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29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 23:00

30 SEPTEMBRE

 

?

S Antonin, martyr à Plaisance. 
IV.

SS Ursus et Victor, martyrs à Soleure, peut-être des soldats de la légion thébéenne.

S Grégoire l'Illuminateur, apôtre de l'Arménie, appelé romain et catholicos pour sa soumission à l'exarque de Césarée, donc au pape ; longtemps ses descendants eurent la dignité de catholicos.

S Léopard, martyr à Rome, officier de Julien l'Apostat.

V.

S Jérôme, dalmate ; il laissa la littérature profane pour ne s'occuper que de la Bible, qu'il traduisit en latin, la "Vulgate" ; sa verve lui valut des ennemis ; il mourut à Bethléem, où il dirigeait deux familles religieuses d'hommes et de femmes ; il est l'un des quatre grands Docteurs de l'Eglise, avec les ss. Ambroise, Augustin et Grégoire le Grand.

VI.

S Victurnien, anachorète en Limousin, d'origine écossaise, invoqué contre les loups et les bêtes de proie.

VII.

S Laurus, abbé près de Saint-Malo.

S Lumier, évêque à Châlons-en-Champagne.

S Honorius, bénédictin romain, évêque à Cantorbury.

VIII.

Ste Eusébie, abbesse à Marseille, martyre des Sarrazins avec ses Compagnes. 

XI.

S Simon de Crépy, comte très riche, parent de Guillaume le Conquérant, moine bénédictin à Saint-Oyend, chargé de diverses missions diplomatiques, mort à Rome. 

S Amatus, premier évêque à Nusco.

XII.

S Ismidon, chanoine de Lyon, évêque à Die, grand pacificateur, entre autres entre les clercs de Besançon et l'abbé de Dijon à propos de Notre-Dame de Salins.

XV.

Bse Felicia Meda, mystique milanaise ; elle fit à douze ans le vœu de chasteté, fut clarisse, puis abbesse à Milan, avant d'aller fonder à Pesaro.

XVI.

S Francisco de Borja, arrière-petit-fils du pape Alexandre “Borgia” (en réalité “Borja”), parfois aussi donné comme fils d'un évêque, bâtard du roi Ferdinand, Grand d'Espagne, marié par Charles-Quint à dix-neuf ans, père de huit enfants ; enfin jésuite, troisième général de l'ordre, qu'il réforma et réorganisa.

XVIII.

B Jean-Nicolas Cordier, jésuite, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

B Federico Albert, curé à Lanzo pendant trente-deux ans, ami de s. Giovanni Bosco, resté fidèle à Pie IX, fondateur des religieuses Vincentiennes de Marie Immaculée (Albertines) et promu à l'évêché de Pinerolo, qu'il refusa ; il fit une chute mortelle des échafaudages où il était en train de repeindre la voûte d'une chapelle ; béatifié en 1984.

Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus, entrée à quinze ans au carmel de Lisieux ; patronne des missions, proclamée Docteur de l'Eglise en 1997, fêtée le 1er octobre.

Antoninus de Plaisance
3. siècle ?

Antoninus fut certainement un martyr, et des miracles eurent lieu sur son tombeau.
Qu’il ait été plus tard assimilé aux soldats de la Légion thébéenne, semble un anachronisme.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Antoninus de Plaisance au 30 septembre.


Ursus et Victor de Soleure
4. siècle ?

Ursus et Victor furent martyrisés, à Soleure (act. en Suisse).
Appartenaient-ils à la Légion Thébéenne (v. 22 septembre), comme l’avance avec précaution s.Eucher de Lyon (v. 16 novembre) ? On n’en sait pas plus que lui ; lui-même s’appuyait sur une tradition qu’il ne pouvait pas vérifier.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Ursus et Victor de Soleure au 30 septembre.

 

Grégoire l'Illuminateur

255-326

 

Krikor Ier Loussavoritch, Grégoire l'Illuminateur, fut le grand apôtre de l'Arménie. Chez eux il est encore très populaire, et leurs schismatiques eux-mêmes se réclament de lui.

D'après une certaine légende, il était fils d'Anak, prince parthe arsacide qui mourut noyé dans un complot politique.

Krikor fut protégé, porté à Césarée de Cappadoce, où il fut baptisé.

Il se maria après ses études, puis vint à la cour de Tiridate, où il conquit son estime.

Mais Tiridate, païen, veut induire Krikor au paganisme, et sur son refus, le fait torturer par huit fois, avant de l'enfermer dans une "fosse profonde" à Artaxata, où il reste quinze années, parmi des serpents et des scorpions. Une pauvre veuve lui apporte chaque jour un morceau de pain.

Plus tard, Tiridate se convertit et libère Krikor, qui est ordonné prêtre, puis évêque. C'est là que commence le retour de toute l'Arménie au christianisme.

Krikor fonde des écoles, des séminaires où l'on apprendra le grec et le syriaque, il bâtit des églises, ordonne des dizaines d'évêques.

Cet apôtre parachève son action par la contemplation : il se retire volontiers dans une grotte, au nord du confluent des deux branches de l'Euphrate, et c'est là qu'il meurt vers 326.

Krikor n'est peut-être pas "le" fondateur de l'Eglise d'Arménie, qui existait déjà avant lui, mais il fit beaucoup pour christianiser l'Arménie romaine, à l'ouest. 

Krikor est appelé "romain" pour exprimer ses sympathies envers Rome : il a toujours prétendu être soumis à l'exarque de Césarée, donc au pape de Rome.

Il est mentionné au Martyrologe le 30 septembre.

 

 

Hieronymus de Stridon

347-420

 

Vers 347 naquit à Stridon (Pannonie, aujourd’hui Croatie) Eusebius Sophronius Hieronymus, de parents chrétiens. En français, ce nom est devenu Jérôme, en italien Girolamo.

L’habitude n’était pas de conférer le baptême dès la naissance, mais les parents envoyèrent leur garçon de douze ans à Rome pour ses études. C’est à Rome qu’il fut baptisé, peut-être par le pape Liberius.

Il étudia avec de grands maîtres la grammaire, l’astronomie, la littérature païenne, la rhétorique, la philosophie, le grec.

Parmi ses amis romains, il y avait Rufinus, avec lequel, plus tard, il devait se brouiller et échanger des écrits violents.

A dix-huit ans (donc vers 365), il partit pour la Gaule et rejoignit Trèves, en principe pour faire carrière près de la cour impériale, en réalité pour changer tout-à-fait de vie. Il commença alors sa vie de théologien et d’exégète. Il alla ensuite quelques années à Aquilée, au fond de la mer Adriatique, menant une vie cénobitique avec Rufin et Chromace d’Aquilée. Désormais, il rompit totalement avec le milieu familial et suivit sa propre voie. 

Vers 373, il gagna la Syrie avec des compagnons pour vivre délibérément la vie ascétique.

Arrivé à Antioche de Syrie, il eut une vision (un rêve) où il lui était reproché d’être cicéronien et non pas chrétien. Désormais, il ne s’occuperait jamais plus des textes profanes et se consacrerait uniquement à la Sainte Ecriture.

En 375, il s’installa dans le désert de Chalcis, non loin d’Antioche. Parmi ses occupations, il étudia l’hébreu de façon très approfondie, avec un rabin. Il lisait l’Ecriture, commentait, traduisait.

En 378 il fut ordonné prêtre par l’évêque d’Antioche. Puis il partit à Constantinople pour approfondir ses connaissances scripturaires, notamment avec Grégoire de Nazianze (voir au 2 janvier).

En 382, il fut rappelé à Rome pour assister le pape Damasus. Cette même année fut convoqué à Rome un concile pour mettre fin à un schisme d’une partie du clergé d’Antioche. Jérôme parlait couramment le latin et le grec, et servit d’interprète. Mais aussi, il put donner au pape lui-même de précieux renseignements sur les termes hébreux originaux de la Bible. Le pape chargera finalement Jérôme d’établir une traduction officielle de la Bible en latin, sur la base des versions hébraïques et grecques ; c’est ce travail qui aboutit à la Vulgate, le texte latin officiel de la Bible pour l’Eglise entière. 

Durant ce séjour romain, Jérôme prôna la vie ascétique et ne se gêna pas pour critiquer le clergé trop «mondain». Il se lia avec des femmes de grandes familles romaines, qui désiraient avoir une vie consacrée ; parmi celles-ci se trouvaient Marcella, Paula et ses filles Blæsilla et Eustochium (voir aux 31 janvier, 26 janvier, 22 janvier et 28 septembre).

Quand mourut le pape Damasus (384), Jérôme n’avait plus le même soutien à Rome. Il partit avec quelques amis pour Antioche, où d’ailleurs il se devait de résider puisqu’il y avait été ordonné prêtre.

De Rome le suivirent aussi les pieuses femmes citées plus haut, qui désiraient mener une vie plus austère.

Jérôme et ses émules firent un pèlerinage sur les Lieux Saints : Jérusalem, Bethléem, puis aussi dans le désert d’Egypte, berceau des grands ascètes comme Antoine (voir au 17 janvier). Il retrouva son ami Rufinus et Mélanie l’Ancienne.

En 386, il revint à Bethléem et y fonda une double communauté d’hommes et de femmes, qu’il entoura de ses conseils et de ses enseignements. Jérôme tint une très abondante correspondance. Un de ses correspondants fut saint Augustin d’Hippone, mais aussi Exupère de Toulouse, et bien d’autres de Gaule, d’Espagne, d’Afrique du Nord.

Ce n’est pas le lieu ici d’exposer sa position sur Origène, sur Iovinianus, sur Pélage, et ses polémiques parfois très vives. Signalons tout de même sa très âpre critique d’Helvidius, qui niait la virginité perpétuelle de Marie. On sait par ailleurs qu’il en vint à se brouiller totalement avec son ami Rufinus.

Le sac de Rome en 410 l’affecta beaucoup, mais plus encore la destruction de son propre monastère de Bethléem par une faction de pélagianistes. Il reçut les consolations du pape Innocent 1er, qui en fut informé.

S’il eut la satisfaction de voir Pélage condamné et chassé de Palestine, il fut encore attristé par la mort d’Eustochium. 

Ses forces déclinèrent désormais rapidement et Jérôme s’éteignit vers le 30 septembre 430.

On dit que ses restes furent rapportés à la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome, pour les soustraire à l’invasion musulmane en Palestine.

Saint Jérôme a souvent été, symboliquement, représenté avec la pourpre et le chapeau de cardinal, en raison de sa collaboration avec le pape Damasus, mais on sait que le cardinalat s’est vraiment développé beaucoup plus tard, vers le 10e siècle.

La fête de saint Jérôme est au 30 septembre. Au 13e siècle, il fut proclamé Docteur, avec Augustin d’Hippone, Ambroise de Milan et Grégoire le Grand (voir aux 28 août, 7 décembre et 3 septembre).

On a fait de saint Jérôme le patron des étudiants, des archéologues, des pèlerins, des bibliothécaires, des traducteurs et des libraires.

Au 20e siècle, fut créée à Rome l’abbaye Saint-Jérôme, confiée aux moines bénédictins, qui devaient travailler sur les manuscrits authentiques de saint Jérôme et établir une version corrigée de la Vulgate. Ce travail a abouti à la Nouvelle Vulgate, publiée en 1979.

 

 

Honorius de Canterbury

580-653

 

Honorius était Romain, et fut disciple de s.Grégoire le Grand (v. 12 mars) au monastère Saint-André.

D’après s.Bede (v. 25 mai), Honorius fut choisi en 627 pour être le cinquième archevêque de Canterbury. Parlait-il anglais, ou recourut-il à un interprète ? Bede ne nous le dit pas ; quand tout le monde parle latin, beaucoup de problèmes s’effacent !

Quoique cet épiscopat durât un quart de siècle, on connaît relativement peu de faits de cette période.

 Honorius fut en excellents termes avec l’évêque d’York, Paulin (v. 10 octobre) ; c’était ce dernier qui l’avait consacré en 628. En 633, Paulin et ses fidèles étaient refoulés dans le Kent par les troupes de Penda : Paulin s’occupa alors du diocèse vacant de Rochester ; le pape alors, ignorant ces derniers événements, envoya à tous les deux le pallium en 634 avec cette disposition : c’est celui d’York qui devait consacrer celui de Canterbury, et vice versa.

Les rapports d’Honorius avec les évêques d’Ecosse furent également fraternels (heureusement), sans qu’on puisse savoir si les coutumes furent unifiées de part et d’autre.

En 644 Honorius consacra le nouvel évêque de Rochester, Ithamar, premier Anglais élevé à l’épiscopat.

Honorius mourut le 30 septembre 653.

Saint Honorius de Canterbury est commémoré le 30 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eusébie de Marseille

† 731

 

Eusébie était née vers la fin du 7e siècle à Marseille.

A l’âge de quatorze ans, elle entra au monastère Saint-Quiricus, fondé par s.Jean Cassien (v. 23 juillet) aux environs de cette ville, et en devint abbesse.

Les moniales étaient au nombre de quarante et formaient une communauté exemplaire, qui reçut les éloges du pape s.Grégoire le Grand (v. 12 mars).

Quand les Sarrasins envahirent l’Espagne, puis le sud de la France, le gouverneur de la Provence leur ouvrit de lui-même les portes de Marseille, où ils s’engouffrèrent sans pitié. De là, cette troupe ennemie du Christ gagna le monastère d’Eusébie.

Celle-ci, animée par une soudaine inspiration, ne craignit pas de se mutiler le visage, se coupant et le nez et les lèvres, suivie en cela par les quarante moniales, dans l’espoir d’échapper aux intentions basses de ces soldats.

En arrivant,  ceux-ci furent effrayés du spectacle sanglant qui s’offrait à eux. Déçus, ils ne songèrent qu’à se venger, et passèrent les quarante vierges et leur abbesse au fil de l’épée.

C’était vers 731. Toutefois l’actuel Martyrologe avance la date de 497, ce qui obligerait à revoir toute la datation de cet article.

Précisons aussi que, selon les textes, Eusébie et ses Compagnes étaient au nombre de quarante : les moniales étaient donc trente-neuf et non quarante.

Sainte Eusébie de Marseille est commémorée avec ses Compagnes le 30 septembre dans le Martyrologe Romain.

Simon de Crépy

1048-1082

 

Simon naquit vers 1048 au château de Crépy-en-Valois, d’une famille puissante, qui remontait à Charlemagne et Charles Martel. Simon eut une sœur, Adala.

Leurs parents étaient Raoul III et Adela ; après la mort de cette dernière (1053), Raoul épousa Eléonore de Montdidier, qu’il répudia, et Anne de Russie, veuve du roi de France Henri 1er.

Dans ces circonstances difficiles, Simon fut recueilli par sa tante Mathilde, l’épouse de Guillaume le Conquérant, qui l’éleva avec tendresse maternelle, tandis que Guillaume l’initiait au métier de la chevalerie, aux armes et à la chasse.

En 1067, son père ayant montré des sentiments de réel repentir pour sa vie passée, Simon revint au château de Crépy.

Mais en 1072, mourut Raoul : Simon héritait alors de domaines immenses, tellememnt importants que le roi de France les convoitait et qu’on en vint à la guerre déclarée. Pendant trois années, les villes et les terres furent dévastées.

Et voilà qu’en 1075, le corps de Raoul fut ramené de Montdidier à Crépy : ce fut pour Simon l’occasion d’une profonde réflexion sur la vanité de la gloire humaine ; il se dégoûta des armes et de la guerre, pria plus intensément, jeûna, visita les églises, soulageait la misère. Il fit un rêve, où s.Arnoul et s.Oyend (v. 18 juuillet et 1er janvier) l’invitaient à se retirer dans un monastère du Jura. Dès lors, malgré son bon droit, il renonça à se battre pour ses terres, préférant gagner la Terre du Ciel.

En 1074, lors d’un pèlerinage à Rome, il rencontra le pape Grégoire VII, qui lui conseilla la conciliation. Mais le roi de France resta sourd aux invitations de paix et combattit encore pendant un an. En 1075 enfin, un traité mit fin aux hostilités et rendit à Simon toutes ses possessions : c’était le seigneur le plus puissant, après le roi !

Cette même année, Simon fondait une dizaine de prieurés. On lui proposa d’épouser la fille d’Hildebert d’Auvergne… qu’il convainquit de se consacrer à Dieu ! Guillaume le Conquérant chercha à l’adopter pour en faire son héritier, mais Simon feignit de vouloir aller consulter le pape une nouvelle fois : il gagna le monastère de Saint-Oyend (act. Saint-Claude), où il embrassa humblement la vie effacée du moine. Il couchait dans la sacristie, pour avoir accès plus facilement à l’église et y prier de nuit.

Mais la renommée du puissant seigneur qu’il avait été, lui attirait des visites nombreuses : aussi demanda-t-il à l’abbé de se retirer dans une solitude plus lointaine encore.

En 1078, avec quelques compagnons, il s’installa là où est maintenant Mouthe (Doubs). Un petit monastère s’éleva, avec une église dédiée à l’Assomption de Marie.

Simon eut encore l’occasion d’accomplir des missions diplomatiques auprès du roi de France et de Guillaume son oncle ; il réconcilia Guillaume et son fils et revint à Mouthe. Le pape l’appela pour traiter en son nom avec Robert Guiscard ; cette mission s’acheva positivement en 1080.

Le pape retint Simon à Rome. Mais Simon tomba malade et, après avoir reçu du pape l’absolution et le Viatique, il s’éteignit le 30 septembre 1080 ou 1082, âgé de trente-deux (ou trente-quatre) ans seulement.

Il fut inhumé dans la basilique Saint-Pierre et le pape Urbain II y fit inscrire une épitaphe : Par amour de la pauvreté, j’ai quitté mon pays et le monde, préférant le Christ à toutes les richesses. Plus tard, son corps fut transféré à Saint-Claude.

Saint Simon de Crépy est commémoré le 30 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Amato de Nusco

997-1093

 

Amato, né vers 997 (on parle aussi de 1003), était d’une noble famille lombarde de Nusco (Avellino, Campania, Italie SO).

Ordonné prêtre encore très jeune, il s’employa à rassembler à l’intérieur des murs de Nusco les habitants des contrées alentour, il restaura des églises, en fit construire de nouvelles : ainsi s’éleva celle qui allait devenir la cathédrale Saint-Etienne, dont il était très dévôt.

En 1048, il obtint l’érection du diocèse de Nusco, dont il devint le premier évêque.

Il mourut le 30 septembre 1093, presque centenaire.

On lui attribue quantité de miracles, obtenus à son tombeau.

La cathédrale de Nusco fut postérieurement dédiée à s.Amato ; le diocèse est actuellement rattaché à celui de Sant’Angelo dei Lombardi.

S.Amato est invoqué contre les tremblements de terre, fréquents dans cette zone de l’Irpinia.

Saint Amato de Nusco est commémoré le 30 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ismidon de Sassenage

1030 - 1115

 

Fils du seigneur de Sassenage (Isère), Ismidon naquit vers 1030.

On ne dit presque rien sur sa jeunesse. Il aurait étudié à l’école-cathédrale de Valence avant de devenir chanoine de Lyon.

En 1097 il fut choisi pour le siège de Die, sur la demande des diocésains.

En 1099, il représenta l’évêque Hugues de Lyon au concile de Rome et en 1100 à celui de Poitiers. Puis il assista au concile d’Anse, où Hugues annonça son intention d’aller en Terre sainte. Ismidon l’accompagna.

L’évêque de Die semble avoir eu surtout un rôle pacificateur. En 1101, il avait apaisé un conflit entre les moines de Cruas et ceux de Bourdeaux ; en 1103, il fut témoin d’une «réconciliation» entre l’évêque de Grenoble et le comte d’Albon ; en 1106, apaisement d’une querelle entre les clercs de Besançon et l’abbé de Dijon ; en 1107,  également entre les moines de La Chaise-Dieu et ceux d’Aniane ; en 1114, entre les moines de Domène et les seigneurs voisins.

Ismidon mourut le 30 septembre 1115 et fut honoré comme un Saint. Il est mentionné comme tel au Martyrologe du 30 septembre.

L’église construite en son honneur et pour abriter ses reliques, fut détruite et brûlée par les huguenots en 1567.

 

 

Felicia Meda

1378-1444

 

Aînée de trois enfants qui furent très vite orphelins, Felicia naquit en 1378 à Milan, de pieux et nobles parents.

A douze ans, elle fit le vœu de chasteté et, dix ans plus tard, après avoir partagé ses biens entre sa famille et les pauvres, entra chez les Clarisses.

Sa sœur la rejoignit bientôt, tandis que leur benjamin entrait chez les Frères mineurs.

Felicia subit les assauts répétés et douloureux du Démon.

Au bout de vingt-cinq ans de cette vie austère, elle fut élue abbesse (1425). Sa direction porta l’ensemble de la communauté à un niveau élevé de sanctification, de sorte que c’est à ce monastère qu’on s’adressa pour fonder un nouveau monastère à Pesaro (1439).

Felicia mourut le 30 septembre 1444, en odeur de sainteté, et les miracles se multiplièrent.

Son culte fut approuvé en 1812.

 

 

Francisco de Borja y Aragón

1510-1572

 

Né le 28 octobre 1510 à Gandia (Valencia, Espagne), Francisco était le premier fils de Juan de Borja y Enriquez de Luna, duc de Gandia, et de Juana de Aragón, cette dernière étant fille naturelle de Alonso de Aragón, lui-même fils illégitime du roi Fernando II d’Aragón.

Le petit garçon, très enclin à la piété, fut envoyé par les siens à la cour de l’empereur d’Espagne et, en 1522, mis au service de la reine Juana, isolée à Tordesillas.

En 1528, son père lui remit la moitié de la baronie de Llombay, ce qui lui conférait le titre de baron. L’empereur le nomma alors gentilhomme de la Maison Borgoña.

L’année suivante, Francisco épousa Leonor de Castro, amie intime de la reine Isabel, dont il fut nommé grand chevalier. 

De ce mariage naquirent huit enfants, nés entre 1530 et 1539 : Carlos, Isabel, Juan, Álvaro, Juana, Fernando, Dorotea (clarisse à Gandia, qui mourut à vingt-quatre ans) et Alfonso. 

Puis l’empereur éleva la baronie de Llombay au rang de marquisat.

La reine Isabel mourut en 1539, et cette mort impressionna profondément Francisco, qui en conserva la date comme celle du début de sa conversion.

Cette même année, l’empereur le nomma vice-roi pour la Catalogne, une nouvelle charge qu’il occupa avec réelle efficacité au profit de ses sujets.

Son père mourut bientôt, et Francisco se retira avec son épouse et ses enfants dans le duché de son père, pour y mener une vie toute chrétienne. Il rencontra les premiers Jésuites et voulut les aider économiquement.

Quand son épouse Leonor mourut (1546), il décida d’entrer dans la Compagnie de Jésus. Il renonça à tous ses titres en faveur de son aîné, Carlos, et refusa énergiquement le titre de cardinal qu’on lui offrait en échange.

Sa vie allait être celle d’un apôtre. Il fut nommé commissaire des Jésuites pour l’Espagne et finalement général de l’Ordre.

Comme général, il révisa certaines habitudes de l’Ordre, établit l’heure quotidienne de méditation et organisa le chant de l’office dans les noviciats. Sous son généralat, les noviciats passèrent de cinquante à cent soixante-trois. Il s’entoura de visiteurs qui devaient lui rendre compte de toutes les maisons et se préoccupa beaucoup de la Contre-réforme en Allemagne. Il envoya des missionnaires au Brésil (Inácio de Azevedo, voir au 15 juillet), ainsi qu’en Floride, au Mexique, au Pérou.

Il faut signaler ici un trait généralement oublié de Francisco de Borja : il appréciait beaucoup la musique et fut même compositeur. On connaît certaines de ses œuvres, en particulier la Visitatio sepulchri, un drame liturgique qui représente la mise au tombeau et la résurrection du Christ.

Quoique de faible santé, il assuma des missions diplomatiques pour le Vatican en Espagne et au Portugal. De la dernière, il revint si fatigué qu’il mourut d’épuisement, le 30 septembre 1572. Sa dernière parole fut : Je ne désire que mon Seigneur Jésus-Christ.

Francisco de Borja fut béatifié en 1624, et canonisé en 1671.

 

 

Jean-Nicolas Cordier

1710-1794

 

Né le 3 décembre 1710 à Saint-André (Meuse), Jean-Nicolas entra chez les Jésuites à dix-huit ans.

Après son ordination, il fut théologien à Dijon, Auxerre, Autun, Strasbourg, Pont-à-Mousson.

Après la suppression de la Compagnie de Jésus, Jean-Nicolas continua d’exercer le saint ministère, comme aumônier de Religieuses à Saint-Mihiel, et quand la Révolution supprima toutes les communautés religieuses, il s’installa à Verdun.

Ayant refusé le serment constitutionnel de la République, il fut arrêté en octobre 1793 et condamné à l’exil.

A bord du Washington qui ne quitta jamais les pontons de Rochefort, le père Cordier subit le sort des centaines de prêtres entassés dans des conditions inhumaines.

Il mourut le 30 septembre 1794 et fut béatifié avec ses Compagnons en 1995.

Il est mentionné au Martyrologe le 30 septembre ; l’Ordre des Jésuites le fête au 17 août, en même temps que Joseph Imbert.

 

NB. Il y eut un autre Jean-Nicolas Cordier, chartreux, lui aussi déporté. Il survécut et fut un témoin précieux de ces heures difficiles. Il fut amnistié en 1803.

Federico Albert

1820-1876

 

Il naquit le 16 octobre 1820 à Turin (Italie), premier des six enfants du général Luigi Albert et de Lucia Riccio.

Comme on le sait, la vie d’un militaire est toujours mouvementée et le jeune Federico passa son enfance chez ses grands-parents.

A quinze ans, il fut inscrit par ses parents à l’Académie Militaire de Turin. Mais la même année, le jeune garçon, qui priait un jour près de l’autel du bienheureux Sebastiano Valfré (1629-1710), ressentit en lui l’appel de Dieu au sacerdoce.

On imagine la surprise - peut-être même un peu de déception - de la part du général, qui cependant ne s’opposa pas à la vocation de son fils.

Federico entra donc chez les Oratoriens de Turin à l’automne 1836, endossa la soutane et fréquenta tout de suite la faculté théologique de Turin.

En 1843, il était docteur en théologie, et recevait le sacerdoce.

En 1847, il était nommé aumônier à la cour du roi Carlo Alberto. L’abbé Federico Albert assuma pleinement cette position, cherchant à proposer au roi des idées en conformité avec l’Evangile ; son tact fut apprécié par Vittorio Emanuele II.

Le père Albert préféra bientôt se donner entièrement à l’apostolat. Il connaissait la misère des rues de Turin, où les pauvres étaient nombreux, il savait le besoin où se trouvait la jeunesse d’être formée, aussi alla-t-il trouver Giovanni Bosco, dont l’oeuvre commençait vraiment à s’imposer dans cette Turin indifférente.

Don Bosco l’accueillit volontiers et le pria de prêcher la retraite à l’Oratoire de Valdocco en 1848.

En 1850, don Albert fut à la paroisse Saint-Charles, puis vicaire et enfin curé à Lanzo Torinese. Dans cette paroisse où il allait passer le reste de sa vie, il fonda un ensemble d’établissements qui révolutionnèrent, pour ainsi dire, la vie de la localité et de la région.

Il fonda un jardin d’enfants, qu’il confia aux Soeurs de la Charité ; un orphelinat pour petites filles abandonnées ; puis une école pour filles, avec des cours de français, de dessin, de musique, de préparation au diplôme de maîtresses ; c’était inimaginable à l’époque, car les filles n’avaient pas accès à l’instruction.

En 1864, il invita Don Bosco a fonder un Oratoire, qui devint un collège pour les garçons.

Prêtre, don Alberto prêcha plusieurs missions, tant pour le clergé que pour les laïcs. 

Puis, pour assurer la continuité de ses œuvres caritatives, il fonda la congrégation des Soeurs vincentiennes de Marie Immaculée, couramment appelées Soeurs Albertines (« vincentiennes » en référence à saint Vincent de Paul).

Don Albert fut préconisé pour l’épiscopat, qu’il refusa énergiquement.

En 1873, il fonda une école d’agriculture, où les élèves auraient reçu, outre l’enseignement scientifique nécessaire, une formation spirituelle et morale.

C’est pour cette œuvre qu’il construisit une chapelle. Il était en train d’y travailler sur un échafaudage de fortune, lorsqu’il fit une chute de sept mètres, heurtant lourdement de la tête.

Il reçut les derniers sacrements et mourut deux jours plus tard, le 30 septembre 1876.

Don Federico Albert a été béatifié en 1984.

 

 

Thérèse Martin

1873-1897

 

Les Français ont beaucoup entendu parler de «la petite Thérèse», mais ne la connaissent pas vraiment. 

Sur ses pieux parents, on trouvera deux notices séparées, depuis que tous deux ont été béatifiés en 2008 (voir aux 29 juillet et 28 août).

Des neuf enfants de ce couple très chrétien, Thérèse était la dernière. Elle naquit à Alençon le 2 janvier 1873, et reçut au baptême, le 4 janvier suivant, les noms de Marie-Françoise-Thérèse. Sa marraine était sa sœur aînée, Marie-Louise, et son parrain Paul Boul ; tous deux âgés de treize ans.

Deux mois après, elle frôla la mort et fut confiée à une nourrice. La santé revint après un séjour vivifiant à la campagne.

Après la mort prématurée de la Maman Zélie (1877), qui affecta beaucoup Thérèse, Monsieur Martin transporta tout son petit monde dans cette propriété des Buissonnets à Lisieux, où était pharmacien son beau-frère. Déjà étaient morts deux de ses filles et ses deux petits garçons.

Thérèse était sa benjamine et, peut-être, sa préférée, quoiqu’il eût toutes les attentions nécessaires pour la bonne éducation de tous ses enfants. Il appelait Thérèse «la petite Reine de France et de Navarre».

On connaît bien des détails de l’évolution de sa personnalité par le récit sincère et sans complaisance qu’elle en fit plus tard, pour obéir à la volonté de sa Prieure au Carmel, sœur Agnès de Jésus, sa propre sœur Pauline. 

Elle n’était pas sans défauts et sans caprices, mais elle apprit tôt à se corriger. Elle combattit son entêtement et son égoïsme. A trois ans, elle avait résolu de ne rien refuser au bon Jésus.

En août 1879, elle crut voir passer dans le jardin son père, cassé, vieilli, la tête voilée : vision prophétique de la paralysie cérébrale qui frapperait bien plus tard Monsieur Martin, dès 1889.

Elle se confessa pour la première fois en 1880, démarche qu’elle répétera à toutes les grandes fêtes, et, dit-elle, «c'était une vraie fête pour moi chaque fois que j'y allais».

En 1881, elle fut demi-pensionnaire à l’abbaye des bénédictines de Lisieux.

En 1883, une maladie «étrange», peut-être simplement nerveuse, sembla conduire Thérèse au bord de la folie : tremblements, hallucinations, frayeurs, délire… Elle donnait tant de soucis à la famille qu’on faisait une neuvaine pour sa guérison à Notre-Dame des Victoires. Or, au soir de la Pentecôte, Thérèse vit s’animer la petite statue de la Vierge qui était dans sa chambre ; le mal disparut. Sa grande sœur était présente, et pouvait attester du changement, après avoir constaté l’attitude extatique de Thérèse.

1884 : Première communion, puis Confirmation.

Thérèse avait une forte tendance à une émotion excessive. Elle combattit aussi ce trait de caractère, et, à partir de Noël 1886, elle vainquit pour toujours les larmes ; ce sera pour elle sa «nuit de conversion», où elle changea vraiment du tout au tout.

Dans le sillage de ses deux sœurs aînées, Thérèse exprima en 1887 son désir d’entrer au Carmel, mais elle était bien jeune. Son père n’y mettait pas d’objection, si c’était là la volonté de Dieu, mais c’est l’oncle Guérin qui s’y opposait formellement. On prit rendez-vous chez l’évêque (et pour l’occasion, Thérèse avait relevé ses cheveux en chignon, pour se vieillir) ; l’évêque voulait réfléchir et aurait consulté Rome.

Un pélerinage à Rome donna à Thérèse l’occasion de montrer sa détermination et la solidité de sa vocation. Lors de l’audience papale, elle réussit à parler au pape (Léon XIII), qui lui répondit : «Si le Bon Dieu veut, vous entrerez».

De retour en France, Thérèse se prépara en se sanctifiant et en priant. Elle priait pour la conversion de l’assassin Pranzini qui, après avoir toujours refusé la présence du prêtre, demanda à baiser le crucifix avant son exécution ; elle brisait sa volonté propre, retenait une parole de réplique, rendait des services sans se faire valoir…

L’entrée au Carmel eut lieu en avril 1888. La prise d’habit, en janvier 1889. La première profession en septembre 1890, en s’offrant «pour sauver les âmes et surtout prier pour les prêtres».

Désormais elle signa «Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus de la Sainte-Face». On se souvient de la «vision» qu’elle eut en 1879, et qui commençait à se vérifier : Monsieur Martin était soigné à Caen, avant de s’éteindre bientôt en 1894. C’est en référence à cette maladie dégénérescente que Thérèse se confiait à la «Sainte Face» du Christ.

Thérèse entra dans une communauté de femmes qui ne sont pas toujours des saintes, malgré leur état de sainteté, car chacune est toujours en route vers cette sainteté, avec des lacunes ici et là. Thérèse s’efforça de supporter tout cela avec le sourire, dans toutes les charges où on l’établit : au réfectoire, à la sacristie, ou comme assistante de l’économe, et à la porterie.

En 1893, elle fut sous-maîtresse des novices. Elle écrivit de petites pièces de théâtre, des poèmes. On aimait sa poésie.

Monsieur Martin s’éteignit en 1894.

En 1895, Thérèse s’offrit à être consumée entièrement par l’amour miséricordieux du Bon Dieu. Elle en ressentit comme une blessure intérieure, une blessure d’amour, comparable à la transverbération de sainte Thérèse d’Avila. Mais elle eut aussi les premiers signes de sa prochaine maladie, avec des douleurs à la gorge et dans la poitrine.

A partir de 1896, pendant l’année qui précèda sa mort, elle fut frappée d’une pénible tentation contre la foi, ressentant comme l’absence totale de Dieu et de toute consolation spirituelle. Epreuve d’autant plus douloureuse que la tuberculose se déclara, avec des crachements de sang et la difficulté croissante pour respirer.

En juillet 1897, elle fut transférée définitivement à l’infirmerie. Le 19 août, elle reçut l’Eucharistie pour la dernière fois ; elle mourut le 30 septembre en exprimant ces dernières paroles à l’adresse de son Crucifix : «Oh ! je l’aime ! Mon Dieu ! je vous aime !» Elle eut un moment le regard irradié, fixé en haut, en extase, puis ferma les yeux.

La vie de la «petite Thérèse» est toute dans l’héroïsme, et Thérèse de Lisieux ne le cède en rien à la «grande» Thérèse d’Avila. Thérèse savait rejoindre Jésus-Christ dans l’effort du moment, dans l’humilité, dans la patience, dans la douceur. Elle se porta un jour volontaire pour seconder à la lingerie une religieuse âgée neurasthénique, au caractère très difficile, pour lui apporter un peu de douceur et de réconfort. Un jour qu’elle remarquait le bruit incessant que faisait une autre Consœur avec son dentier, elle eut l’idée d’écouter charitablement ce bruit comme une musique extrêmement harmonieuse, qu’elle prit même plaisir à entendre.

Comme on l’a dit, Thérèse avait un zèle réellement missionnaire pour les âmes. Elle correspondit avec deux jeunes missionnaires. Après sa mort, la dévotion à Thérèse se répandit dans le monde entier à une vitesse véritablement étonnante.

La «pluie de roses» qu’avait annoncée Thérèse avant sa mort se vérifia bien vite. Les miracles abondèrent. Un des miracles reconnus est la guérison de la cataracte d’une petite Edith, qu’on connaît très bien sous le nom de Edith Piaf.

Pour la béatification de Thérèse, on retint d’abord six miracles, dont deux particulièrement : la guérison d’un séminariste de Lisieux et celle d’une Religieuse d’Ustaritz (Bayonne, Pyrénées Atlantiques).

Cette Religieuse était née en 1888 à Sus (Navarrenx, Pyrénées Atlantiques) ; entrée chez les Filles de la Croix à Ustaritz en 1911, elle souffrit d’un grave ulcère d’estomac qu’on ne put opérer. La communauté fit une neuvaine à Thérèse de Lisieux du 3 au 11 juin 1915 ; les trois premiers jours de juillet, de nuit, Thérèse apparut à la Malade, lui recommandant : Récitez fidèlement tous les jours : 3 Pater, Ave et Gloria, avec l’invocation : Cœur Sacré de Jésus, protégez l’Eglise, la France et la Congrégation. Propagez cette dévotion parmi vos Sœurs. Il y eut ces trois jours-là un parfum inexplicable dans la chambre de la Sœur. Le 10 septembre, trois mois après la fin de la neuvaine de la communauté, Thérèse apparut à nouveau et dit à la Sœur : Soyez bien généreuse, et vous guérirez bientôt. Ce matin-là, on retrouva autour du lit des pétales de roses de toutes les couleurs. Le 21, après quelques jours de douleurs encore plus forte, la Sœur s’endormit et se réveilla le 22 septembre 1915, complètement soulagée, guérie. Les médecins ne purent que constater avec étonnement que les radiographies ne montraient pas même une trace de lésion, et furent surtout surpris de la rapidité d’une telle guérison. Cette guérison perdura, jusqu’à la mort de la Sœur, en 1937.

Thérèse de l’Enfant-Jésus fut proclamée bienheureuse en 1923, et sainte en 1925.

En 1927, elle était proclamée patronne de toutes les missions dans l’univers, à l’instar de saint François-Xavier (voir au 3 décembre). En 1944, elle fut proclamée patronne secondaire de la France, à l’égal de sainte Jeanne d’Arc.

On se souviendra aussi de la conversion en prison du meurtrier Jacques Fesch, qui se référera à sainte Thérèse dans son dernier écrit, la veille de son exécution.

Enfin, en 1997, un siècle après sa mort, sainte Thérèse a été proclamée Docteur de l’Eglise, en considération de l’excellence de ses écrits.

Mentionnée le 30 septembre au Martyrologe, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face est fêtée le 1er octobre, mois particulièrement dédié à la prière pour les missions.

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28 septembre 2020 1 28 /09 /septembre /2020 23:00

29 SEPTEMBRE

 

SS Archanges Michel, Gabriel, Raphael.

III.

S Eutychius, évêque à Héraclée de Thrace et martyr.

IV.

SS Dadas, Kasdoa et leur fils Gabdelaa, martyrs en Perse.

Stes Ripsimis, Gaiana et leurs compagnes, martyres en Arménie.

V.

S Fraternus, évêque à Auxerre.

VI.

S Kyriakos, grec, neveu d'un évêque et fils d'un prêtre, prêtre en Palestine ("canonarque", il donnait le ton pour chanter et dirigeait le chant du canon) ; il avait comme gardien un gros lion très bien dressé et très poli ; il mourut à cent sept ans.

?

S Bouin, ermite dans la région de Troyes.

VIII.

S Liutwin, évêque à Trèves et fondateur de l'abbaye de Mettlach ; il aurait été le neveu de son prédécesseur (Basin) et le père de son successeur (Milo).

SS Cathold, Anno et Diethard, moines en Bavière et patrons de Eichstätt.

X.

S Alaric, ermite et moine à Einsiedeln.

XI.

S Garcia, abbé à Arlanza ; il aurait changé l'eau en vin un vendredi saint.

XII.

S Maurice, premier abbé à Langonnet, puis près de Quimperlé ; moins de trente ans après sa mort, l'abbaye prit le nom de Saint-Maurice.

XIII.

B Jehan de Montmirail, chevalier très vaillant devenu cistercien à Longpont où il fut un virtuose de la mortification. 

XIV.

B Richard Rolle, ermite en Angleterre, célèbre mystique.

B Charles de Blois, duc de Bretagne, lettré et musicien, auteur d'une Vie de s. Yves ; il avait habité le Penthièvre, domaine de son épouse et mourut à la bataille d'Auray.

XV.

B Jean de Gand, ermite à Saint-Oyend-de-Joux ; avant Ste Jeanne d'Arc, il intervint par ses prédictions auprès du futur Charles VII et du roi anglais Henri V. 

B Nicoló de Forca Palena, des Hiéronymites, mort centenaire.

S Jan de Dukla , franciscain (bernardin) polonais, patron de la Pologne, canonisé en 1997.

XVII.

SS Lorenzo Ruiz, premier martyr des Philippines, père de famille, martyr au Japon, béatifié en 1981 et canonisé en 1987, fêté le 28 septembre, avec les prêtres dominicains Miguel de Aozaraza (basque espagnol), Guillaume Courtet (français), Vincentius Shihotsuka de la Croix (japonais), et un laïc japonais lépreux, Lazarus de Kyoto ; ce dernier avait apostasié durant quelques heures puis s'était repenti.

S René Goupil, médecin, martyr au Canada chez les Hurons, fêté le 19 octobre avec s. Isaac Jogues et ses compagnons.

XX.

Bx martyrs espagnols  en 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Jésuites : près de Valencia, les prêtres Pau Bori Puig et Darío Hernández Morató (*1864, 1880) et le profès Vicente Sales Genovés (*1881) ;

Capucins : près de Valencia, le prêtre Santiago Mestre Iborra (S. de Rafelbuñol, *1909) en même temps que son père et ses huit frères ;

Laïcs : à Lleida, Francesc de Paula Castelló Aleu (*1914) ;

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : à Madrid, le prêtre José Villanova Tormo (*1902), et les clercs Virgilio Edreira Mosquera avec son frère Francisco (*1909, 1914) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : Antonio Martínez López (*1891), près d’Almería ;

Missionnaires du S.Cœur : près de Girona, les prêtres Abundio Martín Rodríguez, Antonio Arribas Hortigüela, José Vergara Echevarria, Josep Oriol Isern Masso  (*1908, 1908, 1908, 1909) ; les convers Gumersindo Gómez Rodríguez, Jesús Moreno Ruiz, José del Amo y del Amo  (*1911, 1915, 1916) ;

- béatifié en 2020 :

Diocésains : près de Grenade, le prêtre José Antonio Rescalvo Ruiz (*1880).

B Luigi Monza (1898-1954), prêtre italien, fondateur d'un cercle récréatif, “Nostra Famiglia”, pour occuper les jeunes (chœur, théâtre, études, sport), béatifié en 2006.

B Nicolás Tum Castro Quiatan (1945-1980), catéchiste guatémaltèque et acolythe, martyr, béatifié en 2020.

 

Eutychios de Périnthe

3. siècle

 

Périnthe - qui devint Héraclée de Thrace - se trouvait au NE de la Grèce antique ; c’est aujourd’hui la ville de Ereğli ou Marmara Ereğli, dans la partie européenne de la Turquie.

Cette ville était un siège épiscopal : Eutychios en fut évêque au troisième siècle.

Il aurait été martyr.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Eutychios de Périnthe au 29 septembre.

 

 

Rhipsimi et Gaiani d’Arménie

† 301

 

Il doit bien y avoir quelque chose d’authentique dans ce que raconte la «légende» de ces Saintes.

Rhipsimi (ou Ripsimis), avec sa nourrice Gaiani (ou Gaiana) se seraient enfuies de Rome, où l’empereur Dioclétien les convoitait, particulièrement Rhipsimi qui était d’une ravissante beauté. On pourrait supposer qu’elles habitaient déjà dans quelque province orientale. Le fait est qu’elles vinrent en Arménie, à Vagharchapat vraisemblablement.

Le roi arménien Tiridate IV, à son tour, se les fit amener et, s’étant fait éconduire par elles, les tortura : Rhipsimi eut la langue arrachée, l’estomac ouvert, les yeux crevés et fut exécutée. Gaiani subit un sort analogue.

Leurs corps furent ensuite mis en morceaux.

Cela se passa vers 301 à Etchmiadzin.

On a associé à Rhipsimi et Gaiani des Compagnes, au nombre d’une trentaine. Elles sont les premières Martyres de l’Arménie.

Le Martyrologe Romain mentionne saintes Rhipsimi et Gaiani d’Arménie au 29 septembre.

 

 

Fraternus d’Auxerre

† 451

 

Fraternus succéda à s.Germain (v. 31 juillet) et fut donc le septième évêque d’Auxerre, en 448.

Il aurait été ce prêtre appelé ailleurs Saturnus, à qui Germain confia la direction du diocèse en son absence.

Fraternus, donc, fut consacré le 26 septembre 448.

En 451, les Huns traversèrent la ville. Ce seraient eux qui auraient mis à mort Fraternus ; mais ce fait est contesté.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Fraternus d’Auxerre au 29 septembre.

 

 

Kyriakos l’anachorète

449-557

 

Kyriakos naquit en 448-449 à Corinthe (Grèce), de Ioannis et Eudoxia. Ioannis était prêtre.

Quand il eut dix-huit ans, son grand-oncle Petros, évêque de Corinthe, l’ordonna lecteur. Mais Kyriakos entendit l’appel de Dieu quand on proclama le verset évangélique : Si quelqu’un veut se mettre à ma suite, qu’il se renonce, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive (Mt  16:24) ; il partit secrètement pour Jérusalem.

Il se présenta à s.Euthymios (v. 20 janvier), qui lui remit l’habit monastique, mais ne voulut pas le garder à cause de son jeune âge ; il l’envoya à s.Gerasimos (v. 5 mars) : celui-ci se prit d’une grande amitié pour Kyriakos, car ce jeune moine faisait de très grands et rapides progrès dans la sainteté, mettant à profit tout ce que la grâce de Dieu suggérait à son cœur. Après neuf années de cette vie très ascétique au pain et à l’eau, Kyriakos revint au monastère d’Euthyme, qui venait de mourir.

Mais le monastère était en train d’évoluer : la vie érémitique était en passe de devenir cénobitique, et les moines se divisèrent. Kyriakos préféra s’en séparer pour aller à la laure de Soukas. A quarante ans, il reçut le sacerdoce et fut nommé sacristain (skevophylax) : il était chargé du soin des vases sacrés, des reliques ; il devait annoncer l’office et, durant l’office, donner le ton. Cela dura une quarantaine d’années, durant lesquelles jamais le soleil ne le vit en colère, ni manger de nourriture : ceci pourra nous sembler impossible, mais c’est Kyriakos lui-même, en toute simplicité, qui le reconnut.

Pour annoncer l’office de nuit, il prenait son temps et frappait lentement et consciencieusement une pièce de bois, en récitant entièrement le long psaume 118 (le plus long de tous, qui comporte vingt-deux strophes de huit versets).

Il avait environ soixante-dix ans, lorsqu’il se retira dans le désert de Natouphas, où sa nourriture consista en oignons sauvages ; voulant tout de même fuir les foules qui le cherchaient pour obtenir de sa prière des délivrances ou des guérisons, Kyriakos  - nonagénaire - alla s’installer dans le désert de Rouba, qu’il dut encore quitter. Il vint à Sousakim, pendant sept années, revint quelque temps à Soukas, dans une grotte étroite et sombre, où on le consultait pour combattre les partisans de l’origénisme, puis repartit à Sousakim, désormais centenaire.

L’endroit où il se fixa, était gardé par un gros lion qu’il avait dûment apprivoisé ; l’animal était fort poli et d’une gande douceur.

Deux ans avant de mourir, Kyriakos fut ramené par des moines à Soukas. Il y mourut à plus de cent-huit ans, en 557.

Saint Kyriakos l’anachorète est commémoré le 29 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Liutwin de Trèves

† 715

 

Lutwinus - Liutwin, Lutwin, Ludwin, Leodewin, selon les traducteurs et les époques, était de souche noble franque.

Il avait un oncle, Basin, qui fut évêque de Trèves jusqu’en 705.

Entre temps, Liutwin se maria et eut deux fils, Milo et Wido, peut-être aussi une fille nommée Rotrude.

D’après une sorte de légende, lors d’une expédition de chasse, il s’endormit en plein soleil dans une clairière, mais un aigle vint étendre ses grandes ailes au-dessus de lui pour le protéger d’une possible insolation. Quand son serviteur le lui raconta, il vit là un signe de Dieu et fit construire à cet endroit une chapelle.

Vers 690, il fonda le monastère de Mettlach.

A la mort de l’oncle Basin, c’est lui qui fut choisi pour lui succéder, comme trentième évêque de Trèves. Ici intervient un épisode difficile à résoudre historiquement : Liutwin aurait aussi assumé les diocèses de Reims et de Laon, ce qui lui pouvait lui conférer une immense autorité dans le royaume franc.

Le fait est que, lorsqu’il mourut à Reims, en 715, c’est son fils Milo qui fut évêque, à Trèves comme à Reims, alors que la liste épiscopale de Reims ne contient pas le nom de Liutwin. La liste de Laon, en revanche, n’a les noms ni de l’un ni de l’autre.

Milo voulut inhumer son père à Trèves, mais les circonstances ne s’y prêtaient pas. On décida alors de «laisser choisir» au Défunt le lieu de sa sépulture : on déposa son cercueil sur une embarcation, qui remonta d’elle-même la Moselle, la Sare, et vint acoster à Mettlach, où les cloches se mirent spontanément à sonner.

Saint Liutwin de Trèves est commémoré le 29 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Alaric d’Ufnau

† 973

 

Le peu qu’on dit sur s.Alaric (Adalaric) n’est pas absolument certain.

Il serait le fils de Burchard II, duc des Alemans, et de Regulinda. Certains avancent que cette dernière, d’après la chronologie, n’eut pas d’enfants.

De bonne heure, ces pieux parents le confièrent à l’abbaye d’Einsiedeln, où il commença son noviciat vers 940.

La confiance de ses supérieurs le fit nommer - on ne sait au juste : portier, ou cellerier ou hôtelier, raison pour laquelle il est représenté avec un trousseau de clefs.

Mais Alaric tendait vers plus de solitude et vint habiter longtemps sur l’île d’Ufnau, dans le lac de Zürich, où d’ailleurs sa mère le rejoignit, fit construire deux églises et mourut, léguant à Alaric de grandes propriétés. Alaric en profita pour faire construire l’habitation des ermites venus vivre avec lui.

Plusieurs fois, l’eau monta sur le lac, empêchant tout accès à l’île : Alaric reçut alors d’un ange le pain qui lui était nécessaire pour la journée.

Alaric mourut dans cette solitude, vers 973.

Saint Alaric d’Ufnau est commémoré le 29 septembre dans le Martyrologe Romain.

Maurice Duault de Langonnet

1113-1191

 

Maurice naquit au village de Kerbarth en Croixanvec (Morbihan), de parents laboureurs, qui vinrent s’établir ensuite à Loudéac (Côtes d’Armorique).

On raconte qu’ayant été envoyé par ses parents garder un champ fraîchement ensemencé contre les corbeaux, il intima l’ordre à ceux-ci de le suivre dans la grange où il les enferma et put les observer à son aise.

L’enfant commença à étudier avec d’excellents résultats ; on l’envoya étudier à Pontivy puis à Paris ; devenu clerc, il fut déjà écolâtre (professeur).

Il reçut le sacerdoce à vingt-trois ans.

Mais Maurice n’avait pas d’ambitions terrestres ; en 1140, il alla se présenter à la nouvelle abbaye cistercienne de Langonnet.

Il y cherchait le recueillement et l’oubli, qui ne durèrent pas longtemps : en 1145, il fut élu abbé, et le resta une trentaine d’années.

En 1177, Langonnet donnait naissance à une nouvelle abbaye sur les terres de Carnoët, et Maurice accepta d’y guider le premier groupe ; ce fut l’abbaye Notre-Dame de Carnoët.

C’est dans ce havre de paix et de poésie que son âme acheva de s’unir à Dieu. En retour, Dieu lui accorda le don des miracles, avant comme après sa mort.

Celle-ci eut lieu à Carnoët, croit-on, le 29 septembre 1191. 

Si la procédure de canonisation n’a pas pu aboutir, la vox populi s’en est chargée et les papes concédèrent à l’Ordre cistercien la célébration de la fête de saint Maurice de Langonnet. 

L’abbaye Notre-Dame de Carnoët prit le nom d’abbaye Saint-Maurice.

 

 

Jehan de Montmirail

1165-1217

 

Jehan naquit en 1165, fils d’André de Montmirail (Brie) et Hildiarde d’Oisy. 

Son heureux caractère et ses bonnes dispositions faisaient la joie et la fierté de ses bons parents. Sa mère mourut tôt, et la seconde épouse de son père fut vraiment une seconde mère pour lui.

Jehan étudia le latin, le droit ; chevalier en esprit avant que de l’être dans les faits, il se montra grand justicier, courageux dans toute ses actions.

Il fréquenta le fils de Louis VII, qui était du même âge, le futur Philippe Auguste. Très renommé, il cumulait les titres : baron de Montmirail, comte de La Ferté-Gaucher, seigneur de La Ferté-sous-Jouarre (et d’autres lieux), vicomte de Meaux, châtelain de Cambrai. Ami du roi, il en devint le favori et le conseiller.

Il épousa vers 1185 Helvide de Dompierre et de Bourbon, dont il eut sept enfants : Guillaume, Jean II, Mathieu, Elisabeth (qui fut religieuse), Félicie, Marie et Renaud (qui mourut en croisade).

De l’avis unanime des contemporains, Jehan fut un preux chevalier qui sut rendre au roi Philippe Auguste des services signalés ; devant Gisors, il lui sauva la vie.

Il fut un chevalier magnifique et prodigue. Il lui arrivait, avoua-t-il plus tard, de gaspiller mille livres dans un seul tournoi.

Devant la conduite indigne d’un chanoine régulier, il voulut changer de vie ; un vrai changement, et non un petit arrangement, qui se produisit autour de l’an 1200. Il avait déjà brillé par son grand cœur, il continua en maintenant le bon ordre dans toutes ses terres, redressant les torts, se montrant sévère envers les injustices et bon avec les faibles.

Il déclara libérés de leur dette ceux qui avaient emprunté à des usuriers.

Il ouvrit un hospice près de son château, où il fut le premier infirmier et s’occupa avec empressement des malades parfois les plus repoussants. Un jour qu’une odeur infecte sortait d’une horrible plaie, il s’employa à intervenir, assurant que cette odeur m’est un parfum. C’étaient mes péchés qui sentaient mauvais.

Il se faisait coiffer avec le peigne utilisé pour les teigneux.

Il porta sur son dos jusque chez elle une pauvre femme malade, en plein jour, sans s’occuper du qu’en dira-t-on.

Il prit l’habit d’un lépreux et lui remit son propre habit. Il faisait coucher un pauvre dans son lit et dormait par terre.

Il supplia un jour Notre-Dame de l’exaucer, et la réponse fut… une vive douleur au côté, qui le tourmenta quatre ans.

Il songea à partir en guerre contre les Albigeois : on l’en dissuada et il obéit ; après avoir consulté des théologiens, il entra à l’abbaye cistercienne de Longpont, avec l’assentiment de son épouse.

Dans cette abbaye, il montra une parfaite obéissance et une réelle humilité à servir les confrères. Quand l’abbé lui ordonna de manger tout le pain qu’on lui donnait, il le fit ; puis tout un poisson, il avala aussi la tête et les arêtes. Un jour qu’un de ses anciens domestiques, entré au monastère, lui avait ciré ses chaussures, il ne s’en consola qu’en allant cirer celles du domestique. Même le mot de «cistercien» lui semblait excessif pour lui ; il aurait préféré être un valet de ferme qui se sanctifie par le fumier et le purin. 

Jean mourut le 29 septembre 1217 et, si le procès de canonisation n’aboutit pas, le culte en fut cependant approuvé en 1891.

 

 

Richard Rolle

1290-1349

 

Richard Rolle fut un ermite anglais et un des grands mystiques de son temps.

Il naquit en 1290 à Thornton (Yorkshire N).

A dix-neuf ans, il quitta ses études à Oxford pour embrasser la vie érémitique, au grand dam de sa famille.

Il assure que, s’il changea de lieu de retraite, c’était sincèrement pour trouver la vraie solitude. Il fut auprès de la maison de John Dalton, puis à Richmond, enfin non loin d’un monastère de Cisterciennes de Hampole. Il fut aussi en d’autres endroits, qu’on n’a pas identifiés.

On le laissa prêcher, mais il n’est pas sûr qu’il ait été prêtre. On ne sait pas non plus s’il fut assistant spirituel des Cisterciennes de Hampole.

Il a laissé un œuvre assez important, en latin et en anglais, dans un style souvent poétique, qui fut largement diffusé dans toute l’Europe.

On découvre dans ses écrits qu’il fut à ce point embrasé de l’amour de Dieu, qu’il perdit tout attrait pour les créatures.

Il a écrit notamment Incendium amoris (Le feu d’amour) et De l’amendement du pécheur, Le modèle de la vie parfaite, Le ‘Pater’…

Il mourut à Hampole le 29 septembre 1348, peut-être victime d’une épidémie de peste. Des miracles se produisirent sur sa tombe. A partir de 1380 un culte se développa, qui le fit appeler bienheureux, mais il ne se trouve pas au Martyrologe.

 

 

Charles de Blois

1319-1364

 

Charles était le fils de Guy de Châtillon et de Marguerite de Valois, la sœur du roi Philippe VI.

Le pieux jeune homme eut toute sa (courte) vie à combattre à cause d’une pitoyable guerre de succession interminable. Lui-même écrivit un jour : Il eût mieux valu que je fusse frère mineur, car le peuple de Bretagne ne peut avoir la paix à cause de nos querelles, et cependant je ne puis rien là-dessus sans le conseil des barons.

En 1337, il épousa Jeanne de Penthièvre, avec laquelle il eut trois fils et deux filles. D’aucuns prétendent qu’il eut aussi un fils naturel, ce qui, pour un homme comme Charles, paraît improbable.

C’était un bel homme, lettré, connaissant le latin, la musique, composant des vers.

Pieux, il portait un cilice serré par une corde de crins et passait de longues heures en oraison. Ce fut un protecteur des Religieux, les Frères mineurs en particulier, des hôpitaux, des pauvres et des orphelins, qui bénéficiaient de ses largesses.

En 1347, il obtint la canonisation de saint Yves (v. 19 mai), pour lequel il avait une grande dévotion.

Cette même année, il fut fait prisonnier par les Anglais à La Roche-Derrien, après avoir reçu dix-huit blessures. C’est durant sa captivité en Angleterre qu’il écrivit une biographie de saint Yves. En 1351, laissant ses deux fils en otages (Gui mourra sur place durant ce temps), il tenta de rassembler le prix de sa rançon, se reconstitua prisonnier et ne fut libéré qu’en 1356, moyennant une énorme rançon qui n’était pas encore soldée à sa mort.

Peu après sa libération, il fit un pèlerinage pieds-nus à Tréguier, par un temps glacial : on voyait sa chair se détacher en lambeaux et saigner en abondance.

Charles mourut lors de la bataille d’Auray, le 29 septembre 1364.

La canonisation faillit avoir lieu au moment où le pape Grégoire XI allait quitter Avignon pour rentrer à Rome (1376). La bulle se perdit. Le culte immémorial fut confirmé en 1904.

Jean de Gand

† 1439

 

Moins connu que sainte Jeanne d’Arc, notre ermite précéda la grande Héroïne auprès des rois de France et d’Angleterre.

L’ermite habitait la grotte Sainte-Anne, qui dominait Saint-Oyend-de-Joux, l’actuelle Saint-Claude ; la ville doit son nom au saint évêque, que Louis XI appelait “Monseigneur Saint Claude”. On utilisait fréquemment des “patenostres de sainct Claude” ou chapelets : Jean en laissa un au roi Louis XI, qui tenait cette relique en grande vénération. Le tombeau du Saint comtois était le but de pèlerinages européens, et Jean était donc venu s’y établir, vraisemblablement originaire de Gand.

Divinement inspiré, Jean alla trouver le dauphin Charles, réfugié à Bourges depuis juin 1418. Il lui promit un fils et la paix. Notons qu’à cette date, Jeanne d’Arc avait six ans et sa mission commencera en 1428, même si ses “Voix” lui parlèrent déjà bien avant cette date.

Jean alla ensuite voir Henri V d’Angleterre. Il le rencontra après août 1421 et lui demanda d’abandonner sa conquête de la France. Le roi ayant répondu de façon évasive, l’ermite lui annonça que Dieu le ferait mourir avant un an.

Près de mourir, Henri V revit l’ermite, qui lui ôta tout espoir de triompher de la France en la personne de son héritier (1422). 

C’est donc quelques années plus tard que Jeanne d’Arc entrera en action, et fut immolée, comme l’on sait, en 1431.

L’ermite Jean, quant à lui, mourut à Troyes le 29 septembre 1439, après avoir vu ses prédictions réalisées. Il aimait fréquenter les Frères Prêcheurs de cette ville, et fut enterré dans leur église.

Louis XI, qui était scrupuleusement fidèle à ses amis célestes, tint à prouver sa reconnaissance au bon ermite qui avait annoncé sa naissance et la libération du royaume. En 1482, il fit lever le corps de l’ermite. L’épitaphe disait : “Ci-gît l’ermite de saint Claude, qui se nommait Jean de Gand…” Puis le roi écrivit au pape Sixte IV une supplique en vue de la canonisation du prophète patriote. Il envoya un drap d’or à placer sur le cercueil de Fr. Jean de Gand. 

Le 18 juillet 1483 - il devait mourir le 30 août - Louis demandait aux dominicains de Troyes des “patenôtres du saint ermite”. 

Sixte IV, bien disposé envers saint Claude, mourait à son tour en 1484, et la cause du bon ermite ne fut pas poussée plus avant. De nos jours, à Gand et surtout à Troyes, il a été question de la reprendre. 

Un reste des reliques de Jean a échappé à la Révolution et se trouve au carmel de Troyes.

Le bienheureux Jean de Gand n’est pas inscrit dans l’actuel Martyrologe Romain.

 

 

Nicoló de Forca Palena

1349-1449

 

Nicolas vint au monde dans une modeste maison de Forca (Chieti, Italie CE), au lendemain d’un grave tremblement de terre, le 10 septembre 1349. Il reçut au baptême le nom du Saint du jour, s.Nicola de Tolentino.

Vers trente ans, il pouvait déjà être prêtre, car il passa dans le bourg voisin de Palena, qui était plus sûr et fortifié, et où il exerça son ministère sacerdotal pendant une vingtaine d’années.

Lors d’un pèlerinage à Rome, il connut une communauté d’ermites agrégée au Tiers-ordre franciscain. L’endroit était proche des thermes de Néron. Les qualités et les dons intellectuels de Nicoló le firent nonmmer prieur.

Rome, au début du 15e siècle, était agitée par des factions ; les papes ne pouvaient y résider et l’ambiance était troublée. Nicoló alla fonder à Naples un ermitage avec un petit hospice.

En 1419, il revint à Rome et fonda sur le Janicule un ermitage sous la protection de saint Onuphre. Il se lia alors d’amitié avec Pietro Gambacorta de Pise qui, devenu pape, le garda auprès de lui et lui fit réformer deux couvents à Florence. Pietro Gambacorta avait fondé les Ermites de Saint-Jérôme (Hiéronymites), auxquels se joignirent Nicoló et ses disciples.

De retour au Janicule romain, Nicoló y mourut centenaire, le 1er  octobre 1449.

Les nombreux miracles aboutirent à la reconnaissance du culte en 1771, alors que Nicoló avait déjà été choisi depuis longtemps par Palena comme patron principal.

Les Hiéronymites furent officiellement dissous en 1933 ; l’église Saint-Onuphre est l’actuel siège de l’Ordre du Saint-Sépulcre.

Nicoló est commémoré au Martyrologe le 29 septembre.

 

 

Jan de Dukla

1414-1484

 

Ce n’est pas ce qu’on sait de lui qui remplira beaucoup de pages.

Jan naquit en 1414 à Dukla (Podkarpackie, Pologne).

Il fréquenta l’université de Cracovie et sut arriver à une heureuse harmonie entre la simplicité franciscaine et la sagesse théologique. Beaucoup voudront écouter ses homélies ou ses conseils en confession.

Il commença par vivre en ermite, dans la plus absolue pauvreté franciscaine, non loin du couvent de Dukla, où il entra ensuite. 

Bien vite, il fut appelé à être gardien (supérieur) du couvent de Lviv (ou Lvov, Ukraine), où il eut une grande activité comme prédicateur et confesseur.

Sur la suggestion de Giovanni de Capistrano, Jan passa aux Bernardins, des Franciscains réformés selon l’idéal de Bernardino de Sienne.

Parvenu à un grand âge, revenu à Dukla, il devint aveugle et se faisait lire l’Ecriture pour préparer ses homélies ; il gagnait à tâtons son confessionnal.

Il mourut le 29 septembre 1484 à Dukla.

De nombreux miracles attestèrent sa sainteté. Celui qu’on choisit en vue de la canonisation, fut reconnu en 1997.

Son culte fut confirmé en 1733. En 1739 Jan de Dukla fut proclamé patron principal de la Pologne et de la Lituanie, puis de la ville de Lvov et de la région.

Il fut canonisé en 1997.

Vincentius Shiotsuka

1576-1637

 

Né vers 1576 à Nagasaki (Japon), Vincentius entra chez les Dominicains, prenant le nom de Vincentius de la Croix.

Il fut ordonné prêtre.

Il subit le martyre, le même jour que Lorenzo Ruiz, et que les pères Guillaume Courtet et Miguel González Aoazaraza de Leibar, à Nishizaka (Nagasaki), le 29 septembre 1637.

On peut retenir que ce prêtre eut un moment de faiblesse durant son martyre et que, sous la douleur extrême des tortures, il céda un moment et sembla renier (ou renia) sa foi. Mais les exhortations de ses Compagnons le firent reprendre courage et il confessa fortement le Nom du Christ, pour lequel il versa son sang jusqu’à la dernière goutte.

Béatifié en 1981, il fut canonisé en 1987, avec ses Compagnons.

Leur fête commune est au 28 septembre.

 

 

Guillaume Courtet

1590-1637

 

Né vers 1590 (ou 1599) à Sérignan (Hérault), il était fils de Jehan Cortet (ou Courtet) et de Barbe Malaure.

Orphelin de mère en 1602, alors qu’il est élève à Béziers, il devint parrain d’un fils de Lort, une grande famille locale, ce qui prouve la réputation et le rang qu’il devait avoir alors.

En 1605, il partit pour l’université de Toulouse, et étudie la philosophie et la théologie.

En 1607, il entra au noviciat dominicain d’Albi et professa en 1608.

Son père mourra en 1611. En 1612, Guillaume fut nommé lecteur (professeur) de théologie, au vu de ses excellentes qualités religieuses et intellectuelles.

Il fut ordonné prêtre en 1614 et sera formateur des jeunes novices à Toulouse et à Bordeaux.

En 1624, il fut nommé prieur en Avignon. Il sera deux ans prieur, et recevra dix nouvelles vocations.

En 1626, il fut nommé commissaire pour l’Europe du Nord, une mission difficile durant laquelle il ne sera pas toujours bien reçu. C’est de cette époque que date une lettre où il se dit attiré depuis toujours vers les missions extrême-orientales.

Pour y arriver, il dut obtenir de ses supérieurs l’autorisation de séjourner quelque temps en Espagne (car seuls les Espagnols et les Portugais avaient alors la possibilité de rejoindre ces missions lointaines). Guillaume s’appela désormais Tomás de Santo Domingo. 

Pendant son séjour de cinq ans en Espagne, notre Tomás enseigna la théologie, fut confesseur de l’ambassadeur de France et conseiller spiriuel de la reine Isabelle (la fille d’Henri IV).

Le voyage pour les Philippines commença fin 1634, par le Mexique ; on arriva à Manille en juin 1635.

En attendant une possibilité de rejoindre le Japon, le père Tomás enseigna la théologie, car les Dominicains avaient une université à Manille.

Le gouvernement civil de Manille interdisait les voyages pour le Japon, craignant des représailles. Aussi le père Tomás s’embarqua clandestinement avec trois autres prêtres : Miguel Aozaraza, Antonio González, Vincentius Shihozuka, et deux laïcs : Lorenzo Ruiz et Lazarus.

Après un voyage véritablement houleux, ils abordèrent clandestinement sur l’île de Liou-Kiou, le 10 juillet 1636. 

Les précautions prises par les voyageurs et les chrétiens locaux furent insuffisantes et les cinq compagnons furent arrêtés dès septembre. Ils resteront enfermés en prison à Kagoshima durant un an en attente de leur procès.

En septembre 1637, ils furent transférés à Nagasaki, pour y être torturés et martyrisés.

Des témoins furent présents, qui purent raconter ces événements à des navigateurs en partance pour l’Occident : les Martyrs subirent le supplice de l’eau (maintes fois ingurgitée et régurgitée par des coups frappés sur le ventre), des alènes enfoncées sous les ongles, et le fameux tsurushi : pendues par les pieds, les victimes ont la tête au-dessus d’une fosse pleine d’ordures puantes, tandis qu’on comprime tout leur corps avec des plaques de bois solidement attachées, de sorte que la circulation du sang est très ralentie et que l’agonie est prolongée.

Durant ces supplices, le père Guillaume-Tomás fit dire aux bourreaux et aux juges qu’ils n’étaient pas si ennemis de la vie que le désir de mourir les eusse conduits au Japon ; que le but de leur voyage n’estait pas d’y laisser la vie mais d’y prescher l’Evangile de Jésus-Christ vray Dieu.

Les trois prêtres ayant résisté, ils furent décapités le 29 septembre 1637, avec Lorenzo Ruiz et Lazarus.

Les cinq furent béatifiés en 1981, et canonisés en 1987.

Le père Guillaume est ainsi le premier martyr français au Japon, et le premier dominicain français canonisé.

La fête commune de ces Martyrs est au 28 septembre.

 

 

Miguel González de Aozaraza de Leibar

1598-1637

 

Ce vrai Basque espagnol (il faudrait écrire son nom : Migel Gonzalez Aozaratzakoa Leibar) naquit en février 1598 à Oñate (Guipuzcoa, Espagne).

Entré chez les Dominicains, il fut ordonné prêtre.

Envoyé aux missions du Japon, il y subit le martyre, le même jour que Lorenzo Ruiz et le père Guillaume Courtet, à Nishizaka (Nagasaki), le 29 septembre 1637, le jour de la fête de l’Archange Michel.

Béatifié en 1981, il fut canonisé en 1987.

Leur fête commune est au 28 septembre.

 

 

 

Lorenzo Ruiz

1600-1637

 

Lorenzo était né vers 1600 à Binondo (Manille, Iles Philippines), d’un père chinois et d’une mère philippine.

C’est de ses parents qu’il appris le chinois. Ensuite il apprit l’espagnol auprès des Dominicains, qu’il fréquentait pour servir la messe et qu’il aidait comme sacristain.

Il devint aussi un membre de la Confraternité du Saint-Rosaire.

Il écrivait admirablement bien et put transcrire des documents avec une calligraphie toute professionnelle.

Il se maria et eut deux fils et une fille.

Sa vie bascula lorsque, présent lors d’un meurtre, il fut accusé de ce meurtre par les autorités. On n’a pas d’autres détails sur cet épisode, relaté par les Pères dominicains, chez lesquels Lorenzo avait trouvé refuge.

Là-dessus, Lorenzo voulut accompagner plusieurs prêtres dominicains qui allaient embarquer. On le lui permit ; à bord, il apprit que le but du voyage était le Japon, où sévissait déjà une violente persécution.

On aborda à Okinawa ; Lorenzo aurait pu aller à Formose, mais il savait que là les Espagnols l’auraient pendu, et décida de rester avec les Pères, qui étaient : l’espagnol Antonio González, le français Guillaume Courtet, le basque Miguel de Aozaraza, le japonais Vincentius Shihotsuka de la Croix, ainsi qu’un laïc, Lazarus, qui était lépreux.

Mais au Japon, tous furent bientôt arrêtés et emmenés à Nagasaki, déjà fameuse pour les nombreux Martyrs qui y furent exécutés précédemment (voir Paulus Miki, 6 février).

La première torture à laquelle ils furent soumis, fut d’être forcés à boire une grande quantité d’eau puis, étendus par terre, de rejeter cette eau par la bouche, le nez et les oreilles, tandis que les bourreaux piétinaient violemment leur estomac avec de longues planches qui comprimaient les Martyrs. Ensuite, on leur enfila des pointes de bambous sous les ongles.

Le supérieur, le père Antonio, mourut peu après. Le père Vincentius et Lazarus, cédèrent un moment sous la torture, mais se reprirent bien vite grâce aux encouragements de leurs compagnons.

Lorenzo, dans un moment de crise, demanda à l’interprète présent : Et si j’apostasie, on va me laisser en vie ? L’interprète se montra bien réservé. Lorenzo ne céda pas ; au contraire, sa foi grandit et se renforça ; il se montra très courageux, et même audacieux, envers ceux qui l’interrogeaient.

Les cinq victimes furent alors pendues par les pieds ; c’est le supplice du tsurushi : leur tête pend au-dessus d’une fosse pleine d’ordures puantes, tandis qu’on comprime tout leur corps avec des plaques de bois solidement attachées de sorte que la circulation du sang est très rallentie et que l’agonie est prolongée. 

L’agonie dura ainsi trois jours, au terme desquels moururent Lorenzo et Lazarus. Les trois prêtres dominicains, qui respiraient encore, furent décapités.

Ce martyre eut lieu le 29 septembre, fête de saint Michel Archange.

Lorenzo devint ainsi le premier Martyr des Philippines.

Il a été béatifié en 1981 et canonisé en 1987, avec ses cinq Compagnons (y compris le père Antonio).

Leur fête liturgique est célébrée le 28 septembre.

 

 

Lazarus de Kyōto

 † 1637

 

Il naquit à Kyōto, à une date qu’on ignore.

Comme Lazare dans l’évangile, le pauvre Lazarus était lépreux.

Il vivait comme laïc chez les Pères dominicains.

Arrêté avec Lorenzo Ruiz, il fut durement torturé et, un moment, renonça à sa foi sous l’emprise de la douleur extrême. 

Mais encouragé par Lorenzo et les autres Martyrs, il se reprit, confessa courageusement le nom du Christ et mourut en martyr, à Nishizaka, le 29 septembre 1637.

Entré au Paradis en même temps que les Religieux dominicains, Lazarus fut avec eux béatifié en 1981 et canonisé en 1987.

Il est fêté le même jour que saint Lorenzo Ruiz, le 28 septembre.

René Goupil

1608-1642

 

René était né le 15 mai 1608 à Saint-Martin-du-Bois (Maine-et-Loire).

Après quelques études de médecine et de chirurgie, il était entré au noviciat des Jésuites à Chantilly, près de Paris, mais connut l’infortune de devoir le quitter en 1639, à cause de sa surdité. On ne peut que se révolter contre celui ou ceux qui prirent une telle décision, mais il y avait à cette époque des «principes» sur lesquels on ne pouvait passer.

Cependant, René se porta volontaire pour travailler comme donné auprès des missionnaires jésuites du Canada, qu’on appelait alors la Nouvelle-France. C’est ainsi qu’on le trouve en 1640 à la mission de Saint-Joseph-de-Sillery.

En 1642, le père Isaac Jogues dut faire un long voyage de sa mission Sainte-Marie à Québec : il fallait accompagner le père Raymbault, malade de tuberculose, qui avait besoin de soins spéciaux. Mais les Hurons étaient en guerre avec les terribles Iroquois. Des Hurons s’offrirent pour accompagner les missionnaires. Partis le 13 juin, ils arrivèrent à Québec le 17 juillet, épuisés, mais sains et saufs.

Pour le retour, il n’y avait pas encore d’autres missionnaires disponibles pour accompagner le père Jogues. Mais le Supérieur proposa d’envoyer ce jeune homme assez versé en médecine, qui était notre René Goupil.

René n’avait pas traversé l’océan pour se dorloter, et accepta de bon cœur. Avec le père Jogues et un autre donné, Guillaume Couture, il s’occupa du chargement des canots : étoffes, ornements, graines, médicaments, livres, outils, armes, porcelaine et verroteries, vivres et courrier.

On partit le 23 juillet. Le 31, on fêta la Saint-Ignace (le fondateur des Jésuites) à Trois-Rivières. Le bruit courait que les Iroquois, effrayés des préparatifs du gouverneur Montmagny, qui allait bâtir le Fort-Richelieu entre Trois-Rivières et Montréal, avaient déguerpi loin du fleuve. Il fallait en profiter.

Le 1er août, le père Jogues célébra la messe, sachant qu’il ne la dirait plus avant quelques semaines, et donna l’Eucharistie à tous ses compagnons, qui ne se doutaient pas que c’était là leur Viatique. A l’embarcadère, on trouva d’autres Hurons qui rentraient chez eux. Ils étaient quarante hommes en douze pirogues. Une longue palabre s’établit pour fixer la route et les étapes. 

Les Pères encouragèrent les voyageurs, qui jurèrent fidélité et obéissance au chef de la groupe, Eustache, un Huron converti. Celui-ci prononça un discours magnifique d’esprit de foi et de courage : Si je suis pris par nos ennemis, je subirai la mort vaillamment ; ils ne peuvent rien sur l’esprit et, malgré les tortures, grande sera ma joie parce que j’irai au ciel !

La flotille franchit cinquante kilomètres le premier jour. Le lendemain, on aperçut des traces de pas sur la rive ; effectivement, des Iroquois se dressèrent, épaulant leurs mousquets : c’étaient des Iroquois de la tribu Mohawks, la plus féroce des tribus et, de plus, amis des Hollandais, qui les fournissaient en armes et en munitions.

 Les six pirogues de tête furent balayées par la décharge. Certains Hurons tentèrent de fuir à travers bois. D’autres embarcations firent demi-tour, mais des Iroquois leur barrèrent la route.

Certains Hurons moururent vaillamment, pour éviter un pénible esclavage. Guillaume Couture réussit à s’échapper. René Goupil, lui, tomba et fut fait prisonnier. Le père Jogues, qui était resté invisible derrière les joncs, se livra aux Iroquois pour demeurer avec les siens.

Guillaume Couture revint sur ses pas. Mis en joue par un Iroquois, il l’abattit, mais fut aussitôt fait prisonnier par d’autres Iroquois qui, se jetant sur lui, le déshabillèrent, le rouèrent de coups, lui écorchèrent les mains, le ligotèrent et l’emmenèrent au camp.

Le père Jogues fut atrocement torturé, ainsi que René Goupil : leur saisissant les mains, on leur arracha plusieurs ongles à belles dents, puis, les mordant les uns après les autres, leur enlevèrent peu à peu l’extrémité des deux index. Ils les broyèrent et les écrasèrent jusqu’à en faire jaillir des fragments d’os.

Ls Hurons qui avaient pu fuir dès le début de l’attaque, rejoignirent Québec, où ils supposèrent que les prisonniers ne devaient plus être en vie : ainsi se répandit, jusqu’en Europe, le bruit de la mort du père Jogues et de René Goupil.

Mais ceux-ci étaient bel et bien vivants, aux mains des Iroquois. Ceux-ci les emmenèrent sur une île du lac Champlain, où ils exhibèrent leurs «trophées» à la tribu qui s’y trouvait. On fit passer les prisonniers entre deux files d’Iroquois, qui les frappaient tour à tour. On les hissa ensuite sur une sorte d’estrade faite de branches et de claies.

Le chef Eustache eut les deux pouces coupés. Par ses deux plaies béantes, le long des os, on enfonça lentement une baguette pointue qui rentra jusqu’au coude. Eustache ne poussait pas un cri.

Les deux jours suivants, nouvelles rencontes de guerriers, nouvelles occasions de cruautés. Le 10 août, la troupe s’enfonça vers le Sud-Ouest à marches forcées. Jogues et Goupil n’en pouvaient plus ; leurs gardiens, pressés par le désir d’arriver chez eux, les laissèrent traîner à l’arrière. Le Père conseilla à son compagnon de fuir avec Couture. René Goupil refusa. A aucun prix il n’abandonnerait le Religieux.

Il demanda même à s’attacher à lui et à la Compagnie d’une façon plus étroite et sollicita la grâce de prononcer des vœux de dévotion. Jogues le lui accorda, et ensemble ils firent effort pour rejoindre la colonne.

On parvint à Ossernenon. Quatrième défilé entre les deux haies de bourreaux et l’installation sur l’estrade de torture. Jogues eut un pouce coupé. Les Iroquois se divertissaient à prolonger le supplice. Ils bandèrent les plaies et les cautérisèrent avec des tisons. Puis ce fut le tour de Goupil et de Couture.

A la nuit tombante, ils furent répartis entre diverses familles, on leur donna à manger un peu de blé d’Inde cuit à l’eau, puis on les étendit sur des écorces, les bras et les jambes liés à des pieux fichés en terre, comme s’ils eussent été sur une croix de Saint-André.

Alors vinrent les enfants, dont c’était le tour : pour s’amuser, ils jetaient sur les captifs des charbons rouges et des cendres brûlantes.

Les supplices se prolongèrent trois jours à l’échafaud ou dans les cases ; ainsi les captifs «fêtèrent»-ils la fête de l’Assomption de Marie (le dogme n’en était pas encore proclamé, mais la fête existait déjà).

Les tortures se répétèrent le 18 août à la halte suivante (Audagaron) ; à Tionotoguen, les jeunes gens déversèrent encore une fois des coups de bâtons sur les prisonniers, puis leur chatouillèrent les plaies à l’aide d’épines et de bâtons pointus,, puis suspendirent le père Isaac par les bras de façon que ses pieds ne touchassent pas le sol. Un quart d’heure après, le Père était fou de douleur et ne dut son salut qu’à la noblesse d’âme d’un autre Iroquois, qui trancha les cordes : les lois de l’hospitalité autorisaient cette audace. Plus tard, ce même homme mourut, baptisé par le père Jogues lui-même. 

Le 21 août, retour à Audagaron. On annonça aux prisonniers qu’ils seraient torturés et brûlés vifs la nuit suivante. L’exécution fut cependant différée et les Iroquois, divisés entre eux, décidèrent que Jogues, Goupil et Couture deviendraient esclaves de celui qui les avait faits prisonniers, tandis qu’Eustache et deux autres allaient mourir héroïquement sur le bûcher le soir-même.

L’apparente victoire des Iroquois n’était pas glorieuse : les prisonniers n’étaient plus d’aucune utilité pour leurs maîtres, car leurs mains mutilées ne pouvaient plus rien faire, pas même manger ; il fallait les nourrir comme des enfants ! Les Iroquois, dans leurs échanges avec les Hollandais, leur avaient annoncé leur volonté de tuer les Français, et de les manger. Les Hollandais, indignés, obtinrent au moins un sursis, cherchant à temporiser pour libérer enfin les Français. Ils rencontrèrent Jogues et Goupil, et en furent très bouleversés, mais repartirent avec seulement de belles promesses des Iroquois. 

Divisés de plus en plus, certains voulaient tuer les Français sans tarder. Un soir, la discussion arriva aux oreilles de Jogues, qui fit signe aux deux autres de se dissimuler : l’exécution n’eut pas lieu. La détention continuait.

René Goupil ne manquait pas d’audace, mais aussi, nouveau venu, avait le don d’agacer les Peaux-Rouges. Il fut séparé du père Jogues. Il osa enseigner à un petit enfant comment faire le Signe de la Croix : le grand-père le chassa de la case en poussant de hauts cris.

Averti par Jogues, Goupil rétorqua : Je ne crains rien. Dieu me protège. Père, pardonnez-moi ! Il reçut l’absolution de son péché d’imprudence ; ils prièrent le chapelet et regagnèrent le camp. Deux Iroquois les rejoignirent. L’un d’eux fit signe au Père d’entrer dans la case. Il n’avait pas fait dix pas qu’il entendit un cri. Le bras levé, l’autre guerrier achevait sa victime à coups de tomahawk. 

René murmurait : Jésus ! Jésus ! Isaac ne fut pas abattu encore cette fois-là. C’était le 29 septembre 1642, fête de saint Michel Archange.

Le corps de René fut livré aux enfants et subit toutes sortes d’outrages avant d’être jeté dans un torrent. Le père Jogues réussit à le retrouver, non sans peine, et à le recouvrir de pierres, espérant pouvoir l’enterrer. Quand il revint, il ne retrouva rien. Des jeunes gens avaient emporté le corps pour le jeter aux bêtes. Il ne devait en découvrir les ossements épars que bien des mois plus tard, à la fin de l’hiver.

Il retrouva, écrivit-il, quelques ossements à demi rongés, restes des chiens, des loups et des corbeaux, et en particulier une tête brisée en plusieurs endroits.

Isaac Jogues devait être martyrisé quatre ans plus tard, le 18 octobre 1646. 

Guillaume Couture, lui, qui put résister à toutes les tortures, en fut «récompensé» : il fut libéré, devint ensuite un grand ami des Iroquois convertis, et s’installa en colon à Lauzon, où il mourut en 1701. Par ses dix enfants, il est l’ancêtre de tous les Couture qui résident actuellement au Canada. C’est lui qui obtint l’établissement du premier curé de cet endroit.

René Goupil, avec Jean de La Lande et les autres prêtres jésuites martyrs, fut béatifié en 1925 et canonisé en 1930.

Leur fête commune est au 19 octobre.

Pau Bori Puig

1864-1936

 

Pau (Paul) était né à Vilet de Maldá (Tarragona, Espagne) le 12 novembre 1864.

Après sa formation au séminaire de Tarragona, il fut ordonné prêtre en 1888.

Trois ans après, en 1891, il entrait chez les Jésuites et faisait la profession en 1904.

Il fut envoyé successivement à Barcelone, Veruela, Gandía, puis fut procureur du Sanatorium de Fontilles.

Quand la Compagnie de Jésus fut officiellement dissoute par le gouvernement républicain, il resta à Valencia comme aumônier des Petites Sœurs, et directeur spirituel des jésuites dispersés.

Lors de la révolution de 1936, il fut arrêté dans l’hôpital-même, dénoncé par un des résidents, et fusillé non loin de Valencia, à Benimaclet.

Avant de mourir, il pardonna à ses bourreaux.

C’était le 29 septembre 1936. Le père Pau, qui avait soixante-et-onze ans, fut béatifié en 2001.

 

 

José Antonio Rescalvo Ruiz

1880-1936

 

José Antonio Rescalvo Ruiz naquit le 20 mai 1880 à Juviles (Grenade, Espagne).

En 1894, il entra au séminaire ; ordonné prêtre, il fut curé à Castell de Ferra et Calahonda, puis à Pampaneira, et Trevelez.

Le 29 septembre 1936, il fut arrêté et conduit devant le Comité populaire, qui le condamna à mort, pour son délit d’être prêtre. Il fut fusillé à quelques mètres de la ferme où il avait trouvé refuge, à Cádiar.

José Antonio Rescalvo Ruiz devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 29 septembre.

 

 

Darío Hernández Morató

1880-1936

 

Darío était né à Buñol (Valencia, Espagne) le 25 octobre 1880 jour où il fut baptisé. Ses parents étaient Joaquín Hernández et Inocencia Morató, un couple chrétien.

La famille s’étant établie à Valencia, Darío étudia au collège Saint-Joseph, tenu par les Pères jésuites, où il fit partie de la Congrégation mariale.

Excellent élève, il passa son baccalauréat en 1896 (à seize ans).

Le 28 septembre 1896, il entra dans la Compagnie de Jésus, fit le noviciat à Notre-Dame de Veruela (Saragosse), les études de philosophie et théologie, qu’il acheva à Tortosa, et fut ordonné prêtre.

En 1915, il fit la profession solennelle à Veruela.

Les lieux de son activité furent : Veruela (comme professeur de rhétorique), Barcelone, Valencia, Palma de Maiorque (comme supérieur), et finalement de nouveau à Valencia en 1928, toujours comme supérieur.

Quand la Compagnie de Jésus fut officiellement dissoute par le gouvernement républicain en 1932, il resta à Valencia comme supérieur des jésuites dispersés, se dédiant au ministère de la prédication, de la confession et de la direction spirituelle. Il était habillé en paysan et continuait son activité avec la plus grande prudence. Il restait persuadé que la Compagnie pourrait de nouveau se reconstituer.

Lors de la révolution de 1936, il dut passer de cachette en cachette, car il était personnellement recherché. Il restait même plutôt optimiste, affirmant que la révolution finirait vite. ILl eut tout de même un moment de lassitude, à force de se déplacer sans cesse furtivement, et confia à une proche : Si ça continue comme ça, j’irai me présenter moi-même à la police.

Une de ses cachettes fut chez un couple de Boliviens, qui étaient concierges.

Finalement arrêté le 13 septembre, il fut mis en prison. On suppose qu’il fut dénoncé par le coiffeur qui était passé là où il se cachait, car il avait vraiment besoin d’arranger ses cheveux et sa barbe. Six hommes armés vinrent le prendre et le conduire au siège du gouvernement civil.

Il retrouva des confrères prêtres, arrêtés comme lui, leur redonna courage. Lui-même attendait l’heure de sa mort tranquillement, se confessant plusieurs fois.

Sans aucun jugement, il fut simplement condamné comme supérieur des Jésuites et fut fusillé à Picadero de Paterna, non loin de Valencia.

C’était au soir du 29 septembre 1936, lendemain du quarantième anniversaire de sa profession.

Le père Darío fut béatifié en 2001.

 

 

Vicente Sales Genovés

1881-1936

 

Il était né le 15 octobre 1881 à Valencia.

En 1915, à trente-quatre ans, il entra chez les Jésuites et fit la profession comme Frère coadjuteur. Il émit les vœux définitifs en 1926.

il fut portier du noviciat de Gandía, puis envoyé à la maison de Valencia.

C’est dans cette ville qu’il fut arrêté et assassiné pour sa foi.

Au moment suprême, il criait encore : Vive le Christ Roi !

C’était le 29 septembre 1936. Vicente fut béatifié en 2001.

 

 

 

Antonio Martínez López

1891-1936

 

Né le 8 avril 1891 à Almería, il fut baptisé deux jours plus tard. Son père était professeur.

En 1914, il fut ordonné prêtre. Très cultivé et intelligent, il passa en 1922 la licence de théologie à Grenade. Il fut quelques années professeur au Grand séminaire.

Les paroisses où il exerça son apostolat furent Gérgal, Almería, Lucainena de las Torres, Garrucha, Gádor. En 1928, il fut nommé curé à Serón. Il devait aussi faire la classe aux enfants, puisque l’une d’elle, plus tard, affirma que les heures de classe avec don Antonio étaient très agréables.

En outre, il prit à sa charge trois sœurs et un cousin.

Lors de la révolution de l’été 1936, sa première réaction fut de mettre en sûreté le Saint-Sacrement. Les miliciens l’expulsèrent de son presbytère et l’empêchèrent aussi de regagner Almería. Il trouva une pension à Tíjola, avec ses parents et ses sœurs.

Le 28 septembre, les miliciens vinrent l’arrêter pour l’emmener à Serón. Ils le firent passer par les rues pour bien le montrer et avertir la population. Arrivés au Polvorín , ils l’obligèrent à creuser sa tombe ; et comme les miliciens de Serón refusaient de le fusiller, ils appelèrent en renfort ceux de Caniles. Au moment où le Prêtre leva la main pour bénir les bourreaux, on le frappa jusqu’à lui casser le bras.

Martyrisé le 29 septembre 1936 et béatifié en 2017, Antonio Martínez López sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 29 septembre.

 

 

José Villanova Tormo

1902-1936

 

José vit le jour le 20 janvier 1902 à Turis (Valencia, Espagne).

Il entra chez les Salésiens à Valencia en 1909, passa à El Campello, fit le noviciat à Carabanchel Alto, et professa en 1920.

Il reçut le sacerdoce en 1929.

Les lieux de son apostolat furent Salamanque, puis le Paseo de Extremadura (Madrid) à partir de 1933.

Professeur apprécié des élèves, bon conseiller, il était très marial.

Le 19 juillet 1936, il fallut évacuer la maison. Don José alla se cacher, trouvant finalement un havre dans une famille de Madrid à partir des premiers jours d’août.

Au matin du 29 septembre, deux miliciens armés vinrent l’arrêter. On retrouva son cadavre le lendemain aux environs de Madrid.

Don José fut béatifié en 2007.

 

 

Abundio Martín Rodríguez

1908-1936

 

Né le 14 avril 1908 à Villaescusa de Ecla (Burgos), il entra chez les Missionnaires du Sacré-Cœur.

Il étudia au séminaire de Canet de Mar, à Château-Gombert (Bouches-du-Rhône), Barcelone et Logroño.

Il fit la profession en 1925 et fut ordonné prêtre en 1931.

Il aurait toujours désiré partir en pays de missions, mais il appartenait à la communauté du séminaire de Canet de Mar (Barcelone).

C’était un bon organiste. Il s’occupait du chant des petits séminaristes.

La communauté de Canet de Mar était formée de huit prêtres, quatre convers et six novices ; dix jeunes postulants étaient arrivés depuis quelques jours. Ces Religieux s’occupaient d’un collège qui comptait une soixantaine d’élèves. Le Supérieur, Vicente Casas, avait quatre-vingt-cinq ans.

Dès les élections de février 1936, le climat était déjà lourd, mais au mois de juillet, ce fut la véritable guerre civile. Le 20 juillet, les parents vinrent chercher leurs enfants. Le 21, l’église centrale de la ville partait en fumée. Tous les Religieux durent se changer et mettre des habits civils, les pauvres enfants en pleuraient. Des miliciens ne tardèrent pas à arriver pour déloger toute la communauté. Les Religieux durent aller au Comité pour être enregistrés, tandis que leur maison était entièrement saccagée. On leur déclara que les enfants étaient désormais sous la responsabilité du Comité. C’est à cause de la présence des enfants que l’on ne fusilla pas tout de suite les Religieux.

Le 3 août, un parent d’un membre du Comité, vint les avertir qu’il était de leur intérêt de fuir au plus vite. C’est à ce moment que la communauté se scinda en deux, et que se constitua le groupe des sept Religieux, quatre prêtres et trois frères convers, dont Abundio était le plus âgé.

De cachette en cachette, ils marchèrent beaucoup, évitant les routes, plusieurs fois reçus fraternellement et plusieurs jours par des habitants, et arrivèrent enfin devant Begudá, d’où ils pouvaient rejoindre et passer la frontière en une journée. C’était le 28 septembre.

Dans la matinée, ils frappèrent à une maison où ils furent d’abord bien reçus. Ils demandèrent à prendre quelque chose de chaud et à pouvoir faire sécher leurs habits, car il pleuvait beaucoup et repartirent vers midi.

Il semble qu’ils aient demandé leur chemin justement à quelqu’un qui appartenait au Comité. Et c’est au début de l’après-midi qu’ils furent arrêtés. On les fit marcher jusqu’à S.Juan de les Fonts, où ils arrivèrent vers vingt-deux heures.

Au matin du 29 septembre, le Comité de l’endroit informa celui de Canet de Mar sur leur «prise». On ordonna à des gens de l’endroit de leur préparer le petit-déjeuner, puis le déjeuner ; des membres du Comité qui les surveillaient, se moquaient d’eux : Mangez ! Ça ne vous servira à rien !

Vers seize heures, on fit sortir les Religieux, liés deux à deux, le dernier ayant les mains liées derrière le dos ; on réquisitionna un autobus, dont le chauffeur refusait de le conduire ; contraint de partir, il revint le soir et ne pouvait plus dormir après ce qu’il avait vu dans l’après-midi.

On partit jusqu’à un pont, le Pont de Ser, où l’on ordonna aux Religieux de se mettre de dos, mais l’un d’eux prit fortement la parole : Les peureux reçoivent les balles dans le dos ; mais nous ne sommes ni peureux ni criminels. Vous nous tuez parce que nous sommes Religieux. Vive… les balles tombèrent et l’on n’entendit pas la fin : …le Christ Roi !

A ces sept Martyrs, il faudrait honnêtement en ajouter un huitième, qui disparut totalement à un moment de leur fuite de Canet de Mar. Personne ne sut à quel moment, ni pourquoi ni comment.

C’était le frère Román Heras de Arriba, né le 24 août 1914 à Velilla de Tarilonte, profès en 1931. Peut-être sera-t-il aussi nommé au Martyrologe, quoiqu’on n’ait jamais retrouvé son corps.

Martyrisé le 29 septembre 1936 à Pont de Ser (Serinyà, Girona) et béatifié en 2017, Abundio Martín Rodríguez sera mentionné dans le Martyrologe Romain avec ses Compagnons au 29 septembre.

 

 

Antonio Arribas Hortigüela

1908-1936

 

Né le 29 avril 1908 à Cardeñadijo (Burgos), il entra chez les Missionnaires du Sacré-Cœur.

Il étudia au séminaire de Canet de Mar, à Château-Gombert (Bouches-du-Rhône), Barcelone et Logroño.

Il fit la profession en 1928 et fut ordonné prêtre en 1935.

Il appartenait à la communauté du séminaire de Canet de Mar (Barcelone), appelé La Pequeña Obra. C’était l’économe.

La fuite du groupe des Sept Martyrs de Canet de Mar est une véritable odyssée, résumée dans la notice du plus âgé d’entre eux, Abundio Martín Rodríguez.

C’est le père Antonio qui prit la parole au moment d’être fusillé : Les peureux reçoivent les balles dans le dos ; mais nous ne sommes ni peureux ni criminels. Vous nous tuez parce que nous sommes Religieux. Vive… les balles tombèrent et l’on n’entendit pas la fin : …le Christ Roi !

Martyrisé le 29 septembre 1936 à Pont de Ser (Serinyà, Girona) et béatifié en 2017, Antonio Arribas Hortigüela sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 29 septembre.

 

 

José Vergara Echevarria

1908-1936

 

Né le 18 juin 1908 à Almándoz (Navarra), c’était un excellent joueur de pelote.

Admirateur de s.François Xavier (v. 3 décembre), il fit sa première profession en 1957 chez les Missionnaires du Sacré-Cœur.

Il fut ordonné prêtre en 1934, il était professeur au séminaire de Canet de Mar.

La fuite du groupe des Sept Martyrs de Canet de Mar est une véritable odyssée, résumée dans la notice du plus âgé d’entre eux, Abundio Martín Rodríguez.

Martyrisé le 29 septembre 1936 à Pont de Ser (Serinyá, Girona) et béatifié en 2017, José Vergara Echevarria sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 29 septembre

 

 

Santiago Mestre Iborra

1909-1936

 

Il vit le jour le 10 avril 1909 à Rafelbuñol (Valencia), septième des neuf enfants de Onofre et Mercedes, qui le firent baptiser le 12 avril.

Entré dans l’Ordre des Capucins, reçut l’habit à Ollería en 1924, professa en 1925, avec le nom de Santiago de Rafelbuñol.

Il fut envoyé à Rome, où il fut reçu au doctorat en théologie à l’Université Grégorienne. C’est là qu’il fit la profession solennelle en 1930 et qu’il fut ordonné prêtre en 1932

Il fut vice-recteur du Séminaire Séraphique de Massamagrell.

Il dissimulait habilement ses dons intellectuels par une humilité constante.

L’été 1936, avant d’abandonner le couvent, il se soucia d’abord de mettre en sûreté tous les élèves, puis il se réfugia chez ses parents à Rafelbuñol.

Là, le Comité le fit travailler à évacuer les ordures.

Il apprit que son père et ses huit frères avaient été arrêtés : il se présenta spontanément au Comité pour en obtenir la libération, mais s’il fut arrêté, les siens ne furent pas libérés.

Dans la nuit du 28 au 29 septembre 1936, ils furent fusillés tous les dix à Gilet (Valencia).

Une autre version dit que le père Santiago s’était offert en échange des séminaristes de Massamagrell et qu’il fut fusillé au cimetière de cette localité.

De ces dix Martyrs, seul le père Santiago fut béatifié, en 2001.

 

 

Josep Oriol Isern Massó

1909-1936

 

Né le 16 juin 1909 à Vilanova i la Geltrú (Barcelone), il fit la profession en 1927 chez les Missionnaires du Sacré-Cœur.

Ordonné prêtre en 1933, il fut d’abord envoyé à Barcelone, puis à Canet de Mar pour enseigner.

En toute humilité, il se disait peu de chose. Il n’avait pas une bonne santé, mais savait souffrir sans se plaindre.

La fuite du groupe des Sept Martyrs de Canet de Mar est une véritable odyssée, résumée dans la notice du plus âgé d’entre eux, Abundio Martín Rodríguez.

Martyrisé le 29 septembre 1936 à Pont de Ser et béatifié en 2017, Josep Oriol Isern Massó sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 29 septembre.

 

 

Virgilio Edreira Mosquera

1909-1936

 

Il vit le jour le 27 novembre 1909 à La Coruña (Espagne), dans une grande famille très chrétienne. On verra quelle bonne influence il aura sur son jeune frère, Francisco, qui l’accompagnera dans le martyre.

Il fut aspirant salésien à La Coruña, Astudillo et Madrid, puis professa en 1931 à Mohernando, avant de gagner Carabanchel Alto en 1933.

Le 20 juillet 1936, lors de l’assaut de la maison, il se dissimula dans le groupe des jeunes aspirants et les accompagna ainsi au collège Santa Bárbara. Mais pour plus de sûreté, il rejoignit les frères Cobo Sanz, qu’il dut quitter à cause du comportement du voisin. Il serait alors allé là où était son propre frère, Francisco, lui aussi salésien.

Virgilio s’exposa beaucoup, visitant les uns et les autres dans les pensions où ils se trouvaient, recueillant les nouvelles qui circulaient, jusqu’au moment où il fit suspecté, suivi et arrêté chez lui, en même temps que Francisco.

Un témoin aurait raconté que les deux frères auraient été conduits à la tchéka de Marqués de Riscal, et assassinés le 29 septembre 1936.

Ils ont été tous les deux béatifiés en 2007.

 

 

Gumersindo Gómez Rodrigo

1911-1936

 

Né le 15 octobre 1911 à Benuza (León), il entra chez les Missionnaires du Sacré-Cœur comme convers.

Il fit la profession en 1929, comme frère convers car il n’avait pas pu faire de bonnes études.

Ce jeune Frère, humble et serviable, appartenait à la communauté de Canet de Mar. Il s’occupait du jardin et des vaches.

La fuite du groupe des Sept Martyrs de Canet de Mar est une véritable odyssée, résumée dans la notice du plus âgé d’entre eux, Abundio Martín Rodríguez.

Martyrisé le 29 septembre 1936 et béatifié en 2017, Gumersindo Gómez Rodrigo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 29 septembre.

 

 

Francesc de Paula Castelló Aleu

1914-1936

 

Francesc (François) était né à Alicante (Espagne) le 19 avril 1914.

Ses parents venaient de Lleida (nom catalan de Lérida) et s’étaient établis à Alicante pour raisons professionnelles, en 1913, mais le papa mourut très peu de temps après, d’une congestion pulmonaire.

La maman alors, Teresa, retourna à Lleida avec ses trois fils, qui étaient tous en bas âge : Francesc venait de naître.

Teresa se mit au travail, prépara le Magistère et enseigna dans diverses écoles.

Francesc étudia à l’école de Juneda, puis au collège des Frères maristes de Lleida. Il avait un foi solide, était dévot de l’Eucharistie et de la Sainte Vierge, et toujours porté à aider son prochain. Il dut aussi combattre son vilain défaut de se croire supérieur aux autres.

En 1929, la maman Teresa mourut à son tour ; Francesc avait quinze ans ! Il dit à ses frères : Maman nous a laissés, mais Marie, notre maman céleste, sera toujours avec nous.

Il pensa chercher un travail, mais leur tante maternelle les accueillit tous les trois chez elle.

Après le baccalauréat, il put continuer ses études universitaires en physique et chimie, grâce à une bourse d’étude que lui procura un père jésuite.

Il alla à Barcelone, où il traversa une crise spirituelle. Celui qui l’aida à en sortir fut un jeune jésuite, qui lui proposa les Exercices spirituels. Francesc fut revigoré, reprit la vie chrétienne assidue, s’inscrivit à la Congrégation mariale, et se donna aux activités apostoliques et charitables.

En 1932 cependant, la république ferma tous les centres tenus par les Jésuites. Francesc fut à Oviedo pour poursuivre ses études, et obtint la licence en chimie, en 1934. Il n’avait que vingt ans.

Revenu à Lleida, il fut ingénieur chimique dans la Maison CROS.

Il se fiança en 1936 avec Mariona Pelegrí, une pieuse jeune fille très chrétienne.

Francesc se donna totalement aux activités chrétiennes ; il enseignait de nuit à des ouvriers qui ne pouvaient étudier de jour à cause de leur travail ; il aidait avec son salaire des compagnons moins fortunés, etc.

Le 1er juillet 1936, il rejoignit l’armée comme soldat remplaçant.

Le régime révolutionnaire qui s’établit à Lleida fut immédiatement intransigeant avec tout ce qui était religieux. Francesc fut une des victimes.

Arrêté le 21 juillet et mis en prison à Seu Vella, jusqu’au 12 septembre, il fut transféré à la prison civile. Ses proches firent tout ce qui leur était possible pour obtenir sa libération, mais en vain. Un parent, qui adhérait au parti révolutionnaire, lui proposa la liberté s’il signait une déclaration d’apostasie. On imagine le refus catégorique de Francesc.

Le 29 septembre, il fut présenté au tribunal populaire, à La Paeria. On l’accusa de fascisme, ce qu’il nia catégoriquement, n’ayant jamais adhéré à un quelconque parti. Accusé de catholicisme, cette fois il répondit : Oui, je suis catholique. Le juge l’invita à se reprendre, car cette affirmation entraînait automatiquement la condamnation à mort ; mais Francesc préférait mille morts à la trahison.

Il fut condamné à mort avec six autres compagnons, et fut retenu à La Paeria jusqu’à l’heure de son exécution.

Là, il put écrire trois lettres, une à sa famille, l’autre à sa fiancée Mariona, la troisième au père jésuite qui l’avait tant aidé. Il y exprimait toute sa joie : Je suis tranquille, content, très content, je m’attends à entrer dans la gloire, dans peu de temps.

Il fut conduit avec les six autres au cimetière de Lleida, où on les fusilla, tandis qu’ils avaient entonné le Credo.

Francesc avait vingt-deux ans. C’était le 29 septembre 1936 et il fut béatifié en 2001.

 

 

Francisco Edreira Mosquera

1914-1936

 

Il vit le jour le 25 novembre 1914 à La Coruña (Espagne), dans une grande famille très chrétienne. On verra quelle bonne influence il reçut de son aîné, Virgilio, qui l’accompagnera dans le martyre.

Il fut aspirant salésien à Madrid, puis fit le noviciat et professa en 1932 à Mohernando et, en 1934 fut envoyé au Paseo de Extremadura, où il commença son activité didactique avec grande compétence et des résultats très prometteurs.

Il avait le goût du travail, de l’étude, et nourrissait une dévotion toute particulière envers saint Joseph, auquel il ressemblait par son innocence.

Le 20 juillet 1936, lors de l’assaut de la maison, il passa en diverses pensions, avec les Confrères, et se retrouva finalement avec son propre frère Virgilio, avec lequel il fut arrêté le 29 septembre.

Un témoin aurait raconté que les deux frères auraient été conduits à la tchéka de Marqués de Riscal, et assassinés le 29 septembre 1936.

Ils ont été tous les deux béatifiés en 2007.

 

 

Jesús Moreno Ruiz

1915-1936

 

Il naquit le 13 janvier 1915 à Osorno (Palencia), mais la famille déménagea à Santander.

Ce jeune Jésus entra chez les Missionnaires du Sacré-Cœur à douze ans.

Il fit sa profession comme frère convers en 1934 et vivait à Canet de Mar, où il était cuisinier. Joyeux et taquin, il faisait la joie des élèves, qui venaient volontiers l’entourer près de ses fourneaux.

La fuite du groupe des Sept Martyrs de Canet de Mar est une véritable odyssée, résumée dans la notice du plus âgé d’entre eux, Abundio Martín Rodríguez.

Martyrisé à vingt-et-un ans le 29 septembre 1936 à Pont de Ser et béatifié en 2017, Jesús Moreno Ruiz sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 29 septembre.

 

 

José del Amo y del Amo

1916-1936

 

Né le 12 juin 1916 à Pumarejo de Tera (Zamora), il entra tout jeune encore chez les Missionnaires du Sacré-Cœur.

En 1934, il fit la profession comme frère convers. Il s’occupait du jardin et de la ferme.

Il était le plus jeune membre de la communauté de Canet de Mar : il avait vingt ans en 1936.

La fuite du groupe des Sept Martyrs de Canet de Mar est une véritable odyssée, résumée dans la notice du plus âgé d’entre eux, Abundio Martín Rodríguez.

Martyrisé le 29 septembre 1936 et béatifié en 2017, José del Amo y del Amo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 29 septembre.

Luigi Monza

1898-1954

 

Il vint au monde le 22 juin 1898 à Cislago (Varese; Lombardie, Italie Nord), dans une pauvre famille de paysans travailleurs et courageux.

Si l’on avait demandé aux parents pourquoi ils firent donner au Baptême le nom de Luigi à leur enfant, ils auraient probablement répondu que saint Luigi Gonzaga (qu’on fête le 21 juin) leur était plus connu que saint Paolino de Nola (fêté le 22 juin).

Luigi grandit en apprenant comment survivre chaque jour au prix du patient labeur de la culture des champs, et cherchant à ronger sur son sommeil pour récupérer quelques heures d’étude.

A dix-huit ans, Luigi entra au séminaire et fut ordonné prêtre en 1925.

Son premier apostolat fut l’Oratoire des jeunes garçons d’un petit pays proche de Varese, Vedano Olona.

Ce ne fut pas une période particulièrement heureuse pour le jeune prêtre ; il en vint même à être mis en prison avec son curé, tous deux accusés par les autorités fascistes d’avoir comploté contre la vie du maire : ce n’est qu’au bout de quatre mois que les deux prêtres furent blanchis.

En 1929, don Luigi fut transféré au sanctuaire marial de Saronno. Il s’interrogea sur les moyens à prendre pour orienter ce monde vers Dieu. Rappelons en effet que la fête du Christ Roi venait d’être instituée (1925) : comment faire régner le Christ sur une société si déchristianisée ?

Il s’adressa à ses ouailles : Chrétiens, chacun de vous doit devenir un artiste d’âmes et nous devons peindre la beauté de Jésus non pas sur la toile, mais dans les âmes. Et que le pinceau de l’apostolat ne nous tombe jamais des mains.

En 1936, il fut envoyé à Lecco comme curé, où il fut sur tous les fronts, y compris pour soulager les familles qui avaient des militaires sous les drapeaux. Sans distinction aucune, il protégea autant des partigiani que des fascisti menacés de violences. Son zèle fit dire plus tard au cardinal de Milan  (Alfredo Schuster, voir au 30 août) qu’il avait véritablement imité le Pasteur Bonus de l’évangile. 

C’est en 1937 qu’il donna enfin le coup d’envoi à une nouvelle famille religieuse : les Piccole Apostole della Carità (Petites Sœurs Apôtres de la Charité), qui devaient apporter dans la société le témoignage d’une vie toute consacrée à Jésus dans l’esprit de la première communauté chrétienne.

L’œuvre commença par une association, La Nostra Famiglia, qui se diversifia en de nombreuses branches pour l’assistance socio-sanitaire, l’instruction et la formation selon les meilleures techniques pédagogiques et comportant des occupations culturelles diverses : chorale, théâtre, études.

Le travail était énorme, et le bon curé de Lecco chercha vraiment à rehausser le niveau spirituel de sa paroisse, en payant aussi de sa personne. Ereinté, il fut frappé d’un grave infarctus le 29 septembre 1954, dont il mourut le jour-même.

Don Luigi fut béatifié en 2006.

L’œuvre de don Luigi Monza perdure. Elle est présente en Italie, au Soudan, au Brésil et en Equateur, mais aussi en Chine, au Maroc et en Palestine.

 

 

Nicolás Tum Castro Quiatan

1945-1980

 

Nicolás Tum Castro naquit en 1945 à Cholá (Uspantán, Guatemala).

Catéchiste, il reçut la mission d’être acolyte, c’est-à-dire chargé de porter l’Eucharistie là où le prêtre ne pouvait arriver, ou de la donner à la messe en compagnie du prêtre.

Il fut assassiné pour sa foi près de Chicamán (Quiché), le 29 septembre 1980.

Nicolás Tum Castro devrait être béatifié en 2020, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, assassinés presque tous la même année, et il sera inscrit au Martyrologe le 29 septembre.

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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 23:00

28 SEPTEMBRE

 

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Ste Dode, vierge près de Auch. 

IV.

SS Alphæus, Alexander et Zosimus, martyrs en Pisidie.

S Chariton, persécuté en Asie Mineure, fondateur en Terre Sainte de plusieurs laures.

S Zamas, premier évêque à Bologne.

V.

S Exuperius, évêque à Toulouse, d’une immense générosité, très estimé de s. Jérôme, organisateur de la résistance de sa ville aux Vandales.

Ste Eustochium, fille de ste Paula et disciple de s.Jérôme qu'elle suivit en Palestine ; là elle succéda à Paula dans le gouvernement du monastère de femmes.

S Silvin, évêque à Brescia.

S Alode, évêque à Auxerre.

S Salonius, évêque à Genève, fils de s. Eucher et frère de s.Veranus.

S Faustus de Riez, d'origine anglaise, abbé à Lérins, puis évêque à Riez, auteur de nombreux traités, dont un contre les Ariens, où il montre que le Saint-Esprit est Dieu, consubstantiel au Père et au Fils.

VII.

SS Willigod et Martin, moines dans les Vosges, peut-être fondateurs de Romont.

S Annemond, évêque à Lyon, plus tard exilé et mis à mort à Mâcon, honoré comme martyr.

VIII.

SS Chunialdus et Gisilarius, prêtres à Salzburg.

Ste Lioba, abbesse à Tauberbischofsheim, un des bras droits de s.Boniface pour la christianisation de la Germanie.

X.

S Wenceslas, élevé par sa grand-mère, ste Ludmila (cf. 16 septembre), assassiné traîtreusement par son frère Boleslas ; patron de la République Tchèque.

XI.

S Salomon, roi en Hongrie, mort dans la solitude et la pénitence.

XII.

S Thiemo, noble autrichien, sculpteur de plusieurs statues de la Sainte Vierge encore vénérées aujourd'hui, évêque à Salzburg, parti en croisade où, pris par des Musulmans, il fut supplicié, à Ascalon.

XV.

B Martino Tomitano (Bernardino de Feltre), franciscain italien, excellent prédicateur ; contre les usuriers, il multiplia les monts-de-piété, avec modique intérêt ; invoqué pour la hernie.

XVII.

S Simón de Rojas (Roxas), trinitaire espagnol, très dévôt au mystère de l'Incarnation ; canonisé en 1988.

XIX.

Bx Oh Margarita et Pak Gyeong-jin Franciscus, laïcs coréens martyrs, béatifiés en 2014.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1992 :

Hospitaliers : près de Barcelone, le profès Francesc Xavier Ponsa Casallach (1916) ;

- béatifiés en 2001 :

Jésuites : à Barcelone, le profès Josep Tarrats Comaposada (*1878) ;

Laïques : près d’Alicante, Amalia Abad Casasempere de Maestre (*1897), de l'Action Catholique ;

- béatifiés en 2007, martyrisés près de Barcelone :

Carmes Déchaux : le profès, Josep Casas Juliá (Joaquím de Saint Joseph, *1915), cousin du suivant ;

Séminaristes : Josep Casas Ros (*1916).

 

B Mykyta Budka (1877-1949), évêque à Lviv, mort au goulag en Kazakhstan, martyr béatifié en 2001.

 

Zamas de Bologne

4. siècle

 

Nous avons rencontré il y a deux jours le cinquième évêque de Bologne, Eusebius (v. 26 septembre).

Zamas fut le premier évêque de cette même ville.

Sur le personnage de Zamas, on a fait des suppositions qu’on pourrait juger assez gratuites.

Son nom ayant une assonance grecque, on a prétendu qu’il était Grec d’origine. Et comme il n’est pas mentionné comme martyr, on l’a fait mourir avant la persécution de Dioclétien (donc au troisième siècle).

A ces suppositions s’ajoute une erreur : Zamas aurait été ordonné évêque en 272 par le pape s.Denys, qui était mort en 268.

On avance aujourd’hui qu’il mourut dans les premières années du quatrième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Zamas de Bologne au 28 septembre.

 

 

Alphæios, Alexandros et Zosimos de Kalydon

4. siècle

 

Alphæios (ou Alphæos), Alexandros et Zosimos étaient trois frères, chrétiens.

Ils furent martyrisés à Kalydon (Pisidie, act. Turquie SW).

Alexandros était le chef d’un groupe de soldats, qui furent aussi martyrisés, mais à des jours différents.

L’époque de leur martyre se situe au quatrième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Alphæios, Alexandros et Zosimos de Kalydon au 28 septembre.

 

 

Chariton d’Iconium

† 350

 

Chariton naquit au troisième siècle à Iconium (Lycaonie, auj. Konya, Turquie CS), cette ville visitée par s.Paul (Ac 14:1-6).

Durant la persécution de l’empereur Aurélien (vers 270), Chariton eut à souffrir pour sa foi. Il se retira en Palestine.

C’est donc le premier ermite que l’histoire puisse mentionner dans cette région de Palestine, et qui venait d’Asie Mineure.

Chariton aimait la solitude, la prière, le jeûne. Mais sa sainteté lui attira des disciples et il changea de lieu trois fois pour ne pas être «supérieur» et retrouver la solitude.

Les laures (monastères) qu’il fonda ainsi malgré lui se trouvaient d’abord près de Jéricho - la laure de Pharan -, puis un peu plus au nord-ouest de là (sur le mont où Notre-Seigneur aurait jeûné quarante jours et quarante nuits et fut tenté par le Démon, cf. Mt 4:1-11, le Djebel Quarantal) - ce fut la laure de Douka -, enfin au sud-est de Bethléem, où se forma la laure de Souka, en grec Vieille Laure.

A Pharan, les ermites ne se réunissaient que le samedi et le dimanche ; Chariton y bâtit une église qui aurait été dédicacée par le patriarche de Jérusalem, Makarios (v. 10 mars).

Chariton jeûnait jusqu’au soir, et prenait alors un peu de pain et de sel, avec de l’eau. Il occupait son temps avec la psalmodie, la prière, les veilles durant la nuit, le travail manuel pour obtenir quelques subsides, et l’hospitalité.

Il mourut vers 350.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Chariton d’Iconium au 28 septembre.

 

 

Exuperius de Toulouse

5. siècle

 

Exuperius (en français Exupère ou Supèri, Soupire) naquit à la fin du quatrième siècle à Arreau (Hautes-Pyrénées).

Il fut appelé à être le cinquième évêque de Toulouse, en 400.

Il acheva la basilique dédiée au Fondateur du diocèse, s.Saturninus (Sernin, v. 29 novembre). Il n’osait pas déplacer les précieuses reliques de s.Saturninus, mais il y fut mystérieusement encouragé par un songe.

Déjà en 394, s.Jérôme (v. 30 septembre) parlait d’Exuperius comme un saint, d’âge mûr et de foi éprouvée.

C’est ainsi qu’il obligea le prêtre hérétique Vigilantius à s’enfuir, lui et sa doctrine pernicieuse :  il rejetait le culte des Reliques et le célibat des prêtres.

On a écrit qu’à un moment donné, Exuperius aurait trouvé ses ouailles trop revêches, et qu’il aurait quitté Toulouse. Il aurait planté son bâton en proclamant : Je retournerai à Toulouse si je vois mon bâton reverdir et fleurir… et il fut contraint de revenir à Toulouse.

En 405, il correspondit avec le pape Innocent Ier et vers la même époque il est connu pour être un des meilleurs évêques.

En 406, le même s.Jérôme lui envoya son Commentaire sur Malachie, et profitait de l’envoi pour le remercier de sa générosité envers les moines de Libye, victimes d’une famine. Peu après, Toulouse était menacée par les Vandales, mais Exuperius sut s’interposer pour éloigner le danger.

En 411, nouvelle attaque de Toulouse par les Goths. Exuperius distribua tout ce qu’il put trouver pour secourir la population affamée, vendant même les patènes et les calices.

On n’a pas de dates sûres concernant la fin de l’épiscopat d’Exuperius, qui mourut donc après 411, peut-être le 28 septembre 415 à Blagnac.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Exuperius de Toulouse au 28 septembre.

 

 

Eustochium à Bethléem

367-419

 

On a vu (v. 26 janvier) à quelle famille appartenait Eustochium : son père, Toxotius, mourut encore jeune, laissant son épouse Paula avec, déjà, cinq enfants, dont la troisième était Eustochium.

Cette forme neutre en -um est rare ; s.Jérôme d’ailleurs écrivit souvent Eustochia.

D’après ce dernier, les oncle et tante d’Eustochium, Hymetius et Prætextata, tentèrent d’arracher la jeune fille à la piété de sa mère Paula pour la «mondaniser», mais leur tentative fut vite abrégée par la mort.

Eustochium suivit amoureusement sa mère à l’écoute de s.Jérôme et, quand ce dernier partit pour la Palestine, elles l’y suivirent.

Déjà à Rome, Eustochium dévorait l’enseignement de Jérôme, mordait à l’ascèse avec un appétit admirable. Une fois à Bethléem, elle continua de se sanctifier et d’approfondir l’Ecriture avec une soif jamais apaisée. Jérôme écrivit d’elle : Tu entendrais tous les trésors de l’Ancien et du Nouveau Testaments sortir brûlants de son cœur. Les jeûnes sont un jeu pour elle ; l’oraison, voilà ses délices…

Eustochium fut, comme sa mère, une hébraïsante zélée, et Jérôme lui dédia maintes préfaces de ses commentaires.

Sainte Paula mourut en 406. En 416, les monastères de Bethléem furent pillés. Eustochium et les autres moniales eurent juste le temps de se réfugier dans une tour.

S.Jérôme aimait vraiment Eustochium comme sa fille, comme sa sœur. Quand elle mourut, le 28 septembre 418 ou 419, ce lui fut une douloureuse épreuve.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Eustochium à Bethléem au 28 septembre.

 

 

Salonius de Genève

400- 461

 

On rencontrera le 16 novembre saint Eucher qui, sénateur, se retira à Lérins avec son épouse Galla et ses deux fils, Salonius et Veranus (v. 11 novembre). C’était vers 410.

Salonius devait être encore assez jeune, une dizaine d’années, et grandit sous la tutelle des moines de Lérins, en particulier Hilarius et Salvianus.

Vers 435, Eucher fut élu évêque de Lyon, et écrivit deux opuscules pour ses fils. Celui adressé à Salonius s’intitule Instructiones, et répond aux questions de Salonius sur des passages de l’Ecriture.

Salonius, en retour, ne resta pas inactif. Dès 440 - il n’était pas encore évêque - il publiait un livre A l’Eglise, qui était un réquisitoire contre l’avarice ; le même Salvianus, devenu prêtre et retiré à Marseille, lui écrivit à cette occasion en des termes élogieux et presque affectueux.

Peu après, vers 441, ce fut au tour de Salonius d’être élu pour le siège de Genève ; il en était le deuxième évêque. Et l’on verra que Veranus, son frère, serait évêque de Vence. Une sainte famille, qui rappelle celle des ss.Basile et Emmelie (v. 30 mai) et leurs trois fils évêques.

En 441-442, Salonius participa aux conciles d’Orange et de Vaison ; puis aussi, mais après 450, à un concile en Arles.

Dans une lettre commune de Salonius et Veranus adressée en 450 au pape Léon le Grand (v. 10 novembre), Salonius signe en ces termes : Salonius, qui te vénère ; je salue ton apostolat dans le Seigneur, en demandant les secours de tes prières.

On a de lui une Expositio Mystica, dialogue entre son frère et lui, où Veranus pose des questions sur le livre des Proverbes et du Qohélet et Salonius lui répond.

Il n’y a pas de dates plus précises pour la fin de la vie de Salonius. On sait qu’il reçut encore un ouvrage du même Salvianus, qui lui dédiait son De Gubernatione Dei.

Salonius mourut vers 461.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Salonius de Genève au 28 septembre.

 

 

Faustus de Riez

400-493

 

On remarquera que toutes les dates de cette notice sont un peu floues. Nos connaissances nous obligent actuellement à situer tous ces événements vers telle ou telle date.

Faustus serait né vers 400 en Grande-Bretagne, du roi Vortigern, qui avait commis un grave inceste avec sa propre fille.

Il fut confié à s.Germain d’Auxerre (v. ), qui le baptisa lors de son voyage dans ce pays et le ramena avec lui en Gaule.

Vers 429, Faustus entra à l’abbaye de Lérins, dont il devint abbé vers 439.

Vers 466, comme participant à un concile de Rome, il signa en tant qu’évêque de Riez (Alpes-de-Haute-Provence) ; c’est en effet vers cette date qu’il devint le deuxième évêque de ce petit diocèse provençal.

Faustus fut très actif, très courageux, il fut une des «têtes» de l’épiscopat de Gaule.

Même si l’arianisme avait été condamné solennellement depuis un siècle, il écrivit contre cette doctrine un ouvrage Sur le Saint-Esprit, démontrant qu’Il était Dieu, consubstantiel au Père et au Fils, et coéternel ; puis un autre où il démontre que le Saint-Esprit n’est pas qu’un simple intermédiaire entre la créature et Dieu ; un autre traité aurait été perdu.

Ce travail persévérant de Faustus lui valut l’exil, à cause du roi wisigoth Euric, qui favorisait l’arianisme. Cet exil durant près de huit années, et ne s’acheva qu’à la mort d’Euric (485).

Faustus prit part aussi à la querelle contre le pélagianisme. Sa position apparaissait conciliante : bien sûr, l’homme a besoin de la grâce de Dieu, mais l’homme a sa volonté, son libre-arbitre, dont il doit se servir dans ses choix. L’Eglise n’a pas retenu cette position et, plus tard, la condamna franchement (concile d’Orange, 529), non pas parce que Faustus était tombé dans l’erreur, mais parce que, pour bien éradiquer une mauvaise plante, il vaut mieux la déraciner profondément.

S.Sidonius Apollinaire (v. 21 août) fut très lié à Faustus et lui confia son jeune frère. Dans une lettre, Sidoine félicite Faustus d’avoir épousé la Philosophie et de l’avoir convertie !

On connaît mal les dernières années de Faustus, dont la mort se situe vers 493.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Faustus de Riez au 28 septembre.

Aunemundus de Lyon

† 658

 

Aunemundus (Annemond, Ennemond, Chamond ; et aussi Dalfinus… ?) était fils du préfet des Gaules, à Lyon, une charge qui serait passée à son frère, nommé Dalfinus.

Il n’y a pas de certitude sur ce Dalfinus. Il serait le frère d’Aunemundus, d’après certains, ou serait Aunemundus lui-même d’après d’autres (Bede le Vénérable, par exemple, v. 25 mai).

Aunemundus aurait été élevé à la cour de Dagobert 1er et de Clovis II. Il fut peut-être fonctionnaire royal. Toujours est-il qu’il fut remarqué par l’évêque Viventius, qui l’appela à l’épiscopat pour lui succéder.

Aunemundus devint donc en 654 le trente-sixième évêque de Lyon, si les listes antiques sont exactes.

Au tout début de son épiscopat, Aunemundus reçut s.Wilfrid (v. 24 avril) ; il lui aurait presque donné quelque fonction officielle dans la région, si Wilfrid n’avait pas démontré son désir d’appartenir à Dieu ; aussi, quand il fut de retour de Rome, Aunemundus lui conféra la tonsure et le garda trois années près de lui.

Un tournant politique s’opéra alors et, à la mort de Clovis II, le maire du palais Ebroin fit arrêter cet évêque dont l’influence prenait trop d’envergure ; tandis que l’Anglais Wilfrid était prié de quitter bien vite les lieux, Aunemundus, lui, déjà malade, fut conduit à Mâcon et y fut assassiné, le 28 septembre 658.  Il se pourrait aussi que la reine-mère Bathilde ait soutenu ce complot.

Ce bref épiscopat avait duré de 654 à 658, pour s’achever dans le sang. Quoique cet assassinat eût toute la couleur d’une pure intrigue politique, il fut considéré comme un véritable martyre.

Saint Aunemundus de Lyon est commémoré le 28 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Chunialdus et Gisilarius de Salzburg

8e siècle

 

Ces deux prêtres furent des compagnons d’apostolat de s.Rupert (v. 27 mars).

Peut-être étaient-ils d’origine franque.

D’après la Tradition, ils évangélisèrent la tribu des Avares dans la région de Vienne.

C’est peut-être eux aussi qui édifièrent l’église Saint-Rupert de Vienne, la plus ancienne de cette capitale.

Leurs reliques reposent, avec celles de s.Rupert, dans la cathédrale de Salzburg.

Chunialdus et Gisilarius ont été récemment inscrits dans la dernière édition du Martyrologe.

Cependant on n’a pas d’autres informations sur eux.

Les saints Chunialdus et Gisilarius sont commémorés le 28 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lioba de Tauberbischofsheim

700-782

 

Lioba (Leobgytha, d’après une lettre autographe) était anglaise de naissance, née dans le Wessex, fille de Dynna et Ebba, qui étaient parents de s.Boniface (v. 5 juin).

Lioba fut en réalité un surnom, apparenté au mot Liebe, amour, tant elle était aimée de tous. Son prénom initial était Truthgeba.

Elle entra au monastère de Wimbourne (Dorset), où sa soif de lecture lui procura une ample connaissance de l’Ecriture, des Pères, des conciles et du droit canonique.

Boniface appela sa parente (cousine ?) en Germanie, pour gouverner un monastère dans la région de l’actuelle Mannheim. Il attachait beaucoup d’importance à la présence de moines et de moniales, dont la prière l’aurait puissamment aidé dans son apostolat.

Lioba fut une abbesse prudente, plus sévère pour elle-même que pour les moniales.

Pour éteindre un incendie, elle fit jeter dans la rivière proche du sel bénit par Boniface : cette eau se révéla merveilleusement efficace. Une autre fois, sa prière calma une effroyable tempête.

Boniface estimait tellement Lioba, qu’il demandait que leurs restes fussent placés côte à côte. C’est lui qui mourut le premier (754) ; il fut enseveli à Fulda. A cette occasion, Lioba obtint la permission d’entrer dans la clôture des moines pour aller prier sur le tombeau du Martyr.

Quand elle mourut à Schornsheim, le 28 septembre 782, elle fut à son tour enterrée à Fulda.

Sainte Lioba est commémorée le 28 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Václav de Bohême

907-935

 

Wenceslas (ou aussi Venceslas), en tchèque Václav, était né vers 907 à Stochov (Libušin, Bohême) ; lui et son frère, Boleslas, étaient les fils de Vratislav 1er et de Dragomir (Drahomira).

L’adolescence de Václav fut marquée par la mort de son oncle paternel, Spitigniev, et de son père, dans quelque expédition militaire contre les Hongrois, de sorte que Dragomir assuma la régence. 

Cette femme, qui avait accepté de faire baptiser ses garçons, n’était pas vraiment convaincue de son christianisme, et jalousait l’excellente influence que la grand-mère, Ludmilla, une grande chrétienne, avait sur les enfants. On suppose que c’est grâce à cette grand-mère que des prêtres passèrent à la cour ou dans la famille. 

Ensuite, Václav fréquenta l’école à Budeč, où il apprit le latin.

Tandis que sa foi grandissait avec lui, des courtisans en prirent ombrage et suscitèrent la haine dans le cœur de Dragomir, qui éloigna tout clergé de son fils, et alla jusqu’à faire assassiner la grand-mère. Ludmilla, considérée martyre, fut canonisée (voir au 16 septembre).

Dans la Bohême, ce fut le chaos ; le duc de Bavière l’envahit et pensait la mettre sous la tutelle germanique.

Václav accède au trône en 924, et tandis qu’on s’attendait à partir en guerre contre l’envahisseur, le jeune Duc étonna tout le monde en imposant ses vues pacifiques : il «acheta» la paix avec la Bavière contre un tribut annuel de cent-vingts bœufs et cinq-cents talents d’argent.

Il adressa de sévères reproches à tous les courtisans qui étaient intervenus pour éloigner de la cour toute influence chrétienne ; au contraire il fit venir des prêtres ; les reliques de sainte Ludmilla furent rapportées à Prague. Et Dragomir fut ni plus ni moins éloignée de la cour.

Le jeune Prince chercha à supprimer la peine capitale, et fit détruire les potences dans son royaume. Il racheta au marché des esclaves païens pour les amener au baptême chrétien ; il fit construire une première chapelle pour recevoir les reliques de saint Guy (Vitus, Veit), ce qui explique que l’actuelle cathédrale de Prague soit dédiée à ce Martyr.

Le frère de Václav, Boleslav, conspira contre son frère pour s’emparer du pouvoir. Un premier attentat fut annulé le 27 septembre 929 (ou 935) lors d’un banquet ; Boleslas attendit son frère le lendemain matin, 28 septembre, et le frappa au moment où le Prince entrait à l’église pour assister à l’office du matin. Blessé, Václav se précipita dans l’église, où les sicaires de son frère le poursuivirent pour l’achever.

Saint Václav fut très vite reconnu comme martyr et des miracles eurent lieu. Le plus beau fut sans doute la conversion de Boleslav, qui reconnut son erreur, appliqua la même politique pacifiste que son frère, et fit rapporter la dépouille de son frère dans la cathédrale de Praque. 

Saint Václav fut canonisé dès le 10e siècle. Sa fête est au 28 septembre.

Thiemo de Salzburg

1040-1102

 

Le prénom de cet archevêque connaît différentes formes : Diemo, Ditmar, Tyemo, Theodemar.

Il naquit vers 1040 en Bavière, du comte Thiemo II, descendant des comtes de Formbach (Passau).

Entré chez les Bénédictins de Niederaltaich, il y déploya ses grands dons de peintre et sculpteur. Actuellement, on lui attribue plusieurs statues de la Vierge Marie en Autriche.

En 1077, il fut élu abbé à Salzburg, où il se montra fidèle au pape dans la querelle des investitures, de sorte qu’en 1081, l’archevêque usurpateur Berthold l’éloigna de Salzburg.

Thiemo passa à Hirsau, Schaffhausen, Admont : ce n’est qu’en 1086 qu’il put enfin rentrer à Salzburg, en même temps que l’archevêque Gebhard, qui était fidèle au pape.

En 1090, Thiemo fut choisi pour succéder à Gebhard.

En 1095, il fut présent au synode de Plaisance.

En 1097, il fut pris par Berthold durant une bataille et incarcéré pendant cinq années. Un bon moine réussit à le faire s’évader.

En 1101, il prit part à la croisade, mais fut fait prisonnier par les Musulmans à Eregli. Il fut supplicié à Ascalon (ou à Chorasan), où les Musulmans lui arrachèrent les intestins ; dans une des versions, il aurait refusé de restaurer une statue de dieu païen, et l’aurait brisée, ce qui entraîna sa condamnation à mort (mais cette dernière hypothèse semble non valable, puisque la confection d’images divines est prohibée par l’Islam).

Thiemo a beaucoup été vénéré dès l’annonce de son martyre, le 28 septembre 1101, mais ne se trouve pas dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simón de Rojas

1552-1624

 

Simón naquit à Valladolid dans la Castille espagnole, le 28 octobre 1552, fête de l’apôtre Simon. Ses parents, Gregorio et Constanza étaient très chrétiens, particulièrement la maman, qui fit germer dans l’âme du petit garçon un grand amour pour la Sainte Vierge. Il avait quatorze mois lorsqu’il prononça ses premières paroles : “Ave Maria”. 

Simón fut un grand serviteur de Marie, comparé par Lopez de Vega à s. Bernard de Clairvaux et à s. Ildephonse de Tolède.

A douze ans, il entra chez les Trinitaires de sa ville natale, où il fit sa profession religieuse en 1572 (de nouveau le 28 octobre). Il était très heureux quand il pouvait visiter les sanctuaires consacrés à Marie ; il la priait instamment, imitait ses vertus, chantait ses louanges et mettait en relief son importance dans le mystère de Dieu et de l'Eglise. 

Ses études se déroulèrent à Salamanque. A travers ses études théologiques, il comprit toujours davantage la mission de Marie et sa coopération avec la Trinité au salut du genre humain et à la sanctification de l'Eglise ; il fut ordonné prêtre en 1577, enseigna la philosophie et la théologie à Tolède, puis fut nommé supérieur de plusieurs couvents et envoyé trois fois comme visiteur apostolique, charges où il montra une grande vertu de prudence. A la fin de sa vie, il eut la charge de précepteur des Infants d’Espagne, de Provincial de Castille, enfin de confesseur de la Reine Isabelle de Bourbon.

Il vécut ses vœux religieux à l'exemple de Marie. Il croyait que pour être à Dieu comme Marie, il fallait être son esclave, ou mieux, esclave de Dieu en Marie ; c'est pourquoi, il institua la Congrégation des Esclaves du Très Doux Nom de Marie (1612), à la plus grande gloire de la Trinité, à la louange de Notre-Dame, au service des pauvres. Pour lui, être esclave de Marie signifiait une appartenance totale à Elle : "Totus tuus", pour être uni plus intimement au Christ et, en Lui, par l'Esprit, au Père.

La Congrégation qu'il a fondée avait un caractère laïcal : elle était ouverte à toutes les catégories sociales. Les inscrits, parmi lesquels figuraient même le roi et ses enfants, s'engageaient à glorifier Marie, en aidant les pauvres, ses fils de prédilection. Son œuvre vit encore en Espagne. Celui qu'on considère comme un des plus grands contemplatifs de son époque, prouve dans son ouvrage “La prière et ses grandeurs” que la dimension contemplative doit aller de pair avec la vie active et se réaliser par les œuvres de miséricorde. Fidèle au charisme trinitaire, il promut la rédemption des esclaves, assista tous les pauvres qu'il rencontrait, réconforta infirmes, prisonniers et marginaux de tous genres. Quand on lui proposa des fonctions à la Cour, il n'accepta qu'à la condition de pouvoir continuer à se consacrer à "ses" pauvres, qu'il secourait à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.

Multiples ont été les manifestations de son amour envers la Vierge Marie. Tous les peintres, qui ont fixé son image sur la toile, mettent sur ses lèvres la salutation “Ave, Maria”, qu'il prononçait si fréquemment qu'on l'appelait “Le Père Ave Maria.” Il fit imprimer par milliers des images de Notre-Dame avec l'inscription “Ave, Maria”, les envoyant partout, même à l'étranger. Il fit confectionner des chapelets très simples avec soixante-douze grains azur unis par une cordelette blanche - les symboles de l'Assomption et de l'Immaculée - en souvenir des soixante-douze ans de la vie de Marie, selon la croyance de son époque, et les envoya même en Angleterre. Profitant de son influence à la Cour, il fit écrire en lettres d'or sur la façade du palais royal de Madrid la salutation angélique: "Ave, Maria". Le 5 juin 1622, il obtint du Saint Siège l'approbation de l'office et de la messe qu'il avait composés en l'honneur du Nom de Marie, et que, plus tard, Innocent XI étendit à l'Eglise universelle ; cette fête se célèbre le 12 septembre.

A sa mort, le 28 septembre 1624, les honneurs funèbres qu'on lui rendit eurent l'aspect d'une canonisation anticipée. Pendant douze jours, les plus célèbres orateurs de Madrid exaltèrent ses vertus et sa sainteté. Le Nonce du Pape, impressionné par tous les signes de vénération qu'on lui rendait, ordonna quelques jours après sa mort que l'on commençât les procès en vue de sa glorification par l'Eglise. Il fut proclamé bienheureux en 1766. En 1988, avant de conclure l'année mariale, le Pape Jean-Paul II l’a canonisé, lui qui avait pour devise “Totus tuus”, pour exprimer son appartenance totale à Marie.

 

 

Oh Margarita

 ? -1868

 

Oh Margarita est une laïque coréenne.

Elle fut martyrisée à Juksan (Gyeonggi-do) le 28 septembre 1868, mais on ne sait de quelle façon, et fut béatifiée en 2014.

 

 

Pak Gyeong-jin Franciscus

 1835-1868

 

Pak Gyeong-jin Franciscus est un laïc coréen né en 1835 à Gimhae (Gyeongsang-do, Corée S).

Il fut martyrisé à Juksan (Gyeonggi-do) le 28 septembre 1868, mais on ne sait de quelle façon, et fut béatifié en 2014.

Josep Tarrats Comaposada

1878-1936

 

Josep (José, Joseph) était né à Manresa le 29 août 1878, dans une famille très chrétienne.

Adolescent, il fut servant de messe à la paroisse et membre de pieuses associations : de l’Immaculée Conception, de saint Stanislas.

Il entra dans la Compagnie de Jésus en 1895, mais ne fit pas d’études pour le sacerdoce. Il resta Frère et, après le noviciat, émit les vœux de religion.

Il fut chargé de l’infirmerie, de portier, à Tortosa puis Valencia.

Quand la Compagnie fut dissoute par le gouvernement républicain (1932), il s’occupa d’un père jésuite âgé, puis passa à la Maison de retraite pour personnes seules, tenue par les Petites Sœurs des Pauvres, toujours à Valencia, en vue de soigner les pères jésuites qui s’y trouvaient.

Après le 18 juillet 1936, il chercha à se réfugier, mais ne trouva rien et retourna à la Maison de retraite.

C’est là qu’on vint l’arrêter, sur dénonciation, pour le fusiller.

C’était le 28 septembre 1936, à Valencia, et Josep fut béatifié en 2001.

 

 

Amalía Abad Casasempere

1897-1936

 

Née le 11 décembre 1897 à Alcoy (Alicante, Espagne), et baptisée le même jour, Amalía grandit dans l’idéal chrétien de sa famille.

En 1924, elle épousa Luis Maestre Vidal, un capitaine, d’où naquirent trois filles. 

La Providence permit que Luis mourût dès 1927, à la guerre en Afrique. Amalía ne perdit pas courage, elle se confia totalement à la Mère de tous les Chrétiens, et donna le temps qui lui restait en dehors des tâches domestiques à des associations chrétiennes, l’Action Catholique en premier lieu, mais aussi la catéchèse paroissiale et d’autres œuvres de charité.

Quand fut proclamée la République (1931), elle s’exposa personnellement en allant retirer le Saint-Sacrement exposé dans l’église des Carmélites, pour éviter une profanation.

En 1935, elle rendit visite à son frère Antonio, jésuite en Italie, qui l’exhorta vivement à s’offrir entièrement à Dieu. Malgré une santé imparfaite, revenue en Espagne, elle se donna totalement à l’apostolat.

Lors de la guerre civile de 1936, elle ne se gêna pas pour cacher chez elle des Religieuses, au risque de sa propre vie. Elle fit des visites aux prisonniers, pour leur redonner courage et à l’occasion les aider matériellement.

Cette activité devenait trop suspecte aux yeux des révolutionnaires, qui vinrent l’arrêter. En prison, on lui fit subir toutes sortes de vexations, elle souffrit aussi de la faim.

On l’emmena sur la route Benillup-Almudaina pour la fusiller, le 28 septembre 1936.

La Providence s’occupa des trois orphelines, qui avaient entre neuf et douze ans, et qui furent prises en charge par des gens charitables. L’une d’elles devait plus tard être missionnaire en Afrique.

Madame Amalía fut béatifiée en 2001.

 

 

Josep Casas Juliá

1914-1936

 

Josep (José, Joseph) était né à Ordal (Barcelone) le 22 décembre 1914, dans une famille très chrétienne.

A onze ans, il entra au petit séminaire des Carmes de Palafrugell, puis entra vraiment dans l’Ordre des Carmes déchaux, avec le nom de Joachim de Saint-Joseph.

Après la profession (1932), il fit les études de théologie à Badalona et les avait à peine terminées au moment où éclata la guerre civile de 1936.

Réfugié chez ses parents, il fut arrêté avec son cousin (Josep Casas Ros) le 27 septembre 1936.

Conduits à Vilafranca del Penedés (Barcelone), ils furent tous deux fusillés le lendemain soir sur la place de Moyá (Barcelone) : on leur avait offert la vie sauve, contre leur apostasie.

C’était le 28 septembre 1936 ; Josep n’avait pas vingt-deux ans ; il fut béatifié (avec son cousin) en 2007.

 

 

Francesc Javier Ponsa Casallach

1916-1936

 

Il était né à Moyá (Barcelone) le 20 août 1916, de Pedro et Rosa, aîné des trois garçons de ce couple chrétien, qui le firent baptiser une semaine plus tard : il porterait les noms de Francisco (ou Francesc) Valentín Ramón. 

Outre son travail quotidien, le papa était sacristain de la paroisse.

Francesc étudia chez les Pères des Ecoles Pies, accompagnait son père à l’église et servait la messe.

Vers quatorze ans, il fut apprenti chez un menuisier et devint très adroit dans ce travail.

Il fit partie de l’Action Catholique.

Il voulut entrer dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, ce qui contrariait tout--à-fait les vues de ses parents, qui remettaient à plus tard, qui cherchaient à le détourner de cette orientation… Cette réaction n’est pas rare, elle contraste avec la «piété» des parents chrétiens, mais même des chrétiens peuvent avoir des réactions erronées.

Francesc cependant fut de plus en plus convaincu de sa vraie vocation, surtout après avoir visité l’établissement des Hospitaliers à Barcelone. Il était surtout attiré par les enfants malades, boiteux, aveugles, bossus…

Mais la conviction du fils n’entraînait pas celle du père : ce dernier entra dans des colères violentes, des menaces terribles, qui attristaient beaucoup le garçon. Il s’épanchait auprès de son directeur spirituel.

En février 1935, il alla consulter le directeur de la Maison des Exercices à Vic. A son retour, il fut simplement mis à la porte de la maison par son père. Francesc ne put que constater qu’ainsi il était entièrement libre de son choix.

Après un petit pèlerinage à la Vierge de Montserrat, il se présenta à Sant Boi de Llobregat, le 20 février 1935. En juin, il reçut l’habit à Calafell et commença le noviciat avec le nom de Francisc Javier. Le Maître des novices était le père Braulio, qui allait bientôt recevoir le martyre.

Apprenant que sa mère était très malade, il lui rendit visite, accompagné du père Braulio : la maman fut cette fois-ci très heureuse et émue de voir son fils vêtu de l’habit religieux et, toute repentie de ses sentiments précédents, reconnut qu’elle mourait dans la joie de savoir son fils religieux.

Francesc fit la profession en juin 1936, entouré de parents et amis, et de prêtres qui savaient par quelles difficultés il était arrivé là.

Il fut envoyé à San Boi pour poursuivre sa formation (les républicains changèrent le nom de cette localité en Vilaboi, qui redevint San Baudilio ou Sant Boi de Llobregat après la guerre).

En juillet commencèrent les douloureux et même horribles jours de la révolution. Les cinquante-deux Frères de la communauté de Sant Boi durent évacuer le 26 juillet et se réfugier où ils pouvaient ; Francisc resta un peu à Barcelone, puis se dirigea vers la maison de ses parents.

A qui lui parlait du danger qu’il courait, il répondit : 

Je me rends bien compte de ça, mais que peut-on me faire ? M’enlever la vie ? Je n’ai pas peur de la mort, j’y suis préparé, si c’est le cas ; si telle est la volonté de Dieu, je donnerai volontiers ma vie. Advienne ce que Dieu veut.

Il se retira dans une maison de campagne de la famille ; il vivait au milieu des ouvriers agricoles, priant le chapelet, souvent à genoux.

Le 27 septembre, très tôt, des miliciens vinrent l’arrêter, parmi les insultes, les blasphèmes et les menaces. Ils l’enfermèrent dans le couvent des Pères des Ecoles Pies, transformé en prison.

Le 28 au soir, ceux du Comité de Granollers l’emmenèrent en camionnette au Coll de Posas, au kilomètre vingt-quatre de la route entre Moiá et Barcelone, à Sant Felíu de Codines.

Francesc comprenait bien ce qui lui arrivait. Il demanda quelques minutes pour prier. Tandis qu’on se moquait de lui, il se mit à genoux : une décharge de mitraillette l’abattit sur place.

Il fut donc exécuté le 28 septembre 1936 à San Felíu de Codines (Barcelone) et béatifié en 1992.

 

 

Josep Casas Ros

1916-1936

 

Josep (José, Joseph) était né à Ordal (Barcelone) le 26 août 1916, dans une famille très chrétienne.

En 1928, il entra au petit séminaire de Barcelone.

Durant les vacances, il revenait dans son pays et c’est là qu’il se trouvait au moment où éclata la guerre civile de 1936.

Il fut arrêté avec son cousin (Joaquín Casas Juliá) le 27 septembre 1936.

Conduits à Villafranca del Penedés (Barcelone), ils furent tous deux fusillés le lendemain sur la place de Moyá (Barcelone).

C’était le 28 septembre 1936 ; Josep venait d’avoir vingt ans ; il fut béatifié (avec son cousin) en 2007.

 

 

Mykyta Budka

1877-1949

 

Mykyta (ou Nykyta : Nicétas) naquit le 7 juin 1877 à Dobromirka, (Zbarazh, Galicie, alors dans l’empire austro-hongrois, dans la région de Ternopil).

Après son diplôme à l’école supérieure de Ternopil (1897), il servit dans l’armée autrichienne puis étudia le droit à Lviv.

En 1902, il étudia la théologie à l’université d’Innsbruck (Autriche) et fut ordonné prêtre à Lviv en 1905, pour l’Eglise catholique de rit oriental.

De 1907 à 1909, il étudia encore à Vienne et obtint le doctorat en théologie.

De retour à Lviv, il y fut préfet du grand séminaire.

En 1912, il fut nommé évêque titulaire de Patar et envoyé à Winnipeg (Canada) comme premier évêque pour les Ukrainiens émigrés. On donne à cet évêque le titre d’exarque apostolique

La mission de l’exarque était immense : cent cinquante-mille Ukrainiens étaient éparpillés sur toute la surface du Canada, de l’océan Pacifique à l’océan Atlantique. Il organisa les paroisses, fit construire des églises, des écoles.

Il se montra un défenseur acharné de l’autonomie des Ukrainiens par rapport à la hiérarchie latine, et s’opposa vigoureusement à l’action missionnaire parmi ses ouailles, de la part des Eglises orthodoxe ou protestante.

En plus, il soutenait le mouvement patriotique nationaliste ukrainien et, bien avant le déclenchement de la guerre mondiale, il exhortait les réservistes ukrainiens à rapatrier pour combattre dans les rangs autrichiens ; mais comme l’Autriche de trouva en guerre contre le Canada, les autorités canadiennes confinèrent les Ukrainiens au Canada durant toute la guerre. 

Ayant résigné sa place, il fut évêque auxiliaire de Lviv en 1929. La Galicie était encore polonaise, mais passa sous le contrôle de l’Union soviétique après la seconde guerre mondiale, et Mgr Budka alors se montra fermement opposé au gouvernements communiste, ainsi qu’à la séparation de l’Eglise Ukrainienne de Rome.

C’est pourquoi il fut arrêté le 11 avril 1945, ainsi que d’autres évêques, par les services du NKVD et condamné à huit ans de prison.

En réalité, il mourut dans le camp de concentration de Karaganda (République de Kazakhstan), suite aux mauvais traitements, au froid, à la faim, aux tortures et au travail exténuant.

On conserve le 28 septembre 1949 pour son dies natalis, qui cependant pourrait être le 1er ou le 6 octobre suivant.

Il se peut même qu’on ait abandonné son corps aux animaux sauvages de la forêt environnante.

Mgr Dudka fut béatifié en 2001.

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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 23:00

27 SEPTEMBRE

 

I.

S Marc, évêque à Byblos, peut-être le Jean-Marc des Actes des Apôtres (Ac 12:25; 13:5,13; 15:37,39) et cousin de Barnabé (Col 4:10).

III.

S Caius, deuxième évêque à Milan.

S Aderitus, évêque à Ravenne.

V.

SS Florentinus et Hilarius, martyrs à Sion.

VI.

S Barroc, ermite dans l'île de Barry, disciple de s. Cadoc.

VII.

S Céraune, évêque à Paris.

S Sigebert, roi en Angleterre, venu en Gaule pour être baptisé, organisateur du christianisme dans son pays ; appelé par le peuple pour repousser des Barbares, il fut vaincu et tué : on le considère comme martyr.

VIII.

Ste Hiltrude, vierge recluse à Liessies où son frère était abbé.

IX.

SS Adolfo et Juan, martyrs à Cordoue ; leur sœur Aurea est fêtée le 19 juillet.

XII.

S Bonfilio, abbé puis évêque à Foligno, supplanté par un autre évêque pendant qu'il était parti en croisade et humblement retiré dans son monastère.

XIV.

S Elzéar (Eléazar) de Sabran et bse Delphine, très jeunes époux près de la montagne du Lubéron, tertiaires franciscains ; ils ne consommèrent jamais leur mariage ; Delphine est commémorée le 26 novembre. 

XV.

B Lorenzo de Ripafratta, dominicain italien à Cortone, maître du b. Fra Angelico, surnommé "Arche du Testament" pour sa connaissance de l'Ecriture. 

XVII.

S Vincent de Paul, jeune berger, prêtre à dix-neuf ans, fondateur de la Compagnie des Prêtres de la Mission qui s'établirent au prieuré Saint-Lazare ("Lazaristes"), et des Filles de la Charité, avec ste Louise de Marillac ; patron de toutes les œuvres charitables.

XVIII.

B Jean-Baptiste Laborie du Vivier, chanoine à Mâcon, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001, tous martyrisés près de Valencia :

Diocésains : le chanoine José Fenollosa Alcayna (*1903) ; c’était le frère de la Martyre ci-après ;

Capucines Tertiaires de la Sainte Famille : María Fenollosa Alcayna (Francisca Javier de Rafelbuñol, *1901) ;

Laïques : Crescencia Valls Espí et Hermínia Martínez Amigó de Martínez (*1863, 1887) ;

- béatifiées en 2007 :

Missionnaires du Cœur de Marie : près de Girona, María Carme, María Rosa et María Magdalena Fradera Ferragutcasas  (*1895, 1900, 1902) ; c’étaient trois sœurs de sang.

Caius de Milan
3. siècle

On a rencontré il y a quelques jours s.Anatolius (ou Anatalone, v. 24 septembre), qui passe pour avoir été le premier évêque de Milan.
Caius lui succéda, très probablement pas entre 61 et 81, mais bien plutôt, pense-t-on, au début du troisième siècle.
On lui a attribué la conversion des saints Vitalis, Valeria, Gervais et Protais (v. 28 avril). C’est peut-être aussi une erreur.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Caius de Milan au 27 septembre.


Florentinus et Hilarius de Sion
5. siècle

Florentinus et Hilarius furent frappés par le glaive à Sion (act. Valais, Suisse).
On ne peut pas savoir à quelle époque ils furent martyrisés, car on ne sait pas exactement quand situer le chef Chrocus, responsable de leur mort.
Ce Chrocus était peut-être à la tête des Alamans qui se déversèrent en Gaule déjà au troisième siècle, ou bien plutôt à la tête des Vandales qui dévastèrent la Gaule au début du cinquième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Florentinus et Hilarius de Sion au 27 septembre.


Hiltrude de Liessies
† 769

Fille de Wibert, comte de Poitou, et Ada, noble Franque, Hiltrude naquit dans le Hainaut, où son père avait reçu de Pépin le Bref de grandes possessions.
Son frère s’appelait Gontrad, sa sœur Berthe.
Un jour que Wibert chassait, il arriva en un endroit si agréable, qu’il le nomma Lætitiæ (Joies), et décida d’y fonder un monastère : ce fut Liessies. Le premier abbé en fut Gontrad.
Cependant, ces pieux parents furent moins inspirés au sujet de Hiltrude, et voulurent la marier, alors qu’elle entendait se consacrer à Dieu. Pour échapper au prétendant, elle s’enfuit de nuit et alla se réfugier à l’abbaye de son frère, à Liessies.
Là, Gontrad aménagea une cellule pour sa sœur, qui y vécut dix-sept ans.
Pendant ce temps-là, les pieux parents d’Hiltrude étaient fort embarrassés et inquiets de la disparition de leur fille ; quand ils surent où elle se trouvait, ils n’opposèrent plus aucune objection. Il leur vint cependant à l’esprit que, peut-être, ils pourraient proposer leur autre fille Berthe au prétendant, Hugo, qui accepta l’offre.
Quand Hiltrude tomba malade, elle eut la joie de voir ses parents venus l’assister. Elle mourut le 27 septembre 769 (ou 785).
Des miracles eurent lieu et furent reconnus.
En 1793, la Convention réquisitionna la châsse précieuse contenant les reliques de Hiltrude ; un fidèle recueillit pieusement le chef et le remit à l’Eglise quand la tourmente révolutionnaire se calma.
Sainte Hiltrude de Liessies est commémorée le 27 septembre dans le Martyrologe Romain.


Adolfo et Juan de Cordoue
† 822

Dans le cadre de la persécution musulmane qui frappa la ville de Cordoue, s.Eulogio (v. 11 mars) recensa une cinquantaine de martyrs pour les années 850-859, mais il y en eut avant ces dates.
Adolfo (Adulfo) et Juan étaient les deux fils d’une chrétienne, Artemia, qui avait accepté d’épouser un noble musulman (ou y avait été contrainte…). Ils naquirent à Séville, où demeuraient les parents.
Ces deux frères avaient aussi une sœur, Aurea (v. 19 juillet).
Après la mort du père, Artemia pensa profitable de s’installer à Cordoue, où l’on trouvait plus de tolérance pour le christianisme.
Grâce à cette atmosphère plus libérale, les deux garçons, encouragés par leur mère, abandonnèrent l’Islam pour adhérer au Christianisme.
Vint cependant le moment où l’on somma les deux jeunes gens de renoncer à leur foi et de proclamer la supériorité de Mahomet. 
Leur refus décidé les fit condamner à mort, en l’année 822 ou 824. Leur sœur devait être martyrisée plus tard, en 856.
Les deux saints frères Adolfo et Juan de Cordoue sont commémorés le 27 septembre dans le Martyrologe Romain.

Bonfilio de Foligno

1040-1115

 

Ce «bon fils» naquit vers 1040 à Osimo (Italie E), de famille noble.

Entré chez les Bénédictins de Storaco, il en devint abbé.

Vers 1070, il fut nommé évêque de Foligno.

Il partit avec les croisés en Terre sainte, et s’y fixa assez longtemps, de 1096 à 1104, préférant la solitude et la prière à l’activité apostolique dans son diocèse italien.

Il y revint pourtant, mais dans l’intervalle, les fidèles et le clergé avaient demandé un «remplaçant», pour gouverner le diocèse, conférer la Confirmation aux enfants et ordonner des prêtres.

Bonfilio trouva donc à sa place un certain Andrea : il reconnut humblement cette juste élection et se retira à nouveau, dans son abbaye de Storaco.

Il avait déjà montré son humilité, mais Dieu l’éprouva davantage encore. Certains moines l’avaient en aversion et lui jouèrent des tours. Le plus infect fut qu’on s’arrangea pour faire tomber le vieil évêque dans la fosse à immondices. La faction de ces moines corrompus ne désarmant pas, Bonfilio se retira dans un autre monastère près de Cingoli, où il s’éteignit le 27 septembre 1115.

Saint Bonfilio est mentionné au 27 septembre dans le Martyrologe.

 

                                        

Elzéar de Sabran

1285-1323

Delphine de Signe

1282-1360

 

Voici une histoire de couple vraiment exceptionnelle.

Elzéar de Sabran naquit au château de Roubians, à l’est d’Avignon, près de Cabrières d’Aigues. Sabran est une terre de Languedoc, et les nobles parents d’Elzéar, Ermangaud de Sabran et Laudune d’Albe, possédaient là la Tour d’Aigues et Cucuron.

Jeune, Elzéar fut écolier à l’abbaye Saint-Victor de Marseille.

De son côté, Delphine (ou Dauphine) de Signe naquit vers 1282 à Puy-Michel, dans la proche montagne du Lubéron. Elle fut fiancée à quatorze ans à Elzéar. Son désir était de refuser énergiquement, mais un père franciscain lui conseilla d’accepter cette union avec un si saint garçon.

Le mariage fut célébré après deux ans de fiançailles, alors que Delphine avait une quinzaine d’années, et Elzéar treize seulement. La fête passée, ils furent conduits à leur demeure de Ansouis. 

Delphine exposa le soir même à Elzéar son profond désir d’une vie totalement chaste, et proposa à son mari de faire avec elle le vœu de chasteté. Elzéar, qui était déjà fort avancé dans la vertu, n’était cependant pas encore prêt pour une décision si radicale.

Une maladie de Delphine l’aida à faire le pas ; dans la prière, son désir de pureté grandit, ses passions s’éteignirent et tous deux firent devant leur confesseur ce saint vœu de chasteté, se mettant en même temps dans les rangs du tiers-ordre franciscain.

De jour, sous leurs vêtements de noblesse, ils portaient la haire ; de nuit, ils se flagellaient et priaient ensemble. Delphine ne toucha son mari que pour lui laver la tête ou, s’il était malade, pour lui tâter le pouls. Elzéar passa son temps dans la pratique des bonnes œuvres, visitant et soignant les malades, distribuant des aumônes.

En plus, Elzéar avait disposé que les gens de sa maison fussent assidus à la messe quotidienne. Il exigeait de ses officiers de veiller à ce qu’on vive chastement et de bannir les sensuels et les impudiques.

On dut séjourner quelque temps en Italie, où le comté d’Ariano (Naples) était venu en héritage à Elzéar. Il dut y retourner en 1317, car il y était nommé maître justicier pour l’Abbruzze citérieure. Là encore, le règlement était exigeant : Toutes (les femmes) devront être vierges, veuves, chastes. Quant aux hommes, qu’ils soient nobles ou domestiques, il leur faudra vivre chastement et honnêtement.

Une autre mission l’envoya à Paris comme ambassadeur extraordinaire pour arranger un mariage princier. Mais Elzéar mourut à Paris, le 27 septembre 1323, à trente-huit ans.

Delphine apprit la nouvelle mystérieusement (ou mystiquement ?) avant même l’arrivée du messager. Elzéar lui apparut un an plus tard en lui reprochant doucement son chagrin. Citant le psaume 123, Elzéar lui disait joyeusement : Le filet est rompu, nous sommes libérés ! (Ps. 123).

Delphine continua une vie active, administra encore quelques temps ses domaines, et s’en fut à Naples pour y vivre dans la pauvreté totale. Elle trouva un logement de toute misère et alla mendier. 

Elle passa les quinze dernières années de sa vie en Provence, à Apt. Elle sortit de son silence pour ramener la paix entre des factions, elle créa une sorte de caisse rurale mutuelle, où l’on prêtait sans intérêt.

Elle s’éteignit le 26 novembre 1360, et fut enterrée près de son mari à Apt.

Elzéar fut canonisé en 1369, par Urbain V qui était son filleul.

Delphine, elle, est restée bienheureuse, et comme telle est inscrite au Martyrologe du 26 novembre, tandis que saint Elzéar est commémoré le 27 septembre.

 

 

Lorenzo de Ripafratta

1373-1456

 

Né vers 1373 à Ripafratta (Pise, Italie W), fils de Tuccio, il entra chez les Dominicains à Pise.

Il prit l’habit en 1397.

Il fut lecteur (professeur) à Fabriano, prieur, puis fut envoyé à Florence comme maître des novices à Cortone, où un certain Fra Angelico fut parmi ses disciples.

Lorenzo faisait partie du courant réformiste de l’Ordre. En 1443, il fut vicaire général de ce courant, et fut souvent soit à Fabriano soit à Pistoie.

Durant une épidémie de peste, il eut l’occasion de montrer sa charité envers les malades et les moribonds.

Il avait une connaissance si approfondie de l’Ecriture, qu’on le surnomma Arche du Testament.

Longtemps il souffrit d’un ulcère à la jambe, qui le faisait boîter et ne guérit pas. Son biographe le qualifie modestement de non curiosus, sed utilis et copiosus, ce qu’on pourrait traduire par : non excessif, mais utile et éloquent.

Lorenzo mourut à Pistoie le 27 septembre 1456 et fut béatifié en 1851.

 

 

Vincent de Paul

1581-1660

 

On ne va pas ici reprendre les discussions sur les dates et le nom de famille de ce géant de la charité. Qu’il soit seulement dit qu’on peut orthographier “de Paul” ou “Depaul”, et que, en l’absence de registres, on a pu faire naître Vincent en 1576 aussi bien qu’en 1581, cette dernière date semblant être la bonne.

Vincent naquit un 24 avril, près de Dax (Landes, France), troisième enfant d’une fratrie de quatre garçons et deux filles. Le père, Jean, un exploitant agricole, est l’époux de Bertrande de Moras.

La vie est dure, et très tôt Vincent est employé à garder les troupeaux. Puis son père l’inscrit au collège des Cordeliers à Dax. L’idée de ce père peu fortuné est que son garçon obtienne un jour un “bénéfice”, une charge ecclésiastique, qui permettra de soulager le budget familial.

Pendant trois ans, Vincent fut un élève acharné au travail ; il excellait en grammaire et en latin, au point qu’un ami de famille lui demanda d’être le précepteur de ses fils. Mais la grâce travaillait dans le cœur de Vincent : il voulait apostoliser les âmes.

A seize ans, il reçoit la tonsure, premier rite par lequel on entrait dans la cléricature ; il sera ordonné prêtre en 1600, et, selon les dates avancées pour sa naissance, il pouvait alors avoir entre dix-neuf et vingt-quatre ans.

Il prend ses grades de théologie à Toulouse. C’est à cette époque que meurt son père.

Une histoire d’héritage l’envoie jusqu’à Marseille, d’où il s’embarque pour Narbonne, mais le bateau est pillé par des pirates, qui capturent Vincent et l’emmènent à Tunis. Il s’en évade au bout de deux ans, revient en Avignon, d’où il part pour Rome. Certains ont mis en doute toute cette aventure.

Toujours dans la gêne, il cherche quelque poste intéressant. Il devient curé de Clichy en 1611 et commence alors sa vraie vie de pasteur : catéchèse, visite des pauvres et des malades.

En 1613, il devient précepteur dans la famille de Gondi, et se trouve ainsi chargé d’apostoliser les populations qui résident sur les domaines de cette riche famille. 

En 1617, sans qu’on sache vraiment pourquoi, il quitte cette place parisienne et se retrouve à Châtillon-sur-Chalaronne (Dombes, Ain), où il répète les activités de Clichy.  C’est là qu’il a l’intuition des Dames de la Charité, institution d’où sortiront plus tard les Filles de la Charité.

L’insistance des Gondi le fit très vite renoncer à sa paroisse des Dombes et revenir à Paris. De nouveau il s’occupe de leurs populations : Villepreux, Joigny, Montmirail, Folleville, Paillart, Sérévillers. Partout il conquiert les âmes, mais non sans de sévères mortifications : il dort sur la paille, il se donne la discipline, il porte une chaînette de fer, un cilice.

En 1619 il doit s’occuper des galériens. Les forçats étaient alors amassés dans des cachots malpropres à la Conciergerie, avant d’être envoyés à Marseille. Vincent les fait transférer dans une maison plus saine. C’est son action qui lui vaudra le titre de “aumônier réal des galères”, avec une forte rente annuelle. Il va visiter les galériens à Bordeaux et à Marseille. Ce serait dans ces circonstances qu’il aurait pris la place d’un galérien épuisé, mais il paraît que l’épisode est irréel.

Il rencontre saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal (voir aux 28 et 13 décembre) et se lie d’amitié profonde pour la fondation des Visitandines.

En 1625, il fonde la Congrégation de la Mission, qu’on appellera les Pères Lazaristes parce qu’ils résident dans le quartier Saint-Lazare à Paris. La congrégation est vouée à l’évangélisation des campagnes, fortement appuyée par les Gondi.

1633 est l’année de la naissance des “Filles de la Charité”, qui deviendront les si fameuses Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. La co-fondatrice est sainte Louise de Marillac (voir au 15 mars). Monsieur Vincent se garde bien de vouloir fonder une congrégation, car à cette époque, qui dit congrégation féminine, dit automatiquement clôture ; saint François de Sales avait dû renoncer à l’apostolat des Visitandines hors de leur monastère à cause de cette “norme”. Vincent de Paul, lui, eut cette formule fameuse : 

(Les Filles de la Charité doivent avoir) pour monastère les maisons des malades, pour cellule une chambre de louage, pour chapelle l’église paroissiale, pour cloître les rues de la ville, pour clôture l’obéissance, pour grille la crainte de Dieu, pour voile la sainte modestie. Les Filles de la Charité font des vœux privés, qu’elles renouvellent chaque année.

Les prêtres de la Mission commencèrent par prêcher une retraite de quinze jours aux candidats au sacerdoce. Puis ils recueillirent des enfants en vue de les former plus tard au sacerdoce ; ce fut un premier “petit séminaire”, auquel s’en ajouta un “grand” dès 1642.

Vincent est en si grande estime auprès de la famille royale, que Louis XIII l’appelle à ses derniers instants. La reine Anne d’Autriche le prend comme confesseur et le nomme au Conseil de Conscience (sorte de ministère pour les affaires ecclésiastiques) : c’est ainsi qu’il pourra proposer à l’épiscopat des candidats connus de lui (et généralement formés par ses prêtres), vertueux et bien préparés.

En 1657, il fonde l’hôpital de la Salpêtrière, pour les personnes âgées.

Vincent avait une assez bonne santé. Il souffrait de “fiévrottes”, comme il disait, mais il souffrit très longtemps d’un mal de jambes, suite à une maladie en 1615, et ce mal ne fit qu’augmenter ; les jambes suppuraient jusqu’à l’empêcher, les dernières années, de quitter la chambre.

Il mourut le 27 septembre 1660. On peut voir son corps dans une châsse en la chapelle des Lazaristes, rue de Sèvres à Paris. Lors de la révolution, la maison servit de prison, mais les révolutionnaires respectèrent les reliques de ce grand “philanthrope”.

Vincent de Paul sera béatifié en 1729 et canonisé en 1737.  En 1883, il sera nommé patron de toutes les œuvres charitables répandues dans le monde.

C’est à son esprit que remonte l’idée du bienheureux Ozanam de fonder les Conférences de Saint-Vincent-de-Paul (voir au 8 septembre).

 

 

Jean-Baptiste Laborie du Vivier

1734-1794

 

Né le 19 septembre 1734 à Mâcon (Saône-et-Loire), Jean-Baptiste devint prêtre pour ce même diocèse.

Il était chanoine de la cathédrale de Mâcon (le Martyrologe le mentionne comme «diacre»).

Durant la pénible tourmente révolutionnaire, il fut condamné à la déportation en Guyane et, pour cela, emmené de force jusqu’à Rochefort, où il devait embarquer.

Le navire Deux-Associés ne partit jamais ; les centaines de prêtres et religieux qui y furent entassés, moururent presque tous des mauvaises conditions de détention à bord, des épidémies, des mauvais traitements.

Le capitaine de ce navire écrira : Ces hommes étaient rayés du livre de la République, on m’avait dit de les faire mourir sans bruit…

L’abbé Laborie du Vivier mourut le 27 septembre 1794, et fut béatifié avec ses Compagnons en 1995.

 

 

Mariano Climent Sanchís

1856-1936

 

Mariano naquit le 8 janvier 1856 à Puzol (Valencia) et fut baptisé le lendemain.

Ses parents, Mariano et Mariana, bons chrétiens, moururent bientôt et le petit garçon fut pris en charge par sa tante maternelle, une pieuse femme.

Mariano dut cependant travailler aux champs, et ne fit pas d’études régulières ; son instruction resta très élémentaire.

Durant son service militaire, il participa à la guerre carliste.

Libéré, il entra chez les Pères Capucins comme Frère lai au couvent de Sainte Marie Magdeleine de Masamagrell ; il avait vingt-quatre ans.

Il fit la profession en 1881 avec le nom de Fidel (Fidèle) et, en 1884, la profession solennelle.

Portier, quêteur, cuisinier, ce Frère se montra homme de profonde piété, doux, humble, toujours souriant, «fidèle» à la règle. On le voyait des heures entières à prier, avec le chapelet, et précédait même l’arrivée des Pères le matin.

Il fut envoyé aux couvents de Barcelone, Totana, Orihuela, Massamagrell et Valencia.

En 1936, les révolutionnaires fermèrent le couvent ; il se réfugia chez des amis dans son pays : c’était un vénérable vieillard de quatre-vingts ans, presque aveugle, et il ne sortait pas de la maison.

Il ne pouvait cependant pas passer inaperçu. On vint perquisitionner là où il habitait : évidemment, on ne découvrit pas d’armes ! Des miliciens sans scrupules vinrent le chercher «pour le conduire au sanatorium des Petites Sœurs des Pauvres», mais en réalité à la ferme dite «La vall de Jesús», sur la route de Sagunto, où ils l’abattirent.

C’était le 27 septembre 1936 au soir (ou au petit matin du 28).

Son corps resta sans sépulture pendant deux jours, puis fut enterré dans la fosse commune du cimetière, et l’on n’a pas pu identifier ses restes.

Frère Fidèle fut béatifié en 2001.

 

 

Crescencia Vall Espí

1863-1936

 

Elle naquit le 9 juin 1863 à Onteniente (Espagne), de Joaquín et Francisca ; elle fut baptisée le lendemain. Elle avait trois sœurs.

Grâce à l’enseignement reçu des Filles de la Charité, elle s’efforça de mettre le Christ au centre de sa vie quotidienne : elle communiait chaque jour, chaque jour priait le chapelet en famille ; elle était fidèle à l’adoration eucharistique, à la dévotion au Sacré-Cœur et à Marie.

Elle faisait partie des Enfants de Marie, de l’Apostolat de la Prière, du Secours Catholique, de l’Action Catholique, du Tiers-Ordre du Carmel… S’il y avait eu d’autres associations sur place, elle en aurait fait partie.

Elle visitait (et soignait) les malades, demandait l’aumône pour aider des familles pauvres, soutenait les personnes dans le deuil.

Celle qu’on appelait la Santurrona devint un des objets de la haine des ennemis de l’Eglise.

Avant même l’explosion de la guerre civile en Espagne, elle s’armait intérieurement pour affronter la lutte contre le mal et éventuellement recevoir la gloire du martyre. On la menaça. 

En janvier 1936, le maire de Onteniente la dénonça au gouverneur de Valencia pour son catholicisme et son soutien au pape. En février, on la menaça de mort. Mais plus on la menaçait, plus elle s’efforçait de témoigner de sa foi et de manifester sa charité envers le prochain.

En juillet, les églises et les couvents brûlèrent. On détruisit et brûla tout objet religieux. Quand on supprima les crucifix des écoles, elle porta ouvertement une petite croix sur la poitrine.

C’est le 26 septembre 1936 que quatre miliciens vinrent l’arrêter, elle et ses trois sœurs. On les emmena à la prison. Elles restèrent seulement douze heures en prison, car on avait déjà décidé leur mort avant de les arrêter.

Au soir du 26 peu avant minuit, on les fit sortir de la prison, et monter dans deux voitures ; à ce moment précis, il y eut une coupure de courant et toute la ville fut dans l’obscurité. Les miliciens les auraient même fait monter à coups de poings et de fusils, au point de leur casser les poignets.

Parvenues au Puerto de Ollería, au lieu-dit La Pedrera, elles furent fusillées. Crescencia eut le temps de dire aux bourreaux : Je sais bien que vous allez me tuer. Je vous pardonne et je vous réserve une petite place au Ciel. Et au moment de mourir : Nous mourons pour Dieu. Vive le Christ Roi !

Peu après la guerre, le beau-frère de Crescencia put la retrouver pour lui donner une meilleure sépulture ; il la reconnut à ses traits et ses vêtements ; elle portait l’orifice de la balle tirée dans la nuque.

Crescencia avait soixante-treize ans en ce 27 septembre 1936, juste après minuit. Elle fut béatifiée en 2001.

 

 

Herminia Martínez Amigó de Martínez

1887-1936

 

Elle naquit le 31 juillet 1887 à Puzol (Valencia, Espagne).

Si l’on ne dit rien sur son adolescence, on pourra aisément imaginer comment elle grandit dans l’amour de l’Eglise et le service du Prochain. La famille vivait dans une certaine aisance, et Herminia n’hésita pas à mettre ses ressources (et même à vendre des biens) au service des pauvres.

Avant comme après son mariage, elle participait activement à la vie paroissiale, à l’Action Catholique ; elle appartenait aux Enfants de Marie, à l’Union des Sacrés-Cœurs.

Elle épousa en 1916 Vicente Martínez Ferrer, mais le couple n’eut pas d’enfants.

Leur maison abrita maintes fois des jeunes mamans en difficulté, auxquelles ils payaient leurs frais médicaux. Ils fondèrent une association pour secourir des malades pauvres.

Herminia était ainsi connue de la population ; de telles personnes praticantes, qui trouvaient leur force dans la dévotion eucharistique et mariale, étaient les cibles de choix des ennemis de l’Eglise.

C’est ainsi que les miliciens révolutionnaires vinrent arrêter, d’abord, Vicente et le frère d’Herminia, Eduardo, disant qu’ils faisaient mourir les curés et les religieux. Elle leur dit alors : Si vous tuez mon mari parce qu’il est catholique, vous pouvez aussi me prendre. Je suis catholique, apostolique et romaine.

Les miliciens embarquèrent alors les deux époux. Au cimetière de Gilet (Valencia), Herminia exhorta ceux qui allaient aussi être fusillés et pardonna à ses bourreaux.

Unis devant Dieu par le lien sacré du mariage, Herminia et Vicente furent unis dans la mort, le 27 septembre 1936.

La Religieuse María Fenollosa Alcayna (Francisca Javier de Rafelbuñol), fut fusillée au même moment.

Herminia fut béatifiée en 2001, faisant partie de la cause de béatification d’un grand nombre de saintes femmes de l’Action Catholique, qui moururent pour leur fidélité au Christ.

 

 

María Carme Fradera Ferragutcasas

1895-1936

María Rosa Fradera Ferragutcasas

1900-1936

María Magdalena Fradera Ferragutcasas

1902-1936

 

Il est impossible de séparer ces trois sœurs, sœurs de sang, sœurs en religion, sœurs dans le martyre, et sœurs dans la gloire du Ciel, proclamées ensemble bienheureuses.

Toutes trois entrèrent chez les Missionnaires du Cœur de Marie :

María Carme était née le 25 octobre 1895 à Riudarenas (Girona, Espagne) ; elle entra au noviciat de Mataró en 1921 et professa en 1923 ; puis elle travailla à Mataró.

María Rosa était née le 20 novembre 1900, également à Riudarenas ; elle entra au noviciat de Olot en 1922 et professa en 1924 ; elle travailla à Olot et Santa Coloma de Farnés.

María Magdalena était née le 12 décembre 1902, toujours à Riudarenas ; elle entra au noviciat la même année que María Rosa (1922) et professa également en 1924, avec sa sœur ; puis elle travailla à Camprodon et Cassà de la Selva.

Toutes trois furent enseignantes et catéchistes.

Lors de la persécution religieuse de l’été 1936, elles eurent l’ordre de se réfugier dans leur famille, en habits civils. On les reçut à bras ouverts.

Le 25 septembre, des miliciens armés vinrent fouiller la maison et réclamer une contribution pour la guerre.

Le 27 septembre 1936 au matin, des miliciens vinrent chercher les trois Religieuses, au nom du Comité de Gerona, pour aller déposer. Les parents tentèrent de raisonner les miliciens, mais les Religieuses savaient bien ce qui les attendait.

Elles prièrent pour se présenter à Dieu bien propres de corps et d’âme, ajoutant : Ne nous trompez pas ; nous sommes contentes de donner notre sang pour Dieu. Puis elles embrassèrent leurs parents et suivirent les miliciens.

Ils les conduisirent sans ménagement dans un bois de Lloret de Mar (Gerona), Els Hostalets. Après bien des moqueries et autres brutalités, ils tentèrent de les violer ; elles se défendirent avec ce qu’elles avaient : leurs ongles et leurs dents.

Les bourreaux les fusillèrent le 27 septembre 1936.

Elles furent béatifiées en 2007.

 

 

María Rosa Fradera Ferragutcasas

1900-1936

 

Martyrisée le 27 septembre 1936.

Béatifiée en 2007.

 

Voir la notice : María Carme Fradera Ferragutcasas

 

 

María Fenollosa Alcayna

1901-1936

 

María naquit à Rafelbuñol le 24 mai 1901, dans une famille de modestes travailleurs profondément chrétiens : José Fenollosa et son épouse María Rosa Alcaina (ou Alcayna ?), qui appartenaient au Tiers-Ordre franciscain, eurent dix enfants.

Pieuse, elle appartint aux Filles de Marie, elle priait le chapelet chaque jour, en plus de toutes ses activités domestiques.

Toute chrétienne qu’elle était, sa maman la considérait comme son bras droit à la maison, et s’opposa un peu à sa vocation religieuse, mais María réussit à la convaincre.

Elle entra chez les Sœurs Tertiaires Capucines à Altura (Castellón) en 1921, et fit la première profession en 1924, avec le nom de Francisca Xavier de Rafelbuñol.

En 1928 elle fit la profession solennelle.

Elel fut envoyée à Altura, Meliana, Benaguacil, Massamagrell.

Musicienne elle-même, elle enseignait la musique et le chant aux petites filles.

Devenue maîtresse des novices, elle montra ses qualités de prudence, simplicité, humilité, toujours joyeuse et pieuse.

Le 20 juillet 1936, le maire de Massamagrell ordonna l’évacuation du couvent : María se réfugia chez les parents, puis, arrêtée, fut «condamnée» aux tâches de la maison où s’était établi le Comité.

A la fin du mois d’août, elle fut détenue là où se trouvait son frère, don José, depuis quelques jours. 

Remis dans un camion, ils pensaient tous deux devoir être martyrisés, mais on les reconduisit d’abord chez eux.

De crainte d’être de nouveau arrêtés, ils se réfugièrent avec d’autres prêtres dans la crypte de l’église, mais on vint les retrouver tous pour les envoyer à des travaux forcés, sur les routes ; on leur permettait tout de même d’aller dormir chez eux.

Finalement, ils furent tous emmenés au cimetière de Sagunto, où ils furent fusillés. D’après les récits, María fut fusillée au cimetière de GiletC’était le 27 septembre 1936, le même jour que son frère.

María Fenollosa Alcayna (Francisca Javier) fut béatifiée en 2001.

 

 

María Magdalena Fradera Ferragutcasas

1902-1936

 

Martyrisée le 27 septembre 1936.

Béatifiée en 2007.

 

Voir la notice : María Carme Fradera Ferragutcasas

 

 

José Fenollosa Alcayna

1903-1936

 

José (Joseph) naquit à Rafelbuñol le 16 mars 1903, dans une famille de modestes ouvriers profondément chrétiens : José Fenollosa et son épouse María Rosa Alcaina (ou Alcayna ?) eurent dix enfants.

Après le petit et le grand séminaires, José fut ordonné prêtre en 1926.

Il fut ensuite reçu docteur en théologie.

D’abord curé de Espadilla et Valdobrado, il fut ensuite nommé à Gilet et puis à l’aumônerie de l’Asile San Eugenio de Valencia.

Professeur au séminaire, vice-chancelier à la curie, chanoine de San Bartolomé de Valencia, il exerça toutes ces charges avec compétence, esprit apostolique et grande humilité.

En 1936, il revint dans son pays natal et y exerçait le saint ministère pour les gens qui attendaient de lui un peu de réconfort devant les événements.

Il fut arrêté le 23 août, conduit à Massamagrell, où fut conduite aussi sa sœur María, quelques jours après. 

Remis dans un camion, ils pensaient tous deux devoir être martyrisés, mais on les reconduisit d’abord chez eux.

De crainte d’être de nouveau arrêtés, ils se réfugièrent avec d’autres prêtres dans la crypte de l’église, mais on vint les retrouver tous pour les envoyer à des travaux forcés, sur les routes ; on leur permettait tout de même d’aller dormir chez eux.

Finalement, ils furent tous emmenés au cimetière de Sagunto, où ils furent fusillés, pour le seul «crime» d’être prêtres et religieux. José invita ses Compagnons à pardonner et lui-même mourut en criant Vive le Christ Roi. C’était le 27 septembre 1936.

Don José Fenollosa Alcayna fut béatiflié en 2001.

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25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 23:00

26 SEPTEMBRE

 

-XII.    

S Gédéon, un des Juges d'Israel (cf. Jg 6-8).

?    

S Senator, martyr à Albano.

IV.    

SS Côme et Damien, martyrs en Cilicie, médecins "anargyres", du grec an et arguron parce qu'ils ne demandaient pas d'argent pour leurs prestations, mais seulement de se convertir et de suivre le Christ ; inscrits au Canon Romain, patrons des médecins.

S Eusebius, évêque à Bologne.

SS Cyprien et Justine, martyrs en Asie Mineure, mais très contestés : lui, un mage converti, martyrisé avec la vierge Justine.

VI.    

S Vigile, évêque à Brescia.

S Maugan, abbé en Angleterre.

VII.    

S Colman, moine irlandais, neveu présumé de s. Columba, abbé à Lann Elo.

XI.    

S Stefano de Rossano, disciple de s. Nilo (voir ci-après).

S Nilo le Jeune, calabrais, époux infidèle puis moine de rite byzantin, abbé à Tusculum (monastère transféré à Grottaferrata).

XIII.    

Bse Lucia de Caltagirone, religieuse du tiers-ordre franciscain à Salerne.

XIX.    

SS Hŏ Kye-im Magdalena, le catéchiste Nam I-gwan Sebastianus, Kim Yuridae Iulitta, Chŏn Kyŏng-hyŏb Agatha, Cho Shin-ch’ŏl Carolus, Kim Che-jun Ignatius, Pak Pong-son Magdalena, Hong Kŭm-ju Perpetua, Kim Hyo-im Columba, ainsi que (à des jours incertains de ce mois-ci) Kim «Kop-ch’u» Lucia, Yi Catharina et sa fille Cho Magdalena, laïcs coréens martyrs, canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

Ste Marie Victoire (Thérèse) Couderc, deuxième de dix enfants, fondatrice des Religieuses de Notre-Dame de la Retraite du Cénacle, pour les retraites, en souvenir des Apôtres au cénacle. 

B Gaspar Stanggassinger, rédemptoriste allemand, deuxième de seize enfants, éducateur et professeur, béatifié en 1988.

XX.    

B Luigi Tezza (1841-1923), camillien italien, orphelin de père à neuf ans, et dont la mère devint plus tard visitandine, fondateur de la congrégation des Filles de Saint-Camille ; il réconcilia avec Rome la communauté camillienne de Lima ; béatifié en 2001.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 1995 :

Doctrine Chrétienne : près de Valencia, Joséfa Romero Clariana (María du Calvaire) et Teresa Rosat Balasch (Amparo) (*1871, 1873) ;

  - béatifiés en 2001 :

Dominicains : près de Tarragona, le profès Ráfael Pardo Molina (*1899) ;

Capucins : près de Valencia, le prêtre Julio Esteve Flors (Buenaventura de Puzol, *1897) ;

Amigoniens : à Madrid, le prêtre Manuel Legua Martí (León María de Alaquás, *1875) ;

Laïques : près d’Alicante, María Jordá Botella (*1905), de l'Action Catholique ;

- béatifiés en 2013 :

Clarétains : près de Tarragona, les profès Pau Castellá Barberá et Andreu Felíu Bartomeu (*1862, 1870) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Ginés Céspedes Gerez (*1901) ;

Laïcs : près d’Almería, Rafaél Calatrava Ros, Andrés Casinello Barroeta, Adolfo Martínez Sáez (*1881, 1886, 1906), Jaime Calatrava Romero (*1913, fils de Rafaél.

 

Gédéon

XIIe siècle avant Jésus-Christ

 

Les Hébreux se sont laissés aller à l’infidélité. Pour les punir, Dieu lâche contre eux les peuples du pays. Les Hébreux accablés implorent Dieu, qui leur donne des chefs, des “juges”. L’un des principaux est Gédéon, “celui qui abat”. Ses actes sont racontés dans le Livre des Juges, aux chapitres 6, 7 et 8.

Il était de la tribu de Manassé. Son premier exploit fut d’abattre un autel à Baal édifié par son propre père. Celui-ci, pour excuser son fils, s’écria : “Que Baal se défende !” Ce cri, Yeroubbaal, demeura le surnom du jeune homme.

Avant d’entrer en campagne contre l’ennemi, Gédéon obtint du ciel un signe. Il avait mis une toison sur un pré en pleine nature, et la trouva le matin, sur sa demande, pleine de rosée, alors que le sol alentour était sec. La nuit suivante, il demanda l’inverse : c’est la toison qui restait sèche au milieu du sol humide.

Plusieurs Pères de l’Eglise commentèrent ainsi cet événement : la toison représente Israël autrefois humectée par la grâce, plus plus tard privée de cette grâce ; la terre entière, ce sont les nations, obtenant alors les biens spirituels qui auparavant leur étaient refusés.

Aux vêpres de la Maternité de Marie (1.janvier), une antienne chante : Quand tu es né de façon ineffable de la Vierge, les Ecritures se sont accomplies ; comme la rosée sur la toison tu es descendu pour sauver le genre humain. Ici, la toison est Marie elle-même, inondée de la grâce, recevant en son sein Jésus, silencieuse et douce rosée déjà annoncée par Isaïe : Cieux, faites tomber la rosée, et que les nuées fasse venir le Juste (Is 45:8).

Fort de ce signe, Gédéon rassembla une grande “armée” : trente-deux mille hommes, dont vingt-deux mille se retirèrent aussitôt, vaincus par la peur ; mais Dieu voulait montrer mieux encore sa puissance et mit à l’épreuve les dix mille qui restaient : il ne faudrait garder que ceux qui laperaient d’une main un peu d’eau fraîche le long du cours d’eau ; ceux qui se mettraient à genoux pour boire abondamment rentreraient chez eux. Il n’en resta finalement que trois-cents.

Ces trois-cents entourèrent le camp ennemi de nuit. Au signal, tous s’écrièrent Pour Yahwé et pour Gédéon, en sonnant de la trompe, sans bouger de leur place. L’effet de surprise et de panique fut tel dans le camp ennemi, qu’il s’entretuèrent eux-mêmes ou s’enfuirent, promptement rattrapés par les hommes de Gédéon.

Gédéon refusa la royauté et procura quarante ans de paix à Israël. Il mourut âgé, père de nombreux enfants (car il avait eu plusieurs épouses, chose encore admise ; on le verra encore à propos du roi David, mais cette polygamie finit par être totalement abandonnée et condamnée).

Le saint juge Gédéon a trouvé sa place au Martyrologe le 26 septembre.

 

 

Senator d’Albano

?

 

Senator fut assez probablement un Martyr.

Il est vénéré en la cité d’Albano, près de Rome, mais on ne sait s’il fut martyrisé là, ou seulement transféré d’ailleurs.

L’époque de sa mort semble  être vers le troisième ou quatrième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Senator d’Albano au 26 septembre.

 

 

Cosme et Damien

† 303

 

Cosmas (Cosme ou Côme) et Damianus seraient originaire de Cilicie ou d’Arabie. On a dit qu’ils étaient frères, et même jumeaux.

Ils pratiquaient la médecine d’abord en Cilicie, à Aigéai, puis vinrent à Cyr dans le sud de la Syrie.

Ils étaient connus pour pratiquer leur art sans demander à être payés, d’où leur surnom de “anargyres” (= sans argent). Mais surtout, ils s’efforçaient de guérir les plaies intérieures de leurs patients, en les amenant sur le chemin de la conversion au Christ.

On rapporte de façon assez traditionnelle une très mystérieuse “greffe” de jambe qu’ils auraient pratiquée, prélevant une jambe à un défunt maure, pour remplacer celle malade d’un de leurs patients. Si le fait est historique, on peut s’étonner d’une telle intervention car, s’il est vrai que la “greffe” de la jambe noire pouvait être un témoignage vivant et constant du miracle, le malade devait donc désormais apparaître avec ses deux jambes de couleur différente et susciter plus d’un regard au moins amusé, sinon indiscret.

Mais ce n’était là qu’un exemple des nombreux miracles opérés par nos saints médecins. Le préfet de Cilicie aurait voulu leur faire abjurer la foi, en les torturant d’horribles manières, et finalement les fit décapiter. Avec eux, auraient été aussi martyrisés leurs jeunes frères Antimos, Leontios et Euprepios.

Si les historiens ne croient pas beaucoup à ce qu’ils appellent là des “légendes fabuleuses”, il reste que ces deux Martyrs furent extrêmement célèbres dès le IVe siècle, de Jérusalem à Rome en passant par Constantinople.

Les crânes des saints Côme et Damien sont vénérés en plusieurs endroits, sans doute parce qu’on en a fractionné différentes parties, qui se trouveraient à Rome, à Brême, à Bamberg, à Madrid, à Münich, à Brageac (Cantal).

Côme et Damien sont invoqués comme les patrons des médecins. Ils sont nommés dans la prière du Communicantes au Canon Romain de la messe.

Leur fête est actuellement au 26 septembre.

 

 

Eusebius de Bologne

4. siècle

 

Eusebius fut le cinquième évêque de Bologne (Emilie, Italie NE).

On sait qu’il participa au concile d’Aquilée en 381, pour condamner l’arianisme, aux côtés de s.Ambroise (v. 7 décembre).

Ce dernier avait aussi une estime particulière pour Eusebius, parce qu’il avait vivement encouragé l’état de virginité pour les jeunes filles.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Eusebius de Bologne au 26 septembre.

Stefano de Rossano

925-1001

 

Stefano (Etienne) était d’une famille paysanne et naquit vers 925 à Rossano (Cosenza, Calabre, Italie).

Epris de l’idéal monastique, il rejoignit s.Nilo de Rossano (v. ce même jour) dont il devint le plus fidèle des disciples.

Nilo ne se contenta pas de la bonne volonté de Stefano, il l’aida à mettre le doigt sur son grand défaut : la paresse indolente. Ce n’est pas facile de «réveiller» un paresseux, mais Stefano montra, par son humilité et son obéissance, que la grâce de Dieu peut opérer de vrais changements dans le cœur de l’homme.

Lorsque Nilo se déplaça, Stefano l’accompagna : à Capoue, Vallelucio (Mont-Cassin), Serperi (Gaète).

C’est dans cette dernière ville qu’il mourut, en 1001.

Nilo désirait être enseveli auprès de son cher disciple, mais il dut quitter Gaète et mourut un peu plus tard à Tusculum (Grottaferrata).

Saint Stefano de Rossano est commémoré le 26 septembre dans le Martyrologe Romain, le même jour que son maître, Nilo.

 

 

Nilo de Rossano

910-1005

 

Dans une des premières familles de Rossano (Cosenza, Calabre, Italie), naquit un enfant qui reçut d’abord le nom de Nicola, par dévotion au grand s.Nicolas de Bari (v. 6 décembre).

Toute la région de Calabre était imprégnée de l’influence de Constantinople, particulièrement en ce qui concernait la liturgie. Mais aussi les habitants étaient la proie des incessantes razzias musulmanes en provenance de Sicile.

Nicola grandit dans cette ambiance «gréco-arabe» qui n’était pas de toute paix. Il devint décurion de Rossano, responsable des impôts, un poste bien en vue. Il se maria, mais fut infidèle. A la mort de son épouse, il fut touché de la grâce divine et voulut se faire moine : il avait trente ans (940). Mais il ne pouvait rester là où il était trop connu. Il rejoignit le monastère de San Nazareo, près de Seminara, où il reçut le nom de Nilos, comme ce célèbre disciple de Jean Chrysostome, ex-préfet de Constantinople devenu moine au Sinaï (v. 12 novembre).

Il alla ensuite au monastère San Mercurio à Palma (Campanie), où il se montra humble, mortifié, aimant la contemplation.

Il refusa d’être choisi comme higoumène (abbé) et se retira dans la solitude, où le rejoignirent deux disciples, dont Stefano (v. supra).

En 952, le monastère San Mercurio fut entièrement détruit par une incursion arabe. Nilo revint à Rossano, où il devint higoumène. Nouvelle invasion en 956, mais les Arabes furent repoussés.

Nil était alors devenu un personnage de référence, qu’on respectait, qu’on consultait, et qui en imposait par ses sentences pleines de sagesse - et par ses prophéties. Il ne cessait d’intervenir personnellement auprès des autorités en faveur des prisonniers, des malheureux, des opprimés, des victimes. L’émir arabe fut touché de sa générosité et lui renvoya les prisonniers avec la rançon.

Après 982, Nilo se réfugia à Capoue puis reçut du Mont-Cassin le monastère de Val Luce, où il put reprendre la liturgie en rit oriental. Ensuite,  il passa à Serperi (Gaete).

En 997 fut élu pape un intrus, Jean XVI, d’origine gréco-calabraise comme Nil. Celui-ci le supplia d’abdiquer, sans résultat. L’antipape fut détrôné, eut le nez et la langue coupés et les yeux crevés ; à son tour, l’empereur Otto III le jeta en prison : Nilo, alors - il avait quatre-vingt sept ans ! - intervint pour obtenir au moins un traitement moins cruel pour le malheureux prisonnier. Nilo annonça à l’empereur et au pape «légitime» (Grégoire V) une mort prochaine : Otto III mourut bientôt à vingt-deux ans, empoisonné ; le pape mourut à trente ans, terrassé par un mal horrible ; Jean XVI, lui, mourut en 1013, retiré dans un monastère et avec des sentiments de profonde repentance.

Après dix années passées à Serpeto, Nilo s’en vint à Tusculum, non loin de Rome, où il obtint le monastère de Sainte-Agathe. C’est là qu’il mourut en 1004 ou 1005, à quatre-vingt quinze ans.

Les moines furent successivement transférés à Grottaferrata, où il se trouvent toujours actuellement, non loin de Castel Gandolfo et Rocca di Papa.

Nilo a été appelé le Jeune, par opposition à l’Ancien, son patron de Constantinople.

Saint Nilo de Rossano est commémoré le 26 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lucia de Caltagirone

? - 1400

 

Née à Caltagirone (Sicile) dans la deuxième moitié du 14e siècle, de pieux parents, Lucia fut confiée à saint Nicola de Bari (v. 6 décembre).

Petite, elle fit une grave chute, mais fut réconfortée par une vision de s.Nicola.

A treize ans, elle suivit à Salerno une tertiaire franciscaine, à la mort de laquelle elle entra au couvent franciscain, toujours comme tertiaire.

Elle y resta jusqu’à la fin de ses jours, dans une profonde prière pour expier les péchés, avec une particulière dévotion envers les Cinq plaies de Jésus-Christ.

On la nomma même maîtresse des novices, mais en plus le bruit de ses vertus s’étant répandu, on accourait de toutes parts pour lui parler, lui demander un conseil, une prière.

Elle mourut en 1400. Par manque d’autres précisions, on l’a inscrite dans le Martyrologe au 26 septembre.

Son culte a été reconnu en 1456 et confirmé en 1514.

Kim «Kop-ch’u» Lucia

(Gim «Gop-chu» Luchia)

1769-1839

 

Lucia était née en 1769 à Seoul (Corée du Sud).

«Kop-ch’u» était son surnom de bossue, c’est tout ce qu’on retenait de sa vie personnelle.

Probablement baptisée dès l’enfance, elle eut cependant pour époux un païen qui ne lui permettait pas d’aller voir les autres Catholiques, de sorte qu’elle l’abandonna et alla vivre en différentes familles catholiques, heureuses de l’accueillir. Elle rendait service, s’occupait des enfants et des vieillards, en échange de l’hospitalité.

Malgré l’absence quasi totale de culture, cette femme avait la science du cœur. On reste stupéfait de l’aplomb avec lequel elle répondit à certaines questions.

Ainsi, voulant expliquer à un noble ce qu’est l’enfer, et voyant l’autre étonné de ce que l’enfer pût contenir tant de monde, elle répliqua : Vous n’avez jamais remarqué que votre petit cœur peut contenir des milliers de livres ?

On l’arrêta. Cette femme toute menue, faible et âgée, soigna les co-détenus malades et leur donna les quelques pièces qu’elle avait sur elle.

On ne lui épargna pas les cruelles bastonnades, pour lui faire avouer où se cachaient les Catholiques, mais elle répondait simplement qu’elle voulait mourir pour Dieu.

Elle fut battue trente fois. On dit qu’on entendait taper sur ses os. De retour en prison, elle ne tenait plus debout.

Luchia agonisa et mourut dans la prison de Seoul, un jour imprécis de la fin du mois d’août ou du début de septembre 1839. Le Martyrologe Romain la mentionne cependant en même temps que les neuf Martyrs du 26 septembre.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

Hŏ Kye-im Magdalena

(Heo Gye-im Magdallena)

1773-1839

 

Magdalena était une coréenne chrétienne, dont la famille vivait à Pongchŏn (Shihŭng). Elle était née en 1773 à Yongin (Gyeonggi-do (Corée S).

Elle épousa un homme païen, qu’elle espérait conduire au baptême, sans y réussir ; mais elle éleva chrétiennement ses enfants, deux d’entre eux sont d’ailleurs également canonisées dans le même groupe de Martyrs coréens : Yi Magdalena (v. 20 juillet 1839) et Yi Barbara (v. 3 septembre 1839).

Ce qu’on sait sur cette sainte épouse et mère chrétienne, est qu’elle fut durement torturée, et qu’elle endura ces horribles souffrances avec courage et patience. Elle avait déjà préparé ses filles à souffrir, à son tour elle souffrit de façon exemplaire.

Au terme de ces tortures, Magdalena fut décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

Nam I-gwan Sebastianus

(Nam I-gwan Sebaseutianu)

1780-1839

 

Sebastianus était né en 1780 à Chungju (Chungcheong-do, Corée S), dans une famille chrétienne.

Sa mère mourut quand il était encore petit, et son père fut condamné à l’exil en 1801.

Sebastianus accompagna probablement son père en exil : c’est en exil, à Tansŏng (Kyŏngsang), qu’il se maria. Mais il ne savait encore rien du catholicisme ; sachant à peine le Notre Père et le Je vous salue, Marie, il ne savait pas qu’il y avait un sacrement de mariage.

Vers 1820, il tomba gravement malade, et reçut le baptême. Sa concubine le quitta.

Peu après, il put revenir d’exil ; il rencontra des Catholiques à Ŭiju et fit partie du groupe conduit par Chŏng Ha-sang (v. 22 septembre) pour accompagner le père Yu. Sebastianus devint l’assistant de ce prêtre et catéchiste, et le reçut chez lui.

Il est probable qu’alors il se maria de façon chrétienne et sacramentelle.

On ne sait pour quelle raison il gagna la campagne au moment de la persécution ; de toutes façons, il était beaucoup trop connu pour éviter une arrestation et se préparait lui-même à mourir en martyr pour le Christ.

Il fut arrêté à Ich’ŏn (Kyŏnggi), dénoncé par un apostat. Le chef de la police le tortura, lui demanda de renier sa religion, il eut les bras et les jambes tordus, il fut cruellement battu pendant plusieurs interrogatoires.

Condamné à mort, Sebastianus fit dire à sa femme par un des gardiens, qu’il partait le premier et qu’il l’attendait au Paradis.

Il fut décapité dans un faubourg de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres laïcs.

Béatifié en 1925, il fut canonisé en 1984.

 

 

Yi Catharina

(Yi Gatarina)

1783-1839

Cho Magdalena

(Jo Magdallena)

1807-1839

 

Catharina était née en 1783 à Seoul (Corée S).

Baptisée dès la naissance, elle ne reçut pas une formation chrétienne très soignée, et épousa un païen, qu’elle réussit cependant à convertir, et elle eut plusieurs enfants.

Un de ceux-ci fut Cho Magdalena, la plus fervente de tous. Elle se levait tôt pour prier ; la journée, elle aidait sa mère à coudre et à tisser.

Quand elle eut dix-huit ans, sa mère lui parla de mariage, mais Magdalena dit à sa mère qu’elle préférait rester consacrée au Christ. Yi Catharina ne s’opposait pas, en principe, à une telle décision, surtout par amour du Christ, mais elle craignait surtout qu’au cas où elle serait martyrisée, sa fille resterait seule sans aucun soutien, aussi tenta-t-elle de persuader Cho Magdalena ; mais celle-ci resta ferme dans son dessein.

On voit dans quelle ambiance vivaient les Catholiques coréens : le martyre pouvait être la part de n’importe qui à n’importe quel moment, c’était une issue «normale».

Que fit Magdalena ? Elle quitta la famille et les proches pour éviter d’autres remarques fastidieuses, et vint travailler à Seoul dans une autre famille catholique. Mais elle travailla au-delà de ses forces et tomba malade ; rétablie, elle alla dans une autre famille, où le travail était plus adapté à ses forces, put gagner un peu d’argent, qu’elle envoya à sa mère.

Quand elle eut atteint les trente ans, elle revint à la maison maternelle, pensant que désormais on ne la molesterait plus. Elle s’occupa en activités charitables, instruisant les catéchumènes, assistant les malades, baptisant les enfants en danger de mort, se chargeant toujours des tâches plus difficiles pour aider tout le monde.

Pour éviter cependant la persécution qui venait de reprendre, Catharina s’en vint avec Magdalena à Seoul. Mgr Imbert (v. 21 septembre) l’apprit et les aida à trouver une bonne famille pour y travailler en paix. Mais cette paix dura peu, et Seoul devint en réalité le centre le plus dangereux de la persaécution. Nos deux Chrétiennes se préparèrent à affronter la situation avec courage.

Magdalena vint à apprendre qu’on recherchait Mgr Imbert. Elle suggéra à ses amies, en cas d’arrestation de l’évêque, d’aller se constituer avec elle pour obtenir sa libération. L’idée fut acceptée, mais les événements se précipitèrent. On arrêta les cinq demoiselles dès fin juin ou début juillet 1839, tandis que Mgr Imbert se rendit de lui-même à la police le 10 août 1839.

Magdalena allait sur ses trente-trois ans.

On n’épargna pas aux demoiselles les cruelles bastonnades, pour les faire apostasier, mais elles résistèrent à la souffrance.

Après des tortures cruelles, on les laissa agoniser quelques semaines dans les prisons de Seoul. Leur désir du martyre ne se réalisa peut-être pas au sens physique, mais elles moururent en glorifiant Dieu, et leur mort fut reconnue comme un martyre.

Tandis que Mgr Imbert fut martyrisé le 21 septembre, Catharina et Magdalena moururent vers la fin du mois de septembre (ou le commencement d’octobre) 1839. Le Martyrologe Romain les mentionne cependant en même temps que les neuf Martyrs du 26 septembre.

Béatifiées en 1925, elles furent canonisées en 1984.

 

 

Kim Iulitta

(Gim Yuriaeta)

1784-1839

 

Iulitta était née à la campagne en 1784, dans les environs de Seoul (Corée S).

Ses parents étaient des Chrétiens convaincus et exemplaires : l’évêque, Mgr Ferréol, en fit un  éloge éloquent.

Etablis à Seoul même, les parents pensèrent donner leur fille en mariage, mais Iulitta préférait rester vierge, épouse de l’Epoux éternel, Jésus-Christ ; et pour confirmer son ferme désir, elle se coupa les cheveux. Les parents alors lui dirent qu’ils en décideraient quand les cheveux auraient repoussé.

Au moment de la persécution de 1801, ils retournèrent dans leur campagne d’origine ; Iulitta en profita pour partir discrètement et elle put se faire engager à la cour royale comme domestique.

Mais il n’était pas facile de pratiquer la religion catholique à la cour, de sorte qu’elle partit se mettre au service d’une famille catholique.

Elle travailla les tissus, se fit couturière et, ayant économisé un peu d’argent, put s’acheter un petit logement.

C’est qu’elle avait une volonté de fer, et on admirait sa parole décidée et son style de vie sévère. On la voyait fréquemment en prière et en méditation. Les gens disaient qu’elle n’avait probablement jamais commis de péchés…

Elle se préparait à être un jour arrêtée, ce qui arriva. Le chef de la police lui demanda de renier sa foi, de révéler l’adresse des Catholiques et le lieu où ils cachaient leurs livres.

Sur son ferme refus de parler, elle fut battue.

Devant la haute cour, elle fut encore battue, par trois fois. Quand on sait en quoi consistait une seule flagellation, on comprend ce que Iulitta supporta. Elle fut exemplaire jusqu’à la fin.

Au terme de ces tortures, Iulitta fut décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

Chŏn Kyŏng-hyŏb Agatha

(Jeon Gyeong-hyeob Agata)

1790-1839

 

Agatha était née à Seoul en 1790, de parents non chrétiens.

A la mort de son père, elle était encore jeune, et dut vivre dans une grande pauvreté.

Une dame de la cour l’aida et s’établit avec elle. Quand le frère d’Agatha voulut la marier, cette dame ne voulait pas s’en séparer, de sorte qu’elle la fit admettre comme dame de cour elle aussi.

Sous l’influence de Pak Lucia, qui était à la cour, Agatha devint catholique.

Elle songea que, tout de même, cette vie à la cour était trop luxueuse pour pratiquer vraiment l’Evangile, de sorte qu’elle fit la malade et quitta la cour.

Elle habita chez Lucia, passant le temps à prier, à pratiquer les vertus chrétiennes et à faire des lectures pieuses.

On l’admirait, elle fit de nombreuses conversions. Elle ne se plaignait jamais ni de sa pauvreté ni de sa petite santé. Elle attendait seulement d’être arrêtée.

Ce jour arriva. On la tortura d’autant plus durement qu’elle était une dame de la cour.

Le chef de la police, n’arrivant pas à lui faire renier sa foi, la renvoya à la haute cour de justice.

Elle refusa énergiquement d’apostasier et de révéler des noms de Chrétiens, leurs domiciles et les cachettes de leurs livres, même devant mourir dix mille fois.

On la battit si cruellement, que sa chair partait en lambeaux, ses os furent cassés, son sang coulait à terre. Même des non-Catholiques admirèrent ce courage.

Le frère d’Agatha était un membre officiel du gouvernement, et craignait pour sa place ; il fit tout ce qu’il put pour la faire apostasier, et même chercha à la tuer : il lui envoya un gâteau empoisonné ; mais elle se méfia, y piqua une de ses épingles à cheveux, qui changea aussitôt de couleur… Alors le frère chargea le tortionnaire de la battre à mort. Mais il ne parvint pas à la faire mourir : même sa nièce, la fille de son frère, s’étonna de ce qu’elle avait récupéré en un seul jour. Le frère alors demanda qu’elle restât en prison à vie.

Agatha pria Dieu de pouvoir mourir pour sa foi : elle fut décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

 

Cho Shin-ch’ŏl Carolus

(Jo Sin-cheol Garollu)

1795-1839

 

Carolus était né en 1795 à Hoeyang (Kangwŏn, Corée S) dans une famille encore païenne.

Il fut orphelin de mère en 1800, et alors son père dilapida tous ses biens.

Le pauvre Carolus vécut quelques années dans un temple bouddhiste, y recevant quelques maigres aumônes. On lui proposa un jour d’accompagner un commissaire qui voyageait entre la Corée et Pékin.

Ayant accepté (il avait déjà vingt-trois ans) et s’étant imposé par son heureux caractère et son honnêteté, il put gagner assez d’argent pour aider son père et ses frères.

C’est durant ces déplacements qu’il rencontra les pères Yu Chin-gil et Chŏng Ha-sang, qui lui parlèrent du catholicisme. Il hésita, mais la parole des prêtres fut convainquante : il devint catholique, et même fervent.

Avec ces mêmes prêtres, il rendit visite à l’évêque de Pékin, fut baptisé et confirmé.

Les relations qui nous sont parvenues parlent de l’activité de Carolus : il travailla beaucoup pour l’Eglise, humblement, doucement, heureux de rendre service et d’amener à la foi d’autres personnes (au moins dix).

Sa «proie» la plus difficile fut son épouse, qui devint finalement une très bonne catholique et mourut dans la Foi. Carolus se remaria avec une Catholique, et continua son travail entre la Corée et Pékin. Quand les missionnaires français vinrent en Corée, en particulier le père Maubant (v. 21 septembre), il les aida de son mieux, leur servant à l’occasion d’interprète.

Carolus répétait qu’il voulait suivre la voie de la Croix. Durant un de ses déplacements, il vit en rêve, par deux fois, Jésus sur le Mont Thabor, entouré des apôtres Pierre et Paul et qui lui promettait la couronne du martyre. Il comprit que c’était un clair avertissement du Christ et se prépara désormais à cette ultime Rencontre.

Durant une de ses absences, la police vint arrêter tous ceux qui vivaient chez lui, y compris les enfants ; à son arrivée, voyant la situation, il se rendit au bureau ce police, déclarant qu’il était le propriétaire de cette maison : on l’arrêta à son tour.

Questionné sur l’origine de tous ces objets religieux trouvés chez lui, Carolus répondit qu’il les avait achetés à Pékin, mais sans dire chez qui, de sorte que le chef de la police le fit suspendre pieds et poings liés et le fit frapper.

Peu après, on arrêta Mgr Imbert (v. 21 septembre), la police l’interrogea, mais en vain, pour lui arracher la lieu de la cachette des autres missionnaires. Les coups ne lui firent pas ouvrir la bouche un instant. Même le chef de police reconnut qu’il semblait n’être qu’un bout de bois ou de fer.

Une fois les pères Maubant et Chastan arrêtés, on envoya Carolus avec eux à la Haute Cour ; là encore, il subit d’autres séances de bastonnades.

Condamné à mort, Carolus fit passer aux siens un petit mot, les invitant de le suivre eux aussi au Ciel.

Il fut décapité dans un faubourg de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres laïcs.

Béatifié en 1925, il fut canonisé en 1984.

 

 

Kim Che-jun Ignatius

(Kim Je-jun Inyasio)

1796-1839

 

Ignatius était né en 1796 à Myeoncheon (Chungcheong-do, Corée S). C’était le petit-fils d’un autre Martyr, Kim Chin-hu Pius (mort en 1814) et il fut le père de Kim Tae-gŏn, le premier prêtre coréen, martyrisé en 1846 (v. 16 septembre).

Quand Kim Tae-gŏn partit pour se former à Macao, Kim Che-jun comprit très bien le danger auquel s’exposait toute sa famille.

Il fut d’ailleurs dénoncé par un de ses gendres, qui le fit arrêter par la police. Ignatius, qui était de forte nature, aurait eu tôt fait de se débarrasser des policiers, mais il n’opposa aucune résistance.

Il fut traité de criminel non pas seulement parce qu’il était catholique, mais parce qu’il avait permis à son fils d’aller à Macao, ce qui était contraire à la loi nationale.

On ne sait pas quelles tortures il dut subir en «punition», mais Ignatius céda et renia oralement sa foi ; cependant il resta en prison, car son délit d’avoir laissé partir son fils en Chine, était impardonnable.

Les Catholiques qui lui rendirent visite lui expliquèrent que, même sans ce délit, il n’aurait jamais été relâché, et l’invitèrent à se reprendre pour confesser vaillamment sa foi.

A l’image de saint Pierre qui pleura après avoir renié le Christ, Ignatius se repentit au fond de son cœur. Il en appela à la Haute Cour et confessa sa foi ouvertement.

On ne lui épargna pas les cruelles bastonnades, mais cette fois-ci, il résista jusqu’au bout.

Condamné à mort, Ignatius fut décapité dans un faubourg de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres laïcs.

Béatifié en 1925, il fut canonisé en 1984.

 

 

Pak Pong-son Magdalena

(Bak Bong-son Magdallena)

1796-1839

 

Magdalena était de famille non-chrétienne et habitait Seoul.

Elle épousa à quinze ans un païen et en eut deux filles.

Bientôt veuve, elle revint dans la maison de son père, dont la deuxième épouse, Kim Cecilia, attendait vivement Magdalena pour l’aider à adhérer au catholicisme. C’était alors en 1834, Magdalena avait déjà trente-neuf ans.

Elle alla vivre chez le frère de sa belle-mère, en dehors de Seoul. Il y vivait bien une douzaine de personnes pauvres, dont Magdalena s’occupa avec tant de douceur et de charité, qu’elle s’oubliait tout-à-fait elle-même ; tous ceux qui la voyaient admiraient comment elle faisait tout cela pour l’amour de Dieu. Magdalena attendait calmement l’heure de son arrestation.

Cette heure sonna. Après son arrestation, on la tortura plusieurs fois, et toujours elle résista, maintenant fermement sa foi et refusant encore plus fermement de révéler les noms des Chrétiens et leurs cachettes. On lui tordit les jambes, on la frappa violemment sur les tibias : l’unique chose qu’elle disait, était qu’elle voulait mourir pour Dieu.

Elle mourut effectivement pour Dieu, fidèle, humble et glorieuse Martyre.

Magdalena fut décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

Hong Kŭm-ju Perpetua

(Hong Geum-ju Pereupetua)

1804-1839

 

Perpetua était née dans les faubourgs de Seoul (Corée S) en 1804.

C’était une femme forte, de caractère, d’intelligence, de manières et de paroles.

Elle grandit chez sa grand-mère, et épousa à quinze ans un homme non baptisé. Elle s’efforçait de pratiquer sa religion catholique comme elle pouvait.

Elle eut un fils, qui fut bientôt orphelin de père ; aussi alla-t-elle vivre avec lui à Minarikol. Là mourut aussi le petit garçon. Mais le propriétaire de la maison, un catholique, enseigna à Perpetua  les éléments du catéchisme qu’il savait, et Perpétue se mit à prier, avec une telle ferveur qu’elle en pleurait souvent.

On admirait sa ferveur, mais aussi sa compassion pour les autres, qu’elle servait comme la dernière des servantes.

Elle disait souvent : Je m’habille en rouge, parce que je veux être une martyre.

Elle fut bientôt arrêtée, torturée, battue ; on l’accrocha au plafond pour la battre encore : rien ne lui fit perdre son calme.

Après trois jours de tortures, elle fut présentée à la haute cour, de nouveau battue sur les jambes, sans jamais céder.

En prison, la fièvre l’amena presque à la mort, mais elle se reprit mystérieusement et continua de servir ses compagnons avec total désintéressement. Chacun la considérait comme sa sœur aînée.

Perpetua fut décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs.

Béatifiée en 1925, elle fut canonisée en 1984.

 

 

Cho Magdalena

(Jo Magdallena)

1807-1839

 

 

Voir la notice Yi Catharina

 

 

Kim Hyo-im Columba

(Gim Hyo-im Gollumba)

1814-1839

 

Columba était née vers 1814 au lieu-dit Pamsŏn près de la rivière Han non loin de Seoul, dans une famille encore païenne.

Après la mort du père, la mère fut baptisée, ainsi que ses six enfants, dont trois voulurent rester vierges : notre Columba, et ses deux sœurs, Agnes et Clara.

Leur frère aîné Antonius les accueillit chez lui, à Yongmŏri, à douze kilomètres de Seoul.

Après plusieurs années, la persécution éclata.

Les deux sœurs Columba et Agnes étaient sur le point d’être arrêtées par des policiers, dont l’un commença à montrer de mauvaises intentions envers Agnes. Columba protesta : Si tu veux nous mettre en prison, on te suivra. Mais pourquoi attenter à une «criminelle» de la campagne ?

Columba et Agnes furent présentées à la cour. On leur demanda pourquoi elles n’étaient pas mariées ? La réponse fut : Nous ne nous sommes pas mariées pour servir Dieu, le Créateur de toutes choses, avec un corps et un cœur purs, et pour sauver nos âmes.

Elles ne cédèrent pas une seconde. Le chef de la police, fâché et humilié, les tortura, particulièrement Columba, qui eut les jambes tordues, et le corps tout percé par des objets pointus. La réponse de Columba fut toute simple : elle n’avait rien à dire, dût-elle mourir.

A leur retour en prison, les deux jeunes filles furent déshabillées et battues violemment. Columba eut le corps brûlé douze fois avec un charbon de bois incandescent, mais resta constante dans sa foi.

Quelques jours après, les plaies de Columba étaient déjà complètement guéries, et la jeune fille en pleine santé. Les gardes crurent qu’elle était possédée de quelque esprit et prirent certaines mesures, selon leurs habitudes des rites païens ; évidemment, ils ne pensaient pas à l’Esprit Saint qui avait donné cette force et cette grâce aux deux jeunes Martyres.

C’est alors que le chef de la police imagina quelque chose qu’on ne fait pas même dans des lieux païens : il déshabilla complètement Columba et Agnes et les mit dans la prison des hommes, où se trouvaient plein de voleurs. Ceux-ci étaient invités à faire n’importe quoi avec les femmes. Mais le céleste Epoux vêtit les deux vierges avec sa grâce et sa force ; pendant deux entières journées, elles furent là au milieu de ces voleurs qui étaient là à les regarder comme des bêtes, mais une mystérieuse force les subjugua et les empêcha de faire le moindre geste impudique sur les deux femmes. Finalement, les gardiens leur rendirent leurs vêtements et les reconduisirent dans la prison des femmes.

On demanda à Columba pourquoi elle n’offrait pas de sacrifices à ses ancêtres ; réponse :

- Ce n’est pas la peine d’offrir un repas à des personnes mortes, qui ne peuvent plus manger.

Et à la demande si Confucius et Mencius étaient des Saints :

- Ils étaient peut-être saints, mais seulement en ce monde.

A la fin de l’interrogatoire, Columba protesta devant les juges pour avoir été, elle et sa sœur, déshabillées et jetées au milieu des voleurs. Vous pouvez nous tuer, dit-elle, mais vous n’avez aucun droit légal de faire ce genre de choses avec nous. Le juge principal fut fâché du comportement des gardiens de prison et punit les responsables.

En prison, Columba tomba malade, mais se remit promptement. Elle reçut encore une cruelle flagellation, par trois fois, mais resta entièrement fidèle au Christ.

Elle fut finalement décapitée à la Petite Porte Ouest de Seoul, le 26 septembre 1839, avec huit autres Martyrs. Parmi ces huit autres, on ne compta pas les deux sœurs de Columba ; les récits semblent les oublier pour ne mentionner que Columba, pour laquelle on a pu recueillir et vérifier davantage de détails.

Béatifiée en 1925, Columba fut canonisée en 1984.

Marie-Victoire (Thérèse) Couderc

1805-1885

 

Marie-Victoire Couderc est née à Sablières en Ardèche le 1er février 1805, quatrième des douze enfants de Claude et Anne Méry. La famille Couderc, tout en étant assez aisée, vit simplement et a l'estime des habitants du village : la foi est bien enracinée.

Marie-Victoire fait sa première communion en 1815 et parle bientôt de devenir religieuse, mais son père ne veut pas en entendre parler.

A dix-sept ans elle entre au pensionnat des Sœurs de Saint- Joseph aux Vans. Marie-Victoire y apprendra le bien-vivre, mais ne sera jamais une intellectuelle. Elle écrira simplement, comme elle parlait, sans trop de soucis pour son orthographe.

Deux ans après, son père vient la chercher pour qu'elle soit présente avec toute la famille à la mission animée par trois missionnaires diocésains, dont le père Étienne Terme. Ils viennent de Lalouvesc (ou La Louvesc, Ardèche) où ils ont la charge du pèlerinage auprès du tombeau de saint Jean-François Régis (v. 31 décembre). 

Le père Étienne Terme est aussi curé d'Aps (aujourd'hui Alba) où, voyant la pauvreté des villages environnants privés d'écoles chrétiennes, il réunit quelques jeunes filles qui souhaitent se consacrer à l'éducation humaine et chrétienne des enfants. Cette congrégation devient la Congrégation de Saint Régis. 

Au moment de la mission à Sablières, Marie-Victoire a vingt ans et un grand désir de se consacrer à Dieu. Elle se confie au père Terme qui lui propose d'entrer au noviciat d'Aps. Après quelques pourparlers difficiles avec Monsieur Couderc, en janvier 1826, elle quitte sa famille et rejoint la communauté d'Aps où elle prend le nom de Thérèse.

Nommé à Lalouvesc en 1824, le père Terme constate que la promiscuité dans les auberges ne favorise guère le pèlerinage surtout pour les femmes. Il lui vient alors l'idée d'ouvrir une maison d'accueil uniquement pour celles-ci. Dès l'hiver 1825-1826, il organise avec deux jeunes filles, l'accueil des femmes dans un lieu provisoire. Sans argent, ne comptant que sur la Providence, il entreprend en même temps la construction d'une maison : le Cénacle actuel. En 1827, il appelle Thérèse et deux autres sœurs à Lalouvesc pour prendre en charge cette nouvelle fondation. Thérèse est nommée maîtresse des novices. Un an plus tard, la supérieure étant appelée dans une autre communauté, elle doit « remplir les fonctions de supérieure »... elle n'a pas vingt-trois ans.

Vers 1832, Thérèse devient supérieure générale de toutes les communautés fondées par le père Terme : Lalouvesc est alors la Maison-Mère. Très vite, Thérèse prend conscience que l'accueil des femmes est insuffisant : elles arrivent là un peu par hasard, elles ne cherchent pas toujours le recueillement, et la communauté ne peut pas mener une réelle vie religieuse. En 1828, elle parvient, quoique difficilement, à convaincre le père Terme de n'accepter que des femmes qui voudraient prendre un temps de prière et d'approfondissement de la foi durant trois ou neuf jours pour mener ensuite une vie chrétienne solide dans leur milieu. 

C’est alors que le père Terme, au cours d’une retraite chez les jésuites de Vals près du Puy, découvre providentiellement les « Exercices spirituels » de Saint Ignace de Loyola. Dès son retour, il propose aux sœurs d’en faire à leur tour l'expérience et de s’en servir pour aider les personnes qui viennent en pèlerinage. Les sœurs n'osent pas employer tout de suite le mot de retraite. En 1831, le père Terme consacre les biens et les personnes de la communauté au Sacré-Cœur par les mains de Marie. Les maisons de retraite se développent malgré le manque de moyens. Entre temps, les sœurs émettent leurs premiers vœux.

Le 1er novembre 1834, avant d'entreprendre ses missions en Ardèche, le père Terme projette d'entrer dans la Compagnie de Jésus (ou Jésuites). Durant un mois, une mission le conduit de Viviers à Lanarce, puis dans son village natal (Le Plagnal) où, épuisé par son ministère et miné par la fièvre, il meurt le 12 décembre 1834 à l'âge de quarante-trois ans. Dans son testament, le père Terme confie son œuvre à Thérèse : à vingt-neuf ans, elle devient responsable. 

Thérèse manifeste alors ses capacités et son esprit de décision. Elle demande à l'évêque que la communauté soit confiée au père Renault, le provincial des jésuites de France. Jusqu'en 1837, elle gouverne la petite congrégation avec l'appui des jésuites et collabore avec eux. La communauté de Lalouvesc passe quelques années heureuses dans la paix et la vie apostolique. La question de maintenir dans une même congrégation maisons de retraite et écoles se pose. La séparation entre les Sœurs de Saint Régis qui garderont les écoles et les Sœurs de la Retraite (plus tard Notre Dame du Cénacle) sera une grosse épreuve pour Thérèse.

1837 est l’année où Thérèse prononce ses vœux perpétuels. Mais, épuisée, elle tombe malade et doit aller se reposer à Notre Dame d'Ay. En la fête du 15 août, renouvelant le geste du père Terme, elle remet tout à Marie et se démet de sa fonction de supérieure. Apaisée, elle remonte à Lalouvesc, où elle est confrontée à de gros problèmes financiers : une novice, jeune veuve fort riche, a remis son héritage au Cénacle, mais l’incompétence de l’économe était grande. En outre, pendant l’absence de Thérèse, la suspicion s'est développée à son égard. 

En octobre 1838, avec l'accord de l'Évêque de Viviers, le père Renault provoque la démission de Thérèse pour nommer à sa place une autre veuve qui vient d'entrer dans la communauté : Madame de La Villeurnoy, qui devient officiellement “supérieure fondatrice”. Très vite, les dettes s'accumulent, des sœurs partent. Le père Renault se rend compte de son erreur et destitue Madame de La Villeurnoy, qui laisse la communauté en plein désordre. Thérèse s'enfonce dans le silence et l'humilité, alors que le père Renault est prêt à lui redonner sa responsabilité et à lui rendre justice. Mais elle s'efface et encourage les sœurs à élire Mère Charlotte Contenet. Celle-ci réussit à redresser un peu la situation ; la congrégation se développe, mais Thérèse est continuellement tenue à l’écart et se trouve confinée dans d'humbles et pénibles travaux.

Le projet d'une fondation à Lyon se fait jour : Thérèse et une autre sœur sont envoyées pour nettoyer une maison proposée par Pauline Jaricot. Les locaux ne conviennent pas, les recherches s'engagent pour trouver un autre lieu. Thérèse prend l'initiative de signer l'acte d'achat pour un terrain sur la colline de Fourvière. Mère Contenet découvre alors les capacités et le dévouement de Thérèse : elle lui redonne sa confiance. 

En 1844, une communauté s'installe à Fourvière : Thérèse est nommée assistante. La congrégation prend désormais le nom de Notre Dame du Cénacle. A la mort de Mère Contenet, une pénible situation de schisme divisa les religieuses, jusqu’à ce que la “concurrente” de la nouvelle supérieure décidât de se retirer dans le monde. L’évêque nomma alors Thérèse supérieure générale. Pendant vingt-cinq ans, Thérèse sera de plus en plus entourée d'estime et d'affection. 

Fin 1856, elle devient supérieure de la communauté de Tournon. En 1860, elle est nommée assistante de la supérieure de Montpellier : durant cette période sa vie spirituelle s'intensifie, alimentée par des grâces mystiques.

En 1867, le Cénacle de Montpellier est fermé, et Thérèse revient à Lyon qu'elle ne quittera plus. Vers 1875, Mère Thérèse demande à sa supérieure la permission de s’offrir en victime à Notre-Seigneur. C’était le début d’une longue épreuve intérieure, la participation à l'agonie du Christ. Thérèse fut frappée particulièrement dans ses jambes, elle devint sourde, ce qui l’isola davantage encore. Sans le savoir, elle priait parfois à haute voix, provoquant l’édification de qui l’entendait. Dans les dernières années, sa santé se dégrade et elle éprouve de grandes souffrances physiques. Si Thérèse n'a plus de fonctions d'autorité sauf en de brèves occasions, elle n'est plus à l'écart. Elle est peu à peu reconnue comme témoin du passé, la première «religieuse».

La maladie puis la vieillesse vont la diminuer physiquement et au plan spirituel, ce sera aussi la nuit : Thérèse ne goûtera plus la présence de Dieu, mais continuera à prier longuement. 

En 1877, la nouvelle supérieure générale, au courant des différentes crises traversées par la congrégation, fait connaître Thérèse comme cofondatrice avec le père Terme : c'est une reconnaissance officielle. En 1878, des chrétiennes laïques s'agrègent à la congrégation.

Désormais vénérée de toutes, Thérèse meurt le 26 septembre 1885 au Cénacle de Fourvière. Quelques jours plus tard, son corps est transporté à Lalouvesc.

Thérèse a été déclarée bienheureuse en 1951, et sainte en 1970. Le village de Lalouvesc, lieu de pèlerinage à saint Jean-François Régis est devenu aussi lieu de pèlerinage à sainte Thérèse Couderc, particulièrement fréquenté durant l’été.

En 2010, la congrégation compte environ cinq cents sœurs présentes dans treize pays, outre les autres formations qu’elles animent ailleurs, dans des pays où elles n’ont pas (encore… ) ouvert de maisons : Chine, Malaisie, Burkina Faso, Bénin, Côte d’Ivoire.

Sainte Thérèse Couderc est mentionnée le 26 septembre au Martyrologe.

 

 

Gaspar Stanggassinger

1871-1899

 

Il fut le deuxième de quinze (ou seize !) enfants d’une humble famille de Berchtesgarden (Bavière, Allemagne) et naquit le 12 janvier 1871.

Dès l’âge de neuf ans, il se sentit appelé au sacerdoce.

Il commença en 1881 à Freising des études qui ne furent pas brillantes. Mais trois ans plus tard, il put entrer au séminaire où l’ambiance et son heureux caractère lui firent surmonter ces difficultés.

Il eut moins de difficultés à aborder le chemin de la sainteté : à seize ans, il obtient la permission de faire le vœur de chasteté. Dans son journal, il écrit que tout est grâce. Il est envahi par l’ardeur de sa dévotion au Saint-Esprit.

En 1889, frappé par la fièvre typhoïde, il fit une confession générale, reçut les Sacrements… et se remit rapidement. L’ascension allait se poursuivre.

Durant les vacances, il s’occupa avec grand zèle des jeunes et des petits, leur enseignant qui est Jésus. 

Après le baccalauréat, il entra au Grand séminaire, où cette fois-ci il se passionna pour la philosophie de saint Thomas, pour les Sciences naturelles, la Dogmatique (où il eut la mention cum laude), l’Ecriture Sainte, l’Histoire de l’Eglise.

Il se sentit peu à peu appelé à rejoindre la congrégation des Rédemptoristes, qui avait été interdite par le Kulturkampf, raison pour laquelle sa famille s’y opposa aussi. Mais lors d’un pèlerinage à Altötting, il entendit la Sainte Vierge lui dire d’aller à Gars, près de l’Inn, chez les Rédemptoristes. 

Le 6 octobre 1892, il commença le noviciat à Gars, et reçut l’habit. Gaspar monta toujours plus en sainteté ; prières, méditations, mortifications, retraites, tout lui semblait bon pour se sanctifier davantage.

En 1893, il fit la profession, à Dürnberg, où il étudia la théologie, sans rien changer à ses exigences personnelles, acquises durant les années précédentes. Il comprit la nécessité de prendre sur soi davantage, d’écouter, de ne pas juger ni sermonner. 

Sous-diaconat en 1893, diaconat en 1894, sacerdoce en 1895 : Gaspar était prêt pour la prédication, pour laquelle il recommandait à lui-même : Je dois annoncer la parole de Dieu, non la mienne.

A peine ordonné, il fut nommé professeur au Petit séminaire rédemptoriste de Dürnberg, où les élèves le prirent tout de suite en grande estime pour ses profondes qualités pédagogiques. S’il se trompait, il pouvait demander pardon à genoux. S’il y avait des frottements entre les élèves et les professeurs, il intervenait pour rétablir la paix. Il abhorrait les révélations extraordinaires, il se contentait de l’évangile.

On lui confia l’économat, l’élaboration des nouveaux statuts, les programmes d’étude. En 1897, il fut chargé des postulants. Il allait s’asseoir avec les élèves pour parler avec eux : lui qui aurait voulu partir aux missions, considéra que les élèves étaient sa mission. Il leur répétait : Je ne suis qu’un roseau creux, à travers lequel Dieu parle.

Tout ce travail lui provoqua en 1897 un excès de tension et un moment d’épuisement, mais il ne rallentit pas pour autant son rythme d’activités.

En 1899, le Grand séminaire fut transféré à Gars. Il y arriva le 11 septembre pour y prêcher dès le 13 une retraite aux élèves, tout en se sentant proche de sa fin.

Le 22 septembre, avec de fortes douleurs d’abdomen, il fut sans forces et écrivit : Je vois bien la différence qu’il y a entre «prêcher la patience» et «souffrir avec patience».

Le 24 septembre il célébra la Messe dans l’infirmerie et demanda le Sacrement des malades, qu’on lui administra le 25. On lui diagnostiqua alors une appendicite, puis une péritonite. Ses derniers mots aux jeunes furent : Honorez et aimez la Bonne Mère, faites des visites à Jésus-Sacrement.

Après avoir reçu l’Eucharistie et invoqué saint Alfonso de’ Liguori (le Fondateur des Rédemptoristes, voir au 1er août), il s’éteignit à cette vie dans la matinée du 26 septembre 1899.

Le premier miracle retenu pour sa béatification se vérifia en 1935, par la guérison totale d’une tumeur à l’estomac d’une Religieuse.

Gaspar Stanggassinger fut béatifié en 1988.

 

 

Luigi Tezza

1841-1923

 

Luigi vint au monde à Conegliano (Treviso, Italie du Nord) le 1er novembre 1841, fils de Augusto, un médecin, et Catalina Nedwiedt.

En 1850, orphelin de père, il accompagna sa mère à Padoue pour ses études.

En 1856, il entra chez les Camilliens ou Ministres des Infirmes de saint Camille de Lellis. Convaincue de la solidité de cette vocation, la maman entra alors chez les Visitandines de Padoue, où elle acquit une réelle réputation de Religieuse exceptionnelle.

Ordonné prêtre, Luigi fut nommé directeur des jeunes aspirants puis, après quatre ans, vice-maître des novices. Il aurait beaucoup aimé aller travailler dans les pays de mission, mais il y renonça par obéissance.

En 1871, il fut envoyé en France comme maître des novices, puis supérieur de la nouvelle province. En 1880, expulsé de France comme étranger, par la loi anti-religieuse, il y rentra clandestinement pour réunir la communauté dispersée.

Elu procureur et vicaire général, il partit pour Rome où il rencontra Giuditta (Giuseppina) Vannini (voir au 23 février), à laquelle il proposa de donner naissance à la branche féminine des Camilliens : les Filles de Saint Camille, approuvées en 1931.

En 1900, il fut envoyé comme visiteur et réformateur de la communauté de Lima (Pérou). Il y resta vingt-trois ans. En même temps qu’il alla soigner les malades de toutes conditions, il fut aussi confesseur au séminaire et en diverses congrégations religieuses. 

Il fit tant de bien qu’on le surnomma le Saint de Lima. 

Il mourut à Lima le 26 (ou le 23) septembre 1923 et fut béatifié en 2001.

Pau Castellá Barberá

1862-1936

 

Pau (Paul) naquit le 3 mai 1862 à Selva del Camp (Tarragona, Espagne), de Pau et Francesca, qui le firent baptiser deux jours après.

Il grandit dans une ambiance très chrétienne, agrémentée par la musique.

A vingt-trois ans, il voulut entrer comme convers chez les Clarétains ou Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie.

Après le noviciat à Barbastre, il fit la profession en 1886. Dès lors, il resta six ans dans cette communauté, rendant service comme cordonnier.

Puis il fut envoyé à Lleida, et finalement dans les difficiles missions de Fernando Poo, des îles au large de la Guinée Equatoriale. C’était une destination «dangereuse», car on savait que beaucoup y étaient déjà morts de la malaria.

Pau avait alors trente ans. Il arriva sur l’île de Fernando Poo en janvier 1893. Il devait y rester jusqu’en 1908, s’occupant de tout, et surtout de traiter avec des personnes qui n’étaient pas particulièrement habituées à obéir ! Il fut sur l’île de Corisco, de Santa Isabel, Sant Carlos et Maria Cristina. Tout lui réussissait, rien n’était difficile. Habile, presque diplomate, il savait anticiper les réactions et prévoir les solutions. Pour cela, tous l’estimaient.

En 1908, il dut tout de même retourner en Espagne, avec une santé ébranlée qu’il ne put jamais récupérer. Il resta à Barbastre, exemple de piété et de douceur, avec sa vénérable barbe blanche.

Un séjour à La Selva del Camp en 1921 ne fut pas davantage salutaire. Et c’est là que la révolution de 1936 le rattrappa.

En juillet, toute la communauté dut se séparer, en tout vingt-trois personnes qui allaient recevoir la palme du martyre.

Lui-même fut reçu chez des neveux, où il put rester deux mois, passant son temps dans la prière. 

En septembre 1936, on le découvrit ; ce vieillard de soixante-quatorze ans fut jeté en prison et condamné à mort pour être Religieux. 

Il fut assassiné à Reus le 26 septembre 1936, avec un Confrère, et fut béatifié en 2013.

 

 

Andreu Feliu Bartomeu

1870-1936

 

Andreu naquit le 15 septembre 1870 à Selva del Camp (Tarragona, Espagne), de Josep et Francesca, qui le firent baptiser trois jours après.

Il grandit dans une ambiance très chrétienne, et surtout avec les Clarétains ou Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie., présents dans ce pays depuis 1868.

Andreu les aidait comme sacristain, chantait avec eux avec sa belle voix, montrant une profonde piété envers la Reine des Saints, dont il n’oublia jamais de fleurir l’autel.

A dix-sept ans, il voulut entrer au noviciat. Or à cet âge-là, il était déjà «trop tard» (?) pour commencer la préparation au sacerdoce, de sorte qu’il se prépara à être Frère convers. De toutes façons, ce qui lui importait, était de partir pour les missions.

Après une première formation comme postulant,, il fit le noviciat à Barbastro, et la profession à Cervera en 1889. 

Il resta quelque temps à Cervera, puis fut envoyé à Zafra (Badajoz). Conquis par les vertus de ce Frère exemplaire, ses Supérieurs l’envoyèrent en 1903 aux îles Fernando Poo (Guinée Equatoriale).

Le Frère Andreu savait très bien confectionner les vêtements, entretenir la sacristie, soigner les malades avec amour, et aussi cultiver la terre : on pouvait tout lui demander. On imagine le travail qu’il fit durant la trentaine d’années qu’il resta là-bas.

Il revint en Espagne en 1934, accosta à Barcelone et fut finalement envoyé à la communauté de Selva del Camp, son pays d’origine.

En juillet 1936, toute la communauté dut se séparer, en tout vingt-trois personnes qui allaient recevoir la palme du martyre. Andreu renonça à venir dans sa famille, pour ne pas la compromettre, et alla camper quelque part dans la nature, dans une pauvre cabane.

En septembre 1936, on le découvrit ; ce vieillard de soixante-six ans fut dénoncé au Comité de Reus, jeté en prison et condamné à mort pour être Religieux, comme son Confrère Pau Castellá.

Ils furent tous deux assassinés à Reus le 26 septembre 1936, et béatifiés en 2013.

Note. La date de ce martyre est parfois le 26 octobre, possible confusion avec la date de la béatification (27 octobre). Qu’on veuille bien nous aider à préciser ce détail.  

 

 

Josefa Romero Clariana

1871-1936

 

Elle vint au monde le 11 avril 1871 à Carlet (Valencia), de Agostino et Giuseppa, des gens très modestes.

Malgré l’avis opposé des siens, Josefa entra en 1892 chez les Sœurs de la Doctrine Chrétienne, où elle prit le nom de María du Calvaire. 

Elle fut dans les communautés de San Vicens dels Horts, Tabernes de Valldigna, Guadasuar et Carlet, travaillant dans les tâches humbles, à la cuisine, à la buanderie.

En 1909, elle fut témoin de la Semaine Tragique de Barcelone, quand déjà des groupes ennemis de l’Eglise se soulevèrent.

En 1931, à la proclamation de la République, elle assista à la fermeture de maisons religieuses.

En 1936 enfin, lors de la révolution de juillet, elle dut quitter précipitamment le collège de Carlet, malgré sa faible vue (car elle était presque aveugle) et se réfugia chez sa sœur, qui cachait déjà deux autres cousines, de la même congrégation, et où on la découvrit en septembre.

Le 26 septembre 1936, on la fusilla à Llosa de Ranes, au lieu-dit Barranco de los Perros, avec Mère María du Suffrage (Teresa Rosat Balasch), avec laquelle elle fut béatifiée en 1995.

Selon de récentes recherches, il s’avérerait qu’on ne sait pas réellement où et comment furent assassinées ces deux Religieuses. Des trois hommes qui les assassinèrent, deux furent fusillés à leur tour, avant qu’on les ait interrogés sur ce détail, le troisième disparut. Ainsi l’exécution aurait eu lieu probablement sur la route de Alcira à Benimuslem.

 

 

Teresa Rosat Balasch

1873-1936

 

Elle vint au monde le 15 octobre 1873 à Mislata (Valencia), fille unique de Emanuele et Teresa, et à qui fut donné le nom de la Sainte du jour, sainte Thérèse d’Avila.

Entrée en 1896 chez les Sœurs de la Doctrine Chrétienne, elle prit le nom de María du Refuge (ou Amparo). 

En 1898, elle fit la profession temporaire, la solennelle en 1906.

Elle fut supérieure à Tabernes de Valldigna, Molins del Rey, Cabrera de Mar, Cornellá et Carlet.

En 1909, elle fut témoin de la Semaine Tragique de Barcelone, quand déjà des groupes ennemis de l’Eglise se soulevèrent.

En 1931, à la proclamation de la République, elle assista à la fermeture de maisons religieuses, et dut s’habiller en civil.

En 1936 enfin, lors de la révolution de juillet, elle se réfugia chez une amie, mais fut bien vite repérée et mise en prison à Carlet le 19 septembre.

Sachant sa mère âgée et malade, elle disposa qu’elle fût reçue dans l’Institut.

Le 26 septembre, on la fusilla, dit-on, à Llosa de Ranes, au lieu-dit Barranco de los Perros, avec la Sœur María du Calvaire (Josefa Romero Clariana), avec laquelle elle fut béatifiée en 1995.

Selon de récentes recherches, il s’avérerait qu’on ne sait pas réellement où et comment furent assassinées ces deux Religieuses. Des trois hommes qui les assassinèrent, deux furent fusillés à leur tour, avant qu’on les ait interrogés sur ce détail, le troisième disparut. Ainsi l’exécution aurait eu lieu probablement sur la route de Alcira à Benimuslem.

 

 

Manuel Legua Martí

1875-1936

 

Manuel naquit le 23 avril 1875 à Alacuás (Valencia, Espagne) et fut baptisé le jour même.

Son père étant un bienfaiteur des Religieux, le garçon connut les Religieux Amigoniens de Torrent ou Tertiaires Capucins de Notre-Dame des Douleurs.

Il fit une première expérience, en 1892, mais la maladie l’obligea à interrompre.

Persévérant dans sa vocation, Manuel demanda sa réadmission, et put enfin faire la profession en 1904, avec le nom de León María de Alacuás. Il fut ordonné prêtre en 1906.

Cette congrégation s’occupait particulièrement de la rééducation de jeunes prisonniers, à l’Ecole Santa Rita de Madrid.

Le père León fut sous-directeur puis supérieur de la maison, et conseiller général. 

On sait, par une photographie de l’époque, qu’il accompagna en 1934 le Visiteur Général de la congrégation, qui devait visiter les communautés d’Amérique.

L’Ecole Santa Rita fut prise d’assaut en août 1936, et les miliciens commencèrent par réunir tous les Religieux dans une seule salle. Voyant venue leur dernière heure, ils se donnèrent mutuellement l’absolution avant de mourir… mais les miliciens les relâchèrent et ils se réfugièrent çà et là.

Le père León trouva refuge chez un de ses élèves, mais on vint l’en tirer avec violence, ainsi que le père de l’élève, et on alla les fusiller immédiatement sur la route de Madrid vers la France, le 26 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

Rafaél Calatrava Ros
1881-1936

Né le 9 août 1881 à Almería, il fut reçu docteur en droit à Grenade. Avocat unanimement respecté de ses collègues, il fut surtout un grand Chrétien, en toute simplicité.

Pratiquant convaincu, il priait la Sainte Vierge, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (canonisée depuis peu, v. 30 septembre), et appartenait à l’association de l’Adoration Nocturne.

En 1911, il épousa Carmen Romero Martínez ; ils eurent onze enfants, dont Jaime, qui allait mourir martyr comme lui.

Ils furent quatre laïcs appartenant à cette même association eucharistique, qui furent arrêtés et immolés ensemble, avec le prêtre don Ginés Céspedes Gerez (v. 26 septembre : Andrés Casinello Barroeta, Adolfo Martínez Sáez et Jaime Calatrava Romero). Ils partagèrent la prison «chez les Adoratrices», un couvent réquisitionné pour être prison, et sur le bateau-prison Astoy Mendi.

Martyrisé le 26 septembre 1936 à Pozo de Cantavieja (Tahal) et béatifié en 2017, Rafaél Calatrava Ros sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre. On trouve aussi la date du 25 septembre, qui semble contredire la présence de Jaime aux côté de son père jusqu’au bout.

 

Andrés Casinello Barroeta
1886-1936

Né le 23 août 1886 à Almería, Andrés était d’une famille d’avocats. 

Il fut ingénieur des Mines et exerça son métier à Vera, Linares et Almería.

En 1914, il épousa Serafina Cortés Barroeta, qui mit au monde sept enfants, dont deux moururent en bas âges ; Andrés les appelait les Anges de la famille. 

Son inspiration chrétienne était d’abord le Saint-Sacrement : il fut le président de l’association de l’Adoration Nocturne à partir de 1924 jusqu’à sa mort ; il lisait la Sainte Ecriture et avait toujours son chapelet à la main. Les évêques l’appréciaient : Mgr Martínez Noval lui confia en particulier la réalisation du monument au Sacré-Cœur : cette statue de cinq mètres de haut avait été installée solennellement en 1930 ; elle fut détruite et même fusillée lors de la révolte de 1936.

On comprend qu’un homme comme Andrés fut une des victimes de choix de la persécution religieuse de 1936. Andrés fut arrêté chez lui le 13 août par des miliciens qui prétendaient l’inviter à faire quelques déclarations. Andrés les suivit tout simplement, sans même saluer son épouse qu’il pensait retrouver quelques minutes plus tard. Mais il ne revint pas.

On le fit passer dans la «prison» du couvent des Adoratrices, puis à bord du bateau-prison Astoy Mendi, d’où il fut conduit avec trois autres Compagnons Adorateurs (v. ce même jour, Rafaél Calatrava Ros, Adolfo Martínez Sáez et Jaime Calatrava Romero) à Pozo de Cantavieja (Tahal) pour y être fusillé, un mois après ses cinquante ans.

Martyrisé le 26 septembre 1936 et béatifié en 2017, Andrés Casinello Barroeta sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre.

Julio Esteve Flors

1897-1936

 

Il vit le jour le 9 octobre 1897 à Puzol (Valencia), de Vicente et Josefa, qui eurent neuf enfants. Il fut baptisé dès le lendemain.

Entré au Séminaire Séraphique de Massamagrell, il reçut l’habit en 1913, professa en 1914, avec le nom de Buenaventura de Puzol et fit les vœux solennels en 1918.

Il fut ordonné prêtre en 1921 à Rome, où il fut reçu au doctorat en philosophie et en droit canonique à l’Université Grégorienne.

Il fut professeur, il prêcha et fut assidu au confessionnal.

Il enseigna à Orihuela et en d’autres centres de l’Ordre.

Très intelligent, il était en même temps très humble.

L’été 1936, devant abandonner le couvent, il se réfugia chez ses parents à Puzol.

Il était conscient de son sort : Je me prépare pour la palme du martyre. Oui, je recevrai la palme du martyre, parce que je mourrai pour la religion.

Les miliciens l’arrêtèrent le 25 septembre 1936, avec son père et son frère qui, l’ayant hébergé, étaient complices.

A minuit, le 26 septembre 1936, ils les emmenèrent tous les trois au cimetière de Gilet (Valencia). Ils furent fusillés à deux heures du matin.

Juste avant de mourir, il prophétisa aux bourreaux : Avec la même mesure avec laquelle vous mesurez maintenant, vous serez à votre tour mesurés (cf. Mt 7:1). Après la guerre, quand les bourreaux furent arrêtés, ils reconnurent la vérité de cette phrase. 

Le père et le frère du p. Buenaventura ne sont pas béatifiés.

Le père Buenaventura fut béatifié en 2001.

 

Adolfo Martínez Sáez
1898-1936

Né le 23 juillet 1898 à Alhabia (Almería), il grandit avec sa mère et ses frères aînés à Pechina, après la mort de son père. 

Ce fut d’abord un Chrétien au sens fort du mot, toujours doux, aimable, serviable.

Il suivit les cours de Magistère à Almería tout en travaillant pour gagner sa vie.

Il appartenait à l’association de l’Adoration Nocturne. Il épousa en 1929 Carmen Gázquez Ferrer, qui mit au monde leur fils unique, Adolfo lui aussi, et mourut peu de temps après.

A Almería il fonda avec son frère un excellent collège chrétien. Lors de la persécution de 1936, on lui demanda de retirer le Crucifix de l’établissement ; sa réponse claire et nette fut : Pour me séparer du Christ, il faut d’abord qu’on passe sur mon corps ! 

Il fut alors arrêté, envoyé à la «prison» du couvent des Adoratrices, puis sur le bateau-prison Astoy Mendi.

Martyrisé le 26 septembre 1936 à Pozo de Cantavieja (Tahal) et béatifié en 2017, Adolfo Martínez Sáez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre.

 

 

Ráfael Pardo Molina

1899-1936

 

Ráfael vit le jour le 28 octobre1899 à Valencia (Espagne), aîné de huit enfants.

Généreux, disponible pour rendre service, il dut travailler longtemps à la ferme pour aider sa famille. Il s’occupa en outre de la catéchèse paroissiale, participa à l’Adoration nocturne, à la confraternité de Saint-Filippo-Neri, visitait les malades chaque dimanche.

Il entra en 1919 à l’Ecole apostolique des Dominicains à Solsona (Lleida), avec l’idée d’accéder un jour au sacerdoce, mais la Providence ne le lui permit pas, aussi demanda-t-il à être admis comme convers, en 1921, comme son frère Luis.

En 1926, il fit la première profession à Calanda et s’occupa activement du jardin du couvent pendant six ans, suscitant l’admiration des paysans de l’endroit.

En 1932, il fit la profession solennelle et fut envoyé à Valencia, en qualité de sacristain adjoint. Il travailla beaucoup au culte des Saints, à la vénération des Reliques.

Ainsi, lorsque les temps devinrent difficiles et même dangereux, il s’employa à cacher tout ce qu’il put d’objets du culte dans des maisons privées. Quand les fouilles firent découvrir ces trésors et qu’on les confisqua, le Frère Ráfael n’hésita pas à aller trouver un avocat et aller déposer une déclaration à la mairie de Valencia, pour dénoncer le sacage subi au couvent. Grâce à cette démarche, ledit matériel fut déposé en sûreté à la mairie, et, au moins en partie, récupéré au lendemain de la guerre civile.

Lui-même se cacha en divers endroits de Valencia, du 19 juillet au 26 septembre, jour où on l’arrêta l’après-midi. Un groupe de miliciens le surprit, l’arrêta et alla le fusiller sur la route de Valencia à Nazaret, au lieu-dit Azud de Oro, Ribera del Turia, le 26 septembre 1936.

Le Frère Ráfael fut béatifié en 2001.

 

Ginés Céspedes Gerez
1901-1936

Né le 12 octobre 1901 à Garrucha (Almería), il fut baptisé quatre jours plus tard.

Il entendit très tôt l’appel de Dieu et eut une affectueuse dévotion envers la Mère de Dieu.

Son père le destinait à bien autre chose, mais Ginés tint à devenir prêtre ; il entra au Petit séminaire d’Almería en 1913, passa au Grand et fut ordonné prêtre en 1924.

Ses études de séminaire furent très brillantes ; il écrivait dans le journal La Independencia.

Il exerça son ministère sacerdotal à Níjar, puis à Fernán-Pérez jusqu’à sa mort. S’il ne fut pas chanoince de la cathédrale, il fut archiprêtre de Níjar dès 1932.

Lors de la persécution de l’été 1936, il se cacha. Mais ses parents ayant été menacés par les miliciens, il alla se présenter spontanément le 26 août ; arrêté immédiatement, il fut conduit sur le bateau-prison Astoy Mendi.

On lui proposa la liberté s’il acceptait de renoncer à son sacerdoce et de s’enrôler dans la propagande anti-religieuse. Sa réponse franche et courageuse fut son arrêt de mort : Si je devais naître vingt fois, je serais toujours prêtre.

Martyrisé le 26 septembre 1936 à Pozo de Cantavieja (Tahal) et béatifié en 2017, Ginés Céspedes Gerez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre.

 

 

María Jordá Botella

1905-1936

 

Cette Marie vit le jour le 26 janvier 1905 à Alcoy (Alicante, Espagne) et fut baptisée le même jour avec le nom de María Pilar. Elle fut confirmée cette même année, selon une coutume de l’époque. Elle reçut la Première communion en 1912.

Elle fréquenta le collège Saint-Vincent-de-Paul et grandit dans la foi chrétienne.

A onze ans, elle s’inscrivit dans les rangs des Enfants de Marie.

Elle passa ensuite au collège de Onteniente, puis revint chez ses parents, où elle vécut d’une façon qu’on a pu justement qualifier d’exemplaire.

Elle faisait partie de l’Action Catholique, ainsi que d’autres associations chrétiennes, comme le Patronat des Ouvrières de Saint Maur et l’Apostolat de la Prière, montrant tout son zèle apostolique et son engagement social.

Dès 1931, à la proclamation de la République, elle fut le point de mire des ennemis de l’Eglise.

Quand se déchaîna la fureur révolutionnaire de l’été 1936, elle passa à Madrid pour vivre chez un de ses frères, mais c’est là qu’on la reconnut comme chrétienne pratiquante et qu’on l’arrêta pour la reconduire et l’emprisonner à Alcoy, du 20 au 26 septembre.

Le 26 septembre 1936, on l’emmena à Benifallim pour la martyriser. Ce martyre commença par une tentative de viol, auquel elle résista de toutes ses forces ; elle fut abattue, victime de sa foi et de sa pureté.

María fut béatifiée en 2001.

 

Jaime Calatrava Romero
1913-1936

Né le 20 décembre 1913 à Grenade, Jaime avait pour père Rafaél Calatrava Ros (v. ce même jour).

Dévôt marial comme son père, il ne manqua jamais de s’arrêter au sanctuaire de Notre-Dame de la Mer à Almeria.

Après ses études ches les Frères des Ecoles Chrétiennes, il passa la licence de droit à Grenade ; avocat, il travailla avec son père.

Il faisait partie, comme son père, de l’association de l’Adoration Nocturne, de l’Action Catholique ; il fonda l’Association des Etudiants Catholiques.

Il tenta une expérience chez les Dominicains d’Almagro, mais sa vocation n’était pas là : il se maria en février 1936 avec Elvira Enciso Reynaldo. 

Il fut arrêté en même temps que son père mis en prison puis sur le bateau-prison Astoy Mendi, dont il partagea le martyre. En effet, quand on appela son père, il s’avança spontanément pour rester avec lui. On voulait l’en empêcher, mais il insista.

Son épouse était enceinte de leur unique fils, mais il ne put le connaître, car il reçut la palme du martyre, en même temps que son père, à Pozo de Cantavieja (Tahal) le 26 septembre 1936.

Béatifié en 2017, Jaime Calatrava Romero sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 septembre.

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 23:00

25 SEPTEMBRE

 

I.

S Cléophas, un des deux compagnons auxquels apparut Jésus ressuscité à Emmaüs (cf. Lc 24:18).

IV.

S Firminus, espagnol, premier évêque de Pampelune, mais patron d'Amiens, où il aurait été martyrisé.

SS Paulus, Tatta, et leurs enfants Sabinianus, Maximus, Rufus et Eugenius, martyrs à Damas.

VI.

S Principius, évêque à Soissons, frère ainé de s. Remi.

S Solemnis, évêque à Chartres, conseiller de Clovis.

?

SS Bardomien et Eucarpe, martyrs avec d'autres en Asie.

VII.

S Aunachaire, évêque à Auxerre, frère de Austrène (évêque à Orléans) et oncle de s. Loup (évêque à Sens).

S Finbarr, fondateur de l'école de Cork.

S Ermenfroi, abbé à Cusance après avoir vécu à la cour de Clothaire II.

VIII.

S Ceolfrid, abbé à Wearmouth, champion des usages romains (date de Pâques et port de la tonsure), maître de s. Bède ; il possédait trois exemplaires de la Bible de s. Jérôme, dont l'un fut longtemps conservé au Monte Amiata, d'où son nom de Amiatinus. 

XI.

B Hermann, bénédictin à Reichenau, tout perclus d'où son surnom de "contractus", mais d'une grande science, mathématicien, excellent historien, théoricien et compositeur de musique, auteur de l'"Alma Redemptoris Mater" et du "Salve Regina".

Stes Aurélie et Néomisie, vierges à Anagni.

XIV.

S Barthélemy (Serge) de Radonège, fondateur du fameux monastère de la Trinité près de Zagorsk.
XV.    

B Christófol, enfant martyr à La Guardia.

XVI.

B Marcos Criado, trinitaire espagnol, martyrisé par les Mores près de Grenade.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1989 :

Passionistes : près de Ciudad Real, le prêtre José María Bengoa Aranguren (Juan Pedro de Saint-Antoine, *1890), et le profès Pedro Leoz Portillo (Pablo María de Saint-Joseph, *1882) ;

  - béatifié en 1995 :

Marianistes : près de Ciudad Real, le profès Jesús Hita Miranda (*1900) ;

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : à Madrid, le profès Juan Agustín Codera Marqués (*1883), et le postulant Tomás Gil de la Cal (*1898) ; à Bilbao, le profès Antonio Cid Rodríguez (*1890) ;

- béatifié en 2013 :

Fr. Maristes : près de Bilbao, Luis Huerta Lara (Luis Fermín, *1905) ;

- béatifié en 2017 :

Clarétains : près de Vic, le prêtre Josep Capdevila Portet (*1890).

Cléophas

1er siècle

 

L’évangéliste saint Luc raconte qu’au soir de Pâques, Jésus se joint à deux voyageurs, aux environs d’Emmaüs, et que ces derniers le reconnaissent à la fraction du pain (Lc 24).

Luc nous apprend que l’un des deux est Cléophas. Le style et le contexte du récit des “pèlerins d’Emmaüs” fit penser à plusieurs que le compagnon de Cléophas était Luc lui-même, qui discrètement parle de soi sans se nommer.

Les informations anciennes que nous avons sur Cléophas ne sont pas absolument concordantes. Pour certains, ce Cléophas fut le père (ou le grand-père ? cf.infra) de Syméon, qui fut le deuxième évêque de Jérusalem, après l’apôtre saint Jacques ; pour d’autres, Cléophas serait cet évêque lui-même, qui aurait porté aussi le nom de Syméon.

Ce Syméon fut crucifié à Jérusalem, comme le Divin Maître, en 107.

L’évangile parle par ailleurs d’une Marie de Cléophas (Jn 19:25), qui serait la fille de notre Cléophas (certaines traductions écrivent femme de Cléophas, ce qui n’est pas sûr). Une tradition la présente comme l’épouse d’Alphée et mère de quatre garçons : Joseph, Simon, Jacques et Jude, ces deux derniers ayant fait partie des douze apôtres, communément appelés les “frères” de Jésus, car il y avait une proche parenté entre Marie de Cléophas et Marie, la mère du Christ. L’évangile parle de Marie, mère de Jacques et de Joseph (Mt 27:56 ; Mc 15:40), 

L’Eglise a retenu la mémoire de Cléophas, cet heureux témoin de la résurrection du Christ, qui “brûlait” en son cœur, quand Jésus expliquait à lui et à son compagnon comment toutes les Ecritures s’accomplissaient en Jésus-Christ.

Le Martyrologe commémore donc saint Cléophas au 25 septembre, selon une tradition ancienne, tandis que saint Luc, on le verra, est commémoré le 18 octobre.

 

 

Firminus d’Amiens
4. siècle

Il était une fois… Qu’on nous pardonne cette expression qui évoque des contes anciens. L’histoire qui va suivre est effectivement discutée par les historiens, qui lui trouvent un excès de merveilleux, touchant quasi l’invraisemblable.
Il était une fois, donc - au 3e siècle -, un sénateur nommé Firmus, qui habitait Pampelune (Espagne). C’était un païen qui, en se rendant au temple de Jupiter, rencontra un prêtre chrétien nommé Honestus. Ce dernier interpella Firmus, lui parla du Christ… Firmus lui lança un défi : il se convertirait si l’évêque de Toulouse, Sernin (Saturninus, v. 29 novembre), venait là, sur place à Pampelune.
Et voilà que Sernin arriva la semaine suivante : en trois jours, il baptisa même quarante-mille personnes, parmi lesquelles notre Firmus et son fils, Firminus.
Sernin confia au prêtre Honestus le soin pastoral de cette toute jeune communauté ; ici, on s’interroge sur cette mission confiée à Honestus : comment Sernin lui abandonna-t-il le soin de quarante-mille baptisés sans ordonner au moins une vingtaine de prêtres et de diacres, sous la direction d’un évêque, avant de repartir pour Toulouse…
Honestus fit de son mieux, en particulier s’occupa du jeune Firminus et l’envoya, quand il eut dix-sept ans, prêcher dans les environs de Pampelune. S’il est vrai que Sernin baptisa quarante-mille personnes, Firminus dut aller assez loin pour trouver d’autres candidats au baptême !
Sept ans plus tard, Honestus appela le nouvel évêque de Toulouse, Honoratus (v. 22 décembre ?), pour conférer l’épiscopat à Firminus ; celui-ci avait donc vingt-quatre ans, un âge bien jeune pour recevoir l’épiscopat.
Sept ans plus tard encore, à trente-et-un ans, Firminus partit prêcher en Gaule : Agen, Clermont, Angers, Beauvais, Amiens. Qui lui avait confié cette «mission» ? Qui le remplaça à Pampelune ? les questions restent sans réponse.
A Beauvais il fut arrêté, mais délivré par les Chrétiens de l’endroit, à la mort (subite) du gouverneur.
En Amiens, Firminus amena au Christ trois mille personnes ; c’était beaucoup moins que les quarante-mille baptisés de Sernin à Pampelune, mais malgré tout le fait ne manqua pas d’attirer l’attention des gouverneurs Longulus et Sebastianus, qui envoyèrent des soldats arrêter et décapiter Firminus, discrètement, dans la prison même.
Ce pouvait être au début du quatrième siècle, un 25 septembre.
Amiens honore saint Firminus comme son premier évêque - alors que personne ne l’y avait envoyé -, mais aussi Pampelune : là-bas, on l’appelle Fermín ; les fêtes de Pampelune en l’honneur de San Fermín ont lieu en début juillet, elles sont hautes en couleurs et en manifestations mouvementées et sonores.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Firminus d’Amiens au 25 septembre.


Paulus, Tatta et leurs enfants à Damas
?

Toute une famille chrétienne, dont on connaît seulement le lieu de leur martyre, à Damas (Syrie).
Voici leurs noms sous la forme latine :
Paulus, le père
Tatta, la mère
Sabinianus
Maximus
Rufus
Eugenius
On les arrêta pour leur foi.
Ils subirent les coups de bâtons, d’autres supplices encore, durant lesquels ils rendirent leur âme à Dieu.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Paulus, Tatta et leurs enfants à Damas au 25 septembre.

 

 

Principius de Soissons

† 505

 

Principius était le frère aîné de s.Remi (v. 13 janvier).

Vers 474, il fut sacré évêque de Soissons, douzième à occuper ce siège.

C’est en 486 que Soissons fut reprise par Clovis, et qu’eut lieu le fameux épisode du vase de Soissons.

Les saintes qualités de Principius aidèrent Clotilde, l’épouse de Clovis (v. 3 juin), à convaincre totalement son mari d’embrasser le christianisme. On sait que c’est s.Remi qui baptisa Clovis à Reims en 496 (ou 499), en présence des autres évêques de Gaule.

Principius profita de l’appui de Clovis pour développer le culte chrétien et l’instruction des foules.

A sa mort, en 505, ce fut son neveu (son fils ?) Lupus, qui lui succéda.

Les reliques de Principius, conservées en la cathédrale de Soissons, furent réduites en cendres par les Protestants en 1567.

Saint Principius de Soissons est commémoré le 25 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Solemnis de Chartres

† 507

 

Puisque Solemnis (traduit Solenne, Solène, Solen) fut élu évêque de Chartres en 483, on peut donc situer sa naissance au plus tard vers 450.

Un récit qui n’est pas forcément légendaire, lui attribue la guérison d’un aveugle-muet. Il avait donc déjà une réputation de grande sainteté avant son épiscopat.

C’est sur cette réputation que Clovis s’appuya pour préconiser l’élection de Solemnis au siège de Chartres. Mais Solemnis alla se cacher pour éviter cette charge, de sorte que fut choisi l’archidiacre du diocèse, Aventinus. Lorsque ce dernier fut consacré, Solemnis sortit de sa cachette, mais fut immédiatement appréhendé par la foule qui réclama sa consécration. On le sacra évêque, Aventinus s’effaçant humblement pour laisser la place à l’Elu. En revanche, Solemnis fit ériger en diocèse la région de Châteaudun, et la confia à Aventinus.

Une autre version prétend qu’Aventinus était le propre frère de Solemnis.

Voici donc Solemnis établi treizième évêque de Chartres.

Un des rôles importants qu’il joua à cette époque, fut d’être le conseiller très écouté de Clovis ; il contribua, par sa prière, à la victoire du Prince sur les envahisseurs, et à sa conversion. Il était présent aux côtés de s.Remi et de s.Vaast (v. 13 janvier et 6 février) lors du baptême de Clovis (496 traditionnellement, 499 d’après de récentes recherches «officielles»).

Après vingt-quatre ans d’épiscopat, Solemnis s’éteignit le 24 ou 25 septembre 507, à Maillé, une commune peu distante de Tours et où l’on aurait retrouvé son tombeau, grâce à une mystérieuse lumière qui y brillait chaque dimanche.

Saint Solemnis de Chartres est commémoré le 25 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aunacharius d’Auxerre

† 603

 

Aunacharius (Aunachaire, Aunaire, mais aussi Aunharius, Agnarius, Anianus…) était de famille très noble et chrétienne. Ses parents, Pastor et Ragnoara, eurent un autre fils, Austrène, futur évêque d’Orléans, et une fille, Austregilde, dont le fils, Loup, fut évêque de Sens (v. 9 octobre et 1er septembre).

Jeune encore, Aunacharius fut conduit à la cour du roi de Bourgogne (Gontran, ou plutôt son prédécesseur Chilpéric). Mais Aunacharius préféra un autre Roi, celui du Ciel, et alla à l’insu de ses parents, se faire tonsurer à Tours, au tombeau de s.Martin (v. 11 novembre).

Syagrius, l’évêque d’Autun (v. 2 septembre), l’appela auprès de lui pour lui procurer une formation soignée et l’ordonna prêtre. 

En 572, le peuple et le clergé d’Auxerre choisirent d’une voix unanime Aunacharius pour gouverner leur diocèse. Aunacharius devenait ainsi le dix-huitième évêque d’Auxerre.

Outre qu’il fut d’une extrême vigilance liturgique et pastorale pour son diocèse, Aunacharius participa à plusieurs conciles : Paris (573), Mâcon (581 et 585), et convoqua ensuite un très important synode à Auxerre.

On sait qu’il y eut des troubles parmi les moniales de Sainte-Croix à Poitiers (589). Aunacharius fut de ceux qui travaillèrent à y rétablir la paix.

Aunacharius chargea un de ses prêtres, Stephanus Africanus, d’écrire la Vie de s.Amâtre et de s.Germain, deux évêques d’Auxerre du 5e siècle (v. 1 mai et 31 juillet). 

Un des prêtres d’Aunacharius, Austregisile, devint évêque de Bourges (v. 20 mai).

C’est sous l’épiscopat d’Aunacharius que le Martyrologe Hiéronymien fut mis à jour et complété. On a aussi deux lettres du pape Pélage à Aunacharius.

Aunacharius mourut en 603.

Des miracles eurent lieu avant et après la mort d’Aunacharius, au tombeau duquel se développa un  culte fervent. En 1567 cependant, les Huguenots profanèrent ces précieuses reliques.

Saint Aunacharius d’Auxerre est commémoré le 25 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Finbarr de Cork

550-623

 

Finbarr (en irlandais Fionnbharra ou simplement Barra) vit le jour à Templemartin (Bandon, Irlande S) vers 550, d’un certain Amergin, un maître forgeron au service du roi Tighernach de Ui Eachach. Contrairement à la volonté de ce dernier, Amergin épousa une femme de la maison royale et le terrible roi voulait les faire brûler vifs, mais une providentielle pluie éteignit le feu.

Leur enfant reçut d’abord le nom de Luan. Il eut peut-être une sœur nommée Lassar.

Quand l’enfant eut sept ans, il fut pris en charge par trois clercs de Munster et fit ses études à Sliabh Muinchill, où il fut tonsuré. Au moment de le tonsurer, le ministre remarqua la belle chevelure de l’adolescent et se serait exclamé : Fair (= fine) is the hair (= barra) of Luan, à quoi l’autre ministre répondit :  Appelons-le Finn Barr (en irlandais Fionnbharra, comme on l’a dit plus haut).

Elevé et formé par un disciple de s.Grégoire le Grand (v. 12 mars), Finbarr s’en vint à Rome. Au retour, il visita s.David de Menevia (v. 1er mars) : ce dernier lui donna un cheval, avec lequel il put traverser les flots pour regagner l’Irlande… Peut-être avait-il plus de foi que s.Pierre qui ne put faire que quelques pas pour rejoindre le Christ sur le lac de Tibériade (cf. Mt 14:29–31) !

Pour compléter sa formation, Finbarr se serait alors établi sur une île d’un petit lac appelé Loch Irce ; l’île porte maintenant le nom de Gougane Barra. Il aurait construit un bon nombre de petites églises en différents endroits.

Vers 606, Finbarr se fixa dans la région de Munster et de nombreux disciples, moines et étudiants le rejoignirent, donnant naissance à l’important centre culturel de Cork, dont on disait : Ionad Bairre Sgoil na Mumhan, c’est-à-dire La fondation de Finbarr, c’est l’école de Munster, mais les Anglais modernes du collège universitaire de Cork interprètent : Là où Finbarr enseigne, Munster apprend.

On dit que de Cork sortirent dix-sept saints évêques. On trouve aussi que Finbarr lui-même aurait été sacré évêque, et aurait eu un épiscopat de soixante-dix ans, ce qui est franchement impossible.

Après une dernière visite à Gougane Barra, Finbarr s’éteignit à Cell na Cluaine (Cloyne) le 25 septembre 623.

Saint Finbarr de Cork est commémoré le 25 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ermenfroi de Cusance

† 670

 

Ermenfredus - Ermenfroy - naquit au début du 7e siècle d’Ermenricus et Waldalina, de riches et nobles parents du comté de Bourgogne, dans leur domaine de Ranustal (Clerval, Montbéliard, Doubs).

Les deux frères Ermenfroi et Vandelin furent un temps à l’école du palais du roi Clotaire II, puis Ermenfroi entra à l’abbaye de Luxeuil.

Ordonné prêtre, il fut chargé par l’abbé Walbert (v. 2 mai) de relever un ancien couvent en ruines, à Cusance (Baume-les-Dames, Besançon).

Ermenfroi commença par rendre leur liberté aux serfs de la propriété. Puis il y installa une petite communauté qui dépendait de Luxeuil, et dont il fut l’abbé. On observait la Règle de s.Colomban (v. 23 novembre).

Ermenfroi mourut le 25 septembre 670.

Des miracles eurent lieu au tombeau d’Ermenfroi. Un aveugle recouvra la vue en se prosternant devant le tombeau ; une possédée fut libérée après y avoir prié ; l’huile de la lampe non seulement ne se consumait pas, mais se dédoublait, pouvant ainsi en alimenter une autre.

Saint Ermenfroi de Cusance est commémoré le 25 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Barthélemy-Serge de Radonège

1313-1391

 

Dans cette notice, nous sommes dans le monde de l’Orthodoxie.

Barthélemy vit le jour en 1313 à Rostov (Russie), de Cyrille et Marie, deuxième de leurs trois garçons, dont l’aîné s’appelait Etienne et le cadet Pierre.

Durant le temps de la grossesse, la maman vivait dans une continuelle abstinence, se nourrissant exclusivement de pain et d’eau.

Contrairement à ses frères, Barthélemy n’arrivait pas à étudier, malgré son grand désir et ses efforts. Un staretz (moine) pria et lui obtint l’ouverture de l’esprit nécessaire à l’étude. Il prophétisa aussi que cet enfant deviendrait la demeure de la Sainte Trinité, et amènerait une multitude à la compréhension de Sa volonté. Plus tard, on comprit le sens de cette prophétie.

A douze ans, Barthélemy se mit au pain et à l’eau et même au jeûne complet les mercredis et vendredis. 

C’est alors que la famille s’installa à Radonège. Etienne et Pierre se marièrent, les parents moururent, ainsi que l’épouse d’Etienne.

Barthélemy remit à Pierre son héritage et, avec Etienne chercha un endroit solitaire pour mener une vie ascétique. Ils trouvèrent, non loin de Radonège. Ainsi fut construite la première église en l’honneur de la Sainte Trinité.

Barthélemy reçut alors la tonsure monastique et prit le nom de Serge : il avait vingt-quatre ans (1337). Quant à son frère, il partit pour le monastère de la Théophanie, à Moscou.

Serge vécut d’abord trois ans dans la complète solitude. Il apprivoisa un ours, avec lequel il partageait de la nourriture. Puis vinrent des disciples.

En 1354, Serge fut bien obligé de devenir l’higoumène (supérieur) du monastère naissant, et même d’être ordonné prêtre. Il célébrait chaque jour la liturgie.

Sur sa prière, les frères du monastère reçurent un jour une grande quantité de pains, apportés par de mystérieux messagers qui disparurent ensuite. 

Un jour, Serge entendit une voix l’invitant à regarder dehors : une foule d’oiseaux merveilleux représentaient les nombreux disciples qu’il aurait bientôt.

Le patriarche de Constantinople persuada Serge d’instituer le cénobitisme dans son monastère, alors que jusqu’alors chaque frère vivait dans sa petite cabane isolée. Serge fit édifier des bâtiments, une hôtellerie. Certains cependant quittèrent le monastère, refusant le cénobitisme. 

Serge eut aussi la tristesse de voir revenir son frère Etienne, enflammé de colère, insultant son frère devenu higoumène, alors que lui, Etienne, était le premier fondateur (avec son jeune frère Barthélemy). La  jalousie, on le voit, n’aime pas l’amitié.

Serge alors, quitta le monastère pour fuir les discordes, et s’installa à Kirjatch. Le métropolite Alexis le pria de revenir au monastère mais, sentant venir la fin de ses jours, voulut instituer Serge comme successeur par obéissance. Mais Serge répondit : Pardonne-moi, vénéré pasteur, mais tu veux me charger d’un fardeau qui dépasse mes forces. Tu ne trouveras pas en moi ce que tu cherches. Je suis le plus pécheur et le pire de tous.

Par la suite, lors de l’invasion des Tatares, la prière de Serge valut au grand Duc la célèbre victoire de Koulikovo.

Vers la fin de sa vie, Serge eut une apparition de la Mère de Dieu accompagnée des apôtres Pierre et Jean. La Vierge Marie lui promit qu’elle ne quitterait pas ce monastère, et qu’elle le protègerait.

Serge mourut le 25 septembre 1391.

Il fut canonisé dans l’Eglise orthodoxe en 1452 et le Martyrologe Romain le mentionne au 25 septembre, unique Saint orthodoxe introduit dans ce livre (voir par ailleurs s. Tikhon, 26 août).

 

 

Cristófol de La Guardia

1483-1490

 

Voici encore une «histoire» qui, si elle est vraie, n’est pas à l’honneur des Chrétiens. Quand bien même elle ne serait qu’une légende, celui ou ceux qui l’ont répandue n’ont pas à s’en glorifier.

Des textes «anciens» racontent qu’après un audafé qui eut lieu à Tolède (Espagne), des Juifs voulurent se venger par la sorcellerie. Pour cela, ils avaient besoin d’une Hostie consacrée et du cœur d’un innocent.

Cristófol (ou Juan), fils d’Alonso de Pasamonte et Juana la Guindera, est séquestré le Vendredi saint, conduit à La Guardia, fouetté, couronné d’épines et crucifié ; on lui arrache le cœur. Sa mère, aveugle, recouvre alors la vue.

Puis les assassins volent une Hostie : celui qui va «communier» conserve l’Hostie dans les pages d’un livre de prières, mais l’Hostie se met à rayonner, démasquant le voleur. Ce dernier avoue son crime, révèle les noms des complices, qui sont arrêtés, jugés, et exécutés ; leurs biens sont confisqués et, vendus, permettent la construction d’un monastère.

L’histoire est pratiquement la même que pour Dominguito (v. 31 août). L’interrogation évidente est la même : si les faits se sont passés un Vendredi saint, pourquoi Cristófol est-il «fêté» (encore actuellement) un 25 septembre ?

Pour comble, ce «petit martyr» est le patron de La Guardia et son culte fut confirmé en 1805. Mais il n’est pas mentionné au Martyrologe.

Il n’est évidemment pas question ici de réveiller des soupçons et des accusations. Il y avait quatre ou cinq cas de ce genre dans l’ancien Martyrologe, qui en ont été rayés. Mais ces récits ont fait partie de l’histoire, de même que l’Ecriture sainte contient des récits parfois effrayants. C’est une preuve de sincérité. Que Dieu pardonne à tous.

 

 

Marcos Criado

1522-1569

 

Marcos naquit à Andújar (Jaén, Espagne S) le 25 avril 1522, cinquième des enfants de Juan Criado Notario et María Guelamo Pasillas, qui lui donnèrent le nom du Saint du jour, l’évangéliste saint Marc.

En 1531, sa mère mourut ; son père entra en 1534 chez les Franciscains à Cordoue ; Marcos demanda à entrer au couvent local des Trinitaires.

Il se considéra désormais comme un véritable criado, serviteur, s’arrangeant pour obtenir la dernière place ; il préférait rater ses examens pour ne pas céder à l’orgueil ; il changera de couvent dès qu’on parlera de lui.

Après le noviciat (1536) et la profession (1537), il se prépara au sacerdoce. Une fois prêtre, il prêcha dans son couvent, puis à Jaén et Ubeda.

En 1560, il fut envoyé en mission dans la région de Alpujarras, très déchristianisée depuis l’occupation des Maures. 

Il commença son travail d’évangélisation à La Peza, puis s’adressa aux pays alentour. Il prêchait à tous, chrétiens et musulmans, dans les rues ou dans les églises, sans se laisser décourager par les incessantes insultes qu’il recevait, accompagnées de crachats, jets de pierres etc.

Il y eut en 1569 une importante rébellion de la population mauresque, au terme de laquelle Marcos reprit courageusement la prédication.

En septembre 1569, on s’empara de lui, on le traîna jusqu’à la place publique, où les femmes et les enfants le lynchèrent. Parvenu à s’échapper, il fut rattrapé au lieu-dit Fuente de Belchite, entièrement enroulé dans des cordes et accroché à un chêne. Avant de l’abandonner à une mort lente par hémorragie, faim ou soif, on le lapida encore. Mais trois jours plus tard, on le retrouva détaché, serein, en train de chanter des psaumes, de prêcher ; Marcos salua ses «visiteurs» avec paix et affection. Un des bourreaux alors lui ouvrit la poitrine d’un coup de poignard pour en extraire le cœur.

Plusieurs témoignages et écrits relatent qu’alors le cœur se mit à briller d’un lumineux éclat, faisant apparaître le monogramme du Christ (IHS) ; un des présents se serait alors emparé du cœur et l’aurait par la suite utilisé pour guérir des malades.

Marcos Criado fut martyrisé par les Maures le 25 (ou le 24) septembre 1569, et fut béatifié en 1899.

 

Pedro Leoz Portillo

1882-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

D’une famille très chrétienne, Pedro naquit le 16 février 1882, reçut le Baptême le lendemain, et la Confirmation en 1889.

Il avait déjà un frère passioniste (Cecilio Lopez, 1878-1958) et deux sœurs cloîtrées.

Bon travailleur, charitable, Pedro recevait chez lui les pauvres, les logeait, et ne les laissait pas partir le lendemain sans leur donner une bonne aumône.

A vingt-cinq ans, il pensait aller chercher fortune en Amérique, et alla prendre congé de son frère passioniste à Corella (Navarre). Il fut alors tellement frappé par l’idéal de cette Congrégation, qu’il abandonna là tous ses projets, et voulut se consacrer à Dieu.

Il entra au couvent de Gaviria (Guipúzcoa) l’année suivante (1906). Quand on lui demandait pourquoi il avait attendu si longtemps avant de se consacrer, il répondait qu’il ne se sentait pas digne de la vie religieuse.

Après la profession à Gaviria, où il prit le nom de Pablo María de Saint-Joseph, il travailla à Corella et à Daimiel, avec une courte période à Saragosse en 1927 pour y organiser la vie du collège.

Il travaillait au postulat ou bien allait demander l’aumône dans les rues et les places… Il écrivait à sa sœur religieuse : On n’en est pas venu à me battre, mais j’ai récolté toute une litanie d’insultes.

Il souffrait d’une douloureuse plaie à une jambe, qui ne cicatrisait pas. On était frappé par sa bonté, son humilité, sa dévotion mariale.

Après l’expulsion du couvent, la nuit du 21-22 juillet, il trouva à se réfugier avec le père Bengoa dans une pension de Ciudad Real, et faisait de petits travaux de cordonnier pour gagner de quoi subsister.

On les arrêta tous les deux le 24 septembre suivant et on les fusilla à Carrión de Calatrava, non loin de Ciudad Real.

C’était le 25 septembre 1936.

Frère Pablo María et Père Juan Pedro Bengoa furent béatifiés en 1989.

 

 

Juan Codera Marqués

1883-1936

 

Il vit le jour à Barbastro (Huesca, Espagne) le 25 mai 1883. 

Travaillant comme employé dans la maison salésienne de Sarriá, il demanda à y faire le noviciat de coadjuteur.

Il fit la profession en 1919 à Carabanchel Alto (Madrid), où il resta dix années, puis passa à Salamanque, et Madrid. En 1933, il revint à Carabanchel comme infirmier.

Le 20 juillet 1936 il fut arrêté avec les autres membres de la communauté. Lors du transfer des prisonniers aux écoles transformées en prison, il priait le chapelet : on le lui arracha des mains et, comme punition, on le frappa à coups de poings jusqu’à le faire tomber.

Après cette première épreuve, momentanément libre, il se réfugia dans une pension avec don Enrique Saiz, don Pablo Gracia et Tomás Gil de la Cal. 

Au matin du 25 septembre, il partit avec ce dernier visiter les autres Confrères prisonniers : ils devaient revenir le soir, espérant apporter aussi la nouvelle de l’entrée des troupes nationalistes dans Tolède. Au début de l’après-midi, ils firent encore une visite, et disparurent. On suppose que leurs visites répétées à la prison des autres Salésiens aient éveillé les soupçons des républicains et qu’ils aient été fusillés ce jour-même.

On a donc établi leur dies natalis au 25 septembre 1936.

Don Juan Codera a été béatifié en 2007.

 

 

José María Bengoa Aranguren

1890-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

Il était né le 19 juillet 1890 à Santa Águeda (Guipúzcoa), où son père travaillait au sanatorium.

Baptisé le lendemain, il reçut la Confirmation en 1896.

Excellent nageur, il sauva de la noyade un ami.

Après avoir étudié au collège des Passionistes de Bilbao, il commença en 1907 le noviciat à Angosto (Álava) et fit la profession en 1908, prenant le nom de Juan Pedro de Saint-Antoine.

Après ses Humanités à Corella, il étudia la philosophie au Mexique. Mais lors de la persécution, il fut emprisonné, puis expulsé du Mexique, et s’en vint avec ses Confrères à Chicago, où il étudia la théologie et reçut le sacerdoce (1916).

En 1918, il rentra en Espagne, pour prendre la direction des étudiants de Daimiel, mais dès 1920 il repartait au Mexique, nommé recteur à Toluca.

Il avait une puissante voix de basse, dont il se servait pour le chant liturgique, accompagné par l’excellent organiste, le père Nicéforo (voir la notice Vicente Diez Tejerina).

En 1923, il devait revenir en Espagne, pour être assistant à Corella, puis à Daimiel.

En 1928, il était nommé supérieur de la nouvelle maison de Saragosse, et prêcha avec fruits dans un quartier difficile de la ville.

Assistant à Daimiel, il écrivait en avril 1936 que la situation était devenue très difficile.

On aura lu dans la notice des Passionistes de Daimiel les événements du 21 juillet.

Dans un premier temps, le père Bengoa put se réfugier dans une pension de Ciudad Real, avec un Frère (Pedro Leoz Portillo). C’est de là qu’il envoya à Rome un télégramme (sans doute en latin) pour informer les Supérieurs du martyre de ses Compagnons : ce télégramme fut publié par l’Osservatore Romano le 20 août.

Le 25 septembre 1936, il fut arrêté avec son Compagnon ; tous deux furent fusillés à Carrión de Calatrava (environs de Ciudad Real) et jetés dans une fosse commune, dont on put retirer leurs restes plus tard.

Le père Juan Pedro, martyrisé le 25 septembre 1936, fut béatifié en 1989.

 

Josep Capdevila Portet
1890-1936

Né le 2 août 1890 à Vic (Barcelone), il était l’aîné des huit enfants de José, un manœuvre, et María Ángela.

Ayant perçu très tôt la vocation sacerdotale, il entra au séminaire de Vic en 1900 et, en 1903 passa au postulat des Pères Clarétains à Barbastro. Apparemment, il redoubla la Première. En 1905 il commença le noviciat, fit la profession l’année suivante, puis étudia la philosophie à Cervera, ainsi que la théologie, qu’il acheva à Alagón, et fut ordonné prêtre en 1914.

Prêtre, il fut envoyé à Cervera pour prêcher. En novembre 1915, il fit un voyage à Vic, pour la première Communion de ses deux petits frère et sœur, Pepito et Carmina, qu’il ne connaissait pas encore.

Puis il fut à Berga, San Felio de Guixols, Tarragone, Selva del Campo. En 1931, il fut consulteur à Vic et, en 1934, supérieur de la maison de Sallent.

Excellent prédicateur, il publia aussi quelques écrits de dévotion mariale.

Du 20 au 27 juillet 1936, fuyant la maison de Sallent qui était fouillée par les miliciens, il passa de cachette en cachette, dormant même à la belle étoile, jusqu’à arriver à la maison de ses parents à Vic. 

En fin d’après-midi du 24 septembre, une patrouille vint enlever le p.Josep. Il tenta d’abord de sauter par une fenêtre, mais on le voyait et il se rendit. Sa mère tenta de l’approcher : on la bouscula à terre d’un coup de poing. Quand Josep dit à sa mère Adieu, au Ciel, un milicien répondit : Il n’y a pas de Ciel, et le Prêtre : Pour vous, il n’y en aura pas si vous ne vous convertissez pas.

On conduisit le p.Josep à la mairie, puis en prison. Quand son père et sa sœur vinrent le voir, on ne le leur permit pas, et on leur dit qu’il n’avait besoin de rien. Evidemment…

A vingt-trois heures, on l’emmena sur la route entre Vic et Manlleu, où il fut fusillé, en même temps qu’un autre prêtre (lequel, faisant partie d’une autre liste de martyrs, n’a pas encore été béatifié).

Martyrisé le 25 septembre 1936 et béatifié en 2017, Josep Capdevila Portet sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 septembre.

 

 

Tomás Gil de la Cal

1898-1936

Tomás vit le jour le 7 mars 1898 à Guzmán (Burgos, Espagne), de pieux parents dévots de la Mère de Dieu ; on priait régulièrement le chapelet en famille.

Fidèle à cette éducation, il n’hésitait pas à laisser ses camarades qui voulaient aller jouer, prétextant qu’il allait se confesser.

Entré comme domestique dans la maison des Salésiens de Carabanchel Alto, il sentit l’appel à être lui-même coadjuteur, mais les événements allaient précipiter la situation.

Il se sentait déjà faisant partie de la maison : quand les pères furent mis en prison, il n’hésita pas à accompagner le matin et le soir du 25 septembre 1936 le père Juan Codera, pour rendre visite aux prisonniers.

Tout ce qu’on sait du Père et de lui, c’est qu’ils disparurent ce soir-là.

On a établi ainsi la date de leur martyre au 25 septembre. 

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Antonio Cid Rodríguez

1890-1936

 

Antonio vit le jour le 15 avril 1890 à Calsadoira (San Xoán de Seoane, Allariz, Orense, Espagne).

Il entra dans l’Ordre Salésien à Écija et passa au noviciat de Séville ; il fit la profession en 1909 puis, à partir de 1911 fut en différentes maisons : Málaga, Carmona, Séville, Baracaldo, Salamanque (1919), Santander (1918), Madrid, de nouveau Santander (1931).

Il se trouvait à Santander au moment de la guerre civile de 1936. S’étant réfugié chez des parents à Bilbao, il fut bien vite arrêté en pleine nuit : on lui trouva un crucifix et quelques objets «religieux», c’est-à-dire «interdits». 

On l’emmena, mais Dieu seul sait où, les deux endroits les plus fréquentés par les miliciens pour ces exécutions étant l’Alto de Castrejana et le Cuartel de Garellano.

En l’un ou l’autre des deux lieux, don Antonio souffrit le martyre le 25 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Jesús Hita Miranda

1900-1936

 

Jesús (il n’est pas rare que les Espagnols portent ce nom), naquit le 17 avril 1900 à Calahorra (Rioja, Espagne).

Après deux années de séminaire, il entra chez les Marianistes dans le but d’y devenir prêtre.

En 1918 il fit la première profession. Quand vint l’heure de la solennelle, on lui fit savoir que, en raison d’une certaine tendance naturelle au bégaiement, on allait le destiner non pas au sacerdoce, mais à l’état de Frère, pour l’éducation des jeunes.

N’importe quel autre novice aurait sans doute quitté l’Ordre pour en rejoindre un autre où on l’aurait accepté comme prêtre. Jesús, lui, comme son divin Maître, se soumit : à partir de 1921 et jusqu’à sa mort, il enseigna de tout son cœur, transmettant son amour de Dieu et de Marie à la jeunesse qui l’écoutait. 

Ses mots d’ordre étaient : Etre saint, être utile, se donner.

Il fut successivement dans les collèges de Suances (Santander), Escoriaza (Guipúzcoa), Vitoria, Ciudad Real, Jerez de la Frontera, Madrid.

Mettant à profit ses moments libres, et sa première préparation intellectuelle, il obtint à l’Université de Saragosse la licence d’Histoire.

Fin juin 1936, quand déjà les révolutionnaires s’agitaient et menaçaient, Jesús fut envoyé à Ciudad Real pour un remplacement. En partant, il dit à des intimes : Qu’il arrive ce que Dieu veut ; si nous sommes martyrs, tant mieux.

A Ciudad Real, la situation était déjà en ébullition. Peu de jours après son arrivée, le collège fut occupé et Jesús dut se réfugier dans une pension de famille, avec d’autres Religieux, sur le conseil des Supérieurs.

A partir de ce moment-là, il se recueillit dans la prière et la pénitence, pensant au martyre qui s’approchait et dont il parlait souvent. Il supprima son matelas et dormait directement sur les lattes de son lit. Il priait souvent les bras en croix, parfois même de nuit. Il restait très calme et se confessait jusqu’à deux fois par semaine, préparant son âme à la rencontre avec Jésus.

Le 25 septembre, les miliciens firent irruption dans la pension pour arrêter tout ce qui s’y trouvait comme prêtres et religieux. Jesús suivit calmement ses bourreaux, saluant les propriétaires de la maison avec un ultime sourire. 

La nuit suivante, il fut abbattu avec les deux Passionistes ci-dessus, à Carrión de Calatrava.

Il fut béatifié en 1995.

 

 

Luis Huerta Lara

1905-1936

 

Luis était né le 21 juin 1905, en la fête de saint Luigi Gonzaga, dont il porta le nom, à Torrecilla del Monte (Burgos, Espagne), un des quatre garçons de Balbino et Lucía, paysans très chrétiens qui le firent baptiser le 24 juin. Il fut confirmé un an plus tard.

Il entra en 1918 au collège des Frères Maristes à Vic et commença le noviciat à Las Avellanas en 1920 ; en 1921 il reçut l’habit et le nom de Luis Fermín ; un an après il faisait les premiers vœux et devait faire la profession solennelle en 1927.

Il se trouva que le Frère était assez myope, raison pour laquelle ses supérieurs ne le destinèrent pas à l’enseignement. On ne voit pas bien quel inconvénient il pouvait y avoir à être un professeur myope, et surtout comment il n’y avait pas davantage de danger à le mettre à la cuisine, où il pouvait se tromper dans la quantité de sel, confondre le sel et le sucre, oublier l’eau ou l’huile sur le feu, etc.

Il reste que Luis Fermín fut envoyé en 1923 comme cuisinier à Vallejo de Orbó (Palencia) et comme jardinier à Las Avellanas.

Toutefois le Frère réitéra sa demande d’être enseignant. On l’envoya finalement à Barcelone (1925), puis de nouveau comme cuisinier à Centelles (1927), Palafrugell (1929), Arceniega (1929), Haro (1930) ; il revint à l’enseignement à Carrejo (1932), Arceniega de nouveau (1935).

Apparemment, il ne fut pas un mauvais professeur ! Comme cuisinier, il lui arriva souvent de se priver pour donner suffisamment à la communauté, quand la nourriture était trop restreinte (et c’était fréquent…)

En août 1936, des miliciens vinrent l’arrêter, le conduisirent à Bilbao et le firent monter sur le Cabo Quilates, en rade de Bilbao.

Il y fut assassiné, le 25 septembre 1936, jour qui fut retenu pour son dies natalis, quoique certains témoins aient affirmé que ce fut le 2 octobre.

Le Frère Luis Fermín fut béatifié en 2013.

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23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 23:00

24 SEPTEMBRE

 

III.

S Anatolius, successeur immédiat de s. Barnabé (?) sur le siège de Milan.

?

SS Andochius, Thyrsus et Felix, martyrs à Autun. 

V.

S Rusticus, évêque à Clermont.

VI.

S Loup, évêque à Lyon après avoir été anachorète. 

Ste Ama, vierge à Joinville.

VIII.

S Brithun, abbé à Beverley.

XI.

S Gerardo Sagredo, bénédictin vénitien, évêque à Csanàd, grand promoteur du culte marial et de la liturgie, martyr.

S Isarn, abbé à Saint-Victor de Marseille.

XIV.

B Dalmacio Moner, dominicain espagnol, d'une extrême austérité, invoqué contre les maux de dents.

XVI.

Bx William Spenser, prêtre, et Robert Hardesty (qui l'avait hébergé), martyrs anglais, tous deux pendus.

XVII.

S Antonio González, dominicain espagnol martyr au Japon, béatifié en 1981 et canonisé en 1987, fêté avec s. Laurent Ruiz le 28 septembre.

XVIII.

S Carlo Antonio Divini (Pacifico de San Severino), franciscain, troubadour et prédicateur dans les Marches ; ses larmes le rendirent aveugle ; il sut miraculeusement la victoire contre les Turcs à Belgrade en 1717.

XIX.

B Anton Martin Slomšek, évêque slovène à Maribor, béatifié en 1999.

XX.

Bse Joanna Matylda Gabriel Rawski (Kolumba, 1858-1926), polonaise née en Ukraine, abbesse bénédictine à Leopoli, fondatrice à Rome des Bénédictines de la Charité, béatifiée en 1993.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, José María Ferrándiz Hernández et Pascual Ferrer Botella (*1879, 1894) ;

Dominicains : près de Tarragona, le prêtre Josep María Vidal Segú (*1912) (le 26 septembre au Martyrologe) ;

Laïcs : près de Valencia José Ramón Ferragud Girbés (*1887), père de famille de huit enfants, et Encarnación Gil Valls (*1888), vierge ;

- béatifiés en 2007 :

Trinitaires : à Cuenca, les prêtres Luis de Erdoiza Zamalloa (L. de St.Michel-des-Saints), Melchor Rodríguez Villastrigo (M. de l'Esprit-Saint) et Santiago Arriaga Arrien (S. de Jesús) (*1891, 1899, 1903) ; le profès Juan Francisco Joya Corralero (J. de la Vierge-du-Castellar, *1898) ;

Salésiens : à Málaga, les prêtres Manuel Gómez Contioso et Antonio Pancorbo López (*1877, 1896) ; les coadjuteurs Esteban García y García et Ráfael Rodríguez Mesa (*1901, 1913) ;

Carmes Déchaux : à Barcelone, le prêtre Alfons Arimany Ferrer (A. du Cœur de Marie, *1905) ;

- béatifiés en 2013 :

Fr. Maristes : à Málaga, Perfecto Becerril Merino (Guzmán) et Celedonio Martínez Infante (Fernando María) (*1885, 1895) ;

- béatifié en 2017 :

Clarétains : près de Lleida, le convers Ramón Roca Buscallà (*1888).

    

Anatolius de Milan
3. siècle

Il existe en italien un grand nombre de variantes au nom d’Anatolius : Anatalone, Anatelon, Anatalo, Anatolo, Anatalofle… 
D’après les spécialistes, il ne semble pas possible qu’Anatolius eût été un disciple de s.Barnabé (v. 11 juin), encore moins de l’apôtre s.Pierre. Quelque auteur ancien a en effet écrit que s.Pierre aurait lui-même consacré Anatolius et l’aurait envoyé comme premier évêque à Milan.
Disciple de l’un ou de l’autre, Anatolius aurait échappé à la persécution de Néron en vivant dans la clandestinité.
En réalité, Anatolius aurait plutôt été évêque de Milan à la fin du deuxième siècle et serait mort au début du troisième. Il reste le premier évêque «officiel» de ce siège.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Anatolius de Milan au 24 septembre.


Andochius, Thyrsus et Felix d’Autun
3. siècle

Beaucoup de doutes subsistent à propos de ces trois Martyrs.
Andochius, Benignus et Thyrsus seraient arrivés en Gaule sur révélation de s.Irénée et de s.Polycarpe (v. 28 juin et 23 février). Andochius était prêtre, Thyrsus diacre.
Leurs étapes furent Marseille, Lyon, Autun ; à Autun, le noble Faustus les reçut avec joie et leur fit baptiser son petit garçon Symphorianus, de trois ans.
Andoche poursuivit sa route à Langres avec Benignus, qui disparaît alors du récit.
A Saulieu, Andoche et Thyrsus furent reçus par un Chrétien d’origine orientale, nommé Felix. C’est à Saulieu qu’on dénonça à l’empereur Aurelianus (?) Andoche et Thyrsus ; Felix demanda à les suivre.
Devant cet empereur non identifié, les trois hommes furent suspendus par les bras, eurent les pieds chargés de pierres, mais se retrouvèrent sains et saufs le lendemain ; une pluie miraculeuse éteignit le feu où on les jeta pieds et poings liés. On leur brisa le cou avec des barres de fer.
Ce pouvait être vers la fin du 3e sècle.
Après ce martyre, réapparut Faustus avec Symphorianus qui avait désormais quinze ans, pour recueillir et ensevelir les trois corps.
Les difficultés de ce récit sont : la «disparition» de Benignus ; le «successeur» de Septime-Sévère († 211) qui ne s’appelait pas Aurelianus, mais Aurelius Caracalla, tandis qu’Aurelianus ne régna qu’en 270.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Andochius, Thyrsus et Felix d’Autun au 24 septembre.


Rusticus d’Auvergne
5. siècle

Après la mort de l’évêque Venerandus, on ne s’accordait pas pour lui désigner un successeur.
Une mystérieuse femme se présenta alors, racontant qu’elle avait vu en rêve un prêtre ; arriva alors le prêtre Rusticus, qu’elle reconnut et qui fut appelé à succéder à Venerandus. 
Rusticus apparaît donc comme le huitième évêque d’Auvergne, sans siège précis, la cathédrale de Clermont ne devant être construite que sous son successeur.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Rusticus d’Auvergne au 24 septembre.


Loup de Lyon
6e siècle

De l’évêque Loup (Lupus) on a avancé qu’il avait été précédemment anachorète.
Il fut le vingt-cinquième évêque à occuper le siège de Lyon, après s.Viventiolus (v. 12 juillet) qui mourut en 523. On en peut déduire que Loup naquit au plus tard à la fin du 5e siècle.
Un document de 528 environ parle de lui comme d’un moine illustre.
En 538, Loup présida le troisième concile d’Orléans : on y rappela l’importance du Jour du Seigneur (le dimanche) et l’interdiction de travailler aux champs ce jour-là ; il y fut fait interdiction aux clercs de pratiquer l’usure, aux prêtres de critiquer leur évêque.
C’est actuellement l’unique fait connu de la vie de ce saint Loup, dont on ignore la date précise de la mort, puisque nous ne savons pas non plus quand son successeur monta sur le siège épiscopal (peut-être vers 545 ?).
Saint Loup de Lyon est commémoré le 24 septembre dans le Martyrologe Romain.

Gerardo Sagredo
980-1046

Gerardo était né à Venise (Italie NE) le 23 avril 980, en la fête de saint Georges, auquel il resta très attaché.
Il entra dès qu’il le put dans l’ordre bénédictin à Venise : le monastère était dédié à saint Georges et il en devint prieur.   
Voulant faire le pèlerinage en Terre sainte, il passsa par la Hongrie, où cependant le roi Etienne le retint (v. 15 août, István Király de Hongrie) : il lui fallait un précepteur pour son fils Emeric. Gerardo s’acquitta au mieux de sa mission ; il pensait ensuite se retirer dans forêt de Bakony pour une vie de solitude et de prière, mais fut nommé évêque de Csanàd.
Il commença par bâtir une église en l’honneur de saint Georges, que le roi dota. 
Il se montra zélé pour le culte marial.
Vraiment humble, il allait chercher son bois, qu’il rapportait sur son dos.
Gerardo a laissé un ouvrage sur le Cantique des trois jeunes gens (cf. Dn 3:57sq), qui devait être une véritable encyclopédie philosophique, historique, théologique, mais dont les huit livres ne commentent que les huit premiers versets. On sait qu’il écrivit aussi d’autres ouvrages, maintenant perdus.
L’évêque savait sa mortifier, s’humilier. Il portait le cilice ; il demandait pardon à son cocher s’il l’avait brimé trop sévèrement.
Quand le roi mourut, son neveu Pierre devait lui succéder mais fut écarté par un usurpateur. Gerard soutint ouvertement Pierre et, pour cela, fut lapidé à Buda, puis percé d’une lance et jeté dans le Danube, sur l’ordre de l’usurpateur, le 24 septembre 1046.
Il y a différentes versions concernant ce martyre. On aurait tiré Gerardo sur une colline, jeté en bas et achevé à coups de bâtons. On lui aurait associé deux autres évêques, Bystrik et Buldus.
Gerardo, en Hongrie, s’appelle Gellért.
Saint Gérard a été canonisé en même temps qu’Etienne de Hongrie, en 1083.


Isarn de Marseille
977-1047

Isarn était toulousain.
Après sa formation auprès des chanoines de Pamiers, il entra au monastère Saint-Victor de Marseille.
S’étant décidément engagé dans la voie de la sainteté, il fut bientôt choisi pour être prieur et, quand on eut besoin d’élire un abbé, le choix unanime se porta sur Isarnus, en 1020.
Le nouvel abbé demeura ce qu’il était déjà : humble et mortifié. Servait-on du poisson de bonne qualité ? Il éliminait longuement la tête et les arêtes, et finalement sa portion intacte et nettoyée allait aux mendiants.
Il ne se déshabillait jamais pour dormir ; après un bref somme au début de la nuit, il allait furtivement prier à la crypte des martyrs. Parfois on l’y trouvait à l’heure des matines, raidi par le froid ; il fallait l’emporter.
Il portait directement sur lui un cilice, qu’il ne quittait jamais. 
L’abbé de Cluny, s.Odilon (v. 1er janvier), l’estimait beaucoup, trouvant qu’il excellait en chacune des vertus. Taquin, il le traitait même d’hypocrite, tant il lui semblait un surhomme. Tous les deux, Odilon et Isarn, préconisèrent la Trève de Dieu, aux synodes d’Arles et de Nice (1040).
Du vivant d’Isarn, des signes merveilleux s’opérèrent par sa prière et sa sainteté : du vin abondant alors qu’on manquait, de l’eau fraîche qui guérit la fièvre, des morts qui se manifestent à Isarn pour lui demander des prières en suffrage pour eux ; même le cheval d’Ysarn savait contourner un arbre dont les branches basses auraient pu déranger le cavalier…
Isarn était actif aussi. L’abbaye Saint-Victor de Marseille fut entièrement reconstruite, elle prit de l’essor et essaima : à Vienne en Gaule, ainsi qu’en Catalogne.
Ultime marque de charité : Isarn se rendit en Espagne pour racheter aux Arabes des religieux raflés dans leurs razzias.
Il mourut à Saint-Victor, le 24 septembre 1047.
Saint Isarn de Marseille est commémoré le 24 septembre dans le Martyrologe Romain.


 

Dalmacio Moner

1291-1341

 

Dalmacio (Dalmau en catalan) vit le jour en 1291 à Santa Coloma de Farners (Girone, Espagne) de parents aisés, propriétaires de terres. Il n’était pas fils unique ; il avait au moins deux sœurs.

Il entra chez les Dominicains de Girona, à quinze ou seize ans.

En 1311, il enseigna la logique à Tarragone, étudia la philosophie scholastique et fut ordonné prêtre à Valence.

En 1317, il fut assigné à la fondation de Castillon de Ampurias et semble avoir séjourné à Montpellier entre 1319 et 1321 (à moins que ce séjour ait eu lieu avant même son entrée dans l’ordre). C’est peut-être à cette époque qu’il fit le pèlerinage à pied à La Sainte Baume, auprès de la grotte de sainte Madeleine (v. 22 juillet)

En 1321, il fut lecteur (professeur) à La Seo de Urgel, puis passa à Manrese en 1324. En 1328, à Cervera ; à Balaguer en 1329, avant de revenir à Girona en 1331.

Jeune homme, il était déjà jaloux de la sainte vertu : il le resta toute sa vie.

Il se mortifiait abondamment, évitait les conversations, les rencontres, parlant aux dames sans les regarder (et seulement s’il y était obligé). Mêmes ses sœurs ne purent venir le voir quand il fut malade. Il mangeait froid, baptisait amplement son vin, se privait de boire même en plein juillet, se lavait en hiver à l’eau froide, etc. Cilices, toiles rèches, habit usés, étaient son quotidien. Il dormait assis, et peu.

A ces pénitences effrayantes, s’ajoutèrent quatre années dans une petite grotte, où Dalmacio côtoyait des scorpions et des serpents.

Dieu permit à Dalmacio d’opérer des miracles, aussi étonnants que nombreux. On l’appelait déjà de son vivant pour être secouru, et il intervenait : pour guider des confrères égarés, pour mettre en sûreté deux Dominicains surpris par des pirates, pour faire cesser un petit chien d’aboyer pendant la messe, pour des accouchements heureux… On l’a invoqué spécialement pour les maux de dents. La figure de Dalmacio était devenue si légendaire qu’on parlait communément du Frère qui parle à l’Ange.

Il a été rapporté qu’un jour d’été, la Vierge Marie lui aurait présenté des bonbons rafraîchissants au miel et à la rose.

Le pauvre Dalmacio était naturellement laid : grand, sec, bronzé, chauve, la parole rare et dure, la voix  haute et aiguë, mais la mort le transfigura. Il s’éteignit dans une grande sérénité après beaucoup de douleurs à l’abdomen, le 24 septembre 1341.

Il fut béatifié en 1721.

 

 

Robert Hardesty

1555-1589

 

Robert était né dans le Yorkshire (Angleterre).

Ce laïc était actif dans sa région et fut arrêté avec le père William Spenser.

Robert Hardesty mourut en martyr à York, le 24 septembre 1589.

Il fut béatifié en 1987 parmi quatre-vingt-cinq Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

William Spenser

1555-1589

 

William était né vers 1555 à Gisburn (Lancashire, Angleterre).

Il reçut son éducation de son oncle maternel, un prêtre ordonné avant le règne d’Elizabeth, à Chipping Norton. Puis il entra au Trinity College d’Oxford, où il reçut le diplôme en 1580.

Déjà comme laïc, quoique apparemment soumis à la loi, il montra un tel zèle pour la foi catholique, qu’il agaça les hérétiques et gagna beaucoup de jeunes par ses instructions. Après deux années de cette double vie, il songea à trouver la paix pour sa conscience et gagna Reims pour se préparer au sacerdoce.

Ordonné prêtre, il regagna l’Angleterre en 1584.

Son premier souci fut d’amener ses parents à la foi catholique ; pour les rencontrer, il se déguisa en paysan et put pénétrer sur un de leurs champs : ses parents se convertirent. Puis son oncle prêtre résilia son bénéfice, qu’il avait conservé uniquement parce qu’il avait un peu combiné avec l’hérésie : il partit loger dans une pension catholique.

Puis William s’occupa des prisonniers de York et s’arrangea pour les rencontrer secrètement.

Après cette heureuse activité, il fut démasqué lors d’un déplacement.

William Spenser mourut en martyr à York, le 24 septembre 1589 (on trouve parfois le 27).                              

Il fut béatifié en 1987 parmi quatre-vingt-cinq Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Antonio González

1593-1637

 

Né vers 1593 à León, il entra chez les Dominicains à dix-huit ans.

Après sa formation et son ordination sacerdotale, il fut au couvent de Piedrahita, comme professeur de théologie et prédicateur, car ses Supérieurs avaient noté sa brillante intelligence et ses capacités à enseigner.

Son désir d’annoncer l’Evangile le poussa à s’embarquer pour les Philippines avec d’autres Compagnons.

Ils arrivèrent à Manille en 1632 : à peine arrivé, il demanda à être envoyé au Japon. En attendant, il fut nommé supérieur du collège Saint-Thomas de Manille ; ensuite il sera recteur de l’Université de cette ville.

En 1636, il accompagna deux autres prêtres et deux laïcs en partance pour le Japon ; ils arrivèrent le 21 juin 1636 à Nagasaki.

Très rapidement, il fut arrêté, interrogé (malgré la maladie qu’il avait contractée durant le voyage), et torturé.

Une des premières tortures fut de le forcer à boire une grande quantité d’eau, qu’on lui faisait cracher en le frappant sur le ventre. Ne réussissant pas à le faire apostasier ni à détruire ou profaner les saintes images qu’il portait avec lui, les soldats le torturèrent davantage, n’aboutissant qu’à faire monter la fièvre du père Antonio, de sorte qu’ils durent le porter eux-mêmes en prison.

Le père Antonio González mourut d’épuisement dans cette prison, le 24 septembre 1637. On brûla son corps sur la colline sainte de Nagasaki. Les autres Compagnons furent décapités quelques jours après. 

Il fut béatifié en 1981, canonisé en 1987.

 

 

Carlo Antonio Divini

1653-1721

 

Carlo Antonio vit le jour le 1er mars 1653 à San Severino (Marches, Italie est), de Anton Maria et Maria Angela Bruni, qui moururent déjà en 1656. Dans ce noble foyer naquit aussi une petite fille.

Carlo fut élevé par un archidiacre de la cathédrale, oncle maternel assez sévère.

En 1670, le jeune homme entra chez les Frères Mineurs à Forano, et prit le nom de Frère Pacifico.

Il fut ordonné prêtre en 1678, nommé prédicateur et professeur en 1681 : il enseigna la philosophie à Montalboddo.

Après un séjour à Urbino, il fut à San Severino comme vicaire, puis à Forano, où il devait exercer son apostolat, rayonnant dans toute la province des Marches. Avant de quitter le couvent, il passait des heures en prière.

La parole du Frère Pacifico fut efficace : il sut ramener les grands à plus d’humilité, il réchauffa les tièdes, il remua le cœur des fidèles. Des miracles se produisirent sur sa prière ; des prophéties se vérifièrent (le tremblement de terre de 1703, la victoire sur les Turcs en 1717).

Frère Pacifico reçut des visions, mais aussi des maladies : une plaie à la jambe droite dégénéra ; le Frère perdit la vue (à cause de ses larmes), l’ouïe, au point qu’il ne pouvait plus lire les textes de la messe et du bréviaire, ni confesser, ni célébrer, ni même participer à la vie conventuelle. Rude épreuve pour un prêtre actif.

Malgré ses infirmités, en 1692, il fut élu gardien (c.à.d. supérieur) à San Severino, mais retourna à Forano dès 1693, et y resta douze ans. Pacifico pratiquait des jeûnes sévères, ajoutait de la cendre sur son pain, portait un cilice.

Détaché de ce monde, il n’était pas bavard. Recevant sa sœur qu’il n’avait pas rencontrée depuis lontemps, il lui dit seulement : Adieu ! Allons gagner l’indulgence de la Portioncule ; une autre fois encore : Tu vas bien ? Moi aussi ! Au revoir au ciel. Loué soit Notre-Seigneur.

Le temps qu’il aurait passé à l’autel, au chœur, ou au confessionnal, il le passait en longues heures devant le Tabernacle.

Frère Pacifico s’éteignit à San Severino le 24 septembre 1721. Il a été béatifié en 1786 et canonisé en 1839.

 

 

Anton Martin Slomšek

1800-1862

 

Anton naquit le 26 novembre 1800 au sein d’une famille de paysans dans le village de Slom (Ponikva, Šentjur, Slovénie).

A cette époque, la situation de l’enseignement en Slovénie était déplorable, suite à la politique du gouvernement autrichien, qui voulait supprimer la langue slovène, comme élément éventuellement subversif. Tout matériel d’enseignement ou de culture slovènes étaient rigoureusement interdits.

Anton, qui fut orphelin très jeune, étudia d’abord à l’école de son village, puis à l’école secondaire de Celje, où son professeur lui inculqua l’amour de la langue slovène et de la poésie. A l’issue de ses brillantes études, Anton fit la philosophie au lycée de Ljubljana, puis à Senju et Klagenfurt.

Par la suite, Anton Slomšek développa la langue et la culture de son pays avec autant de patience que de persévérance. 

Il entra au séminaire de Klagenfurt, où il fut ordonné prêtre en 1824.

Il exerça le ministère sacerdotal à Saint Laurent sur Bizeljskem puis à Vojnika, avant de devenir directeur spirituel au séminaire de Klagenfurt de 1829 à 1838. 

En 1838 il fut curé de Saldenhofen an der Drau.

En 1844, il se déplaça à Sankt Andrä, où un chapitre de chanoines suivait la règle de Saint Augustin, et fut directeur de l’école diocésaine de Lavant.

En 1846, il fut curé à Celje, avant d’être nommé évêque à Lavant. Le siège épiscopal de Lavant était suffragant (dépendant) de l’archidiocèse de Salzburg, et Mgr Slomšek s’efforça avec succès de transférer ce siège à Maribor (1859), suffragant de Ljubljana. C‘est aujourd’hui un archidiocèse.

Excellent prédicateur, Mgr Slomšek fut un pasteur infatigable autant que modeste et discret.

S’appuyant sur la constitution de 1848 qui garantissait des droits nationaux, il réussit à obtenir une approbation officielle de réforme des écoles. Ainsi furent publiés une série de textes - plusieurs étant de sa propre main - qui furent le fondement de toute une réforme religieuse et éducative. Il écrivit aussi des chants, dont certains devinrent si populaires qu’encore aujourd’hui on les chante en diverses occasions.

Ensuite, il fonda un hebdomadaire, Drobtinice («les Miettes») où furent diffusés beaucoup d’articles sur tous les sujets, dans un style facilement abordable par toute la population.

L’étape suivante aurait dû être la réalisation d’un de ses rêves : l’établissement d’une société pour la diffusion de la littérature catholique, mais ce projet sembla appartenir au mouvement panslave, et fut donc étouffé dès son apparition. Cependant, quelques années plus tard, le projet fut repris et s’étendit : des livres furent édités par des maisons catholiques, parmi lesquelles la Hermagoras Society, la plus ancienne maison d’édition slovène. On estime à un million le nombre d’ouvrages qui furent ainsi diffusés.

La modestie, la délicatesse, la persévérance de cet évêque, furent appréciés de ses contemporains, jusqu’à l’étranger et même dans les milieux non-catholiques.

Mgr Slomšek mourut le 24 septembre 1862, et fut béatifié en 1999.

 

 

Joanna Matylda Gabriel

1858-1926

 

Joanna Matylda naquit à Stanislawow (Pologne, aujourd’hui Ukraine) le 3 mai 1858, dans une famille aisée et de noble origine.

Après ses études qui la conduirent à Lwow, elle fut un temps maîtresse d’école puis elle entra chez les Bénédictines de Lwow, sous le nom de Kolumba (en souvenir de sainte Colombe de Sens, voir au 31 décembre). Elle fit sa profession solennelle en 1882, et fut successivement élue abbesse.

Des difficultés internes au monastère, des calomnies, l’obligèrent à résilier sa charge. Elle quitta son monastère (1900) et rejoignit l’abbaye de Subiaco, près de Rome, où elle vécut jusqu’en 1902. 

Puis elle vint à Rome dans la paroisse de Testaccio pour s’occuper des petites filles ; peu à peu elle organisa une maison familiale pour les nécessiteux et ouvrit un petit foyer pour les jeunes ouvrières., avec l’appui de la Princesse Barberini et d’autres dames romaines.

Finalement elle fonda les Sœurs Bénédictines de la Charité, dont le charisme est de venir en aide aux jeunes filles abandonnées, puis aux jeunes filles en général et aux œuvres paroissiales. L’œuvre grandit et compta jusqu’à plus de cent maisons seulement en Italie.

Kolumba mourut le 24 septembre 1926, à Centocelle. 

Elle a été béatifiée en 1993.

Manuel Gómez Contioso

1877-1936

 

Manuel vit le jour le 13 mars 1877 à Moguer (Huelva, Espagne) dans une famille nombreuse d’humbles ouvriers.

Petit, il jouait déjà à célébrer la messe, mais il ne parla ouvertement de sa vocation qu’à dix-sept ans.

En 1894 il entra chez les Salésiens à Utrera, fit le noviciat à Sant Vicenç dels Horts (Barcelone), et professa en 1897.

Il passa ensuite à Sarriá, San Benito de Calatrava (Séville) et Utrera, avant de recevoir l’ordination sacerdotale (1903).

Les localités de son activité furent Utrera (1903) Málaga (1904-1917), où il fut aussi directeur à partir de 1911, Cordoue (1917-1922), Écija (1922-1928), Málaga (1929-1936).

La personnalité pieuse et délicate du père Manuel attira beaucoup d’autres vocations de sa région. Il avait un grand cœur, incapable de faire du mal à quiconque (et dont parfois on profita). Il donna un grand élan aux Coopérateurs et à l’archiconfrérie de Marie Auxiliatrice, ainsi qu’à l’association des Anciens Elèves, dont il présenta les statuts à l’autorité civile en 1917.

En août 1935, il fut à nouveau élu comme directeur à Málaga, malgré son âge, car son expérience et son tact le mettaient vraiment à la hauteur de cette responsabilité. La communauté comptait quatorze Salésiens (sept prêtres, deux clercs et cinq coadjuteurs), dont neuf allaient verser leur sang en 1936.

Dès le 18 juillet 1936, don Manuel invita les parents à vite venir chercher leurs enfants, et les Confrères à s’habiller en civil.

Le 20 juillet, il baptisa d’urgence un petit enfant moribond que lui amena une pauvre femme du pays.

Le 21, une foule de miliciens enragés s’amoncela devant le collège, demandant à fouiller et trouver les prétendues armes cachées. Don Manuel fit ouvrir les portes.

Les miliciens envahirent la maison, mettant les Religieux le long du mur, devant les pauvres élèves (une dizaine encore, qui attendaient leurs parents), en larmes. La maison fut totalement saccagée, les objets de piété profanés et détruits.

Les Religieux furent conduits en «prison» - le couvent des Capucins réquisitionné à cet effet, puis le Gouverneur, quoique conscient de leur innocence, les fit conduire à la prison provinciale pour les «protéger».

Le 23 août, quelques-uns furent relâchés. Don Manuel devait y rester encore un mois, durant lequel il fut d’abord soigné à l’infirmerie pour une affection intestinale.

Le 24 septembre, il y eut un appel de plus d’une centaine de prisonniers, qui allaient être exécutés. Les Salésiens furent appelés vers quinze heures, l’heure de la mort du Christ. 

L’exécution eut lieu contre les murs du cimetière de San Rafael de Málaga.

Don Manuel Gómez fut béatifié en 2007.

 

 

José María Ferrándiz Hernández

1879-1936

 

José naquit le 11 août 1879 à Campo de Mirra (Valencia, Espagne).

Très intelligent, il fréquenta le Collège de Vocations Ecclésiasiques à Valencia, puis le Collège Corpus Christi. Il passa le doctorat en Théologie.

Ordonné prêtre en 1904, il fut dans plusieurs paroisses : Jalón, Campo de Mirra, Benisivá ; puis Alberique (1912), où il fonda une œuvre sociale, El comedor de caridad (Le Mangeur de Charité) ; ensuite Denia, enfin Alcoy (1931). 

Le bien qu’il faisait l’avaient rendu tellement estimé de tous, que personne n’imaginait qu’on lui ferait le moindre mal. 

Le mal arriva cependant. Quand la guerre civile éclata en 1936, le curé fut expulsé de son presbytère et se réfugia dans l’hôtel du pays. Le 28 août, on vint l’arrêter ; conduit au Comité de Alcoy, on lui fit signer un papier de reconnaissance des biens appartenant à la paroisse.

Durant ces trois jours de détention, on le traita d’abord avec grand respect, sans lui causer la moindre difficulté. Puis on le remit en liberté.

Et voilà que le 24 septembre 1936, l’après-midi, un milicien vint l’inviter à se rendre au Comité. Une voiture l’attendait sur la place, avec d’autres miliciens : Montez, nous allons à Valencia. Le prêtre monta et, à Rotglá, ils le firent descendre.

Don José María demanda tout simplement : Lequel d’entre vous va me tuer ? L’un d’eux se désigna ; et don José : Bon, eh bien, moi, qui suis prêtre, je te bénis et je te pardonne.

Il y eut un moment de silence. Les miliciens remontèrent en voiture, disant à celui qui devait tirer : Si tu ne le tues pas, ils te tueront toi. Quelques secondes d’hésitation, les phares s’allumèrent, plusieurs balles, dont une à la nuque, blessèrent mortellement le prêtre martyr.

Don José María fut béatifié en 2001.

 

 

Perfecto Becerril Merino

1885-1936

 

Perfecto était né le 19 avril 1885, à Grijalba (Burgos, Espagne), de Antonio et Benita, des cultivateurs très chrétiens qui le firent baptiser le jour même. Il reçut la Première communion en 1893 et la Confirmation en 1895.

Il entra en 1898 au collège des Frères Maristes à Burgos et fut un des premiers espagnols à y faire le noviciat ; en 1901 il reçut l’habit et le nom de Gúzman ; il compléta sa formation à San Andrés de Palomar (Barcelone).

Gúzman fut envoyé à Murcia comme cuisinier, puis comme professeur. Puis il fut à Valencia, Pamplona, etc. En 1923 il fut au collège de Barcelone, et en 1924 sous-directeur, puis directeur du nouveau collège de Málaga.

A partir du 19 juillet 1936, le Frère Gúzman vécut la fin de son collège : les Frères durent s’enfuir dans les montagnes, d’où ils virent brûler leur maison ; il leur remit de l’argent et leur recommanda de se disperser discrètement.

Lui et le Frère Fernando María se réfugièrent non loin du collège, et furent arrêtés une première fois ; conduits au commissariat, ils furent laissés en liberté et rejoignirent l’Hotel Imperio, où se trouvaient d’autres Frères.

Le 23 août 1936, trois voitures arrivèrent au collège et l’on demanda les curés. Il n’y avait plus que trois Frères et les révolutionnaires enquêtèrent sur les autres ; ils interrogèrent les élèves, qui parlèrent naïvement de l’Hotel Imperio. Ainsi furent arrêtés les Frères Gúzman et Fernando, qui furent conduits au Comité, puis en prison, au milieu des prisonniers de droit commun. 

Pour la journée du 24 septembre, deux versions s’affrontent. 

Dans l’une, les prisonniers furent remis en liberté, sur pression de la foule, sauf les Frères.

Dans l’autre, tous les prisonniers, y compris les Frères, furent entassés dans des camions et assassinés non loin de la prison.

Il reste que le Frère Gúzman fut assassiné le 24 septembre 1936.