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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 23:00

Clotilde épouse de Clovis

473-545

 

Clotilde - réellement Crotechildis -, l’illustre épouse de notre premier roi chrétien Clovis, était l’une des deux filles de Chilpéric II, roi burgonde, et Carétène ; elle était née vers 473 ; l’autre fille s’appelait Sédeleube.

Chilpéric siégeait à Lyon mais, à sa mort, son épouse et les deux filles se retirèrent à Genève.  C’est là que Sédeleube fonderait bientôt un monastère et s’y retirerait.

La belle Clotilde fut bientôt proposée en mariage à Clovis, le jeune roi des Francs ; les fiançailles se firent par procuration et, quand on annonça à Clovis la prochaine arrivée de Clotilde, il se hâta d’aller au-devant d’elle à Villery, au sud de Troyes. Les noces furent célébrées solennellement.

On sait quel rôle tint la chrétienne Clotilde auprès de Clovis, qui n’était pas encore baptisé, ni même bien croyant.

Une première épreuve frappa le couple, quand leur premier enfant, Ingomer, mourut peu après son baptême : Clovis accusa alors le Dieu de Clotilde de lui avoir pris son enfant. Mais leur deuxième fils, Clodomir, gravement malade lui aussi, resta en vie, et le roi cessa alors d’accuser son épouse. Ils eurent ensuite trois enfants : Childebert, Clotaire et Clotilde.

Vers 496, Clovis eut à affronter des Barbares à Tolbiac et, durant la mêlée, implora le Dieu de Clotilde, en promettant de se faire baptiser s’il obtenait la victoire. Victorieux, Clovis reçut les leçons de catéchisme de Clotilde, conseillée par le saint évêque Remi (v. 13 janvier).

On date traditionnellement le baptême de Clovis et de ses trois mille soldats, en la fête de Noël 496.

Clotilde eut une heureuse influence sur les décisions de son mari qui, évidemment, n’avait pas grandi dans la même douceur chrétienne qu’elle.

Une de leur œuvre commune fut l’édification, à Paris, de l’église qui abriterait leur futur caveau, où ils firent déposer d’abord les restes de sainte Geneviève (v. 3 janvier) ; ce fut l’origine de l’église Sainte-Geneviève.

Leur vie conjugale ne dura cependant guère plus de vingt ans, car Clovis mourut vers 511, laissant sa chère Clotilde avec ses quatre enfants, qui allaient lui donner tant et tant de soucis.

Sa fille Clotilde fut bientôt donnée en mariage à Amalaric, roi des Wisigoths d’Espagne - que Clovis avait refoulés à Vouillé en 507 ; Amalaric n’était pas chrétien ; plus tard, Clotilde poussa son fils Childebert à attaquer cet époux violent, qui maltraitait son épouse Clotilde.

Son fils Clodomir, après avoir enlevé et assassiné son oncle Sigismond, ainsi que la femme et les deux fils de celui-ci, voulut conquérir la Burgondie en 524, mais y fut battu et tué, et l’on promena sa tête sur une pique, comme cela se fit bien plus tard durant la Révolution. Clodomir laissait trois fils, qui pouvaient être ses héritiers.

Mais les deux autres fils de Clovis et Clotilde, Clotaire et Childebert, dépossédèrent les fils de Clodomir de leur droit à la succession puis, trompant leur sainte mère, en assassinèrent deux sans pitié, tandis que miraculeusement s’échappait le troisième, Clodoald, plus tard mieux connu sous le nom de Cloud (v. 7 septembre).

La pauvre Clotilde fut chargée de s’occuper elle-même des funérailles de ses malheureux fils, puis elle se retira à Tours, près du tombeau de s.Martin (v. 11 novembre). Elle suggérait de bons candidats aux élections épiscopales. Elle était active et très généreuse, elle fonda ou enrichit bien des églises, dont Saint-Georges de Chelles ; sa générosité sans borne la fit mourir dans la plus extrême pauvreté.

Mais avant de mourir, elle eut encore un geste digne de son rang royal et chrétien : elle fit venir ses deux fils assassins, leur parla maternellement, leur prédit certains événements, et s’éteignit après avoir reçu les derniers Sacrements, le 3 juin 545.

La dépouille de Clotilde fut déposée dans le tombeau préparé par Clovis à Paris, avec celle de sainte Geneviève. Des reliques de la sainte Reine furent attribuées en divers lieux. En 1793, on profana les tombes et les cendres de sainte Geneviève furent jetées au vent. Pour éviter une ultérieure profanation, un chanoine crut bien faire de recueillir les restes de sainte Clotilde et de les brûler lui-même ; elles se trouveraient aujourd’hui en l’église Saint-Leu.                                                                                                                                                                                                  

Clotilde de France ne fut jamais officiellement canonisée, sinon par la vox populi.

En 1994, sainte Clotilde fut élue pour un heureux patronnage : celui de l’aviation légère de l’armée de terre. L’explication en est que, il y a quinze siècles, Clovis avait, à Tolbiac, submergé l’ennemi sous le feu du ciel, ce qui est aujourd’hui la mission des hélicoptères de combat.

Sainte Clotilde est inscrite au Martyrologe romain le 3 juin. En France, on la fête le 4, en raison de la fête des Martyrs d’Ouganda qui est célébrée le 3 juin.

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 09:39

Carlos de Dios Murias

1945-1976

 

Carlos de Dios Murias naquit le 10 octobre 1945 à San Carlos Minas (Córdoba, Argentine) ; son père, Carlos María Murias, était un grand propriétaire terrien et homme politique influent ; sa mère, Eba Ángela Grosso était institutrice.

Carlos était le benjamin des enfants, après trois filles : Hebe Elizabeth, María Cristina et Marta Elena ; il fut baptisé le 24 novembre 1945.

Il fréquenta l’école primaire chez les Religieuses de Villa Ciardino, le collège Virgen Niña.

En 1954, il reçut avec grande dévotion la Première communion.

De 1958 à 1962, il étudia au Lycée Militaire General Paz, à Córdoba, où il fit la connaissance de l’aumônier, le père Fulgencio Rojas.

Après le baccalauréat, il aurait volontiers suivi les cours de Vétérinaire, mais il n’y en avait pas encore, aussi s’orienta-t-il vers la faculté d’Ingénierie. Il n’en fit que deux années, mais il s’intéressa aux réunions d’un mouvement universitaire catholique, dont l’aumônier était le même père Rojas. C’est là aussi qu’il rencontra Mgr Angelelli, évêque auxiliaire de Córdoba et futur évêque de La Rioja, alors aumônier de l’Action Catholique (v. 4 août).

Les sœurs de Carlos décrivaient leur jeune frère comme un idéaliste, généreux, simple et passionné ; il chantait bien et jouait de la guitare et du piano. Carlos était prudent, discret, aimait la vérité, mais aussi se rebellait contre l’injustice.

En 1965, il revint chez son père pour travailler aux champs avec les ouvriers, mais repartit peu après et connut bientôt l’Ordre des Frères Mineurs Conventuels, où il trouva sa vocation. En 1966, il entra au noviciat, fit la première profession en 1968, la solennelle en 1971.

En 1972, il fut ordonné prêtre par Mgr Angelelli.

Il passa deux années comme vicaire paroissial à La Reja puis à José León Suárez, deux localités des environs de Buenos Aires : il s’y occupa beaucoup des jeunes et des pauvres.

En 1975, il prospecta Chamical (La Rioja) pour y implanter une communauté de Franciscains ; enthousiasmé par l’accueil de la population, encouragé par son Supérieur et ses confrères, il fut transféré en 1976 dans le diocèse de La Rioja, dont l’évêque était désormais Mgr Angelelli ; ce dernier envoya Carlos, avec l’abbé Longueville, dans la paroisse de Chamical.

Les deux prêtres s’entendirent parfaitement pour donner la voix aux populations injustement traitées, contre une minorité de grands propriétaires. La situation se tendit. Dans une de ses dernières homélies, le père Carlos proclama : On pourra étouffer la voix de Carlos Murias ou celle de notre évêque Angelelli, mais pas celle du Christ, qui réclame justice et amour.

Le dimanche 18 juillet 1976, des hommes qui se disaient envoyés de la «Police fédérale» firent irruption dans un couvent où déjeunaient Carlos et le père Longueville avec des Religieuses, après avoir célébré la messe dominicale : enlevés, conduits à la base aérienne de Chamical, ils furent interrogés et torturés.

Deux jours plus tard, on retrouva leurs corps, mutilés et criblés de balles dans un champ proche. Le père Carlos avait eu les yeux crevés et les mains mutilées.

C’est Mgr Angelelli qui célébra leurs funérailles, le 22 juillet suivant ; le 4 août, il était à son tour victime d’un «accident».                                               

Carlos Murias fut béatifié en 2019, avec Mgr Angelelli et Gabriel Longueville, et inscrit au Martyrologe le 18 juillet.

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 15:21

Clotilde Campos Urdiales

1897-1936

 

Clotilde Campos Urdiales naquit le 4 juin 1897 à Valdealcón (León, Espagne NW), de Felice et Mauricia, qui lui donnèrent au baptême le nom de sainte Clotilde, qu’on fête en effet le 4 (ou le 3) juin.

La famille tout entière ne sut jamais comprendre quelle vocation mûrissait dans le cœur de cette jeune fille pleine d’entrain, studieuse, bonne chrétienne - et manifesta une totale contrariété à l’entrée de Clotilde dans la vie religieuse. Elle attendit patiemment.

Quand les parents comprirent, enfin, que leur fille n’avait aucun autre désir dans la vie que d’appartenir à Jésus-Christ, ils lui accordèrent leur bénédiction. Clotilde fut alors reçue dans le monastère Saint-Joseph de Madrid, chez les Conceptionnistes.

C’était en 1923, Clotilde avait déjà vingt-six ans. Clotilde devint María du Pilar, sans doute par référence à Notre-Dame du Pilar (du Pilier), un pèlerinage marial fameux à Saragosse (Espagne).

Elle aimait rendre service aux autres moniales. On la savait dévote de la Sainte Vierge : elle décorait de fleurs la «grotte de Lourdes» qui se trouvait dans le jardin.

Elle dut subir une bien douloureuse opération chirurgicale, qu’elle supporta patiemment, exprimant toute sa reconnaissance au personnel médical.

A trente-neuf ans, en 1936, elle vécut avec ses Consœurs les tristes événements de la guerre civile.

On trouvera un petit exposé de ces douloureux moments dans la notice d’Isabel Lacaba Andía, ce même jour.

María du Pilar a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 11:45

Cayetano Giménez Martín

1866-1936

 

Cayetano Giménez Martín naquit le 27 novembre 1866 à Alfornón (Sorvilan, Grenade, Espagne).

Il fut ordonné prêtre en  1890 et nommé vicaire en plusieurs paroisses, dont Alboloduy, puis curé de la paroisse de l’Incarnation et archiprêtre de Loja.

Il fut abattu au cimetière de Loja, le 9 août 1936.

Cayetano Giménez Martín devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 9 août.

 

 

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 22:18

Ceferino Fernández Martínez

1886-1936

 

Ceferino Fernández Martínez naquit le 26 août 1886  à Villanueva de la Nía (Santander, Espagne).

En 1908, il entra au collège dominicain d’Almagro, où il fit la première profession la même année, prenant le nom de Luís María.

On l’envoya en mission à Cuba et au Mexique.

En 1934, il revint en Espagne et se trouvait à Almería lors de la guerre civile espagnole de juillet 1936.

En même temps que son Confrère Fernando de Pablos Fernández, il fut assassiné le 11 septembre 1936 au lieu-dit Pozo Cantavieja (Tahal, Almería).

Ceferino Fernández Martínez devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 11 septembre.

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 10:01

Carlo Acutis

1991-2006

 

Carlo Acutis naquit le 3 mai 1991 à Londres, où se trouvaient ses parents pour raisons professionnelles, mais ils revinrent bientôt à Milan (Italie) dès le mois de septembre.

Ces parents sont des gens qui conservent les bonnes habitudes, mais ne sont pas vraiment pratiquants. En revanche, la semence chrétienne que leur fils Carlo recevra, germera et grandira de façon extraordinaire.

Carlo aimait prier, aller dans les églises, visiter les sanctuaires, et ses parents ne lui refusaient pas ces moments où le garçon rencontrait déjà l’Invisible.

Il désirait intensément recevoir l’Eucharistie, et put faire la Première communion à l’âge de sept ans ; de ce jour, il tint à participer chaque matin à l’Eucharistie de sa paroisse. Etre toujours uni à Jésus, tel est le but de ma vie, écrivit-il alors. Mieux : il savait se recueillir un moment avant la messe ou après, et répétait : Si l’on s’approche tous les jours de l’Eucharistie, on va tout droit au paradis.

Il aimait en même temps se purifier avant de communier, et pour cela se confessait chaque semaine. Et comme on ne peut dissocier Jésus de sa sainte Mère, il priait chaque jour le chapelet. De Marie, il dira plus tard : Elle est l’unique femme de ma vie. Il s’intéressa particulièrement aux apparitions mariales de Lourdes et de Fatima.

Il aurait certainement apprécié notre blog, car il aimait lire la vie des Saints, comme s.François d’Assise, s.Antoine de Padoue, s.Dominique Savio, les trois voyants de Fatima.

En grandissant, Carlo ne se distingua pas de ses camarades de jeux et d’école ; il jouait au football, comme tout Italien, apprenait le saxophone ; bon élève, tant chez les Marcellines de Milan qu’à l’Institut Léon XIII des bons pères Jésuites, il montrait simplement son enthousiasme et sa gentillesse envers tous. Il encourageait ses camarades de l’aumônerie : L’Eucharistie, c’est l’autoroute qui mène au ciel.

Son temps libre passait en bonnes œuvres : le catéchisme aux plus jeunes de la paroisse, la visite aux personnes âgées ; s’il avait de l’argent, il le gardait pour le redonner en aumônes, répétant : Le bonheur s’est d’avoir le regard tourné vers Dieu. La tristesse, c’est d’avoir le regard tourné vers soi-même.

Mais surtout, ce jeune garçon fut un passionné d’informatique. Sans avoir encore la formation d’un professionnel, il «flairait» les trucs qui lui permettaient de réaliser des merveilles : montages de films, création de sites (pour la paroisse, pour le lycée), et expliquait aux autres comment il fallait faire.

Sa plus belle réussite fut sa recherche enthousiaste sur les miracles eucharistiques. Pendant deux années, avec l’aide de ses parents, bien sûr, il visita les lieux de cent trente-six miracles reconnus par l’Eglise, recueillant toutes les informations, les récits, les photographies possibles. Ce fut d’abord un petit site internet, qui aboutit finalement à une magnifique exposition : elle fut présentée dans le monde entier, sur les cinq continents, dans les paroisses, dans les sanctuaires de Lourdes, de Fatima, de Guadalupe…

Et voilà qu’en octobre 2006, le jeune Carlo de quinze ans fut diagnostiqué très gravement malade : leucémie foudroyante de type M3. Il fut hospitalisé à Monza ; mais il demeura le garçon souriant qu’il avait toujours été. Jamais une plainte : J’offre toutes les souffrances que je dois subir au Seigneur, pour le pape et pour l’Eglise, et pour aller directement au Paradis.

Toujours préoccupé des autres, il dit à ses parents d’aller se reposer, il encourageait les autres patients ; le personnel médical était étonné, édifié par cette attitude si tranquille, alors que Carlo était en phase terminale.

Avant de voir mourir ce jeune garçon, digne d’un Domenico Savio (v. 9 avril), citons encore deux phrases de ce «cyber-apôtre» :

Notre objectif doit être l’infini, non pas le fini. L’Infini est notre Patrie. Depuis toujours nous sommes attendus au Ciel.

Tous naissent comme des originaux, mais beaucoup meurent comme des photocopies.

Carlo s’éteignit à ce monde au matin du 12 octobre 2006.

Selon son souhait, il fut enterré à Assise, la ville de s.François.

Douze ans plus tard, dans le cadre du procès de béatification de Carlo, on procéda à la reconnaissance canonique de son corps : la maman put l’attester, son fils lui semblait comme mort à peine quelques instants auparavant, tant il était bien conservé.

On attendait un miracle : en 2010, un petit enfant brésilien était atteint d’une grave déformation du pancréas ; l’opérer aurait coûté la vie du jeune garçon. On invoqua l’intercession de Carlo : le pancréas reprit sa forme et sa place normales, sans aucune intervention. Le changement était inexplicable.

Carlo Acutis devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 12 octobre.

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 22:06

Cesar Gonzalo Zurro Fanjul

1912-1934

 

Cesar Gonzalo Zurro Fanjul vit le jour le 22 octobre 1912, à Avilés (Asturies, Espagne) ; il était le frère de Cecilia ; vint au monde ensuite une petite fille, puis le père se transféra à Figaredo en Mieres, pour travailler aux mines.

César entra au Petit séminaire de Valdediós en 1923 ; très intelligent, très marial, il était passionné par les terres de mission. Il étudiait beaucoup, s’intéressant beaucoup à la cause ouvrière. Il écrivit même un drame à l’occasion de la saint Thomas, fête patronale du séminaire.

Il était en deuxième année de théologie, quand il fut arrêté et assassiné à Oviedo le 7 octobre 1934, premier des séminaristes à offrir sa vie pour l’amour du Christ.

Cesar Gonzalo fut reconnu martyr en 2018 et béatifié en 2019.

Il sera commémoré le 7 octobre dans le Martyrologe Romain.

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 08:44

Chŏng Kuk-bo Protasius

(Jeong Guk-bo Peurotasio)

1799-1839

 

Protasius était né à Songdo (Gyeonggi-do, Corée S) en 1799, dans une famille noble.

Son grand-père, un fonctionnaire d’état, avait eu des problèmes pour quelques irrégularités. Le père de Protasius, en revanche, souhaitait vivre en bon bourgeois, rompant avec les traditions de la famille. Il se déplaça à Seoul et trouva un travail dans une fabrique gouvernementale de cordages.

Protasius travailla aussi pour le gouvernement. C’était un homme bon et humble.

Vers la trentaine, il entendit parler de la foi catholique et reçut le baptême. Le prêtre chinois qui le baptisa, considérant la solidité de sa foi, lui confia un bâtiment récemment acquis, pour recevoir les Catholiques des environs et leur donner les sacrements. Protasius se montra aimable envers chacun et fit de son mieux pour s’occuper des fidèles.

Avec son épouse, il eut quatorze enfants, qui moururent tous en bas âge. Il endura toutes ces épreuves sans se plaindre. Il n’avait qu’un souci : lire des livres religieux et participer à des œuvres charitables.

En avril 1839, quand éclata la persécution, il fut arrêté avec son épouse. Au bureau de police, il subit de pénibles interrogatoires et fut torturé, mais ne renia pas sa foi. Mais quand il fut présenté à la cour supérieure, il fut tenté par les propos doucereux des employés et déclara qu’il voulait renoncer à sa religion.

Protasius fut remis en liberté et renvoyé chez lui. Mais le remord le prit : il n’arrêtait pas de pleurer, et resta sans manger plusieurs jours de suite. Encouragé par ses amis catholiques, il vint se constituer devant la cour. Il voulait absolument dire au juge qu’il rétractait son apostasie.

Les policiers ne firent pas attention à lui et le traitèrent de fou. Il persévéra à vouloir entrer, mais les policiers ne le lui permirent pas. Alors il resta à l’extérieur, devant la porte de la cour, jusqu’à ce que le juge sortît : il se présenta à lui et lui dit qu’il rétractait son apostasie. Il suivait le juge, qui ne voulait pas le croire, et lui répétait sa supplique.

Fatigué, le juge finit par le mettre en prison, où Protasius fut le bienvenu parmi les autres prisonniers catholiques. Il était au comble de la joie, à la pensée d’être bientôt martyr.

On le conduisit de nouveau devant la cour. Il fut d’abord battu avec un konjang, un gourdin en bois de chêne d’un mètre et demi de long, quinze à dix-huit centimètres de large, cinq centimètres d’épaisseur, muni d’un manche. Etendue sur le ventre, la victime recevait plusieurs coups de ce gourdin sur le postérieur : au bout de dix coups seulement, le sang sortait abondamment, et ceux qui étaient autour pouvaient même recevoir du sang et des morceaux de chair de la victime.

Protasius reçut vingt-cinq coups.

Malade de typhoïde, il revint en prison à demi-mort. Il y mourut quelques heures après.

C’était le 20 mai 1839. Protasius avait environ quarante-et-un ans, et c’était le premier Martyr de cette persécution.

Il a été béatifié avec d’autres en 1925, et canonisé en 1968. Leur fête commune est le 20 septembre, tandis que le dies natalis de Protasius est au 20 mai.

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 09:08

Chang Chu-gi Iosephus

(Jang Ju-gi Yosep)

1802-1866

 

Né en 1802 (1803 ?) à Suwŏn dans une riche famille, Iosephus apprit la littérature chinoise de sa belle-sœur.

Tombé malade à Hangji à vingt-six ans, il fut baptisé par un prêtre chinois, Yu Pang-je Pacificus, le deuxième prêtre à entrer en Corée. Puis il fit baptiser son épouse et ses enfants.

Le père Pierre Maubant (v. 21 septembre) remarqua la foi profonde de Iosephus et lui confia la mission de la catéchèse, qu’il remplit avec fidélité jusqu’à la mort.

Il vivait à Paeron (Chech’ŏn), où la persécution le laissa tranquille pendant douze ans. Quand on voulut ouvrir à Paeron un Petit séminaire, Iosephus proposa avec joie sa propre maison dont il resta le concierge. Il rendit constamment service au séminaire et à la communauté catholique pendant onze ans. Il travaillait beaucoup et ne demandait rien en échange.

A l’irruption de la police le 1er mars 1866, il n’alla pas se cacher. Il fut arrêté avec les missionnaires, qui tentèrent de soudoyer les soldats pour délivrer Iosephus, mais lui ne voulait pas se séparer des prêtres.

Quand il fut question de les emmener à Seoul, les prêtres insistèrent pour faire relâcher Iosephus, qui dut repartir à Paeron en pleurant.

Mais cinq jours après, tandis qu’il achetait du riz à Norukol, la police l’arrêta et l’envoya au gouverneur de Chech’ŏn, devant lequel Iosephus reconnut être le propriétaire du séminaire de Paeron.

Le gouverneur voulait lui épargner la vie et tenta de lui faire renier sa foi, mais Iosephus ne céda pas à la tentation. Finalement il fut envoyé à Seoul, où il fut torturé et condamné à mort le 24 mars 1866.

Il fut exécuté en même temps que Mgr Daveluy et les pères Huin et Aumaître, le 30 mars 1866, Vendredi Saint cette année-là.

Le séminaire de Paeron ferma alors, après onze ans d’activités.

A soixante-quatre ans, Chang Chu-gi Iosephus rejoignit la glorieuse troupe des saints Martyrs de Corée, qui sont fêtés ensemble le 20 septembre, après avoir été béatifiés les uns en 1925, les autres en 1968 (dont Iosephus), et tous canonisés en 1984.

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 11:23

Chŏng Hwa-gyŏng Andreas

(Jeong Hwa-gyeong Andeurea)

1807-1840

 

Andreas était né en 1807 à Chŏngsan (Ch’ungch’ŏng, Corée S), dans une riche famille catholique.

Pour mieux pratiquer sa religion, il vint s’installer à Séoul et accorda son aide à l’Eglise autant qu’il le put.

Mais Andreas avait une petite faiblesse : ingénu, il se laissait tromper très facilement. Ainsi, une première fois, un traître lui annonça que le gouvernement de Seoul était passé au Catholicisme et accueillait volontiers les missionnaires français. Andreas alors, d’amener à l’évêque, Mgr Imbert, toute une troupe d’hommes, qui n’eurent plus qu’à capturer le prélat.

Une autre fois, la police vint dire à Andreas que bientôt les Catholiques pourraient pratiquer librement leur religion, et Andreas de communiquer la «nouvelle» tellement ouvertement, que la police put encore arrêter d’autres Catholiques.

Enfin mis sur ses gardes, Andreas refusa énergiquement de donner les coordonnées des autres missionnaires (les pères Mauban et Chastan (cf. 21 septembre) ; au contraire, il vint trouver les prêtres en cachette pour leur suggérer de fuir.

Auparavant, il se confessa, puis alla se rendre aux autorités.

Arrêté cette fois-ci, il fut invité à renier sa foi : Andreas était ingénu, mais fermement croyant, et ne céda pas, même torturé, battu, poignardé. Il reçut plus de cent fois la bastonnade (le texte n’est pas clair : peut-être reçut-il plutôt cent coups de bastonnade, ce qui est déjà énorme ; au bout d’une trentaine de coups, les chairs volaient déjà en éclats).

Andreas fut étranglé à Seoul, le 23 janvier 1840, à trente-trois ans.

Il fut béatifié en 1925 et, avec ses cent-deux Compagnons coréens, canonisé en 1984.

Leur fête liturgique est au 21 septembre.

 

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