Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 novembre 2020 4 26 /11 /novembre /2020 00:00

 

26 NOVEMBRE

 

IV.

S Sirice, pape (383-399) : il travailla avec s. Ambroise contre les hérésies, notamment celles de Helvidius et Bonose de Naïssus, selon qui la Mère de Jésus aurait eu plusieurs enfants.

V.

Stes Magnance et Maxima, vierges près d'Auxerre ; la première venait de Civitavecchia. 

S Basle (Basole), ermite près de Verzy ; il fit surgir une source miraculeuse.

?

S Just, près de Limoges, ami et disciple de s. Hilaire.

VII.

S Alypios Stylite, moine ; il aurait vécu debout quatre-vingt-cinq-ans, puis couché sur le côté quatorze ans, et serait donc mort plus que centenaire ; il est invoqué par les femmes stériles.

VIII.

S Martin de Corbie, bénédictin, chapelain de Charles Martel, invoqué contre la goutte.

X.

S Konrad, évêque à Constance, canonisé par Calliste II.

S Nikon le Métanoïte : il répétait sans cesse "μετανοειτε", en Crète puis à Sparte.

XII.

S Bellino, évêque à Padoue, assassiné à Fratta Polesine.

S Ponce de Faucigny, abbé de Chanoines Réguliers à Abondance, retiré à Sixt.

XIII.

S Silvestro Gozzolini, abbé à Monte Fano, fondateur d'une douzaine de monastères, et d'un ordre voisin des Bénédictins, les Silvestrini.

XIV.

Bse Delphine, épouse de s. Elzéar de Sabran, très jeunes époux près de la montagne du Lubéron, tertiaires franciscains ; ils ne consommèrent jamais leur mariage ; Elzéar est commémoré le 27 septembre.

XVI.

Bx Hugh Taylor et Marmaduc Bowes, prêtres anglais martyrs, béatifiés en 1987.

XVII.

S Lucantonio (Umile) Pirozzo, convers franciscain à Bisignano, souverainement humble (umile), mystique, canonisé en 2002.

XVIII.

S Leonardo de Porto Maurizio, missionnaire franciscain.

S Innocent, chef de la mission de Pékin, créée par l'Eglise russe et qui échoua, puis évangélisateur de la Sibérie méridionale, premier évêque à Irkoutsk.

XIX.

SS Tôma Ɖinh Viết Dụ et Daminh Nguyễn Vǎn Xuyên, prêtres dominicains tonkinois, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

Bse Gaetana Sterni, jeune vénitienne veuve à dix-neuf ans, fondatrice des Filles de la Divine Volonté, au service des pauvres, béatifiée en 2001.

XX.

B Giacomo Alberione (1884-1971), piémontais, fondateur de la Société de Saint-Paul et de la congrégation des Filles de Saint-Paul, créateur de plusieurs revues, pour la diffusion du message chrétien, béatifié en 2003.

Siricius

384-399

 

Le pape Sirice succéda à Damase 1er, et fut ainsi le trente-huitième pape.

Son père, romain, s’appelait Tiburtius.

Siricius avait débuté sous le pape Libère et servi sous Damase.

Il fut occupé par différentes questions, tant en Occident qu’en Orient, validement aidé et conseillé par l’alors évêque de Milan, saint Ambroise.

En Occident, il adressa à l’évêque de Tarragone un document qui commence ainsi : Nous portons le fardeau de tous ceux qui sont chargés ; ou plutôt c’est le bienheureux apôtre Pierre qui le porte en nous. L’expression est heureuse pour illustrer la fonction du Primat romain.

Dans la question du priscillianisme, Sirice se prononce contre le supplice des priscillianistes, mais accepte leur conversion et demande aux évêques espagnols de recevoir les pénitents.

En Orient, Sirice (et Ambroise) travaillèrent à la pacification lors du schisme de Mélèce d’Antioche ; le pape condamne ensuite l’hérésie d’un certain Bonose, évêque de Naïssus dans les Balkans, qui prétendait que Marie avait eu d’autres enfants que Jésus-Christ.

Il y eut aussi une fameuse diatribe entre saint Jérôme et Rufin à propos d’Origène ; Sirice prudemment ne voulut pas s’immiscer dans cette querelle exégétique : il respecta Jérôme, mais ne condamna jamais Rufin.

Sirice ordonna trente-deux évêques, trente-et-un prêtres et seize diacres, et procéda à la dédicace de la basilique Saint-Paul-hors-les-murs.

Il mourut le 26 novembre 399, après un pontificat de près de quinze ans et fut inhumé au cimetière de Priscilla, sur la via Salaria.

Son successeur fut saint Anastase 1er.

Saint Sirice est au Martyrologe romain depuis 1748, le 26 novembre.

 

 

Alypios Stylite de Hadrianopolis

522-640

 

Alypios naquit vers 522  à Hadrianopolis (Bithynie ou Paphlagonie, Asie Mineure). Il avait une sœur, Maria.

Il avait trois ans, quand sa mère, veuve, le remit à l’évêque Théodore. Celui-ci le fit étudier.

A la mort de l’évêque, son successseur, un autre Théodore, continua à s’occuper d’Alype, qui fut désigné par tous pour l’économat de l’église.

Alypios fut ordonné diacre.

Mais son désir était de partir pour l’Orient afin de se faire moine. Sa mère l’encouragea. Il partit sans bruit, mais on remarqua bien vite son absence : on le rattrapa à Euchaïta, au tombeau de s.Théodore, le plus célèbre pèlerinage du pays, le jour de la fête du Saint (?).

Ramené à Hadrianopolis, il apprit dans une vision que c’était aux Lieux Saints qu’on trouvait le chemin de la sainteté. Il s’y rendit et chercha un endroit au sud de Jérusalem, dans la montagne, mais l’eau manquait. Il creusa et trouva une source. Il demanda alors à l’évêque local de venir bénir son oratoire, mais l’évêque, faisant semblant d’approuver, donna par derrière l’ordre de boucher la source, pour forcer Alypios à se rapprocher de la ville.

Alypios s’établit dans un désert voisin, parmi des tombeaux hantés par des démons. Il monta sur un de ces mausolées en ruine, qui était surmonté d’une colonne portant un taureau-lion. Avec un levier en fer, il fit culbuter ce monstre qu’il remplaça par une croix. Deux Saints lui apparurent en songe ; on découvrit plus tard leurs reliques.

L’évêque devait aller saluer l’empereur et prit avec lui Alypios, son diacre. Mais tandis qu’on s’embarquait à Chalcédoine, Alypios se cacha dans l’oratoire de Sainte-Bassa (v. 21 août), proche du rivage. Il s’y endormit et sainte Euphémie (v. 16 septembre), l’illustre patronne de Chalcédoine, lui ordonna en songe de rentrer dans sa patrie. Il obéit. Il construisit un oratoire en l’honneur de sainte Euphémie. 

Il avait alors une trentaine d’années. Des anciens lui suggérèrent de vivre un temps dans une cellule : pendant deux années, il dut lutter contre les démons qui l’assaillaient. Ils s’enfuirent quand on procéda à la dédicace de l’oratoire Sainte-Euphémie.

Des foules affluaient vers le solitaire, car il était d’une affabilité enourageante. Pour se donner un peu de répit, il monta sur sa colonne. On avait ajusté des planches en forme de toit. Alypios restait debout comme une statue, en proie aux intempéries. Les démons le tracassaient. Un jour, il demanda à sa mère une hache, et abattit son abri de planches. La mère se désolait, puis comprit qu’il souffrait pour le Christ, s’établit dans une tente au pied de la colonne, donant aux pauvres ce qui eût été nécessaire pour leur entretien à tous deux. Les démons s’enfuirent enfin.

Des fidèles se groupèrent au pied de la colonne : une femme de distinction nommée Euphémie, Eubula, la première supérieure du groupe des femmes ; Marie, sœur d’Alypios. Il y eut un monastère pour elles, et un autre pour les hommes. La mère d’Alypios s’était jointe aux nonnes, mais sans prendre l’habit. Après une vision, elle se décida à le demander à son fils. La psalmodie s’élevait là dans le désert vers Dieu jour et nuit. Le stylite s’unissait aux chœurs des reclus entourant sa colonne, des moines et des religieuses.

On racontait qu’une lumière descendait sur le saint. Il prévoyait l’avenir et guérissait les malades, toujours de bon conseil, pacifiant, miséricordieux. Un jour, il jeta sa tunique à un mendiant, et se gela tant qu’un reclus ne lui eut pas porté secours. Le prestige du maître était tel que l’on confia à quelques-uns de ses disciples les églises sans pasteur.

Après cinquante-trois ans de station verticale sur la colonne, il fut paralysé en partie : ses pieds, valides quatre-vingt-cinq ans, étaient comme morts. Il se coucha sur le côté et vécut ainsi les quatorze dernières années de sa vie, gêné par un ulcère. 

Il mourut plus que centenaire, à cent-dix-huit ans, si les dates avancées sont correctes.

Tous voulaient toucher son corps. Un possédé fut libéré sur sa tombe.

Maintenant encore, il est invoqué par les femmes stériles.

Saint Alypios Stylianos est commémoré sous ce nom le 26 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Konrad de Constance

900-975

 

Konrad (ou Conrad) naquit vers 900 à Altdorf (Stuttgart, Allemagne SO), d’une famille illustre et avait (au moins) un frère.

Il reçut sa formation à l’école cathédrale de Constance.

Ordonné prêtre, il fut chanoine de la cathédrale et, en 934, devint évêque de Constance, consacré par Ulrich de Augsburg (v. 4 juillet).

Avec désintérêt pour les biens de ce monde, il échangea ses terres contre celles de son frère, qui se trouvaient plus proche de Constance ; ce n’était pas un avantage pour lui, mais cela lui permettait d’être personnellement plus proche des habitants et de s’occuper lui-même des pauvres qui s’y trouvaient.

Konrad bâtit ou réfectionna les églises. Il s’inspira beaucoup des basiliques romaines et fit construire une église Saint-Paul devant Constance, comme à Rome celle de Saint-Paul-hors-les-Murs, une autre près de la cathédrale, dédiée à saint Jean-Baptiste, comme celle du Latran, également celle de Saint-Laurent, qui n’existe plus aujourd’hui.

L’hiver 961-962, il accompagna l’empereur Otto 1er pour son couronnement à Rome ; il fit trois fois le pèlerinage de Jérusalem.

Konrad mourut à Constance le 26 novembre 975, son dies natalis au Martyrologe.

Le pape Calliste II (le pape français né à Quingey) canonisa Konrad en 1123, durant le 2e concile de Latran.

 

 

Nikon le Metanoïte

930-998

 

Nikon naquit vers 930 à l’est de l’actuelle Turquie, non loin de la Mer Noire, de parents fort aisés.

Méprisant les richesses du monde, Nikon quitta la maison et s’en vint au monastère de Chrysopetro, qui se trouvait plus à l’ouest. 

Il resta là pendant douze ans, se sanctifiant et approfondissant la théologie.

Il dut quitter son monastère parce que son père le recherchait ; sur le point d’être rejoint, il implora la Sainte Vierge, qui le fit passer de l’autre côté d’un fleuve, de sorte que le père et le fils ne purent que se saluer de loin et poursuivre leur route chacun de son côté.

Nikon se mit à parcourir les villages en proclamant partout : Convertissez-vous, en grec : Metanoïte ; c’est là l’origine de son surnom habituel.

En 961, il passa en Crète, récemment reprise par l’empereur aux Sarrasins ; la population était déjà passée aux habitudes musulmanes, et Nikon s’empressa d’annoncer son habituel Metanoïte. Ce ne fut pas un succès immédiat, loin de là, mais tout de même les Crétois furent touchés par le don prophétique de Nikon, qui lisait dans les cœurs, et dont la vie ascétique était si impressionnante. Les conversions se multiplièrent.

En 968, Nikon passa enfin en Grèce : Péloponèse, Béotie, Athènes, Sparte enfin. Il y construisit trois églises, dédiées au Sauveur, à sa Mère et à sainte Kyriaki (v. 6 juillet), ainsi qu’un monastère.

Ces travaux s’accompagnèrent de miracles. Nikon put remuer une pierre énorme que personne n’arrivait à déplacer ; il changea en bon vin la piquette qu’on avait apportée pour les ouvriers ; d’un geste, il allongea une colonne trop courte, qui risquait de compromettre tout l’édifice ; un certain Ioannis, qui s’était opposé farouchement à ces travaux, fut mystérieusement frappé d’une mort subite. 

Un fanatique d’une sorte de jeu de paume s’obstinait à jouer durant la sainte Liturgie ; Nikon sortit et le rappela à l’ordre ; l’autre le menaça, mais ne put reprendre le jeu, car son bras fut subitement paralysé : il dut venir demander pardon à l’Homme de Dieu.

En 996, quand les Bulgares envahirent le Péloponèse et menacèrent Corinthe, le stratège, impuissant et de plus malade, appela Nikon, qui accourut, le guérit et le rassura pour l’avenir.

Sentant approcher l’heure de sa mort, Nikon rédigea un testament, qui était plutôt un ultime appel à la conversion. Au dernier jour, il se fit porter dans le vestibule du monastère pour adresser au peuple une ultime supplique, recommandant à tous de pratiquer l’humilité, l’hospitalité, l’amour fraternel ; de rejeter l’envie, la jalousie, la fornication ; de savoir pardonner facilement ; de confesser leurs fautes à un ministre de Dieu.

Nikon pria encore, et s’endormit dans le Seigneur, le 26 novembre 998.

Beaucoup d’autres miracles encore suivirent cette mort ; Nikon fut le Saint le plus populaire dans tout le Péloponèse.

Saint Nikon le Metanoïte est commémoré le 26 novembre dans le Martyrologe Romain.

Bellino Bertaldi de Padoue

† 1147

 

Bellino était archiprêtre de la cathédrale de Padoue (Italie NE), fidèle au nouvel évêque, élu et consacré par le pape lui-même.

Exilé par le parti impérial vers 1110, il réussit cependant à ramener dans l’ordre l’archidiacre Pietro. Il s’efforça de réformer la vie des chanoines et de reconstruire la cathédrale, détruite dans un tremblement de terre en 1117. 

 En 1127, il fut cependant élu évêque de ce siège.

Fidèle à sa mission, il visita les paroisses du diocèse, travailla à reconstituer le patrimoine de l’Eglise là où il avait été détourné. Il favorisa les écoles, l’émancipation des serviteurs, tant sur les terres épiscopales que sur celles des seigneurs.

Il se peut que l’un d’eux se soit irrité de cette vague de «libéralisme». En 1147, des sicaires l’assassinèrent, à Fratta Polesine (Rovigo), dans le voisin diocèse d’Adria, alors qu’il voyageait vers Rome.

C’est peut-être à la suite du forfait de ces «enragés», que Bellino fut invoqué contre la rage.

Il aurait été canonisé en 1153, et son culte reconnu en 1446.

Le Martyrologe le commémore au 26 novembre.

 

 

Ponce de Faucigny

1100-1178

 

Né vers 1100, Ponce était de la noble et puissante famille de Faucigny (Savoie). Son père s’appelait Rodolphe ; un des frères de Ponce s’appelait Ardutius, qui devint évêque à Genève ; un autre Aimon.

Aîné des enfants, Ponce devait faire la carrière des armes, ou prétendre à un bénéfice ecclésiastique important. En réalité, vers vingt ans, il entra chez les Chanoines réguliers d’Abondance (Chablais), dont il révisa les constitutions. Il eut l’astuce d’y ajouter une sorte d’abrégé de ces constitutions, que les Chanoines devaient apprendre par cœur.

En 1140, sur un terrain cédé par Aimon de Faucigny, il fonda une maison à Sixt. L’endroit, que les connaisseurs appellent un affreux désert, se trouve près d’une petite rivière appelée Nant-Sec, qui déborda, emportant toutes les fragiles cellules. Les Chanoines reconstruiront mieux : les locaux existent toujours, là où l’on voit l’actuelle église et l’Hôtel de l’Abbaye. Ce prieuré devint abbaye en 1144, et le premier abbé en fut Ponce. (Plus tard, vers 1167, une nièce de Ponce, Adélaïde de Faucigny, installa une communauté d’Augustines à Sixt, qu’elles quittèrent pour Châtillon sur Cluses, dont le climat était moins rude).

En 1154, Ponce fit ériger en abbaye le prieuré d’Entremont.

En 1171, il fut nommé abbé à Abondance et, en 1172, érigea en abbaye la maison de Granval (diocèse de Besançon) : en réalité, Abondance avait autorité sur Sixt, Entremont et Granval.

Après tous ces soucis juridiques, auxquels s’ajoutaient des soucis de santé, Ponce se démit et reprit sa place de simple religieux au milieu de ses confrères, à Sixt.

C’est là qu’il mourut, le 26 novembre 1178. La fontaine de la place de Sixt s’appelle Fontaine de l’Abbé Ponce. «Elle donne santé à ceux qui en boivent», est-il écrit et la tradition rapporte que Ponce, en s’y désaltérant, changea l’eau en vin. Cette fontaine fut le lieu de nombreux miracles concernant les yeux ou l’estomac, la fièvre ou le rhumatisme.

Mieux : une femme possédée avait été délivrée de plusieurs démons, sauf un ; celui-ci ne put être chassé que lorsque cette pauvre femme vint s’agenouiller au tombeau de Ponce.

Saint François de Sales (v. 28 décembre), qui l’avait en grande vénération, fit ouvrir son tombeau pour prélever des reliques.

Le culte du bienheureux Ponce fut reconnu en 1896.

 

 

Silvestro Gozzolini

1177-1267

 

Silvestro, né vers 1177 à Osimo (Marches, Italie E), était le fils de Ghislerio di Jacopo, un juriste, et de Bianca Ghisleri.

On l’envoya étudier le droit à Bologne dans l’espérance qu’il aurait pu seconder son père, puis lui succéder. Mais le jeune homme trouva bien mieux à faire : délaissant la science mondaine, il s’intéressa à la théologie, qu’il étudia à Padoue. Il en revint en 1208, titulaire du doctorat.

Son père, fort mécontent de la tournure des événements, rappela son garçon et le tint quasi enfermé chez lui comme un domestique, et pendant dix années.

Mais Silvestro pouvait se rendre à l’église ; le clergé le remarqua et l’aida à compléter ses notions de théologie ; bref, Silvestro fut ordonné prêtre (1217). 

Il n’hésita pas à dénoncer la conduite désordonnée de l’évêque.

Lors d’un enterrement (1227), il revit dans la fosse ouverte un sien parent, qui avait été un bel homme, admiré dans le monde. Ce spectacle dégoûtat définitivement Silvestro du monde ; de nuit, avec un compagnon, il quitta la maison paternelle et gagna le maquis de la Rossa, à Grotta Fucile, là où était mort saint Romualdo (v. 19 juin).

Puis, dérangé par des visites, il s’isola davantage sur le Monte Fano : il y détruisit un reste de temple païen ; là, son seul compagnon fut un loup, du moins pendant quelque temps, car des compagnons le rejoignirent bientôt. Avec eux, Silvestro construisit un petit ermitage (1231), qui fut l’origine de douze monastères, abritant en moyenne chacun une quarantaine de moines, sous la règle bénédictine.

Ce fut durant la construction de ce premier ermitage ou monastère que se vérifièrent deux miracles fameux, par la prière de Silvestro : une poutre trop courte se trouva allongée à la bonne dimension, et un énorme rocher put être déplacé grâce à sa soudaine légèreté. Par ailleurs, Silvestro eut la réputation de prophète et thaumaturge.

Silvestro ne se nourrissait que d’herbes sauvages et d’eau ; il dormait à terre. On l’appela pour prêcher dans les environs.

Silvestro fut aussi l’heureux bénéficiaire d’une grâce unique dans l’histoire : la Sainte Vierge lui aurait donné l’Eucharistie. 

C’était comme une nouvelle branche de l’Ordre bénédictin, dit des Silvestrins. En 1233 fut fondé un monastère de moniales silvestrines.

Cette branche fut approuvée par le pape en 1247. Grâce à Silvestro, l’Ordre bénédictin se revitalisait par cette fondation nouvelle, qui se développa avec force.

Silvestro mourut à Monte Fano le 26 novembre 1267, fut mentionné au Martyrologe dès 1598 et célébré dans l’Eglise universelle en 1890.

L’Ordre silvestrin eut des maisons jusqu’en Amérique, à Ceylan et en Australie.

 

 

Elzéar de Sabran

1285-1323

Delphine de Signe

1282-1360

 

Voici une histoire de couple vraiment exceptionnelle.

Elzéar de Sabran naquit au château de Roubians, à l’est d’Avignon, près de Cabrières d’Aigues. Sabran est une terre de Languedoc, et les nobles parents d’Elzéar, Ermangaud de Sabran et Laudune d’Albe, possédaient là la Tour d’Aigues et Cucuron.

Jeune, Elzéar fut écolier à l’abbaye Saint-Victor de Marseille.

De son côté, Delphine (ou Dauphine) de Signe naquit vers 1282 à Puy-Michel, dans la proche montagne du Lubéron. Elle fut fiancée à quatorze ans à Elzéar. Son désir était de refuser énergiquement, mais un père franciscain lui conseilla d’accepter cette union avec un si saint garçon.

Le mariage fut célébré après deux ans de fiançailles, alors que Delphine avait une quinzaine d’années, et Elzéar treize seulement. La fête passée, ils furent conduits à leur demeure de Ansouis. 

Delphine exposa le soir même à Elzéar son profond désir d’une vie totalement chaste, et proposa à son mari de faire avec elle le vœu de chasteté. Elzéar, qui était déjà fort avancé dans la vertu, n’était cependant pas encore prêt pour une décision si radicale.

Une maladie de Delphine l’aida à faire le pas ; dans la prière, son désir de pureté grandit, ses passions s’éteignirent et tous deux firent devant leur confesseur ce saint vœu de chasteté, se mettant en même temps dans les rangs du tiers-ordre franciscain.

De jour, sous leurs vêtements de noblesse, ils portaient la haire ; de nuit, ils se flagellaient et priaient ensemble. Delphine ne toucha son mari que pour lui laver la tête ou, s’il était malade, pour lui tâter le pouls. Elzéar passa son temps dans la pratique des bonnes œuvres, visitant et soignant les malades, distribuant des aumônes.

En plus, Elzéar avait disposé que les gens de sa maison fussent assidus à la messe quotidienne. En plus il exigeait de ses officiers de veiller à ce qu’on vive chastement et de bannir les sensuels et les impudiques.

On dut séjourner quelque temps en Italie, où le comté d’Ariano (Naples) était venu en héritage à Elzéar. Il dut y retourner en 1317, car il y était nommé maître justicier pour l’Abbruzze citérieure. Là encore, le règlement était exigeant : Toutes (les femmes) devront être vierges, veuves, chastes. Quant aux hommes, qu’ils soient nobles ou domestiques, il leur faudra vivre chastement et honnêtement.

Une autre mission l’envoya à Paris comme ambassadeur extraordinaire pour arranger un mariage princier. Mais Elzéar mourut à Paris, le 27 septembre 1323, à trente-huit ans.

Delphine apprit la nouvelle mystérieusement (ou mystiquement ?) avant même l’arrivée du messager. Elzéar lui apparut un an plus tard en lui reprochant doucement son chagrin. Citant le psaume 123, Elzéar lui disait joyeusement : Le filet est rompu, nous sommes libérés !

Delphine continua une vie active, administra encore quelques temps ses domaines, et s’en fut à Naples pour y vivre dans la pauvreté totale. Elle trouva un logement de toute misère et alla mendier. 

Elle passa les quinze dernières années de sa vie en Provence, à Apt. Elle sortit de son silence pour ramener la paix entre des factions, elle créa une sorte de caisse rurale mutuelle, où l’on prêtait sans intérêt.

Elle s’éteignit le 26 novembre 1360, et fut enterrée près de son mari à Apt.

Elzéar fut canonisé en 1369, par Urbain V qui était son filleul.

Delphine, elle, est restée bienheureuse, et comme telle est inscrite au Martyrologe du 26 novembre, tandis que saint Elzéar est commémoré le 27 septembre.

 

 

Marmaduke Bowes

?-1585

 

Monsieur Marmaduke Bowes était un noble gentleman catholique, né à Ingram Grange (Yorkshire, Angleterre).

Avec son épouse, il avait élevé ses enfants dans la foi catholique.

La persécution s’étant déclenchée, il hébergea des prêtres, dont le jeune abbé Hugh Taylor, qui fut la première victime de cette persécution (voir notice au même jour).

Pour éloigner les soupçons des autorités et protéger les prêtres, Marmaduke simula une soumission à l’Eglise gouvernementale.

Qui le trahit fut le précepteur des enfants. Marmaduke fut arrêté avec son épouse et le père Taylor, et jeté en prison.

Condamné à mort pour avoir commis le crime d’héberger un prêtre, Marmaduke devait être, comme dit la formule juridique anglaise, «pendu, éviscéré et écartelé».

Au moment d’être exécuté, Marmaduke confessa haut et fort sa foi catholique inébranlable.

Si l’abbé Taylor fut le premier prêtre victime de cette persécution, Marmaduke fut le premier laïc à en souffrir.

Il mourut le 26 novembre 1585, et fut béatifié, en même temps que l’abbé Taylor, en 1987.

 

 

Hugh Taylor

1559-1585

 

Hugh naquit vers 1559 à Durham (Angleterre).

Il vint à Reims en 1582 pour étudier au Collège anglais et fut ordonné prêtre en 1584.

Revenu dès 1585 dans son pays, il ne put exercer le saint ministère que quelques mois. Il fut en effet le premier prêtre arrêté lors de la persécution lancée par la reine Elizabeth contre les ministres catholiques.

Condamné à mort, l’abbé Hugh Taylor fut «pendu, éviscéré et écartelé» (selon la formule établie), à York (Yorkshire), le 26 novembre 1585 (cette date est sans doute une erreur du Martyrologe Romain : une étude approfondie précise que ce fut le 25 et non le 26).

Hugh Taylor est l’un des Martyrs anglais qui furent béatifiés en 1987.

 

 

Lucantonio Pirozzo

1582-1637

 

Luca Antonio vit le jour le 26 août 1582 dans un foyer très chrétien, à Bisignano (Calabre, Italie S), de Giovanni et Ginevra Giardino, qui le firent baptiser sous le nom de Lucantonio.

A quatre ans, il reçut la Confirmation. Depuis, ayant entendu de son papa que les Anges au Ciel répètent sans cesse Sanctus, sanctus, sanctus, il se retirait souvent dans un coin silencieux pour répéter les mêmes mots.

Quand il accéda à la Communion, il se retirait les chaussures ; il n’allait travailler aux champs qu’après avoir assisté à la Messe.

Son curé le mit durement à l’épreuve pour observer sa réaction ; il le «gronda» vertement, le traita d’hypocrite, le priva de l’Eucharistie, mais le garçon restait le même, pieux, modeste, serein. Aussi le curé le fit inscrire dans une confraternité mariale, espérant qu’il servirait d’exemple aux autres membres.

Dieu l’appela à son service : Lucantonio entendit cette invitation par trois fois. Sa mère, d’abord hésitante, le bénit et il se présenta chez les Frères Mineurs de Dipignano, d’où le Provincial l’envoya commencer son noviciat à Misuraca.

Le novice s’adonna à des pénitences rigoureuses, dormant à terre, et peu, jeûnant souvent au pain et à l’eau, acceptant tout ce qu’on lui faisait faire et même les injustes reproches, avec une âme égale (car les Supérieurs voulaient ainsi le mettre à l’épreuve) ; mais on lui refusa son admission à la profession… parce qu’il ne pouvait pas réciter par-cœur la règle franciscaine ! Tout triste, Lucantonio alla prier devant l’image de la Sainte Vierge, qui lui apparut et le réconforta. En effet, le lendemain, il put réciter toute la règle, et fut admis, avec le nom de Frate Umile, Frère Humble.

Dès lors, on l’envoya à Bisignano, où comme jardinier, il découvrit au fond du jardin une petite grotte avec une belle source d’eau. Il s’y retira souvent pour prier. Le Démon vint souvent aussi le maltraiter, de sorte qu’il portait des traces de ces coups sur le visage pendant plusieurs jours.

On ne pouvait ignorer ces manifestations, qui suscitèrent des curiosités, mais aussi la dévotion des gens : on vint sonner au monastère pour voir le Frate Umile, pour lui demander de prier, pour obtenir des grâces. Ce mouvement ininterrompu agaça les supérieurs, qui firent plusieurs fois changer de couvent le Frate Umile : Cosenza, Dipignano, San Lorenzo del Vallo, San Marco, Pietrafitta, Figline, Rossano.

Dans ses déplacements, on observa maintes fois qu’il traversa à pieds secs des rivières en crue, que la pluie ne le mouillait pas ; il en fit même profiter à un compagnon de voyage.

Un Visiteur apostolique le mit à l’épreuve et l’envoya au jardin sans aller à la Messe. Au moment de l’élevation, il resta avec sa pioche les bras en l’air, et fut soulevé au-dessus d’un arbre ; le Visiteur vint lui ordonner de travailler et Umile s’y remit à l’instant. Une autre fois, durant une extase devant l’image de la Mère de Dieu, on dut le transporter et l’enfermer pour éloigner la foule qui se pressait de tous côtés ; le fait fut aussi observé par le vicaire général du diocèse, qui tenta même de brûler les mains et les pieds du Frère, pour vérifier qu’il n’y avait rien de diabolique : en revenant à lui, le Frère eut les mains et les pieds absolument nets de toute brûlure. Etc…

Un autre frère devint jaloux de la notoriété d’Umile. Il tenta de le pousser hors de la fenêtre : brusquement apparurent deux hommes qui protégèrent le Frère. Umile se «vengea» à sa façon : il pria pour ce pauvre frère jaloux et homicide.

Frate Umile connut des extases, pénétrait les cœurs, annonçait des événements, obtenait des guérisons ; après sa mort, il apparut à des malades et les guérit ; l’eau de sa grotte fut miraculeuse.

Le pape Grégoire XV voulut le connaître et le confia au monastère franciscain de Rome. Quand ce pape fut très malade et abandonné des médecins, Umile lui annonça au contraire la guérison ; mais un an plus tard, quand le pape sembla n’avoir qu’une légère indisposition, Umile lui annonça la mort prochaine, qui advint effectivement. Umile resta à Rome sept années et obtint la permission de retourner à Bisignano.

Il chercha à voyager «discrètement», car les populations voulaient le voir, le toucher, lui couper un morceau de son manteau, aussi s’embarqua-t-il à Salerno ; mais à son arrivée à Scalea, même les canons saluèrent sa présence.

La dernière année de sa vie, Umile fut frappé de spasmes, convulsions et grandes douleurs, sans jamais perdre son sourire. En octobre 1637, on le découvrit dans sa grotte gisant à terre et tout en sueur, et on le reporta dans sa cellule ; le mal augmentait. Le 1er novembre, fête de tous les Saints, il participa tranquillement à toutes les cérémonies du jour festif. Les jours suivants, il retomba dans cet état d’agonie, et s’éteignit le 26 novembre 1637.

Il fut béatifié en 1882 et canonisé en 2002.

 

 

Leonardo de Porto Maurizio

1676-1751

 

Leonardo est le nom sous lequel on connut ce Saint très populaire. Il reçut au baptême les noms de Paolo Gerolamo (Paul Jérôme), au jour de sa naissance qui eut lieu le 20 décembre 1676.

Son père, Domenico, était capitaine au cabotage, et avait cette exigence de ne jamais prendre de femmes à son bord, sauf une seule exception, où alors il laissa partir son bateau et fit à pied le trajet de Gênes à Porto Maurizio, quelque cent-dix kilomètres.

La maman, Annamaria Benza, mourut quand l’enfant n’avait que deux ans. Domenico alors se remaria avec Maria Riolfo, dont il eut quatre enfants, mais qui aussi s’occupa très bien de son garçon adoptif.

Un incident de l’enfance - que l’on monterait en épingle aujourd’hui - marqua Paolo Gerolamo pour toute sa vie : étant sur la plage avec d’autres camarades, il fut invité à quelque jeu obscène par un capitaine qui débarquait à ce moment-là ; l’enfant s’échappa et courut le plus vite qu’il put remercier la Sainte Vierge de l’avoir préservé du mal.

Adolescent, il vint à Rome chez un oncle pour étudier : il fréquenta le Collège romain et la Minerve, apprit un peu de médecine. Il fréquentait la congrégation des Douze Apôtres, organisée par les Jésuites, à l’image de l’Oratoire de Filippo Neri : un cercle d’amis chrétiens qui se retrouvaient pour jouer, pour s’instruire, mais aussi pour catéchiser les plus jeunes. Paolo Girolamo s’inscrivit d’ailleurs aussi à l’Oratoire de Filippo Neri, qui était canonisé depuis un demi-siècle. Il lisait volontiers l’Introduction à la Vie dévote de saint François de Sales, lui aussi canonisé tout récemment.

Paolo Gerolamo rencontra un jour deux religieux, tête rase, pieds nus, pour lesquels il éprouva un certain enthousiasme : il les suivit et aboutit au couvent de Saint-Bonaventure, un couvent de franciscains réformés (ceux qu’on appela en France les récollets). Son oncle n’était pas trop content de cet attrait, mais le papa accepta.

Ces franciscains réformés étaient issus de l’espagnol saint Pedro de Alcántara (voir au 18 octobre), canonisé en 1669. Le noviciat se faisait à Santa Maria delle Grazie, près du mont Gennaro, en Sabine, où Paolo arriva en septembre 1697.

Le 2 octobre suivant, il revêt la bure franciscaine et prend le nom de Leonardo. Un an plus tard, il fait la profession.

Ses études de préparation au sacerdoce se font à Rome, où il découvre et admire saint Bonaventure et le bienheureux Duns Scot, deux théologiens franciscains (voir aux 15 juillet et 8 novembre).

Leonardo a un dessein dans son cœur : partir missionnaire en Chine et y recevoir le martyre, ou bien dans la vallée de Lucerne, où sont nombreux les partisans de l’hérésie calviniste. Mais sa Chine sera l’Italie, où il devra se donner corps et âme pour la conversion des âmes. S’il ne mourut pas du martyre, on peut dire qu’il fut consumé par un martyre intérieur, dans une lutte inlassable contre l’erreur.

Leonardo est ordonné prêtre en 1703. Son premier «poste» fut l’enseignement de la philosophie au couvent de Saint-Bonaventure à Rome. Bientôt malade de phtisie, il séjourna quelque temps dans son pays natal, où il supplia la sainte Vierge : Rends-moi la santé et je serai ton missionnaire, dévoué corps et âme à te convertir les peuples. Il guérit en effet et jouit d’une santé solide pendant presque un demi-siècle qu’il passa à prêcher.

En 1709, il est chargé d’inaugurer un nouveau couvent à Florence : Saint-François de la Rencontre (dell’Incontro).

Il commença à écrire des sermons, des méditations sur la Passion du Christ, où déjà il préconisait la dévotion du Chemin de Croix. Toute l’Italie le vit prêcher, et susciter de très nombreuses conversions. Il savait impressionner : il se couronnait d’épines et saignait, il se flagellait. Sa parole était simple, forte aussi, car il avait la voix claire et sonore, et sa science l’aidait à trouver les mots justes pour convaincre. 

Une de ses missions retentissantes fut l’île de Corse, où une prédication de six mois fit cesser les violences, où les antagonistes se réconcilièrent et surent pardonner, du moins pendant un certain temps. Peut-être qu’un nouveau Leonardo y serait le bienvenu aujourd’hui…

Il répandit trois dévotions en particulier : au saint Nom de Jésus, à la sainte Vierge, au Chemin de Croix. Il introduisit à Rome l’usage de prier trois Pater et trois Ave le vendredi à quinze heures, l’heure de la mort de Jésus-Christ en croix ; il répandit l’habituelle salutation «Sia lodato Gesù Cristo» (Loué soit Jésus-Christ). On lui doit aussi la diffusion de la dévotion des Trois Ave Maria, qu’il recommandait de prier chaque jour comme «minimum» pour obtenir le salut éternel.

Leonardo se fatiguait, s’épuisait, mais continuait. L’âge et la faiblesse finirent par le vaincre. Il put encore célébrer à Foligno le 23 novembre 1751, malgré la fatigue : Une messe vaut mieux que tous les trésors de la terre, dit-il. Il arriva au couvent romain de Saint-Bonaventure, content de rendre le dernier soupir ici.

Il s’éteignit le vendredi 26 novembre 1751, jour qui est son dies natalis au Martyrologe. 

Il fallut douze soldats pour canaliser le défilé et maintenir l’ordre devant le corps. Leonardo fut béatifié en 1796, et canonisé en 1867.

Ce grand prédicateur fut nommé missionnaire apostolique, et patron des missionnaires en pays catholiques.

Tôma Ɖinh Viết Dụ

1783-1839

 

Tôma naquit vers 1783 à Phú Nhai (Nam Ɖịnh, Vietnam).

Son père était un homme profondément croyant, très adonné à la méditation silencieuse, au point qu’on l’appelait le Bruno du Vietnam (par référence au Fondateur des Chartreux, voir au 6 octobre).

Tôma semble avoir eu la vocation à la vie religieuse dès le berceau.

Il entra chez les Dominicains et fut ordonné prêtre en 1814.

En mars 1839 il fut arrêté juste après avoir célébré la messe. Il s’était déguisé en jardinier.

Sommé de marcher sur la croix, il refusa énergiquement. On lui mit la cangue au cou, des chaînes aux mains et aux pieds. Il fut plusieurs fois battu de quatre vingt-dix coups une première fois, trente coups par deux fois, d’autres fois vingt coups, avec des insultes moqueuses.

Il subit ensuite la prison : pendant plus de six mois, il portait des chaînes et des fers, souffrant de la faim et de la soif, par une chaleur irrespirable. Tôma montra une patience inaltérable.

Ses parents vinrent le visiter. Sa mère pleura en le voyant si maigre. Mais le père Tôma répliqua qu’il pouvait bien supporter lui aussi des souffrances, après ce qu’avait supporté Notre Seigneur.

Après ces longs mois de prison, le père Tôma fut condamné à être décapité, pour avoir propagé la religion catholique.

Peu avant l’exécution, le père Tôma fut rejoint par un autre prêtre, Ɖaminh Nguyễn Vǎn Xuyên, dominicain aussi ; ils se donnèrent réciproquement l’absolution.

Le jour de l’exécution arriva. Les deux prêtres furent conduits sous escorte solennelle, chargés de lourdes chaînes, au milieu d’une foule considérable.

Parvenus sur le lieu de l’exécution, les prêtres s’agenouillèrent et prièrent encore un peu, les yeux levés au ciel.

Ils furent décapités à Bầy Mẫu (Hanoi), le 26 novembre 1839.

Tous deux ont été proclamés bienheureux en 1900, et saints en 1988.

La fête liturgique de tous les Martyrs vietnamiens est au 24 novembre.

 

 

Ɖaminh Nguyễn Vǎn Xuyên

1786-1839

 

Ɖaminh (Dominique) naquit vers 1786 à Hưng Lập (Nam Ɖịnh, Vietnam).

Il entra chez les Dominicains et fut ordonné prêtre.

Le père Ɖaminh fut condamné à être décapité, pour avoir propagé la religion catholique.

En prison, il retrouva le père Tôma Ɖinh Viết Dụ, dominicain aussi ; ils se donnèrent réciproquement l’absolution.

Le jour de l’exécution arriva. Les deux prêtres furent conduits sous escorte solennelle, chargés de lourdes chaînes, au milieu d’une foule considérable.

Parvenus sur le lieu de l’exécution, les prêtres s’agenouillèrent et prièrent encore un peu, les yeux levés au ciel.

Ils furent décapités à Bầy Mẫu (Hanoi), le 26 novembre 1839.

Tous deux ont été proclamés bienheureux en 1900, et saints en 1988.

La fête liturgique de tous les Martyrs vietnamiens est au 24 novembre.

Gaetana Sterni

1827-1889

 

Née le 26 juin 1827 à Cassola (Vicenza, Italie nord), Gaetana vécut toute sa vie avec sa famille à Bassano del Grappa, un bourg voisin.

Le papa, Giovanni Battista, administrait les biens d’une famille vénitienne, et vivait avec son épouse Giovanna Chiuppani, et leurs six enfants.

C’est en 1835 qu’il emménagea à Bassano. Une série d’épreuves s’abattit sur le foyer : l’aînée, Marguerite, mourut à dix-huit ans ; le papa mourut aussi après une pénible maladie ; Francisco, un frère, quitta la famille en quête d’aventure artistique ; la situation économique de la famille devint précaire.

Gaetana grandissait près de sa mère, pleine de foi et d’enthousiasme pour la vie.

Elle accepta d’épouser, à seize ans, un veuf qui avait trois enfants, Liberale Conte. La joie fut parfaite, d’autant plus qu’elle fut bientôt enceinte. Mais la tristesse devait encore s’abattre sur Gaetana, qui perdit bientôt et son mari et l’enfant tant attendu.

Ce n’était pas tout : la famille de Liberale l’accusa, lui retira ses enfants et l’obligea à retourner chez sa mère ; Gaetana avait alors dix-neuf ans.

Mais elle accepta l’épreuve avec grandeur d’âme ; elle consola ses enfants et les aida à accepter la séparation, tout en défendant leurs droits. Elle pardonna et mit tout en œuvre pour obtenir la réconciliation de toute la famille.

Dans la prière, elle comprit clairement que Jésus-Christ allait être son unique époux. Son confesseur l’encouragea et elle essaya le noviciat chez les Sœurs canossiennes de Bassano, pendant cinq mois seulement.

En effet, dans la prière, elle fut avertie que sa mère allait mourir, ce qui arriva ; aussi dut-elle quitter le couvent pour aller s’occuper de ses petits frères et sœurs orphelins.

Au milieu de beaucoup de difficultés, soucis économiques et maladies, Gaetana continua sa mission familiale pendant cinq années. Bientôt, toujours guidée par son confesseur, elle se sentit toujours plus attirée par les pauvres et les nécessiteux, chose qu’elle avait déjà pressentie au même moment que la mort de sa mère. La vue d’un pauvre lui remettait à chaque fois à l’esprit cet «appel».

Finalement, seulement pour faire la volonté de Dieu, elle s’offrit à vingt-six ans à l’hospice de Bassano pour s’occuper des pauvres : ils étaient là, plus de cent, victimes d’une vie déséquilibrée, souvent même vicieuse, et elle se mit à leur service jusqu’à la fin de sa vie.

Elle accepta les tâches les plus humbles et difficiles pour secourir ces pauvres malades et vieillards, veillant les moribonds, toujours avec douceur et patience.

Elle avait l’âge du Seigneur, trente-trois ans en 1860, quand elle s’offrit en donation totale d’elle-même à Dieu, s’abandonnant uniquement à la volonté divine. C’était, sans qu’elle l’eût voulu, le début d’une nouvelle famille religieuse, qui s’appellerait les Filles de la Divine Volonté.

En 1865, elle reçut ses deux premières «filles». Elles se dédièrent au soin des malades de l’hospice, et aussi à leur domicile.

En 1875, l’évêque donna une première approbation. La Congrégation se répandit sur les trois continents d’Europe, Afrique et Amérique.

Gaetana mourut le 26 novembre 1889 et fut béatifiée en 2001.

 

 

Giacomo Alberione

1884-1971

 

Giacomo (Jacques) naquit le 4 avril 1884 à Fossano (Piémont, Italie), quatrième des six enfants d’une famille de paysans chrétiens. Très tôt il ressentit l’appel au sacerdoce.

Après un déplacement de la famille à Cherasco, Giacomo fut aidé et assisté par le curé de cette localité : il entra au séminaire d’Alba à seize ans.

C’est à la fin de cette année 1900, lors d’une longue méditation devant le Saint Sacrement qu’il entendit très fortement en son cœur un appel à aider l’Eglise par les moyens modernes (alors nouveaux) de la typographie. Animé par le zèle de l’apôtre Paul, il avait pris conscience de l’utilité de ces «médias» pour diffuser la doctrine chrétienne.

Après ses études de philosophie et l’obtention du doctorat en théologie, il fut ordonné prêtre (1907), et nommé vicaire à Narzole.

Directeur spirituel et professeur au séminaire, il eut aussi à prêcher dans plusieurs paroisses du diocèse.

En 1914, il ouvrit une typographie avec deux adolescents (Desiderio Costa et Torquato Armani), qu’il appela Piccolo Operaio (Petit Ouvrier).

En 1948 mourra prématurément un de ses jeunes collaborateurs, Timoteo Giaccardo, qui sera béatifié en 1989 (et fêté le 24 janvier).

Pour réaliser son vœu, il fonda plusieurs congrégations féminines, et plusieurs revues. L’ensemble de ces fondations constitue la Famille paulinienne, qui compte aujourd’hui des milliers de personnes dans le monde : Italie, Brésil, Argentine, Etats-Unis.

Les congrégations fondées par don Alberione sont : 

  • les Filles de Saint-Paul (1915) avec Teresa Merlo ;
  • les Sœurs Disciples du Divin Maître (1924), avec Scolastica Rivata, pour l’apostolat eucharistique et ligurgique ; 
  • les Sœurs de Jésus Bon Pasteur (1938), ou Pastourelles, pour l’apostolat direct en paroisses, en collaboration avec les Prêtres ; 
  • les Sœurs de Marie Reine des Apôtres (1957), pour les vocations et les instituts de vie séculière consacrée ; 
  • l’institut de Jésus-Prêtre ; 
  • l’institut de Gabriel Archange ; 
  • l’institut de Sainte-Marie-de-l’Annonciation ; 
  • l’institut de la Sainte-Famille ; 
  • l’Union des Coopérateurs Pauliniens ; 
  • l’Union des Coopératrices Pauliniennes.

 

Les publications qu’il fonda ne sont pas moins nombreuses : 

  • Vita Pastorale (Vie Pastorale, 1912), pour les prêtres ;
  • La Domenica (le Dimanche, 1921), pour les paroisses ; 
  • Il Giornalino (Le petit journal, 1924), pour les jeunes.
  • Famiglia Cristiana (Famille Chrétienne, 1931), le très fameux hebdomadaire ; 
  • La Madre di Dio (La Mère de Dieu, «pour révéler aux âmes la beauté et la grandeur de Marie», 1932) ;
  • Pastor bonus (mensuel en langue latine, 1937) :
  • Via, Verità e Vita (Vie, Vérité et Chemin, 1952), mensuel pour la connaissance et l’enseignement de la doctrine chrétienne ; 
  • La Vita in Cristo e nella Chiesa (La Vie dans le Christ et dans l’Eglise, 1952), pour faire connaître la liturgie ;
  • Abundantes divitiæ gratiæ suæ (Les abondantes richesses de sa grâce), qui sera comme une histoire de la famille paulinienne, à l’usage de ses membres.

 

Il publia d’autres ouvrages : Appunti di teologia pastorale (Notes de théologie pastorale, 1912), La donna associata allo zelo sacerdotale (La femme, associée au zèle sacerdotal, 1911-1915), Via Humanitatis (Le Chemin de l’Humanité, 1947).

Don Alberione participera quotidiennement aux sessions du Concile Vatican II entre 1962 et 1965, saluant particulièrement le décret Inter Mirifica, sur les instruments de communication sociale comme outils d’évangélisation.

Il sera reçu par le pape, qui l’estimait beaucoup.

Il s’éteignit à Rome le 26 novembre 1971, son dies natalis au Martyrologe.

Il a été béatifié en 2003.

Partager cet article

Repost0
25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 00:00

 

25 NOVEMBRE

 

III.

S Mercurios, soldat martyr à Césarée de Cappadoce ; il s'agirait plutôt de Mâr Qurios.

S Moyses, prêtre martyr à Rome ; il soutint s. Cyprien contre Novatien.

IV.

S Botros, évêque à Alexandrie ; il condamna Arius, combattit Mélèce, et mourut martyr ; on commémore avec lui trois autres évêques égyptiens : Hesychius, Pachomius et Theodorus, le prêtre Faustus, ainsi que Dius et Ammon. 

Ste Catherine, vierge et martyre à Alexandrie ; patronne des philosophes, pour avoir tenu tête à toute une équipe de sages païens ; elle apparut à Ste Jehanne d'Arc.

S Marculus, évêque en Numidie, martyr.

?

Ste Joconde, vierge à Reggio Emilia.

S Alain, à Lavaur. 

VI.

S Maurinus, martyr près d'Agen.

S Teilo, évêque à Llandaff.

VIII.

Bse Imma, abbesse à Karlburg.

XI.

B Bernold, bénédictin à Ottobeuren.

S Egbert, abbé à Munsterschwarzach, à Lambach. 

XIV.

Bse Béatrice d'Ornacieux, chartreuse fondatrice à Eymeu.

XV.

Bse Elisabeth Achler, surnommée "la Bonne", tertiaire franciscaine à Reute, mystique.

XIX.

S Yi Ho-yŏng Petrus, catéchiste coréen, martyr canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre ; sa sœur Agata est commémorée le 24 mai.

XX.

Bx Santiago Meseguer Burillo (*1885) et Jacinto Serrano López (*1901), prêtres dominicains espagnols fusillés près de Teruel en 1936, et béatifiés en 2001.

Mercurios de Césarée de Cappadoce

† 250

 

Ce martyr inconnu pourrait fort bien être le Mâr Qurios ou saint Qurios dont parlèrent les Syriens. Dans leurs transcriptions, les Grecs crurent avoir affaire à «Marcurios», qui devint saint Mercurios.

Ce soldat était en garnison en Arménie. Un ange - ou le Christ lui-même - lui apparut, le poussant à attaquer l’ennemi sans tarder, lui rappelant seulement : N’oublie pas le Seigneur ton Dieu.

Vainqueur, Qurios fut fait généralissime par l’empereur Dèce. L’ange rappela à Qurios son conseil. Ce dernier se souvint alors que son père était chrétien.

Quand ensuite l’empereur invita Qurios à sacrifier à la déesse Artemis, Qurios se déclara chrétien : il déposa sa chlamyde et sa ceinture aux pieds de Dèce, qui l’envoya en prison. L’ange apparut à nouveau, pour réconforter Qurios.

Le lendemain, Qurios renouvela sa profession de foi. Il fut attaché à quatre poteaux et, pendant qu’on allumait un feu sous son corps, on le flagellait d’importance - au point que le sang éteignit les flammes. Reconduit en prison, il fut soigné par l’ange.

Le jour suivant, l’empereur s’étonnait de voir Qurios guéri et l’accusa de magie. Puis il lui fit appliquer des fers rouges ; on le suspendit la tête en bas avec une pierre au cou et on le frappa encore, avec des verges d’airain. L’empereur ordonna finalement de transporter Qurios en Cappadoce et de l’y décapiter.

Cela pouvait se passer vers 250, sous Dèce. Difficile alors d’assimilier Qurios à l’un des Quarante soldats martyrs en Cappadoce (v. 9 mars), mis à mort en 320.

On raconta plus tard que c’est le même Mâr Qurios qui serait apparu, sur ordre divin, auprès de Julien l’Apostat pour le faire mourir d’un coup de lance (363).

Le Martyrologe Romain mentionne saint Mercurios de Césarée de Cappadoce au 25 novembre.

 

 

Moyses de Rome

† 251

 

Au moment de la brutale persécution de Dèce, le prêtre romain Moyses eut un rôle important dans la conduite de l’Eglise romaine, privée alors de son pape pendant quinze mois, après le martyre de s.Fabien en 250 (v. 20 janvier).

Il était aux côtés de Novatien, tant que ce dernier resta dans le juste chemin de la fidélité à l’Eglise.

Arrêté avec un autre prêtre, Maximus, et deux diacres, Rufinus et Nicostrates, Moyses continuait de montrer l’exemple de la foi, de la modération, de la clairvoyance. Tandis que Novatien se laissait prendre par un courant intransigeant, Moyses restait en communion avec l’évêque de Carthage, s.Cyprien (v. 14 septembre). La question importante était la réadmission des lapsi, de ceux qui avaient eu la faiblesse de renier un moment leur foi pour échapper au martyre. Cyprien et Moyses étaient partisans de les réadmettre moyennant une pénitence appropriée ; Novatien, non.

Moyses mourut en prison, en janvier ou en février 251, victime de sa détention prolongée.

Novatien, on le sait, brigua l’élection papale, mais fut vivement écarté ; c’est s.Corneille qui fut élu.

Moyses ne fut pas mis à mort, mais fut considéré comme martyr, pour sa fidélité sans faille à l’Eglise, qu’il défendit courageusement dans le danger.

Bien que Moyses mourût en début d’année, le Martyrologe Romain le mentionne encore, arbitrairement, au 25 novembre.

 

 

Catherine d’Alexandrie

4e siècle

 

Descendante d’un certain roi arménien Costos, sainte Catherine vivait à Alexandrie, lors du passage de l’empereur qui voulut inviter tous ses sujets à participer à un culte païen.

Apprenant ce qui se passait, la jeune fille - elle n’avait que dix-huit ans - alla se présenter fièrement à l’empereur pour lui reprocher son impiété.

L’empereur n’avait pas d’arguments à lui opposer : il fit venir cinquante philosophes qui devaient interroger Catherine et réussir à la confondre. Mais c’est elle qui leur cloua le bec, et l’empereur les fit brûler vifs.

Emprisonnée, Catherine convainquit même l’impératrice, qui fut mutilée et décapitée par ordre de l’empereur.

A son tour, l’officier de l’empereur, avec ses deux-cents soldats, confessa la foi chrétienne, et tous furent décapités.

Catherine devait être soumise au supplice de la roue : bras et jambes attachés autour d’une roue, elle devait «tourner» sans interruption, fouettée entre temps sur toutes les parties du corps, jusqu’à la mort ; mais miraculeusement, cette roue se brisa et vola en éclats.

Elle fut finalement décapitée.

Les anges se chargèrent de sa sépulture, la transportant sur le mont Sinaï, en un sépulcre tout neuf, d’où sortent du lait et de l’huile qui guérissent les maladies.

Tous les détails de cette Passio sont jugés invraisemblables par les historiens, qui en déduisent que même la Sainte en question n’est qu’une fiction.

Sainte Catherine fut immensément célèbre à partir du 9e siècle ; particulièrement elle devint la patronne des philosophes, mais aussi des jeunes filles encore vierges.

Sa fête, au 25 novembre, fut omise lors de la réforme du calendrier en 1970, mais réapparut une vingtaine d’années plus tard.

Quelle est donc cette sainte Catherine d’Alexandrie qui apparut à sainte Jehanne d’Arc ?

 

 

Botros d’Alexandrie

† 311

 

Botros (Pierre) naquit grâce à la bénédiction que le patriarche Theonas (v. 28 déc.) donna à sa mère, jusque-là stérile. Le même Theonas baptisa l’enfant et l’ordonna prêtre à seize ans.

Lors de la dispute avec Sabellius, Botros lui porta la contradiction ; non seulement il le réduisit au silence, mais la main de Dieu s’abattit sur Sabellius, qui tomba raide mort.

Botros fut désigné par Theonas pour gouverner l’Eglise d’Alexandrie (Egypte) en 300. Il en était le dix-septième pasteur.

Il allait diriger cette grande communauté pendant douze ans : trois ans avant la persécution de Dioclétien, neuf ans ensuite.

Eusèbe de Césarée dit qu’il pourvoyait sans se cacher, au bien général des Eglises. Et aussi qu’il était un de ces docteurs divins de la piété chrétienne.

Si Arius fut le grand ennemi de la Foi unique au quatrième siècle, Botros eut à combattre d’abord contre un autre évêque d’Egypte, Meletius, évêque de Lycopolis, qui profita de la prison de Botros pour s’immiscer dans l’Eglise d’Alexandrie et y imposer ses vues. Botros dut faire convoquer un synode pour examiner cette situation, mais Meletius demeura sur ses positions et s’installa dans le schisme.

Arrêté à son tour, Mélèce se retrouvait avec Botros ; même dans la prison, le schisme perdurait.

Au début de 311, les prisonniers furent libérés, mais la persécution reprit très vite avec Maximin Daia.

Ainsi, sans nul motif, (Botros fut) appréhendé contre toute attente ; subitement, sans jugement, comme sur ordre de Maximin, il (fut) décapité. Avec lui, plusieurs évêques d’Egypte subirent même traitement.

Ces autres évêques furent : Phileas, Hesychius, Pachomius, Theodorus. Le Martyrologe ajoute qu’il y eut beaucoup d’autres Martyrs. Parmi ceux-ci, ont été mentionnés Faustos, Dias et Ammon (v. 8 septembre).

C’était le 25 novembre 311. Botros fut le dernier des Martyrs et c’est pour cela qu’en Orient on l’a surnommé le sceau des Martyrs.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Botros d’Alexandrie au 25 novembre.

 

 

Marculus de Numidie

† 347

 

La notice du Martyrologe dit ceci :

En Numidie, l’évêque saint Marculus. On rapporte que, au temps de l’empereur Constant, il fut précipité du haut d’un rocher par un certain Macarius et mourut en martyr.

Cet épisode s’inscrit dans le cadre de la longue diatribe du donatisme. Cette «doctrine» dérivait du nom de Donatus, évêque de Cellæ Nigræ (Numidie, auj. Baghaï, Algérie), mais remontait aux premières persécutions de Dioclétien en 303.

A cette occasion, des prêtres et des évêques avaient cédé à la pression subie par les autorités civiles, en livrant (tradere) des objets et des livres du culte chrétien. On les appela les traditores (le mot a donné le français traître).

Selon certains rigoristes - et Donatus prit leur tête à partir de 312 - les sacrements conférés par des traditores n’étaient pas valides. L’Eglise romaine, cependant, affirma que, dans tout sacrement, c’est le Christ qui agit, indépendamment de la dignité du ministre qui l’exerce.

Les donatistes refusaient de se plier. L’empereur Constantin fut sollicité d’intervenir, deux conciles se prononcèrent contre le courant donatiste (Rome en 313, Arles en 314).

Ces débats dégénérèrent en véritables bagarres en Afrique. Et comme il arrive dans les cas de rébellion, se joignirent aux donatistes d’autres éléments agitateurs. La situation prenait l’allure d’une guerre civile à peine voilée. Même entre les donatistes, s’éleva la division.

L’empereur Constant voulut pacifier cette rébellion. Il fit envoyer des subsides aux communautés. Donatus refusa. C’est ainsi qu’on arrive à notre évêque Marculus.

Ce dernier appartenait au courant donatiste. On ne sait par qui ni pour quoi il fut mis en prison, ni combien de temps, ni qui prit la décision de le faire précipiter du haut d’un rocher (347). On a attribué ce geste à un certain Macarius.

Devant tant de questions, on ne comprend pas pourquoi Marculus a été maintenant inséré dans le Martyrologe.

Le donatisme persévéra jusqu’au concile de Carthage (411), qui le condamna fermement.

La cause de Marculus restait imprécise. Selon s.Augustin, l’évêque d’Hippone (v. 28 août), Marculus se serait lui-même suicidé.

Le Martyrologe Romain mentionne saint (?) Marculus de Numidie au 25 novembre.

 

 

Maurinus d’Agen

6e siècle

 

L’histoire et la passion de Maurinus en laissent perplexes plus d’un.

Après dix-huit années de mariage, Euticius et Alabanna mirent au monde Maurinus.

Euticius était préfet d’Agen au nom d’un roi de Lectoure nommé Valduanus, que les historiens ne connaissent pas. Ce même Euticius était chrétien, mais en secret.

A douze ans, Maurinus se rendit auprès de Germain de Capoue (v. 30 octobre), qui le baptisa puis l’ordonna diacre. Maurinus resta sept ans auprès de Germain.

Ce dernier cependant, eut une vision qui lui conseillait de renvoyer Maurinus dans son pays d’origine.

A peine arrivé, Maurinus délivra un possédé, ce qui le rendit célèbre. Euticius son père était fort content de revoir son fils, mais au même moment, le roi Valduanus se mit à persécuter les Chrétiens. Alors commence la véritable passion de Maurinus

Il fut d’abord arrêté, tandis que son père fut décapité avec soixante-dix-huit compagnons.

Dans son cachot, Maurinus ressuscita trois jeunes gens qui avaient été foudroyés ; Valduanus, furieux et sans doute diaboliquement jaloux, le fit flageller jusqu’à mettre ses os à nu, puis le renvoya en prison.

La nuit, un ange vint libérer Maurinus et neuf autres chrétiens. Au matin, les gardiens se convertirent en retrouvant Maurinus et ses compagnons sur une montagne voisine. Le roi fit décapiter ces neuf compagnons et flageller de nouveau Maurinus, mais les fouets frappèrent les bourreaux. Jeté dans une fournaise, Maurinus en ressortit indemne. Un bourreau ayant reçu l’ordre de le décapiter, restait terrorisé, de sorte que Valduanus frappa lui-même Maurinus, lui détachant la tête et l’épaule.

Maurinus ramassa sa tête et alla la déposer à une quarantaine de kilomètres de là, à une fontaine où une lépreuse guérit.

Beaucoup de conversions eurent lieu alors, et une basilique s’éleva sur le tombeau de Maurinus.

Il y eut plus tard un monastère Saint-Maurin entre Agen et Moissac.

Saint Maurinus d’Agen est commémoré le 25 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Béatrice d’Ornacieux

1260-1303

 

Née à Ornacieux (Isère) vers 1260, Béatrice (Beatrix) entra toute jeune à la Chartreuse de Parménie en 1273. 

On l'envoya ensuite fonder un monastère à Eymeu (Drôme). Elle vécut avec ses consœurs dans la plus grande pauvreté.

Elle mourut dans le dénuement le 25 novembre sans doute en 1303. 

Une moniale chartreuse contemporaine de la Bienheureuse, Marguerite d'Oingt a écrit sa biographie où elle atteste son ardent amour pour Jésus crucifié. Cette vie est écrite dans le savoureux dialecte franco-provençal, sous le titre Li Vita seiti Biatrix, virgina de Ornaciu.

Béatrice fut reconnue bienheureuse en 1869.

Elle est inscrite dans le Martyrologe au 25 novembre, et localement fêtée le 13 février.

 

 

Elisabeth Achler

1386-1420

 

Née le 25 novembre 1386 à Waldsee (Allemagne S), Elisabeth était la fille de Hans et Anna, des tisserands ; elle eut deux frères.

 Elle vécut chez elle et aida ses parents dans leur artisanat.

A quatorze ans, elle devint Tertiaire franciscaine, guidée par son confesseur Conrad Kügelin, chanoine de Saint-Augustin.

Après quelque temps de vie partagée avec une autre béguine à Waldsee, elle fit partie d’une équipe de cinq jeunes femmes qui s’établirent à Reute dans une nouvelle fondation, sous l’impulsion de Jakob von Metsch. Cette maison devint  en 1406 un véritable couvent, qui adopta la règle du Tiers-Ordre franciscain.

Elisabeth y assuma la cuisine, recevait les pauvres et vécut fort pénitente, quasi recluse. Elle fut surnommée «la Bonne» : Gute Beth.

Elle était comme obsédée par la Passion du Christ, et son corps en porta les stigmates. Son confesseur rédigea une Vita, dans laquelle il relate les visions, les extases dont fut favorisée Elisabeth. Il raconte aussi comment elle vécut trois années sans manger et que donc elle n’avait rien à évacuer, comme y fait allusion le Christ dans l’évangile (cf. Mt 15:17) ; mais le Démon vint déposer dans la chambre des déchets humains, à l’odeur repoussante, mélangée à une odeur de soufre, pour faire croire qu’en réalité Elisabeth mangeait en secret.

Elle mourut le 25 novembre 1420 à Reute, le jour de son trente-quatrième anniversaire, et son culte fut reconnu en 1766.

 

 

 

Yi Ho-yŏng Petrus

(Yi Ho-yeong Peteuro)

1803-1838

 

Petrus était né en 1803 à Ich’ŏn (Gyŏnggi-do, Corée S).

Après la mort de son père, il vint vivre à Seoul, avec sa sœur aînée Agatha et leur mère, et vivaient dans une extrême pauvreté, car la mère avait été dépouillée de tous ses biens.

Petrus aida beaucoup le prêtre chinois Yu, ce qui lui valut d’être nommé catéchiste.

Il eut un rêve : il passait une sorte d’examen, il entendait une musique merveilleuse et quelqu’un lui disait que «l’assistant du Roi» l’aimait beaucoup. Il comprit que son saint Patron, saint Pierre, l’invitait à se préparer au martyre.

En février 1835, sur le chemin de sa maison, il fut arrêté par un groupe d’hommes qui l’attendaient.

Il resta près de quatre années en prison, où on lui fit souffrir toutes sortes de tortures. Sa sœur Agatha aussi fut arrêtée ; ils se soutinrent l’un l’autre en prison.

On a de Petrus une lettre où il décrivit ses interrogatoires et les tortures qu’il subit.

On lui demanda pourquoi il professait une religion qui interdisait le respect envers les parents et que le gouvernement avait interdite. Réponse :

C’est faux. Tout homme qui se dit catholique doit le respect au roi et à ses parents ; il aime aussi les autres hommes.

Autre question : Pourquoi n’offres-tu pas de sacrifices aux défunts ? Tu ne vaux pas même une bête et tu mérites la mort. Réponse :

Il est ridicule d’offrir à manger à quelqu’un qui est mort. Celui qui peut donner sa vie pour le roi n’est pas un traître. Dieu est le Roi des rois, créateur du ciel et de la terre, des hommes, des anges, de toutes les créatures de l’univers… Comment osez-vous condamner quelqu’un qui préfèrerait mourir que de renier le Père de toute la race humaine ?

Le juge le battit jusqu’à ce que ses jambes fussent disloquées, lui demandant encore une fois de renier Dieu. Réponse : Je ne pourrai jamais renier Dieu.

Le juge le fit battre à nouveau, sur le ventre et sur les jambes, et lui dit : Si seulement tu cries de douleur, je dirai que tu as renié. Pierre ne répliqua pas un mot.

Lui et sa sœur Agatha désiraient subir ensemble le martyre. Mais Dieu ne l’exauça pas sur ce point. Il tomba malade en prison, à la suite des si douloureuses tortures qu’il avait subies, et affirma qu’il se soumettait avec joie à la volonté de Dieu, si Dieu préférait qu’il mourût en prison.

Durant ces quatre années de prison, de tortures inimaginables, d’interrogatoires, Petrus ne céda pas un instant. Sa constance, mais aussi sa gentillesse et sa simplicité, édifièrent beaucoup les gardiens, ainsi que ses compagnons de prison.

Il s’éteignit dans sa prison, le 25 novembre 1838, à l’âge de trente-cinq ans.

Sa sœur Yi So-sa Agatha fut martyrisée le 24 mai suivant.

Petrus est le premier martyr de la persécution qui frappa cette année-là la jeune et courageuse communauté chrétienne coréenne, déjà constituée avant-même l’arrivée des premiers missionnaires envoyés par les Missions Etrangères de Paris. On a pu estimer à huit-mille les victimes de ces persécutions successives.

Le dies natalis de Petrus est au 25 novembre, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens a été placée au 20 septembre.

Petrus et Agatha furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Santiago Meseguer Burillo

1885-1936

 

Né le 1er mai 1885 à Híjar (Teruel), Santiago (ou Jaime, Jacques) reçut le nom du Saint qu’on fêtait ce jour-là à cette époque, Jacques (le mineur).

Il fréquenta l’école à Híjar, et étudia aussi le latin.

Entré au couvent dominicain de Corias (Asturies), il étudia ensuite la théologie à Salamanque, où il fut ordonné prêtre en 1905.

Il participa à la rédaction de la revue thomiste La Ciencia, à Madrid et au collège de Vergara.

Ensuite, il fut envoyé aux couvents de Barcelone, Solsona, Valencia, surtout comme professeur. En 1934, il fut promu Maître en Théologie.

Au moment de la révolution de 1936, il se trouvait en déplacement momentané à Barcelone, où il se réfugia chez des amis, durant environ quatre mois.

Lui et l’autre père dominicain Jacinto Serrano López, furent arrêtés et jetés en prison avec d’autres, à la prison de El Clot, où ils furent assassinés. Le père Jacinto fut assassiné le 25 novembre, et l’on suppose que le père Santiago le fut également le même jour.

Le père Santiago Meseguer fut béatifié en 2001.

 

 

Jacinto Serrano López

1901-1936

 

Né le 10 juillet 1901 à Urrea de Gaén (Teruel), Jacinto fut orphelin de mère presque à sa naissance, et de père à six ans.

Il entra à l’école des Dominicains de Solsona en 1913.

Entré au noviciat, il fera les premiers vœux en 1917, la profession solennelle en 1920 et fut ordonné prêtre en 1924.

Il fut envoyé pour enseigner aux couvents de Calanda et de Valencia, tandis qu’il prépare (et obtient) la licence de Physique et Chimie à l’université.

Son activité fut multiple : outre les prédications et les conférences, il dirigeait la revue Rosas y Espinas (Roses et Epines), collaborait à le Revue Contemporaine, dirigeait l’Association de la Bienheureuse Imelda, où il développa une excellente catéchèse pour les enfants pauvres, dont s’occupaient de bonnes demoiselles (La bienheureuse Imelda est une dominicaine du 14e siècle, très liée à l’Eucharistie, fêtée le 12 mai).

Au moment de la révolution de 1936, le père Jacinto fut élu Vicaire provincial et, en tant que tel, organisa l’évacuation en France de ses Confrères. Lui-même resta à Barcelone, soucieux de la situation de ceux qui restaient encore.

Vers la mi-novembre, il fut arrêté par des connaissances qui venaient justement de son village, Urrea, et qui le reconnurent.

Enfermé quelques jours au château de Montjuic, il fut transféré à La Puebla de Híjar, soumis à interrogatoires et conduit devant un peloton d’exécution.

Avant de mourir, il cria bien fort : Vive le Christ Roi !

Le père Jacinto fut assassiné le 25 novembre, et l’on suppose que le père Santiago Meseguer le fut également le même jour.

Le père Jacinto Serrano López fut béatifié en 2001.

Partager cet article

Repost0
24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 00:00

 

24 NOVEMBRE

III.

S Chrysogone, martyr à Aquilée, mentionné au Canon romain.

?

S Crescentien, martyr à Rome.

IV.

Ste Firmina, martyre à Amelia.

S Protasius, évêque à Milan, ami et défenseur de s. Athanase.

S Carion, moine à Scété où il se retira en laissant ses deux enfants à sa femme ; son fils le rejoignit et dépassa son père en mérites d'humilité et de silence.

S Romanus, prêtre à Blaye ; qui était en danger de naufrage n'avait rien à craindre tant qu'il apercevait la basilique ; celle-ci est désormais en ruines.

VI.

S Kenan, évêque à Dulcek ; son corps est resté sans corruption dans la tombe.

S Protais, reclus en Auvergne.

S Pourçain, abbé à Mirandense ; il brisa d'un signe de croix une coupe empoisonnée. 

VII.

S Colman, premier évêque à Cloyne ; il fut barde païen puis baptisé par s. Brendan.

S Bieuzy, ermite en Bretagne, disciple de s. Gildas.

Ste Eanflède, reine en Angleterre, fille de s. Edwin et de ste Ethelburge, mère de ste Elflède ; très attachée à Rome, elle tenait cependant à la date locale de Pâques. 

VIII.

S Marin, très fêté à Cornot et dans le Jura, mais inconnu.

IX.

Stes Flora et María, martyres à Cordoue ; Flora fut scalpée à coups de fouet.

XII.

B Albert de Louvain, évêque à Liège ; contesté, il dut être sacré à Reims, où il fut martyrisé deux mois plus tard.

XIII.

B Balsamus, abbé à La Cava.

XIX.

SS Pierre-Rose-Ursule Dumoulin Borie, évêque, Vinh Sơn Nguyễn Thế Diểm et Phêrô Võ Ɖǎng Khoa, prêtres vietnamiens ; le premier, un géant de 1m85, condamné à la décapitation, dut recevoir sept coups, d'un bourreau ivrogne ; les deux autres furent étranglés ; ces martyrs, avec de nombreux autres Compagnons ont été canonisés en 1988 et sont fêtés ensemble en ce jour, quoique nommés individuellement tout au long de l’année à leurs respectifs dies natalis.

Bse Maria-Anna Sala, éducatrice italienne, des Sœurs Marcellines, atteinte d'un cancer à la gorge, béatifiée en 1980. 

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 2001 :

Carmélites de la Charité : près de Valencia, Paula Isla Alonso (P. de Sainte Anastasie), Niceta Plaja Xifra (N. de Saint Prudence), Antonia Gosens Sáez de Ibarra (A. de Saint Timothée), Daría Campillo Paniagua (D. de Sainte Sophie), María Concepción Odriozola Zabalía (M.C. de Saint Ignace), Erundina Colino Vega (E. de N.Dame du Mont Carmel), María Consuelo Cuñado González (M.C. du Saint-Sacrement), Feliciana de Uribe Orbe (F. de N.Dame du Mont Carmel), Concepción Rodríguez Fernández (C. de Sainte Madeleine), Clara Ezcurra Urrutia (Cl. de Notre Dame de l'Espérance), Justa Maiza Goicoechea (J. de l'Immaculée), Cándida Cayuso González (C. de Notre Dame des Anges) (*1863, 1863, 1870, 1873, 1883, 1882, 1884, 1893, 1895, 1896, 1897, 1901) ;

- béatifié en 2007 :

Dominicains : près de Madrid, le prêtre Félix Alonso Muñiz (*1896).

Chrysogone

3e-4e siècles

 

Ce Martyr très illustre est pourvu d’une Passio à laquelle les historiens ne reconnaissent pas une très grande valeur.

Des différents témoignages qu’on possède, on peut légitimement déduire que saint Chrysogone fut réellement martyr à Aquilea (Nord-Est de l’Italie), et même peut-être l’identifier avec le troisième évêque de cette ville.

Une église Saint-Chrysogone existe à Rome dès le 4e siècle. On avance que cette église avait été construite sur une propriété d’un certain Chrysogone et qu’on y adjoignit ensuite le titre de «saint Chrysogone» en l’honneur du Martyr.

Dans cette hypothèse, Chrysogone aurait été romain, responsable de beaucoup de conversions, et finalement fait décapiter et jeter à la mer par l’empereur Dioclétien, qui se l’était fait amener à Aquilée, où il résidait alors. Ceci expliquerait que saint Chrysogone fut honoré autant à Rome qu’à Aquilée.

Il reste que saint Chrysogone fut célèbre, au point d’être mentionné dans la prière du Communicantes du Canon romain de la Messe. Les Grecs l’appellent Megalomartyr.

La date de sa fête, au 24 novembre dans le Martyrologe, peut remonter au jour de la dédicace de l’église romaine.

 

 

Firmina d’Amelia

† 303

 

Firmina aurait été une vierge martyrisée à Amelia (Ombrie, Italie C), pour avoir refusé les avances d’un consul.

On lui fit subir diverses tortures, on la suspendit en l’air et on alluma sous elle des torches ardentes, qui devaient l’asphyxier et la brûler.

Les reliques en auraient été découvertes au neuvième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Firmina d’Amelia au 24 novembre.

 

 

Protasius de Milan

† 343

 

Protasius fut le huitième évêque de Milan, le neuvième si l’on tient compte de l’énigmatique s.Barnabé (v. 11 juin). Son épiscopat commença vers 328.

Il tint sa place dans l’atmosphère empoisonnée de l’arianisme. Il fut un de ceux qui entouraient s.Athanase (v. 2 mai) devant l’empereur Constant (342), et il était présent au concile de Sardique (343). Il est douteux qu’il fût présent aux conciles de Milan de 345 et 347.

Un catalogus lui accorde vingt-cinq années d’épiscopat, induisant ainsi à 353 la fin de sa vie : ce document est sans doute mal informé : si Protasius était encore évêque en 353, il faudrait effacer de la liste ses deux successeurs. Il mourut donc vers 343, après quinze années d’épiscopat.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Protasius de Milan au 24 novembre.

 

 

Romanus de Blaye

† 385

 

Ce Romain était peut-être d’origine africaine ou provençale.

Devenu moine (on ne nous dit pas où), il vint par Narbonne et Toulouse à Bordeaux et s’installa à Blaye. Il n’est pas clair si Romanus fut moine avant son voyage (il aurait pu venir de Lérins, par exemple) ou s’il appartint à la communauté de Tours, près de s.Martin.

Toujours est-il que s.Martin vint l’ordonner prêtre à Blaye (Gironde) en lui confiant l’évangélisation de la région.

Romanus dut faire beaucoup de miracles et être très célèbre, et plusieurs localités d’Aquitaine portent son nom.

Vers 385, Romanus mourut et ses obsèques furent présidées par le même s.Martin.

Sur son tombeau fut érigée une basilique et un monastère. S.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) assure que, tant que de la mer les matelots apercevaient la basilique, ils n’ont rien à craindre. Cette basilique est désormais en ruine ; la nouvelle église, du dix-septième siècle, s’appelle aussi Saint-Romain.

A Blaye furent enterrés au septième siècle le roi d’Aquitaine Caribert et son fils, assassinés en 631, ainsi que les héros de la Chanson de Roland : Roland, Olivier, Turpin, au siècle suivant.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Romanus de Blaye au 24 novembre.

 

 

Pourçain, abbé en Auvergne

† 532

 

Portianus - Pourçain, était l’esclave d’un païen assez dur, dans le Massif Central. Il gardait probablement les porcs, d’où son nom.

Plusieurs fois il chercha à s’enfuir, trouvant refuge auprès du monastère proche.

Au bout de plusieurs de ces épisodes, Pourçain supplia l’abbé de convaincre son patron de ne plus le malmener comme avant. Ayant promis, le patron voulut prendre le chemin du retour avec son esclave, mais il devint aveugle et ses yeux le torturaient. Il supplia l’abbé, qui ordonna à Pourçain d’imposer ses mains sur les yeux malades ; Pourçain, humblement, n’osait, mais finalement le fit, et son patron fut totalement guéri.

Successivement, Pourçain put entrer dans ce monastère et sa sainteté le fit choisir pour succéder à l’abbé (481).

Il s’imposa des mortifications sans doute excessives. A force de jeûnes, il n’avait plus de salive et, pour humecter ses gencives en été, il y appliquait du sel.

En 532, déjà fort âgé, il alla trouver le roi Théodoric dont les soldats avaient envahi l’Auvergne et ravageaient tout sur leur passage, emmenant avec eux beaucoup de prisonniers. Une fois dans le camp du roi, Pourçain fut accosté par l’officier du roi qui lui offrit une coupe de vin : Pourçain bénit cette coupe, qui se rompit, laissant le vin couler par terre tandis qu’un vilain serpent s’en éloignait. La coupe était empoisonnée ! Toute l’armée alors vint vénérer le saint vieillard et le roi libéra tous les captifs qu’il avait pris.

Ce n’était pas la seule attaque du Démon. Une nuit, il fit apparaître des flammes dans la cellule de l’abbé, qui les fit disparaître d’un signe de croix.

Pourçain mourut à un âge très avancé, mais à une date inconnue ; en tout cas après 532.

Le petit monastère qu’il dirigea, s’appelait Mirandense ; on sait seulement qu’il prit par la suite le nom de Saint-Pourçain.

Saint Pourçain est commémoré le 24 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Colman de Cloyne

† 600

 

Des Colman, il y en a beaucoup. On a déjà rencontré Colman d’Ecosse, Colman de Dromore, et Colman mac Duagh (v. 6 juin, 7 juin et 29 octobre).

Celui d’aujourd’hui aurait été un barde païen, avant de recevoir le baptême des mains de s.Brendan (v. 16 mai).

Il aurait évangélisé les régions de Limerick et de Cork.

On peut supposer qu’il fut abbé d’un centre monastique à Cloyne, où il n’y avait pas encore d’évêque à cette époque. Colman dut y exercer l’autorité épiscopale et reste vénéré comme le premier évêque de Cloyne. En réalité, le premier évêque «officiel» de Cloyne est signalé au 12e siècle, et s’appelait : Gilla na Náem Ua Muirchertaig (ou Néhémias).

Saint Colman de Cloyne est commémoré le 24 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Flora et María

† 851

 

Le prêtre Eulogio vivait à Cordoue et fut ensuite élu évêque de Tolède. Il mourut lui-même martyr en 859 (v. 11 mars). C’est à lui qu’on doit la relation sur la vie et la mort de Flora et María.

Euloge était l’animateur de la résistance chrétienne contre l’Islam à Cordoue, quand il vit Flora pour la première fois. Il raconte qu’elle était née vers 845, d’un loup et d’une brebis : son père païen vivait à Séville où il mourut bientôt ; sa mère était chrétienne et de famille noble ; ils avaient un fils, et deux filles qui furent baptisées.

Petite, elle donnait aux pauvres la portion qu’on lui servait, et furtivement accomplissait le bienheureux jeûne. Il fallait l’obliger à manger, et elle n’y consentait que le soir.

En grandissant, Flora trouvait honteux d’avoir un christianisme tout caché. Son frère, musulman et fanatique, la gênait fort. Elle s’enfuit un jour chez des chrétiens. Le frère prit des clercs comme otages et les fit incarcérer. Flora revint à la maison pour ne pas faire souffrir les autres pour elle. Son frère essaya de la séduire, puis la mena au juge.

C’est là qu’on la torture en la maintenant par les deux bras tandis qu’on lui fouaille la tête jusqu’à la rendre chauve. Presque évanouie, elle est rendue à son frère, pour qu’il la soigne, l’instruise ou la ramène si elle ne se convertit pas. Dès qu’elle se sent guérie, Flora “fait le mur”, est recueillie chez un chrétien et se cache pendant six ans.

C’est pendant ce temps qu’elle rencontre une autre petite chrétienne, María, de famille chrétienne et dont le frère était diacre.

Ensemble elles vont réaffirmer leur foi au juge. Le cadi les renvoie dans un cachot malpropre, parmi les femmes de mauvaise vie. Elles jeûnent et prient. Euloge vient les réconforter. Après un troisième avertissement du cadi, elles sont conduites au tribunal où on les interroge. Elles résistent jusqu’au bout.

Enfin, elles sont décapitées : on laisse leurs corps aux chiens et aux oiseaux, puis on les jette au fleuve. On ne retrouvera pas le corps de Flora. Les chefs des deux martyres sont conservés dans la basilique de Saint-Aciscle. Euloge assure que c’est grâce à leur prière qu’il fut libéré quelques jours plus tard et il fit parvenir à la sœur de Flora la ceinture qu’elle portait en prison.

Le martyre de Flora et María eut lieu vers quinze heures de l’après-midi le 24 novembre 851, et c’est en ce jour qu’on célèbre leur fête.

Albert de Louvain

1166-1192

 

Albert était né vers 1166 à Louvain (Brabant, Flandre, Belgique), second fils de Godefroid III et de Marguerite de Limbourg.

Il n’avait que douze ans (1178), lorsqu’on le pourvut d’un canonicat à la cathédrale de Liège. A cette époque, une telle place était un avancement, sans aucune obligation cléricale.

En 1187, Albert renonça à son titre et demanda à Baudouin V de Hainaut de l’adouber chevalier, peut-être pour partir en croisade. Mais le nouveau chevalier resta sur place.

Revenant donc sur sa décision, il récupéra son canonicat l’année suivante. Cette même année 1188, on le vit archidiacre du Brabant.

En 1191 (il avait vingt-cinq ans), il fut proposé pour le siège épiscopal de Liège, alors qu’il n’était que sous-diacre. Contesté par un rival du parti impérial, Albert alla à Rome demander au pape son approbation. Le pape trancha en faveur d’Albert : il fallait l’ordonner prêtre et évêque et il déléguait à l’archevêque de Reims le pouvoir de procéder à ces ordinations. Albert fut ordonné prêtre puis sacré évêque les 19 et 20 septembre 1192, à Reims.

Entre temps, l’empereur avait installé sur le siège de Liège son propre candidat, Lothaire. Quand l’empereur apprit la nomination officielle d’Albert, il fit détruire à Liège les maisons des partisans d’Albert. Le nouvel évêque ne put jamais entrer dans sa ville. Il resta à Reims.

C’est là qu’il monta rapidement les degrés de la sainteté. Il ne se révolta pas et n’admettait pas qu’on insultât son rival de Lothaire. Même un de ses adversaires reconnaissait qu’il était pieux et libéral.

Le propre frère de Lothaire organisa sa vengeance. Il envoya à Albert des hommes armés, qui se présentèrent comme des exilés. Au cours d’une promenade à cheval, ils frappèrent à mort le jeune évêque en lui brisant la tempe et le crâne, l’achevant de treize blessures.

Les hommes vinrent rendre compte de leur forfait à l’empereur, qui les accueillit avec satisfaction. Lothaire fut excommunié, quoiqu’il n’eût peut-être pas commandité directement l’assassinat d’Albert.

Albert avait été évêque deux mois, pendant lesquels il s’était efforcé d’administrer son diocèse par messagers. Il fut considéré comme martyr, non pas de la foi, mais de sa fidélité à l’Eglise de Rome. Il mourut le 24 novembre 1192, son dies natalis au Martyrologe Romain.

Le culte de saint Albert fut confirmé en 1613.

On voulut ramener son corps de Reims à Louvain, mais il y eut une erreur. En 1918, après la Grande Guerre, on retrouva à Reims son cercueil intact, qui fut restitué à la Belgique en 1921. Une autopsie révéla que ce corps appartenait à un personnage de la trentaine (Albert mourut à vingt-six ans, ou guère plus), d’environ 1m80.

 

 

Balsamus de La Cava

? - 1232

 

Balsamus illustra son époque par sa douceur, sa sagesse et sa science.

On sait qu’il fut le dixième abbé du monastère bénédictin de La Cava (Naples, Italie SO), charge qu’il recouvra pendant vingt-quatre ans, de 1208 à 1232.

Même Frédéric II l’avait en estime, au point de le nommer justicier pour son territoire : au besoin, Balsamus aurait donc eu pouvoir de vie et de mort, mais n’en fit pas usage. Grâce aussi à la protection impériale, le monastère fut protégé des incursions (tandis que le Mont Cassin fut fortement endomamgé). 

Il profita plutôt de son crédit pour récupérer des biens ou des territoires injustement ravis au monastère.

L’abbaye put recevoir des hérétiques qui devaient y purger leur peine dans le silence et, si possible, dans la prière.

Cette abbaye connut une prospérité réelle ; elle possédait des ports, et le commerce lui apportait des bénéfices non négligeables.

Balsamus développa la bibliothèque. 

Il fut en bons rapports avec la noblesse et les donations affluèrent.

Le bienheureux Balsamus mourut le 24 novembre 1232 et son culte fut confirmé en 1928.

 

 

 

Vinh Sơn Nguyễn Thế Ɖiểm

1761-1838

 

Vinh Sơn (Vincent) était né en 1761 dans le village de An Dô (Quảng Trị), troisième des sept fils de Phaolô Vu Đình Tân et Maria Nguyễn Thị Hoan.

Il fréquenta le séminaire de Kẻ Vĩnh (Nam Định) et reçut le sacerdoce.

Il exerça avec enthousiasme le saint ministère, s’occupant de former des catéchistes, de soulager les pauvres, avec beaucoup d’heureux résultats.

Dévôt de saint Joseph et de la Vierge Marie, il jeûnait le mercredi et le samedi.

Lors de la persécution, le père Vinh Sơn continua d’affronter le danger pour visiter et conforter les paroissiens. Il semble que sa cachette ait été révélée par d’autres détenus qui ne résistèrent pas aux tortures.

En prison il se trouva avec Mgr Dumoulin Borie et le prêtre Phêrô Võ Đăng Khoa, qui, avec lui, priaient chaque jour le chapelet et chantaient l’antienne mariale Ave maris Stella.

Etant âgé, le père Vinh Sơn fut légalement dispensé des tortures.

Le 24 novembre 1838, le père Vinh Sơn fut conduit au lieu de son supplice, à Đồng Hới. Il se mit à genoux pour prier puis les deux bourreaux tirèrent chacun de leur côté les extrémités de la corde qui étrangla le prêtre, tandis que Mgr Dumoulin Borie fut décapité.

Le père Vinh Sơn fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988. Son dies natalis est au 24 novembre.

Rappelons aussi que ce même jour, la liturgie romaine commémore tous les Martyrs du Vietnam.

 

 

Phêrô Võ Đăng Khoa

1790-1838

 

Phêrô (Pierre) était né en 1790 dans le village de Shunyi (Quỳnh Lưu, Nghệ An), troisième des sept fils de Phaolô Vu Đình Tân et Maria Nguyễn Thị Hoan.

Enfant précoce et pieux, il étudiait avec grande intelligence dès huit ans, de sorte que son père l’envoya au séminaire de Vĩnh Trị (Nam Định), où enseignait le père Jeantet.

Pierre fut ordonné prêtre en 1820.

Pendant neuf ans, il exerça avec enthousiasme le saint ministère, aux côtés d’un autre prêtre vietnamien, Luca Loan Đăng Vĩnh Phước, avec beaucoup d’heureux résultats.

Lors de la persécution, le père Phêrô continua d’affronter le danger pour visiter et conforter les paroissiens.  Devant changer constamment de domicile, il rappelait volontiers cette phrase du Christ : Les renards ont des tanières, les oiseaux ont des nids, mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête (Mt 8:20).

On le découvrit cependant dans la nuit du 2 juillet 1838 et il fut amené, ligoté, à Đồng Hới (Quảng Bình) le 7 octobre suivant. On l’interrogea à plusieurs reprises, pour lui extorquer des révélations sur les cachettes d’autres prêtres ; il reçut jusqu’à soixante-seize coups de fouet.

En prison il se trouva avec Mgr Dumoulin Borie et le prêtre Vinh Son Nguyễn Thẽ Ɖiêm, qui, avec lui, priaient chaque jour le chapelet et chantaient l’antienne mariale Ave maris Stella.

Le 24 novembre 1838, le père Phêrô fut conduit au lieu de son supplice, à Đồng Hới. Il se mit à genoux pour prier puis les deux bourreaux tirèrent chacun de leur côté les extrémités de la corde qui étrangla le prêtre.

Phêrô Võ Đăng Khoa fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988. Son dies natalis est au 24 novembre.

Rappelons aussi que ce même jour, la liturgie romaine commémore tous les Martyrs du Vietnam.

 

 

Pierre Dumoulin Borie

1808-1838

 

Pierre-Rose-Ursule naquit le 20 février 1808 au moulin (d’où son surnom) de Cors, près Beynat (Corrèze), de Guillaume-Pradel Borie et Rose Labrunie, qui avaient déjà cinq enfants.

On peut dire que la courte vie de Pierre fut jalonnée de coups forts.

A trois ans, une maladresse fit qu’il eut le bras droit ébouillanté. Quand on retira la manche, l’épiderme partait avec, et l’enfant, sans crier, dit simplement : Vous me faites mal !

Adolescent, il se jette dans la Dordogne pour sauver un enfant qui se noie, et manque d’y rester lui-même.

Il vola un jour quelques fruits, et on le conduisit les mains liées derrière le dos pour aller faire amende honorable. Un autre jour, tout en larmes, il avoua aussi à sa mère qu’il lui avait volé deux sous.

Il commença à étudier chez son oncle prêtre, fréquenta le collège. Un jour, ses camarades le fouettèrent et l’attachèrent à un arbre, mais on ne précise pas quel était ce «jeu», ni pourquoi le garçon, déjà gaillard, se laissa faire, ni qui le découvrit, et quand… 

Les études n’étaient pas vraiment brillantes, en particulier pour le latin ; son oncle eut l’idée de le vexer en enseignant les rudiments du latin à sa petite sœur, bien plus jeune : l’expérience produisit son effet, et l’adolescent ingurgita les déclinaisons avec avidité.

Grandissant, Pierre semblait vouloir courir aux aventures, mais voilà qu’une bonne maladie fit assez souffrir - et réfléchir le jeune homme qui avait maintenant dix-huit ans. Guéri, il voulut servir Dieu tout de bon. Les Missions ? La médecine (pour guérir beaucoup de malades) ? La Trappe ? 

Son père l’orienta vers le grand séminaire du diocèse, et Pierre accepta sans regarder en arrière. Il écrivit même : Je ne me regarde plus comme votre fils ! J’appartiens à l’Eglise, à Dieu seul !

Désormais Pierre est un bon géant d’un mètre quatre-vingt-cinq, bien bâti, vigoureux, un numéro qui ne peut pas passer inaperçu. 

Cette première année au séminaire ne fut pas trop facile, car il fallait apprendre à se plier à un horaire, un règlement, choses nouvelles pour Pierre. Mais il se combattit, et reçut la tonsure à la fin de l’année. La lecture des Annales de la Propagation de la foi firent monter en son cœur le désir de partir en mission. Déjà, durant l’été suivant, ce grand séminariste fraîchement vêtu de sa soutane, s’occupait à parler aux enfants, aux pauvres, aux malades.

Au séminaire, il est chargé de l’infirmerie ; le temps qu’il récupère le soir, il le passe devant le Saint-Sacrement. Pierre s’entraînait à se passer de tout superflu.

L’épreuve ne l’abat pas lors de la mort de son père (1828), il persévère, et confie à sa mère qu’il partira en missions. On imagine les larmes de cette veuve, mais Pierre resta ferme : il quitta de nuit la maison familiale et, une fois à Paris, prit ses mesures pour «disparaître» à peine arriverait sa mère pour le convaincre de revenir à la maison.

Son apostolat commençait dans les rues de Paris : il sut préparer admirablement une bande de gamins à la première Communion.

Il dut supporter une opération à la main, une autre au genou : souffrances «minimes» qui lui en préparaient bien d’autres.

Ordonné diacre en mars 1830, il voulut sortir dans la rue au moment des Journées de juillet, «pour voir». Il s’était déguisé avec un costume de chasse, mais on le prit pour un Suisse de la garde royale ; on cria A mort, mais on s’aperçut vite que ce Limousin n’avait pas l’accent suisse !

Finalement il quitta Paris le 2 novembre 1830, devant recevoir l’ordination sacerdotale à Pondichéry (Inde orientale). Mais une dispense arriva entre temps et cette ordination eut lieu à Bayeux, le 21 novembre, jour de la fête de la Présentation de Marie au Temple. Pierre avait 22 ans.

Le voyage pour les terres de mission fut très long : Pierre débarqua le 15 juillet à Macao, et arriva au Tonkin en mai 1832. Le bateau avait failli être englouti par deux trombes successives, et un typhon avait sérieusement touché la ville de Macao. L’empereur Minh persécutait déjà les chrétiens, ce qui obligeait Pierre à faire un long détour par Saïgon, pouvant difficilement se cacher à cause de sa haute taille, au milieu de gens habituellement si petits.

Le missionnaire, qui s’était mis difficilement au latin, apprit la langue locale en trois mois et pouvait désormais confesser, enseigner, prêcher. Il absorbait indifféremment tout ce que la cuisine lui servait, gagnant ainsi le cœur des indigènes. Toujours riant, toujours audacieux : il n’ambitionnait rien de moins qu’aller faire l’apologie de la religion devant l’empereur ! La prudence le lui déconseilla.

En peu de temps, il a reconstitué deux couvents, remonté deux collèges ; il fait la classe à vingt-cinq enfants. On l’aime, on le respecte, on l’accueille avec enthousiasme, on l’appelle le «grand-père». Son surnom annamite est Cao, illustre, grand.

Son calvaire commence le 31 juillet 1838 à deux heures du matin. Trahi par un chrétien qui avait cédé aux tortures, il était poursuivi par les soldats. Il s’était caché dans une dune de sable, mais se présenta spontanément, d’une façon qui rappelle l’arrestation de Jésus à Gethsémani : Qui cherchez-vous, leur demanda-t-il (cf.Jn 18:4), ce qui les fit reculer un instant.

Etendu à terre, une tuile sous le menton et une autre sous le ventre, son mouchoir dans la bouche, il reçoit trente coups de rotin. Un gémissement aux derniers coups seulement et, pour toute réponse au mandarin qui lui demande comment il se sent : Je suis de chair et d’os comme les autres, et pas exempt de douleur. Mais après comme avant la torture, je suis également content.

Courageux et de bonne humeur malgré la souffrance, il raconta ensuite : Sur le refus de déclarer les endroits où j’ai habité pendant cinq ans, on m’a fait administrer, le 3 août au matin, trente coups de rotin, qui, fortement appliqués, m’ont laissé tout couvert de mon sang, et d’abord incapable de me relever moi-même ; mais un instant après qu’on eut jeté une poignée de sel sur mes plaies et que j’eus éprouvé des douleurs cuisantes, je me sentis aussi bien portant et joyeux qu’avant la cérémonie.

On le garda en prison, sous une cangue de douze kilogrammes, en même temps que deux autres prêtres indigènes, Phêrô Võ Đăng Khoa et Vinh Sơn Nguyễn Thế Ɖiểm. Il y avait aussi d’autres chrétiens avec lui, et il pouvait recevoir des visites. C’est alors qu’il apprit sa nomination à l’épiscopat : il devenait ainsi vicaire apostolique du Tonkin oriental, sa «paroisse» qui n’était pas encore érigée officiellement en diocèse.

On attendait la sentence qui devait frapper «Cao» ; la ratification arriva le 24 novembre 1838 : Mgr Borie devait être décapité, et les deux autres prêtres arrêtés avec lui, étranglés. Le mandarin était à la fois soumis aux ordres, et sensible à la personnalité de Mgr Borie : il fit, selon la loi, préparer une poule en repas aux trois condamnés, regrettant la condamnation à mort de ce jeune évêque (Mgr Borie avait juste trente ans), mais Mgr Borie le remercia pour ses «faveurs» et voulut même s’incliner devant lui en signe de reconnaissance : le mandarin fondit en larmes.

Le supplice fut affreux. On s’était rassemblé près de Dong-hoï ; le soldat qui devait porter le coup fatal avait voulu se «donner des forces» avec un petit verre, mais il était ivre, et sa main tout-à-fait incertaine : un premier coup porta une blessure de l’oreille à la mâchoire, un second souleva le haut de l’épaule sur le cou, un troisième fut meilleur, mais la tête de notre «bon géant» tenait encore. Il fallut sept coups pour achever la vie de ce vaillant Confesseur, encore dut-on en plus séparer le chef du tronc même après la mort constatée. Le mandarin, écœuré et furieux, fit administrer quarante coups de rotin au soldat maladroit.

On ne trouva pas de cercueil assez grand : quand on voulut un an après recueillir le corps du Martyr, on constata que les jambes sortaient du cercueil, mais le corps était bien conservé. La dépouille de Mgr Pierre Borie fut ramenée à Paris en août 1843.

Quelle émotion, quand la maman de Pierre apprit la mort glorieuse de son fils, dont elle s’était séparée à contre-cœur dix ans plus tôt ! Cette maman vécut encore dix années avant de s’éteindre en ce monde en 1858 (l’année des apparitions à Lourdes) et de rejoindre son cher fils dans la joie éternelle.

Mgr Pierre Dumoulin Borie fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988, en même temps qu’une centaine d’autres Martyrs du «Viêt-Nam». Chacun d’eux est commémoré en son dies natalis au Martyrologe, mais une fête commune leur a été assignée, justement le 24 novembre, jour du dies natalis de saint Pierre Borie et de ses deux Compagnons Phêrô Võ Đăng Khoa et Vinh Sơn Nguyễn Thế Ɖiểm.

 

 

Maria Anna Sala

1829-1891

 

Maria Anna Sala naquit à Brivio (Lecce, Italie SE), le 21 avril 1829, cinquième des huit enfants de Giovanni Maria Sala et de Giovannina Comi, parents profondément chrétiens et vivant à l’aise en de bonnes conditions économiques. Monsieur Sala avait sa place dans le commerce du bois et possédait une belle villa au centre du pays. Baptisée le jour-même de la naissance, la petite fille reçut les noms de Maria Anna Elisabetta.

Comme ses nombreux frères et sœurs, Maria Anna reçut au sein de cette grande famille une bonne éducation chrétienne et une solide formation. Très intelligente, elle fut vite remarquée par sa maîtresse, Mademoiselle Alessandrina, à l’école primaire. Elle reçut la Confirmation le 12 septembre 1839, à dix ans, et pour la première fois l’Eucharistie, comme c’était la coutume à cette époque.

Comme elle avait de bonnes dispositions pour l’étude, on la confia aux Sœurs Marcellines de Vimercate, une récente congrégation fondée près de Milan par Mgr Luigi Biraghi, pour l’éducation chrétienne des jeunes filles de cette bourgeoisie qui commençait à se développer alors. En novembre 1846, à dix-sept ans, Maria Anna obtint brillamment son diplôme de l’enseignement pour les écoles primaires.

Elle rentra aussitôt dans son pays et se donna pleinement à l’assistance auprès de sa mère malade, aux soins de ses petits frères et sœurs, mais aussi autant que possible auprès des petits enfants de la paroisse, aux malades et à ceux qui étaient dans le besoin. Bientôt, elle sentit en elle cet appel divin à la consécration totale, au témoignage pour le Christ dans les écoles, et entra chez les Sœurs Marcellines.

Il y eut quelques difficultés, car alors la famille subit quelques revers économiques ; mais Dieu aidant, elle fut accueillie par le Fondateur lui-même. Là elle put s’épanouir et donner libre cours à ses deux aspirations fondamentales : nourrir une intense vie intérieure, et se donner activement à l’apostolat parmi les jeunes filles.

Son noviciat, commencé en 1849, se prolongea au-delà des temps habituels, à cause des vicissitudes politiques que l’Italie traversait alors, de sorte qu’elle ne prononça ses vœux qu’en 1852, au moment où la Congrégation obtenait enfin l’érection canonique, c’est-à-dire la reconnaissance officielle de la part de l’Eglise et du gouvernement (autrichien) d’alors.

Elle enseigna successivement la musique et le français dans les écoles primaires, en diverses écoles, jusqu’à Milan, où elle fut aussi assistante à l’Hôpital militaire, tout en préparant et obtenant brillamment le Diplôme supérieur de l’enseignement. Puis elle fut supérieure adjointe des élèves des grandes classes, envoyée ensuite à Gênes avec la même charge, et eut aussi des responsabilités importantes à Chambéry, où elle enseigna et dirigea des groupes de sœurs et de grandes élèves italiennes qui apprenaient le français.

La volonté du fondateur des Sœurs Marcellines était que les religieuses fussent en constant rapport avec les élèves, jour et nuit, à l’étude et à la récréation, à la prière et au travail, à table et au dortoir. C’était une tâche vraiment harrassante, que notre Maria Anna accomplit avec fidélité, sérénité et profond esprit de responsabilité, pendant plus de quarante années.

Rappelée à la maison-mère, elle fut Assistante Générale, sachant donner d’excellents conseils pour les affaires de la Congrégation. Maîtresse des novices, bibliothécaire, chancelière, économe : partout elle montra sagesse, prudence et exactitude, faisant tout remonter à la gloire de Dieu. Toujours disponible, son “J’arrive de suite” était proverbial.

Un des sacrifices qui lui coûta beaucoup fut son transfert de Gênes à Milan. “J’ai honte de moi-même, disait-elle,  parce que je me croyais prête à tout sacrifice, mais en pratique, la nature se manifeste encore bien vivace”.

Aux fatigues quotidiennes vint s’ajouter une tumeur à la gorge. Douleurs intenses et crises de toux lui imposaient d’interrompre son cours, mais elle se dominait, s’excusait pour le “mauvais exemple” qu’elle donnait, et achevait la leçon imperturbablement.

Elle s’éteignit enfin le 24 novembre 1891, à Milan, en odeur de sainteté. En 1920, on retrouva son corps absolument sans corruption, et elle fut béatifiée en 1980.

Paula Isla Alonso

1863-1936

 

Née le 28 juin 1863 à Villalaín (Burgos, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vitoria en 1887, avec le nom de Paula de Sainte Anastasie.

Après sa profession, elle fut envoyée à La Beneficencia de Alcoy, Cascant, Sabadell, Cardona, Villafraca, Alcoy, Valls, Espluga, Benicásim, enfin à la Maison de la Miséricorde (Valencia), d’habitude comme enseignante, sauf à Valencia où elle s’occupait de la garde-robe. La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

Elle était là la plus ancienne des douze Religieuses.

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, mais Paula préféra personnellement rester avec celles du Pays Basque et de Castille, qui ne pouvaient quitter Valencia.

Paula était une femme de grande piété, silencieuse et travailleuse.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Paula et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Niceta Plaja Xifra (ou Jofra)

1863-1936

 

Née le 31 octobre 1863 à Torrent (Girona, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vic (Barcelone) en 1880, avec le nom de Niceta de Saint Prudence.

Après sa profession (1883), elle fut envoyée à Palafrugell et à Llagostera, puis à la Maison de la Miséricorde (Valencia), en 1886, où elle resta jusqu’en 1936 et dont elle devint la Supérieure.

A cause des événements de 1936, la maison de Valencia dut être abandonnée ; Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, mais elle préféra personnellement rester avec celles du Pays Basque et de Castille, qui ne pouvaient quitter Valencia.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où l’on allait les fusiller.

Niceta demanda à être exécutée la dernière, et au dernier moment, pria : Seigneur, tu me les as confiées et je te les ai rendues, maintenant que tu me les redemandes.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Niceta et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Antonia Gosens Sáez de Ibarra

1870-1936

 

Née le 17 janvier 1870 à Vitoria (Álava, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vic (Barcelone) en 1887, avec le nom de Antonia de Saint Timothée.

Après sa profession, elle fut envoyée à Valencia, puis à Castellón, enfin à la Maison de la Miséricorde (Valencia), entre autre comme sacristine. La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, la famille d’Antonia demanda à la Mère Provinciale (et obtint) que la Supérieure la renvoyât chez les siens, mais Antonia préféra rester avec ses Consœurs. Bientôt la maison de Valencia dut être abandonnée ; Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, mais elle préféra personnellement rester avec celles du Pays Basque et de Castille, qui ne pouvaient quitter Valencia.

Antonia sut faire partager son esprit joyeux à toutes ses Compagnes.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla. 

Antonia et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Daria Campillo Paniagua

1873-1936

 

Née le 8 septembre 1873 à Vitoria (Álava, Espagne), elle fréquenta le collège de Notre-Dame du Carmel de Madrid, tenu par les Carmélites de la Charité. Elle entra au noviciat de Vic (Barcelone) en 1895, avec le nom de Daria de Sainte Sophie.

Après sa profession, elle fut envoyée au collège de Vic, puis à Castellón, enfin à la Maison de la Miséricorde (Valencia), comme infirmière. La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, la maison de Valencia dut être abandonnée ; Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, mais Daria préféra personnellement rester avec celles du Pays Basque et de Castille, qui ne pouvaient quitter Valencia.

Daria fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla. 

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Daria et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Concepción Odriozola Zabalía

1882-1936

 

Née le 8 février 1882 à Azpeitia (Guipúzcoa, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vitoria en 1904, prenant le nom de (María) Concepción de Saint-Ignace.

Après sa profession, elle fut envoyée la Beneficencia de Alcoy, puis à la Maison de la Miséricorde (Valencia), pour s’occuper du repassage, de l’infirmerie, de la sacristie et de l’église ; ella resta dans ces fonctions jusqu’à sa mort.

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Concepción se montra très appliquée dans ses activités, bien organisée, sans rien oublier et surtout sans jamais se montrer «stressée».

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Concepción et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Erundina Colino Vega

1883-1936

 

Née le 23 juillet 1883 à Lagajeros (Zamora, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vitoria en 1915, prenant le nom de Erundina de Notre-Dame du Mont Carmel.

Vu qu’elle avait «déjà» trente-deux ans, il lui fallut une permission spéciale de la Supérieure Générale pour être admise.

Après sa profession, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia). 

Très cultivée, elle avait un grand talent pour s’occuper des personnes qu’on lui confiait. En outre, sa santé délicate lui occasionna des douleurs non insignifiantes, qu’elle supporta avec grande patience. 

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles. Erundina pouvait même partir à l’étranger, mais elle préféra personnellement rester avec les Consœurs, qui ne pouvaient quitter Valencia.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Erundina et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

María Consuelo Cuñado González

1884-1936

 

Née le 2 janvier 1884 à Bilbao (Biscaye, Espagne), elle connut les Carmélites de la Charité durant un voyage. Elle entra au noviciat de Vitoria en 1901 et prit le nom de María Consuelo du Saint-Sacrement.

Après sa profession, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia) comme enseignante, charge qu’elle accepta un peu à contre-cœur au début, mais qu’elle assuma généreusement par la suite, au point de se montrer une pédagogue-née, intelligente, imaginative et pleine d’entrain. 

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles. María Consuelo eut l’occasion de passer dans la zone nationale, mais il lui en coûtait de se séparer de ses Sœurs : elle renonça au voyage et partagea désormais le sort de toutes.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

María Consuelo et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Feliciana de Uribe y Orbe

1893-1936

 

Née le 8 mars 1893 à Múgica (Biscaye, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vitoria en 1913, prenant le nom de Feliciana de Notre-Dame-du-Carmel.

Après sa profession, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia), pour s’occuper des enfants malades, puis des messieurs malades, et resta dans cette fonction jusqu’à sa mort.

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Feliciana savait se faire respecter, et sut délicatement imposer l’ordre et la propreté, sans oublier la prière et les sacrements. Elle savait anticiper les besoins de chacun et c’était à chaque fois une occasion de montrer son esprit de prière et de charité.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Feliciana et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Concepción Rodríguez Fernández

1895-1936

 

Née le 13 décembre 1895 à Santa Eulalia (León, Espagne), elle fréquenta le collège des Carmélites de la Charité à León, puis entra au noviciat de Vitoria en 1916, prenant le nom de Concepción de Sainte Madeleine.

Après sa profession, elle fut envoyée d’abord au collège de Denia (Alicante), puis à la Maison de la Miséricorde (Valencia).

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Concepción se distingua par sa foi et son esprit d’obéissance, qui l’aidèrent à accepter les épreuves.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Concepción et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Félix Alonso Muñiz

1896-1936

 

Il naquit le 2 mai 1896 à Oseja de Sajambre (León, Espagne) et fut baptisé le même jour. Il fut confirmé «beaucoup» plus tard, en 1917 (à l’époque, on donnait ce sacrement très tôt, parfois même peu de temps après le baptême).

Il entra à l’école dominicaine de Corias (Asturies), et fut un élève studieux et intelligent, puis passa au noviciat.

Après la profession (1913), il étudia la théologie à Salamanque, où il apprit aussi la musique, ce qui lui permit de tenir l’orgue. 

Il fut ordonné prêtre en 1920.

Sa mission le conduisit aux collèges de Vergara (Guipúzcoa), Oviedo et Astocha (Madrid).

Ce fut un excellent professeur et il s’intéressa particulièrement aux études sociales. De plus, il se spécialisa aussi en philosophie pour avoir plus d’impact dans son ministère social. Effectivement, il fut conseiller pour l’Action Catholique à Astocha.

C’était un homme extraverti, ouvert, amical, tranquille, optimiste et joyeux ; il possédait une belle voix et aimait faire des excursions à pied.

Le 18 août 1936, il se présenta spontanément à la Direction Générale de Sécurité, pensant éviter quelque agression, mais on l’arrêta et on le mit dans la prison Porlier. Habilement, il put consacrer l’Eucharistie et donner la Communion à des compagnons de prison, avec lesquels il priait et auxquels il lisait des passages des livres qu’il avait pu prendre avec lui. Son état d’âme calme redonnait courage aux autres.

Ayant donné l’absolution à un prisonnier blessé mortellement, on en déduisit officiellement qu’il était prêtre et fut inscrit sur la liste de ceux qui devaient être «mis en liberté», c’est-à-dire conduits au peloton d’exécution.

On le conduisit effectivement au lieu-dit Paracuellos del Jarama, dans les environs de Madrid, où il fut fusillé le 24 novembre 1936.

Le père Félix Alonso Muñiz fut béatifié en 2007.

 

 

Clara Ezcurra Urrutia

1896-1936

 

Née le 17 août 1896 à Uribarri de Mondragón (Guipuzcoa, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité à Vitoria en 1920, prenant le nom de Clara de Notre-Dame de l’Espérance.

Après sa profession en 1923, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia), pour s’occuper du vestiaire et du dortoir des petites filles.

Une grave maladie poussa le médecin à lui imposer le repos absolu, ce qu’elle accepta comme un gros sacrifice, sans rien perdre de sa joie et de sa douceur.

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Clara et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Justa Maiza Goicoechea (Goikoetxea)

1897-1936

 

Née le 13 juillet 1897 à Ataun (Guipúzcoa, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vitoria en 1920, prenant en 1922 le nom de Justa de Marie Immaculée.

Après sa profession, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia), pour s’occuper du repassage et de l’infirmerie, charges qu’elle recouvrit jusqu’à sa mort. Quand elle avait fini son travail, elle allait aider ses Consœurs.

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Justa se montra très appliquée dans ses activités, silencieuse, efficace, et toujours de bonne humeur.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Justa et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001. 

 

 

Candida Cayuso González

1901-1936

 

Née le 5 janvier 1901 à Ubiarco (Santander, Espagne), elle fréquenta le collège des Carmélites de la Charité à Madernia, puis entra au noviciat de Vitoria en 1921, prenant le nom de Candida de Notre-Dame des Anges.

Après sa profession en 1923, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia).

Elle était la plus jeune de la communauté.

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Candida, avec Erundina, fut des premières à laisser la maison pour se réfugier dans le collège, puis rejoignirent les autres.

Une de ses cousines passa pour l’emmener à Oliva ; mais Candida finit par préférer rester, quittant sa cousine avec ces mots : Dis à ton père et à mes frères qu’ils ne se fassent pas de soucis pour moi ; que je meurs tout-à-fait tranquille, très contente, et que je donne avec plaisir ma vie pour Jésus.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936. Candida avait trente-cinq ans.

Candida et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

Partager cet article

Repost0
23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 00:00

 

23 NOVEMBRE

 

I.

S Clément Ier, pape (88-97) : auteur d'une Epître aux Corinthiens, relégué en Chersonèse où il aurait été jeté à la mer, une ancre au cou ; chaque année depuis, la mer se retirait pour laisser voir son tombeau ; une maman y aurait retrouvé vivant son petit enfant laissé l'année précédente ; s. Cyrille y aurait retrouvé et le corps et l'ancre. Son nom est mentionné au Canon romain.

II.

Ste Felicitas mère (?) des sept martyrs romains : Ianuarius, Felix, Philippus, Silanus, Alexander, Vitalis, Martialis (cf. 10 juillet).

?

Ste Mustiola, martyre à Chiusi. 

III.

S Clemens, premier évêque à Metz (I. ?).

IV.

S Sisinnios, évêque martyr à Cyzique.

Ste Lucretia, vierge martyre à Mérida.

V.

S Amphilochios, évêque à Iconium, émule des ss. Basile le Grand et Grégoire de Nazianze.

S Spes, évêque à Spolète.

S Paulin, fondateur d'un monastère et abbé à Whitland.

VI.

S Séverin, ermite près de Paris, qui remit à s. Cloud l'habit religieux.

VII.

S Gregorio, moine en Syrie, évêque à Agrigente, auteur d'un commentaire de l'Ecclésiaste en grec ; on essaya de le compromettre avec une femme pour le dénoncer au pape.

S Colomban, moine irlandais, apôtre en Gaule, fondateur de monastères à Luxeuil et Bobbio.Ste Vulfétrude, abbesse à Nivelles ; elle succéda aux saintes Itte et Gertrude. 

S Trudo (Trond), prêtre à Sarchinium, Zerkingen. 

VIII.

S Lamain, martyr en Franche-Comté.

X.

Ste Rachilde, recluse à Saint-Gall, victime de plaies cancéreuses pendant plus de vingt ans.

S Pharetrius (Phalier), moine solitaire à Chabris.

XV.

Bse Marguerite de Savoie, marquise de Montferrat, nièce du pape d'Avignon Clément VII, dominicaine et, exceptionnellement, abbesse à Alba.

XIX.

Ste Yu So-sa Jechillia, veuve coréenne octogénaire martyrisée après douze interrogatoires, canonisée en 1984 et fêtée le 20 septembre.

XX.

B Miguel Agostino Pro (1891-1927), prêtre jésuite mexicain, fusillé, béatifié en 1988.

Bse Felícitas Cendoya Araquistain (María Cecilia, 1910-1936), Visitandine à Madrid, qui retourna vers ses bourreaux après les avoir fuis une première fois, fusillée, béatifiée en 1998.

B Jaime Nàjera Gherna (Alejandro, 1910-1936), prêtre capucin, martyrisé près de Barcelone, béatifié en 2015.

Bse Maria Angela Alfieri (Enrichetta, 1891-1951), des Sœurs de la Charité de Sainte Jeanne-Antide Thouret, italienne béatifiée en 2011.

Clément 1er

88-97

 

Clemens, premier pape de ce nom, fut le quatrième pape de l’histoire de l’Eglise. Il succéda à Clet (ou Anaclet, s’il faut distinguer ces deux noms, selon certains).

Fils de Faustinianus, né à Rome dans le quartier du Cœlius, Clemens fut disciple direct de saint Pierre et de saint Paul, selon le témoignage de saint Irénée.

Une très ancienne tradition, déjà attestée par Origène, repris par saint Jérôme, identifie le pape Clemens avec le personnage du même nom mentionné par saint Paul aux Philippiens (Ph 4:3).

Il semble moins sûr que le pape Clemens ait été de la famille de Flavius Clemens.

C’est donc sous le pontificat de Clemens qu’une forte agitation mit en effervescence la communauté chrétienne de Corinthe, comme ç’avait déjà été le cas au temps de saint Paul. La lettre que Clemens leur envoie en cette occasion contient beaucoup de réminiscences de l’Ancien Testament, de conseils avisés pleins de douceur et de bonté, invitant à la réconciliation, à l‘humilité, à l’obéissance, au respect de la hiérarchie ecclésiastique.

C’est le premier exemple de l’intervention de l’évêque de Rome dans une autre communauté, signe de la primauté romaine dans l’Eglise universelle.

La Lettre aux Corinthiens de Clemens fut très célèbre, au point qu’on la citait juste après les écrits inspirés. Actuellement, on en reprend plusieurs extraits dans le bréviaire. Successivement, on attribua au même pape d’autres écrits, jugés aujourd’hui comme apocryphes : une homélie considérée comme sa seconde épître, deux lettres aux Vierges…

D’après certains écrits, saint Clément, victime des persécutions sous Nerva et Trajan, fut relégué en Chersonèse. Il y retrouva nombre de chrétiens déjà exilés là, y opéra des miracles qui le rendirent célèbre et amena à la foi des centaines de païens. Le bruit en vint aux oreilles de Trajan, qui ordonna de le précipiter en mer, une ancre au cou.

Ce martyre aurait eu lieu le 23 novembre 97.

Depuis, la mer se retirait chaque année pendant huit jours pour permettre d’aller honorer le saint corps du Martyr. Une année, une maman se retira trop précipitamment et n’eut pas le temps d’emmener son petit garçon… qu’elle retrouva juste endormi l’année suivante.

Saint Cyrille, l’apôtre des Slaves au 9e siècle, crut retrouver le saint corps et le ramena à Rome. C’est depuis ce temps que les reliques de saint Clément reposent dans la basilique Saint-Clément, édifiée au lieu d’un ancien temple de Mithra, entre le Cœlius et l’Esquilin. Cette basilique offre un intérêt extraordinaire du point de vue archéologique.

D’après le Liber pontificalis, Clemens ordonna quinze évêques, dix prêtres et deux diacres. Il aurait aussi, dans chaque quartier de Rome, chargé un notaire de rechercher avec soin et attention les Actes des martyrs.

Saint Clemens est fêté en son dies natalis, le 23 novembre, jour où le mentionne le Martyrologe.

Dans la prière du Communicantes du Canon Romain de la Messe, saint Clemens est nommé juste après Lin et Clet, les deux successeurs de saint Pierre. Certains anciens ont écrit que Lin et Clet n’avaient été que des «coadjuteurs» de Pierre, et que Clément lui aurait directement succédé. Ceci bouleverserait sans doute toutes les dates avancées pour les différents pontificats, mais n’est pas la thèse qui a finalement été adoptée.

C’est en ce jour que Blaise Pascal eut sa nuit de lumière et qu’il écrivit son Mémorial, «jour de saint Clément… veille de saint Chrysogone» (lundi 23 novembre 1654).

Le successeur de Clemens fut saint Evariste.

 

 

Felicitas de Rome

† 162

 

On a vu le problème qui existe au sujet de cette présumée mère de sept garçons, tous martyrisés le 10 juillet 162.

Voyant ses sept fils torturés sous ses yeux, elle les exhortait ainsi : Levez les yeux, regardez vers le ciel, c’est là que Jésus-Christ vous attend avec ses Saints.

Elle fut enterrée près de Silanus, au cimetière de Maximus, ce qui fait penser qu’elle en était bien la mère. Mais pour les autres, enterrés en trois autres cimetières, on a expliqué qu’ils auraient été victimes de juges différents.

Finalement, Felicitas n’aurait aucun rapport de parenté avec ces autres Martyrs.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Felicitas de Rome, au 23 novembre.

 

 

Mustiola de Chiusi

† 275

 

Mustiola aurait été une lointaine parente de l’empereur Claudius II. Elle quitta cette Rome trop agitée par les événements politiques et vint à Chiusi (Toscane, Italie C). On ne sait si elle était déjà baptisée à ce moment-là ou si elle reçut ce sacrement des mains de l’évêque Marcus de Chiusi.

Lorsque l’empereur Aurélien se déchaîna contre les Chrétiens, Mustiola mit tout son crédit et ses biens au service des Chrétiens, achetant les gardiens de prison, visitant les prisonniers de nuit pour les réconforter et les encourager à rester fidèles a Christ.

Arriva sur ces entrefaites un envoyé impérial, chargé d’inspecter la situation de Chiusi au sujet des nombreux Chrétiens arrêtés. On lui signala Mustiola.

Sous les yeux de celle-ci, il fit torturer et décapiter plusieurs Chrétiens ; un diacre, Ireneo, fut longuement torturé sur le chevalet et eut tout le corps brûlé par des fers incandescents. Mais Mustiola restait ferme dans son attitude. Elle fut alors battue avec des lanières garnies de plomb, et expira le 23 novembre 275.

Une version différente des faits raconte que, dans un premier temps, Mustiola aurait réussi à tromper ses gardiens en traversant le lac de Chiusi sur son manteau. Reprise, elle aurait alors été battue à mort, le 3 juillet 275.

Une autre variante, encore plus étonnante, prétend que Mustiola avait rapporté de Rome un anneau mystérieux, que lui avait d’ailleurs remis son fiancé, un Chrétien nommé Lucius. Ce dernier fut martyrisé. L’anneau aurait été ni plus ni moins celui que remit s.Joseph à la Vierge Marie lors de leurs fiançailles. La ville de Chiusi le conserva longtemps ; au quinzième siècle, un religieux osa le remettre aux habitants de Pérouse, entraînant la Guerre de l’Anneau qui opposa longtemps les deux villes et ne s’acheva que lorsqu’on retrouva le saint corps de Mustiola : la découverte apaisa les uns et les autres et mit fin à la guerre. Le fameux anneau se trouverait encore dans la cathédrale de Pérouse.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Mustiola de Chiusi au 23 novembre.

 

 

Clemens de Metz

3. siècle

 

Clemens aurait été consacré évêque par s.Pierre lui-même, d’après des récits anciens mais apparemment peu historiques.

On croit que Clemens organisa la première communauté chrétienne de Metz au troisième siècle.

Il y aurait construit une première église, dédiée à saint Pierre, à l’origine de l’église Saint-Pierre aux Arènes, que les fouilles ont pu mettre à jour.

On ajoute que même les serpents s’éloignèrent de Metz, dès lors que fut construite cette église. De là sortit aussi la merveilleuse histoire où Clemens, avec son étole, aurait saisi par le cou un énorme dragon et l’aurait jeté dans le fleuve. Qu’il suffise de penser que Clemens, en apportant la Foi dans cette région, en éloigna l’Ennemi infernal.

Le saint Evêque, en réalité trop peu connu, fut inscrit au Martyrologe le même jour que le pape s.Clément.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Clemens de Metz au 23 novembre.

 

 

Sisinnios de Cyzique

† 303

 

Sisinnios fut un évêque à Cyzique (Hellespont, auj. région turque au sud de la Mer de Marmara).

Durant la persécution de Dioclétien, il fut longtemps torturé, et décapité.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Sisinnios de Cyzique au 23 novembre.

Signalons ici que la ville de Cyzique, totalement chrétienne au 6e siècle, fut pillée par les Arabes au 7e siècle, et vidée de ses habitants. Les Croisés tentèrent de la relever, mais le centre historique devint une simple carrière de pierres. A partir du 14e siècle, la population passa progressivement à l’Islam sous la pression turque. Après le «traité» de Lausanne, on en expulsa les quelques Chrétiens qui s’y trouvaient encore.

 

 

Lucretia de Mérida

† 303

 

Lucretia semble avoir été une vierge de Mérida, qui fut martyrisée peut-être sous Dioclétien.

Son nom a été diversement orthographié : Leocritia, Leucretia, Leucricia.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Lucretia de Mérida au 23 novembre.

 

 

Amphilochios d’Iconium

† 400

 

Amphilochios fut le fils d’Amphilochos et de Livia. Amphilochos était avocat à Diocésarée, une localité proche de Nazianze (ou un petit bourg de cette ville, act. Bekarlar, Bekar, Nenezi, Turquie CS).

Les deux amis que furent s.Basile de Césarée et s.Grégoire de Nazianze (v. 2 janvier), connurent Amphilochios de très près et le considérèrent un peu comme leur fils. Il serait donc né bien après eux, vers 340 ou 350.

Livia mourut fort jeune, laissant deux garçons et une fille : Amphilochios, Euphemios et Theodosia. Les deux garçons étaient très liés, et la douleur d’Amphilochios fut grande lorsqu’Euphemios mourut, assez jeune.

Amphilochios s’orienta vers le droit ; il étudia à Constantinople.

Vers 369, il eut des problèmes d’argent et s.Basile l’adressa à Themistios, un rhéteur fort puissant à la cour et ami du père d’Amphilochios. Mais celui-ci préféra rejeter le monde. Il se retira près de son vieux père, qui vivait dans un trou perdu, Ozizala, où ne poussaient que les herbes. S.Basile leur envoya du blé.

Vers 373, un ami d’Amphilochios, nommé Heraclides, vint consulter s.Basile… et resta auprès de lui, au grand désappointement d’Amphilochios qui le «menaça» même de procès ! L’avocat pointait encore !

Amphilochios progressait dans la voie de la perfection, grâce aux conseils de s.Basile. Il avait surtout une grande qualité : l’humilité ; il ne craignait rien tant qu’être appelé à quelque ministère dans l’Eglise, dont il se sentait absolument incapable.

Mais s.Basile avait une autre idée : il lui fallait un candidat sûr pour le siège épiscopal d’Iconium, et c’est à son jeune ami qu’il pensa.

Amphilochios se «mit au travail» avec ardeur, invoquant fidèlement et humblement les lumières de s.Basile. Les deux amis se rencontraient volontiers. Ainsi, par Amphilochios, Basile rayonnait bien au-delà de son propre diocèse, pratiquement sur presque toute l’Asie Mineure.

S.Basile dédia à Amphilochios son traité sur l’Esprit-Saint.

En 379, s.Basile mourut. Heureusement, l’amitié de s.Grégoire de Nazianze ne fit pas défaut à Amphilochios, qui fut d’ailleurs un des évêques les plus écoutés de cette période.

Il combattit les erreurs et les hérésies. Outre l’arianisme, il s’en prit aux messaliens qui prétendaient passer leur temps à prier, vivant d’aumônes, et se faisant appeler bien modestement anges, prophètes, patriarches, et même christs. Le concile de Side, sous la présidence d’Amphilochios, se chargea de les condamner.

On ne connaît pas la date précise de la mort d’Amphilochios. Il «disparaît» après 394. Il mourut bien probablement vers 400.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Amphilochios d’Iconium au 23 novembre.

 

 

Séverin de Paris

† 540

 

Séverin fut un ermite, qui vivait en reclus sur les bords de la Seine près de Paris, au temps du roi Childebert 1er.

Sa sainte vie attira beaucoup de gens, par curiosité pour les uns, comme c’est souvent le cas, par respect pour d’autres, que ce genre de vie attirait.

S.Cloud (Clodoald, v. 7 septembre) fut de ceux qui vinrent auprès de Séverin par réel désir de se consacrer à Dieu. Séverin remit à Cloud l’habit religieux et le tonsura.

On ne dit rien d’autre sur Séverin, et c’est regrettable.

Il mourut vers 540.

L’église Saint-Séverin s’élève sur l’emplacement de son ermitage.

Saint Séverin de Paris est commémoré le 23 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gregorio d’Agrigente

† 603

 

Gregorio pouvait être sicilien d’origine, et plus précisément d’Agrigente.

Il serait allé en Syrie pour être moine, puis serait venu à Rome.

C’est là que le pape le connut et l’ordonna évêque d’Agrigente, septième titulaire de ce diocèse (590).

Mais comme Nul n’est prophète en son pays (cf. Mt 13:57), ses ennemis le noircirent avec une histoire de femme et le dénoncèrent au pape.

Convoqué à Rome en 591 par le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars), il y fut «mis en prison», disons : retenu tant que durait l’enquête, mais fut enfin libéré, peut-être en 598, en tout cas avant 603, et recouvra son poste.

Justifié, Gregorio composa un commentaire sur le Livre de l’Ecclésiaste, que nous appelons aujourd’hui le Qohélet. Cet ouvrage est rédigé en grec, car la Sicile était largement sous l’influence de la culture grecque et même de la liturgie de Byzance, même si les moines se réclamaient de l’Eglise romaine.

On ne connaît pas la date exacte de la mort de Gregorio, d’autant plus qu’on ne sait pas exactement quand fut nommé son successeur, Esilirato ; ce fut en tout cas après 603.

Saint Gregorio d’Agrigente est commémoré le 23 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Columbanus de Luxeuil

543-615

 

Columbanus (Colomban) naquit en 543 dans une riche famille à Nobber (ou Navan, comté de Meath, Aileach, Irlande).

Encore enceinte, sa mère eut la vision d’un soleil qui sortait de son sein, l’avertissant du grand rôle illuminateur qu’aurait son fils.

Columbanus reçut donc une éducation très soignée, mais le garçon, rejetant le monde, alla étudier à Cluain Inis (comté de Donegal) et entra vers 563 au monastère de Bangor (Belfast), où il resta une trentaine d’années.

Il fonda le couvent de Durrow, puis décida de «pérégriner» en Europe avec douze compagnons, en vue de rechristianiser l’Europe, frappée par les invasions et les divisions.

Ils abordèrent en Armorique (585), où deux petits villages remontent à leur arrivée : Saint-Colomb-Major et Saint-Colomb-Minor (Saint-Malo). Puis ils firent un important travail d’évangélisation dans le nord-est de la Gaule.

Ils s’établirent à Anagrates (Annegray, Voivre, Haute-Saône). Columbanus aurait «ravi» à un ours une petite cabane pour établir sa retraite, et y fit jaillir une source.

Les vocations se multipliant, Columbanus fonda un autre monastère à Luxeuil, une ancienne station thermale romaine abandonnée. Il y eut jusqu’à trois cents moines, occupés à la copie, à la pharmacie, à l’enseignement.

En 603, après le concile de Châlon qui voulait adopter la date romaine de Pâques, Columbanus, mal informé du problème, essaya de protester et même en appela au pape.

Puis Columbanus, invité par la reine Brunehaut, reprocha saintement au roi Thierry son concubinage. On l’emprisonna à Besançon, il s’évada. La reine lui ordonna alors de quitter les lieux. Il  alla s’embarquer à Nantes pour repartir en Irlande, mais la tempête le fit échouer en Bretagne. Il alla demander protection au roi de Neustrie, Clotaire II. Mais Columbanus sentait qu’il n’était pas arrivé au but de son voyage et poursuivit vers l’Austrasie.

Là, la reine Brunehilde fit assassiner le roi Thibert II, qui avait bien accueilli Columbanus. Ce dernier poursuivit son chemin et gagna Bregenz (sur le lac de Constance, où fut construit un monastère.

Se voyant encore menacé par Brunehilde, Columbanus passa les Alpes ; un de ses compagnons s’arrêta dans les Alpes, et fut à l’origine du monastère Saint-Gall.

Columbanus finit par fonder un nouveau monastère près de Bobbio (Plaisance, Italie Nord-Ouest), en 614, où il mourut en 615 et fut bientôt canonisé.

Saint Colombanus a laissé quelques écrits, des lettres et surtout une Règle.

Ses pérégrinations l’ont rendu Patron des motocyclistes.

Le jour de la mort de saint Columbanus serait le 21 (ou le 22) novembre ; ces jours étant historiquement et traditionnellement consacrés à la Présentation au Temple de Marie et à sainte Cécile, saint Colomban est actuellement fêté le 23 novembre et mentionné en ce jour au Martyrologe.

 

 

Trudo de Zerkingen

† 690

 

Trudo (Trudon, Trond) naquit en Hesbaye (act. Belgique), d’une importante famille franque.

Jeune, il fréquentait les églises et aurait promis à Dieu d’en bâtir une.

Une nuit, il eut une vision, ou un rêve, qui le détermina à aller trouver l’abbé s.Remacle (v. 3 septembre) ; il devint son disciple.

Sur le conseil de ce dernier, Trudo se rendit alors auprès de l’évêque de Metz, Chlodulf (v. 8 juin), qui l’ordonna prêtre (vers 657).

Trudo aurait alors remis au diocèse de Metz ses terres de Sarchinium (act. Zerkingen), dans le Limbourg.

Revenu à Tongres, il prêcha dans tout le diocèse, puis bâtit enfin l’église de son vœu, à Sarchinium, en l’honneur des saints Quentin et Remi (v. 31 octobre et 13 janvier).

Des jeunes de noble famille voulurent vivre auprès de lui : un monastère naquit, où Trudo passa le reste de ses jours.

Il mourut vers 690. De très nombreux miracles se produisirent sur sa tombe, des milliers de pèlerins accouraient et campaient à cet endroit. La renommée de s.Trudo fut telle que quiconque se réclamait de lui, pouvait circuler sans être inquiété. La seule vue de la tour du monastère arrêtait les bandits.

C’est ainsi que Zerkingen devint Saint-Trond. L’église de l’abbaye qui s’y trouvait fut détruite en 1789, il n’en restait que la tour. Les bâtiments restants furent occupés par le Petit séminaire : l’église qui y fut construite alors disparut avec tous les bâtiments dans un incendie en 1975 ; le moulin, seul vestige, sauta dans une explosion en 1992. Sic transit gloria mundi !

Saint Trudo de Zerkingen est commémoré le 23 novembre dans le Martyrologe Romain.

Marguerite de Savoie

1382-1464

 

Il sera bon de bien distinguer entre plusieurs princesses et reines du même nom : 

- la plus ancienne connue sera l’objet de cette notice ;

- une autre mourut en 1479, dont le père devint l’antipape Félix V ; elle fut épouse d’Ulrich V de Würtemberg ; 

- une autre, de la maison de Savoie, mourut en 1655 ; elle fut vice-reine du Portugal ;

- une autre enfin fut reine d’Italie et mourut en 1926.

 

Née vers 1382 à Montferrat, notre Marguerite était la fille d’Amédée de Savoie et de Catherine de Genève. Par sa mère, elle était la nièce du pape d’Avignon Clément VII.

Comme on le voit, elle connut de plein fouet le schisme d’Occident. C’était sa première tristesse.

Sa deuxième tristesse furent les guerres incessantes entre Savoie, Montferrat et Saluces.

Sa troisième tristesse fut la mort de ses parents alors qu’elle n’était qu’adolescente.

Son oncle lui arrangea son mariage avec Théodore II Paléologue, veuf, qui avait un fils et une fille (Sophie) guère plus jeunes qu’elle. Elle les conquit par son amour maternel, et apprivoisa son brutal mari.

En 1411, une épidémie de peste et une famine ravagèrent Gênes ; Marguerite organisa des secours. La nuit, elle se flagellait pour «apaiser le courroux divin».

En 1418, à la mort de son mari, elle songea à marier Sophie avec le fils de l’empereur de Constantinople, un Paléologue aussi, et le mariage aurait pu contribuer à un rapprochement de Byzance, mais le mariage n’eut pas lieu.

Elle se retira alors à Alba (Cuneo, Piémont) où son palais devint un petit monastère. Marguerite se délectait de la lecture de l’Ecriture, des lettres de sainte Caterina de Sienne, qui devait être bientôt canonisée en 1461 (v. 29 avril). 

Marguerite fut alors demandée en mariage par le duc de Milan, Visconti, auquel elle fit répondre qu’elle avait fait le vœu de chasteté. Et comme Visconti insistait, elle revêtit ostensiblement l’habit du Tiers-Ordre dominicain. 

En 1448, elle passa au Second Ordre, celui des religieuses cloîtrées. Elle fut plusieurs fois élue prieure, mais exceptionnellement elle porta le titre d’abbesse, ce qui n’altéra pas un instant son humilité : elle portait toujours un habit de toile grossière et s’ingéniait à servir plutôt qu’à être servie (cf. Mc 10:45). Désormais elle s’efforçait de donner l’exemple à sa communauté, veillant, priant, jeûnant, se mortifiant. Elle aimait les tâches les plus humbles, comme de nourrir les poules ou balayer les couloirs, faire la vaisselle ou bêcher au jardin.

Alors que son premier directeur spirituel avait été s. Vincent Ferrer (v. 5 avril), elle eut à Alba un aumônier qui jugea opportun de sanctifier davantage encore Marguerite. Elle avait un gentil chevreuil, bien dressé, qui savait sonner la cloche quand on lui montrait la corde, et qui servait de messager entre l’abbesse et les sœurs : l’aumônier le fit disparaître ; et Marguerite se plia à l’injonction sans le moindre ressentiment.

D’après la chronique du couvent, le Christ apparut à Marguerite en lui proposant de choisir entre trois dards : maladie, calomnie ou persécution. Marguerite accepta les trois, et désormais vécut dans une continuelle épreuve. Physiquement, elle fut abattue par la goutte et tordue par les rhumatismes. Les mauvaises langues l’accusèrent d’hypocrisie, de paresse, d’intempérance même, et Visconti, qui voulait auparavant l’épouser, alla jusqu’à la dénoncer comme hérétique vaudoise.

Au milieu de ces tourments, Marguerite restait douce et empressée. Elle pardonnait aux calomniateurs et priait pour eux. Elle prit soin des enfants de son beau-fils : pour l’une, elle obtint une guérison miraculeuse alors qu’elle était à la mort, puis elle la fit instruire et former avant son mariage avec le roi de Chypre ; pour l’autre, elle alla l’assister dans son agonie.

Elle eut une idée originale pour garantir le silence de son «monastère» dès l’entrée : elle établit un homme muet comme portier ; lequel aimait tellement son travail, qu’il le conserva bien fidèlement très longtemps.

Marguerite eut le don des miracles et des prophéties. Elle fit vérifier un jour que le vin qu’elle avait fait distribuer, n’avait pas quitté le tonneau ; elle annonça des événements qui se vérifièrent.

Un jour de très grande tempête, sa prière calma si rapidement les éléments déchaînés de la nature, qu’on entendit dans l’air des esprits malins qui criaient : Maudite Marguerite, qui nous a empêchés d’achever ce que nous avions si bien commencé. Son pouvoir sur les démons se vérifia plusieurs fois, même après sa mort. Une des Religieuses, qui était sans cesse attaquée par le Démon, vit Marguerite s’avancer solennellement et la prendre par la main, et désormais fut entièrement délivrée.

A Alba, d’où elle ne pouvait désormais plus guère bouger, elle approcha de la mort. On vit alors la visiter une pieuse Religieuse, habillée en Tertiaire dominicaine, qui repartit silencieusement comme elle était arrivée : ce devait être sainte Caterina de Sienne.

Le 23 novembre 1464, les habitants d’Alba virent une grande clarté et entendirent comme le doux écho d’une procession qui se dirigeait vers le monastère : c’était au moment de la mort de Marguerite.

Les nombreux miracles se multiplièrent encore après la mort de Marguerite et son culte fut autorisé dès le siècle suivant.

S’il n’y a pas eu de cérémonie particulière pour sa canonisation, la célébration de sa fête fut pleinement autorisée en 1671. Le Martyrologe mentionne la bienheureuse Marguerite de Savoie au 23 novembre.

Yu So-sa Caecilia

(Yu So-sa Jechillia)

1760-1839

 

Cæcilia devint catholique par l’œuvre de son époux, Chŏng Yak-jong Augustinus, qui fut martyrisé le 8 avril 1801 avec son fils Chŏng Ch’ŏl-sang Carolus, et dont elle était la seconde épouse.

Une fois convertie, elle montra une foi inébranlable au milieu des difficultés et des persécutions.

Lors de l’arrestation de son mari, elle fut elle aussi arrêtée avec ses trois enfants. Relâchée avec ses enfants, elle subit la confiscation de tous ses biens et s’en vint vivre chez son beau-frère à Mahyŏn (Kwangju, Kyŏnggi), qui cependant ne fut pas très accueillant.

Cette pieuse et courageuse veuve eut un rêve, dans lequel son mari (Augustinus) lui disait qu’il avait construit au Ciel une maison avec huit chambres, dont cinq était déjà occupées, et trois encore vides, réservées pour elle et ses deux enfants encore vivants.

En effet Cæcilia avait vu martyriser déjà cinq membres de sa famille dont, comme on l’a dit plus haut, son mari et son premier fils ; deux de ses enfants devaient à leur tour être torturés, Chŏng Ha-sang Paulus et Chŏng Chŏng-hye Elisabeth (qui furent martyrisés respectivement les 22 septembre et 29 décembre 1839).

Le rêve procura encore davantage de courage dans le cœur de cette vaillante veuve.

Pour l’heure, son fils Paulus fut ce catéchiste qui alla neuf fois en Chine supplier l’évêque d’envoyer des prêtres en Corée. Cette séparation dura longtemps et coûta beaucoup à Cæcilia, qui eut ensuite le réconfort de pouvoir vivre à Seoul avec son fils, quand il fut rentré (v. 22 septembre).

Désormais trop âgée pour se rendre utile matériellement, Cæcilia devint une femme contemplative, tout occupée à prier et à accueillir, parfois même se privant de nourriture pour donner à manger aux autres.

En 1839, un de ses neveux lui proposa de quitter Seoul et de le rejoindre à la campagne, pour fuir la persécution, mais elle répondit qu’elle préférait être martyrisée avec son fils Paulus.

Elle fut arrêtée le 19 juillet, et maltraitée comme on le faisait pour les grands criminels. Ayant refusé d’apostasier et de trahir ses amis chrétiens, elle reçut deux-cent trente coups de fouet lors de cinq interrogatoires.

Elle désirait être décapitée, comme tant d’autres Martyrs, mais la loi coréenne interdisait alors de décapiter une personne de cet âge (soixante dix-neuf ans). Le juge la fit battre à mort, mais elle ne mourut pas encore. Elle expira dans sa prison de Seoul, couchée à même le sol, prononçant les noms de Jésus et Marie.

C’était le 23 novembre 1839, lendemain de la fête de sainte Cécile, martyre.

Cæcilia fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1984, en même temps que son mari et ses enfants Paulus et Elisabeth (mais pas Carolus). La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Miguel Agustín Pro Juárez

1891-1927

 

Miguel naquit le 13 janvier 1891 à Guadalupe (Zacatecas, Mexique) et reçut au baptême les noms de José Ramón Miguel Agustín. La famille compta treize enfants.

Son père était ingénieur des mines ; Miguel eut deux sœurs aînées, qui furent elles aussi religieuses.

Petit, Miguel eut l’occasion d’accompagner son père sur les chantiers, où il put se rendre compte des conditions de travail et de vie des ouvriers.

Il entra au noviciat des Jésuites en 1911 à El Llano. 

Quand la persécution sévit, la famille souffrit bien des revers économiques et les Supérieurs jésuites firent partir les novices à l’étranger : Etats-Unis, Espagne (Grenade) et Belgique :  Miguel fut ordonné prêtre en Belgique, à Enghien, en 1925.

Préoccupé par les circonstances politiques de son pays, et soucieux de sa famille, Miguel fut affecté dans sa santé et souffrit beaucoup de l’estomac. Il dut être opéré plusieurs fois ; ses proches remarquèrent que, pour masquer ses douleurs, il s’efforçait d’être encore plus joyeux.

Finalement on lui concéda le retour et, courageusement, il vint dans son pays, où sévissait en 1926 une forte persécution.

Il vécut clandestinement, déguisé tour à tour en chanteur, en homme mondain, en paysan, en mécanicien, circulant à bicyclette. Avec une bonne dose d’humour, il se déplaçait avec sa guitare, chantait… et profitait de ses rencontres pour confesser et donner la communion, parfois jusqu’à quinze cents dans une seule journée ! Il convertit même des gens qui, officiellement, adhéraient au parti socialiste ou communiste, ennemi de l’Eglise.

Parfois, lors de «réunions» chez des amis, il prévoyait toute irruption de la police en faisant jouer quelque rythme de danse, de sorte qu’à la moindre alerte, il simulait un bal domestique, dansant avec la maîtresse de maison et évitant ainsi l’arrestation.

Son «arme» était le crucifix : Voilà mon arme, disait-il, avec ça, je n’ai peur de personne.

En 1927 cependant, les soupçons s’étant accumulés sur sa tête et celle de son frère Umberto, il fut accusé d’avoir trempé dans le complot contre le général Obregón (alors qu’il n’avait jamais accepté les façons «violentes»). La réalité était qu’une des voitures utilisées pour l’attentat avait précédemment appartenu à l’un des deux frères.

Il fut arrêté, «jugé» sans tenir compte des témoignages unanimes en sa faveur, et condamné à mort. Sur le chemin, un des membres du peloton s’avança et demanda pardon à l’oreille du père Miguel, qui le lui accorda de grand cœur.

Parvenu sur place, il demanda à prier un instant, s’agenouilla, puis se releva et adressa quelques mots de pardon aux bourreaux.

Il mit les bras en croix et ses dernières paroles furent : Vive le Christ Roi ! 

Il fut fusillé, le 23 novembre 1927.

Les autorités mexicaines interdirent toute manifestation publique et toute assistance à ses funérailles, à Mexico, de sorte qu’il y eut «seulement»… vingt-mille personnes.

Le père Miguel fut béatifié en 1988.

 

 

Felícitas Cendoya Araquistain

1910-1936

 

Felícitas naquit le 10 janvier 1910 à Azpeitia (Guipúzcoa, Espagne), de Antonio et Isabel, des parents très chrétiens.

La maman raconta que sa Felícitas avait quelque chose de «différent» des autres, au point qu’en l’entendant dire qu’elle voulait être religieuse, elle lui répondit : Toi, moniale, avec ton caractère ? Tu vas devoir le corriger, si tu veux être religieuse !

Elle entra en 1930, à vingt ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville, avec le nom de María Cecilia.

Elle était jeune, vive, mais en même temps aimable, humble, serviable. Ses Consœurs la qualifièrent de Ange des petites choses. Elle avait vraiment appris à dominer son caractère revêche.

En 1935, elle fit les vœux solennels.

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre María Cecilia fut des sept qui restaient à Madrid. Elle aurait pu rejoindre sa propre famille, mais refusa énergiquement de quitter sa famille religieuse. Basque, elle ne connaissait pas grand monde, et parlait mal l’espagnol. Cela s’ajouta à toutes ses peines et à tous ses sacrifices, qu’elle souffrit plus que toutes les autres, surtout dans son ultime isolement.

(Voir ici d’autres détails sur la vie des sept Religieuses à Madrid, dans la notice de Amparo de Hinojosa). 

Parvenue au lieu du supplice, voyant que sa voisine était tombée morte, Cecilia se mit à courir comme une folle et on la laissa filer. Mais elle tomba un peu plus loin sur un groupe de Gardes et se livra spontanément en leur disant : Je suis une Religieuse.

Arrêtée, on la conduisit le lendemain matin à une des plus sombres prisons, les tristement célèbres tchékas, où on la mit avec une douzaine d’autres femmes. Le sol était mouillé, il n’y avait qu’un sommier pour toutes, il faisait froid.

Cecilia se mit dans un coin, vite approchée par une autre détenue. Elle répondit immédiatement, comme aux Gardes : Je suis une Religieuse, et de lui raconter comment vivaient les Visitandines dans leur cachette, ne pouvant cependant préciser où on les avait emmenées en prison, car elle ne connaissait pas Madrid.

Quand on appela certaines des détenues, Cecilia les encouragea à souffrir pour Dieu. Certaines furent remises en liberté (et purent raconter les détails que leur avait racontés Cecilia), d’autres furent fusillées : à toutes elles promit qu’elle ne cacherait pas sa qualité de religieuse. Cecilia les vit toutes partir et se sentit bien seule, mais on lui fit bientôt signer un papier, sur lequel on traça une croix en rouge, signe de sa condamnation, qu’elle avait déjà remarqué pour les autres.

Au soir du 22 novembre, jour de la fête de sainte Cécile, on la conduisit au cimetière de Vallecas (hors de Madrid), où elle fut fusillée peu après minuit. On retrouva son cadavre au matin du 23 novembre 1936.

Cecilia - Felícitas fut fidèle jusqu’au bout.

María Cecilia, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

Jaime Nàjera Gherna

1910-1936

 

Jaime (on trouve aussi Jaume, Jacques) naquit le 25 juillet 1910 à Barcelone, en la fête de l’apôtre Jacques le Majeur, dont il reçut le nom au Baptême.

Entré chez les Capucins en 1925, il prit à la profession le nom d’Alejandro et fut ordonné prêtre en 1933.

Excellent prédicateur, on le demandait de tous côtés ; il avait une prédilection pour la catéchèse aux enfants, particulièrement pour ceux de familles pauvres.

Son couvent ayant été réquisitionné, saccagé et détruit, il trouva refuge en divers endroits. En dernier lieu, il se trouvait dans une pension, où il fut probablement dénoncé par une employée. Une patrouillel vint «perquisitionner» et l’arrêtèrent avec un autre prêtre. Il ne manifesta aucune résistance.

Emmené à la tcheka, il fut condamné à mort.

Il reçut la grâce du martyre à Montcada le 23 novembre 1936 et fut béatifié en 2015.

 

 

Maria Angela Alfieri

1891-1951

 

Maria Angela Domenica était née à Borgo Vercelli (Vercelli, Italie) le 23 février 1891.

Entrée chez les Sœurs de la Charité, celles fondées par sainte Jeanne-Antide Thouret (voir au 24 août) en 1911, à vingt ans, elle prit le nom de Enrichetta (Henriette). 

Elle s’occupait d’un jardin d’enfants à Vercelli depuis plusieurs années, lorsqu’on lui diagnostiqua le Mal de Pott, qui l’obligea à suspendre toute activité. Cette sorte de tuberculose, incurable, affecte la colonne vertébrale. 

Un pèlerinage à Lourdes ne provoqua d’abord aucun changement, mais après d’intenses prières à Marie Immaculée, la sœur Enrichetta fut totalement guérie le 25 février 1923 (deux jours après son trente-deuxième anniversaire), à tel point qu’en mai de la même année elle était chargée d’une mission particulière à la prison San Vittore de Milan. Son apostolat eut un franc succès auprès des prisonniers et lui valut l’épithète de Mère et Ange de San Vittore.

Quand la guerre éclata, la prison de Milan devint un quartier SS, où l’on enferma les Juifs destinés aux camps de concentration. Sœur Enrichetta fit tout ce qu’elle put pour soulager autant que possible ces malheureux prisonniers innocents.

On la trouva cependant en possession d’un billet écrit par une femme qui conseillait à ses proches de se cacher. Elle fut arrêtée et emprisonnée plusieurs semaines, et même condamnée à mort ; elle fut quand même relâchée sur l’intervention de l’archevêque de Milan, le cardinal Alfredo Ildefonso Schuster (v. 30 août), qui obtint la clémence de Mussolini en personne.

Sœur Enrichetta fut alors mutée à la maison provinciale de Brescia, où elle rédigea un récit de sa prison.

Après la guerre, elle reprit son activité à la prison de Milan, jusqu’à sa mort, le 23 novembre 1951.

Le miracle retenu en vue de la béatification de Sœur Enrichetta fut, en 1994, la guérison inattendue d’une jeune italienne, sportive, atteinte d’une tumeur volumineuse, inopérable et très douloureuse, dont l’issue devait être fatale en quelques jours ; une tante, religieuse de cette congrégation, a alors demandé à la communauté de prier par l’intercession de Sœur Enrichetta : la tumeur a diminué subitement de 70%, à la stupeur des médecins, puis a complètement disparu ; la jeune femme s’est mariée, est mère de famille et n’a pas souffert de récidive. 

Sœur Enrichetta a été béatifiée en 2011. Son dies natalis est le 23 novembre.

Partager cet article

Repost0
22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 00:00

 

22 NOVEMBRE

 

I.

S Philémon et son épouse ste Appia (?) à qui s. Paul adresse son Epître ; Philémon serait devenu évêque à Colosses, ou à Gaza.

II.

Ste Cécile, martyre avec son fiancé Tiburce à Rome, patronne des musiciens (III.?).

IV.

S Ananias, martyr à Arbelles ; il vit les Anges venus l'emporter au ciel.

V.

S Benignus, évêque à Milan.

VI.

S Pragmatius, évêque à Autun.

VII.

S Aubeu, irlandais, évangélisateur en Artois, Hainaut, Picardie, et mort à Laon.

VIII.

S Sabinien, abbé à Menat.

XI.

Ste Tigridia, abbesse à Oña.

XIX.

Bx Salvatore Lilli, franciscain italien, et ses sept compagnons martyrs à Marsac : Baldji oğlu Ohannes, Khodianin oğlu Kadir, Kuradji oğlu Tzeroun, Dimbalac oğlu Vartavar, Yeremya oğlu Boghos, et les deux frères David oğlu David et Toros, béatifiés en 1982.

XX.

B Tommaso Reggio (1818-1901), évêque à Ventimille puis à Gênes, fondateur des Sœurs de Sainte-Marthe (contemplatives qui accueillent les pauvres), béatifié en 2000.

S Pedro Esqueda Ramírez (1887-1927), prêtre mexicain dévôt du Saint-Sacrement, martyr, fusillé, béatifié en 1992, canonisé en 2000 et fêté le 21 mai.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Lasalliens : près de Valencia, Julián Torrijo Sánchez (Elías Julián) et Francisco Lahoz Moliner (Bertrán Francisco) (*1900, 1912) ;

- béatifié en 2007 :

Carmes de l’Ancienne Observance : près de Barcelone, le prêtre Ferrán Lloveras Pulgsech (Ferran María, *1902) ; il était le treizième de quatorze enfants ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : à Almería, Aquilino Rivera Tamargo (*1907).

 

Bse Anna Kolesárová (1928-1944), jeune fille slovaque, martyre de sa virginité, béatifiée en 2018.

Philémon et Apphia

1er siècle

 

Philémon était un riche habitant de Colosses. Il rencontra saint Paul et devint chrétien, un chrétien convaincu qui prêchait l’Evangile autour de lui et réunissait les frères dans sa maison.

Il avait aussi un esclave qui s’appelait Onésime, un beau nom qui signifie «utile, qui apporte profit», mais auquel Onésime ne faisait pas honneur : il était paresseux et, après avoir volé son maître, il s’enfuit à Rome pour échapper au châtiment.

A Rome, Onésime rencontra saint Paul qui le baptisa et le renvoya en le munissant d’une courte lettre adressée à Philémon, Apphia et Archippe, sans doute sa femme et son fils. Doucement saint Paul invitait Philémon a bien recevoir Onésime ; il suggérait, sans l’exiger, de lui accorder la liberté. En achevant il lui annonçait sa propre visite comme probable.

Cette lettre à Philémon fait partie du canon des Ecritures retenu par l’Eglise.

Nous ne savons pas ce que fit Philémon, comment il accueillit Onésime, mais la tradition orientale en a fait un saint évêque à Colosses où il serait mort en martyr.

Notre Martyrologe le commémore avec son épouse Apphia, au 22 novembre.

 

 

Cæcilia

Valerianus, Tiburtius, Maximus

3e siècle

 

Puisque la Patronne des musiciens est délibérément classée parmi les «légendes» auxquelles on n’attribue pas de grande valeur historique, on trouvera ici des lignes reprises à une Bienheureuse, stigmatisée, voyante illettrée et inculte, et de surcroît non musicienne, ce qui ne risque pas de la faire taxer d’illuminée ou de parti pris (voir Anna Katharina Emmerick, le 9 février).

«Je vis Cécile comme une très belle personne, douce et active, avec des joues vermeilles et un charmant visage, presque comparable à celui de Marie. Je la vis jouer dans les cours avec d’autres enfants. La plupart du temps un ange était près d’elle sous la forme d’un aimable petit garçon : il lui parlait et elle le voyait, mais il était invisible pour les autres. Il lui avait défendu de parler de lui… Elle avait environ sept ans.

«Je la vis aussi assise seule dans sa chambre : l’ange était auprès d’elle et lui apprenait à jouer d’un instrument : il lui mettait les doigts sur les cordes et souvent aussi tenait une feuille devant elle. Tantôt elle avait sur les genoux comme une caisse où des cordes étaient tendues et alors l’ange planait devant elle, tenant un papier sur lequel elle levait les yeux ; tantôt elle tenait appuyé contre son cou un instrument semblable à un violon : elle en pinçait les cordes de la main droite et soufflait dans l’intérieur de l’instrument où il y avait une ouverture qui semblait garnie d’une peau. Il rendait un son très agréable.

«(La Sainte) avait sur les genoux une petite caisse plate, de forme triangulaire, haute de quelques pouces, sur laquelle étaient tendues des cordes qu’elle pinçait avec les deux mains…

«Je vis aussi se tenir près d’elle un jeune homme qui avait quelque chose de singulièrement pur et délicat : il était plus grand qu’elle, mais il se montrait humble et soumis vis-à-vis d’elle et il était à ses ordres. Je crois que c’était Valérien : car ensuite je le vis avec un autre attaché à un poteau, battu de verges, puis décapité…

«Je vis que Cécile avait une suivante chrétienne par l’entremise de laquelle elle fit connaissance avec le pape Urbain Je vis souvent Cécile et les compagnes de ses jeux remplir de fruits et d’aliments de toute espèce les plis de leurs robes qu’elles relevaient sur leur côté comme des poches (et elles) se glissaient jusqu’à une porte de la ville. De pauvres gens habitaient dans les murs, et il y avait des chrétiens dans des trous et des caveaux souterrains qui servaient de prisons.

«On introduisait (Cécile) dans le souterrain, et une fois on la fit entrer dans un caveau où un homme la conduisit au pape Urbain. Je vis qu’il l’instruisit en lui faisant lire des manuscrits… Je me souviens confusément qu’elle fut aussi baptisée dans ce souterrain.

«Je vis ensuite que le jeune Valérien, étant avec son précepteur près des jeunes filles qui s’amusaient, voulut, en jouant, prendre Cécile dans ses bras et que celle-ci le repoussa. Il se plaignit à son précepteur qui rapporta la chose aux parents de Cécile. Je ne sais pas ce qu’elle lui avait dit, mais ils punirent Cécile qui n’eut plus la liberté de sortir de sa chambre…

«J’eus aussi une vision de leur mariage. Cécile et Valérien étaient parés de guirlandes et avaient des habits de fête de couleurs variées… Je les vis après cela seuls l’un avec l’autre dans une chambre. Cécile lui dit qu’elle avait un ange près d’elle, et comme Valérien demandait à le voir, elle répondit qu’il ne le pouvait pas tant qu’il n’était pas baptisé.»

(La suite est un condensé de la Passio de sainte Cécile)

Valérien alla trouver Urbain et reçut le baptême ; puis il lui amena aussi son frère, Tiburce, qui reçut le baptême à son tour. Puis Valérien et Tiburce convainquirent leurs bourreaux de se convertir, parmi lesquels un certain Maxime. Ayant ensuite refusé de sacrifier à Jupiter, Valérien et Tiburce furent décapités, tandis que Maxime fut fouetté à mort.

Ensuite Cécile fut soumise à un interrogatoire et, refusant de renier sa foi, fut condamnée à être brûlée dans sa propre salle de bains, comme si on cherchait aujourd’hui à asphyxier quelqu’un dans un hammam trop chaud. Mais Cécile ne mourut pas encore, c’est alors qu’elle fut frappée ; ici on reprend les mots de la bienheureuse Anna Katharina, qui est plus précise, dans son ignorance :

«Je vis aussi le martyre de sainte Cécile dans une cour ronde située devant la maison. Dans la cour, un grand feu était allumé sous une chaudière dans laquelle je vis la vierge assise, les bras étendus : elle était vêtue de blanc, resplendissante et toute joyeuse. Un ange, entouré d’une auréole rouge, lui tenait la main : un autre tenait une couronne de fleurs au-dessus de sa tête… Cécile, après cela, fut retirée de la chaudière et frappée trois fois sur le cou avec une épée courte… Je la vis aussi vivant encore après ses blessures et s’entretenant avec un vieux prêtre que j’avais vu précédemment dans sa maison. Plus tard je vis cette même maison très changée et transformée en église. Je vis qu’on y conservait beaucoup de reliques, notamment le corps de Cécile d’un côté duquel plusieurs parties avaient été enlevées…»

 

On le voit, les visions d’Anna Katharina n’ont rien d’incroyable, et confirment les éléments de la Passio.

Sainte Cécile est donc, et reste, la céleste Patronne des musiciens.

Elle est mentionnée au Canon Romain de la messe, dans la prière du Nobis quoque peccatoribus, et dans le Martyrologe au 22 novembre.

Quant aux autres Martyrs, Valérien, Tiburce et Maxime, ils sont commémorés au 14 avril, mais sans précision de date.

 

 

Ananias d’Arbèle

† 345

 

Ananias vivait à Arbèle (Perse).

C’était un pieux chrétien. Il fut arrêté sur l’ordre du mobed (prêtre) Ardisag.

Ananias fut roué de coups à trois reprises, torturé avec des peignes de fer, et laissé pour mort sur la voie publique.

De nuit, d’autres Chrétiens le ramassèrent et le portèrent dans sa maison, où il fut vite entouré de l’évêque et des fidèles. Il reprit connaissance, mais juste pour voir les anges lui apparaître et l’emmener au ciel sur une longue échelle lumineuse, telle l’échelle de Jacob (cf. Gn 28:12).

Ce fut sous Shapur II,  le 22 novembre 345.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Ananias d’Arbèle au 22 novembre.

 

 

Benignus de Milan

† 477

 

Benignus fut le vingt-deuxième évêque de Milan, si l’on retient s.Barnabé comme premier évêque (v. 11 juin), à partir de 465, ou peut-être à partir de 470.

Dans la première hypothèse, Benignus aurait pu assister au concile romain de 465, mais on n’y voit pas figurer son nom dans les actes.

Dans la deuxième hypothèse, il aurait reçu l’épiscopat en 470, et aurait occupé le siège de Milan jusqu’en 477.

Avec le Martyrologe, on répétera que durant le grand désarroi des invasions, il administra l’Eglise qui lui était confiée, avec suprême constance et piété.

C’est en effet en 476 qu’Odoacre assassina l’empereur Flavius Orestes et amena la fin de l’empire romain. Ceci justifie qu’on date l’épiscopat de Benignus de 470 à 477. Mais Rome avait été saccagée tout juste vingt ans plus tôt, en 455, et les Barbares n’avaient pas épargné d’autres villes sur leur passage ; cette considération permet alors de maintenir cet épiscopat entre 465 et 472.

Benignus mourut le 22 novembre.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Benignus de Milan au 22 novembre.

 

 

Pragmatius d’Autun

† 520

 

Il fut le onzième évêque d’Autun.

Les dates de son épiscopat (500-520) demeurent approximatives.

Il est prouvé qu’il assista au concile d’Epaone (517).

Pragmatius fut un ami de deux autres saints évêques, Sidoine Apollinaire et Avit de Vienne (v. 21 août et 5 février).

Il s’efforça beaucoup de calmer les révoltes locales suscitées par les trop fortes pressions du royaume franc.

On pense que Pragmatius mourut vers 520.

Saint Pragmatius d’Autun est commémoré le 22 novembre dans le Martyrologe Romain.

Martyrs d’Arménie

1895

 

Voir la notice : Salvatore Lilli et sept Compagnons

 

 

Salvatore Lilli et sept Compagnons

1853-1895

 

Salvatore (Sauveur) était né le 19 juin 1853 à Cappadocia (L’Aquila, Italie centrale), de Vincenzo et Annunziata.

Il entra chez les Pères franciscains en 1870 et fit les premiers vœux l’année suivante.

Ses études se déroulèrent en Terre Sainte, car à partir de 1873 les ordres religieux avaient été supprimés de l’Italie, et Salvatore fut ordonné prêtre à Bethléhem en 1878.

Il prêcha à Jérusalem pendant deux ans, revint quelque temps en Italie (1886), puis fut envoyé en 1890 comme curé à Marasc (Arménie, dans l’actuelle Turquie).

Il développa une intense activité, construisant des écoles, des cliniques, des maisons pour les délaissés, préconisant des mesures d’hygiène avancées pour l’époque.

L’épidémie de choléra de 1891 fut pour lui une occasion d’élargir encore plus sa charité.

Il fut ensuite nommé curé dans la localité de Mujuk-Deresi, toujours en Arménie, en 1894.

Or entre 1894 et 1897, le Sultan, qui soupçonnait les Chrétiens Arméniens d’être d’entente avec les puissances occidentales, décida de les combattre et de les exterminer. On sait que le génocide d’Arménie emporta entre cent et trois-cents mille victimes.

En 1895, la région de Mujuk-Deresi fut occupée par les troupes islamistes. Les supérieurs du père Salvatore le pressaient de quitter l’Arménie pour échapper au massacre, mais il voulut énergiquement rester au milieu de ses paroissiens. 

Quand survinrent les Turcs, le père Salvatore s’avança pour porter secours à des blessés, et fut lui-même blessé à la jambe. Les troupes islamistes envahirent le couvent, et capturèrent le père Salvatore, avec sept Compagnons du Tiers-Ordre. 

En voici les noms. Le terme oğlu signifie «fils de» ; l’orthographe de ces noms est très différente selon les sources. Il y a parfois aussi des inversions. On ne connaît la date approximative de naissance que d’un seul d’entre eux. 

 

  • Baldji oğlu Ohannes (Jean, fils de Baldji), né vers 1860 à Mucuk (Mut, Mersin, Arménie), marié ;
  • Dimbalac oğlu Vartavar ;
  • Yeremya oğlu Boghos (Paul) ;
  • Khodianin oğlu Kadir ;
  • Kuradji oğlu Tzeroun ;
  • David oğlu David
  • David oğlu Toros (Théodore), probablement frère du précédent.

 

Déjà interrogés, menacés, maltraités, ils furent, huit jours après, tous les huit emmenés à Marasc, et enfermés dans l’église, où le père confessa ses Compagnons et les exhorta à accepter le martyre. Il y eut apparemment aussi d’autres victimes, dont on n’a pas conservé l’identité.

Conduits près d’une rivière au lieu-dit Kahramanmaraş, à deux heures de marche de là, de nouveau sommés - en vain - d’abandonner le christianisme et d’embrasser l’Islam, ils refusèrent. Ils furent torturés sauvagement et assassinés à coups de baïonnettes ; les cadavres furent ensuite honteusement profanés, et brûlés. 

Qui put raconter ces faits fut une petite fille de onze ans, qui avait été prise avec le groupe de nos Martyrs et qui fut ensuite épargnée. 

C’était le 22 novembre 1895.

Le père Salvatore Lilli et ses sept Compagnons ont été béatifiés en 1982.

 

 

Tommaso Reggio

1818-1901

 

Né le 9 janvier 1818 à Gênes (Italie) dans une famille noble, Tommaso eut d’abord un précepteur à domicile, puis fréquenta le Collège Royal, géré par les Pères de Somasque.

En 1838, il fut reçu bachelier en Droit.

En 1839, à vingt-et-un ans, il entra au séminaire de Gênes, d’abord comme externe, où il étudia la philosophie et la théologie. Il s’inscrivit alors dans la congrégation de l’Archange Saint Raphael, une association née en 1835 au sein du séminaire pour encourager les jeunes clercs à une vie encore plus intérieure et sanctifiée ; à tour de rôle, les membres étaient chargés d’être les «correcteurs» des autres, à la condition expresse de corriger d’abord pour eux-mêmes ce qu’ils auraient à reprendre chez leurs confrères.

Ordonné prêtre en 1841, à vingt-trois ans, Tommaso fut nommé vice-recteur du séminaire de Gênes, puis recteur de celui de Chiavari.

En 1851, il fut nommé abbé et curé de la collégiale de Sainte Marie de l’Assomption à Carignagno (Gênes), en même temps que professeur de morale au séminaire, où il organisa une vie de prière intense dans les premières heures de la matinée. Il est connu en effet que, facilement, les esprits des séminaristes (ou même des moines) peuvent céder à l’habitude, aux occupations diverses quotidiennes, donnant moins d’importance à la vie intérieure.

L’abbé Tommaso coopéra à la rédaction d’un quotidien, Stendardo Cattolico (L’étendard catholique), dont il fut même directeur en 1861. Sur la demande de Pie IX, il ferma cette édition, un peu à contre-cœur, en signe de protestation contre les dispositions anticléricales des autorités italiennes.

En 1877, il fut nommé évêque coadjuteur, puis évêque titulaire de Ventimille.

En 1878, il fonda les Sœurs de Sainte Marthe, qui se signalèrent tellement durant l’épidémie de choléra de 1884 à Piani di Latte (Imola), qu’elles reçurent la médaille de bronze du gouvernement ; en 1887, elles fondèrent un orphelinat à Ventimille ainsi que la Maison de la Miséricorde à San Remo. Aujourd’hui elles sourient encore en Argentine, au Brésil et au Chili, au Liban, en Inde.

Le profond désir de l’évêque était d’associer les laïcs à la vie de l’Eglise, au lieu de les abandonner au simple rôle de spectateurs, devant l’activité du clergé.

Il proposa bientôt sa démission, craignant d’être trop âgé pour bien gérer la vie d’un diocèse. Au contraire, en 1892, il fut nommé archevêque de Gênes. Il fallut obéir.

Comme tel il s’employa à adoucir les relations entre Eglise et Etat : c’est lui qui obtint du Vatican l’autorisation de célébrer à Rome les obsèques religieuses du roi Umberto I, assassiné à Monza. Il obtint aussi des autorités laïques l’autorisation pour la procession de la Fête-Dieu, pour la création de paroisses, pour la restauration de la cathédrale de Gênes. Il fonda aussi une Faculté Pontificale de Droit ainsi qu’une Ecole supérieure de Religion.

Attentif aux besoins réels de la population, il fut aux côtés des ouvriers pour leur obtenir le repos dominical et des heures de travail «humaines». Il développa les œuvres sociales catholiques. Devant le nombre élevé (déjà à cette époque) d’immigrés, il chercha à les faire sortir de la clandestinité par un système d’assistance efficace.

En septembre 1901, il se rendit (dans un wagon de troisième classe) en pèlerinage à Triora pour l’érection de la statue du Christ Rédempteur sur le Saccarello. Brusquement une forte douleur au genou le cloua au lit : une grave infection, incurable, le porta à la mort, le 22 novembre 1901. Il avait quatre-vingt trois ans.

Il mourut en disant : Dieu, Dieu, Dieu seul me suffit.

Il avait demandé à être enterré simplement, sur place, à Triora, mais le clergé lui-même jugea opportun d’inhumer le Pasteur au milieu de son troupeau, et l’archevêque fut inhumé aux côtés de ses prédécesseurs, dans la chapelle du Petit séminaire de Chiappeto.

A leur tour, les Sœurs de Sainte-Marthe voulurent plus tard l’avoir auprès d’elles, et les restes du Fondateur arrivèrent en 1951 dans leur chapelle de Gênes, pour le cinquantenaire de sa mort.

Mgr Tommaso Reggio fut béatifié en 2000.

 

 

Pedro Esqueda Ramírez

1887-1927

 

Pedro naquit à San Juan de los Lagos (Jalisco, Mexique) le 29 avril 1887.

Après l’école privée, il alla en 1902 au séminaire de Guadalajara, qui fut fermé et réquisitionné en 1914.

Pedro rejoignit alors San Juan, où il assistait le curé en tant que diacre.

Ordonné prêtre en 1916, il fut pendant dix ans vicaire en son pays natal, où il se dévoua sans mesure à la formation des enfants, fondant pour eux une école de formation des catéchistes.

Zélé pour le culte du Saint Sacrement, il organisa en pleine persécution des «tours de garde» dans les familles, pour maintenir l’adoration perpétuelle de l’Eucharistie.

A partir de 1926, la persécution s’intensifiant, il se cacha en diverses maisons.

Arrêté le 18 novembre 1927, frappé, il eut une grosse blessure au visage. Un des soldats lui dit : Maintenant, tu vas pouvoir regretter d’être curé, à quoi le prêtre répondit : Oh non, pas un instant, et il ne me manque plus grand chose pour voir le Ciel.

On le sortit de sa prison pour aller le fusiller. On laissait approcher la population, pour l’impressionner, mais don Pedro encourageait encore les enfants : N’oubliez pas votre catéchisme, pour rien au monde.

Il écrivit encore quelques recommandations à l’intention de ses catéchistes.

Parvenu au village de Teocaltitlán, il reçut trois balles dans la tête et tomba ainsi en martyr du Christ, le 22 novembre 1927.

Don Pedro fut béatifié soixante-cinq ans plus tard, le 22 novembre 1992 et canonisé en 2000.

Les Martyrs mexicains ont leur fête liturgique commune le 21 mai.

 

 

 

Julián Torrijo Sánchez

1900-1936

 

Julián naquit le 17 novembre 1900 à Torrijo del Campo (Teruel) et fut baptisé le lendemain.

Son père, charpentier, lui enseigna le métier.

Il entra au noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils en 1916, reçut l’habit en 1917 à Hostalets de Llers (Gerona) et prit le nom de Elías Julián.

Son premier apostolat fut avec les enfants de Santa Coloma de Farnés (1920), puis en 1925 il fut chargé des travaux de charpente à Cambrils.

En 1928, il fut nommé administrateur à Manlleu ; en 1929, il fut professeur à San Hipólito de Voltregá, puis à Condal.

En 1934, il fut à l’école Notre-Dame du Carmel de Barcelone.

Une maladie le fit soigner à Cambrils, où le surprit la persécution de 1936.

Avec son Confrère, le Frère Bertrán Francisco, il organisa le voyage des élèves dans leurs familles, mais ils furent interceptés à Segunto par les miliciens. Ils purent voyager jusqu’à Valencia, mais ne purent continuer, de sorte que les deux Frères s’employèrent à faire recevoir leurs élèves dans des familles connues sur place.

Ils s’efforçaient ensuite de leur rendre visite, pour les encourager, les fortifier. Mais ils furent de nouveau arrêtés, reconnus comme Religieux et mis en prison.

Du siège du Gouvernement, ils furent transférés à la prison Modelo de Valencia, avant d’être fusillés dans les environs de Valencia, au lieu-dit Benimamet, le 22 novembre 1936. Le Frère Elías venait d’avoir trente-six ans.

La béatification de ces deux Frères, avec trois autres Compagnons de Valencia, eut lieu en 2001.

 

 

Ferrán Llovera Pulgsech

1902-1936

 

Ferrán (Fernand) naquit le 19 mars 1902, fête de saint Joseph, à Orfans (Girona, Espagne). IL était le treizième des quatorze enfants de la famille, dont deux furent prêtres et trois religieuses. L’autre frère qui fut prêtre, devint Supérieur Général des Carmes.

Ferrán entra chez les Carmes de l’Ancienne Observance et, à Onda, fit la profession avec le nom de Ferrán María (1918) ; il fut ordonné prêtre.

Il fut envoyé aux missions de Porto Rico, où il resta cinq ans.

En 1936, il était prieur de la communauté de Olot. 

La communauté s’étant dispersée, Ferrán rejoignit sa famille et pensa quitter l’Espagne, sous un faux nom, en s’embarquant pour Marseille.

Dénoncé, il fut arrêté avant le départ du bateau. Détenu, il chercha à redonner du courage aux autres prisonniers et à les préparer à affronter la mort.

Au moment d’être fusillé, il pardonna à ses bourreaux et fut assassiné au lieu-dit Santa Elena de Montjuïc pour ce seul «délit» qu’il était religieux.

Ce martyre eut lieu le 22 novembre 1936.

Le père Ferrán a été béatifié en 2007.

 

 

Aquilino Rivera Tamargo

1907-1936

 

Né le 4 janvier 1907 à Peal de Becerro (Jaén), baptisé le 9 janvier suivant, confirmé en 1912, il était d’une famille profondément chrétienne.

Cette famille s’étant établie à Pozo Alcón, Aquilino fréquenta le Petit, puis le Grand séminaire d’Almería à partir de 1919. Ses études furent brillantes, et il réussit à les accomplir en même temps qu’il faisait son service militaire à Madrid dans la télégraphie et le secteur des automobiles ; c’est pourquoi il ne fut ordonné prêtre qu’en 1933, à vingt-six ans.

Il fut nommé à la paroisse de Huéscar et Guardal. Quand commença la persécution marxiste, il fut arrêté avec le curé, le 4 août 1936, et mis en prison à Baza.

Le 20 août, on le mit avec ceux de la prison de Guadix (c’est-à dire le séminaire, réquisitionné à cet effet), qui devaient être exécutés ce soir-là ; mais après qu’il eût donné l’absolution à chacun des condamnés, éreinté par la fatigue et la tension, il tomba dans un état de grand abattement. On l’emmena à la prison d’Almería le 24 août. Trois mois plus tard, on appela un soir un certain nombre de prisonniers, auxquels on lia les mains derrière le dos et qu’on fit monter dans des camions, en direction du cimetière d’Almería ; là, on faisait venir les condamnés un à un au bord d’une fosse, on leur tirait froidement un coup de pistolet dans la nuque et on les précipitait dans la fosse. Le témoin qui l’a raconté a ajouté que les bourreaux n’étaient pas ivres.

L’expression un mois plus tard, qu’on trouve sous la plume d’un autre témoin, devrait établir cet assassinat au 23 septembre, mais les déclarations d’autres témoins mentionnent le 22 novembre, date plus probable.

Martyrisé le 22 novembre 1936 à Almería et béatifié en 2017, Aquilino Rivera Tamargo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 novembre.

 

 

Francisco Lahoz Moliner

1912-1936

 

Francisco naquit le 15 octobre 1912 à Campos (Teruel) et fut baptisé le lendemain.

Il entra au collège de Monreal del Campo, puis au noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils en 1925, reçut l’habit en 1929 et prit le nom de Beltrán Francisco.

Son premier apostolat fut l’enseignement au noviciat, où il s’occupa particulièrement de ceux qui avaient davantage de difficultés, puis fut chargé de la formation des novices.

Il semblait austère et peut-être même un peu froid, mais il était très patient, modeste, humble pour accepter les reproches, très travailleur.

Lors de la persécution de 1936, avec son Confrère, le Frère Elías Julián, il organisa le voyage des élèves dans leurs familles, mais ils furent interceptés à Segunto par les miliciens. Ils purent voyager jusqu’à Valencia, mais ne purent continuer jusqu’en Aragón, de sorte que les deux Frères s’employèrent à faire recevoir leurs élèves dans des familles connues sur place.

Ils s’efforçaient ensuite de leur rendre visite, pour les encourager, les fortifier. Mais ils furent de nouveau arrêtés, reconnus comme Religieux et mis en prison.

Du siège du Gouvernement, ils furent transférés à la prison Modelo de Valencia, avant d’être fusillés dans les environs de Valencia, au lieu-dit Benimamet, le 22 novembre 1936. 

Le Frère Beltrán avait «fêté» ses vingt-quatre ans le mois précédent.

La béatification de ces deux Frères, avec trois autres Compagnons de Valencia, eut lieu en 2001.

 

 

Anna Kolesárová

1928-1944

 

Anna vit le jour le 14 juillet 1928 à Vysoka nad Uhom (Michalovce District, Tchécoslovaquie), benjamine des trois enfants de Ján Kolesár (surnommé Hruška) et Anka Kušnirová ; les aînés étaient la demi-sœur Maria et le frère aîné Michal ; les informations ne précisent pas l’origine de cette «demi-sœur».

Les parents étaient de pieux paysans, fidèles à la pratique chrétienne.

Anna reçut le Baptême le 15 juillet.

Elle avait environ dix ans lorsque sa maman mourut. Anna se mit alors à assumer les tâches de la vie quotidienne familiale, humblement et efficacement ; on la voyait fréquemment à l’église, notamment à la messe matinale quotidienne.

Vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale, lorsque l’armée soviétique passa dans cette région (qui était alors un territoire hongrois), les soldats s’installèrent dans le village, demandant à manger et à boire aux habitants. Le papa d’Anna, réfugié dans le sous-sol de la cuisine, pria sa fille de sortir pour donner quelque chose au soldat qui frappait à la porte. Mais quand Anna présenta au soldat un quignon de pain, l’homme - qui était déjà ivre - fit des avances à la jeune fille.

Sur le refus de cette dernière, le soldat fit sortir aussi le papa et le frère d’Anna, et devant eux, tira deux balles de son fusil automatique, dans la tête et la poitrine d’Anna.

Elle s’écroula en murmurant encore : Au-revoir, Papa ! Jésus, Marie, Joseph ! C’était le 22 novembre 1944, en le fête de sainte Cécile, vierge et martyre (v. ce jour). Anna, jeune vierge de seize ans, venait d’être à son tour martyrisée pour défendre sa virginité.

Anna avait pu se confesser et communier peu auparavant. L’enterrement se fit discrètement, sans la présence d’un prêtre. La messe fut célébrée seulement le 29 novembre.

Anna Kolesárová a été béatifiée en 2018.

Partager cet article

Repost0
21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 00:00

21 NOVEMBRE

 

I.

Présentation de la Très Sainte Vierge Marie au Temple.

S Rufus, fils de Simon le Cyrénéen (nommé évêque par s. Paul, durant son voyage en Espagne ; évêque à Thèbes? Athènes? Avignon?).

IV.

S Maurus, évêque à Parenzo et martyr (IV.?). 

S Agapius, martyr à Césarée de Palestine.

V.

S Gélase Ier, pape (492-496) : adversaire vigoureux des monophysites, pélagianistes, manichéens… ; on connaît un sacramentaire gélasien.

X.

S Mauro, évêque à Cesena.

S Libéral, évêque à Embrun, chassé par les Sarrasins.

XII.

S Nicola Giustiniani, bénédictin à Venise ; le doge lui obtint du pape de pouvoir assurer une descendance aux Giustiniani, dont tous les mâles étaient décédés en Orient : il eut neuf enfants et revint mourir dans son abbaye tandis que sa femme devenait aussi moniale.

XX.

Bse Franciszka Siedliska (Maria de Jésus-Bon-Pasteur, 1842-1902), polonaise, fondatrice des Sœurs de la Sainte-Famille-de-Nazareth, pour l'apostolat dans les familles polonaises émigrées, béatifiée en 1989.

Bse Clelia Merloni (1861-1930), italienne, fondatrice des Apôtres du Sacré-Cœur de Jésus, béatifiée en 2018.

B Reyes Us Hernández (1939-1980), père de famille guatémaltèque, martyr, béatifié en 2020.

Rufus

1er siècle

 

L’évangéliste saint Marc rapporte que Simon le Cyrénéen, qui aida Jésus à porter sa croix, était père d’Alexandre et de Rufus (Mc 15:21) ; puis l’apôtre Paul écrit aux Romains :

Saluez Rufus, cet élu dans le Seigneur, ainsi que sa mère que je considère comme la mienne (Rm 16:13).

Seule la Tradition permet de faire coïncider les deux personnages, sans autres preuves.

Chez les apocryphes Rufus est devenu évêque à Thèbes ou à Athènes ou en Avignon, selon les cas.

La tradition la plus solide rapporte que Rufus accompagna saint Paul en Espagne, où Paul l’établit chef de l’Eglise de Tortosa. De là, Rufus vint fonder l’Eglise en Avignon, où il mourut vers 90.

Toutefois, l’actuel Martyrologe distingue deux personnages : l’un en Avignon le 14 novembre, du 3e siècle, l’autre, notre Rufus de l’Epître aux Romains, au 21 novembre, du 1er siècle (mais sans mentionner l’épiscopat).

 

 

Maurus de Parenzo

† 305

 

Il y a deux Maurus (Mauro) le même jour ; v. plus bas Mauro de Cesena.

Concernant Maurus, de plusieurs traditions, on croit pouvoir arriver à la synthèse suivante.

Maurus naquit en Afrique.

Chrétien dès l’enfance, il entra tôt dans un monastère, où il resta dix-huit ans.

Il vint en pèlerinage à Rome et y séjourna trois années.

Venu en Istria (act. Croatie et Slovénie), il fut choisi pour être le premier évêque de Parenzo (auj. Poreč.

Au moment de la persécution, il fut arrêté, torturé et décapité, vers 305.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Maurus de Parenzo au 21 novembre.

 

 

Agapios de Césarée de Palestine

† 306

 

Agapios fait partie d’un grand nombre de Martyrs qui furent immolés durant la persécution de Dioclétien en Palestine.

Il fut d’abord torturé en même temps que s.Timothée de Gaza (v. 19 août), puis maintenu en prison pour plus tard, avec Thecla. Cette dernière était peut-être encore vivante lorsqu’Agapios fut torturé.

Trois fois, il avait été amené dans le cirque, mais à chaque fois le juge le renvoyait à nouvelle échéance.

Finalement, en présence de Maximin Daia, Agapios fut présenté au milieu du cirque, avec un criminel. L’empereur donna sa grâce au criminel (qui avait tué son père), au milieu des acclamations de la foule ; on vivait à nouveau la passion du Christ, où le Verbe éternel était condamné à mort, tandis qu’on libérait le criminel Barabbas (cf. Mt 27:15-26 ; Mc 15:6-15 ; Jn 18:40).

Maximin exhorta Agapios à renier sa foi. Courageusement, Agapios s’élança au-devant de l’ourse qu’on lâchait contre lui. Quand la bête le laissa, il respirait encore. On le traîna en prison ; le lendemain, on lui attacha des pierres aux pieds et on le jeta dans la mer.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Agapios de Césarée de Palestine au 21 novembre.

 

 

Gélase 1er

492-496

 

Fils de l’africain Valerius, Gelasius était «romain de naissance», puisqu’il était né dans la province romaine d’Afrique (l’actuelle Afrique du Nord, comprenant Algérie, Tunisie et Libye).

Il devait faire partie du clergé romain depuis un certain temps, et s’était fait remarquer par la force de ses écrits contre le monophysisme et contre le pélagianisme.

Il fut donc appelé à succéder à Félix III et devint le quarante-neuvième pape.

En quatre années de pontificat, il écrivit beaucoup de lettres, où l’on y remarque, comme chez l’autre africain Tertullien, un goût pour la polémique, parfois quelques longueurs.

Il eut l’occasion de rappeler l’excommunication du patriarche Acace de Constantinople (484) et blâma ceux qui se rangeaient de son côté.

Quand il apprenait que des évêques gaulois n’appréciaient pas sa rigueur, il en appelait au jugement de Dieu.

Dans une lettre à un sénateur, Gélase dénonce la vieille fête païenne des lupercales, cause de désordres, qui menaçait de revivre à Rome.

Il y a un sacramentaire gélasien, peut-être un peu postérieur au pape Gélase ; le décret de Gélase, pourrait être en partie antérieur et en partie postérieur au pape. Il contient un canon des Ecritures, et le premier embryon d’un Index des livres défendus.

Le Liber Pontificalis dit de Gélase qu’il aimait les pauvres. Denys le Petit écrivait qu’il évitait les festins, pratiquait le jeûne et se complaisait dans la compagnie des serviteurs de Dieu. Il mourut pauvre après avoir enrichi les indigents.

Il fut inhumé le 21 novembre 496, jour où il est inscrit au Martyrologe Romain.

Son successeur fut Anastase II.

 

 

Mauro de Cesena

895-946

 

Il naquit dans les dernières années du 9e siècle, on n’en sait pas plus, mais on peut supposer que la famille habitait la région de Ravenne (Emilie-Romagne, Italie NE).

Il fut, dit-on, moine bénédictin.

Son oncle, Jean, archevêque de Ravenne, devint le pape Jean X en 914 et, peu après, le nomma vingt-neuvième évêque de Cesena.

Le nouvel évêque n’aimait pas la vie qu’on menait à Rome et jusqu’au Vatican, alors. Il demanda au pape, son oncle, la permission de construire sur le voisin Mont Spaziano un petit ermitage avec une église, où il pouvait s’isoler et prier. C’est là qu’il voulait être enseveli.

On ne connaît pas la date précise de sa mort, un 21 novembre, vers 946, étant donné qu’un autre évêque de Cesena, nommé Goffredo, est signalé en 955, lui-même successeur de Costanzo, le propre neveu de notre Mauro.

La tombe de Mauro, près de la petite église dont il était question plus haut, fut complètement oubliée, mais un premier miracle, puis un second, éveillèrent l’attention des fidèles et des évêques. On reporta les restes de Mauro à l’intérieur de l’église, qui fut agrandie grâce aux offrandes des fidèles. Ce rite équivalait alors à une canonisation.

L’ermitage aussi fut agrandi ; un beau monastère était florissant en 1042.

Quand la ferveur retomba, la tombe fut à nouveau oubliée. On la retrouva au 15e siècle et les reliques de Mauro furent transférées dans la nouvelle cathédrale de Cesena.

Saint Mauro de Cesena est commémoré le 21 novembre dans le Martyrologe Romain.

Franciszka Siedliska

1842-1902

 

Née le 12 novembre 1842 à Roszkowa Wola (Pologne), Franciszka était d’une famille noble, qui ensuite déménagea à Żdżary.

Elle tomba malade assez gravement et fut soignée en différents endroits (en Allemagne, en Autriche, en France, en Suisse). Elle reçut une éducation avec des gouvernantes à la maison, et resta complètement indifférente à la religion pendant quelques années.

Après avoir rencontré un bon père Capucin rempli du zèle pour les âmes, Franciszka changea complètement : elle reçut la Première communion et s’offrit totalement à Dieu.

Désirant entrer en religion, elle se heurta à l’opposition formelle de son père. Elle s’occupa de sa mère malade. Son frère Adam mourut aussi, peut-être dans un accident.

A vingt-huit ans, elle se consacra comme tertiaire franciscaine. Parvenue à l’âge de trente-et-un ans, elle fonda une nouvelle famille religieuse à Rome en décembre 1875, avec la bénédiction du pape. Ce furent les Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth.

Franciszka prit le nom de Maria de Jésus Bon Pasteur.

La congrégation se développa assez rapidement, puisqu’en 1885 il y avait des maisons en Pologne, en Angleterre, en France et aux Etats-Unis d’Amérique. La maison de Paris s’ouvrit en 1891, pour répondre aux besoins des Polonais émigrés ; de même celle de Londres, en 1895. Franciszka elle-même alla encore fonder à Pittsburgh en 1895. Il y eut jusqu’à vingt-neuf fondations de son vivant. La nouvelle famille religieuse se dévouait dans les écoles, les orphelinats, les internats, préparant les enfants aux sacrements. Dans les débuts, les Religieuses s’occupaient en priorité des émigrés polonais, mais ensuite étendirent leur zèle à tous les milieux.

A l’intérieur, les Sœurs devaient se sanctifier personnellement et réparer particulièrement les outrages envers Dieu et l’Eglise, par un amour toujours plus grand de Dieu et du prochain, partout où il y avait quelque nécessité.

Elle montra une activité débordante pour soutenir toute sa nouvelle famille, prêchant des exercices spirituels, tenant des conférences, écrivant beaucoup.

Les forces physiques de Franciszka déclinèrent et elle s’éteignit à Rome le 21 novembre 1902 ; elle venait de fêter son soixantième anniversaire.

Aujourd’hui la Congrégation de la Sainte Famille compte plus d’un millier de Religieuses dans dix pays : à ceux déjà cités précédemment, se sont ajoutés : la Russie, l’Inde, les Philippines, l’Australie, et Jérusalem.

C’est en Russie que onze de ces Sœurs furent martyrisées le 1er août 1943 par la Gestapo ; elles furent béatifiées en 2000.

Franciszka Siedliska a été béatifiée en 1989.

 

 

Clelia Merloni

1861-1930

 

La famille de Clelia était très en vue à Forlí (Romagna, Italie E). Son père, Gioacchino, épousa Teresa Brandelli, qui mit au monde Clelia le 10 mars 1861.

La petite famille dut déménager plusieurs fois en raison du travail de Gioacchino, ce qui engendrait sans cesse de nouvelles difficultés, auxquelles s’ajouta la mort prématurée de Teresa.

Clelia grandit cependant dans la recherche spirituelle et l’amour de Dieu ; elle frappa à diverses maisons religieuses, sans trouver celle qui convenait à son inspiration.

Elle avait trente-trois ans, lorsqu’elle eut un songe : la ville de Viareggio l’attendait. Clelia n’avait jamais été dans cette ville, située sur l’autre versant de l’Italie, à plus de deux-cents kilomètres d’une route qui n’était certainement pas l’autoroute moderne. Elle partit cependant, en avril 1894, confiante en la Providence, accompagnée de deux amies, Elisa Pederzini et Giuseppina D’Ingenheim.

A Viareggio, le père Serafino Bigongiari, des Frères Mineurs franciscains, les aida à s’installer et, un mois après leur arrivée, en mai 1894, les trois amies inaugurèrent l’Institut des Apôtres du Sacré-Cœur de Jésus. Ces Religieuses voulaient répandre l’idéal de sainte Marguerite-Marie Alacoque (v. 17 octobre) : faire connaître et aimer le Sacré-Cœur de Jésus.

Gioacchino Merloni soutint de ses propres deniers l’Œuvre naissante. Il y eut d’abord des maisons pour les orphelins, pour les personnes âgées ; bientôt, Clelia et ses compagnes enseignèrent aussi le catéchisme. Les vocations affluèrent, beaucoup de maisons s’ouvrirent.

Mais en 1899, à la mort de Gioacchino, des erreurs de gestion aboutirent à la fermeture de plusieurs maisons ; les Religieuses durent demander l’aumône et même quitter Viareggio. C’est alors qu’un saint évêque, Mgr Scalabrini (v. 1er juin), s’intéressa personnellement à la congrégation naissante, qu’il soutint fortement.

Celui-ci était évêque à Plaisance ; il accueillit les Apôtres du Sacré-Cœur, les aida à établir leur Règle. Il songeait à leur confier l’assistance aux émigrés italiens, mais mourut en 1905.

La Mère Clelia transféra alors la Maison Généralice à Alessandria, puis finalement à Rome en 1916.

Les Apôtres du Sacré-Cœur purent continuer leur apostolat, et ouvrirent d’autres maisons, aux Etats-Unis et au Brésil.

La maladie frappa durement Clelia, qui s’éteignit à Rome le 21 novembre 1930.

L’Institut fut approuvé en 1931. Il s’est aujourd’hui développé aussi en Suisse et en Argentine. Plus de quinze cents Religieuses, dans quelque deux-cents maisons, s’occupent de faire connaître l’amour du Cœur du Christ aux enfants, aux collégiens et aux lycéens, aux malades, aux vieillards, aux familles, aux «pauvres» de toute condition et de toute origine.

Clelia Merloni, béatifiée en 2018, sera commémorée au Martyrologe le 21 novembre.

 

 

Reyes Us Hernández

1939-1980

 

Reyes Us Hernández naquit en 1939 à Macalajau (Uspantán, Quiché, Guatemala)

Père de famille chrétien, il était très actif dans les activités paroissiales.

Le 21 novembre 1980, il fut impitoyablement assassiné.

Reyes Us Hernández devrait être béatifié en 2020, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, et inscrit au Martyrologe le 21 novembre.

Partager cet article

Repost0
20 novembre 2020 5 20 /11 /novembre /2020 00:00

 

20 NOVEMBRE

 

III.

S Basile, martyr à Antioche de Syrie.

S Crispin, évêque à Astigi.

S Simplice, évêque à Vérone.

IV.

S Dasius, soldat martyr à Dorostorum.

S Narsès, évêque à Sahrqart, décapité avec d'autres.

S Agapios, martyr à Césarée de Syrie ; exposé à une ourse, il lui courut au-devant, en fut très maltraité et fut noyé le lendemain. 

?

SS Octavius, Solutor et Adventor, martyrs à Turin.

S Théoneste, martyr à Verceil.

SS Eustache, Théspèse et Anatole, martyrs à Nicée.

V.

S Dorus, évêque à Bénévent.

S Apothème, évêque à Angers.

Ste Maxence, irlandaise et martyre près de Beauvais ou de Senlis (?).

VI.

S Silvestre, évêque à Châlon-sur-Saône pendant quarante-deux ans ; il donna la tonsure à s. Césaire.

VIII.

S Hippolyte, abbé à Condat, évêque à Belley.

IX.

S Gregorios le Décapolite, défenseur des icônes, moine à Thessalonique, et thaumaturge.

S Eadmund, roi d'Est-Anglie, mort sur le champ de bataille, souvent considéré comme martyr.

XI.

S Bernward, évêque à Hildesheim, très érudit, grand soutien des monastères et de l'art.

XII.

S Cipriano, abbé à Calamizzi.

XIX.

S Phanxicô Xaviê Can, catéchiste tonkinois, étranglé et décapité pour avoir refusé de fouler la croix, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

Bse Anna Felice Viti (Maria Fortunata, 1827-1922), sœur converse bénédictine à Veroli.

Bses Martyres espagnoles de 1936, fusillées près de Valencia :

- béatifiées en 1995 :

Doctrine Chrétienne : Isabel Ferrer Sabrià, Catalina Calpe Ibáñez (M. du Rosaire), Josepa Mongoche Homs (M. de l'Assomption), María Dolores Llimona Planas (M. de Montserrat), Emilia Martí Lacal (M. de la Conception), Josefa Pascual Pallardó (Ignacia du Saint-Sacrement), Paula de San Antonio (M. Gracia), Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí (Ángeles de Saint-Joseph), Ascensión Duart Roig (Teresa de Saint-Joseph), María  Purificación Gómez Vives (M. du Cœur de Jésus), Teresa Jiménez Baldoví (M. du Secours), María Isabel López García (M. de la Paix),  María Antonia Orts Baldó (M. du Suffrage), Gertrudis Rita Florència Surís Brusola (M. des Douleurs) (*1852, 1855, 1859, 1860, 1861, 1862, 1869, 1875, 1876, 1881, 1885, 1885, 1888, 1899), et Aurea Navarro (Marcela de Saint-Thomas, *?) ; deux autres furent fusillées le 26 septembre ;

- béatifiée en 2001 :

Clarisses : María Milagros Ortells Gimeno (*1882).

Crispinus d’Astigi

3. siècle

 

D’après une tradition fort ancienne, l’apôtre s.Paul serait effectivement venu en Espagne et aurait fondé la première communauté chrétienne d’Astigi (auj. Écija). Ce diocèse fut absorbé par celui de Séville au dixième siècle.

Crispinus aurait été le deuxième évêque de cette communauté, au cours du troisième siècle.

Il serait en outre mort martyr.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Crispinus di Astigi au 20 novembre.

 

 

Basileus d’Antioche

† 303

 

Basileus fut martyrisé à Antioche de Syrie, vers 303.

On lui donna deux Compagnons, nommés Auxilius et Saturninus, tout-à-fait inconnus.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Basileus d’Antioche au 20 novembre.

 

 

Octavius, Solutor et Adventor de Turin

4. siècle

 

Ces trois Martyrs auraient été des soldats de la fameuse Légion Thébéenne (v. 22 septembre).

Ils auraient échappé au massacre et se seraient enfuis.

Rejoints à Turin, Octavius et Adventor furent tués par le glaive ; Solutor fut blessé d’un coup de lance mais, plus jeune et plus rapide, alla sa cacher dans une carrière de sable. Dénoncé par un enfant, il fut décapité sur les bords de la Dora Riparia, un petit cours d’eau piémontais ; le corps fut jeté au milieu d’un marais - qui s’assécha instantanément.

Les choses pourraient s’arrêter ici, mais un incident presque cocasse s’y ajoute : une pieuse femme réussit à tromper les poursuivants ; les ayant reçus chez elle, elle leur servit tant à boire qu’enivrés, ils finirent par raconter où étaient leurs victimes. La femme alla les retrouver pour leur faire donner une sépulture honorable.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Octavius, Solutor et Adventor de Turin au 20 novembre.

 

 

Dasius de Dorostorum

4. siècle

 

Dorostore (Mésie, act. Bulgarie) fut le théâtre des événements qu’on va essayer de présenter.

Ceux qui ont analysé les documents qui s’y rapportent, ont émis beaucoup de doutes sur la véracité des choses.

Dasius, un soldat de l’armée en garnison à Dorostorum, fut désigné par le sort pour être le «héros» de la fête de Chronos : le soldat choisi devait, pendant un mois, être vêtu d’un habit royal et se livrer à toutes les passions criminelles et immorales du dieu, après quoi, il devait se suicider avec son épée. On a vu une horreur similaire avec s.Cæsarius de Terracina (v. 1er novembre).

Mais Dasius était chrétien. Plutôt que se livrer au Démon pendant trente jours et finir en enfer, il préféra se livrer à Dieu et gagner le Paradis en un jour. Il confessa sa foi et refusa d’exécuter le rituel païen auquel on voulait le soumettre.

On l’enferma au cachot, puis il comparut devant le légat. Il réitéra sa condition de soldat chrétien et refusa d’offrir l’encens à la statue de l’idole.

Il fut décapité.

C’était l’époque des empereurs Dioclétien et Maximien.

Si les détails résumés ci-dessus ne reflètent pas la vérité des événements, l’historicité du personnage de Dasius et l’antiquité de son culte restent assurés.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Dasius de Dorostorum au 20 novembre.

 

 

Theonestus de Verceil

?

 

Theonestus aurait été évêque de Vercelli (Piémont, Italie NO), juste avant s.Eusebius (v. 2 août).

Il faut dire que s.Eusebius est vraiment le premier évêque connu de cette ville, et c’est justement lui qui fit la dédicace d’une basilique en l’honneur du martyr Theonestus.

Theonestus, qui n’était vraisemblablement pas évêque, fut probablement martyrisé à Altino, par les ariens, qui le décapitèrent.

Ceci se serait passé sous Théodose (379-395). S.Eusèbe étant mort en 371, il est difficile de concilier ces maigres informations.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Theonestus de Verceil au 20 novembre.

 

 

Dorus de Benevento

4. ou 5. siècle

 

Dans le catalogue épiscopal du diocèse de Benevento (Campanie, Italie), on trouve deux Dorus, l’un mentionné en 320, deuxième successeur de s.Ianuarius (v. 19 septembre), l’autre mentionné en 448, qui aurait été le dixième évêque de Benevento.

Les uns prétendent que c’est le premier qui est mentionné au 20 novembre et que le deuxième n’a pas existé ; d’autres encore que ce deuxième était un homonyme non évêque.

Pourtant il semble bien que c’est à l’évêque Doro qu’écrivit s.Léon le Grand (v. 10 novembre) en 448. Le pape lui reprochait d’avoir assigné le premier rang à un nouveau prêtre, contrairement à l’ancienneté des autres. Ces problèmes de préséance…

Le plus important est que Dorus se soit conformé au rappel pontifical ; c’est tout à son honneur.

Cet évêque aurait donc occupé le siège de Benevento pendant dix-sept ans.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Dorus de Benevento au 20 novembre.

Silvestre de Chalon-sur-Saône

† 526

 

Le sixième évêque de Chalon-sur-Saône fut Silvestre, à partir d’environ 484.

S.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) affirme que son épiscopat dura quarante-deux ans, mais comme les dates des deux évêques ayant précédé et suivi Silvestre, sont floues, on peut dire seulement que cet épiscopat commença environ en 484 et finit environ en 517-526.

Vers 488, Silvestre reçut la visite respectueuse d’un jeune homme de dix-huit ans nommé Césaire, qui demandait à recevoir la tonsure cléricale. Ce jeune homme entra ensuite à l’abbaye de Lérins et deviendra évêque : on pourra lire la notice de Césaire d’Arles (v. 27 août).

En 517, Silvestre assista au concile d’Epaone, puis à celui de Lyon vers 520.

Le même s.Grégoire de Tours raconte que l’on mettait sous le lit de Silvestre des malades souffrant de la fièvre : ils étaient guéris instantanément. Lui-même attacha au cou d’une jeune fille prise de frissons quelques fibres du vêtement de Silvestre et elle guérit.

Silvestre mourut, plein de jours et de vertus, vers 526.

Le culte de ce saint évêque fut autorisé dès 878.

Saint Silvestre de Chalon-sur-Saône est commémoré le 20 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hippolyte de Belley

686-769

 

Hippolyte était né en Bourgogne et entra très jeune au monastère alors appelé de Condat, qui fut renommé Saint-Oyand de Joux, enfin Saint-Claude, origine de l’actuelle ville éponyme du Jura.

En 739, ses saintes vertus le désignèrent pour devenir le quinzième abbé du monastère.

En 755, il fut nommé douzième évêque de Belley.

Rien ne changea dans ses habitudes austères personnelles. S’il conservait sa charge d’abbé, il résidait dans son évêché comme dans sa cellule monastique. 

Bellay et Saint-Claude sont à moins de cent kilomètres l’une de l’autre, mais au huitième siècle, cette distance était considérable ; on ne nous dit pas, en réalité, de quelle façon Hippolyte gouvernait son abbaye : on peut supposer qu’il se reposait sur le prieur, et que celui-ci venait consulter régulièrement l’abbé devenu évêque.

Comme évêque, Hippolyte se distingua en étant attentif aux pauvres, visitant les ladreries, les hôpitaux et les prisons.

Sa sainteté lui valut, de la part de Pépin le Bref et de Charlemagne, d’importantes donations en Champagne, en Bourgogne, et jusqu’en Bretagne.

Il fut présent au concile d’Attigny en 765.

La date de sa mort a été établie à 769 environ. Hippolyte était presque nonagénaire.

Saint Hippolyte de Belley est commémoré le 20 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gregorios Décapolite

780-842

 

Gregorios Décapolite naquit vers 780 à Irenopolis (décapole d’Isaurie, act. Aşaği Īrnebol, Görmeli, Turquie S), de Sergios et Maria ; il avait un frère.

Dès qu’il eut huit ans, on l’envoya à l’école et Gregorios se passionna pour l’étude de l’Ecriture. 

Revenu à la maison, il y vécut déjà en solitaire, dans l’austérité et les mortifications.

Quand il eut l’âge nubile, les parents voulaient le marier, et lui organisèrent des fiançailles. Au moment où il était escorté par deux domestiques, il leur faussa compagnie et se cacha dans la montagne proche, d’où il rejoignit l’évêque de la ville, un fidèle de l’orthodoxie, ferme adversaire des iconoclastes. Ce dernier conseilla à Gregorios d’aller dans tel monastère.

Pendant ce temps, les parents eurent la sagesse de ne pas chercher à contrarier leur fils. A la mort de Sergios, Maria conseilla même à Gregorios de persévérer dans sa voie.

Malheureusement, les moines du monastère où se trouvait Gregorios étaient tombés dans l’erreur iconoclaste, et Gregorios s’enfuit. Avec son frère, il alla se présenter dans un autre monastère de la région, dont l’higoumène (abbé) était un de ses oncles, Simeon. Il y resta quatorze ans.

Mais Gregorios n’était pas appelé à la vie conventuelle. Il se retira dans une grotte, pour mieux prier et contempler les saints mystères. Il y fut littéralement harcelé par des Démons, qui prenaient la forme de serpents ou se déguisaient en Saints et le brûlaient de désirs charnels. Une vision de sa mère lui apporta le réconfort et la paix.

Il fut alors animé d’un saint désir d’accomplir des pèlerinages pour la gloire de Dieu. Il fut à Ephèse, la ville où s.Jean apôtre fut évêque ; voulant gagner Constantinople, il s’arrêta cependant à Procomèse (Mer de Marmara) puis à Aenus (Enos), et ne put arriver à la ville impériale, peut-être à cause de la présence des Sarrasins. Il gagna Christopolis (entre Thessalonique et Maronia).

Arrivé à Thessalonique, il noua une précieuse amitié avec Iosephos l’Hymnographe (v. 3 avril). Gregorios construisit là un monastère et une église dédiée à s.Menas (v. 25 août).

Dans une Vie de s.Iosephos, il est dit que Gregorios mourut pendant que Iosephos était en voyage, capturé par les Sarrasins puis racheté. Mais dans une Vie de Gregorios, ce dernier serait parti avec Iosephos jusqu’à Rome, où il vécut trois mois dans la retraite, puis se signala - sans le vouloir - par des miracles : il délivra des possédés et convertit une courtisane et sa suite, éloignant de sa maison un dragon infernal.

Il vint à Otrante, où il souffrit les insultes d’une troupe d’iconoclastes. Un Sarrasin voulut le lapider, mais son bras se dessécha.

Revenu à Thessalonique, Gregorios réintégra le monastère Saint-Ménas.

Gregorios avait un don pour pénétrer les consciences et dénonça ainsi un moine qui s’était approprié une part de viande, normalement destinée aux pauvres ; il «biloquait», et se trouva un jour en présence d’un moine qui était violemment tenté par une créature envoyée du Diable : Gregorios chassa la femme et remit le moine sur la bonne route.

Il aurait fait encore un voyage à Constantinople, puis au mont Olympe de Bithynie, d’où il revint malade. Reparti à Constantinople pour assister son oncle Siméon, qu’on avait arrêté, il arriva quand Siméon venait d’être libéré. Il se rendit alors au monastère de Siméon, où il mourut douze jours plus tard, le 20 novembre 842.

Saint Gregorios Décapolite est commémoré le 20 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eadmund  d’Angleterre

840-870

 

Eadmund  d’Angleterre serait né en 840, descendant des anciens rois saxons d’Est-Anglie.

Il n’avait donc pas quinze ans lorsqu’en 854 les clercs et les nobles de Norfolk l’auraient élu pour leur roi, choix que les habitants du Suffolk suivirent sans discuter.

Placé à la tête d’un royaume extrêmement faible et plus exposé aux invasions que les autres, il dut se contenter de négocier avec les pirates en leur fournissant les lourdes rançons qu’ils exigeaient. Mais quand les habitants furent totalement ruinés et que les Normands ne perçurent plus ces tributs, ils entreprirent la conquête du pays. En 870, une bataille eut lieu près de Thetford, où le roi Eadmund périt. Son royaume passa entièrement sous la domination danoise.

L’illustre abbé de Fleury-sur-Loire, s.Abbon (v. 13 novembre), s’efforça de recueillir des témoignages pour écrire, un siècle plus tard, une Vita de s.Eadmund, rendu célèbre par ses nombreux miracles.

Or, Abbon ne se contenta pas de mentionner la mort héroïque du roi sur le champ de bataille. Les détails qu’il y ajoute ne se trouvent pas dans d’autres récits. Il raconta que le chef danois fit porter à Eadmund la promesse de lui laisser son royaume s’il voulait se reconnaître son vassal et mettre son trésor à sa disposition. Eadmund fit répondre que sa foi lui interdisait de se soumettre à un païen et qu’il préférait mourir.

Dans ces conditions, le chef danois fit attaquer le palais du roi ; Eadmund se dépouilla de ses armes et se livra aux envahisseurs. Il fut attaché à un arbre, percé de flèches et décapité. On jeta son cadavre au fond de la forêt. C’était le 20 novembre 870 et le roi avait trente ans.

Les sujets du roi voulurent retrouver son cadavre et, s’enfonçant dans la forêt, organisèrent une battue ; ils furent bien surpris d’entendre bientôt la voix du roi martyr qui leur répondait Here, here, here ! et ils trouvèrent alors un grand loup qui gardait entre ses pattes le chef d’Eadmund en le protégeant des autres bêtes.

La précieuse relique fut rapportée à Beodriesworth, qui prit le nom de Bury-Saint-Eadmund et donna lieu à un magnifique monastère très célèbre.

Saint Eadmund fut très vite invoqué comme le patron de l’Angleterre, jusqu’au 11e siècle. On lui «préféra» ensuite s.Edward le Confesseur (v. 5 janvier), puis s.Georges (v. 23 avril), ce dernier étant honoré par toutes les confessions, catholique, orthodoxe, protestante et anglicane.

Les détails fournis par s.Abbon expliquent les représentations qu’on trouve du Roi martyr, criblé de flèches comme s.Sébastien (v. 20 janvier), mais distinct de ce dernier soit par la couronne qu’il porte sur la tête, soit par la présence du loup à ses côtés.

Au 16e siècle, la châsse fut détruite ; du monastère, il ne resta presque rien. 

Saint Eadmund d’Angleterre est commémoré le 20 novembre dans le Martyrologe Romain.

Bernward de Hildesheim

960-1022

 

Bernward naquit vers 960, d’une noble famille de Saxe. Il avait une sœur, Judith, future abbesse de Ringelheim.

Orphelin de bonne heure, il passa son enfance auprès de son grand-père maternel, le comte Adalbero de Saxe.

Il fréquenta l’école cathédrale de Hildesheim, où il acquit une formation complète : outre les études habituelles, il y ajouta l’architecture, la peinture, l’orfèvrerie et la ferronnerie.

En 977, il fut présenté à la cour et reçut une formation de notaire. En 987, il fut à la cour de la reine Theophanu et rédigeait des chroniques. Il fut alors chargé de l’éducation de Otto III.

En 993, Bernward fut sacré évêque de Hildesheim. 

Evêque, il voulut assister à l’office avec les chanoines ; il célébrait la Messe chaque jour ; il aimait donner l’aumône aux pauvres. Il se préoccupait de réunir des jeunes susceptibles d’être candidats au sacerdoce.

Bernward voulut donner à sa ville épiscopale un aspect tout-à-fait romain : les portes de la cathédrale ressemblèrent à celles de Santa Sabina, avec seize sujets représentant des événements bibliques ; devant la cathédrale, il fit construire une haute colonne torsadée, rappelant celle de Trajan à Rome, et portant sur quatre mètres de hauteur trente-quatre scènes de la vie du Christ ; la construction de la majestueuse église abbatiale Saint-Michel devait évoquer la Jérusalem céleste ; tous ces monuments sont inscrits au patrimoine de l’Unesco.

Il protégea la cathédrale et d’autres églises avec des murs et des forteresses, qui pouvaient servir de protection contre des invasions slaves.

Bernward connut une longue et pénible diatribe avec l’évêque voisin de Mayence, chacun revendiquant juridiction sur l’abbaye des moniales de Gandersheim, limitrophe des deux diocèses. L’affaire remonta jusqu’au pape, et malgré la décision de celui-ci, la paix n’était pas revenue entre les deux évêques. Au bout de longues années, ce fut un autre Saint qui les arrangea, l’empereur Henri II (v. 13 juillet) : l’évêque de Mayence (Willigis) reconnut la juridiction de Bernward sur l’abbaye, puis y célébra une Messe solennelle, en présence de Bernward. On a peine à constater comment de grands personnages peuvent arriver à des situations conflictuelles pour de simples questions de droit. Mais Bernward pouvait avoir des raisons que nous ne connaissons pas. Quand Willigis mourut (1011), c’est Bernward qui consacra son successeur.

En 1022, il procéda à la consacration de l’église Saint-Michel (qui ne fut vraiment achevée que plus tard) et demanda à être admis dans cette abbaye : il revêtit l’habit le 11 novembre, et mourut le 20 novembre 1022.

A la suite de miracles obtenus par son intercession, Bernward de Hildesheim fut canonisé en 1192, vénéré tant par le monde catholique que par le protestant.

 

 

Cipriano de Calamizzi

1110-1190

 

Cipriano naquit vers 1110-1120 à Reggio Calabria (Italie Sud), dans une famille noble et riche, d’un père qui lui enseigna la médecine.

Le jeune homme devint à son tour expert dans la science médicale, d’après les biographes.

A vingt-cinq ans, Cipriano entra au proche monastère de Calanna, mais il demanda à mener une vie beaucoup plus érémitique et se retira dans un domaine de son père, proche de Pavigliana. Les grottes de l’endroit permettent de supposer que bien d’autres ermites s’établirent dans cette région.

Cipriano y vécut donc, dans une parfaite solitude, travaillant la terre pour sa nourriture, dans la prière et la méditation.

Evidemment, sa présence ne put demeurer inconnue ; les curieux s’avancèrent, les vocations aussi ; on demanda à l’ermite des conseils, des prières. L’ancien médecin exerça aussi son art.

C’est alors que les moines de la proche abbaye de Calamizzi lui demandèrent d’être leur nouvel abbé, après la mort de l’abbé Paolo. Cette abbaye était bien probablement de rite basilien (oriental). Cipriano jugea que c’était là la volonté de Dieu et accepta (1170).

Le travail de Cipriano fut de stimuler le niveau spirituel et culturel des moines, de restaurer l’église ; il fit construire la campanile, améliorer ou même construire les cellules des moines, leur réfectoire. Il est probable en effet que la vie monastique s’était un peu relâchée et, devenue routinière, n’avait pas été soutenue par une vie suffisamment active, nourrie de lectures intenses et de travaux manuels efficaces.

Cipriano se cassa une jambe en tombant de sa voiture à cheval et ne s’en remit jamais vraiment.

Il mourut saintement à Calamizzi, le 20 novembre 1190. Dans le Martyrologe de ce jour, il est présenté comme Saint.

L’église du monastère de Calamizzi fut détruite dans un tremblement de terre en 1783, tandis que les moines en sortirent miraculeusement indemnes.

 

 

Phanxicô Xaviê Cân 

1803-1837

 

Phanxicô Xaviê (François Xavier) Cân était un catéchiste tonkinois, né vers 1803 à Son Miêng (Hâ Dông, actuel Vietnam). 

Marié, il reçut une mission de l’évêque, Monseigneur Retord, et fut arrêté durant ce déplacement.

On lui reprocha d’enseigner le catéchisme des chrétiens.

On lui présenta une croix à fouler aux pieds. Il refusa. Le mandarin lui susurra : 

- Ce n’est qu’un X, foule le X ! 

- Non ! 

- Ferme les yeux et saute dessus ! 

- Jamais !

Un assistant ne put s’empêcher de remarquer, avec justesse : Il ne sert pas deux maîtres (cf. Mt 6:24).

Phanxicô Xaviê fut étranglé le 20 novembre 1837, puis aussi décapité, pour l’empêcher de ressusciter comme Jésus-Christ. Il avait trente-quatre ans environ.

Béatifié en 1900, canonisé en 1988, Phanxicô Xaviê est mentionné au Martyrologe le 20 novembre.

 

 

Anna Felice Viti

1827-1922

 

Celle qu’on appela heureuse (felice), n’eut vraiment rien pour la rendre heureuse, humainement parlant.

Elle naquit à Veroli (Frosinone, Italie centrale) le 10 février 1827, aînée des neuf enfants de Luigi, un père aussi riche qu’alcoolique, et de Anna Bono.

La maman mourut d’épuisement en 1841, laissant sa petite Anna s’occuper des huit autres gamins et surtout de ce malheureux papa ivrogne, qu’elle aimait et respectait héroïquement au point que chaque soir elle lui baisait la main respectueusement et lui demandait sa bénédiction paternelle, enseignant aux autres à en faire autant.

Un moment, elle fut demandée en mariage par un jeune homme d’Alatri, mais elle préféra sa vocation religieuse.

C’est ainsi qu’en 1851, à vingt-quatre ans, complètement ignorante, elle demanda aux Bénédictines de Veroli de l’accepter comme sœur converse pour devenir sainte.

Aujourd’hui, on s’occuperait davantage d’une telle novice, en lui donnant le temps d’apprendre au moins à lire et à écrire. Au 19e siècle, c’était différent. Les monastères avaient besoin de Convers, qui accomplissaient toutes les tâches matérielles, pendant que les Profès chantaient l’office au chœur et faisaient d’autres travaux intellectuels.

Cette malheureuse Anna Felice eut l’heur de recevoir comme nom de religion Fortunata. Bien mal fortunée, cette héroïne se sanctifia désormais dans les tâches domestiques du couvent, dans l’humilité du travail caché, dans la prière intérieure constante : filer la laine, faire la cuisine, tenir la buanderie, racommoder les bas, conservant un inaltérable sourire avec toutes les consœurs.

Par sa fidélité au devoir pendant soixante-douze années, dans la sécheresse des journées parfois monotones, la Sœur Fortunata acquit la sainteté. Une sainteté assaisonnée de douleurs rhumatismales, de la surdité et de la cécité. A la fin, elle ne pouvait plus bouger sur son lit.

A sa mort, le 20 novembre 1922, elle avait quatre-vingt quinze ans ; les Bénédictines l’ensevelirent rapidement, dans la tombe commune ; mais alors les fidèles commencèrent à demander ce qu’était devenue cette Religieuse qui avait fait des prophéties, qui avait éclaté en sanglots durant la Messe, ayant «appris» que le prêtre aurait renoncé au sacerdoce ; ou qui avait obtenu la guérison de deux malades atteintes de méningite quelques années plus tôt…

Les miracles se multiplièrent par son intercession. On transféra ses restes dans l’église abbatiale.

Sœur Fortunata fut béatifiée en 1967.

Isabel Ferrer Sabriá

1852-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Catalina Calpe Ibáñez

1855-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Josepa Mongoche Homs

1859-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

María Dolores Llimona Planas

1860-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí (née en 1875)

 

 

Emilia Martí Lacal

1861-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Josefa Pascual Pallardó

1862-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Paula de San Antonio

1869-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

1875-1936

 

Francisca était née le 16 janvier 1875 à Villajoyosa (Alicante, Espagne).

Elle prit le nom de María de los Ángeles (des Anges) et de Saint-Joseph chez les Religieuses de la Doctrine Chrétienne.

Ces Religieuses, fondées en 1880 par Micaela Grau, ont pour mission l’éducation des petits enfants et des jeunes pour les aider à devenir de bons chrétiens, sans oublier d’ailleurs aussi les malades et les nécessiteux.

Ángeles avait été élue supérieure de la Congrégation. On la savait droite, courageuse, animée d’une profonde charité envers tous.

Elle avait comme Vicaire et Maîtresse des novices María Antonia Orts Baldó (en religion María du Suffrage), née le 9 février 1888 à Altea (Alicante), et qui était entrée dans la Congrégation en 1922. De grande culture, elle était le véritable ciment de charité entre toutes les religieuses. Au moment suprême, elle exhorta ses Compagnes à pardonner. Toutes ses jeunes novices reprirent leur préparation à partir de 1939.

Les autres Compagnes étaient :

Teresa Rosat Balasch (en religion María du Refuge), née le 15 octobre 1873 à Mislata (Valencia), fille unique ; elle fit les vœux en 1906 et fut supérieure à Tabernes de Valldigna, Molins de Rei, Cabrera de Mar, Cornellá et Carlet (Valencia), profondément religieuse, de vie intérieure intense, généreuse et désintéressée ; elle se réfugia d’abord chez des amis, mais fut bientôt arrêtée et mise en prison à Carlet.

Josefa Romero Clariana (en religion María du Calvaire), née le 11 avril 1871 à Carlet (Valencia), entrée dans la Congrégation dès 1892, malgré une forte opposition de la part de la famille ; elle faisait tous les travaux humbles avec grande disponibilité. Elle fut à San Vicente dels Horts, Tabernes de Valldigna, Guadasuar, et Carlet. Réfugié d’abord chez sa sœur, elle subit huit jours de prison avant d’être fusillée.

María Dolores Llimona Planas (en religion María de Montserrat), née le 2 novembre 1860 à Molíns de Rei (Barcelona) ; une des premières à faire partie de la Congrégation naissante ; elle fut supérieure de 1892 à 1925 (trente-trois ans) ; à sa mort, elle était conseillère générale.

Ascensión Duart Roig (en religion Teresa de Saint-Joseph), née le 20 mai 1876 à Benifayó de Epioca (Valencia) ; longtemps maîtresse des novices ; femme de prière, qui savait se mortifier, elle répétait souvent : Il vaut parler avec Dieu que parler de Dieu. Elle avait un don particulier pour la peinture ; elle était la supérieure locale de la maison généralice.

Isabel Ferrer Sabriá, née le 15 novembre 1852 à Vilanova y la Geltrú (Barcelona), était la plus âgée du groupe, cofondatrice de la Congrégation ; elle s’était établie avec la Fondatrice à Molíns de Rei (Barcelone) en 1880 ; pénétrée profondément de l’esprit de la Fondatrice, elle sut transmettre cet idéal à toutes les autres jeunes qui entraient dans la Congrégation. Elle s’intéressa particulièrement aux plus pauvres, aux marginaux, aux analphabètes.

Josepa Mongoche Homs (en religion María de l’Assomption), née le 12 juillet 1859 à Ulldecona (Tarragona), de vie intérieure très profonde, particulièrement dévote de la Sainte Vierge ; c’était une maîtresse couturière.

Emilia Martí Lacal (en religion María Concepción), née le 9 novembre 1861 à Carlet (Valencia) ; elle fit partie de la fondation à Carlet ; délicate, humble, femme de prière et de silence, elle aida les jeunes de Sollana à prier, à méditer en silence, mais aussi à coudre.

Paula de San Antonio (en religion María Gracia), née le 1er juin 1869 à Valencia. Très pauvre, elle était connue à Turís pour son imperturbable sourire et sa disponibilité à rendre service ; enseignante, à l’esprit apostolique, sa préférence allait aux malades et aux pauvres.

María Purificación Gómez Vives (en religion María du Sacré-Cœur), née le 6 février 1881 à Valencia ; elle aussi était enseignante, et sut inculquer à toutes les élèves de Molíns de Rei un profond esprit de piété, tant elle savait être comprise par elles ; 

Teresa Jiménez Baldoví (en religion María du Secours), née le 13 mars 1885 à Sant Martí de Provençals (Barcelona) ; elle fut orpheline de sa mère et fut recueillie par les Carmélites. En 1907, elle entra au noviciat des Religieuses de la Doctrine Chrétienne et fut à Mislata au moment de la révolution ; elle s’occupait particulièrement des tout-petits et des orphelins, avec une douceur maternelle ; 

Gertrudis Rita Floréncia Surís Brusola (en religion María des Douleurs), née le 17 février 1899 à Barcelone ; elle fut éduquée d’abord chez des Religieuses françaises, puis à l’Ecole Normale de Barcelone ; l’été, elle était chez ses oncles de Cabrera de Mar. En 1918, elle entra chez les Religieuses de la Doctrine Chrétienne, où sa Maîtresse des Novices fut Ascensión Duart Roig (ci-dessus). En partant pour Valencia, elle avait dit : Mon sort sera celui de toutes les Sœurs.

Josefa Pascual Pallardó (en religion Ignacia du Saint-Sacrement), née en 1862 à Valencia, orpheline elle-même ; entrée au noviciat de San Vicente dels Horts, elle était devenue la cuisinière de la maison, toujours soucieuse d’accomplir son travail avec l’élégance spirituelle qui convenait. En 1936, elle dut quitter précipitamment la communauté de Sollana et rejoindre celle de Valencia.

Catalina Calpe Ibáñez (en religion María du Rosaire), née le 25 novembre 1855 à Sueca (Valencia), était passionnée par les ouvrages de spiritualité et d’histoire ; aimable, sérieuse, délicate, elle fut exécutée cinq jours avant son quatre-vingt-unième anniversaire. 

María Isabel López García (en religion María de la Paix), née le 12 août 1885 à Turís (Valencia) ; au dos d’une des images qu’elle conservait dans un de ses livres, elle avait écrit : Seigneur, rends-moi digne d’être martyre par amour pour toi.

Aurea Navarro (en religion Marcela de Saint-Thomas), née (en ???) à La Roda (Albacete) ; elle entra dans la Congrégation en 1934, à la veille de la Révolution. 

 

Le 19 juillet 1936, la communauté de Mislata se transféra à celle de Valencia, dont le noviciat avait été évacué, les novices ayant rejoint soit leurs familles soit des amis qui les hébergeaient. Restait seulement Aurea Navarro (Tomasa), qui ne savait où aller, n’ayant plus de nouvelles de sa famille depuis longtemps.

Le 26 septembre, on appela Teresa Rosat Balasch et Josefa Romero Clariana. qui furent conduites au Barranco de los Perros (Llosa de Ranes, Valencia), où elles furent fusillées. Après la guerre, les Religieuses recueillirent amoureusement la mère de Teresa jusqu’à ses derniers moments.

Au couvent, les perquisitions quasi quotidiennes se répétèrent ; les Religieuses pouvaient encore envoyer de leurs nouvelles aux autres communautés, aux familles, dans un climat de Gethsémani. La vie de communauté se réorganisa. Les Religieuses se proposèrent même pour confectionner des pull-overs pour les «combattants», sans distinction, y compris, certainement, pour ceux-là mêmes qui allaient les conduire à la mort.

Le vendredi 20 novembre 1936, des miliciens ordonnèrent à toutes les Religieuses de monter dans un camion. Devinant facilement ce qui se passait, elles s’encouragèrent l’une l’autre, prièrent, pardonnèrent aux miliciens, qui les conduisirent au Picadero de Paterna, à quelques kilomètres de là.

Là, les quinze Religieuses furent d’abord torturées et mutilées, avant d’être fusillées. La dernière fut la Mère supérieure, María des Anges, qui alors cria fortement : Vive le Christ Roi !

La béatification de ces dix-sept Religieuses de la Doctrine Chrétienne eut lieu en 1995.

Les deux premières martyres du groupe sont mentionnées au Martyrologe le 26 septembre, les quinze autres au 20 novembre.

 

 

Ascensión Duart Roig

1876-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

María Purificación Gómez Vives

1881-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Milagros Ortells Gimeno

1882-1936

 

De famille bourgeoise et très chrétienne, Milagros naquit le 28 novembre 1882 à Turía.

Joyeuse, jamais elle ne voulut avoir les «aises» de sa famille (ses parents tenaient une importante manufacture), elle ne suivait pas les modes, ne porta jamais ni chapeau ni mantille, s’agenouillait par-terre à l’église et recherchait plutôt l’amitié des filles de classe pauvre.

A vingt ans, elle entra chez les Clarisses, en 1902.

Elle y fut infirmière, couturière, sacristine, puis conseillère de l’abbesse et maîtresse des novices. Elle se signalait pour sa prudence, son esprit de mortification, son grand amour pour la Sainte Vierge et l’Eucharistie, sa fidèle obéissance.

Par deux fois déjà, durant la République, elle dut quitter le monastère, mais sans conséquences à ce moment-là.

En revanche, en 1936, elle s’était réfugiée avec sa sœur María avec les Religieuses de la Doctrine Chrétienne, et partagea leur sort (voir la notice : Francesca Desamparados Honorata Lloret Martí).

Il y eut une étude faite sur son cadavre, d’où il résulte combien son martyre fut horrible, le 20 novembre 1936.

Milagros Ortells Gimeno fut béatifiée en 2001.

 

 

Teresa Jiménez Baldoví

1885-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

María Isabel López García

1885-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

María Antonia Orts Baldó

1888-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Aurea Navarro

1889-1936

 

La date de sa naissance n’est pas certaine.

Elle dut naître à La Roda et entra chez les Sœurs de la Doctrine Chrétienne, à l’âge d’environ quarante-cinq ans.

Elle n’écrivit jamais rien sur son passé, qui avait dû être douloureux. On ne l’entendit jamais parler ouvertement non plus de sa famille, dont elle se sépara avec peine, pour suivre l’appel de Dieu. Seules ses Supérieures surent pourquoi elle voulait se consacrer et l’acceptèrent volontiers en 1934, à Valencia.

Vêtue en 1935, elle se montrait heureuse et discrète, toujours souriante.

Elle tint à prendre la nom de Tomasa, déjà porté par sa mère.

 

Voir aussi la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Gertrudis Rita Floréncia Surís Brusola

1899-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

Partager cet article

Repost0
19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 00:00

 

19 NOVEMBRE

 

-V.

S Abdias, prophète.

II.

SS Severinus, Exuperius et Felicianus, martyrs près de Vienne.

III.

S Maximos, chorévêque et martyr à Césarée de Cappadoce.

S Barlaam, martyr à Antioche : il eut la main brûlée par les charbons ardents et l'encens qu'il refusa de faire brûler devant les dieux païens.

S Faustus, diacre à Alexandrie et martyr (peut-être le même qu'au 6 septembre).

S Citroine (Cydroine), prêtre en Loudunais (IV.?).

IV.

S Azas, martyr en Isaurie.

VI.

S Théodemir, abbé à Micy.

VII.

S Houardon, évêque à Saint-Pol-de-Léon, ami et protecteur de s. Hervé.

VIII.

Ste Ermenburge (Domneva, Ebba), mère des stes Mildburge, Mildred, Mildgyth et de s. Merefin, sœur des ss. Ethelred et Ethelbert, abbesse à Minster-in-Thanet.

S Eudo, abbé au Monastier.

Ste Medana, vierge martyre en Ecosse.

IX.

S Totto, abbé à Ottobeuren.

S Jacques, ermite à Sasseau, peut-être un soldat venu de Grèce.

X.

S Simone, abbé, puis ermite au Monte Mercurio en Calabre.

Ste Amalberge, abbesse à Susteren.

XIII.

Ste Mechtild de Hackeborn, mystique contemporaine de ste Gertrud, à Helfta.

XIV.

S Giacomo Benfatti, évêque à Mantoue, dominicain.

XX.

Bx Eliseo García y García (*1907), profès salésien, et Alejandro Planas Saurí (*1878), laïc coopérateur salésien, martyrs près de Barcelone en 1936, béatifiés en 2001 ; Alejandro resta laïc parce que, sourd, il ne pouvait émettre la profession…

Abdias, prophète

 

Les vingt-et-un versets du prophète Abdias en font le livre le plus court de toute la sainte Bible. Et saint Jérôme en dit qu’il est d’autant plus difficile qu’il est court (quanto brévius est, tanto difficílius).

En effet, on ne sait rien sur le prophète en question, ni sur son époque.

Le nom même du prophète pose des problèmes : il vaudrait mieux dire Abdiou, ou même Obdeiou, comme l’ont gardé les Anglo-saxons.

La période de l’activité de ce «petit prophète» n’est pas connue : elle pourrait se situer, pour les uns, au 9e, pour d’autres au 6e siècle.

Si Abdiou est rangé parmi les «petits prophètes», c’est justement en vertu de la brièveté de son message, comme les onze autres, dont les livres sont beaucoup plus brefs que ceux des quatre «grands prophètes».

Le texte se présente comme une «vision», une sorte d’extase, durant laquelle Abdiou a entendu un message divin, qu’il répète.

Cette vision accuse fortement le pays d’Edom, qui n’est pas venu au secours d’Israël, et même s’est réjoui des attaques dont il était victime, avant que la «vengeance» de Dieu s’enflamme contre lui.

On y a vu la rivalité héréditaire entre les deux frères Esaü et Jacob, et plus tard l’action dominatrice de la Rome païenne contre Israël.

Le livre d’Abdiou n’est jamais cité dans le Nouveau Testament. Parmi les Pères de l’Eglise, trois en particulier l’ont commenté : Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et saint Cyrille d’Alexandrie, qui penchent pour une interprétation historique du texte, rappelant la rivalité constante entre l’Idumée et Israël, puis la «punition» providentielle de l’Idumée, alliée de Babylone, ces deux dernières renversées par les Perses.

Ce renversement de situation, l’écrasement de l’Idumée, a finalement été interprété comme l’écrasement du diable par le Christ ressuscité (saint Hésychius de Jérusalem). Saint Jérôme enfin applique cette victoire finale à l’effacement des hérésies.

Saint Abdias est commémoré le 19 novembre au Martyrologe.

 

 

Severinus, Exuperius, Felicianus de Vienne

? 2. siècle

 

On ne sait pas à quand remonte le martyre de ces trois Saints.

Ils auraient été martyrisés à Brennier (Isère), et on les aurait longtemps ignorés.

Durant l’épiscopat de Paschasius (5.siècle), un sous-diacre nommé Tertius aurait eu révélation de leur sépulture.

Après une translation de leurs reliques, ils furent très honorés à Saint-Romans et les fidèles obtinrent beaucoup de grâces par leur intercession. On les appela les Trois Doms, les trois «seigneurs».

Ce qui restait de leurs reliques fut dispersé par les Huguenots en 1562.

Le Martyrologe Romain mentionne les saints Severinus, Exuperius, Felicianus de Vienne au 19 novembre.

 

 

Maximos de Césarée de Cappadoce

? 3. siècle

 

En ce jour du 19 novembre était commémoré un Maximus, prêtre, martyr sur la Voie Appienne, à Rome, sous Valérien (donc vers 255).

Les premières informations le concernant le disaient d’abord commentariensis, un secrétaire ; on en a fait ensuite un prêtre, sous Maximin (donc vers 310) ; puis les faits se sont transportés sous Maximien (donc fin 3e ou début 4e siècle, mais il ne semble pas que Maximien ait persécuté les Chrétiens ) ; on aurait jeté Maximos du haut d’un pont.

Mais une autre source le localisa à Césarée de Cappadoce (auj. Kayseri, Turquie centrale), et là notre Martyr est un chorévêque (missionnaire avec les pouvoirs d’un évêque).

Le Martyrologe Romain actuel a repris ces informations et mentionne saint Maximos de Césarée de Cappadoce au 19 novembre.

 

 

Barlaam d’Antioche

† 303

 

Barlaam était un homme simple, très chrétien, des environs d’Antioche de Syrie (auj. Antakya), peut-être un brave villageois, et d’un certain âge.

A cause de sa foi, on le garda longtemps en prison, où il se prépara par la prière à supporter tous les supplices que l’on voudrait lui infliger.

Quand on l’en tira, on l’amena devant une statue de dieu païen et on lui fourra de force dans la main des charbons ardents et de l’encens, qu’il devait offrir à cette statue. On espérait que Barlaam se serait tordu de douleur et qu’en retournant sa main, il aurait laissé s’échapper la fumée d’encens vers la statue ; mais le brave homme, courageusement, resta immobile.

Dans une homélie prononcée plus tard au jour anniversaire de cet événement, s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre) prononça ces mots : On voyait s’élever deux fumées : l’une de l’encens qui s’allumait, l’autre de la chair qui se détruisait… Le corps se détruisait, mais la foi ne se perdait pas… Les charbons, après avoir troué la main par le milieu tombaient à terre…

Personne n’a dit que Barlaam eût été martyrisé ensuite. Il succomba peut-être des suites de ses blessures et sa constance lui valut de la part de l’Eglise le titre de martyr.

La date du martyre reste incertaine. S. Jean Chrysostome, qui s’exprime au lendemain de la fête de Barlaam, mentionne la proximité de l’été, ce qui conforterait un jour du mois de mai : certains ont effectivement daté l’événement du 30 mai. Le 19 novembre serait plutôt la date de la dédicace de l’église Saint-Barlaam à Constantinople.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Barlaam d’Antioche au 19 novembre.

 

 

Eudo du Monastier

† 720

 

Un monastère avait été fondé dans le diocèse du Puy par un certain Calminius, comte d’Auvergne, dont le nom avait été à l’origine de Calmiliacum, devenu ensuite Le Monastier.

Eudo (Eodo, Eudes, Audo), né à Orange, avait été archidiacre de Saint-Paul-Trois-Châteaux.

Moine à Lérins, il fut désigné par l’abbé, en 655, pour être le premier abbé de Calmiliacum.

Il excella vraiment dans sa mission, au point que les moines furent bientôt très nombreux.

Il aurait été l’oncle de Chaffre ou Théofrède (Theodfredus), qui lui succéda et dont le monastère prit ensuite le nom.

La communauté suivit d’abord la Règle de Lérins, puis adopta celle de s.Benoît (v. 21 mars).

On trouve aussi qu’Eudo aurait été évêque du Puy, mais il n’y a pas d’évêques de ce nom dans la liste épiscopale de ce diocèse. A cette époque, seul un certain Eusebius aurait un nom approchant celui d’Eudo, mais il n’a rien à voir avec lui.

Eudo mourut vers 720.

Saint Eudo du Monastier est commémoré le 19 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simone de Monte Mercurio

10e siècle

 

Simone était l’abbé d’un monastère situé sur le Monte Mercurio (Calabre, Italie S).

On sait qu’il fut envoyé en Afrique pour y racheter des moines capturés par les Arabes lors de leur récente incursion. Ce qu’on ne précise pas, c’est l’autorité qui lui confia cette mission ; les moines calabrais étaient de rit oriental, comme s.Nilo (v. 26 septembre) ou son disciple Bartolomeo de Grottaferrata (v. 11 novembre). Si ces monastères suivaient la Règle de s.Basile, ils restaient indépendants les uns des autres et n’appartenaient pas à quelque confédération, comme c’est le cas des moines Bénédictins en Occident. Ce n’est qu’au siècle suivant qu’intervint une réforme dans le sens d’une confédération des monastères, sur l’exemple de ceux du monde latin.

On pourrait donc supposer à juste titre que Simone, en tant qu’abbé, ait pris sur lui de se rendre personnellement auprès de l’autorité arabe pour solliciter la libération des moines captifs. Peut-être ces moines étaient-ils de son propre monastère et Simone pouvait les connaître nommément.

Quand il fut en Afrique (on ne nous dit pas non plus dans quelle région), il put retrouver ces moines. L’un d’eux lui raconta comment les Musulmans flagellaient leurs victimes, de façon répétée et extrêmement douloureuse, dans le but avoué d’affaiblir tellement les moines, qu’ils finissent par renier la foi chrétienne.

Simone pria Dieu d’intervenir : le bras du bourreau se paralysa sur le champ, à la grande stupeur de tous ceux qui assistaient à cette torture. Simone s’avança alors vers le bourreau et, d’un signe de croix, redonna vie au bras malade.

C’est alors que le chef arabe, témoin d’un tel miracle, libéra sans attendre tous les moines prisonniers.

Revenu en Calabre, ajoute brièvement la Vie de Simone, il conduisit alors la vie érémitique.

On pourra ici admirer l’esprit de détachement, d’humilité, de cet abbé. Plutôt que de reprendre sa place d’abbé - et risquer d’être fréquemment montré comme un thaumaturge, il se mit à l’écart, dans la solitude, pour prier et contempler.

Un vieux texte italien résume cette vie d’anachorète en disant que Simone fut admirable dans ses rudes pénitences.

De même qu’on ignore la date, même approximative, de la naissance de Simone, de même on en ignore celle de sa mort. Avec le Martyrologe, on le situe simplement au dixième siècle.

Saint Simone de Monte Mercurio est commémoré le 19 novembre dans le Martyrologe Romain.

Mechtild de Hackeborn

1241-1299

 

Mechtild était née à Helfta (Allemagne C) vers 1241, petite sœur de Gertrud (la Grande, v. 17 novembre), de famille noble.

Toutes les dates qu’on donne ici peuvent varier d’une année.

A sept ans, Mechtild fut confiée au monastère cistercien de Rodardersdorf et y reçut une culture très vaste, allant d’Origène à Thomas d’Aquin, de l’Ecriture à la liturgie.

Après que Gertrud devint abbesse à Helfta, Mechtild la rejoignit, en 1258. Elle dirigea l’école du couvent, fut maîtresse des novices. Elle eut en outre à diriger le chœur des moniales ; on disait que sa façon de diriger avait parfois de l’extatique.

Elle bénéficia en effet de visions, de révélations, d’expériences mystiques. Pendant longtemps, elle maintint secrètes ces grâces particulières, mais commença à s’en ouvrir vers 1290, et deux moniales recueillirent ses confidences. Une de ces deux-là fut très certainement Gertrud elle-même.

Le Livre de la Grâce Spéciale parle du culte envers le Sacré-Cœur, avec sa blessure d’amour, de l’Eucharistie, de la Liturgie, des Ames du Purgatoire. Mechtild savait parler des Ames du Purgatoire, par exemple de celle de son père.

Elle vivait intensivement la Passion de Notre-Seigneur ; elle se mettait des tessons dans le lit et s’y roulait jusqu’au sang en s’offrant pour le salut des âmes.

On rapporta aussi des cas de guérisons qu’elle aurait opérées, par exemple en rendant la vue à une moniale aveugle.

Les textes de Mechtild furent largement diffusés ; Heinrich Seuse et Johannes Tauler les lurent ; on les connut en Hollande, en Angleterre, en Suède.

Mechtld mourut le 19 novembre 1299, son dies natalis au Martyrologe.

 

 

Giacomo Benfatti

? - 1332

 

Né vers la moitié du 13e siècle à Mantoue (Italie N), de noble famille, Giacomo (Jacques) entra chez les Dominicains.

Il étudia à Paris, où il reçut le titre de maître en théologie.

Devenu conseiller du maître général des Dominicains, Nicola Boccasino, ce dernier, une fois devenu le pape Benoît XI, le nomma évêque de Mantoue en 1304.

Giacomo fut discret et prudent. Il se maintint à l’écart des luttes fratricides qui déchiraient les villes rivales d’Italie. 

Proche des pauvres, il fut leur père. Il s’occupa particulièrement des pestiférés et des malades.

Il connut Luigi Gonzaga (v. 20 juin), dont la famille habitait aussi près de Mantoue.

On connaît peu de choses sur l’épiscopat de Giacomo : en 1311, il assista au couronnement d’Heinrich VII comme roi d’Italie ; en 1312, il participait au concile de Vienne en Dauphiné ; en 1326, il administrait la Confirmation à Rome.

Il donna des statuts à la compagnie des Frères de la Miséricorde.

Au terme de ces vingt-huit ans d’épiscopat, Giacomo Benfatti s’éteignit à Mantoue le 19 novembre 1332.

Son culte commença dès sa mort, et s’amplifia encore lorsque trois siècles plus tard on découvrit le corps intact ; ce culte a été confirmé en 1859, ce qui correspond à une béatification.

 

 

Alejandro Planas Saurí

1878-1936

 

Alejandro Planas Saurí était né le 31 octobre 1878 à Mataró (Barcelone).

De naissance, il était sourd. Il apprit à s’exprimer, à parler un peu, et pouvait comprendre ce qu’on lui disait en lisant sur les lèvres.

A partir de 1905, il vécut chez les Salésiens à San Viçens dels Horts, où on le voyait prier avec grande ferveur, toujours disponible à aider les autres. Il était très cultivé, et en plus habile à sculpter.

Il ne fit pas la profession religieuse proprement dite, mais il se consacra privément.

En 1936, les Salésiens eurent leur maison de Barcelone incendiée, et celle de San Viçens fut réquisitionnée le 21 juillet. Le 25 juillet, on vint démonter la chapelle et y supprimer tout signe religieux.

Le 12 novembre, arriva un ordre d’expulsion. Tous partirent, sauf Alejandro Planas qui, étant séculier, pensait pouvoir rester dans la maison pour la «garder», jugeant trop rapidement que le pire était passé. Son confrère Eliseo venait le voir, pour lui apporter des vivres et surtout un soutien fraternel.

Ils furent arrêtés tous les deux. On ne sait rien de plus : on suppose qu’ils furent tous deux emmenés au Comité révolutionnaire, puis au Garraf, non loin de Barcelone, où ils furent fusillés. On n’a jamais retrouvé leurs cadavres, qui pourraient bien avoir été jetés en mer.

Le Martyrologe reporte leur martyre au 19 novembre.

Eliseo et Alejandro furent béatifiés en 2001.

 

 

Eliseo García García

1907-1936

 

Eliseo naquit à El Manzano (Salamanque) le 25 août 1907, dans une famille d’agriculteurs, où naquirent quatre enfants. Les parents moururent en 1916.

Son frère aîné, Esteban, était entré chez les Salésiens et il le suivit, comme laïc coadjuteur. Il devait aussi le suivre dans le martyre (don Esteban fut assassiné le 24 septembre 1936, et béatifié en 2007).

Il fut d’abord à Campello (Alicante), où il fut déjà persécuté par les miliciens, qui connaissaient ses accointances avec les Salésiens.

Après avoir fait les vœux en 1932, à Gerona, il fut envoyé pour travailler au collège de San Viçens dels Horts, où il se trouvait au moment de la guerre civile.

En 1936, les Salésiens eurent leur maison de Barcelone incendiée, et celle de San Viçens fut réquisitionnée le 21 juillet. Le 25 juillet, on vint démonter la chapelle et y supprimer tout signe religieux.

Voilà les pauvres Religieux, avec leurs élèves, privés de leur oratoire. Mais on continua de prier, avec ferveur.

Le 12 novembre, arriva un ordre d’expulsion. Tous partirent, sauf Alejandro Planas qui, étant séculier, pensait pouvoir rester dans la maison pour la «garder». Eliseo allait le voir, pour lui apporter des vivres.

Il fut alors arrêté (ainsi qu’Alejandro). On ne sait rien de plus : on suppose qu’ils furent tous deux emmenés au Comité révolutionnaire, puis au Garraf, non loin de Barcelone, où ils furent fusillés. On n’a jamais retrouvé leurs cadavres, qui pourraient bien avoir été jetés en mer.

Le Martyrologe reporte leur martyre au 19 novembre.

Eliseo (et Alejandro) furent béatifiés en 2001.

Partager cet article

Repost0
18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 00:00

 

18 NOVEMBRE

IV.

Dédicace des Basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul à Rome ; reconstruites, elles furent reconsacrées, la première ce même jour en 1626, l'autre en 1854 après un incendie.

S Romanus, diacre martyr à Antioche de Syrie ; sa langue coupée ne l'empêcha pas de parler ; les pieds écartés dans les ceps, il fut étranglé.

V.

S Oriculus, martyr près de Reims.

VI.

Ste Aude, vierge, disciple de ste Geneviève, fervente de l'Eucharistie.

S Thomas d'Emèse, moine en Syrie ; on avait mis d'autres corps dans son tombeau encore libre : on les retrouva hors du tombeau, signe qu'on lui devait une sépulture à part.

S Maudez, abbé breton ; il est invoqué contre tout ce qui rampe, serpents et vers.

S Patrocle, ermite dans le Berry et thaumaturge ; il n'avait pu s'accomoder de la vie commune des clercs à Bourges, et se retira à Néris, puis dans les environs.

S Romacharius, évêque à Coutances.

VIII.

S Fergus, évêque en Ecosse.

S Théofrède, abbé à Carméry et martyr des Sarrasins. Son monastère s'appela ensuite Saint-Chaffre.

IX.

S Tanguy, abbé en Bretagne ; ayant par erreur tué sa sainte sœur Haude, il aurait jeûné quarante jours et fondé un monastère à Relecq.

X.

S Odon, tourangeau, moine à Baume-les-Messieurs, puis abbé de trois monastères, dont Cluny, mort au jour octave de s. Martin.

XVII.

B Leonardus Kimura, frère coadjuteur jésuite, martyr brûlé vif à Nagasaki avec les bx. laïques Domingos Jorge (portugais époux d'une japonaise), Cosmas Takeya Sozaburo (coréen), Ioannes Yoshida Shoun, teinturier, et Andreas Murayama Tokuan ; ces laïques faisaient partie de la Confraternité du Rosaire.

XIX.

Ste Rose-Philippine Duchesne, missionnaire française des Dames du Sacré-Cœur, à Saint Charles Missouri ; elle inaugura encore une école chez les Potawatomis (Kansas) à soixante-douze ans ; canonisée en 1988.

XX.

B Ferdinando Santamaria (Grimoaldo de la Purification, 1883-1902), jeune passionniste italien frappé de méningite foudroyante, béatifié en 1995.

Bse Karolina Kozka (1898-1914), jeune martyre polonaise, victime de sa pureté, béatifiée en 1987.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 1998 :

Visitandines : à Madrid, Amparo Hinojosa Naveros (María Gabriela), Carmen Barrera Izaguirre (Josefa María), Laura Cavestany Anduaga (Teresa María), Martina Olaizola Garagarza (María Angela), Josefa Joaquina Lecuona Aramburu (María Engracia), Inés Zudaire Galdeano (María Inés) (*1872, 1881, 1888, 1893, 1897, 1900) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : près de Cartagena, José María Cánovas Martínez (*1894) ;

Dominicains : près de Madrid, le prêtre Vidal Luis Gómara (*1891) ;

Lasalliens : près de Cartagena, Esteban Anuncibay Letona (Ovidio Bertrán), Germán García y García (Luciano Pablo), Modesto Sáez Manzanares (Hermenegildo Lorenzo), Augusto Cordero Fernández (Estanislao Víctor), Emilio Martínez de la Pera Álava (Lorenzo Santiago) (*1892, 1903, 1903, 1908, 1913).

 

Romanus de Césarée de Palestine

† 303

 

Romanus était de la région de Césarée de Palestine (proche de l’act. Hadera, Haïfa, Israël) - ou appartenait à une grande famille d’Antioche.

Il était diacre et exorciste.

En 303, parut l’édit de Dioclétien contre les Chrétiens. Romanus vit à Antioche de nombreux Chrétiens prêts à apostasier, et chercha de toutes ses forces à les convaincre de rester fidèles au Christ.

Il fut bientôt conduit au juge, qui le condamna à la peine du feu. Mais on devait attendre la décision suprême de Dioclétien, qui devait passer à Antioche.

L’empereur, courroucé par l’attitude de Romanus, préféra lui faire couper la langue, supplice qui fut exécuté par un médecin.

Mais la merveille est que, même blessé de la sorte, Romanus put encore parler.

Une version un peu édulcorée rapporte que Romanus aurait demandé de faire venir n’importe quel enfant de la place publique, pour confirmer la Foi chrétienne, et le petit Barulas confessa la Foi dans le Dieu unique. L’enfant fut décapité et Romanus aurait eu alors la langue coupée, avant d’être étranglé.

Dans les deux versions, on retrouve le miracle de la langue coupée. Saint Jean Chrysostome affirma qu’alors on avait pu supprimer la langue de Romanus, mais pas sa voix !

A ce moment-là, beaucoup de Chrétiens bénéficièrent d’une amnistie concédée par Dioclétien en l’honneur du vingtième anniversaire de son accession au trône, mais Romanus ne fut pas libéré. Au contraire, on lui mit les deux pieds dans les ceps écartés jusqu’au cinquième trou et c’est dans cette  douloureuse position qu’il fut étranglé.

On a vu que le 17 novembre étaient morts les deux Martyrs Alphæus et Zachæus ; Romanus mourut le lendemain, 18 novembre 303.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Romanus de Césarée au 18 novembre.

 

 

Romacharius de Coutances

† 600

 

Un document non confirmé a prétendu que Romacharius (ou Rompharius, en français Romphaire) venait de Grande-Bretagne et aurait résidé à Barfleur (Manche).

Il fut le sixième évêque de Coutances, probablement de 566 à 600.

On ne connaît que peu de choses sur le temps de son épiscopat, qui dura tout de même trente-quatre années environ.

Il se trouva à Nantes aux côtés de s.Euphrone de Tours (v. 4 août) pour la dédicace d’une église.

Quand l’évêque métropolite de Rouen, Prétextat, fut assassiné sur l’ordre de la reine Frédégonde (14 avril 586), c’est Romacharius qui présida aux funérailles.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Romacharius de Coutances au 18 novembre.

 

 

Maudez de Lanmodez

6e siècle

 

Maudez (vieux celtique Magu-Tid, serviteur de Dieu) passe pour être d’origine irlandaise, comme son nom ne l’indique pas. En gallo, on l’écrit Maudé ou Maudet, en breton Maodez ou Modez, en cornique Mawes.

On le disait benjamin des dix fils du roi Ercleus et de la reine Getuse ; de ces dix enfants, on parle aussi de Juvelte (ou Juvette).

A sept ans, il fut confié à un monastère, où il reçut le sacerdoce dix ans plus tard (sans doute un peu plus, car jamais l’Eglise n’ordonne un prêtre à dix-sept ans).

Etant revenu à la cour de son père, il s’efforça d’en réformer les mœurs et d’y prêcher l’Evangile ; mais il préféra quitter ce monde de vanités pour s’isoler avec Dieu.

Il rejoignit la côte armoricaine, rencontra s.Samson dans son monastère, s.Ruelin au monastère de Tréguier : il s’établit non loin, dans la solitude appelée plus tard Lanmodez, où de nombreux pèlerins et malades vinrent le consulter, lui demander de l’aide spirituelle et matérielle ; les sourds, les aveugles, les paralytiques s’en revenaient guéris.

Il aurait ensuite fondé un monastère sur l’ile Gueit Enez (plus tard Gueldenes, act. île Maudez), où l’auraient rejoint s.Budoc et s. Tudy ou Tugdual (v. 30 novembre).

Comme s.Patrice en Irlande (v. 17 mars), il chassa de l’île les serpents ; on trouve encore sur l’île un monument appelé Forn Modez (four de Maudez).

Maudez mourut très probablement au 6e siècle.

Sa réputation fut immense ; c’est peut-être le Saint le plus populaire après s.Yves (v. 19 mai). Des reliques de lui, apportées près de Paris, donnèrent naissance à la ville de Saint-Mandé. On allait souvent gratter de la terre ou de la poussière à son tombeau, qu’on dissolvait dans de l’eau, pour guérir des vers. Successivement, on invoqua s.Maudez contre les morsures de serpents, les fièvres infantiles, les maladies des yeux, les furoncles, les maux de pieds.

On vénère aussi localement sa sœur «sainte Juvette», responsable elle aussi de nombreux miracles.

Saint Maudez de Lanmodez est commémoré le 18 novembre dans le Martyrologe Romain, donc tout-à-fait reconnu par l’Eglise.

 

 

Patrocle, ermite

500-576

 

Patrocle naquit vers 500 (ou un peu avant) dans le Berry, fils d’Ætherius et frère d’Antonius.

Tandis que Patrocle devait garder les brebis, Antonius allait à l’école ; un jour, ce dernier fit valoir à son frère de s’éloigner, n’étant qu’un paysan bon à garder les brebis. Patrocle ne s’en offensa pas, mais il reçut la remarque comme une invitation de Dieu à apprendre lui aussi à lire et à écrire. Bientôt, il dépassa son frère, qui désormais disparaît de notre histoire.

Il y avait alors dans l’entourage du roi Childebert un certain Nunnion, qui lui recommanda Patrocle. On ne sait comment ils se connurent, mais Patrocle vécut quelque temps à la cour.

Quand il eut quarante ans environ, son père mourut et il revint au pays berrichon. La brave veuve espérait que son fils allait se marier et l’assister dans ses vieux jours, mais Patrocle ressentait en son cœur un autre appel. Il alla auprès de l’évêque de Bourges, Arcadius, qui le tonsura, l’admit dans le clergé et bientôt l’ordonna diacre. Que fit donc la maman, l’histoire ne nous le dit pas : la Vita se concentre sur les faits et mérites de notre Héros, sans s’étendre sur les décors de l’histoire.

Patrocle eut à partager la vie des autres clercs. Mais son esprit était «ailleurs» : il oubliait l’heure du repas, et puis il ne buvait pas de vin ni de bière, ne se servait pas de ragoût et préférait le pain trempé dans l’eau ; et puis il ne dormait pas, ou très peu, pour veiller et prier ; et puis il portait un cilice sous sa tunique ! L’archidiacre réprimanda Patrocle : ou tu fais comme tout le monde, ou tu t’en vas.

Sans s’émouvoir, Patrocle comprit qu’il devait aller ailleurs. L’évêque cependant l’ordonna prêtre. Patrocle alla se fixer à Néris (Allier), où il se construisit un oratoire, avec des reliques de s.Martin (v. 11 novembre) et ouvrit une école. Mais il se mit à faire des miracles, à guérir des infirmes, ce qu’il n’avait pas prévu et qui dérangeait passablement son humilité ; où aller ?

Patrocle recourut à un saint stratagème : il écrivit sur autant de petits billets toutes les solutions qu’il pouvait envisager pour sa vie, les déposa sur l’autel et se mit en prière, pendant trois jours et trois nuits ; le billet qu’il «choisit» alors était celui de l’ «ermite».

Il remit sa maison à quelques religieuses et se mit en route ; il ne prenait avec lui qu’une bêche et une hache à deux tranchants : ce qu’il lui faudrait pour se construire une cabane dans la forêt et entretenir un jardinet. L’endroit où il s’arrêta s’appelait Mediocantus (auj. La Celle).

Allait-il connaître le silence de la solitude ? Les foules ne tardèrent pas à le retrouver, à lui amener des malades, des possédés, que Patrocle guérissait ; il pria ainsi trois jours et trois nuits avant de délivrer un possédé.

Le Diable intervint aussi. Il insinua dans le cœur de Patrocle l’idée de retrouver le monde. Patrocle pria ; un ange le fit monter sur une haute colonne, d’où il apercevait tous les vices des hommes, et Patrocle comprit que le Diable cherchait seulement à lui faire quitter sa sainte solitude.

Puis Patrocle construisit un monastère à Colombier, établissant là une communauté avec son abbé, dans l’espérance de pouvoir désormais vivre en solitaire dans la prière. Il passa dix-huit ans dans la solitude, annonça aux moines sa prochaine mort et s’éteignit saintement le 18 novembre, vers 576.

Le prêtre de Néris, qui l’avait bien connu, voulut enlever le corps de vive force et s’en vint avec quelques clercs ; mais en arrivant, il vit le linceul resplendir d’une blancheur si éclatante que, terrifié, il changea d’idée et aida plutôt les moines à transporter le corps de Patrocle à Colombier, où les miracles reprirent : deux femmes aveugles recouvrirent la vue.

L’ermite saint Patrocle est commémoré le 18 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Théophrède de Villa Carmely

† 732

 

Théophrède (Theofredus) était le fils de Leufredus, préfet d’Orange et le neveu d’Eudes, abbé à Saint-Pierre de Calmiliac (ou Carméri, Haute-Loire).

Le latin Thictfridus a donné Théofrid (ou Théophrède), Théoffroy, Tchaffré, d’où Chaffre, nom sous lequel est mieux connu Théophrède.

Moine de cette abbaye, il y fut en quelque sorte l’hôtelier, chargé d’accueillir les gens du dehors, comme s.Ménelé (v. 22 juillet). Il fut sans doute aussi cellérier, veillant sur tous les besoins des moines.

A cette époque lointaine, les femmes étaient exclues de l’église du monastère ; Théophrède leur obtint la permission de se rassembler au moins devant la porte, pour recevoir la bonne Parole.

Il succéda à Eudes comme abbé.

Lors d’un invasion de Sarrasins, Théophrède ordonna au moines d’aller se réfugier dans la forêt proche, tandis qu’il restait seul dans l’abbaye. Les envahisseurs le trouvèrent prosterné dans la sanctuaire ; ils le flagellèrent cruellement et le laissèrent moribond. Le lendemain, ils furent bien surpris de le voir redressé et l’entendre leur parler de Dieu. Ils le blessèrent de nouveau, à la tête. Une forte tempête les mirent en fuite avant qu’ils eussent le temps d’incendier le monastère.

Théophrède mourut peu après, en 728 ou 732.

Autour du monastère, s’est développée la ville de Monastier-sur-Gazeille.

Saint Théophrède de Carméri est commémoré le 18 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Odon de Cluny

879-942

 

Odon naquit en 879 dans la région de Tours, d’Abbon, un père aussi instruit que pieux, de noble famille militaire franque.

Abbon connaissait les anciens historiens et le Droit comme tout juriste consciencieux. Il désirait ardemment un fils et, une nuit de Noël, supplia le Ciel d’accorder enfin un enfant à son épouse, stérile jusque là ; l’enfant naquit bientôt, et Abbon l’offrit à s.Martin.

Odon étudia auprès d’un prêtre du domaine d’Abbon. Ce prêtre vit en songe s.Pierre et s.Paul lui réclamer Odon pour l’Orient (l’Orient mystique, le Christ). Mais Abbon commença à diriger son fils vers la carrière des armes. De 893 à 896, Odon vécut chez Guillaume, duc d’Aquitaine, où il devint très habile dans l’art de la chasse.

Déçu de ce temps perdu, Odon pria Dieu une nuit de Noël (comme son père dix-sept ans plus tôt). Il tomba malade et Abbon se rappela son vœu. Il laissa Odon suivre sa vocation.

Odon fut tonsuré en 899.  On lui confia une prébende canoniale à Tours et il intensifia ses lectures tant spirituelles que profanes. Après Priscien, il s’attaquait à Virgile, lorsqu’il eut une vision ou un songe, où il se voyait mourant de soif sur le point d’empoigner une belle amphore, d’où s’échappèrent des serpents. Il comprit que ces lectures n’étaient plus faites pour lui et se plongea dans l’Ecriture sainte.

Il partit étudier à Paris, puis revint à Tours. Après avoir rédigé une compilation des Pères sur les livres des Rois, il condensa les Morales de s.Grégoire sur Job.

A cette époque, beaucoup de monastères avaient été pillés (sinon pas détruits) par les envahiseurs normands, et ceux qui restaient étaient en grande décadence. En attendant de trouver un havre, Odon vivait intensément une vie d’ermite, priant la nuit au tombeau de s.Martin, ou bien, s’il dormait, il s’étendait sur une simple natte et tout habillé.

Il entendit parler de l’abbaye de Baume-les-Messieurs (Jura, à ne pas confondre avec Baume-les-Dames, Doubs), dirigée par l’abbé Bernon. Il s’y rendit avec les cent ouvrages de sa petite bibliothèque.

Odon se montra particulièrement soumis à la Règle. En voici deux exemples.

Il était coutumier que, la nuit, le père maître accompagnât avec une chandelle tout moine qui aurait dû se relever. Odon, trouvant que la chandelle du dortoir était suffisante, ne fit pas appel au père maître… et fut pour cela excommunié. Il se soumit humblement sans rien dire ; Bernon en fut très impressionné et n’aima que plus son jeune moine.

En fin de repas, on devait ramasser les miettes de sa place à table et les avaler avant le signal de la fin du repas ; Odon, distrait, les garda un jour dans sa main et donc ne pouvait plus les avaler après le signal ; ouvrant la main, il la vit pleine de perles précieuses. On les utilisa pour un ornement liturgique.

A Baume, Odon dut s’occuper de la schola, de l’instruction des plus jeunes. Ceux-ci n’étaient pas toujours délicats envers lui, et il les supporta longtemps patiemment.

Un soir qu’il était de passage dans un château, la fille du seigneur vint le supplier de l’aider à échapper à un mariage auquel on voulait la forcer ; après réflexion, Odon l’emmena jusqu’au monastère, la fit recevoir et lui portait à manger chaque jour ; il lui lisait des Vies des Pères ; la jeune fille devint moniale et mourut dans une vision où s.Paul l’invitait aux noces célestes.

Vers 910, Odon fut ordonné prêtre.

Avant de mourir (927), Bernon fit choisir Odon pour lui succéder. Les évêques présents pour ce choix menacèrent Odon d’excommunication s’il refusait d’accepter.

Odon s’installa alors à Cluny, qui dépendait de Baume. Mais comme de nombreux monastères d’Occident dépendaient de Baume, Odon, par son action paternelle et réformatrice, fut pratiquement à la tête de tout l’Occident. Il fut en outre très apprécié et aidé par les rois, les évêques et les seigneurs, qui le connaissaient depuis longtemps.

En 931, il mit tout l’Ordre sous la dépendance directe de saint Pierre et du Pape.

En 936, il tenta à Rome de réconcilier le prince Alberico avec le roi des Lombards Ugo, sans vraiment aboutir à une paix stable, mais les deux ennemis furent au moins d’accord pour admirer les vertus d’Odon. Celui-ci fut alors nommé archiabbé de tous les monastères romains.

Mais c’est à Rome qu’il contracta cette mystérieuse maladie que son biographe décrit comme un feu glacé (frigidus ignis) : Odon cuisait littéralement dans une enveloppe glacée.

Il put revenir à Tours pour la fête de s.Martin, 11 novembre 942, et mourut en l’octave de cette fête, le 18 novembre 942 (à moins qu’il faille retarder l’événement à 948).

Odon attira à la vie monastique ses chers parents. C’était un homme sympathique, toujours enjoué, dans une grande simplicité. Il gagna au Christ des brigands.

Il laissa aussi un œuvre écrit très abondant, où l’on trouve des expressions savoureuses, et des néologismes qui montrent la vaste érudition de l’Auteur. Quelques citations.

- Combien il vaudrait mieux soigner la beauté de l’âme ! Car la beauté physique consiste uniquement dans la peau. Car si les hommes voyaient ce qui est sous la peau, comme font les lynx de Boetia, paraît-il, la vue des femmes les dégoûterait. Ce décor est à base de glaire, de sang, d’humeur, de fiel. Considérez ce qui se cache dans les narines, la gorge, le ventre : que trouvez-vous ? de l’ordure. Et si l’on ne peut souffrir de toucher, même du bout des doigts, de la glaire ou de la fiente, comment se fait-îl que nous désirions embrasser un sac à fiente ?

- Les fidèles tirent plus de profit des exemples que des paroles. Le prédicateur doit confirmer sa parole par sa pratique.

Dans la catégorie des nombreux néologismes :

- le mot grec ekaton pour le latin centum

- Noé est qualifié de naustologus, «maître navigateur»

- eumorfus pour pulcher

Saint Odon de Cluny est commémoré le 18 novembre dans le Martyrologe Romain.

Leonardus Kimura

1575-1619

 

Leonardus Kimura était né vers 1575 à Nagasaki (Japon).

Il était le frère (ou cousin ?) de Sebastianus Kimura (voir au 10 septembre) et d’Antonius Kimura (voir au 27 novembre).

Elevé dans la foi chrétienne, grâce aux missionnaires jésuites, il devint à son tour catéchiste, puis fut admis dans la Société de Jésus comme Frère : il fut cuisinier et tailleur.

Quand les autorités expulsèrent les missionnaires, lui resta sur place et continua de catéchiser en secret ; vêtu élégamment, il passait inaperçu, jusqu’au jour où la police le découvrit au milieu d’une petite communauté chrétienne, en décembre 1616.

Il fut arrêté, mais on était loin de soupçonner qu’il était lui-même jésuite. Le juge lui proposa une forte somme d’argent, en échange de l’indication d’un seul prêtre catholique. Mais quelle ne fut pas sa surprise d’entendre la réponse de Leonardus : Je connais bien un Jésuite, mais c’est un frère, pas un prêtre. Ce frère, c’est moi.

On le jeta en prison. Là, Leonardus continua son apostolat, amena à la conversion d’autres prisonniers et même des gardiens. Il maintenait sa vie de Religieux, avec une heure de méditation matin et soir.

On le condamna à mourir par l’asphyxie lente près des flammes.

Leonardus fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et fut béatifié en 1867.

 

 

Andreas Murayama Tokuan

?-1619

 

Andreas Murayama Tokuan était né à Nagasaki (Japon).

C’était un laïc, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut dénoncé pour avoir hébergé un missionnaire, et arrêté le 15 mars 1619.

Condamné à mourir par asphyxie lente près des flammes, il fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et béatifié en 1867.

 

 

Cosmas Takeya Sozaburō

?-1619

 

Ce Cosmas Takeya Sozaburō est différent d’un autre Cosmas, Takeya tout court, martyrisé en 1597 (v. 5 février).

Il était né en Corée.

C’était un laïc, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut arrêté le 13 décembre 1618 et condamné à mort par asphyxie lente près des flammes.

Il fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et fut béatifié en 1867.

 

 

Domingos Jorge

?-1619

 

Domingos Jorge était né à San Román (Aguiar de Sousa, Porto, Portugal).

Il avait épousé une Japonaise.

C’était un laïc, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut arrêté le 13 décembre 1618 et condamné à mourir par asphyxie lente près des flammes.

Il fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et fut béatifié en 1867.

 

 

Ioannes Yoshida Shōun

?-1619

 

Ioannes Yoshida Shōun était né à Miyako (Japon).

C’était un laïc, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut arrêté le 14 mars 1619, en compagnie du père Alonso de Mena (v. 10 septembre) et pour cela condamné à mourir par asphyxie lente près des flammes.

Il fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et béatifié en 1867.

 

 

 

Rose-Philippine Duchesne

1769-1852

 

Rose-Philippine naquit le 29 août 1769 à Grenoble (Isère), recevant au baptême les noms prédestinés de sainte Rose de Lima (voir au 24 août) et de l’apôtre saint Philippe (voir au 3 mai). Son père, Pierre-François, est avocat à Grenoble, époux de Rose-Euphrasine Perier, une famille d’où sortira Jean-Casimir Perier, futur président de la République.

Son éducation commence au couvent de la Visitation, où éclôt sa vocation.

A dix-sept ans, elle refuse un mariage qu’on lui propose et, dès sa majorité, commence son noviciat à la Visitation, contre la volonté de ses parents. Par déférence pour son père, elle accepte de ne pas s’engager par les vœux avant ses vingt-cinq ans accomplis.

Lors de la Révolution, cependant, la communauté doit se disperser (1791) : Rose-Philippine revient dans sa famille, mais ne reste pas inactive, se dévouant au soulagement des prisonniers, des prêtres réfractaires, des malades et des pauvres. Elle soutient sa vie spirituelle par des pèlerinages à La Louvesc.

Après la tourmente révolutionnaire, elle hérite de l’immense fortune de son grand-père : elle tente de rétablir le monastère de la Visitation et d’y recevoir quelques élèves, mais elle n’y réussit pas. La Providence semble la destiner à autre chose.

Or, depuis peu, Mère Sophie Barat (voir au 25 mai) a fondé une nouvelle Congrégation : la Société du Sacré-Cœur. Rose-Philippine propose à cette Fondatrice le couvent de la Visitation, qui devient donc une maison de la Société des Dames du Sacré-Cœur.

Rose-Philippine en fait partie, avec ses compagnes. Elle fait la profession religieuse (1805 : Rose-Philippine a vingt-six ans).

Après une rencontre avec le père de l’Estrange, qui avait dû fuir en Russie, Rose-Philippine est vivement touchée par les fondations missionnaires d’Amérique du Nord.

Dans la nuit du Jeudi saint au Vendredi saint (3-4 avril) 1806, durant l’adoration eucharistique, Rose-Philippine entend très fort un appel pour les missions en Amérique ; elle se propose à Mère Barat : Quand vous me direz «Voici que je vous envoie», je répondrai vite : je pars. Ce qui arrivera douze ans plus tard. Mère Barat voulait en effet éprouver la solidité de cet appel, et envoya entre-temps Rose-Philippine à Paris pour fonder une maison. 

A Paris, elle rencontre Mgr Dubourg, qui est le premier évêque de la Louisiane. C’est lui qui va faire appel aux Dames du Sacré-Cœur pour l’aider dans sa mission éducatrice.

En 1818, Rose-Philippine fonde une première maison à Saint-Charles (Missouri) avec quatre compagnes. Cette «maison» est une cabane froide, où elles vivent dans l’extrême pauvreté et se donnent entièrement au travail apostolique. En outre, l’anglais n’est pas très facile ! En fait, cette maison sera déjà fermée en 1819.

En 1820, s’ouvre à Florissant la première école et six autres maisons seront ouvertes en huit ans, dont deux proches de la Nouvelle-Orléans. Des Jésuites font rouvrir celle de Saint-Charles.

Madame Duchesne est élue supérieure des maisons en Louisiane : nouveaux voyages en perspectives, malgré une mauvaise santé. Mais ce qu’elle désire, c’est aller vers les Indiens : l’occasion se présente quand une école va s’ouvrir pour les Potawatomis à Sugar Creek (Kansas).

Déchargée de toute responsabilité, Rose-Philippine est prête à partir, à soixante-douze ans, mais dans son entourage on craint pour sa santé. Or le père Jésuite qui dirige cette mission voit autrement : Elle n’est pas capable de beaucoup de travail, mais elle assurera le succès de la mission par sa prière. Sa présence attirera toutes sortes de faveurs.

C’est ce qui se passera. Déjà une centaine d’Indiens lui feront une garde d’honneur pour la recevoir. Durant la seule année qu’elle passera parmi eux, les Potawatomis - dont la conversion intérieure est plutôt lente - l’appelleront vite «la femme qui prie toujours», pour les longues heures qu’elle passe en contemplation devant le Saint-Sacrement. Les fruits arriveront plus tard.

Dès 1841 elle revient à Saint-Charles, où elle s’éteindra le 18 novembre 1852.

Au-dessus de sa tombe est accroché un grand crucifix en bois donné par un bienfaiteur américain, qui l’avait acquis en France peu auparavant. Or, mystérieusement, ce crucifix provenait de la première maison du Sacré-Cœur de Grenoble.

Rose-Philippine a été béatifiée en 1940, canonisée en 1988, et se trouve inscrite au Martyrologe le 18 novembre.

 

 

Ferdinando Santamaria

1883-1900

 

Aîné des cinq enfants de Pietro Paolo Santamaria et Cecilia Ruscio, Ferdinando naquit le 4 mai 1883 à Pontecorco (Frosinone, Italie centrale) ; il fut baptisé le lendemain, et confirmé cinq mois plus tard.

Les parents étaient de fervents chrétiens et travaillaient le chanvre.

L’enfant reçut la Première communion «prématurément» pour l’époque : à huit ans. C’était déjà un signe de Dieu.

Il fut enfant de chœur, et pleurait lorsque le travail l’empêchait de se rendre à l’église. En prière, il était tellement pris par sa prière, que c’est le sacristain qui pleurait d’émotion à le voir.

Si le papa désirait beaucoup lui remettre la boutique, le curé voyait en Ferdinando une belle vocation en perspective. D’ailleurs, quand on rapporta au papa que son garçon était en extase devant le tableau de la Sainte Vierge, il n’en fut pas étonné.

Il priait entre autres pour que ses camarades devinssent meilleurs, il leur enseignait le catéchisme ; il les invitait à venir à la messe.

Il s’imposait des pénitences, agenouillé sur des grains de maïs ou de petits cailloux, laissant à table le meilleur pour les autres. Il répétait qu’il était né pour ça.

Rien d’étonnant ainsi, qu’il fût attiré par l’idéal des Pères passionistes voisins. Il voulut y entrer, mais son père retarda ce choix en lui demandant d’assumer le travail de la boutique, puisqu’il était l’aîné des enfants. Il l’envoya même avec cheval et charrette pour vendre les cordes sur les marchés alentour, espérant qu’il changerait d’idée. Il lui imposa de sévères pénitences, mais rien n’y fit. Le papa l’empêcha même de rentrer pour dormir ; mais peu à peu, il se rendit à l’évidence. C’est même lui qui accompagna son grand garçon chez les Passionistes.

On signalera un seul cas où Ferdinando désobéit : il devait aller chercher son papa, mais n’y alla pas, de peur d’entendre son père blasphémer.

Il entra donc au noviciat de Paliano (Frosinone) en 1899, et prit le nom religieux de Grimoaldo de la Purification. Saint Grimoaldo est le Saint patron de son village natal.

Après la profession, il fut à Ceccano pour les études, qu’il affronta avec ferveur, recevant humblement les conseils d’un Condisciple, pour pallier aux lacunes de sa première instruction. Il se montrait toujours joyeux.

Il avait une particulière dévotion à un autre jeune Passionniste, mort en 1862 (voir au 27 février), Gabriele de l’Addolorata.

C’était une force de la nature, plein de santé. Mais le 31 octobre 1902 il sentit brusquement des douleurs, des vertiges : une méningite aiguë.

Grimoaldo ne perdit pas sa joie, au contraire il fut de plus en plus resplendissant au fur et à mesure que la maladie le minait.

Il mourut le 18 novembre 1902, n’ayant pas même vingt ans.

Il apparut peu après à ses parents, pour les réconforter, de sorte qu’eux aussi restèrent dans la joie d’avoir eu un tel fils.

Ferdinando-Grimoaldo fut béatifié en 1995.

 

 

Karolina Kózkówna (Kózka)

1898-1914

 

Cette jeune fille naquit le 2 août 1898 à Wal-Ruda (Tarnow, Pologne), quatrième des onze enfants de Jan et Maria Borzechka Kózka, des paysans très chrétiens, si pieux qu’on appelait leur maison la petite église.

Karolina grandit dans l’amour de Dieu, de la Sainte Vierge et la pratique des vertus. La Sainte Vierge, elle l’appelait Ma mère de Dieu ; c’était une fille douce, aimable, modeste et correcte, qui méritait bien d’être surnommée par les voisins un vrai ange.

Elle donnait volontiers son temps pour faire du bien autour d’elle ; à la paroisse, c’était une animatrice. On l’entendait dire : Travaillons et ne perdons pas de temps, parce que Jésus nous aime.  

Lors de l’invasion des Russes, au début de la Première guerre mondiale, l’armée occupa le village ; les soldats furent laissés à eux-mêmes et s’autorisèrent toutes les licences.

L’un d’eux fit des avances à Karolina, qui refusa.

Le soldat enleva l’adolescente - elle avait seize ans -, alla se cacher dans le bois et tenta de la violer. Karolina se débattit, hurla : le soldat l’assassina.

C’était le 18 novembre 1914.

Comme Marietta Goretti (6 juillet), comme Pierina Morosini (6 avril), comme Albertina Berkenbrock (15 juin), Karolina fut une nouvelle martyre de la pureté, préférant la mort pour rester fidèle au Christ.

Elle fut béatifiée en 1987.

 

 

Amparo de Hinojosa Naveros

1872-1936

 

Amparo naquit le 24 juillet 1872 à Alhama (Granada, Espagne), petite benjamine de Juan et Manuela, qui avaient déjà des garçons majeurs.

A sept ans, elle fut orpheline, et prise en charge par son frère aîné Eduardo, à Madrid. La petite fille ne posaite pas de problème, car elle était joyeuse et affectueuse. 

Elle se consacra bientôt à la Sainte Vierge.

En pèlerinage à Lourdes, à quinze ans, elle sentit l’appel à la vie religieuse, mais son grand frère lui suggéra d’attendre un peu, car elle était encore trop jeune.

Elle entra en 1891, à dix-neuf ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville. La séparation coûta autant aux siens qu’à elle-même, mais l’appel était plus fort que le sentiment, et Amparo s’appliqua à vivre cet idéal à la perfection. Son amour de l’Eucharistie était communicatif.

Elle prit le nom de María Gabriela.

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre María Gabriela fut alors nommée supérieure du groupe des sept Religieuses qui restaient à Madrid. 

Elles vécurent en réalité dans un souterrain voisin du monastère, à partir du 18 juillet. Mais, trahies, elles furent dénoncées aux révolutionnaires. Après plusieurs perquisitions, elles furent emmenées, le 18 novembre, pour être fusillées.

Au moment de monter en voiture, on les vit faire le signe de croix, mais les badauds les huèrent et demandèrent leur mort.

Les derniers mots qu’on put connaître de Amparo, furent : Nous sommes en train de prier, remerciant Dieu parce que notre heure est arrivée.

Elles furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936, sauf une qui s’échappa, mais fut à son tour exécutée le 23 novembre (voir la notice de Felícitas Cendoya Araquistain).

María Gabriela-Amparo, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

Carmen Barrera Izaguirre

1881-1936

 

Carmen naquit le 23 mai 1881 à El Ferrol (La Coruña, Espagne), aînée des cinq enfants de Emilio et María. Le papa était commandant de Marine.

L’éducation se partagea entre la faiblesse du père, qui lui passait tous ses caprices, et la mère qui, au contraire, lui enseignait à les combattre. Un peu paresseuse, elle n’aimait pas aider sa mère dans les travaux de la maison.

Carmen avait tout de même de grandes qualités, toujours souriante et tranquille ; sa nourrice lui disait : Il n’y en a pas deux comme toi, compliment bien inutile pour former une petite fille…

Très tôt elle désira entrer au Carmel (son prénom l’y portait), et elle s’habillait souvent en moniale : elle se mettait les bras en croix devant la glace et, satisfaite, se croyait déjà devenue sainte Thérèse.

Elle entra finalement en 1918, à trente-sept ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville. Désormais mûre et réfléchie, elle regretta beaucoup sa vie vaniteuse d’avant.

Elle prit le nom de Josefa María.

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre Josefa María fut des sept qui restaient à Madrid. 

Sa famille lui proposa de revenir à la maison, mais elle répondit : Toutes les sept, nous avons promis à Jésus de ne pas nous séparer. Si nous devons verser notre sang pour sauver l’Espagne, nous demandons au Seigneur que ce soit le plus tôt possible.

Elle qui avait dit, toute jeune, qu’elle n’était pas taillée pour le martyre, elle se trouva à présent toute remodelée pour ressembler au Christ.

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour).

Le visage de Josefa fut complètement défiguré par les balles.

Josefa María, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

Laura Cavestany Anduaga

1888-1936

 

Laura naquit le 30 juillet 1888 à Puerto Real (Cadix, Espagne), de Juan Antonio, auteur et poète très connu, et Margarita, une femme forte et accomplie, qui mit au monde seize enfants.

La jeune fille avait tout pour réussir dans le monde, mais préféra épouser Jésus-Christ.

Elle entra en 1914, à vingt-six ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville. Elle prit le nom de Teresa María.

Son enthousiasme s’exprime dans ce mot qu’elle écrivit le jour de sa prise d’habit : Je n’ai plus qu’un seul désir, insatiable, immense, le désir, la soif de Dieu ! Dieu seul !

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre Teresa María fut des sept qui restaient à Madrid. 

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour).

Selon ses propres expressions, Teresa accepta la grâce du martyre comme trop grande, trop heureuse.

Les sept Religieuses furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936.

Teresa María, ainsi que ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

Vidal Luis Gómara

1891-1936

 

Vidal (Vital) naquit le 3 novembre 1891 à Monsagro (Salamanque, Espagne), fut baptisé le 8 suivant et confirmé le 8 mai 1896, selon des habitudes de cette époque.

Dès l’école primaire, il se fit remarquer pour ses dons dans la calligraphie, les mathématiques et le dessin.

Ayant connu les Dominicains, il fut reçu à l’école apostolique de Corias (Asturies). Il y prit l’habit dominicain en 1907, et fit la profession l’année suivante.

Après la philosophie, il alla à Salamanque pour la théologie et fut ordonné prêtre en 1915.

Un détail important de sa Première messe est à noter ici : il eut la permission de célébrer devant le Saint Sacrement exposé (ce qui, normalement, ne se fait pas), et s’offrit en victime d’expiation pour les blasphèmes et les sacrilèges commis envers la Sainte Eucharistie.

Il fut envoyé au collège de Villava (Navarre) et commença un ouvrage sur Les Dominicains et l’art. 

Il apporta son concours dans l’heureuse fusion des Dominicaines de Villava avec la congrégation de la Sainte Famille (fondée aux Canaries par José Cueto).

En 1928, il passa au collège de Vergara (Guipúzcoa), où il publia d’autres ouvrages.

En 1928, on le vit au couvent de Madrid, où il s’occupa particulièrement des jeunes.

En 1935, on l’envoya à Salamanque, avec la mission de restaurer le sanctuaire de la Peña di Francia.

Le 17 juillet 1936, il voyagea à Madrid : ce fut le commencement de sa passion. En effet, devant reprendre l’autocar pour Salamanque, il donna son billet à quelqu’un qui n’en avait pas, pensant en acheter un autre le lendemain. 

Mais le lendemain, il n’y eut pas d’autocar. Pendant une quinzaine de jours, il erra, dormant même sur les bancs publics avant d’être finalement accueilli dans une maison où il put célébrer la Messe chaque jour. Il en profita pour porter l’Eucharistie à d’autres victimes de la persécution. 

On lui proposa d’être protégé dans une des ambassades, mais il refusa, estimant que c’était un honneur de mourir durant le service sacerdotal. Il continua à secourir ainsi d’autres Chrétiens.

Le 4 octobre, on l’arrêta et il reconnut sa qualité de dominicain. On le conduisit au Commissariat, et le 9 octobre à la Direction Générale de Sécurité. Le 10, il se trouvait dans la prison Modelo, où il se recueillit dans la prière, le chapelet et la méditation.

On le tortura avec la pointe d’un canif. 

Le 15 novembre, on le transféra à la prison de Porlier.

On le fusilla au lieu-dit Paracuellos del Jarama (Madrid), le 18 novembre 1936.

Vidal Luis Gómara fut béatifié en 2007.

 

 

Esteban Anuncibay Letona

1892-1936

 

Né le 26 décembre 1892 à Mijancas (Álava), Esteban reçut le nom du Saint du jour (Etienne).

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo en 1908, reçut l’habit en 1909 et prit le nom de Ovidio Bertrán.

Il fut peu de temps renvoyé chez lui pour un problème de santé, et revint en 1910, fit la profession en 1911 à Bujedo, et fut envoyé à Madrid où il fit la profession perpétuelle.

Il fut nommé directeur de l’école de Chiclana, puis de Puente Vallecas, qu’il dut abandonner en 1931, lorsque les révolutionnaires y mirent le feu.

Puis il fut directeur à San Fernando (Cadix), Sevilla et finalement Lorca.

Le 30 juillet 1936, de mystérieux «Travailleurs de l’Enseignement» vinrent réquisitionner l’établissement de Lorca. Le Frère appela l’avocat pour traiter. Mais ceux qui revinrent «traiter» furent vingt miliciens.

Le 1er août, ils emmenèrent les cinq Frères en prison (où une pieuse femme avec ses filles leur portèrent chaque jour leur repas). Les Frères priaient ensemble le chapelet, le Chemin de Croix, et écrivaient des lettres, qui furent détruites par les gardiens.

Le 30 septembre, un tribunal les mit en liberté, car il n’y avait aucune charge contre eux. Mais le 2 octobre, on les reprit, car ils étaient dangereux. 

Le 18 novembre à cinq heures du matin, on les appela, on les ligota, les fit monter en camion pour aller faire une déclaration (à cette heure-là ? !), en réalité pour les emmener à une ancienne mine de soufre de plus de cent mètres de profondeur. On les fit asseoir, toujours attachés ; ils priaient. 

Un peloton reçut l’ordre de tirer, puis leur chef leur donna le coup de grâce dans la tête. Quelques miliciens se seraient même mis à danser sur les corps et à les piétiner. 

Puis ils les tirèrent par les pieds et les jetèrent au fond du puits, certains que les Catholiques ne viendraient pas les y chercher.  Le puits s’appelle maintenant Puits des Martyrs.

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, le Frère fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

 

 

Martina Olaizola Garagarza

1893-1936

 

Martina naquit le 12 novembre 1893 (et non 1913) à Azpeitia (Guipuzcoa, Espagne), benjamine  des huit enfants de José Ignacio et Justa, qui la firent baptiser le jour-même.

En 1918, à vingt-cinq ans, elle s’agrège au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville, comme sœur externe.

Elle prit le nom de María Ángela.

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre Ángela María fut retenue, pour son intelligence et son humilité, pour être des sept qui restaient à Madrid. 

Son frère Justo, étonné de voir la paix qu’elle conservait dans ces circonstances, lui proposa de venir chez lui, loin du danger, mais elle répondit : Ma place est ici, et que la volonté de Dieu s’accomplisse.

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour).

Elles furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936.

María Ángela, qui désirait tant rester cachée, le resta aussi après la mort : on n’a conservé presque rien d’elle, et on n’a pas même retrouvé son corps.

María Ángela, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

José María Cánovas Martínez

1894-1936

 

José naquit le 9 août 1894 à Totana (Murcia, Espagne centrale) et fut baptisé deux jours après.

Ses parents tenaient une boulangerie.

Il fréquenta les Pères capucins, leur servait la messe et fut quelque temps dans leur école de Orito (Alicante).

A partir de 1909, il fréquenta le séminaire diocésain de San Fulgenzio et fut ordonné prêtre en 1921.

Sa première messe eut lieu à Santiago de Lorca, où son frère aîné était curé.

Dès 1921, il fut nommé vicaire à Santiago de Lorca (Cartagena) où, en 1935, il remplaça comme curé son frère, quand ce dernier entra dans la Congrégation de la Mission. Il fut en outre aumônier des Frères des Ecoles Chrétiennes.

Le 3 août 1936, José María fut mis en prison.

Il reçut le martyre le 18 novembre 1936 et fut béatifié en 2007.

 

 

Josefa Joaquina Lecuona Aramburu

1897-1936

 

Josefa Joaquina naquit le 2 juillet 1897 à Oyarzun (Guipuzcoa, Espagne), aînée des… quatorze enfants de Pedro et Matilde.

Elle était travailleuse et généreuse. Elle fit venir à la maison de petits enfants pour leur enseigner le catéchisme. 

Elle finit par révéler aux parents le désir qu’elle avait depuis longtemps de devenir religieuse : la séparation devait leur coûter, mais ils furent heureux d’avoir une fille consacrée à Dieu.

Josefa s’était depuis longtemps consacrée à la Sainte Vierge, et c’est le 8 décembre 1924 qu’elle entra comme sœur externe, à vingt-sept ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville.

Elle prit le nom de María Engrácia.

En 1931, elle fut de celles qui vinrent à Oronoz pour éviter la persécution. Etant externe, elle s’occupa de l’ «intendance», et toute la population apprécia cette Religieuse toujours souriante, toujours bonne et patiente avec tous.

En 1934, elle eut la joie de voir arriver aussi sa jeune sœur María.

En 1936, notre Josefa fut des sept qui devaient rester à Madrid. Elle quitta Oronoz (et sa sœur) un peu à contre-cœur, mais acceptant le sacrifice.

Dans le souterrain où les Religieuses se cachaient, elle arrivait à faire passer un climat d’humour et de joie, dans cette atmosphère de prière, de recueillement et d’inquiétude devant le danger permanent.

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour).

Elles furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936.

Josefa - María Engrácia, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

Inés Zudaire Galdeano

1900-1936

 

Inés (Agnès) naquit le 28 janvier 1900 à Echávarri (Navarre, Espagne), une des six enfants de Valentín et Francisca. Un des enfants, Florencio, devint mariste ; Inés entra à la Visitation.

Elle entra en 1919 au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville.

Elle put garder son nom de baptême, Inés, car elle était très dévote de sa sainte patronne, la jeune martyre Agnès (voir au 21 janvier). On y ajouta seulement celui de María.

Inés María fut une excellente «pâte à modeler», dont la Supérieure apprécia les profondes qualités.

En 1931, à cause de la persécution religieuse, on l’envoya dans la communauté de Oronoz (Navarre), et elle se réjouit de revenir dans sa terre natale. 

Elle y reçut une de ses sœurs, attristée de rester stérile après trois années de mariage. Inés lui promit un fils pour l’année suivante, ce qui arriva.

En 1936, la communauté de Madrid dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Mais notre Inés María fut des sept qui devaient rester à Madrid. 

Inés éprouvait bien quelque crainte, mais se confia à Dieu, disant aux autres : Priez beaucoup pour nous, il pourrait bien se faire qu’il nous tuent.

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour). 

Elles furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936.

Inés María, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

Germán García García

1903-1936

 

Il naquit le 28 mai 1903 à Quintanilla de la Mata (Burgos, Espagne).

Il entra en 1916 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo, reçut l’habit en 1919, fit la première profession en 1921 et prit le nom de Luciano Pablo (Lucien Paul).

Dès 1922, il commençait son apostolat à Madrid, où il fit la profession perpétuelle en 1928.

Quand le collège fut incendié par les révolutionnaires en 1931, il partit pour Santiago de Compostela, puis à Séville, Madrid, finalement en 1934 à Lorca.

(Voir ici les détails des événements de 1936 dans la notice de Esteban Anuncibay Letona, le même jour).

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, à trente-trois ans, il fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

 

 

Modesto Sáez Manzanares

1903-1936

 

Il naquit le 30 juillet 1903 à Revilla del Campo (Burgos, Espagne).

Il entra en 1916 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo, reçut l’habit en 1919, fit la première profession en 1921 et prit le nom de Hermenegildo Lorenzo.

Après la profession perpétuelle en 1928, il fut à Madrid, Melilla, Madrid, Jerez, Almería, finalement Lorca.

(Voir ici les détails des événements de 1936 dans la notice de Esteban Anuncibay Letona, le même jour).

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, à trente-trois ans, il fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

 

 

Augusto Cordero Fernández

1908-1936

 

Il naquit le 8 octobre 1908 à Bustillo de la Vega (Palencia, Espagne).

Il entra en 1924 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes et resta une année de plus comme aspirant, pour approfondir ses capacités à l’étude, puis passa au noviciat, fit la première profession en 1927 et prit le nom de Estanislao Víctor.

A partir de 1930, il fut à Madrid, où il fit la profession solennelle en 1933, puis fut envoyé à Lorca.

(Voir ici les détails des événements de 1936 dans la notice de Esteban Anuncibay Letona, le même jour).

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, il fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

 

 

Emilio Martínez de la Pera y Álava

1913-1936

 

Il naquit le 8 août 1913 à Hueto de Arriba (Álava, Espagne).

Il entra en 1926 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo, reçut l’habit en 1929, fit la première profession en 1930 et prit le nom de Lorenzo Santiago (Laurent Jacques).

Sa seule destination fut Lorca, en 1933.

(Voir ici les détails des événements de 1936 dans la notice de Esteban Anuncibay Letona, le même jour).

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, il fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

Partager cet article

Repost0
17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 00:00

 

17 NOVEMBRE

 

III.

S Grégoire le Thaumaturge, évêque à Néocésarée ; disciple d'Origène à Césarée de Palestine, il eut la première apparition connue de la Sainte Vierge ; on dit qu’au début de son épiscopat, il n'y avait que dix-sept chrétiens dans son diocèse, et qu’à sa mort il n'y avait plus que dix-sept païens.

IV.

SS Alphæus et Zachæus, martyrs à Césarée de Palestine.

S Acisclus, martyr à Cordoue.

V.

S Eugène, diacre à Florence.

S Aignan, évêque à Orléans, qu'il galvanisa contre Attila ; mort à quatre-vingt-quinze ans.

VI.

S Namatius, patrice de Provence, puis évêque à Vienne ; son épouse lui survécut.

S Grégoire, évêque à Tours, parent de cinq autres saints évêques, connu pour son érudition, son Histoire des Francs.

VII.

Ste Hild, abbesse à Whitby ; ste Begu vit son âme monter au ciel.

S Florin, prêtre et ermite à Remüs.

S Ravengerus, évêque à Séez, puis moine à Fontenelle.

IX.

S Lazaros, moine à Constantinople, torturé par les iconoclastes pour ses dons de peinture, puis messager de l'empereur auprès du Pape ; il est un des patrons des peintres.

XII.

S Hugues, abbé cistercien, envoyé par s. Bernard pour fonder le premier monastère cistercien en Sicile.

XIII.

S Hugues, français, évêque à Lincoln ; il avait été moine à la Grande Chartreuse, prieur à celle de Witham ; évêque, il sut s'affirmer en face du pouvoir royal et défendit les Juifs.

Ste Elisabeth de Hongrie, duchesse de Hongrie, veuve à vingt ans ; abandonnée de tous, elle plaça ses trois enfants et se fit tertiaire franciscaine.

XIV.

Ste Gertrud "la Grande", mystique bénédictine à Helfta, fêtée le 16 octobre.

XVII.

B Leo Saisho Shichiemon, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

S Juan del Castillo, frère jésuite espagnol martyr au Paraguay, canonisé en 1988.

SS Thomas Hioji Nishi Rokuzaemon (de Saint Hyacinthe, japonais) et Giacinto Ansalone (Giordano de Saint-Etienne, italien), prêtres dominicains martyrs à Nagasaki, béatifiés en 1981 et canonisés en 1987, fêtés avec s. Laurent Ruiz le 28 septembre.

XVIII.

B Sébastien-Loup Hunot, chanoine dans l'Yonne, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995. 

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2007 :

Lasalliens : à Barcelone, Eusebio Roldán Vielva (Eusebio Andrés, *1895) ;

- béatifiées en 2013 :

Filles de la Sagesse : à Madrid, Lorenza Díaz Bolaños et Josefa Gironés Arteta (*1896, 1907).

B Josef (Yosafat) Kotsylovskyj (1876-1947), évêque ukrainien à Premisliensis et martyr, béatifié en 2001.

Grégoire le Thaumaturge

3e siècle

 

Grégoire s’appelait d’abord Théodore. Il avait un frère, Athénodore, qui devint évêque dans le Pont (v. 7 novembre), et une sœur qui épousa un juriste.

Les parents de ce trio étaient païens, fort riches, et donnèrent une bonne éducation à leurs enfants.

Théodore avait quatorze ans à la mort de son père et connut alors le christianisme, mais on ne sait pas à quel âge exactement il reçut le baptême. En revanche, sur les instances de sa mère, il s’adonna à l’étude du droit et, pour parachever ses connaissances, pensait venir à Beyrouth où se trouvait une célèbre école.

En chemin, lui et Athénodore durent s’arrêter à Césarée de Palestine, où ils firent la connaissance d’Origène, exilé d’Alexandrie. Ils se fixèrent alors là, écoutant les leçons et les conseils d’Origène : logique, physique, astronomie, géométrie, morale, l’Ecriture enfin.

Origène sut aussi avertir nos jeunes étudiants que la science est vaine si elle ne s’accompagne pas de la prière.

Là-dessus, Théodore aurait voulu revenir dans son pays et mener la vie érémitique, mais l’évêque d’Amasée, Phédime, eut révélation qu’il devait ordonner évêque Théodore. Ce dernier, averti de ce choix, tenta de se cacher pour échapper à cet honneur, mais une vision lui aurait intimé l’ordre d’obéir.

Ainsi devenu évêque à Néocésarée (actuelle Niksar, sur la Mer Noire, centre-nord de la Turquie actuelle), Théodore aurait pris alors le nom de Grégoire (celui qui veille au troupeau, grex en latin). Il hésita à prêcher jusqu’à ce qu’une apparition de la Vierge Marie - la première dont il est fait mention dans l’histoire de l’Eglise - en compagnie de saint Jean Evangéliste, lui donnât confirmation de la doctrine à enseigner. C’est au terme de cette apparition que Grégoire aurait écrit de sa main un symbole de foi, que l’Eglise de Néocésarée conserva longtemps.

Les miracles attribués à saint Grégoire sont variés à l’infini ; ceux qu’il fit réellement ne le sont pas moins, c’est pourquoi on a donné à saint Grégoire le surnom de Thaumaturge.

Entre autres miracles, lors de la persécution de 250, Grégoire fut recherché ; les soldats surent où il se trouvait, mais parvenus à l’endroit, ils ne virent que deux arbres au lieu de l’évêque et de son diacre…

Son activité inlassable fit que son diocèse ne comptait plus que dix-sept païens à la mort de Grégoire, alors qu’il n’y avait que dix-sept chrétiens à son arrivée (c’est lui qui l’écrit).

Saint Grégoire le Thaumaturge est fêté en Orient comme en Occident le 17 novembre.

Beaucoup d’écrits lui sont attribués, certains sont peut-être apocryphes.

 

 

Alphæus et Zachæus de Césarée de Palestine

† 303

 

En 303, les premiers édits de persécution de Dioclétien visaient à faire des apostats plutôt que des martyrs.

A Césarée de Palestine (proche de l’act. Hadera, Haïfa, Israël), les Chrétiens qui ne voulaient pas sacrifier aux idoles, étaient mis en prison, battus, traînés devant les autels, où on leur mettait par la force des grains d’encens dans les mains et on les forçait à jeter ces grains sur les charbons devant les statues de divinités païennes. Ceux qui étaient chargés d’organiser ces comédies, prétendaient ensuite que leurs victimes avaient «obéi» ; mais si les victimes osaient proclamer qu’ils n’avaient consenti à rien, on leur intimait l’ordre de se taire.

Dans le cas d’Alphæus et de Zachæus, les choses allèrent jusqu’à la dernière extrémité. Ils subirent les fouets et les ongles de fer, les chaînes et plusieurs interrogatoires ; après une journée et une nuit passés avec les pieds dans les ceps jusqu’au quatrième trou, écrit l’historien Eusèbe de Césarée,

le dix-septième jour du mois de Dios, c’est-à-dire le quinze des calendes de décembre {le 17 novembre}, après avoir confessé qu’il n’y a qu’un seul Dieu et seul Christ roi, Jésus, ils furent, comme s’ils avaient prononcé un blasphème, décapités comme le premier martyr.

Eusèbe a dû vouloir mentionner quelque autre apôtre, saint Paul par exemple, car s.Etienne, protomartyr, fut lapidé (cf. Ac 7:59).

Etrange coïncidence que ces deux martyrs, dont les noms commencent par la première et la dernière lettres de l’alphabet latin !

Le Martyrologe Romain mentionne saints Alphæus et Zachæus de Césarée de Palestine au 17 novembre.

 

 

Acisclus de Cordoue

4. siècle

 

Plusieurs ouvrages ont mentionné le martyr Acisclus, à Cordoue (Espagne S).

L’ancienne édition du Martyrologe parlait de la même persécution durant laquelle avaient été décapités Alphæus et Zachæus (v. supra). Cette persécution s’étendit de 303 à 311 environ.

Certains de ces ouvrages ont mentionné une Victoria, qui aurait été la sœur d’Acisclus. D’autres ont parlé de Compagnons, mais ces indications ne font pas autorité.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Acisclus de Cordoue au 17 novembre.

 

 

Namatius de Vienne

486-559

 

Il est regrettable qu’on confonde ce Namatius de Vienne avec celui de Clermont, qui mourut un siècle plus tôt (v. 27 octobre).

Avant d’être évêque, Namatius (ou Namacius) avait vécu dans le mariage, avec une certaine Euphrasia, et fut aussi gouverneur de Vienne.

Il fut appelé à être évêque du siège de Vienne, dont il fut le vingt-cinquième titulaire.

Après un court épiscopat, Namatius s’éteignit vers 559. Il est difficile d’évaluer la durée de cet épiscopat, car le prédécesseur de Namatius, un certain Isicius, semble avoir occupé la chaire épiscopale de 545 à 565. Et tant Isicius que Namatius sont reconnus comme saints : il n’est donc pas question d’usurpateur, d’hérétique, de faussaire, de corrompu…

Le culte de Namatius n’a été confirmé qu’en 1903.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Namatius de Vienne au 17 novembre.

 

 

Grégoire de Tours

538-594

 

Le Martyrologe mentionne le même jour deux Grégoire, non moins fameux l’un que l’autre : l’oriental Grégoire le Thaumaturge (v. supra) et l’occidental Grégoire de Tours.

Georgius Florentius Gregorius naquit à Clermont en 538 ou en 539, de parents appartenant à l’aristocratie gallo-romaine.

Le père, Georgius, était sénateur, mais ne put exercer sa charge à cause de sa santé, et mourut jeune ;  son frère, Gallus, fut évêque de Clermont.

La mère, Armentaria, qui était souffrante depuis la naissance de Grégoire, alla s’établir à Cavaillon (Vaucluse) avec les trois jeunes enfants, Petrus, Gregorius et leur petite sœur, dont on ignore le nom.

Dans la parenté d’Armentaria, on rencontre plusieurs évêques : Sacerdos et Nicetius, qui furent évêques de Lyon (v. 11 septembre et 2 avril), Tetricus et Grégoire (v. 4 janvier), qui furent évêques de Langres, ainsi qu’Euphronius, évêque de Tours (v. 4 août).

Après la mort de son père, Grégoire reçut son éducation à Clermont auprès de Gallus, l’oncle paternel († 551), puis de l’archidiacre Avit ; en 563, il ira à Lyon auprès de son autre oncle, Nicetius.

Grégoire n’avait pas non plus une bonne santé ; à treize-quatorze ans, peu avant la mort de l’oncle Gallus, une forte fièvre et des douleurs d’estomac donnèrent de grandes inquiétudes à la famille : Grégoire se fit porter au tombeau de s.Illidius (v. 5 juin) et y promit, s’il guérissait, d’entrer dans la cléricature, ce qui advint, même si la santé de Grégoire resta toujours faible.

En 563, nouvelle rechute de la maladie. Cette fois-ci, Grégoire fit le pèlerinage au tombeau de s.Martin de Tours et s’en trouva guéri.

Ordonné diacre, il officia à la basilique Saint-Julien de Brioude.

Le 4 août 573, mourut s.Euphronius de Tours. Le roi Sigebert et la reine Brunehaut intervinrent sans doute pour hâter l’élection de son successeur, et proposant la nomination de Grégoire : dix-huit jours après la mort d’Euphronius, fut consacré Grégoire ; il devenait ainsi le dix-neuvième évêque de Tours.

Son épiscopat débuta par une nouvelle crise de santé, que s.Martin guérit une fois encore. Mais surtout, les rivalités et les agitations ne lui épargnèrent aucun souci. En 574, son propre frère Petrus, qui était diacre à Langres, fut assassiné par un «rival». Les assassinats et les vengeances se succédaient dans la maison royale, le roi Sigebert fut assassiné en 575, et les coupables n’hésitaient pas à chercher asile à Tours : sans descendre dans les discussions, Grégoire les protégeait et refusait de les livrer, imposant ainsi un esprit évangélique à cette haine implacable que se livraient les hommes.

En 577, Grégoire fut au concile de Paris pour juger l’évêque de Rouen, Prétextat, qui avait béni le mariage de Mérovée et Brunehaut, malgré leur parenté. Grégoire refusa, devant tous les évêques, de déposer ce confrère ; mais sur la pression de la reine Frédégonde, on feignit de promettre à Prétextat le pardon s’il se reconnaissait coupable ; il avoua, mais fut tout de même exilé.

Des jaloux tentèrent de discréditer calomnieusement Grégoire auprès du roi ; un concile fut réuni à Berny (auj. Berny-Rivière, Aisne) pour le «juger» ; l’innocence de Grégoire fut reconnue et ses ennemis condamnés : Grégoire pardonna noblement à ses accusateurs.

Il réussit à convaincre le wisigoth arien Agila, qui mourut converti ; et aussi un de ses prêtres qui niait la résurrection des morts. Il dut contrer le roi Chilpéric, qui prétendait lui faire admettre une théorie trinitaire, où l’on ne devait plus parler de personnes divines. Comme Grégoire lui exposait sagement la doctrine, Chilpéric lui lança : Je montrerai cela à plus sage que toi ; mais Grégoire : Celui qui adoptera ce que tu proposes, ne sera pas un sage, mais un insensé ! Le roi théologien fut bien obligé d’abandonner la théologie et se rabattit sur la poésie, inventant de nouvelles lettres à l’alphabet etc. Les rapports de Grégoire avec le nouveau roi Gontran furent meilleurs.

On le comprend, Grégoire était un homme de paix. Il rencontra à Coblence le roi Childebert II, qu’il mit d’accord avec le roi Gontran (traité d’Andelot, 587), ce qui apporta quelques années de paix dans la Gaule.

A l’intérieur de son diocèse, Grégoire reconstruisit la cathédrale, restaura ou construisit d’autres églises, envoya un diacre spécialement à Rome pour y demander des reliques.

Tous ces événements n’empêchèrent pas Grégoire d’écrire. Ses ouvrages sont précieux pour nous documenter sur des faits que nous ne pourrions pas connaître par d’autres sources. Ce sont : Histoire des Francs, en dix livres ; Miracles de saint Julien ; Miracles de saint Martin, en quatre livres ; A la gloire des Martyrs ; A la gloire des Confesseurs ; Vies des Pères. Il écrivait encore en 594.

Le très fameux épisode du Vase de Soissons nous a été conté justement par s.Grégoire dans l’Histoire des Francs.

Grégoire mourut à la fin de cette année 594 (certains ont parfois parlé de 595), et fort probablement le 17 novembre.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Grégoire de Tours au 17 novembre.

 

 

Hilda de Whitby

614-680

 

La naissance de Hild (Hilda) fut précédée d’un songe que fit sa pieuse mère, Breguswith : celle-ci, vêtue de sa belle robe, voyait sous cette robe un bijou qui illuminait toute l’île, symbolisant l’exemple lumineux qu’allait être cette petite fille pour tous ceux qui désiraient vivre bien.

Mais cette naissance fut aussi précédée d’un drame : le père de Hild avait été banni et s’était réfugié auprès du roi Cerdic d’Elmet. On l’empoisonna, peu après la naissance de Hild.

Hild naquit en 614, de Hereric, qui était lui-même neveu de s.Edwin, le roi de Northumbrie (v. 12 octobre ?). C’est s.Paulinus d’York (v. 10 octobre) qui baptisa Hild et Edwin. La sœur de Hild s’appelait Hereswith.

En 647, à trente-trois ans, elle voulut se mettre entièrement à la suite du divin Pasteur et se retira en Est-Anglie, dont le roi était aussi son parent. Mais Dieu lui suggéra de vraiment tout quitter, famille et patrie, pour venir s’installer à une vingtaine de kilomètres de Paris, à Chelles, où se trouvait déjà sa sœur Hereswith.

Au bout d’un an cependant (648), s.Aidan de Lindisfarne (v. 31 août) l’invita à revenir en Northumbrie, pour diriger un petit groupe de compagnes ; puis elle fut nommée abbesse de Hartlepool (649), où elle s’appliqua