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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 23:00

16 OCTOBRE

 

?

SS Grat et Ansute, ermites et martyrs inconnus à Capdenac.

I.

S Longin, martyr à Césarée de Cappadoce ; c'était le soldat qui ouvrit le côté du Christ crucifié avec sa lance : inondé par le sang du Christ, il avait été guéri de son strabisme.

IV.

S Eliphius, martyr lorrain célèbre et inconnu.

V.

SS Martinianus et Saturianus, avec leurs deux frères, martyrs en Afrique, et ste Maxima, qui les amena à la foi.

VI.

SS Amandus et Iunianus, ermites près de Limoges ; le maître est ici moins connu que le disciple Iunianus, au tombeau duquel avaient lieu beaucoup de guérisons.

VII.

S Baudri, moine mal connu, abbé à Montfaucon.

S Maimbeuf, évêque à Angers, invoqué… pour le bétail.

S Gall, disciple irlandais de s. Colomban à Luxeuil, puis à l'abbaye qui devint Saint-Gall ; représenté avec un ours, qui lui aurait apporté du bois pour se chauffer ; s. Colomban l'aurait suspendu a divinis parce qu'il ne l'avait pas suivi jusqu'en Italie.

S Béraire, évêque au Mans.

Ste Eremberte, abbesse à Wierre-aux-Bois, nièce de s. Vulmar.

S Mommelin, évêque à Noyon-Tournai, successeur de s. Eloi ; on disait qu'il parlait roman et teuton , selon qu'il était dans l'une ou l'autre ville.

VIII.

S Gordaine, ermite à Anchin.

S Vital, ermite anglais venu dans le pays de Retz.

S Ambroise, évêque inconnu à Cahors.

S Lull, moine bénédictin anglais, collaborateur de s. Boniface, qui le sacra évêque à Mayence pour lui succéder. 

IX.

S Gaudericus, cultivateur à Saint-Gaudéric, invoqué pour la pluie ou le beau temps.

?

Ste Bonita, vierge à Brioude : elle aurait arrêté une inondation de rivière et déjoué les plans des assiégeants normands. 

XI.

S Anastasio, vénitien, grand ascète : au Mont-Saint-Michel, à Cluny, en Espagne, seul dans les Pyrénées ; il mourut sur le retour vers Cluny ; il ne s'était jamais lavé ni les pieds ni la tête .

XII.

S Bertrand, évêque à Comminges, thaumaturge ; il réussit à imposer à ses chanoines la règle de vie commune selon s. Augustin.

B Gerardo, italien, abbé à Clairvaux ; en visite à Igny, il fut assassiné par un moine convers, qui voulait se venger d'avoir été réprimandé. 

XVIII.

S Gerardo Maiella, rédemptoriste italien ; il avait été apprenti tailleur, puis au service de l'évêque de Lacedonia ; thaumaturge aussi soumis qu'ascétique.

XX.

Bx martyrs espagnols  de 1936 :

- béatifié en 2007 :

Dominicains : à Madrid, le prêtre Jesús Villaverde Andrés (*1877) ;

- béatifié en 2013 :

Fr.Maristes : Joan Viñuela Flecha (Lluís Daniel, *1910), à Madrid.

Bx Wojciech Koplinski (Anicet, 1875-1941), capucin, le saint François de Varsovie, gazé à Auschwitz ; et Józef Jankowski (1910-1941), prêtre pallotin, abattu à Auschwitz ; martyrs polonais béatifiés en 1999.

B Agostino Thevarparampil ("Kunjachan", petit, 1891-1973), prêtre indien très actif auprès des castes "Dalit", béatifié en Inde en 2006.

Longinus, soldat
1er siècle

Une vieille tradition attache le nom de Longinus au soldat qui transperça le côté du Christ après sa mort.
Quelques détails pourront apparaître utiles pour mieux discerner le personnage. Ils proviennent des visions de la bienheureuse Anna Katharina Emmerick, pieuse religieuse allemande stigmatisée du 19e siècle, dont les visions ont été au mieux recueillies par son secrétaire (Il va sans dire que ces «visions» ne sont pas paroles d’Evangile. Elles apparaissent comme «vraisemblables», et certainement dépourvues d’atteinte à la Doctrine de l’Eglise).

Au moment de la mort de Jésus-Christ sur le Calvaire, une garde de soldats romains se trouvait là pour assurer l’ordre.
«Les cent soldats romains furent relevés par cinquante autres, commandés par un Arabe appelé Abénadar, qui plus tard fut baptisé et reçut le nom de Ctésiphon. Le commandant en second, qui était attaché au service de Pilate, s’appelait Cassius, et fut baptisé depuis sous le nom de Longin (…)
Après avoir rendu cet hommage public au Fils de Dieu, Abénadar converti ne voulut plus rester au service de ses ennemis. Il mit pied à terre, donna sa lance à Cassius, appelé depuis Longin, et lui confia le commandement (…). (De ce qui précède, on pourrait se permettre de déduire que le nom traditionnel de Longin est dérivé de la «longueur» de cette lance).
(Après la mort du Sauveur), une partie des cinquante soldats romains vinrent rejoindre ceux qui gardaient la porte de la ville qu’on avait fermée ; d’autres furent placés dans quelques positions environnantes pour empêcher les rassemblements; Cassius avec cinq hommes restèrent seuls sur le lieu du supplice (…)
(Après que les bourreaux aient brisé les os des deux larrons), Cassius fut saisi d’un mouvement de zèle extraordinaire. C’était un officier de vingt-cinq ans, dont les airs d’importance et les yeux louches excitaient souvent l’hilarité des soldats. L’ignoble cruauté des bourreaux, l’angoisse des saintes femmes, une inspiration soudaine d’en-haut lui firent accomplir en cet instant une prophétie (en effet, l’évangéliste saint Jean rappelle les versets de Ex 12:46, Ps 34:21 et Za 12:10 : Cela est arrivé pour que s’accomplît l’Ecriture : On ne lui brisera pas un os. Ailleurs l’Ecriture dit encore : Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé (Jn 19:36-37). 
(…) Il dirigea rapidement son cheval vers l’élévation où se trouvait la croix, et, s’arrêtant entre la croix de Jésus et celle du bon larron, il prit sa lance des deux mains et l’enfonça avec tant de force dans le côté droit, que la pointe traversa le cœur et atteignit le sein gauche. Il en sortit aussitôt du sang et de l’eau qui rejaillirent sur sa face comme une source de grâce et de salut. Il sauta à bas de son cheval, s’agenouilla, se frappa la poitrine, et confessa à haute voix Jésus-Christ.
Cassius louait Dieu à genoux ; les yeux de son âme s’étaient ouverts, en même temps que ceux de son corps avaient été guéris. (Ce n’était) plus le même homme : il était devenu humble et modeste. Les soldats, en voyant le miracle qui s’était opéré en lui, se jetèrent à genoux frappant leur poitrine et confessant Jésus-Christ (…)
(Après la mise au tombeau) Cassius ne quitta pas son poste. Il se tenait assis ou debout devant l’entrée du caveau. Il avait reçu de grandes grâces intérieures, et Dieu, en illuminant son âme, lui avait révélé beaucoup de mystères. N’étant pas accoutumé à se trouver dans cet état d’intuition, il resta presque tout le temps dans une extase qui lui enlevait la conscience des objets extérieurs. Il fut entièrement transformé, devint un autre homme, et passa toute la journée dans le repentir, l’action de grâces et l’adoration (…)
(Vers minuit) Cassius avait les regards fixés sur le tombeau comme quelqu’un qui adore le saint Sacrement (…) Le rocher fut ébranlé. Cassius fut très ému, car il sentait qu’il se passait quelque chose d’extraordinaire, quoique cela ne fût pas très clair pour lui ; mais il resta à sa place, attendant avec recueillement ce qui allait enfin arriver de ces mystérieux événements (…) Voyant le tombeau rempli de lumière, il entrouvrit hardiment la porte, et toucha les linges vides ; ensuite il se retira pour annoncer à Pilate ce qui était arrivé (…)
Pilate était encore couché, et on fit entrer Cassius près de lui. Il lui raconta avec une grande émotion comment le rocher avait été ébranlé, comment un ange, descendu du ciel, avait renversé la pierre, et comment il ne s’était plus trouvé là que les linges vides. Enfin il déclara que le Sauveur était ressuscité, et qu’il était certainement le Messie et le Fils de Dieu.»
Les grecs croient que Cassius-Longin souffrit le martyre près de Tyanes en Cappadoce et honorent sa mémoire le 16 octobre. Saint Grégoire de Nysse atteste que les Cappadociens avaient fait de Longin un de leurs premiers évêques, et qu’il aurait souffert le martyre.
Pour certains, le centurion qui confesse sa foi et le soldat Longin ne font qu’un seul et même personnage. Pourtant, il semble bien que l’évangile parle de deux hommes différents.
Il reste que notre Martyrologe Romain mentionne saint Longin le 16 octobre, sans parler de son martyre éventuel, rappelant seulement la «commémoration à Jérusalem» du saint soldat.


Eliphius de Toul
? 4. siècle

Eliphius aurait été l’aîné d’une nombreuse fratrie de cinq ou sept frères et sœurs, enfants de Baccius et Lientrude, dans la région de Toul.
Ces enfants auraient porté les noms de Eucharius, Menna, Libaria, Suzanna, Odda, Gondrude.
Plusieurs d’entre eux seraient morts martyrs, dont notre Eliphius.
On n’est pas assuré qu’Eliphius (en français Elophe) fût martyrisé sous les ordres de Julien l’Apostat, surtout par le fait que cet empereur n’a bien certainement pas sévi en Gaule contre les Chrétiens.
Eliphius, après avoir prêché et amené à la foi un grand nombre de personnes, aurait été dénoncé à Julien par des Juifs. Julien l’aurait longuement interrogé, et finalement condamné à la décapitation.
Décapité, Eliphius aurait ramassé sa tête, l’aurait apportée sur la colline proche… et se serait remis à prêcher.
On pense qu’Eliphius fut en réalité victime de Barbares, ou de brigands. Certainement avant le dixième siècle (!), peut-être au quatrième.
Autrefois, tous les frère et sœurs d’Eliphius étaient mentionnés au Martyrologe et presque tous au mois d’octobre. L’édition récente ne les a pas repris.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Eliphius de Toul au 16 octobre.


Martinianus, Saturianus et Maxima en Afrique
5. siècle

Maxima administrait la maison d’un maître appartenant à la race des Vandales, en «Afrique» (act. Tunisie). Elle était chrétienne.
Ce même maître avait aussi des serviteurs, parmi lesquels Martinianus, Saturianus et leurs deux frères, qui le servaient avec grand dévouement. Martinianus était son armurier.
Très satisfait de Maxima et de Martinianus, il voulut les marier, ce qui plut beaucoup à Martinianus. Mais Maxima fit part à Martinianus de sa foi chrétienne, et de son désir de n’appartenir qu’au Christ, l’Epoux éternel. Elle convainquit Martinianus, qui se fit aussi l’apôtre de ses trois frères, dont on ne connaît le nom que d’un seul, Saturianus.
Tous cinq s’évadèrent une nuit, les quatre garçons rejoignirent un monastère à Thabraca (auj. Tabarka, Tunisie NW), Maxima un autre monastère. Ici se trouve l’objection principale qu’on pourra opposer au récit : comment des Chrétiens eurent-ils l’audace d’abandonner leur maître, qui était bon et qu’ils servaient fidèlement ?
Mais voilà que ce maître, fort irrité, rechercha et retrouva les cinq fugitifs. Il les mit en prison, avec la ferme intention d’obliger Martinianus et Maxima à se marier, et surtout de les faire passer à la «foi» arienne. Il avertit le roi Genséric de la situation.
Ce dernier ordonna de les tourmenter ; on devait les fustiger avec des bâtons noueux, qui les déchiraient et les brisaient. Chaque matin, les cinq victimes apparaissaient cependant guéris de leurs blessures. Qui plus est, lorsque Maxima fut attachée à terre à des pieux pointus, la poutre qui servait d’entrave se brisa comme un vieux bois pourri. Beaucoup de témoins virent la scène.
Le maître Vandale s’endurcit et refusa de reconnaître ces prodiges ; Genséric rendit la liberté à Maxima et relégua les quatre frères chez un roi maure. Nos quatre Héros se firent les apôtres de la région, firent demander à Rome un prêtre et des diacres, et construisirent une église.
Furieux d’apprendre cela, Genséric ordonna d’attacher les quatre hommes par les pieds à un attelage de quatre chevaux et de les traîner au milieu des broussailles et des buissons épineux. C’est ainsi qu’ils moururent.
Maxima, elle, devint abbesse de son monastère, où elle reposa en paix. Elle n’est donc pas considérée comme martyre.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Maxima, saints Martinianus, Saturianus et leurs deux frères, au 16 octobre.


Amandus et Iunianus, ermites
6. siècle

Amandus, de noble famille étrangère, serait venu au confluent de la Vienne et de la Glane, sur un territoire du diocèse de Limoges, nommé alors Commodoliacum.
Cet ermite eut bientôt un disciple, Iunianus, qui vécut avec lui et l’assista jusqu’à la mort. Puis Iunianus occupa cette même cellule pendant quarante ans.
Sa prière obtint la guérison d’un jeune noble, nommé Rorice. Celui-ci était le petit-fils d’un autre Rorice qui, depuis, était devenu l’évêque de Limoges. Ce deuxième Rorice succéda au premier et c’est lui qui célébra les obsèques de Iunianus.
Tandis qu’Amandus fut presque oublié de la dévotion, Iunianus fut beaucoup plus connu et vénéré.
Una basilique s’éleva sur son tombeau, où fut aussi enterré Rorice.
Les saints Amandus et Iunianus sont commémorés le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.


Gall, moine
550-646

Gall était d’origine irlandaise et naquit vers 550.
Il entra au monastère de Bangor, dont l’abbé était s.Comgall (v. 10 mai) et fut ordonné prêtre.
Avec onze compagnons, il accompagna s.Colomban (v. 23 novembre) en Gaule.
Comme on l’a vu, ils s’établirent à Luxeuil (Haute-Saône), puis un groupe - dont Gall faisait partie, accompagna Colomban jusqu’à Bregenz, à l’est du lac de Constance. C’était en 610.
Vers 612, Colomban laissa ses disciples et partit jusqu’à Bobbio (Plaisance, Italie NO) ; il fonda le monastère où il devait mourir. C’est là que se situe cette étonnante situation concernant Gall. Celui-ci, malade, ne pouvait suivre Colomban dans son nouveau voyage. D’après la tradition, Colomban sembla s’en offenser et déclara Gall suspens : il ne devait plus célébrer la Messe tant que vivrait Colomban. Ce dernier mourut en 615, Gall resta donc suspens pendant trois années. Lorsqu’il apprit, par une révélation, que Colomban était mourant, il dépêcha un diacre auprès de Colomban, qui chargea ce diacre de transmettre l’absolution à Gall. Et Gall célébra alors la Messe pour le repos de l’âme de Colomban.
On raconte qu’une nuit où Gall avait besoin de bois pour alimenter un feu qu’il venait d’allumer, un ours vint lui en apporter.
Gall travailla à la conversion des gens de l’endroit ; le Diable lui-même se serait avoué vaincu par la prière de Gall, qui avait toujours le Nom de Dieu dans la bouche.
D’autres merveilles se produisirent, dont les détails ne sont pas connus.
Gall mourut quasi centenaire, le 16 octobre 646.
L’abbaye qui se développa sur le site illustré par Gall, devint la célébrissime abbaye Saint-Gall, dont la bibliothèque et l’école de chant grégorien sont mondialement connus.
Saint Gall est commémoré le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.


Mommelin de Noyon
† 686

Mummolenus venait de la Normandie.
Vers 614-620, il reçut sa formation au monastère de Luxeuil, où il eut comme confrères Omer, Bertin (v. 1er novembre et 5 septembre) et Ebertramme.
Clotaire II l’appela à la cour pour lui confier la garde du sceau royal, et c’est là qu’il connut s.Eloi (v. 1er décembre).
Quand Omer devint évêque de Thérouanne, Mommelin participa à l’œuvre pastorale de l’évêque, qui le nomma abbé de l’abbaye de Sithiu. 
Quand mourut Eloi (660), il lui succéda comme vingt-cinquième évêque de Noyon-Tournai.
On a plusieurs documents attestant l’activité de Mommelin. Ainsi en 663, il signe l’exemption totale de Sithiu de la juridiction épiscopale ; en 675, c’est en faveur de l’abbaye de Montier-en-Der. Que d’abbayes la France a abritées ! 
On raconte que Mommelin savait les deux langues parlées à Noyon et Tournai (le roman et le teuton), à moins qu’il ait eu le don des langues et se fît comprendre ainsi de tous ses diocésains. C’est peut-être aussi en vertu de ce don qu’on invoque Mommelin pour les enfants bègues ou muets.
L’épiscopat de Mommelin dura environ un quart de siècle.
Il mourut à Noyon le 16 octobre 685 ou 686.
Saint Mommelin de Noyon est commémoré le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.


Lull de Mayence
710-787

Lull était né vers 710 dans le Wessex (Angleterre) et reçut sa formation au monastère de Malmesbury, avant son pèlerinage à Rome.
Vers 730 il rejoignit son compatriote s.Boniface (v. 5 juin) en Germanie.
Boniface l’estimait particulièrement, l’appelant son filiolus, cher fils ; il lui conféra les ordres sacrés, le diaconat vers 745, la prêtrise vers 751, et en fit son chorévêque, on pourrait peut-être dire aujourd’hui vicaire épiscopal. 
Vers 753, Boniface le proposa pour l’épiscopat en ces termes : Les prêtres trouveront en lui un maître, les moines un docteur de la Règle, les peuples chrétiens un fidèle prédicateur et pasteur.
Après le martyre de Boniface (754), Lull devint donc évêque de Mayence.
Il signa au synode épiscopal d’Attigny (762), ainsi qu’au concile de Latran de 769, où fut condamné l’iconoclasme.
Il fonda les monastères de Hersfeld (769) et peut-être aussi celui de Bleidenstadt.
En 763, il y eut un petit incident entre Sturm, l’abbé de Fulda, et Lull : Fulda avait obtenu l’exemption de l’évêque, et Lull ne l’admettait pas facilement ; il y eut un froid, des frottements, auxquels mit fin Pépin le Bref en envoyant Sturm à l’abbaye de Jumièges pendant deux ans. Le conflit s’apaisa, mais Sturm l’avait mal digéré et, sur son lit de mort, reparla de Lull qui l’avait toujours attaqué. 
Ce ne fut pas le seul incident qu’on souleva contre Lull ; vers 775, le pape manda quelques prélats français pour enquêter sur la personne et la conduite de Lull. Il ne semble pas que Lull en ait été inquiété. Au contraire, le pape remit à Lull le pallium vers 781.
On a le bonheur d’avoir encore une correspondance assez importante de Lull, qui était en relation avec des autorités civiles ou religieuses.
Dans une lettre à Boniface, il écrit qu’il a mal aux yeux, à la tête et au ventre. A des évêques de Gaule, il raconte que lui est arrivé un prêtre étranger dont il ne veut absolument pas, car celui-ci est un menteur qui a volé des bœufs, des porcs, des vaches, des juments… Ailleurs, ce sont des échanges de manuscrits, de livres, de vêtements, etc.
Après plus de trente ans d’épiscopat, Lull s’éteignit en l’abbaye de Hersfeld, le 16 octobre 786 ou 787.
Saint Lull de Mayence est commémoré le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.


Vital (Viau)
8. siècle

Ce ne sont pas les détails précis qui abondent au sujet de ce Saint ermite, et l’on a même relevé quelques erreurs probables dans certains récits qu’on en a faits.
Saint Vital (en latin Vitalis) venait d’Angleterre, de cette Angleterre depuis peu ré-évangélisée grâce à la prédication de saint Augustin, bientôt secondé par saint Paulin, moines bénédictins envoyés là par le pape saint Grégoire 1er (le Grand, voir au 3 septembre) à la fin du VIe siècle. De là se développa un christianisme fécond en sainteté, en érudition et en production artistique. Canterbury va être fondé, le monastère de Lindisfarne va devenir célèbre ; le roi Edwin va épouser la chrétienne Ethelburge et se convertir lui-même en 627, le roi Oswald suivra bientôt (voir aux 12 octobre et 5 août) ; le moine immensément érudit saint Bède le Vénérable (675-735) va devenir la gloire du clergé anglais (voir au 25 mai) ; au début du VIIIe siècle, l’Angleterre est suffisamment ancrée dans le christianisme pour envoyer à son tour des missionnaires en Germanie, en premier lieu saint Boniface (voir au 5 juin) .
Ce n’est donc pas un pays païen que notre Vital veut quitter, mais on peut deviner que, au milieu du fourmillement du clergé de son île, il désira plus de silence et de solitude, et qu’il pensa trouver cela dans des régions plus amples sur la terre de Gaule. C’est ainsi qu’il aborda un jour au pays de Retz, au sud de l’estuaire de la Loire : il se trouva bien sur le Mont Scobrit, et c’est là qu’il gravit peu à peu les échelons de la sainteté.
Le “Mont Scobrit” n’est pas vraiment une “hauteur”, car nous sommes au bord de la mer, à peine à cinquante mètres d’altitude, mais l’isolement et l’amour de Dieu vont aider l’ermite à chercher les choses d’en-haut (Col 3:1) et à converser avec Dieu.
Comment vivait Vital ? Comme tous les ermites, du travail de ses mains, de ce que la nature pouvait lui offrir. Dans ce beau pays de Retz, où l’on ne connaissait pas les activités portuaires que nous savons, et où l’homme n’avait pas envahi le paysage avec les voitures, le béton, le mouvement et le bruit, notre ermite dut trouver cette paix dans la solitude, assez éloigné du monde pour prier et rester avec Dieu, assez proche des hommes tout de même, pour qu’on reçût de lui de salutaires exemples de détachement et de vertus.
Si Vital préféra vivre en ermite, c’était pour rester caché et discret, pour mener sa vie austère comme il l’entendait de façon à plaire à Dieu sans vouloir s’imposer à d’autres, et sans avoir à dépendre des autres.
On ne s’étonnera donc pas de ne point posséder de détails sur son genre de vie, sur l’aspect de sa cabane, sur ses repas frugaux, sur sa vie de prière. Tel un Chartreux (voir au 6 octobre), il ressentait en lui le besoin de prier pour tous les hommes, pour lui-même en premier lieu car il se sentait pécheur et s’accusait personnellement avant les autres, contemplant la bonté de Dieu, et implorant Sa miséricorde sur toute la société humaine. 
Vital meurt en 750, probablement un 16 octobre, puisque c’est en ce jour qu’il est commémoré au Martyrologe.
La cellule de saint Vital - qu’on appela localement Viau ou Viaud - est traditionnellement conservée dans le bourg de Saint-Viaud (en breton Sant-Widel-Skovrid), qui s’est développé à partir de son ermitage : cette cellule serait la petite grotte qu’on peut visiter sous l’église paroissiale ; non loin de là se trouve aussi une chapelle Saint-Vital, plusieurs croix de Saint-Vital ; les armes-mêmes de Saint-Viaud portent sur une croix le cordon de saint Vital.


Gaudericus
9. siècle

Gaudericus (aussi Gualdericus ou Galdericus) était un pieux paysan de Viéville, localité du Languedoc devenue Saint-Gauderic (Aude).
Il y vivait avec ses deux frères.
On rapporte deux épisodes merveilleux. Lors d’un terrible orage, Gaudericus s’agenouilla sur le champ, qui resta absolument intact, tandis que la campagne alentour était dévastée. Une autre fois, Gaudericus s’agenouilla en plein milieu de la rivière pour prier, et les eaux l’entourèrent sans le mouiller.
Ces faits ont paru légendaires aux critiques. 
Moins légendaire, la mort de Gaudericus se situe vers 900.
Gaudericus fut invoqué pour la pluie ou le beau temps, selon la nécessité.
Saint Gaudericus est commémoré le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.

Bonita de Brioude
9e ou 11e siècle

Cette mystérieuse vierge est invoquée à Alvier (Brioude, Allier).
Elle aurait été une pieuse bergère, gardienne d’oies.
En allant prier sur le tombeau de s.Julien (v. 28 août), elle aurait aperçu des soldats Normands prêts à fondre sur Brioude, et donna l’alerte.
Elle aurait aussi arrêté une inondation de l’Allier.
Au 17e siècle, on fit une reconnaissance de ses reliques, qui révélèrent une très jeune fille aux vêtements simples, aux beaux cheveux tirant sur le blond.
Saint Bonita de Brioude est commémorée le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anastasio de Cluny

1025-1086

 

Anastasio était né vers 1020-1025 à Venise, dans une bonne famille bourgeoise.

Il sut le latin et le grec parfaitement, ce qui donne une idée de la bonne formation qu’il reçut.

Le Christ gagna son cœur, et il chercha à Le suivre. D’abord par l’ascétisme ; discrètement, il supprima le vin, il jeûna les mercredis et vendredis ; ses prières et ses veilles s’intensifièrent… Puis il jeûna toute la semaine, sauf le dimanche.

Il vint alors au Mont-Saint-Michel (Manche), et y prit l’habit.

Mais voilà qu’au bout d’une année, il apprit que l’abbé avait acheté sa crosse, qu’on allait le soumettre à un simoniaque ! Il se retira, seul, sur une petite île au nord de la côte.

Ce fut le début de sa célébrité, bien involontaire. L’abbé Hugues de Cluny (v. 29 avril) vint le voir et lui proposa de le suivre à Cluny.

Le nouveau moine fut, bien sûr, exemplaire, avec toutefois ses petites excentricités inhabituelles pour le monastère, car il avait désormais la coutume de s’absenter pour prier davantage, de jeûner à des jours où les moines ne le faisaient pas, etc.

On l’envoya vers 1074 pour une mission en Espagne, peut-être dans la tentative d’y remplacer le rit mozarabe par le romain, mais ce ne fut pas un succès. Anastasio revint à Cluny.

Au bout de sept années, l’abbé le prit avec lui pour une autre mission en Aquitaine. L’abbé pensait qu’Anastasio saurait convaincre les fidèles par la chaleur de sa parole ; mais Anastasio demanda, implora, obtint de pouvoir se retirer quelque part dans ces montagnes rudes des Pyrénées.

Il prit un frère avec lui, qui habiterait en bas de la cabane, tandis qu’il resterait en haut, priant, célébrant les louanges divines. Le frère lui montait un peu de pain et d’eau. L’amant de la solitude ne put éviter la célébrité : on vint le voir de partout.

Satan aussi vint, pour incendier la cabane : Anastasio éteignit le feu d’un signe de croix et mit en fuite l’Esprit du mal ; la scène eut deux témoins, qui ne pouvaient mentir.

Pendant trois ans, contre son gré, Anastasio reçut, conseilla, pria, confessa.

On pourrait dire : ce moine était-il vraiment obéissant ? N’en faisait-il pas un peu à sa tête ? On va voir que non. L’abbé de Cluny lui écrivit, lui reprochant doucement son long silence et l’invita à revenir au monastère. Anastasio se leva et partit, aussitôt. Il n’avait pas trop de bagages à préparer !

Près de Pamiers, il accepta de procéder à la translation des reliques de s.Antonin (v. 2 septembre) et guérit un malade avec de l’eau bénite, et quelques autres aussi.

Plus loin, il fut pris de fièvre. Il s’alita ; on lui proposa un bain bien chaud, qu’il refusa : c’est à ce moment-là qu’on apprit de sa bouche qu’il ne s’était jamais lavé ni les pieds ni la tête.

Il s’éteignit donc près de Pamiers, le 16 octobre 1085-1086.

Les restes d’Anastasio, retrouvés plus tard par une révélation, furent dispersés par les Huguenots en 1568.

Saint Anastasio de Cluny est commémoré le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bertrand de Comminges

1050-1125

 

Bertrand naquit vers 1050 à L’Isle-Jourdain (Gers), d’Atton Raymond, seigneur, et de Gervaise Taillefer, fille du comte de Toulouse et belle-sœur de Robert le Pieux.

Après avoir goûté au métier des armes, il entra dans la cléricature à Toulouse. Devenu prêtre et chanoine, il fut promu à la dignité d’archidiacre.

Vers 1075, il fut nommé évêque de Comminges.

C’est auprès de la cathédrale Saint-Just que Bertrand fit son premier miracle, en 1200 : il guérit une femme possédée, juste avant de célébrer la Messe.

Surtout, l’évêque fit construire une nouvelle cathédrale sur l’oppidum de la ville, avec une grosse tour comme clocher, qui devait servir au donjon de la nouvelle ville.

Outre ces travaux, Bertrand réorganisa la vie du diocèse, en y imposant les réformes grégoriennes : vie commune des chanoines selon la règle augustinienne, lutte contre le concubinage des clercs, contre l’adultère, le mensonge.

Les très nombreux miracles qu’il opéra de son vivant reflètent son activité. Quelques exemples : 

Un prêtre dépravé ne voulait pas se repentir et sa maison était presque devenue un lieu de passe : l’évêque la maudit et elle s’écroula.

Un homme ne voulait pas reconnaître son enfant naturel ; l’évêque lui demanda de retirer un caillou d’un vase d’eau froide : l’homme eut la main brûlée… et reconnut son fils.

A un pêcheur, il commanda de prendre un certain nombre de poissons et l’homme obéit ; et quand l’évêque lui ordonna d’en prendre «beaucoup», l’homme revint en pliant sous le poids.

Dans une famille pauvre, il bénit le tonneau de vin vide, qui déborda d’un vin excellent. Au contraire, à un homme qui prétendait ne plus avoir de vin alors qu’il en avait encore un peu, tout le vin qui restait se répandit à terre.

Un ménage sans enfants, mais très fidèle à l’Eglise et à Dieu, eut la joie d’en avoir enfin, grâce à la bénédiction de l’évêque.

Bertrand sentit son heure arriver pendant une de ses tournées. On le ramena à la cathédrale et, sur sa demande, fut déposé devant l’autel de la Sainte Vierge. C’est là qu’il mourut, le 16 octobre 1126. Il avait gouverné son diocèse pendant un demi-siècle.

Les miracles continuèrent après la mort de l’évêque. L’un d’eux se situa à cheval sur cette date : un seigneur local, Sanche Parra d’Osse, avait réquisitionné les bœufs de l’évêque et ne voulait les rendre que contre rançon. Bertrand les lui réclama tout de même, lui promettant qu’il l’en récompenserait «avant la mort» du seigneur. Or, après la mort de Bertrand, Sanche fut fait prisonnier en Espagne, mais une nuit, Bertrand lui apparut et le libéra.

Saint Bertrand de Comminges fut canonisé en 1221.

 

 

Gerardo de Clairvaux

1100-1177

 

Gerardo n’est pas très connu, pas même des sources cisterciennes.

On le dit d’origine lombarde. Il fut disciple de saint Bernard à Clairvaux.

On le fait naître autour de 1100, pour cette raison qu’il fut le premier responsable de Fossanova (Priverno, Latina, Latium, Italie) vers 1135. Il n’est pas sûr qu’il y eût été abbé à cette époque : simplement, il guidait la fondation, envoyée par Bernard de Clairvaux. 

Il donna une très forte impulsion à l’abbaye, au point qu’elle put fonder ou assumer d’autres abbayes-filles, en Calabre particulièrement. L’abbaye de Fossanova hérita par Gerardo de l’architecture gothico-bourguignonne

Vers 1140, aurait été élu abbé un certain Pietro, puis d’autres. 

En 1170, Gerardo fut nommé à Clairvaux même, sixième abbé après saint Bernard. C’est donc lui qui, en 1174, connut la canonisation de saint Bernard (qui était mort en 1153). A ce moment, on reconstruisait le chœur de l’église et on lui adjoignait un déambulatoire à chapelles rayonnantes. La dédicace devait avoir lieu aussi en 1174.

Cette même année encore, mourait à Fossanova saint Thomas d’Aquin (v. 7 mars), qui s’y était arrêté sur son chemin pour Lyon, où siégeait le concile.

Responsable d’une si grande famille d’abbayes, Gerardo en fit la visite. Il visita celles de l’Allemagne et fit une halte à l’abbaye bénédictine de Trèves ; il y eut une vision des saints Eucher, Valère et Materne, qui lui révélèrent que Dieu attendait encore beaucoup de lui, mais aussi qu’il recevrait bientôt sa couronne. Elle arriva en effet peu après.

D’après une chronique cistercienne, Gerardo visitait l’abbaye d’Igny (Reims). Un de ses moines, divinement averti, lui aurait conseillé de ne pas s’y rendre, mais l’abbé jugeait de son devoir d’y aller. Bien reçu, il s’entretint avec les moines. 

Or, précédemment, un convers avait reçu de lui une réprimande pour sa conduite et avait promis de s’amender ; en réalité, il conservait dans son cœur une rancune implacable contre Gerardo. Profitant de la présence de l’abbé à Igny, le convers le suivit en cachette au dortoir et le poignarda sauvagement au ventre, tellement que l’abbé lui aurait même dit : Tu peux arrêter, car je ne tarderai pas à mourir. Et l’autre s’en alla. Le pauvre blessé, tout en sang, se traîna jusqu’à l’église et s’écroula ; on le transporta à l’infirmerie, et reprit un moment connaissance. Il remercia Dieu de lui avoir ainsi évité le purgatoire, reçut les derniers Sacrements, pardonna au bourreau et mourut le 16 octobre 1177.

Le corps de Gerardo fut ramené à Clairvaux et y fut enterré. L’abbé de Fossanova craignait que cette mort fût due à cause de ses propres péchés, mais saint Bernard et saint Gerardo lui apparurent et le rassurèrent.

La chronique poursuit son récit en évoquant l’assassin. Quelques années plus tard, il serait allé se jeter aux pieds du pape et implorer son pardon. Le pape cependant aurait alors eu un premier geste qui semblait l’écarter, mais uniquement pour lui faire comprendre la gravité de son crime, de sorte que le coupable se serait relevé et aurait disparu on ne sait où. L’auteur de la chronique n’a-t-il pas été pris à son tour par un petit démon de vengeance ? Espérons que, comme saint Etienne et saint Paul passèrent d’ennemis à amis, le saint abbé et son assassin se retrouvèrent au Paradis, réconciliés.

Le bienheureux Gerardo est inscrit au Martyrologe le 16 octobre, mais sans le titre de martyr qu’on lui a parfois donné, car il n’est pas mort à proprement parler «pour la foi».

 

 

Gerardo Maiella

1726-1755

 

Il naquit en avril 1723 et fut baptisé le 23 (certains disent le 6) avril, benjamin des cinq enfants de Domenico Majella (ou Maiella), un humble tailleur de Muro Lucano (Potenza, Italie sud), et de Benedetta Cristina Galella.

Les quatre aînés s’appelaient Brigida, Gerardo (qui ne vécut qu’une semaine), Anna Elisabetta, Elisabetta.

Un des premiers prodiges qui marquèrent la vie de Gerardo furent les beaux petits pains blancs que lui remettaient la Vierge et son Enfant, une belle image vénérée dans le sanctuaire proche de la maison paternelle.

En 1738, orphelin de père, il fut placé comme apprenti tailleur. 

En 1740, il fut confirmé. Ayant demandé son admission chez les Capucins, il fut repoussé à cause de sa maigreur.

Il trouva un travail au service de l’évêque de Lacedonia, un brave prélat au caractère bougon qui ne lui épargna pas les caprices et les sautes d’humeur.

Gerardo ne se plaignait pas : ce qui lui arrivait venait de Dieu, il s’en réjouissait, même quand un autre petit garçon le rossa d’importance.

Fin 1745, Gerardo essaya le métier de tailleur à Muro. Il n’abandonnait pas l’ascèse, et s’imposa des mortifications «fortes» durant un carême. Il tenta l’ermitage, puis se décida à demander son admission dans la nouvelle congrégation des Rédemptoristes. 

Il fut postulant en 1749 à Deliceto (Foggia), novice en 1752, profès le 16 juillet 1652, en la fête de Notre-Dame du Carmel. C’est vers cette époque qu’il fit le vœu du plus parfait.

Le vendredi saint 30 avril 1753, il eut une de ces extases publiques qui le firent connaître. Sa prédication obtint des réconciliations à Castelgrande, sa parole des miracles à Lacedonia, là où l’évêque l’avait si maltraité douze ans plus tôt.

Début 1754, il fut terriblement calomnié ; il fut «exilé» à Caposele et interdit de l’Eucharistie pendant plusieurs mois. Ce lui fut une épreuve très dure, qu’il supporta sans révolte, et triomphalement ; il luttait contre les tentations du Frère Soufre (Fra Zulfo, comme il appelait le Démon) avec une soumission totale : Le Seigneur veut me punir de mon peu d’amour , et me fuit. Mais je ne le perdrai jamais de mon cœur.

On s’étonnera des mortifications qu’il s’imposait chaque jour, dont il référait toujours à son Supérieur, ou plutôt on s’étonnera que le Supérieur le laissait ainsi s’infliger des actes excessifs pour une santé frêle. Gerardo sa flagellait chaque jour, jusqu’au sang une fois par semaine ; il portait une chaîne de fer, marquait le sol de neuf croix avec sa langue, mâchait de l’absinthe, sans compter les nombreux jeûnes plusieurs jours par semaine… 

Ce qui est bien plus édifiant en revanche, est son désir d’être saint, de se donner tout à Dieu. Une de ses résolutions était : fuir toute occasion de faire impatienter mon prochain. Et son désir d’amener à Dieu les âmes : Si je pouvais convertir autant de pécheurs qu’il y a de grains de sable dans la mer et sur terre, de feuilles dans les arbres, de plantes dans les champs, d’atomes dans l’air, de rayons de soleil et de lune, de créatures sur la terre !

En 1754, il travailla dans l’hospice de sa congrégation à Naples, puis revint à Caposele comme portier : on l’y surnomma le Père des pauvres.

Gerardo est resté célèbre pour ses innombrables prodiges. L’un d’eux fut qu’il demanda à Dieu de le rendre invisible pendant qu’il priait, et qu’il fut exaucé. Son Supérieur le «reprit» doucement en le menaçant : Pour cette fois, je vous pardonne, mais ne faites plus de pareilles prières ! C’est à la suite de cet épisode que les enfants de Caposele jouèrent à frère Gérard, à cache-cache.

En 1755, il surveillait des travaux de construction et allait quêter pour combler les frais. Fin août, il rentra épuisé et fiévreux ; il annonça sa mort pour le 8 septembre, mais il «obéit» et la mort fut remise. Il souffrait beaucoup, toujours sans se plaindre. Il trouvait que les ordonnances médicales ruinaient la communauté, que les soins dont il avait besoin dérangeaient le pauvre frère infirmier.

Le 15 octobre, il annonça sa mort pour la soirée et se fit habiller pour réciter l’office des morts. En fin d’après-midi, il précisa qu’il en avait pour six heures encore. Il répétait le psaume 50 (Miserere), luttait encore contre deux coquins (apparitions diaboliques), vit la Sainte Vierge arriver, et trépassa peu après minuit.

Gerardo Majella mourut le 16 octobre 1755, fut béatifié en 1893 et canonisé en 1904.

Jesús Villaverde Andrés

1877-1936

 

Les Espagnols donnent volontiers le prénom-même de Jésus à leurs enfants, mais avec cette accentuation : Jesús.

Celui d’aujourd’hui naquit à San Miguel de Dueñas (León), diocèse de Astorga, le 4 octobre 1877. 

Son père étant officier militaire, le garçon fit ses études au collège des Jésuites de Salamanque, puis au séminaire diocésain de Madrid.

Il entra au noviciat des Jésuites à Ocaña et fit profession en 1895 ; il fut ordonné prêtre en 1903.

Sa vie religieuse et sacerdotale fut une suite d’activités comme professeur et comme supérieur.

Il enseigna d’abord au collège Saint-Jean-de-Latran à Manille, de 1905 à 1910 ; puis il fut envoyé au couvent de Valencia ; il retourna aux Philippines en 1916 et enseigna la théologie à l’université Saint-Thomas de Manille, dont il fut aussi le doyen après y avoir pris son grade de Docteur en Théologie : il enseigna la Dogmatique et le Droit Canon ; puis il fut recteur au collège Saint-Jean-de-Latran, toujours à Manille, et passa aux Etats-Unis, où il fut prieur de la communauté de Rosaryville (New Orleans) de 1921 à 1924. Il fut secrétaire général puis trésorier de 1929 à 1932. En 1934, le voilà de retour sur notre continent, comme prieur du couvent de Saint-Thomas à Ávila, et s’en vint finalement dans la communauté du Rosaire à Madrid, où le surprit la révolution.

Il publia quelques-uns de ses nombreux sermons, ainsi qu’un petit traité sur la très Sainte Vierge.

Le couvent du Rosaire de Madrid fut pris d’assaut par les révolutionnaires et les religieux cherchèrent à se réfugier chez des parents et des amis. Le père Jesús trouva l’hospitalité chez sa mère puis chez son frère pendant quelque temps.

Le 15 octobre, des soldats vinrent l’arrêter. Les enfants de son frère tentèrent de le sauver en racontant qu’il n’y avait pas de prêtre chez eux. Mais le père Jésus se présenta spontanément aux soldats. Interrogé, il se déclara religieux et disposé à mourir pour le Christ.

On l’emmena au siège révolutionnaire de Fomento à Madrid le soir du 15 octobre, et il fut exécuté le lendemain, 16 octobre, qui sera son dies natalis au Martyrologe.

Il a été béatifié en 2007.

 

Juan Viñuela Flecha

1910-1936

 

Juan était né le 2 juin 1910 à Navatejera (León, Espagne), de Victoriano et Manuela, qui eurent onze enfants ; Juan fut baptisé le 8 juin et confirmé en 1910.

Juan était un meneur ; il guidait ses camarades et leur donnait le bon exemple. Plus tard, du noviciat, écrivant à sa famille, il se préoccupait toujours de leur demander s’ils accomplissaient fidèlement leurs obligations de chrétiens. On va voir que ces recommandations étaient bien fondées.

Il entra en 1924 dans la congrégation des Frères Maristes à Venta de Baños (Palencia) et commença le noviciat à Tuy en 1925 ; il reçut l’habit et le nom de Luis Daniel ; un an après il faisait les premiers vœux. Il devait faire la profession solennelle en 1934.

Jeune, Luis Daniel eut peu de missions : après Tuy, il enseigna à Lugo (1928-1929), et Madrid.

Le Frère n’eut pas tant de problèmes avec ses élèves, qu’avec ses propres parents. En effet, son père vint le voir et lui demander de revenir à la maison. Luis Daniel lui fit remarquer : Tu as tant de fils à la maison, ne peux-tu pas en donner un au Bon Dieu ? Le père essaya même de l’emmener de force, mais le seul résultat fut que le Frère en conçut une fièvre très forte et dut s’aliter.

Autre épreuve encore, mais de la part de sa mère, qui lui proposa de quitter la vie religieuse pour échapper au danger de la persécution menaçante. Et le Frère : Moi, partir ? Ça, jamais ! Qu’il arrive ce que Dieu voudra ! 

Après avoir dû abandonner la maison de Madrid, il se retrouva dans une pension avec un autre Frère. Des miliciens ne tardèrent pas à se présenter, un jour où le Frère était seul à la maison ; il refusa de révéler où était son Confrère. On le fouilla et on lui trouva son chapelet. On le lui accrocha au cou par dérision et on se mit à le battre jusqu’à en être fatigué, et on le laissa là, moitié mort. 

Vraisemblablement il expira ce même soir du 16 octobre 1936.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Wojciech Koplinski

1875-1941

 

Né à Debrzyno (Prusse, aujourd’hui Gmina Debrzno en Pologne) le 30 juillet 1875, baptisé le 8 août suivant, Wojciech (Adalbert, ou simplement Albert) était le benjamin des douze enfants de Wawrzyniec (Laurent) et Berta Moldenhau, cette dernière descendant d'une famille protestante allemande..

Ayant connu dans sa jeunesse les Capucins, qui furent supprimés par le régime prussien, il les rejoignit en Alsace, à Sigolsheim, et prit le nom de Anicet, qui signifie en grec invincible.

Il fit la profession en 1897.

Il fut ordonné prêtre le 15 août 1900 et exerça le saint ministère à Dieburg, puis dans la région de la Ruhr (Werne, Sterkrade, Krefeld), comme aumônier des Polonais qui s’y trouvaient.

En 1918 il fut appelé à réorganiser la vie ecclésiale et l’Ordre des Capucins à Varsovie, ce qu’il accepta avec enthousiasme.

Il y développa une telle activité à quêter en faveur des pauvres, qu’il fut appelé le Saint François de Varsovie.

Quand il n’était pas en train de quêter, il était dans le confessionnal, une heure avant de célébrer, une autre heure après, et de nouveau le soir. Des  évêques vinrent se confesser à lui, et même le nonce, un certain Achille Ratti, futur pape Pie XI. Il n’hésitait pas à demander à ces prélats, comme pénitence pour le sacrement de Réconciliation, quelque offrande pour ses pauvres. S’il demandait aux riches de donner quelque chose pour les pauvres, il demandait aux pauvres de prier pour les riches.

Polonais d’origine, allemand d’adoption, il était proche et des Polonais et des Allemands, des non-chrétiens et des Juifs, les faisant prier ensemble et les uns pour les autres.

Lors de l’invasion de son pays par les armées nazies, il ne tarda pas à être suspecté par les Nazis. Lors de sa première arrestation, en la fête de l’Ascension, il eut le front de répondre en face à son interrogateur : Après ce qu’Hitler a fait pour la Pologne, j’ai honte d’être allemand.

Fait prisonnier, il aurait pu faire valoir sa citoyenneté allemande pour être libéré, mais il se serait mis en contradiction avec lui-même.

Lors de l’attaque aérienne de Varsovie, il fut fait prisonnier à la prison de Pawiak « pour avoir parlé contre le régime national-socialiste ». Il refusa énergiquement l'accusation d'avoir incité les gens à se rebeller contre le régime allemand. Il déclara ouvertement : Je suis prêtre, et je travaillerai où qu’il y ait des hommes, qu’ils soient Juifs ou Polonais, mais surtout ceux qui souffrent et les pauvres. C'est à ce moment qu'on lui rasa les cheveux et son imposante barbe. On lui laissa tout de même son bréviaire.

Le 3 septembre 1941, il fut déporté dans le camp de concentration de Auschwitz. Le père Anicet avait soixante-six ans : on le mis dans le box des invalides, ce qui signifiait l’antichambre du chemin pour l’extermination.

A partir de là, on ne sait pas bien ce qu'on lui fit endurer comme mauvais traitements durant les quelques semaines qui suivirent, jusqu'à sa mort, mais on a pu tout de même retrouver quelques témoins parmi les survivants.

On a ainsi appris qu'il fut battu dès son arrivée, sous prétexte qu'il ne restait pas tranquille avec les autres, un chien des SS le mordit, et quand il fut au milieu des condamnés à la chambre à gaz, il resta calme et plongé dans la prière. Il se confia à un voisin : Nous allons boire la coupe jusqu'à la lie.

Il est possible que le père Anicet soit mort des mauvais traitements subis dans ce block 19, ou qu'on lui ait injecté quelque substance mortelle, ou qu'il soit passé dans la chambre à gaz. 

Ce qui est sûr, est que le père Anicet consomma ainsi son calice le 16 octobre 1941 et fut béatifié en 1999.

 

 

Józef Jankowski

1910-1941

 

Józef était né à Czyczkowy (Brus, Poméranie, Pologne) le 17 novembre 1910, deuxième des huit enfants de Robert et Michalina.

Après l'école de Suchar et le Collegium Marianum de Wadowice, il étudia philosophie et théologie au séminaire des Pères Pallottins à Ołtarzew et fut ordonné prêtre en 1936.

Il fut aumônier des écoles de Ołtarzew et des environs, en même temps que directeur spirituel du Mouvement Eucharistique.

Au début de la Deuxième guerre mondiale, en septembre 1939, il fut nommé secrétaire du Comité d'aide à l'enfance, aumônier militaire et aussi administrateur du séminaire.

Il aimait sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et enseigna aux jeunes la petite voie de l'enfance spirituelle.

Le 16 mai 1941, il fut arrêté par la Gestapo ; après deux semaines à la prison de Pawiak, il fut déporté dans le camp de concentration de Auschwitz, dans le même convoi que Maximilien Kolbe (voir au 14 août) ; il porta le numéro 16895. 

Immédiatement exténué par les travaux forcés et maltraité à mort par un gardien, il expira le 16 octobre 1941.

Józef Jankowski fut béatifié en 1999.

 

 

Agostino Thevarparampil

1891-1973

 

Agostino naquit le 1er avril 1891 à Ramapuram, dernier des cinq enfants de la famille Thevarparampil.

Après l’école primaire, il fut au petit séminaire de Changacherry, puis à Puthenpally. Il reçut l’ordination sacerdotale en 1921, dans le rite Syro-Malabar.

Il fut vicaire à Ramapuram, puis à Kadanad. Sa santé n’étant pas très bonne, il s’en retourna dans la paroisse d’origine, où il trouva un nouveau champ d’activité : l’apostolat auprès des Dalit, cette classe d’ «inférieurs» marginalisés et maltraités.

Agostino (que tout le monde appelait «Kunjachan», petit prêtre, car il était de petite taille et très humble), se voua corps et âme pour les Dalit, jusqu’à sa mort. Il réussit à en émanciper des milliers.

Les Dalit, en vertu de leur caste et de la couleur de la peau, étaient victimes d’une totale discrimination. Ils restaient analphabètes, et donc contraints à faire tous les petits travaux d’esclaves.

Agostino Kunjachan n’avait rien d’un homme aux capacités exceptionnelles. C’était un prêtre tout simple, presque inconnu des autorités, qui ne reçut jamais aucune distinction honorifique, mais qui passait son temps à visiter ces Dalit dans leurs chaumières et là où ils travaillaient. Seul un catéchiste l’accompagnait et l’aidait en cas de nécessité.

Il reçut bien des contradictions, de la part des castes «supérieures», bien sûr, mais aussi de la part de chrétiens «traditionnels». Ceci ne découragea pas le père Agostino, qui amena à l’Eglise plus de cinq mille âmes.

Il se levait à quatre heures du matin.

Il se préoccupait tellement de chacun, qu’il les appelait tous par leur prénom, du plus jeune au plus ancien, de sorte qu’ils se sentaient alors honorés d’être ainsi appelés, eux qu’on ignorait d’habitude. C’est ainsi que le père Agostino conquit leur confiance. Ils étaient pour lui ses «fils», et eux l’appelaient «notre prêtre». Il écrivait un journal où il reportait exactement tout ce qui concernait chacun d’eux, la naissance, le mariage, le décès, les confessions annuelles. Infatigablement, il ramenait sur le bon chemin ceux qui s’éloignaient de la bonne pratique, ou de la fidélité conjugale.

Calmement, doucement, il s’opposa catégoriquement aux objections pour obtenir l’émancipation des Dalit, au point de vue social, ou culturel ou intellectuel ou artistique. Même quand le gouvernement refusa de reconnaître les Dalit convertis, il ne se découragea pas.

Sa force était dans l’Eucharistie et la dévotion à la Sainte Vierge. Obéissant, il se soumettait totalement au curé et à l’évêque.

Le père Agostino Kunjachan mourut en odeur de sainteté le 16 octobre 1973 et fut béatifié en 2006.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison totale et inexplicable d’un petit garçon affligé d’une déformation congénitale du pied.

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14 octobre 2020 3 14 /10 /octobre /2020 23:00

15 OCTOBRE

 

IV.

S Barsen, évêque à Edesse, mort exilé en Egypte.

V.

S Severus, évêque à Trèves ; disciple de s. Loup, il accompagna s. Germain d'Auxerre en Angleterre.

VI.

S Cannat, évêque inconnu à Marseille.

S Léonard, ermite à Vandœuvre ; le pays fut débarrassé des serpents du jour où un serpent s'enlaça autour du Saint pendant sa prière : la bête en retomba morte.

VII.

S Conogan, évêque inconnu à Quimper.

S Déodat, évêque inconnu à Vienne.

VIII.

S Sabin, évêque à Catane, puis ermite.

Ste Tecla, abbesse à Ochsenfurt et Kitzingen, parente de ste Lioba ; elle connut s. Boniface.

IX.

S Euthyme le Jeune, époux et père en Galatie, moine en Grèce, stylite près de Thessalonique ; il changea plusieurs fois de lieu, peut-être forcé par les temps (luttes iconoclastes, schisme de Photius).

XIII.

Ste Hedwige, fille du duc de Croatie et de Dalmatie, sœur de deux évêques, d'une abbesse, d'une reine (de Hongrie, mère de ste Elisabeth, cf.17 novembre), et belle-sœur de Philippe Auguste, mariée au duc de Silésie, chef de la maison royale de Pologne ; une fois veuve, elle se retira au monastère cistercien qu'elle avait fondé à Trebniz, s'imposant d'effrayantes pénitences ; fêtée le 16 octobre.

XIV.

B Theodorico l'Allemand, carme venu en Italie, thaumaturge.

XV.

B Gonçalo de Lagos, prêtre portugais augustin.

Bse Philippe de Chantemilan, une noble fille du diocèse de Clermont, morte de la peste à Vienne.

XVI.

Ste Teresa de Ávila (Teresa de Jésus), espagnole, réformatrice du Carmel, Docteur de l'Eglise, morte la nuit du 4 au 15 octobre, au moment de la réforme grégorienne du calendrier.

XVII.

Bx Balthasar Kagayama Hanzaemon et son fils Jacobus de 4 ans, laïcs japonais martyrs, béatifiés en 2008.

Ste Magdalena, vierge japonaise martyre à Nagasaki, béatifiée en 1981 et canonisée en 1987, fêtée avec s. Laurent Ruiz le 28 septembre.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2001 :

Jésuites : près de Valencia, le prêtre Narcis Basté y Basté (*1866) ;

- béatifié en 2007 :

Dominicains : à Madrid, le profès Cipriano Alguacil Torredenaida (*1884) ;

- béatifiés en 2013 :

Mercédaires : près de Lleida, le profès Francesc Mitjá i Mitjá (*1864) ; de parents inconnus, extrêmement doué et cultivé, il ne put être prêtre «parce qu’il ne voyait pas bien» (?!) ; on ne connaît pas la date précise de sa mort, avenue vers le milieu d’octobre ;

Fils de la Sainte-Famille : près de Barcelone, le prêtre Pere Verdaguer Saurina (*1908) ;

Filles de la Charité : près de Valencia, Josefa Martínez Pérez (*1897) ;

- béatifié en 2017 :

Laïques : près de Valencia, Rafael Lluch Garín (*1917).

 

B Władisław Miegoń (1892-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

 

 

 

 

Barsen d’Edesse
† 379

Barsen (ou Barsas, Barses, Barsus) connut d’abord la vie solitaire, en Mésopotamie septentrionale.
En 361 il fut évêque d’Edesse en Syrie (cette ville d’Edesse prendra le nom de Urfa quand elle tombera aux mains des Ottomans en 1637 et récemment sera rebaptisée Şanlıurfa après la Première Guerre mondiale et le tristement célèbre génocide arménien. Habitée principalement par des Kurdes, ceux-ci l’appellent actuellement Riha).
Barsen se montra tout de suite un ferme adversaire des erreurs d’Arius. Il fut célèbre dans sa ville épiscopale, mais le rayonnement de sa sainte vie et de sa doctrine s’étendit en Phénicie, en Egypte, en Thébaïde. Aussi l’empereur Valens chercha à casser cette influence, en exilant Barsen.
Ce fut d’abord sur l’île Arado (auj. Arouad, au large de la Syrie), mais les foules continuaient de venir l’écouter ; l’illustre s.Basile (v. 2 janvier) lui écrivit deux lettres pleines de consolation.
Valens chercha à éloigner davantage le saint évêque : ce fut alors dans une ville d’Egypte nommée Oxyrynchius (auj. Per-Medjed, cent-soixante kilomètres au sud-ouest du Caire), finalement aux confins des régions de l’empire, à Philo, dans la profonde Lybie désertique.
Plein de mérites, Barsen mourut en 379, un jour du mois de mars. 
Longtemps on put conserver la couche sur laquelle Barsen s’étendait quand il était dans l’île d’Arado ; les malades y guérissaient.
L’empereur visita la ville d’Edesse, où il avait nommé un évêque arien à la place de Barsen. Il constata qu’en fait les foules désertaient l’église et fuyaient cet intrus hérétique et s’en allaient prier en pleine campagne  ; furieux, Valens souffleta le préfet et lui ordonna de disperser ces rassemblements manu militari. Le préfet, homme de paix quoique arien, fit prévenir les Chrétiens en secret, mais ceux-ci s’assemblèrent encore plus nombreux pour prier et proclamer leur foi, sur quoi Valens renonça à cette entreprise qui aurait provoqué plus d’agitation. Mais le préfet fit exiler en Thrace tous les ecclésiastiques.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Barsen d’Edesse au 15 octobre.


Severus de Trèves
† 449

Severus fut d’abord un disciple de s.Loup de Troyes (v. 29 juillet).
En 447, il fut nommé douzième évêque de Trèves.
Il accompagna s.Germain d’Auxerre dans sa mission en Angleterre pour contrer l’erreur du pélagianisme.
Sa prédication s’étendit largement et contribua à maintenir de nombreuses populations dans la saine doctrine.
Il ne faut pas le confondre avec s.Severinus, l’évêque de Cologne (v. 23 octobre).
Le Martyrologe Romain mentionne saint Severus de Trèves au 15 octobre.

 

Tecla de Kitzingen

† 790

 

Tecla (qu’on transcrit évidemment en français avec un h, Thècle), était native d’Angleterre, peut-être même à Wimborne (Dorset).

Avec sa parente, Lioba (v. 28 septembre), elle entra dans le monastère de cette ville.

En 748-749, sur les instances de s.Boniface (v. 5 juin), l’abbesse Tetta envoya un groupe de ses religieuses en Germanie, pour soutenir le travail apostolique de Boniface qui, rappelons-le, était Anglais.

Dans un premier temps, Tecla vécut à Tauberbischofsheim, où fut abbesse Lioba, puis fut elle-même abbesse de la nouvelle communauté installée à Ochsenfurt (un nom exactement calqué sur celui d’Oxford), et également de celle de Kitzingen, où elle succéda à Adelheid. Les deux monastères se trouvaient près de Würzburg, dont l’évêché venait d’être fondé par Boniface.

Ce dernier envoya aux vénérables, aimables et très chères sœurs Leobgytha, Tecla et Cynehilda une lettre où il implorait des prières pour l’aider dans sa mission épiscopale et apostolique.

Les Religieuses tenaient des dispensaires, des écoles, formaient des novices. L’abbaye d’Ochsenfurt déclina assez rapidement, probablement en raison de l’importance que prit celui de Kitzingen.

Tecla mourut à Kitzingen de Bavière, en 790.

L’église abbatiale est devenue une paroisse protestante. Durant la Guerre des Paysans (1525), les tombes des deux abbesses Adelheid et Tecla furent profanées : on se servit de leurs crânes pour jouer aux quilles ; quand l’église fut reconstruite en 1695, les deux corps furent simplement recouverts de gravats ; le monastère abrite deux écoles, catholique et protestante, pour jeunes filles.

Sainte Tecla de Kitzingen est commémorée le 15 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hedwige d’Andechs (de Silésie)

1174-1243

 

Il faut bien distinguer cette Hedwige de l’autre Hedwige (Jadwiga de Pologne, voir au 17 juillet).

Ses parents furent Berthold IV et Agnès de Rochlitz Misnie : Berthold IV était comte d’Andechs, duc de Méranie, comte du Tyrol, prince de Carinthie et d’Istrie. De ce mariage naquirent neuf enfants parmi lesquels deux futurs évêques et une future abbesse, ainsi que Hedwige, dont il va être question ; Gertrude qui, épouse du roi André II de Hongrie, fut la mère de la future sainte Elisabeth de Hongrie ; et Agnès, troisième épouse (illégitime) de Philippe-Auguste, dont le mariage fut dissous par le pape.

Hedwige donc, fut la tante de sainte Elisabeth de Hongrie et, un moment, belle-sœur du roi de France.

Elle grandit dans l’abbaye bénédictine de Kitzingen (Bavière, Allemagne) et épousa, à douze ans, Henri 1er, duc de Silésie et futur duc de Cracovie, connu sous le nom de Henri 1er le Barbu. Ils eurent sept enfants.

Ce couple très chrétien vécut dans une grande harmonie et, tandis qu’Henri s’occupait des affaires du royaume (il travailla surtout à consolider l’unité de la Pologne), Hedwige consacrait son temps et sa fortune en œuvres de charité, aidant l’Eglise et les nécessiteux. Elle avait une vie personnelle très mortifiée, et on la voyait toujours pieds-nus en toutes saisons.

C’est elle qui, en 1203, fonda une communauté cistercienne à Trebnitz (aujourd’hui Trzebnica en Pologne), première abbaye féminine de Silésie.

Veuve en 1238, Hedwige se retira dans cette abbaye dont l’abbesse était alors sa propre fille Gertrude, à laquelle elle se soumit humblement.

C’est là qu’elle mourut, le 15 octobre 1243. Elle fut canonisée en 1267.

Sainte Hedwige est patronne de Berlin, de la Silésie et de sa capitale Wroclaw, de Trzebnica, et des trois diocèses de Görlitz, Andechs et Cracovie.

En Pologne, sainte Hedwige est appelée : Jadwiga Śląska.

Sa fête liturgique est au 16 octobre, et c’est en ce jour que fut élu le pape polonais Jean-Paul II.

 

 

Teodorico l’Allemand

† 1377

 

Ce religieux carme d’origine allemande demanda à son supérieur de venir en Italie, faire le pèlerinage aux tombeaux des Apôtres.

A Rome, en outre, il délivra une possédée.

A Sienne, il guérit un sourd, à Florence une boîteuse. Une aveugle guérit en touchant son manteau.

Il mourut à Venise un 15 octobre, vers 1377.

Ce mystérieux thaumaturge n’est pas mieux connu et le Martyrologe romain ne le mentionne pas.

 

 

Gonçalo de Lagos

1360-1422

 

Les informations qu’on a de ce Portugais sont plutôt brèves.

Il naquit vers 1360 à Lagos (Portugal S).

Jeune encore, il entra à Lisbonne chez les Ermites de Saint-Augustin, où il se fit remarquer par son travail et sa piété. Il fut ordonné prêtre.

En 1394, il fut nommé supérieur du couvent de Louriñan près de Torres Vedras.

Vers 1404, il revint gouverner son couvent de Lisbonne, en 1408 celui de Santarem et en 1412 celui de Torres Vedras.

Son administration temporelle avait été excellente partout. Sa réputation de sainteté n’avait fait que grandir. Il préférait s’adresser aux cultivateurs et aux enfants, refusant toujours les avantages qu’aurait pu lui procurer sa vaste science.

Il mourut à Torres Vedras, le 15 octobre 1422.

Dès son vivant, on lui attribua des miracles et plus encore après sa mort. Les pêcheurs de l’Algarve l’ont pris pour patron céleste et ne se sont pas gênés pour le «canoniser».

Son culte fut confirmé en 1777.

 

 

Philippe de Chantemilan

1412-1451

 

Le prénom latin Philippus peut se mettre au féminin (Philippa), mais les deux formes sont identiques en français. On connaît peu de Philippe au féminin, en voici une.

Philippe de Chantemilan naquit vers 1412 au château de Changy (Loire), de Jean de Chantemilan et Jeanne de Vernay, qui avaient déjà un fils, Jean.

Le père mourut très peu après cette naissance, et son épouse éleva ses deux enfants avec une certaine fermeté, tout en administrant le château de Changy, propriété de Philibert de Lespinasse. Ferme, cette mère était très chrétienne et emmena Philippe en pèlerinage au Puy.

Cette dame délégua à Philippe, devenue adolescente, l’économie du château : approvisionnement et cuisine, ce dont elle s’acquitta avec un total esprit d’obéissance envers sa mère.

A quinze ans, Philippe fut totalement orpheline. Elle vivait correctement et s’habillait dans le goût de l’ambiance, mais elle changea radicalement quand elle s’aperçut qu’elle attirait les regards des hommes. Elle évitait de s’attarder aux réunions joyeuses et priait davantage, dans sa chambre ou à l’église.

Vers vingt ans, elle rejoignit son frère Jean, qui était écuyer de l’archevêque de Vienne en France. C’est à cette époque qu’elle fit le vœu de virginité et commença une vie austère et mortifiée. Elle fut au service de la sœur de cet évêque.

Elle couchait sur une table ou sur le sol, se levait pour aller à matines, assistait à plusieurs messes, écoutait le sermon, après quoi elle faisait plus, en peu de temps, que beaucoup d’autres en long temps. Souvent elle ne mangeait pas jusqu’au soir.

Pour se dédier davantage encore à la prière, elle se libéra de tout service. Elle intensifia ses dévotions, mais n’en recevait pas de consolation sensible, ce qui lui coûtait beaucoup. Elle continuait à soigner les malades et à visiter les pauvres ; elle alla même passer quelques semaines à Lyon pour se dévouer dans les hôpitaux et les prisons. Elle refit le pèlerinage au Puy, parfois pieds nus, mais aussi en d’autres sanctuaires, et à Rome durant l’année sainte de 1450.

Pour son voyage, son frère lui avait remis une certaine somme d’argent, qui passa toute en aumônes

L’année suivante, une épidémie de peste s’abattit sur Vienne et Philippe en fut une des premières victimes. Elle mourut saintement le 15 octobre 1451.

Son tombeau fut violé par les huguenots en 1562 ou 1567, mais le culte de Philippe resta vivant ; malgré les miracles qui se vérifièrent à son tombeau, la cause de béatification n’a jamais abouti et Philippe n’est pas mentionnée au Martyrologe.

 

 

Teresa de Cepeda y Ahumada

1515-1582

 

Teresa vit le jour le 28 mars 1515 à Gotarrendura (Vieille Castille, Espagne), de nobles parents qui s’appelaient Alonso Sánchez de Cepeda et Beatriz d’Ávila y Ahumada, troisième de leurs douze enfants.

Le papa descendait d’une famille juive séfarade de Tolède, convertie au christianisme.

Vive et cultivée, Teresa eut bientôt, avec son frère Rodriguez, le désir ardent d’être martyre. Mais on ne s’improvise pas tel ! Elle «joua» à être ermite, à faire l’aumône. Elle aimait prier le chapelet.

En 1527, elle fut orpheline de sa mère. Son adolescence s’exprimait dans le plaisir des belles tenues chevaleresques, élégantes, parfumées. Elle se trouva sur une pente dangereuse, mais en même temps détestait les choses malhonnêtes. Son père l’envoya réfléchir pendant un an dans un couvent à Ávila.

Puis il l’envoya pendant un an chez une autre de ses filles à Castellanos de la Cañada, d’où Teresa fit part à son père de sa volonté d’entrer en religion. Vive opposition du père. Teresa fuga en novembre 1533 (elle avait dix-huit ans) et entra au monastère du Carmel d’Ávila.

Elle y fit les vœux en 1534 et s’appela désormais Teresa de Jésus. Elle souffrit dès la première année de crises d’épilepsie, d’évanouissements, de cardiomyopathie. C’est du moins ce qu’on pourrait ainsi diagnostiquer d’après les descriptions qu’elle en donna. Elle alla de nouveau se reposer chez sa sœur.

Là, elle réussit à persuader le curé de cesser sa vie honteuse de concubinage ; elle revint à Ávila en 1537. Une rechute la tint paralysée pendant deux ans encore. Teresa attribua sa guérison à saint Joseph, envers qui elle avait une grande dévotion.

La mort de son père (1541), l’impressionna vivement.

Dans le monastère, les religieuses pouvaient aller et venir, recevoir des visites ; une apparition du Christ en 1542 lui reprocha son laisser-aller, et aussi lui apparut en croix. Teresa comprit qu’il fallait réformer cette vie relâchée, en commençant par elle-même.

Elle prit un directeur de conscience éclairé, un Jésuite ; elle rencontra Francisco Borja  (voir au 30 septembre), qui l’encouragea.

En 1558, elle eut une autre apparition, puis une vision de l’enfer. L’année suivante, elle prit pour directeur le père Baltasar Álvarez, lui-même favorisé aussi de manifestations mystiques.

En 1560, Teresa fit le vœu de toujours rechercher la plus grande perfection, approuvée en cela par saint Pedro d’Alcántara (voir au 18 octobre). Puis saint Luis Bertrán l’encouragea dans sa volonté de réformer le Carmel, dans un esprit authentique de pauvreté, de solitude et de silence.

La vie intérieure de Teresa évoluait vers une véritable union mystique avec le Christ, la Vierge Marie, les Saints et les Anges, qu’elle voyait alternativement. Elle reçut la grâce de la transverbération (une blessure d’amour au cœur, provoquée par un ange séraphique).

Grâce à l’appui de ses proches (un frère lui envoya de l’or du Pérou), elle put construire un premier monastère réformé à Ávila. On devait retrouver la vraie pauvreté, la mortification par la flagellation, marcher pieds-nus ou dans de simples sandales, d’où l’expression de Carmes Déchaux (déchaussés).

Teresa ouvrit ou réforma dix-sept couvents (féminins) en Espagne : Medina del Campo, Malagón, Valladolid, Tolède, Pastrana, Salamanque, Alba de Tormes ; ensuite aussi Madrid et Alcalá, Ségovie, Séville, Palencia… Burgos fut le dernier. Elle dut voyager beaucoup pour implanter sa réforme, malgré la fatigue, les maladies et les contradictions parfois violentes : un chapitre italien, en 1576, décréta la suspension d’ouverture d’autres couvents ; elle se soumit et resta un an sans sortir du couvent de Tolède. Son Autobiographie fut examinée par l’Inquisition.

Le mouvement gagna les hommes, grâce à saint Juan de la Croix (voir au 14 décembre) : Ségovie, Beas de Segura, Séville, Caravaca de la Cruz. 

Teresa mourut à Alba de Tormes (Salamanque) le 4 octobre 1582. La nuit suivante, toute la catholicité abandonnait le calendrier julien et adoptait le calendrier grégorien. Le jour suivant devenait le 15 octobre, jour de la fête de Teresa d’Ávila.

Lors des différentes exhumations qui eurent lieu, son corps apparut toujours incorrompu.

Elle fut béatifiée en 1614, canonisée en 1622 ; proclamée patronne d’Espagne en 1627, Docteur de l’Eglise en 1970.

L’inscription de sa statue au Vatican porte l’expression mater spiritualium (Mère des choses ou des personnes spirituelles). On la prit aussi comme protectrice des auteurs catholiques (1965)… et des joueurs d’échecs !

Parmi ses miracles, on rappelle la résurrection d’un de ses neveux. 

On a de sainte Thérèse d’Ávila plusieurs centaines de lettres, des œuvres de profonde mystique (Chemins de la perfection, Château intérieur), des récits (Fondations, Autobiographie), des poésies.

Didacus Kagayama Haito

1565-1619

Balthasar Kagayama Hanzaemon

1572-1619

Iacobus

1615-1619 

 

Didacus et Balthasar Kagayama, tous deux nés à Takatsuki (Ōsaka, Japon) étaient probablement deux frères, sinon deux proches parents et cousins. 

Tous deux étaient mariés et vivaient dans le diocèse de Fukuoka.

 

Didacus (Didace, Didier) était né vers 1565.

Il avait été sans doute catéchisé par les pères dominicains, et s’était agrégé à la Confraternité du Rosaire.

Il fut martyrisé à Kokura, le 14 octobre 1619.

 

Balthasar Kagayama Hanzaemon était né en 1572 environ.

Il fut martyrisé à Hiji (Oita), le 15 octobre 1619.

 

Avec lui, on martyrisa aussi, sans pitié, son petit garçon d’environ quatre ans, Iacobus, qui était né vers 1615.

 

Tous les trois furent béatifiés en 2008.

 

 

Magdalena de Nagasaki

1610-1634

 

Magdalena était née vers 1610 à Nagasaki.

Cette jeune vierge était membre du Tiers-Ordre dominicain et du Tiers-Ordre augustin, dans le diocèse de Nagasaki.

Elle fut martyrisée à Nishizaka (Nagasaki), le 15 octobre 1634. 

Elle fut béatifiée en 1981 et canonisée en 1987, en même temps que Lorenzo Ruiz et ses Compagnons, qui sont fêtés liturgiquement le 28 septembre.

Narcís Basté Basté

1866-1936

 

Narcís naquit à San Andrés de Palomar (Barcelone, Espagne) le 16 décembre 1866.

Jeune, il appartint à la Congrégation mariale de l’Immaculée et de saint Louis de Gonzague, à l’église du Sacré-Cœur de Barcelone, où il connut ainsi les Jésuites.

Après avoir pris ses grades académiques en Droit à l’université de Barcelone, il entra immédiatement chez les Jésuites (1890). Il étudia la philosophie à Veruele et la théologie à Tortosa.

Il fut ordonné prêtre en 1899 et fut envoyé à Valencia pour diriger une Congrégation mariale, qui devint avec lui la plus importante de la ville.

Véritable pionnier en matière socio-éducative, il eut diverses et heureuses initiatives : les premières colonies scolaires à Valencia, la Maison des Ouvriers ; il organisa des équipes de foot-ball entre les patronages, entre les académies ; des représentations vivantes de la Crèche ; des soirées littéraires, des sorties champêtres, des classes de plein air…

Il était l’auteur de plusieurs livres : Patronage des Jeunes Ouvriers, Vie et miracles de la très sainte Vierge du Puig, Catéchisme d’Apologétique, La vraie Religion, ce dernier publié en 1935. 

Quand la Compagnie de Jésus fut officiellement supprimée, il continua à animer des associations de travailleurs. Quatre fois il fut arrêté, mais trois fois il fut libéré par les soldats, qui l’avaient connu dans des cercles caritatifs.

La quatrième fois, on l’enferma dans une ferme, où il fut interrogé et torturé, toujours à Valencia.

Il fut assassiné par les miliciens de la CNT (Confederación Nacional del Trabajo, Confédération Nationale du Travail) le 15 octobre 1936, jour où le commémore le Martyrologe.

Sa béatification se fit en 2001.

 

 

Francesc Mitjá Mitjá

1874-1936

 

Francesc vit le jour le 26 juin 1874 à Arbucias (Gerona, Espagne), de parents inconnus. Ce lui fut une épreuve toute sa vie.

Il entra au séminaire de Gerona, mais c’est la vie conventuelle qui l’attirait.

Entré dans l’Ordre des Mercédaires à San Ramón, il fit à El Olivar le noviciat, reçut l’habit en 1909 et professa en 1910. 

Ses supérieurs obtinrent pour ce saint homme une dispense, car en principe l’accident de sa naissance l’excluait de la vie religieuse et du sacerdoce.

En 1911, on l’envoya à Lleida pour les études.

Celles-ci se déroulaient sans aucune difficulté, ses résultats étaient excellents : Francesc était passé maître en latin et en grec, en français, en espagnol et en catalan, il écrivait des poèmes (y compris en latin) ; il enseignait aussi bien la grammaire que l’arithmétique… mais voilà qu’on lui trouva un défaut aux yeux, suffisant pour lui demander de bien vouloir renoncer au sacerdoce.

Ce qui nous interpelle ici et semble assez mystérieux, c’est de comprendre comment un homme si cultivé qui pouvait enseigner, ne voyait pas suffisamment pour lire son bréviaire ou le missel de l’autel.

Le fait est que l’épreuve fut terriblement douloureuse pour Francesc. Il s’abandonna silencieusement à la Providence et renonça. Il serait Frère convers et enseignant. Ses élèves l’apprécièrent à tous les niveaux et partout, à Lleida, San Ramón, Barcelone…

Quand la guerre civile se déclencha, il n’avait pas peur et disait ingénûment : On ne me fera rien, à moi. J’irai mendier, et quand la guerre sera finie, j’aurai une très longue barbe, je reviendrai ici, on ne me reconnaîtra pas. 

Contraint d’abandonner le couvent en juillet 1936, il trouva refuge une quinzaine de jours chez des amis, que les miliciens menacèrent s’ils ne mettaient pas le Religieux à la porte ; ils le conduisirent chez d’autres amis, puis Francesc vagabonda par la montagne, tendant la main pour avoir quelques sous. Torà, Selles, Su, Matamargó : à chacune de ses haltes, il trouvait une bonne famille accueillante qui le cachait une nuit ou deux, tandis qu’il «payait» sa pension en rendant des services divers, faisant du catéchisme aux enfants, travaillant aux champs…

On arriva ainsi peu à peu à la mi-octobre (à moins que ce fût même en décembre). Francesc venait de sortir de chez ses hôtes et fut arrêté par une patrouille. On le fouilla, mais le chef le laissa aller. Le Frère retourna chez ses amis, qui l’installèrent dans une cabane à quelques centaines de mètres : le matin suivant, on entendit des coups de feu… 

Peu après, attiré par des aboiements, quelqu’un trouva le cadavre du Frère, en grande partie déjà déchiqueté et dévoré ; on reconnut le Frère Francesc. De la configuration des lieux, on déduisit qu’après l’avoir abattu sur une petite hauteur, les miliciens avaient jeté le Frère une trentaine de mètres plus bas, mais que, encore vivant, le pauvre Martyr s’était traîné sur une vingtaine de mètres avant d’expirer.

Les chiens lui avaient dévoré le cerveau et une partie de jambe. 

Un autre témoin aurait plutôt affirmé qu’il avait retrouvé le cadavre dans un ruisseau, dans un état avancé de décomposition : il s’agissait peut-être de quelqu’un d’autre.

On trouva près du Frère quelques pièces de monnaie, qu’on offrit pour célébrer une Messe. Mais il fallut encore attendre pour déplacer et enterrer cette dépouille ; quand ce fut possible, il ne restait que la tête.

Même si l’on trouve aussi le mois de janvier 1937 comme période de cette mort glorieuse, pour le moment, on trouvera le dies natalis de Frère Francesc au 15 octobre, en attente de plus amples lumières.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Cipriano Alguacil Torredenaida

1884-1936

 

Cipriano naquit à Ajofrín (Tolède, Espagne) le 12 octobre 1884.

Dans sa jeunesse, il travaillait aux champs avec ses parents.

Il fit sa profession comme frère coopérateur dominicain à Ávila en 1909.

Il fut successivement sacristain, cuisinier, portier à Ávila, Ocaña, Madrid. On le décrivait comme un religieux pieux, ordonné et travailleur. 

Il était à Madrid, le 19 juillet 1936, quand les révolutionnaires donnèrent l’assaut au couvent. Il se cacha alors chez une sœur qui vivait par là, pendant trois mois, continuant de vivre dans la prière. Quand on le prévenait que la messe se célébrait clandestinement dans telle ou telle maison, il s’y rendait pour participer à l’Eucharistie.

Il ne cachait pas son pressentiment que la prochaine fête de sainte Thérèse d’Ávila, le 15 octobre, serait pour lui un grand jour. C’est ce qui advint.

En effet, il fut arrêté le 15 octobre : il se présenta à ses bourreaux avec le rosaire à la main, déclarant clairement qu’il était dominicain et se livra à eux avec sérénité.

On retrouva son corps non loin de Madrid, à Barajas.

Le frère Cipriano a été béatifié en 2007.

 

 

Josefa Martínez Pérez

1897-1936

 

Josefa vit le jour le 5 août 1897 à Alberique (Valencia, Espagne), troisième des six enfants de José et Marcela.

Après le collège où elle fit partie des Enfants de Marie, elle entra chez les Filles de la Charité à Valencia et commença en 1925 le noviciat à Madrid. 

A partir de 1926, elle fit partie de la communauté de Valencia, qui gérait un des meilleurs hôpitaux d’Espagne. Il y avait là une centaine de Religieuses. On lui confia les orphelins et les femmes contagieuses. En plus de ses multiples obligations, elle réussit à passer aussi le diplôme d’infirmière, pour mieux servir les pauvres.

En juillet 1936, elle confia : Je m’en irai à Alberique, chez mes parents, et là je serai martyre, comme Jeanne d’Arc.

Entre le 24 juillet et le 6 août 1936, toutes furent expulsées.

Josefa et une autre Sœur prirent le train. En descendant, on aperçut leur habit et on les arrêta pour les interroger. On prévint la famille de venir les chercher, mais on surveillait…

L’été passa. Le 24 septembre, on fusilla son beau-frère parce qu’il était catholique, qu’il était charitable envers les pauvres (y compris ses bourreaux…) et parce qu’il avait hébergé les Sœurs. Josefa s’offrit à sa place, faisant remarquer que sa femme attendait son quatrième enfant, mais on le lui refusa.

Quand il s’agit de monter un petit hôpital, elle se proposa comme infirmière, mais on le lui refusa aussi.

Josefa et sa sœur Natalia, enceinte, furent arrêtées le 14 octobre. Toute la journée, Josefa pria, les bras en croix, pour obtenir la libération de sa sœur ; quand on les appela en pleine nuit, elle intercéda encore : le chef finit par libérer Natalia. Elles se séparèrent en disant : On se reverra dans l’éternité.

Josefa fut fusillée à Llosa de Ranes (Valencia), près du Pont des Chiens, le 15 octobre 1936, vers trois heures du matin.

Elle fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes assassinées en d’autres lieux en 1936.

 

 

Pere Verdaguer Saurina

1908-1936

 

Pere (Pierre) était né à Manlleu (Barcelone) le 24 octobre 1908.

Prêtre, il faisait partie des Fils de la Sainte Famille.

En 1936, il était secrétaire du collège Saint-Raymond-de-Peñafort à Vilafranca del Penedès (Barcelone) en même temps que préfet de la congrégation mariale.

Il s’occupait des jeunes avec un profond enthousiasme sacerdotal.

Au mois de mai, la communauté dut quitter le collège. Il rejoignit le collège de Begues et prépara ses papiers pour se présenter à l’ambassade d’Argentine.

Réfugié à Barcelone, puis à Manlleu, il dut traverser à pied le Ter, de nuit, pour éviter les miliciens et il regagna Barcelone, où il se réfugia dans une pension.

Lors d’un contrôle, il fut arrêté, mis en prison à San Elías et de là, conduit à Montcada le 15 octobre 1936 pour y être fusillé.

 

 

Rafael Lluch Garín
1917-1936

Né le 18 février 1917 à Valencia (Espagne), il était le benjamin des six enfants de José, un professeur de mathématiques, et de María, qui donnèrent une excellente éducation à leurs enfants. Le papa mourut le 24 octobre 1918, précisément le jour où l’on fêtait alors l’archange s.Raphael.

Les deux frères aînés de Rafael s’appelaient Vicente et Santiago ; ce dernier, bon musicien, fut missionnaire en Amérique du Nord.

En 1928, la famille déménagea à Madrid, où fut fondée en 1931 l’Association de la Médaille Miraculeuse ; les trois garçons appartinrent à cette Association. Puis ils revinrent à Valencia en 1933.

Malgré la persécution qui se déchaîna en juillet 1936, Rafael conservait dans son portefeuille une image de la Sainte Vierge ; il en connaissait le danger, mais répondait qu’on lui enlèverait plutôt la vie que sa Mère. Quand il entendait les coups de fusils des miliciens qui abattaient leurs victimes, il disait : S’ils viennent me prendre, je mourrai en criant Vive le Christ Roi !

A partir du 20 juillet, il s’occupa de la pharmacie de son beau-frère, qui avait été arrêté. Au soir du 12 octobre, trois miliciens - deux garçons et une fille - vinrent inspecter la boutique. Ils prirent d’abord la bicyclette de Rafael - qui lui servait pour se déplacer, mais il ne protesta pas. Mais quand ils commencèrent à blasphémer et à vouloir arracher du mur l’image de la Sainte Vierge, Rafael intervint : ils pouvaient prendre ce qu’ils voulaient, mais pas le cadre de la Mère de Dieu. C’est alors que la fille demanda aux garçons : Et ce mec, là, vous le laissez ici ? Ils l’emmenèrent.

Après trois jours de détention à Sollana, où ils cherchèrent en vain à le faire blasphémer, les miliciens allèrent le fusiller à Silla, le 15 octobre 1936.

Les miliciens eurent l’honnêteté de rapporter à la mère de Rafael son porte-feuille, où elle trouva ce petit billet : Ne pleure pas, maman, je veux que tu sois heureuse, parce que ton fils est très heureux. Je vais donner ma vie pour notre Dieu. Je t’attends au Ciel.

Béatifié en 2017 - un siècle après sa naissance -, Rafael Lluch Garín sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 15 octobre.

 

 

Władysław Miegoń

1892-1942

 

Il vit le jour le 30 septembre 1892 à Samborzec (Autriche, aujourd’hui Świętokrzyskie, Pologne), aîné des huit enfants de Stanisłas et Mariana Miegoniów, des polonais aussi croyants que patriotes.

Les parents tenaient une ferme, où leur grand garçon apprit à monter les chevaux magistralement.

Après l’école communale, il fréquenta l’école de garçons de Sandomierz et passa son baccalauréat à seize ans.

Il entra au séminaire de Sandomierz et fut ordonné prêtre en 1915.

Comme vicaire il fut à Iwaniska, Bodzentyn (1916), Głowaczów, Staszów et Iłża. 

Il eut l’occasion de descendre dans des tranchées, pour visiter les blessés. Il rencontra un jour un blessé autrichien, pour lequel le médecin du front ne voulait pas se déplacer : l’abbé Miegón loua une voiture, et alla chercher un médecin polonais pour soigner les blessés autrichiens.

Quand la Pologne fut reconstituée, son évêque ne lui accorda pas d’intégrer l’armée, mais le nomma aumônier de la Marine ; il eut le grade de Capitaine de vaisseau.

Il exerça sa fonction d’abord dans le bataillon de marine Modlin, puis Aleksandrów. En 1920, il était à Puck et se trouva ensuite au milieu du combat dans la guerre polono-bolchevique ; le président Piłsudski lui remit personnellement la Croix d’Argent de l’Ordre de la vertu militaire.

En 1924, la flotte s’installa à Gdynia, et l’aumônier s’arrangea pour compléter l’instruction, souvent trop élémentaire, des marins, en leur prodiguant des leçons de langue polonaise, de mathématiques, d’histoire et de géographie, et aussi en les formant au patriotisme polonais. Il organisa aussi une harmonie de la marine.

Durant l’été, il eut l’occasion d’en envoyer plusieurs pour travailler dans la ferme de ses parents.

Après encore plusieurs années de service, il dut interrompre toutes ces activités et fréquenta l’université catholique de Lubłin pour des études de Droit canonique (1929-1933). Mais là encore il travailla pour l’armée, rénovant le mess et la chapelle de la garnison de Lubłin, qui fut consacrée en 1933.

En 1934, de retour à Gdynia, il fut promu au rang d’aumônier principal, avec le grade de Capitaine de corvette.

De 1934 à 1938, il a lancé la construction de la chapelle de garnison à Oksywie, consacrée en 1939. 

En septembre, commença la Deuxième Guerre mondiale. Il fut capturé le 19 septembre 1939 ; il aurait pu être libéré, mais préféra rester avec ses marins pour leur garantir le ministère sacerdotal. Il fut donc conduit au Stalag IX C de Rothenburg, et successivement au camp de concentration de Buchenwald, en avril 1940. Contre les dispositions de Genève, on lui retira son uniforme militaire. 

A partir de juillet 1942 il fut transféré au camp de Dachau, avec le numéro 21223, où il décéda le 15 octobre 1942 ; son corps fut éliminé dans le four crématoire.

Grand patriote, officier de marine et aumônier, l’abbé Władysław Miegoń a été béatifié en 1999.

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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 23:00

13 OCTOBRE

 

II.

S Theophilos d'Antioche, converti en Mésopotomie par la lecture de la Bible et l'observation des mœurs chrétiennes, évêque à Antioche, auteur de "Trois livres à Autolycus".

III.

S Florentius, martyr à Thessalonique. 

IV.

SS Faustus, Ianuarius, Martialis, martyrs à Cordoue. 

S Lubentius, disciple de s. Martin à Tours puis de s.Maximin à Trèves, où il fut ordonné prêtre.

V.

S Romulus, évêque à Gênes, à l'origine de la ville de Sanremo.

S Venantius, berrichon, abbé près de Tours, mystique et thaumaturge.

VI.

S Leobonus, ermite près de Limoges.

VIII.

S Comgan, missionnaire irlandais, abbé à Turriff, fils de roi, frère de ste Kentigerna et oncle de s. Fillan.

IX.

S Simpert, abbé bénédictin à Murbach, puis évêque à Augsburg.

X.

S Géraud, apparenté aux ss. Césaire d'Arles et Yrieix, fils de ste Adeltrude, comte et fondateur d'une abbaye à Aurillac où il partageait les occupations des moines et d'où sortit Gerbert, le futur pape Sylvestre II ; il fit sept fois le pèlerinage à Rome.

XI.

S Reginbald, abbé bénédictin et évêque à Spire.

XII.

Ste Chelidonia, vierge à Subiaco, dont elle est patronne.

XVI.

Bse Maddalena Panattieri, tertiaire dominicaine à Trino, excellente conseillère ; elle prophétisa les malheurs d'Italie au XVIe siècle, précisant que sa ville serait épargnée.

XX.

Bx martyrs espagnols en 1934 aux Asturies, béatifiés en 2013 :

Lazaristes : le prêtre Tomás Pallarés Ibáñez (*1890), et le convers Salustiano González Crespo (*1871) ;

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007, martyrisés à Barcelone :

Carmes de l’Ancienne Observance : les profès Antonio Ayet Canós (Ludovico María) et Ángel Presta Batllé (Ángel María) (*1886, 1915).

Lasalliens : Ruperto García Arce (Florencio Miguel, *1908) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Herminio Motos Torrecillas (*1877) ;

Lazaristes : Joan Puig Serra (*1879), prêtre, près de Girona.

Bse Alexandrina Maria da Costa de Balasar (1904-1955), laïque portugaise ; elle s'élança par la fenêtre de sa maison pour échapper à des individus mal intentionnés et fit une chute de quatre mètres ; mystique, elle supplia le pape de consacrer le monde au Cœur Immaculé, et finit ses jours en s'alimentant de la seule Eucharistie ; béatifiée en 2004.

 

 

  

 

 

Salustiano González Crespo

1871-1934

 

Il naquit le 1er mai 1871 à Tapia de la Ribera (León, Espagne), quatrième des quatre enfants (deux garçons et deux filles) de Joaquin et Manuela, qui le firent baptiser dès le lendemain ; Salustiano fut confirmé cette même année, selon une coutume de l’époque.

Il grandit dans la saine atmosphère familiale, travaillant à la sueur de son front, sans perdre son temps.

Il vint à León pour trouver plus de travail.

En 1893-1894, il travailla comme aide-infirmier à l’hôpital de León, où il connut les Filles de la Charité, grâce auxquelles il put contacter le Supérieur de Madrid, sur recommandation (excellente, on s’en doute) des Sœurs de León.

il entra ainsi en 1894 dans la congrégation des Vincentiens à Madrid, où il fit le noviciat. Sur tous les points il donna entière satisfaction aux Supérieurs (et parfois même donna des leçons aux prêtres, par son comportement tout silencieux et soumis).

Il fut envoyé à la maison d’Ávila, où il fit la profession comme convers en 1896 ; en 1898, il fut envoyé deux ans à Valdemoro (Madrid), puis en 1900 aux Canaries, où il travailla pendant plus de vingt années, patiemment, humblement, sans jamais se plaindre.

Il revint sur Cuenca en 1928, et rejoignit la communauté d’Oviedo (Asturies) en 1930, comme cuisinier et portier. Il profitait aussi de cette dernière occupation pour enseigner du catéchsime aux petits enfants qu’il voyait passer.

Le Frère Salustiano n’était pas ce qu’on aurait appelé une lumière intellectuelle ; il n’était pas venu se consacrer à Dieu pour «paraître», mais pour rendre service.

La région des Asturies connut une phase de révolution dès 1934. Le séminaire d’Oviedo fut le théâtre d’événements particulièrement tragiques.

Le 6 octobre 1934, la plus grande partie des séminaristes tomba aux mains des révolutionnaires. Une partie des Pères et des élèves furent fusillés sur place. Mais pour un autre groupe qui allait être aussi fusillé, le Frère Salustiano s’interposa et dit aux assassins : Tuez-moi, moi, qui ne sers à rien. Mais ne tuez pas ces jeunes, qui peuvent faire beaucoup de bien.

Le résultat est que ce groupe fut «seulement» mis en prison quelque temps, d’ailleurs avec leur Directeur et quelques professeurs ; tous furent plus tard libérés.

Le 13 octobre 1934, vers midi, on annonça que l’édifice (le séminaire, ou la prison où se trouvait le Frère avec les autres, le détail n’est pas clair dans les récits) - l’édifice allait être dynamité : il y avait en effet deux tonnes de dynamite entassée au rez-de-chaussée. Ce fut la panique générale. Une première explosion détruisit entièrement l’escalier ; tous tentèrent soit de sauter par les fenêtres sur l’édifice voisin, soit d’ouvrir le parquet des étages supérieurs pour descendre plus bas avec des draps roulés en cordes. Mais en bas, tout un piquet de «Rouges» attendaient avec les fusils et tiraient sur la première tête qui apparaissait. 

L’héroïque Frère Salustiano reçut une balle dans la nuque. Il avait soixante-trois ans.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Antonio Ayet Canós

1886-1936

 

Antonio naquit à Villareal de los Infantes (Castellón, Espagne), le 25 juillet 1886, de Pascual et Mariana, qui avaient déjà quatre enfants.

Selon une pratique fréquente à l’époque, l’enfant fut baptisé le jour-même et confirmé en 1890.

Tout en fréquentant l’école tenue par les Pères franciscains, il aidait son père aux champs ; il appartint à la congrégation mariale de Saint-Louis et suivait le catéchisme au Carmel. Sa vocation mûrissait déjà.

En 1909, il entra au Carmel comme Frère lai et fit la profession en 1911, prenant désormais le nom de Ludovico María.

En 1920, il participa à une fondation à Porto Rico, d’où il rejoignit le Vénézuéla en 1922, pour revenir en Espagne en 1928.

En 1936, il se trouvait à Barcelone lorsqu’on préparait la fête du Carmel pour le dimanche 19 juillet : à cet effet, le Frère Ludovico devait partir à Tarrasa pour collaborer à cette préparation.

La révolution venait d’éclater ; à peine arrivé, Ludovico fut arrêté en même temps que son confrère Ángel Presta.

Le 13 août, on transféra nos deux Frères avec d’autres encore à la prison Modelo de Barcelone, où on les garda jusqu’au 12 octobre, pour un procès au Palais de Justice.

Condamnés à mort pour le «grave» délit d’être des religieux, ils furent emmenés la nuit suivante au cimetière de Tarrasa, où ils furent fusillés.

Ce martyre eut lieu le 13 octobre 1936, et le Frère Ludovico fut béatifié en 2007.

 

 

Tomás Pallarés Ibáñez

1890-1934

 

Il naquit le 6 mars 1890 à La Iglesuela del Cid (Teruel, Espagne), de Jenaro et María Amparo, de bons chrétiens qui le firent baptiser dès le lendemain.

Il fréquenta l’école des pères Vincentiens à Teruel.

En 1906, il entra au noviciat de Madrid, fit la profession en 1908 et fut ordonné prêtre en 1915.

Les missions, les prédications, les retraites qu’il accomplit, furent extrêmement nombreuses. Sa préparation ayant été excellente, il savait affronter mille problèmes avec science et prudence, au point qu’on l’appela l’homme universel. Il donna aussi des cours de latin aux jeunes élèves des Lasalliens.

Envoyé à la maison de Orotava, il partait de là en mission dans différents endroits de l’île de Tenerife. En 1923-1927, il fut professeur à Guadalajara, puis assistant du Provincial à Madrid, ainsi qu’assistant du Visiteur durant ses déplacements dans toute l’Espagne, au point qu’il en fut finalement secrétaire ; en 1930, il fut envoyé à Oviedo (Asturies) comme économe et directeur spirituel, ce qui ne l’empêcha pas d’aller aussi et encore prêcher dans d’autres communautés.

En 1934, il fut nommé sous-directeur du séminaire d’Oviedo.

La région des Asturies connut une phase de révolution dès 1934. Le séminaire d’Oviedo fut le théâtre d’événements particulièrement tragiques.

Dans le résumé qui suit, on ne pourra pas bien comprendre finalement où se passèrent les choses. Les explosions dont il sera question se produisirent-elles dans le séminaire des Vincentiens, ou dans tel autre édifice où étaient prisonniers les Religieux ? Les détails trouvés en plusieurs récits ne s’imbriquent pas réellement.

Le 6 octobre 1934, le séminaire fut envahi. Une partie des professeurs et des élèves put s’enfuir. Une autre partie des séminaristes tomba aux mains des révolutionnaires, qui les mirent en prison au commissariat, puis dans un ancien pavillon de la Garde Civile. Certains furent fusillés sur place. Après trois jours, on les déplaça dans un autre édifice, environ soixante-dix dans une seule pièce où ils ne pouvaient pas tous s’asseoir, encore moins s’allonger. Ils ne devaient pas parler (mais réussirent à se confesser aux prêtres présents) ; les Rouges se moquaient d’eux : Vous autres, qui êtes religieux et professez la perfection, allez nettoyer les toilettes, allez balayer.

C’est le directeur de prison qui interdit de fusiller tous les prisonniers. On organisa un simulacre de jugement, et certains furent relâchés.

Puis on transféra encore ailleurs les prisonniers, qui n’eurent rien à manger ni à boire pendant trois jours, sauf une bouchée et une goutte de café au matin du 13. On leur présenta même l’eau où s’étaient lavés les révolutionnaires.

Le père Tomás continua à assister spirituellement ceux qui étaient là (un autre texte dit qu’il erra dans les rues, renonça à se réfugier chez son frère, et revint dans le séminaire, avec le Frère Salustiano).

Le 13 octobre 1934, vers midi, on annonça que l’édifice allait être dynamité : il y avait en effet deux tonnes de dynamite entassée au rez-de-chaussée. Ce fut la panique générale. Une première explosion détruisit entièrement l’escalier ; tous tentèrent soit de sauter par les fenêtres sur l’édifice voisin, soit d’ouvrir le parquet des étages supérieurs pour descendre plus bas avec des draps roulés en cordes. Mais en bas, tout un piquet de «Rouges» attendaient avec les fusils et tiraient sur la première tête qui apparaissait. Le père Tomás reçut une rafale de balles dans la tête et s’écroula.

Après une deuxième explosion, le corps du Martyr fut écrasé par un poteau de fer ; on reconnut après son cadavre, qui cependant disparut par la suite (?).

Le père Tomás Pallarés fut béatifié en 2013.

 

 

Ruperto García Arce

1908-1936

 

Ruperto naquit le 10 juillet 1908 à Carcedo (Burgos, Espagne) et fut baptisé le 13.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils, puis à celui de Fortianell en 1924, et revint à Cambrils pour le scolasticat.

Après sa profession religieuse, il s’appela désormais Florencio Miguel.

Ce fut un religieux à la vie intérieure intense ; pieux, aimable, accueillant, très ordonné, il utilisait beaucoup de son temps à l’étude. Cette préparation personnelle le désigna vite pour être un professeur sérieux et un éducateur compétent. Il se révélera même finalement un des meilleurs professeurs, s’intéressant non seulement à la formation intellectuelle de ses élèves, mais aussi à leur formation religieuse, à travers une catéchèse appropriée et efficace.

Il commença son apostolat en 1926 à Tarragona, puis à Manlleu ; en 1929 il fut envoyé comme professeur au noviciat de Cambrils.

En 1933, il alla à Berga, où le surprit la persécution anti-religieuse.

Le Frère Supérieur s’employa à trouver pour chaque Frère un endroit où être protégé. Pour Florencio, il trouva à le loger chez un ancien élève, à quelques kilomètres de là. Mais devant les menaces que reçut le propriétaire, Florencio se dirigea sur Barcelone.

Là, il fut pendant trois jours chez un autre ancien élève de Berga, le docteur Agustín Ferrer, où il retrouva un autre Frère. Tous deux eurent l’idée de rejoindre Valencia.

Mais au moment de prendre le train, le 13 octobre 1936, ils furent arrêtés par des miliciens, qui les avaient épiés et suivis depuis un certain temps ; l’autre Frère réussit à fuir.

Après l’avoir interrogé, les miliciens fusillèrent Florencio.

Puis, de façon vraiment cynique, ils se présentèrent au cabinet du docteur Ferrer et lui dirent : Aujourd’hui, nous avons attrapé deux moineaux qui sortaient de chez vous. L’un des deux s’est enfui, mais l’autre, personne ne le rencontrera.

Le Frère Florencio (Ruperto) fut béatifié en 2007.

 

 

Ángel Presta Batllé

1915-1936

 

Ángel naquit à Olot (Girona, Espagne), le 17 février 1915.

En 1930, il entra au Carmel comme Frère lai et fit la profession, prenant désormais le nom de Ángel María.

Il fut le cuisinier de la communauté.

En 1936, il se trouvait à Barcelone lorsqu’on préparait la fête du Carmel pour le dimanche 19 juillet.

La révolution venait d’éclater ; Ángel fut arrêté en même temps que son confrère Ludovico (Antonio Ayet Canòs).

Le 13 août, on transféra nos deux Frères avec d’autres encore à la prison Modelo de Barcelone, où on les garda jusqu’au 12 octobre, pour un procès au Palais de Justice.

Condamnés à mort pour le «grave» délit d’être des religieux, ils furent emmenés la nuit suivante au cimetière de Tarrasa, où ils furent fusillés.

Ce martyre eut lieu le 13 octobre 1936, et le Frère Ángel fut béatifié en 2007.

 

 

Alexandrina Maria da Costa

1904-1955

 

Alexandrina naquit le 30 mars 1904 à Gresufes, bourg dépendant de Balazar (Póvoa de Varzim, Porta, Portugal), de parents cultivateurs, travailleurs et honnêtes, qui déménageront bientôt au lieu-dit Calvário. C’était la Semaine Sainte, et Alexandrina fut baptisée le Samedi Saint suivant, 2 avril 1904. 

Elle avait une sœur aînée, Olinda, qui sera sa compagne de jeux, et plus tard son infirmière et sa secrétaire.

La petite fille travailla aux champs avec ses parents et, dès douze ans, comme journalière. Parallèlement, elle devint catéchiste et membre de la chorale paroissiale. 

En 1916 elle fit une chute d’un arbre ; on la crut mourante, mais elle se rétablit après avoir reçu les derniers Sacrements.

Adolescente, elle voulaitt rester unie à Jésus-Christ dans la virginité, tellement qu’un jour où trois hommes mal-intentionnés prétendaient la poursuivre jusque dans sa chambre, elle n’hésita pas à passer par la fenêtre pour leur échapper, faisant ainsi une chute de quatre mètres ; les poursuivants n’insisteront pas, mais la jeune fille fut gravement choquée ; cette chute lui occasionnera une compression de la moelle épinière et une paralysie progressive qui la clouera au lit à partir de 1925.

Elle aura tout de même la joie de pouvoir assister au Congrès eucharistique de Braga en 1924.

Le Christ se manifestera à elle, lui demandant invariablement de souffrir, aimer, racheter. Désormais, Alexandrina vécut dans une rare intimité la Passion de Jésus-Christ, chaque vendredi, retrouvant mystérieusement ce jour-là l’usage de ses mouvements ; elle porta les stigmates du Christ.

En 1938, elle fit porter au pape la demande de consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie.

A partir de 1942, un fait extraordinaire se manifesta, constaté par plusieurs médecins et inexpliqué par la science : Alexandrina ne mangeait ni ne buvait plus rien, en dehors de l’Eucharistie quotidienne, phénomène qui durera treize années, jusqu’à sa mort. A partir de la même année, elle obtint la grâce que les souffrances de la Passion ne fussent plus visibles extérieurement.

Le Christ lui demandera d’offrir ses souffrances en réparation des sacrilèges commis envers l’Eucharistie.

Alexandrina Maria da Costa, qui ne se nourrissait plus que de l’Eucharistie et qui avait reçu la mission de faire consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie, mourut un jeudi, jour de l’Eucharistie, le 13 octobre 1955, anniversaire de la dernière apparition de Marie à Fatima.

Cette grande âme mystique fut béatifiée en 2004.

 

Theophilos d’Antioche
2. siècle

Theophilos naquit dans une région proche du Tigre et de l’Euphrate, et grandit dans le paganisme. 
Il reçut une bonne éducation helléniste.
Sa conscience pure eut l’occasion d’observer les mœurs des Chrétiens - disons, de ces Chrétiens qui ne jouent pas avec la Vérité et dont la vie est conforme à leur foi. Theophilos lut la Bible. Tout cela lui montra combien l’enseignement de la foi chrétienne était bien supérieur aux horreurs de la mythologie païenne : Theophilos devint chrétien.
Vers 169, il fut appelé à occuper le siège épiscopal d’Antioche de Syrie ; c’était le sixième après s.Pierre, qui y siégea le premier avant de se rendre à Rome.
Theophilos mourut après 180.
Des différents ouvrages qu’il a écrits et dont parlent l’historien Eusèbe et s.Jérôme (v. 30 septembre), on n’a que le texte du Traité à Autolykos, une véritable apologie du christianisme qui s’adresse à cet Autolycos, dont on ne connaît que le nom. Voici un de ses arguments :
De ce que les aveugles ne voient pas, il ne résulte point que la lumière du soleil ne se montre pas. Que les aveugles s’en prennent à eux-mêmes et à leurs propres yeux ; de même, si tu as les yeux de l’âme voilés par tes fautes et tes pratiques mauvaises. Comme un miroir brillant, voilà comment l’homme doit tenir son âme pure. Si le miroir est rouillé, on ne peut voir le visage de l’homme dans le miroir. De même, si l’homme est pécheur, cet homme ne peut contempler Dieu.
Il est intéressant de relever que Theophilos est le premier qui utilise un mot spécial, le mot trias, pour désigner la Trinité de Dieu, son Logos (le Verbe incarné) et sa Sophia (la Sagesse de l’Esprit).
Le Martyrologe Romain mentionne saint Theophilos d’Antioche au 13 octobre.


Florentius de Thessalonique
? 3. siècle

Qui sait ce que faisait ce Florentius au nom latin, à Thessalonique (Grèce N). Un soldat ? Un émigré ? Un pèlerin ?
On dit qu’il subit différentes tortures pour sa foi en Christ, et qu’il mourut dans les flammes.
Ce pouvait être au troisième siècle, vers 250.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Florentius de Thessalonique au 13 octobre.


Faustus, Ianuarius et Martialis de Cordoue
? 304

Ces trois Martyrs furent appelés par le poète Prudence les trois Couronnes.
On les étendit sur le chevalet, avec ordre d’intensifier progressivement les tortures jusqu’à ce que les trois hommes acceptassent enfin de sacrifier aux dieux païens.
Faustus s’écria : Il n’y a qu’un Dieu, notre Créateur !
Le juge lui fit tailler le nez, les oreilles, les paupières, la lèvre inférieure, mais plus Fausto souffrait, plus il louait et remerciait le Bon Dieu.
Même sort subit à son tour Ianuarius.
Martialis, le plus jeune des trois, de son chevalet ne perdait pas un instant des tortures de ses deux amis. Quand le juge l’invita à son tour à renier sa foi au Christ, il lui répondit : Jésus Christ est mon seul réconfort. Il n’y a qu’un Dieu, Père, Fils et Esprit-Saint : à eux soient rendus tout honneur et toute gloire.
On les condamna tous les trois à périr dans les flammes, où ils achevèrent leur martyre dans l’action de grâce.
Ce pouvait être vers 304.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Faustus, Ianuarius et Martialis de Cordoue au 13 octobre.


Lubentius de Trèves
4. siècle

Lubentius dut naître en Gaule.
Ses pieux parents le confièrent à s.Martin (v. 11 novembre) ; ce dernier à son tour le confia à s.Maximin de Trèves (v. 29 mai), qui était lui-même d’origine poitevine.
Maximin éleva Lubentius et l’ordonna prêtre. Lubentius fut son plus fidèle serviteur.
Lubentius fit élever une église sur le rocher de Dietkirchen (act. Hesse, Allemage C).
L’histoire traditionnelle raconte qu’à la mort de Lubentius, personne n’arrivait à déplacer son corps. Les évêques de Trèves et de Cologne décidèrent alors de le placer sur une barque et de laisser «les anges» s’en occuper. La barque descendit la Moselle, traversa le Rhin et remonta la Lahn, jusqu’à Dietkirchen, et c’est là que Lubentius fut enterré. 
Le Martyrologe Romain mentionne saint Lubentius de Trèves au 13 octobre.

 

Romulus de Gênes
5. siècle

Romulus serait né non loin de Gênes (Ligurie, Italie NW), dont il devint le quatrième évêque, vers la fin du quatrième siècle ou au début du cinquième.
On raconte de lui qu’il était animé d’une particulière bonté pour les hommes, spécialement pour apaiser les discordes.
Il se peut que Romulus, devant le danger des invasions lombardes, se réfugiât dans quelque grotte des alentours de Gênes, où il priait et faisait pénitence pour son troupeau menacé. Les gens venaient supplier Romulus de prier chaque fois qu’un danger se présentait : invasion, famine, épidémie…
La grotte où Romulus se retirait devint fameuse. Après sa mort, l’endroit prit le nom de Civitas Sancti Romuli, puis simplement San Romolo, en dialecte local San Rœmu, qui a donné l’actuel Sanremo.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Romulus de Gênes au 13 octobre.


Venantius de Tours
5. siècle

Venantius était originaire du Berry.
Ses bons parents l’avaient fiancé à une belle jeune fille, à laquelle il s’attacha loyalement. On sait, par exemple, qu’il lui offrit une paire de chaussons.
Venu à Tours, il y fut si remué intérieurement par tout ce qu’il entendit sur s.Martin (v. 11 novembre) et sur les moines de Marmoutier, qu’il désira embrasser la vie monastique.
Il fallait demander son avis à la fiancée - son épouse peut-être, car on ne sait si le mariage avait déjà été célébré. La fiancée consentit à la séparation. Venantius devint moine… et succéda à l’abbé Silvin.
Venantius reçut la grâce des miracles : il guérit un enfant tout perclus, ainsi que de nombreux malades atteints de quelque fièvre.
Il eut des visions. Ainsi il entendit les anges chanter le Sanctus de la Messe ; un prêtre défunt nommé Panivus lui apprit quel soulagement il avait reçu par ses prières…
Venantius mourut vers la fin du cinquième siècle, et continua de faire des miracles.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Venantius de Tours au 13 octobre.

 

Léobon de Salagnac

† 530

 

On est étonné de lire dans certaines publications qu’on ne sait rien de lui, et de découvrir dans d’autres publications (antérieures) tant de détails intéressants. Même si l’on a des raisons sérieuses d’émettre des doutes, on peut tout de même donner des informations, ne serait-ce qu’au conditionnel.

Notre Leobonus (Lion bon, gentil lion) naquit à une date imprécise de la fin du 5e siècle, à Fursac (Forum sacrum, ville sainte), de parents chrétiens qui le mirent sous la protextion de sainte Rufina (v. 19 juillet ?). 

Pourquoi Rufina, une martyre espagnole du 3e siècle ? L’église paroissiale était bien dédiée à sainte Rufine, mais on proposerait aussi cette explication : il est souvent arrivé que des parents imposassent à leur bébé le nom du Saint du jour ; en supposant que Leobonus fût né ou baptisé un 19 juillet, il pouvait recevoir le nom de Rufin ; ajoutons maintenant que sainte Rufine, après maintes tortures, fut exposée à un lion qui, gentiment, vint lui lécher le manteau. Ne serait-ce pas là l’origine du prénom Leobonus ?

Toujours est-il que Leobonus fut réellement bon, très tôt attiré par la solitude, la prière, la méditation. Il finit par se construire un petit ermitage non loin de Fursac, cultivant les légumes dont son corps avait besoin, et se rendant à l’église pour nourrir son âme de l’Eucharistie.

Le Diable ne pouvait pas laisser en paix une vie si sainte ; il suscita une femme qui, feignant de chercher son chemin, demanda à Leobonus l’hospitalité. Mais elle y mit des propos si liencieux que, pour préparer un lit, Leobonus étendit à terre des charbons ardents et s’y coucha en invitant cette femme à le rejoindre ; effrayée, elle se retira bien vite et, avec ses compagnes qui l’attendaient, vint observer la scène, bien surprise de constater que Leobonus n’avait aucune brûlure. Celles qui voulaient faire tomber Leobonus dans le péché, diffusèrent au contraire la sainteté de l’Ermite.

Mais Leobonus n’aimait pas tout le tapage qui en résulta ; il gagna Salagnac, un peu plus loin, et y vécut jusqu’à la fin de sa vie.

Leobonus mourut en ou vers 530. Les miracles qu’il n’avait pas opérés de son vivant, furent nombreux à son tombeau.

Il y eut tant de miracles, et tant de reconnaissance, que l’église paroissiale de Fursac fut la plus «riche» du diocèse. Lorsqu’en 1755 la commune voulut construire deux ponts, rendus nécessaires à cause des fréquentes crues des eaux, il leur «suffit» de vendre tous les matériaux de la chapelle de Saint-Léobon et le gros tilleul qui est au-devant de la dite chapelle.

Leobonus fut traditionnellement invoqué pour la guérison des enfants malades, pour guérir les fièvres ou les inflammations intestinales.

En 994, on procéda à une reconnaissance des reliques et on lava les os avec du vin bénit ; un jeune homme malade en goûta, et fut guéri à l’instant. Lors d’une procession des reliques, un enfant atteint du Mal des Ardents, fut guéri immédiatement. Par la suite, d’autres enfants furent aussi guéris du même mal. Près de Limoges se trouve une colline où furent déposées ces reliques le temps de les y faire vénérer : il y eut tant de miracles qu’on appela le lieu Montjauvy (Mons gaudii : Montagne de la Joie).

Il y eut ensuite une petite contestation entre Fursac et Salagnac : qui aurait eu l’honneur d’abriter les reliques de l’Ermite ? Après quelques échanges assez colorés, Fursac conserva le bras droit, Salagnac le reste.

Saint Léobon de Salagnac est commémoré le 13 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Comgan d’Irlande

8e siècle

 

Ne pas confondre s.Comgan avec s.Comgall (v. 10 mai).

Comhghan était le fils de Kelly, roi de Leinster (ou Laighean, Irlande CE), le frère de sainte Kentigern, et donc l’oncle de s.Fillan (v. 7 et 9 janvier).

Blessé à la suite d’une bagarre avec des clans voisins, Comgan s’enfuit avec Kentigern et les trois enfants de celle-ci, ainsi que sept autres compagnons, à Lochalsh (auj. Kyle of Lochalsh, Ecosse NO).

Là vécut cette petite troupe, conduite et dirigée par Comgan qui, devenu abbé, voulait montrer l’exemple et s’adonnait à la pénitence et à la plus grande austérité.

Comgan aurait aussi fondé le monastère de Turriff (Ecosse NE).

Il aurait été enterré à Iona par les soins de son neveu, s.Fillan.

Saint Comgan d’Irlande est commémoré le 13 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simpert d’Augsburg

750-807

 

On ne connaît rien de l’origine et de l’enfance de Simpert (ou Sintpert, Simbert, Sindbert).

Né vers 750, il pourrait avoir été un neveu de Charlemagne.

Ce dernier l’aurait nommé abbé de Murbach (Alsace), vers 778, puis évêque de Neuburg-Staffelsee en 789, en lui confiant en même temps d’ailleurs la fonction d’abbé au monastère local de l’île de Wörth.

En 802, Simpert aurait alors réuni ce siège à celui d’Augsburg et c’est lui qui en acheva et consacra la nouvelle cathédrale. Il fut le onzième évêque de ce diocèse.

A la mort de l’abbé Waldram de Benediktbeuern, il consacra le nouvel abbé Eliland.

Il s’occupa aussi attentivement du monastère Saint-Mang à Füssen.

Simpert aurait rédigé des statuts pour rehausser le niveau spirituel et intellectuel des monastères. Qu’on en juge par quelques sentences : 

  • les moines sauront par cœur la Règle de s.Benoît.
  • les étudiants devront s’exprimer en latin et sauront : les psaumes, les cantiques, les hymnes, l’Histoire sainte, les Vies des Pères.
  • les illettrés apprendront à lire pour pouvoir réciter le Pater, le Credo, les psaumes de la pénitence et peu à peu tous les autres psaumes.
  • Les abbés devront partager la même vie que les moines.
  • les moines devront travailler à tour de rôle en cuisine, à la boulangerie, et laver eux-mêmes leur linge.
  • le cachot (!) devra avoir un foyer.
  • le bain sera toléré hors carême.
  • un jeune moine devra saluer un plus âgé par la genudeflexio, génuflexion (?).
  • l’hôte sera accueilli respectueusement : de la main, il faudra toucher terre. 

Simpert apparaît avoir été un personnage-clé de l’époque, non seulement pour la ville et le diocèse d’Augsburg, pour la vie monastique, mais aussi pour les relations entre la Bavière et le royaume Franc.

Il mourut un 13 octobre, probablement en 807.

Ce n’est qu’en 1450 qu’on autorisa son culte.

Saint Simpert d’Augsburg est commémoré le 13 octobre dans le Martyrologe Romain.

Géraud d’Aurillac

855-909

 

Géraud naquit vers 855 à Aurillac, de Géraud et Adeltrude (v. 14 novembre ?). La famille comptait, dans ses ancêtres, s.Césaire d’Arles et s.Yrieix (v. 27 et 25 août). 

Dès avant la naissance, son père avait vu en songe un grand arbre sortir de son pied droit ; peu de jours avant la naissance, les parents entendirent dans le sein de la mère la voix de leur enfant qui, plus tard, devait si souvent louer la Sainte Trinité.

Comme son père, Géraud était comte. Il apprit le métier des armes, la chasse, mais se révéla de santé médiocre ; il fut même un moment couvert de boutons qu’on ne parvenait pas à guérir ; Géraud se perfectionna intellectuellement : grammaire, musique, Ecriture, droit, au point qu’il étonnait les clercs qui passaient à la maison.

La mort de ses parents rendit Géraud maître d’immenses domaines, qu’il voulut administrer avec une sainte sagesse, dans un esprit évangélique.

Il vit un jour une jeune fille serve qu’il pensa épouser ; mais il comprit qu’il se trompait et invita les parents à marier leur fille rapidement, l’affranchit et lui remit en dot une ferme ; ensuite il fut aveugle pendant un an. Plus tard, le duc d’Aquitaine lui proposa sa fille, mais Géraud déclina l’offre pour conserver sa chasteté.

Géraud préféra toujours la simplicité, la douceur et la générosité. Sa vie était celle d’un moine : avec son entourage, il priait l’office le matin et assistait à la Messe. Géraud parvenait à prier le psautier intégral chaque jour. Il mangeait peu, un repas par jour, faisant abstinence trois fois par semaine ; comme dans un monastère, il y avait la lecture pendant les repas.

Sa justice était véritablement évangélique. Il savait défendre son droit, mais aussi pardonner. 

Il se vit obligé de prendre les armes contre des voisins, mais il ordonna à ses hommes de charger l’épée à l’envers, ce qui mit en déroute l’ennemi : on comprit que Dieu était avec lui et le protégeait. D’autres fois, de véritables miracles eurent lieu, où l’on voyait la main de Dieu. Le comte de Turenne se blessa lui-même avec son épée et rentra honteux. Le comte Adémar voulut le surprendre de nuit quand il dormait dans un pré, mais ne put le trouver ; Adémar occupa un de ses châteaux mais, quand il voulut attaquer Géraud, ses hommes crurent voir en face d’eux des tentes innombrables et se rendirent : Géraud les laissa partir. Le frère d’Adémar voulut prendre Aurillac tandis que Géraud assistait à la Messe : il ne put voler que sept chevaux et en perdit plus de soixante sur son retour, et mourut deux semaines plus tard, pendant qu’une tempête arrachait le toit de sa demeure.

Géraud fut contraint de lancer une expédition contre un petit seigneur brigand. Il put l’arrêter sans le blesser et lui dit simplement : Tu n’es pas le plus fort, cesse de faire le mal ; je te relâche sans te demander ni otage, ni serment, ni réparation.

Nouveau Salomon, Géraud était consulté de très loin. Il intervint jusqu’à Plaisance (Italie). Quand il ne pouvait dissiper une discorde, il faisait célébrer la Messe pour la réconciliation des plaignants. 

Le dimanche, Géraud présidait le plaid, assemblée de justice aux jugements sans appel ; s’il ne pouvait empêcher parfois une peine de mort, il n’hésitait pas à favoriser une évasion pour un délit mineur. 

Il surprit un jour un voleur dans sa propre tente : il lui ordonna de vite partir avec ce qu’il tenait en main. 

Au château, il y avait toujours des habits, des chaussures, de l’argent pour les pauvres de passage ; Géraud goûtait lui-même le vin et le repas qu’on leur servait.

Surpris de voir une brave femme conduire la charrue, car son mari était malade, il lui paya un domestique ; rencontrant près de Rome un Berrichon malade et abandonné de ses compagnons de pèlerinage, il lui donna l’argent nécessaire pour se soigner et achever son voyage.

Géraud fit (au moins) sept fois le pèlerinage à Rome, outre ceux qu’il faisait à Saint-Martin de Tours ou Saint-Martial de Limoges. Son passage était signalé par la rumeur publique, car on savait qu’il laissait des aumônes importantes.

L’Eglise fut bien sûr particulièrement favorisée de cette libéralité : Géraud lui remettait le neuvième de ses revenus. Il aurait volontiers remis au pape tous ses domaines et son autorité, et se serait fait moine, mais l’évêque lui conseilla de demeurer à sa place, pour le bien de ses administrés. Géraud put cependant porter la tonsure monastique (qu’il dissimulait avec sa couronne de comte), raser sa barbe (sous prétexte de commodité), porter des vêtements de lin comme les clercs et, s’il devait paraître en public avec son épée, il la faisait porter devant lui pour ne pas la porter lui-même.

La grande œuvre de Géraud fut la construction de l’église et de l’abbaye d’Aurillac, sous la règle de saint Benoît (v. 21 mars). Ce fut vers 885. Géraud chercha à y faire venir de saints moines, qui ne surent pas être à la hauteur de leur Fondateur. Mais plutôt que d’intervenir dans la vie de la communauté monastique, Géraud priait et faisait célébrer des Messes. 

L’abbaye d’Aurillac obtint du roi un diplôme d’immunité daté 899, et fut donnée à Saint Pierre, de sorte qu’elle était absolument exempte de toute autorité laïque ou religieuse. Elle était dotée de revenus suffisants pour nourrir les moines. La première église s’écroula ; la deuxième fut dédiée à saint Pierre.

En 902, Géraud fut frappé de cécité et passa son temps à prier et à entendre de pieuses lectures. Une de ses dernières joies fut, en 907, la dédicace de l’église de l’abbaye.

En septembre 909, Géraud sentit la mort approcher. Il dicta son testament, qui favorisait principalement l’abbaye d’Aurillac, mais ses proches aussi ; il libéra cent serfs, le maximum que lui autorisait la loi. Il tomba malade à Cezerniacum, localité qu’on croit identifier avec l’actuelle Saint-Cirgues (Lot) et fit venir l’évêque. Le vendredi 13 octobre 909, il psalmodia encore l’office avec ses chapelains ; on le croyait mort, mais devant l’Eucharistie qu’on lui apportait, il ouvrit les yeux, communia, et mourut.

Sept années après cette pieuse mort, un clerc limousin demanda aux moines si le sarcophage continuait à s’élever ;  les moines furent bien surpris, en l’examinant, qu’il n’était plus enterré que jusqu’au couvercle, et que le prodige continuait encore.

Ce n’était pas le premier miracle qu’on constatait ; il y en avait eu du vivant du saint comte ; on savait que l’eau dont Géraud se lavait les mains, faisait des guérisons, d’un boîteux ici, d’un enfant aveugle là ; il semble que les miracles de Géraud aient intéressé particulièrement les aveugles, en France ou en Italie. Gêné par cette renommée, il cherchait à faire des miracles «en secret» (!), rien à faire, on criait même Saint Géraud, saint Géraud !

Géraud apprit mystérieusement en Italie qu’un ami moine était mort et fit prier pour lui ; on remarqua qu’en effet le moine était mort au moment où Géraud faisait prier pour lui.

Le comte Raymond de Toulouse s’obstinait à garder prisonnier le neveu de Géraud ; celui-ci apparut auprès du lit de Raymond et le menaça des pires châtiments : Raymond implora son pardon et relâcha le prisonnier.

Les miracles continuèrent après la mort de Géraud. Aurillac devint célèbre, les bâtiments insuffisants. Une nouvelle église fut consacrée en 962. De cette abbaye sortit un certain Gerbert, le futur pape Sylvestre II. Un des abbés fut Odon, plus tard abbé de Cluny, et auteur de la première biographie de Géraud.

En 1569, les calvinistes détruisirent entièrement l’abbaye, brûlant tous les parchemins, les archives, les meubles ; l’église fut reconstruite plusieurs fois.

Géraud reste un exemple exceptionnel de «sainteté laïque» : il n’était ni prêtre, ni ermite, encore moins martyr ; il fut un saint homme, au sens propre du mot.

Saint Géraud d’Aurillac est commémoré le 13 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

Cleridonia de Cicoli

1077-1152

 

Cleridonia naquit le 1er octobre de 1077 environ à Cicoli (Latium, Italie C).

A vingt ans, elle laissa la maison paternelle et s’établit dans une grotte à Morra Ferogna, sur l’Aniene, là où saint Benoît s’était établi cinq cents ans plus tôt (v. 11 juillet) et où se trouve l’actuel monastère bénédictin de Subiaco.

Cleridonia vécut là dans la contemplation, la prière et le jeûne, pendant plus d’un demi-siècle. Elle n’était pas inconnue, et ne pouvait d’ailleurs pas passer inaperçue. Elle fit des miracles et l’on changea son nom en Chelidonia, d’après le grec qui signifie «hirondelle».

Chelidonia ne fit qu’une sortie de sa vie érémitique, pour aller en pèlerinage à Rome vers 1115.

A son retour, à Subiaco, elle reçut l’habit bénédictin.

Elle quitta ce monde dans la nuit du 12 au 13 octobre 1152.

La localité de Subiaco la prit comme céleste patronne. Le Martyrologe mentionne sainte Chelidonia au 13 octobre.

 

 

Maddalena Panattieri

1443-1503

 

Maddalena naquit en 1443 à Trino (Piémont, Italie NO).

De toute sa jeunesse, on dit seulement qu’elle se consacra à Dieu très jeune et qu’elle reçut l’habit du Tiers-Ordre dominicain, car il y avait un couvent à Trino, dont dépendaient un certain nombre de jeunes filles vierges ou de veuves.

Maddalena faisait chaque jour une ronde dans la ville, aidant par ici, consolant par là, soignant un malade, aidant une maman ; elle tâchait d’intervenir contre les mauvaises habitudes, en particulier contre l’usure. Elle se mit à catéchiser dans une petite chapelle ; d’abord à quelques femmes, puis à d’autres plus nombreuses, puis à des hommes ; il y eut jusqu’à des Religieux et même des prêtres ! Un maître des novices y amena ses élèves.

C’est ainsi qu’elle eut l’occasion de convaincre les Dominicains de Trino d’adopter la réforme préconisée par le bienheureux Raimondo de Capoue (v. 5 octobre).

Il n’y avait pas que ceux-là. Un jour, elle reprocha à un habitant d’avoir lacéré une bulle (décret) affiché à l’église ; l’autre la gifla très fortement : elle «implora» le forcené de la frapper sur l’autre joue ; l’histoire raconte que le malheureux, qui s’appelait Perduto (c’est-à-dire perdu, condamné), mourut dans l’année.

Maddalena s’imposait une rigoureuse abstinence et de longs jeûnes, méditant longuement sur la passion du Sauveur.

Elle eut des visions sur l’avenir et prévoyait les malheurs qui allaient s’abattre sur l’Italie au 16e siècle : elle serait foulée par l’étranger, Rome serait saccagée (en 1527). Elle intercéda pour Trino ; juste avant sa mort, elle priait encore pour sa ville, qui d’ailleurs fut épargnée.

Elle mourut le 13 octobre 1503 et fut ensevelie dans l’église du couvent ; elle fut béatifiée en 1827.

Au 17e siècle, son corps fut déplacé et caché dans un oratoire proche. Ce n’est qu’en 1964 qu’on le retrouva et qu’on le reporta dans l’église.

Salustiano González Crespo

1871-1934

 

Il naquit le 1er mai 1871 à Tapia de la Ribera (León, Espagne), quatrième des quatre enfants (deux garçons et deux filles) de Joaquin et Manuela, qui le firent baptiser dès le lendemain ; Salustiano fut confirmé cette même année, selon une coutume de l’époque.

Il grandit dans la saine atmosphère familiale, travaillant à la sueur de son front, sans perdre son temps.

Il vint à León pour trouver plus de travail.

En 1893-1894, il travailla comme aide-infirmier à l’hôpital de León, où il connut les Filles de la Charité, grâce auxquelles il put contacter le Supérieur de Madrid, sur recommandation (excellente, on s’en doute) des Sœurs de León.

il entra ainsi en 1894 dans la congrégation des Vincentiens à Madrid, où il fit le noviciat. Sur tous les points il donna entière satisfaction aux Supérieurs (et parfois même donna des leçons aux prêtres, par son comportement tout silencieux et soumis).

Il fut envoyé à la maison d’Ávila, où il fit la profession comme convers en 1896 ; en 1898, il fut envoyé deux ans à Valdemoro (Madrid), puis en 1900 aux Canaries, où il travailla pendant plus de vingt années, patiemment, humblement, sans jamais se plaindre.

Il revint sur Cuenca en 1928, et rejoignit la communauté d’Oviedo (Asturies) en 1930, comme cuisinier et portier. Il profitait aussi de cette dernière occupation pour enseigner du catéchsime aux petits enfants qu’il voyait passer.

Le Frère Salustiano n’était pas ce qu’on aurait appelé une lumière intellectuelle ; il n’était pas venu se consacrer à Dieu pour «paraître», mais pour rendre service.

La région des Asturies connut une phase de révolution dès 1934. Le séminaire d’Oviedo fut le théâtre d’événements particulièrement tragiques.

Le 6 octobre 1934, la plus grande partie des séminaristes tomba aux mains des révolutionnaires. Une partie des Pères et des élèves furent fusillés sur place. Mais pour un autre groupe qui allait être aussi fusillé, le Frère Salustiano s’interposa et dit aux assassins : Tuez-moi, moi, qui ne sers à rien. Mais ne tuez pas ces jeunes, qui peuvent faire beaucoup de bien.

Le résultat est que ce groupe fut «seulement» mis en prison quelque temps, d’ailleurs avec leur Directeur et quelques professeurs ; tous furent plus tard libérés.

Le 13 octobre 1934, vers midi, on annonça que l’édifice (le séminaire, ou la prison où se trouvait le Frère avec les autres, le détail n’est pas clair dans les récits) - l’édifice allait être dynamité : il y avait en effet deux tonnes de dynamite entassée au rez-de-chaussée. Ce fut la panique générale. Une première explosion détruisit entièrement l’escalier ; tous tentèrent soit de sauter par les fenêtres sur l’édifice voisin, soit d’ouvrir le parquet des étages supérieurs pour descendre plus bas avec des draps roulés en cordes. Mais en bas, tout un piquet de «Rouges» attendaient avec les fusils et tiraient sur la première tête qui apparaissait. 

L’héroïque Frère Salustiano reçut une balle dans la nuque. Il avait soixante-trois ans.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Tomás Pallarés Ibáñez

1890-1934

 

Il naquit le 6 mars 1890 à La Iglesuela del Cid (Teruel, Espagne), de Jenaro et María Amparo, de bons chrétiens qui le firent baptiser dès le lendemain.

Il fréquenta l’école des pères Vincentiens à Teruel.

En 1906, il entra au noviciat de Madrid, fit la profession en 1908 et fut ordonné prêtre en 1915.

Les missions, les prédications, les retraites qu’il accomplit, furent extrêmement nombreuses. Sa préparation ayant été excellente, il savait affronter mille problèmes avec science et prudence, au point qu’on l’appela l’homme universel. Il donna aussi des cours de latin aux jeunes élèves des Lasalliens.

Envoyé à la maison de Orotava, il partait de là en mission dans différents endroits de l’île de Tenerife. En 1923-1927, il fut professeur à Guadalajara, puis assistant du Provincial à Madrid, ainsi qu’assistant du Visiteur durant ses déplacements dans toute l’Espagne, au point qu’il en fut finalement secrétaire ; en 1930, il fut envoyé à Oviedo (Asturies) comme économe et directeur spirituel, ce qui ne l’empêcha pas d’aller aussi et encore prêcher dans d’autres communautés.

En 1934, il fut nommé sous-directeur du séminaire d’Oviedo.

La région des Asturies connut une phase de révolution dès 1934. Le séminaire d’Oviedo fut le théâtre d’événements particulièrement tragiques.

Dans le résumé qui suit, on ne pourra pas bien comprendre finalement où se passèrent les choses. Les explosions dont il sera question se produisirent-elles dans le séminaire des Vincentiens, ou dans tel autre édifice où étaient prisonniers les Religieux ? Les détails trouvés en plusieurs récits ne s’imbriquent pas réellement.

Le 6 octobre 1934, le séminaire fut envahi. Une partie des professeurs et des élèves put s’enfuir. Une autre partie des séminaristes tomba aux mains des révolutionnaires, qui les mirent en prison au commissariat, puis dans un ancien pavillon de la Garde Civile. Certains furent fusillés sur place. Après trois jours, on les déplaça dans un autre édifice, environ soixante-dix dans une seule pièce où ils ne pouvaient pas tous s’asseoir, encore moins s’allonger. Ils ne devaient pas parler (mais réussirent à se confesser aux prêtres présents) ; les Rouges se moquaient d’eux : Vous autres, qui êtes religieux et professez la perfection, allez nettoyer les toilettes, allez balayer.

C’est le directeur de prison qui interdit de fusiller tous les prisonniers. On organisa un simulacre de jugement, et certains furent relâchés.

Puis on transféra encore ailleurs les prisonniers, qui n’eurent rien à manger ni à boire pendant trois jours, sauf une bouchée et une goutte de café au matin du 13. On leur présenta même l’eau où s’étaient lavés les révolutionnaires.

Le père Tomás continua à assister spirituellement ceux qui étaient là (un autre texte dit qu’il erra dans les rues, renonça à se réfugier chez son frère, et revint dans le séminaire, avec le Frère Salustiano).

Le 13 octobre 1934, vers midi, on annonça que l’édifice allait être dynamité : il y avait en effet deux tonnes de dynamite entassée au rez-de-chaussée. Ce fut la panique générale. Une première explosion détruisit entièrement l’escalier ; tous tentèrent soit de sauter par les fenêtres sur l’édifice voisin, soit d’ouvrir le parquet des étages supérieurs pour descendre plus bas avec des draps roulés en cordes. Mais en bas, tout un piquet de «Rouges» attendaient avec les fusils et tiraient sur la première tête qui apparaissait. Le père Tomás reçut une rafale de balles dans la tête et s’écroula.

Après une deuxième explosion, le corps du Martyr fut écrasé par un poteau de fer ; on reconnut après son cadavre, qui cependant disparut par la suite (?).

Le père Tomás Pallarés fut béatifié en 2013. 

 

 

Herminio Motos Torrecillas
1877-1936

Né le 9 et baptisé le 10 décembre 1877 à María (Almería), Herminio se prépara au sacerdoce au séminaire d’Almería. 

Il fut ordonné prêtre en 1901.

Il desservit les paroisses de María, de Saint-Sébastien d’Almería, de Vera. Au moment d’être nommé à Vera, il avait demandé : Envoyez-moi là où il y a un malade à assister, une personne triste à consoler, un pauvre à secourir. Dieu l’exauça en envoyant là une grave épidémie qui fit des morts ; il s’occupa tellement bien des malades, qu’il en reçut la croix-d’or de la Croix-Rouge espagnole, ainsi que plusieurs distinctions municipales.

En 1912, il revint à son pays, comme curé-archiprêtre. Il allait y rester presqu’un quart de siècle.

Une de ses grandes préoccupations était la question sociale : le travail et la condition des ouvriers. Il fonda un Syndicat Agricole Catholique et une petite fabrique d’espadrilles.

Dès janvier 1936, il sentit mûrir la révolte et put prédire à son évêque la persécution. Il ne se trompait pas : dès le 23 juillet, on le jetait hors de son presbytère et on l’expulsait même de María. On le retrouva dans une ferme proche où il se cachait et il déclara : J’ai offert ma vie pour le salut de mon pays. Et se mettant à genoux : Vous pouvez m’assassiner, je n’en peux plus ; mais je vous pardonne tous. 

Emmené dans un champ d’Alfahuara, il partagea se qu’il avait entre les miliciens et reçut la palme du martyre, le 13 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Herminio Motos Torrecillas sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 octobre.54


Joan Puig Serra
1879-1936

Joan naquit le 20 juillet 1879 à Sant Martí de Centelles (Barcelone) ; cette date allait être tristement historique, dans la mesure où un demi-siècle plus tard elle marquerait le début de la guerre civile et d’une atroce persécution dans le pays.

Joan commença le séminaire de Vic, puis entra dans la Congrégation de S.Vincent de Paul (Vincentiens) en 1899 à Madrid. Des études, il n’en avait pas fait beaucoup, mais il se mit avec ardeur au travail et fut ordonné prêtre en 1907.

A l’école apostolique de Bellpuig il fut professeur d’espagnol, de catalan, de grec, de géographie et d’histoire naturelle ; il prêcha à Maiorque et en Catalogne, dans le diocèse de La Seo de Urgel ; il fut directeur de la maison de Rialp, avant de l’être à Figueras en 1932.

Très dévôt du Sacré-Cœur, il l’était aussi de la Sainte Vierge et de S.Vincent de Paul, dont il publia des images avec une neuvaine.

Le père Joan répétait naïvement que, n’ayant jamais fait de mal à personne, on ne lui ferait jamais rien de mal à lui non plus, mais il se trompait. Le 19 juillet (veille de son anniversaire), la révolution éclata alors que toute la communauté - sauf lui et un autre - s’étaient rendue à Palma pour le centenaire de la fondation de la maison. Le p.Joan tenta de se réfugier chez les Filles de la Charité, mais il fut trahi par un milicien qui le connaissait. On l’y arrêta le 5 août 1936 dans la soirée et on l’emmena dans le vieux château de Figueras.

Il y resta jusqu’au treize octobre, dans une cellule du sous-sol qu’il partageait avec un prisonnier de droit commun ; ce dernier, peu à peu, changea d’attitude jusqu’à demander pardon pour sa mauvaise conduite. La nourriture du Père lui était portée par des amis, de la part des bonnes Religieuses. Des gens venaient le voir ; il les exhortait à pardonner aux ennemis. Les derniers temps de sa vie, il répétait souvent : Nous devons toujours nous préparer à mourir.

Au soir du 13 octobre 1936, des miliciens firent irruption dans le château, ouvrirent les portes des cellules et tirèrent sur tous les prisonniers. Outre le p.Joan, se trouvaient là aussi huit autres prêtres et quatre laïques, mais ces derniers ne se trouvent pas dans la même cause de béatification que le père Joan.

Béatifié en 2017, Joan Puig Serra sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 octobre.

 

 

Antonio Ayet Canós

1886-1936

 

Antonio naquit à Villareal de los Infantes (Castellón, Espagne), le 25 juillet 1886, de Pascual et Mariana, qui avaient déjà quatre enfants.

Selon une pratique fréquente à l’époque, l’enfant fut baptisé le jour-même et confirmé en 1890.

Tout en fréquentant l’école tenue par les Pères franciscains, il aidait son père aux champs ; il appartint à la congrégation mariale de Saint-Louis et suivait le catéchisme au Carmel. Sa vocation mûrissait déjà.

En 1909, il entra au Carmel comme Frère lai et fit la profession en 1911, prenant désormais le nom de Ludovico María.

En 1920, il participa à une fondation à Porto Rico, d’où il rejoignit le Vénézuéla en 1922, pour revenir en Espagne en 1928.

En 1936, il se trouvait à Barcelone lorsqu’on préparait la fête du Carmel pour le dimanche 19 juillet : à cet effet, le Frère Ludovico devait partir à Tarrasa pour collaborer à cette préparation.

La révolution venait d’éclater ; à peine arrivé, Ludovico fut arrêté en même temps que son confrère Ángel Presta.

Le 13 août, on transféra nos deux Frères avec d’autres encore à la prison Modelo de Barcelone, où on les garda jusqu’au 12 octobre, pour un procès au Palais de Justice.

Condamnés à mort pour le «grave» délit d’être des religieux, ils furent emmenés la nuit suivante au cimetière de Tarrasa, où ils furent fusillés.

Ce martyre eut lieu le 13 octobre 1936, et le Frère Ludovico fut béatifié en 2007.

 

 

Ruperto García Arce

1908-1936

 

Ruperto naquit le 10 juillet 1908 à Carcedo (Burgos, Espagne) et fut baptisé le 13.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils, puis à celui de Fortianell en 1924, et revint à Cambrils pour le scolasticat.

Après sa profession religieuse, il s’appela désormais Florencio Miguel.

Ce fut un religieux à la vie intérieure intense ; pieux, aimable, accueillant, très ordonné, il utilisait beaucoup de son temps à l’étude. Cette préparation personnelle le désigna vite pour être un professeur sérieux et un éducateur compétent. Il se révélera même finalement un des meilleurs professeurs, s’intéressant non seulement à la formation intellectuelle de ses élèves, mais aussi à leur formation religieuse, à travers une catéchèse appropriée et efficace.

Il commença son apostolat en 1926 à Tarragona, puis à Manlleu ; en 1929 il fut envoyé comme professeur au noviciat de Cambrils.

En 1933, il alla à Berga, où le surprit la persécution anti-religieuse.

Le Frère Supérieur s’employa à trouver pour chaque Frère un endroit où être protégé. Pour Florencio, il trouva à le loger chez un ancien élève, à quelques kilomètres de là. Mais devant les menaces que reçut le propriétaire, Florencio se dirigea sur Barcelone.

Là, il fut pendant trois jours chez un autre ancien élève de Berga, le docteur Agustín Ferrer, où il retrouva un autre Frère. Tous deux eurent l’idée de rejoindre Valencia.

Mais au moment de prendre le train, le 13 octobre 1936, ils furent arrêtés par des miliciens, qui les avaient épiés et suivis depuis un certain temps ; l’autre Frère réussit à fuir.

Après l’avoir interrogé, les miliciens fusillèrent Florencio.

Puis, de façon vraiment cynique, ils se présentèrent au cabinet du docteur Ferrer et lui dirent : Aujourd’hui, nous avons attrapé deux moineaux qui sortaient de chez vous. L’un des deux s’est enfui, mais l’autre, personne ne le rencontrera.

Le Frère Florencio (Ruperto) fut béatifié en 2007.

 

 

Ángel Presta Batllé

1915-1936

 

Ángel naquit à Olot (Girona, Espagne), le 17 février 1915.

En 1930, il entra au Carmel comme Frère lai et fit la profession, prenant désormais le nom de Ángel María.

Il fut le cuisinier de la communauté.

En 1936, il se trouvait à Barcelone lorsqu’on préparait la fête du Carmel pour le dimanche 19 juillet.

La révolution venait d’éclater ; Ángel fut arrêté en même temps que son confrère Ludovico (Antonio Ayet Canòs).

Le 13 août, on transféra nos deux Frères avec d’autres encore à la prison Modelo de Barcelone, où on les garda jusqu’au 12 octobre, pour un procès au Palais de Justice.

Condamnés à mort pour le «grave» délit d’être des religieux, ils furent emmenés la nuit suivante au cimetière de Tarrasa, où ils furent fusillés.

Ce martyre eut lieu le 13 octobre 1936, et le Frère Ángel fut béatifié en 2007.

 

Alexandrina Maria da Costa

1904-1955

 

Alexandrina naquit le 30 mars 1904 à Gresufes, bourg dépendant de Balazar (Póvoa de Varzim, Porto, Portugal), de parents cultivateurs, travailleurs et honnêtes, qui déménageront bientôt au lieu-dit Calvário. C’était la Semaine Sainte, et Alexandrina fut baptisée le Samedi Saint suivant, 2 avril 1904. 

Elle avait une sœur aînée, Olinda, qui sera sa compagne de jeux, et plus tard son infirmière et sa secrétaire.

La petite fille travailla aux champs avec ses parents et, dès douze ans, comme journalière. Parallèlement, elle devint catéchiste et membre de la chorale paroissiale. 

En 1916 elle fit une chute d’un arbre ; on la crut mourante, mais elle se rétablit après avoir reçu les derniers Sacrements.

Adolescente, elle voulait rester unie à Jésus-Christ dans la virginité, tellement qu’un jour où trois hommes mal-intentionnés prétendaient la poursuivre jusque dans sa chambre, elle n’hésita pas à passer par la fenêtre pour leur échapper, faisant ainsi une chute de quatre mètres ; les poursuivants n’insisteront pas, mais la jeune fille fut gravement choquée ; cette chute lui occasionnera une compression de la moelle épinière et une paralysie progressive qui la clouera au lit à partir de 1925.

Elle aura tout de même la joie de pouvoir assister au Congrès eucharistique de Braga en 1924.

Le Christ se manifestera à elle, lui demandant invariablement de souffrir, aimer, racheter. Désormais, Alexandrina vécut dans une rare intimité la Passion de Jésus-Christ, chaque vendredi, retrouvant mystérieusement ce jour-là l’usage de ses mouvements ; elle porta les stigmates du Christ.

En 1938, elle fit porter au pape la demande de consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie.

A partir de 1942, un fait extraordinaire se manifesta, constaté par plusieurs médecins et inexpliqué par la science : Alexandrina ne mangeait ni ne buvait plus rien, en dehors de l’Eucharistie quotidienne, phénomène qui durera treize années, jusqu’à sa mort. A partir de la même année, elle obtint la grâce que les souffrances de la Passion ne fussent plus visibles extérieurement.

Le Christ lui demandera d’offrir ses souffrances en réparation des sacrilèges commis envers l’Eucharistie.

Alexandrina Maria da Costa, qui ne se nourrissait plus que de l’Eucharistie et qui avait reçu la mission de faire consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie, mourut un jeudi, jour de l’Eucharistie, le 13 octobre 1955, anniversaire de la dernière apparition de Marie à Fatima.

Cette grande âme mystique fut béatifiée en 2004.

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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 23:00

14 OCTOBRE

 

III.

S Calliste, pape (217-222) : ancien esclave, organisateur du cimetière qui porte son nom ; il mit fin à l'hérésie trinitaire de Sabellius, autorisa, malgré la loi civile, le mariage entre esclaves et personnes libres, réadmit à la pénitence tous les pécheurs, contre le rigorisme de Tertullien, Hippolyte et Novatien, et mourut dans une échauffourée avec des Juifs (ou bien de mort naturelle ?).

IV.

S Céleste, évêque à Metz.

S Gaudentius, premier évêque à Rimini.

S Donatianus, évêque à Reims, dont les reliques ont été transférées à Bruges.

?

S Lupulus, martyr à Capoue.

V.

Ste Manechildis, vierge à Bienville, une des sept filles de Sigmar et Lintrude, toutes vouées à Dieu et toutes saintes.

VI.

S Fortunatus, évêque à Todi ; il chassait les démons et ressuscita un mort.

S Venantius, évêque à Ortonovo.

VII.

Ste Angadrême, abbesse à Oroër ; devenue lépreuse quand on voulut la marier, elle recouvra sa beauté quand on la laissa vivre dans la virginité ; invoquée contre les sécheresses, les incendies, les périls publics, patronne de Beauvais.

VIII.

S Cosmas le Moine, évêque à Maiouma, théologien et poète, ami de s. Jean de Damas dont il serait devenu le frère par adoption.

XI.

S Domenico l'Encuirassé, ermite à Montefeltro, puis camaldule, célèbre pour sa flagellation (pendant douze psautiers) avec la discipline, qu'il semble avoir inventée ; son surnom lui vient d'une cotte de mailles qu'il portait directement sur la peau, sauf quand il se flagellait.

XVII.

B Didacus Kagayama Haito, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

XVIII.

B Jacques Laigneau de Langellerie, prêtre à Angers, guillotiné, béatifié en 1984.

XX.    

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiée en 2001 :

Laïques : près de Valencia, Ana María Aranda Riera (*1888) ;

- béatifiés en 2017 :

Clarétains : près de Santander, les prêtres Joaquín Gelada Hugas et Isaac Carrascal Mozo (*1881, 1896), et le convers Félix Barrio y Barrio (*1883).

Bx Franciszek Rosƚaniec (*1889) et Stanisƚaw Mysakowski (*1896), prêtres martyrs polonais, gazés à Dachau en 1942, béatifiés en 1999.

B Roman Lysko (1914-1949), prêtre marié ukrainien, martyr emmuré vivant, béatifié en 2001.

Calliste Ier

217-222

 

Seizième pape, Calliste (ou Calixte) eut une vie très mouvementée, surtout avant son pontificat. Mais il faut aussi être prudent dans ce qu’on avance, car les informations qu’on a de lui viennent d’Hippolyte, son adversaire acharné.

Durant donc son aversion totale contre Calliste, Hippolyte écrit que ce Calliste avait été esclave de Carpophore, un chrétien de la maison de César ; esclave qui avait ses coudées assez franches et occupait une situation assez en vue, puisque Carpophore lui confia une somme importante pour des opérations bancaires. En effet Calliste fonda une banque dans le quartier de la piscine publique (au sud de Rome, entre la porta Ostiensis et la porta Ardeatina ; à la piscine succédèrent les thermes de Caracalla). Des veuves et des frères lui remirent leurs économies. Il les dilapida, prit peur, s’embarqua à Porto. Mais Carpophore paraît ; Calliste se jette à l’eau ; on le repêche, et on l’emploie à tourner la meule. Carpophore, obsédé par les créanciers de Calliste, se décida à lui rendre quelque liberté : Calliste aurait eu de l’argent en dépôt chez des Juifs. Et Calliste de courir à la synagogue, et d’en profiter pour y confesser sa foi de chrétien. Mais les Juifs ne se laissèrent point faire. Ils le traînèrent devant Fuscianus, préfet de Rome, comme perturbateur de l’ordre public et chrétien. Carpophore intervint, protestant que Calliste n’était pas chrétien, mais seulement banqueroutier. Le préfet fit flageller Calliste, et l’envoya comme forçat aux mines de Sardaigne.

Marcia, maîresse de l’empereur Commode, et chrétienne de cœur, demanda au pape Victor la liste des déportés en Sardaigne et la remit à un eunuque, le prêtre Hyacinthe, qui se rendit dans l’île et fit libérer tous les détenus sauf Calliste, non porté sur la liste. Calliste obtint cependant son élargissement. En voyant reparaître cet indésirable, le pape Victor aurait été fort mécontent. Pour avoir la paix, il envoya le confesseur à Antium, avec une pension mensuelle. Dans cette retraite qui dura une dizaine d’années, Calliste pur cultiver son esprit. Le successeur de Victor, Zéphyrin, fit venir Calliste plein de ressources, l’inscrivit dans son clergé, le nomma diacre et le chargea de gérer le cimetière. Jusque là, le cimetière chrétien se trouvait via Salaria. Calliste en organisa un via Appia, qui devint le principal et porta ensuite le nom de Calliste.

L’ancien financier était un homme d’action, d’administration et de gouvernement, plutôt qu’un théologien. C’est pourquoi Hippolyte, prêtre très instruit, avait le jeu facile pour critiquer Calliste. 

Quand Calliste fut élu pour succéder à Zéphyrin (217), Hippolyte se laissa proclamer pape par une faction du clergé local. Plus tard, il fut exilé en même temps que le pape Pontien aux mines de Sardaigne, se réconcilia avec l’Eglise et mourut martyr avec Pontien (voir au 13 août).

Calliste condamna la doctrine de Sabellius (monarchianisme), qui distinguait mal les trois personnes de la Sainte Trinité. Il condamna aussi une autre doctrine qui semblait subordonner le Christ à Dieu, sorte de dithéisme où la nature divine du Père différait de celle du Fils.

Il voulut aussi montrer la miséricorde divine envers les pécheurs, en particulier envers les clercs, autre chef d’accusation d’Hippolyte. 

Il ordonna huit évêques, seize prêtres et quatre diacres.

Calliste mourut en 222, un 14 octobre, mais on ne précise pas en quelles circonstances. Il aurait été martyr, jeté au fond d’un puits. 

Il n’est pas enterré au cimetière qui porte son nom, mais à celui de Calépode, sur la via Aurelia. 

Son successeur sera Urbain Ier.

 

 

 

Gaudentius de Rimini
3. ou 4. siècle

La figure de Gaudentius n’est pas claire pour les historiens.
Il serait venu d’Ephèse à Rome, à la fin du troisième siècle et y aurait reçu le baptême. 
Plus tard, il fut ordonné prêtre, puis évêque pour aller évangéliser le peuple de Rimini. Ainsi Gaudentius devrait être le premier évêque de Rimini. S’il est vrai que c’est le pape Damase qui l’ordonna, ce ne pouvait être qu’après 366.
Durant son épiscopat, Gaudentius aurait ordonné prêtre Marinus, le fondateur de l’antique cité de San Marino.
Cependant, la date de 366 ne peut s’accorder avec celle du «concile» de Rimini, qui eut lieu en 359, et auquel aurait participé Gaudentius lui-même comme évêque de Rimini. On sait que lors de ce concile, les évêques fidèles à la foi proclamée à Nicée (325) refusèrent de signer la formule qu’on leur proposait et se retirèrent ; Gaudentius aurait été un de ceux-là.
Il se serait alors caché quelque temps, avant de rentrer dans sa ville épiscopale. C’est alors qu’il aurait été arrêté par des soldats de l’empereur et lynché par des partisans d’Arius. 
Gaudentius serait donc mort après 366, et peut-être martyrisé.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Gaudentius de Rimini au 14 octobre, sans mentionner son martyre.


Donatianus de Reims
† 389

On racontait que, petit enfant, Donatianus avait été jeté dans un fleuve. Il fut sauvé parce qu’un homme eut la savante inspiration de mettre à l’eau une roue portant cinq cierges, laquelle s’arrêta à l’endroit où l’on put repêcher l’enfant sain et sauf. 
Donatianus fut le huitième évêque de Reims, à partir de 361.
Bien après sa mort, on procéda à un transfert des reliques de Donatianus, à Bruges. Beaucoup de miracles eurent lieu lors de ce transfert.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Donatianus de Reims au 14 octobre.


Lupulus de Capoue
5. siècle ?

Lupulus (Petit Loup) est un martyr de Capoue (Campanie, Italie), dont on ne sait rien d’autre.
Une mosaïque du début du sixième siècle le représentait.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Lupulus de Capoue au 14 octobre.


Manechildis de Bienville
5. siècle

Si ce récit est vrai, le comte de Perthes, Sigmar et son épouse Lintrude, eurent sept filles : Amée, Hoïlde, Lintrude, Pusinne, Francule, Libaire et Manechildis  (Ménehould) qui, toutes, se consacrèrent à Dieu.
Anciennement ces sept vierges étaient toutes inscrites dans le Martyrologe.
A la mort des parents, les sept sœurs se séparèrent. Manechildis, qui était la plus jeune, se retira à Bienville (Haute-Marne), cherchant constamment à se perfectionner dans la voie de la sainteté, sous la direction de l’évêque saint Alpin (v. 7 septembre).
Ménehould s’installa avec son père à Château-sur-Aisne. L’endroit était marécageux et une épidémie se déclara. Ménehould prit la direction d’un hospice, fondé grâce aux dons de deux Juifs convertis. Elle y montra un grand dévouement dans l’assistance aux malades.
Ensuite, elle s’installa à Côte-à-Vignes (Neuville-au-Pont), où on lui attribua plusieurs guérisons miraculeuses. Une source miraculeuse jaillit là où elle planta en terre son fuseau.
Fiinalement, après la mort de ses parents, Manechildis s’installa à Bienville et c’est là qu’elle s’éteignit, à un âge fort avancé, vers 500 ou peu avant.
La petite ville de Bienville, en 1972, a fusionné avec celle d’Eurville, devenant la ville d’Eurville-Bienville, dont les habitants sont donc les Eurvillois-Bienvillois.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Ménehould de Bienville au 14 octobre.


Fortunatus de Todi
† 580

Fortunatus fut le huitième évêque de Todi (Pérouse, Ombrie, Italie C), vers 547 ou un peu auparavant.
D’après le pape s.Grégoire le Grand (v. 12 mars), Fortunatus accomplit de nombreux miracles : il rendit la vue à un aveugle, il ramena un mort à la vie. Mais surtout, par sa prière, il chassa des démons. Une fois, c’était une armée entière, qui fut mise en déroute après plusieurs jours de prière.
Fortunatus mourut vers 580, et continua de faire des miracles après sa mort.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Fortunatus de Todi au 14 octobre.


Venantius de Luna
6. siècle ?

On ne connaît guère ni Luna ni Venantius.
Luna (ou Luni) était une petite fraction de la province de La Spezia (Ligurie, Italie NW), qui fait aujourd’hui partie de la localité Ortonovo.
Venantius en fut l’évêque. Il fut très estimé du pape s.Grégoire le Grand (v. 12 mars).
Cet évêque eut le soin particulier de la bonne formation de son clergé et des moines. De son temps arriva ce triste épisode qu’un clerc, nommé Valentino, et de triste mémoire, fut en pleine nuit extirpé de son tombeau par deux individus (ou deux esprits) et jeté dans un autre tombeau. Dieu voulait permettre par là de faire savoir combien la conduite de ce Valentino avait été déplorable.
Venantius semble avoir vécu au sixième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Venantius de Ortonovo au 14 octobre.

 

Angadrême de Beauvais

610-695

 

Angadrisma naquit vers 610 dans le diocèse de Thérouanne ; Robert, comte de Renty, son père, était garde des sceaux sous Clotaire III.

Lorsqu’un de ses cousins, Lambert (v. 14 avril), entra dans la vie monastique, elle fut conquise par l’amour du Christ et fit intérieurement le vœu de chasteté.

Sa famille arrangea cependant son mariage avec un certain Ansbert (v. 9 février), fils du seigneur de Chaussy en Vexin, mais les deux «fiancés» préféraient conserver la virginité. On ajoute ici l’épisode «légendaire» qu’elle fut atteinte de la lèpre jusqu’à ce que ses parents lui rendissent sa liberté. Une autre version affirme que ce fut Ansbert qui eut le visage couvert de pustules. Le mariage fut annulé.

Angadrême se rendit auprès de l’évêque de Rouen, s.Ouen (v. 24 août), qui lui remit le voile des vierges et la fit admettre dans un monastère du diocèse de Rouen.

Vers 660, on voulut lui confier  le gouvernement du monastère de l’Oratoire à Oroër (Beauvais, Oise). Elle préféra y vivre comme simple religieuse, mais fut bientôt choisie par l’ensemble des sœurs pour être leur abbesse. Elle n’ordonnait rien qu’elle ne fît d’abord elle même.

Lors d’un incendie, elle arrêta les flammes en portant les reliques de s.Evroult (v. 25 août ?). D’autres miracles, nombreux, eurent lieu par la vertu d’Angadrême, mais nous n’en avons pas de détails.

Après plus de trente années d’abbatiat, sentant approcher sa dernière heure, elle demanda pardon à toutes les sœurs pour ses mauvais exemples, reçut l’Eucharistie et s’éteignit dans le Seigneur.

C’était vers 695, un 14 octobre, l’Abbesse avait plus de quatre-vingts ans.

On l’invoquait dans les sécheresses, les incendies, les périls publics. C’est ainsi qu’en 1472 on lui attribua le salut de la ville assiégée par les Bourguignons de Charles le Téméraire ; Louis XI demanda une procession annuelle en signe de reconnaissance. C’est lors de cet épisode que s’illustra Jeanne Laisné, dite Hachette, qui gagna et retira devant elle un estendart ou banniere des Bourgoignons. La procession se déroulait le dimanche le plus proche du 27 juin.

Sainte Angadrême de Beauvais est commémorée le 14 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Domenico Loricato

(Dominique l’Encuirassé)

1000-1060

 

Ce qu’on va rapporter de la vie de ce Saint en étonnera plus d’un. On sera sans doute effrayé des austérités qu’il s’est imposées sans qu’aucune autorité ne lui ait suggéré davantage de prudence et de discrétion. Seul le contexte historique et sans doute une vocation toute particulière nous aideront à comprendre, à admettre une telle figure.

Né vers l’an 1000 à Cagli dans les Marches, Domenico échappa dès son enfance à la corruption régnante dans cette Italie du XIe siècle. Il était déjà clerc quand ses parents, qui désiraient le voir devenir prêtre, offrirent à l’évêque une belle peau de bouc bien préparée pour qu’il l’ordonnât. Ce qui eut lieu. Quand Domenico apprit l’acte simoniaque de ses parents, il fut terrifié, refusa d’accomplir dorénavant aucune fonction sacerdotale et supplia l’abbé Giovanni de Montefeltro de l’admettre parmi ses disciples. 

Son monastère se trouvait auprès de l’ancienne ville de Luceolum, entre Gubbio et Cagli (peut-être l’actuelle Ponte Riccioli en Ombrie). Il comprenait dix-huit cellules où les frères menaient une vie quasi érémitique, partageant leur temps entre la prière et le travail, ne parlant que le dimanche entre vêpres et complies. Ils ne possédaient qu’une seule bête de somme. Un seul frère était chargé de pourvoir à l’entretien des autres, ce qui n’était pas compliqué, puisqu’ils ne buvaient jamais de vin et jeûnaient au pain et à l’eau tous les jours, sauf le dimanche et le jeudi. Plus tard Domenico parlait avec admiration du Frère Anson, son compagnon de cellule : avant chaque heure canoniale, chacun flagellait l’autre pendant un bon moment ; entre autres mortifications, Anson s’astreignait à manger en une seule fois ses rations de pain de neuf jours, pour digérer plus difficilement.

Après plusieurs années de ce rude noviciat, Domenico partit, avec la permission de son abbé, se mettre sous le direction de saint Pietro Damiano (Pierre Damien), depuis peu prieur de Fonte Avellana, monastère camaldule situé seulement à quelques lieues de Luceolum. C’était vers 1042. Partisan décidé des mortifications corporelles, Pietro fut enchanté de recevoir une recrue déjà bien entraînée et l’encouragea dans ses austérités.

Les Camaldules vivaient presque en ermites, sans règle écrite, uniquement guidés par leur zèle et leur désir de perfection, ce qui leur permettait de se livrer à des exercices impossibles pour des cénobites. Domenico régla son menu une fois pour toutes : comme nourriture, du pain et du fenouil (l’espèce particulière à l’Italie donne une sorte de fruit consommé couramment en hors-d’œuvre) ; comme boisson, de l’eau et quelquefois un peu de vin, qu’il supprima longtemps avant sa mort. Son horaire était aussi simple : il priait sans s’arrêter, les bras en croix spécialement la nuit, et ne dormait qu’à genoux la tête par terre et seulement à l’extrême limite de ses forces.

Trouvant ces pratiques insuffisantes, il eut recours aux instruments de torture : il portait directement sur la peau une cotte de mailles ou cuirasse de fer qu’il n’enlevait que pour prendre la discipline. Il y ajouta des cercles de fer qui serraient ses bras, ses cuisses et ses jambes, un seul autour de chaque membre d’abord, puis après quelques années il en mit un second. Ce sont ces instruments qui lui valurent son surnom d’Encuirassé (Loricato) ; mais il semble bien qu’il leur préférait la flagellation pour laquelle il avait une véritable passion : neuf ans avant sa mort, il eut l’idée de remplacer les verges, utilisées ordinairement, par un fouet aux lanières de cuir, ce qui lui a valu d’être considéré comme l’inventeur de la discipline. Qu’il l’ait inventée ou non, il est certain qu’il ne voulait pas s’en séparer et qu’il l’emportait toujours en voyage. Il se flagellait avec la communauté au chapitre et ses frères pouvaient alors constater qu’il avait la peau noire comme un Ethiopien, mais cet exercice conventuel devait lui sembler bien court à côté de ses séances particulières. 

Il disait que trois mille coups de discipline équivalaient à une année de pénitence publique, et qu’en récitant un psautier il se donnait quinze mille coups en frappant des deux mains. Vingt psautiers, trois cent mille coups valaient une pénitence de cent ans, sa ration habituelle pour une semaine. Pendant un carême, il demanda d’accomplir une pénitence de mille ans et il tint son engagement. Il s’attaqua aussi au “record” de durée : il commençait le soir et se flagellait sans désemparer en récitant des psautiers ; plusieurs fois, il dut s’arrêter au bout du neuvième et se désespérait de ne pouvoir atteindre dix. Il devait probablement réciter les psaumes à un rythme assez rapide et mettre moins des trois heures que l’on compte ordinairement pour réciter un psautier. Une fois il eut la joie de pouvoir enregistrer un record qui n’a jamais sans doute été dépassé depuis ; il récita, en se flagellant des deux mains sans s’arrêter, douze psautiers et en commença un treizième qu’il poursuivit jusqu’au psaume XXXIe : après cet exploit , son corps était tellement zébré de meurtrissures qu’on aurait cru voir une masse pilonnée dans un mortier.

Domenico essayait d’entraîner les autres à suivre son exemple. Un moine se laissa convaincre avec beaucoup de peine, mais une fois décidé fut pris d’une belle ardeur et se flagella pendant un psautier et cinquante psaumes. Le lendemain, craignant un reproche pour avoir manqué de discrétion, il vint trouver le grand ascète et lui raconta ce qu’il avait fait. “Courage, mon frère, lui répondit-il, ne perds pas confiance en constatant ta faiblesse d’aujourd’hui. Dieu peut te conduire de ces bas-fonds à de hauts sommets et transformer cette faiblesse enfantine en force virile.”

Ce goût certainement exagéré de l’ascèse pour elle même contraste avec la vertu de discrétion prônée par saint Benoît. Domenico n’était pas à proprement parler un directeur d’âmes. Après avoir changé plusieurs fois d’ermitage, il fut nommé par saint Pietro Damiani vers 1050 supérieur de celui de San Vicino près de Frontale, entre Fabriano et San Severino et dédié à la Très Sainte Trinité. Quelques disputes avec ses voisins le lassèrent plus vite que des flagellations volontaires et il demanda à son maître de s’en aller. On imagine que saint Pietro Damiani dut encourager ce champion des mortifications, en lui rappelant que la patience est la reine des vertus et le remède des péchés et que la prospérité dans les affaires temporelles n’est pas un signe de la bénédiction divine.

Souffrant de l’estomac et de continuels maux de tête, Domenico, qui ne cessait pas de réciter des psautiers et de prendre la discipline, finit par accepter un remède au cours d’une nuit d’insomnie. Aussitôt il souffrit atrocement, ce qui ne l’empêcha pas d’aller à matines, mais il mourut pendant l’office suivant (Prime, la «première» heure de l’Office, maintenant supprimée).

C’était le 14 octobre 1060 ou 1061. Ses confrères l’enterrèrent aussitôt pour ne pas laisser voler le corps de celui qu’ils considéraient comme un saint. Pietro Damiani, averti, vint à San Vicino et le fit exhumer pour le déposer au chapitre. Il y avait neuf jours que Domenico était mort et son corps ne portait aucune trace de corruption.

En 1302, ses reliques furent transférées dans l’église de Frontale, qui fut alors dédiée à saint Domenico, et où elles sont encore pour la plus grande part.  

En ce Xe siècle, où l’Eglise traversait une grave crise, surtout en Italie, Domenico voulut offrir à Dieu son ascèse comme prix d’une conversion générale du clergé. Son exemple n’est pas à imiter. S’il passe pour avoir inventé la discipline - que beaucoup de monastères ont ensuite adoptée, mais d’une façon beaucoup plus discrète que Domenico - il pourra certainement nous enseigner que notre corps humain est bien plus résistant qu’on ne le croit parfois, quand nous nous disons à bout de forces au terme de quelques petits efforts.

C’est saint Pietro Damiani (voir au 21 février) qui rédigea lui-même une Vie de Domenico dans une longue lettre adressée au pape Alexandre II.

Didacus Kagayama Haito

1565 ?-1619

 

Didacus et Balthasar Kagayama, tous deux nés à Takatsuki (Osaka, Japon) étaient probablement deux frères, sinon deux proches parents et cousins. 

Tous deux étaient mariés et vivaient dans le diocèse de Fukuoka.

 

Didacus (Didace, Didier) était né vers 1565.

Il avait été sans doute catéchisé par les pères dominicains, et s’était agrégé à la Confraternité du Rosaire.

Il fut martyrisé à Kokura, le 14 octobre 1619.

On retrouvera Balthasar Kagayama avec son fils Iacobus le 15 octobre.

Tous les trois furent béatifiés en 2008.

 

 

Jacques Laigneau de Langellerie

1747-1794

 

Né le 19 (17 ?) avril 1747 à La Flèche (Sarthe) dans une famille bourgeoise, Jacques Julien Henry fut ordonné prêtre pour le diocèse d’Angers.

Vicaire au Bailleul pendant dix ans, il fut ensuite curé à La Bruère. En 1784, il y bénit une nouvelle cloche, qui porte cette inscription :

J’ai été bénite par Mre Jacques Julien Henry L’Aigneau de Langellerie, curé de cette paroisse, nommée Jacques Martine par Mre Jacques de Frémentel, chanoine de Saint Martin de Tours, prévôt d’Angers, seigneur de cette paroisse et autres lieux, sous la gestion de Mre René Bodin, procureur de fabrique. Lejeune, fondeur.

Cette même année, il fut nommé aumônier des Carmélites à Angers, en raison de sa santé.

Comme simple aumônier, il n’était pas astreint au serment de la Constitution civile du clergé, mais il fut tout de même tourmenté pour sa foi et son sacerdoce.

Interné en 1792 au Grand séminaire, qui était devenu la prison révolutionnaire, il fut condamné à la déportation et conduit à Nantes, d’où devait partir le Didon. 

Malade, il ne fut pas embarqué et resta prisonnier à Nantes.

L’attention des geôliers s’étant affaiblie, le prêtre en profita pour s’évader, en juillet 1793, déguisé en charretier, et revint à Angers.

Pendant plus d’une année, il exerça son ministère en cachette, et l’on dit qu’il rendit des services inimaginables.

Reconnu le 11 octobre 1794, arrêté et conduit au Comité révolutionnaire (qui siégeait à l’évêché), le prêtre expliqua sans détour qu’il portait l’Eucharistie à une malade.

Renvoyé au tribunal criminel (quel crime de porter l’Eucharistie !), il fut condamné à la guillotine, pour n’avoir pas prêté le serment et ne s’être pas soumis à la loi de déportation.

Des témoins affirmèrent qu’il monta à la guillotine d’un pas gai et décidé, en ce 14 octobre 1794, veille de la fête de sainte Thérèse d’Avila, fondatrice des Carmélites.

L’abbé Jacques Laigneau de Langellerie fut la dernière des cent cinquante-huit victimes guillotinées à Angers : le lendemain, 15 octobre, la guillotine fut démontée.

Jacques Laigneau de Langellerie a été béatifié en 1984.

 

 

Joaquín Gelada Hugas
1881-1936

Né le 5 décembre, baptisé le 6 décembre 1881 à Olot (Girona), il y fut confirmé l’année suivante, avec son frère jumeau Jerónimo. Le père, Jerónimo, fabriquait des cordes ; la mère, Inés, travaillait courageusement pour tenir sa grande famille.

Joaquín travaillait bien à l’école ; à dix ans, il commença le latin. La même année passa dans le pays un père clarétain, qui suscita la vocation des deux jumeaux.

Ils entrèrent au postulat de Barbastro en 1892. Peu après, ils revinrent à la maison, Jerónimo pour sa santé, Joaquín «parce qu’il ne montrait pas de signes réels de vocation», dit-on. Ils continuèrent cependant leurs études avec un prêtre et firent la Première au séminaire de Gerona.

En 1897, Joaquín entra au noviciat de Cervera ; là encore on doutait un peu de sa vocation, mais il fit la profession en 1898, puis la philosophie et la théologie, pour finalement être ordonné prêtre en 1906. Il avait vingt-cinq ans, il allait en passer trente à enseigner.

Au début, il croyait qu’on l’enverrait en pays de mission, en Amérique, mais sa première destination fut Burgos (1907), comme préfet des élèves externes ; en 1908, on l’expédia à Ségovie où, durant l’été, il eut à faire des répétitions à deux garçons qui avaient été recalés en juin ; il écrivait plaisamment à son frère jumeau qu’il devait les «rendre moins ânes». En 1909, on l’envoya à Valmaseda, comme professeur, une charge qui lui convenait très bien. En 1912, il fut à Santo Domingo de la Calzada, où on lui reconnut enfin ses excellentes qualités de pédagogue ; il y enseigna aussi le latin ; en 1921, il alla à Medina de Rioseco, pour arriver finalement en 1921 à Castro Urdiales.

L’élève à qui l’on reprochait son peu de piété, était devenu un prêtre assidu au devoir et passionné par l’enseignement. Les petits élèves l’appelaient gentiment El Abuelazo, le petit Grand-père ; il aimait beaucoup enseigner aux enfants pauvres.

Le 22 juillet 1936, il retrouva le p. Carrascal chez les Servantes de Jésus, où les rejoignit ensuite le frère Barrio. Le 13 octobre, il célébra la Messe pour la dernière fois. A onze heures, arriva une troupe de miliciens pour les arrêter. Le p. Joaquín voulait prendre quelque vêtement avec lui, et dut donner sa parole d’honneur qu’il revenait immédiatement. Puis il donna sa bénédiction aux Religieuses. Après avoir fouillé partout, le chef des miliciens lança : Nous avons pris les trois moineaux.

Comme on l’a vu pour le p. Isaac Carrascal, on les conduisit dans la «prison» des Clarisses, où on les confina dans le chœur de la chapelle.

Au petit matin du 14 octobre 1936, à une heure de la nuit, on réquisitionna un chauffeur pour conduire les trois Religieux avec trois miliciens, qui insultaient et frappaient les prisonniers ; ils tentaient aussi de les faire apostasier. Arrivés à l’endroit prévu, les miliciens firent descendre les Religieux et les autres prisonniers et ordonnèrent au chauffeur de continuer vers Santander : on l’abattrait s’il racontait quelque chose. Il n’avait pas fait cinq cents mètres, qu’il entendit des coups de feu. C’était au niveau de Torrelavega, sur la route entre Sierrapando et La Cavada.

Béatifié en 2017, Joaquín Gelada Hugas sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 14 octobre.


Félix Barrio y Barrio
1883-1936

Né le 8 mars 1883 à Villafranca Montes de Oca (Burgos), Félix était le cinquième des neuf enfants de Santiago, un ouvrier, et Florencia. Il reçut le baptême le 13 mars suivant, et la confirmation à six ans.

En 1895, il entra au collège des Clarétains de Santo Domingo de la Calzada, mais pour huit jours seulement : on l’envoya à la maison de Cervera, où il arriva à quatre heures du matin ; il avait douze ans, et fut très impressionné par cette immense maison qui abritait plus de deux-cents personnes.

Il étudia et apprit le métier de tailleur : c’est qu’il en fallait, des habits, pour toute cette communauté ! On admira la facilité avec laquelle il apprenait.

Cependant, après le postulat, il resta frère convers ; il fit la profession en 1899, en présence de ses parents, puis fut envoyé à Santo Domingo, où il fut jardinier. L’asthme dont il souffrait fit qu’on le remit à la couture. C’est à cause de sa santé d’ailleurs, qu’il fut envoyé successivement à Segovie, Calahorra, Baltar, Valmaseda, Castro Urdiales enfin. A l’occasion on lui confia aussi l’accueil ou encore l’infirmerie.

Ce Frère édifia partout la communauté où il se trouvait. Il était si détaché qu’il renonça même à quitter la maison pour aller fêter les noces d’or de ses parents. Il savait retenir sa langue et pour tout commentaire, répétait souvent : Que la volonté de Dieu soit faite.

Lors du déchaînement de la persécution, le Supérieur donna à tous la permission d’aller où mieux leur semblait pour tenter de survivre. Le Frère Félix fut de ceux qui préférèrent rester sur place dans le collège. C’était peut-être téméraire, mais ils purent s’y organiser jusqu’au 18 août, lorsque deux prêtres et Félix se serrèrent dans la cabane du jardinier ; ce dernier n’avait que ce qu’il portait sur lui, et des chaussures si abîmées que les Religieuses lui donnèrent les bottes de l’une d’elles.

On arrêta les trois Religieux le 13 octobre dans la matinée. Le Frère ne prononça pas un mot. Les deux prêtres et lui furent fusillés le 14 octobre 1936 à Torrelavega (Santander). Le visage du Frère fut tellement méconnaissable, qu’on ne le reconnut qu’aux initiales de ses habits (et aux fameuses bottes).

Béatifié en 2017, Félix Barrio y Barrio sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 14 octobre.


Ana María Aranda Riera
1888-1936

Ana María était née le 24 janvier 1888 à Denia (Alicante, Espagne). 
De bonne famille, elle reçut une éducation soignée et fréquenta le collège des Religieuses Carmélites.
Pieuse dès son enfance, elle s’agrégea vite parmi les Filles de Marie, dans l’Action Catholique et dans la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul, où elle s’occupait du vestiaire.
Elle aimait la Sainte Vierge Marie, et communiait chaque jour à la messe.
C’est uniquement sa foi imperturbable et sa fidélité au Christ qui lui valurent la détention dans la prison des femmes à Valencia, au moment de la révolution de 1936.
Elle supporta cette épreuve avec grande patience et humilité, priant et consolant ses compagnes de prison, avec lesquelles elle priait chaque jour le chapelet.
On la fusilla au Picadero de Paterna, le 14 octobre 1936, jour où la commémore le Martyrologe romain.
Elle a été béatifiée en 2001.


Isaac Carrascal Mozo
1896-1936

Né le 11 avril 1896 à Castrillo de Don Juan (Palencia), il était un des nombreux enfants de Casto et Juliana, de bons travailleurs, qui le firent baptiser le 13 avril, et confirmer trois ans plus tard.

Isaac fut enfant de chœur, et bon élève au catéchisme. Quand il ressentit en lui l’appel de Dieu, il fit à pied le trajet de vingt kilomètres pour aller trouver un père clarétain et lui demander conseil. Ce dernier put facilement convaincre les parents de la vocation de leur fils. Le papa accompagna lui-même Isaac à Valmaseda, en 1910.

En 1914, Isaac passa au noviciat de Ségovie et fit la profession. Il fit ensuite la philosophie à Beire (Navarre) où on le nota meritissimus maior. En 1918, il alla à Santo Domingo de la Calzada pour la théologie ; il y fut aussi bibliothécaire. Il acheva la théologie à Ségovie et fut ordonné prêtre en 1923.

Peu avant cette date, mourut son père et deux sœurs, dont l’une laissait six enfants de un à douze ans. Isaac, à peine ordonné prêtre, put aller célébrer la Messe dans la communauté de Aranda de Duero, où la famille pouvait se rendre plus facilement. Puis il alla célébrer la «Première Messe» solennelle dans son pays.

On l’envoya d’abord enseigner la rhétorique et le latin à Ségovie, en même temps qu’il préparait le baccalauréat de philosophie. En 1926, il partit trois ans à Madrid pour préparer la licence de philosophie. Pendant cette période, mourut sa mère ainsi que de nombreux membres de la famille.

En 1929, il revint à Beire pour enseigner la philosophie ; cette même année, il prépara les examens d’Instituteur, qu’il passa avec succès à Saragosse.

En 1931, Isaac eut la joie de pouvoir aller imposer l’habit bénédictin à deux cousines, à Tórtoles de Esgueva ; l’année suivante, il les retrouva à nouveau pour leur profession. Il devait encore les revoir pour leur profession solennelle en 1935.

En 1933, il fut envoyé à Castro Urdiales comme directeur de collège et professeur.

En 1936, la situation devint très tendue, comme on sait. En juillet, il participa encore à un congrès de pédagogie à Santander ; il y avait aussi accompagné deux jeunes filles qui devaient recevoir la confirmation et entrer au noviciat. Au retour, des gens armés l’empêchèrent d’entrer au collège. Il dormit ailleurs et, le lendemain, trouva à se réfugier chez le jardinier des Servantes de Jésus. Il pouvait ainsi célébrer la Messe sans s’exposer dans la rue. Le 22 août, il fut rejoint par le p.Gelada et le fr.Barrio ; ils firent ainsi une petite communauté de prière et de méditation, rejoints à l’occasion par d’autres confrères.

Le 13 octobre 1936, vers onze heures, on emmena le Père en prison, au monastère des Clarisses réquisitionné à cet effet. L’après-midi, un milicien l’accompagna auprès de ses Confrères pour réclamer 150 pesetas pour chacun, ainsi que de quoi manger pour tous les trois, car ils devaient soi-disant les emmener à Santander : les miliciens prirent l’argent et la nourriture et ne leur donnèrent rien à manger, ni même à boire. Ensuite ils réclamèrent encore d’autres choses, mais le Père leur demanda : Pour quoi faire ? Pour nous tuer ?

On les ramena en «prison» et, de là, le lendemain 14 octobre, jusqu’à Torrelavega. Durant le trajet, on insultait et on battait le Père Isaac ; quand on l’invita à apostasier et à changer de vie, il répondit fermement : Ça, jamais. Plutôt mourir que faire ce que vous nous dites. Il fut fusillé avec d’autres et l’on retrouva son cadavre le long de la route de Sierrapando. 

Béatifié en 2017, Isaac Carrascal Mozo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 14 octobre.

Franciszek Rosłaniec

1889-1942

 

Ce prêtre polonais naquit à Wyśmierzycach (Pologne) le 19 décembre 1889.

Comme tout bon Polonais fier de sa souche, Franciszek participa à une manifestation scolaire à Wyśmierzycach en 1905.

Après le séminaire de Santomierz, il étudia à l’Institut biblique de Rome.

C’est à Rome qu’il fut ordonné prêtre en 1914.

Revenu dans sa patrie, il fut professeur-doyen de l’Université de Varsovie, où il enseigna pendant dix-neuf ans la théologie, l’histoire, l’exégèse, l’archéologie chrétienne. Ce fut un des premiers et des plus éminents protagonistes des études bibliques en Pologne.

En 1933, l’évêque le nomma chanoine du chapitre de la cathédrale de Sandomierz.

Son activité était intense aussi bien comme professeur que comme prêtre auprès des étudiants. Il fut un aumônier extrêmement présent parmi eux, et aussi pour des Religieuses et un Orphelinat de Varsovie.

Il fut arrêté dès novembre 1939 et bientôt envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen en mai 1940, d’où on l’expédia à celui de Dachau ; il porta le numéro 22687.

On a de lui quelques lettres qu’il put expédier depuis Dachau, dans la période 1940-1942.

En octobre 1942, il fut de ceux qui devaient être gazés à Hartheim.

D’après un document envoyé par les autorités concentrationnaires à la curie diocésaine, le chanoine Rosłaniec fut envoyé le 14 octobre 1942 à Linz et devait être exécuté à Dachau le 20 novembre.

On a donc avancé la date du 20 novembre 1942 pour la mort du Chanoine, mais le Martyrologe a retenu celle du 14 octobre.

Le chanoine Franciszek Rosƚaniec a été béatifié en 1999.

 

 

Stanisław Mysakowski

1896-1942

 

Né le 15 septembre 1896, en la fête de Notre-Dame des Douleurs, Stanisƚaw était le fils de l’organiste de Wojsƚawice, Nicola.

Après son baccalauréat à Zamośc, il entra au Grand séminaire de Lublin et fut ordonné prêtre en 1920. 

Après avoir été vicaire à Zamosc, il fréquenta la faculté théologique de Lublin et reçut en 1924 le doctorat en théologie ; à Lublin également, il fut aumônier des Sœurs de la Charité, ainsi que confesseur, près de Lublin, dans la congrégation du Divin Pasteur.

Dans cette ville, outre que vicaire en plusieurs paroisses, il exerça une grande activité pastorale, pour les enfants abandonnés à eux-mêmes, pour les mal-logés ; co-fondateur des Prêtres du Bon Pasteur, il fonda la revue Chevalier du Sacré-Cœur, un magazine Echo Paroisse, un cinéma, des cours pour les enfants de familles pauvres, des activités pour les jeunes, une bibliothèque, un asile pour vieillards, une soupe populaire, des colonies de vacances…

En 1933, il renonça à la charge de curé, pour pouvoir se donner complètement à ces œuvres sociales.

Lors de la Deuxième guerre mondiale et de l’invasion de la Pologne, les Nazis se doutèrent (ou l’en accusèrent froidement) qu’il hébergeait des Juifs dans ces centres. Il fut arrêté dès novembre 1939 et condamné à mort ; sa peine fut commuée en réclusion à perpétuité et l’abbé Stanisƚaw fut envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen (décembre 1939), puis à Dachau (décembre 1940), avec le numéro 22591.

Epuisé par la faim et le travail excessif, il fut destiné, par euphémisme, au «transport des malades», c’est-à-dire à la mort en chambre à gaz. Peut-être à Hartheim (Linz), et peut-être déjà asphyxié dans le camion qui l’y transportait, ou peut-être même déjà à Dachau, les sources n’étant pas unanimes. Ce dernier déplacement aurait eu lieu le 14 octobre 1942.

Après l’exécution, son corps fut brûlé.

Le martyre de ce prêtre a donc pu avoir lieu ce même 14 octobre 1942, comme le retient le Martyrologe. D’autres sources avancent la date du 30 octobre 1942 ; en effet, l’annonce officielle de la part des autorités du camp parlent de sa mort au 30 octobre, et de la crémation du corps le 3 novembre 1942.

L’abbé Stanisƚaw Mysakowski a été béatifié en 1999.

 

 

Roman Lysko

1914-1949

 

Roman naquit le 14 août 1914 à Horodok (Lviv, Ukraine).

Il étudia la théologie et obtint les grades académiques à l’Université Théologique de Lviv.

Comme les prêtres orthodoxes, les prêtres gréco-catholiques peuvent contracter mariage avant leur ordination, et Roman épousa en 1938 Neonila Huniovska.

Il fut ordonné prêtre en 1941.

Il exerça donc ses activités pastorales dans la population ukrainienne de rite gréco-catholique, et s’occupa particulièrement des jeunes. En 1944, il était curé de Belzets.

Cette région fut annexée en 1946 par le gouvernement soviétique, qui supprima d’autorité l’église gréco-catholique pour la rattacher de force à l’orthodoxie. Mais Roman alla se réfugier dans son pays natal, à Horodok, baptisant dans la cour de la maison, célébrant des mariages dans les bois et l’Eucharistie chez les fidèles, masquant même la célébration par l’usage de vodka, pour donner le change en cas d’irruption de la police.

Son refus catégorique de passer à l’orthodoxie fut la cause de son arrestation. En septembre 1949, la police secrète (le tristement célèbre NKVD) vint l’arrêter pour le mettre en prison à Lviv. 

La population a dit qu’on l’entendait chanter très fort des psaumes, après les séances de torture qu’on lui avait imposées. Les bourreaux, eux, prétendaient qu’il était devenu fou.

Certains avancent qu’en prison il fut brutalement frappé avant d’être jeté sur une grille incandescente ; selon d’autres, il fut emmuré vivant entre quatre murs où il mourut de faim.

La date officielle de sa mort est le 14 octobre 1949. Il n’avait que trente-cinq ans.

Il a été béatifié parmi les vingt-cinq martyrs d’Ukraine, en 2001.

Le Martyrologe le mentionne le 14 octobre.

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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 23:00

12 OCTOBRE

 

I.

S Hedistus, martyr à Rome.

III.

S Maximilianus, apôtre et évêque à Lorch.

IV.

Ste Domnina, martyre à Anazarbe.

V.

S Opilio, diacre à Plaisance.

SS Felix et Cyprianus, évêques en Afrique, et leurs nombreux compagnons, victimes des Vandales ariens.S Fiacc, évêque à Slebte, consacré par s. Patrick (VI.?).

VI.

S Félix IV, pape (526-530), bon pour les pauvres, et à l'origine de la basilique des ss. Côme et Damien.

VII.

S Edwin, roi en Northumbrie ; il épousa une chrétienne (Ethelburge) et fut baptisé ; la ville de Edimburg lui doit son nom ; il mourut au combat.

XIII.

S Rodobaldo Cepolla, évêque à Pavie. 

XVII.

S Felice (Serafino de Montegranaro), berger puis frère lai capucin près de Ascoli Piceno ; illettré, il aimait surtout servir la messe et fut divinement éclairé sur les saints Mystères.

B Thomas Bullacker, prêtre franciscain anglais, pendu à Tyburn et éviscéré encore vivant.

XIX.

B Pak Dae-sik Victorinus, laïc coréen martyr, par décapitation, béatifié en 2014. 

XX.

B Eufrasio Barredo Fernández (E. de l'Enfant-Jésus, 1897-1934), prêtre des Carmes déchaux, martyr à Oviedo, béatifié en 2007.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, José González Huguet (*1874) ; lors de l'incendie de son église paroissiale, il s'était jeté dans les flammes pour en retirer le Saint-Sacrement ;

Capucins : près de Valencia, le profès Pedro Salcedo Puchades (Pacifico de Valencia, *1874) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : à Almería, Bartolomé Caparrós García (*1872) ;

Clarétains : près de Barcelone, les prêtres Joan Codinach Espinalt et Miquel Codina Ventayol (*1872, 1909) et le profès Josep Casals Badía (*1891).

B Román Sitko (1880-1942), prêtre polonais martyr à Auschwitz, béatifié en 1999.

B Carlo Acutis (1991-2006), italien mort de leucémie foudroyante à quinze ans, "cyberapôtre de l'Eucharistie", béatifié en 2020.

 

Felix IV

526-530

 

Felix était fils de Castorius, et diacre au moment de la mort de Jean Ier.

D’après le Liber Pontificalis, ce Félix fut en quelque sorte «imposé» par le roi Théodoric, après deux mois de vacance du Siège de Pierre. Ce roi goth et arien soutenait Rome contre Constantinople.

Félix, cinquante-quatrième pape, succédait donc à saint Jean Ier.

Felix est le quatrième de ce nom, parce qu’on a laissé à Félix II son titre, bien qu’il n’ait pas été normalement élu et donc qu’il soit considéré comme antipape. Ce qui fait que notre Felix IV devrait être compté comme Felix III.

Pendant les quatre années de ce pontificat, Felix IV obtint la cession d’un grand bâtiment sur le Forum, dont il fit une ample basilique en l’honneur des saints Côme et Damien ; il fit refaire aussi la basilique de saint Saturnin, incendiée, sur la via Salaria.

Felix IV fut en relation avec saint Césaire d’Arles, entre autres sur le semi-pélagianisme. Le concile d’Orange de 529 publia des déclarations de Felix IV contre Pélage, Célestius, Julien d’Eclane, Fauste de Lérins. En outre Felix IV apaisa un petit différend entre l’archevêque de Ravenne et son clergé.

Sentant sa fin approcher, il remit devant une assemblée de dignitaires ecclésiastiques et civils, son pallium à l’archidiacre Boniface, qu’il nommait ainsi pour lui succéder.

Felix IV mourut, très probablement, le 12 octobre 530, date choisie dans l’actuel Martyrologe romain.

Le successeur de Felix IV fut donc Boniface II.

 

 

Eufrasio Barredo Fernández

1897-1934

 

Ce prêtre naquit le 8 février 1897 à Cancienes (Corvera, Asturies) : son père, de la Garde Civile, s’appelle José, et sa mère s’appelle Joséfa Fernández ; ce sont de bons chrétiens. 

Eufrasio ira à l’école à Villaviciosa et à Tornón, où il fera sa première Communion ; puis à Mieres, où il se distingua comme excellent élève chez les Frères des Ecoles Chrétiennes.

En 1912, il entre au collège des Carmes Déchaux de Villafranca (Navarre) ; entré au noviciat en 1915, il fait sa première profession en 1916 sous le nom de Eufrasio de l’Enfant-Jésus, et se prépare au sacerdoce, qu’il reçoit en 1922 à Santander.

Au début, il est chargé d’enseigner la philosophie et la théologie aux jeunes aspirants de l’Ordre.

De 1926 à 1928, il est envoyé à Cracovie (Pologne) pour renforcer la présence carmélite dans ce pays.

A son retour, il est à Burgos, où il dirige deux revues, enfin à Oviedo en 1933, où il est prieur. Il voulait vraiment être le «premier» (prior) à montrer l’exemple dans toutes les vertus ; il le fera, et jusqu’au martyre.

Son zèle se déployait auprès des jeunes, des malades, des pauvres ; on l’appelait de tous côtés pour confesser, pour prêcher, pour conseiller, tant on estimait sa prudence, sa sagesse, son humilité, sa douceur, son esprit plein de miséricorde, et aussi sa vie de mortification.

Quand éclate la révolution des Asturies, le 4 octobre 1934, plusieurs églises furent incendiées et une bonne trentaine de prêtres et religieux furent assassinés, parmi lesquels le père Barredo. 

Le père Barredo, donc, chercha d’abord à mettre en sûreté ses religieux, puis essaya de s’éloigner, en sautant le mur du couvent, d’une hauteur de quatre mères. En tombant, il se luxa la hanche droite, et ne pouvait se relever. Des voisins l’aidèrent et l’accueillirent chez eux ; quelques jours plus tard, il leur demanda de le conduire à l’hôpital sous un faux nom. 

Mais il fut reconnu comme prêtre, parce qu’il portait au cou le scapulaire de la Vierge du Carmel ; le père Eufrasio reconnut immédiatement sa condition de prêtre et, pour ce motif, fut  arraché de sa chambre par une escadre de miliciens et soumis à maintes vexations et outrages, qu’il subit sans prononcer un mot. Au moment d’être fusillé, le 12 octobre 1934, il s’adressa aux miliciens en ces termes : «Je vous pardonne, mes fils», puis «Vive le Christ Roi».

Il a été béatifié en 2007.

 

 

José González Huguet

1874-1936

 

José naquit à Alacuás (Valencia) le 23 janvier 1874.

Après ses études au Grand séminaire de Valencia, il reçut le doctorat en théologie et fut ordonné prêtre en 1898.

Vicaire à Sueca et Paterna, curé à Puzol et Cheste, il fut à ce dernier poste pendant un quart de siècle.

C’est dans cette paroisse qu’en 1917 l’église prit feu et que don José se précipita dans les flammes pour aller prendre le Saint Sacrement. Ensuite il quêta pour pouvoir reconstruire l’église.

En 1936, après la «victoire» du Front populaire, il dut quitter sa paroisse dès le mois d’avril et se réfugier à la Ferme de Baló, puis se cacher dans une maison de paroissiens.

Le 5 juillet, il put encore célébrer, entouré de ses paroissiens. Mais au moment de la révolution, qui éclata le 19 juillet, cette famille fut menacée et le bon curé alla se présenter spontanément aux «autorités».

Une première fois enfermé en prison, il fut relâché à condition de ne pas s’absenter. Repris, il fut conduit au Comité, au milieu des insultes des passants qui lui déchiraient ses vêtements, l’écorchaient à coups de couteaux. On lui coupa les oreilles en pleine place publique.

Il ne disait rien et priait silencieusement.

Au matin du 12 octobre 1936, ils le placèrent le long de la voie ferrée et lui tirèrent dix-huit coups de feu, abandonnant son cadavre au cimetière de Ribarroja.

Don José González Huguet fut béatifié en 2001.

 

 

Pedro Salcedo Puchades

1874-1936

 

Pedro était né le 24 février 1874 à Castellar (Valencia, Espagne), deuxième des cinq enfants de Matías et Elena, et fut baptisé le lendemain.

Il fallait travailler dur pour vivre, et le petit Pedro ne reçut aucune formation scolaire : il aidait les parents aux travaux de la terre, et participait le plus qu’il pouvait aux offices de la paroisse : on le remarquait surtout pour sa piété, car Pedro voulait quelque chose de plus, pour son âme, qu’une simple (quoique déjà exemplaire) «participation» aux offices. Un jour les Capucins du couvent voisin de Massamagrell lui proposèrent d’entrer chez eux. 

Il hésitait encore, mais un événement providentiel devait le convaincre de quitter le monde. Il travaillait à un moulin quand il trouva un chapelet. Un de ses compagnons le lui arracha des mains et le jeta dans la chaudière ; peu après, la chaudière explosa et ce garçon fut tué, ainsi que quelques autres compagnons. Pedro en fut tellement impressionné qu’il se résolut à demander son admission dans l’Ordre.

Il fit sa profession religieuse de Frère dans l’Ordre des Capucins en 1900, assumant le nom de Pacífico, qui lui allait véritablement bien. Ne sachant écrire, il signa sa profession d’une simple croix. 

Il eut pour condisciple un certain Berardo de Lugar Nuevo de Fenollet, qui sera à son tour martyr (voir au 4 septembre).

Pendant trente-sept années, il fut quêteur, d’abord au couvent de Monforte del Cid, puis à celui de Massamagrell, où se trouvait le séminaire provincial de l’Ordre franciscain.

Il édifia tout le monde par son exemple de bonté et de douce simplicité. Son activité de quêteur était fatigante, mais à peine rentré dans son couvent il participait à toutes les activités. Il assistait à plusieurs messes chaque jour, montrant ainsi sa ferveur pour l’Eucharistie, et son respect pour ses Confrères prêtres.

Au moment de la guerre civile et de la persécution, le couvent fut fermé et Pedro-Pacífico trouva refuge chez un de ses frères à Castellar. Il s’attendait au martyre, mais restait serein. A un parent il disait : Prends un Crucifix, tiens-le dans tes mains, et n’aie pas peur des persécutions.

Mais la milice surveillait. Un escadron vint frapper à la porte au soir du 12 octobre 1936. Tout le monde fut plaqué au mur et l’on demanda qui était le flaret (le frère). A l’image de Jésus-Christ, lors de son arrestation au Jardin des Oliviers, frère Pacífico répondit sans hésiter : C’est moi.

Ce religieux sexagénaire, à la barbe plus que vénérable, fut alors malmené, et emmené avec force coups de poings et de crosse de fusil, vers un chemin autour de Monteolivete (La Punta, Valencia), tandis qu’il priait le chapelet à haute voix. Parvenus au bord de la rivière Turia, ils le fusillèrent et le laissèrent là.

Le lendemain matin, on le retrouva étendu par terre, tenant dans la main gauche le crucifix contre sa poitrine ; il avait plusieurs blessures à la tête. Celui qui avait signé sa profession avec la croix, signa aussi la fin de sa vie avec la croix.

Le frère Pacífico a été béatifié en 2001.

Il est mentionné le 12 octobre au Martyrologe romain.

 

 

Román Sitko

1883-1942

 

Román était un prêtre polonais du diocèse de Tarnów, créé en 1783 sur une partie du territoire de l’archidiocèse de Cracovie. 

Il était né en 1880 et, une fois ordonné prêtre, accomplissait le ministère pastoral avec beaucoup de zèle pour les âmes, jusqu’à ce que son évêque lui confiât la charge de recteur du séminaire, où il se révéla un excellent formateur des jeunes aspirants au sacerdoce. Il reçut aussi du Saint-Siège le titre honorifique de Prélat domestique de Sa Sainteté.

Quand les troupes nazies occupèrent la Pologne, le séminaire fut fermé, mais Román continua dans la clandestinité les activités du séminaire, regrettant amèrement l’emprisonnement de tant de confrères prêtres, pour la libération desquels il offrait sa vie.

La police l’arrêta le 22 mai 1941 et on le condamna à la prison dans le camp de concentration de Darlewitz ou Auschwitz : là il fut l’ange gardien des autres prisonniers, en particulier auprès de ceux qui allaient être exécutés. 

Trop faible pour accomplir les durs travaux forcés qu’on lui avait imposés, il s’écroula par terre, épuisé, le 12 octobre 1942.

Un gardien le vit et lui écrasa le cou avec sa botte, provoquant la mort.

Le père Román Sitko est l’un des cent-huit martyrs béatifiés le 13 juin 1999 par le pape polonais Jean-Paul II. Il est mentionné le 12 octobre au Martyrologe.

Hedistus de Rome

1. siècle ?

 

Hedistus (ou Edistus, Aristus… Orestes) devrait être un Romain du premier siècle, et baptisé par s.Pierre.

C’était un officier de Néron.

De passage à Laurentum (proche de Rome), Hedistus fit la rencontre d’une petite famille chrétienne et alla chez ces gens, qui célébraient l’Eucharistie clandestinement, de nuit, dans une carrière. Le serviteur d’Hedistus, intrigué par ces allées-et-venues nocturnes, apprit finalement que son maître était chrétien et le dénonça à Néron.

Hedistus (et peut-être toute la famille en question) fut condamné à être enterré vivant dans cette même carrière où ils se réunissaient.

L’histoire, pour certains, est fantaisiste ; mais Hedistus est bien mort martyr à Laurentum.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Hedistus de Rome au 12 octobre.

 

 

Maximilianus de Lorch

† 3e siècle

 

Maximilianus naquit de pieux et riches parents à Celeia (Cilley, Norique, act. Autriche), qui le confièrent à sept ans à un certain Oranius.

Quand ses parents moururent, le jeune héritier distribua tous ses biens aux pauvres et aux esclaves de la maison ; ces derniers furent affranchis.

On suppose que Maximilianus fut le premier évêque connu du siège de Lorch, vers 257.

Juste après son élection, il alla à Rome où le pape confirma sans difficulté cette nomination.

De retour à Lorch, Maximilianus convertit un grand nombre de païens. Il aurait étendu son activité à la Bavière, où il aurait bâti l’église dédiée à Notre-Dame, sur le Freising.

Les empereurs romains sévirent à cette époque, et Maximilianus fut victime du préfet Evalisius ; ayant refusé de sacrifier aux idoles, Maximilianus fut martyrisé le 12 octobre 283 ou 284.

Des miracles se produisirent près de son tombeau à Lorch.

Saint Maximilianus de Lorch est commémoré le 12 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Domnina d’Anazarbe

† 304

 

D’après d’anciens récits, Domnina fut citée à comparaître devant le préfet Lysias à Anazarbe (Cilicie, auj. Ağaçli Turquie SC).

Elle subit une série de supplices : flagellation avec nerfs de bœuf, brûlures avec fers rouges, bastonnade, contorsion des membres.

Domnina fut alors jetée au fond d’un cachot, où elle expira.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Domnina d’Anazarbe au 12 octobre.

 

 

Opilio de Plaisance

5. siècle

 

Opilio aurait eu un frère, Gelasius.

On ne connaît rien de bien sûr sur la vie d’Opilio.

Traditionnellement, on raconte que le petit Opilio partageait son goûter avec des pauvres.

Devenu acolyte, il assista à la translation du corps de s.Antoninus (v. 30 septembre).

Diacre de l’Eglise de Plaisance (Italie N), Opilio se montra exemplaire par sa piété, son esprit d’austérité et sa grande charité envers les pauvres.

On croit qu’il mourut dans la première moitié du cinquième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Opilio de Plaisance au 12 octobre.

 

 

Cyprien et Felix d’Afrique

† 483

 

Le roi vandale Hunéric, arien, reprit la persécution contre les Chrétiens.

En 483, un décret ordonna la déportation massive de tout le clergé africain ; on en arrêta quatre mille neuf cent soixante-six entre évêques, prêtres, diacres et autres ministres, jusqu’à de jeunes lecteurs qui pouvaient n’être que des adolescents.

D’abord on les rassembla à Sicca Veneria et Lares (auj. Le Kef et Sottart Bou Lares, Tunisie NW). Les chefs exhortaient leurs victimes à accepter la «foi» arienne : Nous sommes chrétiens, nous sommes catholiques, nous proclamons toujours la Trinité en un seul Dieu, fut la réponse.

On les enferma dans de sombres cachots, avec interdiction d’en sortir ; les malheureux finissaient par enfoncer dans les ordures jusqu’aux genoux.

Quand enfin l’ordre fut donné de se mettre en marche, les prisonniers sortirent couverts d’excréments de la tête aux pieds.

Felix était évêque d’Abbis Minus depuis quarante-quatre ans. Paralysé, ne pouvant pas même parler, il ne tenait pas assis sur un cheval : Hunéric prétendit le faire tirer avec des cordes, mais on finit par l’attacher sur le dos d’un mulet comme un tronc d’arbre.

Cyprien était évêque d’Unizibir, et fit également partie de la colonne.

On ne marchait que de nuit, pour éviter l’excessive chaleur du jour. Mais les gardes piquaient leurs prisonniers pour leur faire presser le pas. Ceux qui ne pouvaient plus marcher furent attachés par les pieds aux chameaux. Beaucoup moururent et furent enterrés le long de la route.

A l’arrivée au but assigné à cette macabre expédition, dans le désert, on abandonna là ceux qui survivaient, en leur laissant un peu d’orge à manger - qu’on supprima bientôt. On imagine qu’ils ne tardèrent pas à rendre leur âme à Dieu.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Cyprien et Felix d’Afrique avec leurs Compagnons au 12 octobre.

 

 

Felix IV

526-530

 

Felix était fils de Castorius, et diacre au moment de la mort de Jean Ier.

D’après le Liber Pontificalis, ce Félix fut en quelque sorte «imposé» par le roi Théodoric, après deux mois de vacance du Siège de Pierre. Ce roi goth et arien soutenait Rome contre Constantinople.

Félix, cinquante-quatrième pape, succédait donc à saint Jean Ier.

Felix est le quatrième de ce nom, parce qu’on a laissé à Félix II son titre, bien qu’il n’ait pas été normalement élu et donc qu’il soit considéré comme antipape. Ce qui fait que notre Felix IV devrait être compté comme Felix III.

Pendant les quatre années de ce pontificat, Felix IV obtint la cession d’un grand bâtiment sur le Forum, dont il fit une ample basilique en l’honneur des saints Côme et Damien ; il fit refaire aussi la basilique de saint Saturnin, incendiée, sur la via Salaria.

Felix IV fut en relation avec saint Césaire d’Arles, entre autres sur le semi-pélagianisme. Le concile d’Orange de 529 publia des déclarations de Felix IV contre Pélage, Célestius, Julien d’Eclane, Fauste de Lérins. En outre Felix IV apaisa un petit différend entre l’arc hevêque de Ravenne et son clergé.

Sentant sa fin approcher, il remit devant une assemblée de dignitaires ecclésiastiques et civils, son pallium à l’archidiacre Boniface, qu’il nommait ainsi pour lui succéder.

Felix IV mourut, très probablement, le 12 octobre 530, date choisie dans l’actuel Martyrologe romain.

Le successeur de Felix IV fut donc Boniface II.

Rodobaldo Cepolla de Pavie

† 1254

 

Rodobaldo (Rouaud) illustra l’église de Pavie(Italie N au 13e siècle.

Après avoir été archidiacre de la cathédrale, il fut le cinquante-troisième évêque de Pavie, en 1230. C’est le pape Grégoire IX qui le consacra.

En union avec ce pape, il prêcha la croisade contre l’empereur Frédéric II, ce qui lui valut la prison. Mais ensuite il s’efforça de réconcilier l’empereur avec le pape Innocent IV.

Il mourut le 12 octobre 1254. Le Martyrologe mentionne qu’il eut le souci de retrouver des reliques de Saints.

 

 

Felice Rapagnano

1540-1604

 

Felice Rapagnano naquit en 1540 à Montegranaro (Fermo, Marches, Italie centre-est), de Gerolamo Rapagnano et Teodora Giovannuzzi, qui avaient déjà un autre fils.

Le papa, un maçon très modeste, le plaça pour garder les troupeaux. Sans aucune instruction, Felice se plaisait énormément à écouter les belles histoires de la Bible ou de la Vie des Saints que lisait à haute voix la fille du patron.

Quand son père mourut, Felice fut la tête de turc de son frère aîné et songea à la vie religieuse. En 1556, il entra chez les pères Capucins de Jesi (Ancône) et prit le nom de Serafino.

On le renvoya de tous les couvents des Marches, tant on ne supportait pas ses maladresses ; mais on le garda dans l’Ordre parce qu’il montrait une imperturbable gentillesse, une humilité exemplaire, un amour total de la pauvreté, une innocence angélique, tout cela dans une vie quotidienne marquée par la mortification.

Il ne dormait plus que trois heures par nuit ; son grand plaisir était de servir la Messe des prêtres ; il aurait voulu être envoyé à Lorette ou à Rome, pour servir beaucoup de Messes ; c’était un délice de voir avec quelle piété il servait la Messe.

On l’accusa d’avoir été trop généreux avec les légumes du jardin au profit des pauvres ; le Frère fit repousser quasi instantanément tout ce qu’il avait coupé. 

Complètement illettré, il avait de grandes lumières sur les textes liturgiques, sur les mystères de la Foi. Chargé de la quête à partir de 1590 à Ascoli Piceno, il fut connu de toute la population pour sa douceur et sa bonté, pour le chapelet et le crucifix qu’il portait sans cesse ; une délégation alla protester quand on eut vent d’un éventuel déplacement du Frère dans un autre couvent.

Il faisait aussi une quantité incroyable de miracles ; l’humble Frère fut favorisé de grâces exceptionnelles nombreuses. Les biographes en ont été tellement ébahis que, soit ils renoncèrent à les raconter, soit la jalousie les découragea.

Le Frère Serafino comprit que son heure approchait ; il demanda les Sacrements, qu’on lui refusa, tant il semblait encore loin de la fin ; on lui consentit la communnion, mais ce n’est qu’au dernier instant qu’on lui conféra l’Onction des Malades.

Il mourut ainsi le 12 octobre 1604, en telle odeur de sainteté qu’en 1610, le pape autorisa une lampe allumée en signe de vénération devant sa tombe.

Felice-Serafino a été béatifié en 1729 et canonisé en 1767.

 

 

Thomas Bullaker

1604-1642

 

Thomas Bullaker était né vers 1604 à Chichester (Angleterre).

Il était le fils unique d’un honnête médecin. Ses bons parents étaient tous deux de fervents Catholiques.

Thomas grandit dans l’innocence et la piété ; très tôt il fut envoyé au Collège anglais de Saint-Omer et, de là, à Valladolid, pour les études et la formation en vue du sacerdoce. Toujours en Espagne, Thomas réfléchit longuement et trouva sa voie dans l’Ordre franciscain, dont il reçut l’habit à Abrojo, non loin de Valladolid. Ce couvent fut aussi appelé Scala Cæli, depuis qu’un de ses Supérieurs avait vu plusieurs fois saint François lui apparaître en signe de son contentement pour cette sainte maison.

En 1628, Thomas fut ordonné prêtre.

Parti pour l’Angleterre, il arriva à Plymouth, mais fut immédiatement arrêté et jeté en prison. On lui fit endurer de très pénibles épreuves pendant deux semaines et on le libéra.

Par disposition du Provincial franciscain, Thomas travailla alors parmi les Catholiques pauvres de Londres ; il le fit avec beaucoup de zèle et de piété, et pendant douze années environ.

Le 11 septembre 1642, le père Thomas fut arrêté pendant qu’il célébrait la Messe chez de pieux bienfaiteurs. C’est de lui-même qu’on a un récit de son arrestation et de son jugement.

Il fut condamné à être tiré sur un brancard jusqu’à Tyburn, pour y être pendu, remis à terre encore vivant, écartelé et décapité : hanged, cut down alive, quartered and beheaded.

Sur le chemin de la prison à la potence, un autre franciscain, Arthur Bell, lui aurait demandé : Frère, j’ai fait la profession avant toi. D’où vient-il que maintenant tu aies la priorité sur moi ? Et Thomas de lui répondre : C’est la volonté de Dieu. Mais tu vas bientôt me rejoindre. Arthur se souvint de la prédiction, quand il subit le martyre, un an plus tard, le 11 décembre 1643.

Thomas Bullaker subit le martyre à Tyburn le 12 octobre 1642 et fut béatifié en 1987.

 

 

Pak Dae-sik Victorinus

1812-1868

 

Pak Dae-sik Victorinus est un laïc coréen né en 1812 à Gimhae (Gyeongsang-do, Corée S).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 12 octobre 1868 et béatifié en 2014.

 

 

 

Eufrasio Barredo Fernández

1897-1934

 

Ce prêtre naquit le 8 février 1897 à Cancienes (Corvera, Asturies) : son père, de la Garde Civile, s’appelle José, et sa mère s’appelle Joséfa Fernández ; ce sont de bons chrétiens.

Eufrasio ira à l’école à Villaviciosa et à Tornón, où il fera sa première Communion ; puis à Mieres, où il se distingua comme excellent élève chez les Frères des Ecoles Chrétiennes.

En 1912, il entre au collège des Carmes Déchaux de Villafranca (Navarre) ; entré au noviciat en 1915, il fait sa première profession en 1916 sous le nom de Eufrasio de l’Enfant-Jésus, et se prépare au sacerdoce, qu’il reçoit en 1922 à Santander.

Au début, il est chargé d’enseigner la philosophie et la théologie aux jeunes aspirants de l’Ordre.

De 1926 à 1928, il est envoyé à Cracovie (Pologne) pour renforcer la présence carmélite dans ce pays.

A son retour, il est à Burgos, où il dirige deux revues, enfin à Oviedo en 1933, où il est prieur. Il voulait vraiment être le «premier» (prior) à montrer l’exemple dans toutes les vertus ; il le fera, et jusqu’au martyre.

Son zèle se déployait auprès des jeunes, des malades, des pauvres ; on l’appelait de tous côtés pour confesser, pour prêcher, pour conseiller, tant on estimait sa prudence, sa sagesse, son humilité, sa douceur, son esprit plein de miséricorde, et aussi sa vie de mortification.

Quand éclate la révolution des Asturies, le 4 octobre 1934, plusieurs églises furent incendiées et une bonne trentaine de prêtres et religieux furent assassinés, parmi lesquels le père Barredo.

Le père Barredo, donc, chercha d’abord à mettre en sûreté ses religieux, puis essaya de s’éloigner, en sautant le mur du couvent, d’une hauteur de quatre mères. En tombant, il se luxa la hanche droite, et ne pouvait se relever. Des voisins l’aidèrent et l’accueillirent chez eux ; quelques jours plus tard, il leur demanda de le conduire à l’hôpital sous un faux nom.

Mais il fut reconnu comme prêtre, parce qu’il portait au cou le scapulaire de la Vierge du Carmel ; le père Eufrasio reconnut immédiatement sa condition de prêtre et, pour ce motif, fut  arraché de sa chambre par une escadre de miliciens et soumis à maintes vexations et outrages, qu’il subit sans prononcer un mot. Au moment d’être fusillé, le 12 octobre 1934, il s’adressa aux miliciens en ces termes : «Je vous pardonne, mes fils», puis «Vive le Christ Roi».

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Bartolomé Caparrós García

1872-1936

 

Né le 27 février 1872 à Vera (Almería), il fut baptisé le lendemain.

Entré au séminaire diocésain, il fut ordonné prêtre en 1895. Il eut neuf postes successifs : Albox, Pocicas, Olula del Río, Serón, Albox, Gádot pendant huit ans (1912-1920), Garrucha, Arboleas, enfin et de nouveau à Albox.

Très marial, il s’employa à faire couronner canoniquement la Vierge de Saliente, dont il fit restaurer le sanctuaire ainsi que le presbytère. Un tel rite comporte des démarches auprès de l’autorité diocésaire d’abord, pour reconnaître l’authenticité des miracles qui se sont produits à cet endroit, puis auprès des instances vaticanes, qui procèdent encore à d’autres enquêtes. Il y faut de la patience.

Il était haï des laïcistes. Dès le début de la révolution de juillet 1936, il eut à peine le temps de consommer les Hosties, qu’on venait l’arrêter le 26 juillet. On l’obligea à se déshabiller. On le laissa aller à Fiñana, où on l’arrêta pour de bon et on le conduisit à la prison d’Almería.

Après maintes tortures dans la prison, il fut martyrisé le 12 octobre 1936 au cimetière d’Almería.

Béatifié en 2017, Bartolomé Caparrós García sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 12 octobre.

 

 

Joan Codinach Espinalt

1872-1936

 

Né et baptisé le 28 mai 1872 à Mura (Barcelone), il avait pour parents José, un fabricant, et Antonia.

Il éudia aux séminaires diocésains de Vic, puis de Barcelone pour la théologie, et fut ordonné prêtre en 1897.

Il travailla dans les paroisses d’Esparraguera, Llobregat, Badalona, San Juan de Gracia ; mais l’activité paroissiale ne le satisfaisait pas : il s’orienta vers les missionnaires clarétains.

Il fit un noviciat à Cervera et la profession en 1907. On le nomma coadjuteur du maître des novices.

En 1908, il fit partie de la deuxième expédition de Pères clarétains pour la Colombie, qui quitta Barcelone en décembre. En Colombie, de Sabanilla à Barranquilla et Cartagena, on arriva à Quibdó en février 1909.

De cette expédition, plusieurs moururent de maladies contractées sur place ; d’autres partirent à temps. Le père Codinach revint en Espagne très malade, et le resta tout le reste de sa vie.

En 1912, il fut envoyé à la communauté clarétaine de Berga, comme bibliothécaire, puis à Vic en 1915. Il publia des homélies, des poésies, des traductions, qui furent publiées dans la revue catalane Le Messager du Cœur de Jésus ainsi que dans La Festa Santificada, sous le pseudonyme de Joan de Mura.

Le 20 juillet, il partit du couvent avec d’autres ; le 24, ils fuent reçus dans une ferme, où ils priaient chaque jour le rosaire.

Le 13 août, eut lieu une perquisition ordonnée par les révolutionnaires de Taradell, qui ordonnèrent aux Prêtres de ne pas bouger de là, sous peine d’entraîner la mort des propriétaires. Le 8 octobre, on vint les prendre pour la prison de Vic.

On fusilla le père Joan au petit matin du 12 octobre 1936 le long de la route Vic-Barcelone, au niveau de Malla.

Béatifié en 2017, Joan Codinach Espinalt sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 12 octobre.

 

 

José González Huguet

1874-1936

 

José naquit à Alacuás (Valencia) le 23 janvier 1874.

Après ses études au Grand séminaire de Valencia, il reçut le doctorat en théologie et fut ordonné prêtre en 1898.

Vicaire à Sueca et Paterna, curé à Puzol et Cheste, il fut à ce dernier poste pendant un quart de siècle.

C’est dans cette paroisse qu’en 1917 l’église prit feu et que don José se précipita dans les flammes pour aller prendre le Saint Sacrement. Ensuite il quêta pour pouvoir reconstruire l’église.

En 1936, après la «victoire» du Front populaire, il dut quitter sa paroisse dès le mois d’avril et se réfugier à la Ferme de Baló, puis se cacher dans une maison de paroissiens.

Le 5 juillet, il put encore célébrer, entouré de ses paroissiens. Mais au moment de la révolution, qui éclata le 19 juillet, cette famille fut menacée et le bon curé alla se présenter spontanément aux «autorités».

Une première fois enfermé en prison, il fut relâché à condition de ne pas s’absenter. Repris, il fut conduit au Comité, au milieu des insultes des passants qui lui déchiraient ses vêtements, l’écorchaient à coups de couteaux. On lui coupa les oreilles en pleine place publique.

Il ne disait rien et priait silencieusement.

Au matin du 12 octobre 1936, ils le placèrent le long de la voie ferrée et lui tirèrent dix-huit coups de feu, abandonnant son cadavre au cimetière de Ribarroja.

Don José González Huguet fut béatifié en 2001.

 

 

Pedro Salcedo Puchades

1874-1936

 

Pedro était né le 24 février 1874 à Castellar (Valencia, Espagne), deuxième des cinq enfants de Matías et Elena, et fut baptisé le lendemain.

Il fallait travailler dur pour vivre, et le petit Pedro ne reçut aucune formation scolaire : il aidait les parents aux travaux de la terre, et participait le plus qu’il pouvait aux offices de la paroisse : on le remarquait surtout pour sa piété, car Pedro voulait quelque chose de plus, pour son âme, qu’une simple (quoique déjà exemplaire) «participation» aux offices. Un jour les Capucins du couvent voisin de Massamagrell lui proposèrent d’entrer chez eux.

Il hésitait encore, mais un événement providentiel devait le convaincre de quitter le monde. Il travaillait à un moulin quand il trouva un chapelet. Un de ses compagnons le lui arracha des mains et le jeta dans la chaudière ; peu après, la chaudière explosa et ce garçon fut tué, ainsi que quelques autres compagnons. Pedro en fut tellement impressionné qu’il se résolut à demander son admission dans l’Ordre.

Il fit sa profession religieuse de Frère dans l’Ordre des Capucins en 1900, assumant le nom de Pacífico, qui lui allait véritablement bien. Ne sachant écrire, il signa sa profession d’une simple croix.

Il eut pour condisciple un certain Berardo de Lugar Nuevo de Fenollet, qui sera à son tour martyr (voir au 4 septembre).

Pendant trente-sept années, il fut quêteur, d’abord au couvent de Monforte del Cid, puis à celui de Massamagrell, où se trouvait le séminaire provincial de l’Ordre franciscain.

Il édifia tout le monde par son exemple de bonté et de douce simplicité. Son activité de quêteur était fatigante, mais à peine rentré dans son couvent il participait à toutes les activités. Il assistait à plusieurs messes chaque jour, montrant ainsi sa ferveur pour l’Eucharistie, et son respect pour ses Confrères prêtres.

Au moment de la guerre civile et de la persécution, le couvent fut fermé et Pedro-Pacífico trouva refuge chez un de ses frères à Castellar. Il s’attendait au martyre, mais restait serein. A un parent il disait : Prends un Crucifix, tiens-le dans tes mains, et n’aie pas peur des persécutions.

Mais la milice surveillait. Un escadron vint frapper à la porte au soir du 12 octobre 1936. Tout le monde fut plaqué au mur et l’on demanda qui était le flaret (le frère). A l’image de Jésus-Christ, lors de son arrestation au Jardin des Oliviers, frère Pacífico répondit sans hésiter : C’est moi.

Ce religieux sexagénaire, à la barbe plus que vénérable, fut alors malmené, et emmené avec force coups de poings et de crosse de fusil, vers un chemin autour de Monteolivete (La Punta, Valencia), tandis qu’il priait le chapelet à haute voix. Parvenus au bord de la rivière Turia, ils le fusillèrent et le laissèrent là.

Le lendemain matin, on le retrouva étendu par terre, tenant dans la main gauche le crucifix contre sa poitrine ; il avait plusieurs blessures à la tête. Celui qui avait signé sa profession avec la croix, signa aussi la fin de sa vie avec la croix.

Le frère Pacífico a été béatifié en 2001.

Il est mentionné le 12 octobre au Martyrologe romain.

 

 

Josep Casals Badía

1891-1936

 

Né et baptisé le 8 février 1891 à Berga (Barcelone), Josep avait pour parents José et Antonia.

Il entra chez les Pères Clarétains de Cervera en 1910 et, après le noviciat, fit la profession comme frère convers en 1911.

C’est à Cervera qu’il passa presque toute sa vie religieuse. Dans cette grande communauté de plus de deux cents personnes, il accomplit sa mission de cuisinier et économe, chargé des provisions et des courses. En 1935, il passa à Vic.

Le 21 juillet 1936, il fut un des derniers à quitter la maison, juste après avoir caché l’image de la Très Sainte Vierge, et juste avant l’irruption des Rouges. Le 22 il s’occupa de fournir de quoi manger aux novices.

Le 23 il fut arrêté une première fois et conduit à la mairie, mais le maire le fit relâcher, avec la recommandation de ne pas circuler dans la rue.

Du 25 au 29 juillet, il fut envoyé par son Supérieur auprès de l’évêque qui se cachait par là.

Le 13 août, il rejoignit Le Vivet, où un autre Frère put lui obtenir un laisser-passer pour Berga, son pays natal. Il pensait partir le lendemain matin, mais il y eut une perquisition dans la nuit, et il reçut l’ordre de ne pas sortir de là où il se trouvait. Et on lui déchira son laisser-passer. Les jours passèrent.

Le 8 octobre, des miliciens de Vic arrivèrent : les Religieux étaient en train de prier le Rosaire avec la famille ; ils embarquèrent les pères Codinach et Codina et le frère Casals, en direction de la prison.

Le 11 octobre, la Generalidad annonça que le lendemain, 12 octobre, les comités cessaient, de sorte que celui de Vic s’occupa de «nettoyer» la prison.

Le 12 octobre 1936 au petit matin, on les emmena tous les trois sur la route Vic-Barcelone ; on retrouva le cadavre du Frère à hauteur de Manso Rosell, sur la route de Manlleu.

Béatifié en 2017, Josep Casals Badía sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 12 octobre.

 

 

Miquel Codina Ventayol

1909-1936

 

Né le 8 novembre 1909 à Artés (Barcelone), il fut baptisé le 12 novembre et confirmé à trois ans ; ses parents étaient Antonio, un maçon, et María ; il avait un frère.

En 1921, il entra au postulat des Pères Clarétains de Vic, y fit le noviciat, puis la profession en 1926. Il étudia la philosophie à Solsona, la théologie à Cervera. Il fut extrêmement brillant. Avant même d’être ordonné prêtre, il publia des recensions dans des revues spécialisées, Ilustración del Clero et Palaestra Latina.

Après son ordination (1934), il fut professeur à Cervera, où il enseigna l’Introduction à la Sainte Ecriture.

A la fin de l’année scolaire 1936, il vint à Barcelone pour d’autres recensions et pour des questions concernant la langue grecque. Le 18 juillet, il eut juste le temps de prendre le dernier train pour Vic.

Le 21, la communauté se dispersa et Miquel se réfugia chez un chanoine de la cathédrale, qui lui fournit des vêtements civils. Le 22, il rejoignit La Serra de Taradell, où il retrouva d’autres Clarétains. Deux ou trois fois, il réussit à trouver un laisser-passer pour Vic ; il y alla le 13 août : là, il rencontra son père, qui lui déconseilla formellement de retourner à Artés ; il revint à Taradell. Ce même jour, il y eut une perquisition, au cours de laquelle Miquel se déclara étudiant et professeur ; on le laissa, mais on déchira son laisser-passer et on lui donna l’ordre de ne pas sortir de là, sinon les propriétaires le paieraient, et on lui montra un révolver en lui demandant ironiquement : Vous savez à quoi ça sert ?

Le père Miquel eut l’imprudence, du moins l’audace, de demander à son frère d’intervenir auprès de la Generalidad et du comité de Taradell pour lui obtenir un laisser-passer ; il était toujours optimiste, mais c’est pour cela qu’on finit par savoir qui étaient ces gens qui vivaient à Taradell.

Le 8 octobre, des miliciens de Vic arrivèrent et embarquèrent les pères Codinach et Codina et le frère Casals, en direction de la prison.

Le 12 octobre 1936 on les emmena tous les trois à Malla, au carrefour de la route Vic-Barcelone et de celle pour Manresa, où ils furent fusillés.

Béatifié en 2017, Miquel Codina Ventayol sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 12 octobre.

Román Sitko

1880-1942

 

Román était un prêtre polonais du diocèse de Tarnów, créé en 1783 sur une partie du territoire de l’archidiocèse de Cracovie. 

Il était né en 1880 et, une fois ordonné prêtre, accomplissait le ministère pastoral avec beaucoup de zèle pour les âmes, jusqu’à ce que son évêque lui confiât la charge de recteur du séminaire, où il se révéla un excellent formateur des jeunes aspirants au sacerdoce. Il reçut aussi du Saint-Siège le titre honorifique de Prélat domestique de Sa Sainteté.

Quand les troupes nazies occupèrent la Pologne, le séminaire fut fermé, mais Román continua dans la clandestinité les activités du séminaire, regrettant amèrement l’emprisonnement de tant de confrères prêtres, pour la libération desquels il offrait sa vie.

La police l’arrêta le 22 mai 1941 et on le condamna à la prison dans le camp de concentration de Darlewitz ou Auschwitz : là il fut l’ange gardien des autres prisonniers, en particulier auprès de ceux qui allaient être exécutés. 

Trop faible pour accomplir les durs travaux forcés qu’on lui avait imposés, il s’écroula par terre, épuisé, le 12 octobre 1942.

Un gardien le vit et lui écrasa le cou avec sa botte, provoquant la mort.

Le père Román Sitko est l’un des cent-huit martyrs béatifiés le 13 juin 1999 par le pape polonais Jean-Paul II. Il est mentionné le 12 octobre au Martyrologe.

 

Carlo Acutis

1991-2006

 

Carlo Acutis naquit le 3 mai 1991 à Londres, où se trouvaient ses parents pour raisons professionnelles, mais ils revinrent bientôt à Milan (Italie) dès le mois de septembre.

Ces parents sont des gens qui conservent les bonnes habitudes, mais ne sont pas vraiment pratiquants. En revanche, la semence chrétienne que leur fils Carlo recevra, germera et grandira de façon extraordinaire.

Carlo aimait prier, aller dans les églises, visiter les sanctuaires, et ses parents ne lui refusaient pas ces moments où le garçon rencontrait déjà l’Invisible.

Il désirait intensément recevoir l’Eucharistie, et put faire la Première communion à l’âge de sept ans ; de ce jour, il tint à participer chaque matin à l’Eucharistie de sa paroisse. Etre toujours uni à Jésus, tel est le but de ma vie, écrivit-il alors. Mieux : il savait se recueillir un moment avant la messe ou après, et répétait : Si l’on s’approche tous les jours de l’Eucharistie, on va tout droit au paradis.

Il aimait en même temps se purifier avant de communier, et pour cela se confessait chaque semaine. Et comme on ne peut dissocier Jésus de sa sainte Mère, il priait chaque jour le chapelet. De Marie, il dira plus tard : Elle est l’unique femme de ma vie. Il s’intéressa particulièrement aux apparitions mariales de Lourdes et de Fatima.

Il aurait certainement apprécié notre blog, car il aimait lire la vie des Saints, comme s.François d’Assise, s.Antoine de Padoue, s.Dominique Savio, les trois voyants de Fatima.

En grandissant, Carlo ne se distingua pas de ses camarades de jeux et d’école ; il jouait au football, comme tout Italien, apprenait le saxophone ; bon élève, tant chez les Marcellines de Milan qu’à l’Institut Léon XIII des bons pères Jésuites, il montrait simplement son enthousiasme et sa gentillesse envers tous. Il encourageait ses camarades de l’aumônerie : L’Eucharistie, c’est l’autoroute qui mène au ciel.

Son temps libre passait en bonnes œuvres : le catéchisme aux plus jeunes de la paroisse, la visite aux personnes âgées ; s’il avait de l’argent, il le gardait pour le redonner en aumônes, répétant : Le bonheur s’est d’avoir le regard tourné vers Dieu. La tristesse, c’est d’avoir le regard tourné vers soi-même.

Mais surtout, ce jeune garçon fut un passionné d’informatique. Sans avoir encore la formation d’un professionnel, il «flairait» les trucs qui lui permettaient de réaliser des merveilles : montages de films, création de sites (pour la paroisse, pour le lycée), et expliquait aux autres comment il fallait faire.

Sa plus belle réussite fut sa recherche enthousiaste sur les miracles eucharistiques. Pendant deux années, avec l’aide de ses parents, bien sûr, il visita les lieux de cent trente-six miracles reconnus par l’Eglise, recueillant toutes les informations, les récits, les photographies possibles. Ce fut d’abord un petit site internet, qui aboutit finalement à une magnifique exposition : elle fut présentée dans le monde entier, sur les cinq continents, dans les paroisses, dans les sanctuaires de Lourdes, de Fatima, de Guadalupe…

Et voilà qu’en octobre 2006, le jeune Carlo de quinze ans fut diagnostiqué très gravement malade : leucémie foudroyante de type M3. Il fut hospitalisé à Monza ; mais il demeura le garçon souriant qu’il avait toujours été. Jamais une plainte : J’offre toutes les souffrances que je dois subir au Seigneur, pour le pape et pour l’Eglise, et pour aller directement au Paradis.

Toujours préoccupé des autres, il dit à ses parents d’aller se reposer, il encourageait les autres patients ; le personnel médical était étonné, édifié par cette attitude si tranquille, alors que Carlo était en phase terminale.

Avant de voir mourir ce jeune garçon, digne d’un Domenico Savio (v. 9 avril), citons encore deux phrases de ce «cyber-apôtre» :

Notre objectif doit être l’infini, non pas le fini. L’Infini est notre Patrie. Depuis toujours nous sommes attendus au Ciel.

Tous naissent comme des originaux, mais beaucoup meurent comme des photocopies.

Carlo s’éteignit à ce monde au matin du 12 octobre 2006.

Selon son souhait, il fut enterré à Assise, la ville de s.François.

Douze ans plus tard, dans le cadre du procès de béatification de Carlo, on procéda à la reconnaissance canonique de son corps : la maman put l’attester, son fils lui semblait comme mort à peine quelques instants auparavant, tant il était bien conservé.

On attendait un miracle : en 2010, un petit enfant brésilien était atteint d’une grave déformation du pancréas ; l’opérer aurait coûté la vie du jeune garçon. On invoqua l’intercession de Carlo : le pancréas reprit sa forme et sa place normales, sans aucune intervention. Le changement était inexplicable.

Carlo Acutis devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 12 octobre.

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10 octobre 2020 6 10 /10 /octobre /2020 23:00

11 OCTOBRE

 

I.

S Philippos, un des sept premiers Diacres (Ac 6:5 ; 8 ; 21:8) ; ses quatre filles, vierges, seraient : Hermione, Charitine, Iraïs, Eutychiane ; il serait mort évêque à Tralles, ou à Césarée.

III.

S Vinard (Guénard), sacré évêque par le pape s. Sixte, venu à Celles où il eut des disciples et fit des miracles, en particulier d'obliger un renard à rendre la poule volée.

?

SS Nicasius, Quirinus, Scubiculus et Pientia, martyrs en Vexin.

IV.

SS Tharacos, Probus et Andronikos, célèbres martyrs en Cilicie. 

S Germain, évêque inconnu à Besançon, martyr qui porta sa tête à Baume-les-Dames, peut-être le s. Germain de Grandval (cf.21 février).

S Sanctinus, disciple présumé de s. Denis et premier évêque à Verdun.

S Sarmata, disciple de s. Antoine en Thébaïde, martyrisé par les Sarrasins.

S Michel l'Aragave, un des premiers moines en Ethiopie, disciple de s. Frumence.

V.

S Grat, premier évêque à Oloron.

VI.

S Firmin, évêque à Uzès.

S Cainnech, abbé à Aghaboe.

Ste Placidie, vierge à Vérone.

VII.

S Ansilion, saint moine à Lagny.

Ste Ethelburge (Aedilberga), sœur de l'évêque Earconwald, abbesse à Barking.

S Agilbert, frère de ste Telchilde et évêque à Dorchester ; il sacra s. Wilfrid à Compiègne, fut évêque à Paris et passa ses dernières années dans la retraite, à Jouarre.

S Anastasios l'Apocrisiaire, prêtre, compagnon de s. Maxime le Confesseur en exil.

VIII.

Ste Julienne, mystérieuse abbesse à Pavilly.

IX.

S Gommaire, militaire et noble flamand, forcé au mariage, thaumaturge.

X.

S Bruno, évêque à Cologne : frère d'Otton et de Conrad, fils de Henri Ier et de ste Mathilde, très influent tant dans sa famille que pour l'Eglise en Germanie et en France. 

XI.

S Radím-Gaudentius, premier évêque à Gnesen, frère de s. Adalbert de Prague.

XII.

S Meinhard, apôtre des pays baltes, évêque à Üxküll (siège transféré à Riga), canonisé en 1993.        

XV.

B Jakob Griesinger de Ulm, allemand, dominicain à Bologne, un des plus grands maîtres verriers de son époque, mais très effacé : appelé un jour durant la cuisson d'un vitrail (qu'il devait absolument surveiller), il laissa tout et retrouva le vitrail achevé avec des teintes magnifiques. 

XVI.

S Alessandro Sauli, barnabite milanais ; de Pavie il fut envoyé comme évêque en Corse, au beau milieu des luttes entre Gênes et la France, puis fut nommé à Pavie.   

XIX.

S Phêrô Lê Tùy, prêtre tonkinois, martyr canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Ste Bibiana María Soledad Torres Acosta, madrilène, fondatrice, avec don Miguel Martinez, des Servantes de Marie pour le soin des malades à domicile, ce qui alors était très nouveau ; supérieure, elle fut rappelée après avoir été un moment écartée par erreur.

XX.

B Ángel Ramos Velazquez (1876-1936), laïc coadjuteur salésien à Barcelone, martyr, béatifié en 2001.

Philippos, diacre

1er siècle

 

Philippos apparaît dans les Actes des Apôtres, au moment de l’élection des sept premiers Diacres : Philippos vient en second après Etienne (Ac 6:1-6).

Au chapitre 21:8, l’auteur des Actes donne à ce même Philippos le titre d’évangéliste, sans doute pour le distinguer de Philippos l’Apôtre.

Philippos, le Diacre, eut une grande activité dans la première évangélisation.

Après le martyre d’Etienne, la persécution le fit quitter Jérusalem et il alla à Samarie (Ac 8:5) ; c’est là qu’il convertit entre autres un certain Simon, magicien de son état et qui, ensuite, crut possible d’acheter aux Apôtres le pouvoir d’imposer les mains pour conférer l’Esprit Saint.

De là vient le mot de simonie, qui dans l’Histoire de l’Eglise, a désigné l’erreur, malheureusement fréquente, qui poussa certains personnages à acheter des charges ecclésiastiques au lieu d’en recevoir la mission par l’Eglise. Sévèrement admonesté par saint Pierre, Simon demanda humblement qu’il lui fût pardonné.

Quant à Philippos, il fut invité par un ange à retrouver sur la route de Jérusalem à Gaza un voyageur illustre : l’eunuque de la reine d’Ethiopie (v. 27 août). L’épisode est merveilleux (Ac 8:26-40).

Cet eunuque est le premier baptisé de la Gentilité (car il était «païen», c’est-à-dire non Juif). C’est certainement cela qui rapprocha l’apôtre Paul, désormais converti et devenu apôtre des Gentils, de Philippos, car on voit Paul demeurer quelques jours chez ce dernier (Ac 21:8).

C’est là que Luc mentionne les quatre filles de Philippos, auxquelles la Tradition donne les noms de Hermione, Charitine, Iraïs et Eutychiane.

Philippos passe pour avoir été ensuite évêque à Tralles en Lydie (Asie Mineure, Turquie occidentale) où il mourut. Certaines autres sources ont dit qu’il mourut à Césarée, peut-être parce que là se trouvait la maison de sa famille.

Comme les Grecs, les Latins fêtent saint Philippos le Diacre le 11 octobre.

 

 

Nicasius, Quirinus, Scubiculus et Pientia de Vaux-sur-Seine

? 3. siècle

 

Nicasius, Quirinus et Scubiculus seraient des martyrs anciens.

Ils auraient été martyrisés non loin de Vaux-sur-Seine (Meulan, act. Yvelines).

Une tradition orale, cependant, qui vaut ce qu’on peut raconter sans citer de références précises, faisait de Nicasius et de ses Compagnons des Romains, envoyés par le pape Clément (v. 23 novembre). Ce dernier aurait consacré évêque Nicaise, prêtre Quirinus, diacre Scubiculus.

A Vaux-sur-Seine, ils attrapèrent et firent disparaître un énorme dragon - ce qui provoqua la conversion de plusieurs centaines de personnes, puis aussi toute une troupe d’autres démons, entraînant encore d’autres conversions.

Là-dessus, l’empereur Domitien, informé de cette «révolution», envoya des sicaires pour décapiter Nicasius et les autres. Les corps mutilés devaient être abandonnés aux chiens.

Mais voilà que les Martyrs ramassèrent leur tête et allèrent la déposer à l’endroit où ils voulaient être ensevelis. Là, une pieuse femme nommée Pientia, assuma la tâche de les ensevelir dignement.

De cette «tradition» vient qu’on a installé Nicasius premier évêque de Rouen, vers 250. L’invraisemblance de cette chronologie est que Domitien a engagé la persécution au début du quatrième siècle. Mais on ne dispose d’aucun élément pour dirimer l’une ou l’autre hypothèse.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Nicasius, Quirinus, Scubiculus et Pientia de Vaux-sur-Seine  au 11 octobre.

 

 

Tharacos, Probus et Andronikos d’Anazarbe

† 304

 

Lors d’un premier interrogatoire à Tarse, Tharacos déclara qu’il était né à Pompeiopolis (auj. près de Taşköprü, région turque de la Mer Noire), qu’il avait soixante-cinq ans et qu’il avait quitté l’armée à cause de sa foi chrétienne.

Probus affirma être le fils de Probus, un thrace, et qu’il était né à Sidé (Pamphylie, auj. Turquie S)) ; on le battit avec un nerf de bœuf.

Andronikos se réclama d’une des plus notables familles d’Ephèse et reçut divers tourments.

Remis en prison, ils furent tous les trois interrogés à nouveau, à Mopsueste (ou Misis, auj. Yakapinar). Discussions et tourments se répétèrent ; l’empereur Maximien constata avec surprise que leurs plaies étaient déjà guéries.

Qu’importe ce prodige du Christ, Maximien fit comparaître encore une fois les trois Soldats du Christ à Anazarbe (Cilicie, auj. Ağaçli Turquie SC). Cette fois-là, on enfonça dans la bouche d’Andronikos des viandes et du vin offerts aux idoles.

Le lendemain, 11 octobre 304, ils furent livrés aux bêtes affamées.

Les spectateurs qui quittèrent l’amphithéâtre par désapprobation, furent arrêtés. Tharacos, Probus et Andronikos furent épargnés par les trois premières bêtes ; une lionne épargna Tharacos et alla se jeter contre la porte des gardes - panique de la foule. On décapita les trois Martyrs.

Quand on voulut les brûler, un gros orage éteignit le feu.

Les historiens ont reconnu beaucoup de vérités dans ce récit, puis plus récemment on a avancé quelques réticences.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Tharacos, Probus et Andronikos au 11 octobre.

 

 

Sanctinus de Verdun

4. siècle

 

Sanctinus passe pour avoir été le premier évêque de Verdun, où il est mentionné en 346, Maurus lui succédant en 356.

On attribue à Sanctinus l’érection du premier oratoire chrétien dédié aux saints Pierre et Paul sur le Mont Vanne, ce qui démontre un fort attachement à Rome. Peut-être fit-il construire aussi un baptistère et une autre église.

La tradition, mal assurée, le rend responsable de l’évangélisation de la région de Meaux, où il serait mort en prison, vers 356.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Sanctinus de Verdun au 11 octobre.

 

 

Sarmata de Thébaïde

† 357

 

Sarmata était un disciple de s.Antoine, l’abbé (v. 17 janvier), en Thébaïde (Egypte S).

Il fut lui-même abbé à son tour.

En 357, une irruption de Sarrasins s’abattit sur le monastère et Sarmata fut tué.

On lui attribue cet apophtegme : J’aime mieux un homme qui a péché et qui maintenant reconnaît son péché et fait pénitence, qu’un homme qui n’a pas péché et se croit juste.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Sarmata de Thébaïde au 11 octobre.

 

 

Firmin d’Uzès

480-553

 

Firminus naquit vers 480, peut-être à Narbonne, d’un sénateur, Tonantius Ferreolus et d’Industria.

Vers 492, à douze ans, il fut confié à un évêque Ruricius, très probablement l’évêque de Limoges († 507, v. 21 juillet ?), plutôt que celui d’Uzès, qui ne fut évêque qu’en 533.

Firmin connut s.Césaire d’Arles (v. 27 août), dont il fut aussi l’ami et le biographe.

En 538, il fut nommé quatrième évêque (connu) d’Uzès, siège épiscopal créé vers 420.

Un contemporain écrivait, en 544, que Firmin était pontife, maître en religion, pouvant enseigner les dogmes à son peuple et renommé jusqu’en Italie.

Toujours en 538, Firmin participa au troisième concile d’Orléans puis, en 549 au cinquième d’Orléans et, vers 551, au deuxième concile de Paris.

Il s’éteignit peu après, en 553.

Le diocèse d’Uzès, supprimé par la Révolution, fut annexé par celui d’Avignon, puis par celui de Nîmes en 1822.

Saint Firmin d’Uzès est commémoré le 11 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cainnech d’Aghaboe

521-600

 

Cainnech d’Aghaboe (Achad-bo) serait né vers 521-527 en Irlande du Nord, fils d’un poète et de Mella. 

Sa vie est parsemée de merveilles, comme il arrive souvent dans les vies des grands Saints d’Irlande.

Ses pauvres parents, n’ayant pas de vache pour donner du lait à l’enfant, obtinrent de Dieu la nuit-même de la naissance l’arrivée mystérieuse d’une belle vache.

Pendant que Cainnech allait aux champs, son petit camarade lui apportait des fruits ; Cainnech vomissait quand un fruit avait été volé.

Il voulut être initié à la vie religieuse et passa en Britannia, la Bretagne ou l’Angleterre. Il s’y montra très humble et obéissant : appelé par son maître, il laissa inachevé le O qu’il était en train d’écrire. Voici d’autres exemples de ces merveilles.

Il fut ordonné prêtre et reçut l’autorisation de faire le pèlerinage à Rome ; en cours de route, il fut pris par douze larrons qui s’apprêtaient à lever la main sur lui : leur main sécha ; ils se convertirent.

Un jour que des souris lui avaient rongé les chaussures, il leur ordonna de se jeter dans la mer : la contrée fut libérée à jamais des souris.

Il ressuscita le petit enfant de sa sœur Colombe. Chez des religieuses, il guérit un enfant sourd, muet et aveugle.

Deux brigands mirent le feu à sa cabane ; le feu respecta les livres saints, mais les deux brigands devinrent l’un boiteux, l’autre aveugle ; ils devinrent cependant d’excellents moines.

Chaque jour, une biche venait à la cellule de Cainnech avec son faon pour se faire traire. 

Une fois, c’est s.Columba qui était sur sa barque en pleine tempête ; il dit à ses compagnons que seul Cainnech pouvait intervenir pour le sauver ; au même moment, Cainnech cesse de manger et va prier à l’église, dans sa hâte il ne met qu’une chausure ;  Columba remercie Dieu d’avoir permis à Cainnech de le sauver en courant à l’église avec une seule chaussure.

Et ainsi de suite ; ce sont quantités de miracles dignes du prophète Elie (cf. R ).

Cainnech séjourna au Pays de Galles, passa dans les îles écossaires de l’Ouest et visita s.Columba (v. juin). Plus tard il revint en Irlande.

C’est surtout au monastère d’Aghaboe qu’il vécut.

Infirme et proche de la mort, il reçut le Viatique des mains de s.Fintan (v. ) et décéda à Aghaboe le 11 octobre 599.

Cainnech fut très célèbre. Son nom se retrouve en maintes appellations de localités (St-Kain’s Well), dans les prénoms écossais Kenneth et Kain. Le nom lui-même de Cainnech se trouve sous d’autres formes : Cainnichus, Chinnechus, Kennechus, Kynnicus, Kannechus…

Saint Cainnech d’Aghaboe est commémoré le 11 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anastasios l’Apocrisiaire

† 662

 

Anastase fut un prêtre et apocrisiaire (représentant) de l’Eglise romaine ; comme tel, il accompagna s.Maxime le Confesseur (v. 13 août).

Les informations ne précisent pas s’il fut apocrisiaire en tant que prêtre romain ou parce que, étant d’origine grecque, il connaissait bien et le latin et le grec.

En 653, Maxime se trouvait à Rome, où il fut arrêté par l’empereur avec le pape Martin, et conduit manu militari à Constantinople, avec Anastase l’Apocrisiaire, son fidèle compagnon, ainsi qu’un autre Anastasios, moine (v. 11 octobre et 22 juillet).

Lorsque Maxime fut torturé (on lui arracha la langue pour l’empêcher de parler et on lui coupa la main droite) et exilé dans les monts du Caucase, les deux Anastase subirent les mêmes tortures et le même exil.

On apprend que, malgré ces tortures, Anastase put continuer de parler très distinctement et même, s’étant fait attacher deux petits bâtonnets au bout de son bras amputé, il réussit à conduire sa plume pour continuer d’écrire, et rédigea, dit-on, plusieurs ouvrages.

Il mourut lui aussi dans cette localité perdue de Schemaris, au cours même de la liturgie. Il venait de prononcer : Les choses saintes aux Saints !

Il serait mort la même année que Maxime (662 ou 666), mais après Maxime, puisqu’on a de lui une lettre adressée à un prêtre de Jérusalem, où il lui annonce la mort de Maxime.

De récentes fouilles (2016) auraient abouti à l’identification des reliques de s.Maxime et des deux ss.Anastasios, à Tsageri (Géorgie).

Saint Anastase l’Apocrisiaire est maintenant commémoré le 11 octobre dans le Martyrologe Romain.

Gommaire d’Emblem

717-775

 

Il naquit vers 717 à Emblem (Brabant, Gaule Belgique), d’une famille noble.

Les parents l’envoyèrent à la cour de Pépin le Bref, qui lui confia une préfecture, le fit se marier avec une certaine Gwinmaria, et l’emmena avec lui dans diverses campagnes en Lombardie, en Saxe, en Aquitaine.

Après neuf années de cette vie, Gommaire put rentrer chez lui. Ce n’est pas Gwinmaria qui avait souffert de l’absence de son mari, bien au contraire, qu’on en juge.

Gommaire apprend avec stupéfaction que son épouse maltraite ses serviteurs  : il en voit un, tête rasée, traîner un charriot sous une pluie de coups ; aussitôt il réunit tous les domestiques et leur restitue leurs biens confisqués par la dure épouse. Plus tard, il retrouvera de nouveau son épouse forçant les domestiques à moissonner sans boire une goutte d’eau et sans prendre le temps d’une petite pause : Gommaire renvoie alors son épouse à la maison, où elle est saisie d’une telle soif qu’elle n’arrive pas à boire suffisamment pour l’étancher et en serait morte si Gommaire ne l’avait alors guérie. Toujours la même Gwinmaria obligeait les femmes à la corvée tel ou tel jour ; le nourrisson de l’une d’elle fut trouvé un jour presque étouffé par un serpent dont la queue sortait encore par la bouche ; la pauvre mère expliqua à Gommaire qu’elle était astreinte à la corvée, et qu’elle ne pouvait mieux surveiller son bambin : d’autorité, Gommaire exempta de la corvée toute femme ayant un nourrisson. 

Désormais, ce sera la séparation définitive de son épouse légitime, qui ne mit d’ailleurs aucune difficulté à y consentir.

Gommaire se retira dans une cellule, près du logis initial.

Parti en pèlerinage à Rome, Gommaire et ses compagnons abattirent un arbre pour se chauffer et attacher leur tente ; le propriétaire arrive, furieux ; Gommaire rapprocha l’arbre abattu de son tronc, et l’arbre se remit sur pied sans trace de coupure.

Puis un ange avertit Gommaire de ne pas continuer le pèlerinage, et plutôt de construire un oratoire dédié à s.Pierre, non loin d’Emblem ; l’oratoire s’éleva à Nivesdonck et sera à l’origine de l’abbaye de Lier ; Gommaire y vécut en contemplatif, tout en se rendant souvent à son village natal et s’adonnant à toutes les œuvres de miséricorde.

Gommaire mourut saintement à Emblem le 11 octobre, vers 775, et fut enterré à Lier.

Les douloureuses péripéties de son mariage l’ont fait invoquer pour les réconciliations de couples en difficulté.

Saint Gommaire d’Emblem est commémoré le 11 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bruno de Cologne

925-965

 

Il ne faut surtout pas confondre ce Bruno, évêque de Cologne, avec Bruno le Chartreux, natif de Cologne (v. 6 octobre).

Celui dont il s’agit ici naquit en 625, troisième fils du roi de Germanie Henri 1er et de ste Mathilde (v. 14 mars).

Henri mourut quand Bruno n’avait que onze ans (936) ; lui succéda son fils aîné, Otto, dit le Grand.

Bruno, le fils cadet, passa quatre années à l’école épiscopale d’Utrecht, puis rejoignit la cour d’Otto. Ce n’était pas pour jouir de la vie de cour, car il ne cessait de s’instruire, de lire ; il parlait latin et grec.

Otto, qui n’était pas si instruit, eut l’heureuse idée de s’appuyer sur les grandes qualités intellectuelles et spirituelles de son jeune frère. 

Il confia à Bruno l’administration des deux grandes abbayes de Lorsch et de Corvey.

Diacre en 941, à quinze ans, Bruno reçut et recouvra la charge de chancelier jusqu’en 953. Il sut avoir une heureuse influence sur plusieurs personnages de la cour, qui ensuite devinrent ses confrères d’épiscopat.

En 953, il fut choisi pour devenir archevêque de Cologne.

Un de ses premiers soucis fut la réconciliation entre ses deux frères aînés, qui faillit réussir, mais fut en réalité le début de nouveaux affrontements qui gagnèrent toute l’Allemagne.

Bruno se vit confier l’administration du duché de Lorraine, qu’il garda jusqu’à la mort. 

Mais surtout, il s’occupa de la formation de son jeune clergé ; il fonda à Cologne un monastère bénédictin ; .

En 961, Otto, avant de descendre en Italie, confia à Bruno son fils Otto ; Bruno l’accueillit à son retour  à Worms et célébra avec lui les fêtes de Pâques à Ingelheim, avant de regagner Cologne, où les attendaient ste Mathilde et ses deux filles. Puis Bruno gagna Compiègne, où il rédigea une formule d’accord entre ses neveux Lothaire III (fils de sa sœur Gerberge) et Hugues Capet (fils de son autre sœur Hadwig).

Il n’eut pas le temps de revenir à Cologne. La fièvre le prit et il mourut à Reims, le 11 octobre 965. Son corps fut ramené à l’abbaye qu’il avait fondée à Cologne.

Bruno fut un des esprits les plus cultivés de son temps ; son influence en Allemagne et en France fut très grande.

En 1870, son culte fut autorisé.

Saint Bruno de Cologne est commémoré le 11 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gaudentius de Gnesen

970-1022

 

Radím, en polonais Radzim, était le demi-frère de s.Adalbert de Prague, étant né d’une union illégitime du duc Slavnik.

En 989, les deux frères se retrouvèrent au monastère romain Saint-Alexis, où Radím prit alors le nom de Gaudentius.

A partir de 997, il accompagna Adalbert dans ses missions vers la Prusse.

Lorsqu’Adalbert fut martyrisé par les Prussiens (v. 23 avril), Gaudentius échappa à la mort ; il fut ainsi le témoin privilégié du martyre de son frère et la meilleure source d’information pour son biographe.

L’empereur Otto III le fit nommer au nouvel archevêché de Gnesen.

La date de la mort de Gaudentius est diversement établie ; elle varie entre 1004 et 1022.

Saint Gaudentius de Gnesen est commémoré le 11 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Meinhard de Segeberg

1130-1196

 

Né vers 1130-1140, religieux de l’Ordre augustinien, Meinhard partit de son couvent de Segeberg (Holstein, Allemagne nord), vers 1184, pour aller évangéliser la région de Livonie, les actuelles Lettonie et Estonie.

Avec l’accord du prince Vladimir von Polock, Meinhard s’établit à Üxküll (actuelle Ikšķile, Lettonie) et y construisit une première église en bois. Bientôt il baptisa déjà quelques «personnalités».

L’hiver suivant, Meinhard et toute la population durent s’enfuir devant l’invasion des Lituaniens. Meinhard fit alors construire des fortifications à Üxküll, et bientôt une autre ville forte sur l’île de Holme. Les deux cités eurent leur église en pierre ; celle de Holme est actuellement en ruine.

En 1186, Meinhard vint auprès de l’archevêque de Brême pour lui rendre compte de son travail, et l’archevêque le consacra évêque. 

A son retour, Meinhard se fit accompagner par d’autres Religieux, parmi lesquels le cistercien Theoderich, qui amena à la foi et au baptême le chef Kaupo et sa famille. Il n’y eut pas que ces belles conversions : Kaupo lui-même tomba en martyr.

Meinhard envoya Theoderich à Rome pour obtenir du pape Célestin III des Religieux de différents ordres, pour accélérer l’évangélisation des peuples.

Une famine désola la région, et Meinhard se dépensa énergiquement pour venir en aide à la population, se gagnant ainsi la confiance de ses diocésains.

Meinhard mourut le 14 août 1196, mais on le commémore au Martyrologe romain le 11 octobre.

Des récits affirment que Meinhard fut honoré comme Saint dès le 13e siècle, en raison de ses miracles, mais la canonisation officielle a été célébrée récemment, en 1993.

Jakob Griesinger d’Ulm

1407-1491

 

Jakob était né vers 1407 à Ulm (Allemagne S) d’un père négociant, qui mourut plus que centenaire.

Ce gentil garçon grandit dans la simplicité et la piété, l’amour et le respect des parents. A vingt-cinq ans, il demanda à son père la permission de faire le pèlerinage à Rome pour y vénérer les reliques et se confesser.

Au terme de son pèlerinage, voulant gagner honnêtement un peu d’argent, il s’engagea à Naples dans l’armée du roi Alfonso ; il fut un jour admis à loger dans une famille juive qu’il quitta du jour au lendemain quand on lui eut dit que les choux de la soupe du soir avaient été volés. Puis il resta cinq ans au service d’un homme de loi.

Voulant revenir voir son père à Ulm, il passa par Bologne. Là encore il s’engagea d’abord dans la garnison, mais fit bientôt connaissance des Dominicains. Il pouvait avoir une trentaine d’années, et les bons Religieux furent bien contents de cette nouvelle recrue et l’admirent immédiatement comme frère convers parmi eux.

L’occupation principale du frère Jakob, outre sa prière et ses services fraternels dans la communauté, était la confection des vitraux. Malheureusement on ne connaît à l’heure actuelle qu’un seul de ses ouvrages, qui se trouve en la basilique Saint-Petronio de Bologne.

Son sourire perpétuel ne laissait guère deviner qu’il était homme à cilice, à discipline, à oraison nocturne. Sa piété était véritablement édifiante : premier à l’église, il priait l’office, s’arrêtait à chaque autel, servait plusieurs messes. Quand il se préparait à la communion, il priait toute la nuit précédente et se confessait.

Parmi les vertus dont il brilla, il faut signaler son obéissance, qui est restée légendaire. Pour l’éprouver, le prieur lui dit un jour d’aller porter des lettres au maître général de Paris ; Jakob répondit simplement : Si vous le permettez, je vais prendre un bonnet et s’agenouilla pour demander la bénédiction de départ, sans même demander un sou pour le voyage. 

L’autre exemple de son obéissance, fréquemment cité et encore plus spectaculaire, se vérifia un jour qu’on l’appela tandis qu’il surveillait la cuisson d’un vitrail. Comme on ne le sait peut-être pas, cette cuisson est extrêmement délicate, exige une certaine température, et pas un instant de trop, sinon tout le travail est perdu ; on l’appela ! Sans broncher, Jakob laissa là son travail. A son retour, il trouva le verre et la couleur juste à point, comme il n’avait jamais pu l’espérer.

Il aimait la pureté et tenait les yeux baissés et s’occupait toujours à quelque chose, disant à l’occasion qu’aucune tentation, si forte fût-elle, ne résiste à la douceur de Jésus ou à la pensée de ses souffrances.

Les nouvelles des hérésies, des schismes, des plaies de l’Eglise, lui provoquaient les larmes. Il allait volontiers assister tel frère malade, rappelant que la charité est la robe nuptiale qui donne accès au festin (cf. Mt 22:11). Sa prière préférée : le Notre Père.

En contrepartie, il reçut des attaques physiques du Démon, qui se manifestaient à Jakob ou se faisaient entendre, dans l’église ou dans sa cellule ; il trouva un jour sa cellule remplie de corbeaux infects, qu’il chassa d’une invocation à Jésus-Christ.

Jakob mourut dans son couvent de Bologne, les bras en croix, le 11 octobre 1491.

Il fut béatifié en 1825.

 

 

Alessandro Sauli

1534-1592

 

L’apôtre de la Corse naquit le 15 février 1534 à Milan, de Domenico et Tomassina Spinula, des nobles originaires de Gênes, qui eurent trois fils et trois filles.

Adolescent, il fut nommé page de la cour de Charles-Quint ; mais Alessandro voulut entrer en 1551 chez les Barnabites : pour le mettre à l’épreuve, on le fit prêcher le Christ, avec une grande croix, sur la place centrale. Ce coup d’essai fut vraiment un succès et il fut admis.

En 1554, il fit les vœux solennels et devait être ordonné prêtre en 1556.

Durant cette période, lui qui avait le sommeil facile, il demanda à être chargé d’éveiller le couvent le matin (ce qu’on appelle excitator). Il obtint aussi d’être aide-sacristain, pour combattre son goût trop prononcé pour l’oraison contemplative, mais qui lui valut aussi les exigences parfois intempestives des célébrants.

Son premier poste après l’ordination fut à Pavie, où il enseigna plusieurs matières, dont il avait pris les diplômes, et devint doyen de la faculté de théologie. Il prêchait souvent, et pour éviter toute tentation de gloriole, allait servir au réfectoire ou aider à la vaisselle après son homélie. Il confessait beaucoup. Son zèle, dit-on, fut critiqué, mais on ne le trouva jamais en défaut sur la règle de la congrégation.

En 1567, il fut nommé supérieur général des Barnabites. Résidant à Milan, il fut mainte fois consulté par l’archevêque Carlo Borromeo (voir au 3 novembre). Le père Alessandro veillait à la qualité de l’office au chœur, cherchant la sobriété. Il était assidu auprès des malades et savait jouer avec les jeunes.

En 1570, il fut nommé évêque pour la Corse. Ce fut son grand apostolat. L’île avait connu vingt-huit mille homicides en trente ans ; l’ignorance des fidèles, et des prêtres aussi, était lamentable. Quand il y arriva, il ne trouva pas même deux chambres habitables.

Son siège officiel était Aleria, où il commença par réparer l’église. Les offices reprirent, l’assistance aussi. Alessandro Sauli paya de sa personne et de ses écus. Un séminaire se remplit bientôt.

L’évêque ne résida pas qu’à Aleria ; il se déplaça en d’autres localités, pour y organiser la vie chrétienne : Balania, Argagliola, Corte, Cervione. S’il s’absenta parfois pour rejoindre Rome, ce fut bref : une fois il y rencontra Filippo Neri (v.26 mai), en 1575 il gagna l’indulgence du Jubilé, mais tomba malade et y resta quatre mois ; à son retour, il célébra le Jubilé pieds nus, portant la croix, la corde au cou.

Un jour, il passait près d’un arbre où pendait un sac : dedans se trouvait un nourrisson, qu’il sauva ainsi de la mort et fit éduquer à ses frais.

Les résultats furent au rendez-vous. Peu à peu les Corses surent apaiser leurs querelles, ils remplirent les églises où Alessandro prêchait, ils se confessèrent. L’île retrouva, au moins pour un temps, la paix.

Mgr Sauli publia un petit Catéchisme, qui fut très apprécié par saint François de Sales. Il fit aussi des miracles : des malades furent guéris durant une épidémie en 1580, une pluie battante mit fin à une sécheresse…

Lui qui était très cultivé, appréciait d’enseigner comme un petit professeur à ses séminaristes.

Il fut enfin préconisé pour l’évêché de Pavie, en 1591, là où il avait eut sa première mission : son ancien élève devenu pape, Gregorio XIV, le lui commandait, il fallait obéir. Malgré sa santé assez ébranlée par les travaux en Corse, il assuma cette nouvelle mission avec courage - et toujours le même esprit de détachement. Quand on lui offrit des tapisseries pour sa chambre, il rétorqua : Il vaut mieux vêtir les pauvres que les murs. Il refusa humblement la pourpre cardinalice.

D’autres miracles se produisirent : une tempête apaisée, un orage de grêle écarté des vignes. Il eut des «distractions» qui ressemblaient à des extases et demanda à un prêtre de l’avertir où il en était de la Messe. Chaque jour il priait devant la croix, lisant un des récits de la Passion du Christ ; il dormait quatre à cinq heures, parfois moins, pour prier. Tous les soirs, dans sa maison épiscopale, on priait les Litanies de la Vierge.

En voyage dans le Piémont, il tomba malade à Calosso et mourut le 11 octobre 1592.

Il fut béatifié en 1741 et canonisé en 1904.

 

 

Phêrô Lê Tùy

1773-1833

 

Phêrô (Pierre) naquit vers 1773 à Bằng Sơn (Hà Đông, Ha Tay, Vietnam), dans une famille aisée.

Ses parents l’envoyèrent étudier au séminaire de Nam Dịnh et il fut ordonné prêtre.

Ce fut un pasteur plein de zèle, d’humour aussi, toujours disposé à exercer le saint ministère où qu’il fût. Quand l’évêque fit un jour l’éloge de son travail, il répondit qu’il n’était pas encore satisfait, et pourtant il avait fait tant de choses.

Au bout de trente ans d’activités, il fut réduit à la clandestinité à cause de la persécution.

En juin 1833, il fut appelé pour donner le Sacrement des Malades et le Viatique à un mourant ; un groupe de païens réussit à l’arrêter, et imposa un chantage pour sa libération : déclarer Phêrô médecin et non pas prêtre. Le père Phêrô refusa ce marchandage. Aussi fut-il chargé de chaînes et conduit à Nghe An.

Dans la prison, il continua à rester calme, même à plaisanter, supportant courageusement les tortures qu’on lui infligeait.

Le juge, eu égard à ses soixante ans, ne voulait pas le faire décapiter ; mais le Père déclara qu’il n’avait pas peur de la mort. Après trois mois de cette dure prison, son courage se maintenait fermement.

Un édit parut, selon lequel on ne devait pas exécuter des personnes de plus de soixante ans. Les «criminels» devaient seulement payer une forte amende. Mais en ce qui concernait le père Phêrô, la condamnation à mort fut confirmée. Le Père en était extrêmement joyeux.

Le 11 octobre 1833, il fut conduit sur la place de Quan Ban, on étendit un tapis rouge, le père Phêrô s’agenouilla pour prier un moment. Puis il adressa des paroles d’adieu à ceux qui étaient là, dont certains le connaissaient bien. Ils pleuraient. Puis, s’adressant aux soldats, il leur dit : Je suis prêt.

Le père Lê est un des premiers Martyrs du Vietnam.

Il fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988. Une fête liturgique célèbre ensemble tous les Martyrs vietnamiens, le 24 novembre.

 

 

Bibiana Torres Acosta

1826-1887

 

Née à Madrid (Espagne) le 2 décembre 1826, de Manuel Jiménez Torres et Antonia Acosta, Bibiana reçut au baptême le nom de la sainte Martyre du jour, avec ceux de ses parents : Bibiana Antonia Manuela.

Les parents tenaient un petit commerce de laiterie dans le quartier pauvre de Chamberí à Madrid.

Attirée  toute jeune par la vie religieuse, elle prêta son concours parmi les Filles de la Charité ainsi qu’à une petite école gratuite.

Elle songea à entrer dans l’Ordre dominicain, mais fut une des premières vocations d’un nouvel institut, élaboré par Miguel Martínez y Sanz (de Chamberí), au profit des malades sans ressources, pour les soigner chez eux et, éventuellement, les préparer à la mort.

Avec six compagnes, elle prit l’habit le 15 août 1851, avec le nom de María Soledad. Ainsi naissaient les Servantes de Marie.

Comment eut-elle l’inspiration de s’appeler Marie Solitude ? Ce fut par allusion à Marie participant à la Passion de son Fils. Ce qui est certain aussi, c’est qu’après cinq années, malgré une vingtaine de nouvelles vocations, deux des premières compagnes étaient déjà mortes, et quatre quittèrent. L’abbé Miguel partit aux missions. María se retrouvait supérieure de douze religieuses dans trois maisons (Madrid, Getafe, Ciudad Rodrigo).

En 1856, le nouvel aumônier changea la Supérieure, et l’évêque de Tolède songea même à supprimer la congrégation. Mais en 1857, un nouvel aumônier remit María à sa place, et l’appui de la reine Isabel II évita la suppression.

Lors des émeutes de 1867 à Valencia, María se dépensa sans compter pour soigner les blessés.

En 1876, la congrégation obtint l’approbation papale et se diffusa dans toute l’Espagne et l’Amérique (Cuba, Porto Rico). Une trentaine de maisons s’ouvrirent en peu de temps. On lui confia aussi l’hôpital San Carlos de l’Escorial.

En 1885, on vit les Servantes courir au chevet des victimes du choléra, qui sévissait dans la moitié du pays.

Actuellement, elles sont répandues en France, en Italie, en Angleterre et dans les Amériques.

María Soledad mourut le 11 octobre 1887, répétant à ses filles : Maintenez la paix et l’union.

Elle fut béatifiée en 1950, et canonisée en 1970.

 

 

Ángel Ramos Vezquez

1876-1936

 

Ángel naquit le 9 mars 1876 à Séville.

A quinze ans, de retour d’un pèlerinage à Rome, il décida d’entrer dans la famille des Salésiens (fondés par saint Giovanni Bosco, v. 31 janvier).

Il s’inscrivit alors chez les Salésiens du faubourg de Sarria (Barcelone), qui venaient de construire une école pour les élèves de classes populaires.

Mais Ángel ne s’orienta pas vers le sacerdoce. L’idéal salésien lui plaisait toutefois suffisamment, pour qu’il émît finalement les vœux religieux comme coadjuteur, en 1897. Les coadjuteurs salésiens sont comme le Tiers-ordre de cette congrégation. Ángel fut un confrère joyeux, pieux, oublieux de soi, humble et travailleur.

Le nouveau coadjuteur se donna alors à fond dans la vie culturelle et artistique de Barcelone. Lui-même peintre, il fut un apôtre ardent dans les milieux qu’il fréquentait, au théâtre et dans les cercles de peinture.

Lorsque la guerre civile éclata, il avait déjà soixante ans et vivait discrètement. Il se cacha en divers endroits, mais un ancien élève le repéra dans la rue et le dénonça.

Ángel lui demanda s’il lui avait fait quelque tort ; le jeune répondit que d’autres lui en avaient fait, et que lui, Ángel, paierait pour eux. Ángel répondit qu’il priait Dieu de pardonner à son délateur, comme lui aussi lui pardonnait.

Ce vaillant chrétien ensuite, disparut. C’était le 11 octobre 1936, jour qu’on a retenu pour son martyre (on trouve aussi le 13 octobre).

Il a été béatifié en 2001, avec d’autres Salésiens. 

Il est mentionné le 11 octobre au Martyrologe romain.

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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 23:00

10 OCTOBRE

 

II.

S Pinytos, évêque à Cnossos.

III.

SS SS Gereon et Compagnons, martyrs près de Cologne (peut-être soldats de la légion thébéenne).

SS Victor et Mallosus, martyrs près de Cologne.

SS Cassius et Florentius, martyrs à Bonn.

IV.

SS Eulampios et sa sœur Eulampia, martyrs à Nicomédie.

S Clarus, premier évêque à Nantes. 

V.

S Bassien, moine syrien venu à Constantinople.

VI.

S Cerbonius, évêque à Populonia ; le gros ours que Totila fit lâcher contre lui, vint plutôt lui lécher les pieds ; il fut alors exilé sur l'île d'Elbe, où il mourut.

Ste Tanche, originaire d'Antioche, réfugiée près de Arcis-sur-Aube, martyrisée pour sa virginité ; fêtée dans la localité de Lhuître, cette tanche (étanche) fut invoquée contre les hémorragies et l'incontinence. 

VII.

S Paulinus, moine à Rome, premier évêque à York ; il évangélisa le Kent, puis fut nommé évêque à Rochester.

Ste Telchide, première abbesse à Jouarre.

VIII.

S Venant, martyr près de Thérouanne ; il serait un parent de Charlemagne devenu ermite.

S Aldric, notaire dans la chancellerie de Charlemagne, chancelier de Pépin Ier, abbé à Ferrières, puis évêque à Sens.

IX.

S Paulin, évêque à Capoue.

XIII.

SS Daniele, Samuele, Angelo, Leone, Nicola, Ugolino et Donolo, martyrs franciscains italiens à Ceuta .

XIV.

S Jean de Bridlington, chanoine de s. Augustin, prieur ; il pleurait et transpirait en célébrant la messe et aurait fait des miracles.

XIX.

S Daniele Comboni, missionnaire italien, évêque à Khartoum, fondateur des Pères et des Sœurs missionnaires (Comboniens), béatifié en 1996, canonisé en 2003.

Bse Sofia Kamilla Truszkowska (Angela Maria), polonaise, fondatrice de la Congrégation franciscaine de Saint-Felice-de-Cantalice, pour secourir les enfants abandonnés, les blessés de la vie ; morte d'un cancer à quarante-quatre ans, béatifiée en 1993.

XX.

Bse María Catalina Irigoyen Echegaray (1848-1918), espagnole des Servantes de Marie, béatifiée en 2011.

B Franz Alexander Kern (Jacob, 1897-1924), prémontré à Geras, pour remplacer un religieux passé dans le schisme de l'église nationale tchèque, béatifié en 1998.

B Pedro de Alcántara de Fortón de Cascajares (Pedro Tomás de N.Dame du Pilar, 1888-1936), prêtre des Carmes déchaux, martyr près de Barcelone, béatifié en 2007.

Bx Leon Wetmanski (1886-1941), évêque auxiliaire à Plock, martyr au camp de Dzialdowo, et Edward Detkens (1885-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifiés en 1999.

Pinytos de Cnossos
† 180

Voici en quels termes s.Jérôme (v. 30 septembre) s’exprimait au sujet de Pinytos : 
Pinytos, Crétois, évêque de la ville de Cnossos, écrivit à Denys, évêque des Corinthiens, une lettre fort élégante où il dit qu’il ne faut pas nourrir les fidèles d’un lait sempiternel, car ils mourraient avant d’avoir atteint l’âge de raison ; non, il faut leur donner une alimentation solide, pour qu’ils progressent jusqu’à une vieillesse spirituelle.
Pinytos mourut vers 180.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Pinytos de Cnossos au 10 octobre.


Gereon et ses Compagnons de Cologne
3. siècle ?

Gereon et ses Compagnons devaient être des soldats qui, pour leur foi, furent victimes des épurations décidées au sein de leur légion.
On se refuse à avancer qu’il faisaient partie de la Légion Thébéenne.
Le nombre de ces Compagnons a varié : d’une cinquantaine à plus de trois cents. 
On les aurait massacrés et jetés pêle-même dans un puits. Ils furent martyrisés non loin de Cologne.
L’église qui y fut ensuite construite était si belle qu’on l’appela Les Saints d’Or. L’évêque de Cologne, Egeregiselus, guérit d’une maladie en se mettant sur la tête de la poussière prélevée à l’endroit présumé de ce puits.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Gereon et ses Compagnons de Cologne au 10 octobre.


Victor et Mallosus de Cologne
3. siècle ?

Il ne semble pas qu’on puisse réunir Victor et Mallosus aux Compagnons de Gereon, mentionnés le même jour.
Il s’agit de deux martyrs, peut-être soldats eux-aussi, dont on a retrouvé les corps près de Birten, non loin de Cologne, où s’élevait une autre basilique dénommée Ad Sanctos (d’où le nom de Xanten donné à la localité).
Le Martyrologe Romain mentionne saints Victor et Mallosus de Cologne au 10 octobre.


Cassius et Florentius de Bonn
3. siècle ?

Il ne semble pas qu’on puisse réunir Cassius et Florentius aux Compagnons de Gereon, mentionnés le même jour.
Il s’agit de deux martyrs, peut-être soldats eux-aussi, dont on a retrouvé les corps à Bonn.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Cassius et Florentius de Bonn au 10 octobre.


Eulampios et Eulampia de Nicomédie
4. siècle

Peut-être a-t-on donné à ces deux frère et sœur le même nom parce qu’on n’en connaissait pas le vrai. Eu-lampios pourrait s’apparenter à un mot qui signifie en grec brillant.
Eulampios, donc, fut torturé pour sa foi ; l’apprenant, Eulampia fendit la foule et le rejoignit. On les plongea tous les deux dans une bassine d’huile bouillante, dont ils ne ressentirent aucun mal.
Le miracle entraîna la conversion sur place de beaucoup d’assistants, qui furent immédiatement décapités avec Eulampios et Eulampia.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Eulampios et Eulampia de Nicomédie au 10 octobre.


Clarus de Nantes
† 310

Clarus (Clair) serait venu de Rome.
Il portait avec lui un des clous qui avaient servis à la crucifixion de s.Pierre et son premier soin fut d’ériger un oratoire dédié à cet Apôtre.
Il est considéré comme le premier évêque de Nantes, où il aurait siégé de 280 à 310 environ.
Au terme de ces trente années de fécond apostolat, Clarus mourut à Kerbellec (Réguiny, Morbihan).
L’oratoire dédié à saint Pierre serait à l’origine de l’actuelle cathédrale des saints Pierre et Paul.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Clarus de Nantes au 10 octobre.

 

Cerbonius de Populonia

† 575

 

Sur Cerbonius (Cerbone, Cerbonio), plusieurs récits existent.

Vers 544, il aurait été le deuxième évêque de Populonia, la future Massa Marittima.

Ou bien, natif d’Afrique du Nord, de parents chrétiens, il fut ordonné prêtre par un certain s.Regulus. Lors de l’invasion et de la persécution des Ariens en Afrique, les Chrétiens se dispersèrent : Regulus et ses prêtres, dont Cerbonius, s’en vinrent en Italie. 

Cette histoire est contestée par les spécialistes : la persécution arienne avait cessé dès 525. Mais si quelque autre circonstance dramatique avait forcé le clergé à émigrer…

Une tempête les aurait fait accoster en Toscane, où ils vécurent en ermites. Quand l’armée de Byzance et celle des Goths se firent la guerre, Regulus fut décapité au motif qu’il était partisan de Byzance.

Quand mourut l’évêque de Populonia, Florentius, la population demanda que son successeur fût Cerbonius.

Mais Cerbonius avait l’habitude de célébrer dès le lever du soleil les Saints Mystères de l’Eucharistie, même le dimanche, ce qui n’était pas du tout du goût des habitants. Ils s’en plaignirent au pape. Des légats du pape vinrent surveiller Cerbonius, avec l’idée de l’amener à Rome : ils trouvèrent l’évêque en train de prendre le petit déjeuner tranquillement, ce qui les étonna, car ils pensaient que le pontife osait manger avant de célébrer la Messe du dimanche (on précisera ici que, jusqu’à la moitié du 20e siècle, on devait être à jeun depuis minuit pour pouvoir célébrer et communier). En réalité, Cerbonius avait déjà célébré la Messe à son heure accoutumée, mais les légats n’hésitèrent pas à l’accuser… d’hérésie et le traînèrent à Rome.

En chemin, Cerbonius guérit trois personnes atteintes de fièvre, et calma d’un signe de croix un troupeau d’oies sauvages : elles l’accompagnèrent jusqu’à Rome et s’envolèrent quand Cerbonius fit de nouveau sur elles le signe de la croix.

Au petit matin suivant, Cerbonius alla… tirer du lit le pape (!) et lui demanda s’il n’avait pas entendu des anges chanter, et le pape lui répondit qu’il avait entendu quelque chose de ce genre. Cerbonius voulait ainsi faire comprendre au pape qu’il était accusé à tort. Il alla célébrer la Messe, le pape lui donna licence de célébrer à l’heure qui lui convenait et le renvoya à son diocèse.

Lorsque le roi des Ostrogoths, Totila, envahit la Toscane, Cerbonius cacha quelques soldats de Rome, et fut pour ce motif condamné à être livré à un ours sauvage. Mais la bête, après s’être dressée sur ses deux pattes de derrière, vint lécher les pieds de Cerbonius. Totila fit partir Cerbonius sur l’île d’Elbe, en face de Populonia.

Vers 575, Cerbonius, âgé et malade, sentit sa mort approcher. Il désirait, après sa mort, être enterré à Populonia ; mystérieusement, il conseillait à ceux qui seraient chargés de transporter son corps, de revenir immédiatement après sur l’île. Après la mort de Cerbonius, confiant en leur saint évêque, les hommes abandonnèrent rapidement Populonia pour regagner l’île d’Elbe : bien leur en prit, car les Lombards déferlèrent peu après sur Populonia : les hommes comprirent alors que Cerbonius leur avait sauvé la vie.

Cerbonius mourut vers 575.

Trois siècles plus tard, Populonia fut à nouveau attaquée par des pirates. L’évêque et ses fidèles se réfugièrent alors sur l’actuel site de Massa Marittima.

Saint Cerbonius de Populonia est commémoré le 10 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tanche de Lhuître

† 637

 

Tanche serait une vierge du diocèse de Troyes.

Sa famille serait originaire d’Antioche : fuyant la persécution, ses proches émigrèrent jusqu’en Gaule et s’établirent qui près de l’actuelle Arcis-sur-Aube, qui à quelques kilomètres de là, à Saint-Ouen : là vivaient les parents de Tanche.

Il y eut une réunion de famille chez le parrain de Tanche à Arcis, où se rendirent les parents, laissant cependant leur fille garder la maison. Mais le parrain envoya un domestique chercher sa filleule. En route, ce dernier ne résista pas à provoquer la demoiselle par ses avances ; devant le refus tenace de la jeune vierge, il devint furieux et la décapita.

On dit que le malheureux assassin fut enlevé par le diable. Alla-t-il se jeter dans la rivière ? ou bien, touché par la grâce du repentir, se cacher dans quelque monastère ?

La Martyre ramassa sa tête et vint la déposer au village de Lhuître, où elle fut enterrée.

Ce martyre aurait eu lieu en 637.

Les gens se permirent un jeu de mot et invoquèrent sainte Tanche, étanche, contre les hémorragies et l’incontinence.

Sainte Tanche de Lhuître est commémorée le 10 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Paulinus d’York

† 644

 

Paulinus était probablement Romain, ou du moins Italien.

Il fut moine bénédictin sous Grégoire, le futur pape Grégoire le Grand (v. 12 mars).

En 601, ce dernier l’envoya prêcher dans le royaume de Kent (Angleterre).

Dans les années 624-627, Paulinus fut sacré (premier) évêque d’York ; il amena au christianisme le roi Eadbald de Kent ainsi qu’Edwin, roi de Northumbrie. La sœur d’Eadbald épousa Edwin et Paulinus célébra ce mariage. 

On dit que, lorsqu’Edwin et son peuple se convertirent, Paulinus passa trente-six jours à les baptiser.

Parmi les baptisés, se trouvait Hilda (v. 17 novembre) et la fille du roi Edwin, Eanflæd, qui succèdera à Hilda comme abbesse de Whitby.

Vers 630, Paulinus consacra Honorius archevêque de Canterbury.

Après la mort du roi Edwin (633 ou 634), Paulinus devint évêque de Rochester ; il le restera dix ans.

Paulinus mourut à Rochester le 10 octobre 644.

Après sa mort, le nouveau roi de Northumbrie retourna au paganisme, et ce seront les missionnaires irlandais qui reprendront l’évangélisation définitive de la province.

S.Bede (v. 26 mai), qui était de Northumbrie et dut connaître des témoins oculaires de Paulinus, le décrivit grand et mince, un peu voûté, les cheveux noirs et le nez en bec d’aigle.

Saint Paulinus d’York est commémoré le 10 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Telchide de Jouarre

† 670

 

Théodechilde ou, plus couramment, Telchide (Theodlecheldis), était une parente d’Adon, le fondateur d’un premier ermitage à Jouarre (La Ferté-sous-Jouarre, Meaux, Seine-et-Marne), auquel fut ajouté un monastère de moniales, dont l’abbesse dirigeait les deux communautés.

Telchide avait un frère, Agilbert, qui fut évêque de Paris.

D’abord moniale à Faremoutiers, c’est elle qui fut vers 630 la première abbesse du nouveau monastère.

La règle suivie était celle de s.Colomban de Luxeuil (v. 23 novembre).

Adon mourut en 670 (son sarcophage fut retrouvé à Jouarre en 1978).

Telchide conduisit sagement les moniales de son monastère, les instruisant à toujours maintenir leur lampe allumée pour aller au-devant du Christ, dit le Martyrologe.

Elle mourut en 675.

Jouarre est encore aujourd’hui le lieu d’une communauté bénédictine vivante.

Sainte Telchide de Jouarre est commémorée le 10 octobre dans le Martyrologe Romain.

Les sept Martyrs de Ceuta

1227

 

L’apostolat au Maroc tentait déjà saint François d’Assise (qui mourut le 4 octobre 1226). Les premiers Frères mineurs martyrs, au nombre de cinq, périrent à Marrakech en 1220 (v. 16 janvier).

Une nouvelle mission partit de Toscane avec à sa tête le provincial de Calabre, Daniele, originaire de Belvedere (Calabre). Avec lui se trouvaient cinq autres prêtres : Samuele, Angelo, Leone, Nicola de Sassoferrato et Ugolino ; il y avait en outre un convers, Domnu (ou Donolo), de Montalcino.

Ils passèrent par l’Espagne, puis gagnèrent en deux groupes Ceuta au Maroc. Là, ils commencèrent par prêcher parmi les marchands provenant de Pise, de Gênes ou de Marseille, dont ils apprirent que l’accès dans Ceuta était rigoureusement surveillé et interdit à toute propagande chrétienne.

Le deuxième groupe ayant accosté le 30 septembre 1227, ils trouvèrent à se loger dans un entrepôt du faubourg. Le samedi 2 octobre, ils se lavèrent les pieds mutuellement, comme au Jeudi saint ; Daniele se confessa et tous les autres se confessèrent à lui, puis il célébra la messe à laquelle tous reçurent de lui la communion ; puis ils se préparèrent à leur «mission» par la prière et des flagellations.

Le dimanche 3 octobre, la tête couverte de cendres, ils entrèrent dans Ceuta, proclamant le nom de Jésus, le seul mot peut-être qu’ils pouvaient prononcer de façon compréhensible par les habitants, dont ils ignoraient la langue totalement. Ils essayaient aussi de dire que Mahomet était un faux prophète, ce qu’on leur conseillerait aujourd’hui de ne jamais dire. Ils furent arrêtés et mis au cachot pendant huit jours.

Le dimanche suivant, ils comparaissent devant le roi, avec un interprète. Il leur est proposé de se convertir et d’avoir une vie de plaisir et sans soucis. Refus catégorique des Religieux. Daniele lance même un Vieux méchant  à l’un des deux bourreaux.

Leur mort étant décidée, tous les Compagnons se jettent aux pieds de Daniele en lui demandant sa bénédiction. Daniele leur dit encore quelques mots d’exhortation.

On les dépouille entièrement, on les expose sur la place, où ils montrent leur joie d’être bientôt couronnés. Ils sont décapités et leurs membres mis en morceaux. C’est le dimanche 10 octobre 1227.

Si leurs restes furent promenés par la ville, ils furent ensuite en grande partie récupérés par les marchands et rapportés en Europe ; plusieurs villes d’Espagne et d’Italie en revendiquent la possession.

Canonisés le 22 janvier 1516, ils sont commémorés au Martyrologe le 10 octobre.

 

 

John Twenge de Bridlington

1320-1379

 

John vit le jour vers 1320 à Thwing (Bridlington, Yorkshire, Angleterre) dans une famille catholique qui plus tard hébergerait deux prêtres persécutés et contribuerait à l’établissement d’un institut marial à Bar Convent.

Il étudia à Oxford et entra chez les Chanoines réguliers de Saint-Augustin, au prieuré de Bridlington, où ses mérites le firent nommer maître des novices, prédicateur, sous-prieur et finalement prieur, deux fois élu (1356 et 1361).

Ce pieux moine transpirait et pleurait en célébrant la sainte Messe ; son émotion était quelquefois telle qu’il fallait le soutenir.

On lui attribua des miracles, dès son vivant, comme le changement de l’eau en vin. Cinq marins en danger de naufrage invoquèrent la Providence «au nom de John de Bridlington», lequel leur apparut alors et les sauva du danger des eaux ; après avoir accosté, ils vinrent remercier John en personne au monastère.

Après avoir sagement guidé le monastère pendant dix-neuf ans, il mourut le 10 octobre 1379.

De nombreux miracles aboutirent à sa canonisation en 1401. Ce fut le dernier Saint proclamé avant la Réforme anglicane. Le roi Henry V vint le remercier pour sa victoire à Azincourt (1415). C’est en vain qu’on supplia le roi Henry VIII d’épargner la magnifique châsse de saint John Twenge : elle fut détruite impitoyablement en 1537. Quand au monastère de Bridlington, il ne reste que la nef de l’église, restaurée au 19e siècle.

 

 

Daniele Comboni

1831-1881

 

Daniele naquit à Limone sul Garda (Brescia, Italie du nord) le 15 mars 1831. Ses bons parents, Luigi et Domenica, très chrétiens et en même temps humbles cultivateurs au service d’un riche propriétaire de l’endroit, eurent huit enfants, presque tous morts en bas âge.

Daniel vient étudier à Vérone, dans l’institut d’un religieux, Nicola Mazza.

La vocation se dessine, mais particulièrement la vocation missionnaire, car il est passionné par ce qu’il apprend des premiers missionnaires que le père Mazza avait envoyés en Afrique centrale. Il fait même le serment de se consacrer à la mission en Afrique centrale (1849).

Il fait ses études sacerdotales et reçoit le sacerdoce en 1854, l’heureuse année où est proclamé le dogme de l’Immaculée Conception de Marie.

Dans un premier temps, il travaille à Buttapietra (Vérone) auprès de malades du choléra.

Puis avec cinq autres missionnaires, il part pour l’Afrique. Sa bonne mère le bénit en l’encourageant par ces simples mots : Va, Daniel, et que le Seigneur te bénisse.

L’arrivée à Khartoum (Soudan) fait découvrir à Daniele l’immensité du travail à accomplir. Mais loin de le décourager, cette tâche lui donne encore plus d’enthousiasme. Même la mort d’un jeune Confrère ne fait que le confirmer dans sa mission : Ou l’Afrique ou la mort.

1861 : suivant l’heureuse et généreuse idée du père Mazza, il rachète des enfants africains pour les amener à Vérone, où ils recevront une bonne formation, comme lui quelques années plus tôt.

Daniele élabore son «Plan pour la régénération de l’Afrique», dont l’idée centrale est de reconnaître à l’Afrique ses capacités pour se construire par elle-même. Il présente son projet au pape, auquel il présentera douze jeune filles africaines, qu’il a accompagnées d’Afrique. Il sillonne l’Europe en quête d’aide spirituelle et matérielle, il rencontre les Rois, les Chefs, les Evêques.

Pour faire connaître cet idéal, il fonde une revue missionnaire (Les Annales du Bon Pasteur), la première en Italie. Puis il fonde à Vérone deux Instituts, masculin et féminin, des Missionnaires du Cœur de Jésus (1867 et 1872), qui prendront plus tard son nom : les pères et les sœurs Comboniens.

Au Caire, il ouvre deux écoles pour les garçons et les filles.

En 1868, il est fait «Cavalliere» dans son pays, mais il refuse la décoration, par fidélité au Pape. Au cours d’un nouveau voyage, il s’arrête à La Salette (Isère, France) où il consacre la Nigritia à la Sainte Vierge.

Lors du concile de Vatican I (1870), il est théologien de l’évêque de Vérone et en profite pour faire signer par soixante-dix évêques une pétition en faveur de l’évangélisation de l’Afrique Centrale : il faudrait que chaque église locale soit engagée dans la conversion de l’Afrique.

En 1873, il repart du Caire pour Khartoum en direction du Cordofan (Soudan central et sud). 

L’activité débordante et la position courageuse du père Comboni ne vont pas sans rencontrer des oppositions ; on le juge parfois négativement, trop audacieux, mais ses efforts vont être couronnés par sa nomination comme évêque de Khartoum (1877).

Dans les années 1877-1878, la moitié de la population locale périt dans une famine tragique, à la suite d’une terrible sécheresse. Daniele en souffre moralement, et aussi physiquement.

Il repasse en Europe, et repart courageusement, pour la huitième fois, aux côtés de ses missionnaires. Il veut lutter contre l’esclavage et donner à l’Eglise en Afrique un élan de jeunesse constructif.

Les épreuves sont trop fortes pour le vaillant missionnaire : fatigué, souvent accusé et calomnié, il tombe malade et meurt, tout juste cinquantenaire, le 10 octobre 1881, à Khartoum.

La guérison miraculeuse d’une jeune fille afro-brésilienne en 1995, aboutit à la béatification de Mgr Comboni en 1996, et un autre miracle en faveur d’une maman musulmane soudanaise, à la canonisation en 2003.

Saint Daniele Comboni est mentionné le 10 octobre au Martyrologe.

Rappelons ici que le Soudan est un immense territoire de cinq fois la superficie de France, divisé en quinze Etats en voie de restructuration. On le sait, les discussions sont en cours, les épisodes de guerre aussi, imposant aux populations mille épreuves : spoliations, enlèvements, mauvais traitements, déplacements, malnutrition, maladies…

 

 

Zofia Kamila Truszkowska

1825-1899

 

Née le 16 mai 1825 à Kalisz dans une grande famille dont le père est propriétaire terrien et procureur, Zofia ne fut baptisée que quelques mois plus tard, le 1er janvier 1826, car la naissance avait été prématurée et l’on remit le baptême. Elle était la première des sept enfants de Jozef et Jozefa Rudzińskich.

La première instruction lui fut donnée à domicile par une personne excellente. L’enfant apprenait avec plaisir, vivacité même, et montrait déjà une certaine sensibilité envers les pauvres.

En 1834, la famille s’installa à Varsovie et Zofia fréquenta l’Académie de Madame Guérin.

En 1841, la tuberculose obligea Zofia à interrompre ses études et à partir en Suisse pour une cure d’un an, au terme de laquelle elle reprit ses lectures et ses études à Varsovie.

Elle songea à entrer dans un monastère de la Visitation, mais un prêtre lui suggéra plutôt de s’occuper de son père malade. De passage en la cathédrale de Cologne, elle comprit que Dieu ne l’attendait pas dans la voie de la Visitation.

En 1854, elle adhéra aux Conférences Saint-Vincent-de-Paul. La même année, dans un appartement qu’elle acheta à Varsovie, elle ouvrit un foyer pour des enfants abandonnés, avec deux autres compagnes.

En 1855, elle entra dans le Tiers-Ordre franciscain et fit des vœux privés. Son directeur spirituel était le père Honorat de Biała, futur Bienheureux (voir au 16 décembre) : il l’encouragea dans la fondation d’une famille spirituelle vouée au service des malades et des pauvres ainsi qu’à l’enseignement, et qui sera affiliée au Tiers-Ordre franciscain. Ce sera la Congrégation de Saint-Félix-de-Cantalicio (cf. 18 mai), dont les membres seront communément appelées Sœurs féliciennes.

En 1856, elle loua un appartement encore plus grand, pour des enfants et des femmes âgées.

En 1857, elle revêtit l’habit religieux et prononça les vœux, avec le nom de Maria Aniela. La nouvelle famille religieuse s’étendit de façon prodigieuse : en sept ans furent ouvertes trente-quatre maisons. Bientôt naquit une nouvelle branche, pour les contemplatives, cloîtrées, qui seraient les Sœurs Capucines de Sainte-Claire, où se retira Maria Aniela.

Elle sera élue supérieure des deux instituts pendant huit ans.

En 1863, des troubles agitèrent le pays contre la Russie : sans parti pris, elle ouvrit des infirmeries pour soigner les blessés des deux partis, ce qui entraîna la fermeture de ses maisons de la part des autorités.

Les Sœurs Capucines se réfugièrent chez les Bernardines, les autres repartirent dans leurs familles. Un an après, l’empereur d’Autriche autorisait la réouverture de la Congrégation.

Maria Aniela, malade, ne regagna Cracovie qu’en 1865, Cracovie étant sous administration autrichienne. Mais en 1868 elle renonça à sa charge, à cause de ses mauvaises conditions de santé. Désormais, frappée par une pénible surdité, Maria Aniela passa les trente dernières années de sa vie à écrire, à prier, à orner l’église avec les fleurs qu’elle cultivait, à coudre des ornements sacerdotaux.

En 1872, elle fut frappée par un douloureux cancer à l’estomac.

Reconnues en 1874, les Sœurs féliciennes ouvriront des maisons aux Etats-Unis, avec la bénédiction de leur Fondatrice. En Amérique, elles prendront en charge les émigrés polonais.

Avant de mourir, Mère Maria Aniela eut la joie d’apprendre l’approbation définitive des Constitutions de sa congrégation. 

Minée par le cancer, atteinte à la colonne vertébrale, exténuée par la souffrance, Mère Maria Aniela Truszkowska s’éteignit à Cracovie le 10 octobre 1899 et fut béatifiée en 1993.

 

 

 

María Catalina Irigoyen Echegaray

1848-1918

 

Tiburcio Irigoyen et Leonarda Echagaray étaient de très bons chrétiens à Pamplona (Navarre, Espagne). Ils eurent huit enfants, dont les deux derniers étaient jumeaux, et María était cette jumelle.

Baptisée dès le lendemain, elle grandit dans une ambiance saine où éclôt bientôt sa vocation religieuse.

En 1878, elle demande son admission à l’Institut des Servantes de Marie, fondé par sainte María Soledad Torrés Acosta (voir au 11 octobre). Mais il lui est conseillé de patienter encore un peu, car elle doit s’occuper chez elle de plusieurs malades de sa famille.

Elle peut enfin entrer chez les Religieuses en 1882, à Madrid, où la maison était encore en construction. Elle fait sa première profession en 1883, puis la solennelle et définitive en 1889.

Tout le reste de sa vie se passe à Madrid, où elle part pleine d’entrain au domicile des malades pour les soigner, les consoler, les écouter patiemment. Elle fut si bienveillante pour chacun d’eux qu’ils la considéraient comme leur mère.

Après vingt-trois années de ce long apostolat, María Catalina fut destinée pendant sept autres années à la réception des dons pour l’Institut.

Les dernières années de sa vie, la pauvre ne pouvait plus se rendre utile matériellement, car les infirmités la crucifiaient de plus en plus, l’identifiant au Sauveur crucifié.

Elle s’éteint à ce monde le 10 octobre 1918.

Elle a été béatifiée en 2011.

Le miracle attribué à María Catalina fut la guérison totale d’un Bolivien, frappé brusquement en 2004 d’une hydrocéphalie, compliquée de méningite, hémorragie et infarctus cérébral.

Pedro de Alcántara de Fortón de Cascajares

1888-1936

 

Pedro naquit le 26 avril 1888 et fut baptisé le jour suivant. Il reçut le prénom de Pedro (Pierre), non pas de Pierre l’Apôtre, mais d’un Saint espagnol du XVIe siècle, Pedro de Alcántara (voir au 18 octobre).

Il reçut la confirmation en 1893.

En 1904, il entra comme novice chez les Carmélites Déchaux au Désert de Las Palmas où il fit sa première profession en 1905.

Il fut ordonné prêtre en 1912, et ses qualités le firent remarquer pour être élu prieur à Valencia en 1924, puis à Zaragoza (Saragosse) en 1927.

En 1933, il fut élu au conseil provincial et conventuel de Villanueva de la Jara.

En juillet 1936, il partit pour Barcelone, où il devait prêcher à l’occasion de la fête de Notre-Dame du Carmel (16 juillet). Contraint d’abandonner le couvent, et quoique vêtu civilement, il fut reconnu par des révolutionnaires, qui le giflèrent violemment en pleine rue. Le croyant mort, ils l’abandonnèrent au coin du couvent, d’où deux gardes le relevèrent et le portèrent à l’hôpital.

Il resta là jusqu’au 10 octobre, jour où des miliciens l’emmenèrent sur les côtes de Garraf (Barcelone) et, au lieu-dit Mala dona, le précipitèrent dans la mer.

Ce prêtre martyr de quarante-huit ans fut béatifié en 2007.

 

 

Leon Wetmański

1886-1941

 

Leon naquit le 10 avril 1886, à Żuromín (Pologne), de Adám et Cordula Chądzyńskich.

Après les études primaires, il commença la préparation au magistère ; il ne manqua pas de soutenir l’usage de la langue polonaise et souscrivit une pétition en ce sens, à la suite de quoi il fut rayé de la dernière année de préparation au diplôme.

Il acheva ses études secondaires à Płock et sentit bientôt l’appel au sacerdoce. Il entra au Grand séminaire de Płock en 1906 et fut ordonné prêtre en 1912.

Il fut envoyé à l’Académie de Saint-Petersburg, où il reçut le doctorat en théologie.

En 1917, ne pouvant retourner dans son pays, il fut nommé directeur spirituel au Grand séminaire de Saint-Petersburg en même temps qu’il assistait les réfugiés et les orphelins de guerre.

En 1918, de retour en Pologne, il fut nommé directeur spirituel et professeur de théologie ascétique et mystique au Grand séminaire de Płock ; il y sera aussi vice-recteur.

Actif et efficace dans la pastorale et les œuvres de charité, il lutta contre l’alcoolisme ; il fut nommé en 1921 aumônier au sanctuaire de la Divine Miséricorde. 

Finalement, il fut nommé en 1927 évêque auxiliaire à Płock, dont l’évêque était le futur bienheureux Anton Julian Nowowiejski (voir au 28 mai), et qu’il seconda en parfaite harmonie.

Il fonda la Caritas Diocesana, ainsi que l’association des Dames de la Charité. Il mit en place une cantine populaire, qui offrait chaque jour jusqu’à cinq cents repas.

On sait qu’il désirait la grâce du martyre. Dieu la lui accorda bientôt.

Lors de la Deuxième guerre mondiale, les deux évêques persévérèrent autant que possible dans l’exercice de leurs fonctions. Mgr Wietmański fut arrêté une première fois en novembre 1939, et libéré après quelques jours ; de nouveau, il fut arrêté le 28 février 1940 et conduit au camp de concentration de Słupna.

Le 8 mars 1941, il était transféré au camp de Działdowo, où il partagea la cellule d’autres prêtres. 

Il se peut qu’on lui ait déclenché la fièvre typhoïde durant l’été 1941 ; les autorités allemandes donnèrent le 10 octobre 1941 comme date officielle de sa mort.

Mgr Wetmański fut béatifié en 1999.

 

 

Edward Detkens

1885-1942

 

Edward naquit à Mokotóv (Mazovie, Pologne) le 14 octobre 1885.

Après avoir été ordonné prêtre, il fut recteur de la paroisse étudiante de Sainte Anne à Varsovie et animait le groupe Juventus Christiana. Pour et avec les étudiants, il organisait de nombreux pélerinages à Częstochowa.

Lors de l’invasion allemande, il fut arrêté une première fois le 4 octobre 1939 et libéré.

Arrêté à nouveau en mars 1940, il fut enfermé à la prison de Pawiak, puis à Sachsenhausen, et déporté à Dachau, où il porta le numéro 27831.

Désormais invalide, il fut convoyé aux chambres à gaz et mourut le 10 octobre 1942, après avoir chanté le Nunc dimittis. Son ultime prière fut encore : Par ta Passion, Christ, aide-moi à surmonter le supplice de la chambre à gaz.

Il fut béatifié en 1999.

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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 23:00

09 OCTOBRE

 

-XVIII.

S Abraham, père des Croyants, et sa sainte épouse Sara.

?

SS Diodorus, Diomedes et Didymus, martyrs à Laodicée.

III.

SS Denis et ses compagnons, martyrs à Paris ; ne pas le confondre, bien sûr, avec celui du 3 octobre ; au IXe siècle Hilduin traduisit les œuvres du "Pseudo-Denys", l'assimilant avec notre Denys martyr, faisant naître ainsi l'histoire du Denys de l'Aréopage, premier évêque à Paris et martyr décapité à Montmartre, transportant sa tête jusqu'au cimetière où il est enterré. 

IV.

S Domninus, martyr près de Parme.

Ste Publia, abbesse à Antioche ; avec les moniales, elle invectiva Julien l'Apostat, qui la fit gifler.

VII.

Ste Austregilde, mère de s. Loup, évêque à Sens.

S Sabinus, ermite en pays de Bigorre.

S Domninus, ermite en Ombrie.

S Ghislain, fondateur et abbé près de Mons..

IX.

S Phocas, moine à Daphné, puis à l'Olympe, enfin à Constantinople, après avoir fait un pèlerinage à Jérusalem où il eut à souffrir des Arabes.

S Nidgar, évêque à Augsburg.

X.

S Adalbéron, évêque à Augsburg.

XI.

S Diodato, abbé au Mont Cassin, très maltraité par le prince lombard, qui le laissa mourir de faim et de froid en prison.

S Gunther, noble allemand converti après une jeunesse agitée ; moine à Niederaltaich, il fonda le monastère de Rinchnach et acheva ses jours comme ermite.

XII.

S Goswin, moine et abbé réformateur à Anchin ; il avait discuté avec Abélard à Paris, et l'hébergea dans un de ses monastères.

S Bernard de Rodez, moine puis abbé à Montsalvy.

XVI.

S Luis Bertrán, dominicain espagnol, passé en Colombie où il convertit Indiens et Noirs, puis prieur à Valence, grand apôtre du rosaire.

S Giovanni Leonardi, toscan, fondateur à Rome des Clercs de la Mère de Dieu et à l'origine du séminaire de la Propagande.

XX.

SS Frères des Ecoles Chrétiennes espagnols martyrs à Turon (Asturies), en 1934, béatifiés en 1990 et canonisés en 1999 :

José Sanz Tejedor (Cirilo Bertrán, *1888), 

Filomeno López y López (Marciano José, *1900), 

Vilfrido Fernández Zapico (Julián Alfredo, *1902), 

Claudio Bernabé Cano (Victoriano Pío, *1905, le chef de chœur), 

Vicente Alonso Andrés (Benjamín Julián, *1908), 

Román Martínez Fernández (Augusto Andrés, *1910), 

Héctor Valdivielso Sáez (Benito de Jesùs, *1910, né en Argentine de parents émigrés), 

Manuel Seco Gutiérrez (Aniceto Adolfo, *1912), 

avec leur confesseur, le père passionniste Manuel Canoura Arnau (Inocencio de l'Immaculée, *1889). 

Abraham

XXe siècle avant Jésus-Christ

 

Le patriarche Abraham domine l’histoire des origines d’Israël. C’est le livre biblique de la Genèse qui nous renseigne sur ses origines, sa vie, et toute son action prophétique.

Abram, fils de Térah, apparaît dans la Genèse au chapitre 11 : Quand Térah eut soixante-dix ans, il engendra Abram (Gn 11:26). Sa mort est relatée bien plus loin au chapitre 25 : Voici la durée de la vie d’Abraham : cent soixante-quinze ans. Puis Abraham expira, il mourut dans une vieillesse heureuse, âgé et rassasié de jours (Gn 25:7-8).

Térah était de Ur, en Chaldée (basse Mésopotamie), et s’était installé ensuite à Harran, au nord-ouest, la Syrie du Nord.

Son fils Abram avait pour épouse Saraï, qui était stérile.

Abram reçoit alors de Dieu la mission de quitter son pays, la maison de son père, pour aller s’installer en terre de Canaan, que Dieu lui donne ainsi qu’à sa postérité.

Une famine conduit Abram en Egypte, où sa jolie épouse est amenée au Pharaon ; celui-ci la prend pour épouse pendant un temps mais, ayant compris son erreur, la rend à Abram et les fait accompagner à la frontière.

Revenu en Canaan, Abram doit combattre des rois étrangers, et remet la dîme de tout son butin au prêtre Melchisédech. C’est là que l’Ecriture nous présente ce «prêtre du Dieu très haut», qui apporte du pain et du vin. Une figure très mystérieuse, considérée plus tard par toute la tradition comme l’ancêtre du sacerdoce, image de Jésus-Christ (ou même peut-être Jésus-Christ lui-même).

Dieu fait ensuite à Abram la promesse d’être le père d’une multitude de descendants, aussi nombreux que les étoiles du ciel.

Saraï, toujours stérile, propose sa servante Agar à Abram pour lui donner un fils. Mais une fois enceinte, Agar méprise Saraï, qui la renvoie avec son petit garçon Ismaël.

Dieu répète alors sa promesse solennelle à Abram : il s’appellera Abraham, c’est-à-dire père d’une multitude de peuples, et Saraï s’appellera Sara ; ils auront bientôt un fils ; ce sera Isaac.

En signe de cette alliance, Dieu demande à Abraham de procéder à la circoncision des mâles. 

Abraham reçoit alors à Mambré trois mystérieux personnages qui viennent lui confirmer la prochaine naissance de son fils. Abraham alors a quatre-vingt dix-neuf ans.

Avant la naissance d’Isaac, se produit l’épisode de Sodome et Gomorrhe, que Dieu veut détruire à cause des graves péchés contre nature qui s’y commettent. On entend là Abraham intercéder audiacieusement au nom de «cinquante justes», ou même dix justes, mais Dieu ne trouve pas même dix justes dans ces bourgades, qui sont détruites par le feu du ciel.

Quelques années après la naissance d’Isaac, Dieu demande à Abraham le sacrifice de son fils. On voit alors ce vieux père, sans sourciller, emmener son petit garçon sur la montagne pour l’immoler à Dieu. C’est la figure de Jésus-Christ, fils unique de Dieu, qui sera immolé sur le Calvaire. Mais au moment d’élever son couteau, Abraham est retenu par l’ «ange du Seigneur», qui lui réitère les bénédictions et les promesses de Dieu, en récompense de sa fidélité totale.

Abraham est considéré comme le père des croyants, du moins de tous ceux qui comme lui et après lui, reçurent la Loi de Dieu et son accomplissement en la personne de Jésus-Christ, tous les chrétiens.

Jésus-Christ rend un témoignage profond sur Abraham (Jn 8:31-58) lors d’une longue discussion avec les Juifs incrédules : Abraham, votre père, exulta à la pensée de voir mon jour ; il l’a vu et il s’est réjoui. Cette déclaration de Jésus-Christ lui-même donne à penser qu’Abraham, divinement inspiré, considéra la naissance de son fils unique comme l’image de la naissance du Fils unique de Dieu.

Dans le Canon romain de la messe, il est rappelé que le Sacrifice du Christ fut déjà annoncé par «le sacrifice de notre père Abraham», dont le nom revient aussi dans les deux chants évangéliques du Magnificat et du Benedictus (Lc 1:55 et 73).

Comme en Orient, on fête le saint patriarche Abraham le 9 octobre, jour où il est commémoré au Martyrologe.

 

 

Denys Aréopagite

1er ou 3e ou 5e siècle

 

Les Actes des Apôtres rapportent qu’en Athènes se trouvait un certain Dionysios lequel, entendant le discours de l’apôtre Paul, adhéra à la foi chrétienne (Ac 17:34).

Pendant un certain temps (c’est-à-dire quelques siècles), on a parfaitement identifié ce Denys Aréopagite du premier siècle, avec l’évêque de Paris du 3e et l’auteur mystique du 5e siècle, ce dernier appelé Pseudo-Denys.

L’histoire était celle-ci : Denys, qui vivait à Athènes, se convertit en entendant saint Paul, qui le consacra premier évêque pour Athènes ; c’est le même qui affirme dans ses écrits avoir observé cette mystérieuse «éclipse», le jour de la mort du Christ, et assisté au trépas de la Vierge Marie en compagnie des Apôtres alors présents à Ephèse.

Successivement, Denys serait venu à Rome pour partager le sort glorieux de Paul, mais arriva «trop tard», aussi fut-il bientôt envoyé par le pape pour fonder l’Eglise à Lutèce (Paris). Et c’est là qu’il subit le martyre par la décapitation : une fois mort, il se serait relevé, portant dans ses mains sa tête sanglante et aurait marché jusqu’à l’endroit où il désirait être enterré, devenu depuis Montmartre.

Les difficultés de cette histoire sont de plusieurs ordres, selon les spécialistes. 

Concernant les œuvres de Denys, on a dit qu’elles reflétaient le néo-platonisme du 5e siècle ; que, curieusement, un tel Auteur n’est jamais mentionné par les Pères jusqu’au 5e siècle ; et aussi que l’auteur s’est donné pour Denys, pour affirmer son autorité ; ces critiques n’apparaissent pas avant le 15e siècle, et parmi eux se trouvent des gens comme Erasme et Luther, puis certains rationalistes peu connus du 19e siècle.

On pourrait avancer d’autres remarques : ne serait-ce pas le néoplatonisme qui reprit à son compte, en les déformant, certaines idées de Denys ?  Et comment un auteur si mystique pouvait ainsi mentir en prétendant, par exemple, avoir observé la ténèbre du jour de la mort du Christ ? Quant aux Pères de l’Eglise, connaissaient-ils ces écrits ? n’étaient-ils pas laissés de côté parce qu’on se méfiait un peu de cette mystique, qu’on ne comprenait pas, mais qui tout de même n’était pas condamnable ? Et surtout, ils ne concernaient pas les grandes polémiques doctrinales des premiers siècles.

Concernant l’évêque de Paris, on a dit que l’envoi en Gaule, par le pape, des sept évêques fondateurs, remonte seulement au 3e siècle et que ce ne pouvait être l’Aréopagite. On pourrait bien répondre que peut-être l’Aréopagite alla aussi à Lutèce dès le 1er siècle et y mourut, mais ce qui est étrange ici, c’est que l’évêque d’Athènes ait ainsi abandonné son troupeau, qu’un pasteur ne doit jamais laisser. 

Dans l’impossibilité de trancher et de résoudre ces questions, on accepte généralement se trouver devant trois Saint Denys : 

  1. l’Aréopagite, premier évêque d’Athènes, dont on ignore comment il mourut ; le Martyrologe le commémore au 3 octobre ;
  2. Denys de Paris, martyr au 3e siècle à Lutèce ; le Martyrologe le commémore au 9 octobre, avec le prêtre Rusticus et le diacre Eleutherius ; 
  3. Denys le Mystique, dit Pseudo-Denys, qui a tant inspiré la théologie médiévale (Scot Erigène, Thomas d’Aquin), qu’on a même présenté comme le Père de la Théologie Occidentale ou aussi Père de la Théologie Mystique (sic) ; ce mystérieux auteur si illustre n’est pas canonisé, n’est pas au Martyrologe.

 

Diodorus, Diomedes, Didymus de Laodicée
?

Ces trois martyrs n’ont qu’un nom.
Laodicée de Syrie est aujourd’hui Lattaquié. Mais s’il s’agit de Laodicée de Phénicie, ce serait l’actuelle capitale du Liban, Beyrouth.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Diodorus, Diomedes, Didymus de Laodicée au 9 octobre.

 

Domninus de Parme
4. siècle

Si l’on en croit une ancienne Passio, Domninus était cubicularius (camérier) de l’empereur Maximien Hercule.
Lorsque ce dernier persécuta les Chrétiens de Germanie, Domninus et quelques centaines d’autres s’enfuirent vers le nord de l’Italie.
Ils furent rejoints en divers endroits. Domninus fut massacré aux environs de Parme et décapité. 
Il aurait même ramassé sa tête et l’aurait reportée plus loin, là où il fut enseveli.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Domninus de Parme au 9 octobre.

 

Publia d’Antioche de Syrie
4. siècle

Cette pieuse femme vivait en Syrie. 
De son mariage elle n’eut qu’un fils, Ioannis, qui joua un rôle fort important dans la ville, et eut la constante humilité de refuser l’épiscopat.
Devenue veuve, elle entra dans un monastère, dont elle devint abbesse.
Vint à passer l’empereur apostat Julien. On pourrait supposer que l’abbesse et ses moniales se seraient recueillies dans leur chapelle pour prier pour ce pauvre Julien qui combattait la foi de son enfance et donnait un si mauvais exemple à la société. Publia fut plus audacieuse : elle mit ses moniales sur le chemin de l’empereur et les fit chanter certains versets du psaume 113 :
Les idoles des nations ne sont que de l’or et de l’argent, œuvres de la main des hommes. (v.4)
Ils leur ressemblent, ceux qui les fabriquent, tous ceux qui se confient en elles. (v.8)
Agacé, Julien leur demanda de se taire. Mais Publia les fit enchaîner l’autre psaume :
Que Dieu se lève, que ses ennemis soient dispersés (Ps 67:1).
Furieux d’être ainsi pris en dérision, l’empereur fit appeler Publia et demanda à un de ses sbires de la gifler.
Publia avait un âge respectable, mais aussi sa forte personnalité. Sans s’émouvoir de ce geste, elle en exprima toute sa reconnaissance et sa fierté… et fit continuer de chanter les braves moniales.
On ne sait rien d’autre sur elle.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Publia d’Antioche de Syrie au 9 octobre.

 

Domninus ermite

† 610

 

Domninus n’est pas un nom rare dans le Martyrologe. On en trouve deux ce même 9 octobre.

Le nôtre, mieux connu que l’autre Martyr, était un laïc chrétien de Città di Castello (Ombrie, Italie C).

Il collabora avec l’évêque s.Florencius ou Floridus et le prêtre s.Amancius à la reconstruction de la ville, qui s’appelait alors Castrum Felicitatis (Camp de Bonheur), à la suite de sa destruction lors de l’invasion des Goths conduits par Totila.

Après la mort de l’évêque, il se retira dans un genre de vie érémitique, et devint en quelque sorte le conseiller de la population voisine.

Quoique toujours laïc, il est à l’occasion représenté avec un calice ; en outre, un petit chien rôde à ses pieds, en souvenir de la guérison obtenue par la prière de Domninus pour la victime d’un chien enragé.

Saint Domninus ermite est apparu le 9 octobre dans le récent Martyrologe Romain.

 

 

Ghislain abbé

† 681

 

Gislenus, traduit Gisel, Gislel, Ghysel, Ghyselen, enfin Ghislain, est un nom d’origine gauloise.

On l’a dit originaire de Grèce, étudiant à Athènes, puis profès sous la règle de s.Basile (v. 2 janvier).

Mais comment un Grec aurait-il reçu un tel nom germanique ? On essaie de concilier les deux choses en supposant que la famille (franque) de Ghislain se serait réfugiée en Grèce pour fuir les invasions barbares. C’est ainsi que Ghislain se serait trouvé en contact avec l’école d’Athènes, où il découvrit les Saints grecs, Grégoire de Nazianze, Basile… 

Ghislain entra ainsi dans un monastère de l’Ordre basilien et fut ordonné prêtre.

Un document le traite ni plus ni moins de semideus, demi-dieu, certainement à cause de ses vertus et de son détachement du monde.

Durant un songe, il aurait été invité à se rendre à Rome, où il rencontra le pape ; après avoir vénéré le tombeau des Apôtres, une apparition de s.Pierre l’invita à aller évangéliser la Gaule Belgique.

Le fait est qu’il vint en Hainaut (Belgique) dans le courant du 7e siècle, avec deux disciples encore moins connus que lui, Lambert et Bellère, et qu’ils fondèrent un petit monastère en une localité appelée Ursidungus. Un oratoire fut dédié aux saints Pierre et Paul.

Ursidungus ou sans doute plutôt Ursidumus est lié à l’installation de Ghislain. Une ourse, qui avait trouvé refuge auprès de Ghislain pour échapper aux chasseurs, l’attira au cœur d’une forêt proche, où elle allaitait ses petits. Voilà pourquoi cet endroit fut appelé Buisson de l’Ourse, Ursi-dumus, qui a dû évoluer localement en Ursidungus, Ursidongue).

Ghislain fut en rapport avec l’évêque de Cambrai, avec s.Amand, sainte Waudru et sainte Aldegonde (v. 6 février, 9 avril, 30 janvier). Waudru donna à Ghislain un vaste terrain. Un grand monastère allait bientôt s’élever.

Les disciples ne tardèrent pas à se multiplier autour de Ghislain. Ils furent plusieurs centaines.

Ghislain eut l’occasion de s’arrêter chez le seigneur de Roisin, dont l’épouse semblait en péril de mort au moment d’accoucher. Ghislain ceignit la maman de la ceinture de son mari, et l’enfant naquit sans problème ; il fut nommé Baudry, en souvenir du baudrier sauveur.

Ghislain serait mort, âgé, vers 681-685.

Les futures mamans ont pris l’habitude d’invoquer Ghislain pour une heureuse délivrance. 

L’abbaye fut détruite au passage des Normands en 881 ; peu après un aveugle y recouvra la vue. L’abbaye fut reconstruite, et de nouveau détruite par un incendie au 10e siècle.

L’actuelle ville de Saint-Ghislain se trouve à l’Est de Mons.                 

Saint Ghislain abbé est commémoré le 9 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sabinus du Lavedan

7e siècle

 

Sabinus (Savin) venait de Catalogne, où on hésite à le faire naître au 7e ou 8e siècle. 

Il s’arrêta dans le Poitou, où le comte de Poitiers lui confia la formation de son fils. Bientôt le maître et le disciple entrèrent au monastère de Ligugé.

Après trois ans, Savin fut conduit à s’installer dans ce beau pays de Bigorre pour évangéliser le Lavedan. Il y mena une vie d’anachorète, dans la contemplation et la mortification, qui dura près de treize ans. Pendant cette période, il travailla à la conversion de la population, par sa prière, qui s’accompagnait de miracles.

Son ermitage a donné lieu à l’abbaye de Saint-Savin, dont il ne reste que l’église et la salle du chapitre.

Saint Sabinus du Lavedan est commémoré le 9 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Diodato du Mont Cassin

† 834

 

Diodato (Deusdedit, Deodato, Adeodato, Dieudonné) fut en 828 le quinzième abbé du Mont-Cassin et tint cette charge pendant six ans.

Il semble que le prince lombard Sicardo eût des prétentions sur tous les territoires de la région, et que Diodato au contraire s’efforçait de conserver l’indépendance du monastère.

Le prince le fit enlever et jeter en prison à Benevento. 

L’Abbé y mourut de faim et de froid en 834.

Le prince inique dut tout de même restituer à l’abbaye la dépouille de son Prisonnier. La tombe de celui-ci fut fréquentée et des miracles s’y produisirent.

Saint Diodato du Mont Cassin est commémoré le 9 octobre dans le Martyrologe Romain.

Gunther de Niederaltaich

955-1045

 

Il naquit peut-être vers 955 à Schwarzburg (Thuringe, Allemagne C). Sa parenté avec des familles de la noblesse semble contestable.

Vers 1005, il comprit la nécessité de changer de vie, après une jeunesse plutôt désordonnée.

Il se présenta à l’abbé Godehard de Hersfeld, qui lui conseilla le pèlerinage à Rome pour obtenir le pardon de ses péchés.

Vers 1006, il entra à l’abbaye de Niederaltaich.

Avec ses biens, il favorisa la fondation de l’abbaye de Göllingen, où il fut nommé prieur. Mais il comprit bien vite qu’il n’était pas encore mûr pour une telle mission, et rentra à Niederaltaich.

Le jeune moine avait connu les bagarres dans le monde ; à présent, il voulait se bagarrer contre sa propre nature et la réduire au libre esclavage de la nouvelle créature en Dieu. En 1008, il s’éloigna un peu de son abbaye et vécut trois ans sur le mont Ranzinger, puis s’enfonça dans les profondes montagnes qui séparent la Bavière et la Bohême.

La neige un jour l’empêcha d’aller se procurer du pain ; il jeûna une quinzaine de jours.

Comme il advient quand la vertu grandit dans la Lumière, des disciples se présentèrent. Un certain Tamno, qui prétendait recevoir des visions célestes, apprit à être humble et obéissant. La petite communauté se mit à défricher la forêt, en même temps que Gunther aidait ses compagnons à défricher leurs défauts.

Peu instruit, Gunther avait cependant des lumières sur l’Ecriture, et fit un jour pleurer l’auditoire par ses réflexions sur s.Jean-Baptiste.

La petite communauté donna ainsi naissance au monastère de Rinchnach (1011), dont la dédicace eut lieu en 1019.

Gunther y vécut quelque trente-sept ans. En 1040, il réunit son monastère à celui de Niederaltaich et reprit sa vie d’anachorète, qu’il acheva par une douce mort en 1045.

En 1420, les Hussites dévastèrent les monastères, dont celui où étaient conservées les reliques de s.Gunther.

Saint Gunther de Niederaltaich est commémoré le 9 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bernard de Rodez

1040-1110

 

Bernard naquit vers 1040 à Rodez (Aveyron).

Tout jeune il entra au monastère des chanoines réguliers de Saint-Amand-de-Coly (Dordogne). L’observance était médiocre et saint Gausbert (v. 27 mai), ne pouvant arriver à la modifier, alla fonder un nouveau monastère à Montsalvy, emmenant avec lui le jeune Bernard.

En 1079, Bernard succéda à Gausbert, et resta abbé pendant plus de trente ans jusqu’à sa mort ; les chanoines profitèrent du dynamisme du jeune abbé et le monastère connut une période de grande ascension spirituelle et culturelle.

Bernard mourut le 9 octobre 1110.

Si son culte semble avoir été purement local, le Martyrologe mentionne saint Bernard de Rodez au 9 octobre.

 

 

Goswin d’Anchin

1082-1166

 

Il naquit vers 1082 à Douai (Nord) dans une famille noble.

Après ses premières études de philosophie, il fut envoyé à Paris, où il eut l’occasion de répondre publiquement (et victorieusement) à Abélard.

Après une brève activité d’enseignement et de retour à Douai, il fut chanoine à Saint-Amé, mais voulut s’orienter vers une vie plus austère. Entre temps, un maître de Paris lui envoya un texte de Priscien, récemment retrouvé, pour le traduire. 

Il entra vers 1115 au monastère bénédictin d’Anchin, avec son frère. Le noviciat ne fut pas facile pour Goswin, qui fut fort éprouvé physiquement et en même temps sans consolation dans la prière, mais la vertu de persévérance fut au rendez-vous. Goswin fit la profession, fut ordonné prêtre en 1118 et nommé professeur.

Bientôt après, l’abbé l’envoya à Soissons pour y amener une nécessaire réforme ; il y réussit si bien qu’au bout de peu temps il laissa là son frère comme prieur, et fut nommé à l’autre monastère de Soissons, Saint-Médard.

Le piquant de cette situation est que l’on confia à Goswin la garde d’Abélard, qui venait d’être condamné.

Goswin avait avec lui les œuvres de s. Grégoire le Grand (v. 3 septembre), qu’il admirait particulièrement. Or, durant une très grave maladie, Goswin eut une apparition du même s. Grégoire, qui lui tendit une potion mystérieuse à boire ; il guérit.

Il fut alors nommé prieur à Reims, et rappelé à Anchin, dans la même fonction, tandis que l’abbé était toujours le même, Alvise.

En 1131, Alvise fut nommé évêque à Cambrai-Arras, et Goswin lui succéda comme abbé. Il le resta plus de trente ans. Sous son abbatiat, les moines développèrent activement leur activité de copistes ; c’est ainsi que furent recopiés et enluminés les textes des Pères. Plusieurs moines devinrent à leur tour abbés en diverses abbayes du nord de la France.

Humble et effacé, Goswin ne parut au dehors, si ce n’est au concile de Reims de 1148 : le pape le chargea alors de réformer l’abbaye de Compiègne. Il y partit presque précipitamment, n’emportant que deux pièces de monnaie : les premiers pauvres qu’il rencontra en bénéficièrent, et Dieu les lui multiplia durant tout le reste du chemin.

Fin septembre 1166, Goswin fut atteint de «fièvre quarte» ou malaria. Il s’éteignit le 9 octobre 1166. 

De l’abbaye d’Anchin, il ne reste rien. Et saint Goswin n’est pas mentionné au Martyrologe.

 

 

Luis Bertrán i Eixarch

1526-1581

 

Luis Bertrán i Eixarch naquit le 1er janvier 1526 à Valencia (Espagne), aîné des neuf enfants de Juan Luis Bertrán et Ángela Eixarch, deuxième épouse de ce dernier après son veuvage.

Le papa, pacifique et droit, était un honorable notaire, qui travailla pour l’Inquisition.

L’enfant reçut au Baptême les noms de Juan Luis; mais ne porta habituellement que celui de Luis, par lequel il est connu. On signale qu’il fut baptisé dans la même église que saint Vicente Ferrer (v. 5 avril).

Pour lui faire passer ses caprices de bambin, ses parents l’emmenaient regarder les saintes images de l’église ou les statues dans les niches extérieures. Jeune encore, Luis porta l’habit clérical et assistait les malades à l’hôpital.

A la maison, il remuait un peu les draps de son lit pour faire croire qu’il y avait dormi, mais la domestique voyait bien que les draps restaient propres. Ses nuits se passaient dans la prière.

Les parents mirent quelque opposition à son entrée chez les Dominicains, alléguant sa mauvaise constitution ; Luis y entra à l’insu de ses parents, en 1544. Une vilaine calomnie arriva aussi au couvent pour l’en faire renvoyer, mais la supercherie fut éventée.

Luis fut ordonné prêtre en 1547 et envoyé à Llombay (Valencia). Huit jours après la mort de son père, Luis le vit délivré des peines du purgatoire, grâce aux mortifications qu’il s’était imposées.

Il fut deux fois nommé maître des novices, charge dans laquelle il montra toute sa clairvoyance ; il renvoyait un candidat incertain de sa vocation, prophétisait à d’autres leur prochain départ, l’un pour avoir prétendu avoir été favorisé de révélations, un autre pour être beaucoup trop scrupuleux. Mais il savait aussi les encourager, et souhaitait en faire des Religieux très instruits, gage de leur fidélité à l’Eglise.

Il fut nommé au couvent d’Albaida. Les miracles commencèrent (ou continuèrent) : il éteignit un incendie d’un signe de croix ; il «apprit» que la blanchisseuse du couvent était dans la gêne et glissa deux pièces dans le linge sale…

En 1560 il revint à Valencia, coomme maître des novices. Il y eut à ce moment une razzia de pirates musulmans qui quittaient la côte espagnole ; Luis pria et obtint une tempête qui engloutit les voleurs, corps et biens.

Ayant reçu un «confrère» indien qui lui parla de la situation de l’Amérique latine (mais qui n’était qu’un manipulateur), il s’emballa pour la cause des Indiens et demanda à partir. Arrivé dans la Nouvelle Grenade (auj. Colombie), il prit la défense des Indios et des Noirs, dont il se fit comprendre miraculeusement, quoique ne parlant qu’espagnol.

En 1568, on le nomma prieur à Bogotá. Il s’en prit souvent à la cruauté des officiers espagnols et subit plusieurs fois des tentatives d’assassinat. Finalement, il demanda son retour à la patrie et redevint maître des novices, près de Valencia, puis à Valencia même.

A la Noël, il alla coucher dans une étable ; il multiplia un jour les sept morceaux de pain restants pour nourrir ses trente Religieux, et il en resta ; il développa la dévotion du rosaire.

En 1579, on lui conseilla d’aller boire à une fontaine au sud de Valencia, car il souffrait d’une terrible soif. Il fut vraiment soulagé et, en reconnaissance, bénit la fontaine qui, depuis, devint miraculeuse et s’appelle aujourd’hui Fuente de San Luis (Source de saint Louis).

Il eut l’occasion de correspondre avec sainte Teresa de Ávila, qu’il encouragea. Il se lia d’amitié profonde avec le franciscain Nicolás Factor (v. 23 décembre). L’évêque Juan de Ribera (v. 6 janvier) également l’avait en grande vénération et se fit un devoir de l’assister aux derniers moments.

Les merveilles qu’on vient de raconter ne sont qu’une infime partie de tous les miracles que put accomplir Luis ; à lui comme pour tant d’autres thaumaturges peut s’appliquer cette prophétie du Christ : Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes (Jn 14:12).

Il mourut, à Valence, le 9 octobre 1581.

Luis Bertrán i Eixarch a été béatifié en 1608 et canonisé en 1671.

Il a en outre été proclamé Patron de la Nouvelle Grenade : Colombie, Vénézuéla, Equateur et Panama.

Ses reliques se trouvaient encore à Valencia, dans l’église où il avait été baptisé, mais les ennemis de Dieu les brûlèrent en 1936.

Il existe un autre Luis Bertrán, également dominicain, et martyr au Japon (v. 29 juillet).

 

 

Giovanni Leonardi

1541-1609

 

Giovanni (Jean) vit le jour vers 1541 à Diecimo (Lucques, Toscane, Italie), de modestes parents cultivateurs.

En 1567, il partit étudier la pharmacie à Lucques (Lucca). Désireux d’une vie vraiment chrétienne, il s’orienta vers la théologie et fut ordonné prêtre en 1572.

Curé d’une paroisse de Lucques, il s’occupa de la formation chrétienne des jeunes et fonda une Compagnie de la Doctrine Chrétienne. Le Concile de Trente s’était récemment achevé en 1563, il fallait l’appliquer dans la vie des paroisses.

La Compagnie devint en 1574 une nouvelle famille religieuse : les Clercs Réguliers de la Mère de Dieu, qui devaient approfondir les fondements de la foi et la transmettre dans la dévotion des fidèles.

Localement, les bourgeois et aussi le clergé «en place» n’acceptèrent pas facilement son initiative : on l’expulsa de la République de Lucca. Mais le pape l’invita à Rome pour faire passer l’idéal réformateur dans les communautés.

Giovanni y développa la dévotion des Quarante Heures (exposition du Saint-Sacrement pendant une journée et demie) et la communion (plus) fréquente des fidèles. La nouvelle Congrégation reçut la charge de la paroisse Santa Maria in Portico, où elle fit refleurir la dévotion mariale.

Giovanni fut aussi appelé à réformer la congrégation bénédictine de Montevergine. Ensuite, il fonda le Collège de la Propagation de la Foi (appelé aujourd’hui de la Propagande).

En 1609 sévit à Rome une épidémie de grippe, dont fut victime Giovanni, le 9 octobre 1609.

L’Institut fut ensuite approuvé en 1614. Giovanni fut béatifié en 1861, et canonisé en 1938.

En 2006, il fut proclamé patron des pharmaciens.

Manuel Canoura Arnau

1887-1934

 

Il était né à Valle del Oro (Montedoñedo, Espagne) le 10 mars 1887.

Il entra en 1901 chez les Passionistes et prit le nom de Inocencio de l’Immaculée ; il reçut le sous-diaconat en 1910, le diaconat en 1912 et le sacerdoce en 1920, à trente-trois ans.

Très instruit, il enseigna la philosophie, la théologie, la littérature, en diverses maisons.

En dernier lieu, il fut à Mieres en 1934. Appelé par les Frères des Ecoles Chrétiennes de Turón pour venir confesser les enfants, il se trouva donc dans leur maison au 5 octobre, premier vendredi du mois.

(Voir les circonstances du martyre dans la notice de José Sanz Tejedor, ci-dessous)

Le père Inocencio et les huit Frères furent béatifiés en 1990 et canonisés en 1999.

 

 

José Sanz Tejedor

1888-1934

 

Il était né à Lerma (Burgos) le 20 mars 1888, au lendemain de la fête de saint Joseph, d’humbles parents ouvriers, et reçut le nom de saint Joseph.

Entré chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, il fit le noviciat à Bujedo et la première profession en 1906, avec le nom de Cirilo Bertrán.

A partir de 1909, il enseigna à Deusto (Bilbao), puis Madrid (1911), Villagarcía de la Torre (Badajoz) en 1913, Sanlúcar de Barrameda (Cadix) en 1913.

1916 fut l’année de sa profession solennelle.

En 1918 il fut directeur à Isla, puis Santander, Riotuerto (La Cavada), professeur à Anaz et Santander ; dans cette dernière école, il eut parmi ses élèves un futur martyr, Amadeo Andrés Celada.

Autant il aimait enseigner, autant il craignait devant la charge de directeur. Il obéissait.

En 1930, il fut à Valladolid, puis à Lourdes.

Directeur de l’école de Turón à partir de 1933, il sut se montrer prudent et serein à la fois avec tous les Frères.

Au printemps de 1934, il fit une retraite spirituelle à Valladolid, qui allait être sa préparation au martyre.

La province des Asturies était un terrain propice à la révolution, car beaucoup d’ouvriers y travaillaient dans les mines et il était facile de les exciter contre la «bourgeoisie» et l’Eglise.

Le 5 octobre 1934, premier vendredi du mois, un groupe de révolutionnaires vint arrêter les huit Frères de la communauté, avec leur aumônier, le père passioniste Inocencio de l’Immaculée.

Ils furent enfermés dans la «Maison du peuple» en attendant la décision du Comité révolutionnaire : celui-ci les condamna à mort, car les Frères avaient une forte influence sur beaucoup de familles, dont les enfants fréquentaient cette école.

Il fallait trouver des «volontaires» pour l’exécution ; à Turón, personne ne voulait faire de mal à ces Religieux, et l’on fit venir des hommes d’ailleurs.

Au petit matin du 9 octobre 1934, on les conduisit au cimetière, où avait été préparée une grande fosse. Deux charges enlevèrent la vie à ces Soldats du Christ, qu’on acheva avec un coup de pistolet. 

Les assassins eux-mêmes dirent plus tard qu’ils avaient été fortement impressionnés par la sérénité des victimes.

Le Frère Cirilo Bertrán et les sept autres Frères, ainsi que leur aumônier, furent béatifiés en 1990 et canonisés en 1999.

 

 

Filomeno López López

1900-1934

 

Il était né à El Pedredal (Sigüenza Guadalajara) le 15 novembre 1900, de parents ouvriers.

Suivant le bon conseil d’un de ses oncles, il entra en 1916 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, mais dut repartir dans sa famille pour soigner une maladie aux oreilles.

Il fut réadmis, avec le nom de Marciano José, mais il ne devait assumer que des travaux manuels, comme la cuisine, par exemple.

D’abord dans la communauté de Mieres (Asturies), il passa à celle de Turón en remplacement d’un autre Frère, au printemps de 1934.

C’est là qu’il subira le martyre avec ses Frères qu’il servait avec tant de générosité.

(Voir les circonstances de ce martyre dans la notice de José Sanz Tejedor, ci-dessus).

Le Frère Marciano José et les sept autres Frères, ainsi que leur aumônier, furent béatifiés en 1990 et canonisés en 1999.

 

 

Vilfrido Fernández Zapico

1903-1934

 

Il était né à Cifuentes de Rueda (León) le 24 décembre 1903, de bons parents chrétiens.

Tôt orphelin de sa mère, il fut reçu chez un oncle prêtre et sa vocation religieuse grandit. 

Il entra en 1920 chez les Pères Capucins de Salamanca, qu’il dut quitter à cause d’une maladie. En 1926 il entra alors chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo, et prit le nom de Julián Alfredo.

Il montra d’emblée une grande maturité et surtout un profond enthousiasme pour prérarer les enfants à la Première communion.

Il fit la profession solennelle en 1932 et, en 1933, passa à Turón.

(Voir les circonstances de son martyre dans la notice de José Sanz Tejedor, ci-dessus).

Le Frère Julián Alfredo et les sept autres Frères, ainsi que leur aumônier, furent béatifiés en 1990 et canonisés en 1999.

 

 

Claudio Bernabé Cano

1905-1934

 

Il était né à San Millán de Lara (Burgos) le 7 juillet 1905, de bons parents ouvriers.

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo en 1919, commença le noviciat en 1921 et prit le nom de Victoriano Pío.

D’abord dans la communauté de Palencia, il passa à celle de Turón. Ces changements lui coûtaient, mais il les accepta avec esprit d’obéissance et d’abnégation.

Il arriva à Turón à la fin du mois de septembre 1934, juste avant de recevoir la grâce du martyre.

(Voir les circonstances de ce martyre dans la notice de José Sanz Tejedor, ci-dessus).

Le Frère Victoriano Pío et les sept autres Frères, ainsi que leur aumônier, furent béatifiés en 1990 et canonisés en 1999.

 

 

Vicente Alonso Andrés

1908-1934

 

Il était né à Jaramillo der la Fuente (Burgos) le 27 octobre 1908.

Il entra très tôt chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, mais dut surmonter quelques difficultés pour l’étude, dues à sa préparation précédente encore insuffisante. 

Il commença le noviciat en 1924 et prit le nom de Benjamín Julián.

Il fit la profession solennelle en 1933.

D’abord à Compostelle, et malgré la tentative de le retenir de la part des familles des élèves, il partit pour Turón où il montra toute son allégresse et son optimisme devant la situation de l’époque.

(Voir les circonstances de son martyre dans la notice de José Sanz Tejedor, ci-dessus).

Le Frère Benjamín Julián et les sept autres Frères, ainsi que leur aumônier, furent béatifiés en 1990 et canonisés en 1999.

 

 

Román Martín Fernández

1910-1934

 

Il était né Santander (Espagne) le 6 mai 1910 ; de son père militaire, il reçut l’esprit de précision et d’ordre ; de sa mère, une délicatesse que tous admirèrent durant sa vie religieuse.

Il fut l’unique garçon de la famille et quand il exprima son désir d’être religieux, peu après la mort de son père, sa mère s’y opposa.

Román tomba malade : la maman alors promit à la Sainte Vierge d’offrir à Dieu son fils, s’il guérissait, ce qui arriva.

Entré chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, Román acheva le noviciat en 1922, avec le nom de Augusto Andrés.

Il fut au collège de Palencia jusqu’en 1933, puis fut envoyé à Turón.

(Voir les circonstances de son martyre dans la notice de José Sanz Tejedor, ci-dessus).

Il fut le dernier à adresser encore quelques mots aux bourreaux, avant de tomber.

Le Frère Augusto Andrés et les sept autres Frères, ainsi que leur aumônier, furent béatifiés en 1990 et canonisés en 1999.

 

 

Héctor Valdivielso Sáez

1910-1934

 

Il était né à Buenos Aires (Argentine) le 31 octobre 1910, là où ses parents venaient de s’installer.

Pour des raisons économiques, ils durent revenir en Espagne, et s’établirent à Briviesca (Burgos).

Héctor fréquenta les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo, puis alla en 1926 en Belgique pour faire le noviciat missionnaire à Lembecq-lez-Hal, car il désirait beaucoup aller travailler dans son pays d’origine, l’Argentine. 

Il prit le nom de Benito (Benoît) de Jésus.

Les Supérieurs l’envoyèrent ensuite d’abord à l’école d’Astorga (León), et de là à Turón, en 1933. 

Il s’occupa beaucoup des jeunes, qu’il orientait vers la Croisade Eucharistique et l’Action Catholique.

(Voir les circonstances de son martyre dans la notice de José Sanz Tejedor, ci-dessus).

Le Frère Benito de Jésus et les sept autres Frères, ainsi que leur aumônier, furent béatifiés en 1990 et canonisés en 1999.

De par sa naissance, il est le premier Saint argentin.

 

 

Manuel Seco Gutiérrez

1912-1934

 

Il était né à Celada Marlantes (Santander) le 4 octobre 1912, de bons parents chrétiens qui eurent (au moins) trois fils.

Manuel fut très tôt orphelin de mère. 

Il commença le noviciat chez les Frères des Ecoles Chrétiennes en 1928, et prit le nom de Aniceto Adolfo. Ses deux frères entrèrent aussi chez les Frères des Ecoles Chrétiennes.

Après une année à Valladolid, il passa à Turón en 1933, toujours plein d’entrain, de sérieux au travail et d’intense vie intérieure.

Il était le benjamin de la communauté : vingt-deux ans !

(Voir les circonstances de son martyre dans la notice de José Sanz Tejedor, ci-dessus).

Le Frère Aniceto Adolfo et les sept autres Frères, ainsi que leur aumônier, furent béatifiés en 1990 et canonisés en 1999.

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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 23:00

08 OCTOBRE

 

III.

Ste Reparata, vierge martyre.

IV.

Ste Pélagia, jeune vierge d'Antioche, qui se jeta du haut de sa maison pour ne pas être prise par ses persécuteurs.

Ste Bénédicte, romaine, venue en Gaule avec s. Lucien, et décapitée à Origny avec sa compagne Léobérie.

Ste Thaïs (Taïs), pénitente en Egypte.

S Felix, premier évêque à Côme.

V.

S Evodius, évêque à Rouen.

S(te) Keyne, moine (ou vierge) au pays de Galles.

Stes Palladia et Porcaire, vierges de Ravenne venues près d'Auxerre ; de Palladia vient la localité de Sainte-Pallaye.

VII.

S Grat, évêque à Chalon-sur-Saône.

VIII.

Ste Ragendrède, fondatrice d'une abbaye de chanoinesses à Denain, dont elle est patronne.

IX.

S Badilon, abbé à Autun et retiré en Belgique.

XIII.

S Ugo Canefri, chapelain des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem (Ordre de Malte) à Gênes, d'une inépuisable charité, thaumaturge.

XVI.

Bx John Adams, Robert Dibdale et John Lowe, prêtres anglais martyrs à Tyburn, béatifiés en 1987.

XX.

Bx 46 Frères Maristes espagnols martyrs près de Barcelona en 1936, béatifiés en 2007 :

Ferran Suñer Estrach (Epifani, *1874)    

Casimir Riba Pi (Bernabé, *1877)    

Anicet Falgueras Casellas (Anselm, *1879)     

Mariano Alonso Fuente (Laurentino, *1881)    

Jeróni Messegué Ribera (Leónides, *1884)    

Victoriano Gómez Gutierrez (Salvio, *1884)    

Florentino Redondo Insausti (Leopoldo José, *1885)

Pedro Ciordia Hernández (Baudilio, *1888)    

José Mir Pons (Priscilliá, *1889)            

Pere Sitjes Puig (Laureá Carles, *1889)        

Lucio Zudaire Armendía (Teódulo, *1890)    

Antoni Roig Alembau (Antolí, *1891)            

Trifón Lacunza Unzu (Virgilio, *1891)    

Fermín Latienda Azpilicueta (Felipe José, *1891)

José Miguel Elola Arruti (Vito José, *1893)    

Juan Tubau Perelló (Gaudenci, *1894)    

Serafín Zugaldía Lacruz (Santiago, *1894)    

Ángel Roba Osorno (Licarión, *1895)    

Fortunato Ruíz Peña (Fortunato Andrés, *1898)    

José Ambrós Dejuán (Víctor Conrad, *1898)    

Jesús Mechón Franco (Juan de Mata, *1898)    

Jaume Morella Bruguera (Jaume Ramón, *1898)

Victoriano Martínez Martín (Isaías María, *1899)

Lucio Izquierdo López (Ángel Andrés, *1899)

Leoncino Pérez Gómez (Porfirio, *1899)    

Victor Gutiérrez Gómez (Lino Fernando, *1899)

Leocadio Rodríguez Nieto (Miguel Ireneo, *1899)

Isidro Serrano Fabón (Martiniano , *1901)

Josep Cesari Mercadal (Dionís Martín, *1903)

Felipe Ruiz Peña (Gil Felipe, *1907)

Santos Escudero Miguel (Santos, *1907)

Juan Núñez Casado (Vivencio, *1908)        

Gregorio Faci Molins (José Carmelo, *1908)

Josep Blanch Roca (Victorí Josep, *1908)

Antoni Badía Andale (Hermógenes, *1908)    

Julio García Galarza (Frumencio, *1909)

Ramón Mill Arán (Wulfran, *1909)

Nicolás Ran Goñi (Ismael, *1909)

Nestor Vivar Valdivielso (Alberto María, *1910)

Félix Ayúcar Eraso (Félix León, *1911)

Santiago Saiz Martínez (Santiago María, *1912)

Segismundo Hidalgo Martínez (Gabriel Eduardo, *1913)

Juan Pelfort Planell (Juan Crisóstomo, *1913)

Feliciano Ayúcar Eraso (Ramón Alberto, *1914)    

Nicolás Pereda Revuelta (José Federico, *1916)

Carlos Brengaret Pujol (Carles Rafael, *1917).

 

B José María Ruano López (1888-1936), prêtre diocésain espagnol, martyr près d’Almería, béatifié en 2017.

Reparata de Césarée
† 250

On croit savoir que cette Sainte subit le martyre à Césarée de Palestine (proche de l’act. Hadera, Haïfa, Israël), sous l’empereur Dèce.
Il n’existe aucun document à son sujet.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Reparata de Césarée au 8 octobre.


Pelagia d’Antioche
† 302

Cette jeune fille de quinze ans environ, habitait à Antioche de Syrie (auj. Antakya).
Dès le début de la persécution de Dioclétien, des policiers se présentèrent à son domicile ; on imagine le dessein qui les animait.
En chrétienne sérieuse et avertie, Pelagia fit entrer les soldats et leur demanda un moment, le temps de changer de vêtements. Pendant que les hommes attendaient, Pelagia monta au plus haut de la maison et se jeta dans le vide ; sa mort fut instantanée et Pelagia échappa ainsi aux outrages qui la menaçaient.
C’était en 302.
Pelagia s’est-elle suicidée ? Certainement, mais se sachant perdue de toutes façons, elle préféra la mort au péché. La reine Blanche de Castille répétait à son jeune Louis, futur Louis IX : Mon fils, j’aimerais mieux te savoir malade de la peste que de te savoir en état de péché mortel.
Sainte Pelagia est honorée comme vierge et martyre.
Il faut signaler ici que l’on a donné le même nom de Pelagia à une célèbre pénitente, grandement louée par s.Jean Chrysostome pour sa conversion exemplaire. Mais il semble bien qu’il faille distinguer là deux personnages différents.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Pelagia d’Antioche au 8 octobre.


Felix de Côme
† 391

De la famille et des origines de Felix, nous ne savons rien.
Il fut en grande estime de l’évêque de Milan, Ambroise (v. 7 décembre), qui le consacra évêque en 386, d’après des calculs de spécialistes.
Côme n’avait pas encore eu d’évêque : Felix en fut le premier.
Felix donna tout son temps, principalement, à la prédication. Mais il fut aussi un constructeur : il fit édifier la première basilique, pour recevoir les reliques des protomartyrs du diocèse (Carpophorus et ses Compagnons, aujourd’hui assez contestés). 
On le vit assister également à la consécration de la nouvelle église de Lodi, construite par son ami Bassianus.
Felix mourut, sauf erreur, le 8 octobre 391.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Felix de Côme au 8 octobre.


Evodius de Rouen
† 426

Evodius (en français : Yved, Evode, Ysoie, Yvoize) fut le neuvième évêque de Rouen.
Il eut apparemment un épiscopat extrêmement bref, peut-être même d’une seule année, son prédécesseur étant mort vers 426 et son successeur ayant commencé son activité pastorale également en 426.
Il serait mort aux Andelys (auj. dans l’Eure) en 426.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Evodius de Rouen au 8 octobre.

 

Ragenfrède de Denain

8e siècle

 

Ragenfrède (Rainfroye) aurait été une des dix filles d’Audebert et Reine, de la haute noblesse franque.

Ces pieux parents seraient à l’origine du monastère Notre-Dame de Denain vers 764, Reine en étant l’abbesse.

Cinq des sœurs seraient mortes durant leur pèlerinage à Jérusalem, et quatre autres à Rome. Ragenfrède repoussa à Rome les avances indiscrètes du jeune préfet et s’en revint seule à Denain.

Elle entra au monastère dont sa mère était l’abbesse, et lui succéda quand elle mourut.

Dans des récits plus anciens, il apparaît que c’est Ragenfrède qui fonda elle-même ce monastère de Denain, sur ses propres biens. 

Elle y mourut après l’avoir gouverné saintement, toujours au 8e siècle.

A son tombeau aurait recouvré la vue sainte Austregilde, moniale de Mons - qui n’est plus au Martyrologe.

Que Ragenfrède ait fondé son monastère gr