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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 23:00

       

Cono de Teggiano

(fin XII.-début XIII.)

 

Saint Cono naquit dans l’italienne Campanie, à Diano (aujourd’hui Teggiano). Il fut très jeune moine à l’abbaye Santa Maria di Cadossa, proche de Montesano sulla Marcellana. 

L’histoire ne dit rien sur la vie et les faits de ce moine, mais on en a retenu qu’il mourut très jeune, et surtout consommé dans la sainteté.

L’abbaye elle-même subit beaucoup de vicissitudes et il n’en reste que l’église, dédiée à Saint Conus. Les reliques du Saint sont maintenant à Teggiano, dont il est le patron.

Conus (Cono en italien) a été canonisé en 1871, et il est fêté le 3 juin, principalement à Teggiano, mais aussi en d’autres lieux : en Floride et à New York, en Uruguay, en Argentine.

La célébrité de ce Saint l’a fait réinsérer dans le Martyrologe Romain à la date du 3 juin.

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 23:00

Charles-René Collas du Bignon

1743-1794

 

Né le 25 août 1743 à Mayenne, Charles-René était entré dans la Société des Prêtres de Saint-Sulpice.

Devenu supérieur du petit séminaire de Bourges, il refusa de prêter le serment du clergé constitutionnel ; expulsé du séminaire, il contribuait au maintien de la foi dans le diocèse. En 1793, il fut arrêté et, au début de 1794, traîné à Rochefort. 

Destiné à être exilé en Guyane, il fut avec tant d’autres mis à bord du bateau négrier Les Deux Associés, qui cependant ne quitta pas le port de Rochefort.

Dans cette ambiance totalement privée de l’hygiène la plus élémentaire, l’abbé Collas du Bignon devint une plaie vivante, couverte de vers.

Il commentait cette situation avec ces mots pleins d’espérance chrétienne : Nous sommes les plus malheureux des hommes, mais les plus heureux des chrétiens, expression qui devint comme le mot d’ordre de tous ses compagnons d’infortune.

Il mourut là le 3 juin 1794, et son corps fut inhumé sur l’île d’Aix.

 

Charles-René Collas du Bignon fut béatifié en 1995.

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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 23:00

Camilla da Varano

1458-1524

 

Camilla naquit le 9 avril 1458 à Camerino (Macerata, Italie) de Giulio Cesare da Varano, seigneur de la ville.

Seules, les habitudes de l’époque permettent de comprendre la situation familiale de Camilla. Son père eut trois enfants de son épouse légitime, et au moins six autres (dont Camilla) d’autres unions. Camille était la fille d’une certaine Cecchina di Mastro Giacomo.

Elle fut élevée à la cour de son père, et reçut une éducation poussée : latin, lectures classiques, peinture, hippisme, musique, danse.

Le papa lui destinait évidemment un mariage dans la haute noblesse, mais c’était sans compter avec la prédication des Frères Mineurs, dont Camilla resta affascinée.

Dès l’âge de dix ans, elle apprit d’eux à verser au moins une petite larme chaque vendredi en souvenir de la passion de Notre-Seigneur. Elle persévéra dans cette pieuse habitude, jusqu’à désirer la vie religieuse, qu’elle détestait auparavant.

C’est ainsi qu’à vingt-trois ans, elle entra au monastère des Clarisses d’Urbino, pour y vivre la règle de sainte Claire dans sa plus stricte observance.

Camilla prit alors le nom de Battista.

Le papa, pour retrouver le voisinage de sa chère fille, fit construire un couvent de Clarisses à Camerino, et eut la satisfaction d’y voir arriver Sœur Battista, accompagnée de quelques autres Consœurs, portant sur leurs épaules une grand croix en bois.

Battista fut plusieurs fois élue abbesse.

En 1502, des agitations politiques firent que le père et trois frères de Battista furent assassinés ; son jeune frère n’échappa au massacre qu’en fuyant avec sa mère à Venise. 

Battista elle-même se réfugia un temps à Atri, avant de revenir à Camerino.

En 1505-1507, elle alla fonder un monastère à Fermo ; en 1521-1522, elle fut à San Severino Marche, pour y faire passer les religieuses à la réforme de l’observance.

Camilla-Battista fut favorisée de diverses expériences mystiques, de visions, en particulier du Christ souffrant dans sa passion, qu’elle décrivit dans divers ouvrages : Les douleurs mentales de Jésus, Instructions au disciple, Traité de la pureté du cœur.

Ses écrits influencèrent saint Filippo Neri (voir au 26 mai), la bienheureuse Hélène de Chappotin (voir au 15 novembre), le bienheureux John Henry Newman (voir au 11 août)…

 

Camilla Battista mourut à Camerino le 31 mai 1524 et fut canonisée en 2010.

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 23:00

Conon

3e siècle

 

Saint Conon reçut le martyre en compagnie de son petit garçon de douze ans près d'Iconium en Lycaonie, où saint Paul s'était arrêté deux siècles plus tôt.

Ces deux Martyrs auraient été particulièrement torturés, d'abord étendus sur un gril arrosé d'huile au-dessus d'un brasier ardent ; puis on les fit passer par le chevalet et le feu, avant de leur écraser les mains.

L'actuel Martyrologe ne les a pas retenus, sans doute faute de documents historiques fiables. 

 

Ils étaient autrefois commémorés le 29 mai.

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 23:00

Cristóbal Magallanes Jara

1869-1927

 

Fils de Rafael Magallanes et Clara Jara, Cristóbal naquit le 30 juillet 1869 à Totatiche (Jalisco, Mexique). Les parents étaient d’humbles paysans ; le petit garçon gardait les bêtes et travaillait à la ferme, jusqu’à ses dix-neuf ans ; c’est alors qu’il entra au séminaire de Guadalajara en 1888.

Ordonné prêtre en 1899, il fut aumônier à l’école des arts de Guadalajara, puis curé à Totatiche : là, il collabora à l’établissement d’écoles, d’ateliers de charpenterie et d’autres travaux industriels.

Il s’intéressa personnellement à l’évangélisation du peuple Huichol, par la mission à Azqueltán. Il y fonda un orphelinat, une maison de repos, des centres de catéchèse, des églises, des écoles ; il aida les paysans à améliorer leurs cultures par l’adduction d’eau, la technique de l’irrigation, de nouvelles plantations ; il réussit à faire diviser des terrains pour les attribuer à des familles pauvres.

En 1914, le gouvernement laïc ferma le grand séminaire : immédiatement Cristóbal en ouvrit un l’année suivante dans sa paroisse, qui accueillit tout de suite dix-sept élèves. L’archevêque lui envoya un préfet et deux professeurs. Des plus de cent séminaristes qui se préparèrent là au sacerdoce, il y eut son propre vicaire et compagnon de martyre (Agustín Caloca) ainsi que le futur évêque José Pilar Quezada Valdés.

Malgré sa totale indépendance dans le mouvement armé de rébellion, il fut faussement accusé de pousser les Cristeros à la révolte. Arrêté le 21 mai 1927, pendant qu’il se rendait dans une ferme privée pour y célébrer la Messe, il remit le peu qui lui restait à ses bourreaux, leur donna l’absolution et, sans aucun jugement, fut exécuté quatre jours après à Colotlán (Jalisco), en même temps que Agustín Caloca.

Ses derniers mots furent : Je meurs innocent, et je prie Dieu que mon sang serve à l’unité de mes frères mexicains.

C’était le 25 mai 1927.

 

Cristóbal fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000. Son dies natalis est au 25 mai, tandis que sa fête liturgique est au 21 mai, où il est fêté avec ses Compagnons Martyrs.

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 23:00

Catarina (Maria Maddalena) de’ Pazzi

1566-1607

 

Sainte Marie-Madeleine de Pazzi, l'une des fleurs les plus suaves qui aient embaumé les jardins du Carmel, naquit le 2 avril 1566 à Florence de l'illustre famille des Pazzi. Son père était Camillo Geri de’ Pazzi et sa mère Marie-Laurence de Bondelmonte. Elle fut nommée Catarina à son baptême en l'honneur de sainte Catherine de Sienne qu'elle eut toujours en grande vénération.

Dès l'âge de sept ans, à l'école du Ciel, elle était formée à l'oraison, et elle paraissait presque un prodige de mortification. Toute une nuit elle porta une couronne d'épines sur sa tête, avec des douleurs inexprimables, pour imiter son Amour crucifié. Chaque fois que sa mère avait communié, l'enfant s'approchait d'elle et ne pouvait plus la quitter, attirée par la douce odeur de Jésus-Christ.

A partir de sa Première Communion, elle fut prête à tous les sacrifices, et c'est dès lors qu'elle fit à Jésus le vœu de n'avoir jamais d'autre époux que Lui. C'est en effet à l'âge de douze ans qu'elle fit le vœu de conserver la virginité. Aussi, quand plus tard, son père voulut la marier, elle s'écria : " Je livrerais plutôt ma tête au bourreau que ma chasteté à un homme."

Son père avait été nommé gouverneur de la ville de Cortone par le grand-duc de Toscane et avait laissé notre sainte en pension chez les religieuses de Saint-Jean à Florence.

A son retour il lui chercha un parti mais sa fille lui représenta son désir d'entrer au Carmel. Elle y entra en habit séculier et quinze jours après en ressortit pour trois mois par obéissance pour son père qui voulait éprouver sa vocation. Enfin, elle fut admise définitivement au Carmel avec la bénédiction affectueuse et chaleureuse de ses parents.

La sainte épouse du Christ entra au Carmel, parce qu'on y communiait presque tous les jours. Dès lors sa vie est un miracle continuel ; elle ne vit que d'extases, de ravissements, de souffrances, d'amour. Pendant cinq années, elle fut assaillie d'affreuses tentations ; son arme était l'oraison, durant laquelle elle s'écriait souvent : " Où êtes-Vous, mon Dieu, où êtes-Vous ?"

Un jour, tentée plus fortement qu'à l'ordinaire, elle se jeta dans un buisson d'épines, d'où elle sortit ensanglantée, mais victorieuse.

Le feu de l'amour divin était si brûlant en elle, que n'en pouvant supporter l'ardeur, elle était obligée pour la tempérer de répandre de l'eau sur sa poitrine. Souvent ravie hors d'elle-même, elle éprouvait de longues et merveilleuses extases, dans lesquelles elle pénétrait les mystères célestes, et recevait de Dieu des faveurs admirables. Fortifiée par ces secours, elle soutint un long combat contre le prince des ténèbres, livrée à la sécheresse et à la désolation, abandonnée de tout le monde, et poursuivie de diverses tentations, par la permission de Dieu, qui voulait en faire le modèle d'une invincible patience et de la plus profonde humilité.

Mais Notre Seigneur ne l'abandonna pas, qui lui prescrivit des règles admirables pour la conduite de sa vie :

1. d'avoir la même pureté dans toutes ses paroles et toutes ses actions, que si elles étaient les dernières heures de sa vie.

2. De ne donner jamais d'avis sans avoir auparavant consulté Jésus-Christ attaché à Sa croix.

3. D'avoir toujours un saint empressement de faire la charité aux autres.

4. De ne faire pas plus de cas de son corps que de la terre qu'on foule aux pieds.

5. de ne refuser jamais à personne ce qu'elle pourrait accorder.

6. d'avoir autant qu'il lui serait possible beaucoup de condescendance pour les autres.

7. de faire autant de cas de ces règles que si Jésus-Christ même les lui avait données.

8. d'offrir souvent, depuis les six heures du soir jusqu'au temps de la communion, la Passion de Jésus-Christ à son Père, et de s'offrir aussi elle-même, et toutes les créatures, en mémoire de ce qu'il fut séparé de sa sainte Mère depuis sa Passion jusqu'à la Résurrection et, enfin, de tâcher de visiter le Très Saint Sacrement le jour et la nuit, jusqu'à trente fois, si la charité ou l'obéissance ne lui en ôtait les moyens.

9. d'être toujours, et en toutes ses actions, transformée en Jésus-Christ, par la résignation à Sa volonté.

Elle avait tant de plaisir à proférer ces mots : La Volonté de Dieu ! qu'elle les répétait continuellement, disant à ses sœurs : Ne sentez-vous pas combien il est doux de nommer la Volonté de Dieu ? Un jour, ravie en extase, elle alla par tout le couvent en criant : Mes sœurs, oh ! que la Volonté de Dieu est aimable !

Il plut à Dieu de la crucifier longtemps par des douleurs indicibles, qui la clouaient sur son lit, dans un état d'immobilité en même temps que de sensibilité extraordinaire. Loin de demander soulagement, elle s'écriait bien souvent : Toujours souffrir et ne jamais mourir !

Son cœur était un brasier ardent consumé par l'amour. Quinze jours avant sa mort, elle dit : Je quitterai le monde sans avoir pu comprendre comment la créature peut se résoudre à commettre un péché contre son Créateur.

Elle répétait souvent : Si je savais qu'en disant une parole à une autre fin que pour l'amour de Dieu, je dusse devenir plus grande qu'un Séraphin, je ne le ferais jamais.

Près de mourir, ses dernières paroles à ses sœurs furent celles-ci : Je vous prie, au nom de Notre-Seigneur, de n'aimer que Lui seul !

Elle rendit son âme le 25 mai 1607, le lendemain de l'Ascension à midi. Son visage devint si beau et si vermeil que personne ne se lassait de le regarder.

Son corps, revêtu d'une tunique, d'un scapulaire et d'un manteau de taffetas blanc, fut inhumé derrière le grand autel, où, deux ans après, il fut trouvé aussi sain et intact que le jour où il y avait été mis ; de plus, son corps exhalait un parfum admirable, quoiqu'il eût été inhumé sans cerceuil et sans avoir été embaumé.

Urbain VIII l'a déclarée bienheureuse en 1626 et Clément X l'a canonisée en 1669. Inscrite au Martyrologe Romain le 25 mai, elle est également au calendrier universel de l’Eglise depuis la réforme de l’après-concile Vatican II.

Une de ses reliques se trouvait encore au début du XXe siècle à l'Hôtel-Dieu d'Abbeville.

 

 

Prière.

 

" Votre vie ici-bas, Ô Madeleine, a semblé celle d'un ange que la volonté divine eût captivé sous les lois de notre nature inférieure et déchue. Toutes vos aspirations vous entraînaient au delà des conditions de la vie présente, et Jésus se plaisait à irriter en vous cette soif d'amour qui ne pouvait s'apaiser qu'aux sources jaillissantes de la vie éternelle. Une lumière céleste vous révélait les mystères divins, votre cœur ne pouvait contenir les trésors de vérité et d'amour que l'Esprit-Saint y accumulait; et alors votre énergie se réfugiait dans le sacrifice et dans la souffrance, comme si l'anéantissement de vous-même eût pu seul acquitter la dette que vous aviez contractée envers le grand Dieu qui vous comblait de ses faveurs les plus chères.

 

 

Âme de séraphin, comment vous suivrons-nous ? Qu'est notre amour auprès du vôtre ? Nous pouvons cependant nous attacher de loin à vos traces. L'année liturgique était le centre de votre existence ; chacune de ses saisons mystérieuses agissait sur vous, et vous apportait, avec de nouvelles lumières, de nouvelles ardeurs. L'Enfant divin de Bethlehem, la sanglante Victime de la croix, le glorieux Epoux vainqueur de la mort, l'Esprit rayonnant de sept dons ineffables, vous ravissaient tour à tour ; et votre âme, renouvelée par cette succession de merveilles, se transformait toujours plus en celui qui, pour s'emparer de nos cœurs, a daigné se traduire lui-même dans ces gestes immortels que la sainte Eglise nous fait repasser chaque année avec le secours d'une grâce toujours nouvelle. Vous aimiez ardemment les âmes durant votre vie mortelle, Ô Madeleine ; votre amour s'est accru encore dans la possession du bien suprême ; obtenez-nous la lumière pour voir mieux ce qui ravissait toutes vos puissances, l'ardeur de l'amour pour aimer mieux ce qui passionnait votre cœur."

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 23:00

Pietro Fioretti (Crispino de Viterbe)

1668-1750

 

Pietro Fioretti (en religion Crispino) est né le 13 novembre 1668, à Viterbe (Latium, Italie), de parents ouvriers. Sa mère, dès son plus jeune âge, lui inspira une grande dévotion à la Vierge Marie. Chaque fois qu'elle emmenait son fils à l'église, ils s'arrêtaient devant l'autel de la Vierge, et elle lui disait Voilà ta vraie Mère !

Tout enfant, il fut placé chez un oncle, cordonnier. Avec les quelques sous qu'il gagnait, Pietro allait acheter des fleurs pour apporter à la Sainte Vierge.

Sa mère lui avait enseigné de mettre toute sa confiance dans la Vierge Marie et d'avoir recours à elle en toutes circonstances. Un jour qu'il était monté sur un arbre avec trois camarades, une branche se cassa, et ils tombèrent sur des pierres. Le petit Pietro s'écria aussitôt : Sainte Vierge Marie, venez à mon aide ! Ses trois camarades furent gravement blessés et seul Pietro se releva sans une égratignure.

A l'âge de 25 ans, voyant autour de lui des frères Capucins, il eut envie de les rejoindre, malgré sa faible santé. Il intégra donc le couvent où il exerça toutes les tâches ancillaires qu'on lui demandait : bêcher le jardin, quêter, faire la cuisine, soigner les malades, etc., tâches dont il s'acquittait dans la joie et la bonne humeur constantes. Le frère infirmier disait de lui : Frère Crispino n'est pas un novice, mais un ange.

Il fut cuisinier dans le couvent de Tolfa. Une cuisine pauvre dans une cuisine propre était sa devise.

Pendant quarante ans, il fut moine quêteur pour son couvent d'Orvieto ; tout en demandant le pain à ceux qu'il sollicitait, il leur parlait de Dieu et de la Vierge Marie pour laquelle il avait toujours une aussi profonde dévotion. D'ailleurs, quand on lui soumettait des cas douloureux ou difficiles, il répondait : Laissez-moi parler un peu avec Madame ma Mère (Mia Signora Madre), puis revenez me voir.

Dans tous les couvents où on l'envoyait, Crispino dressait à son usage un petit autel à Marie. Un jour qu'il y avait placé deux belles fleurs, elles furent volées par deux malandrins. Le lendemain, un religieux lui donna deux cierges ; Crispino les alluma et sortit pour aller cueillir des légumes dans le jardin ; le religieux qui les lui avait donnés les enleva, et se cacha pour voir comment Crispino allait réagir. A son retour, Crispino, ne voyant plus les cierges, se plaignit à Marie: Comment ! Hier les fleurs et aujourd'hui les cierges ! Ô ma Mère, vous êtes trop bonne ; bientôt on vous prendra votre Fils dans les bras et vous n'oserez rien dire !

Quand on le plaignait de son excès de travail, il disait en riant le mot de saint Filippo Neri: Le Paradis n'est point fait pour les lâches !

Un jour, une maladie contagieuse se répandit dans son couvent. Son supérieur lui demanda : Voulez-vous risquer votre vie et aller soigner vos frères ? Crispino lui répondit : Voulez-vous ? J'ai laissé ma volonté à Viterbe, en entrant chez les Capucins. Il alla soigner tous ses frères et ne fut pas atteint lui-même par l'épidémie.

Il aimait beaucoup aller quêter pour sa communauté et s'appelait lui-même l'âne des Capucins. Si, pour l'éprouver, on l'insultait, il s'écriait : «Dieu soit loué ! On me traite ici comme je le mérite».

Il mourut à Rome le 19 mai 1750 en laissant à tous ses contemporains le souvenir d'un saint homme joyeux, partageant sa bonne humeur et témoignant de sa foi sans limite devant ses frères tout en accomplissant les plus humbles besognes.

 

Crispino de Viterbe a été béatifié en 1806 et canonisé en 1982. Son corps parfaitement conservé repose à Rome.

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 23:00

Célestin V

1294-1296

 

Pietro Angeleri del Morrone naquit en 1209 dans les Abbruzzes, avant-dernier des douze enfants d’une humble famille.

Bénédictin vers sa vingtième année, il voulut vivre une vie plus érémitique et se retira dans une grotte. Bientôt rejoint par d’autres disciples, il devint finalement l’involontaire fondateur des Ermites de saint Damien, qui furent reconnus par Urbain IV et affiliés à l’ordre bénédictin. Ils eurent jusqu’à trente-six monastères. Pietro dut se déplacer plusieurs fois, et finalement laissa le gouvernement de ces monastères pour se retirer à nouveau dans la solitude.

Or, après la mort du pape Nicolas IV en 1292, le Saint-Siège resta vacant deux années, les cardinaux n’arrivant pas à trouver une majorité sur un nom. 

Un “saint homme” aurait alors fait savoir aux cardinaux que Dieu ferait sentir sa justice dans quatre mois si cet état se prolongeait. Certains affirment que ce message était signé de Pietro lui-même ; les cardinaux eurent alors l’idée unanime d’élire cet ermite (1294) et on l’envoya chercher pour le lui annoncer.

Surpris et effrayé, Pietro finit par accepter la volonté de Dieu. On l’emmena, mais pour abréger les temps, on s’arrêta à L’Aquila pour le sacrer évêque et le couronner pape (août 1294). Lui qui était âgé de quatre-vingt quatre ans, il voulut entrer dans la ville sur le dos d’un âne, comme le Christ lors de son entrée à Jérusalem. Il prit le nom de Célestin V : il allait à son tour prendre le chemin du calvaire.

Célestin voulait favoriser tous les religieux austères, il concédait indulgences et faveurs, cédant parfois à la faiblesse et même se laissant tromper. Il nomma douze cardinaux, dont sept français, sans doute sur influence du roi Charles II. Au lieu de gagner Rome, il se laissa persuader de s’installer à Naples.

Célestin V voyait qu’il ne gouvernait pas l’Eglise. Il voulut renoncer et consulta. Après maintes réflexions, il annonça sa renonciation et son désir de retourner à sa solitude. 

On fut édifié de son humilité : le 13 décembre 1294, devant les cardinaux réunis, il descendit de son trône, déposa son anneau et les ornements pontificaux, et alla s’asseoir sur un tabouret.

Une humilité qui fut récompensée : passant ensuite devant un boîteux qui lui demandait sa bénédiction, Célestin (redevenu Pietro) lui répondit : “Lève-toi, lève-toi”, et l’infirme se releva.

Sans tarder, on élut à Naples un nouveau pape, Boniface VIII (décembre 1294), qui annula les concessions excessives accordées par Célestin V, mais aussi empêcha ce dernier de regagner son ermitage, pour éviter des soulèvements possibles des foules ; il voulait le maintenir sous bonne garde. Une escorte devait le ramener à Rome.

Malgré son grand âge, Pietro trompa l’attention de l’escorte, enfourcha un cheval et regagna le Monte Murrone ; on alla le chercher, il refusa de partir ; les moines le dissimulèrent ; puis il voulut s’éloigner à nouveau, mais on le reconnut ; il voulut s’embarquer pour la Grèce, mais le vent ramena le bateau au port ; on finit par le repérer et le pape Boniface VIII donna l’ordre de le lui amener à Anagni avec tous les honneurs dus à un pape (juin 1295).

“Emprisonné” avec deux de ses moines, Pietro accepta facilement cette nouvelle solitude et ne se plaignit jamais de son sort, jusqu’à sa mort onze mois après, le 19 mai 1296 ; il avait quatre-vingt sept ans.

Beaucoup de miracles suivirent sa mort. Le pape d’Avignon (Clément V) le canonisa en 1313, sous le nom de Pietro Celestino, reconnaissant ainsi à la fois la sainteté de l’ermite et l’authenticité du bref pontificat de son prédécesseur.

Célestin V avait été le cent-quatre-vingt douzième pape.

 

Note. On a plusieurs fois invoqué l’exemple de l’abdication de Célestin V à propos du pontificat douloureux de Jean-Paul II : certains préconisaient que ce dernier pût démissionner en raison de sa santé fortement compromise. 

Le pape reçoit une mission divine qu’il ne peut résilier une fois qu’il l’a acceptée. Mais les deux cas sont cependant différents : d’un côté Célestin V, qui constatait son impuissance et son incapacité, décida sans aucune contrainte sa propre démission pour le bien de l’Eglise et pouvait couvrir sa décision de sa propre autorité suprême ; de l’autre, Jean-Paul II répondait avec justesse qu’il “ne gouvernait pas avec ses jambes”, car il conserva jusqu’au bout sa pleine lucidité et son entière autorité sur le gouvernement de l’Eglise : ses écrits, ses décisions, ses nominations, ses voyages, ses discours le montrent bien ; en outre il voulut donner à tous l’exemple de l’acceptation du sacrifice de sa personne jusqu’au bout de ses forces physiques.

 

Maintenant, nous avons un autre cas de démission pontificale : Benoît XVI a humblement renoncé à exercer une charge qui lui était devenue trop lourde. En viendra-t-on à imposer aux papes, comme aux évêques, une «limite d’âge» ? Et si l’on clouait la bouche à un vénérable vieillard en lui disant : Tu n’es plus grand-père ? N’avons-nous pas oublié le mot de saint Paul : Avec l’épreuve, Dieu nous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter (1Co 10:13) ?


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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 23:00

Claudia d’Ancyre

† 303

 

 

Se reporter à la notice : Theodotus d’Ancyre

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 23:00

Ceferino Namuncurá

1886-1905

 

Né le 26 août 1886 à Chimpay (Valle Medio, Rio Negro, Argentine), il était le sixième enfant de Manuel et Rosario Burgos. Manuel était un chef Mapuche.

Ceferino reçut le baptême à huit ans, d'un missionnaire salésien.

De l'enfance de Ceferino, on ne rapporte qu'un fait, non sans importance : Ceferino tomba un jour dans le Rio Negro ; s'il échappa à la noyade, il ne le dut qu'à une intervention surnaturelle.

Manuel Namuncurà, ayant été promu colonel de l'armée argentine, pensa envoyer son fils étudier à Buenos Aires, dans le but de le préparer à faire quelque chose d'utile pour son peuple. C'est ainsi que, grâce à son amitié avec le général Campos, ministre de la guerre, Manuel put placer son fils aux ateliers nationaux de la marine en tant qu’apprenti charpentier.

L'essai dura trois mois : Ceferino écrivit à son père qu'il ne se trouvait pas bien dans cette ambiance, et son père, après avoir consulté l'ancien président argentin, envoya Ceferino chez les Pères salésiens, fondés par Giovanni Bosco.

C'est ainsi que Ceferino entra au collège Pie IX des Salésiens, à Almagro (Buenos Aires), où il se montra excellent élève autant que choriste. C'est là qu'il connut Carlos Gardel, futur chanteur et acteur, avec qui il se lia d'amitié.

A la fin de ses études, au lieu de revenir à la maison et servir d'interprète et de secrétaire, - comme le désirait son père –, Ceferino voulut rester parmi les Salésiens.

Sa santé n'était pas bonne : il était déjà atteint par la tuberculose. Mais il commença les études en vue du sacerdoce.

En 1904, il accompagna à Rome Mgr Giovanni Cagliero, ancien élève de saint Giovanni Bosco et futur archevêque, qui le présenta au pape Pie X : ayant entendu le compliment que lui adressa Ceferino en cette occasion, le pape fut très ému d'entendre cet Amérindien s'exprimer en parfait italien ; il le bénit tout spécialement et lui remit la médaille qu'il réservait d'habitude aux Princes.

Ceferino fut reçu à Turin, puis à Frascati (Rome), toujours en vue de devenir prêtre.

Sa santé périclita encore davantage durant l'hiver 1904-1905, et il fut hospitalisé au Fatebenefratelli de Rome, où il s'éteignit le 11 mai 1905, à dix-neuf ans.

Juste avant de mourir, il dit à Mgr Cagliero : Bénis soient Dieu et la Très sainte Vierge Marie ! J'ai assez de pouvoir sauver mon âme ; pour le reste, que la volonté de Dieu soit faite.

Grâce aux Salésiens, l'image de Ceferino fut très répandue dans toute l'Argentine, où on l'appela le lys de la Patagonie, mais aussi dans le monde entier. Beaucoup de grâces furent obtenues par son intercession. 

C'est en 1972 que le pape proclama l'héroïcité des vertus de Ceferino.

En 2000, un miracle fut reconnu, attribué à l'intercession de Ceferino : ce fut la guérison totale et inexplicable d'une jeune maman argentine, qui souffrait d'un cancer à l'utérus.

Ceferino Namuncurà fut béatifié en 2007, premier Argentin à être porté sur les autels.

 

Fêté dans son pays le 26 août, en été, Ceferino sera inscrit au Martyrologe le 11 mai.

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