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19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 23:00

20 OCTOBRE

 

I.

S Corneillle, centurion, premier païen baptisé par s. Pierre, cf. Act X-XI.

IV.

S Caprasius, compagnon de ste Foy ; il se présenta spontanément au juge après s'être un moment caché.

VI.

S Agricol, neveu présumé de s. Remi, dont les reliques furent brûlées en 1568.

Ste Irène (Iria, Eiriâ), moniale près de Nabantia, où un seigneur, puis son propre directeur tentèrent de la corrompre, et le seigneur la fit décapiter ; elle pourrait être la vierge de Thessalonique fêtée le 3 avril, dont les reliques seraient venues plus tard à Nabantia.

VII.

S Sonnace, évêque à Reims.

S Sindulphus, prêtre d'Aquitaine venu vivre en ermitage à Aussonce.

SS Bradan et Orora, dans l'île de Man.

VIII.

S Vital, évêque à Salzburg, fondateur d'une abbaye à Zell.

S Andreas Calybite, moine crétois martyr des iconoclastes à Byzance, différent de s. André de Crète (cf. 4 juillet).

S Acca, ami des ss. Wilfrid et Bède, abbé à Saint-André, évêque à Hexham ; très bon chanteur, grand savant, expulsé pendant deux ans de son siège.

XI.

S Adérald, fondateur d'un prieuré à Villacerf.

XII.

Ste Adeline, sœur de s.Vital, première abbesse à l'abbaye des Dames Blanches à Mortain, dépendant de celle de Savigny fondée par Vital.

XV.

B Jakub Strzemię, noble polonais franciscain, évêque à Halicz, puis Lvov, qu'on retrouva intact dix ans après sa mort.

XX.

Ste Anna Francesca Boscardin (Maria Bertilla, 1888-1922), italienne, des enseignantes de Sainte-Dorothée ; considérée comme une bonne à rien, elle se révéla une infirmière exceptionnelle lors de la première Guerre Mondiale ; elle convertit par sa patience dans la souffrance le médecin-chef de l'hôpital.

B Franz Alexander Kern (Jacob, 1897-1924), prémontré autrichien à Geras ; il s'offrit pour remplacer un religieux passé dans le schisme de l'Eglise nationale tchèque, béatifié en 1998.

 

Corneille, centurion
1er siècle

On a vu le 11 octobre que la parole du diacre saint Philippe amena à la conversion le premier païen, l’eunuque de la reine d’Ethiopie (Ac 8:26-40).
Un autre Gentil reçoit la grâce un peu plus tard, de façon non moins merveilleuse : il s’agit du centurion Corneille, qui sur l’invitation d’un ange, appelle l’Apôtre Pierre chez lui pour en recevoir la Parole de Vie (Ac 10).
Corneille commandait une cohorte à Césarée de Palestine. Il était pieux, croyant, généreux dans ses aumônes. Mais il n’était pas juif au sens religieux, n’ayant pas reçu la circoncision qui introduit l’homme dans la communauté juive.
Un ange invite donc Corneille à appeler Pierre, tandis que Pierre est à son tour invité à se rendre chez Corneille. 
Pierre parla donc à ce centurion et à toute sa maisonnée. De façon étonnante, voici que l’Esprit Saint «tomba sur eux» comme une nouvelle Pentecôte, alors qu’il n’étaient pas même baptisés. Pierre les fit baptiser sur le champ.
Cette rencontre de Pierre avec des non-circoncis fut l’occasion de la dispute avec les Juifs de Jérusalem, qui aboutit au premier Concile de Jérusalem (Ac 15).
On ne sait rien de précis sur la suite de la vie du cher Centurion. Pour certains, il aurait fondé à Césarée une Eglise réunissant les païens convertis, et dont il serait devenu l’évêque, après Zachée. Puis il aurait évangélisé la Mésie, devenant évêque à Skepsis (?).
Il reste que saint Corneille, le centurion, est fêté le 20 octobre.


Caprasius d’Agen
† 303

Dans l’histoire de sainte Foy d’Agen (v. 6 octobre), il fut fait allusion à s.Caprasius ou Caprais.
Il se serait caché non loin d’Agen, au moment où une «rafle» devait exterminer tous les Chrétiens d’Agen. De là vient probablement l’assertion que Caprasius était un ermite. Mais il n’est jamais présenté comme un homme d’Eglise, diacre ou prêtre.
De sa cachette, il vit ou il apprit le martyre de la courageuse Foy qui, avec ses douze ans, n’eut pas peur d’accepter le martyre pour sa foi. Cette force d’âme émut Caprasius, mais il était encore indécis. 
Il demanda à Dieu «un signe», et il vit - peut-être seulement en vision, ou bien de la colline de sa cachette pouvait-il observer les événements - il vit, donc, un ange déposer une couronne sur la tête de Foy, tandis qu’elle était étendue sur le gril, puis une pluie soudaine éteignit ce gril ; Caprasius eut aussi l’inspiration de frapper de sa main le rocher de sa cachette, faisant ainsi sourdre une source d’eau.
Désormais convaincu, il alla se présenter au juge pour partager le sort de Foy (et des autres Chrétiens immolés). Il y serait allé avec Alberta, la sœur de Foy.
On avancera peut-être qu’il y a dans cette histoire quelque chose d’un peu trop «merveilleux» ; c’est même fort possible. Mais on ne voit jamais que Caprasius fût évêque d’Agen. Si le premier évêque d’Agen s’appelait Caprasius, ce fut un autre personnage, sauf si nous ignorons d’autres éléments importants de la vie de Caprasius.
Caprasius serait donc mort quelques jours après Foy, en octobre 303.
La Source Saint-Caprais est toujours là, dans cette petite caverne proche d’Agen.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Caprasius d’Agen martyr (mais pas évêque) au 20 octobre.


Sindulphus de Reims
† 640

Sindulphus (Sandoux, Sendou) était originaire d’Aquitaine.
Il quitta son pays, par désir de perfection évangélique, laissant tout pour suivre le Christ. Il s’établit un peu à l’est de Reims, à Aussonce (Ardennes), pour y conduire une vie d’austère anachorète.
On ne précise pas s’il reçut le sacerdoce dans sa région d’origine ou à Reims.
Il priait continuellement ; après le coucher du soleil, il prenait un peu de pain et d’eau.
Il mourut, dit-on, avant le milieu du 7e siècle ; vers 640 ? On trouve cependant aussi la date de 660.
Saint Sindulphus de Reims est commémoré le 20 octobre dans le Martyrologe Romain.


Vital de Salzburg
† 730

Vital était peut-être bien originaire d’Irlande.
Il fut le deuxième évêque de Salzburg (Autriche), siège qu’avait fondé s.Rupert (v. 27 mars).
Il fut évêque de 718 à 730, en même temps qu’il était abbé du monastère Saint-Pierre.
Il passe pour avoir été un homme extrêmement savant, très estimé de son peuple.
L’activité de Vital fut l’évangélisation du Pinzgau, au sud-ouest de Salzburg. Il fonda l’abbaye de Zell
On a rappelé sa douceur, sa charité, son esprit de miséricorde et de conciliation. 
Vital aurait fait pousser un lys sur une pierre.
Il mourut vers 730.
Vital est resté le patron céleste du Pinzgau, mais on l’invoque aussi pour les enfants et pour les femmes enceintes.
Il n’y a pas eu de canonisation de s.Vital au sens strict du mot, mais le culte en fut autorisé dans le diocèse de Salzburg en 1628.
Saint Vital de Salzburg est commémoré le 20 octobre dans le Martyrologe Romain.


Andreas le Calybite
† 766

Cet Andreas, né en Crète, est dit Calybite, pour le distinguer de s.André de Crète (v. 4 juillet) ; le grec kalubion signifie cabane.
D’abord moine solitaire en Crète, Andreas vint à Byzance pour exprimer courageusement à l’empereur la juste doctrine sur le culte des images. L’empereur le fit torturer, puis l’abandonna à la foule. Roué de coups, il fut jeté à la voierie au bas des murs de Constantinople, où des fidèles réussirent à le retrouver pour l’ensevelir dignement en un lieu appelé Crisis. C’est là l’explication de l’autre surnom d’Andreas, in Crisi.
C’était le 20 novembre 766.
Le monastère construit à cet endroit, devint mosquée en 1489.
Saint Andreas le Calybite est commémoré le 20 octobre dans le Martyrologe Romain.


Adérald de Samblières
950-1004

Adérald eut pour père Walon et pour mère Odrade, et naquit vers le milieu du 10e siècle.
Ces bons parents chrétiens confièrent l’éducation et la formation de leur fils à des ecclésiastiques, qui lui inspirèrent l’amour de l’Ecriture sainte et de la vie des Saints.
Bientôt ordonné acolyte, il sera ordonné prêtre pour le diocèse de Troyes.
Sa prière, ses vertus, lui attirèrent beaucoup de fidèles qui recouraient à ses conseils, à son assistance, le cas échéant… à ses miracles. Il aimait être auprès des malades, des pauvres, des faibles, selon ce mot de Jésus-Christ : Ce que vous avez fait au moindre d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait (Mt 25:40). 
Il devint chanoine et archidiacre de Troyes.
Parti en pèlerinage en Terre Sainte (il aurait même fait douze fois ce pèlerinage), il en rapporta un fragment du saint Sépulcre. Il déposa cette précieuse relique dans le prieuré qu’il fonda alors à Samblières, qu’on appela désormais Saint-Sépulcre.
Il mourut peu de temps après, le 20 octobre, vers 1004.
Au 17e siècle, Saint-Sépulcre fut rebaptisé Villacerf (Aube).
Lors de la Révolution, des mains impies profanèrent les reliques d’Adérald et les jetèrent dans la fosse commune.
Saint Adérald de Samblières est commémoré le 20 octobre dans le Martyrologe Romain.

Adeline de Mortain

† 1125

 

Adeline (Aline) était la sœur de saint Vital (v. 7 janvier) et comme lui petite-fille de Guillaume le Conquérant.

Comme son frère, Adeline fut attirée par la vie monastique et fonda une communauté au Neufbourg près de Mortain (Manche). 

Puis Vital (avec l’appui du comte Guillaume de Mortain) fonda pour elles, en 1105 ou 1115, un monastère de femmes à Mortain, qui prirent la règle cistercienne. Les Religieuses portèrent donc l’habit blanc de Cîteaux, et l’abbaye prit populairement le nom de Abbaye des Dames Blanches ou même simplement Abbaye Blanche.

Adeline en fut l’abbesse.

Elle s’éteignit en 1125, aussitôt vénérée, et le Martyrologe la mentionne le 20 octobre.

 

 

Jakub Strzemię

1340-1409

 

Jakub vit le jour en 1340 en Pologne, dans le diocèse de Cracovie ; il venait d’une des plus grandes familles du pays, qui s’installa ensuite à Vladimir (Russie).

Jeune encore, il entra dans l’Ordre franciscain, avec le désir d’être missionnaire en Ruthénie. Il fit aussi un séjour à l’université de Rome.

En 1375, il fut nommé à la tête d’une expédition de Dominicains et de Franciscains en Ruthénie et en Moldavie.

En 1385, il fut gardien (supérieur) du couvent franciscain à Lviv.

En juin 1391, il fut nommé évêque de Halicz et collabora étroitement avec les princes régnants, Jadwiga d’Anjou et Władysław Jagellon pour la christianisation de la Lithuanie.

Jakub continua à pratiquer la pauvreté si chère à son ordre et parcourut en tous sens son immense diocèse en édifiant les populations plus encore par ses vertus que par ses paroles. Il créa de nouvelles paroisses, utilisa son patrimoine pour la construction d’églises et de monastères ; il fonda un hospice pour les sans-abris, les malades et les pèlerins ; il promut l’adoration du Saint-Sacrement, la procession de la Fête-Dieu. 

Sa dévotion mariale était intense et il aurait eu une vision de la Vierge avec l’Enfant-Jésus.

Il serait mort le 20 octobre 1409 et fut béatifié en 1790.

Il est le co-patron de la province franciscaine de Cracovie ; on l’invoque aussi contre les maux de tête : des malades guérissent quand on leur impose la mitre du saint évêque.

 

 

Anna Francesca Boscardin

1888-1922

 

Le 6 octobre 1888 naquit à Brendola (Vénétie, Italie nord-est) Anna Francesca, aînée des trois enfants de Angelo et Maria Teresa Benetti.

Le papa, qui tenait une petite entreprise d’élevage de vers à soie, était malheureusement alcoolique et irascible. La maman supporta courageusement cette situation et éleva les enfants dans la foi chrétienne. 

Anna - qu’on appela en famille Annetta - apprit tôt à prier et put recevoir la Première communion en 1897, ce qui était précoce pour l’époque. Mais elle fréquenta peu l’école, où elle ne se montra pas particulièrement douée, tellement peu qu’on la surnomma l’oie.

Humble et soumise, elle ne s’en offusqua pas. Elle entra dans les rangs des Enfants de Marie, et fit le vœu de virginité à treize ans.

Accompagnée de son curé, qui ne croyait pas à sa vocation religieuse, elle entra tout de même chez les Sœurs de Sainte-Dorothée (Filles du Sacré-Cœur) à Vicenza, en 1905.

A la maîtresse des novices, elle déclara tout simplement : Je ne suis qu’une oie ; j’ai besoin de devenir une sainte.

Elle reçut le nom de Maria Bertilla.

Robuste paysanne, elle se vit confier les tâches pesantes : le four, la buanderie. Mais elle avait des qualités telles que la Supérieure générale l’envoya à Trévise pour y préparer son diplôme d’infirmière.

Cependant, la supérieure de Trévise, déçue de voir arriver cette paysanne, la mit à la cuisine pour y seconder une vieille Religieuse.

En 1907, elle fit à Vicenza sa profession. La Supérieure générale la renvoya à Trévise, où la Supérieure locale s’affligea de nouveau de la voir arriver ; mais elle finit par l’envoyer quand même dans la salle des enfants malades. Et c’est là que Maria Bertilla fit preuve de sa véritable vocation, se révélant une remarquable infirmière, intelligente et habile, à la fois ferme et pleine d’attentions pour chacun : elle passa avec succès les examens d’habilitation.

En même temps, un cancer commença à la ronger, mais elle n’en montra rien, demeurant toujours active et souriante.

Lors de la Première guerre mondiale, le front se trouva proche de Trévise, et Maria Bertilla alla soigner les blessés et les moribonds, leur portant du vin et du café quand on ne pouvait les transporter.

Quand l’hôpital fut évacué sur Viggiù (Come), la Supérieure envoya de nouveau cette «paysanne» à la cuisine, lui reprochant d’être trop attachée aux malades et de se surcharger de travail. Mais la Supérieure générale la rappela à Vicenza et lui confia la responsabilité des pupilles de la nation.

Renvoyée à Trévise après la guerre, elle sentit s’aggraver sa maladie ; on l’opéra, mais elle mourut le 20 octobre 1922.

Elle avait encore dans son habit le petit catéchisme de son enfance.

On s’aperçut alors du trésor qu’on avait perdu et qui se cachait derrière ce sourire. Des miracles attestèrent la sainteté de Maria-Bertilla : elle fut béatifiée en 1952 et canonisée en 1961.

 

 

Franz Alexander Kern

1897-1924

 

Franz naquit à Breitensee (Vienne, Autriche) le 11 avril 1897 et fut baptisé le 19 avril suivant.

Après l’école publique, il entra en 1908 au Petit séminaire de ce diocèse, à Oberhollabrunn.

Trois ans après déjà, il s’inscrivait dans le Tiers-Ordre franciscain et faisait, à seize ans, le vœu de chasteté.

En 1915 il fut enrôlé dans l’armée et fut gravement blessé aux poumons en 1916 ; le diagnostic vital fut suspendu pendant plusieurs mois, au terme desquels il fut décoré de la médaille du courage. C’était ce qu’il appela lui-même le début de sa semaine sainte.

Ne pouvant plus combattre sur le terrain, il put entrer en 1917 au Grand séminaire de Vienne, mais fut tout de même rappelé au front vers la fin de la guerre.

A Vienne, il fit partie de l’Association Amelungia, une association catholique pour étudiants.

En 1919, un religieux prémontré quitta ouvertement son couvent de Prague pour adhérer à l’Eglise Nationale Tchèque (schismatique). Cela provoqua en Franz un vif sentiment de tristesse, et il voulut «remplacer» ce religieux déserteur. Il entra chez les Prémontrés de Geras en 1920 et prit le nom de Jakob (Jacques), en référence à saint Jacques Lacoupe, un des martyrs de Gorcum (voir la notice de Gorcum).

En 1922 il fut ordonné prêtre. Ce 23 juillet fut pour lui son Dimanche des Rameaux. Malgré sa mauvaise santé permanente, il commença l’apostolat à Geras et aux alentours.

En 1923, on dut lui retirer quatre côtes, sous simple anesthésie locale ; la religieuse qui l’assistait lui avait donné un mouchoir blanc à serrer entre les dents pour supporter la douleur : le mouchoir fut complètement déchiré… ; l’année suivante, quatre autres côtes encore. En octobre, une troisième intervention similaire devait être pratiquée, durant laquelle il mourut.

C’était le 20 octobre 1924, le jour où il devait émettre les vœux définitifs.

Franz (Jakob) Kern fut béatifié en 1998.

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18 octobre 2020 7 18 /10 /octobre /2020 23:00

19 OCTOBRE

 

-IX.

S Joel, prophète de l'Ancien Testament.

II.

SS Ptolemæus et Lucius, martyrs à Rome.

III.

S Asterius, martyr près d'Ostie.

SS Sabinianus et Potentianus, premiers évêques à Sens, martyrs.

S Varus, soldat martyr en Egypte. 

VI.

S Ethbin, abbé à Necth-hermitage.

S Loup, évêque à Soissons, neveu de s. Remi.

S Grat, premier évêque à Oloron.

S Véran, évêque à Cavaillon, dont il est patron. 

VII.

S Aquilin, évêque à Evreux ; lui et sa femme s'étaient voués à la continence.

VIII.

S Didier, moine et ermite à Ruiriacus.

Ste Frideswide, abbesse à Thornbury, patronne de la ville et de l'université d'Oxford.

IX.

Ste Laure, martyre à Cordoue, mais non attestée.

XI.

S Eadnot, évêque et martyr à Dorchester.

XIII.

B Thomas Hélye, prêtre à Biville ; l'évêque l'obligea à mitiger ses mortifications.

XVII.

S Philipp Howard, comte anglais et époux infidèle, puis devenu fervent catholique avec son épouse ; il fut dix ans prisonnier et martyrisé à trente-huit ans.

SS Lucas-Alonso Gorda (du Saint-Esprit), prêtre, et Matthæus Kohioye, jeune novice de dix-huit ans, dominicains martyrs au Japon, béatifiés en 1981 et canonisés en 1987, fêtés avec s. Lorenzo Ruiz le 28 septembre.

Bse Agnès Galand de Jésus, dominicaine à Langeac et mystique ; elle orientera M. Olier vers la fondation des prêtres de Saint-Sulpice, béatifiée en 1994.

S Jean de La Lande, frère jésuite, martyr au Canada, fêté en ce jour avec sept autres Compagnons.

XX.    

Bx Martyrs espagnols de 1936, béatifiés en 2017 :

Clarétains : à Mas Claret (Cervera), les prêtres Manuel Font y Font, Benjamín Ortega Aranguren, Josep Ribé Coma et Julio Leache Labiano (*1878, 1885, 1893, 1908) ; les clercs Francesc Solá Peix (*1912), Constantino Miguel Moncalvillo et Eusebio de las Heras Izquierdo (*1913), Antonio Elizalde Garbisu et Emiliano Pascual Abad (*1914) et Francisco Simón Pérez (*1916) ; les convers Francisco Milagro Mesa, Pere Vives Coll, Josep Ferrer Escolà (*1869, 1874, 1878), Narcís Simón Sala (*1908), Dionisio Arizaleta Salvador et Juan Senosiaín Zugasti (*1911), Ferran Castán Messeguer et Francisco Marco Martínez (*1915, 1917), Nicolás Campo Giménez (*1920).

Joel, prophète
9e siècle avant Jésus-Christ ?

Le prophète Joël est très mal connu et situé dans le temps.
Joël signifie «L’Eternel est Dieu». 
Sa prophétie est l’une des plus brèves de l’Ecriture : quelques pages seulement. Joël est donc compté parmi les douze «petits prophètes».
D’après le contenu de sa prophétie, on pourrait le situer vers le 9e siècle avant Jésus-Christ, car il ne nomme comme «ennemis» que les Egyptiens, les Edomites, les Philistins, les Phéniciens, et jamais les Assyriens ou les Babyloniens.
Fils de Pétuel (ou Phatuel, ou Péthel, cf. Jl 1:1), il appartient sans doute à la tribu de Juda, car il se réfère au Temple de David, à la ville de Jérusalem.
Certaines expressions semblent reprises dans la prophétie d’Amos.
La prophétie de Joël s’ouvre par la description d’une invasion catastrophique : de sauterelles dévastatrices, instrument de la colère divine.
A cette vision apocalyptique en suit une autre, eschatologique, qui annonce une restauration : si l’on se convertit, Dieu punira les ennemis de son peuple, leur fera subir le même sort qu’ils ont fait subir à son peuple, et en revanche bénira le peuple juif. Ce sera le Jour du Seigneur, qu’on retrouvera dans le livre de l’Apocalypse (Ap 21:3,6 et 22:20).
Saint Pierre (Ac 2:17-21) se réfère à Joël dans son discours de la Pentecôte, quand il invite les Juifs présents à Jérusalem à se convertir.
Le saint Prophète Joël est fêté le 19 octobre, avec les Grecs.


Ptolemæus et Lucius de Rome
† 160

Ptolemæus, un Romain chrétien, convertit à la foi chrétienne l’épouse d’un païen. Ce dernier, pas très content, dénonça Ptolemæus au préfet Urbicus, qui le fit arrêter.
Pendant longtemps, le centurion chargé de surveiller Ptolemæus, le fit torturer dans son cachot. Ptolemæus se montra fidèle au Christ. Convoqué devant le préfet, il confessa encore sa foi, et fut condamné à mort.
En route vers le lieu de la décapitation, on croisa un certain Lucius, chrétien lui aussi. Peut-être connaissait-il Ptolemæus ? Apprenant la condamnation de ce dernier, Lucius se mit à interpeller Urbicus : Ptolemæus n’était ni voleur, ni brigand, ni assassin, ni adultère, et on le condamnait ?
Urbicus s’enquit de la foi de Lucius, et l’emmena avec Ptolemæus.
Il y eut bientôt un troisième homme. Tous les trois furent décapités.
C’était très vraisemblablement sous Antonin le Pieux, et donc vers 160.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Ptolemæus et Lucius de Rome, et leur Compagnon, au 19 octobre.


Asterius d’Ostie
3. siècle

Asterius aurait été le prêtre romain qui enterra le pape Calliste (v. 14 octobre).
Six jours plus tard, l’empereur Alexandre le fit arrêter et jeter dans le Tibre.
Le corps du prêtre fut retrouvé à Ostie, par des Chrétiens qui lui donnèrent une sépulture honorable.
D’après un autre texte, Asterius aurait été conduit hors des murs d’Ostie avec d’autres Chrétiens ; les uns furent décapités, les autres lapidés, et le 18 janvier.
Il est difficile de se retrouver dans ce labyrinthe. Il est certain qu’Asterius fut honoré comme martyr à une époque fort ancienne.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Asterius d’Ostie au 19 octobre.


Sabinianus et Potentianus de Sens
1er ou 3e siècle

L’histoire qui va être résumée comportera sans doute plus d’un mystère pour certains, peut-être même quelque invraisemblance. Laissons là les discussions.
Sabinianus et Potentianus auraient été deux des soixante-douze (ou soixante-dix) disciples du Christ (cf. Lc 10:1), qui suivirent s.Pierre à Rome et furent envoyés par lui en Gaule.
Ils parvinrent près de Sens, et convertirent beaucoup de gens, parmi lesquels Serotinus, Eoaldus, Altinus et Victorinus, qui étaient mentionnés autrefois avec eux dans le Martyrologe.
Serotinus et Eoaldus furent ordonnés diacres ; Victorinus fut leur hôte. Sabinianus consacra une première église proche de Sens, puis envoya Altinus et Eoaldus prêcher à Orléans et Chartres, où ils furent arrêtés et battus, mais les convertis de Chartres réussirent à libérer les missionnaires, qui purent aller à Créteil. Là encore, la Providence leur permit de repartir avant d’être massacrés. 
Quant à Potentianus, avec Serotinus, ils partirent vers Troyes, d’où on les contraignit simplement à repartir pour Sens.
Sabinianus et Victorinus furent arrêtés à Sens ; ils reçurent sur les tempes des coups de verges plombées ; on leur enchaîna les mains, on leur serra le cou dans un collier de fer et on les jeta en prison. Le Christ vint guérir leurs plaies. Ils furent condamnés à mort.
Juste avant de mourir, Sabinianus eut la permission de célébrer la Messe une dernière fois, assisté de Potentianus, Altinus, Eoaldus, Serotinus. Il désigna alors Potentianus pour lui succéder. Victorinus était dans l’assistance, avec son jeune fils.
Alors les païens vinrent tuer Sabinianus d’un coup d’épée et d’un coup de hache ; Victorinus et son fils furent décapités, un 31 décembre ; mais Potentianus et les trois autres réussirent (?) à poursuivre leur prédication.
Serotinus fut bientôt arrêté et mourut flagellé par les soldats.
Les trois qui restaient, Potentianus, Eoaldus et Altinus, furent à leur tour arrêtés. Ils furent longuement et durement battus de verges ; Potentianus eut le bras droit coupé ; on les étendit sur des chevalets ; on devait les faire brûler lentement et leur arracher tous les ongles, mais un violent coup de foudre - un ange du ciel ? - vint mettre fin à ces tortures. On décapita les Héros du Christ, un 31 décembre, comme Sabinianus. Leurs corps furent abandonnés aux bêtes et aux oiseaux, mais restèrent intacts et furent dignement ensevelis par les Chrétiens.
Que nous dit-on aujourd’hui ?
Sabinianus et Potentianus furent sans doute envoyés en Gaule par un pape, mais au troisième siècle ; ce n’était pas s.Pierre en personne, mais très souvent on parle de «Pierre» pour désigner le pape de l’Eglise catholique.
Ils sont considérés comme les deux premiers évêques de la ville de Sens.
On invoquait particulièrement Potentianus pour les maladies oculaires et les rhumatismes.
Le Martyrologe Romain mentionne, seuls, saints Sabinianus et Potentianus de Sens au 19 octobre.


Varus d’Egypte
4. siècle

Au temps de l’empereur Galère Maximien († 311), sept ermites d’Egypte furent mis en prison. On ne nous dit pas les précédents de cet épisode : pourquoi ces sept-là particulièrement, alors qu’il y en avait des milliers dans le désert de Scété et jusqu’en Palestine.
L’un d’eux mourut en prison (ou durant le trajet du désert à la prison). 
Varus, un soldat, était originaire de Tyane (proche de l’actuelle Kemerhisar, Turquie CS)). Courageux et chrétien, il vint visiter les prisonniers, leur déclarant son grand désir de mourir avec eux. Il agissait en toute liberté, au vu et au su de ses camarades.
Ces derniers le dénoncèrent. Varus réitéra sa foi ; il fut cruellement, longuement flagellé et mourut sous les coups. Rappelons que les fouets romains étaient faits de lanières de cuir très coupantes, et garnies de petits plombs, de sorte que les victimes étaient littéralement coupées et déchirées par ce supplice ; c’est ce supplice qu’endura Notre Seigneur (cf. Mt 27:26 ; Mc 15:15 ; Lc 23:16).
Le lendemain, les six ermites furent à leur tour battus, flagellés pendant plusieurs heures, puis décapités. 
Une pieuse femme nommée Cléopâtre recueillit en cachette le corps de Varus, l’ensevelit chez elle et le rapporta près du Mont Thabor, quand elle put revenir chez elle après la persécution. Elle y ensevelit aussi son fils et y fut enterrée elle aussi.
C’est là une fort belle histoire, qui malheureusement manque de documents authentiques anciens.
L’épisode a pu avoir lieu dans les premières années du quatrième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne, seul, saint Varus d’Egypte au 19 octobre.

Ethbin de Necth-hermitage

5e -6e siècles

 

Il est assez difficile de situer précisément la chronologie de Ethbin.

Son nom a connu beaucoup de variantes : Yben ou Iben, Iboan, Diboan ou Diboen, Ibe, Abibon, Languis ou Langui, Idunet ou Ivinec, et d’autres encore ! Le problème se complique par le fait que tous ne sont pas d’accord pour assimiler tous ces noms à un seul ou à deux personnages. Nous allons admettre qu’il soit possible de les confondre.

 Ses parents s’appelaient Eutius et Eula. Quand il eut quinze ans, le papa décéda et la maman prit le voile sous la direction de s.Samson (v. 28 juillet) ; Ethbin alors entra au monastère de Taurac (localité inconnue), où il connut s.Guénolé.

Guénolé fonda le monastère de Landevennec ; Ethbin celui de Châteaulin.

Ethbin aurait guéri un lépreux en aspirant de sa bouche le pus qui bouchait le nez du malheureux ; il en sortit une perle merveilleuse, en même temps qu’une croix lumineuse apparaissait au-dessus de lui.

Les Francs détruisirent le monastère de Taurac. Après avoir vécu dans la solitude pendant trente ans, Ethbin passa en Irlande et vécut pendant vingt ans encore dans une forêt nommée Silva nectansis (ou noctensis). 

C’est de l’ancien Martyrologe français que nous avons repris le nom de la localité de Necth-hermitage, où il mourut un 19 octobre, âgé de quatre-vingt-trois ans.

Dans la commune de Port-Mort (Eure) avait lieu un pèlerinage en l’honneur de s.Ethbin ; les rhumatisants, en particulier, s’efforçaient de passer trois fois sous une sorte de table établie là, dans le but d’obtenir quelque soulagement à leur(s) rhumatisme(s).

Saint Ethbin de Necth-hermitage est commémoré le 19 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Grat d’Oloron

† 510

 

Gratus naquit au 5e siècle à Lichos (Pyrénées-Atlantiques).

Le chef wisigoth s’étant montré plus tolérant envers les Chrétiens, l’évêché d’Oloron put être créé, et Grat en fut le premier titulaire, au début du 6e siècle.

En 506, il siégea au concile d’Agde, présidé par s.Césaire d’Arles et réunissant trente-quatre évêques.

En 507, malgré leur défaite à Poitiers, les Wisigoths restent présents dans la région ; Grat se réfugie à Jaca (actuelle province de Huesca en Espagne).

C’est là qu’il serait mort, vers 510, et d’où on aurait rapporté son corps à Oloron. 

En 1710, on retrouva ses reliques derrière le maître-autel de la cathédrale Sainte-Marie.

Saint Grat d’Oloron est commémoré le 19 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Véran de Cavaillon

515-589

 

Véran (Wrain, latin Veranus) vit le jour à Barjac ou Lanuéjols (Gévaudan), dans le début du 6e siècle, vers 515.

Vers 540 il fut ordonné prêtre et se retira dans un ermitage.

Il entreprit le pèlerinage à Rome et, en chemin, accomplit des miracles, ressuscitant une jeune fille, rendant la vue à un aveugle.

En 568, il fut préconisé par le roi Sigebert 1er, pour être évêque de Cavaillon ; c’était le sixième sur ce siège.

En 585, il participa au 2e concile de Mâcon.

En 586, après l’assassinat de s.Prétextat (v. 24 février) sur l’ordre de Frédégonde, il fait partie de la commission royale d’enquête.

En 587, il est le parrain de Thierry II, fils de Childebert II, baptisé à Orléans.

En 589, il fait partie de la commission épiscopale chargée de reporter la paix dans le monastère Sainte-Croix de Poitiers.

C’est en Arles qu’il mourut de la peste, le 19 octobre 589.

On signale deux «miracles» éclatants attribués à la prière ou à l’intercession de s.Véran.

L’un aurait été l’éloignement et la mort d’une horrible bête qui infestait la région. L’autre miracle, au 12e siècle, aurait concerné le comte Raymond IV de Toulouse qui, s’étant emporté contre l’évêque de Cavaillon, osa le frapper indécemment d’un coup de pied ; ce membre s’étant aussitôt desséché, le comte alla implorer sa guérison sur la tombe de s.Véran et l’obtint après avoir promis plusieurs privilèges en faveur de l’évêque.

Après Véran, le siège de Cavaillon semble avoir été vacant pendant deux siècles. Il fut supprimé à la Révolution.

Saint Véran de Cavaillon est commémoré le 19 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aquilin d’Evreux

620-690

 

Aquilin serait né vers 620 à Bayeux et, s’étant marié, eut des enfants.

Il fut enrôlé dans l’armée de Clovis II ; sa femme, pour obtenir son retour, aurait fait le vœu de continence pour un an.

Finie la guerre, l’épouse alla au-devant de son mari, et le rencontra à Chartres, où elle lui fit part de sa décision. Loin de protester, Aquilin en fut très heureux, et lui demanda même de faire avec lui le vœu de continence perpétuelle.

Rentrés chez eux, ils se dépouillèrent de leurs biens au profit des pauvres et vécurent une sorte de vie monacale, s’occupant des malades.

Quand mourut l’évêque d’Evreux (vers 673), Aquilin fut acclamé par le peuple pour en prendre la succession ; il fut ainsi le quinzième évêque d’Evreux.

Aquilinus était marié, mais il n’était l’époux que d’une femme (cf. 1Tim 3:2), et vivait désormais dans la continence depuis bien des années. Il reçut les ordres sacrés et prit les rênes du diocèse.

Sa préférence était cependant pour le recueillement, la prière solitaire, et il se retirait volontiers dans une grotte. On raconte qu’il dormait directement sur le sol.

Il mourut vers 690.

L’oratoire qu’il s’était construit fut choisi pour être son sépulcre, et devint la chapelle du Petit, puis du Grand  Séminaire.

Saint Aquilin d’Evreux est commémoré le 19 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Frideswide d’Oxford

650-727

 

Comme beaucoup de noms de ce pays, celui de Frideswide a connu quelques variantes : Frithuswith, Frideswith ; en France, Frevisse. Les récits de sa vie présentent aussi des variantes singulières.

Elle naquit vers 650, fille unique d’un roitelet du nord de la Tamise, nommé Didan de Eynsham, et de Safrida.

Pour cette princesse, Didan construisit un monastère à l’actuel emplacement d’Oxford (ou proche de là, à Thornbury). Elle en devint l’abbesse.

Le successeur de Didan s’était épris de Frideswide et chercha à l’attirer. Quand il s’approcha, non seulement Frideswide s’était échappée, mais l’homme fit une chute de cheval et se brisa le cou. Un récit précise que, fuyant le prétendant importun, Frideswide trouva un providentiel bateau qui l’emmena jusqu’à Bampton, tandis que le poursuivant devenait aveugle.

Revenue à son abbaye, Frideswide fit un jour jaillir une source d’eau, évitant ainsi aux moniales d’aller jusqu’à la Tamise pour en puiser. La source, miraculeuse, coule toujours, près de l’église Sainte-Marguerite de Binsey, un peu en amont d’Oxford. 

Frideswide resta abbesse de son monastère jusqu’à sa mort, qui arriva vers 727.

La Christ Church d’Oxford aurait été construite sur l’emplacement de l’abbaye de Frideswide, qui fut détruite en 1002.

Au 16e siècle, le calviniste James Calfhill voulut supprimer le culte qu’on rendait à Frideswide, en mélangeant ses reliques aux ossements d’une religieuse apostate, Catherine Dammartin, épouse d’un religieux italien défroqué, Pietro Martire Vermigli.

Sainte Frideswide d’Oxford, patronne de cette ville et de l’université, est commémorée le 19 octobre dans le Martyrologe Romain.

Thomas Hélye

1180-1257

 

Thomas naquit vers 1180 à Saint-Pierre-de-Biville (Manche), de Hélye et Mathilde, gens simples qui eurent un autre fils, Guillaume. Il ne serait pas invraisemblable que le patronyme de Thomas fût le prénom même de son père

Après ses études, il fut professeur, très attentif au bien et à la culture de ses élèves et dirigea une école à Cherbourg (1225). 

Déjà, il s’imposait de longs temps de prière. Guéri après une grave maladie, il adopta un régime franchement austère : bure de toile grossière, cilice ; dans un tel acoutrement, ses cheveux en bataille, il montrait assez quel dédain il avait du monde.

Après la mort de ses parents, il laissa à son frère tout son héritage, se contentant seulement de ce qu’il en recevait pour vivre. Et même, Guillaume le «grondait» de ne pas manger le pain de froment qu’il lui servait.

Thomas veillait, prenait la discipline, jeûnait. La nuit, il restait en prière à l’église, où il se flagellait, rentrait à la maison juste pour un bref repos et repartait à l’église pour l’office du matin. Trois fois par semaine, il jeûnait au pain et à l’eau ; les autres jours, il prenait un peu de soupe avec du pain d’orge, très rarement de la viande ou du poisson.

Tout cela ne pouvait manquer d’arriver aux oreilles de l’évêque, qui appela Thomas ; il lui rappela que la pauvreté n’empêchait pas la propreté, puis l’envoya étudier à Paris en vue du sacerdoce ; Thomas fit d’abord le pèlerinage de Rome puis de Compostelle, étudia et fut ordonné prêtre.

Aux mortifications précédentes, le nouveau prêtre ajouta maintenant la prédication, les missions, dans les deux diocèses de Coutances et d’Avranches. L’évêque l’obligea à prendre, même en carême, des légumes quatre jours par semaine, parfois un peu de poisson. Quand il se déplaçait, il ne voulait être à charge de personne, prenant ce qu’on lui offrait, simplement pour ne pas mourir de faim, et repartait sans attendre.

La nuit, il priait l’office des défunts à l’église, puis les sept psaumes de la pénitence, les quinze psaumes graduels avec les litanies, puis sept petits psaumes (comme il les appelait) et encore quelques prières. Puis il envoyait son clerc dormir ; il le rappelait vers minuit pour prier l’office des lectures (matines, comme on l’appelait).

Il prêchait jusqu’à trois fois le dimanche et les fêtes. Pratiquement tout le diocèse l’entendit prêcher. Après la prédication et la messe, il confessait, jusqu’à minuit parfois, toujours à jeun. On l’attendait avec impatience ; une des âmes qui s’attacha à lui fut une certaine Alice, femme du baron de Bricquebec.

Jeune, il se flagellait avec des verges ou une courroie ; prêtre, il le fit avec des ajoncs ou du houx ; parfois il s’enfonçait dans un buisson épineux qu’il rencontrait sur son passage ; quand il éprouvait quelque tentation charnelle, il se piquait jusqu’au sang, qu’on voyait couler sur ses pieds. A l’office, il était debout ou agenouillé ; à la messe, il pleurait longuement après la consécration ; un jour, confia-t-il à Alice, une goutte de sang coula avec ses larmes.

A un ami qui l’invitait, il fit remarquer : Tu manges trop ! Donne aux pauvres.

L’apostolat itinérant de Thomas dura quelque vingt-deux années, toujours à pied, et pieds-nus à la fin de sa vie ; quelquefois à cheval pour ne pas être en retard.

Quand il fut malade et dans l’impossibilité de célébrer, il demanda qu’on sonnât les cloches à l’élévation et à la communion, pour qu’il pût s’unir à la liturgie. Sa dernière communion fut très solennelle : l’Eucharistie lui fut portée au milieu de nombreux prêtres et clercs qui chantaient.

Il écrivit à tout le clergé du diocèse pour lui demander le secours de ses prières ; à Alice, il écrivit ce mot : Je voudrais vous faire savoir que je vais à la cour du paradis, où je serai votre procureur.

Il passa ses derniers jours chez Gauvin, sieur de Vauville, se faisant lire les récits évangéliques sur l’Incarnation et la Passion. Au moment suprême, il pria le clerc présent de répéter le verset du psaume : In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum, redemisti me, Deus veritatis (Ps 30:6).

Le confesseur de Thomas affirma qu’il n’avait jamais péché mortellement. Thomas mourut ainsi le 19 octobre 1257. 

En 1794, ses reliques furent mises en sûreté par les habitants du village.

En 1859, le culte du bienheureux Thomas fut confirmé.

 

 

Philipp Howard

1557-1595

 

Né le 28 juin 1557 à Kenninghall (Norfolk), Philipp était le fils aîné de Thomas, quatrième duc de Norfolk et de Mary FitzAlan, fille d’Henry, douzième comte d’Arundel. La famille était restée catholique après l’arrivée au pouvoir de la reine Elisabeth.

La famille royale était même présente lors du baptême de Philipp au palais de Whitehall, où il reçut le nom du roi Philippe II.

Dès sept ans, il grandit dans un ancien monastère de Chartreux ; à quatorze ans, on lui fit épouser sa belle-sœur, Anne Dacre ; à dix-sept ans, il sortit diplômé du Collège Saint-Jean (Cambridge) et fut présenté à la cour d’Elisabeth.

En 1569, Thomas Howard, son père, fut inculpé de complot contre la reine, arrêté, destitué et finalement décapité en 1572.

Mais Philipp hérita de son grand-père maternel, et demeura comte d’Arundel en 1580. 

Lors d'un débat à Londres entre catholiques et protestants, il fut tellement impressionné par les arguments du Jésuite anglais, Edmund Campion (†1581, voir au 1er décembre), qu’il renonça à sa vie frivole, et se réconcilia avec son épouse.

Philipp décida de quitter la vie de cour et de se rendre sur le continent. Mais dénoncé par un domestique, il fut arrêté et emprisonné à la Tour de Londres, en 1585.

Il resta dans cette prison pendant dix années, durant lesquelles un procès l’accusa de haute trahison et le condamna à mort, mais la reine ne signa jamais le décret d’exécution.

Sa seule compagnie en prison fut son fidèle chien, à qui il confia des messages à porter à un autre prisonnier notoire, le prêtre Robert Southwell (voir au 21 février), qui lui répondait de la même manière.

Sur son mur de prison, il écrivit en latin : Quanto plus afflictiones pro Christo in hoc sæculo, tanto plus gloriæ cum Christo in futuro (Plus nous souffrons pour le Christ en ce monde, plus nous aurons de gloire avec le Christ dans l’autre, cf. Ro 8:18).

Victime d’une dysenterie qui l’amena à la mort, il implora de la reine la permission de revoir une fois son épouse et son enfant, qui était né après son emprisonnement. La reine lui offrit le chantage de le remettre dans tous ses titres et propriétés, s’il acceptait seulement d’assister à un office protestant, à quoi il répondit : Dites à Sa Majesté que, si ma religion est cause de mes tourments, je regrette de n’avoir qu’une seule vie à perdre.

Il mourut dans cette même solitude, le dimanche 19 octobre 1595.

On l’ensevelit dans une fosse à l’intérieur de la Tour de Londres. Plus tard sa famille obtint de le déplacer dans la chapelle de la famille Fitzalan.

Ses biens furent confisqués, mais finalement restitués à son fils Thomas, qui retrouva son titre de comte d’Arundel.

Considéré dès sa mort comme martyr, Philipp Howard fut béatifié en 1929, avec Edmund Campion et les Martyrs d'Angleterre et du Pays de Galles.

Ces quarante Martyrs furent canonisés en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Lucas Alonso Gorda

1594-1633

 

Né le 18 octobre 1594 à Carracedo de Vidriales (Zamora, Espagne), de Domingo Alonso et Leonora Gorda, Lucas reçut ce même jour au baptême le nom de l’évangéliste Luc, qui se fête traditionnellement le 18 octobre.

C’est de ses parents qu’il apprit très tôt la dévotion du rosaire.

Une autre coïncidence le rapprochait des Dominicains : son père était né le jour de la fête de saint Domingo de Guzmán (voir au 6 août).

Lucas entra à seize ans chez les Dominicains de Zamora.

En 1611, il fit la profession religieuse.

Après des études à Trinana (León) et Valladolid, il partit pour Séville, d’où, dans unpremier temps, il devait être envoyé au Mexique, pour y achever ses études à Acapulco.

C’est là qu’il fut ordonné prêtre, prenant le nom de Lucas Alonso du Saint-Esprit.

Puis il partit pour Manille. Il n’attendit pas de débarquer pour commencer sa mission d’évangélisateur : sur le bateau, il gagna au Christ des passagers, qu’il put agréger à la Confraternité du Rosaire.

Arrivé à Manille en 1618, il fut envoyé en mission à Cagayan, puis fut professeur d’arts, de philosophie et de théologie au collège Saint-Thomas de Manille. 

En 1623, il atteignit le Japon, où il évangélisa pendant dix ans, au milieu de tous les dangers de la persécution. Quand survint l’ordre d’expulsion de tous les Espagnols, il quitta ostensiblement le pays, mais y rentra clandestinement, soutenant vaillamment toutes les communautés chrétiennes qu’il visitait en se déplaçant continuellement de nuit.

On a de lui des lettres qu’il put envoyer à Manille dans les années 1628-1630, dans lesquelles il décrit le martyre des Chrétiens japonais.

En 1628, il fut nommé à Kyoto.

En 1632, il s’adjoignit un Frère novice, Matthæus du Rosaire, pour la catéchèse, puis entreprit une longue tournée pour encourager les Chrétiens partout où il pouvait, avant de revenir à Kyoto. 

Arrêté le 8 septembre 1633 à Osaka, en même temps que son fidèle catéchiste Matthæus, il chanta le Te Deum pendant qu’on le conduisait en prison. 

En prison, il lava les pieds de ses Confrères, répétant en même temps le texte de l’évangile de saint Jean. Cette cellule devint un véritable sanctuaire de prière, qu’il partageait avec deux autres Franciscains.

En signe d’humiliation, pour avoir enfreint les lois, il eut les cheveux rasés et la barbe arrachée. Puis il subit le supplice de l’eau : on le forçait à ingurgiter une excessive quantité d’eau, qu’on lui faisait recracher en le frappant violemment sur le ventre. C’est après cet épisode qu’il écrivit : Il est difficile de savoir s’il faut plus de patience à supporter les tourments que pour expérimenter la joie qui les suit.

De Osaka, on le conduisit pieds et poings liés jusqu’à Kobé, puis à Kokura, jusqu’à Nagasaki, en «solennelle» procession pour frapper la population. Dans le dos, on lui avait accroché l’inscription : Le pire des malfaiteurs.

Il fut cruellement, et par deux fois fois torturé, le 18 octobre suivant, par le supplice du tsurushi (la victime est suspendue tête en bas au-dessus d’une fosse remplie d’immondices puantes, le corps serré entre des planches pour rallentir la respiration) ; entre les deux, on lui proposa de grands honneurs, s’il apostasiait. Sur son refus, il fut soumis de nouveau au même supplice, auquel il succomba le lendemain, à Nishizaka (Nagasaki), le 19 octobre 1633, lendemain de son trente-neuvième anniversaire. On trouve parfois la date du 20 octobre.

Son cadavre fut ensuite brûlé et les cendres dispersées en mer.

Inclus dans le groupe des Martyrs béatifiés et canonisés avec Lorenzo Ruiz, il fut béatifié en 1981 et canonisé justement le 18 octobre 1987.

La fête liturgique de ce groupe est au 28 septembre.

Saint Lucas Alonso est vénéré aux Philippines et au Japon, mais aussi dans le monde sud-américain. Les Dominicains le considèrent comme le plus grand représentant du Catholicisme en Extrême-Orient.

 

 

Matthæus Kohyōe

1615-1633

 

Né en 1615 à Arima (Hyogo, Japon), Matthæus venait d’entrer chez les Dominicains, prenant le nom de Matthæus du Rosaire.

Il fut arrêté, cruellement torturé, puis exécuté à Nishizaka (Nagasaki), le 19 octobre 1633.

On n’a pas davantage de détails sur son martyre ; il a peut-être subi le même sort que le père Lucas Alonso Gorda, qui fut martyrisé le même jour (voir la notice)

Ce jeune novice avait dix-huit ans.

Inclus dans le groupe des Martyrs béatifiés et canonisés avec Lorenzo Ruiz, il fut béatifié en 1981 et canonisé justement le 18 octobre 1987.

La fête liturgique de ce groupe est au 28 septembre.

Agnès Galand

1602-1634

 

Née à Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) le 17 novembre 1602, Agnès était la troisième des sept enfants de Pierre, un coutelier, et Guillemette Massiote, et fut baptisée dès le lendemain.

Elle n’avait que sept ans, lorsqu’elle se consacra à la Sainte Vierge, en qualité d’esclave, et s’attachant désormais à la ceinture une chaîne qu’elle «vola» à son père.

Puis, elle fit le vœu de chasteté, à Notre-Dame-du-Puy.

Sa profonde piété l’autorisa à recevoir l’Eucharistie dès l’âge de huit ans, fait qui resta tout-à-fait exceptionnel jusqu’au siècle dernier.

Très tôt, elle fut favorisée de la vison de son Ange Gardien. Un jour, celui-ci lui conseilla de prier vivement pour son père, qui était en grand danger. Son père eut alors l’idée de rentrer plus tôt que prévu à la maison, et apprit le lendemain que de mauvaises gens avaient prévu de l’assassiner.

Elle donnait tout ce qu’elle pouvait aux pauvres, même son goûter. Un jour qu’elle n’avait vraiment rien à donner, le pauvre lui dit de bien regarder au fond de (sa) poche, où elle trouva effectivement une pièce qu’elle lui donna ; alors il disparut.

En grandissant, elle réunit autour d’elles des camarades pour prier. Elle eut une attention particulière pour les femmes en couches.

Un jour qu’elle était au bord de la Loire avec d’autres jeunes filles, des garçons grossiers s’en approchèrent ; son Ange gardien lui apparut et lui fit traverser la Loire ; le fait fut attesté par les garçons eux-mêmes !

C’est son Ange qui lui enseigna aussi à chanter l’office, alors qu’elle était ignorante.

Fréquentant assidûment les Religieux dominicains du Puy, elle fut admise au Tiers-Ordre en 1621.

En 1623, elle entra au nouveau monastère dominicain de Langeac (Haute Loire), où elle professa en 1625. Elle porta depuis le nom de Agnès de Jésus.

Souvent, le Christ suscita près d’elle un petit agneau très joli, particulièrement pour la consoler dans des moments difficiles.

D’abord chargée des corvées, et particulièrement de la cuisine, elle devait aller puiser l’eau assez loin : sur sa prière, Dieu fit jaillir une source dans la cuisine même ; cette eau produisit de nombreux miracles par la suite.

Elle avait une grande dévotion à l’Esprit-Saint. 

Agnès fut favorisée des stigmates de la passion du Christ, mais de façon invisible. En particulier un jour, les Sœurs la trouvèrent sur son lit, les bras en croix, comme crucifiée et souffrant atrocement. Elle offrit ces douleurs pour les âmes du Purgatoire, en particulier celles des Dominicains.

En 1627, elle devint prieure.

C’est sa prière et ses conseils qui poussèrent Monsieur Olier à la fondation du séminaire Saint-Sulpice. Ce même Monsieur Olier attesta avoir été guidé par l’Ange Gardien d’Agnès, qui était en train de prier pour lui faciliter son voyage difficile.

Elle mourut le 19 octobre 1634, confiant à ses Sœurs la mission de prier pour les prêtres et les vocations sacerdotales.

En 1952, un accouchement qui s’annonçait très difficile, se passa très naturellement, après qu’on ait invoqué Agnès.

A la suite de ce miracle, la cause aboutit à sa béatification en 1994. 

La bienheureuse Agnès de Langeac est spécialement invoquée pour les vocations sacerdotales, et pour les femmes enceintes.

 

 

Jean de la Lande

1620-1646

 

De ce Jean, on ne connaît pas beaucoup de détails biographiques.

Il naquit vers 1620 à Dieppe (Seine-Maritime), comme le père Antoine Daniel (1601-1648, voir au 4 juillet).

On le décrit comme intelligent et courageux. Charpentier de son état, il se trouva au Québec dès 1636 comme donné parmi les Jésuites missionnaires.

Après s’être engagé comme donné, il avait demandé à être admis au rang des Frères coadjuteurs de la Compagnie.

Le père Jogues, de son côté, avait demandé aux Supérieurs, pour l’accompagner parmi les Iroquois, quelqu’un de vertueux, docile, courageux, et qui voulût endurer quelque chose pour l’amour de Dieu.

Jean s’offrit. Il savait à quoi s’en tenir sur les difficultés de sa mission. Il n’avait qu’à regarder les mains du père Jogues pour avoir une preuve des dangers du voyage. Mais la grâce l’avait investi. Il était décidé. Au fond, il était candidat au martyre.

Les Relations des missionnaires rapportent en 1647 que prévoyant les dangers où il s’engageait dans un si périlleux voyage, il protesta que le désir de servir Dieu le portait en ce pays où il s’attendait bien de rencontrer la mort.

Le voyage commença le 24 septembre 1646. Avant de partir, le père Jogues célébra la Sainte Messe et Jean communia. Ce serait leur dernière Eucharistie. On partit en pirogues sur le Saint-Laurent.

Vers le 7 octobre, ils arrivèrent aux rapides et durent porter sur la tête leur pirogue et leurs bagages. Puis, malgré la fatigue et la faim, ils traversèrent la région accidentée qui les séparait d’Ossernenon, le but de leur voyage.

Soudain, devant eux, surgit une file de Peaux-Rouges. Le Père les appela, les salua. Ils s’enfuirent. Ils se nomma : il était Ondessonk, leur ami. Alors, surgissant de partout, les Mohawks couverts de la peinture de guerre, l’horrible peinture rouge, armés jusqu’aux dents de mousquets, de couteaux, de haches et de casse-tête, entourèrent Isaac Jogues, Jean de La Lande et leur compagnon, en hurlant, dansant autour d’eux avec de cruelles menaces.

Ils se jetèrent sur le prêtre et sur Jean, les firent tomber,, les frappèrent, les piétinèrent, leur arrachèrent leurs vêtements.

Les Iroquois, refusant la paix précédemment conclue, avaient déterré la hache de la guerre. En réalité, ils venaient d’être victimes d’une nouvelle épidémie, et les responsables en étaient évidemment les Robes-Noires. A cela s’ajouta une sécheresse durant le mois de septembre. Les uns étaient pour la guerre, d’autres non. Ils emmenèrent le Père et Jean à Ossernenon. Mais les Iroquois n’étaient pas unanimes non plus sur le sort à leur donner.

Au soir du 17 octobre, les captifs furent amenés à l’intérieur du village. Au terme du grand conseil, des guerriers d’un des deux clans vinrent menacer leurs victimes, les palpant, promenant sur eux leurs armes, leur disant : Vous mourrez demain, nous vous trancherons la tête, nous la planterons au bout d’un pieu. Ceux de deux autres clans, au contraire, cherchaient à les protéger et à les rassurer.

Au matin du 18, on parvint à un accord provisoire : les prisonniers étaient considérés comme otages publics. On leur rendit une partie de leurs vêtements. Il fallait attendre la sentence des anciens. Le père Jogues profita de ce répit pour rappeler aux chefs ses intentions pacifiques, son amitié et la bonté de Dieu.

L’après-midi, les clans s’affrontaient encore en discussions interminables ; certains voulaient la guerre, mais en préservant le père Isaac ; d’autres voulaient l’immoler immédiatement au dieu Areskoni.

Jogues et de La Lande se préparaient à la mort, calmement. Au soir du 18, un guerrier vint inviter le père Isaac à diner dans sa case. Après réflexion, le Père jugea meilleur d’honorer cette invitation. Mais à peine entré dans la case, il reçut deux coups de tamahawk et s’écroula.

Le jeune Jean connaissait encore mal les Iroquois ; il pensait pouvoir retrouver le cadavre du Père durant la nuit et l’ensevelir dignement. Quand tout le campement semblait endormi, peut-être après minuit, il sortit. Il ne pouvait évidemment ni voir ni entendre ceux qui le guettaient dans l’ombre; immobiles comme des statues. Il n’avait pas avancé de deux pas qu’il tombait, le crâne fracassé. Quelques instants plus tard, sa tête scalpée rejoignait celle d’Ondessonk. 

Ce 19 octobre 1646, il n’avait pas vingt-cinq ans. 

Au matin du 19, arriva l’ordre du Conseil suprême : il fallait libérer les captifs et les renvoyer à la ville d’Onontio. Trop tard.

Ce n’est qu’en juin 1647 que la nouvelle arriva officiellement aux oreilles des Supérieurs. Tous les détails ci-dessus furent racontés par un témoin iroquois qui, converti, voulut se joindre aux Français. Il fut même envoyé en France, où il reçut le baptême peu avant de mourir à Paris.

Jean de La Lande fut béatifié avec les autres Martyrs du Canada en 1925, puis canonisé en 1930.

Leur fête commune est au 19 octobre, jour où ils sont commémorés ensemble au Martyrologe.

Francisco Milagro Mesa
1869-1936

Né le 3 décembre 1869 à Tarazona (Saragosse), il était le fils de Félix et Mariana, qui le firent baptiser le lendemain avec le nom de s.François Xavier, fêté le jour de sa naissance ; l’enfant fut confirmé l’année suivante.

A quatorze ans, il était déjà un ouvrier professionnel. A seize ans, il entra au collège des Pères Clarétains de Barbastro pour devenir frère convers. Il y fit le noviciat et la profession.

On le mit aux cuisines ; en 1889, il fut envoyé à Vic, où il fut couturier et sacristain pendant plus de trente ans ; en 1921, il alla à Cervera comme tailleur et infirmier, où il fut lui-même formateur technique des convers novices. 

Les témoignages convergeaient pour qualifier Francisco de modèle des Convers. Il était travailleur, bon chanteur, modeste, infiniment patient.

Estimé de tous, il participa à la passion commune : le 21 juillet 1936, la maison de Cervera fut évacuée de force, un groupe se réfugia à Mas Claret, où les miliciens les fusillèrent le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Francisco Milagro Mesa sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Pere Vives Coll
1874-1936

Né le 23 septembre 1874 à Pallejá (Barcelone), il était le fils de Isidro et María, qui le firent baptiser quatre jours plus tard et confirmer en 1879. C’étaient des parents très chrétiens.

Il travailla aux champs avec son père ; quand Pere ressentit l’appel de Dieu, ses parents en furent très heureux.

En 1895, Pere entra au noviciat des Pères Clarétains de Cervera, où il apprit à être couturier-tailleur, et fit la profession en 1896. En 1898, il fut envoyé à Santo Domingo comme sacristain.

En 1908, on l’envoya aux missions de Guinée Espagnole, à Fernando Póo. Pendant les dix années qu’il y séjourna, sa santé déclina, au point qu’il dut revenir.

En 1918, il fut reçu à Madrid comme portier et sacristain, charges dont il s’acquittait avec le plus vif empressement et grande humilité.

En 1935, il put venir quelques mois à Mas Claret pour se reposer ; l’année suivante, il refit cette «cure», et c’est là qu’il fut pris dans la tourmente révolutionnaire.

Il reçut la palme du martyre avec les autres Religieux de Mas Claret le 19 octobre 1936
.
Béatifié en 2017, Pere Vives Coll sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.

 

Manuel Font y Font
1878-1936

Né le 13 juin 1878 à Torrebeses (Lleida), il était fils de José et Raimunda, qui eurent bien d’autres enfants aussi ; ils firent baptiser Manuel le jour même de sa naissance, et confirmer en 1880.

Il entra en 1890 au postulat des Pères Clarétains de Barbastro, alla faire le noviciat à Cervera, où il fit la profession en 1895 ; il continua là la philosophie et le début de la théologie, avant de passer à Santo Domingo de la Calzada, où il fut ordonné prêtre en 1903.

 En 1904, il fut envoyé aux missions de Guinée Espagnole, à Fernando Póo : Basilé, Elobey, Banapá. Là-bas, sa facilité pour les langues lui permit de converser avec les habitants dans leur idiome. Cependant, il fut atteint de fièvres, qui furent mal soignées, et au grand désappointement des Confrères, il dut rentrer en Espagne l’année suivante.

Désormais, le pauvre p.Manuel se considéra sans cesse malade, incapable de rien faire. Il fut à Sabadell, à La Selva del Campo, à Cervera, à Tarragona, à Alagón, de nouveau à Cervera, enfin à Mas Claret.

Comme tous les Confrères retenus à Mas Claret, le p.Manuel fut martyrisé le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Manuel Font y Font sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Josep Ferrer Escolà
1878-1936

Né et baptisé le 21 octobre 1878 à Alsamora (Lleida), fils de Manuel et Dolores, il fut confirmé en 1882.

Voulant se consacrer à Dieu, il entra en 1893 au postulat des Pères clarétains de Barbastro et fit ses Humanités ; passé au noviciat de Cervera, il fit la profession en 1897, puis suivit les cours de philosophie et de théologie, malgré son peu d’aptitudes pour ces matières.

Il souffrit de quelques accès d’épilepsie, si bien qu’en 1902, il passa à la condition de frère convers. En 1903, il alla tout de même à Santo Domingo de la Calzada pour achever la théologie, mais resta ensuite définitivement convers.

A Cervera, il s’occupa de reliure - un domaine où il excellait, et rendit mille services, fort appréciés, en électricité, en ferblanterie, et en entretien et réparation de toutes les machines de la maison.

En 1936, il se retira quelque temps à Mas Claret pour être soigné. Quand commença la révolution de juillet, le Comité de Cervera occupa la propriété de Mas Claret, mettant à contribution tous les Religieux qui s’y trouvaient, de sorte que le frère Josep fut sans cesse sollicité pour leur rendre d’autres services. Josep fut particulièrement provoqué par des propositions indignes d’un homme qui avait promis la chasteté, mais il ne céda pas un instant.

Vainqueur, il subit le martyre avec les autres, le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Josep Ferrer Escolà sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Benjamín Ortega Aranguren
1885-1936

Né le 30 mars 1885 à Villalta (Burgos), de Andrés et Bernardina, Benjamín fut baptisé le 1er avril.

Il reçut sa première formation des Filles de la Charité et entra à son tour chez les Pères Lazaristes (ou Vincentiens.

Après la profession (1904), il fut ordonné prêtre en 1911.

Pendant quatorze années, il fut confesseur et directeur spirituel à Ávila. Mais il perdit l’ouïe et dut se retirer à Madrid, comme aumônier et administrateur de la revue Médaille Miraculeuse. On devait célébrer en 1930 le centenaire des apparitions de la Sainte Vierge à ste Catherine Labouré.

Le 22 juillet 1936, il trouva refuge dans une famille d’amis, où il put célébrer la Messe, prier et se préparer au martyre.

Le 12 octobre eut lieu une perquisition et les miliciens y trouvèrent un livre en latin, sans doute le bréviaire du Prêtre. Le lendemain, 13 octobre, ils vinrent arrêter ce dernier pour le conduire à leur tchéka.

La famille, en particulier le fils de ces gens, cherchèrent de toutes les façons à intervenir pour obtenir la libération du p.Benjamín ; un des miliciens était bien connu de ce garçon, et lui dit qu’il comprenait très bien ses bons sentiments mais que, comme il s’agissait d’un prêtre, il n’était pas possible de faire quoi que ce soit, car ils avaient tous fait le serment d’éliminer tous les curés.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Madrid et béatifié en 2017, Benjamín Ortega Aranguren sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Josep Ribé Coma
1893-1936

Né le 28 octobre 1893 à Centellas (Barcelona), il était fils d’un commerçant, Pablo, et de Concepción, qui le firent baptiser le 1er novembre.

Il entra au postulat des Pères Clarétains de Vic, passa au noviciat de Cervera (1911), où il fit la profession ainsi que les études de philosophie et de théologie, au terme desquelles il fut ordonné prêtre (1920).

Après une année de préparation à Aranda de Duero, il fut envoyé à Vic, puis comme formateur des postulants à Alagón, Barbastro et Cervera.

En 1936, plusieurs familles, inquiètes des événements politiques, vinrent reprendre leurs fils ; la situation empira jusqu’au 21 juillet, où l’on dut évacuer la maison de Cervera. Tandis que beaucoup se réfugièrent à Mas Claret, le p.Josep resta avec les jeunes élèves, et confia ceux qui n’étaient pas de Catalogne à des familles d’accueil. 

Dans la nuit du 28 au 29 juillet, le p.Ribé, avec d’autres, partit pour Vic, via Calaf, mais en furent empêchés,  on ne sait pourquoi, de sorte qu’ils vinrent à Mas Claret le 2 août. Là, le p.Josep s’arrêta, tandis que plusieurs autres continuèrent leur chemin.

Jusqu’au 15 août, ceux qui se trouvaient à Mas Claret furent pacifiquement enrôlés par le Comité pour travailler aux champs ; ensuite, l’atmosphère se dégrada peu à peu, jusqu’au 19 octobre, où ils furent tous abattus sur place.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Josep Ribé Coma sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Narcís Simón Sala
1908-1936

Né le 9 mars 1908 (ou le 9 septembre ?) à Fornells de la Selva (Girona), il était le fils de Salvador et Carmen, qui le firent baptiser trois jours plus tard, et confirmer en 1911.

Lors de sa Première communion, il fut particulièrement récompensé pour son assiduité et mérita un diplôme.

Il travaiilla quelque temps comme cuisinier à Barcelone.

En 1933, à vingt-cinq ans, il se décida à embrasser la vie religieuse et entra chez les Clarétains de Vic, où il fit le noviciat, terminé par la profession en 1934. En 1936, il quitta Vic pour Mas Claret, où il s’occupait de la ferme.

On a vu dans les autres notices de ce groupe, que les miliciens de Cervera retinrent les Religieux de Mas Claret à leur disposition, obligeant à travailler les malades, jeunes et vieux. Un des miliciens avait rencontré Narcís à Barcelone et le reconnut. Par la suite, il n’arrêta pas de provoquer le Frère, l’invitant même à quitter la vie religieuse qu’il qualifiait d’idiote, mais Narcís persista dans la voie qu’il avait choisie et pour laquelle il avait promis fidélité à Dieu.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Narcís Simón Sala sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Julio Leache Labiano
1908-1936

Il naquit le 20 décembre 1908 à Monreal (Navarra), fils d’Eugenio et Marcelina, qui le firent baptiser dès le lendemain et confirmer l’année suivante. Il avait un frère.

A l’école, il était le meilleur ; il commença ses Humanités chez les Clarétains d’Alagón en 1920 ; en 1922, son père, qui était contremaître  de routiers, fut tué dans une explosion de mine.

Julio partit à Cervera pour le noviciat, reçut les Ordres mineurs en 1925 et fit la profession. Il fut ensuite à Solsona pour la philosophie, et à Cervera pour la théologie. Il fut ordonné prêtre en 1932.

C’était l’aboutissement d’un long chemin, car Julio n’était pas noté très bien durant son noviciat : léger, irascible, distrait, déconcentré dans son travail de sacristain, peu spirituel dans les conversations, peu mortifié, peu sincère. Il avait à combattre, et il le fit, pour nous encourager à l’imiter dans l’amour de la sainteté.

On l’envoya à Solsona enseigner le grec biblique et l’anglais ; en fait, il enseigna les mathématiques ; puis aussi la métaphysique, la rhétorique, la philosophie de l’histoire. Au printemps de 1935, il alla enseigner la théologie fondamentale à Cervera.

Le p.Julio enseigna beaucoup de matières ; il fut aussi rédacteur dans la revue Palaestra latina et collabora à l’édition du dictionnaire de latin. On voit aussi combien la formation de ces Religieux était ample et complète.

Après l’abandon de la maison de Cervera le 21 juillet 1936, le p.Julio laissa partir le groupe auquel il appartenait, et resta avec le p.Ribé pour s’occuper des jeunes postulants et les répartir dans des maisons d’amis. Le 26, il se réfugia à la Caseta de la Teula, d’où il fallut déguerpir le 28, à l’approche de miliciens. On songea rejoindre Vic, mais - sans qu’on sache ce qui arriva - le groupe du p.Julio ne put y arriver et se retrouva à Mas Claret le 2 août.

Arrivé là, le p.Julio n’avait qu’une idée en tête : rejoindre la province d’Aragon, qui lui semblait bien plus sûre que la Catalogne, mais c’est alors que Dieu lui suggéra une décision héroïque : d’abord, le p.Ribé jugeait  plus opportun de s’arrêter à Mas Claret, et Julio obéit ; ensuite, il aurait pu tenter de s’échapper, mais il préféra rester avec les Confrères âgés et malades, pour les aider.

IL en vint même à exhorter chacun à recevoir la palme du martyre. S’ils nous tuent comme fascistes, ce sera pour nous une malédiction ; mais s’ils nous tuent parce que nous célébrons la Messe, voilà le martyre.

Ce jour arriva : avec tous les Confrères retenus à Mas Claret, le p.Julio fut martyrisé le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Julio Leache Labiano sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Dionisio Arizaleta Salvador
1911-1936

Né le 8 février1911 à Guirguillano (Navarre), il était le fils de Bernardo et Eustasia, qui le firent baptiser le jour-même et confirmer en 1915. Dionisio lui-même qualifia ses parents de très chrétiens.

Il commença le postulat chez les Clarétains d’Alagón et acheva les Humanités à Cervera. Mais c’était trop difficle pour lui : il opta pour être Frère convers et fit son noviciat à Vic ; il y arrivait à seize ans, avec son caractère d’adolescent, de sorte que le maître des novices n’était pas très convaincu de sa nouvelle recrue, mais Dionisio était bien décidé à marcher sur le chemin de la perfection, et donna pleine satisfaction aux Supérieurs ; il fit la profession en 1928.

Il fut envoyé à Cervera comme couturier et cuisinier ; en 1933 à Barbastro comme sacristain ; en 1934 de nouveau à Cervera dans l’atelier de couture.

On apprit par une confidence qu’il fit, qu’il avait offert à Dieu sa vie pour le salut de l’Espagne. Son offrande allait être bientôt acceptée.

Quand la maison de Cervera dut être évacuée, le 21 juillet 1936, Dionisio fut dans le groupe de la vingtaine de Religieux qui, ne pouvant rejoindre Solsona, sa rabattirent sur San Ramón pendant deux jours et gagnèrent la ferme de Mas Claret. Les membres du Comité vinrent s’emparer de cette ferme et obligèrent tous les Religieux à travailler aux champs. Le 15 août, on leur interdit de prier ensemble.

Le 19 octobre 1936, dans l’après-midi, tous furent fusillés sur place.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Dionisio Arizaleta Salvador sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Juan Senosiain Zugasti
1911-1936

Né et baptisé le 15 mai 1911 à Guirguillano (Navarre), il était le fils de Francisco et Teresa, qui le firent confirmer an 1915.

Il entra au postulat des Clarétains d’Alagón en 1924, mais ne put se faire aux études. Il s’orienta vers l’état de frère convers.

Après un court séjour dans sa famille, il reprit le chemin du noviciat, mais à Vic et fit la profession en 1929.

Il fut envoyé à Cervera, d’où il dut partir avec toute la communauté sur l’ordre du Comité révolutionnaire, le 19 juillet 1936. Faisant partie du groupe qui s’arrêta à Mas Claret, il y fut martyrisé le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Juan Senosiain Zugasti sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Francesc Solá Peix
1912-1936

Né le 21 octobre 1912 (date plus probable que le 17 avril 1900, sûrement erronée) à San Joan de las Abadesas (Girona), de Pablo et Francisca, Francesc fut baptisé deux jours plus tard et confirmé en 1915.

Le papa était un ouvrier journalier, la maman, elle, mourut en couches. Francesc eut d’abord une nourrice à Sercasas, puis vécut au pays natal de son père, à San Pablo de Seguries.

Il étudia chez les Pères Clarétains : à Barbastro et Cervera, il fit les Humanités, à Vic le noviciat et la profession. En 1932, il alla à Solsona pour les études de philosophie. 

Il était resté très marqué par son enfance difficile, et l’on pouvait craindre pour son avenir sacerdotal ; on va voir que Dieu le fit passer à la gloire par une voie beaucoup plus directe.

En 1935, Francesc fut à Cervera pour la théologie, mais il dut interrompre ces études à cause d’une maladie. Ceci explique qu’il se trouvait déjà en-dehors de la maison de Cervera au moment où celle-ci fut abandonnée de force par toute la communauté. Francesc, lui, se trouvait déjà à Mas Claret pour se reposer. Quand les membres du Comité le virent là, ils lui donnèrent l’ordre d’aller travailler aux champs.

Il maintenait ses habitudes du couvent, priant, méditant, jusqu’au 19 octobre 1936, où il fut immolé avec la vingtaine de Religieux clarétains réfugiés à Mas Claret. Il aurait eu vingt-quatre ans deux jours plus tard.

Martyrisé le 19 octobre 1936 et béatifié en 2017, Francesc Solá Peix sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Constantino Miguel Moncalvillo
1913-1936

Né le 12 avril 1913 à Quitanarraya (Burgos), Constantino était le sixième enfant d’Agustín et Cándida, qui le firent baptiser le 16 avril suivant et confirmer en 1920.

L’écolier fut exemplaire, et le maître montrait souvent aux autres son joli cahier de devoirs, bien présenté, propre et avec une belle écriture. Constantino était toujours le premier en classe. Serviable, il allait chercher l’eau au puits, assez loin. En plus, il avait une petite passion : il aimait bien attraper les crabes.

Il avait déjà un cousin chez les Clarétains d’Alagón ; une mission d’un autre prêtre clarétain dans son pays le décida à aller frapper chez eux. Il entra au postulat en 1927, passa à Cervera en 1929, à Vic pour le noviciat en 1931 et fit la profession en 1932.

Durant ses Humanités, il se montra particulièrement enthousiasmé pour les mathématiques. Après la philosophie à Solsona, il vint à Cervera en 1935 pour la théologie : il n’allait y faire qu’une année.

Comme on le raconte pour ses confrères, il dut quitter la maison de Cervera le 21 juillet 1936, rejoignit San Ramón, et deux jours plus tard Mas Claret. C’est là que se termina son voyage de vingt-trois ans sur terre.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Constantino Miguel Moncalvillo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Eusebio de las Heras Izquierdo
1913-1936

Né le 16 décembre 1913 à Gumiel del Mercado (Burgos), il était le fils de Zacarías et Victoria, qui le firent baptiser le 21 décembre et confirmer l’année suivante.

Après l’école du village, il entra au postulat des Pères Clarétains d’Alagón, fit le noviciat à Cervera, où il émit la profession en 1931. Il étudia la philosophie à Solsona et rejoignit Cervera pour les études de théologie. 

Au terme des quatre années de théologie, Eusebio devait être ordonné prêtre ; toutefois, il devait aussi faire le service militaire, qui aurait retardé son ordination. En réalité, il ne fut ni prêtre ni militaire : il fut martyr.

Eusebio avait de bonne qualités ; il avait aussi un don pour l’écriture et publia des articles dans La Fiesta santificada.

Tout cet élan fut tronqué le 21 juillet 1936, quand il fallut évacuer de force la maison de Cervera. Une douzaine des membres de la communauté fut martyrisée à Cervera le 18 octobre, une vingtaine d’autres à Mas Claret le 19 octobre 1936. Eusebio fut de ces derniers.

Martyrisé le 19 octobre 1936 et béatifié en 2017, Eusebio de las Heras Izquierdo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Antonio Elizalde Garbisu
1914-1936

Né le 4 janvier 1914 à Echauri (Navarra), il était le benjamin des huit enfants de Cándido et María, qui le firent baptiser le jour même. L’enfant fut confirmé l’année suivante.

En 1927, il entra au postulat des Pères Clarétains d’Alagón, acheva ensuite ses Humanités à Cervera ; en 1931, il commença le noviciat à Vic et fit la profession en 1932. Après la philosophie à Solsona, il devait faire le théologie à Cervera, où il se rendit en 1935. Vu les circonstances politiques, il se préparait avec autant d’ardeur au sacerdoce qu’au martyre.

On a retenu de lui qu’il avait de bonnes facilités pour la musique.

Il dut abandonner la maison de Cervera avec tous les Confrères, le 21 juillet 1936. Il fut de ceux qui se réfugièrent à San Ramón et rejoignirent Mas Claret. C’est là qu’il fut arrêté et conduit au martyre.

Martyrisé le 19 octobre 1936 et béatifié en 2017, Antonio Elizalde Garbisu sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Emiliano Pascual Abad
1914-1936

Né le 5 décembre 1914 à Milagros (Burgos), aîné des six enfants d’Agapito et Eugenia, il fut baptisé le 10 décembre suivant et confirmé l’année suivante.

En 1927, il entra au postulat des Clarétains d’Alagón, d’où il partit pour Cervera en 1929, pour le noviciat de Vic en 1931 : durant ce voyage ferroviaire, leur wagon se détacha, mais il n’y eut aucun dégât. En 1932, il émit la profession.

Après avoir étudié la philosophie à Solsona, il vint en 1935 à Cervera pour la théologie ; il n’en ferait qu’une année, et ne pourrait recevoir aucun des Ordres sacrés, car il y avait aussi la perspective du service militaire.

Comme on l’a dit déjà, il dut évacuer la maison de Cervera le 21 juillet 1936, rejoindre San Ramón puis Mas Claret, où il fut arrêté et fusillé avec ses dix-huit Compagnons.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Emiliano Pascual Abad sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Ferran Castán Meseguer
1915-1936

Né le 1er avril 1915 à Fonz (Huesca), il était le fils de Francisco et María, qui le firent baptiser le 10 avril suivant et confirmer en octobre. Des cinq enfants de cette famille, trois furent consacrés : Francisco qui fut martyrisé le 15 août 1936 (et béatifié en 1992), Ferran, et une fille qui fut carmélite.

Ferran entra au postulat clarétain de Barbastro en 1928, mais les études n’étaient pas faciles pour lui ; aussi, à Cervera, les continua-t-il mais en tant que Frère convers. Il fit le noviciat à Vic, ainsi que la profession en 1932. Il fut envoyé à Barbastro, puis à Cervera.

Il partagea le sort de toute cette immense communauté. Le 19 juillet 1936, le Comité révolutionnaire faisait évacuer la maison. 

Ceux qui se replièrent sur Mas Claret,  y furent fusillés au soir du 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Ferran Castán Meseguer sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Francisco Simón Pérez
1916-1936

Né le 29 janvier 1916 à Murchante (Navarra), il était le fils de Bernardino et Felicitas, qui le firent baptiser dès le lendemain et confirmer en 1919.

Entré au postulat des Pères Clarétains d’Alagón en 1927, il continua les Humanités à Cervera, passa à Vic pour le noviciat (1931) et fit la profession l’année suivante ; de là, il alla étudier la philosophie à Solsona et en 1935 vint à Cervera pour la théologie.

Le 21 juillet commença la marche vers la Croix avec les Confrères de Cervera : abandon de la maison, refuge à Mas Claret, où les miliciens les firent travailler aux champs, jusqu’au 19 octobre 1936.

A cette date, ils furent exécutés sur place. Francisco avait vingt ans.

Béatifié en 2017, Francisco Simón Pérez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.

Francisco Marco Martínez
1917-1936

Né le 1er février 1917 à Odón (Teruel), il était le quatrième enfant de Tomás et Francisca, qui le firent baptiser le 3 février et confirmer en 1921.

En 1935, à dix-huit ans, il entra au postulat clarétain de Vic, pour se préparer à être Frère convers. Il acheva le noviciat avec la profession le 11 juin 1936. On l’envoya à Cervera.

Un mois plus tard se déchaînait la tourmente révolutionnaire. Le 21 juillet la communauté évacuait la maison de Cervera et se dispersait à droite et à gauche.

Francisco fut de ceux qui, empêchés de gagner Solsona, se replièrent à Mas Claret.

C’est là qu’il fut martyrisé le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Francisco Marco Martínez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Nicolás Campo Giménez
1920-1936

Né le 5 mars 1920 à Salvatierra (Álava), Nicolás était le fils de Nicolás et Romana, qui le firent baptiser deux jours plus tard et confirmer l’année suivante.

En 1934, à quatorze ans, il entra au noviciat clarétain de Vic en vue d’être frère convers : sa préparation culturelle ne lui aurait pas permis de faire davantage d’études.

Il reçut l’habit en 1935 et fit la profession en juin 1936.

Sa première destination fut Cervera : il ne devait y rester qu’un mois. Le 21 juillet arriva le moment d’évacuer la maison. Avec d’autres Confrères, il se réfugia à San Ramón et arriva à Mas Claret le 2 août.

Il travaillait aux champs dans cette grande propriété, et se préparait comme tous les autres à l’heure du martyre.

Mystérieusement, on eut l’idée de prendre une photographie de tout le groupe le 19 octobre ; Nicolás était en train de passer la charrue dans la vigne avec deux juments ; on l’appela.

C’est ensuite que le Comité voulut en finir avec les Religieux ; on les abattit près de la clôture de la propriété.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret, Nicolás avait seize ans et sept mois : c’est actuellement le plus jeune martyr identifié connu de la Guerre civile d’Espagne en 1936.

Béatifié en 2017, Nicolás Campo Giménez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.

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17 octobre 2020 6 17 /10 /octobre /2020 23:00

18 OCTOBRE

 

I.

S Luc, évangéliste, patron des médecins et des peintres, martyr à Patras ; auteur du troisième Evangile et des Actes des Apôtres.

III.

S Asclepiades, évêque à Antioche.

Ste Tryphonia, qu'on a présumé être : épouse de Dèce, mère de ste Cyrilla, et martyre à Rome.

IV.

SS Proculus, Euticius et Acutius, martyrs en Campanie. 

S Just, enfant martyr près de Beauvais.

V.

S Amabilis, prêtre et évangélisateur à Riom ; entre autres miracles, il débarrassa le pays des serpents.

VI.

Ste Gwen, mère de s. Guénolé, en Bretagne.

VII.

S Monon, irlandais, ermite à Nassogne, dont il est le patron.

XVI.

S Juan Garavito (Pedro d'Alcántara), franciscain espagnol, mystique, réformateur de son ordre et un temps directeur de ste Thérèse d'Avila. 

XVII.

S Isaac Jogues, jésuite martyrisé par les Iroquois ; fêté avec d'autres martyrs le 19 octobre.

XVIII.

S Paolo de la Croix, prêtre italien, fondateur avec son inséparable frère Jean-Baptiste de la Congrégation des Passionnistes, dont la règle ne sera approuvée qu'après qu'il l'eût adoucie ; fêté le 19 octobre.

XX.

Bx Daudi Okello (*1902) et Jildo Irwa (*1906), catéchistes ougandais, martyrs en 1918, béatifiés en 2002.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2013 :

Fr.Maristes : près de Málaga, Abilio Villareal Abaza (Roque, *1885) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Alfredo Almunia López-Teruel et José Gomez de Haro (*1859 et 1899) ;

Clarétains : à Cervera, les prêtres Heraclio Matute Tobías, Lluís Jové Pach, Joan Buxó Font, José Serrano Pastor (*1867, 1872, 1879, 1899) ;  les clercs Josep Ausellé Rigau, Evarist Bueria Biosca et Manuel Solé Vallespì (*1913) et José Loncán Campodarve (*1915) ; les convers Bonaventura Reixach Vilarò, Miquel de los Santos Rovira Font, Francesc Canals Pascual, Josep Ros Nadal (*1860, 1863, 1891, 1899) ;

Laïques : à Cartagena, Isidro Juan Martínez, Francisco Roselló Hernández (*1899, 1907).

Luc, évangéliste
1er siècle

Luc était né à Antioche et se convertit très tôt grâce à l’annonce des Apôtres.
Saint Paul le prend comme compagnon de mission, et Luc l’accompagnera jusqu’à Rome. Après le martyre de Paul, l’Ecriture ne dit rien de Luc.
La Tradition rapporte que Luc fut successivement en Grèce, où il aurait évangélisé à Patras et à Thèbes. Il aurait même été évêque dans cette ville. Il serait peut-être mort martyr à Patras, comme saint André.
C’est en tout cas dans ces régions que Luc, fort cultivé, écrivit en grec le troisième évangile, ainsi que les Actes des Apôtres.
Luc s’attache à montrer la miséricorde divine. C’est lui qui nous présente la parabole du Fils prodigue (Lc 15:11-31), lui aussi qui raconte la conversion du Bon Larron, à qui Jésus promet qu’il serait «dès aujourd’hui» avec lui en Paradis (Lc 23:43).
Luc, qui précise qu’il s’est «soigneusement informé» (Lc 1:3), aura certainement approché la Mère de Jésus pour lui demander des informations, des descriptions. Luc est l’auteur marial qui nous présente les scènes de l’Annonciation à Marie, de la Visitation à Elisabeth, et aussi du magistral éloge que Jésus fait de sa Mère, quand il répond : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l’observent (Lc 11:28), comme Il l’avait déjà dit plus tôt : Ma Mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique ! (Lc 8:21).
Luc était médecin, et comme tel sait donner des détails «physiologiques» sur les maladies, sur les souffrances du Christ (la sueur de sang au Jardin des Oliviers, 23:44).
Egalement peintre, Luc est dit avoir peint des portraits de Marie, des icônes entourées d’une solennelle vénération dans certains sanctuaires, comme à Sainte-Marie-Majeure à Rome.
C’est ainsi que l’évangéliste Luc se trouve être le patron des médecins, comme les saints Côme et Damien, ainsi que des peintres.
Saint Luc est commémoré le 18 octobre au Martyrologe, et fêté ce jour-là.


Asclepiades d’Antioche
† 218

En comptant s.Pierre, qui gouverna l’Eglise d’Antioche avant de partir pour Rome, Asclepiades fut le dixième évêque d’Antioche de Syrie, apparemment de 211 à 218.
A propos de lui, l’évêque de Jérusalem Alexandre, qui était prisonnier durant la persécution, écrivit aux Chrétiens d’Antioche : 
Le Seigneur a rendu mes liens supporables et légers lorsque j’ai appris dans ma prison qu’Asclépiade, si sympathique à cause du mérite de sa foi, avait selon la divine Providence reçu la charge de votre sainte Eglise d’Antioche.
Il semble bien qu’il mourut martyr.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Asclepiades d’Antioche au 18 octobre.


Proculus, Euticius et Acutius de Pouzzoles
† 305

Dans la notice de s.Ianuarius (Janvier, v. 19 septembre), il a été question de Proculus, Euticius (Eutychès) et Acutius.
On pourra s’y reporter.
La critique historique a aujourd’hui dissocié ces Compagnons.
Voici donc Proculus, diacre, Euticius et Acutius, martyrisés peu après l’évêque Ianuarius, à Pouzzoles, vers 305.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Proculus, Euticius et Acutius de Pouzzoles au 18 octobre.


Amabilis de Riom
† 475

Amabilis - quel honneur de porter un nom si aimable - naquit à Riom (auj. en Puy-de-Dôme).
Dès sa jeunesse, il se fit remarquer par sa piété, et fut ordonné prêtre.
Il était chantre à l’Eglise de Clermont, et parcourait la région de Riom, prêchant et faisant des miracles.
Il débarrassa le pays des serpents.
S.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) témoigne avoir assisté lui-même à la guérison d’un possédé, par la prière d’Amabilis. Le même auteur raconte la conversion d’un parjure qui, terrorisé en se sentant devenir raide comme du fer, avait avoué son crime. 
Le duc Victurius, gouverneur d’Auvergne entre 474 et 485, négligea de prier au tombeau du saint, mais son cheval devint inerte comme s’il était en airain et avait été fixé au sol ; il ne put partir qu’après une fervente prière. 
L’épisode précédent nous aide aussi à confirmer au moins approximativement qu’Amabilis fut prêtre avant 485.
Amabilis fit aussi le pèlerinage à Rome, pour en rapporter des reliques de Saints. On ajoute qu’en route, il accrocha son manteau à un rayon de soleil… mais on ne précise pas si la région s’est trouvée obscurcie par cette ombre inhabituelle.
Amabilis annonça sa mort et mourut, vers 475. L’église qui abritait ses reliques fut détruite en 1750. La châsse qui contenait ses reliques fut fondue à la Révolution (mais les reliques furent sauvées).
Le Martyrologe Romain mentionne saint Amabilis de Riom au 18 octobre.


 

Juan Garavito (Pedro de Alcántara)

1499-1562

 

De son vrai nom, Juan de Garavito y Vilela de Sanabria, Pedro naquit en 1499 à Alcántara, en Estrémadoure, près du Portugal. Son père était gouverneur et mourut quand Pedro avait quatorze ans ; sa mère se remaria.

Juan fut tellement effacé, qu’on ne le connut plus tard que par son nom de religion, qui sera Pedro (Pierre).

Juan étudia d’abord à Alcántara, puis à Salamanque.

Entré à Los Majarretes dans l'Ordre de Saint-François (1515), où il prit donc le nom de Pedro, il montra, pendant son noviciat, une modestie surprenante. Sa vertu extraordinaire l'éleva aux charges de l'Ordre dès ses premières années de vie religieuse : il fut supérieur d’un petit couvent à Badajoz dès 1519 ; mais l'humble supérieur se faisait, à toute occasion, le serviteur de ses frères et le dernier de tous.

Il reçut le sacerdoce en 1524.

Il eut à faire un séjour à la cour du Portugal, où il convertit beaucoup de seigneurs et la propre sœur du roi.

En 1538 il fut élu provincial de la province Saint-Gabriel.

En 1542, il voulut se retirer dans un désert à l’embouchure du Tage, où se fondait un couvent d’ermites, mais il en fut rappelé en 1544 et fonda en 1550 près de Lisbonne le premier couvent d’une nouvelle province.

Dieu lui inspira de travailler à la réforme de son Ordre, et il y établit une branche nouvelle, pas toujours unanimement reconnue par les autres franciscains, mais qui se fit remarquer par sa ferveur et fut approuvée par le pape.

Pedro se fixa enfin à Arenas (aujourd’hui Arenas de San Pedro, près de Ávila), où il fonda un nouveau couvent pour sa réforme, non loin d’un joli petit ermitage.

Pedro fut un «spécialiste» de la mortification. Ce qu’on en sait vient de certaines «confidences» à sainte Thérèse d’Ávila, qui a pu aussi s’en rendre compte personnellement.

Ainsi, dans un pays de montagnes, couvert de neige, en plein hiver, il avait trouvé un singulier secret contre le froid : il ôtait son manteau, ouvrait la porte et la fenêtre de sa cellule ; puis, après un certain temps, reprenait son manteau et refermait porte et fenêtre, ressentant alors une impression de réchauffement qui lui suffisait. Dans ses voyages, Pedro ne marchait que pieds nus et la tête découverte : la tête découverte, pour vénérer la présence de Dieu ; pieds nus, afin de ne jamais manquer l'occasion de se mortifier.

Sa mortification s'accroissait chaque jour au point qu'il ne se servait plus de ses sens et de ses facultés que pour se faire souffrir. il ne mangeait qu'une fois tous les trois jours, se contentant de mauvais pain et d'eau ; parfois il demeurait huit jours sans manger. Il passa quarante ans sans donner au sommeil chaque nuit plus d'une heure et demie, encore prenait-il ce sommeil assis dans une position incommode ; il avoua que cette mortification avait été plus terrible pour lui que les cilices de métal, les disciplines et les chaînes de fer.

Il ne levait pas les yeux ; il semblait même presque aveugle, se contentant de chercher les objets avec ses mains, sans les regarder. Jamais il ne regardait une femme. Il lavait lui-même ses pauvres nippes et les remettait avant qu’elles fussent séchées.

Sa prédication produisit les plus merveilleux effets ; sa vue seule faisait couler les larmes et convertissait les pécheurs : c'était, selon la parole de sainte Thérèse, la mortification personnifiée qui prêchait par sa bouche.

La seule pensée du Saint-Sacrement et des mystères d'amour du Sauveur le faisait entrer en extase. Il restait parfois une heure en extase les bras en croix ; il célébrait la messe avec les larmes, et fut plusieurs fois porté en lévitation.

Saint Pedro fit de nombreux miracles. Il aurait traversé plusieurs fois des rivières à pied sec.

Aux derniers instants, sur son lit de mort, un frère voulait lui remonter la couverture : il s’y opposa. Il voulut être enterré avec les plus vieux vêtements du couvent, qui se trouvèrent être les siens. Pour recevoir le viatique, il se mit tout seul à genoux. Il mourut paisiblement, et retrouva alors un teint jeune, souple et vermeil. C’était à Arenas de San Pedro, le 18 octobre 1562.

Apparaissant à sainte Thérèse après sa mort, il lui dit : « Ô bienheureuse pénitence, qui m'a valu tant de gloire ! »

Saint Pedro d’Alcántara fut béatifié en 1622, et canonisé en 1669.

 

 

Isaac Jogues

1607-1646

 

Isaac naquit le 10 janvier 1607 à Orléans (Loiret), cinquième des neuf enfants de Laurent et Françoise de Saint-Mesmin, d’importants marchands. Son père était veuf après un bref premier mariage, dont étaient nées deux filles, et s’était remarié : naquirent ainsi les six garçons et une dernière fille.

Isaac reçut son éducation à la maison, ainsi que sa piété. Son caractère vif lui méritait quelque fois des sanctions «vigoureuses», mais le garçon pleinement repenti et humblement docile savait baiser la main et la verge qui le punissaient. C’était un excellent sportif.

En 1617, il entra au nouveau collège des Jésuites d’Orléans, où il apprit à tourner des vers aussi bien en français qu’en latin. Son père mourut avant la fin de ses études.

On venait de canoniser le Jésuite François-Xavier (voir au 3 décembre), et Isaac annonça tout de go à sa mère qu’il voulait entrer chez les Jésuites.

Il entra au noviciat de Rouen en 1624, fit les vœux en 1626 et la philosophie à La Flèche.

En 1630, il fut chargé d’une classe de cinquième à Rouen, et partit à Paris pour la théologie, au Collège de Clermont.

Le Canada ayant été repris au Anglais ces années-là, son évangélisation en fut confiée aux Jésuites. Isaac fut donc ordonné prêtre début 1636, pour pouvoir embarquer durant le printemps. Il célébra sa première Messe à Orléans. Le départ eut lieu le 6 avril, on arriva au Canada le 2 juin.

Dès le 21 juillet 1636, il fut envoyé à Trois-Rivières, chez les Algonquins. Arrivèrent des Hurons pour vendre leurs fourrures, et qui demandèrent une robe-noire (la couleur de la soutane des prêtres) ; Isaac les suivit, avec un jeune Français de onze ans, pour y apprendre la langue.

Le père Isaac reçut le nom huron de Ondessonk (oiseau de proie, peut-être à cause de son profil, de son nez particulièrement). A l’arrivée, il fut accueilli par le père Jean de Brébeuf (voir au 16 mars) qui, lui, s’appelait Echon (mon cousin).

L’accoutumance aux usages hurons fut évidemment pénible, dans une tribu où tout était si sale, mais le plus dur fut l’apprentissage de la langue. On s’en rendra compte si l’on comprend que le seul Signe de la Croix dut être ainsi traduit : Au nom de notre Père, de son Fils et de leur Esprit-Saint. Isaac réussit à parler assez bien au bout d’une année.

Le plus dangereux était qu’à la moindre alerte, ou épidémie, ou sécheresse, les sorciers accusaient les Robes-Noires, sur la tête desquelles pendait constamment une épée de Damoclès.

Quelques baptêmes furent administrés à la Noël 1638 ; en 1641, il n’y en avait qu’une soixantaine. Des conversions et des baptêmes s’ajoutèrent. Le père Jogues en était heureux, mais presque inquiet, lui qui avait désiré le martyre. Or, il entendit un jour une voix lui dire : Ta prière est exaucée. Qu’il soit fait selon ta demande : prends courage, sois vaillant ! L’épreuve allait commencer pour de bon.

Ce qui est remarquable dans toute la période qui va suivre, ce sont les multiples occasions où le père Jogues se trouva comme devant la mort, devant le martyre, qui cependant s’écartèrent de lui mystérieusement à chaque fois. 

L’été 1643, le père Jogues fut envoyé à Québec, à un moment où les Hurons et les Iroquois étaient en guerre. Il en revint avec un nouveau venu laïc, René Goupil. Sur le chemin du retour, ils furent attaqués par des Iroquois, de la tribu des Mohawks, les plus féroces, et armés par les Hollandais protestants. Le père Jogues put se cacher dans les roseaux, mais alla se livrer aux Iroquois pour rester avec ses amis, Hurons ou Français, faits prisonniers. Il baptisa quelques catéchumènes. En cette occasion, il fut copieusement rossé, on lui arracha des ongles avec les dents, puis des phalanges. Evanoui, Isaac fut réveillé par des brûlures aux bras et aux cuisses ; on lui grilla un doigt ; un de ses amis, huron, eut les pouces coupés et un poinçon de bois enfoncé jusqu’au coude.

A la halte suivante, autres barbaries ; on arracha au père Jogues les deux derniers ongles qui lui restaient. On obligea une chrétienne algonquine à tailler le pouce gauche du père ; les Iroquois cautérisèrent ses plaies avec des tisons, ainsi qu’à Goupil. Puis on les lia dans des huttes, où les enfants s’amusaient à leur jeter des charbons rouges, et tout cela pendant trois jours, du 14 au 17 août, quand l’Eglise fête l’Assomption de Marie.

Le 21, les Iroquois annoncèrent d’abord aux prisonniers qu’ils mourraient sur le bûcher ; mais seuls trois furent immolés, les Hurons ; les autres furent retenus prisonniers, par crainte des représailles de la part des Français.

L’esclavage fut cependant une honte pour les Iroquois eux-mêmes, car les malheureux prisonniers ne pouvaient pas même se servir de leurs mains pour manger.

Finalement, les Iroquois se divisèrent sur le sort à leur donner. Goupil, qui avait osé montrer à un enfant comment faire le Signe de Croix, fut traitreusement abattu, le 29 septembre 1643.

Le père Jogues se trouvait bien seul. Il eut une vision qui lui faisait comprendre que son martyre devait encore être préparé. Il eut des moments de grand désarroi, mais une voix intérieure le réconforta.

L’hiver suivant, on rappela le père Jogues (Ondessonk) à l’autre campement iroquois, Ossernenon, pour y être utile, entre autres à soigner un vieillard couvert d’ulcères, celui-là même qui avait battu le père et lui avait arraché deux ongles. Jogues le soigna comme son père ; sa bonté finit par avoir raison de la méchanceté des Iroquois : on l’admit à des réunions, on le fit parler, il expliqua ce qu’il savait du soleil, de la lune, des étoiles, et peu à peu aussi du Créateur. Il put donner le baptême à des mourants, à des malades, à quelques adultes.

Au printemps 1643, Ondessonk échappa encore une fois à une mort violente, programmée pour le Vendredi Saint. Puis une autre tractation faillit bien tourner au drame, car le père Jogues fut quasi assommé à terre, et ne se remit que par l’intervention de la fille de son «propriétaire».

Cette dernière l’emmena avec elle quand elle alla troquer ses fourrures aux Hollandais. Ces derniers tentèrent une fois de plus de racheter le prêtre. Jogues profita de cette halte pour écrire des lettres, comme il put, avec ses restes de doigts, pour avertir les autres Pères Jésuites. On le croyait déjà mort depuis longtemps !

En juillet 1643, il eut la possibilité de rejoindre un bateau hollandais, de gagner l’île de Manhattan (l’actuelle New-York) et de passer en Europe : en Angleterre (où les Jésuites étaient persécutés) puis en France, où il accosta, le 24 décembre, à Saint-Pol-de-Léon. Le 4 janvier 1644, il se présenta au collège des Jésuites et se fit reconnaître, non sans émotion !

Les Supérieurs le contraignirent à aller d’abord à Orléans, revoir sa chère maman. Il fut ensuite reçu par la reine Anne d’Autriche et Mazarin et obtint l’envoi d’une nouvelle garnison de soldats pour protéger les Français au Canada.

Puis il obtint une dispense, car à l’époque, ses mains mutilées ne lui permettaient pas de célébrer. La dispense arriva sans difficulté et le père put célébrer. Il repartit à Orléans et put donner la communion à sa chère mère - pour la dernière fois…

En avril 1644, le père Jogues gagna La Rochelle et rejoignit le Canada. Là, il fit office d’ambassadeur pour aller au-devant des Iroquois, toujours en guerre, pour les convaincre de faire la paix. Un accord officiel se fit en septembre 1645, complété solennellement en juin 1646. 

Mais les Iroquois n’étaient pas unanimes : certaines tribus restaient belliqueuses. Jogues chercha à désolidariser les tribus, de sorte que les pacifiques n’auraient pas appuyé les belliqueuses. Il repartit en ambassadeur, accompagné cette fois-ci d’un jeune homme, Jean de la Lande, mais les Iroquois ne tinrent pas parole.

Partis en septembre 1646, Isaac et Jean furent pris dans une ambuscade, tendue par des Iroquois révoltés contre les Robes-Noires, rendues responsables d’une nouvelle épidémie.

Le 17 octobre, on leur annonça qu’ils mourraient le lendemain. Certains cependant les assuraient qu’ils les protégeraient. Le 18 au matin, il semblait que la situation s’était calmée ; les prisonniers demeuraient seulement des otages. Le soir, le père Jogues fut traitreusement invité au souper dans une des cases du village : à peine entré, il reçut deux coups de tomahawk et tomba mort. On le scalpa, on lui trancha la tête, qui fut exposée sur une pique de la palissade.

Le jeune Jean de la Lande voulut, la nuit suivante, retrouver et enterrer décemment le corps du prêtre : il fut immédiatement abattu et traité comme le prêtre.

La nouvelle de la mort des deux Martyrs ne parvint aux Jésuites qu’au printemps suivant, par un Huron échappé des Iroquois, puis par l’assassin lui-même, qui reconnut son crime, se convertit et reçut le baptême avant de mourir. 

Quelques temps après, les Iroquois furent définitivement vaincus, et se convertirent plus facilement. Une de leurs fleurs fut Kateri Tekakwitha, maintenant canonisée (voir au 17 avril).

Les deux Martyrs, Isaac Jogues et Jean de la Lande, furent béatifiés en 1925, avec leurs amis Antoine Daniel, Jean de Brébeuf, Gabriel Lallemant, Charles Garnier, Noël Chabanel, René Goupil, par l’intercession desquels furent guéris ensemble huit malades d’un hôpital américain, ce qui aboutit à leur canonisation en 1930.

Ces huit Martyrs sont commémorés et fêtés au 19 octobre, le 18 (jour de la mort de Isaac Jogues) étant la fête de l’évangéliste saint Luc.

Paolo Francesco Danei

1694-1775

 

La vie de ce saint Fondateur est vraiment extraordinaire.

Paolo vit le jour le 3 janvier 1694 à Ovada (Piémont, Italie Nord-Ouest), de très pieux parents Luca et Anna Maria Massari, qui le firent baptiser le 6 janvier suivant. Luca avait été veuf en 1690, sans enfant ; il tenait une petite boutique.

Luca et Anne Maria étaient aussi humbles que pieux. Leurs lectures favorites étaient les vies des Saints. De ce mariage naquirent seize enfants. Juste avant Paolo, était née une petite fille qui mourut à trois jours. Un des jeunes frères de Paolo fut Giovanni Battista (ou Gian Battista), qui fut intimement lié à son aîné d’une sainte amitié jusqu’à la fin de leur vie.

Paolo, qui avait une mémoire remarquable, fréquenta l’école paroissiale à Cremolino, tenue par un religieux carme. Dès ses jeunes années, Paolo s’intéressa beaucoup aux leçons de catéchisme ; il priait beaucoup, assistait chaque jour à la Messe… Il semble qu’il ait reçu de nombreuses visions du Christ souffrant et qu’il se soit très vite habitué à s’imposer de dures mortifications, en souvenir de la passion du Christ.

Il y eut en 1713 un événement particulier (une vision, une inspiration ?) qui fut déterminante pour l’avenir de Paolo. Il conçut un tel mépris de sa personne, de ses moindres défauts, qu’il résolut d’être entièrement à Dieu. Cette grâce toute spéciale fut suivie d’une période de dur combat contre mille attaques de l’esprit malin qui cherchait à l’entraîner dans le doute. Mais sa prière et sa fidélité intérieure eurent le dessus.

Lorsque le pape appela les Chrétiens à s’unir pour combattre l’Islam menaçant, Paolo s’enrôla,  et passa par diverses villes (Crema, Parma, Ferrare, Alba et Novello, Tortona), mais très vite il comprit que Dieu l’appelait à d’autres «combats», il quitta l’armée et revint chez les siens à Castellazzo.

Il fut reçu à Novello par un couple âgé, riche et sans enfants, qui voulaient faire de lui leur héritier : il refusa.

Paolo fit partie de la confraternité de Saint Antoine Abbé (voir au 17 janvier), et même en devint le prieur. Il passait presque tout son temps dans l’église, au point qu’on disait : Si vous cherchez Paolo, allez voir à l’église. Sa nuit de prédilection était celle du Jeudi au Vendredi Saints, qu’il passait en union profonde avec le Christ à l’agonie. Il fut tellement frappé par l’expression Le Christ s’est fait pour nous obéissant jusqu’à la mort (cf. Ph 2:8), qu’il fit le vœu d’obéissance, et se soumit totalement à la volonté de tous. Il se confessait souvent et communiait trois fois par semaine, disant : Le Seigneur m’a donné faim de deux choses : la communion et la souffrance.

Paolo se mortifiait durement, il se flagellait, couchait sur la dure, jeûnait ; à ces souffrances s’ajoutèrent les sévérités, quelquefois très exagérées du curé, son confesseur, qui l’humiliait exprès pour éprouver sa soumission : un jour que, pour l’éprouver, le curé lui commanda d’entrer chez des gens qui étaient en train de faire la fête et de danser, à peine Paolo s’était-il dirigé vers la porte, que toutes les cordes des instruments se cassèrent, interrompant la fête. Dès lors, le prêtre n’eut plus de doute sur la sainteté de Paolo.

Un oncle prêtre de Paolo chercha à lui organiser un bon mariage, grâce auquel Paolo aurait pu aider sa famille ; ce dernier obéit, alla au rendez-vous, mais resta les yeux baissés, de sorte que rien ne put se conclure ; puis le prêtre mourut, lui laissant tout son héritage : Paolo s’en «débarrassa» en le remettant à sa famille et ne garda que le bréviaire du prêtre.

Il se mit au service de la paroisse, pour enseigner aux enfants. Peu à peu se forma une petite association de jeunes animés d’un même amour de la solitude et de la piété, dont beaucoup entrèrent dans les Ordres. Puis Paolo s’occupa des malades, et surtout des malades dans l’âme. Il eut le don de la lecture des âmes, et invita les pécheurs à se convertir, à se confesser. Par deux fois, des pécheurs refusèrent de suivre son conseil, et moururent bientôt ; le bruit s’en répandit.

Paolo eut un jour une cruelle vision de l’enfer, et fut pris d’un profond désir de sauver les âmes, par la méditation de la Passion et la prédication. Il eut fréquemment de telles visions célestes.

En 1720, comme il l’écrivit, il eut l’inspiration de fonder un institut ; la Sainte Vierge lui apparut vêtue d’un habit noir avec une croix blanche, et l’expression Iesu Xri Passio (Passion de Jésus-Christ) sur la poitrine, ce qui sera l’habit des Passionistes par la suite. La même Sainte Vierge lui demanda de fonder cet institut nouveau. Paolo se consacra totalement à Dieu le vendredi 22 novembre, lendemain de la fête de la Présentation de Marie au Temple, puis alla se prosterner devant toute sa famille pour en prendre congé définitivement. L’évêque remit ensuite à Paolo cet habit précieux.

L’hiver suivant, Paolo vécut dans une petite cellule près de l’église de Castellazzo, dans de grandes mortifications, et où il écrivit sa Règle, d’après ce qu’il avait vu en vision. L’évêque l’approuva ; Paolo commença à prêcher dans les rues. Son succès - et ses miracles -, décidèrent le saint évêque à l’autoriser à prêcher dans l’église même.  

Paolo fit un premier voyage à Rome pour obtenir la bénédiction papale ; non seulement on refusa de le recevoir, mais il fut copieusement insulté tout au long de son voyage, ce qui n’arrêta pas un instant sa détermination.

C’est sur une inspiration céleste qu’avec son frère Gian Battista, qui avait reçu à son tour le même habit que lui, et désirait partager la même vie, ils allèrent s’installer sur le Monte Argentario, une petite île au large de la Toscane. Ils s’y définirent comme des Pauvres de Jésus, priaient, allaient à l’église le dimanche et y prêchaient.

L’évêque de Gaeta leur confia un très ancien ermitage dédié à Marie, puis les invita à prêcher dans la cathédrale, ainsi qu’aux séminaristes qui se préparaient à recevoir la prêtrise. 

Pour Pâques 1724, ils allèrent à Naples et assistèrent au Miracle de saint Gennaro (voir au 19 septembre) ; c’est alors que l’évêque de Troia (près de Naples), entendit parler d’eux et les invita : ils y allèrent en passant par le sanctuaire de Saint Michel au Monte Gargano ; l’Archange, par la suite, lui apparut plusieurs fois, et devint un des principaux protecteurs des Passionistes. 

L’évêque de Troia, quant à lui, les reçut paternellement et les aida : il rédigea pour eux plusieurs lettres de recommandation à présenter à Rome, pour obtenir la bénédiction du pape, en même temps qu’ils auraient gagné l’indulgence de l’Année Sainte (1725).

Cette fois-ci, ils furent admis à l’audience papale ; le pape fut immédiatement convaincu et leur accorda de vive voix son approbation.

Paolo et son frère s’installèrent dans l’ermitage de Gaète, qu’ils appelèrent Ritiro (Retraite). Paolo devint célèbre pour ses prophéties. Pour fuir cette célébrité et les dérangements, ils allèrent s’installer encore plus loin et plus haut, au sanctuaire de Notre-Dame de la Cité. Puis ils retournèrent à Rome, où on leur confia le nouvel hôpital San Gallicano.

Deux ans après, ils furent ordonnés prêtres par le pape. On imaginera facilement avec quels transports Paolo et son frère offrirent désormais le Sacrifice du Christ. Paolo en eut de nouvelles visions, sur le Ciel, sur la Trinité.

La Providence fit que les deux frères tombèrent malades : ils furent dispensés de leur responsabilité dans l’hôpital et Paolo fut intimement prévenu de regagner le Monte Argentario. La communauté naissante comporta bientôt sept membres, parmi lesquels un autre frère de Paolo et Gian Battista, Antonio. Malheureusement, seuls les trois frères persévérèrent, les autres quittèrent l’ermitage.

En 1730, ils furent appelés à prêcher à Talamone ; leur succès arriva aux oreilles du pape, qui les établit Missionnaires

Paolo eut la révélation qu’il devait ensuite installer son ermitage à Orbetello. Le démon y suscita tant de difficultés - jusqu’à la menace de la destruction de tout l’édifice - que l’Archange Michel intervint lui-même pour mettre en déroute l’ennemi. La nouvelle église fut consacrée le 14 septembre 1737.

Dans une mémorable nouvelle vision céleste, Paolo reçut à son doigt un précieux anneau, en signe d’union mystique avec Marie et son Divin Fils.

En 1741, la Règle fut définitivement approuvée par le Pape, qui y avait suggéré quelques modifications. Les Religieux firent alors leur consécration solennelle. Paolo prit le nom de Paolo de la Croix.

La nouvelle famille religieuse avait pour idéal la dévotion à la Croix, la méditation et l’enseignement du message de la Passion du Christ. A cela s’ajouta la particulière dévotion de Paolo pour la conversion de l’Angleterre. C’est de cette époque que l’on s’habitua à appeler ces Religieux non plus Missionnaires mais Passionistes.

En 1742 leur fut donné à Vetralla (Viterbo, Latium) un ancien couvent bénédictin, dédié à saint Michel ; en 1743, on leur confia un sanctuaire abandonné à Soriano, dédié au martyr saint Eutizio et à la martyre sainte Corona. Il y eut ensuite d’autres fondations à Ceccano, Tuscania, Falvaterra, Terracina, Paliano, Monte Cavo.

Il y eut un chapitre en 1747 sur le Monte Argentario, et Paolo - contre son gré - fut élu supérieur général à l’unanimité, et le resta jusqu’à sa mort.

Il serait encore beaucoup trop long de rapporter tant de faits admirables de cette vie de Paolo de la Croix. La Règle fut à nouveau solennellement approuvée par le Saint-Siège ; d’autres missions, mais aussi d’autres épreuves marquèrent le chemin de Paolo, avec heureusement d’autres consolations, des recrues, des interventions célestes, des miracles, des signes extraordinaires (bilocation, prophéties, conversions…)

En 1771, Paolo fonda la branche féminine des Passionistes.

En 1773, le pape confia aux Passionistes la maison et l’église romaines des Saints-Jean-et-Paul, deux frères martyrs (voir au 26 juin), en considération de la précieuse amitié des deux frères, Paolo et Giovan Battista. Paolo avait prophétisé ce don, trente ans plus tôt.

Paolo vécut ses dernières années dans cette maison. Il y reçut encore beaucoup de gens. Une fois, il parla du nouveau pape (Pie VI) et prophétisa qu’il devrait souffrir beaucoup (on sait comment ce pape fut maltraité par Napoléon).

Le 15 juin 1775, Paolo célébra pour la Fête-Dieu ; ce fut sa dernière Messe. Il déclina de plus en plus, ne pouvant presque plus rien prendre. Il priait le rosaire chaque jour.

Le 30 août, il reçut le Viatique. Le 18 octobre 1775, après une dernière vision céleste, il s’endormit dans la plus grande paix.

Les deux miracles retenus pour la béatification furent : en 1816, la guérison instantanée d’un enfant malade de tuberculose et, en 1844, celle d’une jeune fille atteinte d’un cancer à la poitrine.

Béatifié en 1853, canonisé en 1867, saint Paolo de la Croix est fêté liturgiquement le 19 octobre, car son dies natalis, le 18 octobre, tombe le jour de la fête de saint Luc évangéliste.

 

 

Daudi Okello

1902 env.-1918

Jildo Irwa

1906 env.-1918

 

Okello était né vers 1902. Ses parents s’appelaient Lodi et Amona, de la tribu de Ongon Payira (Ouganda).

Irwa était né vers 1906. Ses parents s’appelaient Tongpfur Okeny et Atoo, de Labongo Bar, tribu de Kitoba, province de Acholi (Ouganda). Okeny devint plus tard chrétien, et reçut le nom de Daniele (sans doute en souvenir du père Daniele Comboni, voir au 10 octobre). 

En juin 1916, les jeunes garçons furent baptisés et confirmés. Okello reçut le nom de Daudi (David), Irwa celui de Jildo (abréviation de Erménégilde).

Le baptême eut lieu le 1 (ou le 6) juin, grâce au missionnaire combonien Cesare Gambaretto, qui appartenait à la mission catholique de Kitgum, récemment fondée. Le parrain de Okello fut Firmino Mugenyi, de Masindi. Juste après le baptême, les deux jeunes reçurent leur Première Communion.

La confirmation leur fut conférée le 15 octobre suivant.

C’étaient deux garçons fidèles, attachés à l’Evangile et à Jésus-Christ, dont ils parlaient avec ferveur à leurs compagnons. Après une formation adéquate, Daudi devint catéchiste.

Au début de 1917, le catéchiste de Paimol, Antonio, mourut. Daudi se proposa immédiatement pour le remplacer. Spontanément Jildo s’offrit pour accompagner Daudi dans la prédication de la Parole de Dieu à Paimol. 

Il fallait faire les quatre-vingt kilomètres de Kitgum à Paimol, et le frère Cesare avertit Daudi du danger que cela pouvait présenter, car il y avait de fréquents épisodes de luttes entre gangs, pour le trafic d’esclaves ou d’or. A tout cela, Daudi répondit courageusement qu’il n’était pas effrayé de mourir, car Jésus aussi était mort pour nous.

C’est ainsi qu’avec le bénédiction du fr. Cesare, le premier catéchiste en charge, Boniface, accompagna en novembre-décembre 1917 les deux amis Daudi et Jildo jusqu’à Paimol, où Daudi commença immédiatement à rassembler les enfants qui voulaient recevoir l’instruction religieuse.

Daudi a été décrit comme un jeune homme pacifique, modeste, assidu dans ses obligations de catéchiste et jouissant d’une estime unanime de la part de tous.

Du jeune Jildo, le frère Cesare écrivit que Jildo était beaucoup plus jeune que Daudi. Il était de nature vive et aimable, comme tous les jeunes de Acholi, très intelligent, et à l’occasion servait de secrétaire au vice-chef Ogal. Il aidait beaucoup Daudi dans le rassemblement des enfants, grâce à sa façon gentille et enfantine d’insister pour les faire venir. Il savait leur faire faire des jeux amusants, dans des rencontres assez tapageuses et joyeuses. Il venait de recevoir le baptême, dont il conserva la grâce dans son cœur et le laissait clairement apercevoir dans son gracieux comportement.

Là, tout le monde l’aimait, car il était toujours disponible, et exemplaire dans ses obligations de catéchiste assistant.

Dès le matin, Daudi donnait du tambour pour appeler ses catéchumènes à la prière du matin, ainsi que pour le rosaire, qu’il priait avec Jildo. Puis il leur répétait les prières, les questions et réponses du catéchisme avec une petite mélodie mnémotechnique pour mieux retenir la leçon. Cette façon de faire s’appelait Lok-odiku (paroles du matin), la partie le plus importante de la catéchèse. A cette activité, Daudi ajouta bientôt celle d’aller visiter dans les environs les parents de leurs “élèves”, les aidant dans leurs travaux de soin du bétail ou des champs.

Le soir, Daudi donnait le signal de la prière commune et du chapelet, qui s’achevait toujours par un chant à Notre-Dame. Le dimanche, il tenait un long office, avec la vive participation des catéchumènes et des catéchistes de tout l’endroit.

Jamais Daudi ne se mêla à quelque différend d’ordre tribal ou politique, comme cela arrivait fréquemment alors, car la soumission au gouvernement britannique donnait souvent lieu à des mouvements d’intolérance. C’est ainsi qu’une malheureuse décision du district local aboutit à une sérieuse tension. Des partisans, des voleurs, des éléments musulmans profitèrent de la situation pour s’opposer ouvertement à l’activité de Daudi.

Au matin de leur martyre, Jildo répondit à Daudi, qui l’avertissait sur leur possible mort violente : Et pourquoi devrions-nous avoir peur ? Nous n’avons rien fait de mal à personne, nous ne sommes ici que parce que le frère Cesare nous a envoyés pour enseigner la Parole de Dieu. N’aie pas peur !

Le dimanche 18 octobre 1918, très tôt le matin, cinq hommes se retrouvèrent autour de la hutte où étaient Daudi et Jildo, avec la claire intention de les tuer. Un ancien vint déclarer aux arrivants qu’ils n’avaient pas le droit de tuer les catéchistes, car ceux-ci étaient leurs invités. Daudi se présenta sur le seuil de sa hutte et supplia cet ancien de ne pas se mêler de la situation. Puis les hommes entrèrent dans la hutte de Daudi en lui demandant explicitement de cesser de catéchiser. Daudi ne cédait pas à leurs demandes, de sorte qu’ils le tirèrent dehors, le jetèrent à terre et le transpercèrent de leurs lances.

Jildo répéta alors à ces assassins ce qu’il avait dit avant à Daudi : Nous n’avons rien fait de mal, dit-il avec des larmes. Pour la même raison que vous avez tué Daudi, vous devez aussi me tuer, parce que nous sommes venus ici ensemble, et ensemble nous avons enseigné la Parole de Dieu. Alors l’un d’eux l’empoigna, le jeta en-dehors de la hutte et, le mettant à deux pas de distance, le transperça de sa lance. Puis un des assassins détacha la tête de Jildo avec un couteau.

Daudi avait entre seize et dix-huit ans. Jildo, entre douze et quatorze ans.

Le corps de Daudi resta ainsi sans sépulture quelques jours, puis quelques personnes lui attachèrent une corde autour du cou et le tirèrent vers un nid de fourmis vide. Plus tard, en 1926, les restes de Daudi furent placés au pied de l’autel du Sacré-Cœur à la mission de Kitgum. 

Ce qu’on dit ici des restes de Daudi vaut peut-être aussi pour ceux de Jildo.

Béatifiés en 2002, Daudi et Jildo sont les patrons des catéchistes.

Le Martyrologe les mentionne le 18 septembre, mais c’est apparemment une erreur. Il faudrait les mettre au 18 octobre, leur dies natalis.

 

Alfredo Almunia López-Teruel
1859-1936

Né le 21 mai 1859 à Mojácar (Almería), Alfredo était le deuxième des sept enfants d’un artiste, peintre et sculpteur, José Avelino, et de Antonia, qui habitèrent en différents endroits. Alfredo fut baptisé à Mojácar dès sa naissance, et confirmé en 1877 en même temps que son jeune frère José (v. 29 août).

Peu après, il entra au Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1884.

Il fut envoyé aux paroisses de Lubrín, Vera (1890), Cuevas del Almanzora (1928), Vera (1935).

A Vera, où il fut en exercice près de trente années, il développa un apostolat extrêmement fécond. Il organisa un grand pèlerinage à Rome, il fut l’aumônier pour le cimetière et pour la prison, il s’occupa aussi de donner des leçons de dessin aux enfants, et n’hésitait pas à faire la quête dans les rues pour ses œuvres caritatives.

C’est lui qui, en 1899, baptisa le petit José Gomez de Haro, qui serait prêtre plus tard et serait aussi assassiné le même jour que lui.

A Cuevas de Almanzora, il fut aux côtés de son frère, José.

Au moment de la persécution de juillet 1936, il se refusait à quitter ses paroissiens ; il fut arrêté le 7 septembre et jeté en prison. Il en sortit parce que sa sœur remit une somme de cinq-cents pesetas aux miliciens. Mais même avec cela, le vieux prêtre souffrit énormément des moments de détentions qu’on lui imposa.

Le 18 octobre 1936, des hommes armés pénétrèrent dans sa chambre à coucher, où il était immobilisé au lit à cause de ses infirmités ; on le frappa, on lui brisa sur les épaules son crucifix, on le jeta par le balcon sur le camion. Sa pauvre sœur, qui assistait à la scène, en devint folle.

On partit pour Antas, où on l’abattit avec deux coups d’arme à feu, le même jour et au même endroit que don José Gomez de Haro.

Martyrisé le 18 octobre 1936 à La Ballabona et béatifié en 2017, Alfredo Almunia López-Teruel sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Bonaventura Reixach Vilarò
1860-1936

Né le 20 avril 1860 à Olost (Barcelone), baptisé le lendemain, et confirmé en juin - selon la coutume du temps - il était le deuxième des dix enfants de Juan, un tailleur, et María. Cette belle famille fut frappée par cinq deuils de petits enfants.

Bonaventura (c’est la forme catalane pour Buenaventura) entra au postulat des Pères clarétains de Vic en 1886, y fit le noviciat et la profession (1888).

Il fut ensuite envoyé dans les maisons de Santo Domingo de la Calzada (1892), Alagón (1898), Cervera enfin (1914).

Très adroit, il fut le réparateur, le jardinier, le cuisinier. Il mettait un soin particulier à maintenir bien propre le congélateur. C’était édifiant de l’entendre prier sans cesse, même en travaillant.

Les derniers jours de sa vie, à partir de juillet 1936, furent marqués de la même façon que pour ses Confrères (v. Heraclio Matute Tobías, Lluís Jové Pach, Evarist Bueria Biosca ou Francesc Canals Pascual).

Martyrisé le 18 octobre 1936 à Cervera et béatifié en 2017, Bonaventura Reixach Vilarò sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Miquel de los Santos Rovira Font
1863-1936

Né le 22 mai 1863 à Vic, il perdit très tôt ses pieux parents, Miguel de los Santos Rovira et Filomena Font, de sorte qu’il fut élevé par des oncle et tante, qu’il considéra toujours comme ses seconds parents.

Il travailla à la fabrication de briques.

Toujours à Vic, il entra dans la congrégation des Pères Clarétains en 1880, y fit le noviciat et émit la profession en 1881.

A Solsona, il fut cordonnier ; à La Selva del Campo, il fut tailleur et menuisier ; à Lleida, cordonnier ; à Barbastro, peintre, menuisier et cordonnier ; en 1905, il alla à la maison de Gracia (Barcelone), qui fut détruite en 1909 pendant la Semaine tragique ; le temps que cette maison fût reconstruite, il séjourna à Sabadell et retourna à Gracia. 

Sa vue baissait, les médecins n’avaient pas le même avis sur ce qu’il fallait faire, de sorte que le Frère perdit complètement la vue. En plus, il prit une infection pulmonaire qui dura assez longtemps. Finalement, il fut transféré à Cervera, où il ne pouvait pratiquement plus rien faire, sinon prier.

Le frère Miquel eut une attention particulière pour les Reliques ; pour un cousin nommé José, il demanda une relique de s.Joseph (un morceau de son manteau ou un petit bout de son sépulcre) ; pour lui-même, une relique de s.Michel des Saints (v. 10 avril), le patron céleste de son père ; et encore une de s.Cyriaque (v. 29 septembre), pour le Frère Ciriaco qui l’assista si fidèlement pendant sa maladie. Mais nous ne savons pas s’il obtint gain de cause…

Ce bon Frère apprit à dominer son caractère un peu vif ; on l’aimait bien, même si un jugement un peu exagéré affirma qu’il était bon à tout faire ou bon à rien.

Le 21 juillet, il suivit ses Confrères âgés et malades à l’hôpital de Cervera, où tous se préparèrent intensément à recevoir le martyre.

Ils reçurent cette grâce le 18 octobre 1936 au cimetière de Cervera.

Béatifié en 2017, Miquel Rovira Font sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Heraclio Matute Tobías
1867-1936

Né le 11 mars 1867 à Alesanco (Logroño), baptisé le 14, il était le fils de Román et Micaela, qui eurent aussi une fille, Rosa.

En 1873, Micaela mourut, et Román fut assassiné en 1874 ; on ne nous dit pas l’origine de ce meurtre, mais on sait que Román pardonna à l’assassin. Heraclio avait donc sept ans et fut hébergé chez sa tante maternelle ; on l’envoya garder les chèvres. Un autre oncle au contraire, le fit étudier à Alesanco, où le prêtre faisait l’école : Heraclio fut le premier et commença le latin.

Il entra au séminaire clarétain d’Alagón en 1881, passa à Barbastro pour le noviciat, fit la profession à Vic en 1884 et étudia la philosophie. Pour la théologie, il fut successivement envoyé, à cause de sa santé, à Cervera et Santo Domingo de la Calzada. Il fut ordonné prêtre en 1891.

Il fut envoyé à Calahorra, à Pampelune, à Ciudad Rodrigo (où il fut bibliothécaire), à Medina de Rioseco, à Ciudad Real. En 1901, il fut nommé Provincial pour la Castille et vint à Ségovie. En 1907, il fut Supérieur à Medina de Riosaco. Il passa encore par Calahorra et Bilbao avant d’être Supérieur à Zamora et à Tuy. En 1925, il fut nommé Supérieur pour la province de Castille, et résida à Bilbao.

Le p.Heraclio eut cette particularité rare, qu’on n’eut jamais rien à lui reprocher. En revanche, il eut toujours une mauvaise santé ; en particulier à cause de ses yeux, il eut la permission de célébrer par-cœur toujours la même Messe et de remplacer le Bréviaire par le rosaire, car il était devenu pratiquement aveugle.

C’est pour être opéré de la cataracte à Barcelone qu’il devait prendre le train en mai-juin 1936, mais le voyage fut renvoyé plusieurs fois : le Père eut un rhume, puis en juillet il y eut l’assassinat de José Calvo Sotelo, puis on lui dit qu’il lui manquait une photographie, puis les trains s’arrêtèrent… Finalement, il demeura à Cervera.

Le 21 juillet, toute la communauté fut évacuée de là ; les malades furent hospitalisés : le père Heraclio en était. Tous s’attendaient au martyre et l’attente dura presque trois mois. Le Père était calme et résigné ; il passait beaucoup de temps en adoration devant l’armoire où l’on tenait dissimulé le Saint-Sacrement et cherchait à donner courage aux autres, tout en suggérant aux plus jeunes de s’enfuir, si c’était possible, pour le bien de la communauté clarétaine.

Le 17 octobre à vingt-trois heures trente, des miliciens vinrent enlever les Prêtres. Le p.Heraclio remit à une Sœur son crucifix. Quelques minutes plus tard, on entendit des coups de feu provenant du cimetière ; le p.Heraclio tomba en criant, joyeux, Vive le Christ Roi.

Le lendemain ou le surlendemain revint la Supérieure de l’hôpital, qui était allée à Barcelone pour arranger l’hospitalisation du p.Heraclio ; mais en arrivant à Cervera, elle dut apprendre la mort du Prêtre.

Martyrisé le 18 octobre 1936 et béatifié en 2017, Heraclio Matute Tobías sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Lluís Jové Pach
1872-1936

Il naquit et fut baptisé le 1er février 1872, et confirmé la même année à Lleida où habitaient ses pieux parents Narciso José et María.

En 1883, il commença ses Humanités au séminaire diocésain de Lleida et, en 1886, passa à celui des Clarétains de Barbastro. Après le noviciat et la profession (1887), il fit la philosophie et la théologie à Cervera.

Il n’avait pas encore été ordonné prêtre, que déjà il enseignait aux externes de Ségovie (1895) ; il fut ordonné le 29 février 1896.

Il reçut de nombreuses missions et dut changer beaucoup de résidence : Calahorra, Pampelune, Calahorra, La Selva del Campo, Solsona, Sabadell, Barcelone, La Selva del Campo, San Feliu de Guixols, Barcelone, Játiva, Calatayud, Sallent, Tarragona, Calatayud, Saragosse, Sabadell, enfin Cervera.

A La Selva del Campo, il organisa l’Association de la Jeunesse Catholique ; c’est sans doute à Cervera qu’il resta le plus de temps : trois années.

Pour s’être vu confier tant de postes, il devait avoir une bonne constitution, mais les dernières années, fatigué par tant de déplacements, il demanda à passer quelque temps dans sa famille ; il n’obtint de réponse ni du Supérieur ni du Nonce apostolique, auquel il s’était adressé en désespoir de cause… Dieu allait lui accorder un autre Repos, mais après une dernière épreuve, décisive celle-là : le martyre.

Le 21 juillet, la communauté de Cervera dut se disperser par ordre des «autorités» marxistes et le Père se retrouva à l’hôpital, avec les autres malades. Cette situation dura jusqu’au 17 octobre.

Ce soir-là, trois miliciens vinrent à vingt-trois heures trente chercher les missionnaires pour les transporter à une maison de Barcelone. Ils dormaient. Les plus jeunes aidèrent les plus anciens à se déplacer. Tout le monde monta dans un camion qui partit non pas vers Barcelone, mais vers le cimetière.

Ils tombèrent sous les balles à minuit un quart du 18 octobre 1936, en criant, non pas A mort le Christ Roi,  comme on le leur proposait, mais Vive le Christ Roi !

Ensuite les miliciens «arrosèrent» l’événement et se moquaient : Ce qu’ils sont têtus ! Il n’y en a pas eu un seul qui ait pu dire ce qu’on leur demandait de dire. Ce qu’ils sont bêtes : ils vont mourir et ils crient Vive le Christ Roi !, et ils demandent encore du temps pour prier.

Béatifié en 2017, Lluís Jové Pach sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Josep Ros Nadal
1876-1936

Né le 14 octobre 1876 à Artesa de Lleida de Francisco et Francisca, il fut baptisé dès le lendemain et confirmé l’année suivante.

Dieu permit qu’il fût très tôt orphelin de ses deux parents, qui étaient de bons chrétiens. Aussi fut-il engagé comme domestique chez les Frères Maristes de Lleida tout en faisant ses études classiques, pour passer ensuite une année à Barcelone en 1896.

Il entra dans la congrégaton des Pères Missionnaires Clarétains de Cervera en 1898, où il fit la profession l’année suivante comme frère convers. On lui confia la couture et la cuisine.

Josep avait une mauvaise vue, de naissance. C’était cependant un grand travailleur et il édifia tous les Confrères par sa grande disponibilité à faire n’importe quel travail.

Il fut d’abord à Cervera, puis Barbastro et Sabadell, toujours comme cuisinier. Puis il fut envoyé aux missions de Fernando Póo (Guinée Espagnole) en 1904 et fut à Annobón, où il se montra un vrai cuisinier professionnel. Mais en 1907, sa vue subit une nouvelle détérioration ; d’autres difficultés de santé l’obligèrent à revenir en Espagne.

Malgré tous les efforts de la médecine, on ne put empêcher la cécité totale. Le Frère supporta cette épreuve avec une résignation édifiante. Il aidait comme il pouvait à l’atelier de reliure ; il parcourait les couloirs en priant le chapelet. Il fut à Sabadell, puis à Cervera à partir de 1921.

Le 21 juillet 1936, il suivit les Confrères malades et âgés à l’hôpital de Cervera. On fit pour lui une demande de retour à son pays natal, mais la réponse mit trop de temps à parvenir.

Le frère Josep fut martyrisé le 18 octobre 1936 à Cervera.

Béatifié en 2017, Josep Ros Nadal sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Joan Buxó Font
1879-1936

Né à Montcada, Barcelone, le 24 octobre 1879 (fête du Fondateur des Clarétains, Antonio María Claret), Joan fut baptisé le 28 suivant ; des neuf enfants du chirurgien José et de Catalina, cinq moururent en bas âge, les quatre autres entrèrent en religion : de ces quatre, Joan était l’aîné, les trois autres furent Religieuses.

Joan faillit lui aussi mourir en bas âge, à deux ans, mais il eut la «chance» d’être évacué chez un oncle de Centellas, de sorte qu’il échappa à la contagion.

Au catéchisme, à l’école, Joan était toujours le premier arrivé. C’est qu’il était aussi, à sa façon, quelque peu têtu et désobéissant, en tout cas volontaire, travailleur et fidèle à ses engagements.

Il reçut la Première communion à dix ans et entra au collège des Pères Piaristes de Sabadell. Quand il eut obtenu son baccalauréat (1895), il exprima le désir de devenir chirurgien comme son père ; en 1897, il fut interne à l’hôpital ; il obtint sa licence en médecine en 1902 et vint s’installer à Montcada.

Joan se montra toujours un homme sérieux, studieux ; il ne savait pas perdre de temps ; sa sobriété le fit surnommer par les camarades doctor castus ; il ne manquait jamais la prière quotidienne du chapelet ni la Messe ; il se fit tertiaire dominicain et refusa toutes les propositions de mariage dont on lui parla. En outre, il fut en enthousiaste défenseur de l’Espéranto, communiquant dans cette langue divers articles et participant à des congrès internationaux.

Peu à peu, mûrit sa vocation religieuse. En 1914, à trente-quatre ans, il entra au noviciat de Cervera et fit la profession en 1915. On admira l’humilité avec laquelle il sut se mettre au niveau des jeunes novices et accepter tant de changements dans son quotidien. Il fallut passer aux études de philosophie ; il s’y mit avec ardeur, avec un professeur uniquement pour lui. Puis il fit la théologie à Alagón et Cervera, pour enfin être ordonné prêtre en 1920.

Préférant l’intimité, il célébra sa première Messe dans la chapelle de l’infirmerie, près des malades. On lui confia l’enseignement de diverses matières, mais il continua à exercer l’art de la médecine, au profit des autres Religieux de la Congrégation ; d’autres médecins de Cervera préféraient être soignés par le p.Buxó. En outre, il fut un excellent confesseur, par sa clairvoyance psychologique des personnes.

Il se mortifia, refusant toujours de se plaindre du froid ou de la chaleur, de la fatigue physique ou de la perte de mémoire. Il portait un cilice.

Lors de la dispersion obligée de toute la communauté de Cervera le 21 juillet 1936, il gagna Barcelone, chez les Religieuses du Cœur Immaculé de Marie, puis revint à l’hôpital de Cervera lorsque ces dernières furent expulsées. On le nomma médecin de garde.

Comme on l’a vu à propos du p.Lluís Jové Pach (v. plus haut), les miliciens vinrent appeler les Pères au soir du 17 octobre. Parmi ces miliciens, il s’en trouvait un, ultra révolutionnaire, qui avait été soigné par le p.Buxó.

Celui-ci ne fut pas emmené tout de suite  ; une Religieuse vint l’avertir qu’elle avait entendu les coups de feu, et le p.Buxó lui dit : Que faire ? Ils sont martyrs. Dieu soit loué !

Une heure plus tard, on vint le chercher. Son ex-patient lui demanda : Où veux-tu que je te fasse la piqûre . - Où tu veux, répondit le Père ; ils parlaient bien sûr des coups de feu.

Martyrisé le 18 octobre 1936 à Cervera, béatifié en 2017, Joan Buxó Font sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Abilio Villarreal Abaza
1885-1936

Abilio était né le 22 février 1885, à Arazuri (Navarre, Espagne), un des quatre enfants de Hermenegildo et Agapita, qui le firent baptiser dès le lendemain ; il fut confirmé en 1887.
Abilio entra en 1899 au collège des Frères Maristes à San Andrés de Palomar et commença le noviciat en 1900 ; il reçut l’habit et le nom de Roque ; un an après il faisait les premiers vœux et la profession perpétuelle en 1907, à Manresa.
Roque fut envoyé à Logroño (1910), Alcoy (1913), Cartagena (1914), Calatayud (1916), Lucena (1921), Valencia, Barcelone et Lleida (1926-1932), Málaga enfin (1932).
Le Frère Roque était un Religieux méthodique, qui préférait le résultat à la discipline stricte. Il ne sortait jamais de la maison, ni n’y rentrait, sans faire une courte visite au Saint-Sacrement. Dans son dernier poste, il développa l’Œuvre de la Sainte Enfance pour susciter des vocations.
Le 19 juillet 1936, il quitta avec les Confrères la maison de Málaga pour les montagnes, d’où ils pouvaient avec tristesse observer comment on l’assiégeait. Le 20 juillet, ils trouvèrent à se loger dans la ville ; le 21, ils furent reçus à l’Hôtel Imperia. 
Le 24 août, des miliciens vinrent l’arrêter et le mirent en prison. A ce moment-là, le consul du Mexique intervint pour le faire libérer et le fit héberger chez sa sœur, en bien piteux état de fatigue physique et morale. Le Frère put ainsi se reprendre et mener une vie recueillie pendant près de deux mois. Le soir, on priait ensemble le chapelet.
Un ancien élève le reconnut et le signala à la milice. On vint l’arrêter le 18 octobre, en l’absence momentanée de la maîtresse de maison. 
Conduit à la Alameda, le Frère Roque fut assassiné ce même 18 octobre 1936.
Il fut béatifié en 2013.


Francesc Canals Pascual
1891-1936

Né le 1er décembre 1891 à Sant Andreu de la Barca (Barcelone), il était l’aîné des cinq garçons de Rosendo et Rosa ; deux frères, dont Luis, le suivirent chez les Clarétains. Francesc fut baptisé le 6 décembre et confirmé en 1894.

A onze ans, il fit la demande, appuyée par ses parents, de stagiaire dans les bureaux du Gouverneur civil de Barcelone.

En 1916 cependant, il frappa à la porte du postulat clarétain de Cervera et commença le noviciat l’année suivante. Il en était extrêmement heureux et n’aurait pas donné sa place à un autre. En 1917, il fit la profession.

On le disait un peu flegmatique, sujet à des illusions, mais aussi discret, silencieux, humble. Continuellement il écrivait aux siens qu’il désirait uniquement plaire à Dieu, acquérir la sainteté. Il priait à haute voix, même en travaillant, soit avec le chapelet, soit en méditant le Chemin de Croix.

On le garda à Cervera, où il fut infirmier, menuisier, jardinier. Comme infirmier, il avait des attentions «maternelles».

De ses frères qui le retrouvèrent à Cervera, l’un, Luis, mourut en 1925. Cette année-là, Francesc se trouvait momentanément à Barcelone.

Comme on l’a vu pour d’autres Religieux de Cervera (v. Heraclio Matute et Evarist Bueria), la maison dut être abandonnée le 21 juillet 1936 ; Francesc se retrouva avec les malades à l’hôpital.

Francesc eut la possibilité de s’échapper et disparaître, mais il préféra rester auprès des malades.

Il fut emmené avec les deux autres ci-dessus et huit autres au soir du 17 octobre.

Martyrisé le 18 octobre 1936 à Cervera et béatifié en 2017, Francesc Canals Pascual sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


José Serrano Pastor
1899-1936

Né le 24 mars 1899 à Corella (Navarre) de Eugenio et Felicia, il fut baptisé le lendemain, et confirmé en 1901.

Dans cette famille, il y eut trois Religieux clarétains (Antonio, José et Jesús) et une Religieuse. Antonio mourut en 1991 au Chili, Jesús devint évêque à Panama et mourut en 1997 à quatre-vingt quinze ans.

José reçut sa formation avec Antonio à Alagón (Saragosse) et Barbastro, où il fut brillant, puis à Cervera, Alagón et Solsona pour la théologie ; il fut qualifié de Meritissimus Maior, et fut ordonné prêtre en 1923.

Le p.José fut frappé du Mal de Pot et en souffrit de façon toujours plus intense, sans jamais perdre son humour. On l’envoya en divers endroits, chaque fois dans l’espoir de l’aider à supporter sa maladie : Játiva, Solsona, Cervera, Barcelone. Trop malade, il fut soigné à Cervera, Tarragona et Lleida, enfin de retour à Cervera. 

A cause de sa maladie, il dut même être exempté du bréviaire, qu’il remplaça par la prière du Rosaire ; quand il célébrait la Messe, il utilisait toujours les mêmes textes, qu’il disait de mémoire.

A partir du 21 juillet 1936, il partagea le sort des autres membres de la Communauté, à l’hôpital de Cervera, jusqu’à la soirée du 17 octobre.

Martyrisé le 18 octobre 1936 au cimetièire de Cervera et béatifié en 2017, José Serrano Pastor sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Isidro Juan Martínez
1899-1936

Né le 10 mai 1899 à Cartagena (Murcia), il était le fils de José et Josefa, qui le firent baptiser le 15 mai.

Laïc, il fut un des premiers membres de l’Association des Enfants de Marie dès sa création à Cartagena, en 1918, et dont il fut le vice-président (on a vu que Francisco Roselló Hernández en fut le président).

Avocat de métier, il épousa en 1924 Natividad Tamayo Manguero, qui donna naissance à trois enfants : José, Purificación et Isidro, lesquels en 1936 avaient respectivement onze, neuf et deux ans.

Arrêté le 1er août tandis qu’il dinait avec sa famille, Isidro eut tout juste le temps de dire à son fils aîné : Mon fils, ton père n’est pas arrêté pour avoir été un voleur, mais pour avoir été un honnête homme et un croyant ; il retrouva en prison Francisco Roselló Hernández (v. ce même jour).

Au moment de fusiller les condamnés, les miliciens leur «permirent» de crier A bas le Christ Roi, leur promettant la vie sauve, à quoi ils répondirent de tout leur cœur : Vive le Christ Roi !

Martyrisé le 18 octobre 1936 et béatifié en 2017, Isidro Juan Martínez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


José Gómez de Haro
1899-1936

Né le 31 août 1899  à Vera (Almería), José fut baptisé par un autre futur martyr, don Alfredo Almunia López, qui l’orienta vers le séminaire d’Almería.

José eut le sort de devoir être amputé d’une jambe à la suite d’une maladie, et fut ainsi condamné à porter une prothèse orthopédique, qu’il supporta avec courage et sans perdre sa bonne humeur.

Il fut ordonné prêtre en 1924, et fut nommé à Tabernas, comme vicaire et aumônier des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cuevas del Almanzora, puis en 1925 à Vera, son pays natal.

Lors de l’insurrection révolutionnaire de 1936 et de la persécution qui s’ensuivit, il fut arrêté une première fois par les miliciens, qui le relâchèrent lorsque la famille leur versa une rançon de deux mille pesetas. Mais le Comité se prononça ensuite pour sa condamnation à mort. En pleine nuit du 18 octobre, neuf miliciens vinrent tambouriner à la porte de sa famille : la mère de don José refusait d’ouvrir, mais les miliciens enfoncèrent la porte et s’emparèrent du prêtre.

Ils l’emmenèrent près d’un pont d’Antas (Ballabona), et l’assassinèrent. Le même jour était assassiné don Alfredo, qui l’avait baptisé ; ils avaient quarante ans de différence sur terre, mais la même gloire dans le Ciel.

Martyrisé le 18 octobre 1936 et béatifié en 2017, José Gomez de Haro sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.

Francisco Roselló Hernández
1907-1936

Né le 28 février 1907 à Cartagena (Murcia), Francisco, fils unique de Francisco et Ascensión, fut tôt orphelin.

Président de l’Association des Enfants de Marie, il était encore fiancé au moment de la persécution de 1936.

Le 20 juillet, on expulsa violemment les Filles de la Charité de leur maison de Cartagena. L’ayant su, Francisco réussit à dépasser les voitures qui les emmenaient et s’entendre avec la Sœur Francisca pour les dispositions à prendre. Dès lors, il fut lui aussi persécuté ; on a déjà vu (v. 15 août) comment on arrêta don Pedro Gambín Pérez.

Le 22 juillet, on vint arrêter Francisco chez lui et on le plaça en cellule d’isolement, probablement au collège des Maristes, croit-on. Le 7 octobre, on l’envoya à la prison San Antón.

Ayant trouvé chez lui des exemplaires de la Médaille Miraculeuse, on le qualifia de sectariste d’organismes religieux et son cas fut soumis à un juge spécial… qui mit six mois à rendre sa décision. Dans l’intervalle, eut lieu le martyre des prisonniers du 18 octobre : on leur adjoignit Francisco. 

Six mois plus tard, le juge répondait qu’il n’était pas compétent pour ce cas, mais Francisco était déjà parvenu au Paradis.

Martyrisé le 18 octobre 1936 et béatifié en 2017, Francisco Roselló Hernández sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Josep Ausellé Rigau
1913-1936

Né le 5 juillet 1913 à La Sellera (Girona) de Pedro et Dolores, il fut baptisé le 7 juillet suivant.

En 1925, il entra au postulat des Pères Clarétains de Barbastro et passa en 1927 à Cervera.

Dès ce moment-là, Josep souffrit beaucoup de la jambe, à cause d’une tuberculose osseuse qui l’obligea à être plâtré pendant deux mois et à revenir chez lui pour se reposer.

De retour à Cervera, en 1930 il dut repartir chez lui tandis que ses collègues commençaient le noviciat. Il alla faire son noviciat à Vic et fit la profession en 1931. Il étudia là la philosophie et commença la théologie ; en 1935, il revint à Cervera.

Le 21 juillet 1936, comme ses Confrères, il dut quitter la maison et fut hospitalisé. Vu son état, il obtint sans difficulté l’autorisation des autorités pour revenir dans sa famille et demanda à son père de venir le chercher mais, on ne sait pourquoi, l’entreprise ne put avoir lieu.

Josep partagea ensuite le sort de ses Confrères, comme on l’a écrit plus haut (v. Lluis Jové Pach). Jeune clerc,  il n’avait reçu que les deux premiers Ordres mineurs (portier et lecteur), mais Dieu l’avait jugé mûr pour le martyre.

Martyrisé le 18 octobre 1936 à Cervera et béatifié en 2017, Josep Ausellé Rigau sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Evarist Bueria Biosca
1913-1936

Né le 21 juillet 1913 à Montoliu (Lleida), Evarist avait trois frères et une sœur ; leur père, Evarist, était tisserand ; leur mère s’appelait Teresa.

Evarist entra au postulat clarétain de Cervera en 1924 et étudia à Alagón puis Cervera ; il fit le noviciat à Vic,  où il se trouvait bien mieux qu’à Cervera et y fit la profession (1930). Après Solsona pour la philosophie, il revint à Cervera pour la théologie : voyage en voiture louée, qui tomba en panne et mit deux heures pour faire cinquante kilomètres ! 

Evarist était de caractère un peu brouillon, sa nervosité le faisait parfois bégayer, mais il persévérait.

En juin 1935, il reçut les deux premiers Ordres mineurs : les circonstances ne lui permirent pas d’avancer davantage vers le Sacerdoce : Dieu lui préparait une gloire plus grande.

Le 21 juillet 1936, il fallut abandonner la maison de Cervera et l’on devait se replier sur Solsona, mais les révolutionnaires les en empêchèrent ; Evarist, souffrant de la tuberculose, fut de ceux qui furent hospitalisés à Cervera dès le 22 juillet. En octobre, il apprit la mort de son père.

Le 16 ou le 17 octobre, vint sa sœur Antonia pour l’emmener à la maison ; Evarist aurait pu ainsi échapper à la mort, mais il voulait emmener avec lui ses Compagnons, et comme ils ne pouvaient pas tous tenir dans la voiture, il préféra rester avec eux.

Au soir du 17 à vingt-trois heures trente, un groupe de miliciens arriva avec un camion pour embarquer les onze Religieux clarétains, qu’ils fusillèrent au cimetiière de Cervera.

Martyrisé le 18 octobre 1936 et béatifié en 2017, Evarist Bueria Biosca sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Manuel Solé Vallespì
1913-1936

Né le 19 septembre 1913 à Fayòn (Saragosse) de Francisco, ouvrier journalier, et Generosa, il fut baptisé huit jours plus tard et confirmé en 1915.

En 1924, il entra au postulat des Pères Clarétains de Barbastro, acheva les Humanités à Cervera, fit le noviciat à Vic et la profession en 1929. A Solsona, il étudia la philosophie et alla commencer la théologie à Cervera à l’automne de 1931. Début 1932, il reçut les deux premiers Ordres mineurs (portier et lecteur).

En 1934 il ne put suivre les cours, d’une part à cause d’une fistule qu’il devait soigner, d’autre part à cause de certains scrupules. On le chargea d’enseigner au postulat de Solsona, puis de Requena et il revint à Cervera.

Le 21 juillet 1936, il fut de ceux qui durent être reçus à l’hôpital de Cervera, à cause d’une pleurésie.

Puis il accompagna ses Confrères sur le chemin du martyre, dans la nuit du 17 au 18 octobre 1936. Comme eux, il tomba en criant Vive le Christ Roi !

Béatifié en 2017, Manuel Solé Vallespì sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


José Loncán Campodarve
1915-1936

Né le 18 avril 1915 à Azlor (Huesca) et baptisé le 21 avril suivant, il était l’un des six garçons de José et María.

Petit, il courait à l’église dès que la Messe sonnait, car c’était le premier arrivé qui revêtait l’aube pour servir la Messe. Ainsi commença sa vocation au sacerdoce.

En 1926, il entra au postulat clarétain de Barbastro et acheva les Humanités à Cervera. Il passa à Vic pour le noviciat ; c’était l’année 1930. L’année suivante, fut proclamée la Deuxième République et le climat politico-social fut très agité : des églises et des couvents partirent en flammes. La famille de José nourrissait beaucoup d’inquiétudes, mais José leur répondait qu’il n’avait pas peur et qu’il s’attendait tranquillement à mourir martyr.

Cette même année 1931, il fit la profession religieuse. Lui et ses compagnons d’étude revinrent à Solsona, mais sans leur habit religieux. Après la philosophie, ils revinrent à Cervera pour la théologie, en 1935.

Disons ici que les jeunes gens qui, comme notre José, se préparaient au sacerdoce, n’étaient pas parfaits, loin de là. Ils avaient leurs défauts, que leurs Supérieurs notaient dans leurs rapports, pour que chacun fût suivi et aidé au mieux sur son chemin. José Loncán était loin de donner satisfaction, on le donnait comme plus enclin à la science qu’à la vertu. Les événements, cependant, révélèrent le vrai fond du novice. 

Le 21 juillet 1936, la plus grande partie de la communauté quitta Cervera, direction Solsona ; les révolutionnaires les empêchèrent de passer ; le lendemain, José dut revenir à l’hôpital de Cervera, car il souffrait d’un douloureux erysipèle : on craignit même pour sa vie ; José supporta ses douleurs avec une patience infinie, puis l’inflammation diminua.

Ensuite, le temps passa dans la préparation à subir le martyre. Ce fut le 18 octobre 1936 à minuit quinze. José, benjamin de sa communauté, avait vingt-et-un ans et n’avait encore reçu aucun Ordre, mais il reçut la couronne de gloire.

Béatifié en 2017, José Loncán Campodarve sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 23:00

17 OCTOBRE

 

-VIII.

S Osée, prophète.

I.

Ste Soline (Zélie), vierge et martyre à Chartres, où elle était venue près de la Virgo Deipara, vénérée par les Gaulois en ce lieu.

II.

S Ignace d'Antioche, dit aussi Théophore (“porté par Dieu”), car il fut ce petit garçon que le Christ montra en exemple à ses Apôtres, leur demandant de devenir semblables à lui ; évêque à Antioche, martyr à Rome. 

SS Rufus et Zosimus, compagnons de s. Ignace d'Antioche lors de son passage à Philippes.

S Héros, successeur de s. Ignace à Antioche.

IV.

S Ioannis, ermite à Lycopolis, obéissant exemplaire ; il demeura quarante-huit ans dans sa cellule, sans sortir, sans être vu de personne, ne communiquant que par une petite fenêtre.

Ste Mamelta, vierge en Perse, convertie à la suite d'un songe, lapidée par les païens.

V.

S Dulcidius, évêque à Agen.

VI.

S Florentius, évêque à Orange.

S Rorice II, évêque à Limoges, qui succéda à son grand-père, Rorice I.

S Leutiern, évêque-missionnaire en Domnonée.

VII.

S Loup, évêque à Angers.

S Baudoin et sa sœur ste Anstrude, à Laon, fils des ss. Blandin et Salaberge ; Anstrude succéda à sa mère comme abbesse, et recueillit dans son monastère les restes de son frère, assassiné par les gens d'Ebroïn, maire du palais.

S Nothelm, évêque à Canterbury, érudit qui fut à la source des informations de s. Bède.

?

S Trohé, abbé à Nevers.

S Regulus, abbé ou évêque en Ecosse, venu de Grèce avec des reliques de s. André.

XI.

Bx Rodolphe et Pierre, camaldules ; Rodolphe fut évêque à Gubbio.

XII.

B Gilbert, anglais, abbé cistercien à Ourscamp, puis à Cîteaux ; il soutint s. Thomas Becket.

XV.

B Baldassare Ravaschieri, franciscain, provincial à Gênes ; malade de la goutte à Binasco, on devait le porter à l'église ou dans le bois, où il confessait ; la Vierge lui apparut pour le consoler.

XVI.

S Richard Gwyn, premier martyr gallois, père de famille ; Gwyn signifie blanc.

XVII.

B Pietro Casani, prêtre italien des Ecoles Pies, bras droit de s. Giuseppe Calasanz, béatifié en 1995.

Ste Marguerite-Marie Alacoque, visitandine à Paray-le-Monial, mystique, dépositaire de révélations du Sacré-Cœur ; très jeune, elle avait fait vœu de chasteté ; fêtée le 16 octobre.

XVIII.

B Jacques Burin, prêtre martyr durant la Révolution.

Bses Marie-Louise-Joséphine (Marie-Natalie de Saint-Louis) Vanot, Jeanne-Reine Prin (Marie-Laurentine de Saint-Stanislas), Jacinthe-Augustine-Gabrielle (Marie-Ursule de Saint-Bernardin) Bourla, Marie-Geneviève (Marie-Louise de Saint-François) Ducrez, Marie-Magdeleine (Marie-Augustine du Sacré-Cœur de Jésus) Déjardin, ursulines martyres à Valenciennes.

XIX.

S François-Isidore Gagelin, prêtre franc-comtois, martyr étranglé à Hué ; son père avait reçu les prêtres durant la Révolution ; canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

B Contardo Ferrini (1859-1902), professeur à l'Université de Droit à Pavie, tertiaire franciscain, mort du typhus.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1995 :

Marianistes : près de Ciudad Real, le profès Fidel Fuidio Rodríguez (*1880) ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près d’Alicante, Ramón Esteban Bou Pascual (*1906) ;

Laïques : près de Valencia, Társila Córdoba Belda de Girona (*1861), de l'Action Catholique ;

- béatifié en 2007 :

Fr.Mineurs : près de Tolède, le prêtre Perfecto Carrascosa Santos (*1906) ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : près de Murcia, José Sánchez Medina (*1900).

Osée, prophète
VIIIe s. av. Jésus-Christ

Osée signifierait «Sauve !», racine qui se retrouve dans Josué et Jésus, ainsi que dans le mot Hosanna.
Osée fut un prophète en Israël, dans le «royaume du nord». Il fut envoyé par Dieu de manière singulière pour reprocher au peuple sa trahison, son «adultère», son infidélité envers l’unique et vrai Dieu : sur mission divine, Osée devait épouser une femme adultère, qui devait enfanter trois enfants aux noms terriblement prophétiques : Jezraël (du nom d’une localité où le roi infidèle Achaz avait laissé de bien mauvais souvenirs), puis «Sans-miséricorde», enfin «Pas-mon-peuple».
Dieu voulait ainsi montrer sa répulsion pour l’idolâtrie où était tombé Israël, mais il l’attend, et promet la miséricorde et un amour renouvelé pour sa «fiancée» qui reviendra à Lui.
Osée est le premier des «Douze petits Prophètes» de notre Bible, ceux dont les livres sont beaucoup moins étendus que les «Quatre grands Prophètes».
Le saint prophète Osée est fêté avec les Orthodoxes le 17 octobre, jour où le mentionne maintenant le Martyrologe Romain.
On remarquera que ce même jour du 17 octobre est le dies natalis de sainte Marguerite Marie Alacoque, la messagère de Cœur miséricordieux du Christ.


Ignatius d’Antioche
† 107

Ignatius ou Egnatius était né en Syrie, vers 50 selon certains (voir la note plus bas).
Ses Lettres sont signées Ignatius, qui et Theophorus, «porté par Dieu».
Il fut peut-être baptisé «tardivement», déjà adulte. Humble de sa personne, se traitant même d’avorton, il fut élevé à l’épiscopat pour Antioche de Syrie, à la suite de saint Evodius.
Il fut une des victimes d’Antioche (ou la seule ?) de la persécution de Trajan. Condamné à être conduit d’Antioche à Rome pour y être livré aux bêtes, il écrivit en voyage des lettres aux différentes communautés qu’ll traversait, et qui nous donnent de précieux renseignements sur ses derniers mois de vie.
Son voyage se fit par terre et par mer, de jour comme de nuit, surveillé par dix soldats qu’il nomme des léopards, de sorte que son «combat contre les bêtes» débuta dès Antioche.
Au cours du voyage, devaient s’ajouter ici et là d’autres prisonniers, condamnés eux aussi aux bêtes à Rome.
A Smyrne, Ignatius put s’entretenir longuement avec l’illustre Polycarpe (v. 23 février). C’est de Smyrne qu’il écrivit aux communautés d’Ephèse, de Magnésie, de Tralles. Aux Ephésiens il recommande aux prêtres d’être unis à leur évêque comme les cordes à la lyre.
Il écrivit aussi aux Chrétiens de Rome, avant même de les rejoindre, craignant que ceux-ci, poussés par trop de vénération, pussent intervenir et obtenir sa libération : Laissez-moi devenir la pâture des bêtes… Caressez plutôt ces bêtes pour qu’elles soient mon tombeau et que mes funérailles ne soient à la charge de personne… Mon martyre sera la preuve de votre bienveillance… 
On arriva enfin à Durazzo, sur l’Adriatique, puis Pouzoles : Ignace aurait beaucoup désiré descendre à terre, et refaire le voyage à pied, sur les traces de saint Paul (cf. Ac 28:13). Les vents poussèrent le bateau jusqu’à l’embouchure du Tibre. Ignatius était très heureux d’approcher ainsi de Rome : des foules de Chrétiens l’attendaient déjà sur son chemin.
Le martyre eut lieu sans tarder. Ignatius fut déchiqueté par deux lions, qui ne laissèrent à terre que quelques gros ossements du Martyr : on put les recueillir précieusement.
Ce martyre eut lieu, assez vraisemblablement, le 17 octobre 107, d’après un martyrologe syriaque ancien, et qui semble le plus authentique. C’est le jour où le mentionne l’actuel Martyrologe et où l’on fête saint Ignace d’Antioche.

Note. Ceux qui auront l’occasion de lire les Visions d’Anna-Katharina Emmerick, cette Religieuse stigmatisée et totalement ignorante (v. 9 février), trouveront ces lignes (qui n’ont pas, rappelons-le, valeur de parole inspirée) :
La femme d’un riche marchand se tenait sous la porte d’une maison, avec son enfant âgé de quatre ans. Cette femme baissa son voile et s’avança avec son petit garçon ; elle le remit au Sauveur, puis se retira. Le Seigneur embrassa l’enfant, le plaça au milieu de ses disciples et, comme d’autres enrfants étaient venus l’entourer, il dit : «Si vous ne devenez comme ces petits, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux» (etc. cf. Mt 18:1-4).
…Le Seigneur bénit le petit garçon, qui était charmant, puis l’embrassa, lui donna des fruits et une petite robe et, ayant fait appeler la mère, le lui rendit, en lui adressant quelques paroles prophétiques sur la destinée de ce cher petit. Elles ne furent comprises que plus tard. Il devint disciple des apôtres, puis évêque et martyr : on lui avait donné le nom d’Ignace.
Cet épisode expliquerait très bien qu’Ignace eut le surnom de Théophore, «porté par Dieu», car Jésus lui-même dut un moment le mettre sur ses genoux tandis qu’il parlait aux Apôtres.
Si l’enfant avait quatre ans à ce moment-là, il a pu naître vers 24, et aurait été martyrisé à quatre-vingts ans passés.
Le nom d’Ignace, un des plus célèbres et premiers Pères de l’Eglise, est mentionné dans la prière du Nobis quoque, peccatoribus du canon romain de la Messe.


Rufus et Zosimus de Philippes
† 107

S.Ignace d’Antioche n’est pas parvenu seul à Rome, où il consomma son martyre (v. ce même jour, 17 octobre). En route on lui adjoignit d’autres soldats du Christ.
C’est ainsi qu’à Philippes (Macédoine, auj. Filippoi, Grèce NE) lui furent associés Rufus et Zosimus, dont s.Polycarpe (v. 23 février) écrivit : Ils ont participé aux souffrances du Seigneur, ils n’ont pas estimé ce monde, mais lui ont préféré celui qui, pour eux et pour tous les hommes, mourut et ressuscita.
Il n’est donc pas dit que ces deux Martyrs étaient de Philippes à proprement parler.
A part cette anecdote, on ne sait rien d’eux.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Rufus et Zosimus au 17 octobre.


Ioannis de Lycopolis
305-394

Il ne faut pas confondre cet ermite Ioannis (Jean) avec un autre Ioannis dit le Petit ou le Nain, qui vivait au cinquième siècle.
L’actuel Martyrologe ne l’a d’ailleurs pas retenu, et l’on pourrait oser le regretter. Il aura sa notice à part.
Celui dont il va être question maintenant, naquit vers 305, de parents très simples, qui eurent un autre fils.
Ce dernier fut teinturier ; Ioannis fut charpentier.
Vers 330, Ioannis quitta la vie du monde et alla se mettre au service d’un bon vieux moine solitaire. Ce dernier était très touché, émerveillé même de l’humilité avec laquelle Ioannis lui montrait tant d’attention.  Il voulut cependant le mettre à l’épreuve, avec des ordres qui nous paraîtraient quelque peu insensés, mais qui montrèrent combien la simplicité et l’obéissance du disciple étaient réelles, sans calcul, sans arrière-pensée.
Ioannis, lui dit l’Ancien, prends voir cette branche sèche, plante-la et arrose-la deux fois par jour. Le disciple s’exécuta sans s’étonner de l’ordre, sans se plaindre de l’éloignement du puits, sans jamais manquer à ce petit travail. Au bout d’un an, le vieillard s’aperçut que la branche n’avait pas pris racine, et dit à Ioannis de cesser d’arroser ; Ioannis interrompit tout simplement ses allées-et-venues, sans s’émouvoir le moins du monde pour l’inutilité apparente de ses efforts.
Une autre fois, le vieillard ordonna à Ioannis de jeter par la fenêtre l’unique petite jarre d’huile, qui aurait dû servir ce jour-là pour préparer à manger à des amis : Ioannis obéit, sans poser la question Mais comment fera-t-on ?
Pareillement, le vieillard demanda à Ioannis d’aller déplacer une énorme pierre. Le disciple ne fit aucune objection, et s’efforçat de remuer le rocher, transpirant à grosses gouttes. La pierre ne bougea pas, mais Ioannis avait obéi de tout son cœur.
On va voir comment Dieu récompensa cette obéissance totale en accordant à Ioannis le don de prophétie, le don de guérir les maladies, outre qu’il savait guider les âmes par des lumières vraiment surnaturelles.
A la mort du vieillard, vers 342, Ioannis séjourna en divers monastères pendant cinq ans, puis alla se retirer sur une montagne proche de Lycopolis. Il s’y construisit trois cabanes : une «salle de bains», une pièce pour le travail et les repas, une troisième pour la prière. Personne ne devait y entrer ; le contact avec l’extérieur, soit pour lui apporter de la nourriture, soit pour le consulter sur la vie spirituelle, se faisait par une petite fenêtre. Ioannis vécut ainsi pendant quarante-huit ans.
Il ne mangeait que le soir, avec quelques fruits. Mais il luttait aussi contre les tentations que l’Ennemi ne manquait pas de lui envoyer.
A partir de 375, Ioannis reçut le don de lire dans les âmes ; il reprenait les pécheurs, il annonça les crues et les inondations du Nil ou encore la victoire romaine sur les Ethiopiens envahisseurs. Même l’empereur Théodose recourut à ses lumières : Ioannis lui promettait une victoire facile ; il en annonça aussi la mort prochaine (qui devait effectivement se produire en janvier 395).
Quand on lui amenait des malades, Ioannis ne se manifestait jamais directement, par humilité, pour éviter qu’on lui attribuât le mérite de la guérison ; il bénissait une huile, dont les malades se servaient.
Vers la fin de l’année 394, Ioannis imposa le silence autour de lui, pendant trois jours ; après quoi, il s’agenouilla, pria, et rendit son âme à Dieu.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Ioannis de Lycopolis au 17 octobre.


Dulcidius d’Agen
5. siècle

Dulcidius (Dulcitius, en français Dulcide, Doulcet, Doux) fut le cinquième évêque d’Agen, au tout début du cinquième siècle (peut-être même dès 393). C’est son prédécesseur, Phebadius (? 25 avril), qui l’avait ordonné diacre et, au moment de mourir, l’avait désigné pour lui succéder.
Le nouvel évêque fit construire una basilique en l’honneur de sainte Foy (v. 6 octobre) sur l’endroit de son martyre.
Mais surtout, par sa prière et ses miracles, il lutta contre l’invasion des Vandales et des Visigoths, qui répandaient avec eux l’erreur arienne.
Il détourna aussi par sa prière le fléau de la peste et celui du feu ardent, qui menaçaient la ville d’Agen.
Saint Dulcidius d’Agen est mentionné dans le Martyrologe au 17 octobre.


Ioannis Colobos
5. siècle

Cet ermite fut extrêmement célèbre. Mais il ne faut pas le confondre avec un autre Ioannis, du quatrième siècle, qui a sa notice particulière ce même jour (17 octobre).
Ioannis Colobos (le Nain, ou le Petit) était abbé dans le désert de Scété (au sud d’Alexandrie d’Egypte).
On ne dispose pas d’une Vie le concernant, mais d’apophtegmes, ou sentences diverses, où apparaît la sainteté de cet abbé. De ces quarante apophtegmes, en voici quelques-uns particulièrement lumineux.

  1. Au tout début de sa vie au désert, Ioannis s’installa auprès d’un Ancien. Celui-ci, pour éprouver la solidité de sa vocation, prit un bâton et lui commanda : Chaque jour, donne-lui à boire une bouteille d’eau, jusqu’à ce qu’il produise du fruit. Trois ans plus tard, le bâton donna du fruit. L’Ancien commenta : Voilà le fruit de l’obéissance.
  2. Si un roi veut prendre une ville, il lui coupe l’eau et les vivres. Si l’on vit dans le jeûne et la soif, les ennemis de l’âme deviennent sans force.
  3. Ventre plein parlant à une jeunesse : luxure déjà consommée en esprit.
  4. Un vieillard, jaloux de Ioannis, lui dit un jour : Ta gourde, elle est pleine de poison ! - Certes, mais tu n’en vois que l’extérieur : que dirais-tu si en voyais l’intérieur ?
  5. Je suis comme un homme assis sous un grand arbre et qui voit beaucoup de bêtes et de reptiles venir à lui. Comme il ne peut leur résister, il monte vite à l’arbre et il est sauvé. Ainsi de moi ; je suis assis dans ma cellule, je vois les mauvaises pensées se lever contre moi; comme je ne suis pas de taille à les repousser, je me réfugie en Dieu par la prière, et je suis sauvé.
  6. Qui a vendu Joseph ? - Ses frères ! - Non, c’est son humilité. Il aurait pu dire : Je suis leur frère, et protester. Mais il se tut et se vendit par son humilité. Et cette humilité l’établit maître de l’Egypte.
  7. Nous avons laissé le fardeau léger, qui est de s’accuser soi-même, et nous avons pris le pesant, qui est de se justifier.
  8. L’humilité et la crainte de Dieu sont au-dessus de toutes les vertus.

On voit par ces sentences combien Ioannis recherchait avant tout l’humilité, pratiquant jusqu’à une profonde exactitude le mot du Seigneur : Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes (Mt 11:29).
Saint Ioannis Colobos n’est pas mentionné dans le Martyrologe actuel. Il s’y trouvait autrefois au 17 octobre.


Florentius d’Orange
† 525

Florentius serait le dix-neuvième évêque d’Orange, mais comme il y a beaucoup d’incertitudes concernant les premiers évêques, on dira, pour plus de vérité, que Florentius est le sixième évêque d’Orange historiquement attesté.
Il est certain qu’il siégea au moins à partir de 517.
On sait qu’en 509, la ville d’Orange fut assiégée et prise par les Ostrogoths et l’évêque fut déporté avec ses fidèles jusqu’à Fiorenzuola d’Arda (Plaisance, Italie NO) ; depuis, Florentius est resté le saint patron de cette localité. Il se pourrait que Fiorenzuola fût dérivé de Florentius (Fiorenzio en italien), d’autant plus que Fiorenzuola n’est pas du tout dans la région de Florence (Firenze).
Florentius fut délivré sur l’intervention (ou la médiation) de s.Césaire d’Arles (v. 27 août) auprès du roi Théodoric.
Si cette date de 509 est exacte, on pourrait anticiper d’une dizaine d’années l’épiscopat de Florentius, ce qui ne serait pas impossible, puisqu’on ne connaît pas exactement les dates de son prédécesseur.
Il fut présent à deux conciles : Epaone (517) et Arles (524).
Lors du concile d’Arles de 527, c’est son successeur qui signa, donc Florentius mourut entre 524 et 527.
Saint Florentius d’Orange est commémoré le 17 octobre dans le Martyrologe Romain.


 

Gilbert de Hoyland le Grand

1110-1168

 

Il semble que l’on fasse parfois des confusions entre plusieurs personnages du nom de Gilbert.

Né vers 1110 en Angleterre, Gilbert «de Hoyland» entra chez les Bénédictins de Swineshead. ; plus précisément, cette abbaye dépendait de la congrégation de Savigny, où était observée la règle de Saint-Benoit, et cette abbaye passa aux Cisterciens en 1147. 

Le fondateur de Swineshead fut un certain Robert de Hoyland et c’est en souvenir de cet abbé que Gilbert reprit ce nom de «Hoyland» pour l’accoler au sien ; il préférait prendre ce nom, que celui proprement dit de l’abbaye, qui signifiait «tête de cochon».

Vers 1150, Gilbert en devint abbé.

En 1157, il fut élu abbé d’Ourscamp (Oise), cette magnifique abbaye qui devait compter jusqu’à cinq cents moines, et dont il ne reste que des ruines (classées aux Monuments Historiques !).

En 1163, Gilbert fut élu abbé de Cîteaux, qui connaissait désormais des dizaines d’abbayes-filles dans toute l’Europe ; mais on lit parfois que Gilbert, ayant laissé l’Angleterre, vint en 1167 à l’abbaye d’Arnivour, proche de Cîteaux.

En cette fin de douzième siècle, le pouvoir civil s’élevait contre les droits de l’Eglise et causait des schismes. C’est ainsi que Gilbert fut amené à prendre parti pour son compatriote Thomas Becket († 1170, v. 29 décembre), archevêque de Cantorbury, qui vint se réfugier chez les cisterciens de Pontigny, puis chez les bénédictins de Sens. Toutefois, il se peut que cet épisode concerne s. Gilbert de Sempringham (v. 4 février).

Gilbert, comme son ami Aelred de Riveaux, avait une vénération sans borne pour saint Bernard (v. 20 août) ; il en poursuivit le commentaire au Cantique des Cantiques : aux quatre-vingt-six sermons de Bernard, Gilbert en ajouta quarante-huit autres.

Il aurait démissionné de sa charge abbatiale vers 1167.

Gilbert mourut, lui, à Toulouse, le 17 octobre 1168 (ou 1172 ?), quoique certains le fassent mourir à l’abbaye de Larivour (Troyes), le 25 mai 1172 ; son corps fut ramené à Cîteaux.

Le Martyrologe Romain, au 17 octobre, commémore le bienheureux Gilbert, anglais, mort à Toulouse, abbé de Cîteaux, homme à la science sublime, qui prit la défense de Thomas Becket en exil.

 

 

Baldassare Ravaschieri

1419-1492

 

Baldassare naquit en 1419 à Chiavari (Italie NO), dans la noble famille, très chrétienne, des comtes de Lavagna.

Entré chez les Franciscains de l’observance, il y fit d’excellentes études et devint docteur en théologie, après avoir fait la profession et reçu le sacerdoce.

Ses vertus le firent nommer gardien (supérieur) du couvent de Chiavari, puis provincial pour toute la province de Gênes.

Sa grande activité de prédicateur fut troublée par une pénible maladie de la goutte, qui l’immobilisa complètement. Il se retira au couvent de Binasco, où cependant son apostolat fut très fécond au confessionnal. On vint le voir, le consulter, de tous côtés.

Parmi ses pénitents, certains devinrent de grands amis, comme s. Bernardino de Feltre (v. 28 septembre) ou la grande mystique Veronica de Binasco (v. 13 janvier).

Baldassare ne pouvant absolument se déplacer, des Frères le transportaient sur sa chaise pour l’installer au chœur, lui permettant ainsi de prier avec la communauté et d’assister au Saint Sacrifice qu’il ne pouvait plus célébrer.

Il aimait se faire transporter dans le bois voisin pour méditer dans la solitude et le silence de la nature. Or un soir, on l’oublia et il neigea abondamment : Baldassare eut une vision de la Très Sainte Vierge qui le consola, et on le retrouva le lendemain sans qu’un seul flocon de neige l’ait touché.

Baldassare mourut à Binasco le 17 octobre 1492, cinq jours après l’arrivée de Cristoforo Colombo en Amérique.

Son culte fut approuvé en 1930.

 

 

Richard Gwyn

1537-1584

 

On sait peu de choses sur l’enfance de ce laïc né vers 1537 à Llanidloes (Powys, Pays de Galles).

Son nom gallois fut anglicisé en Richard White.

A vingt ans, il s’inscrivit à l’université d’Oxford, mais passa à celle de Cambridge, hébergé charitablement au St.John’s College ; quand le recteur, le catholique George Bulloch, fut contraint de démissionner, Richard mit fin à ses études. Il passa alors au collège de Douai.

Richard ne devait pas être fait pour le sacerdoce. Il retourna au Pays de Galles et enseigna, tout en continuant d’étudier par lui-même. Il épousa une certaine Catherine et ils eurent six enfants, dont trois survécurent à leur père.

Son catholicisme engagé fut remarqué par l’évêque protestant et dénoncé. Il avait déjà par le passé reçu des menaces et, s’étant trouvé un jour en grand danger, il avait juré, si Dieu lui épargnait la vie, de retourner au catholicisme.

Persécuté, il dut souvent changer de maison et d’école. Finalement il fut arrêté en 1579 par le pasteur de Wrexham, un ancien catholique passé au protestantisme. Mais Richard s’échappa et se cacha encore pendant un an et demi, jusqu’à ce qu’il fût repris et fait prisonnier pendant quatre années, changeant plusieurs fois de prisons. 

En mai 1581, on le conduisit à l’église de Wrexham où, porté d’abord par six hommes devant les fonts baptismaux, puis devant le pupître, il fut attaché à des fers très lourds. Là, Richard remua tellement les jambes avec ces fers, qu’on ne pouvait plus entendre la voix de celui qui prêchait. On le mit alors dans des cales de bois.

Ensuite un prêtre anglican vint prétendre que les clefs de l’Eglise avaient été remises autant à saint Pierre qu’à lui, et Richard répondit : Avec cette différence que saint Pierre reçut les clefs du royaume des Cieux, tandis que vous, vous avez dû recevoir celles du cellier à bière.

On le condamna à deux-cent quatre-vingts livres d’amende pour avoir refusé d’écouter le culte anglican, et à cent-quarante livres pour le «tapage» qu’il y avait fait. On lui demanda ce qu’il pourrait payer de ces énormes sommes, il répondit : Six pence.

Au printemps 1582, il fut convoqué à la cour avec deux autres catholiques, où ils durent encore subir un sermon d’un ministre anglican. Mais les trois se mirent à l’interpeller, l’un en gallois, l’autre en latin et l’autre encore en anglais, de sorte qu’on dut mettre fin à l’épreuve.

En 1583, ces trois prisonniers, Richard, John Hugues et Robert Morris, furent accusés de haute trahison et cités en justice. Des témoins rapportèrent évidemment qu’ils persévéraient dans le catholicisme, que Richard avait composé des vers contre les prêtres mariés, qu’il espérait un monde meilleur (donc, en quelque sorte, qu’il complotait une révolution), et qu’il affirmait la suprématie du Pape. En outre, on les accusa tous les trois de chercher à faire des conversions.

Malgré ce qu’ils affirmèrent pour leur défense, on les déclara coupables. Richard fut condamné à être pendu, éviscéré et écartelé.

Il fut exécuté sur le marché à bestiaux de Wexham, le 15 (ou le 17) octobre 1584.

Juste avant d’être exécuté, Richard se tourna vers la foule et dit : J’ai été un plaisantin, et si j’en ai offensé quelques uns, je les supplie de me pardonner, pour l’amour de DIeu.

Le bourreau coupa rapidement la corde de la potence, de sorte que Richard reprit ses sens ; il était tout-à-fait conscient quand on l’éviscéra, et jusqu’au moment d’être décapité. Ses derniers mots auraient été, en gallois : Iesu, trugarha wrthyf (Jésus, aie pitié de moi).

Le Martyrologe le mentionne au 17 octobre. Il a été béatifié en 1929, et canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, obtenue par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons, fut la guérison instantanée et durable d’un malade atteint d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Pietro Casani

1572-1647

 

Pietro naquit le 8 septembre 1572, jour de la fête de la Nativité de Marie, à Lucques (Italie CO), de parents d’ancienne noblesse, aisés et très croyants. La maman mourut bientôt et Gaspare, le papa continua de vivre quelque temps avec son fils.

En 1594 Pietro décida de se consacrer à Dieu et entra dans la congrégation de la Mère de Dieu, fondée par s. Giovanni Leonardi (v. 9 octobre). Le fondateur vivait encore et fut très impressionné par la ferveur de Pietro, sa vie austère et sa fidélité, au point qu’il en fit son collaborateur, avant même qu’il eût reçu le sacerdoce.

En 1610, le père de Pietro, Gaspare, décida à son tour d’entrer dans la congrégation, comme frère convers.

Pietro, donc, fut si proche de Giovanni Leonardi, qu’il put en relater les travaux, les voyages, et l’aider à rédiger les constitutions de la congrégation.

Cette intense collaboration dura vingt ans. En 1614 cependant, le pape approuva la fusion de la congrégation avec celle des Ecoles Pies, fondée par Josep Calassanç (v. 25 août), espagnol établi à Rome. Mais cette fusion ne dura que trois ans, car les buts des deux congrégations n’étaient pas vraiment semblables : les Ecoles Pies donnaient la première place à l’enseignement, tandis qu’à Lucques on mettait en avant le ministère sacerdotal.

Mais Pietro choisit l’idéal des Ecoles Pies, avec un certain nombre de ses novices. Il comprit qu’il pouvait sauver beaucoup d’âmes de la jeunesse par une bonne formation à l’école.

Désormais, il prit le nom de Pietro de la Nativité (en souvenir du jour de sa naissance) et, à partir de 1617, fut recteur des écoles de Saint-Pantaléon à Rome, maître des novices, professeur de philosophie et de théologie, puis assistant général et visiteur. En un mot, il fut le bras droit de Josep Calassanç en Italie et en Allemagne.

Une tentative de s’installer à Messine (Sicile), fut jalousement contrée par les Jésuites déjà présents dans l’île. Aussi Pietro alla fonder à Naples (1627), qui devint un centre extrêmement florissant. D’autres fondations s’élevèrent dans le sud : Bisignano, Campi Salentina.

La renommée de Pietro était bien établie : on le disait théologien et homme de profonde vertu et de grand savoir. Des miracles opérés par lui avaient été recensés, avec vingt-quatre dépositions officielles ; on parlait aussi de phénomènes mystiques ; en outre, Pietro avait rédigé des prières spéciales pour obtenir la libération d’esprits diaboliques, par l’intercession des mérites de la Passion du Christ, l’intercession de la Vierge Marie et des Saints : ce furent les exorcismes, encore aujourd’hui pratiqués.

Pietro fonda diverses associations pieuses pour les commerçants, les artistes, adultes et jeunes, pauvres et nobles. 

Mais une brebis galeuse travailla au sein de la congrégation et dénigra Pietro ainsi que Josep, au point que l’Inquisition les déposa. L’épreuve fut rude, mais fut acceptée courageusement par les deux Fondateurs, qui se soutinrent réciproquement. En 1646, on proposa même aux membres de choisir quelque autre congrégation de leur choix.

C’est dans ces circonstances pénibles que Pietro s’éteignit, le 17 octobre 1647 à Rome, assisté par Josep Calassanç (qui mourut dix mois plus tard).

Mais l’Eglise sait reconnaître les erreurs et la Vérité. Pietro Casani fut béatifié en 1995.

 

 

Marguerite Marie Alacoque

1647-1690

 

Marguerite Alacoque naquit le 22 juillet 1647 à Lautecourt (Verosvres, Saône-et-Loire), cinquième des sept enfants de Claude Alacoque et Philiberte Lamyn, qui jouissaient d’une bonne position sociale. Claude était devenu notaire royal et juge ordinaire.

Dès sa première enfance, Marguerite fit preuve d’une dévotion particulière envers le Saint-Sacrement et elle préférait le silence et la prière aux jeux des enfants. À cinq ans, lors d’un séjour chez sa marraine, dont la fille était religieuse, elle entendit parler des vœux religieux, et fit, à l’insu de tous, sa première consécration à la messe où elle prononçait ces mots : «Ô mon Dieu, je vous consacre ma pureté et vous fais vœu de perpétuelle chasteté». Après sa première communion, à l’âge de neuf ans, elle pratique en secret des mortifications sévères sur son corps, avant que la paralysie ne la cloue au lit pendant quatre ans.

A la fin de cette période, ayant fait le vœu à la Vierge de se consacrer à la vie religieuse, elle se serait retrouvée guérie sur-le-champ. C’est par reconnaissance à Marie qu’elle ajouta, le jour de sa confirmation, le prénom de Marie à son nom de baptême (elle reçut la Confirmation à vingt-deux ans). 

Devenue orpheline de père, la gestion des biens passa à des parents qui se montrèrent extrêmement durs envers Marguerite et sa mère. Marguerite était traitée moins bien que les derniers domestiques. 

La mère de Marguerite fut affligée d’un pénible érysipèle à la tête, que la jeune fille soigna amoureusement, et qui guérit enfin un 1er janvier, alors que Marguerite était à la messe. 

Durant toute cette période, Marguerite trouva son réconfort dans la prière, et c'est alors qu'elle aurait eu ses premières visions de Jésus Christ. Il lui apparaissait d'habitude sur la croix ou lors de l'épisode de l'Ecce Homo et elle ne s’en étonnait pas, pensant que d'autres recevaient aussi ces visions. Son désir d’entrer en religion grandissait.

Quand elle eut dix-sept ans, sa famille put récupérer son bien et sa mère lui confia son désir de l’établir dans le monde. Alors, bien que régulièrement meurtrie par les pénitences qu’elle s’imposait, elle commença à participer aux activités mondaines. Une nuit, alors qu’elle était revenue d’un bal, elle aurait eu une vision du Christ pendant sa flagellation : il lui reprochait son infidélité alors qu’il lui avait donné tant de preuves d'amour. Pendant le reste de sa vie Marguerite-Marie pleura deux «fautes» qu’elle avait commises en ce temps-là : avoir porté quelques ornements et mis un masque au carnaval pour faire plaisir à ses frères.

Elle visita plusieurs couvents, et en entrant dans celui de la Visitation de Paray-le-Monial, (Charolles, Saône-et-Loire), une voix intérieure lui aurait dit : « C’est ici que je te veux ».

Le 25 mai 1671, à l'âge de 24 ans, elle entra au monastère et, en novembre 1672, elle prononça ses vœux perpétuels. De santé fragile, elle n'en continuait pas moins ses flagellations, ainsi que les mortifications les plus extrêmes, voire les plus répugnantes, qu'elle mentionne elle-même dans ses Mémoires.

Une des difficultés qu’elle rencontra, fut la tyrophobie de toute sa famille : on ne supportait pas le fromage. Elle se domina, elle combattit, pendant des années, remporta la victoire au bout de huit ans… 

Peu après son entrée au monastère, elle reçoit, d'après son propre témoignage, plusieurs apparitions privées du Christ. La plus célèbre de ces apparitions est celle de juin 1675 : Jésus lui montrait son cœur en disant : «Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, [...] jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour, et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes...». Une autre fois, il lui disait : «Mon divin Cœur est [...] passionné d’amour pour les hommes, et pour toi en particulier». Dès lors, Marguerite-Marie comprit qu’elle avait été investie de la mission d'établir une dévotion particulière envers le Sacré-Cœur.

Ces manifestations lui valurent d'être mal considérée par le reste des membres de la communauté, qui la traitaient de "visionnaire", au point que sa supérieure lui intima l'ordre de se plier à la vie commune. Cependant, son obéissance, son humilité et sa charité envers ceux qui la persécutaient finirent enfin par l’emporter et sa mission fut reconnue par ceux-là même qui lui avaient montré la plus forte opposition. 

Avec l’aide du Père Claude La Colombière (voir au 15 février), que Jésus lui présenta comme son «vrai et parfait ami», Marguerite-Marie fera connaître le message que Jésus lui avait adressé. C’est le début du culte du Sacré-Cœur. Inspirée par le Christ, Marguerite-Marie établit la pratique de l'Heure Sainte, qui pour elle consistait à prier, étendue par terre, le visage contre le sol depuis onze heures du soir jusqu'à minuit le premier jeudi de chaque mois, afin de partager la tristesse mortelle qu'avait supportée le Christ, quand il fut abandonné à son agonie par ses Apôtres - puis à recevoir le lendemain la Communion. 

Le Christ lui avait confié le désir que fût célébrée une fête en l'honneur de son Cœur le vendredi qui suit l'octave de la Fête-Dieu ; et il avait appelé Marguerite la «disciple bien-aimée du Cœur Sacré», héritière de tous Ses trésors. Le Christ lui confia aussi la mission de recommander au roi (Louis XIV) de se consacrer au Sacré-Cœur, d’en mettre l’effigie sur le drapeau national, mais le roi ne fut peut-être pas informé de cette supplique ; l’impression du Sacré-Cœur sur notre drapeau se fera à titre privé, bien plus tard, et connut même une très grande vogue, par exemple lors de la première Guerre mondiale.

Après avoir été brimée de toutes les façons par deux supérieures successives, Marguerite-Marie fut nommée maîtresse des novices par une nouvelle supérieure, qui la connaissait bien et l’appréciait. 

Au cours de sa dernière maladie, elle refusa tout soulagement, ne cessant de répéter : « Ce que j’ai dans le Ciel et ce que je désire sur la terre, c’est toi seul, ô mon Dieu » et elle mourut en prononçant le nom de Jésus.

Marguerite-Marie mourut à quarante-quatre ans, le 17 octobre 1690 et son dies natalis est mentionné ce jour-là au Martyrologe. Mais comme c’est ce jour-là la fête de saint Ignace d’Antioche, un des Pères de l’Eglise, la fête liturgique de sainte Marguerite est établie au 16 octobre.

La discussion au sujet de la mission et des vertus de Marguerite Marie se poursuivit pendant des années. On soumit à l’examen la totalité de ses actions, de ses révélations, de ses maximes spirituelles et de son enseignement concernant la dévotion au Sacré Cœur, qu’elle avait exposée et dont elle était l'apôtre. 

La fête du Sacré-Cœur fut établie en 1856.

La béatification eut lieu en 1864, et la canonisation en 1920.

Ses restes reposent dans la chapelle de la Visitation à Paray-le-Monial et de nombreuses et remarquables grâces y ont été obtenues par les pèlerins qui y viennent du monde entier. En 1925, lui est dédiée l'église Santa Margherita-Maria Alacoque dans le quartier de l'Esquilin à Rome près de la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem.

Marie-Louise-Joseph Vanot

1728-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 12 juin 1728 à Valenciennes (Nord), et professa chez les Ursulines en 1749, sous le nom de Marie-Natalie-Joseph de Saint-Louis (On remarquera l’orthographe - correcte- de Natalie, sans h).

Son martyre eut donc lieu le 17 octobre 1794 et elle fut béatifiée en 1920.

 

 

Hyacinthe-Augustine-Gabrielle Bourla

1746-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 6 octobre 1746 à Condé (Nord), et professa chez les Ursulines en 1779, sous le nom de Marie-Ursule-Joseph-de Saint-Bernardin.

Son martyre eut donc lieu le 17 octobre 1794 et elle fut béatifiée en 1920.

 

 

Jeanne-Reine Prin

1747-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 9 juillet 1747 à Valenciennes (Nord), et professa chez les Ursulines en 1767, sous le nom de Marie-Laurentine-Joseph-Reine de Saint-Stanislas.

Son martyre eut donc lieu le 17 octobre 1794 et elle fut béatifiée en 1920.

 

 

Jacques Burin

1756-1794

 

Né le 6 janvier 1756 à Champfleur (Sarthe), Jacques fut vacher et resta illettré jusqu’à l’âge de douze ans.

Au petit séminaire il rattrappa vite son retard, passa au grand séminaire du Mans, et fut ordonné prêtre le 23 septembre 1779 ou 1780.

D’abord vicaire à Lammay, il était devenu, en 1786 ou 1787, curé de Saint-Martin-de-Connée.

Dans cette campagne très pauvre, il distribuait ce qu’il avait pour nourrir et soutenir les habitants. C’est lui qu’ils choisirent comme représentant du peuple en 1789.

Le 20 février 1791, il avait prêté le serment réclamé, en réservant les droits du pape ; quand il eut connaissance de la condamnation de la Constitution civile du clergé par le pape Pie VI, la réserve qu’il avait posée ne lui sembla pas suffisante, et, pour éviter le scandale, il lut publiquement, le 12 juin 1791, le document pontifical. 

Cet acte courageux lui valut d’être arrêté ; il fut emmené à pied enchaîné à la prison Saint-Suzanne le 13 juillet suivant, fut transféré dans les  prisons de Laval, ramené à Sainte-Suzanne… et libéré grâce à une intervention des Chouans.

Il se réfugia alors au hameau de Coffrard, à Saint-Georges-sur-Erve ; pour pouvoir continuer à exercer son ministère, il se fit passer pour un marchand de fil, sous le nom de M. Sébastien.

Il rayonnait sur plusieurs paroisses, dont Saint-Martin-de-Connée, allant de refuge en regfuge, dans des familles sûres.

Il ne pouvait cependant rester inconnu des révolutionnaires. Un jour de 1794, les filles d’un certain Lemaire de Courcité lui firent dire qu’elles voulaient le rencontrer. Mais c’était un traquenard. Ses amis lui conseillèrent de ne pas répondre, il crut de son devoir de ne pas éloigner des pécheurs qui pouvaient se repentir et fit répondre qu’il serait, le 17 octobre au Petit-Coudray à Champgenêteux. Quand il arriva, le fermier Rouland, conscient du danger, l’invita à se rendre dans une cachette. Il n’y alla pas. Les Gardes nationaux d’Evron cernèrent la maison ; Terre, ancien chantre d’Evron, qui guettait, l’aperçut et lui tira un coup de fusil, sans peut-être le reconnaître ; sa joie éclata quand, en le dépouillant, il trouva son calice et reconnut qu’il avait tué un prêtre.

Il jeta son corps sur le fumier. Il ne fut enterré, clandestinement, que trois jours plus tard, près de la ferme où il avait trouvé la mort, le 17 octobre 1794.

Jacques Burin fut béatifié en 1955.

 

 

Marie-Geneviève-Joseph Ducrez

1756-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 27 septembre 1756 à Condé (Nord), et professa chez les Ursulines en 1779, sous le nom de Marie-Louise-Joseph-de Saint-François.

Son martyre eut donc lieu le 17 octobre 1794 et elle fut béatifiée en 1920.

 

 

Marie-Madeleine-Joseph Déjardin(s)

1760-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 11 juin 1760 à Cambrai (Nord), fut baptisée le jour-même et professa chez les Ursulines en 1781, sous le nom de Marie-Augustine-Clémentine-Joseph du Sacré-Cœur de Jésus.

Son martyre eut donc lieu le 17 octobre 1794 et elle fut béatifiée en 1920.

François-Isidore Gagelin

1799-1833

 

Dans cette Franche-Comté qui autrefois fut une pépinière de vocations et de sainteté, naquit à Montperreux (Pontarlier, Doubs) un petit garçon, troisième enfant d’un couple très chrétien, qui reçut au Baptême les prénoms de François-Isidore.

Monsieur Charles-François Gagelin était un homme respecté dans le village : outre qu’il avait acquis une certaine science botanique et médico-vétérinaire, il avait ouvert sa maison aux prêtres réfractaires durant la Terreur, d’où il les faisait passer en Suisse.

François-Isidore naquit le 10 mai 1799, et fut baptisé «seulement» deux mois plus tard, ce qui était beaucoup à l’époque, mais on avait attendu le passage d’un prêtre insermenté.

Le papa décéda deux ans après et les deux sœurs aînées de François-Isidore s’occupèrent de lui.

A cinq ans, le petit garçon affirmait déjà sa vocation. Un jour qu’il pleuvait et que l’aînée lui apportait un vêtement pour se protéger de la pluie, il refusa l’offre en disant : Je veux m’endurcir pour aller prêcher dans des pays lointains.

Après l’école paroissiale, il étudia aux collèges de Pontarlier, Nozeroy, Dole, puis au Grand séminaire de Besançon.

En 1818, il vint au séminaire des Missions Etrangères de Paris, mais on ne pouvait l’y recevoir, faute de subsides. Il retourna donc à Besançon pour y achever la théologie, et se représenta à Paris l’année suivante : cette fois, l’institut recevait de quoi nourrir ses séminaristes.

En 1820, François-Isidore était sous-diacre et partait à destination du Vietnam. A sa famille éplorée, et surtout à sa chère maman, il écrivit : Ma mère, vous m’êtes bien chère. Mais le bon Dieu m’appelle aux missions ; vous n’oseriez pas vous opposer à sa volonté ?

Le Rose quitta Bordeaux en novembre 1820 et aborda en Chine au mois de mai suivant.

Durant la traversée, un ancien officier français qui avait travaillé en Chine, enseigna le chinois au missionnaire. Quant au baptême de ligne, le jeune sous-diacre y échappa en se cachant toute une journée au fond de la cale.

Le Vietnam avait été tout récemment constitué par la réunion de la Cochinchine et du Tonkin, et les missionnaires, d’abord espagnols et portugais, français ensuite, y avaient assez solidement implanté le christianisme, mais des persécutions apparaissaient selon les changements politiques.

Quand François-Isidore arriva au Vietnam, le nouvel empereur était fortement hostile aux Chrétiens, entre autres parce qu’on enseignait que l’empereur était l’égal du plus humble des sujets du royaume. 

Après qu’il fut ordonné diacre et prêtre (en 1822), François-Isidore se mit au travail, rencontrant selon les endroits de la bienveillance, de l’indolence, ou une nette opposition ; dans le sud Vietnam, il eut la faveur du vice-roi, mais l’empereur, malignement, invita tous les prêtres à la capitale Hué, pour leur confier (officiellement) des charges pratiques, comme traducteurs ; c’était en fait pour les empêcher de prêcher dans le royaume (1827-1828). Puis il reprit ses missions itinérantes, atteignant même le Cambodge.

Bientôt arriva un autre missionnaire franc-comtois, Etienne-Théodore Cuenot, plus tard nommé évêque (et lui aussi martyr). Il annonça à François-Isidore la triste nouvelle de la mort de sa mère, qu’il pleura chaudement ; elle était décédée depuis trois ans déjà…

En 1833, la persécution générale fut décrétée par l’empereur ; beaucoup de chrétiens apostasièrent et, pour redresser leur courage et éviter une certaine panique, François-Isidore se livra.

En août 1833, il entrait à Hué, la cangue au cou. En prison, il fut isolé et ne put communiquer avec l’extérieur que grâce à la complaisance de certains gardiens.

Le missionnaire fut condamné à mort. Quand il l’apprit, il manifesta toute sa joie de recevoir une grâce qu’il avait désirée depuis son enfance.

Il fut exécuté par strangulation, le 17 octobre 1833, à Hué.

L’empereur, qui avait entendu parler de la résurrection de Jésus trois jours après sa mort, ordonna l’exhumation du corps du Martyr pour vérifier qu’il fût bien mort et non ressuscité.

Plus tard, le corps du père Gagelin fut rapporté à Paris.

François-Isidore Gagelin fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988.

Le dies natalis de ce Martyr est au 17 octobre, tandis qu’une fête liturgique commune commémore tous les Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

 

 

Contardo Ferrini

1859-1902

 

Contardo naquit le 4 avril 1859, un an jour pour jour après le mariage chrétien de ses parents, Rinaldo Ferrini et Luigia Buccellati. Le père était professeur de physique générale et de technologie au Politecnico de Milan, et passa à son fils la contagion du travail acharné et persévérant. Contardo fut baptisé le jour-même de sa naissance.

Il ne fut pas, comme on l’écrit parfois de certains Saints médiévaux, “consommé en sainteté dès le plus jeune âge” ; polisson à sa manière, il ne se fit pas scrupule de jeter un jour au fond du puits une paire de pantoufles, cédant à quelque caprice coléreux ou même seulement pour “jouer un tour” mal placé.

Toujours est-il qu’il fit la première Communion à douze ans, l’âge habituel à cette époque. Dans quels sentiments ? On peut en avoir une intuition par ce qu’il écrivit quelques années plus tard à sa sœur cadette, qui à son tour se préparait à communier pour la première fois : 

Un pacte éternel, ineffable, où nous nous engageons à ne vouloir que le bien…, une promesse d’impérissable amour qui nous fasse passer à travers le monde sans pouvoir comprendre même comment le mal y soit possible ; après quoi il ne reste plus qu’à soupirer vers la plénitude de notre adoration dans le ciel.

A l’école, Contardo se fit remarquer par une mémoire prodigieuse, une habileté à versifier et à saisir les choses abstraites. On le surnommait Aristote. Jeune lycéen, il s’en alla demander des leçons d’hébreu, de syriaque, de sanscrit et de copte. A dix-sept ans, on le trouve à Pavie étudiant de droit auprès de son oncle, don Buccellati, professeur de droit pénal. 

Contardo était pensionnaire du collège Borromeo, où les horaires et la discipline pouvaient faire penser à Oxford ou Cambridge, mais aussi où les élèves avaient comme partout leur langage, leurs grivoiseries. Contardo les évita scrupuleusement. En hiver, quand seules les salles communes étaient chauffées, il préférait rester dans sa chambre : 

Seigneur, plutôt le malheur que la faute ; une vie entière de larmes qu’une heure de rire inconvenant.

On rejoint ici la résolution du jeune Domenico Savio : “La mort, mais pas le péché” (voir au 9 mars). La moindre allusion douteuse amenait sur sa figure une grimace. Il ne regardait jamais les gens en face, n’allait pas aux fêtes mondaines, aux soirées. En wagon, un vis-à-vis féminin l’incitait à changer de place. Jeune, il portait un cilice et se confessait tous les jours. Le futur Pie XI, qui le connut bien quand il n’était que Mgr Ratti, écrivait de lui : 

(On avait) l’impression de quelque chose de vraiment délicat en fait de vertu et de vraiment virginal, qui se dégageait de toute sa personne.

Avec le temps, Contardo s’affirma dans la paix et fut moins tendu. Au reste, il ne voulait pas être mélancolique. Il s’efforçait de garder le sourire, ce sourire dont il écrivit un jour que “c’est souvent un acte d’héroïsme, le comble de l’abnégation.” L’été 1881, à vingt-deux ans, il fit le vœu de chasteté, avec l’approbation de son directeur de conscience. 

Sa thèse de doctorat brillamment soutenue à Pavie en 1880 lui valut une bourse de voyage. Il avait présenté une savante dissertation en latin sur l’importance d’Homère et d’Hésiode pour l’histoire du droit pénal. Il alla d’abord à Berlin, fréquenta de grands juristes qui l’apprécièrent particulièrement. Le professeur luthérien von Lingenthal devait le choisir pour héritier de son œuvre scientifique.

Contardo n’avait pas d’ambitions humaines, lucratives, mondaines. Il voulait trouver et enseigner la vérité. Il préféra se spécialiser dans des matières ardues comme le droit pénal romain et le droit byzantin.

En 1881, il entreprit une édition critique de la paraphrase grecque des Institutes de Justinien, et dut en chercher les manuscrits à Copenhague, Paris, Rome, Florence et Turin. En 1883, il fut chargé à Pavie d’un cours d’histoire du droit pénal romain, puis on créa pour lui une chaire d’exégèse des sources du droit romain. On le voit enseigner à Messine en 1887, à Modène en 1890, de nouveau à Pavie en 1894, où il enseigna le droit romain, le droit et la procédure pénale, l’histoire du droit pénal romain, les institutions du droit romain, et fit aussi un cours libre pour l’exégèse des Institutes de Justinien, son cours de prédilection.

Ses élèves appréciaient ce professeur qui savait se mettre à leur disposition. Hors des cours, Contardo était affable, doux, toujours disposé à conseiller et à aider. C’était un travailleur acharné, dont Mgr Ratti - déjà cité, écrivait : 

Un travail scientifique au suprême degré… que Ferrini accomplissait avec un zèle passionné, mais que l’on peut bien classer parmi les plus arides, se déroulant presque tout entier sur des textes antiques, des écritures difficiles à déchiffrer et encore plus difficiles à comprendre… Il lisait à première vue… du latin, du grec, du syriaque ; car il passait avec la plus grande aisance d’une langue à l’autre.

Contardo s’affirma, s’imposa avec une douceur humble. Sa docilité aux directions pontificales fut irréprochable. En 1895 il fut élu conseiller municipal de Milan et se montra excellent dans cette charge, luttant vaillamment pour les bonnes causes de son temps, contre le divorce et pour sauver l’enfance abandonnée.

En famille, ce savant restait petit garçon prêt aux menues corvées que lui commandait sa mère. Il laissait son travail pour mettre la table ou descendre à la cave, plaquait ses livres pour ramasser du bois. Pour son père il avait un profond respect. Souverainement discret, s’il recevait quelque compliment, il répondait avec un sourire “Lascia andare !”, littéralement “Laisse aller”, comme pour dire : aucune importance.

Il avait le sens de la liturgie, savait faire honneur à la messe quotidienne ; son immersion dans la contemplation du Tabernacle avait quelque chose de l’extase, durant laquelle on pouvait lui dérober même son manteau sans qu’il réagît. Détaché de la terre, il prêta sans difficulté à un ami toutes ses économies, quelque chose comme 30 000 francs or, que l’autre engloutit dans une mauvaise affaire ; aucune protestation de la part de notre Contardo.

Il avait un horaire quotidien très réglé. A Pavie il logeait chez sa sœur, à trois kilomètres de la ville. Levé à cinq heures et demie ou six heures, il regagnait sa chambre à vingt-deux heures. Il faisait ses dévotions à Pavie, déjeunait chez son beau-frère et faisait son cours en veston sombre et gants noirs. Fini son travail, il allait à la bibliothèque ou à l’église. Il rencontrait l’évêque, recevait les élèves qui voulaient lui parler, rentrait à pied chez sa sœur. La soirée s’achevait par le chapelet en famille. Un dimanche qu’on le demandait, le portier répondit : “Les jours de fête, le professeur n’est pas facile à trouver chez lui. Il est toujours à l’église, où il a tant de choses à faire.”

Tertiaire franciscain, il s’était fait un petit règlement de vie : 

… Je chercherai à être un modèle de mansuétude, de douceur, de charité et d’humilité. Je réparerai chaque manquement par un redoublement d’attention… Pour le café, je me tiendrai indifférent et, si possible, je ne le sucrerai pas… Je résisterai au désir des sucreries… Durant le jour, je ferai une visite à Jésus dans le Saint Sacrement… Je me tiendrai en union avec lui tout le jour par de fréquentes aspirations et une grande pureté d’intention… La charité spirituelle pour les autres sera mon premier souci…

Voyons s’il réussit dans ces intentions, en lisant ce qu’en décrivait le même Mgr Ratti : 

De moyenne stature, solide, harmonieuse, élégante de ligne ; le pas rapide, mais ferme, le pas d’un marcheur qui en a l’habitude et qui sait où il va ; la plume toujours prête et savante, la parole aisée et persuasive ; sur le visage un air de gaieté toujours égale et qui ne l’abandonna jamais jusqu’à la veille de sa mort ; mais surtout, sur ce visage, un rayonnement de pureté et d’aimable jeunesse. Son regard avait toutes les douceurs de la bonté de son cœur excellent ; ses yeux, son vaste front portaient l’éclatant reflet d’une intelligence vraiment souveraine.

On complétera ce beau portrait un ajoutant qu’il portait de fortes moustaches, une barbe dense, assez courte, plutôt en pointe, de coloration foncée et des cheveux courts. En somme, un homme soigné, propre, qui faisait honneur à ses interlocuteurs.

Une fièvre typhoïde l’enleva rapidement à Suna (Novare), en 1902, quand il n’avait que quarante-trois ans. On a pu le comparer au Bienheureux Ozanam, mort jeune aussi en 1853, et père infatigable des Conférences Saint-Vincent-de-Paul.

Contardo Ferrini a été béatifié en 1947. Il est mentionné au Martyrologe Romain au jour de sa mort, le 17 octobre.

 

Tarsila Córdoba Belda

1861-1936

 

Cette pieuse femme était née à Sollana le 8 mai 1861. 

Elle épousa Vicente Girona Gozalbo en 1884 et ils eurent trois enfants.

Une pénible épreuve affligea ce couple chrétien : le mari perdit la raison et mourut beaucoup plus tard en 1922. Puis elle perdit aussi ses trois enfants.

Courageusement, Tarsila continua à participer aux bonnes œuvres : elle appartenait à l’Action Catholique, à la Conférence Saint-Vincent-de-Paul, et prêtait son concours aux activités paroissiales. Elle se dépensait en activités caritatives et en apostolat auprès des malades, des pauvres et des nécessiteux.

Sa nourriture était la communion eucharistique quotidienne.

Le Comité révolutionnaire la fit arrêter à cause de sa foi. En prison, elle réconforta ses compagnes et les encouragea à accepter avec confiance la volonté de Dieu.

Arrêtée le 10 octobre, elle se trouvait dans l’ex-couvent des Mercédaires, d’où on la sortit au matin du 17 octobre pour l’emmener au cimetière de Algemesí (Valencia), où on la plaqua contre le mur avant de la fusiller.

Le Martyrologe la commémore le 17 octobre.

Elle a été béatifiée en 2001.

 

 

Fidel Fuidio Rodríguez

1880-1936

 

Fidel était né à Yécora (Álava, Espagne) le 24 avril 1880, benjamin des sept enfants de Inocente et Micaela, et fut baptisé le jour-même.

Il reçut la Confirmation en 1884.

Il entra chez les Marianistes en 1892, fut postulant à Vitoria (Espagne) et en 1893 à Pontacq (France) ; il fit les premiers vœux en 1897.

Après deux années à Escoriaza (Guipúzcoa), il commença sa carrière d’enseignant en différents collèges marianistes, successivement à Jerez de la Frontera, Cadix, Madrid ; il fut nommé à Ciudad Real en 1935 et continuait ses recherches et ses publications.

Archéologue et professeur éminent, disciple de l’allemand Hugo Obermaier, ce fut le précurseur de l’archéologie de Madrid. Il procéda à de très importantes fouilles en diverses localités d’Espagne, avec ses élèves, et fit d’intéressantes découvertes. Il avait une personnalité allègre et généreuse, et savait entraîner ses élèves. Il se voulait lui-même propagateur d’enthousiasme et semeur d’optimisme.

En 1932, il défendit sa thèse Carpetania Romana et la publia en 1934.

Fin juin 1936, il fut opéré d’une hernie, et fit sa convalescence à Ciudad Real à partir du 17 juillet.

Le 25 juillet, il dut se retirer dans une autre maison, car le collège avait été réquisitionné par les Révolutionnaires.

Le 7 août, ces derniers vinrent perquisitionner la pension où il se trouvait et, le voyant avec un crucifix en main, l’arrêtèrent.

Conduit au siège du Gouvernement Civil, il fut mis en prison. Il se prépara dès lors à sa mort prochaine, cherchant en même temps à relever le moral des autres prisonniers. Il priait beaucoup, se confessait souvent aux prêtres présents, se préparant à mourir pour la foi.

Le 15 octobre, après un simulacre de procès, on fit semblant de le remettre en liberté, on l’emmena à la Maison du Peuple pendant une journée et, dans la nuit du 16 au 17 fut emmené à Carrión de Calatrava, où on le fusilla.

Ce martyre eut lieu le 17 octobre 1936. Fidel fut béatifié en 1995.

 

 

 

José Sánchez Medina
1900-1936

Il naquit le 3 août 1900 à Archena (Murcia), de José et Lucía, qui le firent baptiser le 6 août suivant.

La maman mourut dès 1902 ; la tante Rufina, une Religieuse, sœur de Lucía, éleva l’enfant maternellement, de concert avec son bon père.

Au terme de sa formation aux Petit puis au Grand séminaires, José fut ordonné prêtre en 1926.

Il fut un an secrétaire de son évêque, puis il fut envoyé au sanctuaire marial de Cartagena, comme organiste et maître de chapelle.

Ses connaissances et compétences musicales et littéraires étaient vastes. Il écrivit plus d’une trentaine d’articles dans le journal El Eco de la Milagrosa, qu’il dirigeait, ainsi que de petites comédies théâtrales pour les enfants, à travers lesquelles il faisait passer l’enseignement du catéchisme.

Quand, en juillet 1936, le sanctuaire fut pris d’assaut et le curé arrêté, il ne lui resta plus que de se retrancher chez les siens à Archena, où le rejoignit bientôt la persécution.

Il fut contraint, avec d’autres prêtres, de participer à la construction d’une école, sous les regards moqueurs et méchants d’une foule laïcisante qui ne leur ménageait pas les insultes. Ces travaux s’achevèrent le 16 octobre. Don José alors se confessa à un autre prêtre, tout en travaillant. Il faisait bien.

Au soir de ce 16 occtobre 1936 en effet, deux miliciens se présentèrent chez le Prêtre et lui dirent d’aller recevoir son «salaire» ; il y alla, accompagné de son père et y retrouva deux autres prêtres et un laïque. En fait de «salaire», ils furent horriblement torturés et reçurent les balles des révolutionnaires, devant la boutique Picolo, au carrefour de la route d’Archena et de celle de Murcia-Madrid.

Le père de José demanda à mourir le premier, pour ne pas assister à la mort de son fils, mais les bourreaux firent exprès de le faire souffrir davantage en tuant d’abord le prêtre sous ses yeux.

Les autres prêtres fusillés ce jour-là ne font pas partie de la même cause de béatification.

Martyrisé le 17 octobre 1936 et béatifié en 2017, José Sánchez Medina sera mentionné avec son père dans le Martyrologe Romain au 17 octobre.

 

 

Ramón Esteban Bou Pascual

1903-1936

 

Les époux Bou Pascual trouvèrent le 12 octobre 1903 un petit bébé abandonné dans un arbre à Polop de la Marina (Alicante) et l’adoptèrent, lui donnant au baptême les noms de Ramón Esteban (Raymond Stéphane).

L’enfant vécut chez ces parents adoptifs à Benimantell et grandit dans la foi ; il entra au séminaire de Valencia et fut ordonné prêtre en 1930.

Il fut vicaire à Almusafes, aumônier des Religieuses du Christ-Roi de Benifaió (Valencia), et curé de Planes.

Lors de la révolution de 1936, l’église fut prise d’assaut et fermée ; il dut partir à Catamarruch, puis à Benimantell chez une tante, où il resta jusqu’au 15 octobre. Apprenant que les miliciens venaient le chercher, il réussit à prendre la fuite et demanda à être reçu ici ou là, mais on le lui refusa, par crainte des représailles (ou par haine du clergé). Finalement, il revint chez sa tante, où il apprit qu’en son absence, on avait arrêté son père et son frère. Alors, il alla se rendre.

Au matin du 17 octobre 1936, on l’emmena jusqu’au cimetière, où il fut criblé de balles.

Juste avant de mourir, il pardonna à ses bourreaux : il avait trente-trois ans depuis deux jours.

Ramón Esteban fut béatifié en 2001.

 

 

Perfecto Carrascosa Santos

1906-1936

 

Perfecto naquit le 18 avril 1906 à Villacañas (Toledo, Espagne), un des cinq enfants de Benito et Ángela, cultivateurs et surtout excellents chrétiens.

Le petit «Parfait» reçut donc dès son berceau le bon exemple d’une vie chrétienne, qui accompagna toute la vivacité et la gentillesse de son caractère.

Il aimait enseigner le catéchisme aux plus petits.

Après l’école primaire, il fréquenta le petit séminaire tenu par les pères franciscains à Belmonte (Cuenca), qui se transféra d’ailleurs à Alcázar de San Juan (Ciudad Real). On remarqua dès lors son innocence et il s’attira l’affection de tous. Il parlait volontiers de son rêve, qui était d’être missionnaire et martyr.

En 1921, il prit l’habit franciscain à Arenas de San Pedro (Ávila). Il avait trois dévotions centrales : l’Eucharistie, le Sacré-Cœur, la Sainte Vierge.

En 1922 il fait sa première profession. 

Il commençait ses études de philosophie au couvent de Pastrana (Guadalajara), mais une tumeur à la cheville les lui fit interrompre quelques mois, qu’il passa chez les siens. Puis se trouvant mieux, il vint terminer sa préparation philosophique et théologique à Consuegra (Toledo).

Son mal le faisait souffrir, mais ne l’arrêtait pas dans son ardeur à se préparer au sacerdoce. Il obtint d’excellent résultats à ses examens et collabora à la revue du séminaire.

En 1927 il fit la profession solennelle, et reçut le sacerdoce en 1929.

Son handicap l’accompagna toute la vie, mais ne lui enlevait pas sa bonne humeur. Doux, gentil, timide aussi, il était incapable de dire une méchanceté, même s’il était la cible de beaucoup de petites taquineries. Il était toujours un tantinet bavard, avec un verbe alerte et en même temps innocent.

De 1929 à 1935, il fut professeur de philosophie à Pastrana. Mais il donnait aussi des cours de sciences et monta un laboratoire de chimie. Il dirigeait la chorale, il confessait les séminaristes ; il fut parfois assistant pour le Tiers-Ordre franciscain et directeur spirituel au petit séminaire. Dans la revue Cruzada Seráfica (La Croisade Séraphique), il écrivait des articles pour défendre les vérités de la foi, pour soutenir l’Eglise et la religion catholique en face des attaques provenant de la Deuxième République espagnole.

Finalement, il fut envoyé à Madrid, au couvent de Saint-Antoine dans la rue Duque de Sesto, où il devait être secrétaire de la province franciscaine de Castille.

C’est là que le surprit la persécution en 1936. La communauté dut se disperser à partir du 18 juillet ; le père Perfecto trouva refuge chez des voisins. Suite à une perquisition, il passa chez d’autres connaissances, mais ne voulant compromettre personne, il se dirigea vers son village. Auparavant, il alla trouver son Gardien (le supérieur) pour lui en demander la permission et pour se confesser.

Il arriva chez lui le 24 juillet à onze heures du soir. Il y resta environ un mois et demi. Il se préparait au martyre de façon intense. Il confessa quelques fidèles.

Même s’il désirait le martyre, il éprouvait un sentiment répulsif pour la mort, et répétait : Si Dieu me veut martyr, il me donnera la force pour supporter ce martyre.

Dans le village, tout le monde savait que Perfecto était chez les siens, on l’avait vu arriver, mais personne, même les gauchistes, ne voulaient le toucher, parce qu’ils le considéraient comme un innocent. Mais l’un d’eux quand même vint frapper chez les Carrascosa au matin du 14 septembre (fête de la Sainte Croix), accompagné de trois hommes armés, en disant : Faites sortir le curé ! Perfecto s’habilla et sortit ; à partir de ce moment-là toute crainte s’évanouit en lui. Il dit aux siens : Ne craignez rien pour moi.

Tous pleuraient, la maman n’arrivait pas à parler. Finalement, le père de Perfecto dit avec fermeté : Mon fils, tu diras la vérité ! Et Perfecto répondit avec la même fermeté : Oui, Papa ! Oui !

Ils l’emportèrent à un endroit appelé Ermitage du Christ, où se trouvaient d’autres prisonniers. Ce furent ensuite trente-trois jours de prison héroïque.

Au début, c’est sa sœur Lucie qui lui apporta à manger ; puis ce fut sa mère. La famille ainsi que d’autres témoins purent constater les marques de la torture, tant sur le père Perfecto que sur ses compagnons : visage contusionné, gonflé, défiguré, les yeux rougis, le corps recroquevillé apparemment trop petit pour son habit, qui portait des traces de sang.

Une fois, l’un des bourreaux lui dit : Dis que ta mère est une femme de mauvaise vie, et la Vierge aussi ; à quoi il répondit : Ma mère n’est pas ce que tu dis, bien qu’elle aurait pu l’avoir été ; mais la Vierge, elle ne l’a pas été et ne pouvait pas l’être. 

Celui qui avait organisé son arrestation se vantait de lui avoir flanqué une bonne gifle ; transféré au front, il écrivait à ses sœurs qu’il aimerait bien retourner sur place pour lui en flanquer encore une. Une dame dont les fils faisaient la garde, disait partout que le père Perfecto était un sot, qu’il pouvait bien s’en tirer s’il le voulait, il n’avait qu’à répéter quelques blasphèmes ; elle ajoutait : Il faut voir les baffes qu’on lui passe pour le faire blasphémer ; et ils n’y arrivent pas !

Ces tortures se faisaient d’habitude dans la sacristie de l’ermitage, mais on entendait les coups depuis l’extérieur. Un des prisonniers, le prêtre Manuel Simón, expira devant tous les autres sous les coups.

Perfecto, lui, ne se laissa jamais abattre, ni ne se plaignit des tortures ou de ses bourreaux, et ne perdit rien de sa bonté et de son zèle apostolique. Il soutenait ses compagnons, les exhortait à accepter le martyre, les encourageait à éviter le blasphème, à pardonner les bourreaux, à prier. Certains se confessaient. On a dit de lui : C’était un ange pour tous.

Au matin du 17 octobre 1936, le père Perfecto fut conduit avec cinq autres prêtres séculiers au cimetière de Tembleque (Toledo). Pendant le trajet, celui qui l’avait fait arrêter invitait ses camarades à arroser son forfait avec une bouteille d’eau de vie ; le père Perfecto, lui, montrait sa joie d’être bientôt auprès de Dieu, grâce au martyre.

Quand on fut au cimetière, il encouragea ses compagnons, leur donnant encore une fois l’absolution, et demandant pour cela à être fusillé le dernier.

Ils furent enterrés sur place.

Le père Perfecto Carrascosa Santos honora vraiment son nom de «Parfait». Il fut un des quatre-cent quatre-vingt dix-huit Martyrs espagnols béatifiés en 2007.

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 23:00

16 OCTOBRE

 

?

SS Grat et Ansute, ermites et martyrs inconnus à Capdenac.

I.

S Longin, martyr à Césarée de Cappadoce ; c'était le soldat qui ouvrit le côté du Christ crucifié avec sa lance : inondé par le sang du Christ, il avait été guéri de son strabisme.

IV.

S Eliphius, martyr lorrain célèbre et inconnu.

V.

SS Martinianus et Saturianus, avec leurs deux frères, martyrs en Afrique, et ste Maxima, qui les amena à la foi.

VI.

SS Amandus et Iunianus, ermites près de Limoges ; le maître est ici moins connu que le disciple Iunianus, au tombeau duquel avaient lieu beaucoup de guérisons.

VII.

S Baudri, moine mal connu, abbé à Montfaucon.

S Maimbeuf, évêque à Angers, invoqué… pour le bétail.

S Gall, disciple irlandais de s. Colomban à Luxeuil, puis à l'abbaye qui devint Saint-Gall ; représenté avec un ours, qui lui aurait apporté du bois pour se chauffer ; s. Colomban l'aurait suspendu a divinis parce qu'il ne l'avait pas suivi jusqu'en Italie.

S Béraire, évêque au Mans.

Ste Eremberte, abbesse à Wierre-aux-Bois, nièce de s. Vulmar.

S Mommelin, évêque à Noyon-Tournai, successeur de s. Eloi ; on disait qu'il parlait roman et teuton , selon qu'il était dans l'une ou l'autre ville.

VIII.

S Gordaine, ermite à Anchin.

S Vital, ermite anglais venu dans le pays de Retz.

S Ambroise, évêque inconnu à Cahors.

S Lull, moine bénédictin anglais, collaborateur de s. Boniface, qui le sacra évêque à Mayence pour lui succéder. 

IX.

S Gaudericus, cultivateur à Saint-Gaudéric, invoqué pour la pluie ou le beau temps.

?

Ste Bonita, vierge à Brioude : elle aurait arrêté une inondation de rivière et déjoué les plans des assiégeants normands. 

XI.

S Anastasio, vénitien, grand ascète : au Mont-Saint-Michel, à Cluny, en Espagne, seul dans les Pyrénées ; il mourut sur le retour vers Cluny ; il ne s'était jamais lavé ni les pieds ni la tête .

XII.

S Bertrand, évêque à Comminges, thaumaturge ; il réussit à imposer à ses chanoines la règle de vie commune selon s. Augustin.

B Gerardo, italien, abbé à Clairvaux ; en visite à Igny, il fut assassiné par un moine convers, qui voulait se venger d'avoir été réprimandé. 

XVIII.

S Gerardo Maiella, rédemptoriste italien ; il avait été apprenti tailleur, puis au service de l'évêque de Lacedonia ; thaumaturge aussi soumis qu'ascétique.

XX.

Bx martyrs espagnols  de 1936 :

- béatifié en 2007 :

Dominicains : à Madrid, le prêtre Jesús Villaverde Andrés (*1877) ;

- béatifié en 2013 :

Fr.Maristes : Joan Viñuela Flecha (Lluís Daniel, *1910), à Madrid.

Bx Wojciech Koplinski (Anicet, 1875-1941), capucin, le saint François de Varsovie, gazé à Auschwitz ; et Józef Jankowski (1910-1941), prêtre pallotin, abattu à Auschwitz ; martyrs polonais béatifiés en 1999.

B Agostino Thevarparampil ("Kunjachan", petit, 1891-1973), prêtre indien très actif auprès des castes "Dalit", béatifié en Inde en 2006.

Longinus, soldat
1er siècle

Une vieille tradition attache le nom de Longinus au soldat qui transperça le côté du Christ après sa mort.
Quelques détails pourront apparaître utiles pour mieux discerner le personnage. Ils proviennent des visions de la bienheureuse Anna Katharina Emmerick, pieuse religieuse allemande stigmatisée du 19e siècle, dont les visions ont été au mieux recueillies par son secrétaire (Il va sans dire que ces «visions» ne sont pas paroles d’Evangile. Elles apparaissent comme «vraisemblables», et certainement dépourvues d’atteinte à la Doctrine de l’Eglise).

Au moment de la mort de Jésus-Christ sur le Calvaire, une garde de soldats romains se trouvait là pour assurer l’ordre.
«Les cent soldats romains furent relevés par cinquante autres, commandés par un Arabe appelé Abénadar, qui plus tard fut baptisé et reçut le nom de Ctésiphon. Le commandant en second, qui était attaché au service de Pilate, s’appelait Cassius, et fut baptisé depuis sous le nom de Longin (…)
Après avoir rendu cet hommage public au Fils de Dieu, Abénadar converti ne voulut plus rester au service de ses ennemis. Il mit pied à terre, donna sa lance à Cassius, appelé depuis Longin, et lui confia le commandement (…). (De ce qui précède, on pourrait se permettre de déduire que le nom traditionnel de Longin est dérivé de la «longueur» de cette lance).
(Après la mort du Sauveur), une partie des cinquante soldats romains vinrent rejoindre ceux qui gardaient la porte de la ville qu’on avait fermée ; d’autres furent placés dans quelques positions environnantes pour empêcher les rassemblements; Cassius avec cinq hommes restèrent seuls sur le lieu du supplice (…)
(Après que les bourreaux aient brisé les os des deux larrons), Cassius fut saisi d’un mouvement de zèle extraordinaire. C’était un officier de vingt-cinq ans, dont les airs d’importance et les yeux louches excitaient souvent l’hilarité des soldats. L’ignoble cruauté des bourreaux, l’angoisse des saintes femmes, une inspiration soudaine d’en-haut lui firent accomplir en cet instant une prophétie (en effet, l’évangéliste saint Jean rappelle les versets de Ex 12:46, Ps 34:21 et Za 12:10 : Cela est arrivé pour que s’accomplît l’Ecriture : On ne lui brisera pas un os. Ailleurs l’Ecriture dit encore : Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé (Jn 19:36-37). 
(…) Il dirigea rapidement son cheval vers l’élévation où se trouvait la croix, et, s’arrêtant entre la croix de Jésus et celle du bon larron, il prit sa lance des deux mains et l’enfonça avec tant de force dans le côté droit, que la pointe traversa le cœur et atteignit le sein gauche. Il en sortit aussitôt du sang et de l’eau qui rejaillirent sur sa face comme une source de grâce et de salut. Il sauta à bas de son cheval, s’agenouilla, se frappa la poitrine, et confessa à haute voix Jésus-Christ.
Cassius louait Dieu à genoux ; les yeux de son âme s’étaient ouverts, en même temps que ceux de son corps avaient été guéris. (Ce n’était) plus le même homme : il était devenu humble et modeste. Les soldats, en voyant le miracle qui s’était opéré en lui, se jetèrent à genoux frappant leur poitrine et confessant Jésus-Christ (…)
(Après la mise au tombeau) Cassius ne quitta pas son poste. Il se tenait assis ou debout devant l’entrée du caveau. Il avait reçu de grandes grâces intérieures, et Dieu, en illuminant son âme, lui avait révélé beaucoup de mystères. N’étant pas accoutumé à se trouver dans cet état d’intuition, il resta presque tout le temps dans une extase qui lui enlevait la conscience des objets extérieurs. Il fut entièrement transformé, devint un autre homme, et passa toute la journée dans le repentir, l’action de grâces et l’adoration (…)
(Vers minuit) Cassius avait les regards fixés sur le tombeau comme quelqu’un qui adore le saint Sacrement (…) Le rocher fut ébranlé. Cassius fut très ému, car il sentait qu’il se passait quelque chose d’extraordinaire, quoique cela ne fût pas très clair pour lui ; mais il resta à sa place, attendant avec recueillement ce qui allait enfin arriver de ces mystérieux événements (…) Voyant le tombeau rempli de lumière, il entrouvrit hardiment la porte, et toucha les linges vides ; ensuite il se retira pour annoncer à Pilate ce qui était arrivé (…)
Pilate était encore couché, et on fit entrer Cassius près de lui. Il lui raconta avec une grande émotion comment le rocher avait été ébranlé, comment un ange, descendu du ciel, avait renversé la pierre, et comment il ne s’était plus trouvé là que les linges vides. Enfin il déclara que le Sauveur était ressuscité, et qu’il était certainement le Messie et le Fils de Dieu.»
Les grecs croient que Cassius-Longin souffrit le martyre près de Tyanes en Cappadoce et honorent sa mémoire le 16 octobre. Saint Grégoire de Nysse atteste que les Cappadociens avaient fait de Longin un de leurs premiers évêques, et qu’il aurait souffert le martyre.
Pour certains, le centurion qui confesse sa foi et le soldat Longin ne font qu’un seul et même personnage. Pourtant, il semble bien que l’évangile parle de deux hommes différents.
Il reste que notre Martyrologe Romain mentionne saint Longin le 16 octobre, sans parler de son martyre éventuel, rappelant seulement la «commémoration à Jérusalem» du saint soldat.


Eliphius de Toul
? 4. siècle

Eliphius aurait été l’aîné d’une nombreuse fratrie de cinq ou sept frères et sœurs, enfants de Baccius et Lientrude, dans la région de Toul.
Ces enfants auraient porté les noms de Eucharius, Menna, Libaria, Suzanna, Odda, Gondrude.
Plusieurs d’entre eux seraient morts martyrs, dont notre Eliphius.
On n’est pas assuré qu’Eliphius (en français Elophe) fût martyrisé sous les ordres de Julien l’Apostat, surtout par le fait que cet empereur n’a bien certainement pas sévi en Gaule contre les Chrétiens.
Eliphius, après avoir prêché et amené à la foi un grand nombre de personnes, aurait été dénoncé à Julien par des Juifs. Julien l’aurait longuement interrogé, et finalement condamné à la décapitation.
Décapité, Eliphius aurait ramassé sa tête, l’aurait apportée sur la colline proche… et se serait remis à prêcher.
On pense qu’Eliphius fut en réalité victime de Barbares, ou de brigands. Certainement avant le dixième siècle (!), peut-être au quatrième.
Autrefois, tous les frère et sœurs d’Eliphius étaient mentionnés au Martyrologe et presque tous au mois d’octobre. L’édition récente ne les a pas repris.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Eliphius de Toul au 16 octobre.


Martinianus, Saturianus et Maxima en Afrique
5. siècle

Maxima administrait la maison d’un maître appartenant à la race des Vandales, en «Afrique» (act. Tunisie). Elle était chrétienne.
Ce même maître avait aussi des serviteurs, parmi lesquels Martinianus, Saturianus et leurs deux frères, qui le servaient avec grand dévouement. Martinianus était son armurier.
Très satisfait de Maxima et de Martinianus, il voulut les marier, ce qui plut beaucoup à Martinianus. Mais Maxima fit part à Martinianus de sa foi chrétienne, et de son désir de n’appartenir qu’au Christ, l’Epoux éternel. Elle convainquit Martinianus, qui se fit aussi l’apôtre de ses trois frères, dont on ne connaît le nom que d’un seul, Saturianus.
Tous cinq s’évadèrent une nuit, les quatre garçons rejoignirent un monastère à Thabraca (auj. Tabarka, Tunisie NW), Maxima un autre monastère. Ici se trouve l’objection principale qu’on pourra opposer au récit : comment des Chrétiens eurent-ils l’audace d’abandonner leur maître, qui était bon et qu’ils servaient fidèlement ?
Mais voilà que ce maître, fort irrité, rechercha et retrouva les cinq fugitifs. Il les mit en prison, avec la ferme intention d’obliger Martinianus et Maxima à se marier, et surtout de les faire passer à la «foi» arienne. Il avertit le roi Genséric de la situation.
Ce dernier ordonna de les tourmenter ; on devait les fustiger avec des bâtons noueux, qui les déchiraient et les brisaient. Chaque matin, les cinq victimes apparaissaient cependant guéris de leurs blessures. Qui plus est, lorsque Maxima fut attachée à terre à des pieux pointus, la poutre qui servait d’entrave se brisa comme un vieux bois pourri. Beaucoup de témoins virent la scène.
Le maître Vandale s’endurcit et refusa de reconnaître ces prodiges ; Genséric rendit la liberté à Maxima et relégua les quatre frères chez un roi maure. Nos quatre Héros se firent les apôtres de la région, firent demander à Rome un prêtre et des diacres, et construisirent une église.
Furieux d’apprendre cela, Genséric ordonna d’attacher les quatre hommes par les pieds à un attelage de quatre chevaux et de les traîner au milieu des broussailles et des buissons épineux. C’est ainsi qu’ils moururent.
Maxima, elle, devint abbesse de son monastère, où elle reposa en paix. Elle n’est donc pas considérée comme martyre.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Maxima, saints Martinianus, Saturianus et leurs deux frères, au 16 octobre.


Amandus et Iunianus, ermites
6. siècle

Amandus, de noble famille étrangère, serait venu au confluent de la Vienne et de la Glane, sur un territoire du diocèse de Limoges, nommé alors Commodoliacum.
Cet ermite eut bientôt un disciple, Iunianus, qui vécut avec lui et l’assista jusqu’à la mort. Puis Iunianus occupa cette même cellule pendant quarante ans.
Sa prière obtint la guérison d’un jeune noble, nommé Rorice. Celui-ci était le petit-fils d’un autre Rorice qui, depuis, était devenu l’évêque de Limoges. Ce deuxième Rorice succéda au premier et c’est lui qui célébra les obsèques de Iunianus.
Tandis qu’Amandus fut presque oublié de la dévotion, Iunianus fut beaucoup plus connu et vénéré.
Una basilique s’éleva sur son tombeau, où fut aussi enterré Rorice.
Les saints Amandus et Iunianus sont commémorés le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.


Gall, moine
550-646

Gall était d’origine irlandaise et naquit vers 550.
Il entra au monastère de Bangor, dont l’abbé était s.Comgall (v. 10 mai) et fut ordonné prêtre.
Avec onze compagnons, il accompagna s.Colomban (v. 23 novembre) en Gaule.
Comme on l’a vu, ils s’établirent à Luxeuil (Haute-Saône), puis un groupe - dont Gall faisait partie, accompagna Colomban jusqu’à Bregenz, à l’est du lac de Constance. C’était en 610.
Vers 612, Colomban laissa ses disciples et partit jusqu’à Bobbio (Plaisance, Italie NO) ; il fonda le monastère où il devait mourir. C’est là que se situe cette étonnante situation concernant Gall. Celui-ci, malade, ne pouvait suivre Colomban dans son nouveau voyage. D’après la tradition, Colomban sembla s’en offenser et déclara Gall suspens : il ne devait plus célébrer la Messe tant que vivrait Colomban. Ce dernier mourut en 615, Gall resta donc suspens pendant trois années. Lorsqu’il apprit, par une révélation, que Colomban était mourant, il dépêcha un diacre auprès de Colomban, qui chargea ce diacre de transmettre l’absolution à Gall. Et Gall célébra alors la Messe pour le repos de l’âme de Colomban.
On raconte qu’une nuit où Gall avait besoin de bois pour alimenter un feu qu’il venait d’allumer, un ours vint lui en apporter.
Gall travailla à la conversion des gens de l’endroit ; le Diable lui-même se serait avoué vaincu par la prière de Gall, qui avait toujours le Nom de Dieu dans la bouche.
D’autres merveilles se produisirent, dont les détails ne sont pas connus.
Gall mourut quasi centenaire, le 16 octobre 646.
L’abbaye qui se développa sur le site illustré par Gall, devint la célébrissime abbaye Saint-Gall, dont la bibliothèque et l’école de chant grégorien sont mondialement connus.
Saint Gall est commémoré le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.


Mommelin de Noyon
† 686

Mummolenus venait de la Normandie.
Vers 614-620, il reçut sa formation au monastère de Luxeuil, où il eut comme confrères Omer, Bertin (v. 1er novembre et 5 septembre) et Ebertramme.
Clotaire II l’appela à la cour pour lui confier la garde du sceau royal, et c’est là qu’il connut s.Eloi (v. 1er décembre).
Quand Omer devint évêque de Thérouanne, Mommelin participa à l’œuvre pastorale de l’évêque, qui le nomma abbé de l’abbaye de Sithiu. 
Quand mourut Eloi (660), il lui succéda comme vingt-cinquième évêque de Noyon-Tournai.
On a plusieurs documents attestant l’activité de Mommelin. Ainsi en 663, il signe l’exemption totale de Sithiu de la juridiction épiscopale ; en 675, c’est en faveur de l’abbaye de Montier-en-Der. Que d’abbayes la France a abritées ! 
On raconte que Mommelin savait les deux langues parlées à Noyon et Tournai (le roman et le teuton), à moins qu’il ait eu le don des langues et se fît comprendre ainsi de tous ses diocésains. C’est peut-être aussi en vertu de ce don qu’on invoque Mommelin pour les enfants bègues ou muets.
L’épiscopat de Mommelin dura environ un quart de siècle.
Il mourut à Noyon le 16 octobre 685 ou 686.
Saint Mommelin de Noyon est commémoré le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.


Lull de Mayence
710-787

Lull était né vers 710 dans le Wessex (Angleterre) et reçut sa formation au monastère de Malmesbury, avant son pèlerinage à Rome.
Vers 730 il rejoignit son compatriote s.Boniface (v. 5 juin) en Germanie.
Boniface l’estimait particulièrement, l’appelant son filiolus, cher fils ; il lui conféra les ordres sacrés, le diaconat vers 745, la prêtrise vers 751, et en fit son chorévêque, on pourrait peut-être dire aujourd’hui vicaire épiscopal. 
Vers 753, Boniface le proposa pour l’épiscopat en ces termes : Les prêtres trouveront en lui un maître, les moines un docteur de la Règle, les peuples chrétiens un fidèle prédicateur et pasteur.
Après le martyre de Boniface (754), Lull devint donc évêque de Mayence.
Il signa au synode épiscopal d’Attigny (762), ainsi qu’au concile de Latran de 769, où fut condamné l’iconoclasme.
Il fonda les monastères de Hersfeld (769) et peut-être aussi celui de Bleidenstadt.
En 763, il y eut un petit incident entre Sturm, l’abbé de Fulda, et Lull : Fulda avait obtenu l’exemption de l’évêque, et Lull ne l’admettait pas facilement ; il y eut un froid, des frottements, auxquels mit fin Pépin le Bref en envoyant Sturm à l’abbaye de Jumièges pendant deux ans. Le conflit s’apaisa, mais Sturm l’avait mal digéré et, sur son lit de mort, reparla de Lull qui l’avait toujours attaqué. 
Ce ne fut pas le seul incident qu’on souleva contre Lull ; vers 775, le pape manda quelques prélats français pour enquêter sur la personne et la conduite de Lull. Il ne semble pas que Lull en ait été inquiété. Au contraire, le pape remit à Lull le pallium vers 781.
On a le bonheur d’avoir encore une correspondance assez importante de Lull, qui était en relation avec des autorités civiles ou religieuses.
Dans une lettre à Boniface, il écrit qu’il a mal aux yeux, à la tête et au ventre. A des évêques de Gaule, il raconte que lui est arrivé un prêtre étranger dont il ne veut absolument pas, car celui-ci est un menteur qui a volé des bœufs, des porcs, des vaches, des juments… Ailleurs, ce sont des échanges de manuscrits, de livres, de vêtements, etc.
Après plus de trente ans d’épiscopat, Lull s’éteignit en l’abbaye de Hersfeld, le 16 octobre 786 ou 787.
Saint Lull de Mayence est commémoré le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.


Vital (Viau)
8. siècle

Ce ne sont pas les détails précis qui abondent au sujet de ce Saint ermite, et l’on a même relevé quelques erreurs probables dans certains récits qu’on en a faits.
Saint Vital (en latin Vitalis) venait d’Angleterre, de cette Angleterre depuis peu ré-évangélisée grâce à la prédication de saint Augustin, bientôt secondé par saint Paulin, moines bénédictins envoyés là par le pape saint Grégoire 1er (le Grand, voir au 3 septembre) à la fin du VIe siècle. De là se développa un christianisme fécond en sainteté, en érudition et en production artistique. Canterbury va être fondé, le monastère de Lindisfarne va devenir célèbre ; le roi Edwin va épouser la chrétienne Ethelburge et se convertir lui-même en 627, le roi Oswald suivra bientôt (voir aux 12 octobre et 5 août) ; le moine immensément érudit saint Bède le Vénérable (675-735) va devenir la gloire du clergé anglais (voir au 25 mai) ; au début du VIIIe siècle, l’Angleterre est suffisamment ancrée dans le christianisme pour envoyer à son tour des missionnaires en Germanie, en premier lieu saint Boniface (voir au 5 juin) .
Ce n’est donc pas un pays païen que notre Vital veut quitter, mais on peut deviner que, au milieu du fourmillement du clergé de son île, il désira plus de silence et de solitude, et qu’il pensa trouver cela dans des régions plus amples sur la terre de Gaule. C’est ainsi qu’il aborda un jour au pays de Retz, au sud de l’estuaire de la Loire : il se trouva bien sur le Mont Scobrit, et c’est là qu’il gravit peu à peu les échelons de la sainteté.
Le “Mont Scobrit” n’est pas vraiment une “hauteur”, car nous sommes au bord de la mer, à peine à cinquante mètres d’altitude, mais l’isolement et l’amour de Dieu vont aider l’ermite à chercher les choses d’en-haut (Col 3:1) et à converser avec Dieu.
Comment vivait Vital ? Comme tous les ermites, du travail de ses mains, de ce que la nature pouvait lui offrir. Dans ce beau pays de Retz, où l’on ne connaissait pas les activités portuaires que nous savons, et où l’homme n’avait pas envahi le paysage avec les voitures, le béton, le mouvement et le bruit, notre ermite dut trouver cette paix dans la solitude, assez éloigné du monde pour prier et rester avec Dieu, assez proche des hommes tout de même, pour qu’on reçût de lui de salutaires exemples de détachement et de vertus.
Si Vital préféra vivre en ermite, c’était pour rester caché et discret, pour mener sa vie austère comme il l’entendait de façon à plaire à Dieu sans vouloir s’imposer à d’autres, et sans avoir à dépendre des autres.
On ne s’étonnera donc pas de ne point posséder de détails sur son genre de vie, sur l’aspect de sa cabane, sur ses repas frugaux, sur sa vie de prière. Tel un Chartreux (voir au 6 octobre), il ressentait en lui le besoin de prier pour tous les hommes, pour lui-même en premier lieu car il se sentait pécheur et s’accusait personnellement avant les autres, contemplant la bonté de Dieu, et implorant Sa miséricorde sur toute la société humaine. 
Vital meurt en 750, probablement un 16 octobre, puisque c’est en ce jour qu’il est commémoré au Martyrologe.
La cellule de saint Vital - qu’on appela localement Viau ou Viaud - est traditionnellement conservée dans le bourg de Saint-Viaud (en breton Sant-Widel-Skovrid), qui s’est développé à partir de son ermitage : cette cellule serait la petite grotte qu’on peut visiter sous l’église paroissiale ; non loin de là se trouve aussi une chapelle Saint-Vital, plusieurs croix de Saint-Vital ; les armes-mêmes de Saint-Viaud portent sur une croix le cordon de saint Vital.


Gaudericus
9. siècle

Gaudericus (aussi Gualdericus ou Galdericus) était un pieux paysan de Viéville, localité du Languedoc devenue Saint-Gauderic (Aude).
Il y vivait avec ses deux frères.
On rapporte deux épisodes merveilleux. Lors d’un terrible orage, Gaudericus s’agenouilla sur le champ, qui resta absolument intact, tandis que la campagne alentour était dévastée. Une autre fois, Gaudericus s’agenouilla en plein milieu de la rivière pour prier, et les eaux l’entourèrent sans le mouiller.
Ces faits ont paru légendaires aux critiques. 
Moins légendaire, la mort de Gaudericus se situe vers 900.
Gaudericus fut invoqué pour la pluie ou le beau temps, selon la nécessité.
Saint Gaudericus est commémoré le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.

Bonita de Brioude
9e ou 11e siècle

Cette mystérieuse vierge est invoquée à Alvier (Brioude, Allier).
Elle aurait été une pieuse bergère, gardienne d’oies.
En allant prier sur le tombeau de s.Julien (v. 28 août), elle aurait aperçu des soldats Normands prêts à fondre sur Brioude, et donna l’alerte.
Elle aurait aussi arrêté une inondation de l’Allier.
Au 17e siècle, on fit une reconnaissance de ses reliques, qui révélèrent une très jeune fille aux vêtements simples, aux beaux cheveux tirant sur le blond.
Saint Bonita de Brioude est commémorée le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anastasio de Cluny

1025-1086

 

Anastasio était né vers 1020-1025 à Venise, dans une bonne famille bourgeoise.

Il sut le latin et le grec parfaitement, ce qui donne une idée de la bonne formation qu’il reçut.

Le Christ gagna son cœur, et il chercha à Le suivre. D’abord par l’ascétisme ; discrètement, il supprima le vin, il jeûna les mercredis et vendredis ; ses prières et ses veilles s’intensifièrent… Puis il jeûna toute la semaine, sauf le dimanche.

Il vint alors au Mont-Saint-Michel (Manche), et y prit l’habit.

Mais voilà qu’au bout d’une année, il apprit que l’abbé avait acheté sa crosse, qu’on allait le soumettre à un simoniaque ! Il se retira, seul, sur une petite île au nord de la côte.

Ce fut le début de sa célébrité, bien involontaire. L’abbé Hugues de Cluny (v. 29 avril) vint le voir et lui proposa de le suivre à Cluny.

Le nouveau moine fut, bien sûr, exemplaire, avec toutefois ses petites excentricités inhabituelles pour le monastère, car il avait désormais la coutume de s’absenter pour prier davantage, de jeûner à des jours où les moines ne le faisaient pas, etc.

On l’envoya vers 1074 pour une mission en Espagne, peut-être dans la tentative d’y remplacer le rit mozarabe par le romain, mais ce ne fut pas un succès. Anastasio revint à Cluny.

Au bout de sept années, l’abbé le prit avec lui pour une autre mission en Aquitaine. L’abbé pensait qu’Anastasio saurait convaincre les fidèles par la chaleur de sa parole ; mais Anastasio demanda, implora, obtint de pouvoir se retirer quelque part dans ces montagnes rudes des Pyrénées.

Il prit un frère avec lui, qui habiterait en bas de la cabane, tandis qu’il resterait en haut, priant, célébrant les louanges divines. Le frère lui montait un peu de pain et d’eau. L’amant de la solitude ne put éviter la célébrité : on vint le voir de partout.

Satan aussi vint, pour incendier la cabane : Anastasio éteignit le feu d’un signe de croix et mit en fuite l’Esprit du mal ; la scène eut deux témoins, qui ne pouvaient mentir.

Pendant trois ans, contre son gré, Anastasio reçut, conseilla, pria, confessa.

On pourrait dire : ce moine était-il vraiment obéissant ? N’en faisait-il pas un peu à sa tête ? On va voir que non. L’abbé de Cluny lui écrivit, lui reprochant doucement son long silence et l’invita à revenir au monastère. Anastasio se leva et partit, aussitôt. Il n’avait pas trop de bagages à préparer !

Près de Pamiers, il accepta de procéder à la translation des reliques de s.Antonin (v. 2 septembre) et guérit un malade avec de l’eau bénite, et quelques autres aussi.

Plus loin, il fut pris de fièvre. Il s’alita ; on lui proposa un bain bien chaud, qu’il refusa : c’est à ce moment-là qu’on apprit de sa bouche qu’il ne s’était jamais lavé ni les pieds ni la tête.

Il s’éteignit donc près de Pamiers, le 16 octobre 1085-1086.

Les restes d’Anastasio, retrouvés plus tard par une révélation, furent dispersés par les Huguenots en 1568.

Saint Anastasio de Cluny est commémoré le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bertrand de Comminges

1050-1125

 

Bertrand naquit vers 1050 à L’Isle-Jourdain (Gers), d’Atton Raymond, seigneur, et de Gervaise Taillefer, fille du comte de Toulouse et belle-sœur de Robert le Pieux.

Après avoir goûté au métier des armes, il entra dans la cléricature à Toulouse. Devenu prêtre et chanoine, il fut promu à la dignité d’archidiacre.

Vers 1075, il fut nommé évêque de Comminges.

C’est auprès de la cathédrale Saint-Just que Bertrand fit son premier miracle, en 1200 : il guérit une femme possédée, juste avant de célébrer la Messe.

Surtout, l’évêque fit construire une nouvelle cathédrale sur l’oppidum de la ville, avec une grosse tour comme clocher, qui devait servir au donjon de la nouvelle ville.

Outre ces travaux, Bertrand réorganisa la vie du diocèse, en y imposant les réformes grégoriennes : vie commune des chanoines selon la règle augustinienne, lutte contre le concubinage des clercs, contre l’adultère, le mensonge.

Les très nombreux miracles qu’il opéra de son vivant reflètent son activité. Quelques exemples : 

Un prêtre dépravé ne voulait pas se repentir et sa maison était presque devenue un lieu de passe : l’évêque la maudit et elle s’écroula.

Un homme ne voulait pas reconnaître son enfant naturel ; l’évêque lui demanda de retirer un caillou d’un vase d’eau froide : l’homme eut la main brûlée… et reconnut son fils.

A un pêcheur, il commanda de prendre un certain nombre de poissons et l’homme obéit ; et quand l’évêque lui ordonna d’en prendre «beaucoup», l’homme revint en pliant sous le poids.

Dans une famille pauvre, il bénit le tonneau de vin vide, qui déborda d’un vin excellent. Au contraire, à un homme qui prétendait ne plus avoir de vin alors qu’il en avait encore un peu, tout le vin qui restait se répandit à terre.

Un ménage sans enfants, mais très fidèle à l’Eglise et à Dieu, eut la joie d’en avoir enfin, grâce à la bénédiction de l’évêque.

Bertrand sentit son heure arriver pendant une de ses tournées. On le ramena à la cathédrale et, sur sa demande, fut déposé devant l’autel de la Sainte Vierge. C’est là qu’il mourut, le 16 octobre 1126. Il avait gouverné son diocèse pendant un demi-siècle.

Les miracles continuèrent après la mort de l’évêque. L’un d’eux se situa à cheval sur cette date : un seigneur local, Sanche Parra d’Osse, avait réquisitionné les bœufs de l’évêque et ne voulait les rendre que contre rançon. Bertrand les lui réclama tout de même, lui promettant qu’il l’en récompenserait «avant la mort» du seigneur. Or, après la mort de Bertrand, Sanche fut fait prisonnier en Espagne, mais une nuit, Bertrand lui apparut et le libéra.

Saint Bertrand de Comminges fut canonisé en 1221.

 

 

Gerardo de Clairvaux

1100-1177

 

Gerardo n’est pas très connu, pas même des sources cisterciennes.

On le dit d’origine lombarde. Il fut disciple de saint Bernard à Clairvaux.

On le fait naître autour de 1100, pour cette raison qu’il fut le premier responsable de Fossanova (Priverno, Latina, Latium, Italie) vers 1135. Il n’est pas sûr qu’il y eût été abbé à cette époque : simplement, il guidait la fondation, envoyée par Bernard de Clairvaux. 

Il donna une très forte impulsion à l’abbaye, au point qu’elle put fonder ou assumer d’autres abbayes-filles, en Calabre particulièrement. L’abbaye de Fossanova hérita par Gerardo de l’architecture gothico-bourguignonne

Vers 1140, aurait été élu abbé un certain Pietro, puis d’autres. 

En 1170, Gerardo fut nommé à Clairvaux même, sixième abbé après saint Bernard. C’est donc lui qui, en 1174, connut la canonisation de saint Bernard (qui était mort en 1153). A ce moment, on reconstruisait le chœur de l’église et on lui adjoignait un déambulatoire à chapelles rayonnantes. La dédicace devait avoir lieu aussi en 1174.

Cette même année encore, mourait à Fossanova saint Thomas d’Aquin (v. 7 mars), qui s’y était arrêté sur son chemin pour Lyon, où siégeait le concile.

Responsable d’une si grande famille d’abbayes, Gerardo en fit la visite. Il visita celles de l’Allemagne et fit une halte à l’abbaye bénédictine de Trèves ; il y eut une vision des saints Eucher, Valère et Materne, qui lui révélèrent que Dieu attendait encore beaucoup de lui, mais aussi qu’il recevrait bientôt sa couronne. Elle arriva en effet peu après.

D’après une chronique cistercienne, Gerardo visitait l’abbaye d’Igny (Reims). Un de ses moines, divinement averti, lui aurait conseillé de ne pas s’y rendre, mais l’abbé jugeait de son devoir d’y aller. Bien reçu, il s’entretint avec les moines. 

Or, précédemment, un convers avait reçu de lui une réprimande pour sa conduite et avait promis de s’amender ; en réalité, il conservait dans son cœur une rancune implacable contre Gerardo. Profitant de la présence de l’abbé à Igny, le convers le suivit en cachette au dortoir et le poignarda sauvagement au ventre, tellement que l’abbé lui aurait même dit : Tu peux arrêter, car je ne tarderai pas à mourir. Et l’autre s’en alla. Le pauvre blessé, tout en sang, se traîna jusqu’à l’église et s’écroula ; on le transporta à l’infirmerie, et reprit un moment connaissance. Il remercia Dieu de lui avoir ainsi évité le purgatoire, reçut les derniers Sacrements, pardonna au bourreau et mourut le 16 octobre 1177.

Le corps de Gerardo fut ramené à Clairvaux et y fut enterré. L’abbé de Fossanova craignait que cette mort fût due à cause de ses propres péchés, mais saint Bernard et saint Gerardo lui apparurent et le rassurèrent.

La chronique poursuit son récit en évoquant l’assassin. Quelques années plus tard, il serait allé se jeter aux pieds du pape et implorer son pardon. Le pape cependant aurait alors eu un premier geste qui semblait l’écarter, mais uniquement pour lui faire comprendre la gravité de son crime, de sorte que le coupable se serait relevé et aurait disparu on ne sait où. L’auteur de la chronique n’a-t-il pas été pris à son tour par un petit démon de vengeance ? Espérons que, comme saint Etienne et saint Paul passèrent d’ennemis à amis, le saint abbé et son assassin se retrouvèrent au Paradis, réconciliés.

Le bienheureux Gerardo est inscrit au Martyrologe le 16 octobre, mais sans le titre de martyr qu’on lui a parfois donné, car il n’est pas mort à proprement parler «pour la foi».

 

 

Gerardo Maiella

1726-1755

 

Il naquit en avril 1723 et fut baptisé le 23 (certains disent le 6) avril, benjamin des cinq enfants de Domenico Majella (ou Maiella), un humble tailleur de Muro Lucano (Potenza, Italie sud), et de Benedetta Cristina Galella.

Les quatre aînés s’appelaient Brigida, Gerardo (qui ne vécut qu’une semaine), Anna Elisabetta, Elisabetta.

Un des premiers prodiges qui marquèrent la vie de Gerardo furent les beaux petits pains blancs que lui remettaient la Vierge et son Enfant, une belle image vénérée dans le sanctuaire proche de la maison paternelle.

En 1738, orphelin de père, il fut placé comme apprenti tailleur. 

En 1740, il fut confirmé. Ayant demandé son admission chez les Capucins, il fut repoussé à cause de sa maigreur.

Il trouva un travail au service de l’évêque de Lacedonia, un brave prélat au caractère bougon qui ne lui épargna pas les caprices et les sautes d’humeur.

Gerardo ne se plaignait pas : ce qui lui arrivait venait de Dieu, il s’en réjouissait, même quand un autre petit garçon le rossa d’importance.

Fin 1745, Gerardo essaya le métier de tailleur à Muro. Il n’abandonnait pas l’ascèse, et s’imposa des mortifications «fortes» durant un carême. Il tenta l’ermitage, puis se décida à demander son admission dans la nouvelle congrégation des Rédemptoristes. 

Il fut postulant en 1749 à Deliceto (Foggia), novice en 1752, profès le 16 juillet 1652, en la fête de Notre-Dame du Carmel. C’est vers cette époque qu’il fit le vœu du plus parfait.

Le vendredi saint 30 avril 1753, il eut une de ces extases publiques qui le firent connaître. Sa prédication obtint des réconciliations à Castelgrande, sa parole des miracles à Lacedonia, là où l’évêque l’avait si maltraité douze ans plus tôt.

Début 1754, il fut terriblement calomnié ; il fut «exilé» à Caposele et interdit de l’Eucharistie pendant plusieurs mois. Ce lui fut une épreuve très dure, qu’il supporta sans révolte, et triomphalement ; il luttait contre les tentations du Frère Soufre (Fra Zulfo, comme il appelait le Démon) avec une soumission totale : Le Seigneur veut me punir de mon peu d’amour , et me fuit. Mais je ne le perdrai jamais de mon cœur.

On s’étonnera des mortifications qu’il s’imposait chaque jour, dont il référait toujours à son Supérieur, ou plutôt on s’étonnera que le Supérieur le laissait ainsi s’infliger des actes excessifs pour une santé frêle. Gerardo sa flagellait chaque jour, jusqu’au sang une fois par semaine ; il portait une chaîne de fer, marquait le sol de neuf croix avec sa langue, mâchait de l’absinthe, sans compter les nombreux jeûnes plusieurs jours par semaine… 

Ce qui est bien plus édifiant en revanche, est son désir d’être saint, de se donner tout à Dieu. Une de ses résolutions était : fuir toute occasion de faire impatienter mon prochain. Et son désir d’amener à Dieu les âmes : Si je pouvais convertir autant de pécheurs qu’il y a de grains de sable dans la mer et sur terre, de feuilles dans les arbres, de plantes dans les champs, d’atomes dans l’air, de rayons de soleil et de lune, de créatures sur la terre !

En 1754, il travailla dans l’hospice de sa congrégation à Naples, puis revint à Caposele comme portier : on l’y surnomma le Père des pauvres.

Gerardo est resté célèbre pour ses innombrables prodiges. L’un d’eux fut qu’il demanda à Dieu de le rendre invisible pendant qu’il priait, et qu’il fut exaucé. Son Supérieur le «reprit» doucement en le menaçant : Pour cette fois, je vous pardonne, mais ne faites plus de pareilles prières ! C’est à la suite de cet épisode que les enfants de Caposele jouèrent à frère Gérard, à cache-cache.

En 1755, il surveillait des travaux de construction et allait quêter pour combler les frais. Fin août, il rentra épuisé et fiévreux ; il annonça sa mort pour le 8 septembre, mais il «obéit» et la mort fut remise. Il souffrait beaucoup, toujours sans se plaindre. Il trouvait que les ordonnances médicales ruinaient la communauté, que les soins dont il avait besoin dérangeaient le pauvre frère infirmier.

Le 15 octobre, il annonça sa mort pour la soirée et se fit habiller pour réciter l’office des morts. En fin d’après-midi, il précisa qu’il en avait pour six heures encore. Il répétait le psaume 50 (Miserere), luttait encore contre deux coquins (apparitions diaboliques), vit la Sainte Vierge arriver, et trépassa peu après minuit.

Gerardo Majella mourut le 16 octobre 1755, fut béatifié en 1893 et canonisé en 1904.

Jesús Villaverde Andrés

1877-1936

 

Les Espagnols donnent volontiers le prénom-même de Jésus à leurs enfants, mais avec cette accentuation : Jesús.

Celui d’aujourd’hui naquit à San Miguel de Dueñas (León), diocèse de Astorga, le 4 octobre 1877. 

Son père étant officier militaire, le garçon fit ses études au collège des Jésuites de Salamanque, puis au séminaire diocésain de Madrid.

Il entra au noviciat des Jésuites à Ocaña et fit profession en 1895 ; il fut ordonné prêtre en 1903.

Sa vie religieuse et sacerdotale fut une suite d’activités comme professeur et comme supérieur.

Il enseigna d’abord au collège Saint-Jean-de-Latran à Manille, de 1905 à 1910 ; puis il fut envoyé au couvent de Valencia ; il retourna aux Philippines en 1916 et enseigna la théologie à l’université Saint-Thomas de Manille, dont il fut aussi le doyen après y avoir pris son grade de Docteur en Théologie : il enseigna la Dogmatique et le Droit Canon ; puis il fut recteur au collège Saint-Jean-de-Latran, toujours à Manille, et passa aux Etats-Unis, où il fut prieur de la communauté de Rosaryville (New Orleans) de 1921 à 1924. Il fut secrétaire général puis trésorier de 1929 à 1932. En 1934, le voilà de retour sur notre continent, comme prieur du couvent de Saint-Thomas à Ávila, et s’en vint finalement dans la communauté du Rosaire à Madrid, où le surprit la révolution.

Il publia quelques-uns de ses nombreux sermons, ainsi qu’un petit traité sur la très Sainte Vierge.

Le couvent du Rosaire de Madrid fut pris d’assaut par les révolutionnaires et les religieux cherchèrent à se réfugier chez des parents et des amis. Le père Jesús trouva l’hospitalité chez sa mère puis chez son frère pendant quelque temps.

Le 15 octobre, des soldats vinrent l’arrêter. Les enfants de son frère tentèrent de le sauver en racontant qu’il n’y avait pas de prêtre chez eux. Mais le père Jésus se présenta spontanément aux soldats. Interrogé, il se déclara religieux et disposé à mourir pour le Christ.

On l’emmena au siège révolutionnaire de Fomento à Madrid le soir du 15 octobre, et il fut exécuté le lendemain, 16 octobre, qui sera son dies natalis au Martyrologe.

Il a été béatifié en 2007.

 

Juan Viñuela Flecha

1910-1936

 

Juan était né le 2 juin 1910 à Navatejera (León, Espagne), de Victoriano et Manuela, qui eurent onze enfants ; Juan fut baptisé le 8 juin et confirmé en 1910.

Juan était un meneur ; il guidait ses camarades et leur donnait le bon exemple. Plus tard, du noviciat, écrivant à sa famille, il se préoccupait toujours de leur demander s’ils accomplissaient fidèlement leurs obligations de chrétiens. On va voir que ces recommandations étaient bien fondées.

Il entra en 1924 dans la congrégation des Frères Maristes à Venta de Baños (Palencia) et commença le noviciat à Tuy en 1925 ; il reçut l’habit et le nom de Luis Daniel ; un an après il faisait les premiers vœux. Il devait faire la profession solennelle en 1934.

Jeune, Luis Daniel eut peu de missions : après Tuy, il enseigna à Lugo (1928-1929), et Madrid.

Le Frère n’eut pas tant de problèmes avec ses élèves, qu’avec ses propres parents. En effet, son père vint le voir et lui demander de revenir à la maison. Luis Daniel lui fit remarquer : Tu as tant de fils à la maison, ne peux-tu pas en donner un au Bon Dieu ? Le père essaya même de l’emmener de force, mais le seul résultat fut que le Frère en conçut une fièvre très forte et dut s’aliter.

Autre épreuve encore, mais de la part de sa mère, qui lui proposa de quitter la vie religieuse pour échapper au danger de la persécution menaçante. Et le Frère : Moi, partir ? Ça, jamais ! Qu’il arrive ce que Dieu voudra ! 

Après avoir dû abandonner la maison de Madrid, il se retrouva dans une pension avec un autre Frère. Des miliciens ne tardèrent pas à se présenter, un jour où le Frère était seul à la maison ; il refusa de révéler où était son Confrère. On le fouilla et on lui trouva son chapelet. On le lui accrocha au cou par dérision et on se mit à le battre jusqu’à en être fatigué, et on le laissa là, moitié mort. 

Vraisemblablement il expira ce même soir du 16 octobre 1936.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Wojciech Koplinski

1875-1941

 

Né à Debrzyno (Prusse, aujourd’hui Gmina Debrzno en Pologne) le 30 juillet 1875, baptisé le 8 août suivant, Wojciech (Adalbert, ou simplement Albert) était le benjamin des douze enfants de Wawrzyniec (Laurent) et Berta Moldenhau, cette dernière descendant d'une famille protestante allemande..

Ayant connu dans sa jeunesse les Capucins, qui furent supprimés par le régime prussien, il les rejoignit en Alsace, à Sigolsheim, et prit le nom de Anicet, qui signifie en grec invincible.

Il fit la profession en 1897.

Il fut ordonné prêtre le 15 août 1900 et exerça le saint ministère à Dieburg, puis dans la région de la Ruhr (Werne, Sterkrade, Krefeld), comme aumônier des Polonais qui s’y trouvaient.

En 1918 il fut appelé à réorganiser la vie ecclésiale et l’Ordre des Capucins à Varsovie, ce qu’il accepta avec enthousiasme.

Il y développa une telle activité à quêter en faveur des pauvres, qu’il fut appelé le Saint François de Varsovie.

Quand il n’était pas en train de quêter, il était dans le confessionnal, une heure avant de célébrer, une autre heure après, et de nouveau le soir. Des  évêques vinrent se confesser à lui, et même le nonce, un certain Achille Ratti, futur pape Pie XI. Il n’hésitait pas à demander à ces prélats, comme pénitence pour le sacrement de Réconciliation, quelque offrande pour ses pauvres. S’il demandait aux riches de donner quelque chose pour les pauvres, il demandait aux pauvres de prier pour les riches.

Polonais d’origine, allemand d’adoption, il était proche et des Polonais et des Allemands, des non-chrétiens et des Juifs, les faisant prier ensemble et les uns pour les autres.

Lors de l’invasion de son pays par les armées nazies, il ne tarda pas à être suspecté par les Nazis. Lors de sa première arrestation, en la fête de l’Ascension, il eut le front de répondre en face à son interrogateur : Après ce qu’Hitler a fait pour la Pologne, j’ai honte d’être allemand.

Fait prisonnier, il aurait pu faire valoir sa citoyenneté allemande pour être libéré, mais il se serait mis en contradiction avec lui-même.

Lors de l’attaque aérienne de Varsovie, il fut fait prisonnier à la prison de Pawiak « pour avoir parlé contre le régime national-socialiste ». Il refusa énergiquement l'accusation d'avoir incité les gens à se rebeller contre le régime allemand. Il déclara ouvertement : Je suis prêtre, et je travaillerai où qu’il y ait des hommes, qu’ils soient Juifs ou Polonais, mais surtout ceux qui souffrent et les pauvres. C'est à ce moment qu'on lui rasa les cheveux et son imposante barbe. On lui laissa tout de même son bréviaire.

Le 3 septembre 1941, il fut déporté dans le camp de concentration de Auschwitz. Le père Anicet avait soixante-six ans : on le mis dans le box des invalides, ce qui signifiait l’antichambre du chemin pour l’extermination.

A partir de là, on ne sait pas bien ce qu'on lui fit endurer comme mauvais traitements durant les quelques semaines qui suivirent, jusqu'à sa mort, mais on a pu tout de même retrouver quelques témoins parmi les survivants.

On a ainsi appris qu'il fut battu dès son arrivée, sous prétexte qu'il ne restait pas tranquille avec les autres, un chien des SS le mordit, et quand il fut au milieu des condamnés à la chambre à gaz, il resta calme et plongé dans la prière. Il se confia à un voisin : Nous allons boire la coupe jusqu'à la lie.

Il est possible que le père Anicet soit mort des mauvais traitements subis dans ce block 19, ou qu'on lui ait injecté quelque substance mortelle, ou qu'il soit passé dans la chambre à gaz. 

Ce qui est sûr, est que le père Anicet consomma ainsi son calice le 16 octobre 1941 et fut béatifié en 1999.

 

 

Józef Jankowski

1910-1941

 

Józef était né à Czyczkowy (Brus, Poméranie, Pologne) le 17 novembre 1910, deuxième des huit enfants de Robert et Michalina.

Après l'école de Suchar et le Collegium Marianum de Wadowice, il étudia philosophie et théologie au séminaire des Pères Pallottins à Ołtarzew et fut ordonné prêtre en 1936.

Il fut aumônier des écoles de Ołtarzew et des environs, en même temps que directeur spirituel du Mouvement Eucharistique.

Au début de la Deuxième guerre mondiale, en septembre 1939, il fut nommé secrétaire du Comité d'aide à l'enfance, aumônier militaire et aussi administrateur du séminaire.

Il aimait sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et enseigna aux jeunes la petite voie de l'enfance spirituelle.

Le 16 mai 1941, il fut arrêté par la Gestapo ; après deux semaines à la prison de Pawiak, il fut déporté dans le camp de concentration de Auschwitz, dans le même convoi que Maximilien Kolbe (voir au 14 août) ; il porta le numéro 16895. 

Immédiatement exténué par les travaux forcés et maltraité à mort par un gardien, il expira le 16 octobre 1941.

Józef Jankowski fut béatifié en 1999.

 

 

Agostino Thevarparampil

1891-1973

 

Agostino naquit le 1er avril 1891 à Ramapuram, dernier des cinq enfants de la famille Thevarparampil.

Après l’école primaire, il fut au petit séminaire de Changacherry, puis à Puthenpally. Il reçut l’ordination sacerdotale en 1921, dans le rite Syro-Malabar.

Il fut vicaire à Ramapuram, puis à Kadanad. Sa santé n’étant pas très bonne, il s’en retourna dans la paroisse d’origine, où il trouva un nouveau champ d’activité : l’apostolat auprès des Dalit, cette classe d’ «inférieurs» marginalisés et maltraités.

Agostino (que tout le monde appelait «Kunjachan», petit prêtre, car il était de petite taille et très humble), se voua corps et âme pour les Dalit, jusqu’à sa mort. Il réussit à en émanciper des milliers.

Les Dalit, en vertu de leur caste et de la couleur de la peau, étaient victimes d’une totale discrimination. Ils restaient analphabètes, et donc contraints à faire tous les petits travaux d’esclaves.

Agostino Kunjachan n’avait rien d’un homme aux capacités exceptionnelles. C’était un prêtre tout simple, presque inconnu des autorités, qui ne reçut jamais aucune distinction honorifique, mais qui passait son temps à visiter ces Dalit dans leurs chaumières et là où ils travaillaient. Seul un catéchiste l’accompagnait et l’aidait en cas de nécessité.

Il reçut bien des contradictions, de la part des castes «supérieures», bien sûr, mais aussi de la part de chrétiens «traditionnels». Ceci ne découragea pas le père Agostino, qui amena à l’Eglise plus de cinq mille âmes.

Il se levait à quatre heures du matin.

Il se préoccupait tellement de chacun, qu’il les appelait tous par leur prénom, du plus jeune au plus ancien, de sorte qu’ils se sentaient alors honorés d’être ainsi appelés, eux qu’on ignorait d’habitude. C’est ainsi que le père Agostino conquit leur confiance. Ils étaient pour lui ses «fils», et eux l’appelaient «notre prêtre». Il écrivait un journal où il reportait exactement tout ce qui concernait chacun d’eux, la naissance, le mariage, le décès, les confessions annuelles. Infatigablement, il ramenait sur le bon chemin ceux qui s’éloignaient de la bonne pratique, ou de la fidélité conjugale.

Calmement, doucement, il s’opposa catégoriquement aux objections pour obtenir l’émancipation des Dalit, au point de vue social, ou culturel ou intellectuel ou artistique. Même quand le gouvernement refusa de reconnaître les Dalit convertis, il ne se découragea pas.

Sa force était dans l’Eucharistie et la dévotion à la Sainte Vierge. Obéissant, il se soumettait totalement au curé et à l’évêque.

Le père Agostino Kunjachan mourut en odeur de sainteté le 16 octobre 1973 et fut béatifié en 2006.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison totale et inexplicable d’un petit garçon affligé d’une déformation congénitale du pied.

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14 octobre 2020 3 14 /10 /octobre /2020 23:00

15 OCTOBRE

 

IV.

S Barsen, évêque à Edesse, mort exilé en Egypte.

V.

S Severus, évêque à Trèves ; disciple de s. Loup, il accompagna s. Germain d'Auxerre en Angleterre.

VI.

S Cannat, évêque inconnu à Marseille.

S Léonard, ermite à Vandœuvre ; le pays fut débarrassé des serpents du jour où un serpent s'enlaça autour du Saint pendant sa prière : la bête en retomba morte.

VII.

S Conogan, évêque inconnu à Quimper.

S Déodat, évêque inconnu à Vienne.

VIII.

S Sabin, évêque à Catane, puis ermite.

Ste Tecla, abbesse à Ochsenfurt et Kitzingen, parente de ste Lioba ; elle connut s. Boniface.

IX.

S Euthyme le Jeune, époux et père en Galatie, moine en Grèce, stylite près de Thessalonique ; il changea plusieurs fois de lieu, peut-être forcé par les temps (luttes iconoclastes, schisme de Photius).

XIII.

Ste Hedwige, fille du duc de Croatie et de Dalmatie, sœur de deux évêques, d'une abbesse, d'une reine (de Hongrie, mère de ste Elisabeth, cf.17 novembre), et belle-sœur de Philippe Auguste, mariée au duc de Silésie, chef de la maison royale de Pologne ; une fois veuve, elle se retira au monastère cistercien qu'elle avait fondé à Trebniz, s'imposant d'effrayantes pénitences ; fêtée le 16 octobre.

XIV.

B Theodorico l'Allemand, carme venu en Italie, thaumaturge.

XV.

B Gonçalo de Lagos, prêtre portugais augustin.

Bse Philippe de Chantemilan, une noble fille du diocèse de Clermont, morte de la peste à Vienne.

XVI.

Ste Teresa de Ávila (Teresa de Jésus), espagnole, réformatrice du Carmel, Docteur de l'Eglise, morte la nuit du 4 au 15 octobre, au moment de la réforme grégorienne du calendrier.

XVII.

Bx Balthasar Kagayama Hanzaemon et son fils Jacobus de 4 ans, laïcs japonais martyrs, béatifiés en 2008.

Ste Magdalena, vierge japonaise martyre à Nagasaki, béatifiée en 1981 et canonisée en 1987, fêtée avec s. Laurent Ruiz le 28 septembre.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2001 :

Jésuites : près de Valencia, le prêtre Narcis Basté y Basté (*1866) ;

- béatifié en 2007 :

Dominicains : à Madrid, le profès Cipriano Alguacil Torredenaida (*1884) ;

- béatifiés en 2013 :

Mercédaires : près de Lleida, le profès Francesc Mitjá i Mitjá (*1864) ; de parents inconnus, extrêmement doué et cultivé, il ne put être prêtre «parce qu’il ne voyait pas bien» (?!) ; on ne connaît pas la date précise de sa mort, avenue vers le milieu d’octobre ;

Fils de la Sainte-Famille : près de Barcelone, le prêtre Pere Verdaguer Saurina (*1908) ;

Filles de la Charité : près de Valencia, Josefa Martínez Pérez (*1897) ;

- béatifié en 2017 :

Laïques : près de Valencia, Rafael Lluch Garín (*1917).

 

B Władisław Miegoń (1892-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

 

 

 

 

Barsen d’Edesse
† 379

Barsen (ou Barsas, Barses, Barsus) connut d’abord la vie solitaire, en Mésopotamie septentrionale.
En 361 il fut évêque d’Edesse en Syrie (cette ville d’Edesse prendra le nom de Urfa quand elle tombera aux mains des Ottomans en 1637 et récemment sera rebaptisée Şanlıurfa après la Première Guerre mondiale et le tristement célèbre génocide arménien. Habitée principalement par des Kurdes, ceux-ci l’appellent actuellement Riha).
Barsen se montra tout de suite un ferme adversaire des erreurs d’Arius. Il fut célèbre dans sa ville épiscopale, mais le rayonnement de sa sainte vie et de sa doctrine s’étendit en Phénicie, en Egypte, en Thébaïde. Aussi l’empereur Valens chercha à casser cette influence, en exilant Barsen.
Ce fut d’abord sur l’île Arado (auj. Arouad, au large de la Syrie), mais les foules continuaient de venir l’écouter ; l’illustre s.Basile (v. 2 janvier) lui écrivit deux lettres pleines de consolation.
Valens chercha à éloigner davantage le saint évêque : ce fut alors dans une ville d’Egypte nommée Oxyrynchius (auj. Per-Medjed, cent-soixante kilomètres au sud-ouest du Caire), finalement aux confins des régions de l’empire, à Philo, dans la profonde Lybie désertique.
Plein de mérites, Barsen mourut en 379, un jour du mois de mars. 
Longtemps on put conserver la couche sur laquelle Barsen s’étendait quand il était dans l’île d’Arado ; les malades y guérissaient.
L’empereur visita la ville d’Edesse, où il avait nommé un évêque arien à la place de Barsen. Il constata qu’en fait les foules désertaient l’église et fuyaient cet intrus hérétique et s’en allaient prier en pleine campagne  ; furieux, Valens souffleta le préfet et lui ordonna de disperser ces rassemblements manu militari. Le préfet, homme de paix quoique arien, fit prévenir les Chrétiens en secret, mais ceux-ci s’assemblèrent encore plus nombreux pour prier et proclamer leur foi, sur quoi Valens renonça à cette entreprise qui aurait provoqué plus d’agitation. Mais le préfet fit exiler en Thrace tous les ecclésiastiques.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Barsen d’Edesse au 15 octobre.


Severus de Trèves
† 449

Severus fut d’abord un disciple de s.Loup de Troyes (v. 29 juillet).
En 447, il fut nommé douzième évêque de Trèves.
Il accompagna s.Germain d’Auxerre dans sa mission en Angleterre pour contrer l’erreur du pélagianisme.
Sa prédication s’étendit largement et contribua à maintenir de nombreuses populations dans la saine doctrine.
Il ne faut pas le confondre avec s.Severinus, l’évêque de Cologne (v. 23 octobre).
Le Martyrologe Romain mentionne saint Severus de Trèves au 15 octobre.

 

Tecla de Kitzingen

† 790

 

Tecla (qu’on transcrit évidemment en français avec un h, Thècle), était native d’Angleterre, peut-être même à Wimborne (Dorset).

Avec sa parente, Lioba (v. 28 septembre), elle entra dans le monastère de cette ville.

En 748-749, sur les instances de s.Boniface (v. 5 juin), l’abbesse Tetta envoya un groupe de ses religieuses en Germanie, pour soutenir le travail apostolique de Boniface qui, rappelons-le, était Anglais.

Dans un premier temps, Tecla vécut à Tauberbischofsheim, où fut abbesse Lioba, puis fut elle-même abbesse de la nouvelle communauté installée à Ochsenfurt (un nom exactement calqué sur celui d’Oxford), et également de celle de Kitzingen, où elle succéda à Adelheid. Les deux monastères se trouvaient près de Würzburg, dont l’évêché venait d’être fondé par Boniface.

Ce dernier envoya aux vénérables, aimables et très chères sœurs Leobgytha, Tecla et Cynehilda une lettre où il implorait des prières pour l’aider dans sa mission épiscopale et apostolique.

Les Religieuses tenaient des dispensaires, des écoles, formaient des novices. L’abbaye d’Ochsenfurt déclina assez rapidement, probablement en raison de l’importance que prit celui de Kitzingen.

Tecla mourut à Kitzingen de Bavière, en 790.

L’église abbatiale est devenue une paroisse protestante. Durant la Guerre des Paysans (1525), les tombes des deux abbesses Adelheid et Tecla furent profanées : on se servit de leurs crânes pour jouer aux quilles ; quand l’église fut reconstruite en 1695, les deux corps furent simplement recouverts de gravats ; le monastère abrite deux écoles, catholique et protestante, pour jeunes filles.

Sainte Tecla de Kitzingen est commémorée le 15 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hedwige d’Andechs (de Silésie)

1174-1243

 

Il faut bien distinguer cette Hedwige de l’autre Hedwige (Jadwiga de Pologne, voir au 17 juillet).

Ses parents furent Berthold IV et Agnès de Rochlitz Misnie : Berthold IV était comte d’Andechs, duc de Méranie, comte du Tyrol, prince de Carinthie et d’Istrie. De ce mariage naquirent neuf enfants parmi lesquels deux futurs évêques et une future abbesse, ainsi que Hedwige, dont il va être question ; Gertrude qui, épouse du roi André II de Hongrie, fut la mère de la future sainte Elisabeth de Hongrie ; et Agnès, troisième épouse (illégitime) de Philippe-Auguste, dont le mariage fut dissous par le pape.

Hedwige donc, fut la tante de sainte Elisabeth de Hongrie et, un moment, belle-sœur du roi de France.

Elle grandit dans l’abbaye bénédictine de Kitzingen (Bavière, Allemagne) et épousa, à douze ans, Henri 1er, duc de Silésie et futur duc de Cracovie, connu sous le nom de Henri 1er le Barbu. Ils eurent sept enfants.

Ce couple très chrétien vécut dans une grande harmonie et, tandis qu’Henri s’occupait des affaires du royaume (il travailla surtout à consolider l’unité de la Pologne), Hedwige consacrait son temps et sa fortune en œuvres de charité, aidant l’Eglise et les nécessiteux. Elle avait une vie personnelle très mortifiée, et on la voyait toujours pieds-nus en toutes saisons.

C’est elle qui, en 1203, fonda une communauté cistercienne à Trebnitz (aujourd’hui Trzebnica en Pologne), première abbaye féminine de Silésie.

Veuve en 1238, Hedwige se retira dans cette abbaye dont l’abbesse était alors sa propre fille Gertrude, à laquelle elle se soumit humblement.

C’est là qu’elle mourut, le 15 octobre 1243. Elle fut canonisée en 1267.

Sainte Hedwige est patronne de Berlin, de la Silésie et de sa capitale Wroclaw, de Trzebnica, et des trois diocèses de Görlitz, Andechs et Cracovie.

En Pologne, sainte Hedwige est appelée : Jadwiga Śląska.

Sa fête liturgique est au 16 octobre, et c’est en ce jour que fut élu le pape polonais Jean-Paul II.

 

 

Teodorico l’Allemand

† 1377

 

Ce religieux carme d’origine allemande demanda à son supérieur de venir en Italie, faire le pèlerinage aux tombeaux des Apôtres.

A Rome, en outre, il délivra une possédée.

A Sienne, il guérit un sourd, à Florence une boîteuse. Une aveugle guérit en touchant son manteau.

Il mourut à Venise un 15 octobre, vers 1377.

Ce mystérieux thaumaturge n’est pas mieux connu et le Martyrologe romain ne le mentionne pas.

 

 

Gonçalo de Lagos

1360-1422

 

Les informations qu’on a de ce Portugais sont plutôt brèves.

Il naquit vers 1360 à Lagos (Portugal S).

Jeune encore, il entra à Lisbonne chez les Ermites de Saint-Augustin, où il se fit remarquer par son travail et sa piété. Il fut ordonné prêtre.

En 1394, il fut nommé supérieur du couvent de Louriñan près de Torres Vedras.

Vers 1404, il revint gouverner son couvent de Lisbonne, en 1408 celui de Santarem et en 1412 celui de Torres Vedras.

Son administration temporelle avait été excellente partout. Sa réputation de sainteté n’avait fait que grandir. Il préférait s’adresser aux cultivateurs et aux enfants, refusant toujours les avantages qu’aurait pu lui procurer sa vaste science.

Il mourut à Torres Vedras, le 15 octobre 1422.

Dès son vivant, on lui attribua des miracles et plus encore après sa mort. Les pêcheurs de l’Algarve l’ont pris pour patron céleste et ne se sont pas gênés pour le «canoniser».

Son culte fut confirmé en 1777.

 

 

Philippe de Chantemilan

1412-1451

 

Le prénom latin Philippus peut se mettre au féminin (Philippa), mais les deux formes sont identiques en français. On connaît peu de Philippe au féminin, en voici une.

Philippe de Chantemilan naquit vers 1412 au château de Changy (Loire), de Jean de Chantemilan et Jeanne de Vernay, qui avaient déjà un fils, Jean.

Le père mourut très peu après cette naissance, et son épouse éleva ses deux enfants avec une certaine fermeté, tout en administrant le château de Changy, propriété de Philibert de Lespinasse. Ferme, cette mère était très chrétienne et emmena Philippe en pèlerinage au Puy.

Cette dame délégua à Philippe, devenue adolescente, l’économie du château : approvisionnement et cuisine, ce dont elle s’acquitta avec un total esprit d’obéissance envers sa mère.

A quinze ans, Philippe fut totalement orpheline. Elle vivait correctement et s’habillait dans le goût de l’ambiance, mais elle changea radicalement quand elle s’aperçut qu’elle attirait les regards des hommes. Elle évitait de s’attarder aux réunions joyeuses et priait davantage, dans sa chambre ou à l’église.

Vers vingt ans, elle rejoignit son frère Jean, qui était écuyer de l’archevêque de Vienne en France. C’est à cette époque qu’elle fit le vœu de virginité et commença une vie austère et mortifiée. Elle fut au service de la sœur de cet évêque.

Elle couchait sur une table ou sur le sol, se levait pour aller à matines, assistait à plusieurs messes, écoutait le sermon, après quoi elle faisait plus, en peu de temps, que beaucoup d’autres en long temps. Souvent elle ne mangeait pas jusqu’au soir.

Pour se dédier davantage encore à la prière, elle se libéra de tout service. Elle intensifia ses dévotions, mais n’en recevait pas de consolation sensible, ce qui lui coûtait beaucoup. Elle continuait à soigner les malades et à visiter les pauvres ; elle alla même passer quelques semaines à Lyon pour se dévouer dans les hôpitaux et les prisons. Elle refit le pèlerinage au Puy, parfois pieds nus, mais aussi en d’autres sanctuaires, et à Rome durant l’année sainte de 1450.

Pour son voyage, son frère lui avait remis une certaine somme d’argent, qui passa toute en aumônes

L’année suivante, une épidémie de peste s’abattit sur Vienne et Philippe en fut une des premières victimes. Elle mourut saintement le 15 octobre 1451.

Son tombeau fut violé par les huguenots en 1562 ou 1567, mais le culte de Philippe resta vivant ; malgré les miracles qui se vérifièrent à son tombeau, la cause de béatification n’a jamais abouti et Philippe n’est pas mentionnée au Martyrologe.

 

 

Teresa de Cepeda y Ahumada

1515-1582

 

Teresa vit le jour le 28 mars 1515 à Gotarrendura (Vieille Castille, Espagne), de nobles parents qui s’appelaient Alonso Sánchez de Cepeda et Beatriz d’Ávila y Ahumada, troisième de leurs douze enfants.

Le papa descendait d’une famille juive séfarade de Tolède, convertie au christianisme.

Vive et cultivée, Teresa eut bientôt, avec son frère Rodriguez, le désir ardent d’être martyre. Mais on ne s’improvise pas tel ! Elle «joua» à être ermite, à faire l’aumône. Elle aimait prier le chapelet.

En 1527, elle fut orpheline de sa mère. Son adolescence s’exprimait dans le plaisir des belles tenues chevaleresques, élégantes, parfumées. Elle se trouva sur une pente dangereuse, mais en même temps détestait les choses malhonnêtes. Son père l’envoya réfléchir pendant un an dans un couvent à Ávila.

Puis il l’envoya pendant un an chez une autre de ses filles à Castellanos de la Cañada, d’où Teresa fit part à son père de sa volonté d’entrer en religion. Vive opposition du père. Teresa fuga en novembre 1533 (elle avait dix-huit ans) et entra au monastère du Carmel d’Ávila.

Elle y fit les vœux en 1534 et s’appela désormais Teresa de Jésus. Elle souffrit dès la première année de crises d’épilepsie, d’évanouissements, de cardiomyopathie. C’est du moins ce qu’on pourrait ainsi diagnostiquer d’après les descriptions qu’elle en donna. Elle alla de nouveau se reposer chez sa sœur.

Là, elle réussit à persuader le curé de cesser sa vie honteuse de concubinage ; elle revint à Ávila en 1537. Une rechute la tint paralysée pendant deux ans encore. Teresa attribua sa guérison à saint Joseph, envers qui elle avait une grande dévotion.

La mort de son père (1541), l’impressionna vivement.

Dans le monastère, les religieuses pouvaient aller et venir, recevoir des visites ; une apparition du Christ en 1542 lui reprocha son laisser-aller, et aussi lui apparut en croix. Teresa comprit qu’il fallait réformer cette vie relâchée, en commençant par elle-même.

Elle prit un directeur de conscience éclairé, un Jésuite ; elle rencontra Francisco Borja  (voir au 30 septembre), qui l’encouragea.

En 1558, elle eut une autre apparition, puis une vision de l’enfer. L’année suivante, elle prit pour directeur le père Baltasar Álvarez, lui-même favorisé aussi de manifestations mystiques.

En 1560, Teresa fit le vœu de toujours rechercher la plus grande perfection, approuvée en cela par saint Pedro d’Alcántara (voir au 18 octobre). Puis saint Luis Bertrán l’encouragea dans sa volonté de réformer le Carmel, dans un esprit authentique de pauvreté, de solitude et de silence.

La vie intérieure de Teresa évoluait vers une véritable union mystique avec le Christ, la Vierge Marie, les Saints et les Anges, qu’elle voyait alternativement. Elle reçut la grâce de la transverbération (une blessure d’amour au cœur, provoquée par un ange séraphique).

Grâce à l’appui de ses proches (un frère lui envoya de l’or du Pérou), elle put construire un premier monastère réformé à Ávila. On devait retrouver la vraie pauvreté, la mortification par la flagellation, marcher pieds-nus ou dans de simples sandales, d’où l’expression de Carmes Déchaux (déchaussés).

Teresa ouvrit ou réforma dix-sept couvents (féminins) en Espagne : Medina del Campo, Malagón, Valladolid, Tolède, Pastrana, Salamanque, Alba de Tormes ; ensuite aussi Madrid et Alcalá, Ségovie, Séville, Palencia… Burgos fut le dernier. Elle dut voyager beaucoup pour implanter sa réforme, malgré la fatigue, les maladies et les contradictions parfois violentes : un chapitre italien, en 1576, décréta la suspension d’ouverture d’autres couvents ; elle se soumit et resta un an sans sortir du couvent de Tolède. Son Autobiographie fut examinée par l’Inquisition.

Le mouvement gagna les hommes, grâce à saint Juan de la Croix (voir au 14 décembre) : Ségovie, Beas de Segura, Séville, Caravaca de la Cruz. 

Teresa mourut à Alba de Tormes (Salamanque) le 4 octobre 1582. La nuit suivante, toute la catholicité abandonnait le calendrier julien et adoptait le calendrier grégorien. Le jour suivant devenait le 15 octobre, jour de la fête de Teresa d’Ávila.

Lors des différentes exhumations qui eurent lieu, son corps apparut toujours incorrompu.

Elle fut béatifiée en 1614, canonisée en 1622 ; proclamée patronne d’Espagne en 1627, Docteur de l’Eglise en 1970.

L’inscription de sa statue au Vatican porte l’expression mater spiritualium (Mère des choses ou des personnes spirituelles). On la prit aussi comme protectrice des auteurs catholiques (1965)… et des joueurs d’échecs !

Parmi ses miracles, on rappelle la résurrection d’un de ses neveux. 

On a de sainte Thérèse d’Ávila plusieurs centaines de lettres, des œuvres de profonde mystique (Chemins de la perfection, Château intérieur), des récits (Fondations, Autobiographie), des poésies.

Didacus Kagayama Haito

1565-1619

Balthasar Kagayama Hanzaemon

1572-1619

Iacobus

1615-1619 

 

Didacus et Balthasar Kagayama, tous deux nés à Takatsuki (Ōsaka, Japon) étaient probablement deux frères, sinon deux proches parents et cousins. 

Tous deux étaient mariés et vivaient dans le diocèse de Fukuoka.

 

Didacus (Didace, Didier) était né vers 1565.

Il avait été sans doute catéchisé par les pères dominicains, et s’était agrégé à la Confraternité du Rosaire.

Il fut martyrisé à Kokura, le 14 octobre 1619.

 

Balthasar Kagayama Hanzaemon était né en 1572 environ.

Il fut martyrisé à Hiji (Oita), le 15 octobre 1619.

 

Avec lui, on martyrisa aussi, sans pitié, son petit garçon d’environ quatre ans, Iacobus, qui était né vers 1615.

 

Tous les trois furent béatifiés en 2008.

 

 

Magdalena de Nagasaki

1610-1634

 

Magdalena était née vers 1610 à Nagasaki.

Cette jeune vierge était membre du Tiers-Ordre dominicain et du Tiers-Ordre augustin, dans le diocèse de Nagasaki.

Elle fut martyrisée à Nishizaka (Nagasaki), le 15 octobre 1634. 

Elle fut béatifiée en 1981 et canonisée en 1987, en même temps que Lorenzo Ruiz et ses Compagnons, qui sont fêtés liturgiquement le 28 septembre.

Narcís Basté Basté

1866-1936

 

Narcís naquit à San Andrés de Palomar (Barcelone, Espagne) le 16 décembre 1866.

Jeune, il appartint à la Congrégation mariale de l’Immaculée et de saint Louis de Gonzague, à l’église du Sacré-Cœur de Barcelone, où il connut ainsi les Jésuites.

Après avoir pris ses grades académiques en Droit à l’université de Barcelone, il entra immédiatement chez les Jésuites (1890). Il étudia la philosophie à Veruele et la théologie à Tortosa.

Il fut ordonné prêtre en 1899 et fut envoyé à Valencia pour diriger une Congrégation mariale, qui devint avec lui la plus importante de la ville.

Véritable pionnier en matière socio-éducative, il eut diverses et heureuses initiatives : les premières colonies scolaires à Valencia, la Maison des Ouvriers ; il organisa des équipes de foot-ball entre les patronages, entre les académies ; des représentations vivantes de la Crèche ; des soirées littéraires, des sorties champêtres, des classes de plein air…

Il était l’auteur de plusieurs livres : Patronage des Jeunes Ouvriers, Vie et miracles de la très sainte Vierge du Puig, Catéchisme d’Apologétique, La vraie Religion, ce dernier publié en 1935. 

Quand la Compagnie de Jésus fut officiellement supprimée, il continua à animer des associations de travailleurs. Quatre fois il fut arrêté, mais trois fois il fut libéré par les soldats, qui l’avaient connu dans des cercles caritatifs.

La quatrième fois, on l’enferma dans une ferme, où il fut interrogé et torturé, toujours à Valencia.

Il fut assassiné par les miliciens de la CNT (Confederación Nacional del Trabajo, Confédération Nationale du Travail) le 15 octobre 1936, jour où le commémore le Martyrologe.

Sa béatification se fit en 2001.

 

 

Francesc Mitjá Mitjá

1874-1936

 

Francesc vit le jour le 26 juin 1874 à Arbucias (Gerona, Espagne), de parents inconnus. Ce lui fut une épreuve toute sa vie.

Il entra au séminaire de Gerona, mais c’est la vie conventuelle qui l’attirait.

Entré dans l’Ordre des Mercédaires à San Ramón, il fit à El Olivar le noviciat, reçut l’habit en 1909 et professa en 1910. 

Ses supérieurs obtinrent pour ce saint homme une dispense, car en principe l’accident de sa naissance l’excluait de la vie religieuse et du sacerdoce.

En 1911, on l’envoya à Lleida pour les études.

Celles-ci se déroulaient sans aucune difficulté, ses résultats étaient excellents : Francesc était passé maître en latin et en grec, en français, en espagnol et en catalan, il écrivait des poèmes (y compris en latin) ; il enseignait aussi bien la grammaire que l’arithmétique… mais voilà qu’on lui trouva un défaut aux yeux, suffisant pour lui demander de bien vouloir renoncer au sacerdoce.

Ce qui nous interpelle ici et semble assez mystérieux, c’est de comprendre comment un homme si cultivé qui pouvait enseigner, ne voyait pas suffisamment pour lire son bréviaire ou le missel de l’autel.

Le fait est que l’épreuve fut terriblement douloureuse pour Francesc. Il s’abandonna silencieusement à la Providence et renonça. Il serait Frère convers et enseignant. Ses élèves l’apprécièrent à tous les niveaux et partout, à Lleida, San Ramón, Barcelone…

Quand la guerre civile se déclencha, il n’avait pas peur et disait ingénûment : On ne me fera rien, à moi. J’irai mendier, et quand la guerre sera finie, j’aurai une très longue barbe, je reviendrai ici, on ne me reconnaîtra pas. 

Contraint d’abandonner le couvent en juillet 1936, il trouva refuge une quinzaine de jours chez des amis, que les miliciens menacèrent s’ils ne mettaient pas le Religieux à la porte ; ils le conduisirent chez d’autres amis, puis Francesc vagabonda par la montagne, tendant la main pour avoir quelques sous. Torà, Selles, Su, Matamargó : à chacune de ses haltes, il trouvait une bonne famille accueillante qui le cachait une nuit ou deux, tandis qu’il «payait» sa pension en rendant des services divers, faisant du catéchisme aux enfants, travaillant aux champs…

On arriva ainsi peu à peu à la mi-octobre (à moins que ce fût même en décembre). Francesc venait de sortir de chez ses hôtes et fut arrêté par une patrouille. On le fouilla, mais le chef le laissa aller. Le Frère retourna chez ses amis, qui l’installèrent dans une cabane à quelques centaines de mètres : le matin suivant, on entendit des coups de feu… 

Peu après, attiré par des aboiements, quelqu’un trouva le cadavre du Frère, en grande partie déjà déchiqueté et dévoré ; on reconnut le Frère Francesc. De la configuration des lieux, on déduisit qu’après l’avoir abattu sur une petite hauteur, les miliciens avaient jeté le Frère une trentaine de mètres plus bas, mais que, encore vivant, le pauvre Martyr s’était traîné sur une vingtaine de mètres avant d’expirer.

Les chiens lui avaient dévoré le cerveau et une partie de jambe. 

Un autre témoin aurait plutôt affirmé qu’il avait retrouvé le cadavre dans un ruisseau, dans un état avancé de décomposition : il s’agissait peut-être de quelqu’un d’autre.

On trouva près du Frère quelques pièces de monnaie, qu’on offrit pour célébrer une Messe. Mais il fallut encore attendre pour déplacer et enterrer cette dépouille ; quand ce fut possible, il ne restait que la tête.

Même si l’on trouve aussi le mois de janvier 1937 comme période de cette mort glorieuse, pour le moment, on trouvera le dies natalis de Frère Francesc au 15 octobre, en attente de plus amples lumières.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Cipriano Alguacil Torredenaida

1884-1936

 

Cipriano naquit à Ajofrín (Tolède, Espagne) le 12 octobre 1884.

Dans sa jeunesse, il travaillait aux champs avec ses parents.

Il fit sa profession comme frère coopérateur dominicain à Ávila en 1909.

Il fut successivement sacristain, cuisinier, portier à Ávila, Ocaña, Madrid. On le décrivait comme un religieux pieux, ordonné et travailleur. 

Il était à Madrid, le 19 juillet 1936, quand les révolutionnaires donnèrent l’assaut au couvent. Il se cacha alors chez une sœur qui vivait par là, pendant trois mois, continuant de vivre dans la prière. Quand on le prévenait que la messe se célébrait clandestinement dans telle ou telle maison, il s’y rendait pour participer à l’Eucharistie.

Il ne cachait pas son pressentiment que la prochaine fête de sainte Thérèse d’Ávila, le 15 octobre, serait pour lui un grand jour. C’est ce qui advint.

En effet, il fut arrêté le 15 octobre : il se présenta à ses bourreaux avec le rosaire à la main, déclarant clairement qu’il était dominicain et se livra à eux avec sérénité.

On retrouva son corps non loin de Madrid, à Barajas.

Le frère Cipriano a été béatifié en 2007.

 

 

Josefa Martínez Pérez

1897-1936

 

Josefa vit le jour le 5 août 1897 à Alberique (Valencia, Espagne), troisième des six enfants de José et Marcela.

Après le collège où elle fit partie des Enfants de Marie, elle entra chez les Filles de la Charité à Valencia et commença en 1925 le noviciat à Madrid. 

A partir de 1926, elle fit partie de la communauté de Valencia, qui gérait un des meilleurs hôpitaux d’Espagne. Il y avait là une centaine de Religieuses. On lui confia les orphelins et les femmes contagieuses. En plus de ses multiples obligations, elle réussit à passer aussi le diplôme d’infirmière, pour mieux servir les pauvres.

En juillet 1936, elle confia : Je m’en irai à Alberique, chez mes parents, et là je serai martyre, comme Jeanne d’Arc.

Entre le 24 juillet et le 6 août 1936, toutes furent expulsées.

Josefa et une autre Sœur prirent le train. En descendant, on aperçut leur habit et on les arrêta pour les interroger. On prévint la famille de venir les chercher, mais on surveillait…

L’été passa. Le 24 septembre, on fusilla son beau-frère parce qu’il était catholique, qu’il était charitable envers les pauvres (y compris ses bourreaux…) et parce qu’il avait hébergé les Sœurs. Josefa s’offrit à sa place, faisant remarquer que sa femme attendait son quatrième enfant, mais on le lui refusa.

Quand il s’agit de monter un petit hôpital, elle se proposa comme infirmière, mais on le lui refusa aussi.

Josefa et sa sœur Natalia, enceinte, furent arrêtées le 14 octobre. Toute la journée, Josefa pria, les bras en croix, pour obtenir la libération de sa sœur ; quand on les appela en pleine nuit, elle intercéda encore : le chef finit par libérer Natalia. Elles se séparèrent en disant : On se reverra dans l’éternité.

Josefa fut fusillée à Llosa de Ranes (Valencia), près du Pont des Chiens, le 15 octobre 1936, vers trois heures du matin.

Elle fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes assassinées en d’autres lieux en 1936.

 

 

Pere Verdaguer Saurina

1908-1936

 

Pere (Pierre) était né à Manlleu (Barcelone) le 24 octobre 1908.

Prêtre, il faisait partie des Fils de la Sainte Famille.

En 1936, il était secrétaire du collège Saint-Raymond-de-Peñafort à Vilafranca del Penedès (Barcelone) en même temps que préfet de la congrégation mariale.

Il s’occupait des jeunes avec un profond enthousiasme sacerdotal.

Au mois de mai, la communauté dut quitter le collège. Il rejoignit le collège de Begues et prépara ses papiers pour se présenter à l’ambassade d’Argentine.

Réfugié à Barcelone, puis à Manlleu, il dut traverser à pied le Ter, de nuit, pour éviter les miliciens et il regagna Barcelone, où il se réfugia dans une pension.

Lors d’un contrôle, il fut arrêté, mis en prison à San Elías et de là, conduit à Montcada le 15 octobre 1936 pour y être fusillé.

 

 

Rafael Lluch Garín
1917-1936

Né le 18 février 1917 à Valencia (Espagne), il était le benjamin des six enfants de José, un professeur de mathématiques, et de María, qui donnèrent une excellente éducation à leurs enfants. Le papa mourut le 24 octobre 1918, précisément le jour où l’on fêtait alors l’archange s.Raphael.

Les deux frères aînés de Rafael s’appelaient Vicente et Santiago ; ce dernier, bon musicien, fut missionnaire en Amérique du Nord.

En 1928, la famille déménagea à Madrid, où fut fondée en 1931 l’Association de la Médaille Miraculeuse ; les trois garçons appartinrent à cette Association. Puis ils revinrent à Valencia en 1933.

Malgré la persécution qui se déchaîna en juillet 1936, Rafael conservait dans son portefeuille une image de la Sainte Vierge ; il en connaissait le danger, mais répondait qu’on lui enlèverait plutôt la vie que sa Mère. Quand il entendait les coups de fusils des miliciens qui abattaient leurs victimes, il disait : S’ils viennent me prendre, je mourrai en criant Vive le Christ Roi !

A partir du 20 juillet, il s’occupa de la pharmacie de son beau-frère, qui avait été arrêté. Au soir du 12 octobre, trois miliciens - deux garçons et une fille - vinrent inspecter la boutique. Ils prirent d’abord la bicyclette de Rafael - qui lui servait pour se déplacer, mais il ne protesta pas. Mais quand ils commencèrent à blasphémer et à vouloir arracher du mur l’image de la Sainte Vierge, Rafael intervint : ils pouvaient prendre ce qu’ils voulaient, mais pas le cadre de la Mère de Dieu. C’est alors que la fille demanda aux garçons : Et ce mec, là, vous le laissez ici ? Ils l’emmenèrent.

Après trois jours de détention à Sollana, où ils cherchèrent en vain à le faire blasphémer, les miliciens allèrent le fusiller à Silla, le 15 octobre 1936.

Les miliciens eurent l’honnêteté de rapporter à la mère de Rafael son porte-feuille, où elle trouva ce petit billet : Ne pleure pas, maman, je veux que tu sois heureuse, parce que ton fils est très heureux. Je vais donner ma vie pour notre Dieu. Je t’attends au Ciel.

Béatifié en 2017 - un siècle après sa naissance -, Rafael Lluch Garín sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 15 octobre.

 

 

Władysław Miegoń

1892-1942

 

Il vit le jour le 30 septembre 1892 à Samborzec (Autriche, aujourd’hui Świętokrzyskie, Pologne), aîné des huit enfants de Stanisłas et Mariana Miegoniów, des polonais aussi croyants que patriotes.

Les parents tenaient une ferme, où leur grand garçon apprit à monter les chevaux magistralement.

Après l’école communale, il fréquenta l’école de garçons de Sandomierz et passa son baccalauréat à seize ans.

Il entra au séminaire de Sandomierz et fut ordonné prêtre en 1915.

Comme vicaire il fut à Iwaniska, Bodzentyn (1916), Głowaczów, Staszów et Iłża. 

Il eut l’occasion de descendre dans des tranchées, pour visiter les blessés. Il rencontra un jour un blessé autrichien, pour lequel le médecin du front ne voulait pas se déplacer : l’abbé Miegón loua une voiture, et alla chercher un médecin polonais pour soigner les blessés autrichiens.

Quand la Pologne fut reconstituée, son évêque ne lui accorda pas d’intégrer l’armée, mais le nomma aumônier de la Marine ; il eut le grade de Capitaine de vaisseau.

Il exerça sa fonction d’abord dans le bataillon de marine Modlin, puis Aleksandrów. En 1920, il était à Puck et se trouva ensuite au milieu du combat dans la guerre polono-bolchevique ; le président Piłsudski lui remit personnellement la Croix d’Argent de l’Ordre de la vertu militaire.

En 1924, la flotte s’installa à Gdynia, et l’aumônier s’arrangea pour compléter l’instruction, souvent trop élémentaire, des marins, en leur prodiguant des leçons de langue polonaise, de mathématiques, d’histoire et de géographie, et aussi en les formant au patriotisme polonais. Il organisa aussi une harmonie de la marine.

Durant l’été, il eut l’occasion d’en envoyer plusieurs pour travailler dans la ferme de ses parents.

Après encore plusieurs années de service, il dut interrompre toutes ces activités et fréquenta l’université catholique de Lubłin pour des études de Droit canonique (1929-1933). Mais là encore il travailla pour l’armée, rénovant le mess et la chapelle de la garnison de Lubłin, qui fut consacrée en 1933.

En 1934, de retour à Gdynia, il fut promu au rang d’aumônier principal, avec le grade de Capitaine de corvette.

De 1934 à 1938, il a lancé la construction de la chapelle de garnison à Oksywie, consacrée en 1939. 

En septembre, commença la Deuxième Guerre mondiale. Il fut capturé le 19 septembre 1939 ; il aurait pu être libéré, mais préféra rester avec ses marins pour leur garantir le ministère sacerdotal. Il fut donc conduit au Stalag IX C de Rothenburg, et successivement au camp de concentration de Buchenwald, en avril 1940. Contre les dispositions de Genève, on lui retira son uniforme militaire. 

A partir de juillet 1942 il fut transféré au camp de Dachau, avec le numéro 21223, où il décéda le 15 octobre 1942 ; son corps fut éliminé dans le four crématoire.

Grand patriote, officier de marine et aumônier, l’abbé Władysław Miegoń a été béatifié en 1999.

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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 23:00

13 OCTOBRE

 

II.

S Theophilos d'Antioche, converti en Mésopotomie par la lecture de la Bible et l'observation des mœurs chrétiennes, évêque à Antioche, auteur de "Trois livres à Autolycus".

III.

S Florentius, martyr à Thessalonique. 

IV.

SS Faustus, Ianuarius, Martialis, martyrs à Cordoue. 

S Lubentius, disciple de s. Martin à Tours puis de s.Maximin à Trèves, où il fut ordonné prêtre.

V.

S Romulus, évêque à Gênes, à l'origine de la ville de Sanremo.

S Venantius, berrichon, abbé près de Tours, mystique et thaumaturge.

VI.

S Leobonus, ermite près de Limoges.

VIII.

S Comgan, missionnaire irlandais, abbé à Turriff, fils de roi, frère de ste Kentigerna et oncle de s. Fillan.

IX.

S Simpert, abbé bénédictin à Murbach, puis évêque à Augsburg.

X.

S Géraud, apparenté aux ss. Césaire d'Arles et Yrieix, fils de ste Adeltrude, comte et fondateur d'une abbaye à Aurillac où il partageait les occupations des moines et d'où sortit Gerbert, le futur pape Sylvestre II ; il fit sept fois le pèlerinage à Rome.

XI.

S Reginbald, abbé bénédictin et évêque à Spire.

XII.

Ste Chelidonia, vierge à Subiaco, dont elle est patronne.

XVI.

Bse Maddalena Panattieri, tertiaire dominicaine à Trino, excellente conseillère ; elle prophétisa les malheurs d'Italie au XVIe siècle, précisant que sa ville serait épargnée.

XX.

Bx martyrs espagnols en 1934 aux Asturies, béatifiés en 2013 :

Lazaristes : le prêtre Tomás Pallarés Ibáñez (*1890), et le convers Salustiano González Crespo (*1871) ;

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007, martyrisés à Barcelone :

Carmes de l’Ancienne Observance : les profès Antonio Ayet Canós (Ludovico María) et Ángel Presta Batllé (Ángel María) (*1886, 1915).

Lasalliens : Ruperto García Arce (Florencio Miguel, *1908) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Herminio Motos Torrecillas (*1877) ;

Lazaristes : Joan Puig Serra (*1879), prêtre, près de Girona.

Bse Alexandrina Maria da Costa de Balasar (1904-1955), laïque portugaise ; elle s'élança par la fenêtre de sa maison pour échapper à des individus mal intentionnés et fit une chute de quatre mètres ; mystique, elle supplia le pape de consacrer le monde au Cœur Immaculé, et finit ses jours en s'alimentant de la seule Eucharistie ; béatifiée en 2004.

 

 

  

 

 

Salustiano González Crespo

1871-1934

 

Il naquit le 1er mai 1871 à Tapia de la Ribera (León, Espagne), quatrième des quatre enfants (deux garçons et deux filles) de Joaquin et Manuela, qui le firent baptiser dès le lendemain ; Salustiano fut confirmé cette même année, selon une coutume de l’époque.

Il grandit dans la saine atmosphère familiale, travaillant à la sueur de son front, sans perdre son temps.

Il vint à León pour trouver plus de travail.

En 1893-1894, il travailla comme aide-infirmier à l’hôpital de León, où il connut les Filles de la Charité, grâce auxquelles il put contacter le Supérieur de Madrid, sur recommandation (excellente, on s’en doute) des Sœurs de León.

il entra ainsi en 1894 dans la congrégation des Vincentiens à Madrid, où il fit le noviciat. Sur tous les points il donna entière satisfaction aux Supérieurs (et parfois même donna des leçons aux prêtres, par son comportement tout silencieux et soumis).

Il fut envoyé à la maison d’Ávila, où il fit la profession comme convers en 1896 ; en 1898, il fut envoyé deux ans à Valdemoro (Madrid), puis en 1900 aux Canaries, où il travailla pendant plus de vingt années, patiemment, humblement, sans jamais se plaindre.

Il revint sur Cuenca en 1928, et rejoignit la communauté d’Oviedo (Asturies) en 1930, comme cuisinier et portier. Il profitait aussi de cette dernière occupation pour enseigner du catéchsime aux petits enfants qu’il voyait passer.

Le Frère Salustiano n’était pas ce qu’on aurait appelé une lumière intellectuelle ; il n’était pas venu se consacrer à Dieu pour «paraître», mais pour rendre service.

La région des Asturies connut une phase de révolution dès 1934. Le séminaire d’Oviedo fut le théâtre d’événements particulièrement tragiques.

Le 6 octobre 1934, la plus grande partie des séminaristes tomba aux mains des révolutionnaires. Une partie des Pères et des élèves furent fusillés sur place. Mais pour un autre groupe qui allait être aussi fusillé, le Frère Salustiano s’interposa et dit aux assassins : Tuez-moi, moi, qui ne sers à rien. Mais ne tuez pas ces jeunes, qui peuvent faire beaucoup de bien.

Le résultat est que ce groupe fut «seulement» mis en prison quelque temps, d’ailleurs avec leur Directeur et quelques professeurs ; tous furent plus tard libérés.

Le 13 octobre 1934, vers midi, on annonça que l’édifice (le séminaire, ou la prison où se trouvait le Frère avec les autres, le détail n’est pas clair dans les récits) - l’édifice allait être dynamité : il y avait en effet deux tonnes de dynamite entassée au rez-de-chaussée. Ce fut la panique générale. Une première explosion détruisit entièrement l’escalier ; tous tentèrent soit de sauter par les fenêtres sur l’édifice voisin, soit d’ouvrir le parquet des étages supérieurs pour descendre plus bas avec des draps roulés en cordes. Mais en bas, tout un piquet de «Rouges» attendaient avec les fusils et tiraient sur la première tête qui apparaissait. 

L’héroïque Frère Salustiano reçut une balle dans la nuque. Il avait soixante-trois ans.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Antonio Ayet Canós

1886-1936

 

Antonio naquit à Villareal de los Infantes (Castellón, Espagne), le 25 juillet 1886, de Pascual et Mariana, qui avaient déjà quatre enfants.

Selon une pratique fréquente à l’époque, l’enfant fut baptisé le jour-même et confirmé en 1890.

Tout en fréquentant l’école tenue par les Pères franciscains, il aidait son père aux champs ; il appartint à la congrégation mariale de Saint-Louis et suivait le catéchisme au Carmel. Sa vocation mûrissait déjà.

En 1909, il entra au Carmel comme Frère lai et fit la profession en 1911, prenant désormais le nom de Ludovico María.

En 1920, il participa à une fondation à Porto Rico, d’où il rejoignit le Vénézuéla en 1922, pour revenir en Espagne en 1928.

En 1936, il se trouvait à Barcelone lorsqu’on préparait la fête du Carmel pour le dimanche 19 juillet : à cet effet, le Frère Ludovico devait partir à Tarrasa pour collaborer à cette préparation.

La révolution venait d’éclater ; à peine arrivé, Ludovico fut arrêté en même temps que son confrère Ángel Presta.

Le 13 août, on transféra nos deux Frères avec d’autres encore à la prison Modelo de Barcelone, où on les garda jusqu’au 12 octobre, pour un procès au Palais de Justice.

Condamnés à mort pour le «grave» délit d’être des religieux, ils furent emmenés la nuit suivante au cimetière de Tarrasa, où ils furent fusillés.

Ce martyre eut lieu le 13 octobre 1936, et le Frère Ludovico fut béatifié en 2007.

 

 

Tomás Pallarés Ibáñez

1890-1934

 

Il naquit le 6 mars 1890 à La Iglesuela del Cid (Teruel, Espagne), de Jenaro et María Amparo, de bons chrétiens qui le firent baptiser dès le lendemain.

Il fréquenta l’école des pères Vincentiens à Teruel.

En 1906, il entra au noviciat de Madrid, fit la profession en 1908 et fut ordonné prêtre en 1915.

Les missions, les prédications, les retraites qu’il accomplit, furent extrêmement nombreuses. Sa préparation ayant été excellente, il savait affronter mille problèmes avec science et prudence, au point qu’on l’appela l’homme universel. Il donna aussi des cours de latin aux jeunes élèves des Lasalliens.

Envoyé à la maison de Orotava, il partait de là en mission dans différents endroits de l’île de Tenerife. En 1923-1927, il fut professeur à Guadalajara, puis assistant du Provincial à Madrid, ainsi qu’assistant du Visiteur durant ses déplacements dans toute l’Espagne, au point qu’il en fut finalement secrétaire ; en 1930, il fut envoyé à Oviedo (Asturies) comme économe et directeur spirituel, ce qui ne l’empêcha pas d’aller aussi et encore prêcher dans d’autres communautés.

En 1934, il fut nommé sous-directeur du séminaire d’Oviedo.

La région des Asturies connut une phase de révolution dès 1934. Le séminaire d’Oviedo fut le théâtre d’événements particulièrement tragiques.

Dans le résumé qui suit, on ne pourra pas bien comprendre finalement où se passèrent les choses. Les explosions dont il sera question se produisirent-elles dans le séminaire des Vincentiens, ou dans tel autre édifice où étaient prisonniers les Religieux ? Les détails trouvés en plusieurs récits ne s’imbriquent pas réellement.

Le 6 octobre 1934, le séminaire fut envahi. Une partie des professeurs et des élèves put s’enfuir. Une autre partie des séminaristes tomba aux mains des révolutionnaires, qui les mirent en prison au commissariat, puis dans un ancien pavillon de la Garde Civile. Certains furent fusillés sur place. Après trois jours, on les déplaça dans un autre édifice, environ soixante-dix dans une seule pièce où ils ne pouvaient pas tous s’asseoir, encore moins s’allonger. Ils ne devaient pas parler (mais réussirent à se confesser aux prêtres présents) ; les Rouges se moquaient d’eux : Vous autres, qui êtes religieux et professez la perfection, allez nettoyer les toilettes, allez balayer.

C’est le directeur de prison qui interdit de fusiller tous les prisonniers. On organisa un simulacre de jugement, et certains furent relâchés.

Puis on transféra encore ailleurs les prisonniers, qui n’eurent rien à manger ni à boire pendant trois jours, sauf une bouchée et une goutte de café au matin du 13. On leur présenta même l’eau où s’étaient lavés les révolutionnaires.

Le père Tomás continua à assister spirituellement ceux qui étaient là (un autre texte dit qu’il erra dans les rues, renonça à se réfugier chez son frère, et revint dans le séminaire, avec le Frère Salustiano).

Le 13 octobre 1934, vers midi, on annonça que l’édifice allait être dynamité : il y avait en effet deux tonnes de dynamite entassée au rez-de-chaussée. Ce fut la panique générale. Une première explosion détruisit entièrement l’escalier ; tous tentèrent soit de sauter par les fenêtres sur l’édifice voisin, soit d’ouvrir le parquet des étages supérieurs pour descendre plus bas avec des draps roulés en cordes. Mais en bas, tout un piquet de «Rouges» attendaient avec les fusils et tiraient sur la première tête qui apparaissait. Le père Tomás reçut une rafale de balles dans la tête et s’écroula.

Après une deuxième explosion, le corps du Martyr fut écrasé par un poteau de fer ; on reconnut après son cadavre, qui cependant disparut par la suite (?).

Le père Tomás Pallarés fut béatifié en 2013.

 

 

Ruperto García Arce

1908-1936

 

Ruperto naquit le 10 juillet 1908 à Carcedo (Burgos, Espagne) et fut baptisé le 13.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils, puis à celui de Fortianell en 1924, et revint à Cambrils pour le scolasticat.

Après sa profession religieuse, il s’appela désormais Florencio Miguel.

Ce fut un religieux à la vie intérieure intense ; pieux, aimable, accueillant, très ordonné, il utilisait beaucoup de son temps à l’étude. Cette préparation personnelle le désigna vite pour être un professeur sérieux et un éducateur compétent. Il se révélera même finalement un des meilleurs professeurs, s’intéressant non seulement à la formation intellectuelle de ses élèves, mais aussi à leur formation religieuse, à travers une catéchèse appropriée et efficace.

Il commença son apostolat en 1926 à Tarragona, puis à Manlleu ; en 1929 il fut envoyé comme professeur au noviciat de Cambrils.

En 1933, il alla à Berga, où le surprit la persécution anti-religieuse.

Le Frère Supérieur s’employa à trouver pour chaque Frère un endroit où être protégé. Pour Florencio, il trouva à le loger chez un ancien élève, à quelques kilomètres de là. Mais devant les menaces que reçut le propriétaire, Florencio se dirigea sur Barcelone.

Là, il fut pendant trois jours chez un autre ancien élève de Berga, le docteur Agustín Ferrer, où il retrouva un autre Frère. Tous deux eurent l’idée de rejoindre Valencia.

Mais au moment de prendre le train, le 13 octobre 1936, ils furent arrêtés par des miliciens, qui les avaient épiés et suivis depuis un certain temps ; l’autre Frère réussit à fuir.

Après l’avoir interrogé, les miliciens fusillèrent Florencio.

Puis, de façon vraiment cynique, ils se présentèrent au cabinet du docteur Ferrer et lui dirent : Aujourd’hui, nous avons attrapé deux moineaux qui sortaient de chez vous. L’un des deux s’est enfui, mais l’autre, personne ne le rencontrera.

Le Frère Florencio (Ruperto) fut béatifié en 2007.

 

 

Ángel Presta Batllé

1915-1936

 

Ángel naquit à Olot (Girona, Espagne), le 17 février 1915.

En 1930, il entra au Carmel comme Frère lai et fit la profession, prenant désormais le nom de Ángel María.

Il fut le cuisinier de la communauté.

En 1936, il se trouvait à Barcelone lorsqu’on préparait la fête du Carmel pour le dimanche 19 juillet.

La révolution venait d’éclater ; Ángel fut arrêté en même temps que son confrère Ludovico (Antonio Ayet Canòs).

Le 13 août, on transféra nos deux Frères avec d’autres encore à la prison Modelo de Barcelone, où on les garda jusqu’au 12 octobre, pour un procès au Palais de Justice.

Condamnés à mort pour le «grave» délit d’être des religieux, ils furent emmenés la nuit suivante au cimetière de Tarrasa, où ils furent fusillés.

Ce martyre eut lieu le 13 octobre 1936, et le Frère Ángel fut béatifié en 2007.

 

 

Alexandrina Maria da Costa

1904-1955

 

Alexandrina naquit le 30 mars 1904 à Gresufes, bourg dépendant de Balazar (Póvoa de Varzim, Porta, Portugal), de parents cultivateurs, travailleurs et honnêtes, qui déménageront bientôt au lieu-dit Calvário. C’était la Semaine Sainte, et Alexandrina fut baptisée le Samedi Saint suivant, 2 avril 1904. 

Elle avait une sœur aînée, Olinda, qui sera sa compagne de jeux, et plus tard son infirmière et sa secrétaire.

La petite fille travailla aux champs avec ses parents et, dès douze ans, comme journalière. Parallèlement, elle devint catéchiste et membre de la chorale paroissiale. 

En 1916 elle fit une chute d’un arbre ; on la crut mourante, mais elle se rétablit après avoir reçu les derniers Sacrements.

Adolescente, elle voulaitt rester unie à Jésus-Christ dans la virginité, tellement qu’un jour où trois hommes mal-intentionnés prétendaient la poursuivre jusque dans sa chambre, elle n’hésita pas à passer par la fenêtre pour leur échapper, faisant ainsi une chute de quatre mètres ; les poursuivants n’insisteront pas, mais la jeune fille fut gravement choquée ; cette chute lui occasionnera une compression de la moelle épinière et une paralysie progressive qui la clouera au lit à partir de 1925.

Elle aura tout de même la joie de pouvoir assister au Congrès eucharistique de Braga en 1924.

Le Christ se manifestera à elle, lui demandant invariablement de souffrir, aimer, racheter. Désormais, Alexandrina vécut dans une rare intimité la Passion de Jésus-Christ, chaque vendredi, retrouvant mystérieusement ce jour-là l’usage de ses mouvements ; elle porta les stigmates du Christ.

En 1938, elle fit porter au pape la demande de consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie.

A partir de 1942, un fait extraordinaire se manifesta, constaté par plusieurs médecins et inexpliqué par la science : Alexandrina ne mangeait ni ne buvait plus rien, en dehors de l’Eucharistie quotidienne, phénomène qui durera treize années, jusqu’à sa mort. A partir de la même année, elle obtint la grâce que les souffrances de la Passion ne fussent plus visibles extérieurement.

Le Christ lui demandera d’offrir ses souffrances en réparation des sacrilèges commis envers l’Eucharistie.

Alexandrina Maria da Costa, qui ne se nourrissait plus que de l’Eucharistie et qui avait reçu la mission de faire consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie, mourut un jeudi, jour de l’Eucharistie, le 13 octobre 1955, anniversaire de la dernière apparition de Marie à Fatima.

Cette grande âme mystique fut béatifiée en 2004.

 

Theophilos d’Antioche
2. siècle

Theophilos naquit dans une région proche du Tigre et de l’Euphrate, et grandit dans le paganisme. 
Il reçut une bonne éducation helléniste.
Sa conscience pure eut l’occasion d’observer les mœurs des Chrétiens - disons, de ces Chrétiens qui ne jouent pas avec la Vérité et dont la vie est conforme à leur foi. Theophilos lut la Bible. Tout cela lui montra combien l’enseignement de la foi chrétienne était bien supérieur aux horreurs de la mythologie païenne : Theophilos devint chrétien.
Vers 169, il fut appelé à occuper le siège épiscopal d’Antioche de Syrie ; c’était le sixième après s.Pierre, qui y siégea le premier avant de se rendre à Rome.
Theophilos mourut après 180.
Des différents ouvrages qu’il a écrits et dont parlent l’historien Eusèbe et s.Jérôme (v. 30 septembre), on n’a que le texte du Traité à Autolykos, une véritable apologie du christianisme qui s’adresse à cet Autolycos, dont on ne connaît que le nom. Voici un de ses arguments :
De ce que les aveugles ne voient pas, il ne résulte point que la lumière du soleil ne se montre pas. Que les aveugles s’en prennent à eux-mêmes et à leurs propres yeux ; de même, si tu as les yeux de l’âme voilés par tes fautes et tes pratiques mauvaises. Comme un miroir brillant, voilà comment l’homme doit tenir son âme pure. Si le miroir est rouillé, on ne peut voir le visage de l’homme dans le miroir. De même, si l’homme est pécheur, cet homme ne peut contempler Dieu.
Il est intéressant de relever que Theophilos est le premier qui utilise un mot spécial, le mot trias, pour désigner la Trinité de Dieu, son Logos (le Verbe incarné) et sa Sophia (la Sagesse de l’Esprit).
Le Martyrologe Romain mentionne saint Theophilos d’Antioche au 13 octobre.


Florentius de Thessalonique
? 3. siècle

Qui sait ce que faisait ce Florentius au nom latin, à Thessalonique (Grèce N). Un soldat ? Un émigré ? Un pèlerin ?
On dit qu’il subit différentes tortures pour sa foi en Christ, et qu’il mourut dans les flammes.
Ce pouvait être au troisième siècle, vers 250.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Florentius de Thessalonique au 13 octobre.


Faustus, Ianuarius et Martialis de Cordoue
? 304

Ces trois Martyrs furent appelés par le poète Prudence les trois Couronnes.
On les étendit sur le chevalet, avec ordre d’intensifier progressivement les tortures jusqu’à ce que les trois hommes acceptassent enfin de sacrifier aux dieux païens.
Faustus s’écria : Il n’y a qu’un Dieu, notre Créateur !
Le juge lui fit tailler le nez, les oreilles, les paupières, la lèvre inférieure, mais plus Fausto souffrait, plus il louait et remerciait le Bon Dieu.
Même sort subit à son tour Ianuarius.
Martialis, le plus jeune des trois, de son chevalet ne perdait pas un instant des tortures de ses deux amis. Quand le juge l’invita à son tour à renier sa foi au Christ, il lui répondit : Jésus Christ est mon seul réconfort. Il n’y a qu’un Dieu, Père, Fils et Esprit-Saint : à eux soient rendus tout honneur et toute gloire.
On les condamna tous les trois à périr dans les flammes, où ils achevèrent leur martyre dans l’action de grâce.
Ce pouvait être vers 304.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Faustus, Ianuarius et Martialis de Cordoue au 13 octobre.


Lubentius de Trèves
4. siècle

Lubentius dut naître en Gaule.
Ses pieux parents le confièrent à s.Martin (v. 11 novembre) ; ce dernier à son tour le confia à s.Maximin de Trèves (v. 29 mai), qui était lui-même d’origine poitevine.
Maximin éleva Lubentius et l’ordonna prêtre. Lubentius fut son plus fidèle serviteur.
Lubentius fit élever une église sur le rocher de Dietkirchen (act. Hesse, Allemage C).
L’histoire traditionnelle raconte qu’à la mort de Lubentius, personne n’arrivait à déplacer son corps. Les évêques de Trèves et de Cologne décidèrent alors de le placer sur une barque et de laisser «les anges» s’en occuper. La barque descendit la Moselle, traversa le Rhin et remonta la Lahn, jusqu’à Dietkirchen, et c’est là que Lubentius fut enterré. 
Le Martyrologe Romain mentionne saint Lubentius de Trèves au 13 octobre.

 

Romulus de Gênes
5. siècle

Romulus serait né non loin de Gênes (Ligurie, Italie NW), dont il devint le quatrième évêque, vers la fin du quatrième siècle ou au début du cinquième.
On raconte de lui qu’il était animé d’une particulière bonté pour les hommes, spécialement pour apaiser les discordes.
Il se peut que Romulus, devant le danger des invasions lombardes, se réfugiât dans quelque grotte des alentours de Gênes, où il priait et faisait pénitence pour son troupeau menacé. Les gens venaient supplier Romulus de prier chaque fois qu’un danger se présentait : invasion, famine, épidémie…
La grotte où Romulus se retirait devint fameuse. Après sa mort, l’endroit prit le nom de Civitas Sancti Romuli, puis simplement San Romolo, en dialecte local San Rœmu, qui a donné l’actuel Sanremo.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Romulus de Gênes au 13 octobre.


Venantius de Tours
5. siècle

Venantius était originaire du Berry.
Ses bons parents l’avaient fiancé à une belle jeune fille, à laquelle il s’attacha loyalement. On sait, par exemple, qu’il lui offrit une paire de chaussons.
Venu à Tours, il y fut si remué intérieurement par tout ce qu’il entendit sur s.Martin (v. 11 novembre) et sur les moines de Marmoutier, qu’il désira embrasser la vie monastique.
Il fallait demander son avis à la fiancée - son épouse peut-être, car on ne sait si le mariage avait déjà été célébré. La fiancée consentit à la séparation. Venantius devint moine… et succéda à l’abbé Silvin.
Venantius reçut la grâce des miracles : il guérit un enfant tout perclus, ainsi que de nombreux malades atteints de quelque fièvre.
Il eut des visions. Ainsi il entendit les anges chanter le Sanctus de la Messe ; un prêtre défunt nommé Panivus lui apprit quel soulagement il avait reçu par ses prières…
Venantius mourut vers la fin du cinquième siècle, et continua de faire des miracles.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Venantius de Tours au 13 octobre.

 

Léobon de Salagnac

† 530

 

On est étonné de lire dans certaines publications qu’on ne sait rien de lui, et de découvrir dans d’autres publications (antérieures) tant de détails intéressants. Même si l’on a des raisons sérieuses d’émettre des doutes, on peut tout de même donner des informations, ne serait-ce qu’au conditionnel.

Notre Leobonus (Lion bon, gentil lion) naquit à une date imprécise de la fin du 5e siècle, à Fursac (Forum sacrum, ville sainte), de parents chrétiens qui le mirent sous la protextion de sainte Rufina (v. 19 juillet ?). 

Pourquoi Rufina, une martyre espagnole du 3e siècle ? L’église paroissiale était bien dédiée à sainte Rufine, mais on proposerait aussi cette explication : il est souvent arrivé que des parents imposassent à leur bébé le nom du Saint du jour ; en supposant que Leobonus fût né ou baptisé un 19 juillet, il pouvait recevoir le nom de Rufin ; ajoutons maintenant que sainte Rufine, après maintes tortures, fut exposée à un lion qui, gentiment, vint lui lécher le manteau. Ne serait-ce pas là l’origine du prénom Leobonus ?

Toujours est-il que Leobonus fut réellement bon, très tôt attiré par la solitude, la prière, la méditation. Il finit par se construire un petit ermitage non loin de Fursac, cultivant les légumes dont son corps avait besoin, et se rendant à l’église pour nourrir son âme de l’Eucharistie.

Le Diable ne pouvait pas laisser en paix une vie si sainte ; il suscita une femme qui, feignant de chercher son chemin, demanda à Leobonus l’hospitalité. Mais elle y mit des propos si liencieux que, pour préparer un lit, Leobonus étendit à terre des charbons ardents et s’y coucha en invitant cette femme à le rejoindre ; effrayée, elle se retira bien vite et, avec ses compagnes qui l’attendaient, vint observer la scène, bien surprise de constater que Leobonus n’avait aucune brûlure. Celles qui voulaient faire tomber Leobonus dans le péché, diffusèrent au contraire la sainteté de l’Ermite.

Mais Leobonus n’aimait pas tout le tapage qui en résulta ; il gagna Salagnac, un peu plus loin, et y vécut jusqu’à la fin de sa vie.

Leobonus mourut en ou vers 530. Les miracles qu’il n’avait pas opérés de son vivant, furent nombreux à son tombeau.

Il y eut tant de miracles, et tant de reconnaissance, que l’église paroissiale de Fursac fut la plus «riche» du diocèse. Lorsqu’en 1755 la commune voulut construire deux ponts, rendus nécessaires à cause des fréquentes crues des eaux, il leur «suffit» de vendre tous les matériaux de la chapelle de Saint-Léobon et le gros tilleul qui est au-devant de la dite chapelle.

Leobonus fut traditionnellement invoqué pour la guérison des enfants malades, pour guérir les fièvres ou les inflammations intestinales.

En 994, on procéda à une reconnaissance des reliques et on lava les os avec du vin bénit ; un jeune homme malade en goûta, et fut guéri à l’instant. Lors d’une procession des reliques, un enfant atteint du Mal des Ardents, fut guéri immédiatement. Par la suite, d’autres enfants furent aussi guéris du même mal. Près de Limoges se trouve une colline où furent déposées ces reliques le temps de les y faire vénérer : il y eut tant de miracles qu’on appela le lieu Montjauvy (Mons gaudii : Montagne de la Joie).

Il y eut ensuite une petite contestation entre Fursac et Salagnac : qui aurait eu l’honneur d’abriter les reliques de l’Ermite ? Après quelques échanges assez colorés, Fursac conserva le bras droit, Salagnac le reste.

Saint Léobon de Salagnac est commémoré le 13 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Comgan d’Irlande

8e siècle

 

Ne pas confondre s.Comgan avec s.Comgall (v. 10 mai).

Comhghan était le fils de Kelly, roi de Leinster (ou Laighean, Irlande CE), le frère de sainte Kentigern, et donc l’oncle de s.Fillan (v. 7 et 9 janvier).

Blessé à la suite d’une bagarre avec des clans voisins, Comgan s’enfuit avec Kentigern et les trois enfants de celle-ci, ainsi que sept autres compagnons, à Lochalsh (auj. Kyle of Lochalsh, Ecosse NO).

Là vécut cette petite troupe, conduite et dirigée par Comgan qui, devenu abbé, voulait montrer l’exemple et s’adonnait à la pénitence et à la plus grande austérité.

Comgan aurait aussi fondé le monastère de Turriff (Ecosse NE).

Il aurait été enterré à Iona par les soins de son neveu, s.Fillan.

Saint Comgan d’Irlande est commémoré le 13 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simpert d’Augsburg

750-807

 

On ne connaît rien de l’origine et de l’enfance de Simpert (ou Sintpert, Simbert, Sindbert).

Né vers 750, il pourrait avoir été un neveu de Charlemagne.

Ce dernier l’aurait nommé abbé de Murbach (Alsace), vers 778, puis évêque de Neuburg-Staffelsee en 789, en lui confiant en même temps d’ailleurs la fonction d’abbé au monastère local de l’île de Wörth.

En 802, Simpert aurait alors réuni ce siège à celui d’Augsburg et c’est lui qui en acheva et consacra la nouvelle cathédrale. Il fut le onzième évêque de ce diocèse.

A la mort de l’abbé Waldram de Benediktbeuern, il consacra le nouvel abbé Eliland.

Il s’occupa aussi attentivement du monastère Saint-Mang à Füssen.

Simpert aurait rédigé des statuts pour rehausser le niveau spirituel et intellectuel des monastères. Qu’on en juge par quelques sentences : 

  • les moines sauront par cœur la Règle de s.Benoît.
  • les étudiants devront s’exprimer en latin et sauront : les psaumes, les cantiques, les hymnes, l’Histoire sainte, les Vies des Pères.
  • les illettrés apprendront à lire pour pouvoir réciter le Pater, le Credo, les psaumes de la pénitence et peu à peu tous les autres psaumes.
  • Les abbés devront partager la même vie que les moines.
  • les moines devront travailler à tour de rôle en cuisine, à la boulangerie, et laver eux-mêmes leur linge.
  • le cachot (!) devra avoir un foyer.
  • le bain sera toléré hors carême.
  • un jeune moine devra saluer un plus âgé par la genudeflexio, génuflexion (?).
  • l’hôte sera accueilli respectueusement : de la main, il faudra toucher terre. 

Simpert apparaît avoir été un personnage-clé de l’époque, non seulement pour la ville et le diocèse d’Augsburg, pour la vie monastique, mais aussi pour les relations entre la Bavière et le royaume Franc.

Il mourut un 13 octobre, probablement en 807.

Ce n’est qu’en 1450 qu’on autorisa son culte.

Saint Simpert d’Augsburg est commémoré le 13 octobre dans le Martyrologe Romain.

Géraud d’Aurillac

855-909

 

Géraud naquit vers 855 à Aurillac, de Géraud et Adeltrude (v. 14 novembre ?). La famille comptait, dans ses ancêtres, s.Césaire d’Arles et s.Yrieix (v. 27 et 25 août). 

Dès avant la naissance, son père avait vu en songe un grand arbre sortir de son pied droit ; peu de jours avant la naissance, les parents entendirent dans le sein de la mère la voix de leur enfant qui, plus tard, devait si souvent louer la Sainte Trinité.

Comme son père, Géraud était comte. Il apprit le métier des armes, la chasse, mais se révéla de santé médiocre ; il fut même un moment couvert de boutons qu’on ne parvenait pas à guérir ; Géraud se perfectionna intellectuellement : grammaire, musique, Ecriture, droit, au point qu’il étonnait les clercs qui passaient à la maison.

La mort de ses parents rendit Géraud maître d’immenses domaines, qu’il voulut administrer avec une sainte sagesse, dans un esprit évangélique.

Il vit un jour une jeune fille serve qu’il pensa épouser ; mais il comprit qu’il se trompait et invita les parents à marier leur fille rapidement, l’affranchit et lui remit en dot une ferme ; ensuite il fut aveugle pendant un an. Plus tard, le duc d’Aquitaine lui proposa sa fille, mais Géraud déclina l’offre pour conserver sa chasteté.

Géraud préféra toujours la simplicité, la douceur et la générosité. Sa vie était celle d’un moine : avec son entourage, il priait l’office le matin et assistait à la Messe. Géraud parvenait à prier le psautier intégral chaque jour. Il mangeait peu, un repas par jour, faisant abstinence trois fois par semaine ; comme dans un monastère, il y avait la lecture pendant les repas.

Sa justice était véritablement évangélique. Il savait défendre son droit, mais aussi pardonner. 

Il se vit obligé de prendre les armes contre des voisins, mais il ordonna à ses hommes de charger l’épée à l’envers, ce qui mit en déroute l’ennemi : on comprit que Dieu était avec lui et le protégeait. D’autres fois, de véritables miracles eurent lieu, où l’on voyait la main de Dieu. Le comte de Turenne se blessa lui-même avec son épée et rentra honteux. Le comte Adémar voulut le surprendre de nuit quand il dormait dans un pré, mais ne put le trouver ; Adémar occupa un de ses châteaux mais, quand il voulut attaquer Géraud, ses hommes crurent voir en face d’eux des tentes innombrables et se rendirent : Géraud les laissa partir. Le frère d’Adémar voulut prendre Aurillac tandis que Géraud assistait à la Messe : il ne put voler que sept chevaux et en perdit plus de soixante sur son retour, et mourut deux semaines plus tard, pendant qu’une tempête arrachait le toit de sa demeure.

Géraud fut contraint de lancer une expédition contre un petit seigneur brigand. Il put l’arrêter sans le blesser et lui dit simplement : Tu n’es pas le plus fort, cesse de faire le mal ; je te relâche sans te demander ni otage, ni serment, ni réparation.

Nouveau Salomon, Géraud était consulté de très loin. Il intervint jusqu’à Plaisance (Italie). Quand il ne pouvait dissiper une discorde, il faisait célébrer la Messe pour la réconciliation des plaignants. 

Le dimanche, Géraud présidait le plaid, assemblée de justice aux jugements sans appel ; s’il ne pouvait empêcher parfois une peine de mort, il n’hésitait pas à favoriser une évasion pour un délit mineur. 

Il surprit un jour un voleur dans sa propre tente : il lui ordonna de vite partir avec ce qu’il tenait en main. 

Au château, il y avait toujours des habits, des chaussures, de l’argent pour les pauvres de passage ; Géraud goûtait lui-même le vin et le repas qu’on leur servait.

Surpris de voir une brave femme conduire la charrue, car son mari était malade, il lui paya un domestique ; rencontrant près de Rome un Berrichon malade et abandonné de ses compagnons de pèlerinage, il lui donna l’argent nécessaire pour se soigner et achever son voyage.

Géraud fit (au moins) sept fois le pèlerinage à Rome, outre ceux qu’il faisait à Saint-Martin de Tours ou Saint-Martial de Limoges. Son passage était signalé par la rumeur publique, car on savait qu’il laissait des aumônes importantes.

L’Eglise fut bien sûr particulièrement favorisée de cette libéralité : Géraud lui remettait le neuvième de ses revenus. Il aurait volontiers remis au pape tous ses domaines et son autorité, et se serait fait moine, mais l’évêque lui conseilla de demeurer à sa place, pour le bien de ses administrés. Géraud put cependant porter la tonsure monastique (qu’il dissimulait avec sa couronne de comte), raser sa barbe (sous prétexte de commodité), porter des vêtements de lin comme les clercs et, s’il devait paraître en public avec son épée, il la faisait porter devant lui pour ne pas la porter lui-même.

La grande œuvre de Géraud fut la construction de l’église et de l’abbaye d’Aurillac, sous la règle de saint Benoît (v. 21 mars). Ce fut vers 885. Géraud chercha à y faire venir de saints moines, qui ne surent pas être à la hauteur de leur Fondateur. Mais plutôt que d’intervenir dans la vie de la communauté monastique, Géraud priait et faisait célébrer des Messes. 

L’abbaye d’Aurillac obtint du roi un diplôme d’immunité daté 899, et fut donnée à Saint Pierre, de sorte qu’elle était absolument exempte de toute autorité laïque ou religieuse. Elle était dotée de revenus suffisants pour nourrir les moines. La première église s’écroula ; la deuxième fut dédiée à saint Pierre.

En 902, Géraud fut frappé de cécité et passa son temps à prier et à entendre de pieuses lectures. Une de ses dernières joies fut, en 907, la dédicace de l’église de l’abbaye.

En septembre 909, Géraud sentit la mort approcher. Il dicta son testament, qui favorisait principalement l’abbaye d’Aurillac, mais ses proches aussi ; il libéra cent serfs, le maximum que lui autorisait la loi. Il tomba malade à Cezerniacum, localité qu’on croit identifier avec l’actuelle Saint-Cirgues (Lot) et fit venir l’évêque. Le vendredi 13 octobre 909, il psalmodia encore l’office avec ses chapelains ; on le croyait mort, mais devant l’Eucharistie qu’on lui apportait, il ouvrit les yeux, communia, et mourut.

Sept années après cette pieuse mort, un clerc limousin demanda aux moines si le sarcophage continuait à s’élever ;  les moines furent bien surpris, en l’examinant, qu’il n’était plus enterré que jusqu’au couvercle, et que le prodige continuait encore.

Ce n’était pas le premier miracle qu’on constatait ; il y en avait eu du vivant du saint comte ; on savait que l’eau dont Géraud se lavait les mains, faisait des guérisons, d’un boîteux ici, d’un enfant aveugle là ; il semble que les miracles de Géraud aient intéressé particulièrement les aveugles, en France ou en Italie. Gêné par cette renommée, il cherchait à faire des miracles «en secret» (!), rien à faire, on criait même Saint Géraud, saint Géraud !

Géraud apprit mystérieusement en Italie qu’un ami moine était mort et fit prier pour lui ; on remarqua qu’en effet le moine était mort au moment où Géraud faisait prier pour lui.

Le comte Raymond de Toulouse s’obstinait à garder prisonnier le neveu de Géraud ; celui-ci apparut auprès du lit de Raymond et le menaça des pires châtiments : Raymond implora son pardon et relâcha le prisonnier.

Les miracles continuèrent après la mort de Géraud. Aurillac devint célèbre, les bâtiments insuffisants. Une nouvelle église fut consacrée en 962. De cette abbaye sortit un certain Gerbert, le futur pape Sylvestre II. Un des abbés fut Odon, plus tard abbé de Cluny, et auteur de la première biographie de Géraud.

En 1569, les calvinistes détruisirent entièrement l’abbaye, brûlant tous les parchemins, les archives, les meubles ; l’église fut reconstruite plusieurs fois.

Géraud reste un exemple exceptionnel de «sainteté laïque» : il n’était ni prêtre, ni ermite, encore moins martyr ; il fut un saint homme, au sens propre du mot.

Saint Géraud d’Aurillac est commémoré le 13 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

Cleridonia de Cicoli

1077-1152

 

Cleridonia naquit le 1er octobre de 1077 environ à Cicoli (Latium, Italie C).

A vingt ans, elle laissa la maison paternelle et s’établit dans une grotte à Morra Ferogna, sur l’Aniene, là où saint Benoît s’était établi cinq cents ans plus tôt (v. 11 juillet) et où se trouve l’actuel monastère bénédictin de Subiaco.

Cleridonia vécut là dans la contemplation, la prière et le jeûne, pendant plus d’un demi-siècle. Elle n’était pas inconnue, et ne pouvait d’ailleurs pas passer inaperçue. Elle fit des miracles et l’on changea son nom en Chelidonia, d’après le grec qui signifie «hirondelle».

Chelidonia ne fit qu’une sortie de sa vie érémitique, pour aller en pèlerinage à Rome vers 1115.

A son retour, à Subiaco, elle reçut l’habit bénédictin.

Elle quitta ce monde dans la nuit du 12 au 13 octobre 1152.

La localité de Subiaco la prit comme céleste patronne. Le Martyrologe mentionne sainte Chelidonia au 13 octobre.

 

 

Maddalena Panattieri

1443-1503

 

Maddalena naquit en 1443 à Trino (Piémont, Italie NO).

De toute sa jeunesse, on dit seulement qu’elle se consacra à Dieu très jeune et qu’elle reçut l’habit du Tiers-Ordre dominicain, car il y avait un couvent à Trino, dont dépendaient un certain nombre de jeunes filles vierges ou de veuves.

Maddalena faisait chaque jour une ronde dans la ville, aidant par ici, consolant par là, soignant un malade, aidant une maman ; elle tâchait d’intervenir contre les mauvaises habitudes, en particulier contre l’usure. Elle se mit à catéchiser dans une petite chapelle ; d’abord à quelques femmes, puis à d’autres plus nombreuses, puis à des hommes ; il y eut jusqu’à des Religieux et même des prêtres ! Un maître des novices y amena ses élèves.

C’est ainsi qu’elle eut l’occasion de convaincre les Dominicains de Trino d’adopter la réforme préconisée par le bienheureux Raimondo de Capoue (v. 5 octobre).

Il n’y avait pas que ceux-là. Un jour, elle reprocha à un habitant d’avoir lacéré une bulle (décret) affiché à l’église ; l’autre la gifla très fortement : elle «implora» le forcené de la frapper sur l’autre joue ; l’histoire raconte que le malheureux, qui s’appelait Perduto (c’est-à-dire perdu, condamné), mourut dans l’année.

Maddalena s’imposait une rigoureuse abstinence et de longs jeûnes, méditant longuement sur la passion du Sauveur.

Elle eut des visions sur l’avenir et prévoyait les malheurs qui allaient s’abattre sur l’Italie au 16e siècle : elle serait foulée par l’étranger, Rome serait saccagée (en 1527). Elle intercéda pour Trino ; juste avant sa mort, elle priait encore pour sa ville, qui d’ailleurs fut épargnée.

Elle mourut le 13 octobre 1503 et fut ensevelie dans l’église du couvent ; elle fut béatifiée en 1827.

Au 17e siècle, son corps fut déplacé et caché dans un oratoire proche. Ce n’est qu’en 1964 qu’on le retrouva et qu’on le reporta dans l’église.

Salustiano González Crespo

1871-1934

 

Il naquit le 1er mai 1871 à Tapia de la Ribera (León, Espagne), quatrième des quatre enfants (deux garçons et deux filles) de Joaquin et Manuela, qui le firent baptiser dès le lendemain ; Salustiano fut confirmé cette même année, selon une coutume de l’époque.

Il grandit dans la saine atmosphère familiale, travaillant à la sueur de son front, sans perdre son temps.

Il vint à León pour trouver plus de travail.

En 1893-1894, il travailla comme aide-infirmier à l’hôpital de León, où il connut les Filles de la Charité, grâce auxquelles il put contacter le Supérieur de Madrid, sur recommandation (excellente, on s’en doute) des Sœurs de León.

il entra ainsi en 1894 dans la congrégation des Vincentiens à Madrid, où il fit le noviciat. Sur tous les points il donna entière satisfaction aux Supérieurs (et parfois même donna des leçons aux prêtres, par son comportement tout silencieux et soumis).

Il fut envoyé à la maison d’Ávila, où il fit la profession comme convers en 1896 ; en 1898, il fut envoyé deux ans à Valdemoro (Madrid), puis en 1900 aux Canaries, où il travailla pendant plus de vingt années, patiemment, humblement, sans jamais se plaindre.

Il revint sur Cuenca en 1928, et rejoignit la communauté d’Oviedo (Asturies) en 1930, comme cuisinier et portier. Il profitait aussi de cette dernière occupation pour enseigner du catéchsime aux petits enfants qu’il voyait passer.

Le Frère Salustiano n’était pas ce qu’on aurait appelé une lumière intellectuelle ; il n’était pas venu se consacrer à Dieu pour «paraître», mais pour rendre service.

La région des Asturies connut une phase de révolution dès 1934. Le séminaire d’Oviedo fut le théâtre d’événements particulièrement tragiques.

Le 6 octobre 1934, la plus grande partie des séminaristes tomba aux mains des révolutionnaires. Une partie des Pères et des élèves furent fusillés sur place. Mais pour un autre groupe qui allait être aussi fusillé, le Frère Salustiano s’interposa et dit aux assassins : Tuez-moi, moi, qui ne sers à rien. Mais ne tuez pas ces jeunes, qui peuvent faire beaucoup de bien.

Le résultat est que ce groupe fut «seulement» mis en prison quelque temps, d’ailleurs avec leur Directeur et quelques professeurs ; tous furent plus tard libérés.

Le 13 octobre 1934, vers midi, on annonça que l’édifice (le séminaire, ou la prison où se trouvait le Frère avec les autres, le détail n’est pas clair dans les récits) - l’édifice allait être dynamité : il y avait en effet deux tonnes de dynamite entassée au rez-de-chaussée. Ce fut la panique générale. Une première explosion détruisit entièrement l’escalier ; tous tentèrent soit de sauter par les fenêtres sur l’édifice voisin, soit d’ouvrir le parquet des étages supérieurs pour descendre plus bas avec des draps roulés en cordes. Mais en bas, tout un piquet de «Rouges» attendaient avec les fusils et tiraient sur la première tête qui apparaissait. 

L’héroïque Frère Salustiano reçut une balle dans la nuque. Il avait soixante-trois ans.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Tomás Pallarés Ibáñez

1890-1934

 

Il naquit le 6 mars 1890 à La Iglesuela del Cid (Teruel, Espagne), de Jenaro et María Amparo, de bons chrétiens qui le firent baptiser dès le lendemain.

Il fréquenta l’école des pères Vincentiens à Teruel.

En 1906, il entra au noviciat de Madrid, fit la profession en 1908 et fut ordonné prêtre en 1915.

Les missions, les prédications, les retraites qu’il accomplit, furent extrêmement nombreuses. Sa préparation ayant été excellente, il savait affronter mille problèmes avec science et prudence, au point qu’on l’appela l’homme universel. Il donna aussi des cours de latin aux jeunes élèves des Lasalliens.

Envoyé à la maison de Orotava, il partait de là en mission dans différents endroits de l’île de Tenerife. En 1923-1927, il fut professeur à Guadalajara, puis assistant du Provincial à Madrid, ainsi qu’assistant du Visiteur durant ses déplacements dans toute l’Espagne, au point qu’il en fut finalement secrétaire ; en 1930, il fut envoyé à Oviedo (Asturies) comme économe et directeur spirituel, ce qui ne l’empêcha pas d’aller aussi et encore prêcher dans d’autres communautés.

En 1934, il fut nommé sous-directeur du séminaire d’Oviedo.

La région des Asturies connut une phase de révolution dès 1934. Le séminaire d’Oviedo fut le théâtre d’événements particulièrement tragiques.

Dans le résumé qui suit, on ne pourra pas bien comprendre finalement où se passèrent les choses. Les explosions dont il sera question se produisirent-elles dans le séminaire des Vincentiens, ou dans tel autre édifice où étaient prisonniers les Religieux ? Les détails trouvés en plusieurs récits ne s’imbriquent pas réellement.

Le 6 octobre 1934, le séminaire fut envahi. Une partie des professeurs et des élèves put s’enfuir. Une autre partie des séminaristes tomba aux mains des révolutionnaires, qui les mirent en prison au commissariat, puis dans un ancien pavillon de la Garde Civile. Certains furent fusillés sur place. Après trois jours, on les déplaça dans un autre édifice, environ soixante-dix dans une seule pièce où ils ne pouvaient pas tous s’asseoir, encore moins s’allonger. Ils ne devaient pas parler (mais réussirent à se confesser aux prêtres présents) ; les Rouges se moquaient d’eux : Vous autres, qui êtes religieux et professez la perfection, allez nettoyer les toilettes, allez balayer.

C’est le directeur de prison qui interdit de fusiller tous les prisonniers. On organisa un simulacre de jugement, et certains furent relâchés.

Puis on transféra encore ailleurs les prisonniers, qui n’eurent rien à manger ni à boire pendant trois jours, sauf une bouchée et une goutte de café au matin du 13. On leur présenta même l’eau où s’étaient lavés les révolutionnaires.

Le père Tomás continua à assister spirituellement ceux qui étaient là (un autre texte dit qu’il erra dans les rues, renonça à se réfugier chez son frère, et revint dans le séminaire, avec le Frère Salustiano).

Le 13 octobre 1934, vers midi, on annonça que l’édifice allait être dynamité : il y avait en effet deux tonnes de dynamite entassée au rez-de-chaussée. Ce fut la panique générale. Une première explosion détruisit entièrement l’escalier ; tous tentèrent soit de sauter par les fenêtres sur l’édifice voisin, soit d’ouvrir le parquet des étages supérieurs pour descendre plus bas avec des draps roulés en cordes. Mais en bas, tout un piquet de «Rouges» attendaient avec les fusils et tiraient sur la première tête qui apparaissait. Le père Tomás reçut une rafale de balles dans la tête et s’écroula.

Après une deuxième explosion, le corps du Martyr fut écrasé par un poteau de fer ; on reconnut après son cadavre, qui cependant disparut par la suite (?).

Le père Tomás Pallarés fut béatifié en 2013. 

 

 

Herminio Motos Torrecillas
1877-1936

Né le 9 et baptisé le 10 décembre 1877 à María (Almería), Herminio se prépara au sacerdoce au séminaire d’Almería. 

Il fut ordonné prêtre en 1901.

Il desservit les paroisses de María, de Saint-Sébastien d’Almería, de Vera. Au moment d’être nommé à Vera, il avait demandé : Envoyez-moi là où il y a un malade à assister, une personne triste à consoler, un pauvre à secourir. Dieu l’exauça en envoyant là une grave épidémie qui fit des morts ; il s’occupa tellement bien des malades, qu’il en reçut la croix-d’or de la Croix-Rouge espagnole, ainsi que plusieurs distinctions municipales.

En 1912, il revint à son pays, comme curé-archiprêtre. Il allait y rester presqu’un quart de siècle.

Une de ses grandes préoccupations était la question sociale : le travail et la condition des ouvriers. Il fonda un Syndicat Agricole Catholique et une petite fabrique d’espadrilles.

Dès janvier 1936, il sentit mûrir la révolte et put prédire à son évêque la persécution. Il ne se trompait pas : dès le 23 juillet, on le jetait hors de son presbytère et on l’expulsait même de María. On le retrouva dans une ferme proche où il se cachait et il déclara : J’ai offert ma vie pour le salut de mon pays. Et se mettant à genoux : Vous pouvez m’assassiner, je n’en peux plus ; mais je vous pardonne tous. 

Emmené dans un champ d’Alfahuara, il partagea se qu’il avait entre les miliciens et reçut la palme du martyre, le 13 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Herminio Motos Torrecillas sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 octobre.54


Joan Puig Serra
1879-1936

Joan naquit le 20 juillet 1879 à Sant Martí de Centelles (Barcelone) ; cette date allait être tristement historique, dans la mesure où un demi-siècle plus tard elle marquerait le début de la guerre civile et d’une atroce persécution dans le pays.

Joan commença le séminaire de Vic, puis entra dans la Congrégation de S.Vincent de Paul (Vincentiens) en 1899 à Madrid. Des études, il n’en avait pas fait beaucoup, mais il se mit avec ardeur au travail et fut ordonné prêtre en 1907.

A l’école apostolique de Bellpuig il fut professeur d’espagnol, de catalan, de grec, de géographie et d’histoire naturelle ; il prêcha à Maiorque et en Catalogne, dans le diocèse de La Seo de Urgel ; il fut directeur de la maison de Rialp, avant de l’être à Figueras en 1932.

Très dévôt du Sacré-Cœur, il l’était aussi de la Sainte Vierge et de S.Vincent de Paul, dont il publia des images avec une neuvaine.

Le père Joan répétait naïvement que, n’ayant jamais fait de mal à personne, on ne lui ferait jamais rien de mal à lui non plus, mais il se trompait. Le 19 juillet (veille de son anniversaire), la révolution éclata alors que toute la communauté - sauf lui et un autre - s’étaient rendue à Palma pour le centenaire de la fondation de la maison. Le p.Joan tenta de se réfugier chez les Filles de la Charité, mais il fut trahi par un milicien qui le connaissait. On l’y arrêta le 5 août 1936 dans la soirée et on l’emmena dans le vieux château de Figueras.

Il y resta jusqu’au treize octobre, dans une cellule du sous-sol qu’il partageait avec un prisonnier de droit commun ; ce dernier, peu à peu, changea d’attitude jusqu’à demander pardon pour sa mauvaise conduite. La nourriture du Père lui était portée par des amis, de la part des bonnes Religieuses. Des gens venaient le voir ; il les exhortait à pardonner aux ennemis. Les derniers temps de sa vie, il répétait souvent : Nous devons toujours nous préparer à mourir.

Au soir du 13 octobre 1936, des miliciens firent irruption dans le château, ouvrirent les portes des cellules et tirèrent sur tous les prisonniers. Outre le p.Joan, se trouvaient là aussi huit autres prêtres et quatre laïques, mais ces derniers ne se trouvent pas dans la même cause de béatification que le père Joan.

Béatifié en 2017, Joan Puig Serra sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 octobre.

 

 

Antonio Ayet Canós

1886-1936

 

Antonio naquit à Villareal de los Infantes (Castellón, Espagne), le 25 juillet 1886, de Pascual et Mariana, qui avaient déjà quatre enfants.

Selon une pratique fréquente à l’époque, l’enfant fut baptisé le jour-même et confirmé en 1890.

Tout en fréquentant l’école tenue par les Pères franciscains, il aidait son père aux champs ; il appartint à la congrégation mariale de Saint-Louis et suivait le catéchisme au Carmel. Sa vocation mûrissait déjà.

En 1909, il entra au Carmel comme Frère lai et fit la profession en 1911, prenant désormais le nom de Ludovico María.

En 1920, il participa à une fondation à Porto Rico, d’où il rejoignit le Vénézuéla en 1922, pour revenir en Espagne en 1928.

En 1936, il se trouvait à Barcelone lorsqu’on préparait la fête du Carmel pour le dimanche 19 juillet : à cet effet, le Frère Ludovico devait partir à Tarrasa pour collaborer à cette préparation.

La révolution venait d’éclater ; à peine arrivé, Ludovico fut arrêté en même temps que son confrère Ángel Presta.

Le 13 août, on transféra nos deux Frères avec d’autres encore à la prison Modelo de Barcelone, où on les garda jusqu’au 12 octobre, pour un procès au Palais de Justice.

Condamnés à mort pour le «grave» délit d’être des religieux, ils furent emmenés la nuit suivante au cimetière de Tarrasa, où ils furent fusillés.

Ce martyre eut lieu le 13 octobre 1936, et le Frère Ludovico fut béatifié en 2007.

 

 

Ruperto García Arce

1908-1936

 

Ruperto naquit le 10 juillet 1908 à Carcedo (Burgos, Espagne) et fut baptisé le 13.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils, puis à celui de Fortianell en 1924, et revint à Cambrils pour le scolasticat.

Après sa profession religieuse, il s’appela désormais Florencio Miguel.

Ce fut un religieux à la vie intérieure intense ; pieux, aimable, accueillant, très ordonné, il utilisait beaucoup de son temps à l’étude. Cette préparation personnelle le désigna vite pour être un professeur sérieux et un éducateur compétent. Il se révélera même finalement un des meilleurs professeurs, s’intéressant non seulement à la formation intellectuelle de ses élèves, mais aussi à leur formation religieuse, à travers une catéchèse appropriée et efficace.

Il commença son apostolat en 1926 à Tarragona, puis à Manlleu ; en 1929 il fut envoyé comme professeur au noviciat de Cambrils.

En 1933, il alla à Berga, où le surprit la persécution anti-religieuse.

Le Frère Supérieur s’employa à trouver pour chaque Frère un endroit où être protégé. Pour Florencio, il trouva à le loger chez un ancien élève, à quelques kilomètres de là. Mais devant les menaces que reçut le propriétaire, Florencio se dirigea sur Barcelone.

Là, il fut pendant trois jours chez un autre ancien élève de Berga, le docteur Agustín Ferrer, où il retrouva un autre Frère. Tous deux eurent l’idée de rejoindre Valencia.

Mais au moment de prendre le train, le 13 octobre 1936, ils furent arrêtés par des miliciens, qui les avaient épiés et suivis depuis un certain temps ; l’autre Frère réussit à fuir.

Après l’avoir interrogé, les miliciens fusillèrent Florencio.

Puis, de façon vraiment cynique, ils se présentèrent au cabinet du docteur Ferrer et lui dirent : Aujourd’hui, nous avons attrapé deux moineaux qui sortaient de chez vous. L’un des deux s’est enfui, mais l’autre, personne ne le rencontrera.

Le Frère Florencio (Ruperto) fut béatifié en 2007.

 

 

Ángel Presta Batllé

1915-1936

 

Ángel naquit à Olot (Girona, Espagne), le 17 février 1915.

En 1930, il entra au Carmel comme Frère lai et fit la profession, prenant désormais le nom de Ángel María.

Il fut le cuisinier de la communauté.

En 1936, il se trouvait à Barcelone lorsqu’on préparait la fête du Carmel pour le dimanche 19 juillet.

La révolution venait d’éclater ; Ángel fut arrêté en même temps que son confrère Ludovico (Antonio Ayet Canòs).

Le 13 août, on transféra nos deux Frères avec d’autres encore à la prison Modelo de Barcelone, où on les garda jusqu’au 12 octobre, pour un procès au Palais de Justice.

Condamnés à mort pour le «grave» délit d’être des religieux, ils furent emmenés la nuit suivante au cimetière de Tarrasa, où ils furent fusillés.

Ce martyre eut lieu le 13 octobre 1936, et le Frère Ángel fut béatifié en 2007.

 

Alexandrina Maria da Costa

1904-1955

 

Alexandrina naquit le 30 mars 1904 à Gresufes, bourg dépendant de Balazar (Póvoa de Varzim, Porto, Portugal), de parents cultivateurs, travailleurs et honnêtes, qui déménageront bientôt au lieu-dit Calvário. C’était la Semaine Sainte, et Alexandrina fut baptisée le Samedi Saint suivant, 2 avril 1904. 

Elle avait une sœur aînée, Olinda, qui sera sa compagne de jeux, et plus tard son infirmière et sa secrétaire.

La petite fille travailla aux champs avec ses parents et, dès douze ans, comme journalière. Parallèlement, elle devint catéchiste et membre de la chorale paroissiale. 

En 1916 elle fit une chute d’un arbre ; on la crut mourante, mais elle se rétablit après avoir reçu les derniers Sacrements.

Adolescente, elle voulait rester unie à Jésus-Christ dans la virginité, tellement qu’un jour où trois hommes mal-intentionnés prétendaient la poursuivre jusque dans sa chambre, elle n’hésita pas à passer par la fenêtre pour leur échapper, faisant ainsi une chute de quatre mètres ; les poursuivants n’insisteront pas, mais la jeune fille fut gravement choquée ; cette chute lui occasionnera une compression de la moelle épinière et une paralysie progressive qui la clouera au lit à partir de 1925.

Elle aura tout de même la joie de pouvoir assister au Congrès eucharistique de Braga en 1924.

Le Christ se manifestera à elle, lui demandant invariablement de souffrir, aimer, racheter. Désormais, Alexandrina vécut dans une rare intimité la Passion de Jésus-Christ, chaque vendredi, retrouvant mystérieusement ce jour-là l’usage de ses mouvements ; elle porta les stigmates du Christ.

En 1938, elle fit porter au pape la demande de consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie.

A partir de 1942, un fait extraordinaire se manifesta, constaté par plusieurs médecins et inexpliqué par la science : Alexandrina ne mangeait ni ne buvait plus rien, en dehors de l’Eucharistie quotidienne, phénomène qui durera treize années, jusqu’à sa mort. A partir de la même année, elle obtint la grâce que les souffrances de la Passion ne fussent plus visibles extérieurement.

Le Christ lui demandera d’offrir ses souffrances en réparation des sacrilèges commis envers l’Eucharistie.

Alexandrina Maria da Costa, qui ne se nourrissait plus que de l’Eucharistie et qui avait reçu la mission de faire consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie, mourut un jeudi, jour de l’Eucharistie, le 13 octobre 1955, anniversaire de la dernière apparition de Marie à Fatima.

Cette grande âme mystique fut béatifiée en 2004.

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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 23:00

14 OCTOBRE

 

III.

S Calliste, pape (217-222) : ancien esclave, organisateur du cimetière qui porte son nom ; il mit fin à l'hérésie trinitaire de Sabellius, autorisa, malgré la loi civile, le mariage entre esclaves et personnes libres, réadmit à la pénitence tous les pécheurs, contre le rigorisme de Tertullien, Hippolyte et Novatien, et mourut dans une échauffourée avec des Juifs (ou bien de mort naturelle ?).

IV.

S Céleste, évêque à Metz.

S Gaudentius, premier évêque à Rimini.

S Donatianus, évêque à Reims, dont les reliques ont été transférées à Bruges.

?

S Lupulus, martyr à Capoue.

V.

Ste Manechildis, vierge à Bienville, une des sept filles de Sigmar et Lintrude, toutes vouées à Dieu et toutes saintes.

VI.

S Fortunatus, évêque à Todi ; il chassait les démons et ressuscita un mort.

S Venantius, évêque à Ortonovo.

VII.

Ste Angadrême, abbesse à Oroër ; devenue lépreuse quand on voulut la marier, elle recouvra sa beauté quand on la laissa vivre dans la virginité ; invoquée contre les sécheresses, les incendies, les périls publics, patronne de Beauvais.

VIII.

S Cosmas le Moine, évêque à Maiouma, théologien et poète, ami de s. Jean de Damas dont il serait devenu le frère par adoption.

XI.

S Domenico l'Encuirassé, ermite à Montefeltro, puis camaldule, célèbre pour sa flagellation (pendant douze psautiers) avec la discipline, qu'il semble avoir inventée ; son surnom lui vient d'une cotte de mailles qu'il portait directement sur la peau, sauf quand il se flagellait.

XVII.

B Didacus Kagayama Haito, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

XVIII.

B Jacques Laigneau de Langellerie, prêtre à Angers, guillotiné, béatifié en 1984.

XX.    

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiée en 2001 :

Laïques : près de Valencia, Ana María Aranda Riera (*1888) ;

- béatifiés en 2017 :

Clarétains : près de Santander, les prêtres Joaquín Gelada Hugas et Isaac Carrascal Mozo (*1881, 1896), et le convers Félix Barrio y Barrio (*1883).

Bx Franciszek Rosƚaniec (*1889) et Stanisƚaw Mysakowski (*1896), prêtres martyrs polonais, gazés à Dachau en 1942, béatifiés en 1999.

B Roman Lysko (1914-1949), prêtre marié ukrainien, martyr emmuré vivant, béatifié en 2001.

Calliste Ier

217-222

 

Seizième pape, Calliste (ou Calixte) eut une vie très mouvementée, surtout avant son pontificat. Mais il faut aussi être prudent dans ce qu’on avance, car les informations qu’on a de lui viennent d’Hippolyte, son adversaire acharné.

Durant donc son aversion totale contre Calliste, Hippolyte écrit que ce Calliste avait été esclave de Carpophore, un chrétien de la maison de César ; esclave qui avait ses coudées assez franches et occupait une situation assez en vue, puisque Carpophore lui confia une somme importante pour des opérations bancaires. En effet Calliste fonda une banque dans le quartier de la piscine publique (au sud de Rome, entre la porta Ostiensis et la porta Ardeatina ; à la piscine succédèrent les thermes de Caracalla). Des veuves et des frères lui remirent leurs économies. Il les dilapida, prit peur, s’embarqua à Porto. Mais Carpophore paraît ; Calliste se jette à l’eau ; on le repêche, et on l’emploie à tourner la meule. Carpophore, obsédé par les créanciers de Calliste, se décida à lui rendre quelque liberté : Calliste aurait eu de l’argent en dépôt chez des Juifs. Et Calliste de courir à la synagogue, et d’en profiter pour y confesser sa foi de chrétien. Mais les Juifs ne se laissèrent point faire. Ils le traînèrent devant Fuscianus, préfet de Rome, comme perturbateur de l’ordre public et chrétien. Carpophore intervint, protestant que Calliste n’était pas chrétien, mais seulement banqueroutier. Le préfet fit flageller Calliste, et l’envoya comme forçat aux mines de Sardaigne.

Marcia, maîresse de l’empereur Commode, et chrétienne de cœur, demanda au pape Victor la liste des déportés en Sardaigne et la remit à un eunuque, le prêtre Hyacinthe, qui se rendit dans l’île et fit libérer tous les détenus sauf Calliste, non porté sur la liste. Calliste obtint cependant son élargissement. En voyant reparaître cet indésirable, le pape Victor aurait été fort mécontent. Pour avoir la paix, il envoya le confesseur à Antium, avec une pension mensuelle. Dans cette retraite qui dura une dizaine d’années, Calliste pur cultiver son esprit. Le successeur de Victor, Zéphyrin, fit venir Calliste plein de ressources, l’inscrivit dans son clergé, le nomma diacre et le chargea de gérer le cimetière. Jusque là, le cimetière chrétien se trouvait via Salaria. Calliste en organisa un via Appia, qui devint le principal et porta ensuite le nom de Calliste.

L’ancien financier était un homme d’action, d’administration et de gouvernement, plutôt qu’un théologien. C’est pourquoi Hippolyte, prêtre très instruit, avait le jeu facile pour critiquer Calliste. 

Quand Calliste fut élu pour succéder à Zéphyrin (217), Hippolyte se laissa proclamer pape par une faction du clergé local. Plus tard, il fut exilé en même temps que le pape Pontien aux mines de Sardaigne, se réconcilia avec l’Eglise et mourut martyr avec Pontien (voir au 13 août).

Calliste condamna la doctrine de Sabellius (monarchianisme), qui distinguait mal les trois personnes de la Sainte Trinité. Il condamna aussi une autre doctrine qui semblait subordonner le Christ à Dieu, sorte de dithéisme où la nature divine du Père différait de celle du Fils.

Il voulut aussi montrer la miséricorde divine envers les pécheurs, en particulier envers les clercs, autre chef d’accusation d’Hippolyte. 

Il ordonna huit évêques, seize prêtres et quatre diacres.

Calliste mourut en 222, un 14 octobre, mais on ne précise pas en quelles circonstances. Il aurait été martyr, jeté au fond d’un puits. 

Il n’est pas enterré au cimetière qui porte son nom, mais à celui de Calépode, sur la via Aurelia. 

Son successeur sera Urbain Ier.

 

 

 

Gaudentius de Rimini
3. ou 4. siècle

La figure de Gaudentius n’est pas claire pour les historiens.
Il serait venu d’Ephèse à Rome, à la fin du troisième siècle et y aurait reçu le baptême. 
Plus tard, il fut ordonné prêtre, puis évêque pour aller évangéliser le peuple de Rimini. Ainsi Gaudentius devrait être le premier évêque de Rimini. S’il est vrai que c’est le pape Damase qui l’ordonna, ce ne pouvait être qu’après 366.
Durant son épiscopat, Gaudentius aurait ordonné prêtre Marinus, le fondateur de l’antique cité de San Marino.
Cependant, la date de 366 ne peut s’accorder avec celle du «concile» de Rimini, qui eut lieu en 359, et auquel aurait participé Gaudentius lui-même comme évêque de Rimini. On sait que lors de ce concile, les évêques fidèles à la foi proclamée à Nicée (325) refusèrent de signer la formule qu’on leur proposait et se retirèrent ; Gaudentius aurait été un de ceux-là.
Il se serait alors caché quelque temps, avant de rentrer dans sa ville épiscopale. C’est alors qu’il aurait été arrêté par des soldats de l’empereur et lynché par des partisans d’Arius. 
Gaudentius serait donc mort après 366, et peut-être martyrisé.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Gaudentius de Rimini au 14 octobre, sans mentionner son martyre.


Donatianus de Reims
† 389

On racontait que, petit enfant, Donatianus avait été jeté dans un fleuve. Il fut sauvé parce qu’un homme eut la savante inspiration de mettre à l’eau une roue portant cinq cierges, laquelle s’arrêta à l’endroit où l’on put repêcher l’enfant sain et sauf. 
Donatianus fut le huitième évêque de Reims, à partir de 361.
Bien après sa mort, on procéda à un transfert des reliques de Donatianus, à Bruges. Beaucoup de miracles eurent lieu lors de ce transfert.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Donatianus de Reims au 14 octobre.


Lupulus de Capoue
5. siècle ?

Lupulus (Petit Loup) est un martyr de Capoue (Campanie, Italie), dont on ne sait rien d’autre.
Une mosaïque du début du sixième siècle le représentait.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Lupulus de Capoue au 14 octobre.


Manechildis de Bienville
5. siècle

Si ce récit est vrai, le comte de Perthes, Sigmar et son épouse Lintrude, eurent sept filles : Amée, Hoïlde, Lintrude, Pusinne, Francule, Libaire et Manechildis  (Ménehould) qui, toutes, se consacrèrent à Dieu.
Anciennement ces sept vierges étaient toutes inscrites dans le Martyrologe.
A la mort des parents, les sept sœurs se séparèrent. Manechildis, qui était la plus jeune, se retira à Bienville (Haute-Marne), cherchant constamment à se perfectionner dans la voie de la sainteté, sous la direction de l’évêque saint Alpin (v. 7 septembre).
Ménehould s’installa avec son père à Château-sur-Aisne. L’endroit était marécageux et une épidémie se déclara. Ménehould prit la direction d’un hospice, fondé grâce aux dons de deux Juifs convertis. Elle y montra un grand dévouement dans l’assistance aux malades.
Ensuite, elle s’installa à Côte-à-Vignes (Neuville-au-Pont), où on lui attribua plusieurs guérisons miraculeuses. Une source miraculeuse jaillit là où elle planta en terre son fuseau.
Fiinalement, après la mort de ses parents, Manechildis s’installa à Bienville et c’est là qu’elle s’éteignit, à un âge fort avancé, vers 500 ou peu avant.
La petite ville de Bienville, en 1972, a fusionné avec celle d’Eurville, devenant la ville d’Eurville-Bienville, dont les habitants sont donc les Eurvillois-Bienvillois.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Ménehould de Bienville au 14 octobre.


Fortunatus de Todi
† 580

Fortunatus fut le huitième évêque de Todi (Pérouse, Ombrie, Italie C), vers 547 ou un peu auparavant.
D’après le pape s.Grégoire le Grand (v. 12 mars), Fortunatus accomplit de nombreux miracles : il rendit la vue à un aveugle, il ramena un mort à la vie. Mais surtout, par sa prière, il chassa des démons. Une fois, c’était une armée entière, qui fut mise en déroute après plusieurs jours de prière.
Fortunatus mourut vers 580, et continua de faire des miracles après sa mort.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Fortunatus de Todi au 14 octobre.


Venantius de Luna
6. siècle ?

On ne connaît guère ni Luna ni Venantius.
Luna (ou Luni) était une petite fraction de la province de La Spezia (Ligurie, Italie NW), qui fait aujourd’hui partie de la localité Ortonovo.
Venantius en fut l’évêque. Il fut très estimé du pape s.Grégoire le Grand (v. 12 mars).
Cet évêque eut le soin particulier de la bonne formation de son clergé et des moines. De son temps arriva ce triste épisode qu’un clerc, nommé Valentino, et de triste mémoire, fut en pleine nuit extirpé de son tombeau par deux individus (ou deux esprits) et jeté dans un autre tombeau. Dieu voulait permettre par là de faire savoir combien la conduite de ce Valentino avait été déplorable.
Venantius semble avoir vécu au sixième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Venantius de Ortonovo au 14 octobre.

 

Angadrême de Beauvais

610-695

 

Angadrisma naquit vers 610 dans le diocèse de Thérouanne ; Robert, comte de Renty, son père, était garde des sceaux sous Clotaire III.

Lorsqu’un de ses cousins, Lambert (v. 14 avril), entra dans la vie monastique, elle fut conquise par l’amour du Christ et fit intérieurement le vœu de chasteté.

Sa famille arrangea cependant son mariage avec un certain Ansbert (v. 9 février), fils du seigneur de Chaussy en Vexin, mais les deux «fiancés» préféraient conserver la virginité. On ajoute ici l’épisode «légendaire» qu’elle fut atteinte de la lèpre jusqu’à ce que ses parents lui rendissent sa liberté. Une autre version affirme que ce fut Ansbert qui eut le visage couvert de pustules. Le mariage fut annulé.

Angadrême se rendit auprès de l’évêque de Rouen, s.Ouen (v. 24 août), qui lui remit le voile des vierges et la fit admettre dans un monastère du diocèse de Rouen.

Vers 660, on voulut lui confier  le gouvernement du monastère de l’Oratoire à Oroër (Beauvais, Oise). Elle préféra y vivre comme simple religieuse, mais fut bientôt choisie par l’ensemble des sœurs pour être leur abbesse. Elle n’ordonnait rien qu’elle ne fît d’abord elle même.

Lors d’un incendie, elle arrêta les flammes en portant les reliques de s.Evroult (v. 25 août ?). D’autres miracles, nombreux, eurent lieu par la vertu d’Angadrême, mais nous n’en avons pas de détails.

Après plus de trente années d’abbatiat, sentant approcher sa dernière heure, elle demanda pardon à toutes les sœurs pour ses mauvais exemples, reçut l’Eucharistie et s’éteignit dans le Seigneur.

C’était vers 695, un 14 octobre, l’Abbesse avait plus de quatre-vingts ans.

On l’invoquait dans les sécheresses, les incendies, les périls publics. C’est ainsi qu’en 1472 on lui attribua le salut de la ville assiégée par les Bourguignons de Charles le Téméraire ; Louis XI demanda une procession annuelle en signe de reconnaissance. C’est lors de cet épisode que s’illustra Jeanne Laisné, dite Hachette, qui gagna et retira devant elle un estendart ou banniere des Bourgoignons. La procession se déroulait le dimanche le plus proche du 27 juin.

Sainte Angadrême de Beauvais est commémorée le 14 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Domenico Loricato

(Dominique l’Encuirassé)

1000-1060

 

Ce qu’on va rapporter de la vie de ce Saint en étonnera plus d’un. On sera sans doute effrayé des austérités qu’il s’est imposées sans qu’aucune autorité ne lui ait suggéré davantage de prudence et de discrétion. Seul le contexte historique et sans doute une vocation toute particulière nous aideront à comprendre, à admettre une telle figure.

Né vers l’an 1000 à Cagli dans les Marches, Domenico échappa dès son enfance à la corruption régnante dans cette Italie du XIe siècle. Il était déjà clerc quand ses parents, qui désiraient le voir devenir prêtre, offrirent à l’évêque une belle peau de bouc bien préparée pour qu’il l’ordonnât. Ce qui eut lieu. Quand Domenico apprit l’acte simoniaque de ses parents, il fut terrifié, refusa d’accomplir dorénavant aucune fonction sacerdotale et supplia l’abbé Giovanni de Montefeltro de l’admettre parmi ses disciples. 

Son monastère se trouvait auprès de l’ancienne ville de Luceolum, entre Gubbio et Cagli (peut-être l’actuelle Ponte Riccioli en Ombrie). Il comprenait dix-huit cellules où les frères menaient une vie quasi érémitique, partageant leur temps entre la prière et le travail, ne parlant que le dimanche entre vêpres et complies. Ils ne possédaient qu’une seule bête de somme. Un seul frère était chargé de pourvoir à l’entretien des autres, ce qui n’était pas compliqué, puisqu’ils ne buvaient jamais de vin et jeûnaient au pain et à l’eau tous les jours, sauf le dimanche et le jeudi. Plus tard Domenico parlait avec admiration du Frère Anson, son compagnon de cellule : avant chaque heure canoniale, chacun flagellait l’autre pendant un bon moment ; entre autres mortifications, Anson s’astreignait à manger en une seule fois ses rations de pain de neuf jours, pour digérer plus difficilement.

Après plusieurs années de ce rude noviciat, Domenico partit, avec la permission de son abbé, se mettre sous le direction de saint Pietro Damiano (Pierre Damien), depuis peu prieur de Fonte Avellana, monastère camaldule situé seulement à quelques lieues de Luceolum. C’était vers 1042. Partisan décidé des mortifications corporelles, Pietro fut enchanté de recevoir une recrue déjà bien entraînée et l’encouragea dans ses austérités.

Les Camaldules vivaient presque en ermites, sans règle écrite, uniquement guidés par leur zèle et leur désir de perfection, ce qui leur permettait de se livrer à des exercices impossibles pour des cénobites. Domenico régla son menu une fois pour toutes : comme nourriture, du pain et du fenouil (l’espèce particulière à l’Italie donne une sorte de fruit consommé couramment en hors-d’œuvre) ; comme boisson, de l’eau et quelquefois un peu de vin, qu’il supprima longtemps avant sa mort. Son horaire était aussi simple : il priait sans s’arrêter, les bras en croix spécialement la nuit, et ne dormait qu’à genoux la tête par terre et seulement à l’extrême limite de ses forces.

Trouvant ces pratiques insuffisantes, il eut recours aux instruments de torture : il portait directement sur la peau une cotte de mailles ou cuirasse de fer qu’il n’enlevait que pour prendre la discipline. Il y ajouta des cercles de fer qui serraient ses bras, ses cuisses et ses jambes, un seul autour de chaque membre d’abord, puis après quelques années il en mit un second. Ce sont ces instruments qui lui valurent son surnom d’Encuirassé (Loricato) ; mais il semble bien qu’il leur préférait la flagellation pour laquelle il avait une véritable passion : neuf ans avant sa mort, il eut l’idée de remplacer les verges, utilisées ordinairement, par un fouet aux lanières de cuir, ce qui lui a valu d’être considéré comme l’inventeur de la discipline. Qu’il l’ait inventée ou non, il est certain qu’il ne voulait pas s’en séparer et qu’il l’emportait toujours en voyage. Il se flagellait avec la communauté au chapitre et ses frères pouvaient alors constater qu’il avait la peau noire comme un Ethiopien, mais cet exercice conventuel devait lui sembler bien court à côté de ses séances particulières. 

Il disait que trois mille coups de discipline équivalaient à une année de pénitence publique, et qu’en récitant un psautier il se donnait quinze mille coups en frappant des deux mains. Vingt psautiers, trois cent mille coups valaient une pénitence de cent ans, sa ration habituelle pour une semaine. Pendant un carême, il demanda d’accomplir une pénitence de mille ans et il tint son engagement. Il s’attaqua aussi au “record” de durée : il commençait le soir et se flagellait sans désemparer en récitant des psautiers ; plusieurs fois, il dut s’arrêter au bout du neuvième et se désespérait de ne pouvoir atteindre dix. Il devait probablement réciter les psaumes à un rythme assez rapide et mettre moins des trois heures que l’on compte ordinairement pour réciter un psautier. Une fois il eut la joie de pouvoir enregistrer un record qui n’a jamais sans doute été dépassé depuis ; il récita, en se flagellant des deux mains sans s’arrêter, douze psautiers et en commença un treizième qu’il poursuivit jusqu’au psaume XXXIe : après cet exploit , son corps était tellement zébré de meurtrissures qu’on aurait cru voir une masse pilonnée dans un mortier.

Domenico essayait d’entraîner les autres à suivre son exemple. Un moine se laissa convaincre avec beaucoup de peine, mais une fois décidé fut pris d’une belle ardeur et se flagella pendant un psautier et cinquante psaumes. Le lendemain, craignant un reproche pour avoir manqué de discrétion, il vint trouver le grand ascète et lui raconta ce qu’il avait fait. “Courage, mon frère, lui répondit-il, ne perds pas confiance en constatant ta faiblesse d’aujourd’hui. Dieu peut te conduire de ces bas-fonds à de hauts sommets et transformer cette faiblesse enfantine en force virile.”

Ce goût certainement exagéré de l’ascèse pour elle même contraste avec la vertu de discrétion prônée par saint Benoît. Domenico n’était pas à proprement parler un directeur d’âmes. Après avoir changé plusieurs fois d’ermitage, il fut nommé par saint Pietro Damiani vers 1050 supérieur de celui de San Vicino près de Frontale, entre Fabriano et San Severino et dédié à la Très Sainte Trinité. Quelques disputes avec ses voisins le lassèrent plus vite que des flagellations volontaires et il demanda à son maître de s’en aller. On imagine que saint Pietro Damiani dut encourager ce champion des mortifications, en lui rappelant que la patience est la reine des vertus et le remède des péchés et que la prospérité dans les affaires temporelles n’est pas un signe de la bénédiction divine.

Souffrant de l’estomac et de continuels maux de tête, Domenico, qui ne cessait pas de réciter des psautiers et de prendre la discipline, finit par accepter un remède au cours d’une nuit d’insomnie. Aussitôt il souffrit atrocement, ce qui ne l’empêcha pas d’aller à matines, mais il mourut pendant l’office suivant (Prime, la «première» heure de l’Office, maintenant supprimée).

C’était le 14 octobre 1060 ou 1061. Ses confrères l’enterrèrent aussitôt pour ne pas laisser voler le corps de celui qu’ils considéraient comme un saint. Pietro Damiani, averti, vint à San Vicino et le fit exhumer pour le déposer au chapitre. Il y avait neuf jours que Domenico était mort et son corps ne portait aucune trace de corruption.

En 1302, ses reliques furent transférées dans l’église de Frontale, qui fut alors dédiée à saint Domenico, et où elles sont encore pour la plus grande part.  

En ce Xe siècle, où l’Eglise traversait une grave crise, surtout en Italie, Domenico voulut offrir à Dieu son ascèse comme prix d’une conversion générale du clergé. Son exemple n’est pas à imiter. S’il passe pour avoir inventé la discipline - que beaucoup de monastères ont ensuite adoptée, mais d’une façon beaucoup plus discrète que Domenico - il pourra certainement nous enseigner que notre corps humain est bien plus résistant qu’on ne le croit parfois, quand nous nous disons à bout de forces au terme de quelques petits efforts.

C’est saint Pietro Damiani (voir au 21 février) qui rédigea lui-même une Vie de Domenico dans une longue lettre adressée au pape Alexandre II.

Didacus Kagayama Haito

1565 ?-1619

 

Didacus et Balthasar Kagayama, tous deux nés à Takatsuki (Osaka, Japon) étaient probablement deux frères, sinon deux proches parents et cousins. 

Tous deux étaient mariés et vivaient dans le diocèse de Fukuoka.

 

Didacus (Didace, Didier) était né vers 1565.

Il avait été sans doute catéchisé par les pères dominicains, et s’était agrégé à la Confraternité du Rosaire.

Il fut martyrisé à Kokura, le 14 octobre 1619.

On retrouvera Balthasar Kagayama avec son fils Iacobus le 15 octobre.

Tous les trois furent béatifiés en 2008.

 

 

Jacques Laigneau de Langellerie

1747-1794

 

Né le 19 (17 ?) avril 1747 à La Flèche (Sarthe) dans une famille bourgeoise, Jacques Julien Henry fut ordonné prêtre pour le diocèse d’Angers.

Vicaire au Bailleul pendant dix ans, il fut ensuite curé à La Bruère. En 1784, il y bénit une nouvelle cloche, qui porte cette inscription :

J’ai été bénite par Mre Jacques Julien Henry L’Aigneau de Langellerie, curé de cette paroisse, nommée Jacques Martine par Mre Jacques de Frémentel, chanoine de Saint Martin de Tours, prévôt d’Angers, seigneur de cette paroisse et autres lieux, sous la gestion de Mre René Bodin, procureur de fabrique. Lejeune, fondeur.

Cette même année, il fut nommé aumônier des Carmélites à Angers, en raison de sa santé.

Comme simple aumônier, il n’était pas astreint au serment de la Constitution civile du clergé, mais il fut tout de même tourmenté pour sa foi et son sacerdoce.

Interné en 1792 au Grand séminaire, qui était devenu la prison révolutionnaire, il fut condamné à la déportation et conduit à Nantes, d’où devait partir le Didon. 

Malade, il ne fut pas embarqué et resta prisonnier à Nantes.

L’attention des geôliers s’étant affaiblie, le prêtre en profita pour s’évader, en juillet 1793, déguisé en charretier, et revint à Angers.

Pendant plus d’une année, il exerça son ministère en cachette, et l’on dit qu’il rendit des services inimaginables.

Reconnu le 11 octobre 1794, arrêté et conduit au Comité révolutionnaire (qui siégeait à l’évêché), le prêtre expliqua sans détour qu’il portait l’Eucharistie à une malade.

Renvoyé au tribunal criminel (quel crime de porter l’Eucharistie !), il fut condamné à la guillotine, pour n’avoir pas prêté le serment et ne s’être pas soumis à la loi de déportation.

Des témoins affirmèrent qu’il monta à la guillotine d’un pas gai et décidé, en ce 14 octobre 1794, veille de la fête de sainte Thérèse d’Avila, fondatrice des Carmélites.

L’abbé Jacques Laigneau de Langellerie fut la dernière des cent cinquante-huit victimes guillotinées à Angers : le lendemain, 15 octobre, la guillotine fut démontée.

Jacques Laigneau de Langellerie a été béatifié en 1984.

 

 

Joaquín Gelada Hugas
1881-1936

Né le 5 décembre, baptisé le 6 décembre 1881 à Olot (Girona), il y fut confirmé l’année suivante, avec son frère jumeau Jerónimo. Le père, Jerónimo, fabriquait des cordes ; la mère, Inés, travaillait courageusement pour tenir sa grande famille.

Joaquín travaillait bien à l’école ; à dix ans, il commença le latin. La même année passa dans le pays un père clarétain, qui suscita la vocation des deux jumeaux.

Ils entrèrent au postulat de Barbastro en 1892. Peu après, ils revinrent à la maison, Jerónimo pour sa santé, Joaquín «parce qu’il ne montrait pas de signes réels de vocation», dit-on. Ils continuèrent cependant leurs études avec un prêtre et firent la Première au séminaire de Gerona.

En 1897, Joaquín entra au noviciat de Cervera ; là encore on doutait un peu de sa vocation, mais il fit la profession en 1898, puis la philosophie et la théologie, pour finalement être ordonné prêtre en 1906. Il avait vingt-cinq ans, il allait en passer trente à enseigner.

Au début, il croyait qu’on l’enverrait en pays de mission, en Amérique, mais sa première destination fut Burgos (1907), comme préfet des élèves externes ; en 1908, on l’expédia à Ségovie où, durant l’été, il eut à faire des répétitions à deux garçons qui avaient été recalés en juin ; il écrivait plaisamment à son frère jumeau qu’il devait les «rendre moins ânes». En 1909, on l’envoya à Valmaseda, comme professeur, une charge qui lui convenait très bien. En 1912, il fut à Santo Domingo de la Calzada, où on lui reconnut enfin ses excellentes qualités de pédagogue ; il y enseigna aussi le latin ; en 1921, il alla à Medina de Rioseco, pour arriver finalement en 1921 à Castro Urdiales.

L’élève à qui l’on reprochait son peu de piété, était devenu un prêtre assidu au devoir et passionné par l’enseignement. Les petits élèves l’appelaient gentiment El Abuelazo, le petit Grand-père ; il aimait beaucoup enseigner aux enfants pauvres.

Le 22 juillet 1936, il retrouva le p. Carrascal chez les Servantes de Jésus, où les rejoignit ensuite le frère Barrio. Le 13 octobre, il célébra la Messe pour la dernière fois. A onze heures, arriva une troupe de miliciens pour les arrêter. Le p. Joaquín voulait prendre quelque vêtement avec lui, et dut donner sa parole d’honneur qu’il revenait immédiatement. Puis il donna sa bénédiction aux Religieuses. Après avoir fouillé partout, le chef des miliciens lança : Nous avons pris les trois moineaux.

Comme on l’a vu pour le p. Isaac Carrascal, on les conduisit dans la «prison» des Clarisses, où on les confina dans le chœur de la chapelle.

Au petit matin du 14 octobre 1936, à une heure de la nuit, on réquisitionna un chauffeur pour conduire les trois Religieux avec trois miliciens, qui insultaient et frappaient les prisonniers ; ils tentaient aussi de les faire apostasier. Arrivés à l’endroit prévu, les miliciens firent descendre les Religieux et les autres prisonniers et ordonnèrent au chauffeur de continuer vers Santander : on l’abattrait s’il racontait quelque chose. Il n’avait pas fait cinq cents mètres, qu’il entendit des coups de feu. C’était au niveau de Torrelavega, sur la route entre Sierrapando et La Cavada.

Béatifié en 2017, Joaquín Gelada Hugas sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 14 octobre.


Félix Barrio y Barrio
1883-1936

Né le 8 mars 1883 à Villafranca Montes de Oca (Burgos), Félix était le cinquième des neuf enfants de Santiago, un ouvrier, et Florencia. Il reçut le baptême le 13 mars suivant, et la confirmation à six ans.

En 1895, il entra au collège des Clarétains de Santo Domingo de la Calzada, mais pour huit jours seulement : on l’envoya à la maison de Cervera, où il arriva à quatre heures du matin ; il avait douze ans, et fut très impressionné par cette immense maison qui abritait plus de deux-cents personnes.

Il étudia et apprit le métier de tailleur : c’est qu’il en fallait, des habits, pour toute cette communauté ! On admira la facilité avec laquelle il apprenait.

Cependant, après le postulat, il resta frère convers ; il fit la profession en 1899, en présence de ses parents, puis fut envoyé à Santo Domingo, où il fut jardinier. L’asthme dont il souffrait fit qu’on le remit à la couture. C’est à cause de sa santé d’ailleurs, qu’il fut envoyé successivement à Segovie, Calahorra, Baltar, Valmaseda, Castro Urdiales enfin. A l’occasion on lui confia aussi l’accueil ou encore l’infirmerie.

Ce Frère édifia partout la communauté où il se trouvait. Il était si détaché qu’il renonça même à quitter la maison pour aller fêter les noces d’or de ses parents. Il savait retenir sa langue et pour tout commentaire, répétait souvent : Que la volonté de Dieu soit faite.

Lors du déchaînement de la persécution, le Supérieur donna à tous la permission d’aller où mieux leur semblait pour tenter de survivre. Le Frère Félix fut de ceux qui préférèrent rester sur place dans le collège. C’était peut-être téméraire, mais ils purent s’y organiser jusqu’au 18 août, lorsque deux prêtres et Félix se serrèrent dans la cabane du jardinier ; ce dernier n’avait que ce qu’il portait sur lui, et des chaussures si abîmées que les Religieuses lui donnèrent les bottes de l’une d’elles.

On arrêta les trois Religieux le 13 octobre dans la matinée. Le Frère ne prononça pas un mot. Les deux prêtres et lui furent fusillés le 14 octobre 1936 à Torrelavega (Santander). Le visage du Frère fut tellement méconnaissable, qu’on ne le reconnut qu’aux initiales de ses habits (et aux fameuses bottes).

Béatifié en 2017, Félix Barrio y Barrio sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 14 octobre.


Ana María Aranda Riera
1888-1936

Ana María était née le 24 janvier 1888 à Denia (Alicante, Espagne). 
De bonne famille, elle reçut une éducation soignée et fréquenta le collège des Religieuses Carmélites.
Pieuse dès son enfance, elle s’agrégea vite parmi les Filles de Marie, dans l’Action Catholique et dans la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul, où elle s’occupait du vestiaire.
Elle aimait la Sainte Vierge Marie, et communiait chaque jour à la messe.
C’est uniquement sa foi imperturbable et sa fidélité au Christ qui lui valurent la détention dans la prison des femmes à Valencia, au moment de la révolution de 1936.
Elle supporta cette épreuve avec grande patience et humilité, priant et consolant ses compagnes de prison, avec lesquelles elle priait chaque jour le chapelet.
On la fusilla au Picadero de Paterna, le 14 octobre 1936, jour où la commémore le Martyrologe romain.
Elle a été béatifiée en 2001.


Isaac Carrascal Mozo
1896-1936

Né le 11 avril 1896 à Castrillo de Don Juan (Palencia), il était un des nombreux enfants de Casto et Juliana, de bons travailleurs, qui le firent baptiser le 13 avril, et confirmer trois ans plus tard.

Isaac fut enfant de chœur, et bon élève au catéchisme. Quand il ressentit en lui l’appel de Dieu, il fit à pied le trajet de vingt kilomètres pour aller trouver un père clarétain et lui demander conseil. Ce dernier put facilement convaincre les parents de la vocation de leur fils. Le papa accompagna lui-même Isaac à Valmaseda, en 1910.

En 1914, Isaac passa au noviciat de Ségovie et fit la profession. Il fit ensuite la philosophie à Beire (Navarre) où on le nota meritissimus maior. En 1918, il alla à Santo Domingo de la Calzada pour la théologie ; il y fut aussi bibliothécaire. Il acheva la théologie à Ségovie et fut ordonné prêtre en 1923.

Peu avant cette date, mourut son père et deux sœurs, dont l’une laissait six enfants de un à douze ans. Isaac, à peine ordonné prêtre, put aller célébrer la Messe dans la communauté de Aranda de Duero, où la famille pouvait se rendre plus facilement. Puis il alla célébrer la «Première Messe» solennelle dans son pays.

On l’envoya d’abord enseigner la rhétorique et le latin à Ségovie, en même temps qu’il préparait le baccalauréat de philosophie. En 1926, il partit trois ans à Madrid pour préparer la licence de philosophie. Pendant cette période, mourut sa mère ainsi que de nombreux membres de la famille.

En 1929, il revint à Beire pour enseigner la philosophie ; cette même année, il prépara les examens d’Instituteur, qu’il passa avec succès à Saragosse.

En 1931, Isaac eut la joie de pouvoir aller imposer l’habit bénédictin à deux cousines, à Tórtoles de Esgueva ; l’année suivante, il les retrouva à nouveau pour leur profession. Il devait encore les revoir pour leur profession solennelle en 1935.

En 1933, il fut envoyé à Castro Urdiales comme directeur de collège et professeur.

En 1936, la situation devint très tendue, comme on sait. En juillet, il participa encore à un congrès de pédagogie à Santander ; il y avait aussi accompagné deux jeunes filles qui devaient recevoir la confirmation et entrer au noviciat. Au retour, des gens armés l’empêchèrent d’entrer au collège. Il dormit ailleurs et, le lendemain, trouva à se réfugier chez le jardinier des Servantes de Jésus. Il pouvait ainsi célébrer la Messe sans s’exposer dans la rue. Le 22 août, il fut rejoint par le p.Gelada et le fr.Barrio ; ils firent ainsi une petite communauté de prière et de méditation, rejoints à l’occasion par d’autres confrères.

Le 13 octobre 1936, vers onze heures, on emmena le Père en prison, au monastère des Clarisses réquisitionné à cet effet. L’après-midi, un milicien l’accompagna auprès de ses Confrères pour réclamer 150 pesetas pour chacun, ainsi que de quoi manger pour tous les trois, car ils devaient soi-disant les emmener à Santander : les miliciens prirent l’argent et la nourriture et ne leur donnèrent rien à manger, ni même à boire. Ensuite ils réclamèrent encore d’autres choses, mais le Père leur demanda : Pour quoi faire ? Pour nous tuer ?

On les ramena en «prison» et, de là, le lendemain 14 octobre, jusqu’à Torrelavega. Durant le trajet, on insultait et on battait le Père Isaac ; quand on l’invita à apostasier et à changer de vie, il répondit fermement : Ça, jamais. Plutôt mourir que faire ce que vous nous dites. Il fut fusillé avec d’autres et l’on retrouva son cadavre le long de la route de Sierrapando. 

Béatifié en 2017, Isaac Carrascal Mozo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 14 octobre.

Franciszek Rosłaniec

1889-1942

 

Ce prêtre polonais naquit à Wyśmierzycach (Pologne) le 19 décembre 1889.

Comme tout bon Polonais fier de sa souche, Franciszek participa à une manifestation scolaire à Wyśmierzycach en 1905.

Après le séminaire de Santomierz, il étudia à l’Institut biblique de Rome.

C’est à Rome qu’il fut ordonné prêtre en 1914.

Revenu dans sa patrie, il fut professeur-doyen de l’Université de Varsovie, où il enseigna pendant dix-neuf ans la théologie, l’histoire, l’exégèse, l’archéologie chrétienne. Ce fut un des premiers et des plus éminents protagonistes des études bibliques en Pologne.

En 1933, l’évêque le nomma chanoine du chapitre de la cathédrale de Sandomierz.

Son activité était intense aussi bien comme professeur que comme prêtre auprès des étudiants. Il fut un aumônier extrêmement présent parmi eux, et aussi pour des Religieuses et un Orphelinat de Varsovie.

Il fut arrêté dès novembre 1939 et bientôt envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen en mai 1940, d’où on l’expédia à celui de Dachau ; il porta le numéro 22687.

On a de lui quelques lettres qu’il put expédier depuis Dachau, dans la période 1940-1942.

En octobre 1942, il fut de ceux qui devaient être gazés à Hartheim.

D’après un document envoyé par les autorités concentrationnaires à la curie diocésaine, le chanoine Rosłaniec fut envoyé le 14 octobre 1942 à Linz et devait être exécuté à Dachau le 20 novembre.

On a donc avancé la date du 20 novembre 1942 pour la mort du Chanoine, mais le Martyrologe a retenu celle du 14 octobre.

Le chanoine Franciszek Rosƚaniec a été béatifié en 1999.

 

 

Stanisław Mysakowski

1896-1942

 

Né le 15 septembre 1896, en la fête de Notre-Dame des Douleurs, Stanisƚaw était le fils de l’organiste de Wojsƚawice, Nicola.

Après son baccalauréat à Zamośc, il entra au Grand séminaire de Lublin et fut ordonné prêtre en 1920. 

Après avoir été vicaire à Zamosc, il fréquenta la faculté théologique de Lublin et reçut en 1924 le doctorat en théologie ; à Lublin également, il fut aumônier des Sœurs de la Charité, ainsi que confesseur, près de Lublin, dans la congrégation du Divin Pasteur.

Dans cette ville, outre que vicaire en plusieurs paroisses, il exerça une grande activité pastorale, pour les enfants abandonnés à eux-mêmes, pour les mal-logés ; co-fondateur des Prêtres du Bon Pasteur, il fonda la revue Chevalier du Sacré-Cœur, un magazine Echo Paroisse, un cinéma, des cours pour les enfants de familles pauvres, des activités pour les jeunes, une bibliothèque, un asile pour vieillards, une soupe populaire, des colonies de vacances…

En 1933, il renonça à la charge de curé, pour pouvoir se donner complètement à ces œuvres sociales.

Lors de la Deuxième guerre mondiale et de l’invasion de la Pologne, les Nazis se doutèrent (ou l’en accusèrent froidement) qu’il hébergeait des Juifs dans ces centres. Il fut arrêté dès novembre 1939 et condamné à mort ; sa peine fut commuée en réclusion à perpétuité et l’abbé Stanisƚaw fut envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen (décembre 1939), puis à Dachau (décembre 1940), avec le numéro 22591.

Epuisé par la faim et le travail excessif, il fut destiné, par euphémisme, au «transport des malades», c’est-à-dire à la mort en chambre à gaz. Peut-être à Hartheim (Linz), et peut-être déjà asphyxié dans le camion qui l’y transportait, ou peut-être même déjà à Dachau, les sources n’étant pas unanimes. Ce dernier déplacement aurait eu lieu le 14 octobre 1942.

Après l’exécution, son corps fut brûlé.

Le martyre de ce prêtre a donc pu avoir lieu ce même 14 octobre 1942, comme le retient le Martyrologe. D’autres sources avancent la date du 30 octobre 1942 ; en effet, l’annonce officielle de la part des autorités du camp parlent de sa mort au 30 octobre, et de la crémation du corps le 3 novembre 1942.

L’abbé Stanisƚaw Mysakowski a été béatifié en 1999.

 

 

Roman Lysko

1914-1949

 

Roman naquit le 14 août 1914 à Horodok (Lviv, Ukraine).

Il étudia la théologie et obtint les grades académiques à l’Université Théologique de Lviv.

Comme les prêtres orthodoxes, les prêtres gréco-catholiques peuvent contracter mariage avant leur ordination, et Roman épousa en 1938 Neonila Huniovska.

Il fut ordonné prêtre en 1941.

Il exerça donc ses activités pastorales dans la population ukrainienne de rite gréco-catholique, et s’occupa particulièrement des jeunes. En 1944, il était curé de Belzets.

Cette région fut annexée en 1946 par le gouvernement soviétique, qui supprima d’autorité l’église gréco-catholique pour la rattacher de force à l’orthodoxie. Mais Roman alla se réfugier dans son pays natal, à Horodok, baptisant dans la cour de la maison, célébrant des mariages dans les bois et l’Eucharistie chez les fidèles, masquant même la célébration par l’usage de vodka, pour donner le change en cas d’irruption de la police.

Son refus catégorique de passer à l’orthodoxie fut la cause de son arrestation. En septembre 1949, la police secrète (le tristement célèbre NKVD) vint l’arrêter pour le mettre en prison à Lviv. 

La population a dit qu’on l’entendait chanter très fort des psaumes, après les séances de torture qu’on lui avait imposées. Les bourreaux, eux, prétendaient qu’il était devenu fou.

Certains avancent qu’en prison il fut brutalement frappé avant d’être jeté sur une grille incandescente ; selon d’autres, il fut emmuré vivant entre quatre murs où il mourut de faim.

La date officielle de sa mort est le 14 octobre 1949. Il n’avait que trente-cinq ans.

Il a été béatifié parmi les vingt-cinq martyrs d’Ukraine, en 2001.

Le Martyrologe le mentionne le 14 octobre.

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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 23:00

12 OCTOBRE

 

I.

S Hedistus, martyr à Rome.

III.

S Maximilianus, apôtre et évêque à Lorch.

IV.

Ste Domnina, martyre à Anazarbe.

V.

S Opilio, diacre à Plaisance.

SS Felix et Cyprianus, évêques en Afrique, et leurs nombreux compagnons, victimes des Vandales ariens.S Fiacc, évêque à Slebte, consacré par s. Patrick (VI.?).

VI.

S Félix IV, pape (526-530), bon pour les pauvres, et à l'origine de la basilique des ss. Côme et Damien.

VII.

S Edwin, roi en Northumbrie ; il épousa une chrétienne (Ethelburge) et fut baptisé ; la ville de Edimburg lui doit son nom ; il mourut au combat.

XIII.

S Rodobaldo Cepolla, évêque à Pavie. 

XVII.

S Felice (Serafino de Montegranaro), berger puis frère lai capucin près de Ascoli Piceno ; illettré, il aimait surtout servir la messe et fut divinement éclairé sur les saints Mystères.

B Thomas Bullacker, prêtre franciscain anglais, pendu à Tyburn et éviscéré encore vivant.

XIX.

B Pak Dae-sik Victorinus, laïc coréen martyr, par décapitation, béatifié en 2014. 

XX.

B Eufrasio Barredo Fernández (E. de l'Enfant-Jésus, 1897-1934), prêtre des Carmes déchaux, martyr à Oviedo, béatifié en 2007.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, José González Huguet (*1874) ; lors de l'incendie de son église paroissiale, il s'était jeté dans les flammes pour en retirer le Saint-Sacrement ;

Capucins : près de Valencia, le profès Pedro Salcedo Puchades (Pacifico de Valencia, *1874) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : à Almería, Bartolomé Caparrós García (*1872) ;

Clarétains : près de Barcelone, les prêtres Joan Codinach Espinalt et Miquel Codina Ventayol (*1872, 1909) et le profès Josep Casals Badía (*1891).

B Román Sitko (1880-1942), prêtre polonais martyr à Auschwitz, béatifié en 1999.

B Carlo Acutis (1991-2006), italien mort de leucémie foudroyante à quinze ans, "cyberapôtre de l'Eucharistie", béatifié en 2020.

 

Felix IV

526-530

 

Felix était fils de Castorius, et diacre au moment de la mort de Jean Ier.

D’après le Liber Pontificalis, ce Félix fut en quelque sorte «imposé» par le roi Théodoric, après deux mois d