Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 00:00

 

31 DÉCEMBRE

 

? Stes Donata, Paulina, Rogata, Dominanda, Serotina, Saturnina, Hilaria, martyres à Rome. 

III.

SS Savinien et Potentien, fondateurs de l'Eglise à Sens, évêques, martyrs avec d'autres compagnons ; ils seraient d'origine apostolique .

Ste Colombe de Sens, martyrisée à seize ans pour avoir refusé d'épouser un prince païen ; on garda longtemps sa châsse, construite par s. Eloi.

IV.

S Silvestre, pape (314-335) : au lendemain des grandes persécutions, il organisa l'Eglise dans la société enfin pacifiée, confirma le premier Concile Œcuménique à Nicée, combattit le donatisme et s'opposa aux prétentions exagérées de Constantin (qu'il avait baptisé).

S Zotique, prêtre romain, appelé à s'occuper d'un orphelinat à Constantinople ; il aurait aussi ouvert une léproserie, contre l'avis de Constance qui ordonnait de noyer les lépreux.

V.

SS Pinien et Mélanie la Jeune, époux romains qui vécurent dans la chasteté après avoir eu (et perdu) deux enfants ; ils distribuèrent leur immense fortune, fondèrent des monastères, participèrent à la vie de l'Église en Afrique auprès de s. Augustin, puis en Egypte, en Palestine, et à Constantinople.

S Barbatianus, prêtre à Ravenne, venu d'Antioche.

VI.

S Marius, premier évêque à Avenches (siège qu'il transféra à Lausanne), auteur d'une très précieuse Chronique .

XI.

B Wisinto, bénédictin à Kremsmünster.

XII.

B Garembert, abbé prémontré à Bony ; à Wulpen, un puits Saint-Garembert donnait de l'eau qui combattait fièvre et peste.

XVII.

S Jean-François Régis, jésuite, apôtre du Velais et du Vivarais, patron des missions rurales en France, fêté le 16 juin à La Louvesc où il mourut d'épuisement.

B Alain de Solminihac, évêque à Cahors, grand défenseur du concile de Trente ; il visita neuf fois les huit cents paroisses de son diocèse, béatifié en 1981.

XIX.

B Seo Seok-bong Andreas, laïc coréen martyr, probablement mort en prison, vers la fin de l’année, béatifié en 2014.

Ste Catherine Labouré, des Sœurs de la Charité, à qui apparut la Sainte Vierge à Paris, rue du Bac, à l’origine de la “Médaille Miraculeuse” (cf. 27 novembre).

XX.

Bse Giuseppina Nicoli (1863-1924), des Soeurs de la Charité à Turin, puis à Sassari et à Cagliari ; elle souffrit beaucoup des attaques de la Franc-Maçonnerie et de diverses calomnies ; béatifiée en 2008. 

B Leandro Gómez Gil (1915-1936), convers cistercien, martyr à Santander, béatifié en 2015.

 

Silvestre 1er pape

314-335

 

Ce pape est universellement connu à cause de la «nuit de la Saint-Silvestre», mais il faut admettre qu’on en connaît peu de choses en-dehors de son nom.

Fils de Rufinus et de Iusta, il serait né à Rome, où il devint prêtre sous le pape (saint ?) Marcellin (voir au 25 opctobre).

Silvestre (qu’il semble inutile d’orthographier Sylvestre) fut appelé à succéder au pape saint Melchiade (ou Miltiade, voir au 10 janvier) et devint le 21 janvier 314 le trente-troisième pape.

Depuis un an, l’empereur Constantin avait proclamé l’édit de Milan qui accordait la liberté de culte aux chrétiens. Cet empereur, le fils de sainte Hélène (voir au 18 août), favorisa grandement l’Eglise, même s'il fit parfois quelques erreurs de gouvernement.

Des sources qu’on peut qualifier douteuses, affirment que saint Silvestre guérit l’empereur de la lèpre, avant de le baptiser.

Ce qui est certain est que Silvestre ratifia le Concile de Nicée (325) qui proclama la consubstantialité du Père et du Fils dans la Sainte Trinité.

Durant ce long pontificat de plus de vingt années, Silvestre ordonna soixante-quinze évêques, quarante-deux prêtres et trente-sept diacres.

Il mourut le 31 décembre 335.

Son successeur devait être saint Marc.

 

 

Jean-François Régis

1597-1640

 

Jean-François Régis naquit le 31 janvier 1597 à Fontcouverte (Aude), dans une famille de paysans. Son père écrivit avec son patois que Jean-Francès es nasqut un divendrès, est né un vendredi.

Le garçon fréquenta le collège des Jésuites à Béziers, logeant chez l’habitant. Déjà il convainquit ses hôtes de faire une lecture durant les repas.

Il fit partie des pénitents bleus de Saint-Jérôme, qui s’occupaient des malades et des pauvres ; également de la congrégation mariale.

N’ayant pas ressenti d’attrait pour l’abbaye de Lagrasse, il entra chez les Jésuites de Toulouse en 1616. Les activités commencèrent.

1618 : professeur de grammaire à Auch.

1619 : professeur à Billom, puis étudiant en philosophie à Tournon.

1625 : professeur de troisième au Puy.

1627 : études de théologie à Toulouse et professeur de troisième à Auch.

1630 : ordination sacerdotale.

1631 : «troisième année» de noviciat, selon le règlement jésuite, et professeur de première à Pamiers.

1632 : envoyé en mission à Montpellier, il s’emploie à convertir les Huguenots, et à ramener les filles de mauvaise vie. Puis il est envoyé à Sommières. 

1633 : il émet les vœux. A partir de cette année-là, il sera envoyé dans les Cévennes. Après des débuts marqués par quelques audaces imprudentes (il a rappelé à l’ordre des prêtres pour le célibat, et on l’a dénoncé à l’évêché), le comte Chalendar de Lamothe convaincra l’évêque de n’y voir qu’une mauvaise cabale.

1634 : il demanda (mais vainement) de partir aux missions du Canada. Son Canada sera le Vivarais. Après deux mois de mission, il ramena à Dieu la ville de Privas.

Entre 1636 et 1640, il organisa des catéchismes au Puy : des milliers de fidèles accoururent à ses enseignements. Il y fonda un refuge pour les prostituées converties. Le Père Général des Jésuites le félicita pour son apostolat.

1638 : lors d’une famine, il se dévoua auprès des pauvres et des malades ; on signale des miracles insignes, des guérisons, une multiplication du blé dans un coffre vide…

1640 : rappel au collège pour remplacer un professeur malade.

Vers Noël, on l’attendait à La Louvesc (qu’on prononce La Louvé) ; s’étant perdu, il arriva juste la veille de Noël, éreinté. Il confessa, il prêcha trois fois ; le 26, il s’évanouit en confessant. 

Il mourut le 31 décembre 1640, et les bons pères Jésuites comprirent bien qu’il n’était pas question de reporter ailleurs les restes du père Régis, qui repose toujours à La Louvesc. L’endroit est resté un lieu de pèlerinage très fréquenté ; Jean-Marie Vianney (v. 4 août) s’y rendit pour être réconforté dans sa vocation.

Jean-François Régis fut béatifié en 1716, et canonisé en 1737.

En 1937, le cardinal Pacelli (futur pape Pie XII), suggérait d’invoquer Jean-François Régis comme patron des missions rurales en France.

 

Alain de Solminihac

1593-1659

 

D’une vieille famille du Périgord dont la devise était “Foi et Vaillance”, il naquit le 25 novembre 1593 à Belet.

Ayant d’abord songé aux Chevaliers de Malte, il finit par aller à vingt ans à l’abbaye des Chanoines Réguliers de Chancelade, proche de Périgueux (Dordogne). On appelle “Chanoines Réguliers” des prêtres qui décidaient d’avoir une vie commune, sous une même règle ; c’est saint Augustin qui en avait donné l’idée, pour habituer les prêtres à se retrouver entre eux. 

L’abbaye de Chancelade était une ruine, matérielle et surtout spirituelle : elle n’avait plus que trois religieux. 

Après son ordination sacerdotale, Alain partit à Paris pour achever ses études de théologie et de spiritualité. Il y rencontra plusieurs fois saint François de Sales (voir au 28 décembre), mais aussi un saint père jésuite, Antoine Le Gaudiery, qui sera son directeur spirituel.

En 1623 il devint abbé et entreprit de restaurer l’abbaye, au sens matériel et spirituel du mot. Son zèle et sa sainteté le firent remarquer au pape Urbain VIII, qui le nomma évêque de Cahors (Lot) en 1636.

Il se donna alors corps et âme à son devoir pastoral, cherchant à réformer son diocèse selon les directives du récent Concile de Trente, comme l’avait fait précédemment saint Charles Borromée à Milan (voir au 3 novembre).

Pendant les vingt-trois ans de son épiscopat, il réunit un synode diocésain, convoqua chaque semaine le conseil épiscopal, fit neuf fois la visite systématique de ses huit-cents paroisses ; il fonda un séminaire, organisa des missions paroissiales, le culte eucharistique, des œuvres pour les vieillards et les orphelins, les malades et les victimes de la peste. 

En 1656 il prêchera lui-même le Jubilé.

Il mourut le 31 décembre 1659 à Mercuès. 

Béatifié en 1981 et mentionné au Martyrologe le 31 décembre, il est localement fêté le 3 janvier, après l’octave de Noël.

Il a été proposé comme modèle aux évêques du monde entier, et particulièrement à ceux de France.

 

 

Seo Seok-bong Andreas

? -1815

 

Seo Seok-bong Andreas est un laïc coréen.

Il mourut (en prison ?) à Daegu (Gyeongsang-do) vers la fin de 1815 et fut béatifié en 2014.

 

 

Catherine Labouré

1806-1876

 

Catherine - prénommée familièrement Zoé par les siens - naquit le 2 mai 1806 à Fain-les-Moutiers (Montbard, Côte d’Or), neuvième des onze enfants de Pierre et Louise-Madeleine Gontard ; cette dernière mourut en 1815 déjà.

Le papa, un cultivateur, fut maire de sa localité de 1811 à 1815.

L’aînée des filles, Marie-Louise, après avoir dirigé quelque temps la maison familiale, entra chez les Filles de la Charité en 1818 ; la petite Zoé dit alors à sa jeune sœur Marie-Antoinette, surnommée Tonine : A nous deux, nous allons faire marcher la maison !

Après avoir reçu la Première communion, elle s’occupa à la ferme du ménage, de la cuisine, des bêtes (les vaches, les cochons, les huit-cents pigeons). Pieuse, elle se mit à jeûner les vendredis et les samedis.

C’est à cette époque qu’elle vit en rêve un vieux prêtre, qui l’invitait à rejoindre son aînée. Elle garda son «secret» dans son cœur et partit chez une cousine à Châtillon-sur-Seine, dans un pensionnat où elle apprit à lire et à écrire. Or, dans ce pensionnat, elle aperçut un tableau où elle reconnut le vieux prêtre de son rêve : on lui expliqua qu’il s’agissait du fondateur des Filles de la Chrité, saint Vincent de Paul (voir au 27 septembre). Mais voilà : le papa Labouré voulait marier sa fille et, pour lui faire oublier cette histoire, l’envoya travailler à Paris dans une cantine pour ouvriers, tenue par son frère.

Catherine y découvrit la misère du peuple, et désira encore plus fermement entrer chez les Filles de la Charité : en 1830, après trois mois de discernement dans la maison de ces Religieuses à Châtillon-sur-Seine, elle commença le noviciat à la maison-mère de Paris, rue du Bac. Elle n’avait pas de dot, mais une belle-sœur la lui avait procurée. Au terme du noviciat (ou séminaire, comme on dit dans cette congrégation), Catherine fut ainsi notée : Forte, moyenne taille, sait lire et écrire pour elle. Le caractère a paru bon, l’esprit et le jugement ne sont pas saillants. A de la piété, travaille à la vertu. Rien de plus ! 

C’est à cette jeune Sœur qui travaille à la vertu, qu’apparut la Mère de Dieu, en 1830. Sur le moment, Catherine garda un silence absolu sur ces manifestations extraordinaires, mais en parla seulement au confesseur ; ce saint prêtre prudent en avertit l’archevêché pour diligenter une enquête canonique, et obtint qu’on respectât discrètement l’anonymat de cette voyante.

Ce procès canonique se déroula en 1836. Sur la base des confidences de Catherine, le prêtre exposa les faits.

Après avoir vu en vision le cœur de saint Vincent de Paul, puis Notre-Seigneur Roi, Catherine fut réveillée la nuit du 19 juillet - à l’époque, c’était la fête de saint Vincent de Paul - par un petit enfant de quatre ou cinq ans (dit-elle, probablerment son ange gardien), qui la conduisit à la chapelle, où l’attendait la Mère de Dieu.

La Sainte Vierge exprima son mécontentement sur le relâchement de certaines Religieuses, et annonça à Catherine que Dieu avait pour elle une difficile mission.

Plus tard, le 27 novembre 1830,  Catherine vit la Sainte Vierge debout sur une boule blanche. Elle écrasait un serpent et tenait un globe dans ses mains à la hauteur de l’estomac, les yeux au ciel. Le globe disparut, les bras de la Vierge s’étendirent vers le bas : ses mains étaient rayonnantes ; les rayons partaient de ses doigts ornés chacun de trois anneaux couverts de pierreries. Ces rayons symbolisaient les grâces répandues sur les personnes qui les demandent. Les pierres sans rayon étaient les grâces qu’on oublie de demander. Un ovale se forma. Il y avait en haut : O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. Au revers, on voyait la lettre M, surmontée d’une croix et au-dessous, les cœurs de Jésus et Marie, avec douze étoiles tout autour. Marie demanda à Catherine de porter ces images à son confesseur, en lui disant de les frapper sur des médailles car tous ceux qui la porteront, recevront des grâces.

Le procès s’acheva positivement. Des médailles furent frappées, engendrant un courant de dévotion extraordinaire, et fructueux, dès l’épidémie de choléra en 1832.

Sur la demande de Marie, fut aussi créée la confrérie des Enfants de Marie Immaculée, en 1837. Notons ici que le dogme de l’Immaculée Conception ne devait être proclamé qu’en 1854. C’est en 1858 à Lourdes que la Vierge révéla à sainte Bernadette Soubirous (voir au 16 avril), qu’elle était l’Immaculée Conception.

Après ces premières visions, Catherine fut envoyée à l’hospice d’Enghien transféré rue Picpus à l’extrémité du faubourg Saint-Antoine, où elle devait rester jusqu’à sa mort.

Une des grâces les plus manifestes de cette Médaille Miraculeuse, comme on l’a populairement appelée, fut la conversion du juif Alphonse Ratisbonne, à Rome, le 20 janvier 1842 : ayant accepté de porter cette médaille, il eut peu après une apparition de la Vierge Marie ; bientôt baptisé, il rompit ses fiançailles, entra chez les Jésuites et fonda les Religieuses de Notre-Dame de Sion, pour la conversion des Juifs.

Après la révolution de 1848, Catherine eut une autre vision, à la suite de laquelle elle écrivit de nouveau à son confesseur pour la lui décrire. Elle y avait vu des ennemis de la religion, puis une grande croix, qui devait s’appeler Croix de la Victoire, et qui devait être érigée non loin de Notre-Dame. Catherine voyait aussi que le sang coule, le pasteur donne sa vie, qu’on a interprété comme une annonce de la Commune et de la mort violente de l’archevêque, Mgr Darboy, en 1871.

Cependant, le confesseur ne tint pas compte de cette vision. Quand on rapporta à Catherine les faits de Lourdes, il paraît qu’elle commenta seulement : Oui, c’est bien. Si l’on avait fait ici ce que la Sainte Vierge a demandé, elle n’aurait pas été obligée de se manifester à Lourdes. La croix n’a jamais été érigée à Paris, mais la Commune a bien eu lieu. Durant les événements de la Commune, dit-on, même des révolutionnaires venaient demander des médailles au couvent.

Catherine passa les dernières années de sa vie dans la plus grande discrétion. Elle se réservait toujours les tâches les plus dures, à la cuisine, à la lingerie, à la basse-cour, aux vieillards, à la porterie.

Sa mort fut très calme et très douce, le dimanche 31 décembre 1876.

La cause de la Sœur fut introduite à Rome dès 1907, dix ans avant le terme requis à l’époque.

Béatifiée en 1933, Catherine fut exhumée : son corps apparut en parfait état et remis dans une châsse qu’on vénère aujourd’hui dans la Chapelle de Paris, au 140 de la Rue du Bac. Malheureusement, une initiative pour le moins étrange, fut qu’on en détacha ses mains qui avaient touché la Sainte Vierge, et qu’on plaça dans une autre châsse, visible à l’intérieur du bâtiment des Religieuses. Ces mains, elles, ont perdu leur fraîcheur.

Sainte Catherine Labouré fut canonisée en 1947.

Sa fête ne pouvant être célébrée le 31 décembre, durant l’octave de Noël, on la fête actuellement le 25 novembre, en même temps que sainte Catherine d’Alexandrie, deux jours avant la date anniversaire de l’apparition du 27 novembre.

 

 

Giuseppina Nicoli

1863-1924

 

Cinquième des dix enfants de Carlo Nicoli, avocat à Casatisma (Oltrepò Pavese, Italie nord), Giuseppina fit de brillantes études à Voghera et eut son diplôme de maîtresse.

Elle avait un caractère ferme, décidé, que sa foi et sa vocation complétèrent pour en faire une femme forte, toute au service de Dieu.

Elle entra en 1883 chez les Filles de la Charité à Turin, reçut l’habit à Paris (la fameuse «Rue du Bac» où apparut Notre-Dame à sainte Catherine Labouré en 1830). 

A partir de 1885 elle fut envoyée en Sardaigne, pour un apostolat destiné particulièrement aux pauvres ; elle allait s’y donner entièrement, sans compter, même quand apparaîtront les premiers symptômes de la tuberculose, à partir de 1893.

Elle fut d’abord à Cagliari, où elle prononça ses vœux en 1888, puis à Sassari à partir de 1899.

Elle montrera une activité infatigable à s’occuper du catéchisme, des études des jeunes étudiants et des ouvriers, des orphelins, des prisonniers, des malades, multipliant les œuvres sociales en faveur des moins fortunés. D’abord à Cagliari, mais surtout à Sassari (où elle fut supérieure de l’Orphelinat), son apostolat se démultipliait en faveur des petits : chaque dimanche elle réunit jusqu’à huit cents enfants pour le catéchisme ; elle y ouvrit une école de Religion, pour aider les jeunes filles à compléter leur formation intellectuelle et universitaire et les aider à contrer les idées laïques que la Franc-maçonnerie tentait de répandre à Sassari. Elle collabora ainsi vaillamment avec don Manzella.

C’est elle qui lança l’association des Fils de Marie, qu’elle appela les Luigini, du nom de saint Louis de Gonzague, leur patron (voir au 21 juin), puis celle des Filles de Marie.

Ses dons d’organisatrice la rappelèrent à Turin pour être économe provinciale, puis pour diriger les plus jeunes novices. Mais sa santé déclinait déjà : on la renvoya en Sardaigne, dont le climat était meilleur que l’humidité de Turin.

Mais Sassari l’accueillit mal cette fois-ci, malgré le souvenir qu’elle y avait laissé. Les anti-cléricaux s’étaient déchaînés. Ainsi elle se vit contrainte de repartir pour Cagliari, comme Supérieure de l’Ecole préparatoire de la Marine (1914) : la population vivait là dans des conditions misérables, les enfants n’avaient pas le droit d’étudier… Et voilà la guerre… Misère matérielle, misère morale, misère spirituelle.

Giuseppina se remit au travail. Elle regroupa les jeunes filles venues de la campagne pour servir dans les familles aisées, elle leur enseigna le catéchisme, leur fit apprendre à lire et écrire ; elle les encadra dans l’association des Zitines, sous la protection de sainte Zita (voir au 27 avril).

L’évêque la mit aussi à la tête des Dorothées, femmes laïques consacrées, mal organisées et qui ne suffisaient pas à la tâche. Giuseppina regroupa les plus aptes pour s’occuper des enfants handicapés : elle ouvrit pour eux la Colonie Marine al Poetto.

La popularité de Sœur Giuseppina allait toucher à son comble lorsqu’elle s’attacha à s’occuper des petits gamins de la ville, les gamins à l’écuelle (en sarde : is piccioccus de crobi), qui n’avaient d’autre occupation que d’errer près du marché, ou de la gare, mal vêtus, pieds nus, maigrelets, gagnant à peine de quoi manger en portant les bagages des voyageurs ou des dames qui faisaient leur marché. La bonté et la patience maternelles de Giuseppina sut dominer les habitudes rudes et peu civiles de ces pauvres enfants. Elle gagna leur confiance, les instruisit, les appela les Marianelli (moinillons de Marie) en les consacrant à la Sainte Vierge, et les aida à accéder à un métier, à une place dans la société.

Giuseppina n’avait pas achevé son calvaire. La dernière année de sa vie, une pénible calomnie l’atteignit, elle et ses Compagnes, et nourrit les colonnes de la presse locale. Elle resta silencieuse dans l’épreuve. Ce fut le président de l’administration qui dut faire marche arrière, reconnaissant son erreur : il vint lui demander pardon sur son lit de mort et elle lui répondit par un large sourire.

Elle mourut le 31 décembre 1924, son dies natalis, le même jour que sainte Catherine Labouré, morte en 1876.

Elle a été béatifiée en 2008.

 

 

Leandro Gómez Gil

1915-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 13 mars 1915 à Hontomín (Burgos, Espagne).

Entré chez les moines Trappistes comme Convers, il n’avait que vingt-et-un ans.

Après la dispersion des moines de Viaceli, il avait trouvé refuge dans une famille connue. Quand la police le découvrit, le 29 décembre 1936, il fut tellement maltraité que le sang lui sortait par la bouche, par le nez et par les oreilles ; tout un drap en fut imprégné.

S’étant déclaré Religieux, il fut embarqué de force dans une voiture, et ainsi disparut.

On considère qu’il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 31 décembre 1936 ; il a été béatifié en 2015.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 12-décembre
commenter cet article
30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 00:00

 

30 DÉCEMBRE

 

III.

S Félix I, pape (268-274) : il aurait établi l'usage de célébrer des messes auprès du corps  des martyrs au jour anniversaire de leur mort.

? S Hermès, exorciste et martyr en Mésie. 

SS Mansuet, Sévère, Appien, Donat, Honorius, avec d'autres, martyrs à Alexandrie. 

IV.

Ste Anysia, martyre à Thessalonique ; elle cracha au visage d'un soldat qui voulait la forcer à sacrifier aux dieux.

S Libère, évêque à Ravenne.

S Sabin, évêque à Assise, martyr à Split avec Venustianus et sa famille, qu'il avait convertie, ainsi qu'Exupérance et Marcel, ses diacres.

V.

S Anysius, évêque à Thessalonique, vicaire du pape en Illyrie, ami de s. Jean Chrysostome.

S Perpetius (Perpet), évêque à Tours, qui mit ses grands biens au service des pauvres.

VI.

S Iucundus, évêque à Aoste.

VII.

S Germer, haut fonctionnaire normand ; il eut deux filles et un fils, puis fut abbé à Saint-Samson-de-la-Roque (où on tenta de l'assassiner), puis à Flay.

VIII.

S Egwin, descendant des rois de Mercie, évêque à Worcester.

XI.

S Raniero, évêque à L'Aquila.

XII.

S Ruggiero, évêque à Canne della Battaglia.

S Lorenzo, moine en Sicile dans le rit oriental.

XIII.

B Richard, cistercien anglais à Adwerth, très érudit ; au XIVe s., l'abbé renonça à le faire canoniser à cause des frais. 

Bse Margherita Colonna, clarisse près de Palestrina, sœur du cardinal Colonna ; elle soignait les Frères Mineurs infirmes et les lépreuses ; mystique.

XIX.

Bse Eugenia Ravasco, qui fonda à Gênes les Filles des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie, béatifiée en 2003.

XX.

B Giovanni Maria Boccardo (1848-1913), aîné de dix enfants à Turin, docteur en théologie ; il fit de sa paroisse une terre d'évangélisation et fonda la congrégation des Pauvres Filles de Saint-Gaétan, pour les malades, les orphelins et les vieillards, béatifié en 1998 ; il eut comme vicaire son propre frère, B Luigi Boccardo (cf. 9 juin).

Félix 1er pape

269-274

 

Ce vingt-sixième pape succédait à saint Denys.

On ne dit rien de lui.

Lors de la déposition de Paul de Samosate comme évêque d’Antioche, l’empereur proclama en 272 - et c’est important à souligner - que l’évêque légitime était celui qui était reconnu par l’évêque de Rome.

C’est peut-être ce même pape qui aurait établi que l’on célébrât la messe auprès du corps des Martyrs, au jour anniversaire de leur mort.

Saint Félix fut peut-être lui-même martyrisé, le 30 décembre 274.

Son successeur fut saint Eutychianus.

 

 

Germer de Flay

† 660

 

Germer serait né à Vardes (Neuf-Marché, Seine Maritime).

Il aurait occupé de hautes charges à la cour du roi.

De son mariage naquirent deux filles, qui moururent en bas âge, et un fils, Amalbert, qui eut s.Ouen (v. 24 août) pour parrain.

Il fonda un premier monastère, qui se trouverait dans la région de l’Orne.

Vers 649, appelé par Dieu à plus de détachement, il laissa la succession à son grand fils, dit adieu à son épouse, et se retira au monastère de Pentale, qui serait aujourd’hui Saint-Samson-de-la-Roque (Eure).

Il y occupa une place importante, peut-être même fut-il supérieur, mais son enseignement était jugé trop exigeant par certains moines, qui mirent dans son lit un couteau la pointe en l’air… Germer s’en aperçut à temps et alla passer la nuit à l’église.

Le lendemain, il annonça son désir de se retirer dans la grotte de s.Samson (v. 28 juillet). Certains moines s’y opposèrent, mais s.Ouen donna raison à Germer et l’ordonna prêtre dans cette même grotte. Il y vécut plus de cinq années, avec quelques compagnons.

Passé ce temps, il demanda à s.Ouen où fonder un nouveau monastère, et ce fut ainsi l’origine de Flay. Germer y fut abbé pendant trois ans et demi.

Il mourut le 30 décembre, vers 660.

L’abbaye prit ensuite le nom de Saint-Germer-de-Fly (Oise).

Les reliques de s.Germer, transportées à Beauvais en 906, furent détruites lors de la Révolution française.

Saint Germer de Flay est commémoré le 30 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Egwin de Worcester

† 717

 

Ce qu’on a écrit sur Egwin a peut-être été parfois embelli, mais voici les faits.

Egwin (Ecgwin, Eegwine) descendait des rois de Mercie (Angleterre) et naquit dans le comté de Worcester.

Il reçut sa formation dans un monastère, après quoi il fut nommé conseiller du roi Ethelred.

Vers 692, tel un saint Eloi (v. 1er décembre), il fut nommé évêque de Worcester ; il en était le troisième titulaire.

Homme de principes et amant de l’ordre, il ne fut cependant pas bien reçu et ses «ennemis» en référèrent au roi et au pape, qui le convoqua.

Egwin entreprit le voyage pour Rome en esprit de pénitence. Avant d’embarquer, il s’attacha des chaînes aux jambes, qu’il ferma avec un cadenas, et jeta la clef dans la rivière. Arrivés à l’embouchure du Tibre en Italie, ses compagnons pêchèrent un poisson, qui avait absorbé la fameuse clef. Egwin se libéra alors de ses chaînes, mais le phénomène fut immédiatement connu dans tout Rome, et l’évêque accusé repartit de Rome avec des lettres d’éloge et de recommandation pour le roi Ethelred.

Egwin reprit donc sa place à Worcester. Il fonda la célèbre abbaye Notre-Dame d’Evesham ; le nouveau roi, Kenred, y participa volontiers et l’église fut consacrée vers 709.

Ensuite, le prélat fit un nouveau pèlerinage à Rome.

Sentant arriver ses vieux jours, il préféra les passer dans cette même abbaye, et céda sa place d’évêque à Wilfrith (717).

Il mourut donc à Evesham, un 30 décembre de 717 ou 720.

Saint Egwin de Worcester est commémoré le 30 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Raniero de L’Aquila

† 1077

 

Le diocèse de L’Aquila (Abruzzes, Italie C) ne fut érigé qu’en 1256, et succédait à celui de Forcona, qui remonterait au 7e siècle.

Raniero semble en avoir été le sixième titulaire (connu) ; on le mentionne comme évêque avant 1072, date à laquelle il mentionne lui-même sa récente installation dans le diocèse.

Six évêques seulement sur quatre siècles laisse supposer soit qu’on n’ait pas retenu tous les titulaires dans les listes - ce qui est normalement impossible - soit qu’il y ait eu de longues périodes de vacance, par exemple à cause des incessantes guerres locales, soit que ces quelques évêques aient eu une longévité assez marquée, et un temps d’épiscopat d’environ soixante années chacun.

Reste que le pape répondit plus tard à Raniero en le félicitant pour sa bonne administration et lui promettant que le Saint-Siège protégerait désormais tous ses biens.

On croit qu’il mourut en 1077 - après cinq années seulement d’épiscopat. Son successeur, Berardo, apparaît vers 1160, environ un siècle plus tard. On pourrait aussi envisager alors que Raniero soit peut-être mort plus tard. 

Mais comment expliquer aussi que le seul évêque «saint» de ce diocèse soit si peu connu ? Sans doute qu’il brilla particulièrement par son humilité et sa discrétion.

Saint Raniero de L’Aquila est commémoré le 30 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ruggiero de Canne

1060-1129

 

C’est un personnage à la famille et à la vie inconnues.

Son prénom a suggéré à certains qu’il pouvait être d’origine normande, sans autre preuve.

Il dut naître vers 1060 dans la petite ville italienne de Canne, qui s’appelle aujourd’hui Canne della Battaglia et se trouve maintenant enclavée dans la banlieue de Barletta (Pouilles, Italie SE).

Il devint évêque de sa ville natale.

Les fréquentes rébellions des barons normands contre Robert Guiscard engendrèrent des guerres et Canne fut rasée par Guiscard en 1083.

Il est dit de Ruggiero qu’il se préoccupa charitablement de la population, allant chercher dans la campagne, et parfois pieds nus, de la nourriture.

Les papes eurent aussi recours à ses conseils., signe de sa culture, de sa vertu.

Ruggiero mourut le 30 décembre 1129, et ce jour-là le Martyrologe mentionne saint Ruggiero.

 

 

Lorenzo Ravì de Frazzanò

1120-1162

 

Lorenzo naquit le 22 octobre 1120 à Frazzanò (Messine, Sicile) de Cosmano et Costanza. Or l’année de sa naissance, l’enfant fut orphelin de sa mère d’abord puis de son père. C’est la voisine, Lucia, qui l’éleva.

Dès son plus jeune âge, Lorenzo se sentit poussé à pratiquer des pénitences dures ; il se flagellait jusqu’au sang. Mais l’étonnant est qu’au matin, sa chemise était toujours immaculée.

A six ans, Laurent lui demanda de pouvoir étudier en allant au monastère basilien de Troina : il y reçut l’instruction nécessaire tant désirée, mais aussi l’habit et successivement les ordres : à vingt ans, il était prêtre.

Il aimait la solitude et son esprit de pénitence le rendait déjà célèbre ; vers 1145, il alla passer six années dans une grotte avec deux autres moines qui voulaient partager sa solitude ; il y reçut la visite de saint Nicolò Politi (v. 17 août), de saint Luca de Calabre. S’il y subit de terribles assauts de la part du Démon, il reçut aussi  de nombreuses consolations divines.

Divinement inspiré, il revint vers 1150 au monastère de Troina, et partit pour celui d’Agira, où les cloches se mirent à sonner tant qu’il n’eut pas donné le baiser de paix à chacun des moines.

On vint voir Lorenzo, lui demander conseil, des prières. En 1152, des ermites vivant dans les Apennins vinrent le prier de venir célébrer Pâques chez eux et il les accompagna.

En 1155, il vint au monastère de Fragalà, pour trois ans. Il y fit construire une petite église, où il prêcha infatigablement aux foules avides d’entendre la parole du prêtre.

A partir de 1158, il partit prêcher dans les Pouilles et en Calabre ; à Reggio Calabria, où sévissait une épidémie de peste, il guérit les malades de corps et d’esprit ; il y eut beaucoup de conversions. Lorenzo y fit reconstruire trois églises en ruines et à son départ, l’archevêque et le duc étaient là pour le remercier.

En 1162, il revint définitivement à Frazzanò. Dans une vision, il sut l’approche de sa mort et les signes grandioses qui allaient l’accompagner. Il eut tout juste le temps de construire l’église dédiée à Tous les Saints pour honorer la Sainte Trinité, et c’est dans cette église qu’advinrent les plus grands miracles où Dieu glorifia son Serviteur fidèle.

Au soir du 30 décembre 1162, Lorenzo rendit à Dieu son esprit. Son corps exhala un parfum suave.

Le culte de Lorenzo Ravì fut immédiat et a traversé les siècles, tant de la part de l’Eglise orthodoxe que de la catholique. Il n’y a pas eu de canonisation proprement dite, mais le Martyrologe mentionne à présent Laurent au 30 décembre.

 

 

Richard d’Adwerth

† 1266

 

Richard était d’origine anglaise.

Venu étudier à Paris, il se diplôma en sciences et en lettres.

Une recluse inconnue lui aurait prédit qu’il irait en Frise et que son étoile y brillerait.

Il vint effectivement en Frise, mais pour entrer au monastère cistercien d’Adwerth (Groningue, Hollande).

Il y enseigna, mais surtout il affectionna tant la prière liturgique, qu’il la répétait ensuite pendant son travail de la journée.

Richard mourut, apparemment le 21 décembre 1266, mais son Ordre a inscrit son dies natalis au 30 décembre.

Un siècle plus tard, l’abbé tenta de le faire canoniser, mais y renonça devant les frais occasionnés par une telle procédure.

Le bienheureux Richard n’est donc pas mentionné au Martyrologe.

 

 

Margherita Colonna

1255-1284

 

La bienheureuse Margherita (Marguerite) naquit à Palestrina en 1255, fille de Oddone (Odon) Colonna et de Mabilia Orsini, qui eurent deux autres enfants : Giovanni et Giacomo. Elle appartenait donc à deux familles romaines puissantes qui, pendant plusieurs siècles, marquèrent l’histoire de la Ville Eternelle par des phases successives de paix et de haine réciproque. 

Palestrina était la place-forte de la famille. La richesse des nobles romains était liée aux pontifes et aux charges ecclésiastiques : en ce qui concerne les Colonna au temps de la Bienheureuse, il suffit de citer Giovanni, cardinal de Sainte-Praxède en 1212 et légat du pape pendant la cinquième Croisade. C’est ce dernier qui rapporta à Rome la colonne qui, selon la tradition, servit pour la flagellation du Christ et qui, encore aujourd’hui, est conservée dans la basilique romaine dont il était titulaire. 

Les années où vécut Margherita furent pour l’Eglise des années difficiles et agitées : de 1268 à 1271, le siège papal fut vacant, ce qui ne s’était jamais vu aussi longtemps dans l’histoire. Cela faisait vingt années que le pape n’habitait plus à Rome. Des conclaves interminables, des pontificats très brefs : le pouvoir du pontife, si fondamental pour l’équilibre du monde chrétien, subissait l’antagonisme entre la France (car Charles d’Anjou occupait beaucoup de régions d’Italie) et le Saint Empire Romain Germanique.

Très tôt, Margherita et ses deux frères furent orphelins. Tandis qu’on la destinait à un mariage prestigieux, important pour les alliances nobiliaires, elle n’avait au contraire qu’une préférence dans son cœur, demeurer l’épouse virginale de Jésus-Christ. Le 6 mars 1273, avec deux dames pieuses de sa maison, elle se retira à Castel San Pietro, une colline qui domine Palestrina, près de l’église de Santa Maria della Costa, pour suivre sa vocation sur la trace du mouvement franciscain. François d’Assise était mort depuis quarante-sept ans, Claire depuis seulement vingt ans : leur idéal de vie fascinait un grand nombre de personnes de tout rang social. 

Margherita reçut la rude bure, sous laquelle elle mit un cilice. Elle commença des jeûnes et des pénitences, priant pour que se réalisât son désir : devenir clarisse. Elle vécut donc là, retirée, pendant quelques années. Pour la puissante famille Colonna, cette vie d’anachorète était un véritable scandale. 

Le réconfort arriva cependant grâce à son frère Giacomo, lequel, quoique très jeune, était déjà cardinal (depuis 1278) par volonté du pape Nicolas III (dans le monde Giovanni Gaetano Orsini), tandis que Giovanni était sénateur à Rome. Bien qu’il fût revêtu de son titre uniquement en raison de son appartenance à une famille importante, comme cela était habituel en ces temps-là, Giacomo éprouvait un amour sincère pour le Christ. Il conduisit Margherita à Rome, et tous deux prièrent ensemble sur la tombe des Apôtres Pierre et Paul. 

C’est ainsi que Margherita commença une nouvelle vie. Elle ne disposait plus de l’héritage familial si abondant : elle avait désormais la Pauvreté, qui ne manque jamais sur la route des Saints. 

Son exemple lumineux suscitait un grand intérêt, surtout parmi d’autres dames désireuses comme elle de mettre leur vie au service de Jésus-Christ. 

Elle  demanda au Supérieur Général des Frères Mineurs, Girolamo Masci, le futur pape Nicolas IV, la permission d’entrer au Monastère d’Assise. Une maladie l’en empêcha : autres étaient les voies du Seigneur. 

Sa pensée alla ensuite vers le Couvent de la Mentola (qui se trouvait entre Palestrina et Tivoli, et où l’on vénérait une image de la Très Sainte Vierge à laquelle elle était très dévote ; saint François aussi s’y était rendu). Mais ce couvent dépendait du Comte de Poli, qui ne voyait pas d’un bon œil une fille Colonna arriver dans ses territoires. 

Elle retourna donc à la maison et, avec l’aide de son frère cardinal, fonda un monastère sur la montagne voisine : là, pauvrement, de jour comme de nuit, on louait et l’on priait le Seigneur. Margherita s’occupa de la formation de ses compagnes, mais sa charité alla bien au-delà, touchant aussi les malades et les pauvres alentour. Chaque année, à la Saint-Jean-Baptiste - dont elle était très dévote - elle organisait un repas pour eux. 

La tradition rapporte qu’un jour Jésus et Jean-Baptiste se présentèrent à sa table, mais qu’ils disparurent quand Margherita les reconnut. 

Quand elle eut épuisé son important patrimoine personnel, elle qui était née dans l’opulence tendit la main pour demander l’aumône et pouvoir ainsi continuer ses œuvres. Entre autres, on se souvient de son assistance aux Frères Mineurs du couvent de Zagarolo, à un moment de grave nécessité. 

Son union avec le Christ devint de plus en plus intense : elle reçut de façon visible le réconfort de Jésus, de Sa Mère et de saint François. Elle eut plusieurs extases et supporta patiemment pendant sept années une blessure ulcéreuse au côté, qu’elle considéra comme une marque de la Passion de Jésus. 

Elle n’avait pas trente ans à sa mort, une mort qui fut précieuse aux yeux du Seigneur. Elle rendit l’esprit, à la suite de son ulcère et de violents accès de fièvre, le 30 décembre 1284. 

Immédiatement son tombeau devint un lieu de pèlerinages, et des grâces étaient obtenues par son intercession. En 1285 le pape Honorius IV donna l’autorisation à la communauté de Clarisses de se transférer à Rome, dans le monastère de Saint-Silvestre-in-Capite, où celles-ci transportèrent le corps vénéré de la Bienheureuse (il y restera jusqu’en 1871). Sa biographie fut écrite par son frère et la première abbesse de Saint-Silvestre.

Le 17 septembre 1847, le pape Pie IX confirma le culte “ab immemorabili” (de temps immémorial) ainsi que la mémoire liturgique le 17 décembre. Quelques années plus tôt, le pape Grégoire XVI avait établi que seules les familles Colonna et Orsini eussent le privilège exclusif de Princes assistants au trône pontifical.

Aujourd’hui, les reliques de la bienheureuse Margherita sont vénérées dans l’église de Castel San Pietro, proche de Palestrina. Là, la semence qu’elle jeta en terre il y a plus de sept siècles, continue de fleurir encore aujourd’hui, grâce aux Clarisses du monastère de Sainte-Marie-des-Anges.

Le Martyrologe Romain la mentionne le 30 décembre, son dies natalis (le jour de sa mort, qui est le jour de sa naissance au ciel).

 

 

Eugenia Ravasco

1845-1900

 

Elle naquit le 4 janvier 1845 à Milan, troisième des six enfants de parents aisés, Francesco Matteo et Carolina Mozzoni Frosconi.

La maman mourut dès 1848, de sorte que le papa alla s’installer à Gênes avec son fils aîné et sa dernière fille. Eugenia resta à Milan chez sa tante, qui s’en occupa vraiment comme une mère très chrétienne.

En 1852, la famille se réunit à Gênes, mais le papa mourut à son tour en 1855, de sorte qu’Eugenia fut recueillie chez son oncle Ravasco qui vivait aussi à Gênes. Cet oncle avait déjà dix enfants, et se prodigua pour élever avec le même amour ses neveux et nièces. Il voyait avec inquiétude grandir en Italie l’influence de la Maçonnerie, en tout particulier sur le cœur du frère aîné d’Eugenia, Ambrogio.

Eugenia fut très vite attirée par l’Eucharistie et la dévotion envers les Cœurs de Jésus et Marie, en même temps qu’animée par un réel amour envers le Prochain.

Elle fit sa Première communion en 1855 et reçut la Confirmation. Dès lors, elle ne passait jamais devant une église sans s’y arrêter pour prier et adorer.

En 1862, mourut ce cher oncle bienfaiteur. Eugenia fit tout ce qu’elle put pour ramener son frère Ambrogio à de saines idées, mais sans succès apparent.

En 1863, elle se consacra à Dieu, tandis que, dans la famille, on avait d’autres espérances pour elle.

Elle s’occupa de catéchèse, collabora avec les Filles de l’Immaculée, avec les Dames de la Charité. La famille n’appréciait pas ce genre de contacts, d’une autre classe que celle d’Eugenia, qu’on commençait à mépriser. Mais Eugenia avait du caractère, et persévéra sur sa route. Avec d’autres collègues, elle commença à réunir des petites fillles pour les occuper sainement et saintement.

Finalement, en 1868, l’Esprit Saint la poussa à fonder pour de bon un nouvel Institut : la Congrégation des Filles des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, dont la mission devait être de faire le bien, surtout envers la jeunesse, souvent abandonnée à elle-même, pour former d’honnêtes citoyens en société et des Saints au Ciel.

En 1878, contre vents et tempêtes, et malgré les attaques maçonniques, elle ouvrit une école pour la formation de maîtresses, elle organisa des exercices spirituels, des retraites, des missions, provoquant ainsi le retour de beaucoup d’âmes à Dieu, notamment des prisonniers et des mourants.

L’Institut fut approuvé dans le diocèse en 1882 et, en 1884, Eugenia fit la profession religieuse en même temps que ses Collègues.

En 1892, elle ouvrit encore une Maison pour les jeunes ouvrières à Gênes, et fonda pour ces ouvrières l’Association Santa Zita. 

Elle tomba malade et mourut - trop tôt aux yeux du monde ! le 30 décembre 1900 à Gênes, tout à la fin du 19e siècle. Deux jours plus tard, elle aurait été la première Sainte du 20e siècle !

L’Institut devint de droit pontifical en 1909. Actuellement, il compte plusieurs centaines de Religieuses, présentes en Italie, en Suisse, en Albanie, en Afrique, dans une grande partie de l’Amérique latine et aux Philippines.

Eugenia Ravasco fut béatifiée en 2003.

 

 

Giovanni Maria Boccardo

1848-1913

 

Giovanni (Jean) Ottavio Maria naquit le 20 novembre 1848 à Cà Bianca (Testona, Moncalieri - en piémontais Moncalé -, Turin, Italie nord-ouest), aîné des dix enfants de Gaspare et de Giuseppina Malerba. Des dix enfants, trois moururent en bas âge, et trois se donnèrent à Dieu ; deux furent prêtres, Giovanni et son frère Luigi qui, né en 1861, fut le filleul de Giovanni et, plus tard, son vicaire de paroisse ; Giacinta, elle, entra au couvent en 1874.

En 1861, Giovanni entra au lycée des Barnabites. Sur son chemin, il aidait chaque jour un pauvre aveugle avant d’arriver à l’école.

En 1864, il entra au séminaire.

Quand il confia à son père son désir d’être prêtre, celui-ci lui répondit : D’accord, à condition que tu soies un vrai prêtre, pas seulement avec la soutane, mais avec les actes. Le garçon allait correspondre tout-à-fait au désir de son père.

Ordonné prêtre en 1871, il fut dès 1873 directeur spirituel aux séminaires de Chieri, puis de Turin, persuadé que, pour conduire de futurs prêtres sur le chemin de la sainteté, il devait donner le premier l’exemple d’une vie totalement vertueuse et sainte.

En 1877, il fut reçu docteur en théologie.

En 1882, il fut nommé curé à Pancalieri, où il restera actif jusqu’à sa mort, par la catéchèse, la prédication (y compris dans les paroisses alentour), les visites aux prisonniers. Il institua une pieuse association qu’il appela la Cour de Marie et favorisa la bonne presse.

Lors de la terrible épidémie de choléra de 1884, il se prodigua avec quelques jeunes paroissiennes pour aller porter secours aux malades ; mais surtout il fonda cette année-là un hôpital à Moncalieri même : pour s’occuper des malades, il accueillit une, puis plusieurs paroissiennes qui se constituèrent en une nouvelle Congrégation, les Pauvres Filles de Saint-Gaetan, qui se multiplièrent dans trente-deux maisons que le Fondateur ouvrit dans le Piémont et les Marches, au service des malades abandonnés, des vieillards sans ressources, des orphelins, des prêtres malades…

Cette même année aussi lui fut adjoint comme vicaire son propre frère, Luigi (voir au 9 juin), pendant deux années.

Don Giovanni Maria laissa un grand nombre de lettres, réflexions, propositions, contenues dans une quarantaine de volumes.

En 1911, un accident cardio-vasculaire le laissa paralysé, dans l’impossibilité d’exercer le moindre ministère. Sa seule consolation était de se faire porter dans son hôpital, au milieu des malades et des Sœurs.

Il s’éteignit à Pancalieri, le 30 décembre 1913.

L’année suivante, son frère Luigi fut nommé Supérieur Général de la Congrégation.

L’approbation pontificale de l’Institut arriva en 1958, les Sœurs s’étant installées aussi au Brésil, en Argentine, au Bénin.

Giovanni Maria Boccardo fut béatifié en 1998.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 12-décembre
commenter cet article
29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 00:00

29 DÉCEMBRE

     

-X.        

S David, roi de Juda (cf. 1 et 2 S ; 1 R:1-2), et auteur d’une grande partie des psaumes.

I.        

S Trophime, premier évêque à Arles (III.?).

III.        

SS Libosus (évêque), Domicius, Victor, Primianus, Saturnin, Crescentius, Second et Honoratus, martyrs à Vaga.

S Martinianus, évêque à Milan.

V.        

S Marcel, abbé des acémètes ("qui ne dorment pas") à Gomon ; ces moines se relayaient pour que la louange ne s'arrêtât jamais dans l'église.

VII.        

S Pierre de Cantorbury, bénédictin envoyé avec s. Augustin par s. Grégoire le Grand pour évangéliser l'Angleterre, premier abbé au monastère Saints-Pierre-et-Paul (plus tard Saint-Augustin), enterré à Boulogne-sur-Mer, parce qu'il se noya à Ambleteuse.

S Albert, ermite à Gambrum.

VIII.        

S Evroul, ermite avec quelques compagnons à Ouche, fondateur de quelque quinze monastères ; les malades guérissaient en touchant son vêtement.

XI.        

S Gérard, abbé à Saint-Wandrille, assassiné pendant son sommeil par un moine irrité.

XII.        

S Thomas Becket, évêque à Cantorbury et grand chancelier du roi d'Angleterre auquel il résista ; il fut assassiné dans sa cathédrale.

XIV.        

B Gerardo Cagnoli, frère lai franciscain, cuisinier, mystique.

XVII.    

B William Howard, petit-fils de Philipp Howard (martyrisé en 1595, cf. 19 octobre) ; il siégeait à la Chambre des Lords ; condamné à mort pour “intelligence avec le pape” et décapité à Londres.

XIX.        

SS Ch’oe Ch’ang-hŭb Peteuro et Hyŏn Kyŏng-Nyŏn Benedikta, catéchistes ; Cho Chŭng-i Bareubara, Han Yŏng-i Magdallena, Ko Sun-i Bareubara, Chŏng Chŏng-hye Ellisabes, Yi Yŏng-dŏk Magdallena, laïques coréens martyrs canonisés en 1984, avec leurs proches, parents, frères ou sœurs, et fêtés le 20 septembre.

XX.    

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 : 

Diocésains : José Aparicio Sanz (*1893) et Enrique Juan Requena (*1903), prêtres, près de Valencia : le dernier, organiste, était particulièrement zélé ;

Jésuites : Juan Bautista Ferreres Boluda (* 1861), prêtre, près de Valencia ;

Laïcs : José Perpiñá Nácher (*1911), près de Valencia ;

- béatifiés en 2013 :

Capucins : Aproniano de Felipe González (Miguel, 1898-1936), prêtre, et Jacinto Gutiérrez Terciado (Diego, 1909-1936), convers, près de Santander.

David, roi

10e siècle avant Jésus-Christ

 

Nous trouvons l’histoire de David dans la Bible, aux Livres de Samuel, et au premier Livre des Rois.

David était le dernier-né des fils de Jessé, de Bethléem, qui en avait huit : Eliab, Abinadab, Shamma, sont les noms des trois premiers que nous donne l’Ecriture ; les autres ne sont pas nommés, jusqu’au dernier, David.

Celui-ci était roux, un garçon au beau regard et de belle tournure (1S 16:12).

Il entra au service de Saül pour lui faire bénéficier des bienfaits de la musique, car il jouait de la harpe (1S 16:14-23).

Vient l’épisode de Goliath, que David assomme d’un coup de galet envoyé avec sa fronde de pasteur (1S 17). C’est cette première victoire qui rend Saül jaloux, au point de diriger sa lance contre David, qui l’évite et s’enfuit.

Le fils de Saül, Jonathan, éprouve cependant une profonde amitié pour David ; il le protège, il intercède auprès de Saül pour un apaisement (1S 19-20), c’est que Jonathan aimait David de toute son âme (1S 20-17) et ira jusqu’à renoncer à la succession royale en faveur de David (1S 23-17).

Dans la lutte qui oppose désormais Saül et David, ce dernier se montre très magnanime envers le roi, l’épargnant même par deux fois quand il pourrait le tuer car, dit-il, que Yahve me garde de porter la main sur lui, car il est l’oint de Yahvé (1S 24:7 et 26:11)).

Après Saül, David devint roi de Juda (2S 2-4) puis d’Israël et Juda (2S 5-8).

Tous ces épisodes sont repris dans le premier Livre des Chroniques (1Ch 11-29), qui s’appellent en latin les Paralipomènes.

Choisi par Dieu, David n’en restait pas moins un homme avec ses faiblesses, et la Bible raconte sincèrement qu’il eut dix-neuf enfants de ses huit femmes sans compter les fils des concubines (1Ch 3:9). L’Ecriture inspirée de Dieu nous instruit ainsi sur les «habitudes» de cette époque, sans approuver ni condamner ce comportement, mais pour nous rappeler combien la loi divine du début était loin d’être appliquée dans son intégralité. Jésus-Christ rappelle aux Pharisiens que, si Moïse avait permis à l’homme de renvoyer sa femme, c’était en raison de (leur) caractère intraitable, mais qu’il n’en était pas ainsi à l’origine (Mt 19:8).

Par cette sincérité, l’auteur de la Bible signe son authenticité. N’importe quel faussaire aurait caché l’inconduite de David.

C’est ainsi que nous lisons aussi le triste épisode de l’adultère du roi (2S 11-12), comment il fit tuer le mari de Bethsabée au combat et introduisit cette femme chez lui, comment le prophète Natân lui reprocha son péché et lui annonça la mort du bébé. David écrira cependant son remords et sa confiance en Dieu miséricordieux dans le psaume 50 (le Miserere), un chef-d’œuvre poétique d’humble aveu du pécheur repenti. 

David fut l’auteur d’une grande quantité de psaumes, cent-cinquante en tout, qui ne sont peut-être pas tous de sa propre main. 

Mystérieusement, c’est ensuite de la même Bethsabée que naîtra Salomon. Le Christ choisit donc précisément cette lignée humaine pécheresse, pour naître dix siècles plus tard de la Vierge Marie. 

Pour Salomon, David préparera tout le matériel nécessaire à la construction du Temple de Jérusalem (1Ch 22-29).

Le grand mérite de David, c’est sa piété profonde envers Yahweh, et c’est ce par quoi il l’emporte sur tous les rois d’Israël.

David régna une quarantaine d’années, dont trente-trois à Jérusalem (1Ch 29:27).

Ce n’est que tardivement que son nom fut introduit dans le Martyrologe, au 29 décembre, tandis que l’Eglise grecque le commémorait au dimanche après Noël. 

 

 

Evroul d’Ouche

516-596

 

Evroul (Ebrulfus) serait né vers 516 à Bayeux.

Il fut formé à la cour du roi de Francie et se maria.

Cependant, entendant l’appel du Christ qui invite à tout laisser (cf. Lc 12:33 et 14:26,33), il confia sa chère épouse à des religieuses et vint se cacher dans les bois d’Ouche (Haute Normandie, act. Argentan, Orne).

Il y venait avec trois compagnons, confiant à Dieu leur survie, dans cette forêt si ingrate. La vie de ces solitaires touchait les gens de l’endroit, qui apportèrent des dons, et souvent restèrent.

Ils étaient quatre : il fallut bâtir quinze monastères ! Il y eut des monastères d’hommes et des monastères de femmes. Une peste abattit soixante-dix-huit d’entre eux.

Evroul ne fut pas ordonné prêtre, mais il resta le supérieur de toutes ces communautés.

La nuit, Evroul faisait venir discrètement son secrétaire, qui lui lisait l’Ecriture ; le dimanche, des prêtres célébraient devant lui trois messes ; trois fois l’an, il se faisait raser la tête.

Il y eut un accueil particulier réservé aux pauvres. Des malades demandaient à toucher (ou emporter) la corde d’Evroul, et s’en trouvèrent guéris.

Devenu octogénaire, il désirait voir son Maître. Il ne pouvait plus absorber qu’un peu d’eau. Pendant quarante jours, sa seule nourriture fut l’Eucharistie.

Evroul s’éteignit le 29 décembre vers 596.

On ne nous dit pas ce que sont devenus ces quinze monastères, mais des paroisses ont «Saint Evroult» comme patron.

Saint Evroul d’Ouche est commémoré le 29 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gerardo Cagnoli

1267-1342

 

Gerardo vit le jour vers 1267 à Valenza Po (Lombardie, Italie N), d’une famille chrétienne et aisée.

Il fut orphelin de père à dix ans, et dut ensuite s’occuper assidûment de sa chère maman, frappée d’une grave tuberculose pulmonaire qui l’immobilisait totalement. 

Sans se décourager, Gerardo s’occupa responsablement de la maison, de sa mère, et commença une vie d’ermite chez lui, dans la prière, l’abnégation, le silence avec Dieu.

La maladie de la maman la tortura pendant treize années, au terme de laquelle elle rendit son dernier soupir dans les bras de son garçon bien-aimé.

Ce qu’il possédait, il le donna aux pauvres et entreprit un long pèlerinage à travers l’Italie, jusqu’aux rivages de la Sicile.

Il fut d’abord à Rome quelques années, puis rejoignit Naples et atteignit la Sicile. Ce fut d’abord près de Trapani (pendant quatre ans), puis de Catane.

Il y eut ensuite comme une fracture dans la vie de Gerardo. Il entendit parler de la sainte vie de Louis d’Anjou (v. 19 août) et, pour en imiter les saintes vertus, songea qu’il n’avait rien de mieux à faire que d’entrer dans un couvent franciscain. Il se présenta à Randazzo. Après la vie solitaire, cette vie de communauté, dans l’obéissance à un supérieur, devait coûter beaucoup à Gerardo, qui cependant voulait vraiment acquérir le sainteté. S’il en souffrit, il ne le laissa pas transparaître. Il était heureux.

Comme tout les nouveaux profès, il eut la charge de l’accueil et de la quête dans les rues, et se trouva ainsi en continuel contact avec les gens. Mais il pouvait jouir quotidiennement de l’Eucharistie, devant laquelle il restait des heures en méditation, la nuit. Son amour pour Jésus-Christ allait en même temps pour la Mère de Jésus, qui le favorisa d’apparitions, et bien sûr pour Louis d’Anjou.

Dieu lui donna en retour le don des miracles. C’est à Randazzo, alors qu’il n’était que novice, qu’il accomplit son premier geste miraculeux : «victime» d’une extase dans l’église, il en avait oublié de préparer le repas de la communauté ; le père gardien vint doucement le rappeler à la réalité et Gerardo courut à la cuisine… où le repas avait été préparé par «quelqu’un» : son ange gardien.

Puis on l’envoya au couvent de Palermo, où il resta pendant trente-cinq ans ; là encore, il excella à se faire petit, à servir les autres, à rechercher les plus vieux habits ; tout cela sans renoncer aux habituelles mortifications qu’il connaissait déjà dans son ermitage : cilice, jeûnes, abstinence rigoureuse de viande.

Les miracles se multiplièrent : Gerardo eut un charisme particulier pour guérir des maladies de toutes sortes, des fièvres malignes, des blessures, des maux incurables… 

Gerardo mourut le 29 décermbre 1342. Bien entendu, les miracles continuèrent de plus belle. On «béatifia» le bon Frère par la voix populaire, suivie de l’autorité ecclésiastique qui en confirma le culte en 1908.

 

 

William Howard

1614-1680

 

William était né le 30 novembre 1614 à Strand (Londres, Angleterre).

Petit-fils de Philipp Howard (v. 19 octobre), fils de Thomas Howard et oncle du cardinal Thomas Philipp Howard, il grandit dans le Catholicisme.

Lors du sacre de Charles Ier en 1626, il fut fait chevalier de Bath et, en 1637, épousa Mary Stafford, devenant ainsi vicomte Stafford en 1640.

En 1642, on le trouve aux Pays-Bas, au service de la famille royale, et de ses parents. Il fut aussi chargé de missions en Flandre et en Suisse par l’empereur Ferdinand.

Après la mort de son père en 1646, des querelles d’héritage divisèrent la famille et causèrent beaucoup d’ennuis à William, pendant plusieurs années. Dans l’impossibilité d’entrer dans les détails, on sait qu’il fut même arrêté dans le cadre de ces affaires pénibles, à Heidelberg en 1653, à Utrecht en 1656. Les procès durèrent jusqu’en 1660, lorsqu’à la Restauration il put récupérer ses droits et vivre en paix avec sa grande famille.

C’est en 1675 que son neveu Thomas Philipp fut créé cardinal.

En 1678, les partisans du complot de Oates mirent William sur leur liste de lords catholiques proscrits. Il fut arrêté et jeté à la Tower de Londres le 25 octobre, où il resta plus d’une année.

Dans la prison, il eut pour compagnon le père bénédictin James Maurus Corke, qui écrivit que ce vieillard était toujours prêt à rendre service, très charitable, très pieux, habitué à la sobriété, incapable de proférer une parole méchante, amant de la justice.

Le procès dura une semaine et s’acheva par la condamnation à mort votée par cinquante-cinq voix pour et trente-et-une contre ; on a dit que parmi les voix pour se trouvaient tous les parents de William.

William Howard mourut en martyr à Londres, le 29 décembre 1680.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Cho Chŭng-i Bareubara

1781-1839

 

Née en 1781 à Ichŏn (Gyŏngi-do, Corée), Barbara était de famille noble. Elle était cousine de Chŏng Ha-sang Paulus, le fameux héros de l’introduction des missionnaires en Corée (voir au 22 septembre).

A seize ans, elle épousa Nam I-gwan Sebastianus (sans doute un Chrétien, puisqu’il porte un prénom chrétien), et mit au monde un garçon qui mourut peu après la naissance.

Plusieurs de ses proches moururent dans la persécution de 1801 et son mari fut exilé. Refugiée chez son frère, elle y fut vraiment malheureuse.

Vers l’âge de trente ans, elle vint à Séoul, où elle put vivre en paix chez une famille de Chrétiens et enfin pratiquer plus librement la religion.

Elle aida activement son cousin Paulus pour son voyage en Chine.

En 1832, son mari revint de l’exil et elle put aider davantage les prêtres chinois. Après le départ du père Yu, Bareubara acheta une petite maison, où elle put accueillir Mgr Imbert et les pères Maubant et Chastan, futurs martyrs (voir au 21 septembre). Les fidè!es y vinrent pour recevoir les Sacrements et participer à l’Eucharistie. Elle disait souvent : Si une persécution arrive, nous devons nous y préparer par la mortification pour glorifier Dieu et sauver nos âmes.

C’est en juillet 1839 qu’elle fut arrêtée. Interrogée pour révéler la cachette de son mari, invitée à renier sa foi, elle déclara fermement : Même si je dois mourir mille fois, je ne peux pas commettre un tel péché.

Les tortures s’abattirent sur cette femme courageuse. Elle eut les jambes tordues, elle reçut cent quatre-vingts coups de cudgel, cette plaque de bois d’un demi-centimètre d’épaisseur, avec un long manche, qu’on abattait sur le postérieur des victimes jusqu’à en faire gicler les chairs et le sang ; derechef devant la Haute-Cour.

On retrouva son mari, qui subit à son tour les tortures. Tous deux restèrent fidèles et inébranlables.

Bareubara, oubliant ses souffrances, restait douce avec les autres prisonniers, les encourageait, les consolait. Après leur avoir dit au-revoir, elle s’endormit, jusqu’à ce qu’on vînt la chercher.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Séoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Han Yŏng-i Magdallena

1783-1839

 

Magdallena était née en 1783 à Séoul.

Jeune encore, elle épousa Kwŏn Chin, un fonctionnaire gouvernemental lettré, de famille noble. S’étant fait catholique, il poussa son épouse à embrasser aussi le christianisme. Il fut baptisé sur son lit de mort, et demanda à son épouse de toujours vivre désormais en femme catholique.

Une fois devenue veuve, Magdallena mena une vie très pauvre, mais très pieuse en même temps, sans jamais se plaindre, remerciant Dieu au contraire pour sa vie de pauvreté.

Elle avait eu une fille, Kwŏn Chin-i Agatha, qui vint avec son amie Yi Agatha, vivre chez sa mère. C’était un trio de saintes femmes, tout adonnées aux actes de piété, de bonté, et de mortification. 

Un apostat parla : Magdallena fut «dénoncée» et arrêtée le 17 juillet 1839, avec les deux jeunes filles. Tandis que Magdallena était conduite en prison, Agatha était retenue avec deux autres femmes dans une maison voisine, gardée par des policiers. Le traître lui-même vint faire à Agatha des propositions malhonnêtes, auxquelles elle ne prêta pas même l’oreille. La police, touchée par la jeunesse et la beauté de cette fille, vint la délivrer. Les policiers complices du traître furent punis.

Agatha et les deux autres femmes furent de nouveau arrêtées un peu plus tard. Elles devaient subir le martyre le 31 janvier 1840.

Quant à Magdallena, cette vaillante veuve subit des tortures intollérables, qu’elle supporta cependant avec tout le courage que lui donnait sa foi inébranlable. Frappée, tordue, elle restait calme et paisible, dans l’attente du jour de son martyre final.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Séoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Ch’oe Ch’ang-hŭb Peteuro

1786-1839

 

Peteuro (Petrus) était né vers 1786 à Séoul (Corée), fils d’un officier du gouvernement. Un de ses frères, Joannes Ch’oe, reçut le martyre en 1801.

Il avait treize ans quand mourut son père, et alors il eut l’occasion de connaître la doctrine catholique. 

En 1801, la persécution lui fit perdre, outre son frère, tous ses biens de famille. Il épousa Son So-byŏk Magdalena, qui mit au monde onze enfants ; deux de ceux-là seulement vécurent, dont Ch’oe Yŏng-i Barbara.

Mais comme il ne vivait pas en milieu catholique, il ne pratiqua pas le catholicisme jusqu’en 1815 : alors, il se rapprocha d’une communauté catholique et approfondit la religion. Lors d’une épidémie de choléra, en 1821, il reçut enfin le Baptême.

Dès lors, il observa consciencieusement la religion, pratiqua avec régularité, soutint les missionnaires et l’Eglise de toutes ses forces, jugeant que pour tous les péchés qu’il avait commis dans sa jeunesse, il devait mourir pour Dieu, en expiation et pour sauver son âme.

En juin 1839, il fut arrêté, et interrogé. Quelques questions et réponses : 

Tu crois en cette fausse religion ?

Je crois en la religion catholique. Il n’y a pas d’erreur dans ce que l’Eglise enseigne.

Renonce à Dieu.

Impossible.

On le tortura sept fois. Son corps fut littéralement brisé sous les coups, mais il resta inflexible dans sa foi, et refusa de donner des indications sur les autres Catholiques.

Juste avant d’être porté au lieu de l’exécution, il fit dire à sa femme et à sa fille, qui étaient aussi en prison, qu’elles ne devaient pas être tristes, mais qu’elles devaient rendre grâces à Dieu et se préparer à le suivre dans le martyre.

Effectivement Magdalena subit le martyre le 31 janvier suivant, et Barbara le 1er février.

Peteuro, lui, fut décapité parmi sept Martyrs, à Séoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Ko Sun-i Bareubara

1794-1839

 

Barbara était la fille d’un Martyr de 1801, Ko Kwang-sŏng, et épouse de Pak Chong-wŏn Augustinus, qui allait être martyrisé un mois après elle (voir au 31 janvier).

Née en 1794, elle s’était mariée à dix-huit ans, et eut trois enfants.

Toute la famille grandissait dans une foi profonde. Bareubara épaulait son mari dans ses œuvres, elle faisait le catéchisme aux illettrés, ravivait la foi des faibles, visitait les malades. Elle était heureuse de voir revenir les missionnaires, pour recevoir les Sacrements.

Quand son mari fut arrêté, le 26 octobre 1839, elle pensa se livrer elle-même, pour partager les souffrances de son mari, mais elle fut elle-même arrêtée dès le lendemain, 27 octobre. Elle remercia le Bon Dieu pour cette grâce spéciale. En prison, ils s’encouragèrent mutuellement.

Interrogés, tous deux refusèrent de renier leur foi, tous deux subirent les tortures. La pauvre Bareubara ne pouvait plus bouger les bras, mais ne perdit jamais son courage.

Vingt jours après, elle fut à nouveau battue, avec son mari. Sa chair volait en lambeaux. Mais son désir de mourir pour Dieu était plus fort. Elle révéla à ses camarades de prison : D’habitude, les tortures m’effraient, mais maintenant le Saint-Esprit m’a accordé une bénédiction particulière, de sorte que la pécheresse que je suis n’a plus peur des tortures. Je suis tellement heureuse ! Je ne savais pas qu’il était si facile de mourir !

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Séoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

Hyŏn Kyŏng-nyŏn Benedikta

1794-1839

 

Cette pieuse veuve était la fille d’un Martyr, Hyŏn Kye-hŭm, et belle-fille d’un autre Martyr, Ch’oe Ch’ang-hyŏn, morts dans la persécution de 1801. Un de ses frères, aussi, Hyŏn Sŏng-mun Carolus, mourra martyr en 1846.

Née en 1794 à Séoul, elle s’était mariée en 1811, mais resta veuve et sans enfants dès 1814, de sorte qu’elle retourna chez sa mère, occupée à coudre et à prier en paix.

Sa piété était vraiment édifiante. Le peu qu’elle gagnait par la couture, elle le donnait ; elle enseignait le catéchisme oralement à ceux qui ne savaient pas lire ; elle encourageait les esprits tièdes, consolait les affligés, assistait les malades, baptisait les petits enfants en danger de mort. Quand les missionnaires passaient, elle recevait chez elles ceux qui voulaient recevoir les Sacrements.

C’était vraiment une «Religieuse», toute consacrée à Dieu.

Lors de la persécution en 1839, elle fut arrêtée, en juin ou en juillet. Dès que les officiers apprirent qu’elle était la sœur de Carolus, ils la maltraitèrent d’autant plus rigoureusement, car Carolus jouait un rôle très important parmi les Catholiques, et l’on voulait savoir où il pouvait bien se cacher.

Benedicta fut interrogée par sept fois. Le mot «interroger» sous-entend d’horribles tortures, de violents coups de bâtons sur tout le corps. On renouvela ces tortures à la Haute-Cour : Benedikta était si blessée qu’elle ne pouvait presque plus bouger les jambes ; ses blessures étaient si profondes, qu’il en sortait sans arrêt du sang et du pus. De plus, elle attrappa le choléra dans la prison insalubre.

Elle put faire parvenir une lettre à son frère, qui fut connue mais qu’on a malheureusement perdue.

Peu avant son exécution, elle s’endormit d’un sommeil profond, avant d’être portée, toute joyeuse, au lieu de sa mort.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Séoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Chŏng Chŏng-hye Ellisabes

1796-1839

 

Ellisabes (ancienne orthographe coréenne pour Elisabeth) naquit en 1796 à Séoul (Corée sud).

Elle avait de qui tenir : ses deux parents devaient mourir martyrs, ainsi que son frère. En effet, son papa, Augustinus Chŏng fut martyrisé en 1801, quand elle n’avait que cinq ans ; la maman, elle, Cæcilia Yu So-sa, allait être martyrisée le 23 novembre 1839, un mois avant Elisabeth, tandis que son frère, Paulus Chŏng Ha-sang, avait reçu cette grâce le 22 septembre 1839.

Lors de l’arrestation d’Augustinus, Cæcilia et ses trois enfants furent pris eux aussi. Le gouvernement relâcha la maman et les enfants, mais leur confisca leurs biens, de sorte qu’ils dirent vivre chez des parents non-baptisés à Séoul.

La cohabitation n’était pas pacifique. La petite fille, en particulier, ne mangeait pas à sa faim et avait froid. Elle se mit à coudre et à broder, et put gagner un peu d’argent pour aider sa mère et son frère Paulus.

Elle était si douce, si pure, que peu à peu le cœur des parents s’adoucit. 

Elisabeth elle-même ne regarda jamais un homme en face. Elle fit très tôt le vœu de virginité.

Vers trente ans, et jusque vers trente-cinq ans, elle fut très fortement tentée. Pour combattre, elle usa des moyens traditionnels dont on parle dans la vie des Saints : la prière, le jeûne, les flagellations.

Elle eut une joie particulièrement manifeste lors de la venue de Mgr Imbert et des deux prêtres français qui l’accompagnaient (voir notice au 21 septembre). Beaucoup de gens vinrent chez elle pour rencontrer le prélat et les prêtres.

Elisabeth fit le catéchisme aux catéchumènes, l’aumône aux pauvres. Mgr Imbert la remarqua avec admiration.

Quand il dut partir, Elisabeth, avec sa mère et son frère Paulus, s’employèrent à consoler les Catholiques attristés, continuant à aider les pauvres et surtout les prisonniers, avec des vêtements et de la nourriture. Ils se préparaient en famille pour l’heure du martyre.

Elisabeth fut arrêtée le 19 juillet 1839, avec sa mère et son frère.

On l’interrogea : 

Où est ton mari ?

Je n’ai jamais été mariée.

Et pourquoi ?

Qui voudrait d’une pauvre femme comme moi ?

Ayant refusé, bien sûr, de renier sa foi, elle fut torturée durement : elle reçut, en sept fois, deux-cent trente coups de club : quatre bourreaux tenaient chacun un bâton (club) cylindrique d’une dizaine de centimètres de diamètre, et frappaient alternativement sur tout le corps de leur victime.

Entre les séances de torture, elle ne cessait jamais de prier, de méditer, de consoler les autres, de les encourager. Elle demanda que l’argent de l’Eglise fût versé à la prison pour acheter des vêtements et des vivres pour les prisonniers. Elle était prête à souffrir toutes les tortures possibles, par amour de Dieu et de la Sainte Vierge, et répétait qu’elle pouvait ainsi comprendre ce que Notre-Seigneur avait souffert.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Séoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Yi Yŏng-dŏk Magdallena

1812-1839

 

Magdallena était née en 1812, dans une famille noble, mais très pauvre. La grand-mère l’instruisit dans le Christianisme, qu’elle professa avec sa mère, Barbara Cho, et sa sœur, Maria Yi. Mais l’harmonie familiale n’était pas totale, car le père non seulement n’était pas baptisé, mais demeurait obstinément opposé à la religion, tout en supportant la dévotion de son épouse.

Il arriva donc qu’on voulut arranger un beau mariage pour Magdallena, quand elle eut vingt ans. Le prétendant n’était pas baptisé : Magdallena simula une maladie et refusa. Mais le père ne s’y trompa pas : il la maltraita. Magdallena alla jusqu’à écrire avec son sang une lettre à son père, qui refusa de se rendre.

Ce combat dura sept années. A vingt-sept ans, la pauvre Magdallena demanda à Mgr Imbert (voir au 21 septembre) la «permission» de quitter le toit de sa famille, mais l’évêque jugea opportun de le lui déconseiller, pour d’autres motifs valables de prudence et de charité. Mais après plusieurs mois de cette vie de plus en plus intenable, la demoiselle s’échappa et rejoignit, avec sa mère et sa sœur, une autre famille catholique. Là, l’évêque se montra contrarié et réitéra son conseil précédent : mais comment revenir dans cette maison, où le père se déchaînait, non seulement contre sa fille, mais contre son épouse et finalement toujours contre l’Eglise et contre Dieu ? L’évêque voyait autrement, mais laissa les catéchistes décider de la situation : Magdallena eut la possibilité de demeurer à Séoul, et de vivre pieusement selon ses désirs, dans la prière et les bonnes œuvres, bien consciente que sa destinée pouvait bien être le martyre.

On l’arrêta en effet, ainsi que sa mère ; on les jeta en prison, on les tortura. Magdallena souffrit la faim, la soif, les pénibles conditions d’une prison malsaine : elle vit sa mère toute fiévreuse mourir sous ses yeux (ce n’est donc certainement pas la Martyre du même nom qui mourut le même jour que Magdallena).

Battue de façon répétée, elle ne céda pas dans sa profession de foi.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Séoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

Sa sœur Yi Maria fut martyrisée à son tour un mois plus tard, le 31 janvier 1840.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

Juan Bautista Ferreres Boluda

1861-1936

 

Né le 27 novembre 1861, à L’Ollería (Valencia, Espagne), de parents chrétiens cultivateurs, Juan Bautista fut baptisé dès le lendemain.

Jusqu’à ses seize ans, il travailla avec ses parents dans leur ferme. Mais lors d’une sorte de «concours» local, un des membres du jury remarqua ses dons intellectuels peu communs et suggéra aux parents de le pousser vers les études. L’adolescent choisit alors de fréquenter le séminaire diocésain.

Dès 1877 donc, il fut au séminaire de Villanueva, où il prenait toujours les premières places.

Ordonné prêtre en 1887, il entra alors dans la Compagnie de Jésus et commença le noviciat en 1888 à Veruela (Saragosse).

L’étude de la philosophie et de la théologie lui était déjà familière, de sorte qu’il fit en même temps des études universitaires, et fut reçu à la licence de Philosophie et Lettres, avec mention.

De 1894 à 1899 il enseigna la théologie morale et le Droit canonique à Saragosse, Orihuela, Manresa, et Tortosa où il fit la profession solennelle, le 15 août 1900.

Il enseignera finalement à Sarriá pendant plus de trente ans.

Le souvenir qu’il laissa fut unanime : excellent religieux, très pieux, sérieux et moral, ennemi des critiques et des médisances, pauvre, fidèle à la prière et à l’examen particulier quotidien, travailleur patient. Il n’aimait pas les éloges et dit un jour : Bah ! la gloire humaine ne sert à rien, seulement la gloire de Dieu.

Ses élèves l’apprécièrent aussi pour la clarté de son enseignement, sa douceur, sa compétence, ses conseils qui suscitèrent des vocations. On le consultait aussi pour des questions graves concernant l’Ordre jésuite et l’Eglise universelle. 

Comme on l’a déjà dit, la Compagnie de Jésus fut dissoute par le gouvernement en 1932. Le père Ferreres aurait dû partir à l’étranger avec ses élèves, mais son diabète et son âge persuadèrent les Supérieurs de le laisser en Espagne, dans l’espoir de quelque éclaircie politique. La plupart des Religieux qui restèrent en Espagne, se vêtirent dès lors en paysans et cherchèrent comment vivre de leur travail.

Le père Ferreres s’en fut à Barcelone, où il s’occupa de la réimpression de ses ouvrages, tout en exerçant très discrètement le ministère sacerdotal quand on le lui demandait.

Lors de la persécution de 1936, après l’assassinat du supérieur local, il se réfugia chez une famille amie, qui fut plusieurs fois victime de fouilles et où le père Ferreres attendait tranquillement l’heure du martyre.

Arrêté le 9 août, il fut accusé d’avoir tiré les coups qui étaient partis d’une fenêtre voisine. Remis en liberté, il se réfugia alors dans une cave chez un ancien élève. 

Les Supérieurs jugèrent opportun de le faire accompagner dans son pays natal et lui procurèrent un sauf-conduit, qui lui permit de rejoindre son frère José María à L’Ollería, avec tout son déménagement, qui consistait en un crucifix et un chapelet.

Les miliciens eurent immédiatement vent de son arrivée et le surveillèrent. Le 19 août, on l’emmena au Comité pour l’interroger. Le lendemain, on vint brûler chez son frère les diverses publications et livres que le père Ferreres lui avait offerts.

A la fin du mois, il fut convoqué par le Gouverneur Civil de Valencia, motif pour lequel une voiture vint le chercher, mais le Gouverneur ne le reçut jamais. On laissa le pauvre Père, qui avait soixante-quinze ans, dans la prison de San Miguel de los Reyes, où il resta pendant quatre mois.

Le père Ferreres subit là beaucoup de mauvais traitements et mourut le 29 décembre 1936.

Comme son saint Patron, il diminua pour laisser grandir le Christ (cf.Jn 3:30) et mourut quatre jours après Noël.

Le père Juan Bautista fut béatifié en 2001.

 

 

José Aparicio Sanz

1893-1936

 

José Aparicio naquit le 12 mars 1893 à Enguera et fut baptisé le jour suivant. 

Son père était Manuel Aparicio Sanz et sa mère Leonora Sanz Sanz. 

Dans cette famille profondément chrétienne, le petit garçon montra très tôt des signes très particuliers de profonde dévotion et de vocation sacerdotale. 

Après avoir fréquenté l’école des Sœurs Mercédaires d’Enguera, il prépara le baccalauréat aux Ecoles Pies de Valencia. Dans la même ville il entra au Collège des Vocations Ecclésiastiques de Saint Joseph ; c'était une maison fondée fin XIXe, par un saint prêtre, Manuel Domingo y Sol (voir au 25 janvier).

Successivement il passa au Séminaire de Valencia, qui avait le rang d'Université Pontificale, où il fut un séminariste modèle, tant pour son travail que pour ses vertus. 

Ordonné prêtre en 1916, il fut vicaire à Benalí, où il s'employa à faire reconstruire l'église ; pour le récompenser, l'évêque lui proposa de demander ce qu'il voulait, à quoi il répondit : Monseigneur, vous ne m'avez pas ordonné pour demander, mais pour obéir. A sa mère et sa sœur qui lui suggéraient qu'il aurait pu demander quelque chose de plus, il rétorqua : Mais, maman, le mieux est d'accomplir la volonté de Dieu, qui se manifeste à travers la personne de l'Evêque. Car ceux qui demandent ne sont jamais contents

Sa prédilection allait aux enfants, à l'enseignement du catéchisme et à l'Eucharistie.

Son deuxième poste, en 1917, fut comme coadjuteur à Santa María de Oliva : dans cette paroisse plus importante que la précédente, il put donner libre cours à toute sa sollicitude dans tous les domaines de la pastorale. Il travailla surtout à l'organisation de l'apostolat parmi les jeunes, à la formation de la chorale paroissiale, à la catéchisation des petits enfants et suscita la dévotion des Jeudis eucharistiques. Déjà on l'appelait "le petit Saint" (El Santet'), comme on le nomme encore aujourd'hui quand on parle de lui.

Il montrait une ardeur impressionnante à s'occuper de la catéchèse, à l'apostolat de l'enfance. Sa ferveur eucharistique édifiait : il passait des heures devant le Saint Sacrement et s'efforçait d'inculquer le respect et la dévotion envers l'Eucharistie. Il visitait beaucoup les malades, préoccupé du salut de leurs âmes et aussi de ce dont ils pouvaient avoir besoin matériellement. Lors de l'épidémie de grippe de 1918, il ne ménagea pas sa peine pour soulager les malades, jour et nuit.

En 1920, il fut vicaire à Benifallim, où il développa la dévotion à l'Eucharistie et au Sacré-Cœur. En 1921, il passa à Luchente. De cette époque datent ses lettres de directeur spirituel et d'auteur mystique, avec ce qu'il appela : "La Sentinelle de mon Sanctuaire". Cette localité, déjà sanctifiée par le prodige du Corporal de Daroca, devint grâce à lui un centre d’où rayonnait l'Eucharistie et qui attirait les foules. Son travail acharné commença à porter des fruits en juillet 1925, quand affluèrent d'innombrables drapeaux de sections adoratrices ; il y eut ensuite les retraites, les exercices spirituels de 1927 et 1928, et surtout la première célébration anniversaire du Corporal, en la fête de saint Matthias de 1928 (qui se célébrait alors le 24 février).

Le 24 février 1929 commença en effet une retraite dans l'église du Corpus Christi, sur la "montagne sainte" de Luchente, début d'une série de rendez-vous annuels de l'Archidiocèse. L'église en question, jusque là abandonnée et isolée, échappa à la ruine totale grâce au zèle du jeune curé. Ses conférences et ses articles périodiques remuèrent la sensibilité de la société valencienne pour récupérer cet important monument eucharistique de l'archidiocèse de Valence et le ramener à son ancienne splendeur.

En 1930, à trente-sept ans, il fut nommé archiprêtre de son pays natal, Enguera. Rien n'échappait au zèle de ce jeune apôtre.

Il instruisait les enfants tous les jours ; au moment de leur Première Communion, il débordait d'enthousiasme ; les premiers vendredis du mois, il s'efforçait de faire participer les enfants, en leur donnant de petits missels et des images pieuses pour les stimuler ; il organisait aussi pour eux des séances de cinéma, des jeux, etc. 

De lui on conserve une grande quantité de notes personnelles, de lettres de direction spirituelle, d'écrits mystiques et ascétiques, de réflexions et d'intentions, qui constituent une réelle œuvre mystique et ont servi pour définir les traits et la silhouette morale de don José Aparicio.

Unanimes sont les témoignages de ceux qui l'ont connu enfant, séminariste, adulte et prêtre ; sans cesse reviennent les mots : esprit de mortification, modestie, affabilité, bonne éducation, humilité, prudence.

Sa dévotion à la Sainte Vierge le poussa, à vingt ans, à La choisir comme sa "fiancée", ce qui rappelle cet épisode charmant où le jeune saint Jean Eudes (1601-1680, voir au 19 août), à quinze ans, passa un anneau au doigt d'une statue de Notre-Dame, en signe de "fiançailles" avec Elle.

Il y avait eu déjà quelques incidents minimes en 1934, mais en juillet 1936 l'on commença à fermer, détruire et incendier les églises et les chapelles publiques. L'église de José Aparicio Sanz fut saccagée et en partie mutilée par la destruction du chœur, convertie en marché, tandis que celle du couvent des Carmélites fut transformée en garage. On détruisit complètement les autels ; les saintes images et les statues furent jetées sur la place publique et incendiées. Le presbytère fut occupé, abandonné et tomba en ruine. La population fut prise de panique, mais aussi parfois de lâcheté, évitant d'intervenir pour défendre leurs prêtres. On continua quand même à célébrer en secret.

Don José passa cette ultime période de sa vie dans une grande sérénité, malgré la totale incertitude qu'il nourrissait pour le lendemain. Tranquillement, il s'occupait à cacher tous les objets du culte, en toute discrétion, mais sans jamais perdre la paix. Les derniers mois, il retirait chaque soir le Saint Sacrement de l'église et le conservait dans son presbytère pour Le protéger. A qui lui parlait de la mort, il répondait : Pour être des martyrs, il n'y a qu'à accepter la mort sans nous défendre, comme venant de la volonté de Dieu.

A partir du 18 juillet, on lui conseilla de se cacher, ce qu'il refusa. Il aurait pu fuir et se cacher, mais il voulut rester près de ses paroissiens, Chez lui, il portait toujours la soutane, affirmant vouloir être victime de (sa) soutane ; il s'habillait en paysan, par prudence, quand il allait chez des paroissiens. Un jour que les miliciens le perquisitionnaient, il leur présenta le Saint Sacrement qu'il portait et leur demanda de Le respecter : les miliciens ne l'approchèrent pas. On retrouva de lui cette note écrite en marge de la biographie du Père Pro (prêtre mexicain martyr du début du siècle, voir au 23 novembre) : Serai-je martyr ? Pourquoi pas ? Serai-je saint ? Ah oui, vraiment je le désire.

Le 2 août, l'église paroissiale fut incendiée. 

Le 11 octobre José Aparicio fut aux arrêts dans une maison de sa famille et gardé par des miliciens. Au moment des adieux il retira sa soutane, donna son chapelet à sa sœur, consomma les Saintes Espèces et avec l'esprit très tranquille se livra aux mains de ceux qui étaient venus le chercher. Certainement, il aurait encore pu demander à fuir, mais il préféra le martyre. 

Les miliciens le conduisirent donc au Comité, avec d'autres prisonniers, d'abord à Chelle, puis jusqu'au séminaire de Valencia. Le 12, tous furent conduits au Gouvernement Civil, puis de là à la prison centrale. En chemin, don José donna enfin l'absolution à un codétenu, après l'avoir convaincu de pardonner à ceux qui les conduisaient à la mort. La sérénité qu'il affichait continuellement durant sa captivité, jusqu'à la mort, se manifeste parfaitement dans cette poésie qu'il rédigea durant cette période : 

 

        Toi qui nous as montré comment mourir,

        Toi qui as été un Maître d'humilité,

        Toi qui as souffert la mort la plus cruelle,

        Seigneur, donne-moi la sérénité.

 

        Sérénité pour souffrir avec calme

        la barbarie de mon martyre ; 

        et que mon âme puisse Te rejoindre

        parfumée de gloire comme un iris.

 

        Que m'importe la douleur et la solitude

        de mon agonie sanglante,

        si de telle manière je m'approche de ton trône,

        si je peux jouir, Seigneur, de ta compagnie ?

 

        Que chaque balle qu'ils feront pénétrer dans mon corps

        me rapproche toujours plus de toi, Seigneur ; 

        que mes blessures soient autant de bouches qui te rendent louange

        avec le feu mystique de mon amour pour toi.

 

        Que mes blessures soient comme des roses rouges,

        les roses de mon amour et de ma souffrance,

        que mes blessures soient comme des roses rouges…

        que mon corps… soit ton rosier, Seigneur.

 

        Merci, mon Dieu, car tu m'as donné

        la gloire, immense pour moi,

        que mon corps, couvert de la boue de mon péché,

        fleurisse pour Toi. (…)    

 

        Par amour pour toi, mon corps inculte s'est trouvé empli

        de ces fleurs parfumées et odorantes,

        car Toi seul sais, Seigneur, que depuis longtemps

        je souffrais de ne pas assez t'aimer. (…)

 

        J'entends une voix qui me dit : "Marche jusqu'à la fin de ta journée ; 

        marche jusqu'à la mort ; la mort, c'est la vie.

        ton âme sera rachetée

        par ma passion, par la passion de ton amour".

 

        Bien que ce soit juste pour cette fois-ci, pour la dernière fois,

        je Te dis que je Te rends grâces, mon grand Seigneur,

        car Tu me donnes la mort par amour pour moi,

        pour moi, pour ma Paroisse et pour Enguera.

 

Peu de jours après son incarcération, Don José Aparicio tomba malade. Il empira jusqu'au point de ne presque plus sortir de sa cellule. Parfaitement conscient de sa prochaine mort, il priait, convaincu qu'on allait lui enlever la vie pour avoir été prêtre. A quelqu'un qui lui rendit visite et lui parlait des démarches entreprises pour sa libération, il répondit avec des signes négatifs et montra plutôt sa conviction qu'il allait mourir, toujours avec la même sérénité et la même tranquillité. 

Il exhortait ses compagnons de prison à pardonner leurs ennemis. Comme ils ne voulaient pas pardonner, pensant à leurs enfants qui allaient devenir orphelins, il leur fit voir que cette attitude leur faisait perdre la palme du martyre qu'ils tenaient déjà à portée de main, et qu'ils ne pouvaient pas s'attendre à recevoir l'absolution sacramentelle. Ses paroles finirent par les convaincre tous, et c'est en pardonnant du fond du cœur qu'ils lui demandèrent alors l'absolution : il la leur accorda alors avec grande joie.

Quatre jours avant son exécution, il ne s'alimenta plus que de jus d'orange. Quand on lui annonça qu'il allait sortir de prison, à quatre heures de l'après-midi, ceux qui étaient avec lui pensaient qu'on allait les libérer, parce qu'à cette heure-là on ne conduisait pas les détenus au peloton ; lui, au contraire, demanda l'absolution à un père franciscain qui était avec eux, et avec une certaine insistance, car il était convaincu qu'on allait l'exécuter. Sur le chemin, il réconfortait ses compagnons en leur parlant du Ciel. 

Parvenu à l'endroit de l'exécution, à Paterna, il demanda à savoir qui devait l'exécuter. Quand il le sut, il l'embrassa, lui disant qu'il lui pardonnait, exhortant ses compagnons à lui pardonner aussi. Ses dernières paroles furent : Vive le Christ Roi ! 

On apprit ces détails par le chauffeur qui les conduisit au lieu de l'exécution et qui assista à l'opération ; c'était le 29 décembre 1936 : José Aparicio avait quarante-trois ans.

Don José Aparicio Sanz fut béatifié en 2001.

Aproniano de Felipe González

1898-1936

 

Aproniano vit le jour le 2 février 1898 à Grajal de Campos (León, Espagne).

Entré chez les Capucins, il prit l’habit en 1914 avec le nom de Miguel.

Il fit la profession l’année suivante et fut ordonné prêtre en 1922.

Envoyé à Rome, il fut reçu au doctorat en philosophie.

En 1936 il était Gardien à Montehano, d’où les miliciens expulsèrent les Religieux le 7 août.

En bon père de famille, il se préoccupa de tous les frères, puis chercha refuge dans un village voisin.

Le 29 décembre au soir, tandis qu’il priait le chapelet avec ses hôtes, il fut arrêté par des miliciens, qui l’assassinèrent sur la route de Santoña, en même temps que Jacinto Gutiérrez Terciado.

Il reçut ainsi la palme du martyre à Santoña-Escalante (Cantabria) le 29 décembre 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Enrique Juan Requena

1907-1936

 

Enrique naquit le 2 mars 1907 à Ayelo de Malferit (Valencia, Espagne), de José Ramón Juan Cerdá, et de Ignacia Requena Ortiz ; des quatorze enfants, deux donnèrent le témoignage de leur foi durant la persécution religieuse de 1936.

Enrique fut baptisé deux jours après sa naissance, et confirmé en 1913.

A sept ans, il vit chez lui un prêtre de la parenté qui venait dire au-revoir à la famille avant de partir pour le Brésil ; ses paroles convainquirent tellement le petit garçon qu'il désira ardemment recevoir l'Eucharistie, ce qui arriva effectivement cette année-là.

Dans cette famille très chrétienne, Enrique entendit bientôt l'appel au sacerdoce. Ses jeux étaient les cérémonies liturgiques, où il officiait tandis que ses frères et ses cousins lui tenaient lieu d’assistance.

Un fait surprenant se produisit quand il eut onze ans. Le feu prit dans un four qui appartenait à sa mère, et en quelques instants les flammes gagnèrent le toit, malgré tous les efforts des hommes avec leurs seaux d’eau. Enrique retira de son cou le scapulaire qu’il portait, l’attacha à une pierre, qu’il envoya sur le toit de la maison en feu et en peu de temps l’incendie cessa. Un ouvrier qui travaillait à l’élimination des décombres retrouva le scapulaire rougi par les flammes, mais intact. Cette relique est toujours conservée.

Enrique entra au Collège des Vocations Ecclésiastiques, puis au Séminaire de Valencia, où il fut un modèle de séminariste. Modeste, il écrivait des lettres remplies de sa piété ; sa mère et ses sœurs religieuses avaient les larmes aux yeux de les lire.

Ordonné prêtre fin 1930, il célébra sa première Messe le jour de Noël et, début 1931, fut nommé vicaire à la paroisse de Enguera (Valencia), où était curé José Aparicio Sanz, avec lequel il allait être martyrisé quelques années plus tard. 

Les deux prêtres rivalisaient de zèle et d’ardeur apostolique. Enrique se distingua par son obéissance, son travail intense, sa piété et sa prudence dans la direction des âmes ; il était particulièrement dévot de l’Eucharistie et on le trouvait toujours devant le Tabernacle. Toute la vie paroissiale suscitait son apostolat, mais c’est surtout comme organiste qu’il excella (car ses parents et ses frères étaient d’excellents musiciens d’église), formant toute une génération de collaborateurs pour le chant sacré. Telles furent donc les marches de cet escalier majestueux qui le conduisit en quelques années à la gloire du martyre.

Depuis toujours il désira le martyre, et en parla très souvent à sa mère. Quand il la quitta pour aller prendre possession de son poste de vicaire, celle-ci, pressentant les temps difficiles qui s’annonçaient déjà, lui dit : Mon fils, comme j’aimerais rester près de toi, pour que, s’ils viennent te faire mourir, ils me fassent mourir avec toi. A quoi il répondit : Mais, maman, tu crois qu’on obtient comme cela la grâce du martyre ! Prie pour que je puisse l’obtenir ! Quelle grande grâce de mourir pour le Christ ! 

Un jour qu’il prêtait un livre concernant les martyrs du Mexique, il ajouta : Faites bien attention à ces martyrs ; pour celui qui pourrait être comme l’un d’eux, quelle joie, quelle grâce !

Il entrevoyait bien ce qui allait se passer. Il disait que Dieu recevait beaucoup d’offenses et qu’il purifierait le pays par une persécution religieuse ; il répétait souvent qu’il fallait demander constamment à Dieu la grâce de mourir pour le Christ ; il l’écrivait souvent dans ses lettres à la famille : Quelle grande grâce ce serait pour moi d’être choisi pour être martyr !

Quand la révolution se déchaîna en été 1936, il resta serein, tranquille et courageux. Pendant quelques jours il continua à célébrer la messe dans la chapelle des religieuses ; puis ce ne fut presque plus possible d’y monter, alors il célébra chez lui, très tôt, pour qu’on ne puisse pas l’interrompre. Il ne voulait pas s’habiller en paysan, pour passer inaperçu, quoiqu’il fût dangereux de se montrer en soutane. Un jour que son curé, José Aparicio Sanz, l’avait appelé et qu’il se rendait à son appel, deux miliciens le forcèrent à retourner à la maison ; sur l’appel réitéré du curé, il voulut quand même s’y rendre, bien qu’on le priât avec insistance de ne pas sortir à cause du danger : Il faut obéir, disait-il, à la demande de Monsieur l’Archiprêtre, qui doit se trouver en quelque nécessité. Mais on l’arrêta et on l’empêcha d’entrer là où se trouvait son curé. Il alla alors récupérer les archives pour les mettre en sûreté à la maison. Vu le danger, on les cacha dans un puits, jusqu’à la libération.

Il fut arrêté le même jour que don José Aparicio Sanz, le dimanche 11 octobre 1936. Des petites lettres qu’il envoyait depuis la prison, on pouvait bien comprendre qu’il s’attendait au martyre avec une sainte joie. Il parlait d’entreprendre un voyage, qu’il avait hâte de réaliser, et qui allait lui permettre de revoir Marina et Ramón {ses frère et sœur déjà décédés, ndt}, qui allaient le recevoir avec allégresse.

Très proche l’un de l’autre dans toutes leurs activités pastorales, le curé et son vicaire furent unis en prison et jusqu’au martyre. Ensemble ils furent fusillés à Picadero de Paterna (Valencia), le 29 décembre 1936. Un témoin raconta que Enrique avait les genoux blessés et qu’il devait donc être mort à genoux.

En mourant Enrique pardonna à ses bourreaux et cria encore “Vive le Christ Roi”.

Enrique, avec son curé José, sont inscrits au 29 décembre dans le Martyrologe. Ils ont été béatifiés en 2001.

 

 

Jacinto Gutiérrez Terciado

1909-1936

 

Jacinto naquit le 3 juillet 1909 à Guadilla (Burgos, Espagne), dans une famille de paysans : Casimiro Gutiérrez Valencia et Saturnina Terciado García, qui eurent deux autres fils (Anastasio et Angel). Le papa gardait les troupeaux de brebis.

Jacinto étudia chez les Clarétins à Segovia, songeant déjà au sacerdoce. Qui sait pourquoi, on lui déconseilla la voie missionnaire et sacerdotale, à cause de sa très mauvaise vue…

Il entra dans l’Ordre des Capucins à Basurto en 1929, fit le noviciat et la profession, en 1930, avec le nom de Diego.

Sa destination fut le couvent de Montehano (Cantabria) où il fit la profession solennelle comme Frère.

Il s‘y distingua par son heureux caractère et son dévouement envers les malades.

Sa dévotion préférée était sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (voir au 30 septembre). Quand on lui demanda ce qu’il aimerait recevoir, il répondit : La grâce du martyre.

Le 7 août 1936, le couvent fut fait évacuer par les révolutionnaires et le frère Diego se réfugia dans une famille proche, pendant quatre mois, avec le père Miguel (Aproniano).

On dit qu’il aurait eu une possibilité de rejoindre Bilbao, où la situation semblait plus calme, mais qu’il refusa, on ne sait pourquoi.

Le 13 décembre, il se déplaça avec le père Miguel vers Escalante, où il travailla dans les champs et d’où il fit quelques visites furtives au monastère.

Le 29 décembre 1936 au soir, tandis qu’il priait le chapelet avec leurs hôtes, il fut arrêté par des miliciens, qui l’assassinèrent sur la route de Santoña-Escalante, en même temps que le père Miguel. Les gens de cette famille les retrouvèrent le lendemain.

Le Frère Diego fut béatifié en 2013.

 

 

José Perpiña Nácher

1911-1936

 

Né le 22 février 1911 à Sueca (Valencia, Espagne), il fut baptisé le 25 suivant et reçut la Première communion en 1919.

Télégraphiste, il travailla à bord du Buenos Aires.

Diplômé en droit, il devint secrétaire du Syndicat de Police Rurale.

Avocat, il défendit beaucoup les pauvres, souvent sans se faire payer.

Chrétien convaincu, il participa à l’Adoration nocturne du Saint-Sacrement et à l’Action Catholique. En paroisse, il était catéchiste.

En 1935, il épousa Francisca Bosch Pieva, un mariage que la guerre civile allait vite tronquer.

José fut arrêté le 3 septembre 1936, pour son seul délit d’être un bon chrétien.

Il fut fusillé à Picadero de Paterna (Valencia) le 29 décembre 1936 et fut béatifié en 2001.

Il est affirmé que son corps demeure sans corruption.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 12-décembre
commenter cet article
28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 00:00

 

28 DÉCEMBRE

 

I.

SS Innocents (cf. Mt 2:12-18).

? SS Euticus, prêtre, et Domitien, diacre, en Thrace. 

III.

S Théonas, évêque à Alexandrie, 16e patriarche depuis s. Marc ; il fit bâtir une église en l'honneur de Notre Dame à Alexandrie, où les chrétiens célébraient jusque là dans les demeures privées ; il baptisa Pierre, qui lui succéda comme patriarche (et mourut martyr), et il condamna la doctrine de Sabellius.

IV.

SS Domna, jeune fille, et Indès, eunuque, martyrs à Nicomédie.

S Domnion, saint homme romain, correspondant de s. Jérôme.

VI.

S Antoine, hongrois, moine à Lérins.

XIV.

Bse Mattia Nazzarei, abbesse clarisse à Ancône ; ou bénédictine (XIII.?).

XVII.

S François de Sales, évêque à Genève, Docteur de l'Eglise, fondateur de la Visitation, patron des villes de Annecy et Chambéry, des salésiens, des journalistes, fêté le 24 janvier.

XIX.

S Gaspare del Bufalo, prêtre romain fondateur des Missionnaires du Précieux-Sang ; il refusa le serment de fidélité à Napoléon.

Ste Caterina Volpicelli, de Naples, fondatrice des Servantes du Sacré-Cœur, béatifiée en 2001, canonisée en 2009.

XX.

B Hyhorji Khomyshyn (1867-1947), évêque gréco-catholique à Stanislavov, deux fois arrêté par les services secrets soviétiques, déporté à Kiev et mort en prison, martyr béatifié en 2001.

Saints Innocents

1er siècle

 

Peu de temps après la naissance de Jésus-Christ, vinrent à Jérusalem des Mages d’Orient, pour adorer ce nouveau Roi. Le roi Hérode en fut tellement bouleversé qu’il envoya tuer dans tout le territoire de Bethléem, tous les nouveau-nés de deux ans et en-dessous (cf. Mt 2).

L’évangile ne dit pas que cet épisode ait eu lieu au lendemain de la naissance de Jésus. Il se pourrait bien que ces Mages soient arrivés beaucoup plus tard. D’ailleurs, l’évangile de Matthieu ne parle pas de grotte ni de crèche, comme le fait Luc lors de la visite des bergers, mais de maison (domum), montrant clairement par là qu’après ce toit de fortune où Marie avait enfanté, la sainte Famille avait enfin trouvé quelque part un gîte où s’abriter pendant quelque temps : le recensement pour lequel ils étaient venus, était désormais accompli, et les maisons s’étaient vidées des voyageurs.

Il n’est donc pas invraisemblable que se soient passés quelques mois entre la naissance de Jésus et la visite des Mages. C’est pourquoi Hérode, pour être sûr de se débarrasser de son «rival», fait rechercher et éliminer tous les enfants de moins de deux ans.

L’évangile nous explique que saint Joseph fut averti par un ange de vite s’enfuir avec Marie et l’Enfant, avant même la décision d’Hérode ; la sainte Famille était donc en Egypte au moment du massacre.

Combien y eut-il de victimes ? Et comment Hérode réussit-il à les retrouver ? On peut supposer en effet qu’à peine les soldats auraient commencé leur pénible besogne, le bruit se serait répandu et que tous les parents concernés auraient dissimulé leur petit bébé. Hérode recourut sans doute à un stratagème, imaginant par exemple une sorte de fête où l’on aurait récompensé les mamans pour leur maternité. Rien de plus facile pour les avoir toutes en un même lieu et au même moment.

Les commentateurs les plus stricts avancent un nombre de vingt à trente bébés ; saint Jérôme, qui s’était justement retiré à Bethléem, parle de plusieurs milliers (multa parvulorum millia), d’autres montèrent jusqu’à soixante-quatre mille, et même cent-quarante-quatre mille, paraphrasant le nombre des élus de l’Apocalypse (Ap 7:4). Pour approcher un nombre assez probable, il faudrait disposer du recensement de César Auguste (cf. Lc 2:1), de la population de Bethléem en cette période, d’où l’on pourrait déduire le nombre possible de mamans, parmi lesquelles certaines pouvaient bien avoir deux enfants déjà. La bienheureuse Anna Katharina Emmerick qui, rappelons-le, n’a pas l’autorité de l’évangile, parle d’environ sept-cents ; elle «précise» que cet épisode s’est passé quand l’Enfant-Jésus avait déjà dix-huit mois.

La fête des Saints Innocents, très tôt mentionnée en Occident au 28 décembre, avait lieu le 29 décembre à Constantinople, le 8 janvier (deux jours après l’Epiphanie) chez les mozarabes. Longtemps on a appelé ces petits Martyrs les infantes, ceux qui ne parlent pas (encore), mais dont la mort est d’autant plus éloquente. Saint Jérôme parle de pueri ou parvuli, pensant avec raison qu’à deux ans ces petits êtres pouvaient déjà articuler quelques mots et n’étaient plus des «infantes» ; saint Ambroise les appelle bimuli, nourrissons de deux ans.

La liturgie romaine, curieusement, avait accordé à cette fête le rite des jours de Carême, en violet, sans le chant du Gloria ni de l’Alleluia ; mais si la fête tombait un dimanche, la couleur devenait rouge et l’on chantait Gloria et Alleluia. La liturgie mozarabe au contraire tient à préciser que cette solennité ne doit pas être triste. Actuellement, la fête des Saints Innocents, le 28 décembre, est en rouge, et honorée du Gloria comme toutes les fêtes de l’année.

La Prière du jour de la fête dit que ces Martyrs ont témoigné non pas en parlant, mais en mourant (non loquendo sed moriendo). Un esprit rationaliste pourrait bien ici objecter qu’à proprement parler ces Martyrs n’ont pas proclamé volontairement le Christ, ni même consciemment, mais on lui répondra aisément qu’ils ont été réellement massacrés en haine contre le Christ et qu’ils ont vraiment versé leur sang comme des brebis d’abattoir (Ps 43 : 23), préfigurant le Sacrifice du Christ.

En certains monastères, on sert en ce jour aux novices de la bouillie, au dessert de midi. En  certains lieux s’était développée la coutume de «mettre à l’honneur» (?) les enfants, en mettant l’un d’eux sur le siège même de l’évêque dans la cathédrale, avec crosse et mitre, pour présider au chant des Vêpres du jour, jusqu’au verset du Magnificat Deposuit potentes de sede (il renversa les puissants de leur siège), moment où l’on retirait à l’enfant-évêque tous les insignes épiscopaux et le renvoyait à sa place. On peut douter que ce genre de comédie honorait vraiment l’enfance, si elle ne provoquait pas déjà de multiples jalousies entre les autres enfants et leurs familles ; mais elle pouvait bien faire réfléchir les adultes en illustrant devant eux le sort qui peut attendre toute personne investie de quelque pouvoir ou autorité.

Récemment s’est instaurée en revanche une pieuse coutume, consistant à prier à midi pendant quelques instants, le 28 décembre, en mémoire de tous les petits êtres victimes de cette brutale aggression qu’on pratique par l’avortement. Un génocide silencieux sur lequel beaucoup d’autorités ferment les yeux, et dont elles devront un jour répondre.

 

 

Mattia Nazzarei

1253-1320

 

Mattia serait née vers 1253 à Matelica (Marches, Italie CE), fille unique du comte Gualtiero et de Sibilia Nazzarei (ou Nazzareni).

A dix-huit ans, renonçant à toutes les propositions d’héritage et de mariage, elle alla se présenter à l’abbesse des Clarisses, qui lui suggéra d’attendre un peu, que son père acceptât ce changement d’orientation.

Mattia pénétra dans l’église des Clarisses, se tailla les cheveux et s’enfila une vieille bure pour se consacrer totalement à Dieu. Son père, qui venait la chercher et la vit dans cet état, n’osa plus la contrarier. Difficile, devant une telle résolution, de refuser à la jeune fille d’entrer dans le monastère.

En 1271, par-devant notaire, elle renonça à tout son héritage familial, le partageant entre le monastère et les pauvres.

En 1279, elle y fut élue abbesse, et le resta quarante ans.

Elle était si sensible aux événements douloureux des autres, qu’on l’appela mère de la charité.

Mattia mourut en 1320, le 28 décembre, comme elle l’avait anoncé,. A sa mort, tout le couvent fut envahi d’un céleste parfum et enveloppé d’une grande lumière. Tous les habitants de l’endroit purent le constater.

Depuis 1758, un liquide mystérieux et parfumé s’est dégagé de son corps à chaque fois qu’on procéda à une reconnaissance de ses reliques.

On aurait rouvert le procès de canonisation en 1893.

Le Martyrologe la mentionne au 28 décembre.

 

 

François de Sales

1567-1622

 

François était l’ainé des six enfants de François de Novel, marquis de Sales et Boisy, et de Françoise de Sionnaz, qui avait apporté à la famille la seigneurie de Boisy.

L’enfant naquit le 21 août 1567 au château de Sales (Thorens, Savoie) et reçut le baptême dès le lendemain, avec le nom de Francesco d’Assise.

Il reçut sa première formation de sa propre mère ; quand il avait appris sa leçon d’Histoire Sainte, il allait la raconter aux enfants du village ; puis il étudia au collège ducal du Plain-Château (La Roche-sur-Foron), et au Collège Chappuisien d’Annecy, où il apprit le français.

En 1577, il reçut la Première communion et la Confirmation. L’évêque qui la lui conféra, Mgr Justiniani, prédit alors que l’enfant serait une grande lumière dans l’Eglise de Dieu et la merveille de son temps. 

C’est que François étudiait avec beaucoup de profit. Vers 1580, on l’envoya au Collège parisien de Clermont, chez les Jésuites, où il étudia avec fruit toutes sortes de matières : rhétorique, latin, grec, hébreu, mathématiques, histoire, musique, philosophie, et, à sa demande, la théologie.

C’est ainsi qu’il approfondit saint Augustin et les Pères de l’Eglise, saint Thomas d’Aquin. Durant ces études, à dix-sept ans, il traversa une douloureuse crise de six semaines, se croyant lui-même damné ; le jour où il se sentit délivré de l’épreuve, après avoir prié le Souvenez-vous, il fit le vœu de chasteté.

Après ces études, il rentra chez lui. Son père, qui ne croyait pas encore à sa vocation, l’envoya faire son droit à Padoue ; il prit ses grades en droit canonique et civil en 1591. A cette époque, il se donnait à l’étude du droit quatre heures par jour, et à celle de la théologie, quatre autres heures.

De cette époque date cette maxime qu’il écrivit : La foi doit être la règle de la croyance, mais que l’humilité soit la conclusion de tout.

En 1592, François fit un voyage par Rome et les principales villes d’Italie ; à son retour, son père lui imposa le titre de Seigneur de Villaroget. François fut présenté à l’évêque de Genève, Mgr Granier, qui prophétisa ensuite : Ce jeune homme deviendra un grand personnage, une colonne de l’Eglise ; ce sera mon successeur dans cet évêché.

Cette même année, François, encore une fois pour faire plaisir à son père, fut reçu avocat au Sénat de Savoie. Il parla alors à sa mère de sa vocation intime, espérant qu’elle interviendrait auprès de son père. Mais ce dernier pensait au contraire présenter à François une demoiselle de haut rang. C’est alors que les chanoines de Genève demandèrent la nomination de François comme prévôt (doyen) du Chapitre de la cathédrale. Cette fois-ci, le père de François se rendit, et François porta la soutane.

Installé à Annecy, il fonda une confrérie de la Sainte-Croix, dont fit partie son père. François reçut ensuite les ordres sacrés et fut ordonné prêtre en 1593.

Dès lors, François se confessa chaque jour avant de célébrer la Messe. Lui qui était de nature si vif et même colère, il parvint à dominer complètement son humeur. 

Son apostolat à Annecy fut très fécond. François fut aussi nommé grand pénitencier. En 1594, François fut choisi pour mener une grande mission dans la Chablais, afin de ramener à la foi les nombreuses victimes du protestantisme. La première année fut très difficile et ingrate. Mais entre 1595 et 1598, la douceur patiente de François conquit tout le pays. L’évêque le choisit pour en faire son coadjuteur.

En 1598, François survécut à une mystérieuse maladie qui avait semblé le porter à la mort. Remis, il alla trouver le pape, qui le surnomma apôtre du Chablais, le nomma immédiatement coadjuteur.

Avant le sacre, qui devait avoir lieu en 1603, François administra à son père les derniers sacrements (1601) ; il en apprit la mort au moment où il montait en chaire pour prêcher. François rencontra le roi Henri IV, qui voulait le garder en France, et François lui répondit très poliment : Sire, je suis marié, j’ai épousé une pauvre femme (il entendait l’Eglise de Genève), je ne puis la quitter pour une plus riche. Henri IV disait de lui : Il a toutes les qualités et aucun défaut.

Lors de son sacre, le 8 décembre 1603, François eut une extase et vit la Sainte Trinité, il fit le vœu de se dédier sans réserve au salut des âmes.

Mgr de Sales aida personnellement Madame Acarie à établir la réforme carmélite en France. Mais surtout, il conquit Madame de Chantal, avec laquelle il fonda l’ordre de la Visitation.

En 1610, mourut sa sainte mère. 

Inlassablement il répondit à toutes les invitations de prédication qui lui vinrent de partout : Dijon, Autun, Dole, Besançon, Belley, Paris, Grenoble, Turin, Avignon, Lyon.

C’est à Lyon qu’il s’éteignit à ce monde, le 28 décembre 1622. La nouvelle en parvint mystérieusement tout de suite à son frère Louis, à son neveu, à Madame de Chantal.

Les funérailles solennelles eurent lieu à Annecy, le 29 janvier suivant ; c’est ce jour qui a été choisi pour la fête liturgique de saint François de Sales.

On ne pourra que rappeler l’excellence de la doctrine, mais aussi de la langue et du style de ses écrits, en particulier son Introduction à la vie dévote et le Traité de l’Amour de Dieu.

François de Sales fut béatifié en 1662, canonisé en 1665 et proclamé Docteur de l’Eglise en 1877.

Il est le céleste Patron d’Annecy et de Chambéry, de l’ordre de la Visitation, des Salésiens de saint Giovanni Bosco, mais aussi des journalistes et écrivains, auxquels nous souhaitons de montrer toute la douceur du saint Evêque.

 

 

Gaspare del Bufalo

1786-1837

 

Gaspare naquit à Rome le jour de l’Epiphanie, 6 janvier 1786, ce qui fit qu’il reçut le nom traditionnel d’un des trois Rois Mages (soulignons gentiment ici que Gaspard n’est certainement pas un nom oriental ; les Mages se seraient en fait appelés Theokeno, Mensor et Saïr)

Le père de Gaspare, Antonio, était cuisinier au palais Altieri. Sa mère, Annunziata Quartieroni, lui transmit sa dévotion pour saint François Xavier (voir au 3 décembre).

La famille descendait de la noblesse, mais s’était réduite à une condition très modeste.

Le jeune garçon fréquenta le Collegio Romano, reçut la soutane en 1798 et fut ordonné prêtre en 1808 et fonda très vite un patronage à Santa Maria in Pincis et un autre à l’actuel Foro Romano.

Quand, en 1809, on lui demanda de prêter serment à l’empereur Napoléon, qui déporta de façon si autoritaire et abusive le pape Pie VII, il répondit laconiquement : Non debbo, non posso, non voglio (je ne dois, je ne puis, je ne veux pas), reprenant le mot fameux Non possumus des apôtres Pierre et Jean, cf. Ac 4:20 ). Il fut exilé, et même emprisonné, dans le nord de l’Italie, jusqu’au retour du pape en 1814. 

Il se consacra alors à l’évangélisation des petites gens dans tout le centre de l’Italie. Sur l’invitation du pape, il alla là où aucun prêtre ne serait allé, devenant très connu pour son éloquence, sa foi, son amour des pauvres, et même sa compassion pour les brigands : il leur communiquait sa foi en la miséricorde de Dieu par le Sang rédempteur de Jésus-Christ qui était mort pour tous. Un contemporain romain, saint Vincenzo Maria Strambi (voir au 1er janvier) disait de ses homélies qu’elles étaient comme un tremblement de terre spirituel.

Il fonda ainsi les Missionnaires du Précieux Sang, et fut aussi l’inspirateur de la fondation, par Maria De Mattias (voir au 20 août), des Sœurs Adoratrices du Sang du Christ.

Malgré la maladie, le père del Bufalo revint à Rome en 1837 pour une ultime mission. Il fut assisté aux derniers moments par un autre saint prêtre romain, Vincenzo Pallotti (voir au 22 janvier) et mourut le 28 décembre 1837.

Il fut béatifié en 1904 et canonisé en 1954.

On en a fait le patron des marchands de soie, mais sans expliquer pourquoi. On l’a appelé Ange de la Paix, Tremblement de terre spirituel, Victime de la Charité.

Actuellement, les Missionnaires du Précieux Sang sont aussi présents en Inde et en Tanzanie.

 

 

Caterina Volpicelli

1839-1894

 

Caterina naquit le 21 janvier 1839 à Naples, de Pietro et Teresa de Micheroux, qui appartenaient à la haute bourgeoisie napolitaine.

Après la première éducation domestique, selon les règles traditionnelles, elle fréquenta le Collège Royal.

La vie se passa dans l’aisance et Caterina cultiva le théâtre, la musique, la littérature. Après une forte crise, elle se sentit appelée à la vie religieuse.

Vers quinze ans, elle conçut une spéciale dévotion envers le Sacré-Cœur et entra dans le Tiers-Ordre franciscain.

En 1859, elle tenta la voie contemplative dans la Congrégation des Adoratrices Perpétuelles du Saint-Sacrement, mais dut renoncer à cause de sa santé. Elle continua cependant à consacrer des heures de prière devant le Saint-Sacrement et s’orienta vers un style de vie consacrée tout en travaillant dans le monde. 

Elle travailla d’abord avec d’autres compagnes à la diffusion de l’Apostolat de la Prière : elle en deviendra la première zélatrice à Naples ; puis elle eut l’opportunité de connaître un Institut français, les Missionnaires du Sacré-Cœur de Jésus, appelé aussi le Tiers-Ordre du Sacré-Cœur, auquel elle pensa s’associer.

Mais l’archevêque de Naples jugea bon de ne pas mélanger les aspirations de Caterina à celles de cet Institut. En 1874, la fondation de Caterina prit le nom de Ancelles du Sacré-Cœur et reçut l’approbation de l’archevêque. En 1884, le nouvel archevêque consacre le sanctuaire du Sacré-Cœur à Naples.

En 1891, lors du premier Congrès Eucharistique national, c’est à cet Institut naissant que l’on confie l’organisation des tours d’adoration à la cathédrale, des messes, des confessions et des communions.

L’idéal de Caterina était de raviver l’amour de Jésus-Christ dans les cœurs, dans les familles et dans la société. L’institut devait comporter trois branches : une religieuse, et deux laïques, avec l’étude de la théologie.

L’approbation romaine fut autrement difficile : on ne voyait pas comment consilier une vie active dans le monde avec des vœux solennels qu’on n’émettait d’habitude que dans les cloîtres. Le même problème se posa lors de la fondation des Visitandines, deux siècles plus tôt. Tout de même, en 1890, fut approuvé l’Institut des Ancelles du Sacré-Cœur de Jésus.

L’attente, le combat, avaient épuisé Caterina : elle mourut le 28 décembre 1894. Curieusement, le fondateur des Visitandines, saint François de Sales, était mort aussi ce jour-là, deux siècles plus tôt.

Caterina fut béatifiée en 2001 et canonisée en 2009. Les miracles et la canonisation se réalisèrent plus rapidement que l’approbation !

Le miracle retenu fut, en 2002, la guérison inexplicable d’une dame italienne octogénaire, atteinte depuis plus de vingt ans d’un diabète mellitus de type 2, qui avait abouti à un ulcère nécrotique ; l’infection lui causait d’horribles douleurs et l’on prévoyait l’amputation du membre. Après avoir invoqué la bienheureuse Caterina, cette dame se réveilla un matin complètement guérie : les médecins ne purent que constater la parfaite inutilité de l’amputation prévue.

 

 

Hryhorji Khomyshyn

1867-1945

 

Hryhorji (Grégoire) naquit le 25 mars 1867, jour de l’Annonciation, à Hadynkivtsi (Ternopil) en Ukraine.

Très jeune il pensa au sacerdoce. Il fut ordonné prêtre en 1893.

Recteur du séminaire en 1902, il fut bientôt nommé évêque de Stanislaviv (aujourd’hui Ivano-Frankivsk).

Les communistes l’arrêtèrent une première fois en 1939, puis de nouveau en 1945. Ils espéraient l’amener à s’unir à l’unique Eglise reconnue, l’orthodoxe, liée au régime.

Il mourut dans la prison de Kiev, des suites des tortures subies durant les pénibles interrogatoires, le 28 décembre 1945 (telle ou telle source mentionne en revanche le 17 janvier 1947).

Ce saint évêque fut béatifié en 2001 parmi vingt-cinq martyrs ukrainiens ; il est mentionné actuellement au 28 décembre dans le Martyrologe.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 12-décembre
commenter cet article
27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 00:00

 

27 DÉCEMBRE

 

II.

S Jean, "le disciple que Jésus aimait", apôtre et évangéliste, évêque à Ephèse, auteur du quatrième évangile et de trois épîtres ainsi que de l’Apocalypse.

IV.

Ste Fabiola, veuve romaine ; elle avait renvoyé son premier mari qui était adultère, et s'était remariée "pour ne pas brûler", dit s. Jérôme en l'excusant ; pénitente, elle fonda le premier hôpital de Rome.

? S Alain, évêque à Quimper.

V.

Ste Nicaréti, vierge à Constantinople, où elle soutint s. Jean Chrysostome.

IX.

SS Theodoros et Theophanis, deux frères moines à Jérusalem, appelés graptoi (“marqués”), parce qu'à Constantinople on leur marqua au fer rouge des ïambes sur le visage ; Théophane, auteur de nombreux poèmes liturgiques, serait ensuite devenu évêque à Nicée.

XII.

B Walto, abbé à Wessobrunn, connu pour sa bonté.

XIV.

B Bonaventura Tolomei, dominicain à Sienne, après une adolescence agitée.

XVI.

S John Stone, prêtre augustin anglais, martyr à Canterbury (le 23 au Martyrologe).

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

Alejo Pan López (Ambrosio, *1888), prêtre capucin, à Santander, béatifié en 2013 ;

Alfredo Parte Saiz (A. de la Vierge, *1899), prêtre piariste, à Santander, béatifié en 1995 ;

José María Corbin Ferrer (*1914), laïc mort en prison à Santander, béatifié en 2001.

Bse Sara Salkaházi (1899-1944), religieuse hongroise de l'Assistance, très active en faveur des ouvrières, fusillée par des soldats communistes, béatifiée en 2006.

B Odoardo Focherini (1907-1944), journaliste italien, père de sept enfants, fervent ennemi du fascisme et du nazisme, arrêté par les SS, mort en camp de concentration à Hersbruck ; béatifié en 2013.

B Francesco Spoto (1924-1964), prêtre italien des Missionnaires Serviteurs des Pauvres, martyr en République Démocratique du Congo, béatifié en 2007.

Jean, Apôtre

1er siècle

 

Jean (Johannes) signifie «Dieu donne la grâce».

De l’apôtre Jean nous avons dans le Nouveau Testament : le quatrième évangile, trois épîtres et l’Apocalypse.

On ne va pas reprendre ici les longues discussions concernant l’authenticité de ces écrits. Ils sont officiellement attribués à saint Jean, laissons-en lui la paternité.

D’après l’évangile, Jean est le jeune frère de Jacques (dit «le Majeur»), fils de Zébédée. 

Dans son évangile, Jean ne répète pas ce que les trois premiers, Matthieu, Marc et Luc, ont déjà écrit. Il approfondit, il reprend des discours de Jésus que les autres n’ont pas. Jean a été appelé «le théologien».

C’est probablement de lui-même qu’il parle lorsque deux disciples de Jean-Baptiste accostent Jésus (Jn 1:35,37). Plusieurs fois il se présente comme le disciple que Jésus aimait, car le Seigneur avait une réelle prédilection pour ce jeune homme si pur, si humble, si fidèle. Non pas que le Christ ait moins aimé les autres, mais il y eut une correspondance plus profonde entre la pensée du Maître et celle de Jean.

Jean, avec Pierre et Jacques, est le témoin des grands moments de la vie publique de Jésus : la transfiguration sur le mont Thabor (Mt 17:1sq), la dernière Cène, l’agonie à Gethsémani (Mt 26:37sq) ; mais il est le seul des Apôtres à accompagner Marie jusqu’à la crucifixion de Jésus sur le Calvaire, là où le Sauveur le confie à sa Mère : Femme, voici ton fils - Voici ta mère (Jn 19:26-27).

C’est à Jean que nous devons la conversation avec la Samaritaine sur l’Eau vive (Jn 4), le beau discours sur le Pain de Vie (Jn 6:26-63), annonciateur de l’Eucharistie, et celui des adieux lors de la dernière Cène (Jn 14-17), où il se trouve tout près du Christ, si près qu’on a pu dire qu’il avait entendu les battements du Cœur Sacré de Jésus. C’est pour cela qu’on l’a aussi surnommé Epistethios, «qui repose sur le sein», confident.

C’est Jean qui écrivit : Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous (Jn 1:14), que l’Eglise répète chaque jour dans la prière de l’Angelus.

Par la suite, Jean séjourna quelque temps à Antioche avant d’installer son apostolat à Ephèse. Une tradition assez solide le fait arrêter et conduire à Rome, où l’empereur ordonne de le plonger dans un bassin d’huile bouillante, dont il ne subit aucun mal : c’est là l’origine de la basilique de Saint-Jean près de la porte Latine édifiée à l’endroit présumé de ce supplice. De dépit, l’empereur aurait fait exiler Jean sur l’île de Patmos, où l’Apôtre aurait rédigé l’Apocalypse.

Le mot Apocalypse suggérant souvent des événements horribles, on ferait bien de le remplacer par ce qu’il signifie en réalité : Révélation. Ce livre sacré est une invitation à demeurer dans la paix de Dieu et à attendre le retour de Jésus : Viens, Seigneur, Jésus sont les dernières paroles du livre, et de la Bible.

Jean vécut très longtemps (certains avancent l’âge de cent-vingt ans). Des anecdotes ont circulé, dont l’origine n’est pas forcément pure légende :

Venu au bain d’Ephèse, Jean y trouve l’illustre hérétique Cérinthe : Jean s’enfuit, car dit-il, les bains pourraient bien s’écrouler sur l’ennemi de la Vérité (et notons au passage que l’Apôtre ne dédaignait pas l’usage de ces bains).

Un jeune baptisé était malheureusement tombé, et complice d’une tribu de brigands. Jean enfourche sa monture et part à sa recherche, le trouve, l’appelle, l’exhorte : il le ramène tout ému dans le bercail du Christ.

Centenaire, il semblait rabâcher : Mes petits enfants, aimez-vous bien les uns les autres. Et d’ajouter : C’est le commandement du Seigneur. Si on le pratique, cela suffit.

Saint Jean avait des moments de détente : il avait apprivoisé une perdrix, qu’il caressait délicatement.

C’est le seul des Apôtres qui ne mourut pas en versant son sang ; aussi la couleur liturgique de sa fête est en blanc.

L’Apôtre que Jésus aimait, chantre de l’Incarnation du Verbe et de l’Amour fraternel, est fêté au surlendemain de Noël, le 27 décembre.

 

 

Theodoros et  Theophanis

† 844 et 845

 

Ces deux frères avaient pour père un certain Ionas, qui mourut prêtre au monastère de Saint-Sabas à Jérusalem.

Ils naquirent respectivement en 775 et 778, à Jérusalem.

Vers 800, les deux garçons furent confiés à un moine du même monastère Saint-Sabas, nommé Michail, qui leur enseigna la rhétorique, la philosophie, la poésie et l’astronomie.

Theodoros s’absenta un moment du monastère pour compléter sa formation auprès d’autres maîtres, puis revint à Saint-Sabas. Les articles qu’il écrivait, remplis de foi et de doctrine, convainquirent le Supérieur de le faire ordonner prêtre.

En 809, les Arabes dévastèrent entièrement la ville sainte de Jérusalem ainsi que les monastères. Il fallait songer à trouver un autre havre.

A cela s’ajouta, en 811, une regrettable controverse qui opposa les moines de Jérusalem (grecs) et les moines bénédictins (latins) au sujet du Saint Esprit : devait-on dire que cet Esprit procédait autant du Père que du Fils ? Il y eut même des bagarres !

Tandis qu’en Occident un concile avait énoncé à Aix-la-Chapelle (809) la doctrine perenne de l’Eglise, il fut convenu que chaque parti enverrait une délégation au pape. La délégation grecque était composée de Michail, Theodoros et Theophanis. Mais leur voyage s’arrêta à Constantinople, où ils furent confrontés à une autre polémique, l’iconoclasme, avec Léon l’Arménien.

Michail et ses deux compagnons logeaient au monastère de Chora : on les convoqua, on les flagella d’importance et on les interna à Phiala ; puis on les sépara, et les deux frères furent enfermés dans un fort à la jonction du Bosphore et de la mer Noire. Ce n’est qu’en 820 que le nouvel empereur les libéra : les deux frères furent logés dans un monastère de Sosthène sur la côte européenne du Bosphore. Malheureusement, l’empereur Theophilos reprit en 832 la lutte acharnée contre les partisans du culte des Images, et enferma à nouveau nos deux héros. Ils furent flagellés jusqu’à l’os et relégués dans l’île d’Aphousia.

En 836, l’empereur les fit comparaître à Constantinople. Il les insulta, les gifla, et fit «graver» au fer rouge sur leur visage quelques vers qui disaient à peu près ceci : Tous désirent se rendre à la Ville où le Verbe de Dieu posa ses pieds très purs. Ils naquirent en ce lieu vénérable, mais furent expulsés comme apostats. Ils se réfugièrent dans la Ville (Constantinople). Aussi les a-t-on notés sur leur face comme criminels, et condamnés à être chassés derechef. Ce n’était pas suffisant : l’empereur leur fit retirer leurs vêtements et les fit flageller encore une fois.

Theodoros prit la parole : Nous sommes les seuls, depuis des siècles, auxquels on ait fait cela. Vous avez inventé une pratique inédite, et vous pouvez taxer de bénignité tous ceux qui ont fait rage contre notre divine religion.

C’est cet horrible supplice qui a valu aux deux Frères le surnom de Grapti (inscrits, gravés).

On les exila à nouveau, à Karta limèn (Chalcédoine).

Theodoros mourut là le 27 décembre 844. Un autre récit, peut-être mieux informé, ajoute que Theophanis fut nommé évêque de Nicée en 842 et mourut à Constantinople le 11 octobre 845.

On a conservé beaucoup de poèmes liturgiques de Theophanis.

Les deux Frères Grapti sont commémorés le 27 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Walto de Wessobrunn

1090-1156

 

Walto (ou Balto, ou Waltho) était né vers 1090, peut-être de famille noble.

Entré au monastère bénédictin de Wessobrunn (Bavière, Allemagne), il en devint le treizième abbé.

Sa bonté valut à son monastère bien des amitiés.

Il aimait la culture et encouragea une recluse, Diemut, à recopier jusqu’à une quarantaine d’ouvrages.

Il mourut le 27 décembre 1156.

En 1200, on commença à fêter son anniversaire, au 27 décembre. Ce jour-là, on servait aux moines un bon verre de vin, en souvenir d’un miracle qui avait eu lieu un Jeudi saint : l’eau s’était changée en vin, par la prière (ou l’intercession) de Walto.

Des miracles illustrèrent sa tombe.

Walto n’est pas inséré dans le Martyrologe.

 

 

John Stone

1509-1539

 

Les dates précises de ce Religieux restent assez imprécises, comme du reste aussi les indications sur sa jeunesse.

John Stone était un prêtre augustin anglais. Il était docteur en théologie et fut quelque temps professeur et prieur à Droitwich. Il vécut donc la majeure partie du temps au monastère de Canterbury (Kent, Angleterre).

On chercha à le faire plier pour approuver le divorce du roi Henri VIII, mais en vain. Plus tard, il parla ouvertement contre l’attitude du roi, sans pour autant être tout de suite inquiété pour cet acte de courage.

En décembre 1538, l’évêque (protestant) de Dover vint intimer aux Religieux de quitter leur monastère et de signer l’Acte de Suprématie ; ils le firent, sauf notre John, qui fut immédiatement envoyé à Londres et mis à la Tour. En octobre 1539, on le renvoya en jugement à Canterbury, où il fut formellement accusé de trahison et condamné à mort, le 6 décembre.

Dans l’attente de son martyre, après un jeûne complet de trois jours, il entendit une voix qui l’appelait par son nom et l’invitait à rester courageux et à témoigner jusqu’au bout pour la Vérité.

L’exécution se fit attendre au 27 décembre suivant. Il dit à ses bourreaux : Voyez, j’achève mon apostolat dans mon sang ; dans ma mort, je vais trouver la vie ; car je meurs pour une sainte cause : la défense de l’Eglise de Dieu, infaillible et immaculée.

En tant que traître, il mérita d’avoir son corps et son chef exposés à l’entrée de la ville, après que son cœur et ses organes aient été brûlés sur la place.

C’était donc très probablement le samedi 27 décembre 1539. Le Martyrologe Romain l’a introduit au 23 décembre.

Il fut béatifié en 1886, et canonisé en 1970 avec trente-neuf Compagnons, martyrisés entre 1535 et 1616.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Alejo Pan López

1888-1936

 

Alejo vit le jour le 24 octobre 1888 à Santibánez de la Isla (León, Espagne), de Lucas et Margarita, qui le firent baptiser le lendemain. Il fut confirmé en 1897

Entré chez les Capucins, il reçut la vêture en 1905, et prit le nom de Ambrosio.

En 1906, il fit la première profession au noviciat de Basurto (Bilbao) et y fit ses études «classiques» ; il fut ordonné prêtre en 1915.

Il fut à Montebano (Santander), où il fut prédicateur, puis à La Coruña, puis à León comme aumônier des Servantes de la Divine Bergère (1925).

En 1926, on l’envoya à Caroni et Meraceibo (Vénézuéla), d’où il revint dès 1927 en Espagne.

Il fut de nouveau à León et Santander (1931), où il fut nommé gardien (supérieur) en 1933.

Ce n’était pas encore un monastère, il fallait en construire un. Mais les événements en décidèrent autrement.

Le 29 juillet 1936, tous les Religieux s’habillèrent en civil et partirent s’éparpiller chez des familles alentour.

Le père Ambrosio fut chez les Gandera, d’où il sortit juste les 2 et 3 août pour aller célébrer la fête de la Portioncule, puis il alla à Vitoria. Les époux Gandera furent arrêtés.

Le 14 novembre, deux miliciens vinrent arrêter le père Ambrosio. Le lendemain, on le mit dans une prison «provisoire», puis transporté au navire-prison Alfonso Pérez, en rade de Santander.

Quand les militants ont attaqué le navire, le 27 décembre 1936, le père Ambrosio fut tué, du seul fait qu’il était prêtre.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Alfredo Parte Saiz

1899-1936

 

Né le 2 juin 1899 à Cilleruelo de Bricia (Burgos, Espagne), aîné des sept enfants de Castor et Justa, Alfredo fut tôt envahi par l’idéal des Pères des Ecoles Pies pour l’éducation chrétienne des jeunes.

A dix-huit ans, une maladie au fémur le laissa boiteux pour le reste de ses jours. Il ne pouvait plus courir, jouer au football, partager les récréations des enfants.

Entré chez les Religieux Piaristes, avec le nom de Alfredo de la Vierge, il fut ordonné prêtre en 1928.

Religieux convaincu, généreux, humble, pieux, ami des jeunes et des enfants… il avait beaucoup de qualités.

Lors de la guerre civile, il se trouvait au collège de Villacarriedo. Réfugié chez sa tante, il fut fait prisonnier et conduit dans la cale du bateau Alfonso Pérez, dans la baie de Santander. Avant d’avoir à répondre aux questions, il déclara clairement - et tout le monde l’entendit : Je suis un Père des Ecoles Pies, du collège de Villacarriedo. 

On voulait le faire monter sur le pont pour le fusiller et, voyant son infirmité, les miliciens voulurent l’aider à monter… Le Père leur fit cette remarque : Jusqu’à maintenant, j’ai souvent eu besoin d’aide, mais aujourd’hui, pour monter jusqu’au Bon Dieu, je n’ai besoin de personne. Et il monta comme il put jusque sur le pont, où ils le fusillèrent.

Le père Alfredo fut martyrisé le 27 décembre 1936, et béatifié en 1995.

 

 

José María Corbín Ferrer

1914-1936

 

Né le 26 décembre 1914 à Valencia, José María fut baptisé le 1er janvier suivant.

Après le lycée, il fit de brillantes études de Chimie à Valencia puis, après sa licence, eut une bourse pour poursuivre sa marche universitaire à l’Université de Santander.

Surtout il se distingua par son engagement chrétien dans les rangs de la Fédération des Etudiants d’Action Catholique et dans la Congrégation mariale.

Arrêté à Santander le 28 août 1936, pour le «grave délit» d’assister chaque jour à la Messe, il fut conduit dans la cale du Alfonso Pérez ancré dans la baie de Santander : il se trouva être là le plus jeune des quelque deux cents prisonniers (au moins) de cet énorme navire-prison de sept mille tonnes. José María s’efforça de remonter le moral de chacun, encourageant ses camarades à se préparer à la mort et au martyre.

Le bateau Alfonso Pérez fut d’abord la cible d’une attaque aérienne de dix-huit trimoteurs, qui fit des morts et des blessés, au milieu d’une panique indescriptible ; puis montèrent à bord des «autorités», qui décidèrent l’exécution sommaire de tout ce qui avait une tête de curé : il y eut là cent soixante victimes, exécutées sans aucun jugement, sinon celui de condamner à mort tout prêtre, tout religieux, tout croyant.

Ayant à peine accompli vingt-deux ans, José María fut fusillé le lendemain de son anniversaire, le 27 décembre 1936. Les corps des victimes, dépouillés de tout objet de valeur, furent transportés à la hâte et jetés dans une fosse commune au cimetière de Ciriego.

Même les milieux diplomatiques protestèrent, en premier les Anglais, et le bateau cessa d’être prison en février 1937. Deux ans après, il repartait comme cargo, rebaptisé Cantabria.

José María fut béatifié en 1995.

Sára Schalkház

1899-1944

 

Sára Schalkház naquit le 11 mai 1899 à Kassa (Hongrie, actuelle Košice, Slovaquie), dans une famille bourgeoise d’origine allemande.

Elle grandit dans une ambiance plutôt indifférente, parfois même athée ; elle se prépara à l’enseignement ; elle connut les problèmes sociaux des familles pauvres et s’engagea comme relieuse, journaliste, rédactrice. 

Un moment fiancée, elle préféra rompre. 

La grâce la travailla, elle retrouva la foi ; elle adhéra au Parti Socialiste Chrétien et en édita le journal.

Venue en contact avec les Sœurs du Service Social, elle ne put être acceptée à cause de sa tabagie. Elle lutta énergiquement, et fut finalement acceptée, à trente ans, en 1929. Sa devise fut dès lors : Me voici ! Envoie-moi ! (Is 6:8b). 

En 1930, elle prononça les vœux de religion. Elle fut envoyée à Kassa, puis à Komarom, pour organiser l’activité caritative.

Non contente de son activité, elle y ajouta la publication d’un journal catholique pour les femmes, organisa une bibliothèque chrétienne, et supervisa un abri pour les pauvres. En outre, l’évêque lui confia l’organisation d’un Mouvement National des Jeunes Filles. Elle donna des cours, publia des manuels… 

Alors que d’autres novices quittaient la maison, Sará persévérait, travaillait, s’exténuait physiquement et spirituellement ; mais les Supérieures la jugeaient encore insuffisamment préparée pour la vêture, ce qui la contraria profondément. Mais elle tint bon !

Son désir était de participer aux missions de Chine ou du Brésil, mais on ne la jugea pas apte à cet engagement ; là-dessus la guerre éclata.

Elle travailla beaucoup en d’autres régions de la Hongrie et, en 1940, put faire la profession solennelle.

Elle fit construire le premier collège hongrois pour jeunes ouvrières, près du Lac Balaton. A Budapest, elle ouvrit des maisons pour les accueillir.

Pour protester contre l’idéologie nazie, elle changea son premier nom de famille en celui de Salkaházy, à la sonorité plus hongroise.

Et pour compléter le tableau, elle composa une pièce de théâtre retraçant la vie de sainte Marguerite de Hongrie, qui venait d’être canonisée en 1943 (voir au 16 novembre), qu’elle fit représenter en mars 1944, le jour même où les troupes allemandes occupaient la Hongrie et supprimaient toutes les activités religieuses du pays.

Responsable de la maison, elle fit à Dieu, devant sa Supérieure, la promesse d’être toujours prête à se sacrifier elle-même pour permettre aux autres sœurs de sortir indemnes de la guerre. On a conservé le texte de cette promesse.

Sára, dont on parlait avant du «caractère difficile», s’employa à mettre en sûreté une centaine de Juifs dans un immeuble de Budapest, qui appartenait aux Sœurs. Pour l’ensemble de la communauté, on estime que ces Sœurs sauvèrent un millier de Juifs.

Sára fut dénoncée par une femme qui travaillait là à la police hongroise philo-nazie, les Croix fléchées.

A Noël 1944, tandis que l’armée russe assiégeait Budapest, la police pro-nazie vint arrêter tous les Juifs présents. Sára, absente, aurait pu fuir : elle préféra revenir sur place et partager le sort de ses protégés. La police la poussa dans l’abri souterrain, procéda à des «vérifications» de papiers avant d’emmener tous ces Juifs. La Sœur Sára voulut s’arrêter un moment pour prier dans la chapelle ; à peine agenouillée, les policiers l’emmenèrent dehors ; l’un d’eux proposa : Et pourquoi n’en finirait-on pas ici dans le jardin ? Un autre répondit : Non. Ils préféraient sans doute éviter de «laisser des traces».

Le soir du 27 décembre, un certain nombre de Juifs furent conduits sur le bord du Danube, parmi lesquels figurait aussi Sára. Elle s’agenouilla, eut le temps de faire le signe de la Croix et reçut les balles ennemies. Les corps furent traînés dans le fleuve.

Pendant ce temps, les autres Sœurs attendaient le retour de Sára, leur Supérieure. On vint leur annoncer ce qui s’était passé : le sacrifice de Sára avait été accepté par Dieu, car toutes les Religieuses survécurent.

C’était le 27 décembre 1944.

Le corps de Sára disparut. Son histoire aurait pu rester complètement ignorée, s’il n’y avait eu une révélation en 1967, au cours d’un procès. C’est la fille d’une des victimes qui confirma les faits et proposa l’inscription de son nom à Yad Vashem. Sára fut ainsi reconnue Juste parmi les nations en 1969.

Sára Schalkház - alias Salkaházy fut béatifiée en 2006.

 

 

Odoardo Focherini

1907-1944

 

Odoardo Focherini est l’un des trente-sept Martyrs que le Saint-Siège a reconnus en 2012.

Né à Carpi (Emilie-Romagne, Italie nord), le 6 juin 1907, Odoardo était d’une famille originaire du Trentin, installée à Modène. Ayant vécu à une époque si tourmentée de l’histoire, il ne s’est jamais laissé aller au découragement, mais a toujours été confiant et optimiste. 

En 1924, il participait à un magazine pour les jeunes ; en 1928, il entra dans l’Action Catholique diocésaine.

En 1930, il épousa Maria Marchesi, qui donna le jour à sept enfants.

En 1934, embauché à l’Assurance Catholique de Vérone, il en devint inspecteur pour Modène, Bologne, Vérone et Pordenone. La même année, il fut président diocésain de l’Action Catholique Italienne (ACI).

Durant la persécution fasciste, en 1933, Odoardo courait d’un siège à l’autre de l’ACI pour cacher les drapeaux, subtiliser les documents et mettre en lieu sûr les registres et les comptes-rendus des réunions.

En 1939, à la veille de la guerre, il devint directeur administratif d’Avvenire au niveau national. Le journal était alors dirigé par Raimondo Manzini, auteur de brûlantes polémiques contre le fascisme, et Odoardo le soutint courageusement.

Le jour de l’invasion allemande en Belgique et aux Pays-Bas, les fascistes de Bologne avaient incendié et séquestré le journal, considéré comme coupable d’avoir publié les télégrammes de Pie XII aux gouvernements et aux peuples frappés par ce malheur. Le dignitaire fasciste Farinacci avait qualifié Avvenire de nid de vipères pour avoir rejeté la politique raciale.

A l’arrivée des nazis en Italie, le journal ferma et aux Allemands qui réclamaient sa réouverture Focherini déclara que les réserves de papier étaient finies. Ce n’était pas vrai, mais de cette façon Avvenire ne se mit jamais au service de l’occupant. Le 26 septembre 1943, Bologne subit son premier gros bombardement et le siège d’Avvenire fut détruit. A partir de ce moment-là, Focherini se mit à la tête de l’organisation pour sauver les Juifs et les persécutés, de concert avec le curé de San Martino Spino, don Dante Sala.

Il organisait la fuite des juifs persécutés vers la Suisse et favorisait les contacts avec les soldats au front ou portés disparus, avec l’appui de la curie épiscopale de Modène et de Carpi, mais aussi grâce à sa maison de Mirandola.

Dès 1942, à la demande de Raimondo Manzini, à qui le cardinal de Gênes Pietro Boetto avait adressé des Juifs, Focherini se prodigua pour mettre à l’abri un groupe de Juifs arrivés de Pologne qu’il cacha dans un train de la Croix Rouge Internationale.

Après le 8 septembre 1943, avec le durcissement des lois antijuives et le début des déportations raciales, Odoardo Focherini en compagnie de don Dante Sala, de Mme Ferrarini delle Concerie Donati (qui habitait Modène), et de quelques autres, organisa un réseau efficace pour l’expatriation vers la Suisse de plus d’une centaine de juifs.

Odoardo était l’âme de l’organisation. Il comptait les familles, se procurait les papiers des synagogues, cherchait des fonds, fournissait de faux documents : un ami lui avait procuré des papiers d’identité qu’il remplissait habilement, en y mettant les noms de communes du sud déjà aux mains des alliés (Carpi devenait alors Capri). Chaque petit groupe constitué était confié au P. Dante Sala qui les accompagnait jusqu’à Cernobbio, et là, grâce à la complicité de deux courageux catholiques qui stationnaient à la frontière, il passait en Suisse.

Le 11 mars 1944, Focherini fut arrêté à l’hôpital alors qu’il s’occupait d’un Juif malade. Il fut transféré au poste des SS de Bologne puis aux prisons de San Giovanni in Monte.  Durant une visite, son beau-frère Bruno Marchesi lui dit : «Fais attention, tu t’exposes peut-être trop, tu ne penses pas à tes enfants ?», Odoardo répondit : «Si tu avais vu, comme j’ai vu, dans cette prison, ce qu’ils font souffrir aux Juifs, tu regretterais de ne pas avoir fait assez pour eux, de ne pas en avoir sauvé davantage».

Transféré au camp de concentration de Fossoli, puis de Gries (Bolzano), il y resta jusqu’au 5 septembre 1944.  Puis il fut envoyé au camp de Flossenburg et, pour finir, au camp de travail de Hersbruck. Le 8 octobre 1943, il dicta à son ami Olivelli deux dernières lettres pour sa famille, que ce dernier écrivit en allemand pour ne pas avoir de problèmes avec la censure du camp, et Odoardo signa. Elles sont le dernier témoignage direct qu’Odoardo était encore en vie. Sa famille écrivit plusieurs fois, mais sans réponses. Odoardo s’éteignit dans l’infirmerie du camp de Hersbruck le 27 décembre 1944.   

Voici les paroles confiées à son ami en prison : 

Mes sept enfants... je voudrais les voir avant de mourir... toutefois, accepte encore, ô Seigneur, ce sacrifice et veille sur eux, ainsi que sur mon épouse, mes parents, et tous mes proches. Je déclare mourir dans la foi catholique apostolique romaine la plus pure et dans la pleine soumission à la volonté de Dieu, offrant ma vie en holocauste pour mon diocèse, pour l'Action Catholique, pour le pape et pour le retour de la paix dans le monde. Je vous prie de rapporter à mon épouse que je lui ai toujours été fidèle, que j’ai toujours pensé à elle et que je l’ai toujours intensément aimée.

Parmi les nombreux témoignages forts de gratitude à l’œuvre de Focherini ressort celle d’une femme juive de Ferrare qui dit à la veuve d’Odoardo: J’ai perdu quatorze des miens, il ne m’est resté que cet enfant, mais j’ai trouvé la force de m’en sortir et de survivre grâce à ce que m’a dit votre mari : “J’aurais déjà fait mon devoir si j’avais seulement pensé à mes sept enfants, mais je sens que je ne peux pas vous abandonner, que Dieu ne me le permet pas”.

Odoardo Focherini a reçu la Médaille d’or des communautés israélites italiennes, à Milan en 1955, puis le titre de Juste parmi les nations, à Jérusalem en 1969, la Médaille d’or de la République italienne au mérite civil à la mémoire en 2007.

Béatifié en 2013, Odoardo Focherini sera inscrit au Martyrologe au jour de sa mort, de sa naissance au ciel, le 27 décembre.

 

 

Francesco Spoto

1924-1964

 

Francesco naquit le 8 juillet 1924 à Raffadali (Agrigente, Sicile) et reçut le nom de saint François Xavier (voir au 3 décembre). Ses bons parents, Vincenzo et Vincenza Marzullo, eurent trois enfants, deux garçons et une fille. C’étaient de durs travailleurs : Vincenzo, gravement blessé à la jambe durant la Première guerre mondiale, complétait son difficile travail agricole avec une pension de guerre. 

La maman allait chaque matin à la messe ; le dimanche, toute la famille était à l’église. Aux repas, avant de manger le pain, on le baisait respectueusement, en reconnaissance à Dieu pour ce don précieux du pain, qui devient Eucharistie durant le Saint Sacrifice.

Francesco étudia auprès des Pères Missionnaires Serviteurs des Pauvres : il se signala par son ardeur exemplaire au travail. Puis il demanda à faire partie de cette Congrégation. Ces Religieux, réputés pour donner des «bouchées de pain» (boccone) aux malheureux, sont régulièrement appelés les Bocconisti.

Il commença le noviciat en 1939 et fit la première profession en 1940. Un des responsables nota que Francesco dépassait vraiment tous ses collègues, tant dans son travail que dans son obéissance.

Durant les études de théologie au séminaire de Palerme, il approfondissait avec passion tout ce qu’il apprenait. En une occasion «officielle», il sut réciter par cœur le Prologue de l’évangile de Jean en grec. Il étudia par lui-même l’allemand, qu’il pouvait parler et écrire correctement ; ceci, avec son caractère tenace, le fit gentiment surnommer par ses confrères l’Allemand. De son côté, le curé de son village disait : C’est un roc !

Ordonné prêtre en 1951, il s’occupa de l’accueil et de la formation des enfants de familles pauvres, ainsi que de l’assistance aux sans-abris.

Il avait d’excellentes qualités, qui le hissèrent à la première place de l’Institut : il en fut le Supérieur général à trente-cinq ans (1959).

Dans ses visites et durant ses enseignements, il faisait remarquer qu’une homélie de cent quatre-vingts lignes correspond à huit pages et dure environ un quart d’heure ; une bonne homélie ne doit pas comporter moins de seize pages, donc durer «au moins» une demi-heure.

C’est avec lui que s’ouvrit la maison de Rome pour les étudiants en théologie, ainsi que la mission congolaise de Biringi. Ce sont ces étudiants de Rome qui lui écrivirent à Biringi pour sa fête du 4 octobre 1964 (car ils le fêtaient, eux, au jour de saint François d’Assise), et auxquels il répondit de Biringi en les remerciant avec profonde tendresse paternelle.

C’est durant cette année 1964 qu’éclata l’atroce guerre civile et ce fut la raison pour laquelle don Spoto voulut rendre visite à ses Confrères du Congo. Il y arriva pour le 15 août, joyeusement accueilli par tous les indigènes. Mais à cause de la situation, il écrivit à ses confrères qu’il remettait sa démission de Supérieur, car il lui était impossible de quitter le Congo et de continuer à assumer ses responsabilités.

Le 11 décembre, il sembla possible de circuler de nuit et de rejoindre l’Uganda. Mais il fut fait prisonnier, et reçut de très violents coups de canne de fusil dans le thorax : ayant réussi à s’éloigner de là, désormais porté en civière par ses compagnons, il agonisa pendant deux semaines.

C’était le 27 décembre 1964.

Don Francesco Spoto fut béatifié en 2007.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 12-décembre
commenter cet article
26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 00:00

 

26 DÉCEMBRE

 

I.

S Étienne, diacre protomartyr (cf. Ac 6-7).

? S Marin, martyr (à Antioche). 

III.

S Denys, pape (259-268) : prudent, soucieux de la doctrine catholique.

S Archélaüs, évêque à Kaskharôn ; il eut deux discussions théologiques avec Manès.

IV.

S Zénon, évêque à Maïouma après la persécution, cousin des martyrs Eusèbe et Nestabe (cf. 8 septembre) ; jusqu'à sa mort, il tissait le lin.

V.

S Zosime, pape (416-417).

VI.

S Tathan, abbé à Llantathan ; irlandais, neveu de s. Samson de Dol, il serait le premier Saint celtique venu au pays de Galles.

S Théodore, mansionnaire de la basilique Saint-Pierre de Rome ; il eut une vision de s. Pierre. 

S Euthymius, évêque à Sardes, exilé injustement.

XIX.

Ste Vicenta Maria López y Vicuña, fondatrice des Filles de Marie Immaculée (pour le service domestique) ; elle avait une grande dévotion au Sacré-Cœur.

XX. 

B Jaume Mases Boncompte (Lambert Carlos, 1894-1936), des Frères des Ecoles Chrétiennes, martyr à Barcelone (brûlé vif), béatifié en 2007.

Bses Margarita Aknaet Phila (*1900) et Lusia Khambang (*1917), des Amantes de la Croix, Akatha Phuttha (*1882), Sesilia Butsi (*1924), Bibiana Khamphai (*1925), Maria Phon (*1929), laïques, martyres thaïlandaises (1940); durant le procès de béatification, le brigadier Lu reconnut les avoir fait exécuter pour déraciner la foi ; béatifiées en 1989.

B Secondo Pollo (1908-1941), prêtre italien, aumônier militaire durant la deuxième guerre mondiale, où il fut mortellement blessé ; béatifié en 1998.

Etienne, protomartyr

1er siècle

 

Le latin Stephanus, calqué sur le grec Stephanos, signifie «couronné», nom véritablement prédestiné pour ce premier Martyr de l’Eglise naissante.

Alors que le latin s’est peu à peu déformé en Estienne au Moyen-Âge, pour aboutir à la forme classique Etienne, la forme grécisante Stéphane est réapparue dans les temps récents, sans parler des autres formes d’origine anglaise ou américaine.

C’est dans le livre des Actes des Apôtres que nous pouvons trouver les informations les plus justes sur saint Etienne.

Etienne fait partie des sept premiers Diacres institués par l’Eglise (Ac 6:1-6), qui furent choisis pour servir aux tables et soulager ainsi le travail des apôtres.

Il est dit ensuite qu’Etienne, rempli de grâce et de puissance, opérait de grands prodiges et signes parmi le peuple (Ac 6:8). On l’arrêta, de faux témoins intervinrent, le sanhédrin condamne Etienne à la lapidation (Ac 6:11-15 - 7). On notera la grande ressemblance entre ce martyre et la mort de Notre-Seigneur.

Tandis qu’Etienne expire en pardonnant à ses bourreaux (Ac 7:60), comme fit Jésus en croix (cf. Lc 23:34), il est dit qu’un certain Saul approuvait ce meurtre (Ac 8:1). Etienne, en mourant, pardonne pleinement à Saul qui, peu après, se convertira en effet sur le chemin de Damas (Ac 9:1-30).

De la première annonce des apôtres, Etienne est celui qui, le premier, versa son sang pour le Christ. De là vient son surnom de Protomartyr.

De là vient aussi qu’on a conservé l’habitude de célébrer la fête de saint Etienne au lendemain de Noël : après la naissance du Christ, la naissance au ciel de son premier Témoin.

Un esprit pointilleux pourrait suggérer que la fête des saints Innocents devrait précéder celle de saint Etienne, mais ces dates se sont peu à peu fixées dans le calendrier de l’Eglise, et il serait malvenu de transformer cette belle tradition.

En 415, une révélation fit retrouver les corps de saint Etienne avec ceux de Gamaliel et Nicodème, prélude à la construction d’une basilique, qui fut malheureusement détruite moins de deux siècles après par les Perses, et dont on a retrouvé quelques mosaïques dans des fouilles récentes. Décidément, la terre du Seigneur sera donc toujours la proie des guerres…

Des reliques de saint Etienne ont ensuite circulé en Occident. Beaucoup de sanctuaires furent élevés en l’honneur du Protomartyr, une trentaine rien qu’à Rome, avant les nombreuses cathédrales construites en Gaule, en particulier celle de Bourges.

Et mentionnons pour terminer que saint Etienne est nommé dans la prière Nobis quoque peccatoribus du Canon romain de la messe.

 

 

Denys pape

258-268

 

Le seul pape qui portât le nom de Denys était romain et succéda à saint Sixte II comme vingt-cinquième pape.

On ne connaît rien de sa vie antérieure, mais il avait déjà une notoriété certaine sous les deux papes précédents, saint Etienne 1er et saint Sixte II.

Cette notoriété apparaît dans la correspondance d’un autre Denys, le patriarche d’Alexandrie. Ce dernier avait une grande considération pour son homonyme romain ; quand Denys fut pape, il se mêla de la diatribe qui opposait le patriarche d’Alexandrie aux partisans de Sabellius, dont les expressions mettaient le Fils de Dieu au-dessous du Père (subordinationisme). Un concile réuni à Rome aboutit à une encyclique claire et calme sur la bonne doctrine trinitaire, sans nommer (encore moins condamner) certaines expressions maladroites de Denys d’Alexandrie. Cette encyclique ne fut pas mal accueillie en Orient et les relations entre les «deux Denys» n’en souffrirent pas.

Il ressort plutôt de ces échanges que le pape n’hésite pas à arbitrer une situation difficile de l’Eglise orientale et à imposer, sans autoritarisme, la doctrine une et sainte à cette Eglise d’Alexandrie qui est, à cette époque, la plus importante en Orient.

L’empereur Gallien publia à la même époque un rescrit restituant à l’Eglise ses lieux de culte. 

Saint Denys mourut le 26 décembre 268, de mort naturelle apparemment, et fut enseveli dans le cimetière de Calliste.

Son successeur fut saint Félix 1er.

 

 

Zozime pape

416-417

 

Ce successeur de saint Innocent 1er était le quarante-et-unième pape, fils d’un Grec qui s’appelait Abraham. On peut supposer qu’il s’appelait effectivement Zozimos, «plein de vitalité».

Il fut élu le 18 mars 416 ou 417, et mourut donc en 417 ou 418.

Pour un si bref pontificat, les mesures énergiques de ce pape ne manquèrent pas, d’ailleurs différemment appréciées par la postérité.

Il établit que c’était l’archevêque d’Arles qui avait la primauté sur celui de Vienne : même dans l’Eglise, le pape doit prendre le temps de régler de petits différends sur des questions aussi humaines et terrestres que des préséances.

Zozime condamna la doctrine volontariste de Pélage et Cælestius, qui abaissait l’action de la grâce divine.

En vingt et un mois, il consacra huit évêques, dix prêtres et trois diacres.

Il s’éteignit le 13 ou même le 25 décembre, et fut enterré le 26 décembre 417 (418) dans la basilique de Saint-Laurent sur la Via Tiburtina.

Son successeur devait être saint Boniface 1er.

 

 

Vicenta María López y Vicuña

1847-1890

 

Les parents de Vicenta étaient à Cascante (Navarre, Espagne), mais la destination de leur fille fut Madrid.

Elle naquit à Cascante le 22 mars 1847, de José María López, avocat à Pampelune, et de María Nicolasa Vicuña.

En 1857, Vicenta fut confiée à ses oncle et tante madrilènes, Manuel María et María Eulalia Vicuña. Ceux-ci dirigeaient une œuvre de charité en faveur des femmes qui rejoignaient la capitale espagnole pour y trouver du travail.

Vicenta fut spirituellement guidée par les Jésuites et, au terme de son adolescence, se sentit appelée à prolonger l’œuvre de ses oncle et tante. Elle avait dix-sept ans, et son directeur spirituel lui conseilla d’attendre un peu.

Le moins qu’on puisse dire est que ses propres parents ne lui donnèrent pas facilement leur assentiment : ils demandèrent à leur fille de revenir à Cascante, mais Vicenta repartit à Madrid en 1869. C’est avec sa tante qu’elle réunira les premières femmes dans un appartement de Madrid, dès 1871.

La situation socio-politique ne favorisait pas non plus un tel projet ; Vicenta manquait de subsides, et l’on ne voyait pas d’un bon œil une femme fonder une œuvre pour des «auxiliaires de vie» ; en un mot, tout et tous contrariaient ses projets, mais sa vocation était irrésistible : s’appuyant sur l’énergie mystique du Sacré-Cœur de Jésus, et soutenue par l’archevêque de Madrid, elle fonda en 1876 la congrégation des Religieuses de Marie Immaculée, destinée à procurer la sanctification et la perfection personnelles, et la sanctification et le progrès des jeunes qui se dédient au service domestique.

Trois ans plus tard déjà, Vicenta n’avait que trente-deux ans lorsqu’elle ressentit les premiers symptômes de la tuberculose. Les séjours aux stations balnéaires de Panticosa (Huesca) et de El Molar (Madrid), ne donnèrent pas les résultats qu’on en pouvait espérer.

Malgré cela, Vicenta voyagea et prêta main forte à la fondation des maisons de Madrid, Saragosse, Jerez de la Frontera, Séville, Barcelone, Burgos.

Pour cette dernière fondation, elle suivit tous les épisodes de l’achat du terrain et de la construction, depuis sa chambre de Barcelone, où elle fit profession solennellement le 31 juillet 1890, fête de saint Ignace de Loyola.

Elle s’éteignit le 26 décembre 1890.

Béatifiée en 1950, elle fut canonisée en 1975.

 

 

Jaume Mases Boncompte

1894-1936

 

Jaume (Jaime, Jacques) était né à Agramunt (Lleida) le 14 avril 1894, et fut baptisé le 16.

Elève des Frères Lasalliens (des Ecoles Chrétiennes) à Agramunt, il voulut en suivre la vocation.

Novice en 1908 à Calaf, puis en 1910 à Irún, il prit le nom de Lamberto Carlos, et passa au scholasticat de Talence (Gironde, France), où le français devint sa seconde langue. Il resta à Talence comme professeur pendant deux années.

C’est en Belgique (Lembecq-lez-Hal) qu’il fit les vœux perpétuels. 

Revenu en Espagne, il enseigna à Manresa, puis à Mollerusa où, en 1924, il fut nommé sous-directeur. 

Il fut successivement directeur à Pons, Monistrol, et de nouveau Pons, entre 1927 et 1933, date à laquelle il prit la direction de Mollerusa ; en 1935 il fut professeur à Bonanova.

Le 19 juillet 1936, ce collège fut pris d’assaut par une multitude de miliciens, obligeant les Frères à quitter la maison ou à se faire arrêter.

Un de ceux qui purent s’échapper, fut le Frère Lamberto, qui se réfugia chez un de ses frères en ville. Après la mort du Frère Crisóstomo (voir la notice José Llorach Bretó), il s’exposa à rencontrer les Frères dispersés dans Barcelone pour leur faire parvenir les ressources nécessaires.

Il devait souvent changer de domicile pour sa sécurité. Le 1er octobre, il alla chez une cousine, et pour calmer les soupçons, essaya de se déguiser en docker ; habillé en ouvrier, couvert de poussière, les mains pleines de graisse… il fallit partir en bateau, mais le soir du 19 décembre, il dut faire quelques achats avec sa cousine. En sortant, il rencontra un autre Frère et lui remit discrètement un peu d’argent.

Peu après, ils croisèrent deux miliciens qui les mirent les mains en l’air ; voyant le document de la UGT (le Syndicat des Ouvriers de gauche), ils les laissèrent libres, mais l’un des deux miliciens, méfiant, demanda à l’autre Frère : Dis, ce n’est pas un Frère ? - Je n’en ai aucune idée. Je sais seulement qu’il est professeur et qu’il m’a enseigné en France. 

A cet instant arriva une voiture de miliciens, et on les fit monter. Arrivait aussi la cousine du Frère, et comme elle posait des questions sur lui, on l’embarqua avec. Dans la voiture, le Frère Lamberto déchira en petits morceaux un papier contenant quelques indications, et les jeta par la fenêtre ; un milicien lui adressa des reproches et des insultes, et récupéra les morceaux de papier.

Arrivés au commissariat, ils furent incarcérés. Le Frère qui l’accompagnait (et qui fut plus tard libéré) raconta que, de sa cellule, il entendait les miliciens qui hurlaient contre le Frère Lamberto : C’est un curé ! C’est un curé !

Vers onze heures du soir, on les emmena au lieu-dit Rabasada, où avaient déjà eu lieu tant d’exécutions ; les Frères se recommandèrent à Dieu, mais on les remit en prison.

Le lendemain, ils conduisirent Lamberto et sa cousine à la pharmacie dont ils avaient trouvé l’indication sur le fameux papier déchiré par le Frère et qu’ils avaient tenté de reconstituer. A force de menaces et d’insultes contre le pauvre pharmacien, ils réussirent à lui faire dire qu’il connaissait le Frère et qu’il était effectivement Religieux.

Ils reconduisirent la cousine en prison, et l’on ne sut plus rien de Lamberto, jusqu’à la fin de la guerre, lorsqu’une ancienne milicienne reconnut au tribunal l’avoir brûlé vif le 26 décembre 1936.

La date de ce martyre a parfois été portée au 16 décembre, par erreur : le dies natalis du Frère Lamberto est le 26 décembre.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Martyres de Thaïlande

1940

 

On a vu le 16 décembre comment le catéchiste Filip Siphong Onphithakt avait courageusement confessé sa foi et versé son sang pour le Christ.

Loin d’impressionner et de décourager les Chrétiens de Songkhon, le village de Filip, sa mort redonna encore plus de vigueur à six femmes qui furent à leur tour arrêtées et menacées par les soldats.

Parmi ces six femmes, il y avait deux Religieuses des Amantes de la Croix, une demoiselle et trois jeunes filles.

Sœur Margarita Aknaet Phila, de trente-et-un ans

Sœur Lusia Khambang, de vingt-trois ans

Akatha Phuttha, de cinquante-neuf ans

Sesilia Butsi, de seize ans,

Bibiana Khamphai, de quinze ans, 

Maria Phon, de onze ans.

 

Le chef de la police les soupçonnait - bien à tort, de faire de l’espionnage au service de la France, durant cette guerre franco-siamoise.

Le jour de Noël, l’officier rassembla la population devant l’église. Il expliqua qu’il avait l’ordre de supprimer le Christianisme et que, pour cette raison, il leur donnait à choisir entre l’apostasie et la mort. La jeune Sesilia Butsi répondit sur place qu’elle était prête à accepter la mort, mais l’officier sembla ne pas l’avoir entendue.

La nuit suivante, Sœur Aknaet écrivit une lettre à ce chef de police, au nom de ses Compagnes. Elle la fit porter à l’officier par Sesilia.

Voici la lettre, dans une traduction de l’anglais : 

Au Chef de Police de Songkhon.

Hier soir, vous avez reçu l’ordre d’effacer définitivement le Nom de Dieu, le seul Seigneur de nos vies et de nos pensées. Nous n’adorons que Lui, Monsieur. Quelques jours plus tôt, vous nous aviez fait savoir qu’il n’était pas dans vos intentions d’effacer le Nom de Dieu, et nous étions rassurées, de sorte que nous pûmes sans peur retirer notre habit religieux, qui montrait que nous étions Ses servantes. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nous professons que la religion du Christ est la seule vraie religion. C’est pourquoi nous voudrions maintenant répondre à la question que vous nous avez posée hier soir, et à laquelle nous ne pûmes répondre, parce que nous n’y étions pas préparées. Maintenant, nous vous présentons notre réponse. Nous vous demandons d’accomplir avec nous l’ordre que vous avez reçu. S’il vous plaît, ne retardez pas davantage. S’il vous plaît, exécutez cet ordre. S’il vous plaît, ouvrez-nous la porte du ciel, de sorte que nous puissions confirmer que, en dehors de la religion du Christ, personne ne peut aller au ciel. S’il vous plaît, faites-le. Nous sommes bien prêtes. Quand nous serons parties, nous nous souviendrons de vous. S’il vous plaît, ayez pitié de nos âmes. Nous vous serons reconnaissantes et nous vous remercierons pour cela. Et au dernier jour, nous nous reverrons face à face.

N’attendez pas, Monsieur, ne remettez pas. Ô Dieu, nous respectons tes ordres, nous voulons êtres tes témoins, ô Dieu que nous aimons. 

Cher Monsieur, nous avons bien pris notre décision.

 

On retrouve dans cette lettre les accents de celle écrite par saint Ignace d’Antioche, où il suppliait ses diocésains d’avoir pitié de lui et de le laisser aller être la proie des bêtes (v. 17 octobre).

Le 26 décembre 1940, l’officier convoqua de nouveau les Religieuses et les autres Compagnes, qui répétèrent leur ferme propos de ne pas apostasier. Les soldats emmenèrent les six femmes au cimetière et les fusillèrent.

Par bonheur, le chef du village put retrouver cette fameuse lettre (ou une copie) et la remit aux prêtres, lorsqu’ils purent revenir en Thailande, en 1943.

Plus tard, lors de l’enquête sur le martyre, le brigadier vint témoigner et confirmer qu’il avait bien donné cet ordre en haine de la religion chrétienne.

Avec le catéchiste Filip, les deux Religieuses et leurs quatre Compagnes furent béatifiées en 1989.

 

 

Akatha Phutta

1882-1940

 

Akatha (Agathe) était née en 1882 à Ban Kengpho (Savannakhet, Laos).

Avec ses cinquante-huit ans, elle était la plus ancienne du groupe de ces sept Martyrs. C’était une pieuse demoiselle, d’origine laotienne, qui avait embrassé le christianisme en 1918, à trente-sept ans. 

Elle était la cuisinière du couvent des Religieuses.

 

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)

 

 

Margarita Aknaet Phila

1909-1940

 

Margarita était née en 1909 à Ban Nahi (Nong Khai, Thailande).

Entrée chez les Amantes de la Sainte Croix, elle avait pris le nom de Aknaet (Agnès).

 

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)

 

 

Lusia Khambang

1917-1940

 

Lusia (Lucie) était née le 22 janvier 1917 à Ban Wiang Khuk (Nong Khai, Thailande).

Elle faisait partie des Amantes de la Sainte Croix.

 

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)

 

 

Sesilia Butsi

1924-1940

 

Sesilia (Cecile) était née le 16 décembre 1924 dans ce village de Ban Songkon (Mukdahan, Thailande), où elle devait offrir sa vie au Christ.

C’est elle qui répondit une première fois, avec fermeté, à l’officier qui invitait la population à apostasier.

C’est elle aussi qui lui porta la lettre de Sœur Aknaet.

On le voit : elle avait seize ans.

 

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)

 

 

Bibiana Khamphai

1925-1940

 

Bibiana était née le 4 novembre 1925 dans ce village de Ban Songkon (Mukdahan, Thailande), où elle devait offrir sa vie au Christ.

Pieuse, elle rendait souvent visite aux Religieuses du couvent des Amantes de la Croix.

Elle versa son sang pour le Christ à quinze ans.

 

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)

 

 

Maria Phon

1929-1940

 

Maria était née le 6 janvier 1929 dans ce village de Ban Songkon (Mukdahan, Thailande), où elle devait offrir sa vie au Christ. 

Digne de sainte Agnès (voir au 21 janvier), elle préféra la mort à l’apostasie, à onze ans.

On pourrait lui appliquer le mot de saint Quodvultdeus (voir au 19 février) à propos des Saints Innocents : 

Ils n’ont pas encore la force de combattre en bougeant leurs bras, et ils portent déjà la palme de la victoire (Necdum mótibus membrórum valent suscípere pugnam, et victóriæ iam éfferunt palmam).

 

Voir la notice : Thaïlande (Martyres de)

 

 

Secondo Pollo

1908-1941

 

Né le 2 janvier 1908 à Caresanablot (Vercelli, Piémont, Italie nord-ouest), deuxième des cinq enfants de Carlo et Marta Ottino, de bons paysans, il reçut deux jours après au baptême les noms de Secondo et Giovanni. 

Il fréquenta d’abord l’école des Frères des Ecoles Chrétiennes. Puis il entra à onze ans au Petit séminaire de Vercelli. Après la philosophie, il fut envoyé faire la théologie au Séminaire Pontifical Lombard.

En 1931, diacre, il reçut le doctorat en philosophie à l’Académie Saint-Thomas, et celui de théologie à la Grégorienne. Difficile de faire plus !

Le 15 août suivant, il fut ordonné prêtre.

On lui confia d’abord une classe au petit séminaire, en même temps que la direction spirituelle (appréciée !) des jeunes séminaristes puis, de 1936 à 1940, l’enseignement de la philosophie et de la théologie au grand séminaire de Vercelli. En outre, il était aumônier diocésain de l’Action Catholique, une mission dans laquelle le jeune prêtre montra tout l’enthousiasme de sa jeunesse, de son zèle pour la sanctification des jeunes et pour les inciter à montrer partout leur foi convaincue.

Quand la guerre éclata, il tint à suivre les garçons qu’il avait déjà guidés, et demanda à être pris comme aumônier militaire, malgré un défaut à l’œil gauche qui limitait sa vision. 

Il fut donc nommé aumônier au troisième bataillon «Val Chisone» de la Division Alpine «Alpi Graie». En 1941, ce bataillon fut envoyé à Cervice (Montenegro). 

C’est sur le champ de bataille que, portant secours à un blessé, il fut atteint d’une balle qui lui sectionna l’artère fémorale : c’était la mort en quelques instants.

Don Secondo Pollo mourut ce jour-là, 26 décembre 1941, versant son sang pour le Prochain qu’il aimait comme le Christ. Il avait, lui aussi, trente-trois ans.

L’Etat italien lui décerna immédiatement la médaille d’argent à la valeur militaire.

Voici le témoignage du Général Faldella, alors colonel commandant le troisième Régiment Alpin : 

(Don Pollo) accomplissait son ministère avec une intime satisfaction, avec amour et esprit de service… Le but de son activité, à mon avis, était la charité, c’est-à-dire le service de Dieu et du Prochain, le bien des âmes… Don Pollo avait une personnalité qui suscitait l’admiration, et pourtant il était l’humilité personnifiée, il semblait vouloir disparaître, sans pouvoir s’éclipser. Son intelligence, sa culture, son éminente bonté, le mettaient en avant.

Et voici la citation militaire : 

Aumônier d’un bataillon alpin, durant plusieurs journées de combat, malgré les mauvaises conditions physiques, il se dépensait sous le feu violent de l’ennemi, pour apporter la parole de la foi et le réconfort spirituel aux combattants des premières lignes. Avec audace et sans crainte du danger, il s’avançait là où le combat était le plus intense et, tandis qu’il accomplissait son ministère, était mortellement frappé par des balles de mitrailleuse. Sans se préoccuper pour soi-même, tout en  conseillant d’aller soigner les autres blessés, il expirait avec sérénité.

L’abbé Secondo Pollo fut béatifié en 1998.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 12-décembre
commenter cet article
25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 00:00

 

25 DÉCEMBRE

 

I.

La Nativité du Sauveur (cf. Lc 2:1-20).

III.

Ste Anastasie, martyre en l'île de Palmaria ; une église lui est dédiée à Rome, et elle est mentionnée au Canon Romain.

Ste Eugénie, martyre romaine à Héliopolis.

SS Iovinus et Basileus, martyrs à Rome.

VII.

Ste Adalsinde, fille de ste Rictrude, à Marchiennes.

IX.

Ste Alburge, sœur du roi Egbert ; elle installa des religieuses à Wilton et vivait avec elles.

XII.

S Pierre le Vénérable, abbé à Cluny.

XIII.

S Pierre Nolasque, languedocien, fondateur de l'ordre de Notre-Dame-de-la-Merci pour le rachat des captifs.

B Bentivoglio de Bonis, franciscain à Assise, thaumaturge.

XIV.

B Iacopone de Todi, l'auteur du Stabat Mater .

XVII.

B Michaël Nakashima Saburoemon, frère jésuite, horriblement martyrisé au mont Oungen. 

XIX.

Bse Antonia Maria Verna, fondatrice italienne des Sœurs de la Charité de l’Immaculée Conception de Ivrea, béatifiée en 2011.

XX.

Bse Maria Therese von Wüllenweber (Marie des Apôtres, 1833-1907), allemande, fondatrice des Sœurs du Divin Sauveur, pour les missions.

S Adam Chmielowski (Albert, 1845-1916), polonais, qui avait participé à l'insurrection contre la Russie ; tertiaire franciscain, fondateur de deux tiers-ordres (albertins et albertines), pour les mendiants à Cracovie, béatifié en 1983 et canonisé en 1989.

Bse Teodora Fracasso (Elia de Saint-Clément, 1901-1927), du tiers-ordre dominicain puis carmélite à Bari, béatifiée en 2006.

Anastasia

4e siècle

 

La Martyre Anastasia a une Passio qui nous laisse un peu déconcertés, à cause des invraisemblances accumulées, dans les dates, dans les lieux et dans les noms.

Il semblerait qu’Anastasia vivait sous Dioclétien, qui fut empereur de 284 à 305. Or Dioclétien avait établi son siège en Orient, laissant l’Occident à Maximien.

Anastasie est dénoncée à Dioclétien pour avoir visité des Chrétiens en prison, et enseveli leurs corps. C’est à Sirmium (dans l’actuelle Serbie) où était en déplacement Dioclétien, qu’elle est arrêtée.

C’est probablement là aussi qu’elle est martyrisée, attachée à un poteau et brûlée vive, le 25 décembre.

De savantes recherches archéologiques exécutées à Rome sous la basilique de Sainte-Anastasie, révéleraient que cette basilique remonterait déjà au 3e siècle, et qu’elle aurait été construite sur (ou dans) la propriété d’une riche Anastasie, homonyme de notre Martyre mais dont on ignore tout de la vie.

On fêtait donc en cette basilique la martyre Anastasie, à son dies natalis, le 25 décembre. La messe y était célébrée au petit matin, entre la messe de la nuit de Noël et la messe du jour, ce qui finit par donner lieu à la messe de l’aurore, à l’heure où les bergers vinrent adorer l’Enfant-Jésus ; cette messe finit par supplanter peu à peu la mémoire de sainte Anastasie. Au 9e siècle, il existait encore deux formulaires de messe pour le matin de Noël, l’une de Noël, l’autre de sainte Anastasie, et l’Eglise de Rome fit savoir que Là où il y a des reliques de sainte Anastasie, ou son corps, on dit les oraisons de sainte Anastasie selon la coutume romaine, là où il n’y en a pas, on dit celles de l’Incarnation du Seigneur. Le mot Incarnation est impropre ici, car elle eut lieu le 25 mars, jour de l’Annonciation ; il faudrait lui préférer le mot Naissance.

Sainte Anastasie est mentionnée dans la prière Nobis quoque peccatoribus du Canon Romain de la messe.

Le Martyrologe Romain cite sainte Anastasia, comme martyre à Sirmium, au 25 décembre.

 

 

Pierre le Vénérable

1092-1156

 

Pierre était un des nombreux enfants de Pierre-Maurice de Montboissier et Raingarde de Semur, qui habitaient à Cunlhat (Puy-de-Dôme), et eurent huit enfants, tous garçons :

  • Heraclius devint archevêque de Lyon ;
  • Pierre devint abbé à Cluny ;
  • Pons, abbé à Vézelay ;
  • Jourdain, abbé à la Chaise-Dieu ;
  • Arman, abbé à Manglieu ;
  • Othon mourut jeune ;
  • Hugues, qui se maria, eut deux filles (Poncie et Marguerite), qui entrèrent au monastère de Marcigny ;
  • Eustache, lui, assura la perpétuité du nom.

Maurice, le père, bénéficia des excellents conseils de sa généreuse épouse et s’était presque décidé comme elle à embrasser la vie religieuse, quand il mourut au retour d’un pèlerinage en Terre sainte. Raingarde avait depuis longtemps voué toute sa vie à Dieu et ne tarda pas, une fois veuve, à entrer à l’abbaye de Marcigny, où elle donna les signes des plus humbles vertus. Elle mourut très saintement le 24 juin 1135.

On peut imaginer aisément l’ambiance qui régnait dans cette belle famille, avec une telle maîtresse de maison.

Pierre, donc, était né vers 1092, et fut consacré à Dieu dès l’enfance.

Il fut élevé au prieuré bénédictin de Sauxillanges, émit les vœux sous Hugues de Cluny (v. 29 avril), fut écolâtre (professeur) et prieur à Vézelay sous Pons de Melgueil, élu prieur près de Grenoble en 1120, et abbé de Cluny en 1122.

En 1124, devant se déplacer en Aquitaine, on l’informa que son ancien abbé de Vézelay, Pons, profitait de son absence pour envahir et dévaliser Cluny ! Il le fit excommunier.

En 1130, il prit décidément parti pour le pape légitime.

L’abbaye de Cluny, qui compta jusqu’à quatre-cents moines sous Pierre, était arrivée à sa plus haute splendeur ; elle devait décliner après Pierre, victime de cette même splendeur, qui corrompt l’âme de l’intérieur quand l’homme, même moine, s’habitue à la gloire.

En 1132 d’ailleurs, Pierre réunit un chapitre général de deux cents prieurs, pour restaurer la discipline dans l’Ordre et, en 1146, promulgua des statuts concernant la liturgie et les coutumes.

En 1135, Pierre eut la charité d’accueillir Abélard, universellement condamné, poursuivi et chassé. Il organisa aussi une rencontre de réconciliation entre Bernard de Clairvaux et Abélard. A la mort de ce dernier, il fit écrire sur sa tombe une formule de pleine absolution de tous ses péchés.

L’abbatiat de Pierre dura trente-quatre ans ; pendant ce tiers de siècle, Pierre encouragea beaucoup l’étude, la copie de manuscrits, tant religieux que des auteurs païens. Il tint une ample correspondance avec beaucoup de personnages, des papes aux bienfaiteurs, et avec saint Bernard de Clairvaux (v. 20 août) ; l’attitude de ce dernier ne fut pas toujours réservée vis-à-vis de Cluny, mais Pierre l’amena à plus de douceur et ils furent bons amis.  Pierre conbattit aussi l’hérésie de Pierre de Bruys.

Il reçut des missions diplomatiques importantes, pas toutes couronnées de succès. 

Particulièrement digne de mention fut sa démarche en direction des Musulmans ; à leur égard, il fit traduire en latin le Coran, entre 1141 et 1143, et qu’il intitula : Lex Mahumet pseudoprophetae. Il réfuta les doctrines des Musulmans, et leur disait gentiment : Je vous invite au salut. Il préférait la discussion pacifique et respectueuse à la démarche des croisades.

Il fut sévère à l’adresse des Juifs, contre lesquels il écrivit un traité : Adversus Iudæorum inveteratam duritiem («contre la dureté invétérée des Juifs», reprenant l’expression du Christ dans l’Evangile, qui reproche aux Pharisiens leur endurcissement, cf. Mc 10:5).

Pierre eut quelques démêlés avec Vézelay, et rédigea en 1145 une charte de bons rapports entre la commune et l’abbaye. En 1154, les prieurés anglais et italiens cherchèrent à se rendre indépendants de l’abbaye centrale. Les dernières années, il connut des tristesses, victime de son désir de paix et de modestie : on profitait de sa douceur. L’abbaye, justement et comme on l’a dit plus haut, périclita après lui.

Pierre s’éteignit le jour de Noël, 25 décembre 1156.

C’est l’empereur Barberousse qui en 1153 lui donna le titre de Vénérable (à moins qu’il l’ait répété après l’avoir entendu d’autres, plus admiratifs. 

Pierre n’a pas été béatifié ni canonisé, quoique Rome ait autorisé en 1862 de le mentionner parmi les Saints fêtés globalement à Clermont ; le Martyrologe Romain a accueilli récemment le bienheureux Pierre le Vénérable, au 25 décembre.

 

 

Bentivoglio de Bonis

1188-1232

 

Bentivoglio est un prénom italien rare, mais dont la formule est couramment utilisée dans cette langue : dire à un Italien «Je te veux du bien» (Ti voglio bene), c’est lui exprimer combien on l’estime, qu’on lui est reconnaissant.

Bentivoglio, donc, naquit en 1188 à San Severino Marche (Italie CE), de pieux et nobles parents, Giraldo de Bonis et Albasia.

Il fut sans tarder attiré par l’idéal et la parole enflammée d’un Franciscain, Paolo de Spolète, et fut admis à Assise par saint François lui-même (v. 4 octobre).

Ordonné prêtre, il devint un modèle accompli de simplicité, d’humilité, de pénitence. Infatigable dans son zèle pour annoncer la Parole de Dieu, il fut favorisé du don des miracles et des extases.

Ainsi, le curé de San Severino fut tellement frappé par une de ces extases, qu’il demanda à être admis parmi les Frères de François.

Un des autres prodiges signalés fut le suivant. Bentivoglio était chargé d’assister un lépreux au couvent Ponte della Trave et ce jour-là s’y trouvait seul, lorsque lui arriva l’ordre de rejoindre sans tarder un autre couvent à Potenza Picena, à vingt kilomètres. Que faire du malheureux lépreux ? Il le chargea sur ses épaules et se mit en marche au petit matin ; avant même le lever du soleil, il était arrivé à destination. Il est évident que tout le pays fut témoin et raconta l’épisode. Dieu avait ainsi récompensé l’obéissance spontanée du Frère.

Bentivoglio s’endormit dans le Seigneur, au jour de la naissance du Sauveur, le 25 décembre 1232, aussitôt vénéré comme un Saint.

Le culte voué à Bentivoglio fut confirmé en 1852.

 

 

Iacopo de’ Benedetti de Todi

1230-1306

 

Iacopo (Jacques) naquit vers 1230 à Todi (Pérouse, Ombrie, Italie C), de famille bourgeoise.

Il étudia le droit à Bologne, obtint le doctorat et revint exercer à Todi.

Avocat habile, juriste mondain, il ne résistait pas à certaines manières originales dans son acoutrement. Il aimait la vie. Il épousa Vanna (Jeanne) di Bernardino di Guidone, dont il eut une fille.

Un accident, lors d’une fête, causa la mort de son épouse en 1268 : une estrade s’écroula. Iacopone s’aperçut alors que son épouse portait un cilice. Tout ceci fit profondément réfléchir le juriste, qui sans attendre vendit ses biens, prit l’habit d’ermite et vécut en vagabond.

Il restait très original, mais dans la pénitence, par exemple il s’ «humiliait» à marcher à quatre pattes harnaché comme un âne…  C’est dans ces circonstances que les enfants le surnommèrent Iacopone («gros Jacques»). Il ne manquait pas une occasion de souligner la vanité de la vie.

En 1278, il frappa à la porte des Franciscains de Todi. Le Gardien était en droit d’hésiter un peu pour admettre un tel candidat ! Iacopone devint frère convers. Ses mortifications continuaient.

Voulant expier sa gourmandise d’autrefois, il se procura des abats, qu’il suspendit dans sa cellule, juste pour les humer et s’imposer de les voir, de s’en approcher, sans y toucher. Les beaux morceaux devinrent une charogne infecte, dont l’odeur se répandit bien en-dehors de la cellule ; le Frère Iacopone n’eut pas de peine à «avouer» sa pénitence ; on lui en donna une autre : d’être enfermé à la fosse d’aisance. On verra là que les moines, eux aussi, ne manquaient pas d’originalité.

Dans la querelle qui opposa les Franciscains «spirituels» et les «conventuels», il prit énergiquement parti pour les spirituels, appuyés par le pape Célestin V (celui qui devait démissionner), et se permit de brimer le pape qui favorisait les conventuels : Boniface VIII l’excommunia, le fit emprisonner, et pendant plusieurs années. Même durant l’année sainte 1300, le pape lui refusa l’absolution. Il ne fut libéré qu’à la mort du pape en 1303.

Iacopone, désormais septuagénaire et affaibli, fut recueilli chez des Clarisses de Collazzone, qui lui montrèrent toute l’attention possible.

Ce célèbre pénitent écrivit des poèmes qui lui valurent une place dans la littérature italienne. On lui attribue généralement le Stabat Mater, que nous chantons le 15 septembre en la fête de Notre-Dame des Douleurs.

Iacopone mourut saintement à Collazzone le jour de Noël, 25 décembre 1306.

Un culte se développa autour de son tombeau et fut reconnu en 1868, mais Iacopone n’est pas mentionné dans le Martyrologe.

 

 

Michaël Nakashima Saburōemon

1583-1628

 

Michaël Nakashima Saburōemon était né vers 1583 à Machiai (Kumamoto, Japon), de parents non chrétiens.

Il fut baptisé à onze ans et, encore adolescent, fit le vœu de chasteté.

Quand le Christianisme fut déclaré hors la loi, Michaël invita celui qui l’avait baptisé, le père Baeza, à venir habiter chez lui ; il y resta jusqu’à son arrestation et sa mort en 1626. Michaël hébergea alors un autre prêtre chez lui, sachant bien quels risques il prenait, mais il était trop heureux d’assister à la Messe chaque jour.

C’est en considération de ce courage fidèle qu’il fut admis dans la Société de Jésus, comme Frère, en 1627.

Il fut arrêté en août de cette même année et resta en prison pendant toute une année.

En septembre 1628, les autorités demandèrent à la population de pourvoir au bois qui aurait servi au martyre des missionnaires. Le Frère Michaël refusa.

Il fut immédiatement dénoncé et arrêté ; sa maison fut confisquée ; il fut durement battu et jeté en prison. Les jours suivants, on le battit plusieurs fois encore, pour le faire apostasier ; il déclara aux bourreaux : Vous pouvez me mettre en morceaux, faire sortir mon âme de mon corps, mais nous n’arriverez pas à faire sortir de ma bouche le moindre mot contre ma foi.

Les bourreaux lui infligèrent la torture de l’eau, en le forçant à ingurgiter d’énormes quantités d’eau au moyen d’entonnoirs enfilés dans les narines. Puis ils sautaient sur son ventre, pour faire ressortir l’eau absorbée. Il résista à l’apostasie ; à un ami qui vint le voir, il dit que, si la douleur devenait insupportable, il invoquait la Sainte Vierge, et la douleur cessait immédiatement.

Le 24 décembre, on procéda à une nouvelle torture de l’eau. Puis on l’emmena à Shimabara, au Mont Unzen, là où jaillissent des eaux sulfureuses ; ces eaux ont la propriété de détruire les chairs en un instant ; les bourreaux le firent d’abord entrer dans une poche d’eau peu profonde, pendant quelques instants, puis dans une poche plus profonde, où les chairs se détachèrent des pieds. Puis on le poussa dans un endroit plus profond encore, où l’eau lui arrivait au cou : quand on l’en sortit, il ne pouvait plus marcher, son corps n’étant qu’une plaie ouverte, laissant apparaître tous les os. On le laissa là toute le nuit, au froid, sur l’herbe. 

Le matin de Noël, 25 décembre 1628, les bourreaux revinrent dès le lever du soleil ; comme le pauvre Michaël ne pouvait plus se déplacer, ils s’ingénièrent à dériver l’eau sulfureuse sur sa tête et son corps. Cet ultime supplice dura encore deux heures. Les seuls mots qui sortirent de la bouche de Michaël furent : Jésus, Marie !

Michaël Nakashima Saburōemon fut béatifié en 1867.

 

 

Antonia Maria Verna

1773-1838

 

Guglielmo Verna et Domenica Maria Vacheri, de pauvres paysans de Pasquaro (Rivarolo, Turin, Italie) eurent deux enfants ; la deuxième naquit le 12 juin 1773 et reçut le jour même au baptême le nom de Antonia Maria.

La famille est si pauvre, qu’elle n’a qu’une pièce pour abriter toute la famille, mais on y est très uni dans la foi et les principes chrétiens. Domenica sait enseigner à ses enfants les premiers éléments du catéchisme.

Quand Antonia peut fréquenter les leçons de catéchèse paroissiales, elle s’empresse de répéter ce qu’elle y a appris aux enfants qu’elle réunit autour d’elle. Elle a trois dévotions particulières : l’Enfant Jésus, la Vierge Marie Immaculée, et saint Joseph.

Quand elle a quinze ans, elle parle de se consacrer à Dieu, mais les parents voudraient la marier à quelque bon parti, et il n’en manque pas car la jeune fille attire les regards. Mais Antonia, bien conseillée par son directeur spirituel, fait le vœu de virginité perpétuelle et, pour mettre fin aux prétentions, quitte le pays.

Or, à cette époque, la Révolution française répand ses idées dans l’Italie ; Antonia comprend que la société est menacée par le laïcisme, le naturalisme, le rationalisme, par les soi-disant «droits de l’homme», en opposition avec les devoirs de l’homme envers son Créateur.

Antonia n’a que dix-huit ans, mais comprend que pour contrer cette invasion d’idées perverses, il faut agir au niveau de l’éducation, et de l’éducation chrétienne.

Après son vœu de virginité, elle veut reprendre et compléter sa propre instruction, et retourne sur les bancs de l’école : huit kilomètres à pied chaque jour, dans la prière et la pénitence, pour fréquenter la Scuola del Gesù (Ecole du Jésus ou Institut Rigoletti) à San Giorgio Canavese. Elle reprend à Pasquaro son activité apostolique, instruisant les enfants, ramenant les plus grands aux pratiques chrétiennes, réconfortant les faibles et les affligés, patiemment.

Pasquaro ne lui suffit plus : elle s’établit dans la localité proche, Rivarolo Canavese, entre 1796 et 1800. Période très difficile, à cause de l’invasion des idées révolutionnaires françaises, et des troupes napoléoniennes ; la population s’appauvrit, la délinquance s’élargit.

La petite maison d’Antonia lui sert de cloître, de chaire d’enseignement, mais est trop petite, car elle veut assister les malades. Elle commence de s’entourer de compagnes ; une première communauté est en train de se constituer, qui vont s’appeler les Sœurs de la Charité de l’Immaculée Conception.

On est dans les premières années du 19e siècle, mais Antonia devra attendre 1828 pour recevoir les premières lettres patentes de l’approbation et prendre un habit religieux. 

Comme il est question, de la part des Pères Lazaristes de Turin, d’ «annexer» ces Sœurs de la Charité à celles fondées en France par saint Vincent de Paul (voir au 27 septembre), Antonia se met sous la protection de l’évêque d’Ivrea, qui lui donne l’approbation ecclésiastique en 1835. Les Sœurs de la Charité de l’Immaculée Conception s’appelleront désormais «d’Ivrea», là où Antonia établit la maison-mère.

Antonia Maria meurt le jour de Noël 1838 à Rivarolo Canavese.

Elle a été béatifiée en 2011. Dans l’Institut, on la fête non pas à son dies natalis (qui est le jour de Noël), mais, exceptionnellement, le 12 juin, anniversaire de sa naissance sur terre.

Les Sœurs se donnent de tous côtés, gratuitement, sans réserve, par amour de Dieu, à l’image de Marie Immaculée. Elles se sont répandues en Italie, au Moyen-Orient, en Amérique. Ce sont elles qui œuvrent à la basilique de l’Annonciation à Nazareth.

Le miracle retenu pour la béatification de la Mère Antonia Maria se produisit en 1947 à Zurich (Suisse). Le 26 décembre au soir, le médecin d’une des Religieuses, malade de broncho-pneumonie, affirme qu’il n’y a plus d’espoir de la guérir. Les Religieuses prient intensément. Le lendemain matin, croyant venir constater le décès, le médecin constate en fait la parfaite guérison de la Religieuse.

 

Un événement vraiment miraculeux se produisit à Turin en 1859, en la fête de l’Immaculée Conception, 8 décembre.

Deux époux décidèrent de passer au protestantisme et voulurent vendre de vieux meubles ainsi qu’un cadre de la Vierge, peint sur bois. Or voilà que les trois acquéreurs se mirent à blasphémer la Vierge Marie et à vouloir briser l’image avec une hache : mais c’est la hache qui se cassa, et l’image resta intacte. Ils jetèrent l’image au feu, mais seul le bois extérieur brûla, laissant l’image encore intacte. Les profanateurs, pris de panique, s’enfuirent, et le propriétaire cacha l’image. Sa femme voulut à son tour l’asperger d’alcool et la brûler, en vain. Pleins de remords, ils demandèrent conseil à un prêtre, qui leur suggéra de remettre l’Image à une pieuse personne, et les époux décidèrent de la donner aux premières Religieuses qu’ils rencontreraient, au soir de ce mercredi saint de 1860. Les religieuses se trouvèrent être de la Congrégation de l’Immaculée Conception d’Ivrea.

Depuis, l’Image miraculeuse est jalousement conservée par les Religieuses, et exposée à la vénération publique dans leur maison-mère, avec de nombreux miracles qui advinrent successivement et qui furent régulièrement consignés et examinés par un procès canonique.

 

 

Therese von Wüllenweber

1833-1907

 

Therese naquit le 19 février 1833 au château de Myllendonk (Korschenbroich, Mönchengladbach, Allemagne nord), aînée des cinq filles du baron Theodor de Wüllenweber et de Elisabeth Lefort.

Elle fut pensionnaire chez les Bénédictines de Lüttich (Liège) en 1848, et revint deux ans après chez son père, qui l’initia à l’administration de la propriété.

En 1857, elle tenta son admission chez les Sœurs du Sacré-Cœur à Blumenthal (Vaals, Pays-Bas), en 1860 chez celles de Warendorf, en 1861 à Orléans, en 1863 à la Visitation de Mülheim, en 1868 chez les Adoratrices en Belgique : ce fut toujours un échec, car elle n’y trouvait pas sa vocation.

En 1876, elle acquit des bâtiments d’une ancienne fondation à Mönchengladbach, et y ouvrit l’Œuvre Sainte-Barbara, pour des orphelins. 

Elle rencontra en 1882 un jeune prêtre, Franziskus Maria Jordan, qui avait déjà fondé une Société enseignante apostolique. Therese fit des vœux privés.

En 1885, l’Institut féminin se détachait des Salvatoriens et prenait le nom de Sœurs de la Charité de la Mère Dolorosa, tout en restant proche de l’idéal du Fondateur.

En 1888, ils fondèrent ensemble à Tivoli le Second Ordre Enseignant Catholique et Therese put émettre les vœux de religion. Supérieure de son Institut, elle prit le nom de Maria des Apôtres.

En 1893, l’Institut devint la Société du Divin Sauveur, dont la branche féminine prenait le nom distinct de Sœurs du Divin Sauveur ou Salvatoriennes.

Des maisons s’ouvrirent en Europe : Italie, Suisse, Autriche, Hongrie, Belgique ; en Inde et aux Etats-Unis. La Mère voyagea beaucoup pour consolider ces fondations.

A la fin de sa vie, Maria perdit peu à peu la vue, souffrit d’asthme, et mourut de méningite à Noël, le 25 décembre 1907.

L’Institut, qui fut reconnu en 1911 et approuvé en 1926, compte maintenant plus d’un millier de Religieuses dans une vingtaine de pays.

Sa tombe se trouvait à Rome, au cimetière Teutonico. Le corps fut exhumé pour être reporté à la Maison-mère de Rome, en vue de la béatification, qui eut lieu en 1968.

 

 

Adam Chmielowski

1845-1916

 

Le Frère Albert, qui dans le siècle s’appelait Adam Chmielowski, naquit à Igołomia, près de Cracovie en Pologne, le 20 août 1845, premier des quatre enfants de Wojciech et Józefa Borzysławska, qui descendaient de famille noble. 

Adam fut ondoyé le 26 août, et les autres rites du baptême furent complétés en juin 1847 à Varsovie. 

Les quatre enfantsz (Stanisłas, Marian, Jadwiga) grandissent à Varsovie, où déjà Adam se montre charitable envers les pauvres et partageant avec eux ce qu’il avait.

Le papa mourra en 1853. En 1855, avec une bourse d’état, Adam passera une année à l’Ecole des Cadets de Saint-Petersbourg, d’où sa mère le fit revenir, inquiète de l’influence de l’éducation russe sur son fils ; elle l’envoya au lycée de Varsovie. Cette bonne maman mourra en 1859 et l’adolescent sera confié à la tante paternelle, Petronela.

En 1863, c’est l’insurrection polonaise contre l’oppression tsariste. Adam, qui est alors étudiant à l’Ecole d’Agriculture de Puławy, adhéra au mouvement avec enthousiasme, mais fut gravement blessé dans un combat près de Mełchów ; il fut fait prisonnier, on dut l’amputer de la jambe gauche, sans anesthésie, chose qu’il supporta avec un courage exceptionnel.

Grâce à l’intervention de parents, il s’enfuit de la prison mais dut quitter la Patrie. Il se retrouva à Paris où il étudia la peinture ; puis il passa à Gand en Belgique où il fréquenta l’Ecole d’ingénieurs, et reprit les études de peinture à l’Académie des Beaux-Arts de Münich en Bavière, jusqu’en 1874, quand il pourra profiter d’une amnistie et retourner dans sa patrie. 

Il chercha un nouvel idéal de vie et se demanda : En cultivant l’art, peut-on aussi servir Dieu ? Jusqu’à présent, sa production artistique ne comprenait que des sujets profanes et il se mit alors à représenter des thèmes sacrés. Un de ses meilleurs tableaux sacrés, son “Ecce Homo”, est l’aboutissement d’une profonde réflexion sur l’amour miséricordieux du Christ pour l’homme, qui conduisit Adam vers une réelle métamorphose spirituelle. Partout où il passait, on notait la cohérence de sa vie avec son idéal chrétien, et il marquait profondément ceux qui le rencontraient.

Convaincu que, pour servir Dieu, il faut Lui dédier et l’art et le talent, il entra en 1880 dans la Compagnie de Jésus (Jésuites) comme frère laïc ; mais il dut interrompre le noviciat au bout de six mois, à cause de sa mauvaise santé.

Ce fut alors une profonde crise spirituelle, qu’il dépassa en commençant une nouvelle vie toute donnée à Dieu et à ses frères. Se trouvant alors chez des parents en Podolia (région de Pologne sous domination russe), il fit connaissance du Tiers-Ordre de saint François, et se mit à visiter les paroisses de la zone, restaurant les tableaux et diffusant l’esprit du Tiers-Ordre parmi la population rurale.

Contraint de quitter la Podolia, il revint à Cracovie où il s’établit non loin des Pères Capucins. Là, il poursuivit son activité de peintre en se donnant en même temps à l’assistance des pauvres, leur destinant ce qu’il gagnait avec ses tableaux.

Sur ses entrefaites, il eutl’occasion de connaître la douloureuse situation de certains mendiants, entassés dans des sortes de dortoirs publics, à Cracovie, et il décida de se porter à leur secours.

Par pur amour de Dieu et du Prochain, Adam renonça au succès que lui donnait la pratique de l’art, au bien-être matériel, aux milieux aristocratiques, et décida d’aller vivre parmi les pauvres, pour les soulager de leurs misères morales et matérielles. Dans leur dignité foulée aux pieds, il voyait le Visage du Christ outragé, et voulait, en eux, Lui redonner Sa dignité.

C’est ainsi que, le 25 août 1887, il endossa une bure grise, prit le nom de Frère Albert et, un an après, avec la permission du Cardinal Dunajewski, prononça les vœux de tertiaire franciscain : c’est là qu’en 1888 commença la Congrégation des Frères du Tiers-Ordre de saint François, Serviteurs des Pauvres. Ceux-ci prirent en charge le dortoir des hommes. Puis ce fut le tour du dortoir des femmes, pris en charge par la branche féminine de la Congrégation, en 1891, sous la maternelle direction de la Servante de Dieu, la Sœur Bernardyna Jabkonska.

Avec sa double Congrégation, dans un esprit de totale disponibilité, il se mit au service des plus pauvres, des déshérités, des laissés-pour-compte, des marginaux et des vagabonds. Il organisa pour eux des maisons d’assistance matérielle et morale, en leur offrant la possibilité d’assumer librement de petits travaux d’artisanat, aux côtés des frères et des sœurs, sous un même toit, leur permettant ainsi de gagner de quoi vivre.

Malgré son invalidité et la prothèse plutôt rudimentaire qu’il portait, il voyageait beaucoup pour fonder de nouveaux refuges en d’autres villes de Pologne, comme aussi pour rendre visite aux maisons religieuses. Ces maisons étaient ouvertes à tous, sans distinction de nationalité ou de religion. En outre, il ouvrit aussi des maisons et des orphelinats pour les enfants et les jeunes, des asiles pour les vieillards et les malades incurables, des soupes populaires. Pendant la première Guerre Mondiale, il envoya ses Sœurs dans les hôpitaux militaires et même aux abords des champs de bataille.

De son vivant, ce furent ainsi vingt-et-une maisons religieuses qui s’ouvrirent, où travaillaient quarante Frères et cent-vingt Sœurs.

Par sa vie exemplaire, il enseigna qu’ il faut être bon comme le pain… que chacun peut prendre pour satisfaire sa faim. Il sut montrer à ses religieux comment vivre dans la plus grande pauvreté évangélique, selon l’exemple de s.François d’Assise. Il confia son œuvre caritative à la Providence divine avec une confiance totale. Sa force lui venait par la prière, l’Eucharistie et l’union au Mystère de la Croix.

Rongé par le cancer à l’estomac, il mourut à Cracovie le jour de Noël 1916, au même endroit où étaient accueillis les pauvres. Avant de mourir, montrant la Vierge de Czestochowa, il dit aux Frères et aux Sœurs : C’est cette Vierge qui est votre Fondatrice, ne l’oubliez pas ; et encore : Avant toute chose, vivez dans la pauvreté.

Ceux qui l’ont rencontré et connu ont gardé de lui un merveilleux témoignage de foi et de charité. A Cracovie et dans toute la Pologne, on l’appelle le Père des Pauvres et aussi le saint François polonais du XXe siècle, pour son esprit de réelle pauvreté évangélique.

L’histoire de l’Eglise est vraiment marquée par l’exemple de Frère Albert. Non seulement il a donné son vrai sens à l’Evangile de la miséricorde du Christ, mais il le reçut dans son cœur et le vécut avec la plus profonde intensité.

Aujourd’hui, les Frères et les Sœurs “Albertins” poursuivent le charisme de leur Fondateur en Pologne, mais les Sœurs sont aussi présentes en Italie, aux Etats-Unis et en Amérique Latine.

Frère Albert a été béatifié le 22 juin 1983 et canonisé le 12 novembre 1989 à Rome.

 

 

Teodora Fracasso

1901-1927

 

Teodora (le nom signifie «Don de Dieu»), naquit à Bari (Italie sud) le 17 janvier 1901, troisième des neuf enfants de Giuseppe, un artiste peintre, et Pasqua Cianci ; elle fut baptisée quatre jours plus tard par son oncle, don Carlo Fracasso. 

Des neuf enfants, ne vécurent que cinq d’entre eux, outre Teodora : Prudenzia, Anna, Domenica et Nicola.

A cinq ans, elle eut un rêve, dans lequel une belle Dame avançait parmi des lys fleuris, puis disparaissait. La pieuse maman de Teodora lui expliqua ce que pouvait signifier cela, et la petite fille promit à la Dame de devenir religieuse.

A l’école chez les Religieuses des Saintes Stigmates, elle se prépara à dix ans pour la Première communion, qui devait avoir lieu le 8 mai 1911. La nuit précédente, elle rêva cette fois-ci de Thérèse de Lisieux, qu’elle ne connaissait pas encore (elle était morte en 1897 et ne devait être béatifiée qu’en 1923, et canonisée en 1925) - qui lui annonçait : Tu seras moniale comme moi, et la nommant Elia.

En outre, le jour de cette Première communion, Jésus lui parla et lui dit qu’elle allait beaucoup souffrir dans sa vie ici bas.

Elle continua sa formation, apprit la couture et la broderie. Elle fit partie de deux associations pieuses, l’une, eucharistique, inspirée de la bienheureuse Imelda Lambertini (voir au 13 mai), l’autre, la Milice Angélique inspirée par saint Tommaso d’Aquino (voir au 28 janvier).

L’adolescente aimait réunit ses amies chez elle pour parler de choses profondes, méditer, prier : c’est ainsi que le petit groupe priait, lisait l’Evangile, l’Imitation du Christ, les vies de Saints, et tout particulièrement celle de Thérèse de Lisieux, qu’elle appelait ma très chère Amie du ciel.

Entrée dans le Tiers-Ordre dominicain, Teodora y fut novice en 1914, avec le nom d’Agnese et fit la profession en 1915, avec une dispense d’âge car elle n’avait que quatorze ans. 

Cette jeune adolescente montrait un zèle apostolique surprenant, par exemple dans son attention envers les ouvriers de l’atelier de son père, les assistants dans leurs maladies, confectionnant de petits cadeaux pour les nouveaux-nés, enseignant le catéchisme aux jeunes enfants…

En 1917, elle eut un nouveau directeur spirituel qui, considérant son charisme particulier, l’orienta vers une autre famille : les Carmélites de Bari.

C’est ainsi que Teodora, alias Agnese, devint sœur Elia de Saint-Clément à partir de 1920, année où elle entra au Carmel et en reçut l’habit.

Evidemment, elle s’abreuva de la «petite voie» de Thérèse de l’Enfant-Jésus.

On pourrait croire que le chemin de la nouvelle Carmélite était tout tracé et que les jours passaient dans l’insouciance : il y a aussi des jalousies et des incompréhensions dans les couvents, et sœur Elia en fut victime.

En 1923, la Mère Prieure la nomma maîtresse de couture dans l’école des petites filles qui dépendait du Carmel ; mais la directrice de l’école, une autre Carmélite, un peu trop sévère et autoritaire, ne voyait pas d’un bon œil l’influence qu’Elia avait sur les fillettes par sa bonté et sa patience, aussi la fit-elle éloigner de cette place au bout de deux ans : Elia dut se replier dans sa cellule, où elle faisait tous les travaux de couture qu’on lui apportait.

La Prieure cependant l’estimait beaucoup, et la nomma à la sacristie.

Cette année-là, en 1925, l’année de la canonisation de la Carmélite de Lisieux, Elia fit la profession solennelle.

Une de ses sœurs la rejoignit au Carmel, prenant le nom de la sœur de sainte Thérèse, Celina.

En janvier 1927, une forte grippe secoua la jeune Religieuse, avec des maux de tête effrayants, dont elle ne se plaignait pas. Le 21 décembre, une forte fièvre et d’autres symptômes commencèrent à inquiéter les Religieuses. Le médecin diagnostica le 24 une possible méningite, sans s’allarmer cependant. Le 25, jour de Noël, deux autres médecins ne purent que constater l’irréversibilité du mal.

Sœur Elia mourut à midi, ce 25 décembre 1927, accomplissant sa prophétie : Je mourrai un jour de fête.

Teodora-Agnese-Elia fut béatifiée en 2006.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 12-décembre
commenter cet article
24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 00:00

 

24 DÉCEMBRE

 

-XX

La commémoraison de tous les saints ancêtres du Christ.

V.

S Delphin, évêque à Bordeaux ; il baptisa s. Paulin de Nole.

VI.

Ste Tarsilla, vierge, tante de s. Grégoire le Grand.

VIII.

Ste Irmine, petite-fille de Dagobert, protectrice des missions de s. Willibrord.

Ste Adèle, fille de Dagobert, fondatrice d'une abbaye à Pfalzel.

XI.

B Bruno, convers bénédictin à Ottobeuren.

XV.

S Jan de Kȩty, prêtre polonais, professeur à Cracovie, un temps curé, prédicateur, grand voyageur ; controversiste, il savait toucher par sa douceur ; fêté le 23 décembre.

XVIII.

B Bartolomeo Maria Del Monte, prêtre à Bologne ; cinquième enfant, ses frère et sœurs moururent en bas âge ; fervent de l'Eucharistie, il prêcha partout avec un immense succès et fonda l'Œuvre Pie des Missions, béatifié en 1997.

XIX.

Ste Costanza (Paola-Elisabetta) Cerioli, veuve, fondatrice de l'Institut de la Sainte-Famille à Bergame, pour s'occuper des petits garçons et des petites filles pauvres, canonisée en 2004.

S Yussuf Makhluf (Sharbel), prêtre et ermite maronite dont le corps est resté intact, souple, exsudant une sorte de baume miraculeux, fêté le 24 juillet.

XX.

B Ignacio Caselles García (Juan Crisóstomo, 1874-1936), capucin espagnol martyr à Orihuela, béatifié en 2013.

B Pablo Meléndez Gonzalo (1876-1936), avocat espagnol père de dix enfants, martyr (avec son fils Alberto) près de Valencia, béatifié en 2001 (le 23 décembre au Martyrologe).

Irmine de Trèves

† 708

 

Une pieuse tradition, aujourd’hui contestée, présente Irmine comme la fille du roi Dagobert II.

Alors qu’elle était fiancée au comte Hermann, ce dernier mourut, avant le mariage. Récemment, on aurait cependant avancé qu’elle fut l’épouse d’Hugobert († 697) et la mère de cinq filles (Adela, Rolande, Plectrude, Regentrude, Bertrade), mais ces données sont encore à vérifier.

Irmine fonda alors le monastère d’Oeren à Trèves et elle en fut l’abbesse.

Grand soutien de l’activité de s.Willibrord (v. 7 novembre), elle lui céda sa villa d’Echternach en 698, avec l’église et le petit monastère qu’elle y avait fait construire. Par la suite, elle lui donna aussi une villa proche de Tolbiac et une autre à Steinheim. 

Elle lui remit aussi une vigne près de Trèves : ce n’est pas que l’évêque eût grand besoin de boire de ce breuvage, mais il ne faut pas oublier que les prêtres célèbrent nécessairement la Messe avec du vin.

Irmine mourut la veille de Noël, vers 708.

L’abbaye d’Oeren, plus tard appelée Sainte-Irmine, transformée en hôpital en 1804, fut détruite par les bombardements de décembre 1944 ; on a reconstruit les bâtiments, mais pas l’église.

Sainte Irmine de Trèves est commémorée le 24 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adula

† 735

 

Des incertitudes ont plané sur les documents concernant cette Sainte.

Adula (Adèle) aurait été fille de Dagobert II, et grand-mère de l’évêque saint Grégoire d’Utrecht (voir au 25 août).

A la mort de son époux, elle se fit religieuse et fonda l’abbaye de Pfalzel (Trèves, Allemagne), dont elle fut même abbesse.

Si ces données se vérifiaient, Adèle serait la sœur de sainte Irmine, autre fille de Dagobert II, et fêtée le même jour, morte une trentaine d’années avant Adèle.

Adèle serait morte vers 735, un 24 décembre.

Elle n’est pas mentionnée au Martyrologe romain actuel.

 

 

Jan de Kęty

1390-1473

 

Jan (Jean) naquit le 23 ou le 24 juin 1390 à Kęty (Cracovie, Pologne), non loin de l’actuelle Oświęcim (Auschwitz). En français, on écrit d’ordinaire Kenty.

Il était fils de Stanisłas, bourgeois et maire de Kęty, et Ana. Il leur devait une douceur de caractère qu’il montra dès son enfance.

Après ses études de philosophie à l’université Jagellone de Cracovie, il fut ordonné prêtre à trente ans environ. 

Il fut professeur à l’école monastique de Miechow à partir de 1421. Il recopiait des manuscrits avec une ardeur inlassable : on en aurait reproduit en micro-flms plus de dix-huit mille pages. On a aussi retrouvé de lui des fragments de chants à deux voix.

En 1429 il enseigna à l’université de Cracovie la logique, la physique ; il commenta Aristote ; il fut deux fois doyen de la faculté.

En (ou vers) 1420, il entreprit des études approfondies de théologie, il fut bachelier et, plus tard, docteur (1443). Dans l’intervalle, il fut curé de paroisse à Olkuszu (1439), mais peu de temps : il conçut de la crainte pour la responsabilité qu’il portait devant Dieu pour les âmes, et demanda à être déchargé de cette mission, pour retourner à l’enseignement. 

En dehors de la prédication et de l’enseignement, Jan priait et se mortifiait. Il dormait peu, mangeait peu, portait un cilice et se frappait avec la discipline. Il s’arrangeait pour être inaperçu dans ses aumônes, par exemple en laissant traîner son manteau pour cacher ses pieds nus. Un jour, la Sainte Vierge lui apparut et lui rendit le manteau qu’il venait de donner à un pauvre transi de froid. 

Les trente dernières années de sa vie, il renonça totalement à la viande ; mais un jour qu’il était vivement tenté d’en manger, il rôtit un morceau qu’il prit dans ses mains en disant : Ô chair, tu aimes la chair, jouis-en à ton aise ; la tentation cessa pour toujours.

Lors d’un pèlerinage à Rome, il fut tout dépouillé par des brigands ; ils lui demandèrent enfin s’il n’avait rien d’autre et Jan répondit que non ; mais il se souvint ensuite d’avoir cousu dans son manteau quelques pièces d’or : il héla ses voleurs, et courut leur donner les pièces ; eux, confus, lui rendirent tout ce qu’ils avaient pris.

Il alla quatre fois à Rome, à pied, prier sur le tombeau des Apôtres. Il se rendit aussi à Jérusalem, où il prêcha le Christ crucifié aux Turcs. 

C’est à lui que remonterait la coutume de réserver «la part du pauvre» lors d’un repas : en effet, un pauvre avait frappé à la porte au moment où Jan se trouvait au réfectoire ; il lui fit remettre son repas. D’où la formule rituelle Pauper venit, à laquelle on répond Jesus venit (Un pauvre est venu - C’est Jésus qui est venu).

Il eut des visions célestes, surtout sur la passion du Christ, qui le ravissaient en extases des nuits entières.

Sa vie terrestre cessa la veille de Noël, 24 décembre 1473, peut-être la seule date certaine que nous ayons de sa longue vie. Quant aux miracles qu’il opéra durant sa vie, ils ne cessèrent pas après sa mort.

Il a été béatifié en 1680, canonisé en 1767 et le Martyrologe romain le commémore le 24 décembre. Jan de Kęty a longtemps été fêté le 20 octobre.

Saint Jan de Kęty est le patron de la Pologne. On l’invoque spécialement dans les cas de phtisie et d’épidémies.

 

Un institut de vie consacrée a été fondé récemment à Chicago sous l’appellation de Chanoines Réguliers de Saint-Jan-de-Kęty (Canons Regular of St. John Cantius ou Society of St. John Cantius), avec pour mission de redécouvrir le sens du sacré dans la liturgie et la culture catholique.

 

 

Bartolomeo Maria Del Monte

1726-1778

 

Né le 3 novembre 1726 à Bologne (Italie), Bartolomeo était le cinquième enfant de parents aisés de cette ville, mais ses quatre aînés étaient morts à la naissance, de sorte qu’Anna Maria Bassani, la maman, avait fait un vœu particulier à saint Francesco de Paola (voir au 2 avril) pour avoir un fils.

L’enfant fut baptisé dès le 4 janvier, sous les noms de Bartolomeo, Carlo, Maria, Melchiorre ; il reçut la Confirmation vers sept ans, des mains d’un certain Prospero Lambertini, futur pape Benoît XIV. Puis il fréquenta le collège des Jésuites.

Quand sa vocation mûrit, le garçon rencontra la forte opposition de son père, mais devenu majeur, il se prépara décidément au sacerdoce, voulant suivre les traces du grand prédicateur saint Leonardo de Porto Maurizio (voir au 26 novembre).

Il fut ordonné prêtre en 1749 et reçut en 1751 le doctorat en théologie.

Il se dédia à la prédication dans les paroisses du diocèse puis, invité toujours plus loin, parcourut les diocèses de toute l’Italie centrale et septentrionale : les missions de paroisses, les prédications de carême, les retraites au clergé, par centaines, obtinrent des conversions et des réconciliations nombreuses.

Sa parole était précise, exigeante, mais sans rigueur excessive, au point qu’on l’appela le missionnaire de la discrétion. Il invoquait particulièrement la Mère de Dieu sous le vocable de Mère de la Miséricorde.

En 1774, c’est lui qui fut chargé de prêcher à Rome le retraite préparatoire à l’Année Sainte pour le clergé.

Le pape voulait le retenir à Rome, mais il refusa. Le cardinal de Bologne l’avait nommé recteur du séminaire, il refusa aussi, humblement, pour rester libre de prêcher encore d’autres missions.

Plein de zèle missionnaire, il s’offrit pour les missions en Inde, mais désormais sa santé était trop affaiblie par ses continuels voyages par tous les temps et sur toutes les routes cahoteuses.

Avec son héritage, il fonda ainsi la Pieuse Œuvre des Missions, pour consolider son apostolat et celui d’autres prêtres qui auraient suivi son exemple. Pour eux il écrivit divers ouvrages, en particulier Jésus, dans le cœur du prêtre séculier et régulier (considérations pour chaque jour du mois), qui fut édité plusieurs années de suite et sera finalement imprimé par la Typographie vaticane en 1906.

Vers octobre de 1778, il annonça qu’il mourrait dans deux mois, la nuit de Noël, ce qui arriva : le 15 décembre, il ne put achever la célébration de la Messe ; survinrent des complications pulmonaires ; l’apôtre s’éteignit au soir du 24 décembre 1778, à Bologne.

Bartolomeo Maria fut béatifié en 1997.

 

 

Costanza Cerioli

1816-1865

 

Cette vaillante mère de famille naquit le 28 janvier 1816 à Soncino (Crémone, Italie nord), dernière des seize enfants de Francesco Cerioli et Francesca Corniani, des parents nobles et aisés.

A dix ans elle fut confiée aux Visitandines de Alzano, où elle développa ses dons naturels d’intelligence et de service fraternel, mais aussi où elle souffrit beaucoup de l’éloignement de la famille et s’habitua à se confier en Dieu seul.

En 1835, elle épousa - ou plutôt on lui fit épouser - un comte de soixante ans, avec lequel elle habita à Comonte. Son mari n’avait pas le caractère facile, ni une santé florissante, encore moins une foi débordante : elle l’assista fidèlement.

De ses trois enfants, l’un mourut à la naissance, l’autre à un an, le troisième à seize ans. Ce dernier, Carlo, peu avant de mourir, prédit à sa mère qu’elle aurait beaucoup d’enfants.

Veuve à la Noël de 1854, elle était encore vigoureuse, héritait de la fortune de son mari et voulut s’employer à faire du bien. 

Elle reçut chez elle deux orphelines, puis d’autres, puis des collaboratrices pour se faire aider, donnant ainsi naissance, le 8 décembre 1857, à une Œuvre nouvelle : l’Institut de la Sainte Famille.

Elle consacra ainsi toute sa forture et vendit tous ses bijoux, pour cette œuvre. Elle fit le vœu de chasteté et prit le nom de Paola Elisabetta.

Elle fonda ensuite l’institut masculin des Frères de la Sainte Famille, en 1863.

Le céleste Protecteur de ce double institut fut saint Joseph.

Après cette courte mais intense vie de charité, Costanza s’éteignit brusquement, chez elle à Comonte, le 24 décembre 1865.

Elle fut béatifiée en 1950, canonisée en 2004.

Youssef Charbel Makhlouf

1828-1898

 

Youssef Antoun (Joseph Antoine) reçut une éducation très pieuse dans son village familial de Bekaa Kafra (Liban nord), où il naquit le 8 mai 1828, un des cinq enfants de Antoun Zaarour Makhlouf et Brigitta Chidiac. 

Antoun, le papa, était un cocher, et mourut en 1831 au retour d’une corvée au service de l’armée turque. La maman se remaria avec Lahoud Ibrahim, un saint homme, qui devint lui-même le curé du village, sous le nom de Abdelahad.

La parenté de Youssef comptait aussi deux moines ermites. Toute cette sainte ambiance marqua profondément le petit garçon pendant toute son enfance.

Il apprit le syriaque et l’arabe à l’école.

Très orienté vers la prière solitaire, il conduisait souvent son petit troupeau vers une grotte où il avait exposé une icône de la Vierge Marie. Là, il priait tout le temps qu’il avait.

Il rejoignit en 1851 le monastère Notre-Dame de Maifouk, puis celui de Saint-Maron à Annaya, Beirouth) où il entra dans l’Ordre libanais maronite, prenant le nom de Charbel, par référence à un martyr de l’église d’Antioche du 2e siècle.

En 1853, le 1er novembre, il prononça ses vœux, puis alla étudier la philosophie et la théologie au monastère des Saints-Kobrianous-et-Justine à Kfifan (Batroun) et fut ordonné prêtre en 1859.

Il continua de suivre les conseils d’un saint moine, Nehemtallah Kassab Elhardiny, canonisé dans l’Eglise d’Antioche.

Après seize années passées à Annaya, il opta pour une vie plus retirée encore et demanda à rejoindre l’ermitage des Saint-Pierre-et-Paul, proche du monastère. Le supérieur hésitait à lui concéder cette permission, d’ordinaire rarement accordée. Pour convaincre le supérieur, Charbel demanda au sacristain de remplir la lampe du sanctuaire avec de l’eau à la place de l’huile : la lampe fonctionna quand même. Ce fut le premier miracle de Charbel, qui bien sûr obtint la permission demandée.

Toute la journée, il priait et adorait. Il ne sortira presque jamais de cet ermitage, pendant les vingt-trois années restantes de sa vie.

Le 16 décembre 1898, un accident cardio-vasculaire le frappa durant la célébration de la messe. Paralysé, il connut pendant huit jours une douloureuse agonie, et rendit son âme à Dieu le 24 décembre 1898.

Le jour de l’enterrement, il neigeait si fort qu’on n’y voyait rien. Dès qu’on commença à transporter le corps du saint moine, le temps s’éclaircit. 

Quelques mois plus tard, une belle lumière enveloppa la tombe. On s’aperçut que le corps était resté intact et suintait un mystérieux liquide huileux. Par la suite, on changea plusieurs fois les vêtements du père Makhlouf pour lui en remettre de propres, mais toujours le suintement continua, et continue encore, sans jamais aucune infection. Les experts n’ont jamais trouvé d’explication au phénomène. Des guérisons constantes et multipliées se produisirent : on en enregistra des dizaines de milliers, seulement au Liban, sans compter les autres de par le monde.

Un des miracles récents les plus célèbres fut la guérison inexplicable et étonnante d’une femme de cinquante-cinq ans, paralysée. En rêve, le 22 janvier 1993, elle vit deux moines auprès d’elle : l’un, qui se présenta comme saint Charbel, posa délicatement ses mains autour du cou pour «l’opérer», tandis que l’autre lui glissait un oreiller pour la soutenir. A son réveil, elle constata des cicatrices à son cou, et pouvait marcher normalement. Le lendemain, nouveau rêve, où saint Charbel lui expliquait qu’il avait fait cette «opération» pour faire comprendre aux Libanais qu’ils devaient retrouver la foi ; il lui demandait d’assister désormais à la messe chaque 22 du mois. 

Un autre «signe», non miraculeux en soi, mais non moins remarquable fut, dans les premières années du 20e siècle, une photographie des moines présents au monastère. Développée, la photographie faisait apparaître un moine de plus, que personne ne connaissait… sauf le plus ancien du monastère qui s’écria : Tiens ! le père Charbel ! La photographie, datée, peut encore être vue dans le monastère.

Ces signes de Dieu aboutirent à la béatification en 1965, et à la canonisation en 1977.

Le dies natalis est au 24 décembre, mais saint Charbel (on trouve aussi Sharbel) est vénéré au calendrier romain le 24 juillet. En effet, la liturgie ne célèbre pas de fête sanctorale en la vigile de Noël ; on opta pour l’anniversaire de l’ordination sacerdotale de saint Charbel, le 23 juillet ; mais ce jour-là est la fête de sainte Brigitte de Suède, co-patronne de l’Europe ; aussi, la date retenue fut finalement le 24 juillet.

 

 

Ignacio Caselles García

1874-1936

 

Né le 18 novembre 1874 à Gata de Gorgos (Alicante, Espagne), de Vicente Caselles Boronat et Antonia García Durá, qui eurent sept enfants : l’un d’eux mourut très petit, et notre Ignacio en reprit le prénom.

Les enfants s’appelèrent : Bernardo (futur capucin aussi), Ignacio (qui mourra tout petit), Ignacio (le nôtre), Juan Bautista, Francisco, Antonio.

Le baptême d’Ignacio eut lieu le lendemain de sa naissance, et, on a trouvé en marge du registre de son baptême le mot capucin, ajouté plus tard par le curé. On y lit également quelques remarques : Ignacio vint servir la messe très jeune déjà, toujours premier servant, puis sacristain.

A douze ans, il entra au collège séraphique des Capucins de Orihuela, passa par le couvent de Masamagrell et fit la profession à Orihuela en 1892, prenant le nom de Juan Crisóstomo. Il fut ordonné prêtre en 1899.

Après quelques années à Ollería (Valencia), il revint à Orihuela, où il exerça le ministère pendant trente-six ans : confesseur, directeur spirituel et confesseur au séminaire diocésain.

On l’appelait gentiment Père Jeannot (Padre Juanito), en raison de sa petite taille.

Il répandait avec assiduité la dévotion des trois Je vous salue Marie quotidiens.

Lors des hostilités de 1936, il put se cacher quelques mois.

Découvert, arrêté le 24 décembre, il fut insulté toute la journée de cette veille de Noël. Le soir même, il fut conduit sur la route Arneva-Hurchillo, et fusillé : telle fut sa «nuit de Noël», qu’il passa dans la gloire du Ressuscité.

Le père Juan Crisóstomo a été béatifié en 2013.

 

 

Pablo Meléndez Gonzalo

1876-1936

 

Pablo (Paul) naquit le 7 novembre 1876, aîné des sept enfants d’une famille très chrétienne, qui le fit baptiser le 9 novembre suivant.

A quatorze ans, il «perdit» son père et dut consacrer tout son temps libre pour aider sa mère à élever ses petits frères et sœurs.

A quinze ans, il s’inscrivit dans les rangs d’une congrégation mariale et participa bientôt à l’adoration nocturne du Saint-Sacrement.

Son amour pour l’Eucharistie le portait à la recevoir chaque jour à la messe. Puis, animé par cette force céleste, il allait visiter le Christ dans les malades.

Il fit des études de droit à Valencia, collaborant toujours à l’Action Catholique, dont il fut président pour la zone de Valencia.

Une fois avocat, il écrivit des articles dans les journaux, et fut même directeur de Las Provincias.

Il épousa en 1904 Dolores Boscá, qui mettra au monde dix enfants (Pablo, Antonio, Alberto, Rafael, Carlos, María Teresa, María Desamparados, María Luisa, Josefa, María Dolores).

Il s’engagea dans la politique, comme membre de la Ligue Catholique, et recouvrit quelques charges publiques, donnant toujours le témoignage d’une vie chrétienne sans compromis, et la préférence pour la moralité publique et les intérêts de l’Eglise.

Mais à Valence, on n’aimait pas les gens qui sentaient l’encens : dès 1931, les incidents commencèrent, reprirent en 1934, et explosèrent en 1936.

En juillet 1936, Pablo se trouvait à Paterna : on fouilla sa maison une première fois. Il se transféra à Valencia : impossible de trouver où se cacher, et de plus, il dut s’occuper de faire hospitaliser son fils Carlos. On lui proposa la fuite, il refusa, surtout pour son fils malade.

Le 25 octobre, on vint l’arrêter, avec son fils Alberto. On lui demanda : Vous êtes catholique ? Il répondit : Je suis catholique, apostolique et romain.

Le mandat d’arrêt provenait du Conseil Provincial de Vigilance Antifasciste : Monsieur Meléndez était catholique. C’était là tout son «crime» !

En prison, il dit à Alberto : Si la Providence nous destine au martyre, on nous fusillera, sinon on restera libres. Et aussi : C’est Dieu qui a permis que nous fussions ici. J’ai ordonné à ma famille de ne rien faire pour ma liberté. Je demande seulement à Dieu de me donner son amour et sa grâce, et cela me suffit.

Il répète encore cette phrase quand on lui annonce la mort de Carlos, son fils.

Au matin du 24 décembre, on fait sortir Pablo et Alberto, et on va les fusiller immédiatement, sur la route de Castellar (Valencia). On fait annoncer à la famille qu’on les a «mis en liberté» : une des filles se précipite au cimetière, où elle voit les deux cadavres, criblés de balles.

Le Martyrologe et quelques sources commémorent Pablo au 23 décembre.

Pablo Menéndez Gonzalo a été béatifié en 2001.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 12-décembre
commenter cet article
23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 00:00

 

23 DÉCEMBRE

 

III.

Stes Victoire et Anatolie, vierges et martyres en Sabine.

SS Théodule, Saturnin, Euporus, Gelasius, Eunicianus, Zoticus, Pontios, Agathopos, Basilide, Evariste, martyrs à Gortyne ; chacun voulait être le premier à être décapité.

V.

S Benus (Besa), abbé en Egypte, mal identifié ; il aurait chassé un hippopotame, un crocodile.

S Sabinien, diacre et disciple de s. Romain à Condat.

VI.

S Servulus, paralytique à Rome ; inculte, il savait les Ecritures à force de se les faire lire.

VII.

S Asclèpe, évêque à Limoges.

S Caran, évêque en Ecosse.

S Dagobert II, roi et martyr , sans doute victime des factions politiques.

VIII.

S Frithebert, évêque à Hexham.

XII.

S Yves, confrère de s. Anselme (de Cantorbury) chez Lanfranc au Bec, évêque à Chartres, adversaire illustre de la simonie et dénonciateur de l'adultère de Philippe Ier. 

B Hartmann, évêque à Bressanone ; il réforma les chanoines.

S Thorlak (Thjorlay) Thorhallsson, évêque à Skalholt ; il voulait remettre en honneur et le célibat et le mariage et fonda le premier monastère d'Islande (Kirkjubaer).

XVI.

B Pedro Nicolás Factor, franciscain espagnol, mystique.

XVIII.

Ste Marie-Marguerite Dufrost de la Jemmerais, veuve d'Youville, fondatrice d'une congrégation de Sœurs de la Charité après avoir perdu quatre de ses enfants ; première Sainte du Canada, canonisée en 1990.

XIX.

S Antonio de Sant'Ana Galvao de França, franciscain marial, premier brésilien béatifié (1998) et canonisé (2007).

S Cho Yun-ho Yosep , catéchiste coréen de dix-huit ans, martyr canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre ; son père fait partie du même groupe de martyrs : Jo Hwa-seo Peteuro (cf. 13 décembre).

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936, béatifiés en 2007 :

Dominicains : Enrique Cañal Gómez (*1869), Manuel Gutiérrez Ceballos (*1876), Eliseo Miguel Lagro (*1889), Enrique Izquierdo Palacios (*1890), Miguel Rodríguez González (*1892), prêtres  ; Bernardino Irurzun Otermín (*1903), Eleuterio Marne Mansilla (*1909), Pedro Luís y Luís (*1914), José María García Tabar (*1918), profès, à Santander ;

Augustins : Epifanio Gómez Álvaro (*1874)prêtre, près de Santander.

Bse Karoline Anna Leidenix (Maria Berchmana Johanna, *1865), des Filles de la Divine Charité, martyre en 1941 en Bosnie-Herzégovine, béatifiée en 2011 (en même temps que ses compagnes du 15 décembre). 

Thorlak Thorhallsson

1133-1193

 

Il faudrait écrire le nom de ce saint évêque d’Islande comme suit : Thorlakur Thorhallsson.

Thorlak était de famille aristocratique. Après sa première instruction auprès de sa mère, il reçut sa formation cléricale au sud de l’île, à Oddi, chez un vieux prêtre.

Ayant reçu le diaconat à quinze ans, puis le sacerdoce à dix-huit, il s’en vint étudier à Paris de 1153 à 1159, puis probablement aussi à Lincoln.

Revenu chez les siens, il fut accueilli avec joie, mais il étonna son monde en voulant mener une vie digne de la réforme grégorienne de ce 11e siècle. Il refusa énergiquement de se marier, contrairement à l’habitude de beaucoup de prêtres de l’île à cette époque et se retira auprès d’un prêtre érudit à Kirkjubaer.

Puis il fonda un monastère de Chanoines Réguliers à Thykkvibaer, où sa mère le rejoignit pour y prêter ses services.

Ordonné évêque de Skalholt en 1178, il s’efforça, quoique avec difficulté, de promouvoir la réforme grégorienne dans son diocèse et dans toute l’île. Il lutta contre la simonie, contre les investitures laïques, contre l’incontinence des clercs. Il voulut aussi remettre en honneur les saintes lois du mariage.

Les populations étaient trop ancrées dans leurs vieilles habitudes, et Thorlak ne réussit pas à convertir ses diocésains. Mais ceux-ci furent tout de même frappés par la sainteté de vie de leur évêque, par les miracles qu’il opéra aussi.

L’assemblée nationale, l’Althing, qui avait déjà admis le christianisme dans l’île dès l’an 1000, le proclamait saint quelques années à peine après sa mort, qui survint le 23 décembre 1093.

La canonisation officielle, de la part de Rome, ne fut proclamée qu’en 1984, et saint Thorlak fut alors reconnu comme Patron céleste de l’Islande.

 

 

Yves de Chartres

1040-1116

 

Yves naquit vers 1040 aux environs de Beauvais (Oise) d’Hugues d’Auteuil et Hilmenberge, de grands propriétaires.

Après ses études universitaires à Paris, où il apprit les belles-lettres et la philosophie, il se rendit étudier la théolgie à l’abbaye bénédictine du Bec : un de ses condisciples fut Anselme (v. 26 mai), sous la direction de Lanfranc (v. 28 mai), tous deux futurs archevêques de Canterbury.

En 1078, chanoine de Nesles (Picardie), il fut nommé doyen des chanoines réguliers de Beauvais ; Yves y enseigna dans l’église cathédrale. Déjà on venait, de loin, le consulter.

En 1090, il fut choisi pour être évêque de Chartres, en remplacement de l’indigne titulaire, déposé. Le peuple le voulait, le pape avait accepté, ainsi que le roi ; il y eut deux oppositions : Yves, et son métropolitain, l’archevêque de Sens. Yves se rangea à l’autorité papale, mais pas le métropolitain. Ce fut le pape qui sacra Yves.

Le nouvel évêque favorisa la piété et la vie religieuse du diocèse, créant le monastère de chanoines réguliers près de Chartres, soutint la fondation de l’abbaye bénédictine de Tiron, établit des religieuses (de Fontevrault) à Hautes-Bruyères et fonda un hôpital.

Il fut un bon administrateur, économe, mais généreux pour doter sa cathédrale de livres et d’ornements.

Il militait pour la trève de Dieu, et excommunia Gervais Ier de Chaâteauneuf ainsi que son fils Hugues II, qui l’avaient enfreinte.

Mais Yves fut célèbre par son autorité et sa sagesse dans des questions de grand retentissement. On le consultait de partout sur des problèmes canoniques. Les événements suivants vont l’illustrer.

En 1092, le roi se rendit coupable d’adultère. Yves n’assista pas à son remariage et fut pour cela mis aux arrêts pendant plusieurs mois ; c’est l’insistance du pape qui le fit libérer. Le roi fut excommunié en 1094 et de nouveau en 1095. Il fit semblant de promettre sa soumission, en 1096, mais ne tint pas sa promesse. L’excommunication fut confirmée encore en 1100 et les deux «conjoints» ne purent être réconciliés qu’en 1104, promettant de ne plus vivre ensemble.

Pendant la négotiation de cette affaire, Yves s’occupa de composer des collections canoniques, peut-être sur la demande d’Urbain II lui-même. Ainsi furent publiés : la Tripartita, les dix-sept livres du Decretum, résumé dans la Panormia. Dans ces travaux, Yves se montra conciliateur, non pas en mélangeant les concepts opposés entre eux, mais en distinguant plutôt ce qui est d’ordre strictement spirituel, inviolable, et ce qui peut être adapté aux circonstances. Selon lui, un évêque pouvait prêter fidélité au souverain, et recevoir l’anneau de l’Eglise ; c’est cette position qui prévalut peu à peu.

En 1095, il était au concile de Clermont, en présence du pape, qui lançait son appel pour la croisade ; en 1096, à celui de Tours, toujours avec le pape.

En 1100, nouvel épisode d’investiture d’évêque, concernant le siège de Beauvais. Le roi y avait promu un de ses sbires, que le pape désavoua sur l’intervention d’Yves.

Après le règlement de la situation matrimoniale du roi, qu’on a vue plus haut, Yves reçut à Chartres la visite du nouveau pape (Pascal II), à Pâques 1107, mais Yves était désormais malade et ne put assister au concile de Troyes. 

Il intervint encore auprès du roi d’Angleterre, pour le persuader d’accepter les décisions des conciles au sujet des investitures, mais c’est surtout saint Anselme qui ramena le roi à la raison.

A la mort du roi, Yves conseilla à Louis le Gros de se faire sacrer sans tarder, à Orléans, ce qui déplaisait au clergé de Reims, mais Louis suivit le conseil d’Yves et resta en bons termes avec l’Eglise.

En 1111-1112, il intervint encore pour calmer le climat difficile entre l’empereur d’Allemagne et le pape et qui ne fut apaisé qu’au concordat de Worms en 1122.

Yves de Chartres mourut le 23 décembre 1116, et fut l’objet d’une immédiate vénération.

Son culte a été confirmé en 1570.

 

 

Hartmann de Bressanone

1090-1164

 

Hartmann naquit vers 1090 à Polling (Passau, Bavière, Allemagne SE), dans une famille aisée.

Il étudia chez les Augustins de Passau et reçut un canonicat. Il fut ordonné prêtre.

Il contribua fortement au rétablissement de la Règle augustinienne, sur l’invitation de l’évêque de Salzbourg. De doyen du chapitre (1122), il passa à la maison de Chiemsee pour la réformer, puis sur invitation du margrave Leopold, à Klosterneuburg, où il fut doyen. Il se montra champion de la réforme grégorienne.

En 1140, il fut appelé au siège épiscopal de Brixen (auj. Bressanone), un grand diocèse à l’époque, qui faisait de Hartmann un éminent prince-évêque.

Après la pénible période de la Querelle des Investitures, il fallait remonter le diocèse. Hartmann commença par rétablir une certaine discipline dans le chapitre et d’en faire le modèle de son clergé. Célébrant chaque jour la Messe, il s’imposa le cilice, des flagellations, en même temps qu’il nourrissait une profonde vénération pour la Mère de Dieu.

Il fonda la nouvelle communauté augustinienne de Neustift, ainsi qu’un hospice pour les pèlerins pauvres.

Il mourut en odeur de sainteté le 23 décembre 1164.

Peu après on le considérait déjà bienheureux et même saint. Son culte fut confirmé en 1784.

 

 

Nicolás Factor Estaña

1520-1583

 

Nicolás Factor Estaña naquit le 29 juin 1520 près de Valencia (Espagne), de Vicente, un sicilien tailleur de son métier, et Ursula Estaña. Son premier prénom était en réalité Pedro, étant né le jour de la fête de saint Pierre. 

Il semblait être né pour suivre saint François d’Assise. Encore enfant, il se prosterna à la porte de son église paroissiale pour embrasser les pieds d’un lépreux. Il vint collaborer aux soins des malades dans l’hôpital. Il jeûnait chaque semaine.

Le jeune homme, qui n’avait aucune inclination pour quelque métier, entra chez les Franciscains Observants en 1537 et fut ordonné prêtre en 1544.

Il allait être chargé de la prédication pendant presque quarante ans. Mais sa sainteté le fit nommer Gardien (supérieur) de plusieurs couvents : Santo Espíritu, Chelva, Val de Jesús, Murviedro, Bocairent. Et il fut chargé de confesser les Religieuses de la Trinité à Valencia, les Clarisses à Gandía, les Carmélites à Madrid.

Sa prédication était enflammée, il émouvait et obtenait des conversions. 

S’il n’eut pas la permission d’aller verser son sang en pays musulman, il s’efforça de gagner des mahométans à la Vérité : à Segorbe, il leur proposa même l’épreuve du feu, pour leur prouver la vérité de la religion chrétienne.

Maître des novices, il s’humiliait devant eux et leur ordonnait de lui donner la discipline, exigeant un certain nombre de coups. A part cela, il s’imposait trois fois la discipline chaque jour ; il ne prenait que du pain et de l’eau. Il marchait pieds nus, il dormait sur une table, la tête sur une pierre. Avant de célébrer, il prenait un bain complet, mais d’eau froide : son amour de Dieu devait réchauffer l’eau.

Il soulagea les pauvres, leur donnant parfois jusqu’à la tunique ; quand il puisait dans le coffre du couvent pour donner l’aumône, jamais l’argent ne manqua pour les nécessités du couvent.

Nicolás aimait beaucoup la musique, et maniait les pinceaux adroitement.

Dieu le favorisa d’extases ; la Vierge Marie lui remit l’Enfant-Jésus dans les bras. Un jour qu’il se trouvait devant l’archevêque de Tarragona, on entonna le psaume 112 (Laudate Pueri Domini), et Nicolás se trouva déjà en extase au second verset (Que le nom du Seigneur soit béni) : le prélat demanda alors à un peintre d’en faire immédiatement un tableau.

Nicolás eut de grands amis, tous aussi assoiffés de sainteté, parmi lesquels Pascual Baylón (v. 17 mai), Gaspar de Bono (v. 14 juillet), Juan de Ribera (v. 6 janvier) et surtout Luis Bertrán (v. 9 octobre).

Après la mort de ce dernier (1581), Nicolás voulut trouver plus d’austérité en passant chez les Récollets (réformés) d’Onda ; ce couvent ayant été supprimé, il rejoignit alors les Capucins de Barcelone, où la règle franciscaine stricte était plus conforme à celle des premiers Franciscains. Enfin en 1583, Nicolás regagna le premier couvent de l’Observance, où il avait commencé sa vie religieuse.

Nicolás Factor Estaña mourut le 23 décembre 1583, répétant Jésus, je crois.

Il fut béatifié en 1786.

 

 

Marguerite d’Youville

1701-1771

 

Cette fleur de la terre du Québec est l’aînée de six enfants. Elle naît le 15 octobre 1701 à Varennes (Montréal, Canada).

Son père est Christophe Dufrost de Lajemmerais, qui mourra en 1708. Sa mère est Marie-Renée Gaultier de Varennes. 

Son arrière-grand-père intervient et lui offre deux années d’études chez les Ursulines de Québec. Elle est déjà bien mûre pour son âge.

Elle revient chez sa mère, qu’elle aide de son mieux, et qu’elle accompagne à Montréal, car cette mère va se remarier. Marguerite, de son côté, fait des projets avec Louis-Hector Piot de Langloiserie. Mais cette famille désapprouve le remariage de la mère de Marguerite, qui doit alors rompre ses fiançailles et épouse alors en 1722 François d’Youville. Ils auront six enfants, dont quatre mourront en bas âge : Timothée, Ursule, Marie-Louise et Ignace. Les deux autres sont Joseph-François et Charles-Marie, qui deviendront prêtres.

Le foyer ne connaît pas le bonheur : François est indifférent, s’absente, boit et vend de l’alcool aux Indiens. Marguerite reste fidèle, elle le soigne avec grande tendresse lors de la maladie soudaine qui va l’emporter. Lorsqu’il meurt à trente ans en 1730, elle est enceinte du sixième enfant (qui sera mort-né). Il y a aussi à la maison la belle-mère de Marguerite, au caractère difficile…

La dévotion principale de Marguerite est Dieu le Père, dans sa bonté et sa providence. Marguerite continue vaillamment l’éducation de ses deux garçons, mais elle désire faire du bien autour d’elle, voulant se faire l’écho de la bonté de Dieu pour tous. En 1737, elle recueille chez elle une femme aveugle et, le 31 décembre de la même année, elle se consacre à Dieu pour Le servir dans la personne des plus démunis. Avec trois Compagnes, elle se trouve alors aux débuts des Sœurs de la Charité de Montréal, ou «Sœurs Grises».

Ces premiers pas ne sont pas simples : la bourgeoisie se moque d’elle ; on la calomnie ; elle-même devient malade et une de ses Consœurs décède. Un incendie détruit son logis. Mais elle est courageuse et persévère. Plus que jamais elle veut aider le plus grand nombre de personnes dans le besoin. Avec ses deux autres Compagnes, elle met tout en commun en 1745 et prend la direction de l’Hôpital des Frères Charon, qui tombe en ruine. Elle devient la «mère des pauvres». Elle multiplie les services en faveur des pauvres et des malheureux, quels qu’ils soient : soldats infirmes, personnes âgées, malades mentaux, incurables, orphelins. Plus tard encore, les épileptiques, les lépreux, tous ceux qui étaient exclus de l’Hôtel-Dieu.

En 1755, l’évêque reconnaît et approuve la règle de l’Institut. De son côté, la Mère d’Youville assume la dette de 49000 livres pour restaurer l’établissement. Ses revenus étaient la fabrication de vêtements pour les magasins royaux et les marchands.

Pendant la guerre de Sept Ans, il y a tant de soldats britanniques dans l’hôpital que toute une aile est appelée la salle des Anglais. En particulier, un soldat captif des Indiens et destiné à la torture, fut racheté par Mère Marguerite. Elle sauva plusieurs fugitifs, dont un qui plus tard prévint le bombardement de l’hôpital.

En 1765, l’hôpital est ravagé par un incendie, mais la foi et le courage de Marguerite ne sont pas ébranlés : elle invite ses Sœurs et les pauvres à accepter la volonté de Dieu et fait reconstruire l’hôpital. Vers la même époque, Marguerite achète une grande propriété à Châteauguay, qui lui permettra d’assurer l’approvisionnement en nourriture de tous ses pensionnaires ; elle y fait construire aussi un moulin. 

Marguerite aura servi toute sa vie Jésus-Christ en ses pauvres.

Epuisée, Marguerite meurt le 23 décembre 1771, dans une chambre de son hôpital, des suites d’une attaque subie début novembre.

Qui lui succédera sera une orpheline recueillie par elle : Thérèse Lemoine-Despins.

Le mot d’ordre de Mère Marguerite pour ses Sœurs est de maintenir l’union la plus parfaite entre elles. Ainsi les Sœurs Grises de Montréal vont se développer et donner naissance à d’autres communautés, à Saint-Hyacinthe, à Ottawa, à Québec, à Philadelphia et à Pembroke ; récemment aussi au Brésil, en Colombie… Elles entourent d’amour maternel tous ceux qui sont délaissés : orphelins, adolescents inquiets, jeunes filles bafouées, épouses abandonnées, malades…

Marguerite d’Youville a été béatifiée en 1959, canonisée en 1990. Elle est inscrite au Martyrologe à son dies natalis, le 23 décembre.

Le miracle retenu pour la canonisation est la guérison, en 1978 et par l’intercession de Marguerite, d’une jeune femme atteinte de leucémie myéloblastique.

Au Canada Marguerite d’Youville reste présente : la Municipalité Régionale de Comté (MRC) de Marguerite d’Youville, qui a mandaté le Centre Local de Développement (CLD), également intitulé à Marguerite d’Youville, un organisme à but non lucratif et reconnu par le ministère du Développement, afin de favoriser l’essor économique du territoire par le démarrage, la consolidation et l’expansion d’entreprises ainsi que la création d’emplois. On signalera aussi une Ecole primaire (trois-cents élèves au cœur du Vieux Cap-Rouge), un Refuge faunique (Île Saint-Bernard) où Marguerite avait acquis les terrains de Châteauguay.

 

 

Antonio Galvão de França

1739-1822

 

Quatrième de dix (ou onze) enfants d’une famille aisée et pieuse de Guaratingueta (Aparecida, Brésil), Antonio naquit le 10 mai 1739.

Son père, portugais (Antonio Galvão de França), était devenu la première personnalité du village ; membre du Tiers-Ordre franciscain, il était connu pour sa foi et sa générosité. Sa mère, Isabel Leite de Barros, fille d’agriculteurs, de la famille du célèbre Fernão Dias Pais, décéda prématurément en 1755 à trente-huit ans. Généreuse elle aussi, elle avait fait don de tous ses vêtements aux pauvres au moment de sa mort.

Antonio a treize ans quand il entre au séminaire des Jésuites de Belém, où se trouve déjà son frère aîné. Mais à cette époque, une «persécution» se déchaîne contre les Jésuites, et Monsieur Galvão conseille à son fils de frapper chez les Franciscains, au couvent Saint-Bonaventure de Macacu (Itaboraí, Rio de Janeiro).

Antonio a alors vingt-et-un ans. Comme novice il prend le nom de Antonio Galvão de Sainte-Anne, car sa famille était très dévote de sainte Anne. Au noviciat, Antonio est remarqué pour sa piété, son zèle, ses vertus. Il fait la profession solennelle en 1761, et fait en même temps le serment de toujours défendre la doctrine de l’Immaculée Conception, encore controversée à l’époque. Sa dévotion à Marie, en particulier par le chapelet, sera une des marques constantes de sa vie. 

Il est ordonné prêtre en 1762, et on l’envoie à São Paolo pour y achever ses études ; en chemin, il fait un petit détour par son pays natal pour y célébrer la première messe solennelle dans l’église où il avait été baptisé.

A partir de 1768, il exerce le saint ministère, confesse les religieuses et les membres du Tiers-ordre. Il se montre attentif aux difficultés des pauvres, des malades, des esclaves. On l’appellera homme de paix et de charité.

En 1770, invité à l’Académie des Arts, il présente diverses œuvres littéraires qu’il a composées.

Sur indication d’une Religieuse qui aurait reçu un message du Ciel, il fonde un nouveau monastère, Notre-Dame de la Lumière, en l’honneur de l’Immaculée Conception de Marie, après avoir dûment constaté que ce message était certainement authentique. Le couvent est fondé en 1774.

Il y eut une polémique au sujet de ce couvent. Un Supérieur fut d’avis de le fermer, et Antonio obéit. Mais les Religieuses n’entendaient pas quitter leur couvent, et la population faisait pression, ainsi que l’évêque, pour qu’il fût rouvert. Non seulement il rouvrit, mais on dut l’agrandir. Les travaux y durèrent près de trente ans. C’est maintenant un grand monastère, qui appartient au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Un incident faillit tourner à l’expulsion du frère Antonio. En 1780, un soldat est condamné à mort : il a légèrement blessé le fils du Capitaine de São Paolo. Le frère Antonio intervient en faveur du soldat, qui est exécuté ; en plus, le frère reçoit l’ordre de quitter la ville. La foule proteste, au point que pour éviter une révolution, le Capitaine rappelle le Religieux.

De son vivant il eut le don des miracles, de la lévitation, de la bilocation, de la prémonition.

Il mourut le 23 décembre 1822.

Jusqu’à ses funérailles, la foule vint le vénérer ; on tailla tant de morceaux de tissu de sa bure, qu’elle ne lui arrivait plus qu’aux genoux !

Antonio Galvão de Sainte Anne sera béatifié en 1988 et canonisé en 2007. C’est le premier brésilien autochtone béatifié et canonisé.

Un des miracles qu’il fit de son vivant est d’avoir guéri instantanément un malheureux qui souffrait énormément des reins. Il lui fit avaler une petite boulette de papier où il avait écrit ces mots d’une invocation à la Vierge Marie : Post partum, Virgo, inviolata permansisti. Dei genitrix, intercede pro nobis (Après l’enfantement, ô Vierge, tu es demeurée inviolée. Mère de Dieu, intercède pour nous). Encore actuellement, les religieuses distribuent chaque jour jusqu’à trois cents de ces «boulettes».

Le miracle retenu pour la canonisation, fut la naissance d’un petit Enzo, dont la maman ne parvenait pas à mener à terme ses grossesses. Elle prit une de ces «boulettes» et accoucha bientôt de son petit Enzo, qui avait onze ans quand il assista à la canonisation de saint Antonio Galvão.

Saint Antonio Galvão est l’un des patrons des JMJ de 2013, avec le bienheureux Jean-Paul II, Notre-Dame d’Aparecida, Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et Saint Sébastien.

 

 

Cho Yun-ho Yosep

1848-1866

 

Yosep (Joseph) était né en 1848 à Sinchang (Chungchŏng-do, Corée). Il ressemblait beaucoup à son père, Cho Hwa-so Peteuro (voir au 13 décembre), et pratiquait fidèlement son christianisme, comme ses parents.

Marié à dix-sept ans, il vivait chez eux avec sa jeune épouse, lorsque la persécution éclata.

Il était de retour chez lui lorsqu’il vit qu’on emmenait son père, lequel lui cria de partir. Mais Josephus se rendit spontanément. Ainsi père et fils s’encouragèrent mutuellement à persévérer dans la foi.

Aux interrogateurs, Yosep répondit que son professeur de catéchisme avait été son grand-père qui, lui-même, n’avait jamais eu chez lui de livres catholiques. On tortura le jeune homme, qui résista aux souffrances et resta fidèle.

Puis on les envoya tous deux à la prison de Chŏnju.

En prison, on tortura encore et encore Josephus, qui défendit courageusement sa foi au Christ.

Le 13 décembre, on emmena le père de Yosep pour l’exécuter. Yosep demanda à être pris avec son père mais on lui répondit que, selon la loi, on ne pouvait exécuter père et fils le même jour au même endroit.

Le gouverneur insista encore auprès de Yosep, lui promettant la restitution de tous ses biens, s’il apostasiait. Yosep ne l’écouta pas même.

Au jour de l’exécution de Yosep, les bourreaux couraient en tirant la charrette en bois attachée au cou du garçon, pour l’éreinter encore plus, après les nombreuses et pénibles tortures qu’il avait déjà subies précédemment.

Parvenu à Sŏch’ongyŏ (Chŏnju), le lieu de l’exécution, le gouverneur revint à la charge avec ses vaines propositions, et bien inutilement.

Yosep mangea son dernier repas, qu’il fit précéder d’un grand et calme signe de croix.

On battit encore Yosep, qui finit par succomber sous les coups. Il avait presque dix-neuf ans.

Ainsi, trois générations avaient reçu la gloire du martyre, mais on n’a pas retenu la date précise concernant le grand-père ; le père de Yosep, comme on l’a vu, mourut le 13 décembre 1866.

Pour Yosep, ce fut le 23 décembre 1866.

Yosep a été béatifié en 1968, et canonisé en 1984, comme son père.

Enrique Cañal Gómez

1869-1936

 

Enrique (Henri) naquit le 20 mars 1869 à Corias (Cangas del Narcea, Asturies, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il suivit l’école locale tenue par les Dominicains, et entra au noviciat, pour faire la profession en 1885 et les études de philosophie.

En 1889, il alla faire la théologie à Las Caldas de Besaya, où il fut ordonné prêtre en 1891.

En 1896, il fut aumônier des Dominicaines de Santillana del Mar.

Tout en conservant cette dernière charge (jusqu’en 1909), il fut en 1905 directeur et sous-prieur à Las Caldas de Besaya (Los Corrales de Buelna, Cantabria), et prieur durant l’année 1906. Il avait une réelle réputation de sainteté.

En 1909, il fut au collège de Ségovie, en même temps qu’aumônier des Dominicaines, professeur et, à partir de 1910, supérieur de la communauté.

En 1911, autre mission : il fut sous-prieur et maître des Frères coopérateurs à San Pablo de Valladolid ; il fut aussi confesseur des Dominicaines à Porta Cæli, où on ne se gêna pas pour le calomnier honteusement : il n’en fut que plus estimé quand on comprit l’erreur qui le frappait.

De 1915 à 1928, il accomplit un travail extraordinaire au couvent de l’Olivar (Madrid), avant de regagner Las Caldas de Besaya comme directeur spirituel, directeur de l’école, maître des Frères coopérateurs. Il fut tout à tous, mais surtout un modèle unanimement apprécié de vie religieuse.

Lors de la révolution de 1936, il prêcha les exercices spirituels. Le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Le père Enrique fut béatifié en 2007.

 

 

Epifanio Gómez Álvaro

1874-1936

 

Epifanio naquit à Lerma (Burgos, Espagne) le 7 avril 1874 et reçut le baptême le 9 avril.

Il entre chez les Augustiniens à Valladolid en 1890 et, durant ses études de théologie, est envoyé aux Philippines en 1896 pour y achever sa préparation sacerdotale et se préparer aux missions.

Il est ordonné prêtre à Manille en 1897 ; revenu en Espagne pour se refaire une santé (1899), il part au Brésil où il s’occupe activement de la paroisse et de l’enseignement.

De retour en Espagne, il est à Cádiz puis à Santander.

Quand la révolution éclate en juillet 1936, il se réfugie d’abord chez un particulier, mais il sera découvert et arrêté, puis porté à la tristement célèbre tchéka de Neila (Santander). 

De là, au soir du 22 décembre 1936, on le transporte au phare de Santander, d’où on le lance dans la mer, les mains attachées à la ceinture et une pierre au cou.

Le courant marin transporta son corps jusqu’aux côtes de Vendée, où il fut repêché avec le cadavre de beaucoup d’autres, certains méconnaissables.

Ce saint Religieux avait soixante-deux ans. Il a été béatifié en 2007. On place son dies natalis au 23 décembre.

 

 

Manuel Gutiérrez Ceballos

1876-1936

 

Manuel naquit le 4 février 1876 à Torrelavega (Santander, Espagne) et fut baptisé le 7 suivant.

Très tôt orphelin de père, il fut confié par sa mère aux pères Dominicains de Las Caldas de Besaya, où il fit ses études. Puis il entra au noviciatet de Padrón, professa en 1892 et fit les études de philosophie à Corias.

Il alla faire la théologie à Salamanque, où il fut ordonné prêtre en 1899.

Il eut une vie apostolique aussi intense que variée. Après quelques missions à travers l’Espagne, il partit pour le Pérou, de 1913 à 1917, où il espérait travailler parmi les peuplades d’Amazonie. Mais il demeura à Lima et, revenant en Espagne, il fut à Las Caldas de Besaya, transféré en 1923 à l’Olivar de Madrid, puis supérieur à Pamplona en 1924, année où il reçut le titre de prédicateur général.

En 1926, il passa à Atocha (Madrid), en 1927 à Salamanque comme professeur d’éloquence sacrée, en 1932 à Valladolid, en 1933 à Palencia, pour finir de nouveau en 1936 à Las Caldas de Besaya.

Ce Dominicain était un véritable prêcheur, d’une profonde piété : il se confessait avant de monter en chaire.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns. Sombre nuit de Noël !

Le père Manuel fut béatifié en 2007.

 

 

Eliseo Miguel Largo

1889-1936

 

Eliseo naquit le 28 août 1889 à Lampreana (Zamora, Espagne) et fut baptisé le 31 suivant.

Il fit ses études à Las Caldas de Besaya et entra au noviciat dominicain ; il fit la profession en 1908 et fit les études de philosophie à Corias.

Il alla faire la théologie à Salamanque, où il fut ordonné prêtre en 1917. Il y accompagnait l’aumônier des Dominicaines dans ses visites au couvent. C’était un prêtre profond, qui se mortifiait et qui avait le souci de respecter sa Règle.

Il enseigna en divers collèges : Vergara (Guipúzcoa), La Felguera (Asturies) et Las Caldas de Besaya.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns. Le corps du père Eliseo fut retrouvé un mois plus tard au bord du quai de Somo, de l’autre côté de la baie de Santander.

Le père Eliseo fut béatifié en 2007.

 

 

Enrique Izquierdo Palacios

1890-1936

 

Enrique (Henri) naquit le 17 février 1890 à Oviedo (Asturies, Espagne), fut baptisé le surlendemain et confirmé le 3 avril 1893.

Après avoir commencé le séminaire diocésain, il entra au noviciat dominicain de Padrón (La Coruña) et fit la profession en 1906 ; il fit les études de philosophie à Corias.

En 1910, il alla faire la théologie à Salamanque, où il fut ordonné prêtre en 1914.

Il fut professeur à Corias et Navelgas (Asturies) puis fut envoyé à Las Caldas de Besaya (Los Corrales de Buelna, Cantabria) comme supérieur et directeur, apprécié de tous.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns. Sombre nuit de Noël !

Le père Enrique fut béatifié en 2007.

 

 

Miguel Rodríguez González

1892-1936

 

Miguel naquit et fut baptisé le 10 juin 1892 à Piñera de Abajo (Asturies, Espagne) et confirmé en 1894.

Il commença l’étude du latin chez son curé et, à douze ans, entra au collège de Umieta (Guipúzcoa), puis passa à l’école apostolique (dominicaine) de Corias. Après la profession en 1909, il fit les études de philosophie.

Il alla faire la théologie à Salamanque, où il fut ordonné prêtre en 1916. 

Ceux qui le connurent comme confrère ou professeur, surent en faire l’éloge comme d’un remarquable Religieux, estimé et admiré de tous.

Lui aussi fut nommé en divers postes : Las Caldas de Besaya, Corias, de nouveau Las Caldas en 1922, Vergara (Guipúzcoa) en 1926-1928, Ciaño (Langreo, Asturies), Navelgas en 1930-1931, enfin de retour à Las Caldas où il se trouvait en 1936.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns.

Le père Miguel fut béatifié en 2007.

 

 

Bernardino Irurzun Otermín

1903-1936

 

Bernardino naquit le 17 mai 1903 à Eguiarreta (Navarre, Espagne), fut baptisé le 19, veille de la fête du célèbre Bernardin de Sienne, dont il reçut le nom, et fut confirmé en octobre de la même année.

Attiré dès sa jeunesse par la vie religieuse, il entra au couvent de Corias comme frère coopérateur et y commença le noviciat, qu’il acheva à Salamanque, avec la profession en 1931. 

Il fut ensuite envoyé à Las Caldas de Besaya en 1933.

C’était un remarquable Religieux, obéissant et humble, excellent jardinier. Tout le temps libre dont il disposait, il le passait devant le Saint Sacrement.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Le Frère avait trente-trois ans.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns.

Le frère Bernardino fut béatifié en 2007.

 

 

Eleuterio Marne Mansilla

1909-1936

 

Eleuterio naquit le 17 février 1909 à Gusendos de los Oteros (León, Espagne), fut baptisé le 20, fête de saint Eleuthère, dont il reçut le nom, et fut confirmé en 1911.

Adolescent, il travailla aux champs.

En 1931, il fut attiré par la vie religieuse et commença le noviciat au couvent dominicain de Salamanque, avec la profession en 1933. 

Il fut ensuite envoyé à Las Caldas de Besaya en 1933.

C’était un excellent Religieux, très dévot de la Sainte Vierge. On lui confia principalement la cuisine.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns.

Le frère Eleuterio fut béatifié en 2007.

 

 

Pedro Luis Luis

1915-1936

 

Pedro naquit le 11 septembre 1915 à Monsagro (Salamanca, Espagne), fut baptisé le lendemain, et fut confirmé en 1918.

Orphelin de mère à trois ans, il grandit auprès de sa grand-mère paternelle.

En 1928, il entra à l’école apostolique dominicaine de Las Caldas de Besaya, puis en 1931 passa à Corias. Mais la maladie l’obligea à revenir chez son père, où il travailla au milieu des bêtes du pâturage.

Il fréquenta le proche sanctuaire de Notre-Dame de la Peña de Francia où, en été 1932, les pères Dominicains lui suggérèrent la vie religieuse en tant que Frère coopérateur. Après le noviciat, il fut au couvent dominicain de Salamanque, avec la profession en 1934. 

Il fut ensuite envoyé à Las Caldas de Besaya en 1935.

C’était un excellent Religieux, qui s’occupa principalement du vestiaire.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns.

Le frère Pedro fut béatifié en 2007.

 

 

José María García Tabar

1918-1936

 

José María naquit le 10 décembre 1918 à Lubier (Navarre, Espagne), fut baptisé le 13 suivant, et fut confirmé en 1922.

Orphelin de père à deux ans, il partit avec sa mère à San Sebastián, où celle-ci trouva quelque petit travail pour élever ses enfants.

En 1925, elle confia son garçon aux Filles de la Charité de Vergara (Guipúzcoa), où José María reçut une excellente éducation. Après la première formation, il entra au collège des Dominicains, puis au séminaire de Saturrarán, mais les études étaient peut-être trop difficiles pour lui.

Très pieux cependant, il revint à Vergara et demanda son admission comme frère coopérateur parmi les Dominicains.

Il fi le noviciat au couvent de Salamanque, avec la profession en 1936. 

Il fut ensuite envoyé au mois de mai à Las Caldas de Besaya.

On lui confia la porterie. Là, il dut ouvrir souvent aux miliciens qui se présentaient, soit pour des enquêtes, soit pour des fouilles, soit aussi pour des arrestations.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Le frère José María venait d’avoir dix-huit ans.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns.

Le frère José María fut béatifié en 2007.

 

 

Karoline Anna Leidenix

1865-1941

 

Karoline était née le 28 novembre 1865 à Enzersdorf (Vienne, Autriche), de Michael et Josefa Benkhofer, et fut baptisée deux jours plus tard.

Elle eut deux petites sœurs, Mathilde et une autre mort-née.

Le papa mourut bientôt, laissant la pauvre veuve dans une situation assez difficile. Les deux petites filles furent accueillies en 1878 par la fondatrice de la Congrégation des Filles de la Divine Charité, Mère Franziska Lechner. Le tribunal accorda une petite aide pécunaire à la maman.

D’élève, Karoline devint novice chez les mêmes Sœurs. Elle prend le nom de Marija Berchmana Johanna, émet les premiers vœux en 1883 et fera les vœux solennels en 1892.

Dès 1883 elle est envoyée en Bosnie. Elle se montrera une maîtresse très habile, très active, et quand les maisons de la Congrégation durent fermer, elle continuera à donner des leçons aux enfants, catholiques, orthodoxes ou musulmans. Elle fera aussi le catéchisme.

Durant la guerre mondiale, elle aidera dans l’hôpital de Višegrad, dont l’administration lui exprimera une reconnaissance officielle et publique pour son activité chrétienne et samaritaine, prête au sacrifice.

En 1931, elle est nommée maîtresse des novices à Sarajevo, où elle laissa un souvenir de réelle sainteté, pour sa prière, son esprit de sacrifice, son dévouement, sa délicatesse. Intelligente et humble, elle ne se vexait pas quand elle comprenait qu’elle avait fait quelque erreur dans la langue croate. 

Sœur Berchmana souffrait d’asthme, et ne se plaignait jamais. Exigeante pour elle, elle voulait que chacune fût aussi exigeante pour soi-même, par amour de la règle et de l’Eglise.

Elle eut l’occasion, durant un séjour à Breške (Tuzla), d’apprendre à lire et à écrire aux petits enfants, non seulement catholiques, mais aussi musulmans, de sorte que le peuple l’avait surnommée «la sœur turque». Revenue à Pale en 1939, à l’âge de soixante-quatorze ans, elle s’occupa alors particulièrement des enfants de familles orthodoxes, et fut surnommée «la mère serbe».

Vers la fin de sa vie, elle disait : Je suis reconnaissante à Dieu pour deux choses, d’abord parce que je suis née et que j’ai grandi dans la foi catholique, et ensuite parce que j’ai été religieuse.

Quand la maison fut assaillie et incendiée le 11 décembre 1941 (voir la notice sur Kata Ivanišević), et que les Religieuses durent marcher dans la neige pendant quatre jours, la pauvre Berchmana n’en pouvait plus. Presque aveugle, elle fut installée sur une luge, mais elle tombait souvent ; aussi fut-elle abandonnée dans une cabane, puis confiée à une famille de Sjetlina.

Elle parlait peu, elle souriait. Quand on lui donnait à manger, elle s’excusait de priver les autres de leur nourriture. Elle resta là une dizaine de jours, puis les soldats vinrent la prendre avec une luge. Le père de famille leur disait de la laisser, car elle ne pouvait pas marcher. Une heure après, l’un d’eux revint, avec autour du cou le rosaire de la Sœur, disant qu’elle le lui avait donné et qu’il le gardait parce qu’il en avait besoin. Puis on leur dit qu’on la conduisait vers les autres Sœurs, à Goražde.

En réalité, Sœur Berchmana fut abattue non loin de Sjetlina, sous le pont de Prača (qui se jette dans la Drina). Plus tard, une certaine Vesna reçut l’habit noir de la Religieuse, avec l’ordre d’en faire un drapeau pour les soldats. On n’a cependant jamais retrouvé la tombe de la Sœur Berchmana, qui fut probablement, elle aussi, jetée dans la rivière.

Sa mort arriva le 23 décembre 1941, et elle fut béatifiée avec ses Consœurs en 2011.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 12-décembre
commenter cet article
22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 00:00

 

22 DÉCEMBRE

 

?

S Ariston, martyr à Porto.

S Honorat, évêque à Toulouse.

III.

SS Chérémon, évêque à Nilopolis, et Ischyrion, martyrs en Egypte.

IV.

S Flavien, père de ste Bibiane, martyr à Acquapendente.

VI.

S Amaethlu, patron de Llanfaethlu.

IX.

S Hunger, évêque à Utrecht.

X.

S Amaswinthe, abbé à Silva de Malaga.

XI.

Bse Jutta, recluse et religieuse à Disibodenberg, maîtresse de ste Hildegarde (qui lui succédera et en attestera les miracles).

XX.

Ste Francesca-Saveria Cabrini (1850-1917), dernière de treize enfants, fondatrice à Chicago des Sœurs Missionnaires du Sacré-Cœur, vouée aux immigrants italiens aux Etats-Unis (déjà 50.000 à New York) ; elle ouvrit écoles et hôpitaux et, à cause de son succès, subira diffamations et persécutions ; elle est la patronne céleste de tous les émigrants.

 

Hunger d’Utrecht

† 866

 

Hunger est un évêque mal connu.

A la mort de l’évêque Luidger en 854, le choix de son successeur se porta d’abord sur le chanoine Craft, qui préféra renoncer à cette charge pour ne pas avoir à affronter quelque attaque probable des Vikings. Ainsi fut choisi Hunger. Il était le douzième successeur de s.Willibrord (v. 7 novembre).

Ses relations avec ces Vikings furent pacifiques au début, mais quand ils se firent menaçants, tout le clergé d’Utrecht suivit l’évêque au Mont Sainte-Odile (Sint Odiliënberg), proche de Roermond.

En 858, Lothaire II y fit construire pour eux un monastère. Mais Hunger s’installa à Prüm, puis à Deventer.

Hunger se préoccupa de rester un homme de Dieu, et quand Lothaire voulut divorcer parce que son épouse était stérile, Hunger lui rappela le caractère sacré du mariage, fondé sur l’Ecriture et la Théologie ;  Lothaire divorça tout de même, mais Hunger avait su se montrer ferme sur la doctrine.

On trouve sa signature aux conciles de Savonnières et Metz (859 et 863) ; il était déjà malade au cours de ce dernier.

Il mourut à Prüm le 22 décembre 866.

Saint Hunger d’Utrecht est commémoré le 22 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jutta de Sponheim

1092-1136

 

Cette vierge était la fille des comtes Stephan et Sophia de Sponheim, et naquit vers 1092.

Stephan mourut trois ans après cette naissance et Sophia s’occupa de l’éducation de ses deux enfants, Jutta et son frère Hugo, qui devint archevêque de Cologne.

Jutta (Judith) eut à douze ans une maladie si grave, que sa guérison apparut comme un miracle, et amena Jutta à promettre de consacrer sa vie à Dieu, de sorte qu’elle refusa toutes les propositions de mariage qu’on lui fit par la suite.

A quatorze ans, contre l’avis de ses proches, elle fit sa consécration dans les mains de l’archevêque de Mayence. D’après une relation ancienne, elle reçut d’abord sa formation spirituelle d’une pieuse veuve qui s’appelait Uda de Göllheim ; avec Jutta se trouvaient aussi sa parente, Hildegard de Bingen, alors âgée de huit ans (voir au 17 septembre) et une autre jeune fille.

A la date probable du 1er novembre 1112, quand elle eut vingt ans, elle se retira non loin de l’église du Disibodenberg, où elle s’occupa de l’instruction des enfants. Hildegarde, qui avait alors quatorze ans, la suivit, et deux autres jeunes filles aussi.

Ce fut là le point de départ d’un couvent de religieuses bénédictines qui, avec celui des Bénédictins de l’endroit, forma un double monastère.

Quand Jutta mourut, en 1136, c’est Hildegarde qui lui succéda comme supérieure de cette communauté. Elle en écrivit alors que Dieu l’arrosa de sa grâce comme d’un ruisseau aux eaux abondantes, de sorte qu’elle n’accorda aucun repos à son corps par ses veilles, ses jeûnes et d’autres bonnes œuvres, jusqu’à ce qu’elle achevât d’une digne fin sa vie terrestre.

Parmi ces «bonnes œuvres» sont rapportées celle du changement de l’eau en vin qu’aurait opéré Jutta, ainsi que celle d’avoir traversé à pieds secs le Glan, la rivière locale.

Son frère Hugo mourut l’année suivante (1137).

On parla d’apparitions au tombeau de Jutta. L’Ordre bénédictin la vénère comme bienheureuse, au 22 décembre, mais elle n’a pas été insérée dans le Martyrologe.

 

 

Francesca Saviera Cabrini

1850-1917

 

Née à Sant’Angelo Lodigiano (Lodi, Lombardie, Italie nord), Maria Francesca était la treizième enfant de Agostino et Stella Oldini, des cultivateurs aisés. Elle naquit le 15 juillet 1850.

A treize ans, elle fit le vœu de virginité. A dix-huit ans, elle passa avec succès son examen de maîtresse d’école. A l’école elle se passionnait pour la géographie, feuilletant avidement les pages de son livre, imaginant qu’elle voyageait dans ces contrées lointaines.

En 1870 moururent ses parents.

Institutrice en 1872, elle voulait être missionnaire en Chine, mais sa santé fragile lui barrait l’accès en congrégation. Or en 1874, le curé de Codogno lui confia l’administration d’un orphelinat qui marchait mal. Francesca essaya de triompher du mal par le bien.

En 1877, elle réunit quelques compagnes et émit les premiers vœux de religion, ajoutant à son nom celui de Saviera (Xavière), confiant sa vie à saint François Xavier, ce jésuite missionnaire qui avait marché jusqu’en Chine au 16e siècle (voir au 3 décembre).

En 1880, l’évêque dut résolument fermer cette maison. Francesca lui parla de son attrait pour les missions. L’évêque lui dit : Je sais que tu veux être missionnaire. Je ne connais pas d’institut de ce genre. Fondes-en un.

Elle réunit donc ses amies et, par obéissance à l’évêque, fonda sa propre Congrégation sous le nom de Sœurs Missionnaires du Sacré-Cœur. Leur but : l’éducation des filles dans les pays catholiques, schismatiques ou païens. Les religieuses devaient appuyer leur travail sur le recueillement auquel étaient consacrées quatre heures quotidiennes. Francesca Saviera se levait une heure plus tôt que les autres, pour prier un peu plus. 

Plusieurs maisons s’ouvrirent en Italie et l’institut fut approuvé en 1888. Francesca était toujours fascinée par la Chine, mais plusieurs prélats, et le pape lui-même, lui parlèrent des Italiens, déjà cinquante-mille, émigrés aux Etats-Unis, dont la misère, matérielle et morale, était inquiétante.

Toujours obéissante, elle arriva à New York en 1889. Il n’y avait encore rien de fait, et l’évêque de New York pensa même la renvoyer en Italie. Francesca lui répondit : Monseigneur, nous sommes venues en Amérique par ordre du Saint-Siège, et nous devons y rester.

Bien vite elle ouvrit un orphelinat ; une maison-mère s’éleva à West-Park ; un hôpital à New York en 1892…

Elle entreprit un long périple qui la porta au Nicaragua, au Brésil, à Buenos Aires (Argentine), où elle ouvrit une école supérieure féminine. Elle reviendra en France, en Angleterre. Elle fera vingt-quatre fois la traversée de l’Océan Atlantique.

En 1907, les constitutions furent approuvées, alors que l’institut comptait déjà plus d’un millier de religieuses dans huit pays. La fondatrice ouvrit elle-même plus de cinquante fondations, dont un hôpital à Chicago, un préventorium en Californie. Peu avant sa mort surgira enfin un hôpital à Seattle, après bien des oppositions.

Francesca Saviera fut naturalisée en 1909, et mourut à Chicago le 22 décembre 1917. Celle qui avait une santé si fragile, s’est retrouvée à la tête d’une immense famille religieuse. Elle avait pris pour devise le mot de saint Paul : Je peux tout en Celui qui me rend fort (Ph 4:13).

En France, elle a créé un orphelinat à Noisy-le-Grand, qui est actuellement un lycée, près duquel a été édifiée une maison de retraite.

La Mère des émigrés, béatifiée en 1938 et canonisée en 1946, est la première sainte des Etats-Unis. Son dies natalis est le 22 décembre.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 12-décembre
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 8000 notices de Bienheureux et Saints. Déjà traités : 1.Personnages bibliques (AT et NT). 2.Papes. 3.Saints du Calendrier Romain. 4. Reconnus aux siècles XII-XXI. 5. Siècles VI-XI. 6 (en cours) : siècles II-V. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens