéchèse ; lui-même enseignait chaque dimanche.

En 1934, il épousa Luisa Torro Perseguer, avec laquelle ils eurent une fille.

Lors de la révolution espagnole en juillet 1936, il se débattit pour empêcher la profanation et la destruction des lieux de culte et tenta de protéger la vie de son curé.

Au soir du 24 juillet, durant l’adoration nocturne, avec son ami Ráfael Alonso Gutiérrez, il offrit sa vie pour l’Espagne.

Le 4 août 1936 au matin, il fut arrêté et torturé de multiples manières.

Ce tout jeune papa de vingt-huit ans qui était né le jour de Noël, nouveau jésus, fut assassiné au matin du 11 août 1936, fusillé sur la route d’Agullent.

Sa petite fille n’avait que huit mois.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Miguel Romero Rojas

1911-1936

 

Miguel Romero Rojas naquit le 26 décembre 1911 à Coín (Málaga, Espagne)

Ce tout jeune prêtre de vingt-cinq ans avait été ordonné très récemment, le 14 juin 1936.

Incarcéré le 4 août à Coín, il fut martyrisé sur la route de Coín à Cártama, au lieu-dit Fuente del Sol, le 11 août 1936.

Il avait vingt-cinq ans, à peine cinquante-huit jours de sacerdoce et, à cause des sept jours de prison, seulement cinquante-et-une Messes.

Miguel Romero Rojas devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 11 août.

Maurice Tornay

1910-1949

 

Maurice Tornay est né en Suisse à la Rosière près d’Orsières, le 31 octobre 1910, septième de huit enfants. Ses parents, qui sont paysans, s’appellent Jean-Joseph et Faustine Rossier. 

Le petit garçon devait avoir son caractère bien forgé, volontaire, décidé. Sa sœur Anna dira plus tard qu’ après sa première communion, Maurice devint gentil.

Il fait des études au collège Saint-Maurice ; six années de pensionnat, durant lesquelles sa foi s’affermit, mais aussi sa vocation se dessine. Il lit volontiers la vie ou les écrits de saint François de Sales et de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Saint François de Sales fut évêque à Genève, et sainte Thérèse de Lisieux fut canonisée dès 1925 - Maurice avait juste quinze ans - et proclamée Patronne des missions (sur ces deux Saints, voir aux 28 décembre et 30 septembre).

En 1931, au terme de ses études, Maurice sollicite son entrée chez les Chanoines du Grand-Saint-Bernard (voir au 15 juin). Il écrit son intention bien arrêtée : …quitter le monde, me dévouer complètement au service des âmes afin de les conduire à Dieu, et me sauver moi-même.

Le noviciat commence en août 1931 à l’Hospice du Grand Saint-Bernard.

Bientôt, les Missions Etrangères de Paris sollicitent les Chanoines du Grand Saint-Bernard : on a pensé que des religieux habitués au froid et à l’altitude pourraient faire d’excellents missionnaires dans l’Himalaya. Un premier groupe part en 1933 pour le Yunnan, mais à ce moment-là Maurice est souffrant et n’est pas mis au nombre des élus.

1935. Le 8 septembre, fête de la Nativité de Marie, il prononce ses vœux solennels. Cette fois-ci, il est désigné pour accompagner deux autres Chanoines (Lattion et Rouiller) au Yunnan. On se prépare pendant quelques mois et voilà nos nouveaux-venus à la mission de Weisi, à deux-mille trois-cent cinquante mètres d’altitude, dans les Marches tibétaines.

Maurice n’avait pas fini ses études en vue du sacerdoce. Il les achève maintenant, sous la direction du Chanoine Lattion ; mais aussi il apprend le chinois auprès d’un vieux professeur protestant qui - fait rare à l’époque - a des sympathies pour le catholicisme. Maurice apprend très vite, il pourra bientôt prêcher en chinois.

Ses études achevées avec succès, il est ordonné prêtre en 1938. L’évêque qui doit l’ordonner se trouve à Hanoï : pour le rejoindre, il faut marcher pendant près d’un mois. Retraite méritoire !

1939. Durant la Guerre mondiale, la Chine est envahie par le Japon. La zone de mission de Maurice est occupée, les vivres manquent. Soulèvements populaires et pillages : le jeune prêtre doit mendier sa nourriture.

1945. Le Japon est encore en guerre, l’armée américaine cherche à l’obliger à se replier. Combats incessants, jusqu’au lancement des bombes sur Hiroshima et Nagasaki. Le Japon capitule le 14 août. Dans ces circonstances pénibles, le père Maurice Tornay est nommé curé à Yerkalo, à deux-mille six-cent cinquante mètres d’altitude : cette mission fut fondée quatre-vingts ans plus tôt par deux missionnaires français, Félix Biet et Auguste Desgodins.

L’ambiance n’est pas pacifique. Déjà plusieurs prêtres y ont été tués, les autorités locales sont manifestement hostiles, le lama Gun-Akhio menace ouvertement le père Maurice.

Le 26 janvier 1946, on en vient aux voies de fait : une quarantaine de lamas envahissent la résidence du missionnaire, la détruisent, et emmènent le père au Yunnan. Là, il n’y a qu’une famille chrétienne. Courageusement, le père Tornay prie et cherche à proclamer l’Evangile.

Début mai, le Gouverneur de Chamdo, suprême autorité civile de l’est du Tibet, promet sa protection à Maurice et l’invite à revenir dans sa paroisse de Yerkalo. Heureux, il se met en route, mais Gun-Akhio l’en empêche immédiatement. Maurice va devoir aller plaider sa cause auprès du Dalaï-lama, à Lhassa (Tibet). 

Pour y réussir, il tente de se déguiser en Tibétain, mais est reconnu : on le renvoie à Atzunze (Dechen, Kham), où il soigne les malades, après avoir passé l’été à Weisi.

A Noël 1947, il participe à un congrès d’Action catholique à Nankin et Shanghai.

Le 10 juillet 1949, il se met en route pour un long voyage de deux mois, qui devrait le reconduire à Yerkalo. Le 11 août, près de la frontière, aux abords du col de Choula (trois mille mètres d’altitude), il tombe dans une embuscade et est mortellement atteint par des balles tirées par quatre lamas. Par François Goré, missionnaire de Sichang, on apprit que cinq hommes armés, à la solde des lamas de Yentsing (Yerkalo), tuèrent et dépouillèrent le père Tornay, tandis qu’un de ses trois domestiques s’emparait de leurs quatre mulets.

Le corps du missionnaire fut ramené à Yerkalo et enterré dans le jardin de la mission.

La cause de béatification fut ouverte à l’instigation de son compagnon de mission, Angelin Lovey. Le martyre ayant été reconnu, Maurice Tornay fut béatifié en 1993.

Il est inscrit au Martyrologe le 11 août.

Partager cet article

Repost0
9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 23:00

10 AOUT

 

III.

S Laurent, diacre romain de Sixte II, brûlé vif sur une grille, troisième patron de Rome, après les ss. Pierre et Paul, patron des pauvres et des rôtisseurs ; au Moyen-Age trente-quatre églises lui étaient dédiées à Rome.

IV.

Ste Astérie (Hestérie), vierge martyre à Bergame.

?

Stes Bassa, Paula, Agathonica, martyres à Carthage.

Ste Philomène, inconnue retrouvée dans une catacombe romaine, à qui le Curé d'Ars attribuait ses miracles.

V.

S Auteur, évêque à Metz au moment de l'invasion des Huns.

VI.

S Deusdedit, cordonnier romain ; le samedi, il donnait aux pauvres ses économies de la semaine. 

S Blane, irlandais, évêque à Kingarth.

VII.

S Aredius, évêque à Lyon, aux façons quelque peu brutales mais tout de même vénéré à Lyon.

XII.

S Malchus, évêque à Lismore.

S Hugues de Montaigu, évêque à Auxerre ; il avait été jeune moine à Cluny sous son oncle s. Hugues, puis abbé à Auxerre.

XV.

B João de Menezez da Silva (Amadeo de Portugal), hiéronymite en Espagne, franciscain en Italie, fondateur de couvents de régulière observance, auteur d'un commentaire sur l'Apocalypse ; frère de ste Beatriz da Silva.

XVII.

B Augustinus Ōta, jésuite japonais martyr.

XVIII.

Bx Claude-Joseph Jouffret de Bonnefont, sulpicien et supérieur du petit séminaire à Autun, François François (sic), capucin, et Lazare Tiersot, chartreux à Beaune, martyrs aux pontons de Rochefort, béatifiés en 1995.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, Salvador Estrugo Solves et José Toledo Pellicer (*1862, 1909) ;

Salésiens : à Valencia, le prêtre Juan Martorell Soria (*1889) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Lluís Sans Viñas (*1887) ;

Mercédaires : à Barcelone, le profès Antonio González Penín (*1864) ;

Rédemptoristes : à Cuenca, le prêtre José Xavier Gorosterratzu Jaunarena (*1877), et le profès Victor Calvo Lozano (*1896) ;

Frères Maristes : près de Valencia, Esteve Llover Torrent (Millá, *1885) ;

Lasalliens : près de Tarragona, Jaume Jardí Vernet (Fulbert Jaume, *1901).

Bx Edward Grzymala (*1906) et Franciszek Drzewiecki (*1908), orioniste, prêtres polonais gazés à Dachau en 1942, martyrs béatifiés en 1999. 

Laurent

210 (220?)-258

 

Saint Laurentius fut extrêmement célèbre à Rome, dès le IVe siècle. Plus tard, pas moins de trente-quatre églises romaines seront dédiées à ce Saint, et une centaine de communes en portent le nom en France.

Laurentius - Laurent - aurait été d’origine espagnole, et même natif de Huesca, où on lui aurait trouvé de pieux parents nommés Orentius et Patientia.

Agrégé au clergé de Rome, il devint le premier diacre du pape Xyste II.

On a vu, le 6 août, comment fut pris et décapité le saint pape Xyste II. On a vu aussi que la “rencontre” entre le pape et son diacre peut présenter quelques interrogations.

Si l’on ne tenait pas compte de ces difficultés, on retiendrait que, sur le chemin vers le martyre, Xyste II et Laurent se seraient rencontrés, le diacre interpellant le pape : Père, où vas-tu sans ton diacre ? A quoi le pape aurait répondu : Dans trois jours, le diacre suivra le prêtre.

Pressentant donc son arrestation prochaine, Laurent distribua aux pauvres tout ce qu’on lui avait confié comme argent. Présenté à l’empereur qui lui demandait où se trouvaient ses richesses, Laurent fit venir tous les pauvres de Rome et expliqua alors que c’étaient eux toute la richesse de l’Eglise.

Laurent subit plusieurs supplices : flagellations, lames rougies au feu. Avant la sentence finale, Dèce aurait ordonné de lui casser la mâchoire à coup de pierres.

Condamné à être brûlé à feu lent, Laurent fut étendu sur une grille au-dessus de charbons ardents.

Laurent aurait dit à son bourreau : Les charbons m’apportent un rafraîchissement, mais à toi un supplice éternel. Et à Dèce : Voici que je suis bien cuit d’un côté, retourne-moi et mange. Puis, juste avant d’expirer : Seigneur, Jésus-Christ, je te rends grâces, parce que j’ai mérité de franchir les portes de ton royaume.

C’était le 10 août 258, Laurent pouvait avoir trente-huit ou quarante-huit ans.

Ce qui étonne, dans le récit du martyre de saint Laurent, c’est que l’auteur, à peine un siècle après la mort du saint Diacre, le situe sous le règne “commun” de Dèce et de Valérien, qui se sont en réalité succédé. A moins qu’il y ait eu un autre Valérien, avec le titre de préfet de Rome.

La grille du martyre de saint Laurent est visible dans la basilique Saint-Laurent à Rome, avec des taches du sang du Martyr sur la dalle.

Saint Laurent est nommé dans le Communicantes du Canon Romain, et inscrit le 10 août dans le Martyrologe.

A Rome, il n’y a pas de Saint qui soit plus honoré que lui, à part Notre-Seigneur et Notre-Dame. Saint Laurent est un des patrons de Rome.

 

 

Lazare Tiersot

1739-1794

 

Il était né le 29 mars 1739 à Semur-en-Auxois (Côte d’Or).

Il était entré chez les Chartreux de Beaune, où il était prêtre.

Déporté au moment de la Révolution, il se retrouva avec des centaines d’autres prêtres entassés littéralement à bord du navire Whashington, aux pontons de Rochefort. La destination devait être l’exil en Guyane, mais le bateau ne partit jamais.

Il mourut le 10 août 1794 et fut béatifié en 1995.

 

 

 

François François

1749-1794

 

Ce Religieux portait à la fois le nom et le prénom de François. Il était né le 17 janvier 1749 à Nancy.

Entré dans l’Ordre des Capucins, il prit en religion le nom de Sébastien. 

Il fut déporté de la Meurthe au moment de la Révolution.

Il se retrouva avec des centaines d’autres prêtres entassés littéralement à bord du navire Deux-Associés, aux pontons de Rochefort. La destination devait être l’exil en Guyane, mais le bateau ne partit jamais.

Il fut dit de ce Religieux qu’il était en singulière vénération de la part de ses Compagnons d’infortune, en raison de son éminente piété et de ses vertus monastiques.

Il priait continûment, surtout dans sa dernière maladie. Ce lui était une telle habitude, qu’il fut retrouvé mort à genoux, au petit hôpital, les mains jointes, les yeux élevés au ciel.

Il mourut le 10 août 1794 et fut béatifié en 1995.

 

 

Claude-Joseph Jouffret de Bonnefont

1752-1794

 

Il était né le 23 décembre 1752 à Gannat (Allier).

Il faisait partie de la Société des Prêtres de Saint-Sulpice et était supérieur du Petit séminaire d’Autun.

Déporté au moment de la Révolution, il se retrouva avec des centaines d’autres prêtres entassés littéralement à bord du navire Deux-Associés, aux pontons de Rochefort. La destination devait être l’exil en Guyane, mais le bateau ne partit jamais.

Il mourut le 10 août 1794 et fut béatifié en 1995.

 

Laurentius

† 258

 

Les Espagnols revendiquent la naissance de saint Laurent à Huesca, de Orentius et Patientia, ses saints parents martyrs.

Il aurait étudié à Saragosse, où il aurait rencontré le futur Sixte II et, se rendant à Rome, se serait arrêté à Gênes dans une maison qui devint plus tard la cathédrale Saint-Laurent.

A Rome, Laurentius devint diacre et, comme tel, accompagnait le pape Sixte. 

Survint la persécution de Valérien (253-260), successeur de Dèce (250-253). Ce détail historique rend bien suspecte la Passio de saint Laurent, qui rend contemporains «les empereurs Dèce et Valérien», qualifiant ce dernier de «préfet» à Rome.

D’après la Passio de saint Laurent, le pape Sixte II aurait été arrêté aux premiers jours d’août 258, sans son diacre Laurent. Ils se croisèrent dans Rome, tandis qu’on conduisait le pape en prison. Ce fut le moment d’une célèbre conversation qu’on a résumée ainsi : 

- Père, où vas-tu sans ton diacre, demanda Laurent, tout en pleurs.

- Dans trois jours, tu me suivras, répondit le pape, consolant son diacre généreux ; et d’ajouter : Distribue les richesses de l’Eglise à qui te semblera bon.

Dans le texte, la conversation en question est beaucoup plus développée, et l’on imagine mal les soldats s’arrêter en chemin avec leur prisonnier, attendant que le pape et son diacre aitent achevé leurs considérations. De plus, on sait que le pape Sixte fut décapité le 6 août 258, en pleine cérémonie aux catacombes, ce qui semble totalement contredire qu’il ait rencontré son diacre dans Rome.

Mais reprenons la Passio. Laurent se hâta d’obéir et, rencontrant à nouveau le pape qu’on conduisait au lieu de son martyre, lui dit avoir achevé de distribuer les trésors qu’il lui avait confiés.

Le mot trésors sembla suspect aux soldats, qui en firent avertir l’empereur. Ce dernier demanda à Laurent d’apporter ces trésors et Laurent demanda pour cela un délai de deux ou trois jours. Passé ce temps, le saint Diacre convoqua tous les malades, handicapés, boîteux et aveugles, de la Ville et les amena devant l’empereur, en disant : Voici les trésors éternels, qui ne diminuent jamais et augmentent toujours, qui sont répandus en chacun et se trouvent dans tous. Furieux, l’empereur invita Laurent à sacrifier aux dieux romains et, devant son refus constant, le fit torturer.

Les tortures de Laurent furent la flagellation, les lames rougies au feu, les fouets plombés, les scorpions ; on lui défonça la bouche à coups de pierres et on l’allongea sur une grille, au-dessus de charbons ardents. Romanus, un des soldats présents au martyre de Laurent, admirant la patience de celui-ci, se convertit et professa sa foi en Jésus-Christ : il fut décapité sur le champ (voir au 9 août).

Laurent aurait invectivé l’empereur en ces termes : Apprends, malheureux, que les charbons m’apportent un rafraîchissement et à toi un supplice éternel… Voici, misérable, tu as cuit un côté, retourne et mange.

Au long de son martyre, Laurent opéra plusieurs miracles : la veuve Cyriaque fut guérie de ses maux de tête, l’aveugle Crescentianus recouvra la vue, ainsi que Lucillus, que Laurent baptisa dans sa prison, et quelques autres aveugles également.

Traditionnellement, on place le martyre de saint Laurent au 10 août 258.

La Passio de saint Laurent eut une immense popularité. Son culte s’affirma très vite. Rien qu’à Rome il y eut jusqu’à trente à quarante églises consacrées au Diacre, qui devint le co-patron de Rome avec les saints Pierre et Paul. Une centaine de communes françaises portent son nom. 

Saint Laurent est nommé dans le Communicantes du Canon Romain de la Messe.

Le tombeau de saint Laurent se trouve à Rome, au Campo Verano, où fut édifiée une basilique. Le gril qu’on y voit pourrait n’être qu’une copie de l’authentique, qui se trouverait soit à Saint-Laurent-in-Panisperna soit à Saint-Laurent-in-Lucina.

Il faut ajouter ici que dans la petite ville de Amaseno (Frosinone, Latium, Italie centrale), on conserve dans l’église une ampoule dont le contenu, une masse de couleur brune, dite relique de saint Laurent, se liquéfie chaque année au moment du 10 août, fête du saint Diacre. Le phénomène s’est vérifié depuis le 17e siècle, spontanément, sans qu’on ait à toucher à la fiole. La liquéfaction est parfois rapide, ou commence déjà plusieurs jours avant le 10 août, et peut s’observer dans son évolution quotidienne. En outre, la masse ne s’altère pas, alors que la fiole est légèrement brisée en un endroit, ce qui devrait conduire à une altération de la masse, au contact de l’air. Ce phénomène rappelle beaucoup celui de saint Janvier (voir au 19 septembre).

Blane de Kingarth

† 590

 

Blane (vieil irlandais Bláán) aurait été un enfant illégitime d’une certaine Ertha, dont le frère, s.Cathan (v. 17 mai ?), s’occupa de l’éducation de l’enfant.

Cathan passa en Ecosse et confia Blane aux saints Comgall et Kenneth (v. 10 mai et 11 octobre).

Devenu moine, Blane serait devenu évêque à Kingarth (île de Bute, Ecosse).

On lui attribua beaucoup de miracles, entre autres la résurrection d’un enfant.

Malgré le peu de détails certains qu’on a sur lui, Blane fut très populaire en Ecosse et objet d’une intense dévotion.

Saint Blane de Kingarth est commémoré le 10 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Malchus de Lismore

12e siècle

 

Malchus est un de ces nombreux personnages illustres de la vieille Irlande catholique, dont on connaît trop peu de détails historiques.

Il ne nous est connu que par un passage de s.Bernard (v. 20 août), qui un parle dans la Vie de saint Malachie : Malachie serait allé se former auprès de Malchus, un Irlandais qui avait vécu dans le monastère anglais de Winchester avant de devenir évêque à Lismore (sud de l’Irlande). 

Malchus était consulté de loin, et même de l’Ecosse, à cause de sa grande instruction et surtout de ses vertus et de ses miracles.

Malchus a pu être évêque dès 1113, après Macmic-Aeducan.

En 1127, il prit sous sa protection Cormac Mac Carthy, roi de Desmond, qui avait été détrôné, et le confia à la douce conduite de Malachie.

Il n’y a pas de raison grave à mettre en doute l’information de s. Bernard, mais le Martyrologe ne mentionne pas notre évêque.

Il l’était dans la précédente édition, au 10 août.

 

 

Hugues de Montaigu

1070-1136

 

Hugues naquit vers 1170, au château de Montaigu (territoire de Cluny, Saône-et-Loire), du seigneur Dalmace et de son épouse, de la noble maison des seigneurs de Semur. L’oncle de Hugues était Robert, duc de Bourgogne.

Ayant montré dès l’enfance une grande inclination pour la vie claustrale, il prit l’habit bénédictin très jeune, des mains de son oncle, Hugues de Cluny (v. 29 avril).

Vers 1099, il fut nommé abbé de Saint-Germain d’Auxerre, mais n’en resta pas moins extrêmement modeste, l’humilité étant une de ses vertus préférées. En 1107, il mit son monastère sous l’autorité de l’abbé de Cluny.

En 1114, il y eut quelques problèmes lors de son élection au siège épiscopal d’Auxerre, et Hugues en référa au pape, qui prit de court toutes les cabales et l’ordonna lui-même évêque d’Auxerre.

Toute la population l’accueillit avec trépidation. Hugues demeura moine sous l’habit de l’évêque. Sa plus haute préoccupation fut de favoriser la vie monacale et trois monastères furent construits sous son épiscopat : Bouras, Roches, Régny. Hugues s’y retirait dès qu’il le pouvait, mais aussi rejoignait saint Bernard (v. 20 août) à Cîteaux.

Une jolie anecdote colore son séjour dans cette abbaye : Hugues voulut se joindre aux moines pour la moisson. Durant le travail, un orage menaça. Saint Bernard demanda à Hugues de prier pour écarter l’orage, mais Hugues, humblement, proposa à Bernard de le faire ; alors tous deux invoquèrent ensemble le Ciel de les épargner, et l’orage s’éloigna.

Dans sa responsabilité épiscopale, Hugues se refusa énergiquement à remettre le moindre bénéfice à un membre de ses proches.

Ce qu’il avait, il le donnait ; il se réservait un habit de mauvaise toile ; un jour qu’on lui servait un bouillon avec une cuiller en argent, il la fit vendre. Désirant faire un pèlerinage à Rome, il quêta un peu d’argent ; mais ayant été bloqué au Mont-Cenis, il restitua l’argent reçu pour le voyage. Il donnait son meilleur vin à des monastères.

Il fit reconstruire en pierres l’évêché, écrasé une nuit par l’effondrement d’une tour en bois, mais dont il sortit indemne, seul son lit ayant été protégé ; il pourvut la cathédrale de magnifiques ornements.

En 1120, il reçut le pape Calixte II, qui consacra l’autel majeur de la cathédrale.

En 1132, il assista au chapitre général de l’Ordre de Cluny et fut chargé de missions au nom du pape.

Sentant sa mort proche, il recommanda à son entourage de continuer à chanter l’office jusqu’à la fin, annonçant qu’il reposerait une fois cet office achevé, ce qui arriva : à la fin de l’office, il rendit à Dieu son âme, au soir du 10 août 1136.

Bien que le culte de Hugues de Montaigu fût reconnu au 18e siècle, il n’y eut jamais de célébration liturgique, et le bienheureux Hugues, si humble dans toute sa vie, s’est aussi humblement retiré du Martyrologe actuel.

 

 

Arcangelo Placenza

1390-1460

 

Arcangelo naquit vers 1390, à Calatafimi (Sicile) dans la noble famille des Placenza.

Tout jeune, il se sentit poussé à une vie isolée de prière. Il vivait dans une grotte de la montagne, où il eut la visite de Notre-Dame ; on vint le voir, sa prière obtint des grâces : ses vertus et ses miracles attirèrent les gens du voisinage ; même ses parents seraient venus lui suggérer de quitter ce genre de vie ; l’ermite s’enfuit à Alcamo, où on le retrouva, pour lui demander de s’occuper d’un hôpital abandonné. Il le restaura.

Dès qu’il le put, il repartit dans la solitude. A cette époque, un décret papal commandait aux ermites de rejoindre les monastères : Arcangelo obéit et entra au monastère franciscain de Palerme, où il fut ordonné prêtre.

Puis il revint à Alcamo, où il fonda un monastère de l’Observance franciscaine ; il fut bientôt élu provincial. Mais sa prédilection était la contemplation, la prière, occasionnellement la prédication ; les miracles et les prophéties confirmèrent sa parole enflammée.

Ces miracles continuèrent après sa mort, survenue le 24 juillet 1460 (on trouve aussi la date du 26 juillet 1480, qui est peut-être erronée).

L’urne contenant son corps, non corrompu, se trouve toujours dans l’église d’Alcamo.

En 1836, son culte fut confirmé ; le Martyrologe le mentionnait au 5 juillet, et actuellement au 10 août, sans explication pour le choix de cette dernière date.

 

 

João de Menezes da Silva

1420-1482

 

João naquit en 1420 à Campo Maior (Portugal), benjamin des onze enfants de Rui Gomes da Silva et Isabel de Menezes. Rui était le Premier magistrat de la ville.

Une de ses sœurs était sainte Beatriz da Silva (v. 9 août).

Après avoir servi à la cour de Pedro de Menezes, son grand-père maternel, à Ceuta, João contracta un mariage, encore très jeune.

On ne sait pour quel motif, probablement à la suite d’un veuvage, il entra en 1442 dans l’Ordre hiéronymite à Guadalupe (Espagne), où il resta pendant dix ans. Son grand désir était la conversion des Maures : il vint à Grenade dans le désir ou de les convertir ou de mourir martyr, mais il n’y subit «que» la flagellation ; il tenta de partir pour l’Afrique, mais une tempête le rapatria.

En 1452, il changea de cap : il entra dans l’Ordre franciscain à Ubeda, comme frère convers. C’est peut-être durant cette période qu’il prit le nom de Amadeo (Amadeus, Amadeu).

L’Ordre l’envoya alors en Italie : en 1453 il était à Assise, puis il fut à Pérouse, à Brescia, à Milan. 

En 1457, il tenta la vie érémitique, mais d’autres confrères voulurent se joindre à lui. Le frère convers Amadeo fut tellement fidèle à la règle franciscaine, que les supérieurs le convainquirent de recevoir les ordres et il fut ordonné prêtre en 1459.

Malgré certaines oppositions qui lui vinrent de l’Ordre lui-même, Amadeo fonda plusieurs couvents dans l’esprit de l’Observance, notamment celui de Notre-Dame de la Paix à Milan. 

Des miracles contrarièrent son désir d’effacement… Le Ministre (supérieur) Général de l’Ordre, un certain Francesco della Rovere, le prit sous sa protection, puis en fit son confesseur en devenant le pape Sixte IV.

Amadeo ouvrit à Rome le couvent de Saint-Pierre in Montorio, et quelques autres. 

En 1482, Amadeo visita ses couvents. C’est à Milan qu’il mourut, le 10 août 1482 (sainte Beatriz devait mourir le 9 août 1492).

Le courant «fondé» par Amadeo donna lieu à l’apparition d’une véritable branche nouvelle dans l’Ordre franciscain, celle des Amadéites, qui eurent jusqu’à vingt-huit maisons en Italie ; il y eut le couvent de San Genesto près de Cartagena (Espagne) ; ils furent cependant réunis au siècle suivant à la branche de l’Observance.

Amadeo laissa un traité, De Revelationibus et Prophetiis, et peut-être des Homélies sur la Bienheureuse Vierge Marie, qu’on a cependant estimées apocryphes. Il écrivit aussi un Apocalypsis nova, dialogue avec l’Archange Gabriel sur diverses théories théologiques, qui est souvent un commentaire du livre de l’Apocalypse. 

On ne connaît pas de date d’une quelconque reconnaissance de culte, mais les miracles obtenus par l’intercession d’Amadeo l’ont fait reconnaître comme Bienheureux. Il n’est pas mentionné dans l’actuel Martyrologe.

 

 

Augustinus Ōta

1572-1622

 

Il était né en 1572 à Ojika (Gotō-rettō, Nagasaki, Japon).

Dès l’enfance, on l’éduqua dans le milieu des bonzes, mais reçut le baptême à quinze ans, après avoir entendu les Pères jésuites prêcher.

Il s’était marié, mais la mort de son épouse le laissa libre de son temps : il se proposa les larmes aux yeux pour l’entretien d’une église et pour rendre des services auprès des fidèles. Il considérait tout ce travail comme son repos.

Il voulut accompagner le père Camillo (voir au 15 septembre) dans un voyage sur l’île Gotō, mais ils furent arrêtés et conduits en prison.

Dans cette prison étroite et malodorante, Augustinus montra la plus grande patience et demanda avec insistance au père Camillo de pouvoir être compté parmi les membres de la Compagnie de Jésus. Mystérieusement, la demande écrite qu’en fit le père au Supérieur, et la réponse de ce dernier, parvinrent  à destination. C’est ainsi qu’Augustinus obtint la réponse positive du Supérieur la veille même de son martyre. et fit la profession dans les mains du père Camillo.

Il reçut la palme du martyre, par la décapitation, à Ikinoshima (Nagasaki) le 10 août 1622.

Il fait partie de deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

 

 

Lazare Tiersot

1739-1794

 

Il était né le 29 mars 1739 à Semur-en-Auxois (Côte d’Or).

Il était entré chez les Chartreux de Beaune, où il était prêtre.

Déporté au moment de la Révolution, il se retrouva avec des centaines d’autres prêtres entassés littéralement à bord du navire Whashington, aux pontons de Rochefort. La destination devait être l’exil en Guyane, mais le bateau ne partit jamais.

Il mourut le 10 août 1794 et fut béatifié en 1995.

 

 

François François

1749-1794

 

Ce Religieux portait à la fois le nom et le prénom de François. Il était né le 17 janvier 1749 à Nancy.

Entré dans l’Ordre des Capucins, il prit en religion le nom de Sébastien. 

Il fut déporté de la Meurthe au moment de la Révolution.

Il se retrouva avec des centaines d’autres prêtres entassés littéralement à bord du navire Deux-Associés, aux pontons de Rochefort. La destination devait être l’exil en Guyane, mais le bateau ne partit jamais.

Il fut dit de ce Religieux qu’il était en singulière vénération de la part de ses Compagnons d’infortune, en raison de son éminente piété et de ses vertus monastiques.

Il priait continûment, surtout dans sa dernière maladie. Ce lui était une telle habitude, qu’il fut retrouvé mort à genoux, au petit hôpital, les mains jointes, les yeux élevés au ciel.

Il mourut le 10 août 1794 et fut béatifié en 1995.

 

 

Claude-Joseph Jouffret de Bonnefont

1752-1794

 

Il était né le 23 décembre 1752 à Gannat (Allier).

Il faisait partie de la Société des Prêtres de Saint-Sulpice et était supérieur du Petit séminaire d’Autun.

Déporté au moment de la Révolution, il se retrouva avec des centaines d’autres prêtres entassés littéralement à bord du navire Deux-Associés, aux pontons de Rochefort. La destination devait être l’exil en Guyane, mais le bateau ne partit jamais.

Il mourut le 10 août 1794 et fut béatifié en 1995.

 

 

 

Salvador Estrugo Solves

1862-1936

 

Né le 12 octobre 1862 à Alzira (Valencia, Espagne), il sentit très tôt l’appel au sacerdoce, grâce à l’ambiance profondément religieuse de sa famille.

Il étudia au séminaire de Valencia et fut ordonné prêtre en 1888.

Successivement vicaire à Tous, Guadassuar, Alberic et Siete Aguas, il fut finalement nommé aumônier à l’hôpital de son pays d’origine, où il assistait les malades.

Il fut assassiné à Alberic, le 10 août 1936, et fut béatifié en 2001.

 

 

Antonio González Penín

1864-1936

 

Antonio vit le jour le 1er mars 1864 à San Salvador de Rabal (Orense, Espagne), de Ramón et Josefa, qui le firent baptiser le lendemain.

Entré dans l’Ordre des Mercédaires Déchaux à Toro en 1887, il fit le noviciat, la première profession en 1888 et les vœux solennels en 1891.

Il se trouvait à Herencia ; mais il demanda à passer dans la branche des Mercédaires Chaussés et refit, à El Olivar, la vêture, le noviciat, la profession (1896-1897).

On lui confia la porterie, la sacristie, la couture, et surtout la cuisine.

En 1899 il passa successivement par les couvents de San Ramón, Lleida, El Olivar, Lleida ; en 1900 : El Olivar, où il fit la profession solennelle, et resta six ans.

Sur la table de sa cellule, il conservait un crâne, pour apprendre dans le livre de la mort.

En 1906, il fut envoyé à Palma de Maiorque, où il gérait avec deux autres Frères la sacristie, la cuisine et le poulailler. 

A partir de 1907, il fut souffrant et dut recevoir divers traitements : une opération à l’abdomen, une cure au vin blanc, des bains chauds, extraction d’une molaire ; en outre, une jambe le faisait beaucoup souffrir et malgré cela, il continuait son travail, les courses pour la communauté, sans jamais se plaindre.

En 1921, il partit pour Barcelone. Il souffrait de plus en plus de rhumatismes aux jambes et ne restait dans sa chambre que sur ordre médical, sinon il se levait chaque jour pour faire les courses, préparer les repas et de toutes façons participer à tous les exercices communs.

Les dernières années, il sortait vêtu civilement, mais sa dignité le signalait aussi bien.

Contraint d’abandonner le couvent en juillet 1936, réfugié chez des amis, il aperçut en pleurant la profanation des saintes images et de tout le mobilier de son cher couvent, particulièrement quand on brûla sur la place publique le cadre de Notre-Dame de la Merci.

Comme les miliciens perquisitionnaient les maisons, il trouva à loger chez un prêtre pendant une quinzaine de jours.

Le 9 août, au soir, des miliciens vinrent chercher deux curés. Le Frère se présenta comme Religieux mercédaire ; quand on lui demanda où étaient les autres, il répondit en vérité qu’il n’en savait rien, et reçut alors mille injures, obscénités et coups à la tête et sur tout le corps ; l’autre prêtre fut maltraité de la même façon. 

Fatigués, les miliciens se retirèrent, tout en les menaçant ; une demi-heure après revinrent d’autres jeunes gens, qui recommencèrent les insultes et les coups, puis les emmenèrent. Il était deux heures du matin, du 10 août 1936.

On retrouva les deux cadavres à la morgue, méconnaissables. Le Frère Antonio avait été particulièrement maltraité : il portait des traces de coups d’arme à feu, la bouche détruite, un œil arraché, les jambes fracturées, les parties génitales sectionnées, le thorax enfoncé.

Frère Antonio fut béatifié en 2013.

 

 

José Javier Gorosterratzu Jaunarena

1877-1936

 

Il vit le jour le 7 août 1877 à Urroz de Santisteban (Urrtoz), de José María et Tomasa, de bons navarrais bascophones, qui eurent huit enfants.

José fut baptisé le 8 août.

Après l’école communale, il alla en 1889 étudier à Labayen, reçu par son grand-père maternel, auprès duquel il apprit l’art de paître les troupeaux et aussi la dévotion mariale du chapelet. Puis il revint chez les siens.

Ayant ressenti en lui la vocation sacerdotale, il frappa à plusieurs portes, mais reçut à chaque fois la même réponse : déjà quinze ans ! et si peu d’instruction…

Des Pères Rédemptoristes de passage en mission parlèrent de lui à leur Supérieur. Celui-ci eut une réaction à peu près semblable aux précédentes, mais admit tout-de-même José comme postulant ; comme il avait déjà quinze ans, et qu’il ne savait pas un mot d’espagnol, il était trop tard pour lui faire commencer des études sacerdotales ; en conséquence de quoi, on lui proposait d’être Frère convers, et menuisier.

Ces considérations et ces décisions nous laissent aujourd’hui rêveurs et même tristes. Est-ce impossible, à quinze ans, d’apprendre l’espagnol ? Et ne pouvait-on pas faire de la théologie en basque ? Mais Dieu n’avait pas dit son dernier mot…

José fut un temps à Astorga, fit le noviciat à Nava del Rey (Valladolid), reçut l’habit en 1895.

Il fit la profession en 1896. Le père Maître s’aperçut enfin de ses réelles capacités intellectuelles, et le fit envoyer à Astorga pour des études théologiques, qui furent si brillantes, qu’il fut ordonné prêtre en 1903, à vingt-six ans.

On l’envoya à El Espino (Burgos) comme professeur, puis comme professeur de sciences et de philosophie pour les bacheliers.

En 1913, on l’envoya en mission à Pamplona, où il prêcha en basque et en espagnol. En 1927, il fut à Madrid, en 1930 de nouveau à Pamplona, en 1933 à Cuenca.

Le petit berger inculte était devenu un missionnaire très cultivé et un excellent directeur spirituel. Dieu avait récompensé son humilité, sa patience et sa persévérance à l’étude.

Il contribua à l’histoire du Pays Basque par divers travaux d’érudition historique et travaillait encore, au moment de sa mort, à un ouvrage sur le Cardinal Carranza, pour lequel il avait déjà obtenu les autorisations nécessaires à consulter les Archives du Vatican. Depuis, malheureusement, son travail disparut.

Vers le 20 juillet 1936, il quitta le couvent avec un autre Frère, et ils furent reçus chez des amis. Fin juillet, la maison fut fouillée, mais les miliciens ne trouvèrent rien ni personne. Le 28 juillet, ils se réfugièrent dans le séminaire, pensant y être en plus grande sûreté. L’évêque s’y trouvait aussi avec bien d’autres prêtres, et l’édifice était surveillé par la Garde Civile. Mais le 29 juillet, la Garde Civile fut «remplacée» par les miliciens… Le séminaire devenait alors en réalité une prison.

A partir du 31 juillet eurent lieu des exécutions. L’évêque ainsi que deux autres Rédemptoristes (Goñi et Olarte) furent fusillés.

Le père José se préparait volontiers et intensément au martyre, mais priait seulement de pouvoir auparavant achever son ouvrage d’histoire. Dieu ne le lui permit pas.

Son martyre eut lieu le 10 août 1936, et le père José fut béatifié en 2013, avec cinq autres Rédemptoristes : Ciriaco Olarte Pérez de Mendiguren, Miguel Goñi Áriz, Julián Pozo Ruiz de Samaniego, Victoriano Calvo Lozano et Pedro Romero Espejo.

 

 

Esteve Llover Torrent

1885-1936

 

Esteve (Etienne) vit le jour le 27 juillet 1885 à Les Planes d’Hostoles (Girona, Catalogne, Espagne), de Jaume et Margarida, dont huit de leurs onze enfants moururent en bas âge. Ils vivaient d’une petite industrie de vannerie.

On connaît moins les étapes de la vie chrétienne d’Esteve, car les archives paroissiales furent détruites durant le soulèvement de 1936.

Durant l’enfance, grandit en Esteve le désir d’être prêtre, mais les parents ne pouvaient payer ses études et la pension.

Le garçon travailla comme ouvrier pour gagner ce qu’il fallait et entrer ainsi chez les Frères Maristes à Sant Andrés de Palomar en 1899, où il professa avec le nom de Millán. Il fit la profession solennelle à Manresa en 1906, qu’il compléta en 1922 par le vœu de stabilité.

Il fut présent dans les maisons de Arceniega, Sant Andrés, puis à Vic (1905), Alicante (1910), directeur à Centelles (1911) ; en 1916, il passa à Grugliasco (Italie) et revint à Barcelone (1917) et en dernier lieu à Denia (Alicante) en 1928.

Des responsabilités qu’il eut, on peut facilement déduire que c’était un homme de tempérament, d’ordre, et qui avait beaucoup d’ascendant sur les élèves et leurs familles.

Arrêté à Tabernes de Valldigna (Valencia), il fut assassiné à Alzira (Valencia) le 10 août 1936 et béatifié en 2013.

 

 

Lluís Sans Viñas

1887-1936

 

Lluís naquit à Montblanc (Conca de Barberà) le 21 juin 1887, en la fête de saint Louis de Gonzague, dont il reçut le nom au Baptême, le 24 suivant. Ses parents s’appelaient Josep et Emília.

Il fut ordonné prêtre en 1911.

Il sera nommé à Constantí, Les Pobles, Prenafeta, Solivella, Belltall, Sarral et Rocafort de Queralt.

Chaque mois, il organisait des conférences en invitant des prêtres jésuites, avec des cérémonies solennelles, pour tenter de re-christianiser la paroisse. Il se préoccupa spécialement des jeunes et des enfants.

Les trois années et demie qu’il passa à Sarral, devaient être un véritable calvaire. 

Déjà lors de la révolte des Asturies (1934), il fut lui-même jeté en prison, d’où il put s’enfuir et se cacher dans la montagne, où il vécut misérablement. Il sera insulté, objet de violences ; les autorités voulurent lui faire remettre les clefs de l’église, mais il refusa énergiquement, préférant défendre les droits de l’Eglise même au prix de sa vie.

Le Vendredi Saint de 1936, les autorités firent descendre les cloches de l’église, sans que le pauvre curé pût rien dire ni faire pour les en empêcher. Lors de la fête de la Première communion à Rocafort de Queralt, dont l’abbé Lluís était chargé, on profita de son absence pour forcer les portes de l’église et changer la serrure.

Patiemment, il changea lui-même de nouveau la serrure de l’église, toujours épaulé par son fidèle vicaire, don Tomàs Capdevila (voir au 6 septembre).

Quand la révolution éclata en juillet, le 20, après la dernière Messe, il se réfugia chez une paroissienne. Apprenant qu’on voulait mettre le feu à l’église, il envoya quelques personnes de confiance pour retirer le Saint Sacrement.

Le 10 août, fête de saint Laurent, on l’arrêta. Les mains en l’air, il dut traverser tout le pays à la vue de tous ceux qui proféraient des moqueries et des grossièretés à son égard. On chercha à l’humilier jusqu’au dernier degré. On le conduisit devant son église dévastée par le feu, son presbytère saccagé. Puis on retraversa le village, sous les railleries des gens. On le frappait aux jambes avec la culasse des fusils, on lui envoyait des coups de pieds ; on lui tira aussi des coups de feu dans les jambes. Il souffrit tout cela en silence, avec une résignation vraiment extraordinaire. De temps en temps seulement, il s’exclamait : Mon Dieu ! Saint Laurent ! sauvez-moi !, tandis que beaucoup criaient : A mort !

On pourrait dire que c’était la Passion du Christ qui se répétait au vingtième siècle.

Finalement, on le fourra dans une voiture et on alla le fusiller non loin de la colline de Lilla.

C’était le 10 août 1936. Don Lluís Sans Vigñas a été béatifié en 2013.

 

 

Juan Martorell Soria

1889-1936

 

Juan vit le jour le 1er septembre 1889 à Picasent (Valencia, Catalogne).

Il entra au collège salésien de Valencia puis incorpora le noviciat.

Il fit la profession en 1914 et fut ordonné prêtre en 1923.

Après quelques postes, il fut chargé de la paroisse de Valencia, où il fut un curé excellent.

Il était très zélé pour la catéchèse et donnait tout ce qu’il avait aux pauvres.

En juillet 1936, les Religieux furent incarcérés à la prison Modelo. Don Juan fut une première fois libéré mais, ne trouvant où se cacher, fut repris.

Il se retrouva dans son collège, mais celui-ci était transformé en tchéka. Qui le rencontra, le trouva tout ensanglanté et accroupi dans un coin.

Il fut martyrisé à Valencia le 10 août 1936, et béatifié en 2001.

 

 

Victor Calvo Lozano

1896-1936

 

Né le 23 décembre 1896 à Horche (Guadalajara, Espagne), Victor reçut la grâce du Baptême le jour de Noël, la Confirmation en 1901, la Première communion en 1903 ou 1904.

Il écrivit lui-même que son père, Juan, était un paysan de bonnes intentions, et sa mère, María Candelas, une femme craignant Dieu et fidèle dans ses devoirs.

Après quelques rudiments reçus à l’école du village, il travailla à la ferme. Mais il aimait lire des livres de spiritualité, et il trouva par exemple la Règle de saint Benoît, d’autres encore.

Il entendit très tôt l’appel au sacerdoce, mais les conditions familiales et divers autres facteurs retardèrent ses études. Principalement, on ne voulait pas perdre les deux bras de ce garçon, qui était si serviable ; quand il parla de sacerdoce, il reçut en réponse des refus répétés, et même des accusations, des reproches, des insultes… Il patienta.

En 1913, mourut sa mère ; ce fut une dure épreuve. L’année suivante, passèrent par là des Rédemptoristes, en mission. Leur parole conquit le cœur de Victor, qui intensifia sa vie intérieure, grâce à la paternelle bienveillance du curé.

En 1918, il fit le service militaire et finalement, en 1919, quitta la maison pour entrer chez les Rédemptoristes à Nava del Rey (Valladolid), que le bon curé avait prévenus (signalons ici que ce prêtre, Juan Antonio Cortés Moral, fut martyrisé le 4 octobre 1936 ; sa cause de béatification est en cours). 

Victor, reçu comme postulant, se vit confier le travail du jardin et reçut l’habit en novembre.

En 1920, il fit la profession comme Frère convers, avec le nom de Victoriano.

Entre 1921 et 1925, il passera à Cuenca, Astorga et El Espino, avant de revenir à Cuenca.

On l’y nomma sacristain et portier. Il était si discret dans ses activités, qu’on le surnomma El silenciario, le silencieux. Bien qu’il n’eût pas fait de grandes études, il possédait un bon bagage culturel et de bonnes références spirituelles, de sorte qu’il put être le directeur spirituel d’une pieuse âme, pour laquelle il écrivit même des retraites.

En 1924, il fit la profession solennelle.

En 1928, il se proposa pour la mission en Chine, mais ce n’était pas son destin.

1936. Le 20 juillet, il quitta le couvent avec le Confrère, Julián Pozo, qui était malade. Après quelques jours chez une famille d’amis, ils rejoignirent le 25 le Séminaire, où l’on pensait que la situation était plus sûre. 

En réalité, ils apprirent bientôt le martyre de leurs Confrères Olarte et Goñi (31 juillet), de l’évêque et du père Pozo (9 août). 

Le 10 août 1936 à deux heures du matin, des miliciens l’arrêtèrent avec le père Gorosterratzu, et ils les conduisirent sans ménagement, au cimetière de Cuenca, où on les fusilla brutalement, de plusieurs balles dans la tête.

Victor Calvo Lozano fut béatifié en 2013.

 

 

Jaume Jardí Vernet

1901-1936

 

Jaume vit le jour le 7 mai 1901 à Vandellós (Tarragona, Espagne) et fut baptisé le 8.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils et commença le noviciat à Hostalets en 1917 ; il reçut l’habit avec le nom de Fulbert Jaume et fit ensuite le scholasticat à Bujedo.

Il commença son activité à Cambrils, fut quatre ans à Gracia et fut envoyé en 1931 à Tarragona, en 1934 à Manlleu.

Ce bon professeur avait une spéciale dévotion envers Notre-Dame.

Le 21 juillet 1936, il fallut abandonner précipitamment la maison de Cambrils où il se trouvait de passage. Il chercha quelqu’un qui pouvait le conduire chez sa mère, veuve, à Vandellós, mais il était déjà «suivi». 

Le 10 août dans la soirée, le Comité procéda à une fouille de la maison et emmenèrent le Frère pour une simple formalité.

On sortit du pays ; au passage, on «ramassa» aussi le curé et un autre personnage, Jaume Escoda Margalef, chrétien assez connu. 

Arrivés à Tivisa, les hommes se rapprochèrent d’un camion, d’où sortirent des miliciens qui les attendaients. Nos trois prisonniers tombèrent sous les rafales de balles.

La chronique des événements ne nous donne pas le nom du curé ; Jaume Escoda fait partie d’une Cause non encore aboutie.

Frère Fulbert Jaume fut béatifié en 2013.

 

 

José Toledo Pellicer

1909-1936

 

Né le 15 juillet 1909 à Llaurí (Valencia, Espagne), il était le fils de paysans très chrétiens.

Il étudia chez les Pères des Ecoles Pies de Alzira, avant d’entrer au séminaire de Valencia et fut ordonné prêtre en 1934.

Nommé vicaire à Banyeres (Alicante), il montra tout l’enthousiasme de son sacerdoce dans ses activités pastorales : patronage, action catholique, cercles d’étudiants, catéchèse, prédication. Il monta aussi un petit orchestre.

Après deux années de sacerdoce, à vingt-sept ans, il fut assassiné à El Saler de Valencia, le 10 août 1936, et fut béatifié en 2001.

Edward Grzymała

1906-1942

 

Il vit le jour le 19 (ou le 29) septembre 1906 à Kołodziaż (Podlaskie, Pologne) ; son père, Zdzislaw, était garde-forestier.

Faute d’école, le garçon étudia en privé ; quand il partait garder les vaches, il prenait avec lui un livre.

Quand il eut quinze ans, malgré l’opposition de son père, il vint à Varsovie pour étudier ; sans ressources, il se mit domestique au noir.

Il eut le bonheur de rencontrer un bon prêtre qui l’aida beaucoup, trouva une pieuse personne qui pouvait l’héberger et le nourrir. 

Edward fit paraître une intelligence hors pair, spécialement en mathématiques et en langues étrangères ; il put même donner des leçons privées, pour gagner sa vie.

Très fortement attiré par le Saint-Sacrement, il priait beaucoup et entendit l’appel de Dieu.

Entré au Grand séminaire de Włocław en 1926, il fut ordonné prêtre en 1931. Sa préparation ne fut pas toujours facile ; il connut des combats, mais il fut vainqueur.

Au terme de ses études, il connaissait bien le latin, le grec, l’hébreu, mais aussi les langues vivantes : français, allemand, anglais, italien, espagnol !

Puis il fut envoyé à Rome pour passer le doctorat en Droit canonique.

En 1935, il fut nommé vicaire à Lipno, puis Konin et Kalisz, tout en collaborant avec les éditions paulines à la traduction et à l’édition de l’Ecriture en polonais.

A Konin, il s’occupa très particulièrement des jeunes étudiants, chrétiens ou juifs, qui l’ont tenu en profonde vénération. Ses sermons enflammés le firent même surnommer un savonarole polonais ; il exhortait les fidèles à être des chrétiens authentiques et n’acceptait pas les «demi-mesures» ; déplacé à Kalisz, il se dépensa tout autant.

En 1938, il revint à Włocław et fut aumônier des Sœurs de Pleszew, puis nommé, encore bien jeune, vicaire général.

Le 26 août 1940, jour de la fête de Notre Dame de Czestochowa, il fut arrêté par la Gestapo et emmené au camp de Sachsenhausen, avant d’être transféré à celui de Dachau, avec le numéro 22664.

Là-bas, il continua de donner des «conférences», en latin. Un jour, il fut surpris et battu ; il en remercia la Providence, pour avoir eu quelque chose à souffrir.

Il se montra pleinement sacerdotal autant qu’il eut des forces ; ayant reçu un pain, il le partagea ; il aida d’autres prisonniers à transporter des fardeaux ; un jour il tomba de fatigue : on lui versa un seau d’eau froide pour le réanimer et il fut mis à l’infirmerie.

Le 10 août 1942, il fut envoyé avec d’autres handicapés à la chambre à gaz. Il avait trente-six ans.

Il a été béatifié en 1999.

 

 

Franciszek Drzewiecki

1908-1942

 

Il vit le jour le 26 février 1908 à Zduny (Łódzkie, Pologne), de Jan et Rozalia, des parents très chrétiens qui eurent onze enfants.

Après l’école, il postula au séminaire de Łowiczu, mais préféra s’orienter vers l’institut de Don Orione à Zduńska Wola, en 1922.

En 1930, il fit la première profession et, en 1931, fut envoyé à Venise et Tortona (Italie).

Il fit son noviciat en 1933-1934, et professa solennellement dans les mains du Fondateur, don Luigi Orione (voir au 12 mars).

Ordonné prêtre en 1936, il travailla au Petit Cottolengo de Gênes.

En 1937, de retour en Pologne, il fut chargé de la Croisade eucharistique et de la catéchèse. En 1939, il s’occupa du Petit Cottolengo et de la paroisse du Sacré-Cœur de Włocław.

Il continua son apostolat avec zèle même quand la guerre se déclencha.

Le 7 novembre 1939, il fut arrêté dans la rafle générale organisée par la Gestapo. Il fut prisonnier dans une maison de Salésiens transformée en prison.

Le 15 décembre 1940, il fut conduit à Dachau, avec le numéro 22666.

Il s’épuisa et perdit la santé dans l’exploitation agricole où on le mit. Il souffrit d’engelures, de malnutrition, et fut finalement emmené au château de Hartheim (Linz), le 10 août 1942 ; il avait trente-quatre ans.

La date ci-dessus est celle retenue dans le Martyrologe pour son dies natalis. Dans des bulletins de l’Institut de Don Orione, il est dit qu’il fut conduit à Hartheim le 10 août, et qu’il mourut (gazé) le 13 septembre.

 

Il a été béatifié en 1999.

Partager cet article

Repost0
8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 23:00

09 AOUT

III.

S Romanus, soldat martyr à Rome, touché par le martyre de s.Laurent.

IV.

S Domitien, évêque à Châlons-en-Champagne.

?

S Antonin, martyr brûlé vif en Alexandrie.

SS Amour et Viateur, martyrs en Franche-Comté (Saint-Amour) ; ils seraient de la légion thébéenne.

V.

S Martin, martyr espagnol, disciple de s.Martin et lapidé à Brive.

S Samuel, prêtre près de Constantinople, auteur d'ouvrages contre nestoriens, eutychéens et timothéens.

VI.

SS Felim, évêque à Kilmore, et Nath í, fondateur du monastère de Achonery, irlandais.

S Erneus, abbé à Ceaucé.

VIII.

SS Julien et Marcien, martyrs de l'iconoclasme à Constantinople.

IX.

B Hathumar (Hadumar, Harimar), premier évêque à Paderborn.

XI.

B Maurille, évêque à Rouen, après avoir été abbé à Florence, où les moines tentèrent de l'empoisonner.

S Falco, ermite dans les Abruzzes.

XIII.

B Giovanni de Salerne, dominicain, envoyé à Florence par s.Dominique.

XIV.

S Giovanni de Fermo, ermite franciscain sur le mont Alverne, captivé par la Passion du Christ dès son enfance.

XV.

Ste Beatriz de Menezes da Silva, noble portugaise, fondatrice à Tolède des Conceptionnistes, en l'honneur de l'Immaculée Conception de Marie (le 17 août au Martyrologe).

XVI.

B Richard Bere, chartreux londonien martyr.

XVIII.

B Claude Richard, bénédictin à Moyenmoutier (Vosges), martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

Bse Juana Josefa Cipitria y Barriola (Candida María de Jesus, 1845-1912), servante basque espagnole, fondatrice de la congrégation des Filles de Jésus, pour l'éducation des jeunes filles, béatifiée en 1996.

Bse Barbara Marianne Cope (Koob, 1838-1918), de famille allemande émigrée aux Etats-Unis, des Sœurs de Saint-François, dédiée aux lépreux à Honolulu, béatifiée en 2005, canonisée en 2012.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1992 :

Hospitaliers : à Barcelone, sept profès nés en Colombie : Gabriel Maya Gutiérrez (Esteban), Rubén de Jésus López Aguilar, Ramón Ramírez Zuluaga (Melchiades), Luis Ayala Niño (Arturo), José Velázquez Peláez (Juan Bautista), Luis Modesto Páez Perdomo (Gaspar), Alfonso Antonio Ramírez Salazar (Eugenio) (*1907, 1908, 1909, 1909, 1909, 1913, 1913) ;

- béatifiés en 1995 :

Piaristes : près de Huesca, le prêtre Faustino Oteiza Segura (F. de N.Dame des Douleurs, *1890), et le convers Francisco Felipe Naya (Florentín de S.François Borgia, *1856) ;

Disciples de Jésus : près de Toledo, le prêtre Guillermo Plaza Hernández (*1908) ;

- béatifié en 1997 :

Evêques : à Barbastro, Florentino Asensio Barroso (1877-1936) ;

- béatifié en 2001 :

Capucins : près de Valencia, le prêtre José María Garrigues Hernández (Germán de Carcagente, *1895) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : près de Toledo, Francisco López-Gasco Fernández-Largo (*1888) ;

Salésiens : à Madrid, le profès José María Celaya Badiola (*1887) ;

Lasalliens : à Barcelone, Josep Figuera Rey (Llorenç Gabriel, *1912) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Madrid, Antonio Mateo Salamero (*1864) ;

Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur : près de Tarragona, Joan Vallés Anguera (*1872) ;

Fils de la Sainte-Famille : à Barcelone, Narcís Sitjá Basté (*1867) ;

Bénédictins : près de Huesca, le prêtre Mariano Sierra Almázor (*1869) ;

Rédemptoristes : à Cuenca, le prêtre Julián Pozo Ruiz de Samaniego (*1903) ;

Lasalliens : près de Lleida, Josep María Aragones Mateu (Lleonard Josep) et Mateo Molinos Coloma (Dionisio Luis) (*1886, *1890) ;

- béatifiés en 2020 :

Diocésains : près de Grenade, les prêtres Cayetano Giménez Martín et Lorenzo Palomino Villaescusa (*1866, 1867).

Ste Edith Stein (Teresa Benedicta de la Croix, 1891-1942), onzième enfant d'une famille juive polonaise, philosophe puis carmélite, arrêtée à Echt, exécutée à Auschwitz, offrant sa vie pour les Juifs et les Allemands, co-patronne de l'Europe avec les stes Catherine de Sienne et Brigitte de Suède ; béatifiée en 1987, canonisée en 1998.

B Franz Jägerstätter (1907-1943), père de famille autrichien, pendu à Berlin par des nazis, béatifié en 2007.

Bx Zbigniew Adam Strzałkowski (*1958) et Michał Tomaszek (*1960), Frères mineurs polonais, abattus au Pérou en 1991, béatifiés en 2015.

Romanus de Rome

† 258

 

Romanus semble bien être ce soldat dont il est question dans le martyre de s.Laurent (v. 10 août).

Si le récit est authentique, Romanus fut profondément touché par le courage de Laurent, se convertit sur place et demanda le baptême.

Laurent baptisa Romanus, qui fut immédiatement décapité, le 9 août 258.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 9 août.

 

 

Felim de Kilmore

6e siècle

 

Cet Irlandais bénéficie d’une dizaine de variantes pour son nom : Feidlimid, Feidhlimidh, Felimy, Feidhilmethie, Feidlimthe, Fedlimidh, Phelim, Phelime.

Il vécut au sixième siècle, son père se nommant Carill et sa mère Dediva (avec des variantes là aussi : Editua, Dedi, Deidi, Deighe, Deidiu, Deaga, Mediva). Cette dernière était la petite-fille du grand poète Dubhthach moccu Lughair. La même Dediva avait d’autres enfants, presque tous connus comme Saints (Senan, Caillin, Mainchin, Daigh, Diamaid, Senchán et une fille, Femia) ; seuls Daigh et Femia étaient réellement frère et sœur de Felim.

Felim vécut en ermite près de Kilmore, où il fonda un monastère et passe aussi pour y avoir été évêque.

Saint Felim de Kilmore est commémoré le 9 août dans le Martyrologe Romain, sous la forme Fedliminus).

 

 

Nath Í d’Achonry

6e siècle

 

Très peu connu, l’Irlandais Nath Í vécut au sixième siècle.

D’après une Vita très tardive, il serait né dans la province de Leyney (auj. Sligo), descendant de Conamel, frère du chef local Diarmait, qui reçut une bénédiction spéciale d’un s.Cormac.

 Nath Í, surnommé le prêtre (cruimthir), est désigné comme Nath Í of Achad Cain Conairi.

Il aurait étudié sous s.Finnián de Clonard (v. 12 décembre), sur le conseil duquel il fonda ensuite le monastère d’Achad Cain (act. Achonry), sur un terrain généreusement mis à disposition par le roi de Luigne, Cennfáelad. et en aurait été l’abbé. L’abbaye aurait donné naissance au diocèse de Achonry.

Un des disciples de Nath Í fut s.Féchín de Fore (? v. 14 février ou 20 janvier). Nath Í reçut la visite des ss. Columba, Comgall et Cainnech.

La date de la mort de Nath Í reste très incertaine.

Son culte fut approuvé en 1903.

Saint Nath Í d’Achonry est commémoré le 9 août dans le Martyrologe Romain.

Falco de Palena

11e siècle

 

Falco serait né à Taverna (Italie S), au 11e siècle.

Il appartenait à une communauté de moines basiliens à Pesaca, mais cette communauté dut chercher refuge dans les Abruzzes et, à la mort du supérieur Ilarione et de son successeur Nicola, les membres se retirèrent chacun dans la vie érémitique.

Falco s’établit ainsi près de Palena.

Il y mourut saintement et l’on attribua à son intercession la libération de cinquante-deux énergumènes dans la cité de Gioia dei Marsi.

Son culte fut confirmé en 1893 et le Martyrologe le mentionne comme Bienheureux au 9 août, situant Palena en Calabre, par erreur, au lieu de dans les Abruzzes. 

 

 

Giovanni Quarna de Salerno

1190-1242

 

Il ne s’agit pas de l’un des princes lombards du 10e siècle.

Giovanni Quarna naquit en 1190 à Salerno, dans une noble famille normande.

De saint Domingo lui-même (v. 6 août), il reçut à Bologne non seulement l’habit de l’Ordre des Prêcheurs (Dominicains), mais aussi sa formation. Il fut tellement fidèle à saint Domingo, qu’on disait qu’il en avait totalement reçu l’esprit.

Ordonné prêtre, il fut envoyé en Toscane, à la tête de douze compagnons, malgré son jeune âge. Parvenus à Florence, ils commencèrent à prêcher et Giovanni sut conquérir l’estime de la population, qui accourut à sa prédication. Beaucoup de gens se convertirent.

Les douze Prêcheurs purent s’établir sur place et Giovanni fut chargé de réformer le monastère bénédictin de Sant’Antimo.

En 1221, Giovanni apprit que Domingo était à la mort et se hâta de le rejoindre à Bologne, où il put encore recevoir sa bénédiction.

Revenu à Florence, il continua sa prédication, combattant énergiquement l’hérésie patarine.

Il fonda en 1230 le monastère de San Jacopo à Ripoli pour les moniales, première communauté féminine dominicaine en Toscane.

Le 9 août 1242, il s’endormit dans le Seigneur.

Son culte fut confirmé en 1783.

 

 

Giovanni de Fermo

1259-1322

 

Giovanni de Fermo, comme l’indique son nom, était né à Fermo (Marches, Italie CE), de famille aisée.

Cette aisance ne le toucha pas. Au contraire, il eut une enfance obsédée par le mystère de la Passion du Sauveur. Il en pleurait la nuit jusqu’à tremper le drap autour de sa tête. Il se mortifiait de son mieux avec des guirlandes d’orties sur le peau. Il se mettait les genoux en sang par de raides génuflexions sur la terre dure.

En 1269, il entra chez les Chanoines réguliers de Saint-Augustin.

Ayant trouvé une vieille cuirasse, il monta au clocher pour être tranquille, et à coups de hache il l’adapta à sa taille juvénile ; il la porta sous ses vêtements jusqu’à ce qu’on eût découvert cet équipement insolite. On peut se demander comment il put se rendre incognito dans ce clocher et surtout y travailler tranquillement son armure, sans que le bruit ait suscité la moindre inquiétude parmi les moines ; mais le récit ne le précise pas.

Aspirant à une plus grande solitude, Giovanni passa en 1272 (ou 1292) chez les Frères Mineurs, disciples de saint François. Ce dernier était mort en 1226 : sur la prière de Giovanni, François lui apparut et lui montra ses stigmates.

Il avait coutume de marcher les  yeux au ciel ; quand on lui suggéra de regarder où il posait les pieds pour éviter de se blesser, il répondit qu’il était préférable de s’occuper de l’esprit plutôt que des pieds.

Il vivait des périodes de quarante jours (carêmes) en l’honneur du Saint-Esprit, de la Vierge Marie, des Anges.

Il eut aussi la consolante présence de son Ange gardien. Grand dévôt des âmes du Purgatoire, il en vit une longue procession qui, le jour du 2 novembre, sortaient du Purgatoire pour monter au Ciel.

Fervant de la mortification, il vécut longtemps sur le Mont Alverne dans de grandes austérités. C’est pour ce motif qu’on l’a aussi nommé Giovanni de l’Alverne (en italien : della Verna). Il n’avait, même en hiver, qu’une tunique grossière et des fémoraux, avec un manteau ; il lui arrivait de rejoindre le chœur couvert de neige. Sa cabane n’avait pas de lit ; il couchait à terre. Même saint François, dans une apparition, lui aurait suggéré d’adoucir ces mortifications.

Bien que peu instruit, il connaissait bien l’Ecriture Sainte et savait s’en servir pour prêcher. Il parcourut l’Italie septentrionale et centrale, ramenant à la Vérité les pécheurs et les hérétiques. 

Il fit des miracles, il prophétisa, il pénétrait les cœurs et lisait dans les âmes, aidant ainsi les pénitents à accuser leurs fautes.

Giovanni mourut le 9 août 1322 et son culte fut approuvé en 1880.

 

 

Beatriz de Menezes da Silva

1424-1492

 

Il y a des différences de dates pour la naissance et la mort de Beatriz. On a choisi ici celles qui semblaient plus officielles.

Cette «bienheureuse» naquit vers 1424 à Campo Maior (Portugal), un des onze enfants de Rui Gomes da Silva, gouverneur de Campo Maior, et d’Isabel de Menezes.

Rui Gomes avait reconquis le Portugal sur les Musulmans. Un frère de Beatriz fut João, connu comme Amadeus de Portugal, grand mystique et bienheureux, qui réforma l’Ordre franciscain.

Beatriz grandit à la cour de l’Infant Juan dont, en 1447, elle accompagna la fille, Isabel, qui devait épouser Juan de Castille.

Le diable brisa cette belle amitié en suscitant la jalousie d’Isabel envers la beauté de Beatriz et elle l’enferma dans un cachot humide.

Cependant, Beatriz eut là une apparition de la Vierge Marie, qui lui demanda de fonder un Ordre marial. Elle aurait eu aussi des apparitions de saint François d’Assise et de saint Antoine de Padoue.

Ayant pu s’échapper, Beatriz se réfugia dans le couvent dominicain de Tolède, pendant trente-sept ans.

En 1484, elle fonda une nouvelle branche, les Conceptionnistes, en l’honneur de l’Immaculée Conception de Marie, auquelles elle donna d’abord la règle cistercienne. Cette fois-ci, Isabel, fille de Juan II, protégea la fondation.

Beatriz mourut le 9 août 1492 (on trouve aussi le 1er septembre).

En 1501, le pape leur fit adopter la règle de sainte Claire, puis en 1511, leur donna une règle propre, donnant ainsi naissance à l’Ordre de l’Immaculée Conception, qui comporte aujourd’hui quelque trois mille moniales, dans environ cent cinquante monastères, en Europe et au Brésil.

Rappelons que le dogme proprement dit de l’Immaculée Conception ne fut proclamé qu’en 1854, mais était déjà en honneur parmi certains théologiens, comme le franciscain John Duns Scotus († 1308, voir au 8 novembre)

Beatriz fut béatifiée en 1926 et canonisée en 1976.

Le Martyrologe la mentionne au 17 août.

 

 

Richard Bere

? -1537

 

Richard naquit à Glastonbury (Somerset, Angleterre) et y serait devenu abbé entre 1493 et 1525.

Il entra en 1523 à la Chartreuse de Londres, où les moines furent invités à signer l’Acte de Suprématie, reconnaissant l’autorité du roi sur celle du Pape. Les moines refusèrent.

Le 29 mai, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537. 

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, notre Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

 

 

Claude Richard

1741-1794

 

Ce prêtre fidèle était né le 19 mai 1741 à Lérouville (Meuse).

Bénédictin, il appartenait à l'abbaye Saint-Léopold de Moyenmoutier (Vosges) et était l’aumônier des Religieuses du Saint-Sacrement de Nancy.

Condamné à la déportation pour son sacerdoce, il fut abandonné avec des centaines d'autres prêtres à bord des navires négriers bloqués à La Rochelle. Le père Richard se trouva à bord du Deux Associés.

Devant l’extrême pénurie d’infirmiers, il s’offrit lui-même pour assister les victimes de la contagion, pour le plus grand réconfort des malades.

Il fut lui-même gagné par la contagion et connut une agonie très douloureuse.

Il mourut le 9 août 1794 sur l'Ile Madame, là où l’on débarquait les mourants, qu'on enterrait ensuite sur cette île.

Claude Richard fut béatifié en 1995. 

Juana Josefa Cipitria y Barriola

1845-1912

 

Juana naquit le 31 mai 1845 en Pays Basque, à Berrospe (Andoain, Guipuzkoa), d’un père tisserand, et pauvre.

La famille s’installa en 1854 à Tolosa, puis à Burgos. Plus tard encore, Juana vint à Valladolid, puis à Salamanque.

La pauvreté des petites gens la toucha profondément et elle voulut les soulager. Elle disait : Là où il n’y a pas de chambre pour les pauvres, il n’y en a pas non plus pour moi.

En 1868, elle rencontra un père jésuite, Miguel José Herranz, qui la suivit spirituellement.

Le Vendredi Saint 1869, elle eut une vision du Christ, qui lui demandait de fonder une nouvelle famille religieuse, pour la formation et l’instruction des enfants et des jeunes. La Sainte Vierge était là aussi, qui lui répétait toutes les paroles du Christ. Le lendemain, à l’église, elle eut une nouvelle vision de ce que Dieu attendait d’elle.

Aidée par les conseils du père Herranz, elle fonda à Salamanque, le 8 décembre 1871, cette nouvelle congrégation : la Congrégation des Filles de Jésus, ou jésuitines, vouées à l’éducation apostolique des enfants. Juana prit alors le nom de Cándida María de Jésus

Elle ouvrit des maisons en diverses localités espagnoles (Arévalo, Peñaranda de Bracamonte, Segovia, Medina del Campo) puis en Pays basque, et jusqu’au Brésil (1911). Actuellement, les Filles de Jésus sont présentes dans dix-sept pays.

La congrégation avait reçu l’approbation papale en 1901

Cándida s’éteignit à cette vie terrestre le 9 août 1912 à Salamanque, fut béatifiée en 1996, et canonisée en 2010.

 

 

Barbara Koob

1838-1918

 

Née le 23 janvier 1838 à Heppenheim (Hesse, Allemagne), Barbara émigra avec ses parents, de pauvres agriculteurs, aux Etats-Unis. Ils s’installèrent à Utica (New York), et leur nom fut alors officialisé en Cope.

Elle interrompit l’école pour s’occuper, à quinze ans, des ses parents malades et de ses six frères et sœurs.

En 1862, elle entra chez les Franciscaines de Syracuse, qui travaillaient pour la scolarisation d’enfants immigrés allemands (et qui plus tard collaboreront à la fondation des cinquante premiers hôpitaux des Etats-Unis).

Barbara prit alors le nom de Marianne ; elle prononça ses vœux en 1863. Elle enseigna, devint maîtresse des novices, et supérieure du couvent, avant d’être finalement supérieure du premier hôpital de Syracuse.

En pleine harmonie avec l’esprit de saint François d’Assise, Marianne s’occupa de tous les malades, sans distinction de race, de religion, de nationalité, de couleur, tout en donnant une priorité aux pauvres, aux alcooliques et aux mères célibataires.

L’évêque d’Honolulu ayant lancé un appel pour l’évangélisation de l’archipel des Hawai, Marianne releva l’invitation. Il y avait des lépreux dans cet archipel, sur l’île de Molokai, où l’on abandonnait les malades pour les isoler. Or Marianne se souvenait que saint François était un jour allé au-devant d’un lépreux et l’avait embrassé.

Elle trouva quelques volontaires et partit, en 1883. Mais son hôpital à Syracuse ? Une autre supérieure y fut nommée, et l’on garda Marianne aux îles Hawai.

La première tâche fut d’organiser une école pour les petites filles, et un hôpital sur l’île Maui.

En 1888, elle accosta à Molokai, où elle retrouva le père Damian de Veuster, qui mourut de la lèpre en 1889.

Marianne ouvrit une école pour les garçons, une autre pour les filles, planta des arbres et des fleurs pour rendre plus agréable le paysage ; comme le père Damian, elle fit chanter les enfants, leur apprit la musique. Maternellement elle leur fit confectionner des habits corrects : elle était leur mère.

Si généreux que fût son exemple, elle reçut des critiques sur ses méthodes, car il est toujours plus facile de critiquer que de faire quelque chose de mieux.

Marianne se dépensa sans compter jusqu’à son quatre-vingtième anniversaire. Elle ne fut jamais contagiée par la lèpre. Une maladie des reins fit plier cet arbre si robuste ; une attaque cardiaque mit fin à cette vie généreuse.

Marianne mourut le 9 août 1918 à Kalaupapa, fut béatifiée en 2005 et canonisée en 2012.

 

 

Francisco Felipe Naya

1856-1936

 

Il vit le jour à Alquézar (Huesca), de Miguel et Francisca, d’humbles ouvriers, le 10 octobre 1856, jour de la fête de saint Francisco de Borgia, dont il porta le nom. Sa sœur aînée, Joaquina, fut religieuse capucine au couvent de Huesca.

Jeune homme, après l’école élémentaire, il vint travailler chez un couple aisé d’Alquézar, qui avaient aussi une maison à Barbastro. Là, Francisco connut les Pères des Ecoles Pies (Piaristes).

Entré au noviciat de Peralta de la Sal en 1876, il fit la profession en 1880 comme Frère convers, avec le nom de Florentín de saint François Borgia.

Tandis qu’il s’efforçait de compléter sa culture par la lecture, le calcul et l’écriture, on lui confia le travail de la cuisine et du réfectoire, qu’il accomplit fidèlement (et avec succès) en diverses maisons de la Congrégation : Saragosse, Tafalla, Daroca, Caspe, Molina de Aragón, Pamplona, Alcañiz et, finalement, de nouveau à Peralta de la Sal à partir de 1929.

Chaque fois qu’il quittait une communauté, on était triste, tant il rayonnait de bonté et de fidélité.

Cette année-là, donc, le Frère avait soixante-douze ans, sa vue baissait, l’ouïe aussi, et il souffrait de son estomac. Tant qu’il put, il aida à sa façon ; quand il ne put aider matériellement, il passa tout le temps qu’il pouvait à prier, à adorer, à méditer.

En juillet 1936, on évita quelques jours les troubles dans Peralta, mais ils reprirent le 22, jour où les révolutionnaires furent maîtres sur place. 

Une quarantaine de soldats arrivèrent de Binefar dans l’intention de mettre le feu à la maison des Piaristes. Il fallut évacuer la maison, avec ses trente novices et postulants.

On a vu que le supérieur, Dionisio Pamplona, fut assassiné dès le 25 juillet. La maison, l’église, tout fut détruit et brûlé. Dans la maison où on les enferma, les Religieux s’organisèrent pour maintenir une vie de prière, bénéficiant encore de la bienveillante charité des familles du pays. 

Les plus jeunes purent peu à peu regagner leurs familles. Le 28 juillet, furent assassinés deux autres membres de la communauté. Il ne restait que le père Faustino et le frère Florentín.

Le 29 on les évacua encore dans une autre maison. Si le Frère Florentín ne voyait ou n’entendait pas tout, il comprenait très bien la situation. Il priait.

Le 9 août après-midi, on vint les chercher pour aller à Fonz où ils devaient être jugés. Simple prétexte pour masquer la réalité du martyre. Le père Faustino le dit au Frère. Les yeux de ce dernier s’illuminèrent et il répondit : Dites, Père, nous allons au Ciel ? Eh bien, qu’est ce qu’on va faire, si Dieu le veut ainsi ! (¿Qué dice, Padre, que nos vamos al cielo ? ¡Pues qué vamos a hacer, si así lo quiere Dios !).

Il renouvela sa consécration, demanda la bénédiction du prêtre, remercia les Dames qui les avaient hébergés, et monta dans le camion qui les attendait, devant toute une foule qui regardait en silence.

A quelques kilomètres de Azanuy, on les fit descendre, s’écarter une centaine de mètres de la route, et on les fusilla. On tenta de mettre le feu à leurs cadavres.

Le Frère Florentín était le plus âgé de ceux qui furent assassinés dans cette communauté : il avait presque quatre-vingts ans.

Il mourut le 9 août 1936 et fut béatifié en 1995.

 

 

Antonio Mateo Salamero

1864-1936

 

Antonio vit le jour le 24 septembre 1864 à Torres del Obispo (Huesca, Espagne).

Prêtre, il appartenait au diocèse de Madrid.

C’était l’aumônier des Frères des Ecoles Chrétiennes à Griñon (Madrid), où il avait été nommé en 1929.

Il fut martyrisé à Torrejon de la Calzada (Madrid) le 9 août 1936 et béatifié en 2013.

 

 

Cayetano Giménez Martín

1866-1936

 

Cayetano Giménez Martín naquit le 27 novembre 1866 à Alfornón (Sorvilan, Grenade, Espagne).

Il fut ordonné prêtre en  1890 et nommé vicaire en plusieurs paroisses, dont Alboloduy, puis curé de la paroisse de l’Incarnation et archiprêtre de Loja.

Il fut abattu au cimetière de Loja, le 9 août 1936.

Cayetano Giménez Martín devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 9 août.

 

 

Lorenzo Palomino Villaescusa

1867-1936

 

Lorenzo Palomino Villaescusa naquit le 22 août 1867 à Salobreña (Grenade, Espagne).

En 1888, il entra au Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1895.

D’abord vicaire à Adra (Almería), il fut nommé à Salobreña.

Il exerça un moment à la paroisse du Pilar à Córdoba (Argentine) et revint à Salobreña en 1918, comme vicaire, chargé de Lobres.

Il fut martyrisé à Salobreña le 9 août 1936, veille de la fête de s.Laurent.

Lorenzo Palomino Villaescusa devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 9 août.

 

 

Narcís Sitjà Basté

1867-1936

 

Narcís (ou Narciso) vit le jour le 1er novembre 1867, en la fête de tous les Saints, à Sant Andreu de Palomar (Barcelone), de Francisco et Teresa.

La famille compta en tout quatre religieux et religieuses.

En 1877, un père des Fils de la Sainte-Famille Jésus-Marie-Joseph, ouvrit un collège, où le petit Narcís fut inscrit en 1880.

En 1883, il y fit une première profession et fut remarqué pour son esprit d’obéissance à la Règle, son zèle pour l’enseignement et la catéchèse. C’était un bon directeur d’âmes. Le Supérieur lui demanda plusieurs fois de prêcher les retraites dans l’Institut.

Il eut aussi des responsabilités dans le gouvernement de la congrégation.

En 1936, le père Narcís se trouvait à Les Corts, d’où il rejoignit son pays, Sant Andreu. Discrètement, il fit de l’apostolat, jusqu’au jour où des miliciens vinrent fouiller la maison.

Le 9 août, ils se présentèrent ; le père Narcís ne cacha pas son identité sacerdotale.

On l’emmena, sans lui laisser le temps de se chausser ou de prendre sa carte d’identité. Le père Narcís n’eut que le temps de dire aux siens Adieu, au Ciel !

Quelques secondes plus tard, on entendit des coups de feu. C’était le 9 août 1936.

On retrouva le cadavre du prêtre le lendemain, la main levée pour donner la bénédiction aux bourreaux.

Le père Narcís fut béatifié en 2013.

 

 

Mariano Sierra Almázor

1869-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Mariano était né le 25 février 1869 à Alquézar (Huesca, Espagne).

Il étudia au monastère bénédictin de Treviño, passa à l’abbaye de Montserrat, où il fit la profession (1886) et rejoignit la communauté de El Pueyo. Il fut ordonné prêtre en 1892.

Il enseignait la géographie aux jeunes garçons. A l’occasion il prêtait concours dans les paroisses voisines.

Dès le 15 juillet 1936, avant même l’explosion révolutionnaire, il avait dit à une dame de Barbastro : Si nous ne nous revoyons plus, au Ciel ! Ce jour-là, il avait présidé la fête de Notre-Dame du Carmel à Salas Altas, chez les Carmélites.

C’était le plus ancien de la communauté des Bénédictins de El Pueyo.

Le 21 juillet, il tenta de rejoindre le Mesón, où des gens de son pays (et peut-être même parents), avaient une propriété. Mais il se mit sur la route avec son habit bénédictin, ce qui le fit immédiatement reconnaître.

Les miliciens le surprirent sur la route de Huesca, et l’emmenèrent en prison à Barbastro.

Le pauvre Père fut bien réconforté de se retrouver avec ses Confrères dans cette prison, mais cette «joie» ne devait pas durer longtemps.

Un matin très tôt - apparemment le 26 juillet - un milicien armé et menaçant appela Mariano Sierra. On ne devait plus le revoir.

On put savoir qu’on l’emmena d’abord à El Pueyo, au monastère, toujours au sujet des soi-disant armes cachées. Le père Mariano ne pouvait dire autre chose que ce qu’avait dit le Prieur précédemment, à savoir qu’il n’y avait jamais eu d’armes dans le monastère, aussi les miliciens tentèrent de l’effrayer en tirant près de lui des coups de fusil, faisant semblant de le tuer. A un moment, il s’évanouit et tomba. On le réanima avec une bonne dose de vin, on le reconduisit à la prison de Barbastro, puis à la prison municipale.

La raison de cet épisode fut en réalité une rivalité entre deux miliciens, dont l’un accusa l’autre d’avoir remis des armes au père Mariano à El Pueyo. Après cet incident, le Père fut «oublié», ce ne fut qu’une dame visiteuse qui le reconnut et qui lui porta à manger.

Les méchancetés diverses continuèrent ainsi tous les jours, jusqu’au 9 août 1936, jour où le père Mariano fut probablement exécuté dans le groupe dont faisait partie l’évêque de Barbastro. On avance cependant parfois la date de la mort du Bénédictin au 2 août.

Le père Mariano Sierra Almázor fut béatifié en 2013.

Joan Vallés Anguera

1872-1936

 

Joan vint au monde le 21 décembre 1872 à Darmós (Tortosa, Espagne).

En 1897, il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre en 1898.

Il travailla à Murcia, à Cuernavaca (Mexique), Jaén, Barcelone, Ségovie, Tarragone, Belchite, Séville.

Il reçut la palme du martyre dans son pays natal, Darmós, le 9 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Florentino Asensio Barroso

1877-1936

 

Il vit le jour à Villasexmir (Valladolid, Espagne) le 16 octobre 1877, de Jacinto et Gabina, qui eurent neuf enfants.

Le papa était un vendeur ambulant, la maman tenait une petite échope.

Florentino fut baptisé le 24 octobre et confirmé l’année suivante.

Il fréquenta le Petit, puis le Grand séminaire de Valladolid, et fut ordonné prêtre en 1901.

Il exerça son apostolat sacerdotal à Villaverde de Medina, puis l’évêque lui confia en 1905 son secrétariat, les archives épiscopales, ainsi que l’administration de l’évêché.

Comme cela ne suffisait pas à remplir l’emploi du temps du prêtre, il prépara le doctorat de théologie à Valladolid, qu’il obtint en 1906. Cette même université le retint ensuite comme professeur de métaphysique.

En 1910, il fut nommé chanoine de la cathédrale ; en 1915, économe pour l’archidiocèse.

On lui demanda aussi d’être confesseur au séminaire, chez les Sœurs Oblates, chez les cisterciennes de Las Huelgas, à l’hôpital de Esgueva, charges qu’il remplit jusqu’en 1935.

En 1925 il fut nommé curé de la paroisse métropolitaine de Valladolid et, à partir de 1932, directeur de l’Apostolat de la Prière.

On se demande comment un seul homme pouvait faire face à tant de responsabilités ; c’est une grâce de Dieu. La fidélité du prêtre et son zèle le signalèrent au nonce apostolique, qui parla de lui au pape.

En 1935 don Florentino fut nommé évêque de Barbastro (Huesca). La consécration se fit en janvier 1936 et l’entrée dans le diocèse fut très discrète, en raison de l’ambiance hostile qui se répandait déjà.

Il faut donner ici quelques chiffres concernant ce diocèse et cette douloureuse période de l’histoire espagnole. Le petit diocèse de Barbastro comptait cent trente-et-un prêtres à l’arrivée du nouvel évêque : cent treize furent assassinés durant la révolution de 1936 ; les dix-huit bénédictins du monastère de El Pueyo furent tous assassinés et leur monastère complètement dévasté, c’est tout juste si l’on réussit à sauver les murs et l’antique architecture ; la magnifique statue du Sacré-Cœur fut aussi fusillée par les révolutionnaires. 

Mgr Asensio fut aux arrêts dans son propre évêché dès le 22 juillet, et mis en prison à la mairie au soir du 8 août. Ce 8 août, Mgr Asensio achevait une neuvaine de prières au Sacré-Cœur.

L’interrogatoire fut très pénible, mais surtout les mauvais traitements physiques qu’on fit subir au prélat.

Il y avait là quelques miliciens, dont un pauvre gars illettré, enrôlé avec de belles promesses, qui fut invectivé par un des miliciens (on ne peut citer la phrase dans son intégralité) : Dis-donc, ce n’est pas toi qui avais envie de manger des  d’évêque ? En voilà l’occasion.

Sans attendre, le bonhomme sortit un couteau, viola le prélat et l’amputa sauvagement sur place. Les jambes de l’évêque, le pavement, furent inondés de sang, tandis que le prélat pâlissait terriblement. Il retint un cri de douleur et murmura une prière qui parlait des cinq plaies douloureuses du Seigneur. Le bourreau s’empara de son misérable «trophée» et alla le montrer dans les rues de Barbastro.

Comme on l’aurait fait pour un cheval blessé, on recousut vaguement la plaie de la victime, qui n’était plus qu’une loque humaine et qui se serait effondrée de douleur sur le pavement, si elle n’avait pas été attachée par les coudes à l’autre prisonnier lequel, terrifié et muet, se maintint debout et retint l’évêque.

Au matin du 9 août 1936, le pauvre prélat, qui se tordait de douleur, fut poussé vers le camion qui l’emmena au lieu de l’exécution. On l’entendit dire à haute voix : Quelle belle nuit pour moi : je m’en vais à la maison du Seigneur ! Et quand les balles tombèrent, il disait encore : Seigneur, pitié pour moi !, bénissant ses bourreaux et leur pardonnant.

Ce n’était pas fini. Le prélat n’avait pas été touché mortellement. On le laissa agoniser là une heure ou deux, sur un monceau d’autres cadavres, et seulement alors il reçut le coup de grâce.

Les bourreaux le dépouillèrent ; l’un se mit le pantalon, l’autre les chaussures, qui lui allaient bien (c’est lui-même qui le reconnut plus tard, après la guerre, avant d’être à son tour exécuté). 

Mgr Florentino Asensio fut béatifié en 1997.

Sa devise était : Ut omnes unum sint (Que tous soient Un, cf. Jn 17:21).

 

 

José María Celaya Badiola

1887-1936

 

Il vit le jour le 24 février 1887 à Azcoitia (Guipuzcoa, Espagne).

En 1903, il entra comme aspirant chez les Salésiens de Villaverde de Pontones (Cantabria) et, l’année suivante commença son noviciat à Carabanchel Alto, comme coopérateur, avec la responsabilité de cordonnier.

En 1906, il fit la profession.

En 1917, il partit à Camagüey (Cuba), où il resta deux ans seulement, à cause de sa santé. Il dut passer une longue période de repos à Carabanchel Alto ; il y retourna une seconde fois, puis fut nommé en 1934 à Mohernando (Guadalajara).

Le Frère était atteint d’une paralysie progressive, qui lui rendait la vie de plus en plus douloureuse.

Quand il fallut évacuer le collège en 1936, les miliciens lui permirent dans un premier temps de rester dans la maison, mais quand il fallut l’évacuer définitivement le 3 août, José María fut bien contraint d’accompagner ses Confrères à Madrid. Le voyage fut un réel tourment pour ce saint homme. Dans la capitale, les Religieux furent d’abord réunis au centre de la Gauche Républicaine, puis à la Direction Générale de Sécurité.

José María n’arrivait pas à descendre une marche. Un jeune Frère suggéra de la lui faire passer avec une chaise, mais la seule réponse des miliciens fut que c’étaient les curés qui étaient responsables de la guerre. Le croyant prêtre aussi, ils accusèrent José María d’avoir empoisonné le peuple avec ses sermons. 

Pendant une demi-heure, les Religieux (avec José María), durent rester debout face au mur les mains en l’air. Le pauvre José María demandait instamment de pouvoir prendre seulement son médicament dans sa valise. Refus impitoyable. 

Le 4 août à deux heures du matin, José María passait avec d’autres Salésiens de Mohernando à la prison de Ventas. Son calvaire allait parvenir au paroxysme. 

Voyant que son état s’aggravait, on l’envoya à l’infirmerie, où on lui fit une «mystérieuse» injection.

José María Celaya Badiola s’éteignit alors, le 9 août 1936.

Son cadavre resta là quelque temps, exposé aux moqueries grossières des miliciens.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

 

Francisco López-Gasco Fernández-Largo

1888-1936

 

Il vit le jour le 4 octobre 1888 en la fête de saint Francesco d’Assise, dont il reçut le nom au baptême, le lendemain. Il fut même confirmé dès le 20 octobre, selon une coutume de l’époque.

En 1901, il entra au Petit séminaire de Tolède, puis au Grand. 

Son archevêque l’envoya terminer sa théologie à Rome, où il passa la licence et le doctorat en théologie ; il y fut ordonné prêtre, en 1914.

De retour dans son pays, il fut d’abord professeur au séminaire et aumônier des Frères Maristes de Tolède ; en 1918, vicaire à la paroisse Saint-Jacques de Tolède, puis curé à Cuerva.

Il fonda une pieuse union pour les jeunes, Alliance en Jésus par Marie, aujourd’hui institut séculier.

En 1936, il était curé de Villa de Don Fadrique (Tolède).

Dès le 18 juillet, il se réfugia dans la maison de son sacristain, où il continuait de recevoir et de confesser, sans se cacher. Il savait ce qui l’attendait et s’y préparait tranquillement.

Il fut arrêté le 3 août 1936. On le maltraita de toutes les façons ; il refusa de blasphémer ; on lui coupa une oreille ; la nuit du 8 au 9 août, on tenta de l’assommer comme une bête, ainsi que les autres prisonniers avec lui. Dans leur rage, les bourreaux ne s’aperçurent même pas que le prêtre n’avait pas expiré : ils emmenèrent toutes les victimes et au lieu-dit La Media Luna, les jetèrent du camion ; le corps du prêtre se renversa sur les autres cadavres, et un des bourreaux, après s’être encore bien moqué de lui, lui assena un formidable coup de matraque qui lui écrasa le crâne.

C’était le 9 août 1936. Don Francisco fut béatifié en 2007.

 

 

Faustino Oteiza Segura

1890-1936

 

Il vit le jour le 14 février 1890 à Ayegui (Navarre), de Isidoro et Ángela, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Vers quatorze ans, une grave pneumonie faillit l’emporter. Il reçut le Saint Viatique.

Rétabli, il voulut entrer chez les Pères des Ecoles Pies, en 1905.

Il fit la profession simple en 1907, avec le nom de Faustino de Notre-Dame des Douleurs, et la profession solennelle en 1912.

Ordonné prêtre en 1913, il fut chargé d’enseigner aux enfants à Peralta de la Sal ; il y resta vingt-trois ans.

Il souffrit patiemment la maladie de Parkinson, tout en accomplissant fidèlement sa mission.

Il fut aussi maître des novices.

En juillet 1936, on évita quelques jours les troubles dans Peralta, mais ils reprirent le 22, jour où les révolutionnaires furent maîtres sur place. 

Une quarantaine de soldats arrivèrent de Binefar dans l’intention de mettre le feu à la maison des Piaristes. Il fallut évacuer la maison, avec ses trente novices et postulants.

On a vu que le supérieur, Dionisio Pamplona, fut assassiné dès le 25 juillet. La maison, l’église, tout fut détruit brûlé. Dans la maison où on les enferma, les Religieux s’organisèrent pour maintenir une vie de prière, bénéficiant encore de la bienveillante charité des familles du pays. 

Les plus jeunes purent peu à peu regagner leurs familles. Le 28 juillet, furent assassinés deux autres membres de la communauté. Il ne restait que le père Faustino et le frère Florentín.

Le 29 on les évacua encore dans une autre maison.

Les deux Religieux furent à leur tour appelés, le 9 août 1936 pour aller être jugés. 

Parvenus à Azanuy, les miliciens les firent descendre du camion, parcourir une centaine de mètres à l’écart de la route. Au moment d’être fusillé, le père Faustino reconnut parmi les miliciens un de ses élèves et lui dit : Antonio, tu vas tuer ton maître ? L’autre s’enfuit en sanglotant.

On tenta de mettre le feu aux deux cadavres. 

Les deux Religieux furent béatifiés en 1995.

 

 

Mateo Molinos Coloma

1890-1936

 

Il vit le jour le 21 août 1890 à Forcall (Castellón).

Il commença le noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1906, passa au noviciat, fit la profession en 1918 et prit le nom de Dionisio Luis.

Les lieux de son activité furent Tarragona et Bonanova ; professeur pendant douze ans, il y fut nommé préfet, puis directeur (1932). 

Après quatre années, arriva la révolution de 1936.

Il se trouvait avec le Frère visiteur (Leonardo José, alias José María Aragones Mateu) à La Seo de Urgel et préparait les retraites. Ils s’efforcèrent de gagner Barcelone pour être avec les autres Frères, mais ils ne purent que trouver à se loger dans un hôtel le 22 juillet, toute communication étant impossible.

Le 7 août, ils sollicitèrent un sauf-conduit, mais le miliciens les trouvèrent «suspects», vinrent fouiller leur chambre à l’hôtel, et arrêtèrent l’autre Frère.

Le 9 août, voyant qu’ils allaient être fusillés, ils s’embrassèrent et tombèrent sous les balles, vers Traverseras, au lieu-dit Baños de Sugrañes (Lleida).

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

José María Garrigues Hernández

1895-1936

 

Il vit le jour le 12 février 1895 à Carcaixent, de Juan Bautista et María Ana, fut baptisé le jour-même.

Il y eut huit enfants dans cette belle famille chrétienne, dont trois furent Capucins. Le papa appartenait à diverses associations pieuses, y compris le Tiers-Ordre franciscain.

Sur les traces de son aîné Domingo, José María entra au Séminaire Séraphique de Massamagrell, prit l’habit en 1911, professa en 1912, avec le nom de Germán de Carcagente, et fit la profession solennelle en 1917.

Il fut ordonné prêtre en 1919.

Son activité principale fut l’apostolat auprès de la jeunesse et des pauvres. Il enseigna à Totana (Murcia) et à Massamagrell. Il fut sous-maître des novices à Ollería et Alcira (1926) ; dans cette dernière localité, il s’occupa aussi de l’école des petits enfants et organisa une schola cantorum.

Dès février 1936, il fallut abandonner le couvent d’Alcira et rejoindre celui de Valencia.

En juillet, il se réfugia avec un frère dans leur pays. Tous les édifices religieux partirent en flammes, ainsi que le matériel. Beaucoup de catholiques, même laïques, furent assassinés.

Trois miliciens se présentèrent au soir du 9 août pour fouiller ; ils en sortirent tout ce qu’ils y trouvèrent comme images et crucifix, qu’ils firent brûler dans la rue ; puis un voisin leur fit remarquer que l’homme qui les avait accompagnés était un Religieux. Ils l’emmenèrent au Comité, une heure après à la Garde Civile, convertie en prison, et se livrèrent à son encontre à une série de moqueries et de mauvais traitements.

Vers minuit de ce 9 août 1936, ils l’emmenèrent près du pont de chemin de fer sur le Júcar. En descendant du véhicule, le père Germán s’agenouilla, baisa les mains de ses bourreaux et leur pardonna : Je vous pardonne, parce que je sais que vous allez me tuer.

Une première salve le fit tomber un peu plus bas, les bourreaux le rejoignirent et tirèrent une seconde fois.

Le lendemain, le juge ordonna de relever la dépouille du Père. A l’hôpital, les Religieuses le reconnurent : son visage portait encore son habituel sourire.

Le père Germán ayant été exécuté «vers minuit», on trouve parfois la date de sa mort au 10 août. Le Martyrologe la mentionne au 9 août.

Il fut béatifié en 2001.

 

Julián Pozo Ruíz de Samaniego

1903-1936

 

Il vit le jour le 7 janvier 1903 à Payueta, de Toribio et Micaela, et fut baptisé le 9. Quoique inconnu, le martyr saint Julien qui se trouve parmi les Saints du 7 janvier, fut le patron de notre Julián.

Sa mère fut veuve et se remaria.

Il reçut la confirmation en 1912.

Les détails que nous connaissons de lui, proviennent de sa propre biographie, qu’il écrivit durant le noviciat.

Il raconte qu’il eut dès l’enfance le désir d’être prêtre et missionnaire.

Il entra à dix ans au collège des Pères Rédemptoristes de El Espino (Burgos).

En 1915, il rejoignit le nouveau collège de Cuenca, où il prit l’habit en 1919 et commença le noviciat.

Il y eut un petit incident juste avant la vêture : les supérieurs jugèrent bon d’envoyer Julián se reposer un certain temps chez lui, pour reprendre des forces ; le garçon en fut tout étonné, pria ardemment la Sainte Vierge, et reçut quelques jours après l’invitation à se rendre à Nava del Rey (Valladolid), pour la vêture et commencer le noviciat (25 août 1919).

Il fit la profession en 1920 en même temps que son Confrère Miguel Goñi, et passa à Astorga pour les études sacerdotales. 

Julián fut cependant affecté d’une maladie chronique, qui limita ses possibilités et, de toutes façons, lui barra le chemin des missions. Cette maladie fut diagnostiquée comme le mal de Betcherew, dégénérant en une paralysie progressive des os de la colonne vertébrale et provoquant une insuffisance respiratoire. Il s’ensuivit une tuberculose chronique. Julián supporta cela avec un sourire imperturbable.

En 1921, il fut envoyé dans sa famille pour un temps de repos ; il put ensuite affronter les études, qu’il affronta courageusement, malgré les moments de faiblesse répétés. Il passa la fête du 15 août 1923 dans son lit, crachant le sang, mais encore plus convaincu de sa vocation parmi les Rédemptoristes.

Après un séjour à Nava del Rey pour se reprendre, il revint à Astorga et fut ordonné prêtre en 1925.

Il fut envoyé à Granada, où il put assister la Servante de Dieu Conchita Barrecheguren, elle aussi malade de tuberculose.

En 1927, il alla à Cuenca, où l’attendait le martyre. Seulement en 1933-1934, il fut confesseur des aspirants à El Espino, charge qu’il dut abandonner à cause d’un nouvel accès de sa maladie.

En 1928 déjà, il demanda à recevoir le Sacrement des Malades, qu’il reçut en pleine conscience de sa possible mort prochaine ; son Supérieur en informa la famille, parlant de lui comme d’un santito, petit saint.

La conjoncture politique lui fit peu à peu entrevoir l’éventualité du martyre, ce qui le comblait de joie.

Le 20 juillet 1936, il quitta le couvent avec un autre Frère, et ils furent reçus chez des amis. Le 25, ils allèrent loger au séminaire.

A partir du 31 juillet eurent lieu arrestations et exécutions. Le tour du père Julián arriva le 9 août ; il fut martyrisé avec un autre prêtre à quelques kilomètres de Cuenca. Au moment d’être fusillé, il demanda à conserver sa soutane. Quand il reçut la décharge, il cria encore Vive le Christ Roi !, et une seconde décharge l’acheva. On retrouva son corps, en position agenouillée, le chapelet à la main ; il avait reçu le martyre à trente-trois ans.

L’autre prêtre, Juan Crisóstomo Escribano García, prêtre diocésain, ne fait pas partie de la même cause de béatification que Julián.

Ce martyre eut lieu le 9 août 1936, et le père Julián fut béatifié en 2013, avec cinq autres Rédemptoristes : José Javier Gorosterratzu, Ciriaco Olarte, Miguel Goñi Áriz, Victoriano Calvo et Pedro Romero.

 

 

Martyrs Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu

† 1936 (9 août)

 

Sept Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, d’origine colombienne, avaient été envoyés de leur pays en Espagne pour compléter leur formation. Ils vivaient non loin de Madrid, à Ciempozuelos, occupés à soigner des malades mentaux, leur apportant toute l’aide possible pour leur santé physique et spirituelle.

Lors de la guerre civile espagnole, en 1936, le gouvernement communiste fit savoir à ces Religieux qu’ils devaient laisser l’établissement à des employés marxistes (qui ne connaissaient rien en matière de médecine ou de tenue d’un hôpital, n’ayant d’autre titre que d’être anticléricaux).

Les sept Frères furent mis en prison à Madrid.

L’ambassadeur de Colombie l’apprit et leur procura des passeports en règle, ainsi que des brassards aux couleurs de leur pays, pour leur faciliter la sortie d’Espagne à destination de leur patrie. De son côté, l’aumônier des Clarisses de Madrid leur remit l’argent nécessaire pour le voyage. Il les mit au train de Barcelone, tandis que l’ambassadeur invitait le consul de Colombie à Barcelone à aller les attendre en gare. Mais les gardes marquèrent tous les billets d’un signe particulier, convenu avec leurs camarades de Barcelone.

Le consul colombien à Barcelone avait déjà hébergé une soixantaine de catholiques dans son consulat, mais il voulait absolument venir en aide à ces Frères. Il se déplaça plusieurs fois à la gare, où le train n’arriva jamais. On finit par lui dire que ses sept concitoyens étaient en prison.

A la prison, on lui dit qu’il ne pouvait pas rencontrer ces Messieurs, sans une autorisation de la FAI (Fédération Anarchiste Espagnole) ; l’ayant obtenue, il se vit répondre qu’on ne pouvait libérer ces hommes, parce qu’ils avaient de faux passeports ; le Consul protesta que les passeports avaient été établis par l’ambassadeur, mais on lui affirma que l’écriture de certains d’entre eux était illisible ; chaque fois on lui disait de revenir plus tard.

Le 9 août au matin, on lui dit qu’ils avaient été transportés à l’hôpital : en réalité, on les avait assassinés durant la nuit.

Voici leur noms par ordre alphabétique ; on trouvera une notice pour chacun :  

  • Alfonso Antonio Ramírez Salazar (Eugenio, né en 1913)
  • Gabriel Maya Gutiérrez (Esteban, né en 1907)
  • José Velázquez Peláez (Juan Bautista, né en 1909)
  • Luis Ayala Niño (Arturo, né en 1909)
  • Luis Modesto Páez Perdomo (Gaspar, né en 1913).
  • Ramón Ramírez Zuluaga (Melquiades, né en 1909)
  • Rubén López Aguilar (Rubén de Jésus, né en 1908).

 

Tous les sept furent béatifiés en 1992.

 

 

Gabriel Maya Gutiérrez

1907-1936

 

Né à Pácora (Caldas, Colombie) le 19 mars 1907, Gabriel était le fils de Baudillo et Teresa, qui lui donnèrent une éducation très chrétienne.

Il fut confirmé en 1909.

En 1932 il demanda à entrer chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, où il fit la profession en 1933, prenant le nom de Esteban (Etienne).

Un Confrère put dire de lui qu’il était humble, charitable, pieux et consciencieux. Bien que très doué et bien préparé, il acceptait, à l’occasion, de se soumettre à un autre Frère moins doué ou moins formé que lui.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il était à Ciempozuelos, où il montra sa patience et son dévouement pour les malades.

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Rúben López Aguilar

1908-1936

 

Né à Concepción (Medellín, Colombie) le 12 avril 1908, Rúben était le deuxième des quatorze fils de Joaquin et Efigenia. 

Ajoutons que, devenu veuf, Joaquin se remaria et eut sept autres enfants.

On imagine les difficultés financières que pouvaient avoir de tels parents, devant donner à manger à vingt-et-un enfants.

Rúben voulait devenir prêtre, mais ne rencontra personne pour l’aider. Après quelques études, préoccupé par la pauvreté de sa famille, il chercha un travail, aux mines de Yolombó et Alejandría et au percement du tunnel de Quiebra.

Partout il se montra excellent compagnon et ami, partageant ce qu’il avait. Il répétait souvent Bendito sea mi Dios (Béni soit mon Dieu).

En 1930 il demanda à entrer chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu à Bogotá, où il fit la profession en 1935, prenant le nom de Rúben de Jésus.

La guerre de 1933 entre le Pérou et la Colombie fut pour lui l’occasion de montrer son amour pour les malades, et son esprit d’obéissance, devant accompagner les soldats jusqu’à Pasto.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il était à Ciempozuelos.

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Guillermo Plaza Hernández

1908-1936

 

Il vit le jour le 25 juin 1908 - le jour où l’on fête un célèbre Italien, saint Guglielmo de Montevergine - à Yuncos (Tolède, Espagne).

Il étudia la philosophie au séminaire de Tolède, puis continua sa formation sacerdotale dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains à Tortosa (Tarragona). Il fut ordonné prêtre en 1932.

Jeune prêtre, il fut déjà nommé préfet au séminaire de Saragosse et, en 1935, à celui de Tolède.

Dès le 22 juillet 1936, il dut se cacher, dans la famille d’un séminariste de cette ville.

Le 9 août, sur conseil de cette famille, l’abbé Plaza gagna un petit pays voisin, Cobisa, où l’on croyait qu’il serait plus en sûreté qu’en pleine ville. Mais en y arrivant, quelqu’un ne sut retenir sa langue et dit tout fort : Je me suis confessé à ce prêtre.

Il fut arrêté sur place et conduit à la mairie, où il répondit franchement qu’il était prêtre.

On l’emmena avec des moqueries et des coups ; il demanda à passer par son pays, pour saluer sa mère, mais on le lui refusa.

A Argès, l’endroit de l’exécution, il demanda qui allait le tuer, pour s’agenouiller devant lui et lui baiser la main en signe de pardon, mais on le lui refusa aussi.

Ils tirèrent tous ensemble et le jeune prêtre tomba, le 9 août 1936, à vingt-huit ans.

Dieu permit que la sainte maman du prêtre mourût ce jour-là, à Yuncos, de sorte qu’elle put elle-même recevoir au Ciel son fils qui avait dû renoncer à la joie de la saluer avant de mourir.

Don Plaza fut béatifié en 1995.

 

 

Ramón Ramírez Zuluoga

1909-1936

 

Né à Sonsón (Antioquia, Colombie) le 13 février 1909, Ramón reçut une éducation très chrétienne.

Il demanda à entrer chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, où il fit la profession en prenant le nom de Melquiades.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il était à Ciempozuelos.

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Luis Ayala Niño

1909-1936

 

Né à Paipa (Boyacá, Colombie) le 7 avril 1909, Luis reçut une éducation très chrétienne.

En 1928 il demanda à entrer chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, où il fit la profession en 1929, prenant le nom de Arturo.

Venu en Espagne en 1930 pour compléter sa formation, il fut à Ciempozuelos et à Málaga.

Après la profession solennelle, en 1933, il fut destiné aux études sacerdotales, qu’il ne put achever, ayant reçu le martyre. 

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

José Velázquez Peláez

1909-1936

 

Né à Jardín (Antioquia, Colombie) le 9 juillet 1909, José fut baptisé le jour même.

Il fut confirmé en 1912 et reçut la Première communion en 1916.

En 1932, après ses études de magistère, il demanda à entrer chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, où il fit la profession en 1933, prenant le nom de Juan Bautista.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il fut à Cordoue, Granada et Ciempozuelos.

En juillet 1936, quand la révolution était déjà prête à éclater, il demanda à faire tout de suite les vœux solennels (alors qu’il devait faire les vœux temporels en septembre).

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Josep Figuera Rey

1912-1936

 

Josep était né le 22 août 1912 à Pobla de Segur (Lleida, Espagne) et fut baptisé le 1er septembre suivant.

D’abord élève des Frères des Ecoles Chrétiennes, il entra au noviciat mineur de Mollerusa, passa au noviciat de Pibrac (Haute Garonne) en 1928, où il fit la profession avec le nom de Llorenç Gabriel.

Il fit le scholasticat à Talence (Gironde), puis fut catéchiste à Pons (Charente Maritime), Calaf (Barcelone) et Manresa.

En 1935, la maison de Toulouse fut reliée à Barcelone, et il fut nommé à Condal.

Au moment de la révolution, il se réfugia chez sa grand-mère, priant, travaillant dans le jardin.

La nuit du 8 au 9 août, deux voitures de miliciens s’arrêtèrent devant la maison : on cherchait Frère Llorenç.

On lui demanda ce qu’il faisait là ; il répondit qu’il était maître, qu’il préparait d’autres examens et qu’il passait seulement quelques jours chez la grand-mère. Durant la fouille de la maison, on découvrit dans sa valise sa photographie avec l’habit religieux.

On l’accusa d’avoir menti ; il répéta qu’il disait vrai en affirmant qu’il était maître et que, de plus, il était Religieux, de la famille des Frères des Ecoles Chrétiennes.

Ils l’emmenèrent, expliquant à la grand-mère que, comme il avait menti, ils devaient un peu lui faire peur.

Evidemment, le Frère Llorenç ne revint pas. Sur son cadavre, un carton indiquait qu’il était mort par balles, le 9 août 1936.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Luis Modesto Páez Perdomo

1913-1936

 

Né à La Union (Huilá, Colombie) le 15 juin 1913, Luis était le fils de Felix María et de María.

Il fut d’abord ondoyé, puis le prêtre célébra les rites complémentaires, le 17 novembre.

En 1933 il entra chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, où il fit la profession en 1935, prenant le nom de Gaspar.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il était à Ciempozuelos.

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Alfonso Antonio Ramírez Salazar

1913-1936

 

Né à La Ceja (Antioquia, Colombie) le 2 septembre 1913, Alfonso entra chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu en 1932, où il fit la profession en 1933, prenant le nom de Eugenio.

Son premier «poste» fut d’être responsable de nuit à l’hôpital psychiatrique Notre-Dame de la Merci, à Bogotá.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il était à Ciempozuelos.

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Edith Stein

1891-1942

 

Edith Stein naquit le jour de la grande fête juive du Yom Kippour, le 12 octobre 1891 à Wrocław (qui était à l’époque Breslau), dernière des onze enfants d’une famille juive. 

Son père, commerçant en bois, mourut quand elle n’avait que trois ans, laissant une veuve très courageuse, volontaire, admirable, qui sut reprendre l’entreprise de son époux, mais qui ne sut pas maintenir chez ses enfants une foi vivante. Edith perdit la foi en Dieu ; elle l’écrivit : En pleine conscience et dans un choix libre je cessai de prier.

Edith obtint brillamment son baccalauréat en 1911 et commença des études d’allemand et d’histoire à l’Université de Wrocław, mais elle s’intéressait davantage à la philosophie.

Elle s’affilia à l’Association Prussienne pour le Droit des Femmes au Vote, car elle se disait féministe radicale, une position qu’elle abandonna plus tard pour des solutions purement objectives.

En 1913, elle alla à Göttingen suivre les cours d’Edmund Husserl, dont elle devint l’assistante et avec qui elle passa sa thèse. Elle rencontra aussi Max Scheler, qui lui ouvrit le regard sur le catholicisme.

En 1915, elle passa son examen d’Etat, puis fréquenta un cours d’infirmière et travailla dans un hôpital militaire autrichien.

En 1916, l’hôpital fut fermé et Edith retrouva Husserl à Fribourg-en-Brisgau. En 1917, elle présenta sa thèse et fut reçue summa cum laude, «Sur le problème de l’empathie».

C’est à cette époque qu’elle fut vivement «interpellée» en voyant une brave femme entrer dans une église catholique, son panier à la main, une scène qu’elle n’oublia jamais.

Une autre rencontre, avec Adolf Reinach et son épouse, convertis au christianisme, l’aida à voir la lumière sur le Christ mort et resssucité. 

Après cette illumination, elle chercha à travailler pour elle-même et désirait obtenir l’habilitation à l’enseignement. Husserl se prononça en sa faveur, mais les femmes n’avaient pas accès à ce poste, encore moins une femme juive.

La lecture du Nouveau Testament, de saint Ignace de Loyola, de sainte Thérèse d’Avila, du philosophie chrétien Kierkegaard, l’amena peu à peu à la conversion totale : elle fut baptisée le 1er janvier 1922, et confirmée le 2 février suivant.

Elle annonça la nouvelle à sa mère, qui en fut très émue, mais qui ne put jamais faire comme sa fille le pas vers le christianisme.

Edith pensa tout de suite au Carmel, mais en fut dissuadée par les prêtres qui l’accompagnaient. 

Jusqu’en 1931, elle donna des cours d’allemand et d’histoire au lycée pour enseignants du couvent dominicain de Spire. On l’invita aussi à donner des conférences ; elle se mit à traduire la correspondance de Newman, les Questiones disputatæ de veritate de saint Thomas d’Aquin. Elle passait les grandes fêtes de l’année à l’abbaye de Beuron.

En 1932, on lui confia une chaire à l’Institut de Pédagogie scientifique de Münster, mais en 1933 elle tombait sous la loi nazie et ne pouvait plus conserver son poste. Alors, elle s’orienta vers sa première aspiration, le Carmel, et se présenta au Carmel de Cologne.

Elle alla une dernière fois chez les siens, accompagna sa mère à la synagogue. Sa mère ne comprit jamais sa démarche ; Edith lui écrira chaque semaine, mais ne reçut jamais de réponse. C’est sa sœur Rosa qui lui donnera des nouvelles de la famille.

Edith avait déjà fait les vœux de religion, privément, quand elle était à Spire. Entrée au carmel de Cologne, elle prit l’habit en 1934, avec le nom de Theresa-Benedicta de la Croix, et fit la première profession en 1935.

Sa mère mourut le 14 septembre 1936, jour de la fête de la Croix.

Edith - Theresa Benedicta - fera sa profession solennelle en 1938, et consacrera ses temps libres à l’écriture d’ouvrages.

Elle passa au carmel d’Echt, où travaillait sa sœur Rose, à son tour baptisée, qui travaillait chez les Carmélites.

Le 2 août 1942, la Gestapo vint chercher Edith : elle était en train de prier, à la chapelle. Elle n’eut que cinq minutes pour se présenter, avec sa sœur Rosa.

Réunies à d’autres Juifs convertis au christianisme, les deux sœurs furent conduites au camp de rassemblement de Westerbork : c’était la représaille nazie contre la protestation des évêques catholiques des Pays-Bas qui avaient dénoncé le pogrom et la déportation des Juifs.

Au matin du 7 août, un convoi d’environ mille Juifs partit pour Auschwitz.

Ce fut le 9 août 1942, que sœur Theresa-Benedicta de la Croix, avec sa sœur Rosa et de nombreux autres membres de son peuple, mourut dans les chambres à gaz d'Auschwitz.

Elle fut béatifiée en 1987. A cette occasion, le pape Jean-Paul II prononça ces paroles : 

Inclinons-nous profondément devant ce témoignage de vie et de mort livré par Edith Stein, cette remarquable fille d'Israël, qui fut en même temps fille du Carmel et sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix, une personnalité qui réunit pathétiquement, au cours de sa vie si riche, les drames de notre siècle. Elle est la synthèse d'une histoire affligée de blessures profondes et encore douloureuses, pour la guérison desquelles s'engagent, aujourd'hui encore, des hommes et des femmes conscients de leurs responsabilités ; elle est en même temps la synthèse de la pleine vérité sur les hommes, par son cœur qui resta si longtemps inquiet et insatisfait, "jusqu'à ce qu'enfin il trouvât le repos dans le Seigneur". 

Selon ce même pape, l'Église honorait ainsi une fille d'Israël, qui pendant les persécutions des nazis est demeurée unie avec foi et amour au Seigneur Crucifié, Jésus Christ, telle une catholique, et à son peuple telle une juive.

Theresa Benedicta de la Croix fut successivement canonisée en 1998. Elle est inscrite le 9 août au Martyrologe. 

En outre elle a été proclamée co-patronne de l’Europe (1999), avec sainte Brigitte de Suède et sainte Catherine de Sienne.

Franz Huber-Jägerstätter

1907-1943

 

Franz Huber fut le fils naturel de parents si pauvres qu’ils ne pouvaient se marier et tenir un foyer. Le garçon, né le 20 mai 1907 à Sankt Radegund (Autriche), fut recueilli par sa grand-mère paternelle.

Quand le papa, Franz Bachmeier, mourut à la Première guerre mondiale, la maman, Rosalia épousa Heinrich Jägerstätter, un paysan, qui adopta Franz (1917). Ce dernier profita de la bibliothèque de son nouveau grand-père, et se passionna pour la lecture.

En 1927, Franz s’engagea trois mois dans une ferme de Bavière, puis pour trois ans dans une mine du Steiermark ; l’ambiance social-démocrate du milieu ouvrier lui fit peu à peu abandonner la pratique religieuse.

En 1933, mourut son père adoptif. Revenu à la campagne, et à la pratique, il songea entrer en religion, mais son curé préféra lui conseiller de fonder un foyer.

Franz épousa en 1936 Franziska Schwaninger, dont il eut ensuite trois filles. Leur voyage de noces les conduisit en pèlerinage à Rome.

La piété de Franz s’approfondit ; il se rendait chaque jour à la Messe, communiait souvent (car à l’époque la communion quotidienne n’était pas encore une habitude acquise) et faisait beaucoup de lectures pieuses. Quand il faisait le croque-mort dans son village, il refusait d’être rémunéré.

En 1938, il eut un rêve où il comprit clairement l’opposition essentielle entre l’idéal chrétien et celui du National-Socialisme. En mars, on lui proposa d’être le maire de son village autrichien ; l’Autriche venait d’être envahie par les troupes allemandes, et il refusa ce poste. Au référendum d’avril sur l’Anschluß de l’Autriche à l’Allemagne, il fut le seul de Sankt Radegund à voter Non ; au dépouillement des urnes, on supprima même sa voix pour déclarer 100% de Oui.

En 1940, on dénonça à la Gestapo dix «opposants au régime», parmi lesquels Franz. Mais la lettre de dénonciation fut habilement interceptée et n’eut pas de suites immédiates. Franz, à trente-trois ans, fut appelé sous les drapeaux. A la fin de la même année, il revêtit l’habit du Tiers-Ordre franciscain.

C’est en 1941, se trouvant à Ybbs, il apprit comment on se débarrassait des malades mentaux par l’euthanasie. Grâce à l’un de ses supérieurs, il fut en tant qu’Autrichien déclaré non-disponible et renvoyé chez lui.

Désormais, sa conviction inébranlable était bien claire dans sa tête : on ne pouvait pas sans pécher gravement contre Dieu, combattre pour un dictateur qui prétendait gouverner le monde. Il l’écrivit à l’évêque : Comment peut-on soutenir une Allemagne qui s’est livrée à tant d’enlèvements dans plusieurs pays ? Est-ce une guerre juste et sainte ? Qui l’Allemagne combat-elle dans ce pays : le bolchevisme ou le peuple russe ? Quand les missionnaires vinrent évangéliser ces régions, utilisèrent-ils les fusils et les bombes ? 

Mais l’opportunisme régnait ; à part sa femme, le reste de la famille, ses voisins, même les membres du clergé, tous s’éloignèrent de lui.

La Wehrmacht le rappela en 1943. Quand il se présenta, il expliqua son opposition à tout combat et se proposa pour des services en-dehors des combats, ce qu’on lui refusa. A Enns, il répéta son opposition. On l’interrogea ; on le transféra de Enns à la prison militaire de Linz (mars-avril 1943). De là, il écrivit à son épouse que, certes, il ne pouvait rien changer aux événements du monde, mais qu’il voulait au moins être un signe que tout le monde ne se laissait pas emporter par le fleuve.

En mai 1943, il fut emmené à la prison de Berlin-Tegel ; le 6 juillet, il passa en jugement au Charlottenburg de Berlin. Accusé d’avoir conspiré contre les forces militaires, il fut condamné à mort et à la perte de ses droits civils.

Jusqu’au jour de son exécution, il refusa constamment de revenir sur sa prise de position.

Il fut le premier de seize victimes à être décapité à Brandenburg/Havel, le 9 août 1943.

La figure de Franz Jägerstätter eut un très grand retentissement jusque dans le mouvement pacifiste américain ; un film autrichien fut tourné en 1972 sur Le cas Jägerstätter ; en 1997, la cour de Berlin annulla la condamnation ; en 2005, le parlement autrichien le réhabilita, après l’avoir longtemps considéré comme déserteur.

Franz Jägerstätter fut béatifié en 2007, en présence de son épouse de quatre-vingt-quatorze ans et de ses trois filles.

 

 

Zbigniew Adam Strzałkowski

1958-1991

 

Il naquit le 3 juillet 1958 à Zawadzie (Pologne).

Après l’école du village, il fréquenta le lycée jusqu’au baccalauréat, qu’il obtint en 1978, l’année de l’élection papale de Jean-Paul II.

Zbigniew travailla d’abord pendant un an comme mécanicien à Tarnów.

En 1979, il entra chez les Frères Mineurs franciscains, et fit les études régulières de philosophie et de théologie.

En juin 1986, il fut ordonné prêtre, le même jour où était ordonné diacre Michał Tomaszek, et dans cette même ville de Wrocław où étaient arrivés les Frères Mineurs sept-cent cinquante ans auparavant.

De 1986 à 1988, le père Zbigniew fut sous-directeur du Petit Séminaire franciscain de Legnica.

En 1988, ses Supérieurs ouvrirent une mission au Pérou, et Zbigniew fut dans les premiers à y être envoyés, en novembre 1988, avec son ami Michał Tomaszek.

L’endroit était très isolé, privé d’eau et d’électricité, sans téléphone ; les Franciscains y ouvrirent une mission sur l’appel de l’évêque. En arrivant, ils trouvèrent une petite chapelle et une «maison paroissiale» inachevée.

Bien accueillis, ils se firent aider pour achever ce presbytère ; ils s’occupèrent des malades lors d’une épidémie de choléra ; ils fondèrent une école, firent le nécessaire pour amener la radio et le téléphone.

Le 9 août 1991, des hommes du groupe maoïste Sentier lumineux vinrent enlever les deux prêtres avec le chef du village, qui assista au «jugement».  Les pères étaient accusés de résister à la révolution en faisant prier le chapelet, honorer les Saints, assister à la Messe et lire la Bible ; de mentir aux gens, car la religion est l’opium du peuple ; de participer à l’impérialisme du pape polonais Jean-Paul II. 

On retrouva les corps des deux prêtres face contre terre, la tête brisée par une balle dans le crâne. On avait écrit sur un papier avec le sang de Zbigniew : Ainsi meurent les esclaves de l’impérialisme.

Zbigniew avait trente-trois ans.

On n’a jamais identifié les coupables, et le groupe du Sentier lumineux, en grande partie démantelé, n’a pas encore cessé complètement ses exactions.

Au village, les gens disent que le père Zbigniew guérit les malades.

La date de béatification du père Strzałkowski a été fixée au 5 décembre en même temps que pour son confrère Michał Tomaszek.

 

 

Michał Tomaszek

1960-1991

 

Michał Tomaszek naquit le 23 septembre 1960 à Łękawicy (Żywiec, Pologne). 

Son père, Mieczysław, mourut en 1969, laissant une veuve avec quatre enfants, deux fils (jumeaux) et deux filles.

Michał fréquenta assidûment la paroisse, avec toute sa famille, et fut enfant de chœur.

Après avoir achevé le lycée à Łękawicy, il entra au petit séminaire de Legnica, tenu par des pères franciscains. Déjà là, il donnait beaucoup de temps à la prière méditative devant le Saint-Sacrement. Le soir, quand tout était silencieux, il restait encore longtemps à genoux, dans sa chambre, devant une petite statue qu’il avait apportée de chez lui, de Marie-Immaculée.

En 1980, il passa son baccalauréat et entra dans l’Ordre des Frères Mineurs ; sa demande était bien réfléchie : Depuis longtemps, je suis convaincu d’avoir reçu la vocation au sacerdoce et à l’Ordre franciscain. J’ai eu le temps, pendant les années du Petit séminaire, d’approfondir cet appel. Mon désir est maintenant de travailler dans les missions, pour servir Dieu et Marie Immaculée.

Michał reçut l’habit en la fête de saint Francesco d’Assise (v. 4 octobre) en 1980, et fit la première profession un an plus tard. 

Le noviciat se fit à Smardzewice, puis Michał passa les années de philosophie et de théologie au séminaire franciscain de Cracovie (1981-1987).

En 1985, il fit la profession solennelle. L’année 1986 était le sept-cent cinquantième anniversaire de l’arrivée des Franciscains à Wrocław, aussi choisirent-ils de conférer les Ordres à leurs candidats dans cette ville. Michał reçut donc le diaconat cette année-là et dans cette ville.

En 1987, il fut ordonné prêtre à Cracovie.

Il exerça le saint ministère d’abord dans la paroisse franciscaine de Piensk k Zgorzelec. Il était rempli de zèle pour tous les fidèles. Il eut un soin particulier pour les enfants handicapés. Son ardeur et sa disponibilité le firent appeler second saint François.

Quand il apprit que deux de ses Confrères allaient partir pour le Pérou, il demanda à son Supérieur à être envoyé avec eux ; l’un des deux était justement Zbigniew Strzałkowski, qui serait son compagnon de martyre.

En prenant congé des paroissiens de Piensk, Michał déclara franchement que, si c’était le cas, il n’hésiterait pas à donner sa vie pour Dieu.

Il apprit rapidement les notions nécessaires d’espagnol et partit en juillet 1989. Il se trouva ainsi engagé dans la paroisse de Pariacoto.

En peu de temps, il sut rassembler beaucoup de jeunes autour de lui, auxquels il enseignait la Vérité, qu’il faisait prier, et puis qu’il occupait dans des loisirs utiles, comme la musique et le chant.

Il savait que dans la zone, menaçait et agissait le groupe marxiste Sentier lumineux, qui s’en prenait directement à l’Eglise. Ce furent justement des émissaires de ce groupe qui l’assassinèrent, avec le père Strzałkowski, le 9 août 1991, dans sa quatrième année de sacerdoce. Il avait trente-et-un ans.

La date de béatification du père Michał a été fixée au 5 décembre 2015.

Partager cet article

Repost0
7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 23:00

08 AOUT

 

?

SS Eleuthère et Léonide, époux martyrs.

SS Auxiliateurs (Auxiliaires) : Acace, Barbe, Blaise, Catherine, Christophe, Cyriaque, Denis, Erasme, Eustache, Georges, Gilles, Guy, Marguerite, Pantaléon, chacun mentionné ou fêté à sa date propre dans le calendrier. 

III.

SS Secundus, Carpophorus, Victorinus et Severianus, martyrs à Albano.

IV.

SS Cyriacus, Largus, Crescentianus, Memmia, Iuliana et Smaragdus, martyrs romains.

S Marinos, vieillard d'Anazarbe, martyr à décapité puis laissé aux chiens.

S Myron, pieux époux et cultivateur en Crète, devenu évêque et mort centenaire.

V.

S Eusebio, évêque à Milan, adversaire du monophysisme aux côtés de s. Léon le Grand ; il reconstruisit la cathédrale incendiée par les Huns.

S Hormisdas, noble de Ahmadan condamné pour sa foi à paître, nu, des chameaux.

S Severus, prêtre à Vienne, venu de l'Inde.

VII.

S Liébaut, abbé à Fleury-sur-Loire (ensuite Saint-Benoît-sur-Loire).

S Mummolus, abbé à Fleury, où il ramena les reliques de s. Benoît.

Ste Sigrade, veuve retirée à Soissons, mère de s. Léger d'Autun.

VIII.

SS Ternat, Gervais et Gédéon (VII.-VIII.), évêques à Besançon.

IX.

S Aimilianos, évêque à Cyzique, exilé à cause de l'iconoclasme.

B Rathard, prêtre fondateur d'un monastère augustin à Diessen.

XI.

S Altmann, évêque à Passau, réformateur du clergé et des monastères par la lutte contre le concubinage et la simonie.

XII.

S Famiano, ermite cistercien à Gallese, né à Cologne.

XVI.

B John Felton, martyr anglais à Londres : il avait affiché la sentence d'excommunication du pape Pie V contre la reine Elisabeth ; son petit garçon, Thomas, avait alors deux ans, et subit aussi le martyre, dix-huit ans plus tard.

B John Fingley, prêtre anglais, martyr à York, béatifié en 1987.

XIX.

S Baolu Ge Tingzhu, martyr chinois laïc particulièrement lacéré, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

Ste Bonifacia Rodríguez Castro (1837-1905), vierge espagnole, fondatrice de la congrégation des Servantes de Saint Joseph, pour la formation des femmes à l'image de la sainte Famille, béatifiée en 2003, canonisée en 2011.

Bse Maria Ellen MacKillop de la Croix (1842-1909), fondatrice des Sœurs de Saint-Joseph du Sacré-Cœur de Jésus, pour l'enseignement, première australienne béatifiée, en 1995, et canonisée en 2010.

Bse Maria Anna Rosa Caiani (Maria Margherita, 1863-1921), fondatrice des Sœurs Minimes du Sacré-Cœur, éducatrices franciscaines, béatifiée en 1989.

 

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1997 :

Laïcs : à Barbastro, Ceferino Giménez Malla (*1861) ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, Antonio Silvestre Moya (*1892) ;

Piaristes : près de Valencia, Nazaria Gómez Lezaun (Carmen de Saint-Philippe-Neri), Pascalina Gallén Martí (Presentación de la Sainte Famille), María Luisa Girón Romera (María Luisa de Jésus), Antonia Riba Mestres (Clemencia de Saint-Jean-Baptiste), et María Baldillou y Bullit (María de l'Enfant-Jésus (*1869, 1872, 1887, 1893, 1905) :

- béatifiés en 2007 :

Evêque : à Cuenca, Cruz Laplana Laguna (*1875), et son secrétaire, le prêtre Fernando Español Berdié (*1875) ;

Salésiens : à Madrid, le profès Nicolás de la Torre Merino (*1892) ;

Lasalliens : près de Ciudad Real, Pedro Álvarez Pérez (Felipe José, *1914) ;

Laïcs : près de Barcelone, Antero Mateo García (*1875) ;

- béatifiés en 2013 :

Mercédaires : près de Teruel, le prêtre Mariano Pina Turón (*1867) ;

Picpus : à Madrid, le prêtre Leoncio López Ramos (Eladio, *1904) ;

Séminaristes : près de Jaén, Manuel Aranda Espejo (*1906) ;

- béatifiés en 2020 :

Dominicains : près de Ciudad Real, les clercs Paulino Reoyo García, Santiago Aparicio, Ricardo López y López (*1913, 1913, 1914).

 

B Wlodzimierz Laskowski (1886-1940), prêtre polonais martyr à Gusen, béatifié en 1999.

Saints Auxiliateurs

 

Le Moyen-Age finissant honorait les Saints beaucoup plus à cause de la puissance qu’on leur prêtait qu’en raison de leurs vertus. Certains Saints auxquels on avait plus souvent recours furent groupés, honorés ensemble et très souvent représentés les uns avec les autres.

Eustache Deschamps († vers 1407) énumère dix Saints dont le secours est particulièrement efficace : 

 

Saint Denis, saint Georges, saint Blaise

Saint Christofle et aussi saint Gile,

Saincte Catherine, il vous plaise,

Saincte Marthe et saincte Christine,

Saincte Barbe et saincte Marguerite,

Avoir toujours de moi mémoire,

Ainsi comme il est chose voire (vraie)

Que Dieux à vous X octroya

Que quiconque vous requerra,

De bon cuer, par prière honneste,

En quelque péril qu’il veurra,

Dieux essaucera sa requeste.

 

Nous retrouvons huit de ces dix noms dans les quatorze Saints Auxiliaires (ou Auxiliateurs), c’est-à-dire dont on peut attendre un secours (auxilium) prompt et efficace. Leur grande vogue date seulement du 15e siècle. L’origine de cette dévotion est germanique : elle se répandit tout le long du Rhin et en Italie. En France, on ajouta la Vierge Marie et le groupe fut de quinze.

La fête était concédée en plusieurs contrées, au 8 août, au 4e dimanche après Pâques, etc… Tous ces Saints, que la légende n’a pas oubliés, sont traités à leurs jours respectifs ; rappelons seulement ici leurs emblèmes et leurs «spécialités», dans l’ordre du calendrier.

Saint Blaise (3 février) porte deux cierges croisés et guérit les maux de gorge.

Saint Georges (23 avril) : près d’un dragon qu’il a terrassé, guérit les maladies dartreuses, et protège les militaires, les boy-scouts.

Saint Acace (8 mai), couronné d’épines, est invoqué pour les maux de tête.

Saint Erasme (2 juin), qui tient ses entrailles enroulées sur un treuil, est tout indiqué pour les douleurs d’entrailles.

Saint Guy ou Vit (15 juin), est invoqué contre la «danse de saint-guy», contre l’épilepsie.

Sainte Marguerite d’Antioche (21 juillet) conduit en laisse un dragon et porte une petite croix  : elle est invoquée contre les maux de reins et par les futures mamans.

Saint Christophe (25 juillet), qui porte l’Enfant Jésus, protège les voyageurs contre la mort subite, les tempêtes ou la foudre.

Saint Pantaléon (27 juillet), aux deux mains clouées, est invoqué pour les maladies de consomption.

Le diacre saint Cyriaque (8 août) est, lui aussi, puissant contre le démon et il s’occupe des maladies des yeux.

Saint Gilles (1er septembre), accompagné d’une biche, apporte la paix aux fous et à ceux qui sont sujets à la panique ou aux frayeurs nocturnes ; on l’invoque aussi contre le cancer et la stérilité des femmes.

Le chasseur saint Eustache (20 septembre) préserve de l’incendie et du feu éternel.

Saint Denys (9 octobre) marche avec la tête dans ses mains et préserve de la possession diabolique.

Sainte Catherine d’Alexandrie (25 novembre), reconnaissable à la roue qu’elle brisa, est la «sage conseillère» des philosophes, des avocats et des penseurs ; également des vierges et des métiers liés à la roue (charrons, meuniers, tourneurs).

Sainte Barbe (4 décembre), à côté d’une tour, garantit de la foudre et de la mort subite ; elle est aussi la patronne des mathématiciens, des artilleurs et des pompiers.

 

 

Secundus, Carpophorus, Victorinus et Severianus d’Albano

† 300

 

De ces quatre illustres Martyrs, on sait fort peu de choses.

Autrefois mentionnés à Côme, on les situe aujourd’hui à Albano, sur la Via Appia, au quinzième mille de Rome.

Ils moururent peut-être à la fin du 3e ou au début du 4e siècles.

Le Martyrologe Romain les mentionne au 8 août.

 

 

Cyriacus, Largus, Crescentianus, Memmia, Iuliana, Smaragdus à Rome

† 308

 

De ces six illustres Martyrs, on sait fort peu de choses.

Ils seraient mort sur la Via Ostiense, au septième mille de Rome.

Ils moururent peut-être au début du 4e siècle.

Un récit ancien, mais apparemment peu authentique, affirmait que Cyriacus, Largus et Smaragdus cherchèrent à aider d’autres Chrétiens dans l’édification d’un palais romain ; le pape Marcel (v. 16 janvier) eut à peine le temps d’ordonner diacre Cyriacus, que les trois Compagnons furent mis en prison. Successivement, Cyriacus délivra la fille de Dioclétien, qui était possédée : il fut libéré avec ses deux Compagnons. Mais l’autre empereur, Maximien, profitant d’une absence de Dioclétien, les fit arrêter : Cyriacus eut la tête enduite de poix fondue et fut roué de coups de bâtons ; enfin ils furent tous trois décapités, avec une vingtaine d’autres, parmi lesquels les autres Martyrs nommés dans le titre : Crescentianus, Memmia et Iuliana.

Ajoutons encore que Cyriacus est invoqué pour les maladies des yeux.

Le Martyrologe Romain mentionne ces six Martyrs au 8 août.

 

 

Marinos d’Anazarbe

† 308

 

A Anazarbe de Cilicie (auj. Ağaçli, Turquie CS) vivait un vieillard nommé Marinos.

Arrêté pour sa foi chrétienne, il fut conduit à Tarse, et décapité.

Le juge ordonna d’abandonner son corps aux chiens et aux bêtes.

On situe ce martyre entre les années 303 et 311.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 8 août.

 

 

Eusebio de Milan

† 462

 

Eusebio - peut-être Eusebios, s’il était d’origine grecque - fut évêque de Milan à partir de 449.

A cette date, le pape Léon le Grand (v. 10 novembre) poursuivait, entre autres, l’hérésiarque Eutychès et sa doctrine (le monophysisme, qui prétendait qu’après l’Incarnation, il n’y avait qu’une nature dans le Christ). 

Ce pape envoya à Eusebio ses deux légats, l’évêque Abbondius de Come et le prêtre Senator de Milan, de retour de Constantinople, pour lui demander de convoquer un concile régional : les vingt évêques de la Lombardie devaient écouter le rapport des deux légats et confirmer la Lettre à Flavien, que le pape envoyait au patriarche Flavien de Constantinople.

La Lettre à Flavien est un monument de la doctrine de l’Eglise sur l’Incarnation et les deux Natures, divine et humaine, du Christ. Les évêques réunis autour d’Eusebio la signèrent tous. Ce concile de Milan se déroula donc avant le concile de Chalcédoine, qui s’ouvrit en septembre 451.

L’année suivante, Attila faisait irruption en Italie et détruisait l’église milanaise de Sainte-Thècle. Eusebio la fit reconstruire.

Un autre événement moins clair semble concerner aussi notre Eusebio. En 456, l’impopulaire empereur romain Avitus fut déposé et fut contraint, dit-on, de se faire consacrer évêque de Plaisance, par Eusebio justement. Avitus mourut l’année suivante (s’il ne fut pas assassiné).

Eusebio mourut en 462, après une douzaine d’années d’épiscopat.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 8 août.

 

 

Severus de Vienne

† 5e siècle

 

La vie de Severus est attestée historiquement, mais certains détails la rendent quelque peu fabuleuse.

Prêtre, il serait venu de l’Inde pour évangéliser la région de Vienne en Gaule. 

On lui attribua l’extinction complète du paganisme qui y sévissait encore. Il y détruisit un panthéon, un bois sacré, ce qui expliquerait qu’on l’aurait représenté tenant le démon enchaîné.

Il y aurait aussi construit une église Saint-Etienne, qui s’appela plus tard Saint-Severus.

Une date de 455 environ est avancée pour sa mort.

Saint Severus de Vienne, prêtre, est commémoré le 8 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mummolus de Fleury-sur-Loire

† 663

 

Mummolus, qui est devenu en français Mommolin, nous serait pratiquement inconnu sans l’événement inattendu et spectaculaire du transfer des reliques de s.Benoît (v. 11 juillet).

Il fut donc le troisième abbé du monastère de Fleury-sur-Loire (Loiret), de 632 à 663.

Le fondateur de ce monastère bénédictin, s.Liébaut, était inscrit au Martyrologe le 8 août, mais n’y est pas resté dans la dernière édition.

Mummolus sachant que l’abbaye du Mont-Cassin, où se trouvaient les tombeaux de s.Benoît et de sainte Scholastique, avait été brûlée et saccagée par les Lombards en 589, décida d’y envoyer un moine pour en rapporter dans sa propre abbaye les restes des deux Fondateurs.

L’entreprise ne fut pas facile, mais réussit. Le moine chargé de cette mission s’appelait Aigulfus (v. 3 septembre) ; le voyage de retour fut miraculeusement rapide et facile (655 environ). 

Ensuite, l’histoire des reliques de s.Benoît et de sainte Scholastique comporte beaucoup d’épisodes : les reliques de sainte Scholastique arrivèrent chez les moines du Mans ; celles de s.Benoît furent déposées à Fleury, d’où furent distribuées beaucoup de parcelles de reliques : au Mont-Cassin quand l’abbaye fut relevée (752), à Pressy (887), à Montpellier (1364), au Bec (1725), en Russie (1736). Signalons que les moines du Mont Cassin ont été plutôt mécontents de ne pas pouvoir récupérer chez eux l’intégralité des reliques.

Mummolus mourut à Bordeaux, sans doute au cours d’un voyage, le 8 août 663.

Depuis l’arrivée des reliques des Fondateurs à Fleury, cette localité s’est appelée Saint-Benoît-sur-Loire.

Saint Mummolus de Fleury-sur-Loire est commémoré le 8 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Emilianos de Cyzique

† 820

 

Emilianos (plus précisément Aimilianos) fut évêque sur le siège de Cyzique (Thrace, ou plutôt Mysie, act. Turquie W, sur la Mer de Marmara).

L’empereur Léon l’Arménien voulut reprendre l’iconoclasme et convoqua une réunion d’évêques dans son palais de Constantinople. Emilianos était convoqué, mais il eut la sainte audace de faire remarquer que, la question relevant de la théologie, donc de l’Eglise, il fallait se réunir dans une église et non dans un palais.

Il n’en fallait pas davantage pour irriter l’empereur : ordre fut donné de faire exiler l’évêque (815).

On ne nous dit pas en quelle contrée se fit cet exil, ni à quelle date précise Emilianos y mourut. Ceux qui donnent l’année 820 pour la date possible de sa mort, présument que, l’empereur étant mort en 820, et l’évêque n’ayant pas repris son siège après cette date, il avait dû mourir au plus tard en 820.

Saint Emilianos de Cyzique est commémoré le 8 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Altmann de Passau

1015-1091

 

Altmann vit le jour vers 1015 en Westphalie (Allemagne W), dans une famille de la haute noblesse.

Il fréquenta la Sorbonne de Paris, l’école-cathédrale de Paderborn, dont il devint professeur.

Il devint prévôt du chapître d’Aix-la-Chapelle et chapelain de l’empereur à Goslar.

En 1065, il fut nommé évêque de Passau, sur instigation de l’impératrice ; mais Altmann n’était pas en Allemagne à ce moment-là : il revenait d’un pèlerinage aux Lieux saints, et fut accueilli en Hongrie par une délégation impériale. Il fut consacré à Salzburg, par un de ses confrères de Paris, Gebhard (v. 27 août).

Altmann alors voua toute son énergie à la réforme du clergé, souvent simoniaque et concubinaire, et publia officiellement les décisions du pape Grégoire VII ; il fonda le monastère de Göttweig, en réforma d’autres.

L’empereur Henri IV, frappé d’excommunication, se vengea sur Altmann et l’exila après avoir détruit la ville de Passau (1077-1078). Altmann se réfugia à Rome : le pape le nomma son Délégué apostolique pour l’Allemagne. Il put rentrer dans son diocèse en 1081, mais pour peu de temps et dut se retirer en 1085 dans son monastère de Göttweig.

Il mourut en cette situation, en 1091.

Saint Altmann de Passau est commémoré le 8 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Famiano de Gallese

1090-1150

 

Famiano aurait d’abord reçu le nom de Quardo (Wardo, Suardus), dérivé de Gerhard. Il serait né vers 1090 à Cologne (Allemagne) de Gottschalk et Guimara, détail qui pourrait faire supposer que cette dernière était d’origine espagnole.

A dix-huit ans, donc en 1108, Famiano entreprit des pèlerinages qui le conduisirent à Rome (1114), à Compostelle (1118).

La date de son arrivée à Rome, 1114, laisse supposer qu’il s’arrêta beaucoup en chemin, en quelque monastère ou sanctuaire, où il s’offrit à d’humbles travaux pour mériter son pain.

Après Compostelle, Famiano s’arrêta pendant un quart de siècle dans le nord de l’Espagne, près de la rivière Minon. Il y vécut en ermite puis, en 1144, finit par entrer dans le tout nouveau monastère cistercien d’Oseira, où l’abbé, vu la situation, fit faire à Famiano un noviciat spécial, dans une petite cellule peu distante du monastère, pour préserver la solitude de Famiano.

En 1146, Famiano émit les vœux de religion et fut ordonné prêtre.

Et le revoilà parti en pèlerinage, pour la Terre sainte cette fois-ci, dont il revint trois ans plus tard. 

D’après la «tradition», Famiano s’arrêta à Rome, où il eut une vision des Apôtres Pierre et Paul ; ils l’invitaient à s’arrêter à Gallese : cette localité se trouve dans la région de Viterbe (Latium) et y vit naître le futur pape Marinus Ier, qui régna deux ans de 882 à 884.

La même tradition rapporte que Famiano fit naître une source en frappant la roche de son bâton, comme le fit Moïse (Ex 17:1-7).

C’est finalement à Gallese qu’il mourut, en ou vers 1150.

Dès 1154, le pape le canonisa : c’était le premier Cistercien canonisé.

Des miracles retentissants eurent lieu sur son tombeau, comme la guérison de deux sourds, et c’est ce qui aurait généré le surnom de Famiano, c’est-à-dire celui qui a une grande renommée.

En 1285, une basilique fut élevée à l’endroit de son tombeau au-dessus de la grotte où il vécut, l’autre qu’on appelle San Famiano a Lungo, à l’endroit de la source qu’il fit jaillir.

 

Saint Famiano de Gallese est commémoré le 8 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

John Felton

 † 1570

 

Tout ce qu’on sait de lui provient d’un récit écrit par sa fille Frances Salisbury, qui toutefois ne mentionne pas son âge.

John était d’une vieille famille du Norfolk, et vivait à Bermondsey Abbey près de Southwark. Il était “de petite stature et de teint foncé”.

Son épouse était une amie de la reine Elizabeth I, dame d’honneur de la reine Mary et veuve d’un des commissaires aux comptes de la reine Mary. 

John Felton eut l’audace d’afficher à la porte de l’évêché de Londres une copie de la bulle papale qui excommuniait Elizabeth I et déliait ses sujets de toute allégeance envers elle. La bulle n’avait pas encore été promulguée en Angleterre. Après sa promulgation, le complot de Ridolfi devait pousser le duc de Norfolk à enlever (ou assassiner) la reine Elizabeth, et installer sur le trône Mary, reine d’Ecosse : en épousant cette dernière, il devenait roi de facto. Le complot échoua, le duc de Norfolk fut emprisonné à la Tour de Londres et exécuté en 1572.

John, lui, s’était procuré la bulle papale à Calais et l’avait donc affichée à la porte de l’évêché au petit matin de la Fête-Dieu, le 24 mai 1570. Il en avait donné un autre exemplaire à un ami, William Mellowes. C’est ce dernier qui, sous la torture, donna le nom de John. On l’arrêta le 26 mai.

Il reconnut d’emblée son acte et proclama que la reine ne devait pas être reine d’Angleterre ; on le tortura pour l’obliger à “avouer” l’implication de Guerau de Spes, ambassadeur d’Espagne.

John fut condamné à mort le 4 août, et exécuté le 8 dans le cimetière Saint-Paul. En chemin, il récitait les psaumes de la pénitence. L’échafaud était dressé en face de la porte sur laquelle avait été apposée la bulle ; le condamné eut un frisson d’effroi, tout de suite dominé, et déclara : C’est moi qui ai affiché ici la lettre du pape contre la prétendue reine ! Et maintenant, je suis prêt à mourir pour la foi catholique. En loyal sujet, il retira de son doigt un anneau qu’il destina à Elizabeth. Puis il récita à genoux un Miserere et, après avoir recommandé son âme à Dieu, il s’abandonna au bourreau.

On reste dans l’admiration de voir ce gentilhomme laïc savoir par-cœur les psaumes.

La pendaison n’avait pas encore totalement retiré la vie au condamné : on le remit sur pied, et il fut dépecé vif ; sa fille raconte qu’il prononça une ou deux fois le saint nom de Jésus pendant que le bourreau lui arrachait le cœur avec ses mains. 

John Felton fut béatifié en 1886.

Son petit garçon, Thomas, n’avait que deux ans au moment de ce martyre, et subit à son tour le martyre dix-huit ans plus tard. Le bienheureux Thomas Felton est mentionné au Martyrologe le 28 août, vingt jours après son père, qui est au 8 août.

 

 

John Fingley

1553-1586

 

John Fingley (ou Finglow) était né vers 1553 à Barnby (Howden, Yorkshire), de John et Elizabeth.

Il était inscrit au Caius College de Cambridge en 1573 et travailla comme domestique pour payer ses études.

En 1580 il passa au Collège anglais de Reims et fut ordonné prêtre en 1581. Le mois suivant, il se trouvait en Angleterre.

Il put exercer le saint ministère pendant quelque temps dans le nord de l’Angleterre.

Arrêté, il fut confiné à Ousebridge Kidcote. Un jeune prisonnier, qui occupait une cellule au-dessus de celle de John, réussit à ouvrir un peu le sol, pour faire passer de la lumière dans sa cellule. 

Cité en jugement, John fut accusé d’être un prêtre catholique et d’avoir fait passer des Anglais dans l’Eglise catholique.

Ces «crimes» très graves, classés comme «haute trahison», furent punis de la peine de mort : John fut pendu, éviscéré et écartelé à York, le 8 août 1586.

Il a été béatifié en 1987.

 

NB. Un laïc, Robert Bickerdike (ou Bickendike), fut martyrisé dans les mêmes conditions, mais à une date incertaine. Voir au 23 juillet.

 

 

Baolu Ge Tingzhu

1839-1900

 

Baolu (Paulus) Ge Tingzhu, né vers 1839 à Xiaotun (Shenzhou, Hebei), reçut le martyre au même endroit le 8 août 1900.

Il a été béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

 

 

Bonifacia Rodríguez Castro

1837-1905

 

Elle naît le 6 juin 1837 à Salamanque (Espagne), aînée de six enfants d’une famille très chrétienne. Son père, Juan, est un artisan tailleur. A la mort de celui-ci, Bonifacia doit aider sa mère, María Natalia.

Elle a alors 15 ans, elle doit travailler dans la passementerie à laquelle elle s’est initiée. 

Très vite, Bonifacia expérimente les dures conditions de la femme travailleuse à cette époque : horaires épuisants et maigre salaire. Elle monte son propre atelier de passementerie où elle travaille avec le plus grand recueillement, imitant la vie cachée de la Sainte Famille de Nazareth. A partir de 1865, sa mère, qui a perdu tous ses autres enfants sauf une fille qui s’est mariée, travaille aussi dans l’atelier de Bonifacia. Elles mènent toutes les deux une vie de grande piété. 

Bonifacia nourrit un amour de prédilection pour la Vierge Marie Immaculée, dogme récemment promulgué (1854), ainsi que pour saint Joseph que Léon XIII déclare Patron de l’Église universelle (1870). Un groupe de jeunes filles, amies de Bonifacia, se joint à elle, attirées par le témoignage de sa vie. Elles se réunissent dans sa maison-atelier, spécialement les soirées de dimanches et jours de fête, pour se libérer des amusements dangereux qui les guettent. Elles décident ensemble de faire une Association de l’Immaculée et de Saint Joseph qu’elles nomment ensuite Association Joséphine.

Bonifacia, qui se sent appelée à la vie religieuse, songe à entrer dans un couvent de dominicaines à Salamanque. C’est alors qu’elle rencontre un jésuite, le Père Francisco Javier Butinyà qui l’en dissuade. Lui aussi est dévoré d’un grand zèle apostolique pour le monde des travailleurs. Il est en train d’écrire un livre intitulé : La lumière de l’artisan, ou, collection de vies d’illustres fidèles qui se sont sanctifiés dans des professions humbles. 

Le Père pense à une nouvelle Congrégation féminine qui servirait à protéger les femmes travailleuses par le moyen de femmes travailleuses. Il propose à Bonifacia d’en être la cofondatrice avec lui. Ce projet reçoit le soutien enthousiaste de l’évêque de Salamanque, Mgr Lluch y Garriga, qui promulgue le décret d’érection de l’Institut, dénommé Congrégation des Servantes de Saint Joseph (janvier 1874). Son but est de rendre sa dignité à la femme pauvre sans travail en la préservant du danger de se perdre. Quant au Père Butinyà, il pense qu’il faut sanctifier le travail en l’unissant à la prière. « Ainsi, écrit-il, la prière ne sera pas un obstacle pour le travail, ni le travail ne vous enlèvera le recueillement de la prière. » 

Bonifacia fait donc sa fondation avec six autres compagnes…dont sa mère. Leur résidence n’est autre que leur atelier. En somme, elles avaient l’intuition implicite que la société est parfois tentée de tout convertir en marchandise et en gain, en mettant de côté les valeurs et la dignité qui n’ont pas de prix (Jean Paul II – homélie de béatification). Or, la personne qui est l’image et la demeure de Dieu doit être protégée (…) quelle que soit sa condition sociale ou son activité professionnelle (Ibid). 

La vie d’un travailleur vaut plus que tout l’or du monde, dira plus tard Mgr Cardjin, fondateur de la J.O.C. C’est vrai, mais cela ne se disait pas à l’époque, du moins dans ces termes-là, et, d’autre part, le projet de vie de Bonifacia paraissait trop audacieux. Aussi rencontre-t-il immédiatement l’opposition du clergé séculier de Salamanque. Le Père Butinyà, avec tous les jésuites, est exilé hors d’Espagne et l’évêque, transféré à Barcelone.

Les directeurs de la Communauté nommés par le nouvel évêque sèment imprudemment la désunion entre les sœurs. Bonifacia, la fondatrice, s’emploie à défendre le charisme de son Institut, mais on profite d’un voyage qu’elle entreprend à Gérone pour la destituer. S’ensuivent humiliations et calomnies. Sa seule réponse est le silence, l’humilité et le pardon. Puis elle obtient d’aller fonder un nouvel Atelier à Zamora où elle peut vivre son idéal (25 juillet 1883). 

Mais, quand arrive l’approbation pontificale de Léon XIII aux Servantes de Saint Joseph (1er juillet 1901), la maison de Zamora en est exclue. Malgré tout, Bonifacia, poussée par son désir de communion, décide d’aller voir ses sœurs de Salamanque, mais, quand elle arrive à la maison de Sainte Thérèse, on lui dit : Nous avons reçu l’ordre de ne pas vous accueillir. 

Le cœur transpercé, elle revient à Zamora, consciente qu’elle ne reverra plus jamais Salamanque, mais avec la certitude que la réunification de la Communauté se fera après sa mort. 

Bonifacia meurt le 8 août 1905.

Effectivement, la maison de Zamora s’unit au reste de la Congrégation le 23 janvier 1907. 

De nos jours, les Servantes de Saint Joseph poursuivent l’œuvre (de leur fondatrice) dans le monde avec simplicité, joie et abnégation. (Jean-Paul II).

Béatifiée en 2003, Bonifacia est canonisée en 2011. Elle sera inscrite au Martyrologe le 8 août, dans une prochaine édition mise à jour.

Maria Ellen MacKillop

1842-1909

 

Née le 15 janvier 1842 à Fitzroy (Melbourne, Australie), Mary était la fille aînée de Alexander et Flora MacDonald, des Irlandais émigrés en Australie.

Alexander avait étudié dans un séminaire romain, mais n’était pas arrivé au sacerdoce et partit pour Sydney en 1838. Son épouse arriva à Melbourne en 1840. Ils se rencontrèrent cette année-là et se marièrent. 

Le premier de leurs huit enfants fut Marie Ellen, qui fut baptisée six semaines après sa naissance, avec le nom «officiel» de Marie Ellen, même si on l’appela toujours Mary. Les autres enfants furent : Maggie, John, Alick (qui mourut à onze mois), Annie, Lexie (future religieuse), Donald (futur jésuite) et Peter.

Alexander, qui ne réussit pas dans les affaires, s’occupa de son éducation à la maison, et l’inscrivit dans des écoles privées. Toute petite, Mary entendit déjà l’appel de Dieu. En réalité, sa vie fut balisée par de douloureuses croix.

En 1847, son cher grand-père se noya. 

Pour aider sa famille, Marie Ellen travailla comme nurse et comme secrétaire, encore toute jeune. Puis elle enseigna à Melbourne, à Portland : elle avait juste vingt ans !

Elle ouvrit alors chez elle un «séminaire pour jeune femmes».

Dans sa paroisse, on la connaissait pour son activité inlassable, pour le temps qu’elle passait en prière, surtout avant de prendre une décision.

Elle sentait l’appel à la vie religieuse, mais se voyait obligée de travailler pour aider sa famille. Un pénible scandale, issu de la jalousie, l’obligea à revenir chez elle, alors qu’elle était parfaitement innocente.

Mary était déjà une femme forte, pragmatique, généreuse, outre qu’une cavalière hors classe ! En 1860, avec sa sœur Annie, elle partit pour Penola, dans le sud de l’Australie, où la rencontre d’un prêtre, Julian Tennison Woods, l’amena à ouvrir une école catholique privée, pour les pauvres. 

Ainsi commença en 1866 la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph du Sacré-Cœur, la seconde en Australie. Son but était d’abord l’éducation des enfants pauvres dans les régions éloignées, origine du quatrième vœu des Religieuses : aimer Jésus dans le cœur des enfants. 

Mary fit sa profession en 1867, la même année où le père Tennison Woods était nommé directeur de l’éducation catholique pour l’Australie du sud. 

Cette année-là aussi mourut son frère John, de vingt-deux ans, d’une chute de cheval.

L’approbation diocésaine arriva en 1868. Six ans plus tard, l’approbation du Vatican : Mary, qui s’appelait désormais Mary de la Croix, se trouvait à la tête d’une congrégation qui se développait très rapidement.

Mary voulait conserver une certaine indépendance, pour maintenir l’esprit apostolique de ces écoles, mais comme cela arrive très fréquemment, des bruits circulèrent, des jalousies montèrent dans le cœur des prêtres, l’évêque fut alerté… et excommunia Mary en 1871. Mary était comme anéantie, mais espérait fermement en un signe de Dieu : l’évêque en effet comprit le non-fondement des accusations contre Marie, lui demanda pardon et la réadmit pleinement dans l’Eglise.

En 1872, mourut sa sœur Maggie, de vingt-neuf ans, d’une fièvre rhumatismale.

Mary fut reçue par le pape en 1873 ; elle parcourut l’Angleterre, l’Irlande, l’Ecosse, pour trouver les fonds nécessaires à son œuvre.

En 1875, elle fut élue supérieure de la congrégation.

En 1882, vingt-deux maisons et écoles étaient déjà fondées : Adelong, Taralga, Temora, Tumbarumba, Narrandera, Holbrook, Binalong, pour n’en citer que quelques-unes ; en peu de temps, Mère Mary de la Croix devait diriger environ soixante-dix écoles.

En 1886, c’est sa mère qui mourut lors d’un naufrage, alors qu’elle voyageait pour aller voir sa fille.

Elle passa les dernières années de sa vie à visiter inlassablement les maisons, cherchant en particulier à améliorer les conditions de vie des Aborigènes.

On a conservé plus d’un millier de ses lettres, qui montrent son esprit apostolique et organisateur.

En 1902 Mère Mary de la Croix eut une première attaque cardiaque, qui la laissa handicapée.  Elle mourut d’un arrêt cardiaque à Sydney, le 8 août 1909.

Elle fut béatifiée en 1995 et canonisée en 2010. C’est la première Australienne canonisée et elle a été choisie comme Patronne céleste de son pays.

Les Religieuses continuent aujourd’hui à répandre le bien, en Australie, en Nouvelle Zélande et au Pérou. Elles étaient un millier dès la mort de la Fondatrice, œuvrant dans les hôpitaux, les orphelinats, les missions chez les Aborigènes, et en général là où le besoin s’en faisait sentir.

 

 

Maria Anna Rosa Caiani

1863-1921

 

Née le 2 novembre 1863 à Poggio a Caiano (Prato, Italie), Maria Anna était le troisième des cinq enfants de Jacopo et Luisa Fortini. Le papa était forgeron, la famille très chrétienne.

Marianna, comme on l’appelait, reçut une excellente éducation, pleine de foi, mais aussi d’épreuves.

Elle reçut la Première communion à dix ans, et s’engagea toujours davantage dans les activités paroissiales, au point d’être surnommée l’aumônier de Poggio a Caiano.

Le fils cadet, Gustavo, mourut à onze ans, des suites d’une fracture de la hanche qui le rendit infirme pendant sept années. C’est Marianna qui le soignait et consolait. 

C’est ainsi qu’à seize ans elle commença à s’occuper des malades de son pays, répandant partout son esprit lumineux, et recevant aussi, à l’occasion, quelques humiliations cuisantes, par exemple ce crachat qu’on lui envoya à son arrivée auprès d’un moribond, et qu’elle considéra toujours comme une perle que lui avait offerte le Seigneur.

Peu après, en 1884, c’est Jacopo qui mourut subitement, ainsi que la maman, six ans après, en 1890. Marianna vint aider son frère Osea dans sa boutique de tabac. Elle était seule à la maison, car tous ses frères et sœurs étaient désormais mariés.

Elle fit en 1893 une première expérience chez les Bénédictines de Pistoia, où elle comprit qu’elle n’était pas faite pour la clôture monastique, mais bien plutôt pour les petites gens.

Voulant sortir du monastère après seulement un mois, elle en fut littéralement bannie par l’aumônier, qui la traita de sainte folle, tandis que son frère Osea l’obligeait à manger seule dans sa chambre.

De retour à Poggio a Caiano, elle reçut la suggestion d’un bon père Capucin de faire de l’apostolat sur place, tandis que les mamans du pays lui demandaient d’accueillir les enfants pour leur faire l’école et leur enseigner le catéchisme.

En 1894, avec quelques compagnes, elle ouvrit une petite école, avec l’approbation de l’évêque. Les petites élèves furent bientôt nombreuses ; Marianna, aidée par des bienfaiteurs, acheta une plus grande maison, en 1900, méchamment critiquée par les gens de son pays, qui ironisaient en disant qu’elle voulait construire un couvent avec des «Gloire au Père», alors qu’elle n’en avait pas même l’idée. C’est le nouveau curé qui, en arrivant à Poggio, fut chargé de diriger cette nouvelle association.

Marianna n’avait pas la formation nécessaire pour assumer efficacement un tel enseignement. Dieu y pourvut en lui envoyant une ex-religieuse, dont l’expérience antécédente se montra salutaire pour le nouvel Institut.

En 1901, l’évêque tenta de réunir ces pieuses dames à un Institut récent (les Sœurs Carmélites de Campi Bisenzio), mais l’expérience ne réussit pas, et Marianna fut plus convaincue que jamais de sa vocation propre.

En 1902, les cinq Consœurs décidèrent de prendre un habit religieux, sous la direction de Marianna, devenue alors Maria Margherita, en référence à la Religieuse visitandine de Paray-le-Monial.

Marianna aimait particulièrement la prière en commun et savait par-cœur les deux hymnes au Saint-Esprit (Veni, Creator et Veni, Sancte Spiritus), qu’elle chantait fréquemment durant la journée. Encore maintenant, les Religieuses chantent à neuf heures du matin le Veni, Creator.

En 1905, elles firent les premiers vœux. En 1907, leur Institut prit le nom de Sœurs Minimes du Sacré-Cœur.

La Mère Maria Margherita continua de diriger son œuvre au milieu de mille difficultés et mille contradictions ; des courants opposés s’élevèrent parmi les Religieuses, des protestations, des bavardages, des maladresses des prêtres… à un degré tel qu’il ne fut pas difficile de proclamer l’héroïcité de ses vertus.

A partir de 1915, Mère Maria Margherita commença à faire des malaises, qui furent mal diagnostiqués et soignés ; elle vomissait tout ce qu’elle avalait ; elle eut probablement un cancer du foie. Pour compléter le tableau de la situation, on l’envoya contre son gré se faire soigner dans la maison de soins qu’elle avait ouverte en 1919, assistée par une «infirmière» qui précédemment lui avait causé beaucoup de tristesses.

C’est là qu’elle mourut, le 8 août 1921. On dit que son corps est resté incorrompu. 

Elle a été béatifiée en 1989.

L’institut, agrégé à l’Ordre franciscain, fut appelé à œuvrer dans les environs de Poggio, puis à s’étendre, jusqu’aux hôpitaux militaires de Milan et Florence, pour arriver bientôt à treize maisons et une bonne centaine de Religieuses, qui ensuite rejoignirent l’Egypte, Israël, le Brésil, le Sri Lanka.

Ceferino Giménez Malla

1861-1936

 

Si les Gitans n’ont pas toujours bonne réputation dans notre société, le cas de Ceferino pourra nous aider à redresser notre jugement.

Ce Gitan espagnol naquit le 24 août 1861 à Benavent de Segriá (Lérida, Espagne) et vécut en nomade pendant quarante ans. Il était surnommé El Pelé.

Encore adolescent il se maria, mais n’eut jamais d’enfants. Ayant décidé de se fixer à Barbastro, il contracta son mariage à l’église avec Teresa Giménez, en 1912. Ils accueillirent chez eux Pepita, la nièce de Teresa. Teresa mourut en 1922.

Il gagnait sa vie en vendant des bêtes et en confectionnant des articles en osier.

Injustement accusé un jour de vol, il fut mis en prison, et finalement déclaré innocent.

Chrétien, il restait en contact avec le monde gitan et se mit à enseigner le catéchisme aux jeunes roms, lisant la Bible, priant chaque jour, recourant lui-même aux conseils et aux explications d’un prêtre. 

On recourait à son jugement pour arbitrer des différends et il savait imposer des décisions qui maintenaient la paix dans la communauté.

En 1926, il entra dans le Tiers-Ordre franciscain, participa à la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul, s’inscrivit dans les rangs des adorateurs nocturnes, participait souvent à la sainte Messe et priait le chapelet.

Lors de la guerre civile de 1936, il prit ouvertement la défense d’un prêtre que des miliciens étaient en train de frapper à coups de crosse de fusil. Arrêté à son tour, il fut condamné à mort. Des personnes qui le connaissaient bien, lui offrirent de le sauver s’il acceptait de retirer son chapelet. Mais Ceferino refusa, bien conscient qu’on allait le faire mourir.

Il fut conduit au cimetière de Barbastro. On lui demanda s’il avait une arme : il sortit son chapelet. On le fusilla ; il tomba, avec son chapelet en mains, après avoir crié Vive le Christ Roi.

C’était le 9 (ou le 8) août 1936. Son corps, jeté dans la fosse commune, n’a pas pu être identifié par la suite.

Reconnu martyr, il fut béatifié en 1997.

Le Martyrologe romain le mentionne au 2 août.

 

 

Mariano Pina Turón

1867-1936

 

Il vit le jour le 13 avril 1867 à Híjar (Teruel, Espagne), de Antonio et Antonia, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Dans sa famille et dans son pays, il reçut une formation de foi, de travail, qui en firent un garçon excellent, honnête, humble et aimable.

Au retour de son service militaire, il expliqua à sa chère fiancée que Dieu l'appelait à être religieux, et proposa à la jeune fille d'être elle aussi moniale. Mais cette dernière n'en ressentait pas la vocation.

Mariano, lui, persévéra dans son attitude. Bientôt, il rejoignit le couvent des Mercédaires à El Olivar, accompagné par son père.

Il fut vêtu en 1888, entra au noviciat et étudia le latin et la philosophie.

En 1892, il fit la profession solennelle et, au terme des études théologiques à Lleida, fut ordonné prêtre en 1896.

Deux ans après son ordination, il fut nommé maître des novices à El Olivar, où il fut supérieur dès 1899.

Son activité se développa principalement entre Lleida, San Ramón, El Olivar, où il fut tour à tour maître des novices et supérieur.

A Borges Blanques, il ouvrit un collège ; à El Olivar, une école pour les enfants.

Ce n'était pas un homme intellectuel, mais un saint prêtre plein de bonté. L'affection reconnaissante et respectueuse que tous avaient pour lui se traduisit par le surnom de grand-père qu'on lui donna, tant de la part des élèves que des confrères.

Le 25 juillet 1936, il célébra la fête de saint Jacques Apôtre à Crivilén, où il demeura après la fête. Des bruits alarmants circulaient et l'on proposa au père de le cacher ; il ne voyait pas le danger, il continuait de se montrer comme d'habitude.

Le 1er août, malade, il vint à El Olivar pour se reposer ; le médecin qu'on appela pour lui voulait l'emmener chez lui à Estercuel, tandis que les autres Religieux allaient se disperser ; finalement, il fut hébergé chez des parents d'élèves, où il organisait la prière avec une sérénité constante. Les miliciens se montrèrent implacables et menaçants : il fallait faire sortir le père Mariano d'Estercuel.

La nuit du 5 au 6 août, on le mit sur un cheval, on l'emmena à Alcaine, où il fut reçu par un ami qui lui donna à manger et où il put se reposer toute la journée. 

Le 7 août, il partit vers Muniesa, mais se replia vers le moulin de Alacón. On lui donna par une fenêtre de quoi manger et boire, ainsi qu'une couverture pour dormir. Le Père remercia en disant combien il désirait mourir martyr.

Au matin du 8 août, il laissa à la porte la cruche d'eau et la couverture ; d'autres amis le reçurent ; il alla s'acheter des sandales, car il était presque pieds nus. Au moment où il essayait les chaussures, des individus armés lui tombèrent dessus, le chassèrent, le brutalisèrent, l'emmenèrent au Comité puis à la gare de Muniesa. On le menaça de mort, il répondit : Quand vous voudrez, Messieurs.

On l'emmena à quelques centaines de mètres de la gare, où on lui tira d'abord dans les jambes, pour le faire souffrir davantage, puis on lui donna le coup de grâce. C'était le 8 août 1936.

Le père Mariano avait soixante-neuf ans. Il fut béatifié en 2013.

 

 

Nazaria Gómez Lezaun

1869-1936

 

Née à Eulz (Navarre) le 27 juillet 1869, Nazaria entra dans la congrégation des Ecoles Pies en 1895, au noviciat de Carabanchel (Madrid).

Au jour de sa profession, elle prit le nom de Carmela de Saint-Filippo-Neri.

Pendant quarante-et-un ans elle fut la portière du collège de Valencia.

Elle et ses quatre compagnes quittèrent le collège le 22 juillet 1936, et cherchèrent refuge chez le chauffeur du collège. Les Religieuses auraient même été sept ou huit.

Le 8 août suivant, à cinq heures du matin, la maison fut assaillie : on dit aux Religieuses qu’elles avaient été dénoncées et qu’elles devaient aller se faire enregistrer au gouvernement civil.

Une voiture les attendait à la porte. Comme les sept (ou huit) Religieuses ne pouvaient pas toutes monter dans la voiture, on n’en prit que cinq. La voiture, au lieu de se rendre au siège du «gouvernement», partit sur la plage du Saler de Valencia, où les cinq Religieuses furent fusillées.

C’était le 8 août 1936.

Les cinq Religieuses furent béatifiées en 2001.

 

 

Pascalina Gallén Martí

1872-1936

 

Née à Morella (Castellón) le 20 novembre 1872, Pascuala (ou Pascalina) avait trois sœurs, et toutes quatre furent Religieuses, une chez les Filles de la Charité, les trois autres aux Ecoles Pies. Pascalina y entra avec sa sœur Josefa en 1890.

Elles firent le noviciat à San Martín de Provensals (Barcelone). 

Au jour de sa profession (1892), Pascalina prit le nom de Presentación de la Sainte Famille (Ici, les notices perdent de vue l’autre sœur, Josefa).

Après sept années à Olesa de Montserrat, Pascalina vécut au collège de Valencia à partir de 1899.

(Pour le reste de la notice, se reporter plus haut : Nazaria Gómez Lezaun).

 

 

Antero Mateo García

1875-1936

 

Parmi les quelque dix-mille Martyrs qui versèrent leur sang pour leur foi lors de la révolution espagnole de 1936, il n’y eut pas que des prêtres et des religieux. 

Il y eut des laïcs. L’un de ceux-là fut notre Antero, né le 4 mars 1875, baptisé deux jours après avec les noms de Antero, Marcelino Lucio, et confirmé en 1887. C’était l’aîné d’une fratrie de neuf enfants.

En 1902, il épousa Manuela Trabadelo Malagón, avec laquelle il eut huit enfants, dont un Dominicain et une Carmélite déchaussée.

Il était né à Valdevimbre (León) ; avec son épouse, il vécut à Cembranos (León), mais dut s’installer ensuite à Barcelone en 1916, où il fut employé des chemins de fer du Nord.

Les deux époux furent membres du Tiers-Ordre dominicain ; Antero participa à l’Adoration nocturne du Saint-Sacrement ; il participa aux pèlerinages de malades à Lourdes, où il fut brancardier. A Barcelone, il prenait aussi du temps pour visiter des malades.

En juillet 1936, on vint fouiller chez lui. Il devait certainement avoir quelques images pieuses et quelques crucifix à ses murs…

Toujours est-il que le 6 août, il vint attendre en gare son épouse, sa fille carmélite et quelques autres religieuses en provenance de Valencia. On l’arrêta ; au bout de quelques heures, sa famille obtint sa libération.

Il reçut l’ordre de rejoindre son travail habituel à la gare du Nord, mais le 8 août, il ne revint pas au foyer.

A la tombée de la nuit, des miliciens vinrent le tirer brutalement de l’endroit où il travaillait, le conduisirent à Sant Andreu de Palomar (Barcelone) et, sous le pont du Dragón, le fusillèrent pour sa foi courageuse.

Ce 8 août 1936, Antero recevait la récompense éternelle de sa fidélité au Christ.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Cruz Laplana Laguna

1875-1936

 

Né à Casa Alonso de Plan (Huesca) le 3 mai 1875, le petit garçon reçut le nom de Cruz (Croix), car on fêtait alors ce jour-là l’Invention de la Sainte Croix.

A onze ans, il entra au séminaire de Barbastro, qu’il compléta par trois années de Droit canonique et une de Théologie à l’Université Pontificale de Saragosse.

Il fut ordonné prêtre en 1898.

Vicaire à Caspe, curé à San Gil, il enseigna au Grand séminaire de Saragosse entre 1902 et 1912.

En 1921, il fut nommé évêque de Cuenca. 

Il vécut sobrement, ne prit jamais une glace ou un café, qu’il aimait pourtant beaucoup, et refusa d’avoir une voiture personnelle.

Au début de la guerre civile, le 20 juillet 1936, une bombe explosa à la porte de l’évêché. Le 28 juillet, l’évêque fut contraint d’abandonner sa résidence, en compagnie de son domestique (et frère) Manuel Laplana et de son secrétaire, don Fernando Español. 

Des miliciens les firent monter dans un autobus, qui se dirigea vers la carrière de Villar de Olalla.

En montant, l’évêque dit : S’il est vrai que je meure pour l’Espagne, je meurs volontiers. Je suis déjà préparé et je me suis confessé.

On fit descendre le prélat et son secrétaire. 

L’évêque s’adressa aux miliciens : Vous croyez qu’il n’y a pas de Ciel ? Vous croyez qu’il n’y a pas d’Enfer ? Il y a un Ciel, un Enfer, mes enfants ! Vous pouvez me tuer : je vous laisse mon corps, mais mon âme ira au Ciel. 

Il leva la main pour donner sa bénédiction, en disant : Je vous pardonne. Du ciel, je prierai pour vous.

Une balle lui traversa la main et se logea dans sa tempe. Il mourut ainsi, en soutane, portant les insignes épiscopaux, vu que, au moment de l’arrestation, il avait fermement refusé de s’habiller en paysan. Les bourreaux s’acharnèrent à le défigurer sauvagement.

Furent aussi abattus son frère et son secrétaire. On les mit dans une fosse commune. C’était le 8 août, peu après minuit.

Mgr Cruz Laplana Laguna et don Fernando Español Berdié furent béatifiés en 2007.

Fernando Español Berdié

1875-1936

 

Il vit le jour à Anciles (Huesca, Espagne) le 11 octobre 1875 et fut baptisé le 16. Il était l'un des cinq enfants de José et Constantina, dont deux filles furent ensuite Adoratrices.

Après le baccalauréat à Huesca, il prépara d'abord une licence de droit à l'université de Saragosse, et allait commencer une belle carrière d'avocat ; mais il entra au séminaire de Barbastro, où il fut dispensé de certaines matières, au profit du latin et de la théologie.

Ordonné prêtre en 1901, il préféra la charge d'âmes à l'enseignement au séminaire, et fut curé à Gruslau (Grau, Huesca).

Quand Mgr Laplana y Laplana fut nommé évêque à Cuenca, il appela don Fernando pour être son secrétaire, pour partager avec lui la Croix.

A Cuenca, don Fernando fut nommé chanoine, maître de cérémonies et professeur au séminaire.

Le 28 juillet 1936, l'évêque fut arrêté, et don Fernando tint à l'accompagner au séminaire, transformé en prison.

Le 7 août à minuit, on vint appeler l'évêque, seul, mais son secrétaire protesta : Là où va mon Maître, j'y vais aussi.

Transportés à quelques kilomètres de là, sur la route de Villar Olalla, au lieu-dit Puente de la Sierra, l'évêque et son secrétaire furent fusillés.

Ils ont été tous deux béatifiés en 2007.

 

 

Josep Maria Aragonés Mateu

1886-1936

 

José María (en catalan : Josep Maria) vit le jour le 21 mai 1886 à Tarragona (Catalogne, Espagne) et fut baptisé le 23.

Il fut au séminaire diocésain, jusqu’au sous-diaconat, puis suivit le conseil de ses Supérieurs et voulut connaître les Frères des Ecoles Chrétiennes : il y travailla comme employé à Tarragona, et demanda son admission.

A vingt-quatre ans, il commença le noviciat à Bujedo, reçut l’habit, avec le nom de Lleonard Josep, puis fit le scholasticat. Tombé malade, il fut envoyé à Tarragona pour reprendre des forces.

Une fois remis, il fut actif à Berga, mais il dut subir une difficile opération à l’estomac. On le crut «perdu», mais il se rétablit et fut envoyé à Bonanova, où il fut sous-directeur.

En 1925, il fut directeur à Gracia.

En 1928, il fut nommé Visiteur pour cette région.

Au début de l’été 1936, il se trouva dans un monastère de la Cerdaña avec le Frère Dionisio Luis (directeur à Bonanova), pour préparer les prochaines retraites dans quatre maisons du district.

Le 17 juillet, ils se dirigèrent vers l’école de La Seo de Urgel, car une procession solennelle était prévue pour le lendemain au sanctuaire de Notre-Dame de Meritxell (Andorre). Mais en arrivant à La Seo, ils apprirent les mauvaises nouvelles de Barcelone et ailleurs : il fallait rejoindre ces communautés pour soutenir les autres Frères et les jeunes. Mais les communications étaient coupées, aussi projetèrent-ils d’aller à Toulouse et d’y prendre l’avion pour Barcelone. C’était audacieux, et même risqué, mais de toutes façons, ce fut impossible.

Les Frères de La Seo passèrent en France, mais Leonardo et Dionisio restèrent sur place. Le 22 juillet, ils purent trouver à se loger dans un hôtel dont le patron était un bon chrétien. Leur projet était de rejoindre Barcelone à tout prix.

Le 7 août, Dionisio alla demander un passeport. Mais on le trouva «suspect» et on envoya des miliciens fouiller sa chambre à l’hôtel. Leonardo étant absent à ce moment-là, les miliciens lui laissèrent une convocation pour se présenter. Bien qu’on lui conseillât d’éviter de revenir, il refusa d’abandonner son Confrère et alla se présenter le lendemain, 8 août 1936.

Alors les miliciens les embarquèrent tous les deux et les emmenèrent à Baños de Sugrañes (Traverseras). On leur dit de descendre et de faire quelques mètres. Se voyant devant la mort, les deux Frères s’embrassèrent, et moururent ainsi sous les balles.

Frère Leonardo José fut béatifié en 2013, avec son Compagnon.

 

 

María Luisa Girón Romera

1887-1936

 

Née à Bujalance (Cordoue) le 25 août 1887, María Luisa entra dans la congrégation des Ecoles Pies en 1916. C’était une vocation dite «tardive».

Son frère, Cristóbal, devint maire de Bujalance.

Au jour de sa profession (1918), elle prit le nom de María Luisa de Jésus.

Après avoir été à Carabanchel, elle fut envoyée au collège de Valencia en 1919, d’où elle partit pour Cuba en 1920 jusqu’en 1934, où elle enseigna à La Havane et à Guanajuay ; puis elle revint à Valencia.

(Pour le reste de la notice, se reporter plus haut : Nazaria Gómez Lezaun).

 

 

Mateo Molinos Coloma

1890-1936

 

Mateo vit le jour le 21 août 1890 à Forcall (Castellón, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il commença le noviciat mineur à Cambrils en 1906, chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, puis passa au noviciat, reçut l’habit, avec le nom de Dionisio Luis. Ce fut ensuite le scholasticat.

En 1908, il exerça à Tarragona où, continuant d’étudier et de se former, il obtint les diplômes nécessaires pour l’enseignement à tous les niveaux, primaire, secondaire, technique.

En 1916, il fut professeur et préfet à Bonanova.

En 1928, il fut préfet de la «deuxième division», avant de devenir directeur à Bonanova.

Au début de l’été 1936, il se trouva dans un monastère de la Cerdaña avec le Frère Leonardo José, visiteur, pour préparer les prochaines retraites dans quatre maisons du district.

Le 17 juillet, ils se dirigèrent vers l’école de La Seo de Urgel, car une procession solennelle était prévue pour le lendemain au sanctuaire de Notre-Dame de Meritxell (Andorre). Mais en arrivant à La Seo, ils apprirent les mauvaises nouvelles de Barcelone et ailleurs : il fallait rejoindre ces communautés pour soutenir les autres Frères et les jeunes. Mais les communications étaient coupées, aussi projetèrent-ils d’aller à Toulouse et d’y prendre l’avion pour Barcelone. C’était audacieux, et même risqué, mais de toutes façons, ce fut impossible.

Les Frères de La Seo passèrent en France, mais Leonardo et Dionisio restèrent sur place. Le 22 juillet, ils purent trouver à se loger dans un hôtel dont le patron était un bon chrétien. Leur projet était de rejoindre Barcelone à tout prix.

Le 7 août, Frère Dionisio alla demander un passeport. Mais on le trouva «suspect» et on envoya des miliciens fouiller sa chambre à l’hôtel. Frère Leonardo étant absent à ce moment-là, les miliciens lui laissèrent une convocation pour se présenter. Bien qu’on lui conseillât d’éviter de revenir, il refusa d’abandonner son Confrère et alla se présenter le lendemain, 8 août 1936.

Alors les miliciens les embarquèrent tous les deux et les emmenèrent à Baños de Sugrañes (Traverseras). On leur dit de descendre et de faire quelques mètres. Se voyant devant la mort, les deux Frères s’embrassèrent, et moururent ainsi sous les balles.

Frère Dionisio Luis fut béatifié en 2013, avec son Compagnon.

 

 

Nicolás de la Torre Merino

1892-1936

 

Il vit le jour à Béjar (Salamanque, Espagne) le 4 mars 1892, dans une famille pauvre dont le papa mourut en 1896.

Le petit garçon fréquenta très tôt le collège salésien de son pays, grandit dans une profonde piété et, en 1905, entra dans la communauté de Sarriá (Barcelone) en tant que cordonnier.

Il fit là son noviciat de coopérateur salésien et la profession en 1910.

Il fut envoyé à Valencia puis Sarriá, Atocha (Madrid) de 1919 à 1931, sauf en 1925-1927 à La Coruña ; puis Vigo-San Matías (1931) et Estrecho (1933). 

Lors de la révolution de 1936, après une première arrestation à la Direction Générale de Sécurité, il prit pension dans Madrid et continua son activité percevant des autres coopérateurs leurs offrandes, qu’il notait consciencieusement dans son petit carnet. Ses allées-et-venues furent observées et il fut vraisemblablement dénoncé et arrêté.

Il fut assassiné pour sa foi à Madrid, le 8 août 1936, et béatifié en 2007.

 

 

Antonio Silvestre Moya

1892-1936

 

Né le 26 octobre 1892 et baptisé le même jour à La Ollería (Valencia), Antonio était le fils d’un chef de la Garde Civile.

Après l’école communale, il entra au séminaire de Valencia, le petit puis le grand, et fut ordonné prêtre en 1915. Il fut reçu Docteur en théologie.

Ses postes successifs furent : vicaire à Calpe, à Cuatretonda, en 1920 curé à Otos puis en 1930 à Fuente la Higuera. En 1934, il fut curé à Santa Tecla de Játiva.

A Otos, il commença la restauration de l’église et développa le culte envers la relique de la Vraie Croix ; à Fuente la Higuera, il développa le culte à Notre-Dame du Rosaire ; à Játiva, il eut le soin de préserver les reliques du Serviteur de Dieu Andrés Garrido et développa le culte envers l’Ecce-Homo.

Au début du mois d’août 1936, toutes les églises de Játiva furent incendiées et le bon curé dut entrer dans la clandestinité, sans pour autant cesser de visiter les malades et de célébrer chez lui.

Le 7 août, premier vendredi du mois, il porta le tabernacle avec la Présence réelle au sous-sol et, à genoux, répéta sa consacration au Sacré-Cœur, offrant sa vie.

Le soir, des miliciens se présentèrent et, malgré les protestations de la famille, enlevèrent le prêtre. Ils le portèrent au port de Cárcer, avec un autre prêtre (Fernando Gimeno) où ils leur tirèrent plusieurs coups. Don Fernando mourut, tandis que don Antonio, gravement blessé, se traîna jusqu’à Llosa de Ranes, où on le soigna.

Mais au matin suivant, 8 août, les miliciens, avertis, revinrent à la charge. Ils mirent le prêtre blessé dans une voiture et partirent pour El Saler (Valencia) ; en partant, le prêtre fit le signe de la Croix, disant qu’il pardonnait à tous.

Arrivés à l’endroit en question, ils l’abattirent.

Antonio Silvestre Moya fut béatifié en 2001.

 

 

Antonia Riba Mestres

1893-1936

 

Née à Igualada (Barcelone) le 8 octobre 1893, Antonia entra dans la congrégation des Ecoles Pies.

Au jour de sa profession (1919), elle prit le nom de Clemencia de Saint-Jean-Baptiste.

Après un court séjour à Saragosse, elle fut envoyée au collège de Valencia.

(Pour le reste de la notice, se reporter plus haut : Nazaria Gómez Lezaun).

 

 

Leoncio López Ramos

1904-1936

 

Il vit le jour à Laroco (Orense, Espagne) le 16 novembre 1904.

Il eut aussi un frère et une sœur dans la même Congrégation que lui.

Il entra dans la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie, fit la profession en 1924 avec le nom de Eladio, et fut ordonné prêtre en 1929 à l'Escorial (Madrid).

Il enseigna au collège de Madrid pour les enfants, puis fut chargé d'exercer le saint ministère à l'église adjacente du Christ Roi.

En février 1936, dans sa soif de vie intérieure, il entra à la Chartreuse à Saragosse, mais sa santé l'obligea à reprendre ses activités à Madrid.

En juillet 1936, il dut quitter le collège et se réfugier dans une pension, où il affirma clairement sa condition sacerdotale et son entière disposition à mourir, si Dieu le voulait. La directrice de la pension le reçut très bien, mais ce fut une des domestiques qui dénonça le prêtre.

Les miliciens ne tardèrent pas à se présenter, le 7 août, demandant à rencontrer les trois prêtres qui se trouvaient là. Ils les emmenèrent au poste mais, ce jour-là, les laissèrent libres.

Le 8 août très tôt, ils revinrent à la charge ; cette fois, don Eladio répéta sa condition sacerdotale, ajoutant qu'il n'avait pas de papiers avec lui et qu'ils pouvaient bien faire de lui ce qu'ils voulaient.

Il fut immédiatement condamné à mort et fusillé.

Don Eladio (Leoncio) fut béatifié en 2013.

María Baldillou y Bullit

1905-1936

 

Née à Balaguer (Lleida) le 6 février 1905, María entra dans la congrégation des Ecoles Pies.

Elle fit le noviciat à Masnou (Barcelone) et, au jour de sa profession (1927), elle prit le nom de María de l’Enfant-Jésus.

Elle montra dans ses occupations une vertu peu commune, et brilla particulièrement par son obéissance.

Elle fut envoyée au collège de Valencia.

(Pour le reste de la notice, se reporter plus haut : Nazaria Gómez Lezaun).

 

 

Manuel Aranda Espejo

1912-1936

 

Il vit le jour le 22 mars 1912 à Monte Lope Álvarez (Jaén, Espagne).

Après ses études secondaires, en 1931, il entra au séminaire de Baenza pour les Humanités ; puis il entra au Grand séminaire de Jaén pour la philosophie et la théologie, en vue d'être ordonné prêtre.

Dieu lui préparait une voie encore plus glorieuse et plus rapide.

Lors des émeutes révolutionnaires de juillet-août 1936, il fut arrêté. Des enfants entendirent ce dialogue, entre les révolutionnaires et le séminariste : 

- Et puis je vous dis et vous répète que je ne prononcerai pas même une parole contre Dieu. Pour rien et pour personne au monde je n'offenserai son Nom.

- Tu blasphèmes, oui ou non ?

- Non et non !

- On va te tuer.

- Allez-y !

Trois coups de feu achevèrent cette scène. Manuel tomba le 8 août 1936, à vingt-quatre ans, l'âge où il aurait pu être ordonné prêtre.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Pedro Álvarez Pérez

1914-1936

 

Pedro était né le 27 juin 1914 à Carmena (Tolède, Espagne).

Entré à treize ans comme aspirant chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Griñon (Madrid), il y reçut l’habit au noviciat en 1930, et prit le nom de Felipe José.

Il fut envoyé au collège de Consuegra (Tolède), où tous le considérèrent comme un don du Ciel.

Le 21 juillet 1936, durant la Messe, les miliciens encerclèrent l’établissement, proférant insultes et menaces. Le célébrant et les Frères consommèrent les Saintes Espèces pour éviter toute profanation et allèrent se réfugier dans une maison voisine.

Déçus, les miliciens prirent aussi d’assaut cette maison. Les Frères se rendirent sans opposer résistance.

Ils furent conduits en prison, où ils prièrent en se préparant à leur mort certaine.

Trois des Frères furent fusillés le 7 août ; Felipe fut d’abord confondu avec un autre prisonnier de même nom.

Revenus de leur erreur, les anarchistes le fusillèrent à son tour le lendemain, à Fuente del Fresno (Ciudad Real), le 8 août 1936. Il avait vingt-deux ans.

Frère Felipe José a été béatifié en 2007.

 

 

Wlodzimierz Laskowski

1886-1940

 

Wlodzimierz (Vladimir) Laskowski naquit à Rogozno (Pologne) le 30 janvier 1886. Son père est professeur d’université.

Il entend la vocation sacerdotale dès l’enfance et sera ordonné prêtre le 1er mars 1914.

Il est successivement vicaire à Modrze, Ostrow, Wielkoposki, enfin curé à San Martín de Poznan.

En 1917, il est secrétaire général de la Caritas et, en 1923, économe du séminaire diocésain, en même temps qu’il travaille à la curie épiscopale.

En 1930 il est archiprêtre de Lwówek.

Victime de la haine des Nazis contre la foi catholique, il est arrêté le 15 mars 1940. Détenu pendant quelques semaines à Poznan, il est conduit au camp de Dachau et de là à Gusen en juillet. Acceptant courageusement les souffrances et les tortures, il préféra ne pas se séparer de ses confrères de sacerdoce.

Il mourut dans ce camp de Gusen près de Linz (aujourd’hui en Autriche) le 8 août 1940, à la suite des tortures qu’il y subit.

Il fait partie des cent-huit Martyrs polonais béatifiés en 1999. Fêté en Pologne avec tout ce groupe le 12 juin, il est mentionné au Martyrologe le 8 août.

Partager cet article

Repost0
6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 23:00

    07 AOUT

 

I.

Ste Claudia, romaine, femme de Pudens (cf. Tm 4) ou de Ponce Pilate ?

IV.

S Hyperechios, abbé en Egypte.

Ste Afra, à Augsburg ; elle offrit son martyre en compensation pour sa vie déréglée ; elle est patronne des diocèses de Augsburg et de Meissen.

V.

S Donatus, archidiacre à Imola.

S Donatus, évêque à Arezzo et martyr.

S Donatianus, évêque à Châlons-en-Champagne après s. Memmius. 

S Victricius, soldat, torturé, devenu évêque à Rouen.

VII.

S Donat, évêque à Besançon, fondateur de l'abbaye Saint-Paul ; sa naissance advint sur les prières de s. Colomban ; il rédigea une règle pour les vierges, s'inspirant des ss. Benoît, Colomban et Césaire.

XIII.

B Giordano Forzatè, abbé à Padoue et chef d'une coalition contre l'empereur.

XIV.

S Alberto, carme à Trapani puis à Messine, thaumaturge : il conquit des Juifs, il fit cesser le siège de la ville en la ravitaillant miraculeusement.

B Alberto, camaldule près de Sassoferrato.

XVI.

S Vincenzo, frère convers franciscain à L'Aquila, d'ordinaire silencieux et à l'occasion prophète.

S Gaetano de Thiene, fondateur avec Giovanni Pietro Carafa, futur Paul IV, des Théatins, prêtres qui s'occupent aussi des pauvres et des malades. Théatin vient du nom latin de Chieti, ville dont était évêque Carafa avant d'y renoncer pour suivre Gaetano.

XVII.

Bx François Nourry (Agathange de Vendome) et Gonzalvo Vaz López-Netto (Cassien de Nantes), capucins martyrs à Gondar : comme on avait oublié la corde de la pendaison, Agathange proposa sa propre ceinture.

Bx John (Martin de Saint-Félix) Woodcock, prêtre franciscain, et les prêtres Edward Bamber et Thomas Whitaker, martyrs anglais, béatifiés en 1987.

B Nicholas Postgate, prêtre anglais martyr, béatifié en 1987.

XIX.

B Edmund Bojanowski, laïc polonais, fondateur des Servantes de l'Immaculée, béatifié en 1999.

XX.

S Miguel de la Mora (1878-1927), prêtre mexicain martyrisé pendant qu'il priait le chapelet; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007 :

Lassalliens : Luis Villanueva Montoya (Eustaquio Luis, *1888), Diodoro López Hernando (Teodosio Rafael, *1898) et Dalmacio Bellota Pérez (Carlos Jorge, *1908), près de Tolède ; 

Dominicaines : María del Carmen Zaragoza y Zaragoza et María Rosa Adrover Martí (toutes deux nées en 1888) près de Barcelone ;

- béatifiés en 2013 :

Mercédaires : Francisco Gargallo Gascón (*1872) et Manuel Sancho Aguilar (*1874), prêtres, près de Teruel ; Tomás Carbonell Miquel (*1888), prêtre, à Lleida ;

Capucins : Rafaél Severiano Rodríguez Navarro (Pacifico, *1882), convers, à Málaga ;

Frères Maristes : Pedro Ortigosa Oraá (Aureliano, *1894), à Badajoz ;

Lassalliens : Joan Baptista Urgell Coma (Benet Joan, *1906), près de Tarragona ;
   - béatifiés en 2017 :
Clarétains : Josep Arner Margalef (*1892) et Casto Navarro Martínez (*1905), prêtres, près de Barcelone.

Claudia

1er siècle

 

Des légendes se sont entremêlées au sujet d’une sainte Claudia du 1er siècle.

Saint Paul, écrivant à Timothée (2Tm 4:21), lui envoie les salutations d’Eubulus, de Pudens, de Linus, de Claudia et de tous les frères.

Une tradition rapporte que le roi anglais Caractacus, battu par Aulus Plautius, fut conduit à Rome, enchaîné ainsi que toute sa famille. L’empereur Claudius l’aurait relâché et l’une de ses filles, baptisée avec le nom de Claudia, serait restée à Rome : ce serait celle que mentionne saint Paul dans son épître.

Cette Claudia serait la mère de Linus, le second pape après saint Pierre.

Selon une autre tradition, Cogidubnus, allié breton de l’empereur Claude, donna à sa fille le nom de Claudia en l’honneur de l’empereur.

Martial mentionne à son tour une Claudia Rufina, bretonne aussi, épouse de son ami Aulus Pudens, sénateur romain, qui serait (encore une fois au conditionnel) celui que cite saint Paul dans la même épître. Mais pourquoi donc Paul n’aurait-il pas alors écrit : Pudens et Claudia, au lieu de les séparer par Linus ?

Enfin, il est rapporté que l’épouse de Ponce Pilate s’appelait Claudia Procle.

Tout ceci ne nous éclaire pas beaucoup sur l’identité de la sainte Claudia qui se trouvait autrefois au Martyrologe le 7 août.

On comprend pourquoi l’actuelle édition ne l’a pas retenue.

 

 

Donatianus de Châlons-en-Champagne

† 4e siècle

 

On a parlé le 5 août du premier évêque de Châlons-en-Champagne, s.Memmius.

Ce dernier arriva dans cette région accompagné d’un diacre et d’un sous-diacre ; le diacre s’appelait Donatianus. Ordonné prêtre, c’est lui qui succéda à Memmius.

Dans l’hypothèse où Memmius fut réellement envoyé en Gaule par s.Pierre ou s.Clément, et y aurait exercé un épiscopat de quatre-vingts années, il faudrait situer la mort de Donatianus au 2e siècle.

Si au contraire Memmius mourut vers la fin du 3e siècle, on devrait faire mourir Donatianus au début du 4e siècle.

On ne peut pas nous en demander davantage. 

Saint Donatianus de Châlons-en-Champagne est commémoré le 7 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Afra d’Augsburg

† 304

 

Afra était une femme perdue, très connue de la population d’Augsburg (Rhétie, Germanie, auj. Bavière, Allemagne S)).

Elle fut un jour touchée par la grâce et renonça au péché, définitivement. 

Instruite dans la vérité chrétienne, elle se préparait au baptême lorsqu’elle fut arrêtée pour sa foi. Afra savait qu’en versant son sang pour le Christ, elle pouvait obtenir ce que l’Eglise appelle le baptême de sang, ce qui augmenta encore son courage.

Le juge l’invita à sacrifier aux dieux païens ; elle répondit : J’ai commis assez de péchés, je ne ferai pas celui-là.

Condamnée à mort, elle dit encore : Que mon corps avec lequel j’ai péché souffre tous les tourments, car je ne souillerai pas mon âme avec les sacrifices des démons.

On la traîna hors de la ville et elle fut brûlée vive.

Sainte Afra d’Augsburg est commémorée le 7 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Donatus d’Arezzo

† 362

 

Les documents ne sont pas unanimes sur les origines de Donatus, ni d’ailleurs sur ses derniers jours.

On le fait naître soit à Rome soit à Nicomédie.

Envoyé à Arezzo, il y fut ordonné prêtre par le premier évêque de cette ville, s.Satyrus (? 19 août), auquel ensuite il succéda, vers 350.

Donatus aurait guéri un petit enfant malade d’épilepsie. Mais surtout, lors d’une intrusion de païens dans l’église où il était en train de célébrer, ceux-ci brisèrent le précieux calice : Donatus ramassa les morceaux et recomposa le calice ; mais il manquait un morceau : il y versa tout de même le vin, consacra et donna la communion aux fidèles. Ce prodige entraîna la conversion de plusieurs dizaines de païens.

Un mois plus tard, Donatus mourait, vers 362 ; certains prétendent qu’il mourut martyr, ce qui ne fait pas l’unanimité.

En vertu du miracle cité plus haut, on invoque s.Donatus pour les épileptiques.

Saint Donatus d’Arezzo est commémoré le 7 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victricius de Rouen

330-417

 

Plusieurs indices, mais non des certitudes, feraient naître Victricius dans la région de l’Escaut (Belgique) vers 330, la même année qu’un certain Julien, qui devait devenir plus tard empereur et apostat.

Victricius fut soldat, comme s.Martin de Tours (v. 11 novembre), mais voulut quitter l’armée pour servir mieux et uniquement le Christ. Pour cette raison, le tribun le fit torturer, puis emprisonner et voulait lui imposer la peine capitale. Mais à ce moment, dit la tradition, le bourreau fut frappé de cécité et Victricius échappa au dernier supplice ; remis en prison, où on lui avait lié fortement les mains derrière le dos, il demanda aux gardiens de desserrer un peu ces liens, mais les liens tombèrent d’eux-mêmes, et Victricius obtint sa liberté.

Dieu seul sait par quel chemin Victricius devint ensuite le septième évêque de Rouen, vers 393.

De son épiscopat, on a retenu la sollicitude avec laquelle Victricius demanda à Rome et à Milan des reliques de s.André, des ss.Gervais et Protais (v. 30 novembre et 19 juin). A l’occasion de ces transferts, il composa un ouvrage fort intéressant, le De Laude Sanctorum, où est expliquée la doctrine du culte des Saints et de leurs Reliques.

Il faut signaler aussi que Victricius fut en relations très amicales avec s.Martin de Tours et s.Paulin de Nole (v. 22 juin).

Victricius était très «romain» : il se rendit lui-même dans la Ville Eternelle au début du 5e siècle, y rencontra le pape s.Innocentius 1er (v. 12 mars), qui le traita de loyal serviteur de Pierre. Victricius affirmait que la règle de l’Eglise romaine fait autorité.

Il semble que Victricius mourut la même année que ce pape Innocent, en 417.

Saint Victricius de Rouen est commémoré le 7 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Donat de Besançon

† 658

 

Donat (Donatus) naquit au sein d’une famille romaine, de Waldelenus et Ælia Flavia ; son frère s’appelait Ramelenus. 

Ce fut la prière de s.Colomban (v. 23 novembre) qui obtint la naissance de Donatus, aussi le jeune homme resta attaché à son «protecteur» et en fut le disciple à Luxeuil.

Il fut évêque de Besançon (Vesontio) de 627 à 658, vingt-deuxième sur ce siège.

Tandis que sa mère fondait un monastère de moniales, Donat en fondait un pour les hommes, le monastère Saint-Paul, à l’endroit d’un ancien Palatium romain.

Pour les moniales, il écrivit une Règle s’inspirant à la fois de celles de s.Benoît, s.Colomban et s.Césaire (v. 11 juillet, 23 novembre et 27 août). Il préconisait la confession fréquente des moniales à la Supérieure : non pas un sacrement à proprement parler, mais une attitude d’ouverture sincère envers celle qui était investie de l’autorité sur les moniales au nom du Christ. Par ailleurs, la clôture était assez stricte, puisque les moniales n’avaient pas à pourvoir aux repas d’évêques, d’abbés, de princes de passage. Puis Donat se montre «sévère» pour certaines fautes : on reçoit six coups si l’on se jette sur la nourriture ou la boisson sans attendre la fin de la bénédiction et y répondre amen ; de même si l’on parle en mangeant, ou si on laisse tomber son couteau sur la table en faisant du bruit, si l’on s’approprie quelque chose…

Ajoutons que Donat participa aux conciles de Clichy et Chalon-sur-Saône (627 et 650) et, pour être bien complet, qu’on trouve son nom dans une charte de Clotaire III (658).

Il mourut en cette même année 658.

Du monastère Saint-Paul, qui devint en 1792 une écurie, il n’est resté que la nef à trois vaisseaux ; des vestiges du clocher ont été déplacés… dans la cour du bâtiment des Archives municipales ; actuellement, la ville a fait du bâtiment une réserve lapidaire qu’on peut visiter quelquefois. Sur le Doubs se trouve l’ancien Moulin Saint-Paul, qui n’a plus rien à faire ni avec s.Paul ni avec un moulin.

Saint Donat de Besançon est commémoré le 7 août dans le Martyrologe Romain. Ne le confondons pas avec les deux autres Donato qui se fêtent le même jour.

 

 

Giordano Forzatè

1158-1248

 

Giordano Forzatè naquit vers 1158 à Padoue (Italie NE), dans la famille des Forzatè Transelgardi.

En 1174, un grave incendie détruisit les trois-quarts de la ville, et Giordano se réfugia dans le monastère San Benedetto, hors ville.

Des vingt années suivantes, on ne sait de lui à peu près rien : il fut prieur et reconstruisit un double monastère pour les moines et les moniales, avec une église entre les deux.

Un détail charmant vient ici illuminer cette brève notice : 

On raconte qu’une fois les travaux achevés, Giordano planta en terre, du côté des moniales, la baguette de coudrier dont il s’était servi. La baguette reverdit, devint un bel arbre, dont les feuilles avaient des vertus miraculeuses. Par la suite, à chaque décès d’un membre de la famille Forzatè, une branche de l’arbre séchait. Quand toutes les branches eurent ainsi disparu, apparurent sur la vieille souche de nouveaux bourgeons. En 1811, le monastère fut supprimé, et le nouvel arbre fut transplanté dans le jardin d’une branche collatérale des Forzaté, les Capodilista.

Revenons-en donc à Giordano. Il refusa la charge épiscopale à Ferrare en 1211. Juriste et d’esprit influent, il eut à s’occuper du gouvernement de Padoue ; en 1208, il réalisa une coalition de villes lombardes contre Othon IV, une autre en 1226 contre Frédéric II. Giordano fut plusieurs fois artisan de paix entre Padoue et d’autres villes lombardes ; il fut en outre chargé de missions diverses par les papes.

En 1231, il participa au procès de béatification d’Antoine de Padoue (v. 13 juin). 

Il fut aussi conseiller spirituel de la bienheureuse Beatrice d’Este (v. 10 mai).

En 1236, les habitants confièrent encore une fois leur cause à Giordano, mais il fut enfermé par le comte Ezzelino, qui le croyait responsable de sa déchéance. Cette fois-ci, ce fut l’empereur lui-même qui le libéra deux ans plus tard et le confia au patriarche d’Aquileia, mais Giordano se réfugia à Venise, dans le couvent des cisterciens.

Il y mourut nonagénaire, le 7 août 1248.

On le vénéra bientôt comme Bienheureux. En 1769, son culte fut confirmé.

 

 

Alberto Degli Abati

1250-1307

 

Alberto naquit en 1250 près de Trapani (Sicile), dans la noble famille Degli Abati, d’origine florentine.

Sa pieuse mère l’envoya à huit ans au couvent des Carmes, où il reçut le sacerdoce, malgré les répugnances de son humilité.

On l’envoya au couvent de Messine, d’où il rayonna dans toute l’île. Sa parole, ses miracles opérèrent de nombreuses conversions, notamment dans le milieu juif.

En 1280, il fut nommé provincial de Sicile : il résidait à Trapani, puis en 1287 à Messine.

Lors de son séjour dans cette dernière ville, assiégée par le duc de Calabre, il ravitailla miraculeusement les habitants.

Il fut ensuite nommé supérieur des Carmes pour toute la Sicile.

Quand il mourut, le 7 août 1307, à Messine, son culte se répandit très vite et fut confirmé en 1476.

Il aurait ainsi été le premier Saint du Carmel à être vénéré, et donc choisi comme patron de l’Ordre. Saint Alberto est patron de Trapani et d’Erice, et co-patron de Messine. 

En 1624, les habitants de Trapani furent délivrés de la peste en recourant à son intercession. En outre, en maints endroits, on bénit de l’eau et du coton avec des reliques de Saint Alberto, pour des onctions à propriété curative.

 

 

Alberto de Sassoferrato

† 1350

 

Alberto de Sassoferrato nous est connu par une tradition constante, mais qui ne nous a donné aucune indication précise sur le personnage.

Il fut moine à Sainte-Croix (Santa Croce), près de Sassoferrato (Marches, Italie CE), peut-être dans l’Ordre bénédictin. Si on le retient camaldule, c’est parce que cet Ordre occupa les lieux à partir de 1353 et le Martyrologe le dit appartenant à l’Ordre camaldule.

Son culte fut très vivant dans la région : on l’invoque particulièrement pour les maux de tête et d’estomac, sans qu’on sache l’origine de cette dévotion.

Ce culte fut approuvé en 1837, ce qui fit d’Alberto un Bienheureux.

On lui adjoignait autrefois, le 25 octobre, un certain Gherardo († 1367), vénéré lui aussi par les Camaldules, mais qui n’est plus au Martyrologe. 

Le Martyrologe mentionne actuellement le Bienheureux Alberto au 7 août.

 

 

Vincenzo de L’Aquila

1435-1504

 

Vincenzo naquit vers 1435 à L’Aquila (Italie C) et entra à quatorze ans chez les Frères Mineurs.

Après sa formation et la profession religieuse, il se retira dans une cabane, dans la forêt proche, d’où il ne revenait au monastère que pour accomplir les travaux qu’on lui confiait ; il fut notamment cordonnier, métier qu’il avait peut-être appris avant d’entrer au couvent.

Il passait tout son temps libre en prière, en contemplation ; on le vit transporté en extase (lévitation). Sa sainteté poussa les Supérieurs à le charger de la quête.

La population le connut et son influence fut notable dans le pays. 

On envoya ensuite Vincenzo à Penne, pendant dix ans à Sulmona, avant de le rappeler à L’Aquila. 

Vincenzo était connu pour son silence. Mais il savait répondre et prophétiser. Il eut l’occasion de conseiller le prince de Capoue, la reine Juana, sœur du roi espagnol Fernando le Catholique. Quand le roi de Naples lui demanda s’il vaincrait le pape Innocent VIII, Vincenzo lui répondit que non et lui conseilla de négocier ; Fernando attaqua et fut battu. Vincenzo lui prédit aussi la venue du roi de France Charles VIII et qu’elle lui serait funeste.

A sa mort, la bienheureuse Mattia Ciccarelli (v. 18 janvier) eut la vision de son âme, portée au ciel par les anges, tandis que toute la forêt alentour se trouvait couverte d’une lueur céleste.

Vincenzo mourut le 7 août 1504. Son corps est resté incorrompu et son culte fut confirmé en 1787.

 

 

Gaetano de Thiene

1480-1547

 

Gaetano de Thiene tenait son prénom d’un oncle originaire de Gaeta. Il naquit en octobre 1480 à Vicenza (Vénétie, Italie nord-est).

En 1504, il était docteur en droit de l’Université de Padoue et voulut entrer dans les ordres, mais sans être ordonné prêtre, car il s’en trouvait indigne. Il fonda dans la propriété de famille une église dédiée à sainte Marie Magdeleine, qui est l’actuelle paroisse locale.

En 1505, il vint à Rome, où le pape Jules II le prit comme secrétaire (protonotaire apostolique). Loin de se laisser prendre au piège de la Rome décadente et mondaine, il chercha la voie de la conversion intérieure et de l’élévation. Il s’associa à la Confrérie du Divin Amour et prit du temps auprès des malades dans les hôpitaux romains. Humblement, il demandait les conseils d’une sainte âme mystique, Laura Mignani, religieuse agostinienne morte en odeur de sainteté en 1525.

Finalement, Gaetano fut ordonné prêtre en 1516. Ordonné en septembre, il ne célébra la première Messe qu’à Noël. Durant la célébration, il eut une vision de la Sainte Vierge qui lui déposa dans les bras l’Enfant-Jésus.

De retour en Vénétie, il fonda un hôpital.

En 1523, il revenait à Rome et, avec quelques amis, fonda la Congrégation des Clercs Réguliers, tout de suite approuvée par le pape. Un de ces amis était Giampiero Carafa, évêque de Chieti et futur pape (Paul IV). Le nom latin de Chieti est Theate, ce qui fit appeler les nouveaux Religieux les Théatins. 

Les membres devaient vivre de la seule aumône, mais sans même tendre la main. Ces clercs voulaient vivre en communauté, prêcher et donner les Sacrements. Leur action fut remarquablement efficace contre l’expansion en Italie des idées de Luther.

Le sac de Rome en 1527 fut pénible pour eux, car les soldats impériaux ne se gênèrent pas pour les molester. Ils se réfugièrent à Venise et ne purent regagner Rome qu’en 1531.

En 1533, fondation à Naples. Gaetano y fut supérieur, et se montra implacable sur la pauvreté.

Il prêcha avec succès contra des hérétiques et fonda les monts-de-piété, à l’origine de la Banque de Naples.

En 1540, il fut supérieur à Venise.

En 1543, il revint à Naples et, en 1547, fut réélu supérieur.

Les autorités napolitaines voulurent instaurer un tribunal de l’Inquisition, mais le peuple se révolta ; il y eut des morts dans les affrontements. Gaetano chercha par tous les moyens à s’interposer, mais devant son insuccès, s’offrit à Dieu pour obtenir la paix.

Durant l’été, il dut garder le lit et mourut le dimanche 7 août 1547.

Proclamé bienheureux en 1629, il fut canonisé en 1671. Sa fête liturgique demeure au 7 août.

Italien du nord, Gaetano fut littéralement adopté par les Napolitains, qui donnent souvent le prénom de Gaetano.

Saint Gaetano est patron des Théatins, co-patron de Naples, mais aussi céleste patron des demandeurs d’emploi.

 

 

François Noury

1598-1638

 

François Noury (ou Nourry) naquit le 31 juillet 1598 à Vendôme (Loir-et-Cher), troisième des sept enfants de François et Marguerite Bégon.

A Vendôme, Monsieur Noury était un personnage, lieutenant du royaume ; Madame descendait d’une famille noble.

François (le fils) entra chez les Capucins de Vendôme en 1618. Il fit en 1619 le noviciat au Mans, prenant le nom d’Agathange. Puis il passa à Poitiers et, pour la théologie, à Rennes en 1623.

Il fut ordonné prêtre en 1625 et participa à des missions en Poitou pour la conversion des protestants. Cette même année il prêcha le Carême à Vendôme.

En 1628, il remplaça au pied levé un Confrère malade et partit au Moyen-Orient.

Dès 1629, il se trouva dans une petite équipe de cinq Religieux à Alep, et commença son apostolat, avec l’étude de l’arabe. A noter qu’il connaissait déjà l’italien, outre évidemment le grec et le latin.

Etonnamment, le Supérieur de Terre sainte lui enjoignit de quitter Alep et de passer au Liban.

Il catéchisait durant la nuit ; il racheta dix esclaves, français ou maltais.

En 1633, il se trouvait au Caire, où le rejoignit le père Cassiano. La colonie française n’y avait pas bonne réputation pour ses mœurs, mais aussi il s’y trouvait une foule hétéroclite de jacobites, de coptes, de musulmans, de juifs : Agathange accosta volontiers les jacobites et les coptes pour les ramener à la foi catholique, même si parfois ils fréquentaient encore les offices de leur rite solennel (et malgré un blâme romain, car on n’a pas toujours raison en haut lieu).

En 1635, un grand érudit français invita le père Agathange à se rendre observer une éclipse de lune à une pyramide, le 28 août, occasion de corriger les cartes marines.

Puis on se dirigea vers l’Abyssinie, où Agathange contribua à la création du nouvel archevêque d’Ethiopie, Marcos. Le prélat fut mallheureusement circonvenu par un faux moine, protestant déguisé, et quand les deux Religieux, au retour d’un nouveau pèlerinage à Jérusalem, accostèrent en Egypte, il les fit arrêter à leur entrée en Ethiopie.

Enchaînés, ils furent aux arrêts pendant un mois (pendant lequel une brave Religieuse copte les soigna avec bonté), puis furent conduits à Condar, où résidait le souverain. Le trajet qui nécessitait une semaine, dura un mois, tant ils étaient las et maltraités, attachés à la queue d’une mule.

Après un semblant d’interrogatoire, on les condamna à mort par pendaison.

Au lieu de l’exécution, on s’aperçut que les cordes manquaient : Agathange retira son cordon de Capucin et les deux Religieux furent martyrisés l’un après l’autre. Moribonds, ils furent lapidés sur ordre de Marcos ; une des pierres fit sortir l’œil droit d’Agathange. Des lumières parurent, dit-on, sur les cadavres. C’était le 7 aout 1638.

Le faux moine, en revanche, fut bientôt démasqué et banni.

Les deux Capucins furent béatifiés en 1905.

 

 

Gonzalo Vaz López-Netto

1607-1638

 

Gonzalo, fils d’un couple portugais installé à Nantes, était né le 14 janvier 1607 et fut baptisé le lendemain à Saint-Sambin (actuelle Saint-Similien).

Ses camarades, arrangeant à leur façon son nom, le surnommèrent Vasenet.

Gonzalo demanda à neuf ans à entrer chez les Capucins ; il entra à quinze ou seize ans au noviciat d’Angers et prit le nom de Cassien.

Il étudia la théologie à Rennes, et fut ordonné prêtre comme Agathange, qu’on va retrouver après.

Lors d’une épidémie de peste en 1631-1632, Cassien se dévoua auprès des malades et des moribonds.

Il rejoignit le père Agathange en Egypte, pour une mission de rapprochement des Chrétiens coptes avec Rome. Tous deux apprirent l’arabe et le dialecte amhara, pour entrer en Ethiopie. Cassien écrivait : Il faut savoir la langue arabesque. Sans icelle on ne peut rien faire.

En Abyssinie, Agathange contribua à la création du nouvel archevêque d’Ethiopie, Marcos. Le prélat fut mallheureusement circonvenu par un faux moine, protestant déguisé, et fit arrêter les deux Religieux, Agathange et Cassien.

Enchaînés, ils furent aux arrêts pendant un mois (pendant lequel une brave Religieuse copte les soigna avec bonté), puis furent conduits à Condar, où résidait le souverain. Le trajet qui nécessitait une semaine, dura un mois, tant ils étaient las et maltraités, attachés à la queue d’une mule.

Après un semblant d’interrogatoire, on les condamna à mort par pendaison.

Au lieu de l’exécution, on s’aperçut que les cordes manquaient : Agathange retira son cordon de Capucin et les deux Religieux furent ainsi martyrisés. Moribonds, ils furent lapidés sur ordre de Marcos ; une des pierres fit sortir l’œil droit d’Agathange. Des lumières parurent, dit-on, sur les cadavres. C’était le 7 août 1638.

Le faux moine, en revanche, fut bientôt démasqué et banni.

Les deux Capucins furent béatifiés en 1905.

Edward Bamber

1600-1646

 

Né vers 1600 à Carleton (Blackpool, Lancashire), Edward Bamber se présenta sous les noms de Helmes ou Reding. Une autre source le fait naître à Moor (Poulton-le-Fylde).

Il rejoignit le Collège anglais de Valladolid, et fut envoyé en Angleterre après son ordination.

En accostant à Douvres, il s’agenouilla pour remercier Dieu : cette attitude suffit au gouverneur pour l’arrêter et l’exiler.

Revenu en Angleterre, il fut bientôt arrêté une seconde fois près de Standish (Lancashire). On suppose qu’il avait été aumônier à Standish Hall.

En route pour le Château de Lancaster, il logea au Old-Green-Man Inn, près de Claughton-on-Brock, d’où il s’échappa, profitant de ce que ses gardiens étaient ivres. Il marchait dans la campagne, lorsqu’un certain Mr.Singleton de Broughton Tower le recueillit : ce dernier avait rêvé de lui et avait reçu une invitation à aller l’aider. 

Arrêté une troisième fois, il fut enfermé au Château de Lancaster pendant trois ans : la guerre empêchait la tenue régulière des Assises.

Il réussit encore à s’échapper et fut arrêté une quatrième fois.

Lors du jugement, deux apostats vinrent témoigner qu’il avait administré les sacrements et Edward fut condamné avec deux autres prêtres, John Woodcock et Thomas Whittaker. Leur délit était d’être prêtres.

Au moment de son exécution, il réconcilia avec Dieu un criminel qu’on allait exécuter au même moment. Il encourageait ses Compagnons à mourir bravement, et son comportement fit tellement enrager les persécuteurs, qu’ils pressèrent le bourreau de le faire souffrir encore plus cruellement.

Ce martyre eut lieu le 7 août 1646.

Edward a été béatifié, avec ses Compagnons, en 1987.

 

 

John Woodcock

1603-1646

 

Né en 1603 à Leyland (Lancashire), John était le fils de Thomas et Dorothy, cette dernière catholique.

Il se convertit au catholicisme en 1622, rejoignit le collège de Saint-Omer où il étudia pendant un an, et fut envoyé au Collège Anglais de Rome en 1629.

En 1630, il entra chez les Capucins à Paris, mais peu après préféra les Franciscains de Douai ou Récollets, dont il prit l’habit en 1631, avec le nom de Martin de Saint-Félix. En Angleterre il se dissimula aussi sous le nom de Farington ou Thompson.

Un an après, il fit la profession et fut ordonné prêtre en 1635, toujours à Douai.

Il vécut à Arras quelques années, comme aumônier d’un certain Mr.Sheldon.

Vers 1640, il fut envoyé en Angleterre, mais revint à son couvent, pensant y mourir.

Mais en 1643 (ou 1644), et malgré sa mauvaise santé, il eut la permission de partir pour l’Angleterre et accosta à Newcastle-on-Tyne ; la première nuit où il dormit dans le Lancashire, il fut arrêté.

Il passa deux années en prison au Château de Lancaster et fut condamné avec deux autres prêtres, Edward Bamber et Thomas Whittaker. Leur délit était d’être prêtres. Il montra une reconnaissance toute particulière au moment de recevoir sa condamnation. 

Lors de son exécution, la corde se rompit. On le pendit une seconde fois, mais on le redescendit avant son expiration et on lui sortit les intestins alors qu’il était bien vivant.

Ce martyre eut lieu le 7 août 1646.

Il a été béatifié, avec ses Compagnons, en 1987.

 

 

Thomas Withaker

1611-1646

 

Fils de Thomas et Helen, Thomas était né vers 1611-1613 à Burnley (Lancashire), où son père, maître d’école, semble avoir adhéré au protestantisme.

Après un court séjour à Saint-Omer, et sur l’influence de la famille Towneley, il rejoignit le Collège anglais de Valladolid ; après son ordination, il fut envoyé en Angleterre de 1638 à 1643.

Il se présenta aussi sous le pseudonyme de Thomas Starkie.

Arrêté, il réussit à s’échapper pendant qu’on le conduisait au Château de Lancaster ; de nouveau saisi à Place Hall (Goosenargh), il fut enfermé le 7 août 1643 à Lancaster, où on lui imposa le confinement pendant six semaines. Il resta dans cette prison pendant trois ans : la guerre empêchait la tenue régulière des Assises.

Avant même son jugement, il se prépara à la mort par une retraite d’un mois.

Thomas était un homme timide, et la pensée de la mort l’effrayait. C’est pourquoi, jusqu’au pied du gibet, on lui proposa la liberté en échange de sa foi catholique, mais il ne céda jamais. Au représentant de la Couronne, il déclara : Agissez avec moi comme il vous plaît : je refuse absolument que ma peine soit commuée ou même annulée selon vos conditions ; puis il remit son âme dans les mains du Sauveur.

Il fut condamné et exécuté avec John Woodcock et Edward Bamber. Il avait trente-trois ans (ou trente-cinq, suivant la date retenue pour sa naissance).

Son martyre eut lieu le 7 août 1646.

Thomas Whitaker a été béatifié, avec ses Compagnons, en 1987.

 

 

Nicholas Postgate

1596-1679

 

Né en 1596 (ou 1597) à Kirkdale House (Egton Bridge, North Yorkshire), Nicholas entra au Collège anglais de Douai en 1621.

Il y reçut les premiers ministères dès 1624, le sous-diaconat en 1627, le diaconat le 18 mars 1628 et la prêtrise le 20 mars suivant. 

En 1630, on l’envoya en mission et il travailla longtemps comme prêtre catholique dans toute l’Angleterre, pour arriver à Ugthorpe, tout près de son pays natal. C’était dans les années 1660.

Nicholas avait désormais plus de quatre-vingts ans. Il était en train de baptiser un enfant chez Matthew Lyth à Little Beck (Whitby), lorsqu’un certain Reeves, accompagné de William Cockerill, intervint brutalement dans la maison et arrêta le prêtre.

Sans tarder, Nicholas fut jugé et condamné pour le délit d’être prêtre. Il fut pendu, éviscéré et écartelé, à York, le 7 août 1679. Il fut un des derniers Martyrs de cette persécution.

Ses restes furent remis à ses amis présents, qui les enterrèrent. Une main fut remise comme relique au Collège de Douai. On a aussi conservé son petit autel portable dans l’église Saint-Joseph de Pickering.

Nicholas Postgate a été béatifié en 1987.

 

 

Edmund Bojanowski

1814-1871

 

Edmund Wojciech Stanisław Bojanowski naquit le 14 novembre 1814 à Grabonóg (Gostynia, Pologne), de Walenty et Teresa Umińska, des gens nobles et profondément catholiques.

A quatre ans, il fut mortellement malade, mais sembla littéralement «revenir à la vie» ; ses parents attribuèrent ce «miracle» à leurs prières intenses. A sa guérison, Edmund décida qu’il offrirait sa vie à la Sainte Vierge.

Mais en grandissant, Edmund continuait à avoir de multiples problèmes de santé, de sorte qu’il dut faire ses études à la maison. La tuberculose l’attaqua quand il eut vingt ans.

Il tenta de poursuivre ses études de philosophie à Wrocław et Berlin. Malgré quelques tentatives au séminaire, il dut renoncer à sa vocation sacerdotale à cause de sa santé.

Pour faire du bien autour de lui, il collecta des histoires, des chansons, des proverbes issus de la vie de campagne et les publia dans un ouvrage : L’Ami du Peuple (Przyjacielu Ludu) ; petit à petit, il dota les écoles de livres, ouvrit des bibliothèques, des salles de lecture, un orphelinat à Podrzeczu. 

Durant l’épidémie de choléra en 1848-1849, il alla soigner et réconforter les malades, fonda la Maison de la Miséricorde (Dom Miłosierdzia), pour recueillir les orphelins, les pauvres qui avaient besoin de soins.

Ayant réuni un certain nombre de demoiselles pour l’aider dans ce travail, il les aida à adopter, comme lui, une vie de prière, de méditation, de lecture spirituelle ; à pratiquer l’examen de conscience ; à être prévenantes les unes envers les autres. Finalement, cette œuvre prit la tournure d’une nouvelle congrégation, les Sœurs Servantes de la Vierge Immaculée Mère de Dieu.

En 1855, l’archevêque de Poznań accorda une première approbation. Les candidates furent vite nombreuses. Les statuts et les constitutions furent approuvés en 1866. Des maisons furent ouvertes à Poznań, Przemyśl, Wrocław, Dębica.

En 1867, il autorisa la fondation, par Frances Margaret Taylor en Angleterre, des Pauvres Servantes de la Mère de Dieu.

En 1869, Edmund fit un nouvel essai au séminaire de Gnieżno, mais la tuberculose l’obligea encore une fois à interrompre cette formation.

Edmund eu la joie, avant de mourir, de voir déjà plus de vingt maisons ouvertes en Pologne, avec une centaine de Religieuses.

Il mourut à Górka Duchowna le 7 août 1871, et a été béatifié en 1999.

 

 

Miguel de la Mora de la Mora

1878-1927

 

Miguel naquit le 19 juin 1878 au ranch du Tigre (Tecalitlàn, Jalisco, Mexique), de José et Margarita, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Les autres frères et sœurs s’appelaient : Regino, Melesio, María, María Refugio, et Pablo.

La famille était de la campagne et Miguel apprit à être un bon cavalier. Du milieu de cette vie aux champs, il ressentit la vocation sacerdotale. Son père étant déjà mort, c’est son grand frère, Regino, qui le prit chez lui et l’aida à entrer au séminaire de Colima.

Au terme de ses études à Colima, Miguel reçut l’ordination sacerdotale, en 1906. C’est tout ce qu’on a pu savoir de lui durant cette période, grâce aux témoignages de la famille, car les révolutionnaires détruisirent toutes les archives.

Miguel eut plusieurs postes : Tomatlán, la cathédrale de Colima, vicaire à Comala (Hacienda de Saint-Antoine), En 1912, il fut nommé chanoine du nouveau Chapitre cathédral. 

En 1914 il fut curé à Zapotitlán et, en 1918, de nouveau à la cathédrale de Colima, comme chapelain. A ses activités pastorales nombreuses, s’ajouta celle de responsable de l’Œuvre de la Propagande et la direction spirituelle du collège de filles La Paz (La Paix).

Le gouvernement mexicain ordonna le recensement des prêtres pour leur concéder la licence d’exercer. Mais les évêques préférèrent fermer les lieux de culte, de sorte que le gouvernement décida de poursuivre tous les prêtres.

Miguel se cacha pour exercer secrètement son ministère sacerdotal. Il quitta Colima pour se réfugier dans son pays d’origine ; arrêté une première fois, il fut menacé de prison à vie s’il n’ouvrait pas le culte à la cathédrale, contre la décision de l’évêque. Il fut plusieurs fois convoqué avec un autre prêtre devant le général, qui se moquait d’eux.

Devant la pression des militaires, il jugea plus sûr de quitter la ville.

Au matin du 7 août 1927, déguisé en paysan, accompagné de son frère Regino et d’un autre prêtre (Cristiniano Sandoval), il voulut rejoindre la montagne, mais Miguel fut reconnu à Cardona ; on appréhenda les trois hommes, qui furent ligotés et conduits à pied au poste de Colima, tandis que les soldats enfourchaient les chevaux des deux frères de la Mora.

On ne connaissait pas (encore) le père Sandoval, qui fut relâché et put regagner la ville.

Miguel fut introduit devant le général Flores qui lui demanda : Qu’est-ce qu’il fait ici, le petit père ? et Michel : Ben, ils me gardent ici… et le général : Eh bien, on va l’enlever de là et il décida l’immédiate exécution des deux frères dans l’écurie du poste, sur le tas de fumier des bêtes.

Le père Miguel marcha en silence vers l’endroit qu’on lui montrait et, pour bien montrer sa foi et son amour de la Sainte Vierge, sortit son chapelet et commença à prier. Il fut ainsi abattu, le chapelet en main. Le capitaine lui donna le coup de grâce. C’était le premier prêtre du diocèse de Colima qui était martyrisé.

En revanche, le frère de Miguel, Regino, ayant affirmé qu’il n’avait commis aucun délit et qu’il n’était pas prêtre, échappa au martyre.

C’était le 7 août 1927, à midi.

Le corps du père Miguel fut d’abord porté au Panthéon municipal, d’où quelques paroissiens purent le reprendre et l’ensevelir dignement, mais très rapidement. Puis, le général donna l’ordre de l’exhumer et d’en prendre l’argent qu’il avait dans les poches : les soldats ne trouvèrent rien, et remirent le corps dans la fosse, hors du cercueil. Deux ans après, on le ré-exhuma pour le porter à la cathédrale.

Miguel de la Mora fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000.

Francisco Gargallo Gascón

1872-1936

 

Francisco vit le jour le 24 février 1872 à Castellote (Teruel, Espagne), de Manuel et Juana.

En 1889, il reçut l’habit des Mercédaires et fit la profession en 1890.

Après un court séjour à El Olivar, en raison de ses dispositions, il fut envoyé à Rome : il y fit la philosophie et la théologie à l’Université Grégorienne. On ne constate cependant pas qu’il y ait passé avec succès quelque licence, et l’on suppose que ce fut pour des motifs économiques.

Toujours à Rome, il fit la profession solennelle en 1894, et reçut le sacerdoce en 1896.

Dès 1902, il fut postulateur, procurateur et secrétaire général de son Ordre. C’est ainsi qu’il présenta en 1903 la cause de Natalie de Tolouse (†1355) ; en 1908, il obtint un Bref papal autorisant la dévotion spéciale des Sept samedis en l’honneur de Notre-Dame de la Merci ; en 1910, il géra l’érection d’une nouvelle maison à Fraga ; en 1912, il fit paraître le premier bulletin de l’Ordre.

Entre 1900 et 1927 il travailla à la publication des cérémonies liturgiques traditionnelles de l’Ordre.

Il fallut revenir au pays. En 1913, il fut maître des novices à El Olivar ; en 1915, il fut nommé prieur à Barcelone.

En 1920, le chapitre le nomma recteur du collège de Lleida. Il équipa la maison du téléphone, d’une machine à écrire, fit repeindre les murs, inaugura les leçons de catéchisme du dimanche soir, fonda l’Académie Marie-Corédemptrice, créa une revue, tout cela pour montrer l’importance de ce collège.

En 1923, il fut nommé supérieur de El Olivar, où il se dépensa aussi sans compter : liturgie, culture, plantations, oliviers, troupeaux, modernisation, assistance au clergé local…

En 1926, on lui confia l’ouverture d’une maison à Porto Rico. Malheureusement, cette mission fut un échec ; une tempête abattit les plantations et le père Francisco tomba malade. Il dut supporter une opération.

En 1929, il fut nommé de nouveau à El Olivar, se préoccupant de tout, sans jamais s’arrêter, cherchant toujours à améliorer la culture de la terre, en plus de la prière, de l’enseignement quotidien. Il allait jusqu’à se faire cordonnier pour les élèves.

Arrivèrent les jours sanglants de la révolution.

Le 25 juillet 1936, les Mercédaires fêtèrent saint Jacques à Crivillén ; le 1er août, le père Francisco fit une retraite avec les jeunes qui allaient recevoir l’habit. A El Olivar, on pria encore le chapelet : le 2 arrivèrent les bruits de la révolte rouge.

Le médecin vint suggérer aux Religieux d’évacuer la maison ; fraternellement, un des Religieux lui répondit : Adieu, mon fils, nous nous reverrons au Ciel.

La communauté se dispersa. Deux groupes partirent dès le 2 août au soir et le 3 au matin, pour Saragosse. Ceux qui restaient, le père Francisco et le père Manuel, des convers et des postulants, attendaient le retour de la voiture. 

Ils passèrent la journée du 3 à prier, à cacher les objets de culte. La voiture n’arriva que vers une heure du matin, car les Rouges étaient déjà à Oliete, et on ne pouvait presque pas circuler. Les Religieux décidèrent de partir à pied, chargeant les chevaux avec ce qu’ils pouvaient emporter, et guidés par un berger.

Le 4, ils s’arrêtèrent dans les bois. On envoya deux des convers en reconnaissance vers Oliete. Comme ils ne revenaient pas, la nuit suivante on tenta d’aller au-devant d’eux : on découvrit leurs deux cadavres calcinés. La situation était claire.

Les survivants se préparèrent au martyre. Ils s’enfoncèrent dans la pinède, rejoignirent une maison d’amis qui leur donnèrent à manger quelque chose de chaud.

Le 6 août au matin, ils arrivèrent à La Codoñera ; on les guida vers Alcaine où, semblait-il, les Rouges n’étaient pas arrivés. De là, ils songeaient à gagner Muniesa, mais on le leur déconseilla. On leur proposait plutôt de passer la nuit sur place, mais les Religieux ne voulaient ni mettre en danger les familles, ni s’arrêter ; ils passèrent la nuit du 6 au 7 dans le bois.

Le 7, toujours convaincus que Muniesa était encore libre, ils se mirent en marche, dans l’espérance de célébrer la Messe à l’église, de communier pour le Premier vendredi du mois. Mais à huit heures du matin, leur tombèrent dessus les Rouges qui les fouillèrent de fond en comble. Les Religieux se présentèrent comme venant du couvent de El Olivar, s’offrirent d’eux-mêmes, demandant la liberté des jeunes qui étaient avec eux.

D’autres miliciens arrivèrent, dans un fracas d’insultes et de blasphèmes. Un chef désigna qui ferait partie du peloton. 

Les Religieux entonnèrent le Te Deum. Un des jeunes postulants, qui restait avec les Pères, fut écarté au dernier moment. C’est lui qui put raconter tous ces détails plus tard.

Les Pères pardonnèrent aux bourreaux. Ils tombèrent sous les balles, criant encore Vive le Christ roi !

Le père Francisco et le père Manuel furent béatifiés en 2013.

 

 

Manuel Sancho Aguilar

1874-1936

 

Manuel vit le jour le 12 janvier 1874 à Castellote (Teruel, Espagne), de Manuel et Agustina.

A treize ans, il entra au collège des Mercédaires à El Olivar, où il reçut tout de suite, sur son insistance, l’habit religieux.

En 1889, il commença le noviciat à Lleida et fit la première profession en 1890.

En plus de ses études normales, il faisait aussi de la musique.

Ses études de philosophie furent promptement achevées, celles de théologie aussi, et il fit la profession solennelle en 1893.

Un jour, un des Pères lui dit : Frère Sancho, il faut que tu deviennes Frère Saint. Et le Frère de répondre : Je vous promets de faire tout ce que je pourrai pour le devenir, avec la grâce de Dieu. Il dut bien passer par différentes étapes, car une anecdote rappelle qu’il céda un jour à la faim et au caprice, allant chiper deux œufs dans le poulailler pour se les frire à la cuisine… avant de reconnaître sa faute et d’en demander humblement pardon.

En 1894, il acheva la théologie à Lleida et fut ordonné prêtre en 1897.

Il fut ensuite pendant seize années à Segre, comme professeur de plusieurs matières, y compris philosophie et théologie, mais aussi écrivant en prose et en vers (et il remporta plusieurs prix dans des concours), composant des messes à quatre voix… Il organisait une soirée théâtrale, mettait en musique un texte biblique, confessait, priait, tout cela avec une simplicité exemplaire et inaltérable.

En 1903, il fut nommé conseiller provincial, plusieurs fois confirmé jusqu’en 1919.

En 1909, il fut désormais à Barcelone, jusqu’en 1925, puis passa à El Puig, à Saragosse (1924), de nouveau à El Olivar (1925), toujours occupé, toujours au travail, à composer, à jardiner, à laver les habits… mais aussi se mortifiant, s’imposant la discipline, mangeant des herbes amères crues, priant des heures devant le Saint-Sacrement… Il répandait la dévotion au Sacré-Cœur

Il était si qualifié et connu que l’Ordre demanda au Supérieur général de lui conférer directement les grades de docteur en théologie et droit canonique. 

Tous le considéraient véritablement comme un Saint - mais hélas pas tous, car on ne sait quel avocat du diable réussit à le dénoncer au Saint-Siège, qui le suspendit pendant plusieurs années.

Quand on voulut ouvrir une maison en Belgique (1927), c’est le père Sancho qui fut choisi. Il contribua aussi à la solennité du 5e centenaire de la restauration de l’Ordre, à El Olivar, composant là encore une messe solennelle et publiant un magnifique ouvrage illustré de cent-quinze pages.

En 1933, le médecin lui imposa un temps de repos ; il put encore faire un aller-et-retour à Rome en 1934.

Arrivèrent les jours sanglants de la révolution : le père Sancho parlait de plus en plus souvent du martyre.

Le 25 juillet 1936, les Mercédaires fêtèrent saint Jacques à Crivillén ; le 1er août, le père Francisco fit une retraite avec les jeunes qui allaient recevoir l’habit. A El Olivar, on pria encore le chapelet : le 2 arrivèrent les bruits de la révolte rouge.

Le médecin vint suggérer aux Religieux d’évacuer la maison ; fraternellement, un des Religieux lui répondit : Adieu, mon fils, nous nous reverrons au Ciel.

La communauté se dispersa. Deux groupes partirent dès le 2 août au soir et le 3 au matin, pour Saragosse. Ceux qui restaient, le père Francisco et le père Manuel, avec des convers et des postulants, attendaient le retour de la voiture. 

Ils passèrent la journée du 3 à prier, à cacher les objets de culte. La voiture n’arriva que vers une heure du matin, car les Rouges étaient déjà à Oliete, et on ne pouvait presque pas circuler. Les Religieux décidèrent de partir à pied, chargeant les chevaux avec ce qu’ils pouvaient emporter, et guidés par un berger.

Le 4, ils s’arrêtèrent dans les bois. On envoya deux des convers en reconnaissance vers Oliete. Comme ils ne revenaient pas, la nuit suivante on tenta d’aller au-devant d’eux : on découvrit leurs deux cadavres calcinés. La situation était claire.

Les survivants se préparèrent au martyre. Ils s’enfoncèrent dans la pinède, rejoignirent une maison d’amis qui leur donnèrent à manger quelque chose de chaud.

Le 6 août au matin, ils arrivèrent à La Codoñera ; on les guida vers Alcaine où, semblait-il, les Rouges n’étaient pas arrivés. De là, ils songeaient à gagner Muniesa, mais on le leur déconseilla. On leur proposait plutôt de passer la nuit sur place, mais les Religieux ne voulaient ni mettre en danger les familles, ni s’arrêter ; ils passèrent la nuit du 6 au 7 dans le bois.

Le 7, toujours convaincus que Muniesa était encore libre, ils se mirent en marche, dans l’espérance de célébrer la Messe à l’église, de communier pour le Premier vendredi du mois. Mais à huit heures du matin, leur tombèrent dessus les Rouges qui les fouillèrent de fond en comble. Les Religieux se présentèrent comme venant du couvent de El Olivar, s’offrirent d’eux-mêmes, demandant la liberté des jeunes qui étaient avec eux.

D’autres miliciens arrivèrent, dans un fracas d’insultes et de blasphèmes. Un chef désigna qui ferait partie du peloton. 

Les Religieux entonnèrent le Te Deum. Un des jeunes postulants, qui restait avec les Pères, fut écarté au dernier moment. C’est lui qui put raconter tous ces détails plus tard.

Les Pères pardonnèrent aux bourreaux. Ils tombèrent sous les balles, criant encore Vive le Christ roi !

Le père Francisco et le père Manuel furent béatifiés en 2013.

 

 

Rafaél Severiano Rodríguez Navarro

1882-1936

 

Rafaél vit le jour le 8 novembre 1882 à Ronda (Málaga, Espagne), de José et María, qui le firent baptiser le 13, avec le beau nom de Rafaél Severiano de la Trinité.

Entré chez les Capucins à dix-neuf ans, il prit le nom de Pacifico.

Sa vocation n’était pas le sacerdoce ; il voulait servir les Religieux de la communauté.

Comme Frère convers, il fit le noviciat à Séville (1901), professa en 1902 et fit la profession solennelle en 1906.

Dans toutes ses activités, on admira son comportement fraternel et délicat, plein de bonnes manières.

Lors des hostilités à Antequera, il demanda la permission de quitter le monastère le 20 juillet 1936 pour visiter quelques bienfaiteurs ; il fut reçut avec grande charité, mais préféra revenir au couvent dès le lendemain. La famille lui proposait de rester, mais il répondit : Je m’en vais. Là où sont mes Frères, je dois être aussi. Pour moi, que soit faite la volonté de Dieu.

Ayant pleinement partagé les angoisses de sa communauté, il voulut absolument rejoindre la zone nationale pour trouver de l’aide ; le 3 août, il sauta par une fenêtre, atterrit dans le verger et commença à fuir. Mais il fut bien vite arrêté, conduit au poste, où on le garda quatre jours avec quelques autres prisonniers. Par la fenêtre, il entendit prononcer son nom et comprit que sa condamnation était décidée. Il se remit à la volonté de Dieu, pacifiquement, priant le chapelet et le petit Office de la Sainte Vierge.

Le 7 août 1936, on l’emmena dans la rue et, avant de monter dans le camion, il fut abattu sauvagement dans la rue.

Il a été béatifié en 2013.

 

 

María Carmen Zaragoza Zaragoza

1888-1936

 

María (del) Carmen naquit le 1er juin 1888 à Villajoyosa (Alicante, Espagne), fille d’un capitaine de la marine marchande. Elle fut baptisée le jour de sa naissance.

La famille fut à Santoña, San Vicente de la Barquera, Algorta, à Villajoyosa à partir de 1903, à Barcelone à partir de 1912.

María fut confirmée à San Vicente de la Barquera (1895) et fut du nombre des Filles de Marie à Villajoyosa. A Barcelone, elle occupait son temps à visiter les malades, les vieillards, les orphelins.

En 1916, elle entra chez les Dominicaines de Sainte-Catherine-de-Sienne (aujourd’hui réunies aux Dominicaines Enseignantes de l’Immaculée) et fit la profession en 1918.

On lui confia les classes des petits enfants, et l’office de portière.

Dès le 18 juillet 1936, la communauté dut se disperser et les Religieuses furent accueillies par des familles parentes ou bienfaitrices.

María Carmen se retrouva avec sa consœur Antonia (María Rosa) Adrover Martí, priant toute la journée pour la conversion des persécuteurs de l’Eglise, et se préparant à l’heure du martyre.

Le 7 août, la prieure leur rendit visite et leur remit une certaine somme d’argent pour pouvoir rejoindre Valencia.

Le danger se faisant plus imminent, elles jugèrent bon de partir tout de suite et sortirent dans la rue. Mais on les arrêta peu après, on les conduisit par la route de Molins de Rei jusqu’à Vallirana (Barcelone), où on les fusilla dans le bois de Lladoner, au soir de ce 7 août 1936.

Elles furent béatifiées en 2007.

 

 

Antonia Adrover Martí

1888-1936

 

Antonia naquit le 22 juillet 1888 à San Roque (Cádiz, Espagne), aînée de trois autres garçons, dont le père travaillait dans la marine. Antonia fut baptisée le 27 juillet, et confirmée l’année suivante.

La famille fut à Vilanova i la Geltrú (Barcelone), Tortosa (Tarragona), Villajoyose (Alicante, de 1896 à 1915).

Ces enfants furent tôt orphelins de père et mère. Antonia fit partie des Filles de Marie et de la confraternité du Carmel.

En 1915, elle se fixa à Barcelone, comme couturière, et au service des Comtes de Güell.

En 1920, elle entra chez les Dominicaines de Sainte-Catherine-de-Sienne (aujourd’hui réunies aux Dominicaines Enseignantes de l’Immaculée) et fit la profession en 1922, avec le nom de María Rosa.

On lui confia les classes des petites filles, et l’office de sacristine. Excellente pédagogue, elle eut une influence durable sur toutes les élèves.

Dès le 18 juillet 1936, la communauté dut se disperser et les Religieuses furent accueillies par des familles parentes ou bienfaitrices.

Antonia (María Rosa) se retrouva avec sa consœur María Carmen Zaragoza i Zaragoza, priant toute la journée pour la conversion des persécuteurs de l’Eglise, et se préparant à l’heure du martyre.

Le 7 août, la prieure leur rendit visite et leur remit une certaine somme d’argent pour pouvoir rejoindre Valencia.

Le danger se faisant plus imminent, elles jugèrent bon de partir tout de suite et sortirent dans la rue. Mais on les arrêta peu après, on les conduisit par la route de Molins de Rei jusqu’à Vallirana (Barcelone), où on les fusilla dans le bois de Lladoner, au soir de ce 7 août 1936.

Elles furent béatifiées en 2007.

 

 

Luis Villanueva Montoya

1888-1936

 

Né le 10 septembre 1888 à Cucho (Burgos, Espagne), Luis voulut se consacrer à Dieu. Il avait surtout un cœur généreux, même si la lecture et l’étude ne lui réussissaient pas facilement.

Entré chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, il reçut l’habit au noviciat de Bujedo en 1907, et prit le nom de Eustaquio Luis.

On lui confia des travaux manuels, qu’il accomplit consciencieusement à Bujedo, Griñon, à Consuegra (1933) où il fut cuisinier, à l’école de Peñuelas et à la Procure (Madrid), avant de retourner à Consuegra.

En 1936, il fut arrêté avec ses confrères le 21 juillet, mis en prison et, le 7 août suivant, fusillé à Boca del Congosto (Los Yébenes, Tolède).

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Diodoro López Hernando

1888-1936

 

Diodoro était né le 27 septembre 1898 à Salguero de Juarros (Burgos, Espagne).

Entré chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, il reçut l’habit au noviciat de Bujedo en 1914, et prit le nom de Teodosio Rafael.

Ses études lui obtinrent le diplôme de catéchiste ainsi que le magistère, pour l’enseignement dans les écoles.

Il travailla à Mieres (Asturies), Melilla (territoire espagnol au Maroc), Griñon (1925) et Bujedo (1927), sans jamais s’arrêter d’étudier et d’approfondir ses connaissances.

En 1931, il fut nommé directeur à Puerto Real, puis en 1933 du collège de Consuegra (Tolède).

Le 21 juillet 1936, durant la Messe, les miliciens encerclèrent l’établissement, proférant insultes et menaces. Le célébrant et les Frères consommèrent les Saintes Espèces pour éviter toute profanation et allèrent se réfugier dans une maison voisine.

Déçus, les miliciens prirent aussi d’assaut cette maison. Les Frères se rendirent sans opposer résistance.

Ils furent conduits en prison, où ils prièrent en se préparant à leur mort certaine.

Ils furent fusillés à Boca del Congosto (Los Yébenes, Tolède), le 7 août 1936, devant les insultes grossières des bourreaux, auxquelles ils répondaient seulement Vive le Christ Roi !

Frère Teodosio a été béatifié en 2007.

 

Josep Arner Margalef
1892-1936

Né le 3 septembre 1892 à Alcolea de Cinca (Huesca) et baptisé le 6 septembre suivant, Josep était le quatrième des huit enfants d’Antonio et Josefa. Son père était un simple ouvrier.

Josep entra au postulat des Pères Clarétains de Barbastro en 1903, où il fit ses Humanités avec les meilleures récompenses et les meilleurs éloges possibles ; en latin, on lui décerna du Meritissimus Maior.

Il commença ensuite le noviciat à Cervera en 1907 et fit la profession en 1908, puis la philosophie ; il éprouva des difficultés à suivre tous les cours à cause d’une maladie des yeux ; il reçut les Ordres mineurs, puis acheva la théologie à Alagón, reçut le Sous-diaconat et le Diaconat, et fut ordonné prêtre en 1916.

Après une année à Aranda de Duero, il fut nommé professeur à Cervera pour remplacer un Confrère malade, puis fut envoyé à Alagón comme sous-préfet et prédicateur, à Barbastro jusqu’en 1925, a Requena, de nouveau à Alagón comme supérieur (1928-1931), puis préfet à Cervera, enfin maître des novices à Vic en 1934.

Au soir du 20 juillet, lui et le p.Casto Navarro sortirent avec les trente-et-un novices, tous avec leur habit religieux. Ils passèrent la nuit dans un mas chez des amis.

Le 21, ils durent partir et furent errants sans toit, par tous les temps. Le Père fit demander au Supérieur l’autorisation de passer en France avec les novices, mais ce dernier préféra répondre par la négative. 

Le 28 juillet, deux dames vinrent apporter des sauf-conduits pour les novices, qu’elles avaient obtenus du Comité ; elles avertirent le p.Josep de ne pas voyager en compagnie des novices, car sa vie était en danger, mais Josep rétorqua que sa place était de rester avec eux. L’autobus fut arrêté et inspecté en cours de route et l’on découvrit ainsi l’identité du Père. Suivi par un milicien a moto, l’autobus continua jusqu’au Comité, où se trouvaient déjà des Religieuses.

Entra un «chef», criant et gesticulant, qui demanda qui était le responsable de ces jeunes. Le p.Josep se présenta. On libéra les novices, mais on arrêta le p.Josep, qui fut frappé à coups de poings, insulté, et conduit au Comité, où il retrouva l’autre père clarétain, Casto Navarro. A onze heures du soir, on les emmena en prison.

Le matin suivant, 29 juillet, le p.Josep passa à son collègue son petit déjeuner et sa serviette de toilette. Il restait très silencieux, solitaire, méditatif. Il mangeait peu, et d’ailleurs vomissait ce qu’il mangeait.

Les miliciens qui apportaient la nourriture quotidienne ne se privaient pas de leur dire : Si on savait que vous étiez des curés, on vous fusillerait sur place.

Le 7 août au soir, ils appelèrent les deux prêtres, Josep et Casto, et allèrent les fusiller. On retrouva leurs cadavres dans une carrière de Vic, à San Sadurní de Osormort.

Martyrisé le 7 août 1936, béatifié en 2017, Josep Arner Margalef sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 7 août.

 

 

Pedro Ortigosa Oraá

1894-1936

 

Il vit le jour à Torralba del Río (Navarre, Espagne) le 5 février 1894, de Feliciano et Braulia, agriculteurs.

Il apprit très tôt de sa mère et de sa tante la pieuse dévotion envers l’Enfant-Jésus et Marie, et l’empressement à aider les autres, spécialement les personnes âgées ; on le vit partir chercher du bois pour aider ces gens à se chauffer.

Il entra au séminaire mariste de Anzuola (Guipuzcoa) en 1910, reçut l’habit en 1911 avec le nom de Aureliano, et fit la première profession en 1912, et fut ensuite à Oñate.

Il commença son activité didactique en 1913, en même temps qu’on lui confiait le travail de la cuisine.

Il fut envoyé à diverses maisons de la Congrégation, principalement dans le Pays Basque. En 1935, il se trouvait à Badajoz. Il y avait là une école préparatoire au Grand séminaire, et Aureliano y fut professeur.

En juillet 1936, éclatèrent les mouvements anarchistes et communistes. 

Le 2 août, trois Frères de la communauté furent arrêtés à la fin de la messe. Les autres décidèrent d’abandonner leur chère maison et de se réfugier chez des familles d’amis ou dans des pensions.

Frère Aureliano fut cordialement reçu chez un ami, dont cependant une domestique alla dénoncer aux miliciens la présence du Religieux.

Le 7 août 1936, ils vinrent fouiller la maison, arrêtèrent le Frère sous prétexte qu’il était prêtre, le conduisirent près du pont de Palmas et l’assassinèrent.

Frère Aureliano fut béatifié en 2013.

 

Casto Navarro Martínez
1905-1936

Né le 1.juillet 1905 à Guadalaviar (Teruel), baptisé le 6 suivant et confirmé en 1914, Casto était le troisième des neuf enfants - six garçons et trois filles - de Juan et Ángela. Juan était meunier.

A treize ans, Casto entra au Petit séminaire de Teruel. Il reçut tous les Ordres et fut ordonné prêtre en 1928, peu avant ses vingt-trois ans, ce qui était exceptionnel.

Il fut vicaire à Terriente (1928), puis Aguatón (1929), Vallecillo (1931) et Griegos (1932). Pour l’aider à la cure, il avait sa propre sœur, Bibiana.

Après mûre réflexion, malgré l’opposition de ses parents, mais avec les encouragements de l’évêque, il entra chez les Clarétains en 1935. Il fit son noviciat sous la direction du p. José Arner.

On le nomma maître des novices en second, à Vic ; dans son cœur, il espérait être envoyé hors de la Catalogne, pour ne pas avoir à prêcher en catalan…

C’est lui que le p.Arner envoya demander au Supérieur de Vic son avis pour passer en France avec les novices ; le Supérieur n’était pas de cet avis - et de toutes façons, le p.Casto ne put apporter la réponse au p. Arner. En effet, on l’arrêta en chemin et on le soumit à un interrogatoire en règle. Quand on lui demanda ses armes, il montra son chapelet et le scapulaire : on les lui piétina sous les yeux. Puis on l’envoya en prison, et c’est là qu’il retrouva le p.Arner.

Dans sa cellule de prison, il faisait toutes ses dévotions à genoux contre le mur. Au début, il restait plutôt optimiste : Les Rouges ne nous demandent que des sous, et comme nous n’en avons pas, ils vont nous libérer. Mais il comprit bien vite ce qui l’attendait. On l’a vu en parlant du p. Arner (voir cette notice).

Martyrisé le 7 août 1936, béatifié en 2017, Casto Navarro Martínez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 7 août.

 

 

Joan Baptista Urgell Coma

1906-1936

 

Joan Baptista vit le jour le 5 octobre 1906 à Villalba de los Arcos (Tarragona, Espagne) et fut baptisé le 8.

A vingt ans, il entendit l’appel à la vie religieuse et demanda à entrer chez les Frères des Ecoles Chrétiennes.

Pour le «mettre à l’épreuve», on l’envoya quelques semaines au noviciat mineur, avec les plus jeunes. Juan Bautista s’y trouva tellement à l’aise, qu’on l’envoya sans hésiter au noviciat de Fortianell, où il commença le noviciat en 1926 ; il reçut l’habit avec le nom de Benet Joan et fit ensuite le scholasticat à Cambrils.

Il fut envoyé un an à San Feliu de Guixols, deux années à Sampedor, et quatre à Condal.

En 1934, il dut faire le service militaire, dans l’infanterie à Tarragona puis à Barcelone, avec suffisamment de liberté pour pouvoir rejoindre les communautés lasalliennes durant les journées de repos et pour la nuit.

L’été 1936, il fut en convalescence dans sa famille après une maladie assez grave. Mais sa famille était déjà sur les listes noires des révolutionnaires, bien avant le déclenchement de la révolution, de sorte que dès le 7 août des miliciens vinrent fouiller la maison. 

A un moment donné, un milicien invectiva le Frère : Dis, jeune homme, pourquoi tu ne cries pas «Vive le Christ Roi» ? et lui : Vive… !